RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [BG] Les Chroniques de Mimick II

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Raïmi


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MessageSujet: [BG] Les Chroniques de Mimick II   Mer 1 Fév - 12:37

Ceci se passe bien avant le total éveil de l'étoile maléfique de la Soumission enfouie au fond de Raïmi, mais déjà quelques soubresauts se font sentir.

Deuxième Chronique : La peau de l'ours.

Raïmi avait beaucoup voyagé depuis la dernière fois... à pied. Ce qui ne représentait finalement pas grand chose pour la superficie d'un grand pays. Ce matin-là, il chassait le lapin dans la forêt. Mais ce qu'il ne savait pas était que ces terres privées appartenaient à quelqu'un de très puissant et riche. Ignorant cela, le bossu s'engouffra toujours plus profondément entre les arbres et coursa la pauvre petite bestiole fuyarde à grandes oreilles.
Pendant ce temps, à l'autre bout de cette végétation, des chiens montaient la garde. De concert, leurs têtes tournèrent dans la direction d'un bruissement d'herbe et de feuilles, là où l'intrus devait se trouver. Ni une ni deux, ils grognèrent simultanément pour alerter leurs maîtres et disparurent aussitôt en galopant à toute allure vers la cible.

Du côté du chasseur marathonien, des aboiements ne tardèrent pas à lui parvenir, signe d'une menace. Pour que des chiens agissent de la sorte, il n'y avait pas trentre-six solutions. Soit ils étaient mal dressés, soit ils l'étaient justement un peu trop. Raïmi préféra donc abandonner son repas trop rapide pour lui de toute manière, et rebroussa chemin lorsque les bêtes poilues le trouvèrent dans leur champ de vision. Le sprinteur tailla la route à grandes enjambées, aussi vite qu'il put -voire plus vite qu'à l'aller- sous peine de se faire mordre les miches et ainsi collectionner les rondelles. Mais les chiens semblaient plus rapide que le fugitif. On était loin du gars qui pouvait doubler des voitures sur l'autoroute.
Finalement, après une bonne centaine de mètres, Raïmi leur faussa compagnie en une fraction de seconde. Pas de la meilleure des façons, à son grand regret. Son pied s'était coincé dans un drôle de piège, qui l'emmena aussitôt dans les airs. Et ce fut donc suspendu par la cheville que l'évadé termina sa folle échappée. La tête à l'envers comme Spiderman au bout de sa toile. Sauf qu'à l'arrivée, ce n'était pas une jeune femme qui l'attendait, mais bel et bien des animaux furieux bondissant de justesse trop bas pour baver sur le haut de son crâne.

_ Dégage, sale bête ! Cria vainement Raïmi. Allez ! Gentils, les toutous ! Barrez-vous !

Il tenta des mouvements vagues mais vifs pour les repousser ou pour leur en coller une, mais ça ne rima à rien et il se fatiguait en prime. Sa tête commença même à tourner, et leur vomir dessus n'arrangerait sûrement pas les choses non plus.

Par chance, -enfin, façon de parler- d'autres bruits de civilisation se rapprochèrent rapidement. C'était en effet des hommes, tout ce qu'il y avait de plus normal, mais des hommes armés. Ils portaient tous le même uniforme, un chapeau et un fusil rangé dans le dos. Était-ce la police qui venait le sauver ? Pas sûr. On aurait plutôt dit une bande de gardes du corps d'une personnalité importante. Et c'était peu de le dire.

_ Ah ! Merci pour votre aide, les gars, se réjouit Raïmi. J'en pouvais plus de rester dans cette position.

Les hommes en contrebas sortirent leurs armes et les braquèrent sur le visage du prisonnier.

_ Ferme-la ! Coupa le leader du groupe. Tu es sur une propriété privée ici ! Alors tu vas nous suivre sans poser de questions.

Sympa, l'accueil ! Raïmi fronça les sourcils et mima un oui de la tête, accompagné d'un "hmm-hmm", la bouche fermée. Son interlocuteur retourna son fusil et l'assoma d'un coup de crosse.

Le bossu avait donc dormi tout le temps du trajet, tandis que ses geôliers le trainèrent jusqu'à une immense maison. Ou plutôt, un manoir. Ils entrèrent ensuite par une porte de service sur le côté, et terminèrent la balade jusqu'à un sous-sol mal éclairé par quelques rayons de soleil, et une lanterne ou deux à peine. Ça puait sinon le renfermé, la sueur et la pourriture, entre autres. Raïmi fut délaissé dans ce qui s'apparentait à une prison... même si à la base, ça paraissait seulement être une simple cave à vins qui avait été retouchée pour l'occasion. Attaché au mur, il continua sa sieste forcée jusqu'à ce qu'un cliquetis de chaîne lui siffle dans les oreilles. Ses yeux s'écarquillèrent alors de surprise en voyant qu'il n'était pas le seul détenu à partager la cellule.
Les autres types avaient tous une sale mine. Non pas parce qu'ils étaient moches eux aussi, mais parce qu'ils étaient soit gravement blessés, soit gravement exténués, soit les deux. Comme s'ils avaient été torturés jusqu'au bout des ongles.

_ Qu'est-ce que c'est, ce bordel ? S'interrogea-t-il, sur les nerfs. Et pis c'est quoi cet endroit ?

