RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 Promenons nous...[Pv Skoll]

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Managarm


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MessageSujet: Promenons nous...[Pv Skoll]   Lun 26 Déc - 19:40

Ce RP se déroulent, dans le BG de Leene, quelques semaines avant qu'elle obtienne l'armure de Hrimfaxi et donc, avant la mort de son frère ainé.

*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*


Il devait y avoir un moyen. Il ne pouvait pas en être autrement. Un moyen auquel elle n’avait pas encore songé et qui la frapperait de plein fouet comme une baffe en plein visage. Elle y croyait. S’y accrochait avec la force de ce sentiment que les hommes appelaient désespoir. Mais en était ce réellement ? Est-ce qu’un seul mot pouvait réellement résumer tout ce qui se débattait en elle et essayait de l’engloutir ? Etait ce le désespoir qui teintait son regard d’émeraude lorsqu’elle croisait celui de la même teinte de son grand frère s’enfonçant dans un monde dans lequel elle n’existait plus ? Est-ce que le désespoir était le sentiment qui l’animait quand le dernier membre de sa famille décimée essayait de la tuer ?
Son souffle se bloqua dans sa poitrine, brusquement, l’empêchant de continuer sa marche alors que ses genoux flageolant s’enfoncèrent dans la neige poudreuse et glaciale. Pourtant, rien ne semblait plus glaciale encore que son propre corps à cet instant alors qu’elle tentait de reprendre son souffle avec une difficulté inquiétante. Durant de longues secondes, elle sembla incapable de respirer, augmentant la panique qui couvait sous sa peau. Ses doigts aussi pâles que les flocons se serrèrent et l’énervement se disputa à la glaciale étreinte de son cœur.

La jeune femme avala avec force une longue goulée d’air qui se fraya un chemin douloureux jusqu’à ses poumons. La douleur l’aida à reprendre le contrôle d’elle-même et avec un grognement irrité qui n’aurait pas dépareillé dans la gorge d’un loup sauvage, elle se releva, époussetant le long manteau de cuir brun et de fourrure qui recouvrait son corps et dissimulait la plupart de ses formes, tout en repoussant sur le coté sa sacoche. Ce n’était pas comme si son visage fin et délicat on ne peut plus féminin aurait fait douter de son genre. Elle repoussa ses cheveux opalins d’un geste tout aussi agacé, secouant la tête pour se remettre de cette crise dont elle préféra tout bonnement nié l’existence. Rien ne c’était passé. L’inquiétude la rongeait mais elle ne voulait pas se laisser contrôler par elle, elle ne le devait pas. Il fallait qu’elle se montre forte et qu’elle essaye, encore et encore de trouver une solution qui lui permettrait de sauver son frère, vu que lui semblait ne pas y croire. Elle devait croire pour deux, et au fond d’elle-même, cela raviva la colère qu’elle éprouvait pour lui et pour son ton fataliste qu’elle ne supportait pas. La guerrière sans armure qu’elle était ne supportait pas l’abandon, elle trouvait cela lâche, surtout venant d’un véritable guerrier d’Odin. Il était le guerrier sacré de Hrimfaxi bon sang ! Il ne devait pas abandonner ! N’en avait pas le droit ! Les divinités régentes de leur royaume comptaient sur lui et sur sa force ! Et il était fort, elle le savait, après tout, il était son grand frère, celui qui les avait guidés jusqu’ici, qui l’avait porté lorsqu’elle était épuisée de marcher, qui l’avait protégé, parfois un peu trop…

Prodigieusement agacée par son propre apitoiement intérieur digne d’une larve, Leene envoya un coup de pied dans une motte de neige dans l’espoir dérisoire de calmer sa frustration et avança de nouveau d’une démarche plus vive, presque boudeuse. Elle était en ces terres gelées habillés par des forêts de conifères pour trouver des plantes utiles, non pas pour se lamenter et pleurnicher comme une gamine qui avait perdue son chien ! Rien n’était joué encore, nom de nom !
Marmonnant des paroles d’insultes envers le monde et cette foutue malédiction qui habitait le corps de son frère, elle se mit à la recherche de ce qu’elle désirait à la lisière des arbres vivant ici. Les plantes aimaient se dissimuler entre leurs racines, profitant de leur présence pour les protéger des vents violents et de la lourdeur de la neige. Pas toutes, certaines au contraire, s’épanouissaient davantage près des amas rocheux, à l’abri du vent mais sachant faire face à la rigueur des flocons cristallins. Elle en avait l’habitude, s’y faisait et allait de temps à autre prélever soit des plants, soit simplement quelques feuilles ou fleurs, rares mais aux propriétés curatives indiscutables.

Un sourire s’insinua sur ses lèvres lorsqu’elle repéra non loin, une jolie fleur aussi blanche que la neige, perçant la croute nacré avec une détermination farouche qu’elle apprécia. S’agenouillant devant les tiges, elle n’eut guère le temps de plus les observer qu’elle entendit un bruit incongru. La dague qu’elle gardait attachée à sa jambe apparut dans sa main à une vitesse qui trahissait son entrainement de guerrière bien qu’elle ne briguait aucune armure. Son regard d’émeraude balaya les alentours, restant agenouillée, elle aurait put se faire discrète et attendre mais la patience n’était pas toujours son point fort et elle ne voyait pas grand-chose dans cette forêt de conifère. Mais elle savait qu’il y avait quelqu’un. Elle s’y était entrainée après tout, et Misha serait particulièrement déçu qu’elle n’y parvienne pas après autant de temps. Evidement, tous le monde avait le droit de se promener dans les alentours d’Asgard, en forêt ou sur les montagnes escarpés, et elle doutait même qu’un quelconque ennemi ne l’approche ici…Ce n’était pas de la méfiance, juste un excès de prudence voir un reflexe. Misha était un professeur très consciencieux…
Elle aurait put dire beaucoup de chose à commencer par des communs « qui va là ? » ou d’autres phrases plus inspirées telle que « ça ne se fait pas d’espionner les jeunes femmes. » mais la seule chose qui consenti à sortir de sa gorge fut beaucoup moins inspiré, et un peu moins guilleret que prévu.

« J’espère que ce qui approche n’est pas le grand méchant loup qui veut me manger ! »
lança t’elle d’un ton un poil exaspéré avec une ironie à fleur de peau.
Bien sur, elle n’avait pas que sa dague comme arme et le grand méchant loup était loin de l’effrayer. Au contraire, elle adorait les loups ainsi que la plupart des créatures qui semblaient lié par la nuit ainsi qu’à leur seigneur à tous.

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MessageSujet: Re: Promenons nous...[Pv Skoll]   Lun 2 Jan - 7:46

Promenons-nous...
feat. Leene

Il fallait se rendre à l'évidence. C'était ce qu'on appelle communément pisser le sang. Il pouvait s'estimer heureux de s'en être si bien sorti après avoir défié un ours à mains nues mais allait y rester également si on ne prodiguait pas les premiers soins très rapidement. Car oui, il en avait eu raison. En aucun cas Sköll ne saurait mentir sur ses faits d'armes, cette victoire sur le règne animal était donc une histoire vraie. Jadis, quand il n'avait pas encore développé cette résistance hors du commun qu'on lui connait à ce jour, il s'y était confronté et avait obtenu sa tête en guise de trophée. La réputation de sa force herculéenne n'était d'ores et déjà plus à faire. En revanche, sa victoire allait être de courte durée si personne ne le prenait en charge dans les plus brefs délais. Car bien qu'il ait le cuir solide, la bête avait réussi à porter un coup de patte à travers sa garde. En apparence, la blessure était grave mais pas mortelle, ses griffes s'étant plantées profondément dans la chair de son épaule. Sa clavicule en avait été esquintée, mais pas brisée. À priori, cautériser la plaie aurait dû suffire à le remettre sur pieds et de préférence avant que le saignement ne soit trop important.

Du moins, c'était sans compter sur le virus que colportait l'animal au moyen de ses pattes griffues, qui avait investi le corps du colosse à la vitesse de l'éclair. S'il n'en était encore qu'à l'adolescence, il en était déjà à excéder les deux mètres, avec le mal à passer les portes que cela impliquait. Étant en pleine période de scepticisme vis-à-vis des villageois, il préférait mener ses parties de chasse en solitaire. Les effectuer en leur compagnie n'aurait fait que l'agacer davantage et nuire à sa réflexion. Car si beaucoup voyaient cette occupation comme une activité barbare, ce qu'il ne niait pas par ailleurs, c'était le seul contexte dans lequel il puisse pleinement se vider la tête. L'unique moyen à sa disposition afin de revenir sur ses différents problèmes personnels une fois calmé. Cet entêtement à vouloir se débrouiller par ses propres moyens ne s'était jamais retourné contre lui avant ce jour. Déjà plus jeune, c'était une force de la nature que rien ne peut abattre. Et si aujourd'hui il avait eu droit à son plus beau coup d'éclat, c'était aussi celui où il serait confronté au plus grand danger de sa jeune vie.

