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 Retrouvailles fraternelles [Eldir/Celsius]

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MessageSujet: Retrouvailles fraternelles [Eldir/Celsius]   Dim 4 Mar - 14:30

    ¤¤--____________________ ~~°° L'apothicaire °°~~ ____________________ --¤¤

    La neige tombait lourdement en ce soir d'hiver, chaque flocon dansait entre les travées pour se poser rapidement sur le lourd manteau qui recouvrait la ville. Des corolles de fumées s'échappaient des toits, une ombre était adossée au muret d'une cheminée pour se réchauffer. Des prunelles opalines fendaient l'obscurité par moment pour regarder la devanture d'une petite boutique dans le coin d'une rue. Sa lourde cape pourpre flottait légèrement dans le blizzard. Cela faisait déjà trois jours qu'il observait la petite vie de cette boutique et il n'était jamais intervenu pour ne pas déranger les habitants de cette maison. Deux mois ? Cela faisait deux mois qu'il le recherchait et il était désormais là, mais comment faire pour se présenter à lui ? Il ne savait pas et cela l'effrayait.

    ~~¤~~

    Quelques mois auparavant, fier de posséder son armure sacrée, Eldir était allé seul au château familial pour saluer son père, mort contre les Megrez. Entrant dans un vaste champ de muguets, il s'était approché de la stèle de sa mère. Mais une petite note gravée dans le bas le rendit interrogatif. Il est vrai que si personne ne la nettoyait régulièrement, ce signe aurait disparu avec le temps. Se grattant la tête, il s'interrogea sur le sens de ces runes et comprit rapidement leur signification. Un peu choqué par cette révélation, bien des choses se placèrent normalement aux endroits obscurs de son passé. Il comprenait enfin que cette noble Dame, enfermée dans le plus beau des améthystes, l'avait recueilli alors qu'il n'était qu'un nouveau né. Etait-elle la soeur de sa mère ? Peut-être ! Il partit alors vers la grande bibliothèque d'Asgard.

    Des heures à rechercher des textes anciens sur sa famille, à relire des notes qu'il avait lu que trop souvent. Perplexe, il recherchait une date précise sur son passé. Bien des parchemins avaient été gardés soigneusement par les prêtresses mais il lui manquait cette fameuse date. Le registre des passages révéla alors son sinistre message, le Seigneur Alberich XIII de Mégrez était venu regarder les mêmes archives depuis peu. Et si on regardait de plus près les liens généalogiques, sa vraie mère était une prétendante au titre d'une certaine manière. Il n'en croyait pas ses yeux. Ironiquement, il savait que sa "mère" avait eut une soeur ainée, mais là, les choses étaient inversées en somme. Il était le fils de cette soeur disparue en couche et ne laissant aucun héritier. Hors il était là lui ! Que lui avait-on encore caché ? Le conflit entre Megrez et Alfeson n'avait donc aucune limite à la bassesse et cela l'énervait fortement. Aucune réponse cependant, il faisait un peu choux blanc sur cette mère de sang.

    Fermant le lourd ouvrage, il fût surpris de voir devant lui une noble Dame portant à la main un fermoir du plus bel effet. Cette dernière se présenta comme l'envoyé de la Matriarche des Prêtresses d'Odin et elle avait signifié à l'une de ses suivantes que le temps était venu de remettre au jeune Eldir le dernier testament de sa mère, la comtesse Erika des Alfeson, épouse de feu le Comte Bertil XII des Alfeson. Surpris, épouvanté même, Eldir ne savait pas quoi dire devant cette révélation si tardive. Son destin chevauchait sans lui donner la peine de se poser, ses danseurs virevoltèrent autour de lui pour lui donner le courage de prendre le fermoir. Il l'ouvrit et vit un anneau ciselé aux armoiries de son rang et aussi une petite parchemin recouvert par une fine bande de soie azuréenne.

      " Eldir,

      Si tu lis ce courrier, c'est que tu es devenu le successeur de ton père en portant l'armure sacrée d'Eingana. Mais les choses sont parfois plus complexes. En effet, alors que tu n'étais qu'un nouveau né, un enfant pleurant sur mon sein, tu as été recueilli par notre famille suite à la mort de notre grande soeur. Nous avons cacher avec grand soin une autre filiation à nos ennemis et suzerains les Megrez, mais notre soeur a eut un fils aîné et elle n'a pas eut la même chance que moi pour trouver un époux tendre et noble d'esprit. Elle a vécu dans la misère mais elle reste ta mère par le sang. Odin a souhaité ne point me donner d'enfant pour que je te recueille à la mort de ta mère dans le plus grand secret. Il fût facile de faire de toi mon fils et ton sourire éclatant m'a donné une joie incommensurable. Mais la vérité te doit d'être connue, j'espère que tu ne m'en voudras pas. Car si tu as reçu ce fermoir, cela veut dire que mon époux et moi même ne sommes plus là pour te le dire avec tendresse.

      Ta mère. Nous t'aimons de part delà le monde d'Odin. "

    Abasourdi, Eldir s'effondrait sur le sol en laissant choir la lettre sur le sol. Sa mère, ses caresses, son sourire, la blondeur de ses cheveux, tout cela avait été un mensonge ? Non, il n'en était rien et le léger cosmos parfumée de sa "Mère" lui redonnait du courage. Allongé sur le sol, assisté des gardes, il se relevait péniblement. Il comprit en regardant le lieu de naissance de sa mère l'endroit ou son frère vivait. Il était temps pour lui d'aller vers là-bas. De le rencontrer enfin.

    ~~¤~~

    Adossé au muret, quelques bruits sourds se firent entendre dans une des ruelles adjacentes. Il vit le même genre de bandes de gosses qu'il voyait à Istanbul le jour plein du marché aux poissons. D'un sourire, il les observa en train de se former pour aller certainement voler quelques bricoles dans les maisons aux alentours. Cependant, une petite chose attirait aussi le regard d'Eldir, ils étaient armés de couteaux et de bâtons recouverts de verre. Etrange façon de vouloir voler un objet. Il ne comprenait jamais ce genre de personnes qui confondaient vivre et piller, d'un bond, il atterrissait dans une autre ruelle pour observer ces étranges personnages. Surtout qu'une odeur lui prit le nez à ce moment là, une odeur de muguets qu'il ne connaissait que trop bien. Etrange ? Cette fleur ne poussait pas en cette saison.

    Par un murmure, il se faufila dans le groupe sans que l'on prête attention à lui. Ils étaient un peu plus âgés que lui et ils portaient en plus des petites redingotes matelassées de cuir. Cela devenait bizarre pour de simples voleurs. La fragrance était aussi assez lourde et quelques tiges de clochettes sortaient de leurs poches. Intrigué, Eldir se demandait si cet hasard du destin n'était pas trop bien amené, les évènements d'Istanbul avec ce serviteur d'Arès lui avait appris la méfiance avec ce qui concernait son passé. Il était clair que les Megrez allaient tout faire pour le supprimer mais son frère était hors danger, car personne ne connaissait l'existence de ce dernier. Un chuchotement brisa alors le silence des jeunes gens, un des chefs sûrement prit la parole.

      " Notre cible est chez l'herboriste, on doit tué les deux alors faites pas dans la dentelle ! Et puis l'autre femme doit payer la mort de nos compagnons ! Ils doivent dormir à cette heure, alors que ce soit propre et net ! Si elle se réveille, on ne sera pas longtemps en forme. "

    Vengeance. Ces gars étaient là pour se venger d'un meurtre. Qui était cette femme qui leur faisait si peur ?



