RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage

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Eilaine


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MessageSujet: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Jeu 15 Mar - 19:43

Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage





=> Entrée des Enfers

~> Passage par la Grèce, en bordure d'Athènes

Le soleil. Enfin. Il irradiait dans un ciel bleu, dénué du moindre nuage. Il était le maître dans les cieux limpides. Teinte si pure, où le jaune s'étendait comme le ferait une femme s'allongeant d'une manière lascive, en travers de sa couche. N'importe qui soupirerait d'aise, bercé ainsi par cette douce chaleur. Une brise délicieuse soufflait dans la cime des arbre environnants. Nous avions marché longtemps, les heures s'écoulant sans que personne n'ose briser le silence qui s'était installé entre nous. Le groupe semblait apprécier cette soudaine plénitude, loin des échos macabres de la guerre. Ici, bien loin de la porte des Enfers. Ici où l'on pouvait entendre les oiseaux gazouiller, appeler le printemps. Je me souvenais de cette gueule béante soufflant une odeur pestilentielle, immonde, que j'avais voulut fuir à tout prix... les Enfers...
Ce n'était pas le Sidh. Notre Autre-Monde où nos morts venaient séjourner, errer, sans jamais être torturés de la sorte! Enchaînés.
Si notion de jugement il y avait, en comparaison avec ce qu'il se passait dans notre purgatoire... non, rien de comparable avec ce que j'avais put entrevoir.

Tout ceci était bien loin derrière nous. Oui, désormais s'étendait devant nous, de radieux espoirs. J'appréciais ma forme volatile, effacée. Voler librement aux côtés des corvidés me remplissait de joie, à l'instar d'un feu follet! Pourtant, je n'oubliais pas ce que j'avais laissé derrière moi. Cette soudaine exaltation, m'animais nuit et jour. Je n'avais plus aucunes notion du temps, et je m'en moquais bien. Je ne dormais pas. Je veillais sur les deux hommes en charge de mon enveloppe charnelle. Parfois, il m'arrivait de me pencher vers mon corps. Je semblais endormie, apaisée... mais ma peau devait être si froide!
Mon maître devait avoir remarqué mon brutal mutisme. Car, la nuit tombée, Antiokus décida de faire halte à l'orée d'une forêt. Sans ajouter de mots à cet ordre silencieux, le druide s'assit sur un tapi de mousse odorante avant de faire apparaître un instrument de musique. D'une belle facture, il ressemblait fortement à une cithare, mais ne produisait pas le même son. Il commença à jouer, ses doigts graciles, effleurant à peine les cordes, une simple caresse tant sa dextérité était grande. Ces mélodies, ces accords, je les reconnaissais avec délectation. Un sourire s'épanouissait sur le visage de mon maître. Il entamait la «Valse du vent»

Peu à peu le rythme, d'abord lent, s'accéléra. Car toute brise légère peut se muer en folle tempête. Simple mélodie? Entraînante ritournelle! Ma forme éthérée répondait à chacune de ces notes, sans gêne puisque invisible ou presque, je me pris à danser pour la lune et les étoiles naissantes dans le ciel assombrit par le manteau de notre Mère. Mes vêtements vaporeux esquissaient de délicats drapés à mesure que je tournoyais avec grâce. D'un geste, et sans que je m'en aperçoive, mon maître lança en ma direction, une sorte de poussière scintillante. Peu à peu, je surgis du néant. Mon corps diaphane, venait de paraître devant les yeux des hommes, moi qui continuais d'onduler au rythme de la musique... prélude à Beltane!

La fête du soleil approchait, et je songeais à la prochaine Ronde des Esprits. Peut-être que Serafim acceptera de m'accompagner?

Enveloppée d'une douce lueur dorée, je laissais mes bras redescendre le long de mon corps avant de me signer devant l'astre d'argent. Empoignant chaque pan de ma robe nébuleuse, baissant la tête alors que ma chevelure d'or flottait, je saluais Dagda et la Divinité-Mère aux Trois Visages. Je les remerciais silencieusement...

~°Vous ne m'avez pas abandonné!°~pensais-je en souriant avec allégresse. Sous les applaudissements du roux druide, je fis volteface, aussi légère que la brume. Je le regardais sans comprendre, haussant un sourcil songeur. Un coup d'œil à Serafim et je compris que j'étais à nouveau visible. Je baissais la tête, honteuse, évitant soigneusement le regard de mes spectateurs. Intimidée, je préférais m'assoir un peu plus loin... mais comment pourrais-je me cacher? Moi qui encore en cet instant, brillait, pareille à une luciole? Je ramenais mes jambes contre ma poitrine et posais ma tête sur mes genoux. J'entendis Antiokus s'adresser à Serafim d'un ton taquin qui n'eut pour seul effet que de redoubler ma gêne. Je dissimulais mon visage grâce à mes longs cheveux blonds, presque blancs.