La fièvre de cheval qui n'avait mis qu'une poignée d'heures à le gagner lui insufflait divers symptômes, allant des sueurs froides aux bouffées de chaleur. Néanmoins, il résistait plutôt bien aux hallucinations, en partie grâce à sa corpulence qui ralentissait en partie la progression de la maladie. Un corps aussi massif ne pouvait succomber si facilement à une banale infection. Ce qui ne voulait pas non plus dire qu'on puisse le laisser dans cet état sans quoi cela pouvait très bien s'aggraver et n'être plus aussi facile à réprimer. C'est pourquoi il avait besoin de l'aide d'une personne compétente qui pourrait le soulager de cette souffrance. N'écoutant que son instinct, il s'était dirigé à travers bois. Nul n'aurait su dire pourquoi, mais les défaillances de son sens de l'orientation semblaient avoir été corrigées par sa fébrilité, qui allait croissante d'heure en heure. Ses facultés de récupération de très loin supérieure à la normale avaient l'air de ne plus vouloir fonctionner, la plaie n'ayant pas même réussi à coaguler depuis qu'elle lui avait été infligée. Étant donné la vitesse extraordinaire à laquelle il guérissait de la moindre estafilade en temps normal, cette anomalie suffisait amplement à s'apercevoir que quelque chose n'allait pas.

Fréquentant les piliers de comptoir, il lui était arrivé au fil d'une discussion d'entendre parler d'histoires dont on ne savait si elles étaient dictées par la boisson ou tirées d'un bref éclair de lucidité. Et grâce à ce qu'il restait de la sienne, il se dit qu'il n'avait guère d'autre choix que d'y croire s'il voulait pouvoir rentrer en un seul morceau. Le château était trop loin et lui trop déboussolé pour y retourner avant de perdre connaissance. Même si sa constitution faisait bien des envieux elle n'était pas infaillible - pas encore - et il en connaissait les limites. Or, elles seraient bientôt atteintes. C'est alors qu'un phénomène que lui-même ne comprendrait pas parfaitement se produisit. Il se sentit puiser au fond de son âme une force indicible, qu'il apparenterait plus tard à un désir de vitalité de sa part. Il penserait alors que ce n'était que l'énergie du désespoir d'un homme luttant pour sa survie et puisant en lui la capacité de tout tenter avant qu'il ne soit trop tard. Ses sens furent alors plus aiguisés que jamais, même s'il n'en garderait aucun souvenir, et il flaira une piste qui devait le mener sur la trace de la personne la plus proche.

La providence voulut ce jour-là que ce soit celle qu'il cherchait. Comment le savait-il ? Aucune idée. Et même une fois intronisé en sa qualité de Guerrier Divin, il n'en saurait pas plus long. Pourtant, la vérité n'était pas si compliquée à deviner. Le Cosmos l'avait guidé. Laisser mourir ses éveillés ne l'a jamais ravi, même si c'est pour mieux les voir s'entredéchirer au détour d'un champ de bataille. Reprenant ses esprits, il se dirigea vers elle d'un pas trébuchant, mais malgré tout relativement discret - il avait tant travaillé sa furtivité qu'elle agissait même dans une telle situation. Cependant, la demoiselle qui l'attendait au bout du chemin le détecta avec une facilité déconcertante, qui l'aurait sans nul doute laissé perplexe s'il n'avait pas eu plus grave sur les bras. Il jaillit du dos du dernier arbre qui la séparait d'elle et s'y adossa, même le poids de son tranchoir lui étant insupportable depuis que sa force faisait mine de le quitter à vue d'oeil. Au vu du poids de l'arme - proprement phénoménal - il n'y avait rien d'étonnant à cela, mais il ne sut trouver le courage de s'en détacher. Et il n'aurait de toute façon put se résoudre à l'abandonner au coeur de la forêt, préférant mourir l'épée à la main que de s'en séparer. Choix plutôt stupide puisque à en juger par sa masse, il aurait fallu s'y mettre à plusieurs pour transporter son Fenrir, ce qui lui aurait permis de venir le récupérer une fois guéri.

- Désolé, je crois que y'a erreur sur la personne.

Le méchant loup... Sköll eut un sourire contrit. Il s'était souvent comparé à un loup solitaire, sans savoir qu'il serait un peu plus tard éternellement lié au tigre. Au smilodon pour être plus précis, mais ces détails n'avaient pas leur place ici. Son teint blême était plutôt explicite de son état de santé en dépit de la peau mate qu'il arborait habituellement, et le flou artistique dans lequel son regard peinait à surnager évoquait les difficultés qu'il pouvait avoir à se raccrocher au peu de conscience qu'il lui restait. S'épongeant le front du revers de sa main gantée, il exhala un puissant soupir avant de se redresser du mieux qu'il le pouvait, suant à grosses gouttes en raison de sa température qui continuait de grimper. Il voulut poser la main sur l'écorce de l'arbre lui tenant lieu de pilier de soutien et en arracha une bonne partie, ne connaissant plus sa force. Une démonstration qui n'aiderait certainement pas à la mettre en confiance, bien qu'il soit loin de pouvoir y songer librement. Un serpent avait eu la bonne idée de profiter de son trouble pour le mordre à la cheville, diffusant dans ses veines un poison virulent qui n'avait fait qu'accentuer son mal-être. La combinaison pouvait être fatale si elle n'était pas traitée de toute urgence. Il ne dépendait donc que de lui de dépendre la jeune femme face à lui, seule personne compétente pour lui venir en aide, de le tirer de ce mauvais pas.

- C'est toi la sorcière ? Je dois dire que je t'imaginais pas aussi bien foutue. Tu l'auras sans doute remarqué mais j'ai comme qui dirait un petit problème, y'a moyen qu'on s'entende ou je vais devoir me montrer un peu plus persuasif ? C'est pas parce que je suis en train de crever sur place que je sais plus tenir une épée. Mais j'aimerais éviter d'avoir à t'abimer, j'ai rien contre toi. Donc si tu pouvais me filer un coup de main sans que je doive insister, et te magner en plus de ça, ça m'arrangerait pas mal... Bordel, c'est normal ces papillons bleus à la con ?


Dernière édition par Sköll le Lun 5 Mar - 7:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Promenons nous...[Pv Skoll]   Jeu 12 Jan - 17:45

Un loup, non. Un ours, plus probablement. L’homme qui l’avait ainsi surprise dans sa cueillette et ses ruminations mentales s’approchaient en effet plus de la taille imposante d’un kodiak que de celle, bien plus modeste, d’un canus lupus. Elle en fut un bref instant particulièrement déroutée. En effet, elle s’était trompée…Qu’un tel homme existe rendait les légendes de son enfance bien plus vivace et en même temps quelque peu défraichit. Il lui fallut une poignée de seconde pour se reprendre de cette apparition fortuite de ce qui aurait put être un géant de givre mais n’était qu’un homme dont elle avait déjà eut vent à Idavoll. Il était une espèce de légende locale, parfois craint d’autre fois admiré en fonction des individus qui croisaient sa route, et Leene ne s’était elle-même, jamais posée de question sur lui. Elle n’avait, par ailleurs, jamais vraiment eut l’occasion de le voir, fusse t’il de loin, et ne s’en était jamais réellement plainte en réalité. Aujourd’hui elle ne pouvait donc plus dire ça. Elle raffermit sa prise sur sa dague, le contact avec le métal ayant un pouvoir rassérénant, totalement stupide cela étant, sur la jeune femme. Ce n’était pas cette petite écharde qui ferait le moindre mal au colosse…Enfin, pas comme si il avait besoin d’une petite estafilade en plus pour se vider de son sang, remarqua t elle avec un petit cheval de retard au vu de l’état pour le moins...sanglant de l’apparition. Son regard eut le malheur de s’égarer sur le pauvre arbre qui servit d’appui et qui fut passablement amoché par l’homme…Beaucoup d’histoire était attribué à celui qui lui faisait face, toute plus invraisemblable les unes que les autres, mais à la lumière de cette rencontre, elle n’était plus aussi sur que cela soit de simple fable.