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MessageSujet: Re: Retrouvailles fraternelles [Eldir/Celsius]   Lun 5 Mar - 6:27

:: Retrouvailles Fraternelles :.
Le chat noir furetait entre les étals, en quête de nourriture. Il n'était que trop fréquent que son flair lui fasse dénicher une denrée dont il était friand, laissée à l'abandon. Par la force de l'habitude, Ce matin-là encore, il l'attendait devant la porte, comme s'il avait senti – pressenti – ses intentions. Le mystère animal ne cesserait jamais de le surprendre. Celsius ne s'étonnait plus de le voir ouvrir la marche dès qu'il faisait mine d'aller faire des provisions. Zénon lui avait maintes fois affirmé pouvoir s'en charger, mais son jeune apprenti n'avait pas manqué d'obstination. Pour être logé, nourri et blanchi sans devoir débourser le moindre centime, il se sentait redevable. Aider aux tâches ménagères était le moins qu'il puisse faire. Une maigre rétribution, trouvait-il, envers quelqu'un à qui il devait la vie. Si par malheur la route du vieil homme n'avait pas croisé la sienne ce soir-là, sans doute ne serait-il plus de ce monde. Se laisser dépérir ou mettre fin à ses jours. La seule alternative qu'il avait à l'époque, ou plutôt deux faces d'une même pièce. Se relever, essuyer ses larmes et aller de l'avant était une option qu'il ne pouvait considérer. Cette amertume avait en fin de compte été de courte durée, et il n'avait pas fallu beaucoup plus de temps pour qu'il reprenne goût à la vie. Après s'être improvisé professeur, il lui avait dispensé son savoir, sans en omettre les détails. Pris sous son aile, l'adolescent n'avait plus eu qu'à apprendre, engrangeant les connaissances à ne plus savoir qu'en faire.

Et avant d'avoir pu s'en rendre compte, il avait quitté le monde des gens ordinaires pour celui où il vivrait le restant de ses jours. Il n'ignora pas plus longtemps la perspective d'une Guerre Sainte et la menace d'Hadès. Le plus angoissant était très certainement d'apprendre qu'en suivant ses enseignements, il était voué à s'y opposer tôt ou tard. Le simple fait d'y penser lui arracha un frisson. Lesté de paquets pleins à craquer, il se mouvait pourtant avec aisance, alors que la plupart des enfants de son âge auraient à peine pu soulever cette quantité de marchandise. Alors la porter... Pour sa part, il n'en sourcillait pas, sa frêle carrure étant soulignée par le riche apport du cosmos. Ce flux coulait dans ses veines sans discontinuer depuis le jour de sa naissance, même s'il n'en avait acquis que très récemment la maîtrise. Ce pouvoir donnait accès à d'incroyables capacités, et le simple fait de s'en savoir renforcé suffisait à le galvaniser. Lui qui avait toujours été victime de la société et du regard des autres avait à présent les armes pour s'en défendre. Une fois à un niveau plus élevé, peut-être pourrait-il même envisager de juguler la menace du poison, éternelle épée de Damoclès...

Un simple rêve pour le moment, mais le serait-ce encore demain ? Il y pensait chaque soir avant de s'endormir, et cela lui donnait du coeur à l'ouvrage dès le lendemain matin. Il n'aurait aucun répit tant qu'il n'aurait pas trouvé le moyen de n'être plus un fléau pour les hommes, une calamité pour le genre humain. Nonobstant cet insoluble problème, il avait enfin pu donner à sa vie l'équilibre qu'il avait toujours recherché. Il en avait fini avec ces nuits tissées de fin et de froid, sans savoir ce que demain lui réserverait. Il était appelé à servir une plus noble cause... Même si pour l'heure, cela passait avant tout par des corvées, à commencer par celle d'aller faire les courses. Mais en ayant fait le choix de son propre chef, il n'y avait pas de raison de s'en plaindre. Et puis, même si ses particularités ne le disposaient guère aux relations humaines, au moins pouvait-il s'y entraîner, au cas où viendrait le jour qui le verrait délivré de cette malédiction. Sur le conseil de son maître, il s'y essayait donc de temps à autre, sans grand succès – sa maladresse à ce sujet n'aidant pas. En somme, voilà quelle était la routine de sa jeune vie. Le déroulement ordinaire de journées qui ne l'étaient pas moins de son point de vue. Mais nul doute qu'il n'en serait pas de même pour tout le monde.
Eh, toi là-bas !
Être interpellé de la sorte ne lui avait jamais plu. S'entendre être hélé de cette manière ne lui donnait qu'une envie, celle d'ignorer la personne qui en était à l'origine et de continuer sa route. D'autant plus qu'il était sur le chemin du retour, et que la boutique qui l'attendait en fin de course n'était plus très loin. Faire mine de n'avoir rien entendu était alors tout un art, qu'il maîtrisait à la perfection. Il n'alla pas bien lin cependant, une poigne de fer se referma sur son épaule, l'obligeant à stopper sa progression. Tout son corps se tendit aussitôt, en proie à une tension peu commune. Il avait horreur qu'on le touche, quand bien même son corps ne comportait pas la moindre plaie ouverte. Un incident est vite arrivé, et quiconque se tiendrait trop près à ce moment-là serait tué inexorablement. Chose plus étonnante, « Noir » avait lui aussi cessé toute activité, comme si sa crispation s'était propagée à l'animal qui à présent dévisageait l'inconnu d'un oeil méfiant. Celsius se garda d'en chercher les raisons, trop occupé à vouloir reprendre sa liberté. D'un bond en avant, il se dégagea de cette prise trop ferme à son goût et un volte-face furieux lui dévoila les traits du fauteur de troubles.
On cherche un gosse qui ressemble à une fille et un vieux, tu les aurais pas vus par hasard ?
Ne me touche pas !
Et à sa vue, son coeur manqua un battement. Ce visage, il ne le connaissait que trop bien pour l'avoir souvent vu, goguenard, penché sur son corps meurtri. Il n'avait pas oublié. Ni les coups de pied, ni les lancers de cailloux, rien. Il aurait tant aimé pouvoir le faire mais n'y arrivait pas, quels que soient ses efforts. De son côté, le possesseur dudit visage familier sembla s'étonner tout autant d'être tombé sur lui. Et que ce pan enfoui de sa mémoire ne mette qu'une fraction de seconde à resurgir fut salvateur. Fort de cet éclair de lucidité, il se prépara à lui réserver ni plus ni moins que l'accueil qu'il avait mérité.
Ramenez-vous, il est l...
La mâchoire émit un craquement sourd quand la percutèrent les phalanges de l'adolescent. Le coup était parti tout seul, armé et décoché avant même que son esprit n'ait pu s'en apercevoir. Médusé par sa propre réactivité, il rattrapa au vol le paquet qu'il avait dû lâcher pour pouvoir passer à l'attaque. Celsius grimaça. Il avait horreur de la violence, mais n'avait eu d'autre choix que d'y recourir. Comme il s'y était attendu, cette vieille connaissance avait voulu donner l'alerte aussitôt que son regard s'était posé sur lui. Non seulement il n'était pas venu seul, mais en plus ils en avaient après lui. Croire qu'il pouvait se libérer des griffes du passé était peut-être idéaliste, en fin de compte. Cela lui aurait bien miné le moral s'il n'avait pas encore été sous le coup de cette montée d'adrénaline, qui réveilla en lui de vieux réflexes. Ceux dont il usait sans vergogne pour leur échapper dans les rues de Stockholm. Si par moments certains pouvaient égaler sa vitesse autrefois, il doutait fort qu'ils puissent tenir le rythme maintenant qu'il s'était « éveillé » à la cosmo-énergie.

