RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]

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Eilaine


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MessageSujet: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Dim 27 Nov - 0:46


    Si on pensait vraiment que la nuit portait conseil, celle-ci ne m'apportait pas plus que du tourment. Je m'essayais à rassembler ce tourbillon de pensées à la fois déroutantes et réconfortantes. Une paradoxale effrayante en plus du fait que mon esprit s'assimilait à un puzzle et le reconstituer après ces divers évènements semblait d'une complexité hors norme. Alors c'était donc à cela qu'était confronté chaque être humain? À un ensemble d'émotions tissées entre elles par leur simple puissance combinée? Vraiment, cela me dépassait. Je ne comprenais pas le transport que l'on pouvait éprouver face à quelqu'un, ni même le simple fait de s'en incomber. Chez nous, les druides, tout paraissait bien plus simple et puis...

    Le fils de mes pérégrinations silencieuses se rompit quand je sentis le souffle chaud de Kappa sur ma nuque. Stupéfaite de ne pas l'avoir sentit approché, je me tournais vers lui, levant mes yeux aveugles et dénués d'expressions vers lui. Aussitôt, peut-être à la vue de ma nudité, il m'encouragea à me détourner. Avec calme, je me laissais soigner sans protester. Cette attention évidente qu'il me portait ne me gênait pas outre mesure, mais à long terme, je savais que cela risquait de mal tourner. Je préférais éviter cela à tout prix, de tout annihiler... Dans le passé, j'avais bien sûr entendu maintes histoires, contes que l'on me racontait en tant qu'enfant, et j'en avais assimiler les leçons. Celle du druide Ker et de la guerrière Gwen me revenait en mémoire me faisant frissonner d'effroi. Il ne le vit pas, mais au souvenir de cette tragique histoire où deux êtres venaient à se séparer d'une atroce façon, une larme amère vint rouler sur la jouer et finir sa course dans mes cheveux noirs.
    Il prit sans doute ce frisson pour une marque de douleur, aussi, je sentis qu'il porta une plus grande attention alors sur mes blessures. Certaines étaient de son fait, d'autres, celle de l'Inquisition. Se pourrait t-il qu'il se montre si prévenant parce qu'il se sentait tout aussi fautif qu'eux?

    Je ne prenais pas garde au fait qu'il semblait perdu dans ses pensées, je voulais un moment, une fois remarqué, lui lancer une réplique taquine mais me ravisa. Sciemment plus distante, je secouais la tête avant d’attraper d'une main les bandelettes, alors que l'autre protégeait toujours chastement ma poitrine. Cela aussi, je pouvais le faire sans trop de mal, enfin, tout était relatif, aussi j'entrepris gauchement d'enrouler le tout comme il faut autour de ma tailles, ma jambe et mon bras. Un bruit attira mon attention. Je tendais l'oreille pour effectivement percevoir le son caractéristique de quelque chose frappant à intervalle régulier sur du verre. Je me redressais sur mes deux jambes. Un peu chancelante, j'attrapais d'une main la chemise en coton avant de m'en recouvrir. Une fois proche de la source du bruit, j'ouvris la fenêtre, prise d'une brusque prémonition. Face à la corneille de la vieille Ban, je pus reconnaitre très clairement son cri, j'eus un petit sourire quand elle me présenta l'une de ses grosses pattes. Car l'oiseau, d'une bonne taille, venait de me rapporter la robe que j'avais laissé derrière moi. Sur “le champs de bataille”. Froid sous mes doigts, le velours ne semblait pas altéré. L'animal battait furieusement des ailes avant de croasser d'une manière stridente, pressante, comme si il essayait de se faire comprendre. Moi je le comprenais, quelque chose n'allait pas. Et brusquement, mes paupières s'agrandirent sous le coup de l'effroi. Je répondis à l'animal de la même manière avant de lui présenter mon bras.

    “Kappa, la vieille Ban est terriblement malade, aux portes du trépas! Je me dois d'aller la voir, à plus tard chevalier, je ne serais pas longue!” À ces mots je pris appui sur le rebord avant de sauter par la fenêtre. L'oiseau me guidait en prenant son envol. Ainsi, ma silhouette disparaissait dans la tempête de neige naissante...
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Kappa


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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Dim 27 Nov - 0:47



Quelques minutes plus tard, la jeune femme remettait rapidement son haut après s'être elle même enveloppé un bandage autour de ses blessures. De toute évidence, elle ne voulait pas d'aide. Je ne cherchai donc pas à insister, et m'éloignai pour me laver les mains. Tout à coup, un bruit de corneille attira mon attention, et Aurora ouvrit la fenêtre pour révéler la trouble fête qui vint se poser sur le bras de la jeune femme.

Visiblement, le corbeau et la druidesse se comprenaient parfaitement car quelques secondes plus tard, elle m'annonça qu'elle devait se rendre au village, avant de sauter par la fenêtre à toute vitesse. Sa façon de présenter les choses était tout à fait claire, elle ne voulait pas que je la suive. Me retrouvant soudain seul, je m'assis près du feu en repensant à ce qui venait de se passer. Finalement, le sommeil m'emporta alors que j'étais bercé par la chaleur des flammes et le crépitement du bois.

************

- Ok, on va faire une pause et passer à autre chose, s'exclama soudain l'homme aux cheveux d'argent.
Le soleil frappait violemment les nombreux terrains d'entraînement du Sanctuaire en cet après midi de plein été. Sur l'un d'entre eux se tenaient un homme immense et son jeune élève. Le maitre dominait de toute sa hauteur son élève qui reprenait lentement sa respiration, la tête entre les genoux.
- Bien, cette leçon est très importante, alors tâches de bien écouter, commença Naios en fixant intensément son élève.
Le jeune garçon leva soudain la tête, et acquiesça en silence, le regard déterminé. L'homme reprit alors :
- Bien, lorsque tu es blessé et que tu n'as pas de quoi faire un garrot, il te reste une autre chance de stopper l'hémorragie, particulièrement si celle ci se situe dans les bras ou les jambes. Démonstration.

Naios dégaina une jolie dague et se trancha le bras sans hésiter une seule seconde. Aussitôt, une large plaie s'ouvrit dans son bras et le sang se mit à couler à flots. Fasciné et attentif, le jeune garçon ne détourna pas son regard.
- A partir de là, c'est la maitrise du froid qui te permettra de stopper le sang.
A ces mots, Naios posa son autre main sur le bras blessé, et intensifia doucement son cosmos. En quelques secondes, une pellicule de givre apparut alors que l'homme serrait les dents pour résister à la douleur. Presqu'aussitôt, le sang s'arrêta de couler.
- Co... comment tu as fait ça ?
- Le froid, Kappa. Refroidir drastiquement la température de ton bras agira comme un garrot en empêchant la circulation du sang dans le membre. Mais fais attention, c'est une technique très douloureuse. Refroidir le membre en soi fait beaucoup souffrir, mais petit à petit, tu sentiras des fourmis dans ton bras alors qu'il s'engourdira et la douleur s'accentuera. Ce n'est donc qu'un dernier recours. Retiens bien ce dernier point, c'est capital. Compris, Kappa ?

************

- Kappa ? Kappa ?!

Des éclats de voix appelant mon nom me tirèrent soudain d'un de mes nombreux rêves. Il me fallut plusieurs secondes pour que je puisse clairement identifier la voix et en reconnaitre son propriétaire.
- Nikolaï ? répondis-je soudain en me levant.
Tournant la tête vers la fenêtre, je vis que le jeune homme frappait au carreau en regardant à l'intérieur, à ma recherche. Son expression ne me dit rien qui vaille, et me poussa à aller lui ouvrir rapidement.
- Qu'est ce qui se passe, Nikolaï ? Tu as vu l'heure qu'il est ?!
- Je suis... Je suis désolé, chevalier, répondit le jeune homme, le souffle court.
Visiblement, il avait couru à perdre haleine pour venir au chalet depuis le village.
- Dame Aurora. Elle vous a demandé de façon urgente.
- Vraiment ? demandai-je, surpris. Mais qu'est ce qui se passe à la fin ?
- Elle vous racontera elle même. Il faut y aller, à présent, le temps presse.
- Bon, très bien, répondis-je après un long soupir.

Après avoir rapidement éteint le feu de cheminée et pris une veste de fourrure, je sortis en trombe dans la nuit, talonné de près par Nikolaï. Un blizzard hostile s'était levé, rendant difficile la progression jusqu'au village. Environ un quart d'heure plus tard, Nikolaï poussait la porte de la vieille ban. Il me guida à l'étage. La vieille femme était allongée sur son lit, inconsciente. La couleur de son teint me frappa immédiatement : elle n'avait pas l'air en bon état. Après que mon regard ait bloqué quelques secondes sur la pauvre femme, je détournai mes yeux pour croiser ceux d'Aurora qui nous avait entendus entrer.
- Aurora ? qu'est ce qui se passe ?!
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Dim 25 Déc - 0:58



    La nuit m'enveloppait entre ses bras noirs et froid. La neige ne cessait de tomber du ciel en millier de flocons épars.
    Je courrais dans le noir, guidée par les coassements réguliers de la corneille aux yeux de feu. La valse des flocons guidée par la main du vent se stoppa net au moment où j'entrais en trombe dans la pièce chichement éclairé.
    Pour moi, il ne régnait là que l'obscurité et une odeur qui m'était familière : celle de la mort qui planait.

    Je refermais doucement la porte derrière moi, soudainement mue par un frisson d'effroi qui me traversa l'échine.
    Cette senteur obsédante, je m'en imprégnais, en même temps qu'elle me dégoûtait et confirmait mes pires craintes. J’appelais la vieille Ban dans un souffle d'abord timide avant de répéter mon appel. Rien.
    Je décidais alors d'avancer de quelques pas, quand soudain, mon pied frôla des morceaux de pots en terre cuite brisés et éparpillés. Un détail que j'ignorais d'un geste de la main pour me concentrer sur l'essentiel.
    Après quelques instants à tâtonner, je pus gravir, non sans mal les marches des escaliers me menant à l'étage supérieur.

    “Ban? Où es-tu?” murmurais-je en manquant de trébucher sur un meuble. Plus un souffle, j'avais crus entendre quelque chose pourtant! Qu'est-ce que c'était? Non, rien, mon esprit me jouait des tours sans doute. Encore?
    Je choisis de tendre l'oreille. Oui! C'était bien une voix que j'entendais! Elle se résumait à un souffle, étouffé comme la braise sous de la cendre, mais... je pouvais nettement l'entendre à présent! Ainsi que cette respiration sifflante.
    Je franchissais le seuil de sa chambre avant de me stopper net. Mon malaise s'intensifia. Mon cœur s'arrêta une seconde dans ma poitrine. Quelle souffrance!
    Si présente, presque palpable! Que lui arrivait-il?