Skoll. Le nom dont elle se souvenait. Le monstre. L’un des nombreux sobriquets dont on l’affublait, bien souvent lorsqu’il n’était pas dans les parages. Elle n’était pas très au fait des rumeurs d’ordinaires, préférant les ignorer par habitude et mauvais souvenirs mais des fois, même lorsqu’on ignorait le monde, le monde se rappelait à soi. Enfin, au moins, elle pouvait confirmer que cette fameuse légende locale avait réellement une force monstrueuse… Par contre elle ne savait pas si elle devait être satisfaite de cette découverte…

Sa voix était rude. Laborieuse. Et manquait franchement de politesse. On pouvait reprocher beaucoup de chose à Leene, mais en général, elle demeurait une femme polie, même si ce qu’elle disait n’était pas toujours agréable à entendre, cela allait sans dire, aussi, se faire de la sorte apostrophée lui fit hausser un sourcil, perplexe. Il ne manquait plus qu’un panneau au dessus de sa tête pour préciser « Je suis une grosse brute jusqu’au bout des mots. ». Malgré tout, elle sourit. Un sourire qu’on aurait put croire angélique et innocent, enfantin, mais qui sonnait étrangement sur son visage.
Il l’avait appelé sorcière. A ses yeux, c’était drôle. Peu de personne osait l’appeler ainsi devant elle et pour cela, la grosse brute qui lui faisait face gagnait un peu de l’estime qu’il avait perdu en ouvrant la bouche. Un petit peu. Elle n’appréciait pas non plus qu’on la considère incapable de se défendre contre un type qui pissait le sang et semblait avoir de la difficulté à se déplacer. La fierté était surement un trait qu’elle partageait avec le blessé.

C’est avec une lenteur exagérée qu’elle se redressa, époussetant quelques flocons cristallins qui s’étaient installés sur son manteau d’un geste négligeant, mais refusant d’abandonner sa dague. Puis elle l’observa avec cette expression circonspecte qui aurait pu ressembler à celle qu’elle avait lorsqu’elle découvrait que son frère lui cachait quelque chose de dérangeant. Ce n’est qu’une fois debout qu’elle remarqua qu’il était bien plus grand qu’elle l’avait crue, et surement plus qu’elle n’aurait put l’imaginer d’ailleurs.

« Et moi qui croyait que le Monstre d’Asgard était increvable. Je suis déçue de constater que ce n’est pas le cas. Les légendes restent des légendes je suppose. »

Elle haussa les épaules, badine, comme si elle n’était pas en train de faire face à un homme qui devait peser plus du double de son poids – largement – et qui dépassait allégrement les 2 m. Il fallait dire qu’il était également plein de sang et qu’il était suffisamment loin pour qu’elle ne se sente pas en danger immédiat. Elle était rapide. Et en pleine forme comparé à lui.

« Enfin, si je résume votre si aimable demande, je vous aide et j’ai la vie sauve, et si je n’accepte pas…vous insisterez en me balançant un coup de votre espèce de… »
Elle observa ce qu’il avait appelé épée, et qui à ses yeux, ressemblait davantage à un amas de métal informe. Si elle plissait les yeux et s’en persuadait suffisamment, elle pourrait peut être faire illusion. « Tranchoir informe…»

Leene n’avait aucun code déontologique. Comme il l’avait si bien dit avant, elle était une sorcière, même si pour faire meilleur figure, on l’appelait guérisseuse. Cela l’agaçait généralement mais elle le taisait en général parce que ça ne concernait personne d’autre. En d’autre terme, elle soignait si elle le voulait bien et selon ses bons caprices.

« Et nom de nom ! Asseyez vous au lieu de malmener ce pauvre arbre qui ne vous à rien fait ! Il a bien d’autre chose à supporter que votre poids titanesque ! » s’énerva t’elle finalement, faisant fit de ce calme de façade qui ne demandait qu’à disparaitre. Elle était occupée par des soucis bien plus importants que celui de cet homme se répandant sur la neige sacré d’Asgard ! Elle devait penser à son frère, sa famille !

Elle grimaça et fit quelques pas en direction du molosse.

« Je fais ça pour l’arbre, pas pour vous. »
grinça t’elle avec humeur en s’approchant.« Et pourrait on savoir ce qui a mis à terre votre exceptionnel vigueur...? A moins que ça aussi, ça ne soit qu'un conte de grand mère. » ajouta t-elle avec agacement.

Evidement que c’était pour ce magnifique conifère méchamment et injustement estropié. Evidement. Elle tenait toujours sa dague dans sa main.

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MessageSujet: Re: Promenons nous...[Pv Skoll]   Dim 26 Fév - 3:09

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- Increvable, il l'est assurément. Du moins n'auras-tu pas la possibilité de démentir si tu ne me soignes pas rapidement. Refuse et je t'emmènerai avec moi dans la tombe. Et comme le veut la tradition, honneur aux dames.

Oui... Si elle préférait rire de son malheur que lui apporter son soutien, elle ouvrirait la marche vers les contrées nocturnes. L'idéal serait bien sûr qu'ils restent en vie tout deux, à plus forte raison que tailler en pièces un si joli brin de femme n'aurait été que pur gâchis. Mais s'il y avait bien une caractéristique qu'on devait reconnaître à Sköll, c'était de toujours tenir parole. Une promesse est une promesse, et il l'honorerait comme toutes les autres si telle était la volonté des dieux. Un rien de fièvre en plus l'aurait fait divaguer à plein régime, mais il était encore assez lucide pour s'étonner de l'apparence de la soi-disant sorcière. Au mieux s'attendait-il à dénicher une vieille harpie difforme, contrefaite, qui ne vit recluse que pour voiler sa laideur au regard du ciel. La méprise était de taille. Pour des raisons évidentes, qu'il ait été dans l'erreur ne lui était cette fois pas si désagréable. La première tirade aurait pu laisser supposer un caractère aussi acariâtre qu'il l'avait imaginé, cependant, mais il n'en fut rien.

Sans doute aurait-elle même accepté de l'aider sans qu'il ne lui mette le couteau sous la gorge, au sens premier du terme. Même si les proportions de son arme ne s'y prêtaient que peu... Trop heureux de voir enfin venue la fin de ce calvaire, il lâcha son arme, ne tenant nul compte de ses remontrances. N'affectant pas même de se soucier du sort de l'arbre, il s'en écarta néanmoins, plus pour lui faciliter la tâche que pour accéder à sa demande. Même s'il avait été en pleine possession de ses moyens, sans doute n'aurait-il pas voulu connaître les raisons d'un tel sermon. Pour s'être établie à l'écart du monde, les us et coutumes qui y avaient cours devaient lui être inconnus, de même qu'elle avait développé les siens qui ne lui seraient pas plus familiers. Qu'elle semble marginale d'après ce choc des cultures ne serait guère surprenant. « Comme si j'en avais quelque chose à foutre », avait-il failli répliquer, pensant à voix haute, mais son instinct lui avait intimé de tenir sa langue s'il ne voulait pas qu'elle approfondisse ses plaies plutôt que de les penser en fin de compte.

Si altérés soient ses sens par la douleur lancinante qui le parcourait de long en large, il perçut distinctement les rayons de l'astre solaire réfléchis par l'acier tranchant. Une vivacité à peine croyable ordonna le mouvement qui devait lui interdire d'approcher tant qu'elle aurait l'arme à la main. Sitôt qu'elle avait répondu positivement, il avait délaissé la sienne. Ses seules mains en étaient tout autant, mais laisser Fenrir de côté était un geste symbolique qu'il était en droit d'attendre de sa part également. Il n'y avait pas de raison qu'il soit le seul à montrer patte blanche. Sa main se resserra sur l'avant-bras de la soigneuse. Une poigne de fer. Un bloc de béton armé n'aurait pas été plus résistant. Si elle avait pu bouger ne serait-ce que d'un millimètre, c'était déjà une chance. Pourtant, pas d'intention néfaste, pas d'agressivité – ni dans son geste, ni dans sa voix.

- Pose ce couteau et je ne te ferai aucun mal.

Si la légende exagérait à le dire immortel, pas le moindre détail n'était à démentir au sujet de sa force. Elle venait d'en avoir la preuve formelle. Pour peu qu'elle cède à ses exigences, il desserrerait aussitôt sa prise de manière à lui rendre toute sa liberté. Non pas qu'il craigne de voir la lame se planter dans sa chair, ce ne serait pas la première et certainement pas la dernière. Mais si elle avait dans l'idée de profiter de sa faiblesse pour lui porter le coup de grâce, autant l'en dissuader dès maintenant plutôt que de la laisser tenter sa chance. Il n'en retirerait pas une égratignure, il le savait par avance. Si un ours avait peine à entamer son cuir robuste, un coutelas ne ferait qu'y ricocher sans laisser de trace. La force contenue dans chacun des doigts arrimés sur son bras lui ferait comprendre qu'elle était bel et bien en face de l'homme de la légende. Mais plus que d'assister en personne à un échantillon de ses talents, le plus sidérant devait être qu'il ne lui ait fait aucun mal alors même que sa prise n'avait rien de tendre. Briser ce poignet aurait été pour lui un jeu d'enfant. Pourtant, il n'en fit rien.