En voulant bouger, il découvrit enfin son sort, dès que la menotte à son cou le ramena au sol. Et vu la faible hauteur du point d'attache, le bossu était condamné à rester assis. Ou accroupi à la rigueur, au cas où il aurait voulu tenter un moonwalk version canard. D'autres chaînes lui enserraient aussi les poignets et les chevilles. Décidément, le vilain tortionnaire de la baraque ne laissait rien au hasard.

Après quelques risibles acharnements, le Ver abandonna. Gesticuler comme un forcené, c'est bien. Faire grincer le métal, ça craint. Le bonhomme collé au mur opposé l'ouvrit alors.

_ Bienvenue dans la résidence du Marquis, mon pote, dit-il d'une voix vieillotte.

_ Du Marquis ? Releva Raïmi.

_ Oui. C'est comme ça qu'il aime se faire appeler, en tout cas. C'est un noble très populaire, et qui pourtant organise secrètement des combats ici, où des gens viennent assister pour parier sur nos misérables vies.

_ Wouah ! Répliqua le bossu, peut-être un peu trop insouciant.

Le quadrillé de cicatrices en eut tellement le souffle coupé, qu'il mourut après la réponse inattendue. Oups.

Raïmi regarda les autres visages fermés, comme pour trouver du soutien ou chercher le pardon, mais malheureusement, personne n'osa le croiser du regard. Et pour cause, derrière les barreaux de la porte de sortie, une silhouette les épiait. Seul son sourire fin et aiguisé resplendissait dans la place.
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MessageSujet: Re: [BG] Les Chroniques de Mimick II   Ven 3 Fév - 13:08

_ C'est exactement ça, enchaîna une voix prétentieuse et masculine. J'ajouterai même que j'ai aussi les faveurs du Roi. Pour que les gens de la Cour restent de généreux donateurs, il faut les amuser pour leur argent, n'est-ce pas ?

Raïmi ne le distinguait pas encore correctement, mais nul besoin d'avoir plus d'éclairages pour deviner que cet individu devait être le grand manitou du coin. L'allure et les formes de ses habits avaient aussi l'air de ne pouvoir être portés que par ce genre d'hurluberlu bourré d'oseille. Ah ! Et puis, c'était le seul type dans les parages à sentir bon le parfum.

_ Alors comme ça, c'est toi celui qu'on appelle le Marquis, hein ? Et je suppose que tous ces clochards ne sont bons qu'à être pendus ou donnés aux cochons, pour leur incompétence à tenir dans une arène ?

_ Héhé, mais tu es très perspicace, dis-moi... eh bien, je vais t'en apprendre une bonne. Tu es le prochain sur la liste. Je teste toujours ma marchandise afin de voir ce qu'elle vaut. En tant que nouvelle recrue, tu fais désormais partie du cercle. Il ne faudrait pas que mes clients se lassent trop vite, à la moindre pauvre gifle un peu trop mortelle.

Oui bon, jouer les gros frimeurs ne marchait pas toujours à tous les coups. Raïmi déglutit à la fin de cette dernière réplique. Quand on voyait justement la chirurgie esthétique râtée sur tous les autres candidats, il y avait de quoi s'imaginer les pires horreurs. Quel genre de concurrent monstrueux pouvait laisser de telles blessures aussi profondes, si ce n'est un ours mal lêché peut-être ?

Après quoi, ce soi-disant Marquis s'éclipsa en laissant son nouvel invité méditer. Raïmi n'avait de toute façon pas grand chose de plus à faire, à ce moment, à vrai dire. Une heure plus tard, un valet venait leur distribuer le seul plat de la journée, un sorte de bouillie dégueulasse. Derrière lui, le bossu reconnut deux des gardes armés qui l'avaient attrapé dans la forêt. Ils devaient être là pour veiller à ce que tout se passe dans le plus grand calme.

Le lendemain, c'était le grand jour. La survie ou la mort, d'après ce qu'il avait pu retenir. Raïmi, toujours menotté, fut de nouveau emmené dans un autre endroit. Pour changer... une autre cage, en fait. Bien plus spacieuse, par contre. Une fois libéré de ses liens, le maître des lieux arriva à son tour. Il lui expliqua que c'était ici que les combats à mort se jouaient. Et que tout autour, venaient s'installer les spectateurs et spectatrices fortunés. On aurait dit une réplique miniature d'un amphithéâtre... pour ne pas dire, un mini Colisée.
Le regard noyé dans la contemplation, Raïmi ne vit même pas son rival le rejoindre par une autre grille dans l'arène. Lorsque enfin, ils se jaugèrent, le bossu sursauta. Comment faire autrement, après tout ? Une autre laideur de la Nature lui faisait face. Décidément, que le monde est petit ! Dans la catégorie bossus, celui-ci se tenait pratiquement comme un gorille. De plus, son physique s'en approchait tout autant, mis à part son épiderme verdâtre, et sa pantalon troué jusqu'aux genoux. En guise de chevelure, il avait une énorme crinière orangée et hérissée comme un super guerrier Saiyen.

_ Mon dieu ! J'ai vu une grosse bête ! Laissa échapper Raïmi. Je vais devoir me battre contre ce truc ?!

Il le montra du doigt tout en gardant ses distances. L'homme de Néendertal dopé aux Gamma avait tous les traits d'une grosse brute. Des crocs, des griffes, une face de sauvage, et sans doute des manières ultra-violentes.