    Vieille, je songeais un instant qu'elle ne m'ait appelé pour me faire ses adieux. Et la guidée au seuil du Sidh. Car toute âme était susceptible de s'égarer dans cet étrange purgatoire. Un moment de transition où l'âme finissait de se détacher de son enveloppe mortelle.

    Atteindre les rives d'Avalon et prendre la main de la Douce Dame était toute une épreuve. Seuls les plus méritants avait le droit à ce privilège. Or je ne doutais pas que la vieille réussisse à trouver grâce aux yeux de Morgane.
    Cependant, je n'avais pas envie de la perdre. Pas maintenant, alors que je venais de trouver une main secourable, une amie, une confidente... Quelqu'un comme moi. Une druidesse. Le hasard, si il existe, nous avait réunit pour une bonne raison. Pourquoi se montrer si cruel en nous séparant si vite?

    “Aurora...”
    L'entente de mon nom me fit réagir et redresser la tête. Aussitôt je me précipitais vers elle. Étendue sur son lit, les yeux perdus dans le vague, je sentis sa main froide frôler ma joue pâle. Ce contact me fit venir les larmes aux yeux. La vérité n’explosa à la figure et je finis de me pencher sur elle pour l'étreindre. Malgré l'effort, Ban aux yeux d'or caressa ma longue chevelure de jais, avant que sa main ne retombe mollement, accompagné d'un souffle s'échappant de ses lèvres. D'autres murmures, que je ne compris pas hélas. Évanouie, je l'observais sans la voir. Je ne savais pas quoi faire. Une lueur de lucidité m'envahit : j'entrepris un rapide examen.
    Le mal était profond et je n'arrivais pas à mettre le doigt sur l'origine de ce dernier. Je me souvins qu'elle s'était blessée il y a de ça quelque temps. Mais je l'avais pourtant soignée! La plaie ne me semblait pas infectée d'ailleurs... et ce parfum! Je le connaissais, j'en suis certaine! Là encore, je ne parvenais pas à me calmer pour faire le vide dans ma tête.

    Je soufflais avant de tendre les mains vers elle. Je libérais mon cosmos qui alla lentement l'enveloppée d'un léger halo verdâtre. Je trouverais, quoi qu'il m'en coûte. Au dehors, la noirceur s'intensifia, quelques heures passèrent, et je me trouvais entre deux mondes. Brusquement la voix de Kappa me ramena à la réalité.

    Je tournais vers le chevalier, un visage empreint de douleur. Je secouais la tête en même temps qu'une larme roula jusqu'à mon cou pour disparaître dans mes cheveux. “Ban... elle... elle est sur le point de rendre son dernier soupir. Kappa, je crois bien... que quelqu'un a essayé d'intenter à sa vie. Quelque chose de pernicieux s'écoule dans ses veines, et je ne sais pas de quoi il s'agit. Si je ne fais rien, elle va mourir. Et je n'ai que très peu de temps avant que sonne le glas.” lui déclarais-je en me redressant, déboussolée, visiblement ébranlée par cet évènement.
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Kappa


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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Dim 25 Déc - 11:31



Le regard et la voix de la jeune me firent aussitôt comprendre que la situation était plus grave que je ne l'avais estimé auparavant. Elle semblait complètement déboussolée, et la voir d'un seul coup à nouveau aussi fragile me donna envie de la protéger. Lentement, je m'approchai d'elle en lui parlant doucement d'une voix réconfortante, avant de passer mes bras autour d'elle et de l'encourager à poser sa tête sur mon épaule.

- Doucement, calmes toi. Ca va aller, maintenant. Je vais m'en occuper avec Nikolaï. Si quelqu'un avait une raison de faire du mal à la vieille ban, je le trouverai fais moi confiance. En attendant, de ton côté, prends soin d'elle, et essaies de découvrir l'origine de ce poison. Ce pourrait être un indice pour la suite, lui mumurai-je doucement à l'oreille.

Après avoir caressé une dernière fois ses longs cheveux soyeux, je la laissai lentement se libérer de mon étreinte. Elle semblait aller un peu mieux. Puis je fis volte face vers Nikolaï et lui fis signe de descendre l'escalier. Je préférais discuter de la marche à suivre avec lui en bas. Une fois dans le salon et assis chacun dans un fauteuil devant la cheminée, je pris la parole :

- Tu connais quelqu'un susceptible de vouloir faire du mal à la ban ?
- Kappa, c'est un village ici, vous le savez très bien, répondit le jeune nordique. Tout le monde connait tout le monde, nous sommes à peine quatre cents habitants ici. Concrètement, je ne connais personne souhaitant sa mort, mais ça ne veut pas dire que personne ne veut la voir morte.
- C'est juste. Bon, voilà ce qu'on va faire : toi, Aurora et moi allons travailler en solo sur cette affaire. En ce qui me concerne, vous êtes les deux seules personnes au delà de tout soupçon. Tant qu'Aurora n'aura pas identifié le poison, nous ne lui servirons à rien. Si je ne me trompe pas, dans deux heures ouvrira le marché, et toute la ville sera dehors.
- En effet, acquiesça Nikolaï.
- Bon, c'est l'occasion ou jamais de nous mêler à la foule et de surveiller les alentours. En espérant que la vieille ban ne soit pas la première d'une séries de victimes.
- Mais que voulez vous que nous cherchions dans toute cette foule ?
- Quelque chose d'inhabituel. Ce sera donc surtout toi qui t'en chargeras, étant donné que tu vis ici.

Finalement, le jour se leva lentement, et la foule envahit joyeusement la place centrale du marché, inconsciente du danger qui la guettait. Quelque part, peut être, parmi toutes ces personnes, se dissimulait notre empoisonneur. M'approchant de Nikolaï, je lui dis doucement :
- Bon, on va se séparer pour le moment et se mêler à la foule. On se retrouve d'ici un moment.

Celui ci acquiesça sans mot dire et nous nous exécutâmes aussitôt, en marchant, ou plutôt, en nous frayant un chemin parmi la foule, épaule contre épaule. Fort heureusement, les gens me connaissaient, et faisaient la plupart du temps un effort pour me laisser avancer au coeur de la foule. Pourtant, rapidement, un sentiment de lassitude m'envahit. Nous perdions notre temps ici, c'était évident.

Alors que je cherchais à m'extraire de tout ce monde, un soudain vertige me prit, et je faillis m'effondrer sur le sol. Rassemblant mes dernières forces, je me dirigeai rapidement vers des marches à l'extrémité ouest de la place et m'affalai dessus, le temps que cet étrange malaise ne passe. C'est alors que je vis Nikolaï courir vers moi avec une expression inquiète sur le visage. Il posa un genou à terre pour se mettre à ma hauteur, et me demanda :
- Vous allez bien, Kappa ? Vous êtes tout pâle ?

Au moment où j'allais lui répondre que je venais d'avoir un malaise, je me rendis compte que ce dernier avait disparu, et je pus me relever aussitôt, soulagé d'avoir retrouvé mes forces.
- Ca va, répondis-je alors d'un ton rassurant, j'ai simplement voulu m'assoir une seconde. Tu as trouvé quelque chose ?
Un signe de tête négatif et silencieux de la part du jeune homme me fit comprendre que nous n'avions absolument rien trouvé après plusieurs heures de recherche.
- Nous allons continuer à patrouiller dans les rues. Avec un peu de chance, notre présence sera peut être dissuasive.
Je n'y croyais pas une seule seconde, mais j'avais besoin de faire quelque chose pour ne pas me sentir inutile.

Les heures défilèrent, l'une après l'autre, tandis que nous quadrillions sans relâche le petit village enneigé. Lorsque vint finalement le coucher de soleil, je me tournai vers Nikolaï pour lui dire :
- Bon, ça suffit. Vas rejoindre Aurora et vois si elle a pu avancer. Oh, et prépares le repas s'il te plaît, je suis affamé ! Je vais faire un dernier tour au cas où, et je rentre moi aussi.
- Entendu. Soyez prudent, ajouta Nikolaï avant de courir en direction de la demeure de la ban.

Cette journée résonnait amèrement tandis qu'elle se terminait : nous n'étions pas plus avancés, et je n'avais aucune bonne nouvelle à apporter à Aurora. Mon pied frustré rencontra violemment une caisse en bois posée contre un mur avant que je ne distingue quelque chose dans une rue voisine. Il me semblait voir un corps étendu dans la neige. Levant ma torche un peu plus haut tout en me précipitant vers les lieux pour mieux voir, je vis soudain un homme entièrement vêtu de noir et encapuchonné penché au dessus du corps. Je tenais forcément notre coupable ! Mon coeur fit un bond dans ma poitrine, et j'accélérai le pas avant de hurler :
- Hé, toi ! Ne bouges plus !

Aussitôt, le mystérieux individu tourna son visage dissimulé par la pénombre de la capuche vers moi. Mais contre toute attente, il ne s'enfuit pas. Il se releva simplement, et attendit que je vienne à sa rencontre. Même arrivé à quelques pas de lui, son identité demeurait un mystère. Seule la vapeur d'air expirée par cet étranger était visible, alors que la neige avait doucement commencé à tomber. Quant au corps à terre, eh bien, il s'agissait d'un des cinq shérifs de la ville qui venait de se faire trancher la gorge.
- Qui es tu ? repris-je de plus en plus étonné, et pourquoi veux tu du mal à la ban ?

Pour toute réponse, un rire mauvais s'échappa du capuchon. Ce comportement eut immédiatement le don de m'agacer, et ma patience en prit un sacré coup.
- C'est ta dernière chance... repris-je en faisant un effort pour me dominer. Coopères, ou bien je vais te mettre en pièces ! achevai-je sur un ton sans répliques.
Aucune autre réponse que la vapeur d'eau régulièrement expirée ne me vit. Comprenant qu'il ne négocierait pas, je décidai de passer à un tout autre niveau. Me précipitant sur lui, j'entrepris de le frapper au visage, mais contre toute attente il esquiva de justesse mon coup et fis un bond en arrière. Il était souple, agile, et visiblement rapide.
- Très bien, tu l'auras voulu.... DIAMOND DUST ! hurlai-je en levant la main.

Mais rien ne se passa. Ma main resta figée, et aucune glace ne surgit. Aucun cosmos, le vide.
- Mais, qu'est ce que... bredouillai-je.
Déconcerté, et déconcentré, je fis l'erreur de baisser complètement ma garde, et mon mystérieux agresseur saisit sa chance. Ramassant une pierre à terre, il frappa de toutes ses forces sur ma tempe gauche : le coup me terrassa aussitôt, et je m'effondrai dans la poudreuse alors que la neige continuait tranquillement de tomber. Rapidement, le sang se mit à couler sur ma joue gauche alors que mon adversaire se mit au dessus de moi : prenant la pierre à deux mains et la soulevant, il s'apprêtait à donner le coup final lorsque les voix de shérifs alertés lui firent peur. Je saisis cette occasion en or pour le rejeter loin de moi à l'aide d'un coup de pied placé en plein dans son estomac. L'ennemi lâcha la pierre, et finit par fuir, de peur dêtre encerclé par les renforts qui n'étaient plus qu'à quelques rues.