- Je sais plus trop. Un ours. Et un serpent. Pas forcément dans cet ordre. J'aurais peut-être pas dû me le faire à mains nues.

Si vitreux soit son regard, le poison se répandant dans ses veines à vive allure, il n'eut de cesse de la dévisager dans l'espoir qu'elle cède à sa demande et ne commence le traitement qu'après avoir lâché son arme. La couleur d'acier glacé dont était peint son regard se heurtait à celui, viride, de la demoiselle dont la nitescence réussit à le surprendre, même dans son état. Était-elle vraiment si mauvaise que pouvait le dire la rumeur ? Pièges et sortilèges se terraient-ils au fond de son âme, derrière cette couleur évoquant sans trêve les merveilles de la nature qu'elle défendait si ardemment ? Enfin, il fit mine de se détendre et lâcha prise. Quel intérêt aurait-elle à vouloir sa mort, en fin de compte. À sa différence, elle n'avait pas de soif de sang à entretenir et ses penchants belliqueux semblaient pour le moins restreints – mais elle savait se défendre au besoin, cela ne faisait aucun doute à en croire ses excellents réflexes. Les comparer aux siens, émoussés par la fièvre, faussait peut-être cette évaluation mais il était persuadé du contraire.

- T'es mal placée pour critiquer ce qui se murmure. Si tu savais ce qui se dit sur toi, crois-moi, ce n'est pas à celles qui me concernent que tu chercherais du crédit. Si j'avais pas été sur le point de crever, j'aurais même dit que c'était une agréable surprise. Moi qui m'attendais à tomber sur une vieille peau, je dois dire que je me suis planté en beauté. Pas que je le déplore, je dois bien l'admettre... Et si tu me connais de réputation, je doute que tu ignores la tienne. Je peux savoir pourquoi tu laisses courir ces rumeurs sur ton compte alors que tu les sais mensongères ?
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MessageSujet: Re: Promenons nous...[Pv Skoll]   Lun 27 Fév - 16:26

« Charmant. »

Leene n’aurait même pas put dire qu’elle était étonnée de la verve de son interlocuteur. Même dans cet état pitoyable, il trouvait la force de débiter pareil ânerie. Cela avait de quoi faire rire ! Qu’il l’emporte avec lui dans l’antre de la mort…Qu’il essaye seulement et il tomberait sur un os ! Elle était une guerrière et vendrait chèrement sa peau, d’autant plus qu’on l’attendait.
Mais cela n’irait pas jusque là. Elle l’aiderait même si cela entrait en contradiction avec ce qu’elle avait dit plus tôt, ou encore avec ce que les rumeurs courants sur elle pouvaient répandre. Elle n’était qu’une sorcière ayant héritée de sa propre mère ce don étrange de savoir guérir avec les plantes, parfois même simplement en touchant les gens. Mais ce don, elle l’utilisait peu pour aider les autres, ce qu’on lui reprochait, elle ne l’ignorait pas. Mais elle s’en moquait, même si elle aimait cet endroit, les gens qui le composaient ne parvenaient pas à briser sa méfiance, seul une poignée de personne avait ce privilège…

Alors pourquoi défaire les chaînes qu’elle avait elle-même apposé à ce don aussi aimé que craint ?

Peut être parce qu’il était un peu comme elle. En marge d’une société soufflant sur son compte, se fondant sur les apparences trop trompeuses, illusion et poudre aux yeux dans laquelle ils se contentaient avec paresse. La jeune femme avait apprit de la plus cruelle des manières cette vérité que les hommes avaient besoin de coupable pour se décharger leur propre faiblesse et des craintes difformes envahissant leur âme. Elle se mordit les lèvres alors que son regard se teintait d’amertume et de colère à ce souvenir qu’elle refoula immédiatement. Elle n’allait pas disserter sur la raison de son geste, après tout, elle avait toujours agit de manière impulsive, par pur caprice. Autant se contenter de cette explication qui en valait bien une autre. Ce fut cependant la poigne de fer du guerrier qui désagrégea ses pensées et la ramena un peu trop brusquement face à une réalité demeurant étrange. Il ne lui fit cependant pas le moindre mal, mais cela ressemblait trop dans l’esprit de la sorcière à une mise en garde, si ce n’était une agression : il pouvait aisément briser son bras simplement en resserrant sa prise sur son poignée si cela lui chantait.

Et ce n’était pas pour lui plaire, même si il n’était pas agressif et qu’il avait même toute légitimité à faire cette demande.

« Ne me touchez pas. »
grinça t’elle avec humeur, n’appréciant guère la position de faiblesse dans laquelle il la maintenait, ni même qu’il la touche d’ailleurs. Femme peut être mais guerrière également, si ce n’était une fierté de sorcière libre.

Elle en vint même à hésiter de planter sa dague dans sa main par simple esprit de contradiction et aussi stupide cela pouvait il paraître. Mais, avec un effort qui lui couta plusieurs années de vie, la jeune femme rangea l’arme avec un tremblement indiquant une colère contenu brillant pourtant dans son regard se rivant à celui, troublé par la fièvre, du colosse d’Asgard.

« Content ?! »


Il la relâcha et elle ne le remercia nullement, lui gardant rancune. Une rancune qui ne semblait pourtant pas assez forte pour qu’elle le plante là sans un regard de plus. Sa mère sortirait de sa tombe et viendrait la gifler si elle l’avait fait, et puis, elle n’était pas aussi inutilement belliqueuse.

« L’ours ou le serpent ? »
railla t’elle, sarcastique, en reprenant la fin de la phrase de Sköll qui pouvait prêter à confusion...Même si elle se doutait qu’il parlait de l’ours ce qu’elle ne trouvait pas particulièrement intelligent. Enfin, elle supposait que c’était un entrainement qui en valait un autre et, en y réfléchissant un peu, ce n’était peut être pas si stupide que ça… Juste un peu... Etrange.

Elle arrêta là ses pensées, observant les blessures et l’état du jeune homme qui n’en avait guère l’apparence. La fièvre couvait sur sa peau et elle l’aurait remarqué même si il ne lui avait pas touché le bras. Et pourtant, ça ne l’empêchait pas d’avoir des paroles pleines de bon sens…Plus ou moins. Leene fronça ses fins sourcils avec une moue circonspecte, si ce n’est agacée.

« Qui vous dis qu’elles sont forcément fausses ? »
commença la jeune femme avec un rien d’irritation. Il y en avait beaucoup, des rumeurs…Son frère ne les aimait pas, car elle la concernait, mais aujourd’hui, lui aussi était épinglé par celles-ci…Et il ne luttait pas contre parce qu’il se perdait… « Et puis je me moque des rumeurs qui circulent sur moi, ils peuvent dire ce que ça leur chante, ça ne m’empêchera pas de dormir pour autant. »

Pourtant, elle détestait vraiment ce genre d’on dit qui avait scellé sa vie telle une malédiction infernale. Mais elle ne pouvait pas lutter contre, alors elle les niait, comme elle refoulait le reste de ses démons pour ne pas s’effondrer.

« Maintenant je ne suis pas sur que vous soyez encore longtemps satisfait de ce que vous voyiez si vous restez dans cet état. Bien sur, si vous voulez continuer à deviser sur les rumeurs qui nous concerne respectivement, ça ne me dérange pas…Mais je vous conseil plutôt de vous asseoir et de me laissez faire. C’est bien ce que vous voulez, non ? »

En s’exprimant, elle plaça sa main sur le bras du guerrier, déployant un cosmos aux reflets d’argents soulageant en partie la fièvre qui rongeait l’homme comme un baume glacée.

Fièvre. Empoisonnement. Blessures. Cela faisait beaucoup pour un seul individu même avec un métabolisme aussi incroyable que celui du colosse. Lutter contre autant d’infection à la fois devait le surmener et biaiser son efficacité…Sans doute. Sa main libre récupéra une fiole dans la besace qui lui ceignait la taille. Elle n’avait pas grand-chose sur elle aujourd’hui étant donnée qu’elle recherchait justement des plantes dans le but de faire de nouvelles concoctions – bien que ce n’était pas son seul but en réalité – mais il lui en restait quelques unes qu’elle gardait plus par habitude qu’autre chose. Avec délicatesse, elle retira le flacon remplit d’un liquide verdoyant peu ragoutant au premier abord. Elle savait aussi que le goût était particulièrement amer mais c’était le prix de l’efficacité, et cette potion l’était, luttant contre le venin du seul serpent capable de survivre en leur terre désolé.