    ~Un tel spectacle vaut tout l'or du monde! Et encore! J'ai hâte de la voir danser autour des feux de Beltane. Mais, je doute que tu connaisses cette fête. -une pause et il reprit- cette fête symbolise le retour du printemps, l'épanouissement de toutes choses! Il est plus rare, mais, comme pour Samain, il est possible aux initiés, d'entrevoir le monde des morts. Fantastique, n'est-il pas?~


Il se laissa tomber en arrière, laissant son regard de jade, étudier la voûte du ciel. Sa mine devint plus sérieuse.

    ~Serafim... tu sais où nous sommes, n'est-ce pas? Reconnaît-tu les paysages de ton enfance? Oui, nous sommes en Grèce, non loin du Sanctuaire. Tu sais, que derrière ces arbres, quelqu'un t'attends. C'est là ta première leçon, c'est aussi ici que va renaître Aurora, dans le fleuve où j'ai vu le jour. Antiokus est le premier nom que j'ai porté. On partage un point commun... Nous sommes Athéniens.

    Alors, que décides-tu de faire? Je te laisse la possibilité de choisir. Vas-tu lui faire tes adieux, ou vas-tu continuer ta route? Être témoin de sa... purification.~


Purification? Je tournais la tête vers lui et voulut parler. Or, de ma bouche, s'éleva que d'étrange tintements... Surprise, je serrais mes mains autour de ma gorge. Le druide ria quelque instants et me rassura en m'assurant que c'était là un phénomène normal. Car les âmes n'ont pas de voix. Les esprits oui. Je soupirais, tout en attendant une réponse du jeune homme.

Quelque part, j'appréhendais sa réaction. Et là encore, mon regard évitait le sien.

C'était à lui de décider, pas moi.


Dernière édition par Aalanna le Dim 22 Juil - 19:42, édité 2 fois
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Serafim


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Sam 17 Mar - 20:46


Arrow Les enfers


Un parfum bien familier fit sourire agréablement Serafim. Une flagrance unique, mélange d'essences de conifères, de chênes verts et d'oliviers. Le maitre des corbeaux aurait reconnu l'endroit sans même qu'Antiokus le lui souffle, il était de retour chez lui, à Athènes. L'endroit débordait de vie, dans le tronc des arbres, dans les feuilles qui comme des vaisseaux sans capitaine se laissaient dériver au gré par le vent, même sous la mousse qu'il écrasait sous ses pieds. Ce paysage n'avait rien à voir avec les prisons effrayantes de l'enfer, pourtant même dans le royaume d'Hades on pouvait trouver une once de beauté ! Le visage aux traits parfaits de l'irrésistible Lydia illustrait ce propos. Mais personne ne pourrait reprocher au rebelle de préférer le charme de la jeune Aurora. La brune fit une apparition angélique entourée d'un halo lumineux devant le regard ébahi du jeune Athénien. Antiokus avait raison cette vision de rêve valait tous les trésors du monde et tous les sacrifices qu'il pouvait faire.

Le cœur au bord des yeux, le maitre des corbeaux ne put qu'acquiescer en hochant la tête timidement, tant il était ému par la danse féerique de la petite dame du matin. Dommage que le roux lui rappela une horrible réalité. Il avait encore raison, derrière cette palissade faite d'arbres séculaires, isolée sur le sommet d'une colline, dormait au bout d'un chemin balisé par des fleurs sauvages une vieille ferme et en son sein une femme l'attendait. Le visage de l'ancien saint, se crispa et ce dernier ferma les yeux. Il revit alors Thalia aux cheveux d'or qui réchauffait son foyer de sa seule présence. Il se remémora les mots enflammés qui étaient sortis de la bouche de cette dernière, la veille de son épreuve finale pour la conquête de son armure et sa promesse de ne jamais le quitter. Les choses avaient depuis bien changé, le dresseur de corbeaux se devait de lui expliquer pourquoi ce souhait ne sera jamais exhaussé. Plus que des explications il lui devait au moins un adieu.

Quand il rouvrit ses yeux, il fut ébloui par la lueur céleste de la belle Aurora qui déchirait les ténèbres angoissantes qui s'élevaient autour de lui. Cet éclat surnaturel, lui rappela la promesse qu'il avait faite en enfer. Jamais il ne quittera Aurora et aussi fort que sa culpabilité envers Thalia pouvait l'être, il comptait bien respecter sa parole.