Me redressant à quatre pattes pour suivre mon ennemi, je me rendis compte que des gouttes de mon sang coloraient la neige de son rouge vermillon.
- Reviens !!! hurlai-je avant de m'effondrer dans la neige, inconscient.
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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Dim 25 Déc - 13:50

    L'apaisement s'empara de moi à l'instant même ou ses bras s'enroulèrent autour de ma taille. Sa voix soulageait un temps, la peine que je pouvais ressentir au fond de mon être.
    Je lovais non sans hésiter, ma tête au creux de son cou avant de laisser mes larmes s'écouler en silence. Nikolaï ne disait rien, ne voulant rompre cet apparent moment de tendresse et de réconfort. D'ordinaire, je l'aurais repoussé, mais un lien particulier s'était tissé entre nous le jour où il m'avait sauvé des griffes glacées de la Mort. Je souriais quand une pensée traversa mon esprit : à jamais, il resterait mon preux chevalier, mon sauveur, le seul homme, en dehors de mon père, qui aura sut briser les défenses que j’érigeais pour protéger mon cœur.

    Au souvenir d'Artus, les vieilles blessures commencèrent à se rouvrir. Immédiatement, je mis fin à notre étreinte, les joues empourprées par la gêne. Je m'acquitterais de cette mission sans faillir, il pouvait compter sur moi.
    Je le suivais de mes yeux aveugles jusqu'à ce que le son de ses pas ne me parvienne plus. Là, je fis volte face pour retourner au chevet de Ban.
    Le reste de la nuit n'était pas plein de promesse, et voyant la druidesse s'affaiblir d'heure en heure, je ne faisais que constater mon impuissance.

    Le chant de sa corneille m'extirpa d'entre les brumes du sommeil. Je m'étais assoupie, faute d'être moi même très diminuée par les différents évènements s'étant auparavant déroulés. Je repensais justement au soir où j'avais crus faire plaisir à Kappa en établissant une rencontre avec sa famille défunte. Je m'étais complètement fourvoyée et la honte résidait toujours en moi en souvenir de ce douloureux épisode. Un jour peut-être, accepterait-il de danser avec moi lors de Samain?
    Ou peut-être... lors de Beltaine? Cette pensée me fit de nouveau rougir. Non, non! Ce n'était pas le moment de penser à ce genre de fadaises!

    Je me résolue donc à chasser cette sordide odeur qui s'accrochait partout et planait tel un charognard désireux de se repaître de chairs refroidissantes. Je tirais sur le tissu qui filtrait à peine la lumière qui venait à poindre à l'horizon. Une lueur diaphane, que je pus discerner l'espace d'un bref moment. Étrange. Serais-je quand même sensible aux changements de luminosité? Je vis là un signe d'espoir qui fit naître en moi un semblant de joie.
    Je m'immobilisais une minute devant la fenêtre ouverte pour apprécier le vent froid sur mon visage. Cela suffit à me réveiller tout à fait. Un sourire naquit aux coins de mes lèvres. Je laissais l'air chasser l'aura malsaine avant de refermer le tout.

    Une fois assurée de l'état de ma patiente, j'entrepris de descendre les marches une à une sans tomber avant de chercher divers ingrédients susceptibles de ralentir la progression du poison. L'idée d'une brève saignée n'était pas à exclure, aussi, j'entassais pêle-mêle bols et serviettes ainsi qu'un poignard bien aiguisé dont la lame brillait doucement d'une lueur bleuté.

    Le temps jouait contre moi, s'amusait avec mes nerfs et je ne pus contenir plus longtemps un soupir. Je passais une main ensanglantée sur mon front, le tâchant de vermillon. Je finissais de panser les deux plaies recouvertes de baume quand un bruit de porte qui grinçait m'interpella. Heureuse de les savoir enfin de retour, ma joie fut pourtant de courte durée : ce n'était que Nikolaï qui me demanda des nouvelles. Je secouais négativement la tête d'un air grave. J'étais lasse, quelque peu à court d'idées.

    “Faite une pause” m'intima le jeune homme en m'exhortant à descendre. Ce que je fis, sans trop rechigner.
    Je l'aidais à préparer le repas, perdue dans mes pensées. La chose faite, nous nous installâmes tout les deux devant l'âtre en attendant le retour du chevalier. En quelques battements d'ailes, la corneille s'installa sur mes genoux pour ne plus bouger. Ce comportement me fis rire : il tenait plus du chat que de l'oiseau, aussi, Nikolaï, qui l'avait remarqué, se mit à rire de bon cœur avec moi.

    Subitement, l'éclat de voix de plusieurs hommes stoppa net notre hilarité : je compris très vite qu'il s'était passé quelque chose de grave. Je me redressais au moment où ils pénétrèrent dans la maison de Ban, portant le corps inanimé du Verseau. J'écarquillais les yeux avant de me précipiter vers eux. “Que s'est-il passé?!” m'écriais-je tandis qu'ils déposaient Kappa sur des fourrures entassées à même le sol, faute d'avoir un lit à porté. Je leur demandais de s'écarter, demandant à Nikolaï de m'apporter de l'eau chaude ainsi que l'onguent que j'avais préparé tantôt. Je l'examinais sous toutes les coutures : cela ne semblait pas être grave, juste un coup porté à la tempe... radical et efficace mais, comment avait-il put se faire avoir si facilement?

    Tandis que je le soignais, Nikolaï ainsi que les hommes se retirèrent, leur ayant avoué que leur présence n'était pas nécessaire. Le jeune homme promis de repasser le lendemain. Je passais donc toute la nuit à les surveiller. L'état de Ban s'était légèrement amélioré, mais rien d'extraordinaire. Je soupçonnais même une rechute très bientôt. Je risquais de la perdre à tout moment...
    La divinité des songes m'appelait d'une façon pressante et répétée. Je luttais mais en vain. Je recouvrit Kappa d'une nouvelle pièce de fourrure avant que mes paupières ne se ferment tout à fait...

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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Dim 25 Déc - 15:02



Ma vue était complètement brouillée lorsque j'ouvris les yeux, et la première chose que je fus à même de distinguer fut la lumière de l'aurore. Une douleur lancinante et pernicieuse avait envahi ma tête. J'avais l'impression qu'elle allait éclater. Je me rendis soudain compte qu'Aurora s'était endormie sur les fourrures à mon chevet : elle m'avait veillé toute la nuit. Un sourire se dessina sur mon visage et ma main encore mal assurée caressa un long moment ses longs cheveux couleur de jais. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que la scène de mon agression me revint en mémoire, et que je me souvins du violent coup porté à ma tempe. Je serais volontiers resté ainsi à caresser les cheveux de la jeune femme pendant des heures, mais le fait était que le temps nous était compté.

Ma main caressa donc doucement la joue d'Aurora avant que je ne l'éveille en l'appelant de ma voix la plus douce. Au bout de quelques secondes, celle ci se réveilla, et je retirai rapidement ma main pour ne pas la gêner. Me redressant lentement en position assise, je lui dis :
- Je l'ai vu, Aurora... mais il m'a échappé ! Je n'ai même pas pu me servir de mon cosmos ! Comme si une barrière invisible m'en empêchait ! Et puis...
- Kappa ?!
La voix de Nikolaï nous parvint aussitôt, et je me levai rapidement. Quelques secondes plus tard, il entrait dans la pièce, visiblement soulagé de me voir sur pieds.
- Vous allez mieux, chevalier ?
- Oui, ne t'en fais pas, je récupère vite, et puis Aurora est une très bonne infirmière. Et laisses tomber le vouvoiement ca me dérange, ajoutai-je en posant la main sur son épaule.
- Qu'est ce qui s'est passé, exactement ? demanda le jeune nordique.

Profitant du fait que mon mal de crâne se dissipait rapidement, je racontai en détails à mes deux compagnons ce qui s'était passé la veille au soir.
- Etrange que vous... tu n'aies pas pu te servir de ton cosmos, corrigea Nikolaï, pas encore habitué.
- Oui, c'est assez inquiétant... Nikolaï, toi et moi, nous allons interroger les shérifs. Ils ont peut être vu quelque chose ou suivi le fugitif. Ca vaut le coup d'essayer. Aurora, j'imagine que la ban a besoin de soins constants et que tu préféreras rester auprès d'elle ?

Comme je m'y attendais, la jeune druidesse me le confirma rapidement, et Nikolaï et moi prîmes congé d'elle. Nous nous dirigeâmes aussitôt vers la ruelle où j'avais fini inconscient. La zone était surveillée, en attendant que je vienne voir ça d'un peu plus près : privilège de chevalier d'Athéna, j'étais considéré comme étant l'autorité suprême tant que j'étais présent dans la zone. Le capitaine de la garde vint rapidement à ma rencontre pour me faire un topo rapide sur ce qui s'était passé après que je ne sois inconscient.

- Capitaine, le saluai je d'un rapide signe de tête, qu'est ce que vous avez pu apprendre ?
- Bonjour, chevalier, répondit celui ci. Je suis désolé, mais nous n'avons rien de nouveau. Le garde qui a été tué n'avait aucun lien particulier avec la ban, et il n'y a pas de trace de poison dans son organisme. Sa gorge a simplement été tranchée. Cela pourrait tout aussi bien être un acte isolé venant d'un autre assassin.
- Dans un petit village de quatre cents âmes comme celui ci, rien n'est dû au hasard. C'est forcément la même personne. Vous avez pu suivre les traces laissées dans la neige par l'agresseur ?
- Non, je suis désolé. Mes hommes ont remonté la piste jusqu'à la forêt voisine, mais elles se perdent un peu plus loin dans une rivière. Votre gars est malin, ça ne fait aucun doute.

Après avoir échangé un regard dépité avec Nikolaï, nous prîmes congé du capitaine de la garde pour aller nous assoir et résumer ce que nous savions.
- Ca n'est pas logique ! conclut finalement Nikolaï. Pourquoi la ban et ensuite un garde ?
- Quelque part, ils représentent tous deux une forme d'autorité à l'échelle de la ville, hasardai-je, pas plus convaincu que ça.
- C'est vrai, mais ça n'explique rien...
- J'en conviens... concédai-je en soupirant. Retournons plutôt voir Aurora. Elle aura peut être du neuf, et il est déjà plus de midi. Cela nous permettra de réfléchir tous ensemble.