« Buvez ça si vous ne voulez plus revoir des papillons bleus. »

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MessageSujet: Re: Promenons nous...[Pv Skoll]   Lun 5 Mar - 8:26

Promenons-nous...
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-Du calme, la reine des glaces. Je vais pas te bouffer.

Rassurant... À sa manière. Elle avait l'air aussi peu encline au contact social que lui, et ce n'était pas peu dire. Ce point commun les rapprochait un peu plus que ne le faisaient déjà les médisances ayant cours à leur propos. On ne pouvait pas dire qu'elle soit tendre, et si il s'était attendu à un grincement de dents de sa part il n'aurait pas cru le trouver si glacial. Une prudence dictée par de mauvaises expériences, supposa-t-il après l'avoir relâchée. Elle avait lâché son « arme » - bien qu'il doutât qu'elle s'en soit servi comme tel – et il put se tranquilliser. Ce n'était qu'un risque infime pour lui, pas plus menaçant que la sournoiserie d'un coin de porte envers l'insouciance d'un orteil. Mais mieux vaut prévenir que guérir. Et guérir, justement, c'est bien ce qu'il comptait faire. Or pour cela, mettre de côté les objets tranchants paraissait être une meilleure option que d'être à couteaux tirés... Au sens propre du terme.

Désormais plus à l'aise, il n'eut aucune hésitation à tomber la veste pour toute réponse quand elle lui demanda auquel de ces charmantes bestioles il avait offert un voyage tout frais payés pour le royaume des morts. La plaie béante et son saignement abondant étaient sans doute le meilleur élément de réponse qu'il puisse lui fournir. Déjà peu sensible en temps normal aux rafales cinglantes du vent glacial, même torse nu, l'engourdissement dû au poison acheva de biaiser toute sensation. N'être plus vêtu de son sombre manteau n'avait rien changé. Les années passées à s'endurcir dans cet hiver perpétuel avaient porté leurs fruits, et le froid d'Asgard était de toute façon si pénétrant que les étoffes les plus denses ne faisaient guère de différence. Quant à la pudeur... Combien de personnes avaient eu à loisir de le voir errer de part et d'autre de ces terres glacées dans cette tenue ? Ne les comptant plus, il aurait été fort en peine de les dénombrer. Ironiquement, se découvrir devant elle de la sorte ne lui faisait ni chaud ni froid.

- J'ai vraiment besoin de te répondre ?

Son pouce désigna l'épaule meurtrie, appuyant la phrase. Non, indéniablement, ce ne serait pas utile. À moins qu'elle ne se découvre une soudaine cécité, mais les chances que cela se produise étaient pour ainsi dire nulles. Après avoir sommairement plié son manteau, il voulut l'expédier sur les branches d'un arbre, mais se ravisa et lui préféra un rocher au dernier moment. Il ne tenait pas à essuyer une nouvelle volée de bois vert pour s'être approché un peu trop près de l'un des nombreux sapins de la région. Et il se donna pour consigne de ne jamais lui dire un mot sur la quantité de ses congénères qu'il avait déraciné par le passé. Sait-on jamais. Elle aurait beau dire, la manière dont le ton était monter à aborder le sujet était révélateur. Ces rumeurs l'agaçaient – prodigieusement, pensait-il même pouvoir avancer. Dans la mesure où il ne s'attardait sur des détails – selon ses propres dires - que de manière exceptionnelle, rares étaient les personnes à le savoir mais il était capable d'analyses pertinentes. Plus particulièrement quand cela avait trait à l'une des qualités que tout bon chasseur se doit d'avoir, et l'ouïe fine en faisait partie.

- Ça ne me regarde peut-être pas, mais tu ne devrais pas les laisser te trainer dans la boue. Si la rumeur se répand comme une traînée de poudre, il n'y a qu'une seule chose à faire... Couper le mal à la racine.

Pensif, il fixa longuement ce poing fermé. Toute cette force, qu'en avait-il fait ? Plutôt que de la mettre au service d'une juste cause, il avait préféré la mettre en exergue de manière à se faire respecter. Puisque les jugements hâtifs étaient légions, puisque tous ici n'étaient qu'égoïsme, il n'y avait pas de raison qu'il se garde d'en faire de même. S'il bénéficiait de ce don naturel, c'était pour lui et pour personne d'autre. Telle était sa conviction à l'époque. Mais allait-elle vraiment changer avec le temps ? Lui seul saurait le dire. Qu'elle s'affirme aiderait sans doute faire taire les mauvaises langues, mais il doutait fort qu'elle ait à le faire de la même façon. Écraser la diffamation par la peur n'était une solution qu'à cours terme.

- C'est à toi de voir. Mais je ne pense pas que tu auras toujours autant de facilité à dormir la nuit quand tu les entendras à longueur de journée. Enfin, si bien sûr ce n'est pas déjà le cas... Personne n'aime qu'on décide à sa place de qui il est. Personne n'aime remettre son destin entre les mains des autres. Nos vies seront ce qu'on en fait, rien n'est écrit à l'avance. C'est à nous de choisir la voie à suivre.

Sur ce dernier point, il parlait plus pour lui que pour elle. Promis à la succession de son père, il n'avait eu le choix que sur bien peu de choses. Le trône ne lui inspirait que du dégoût, et plus d'une fois la pensée de se faire déshériter lui avait traversé l'esprit. Seulement, le seigneur son père n'apprécierait guère ces intentions, et risquait fort de le faire exiler sans autre forme de procès. Or, ce ne serait pas tolérable. Il aimait Asgard et s'y sentait chez lui. Il y était né et y avait grandi. Certes, il lui fallait supporter les regards pesants de ses concitoyens et les murmures vipérins sur son passage, mais c'était aussi une façon d'exister. Plutôt être maudit que de faire voile vers d'autres horizons, que de mettre un terme à cette vie pour prendre un nouveau départ. « Qui il est », c'était à lui d'en décider, et à personne d'autre. Céder à la facilité et partir serait transiger avec ses principes. Toujours était-il que son problème n'était pas résolu pour autant. Et s'il n'avait que peu de scrupules à exercer ses talents de bretteur à qui veut les subir, le bon sens lui interdisait de s'en prendre au sang de son sang.

Et puis, il y avait Hati, qui n'apprécierait sans doute pas beaucoup plus de le voir s'insurger sous ce prétexte qui d'un oeil extérieur pouvait paraître dérisoire. Pourtant, il restait convaincu que sa place n'était pas dans la salle du trône mais sur les champs de bataille les plus sanglants, et nul doute que l'avenir ne manquerait pas de l'éclairer à ce propos. Le plus vite serait le mieux. À sa demande, il se laissa choir lourdement sur le séant, pour qu'elle puisse s'atteler à la tâche. Avoir fait preuve de mauvaise volonté de prime abord ne semblait pas affecter son travail maintenant qu'elle s'y affairait. La froideur de ses mains lui mordit la peau avec langueur, et il s'étonna d'en frémir à plus forte raison que la chaleur humaine y restait bien présente. Là où la bise glacée de l'hiver était inopérante, ses doigts avaient percé la cuirasse de son épiderme. Était-ce dû à l'usage du cosmos ? Le colosse n'aurait su le dire. N'étant à l'époque qu'un profane parmi tant d'autres, il scruta attentivement la lueur d'argent du coin de l'oeil. S'il n'en disait mot, sa fascination était lisible pour peu qu'on s'y attarde.

Non pas pour ses vertus curatives, mais pour la possibilité d'accroître démesurément sa force – qui deviendrait alors pour ainsi dire sans limites. Une perspective qui n'avait pas manqué d'éveiller son intérêt lors de ses lectures. La sorcière n'en saurait rien cependant, et s'en serait moquée éperdument s'était-il dit alors. Ses airs détachés portaient à croire qu'elle y serait indifférente... Du moins tant qu'il ne serait pas question de la mettre à profit pour abattre un arbre. Fort occupé à suivre le chatoiement de l'aura, il sentit ses muscles se détendre et sa fièvre tomber à pic. Ce n'était bien sûr qu'un début, mais elle avait eu l'excellente idée de commencer par le plus pénible à endurer. Ne les ayant perdu à aucun moment, il n'eut pas à reprendre ses esprits, mais sans doute n'était-il pas passé loin des complications. Pour cela, il lui était redevable. Le sourcil arqué, il s'empara de la fiole et l'examina de plus près, sans que cela ne l'aide à en deviner le contenu. Dire qu'il avait toute confiance en elle serait aller vite en besogne, et la couleur à elle seule incitait à s'en défier. Pourtant, son pouce en fit sauter le bouchon et il en avala la totalité d'une traite, non sans un regard soupçonneux pour celle qui le lui avait donné. Il fit la grimace.