« Je te trouve bien bavard tout d'un coup, me fais-tu assez confiance pour me révéler ton lieu de naissance ? »

Serafim essuya une larme qui perlait sur sa joue, ce qu'il comptait dire allait être douloureux.

« A moins que tu deviennes gâteux, car tu sembles oublier ce que j'ai promis à Aurora : je ne la quitterai pas et je l'assisterai dans toutes les phases de sa renaissance. »

Son regard quitta quelques secondes le doux visage d'Aurora pour fixer la direction de son ancien domicile. Comme tout voyageur qui s'apprêtait à entamer un long périple, il aurait bien voulu voir une dernière fois la maison qui l'avait vu naitre. Pourtant, il y renonça, on ne peut avancer en regardant continuellement son passé ! Thalia, cette bicoque, son armure appartenaient désormais au passé d'un mort. Aurora matérialisait son avenir et son salut et c'était sur elle qu'il devrait porter toute son attention.

« Je reste avec toi, Aurora. Nous continuons ensemble. »

Une multitude de battements d'ailes rageurs, prélude d'un concerto de croassement résonna dans la forêt endormie. Les corbeaux de Serafim l'avaient retrouvé et tous saluaient avec enthousiasme le trio debout dans la nuit.

« Nous restons avec toi ! »

Corrigeait avec humour Serafim alors que Corvi et Morrigan s'installèrent sur ses épaules désormais nues.

« Donc mettons nous en route, la nuit les bois ne sont jamais sûrs. »



Dernière édition par Serafim le Mar 20 Mar - 15:33, édité 1 fois
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Lun 19 Mar - 21:23


    Ce choix qu'il venait de prendre, je voyais bien qu'il fut difficile. Douloureux. Je le regardais du coin de l'œil sans me faire remarquer, constatant avec tristesse, une unique larme rouler sur sa joue. Je me recroquevillais davantage sur moi-même. Je maudissais mon égoïsme, ou plutôt, le sadisme de mon maître. Antiokus, je le savais, devait en passer par là, le malmener, le pousser assez loin dans ses retranchements pour le juger digne de son apprentissage. Je le soupçonnais aussi d'y prendre un plaisir certain, à le torturer de la sorte! Il avait dut tant s'ennuyer, que ce côté taquin prenait le pas sur tout le reste.
    Or, il était un père si protecteur, que je n'avais pas un mot à dire là dessus. Oui, je ne devais absolument pas remettre en cause son autorité, sous peine d'être encore une fois, rudoyée à sa façon. Si le druide ne lèvera jamais la main sur moi, je savais pourtant qu'il était du genre à se servir de ses dons pour me faire constater mes tords. J'apprenais déjà, sans m'en rendre compte tout à fait. Le maître des métamorphoses se redressa sur un bras afin de plonger ses yeux verts dans cette mer sombre, teinte aussi prononcé que l'aile de Morrigan. Son visage n'exprimait qu'une once d'amusement, en témoignait son regard pétillant de malice. Je sus tout de suite à quelle genre de réplique m'attendre.

      ~Je suis peut-être « un monstre » cher Serafim, mais je suis un très vieux monstre, j'ai plus de... -il fit mine de compter avec ses doigts avant de rire- Ah ah! Cela fait des années que je ne compte plus. Mais oui, tu dois avoir raison, je commence à être sérieusement sénile! Tu me pardonneras!~


    Puis, il me fit signe de m'approcher. Avec lenteur, je me redressais sur mes jambes vaporeuses avant de les rejoindre d'un pas dansant. Comme je ne pouvais rien dire sans émettre de drôle de son de clochette, je ne dit rien, m'asseyant entre Serafim et Antiokus. Mélancolique, je penchais la tête sur le côté, priant silencieusement le jeune homme de m'excuser.

      ~Aurora est désolée de t'imposer cela. Elle te remercie seigneur des corbeaux, elle saura, j'en suis sûr, te rendre la pareille un jour ou l'autre. -une pause- Serafim, il est vrai que je commence à te faire confiance, assez pour que tu suives nos traces, ferait-tu la même chose pour moi? M'accorderais-tu ta confiance?~


    Je le vis détourner ses prunelles d'encre vers la direction indiquée par le druide. Regrettait-il déjà ses paroles? Secouant légèrement ma tête, mes cheveux emportés dans ce mouvement, j'approchais une main qui se voulait rassurante vers son épaule dénudée. Mes doigts n'attrapèrent que du vide, ne faisant que traverser la chair sans la toucher. Surprise, je retirais vivement ma main, la portant à mon cœur. Antiokus me regardait sans mot dire. Je compris que c'était là encore un effet de ma forme éthérée. Ma bouche s'entrouvrit et un soupir cristallin s'en échappa.