À la vérité, il l'était déjà depuis le jour de sa naissance, mais n'en avait point conscience. C'était à présent chose faite, et le changement que cela avait apporté était pour le moins radical. Lui et ses roses les attendraient de pied ferme. S'il avait été le seul concerné, probablement qu'il se serait laissé malmener si cela pouvait l'en débarrasser une fois pour toutes. Son pourpoint de pourpre et d'or claqua au vent alors qu'il faisait volte-face, s'engouffrant dans une sombre venelle. S'il n'avait plus les mêmes pratiques que jadis, cela ne l'avait pas empêché de repérer les lieux avec minutie. Au cas où. Une sage décision, à en croire cette épineuse situation. Que venaient-ils faire ici ? L'empressement à diffuser l'information de celui qu'il avait laissé étendu dans la ruelle lui donnait un début de réponse. Faire tout ce chemin au nom d'une dette de sang vieille de plusieurs années ? Dans ce cas, pourquoi maintenant ? On dit certes que la vengeance est un plat se mangeant froid, mais ces vauriens seraient plutôt du genre à battre le fer tant qu'il est chaud. S'il ne se trompait pas sur leurs motivations, ne les voir arriver que maintenant était tout sauf normal.
Désolé. souffla-t-il malgré tout en se massant le poing, navré d'avoir dû en venir aux mains.
Après lui avoir fait les poches, ce pourquoi il renouvela ses excuses, il y dénicha un morceau de papier l'informait de sa propre adresse. Plus l'instruction de fouiller la ville au cas où il ne serait pas sur place, à titre plus personnel d'après le ton employé. Réalisé à la machine à écrire, il ne délivrait aucune autre information.

Stupéfait, l'écuyer réprima une exclamation. S'il le pouvait, il partirait chercher des indices sur ce qui les poussait à agir ainsi... Mais pas dans l'immédiat. Il était plus urgent de s'assurer que Zénon soit en sécurité. S'il était tout à fait apte à se défendre d'une agression, son corps et son coeur subissaient les outrages du temps, et trop d'agitation ne ferait que le précipiter vers sa fin. Or outre toute la reconnaissance qu'il éprouvait à son égard – et qu'il entendait bien rembourser jusqu'au dernier centime -, Celsius avait encore beaucoup à apprendre. Il ne pouvait pas leur permettre de venir interférer avec cette nouvelle vie. Il faut avoir tout perdu pour pouvoir se retrouver soi-même, dit-on ; c'était exactement ce qu'il avait connu. Hors de question d'être à nouveau livré à lui-même par leur faute. S'ils voulaient se mêler de ses affaires, il se battrait bec et ongles pour les faire déguerpir. Ils n'y porteraient pas atteinte, pas sans lui passer sur le corps au préalable – même s'il ne doutait pas que ce soit déjà leur intention. Hissé sur les toits, le chat sur ses talons, il n'eut aucun mal à les repérer de loin. La discrétion n'était pas leur fort et à se déplacer en groupe, ils attiraient forcément l'attention sur eux. Sans parler de ces manières détestables, il aurait juré qu'au moins l'un des badauds ayant eu le malheur de passer trop près d'eux en témoignerait volontiers.

Silencieux comme une ombre, il se coula dans une artère à la périphérie de celle qu'arpentaient ces gredins. Pas de doute, c'étaient bien ceux qui avaient longtemps peuplé ses cauchemars. À moins qu'il ne rêve éveillé – et les griffes qui se plantèrent dans sa jambe le détrompèrent à ce propos – ils avaient retrouvé sa trace et n'avaient pas fait tout ce chemin pour venir lui présenter des excuses. Tourner la page était trop leur en demander, bien évidemment. Même si l'aspirant chevalier devait admettre préférer les voir à sa recherche plutôt que de se trouver un nouveau bouc émissaire. L'idéal serait bien entendu de leur faire passer le goût de la persécution, mais rien n'y ferait, il était bien placé pour le savoir. À pas de loup, il s'approcha d'eux, profitant de sa reconnaissance des lieux pour ne faire aucun bruit et choisir les meilleurs angles de vue. Pas de doute possible. Chacun d'eux lui était familier... Tous sauf un. Même avec ce curieux parfum pour le troubler, sa mémoire ne mentait pas.

Sans doute avaient-ils volé une flasque de senteurs exotiques. Cette fragrance lui était évocatrice, sans qu'il ne réussisse à l'identifier clairement – mais au moins pouvait-il être sûr d'une chose, elle était beaucoup trop forte et lui ferait tourner la tête s'il restait trop longtemps à proximité. L'index sur les lèvres intima le silence son compagnon félin. En un éclair, ils empruntèrent tous les raccourcis possibles et imaginables pour regagner leurs pénates. Le cosmos l'aurait sans nul doute aidé à aller plus vite, mais cela aurait voulu dire abandonner son familier en retrait. Or, celui qu'il avait assommé avait sûrement eu tout à loisir de constater la présence de l'animal, et ne manquerait pas d'en faire part à son réveil. Par sécurité, il ne pouvait le laisser hors de sa vue. Une crainte qui peut-être était infondée, mais à la différence de son maître, il n'avait que ses griffes et crocs pour toute ressource. Et si agile soit-il, cela n'aurait pas grande valeur face à cinq poursuivants. Parole.

Hors d'haleine, Celsius fut néanmoins submergé d'une vague de soulagement en apercevant au loin la devanture de la boutique. Le froid de la neige qui lui glaçait les os en était réduit à l'état de détail secondaire, ce qui ne fut toutefois pas le cas pour son accompagnant à moustaches qui eut tôt fait de s'ébrouer pour s'en défaire. Une fois sur place, il se donna à peine le temps de reprendre son souffle que déjà il s'allégeait de son fardeau alimentaire. Son mentor devait déjà être en train de dormir. Et il entendait régler cette affaire sans le tirer de son sommeil. Pivotant sur ses talons, il n'avisa l'avenue que pour mieux voir venir au loin les ombres sinistres de ses bêtes noires. Entre ses doigts se profila la forme d'une rose qui une seconde auparavant n'existait pas. Les créer avait été la première étape de son entraînement, et il la maîtrisait à la perfection à présent. Fébrile, l'apprenti en caressa nerveusement les pétales, peu rassuré quant à la suite des événements. Fermement campé sur le seuil de sa demeure, il sentit la colère l'envahir à mesure que les traits grossiers de ces fantômes du passé sortaient des ombres de la nuit. De sa main libre, il ôta son chaperon alourdi par le poids des flocons,laissant cascader sur ses épaules la longue chevelure azuréenne qu'on lui connaissait. La mine neutre, le timbre revêche, il faisait un comité d'accueil peu cordial.
Que puis-je faire pour vous ?
Sentant le danger approcher, Noir le quitta à la hâte pour se réfugier sur les toits, allant jusqu'à prendre place sur la cheminée pour s'offrir une vue imprenable sur le théâtre de ces houleuses retrouvailles. Qu'on ne s'y méprenne pas : voir couler le sang de l'humain à qui allait son affection n'était nullement son intention. Quoi qu'en dise Celsius, il fondrait sur sa proie toutes griffes dehors s'il le sentait peiner à s'en sortir seul. Pour avoir déjà frôlé la mort, il se moquait des risques encourus, si c'était pour venir en aide à ce brave garçon. Immobile, ce dernier toisa la petite assemblée, se remémorant précipitamment les forces et faiblesses de chacun. Un halo saphirin nimba son corps – fluet, mais bien moins qu'autrefois. La fleur, sous couvert de son ample manche, leur était invisible. Il pria pour qu'elle le reste jusqu'à la fin, sans grande conviction.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles fraternelles [Eldir/Celsius]   Lun 5 Mar - 23:28