_ Précisément. Je te présente Bankal, mon champion par excellence. C'est lui qui a achevé tous ceux que tu as déjà pu rencontrer au sous-sol. Je l'ai recueilli et entraîné depuis son plus jeune âge. Comme tu peux le voir, il a bien su s'entretenir.

Raïmi préféra déglutir plutôt que répondre. Autant garder sa salive à quelque chose d'utile, quand on y pense. Il prit une profonde respiration et se força ensuite à prendre sa posture de combat.

_ Si tu tiens encore debout dans deux minutes, mes servantes se feront une joie d'être aux petits oignons avec ce qu'il restera à ramasser de ton corps.

C'est tout ce que Raïmi avait besoin d'entendre. S'il y avait des femmes pour le dessert, que demander de plus ? Le combattant, qui n'en avait pourtant pas la carrure, se lança donc à corps perdu dans cette bagarre contre la terreur mi-homme, mi-bête. Ses coups incessants fondaient sur l'ennemi mais jamais ne touchaient. L'autre était vraiment trop rapide et surtout très expérimenté. Leur échange dura encore un moment, jusqu'à ce que Raïmi comprenne qu'il n'y avait que lui qui se défoulait dans ce premier round. Le combat étant d'ailleurs pathétique au plus haut point, l'organisateur annonça ensuite carrément à son fidèle chouchou d'y mettre un terme.

En un éclair, la donne changea. Bankal avait cette faculté à bondir, rouler, et frapper de n'importe où, grâce à sa vitesse d'exécution. En même pas dix secondes, Raïmi saignait déjà en long, en large, et en travers. Paralysé par les nombreux coups de griffes et de morsures bestiales qui le parcouraient, le bossu ne put que compter le nombre de geysers que son corps pouvait faire jaillir sur le tapis, avant de s'écrouler comme une masse sans un cri, sans un mot.

_ ... Pitoyable, souffla le Noble en offrant un clin d'oeil à son protégé.

Il fit demi-tour comme à son habitude, dès qu'une défaite aussi minable survenait, tandis que le vainqueur se dirigeait déjà vers la sortie. Il y avait des sous-fifres spécifiques au ramassage de cadavres dans l'arène, qui s'occuperaient tôt ou tard de régler les derniers détails, en fait.

Mais comble de l'impensable, une flamme violacée et ténébreuse illuminait maintenant la grande salle. Raïmi se trouvait debout, dans un état second, et brandissait son poing vers la grosse bestiole barbare. Cette dernière, ressentant cette énergie sinistre mais incommensurable, se retourna de justesse vers la source, pour l'éviter de peu la seconde suivante. Bankal grogna comme un animal, malgré le fait qu'il sache parler, avertissant son maître du même coup.
Devant l'incompréhension la plus totale, la bouche bée du Marquis resta coincée vers l'endroit où le cosmos infernal avait frappé. Les barreaux n'existaient plus, ayant été calcinés ou projetés au loin. Au même moment, Bankal décida de finir le boulot d'une façon plus radicale, s'il ne voulait pas s'attirer les foudres du patron.

_ Intéressant, s'interrogea le Marquis. Cet homme à une force étonamment incroyable. Il pourrait donner du piment et du charme aux bourses de certains parieurs, héhé.

Glissant alors dans la mare de sang, la bête s'arrêta pile-poil aux pieds du vaincu. Et pour continuer dans les bizarreries en veux-tu, en voilà, ce fut, cette fois, des milliers d'arcs électriques de haut voltage, provenant de sa fourrure, qui carbonisèrent tout sur leur passage. En l'occurrence, la loque adverse.


/hrp: toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Very Happy
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MessageSujet: Re: [BG] Les Chroniques de Mimick II   Dim 5 Fév - 11:33

Raïmi avait-il succombé ? Le lieu où il flottait ressemblait au néant. Et pas de souvenir au fond de sa cervelle pour le rappeler à l'ordre. Quoique... des petits couinements anodins ici ou là s'entendaient peu à peu, en sourdine. Une sensation étrange lui parcourut ensuite tout le corps, comme si des fourmis ou autre type d'insectes l'avaient pris pour l'antichambre du Royaume des Morts, en train de déambuler comme des milliers de zombies à la queue-leu-leu. À moins que la décomposition avait déjà bien avancé, et que toutes les saloperies qui en découlent (ou s'en écoulent) suivaient justement leur cours ?
D'elles-mêmes, ses paupières encore faibles décidèrent alors de s'ouvrir, et ses grands yeux ronds aperçurent une lumière aveuglante qui lui faisait mal. Manque de bol, il ne pourrait compter sur l'explication de Morpheus. Bah oui ! C'était pas Matrix ici.

Maintenant, les couinements de tout à l'heure commençaient à devenir des voix doucement audibles. Une conversation, dirait-on ? Raïmi fronça les sourcils, le temps qu'un frisson lui picote l'échine. Sa mémoire venait de lui revenir, tandis que des images de son pitoyable combat contre l'autre primate aux couleurs irlandaises -bien qu'il vienne du Brésil- défilèrent. Le bougre l'avait sévèrement corrigé.