    De nouvelles paroles, qui me réconfortèrent quelque peu. Enfin, j'essayais de lui sourire tâchant de dissimuler ma frustration. J'accueillis ces mots avec gratitude, une joie fausse, feinte. Quand j'entendis le chant des corvidés, mon cœur se mit à battre un peu plus fortement. Eux aussi semblaient m'encourager dans cette voie. Je me redressais en même temps que mon maître et le jeune brun. Mes pieds se détachèrent du sol, et je m'envolais pour m'installer sur une branche, aux côtés des oiseaux qui sautillaient sur place. Morrigan et Corvi, posés sur les épaules de Serafim m'adressaient leurs salutations avec force de coassements. Je fis signe de la main, avant de hocher le menton. Il avait raison, les forêts n'étaient pas sûrs, la nuit.

    La lune projetait ses rayons aux alentours, colorant le tronc des arbres et leurs feuilles, d'argent. Moi, je restais un peu en retrait, les mains derrière le dos, les suivant sans rien dire, perdue dans mes pensées. J'appréhendais quelque peu cette renaissance, même si je savais à peu près comment elle se déroulerait... Cependant, je savais aussi que je n'étais pas à l'abri d'un éventuel incident. Le druide m'avait mit en garde par la pensée, et, déambulant derrière eux, je continuais à songer à ce discours muet.
    Là, peu à peu, à la faveur de cette nuit noire, nos silhouettes se confondaient avec l'ombre des arbres. Je glissais comme un spectre dans cette herbe tendre, nullement perlée encore de gouttes de rosée. Nous devions arriver avant l'aube, et Antiokus semblait avoir omis de spécifier ce petit détail au disciple des corbeaux. Peut-être ne voulait-il pas l'inquiéter outre mesure? Qu'importe, avec mon maître à nos côtés, rien ne pourrait nous arriver.

    ~Nous approchons du Lac, Serafim, pourrais-tu?~ lui demanda Antiokus en se tournant vers l'ancien chevalier d'Athéna. Avec une précaution toute particulière, il prit mon corps dans ses bras. Sur ce, il reprit sa route tandis que le premier rayon de l'astre du jour tomba devant sa personne, m'aveuglant du même coup. Aussitôt, je me sentis... presque oppressée. Je compris après coup que le soleil venait d'effacer ma présence et qu'il serait impossible pour le jeune homme de me voir. Les yeux plissés, j'avançais jusqu'à distinguer les berges scintillantes du Lac.

    Cette vaste étendue d'eau limpide, je l'avais déjà vu en rêve. Contemplée maintes fois sans savoir si c'était là le fruit de mon imagination.

    Antiokus, sans plus attendre, déposa mon corps dans l'eau. Je pouvais sentir sa froideur, et cette sensation me surpris. Instinctivement, j'entrais moi aussi dans l'eau, restant proche de mon enveloppe charnelle. Je regardais mes cheveux sombres s'éparpiller autour de ma tête comme la corolle d'une fleur.

    Poupée délicate et fragile.

    Je constatais en même temps avec stupéfaction, la pâleur extrême de ma peau en tout point similaire à ma robe diaphane. J'arborais la couleur de la mort. Un dernier regard pour Serafim, et je plongeais la première en eau trouble. Antiokus laissa mon corps s'enfoncer dans la noirceur.

    Dériver, couler.

    Je me vis toucher le fond du lac avec tant de légèreté, qu'en cet instant, je me comparais à une plume frôlant le sable fin. Je pouvais presque sentir sa douceur sous mes doigts...
    De fines bulles, les dernières, s'échappèrent de ma bouche pour rejoindre la surface. J'expirais mon dernier souffle.
    Je me voyais mourir sans que je puisse faire quoi que ce soit. J'étais emportée aux portes du Sidh. Je glissais dans l'oubli. Entrevoyant avant de fermer les paupières, un éclat rouge. Sanguin.

    Disparaître.


    ~°~ ~°~ ~°~

    Le regard de jade du maître étudiait avec calme, la surface de l'eau, parée d'un millier d'étoiles brillantes. Étaient-ils arrivés trop tard, trop tôt? Il n'aurait sut le dire. «Elle», pouvait elle aussi se montrer capricieuse, voire farceuse. Les traits de son visage jusque là détendus, se crispèrent par la contrariété. Il murmura entre ses dents, dans la langue druidique : ~ Nid rhywbeth yn "hi" y dylai fod wedi gwneud amser maith yn ôl ... ~ [Quelque chose ne va pas, «elle» aurait dut déjà la faire revenir].
    Il jura, avant de faire volteface et demander à Morrigan de déployer ses ailes. La corneille s'en fut, disparaissant dans le ciel. D'un geste hâtif, le druide se débarrassa de son ample manteau, ses bottes, prêt à aller la secourir.