- Je sais pas ce que t'as foutu là-dedans, mais je crois que je préférais les papillons.
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MessageSujet: Re: Promenons nous...[Pv Skoll]   Sam 10 Mar - 23:07

Gamine, la première réaction de la jeune femme face au surnom de son interlocuteur fut un enfantin tirage de langue. Elle n’avait pas peur qu’il la mange. Leene n’avait pas peur, c’était tout. Fière de cette force et de ce don qu’on lui avait transmis, elle n’avait nulle crainte à utiliser cette force pour affronter un adversaire. Elle ignora tous le reste, ses paroles n’étant pas d’une importance capitale à ses yeux. Ce n’était qu’un jeu de verve qu’elle avait l’habitude d’employer, tant par habitude que par réflexe conditionné. On essayait beaucoup moins de l’approcher lorsqu’elle rembarrait de cette manière, polie mais tout aussi franche, les gens qui s’attardaient trop sur son chemin. Enfin, celui là semblait immunisé pour le moment…Ou plutôt, il avait trop besoin de ce don apportant médisance sur sa route pour que cela soit d’une quelconque utilité contre lui.

La pudeur n’étant pas un concept qui semblait brider le guerrier, celui-ci n’eut aucune hésitation à se débarrasser de son long manteau qui le couvrait jusqu’alors, dévoilant son corps et ses lacérations. De vilaines estafilades à n’en point douté qui aurait surement été fatale à n’importe quel autre individu d’un gabarit moins imposant. L’espace d’une poignée de seconde, la jeune femme songea au froid qui devait mordre sa peau avant de se rendre compte qu’il n’en avait cure, visiblement. Pas le moindre frissonnement…Soit la fièvre était trop forte, soit il ne le ressentait tout simplement plus…
La sorcière n’en fut pas plus gênée que le colosse. Vivant auprès de deux hommes, le sexe opposé ne la gênait nullement tant que l’optique demeurait professionnelle. Son but était de le soigner, pas de le reluquer bien que cela n’empêchait pas qu’il soit parfaitement proportionné…Mais elle aurait put le dire avec ou sans son manteau, pour ce qui le couvrait.

Une moue agacée pris place sur ses traits à ses mots.

« En effet, ça ne vous regarde pas. »
répondit elle, cinglante.

La sorcière savait au fond que ses paroles étaient pleines d’un bon sens dont il semblait pourtant étranger, lui qui se retrouvait dans cet état lamentable pour un challenge stupide contre la nature. Mais elle était une sorcière. C’était là, inscrit dans son sang et dans chaque recoin de son être, marqué au fer rouge dans sa mémoire comme les flammes dansantes d’un bucher trop vivace. Leene était sa fille. L’héritière de son savoir craint et aimé, et ce, encore plus que ce qu’elle aurait jamais put imaginer à cette époque encore douce.

Elle était une fille de la Lune. La Lune de Mai. Une lumière blafarde pour ceux vivant dans l’ombre de la nuit.

« Ne prenez pas votre cas pour une généralité, pour ma part, je suis fière d’être ce que ma mère était avant moi. Le reste c’est une autre histoire…»


Et elle avancerait la tête haute en portant cette héritage, non pas comme un fardeau mais comme une fierté dont elle se parait avec arrogance. Elle savait ce que ce titre signifiait aux yeux des autres, et elle vivrait en les ignorants. Ils n’avaient aucune importance parce qu’ils n’étaient rien et ne pourraient rien lui faire. Ses démons étaient d’un ordre différent…
Qu’il lui obéisse en s’asseyant lui fit éprouver une satisfaction insolite qu’elle ignora alors qu’il buvait la fiole qu’elle lui avait donnée. Son regard soupçonneux fit s’épanouir un sourire amusé sur ses lèvres fines qu’elle ne dissimula nullement.

« Vous ne voulez pas le savoir. » s’amusa t’elle à répondre d’une voix presque enfantine. « Pour ce qui est des papillons, ça peut encore s’arranger, mais vous n’aimeriez pas les revoir. »

Lunatique, la sorcière demeurait parfois difficile à suivre tant ses émotions changeaient et se transformaient avec une rapidité inhumaine. D’un mouvement de main habitué, la guerrière rassembla sa chevelure d’argent sur son épaule pour ne pas être gênée par ce voile opalin.

« Maintenant, taisez-vous si vous ne voulez pas que je fasse une mauvaise manipulation qui aurait de fâcheuse conséquence. »


Penchée légèrement en avant, ses mains se posèrent avec une délicatesse toute relative sur la blessure barrant l’épaule du colosse, déployant son cosmos d’argent en l’entrainant jusqu’à ses mains pour l’insuffler dans la plaie du blessé. C’était une tâche plus ardue qu’il n’y paraissait appelant à la concentration. La sorcière lui faisait là un don. Le don de son propre cosmos pour remettre en branle le métabolisme, vicié par la fièvre et le poison, du guerrier affaiblit. La chaleur étrangement glacé de son cosmos lunaire s’insinua dans son corps et eut pour effet secondaire de commencer à refermer la plaie béante, lentement mais surement.

Lorsqu’elle se redressa, sa peau déjà pâle habituellement avait perdu encore quelques teintes, et se fut avec un grincement de dent qu’elle se rendit compte qu’elle avait plus tiré que prévu dans ses réserves. Elle avait toujours eut du mal à bien jauger son cosmos quand il s’agissait de soigner et dans ces cas, celui-ci semblait s’évaporer d’autant plus aisément.

« ça devrait aller maintenant, votre corps pourra faire le reste je pense. »

La jeune femme vacilla alors qu’elle recula pour s’éloigner du colosse d’Asgard, la perte soudaine de son énergie faisant trembler ses membres. Maintenant, c'était à elle de se reposer...
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MessageSujet: Re: Promenons nous...[Pv Skoll]   Jeu 17 Mai - 6:00

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La façon qu'eut Leene de se hérisser lui confirma qu'il avait vu juste. Le monstre d'Asgard réprima un sourire. Dans le fond, ils n'étaient pas si différents. Et cette simple pensée le confortait dans l'idée qu'il avait frappé à la bonne porte. N'importe quel médecin se serait empressé de le juger, si tant est qu'il se soit donné la peine de lui ouvrir. Et même s'il avait eu cette chance, encore aurait-il fallu que ce ne soit pas sous l'effet de la peur. La compagnie de la sorcière avait cela de bon que pour être dans la même situation, elle ne risquait pas d'émettre la moindre diatribe. En sa présence, il se sentait en sécurité, là où celle des villageois lui donnait l'impression d'être perpétuellement à couteaux tirés. Il ne leur avait pourtant rien fait. Mais de tous temps, la différence avait été un motif de rejet. Qu'Asgard se situe dans une région éloignée du monde connu ne semblait pas y faire de différence. Et même s'il avait appris à vivre dans ces conditions, tout comme elle, il était plaisant de voir qu'il n'était pas indésirable en tout lieu.

- J'ai l'air d'avoir honte de moi ?

Car si c'était bien le fond de sa pensée, c'était tout sauf vrai. Oui, Sköll avait eu à souffrir du comportement du peuple mais avait fini par y devenir hermétique. Être mis au banc de la société n'avait de prise que sur qui s'en souciait d'en faire partie. Cela n'avait jamais été son cas. Bien sûr, l'acceptation de ses pairs aurait été un message positif à son égard mais il s'en passait volontiers. Les relations humaines ne faisaient aucunement partie de ses centres d'intérêt, et le plus souvent il préférait n'avoir que la solitude pour toute compagne. Un choix que Leene ne comprendrait sans doute que trop bien s'il s'était donné la peine de lui en faire part, mais ce ne fut pas le cas. En lieu et place, il reprit pour aller au bout de sa pensée. Ils avaient plus de points communs qu'elle ne voulait bien le croire, et son rôle serait de lui ouvrir les yeux pour qu'elle ne puisse le nier plus longtemps.

- Rien ni personne ne me résiste. Personne dans tout Asgard ne m'arrive à la cheville. Ne va pas croire que je suis présomptueux, ce n'est que la pure vérité. Si tu ne me crois pas, tu n'as qu'à demander autour de toi : la réponse sera la même. Plus un n'ose m'affronter de peur d'y laisser la vie. Pour eux, je suis un monstre de la pire espèce, mais ils sont bien contents de m'avoir quand je leur prête ma force. J'ai horreur des hypocrites...

