RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )

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MessageSujet: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Lun 24 Oct - 20:38



Trois jours que je m'étais retiré en Sibérie pour me recentrer sur moi même. Une nouvelle matinée se levait doucement sur les steppes gelées, et la paix était revenue sur le village. Après avoir tranquillement allumé un feu dans la cheminée et mangé un morceau, je constatai que la neige tombait de manière drue sur la région. Peu importait, cela ne perturberait pas mon entraînement. Après un brin de toilette je sortis sur le perron prendre l'air. Je décidai que l'entraînement de ce matin serait centralisé sur l'endurance, profitant de la neige épaisse et collante pour y courir pendant plusieurs heures. Cela travaillerait l'intégralité de mes muscles avec efficacité.
Après un bref échauffement, je m'élançai dans la neige épaisse, en prenant bien soin de ne pas y rester à la surface, mais de m'y enfoncer jusqu'à mi cuisses pour maximiser l'effort.

Les battements de mon coeur s'accélèrent subitement alors que je m'immobilisai dans la neige épaisse, tous sens aux aguets. Je l'avais très clairement ressenti, ce cosmos que je reconnaîtrais entre mille. Il avait comme hurlé de douleur, et puis l'instant d'après, plus rien. De plus en plus inquiet, je concentrai toute mon attention en direction des cinq pics de Rozan.
- Mashia... laissai-je échapper.
Il me fallait me rendre sur place immédiatement pour voir si elle allait bien.

Décidé, je repris la direction du chalet en coupant par un raccourci. Au bout d'une durée indéterminée, peut être un peu plus d'une heure sous la neige qui tombait toujours de manière ininterrompue, une drôle de sensation présente dans l'air attira mon attention. Changeant de cap, poussé par la curiosité, je suivis cette sensation bizarre à la recherche de son origine. Au bout de quelques minutes, j'aperçus au loin deux corps dans la neige, à moitié enterrés.



Tiraillé entre mon désir de me rendre aux cinq pics et mon devoir de leur venir en aide, il me fallut quelques secondes pour me décider. Mais je ne pouvais abandonner ces malheureux à leur sort. Pris d'une soudaine poussée d'adrénaline, je forçai l'allure jusqu'à arriver au pied des deux pauvres âmes qui s'étaient perdues, au milieu des steppes. Rapidement, je dégageai la couche de neige qui recouvrait les deux inconnus. L'un d'eux était un homme, et l'autre était une ravissante jeune fille. Mais ils étaient tous deux dans un état effroyable, couverts de sang, tous bleus, et le visage blâfard. Je pris rapidement le pouls de l'homme, pour constater qu'il était mort. La Sibérie était une région cruelle. Tout comme la montagne, ce qu'elle prend, elle le garde...

Mon regard fut attiré par un autre tas de neige : se pourrait il qu'il y ait trois corps ? Creusant avec énergie, je me heurtai soudain à quelque chose de dur, et de métallique. Stupéfait, je dégageai une armure de chevalier dans sa boite.
Détournant mon attention de l'objet, je me concentrai sur la jeune femme, sans grand espoir. Je pris son pouls, mais là encore, son coeur ne battait plus. C'est alors qu'au moment où j'allais retirer mon pouce de son poignet, une minuscule pulsation me parvint. Tournant vivement la tête pour obsever son visage, j'attendis quelques secondes, persuadé que c'était le fruit de mon imagination. Mais une nouvelle pulsation se fit sentir au bout de mon pouce, puis encore une autre.
- Bon sang, elle est vivante ! dis-je aussitôt à voix haute en la prenant dans mes bras. Mademoiselle ! Vous m'entendez ?! poursuivis-je en la secouant légèrement.

Mais pour toute réponse, ses bras retombèrent mollement dans la neige. Je touchai son front pour constater qu'elle avait une forte fièvre. Il fallait la mettre à l'abri, et vite. Je repasserais chercher l'autre corps plus tard. Pour l'instant, il fallait la sauver. Mon regard se dirigea une dernière fois en direction de Rozan :
- Mashia... J'espère que tout va bien pour toi. Je ne peux pas abandonner cette malheureuse...

Courant à toute vitesse avec l'armure sur le dos et la jeune femme dans mes bras, je fis tout mon possible pour protéger la jeune femme déja transi gelée du froid en élevant légèrement mon cosmos de façon à créer une sorte de barrière pour que le froid ne vienne pas l'agresser davantage. Une fois au chalet, je la déposai rapidement sur un des lits, puis allumai un grand feu dans la cheminée dans le salon. Après quoi, j'improvisai un lit de fortune au pied de celle ci. La jeune femme avait besoin de toute la chaleur possible, et je préférais l'avoir sous les yeux pour la surveiller en cas de complication. Lorsque le lit fut prêt, je déplaçai la jeune inconnue toujours inconsciente devant la cheminée, puis utilisai un chiffon d'eau froide pour nettoyer son visage et faire tomber la température.

Je m'attelai ensuite à la soigner. La température ne tomberait pas tant que je ne m'étais pas occupé de ses blessures. Examinant son corps, je découvris outre la plaie infectée visiblement causée par une flèche qu'elle avait des côtes fêlées, et de nombreuses égratignures. J'enlevai donc doucement son haut tout déchiré et maculé de sang, et entamai les soins. Ce moment fut étrange pour moi, car je n'avais jamais été... intime avec une fille. Mais il me fallait la sauver, je dus donc dépasser ma timidité et mon malaise. Près d'une heure plus tard, un immense bandage recouvrait la quasi intégralité de sa poitrine, et de ses bras, très marqués par le froid et les blessures. Je finis par soigner une blessure à la jambe droite, et remis une couverture sur ma patiente. Elle n'était pas encore en grande forme, mais au moins, sa température était quelque peu tombée, et elle avait retrouvé quelques couleurs.

Un peu plus tard, Nikolaï m'amena à ma demande une tenue de substitution pour que la jeune femme ait de quoi se changer une fois réveillée. Une tenue d'entraînement naturellement, pas une tenue de femme. Considérant que c'était probablement elle la propriétaire de l'armure d'après l'âge avancé de l'homme, j'avais pensé que ce serait le plus approprié.

Cela me fit repenser que la nuit ne tarderait pas à tomber, et que si je voulais récupérer le cadavre pour l'enterrer dignement, il me fallait me mettre en route dès maintenant. M'approchant précautionneusement de la jeune inconnue toujours endormie, je pris à nouveau sa température. Parfait, elle n'était toujours pas remontée, je pouvais sortir tranquille. Un peu moins d'une heure plus tard, le pauvre vieil homme était enterré derrière le chalet dans un joli endroit. Je ne savais pas si ce pauvre bougre était satisfait de sa dernière demeure, mais je ne pouvais malheureusement pas faire grand chose de plus.

La nuit tombait à présent, et le vent glacial et mordant de la nuit se levait déjà, me forçant à retourner à l'intérieur. La blessée était toujours inconsciente. Je m'assis sur un fauteuil non loin d'elle pour la veiller, et bercé par le bruit du vent et la chaleur des flammes, je m'endormis...

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Eilaine


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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Lun 24 Oct - 20:45

    Ô merveilleuse Dana, toi notre bien aimée Déesse-Mère, avec tes mains douces et délicates, était-ce toi? Celle qui peuplait mes rêves jusqu'à ce que le noir s'imposa à moi? Dans toute sa totalité? Cette chaleur que je ressentais, ne semblait plus vouloir me quitter maintenant. Visiblement, tu avais jugé bon de ne pas m'ouvrir les portes des Immortels.
    Pourquoi?
    Me voici damnée, condamnée à vivre, voilà l'origine de toute cette chaleur! Je comprenais, tandis que mes paupières papillonnaient, que mon éveil n'allait pas être des plus agréables. Je m'agitais pour repousser les brumes du sommeil et accueillir les premières affres de mes tourments. Mon corps entier me suppliait de rester allongé, moi, outrepassant ses supplications, tenta de me redresser. Sans succès.
    Un petit gémissement empreint de douleur franchit la barrière de mes lèvres avant que ma tête roule sur le côté. J'eus le malheur d'avoir le réflexe d'ouvrir les yeux. Quelque chose que je n'identifia pas tout de suite me fis si mal, que cette fois-ci, ce fut tout mon corps qui réagit. S'arcboutant, mon buste retomba lourdement sur ma couche.

    Mes mains recouvraient l'ensemble de mon visage, ma respiration s'accélérait en même temps que les battements de mon cœur. Au bout d'un moment, j'essayais de me calmer, d'apaiser mon être bouillonnant. Lentement, j'entrepris une sorte d'examen rapide sur ma personne. Je me rendis compte que quelqu'un avait prit grand soin de moi, avait pansé mes blessures, arraché la pointe de flèche hors de mon épaule... et même mes côtes me laissaient un peu de répit.
    Seulement, je ne le voyais pas, mais je l'entendais... Je n'osais pas me redresser de nouveau, de peur de rouvrir mes plaies récentes, ni-même de parler, en faite, je n'en avais pas le courage, ni l'envie, pour le moment.
    Je songeais tristement aux évènements passés, marqués par le sang. Me recroquevillant, je me laissais aller à mes pleurs, pleurer toutes les larmes que mon corps pouvait verser.

    «Artus...» sanglotais-je doucement tout en mordant ma lèvre inférieure. J'eus alors la douloureuse sensation de vide que j'avais tantôt ressentie : elle ressurgissait comme un monstre pernicieux pour me sauter à la gorge. Aussitôt, je sentis très nettement les effluves de son énergie. Était-ce mon imagination? Oui, il m'appelait!
    Résolue cette fois-ci à me lever, je décidais une nouvelle fois d'aller à l'encontre des protestations de mes muscles et de ses séquelles. J'eus envie de hurler quand mes pieds me soutinrent, seulement, ma volonté était bien plus forte.
    Me voici de nouveau confrontée à la triste réalité. Aveugle, je ne savais pas trop où me diriger, ni comment d'ailleurs. Aidée par mes mains, je frôlais divers meubles en bois pour finir par me heurter à une chaise. Le bruit produit ferait sans nul doute réagir mon guérisseur. Je grimaçais en me tenant les côtes. Je secouais ma tête tout en resserrant l'étoffe dont j'étais recouverte et que j'avais eu l'intelligence de prendre avec moi.
    Me doigts rencontrèrent finalement la poignée de la porte, que je m'empressais de tourner. Immédiatement, un vent glacial à vous glacer les os secoua ma longue chevelure noire ainsi que le tissus me recouvrant. Je m'aventurais au dehors, inconsciente du danger. Dictée par cette voix langoureuse, je ne désirais qu'une seule chose, la rejoindre. Mes pieds nus foulèrent la neige à la fois si douce et si froide. Bientôt, ce fut la moitié de mon corps qui s'enfonça dans la poudreuse, dans ce beau manteau immaculé.

    ~J'arrive!~
    pensais-je avec détermination. Je luttais contre mes blessures. Ces dernières, je le sentais se rouvraient et le sang tâchais déjà les bandages dont j'étais en partie recouverte. J'en avais cure, quoi qu'il m'en coûte, il me fallait rejoindre mon père. Enfin je sentis sous mes mains la surface d'une chose que je connaissais que trop bien : le tronc d'un arbre, c'est de la que venait la voix, oui, c'était sous lui que la dépouille d'Artus reposait, bien au chaud sous la terre, non loin des racines...
    Envahie par la tristesse, je me jetais à genoux pour enlacer ce tronc noueux, posais ma tête contre son cœur pour entendre son chant.

    «Petite dame du matin,
    Ne soit pas si chagrinée,
    La mort n'est pas une fin.
    Et ton père repose dans sa dernière maisonnée.

    Au chaud, dans mes entrailles
    Voici le temps des dernières retrouvailles,
    Il t'appelait, te voici.
    Je ne veux pas encore vous voir réuni.

    Alors prie pour son âme.»

    Comme l'esprit de cet arbre paraissait pur! Sa mélopée en témoignait! Je le remerciais en embrassant son écorce avant d'être prise par une violente quinte de toux. Tout en reprenant mon souffle, je joignis les mains pour à mon tour entamer une douce complainte :

    « Vous, les Neufs grandes Dames, permettez je vous en prie,
    à un père juste et bon,
    D'entreprendre le chemin de la guérison.
    Accueillez-le dans le Royaume de la Vie.

    Là où réside les Immortels,
    Ceux qui parfois peuvent se montrer cruels.
    Pardonnez le chagrin d'une fille dévastée par l'absence,
    Me voici devant vous, pleine de défaillance...

    Mais repentante.»


    Une bourrasque de vent m'empêcha, en plus de mes blessures, de faire le signe de la salutation. Je m'inclinais alors profondément jusqu'à ce que mon front fiévreux touche le sol. Je restais ainsi prostrée. Je n'arrivais pas à me résoudre à sa mort, ni même que moi je sois encore là, sans lui...
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Lun 24 Oct - 20:51



Voilà près de deux jours que j'avais trouvé cette mystérieuse étrangère, et toujours aucun signe d'un éventuel réveil. Son arrivée imprévue avait quelque peu perturbé mon entraînement et retardé mon départ, car je préférais éviter de quitter le chalet au cas où la jeune femme se réveille. Plus le temps passait, plus ma retraite se traduisait donc principalement par du repos, et pas mal de réflexion sur moi même et ce qui s'était passé lors de ma dernière mission, ce qui n'était peut être pas si mal après tout... D'autre part, il m'arrivait régulièrement de surveiller le cosmos de Mashia qui me parvenait toujours, bien qu'affaibli. Mon inquiétude était élevée, mais tant que son cosmos était toujours présent ne serait ce qu'un peu, cela signifiait qu'elle était en vie.

Il était un peu plus de quinze heures lorsque le vent se leva et que la neige se remit à tomber. Ce jour là, j'avais passé la quasi intégralité de la journée sur ma passion, à savoir les maquettes. Ma dernière création, une reconstitution miniature de la maison de mon père, était pratiquement terminée. Cette activité m'apaisait, et m'aidait à réfléchir lorsque je le souhaitais. C'est donc sur un bureau dans ma chambre que je fabriquais depuis des années tout un tas de maquettes. C'était Naios lui même qui me l'avait appris : contrairement à ce que sa taille pourrait suggérer, il était extrêmement doué dans le domaine de la minutie. Mais sans doute son caractère excessivement patient et sage jouait il beaucoup dans ces capacités surprenantes.

Soudain, un léger bruit de chaise raclant le parquet me tira de mes songes. Attrapant la tasse de thé que j'avais posée sur le bureau, je me levai doucement et c'est lentement que je sortis de la chambre. J'entendis soudain la porte s'ouvrir, et des pas hésitants se précipiter dehors. Ma patiente était donc réveillée. Je n'étais peut être pas un si mauvais médecin que cela après tout. M'avançant toujours d'un pas mesuré vers la porte, je m'immobilisai sur le pas de la porte pour observer la jeune femme. Elle était allée tout droit sur la tombe de l'homme que j'avais enterré deux jours plus tôt et se mit doucement à réciter des paroles que je n'entendais pas depuis le perron. Appuyant mon épaule contre l'encadrement de la porte, je bus une nouvelle gorgée de thé avant d'observer silencieusement la jeune femme qui ne m'avait toujours pas vu ni entendu.

J'avais beau ne pas être très fort pour voir la souffrance des gens, comme le Lotus par exemple, la souffrance de cette jeune fille me sautait aux yeux. Je ne savais pas ce qui avait bien pu se passer, mais la pauvre avait dû connaitre des heures bien sombres, j'en étais convaincu.
Mon regard se détourna pour se poser sur la boite de l'armure métallique, qui était restée près de la porte d'entrée depuis que je l'y avais déposée. J'avais beau ne pas connaitre toutes les armures du sanctuaire, il était évident pour moi que cette armure n'appartenait pas à l'armée d'Athéna.

M'approchant tout doucement, je passai lentement ma main au dessus de l'armure comme pour entrer en contact avec elle : je ne pouvais communiquer avec, par manque de compatibilité. Sans doute l'armure avait elle senti que j'étais un chevalier d'Athéna. Pourtant, une brève signature cosmique apparut, répondant à un certain nombre de questions. Cette signature cosmique était reconnaissable facilement pour moi. Ayant vécu quatre années en Sibérie, il m'avait déjà été donné de croiser ce genre de cosmos. Cette armure appartenait à Asgard, la cité des glaces.

Cette jeune femme était donc une Ase ? me demandai-je en retournant prendre ma place dans l'embrasure de la porte. Descendant sans bruit les escaliers de bois, je m'arrêtai en bas de ceux ci, et lui dis soudain :
- Vous ne devriez pas faire autant d'efforts, vos blessures vont se rouvrir si vous continuez...
Visiblement apeurée, la jeune femme se releva vivement, cherchant d'où pouvait provenir cette voix. Il me fallut plusieurs secondes avant de comprendre que la pauvre souffrait de cécité, apparemment récente au vu de ses réflexes gauches et mal assurés.