    Un bruit le stoppa net, le figeant dans une position cocasse.
    Le chant du vent marqua le prélude de sa sortie des eaux. La première chose qu'elle fit en émergeant la tête hors de l'eau, fut de prendre une grande inspiration.
    Silhouette courbée en arrière, les cheveux rejetés sur son dos, comme tordue par une douleur inquisitrice, Aurora criait silencieusement, saluant le soleil. Ce dernier se réveillait, étendait ses couleurs radieuses dans le ciel encore assombrit par la nuit.
    Rejoindre la rive fut un bien pénible effort pour la jeune femme. Pourtant, vue de l'extérieur, il n'y paraissait rien, bien au contraire. Ce fut avec une grâce sans pareille, qu'on ne lui connaissait pas, que la druidesse s'avança vers les deux hommes.
    Sous le regard médusé d'Antiokus, ce dernier redécouvrit son élève sans dissimuler son émerveillement. Enfin, sa petite faie paraissait à lui.

    Nimbée de la lumière douce et naissante du soleil, la jeune fille, même si on la reconnaissait sans trop de mal, avait changé.
    Elle en était ressortie grandit : en témoignait ses courbes plus harmonieuses, son port davantage altier, le galbe de ses hanches, de ses cuisses, de sa poitrine et de sa taille, souligné par sa mise collée à sa peau d'ivoire. Si l'on entrevoyait la blancheur de ce corps, qu'on en devinait la douceur, cette nudité suggérée était dissimulée par ses si longs cheveux noirs. Son regard azur, épargné par cette métamorphose, rehaussait encore plus, son côté mystique.

    Le druide comprit, il devait la rejoindre, «elle». Le druide prenant sa forme de faucon, s'envola à son tour, frôlant au passage de son aile, l'épaule dénudée de la jeune femme. À ce contact, Aurora frissonna, enserrant ses bras autour d'elle comme pour se protéger. Puis, soudainement tremblante, la jeune brune s'effondra à quelques pas de Serafim, tandis qu'une autre, sortait de l'ombre des arbres.

      «Serafim?»
    souffla la douce Thalia au cheveux d'or s'arrêtant brusquement, figée par cet étrange spectacle qui s'offrait à ses yeux bleus.


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Serafim


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mar 20 Mar - 15:29

L'atmosphère semblait se détendre un peu. Les relations entre le druide mystérieux et Serafim, bien qu'elles étaient loin de virer à la franche camaraderie, s'étaient apaisées. Serafim sourit même au trait d'humour d'Antiokus. Le roux avait l'air plus jeune que lui, mais il s'exprimait comme un ancien. L'important était de déterminer, si cet âge avancé était vraiment synonyme de sagesse, ou de sénilité comme il l'avait insinué avec légèreté. Mais s'il ne s'agissait pas que de sénilité, mais plutôt d'une folie furieuse, que faire dans ce cas ? Cette réflexion conditionnait la réponse du dresseur de corbeaux qui répondit avec prudence au druide.

« Est-ce que je te ferais confiance ? »

Il resta silencieux, en regardant la belle endormie qu'il tenait dans ses bras. Il appréciait tellement le contact de la peau douce d'Aurora contre la sienne, qu'il souhaitait que ce moment se prolonge pour l'éternité. Seulement la femme qu'il tenait et la silhouette éthérée qui flottait autour de lui, devaient fusionner en une seule entité. Aurora devait renaitre et le seul être capable de superviser cette genèse était Antiokus. Donc qu'il le veuille ou pas l'avenir d'Aurora était entre ses mains et donc par extension, Serafim lui accordait une once de confiance.

« J'arpente un sentier que je ne connais pas, je suis un peu comme aveugle et toi tu es la voix qui me guide à travers l'obscurité. Je ne pourrais pas progresser sans te faire confiance Antiokus, mais je t'avouerais que je n'apprécie pas tes méthodes. »

Ceci étant dit, l'ancien saint entama la route du lac, tout en gardant un œil sur la forme éthérée d'Aurora. Cela le déplaisait qu'elle ne puisse pas s'exprimer verbalement, mais son sourire crispé était éloquent. Serafim devinait une certaine appréhension chez elle. Pour l'athénien, les choses n'étaient pas différentes. Au fur et à mesure que le parfum tenace des renoncules envahissait l'air, signe qu'il se rapprochait du lac, son cœur s'emballait. Il en avait la certitude, il allait être le spectateur privilégié d'un phénomène surnaturel. Et quand le corps inerte de la jeune brune s'enfonça dans l'eau endormie du lac, Serafim retint son souffle pour accompagner cette immersion rituelle.