    ¤¤--____________________ ~~°° L'apothicaire °°~~ ____________________ --¤¤

    Une ombre flottait dans l'air. Un animal se faufila alors derrière le groupe et le regard d'Eldir se posa sur un coin dans la pénombre. De légers frottements dans la neige indiquait qu'une présence était là quelques secondes plus tôt. Oubliant les brigands, il se rapprochait du lieu mais la neige recouvrait déjà la piste de son silence. Au-dessus de lui, un léger miaulement attira subitement son attention. Un Chat ? Pourquoi cette étrange impression ? Il ne savait le dire. Alors qu'il se relevait pour suivre les brigands, le feulement du chat se fit plus insistant et l'un de ses danseurs agissait bizarrement ; ce dernier était né du chat de la Déesse Sif et avait des dons inconnus même pour le jeune Eldir. Intrigué, il revint à la surface quand les brigands quittèrent la ruelle. Il était un peu surpris par la haine qui suintait de leurs visages, si cette femme avait pu les mettre dans un tel état, il se devait de la protéger de cette folie dans les plus brefs délais. Mais une chose avait arrêter son geste de prime abord et ces tiges de muguet en étaient le témoin. Pourquoi donc son passé lui revenait toujours en plein visage comme une gifle du vent du nord ?

    Le froid soufflait de plus en plus fort. Cet hiver était rude, même pour ces contrées plus méridionales de la mer Baltique. Odin avait fait en sorte que les habitants se reposent de leur journée dans des maisons chaudes et éclairées. Délicate attention ou simplement pour les protéger d'Hommes qu'il suivait avec un dégoût de plus en plus marqué. Leur odeur, leurs mimiques, leur façon de penser le mettaient mal à l'aise... Cependant, il devait savoir de quoi il en retournait et pour préserver cette jeune femme d'une vengeance sanglante. Dame Freyja ne pouvait supporter que l'on touche au plus beau des trésors de l'Humanité. Après quelques secondes de marche, il sentit une présence qui s'avançait vers eux. Un jeune homme, recouvert d'une houppelande de fourrure enneigée, s'approchait des conjurés. Il était d'ailleurs à quelques pas devant la porte de cet apothicaire. Une vision d'horreur étreignit les poumons d'Eldir. La vision de cette chevelure azuréenne lui rappelait tant de choses, si ce n'était cet azur soyeux, il pouvait jurer qu'il voyait devant lui les traits fins de sa propre mère. Surpris, il ne voulait, il ne pouvait admettre que cette rencontre se déroulasse de cette manière.

      Que puis-je faire pour vous ?

    Le ton était froid et sans aucune équivoque, cet homme s'était préparé à se battre. Eldir s'avança alors entre les hommes un peu surpris par son initiative, il comptait sur sa ruse pour tenter d'éviter une quelconque bêtise de ces idiots. Mais... Ce cosmos saphirin ? Etonné, ses lèvres s'ourlèrent pour exprimer un sourire entendu. Ainsi donc ce jeune homme, de quelques années son aîné, savait utilisé son cosmos. Plus que cela même, il était bien supérieur au sien d'une certaine manière. Alors qu'un grognement s'entendait derrière le jeune Ase, il laissait entrevoir quelques éclats métalliques sous sa lourde cape purpurine. Un danseur sautilla alors de son épaule pour faire quelques étincelles bleutées. Puis, à son tour, il fût entouré d'une aura cristalline et douce. Quelques fragrances printanières se libérèrent en même temps avec une des étincelles qui touchait un vieux tonneau. Une légère pousse de chêne naissait en quelques instants.

      Bandes de crevure... Il avait raison, c'est un démon. Et celui-là est son compagnon !

    Il ? Même pas le temps de poser la question que les premiers se ruaient sur Eldir, tandis que les autres fonçaient sur l'apprenti herboriste. Un coup de mandrin frôlait de justesse la joue du jeune garçon et ses danseurs se mirent à réaliser des pointes dans tout ce qui pouvait être un lieu de plaisir et de joie. Quelques pétales de Rose rappelèrent à Eldir cette odeur qu'il avait senti dans les ruelles à un moment donné, il n'avait pas fait attention à cela sur le coup mais la réponse apparaissait dans toute sa splendeur. Alors qu'une étincelle s'embrasait dans l'air, les doigts de l'Ase se refermèrent dessus pour créer une tige de muguet légèrement lumineuse dont chaque clochette était blanche comme neige. Faisant frissonner les clochettes, il libéra des sphères d'eau qui frappèrent les premiers assaillants. Dans les alentours, des muguets poussaient pour soigner toute forme de vie et repousser les poisons de l'existence.

    Alors qu'il bondissait sur les têtes des brigands pour jouer à saute-mouton, il constata que ses fleurs se teintaient d'un blanc laiteux et terne. Que se passait-il ? c'est comme si les pouvoirs régénérant de ses fleurs succombaient à une maladie étrange. Ils se fanaient en quelques sortes et même ses danseurs marquaient le pas pour la première fois. C'est alors qu'il rappela des étranges brins de muguet qui se trouvaient dans les poches des brigands, et quand il vit l'un des hommes qu'il avait vaincu en train de se relever, il comprit. En effet, ces brins avaient un pouvoir différent du sien, ils aspiraient la vie sous toutes ses formes, pierre, plantes, mammifères... Et cela pour remettre d'aplomb les brigands. Quel magicien avait pu réaliser une telle prouesse ? Sachant que le muguet était dans les vieilles légendes le bol de nectar des esprits. Quelqu'un avait souillé cette fleur d'une certaine manière mais comment et pourquoi ? Cette histoire ne faisait que commencer et son frère, comment s'en sortait-il face à une telle malédiction ?

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MessageSujet: Re: Retrouvailles fraternelles [Eldir/Celsius]   Ven 20 Avr - 18:40

:: Retrouvailles Fraternelles :.
Tu es encore un enfant
Si tu crois que briser le miroir tuera le reflet.
Cerné par les ténèbres, Celsius s'attira les grâces d'une bouffée d'oxygène. Être traversé par ce fabuleux pouvoir était grisant. Quel garçon n'avait jamais rêvé de s'affranchir des limites de l'humanité, fort de pouvoirs que ses rêves n'auraient pu soupçonner ? Le cosmos était tout cela, et plus encore. Seulement il devrait prendre garde, car cette immense vague azurée qui émanait du plus profond de son âme pourrait l'engloutir lui aussi s'il n'y prenait pas garde. Bien que son coeur bate la chamade, il se sentait mieux que jamais. Plus encore, il se sentait vivre. Chose rare compte tenu des épreuves qu'il avait dû traverser, même si la page pouvait être tournée à présent. Le flux rayonnant de sa cosmo-énergie projetait sur les façades des maisons des chatoiements aquatiques, si bien qu'on aurait cru pouvoir se noyer dans l'air. Pour un peu, ses détracteurs auraient pu croire qu'il leur avait fait subir une immersion, plusieurs dizaines de pieds sous la surface. C'était à s'y méprendre.