- Je suis là, l'encourageai d'une voix douce, non un plus à gauche, voilà, là, je suis en face de vous. N'ayez pas peur, je m'appelle Kappa, Kappa Hakéron, poursuivis-je. Je suis le Chevalier d'Or du Verseau, soldat protecteur de la déesse Athéna. Et vous, comment vous appelez vous ? J'imagine que vous êtes une Ase de la cité d'Asgard ? Oui, j'ai trouvé votre armure à vos côtés lorsque je vous ai trouvée inconsciente dans la neige. Oh, ne vous inquiétez pas pour votre armure, elle est ici. Vous étiez dans un drôle d'état, vous avez eu de la chance de survivre, surtout considérant que c'est moi qui vous ai soigné, ajoutai-je pour détendre un peu l'atmosphère avant de boire une nouvelle gorgée. Oh, mais j'y pense, vous voulez du thé ? Cela vous ferait peut être du bien.


Dernière édition par Kappa le Sam 29 Oct - 9:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Lun 24 Oct - 20:56

    Une voix me tira de mes rêveries. Partie très loin, au delà de ces landes enneigées, de ce froid mordant, je m'imaginais dans notre forêt aux côtés de mon père tout près du feu, bercée par sa paisible présence.
    Seulement, il n'était pas. Il était mort.
    Cette réalité me rattrapa pour me bouleverser une nouvelle fois. De nouveau, cette voix m'interpella. Elle sonnait douce à mes oreilles, dénuée de fourberie. Oui, cet homme ne semblait pas animé de mauvaises intentions à mon égard, sinon, pourquoi m'aurait-il soigné? Cependant, ma méfiance naturelle me dictait de ne pas répondre à ses questions, si il m'en posait. Peut-être trouverait-il cela impoli, je n'y pouvais rien, j'agissais ainsi par expérience, parce qu'on m'avais appris à agir de la sorte.
    Comme je pouvais m'y attendre, les questions ne tardèrent pas. Et elles étaient nombreuses. Certains mots attirèrent mon attention, décidément, je ne savais vraiment pas de quoi il me parlait. Je fis quelques pas vers lui. Mal-assurée je tendais mes bras pour garder une once d'équilibre et de sûreté. Mes mains frôlèrent la matière douce d'un tissu. Aussitôt j'eus un geste de recul. Mon cœur battait à tout rompre, ce que je ressentais là, c'était de la peur, et cela devait se lire sur mon visage blafard.

    «J-je... Je ne comprends rien à ce que tu racontes, chevalier du... Verseau?» Comme la constellation? Je réfléchissais un instant avant de lever mes yeux clos vers lui. Je voulus l'interroger à mon tour, pour aussi contourner subtilement ses propres questions à lui, sauf que j'avais froid. Je m'empressais donc de resserrer mon drap autour de mes épaules. «J'ai... J'ai froid chevalier, peut-tu m'aider?»

    Je n'avais pas le choix. Il me fallait être aidée, comment faire autrement? Je ne voyais pas d'autres alternatives à moins de prendre le risque d'ouvrir mes blessures et de mourir transie gelée. Comme pour appuyer mes propos, je fus prise d'une autre quinte de toux, m'obligeant à couvrir ma bouche de mes mains. Je constatais que j'étais encore fiévreuse.
    Pas d'autres alternatives...

    Une fois entrée, la porte refermée, je pus sentir la chaleur du feu me parvenir, me caresser de ses bras chauds. Je me dirigeais seule vers l'âtre. Mon lit de fortune n'avait pas bougé et je pus m'y rendre sans me faire trop de mal. Une fois assise, je me tournais vers l'homme. Je ne disais plus rien, le cœur lourd, ne ressentant pas la moindre envie de parler. Sans que je n'ai eu à lui demander, en faite je n'avais pas accepté ce qu'il m'avait tantôt proposé, il m'apporta un thé. De la tasse, de l'eau s'en évaporait. Je le remerciais d'un signe de tête avant de souffler doucement dans la direction du liquide fumant. Je fonctionnais comme un automate, guidée par de simples automatismes... Des réflexes de survie évidents. J'avais soif, je buvais, j'avais faim, je mangeais...

    Comme c'était frustrant de ne pas pouvoir voir! Je me sentais toujours oppressée, habitée par cette couleur qui d'habitude, ne m'effrayait pas : le noir. Les larmes me montèrent de nouveau aux yeux. Je posais alors doucement ma tasse par terre tout en essayant de refouler ces dernières. Le souvenir douloureux de notre traque me revins en mémoire, ainsi qu'encore et toujours, l'emprise de la mort sur chacun d'entre nous.
    Pourquoi? Pourquoi je me montrais si faible? Si peu convaincue par les valeurs que l'ont m'avais inculquée?
    Je sanglotais de plus belle, ma tête reposant contre mes genoux repliés sur ma poitrine. Cruels, les Dieux agissaient selon leur bon vouloir, et je ne pouvais accepter cela. Je me rappelais le chant d'adieu de l'arbre sous lequel mon père reposait : la mort n'était pas une fin me disait-il. J'avais bien du mal à le croire.
    Mes douleurs se réveillèrent. Je portais alors une main sur mes pansements. Poisseux sous mes doigts, je fis la grimace. Il avait eu raison, je n'aurais pas dû tant forcer, surtout en pleine convalescence. Je n'arrivais pourtant toujours pas à me résoudre de lui demander de nouveau son aide, surtout que je savais ce que cela impliquait. D'un geste pudique, je cachais mon corps sous la couverture, quitte à l'entacher de sang.
    J'étais quelqu'un d'assez têtu, à la fois fière et sauvage. Et j'accepterais assez mal que l'on pose ses mains sur moi... Difficilement en tout cas, sauf en cas de force majeur.
    Je ne savais pas si il était assez proche pour m'entendre, mais je murmurais plus que ne parlais :

    «Aurora. Mon nom est Aurora...» déclarai-je maladroitement.
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Lun 24 Oct - 21:01



Tout en elle inspirait la fragilité et l'instabilité. Sa manière de se déplacer ne laissa plus aucun doute quant à sa supposée cécité, et il était bien évident qu'elle n'y était pas habituée, donc c'était récent. Les bras tendus, tremblante comme une feuille, elle s'avança lentement vers moi sans avoir la notion des espaces. Elle frôla soudain mon haut au niveau du torse, et se recula aussitôt vivement. Elle ne comprit visiblement pas ce que je lui racontais, ne sachant pas même qui était le chevalier d'Or du Verseau ni ce qu'il représentait. Se pourrait il que je me sois trompé ? Que ce ne soit pas une Ase, qu'elle ait trouvé l'armure ? Et si elle l'avait volée sur un cadavre d'Ase ?

Une lueur de doute et de suspicion passa rapidement dans mon esprit avant de disparaitre. Je préférais lui laisser le bénéfice du doute, en gardant toutefois un oeil sur elle. Fixant soudain mon regard, je vis passer dans ses yeux une lueur de détresse qui chassa toutes ces idées que l'on pouvait apparenter à la paranoïa. Elle avait besoin de mon aide, c'était pour le moment la seule chose qui comptait.

- Bien sur, appuyez vous sur la rambarde, lui dis-je en guidant sa main tout en prenant soin de ne pas trop m'approcher.

J'avais compris que la jeune femme était craintive, et je ne voulais pas que le moindre de mes gestes soit mal interprété. Elle monta doucement les marches d'un pas hésitant, sans mon aide. Une fois à l'intérieur, la jeune femme se dirigea instinctivement vers le feu, probablement attirée par la chaleur. Elle s'assit sur sa couche et se tourna vers moi. Un lourd silence seulement perturbé par le crépitement des flammes s'installa alors que je m'appuyai contre le plan de travail de la cuisine, en observant attentivement l'étrangère.

Je bus une gorgée de thé avant de me rappeler de ma proposition de lui en offrir. Je sortis donc une tasse, servis du thé et lui apportai doucement, avant de retourner me placer contre le plan de travail afin de laisser une bonne distance entre elle et moi, pour qu'elle ne se sente pas oppressée. Elle finit par me murmurer son prénom avec timidité : Aurora.

- C'est un très beau prénom, lui dis-je doucement, avant de boire à nouveau une gorgée de thé.

Un nouveau silence envahit la pièce. Je ne savais pas comment entamer la discussion avec cette étrangère qui semblait hostile à toute envie de discuter. Tout en elle me déstabilisait, me faisait perdre pied. Au premier coup d'oeil, elle m'avait fait penser à la jeune Mokushi, mais il était évident que les deux jeunes femmes ne possédaient pas du tout le même caractère. De plus, il allait falloir changer ses bandages, car les blessures s'étaient rouvertes. Mais comment amener la chose ? Je me maudis intérieurement d'être aussi mauvais en relations. Peut être valait il mieux que je la laisse seule, mais pas avant de lui proposer tout de même de la soigner.
- Vos plaies se sont rouvertes, il va falloir changer vos pansements.

Aurora se recroquevilla encore davantage sous ses couvertures, légèrement tremblante, et fiévreuse. Une lueur de peur et de sauvagerie passa dans ses yeux lorsque je lui parlai de changer les pansements. Comme je le craignais, celle ci ne souhaitait pas que je la touche à nouveau pour modifier ses bandages. Pourtant il le fallait pour éviter toute infection :

- Si vous préférez le faire vous même, je n'insisterai pas et vous laisserai l'intimité dont vous avez besoin, bien que je vous voie mal le faire vous même dans votre état, mais c'est un autre problème. De toute façon, il faut les changer. Je ne veux pas risquer d'infection, vous êtes encore très faible, et en plus, vous avez encore de la fièvre...

Sur ces mots, je pris les bandages et les posai doucement dans sa main, avant de m'éloigner à nouveau doucement. Il y avait une certaine hostilité dans son aura qui me convint qu'elle ne souhaitait certainement pas mon aide, et qu'il valait mieux que je la laisse seule.
- Je serai dans la pièce d'à côté si vous avez besoin de moi.



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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Lun 24 Oct - 21:06

    Il trouvait mon prénom joli. Je partageais son avis. Je ne pouvais qu'être fière de porter un nom connotant toute la beauté de la nature. Choisit par Artus, ce dernier avait été longuement pensé, médité. Pour les druides, c'était quelque chose d'important, où les Dieux avaient un rôle important à jouer.
    Il avait ainsi consulté le grand Dagda, celui-là même qui avait incarné notre terrible juge, un abominable démiurge à qui je ne pardonnerais pas.
    Le matin suivant où mon père m'avait trouvé, l'aube resplendissait, occupait la totalité du ciel, avec ses couleurs éclatantes et pâles. Un rai de lumière unique avait transpercé mon berceau, le tronc dans lequel j'avais reposé et qu'il avait finalement décidé de conserver.
    Quand il se pencha sur moi, la voix du Vénérable chuchota d'une voix lancinante : Aurora... Aurora... la lumière de petit jour t'éclairera tout le long de ta vie. Lumière bénie, lumière maudite.
    Ce caractère paradoxal que l'ont m'avait attribué, je le comprenais aujourd'hui et le subissais. Tantôt, je baignais dans une vie paisible et tranquille, à peine perturbée par les rares visites de Louis, puis, le châtiment divin, puisqu'il ne pouvait s'agir que de cela, nous tomba dessus comme ça, sans que nous ayons pu le prédire.

    Quelle injustice.
    Consciente de me montrer distante et austère, je regrettais un peu de ne pas me montrer plus reconnaissante. Sauf que je n'en ressentais aucune, de reconnaissance. Je paraissais bien ingrate et ce pauvre chevalier ne méritait pas ça. Il avait eu la bonté de me tirer des griffes de la mort, et je me refusais d'y voir là de la simple gentillesse tant ma tristesse aveuglait mon jugement. Une nouvelle fois, il me prouvait à quel point il se montrait prévenant, encore, je réagissais d'une bien vive manière : à l'entente de ses paroles, je me reculais un peu plus, enfouissant presque ma tête sous le drap à présent blanc et rouge.
    Il avait remarqué ma soudaine gêne. Oui, l'idée qu'il puisse me voir, même me toucher me révulsait. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine. J'étais décidément bien sotte et bien têtue. Aussi, quand il me confia les bandelettes, je les portais aussitôt contre moi, de peur qu'il change d'avis. Peut-être que ce fut ce geste qui le décida mais mes oreilles m'indiquèrent qu'il tournait les talons.
    J'attendis quelques instants avant de me lever. Je demeurais une druidesse! Je savais très bien comment me soigner! Déterminée à me débrouiller seule, je pris la même direction qui m'avait conduit à la porte, vers la sortie. Qu'importe la fièvre, j'avais besoin de quelques ingrédients pour préparer mes mixtures. Mes mains tâtonnèrent un moment avant de trouver la poignée, là, une fois celle-ci trouvée, je me pressais de sortir.

    L'air était encore plus froid que la dernière fois, et je supposais qu'il ne fasse déjà nuit. Je pus enfin ouvrir mes yeux puisque la lumière n'existait pas. Ce ne serait pas très long, je n'avais besoin que de l'écorce de pin et d'une de ses racines. Je me fiais à mon nez à défaut de mes pupilles aussi claires et froide que cette neige! Je la haïssais, elle qui collait à mes pieds nus et me faisait frissonner. Certes, ce n'était que pure folie de s'aventurer à l'aveuglette, d'autant plus que j'étais en pleine convalescence. J'eus, comme je l'avais prédit, très vite fait de trouver ce que je recherchais activement, même avec des gestes maladroit. Au pieds d'un grand sapin qui diffusait ses senteurs enivrantes, je me servais de mes mains pour déterrer un morceau de racine, puis, arrachait prestement un bout d'écorce. Je la portais à mon nez avant de me permettre un bref sourire. Je levais mon visage vers les nues au même instant où des flocons me parvinrent. Chose très appréciable puisque j'avais extrêmement chaud.

    Je me sentais déjà mieux, aussi, il me fallait à présent rebrousser chemin. Mes pas maladroits me guidèrent jusqu'au chalet. Soudain, mon pied heurta l'escalier. Sans avoir le temps de me rattraper à la rambarde, je m'étalais de tout mon long en lâchant ce que j'avais dans les mains. La racine et l'écorce roulèrent un peu plus loin et moi, recroquevillée, je m'efforçais de ne pas hurler tant la douleur m'ébranlais. Je me tenais les côtes un long moment avant de parvenir à m'assoir. Je me sentait maline. À quatre pattes à la recherche de mes ingrédients, je haletais, signe évident d'un malaise à venir. Je l'ignorais, pour me relever avec mes biens. Et là, je ne savais plus quoi faire. Immobile en plein milieu de la pièce, je sentais dans mon dos un courant d'air froid soulever ma longue chevelure noire. Me retournant, je refermais la porte derrière moi avant de m'y adosser prise de vertiges.

    Découragée, je soupirais. Non, je ne pouvais me résoudre de l'appeler, je ne désirais nullement être un poids pour lui. Une fois près du feu. J'entrepris doucement d'enlever mes pansements : je rejetais ainsi la couverture qui me recouvrait et une à une, les bandelettes tombèrent sur le sol. Je me redressais à la recherche d'eau. Là encore, j'étais confrontée à ma cécité. Avec beaucoup de précautions, je partis à la recherche d'un bol. Sans succès. Je tournais en rond et perdais patience, vertu à laquelle on ne pouvait vraiment pas m'associer. La chaleur de l'âtre semblait à tout prix vouloir me rappeler à elle. Désespérée et prise d'une poussée de colère envers moi même, je pris la première chose qui me tomba sous la main, à savoir les bandages, et les jetaient au loin. Nue dans tout les sens du terme, je me sentais au plus mal, passais souvent une main sur mon front chaud.

    Je me levais une nouvelle fois et enroulais le tissu autour de mon corps gracile. Honteusement je me dirigeais là où mes oreilles m'indiquaient du bruit. Je parus devant l'embrasure d'une porte, le visage d'une extrême pâleur, à faire peur. Le rouge montaient à mes joues, autre symptôme évident que je souffrais de la fièvre mais qui cachait aussi dans un autre temps, ma gêne, enfin, je l'espérais. Je m'avançais d'un pas chancelant pour m'arrêter très vite, de peur de le heurter. Cela m'agaçais de ne pas le voir : ça se dit, je ne regardais pas dans la bonne direction quand ma voix s'envola :

    «Je... J-je suis navrée mais je vais avoir encore une fois besoin de ton aide Kappa et tu m'en vois extrêmement confuse... J'ai été bien présomptueuse de croire que je me débrouillerais seule. Tiens, c'est ce dont j'ai besoin pour mon onguent, il faudrait écraser la racine et l'écorce ensemble et y ajouter de l'eau froide, mais pas trop, de façon à ce que cela créer une pâte assez lisse pour l'appliquer sur mes blessures.» achevais-je en tendant les mains devant moi pour lui donner les végétaux.