Combien de temps tout cela allait durer ? Les secondes défilaient aussi lentement que des siècles et à plusieurs reprises, il dut se faire violence pour ne pas plonger à la rencontre de la jeune femme de plus les traits tendus du druide ne la rassurait pas. C'était la première fois qu'il voyait Antiokus ainsi, pourtant il ne bougeait pas, Serafim décida à contrecœur de calquer son attitude sur la sienne.

Il fit le bon choix ! En récompense à ces longs moments d'angoisse, il eut le plaisir de voir ressortir de l'eau aux reflets argentés, une Aurora métamorphosée. Il n'était pas difficile pour le maitre des corbeaux de reconnaitre le regard azur de la petite dame du matin. Il s'était noyé tellement de fois dans la profondeur de ces océans de douceur, avait convoité si longtemps ses joyaux qu'il avait la prétention de pouvoir les reconnaitre même perdus dans l'immensité du ciel.

« Aurora ! »

Elle apparaissait vêtue d'un manteau d'érotisme qui ne laissa pas indiffèrent le jeune homme, mais le temps n'était pas à la contemplation. D'un bond leste, il partit à la rencontre d'Aurora qui s'était effondrée. Il fut trop rapide pour entendre l'appel de Thalia. La pauvre que devait-elle penser en voyant Serafim prendre dans ses bras le corps mature d'Aurora qui débordait de sensualité.

Averti par le croassement de Corvi, il se retourna et constata que la jeune femme aux cheveux d'or l'observait.

« Thalia ? Mais que fais-tu ici ? »

Ce fut les premiers mots qui sortirent de sa bouche à l'adresse de la jeune femme. Cette rencontre il ne la souhaitait pas et il la redoutait. Comment allait-il expliquer son abandon. Agacé Serafim chercha du regard le maitre des illusions, mais apparemment il s'agissait bien d'un être de chair et de sang qui lui parlait et non d'une image rémanente. Il aurait préféré. Les illusions au moins de souffrent pas !

« Il ne faut pas que tu restes ici, va-t’en ! » Lança-t-il sèchement.

Telle fut la tentative ridicule de l'athénien pour faire rebrousser chemin à la curieuse Thalia, mais il la connaissait depuis l'enfance, il savait que c'était inutile. Serafim n'avait fait que souffler sur les braises de la curiosité de la blonde.
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mar 20 Mar - 21:28


    Certes oui, si la jeune blonde avait un défaut, c'était bien celui-ci, la curiosité. Après tout, les hommes n'étaient-ils pas le plus souvent animés par ce concept? Enfant, la douce Thalia avait été irrémédiablement attirée par le garçon aux corbeaux. Quelque chose en lui avait éveillé en elle une vive émotion, et en cet instant, même lorsqu'elle vit le corps d'Aurora étroitement serré contre celui de Serafim, ce quelque chose existait encore, faisant battre son cœur à tout rompre. Aveuglée sans nul doute par ce sentiment si puissant, la belle ne vit là qu'en la personne d'Aurora, une jeune femme probablement blessée. Elle n'en avait pas vu assez pour regarder au delà. Malgré les apparences, Thalia, inconsciemment, préféra ignorer cette évidente vérité. Sans un bruit, la jeune femme les avait suivit, les ayant surpris il y a de cela quelques heures maintenant. Une prémonition l'avait assaillit, et elle remerciait le ciel de revoir enfin celui qui faisait battre son cœur. Sa raison d'être. Elle l'avait tant attendue! Chaque jour, chaque nuit, elle n'avait eu de cesse de l'attendre, d'espérer son retour, de le voir franchir le seuil de sa vieille chaumière délabrée que la douce jeune athénienne avait prit soin de préserver. Tout cela dans l'espoir de le revoir paraître devant elle, qu'il plonge ses yeux sombres dans les siens.... qu'il la prenne dans ses bras et...

    Surprise par la réaction du saint, qui par ailleurs, ne portait plus son armure, constata t-elle avec étonnement, la jeune fille fronça les sourcils, avant d'avancer de quelques pas. Son regard azuré fut une nouvelle fois attiré par ce visage délicat, cette chevelure pareille aux plumes d'encre des compagnons du jeune homme. Qui était-elle, et plus important encore, que lui était t-il arrivé? Que leur étaient-ils arrivés? La blonde avait pourtant eu échos d'un affrontement opposant les Enfers et la Chevalerie d'Athéna... or que faisaient-ils ici? Si loin du champ de bataille? La belle athénienne ne comprenais pas et le ton sec qu'employait le dresseur des corbeaux la complaisait à croire que quelque chose n'allait pas.