Un frisson courut le long de son échine quand le cosmos glacé de Leene entra en contact avec son épiderme. Ce que Sköll en savait n'était que très superficiel, aussi accueillit-il cette étrange faculté avec méfiance. Ce n'est que quand elle soulagea sa douleur qu'il put se détendre, de légers filaments d'une aura nivéenne flottant autour de sa peau avant de se dissiper. Sans le vouloir, la Dame Blanche avait suscité en lui un potentiel latent, qui jusque là ne lui était apparu que quand il était poussé dans ses derniers retranchements. Lui-même n'en eut guère conscience sur le moment, se contentant d'apprécier ses vertus curatives. Les choses se seraient-elles passées différemment si l'enchanteresse avait refusé de le soigner ? L'histoire ne le dit pas. Toujours est-il que le colosse reprit tant des forces que ses esprits et ce en un rien de temps. Il lui aurait été impossible de dire ce qu'elle lui avait fait exactement, mais il n'en avait cure : seul importait le résultat. Et celui-ci dépassait ses attentes. Aussi le lui fit-il savoir, tout en reprenant le fil de leur conversation.

- Sans toi, je serais mort à l'heure qu'il est. Je pense donc que tu n'as pas besoin d'entendre qu'en ce qui me concerne j'apprécie tes talents à leur juste valeur, et celle qui les détient d'autant mieux. T'as un sale caractère, mais on peut dire que tu sais y faire quand ça touche à ton domaine de compétence. Tu risques de me revoir d'ici peu de temps. J'ai beau être coriace, c'est sûrement pas la dernière. Et par pitié, arrête de me vouvoyer sinon c'est toi qui aura besoin de soins urgents.

Le sourire en coin dont il la gratifia prouvait bien assez que ce n'était qu'une boutade, même si on ne pouvait jamais en être entièrement sûr avec le géant des glaces. La notion de galanterie voulant qu'il soit déshonorant de frapper une femme ne lui aurait pas effleuré l'esprit puisqu'il était dans ses habitudes de se confronter religieusement à sa propre soeur, chaque jour que Dieu fait. Toutefois, il ne s'en prendrait pas à elle à moins d'y être forcé – et qui au sein du royaume saurait l'y obliger ? Elle était la seule à pouvoir la comprendre, et réciproquement. Du moins le pensait-il à l'époque. Briser ce lien en toute connaissance de cause serait d'une stupidité dont même lui n'était pas capable. À peine eut-il le temps de se redresser qu'elle était déjà en train de flancher, de toute évidence fortement éprouvée par la nature même du traitement. Déconcerté mais non moins réactif, d'autant plus maintenant qu'il avait reçu les soins adéquats, le jeune noble ne fit qu'un geste pour la retenir. Attraper sa main ne lui avait demandé qu'une infime fraction de seconde – à vrai dire, pratiquement la vitesse de la lumière. Lui-même ne s'en était pas aperçu sur le moment, et ne le ferait sans doute jamais sans aide extérieure. Le tremblement qu'il sentit sous ses doigts malgré l'épaisseur de ses gants de cuir lui mit la puce à l'oreille. Il raffermit sa prise, juste assez pour ne pas lui faire mal.

- T'aurais pas dû te mettre dans un état pareil. Comment veux-tu que je rembourse ma dette si tu te saignes aux quatre veines pour me soigner, hein ? Dis-moi où tu habites, que je te ramène chez toi. C'est pas négociable.
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MessageSujet: Re: Promenons nous...[Pv Skoll]   Sam 2 Juin - 18:00

« En tout cas, ce n’est pas la modestie qui vous étouffe. » marmonna la sorcière à la suite des répliques pleines d’assurance de Sköll sur sa force et sa puissance. Elles étaient pourtant pleine de réalisme mais il était difficile pour la jeune femme de taire sa propre fierté. C’était idiot et insensé surtout au vu de l’état dans lequel son soin allait la mettre, mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. Pourtant, tout était vérité, au fond d’elle-même, elle ne l’ignorait pas. Chacun le voyait comme un monstre dangereux qui d’une main pourrait leur ôter la vie, ils le craignaient parce qu’il était et demeurerait surement le plus fort d’entre eux, parce qu’il était différent sur de trop nombreux point pour qu’ils l’acceptent dans leur communauté.

Les hommes étaient ainsi faits. Craignant l’inconnu. Accusant le marginal. Tout était plus simple ainsi, si facile pour eux !

« Ce sont des hommes. Ils se servent de ce qu’ils ont besoin et le jette une fois qu’ils n’en ont plus l’utilité. »


Les jette ou les brûle. Un frisson la parcourut à cette pensée qui aurait put prouver une quelconque faiblesse de son corps mais était bien moins rationnelle en réalité. Elle les méprisait. Les détestait. Et finissait par simplement les ignorer. Même si aujourd’hui, les choses différaient encore. Avant, son frère et elle étaient des étrangers sous la protection de leur mentor, mais si Laklan avait réussit à faire sa place en Asgard, sa jeune sœur avait éprouvé plus de difficulté à cette socialisation. Elle demeurait étrange, guerrière certes, mais son caractère particulier ne l’aidait pas à se laisser approcher. Et puis son ainé était devenu un guerrier d’Odin, respecté, on l’appréciait pour ses qualités et elle demeurait dans son ombre, parfaitement à sa place pourtant à ses cotés à le soigner, à l’aider à sa manière avec ses pouvoirs de sorcière née Nokomis. Si lui se faisait un devoir de la protéger des affronts, elle, elle désirait faire de même. Et aujourd’hui, c’était lui que l’on pointait du doigt. C’était sur lui que les rumeurs avaient enflée, doucement, l’homme respecté devenait craint.

A présent, c’était à elle de le protéger. De le sauver, vu qu’elle était la seule à pouvoir le faire.

Etait ce des compliments ? Ils en avaient le fond mais guère la forme, pourtant la jeune femme les prit comme tel, sans s’offusquer pour une fois. Elle commençait à le cerner davantage, à comprendre qui il était, à sa manière, demeurant sincère bien que rustre. Il n’avait pas cette politesse de façade qu’elle affichait, elle, pour se protéger et se défendre en éloignant les autres d’elle même. Il n’en avait pas besoin.

« Grand bien m’en fasse ! »
lâcha t’elle malgré elle. « Je ne suis pas une infirmière, cette fois je l’ai fait, mais rien ne dit que j’accepterai la prochaine fois. Ce n’est pas un dût. Et puis menacer celui qui est sensé soigner, ce n’est vraiment pas une manière adéquate de demander un service à quelqu’un. »

Elle était une sorcière après tout, pleine de caprice, pas une vraie guérisseuse comme sa mère avait put l’être. Elle n’avait jamais refusée de soigner quelqu’un elle…Et pour tout avouer, Leene également, mais cela, elle le dissimulait. En général, son caractère peu engageant permettait d’éviter qu’elle soit sollicitée, les rumeurs plus ou moins farfelues faisaient le reste.

Son vacillement ne passa guère inaperçue cependant, mais elle ne s’était pas saigner au quatre veines pour lui, rien à voir avec lui d’ailleurs. C’était là, la preuve de son manque de pratique et de sa difficulté à maitriser subtilement son cosmos. Rien de plus. Qu’il la rattrape n’était alors qu’un témoignage de plus de sa faiblesse et de son inexpérience, et cela la révulsait, et pourtant, elle n’avait guère le choix alors qu’un vertige la faisait vaciller, ce ne fut que cette poigne ferme qui lui permit de ne pas chuter disgracieusement. Elle aurait put le remercier pour ça, et au fond il aurait été logique qu’elle le fasse, mais rien n’était aussi simple avec la demoiselle d’argent.

« Ce n’est pas comme si je l’avais fait exprès. »
marmonna t’elle avec agacement, dissimulant sous celle-ci une certaine gêne vis-à-vis de la situation. Cette fois ci, il n'y avait aucune menace dans son geste, juste un soutien appréciable pour cet instant qui lui avait évité une humiliation inutile.

Avouer une faiblesse était quelque chose qu’elle ne pouvait supporter, et avoir dit cela ne laissait planer aucun doute sur le problème en question. Elle en avait trop dit et se fustigea mentalement de l’avoir fait, à ce sinistre inconnu qui plus est. Qu’ils aient des points communs ne devaient pas changer la donne. Elle ne le devait pas.