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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Lun 24 Oct - 21:09



Un plan avait germé dans mon esprit alors même que je me retirais dans ma chambre pour laisser Aurora n'en faire qu'à sa tête. Je connaissais cet état d'esprit. Dans les premiers temps, lorsque Naios m'avait recueilli, j'avais un forte tendance à agir de la sorte. Et il avait rapidement compris comment me sortir de cet état. On ne force pas les gens têtus à changer, ce sont eux qui le décident, ou bien ils ne le décident pas du tout.

Je savais qu'il y avait un risque pour que la jeune femme se blesse en tombant, ou quelque chose dans ce genre la, mais je ne voyais pas d'autre solution pour la pousser à admettre qu'elle avait besoin de moi pour être soignée. Perturbé de devoir en venir à de telles extrémités, je me sentis soudain dans la peau d'un politicien contrôlant ses sujets pour arriver à ses propres fins avec eux. Cette pensée me rebuta alors que j'entrebâillais la porte de ma chambre, au cas où Aurora vienne me demander de l'aide.

Néanmoins, lorsque la jeune femme sortit dehors, je surveillai attentivement ses faits et gestes par la fenêtre, au cas où. Après quelques minutes à farfouiller dehors, elle revint finalement vers les escaliers mais se prit les pieds dedans et chuta de tout son long. Visiblement blessée, la jeune femme eut du mal à se relever et c'est au moment où je m'apprêtais à sortir l'aider qu'elle se releva finalement.
- Plus coriace et têtue que je ne l'imaginais, pensai-je en secouant la tête doucement.

Elle me rappelait moi lorsque j'étais plus jeune, en quête de l'armure de la Couronne Boréale, et même avant cela. Je ne connaissais que trop bien ce désir de vouloir tout faire par soi même sans avoir rien à devoir à personne. Il m'habitait encore souvent, par ailleurs. Je l'entendis soudain s'énerver dans la pièce voisine et jeter quelque chose, ce qui me tira de mes songes. Quelques secondes plus tard, c'est une Aurora honteuse qui frappait à ma porte pour me demander mon aide.

- Je... J-je suis navrée mais je vais avoir encore une fois besoin de ton aide Kappa et tu m'en vois extrêmement confuse... J'ai été bien présomptueuse de croire que je me débrouillerais seule, me dit-elle en rougissant, la tête biassée.
- Je sais... répondis-je sur un ton soudain froid et autoritaire, tout en restant tourné face à la fenêtre, à observer la neige tomber. Je ne suis pas là pour te faire de mal mais pour t'offrir mon aide, Aurora... Tu as le droit de ne pas me faire confiance, mais dans ton état, tu risques de ne pas rester consciente bien longtemps si on ne te soigne pas. Ta décision... achevai-je en montrant bien volontairement que j'avais beau être patient et quelquefois attentionné, cette gentillesse avait des limites à ne pas franchir.

Je me retournai lorsqu'elle me parla de l'onguent en me tendant les ingrédients.
- Très bien, lui dis-je finalement, mais laisses toi soigner pour une fois...

L'entraînant doucement dans la cuisine, j'entrepris de fabriquer l'onguent selon ses instructions en prenant soin de ne pas faire de bêtise. La jeune femme s'était rassise auprès du feu à ma demande, et attendait sagement l'onguent. Lorsque ce dernier me parut ressembler à ce qu'elle m'avait décrit, je le pris dans mes mains et me dirigeai vers elle, lorsque soudain mon pied heurta quelque chose à terre. Posant l'onguent sur la table, je me baissai pour ramasser les bandages, à moitié déroulés.
- C'était donc ça, l'objet qui avait subi son courroux, pensai-je en souriant.

Dehors, le voile ténébreux de la nuit avait recouvert le ciel et les steppes étaient désormais plongées dans l'obscurité, même si l'on pouvait toujours deviner la neige qui tombait toujours de façon monotone. Après avoir allumé les lumières de la maison, j'apportai l'onguent à Aurora, et lui dis en lui tendant :
- Voilà, j'espère que je ne me suis pas trompé. Les onguents et moi... C'est le boulot de mon père en général, puisque c'est moi qui reviens couvert de blessures la plupart du temps.

La jeune femme prit l'onguent et sembla le détailler pour en vérifier sa validité. J'avais soudain l'impression de passer un test de science, et qu'elle était mon examinateur. Après quelques secondes, je lui dis finalement :
- Tu as besoin de mon aide pour la suite, ou tu préfères le faire seule ?
Je savais parfaitement ce que cela impliquait, et je n'étais pas sûr que ce soit elle la plus honteuse dans ce cas de figure. C'est pourquoi il me sembla judicieux de lui reposer la question, pour pas qu'il n'y ait de malentendus.
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Mar 25 Oct - 15:31

    Sa réponse, empreinte d'une froideur que je ne lui connaissais pas, eu vite fait de m'interpeller. Visiblement, mon comportement l'agaçait, aussi je demeurais silencieuse, ruminant ses paroles dans ma tête. La confiance, pour moi, c'est l'une des choses qui est la plus difficile à obtenir, mais si facile à perdre aussi.
    Vu les circonstance, les derniers évènements qui avaient été miens il y a de cela un jour ou deux, je n'étais pas vraiment sûre que parler de confiance semblait bien avisé. Quelque part, il me rassura sur une chose : il ne voulait en aucun cas me faire du mal. Mais cette peur, tapie au fond de mon être, je ne savais pas si je pourrais l'en déloger un jour!
    Comment ne pas être craintive quand on avait subi maints supplices? Entrevu ce dont était capable l'homme pour arriver à ses fins, les horreurs et l'inventivité hors du commun quand il s'agissait de faire souffrir? Comment ne pas avoir peur?
    Je hochais la tête pour lui signifier mon accord, puis, avec douceur il m'entraîna à sa suite.

    Assise au coin du feu, j'attendais sans mots dire, comme j'en avais pris l'habitude avec cet homme. Je l'écoutais se déplacer dans la cuisine, préparer avec soin la mixture qui agirait très vite. L'onguent refermerait mes blessures en très peu de temps, ainsi, je ne serais plus pour lui, une gêne. Je me voyais comme une enfant : réprimandée il y a peu, puis gardant le silence de crainte de connaître vives et nouvelles représailles.
    J'admettais à contre cœur que quelque part, il avait raison. Si je ne me laissais pas faire, cela serait plus long, et je resterais un fardeau pour ce chevalier. Le bruit caractéristique d'une racine et d'une écorce qu'on écrase me parvins, douce musique dont la conséquence fut qu'elle finit par me rendre plus mélancolique que je ne l'étais.

    Kappa revenait vers moi. Puis il me tendit le bol plein de mon onguent. Je lui offris un petit sourire avant de porter le récipient à mon nez. Je ne pus alors m'empêcher de lui lancer d'un air taquin : «Dommage alors que ton père ne sois pas là. Le mien, si j'avais préparé une telle mixture, m'aurais privée de nourriture!» puis à sa question, je répondis : «Merci, je suis une grande fille, je peux me passer de la pommade toute seule, à moins que voir mon corps maigre ne t'effraies pas?»

    Je me mettais à rire de bon cœur, avant de reprendre un visage fermé et grave. Toute l'envie de rire s'envola à l'énonciation d'Artus. Brusquement, ma tête me tourna, je fus prise de nausée et de tremblement incontrôlables, à l'autre bout de la pièce, mon armure scintilla. La tête renversée en arrière, je ne parvenais plus à respirer... le bol chuta, explosa en mille morceaux tout en rependant son contenu sur le sol en bois. Je rouvris les yeux pour les tourner vers le jeune homme : je pouvais voir.
    Ce que je vis me fis alors reculer de stupeur. Il se tenait devant moi, l'inquisiteur! Avec son visage froid, anguleux, ce sourire sadique accroché au lèvre! Ô Dagda! Pourquoi tant d'acharnement?

    Mes yeux bleus électrique se voilèrent et l'hallucination reprit : je le voyais s'avancer vers moi, menaçant, je hurlais donc en gallois, la langue des druides : "Ewch i ffwrdd! Ewch i ffwrdd! -puis de nouveau dans la langue commune- Vas t-en! Vas-t'en! Je te croyais mort! Tué par les mains de mon père, Artus! Chien d'Inquisiteur! Tu es revenu pour me torturer de nouveau? Saches que j'ai déjà tout perdu! Je n'ai que faire de mourir! Emporte moi si ça te chante, brûle moi au nom du Christ si cela te plaît davantage encore! Tu me ferais au contraire un cadeau des plus délectable!» achevais-je en écartant les bras en croix.

    Ce geste, nullement anodin, traduisait tout mon mépris pour cette religion infâme, aussi, cette allusion à la crucifixion ne manquerait pas de le faire réagir! Non? Pas de réaction? Tant pis, l'heure est donc à la vengeance! Œil pour œil! Avec une rapidité inouïe, digne d'un félin tandis que l'énergie du cosmos vint m'entourer, je mettais mes blessures de nouveau de côté pour sauter avec agilité sur mon ennemi. Cloué au sol, je me penchais sur lui, une lueur sauvage brillant dans mon regard. Puis, de nouveau, le noir s'imposa à moi.
    Je m'affaissais alors, mon visage à quelques centimètre de celui du jeune homme, je refaisais doucement surface, tremblante : «Kappa... Kappa est-ce bien toi? Je... Je crois avoir eu une vision.... La fièvre sans doute.»

    Encore sous le choc, je me redressais dans un gémissement. Comme pour m'assurer qu'il ne s'agissait pas du prêtre de l'Inquisition, je laissais mes mains effleurer son visage, le caresser du bout des doigts, prendre le temps d'apprendre la physionomie de ce visage... Puis, après une ultime caresse dans ses longs cheveux si doux, je laissais ma tête reposer contre son torse. Je n'avais plus la force de me questionner sur cette soudaine proximité, je refermais mes paupières, me laissais aller contre ce corps chaud, moi qui soudainement ressentais un tel froid m'envahir...

    «Excuse-moi, chevalier... je te créer bien des ennuis...»
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Mar 25 Oct - 15:33



L'ambiance sembla se détendre lorsque la jeune femme se dérida un bref instant pour me taquiner en critiquant mon onguent.
- Navré, j'ai fait de mon mieux, lui dis-je en passant une main derrière ma tête en signe d'embarras.
La jeune femme me taquina alors à nouveau, et je décidai de saisir la balle au bond :
- Rassures toi, je devrais pouvoir supporter de voir une jolie jeune femme à demi nue devant moi.

Le rouge me monta rapidement aux joues, si bien que je fus content durant une seconde qu'elle ne puisse pas voir ça. Soudain, alors que je pensais la situation améliorée, Aurora laissa échapper le bol et fut prise de convulsions : ses yeux se révulsèrent et ses gestes devinrent désordonnés. Une main de la jeune femme partit brusquement pour venir me claquer le visage avec une puissance que je n'imaginais pas compte tenu de son état. La violence du geste me fit vaciller sous le coup, alors que la jeune fille reculait pour se cacher dans le coin de la pièce en hurlant. Je compris alors en l'écoutant que la jeune femme avait une vision, et je sus peu après ce qui s'était passé, comment elle s'était retrouvée dans cet état. Elle avait donc été pourchassée par l'inquisition pour ses croyances religieuses ? Ou bien, pour son refus de croyance, plus exactement. Cette idée me mit légèrement en colère : je ne supportais pas l'idée d'imposer aux autres ses croyances au nom de celles ci. Ils mériteraient une bonne leçon...

Quelques secondes plus tard, Aurora sembla soudain retrouver son état normal. Elle m'appela doucement en se redressant.
- Oui, c'est moi, ça va mieux ? lui demandai-je avec une pointe d'inquiétude.
Après m'avoir confirmé qu'elle allait mieux, elle s'approcha doucement et tâtonna mon visage, sans doute pour vérifier qu'il s'agissait bien de moi et non de quelqu'un d'autre. Elle s'attarda un bref instant sur mes cheveux avant de poser sa tête sur mon torse, toute tremblante, et visiblement épuisée. Lentement, et avec mille précautions, mes bras entourèrent les épaules de la pauvre jeune fille qui semblait soudain si fragile qu'elle me rappela Mashia.
- Mais non, ne t'en fais pas pour ça. Occupons nous de tes bandages à présent, il faut les changer.

L'ambiance changea immédiatement. Cela devint à la fois intime et embarrassant, gênant et chaleureux. S'exécutant sans mot dire, la jeune fille s'assit sur un tabouret, dos à moi, les bras protégeant sa poitrine, et laissa tomber le drap qui jusqu'à présent la recouvrait. Son dos nu découvrait de larges plaies dont certaines s'étaient rouvertes. Je fus pourtant étonné de la douceur de sa peau lorsque je commençai à étaler lentement l'onguent apaisant sur les blessures de la jeune femme, mais je ne le lui fis pas remarquer. J'étais déjà bien assez embarrassé comme ça, et je me rendis compte que mes mains tremblaient légèrement. Serrant durant un instant les poings pour tenter de faire partir cette tremblote due au stress, je recouvris toutes les blessures du dos, avant de me mettre sur le côté, pour m'occuper de son épaule. L'atmosphère se tendit légèrement lorsque vint finalement le moment où il ne restait plus que les blessures de devant.
-B...bon, lui murmurai-je d'une voix tremblante, il ne reste plus que l'avant. Ca va ?

Lentement, la jeune femme déplia ses bras pour découvrir son intimité, et ma main tremblante s'occupa d'une blessure à son cou alors que je faisais mon possible pour que mon regard fuie sa poitrine. Je m'agenouillai ensuite et ce fut au tour d'une plaie au niveau du ventre. Finalement, celle de la jambe fut recouverte à son tour, et c'est quelque peu soulagé que je repassai dans le dos d'Aurora.
- Voilà, lui dis-je, il ne manque plus que le bandage. Ne bouges pas.
Prenant bien soin de dérouler le bandage sans toucher ce qui ne devait pas être touché, mon ouvrage fut terminé en quelques minutes, et c'est avec un sourire soulagé que je lui annonçai que c'était terminé :
- Voilà, je mets fin à ta torture ! Essaies de ne pas trop bouger le temps que les plaies se referment bien ou tu auras droit à une autre séance, la taquinai-je avant d'aller me laver les mains.



Dernière édition par Kappa le Mar 25 Oct - 16:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Mar 25 Oct - 15:44

    La maladie, la fièvre, autant de dégénérescences qu'appréhendaient au moins une fois chaque être humain. Une épreuve somme toute toujours éprouvante, où le mental demeurait tout aussi important pour la convalescence, que le reste.
    Avoir une présence à ses côtés, c'était s'assurer une guérison rapide. Tout aussi intentionné que le fut feu mon père, Kappa malgré la transe qui m'avais très vite plongée dans de sombres divagations, restait tout aussi prévenant et d'une douceur telle que j'en étais troublée. Personne, en dehors d'Artus m'avais montrer une telle marque d'affection, bien qu'en faite, je ne côtoyais personne puisque je vivais recluse, au beau milieu d'une forêt.
    Déstabilisée par la suavité de son étreinte, je me laissais faire, bien trop épuisée pour me reculer et y mettre un terme. J'étais déjà affreusement gênée, mais les évènements qui allaient suivre risquaient que je me complaise dans celle-ci.

    Il m'invitait à prendre place sur un tabouret, je m'exécutais donc avec un calme apparent, sauf, qu'à l'intérieur, je bouillonnais. Pas que de fièvre, hélas.
    Pour la première fois de ma vie je fus confrontée à la gêne, alors que tout à l'heure, je me souvins l'avoir taquiné au sujet de ma nudité. Je me trouvais sur le coup, assez paradoxale.
    Le tissu glissa le long de mon dos, révélant une blancheur au demeurant intacte, mais abimée par les innombrables blessures. Je savais bien que le temps ne les effaceraient jamais, voici donc qu'ils m'auront à jamais marqué, ces fourbes d'inquisiteurs! Ces cicatrices seraient les vestiges d'un passé terrible, mon passé...
    Je pris grand soin de n'esquisser pas un mouvements. Seulement, je ne pus réprimer un frisson quand le chevalier appliqua l'onguent froid sur ma peau brûlante. Je ne saurais dire pourquoi, mais il me semblait que ce jeune homme était en proie à un mal être tout aussi prononcé que le mien, je me mis donc à réfléchir à son sujet. Projeter ma conscience vers lui, pour qu'elle l'effleure et le juge.
    Une technique compliquée, elle s'apparentait à une sorte de transe, d'un détachement de mon âme. Cette dernière, je la sentait danser mais elle refusait de sortir, je devais être trop éreintée, je me surmenais de trop.

    Ses gestes, à la fois maladroits mais empreints d'un respect sincère, me confirmèrent son embarras. Je choisis alors de l'apaisé en lui murmurant que tout allait bien.
    Comme je protégeais jusque là ma poitrine, j'hésitais un bref instant avant de me résigner à laisser tomber mes bras le long de mon corps. Mon buste était éclairé par la lumière projetée par le feu : Ce dernier exécutait une languissante chorégraphie, créant un jeu d'ombre et de lumière sur ma peau diaphane, sur mes courbes harmonieuses.
    Je le savais en face de moi, mais ne doutait pas qu'il détournait les yeux à ce moment là, j'esquissais donc un petit sourire amusé.