Nous regagnâmes rapidement la maison de la ban qui nous servait plus ou moins de quartier général depuis plusieurs heures déjà. Immédiatement lorsque nous nous engouffrâmes à l'intérieur, la chaleur nous étreignit, et une bonne odeur de nourriture parvint jusqu'à nos narines, regonflant un brin notre moral. Aurora vint rapidement nous accueillir, puis, nous nous installâmes tous les trois devant la cheminée avant de faire part de nos réflexions, si maigres soient elles, à Aurora.

- Il n'y a aucun lien entre ces deux victimes, et il ne semble pas non plus y avoir d'alibi, résumai-je passablement frustré tout en le dissimulant aux yeux des autres. Les gardes ont perdu la trace de l'agresseur dans les bois. Nous allons manger, à la suite de quoi nous reprendrons les patrouilles en ville. Il va falloir compter sur la chance, si nous voulons avancer, je ne vois que ça. Tu as pu apprendre quelque chose d'intéressant de ton côté ? ajoutai-je en me tournant vers Aurora.
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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Dim 25 Déc - 20:52

    Je me réveillais en me frottant les yeux. J'avais décidément du mal à chasser les brumes du sommeil aujourd'hui. Je resserrais autour de moi les pans de ma couverture de fourrure jusqu'à pratiquement disparaître. Ainsi tirée du royaume de la nuit, je me comportais comme une enfant les yeux rougis et larmoyants.
    Je baillais à m'en décrocher la mâchoire quand l'échange entre les deux hommes finit de me sortir de ma torpeur. J'étais certes exténuée, mais je me devais de continuer à veiller sur la vieille Ban. À sa question, je répondis par un petit signe de tête affirmatif.
    Ils sortirent alors, me laissant de nouveau seule dans cette grande bâtisse. Avant de monter à l'étage, je choisis de faire un peu de rangement. Tandis que je ramassais fourrures et bols pleins d'onguent, mes pensées étaient tournées uniquement vers le chevalier. Je m'inquiétais pour lui, plus que de raison, mais, je ne pouvais m'en empêcher.
    Je ne comprenais pas non plus pourquoi. Moi d'ordinaire si sauvage et distante, il réussissait si aisément à balayé ma nature distante. Mes défenses.

    J'escaladais les escaliers quatre à quatre, retrouvant plus d'habilité et de vigueur dans mes mouvements. Je remarquais avec plaisir que mes autres sens s'étaient profondément aiguisés et à présent, je ne me cognais plus à tout bout de champs. J'avais préparé au préalable une mixture à base de plusieurs herbes et racines visant à purifier le sang, à stimuler son flux. Ainsi éliminerait-elle plus vite ce mal qui la rongeait. Ou au contraire, l'achèverais?
    Je ne devais pas douter maintenant de mes capacités. Aussi, résolue à tenter l'expérience, je fis basculer la tête de le vieille druidesse en avant pour lui faire avaler tant bien que mal, le médicament. L'odeur était si intense que j'entendis très nettement un soupir de la part de Ban.
    Reprenait t-elle conscience? Je l'appelais alors avec calme et douceur d'une façon répétée. “Ban, Ban? M'entends-tu? Oh je t'en prie, ne m'abandonne pas, pas maintenant, j'ai tant besoin de toi... je t'en prie, Ban!... ne me laisse pas.”

    Ma main chercha les siennes pour les serrer tout contre mon cœur. Je sanglotais en silence pendant de longues minutes. La pièce était plongée dans une douce lumière blanche, et nous, dans un clair obscur saisissant, nous étions pareilles aux personnages d'une scène de vanité.
    Tout en réfléchissant, je laissais ma voix s'envoler pour installer un brin de gaieté. Une once d'espoir. Je chassais de surcroît le mauvais œil. Je sentis la vieille bouger en tout sens. Prise de panique, je me redressais pour me pencher sur elle. Prise par une forte fièvre, la pauvre commençait à délirer et à se débattre. J'avais réagit vite et bien, aussi, en l'espace de quelques seconde, la crise se calma, et elle retomba mollement sur son lit.

    Il fallait que je tente autre chose. Mais d'abord, m'occuper de cette fièvre semblait être pour moi une priorité.
    Inlassablement et durant de longue heures je faisais des allers retours pour m'assurer que sa fièvre descendait. J'épongeais son front avec de l'eau glacée, la recouvrait d'une nouvelle pièce de fourrure.
    Il fallait autre chose.
    Il était près de onze heure quand je décidais de sortir. Couverte d'une cape ivoire, encapuchonnée pour plus de prudence, je me mêlais à la foule, à la recherche d'un livre.
    Je n'avais plus trop de mal à me repérer dans l'espace, aussi, ce fut rapidement que je fis face à l'échoppe où j'avais acheté le pendentif de Kappa.
    Le vendeur ne me reconnaissait pas, une aubaine! Je lui demandais alors si il n'avait pas, par tout hasard un livre disons, un peu spécial, sur les plantes. Il sembla me comprendre, car il s’éclipsa un moment en arrière boutique. Il revint, les bras chargés d'un très gros livre s'intitulant : “Poisons, plantes et enchantements”. Je le remerciais avant de le payer et retourner chez Ban.

    Aussitôt rentrée, je déposais ma trouvaille sur la table, alimentais le feu puis préparais un repas sommaire.
    L'odeur avait dû les attirer car très vite, Kappa et Nicolaï passèrent l'embrasure de la porte.
    Ce grincement caractéristique me fis me retourner. Le visage grave, j'écoutais le chevalier m'annoncer de mauvaises nouvelles. Ça n'avançait pas, et il y avait déjà deux victimes... Je baissais la tête et secouais cette dernière.

    “Non, et son état se dégrade au fil des heures. Kappa, je suis très inquiète. Mais je ne désespère pas! Je trouverais!”

    Le repas se déroula dans un silence mortuaire, personne n'osait dire le moindre mot. Tant et si bien qu'une atmosphère lourde s'installa. Clairement, nous n'avions pas le moral.
    Les hommes repartirent glaner des informations. De mon côté, le livre sous le bras, je continuais de veiller sur la vieille Ban. J'attendais le retour de Kappa et Nikolaï pour que l'un d'entre eux me déchiffre pour moi, l'ensemble du bouquin. J’espérais ardemment qu'une réponse me serais apportée. J'avais quelques soupçons, mais rien de concrets.

    La nuit commençait à installer ses couleurs dans le ciel. Les habitants du village rentraient chez eux. Ils avaient eu vent de cette rumeur... D'un homme se faufilant dans l'ombre pour assassiner femmes et enfants. Des innocents.
    Le bruit d'une porte s'ouvrant à la volée, des pas précipités, une porte qui claque... je me redressais pour aller voir se qu'il se passait en bas. J'avais un très mauvais pressentiment...

    "Kappa?"


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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Dim 25 Déc - 22:19



Les mauvaises nouvelles s'enchainaient, et les bonnes nouvelles se faisaient plus que rares. Il fallait se rendre à l'évidence : nous piétinions, et nous n'étions pas plus avancés qu'avant. Le meurtre du shérif nous avait même pris par surprise et à présent, nous nous perdions en conjectures hasardeuses et peu concluantes. Quel que puisse être l'identité de cet agresseur, il semblait poursuivre un but précis, et nous étions très loin de découvrir lequel. Quant à Aurora, elle était de plus en plus tourmentée par l'état de la ban qui ne semblait clairement pas s'améliorer. C'est donc avec le moral à zéro et en silence que nous nous mîmes à table afin de grignoter un bout. Rapidement, l'ambiance devint pesante, et le déjeuner fut vite expédié pour que nous puissions retourner dehors, là où au moins nous nous sentions un peu plus utiles.

Malheureusement, nous étions réduits à l'impuissance, et personne ne semblait jamais rien avoir vu. Tous les témoins semblaient vouloir se taire, comme si une conspiration du silence s'était construite, comme si tout le monde connaissait le responsable mais ne voulait pas le nommer. Nikolaï et moi piétinions sans arrêt, allant de fausse piste en fausse piste. Toute l'après midi, nous parcourûmes les rues du village en long, en large et en travers jusqu'à en connaître le moindre recoin, sans rien trouver d'utile. La vérité était cruellement simple : pour avancer, il nous fallait attendre que le tueur frappe à nouveau et fasse une erreur. C'était là notre seule chance

La nuit tomba finalement plus vite qu'on ne l'aurait pensé, et Nikolaï et moi décidâmes de demeurer dans les rues un peu plus longtemps au cas où notre assassin souhaite profiter de la faveur de la nuit. Nous nous séparâmes donc pour patrouiller, torche à la main, dans les ruelles. Près d'une heure s'écoula avant que je n'entende la voix étouffée de Nikolaï dans une ruelle annexe. Comprenant immédiatement que quelque chose n'allait pas, je me précipitai sur place à pleine vitesse pour découvrir le mystérieux individu encapuchonné poignarder Nikolaï, qui s'effondra dans la neige dans un râle de douleur.

- Non ! hurlai-je aussitôt en me précipitant vers l'agresseur. Mais il était déjà trop tard, il s'enfuyait en courant, et le suivre signifiait laisser Nikolaï agoniser dans la neige alors qu'il avait un besoin urgent de soins. Ma décision dépendrait de sa vie. Abandonnant la poursuite après une brève hésitation, je pris le corps désormais inerte du jeune homme blessé et me dirigeai en courant chez la ban. D'un violent coup de pied, j'ouvris la porte avant de déposer Nikolaï sur une fourrure devant la cheminée, tandis qu'Aurora nous suivait en se demandant ce qui avait bien pu se passer.
- Il a été poignardé, Aurora. Sauve le s'il te plait, il ne faut pas qu'il meure ! lui dis-je un peu paniqué.

Je sortis quelques secondes prendre l'air pour tâcher de retrouver mon sang froid. Notre meilleure aide à Aurora et moi était à présent entre la vie et la mort, et le tueur avait encore réussi à s'enfuir. Toute cette histoire commençait réellement à m'agacer...

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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Dim 25 Déc - 23:48

    Mes craintes se confirmèrent quand j'entendis le son de la voix de Kappa : son timbre démontrait l'étendue de son inquiétude, de son affolement même. Quelque chose de grave venait de se produire. Nikolaï... Le pauvre s'était retrouvé piégé.
    Ce fut comme un coup de poignard. Et je connaissais que trop bien cette sensation : une lame froide qui mord les chairs, entaille profondément la peau, fait jaillir le sang...
    Le sang.
    Si je ne le voyais pas, je pouvais sentir cette sensation poisseuse entre mes doigts. Je m’efforçais d'arrêter l'hémorragie, mais, le coup avait été si violent et précis... Un poumon avait sans doute été perforé. Je me penchais pour évaluer sa respiration, son pouls. Son cœur battait très faiblement, mais battait encore.
    Je ne devais pas paniquer, toute erreur lui serait fatale. Je fis appel à mon cosmos afin d'évaluer les dégâts avec plus d'exactitude.
    Cela ne dépassait pas mes compétences. En fin de compte, il m'avait suffit de faire en sorte que son sang ne s'écoule plus pour que son état se stabilise.
    Or, au moment où je continuais mon inspection, il fut prit des mêmes soubresauts que la vieille Ban. Non!