Et cette ambiance marine donnerait à ses pouvoirs leur pleine mesure, même s'ils ne souffraient nulle parenté avec ces fonds marins si fictifs soient-ils. La pression qui pesait sur ses épaules fût relâchée alors que, dans un souffle, il rouvrait les yeux. Il n'était plus le garçon fragile d'autrefois. C'était un homme fait, à présent, du haut de ses treize printemps révolus. Un homme puissant. Un homme de pouvoir. Et c'était précisément ce pouvoir qui allait lui permettre de trancher tout lien avec un passé qui n'avait plus lieu d'exister. Il était parti sans se retourner. Il savait où ses pas l'avaient mené mais avait occulté ce qui les avait précédés. Et puisque les fantômes d'autrefois avaient décidé, non content de revenir le hanter, de lui donner la chasse... Il estimait de circonstance de leur montrer qui était le chasseur et qui était la proie. Cette émotion donnait à ses fleurs la force de pousser dans le froid, d'émerger de cette terre gelée et d'emplir les rues de la ville. Son aura était une protection suffisante pour n'avoir pas à craindre le froid. Et ce même si l'hiver vient.

Fendant les airs, la rose rouge se ficha dans le schairs de l'un de ceux placés en première ligne.
Ceux qui s'arrogent le droit de tuer doivent se préparer à l'être en retour. déclara-t-il calmement.
Cette froideur, cette cruauté dans la voix, jamais il n'aurait pu l'avoir auparavant. Mais la disette et les privations l'avaient endurci, de même que la violence inouïe dont ils avaient fait preuve à son égard. Point de rancune cependant, car ce masque était celui qu'il revêtait en toutes circonstances. Nul ne saurait le lui enlever. Car nul ne pourrait s'approcher suffisamment près pour en avoir la possibilité. Il était un poison pour l'homme, un poison pour ses semblables. À son contact, tout ce qui vit meurt inexorablement. Il l'a déjà constaté à maintes reprises et n'a encore aucune influence sur ce phénomène. Son propre sang était le plus grand danger qu'il ait jamais connu, et le simple fait de se tenir à ses côtés était une prise de risque. Il suffisait d'une écorchure pour qu'il s'en dégage une vapeur toxique dont nul ne réchappe. Seul son maître en était capable, et son maître n'était pas là. Sa volonté n'était pas de les tuer, à vrai dire il s'en serait bien passé.

La perspective d'avoir du sang sur les mains, tant que ce n'était pas le sien, ne le dérangeait pas outre-mesure tant qu'il y avait une bonne raison de le faire. Que ce soit au nom d'une juste cause. Mais il avait en horreur chacun de ces fauteurs de troubles et plus il les jaugeait, plus il était convaincu qu'ils n'en valaient pas la peine. Cependant, s'il devait prendre les armes, il le ferait. S'il pouvait leur éviter la mort, il le ferait : dans le cas contraire, il n'irait pas s'en repentir. Ils lui avaient toujours voulu du mal et ne faisaient que perpétuer leur barbarie, au mépris de toute humanité. C'était un juste châtiment de les faire souffrir à leur tour. À son commandement, des roses démoniaques fleurirent de toutes parts, surgissant du sol entre les pieds des sots qui avaient eu le malheur de le poursuivre jusqu'ici. Puisque ce qu'il avait fini par assimiler à un cauchemar était à nouveau réel, il n'avait plus qu'à exorciser ses souffrances passées en leur faisant face sans se soucier des conséquences.
...Et celui-ci est son compagnon !
Cette remarqua cingla ses tympans comme un coup de fouet. Qui ces manants avaient-ils bien pu impliquer dans ce conflit insensé ? Il était seul. Il avait toujours été seul. Et il refusait toute compagnie. Le seul à pouvoir souffrir sa présence était son vieux maître, qui s'il était là devait dormir à poings fermés. De plus, lui conférer sans le connaître quelque crédit que ce soit en matière de combat en aurait fait rire plus d'un. Et comme il s'en serait douté, ce n'était pas de lui dont il était question. L'intéressé était un enfant à peine plus jeune que lui, et qui lui ressemblait étrangement. Trop pour que ce ne soit qu'une coincidence. L'étrange sensation de se regarder dans le miroir avec une poignée d'années de moins et de le voir nimbé d'un cosmos semblable au sien le déstabilisa. Juste assez pour ouvrir une faille dans sa garde, et ses assaillants ne manquèrent pas de s'y engouffrer.

Une barre à mine le frappa au visage, sa tempe s'ouvrant d'un filet vermeil. Mal en prit à son agresseur, car sitôt une toux non moins sanglante lui fit ployer le jarret. De toute évidence, on ne les avait pas mis en garde sur ses particularités, devenues d'autant plus corrosives avec le temps. Pour avoir omis ce détail alors qu'il était à l'origine de cette répulsion, ils ne devaient pas être dans leur état normal... À moins qu'altérés de sang, ils n'en oublient l'essentiel. Moins de stupeur que de dégoût, le Chevalier en devenir s'était figé. Après avoir franchi l'arcade sourcillière, le fluide vital lui avait brouillé la vide, si bien qu'il en était tétanisé. S'il n'aimait guère le voir couler, comme la plupart des gens à son sens, il n'en était point dérangé d'ordinaire. Néanmoins, s'agissant du sien, c'était une tout autre affaire.

Personne mieux que lui ne connaissait le péril qu'il faisait subir à son entourage à la moindre égratignure. Aussi son esprit avait-il fini par se fermer dès lors qu'il souffrait d'une blessure si infime soit-elle. Une paralysie totale et instantanée le gagnait alors pour le forcer à ne plus bouger, de peur d'aggraver sa situation que ce soit par l'ampleur des dégâts ou en exposant davantage de personnes à sa "malédiction". Les fleurs qu'il avait fait pousser parurent fâner et la meute n'eut plus qu'à les achever en les piétinant, la plupart n'ayant pas même eu le temps de s'ouvrir au monde et de leur faire part du cadeau empoisonné - et c'était le cas de le dire - dont elles étaient porteuses. La tête basse, Celsius ne put que recevoir un coup au menton dont la déflexion lui fendit la lèvre, altérant un peu plus la beauté juvénile dont il se parait avec élégance. Autour de lui, tout n'était que silence, le monde semblait avoir perdu ses couleurs pour n'être plus qu'un camaïeux de gris dont le seul point lumineux était ce garçon...
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MessageSujet: Re: Retrouvailles fraternelles [Eldir/Celsius]   Jeu 26 Avr - 21:30

¤¤ Face sombre d'une étoile ¤¤


    Si les étoiles guidaient le destin des Hommes, les observaient pour leur apporter du réconfort, elles oubliaient parfois que l'âme humaine était aussi sombre que la face cachée des planètes. Eldir sentit ainsi une vague emporter son esprit, sans qu'il ne puisse arrêter le flot continu de sentiments de plus en plus inhabituels chez lui. Ce sang s'échappant de l'arcade sourcillière. Un vent mauvais chuchotait en lui de défendre son passé cette fois-ci. Alors que l'homme à la barre à mine s'apprêtait à porter un autre coup, il s'écroula sur le sol en gémissant dans son propre sang. Levant un sourcil, le jeune garçon se demandait quelle attaque avait pu le briser ainsi. Ces roses qui poussaient sans cesse ? Non, elles s'affaiblissaient étrangement au contact des agresseurs. Bien des questions l'immobilisèrent au moment où un autre brigand frappa au menton le jeune herboriste. C'est alors que la vague reprit son assaut sur les récifs, réveillant brusquement cette rage inconnue de lui jusqu'ici.