    Avant que je n'eus le temps de m'en rendre compte, j'entendis la voix du jeune homme retentir derrière moi. Je sentais son souffle chaud sur ma nuque, une nouvelle fois, je frissonnais puis, je tournais la tête vers lui.

    «Je ne bouge pas, je sais combien c'est une étape compliquée, d'enrouler des pansements... Après tout, je suis une sorte de... comment vous appelez ça? Médecin? Oui, je crois que c'est cela! Avec quelques tours de passe-passe en plus!» je ponctuais mes paroles d'un rire cristallin et franc. Après quelques minutes où je ne bougeais pas d'un cils, Kappa m'annonça non sans soulagement, qu'il venait de finir.

    «Ce ne fut pas... une torture à proprement parlé, je peux te l'assurer -dis-je en faisant allusion aux supplices que j'avais vécus- si par malheur, mes plaies venaient à se rouvrirent, je pense que je serais prête à subir encore ce genre de.... supplices.» répliquais-je sur le même ton taquin.

    La soirée se déroula dans le calme, sans autre incident de ce genre. L'heure d'aller se coucher approchait, et après un copieux repas, je remerciais encore une fois le jeune homme. Il prit finalement congé de moi après m'avoir aidé à m'allonger sur ma couche. Je notais qu'il n'avait pas fermé sa porte, sans doute par crainte de me laisser totalement livrée à moi-même. Je trouvais cela touchant.
    Trois heures, ou peut-être plus passèrent ainsi sans que je parvienne à m'endormir. Était-ce le mugissement du vent qui s'engouffrait entre les interstices des fenêtres et des portes qui m'oppressais? Non, cette sensation me paraissait plus profonde. De nouveau la tristesse recouvrit mon cœur d'un voile douloureux, si bien, que je ne trouverais pas le sommeil sans être totalement rassurée. Instinctivement alors, guidée par la main de la fatigue, je me levais pour rechercher la présence du Chevalier. Sans bruit, je prenais grand soin de ne pas le réveiller. J'entendais sa respiration régulière... il devait dormir paisiblement.
    Comme je le faisais avec Artus quand la peur me tenaillais, je me glissais dans son lit pour venir me blottir contre lui. La crainte qu'il n'interprète mal mon geste effleura mon esprit, mais la sombre présence qui résidait dans mon être me poussa à écarter cette pensée. Je recherchais de la sûreté, et je la trouvais en lui, Kappa.

    « Nos da, chevalier...»
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Mar 25 Oct - 16:01



- Allez, plus fort !
La voix de l'homme à la stature imposante et autoritaire résonnait dans les ruines bordant le sanctuaire. Il forçait le jeune garçon aux cheveux châtains et courts à se dépasser, mais visiblement, celui ci était épuisé et n'en pouvait plus.
- Frappes plus fort ! Tu ne feras pas de pause avant d'avoir brisé cette colonne, reprit il d'un ton autoritaire.
- Je n'y arriverai pas ! J'ai trop mal aux mains ! répondit l'enfant d'un ton pleurnichard en se tenant la main droite, à présent couverte de sang.

Naios s'avança alors vers le jeune garçon, avant d'essuyer sa larme et de lui dire :
- Les chevaliers ne pleurent pas, Kappa. Si tu veux en devenir un, il va falloir te dépasser, réaliser l'irréalisable.
- Je veux arrêter, j'ai trop mal... reprit l'enfant, buté.
- C'est hors de question. Ca fait deux mois que j'ai commencé ton éducation et tu n'as pas progressé. Aujourd'hui sera ton premier pas. Allez !

S'affaissant, le pauvre garçon se mit à sangloter :
- Ma famille me manque.
Brusquement, l'homme aux cheveux d'argent attrapa l'épaule de l'enfant et le releva d'un coup sec avant de s'agenouiller et de l'épousseter en lui donnant un sourire :
- Ecoutes moi, ta famille est morte. Tu ne peux rien y changer. Mais tu peux devenir un chevalier, et servir Athéna pour que les gens comme ceux qui ont tué tes parents ne puissent jamais recommencer ces atrocités. Sers toi de ta colère, et frappes la colonne, ajouta t'il en se relevant et en reculant.

Son petit discours attint le jeune garçon qui inclina la tête avant de sourire et de refluer ses larmes. Puis il se tourna vers la colonne, et se mit en position d'attaque en direction de la colonne, et se concentrant en pensant à la nuit de cauchemar qu'il haissait le plus. Dans un cri guerrier, il se jeta alors sur la colonne et la frappa de toute sa fureur avant que celle ci ne soit brisée en deux :
- Ahhhhhhhhhhhhhh !

************

Je fus soudain tiré de mon rêve en sursaut, et me redressai d'un bond sur mon lit, le coeur haletant et le souffle court. Je remarquai rapidement que je n'avais pas autant de place que d'habitude. Tâtonnant doucement et prudemment dans la pénombre, je sentis les doux cheveux d'Aurora, dont la respiration lente et régulière m'indiqua qu'elle dormait profondément. Mais que faisait elle ici ? Peut être ne s'était elle pas sentie bien, ou peut être avait elle peur. Ce ne serait pas vraiment étonnant étant donné ce qu'elle semblait avoir vécu ces derniers jours. Je ne pus m'empêcher de caresser un petit moment ses cheveux, mais je m'interrompis en pensant qu'elle ne serait pas forcément d'accord si elle le savait. Elle remua légèrement dans son sommeil, et je décidai de la laisser dormir tranquille. Lorsque j'eus récupéré mon souffle normal et que mon coeur se fut calmé, je me levai sans bruit.

Je ne pouvais pas me recoucher de suite. Ce rêve, ou plutôt ce souvenir, raviva en moi le souvenir de la nuit où j'avais tout perdu, me perturbant légèrement. Je sortis donc silencieusement de la chambre, non sans faire craquer quelques lames du plancher. Après quoi, je me fis une tasse de thé et m'installai tranquillement devant le feu qui était à présent presque éteint, mais dont les braises dégageaient toujours une chaleur agréable. Décidément, ces quelques jours étaient bizarres et mouvementés. Cette jeune femme avait un côté déroutant, et elle était très belle, c'était incontestable.

Pourtant, un détail me gênait toujours : je ne savais toujours pas comment elle était entrée en possession de l'armure des Ases. Et ce n'était pas qu'un petit détail. Les idées se bousculaient dans ma tête, mêlées à des théories fumeuses sur la manière dont elle s'était approprié l'objet. Pourtant, elle semblait avoir une sorte de lien avec l'armure, puisque cette dernière avait brillé quand Aurora avait été prise de visions. Cela me poussait à penser qu'elle n'avait pas volé l'armure, mais tout ceci n'était que supposition vagues et hasardeuses qui ne me convenaient guère. La vérité se dévoilerait probablement en même temps que j'apprendrais à la connaitre...

J'avais besoin de me changer les idées, et je décidai de sortir sur le perron pour profiter du froid de la nuit et méditer un moment. M'installant devant la porte en position de méditation, j'intensifiai légèrement mon cosmos, recouvrant comme à mon habitude les objets alentours d'une fine pellicule de givre. Mes cheveux voletèrent, et une nouvelle sérénité s'installa en moi, évacuant ces souvenirs douloureux, du moins pour le moment...

Mes pensées vagabondèrent vers la jeune Mokushi : son cosmos me parvenait toujours de manière affaiblie, mais elle était toujours vivante. Je ne pus m'empêcher de m'inquiéter à nouveau pour elle. Aussitôt qu'Aurora serait guérie, je devrais regagner le sanctuaire en urgence. La guerre était proche et j'étais déjà en retard sur mes prévisions de retour...

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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Mar 25 Oct - 16:14

    "Guerriers Divins ! Votre Dieu tant aimé est de retour ! Venez le saluer pour entrer dans ses bonnes grâces ! J'annonce une nouvelle période pour Asgard et son peuple !"

    Cette voix à la fois puissante et autoritaire avait quelque chose d'attirant. Tandis que la jeune femme se retournait sur sa couche, l'image de cette divinité du nord s'installa dans son esprit où le noir régnait depuis quelque temps déjà. Bien évidemment, elle ne le connaissait pas, pourtant, ce n'était pas par hasard que ces paroles furent rapportées dans ses rêves. Comme un appel, elle se devait d'y répondre, mais pas maintenant, c'était trop tôt pour penser à voyager. Et puis, sans l'aide de son armure, elle ne savait pas si elle parviendrait seule à trouver... « Asgard »
    Cette vision s'estompa aussi vite qu'elle était venue, n'empêchant pas que celle-ci marque tout de même ses pensées.
    Le reste de la nuit se passa sans accrocs, Aurora pouvait profiter de cette nuit sans rêves pour y puiser du repos...

    ~°~

    L'aurore s'installait progressivement dans le ciel quand je m'éveillais doucement. Je me redressais avec lenteur de peur de réveiller le chevalier, sauf que je me rendis compte très vite qu'il n'était pas là.
    Finalement, j'avais peut-être eu tord d'aller me réfugier dans son lit.... Cela ne se faisait probablement pas qu'une jeune fille s'endorme auprès d'un jeune homme? J'ignorais tout de ces choses là, me moquant bien des bonnes manières à adopter en société ou encore cette chose que les gens d'au dehors -c'était comme cela que j'appelais les personnes non initiés au druidisme, ceux qui ne vivaient pas dans la forêt- l'étiquette. Je vivais dans la nature, c'était là où était ma place.
    Mes pieds foulèrent le plancher en bois qui ne manqua pas de craquer. Ce dernier, froid, m'arracha un bref frisson. Je quittais la chaleur réconfortante des draps pour m'aventurer dans la pièce voisine, là où le feu continuait de crépiter dans l'âtre.

    «Kappa?» lançais-je d'une voix timide tandis que je m'approchais de la cheminée. Personne. J'allais m'interroger davantage sur le fait qu'il ne soit pas là, seulement, on frappa à la porte. D'instinct je m'approchais vers la source d'où provenait le bruit : j'ouvris la porte pour l'entrebâiller. La voix d'un jeune homme me parvins : il se présentait sous le nom de Nikolaï et demandait à voir « sir Kappa » afin de lui demander si tout allait bien. Je secouais la tête, l'informant qu'il était absent. Il me salua alors avant de tourner les talons. Une idée germa rapidement dans mon esprit, aussitôt, je l'interpellais : «Excuse-moi! Puis-je te demander un petit service?» Ce dont il me répondit avec un petit sourire que je ne pus voir : «Bien sûr, tout ce que vous voulez gente dame!»Gente dame? Tout ce que je voulais? Voilà qui était intéressant et risible.

    Je ne voulais pas éternellement être une gêne. Ma décision fut donc très vite prise : je décidais de le laisser un peu seul, jugeant que ma présence devait le peser. Je n'avais même pas pris la peine de lui laisser un mot, qu'importe, il ne s'étonnerait qu'un temps de mon départ. Étant chevalier il devait avoir des devoirs à accomplir, j'avais lu ça quelque part dans un livre...
    Le matin, déjà bien avancé, moi et ce jeune garçon eurent vite fait d'atteindre le village. Vêtue d'une tenue confortable puisque large et chaude, un accoutrement d'homme m'avait indiqué mon guide, je ne ressentais plus ce froid mordant. Habituée aux situations extrême, je constatais avec soulagement que mes blessures ne me faisaient plus trop souffrir; l'onguent avait joué son rôle à la perfection.

    «Vous savez, vous n'êtes pas obligée de vouloir à tout prix offrir vos services aux habitants malades, vous êtes un chevalier aussi, je le sens. Vous n'avez donc pas besoin de gagner de l'argent pour vous achetez ce que vous avez besoin pour... Sam-quoi vous avez dit?»
    Je lâchais son bras sur lequel je m'appuyais.
    «Samain.» répondis-je par automatisme. Je ne m'étonnais pas sur le fait qu'il ne connaissais pas la plus grande fête druidique marquant la fin de l'année. Oui, cette nuit de pleine lune serait propice à accueillir les habitants du mag mor -la grande plaine, autre nom qui qualifie notre paradis- dans notre monde à nous.

    «Bon... Si vous y tenez tant que ça, je vous amène chez la vieille Ban. Récemment elle est tombée et refuse qu'on la touche, peut-être aurez-vous plus de chance, tenez, justement, nous y voilà!»

    Il me guida jusqu'à elle, cette Ban. Ce nom m'inspirais tout de suite de la confiance car il avait une musicalité que je connaissais bien, je m'emballais peut-être mais...
    La voix de la vieille me fis sursauter de même que le cri d'un oiseau, reconnaissable entre tous : une corneille. Juchée sur son épaule, elle poussa un autre piaillement avant de sauter d'elle-même sur mon épaule et passer sa tête dans mes cheveux.

    «Hey, c'est qu'elle t'apprécie, c'est drôle, c'est la première fois que je la vois agir de la sorte, d'habitude, elle est méfiante avec les étrangers. Ma petite, tu m'intrigues, pour sûr! Comment t'appelles tu?» Avant que je ne puisse répondre, elle m'entraîna à l'intérieur en criant presque sur le jeune Nicolaï, de venir me chercher d'ici une heure.
    Je lui appris mon nom, sa réaction fut immédiate :
    «La petite dame du matin! Tu es druidesse, n'est-ce pas? Ma corneille l'a tout de suite sentie et me l'a murmurée! Ainsi donc vous n'êtes pas tous éteins? Voilà une nouvelle qui mérite d'être fêtée! D'autant plus que c'est Samain aujourd'hui!" L'air interrogateur que j'affichais ne passa pas inaperçu, la vieille ria de bon cœur avant de pousser un marmonnement dubitatif, je m'enquis auprès d'elle de ce qui n'allait pas : «Rien, si tu m'aides, je t'offrirais ce dont tu as besoin ma petite. Viens par là, j'ai tout ce qu'il faut pour préparer les plus complexes des mixtures! Hélas, je n'ai plus la force d'écraser baies et racines. Ma pauvre petite, comme tu as l'air de souffrir, ça aussi ma belle Dame me le chante!» En effet la corneille, toujours perchée sur mon épaule, secoua la tête d'avant en arrière comme pour dire «oui». Je caressais son noir plumage avant de me mettre à la tâche. Même sans ma vue, je n'avais pas perdu le coup de main. Très vite, l'onguent fut prêt, elle n'avait plus qu'à l'appliquer sur son bras meurtri.
    Je voulais savoir comment cela s'était produit, elle m'arrêta en posant un doigt devant ma bouche. «Je te dirais ça une autre fois, pour l'heure, je vais te chercher ta récompense» Là encore, comme je désirais protester, elle me demanda gentiment de me taire. Je lui obéissais sans rien dire, une petite voix en moi me dictait de ne rien faire. De ne pas la craindre.

    «Ma petite, parée comme ça, tu attireras n'importe quel esprit! Viens un peu par là pour que je t'aide à enlever ces affreuses loques! -je m'exécutais alors, ne ressentant aucune gêne face à cette vénérable personne, son aura m'apaisait réellement...- «C'est une robe que ma fille aurait due porter, seulement elle est morte avant d'atteindre ton âge. Non, non, ne discute pas jeune fille, ça me fait plaisir qu'elle te reviennes, qu'elle soit portée par une personne de ta caste que je croyais perdue dans le néant.» Une fois habillée, elle me demanda de m'assoir avant d'entreprendre de coiffer mes longs cheveux noirs....

    ~°~

    Quand Aurora prit le chemin du retour, elle ne put s'empêcher de se retourner vers la vieille Ban pour lui sourire. Elle lui avait promit de repasser la voir au chalet. Elle aussi semblait connaître Kappa, elle s'était montrée si élogieuse à son sujet. Maintenant, ce qu'elle espérait, c'est qu'il ne lui en voulait pas trop de s'être absentée si longtemps. Car en effet, avant de rentrer, elle demanda une dernière requête à son guide : celle de l'amener au marché. Là, après quelques instants de réflexion, elle avait enfin trouvé le cadeau idéal pour son sauveur : un magnifique pendentif. Le médaillon, finement ouvragé, brillait d'un bel éclat sous la lumière du jour décroissant, une pierre ovale et lisse, de la couleur de ses yeux, ornait le centre du bijou. Persuadée qu'il lui porterait chance, la jeune femme s'était empressée de l'acheter avec l'argent que la vieille lui avait donné et qu'elle n'avait bien évidemment pas pu refuser.

    Le cœur léger, elle remercia Nicolaï avant de pousser la porte du chalet. Vêtue dans sa superbe robe de velours carmin où se mêlaient fils d'or et d'argent en des motifs celtes, la jeune femme semblait comme métamorphosée. Sa longue chevelure d'ébène avait été tressée avec soin en une coiffure compliquée, piquée de feuille de chêne, l'arbre de prédilection des druides. Ainsi parée, elle ressemblait à s'y méprendre à l'une de ses «elfes» dont parlent les légendes.