    Il hurlait à présent. Ses éclats de voix s'échappaient au dehors, pour s'envoler dans la nuit. Je posais rapidement mes deux mains sur son buste découvert et par une pulsation de mon énergie, j’essayais de faire repartir son cœur qui battait follement dans sa poitrine. N'hésitant pas une seule seconde, je me penchais une nouvelle fois vers lui afin de lui soulever le menton. Ma bouche rencontra alors la sienne et je soufflais de longues secondes qui me parurent interminables. Je répétais ces gestes quelques temps avant de vérifier si mon petit manège avait fonctionné.

    Je poussais un soupir de soulagement. Le voici sauvé de les griffes de la mort, du moins, je l'espérais.
    Mon calvaire ne prit pas fin pour autant.
    Un piaillement plaintif me parvint, et je sentis les serres de la corneille de Ban s'enfoncer sur mon épaule.

    Prise d'un soudain malaise, je me redressais d'un bond, manquant de vaciller et de tomber. Même chose quand je gravis les escaliers aussi vite que mes jambes flagellantes me le permettait.
    J'étais arrivée à temps.
    Juste au bon moment pour prendre sa main et entendre le glas sonner pour elle. In extremis pour constater sa mort...
    L'accompagner dans son dernier voyage...

    J'éclatais en sanglots en tombant à genoux à côté de son lit. Alors que j'enfouissais ma tête dans les fourrures pour pleurer ton mon saoul, les derniers soupirs, ses derniers mots furent pour moi...
    Je la remerciais en contenant mes sanglots, embrassais ses paupières closes à jamais. Je venais de perdre la seule personne susceptible de me comprendre parfaitement. Une amie. Une mère.
    Car après tout, l'ordre druidique se confondait à une grande famille... dont je venais de perdre le dernier membre.
    La dernière représentante.
    Non, pas tout à fait.

    Perdue, je l'étais. Aussi, je m'étais allongée à ses côtés, pleurant silencieusement. À présent, tout le reste m'importait peu. Je ne la laisserais pas. Je ne partirais pas...

    Quelle douleur !
    La perdre à cet instant me déchirais le cœur. Me rappelais la mort d'Artus. Je replongeais dans cet état second dans lequel m'avait retrouvé Kappa...

    Et à moins d'un miracle, je n'étais pas prête de sortir de cet état...
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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Lun 26 Déc - 21:28



Encore une nuit qui voyait notre défaite, encore une fois où cet ennemi quel qu'il soit m'avait eu. Je me sentais quelque peu déboussolé par cette situation : c'était la première fois que je ne pouvais user de mon cosmos pour me sortir d'une situation délicate. Ici, ma puissance et ma maitrise du froid n'étaient plus d'aucune utilité : il s'agissait avant tout d'une bataille d'esprits, savoir prédire à l'avance la prochaine action de l'ennemi. Mais comment faire lorsque cet ennemi était inconnu, et lorsque de toute évidence il manifestait une intelligence bien supérieure à la moyenne ?

Après quelques minutes passées dehors, je décidai finalement de retourner me mettre au chaud à l'intérieur. Mais la scène de Nikolaï agonisant près de la cheminée, Aurora se démenant pour tenter de le sauver me poussa à fuir la pièce. Je me sentai bien inutile à présent : entre le jeune nordique et vieille ban, seules les compétences médicinales d'Aurora étaient utiles. Tout ce que je pouvais faire, c'était attendre. Attendre de voir si Nikolaï allait mourir, ou pas... Cette idée me hantait, car de toute évidence, c'était ma faute s'il était à présent étendu sur une fourrure à lutter entre la vie et la mort. J'étais celui qui l'avait entraîné dans toute cette histoire, et qui n'avait même pas réussi à le secourir quand il en avait eu besoin.

Fatigué, las, je finis par monter lentement les escaliers pour aller rendre une petite visite à la ban, voir comment elle allait. Lorsque j'entrai dans sa chambre, je fus frappé par sa pâleur : de toute évidence, son état avait grandement empiré. Je pris doucement une chaise en bois, et m'assis à son chevet, un peu perdu, ne sachant que faire d'autre pour tuer le temps. La ban ouvrit doucement les yeux et m'attrapa soudain la main, avant de la serrer fort, me faisant sursauter. Elle se redressa avec difficulté et me murmura dans une voix tordue comme si elle était entrée dans une sorte de transe :
- Tu devras bientôt faire un choix, chevalier ! Dans un futur proche, tu devras affronter ta propre personne ! Sauras tu faire ce qui est juste ?!
Puis elle relâcha aussitôt ma main et retomba dans les pommes.

Décontenancé par une telle scène, je mis au bout de quelques secondes de réflexion cela sur le coup de la fièvre. Quelque peu écoeuré par la présence de la ban, je sortis presque immédiatement pour me diriger à la cuisine, au rez de chaussée. Drôle de nuit, pensai-je en m'adossant au mur. Un long moment s'écoula avant que je n'entende les pas précipités d'Aurora dans l'escalier. Que se passait il encore ?

Passant devant la couche de Nikolaï qui semblait dormir paisiblement, je grimpai lentement les marches à mon tour, pour y trouver une Aurora complètement prostrée et en pleurs, près du corps désormais sans vie de la vieille ban. Malgré tous les efforts de la jeune Asgardienne, elle n'avait pas survécu. M'approchant petit à petit, je posai doucement mes mains sur les épaules d'Aurora et la fis doucement relever pour lui offrir une nouvelle fois mes bras comme réconfort.
- chuut, lui dis-je plusieurs fois d'une voix apaisante. Elle ne souffre plus, maintenant. Et tu ne dois pas te laisser aller, j'ai besoin de toi pour coincer celui qui a fait ça, ajoutai-je en chassant une nouvelle larme qui coulait sur sa joue.

Une idée germa tandis que la jeune druide profitait du réconfort que je lui apportais. Mais je savais pertinemment qu'elle accueillerait cette idée avec violence. Le désaccord serait inévitable sur ce point. Pourtant, je ne voyais pas d'autre solution pour avancer dans notre enquête et attraper notre tueur. Il le fallait , c'était la seule chose à faire...

Plus apeuré qu'autre chose à l'idée de lui parler de cette idée, je prolongeai de longues minutes cette étreinte pour réconforter la jeune femme. Je savais que les prochaines minutes seraient très dures pour elle. Finalement, quand je sentis qu'elle s'était un peu calmée, que les tremblement et les pleurs étaient moins fréquents, je décidai de prendre la parole :
- Aurora, j'ai une solution qui nous permettrait d'avancer dans notre enquête. Actuellement, c'est notre seule solution, nous n'avons plus aucune autre piste. Seulement... tu ne vas pas aimer ça.
Je pris une profonde inspiration avant de poursuivre :
- Si nous voulons identifier rapidement le poison qui a tué la vieille ban, il va falloir l'autopsier...

Le mot était lâché. Et tandis qu'à peine quelques pas nous séparaient la jeune femme et moi, je me préparais à une véritable tempête de sa part...
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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Mer 28 Déc - 15:19

    Le temps filait encore et toujours entre mes doigts. Je ne pouvais qu'être une simple spectatrice de la fin de la vieille Ban. Les rouages de cette infernale machine ne cesserait donc jamais de tourner ? Ne serait-ce qu'un instant ? Retourner en arrière ?
    Le Destin, bien que capricieux selon certains, n'avait pas d'état d'âme. Il ne faisait que reprendre ce qui lui appartenait depuis le début, depuis le premier souffle jusqu'au dernier. J'ai pus la voir s'en aller, l'entendre une dernière fois me murmurer quelques mots au creux de mon oreille. Mais je n'avais pas compris.
    Mon impuissance me révulsait. Oui, je ne pouvais que constater cette dernière sans pouvoir rien n'y changer. Et j'étais en colère. Contre moi-même.
    Je ne l'avais pas entendu rentrer, je n'avais pas plus réagit quand il déposa ses mains sur mes épaules pour m'obliger à retrouver une once de réconfort dans ses bras.
    Mes larmes continuaient de glisser sur mes joues en silence. Aucuns sons ne pouvaient sortir de ma gorge, aussi, je préférais ne rien répondre quand Kappa commença à me parler.

    Perdue dans mes pensées, je me voyais recouverte d'un voile diaphane, m'extirpant de la réalité.
    Le chagrin s'enroulait autour de mon cou et cette sensation étouffante fit naître dans mon cœur des sentiments contradictoires. Partagée entre l'envie de venger sa mort et celle de la veiller jusqu'à la fin de son voyage, je tremblais tant que je sentis l'étreinte du Verseau se raffermir.
    Il avait raison.
    Je ne devais pas me laisser aller, il fallait que je me reprenne en main... Que je prépare son corps pour...
    Je m'écartais vivement du jeune homme, les sourcils froncés. Comment pouvait-il me dire une chose pareille ?
    Révulsée, je secouais la tête tout en reculant de quelques pas. «Comment oses-tu songer à une telle chose ! C'est tout simplement impensable ! Barbare...»
    Je serrais mes bras autour de moi, prise de frissons.
    Quelle abomination ! Je tournais la tête vers le corps sans vie de la vieille. Sa corneille se manifesta en m'appelant. Je m'approchais du sombre volatile sans accorder un regard à Kappa.
    Furieuse, je fulminais en serrant les poings. Il ne touchera jamais à un seul de ses cheveux ! Il devait bien y avoir une autre solution, non ? Éperdue, mes paupières se refermèrent. D'une voix sèche, je déclarais : «Sors. J'ai besoin d'être seule.»

    J'entendis le son de ses pas s'éloigner S'en était trop. Je ne pouvais en supporter d'avantage. L'idée que l'on puisse ouvrir ses chairs, prélever de son sang, mettre à nus tous ses organes me donnait envie de vomir.
    Je cherchais dans ma mémoire si il n'existait pas un autre moyen. Et si je préparais cette tisane à base de... non, il était trop tard pour songer à cela. Elle était morte, et ne pourrait plus rien avaler.
    Je croyais devenir folle. D'ailleurs, mue par un accès de rage, j'avais attrapé le premier bol qui m'était tombé sous la main pour le réduire en morceaux sur le sol.
    J'allais continuer sur ma lancée quand, par désespoir, je tombais à genoux parmi les restes de poterie.