    Serrant le poing, son cosmos argenté nimba lentement les roses mortes pour les rappeler à la vie. Des fines tiges de muguet poussèrent au côté des roses pour former un canevas carmin et albâtre, sous un tapis de sombre verdure. Silencieux et froid, les prunelles opalinescentes du garçon laissèrent éclater une colère à peine contenue. Tendant la main vers le brigand encore étonné par le phénomène, il vit une nymphe au visage blafard naître des fleurs blanches pour chanter l'arrivée de l'hiver. Un cri de stupeur. C'est ainsi que le cri de la Bansidh fit éclater les tympans de cet homme. Bondissant au milieu des assassins pour se retrouver face au jeune homme au regard abasourdi, ses danseurs se mirent à exécuter une série de pirouettes. Des nuées d'étincelles se formèrent alors entre ses mains pour former une orbe de pure énergie, c'est alors qu'il la posa sur le torse de l'agonisant pour le frapper de plein fouet. Ses poumons se déchirèrent dans un craquement sourd et liquide. Le Brigand s'effondrait sur le sol suite à ce second impact. Mais ce qui aurait dût faire fuir des gens normaux n'avait pas encore l'effet escompté.

    Tels des zombis, les deux vaincus commencèrent à se relever. Interloqué, il prit une de ses fleurs et la posa sur l'arcade de son aîné, c'était quitte ou double ! Quelques étincelles communièrent avec le muguet pour faire disparaître toute trace de blessures. Alors qu'Eldir lui souriait, un coup violent à la nuque le fit voler dans la vitrine de l'apothicaire. Sans son armure, il serait mort immédiatement. Mais ce qui l'inquiétait était ce cosmos sombre et subtile émanant des brigands. Cela ressemblait tant au sien par certains aspects qu'il en était perdu. La douleur à sa nuque redoubla brusquement alors que ses propres muguets étaient en train de se battre pour survivre. Ils avaient redonné vie aux roses mais les fleurs blanches semblaient en payer le prix de façon incohérente. Allongé sur la terre battue et au milieu des fleurs et des gravats de pierre et de bois, l'Ase ouvrit les yeux pour voir que l'un de ses danseurs se tordait de douleur à son tour. Quelque chose de malsain aspirait la vie de ses protégés, les fleurs autour de lui se desséchaient comme les roses de son Frère.

    Il sentit alors deux présences dans son dos. Tournant la tête, il vit deux brigands avec des serpes à la main. Affaibli, Eldir ne pensait à qu'à son frère et il les repoussa en dehors des lieux par une bourrasque violente d'énergie brute. Soufflant de façon asthmatique, il prit la décision de se libérer de son armure pour protéger le jeune homme encore inconscient devant les autres. Eingana protégerait le jeune herboriste s'il le fallait mais le prix à payer fût rapidement demandé. Concentrant ses maigres réserves de cosmos, il se résolut à user l'une des techniques de son mentor. Un souffle glacial se répandait dans toute la pièce pour frapper ses ennemis à l'instar d'une lance de glace. Ses rotules frappèrent alors le sol pour récupérer un peu. Ils savaient que ces "humains" se libéreraient de cette prison de glace. Hors, rien ne se produisit. Juste deux tiges de muguets blancs se consumaient dans le glace à sa grande surprise.

      " Muguets... Comment cette fleur si pure peut sentir si mauvais... "

    Dans un silence glacial, son corps s'abattit sur le sol. Plus de force, il avait usé déjà de trois techniques éprouvantes pour son corps, les danseurs s'étaient regroupés autour de lui pour continuer leur farandole de plaisir. L'armure sacrée s'était plantée devant le jeune herboriste afin de former un cercle magique autour de lui. Aucune force négative ne pouvait y pénétrer sans le consentement des esprits. Cependant, toute puissance comme toute protection a ses faiblesses et tout reposait sur lui. Les huit autres brigands s'étaient immobilisés d'effroi en voyant leurs congénères prisonniers de la glace.

    Les muguets blancs mourraient lentement pour donner leur essence vitale aux roses, combattant la puissance négative qui les détruisait. L'unique champ de fleurs blanches et rouges laissait la teinte écarlate reprendre lentement ses droits. Le parfum salvateur des muguets disparaissait déjà pour laisser celui des roses le remplacer peu à peu. Les étincelles des danseurs redonnaient vie aux roses à l'intérieur mais cela n'était que les restes cosmiques du jeune homme dans sa dernière volonté. Le jeune Ase était allongé, inconscient, dans la boutique. Un simple sourire aux lèvres.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles fraternelles [Eldir/Celsius]   Dim 24 Juin - 21:00

:: Retrouvailles Fraternelles :.
Ses roses de mort étaient pour lui source de vie. Leur parfum envoûtant lui offrit la sédation dont il avait grand besoin. Sous ses yeux ébahis, son parterre de fleurs avait repris vie et s'animait de son habituelle soif de sang. Pour la première fois de son existence, il n'éprouva pas le besoin de réfréner ces pulsions sanguinaires. Qu'elles se repaissent de ceux qui avaient voulu les soumettre ! De tous leurs pétales, elles vibraient d'une colère palpable. Celles d'avoir été foulées au pied par ces âmes tourmentées, de n'avoir pu éclore dans toute leur splendeur. Cela les mettait hors d'elle, et il n'était que le messager de ce courroux végétal. Pour la première fois de sa vie, il n'éprouva pas le besoin impérieux de réfréner leurs pulsions. Il comprenait que les laisser s'en faire un festin lui redonnait l'énergie qu'il avait perdue à vouloir se montrer trop clément. Par leur faute, il avait vécu dans la peur. C'était à eux qu'il devait ses cicatrices.

Il n'y aurait point de honte à vouloir se venger alors qu'enfin ils étaient à sa merci. En dépit de son état second, une once de raison subsistait au fin fond de sa conscience et l'empêchait de mettre ce sinistre plan à exécution. Sans cette parcelle d'humanité pour retenir son bras vengeur, il ne vaudrait pas mieux que ces vauriens. À grande peine, il retint les ronces qui rampaient à leurs pieds et se cramponnaient à leurs chevilles jusqu'à ce qu'elles ne soient plus que chair à vif. La peau arrachée tombait en lambeaux tandis que leurs propriétaires réclamait que cesse cette torture à corps et à cris. Une vague de dégoût ébranla Celsius pour mieux lui rester en travers de la gorge. Ce n'était pas la première fois qu'il voyait un homme sur le point de mourir par sa faute, et qu'ils soient cette fois si nombreux n'y changeait rien. Ce qui lui serrait le coeur était d'avoir failli les mettre à mort intentionnellement.