    «Je suis rentrée....»
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Mar 25 Oct - 16:17



Le silence apaisant de la nuit m'entourait tranquillement pendant que je méditais, et que la neige tombait tranquillement. L'arrivée soudain d'Aurora avait quelque peu chamboulé mon programme d'entraînement. Cependant, je pensai qu'elle allait surement dormir le reste de la matinée. Je décidai donc de retourner me coucher après quelques minutes de méditation, et de me lever à l'aube pour faire de l'exercice au moins pour la matinée.

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je rouvris les yeux après ma méditation : le jour était déjà sur le point de se lever. Il m'arrivait régulièrement de méditer plus longtemps que prévu. Etant donné l'heure avancée, il était à présent inutile de me recoucher. Après avoir bu un café bien chaud et fait un brin de toilette, je sortis m'entraîner quelques heures. Deux heures de running dans la neige épaisse et glacée, puis environ quatre heures sur l'île possédant un climat propice à mon entraînement.

Le silence régnait en maître dans le chalet lorsque je rentrai pour déjeuner. Comme je le pensais, Aurora avait dû dormir toute la matinée, ce qui n'était pas étonnant après tout. Aussi bien physiquement que mentalement, elle avait besoin de repos, cela ne faisait aucun doute. Pourtant, elle devait manger si elle voulait reprendre des forces. Aussi décidai-je d'aller doucement la réveiller. Pourtant, la seule chose que je trouvai lorsque je poussai la porte de la chambre fut un lit vide. Où avait elle bien pu passer ? Elle ne pouvait pas être allée bien loin. Je sortis devant la chalet pour examiner les traces de pas. Hormis les miennes, je vis les traces de deux personnes partant vers le village. Peut être Nikolaï était il passé en mon absence. C'était la seule explication plausible étant donné son état. En espérant que ce n'étaient pas ses amis inquisiteurs qui l'avaient retrouvée.

Poussé par ma curiosité, je me rendis au lac où Nikolaï et les autres pêcheurs du village avaient l'habitude de venir chercher le poisson dans l'espoir de retrouver Nikolaï. Je n'avais pas l'esprit tranquille. Après tout, elle semblait plus ou moins recherchée. Le temps était clair, et la neige avait cessé de tomber. On y voyait par conséquent assez loin, mais le froid s'était installé, les nuages recouvrant le soleil n'aidant pas.

Comme je l'espérais, le jeune homme pêchait tranquillement en position assise avec des amis au bord du lac. En me voyant arriver, il se leva, et laissa ses amis pour venir me saluer :
- Bonjour, Kappa.
- Bonjour, Nikolaï. Dis moi, aurais tu vu ma protégée par hasard ? Elle n'était pas là quand je suis rentré de mon entraînement, tout à l'heure. Une brune, plutôt petite, mignonne, ajoutai-je en montrant sa taille approximative avec ma main.
- Si, bien sûr ! Je suis passé au chalet ce matin pour voir si son état s'était amélioré. Elle m'a demandé de l'amener au village. Je dois repasser la prendre pour la ramener plus tard.
- Je vois, répondis-je soudain. Très bien, merci Nikolaï.
Je fis demi tour, et m'interrompis soudain après quelques pas avant d'ajouter :
- Naturellement, cette conversation n'a jamais eu lieu. Elle n'a pas besoin de savoir que je me suis inquiété pour elle, si tu suis mon regard.
- Oui, je vois tout à fait, acquiesça le jeune homme avec un clin d'oeil entendu.


Rassuré, je repris le chemin de la maison. En arrivant devant la cabane, je m'arrêtai devant la tombe du père d'Aurora et lui murmurai :
- Eh bien, vieil homme, je ne sais pas si elle tient cela de toi, mais ta fille est vraiment du genre à n'en faire qu'à sa tête, ajoutai-je en soupirant, tout en étant amusé, car ce comportement me faisait penser à moi étant plus jeune.

Je regagnai ensuite l'intérieur du chalet, et lorsque je rallumai le feu, une douce chaleur se répandit dans le chalet. En silence, je me fis de quoi manger tranquillement, avant de retourner travailler à mes maquettes. Quelques minutes plus tard, j'entendis le bruit caractéristique de la porte, et la voix joyeuse d'Aurora. J'allai alors à sa rencontre, étrangement content de la voir revenir. Lorsque je la vis, mes jambes refusèrent de bouger, et je fus comme cloué sur place, rendu bouche bée par la métamorphose. La jeune femme portait une jolie robe, était superbement coiffée, le tout faisant ressortir avantageusement ses formes et atouts. Un "whaou" muet se forma sur ses lèvres, et à nouveau, j'appréciai le fait qu'elle n'ait pas pu le voir.

- Alors, on part sans prévenir ? lui dis-je d'un ton léger. Je t'ai mis à manger de côté. Si tu veux rapidement reprendre des forces, il faut te nourrir.
Je m'interrompis soudain : je m'étais rendu compte avec horreur que je me faisais penser à mon propre père...
- Alors, où est ce que tu étais ? Et où as tu trouvé une robe aussi jolie ?

Aurora se dirigea vers moi avec un petit paquet qu'elle me tendit, un sourire aux lèvres. Surpris, je pris le cadeau joliment empaqueté et le démêlai avec délicatesse. A l'intérieur se trouvait un petit coffret en bois. Lorsque je l'ouvris, je découvris émerveillé un magnifique pendentif orné au centre d'un très joli saphir. C'était un superbe présent, et je promis de ne le quitter qu'en de rares occasions où je le devrais. Confus, je lui dis alors :
- Mais... mais pourquoi ? C'est un bien trop beau présent, je ne peux pas accepter...
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Mar 25 Oct - 16:24

    La danse des esprits ne tarderaient plus. La lune gravissait un ciel d'encre sans nuages, son ascension, accompagnée par la présence des étoiles et de flocons de neige marquait l'approche de la grande fête. Ces derniers virevoltaient au gré d'un petit vent froid puis, l'astre de la nuit, guidée par la main des la Déesse aux trois Visages, deviendra rouge. Les portes de l'au delà seraient alors grandes ouvertes. Impatiente d'entamer la ronde des banshees, je trépignais le cœur battant. Malgré mes récentes blessures, je me devais de passer outre pour me lancer à corps perdu dans la Salutation.
    Kappa venait à ma rencontre, je l'entendis s'arrêter subitement devant moi, à une distance plus que respectable. Il devait être étonné de me voir habillée ainsi puisqu'il m'interrogea. Toutes ses questions, je les balayais d'un mouvement de tête. Après tout, cela le regardait-il? Je menais ma vie comme je l'entendais, depuis ma naissance, il en a toujours été ainsi. Pourquoi cela changerait, et pourquoi diable devrais-je répondre à toutes ses questions? Je le trouvais bien trop curieux. L'idée qu'il puisse s'agir d'inquiétude m'effleura même pas l'esprit. Pour moi, c'était clair : je lui avais laissé une journée de repos, sans que ma présence soit une gêne pour lui. J'écartais même sans vergogne, son conseil pour me nourrir, il en était hors de question, je ne pouvais tout simplement pas pour une raison simple. Samain demandait quelques sacrifices dont un corps à jeun. Les rituels druidique étaient compliqués, la moindre erreur, et tout était perdu. Comment expliquer cela à un non-initié? J'hésitais même à lui demander d'y assister, il trouverait cela, somme toute étrange et me regarderait comme le faisait les inquisiteurs. L'incompréhension pouvait mener à de bien sombre querelles.

    Je m'approchais de lui à pas comptés avant de lui tendre mon présent. Dans l'attente de sa réaction, je sentais une certaine appréhension grandir : peut-être n'aimerait-il pas et se montrerait poli en affirmant l'inverse? Je ne pouvais pas voir l'expression de son visage, mais sa voix m'indiqua son émotion. Je traduisais cela pour de la gêne. Vraiment? Ceci ne se faisait pas non plus? Quelles coutumes étranges! Je fis la moue avant de plonger ma main dans le coffret. J'en ressortit le pendentif avant de lui dire :

    «Pourquoi? Y'a t-il besoin d'avoir une raison pour offrir un bijou à son sauveur? Disons, que c'est ma façon de te remercier. Et ne t'inquiète pas! Je ne l'ai pas volé, mais acheté, rassuré? Maintenant, si tu pouvais te pencher un peu, ça m'aiderais, je ne suis pas très grande et je tiens à te l'accrocher autour du cou. Je me fiche si c'est déplacé, on procède toujours ainsi chez les druides. On peut dire que ça se rapproche à une cérémonie d'union, ainsi en quelque sorte, vu que je te suis redevable, je resterais liée à toi.»

    Mes propos semblaient quelques peu rudes de prime à bord, pourtant, ce fut plus pour cacher ma gêne que me montrer agressive. Une fois le médaillon accroché, je me reculais pour lui sourire doucement. «Voilà Kappa, il t'apportera de la chance et saura, je l'espère te protéger. J'ai moi-même prononcé les incantations, Dagda veillera sur toi plus que sur moi, c'est sûr!»
    À ces mots, toute trace de sourire s'évanouit. L'heure approchait, il me fallait sortir. Le hurlement d'un loup au dehors résonna comme un appel, aussi je faisais volteface pour me diriger vers la porte. Avant de l'ouvrir je lançais au chevalier : «Je doute que tu ais entendu parlé de Samain. Si le cœur t'en dit, suis-moi, j'aimerais, si les Dieux me le permettent, t'offrir un autre présent, bien plus précieux. Tu ne peut le nier, cette tristesse que je sens en toi, révèle la perte d'êtres chers... Ne poses plus de questions, si tu as confiance en moi, viens, sinon... à plus tard chevalier.»

    Je ne pouvais pas attendre sa réponse. L'appel était désormais trop fort, mes instincts s'éveillaient, je devais m'élancer.

    Sa silhouette disparaissait dans la noirceur. Engloutie dans l'ombre des arbres, elle ne tarderait pas à connaître de nouveau l'étreinte de la nature, selon elle bien plus présente que lors de Beltaine où le feu venait resplendir, avaler le nuit. La fête des morts n'engageait pas cet élément destructeur qu'elle avait apprit à craindre à ses dépends. Là, il n'y avait pour seule source de lumière, celle de la lune projetant ses rayons.
    Malgré qu'elle n'y voyait rien, la belle courait à en perdre haleine, mue par une force dépassant son entendement. Son empressement et cette volonté nouvelle, insufflés par les mystères druidiques, la faisait ressembler à un renard des neiges, animal qu'on lui attribuait volontiers. Respirant à plein poumon, elle hurla à la manière du loup avant de redoubler d'effort. Inconsciente des fatigues de son corps, Aurora déboucha dans une grande clairière et s'arrêta. Ses pieds nus s'enfoncèrent dans la neige et elle écarta les bras, le visage baigné par les rayons lunaires. Doucement d'abord, elle esquissa quelques mouvements avec ses mains, des gestes lents et circulaires avant que son bassin n'ondule comme le ferait le serpent. Les manches amples de sa mise accompagnait cette étrange et envoutante chorégraphie, ainsi que sa chevelure illuminée de reflets bleuté.


    «Gwirodydd, Dewch, ysbryd ! Roedd y lleuad ei alw, yr wyf yn dawnsio, fy merch fach o'r wawr...»
    (Esprits, venez esprits! L'appel de la Lune est forte, je vous appelle, moi, la petite fille de l'aurore!)

    La jeune femme continuait de tourbillonner en rythme avec le vent, les feuilles agités par la brise, des hurlements des loups, en symbiose avec la nature entière. Une aura argenté l'enveloppa légèrement quand elle renouvela son appel. Au fur et à mesure qu'elle tournait, alors que sa jupe se soulevait quelque peu, d'autres lueurs vinrent l'entourer et mêler leur voix à la sienne, leur enveloppes éthérées, évoluaient avec elle jusqu'à ce qu'une seule, plus lumineuse, se joint à elle pour entrer en contact. La jeune femme souriait en ouvrant les bras, comme pour l’accueillir.

    «Croeso'n ôl, Artus...» s’exclama t-elle en tombant à genoux dans la poudreuse. Puis, d'autres de ces formes fantomatiques, deux au total, s'approchèrent pour lui murmurer quelque chose à l'oreille. Aurora se tourna alors vers l'endroit où elle était venue... «Ydych yn chwilio amdano?» (Vous le cherchez?)
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Mar 25 Oct - 16:27



Tout comme la première fois, la jeune femme éluda l'intégralité de mes questions, seulement cette fois, je compris bien le message. Aurora n'était pas du genre à vouloir parler, elle n'aimait pas ça. Je pris donc la décision d'éviter cela à l'avenir. Elle pourrait venir vers moi lorsqu'elle le souhaiterait, après tout. A sa demande, je me penchai pour qu'elle m'accroche le pendentif.
- De la chance, hein ? Eh bien, ça tombe plutôt bien, j'en aurai besoin dans les prochaines semaines... lui dis-je rapidement en souriant.
Lié à elle ? Cette phrase attira mon attention, mais je compris rapidement que chez les druides cette signification n'était pas la même que pour moi. Lorsqu'elle m'invita à la suivre dehors, toujours avec cette fougue qui la caractérisait, l'hésitation s'empara de moi : que voulait elle me montrer ? Et pourquoi sortir en pleine nuit ? Je n'avais pas bien envie de courir dans les bois à la nuit tombée. Fatigué par mon entraînement, je ne souhaitais qu'une chose, m'assoir confortablement devant la cheminée et dormir un moment. Pourtant, le hurlement lointain de meutes de loups éveilla en moi une certaine curiosité, et je finis par suivre les traces de la jeune femme dans la neige, qui avait déjà disparu dans la nuit.

Le pistage dura quelques minutes jusqu'à une clairière où je débouchai. Le spectacle qui s'offrit alors à moi était pour le moins étonnant, du moins de mon point de vue. Aurora avait entamé une sorte de danse que je caractérisai de druidique, et son cosmos s'était éveillé. Il semblait appeler la forêt, je pouvais le sentir en fermant les yeux. Lorsque je les rouvris quelques instants plus tard, quelque chose de plus étrange encore s'était produit : diverses formes spectrales étaient apparues autour d'elle, mais elle ne semblait pas effrayée plus que cela, au contraire même. L'une d'elles apparut juste devant elle, et je reconnus l'homme que j'avais enterré, son père. Elle faisait donc appel aux morts. Pour quelqu'un étroit d'esprit, cela aurait pu être assimilé à de la nécromancie. Mais mon instinct me poussait à chercher plus loin une meilleure explication, à comprendre ce que cela signifiait pour Aurora. Il s'agissait en fait d'une immersion au coeur du monde secret des druides, une expérience inédite et passionnante. Etait ce là le présent dont elle m'avait parlé ?

Cette nouvelle question ne tarda pas à trouver une réponse lorsque deux nouvelle formes apparurent, déclenchant un bond dans ma poitrine dû à l'accélération des battements de mon coeur. Mes propres parents, tels que je m'en rappelais dans mes souvenirs, étaient à leur tour apparus. Pris de peur, hésitant, je reculais de quelques pas.
- Non... murmurai-je pour moi même, non...
Non... je n'étais pas prêt à les revoir après douze ans, comme ça, sans m'y être préparé. Depuis le jour où j'étais devenu chevalier, j'avais toujours souhaité revoir mes parents une dernière fois afin de leur demander si ils étaient fiers de moi, si les choix que j'avais faits les rendaient fiers, si ce que j'étais devenu les contentaient. Mais à présent que j'en avais l'occasion, rien ne se produisait. La réalité m'avait à nouveau frappé, me laissant dans un état d'hébétement qui m'empêchait de réagir. Peut être consciente de ma gêne, Aurora, qui avait dû sentir ma présence malgré les quelques dizaines de mètres nous séparant toujours, se tourna vers moi et m'encouragea à m'approcher. Mais c'était au delà de mes forces, je ne le pouvais pas.

A nouveau, je reculais de quelques pas comme pour m'arracher à cet hébétement me paralysant, m'empêchant de penser clairement. Mais je n'étais pas au bout de mes surprises : jaillissant tranquillement de derrière moi et venant se planter devant moi en souriant, mon petit frère Katha m'encouragea à son tour à approcher. Après un geste de recul, je vis soudain que plusieurs animaux s'étaient approchés discrètement pour admirer le spectacle. Aurora était donc une vraie druide, capable de faire appel aux forces de la forêt mais aussi de l'au delà. Au diable toutes mes réticences et mes peurs : après avoir balayé tout cela d'un revers de main, je m'approchai doucement de mon frère qui se tourna pour avancer lentement vers mes parents. Sentant que j'avais fini par mettre de côtés mes réticences et que je m'étais approché, Aurora s'éloigna en compagnie du spectre de son père pour que chacun de nous retrouve sa famille en toute tranquillité. Katha vint se planter entre papa et maman, formant ainsi un véritable portrait de famille. Tous trois souriaient, et je me mis malgré moi à leur parler :

- Bonjour, Papa, Maman. Cela fait douze ans que je rêve de ce moment, et pourtant, j... j'ai bien failli ne pas venir vers vous.
Pour toute réponse, ma mère avança une main et la posa sur mon épaule. Je ressentis alors un froid qui me fit légèrement frissonner.
- Je suis devenu un chevalier d'Or au service d'Athéna, maintenant, vous savez...
Visiblement très fier, Katha leva un pouce en l'air vers moi en l'accompagnant de son plus beau sourire.
- Mais une nouvelle Guerre Sainte est sur le point d'éclater... Le sanctuaire se prépare à la guerre, et je suis l'un de ses douze meneurs. Du moins, je suis sensé l'être... poursuivis-je en baissant la tête.
Katha avait repris une mine sérieuse. Il s'avança lentement vers moi et imita un oiseau volant dans les airs.
- Oui, je sais... J'ai réussi à battre des griffons à Boston. Mais je n'étais pas seul, et puis ils étaient manipulés. Que se passera t'il si je ne suis pas à la hauteur pour montrer l'exemple aux jeunes chevaliers de bronze et d'argent ? demandai-je soudain en levant la tête vers mes parents.