« Ça ira mieux quand je me serai un peu reposer, pas besoin de me raccompagner au village, que cela soit négociable ou non. Je ne suis pas une dame, je n’ai pas besoin d’escorte. Je peux me débrouiller seule. »


Têtue, la sorcière l’était parfaitement. Elle se moquait bien de froisser ses interlocuteurs ou de leur faire du mal, mais elle avait besoin de s’en sortir par elle-même pour avancer. Elle ne pouvait pas se permettre de se reposer sur un inconnu. On comptait sur elle et elle devait se montrer forte pour lui.
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Eren


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MessageSujet: Re: Promenons nous...[Pv Skoll]   Sam 16 Juin - 9:49

Promenons-nous...
Feat. Leene

Sköll se passa une main dans les cheveux, chassa une poignée de mèches trop longues, trop blanches. Par cette clarté, il ne pouvait nier son appartenance à cette région où le froid est seul véritable maître. Son but n'était aucunement de se mettre en valeur. Sa soeur le faisait bien assez pour qu'il en soit dispensé, ainsi que toute sa famille. Tout noble qu'il soit, pavoiser ne lui ressemblait guère, et bien mal avisé aurait été celui qui aurait prétendu que cela changerait avec le temps. Il ne faisait qu'exposer des faits, que cela plaise ou non. Et en dépit de la remarque cinglante de la sorcière, il doutait fort devoir la prendre comme un reproche. Elle savait tout aussi bien que lui que cette réputation était justifiée et qu'il n'en ferait pas étalage si elle n'avait pas au moins un fond de vérité. Il se fichait bien d'être connu, surtout si c'était pour au final n'en retirer que cette profonde solitude qui le suivait comme son ombre depuis l'enfance. Il était tristement célèbre, et rien de ce qu'il pourrait faire n'y changerait quoi que ce soit. Les hommes redoutent et rejettent l'inconnu. Il en a été ainsi de tous temps, et cela demeurera le cas jusqu'à ce que le monde prenne fin. C'était la triste vérité d'une époque décadente.

- À leurs yeux, nous sommes nés de la peur. Pour eux qu'elle dévore, nous sommes comme un soleil en pleine nuit, une lune en plein jour. Nous sommes quelque chose qu'ils ne peuvent concevoir ou égaler, nous dépassons les frêles certitudes de leur savoir. J'ai fini par me faire à cette idée. Au fond, je n'en ai que faire, tant qu'ils restent loin de moi. Je n'ai rien à faire avec des lâches de leur espèce. Qu'ils me détestent, pourvu qu'ils me craignent.

Oui... Leur différence en faisaient des êtres à parts, écartés par une civilisation qui n'avait pas voulu d'eux. Cette anomalie - cette supériorité - les plaçait sur un plan différent de l'humanité, et les faisait craindre de ceux qui n'avaient pas eu cette chance toute relative. La mine grave, il ressassa quelques idées noires. Cela ne l'empêcha pas d'acquiescer quand l'enchanteresse lui fit part de son avis sur la question. Des amis à usage unique, qui ne seraient bons qu'à être jetés une fois qu'ils auraient perdu de leur utilité. C'était d'une telle véracité qu'il en aurait serré les dents s'il n'avait pas décelé une pointe de vécu dans la voix de la sorcière. Le frisson qui la parcourut ne put lui échapper, même s'il se garda bien de le lui faire remarquer. Elle était extrêmement fière, et que son corps la trahisse de cette manière la mettrait très certainement dans l'embarras. Garder le silence était préférable s'il ne voulait pas la voir se renfermer sur elle-même. Tout comme lui, il n'était pas question pour elle de s'ouvrir au monde - un monde qui l'avait déjà trop souvent poignardée en plein coeur.

Son indifférence au sort de ses semblables l'avait dissuadé de s'y intéresser jusqu'alors, mais le colosse réalisait à présent qu'il n'était pas seul dans ce cas, et trouva cela détestable. Cela faisait émerger en lui un sentiment partagé : il y avait le soulagement de n'être plus un cas isolé, mais aussi la sensation irritante d'y perdre un peu de son identité. C'est finalement le positif qui l'emporta et il l'examina du coin de l'oeil. Elle s'évertuait à lui faire entendre que si elle lui était venue en aide cette fois, ce ne serait pas toujours le cas, mais le géant eut au fond de lui le sentiment qu'elle n'essayait que de dresser une barrière autour d'elle pour ne se lier à personne. Il avait la certitude que s'il avait besoin d'elle, elle consentirait à lui apporter son soutien, tant qu'il ne trahirait pas la fragile confiance qui paraissait se tisser entre eux. Une forme confuse de sympathie, de proximité, ne fût-ce que par la similitude qui les avait frappés l'un comme l'autre. Aussi, quand elle perdit l'équilibre, c'était tout naturel que de lui porter secours. Et c'est pourquoi il refusa obstinément de la lâcher en dépit de ses remontrances.

Soudain, elle parut à nouveau sur la défensive, prête à montrer les crocs. Cela le surprit tout d'abord, sans qu'il n'en laisse rien paraître, puis il comprit. Il prit le temps d'y réfléchir et de considérer la question, et en vint à la conclusion qu'à sa place, il n'aurait pas mieux réagi. Mieux valait la laisser se débrouiller par elle-même que de blesser son orgueil qu'il sentait aussi sensible que le sien, et ce n'était pas peu dire. Il plissa les yeux et avec une lenteur mesurée, ôta un à un ses doigts du poignet qu'ils retenaient pour lui rendre sa liberté. Sköll serra le poing et recula d'un pas pour la laisser se redresser et ainsi continuer sa route, doutant fort qu'elle soit à présent en état de continuer sa cueillette. Il n'en dit mot, mais savait que s'il lui arrivait malheur, son flair aiguisé l'aiderait à s'en rendre compte avant qu'il ne soit trop tard. Elle n'aurait alors d'autre choix que d'accepter qu'il lui prête main-forte. Malgré cela, il pouvait concevoir que cette ressemblance soit troublante, et qu'elle ait peur d'abaisser trop vite des défenses qu'elle avait mis des années à construire pour ne plus souffrir de cette humanité imparfaite. Quoi de plus logique donc que de lui refuser l'accès à son foyer, même si ce n'était que pour l'y raccompagner. Ce serait une intrusion directe dans sa vie privée, dans son intimité. Dans tout ce qu'elle souhaitait protéger. Elle n'était pas différente de lui, là non plus, et il n'y eut que l'oscillation de son col sous l'effet de la bise glacée qui masque le pâle sourire qui s'était peint sur ses lèvres l'espace d'une seconde.

- Si t'as besoin d'aide, tu sais où me trouver. Si tu te sens mal, hurle, je te retrouverai. Merci pour ce que t'as fait pour moi, je l'oublierai pas. Et que tu le veuilles ou non, j'épongerai mon ardoise envers toi un jour ou l'autre. Je ne veux rien devoir à personne. Tu connais ça, pas vrai ?

Un instant durant, il la regarda dans les yeux de son regard de fauve. Son regard perçant, couleur d'acier sondait les abysses de son âme sans réussir à en percer les secrets. C'était étrange. Il la comprenait parfaitement, mais elle était une énigme. Elle était sans doute la première personne à susciter chez lui un si vif intérêt, sans que cela se solde par un bain de sang. Mais qui sait ? L'instabilité de leur relation pourrait avoir une finalité non moins morbide, même s'il en doutait sérieusement. Malgré ces points communs dont il avait perdu le compte, elle restait difficile à cerner - imprévisible. Autant qu'il pouvait l'être, si ce n'est plus. À ce titre, il devait se méfier d'elle autant qu'il pouvait lui faire confiance. Ces incessantes réflexions finirent par lui vriller les tempes : il n'était pas habitué à cogiter autant. En tous les cas, il se jura de ne pas chercher à retrouver sa trace sauf en cas d'absolue nécessité, trop perplexe suite à cette première rencontre pour vouloir la reconduire de sitôt. L'un comme l'autre n'aimaient guère la compagnie et y préféraient l'isolement perpétuel. La revoir n'amènerait rien de bon, et il n'était pas même sûr de le vouloir vraiment. Le temps lui dirait si c'était là une sage décision, et ils se reverraient si le destin infléchissait en ce sens. Pas avant. Non sans un dernier regard empli de questions qui resteraient sans réponses, il lui tourna le dos pour revenir sur ses pas. En dépit de sa carrure, il ne fut bientôt plus qu'une ombre silencieuse parmi celles qu'abritait cette forêt. Une ombre qui la laissait méditer sur sa dernière phrase... Ce n'est que bien plus tard qu'ils comprendraient que ce qu'ils venaient de vivre n'était que le prologue d'une longue histoire.

Tu caches tes faiblesses, mais au fond de tes yeux, je te vois trembler de peur.
Pourquoi t'accroches-tu à la douleur ? Laisse moi la partager avec toi.
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Promenons nous...[Pv Skoll]

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