Auquel cas il serait réellement devenu un meurtrier et n'aurait alors pu se le pardonner. Le sang qu'il avait sur les mains atteignait d'ores et déjà des quantités telles qu'il lui suffisait d'y penser pour en avoir la nausée. À ce stade, qu'il agisse de son plein gré n'aurait fait qu'une légère différence. Mais à ses yeux, cette nuance avait de l'importance. C'était une frontière qu'il s'était juré de ne jamais franchir. Une impasse dont il espérait ne jamais réussir à trouver la sortie. Il en avait fait le choix. Le bon choix. Celui qui faisait de lui un homme et non un assassin. Prendre cette décision ne le mènerait nulle part car il devrait tôt ou tard réviser ce jugement dont la naïveté n'avait d'égal que l'idéalisme. Il voulait croire qu'il n'aurait pas à le faire tant qu'il le pouvait encore. Se voiler la face jusqu'à ce que ce ne soit plus possible. Et tant pis pour les risques encourus.

En l'occurrence, il ne pouvait se permettre d'en prendre. Il n'était pas seul. Le jeune garçon qui lui était venu en aide partageait la précarité de sa situation. Ce n'était que grâce à lui qu'il avait pu reprendre ses esprits et continuer le combat. Il n'avait pas le droit de l'abandonner à son triste sort. De plus, il lui fallait obtenir des explications sur cette troublante ressemblance. Cette sensation de n'avoir fait que contempler son reflet dans le miroir était toujours présente, gravée au fer rouge dans son esprit. Il devait toutefois mettre de côté cette curiosité dévorante, qui en plus d'être un vilain défaut le distrayait de ses périls. La plupart de ses assaillants étaient immobilisés ou plus en état de continuer, mais certains avaient envers et contre tout réussi à passer entre les mailles de son filet d'épines. Il ne devait pas baisser sa garde avant d'être sûr que tout danger était écarté.
Tiens bon. Je viens te sauver. Je vais nous sauver tous les deux.
L'armure qui gravitait à proximité attira son attention. Ce n'était pas l'une de celles dont son maître lui avait parlé, il en eut la conviction au premier regard. Elle n'était pas de bronze, d'or ou d'argent. L'énergie qui s'en dégageait rivalisait sans peine avec la sienne. Il aurait pu s'en offusquer, mais préféra s'interroger sur sa provenance. Il n'eut toutefois pas le temps de conjecturer puisqu'une arme rudimentaire lui fonçait droit dessus. En pleine possession de ses moyens, il n'eut qu'à lever la main pour l'arrêter à mi-parcours. En dépit de sa frêle silhouette, sa force était surhumaine tant que le cosmos coulait dans ses veines. La lame du couteau de boucher n'entama pas même la chair et se brisa entre ses doigts sans y laisser la moindre trace. Réduite en mille morceaux, elle laissa son porteur désarmé et donc vulnérable. Celsius se fendit et lui porta un coup fulgurant en plein plexus solaire, si violent que sa cible en eut le souffle coupé.

D'un coup de pied rotatif, il l'envoya voler au milieu des roses, certain que ses protégées achèveraient de le neutraliser. Ses connaissances en arts martiaux étaient limitées, mais suffisaient amplement à contrer des pantins que n'anime que la haine et l'envie de meurtre. Le craquement des os à son contact le répugna mais il n'en fit rien savoir. Continuer à se relever comme il le faisait n'était pas normal, pas plus que la force dont les avait doté leur commanditaire. L'apprenti le soupçonnait de les avoir insensibilisés à la douleur. Autrement dit, il faudrait alors les décapiter ou leur percer le coeur pour espérer s'en débarrasser. Une extrémité à laquelle l'aspirant ne pouvait se résoudre. Ce pourquoi il était nécessaire qu'ils soient pris au piège dans son champ de rose. Un sort qui n'était guère plus enviable pour les victimes, mais tant que les plantes seraient en son pouvoir, il ferait le nécessaire pour qu'aucun d'eux ne soit tué par inadvertance. Que cette option soit infiniment plus laborieuse lui était égal tant il était fier de s'être engagé dans cette voie plutôt que de céder à la morbide facilité. Il se sentit faiblir. Il ignorait encore que son compagnon de bataille avait perdu connaissance et l'exhorta à s'échapper tant qu'il le pouvait encore, de peur de perdre le contrôle.
Réveille-toi... Ne reste pas là. Je ne vais pas tenir très longtemps.
Tandis qu'il rappelait ses ronces pour ne pas causer de lésions irréversibles à leurs nombreuses victimes, il se figea sur place. Une voix désincarnée murmurait aux portes de son esprit d'atroces vérités, de celles qui ne sont pas bonne à dire. Pour ce qu'il avait fait, même si ce n'était que dans son intérêt, que dans celui de sa survie, il aurait pu être traité comme un sorcier et condamné au bûcher. Aux yeux de ses concitoyens, il ne serait qu'un monstre de la pire espèce. Qu'une créature du démon prête à se retourner contre eux à chaque instant. S'il venait à disparaître, ils ne s'en porteraient que mieux. Un frisson d'effroi courut le long de son échine et il faillit relâcher sa concentration. Puis, il trouva en lui la force de détourner le regard de son propre sang, seule et unique provenance de ces dérives mentales. La peur panique que sa vue éveillait en lui avait toujours été un obstacle de taille, mais il ne pouvait se laisser entraver par si peu.

S'il n'avait été question que de sa sécurité, il aurait été susceptible de ne pouvoir lutter contre cette crise. Mais de sa lucidité dépendait aussi le devenir de son allié providentiel, et avec lui des réponses qu'il devrait lui donner. Ce furent les questions qui lui tiraillaient l'esprit qui le ramenèrent à la raison, ainsi que la brûlure de ses nombreuses plaies. Mécontentes d'avoir été interrompues au beau milieu d'un de leurs jeux macabres, les ronces l'avaient écorché au moment de se retirer. Le contrôle qu'il exerçait sur elles n'était pas encore tout à fait au point, et chaque erreur commise devait nécessairement lui coûter cher pour que le lien ne soit pas rompu. Habitué à endurer bien pire que ces égratignures, il ne broncha pas, d'autant plus qu'elles avaient joué un rôle essentiel dans son éveil brutal. Il leur en était reconnaissant. Par chance, l'état second dans lequel il avait sombré une poignée de secondes durant venait de lui donner une idée. Après avoir puisé dans ses ultimes réserves d'énergie, il altéra la composition du nuage toxique que l'action combinée de son sang et de ses roses avait répandu dans l'air. Ceux qui tenaient encore debout ne tardèrent pas à littéralement tomber de sommeil, incités à lâcher prise par les bouffées soporifiques que Celsius s'était évertué à diffuser dans l'air.

Ce n'était pas chose facile, à plus forte raison que son maître n'avait pu lui enseigner tout ce qu'il devait savoir sur le poison qui coulait dans ses veines. Modifier sa nature même demandait une quantité d'énergie considérable, et s'y risquer sans en connaître le fonctionnement pouvait avoir de lourdes répercussions sur son organisme. Aussitôt que le dernier des brigands eut touché terre, l'adolescent relâcha la pression qu'il exerçait sur sa cosmo-énergie pour éviter qu'elle ne lui fasse faux bond. C'est alors que, plutôt que de s'effacer pour se reconstituer comme elle le faisait d'habitude, elle s'évanouit sans plus attendre. Il n'en restait rien, pas la moindre trace. Un immense vide avait pris sa place là où elle se tenait autrefois, dans un recoin de son âme. La peur au ventre, il se demanda quelle erreur il avait pu connaître et s'invectiva pour sa propre bêtise. Il avait défié les lois de la nature, dépassé les bornes, et ne faisait que recevoir un juste châtiment. Il n'eut pas le temps de paniquer. L'adrénaline le maintenait éveillé : sitôt qu'elle eut disparu, il ne réussit pas même à garder les yeux ouverts et s'effondra de tout son long.