      Pas du tout. Sa gentillesse et sa naïveté s'exprimèrent quand la douce fille déclara : «Serafim... je vois bien que cette jeune fille est blessée, ce n'est pas prudent de la laisser ainsi trempée, il fait froid tu sais.»

    S'approchant doucement, elle dénoua le châle qui drapait ses épaules et alla recouvrir la brune dans un geste protecteur, vraiment sincère. Si tendre et généreuse était la douce Thalia aux cheveux d'or! Elle tenta de croiser le regard du brun, mais elle n'arrivait pas à lire dans ces derniers. Il semblait lui aussi si fatigué! Ses vêtements sales et déchirés le prouvait. Aussi, elle ne lui laissa pas d'autre choix que de celui de la suivre.
    Elle le guida à travers bois, s'assurant de ne rencontrer personne. Aucuns bruits, sauf le chant mélodieux des oiseaux. Sans mot dire, elle entraîna le couple jusqu'à l'ancienne demeure de son ami d'enfance.

    «Nous y voilà!»

    Après avoir fait grincer la porte en bois, Thalia les laissa entrer. Depuis tout ce temps passé ici, seule, Thalia s'était affairée à tenir la maisonnée en ordre, la rendant de surcroit, plus agréable. Ça et là, des fleurs embellissaient la pièce principale baignée dans une douce lumière dorée, pâle. Sans plus attendre, la jeune fille aida Serafim à installer la blessée dans l'unique chambre. Étendue dans le lit, Thalia ne put s'empêcher de trouver Aurora, si belle ainsi assoupie. Elle ressemblait à l'une de ces créatures féerique qui peuplaient les bois de Brocéliande! Oui, une magnifique faie aux cheveux noirs et au teint de porcelaine. Si belle, presque irréelle, mais bel et bien faite de chair et d'os.

    «Qui est cette Dame Serafim?»
    déclara t-elle en entraînant le jeune homme par le bras. Tandis qu'elle fouillait plusieurs tiroirs à la recherche de vêtements, Thalia jetait parfois, des coups d'œil furtifs à l'intention du jeune brun. Tant de questions lui venait à l'esprit, véritable tourbillon qui la déroutait.

    «Je reviens Serafim...» se contenta t-elle de lui dire en passant à côté de lui, laissant dans son sillage, un parfum frais et délicat, semblable à la rose. Quand elle revint après avoir déposé non loin d'Aurora des habits secs, Thalia regarda le Saint avec intensité. Ses prunelles vibrèrent d'émotion.

      «Je suis si contente de te revoir. Vas-tu rester à mes côtés cette fois?»


    C'était là son désir le plus cher. Ne résistant pas aux émois de son être, la belle alla se blottir contre le torse encore dénudé de son ami. Cette chaleur, cette peau douce sous ses mains, elle avait tant rêvé de ce moment. Levant son visage vers lui, les yeux perdus dans l'immensité de ce regard sombre, elle lui murmura avant d'enlacer sa taille de ses bras.

      «Ne m'abandonne plus... s'il te plaît...»


    Un premier baiser timide. Ses lèvres ne firent qu'effleurer la peau de Serafim, cherchant cette bouche ardemment désirée. Enfin, elles fusionnèrent avec volupté. Juste quelques instant, avant que la blonde ne viennent en déposer un autre au creux de son cou. Elle était si heureuse...
    «Je t'aime tant Serafim et je sais que tu m'aimes aussi... que tu me désires... je suis toute à toi. -souffla t-elle éperdue, à son oreille, ses joues se teintant de rouge- plus rien ni personne ne pourra nous séparer... je suis à toi.»

    D'un geste tout d'abord hésitant, légèrement tremblotant, la blonde recula de quelques pas et commença à déboutonner son corsage. Le tissu de sa robe bleu nuit glissa le long de ses épaules, révéla la blancheur exquise de ses jeune seins. Il dessina ensuite la courbe délicate de ses reins avant de se répandre avec délicatesse, sur le sol. Jeune femme dans la fleur de l'âge, elle paraissait si fragile ainsi sous la lumière crue du jour naissant. Si désirable pourtant. À nouveau, Thalia mue par une détermination sans faille, s'approcha sensuellement de son aimé.