    «Non, je ne veux pas... Tu ne pourras jamais atteindre Avalon, la dame blanche ne voudrait pas de toi dans sa barque ainsi défigurée...» murmurais-je en recouvrant mon visage entre mes mains. Mes pleurs étaient intarissables, j'étais inconsolable et rien ni personne ne pourrait me faire sortir de cet état. Même Kappa n'y était pas parvenu.
    Je restais là, au sol, immobile comme une statue de sel tandis que la lune continuait sa progression dans le ciel d'encre. Serais-je égoïste ? Était-ce si grave de ne penser qu'au bien être d'une seule personne ? Ou me bornais-je encore à mes croyances ?

    «Je suis désolée Ban.» Je venais de briser le silence. Je me redressais pour me diriger vers la porte. Je me retournais une dernière fois vers ce corps refroidissant.
    Je baissais la tête et sortit, le cœur serré.
    Une fois assurée que l'état de Nikolaï ne s'était pas détérioré entre temps, j'attrapais ma cape ivoire avant de sortir en trombe sous le couvert de la nuit.
    Je me fiche que ce soit dangereux, je le trouverais moi-même, cet odieux assassin, quitte à faire office d'appât ! Rien n'y personne ne me stopperais dans mon entreprise : je découvrirais l'identité du meurtrier ! Quitte à y laisser ma vie. Je ne voulais pas que l'on touche à Ban. À ma mère spirituelle.

    Un vent froid faisait s'envoler mes cheveux et le tissu de ma cape. Il gémissait entre les ramures des sapins, les faisant ployer quelque peu. Je m'engageais dans des rues pavées mais vide. Tous devaient redouter la présence d'un tueur dans leur ville. Mais je ne ressentais aucune peur. Soudain, je sentis quelque chose me frôler, aussi,d'instinct, je me plaquais contre un mur. Sous mes mains, la surface de la pierre était à la fois rugueuse et froide. Je tressaillis une nouvelle fois.
    Quelqu'un m'observait.
    Soulevant ma robe en velours, je m'apprêtais à prendre mon poignard attaché à ma cuisse quand quelqu'un m'attrapa vivement le poignet pour me faire lâcher prise. L'arme chuta sur le sol dans un bruit cristallin et métallique. Mes yeux aveugles s'écarquillèrent au même moment où une paume se plaqua contre ma bouche. Paniquée j'essayais de me débattre en vain. Même mon cosmos ne répondait plus. L'homme, car il s'agissait sans doute là d'une personne de sexe masculin en vu de sa force impressionnante, se saisit de mon cou gracile. Je suffoquais, l'air venait à me manquer et je sentais que ma tête tournais. Allongée sur le sol, il se penchait un peu plus vers mon visage pour pousser un rire sardonique à la face du ciel.

    Je fermais les yeux, prête à recevoir le même sort que la vieille Ban.
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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Mer 28 Déc - 16:12



La réaction ne se fit pas attendre, et c'était à prévoir. Je commençais à comprendre la jeune femme, ce qui était important pour elle, ce qui ne l'était pas. Répondant aussitôt à sa demande de la laisser seule, je fis demi tour et avançai jusque sur le pas de la porte avant de m'immobiliser quelques secondes :
- Entendu, je te laisse seule. Mais ne crois pas que je propose ça de gaieté de coeur. Il n'y a aucune autre solution, et tu le sais bien...
Puis, je fermai doucement la porte avant de descendre à l'étage inférieur.

Attiré par la cuisine, je me servis un verre de vodka que je sifflai presque immédiatement. Ma colère envers le responsable de toute cette histoire était à son pic, et je me détestais de ne pouvoir être plus efficace. La pensée de Nikolaï allongé dans la pièce voisine avec un trou dans le poumon me fit serrer le verre tellement fort qu'il éclata entre mes doigts sans que je m'en rende compte. Etouffant un juron, je ramassai rapidement les bouts de verre et les mis là ou ils ne pourraient blesser personne. Je ne pouvais rien faire d'autre qu'attendre que la jeune femme accepte la vérité. Sans cette autopsie, nous n'avancerions pas. Et le tueur continuerait à frapper, ce serait aussi simple que cela.

Perdu dans mes pensées, je n'entendis pas les pas de la jeune femme dans l'escalier, pas plus que je n'entendis la porte grincer en s'ouvrant pour laisser l'Ase courir au dehors. Sans ces étranges malaises à répétition, nous serions déjà débarrassés de cet individu depuis longtemps. Que pouvait il bien m'arriver ? Pourquoi mon cosmos ne répondait il plus ? Et pourquoi mes forces m'abandonnaient elles ? Y avait il un lien avec ce qui s'était passé à Boston ? Je ne savais décidément plus quoi penser.

Quelques secondes plus tard, las, et fatigué, je me dirigeai vers le salon pour m'assoir aux côtés de Nikolaï lorsque je vis la porte d'entrée ouverte, la cape d'ivoire de la jeune femme disparue et des pas précipités dans la neige. Je compris aussitôt.
- Fais chier... lâchai-je aussitôt, apeuré à l'idée de ce qui pourrait lui arriver dans son état.
Attrapant au vol ma cape bleu pâle, je grimpai quatre à quatre les escaliers et fonçai tout droit vers la grande fenêtre à double battant, avant de l'ouvrir. En passant par les toits, je rattraperais facilement Aurora. Du moins en théorie...

Je sus à la seconde où je bondis vers le toit d'en face que je ne l'atteindrais pas : la même faiblesse qui m'avait saisi sur la place du marché et lors de mon affrontement avec le tueur m'agrippa au même instant, et je ne pus que dégringoler dans le vide un étage plus bas. Face contre terre, à moitié étourdi, il me fallut attendre quelques secondes que ce malaise passe pour me redresser. Finalement, lorsque je pus me relever, et après avoir rageusement balayé la neige recouvrant mon visage d'un revers de main, je retournai dans la maison pour attraper l'arc et les flèches de Nikolaï. Si je ne pouvais plus compter sur ma force et mon énergie cosmique, il me restait toujours mon habileté à l'arc.

Fonçant dans la nuit aussi vite que mon corps affaibli me le permettait, je suivis les traces de pas laissées dans la neige par Aurora. La dernière fois que j'avais couru après elle pour la ramener, je disposais de toute ma puissance, et de toutes mes capacités. Comment allais-je bien pouvoir la forcer à m'obéir en étant aussi faible ? Peut être devrais bluffer ? Oui, c'était là la seule solution. Dissimuler à la jeune femme ma faiblesse et revêtir à nouveau le masque du Verseau, pour l'obliger à céder à ma demande. C'était un pari risqué, à coup sûr. Mais que faire d'autre ?

Je fus finalement tiré de mes réflexions par une scène faisant bondir mon coeur dans ma poitrine : le tueur avait trouvé Aurora et il s'apprêtait à donner le coup de grâce. Saisissant immédiatement mon arc et une flèche, je décochai aussi vite que je le pus une flèche sur l'agresseur, après quoi je fonçai tout droit sur lui. Dans un réflexe impressionnant, le mystérieux individu redressa son capuchon et saisit la flèche alors qu'elle allait l'atteindre en pleine tête. Cependant, il ne put pas m'arrêter aussi, et dans la seconde qui suivit, je plongeai sur l'assaillant pour libérer Aurora de son étreinte. Emportés par l'élan, nous roulâmes sur plusieurs mètres avant qu'il ne prenne l'ascendant et me bloque au sol. D'un coup de coude vif en plein visage, je me libérai à mon tour, et me jetai sur lui, prêt à lui infliger le coup de grâce. Quand soudain...
- Non ! Pas maintenant ! lâchai-je dans un souffle avant que le rire mauvais de mon adversaire ne se fasse entendre.

A nouveau, mes forces m'abandonnèrent, et un puissant coup de poing suffit à mon adversaire pour me faire tomber à terre et me désorienter. Se délectant de sa victoire, l'ennemi dégaina un poignard, et se prépara à m'achever. Si aurora ne réagissait pas très vite, ce serait terminé...

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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Jeu 29 Déc - 15:05

    La lame de son poignard, un fois brandie au dessus de sa tête, scintilla d'une lumière bleuté grâce aux rayons de la lune haute dans son ciel d'encre. Il me regardait de son regard fou, prêt à m'achever. Moi, je n'entendais que son rire mauvais. Par réflexe, mes mains cherchaient à se lever pour faire barrière, seulement, mon agresseur était très fort. Plus fort car je me trouvais dans une position des plus inconfortable. Je n'aurais jamais réussis à me dégager sans l'intervention de Kappa. Son aura froide me rassura d'une manière tout à fait paradoxale. Reprenant mon souffle, je m'efforçais de contrôler les battements de mon coeur. Je ne doutais pas des capacités du chevalier, pour en avoir goûté les prémices, j'étais persuadée qu'il viendrait aisément à bout de l'assassin. Je me trompais.
    "Non!" crais-je à leur intention, peut-être pour détourner l'attention ne serait-ce que de quelques instants, du meurtrier sur sa proie. Mon cosmos enfin se manifesta et dans mes mains tendues, se matériallisa l'arme de Dagda : sa masse à double extrémités.

    Je m'élançais alors sur lui, à l'instar d'un félin, toutes griffes dehors. Destabilisé, l'assaillant n'eut le temps que d'esquiver partiellement mon coup. Ma force, décuplée par la colère et l'adrénaline, évinça l'homme qui roula sur le côté. Puis, avant d'avoir le temps de lever une nouvelle fois ma massue, l'être se volatilisa dans la nuit. Après que les derniers échos de sa voix finirent de s'envoler, le silence reprit ses droits. Soulagée, je fis disparaître mon arme et me dirigeait vers Kappa. Je m'agenouillais à ses côtés, posant une main qui se voulait rassurante, sur son épaule.
    Là, mes doigts rencontrèrent la courbure d'un objet m'étant familier. Un arc? Ce fut donc le sifflement d'une flèche qui m'était donc bien parvenue. Je ne pus m'empêcher de rire malgré la situation. Pour le moins ironique, je m'emparais de l'objet ainsi que d'une flèche et comme si j'avais fait ça toute ma vie, tirait un trait qui alla s'accrocher à quelques mètres plus loin dans un tonneau. "Il semblerait que je n'ai pas perdu le coup de main. Mais c'est sans doute un peu dangereux pour une aveugle de tirer à l'arc. Dommage, autrefois je ne ratais jamais ma cible! Il semblerait que nous ayons un point en commun chevalier!" achevais-je en riant aux éclats.

    Je me redressais avant d'offrir mon aide à Kappa. Une fois sur pied, je tournais mes yeux dans la direction où le tueur s'était enfuit. Il me serait impossible de le rattraper à présent. Soucieuse quant à l'état de santé du jeune homme, je lui attrapais le bras pour l'entraîner à ma suite. "Que s'est-il passé Kappa? Pourquoi ne pas avoir utilisé ton cosmos? Le même phénomène que tu as ressentis tantôt s'est reproduit? Je m'inquiète pour toi tu sais, tu devrais me laisser enquêter, après tout... Ban est morte..."
    à l'énonciation de ce nom, je frissonnais. La réalité venait de me rattraper, et la vérité me fit mal au coeur.
    "Tu avais raison Kappa, pour Ban, nous n'avons pas le choix... Demain, au petit jour, j'irais chercher le médecin. Toi, tu devrais prendre un peu de repos. J'aurais peut-être encore besoin de toi!"