Cette fois ci, ce fut mon père qui posa une main sur mon épaule, et me lança un regard rassurant en souriant. Ma mère l'imita et posa une main réconfortante sur mon épaule libre. Finalement, Katha posa une main sur mon torse et tous trois fermèrent les yeux. Les imitant, j'entendis soudain leur voix dans ma tête. Ils étaient fiers de moi, et avaient confiance pour l'avenir. La seule chose qu'ils attendaient de moi était que je me montre toujours aussi digne de mon armure que je ne l'avais fait jusqu'à présent. Mais maintenant, ils devaient partir...

A cette dernière phrase, je rouvris les yeux, et fus surpris de trouver à la place de mes parents un chien loup qui me regardait avec étonnement, la tête penchée. Balayant la clairière des yeux. je cherchai désespérément ma famille. Je voulus leur crier de ne pas partir, que j'avais encore tant à leur dire, et à leur demander. Mais il était déjà trop tard... leurs âmes avaient regagné les Enfers.
Perturbé, déstabilisé, je fis demi tour sans même chercher Aurora du regard et m'enfuis en direction du chalet. Mais au dernier moment, je finis par changer de direction pour me diriger vers le lac. J'avais besoin d'être seul un moment. Une tension nerveuse que je n'arrivais pas à calmer traversait tout mon corps. Il fallait que je l'évacue avant de regagner la maison. Un calme plat régnait aux alentours du lac. Soudain, une voix perçante déchira le voile de la nuit. Ma voix :
- AURORA THUNDER ATTACK !!!

L'attaque de glace emplie de la tension qui me torturait l'esprit depuis quelques minutes frappa le lac de plein fouet, brisant le calme dormant des lieux. Aussitôt après, je m'effondrai dans la neige, le corps encore tremblant. Toutefois, cette tension avait disparu. Je n'arrivais pas à croire que j'avais pu parler à mes parents, et lorsqu'ils avaient quitté la clairière, j'avais eu l'impression de les perdre une deuxième fois, ce qui m'avait plongé dans un état de choc difficile à décrire.
Petit à petit, les battement de mon coeur s'espacèrent pour reprendre un rythme régulier, et le silence revint autour du lac. Quelques minutes encore, et je pourrais regagner le chalet...


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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Mar 25 Oct - 16:34

    La ronde des esprits, manifestation absolue des croyances druidique, prenait fin. Comparée à un cycle, l'ouverture des portes de l'autre monde ne s'effectuait qu'une seule et unique fois par an. Aussi, ce fut une immense joie de revoir mon père après ce qu'il s'était passé. Il avait emprunté la barque l'entraînant sur les berges d'Avalon, là les Neuf Dames lui avaient murmuré sa mélopée mortuaire, avaient ceint sa tête d'une couronne de buis avant de le conduire sur le chemin du Sidh. Vraiment, le bonheur m'envahissait à l'entente de ce récit lourds de sens. Il confirmait sa mort, sa renaissance, l’élévation de son âme réduite grossièrement pour l'occasion de Samain, en une manifestation spectrale.
    Je pouvais très clairement voir son visage dans mon esprit, le sourire qu'il m'offrit fut le plus beaux de ses cadeaux, même lors de son vivant. Une dernière étreinte, et j’esquissai les derniers pas de danse pour l'au-revoir.

    La présence de Kappa ne m'étonnait guère : tout être humain était poussé par la curiosité, car il s'agissait bien de ça, ni plus ni moins. Peut-être aussi pour constater que je n'étais pas une simple menteuse, une voleuse, oui, je le soupçonnais vraiment de penser cela de moi. Sinon, pourquoi me poserait-il tant de questions?
    Je n'aimais décidément pas cette partie de l'humanité, je trouvais ça... malsain. Je ne portais que très peu de considération à mes pairs, eux qui ne cesseront jamais de brandir leur armes contre ce qu'ils ne comprenaient pas. Curiosité, écœurement. Puis violence. Un sentiment de plénitude m'envahissait alors que je me tournais vers le chevalier. Personne. Je levais un sourcil interrogateur. Qu'avais-je encore fais?
    Je pris le chemin du retour, d'un pas léger, plus assurée que jamais. Oui, cette rencontre avec les esprits, le fait d'avoir danser m'avait redonné foi en moi, en la vie. Mais quelque chose clochait, je le sentais. À la recherche du jeune homme, je fis le vide en moi, écartant tout les préjugés que je pouvais bien avoir.
    Aussitôt, une voix brisa le silence, déchira le voile bienveillant qui recouvrait mon cœur tout aussi convalescent que mon corps.

    Je me mis à courir, preuve qu'une inquiétude grandissante prenait assaut de moi. Inexplicablement, une force incroyable m'attirait. Elle connotait la froideur la plus extrême, une colère telle qu'elle m'inspira une certaine culpabilité qui me stoppa net dans mon élan. Le hurlement d'un loup brisa de nouveau le silence comme pour faire écho à cette plainte lancée à la face de la lune. À mon tour, je pris une profonde inspiration pour l'imiter. Le chant des loups mettait fin aux festivités et il me fallait clore ces dernières en poussant le dernier cri. J'aimais ce caractère sauvage souvent associé à notre caste : il nous rendais unique en quelque sorte, toujours plus près de la nature que de la raison humaine.
    Avec calme, je fis les quelques pas qui me séparais encore du chevalier. Le doute m'assaillit alors : et si c'était de la solitude qu'il avait besoin? Ne me montrerais-je pas encore plus curieuse qu'il ne l'avait été avec moi? Je me refusais d'agir de la sorte. Cependant, au moment de me retourner, ce sentiment qui m'animait tout à l'heure fut plus fort encore. Après tout, n'était-ce pas de ma faute si une plaie dans son cœur s'était rouverte? Je serais bien égoïste de lui tourner le dos à un moment pareil. Surtout qu'il ne semblait pas capter toute la portée de cette apparition. Je mis un genoux à terre avant de lisser ma robe d'un geste embarrassé. Je cherchais sa main, et quand je pus la débusquer, elle me semblait glacée, à l'instar de tout son être. Je m'en étonnais : lui que je trouvais bien plus chaleureux, plus humain que moi, recelait en son sein, une part de noirceur, une peine évidente et pourtant insoupçonnée quand on le côtoyais. Si moi je pouvais le sentir, ce fus sans nul doute parce j'étais habituée à percer les secrets.
    Comme il ne réagissait pas, je décidais de prendre la parole.

    “Je ne comprends pas que tu puisses ressentir tant de chagrin. La mort, pour nous, est loin d'être une fin, et maintenant je le sais avec certitude. Mes doutes, envolés, j'ai hâte de danser de nouveau l'année prochaine. Kappa, j'imagine combien cela doit-être dur pour quelqu'un qui ne comprends pas nos croyances. Les esprits ne meurent jamais, ils veillent éternellement sur nous, et quand je les rejoindrais, moi aussi je pourrais veiller sur les vivants.
    Vous êtes vraiment trop compliqués pour moi, il me faut apprendre la patience, c'est un fait. Kappa?”
    l'appelais-je puisque je ne perçus encore aucunes réactions. Me montrais-je trop dur avec lui en lui balançant des réalités dont la portée devais être inatteignable pour eux?

    Je lui murmurais un bref pardon. Je me sentais honteuse, aussi, je baissais la tête. Au dessus de nos tête, la lune fut recouverte de brumes. Plongés dans le noir, je ne bougeais pas d'un cil. J'attendais une réponse qui ne venait pas.
    Fautive, je me sentais évidemment mal puisque incapable de savoir de quelle façon réagir. Je réfléchissais alors. Si vraiment il était en colère contre moi, il devait me le dire et pas s’emmurer dans un silence pesant.
    Je pris alors son visage entre mes mains pour le tourner vers le mien et l'obliger à me regarder. Mes yeux d'un bleu irréel, brillaient avec intensité et vibrait d'émotions contradictoires.

    “J'ai sans doute eu tords de t'inviter à me suivre. Je renouvelle mes excuses, chevalier. Les mystères de Dagda sont lourds de sens, d'interprétations, et il semblerait que tu en sois très affecté. Tes parents ont touché ma conscience, et je sais tout. Tu n'es pas si différent de moi, j'ai même l'impression que quelque part, nous nous ressemblons.
    De cette tragédie est née une colère que tu refoules encore aujourd'hui. Ces larmes que tu ne peux verser, eux les ont perçu et sont des chemins vers ton cœur. Tu ne veux pas entendre leur voix, pourtant ils sont là, pas physiquement, tu ne peux les voir, mais si tu prends la peine de sonder ton âme, tu verras. Un jour...”


    Un larme roula sur ma joue, sa course s'acheva dans la neige. Je me relevais avec un petit sourire aux lèvres. “Si tu n'as pas su apprécier ce présent, c'est que tu n'es pas encore prêt. C'est ma faute, je me suis lourdement trompée. J'ai vu en toi quelqu'un qui pourrait appréhender cela sans faillir, ne pas hésiter à être confronté à la ronde. Si tu le veux, je t'apprendrais.... Je t'apprendrais pour qu'un jour tu sois prêt à danser avec moi.”

    Il n'était pas disposé à m'écouter, cela aussi je le sentais. Je tournais donc les talons pour m'éloigner. Je prenais le chemin du chalet toute once de gaité effacé par mes propres discours. Une fois à l'intérieur, je me rendis compte que ma robe était trempée, je m'installais donc près de l'âtre. À genoux devant le feu que je ravivais je me mis à soupirer. De plus, les blessures se manifestaient de nouveau et je ne pouvais pas me permettre d'attraper froid. J'entrepris d'enlever le présent de la vieille avant de m'envelopper d'une couverture. Perdue dans mes pensées, mes doigts, d'eux même, essayaient en vain de dénouer ma coiffure. Un nouveau soupir....
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Mer 23 Nov - 23:51



La lumière de la pleine lune éclairait doucement le lac tandis que les eaux se rendormaient petit à petit. La réapparition de ma famille avait réveillé en moi le jeune garçon qui avait grandi trop vite. Peut être n'étais je pas prêt à connaitre un monde si différent du mien. J'avais beau ne pas être hostile aux autres croyances, celle ci incluait des vérités que je n'étais pas sûr de vouloir apprendre pour le moment. J'étais venu ici pour clarifier mon esprit avant que la guerre sainte ne débute après tout, et je n'avais réussi qu'à m'embrouiller la tête.

J'entendis Aurora approcher derrière moi. Elle baissa la tête et s'agenouilla. Loin de me réconforter, ses paroles accentuèrent la colère qui était pourtant en train de se calmer. Elle savait tout ? Mais peut être n'avais je pas envie qu'elle sache, se l'était elle seulement demandé ? Le ton toujours dur et quelquefois condescendant de sa voix avait achevé de venir à bout de ma patience. Aveuglé par ma colère, je n'entendis même pas la fin de son discours, et je me rendis compte que mes poings et mes dents étaient serrés pour contenir ma rage. Cette jeune femme avait violé le plus secret de mes souvenirs, et c'était une chose que je ne pouvais laisser passer. Savoir lire en quelqu'un n'autorise pas à le faire.

Je me relevai lentement en regardant Aurora s'éloigner en direction du chalet. Une lueur d'agacement passa furtivement dans mon regard. Elle pouvait se montrer tellement froide et incompréhensive parfois qu'il était vraiment difficile de la cerner. Il était temps d'avoir une petite explication avec elle. Regagnant la cabane d'un pas déterminé, j'ouvris la porte pour trouver la jeune femme devant la cheminée. J'entamai alors un discours, d'un ton dur et froid, et les traits du visage refermés :

- Aurora, je ne sais vraiment pas ce qui t'a poussé à traiter les autres humains comme tu le fais, mais quelque part tu ne vaux guère mieux que tes agresseurs ! Tu ne voulais pas discuter avec moi ? Très bien, j'ai laisser filer... Tu ne voulais pas me dire ce qui s'était passé ni comment tu es entrée en possession de cette armure ? ajoutai-je en pointant du doigt l'armure d'Asgard, Très bien, je n'ai donc pas insisté, ce que j'aurais dû faire étant donné que nous sommes alliés avec le sanctuaire des glaces et que je me dois de m'assurer que cette armure est bien là où elle devrait être. Je t'ai recueillie et t'ai soignée sans rien demander en retour ! Je me suis plié à ton refus de vouloir en dire plus sur ton passé, alors la moindre des choses aurait été que tu fasses la même chose avec moi ! Ce qui s'est passé avec mes parents ne regarde que moi, et moi seul ! Personne n'a jamais su jusqu'à présent ce qui leur était arrivé, et c'était très bien comme ça...

Je fis quelques pas vers la fenêtre pour regarder au dehors, dos à Aurora, avant de poursuivre :
- Je peux très clairement ressentir cette hostilité que tu manifestes envers les autres humains. Je ne sais pas pourquoi, et à la limite, je ne veux même pas le savoir. Tu ne comprends pas que l'on puisse ressentir tant de chagrin ? Voir sa famille souffrir les pires atrocités devant soi, et ne rien pouvoir faire pour les aider, être impuissant. Cela me semble justifier tout le chagrin et toute la colère du monde. Je n'ai rien fait pour les sauver alors que je le pouvais. Si tu ne peux pas comprendre cela, alors non, nous ne nous ressemblons pas. On me reproche peut être de temps en temps d'être dur, mais comparé à toi, je passerais aisément pour un ange. Tu détestes les inquisiteurs qui veulent imposer leurs idées aux autres, n'est ce pas ?

Je fis soudain volte face, et posai un regard froid et accusateur sur la jeune druidesse :
- Mais regardes toi ! Lorsque tu parles de tes croyances, tu en parles avec condescendance, ne sachant que dire que nous autres sommes incapables de comprendre car nous sommes trop idiots ou obtus. T'es tu déjà toi même ouverte à d'autres croyances ? As tu déjà seulement essayé de prier Athéna avec ferveur ? Cela m'étonnerait beaucoup...
Sur ces, mots j'ouvris la porte en coup de vent, et sortis en claquant la porte derrière moi.



Dernière édition par Kappa le Jeu 24 Nov - 20:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Jeu 24 Nov - 0:05

    Ces paroles, inquisitrices eurent très vite fait d'atteindre mon cœur. De simples mots pouvaient être bien plus efficace que n'importe quel coup de poing. Aussi, ils étaient semblable à la lame d'un couteau que l'on plantait dans les chairs. Bien pire toutefois puisqu'ils mettaient au grand jour des vérités que je ne pouvais nier. Sur certains points, je devais le reconnaître, il avait entièrement raison. Sur d'autre, je mettais cela sur le compte de l'aveuglement et de la colère. D'habitude, je n'étais pas si lucide, aussi, je me demandais ce qui me retenais encore ici. Somme toute, j'étais devenue plus qu'indésirable et puisque je ne valais pas mieux que mes bourreaux, autant que j'aille me rendre pour que l'on me brûle sur le bucher.
    Je gardais en moi toute la frustration que je pouvais ressentir, tout comme cette pointe de tristesse qui m'empêchais encore de bouger. Trop interloquée pour pouvoir lui répondre, même si je me doute qu'il ne m'en aurait pas laissé le temps, je restais là un moment sans bouger à écouter le crépitement des flammes.
    Ce qu'il ne comprenait pas, c'était que je ne voulais pas m'introduire dans son passé. En qualité de druide, je n'avais d'autre choix que d'écouter les esprits, quand ils le faisait. Mais cela, voudrait-il seulement l'entendre?
    Je me montrais affreusement maladroite. Peut-être que mes propos avaient-ils donc été mal interprétés? J'avais besoin de prendre un peu de recul. Une chose était sûre, les propos du chevalier coïncidait quelque peu avec les paroles de Frigg lors de ma rencontre avec Irminsul.... Il me fallait être plus confiante, m'ouvrir un peu au monde véritable. Apprendre.