Perdu parmi les décombres, il sombra dans l'inconscience...
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MessageSujet: Re: Retrouvailles fraternelles [Eldir/Celsius]   Mar 26 Juin - 3:00

¤¤ Face sombre d'une étoile ¤¤

Quand l'esprit se laisse aller à la déraison, les canons tonnent...

Un murmure s'entendait dans le lointain. Si difficile à appréhender, ses muscles semblaient se reposer pour toujours et cette tranquillité l'apaisait mais cette voix cassait ce décor si agréable. Il avait tenté de la rejeter une première fois mais elle était revenue encore plus fortement pour lui intimer de reprendre vie. Dans l'obscurité de son esprit, dans sa déraison, il voyait deux yeux saphirins le défier et s'amuser de sa chute. Sa fierté en prit un tel coup qu'il cria sa rage en reprenant vie devant le jeune herboriste agenouiller devant lui. De l'innocence désarmante, il ne restait que la peine de voir tout cela. Les brigands étaient à terre, endormis ou morts, il s'en moquait en tout état de cause. Sans une larme, sans un mot, il se releva en sentant chacun de ses muscles lui hurler leurs douleurs.

S'approchant de l'un d'entre eux, il prit l'une des tiges de muguet et la fit exploser en flocons de glace. Ce cosmos ne lui était pas inconnu, sa Némésis était donc venue jusqu'ici pour le tuer. Marchant entre les corps qui mouraient dans un sommeil des plus profond, il détruisit chaque grappe de fleurs de muguet avec une rancoeur de plus en plus vivace. Pudiquement, il était venu pour revoir son passé et il le voyait devant lui dans un plaisir éphémère. Comment se taire ? Comment refaire cette rencontre ? Le serpent dansait alors qu'il s'était enferré dans les erreurs d'hier. Pour grandir, le jeune garçon avait accepté bien des sacrifices et il ne voulait pas que cela continue. Istanbul, lieu de sa première vie, les Cinq Pics, lieu de sa seconde vie et son entraînement à Asgard avant de venir ici pour laver la dernière tâche d'un passé si difficile à apprécier, il voulait défaire ce que leurs "pères" avaient fait dans leur dos. Se retournant, il usa de ce qui lui restait de ressources pour faire naître quelques tiges de muguets qui épousèrent les jambes meurtris du jeune homme à la chevelure turquoise. Tel un courant d'eau, ce dernier pouvait entendre une étrange symphonie de ces fleurs si sacrées en Asgard car symbole de purification de la nature, toutes les scories du corps furent levées pour permettre au cosmos de reprendre vie dans ce corps moribond.

    « Ironique n'est-ce pas ? Tu croyais que le faire plonger dans le Rozan suffisait à abattre un tel homme. Tu es encore un bien triste orvet... »

La voix de l'Alfe. Il ne l'avait pas entendu depuis de nombreux mois et il n'avait même pas apporter sa lame. Alors qu'il y pensait, sifflant dans l'air, un dard transperçait l'une des Etoiles de la Grande Ours pour frapper le sol dans une décharge d'étincelles sans commune mesure. Comme en Cathay, elle était à nouveau ici. Pour autant qu'il s'en souvenait, elle avait disparu suite à son combat contre Alberich XIII de Megrez. Tout cela n'était donc pas terminé et son Frère à peine retrouvé en subissait les conséquences. Cependant, leurs vies différentes ne signifiaient pas un passé différent. Des nuages s'approchaient dans la nuit étoilée, il était temps de se reposer... Levant la main, il prit sa lame en criant son nom et un flot d'étincelles se concentra entre ses mains pour inonder son corps d'une énergie nouvelle. La Neige recouvrait déjà les cadavres dans sa ronde séculaire.

    « Alfandáinsleif, tu es donc revenue ? »

La voilà à nouveau en main. Se retournant, il vit un homme debout derrière eux. Le regard un peu surpris passait de l'un à l'autre des deux protagonistes de cette scène un peu surréaliste. Il avança alors pour arriver près du jeune garçon et se piqua le doigt pour verser quelques gouttes de son nectar vital en le mélangeant à son cosmos aussi chaleureux que le soleil, des myriades de ronces saisirent alors les corps pour les enfoncer dans le sol à jamais. Cette utilisation des plantes lui rappelait ce que son mentor lui avait appris sur les lois de la nature mais une fois passée la surprise de cette scène incroyable. Le vieil herboriste prit entre ses bras son jeune disciple pour l'amener dans son échoppe. D'un geste, il invita Eldir à le suivre.

Dans la cuisine, il mangeait un peu de pain mélangé à du lait de brebis. Ce met lui réchauffait le corps et il se demandait si son Frère allait mieux. La réponse ne tarda pas à être connue au retour de l'herboriste. Ils discutèrent ensemble pendant des heures et le Guerrier Runique réalisait alors qu'il était face à un ancien membre de la Chevalerie qui protégeait le Monde méridional. Cependant, bien des questions furent posées et il ne cacha pas les liens fraternels qui existaient entre lui et son disciple. En outre, il avait été poursuivi depuis des années par un membre d'une des familles les plus puissantes de son Royaume. Sincèrement, il avait pensé cette affaire réglée mais telle n'était pas le cas manifestement. Le vieil homme ne l'interrompit pas pendant ses explications, cette marque de respect était plaisante pour Eldir car il n'aurait pas eut le courage de continuer... La fatigue le prenait de plus en plus. C'est ainsi que l'herboriste lui proposa de dormir à l'étage dans la chambre de son disciple. Pour autant, il posa tout de même une question sur l'étrange spécificité de son muguet. Eldir ne cacha pas alors que ses fleurs avaient des dons curatifs à la fois mentaux et physiques des plus puissants, car issues des grands jardins de sa famille qui protégeaient une partie de la Forêt des Nibelungs.

    « Je ne connaissais pas la propriété de cette fleur. Jeune homme, je vois que si Celsius est né sous une étoile aussi carmine que le sang, toi tu es né sous l'étoile blanche de la purification. Mais prends garde, même la plus belle fleur albâtre n'a pas forcément la bénédiction d'Esculape. »

Etrange rappel à l'ordre, son mentor lui avait toujours appris à ne jamais abandonner l'impossible. Etranglé par la fatigue, Eldir se releva mécaniquement et fût accompagné dans la chambre de son frère. Un léger souffle indiquait que ce dernier récupérait lentement ses forces. Son armure se libéra de ses épaules pour reprendre la forme d'une danseur dans un des coins de la pièce. Les paupières lourdes, l'âme étreinte lentement par la douce poésie du sommeil faisait d'Eldir un pantin entre les mains des Dieux. Peu de temps avant de s'endormir, il laissa ses danseurs créer une tige de muguet à partir du bois du lit. L'aurore approchait et il était temps de dormir pour oublier les malheurs de cette vie essoufflée.

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