    J'avais passé le reste de la nuit à les veiller tout les deux. Assise sur une chaise au bord de la fenêtre, j'écoutais le crépitement des flammes dans l'âtre. Perdue dans mes pensées, les yeux à demi-clos, je songeais aux évènements du passé. Ma rencontre avec Kappa fut inespérée pour moi. Grâce à lui et sa gentillesse, il m'avait redonné le goût à la vie, m'avais permi d'avancer, d'aller de l'avant malgré mes profondes blessures. Je lui serais éternellement reconnaissante. Je ferais n'importe quoi pour lui.
    Le matin s'installait progressivement : le soleil commençait à poindre à l'horizon, il étalait ses bras brûlant sur toute la contrée, redonnait des couleurs à l'ensemble des nues. Je sortais derechef, prenant tout juste le temps d'envelopper mes épaules dans le velours de ma cape ivoire.
    Je revenais peu de temps après accompagnée d'un homme relativement agé, quelque peu vouté et portant de lourdes lunettes sur son nez aquilin. "Kappa? Le docteur est arrivé." Je guidais le monsieur à l'étage, dans la chambre de la vieille. Le vieil homme secoua la tête avant de déposer ses outils sur le sol. Aussitôt je lui présentais le livre que j'avais trouvé au marché le jour précédent. Il l'étudia en approchant ses yeux agrandis par les verres, là, il continua de marmonner dans sa barbe tout en se grattant le menton. "Je vois", ne cessait-il de répéter. "Un empoisonnement? Nous allons voir cela jeune fille, m'aiderez-vous? Je ne suis plus tout jeune vous savez."

    J'hésitais. L'idée même d'ouvrir le corps de Ban me révulsait, mais avais-je vraiment le choix? Je soupirais, prenant mon courage à deux mains. Je retroussais les manches de ma robe avant de me tourner vers le verseau. "Je ne suis pas certaine que tu ais envie de voir cela, attends moi dehors et veilles plutôt sur Nikolaî, veut-tu? A plus tard!" Je m'efforçais de lui offrir un petit sourire avant de refermer la porte derrière lui. Les heures qui allaient suivre ne seraient sans doute pas de tout repos.

    La mine fatiguée, les yeux recouverts d'un léger voile, je descendais les marches suivie de près par le docteur. Je l'accompagnais jusqu'à la porte avant de faire volte face pour tomber à genoux devant la cheminée. Vidée de mes forces, je pris de longues minutes pour me ressaissir. "Il s'agissait bel et bien d'un poison, très rare de surcroît. Une plante qui ne pousse que dans une certaine région... Au nord du village pour être exacte et selon les dires de ce drôle de druide! Comment vas Nikolaî?"
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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Jeu 29 Déc - 16:38



Durant plusieurs secondes, les couleurs et les sons se confondirent alors que je gisais étourdi sur le sol. Cette fois encore, je ne pus rien faire face au mystérieux agresseur, mais pire que tout, Aurora s'était rendue compte que quelque chose n'allait pas. La main qui se posa sur mon épaule et qui se voulait pourtant rassurante ne fit qu'accentuer ma colère contre moi même. Je ne servais à rien du tout : sans mes forces, et mes pouvoirs, je n'étais rien d'autre qu'un homme ordinaire. A cette pensée mes mains se crispèrent dans la neige, et une larme coula le long de ma joue. Je ne m'étais jamais senti aussi impuissant et cela m'était insupportable.

La jeune femme disposait d'autres talents cachés : empoignant l'arc de Nikolaï, elle décocha une flèche avec une habileté surprenante. Cependant, même une telle chose ne m'arracha pas le moindre sourire. J'étais épuisé alors que je n'avais servi à rien, et je m'étais couvert de honte.Sans mot dire, et la tête basse, j'acceptai l'aide d'Aurora pour me relever. Je ne répondis pas non plus aux inquiétudes de la jeune femme. Ce n'est que plusieurs secondes plus tard que j'ouvris finalement la bouche pour relâcher avec difficulté un simple mot :
- Rentrons...

Je ne discutai pas les suggestions d'Aurora, et tout de suite en arrivant, je m'allongeai sur des peaux, après quoi je m'endormis aussitôt. Mon rêve fut peuplé de cauchemars tous plus sombres les uns que les autres, me donnant l'impression oppressante d'être atteint par un poison s'écoulant dans mes veines. Je finis par me réveiller en sursaut, et en sueurs, au petit matin, lorsque la porte d'entrée fit du bruit. Aurora me prévint qu'il s'agissait du médecin. Enfilant rapidement mon haut en baillant, je les suivis à l'étage, pour assister à l'autopsie. La nuit n'avait pas été reposante, et le contrecoup était de plus en plus difficile à dissimuler. De larges cernes s'étaient creusées sous mes yeux, que fort heureusement la jeune femme ne pouvait apercevoir.

Ne discutant pas sa décision de me faire quitter la pièce, j'obéis sans mot dire. Après tout, qui étais-je pour discuter ? Je n'étais même plus capable de stopper un simple assassin alors que j'étais sensé faire partie des douze membres les plus puissants de la chevalerie d'Athéna. Et s'il me fallait abandonner définitivement mon armurer ? Peut être avais-je perdu définitivement mes pouvoirs cosmiques ?

Attrapant l'arc et les flèches de Nikolaï, je sortis dehors pour m'exercer sur un tonneau, afin de tuer le temps, tout en ruminant ces sombres pensées. Celles ci étaient rythmées par le bruit caractéristique des flèches s'enfonçant dans le bois. Une manière pour moi de défouler ma colère en attendant de trouver le tueur. Un exutoir...

Au bout d'un lon, très long moment, las de tirer à l'arc, je regagnai la chaleur du salon pour veiller Nikolaï qui dormait toujours à poings fermés. Cependant, sa fièvre était tombée, et il avait retrouvé des couleurs. Enfin une bonne nouvelle, pensai-je en souriant l'espace d'un instant. Affalé sur un des fauteuils, profitant de la chaleur de la cheminée, je finis par m'assoupir à nouveau, et je ne fus réveillé que plus tard par Aurora qui avait enfin les résultats. Je me redressant pour écouter ce qu'elle avait à dire : ainsi, l'origine du poison est rare et ne pousse que dans cette région au nord.
- Ca explique pourquoi tu n'as pu l'identifier plus tôt toi même, réfléchis-je à haute voix. N'étant pas originaire de cette région, tu ne connaissais pas cette plante. Bon, merci Aurora, je m'occupe du reste. C'est entre lui et moi à présent.

Je me saisis de l'arc et des flèches ainsi que de ma cape avant de sortir précipitamment, une lueur flamboyante dans le regard. Suivant les détails que m'avait fournis Aurora concernant cette mystérieuse plante, je finis par rencontrer un terrain plus rocailleux et montagneux, avant de tomber sur ces fameuses plantes bleu pâle. Marchant un peu au hasard à la recherche de pistes, je finis par tomber sur des traces de pas fraichement laissées dans la neige. Dans un endroit aussi perdu, il y avait fort à parier que ce soit notre homme. Préparant mon arc à une intervention rapide, je suivis tel un rôdeur les traces de pas jusqu'à une rivière, de l'autre côté de laquelle on pouvait apercevoir une grotte taillée dans le roc de la falaise.
- Gagné, chuchotai-je avec un air triomphant.

Il ne me fallut guetter que quelques secondes avant que le tueur ne sorte de son trou. Poussé par ma colère, je décochai une flèche avant même de le prévenir de ma présence. Et pourtant, faisant preuve des mêmes réflexes dignes d'un chevalier, le mystérieux individu attrapa le projectile en plein vol et le cassa en deux dans sa main avant de prendre la parole pour la première fois :
- Alors, Kappa, on ne dit plus bonjour à ses anciens camarades. Tu as bien changé en quelques jours... ajouta t-il en découvrant enfin son visage.

Lorsque je découvris l'identité du tueur, le choc me fit lâcher mon arc. C'était Dimitri, le chef des bandits que j'avais tué quelques jours avant de trouver Aurora. Mais je lui avais tranché la gorge, comment pouvait il s'en être sorti ?
- Non, c'est impossible ! Tu es mort ! lui dis-je en approchant lentement de lui jusqu'à ce qu'une distance raisonnable nous sépare.
Pour toute réponse, le nordique éclata d'un rire mauvais avant de me dire.
- Ou plutôt je te l'ai fait croire... As tu déjà entendu parler de l'illusion du Phénix, Kappa ?
Aussitôt, une série de flashbacks remontant à Ahirès, Caeron et Ishiro me revint en mémoire.
- Mais, comment as tu... ? articulai-je en réfléchissant très vite.
- Quand on est faible physiquement comme moi, il faut savoir utiliser sa tête, répondit il en posant son doigt sur sa tempe, et avoir les bons contacts. Je possède les deux, ajouta t'il d'un air suffisant.
- Donc... j'étais atteint de l'illusion du phénix lorsque j'ai cru t'avoir tué ?
- Une variante de cette technique, mais oui, quelque chose dans ce goût là.
- D'accord... admis-je, tu m'as bien eu. Mais ça ne fonctionnera pas deux fois, tu en es conscient, n'est ce pas ?
- Peu importe, j'ai d'autres atouts dans ma manche aujourd'hui, et tu es parfaitement inoffensif...

Serrant les poings et les dents, fronçant les sourcils, je le fixai plus intensément. Comment pouvait il savoir que j'avais perdu mes pouvoirs ? Etait il responsable ?
- Qu'est ce que ca veut dire, je suis inoffensif ? demandai-je simplement.
- Oh, voyons Kappa. Toi comme moi savons parfaitement pourquoi tu es équipé d'un arc depuis hier. Tu as perdu ta capacité à faire appel à ton cosmos, et je suis sûr que tu as même perdu tes forces.
- Comment sais tu que... ! hurlai-je malgré moi emporté par mon impatience
- Et je parie que ça s'est manifesté sur la place du marché l'autre jour pour la première fois, je me trompe ?