    Je devais prendre un chemin différent. Je me redressais pour laisser le tissu qui me recouvrait, choir sur le sol en un froissement délicat. Je ne m'en rendais pas compte, mais je me mordais la lèvre inférieure jusqu'au sang. Généralement, cela m'arrivait quand la contrariété me gagnais. J'enfilais la robe à la va-vite, omettant de boutonner tout les boutons de mon corsage. C'est la gorge serrée qu'à mon tour je sortis. Un vent froid m'ouvrir les bras m'obligeant à placer mes bras tout autour de moi. Là, je pouvais sentir toute la morsure du froid. Je devinais Kappa adossé au mur du chalet, sans doute non loin de moi, mais comme je ne pouvais en avoir la certitude, je fis quelques pas mal-assurés vers la rambarde, là où mes mains frôlèrent le dos musculeux du jeune homme. De peur de sa réaction, je reculais.

    “Je crois que je vous dois des excuses chevalier. Je ne voulais en aucun cas me montrer condescendante, ni même explorer sciemment votre passé, ce sont... enfin, croyez le ou non, mais c'est votre mère qui s'est confié à moi. Je ne pensais pas à mal, je ne désirais que... -mes yeux s'embuèrent-... que vous remerciez à ma façon.
    Vous me traitez comme une égoïste, peut-être n'avez-vous pas tord, mais je ne sais pas... Oh et puis non, cela non plus vous ne voulez pas le savoir. L'armure m'a rendu aveugle pour une raison qui m'apparaît plus évidente aujourd'hui grâce à vous. Tout serait plus simple si vous m'aviez laissé dans la neige...”


    Sur ces mots je levais mes prunelles vers lui pour constater que je ne voyais toujours rien. “Je ne vaux guère mieux que mes agresseurs, vraiment? Je suis peinée de l'apprendre de la bouche de quelqu'un qui connaît si bien les rites de l'Inquisition. Si vous avez raison, plus rien ne me retiens ici puisque visiblement, ma présence vous insupporte. Je pense pouvoir justifier le fait que je pense que vous ne pouvez pas nous comprendre : la seule fois où je me suis essayée à “m'ouvrir aux autres croyances” comme vous me l'avez si justement fait remarquer, je me suis retrouvée traquée comme une bête sauvage, capturée alors que je ne faisais que soigner une petite du village, torturée durant des heures pour être sauvée in extremis par Artus, mon père pour de nouveau nous enfuir.
    Nous sommes arrivés en Sibérie, là où je me sentais inéluctablement attirée par une chose dépassant mon entendement... Une armure asgaridenne. Oui, je vais apprendre, oui, je vais prier avec ferveur des Dieux que je ne connais pas encore. Oui, j'ai peur et je suis méfiante. Si cela ne m'excuse en rien, je.... je suis perdue.”


    Déstabilisée, je me raccrochais aux souvenirs un peu plus heureux que j'avais pus avoir avec lui? D'une main tremblante, je désignais le médaillon qui devait reposer près de son cœur. “Vous aussi, vous vous montrez bien cruel. Je n'étais pas pleine de mauvaises intentions comme vous le pensez.... Je vais répondre à vos questions. Cette robe tout d'abord, c'est la vieille Ban qui me l'a donné après que je l'ai soigné. Je n'y tenais pas plus que ça, mais elle a insisté. Ensuite, je suis partie à la recherche de votre présent. Si je suis partie sans rien dire, c'est là encore une façon à moi de ne pas plus vous ennuyez. Autrefois je vivais avec mon père, dans une sombre forêt. Nous étions heureux de vivre seuls, loin des hommes qui ne désiraient pas de nous. Nous étions très bien, jusqu'à ce que... enfin, vous connaissez la suite, de plus, vous vous en fichez. Mais nous sommes quitte. Je n'ai rien de plus à ajouter. Trouvez cela puéril, jugez moi autant que vous le voulez, moi aussi je vous ai tout dit. Adieu, chevalier, j'espère que votre Athéna guidera vos pas. Moi, je n'ai plus grand espoir d'être supportée par les Dieux, tous m'ont abandonné quand j'en avais le plus besoin. Oui, les Dieux que j'aime tant, je me leurre à vouloir toujours les adorer.”

    Je ravalais mes larmes pour garder une once de fierté devant lui. Je m'inclinais devant lui avant de faire volte face et lever les bras. L'armure scintilla pour sortir de sa boîte. Elle vint alors épouser la forme de mon corps. À présent, j'étais le chevalier de l'Arbre Sacré, une combattante pour les Dieux nordique, une arme dévouée, prête à entreprendre le long périple qu'ils m'imposeront. “Cette armure, je l'ai trouvée dans une grotte non loin d'ici, que vous le vouliez ou non, elle m'a choisit. Je suis Aurora, guerrière Sacré d'Irminsul, l'Arbre Sacré, placé sous l'étoile Sigma! Si vous en doutez, rattrapez moi et combattez moi.”

    Je sautais par dessus la rambarde pour disparaitre dans l'ombre de la Lune. Tandis que je courrais, je sentais mes larmes s'écouler enfin chaude et amères sur mes joues. Malheureuse de le quitter ainsi, j'étais persuadée que jamais plus je ne le reverrais...
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Jeu 24 Nov - 0:13



Le souffle glacial de la nuit m'accueillit à bras ouverts lorsque je sortis à nouveau. Je ne savais pas bien où aller, et je décidai finalement d'aller m'adosser au mur le temps que le sang arrête de bouillonner dans mes veines. Les paroles que j'avais prononcées avaient certainement fait du dégât, mais je devais les faire sortir, évacuer cette colère. D'autre part j'étais convaincu qu'Aurora avait besoin d'une remise à zéro, pour comprendre qu'elle était allée trop loin.
La jeune femme sortit rapidement, et se tourna vers moi d'un pas hésitant. Comme je ne disais rien, elle se mit à me chercher en tâtonnant, et tomba sur mon dos. Elle eut immédiatement un mouvement de recul. Le long de discours de représailles qui éclata ensuite était à prévoir, mais par dessus tout il émanait d'elle un bouleversement profond et un désir de s'excuser. Elle me déballa toute son histoire en quelques secondes, chose tout à fait inattendue. Néanmoins, elle avait pris sa décision, sur un coup de tête, comme il était prévisible, et après avoir enfilé son armure et m'avoir dit adieu, s'enfuit en courant dans la nuit.

D'un geste machinal, je touchai le bijou qu'elle m'avait offert quelques minutes auparavant. Je ne pouvais me résoudre à la laisser partir ainsi, je devais la rattraper. Concentrant mon cosmos sur elle pour la repérer à distance, je m'enquis de raccourcis afin de rapidement la rattraper pour lui barrer la route. Je possédai deux avantages non négligeables dans cette course : Je pouvais voir, et j'avais vécu plus de quatre ans dans la région, je la connaissais bien. Coupant à travers la forêt, je finis par bifurquer pour déboucher sur le chemin, qui partait en direction du village, dont elle ne s'éloignait pas trop probablement par peur de se perdre. Après quelques minutes à courir à pleine vitesse, je fus rapidement sur place. La lune éclairait le chemin qui était heureusement désert.
Arrivé sur place, il ne me restait plus qu'à l'attendre. Lorsque je la vis arriver, j'entamai assez crûment les hostilités. J'étais certain qu'elle prendrait ça pour un manque de respect si je refusais l'affrontement. Par ailleurs, peut être s'ouvrirait elle un peu plus à mes paroles si elle constatait par elle même de quoi j'étais capable. Espoir sans doute futile, mais qui valait le coup de tenter. Ma voix brisa tout à coup le silence qui régnait sur le chemin :

- Par le miroir de glace !

Complètement prise au dépourvu, la jeune femme qui courait à perdre haleine percuta le miroir qui la repoussa avec force dans la neige. Celle ci s'effondra dans la poudreuse.
- Très bien, chevalier. Si c'est un affrontement que tu veux, alors tu l'auras... lui dis-je soudain d'un ton froid pour révéler ma présence. J'avais revêti les traits du Chevalier du Verseau, et bientôt mon cosmos s'enflammerait pour lui démontrer toute la puissance des chevaliers d'Or. Redressé de toute ma hauteur, les bras le long du corps, j'étais en position de combat, prêt à repousser sa prochaine attaque. Le puissant cosmos du Verseau s'intensifia jusqu'à devenir écrasant, gelant tout ce qui ne l'était pas alentours, faisant voleter mes cheveux tout autour de moi, comme à son habitude.
- Approches, Aurora, guerrière Sacré d'Irminsul, l'Arbre Sacré, placé sous l'étoile Sigma ! Montres moi un peu de quoi les véritables druides sont capables !

J'étais parfaitement conscient qu'elle pourrait mal interpréter mes paroles et prendre cela pour un défi, croire que je la méprisais et que je désirais en finir avec elle, mais je ne voyais pas d'autre chance que le choc frontal pour la ramener à la raison. Et j'étais prêt à tout tenter pour l'empêcher de partir ainsi.
Il me fallait faire attention à ne pas rouvrir ses blessures. Après tout, je n'avais accepté d'entamer ce combat que dans l'espoir de la faire craquer émotionnellement, pas de la tuer... Je devais l'affronter pour la raisonner, mais il me fallait mesurer mes coups sans qu'elle ne s'en aperçoive. Les prochaines minutes ne seraient pas de tout repos...

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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Sam 26 Nov - 23:33

    Les cliquetis de son armure résonnaient sur la lande sibérienne. Le poids de cette dernière l'étonnait puisqu'elle n'entravait en rien ses mouvements. Elle pouvait courir librement comme elle le faisait autrefois. L'odeur des pins l'enivrait, lui faisait oublier pour quelques instants, les douleurs la tourmentant.
    Sans trop s'en rendre compte, Aurora avait emprunté le chemin du village. Il n'y avait pas âme qui vive, pourtant, une ondulation de puissance lui parvenait très clairement : elle redoubla d'effort. La lune éclairait son chemin, la baignant dans une douce lumière pâle. Le silence fut brisé par une voix qu'elle reconnu sans peine. Une sorte de mur venait de se matérialiser de façon si inattendue, qu'elle n'eut pas le temps de s'arrêter. La jeune femme chuta dans la neige, sa tête heurtant durement le sol.

    Il me fallut quelques minutes pour pouvoir me redresser. Agenouillée dans la neige, je portais une main à mon front, là où un liquide chaud s'écoulait abondement. Mes mains se crispèrent sur la poudreuse, ce contact froid faisait que je ne perdais pas pied, me conservait dans cette réalité dure, la mienne.
    Je ne préférais pas lui répondre, le message, limpide, ne me laissais pas d'autre choix.
    Une fois sur mes deux jambes ce fut à mon tour d'étaler toute ma puissance. Si il désirait vraiment connaître la puissance de Dagda, il allait être servi.
    La puissance qui émanait de moi, loin d'être aussi glaciale que celle du chevalier, connotait les paradoxes du “Dieu-bon”. À la fois chaude et ténébreuse, elle représentait à merveille l'un des nombreux attribut du Dieu-Druide : celui qui combat par l'if. Cet arbre, dont le poison réchauffait le sang et faisait tomber dans la noirceur de la folie.
    Je levais les bras haut vers le ciel noir, là où réside le déité des druides. Mon énergie cosmique tournoyait autour de moi de façon à former un corbeau prenant son envol. J'imitais son cri, puis, llygad parut dans un éclat d'argent.
    Ma main se referma sur la divine masse double dont les extrémités recelaient en leur sein, différents pouvoirs. D'apparence lourde, je la maniais avec habilité, la faisant tournoyer au dessus de ma tête avant d'entrer en garde. Je lui présentais le côté du treial, le jugement.

    “llygad treial!” L’œil du jugement. Me voici donc dans toute ma puissance guerrière : le regard vide de toutes émotions, animée par la volonté d'en découdre. Je poussais un cri terrible, comme le faisait Macha avant chaque combat avant de m'élancer sur Kappa. Je ne lui avait pas laisser apercevoir toute l'étendue de mes pouvoir, aussi, avant que j'entre en contact avec lui, l'ombre m'enveloppa, et je disparaissais de sa vue.
    Cachée dans le manteau de la nuit, là où règne aussi Dagda, je l'observais de mes yeux aveugles, avant de soupirer et réapparaître à sa vue, juste à quelques pas de lui. Je m'approchais encore, mes doigts échappèrent la garde de mon arme qui s'écrasa sans bruit dans le sol enneigé. Là, alors que je sentais son souffle chaud sur ma joue je continuais de rompre la distance qui nous séparait encore pour me mettre sur la pointe des pieds. Je passais avec une lenteur calculée, mes bras autour de son cou puis, posais mon front contre le sien. Mes paupières se fermèrent alors que je lui murmurais à l’oreille. “Peidiwch â isaf ei warchod, dyn.” Brusquement, mon corps disparut tout comme la masse enfoncée dans le sol. Mon leurre semblait avoir fonctionné : tel un félin qui bondit sur sa proie, je reparus derrière lui, mon arme brandit au dessus de ma tête. Il n'eut pas de mal à esquiver cette attaque, comme je pouvais m'y attendre. J'enchaînais donc avec des coups rapides pour finalement me replacer à deux mètres de lui.

    "Je n'ai pas envie de vous combattre, Kappa. Laissez-moi passer et restons en là. Sinon vous me verrez obliger d'user de mes poisons."


    La jeune femme, d'un claquement de doigt, fit disparaître sa masse ainsi que son armure. Si il décidait de l'attaquer, elle n'aurait d'autre choix que d'encaisser. Même si elle en avait conscience, Aurora gardait un petit sourire triste sur les lèvres. Une certaine confiance. D'une démarche légèrement hésitante, la druidesse passa à côté du Verseau sans lui adresser un regard. Cependant, elle s'arrêta pour lui présenter le médaillon qu'elle lui avait habilement substitué. Sans tourner la tête, elle déclara avant de reprendre sa marche. "Puis, nous sommes quitte, chevalier."
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Kappa


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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Sam 26 Nov - 23:54



La riposte de la jeune druidesse ne tarda pas à se manifester, comme il fallait s'y attendre. Elle mit quelques minutes à se relever, et fit apparaître une lourde masse. Malgré son poids certainement élevé, elle la maniait avec une agilité particulièrement redoutable. Finalement, elle chargea vers moi, à pas feutrés, démontrant une nouvelle fois l'étendue de son agilité. Soudain, un voile ténébreux l'enveloppa durant quelques secondes, la dissimulant à ma vue. Prêt à réagir, je ne pus cependant pas éviter la suite : elle vint coller son front au mien, et me murmura quelques mots en druidique que je ne compris pas. A la suite de quoi, le voile ténébreux disparut, ne laissant aucune trace de la jeune femme devant moi, elle avait disparu.
Je la ressentis soudain juste derrière moi, prête à frapper avec son arme de toute sa puissance. D' un simple mouvement de tête, j'esquivai le coup qui passa à un cheveux de mon visage. Je fis ensuite volte face pour me tourner vers Aurora mais celle ci reprit de plus belle et donna quelques coups plus rapides que je n'eus que le temps d'esquiver ou de parer. Puis elle s'arrêta soudain en déclarant qu'elle ne voulait pas me combattre. Elle fit disparaître son arme et son armure d'un claquement de doigt avant de s'éloigner tranquillement en passant devant moi sans me voir. Elle s'arrêta soudain et me montra le médaillon qu'elle m'avait offert : elle me l'avait dérobé sans que je m'en aperçoive, et elle ne me le rendrait plus...

Mais la leçon n'était pas terminée. Il était hors de question que je la laisse partir, et il n'était plus temps d'user de demi mesures. Agacé par son comportement que je qualifiai, peut être à tort, à nouveau de condescendant, mon cosmos s'intensifia instantanément, et la neige se mit à tomber. Mais pas n'importe quelle neige, la neige constituée de cristaux de glace. Aurora, sentant que cette neige particulière s'était mise à tomber, s'immobilisa soudain :
- Non, en effet, lui dis-je soudain, ce n'est pas n'importe quelle neige. Dans cette région glaciale lorsque les températures extrêmes s'installent, il arrive que la neige se transforme en cristaux de glace. Lorsque cela se produit, ce phénomène dangereux fait souvent des victimes, car si la brillance de cette neige rappelle l'éclat du Diamant, ses cristaux, eux, en rappellent le tranchant. Emplis de respect, et de peur par ce phénomène, les habitants surnomment cette neige la mort blanche, ou bien encore...
Je tendis rapidement la main vers la jeune femme :
- DIAMOND DUST !

L' attaque de glace percuta le dos de la jeune femme qui fut projetée plusieurs mètres plus loin dans la poudreuse, qui freina heureusement sa chute. J'étais inquiet à l'idée d'avoir rouvert ses blessures, mais je ne pouvais pas la laisser me traiter de la sorte et partir. Des sentiments contradictoires me tiraillaient alors que je devais faire du mal à Aurora. Serrant les poigs, je me forçai à dominer mes sentiments paradoxaux pour me recentrer sur l'affrontement.
- Le combat n'est pas terminé, Aurora. Si tu veux vraiment t'en aller, il te faudra me passer sur le corps...