Après un temps d'adaptation plus ou moins long, sa vue perverse retrouva enfin la carté qui lui est propre. Raïmi se crut d'ailleurs en plein rêve. Il y avait des femmes, excitantes, pour ne citer qu'un seul adjectif, qui s'affairaient tout autour de sa petite personne. Elles manipulaient toute une panoplie d'outils de médecine ou de torture, mais il s'en contrefichait car il était aux anges. Dans la foulée, il espérait juste que le peu de vêtements qui lui restait suffirait amplement à lui serrer le bas du ventre, pour ne pas avoir à... enfin, vous savez quoi. D'autant plus qu'en penchant légèrement la tête sur le côté, Raïmi avait cru apercevoir une sale tête qui ne lui était pas inconnue. Celle de ce foutu Marquis. Ce dernier patientait sagement dans le coin de la chambre et épiait le rétablissement du zéro.

Résultat, le bossu fit la moue, cassant du même coup son voyage au paradis, trop beau pour être vrai, en fin de compte. Mais malgré la pure réalité de la situation, cela n'empêcha guère à l'une de ses mains baladeuses de se faufiler jusqu'à la plus proche paire de jambes stationnée autour du lit. La jeune femme sursauta en arrière en poussant un cri, et repoussa les doigts vicelards d'une claque. Zut alors !

Le marquis sourit aux vilaines manières du Ver et profita de cette frivolité pour ouvrir la discussion.

_ Hahaha, vous êtes un sacré numéro. Alors, comment vous sentez-vous ?

_ J'hésite, à vrai dire. Comme quelqu'un qui a survécu à la branlée de sa vie, ou comme quelqu'un qui aurait encore bien besoin de quelques massages.

_ Comme je vous comprends, mais n'en demandez pas trop quand même. C'est une chance inouïe que vous soyez encore en vie. Personne n'avait encore jamais réussi un tel exploit avant vous. Vous savez... mon Champion n'est pas le meilleur pour rien, et pourtant vous êtes encore de ce monde.

C'est vrai, ça. Comment était ce possible qu'un vulgaire vagabond de bas-étage puisse encore respirer, après autant de violences subies dans un combat ? Un miracle, peut-être ? Non, il n'y avait que chez les Chevaliers d'Athéna que cette sornette existait. Raïmi se gratta la tête d'une part, et la poitrine d'une servante d'autre part.

_ Quoiqu'il en soit, je n'avais nullement l'intention de vous promettre mondes et merveilles après votre écrasante défaite, bien entendu. Mais étant donné les circonstances, vous pourrez peut-être me servir à quelque chose. Vous êtes encore débutant, certes, mais je suis certain qu'un guerrier de votre trempe pourrait faire malheur. Que diriez-vous de travailler pour moi ?

_ Non ! Lui répondit Raïmi, cash. Vos combats ridicules ne m'intéressent pas. Je ne veux pas être le nouveau bouffon qui amusera les guignols de la haute société. Sans façon !

Le Marquis tira évidemment la tronche, très déçu. Remarque, on ne devait pas lui refuser grand chose, la plupart du temps.

_ Ah, marmonna-t-il, en se pinçant le menton. C'est embêtant. En contrepartie, j'aurais été disposé à vous offrir toutes ces belles pucelles, héhé.

Un moyen comme un autre de gagner la confiance du Ver, quoi.

_ Vendu ! Sauta-t-il d'ailleurs sur l'occasion, en tapant la fesse d'une autre demoiselle.

La grimace générale de ses nouvelles infirmières attitrées n'était pas des plus enthousiaste. Et celle du négociateur non plus, quand on y pense. Raïmi ne s'était même pas soucié de savoir si son vis-à-vis tiendrait parole, ou s'il n'y avait pas une autre anguille sous roche. Apparemment, tant qu'il y avait de la féminité à toucher, il serait toujours partant. Bon eh bien, qu'à cela ne tienne ! Le contrat était signé.
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MessageSujet: Re: [BG] Les Chroniques de Mimick II   Mar 7 Fév - 13:38

Comme il fallait s'y attendre, le bossu n'avait pas de véritables raisons de se battre, et encore moins de s'entraîner. Il lui suffisait de rester à son niveau pour continuer de déguster la poussière du ring, et ainsi pouvoir retourner vite fait se faire chouchoutter par ses masseuses. Mais d'un côté, ce petit manège ne passa pas inaperçu bien longtemps, et de l'autre, les combos furieux de son adversaire avaient de quoi quand même le faire souffrir le martyr. L'enflure ne lésinait pas sur le poids de ses coups malgré la vraie nature de leurs échanges. Avant tout, ils s'entraînaient, alors pourquoi lui pourrir la vie avec un tel degré de méchanceté ?

C'est comme ça que Raïmi décida de s'y mettre à fond. De toute manière, le parcours serait tout aussi long avant qu'il n'atteigne un résultat concluant. Donc les retours dans la figure, il y en aurait encore beaucoup d'autres à inscrire dans son palmarès. Il ne pouvait pas non plus compter que sur les manifestations miraculeuses de cosmos, car il en ignorait les fondements. Certes, le Marquis espérait aussi le revoir réitérer ce phénomène, histoire de faire grimper les enchères, mais encore fallait-il qu'il tienne d'abord mieux que ça sur ses deux jambes.

_ Ne va pas croire que je suis le seul à conserver de la viande fraîche et saignante dans ma cave, expliqua le Noble pendant un entraînement. La plupart du temps, ce sont juste des amuses-bouches. Pour faire monter la température, exciter la salle, durer le suspense. Pendant ce temps, ils s'occupent, ils s'impatientent, ils boivent...

Au même moment, Bankal appuyait la tête de son souffre-douleur sur les barreaux. Puis de son autre main, il bourra l'estomac de poings. Ça changeait des griffes mais Raïmi les sentit tout de même passer.