Comprenant aussitôt que le doute n'était plus permis, je posai directement la question me brûlant les lèvres :
- Qu'est ce que tu m'as fait ?! Et pourquoi avoir empoisonné la ban ?! Qu'a t'elle à voir dans tout ça ?!
- Rien du tout... Elle n'était qu'un appât destiné à te faire sortir de ton trou. Vois tu, après que je t'aie vu éliminer aussi facilement le cygne noir, j'ai compris que la différence entre nos deux cosmos était bien trop importante pour que je te rattrape, et que je devrais utiliser la ruse pour me venger, et me débarrasser de toi. J'ai donc utilisé ma formidable connaissance des poisons. J'ai tout de suite compris en l'observant que ta protégée s'était entichée de cette stupide vieille, et qu'elle comprendrait qu'il s'agit d'un empoisonnement, de par ses capacités de druide. J'étais certain que si j'attirais ta protégée, tu te manifesterais toi aussi en ville. Ce que je n'avais pas prévu, c'est que tu me faciliterais autant la tâche.
- Comment ça ? rétorquai-je, malgré tout étonné par la complexité de son plan.
- A présent que tu étais en ville, il me fallait trouver une solution pour t'empoisonner. Mais comment t'approcher sans que tu ne me remarques ? Et c'est là que tu t'es mêlé à la foule sur la place du marché, une aubaine pour moi. Un homme encapuchonné au milieu de centaines de personnes passe facilement inaperçu. Il m'a suffi de t'approcher, et te toucher avec ceci, poursuivit il en montrant une bague avec une pointe minuscule, au préalable trempé dans un poison, et te voila affaibli sans même le savoir.

Un nouveau flashback du marché et de mon premier malaise me revint en mémoire, et petit à petit, toutes les pièces du puzzle s'imbriquaient parfaitement.
- Je vais te tuer ! hurlai-je en lui fonçant dessus.
Celui ci m'esquiva facilement et enfonça la pointe de la dague dans mon épaule gauche avant de me rejeter de plusieurs mètres.
- Te voilà condamné à présent, ce poison est mortel et atteindra ton système nerveux dans cinq minutes tout au plus.
Genou à terre, il ne me restait plus qu'une seule chance pour survivre, alors autant la saisir. Apposant lentement ma main droite à l'endroit où la minuscule pointe s'était enfoncée, j'entrai en état de concentration extrême, tout en occupant Dimitri pour qu'il ne se doute de rien.

- Qu'en est il de ce garde ? Et pourquoi Nikolaï ?
- Le shérif Alantir n'est qu'un dommage collatéral. Il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment et j'ai dû l'éliminer, expliqua simplement Dimitri comme s'il parlait de la manière dont il avait cuisiné son déjeuner. Quant à Nikolaï, eh bien, après avoir échoué, il me fallait accélérer le rythme car ce poison que je t'avais infligé n'avait qu'une durée limitée dans le temps. En tuant le petit Nikolaï, je savais que tu redoublerais de hargne et ferais des erreurs pour tenter de me trouver. Exactement ce qui s'est passé, en somme, conclut il tandis que je me relevai doucement.
- Tu penses avoir tout prévu, n'est ce pas ?
- La partie est terminée, Kappa. Dans deux minutes, tu seras mort...
- C'est ce que nous allons voir...

Soudain, mon visage se déforma en un rictus provoqué par la douleur, et je retirai ma main droite de mon épaule gauche. Celle ci était à moitié gelée par le froid, et le sang ne pouvait remonter jusqu'au cerveau. Un nouveau flashback du rêve que j'avais fait me remémorant la leçon de Naios concernant la fabrication d'un garrot à l'aide du froid surgit dans ma mémoire Attrapant un couteau à ma ceinture, j'ouvris une de mes veines et mon sang commença rapidement à s'écouler.
- Mais, comment as tu pu faire appel à ton cosmos ?! Tu n'aurais pas dû pouvoir !! hurla le nordique soudain pris de panique.
- Tu avais raison sur un point, Dimitri. Cette fois, c'est terminé...

M'élançant à nouveau sur lui armé de mon couteau, j'entamai un duel de lames avec l'ennemi. Constamment menacé par sa bague mortelle, Je finis par attraper son doigt et à le tordre avant que la bague ne tombe dans la neige. Hurlant de douleur, celui ci se jeta sur moi et nous roulâmes sur plusieurs mètres. Malheureusement, trop occupé par le combat, je ne me rendis pas compte que nous nous approchions dangereusement du bord de la falaise. Et tout à coup, Dimitri me porta un nouveau coup au visage qui me fit basculer dans le vide. Mon bras gauche étant hors service, je n'eus que le temps d'attraper une racine dépassant avec mon bras droit. Mes yeux fixèrent une seconde le vide tandis que mon adversaire cherchait un moyen pour m'achever.
- Aurora, au secours ! chuchotai-je.

Mais ce chuchotement fit vibrer de manière puissante mon pendentif, et une nouvelle once d'espoir naquit en moi. A nouveau, ma voix s'éleva, accompagnée par le cosmos très affaibli du Verseau qui parvenait à s'exprimer malgré la puissance du poison.
- AURORA !
Le nom de la jeune druidesse se répercuta en écho dans la gorge s'étendant sous mes pieds. Cette fois, ma vie ne tenait plus qu'à un fil, et qui sait combien de temps je pourrais tenir avec un seul bras...

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MessageSujet: Re: [BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]   Lun 6 Fév - 13:55

    Je le regardais, impuissante, sortir sans demander son reste. Mes yeux aveugles le suivait un court moment, jusqu'à ce que la porte ne se referme derrière lui. Je fus aussitôt prise d'un très mauvais pressentiment. Une voix en moi m'exhortait à suivre le chevalier du Verseau dans la neige, l'arrêter ou l'accompagner.
    Mais le ton qu'il avait employé ne me laissait aucune échappatoire, j'avais compris qu'il avait une vieille histoire à régler... Mes questions restaient donc en suspends dans ma gorge. Immobile, je restais ainsi figée quelques instants sans savoir quoi faire.

    Je décidais finalement de voir comment se portait Nikolaï. Ce dernier, dormait à poings fermés, nullement perturbé par le crépitement des flammes, et je le comprenais, moi aussi, le sommeil commençait à avoir son emprise sur moi. Et... à quoi bon lutter? Trop tourmentée ces derniers temps, malmenée, je me devais de souffler un peu sous peine de tomber dans l'abîme de la folie. Je montais donc à l'étage, là où je trouverais un lit inoccupé. Mais mon cœur me guida dans la chambre de la vieille Ban.

    Comme j'entrais dans la pièce, la corneille me salua par un piaillement roque, avant de trouver refuge sur l'une de mes épaules. Je flattais sa tête tout en m'avançant vers le lit, prudemment, car la lumière filtrée par les épais rideaux me faisait mal aux yeux. Bien sûr, le corps de la vieille avait été transportée ailleurs afin que, comme le médecin m'avait tantôt expliqué, son corps soit apprêté pour la mise en terre. Je n'avais rien dis, mais je n'en pensais pas moins que cette façon de procéder n'était pas la bonne. Il y avait tant de rites à pratiquer avant qu'un corps ne soit enterré... Mais je me consolais en me disant que j'avais fait le nécessaire peu après son trépas.

      «Ô Ban, tu vas tellement me manquer, j'espère que les Neuf t'accorderont une place à leurs côtés. Un jour, peut-être, te reverrais-je en Avalon.» murmurais-je en tombant à genoux devant le lit où avait la druidesse avait poussé son dernier soupir.


    Je me relevais enfin, les yeux rougis par les pleurs, la chevelure en bataille que j'entrepris de démêler avec soin, assise à présent au coin du lit, dans une pièce voisine... Ma main, d'elle-même lâcha l'instrument qui chuta dans les draps. Tout comme le reste de mon corps qui se vit happer par les bras du Dieu du Sommeil.

      «Aurora! AURORA!»


    Je m'agitais dans mes draps blancs tandis qu'une peur panique s'emparait de tout mon être. Quelqu'un m'appelais au secours. J'entendais cette voix comme si elle me parvenait d'en dessous la surface de l'eau, familière et pourtant si lointaine... Je me redressais brusquement sur ma couche en hurlant et en sueur. Frissonnante, j'entourais mes bras autour de mon corps tremblotant. Si froid...
    Ma tête me tournait et ce fut avec difficulté que je pus me hisser sur mes deux pieds.

      «Kappa!»

    En trombe, je dévalais les escaliers au risque de me rompre le cou. Nikolaï, encore embrumé par le sommeil, me regarda partir comme une flèche dehors sans avoir couvert mes épaules, ni même enfiler des chaussures. Ce fut donc pieds nus, que je foulais la neige froide qui crissait à chacun de mes pas.

    Je courais à en perdre haleine, heurtant parfois des hommes et des femmes. Je ne savais pas où j'allais, je n'étais même pas sûre d'avoir prit la bonne direction... Dans le ciel, une ombre passa devant le soleil. Et je reconnus le cri de ma corneille. Celle-ci m'invitait à la suivre sans perdre un instant, ce que je fis, accélérant mon allure.
    Je débouchais dans une clairière. Une brise glaciale m'accueillis, en même temps qu'une voix amusée s'adressant à moi.

      «Tiens, tiens, mais ne serait-ce pas la petite druidesse? Dommage pour l'autre nuit, nous n'avons pas eu le temps de danser!»


    Cet air arrogant me déplaisait fortement, je serrais les poings, comprenant qu'il devait être le meurtrier, l'assassin de la vieille Ban! Je ne lui laissa pas le temps de s'esclaffer davantage que je fis apparaître mon arme, ainsi que mon armure qui vint recouvrir l'intégralité de mon corps. Cela avait du faire mouche car l'énergumène poussa un juron avant de se jeter sur moi. Ne perdant pas mon sang froid, je laissais mon énergie cosmique m'assaillir avant de lever ma masse et de l'abattre en poussant un cri rageur. J'enchaînais ainsi mon adversaire en me mouvant comme une banshee, animée par la volonté de venger la mort de Ban ainsi que sauver Kappa.

    Déjà bien affaiblit, ce ne fut pas difficile de le mettre en déroute, d'autant plus qu'il faisait de grossières erreurs. Un dernier coup porté, et il bascula dans le néant. Essoufflée, je tombais à genoux dans la poudreuse avant de me pencher vers le précipice.

      «Ta main, Kappa!»


    Je la saisis au moment où le chevalier menaçait de tomber. Le hissant de toute mes forces, nous roulâmes finalement ensemble dans la neige. Allongée de tout mon long dans ce manteau immaculé, je riais aux éclats, prise d'une brusque hilarité.

    Ce ne fut pas difficile de concocter rapidement un remède, maintenant que je connaissais la plante. Kappa fut sauvé, et moi... je me sentais prête à m'envoler ailleurs. A regret, bien sûr, car je en savais pas si je reverrais un jour Kappa du Verseau...

    C'est ainsi que s'achève notre histoire, ici que s'achève mes souvenirs. Ici que commence une autre, celle de mon départ pour Asgard. Une autre histoire, une autre vie.
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[BG Kappa et Aurora] La neige et le sang [Partie 2]

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