A nouveau, ma voix n'avait plus rien de comparable avec celle que j'avais eu ces derniers jours, lorsque je la soignais étant malade et apeurée. Si je n'imposais pas très vite ma supériorité, ce combat absurde pourrait mal se terminer et blesser l'un d'entre nous...

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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Dim 27 Nov - 0:21

    Vraiment? C'est donc à cela que ressemblait la colère de la glace? Projetée par cette attaque aussi brusque que sournoise, me voici de nouveau dans la neige. Je n'aurais pas dû me montrer si confiante. Après tout, je ne le connaissais pas. Et il venait de m'en apporter la preuve. Mon corps ne répondait plus, il me suppliait de rester allongée. Je ne pouvais que m'y résoudre. Haletante, je jugeais encore de toute la fougue de cette poussière de diamants, de cette mort blanche comme il venait de me le dire.
    Je crachais du sang puis ma main chercha le pendentif qui m'avais échappé. Je me fichais éperdument de ces dernières paroles emplies d'une froideur qui me faisait tout aussi mal que sa précédente réplique. Avec frénésie mes doigts cherchaient à se refermer sur l'ovale de la pierre. Enfoui sous la neige, ce bijou, je ne voulais pas le perdre. Si il le souhaitait, il pourrait très bien m'achever, j'en avais cure. L'objet de mon transport une fois retrouvé, je pourrais alors me concentrer sur lui.
    Enfin, je rencontrais la surface lisse et froide de ce dernier. Je l'accrochais autour de mon cou, rapidement tandis qu'une douleur vive s'emparait de moi.

    Je savais que je n'avais aucunes chances, alors pourquoi je m'entêtais à lui tenir tête? Et puis, lui, pourquoi ne me laissait-il pas partir?
    Ma nature sauvage s'éveillait à l'appel du combat. Je ne désirais nullement me battre, aussi je repoussait les assauts répétés de mes instincts.
    Je me redressais, adoptant une attitude distante, méfiante. Un peu belliqueuse. Paradoxalement, je ne pouvais lui refuser cette joute. J'écartais les bras en croix lui montrant toute l'étendue désastreuse qu'avais eu le diamond dust sur moi. La belle robe offerte par la vieille Ban, déchirée par endroit, laissait voir largement des pans de ma peau diaphane où parfois, on pouvait discerner de multiples plaies ouvertes.
    Soit, reprenons.

    Je me lançais donc à corps perdu dans ce combat complètement futile et vain. Au fond, je savais lequel d'entre nous ressortirait vainqueur.
    Ma masse apparue au moment où je m'apprêtais à sévir, là, une lumière diffuse m'enveloppa de sa douce chaleur. Quand j'allais enfin abaisser mon arme, le visage de Ban m’apparus dans mon esprit. Aussitôt je fis un écart avant de disparaître à nouveau.
    Si cette apparition soudaine était un signe, je l’interprétais comme un conseil. Cette femme me rappelait toute la beauté de la subtilité celtique. Le fait de se fondre dans la nature par exemple et ne faire qu'un avec elle. Je n'avais pas sur moi ma tunique de moire. Je regrettais d'être vêtue d'une robe voyante, et qui plus est, rouge, selon les dire de la vieille. Comme il semblerait que le chevalier ne montrerait aucuns scrupules ni de pitié, j'allais par conséquent me montrer sous mon vrai visage. Celui de la petite fille de l'aube.
    Je me débarrassais du velours qui me recouvrait, ne conservant que sur moi, une fine tunique de coton blanc déjà tachetée de sang.
    J'étais la neige, et la neige était moi. Usant de cette étrange technique de camouflage, je réapparue aux côtés du Chevalier d'or. Si il n'était pas surpris, ce prochain mouvement allait peut-être faire mouche.
    Il voulait jouer, moi aussi j'aimais cela. Je m'agenouillais dans la neige face à lui et frissonnante. La morsure du froid, alliée à celle de mes récentes blessures, en plus des autres, faisait que mes forces me quittaient vite. Promptement, je fis apparaître un poignard dans ma main. D'une voix calme, je lui dis : “Cette lame est imbibée du poison de l'if, une seule égratignure, et d'est la mort assurée. Voulez-vous vraiment arriver à de telles extrémités? Très bien, qu'il en soit ainsi chevalier.”

    Sa main se crispa sur la garde de son arme. Aurora la porta à son cou avant de la faire lentement glisser... Dans un atroce gargouillis, le corps de la jeune femme s'effondra dans la neige. Ses cheveux épars recouvraient son visage figé à jamais dans une expression d'une sérénité déconcertante. Le sang s'écoulait sans discontinuer, se mêlant à la neige immaculée. Et puis, l'illusion prit fin. Calmement, la vraie Aurora s'avança vers le chevalier d'or. Manipuler ainsi la perception des personnes qui l'entourait était quelque chose de simple pour elle. Mais, comme elle ne pouvait pas constater par elle même l'effet qu'avait eu cette mise en scène tragique. Elle s'arrêta en garde devant lui sans mots dire.
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Dim 27 Nov - 0:25



Une nouvelle fois, mes paroles semblaient avoir glissé sur la jeune femme comme si elle ne m'entendait même pas. Elle se releva, et écarta les bras pour révéler les dégâts que mon attaque lui avait causés. Malgré moi, je n'avais pas réussi à limiter suffisamment l'effet de ma poussière de Diamants. Une larme coula soudain le long de ma joue : j'étais en colère contre moi et contre elle d'en être arrivé là. Quelle folie...
La jeune femme s'approcha de moi et sortit une lame empoisonnée. Après quelques paroles froides, l'impensable se produisit. La lame jaillit dans les airs et elle se trancha elle même la gorge.
- Non ! hurlai-je, soudain pris de panique.
Le sang jaillissait de sa blessure alors qu'elle rendait son dernier soupir dans la neige à présent maculée de rouge. Et tout à coup, plus rien. Je me rendis compte que j'étais tombé à genoux dans la poudreuse, la tête dans mes mains. Je la vis lentement approcher avec un certain air de suffisance agaçant. Tout cela n'était qu'une illusion, une vision aussi sournoise et vicieuse que l'illusion du Phénix...

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. C'en était assez. Il était hors de question de poursuivre ce combat qui n'avait aucun sens. Ecartant les bras lentement, je poussai la jeune femme à frapper pour de vrai.
- Eh bien, qu'est ce que tu attends ? Frappes moi ! Il est hors de question que je continue cet affrontement absurde ! Mais il est également hors de question que je te laisse partir dans ton état ! Tu n'y survivrais pas... Tu crois peut être tes blessures guéries mais tu es toujours fiévreuse et la région est très hostile, particulièrement lorsqu'on a pas l'habitude !
Soudain, la jeune femme, dans sa rage de vouloir me faire taire, me frappa en plein torse, ce qui me fit reculer de plusieurs pas en titubant. Toutefois, je parvins à me maintenir debout, et écartai à nouveau les bras pour signifier clairement ma soumission.
- C'est tout ce que tu as à me montrer, Aurora ? Tu n'as pas mieux ? Tu ne veux donc pas partir ? Car tu ne partiras pas tant que tu ne m'auras pas battu !

Pour toute réponse, un nouveau coup, en plein visage, cette fois, me fis m'effondrer à terre. En quelques secondes, je me relevai, un sourire de défi affiché sur mon visage.
-Un peu de cran, chevalier ! Je suis un humain, et tu es une druidesse ! Penses à ce que mes congénères t'ont fait et frappes en conséquence !

Petit à petit, je sentais la colère envahir Aurora, mais aussi une certaine déstabilisation. La stratégie était dangereuse, mais je comptais sur cette déstabilisation pour ramener Aurora à la raison. Cette fois ci, ce furent une volée de coups qui accueillirent mes paroles. Je m'effondrai à nouveau dans la poudreuse sous leur effet destructeur. Je sentais le malaise grandir en elle, elle allait craquer. Il ne restait plus que le coup de grâce...
Après m'être relevé lentement, et avoir essuyé le petit filet de sang coulant de ma bouche, j'écartai une nouvelle fois les bras et repris :
- Crois tu vraiment que ton père serait fier de te voir agir comme tu le fais actuellement ? Je ne le connaissais certes pas, mais j'avais des parents moi aussi. Je sais ce que veulent les parents pour leurs enfants !

La jeune femme poussa un hurlement et me frappa de toute sa puissance, amplifiée par une colère évidente. Ce nouvel enchaînement m'envoya m'écraser contre un arbre plusieurs mètres plus loin. Ce dernier coup m'avait sérieusement atteint cette fois. Sonné par le choc avec l'arbre, je me remis debout mais tombai aussitôt à genoux, puis à quatre pattes dans la neige, le souffle court. Je vis quelques gouttes s'écouler de mon menton dans la neige, avant de reprendre une ultime fois dans un souffle :
- Je... Je ne te... laisserai pas... partir...




Dernière édition par Kappa le Dim 27 Nov - 0:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Dim 27 Nov - 0:32

    La majesté des étoiles, l'éclat pâle de la lune, autant de merveilles qu'elle ne pouvait désormais qu'imaginer. Comme le reste.
    S'insurger contre les forces démiurges des déités, quelle qu'elles soient, ne résoudrait rien. Une lutte sans merci s'instaurait dès l'instant où chaque être humain voyait le jour. Il en va de même pour la petite dame de l'aurore prise entre deux eaux. Face au Chevalier du Verseau, elle se sentait étrangement paradoxale. Hésitante sur la marche à suivre alors qu'elle tenait toujours sa garde. Un vent dont la froideur la fit frémir, balaya le tissu cotonneux en même temps que ses cheveux noirs en bataille. Dans l'attente d'une autre réaction tout aussi violente, la voici prête à encaisser de nouveau, ou à répliquer, la jeune femme ne savait pas très bien. Et puis, elle perçut ce cri, déchirant et plein d'une douleur sincère. L'illusion avait fait son office, à quel prix? Certes, maintenant elle ne doutait pas que Kappa souhaitait seulement l'arrêter, mettre un terme à cette déraison, mais, la façon dont il réagit après, la laissa coi de stupéfaction.

    Je ne voulais plus l'entendre. Non, s'en était trop, je devais le faire taire. Un premier coup au hasard, porté sur son torse aurait suffit à lui faire comprendre. Hélas non, il recommençait, faisait en sorte que j'arrive dans mes derniers retranchements. Je n'étais pas patiente. Il allait voir ce qu'il en coûtais de me pousser à bout. Une deuxième fois, et c'est au visage cette fois-ci que mon coup fut porté. Je l'entendis s'effondrer dans la neige. Je m'apprêtais à lui demander si cela lui suffisait, mais une fois encore, sa voix s'envola vers moi, plus irritante que jamais. Là, cédant à la colère, je le frappais de toute mes forces et de façon répété. Je le projetais loin de moi, dans un arbre.

    “Pourquoi me battre contre quelqu'un que ne veut pas lui-même de ce combat? Kappa, nous sommes deux enfants capricieux qui ne se comprennent pas.” Sur ces mots, je m'avançais vers lui, d'une démarche féline, presque aérienne, à l'aise maintenant dans la neige. Mes paupières papillonnèrent un instant sans que j'en ai le total contrôle. Mes yeux, subitement me faisait souffrir.
    J'ignorais cette subite douleur pour m'agenouiller face au chevalier. Je voulais partir, et cette colère qui m'animait me rendait plus sauvage et froide que jamais. Sans crier gare, je l'attrapais par la gorge pour le faire basculer dans la neige. Sur le dos, je me penchais vers lui pour reprendre. “Si je désire partir, je partirais.”
    Mue par un nouvel excès de rage, je levais ma main pour le frapper tout en enserrant sa gorge.

    Cette main resta en suspend. Figée dans son élan, cette dernière trembla légèrement. Cette hésitation, née dans son cœur, fit qu'elle déserra son étreinte sur son cou. La jeune femme serra les dents avant qu'une larme de glisse le long de sa joue, suivie par ses jumelles. “Kappa, si tu ne voulais pas me laisser partir, tu n'avais qu'à me le demander....” sanglota t-elle en laissant sa tête reposer dans le creux de son cou. Une tristesse intarissable l'envahissait, elle se sentait fautive, excessivement égoïste!
    Se maudissant, la jeune Aurora lui murmura ses excuses au creux de son oreille. Très vite, son cosmos enveloppa le jeune homme d'une douce chaleur. Cette lueur verdâtre avait des vertus médicinales, aussi, elle usait de ses dernière forces pour réparer le mal qu'elle avait causée. Aurora n'arrivait à se résoudre de mettre fin à cet instant apaisant. Tandis que la lune brillait encore d'une belle intensité, un nuage pourpre passa devant l'astre, perturbant son éclat. La seule source de lumière encore visible s'éteignit quand la belle cessa son sort. Plus faible encore qu'un chuchotement, ses lèvres vermeilles, imperceptiblement, remuèrent : “Je ne veux pas partir...”

    Son buste se redressa. Son visage incliné, était caché par un flot de boucles noires, un rideau dissimulant d'amères larmes. Un linceul.
    Ses bras s'enroulèrent autour d'elle, comme si elle avait froid. Cette douleur aux yeux la frappa de nouveau, manifestée par un tremblement incontrôlé. Son corps s'affaissa de nouveau. Épuisée, Aurora sombra inconsciente entre les bras du Verseau. L'expression de sa figure, aussi douce qu'autrefois quand elle vivait près d'Artus, était le reflet de son apaisement. Un vague sourire enjolivait son faciès, et le contraste entre le rouge et le blanc était saisissant. Douceur et fragilité mêlée en une personne sauvage, imprévisible. Et le bleu de ses iris s’éteignit, recouvert d'un voile de fatigue...
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MessageSujet: Re: [BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )   Dim 27 Nov - 0:34


Parfois l'objectif que nous cherchons à atteindre nous force à passer par des voies que l'on aurait préféré éviter. Me battre avec Aurora pour qu'elle libère enfin toute cette tension enfermée en elle et accepte de me faire confiance faisait partie de ces choses nécessaires que j'eus préféré ne jamais faire. Malheureusement, on a pas toujours le choix...

La jeune guerrière sacrée semblait en proie au doute, ses gestes étaient de plus en plus hésitants. Pourtant, elle m'attrapa la gorge et me renversa sur le dos. Je ne fis aucun geste, prêt à encaisser un nouveau coup en plein visage. Heureusement, son poing s'immobilisa dans les airs, et le moment que j'avais tenté de déclencher, était enfin arrivé. La jeune femme craqua d'un seul coup : sa voix redevint toute douce, son visage se détendit, et les larmes la gagnèrent.
Je la pris doucement dans mes bras alors que je profitais des effets curatifs de son cosmos qui m'avait enveloppé avec chaleur.
- Eh bien, si tu ne veux pas, tu ne partiras pas, lui dis-je avec une voix qui avait elle aussi retrouvé sa douceur. Je serai ravi de te garder plus longtemps avec moi.
Son corps se mit à trembler alors que l'épuisement la gagnait, et je la serrai plus fort contre moi, pour ne pas qu'elle tombe. En quelques instants, la fatigue l'emporta, et la jeune femme perdit connaissance dans mes bras.
- Ca va aller, maintenant. Tout va très bien se passer...

Je soulevai la jeune femme dans mes bras, et repris la direction du chalet. Une main sur son front m'indiqua qu'Aurora avait de nouveau une forte fièvre, ce qui n'avait rien d'étonnant. En regagnant le chalet, la chaleur agréable dégagée par la cheminée nous envahit aussitôt. Je me dirigeai vers ma chambre et constatai avec plaisir que la chaleur l'avait gagnée : je pouvais donc déposer Aurora sur mon lit qui était nettement plus confortable que le lit de fortune que je lui avais crée la veille devant la cheminée. Après avoir déposé son corps fragile sur le lit, j'entrepris de faire baisser sa température. Lorsque j'eus l'impression qu'elle s'était stabilisée, je retournai rapidement dehors. Je n'étais pas un expert des onguents, mais j'en avais au moins appris un grâce à elle. Me remémorant les ingrédients, j'en récupérai quelques échantillons, et retournai à l'intérieur, afin de le préparer au mieux. Je voulais la surprendre, l'étonner, que tout soit prêt pour la soigner. Lorsqu'il me sembla prêt, je le mis sur la table de nuit juste à côté d'elle avec un peu de thé bien chaud et des bandages propres.

Quelques minutes plus tard, la fatigue me gagna. les différents coups, bien que peu dangereux, avaient laissé quelques courbatures et les évènements de la journée m'avaient épuisé. Après m'être brièvement lavé, et changé, je m'allongeai doucement à côté de la jeune femme qui dormait à poings fermés. De toute façon, si elle se réveillait, mon sommeil léger s'en rendrait forcément compte. Lorsque je fermai les yeux, le sommeil m'emporta aussitôt.

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[BG Kappa & Aurora] Rencontre avec l'Aurore ( Part 1 )

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