_ Ce sont des pauvres paysans, des orphelins, des fous, des condamnés, et parfois même de grands criminels, reprit-t-il bien installé, un verre de vin au coin des lèvres. Mais contre une promesse de liberté ou de pièces d'or, ils sont prêts à tout...

Une fois que le bossu eut assez craché de sang sur les pectoraux du monstre, celui-ci l'emmena avec lui dans l'autre sens. Les deux hommes firent des tonnaux, enlacés l'un dans l'autre, et d'une planchette japonaise, ce fut la rupture. Raïmi décolla dans le vide et revint se manger d'autres barreaux en plein visage, avant de glisser comme un oeuf qu'on aurait lancé sur une vitre.

_ C'est d'ailleurs pour ça que les rencontres vont souvent jusqu'à la mort. Qui aimerait que tous ces énergumènes soient relâchés, quand on y pense ? Alors si tu veux avoir une chance de sortir vainqueur de tes combats, apprends au moins à tenir tête au Champion en titre. Et surtout ! N'hésite pas à n'en faire qu'une bouchée !

Pour aujourd'hui, la leçon s'achevait pour l'élève, en tout cas. Le Marquis enfila son verre d'un trait et le cogna brutalement sur la table, en s'esclaffant. Se moquait-il des performances nullissimes de son nouveau poulain ? Ou était-ce seulement sa manière à lui de montrer sa terrible puissance ?

Il fallut attendre des semaines d'efforts intensifs plus tard pour enfin commencer à admirer le Ver en action. Au début, il ne faisait que les premières parties de soirées. Si si, comme dans un concert, le temps de se faire un nom et du succès, parce que la vedette ne descendait pas dans les sondages. Bankal gardait toujours une sacrée longueur d'avance, grâce à sa rapidité, sa force, et sa capacité à trancher des jugulaires partout sur le corps de ses victimes. Bonjour le nettoyage des vêtements repeints en rouge à donner ensuite aux domestiques ! Mais le public adorait ça, et c'est tout ce qui importait.
Puis lorsque le bossu eut construit sa propre notoriété, son fan-club s'éleva en flèche. Avec une préférence pour celles qui portaient la robe, tant qu'à faire. Contrairement à la sauvagerie de l'autre bête, Raïmi avait opté pour un tout autre style. Le show ! Cela consistait à faire tantôt le pitre, tantôt le chef. En somme, la première moitié n'était là que pour amuser la galerie. Tandis que l'autre servait à se conformer aux règles du tournoi. Pourquoi personne n'y avait pensé plus tôt ? Peut-être parce que garder le même monstre en haut du podium n'offrait pas beaucoup d'autres possibilités.

Résultat, Raïmi finit par devancer son acolyte de scène d'un poil. Pas plus car dans un combat à mort, le but n'était pas précisément de se fendre la poire (encore que...). Et les clients restaient majoritairement des mâles, donc des individus aimant la fermeté. Quoiqu'il en soit, le Ver avait en quelque sorte atteint son but. Il avait toutes les femmes dans sa ligne de mire, et elles lui portaient toute l'attention qu'il désirait. Tout ça avec un physique pas des plus avantageux ! (Bon d'accord, l'alcool dans le cornet aidant, il se pouvait que quelques convives en large décolleté ne devaient plus avoir les idées claires.) En retour, il leur envoyait des signes. Un cassage de bras ? Un clin d'oeil. Un brisement de vertèbres ? Un baiser soufflé du bout des doigts. Le sang giclait moins, du coup, mais la souffrance et les cris, eux, résidaient.
Au fil de ses victoires, Raïmi continua sans cesse de développer ses capacités. Il devint notamment un fin contorsionniste, ce qui lui valut l'audace de se laisser prendre et surprendre par ses opposants. De quoi berner un peu plus toute l'audience jusqu'au dernier instant, où il se libérait et renversait la situation, telle de la vaseline... euh, un poisson entre les mailles du filet.

Finalement, comme il fut considéré comme un maître dans son domaine, le dernier stade du tout-permis se dévoila de lui-même. La Soumission ! En effet, en poussant le vice à son paroxysme, Raïmi alla jusqu'à oser rabaisser ses rivaux plus bas qu'à terre, déjà très insignifiants avant même qu'ils soient jetés dans la cage aux lions. Le numéro le plus marquant, par exemple, fut quand Raïmi fit du cheval sur le dos d'un autre gars, ou encore celui qui se charcuta le bide au couteau et se suicida donc en live ! (tellement impressionnant que deux cents ans plus tard, la Déesse Athéna elle-même violera le Copyright.)
Bref, ces franches rigolades avaient eu leur petit effet et apportaient de la nouveauté. Une nouvelle fraîcheur dans ce monde de brutes, de testostérone et de transpiration. Le timing était parfait. Surtout juste après les massacres de Bankal. Ce singe n'avait vraiment que cette idée fixe sur le bout de la langue.
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MessageSujet: Re: [BG] Les Chroniques de Mimick II   Jeu 9 Fév - 15:06

Un soir comme les autres, le dîner aux chandelles avait lieu. Mais non ! Pas de ce bord-là, que diable ! C'était un dîner aux allures de banquet, donné en l'honneur des héros, mais en comité restreint comme le Marquis avait l'habitude d'organiser. Cette fois-là cependant, il avait une saveur particulière. Contrairement à la tradition, le binôme de combattants n'y venaient pas seulement pour manger, boire, rire, rôter, et être récompensés de leurs efforts d'athlète. Raïmi avait beau être assis confortablement comme un prince, picorant avec classe à la fourchette les nombreux petits plats fait maison. Et Bankal avait toujours l'autorisation de pouvoir bouffer avec les doigts comme un porcin, et en prime directement sur la table. L'épilogue de leurs péripéties était tout de même sur le point de prendre un nouveau tournant.

_ Merci encore à vous deux de nous offrir des spectacles chaque fois plus grandioses, les amis ! Lança leur manager, entre deux mastications. Votre public apprécie sincèrement, sachez-le. Mais si je vous ai réunis aujourd'hui, c'est pour vous apprendre autre chose. L'heure de l'ultime chapitre d'une de vos carrières devra finir par cesser.

Bankal releva l'info, mais seulement parce qu'il avait ressenti un léger frémissement dans la voix. Il je jaugea un instant, cherchant à comprendre ce que cette indicible crainte pouvait bien signifier... en vain. Puis il se gratta l'oignon avant de replonger dans son casse-croûte bien dodu.
Son équipier de tatami aussi se figea devant son festin. Il consulta son interlocuteur du regard, et attendit que la suite de l'histoire soit dévoilée.

_ Les clients sont impatients et prêts à mettre la somme plus que nécessaire, afin d'assister à un redoutable combat de gladiateurs entre mes plus grands champions. Je ne pouvais évidemment pas refuser une telle offre, vous me comprenez ? C'est comme devenir plus riche que Crésus.

Bien entendu, si le prix dépassait toutes les espérances les plus folles et imaginables du Marquis, cette dernière et unique épreuve de force avait aussi son revers de médaille. Il fallait que ses protégés aillent obligatoirement jusqu'à la mort... ce qui impliquait au déjà richissime de renoncer à l'un de ses chouchous les plus valeureux, lorsque ce dernier s'allongerait éternellement sur le tapis. Enfin, qu'à cela ne tienne ! Sur les deux, il en aurait donc toujours un à sa disposition, si jamais il devait réitérer ce genre de tournoi clandestin.

_ Je compte donc sur vous pour y aller à fond, même si je peux imaginer l'amitié que vous avez pu tisser depuis le début de cette aventure.

Étrangement, Raïmi n'y rechigna pas plus qu'on aurait pu s'imaginer. Bah oui, mourir ne devait pas enchanter beaucoup de monde, à vrai dire. Surtout dans la fleur de l'âge. Mais pour le moment, un, il avait faim. Et deux, son désir des femmes lui cirant les pompes au moindre claquement de doigts ne s'était pas assagi avec la routine. Bien au contraire, il s'était amplifié avec démesure. Et tant que de la servante coulait à flot dans ce château, il n'avait pas de raison à voguer vers d'autres chaumières abritant du chaperon rouge.

Pour ce qui est de Bankal, ce n'était qu'un semblant d'homme à la démarche primitive. Alors pour une bête féroce de son espèce, seules deux raisons lui importaient le plus dans la vie. Chasser le gibier et recevoir son morceau de sucre bien mérité à l'arrivée. Déjà à l'époque, il n'en demandait pas tant non plus. Lorsqu'il fut recueilli, après s'être fait déposer par une cygogne sur le perron d'une maison, comme certaines divinités au socle d'une statue, on découvrit vite qu'il n'y aurait pas moyen d'éduquer les bonnes manières à ce mioche quelque peu sauvage déjà à l'état de nourrisson. Alors, sa première famille décida de le vendre au plus offrant, lorsqu'il fut un peu plus grand et mieux bâti. Mais là encore, il n'était doué que pour une seule chose. Mordre et manger de la viande crue. À deux doigts alors d'être exécuté pour ses méfaits, c'est ainsi que le surnommé "Marquis" eut vent de son C.V. Et grâce à quelques pots-de-vin glissés dans les bonnes poches, il évita la sentence de l'extraterrestre Poil de Carotte. Comme de par hasard, le jour de sa peine, on raconta qu'il avait réussi à s'échapper de sa geôle. Puis avec le temps, les rumeurs s'amenuisèrent tandis qu'en secret, sa nouvelle fonction prit le pas. Le divertissement, pour les bourses pleines. Beh oui ! Quand on est riche, on claque souvent sans compter.

Conclusion, les deux hommes ne furent pas difficiles à convaincre. Et puis, disons que Raïmi avait, de ce fait, une revanche à prendre sur son plus grand rival.

_ C'est sûr, répondit le bossu, faussement affecté. Mais le plus à plaindre, c'est vous, Marquis, non ? Je n'ose imaginer votre tristesse si vous êtiez amené à voir cet être cher, que vous considérez comme un fils, perdre la vie, hein ? Enfin, je veux dire... si c'est moi qui gagne, cela va de soi.

Quel hypocrite, bien sûr. Mais d'un autre côté, il ne fallait pas compter sur le babouin tout vert pour inventer des phrases intellectuelles du genre. Sur ce, les deux hommes acceptèrent cette nouvelle mission d'un soir.
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Raïmi


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MessageSujet: Re: [BG] Les Chroniques de Mimick II   Dim 12 Fév - 19:41

Le grand soir, tant attendu pour certains, ou tant redouté pour d'autres, tomba enfin à point nommé. Dans la salle aux festivités, la cacophonie entre les spectateurs de luxe faisait déjà parler d'elle depuis une petite heure maintenant. Histoire de les chauffer un peu avant, le nécessaire en baston de niveau débutant avait aussi été organisé. Pendant ce temps, des domestiques déambulaient ici et là, déposaient quelques verres ou quelques gueuletons. Puis lorsque les premières humeurs changeantes éclatèrent, le maître de cérémonie se montra au centre de l'arène et fit un speech annonciateur du fameux rendez-vous. À la manière d'une nomination aux Oscars, il n'omit pas de forcer aussi le trait sur l'instant émotion, d'autant plus qu'aujourd'hui était l'ultime épreuve de sa carrière. Blablabla, ouais ouais... le Marquis finit par énumérer les noms des gagnants dans une dernière joute verbale.

Le premier à faire son apparition fut Bankal. Grognant, bras levés, il sautilla des coulisses jusqu'au ring, comme il avait l'habitude de faire. Ses fans l'applaudirent ou le sifflèrent en le voyant, certains même tentaient d'imiter son cri d'animal. Mais quand le tour de son adversaire retentit, personne ne vint. Avait-il filé à l'anglaise, ou s'était-il juste foulé la cheville sur le trajet ? Quoiqu'il en soit, après l'avoir lui aussi acclamé, la foule se ravisa. Et évidemment, la personne visée dans les diverses messes basses fut le propriétaire, apparemment incapable de tenir ses engagements.

Pendant ce temps, Raïmi se trouvait bel et bien dans le manoir, mais à l'étage, là où il passait des heures à se faire masser après l'effort. Cette fois-là, il avait décidé de s'offrir le grand jeu, pensant peut-être qu'il y passerait sur le tapis. Alors, autant en profiter à fond une dernière fois, n'est-ce pas ?
Dans la pièce, il y avait des corps nus et ensanglantés. De femmes, pour changer. On y respirait le fauve à plein nez, et noyant le public en délire du rez-de-chaussée, le souffle haletant de toutes ses servantes privées chantait par-dessus. Quelle bonne musique ! Raïmi était en train de sniffer la peau humide et chaude de sa dernière victime. Puis, à l'improviste, sa main lui donna la fessée. La jeune femme sursauta en poussant un cri, puis se tut aussitôt. Même si elle savait que le bossu aimait les voir souffrir, elle espérait aussi survivre un peu plus longtemps, le tout en évitant d'alerter le reste du personnel, ou le Marquis lui-même. Elle continuerait donc d'avoir mal en secret.

_ Hmmm ! Lui susurra-t-il à l'oreille. Vous avez été extra, les filles. Merci infiniment. Rien de tel qu'un petit remontant avant le bouquet final. Je suis fin prêt et remonté à bloc pour aller rétamer l'autre clown en culotte courte.

Sa bouche avait eu le temps de s'évader ailleurs, et maintenant, il lui mordait les seins jusqu'au sang. Puis, il léchouilla les premières goutelettes, et jeta la donzelle sur ses camarades déjà à terre, comme une vieille chaussette. C'était l'heure de reprendre le business.

Sur ce, après un suspense et une impatience insoutenables dans les tribunes, Raïmi avait donc pris le temps d'enfiler un slip en chemin, mais aussi et surtout divers autres fringues -cela va de soi- pour le combat, et tant qu'à faire, pour faire bonne figure avec décence devant tous ces gens qui l'adulaient. Direct sautillant vers l'arène, il lança sa bouille joyeuse dédicacée dans un tour de salle, et reconnut quelques habituées. La dispute entre les deux hommes s'ensuivit quasiment aussitôt après. Le Marquis n'avait pas pensé à installer une cloche ou un triangle, mais chaque participant n'avait pas besoin de cette fioriture pour savoir quand se cogner dessus ou non, de toute manière. Le speaker n'eut en fait qu'à s'éclipser de là s'il ne voulait pas finir en crêpe, et lorsque la porte claqua, ce fut le signal.

Le bossu n'avait pas de stratégie particulière, si ce n'est neutraliser son adversaire assez vite. Depuis, il avait eu le temps de voir ce pseudo-gorille à l'oeuvre un nombre incalculable de fois, et tout ce qu'il y avait à retenir finalement était que sa sauvagerie n'avait d'égal que ses manières. Insouciante, primaire, rustre et dégoûtante. Heureusement, Raïmi était sur le coup et esquiva assez bien les baffes griffues et autres morsures acérées. Il riposta comme il pouvait, mais l'autre bougre se défendait lui aussi à la perfection. À ce train-là, la victoire de l'un se jouerait sur la mauvaise endurance de l'autre.
Bankal passa alors à la vitesse supérieure de son plan. Il n'avait jamais pensé à les montrer auparavant, mais il possédait pourtant d'autres détonnantes et étonnantes techniques de combat. N'ayant jamais eu le temps de les exécuter, puisque ses rivaux mouraient toujours trop tôt, aujourd'hui semblait être la soirée idéale pour mettre un coup de boost à sa célébrité et son palmarès de pauvres types laissés sur la carreau. Et Raïmi en serait la première victime.

Tout à coup, le mini-hulk fit un salto arrière et s'accrocha par les pieds aux barreaux de la cage. Puis d'un bond avant, il plongea sur Raïmi à l'autre bout. Se roulant en boule et tournoyant aussi vite que le rotor de Supercopter, Bankal fondit tel un boulet de canon. Impossible même de dire "ouf", son adversaire voûté partit s'encastrer dans le métal de la grille, qui se tordit dans l'impact, tandis que les premières marques de sang pointillaient la face d'un groupe d'invités. Mystifié, Raïmi tomba ensuite à genou, le souffle court, crachant une nouvelle gerbe vermillon devant lui.

* Oh bah ça alors !? Se disait-il intérieurement. Si je m'attendais à ce qu'il puisse donner dans le surhumain... *

Bon d'accord, premièrement, un homme vert, c'est forcément un martien. Mais alors en plus, s'il maîtrise la foudre, c'est pratiquement l'être le plus proche de Dieu. Et voilà maintenant qu'il peut aussi se catapulter à une vitesse ahurissante, et faire de gros dégâts.

Quoi qu'il en soit, il fallait à tout prix découvrir la parade à cette technique à la fois étonnante et surpuissante. Elle donnerait d'ailleurs lieu, deux cents ans plus tard, à un jeu -et même un sport- appelé Bowling. Pour l'heure, Raïmi faisait tout son possible pour se concentrer entre les cris et la douleur. Ce qui semblait être trop lui demander. À peine se redressait-il que déjà des mains vertes, et non de jardinier, lui assénaient de vilaines griffes sur tout le corps. Rapidement les tétons à l'air, les fringues en lambeaux de Raïmi donnaient l'impression d'avoir passé au mixeur.
Et ainsi, rebelote ! Le bossu repartit en Croisière Costa, s'échouant sur le récif de la cage entourant le ring. Collectionnant alors la sauvagerie de son rival sans pouvoir y faire grand chose, une idée finit par s'allumer dans le fin fond de son vil esprit. Il sourit à la première demoiselle du public qui passa dans son champ de vision, et repartit batailler, moral remonté soudainement à bloc. Son objectif était donc de parer les coups d'une part, et de l'envoyer bouler d'autre part. Évidemment.

En effet, si Bankal reculait trop, c'est que son corps-à-corps de sauvageon ne fonctionnait plus au poil. Et il récidiverait alors par son attaque du boulet de canon... avec un peu de chance. Mais avec une cervelle d'huître comme la sienne, il y avait fort à parier que ce plan se déroule sans accroc. Quelques minutes plus tard, Raïmi repoussa l'adversaire, comme promis. Une esquive par-ci, un pas chassé par-là, et hop ! Le bossu lui dédicaçait aussitôt sa vengeance dans le pif. Après ce revirement inattendu, probablement pour l'oeil du spectateur, les deux hommes paraissaient être revenu à égalité. Prédisposition au cosmos ou non, en tout cas, Raïmi avait l'air de se sentir un combattant tout neuf, prêt à recevoir la prochaine attaque de son vis-à-vis.

Et bingo ! Le monstre, toujours aussi rageux, joua du tamtam sur ses pecs, brailla un cri de primitif, et entama son galop de la licorne. Prenant d'abord appui, talons sur les barreaux derrière lui, il démarra dans la foulée sur les chapeaux de roues. En un éclair, l'audience, seulement pourvue de yeux normaux, ne voyait déjà alors plus la suite de cette exécution. Pour Raïmi par contre, il crut voir un signe, une lumière ou quelque chose d'approchant. C'était semblable à l'histoire du mec aveugle capable tout de même de détecter sa cible au travers de l'obscurité. D'où l'expression "les doigts dans le nez !" qui verrait le jour, alors que le type venait de se crever les yeux.

Bref, ce fut alors le regard largement affûté que Raïmi sut quoi faire autant de justesse qu'au bon moment. Il décolla à son tour et glissa tel un satellite en orbite. Tandis qu'il venait d'éviter la charge féroce de la bête, l'action redevint enfin palpable pour les mirettes des simples mortels. Le bossu finissait de sortir de son salto via une agile réception de gymnaste sautant une poutre. Quant à Bankal, il avait tellement buriné l'arène de métal à cause de la brutalité de ses coups, que sa tête termina encastrée entre des barreaux légèrement déformés, mais assez pour accueillir une gorge. Holy sh*t !

_ Tue-le ! Tue-le ! Ne tarda pas à crier la foule.

Beh oui, c'était le contrat, après tout. Et si le deal lui était complètement sorti de la tête, tous les autres étaient présents pour le rappeler à l'ordre. Raïmi les dévisagea, surpris par cette réactivité. Le primate vert avait beau lui en avoir fait baver, il n'était plus d'humeur à faire continuer de donner dans la boucherie. Ce n'était pas spécialement son truc, qui plus est. Ou du moins... pas encore. Pas tant que son étoile maléfique l'aurait sans doute totalement possédée.

Et au vu de la situation et de la posture agenouillée du condamné, il n'y avait pas trente six façons. Soit, on lui enfonçait une fourche dans le euh... la colonne (ah tiens ! La même mort avant de devenir Spectre, huhu). Soit, on le guillotinait. Mais Raïmi refusa sans remord. Quand on y pense, de toute façon, il avait déjà rempli son quota de donzelles sur le carreau.
Après quoi, moralité, le Marquis perdit au change, car les termes ne furent pas respectés. Le Ver démissionna. Et le Vert eut la tête coupée par son propre maître et père. Ce dernier espérait pourtant récolter les lauriers si le perdant mourait d'une manière ou d'une autre, mais en vain.


Fin.
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