    Un dernier murmure alors que ses mains guidèrent celles du dresseur des corbeaux dans son dos, lui laissant tout le loisir de profiter de la douceur de ses longs cheveux pareils à un champ de blé.

      «Alors prends moi.»
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Serafim


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mer 21 Mar - 4:37

Oui ! C'est vrai ! Aurora avait besoin de repos et son domicile constituait un abri idéal pour lui permettre de recouvrer des forces en toute quiétude. Non! Foutaises ! Ce n'était qu'un prétexte. Un alibi odieux pour justifier sa couardise devant un cas de figure qui le mettait mal à l'aise. Serafim n'avait pas le courage d'avouer à Thalia ce qui se tramait dans ce lac placide. Ainsi lâchement il accepta l'offre de la blonde, maudissant son manque d'honnêteté. Pourtant, les choses auraient pu être simple s'il avait fait preuve de franchise, il se doutait que plus il attendrait et plus le moment de la révélation sera douloureux. Cependant, il garda le silence tout le long du sentier sinueux qui menait à la vieille maison.

Revoir les planches ravagées par le temps réchauffa son cœur. Une atmosphère saine flottait désormais entre les murs de ce bâtiment qui jadis avait été le théâtre d'un massacre sanglant, celui de sa famille. Tout cela était l'œuvre de Thalia qui comme le soleil de printemps avait apporté chaleur et réconfort dans son quotidien bien sombre.

Thalia ! O douce Thalia !

Aussi loin que sa mémoire pouvait se souvenir, il voyait les fins cheveux tissé d'or de la jeune fille danser aux quatre vents. Cette fille avait toujours été présente dans son passé, seulement elle n'avait plus sa place dans son futur. Le dresseur de corbeau se sentait ignoble, mais les choses étaient ainsi ou plutôt il aurait souhaité qu'elles soient aussi simples. Quand son regard avait croisé celui de Thalia, il avait senti son coeur battre différemment. Son sang semblait même s'être réchauffé, pourtant c'est l'image d'Aurora qui s'imprimait continuellement dans son esprit. Qu'est-ce que tout cela voulait dire ? Le dresseur de corbeaux nageait en pleine confusion, emporté par un courant dont il n'arrivait pas déduire l'origine. Pourquoi a-t-il fallu que Thalia apparaisse ici ?

Le renégat du sanctuaire profita de l'absence de la maitresse de maison qui s'occupait d'Aurora pour changer de vêtement. Bien qu'il était protégé par une coque d'Orichalque pendant son combat, les projectiles véloces de la belle rousse avaient réussi à déchirer l'étoffe de ses habits et particulièrement son haut. La pièce de tissu venait à peine de quitter son corps qu'il sentit la volupté féminine de Thalia épouser sa peau dans un alliage charnel parfait. Thalia réclamait des choses que Serafim ne voulait pas lui offrir. Il aurait été facile pour lui de se défaire de cette étreinte si cajoleuse, mais à sa grande honte, il constata que son corps quémandait ce doux contact si enjôleur. Et sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, comme hypnotisé par la voix mielleuse de la blonde, Serafim se laissa gagner par la luxure.

«Alors prends-moi » La dernière phrase surprit le jeune athénien. Que faire après une telle déclaration d'amour si passionnée ? Que faire devant ce corps nu si parfait, véritable appel au plaisir charnel ? Elle s'offrait littéralement à Serafim, se soumettant aux instincts primaires de l'homme. Le dresseur de corbeaux laissa ses doigts dessiner des arabesques sur la peau douce de Thalia. Sensation inédite et agréable. La main inexpérimentée du jeune homme épousa le galbe de la descente de rein de sa partenaire, tandis que ses lèvres se posèrent sur leurs voisines en un baiser langoureux pendant quelques secondes.

C'était si agréable de se laisser succomber à l'appel du corps, enivré par les senteurs florales qui émanait de ce corps tiédi par l'envie. Si agréable et si facile, mais le disciple des corbeaux renonça alors que l'extase commençait à mettre en ébullition son sang ! D'un geste violent il repoussa la frêle Thalia, il venait enfin de se rappeler la promesse qu'il avait faite à Aurora.

« Non ! Nous ne pouvons pas faire ça ! Je ne peux plus t'offrir ce que tu attends, cet amour appartient à quelqu'un d'autre dorénavant. »

Son regard se tourna alors vers la pièce ou se reposait Aurora.

« Je l'aime et je veux passer le reste de mes jours avec elle. »

Serafim savait pourtant que ce sentiment n'était peut-être pas partagé, mais qu'importe, il comptait bien vivre et mourir pour l'ancienne représentante d'Irmisul.

« Thalia il faut que tu saches que j'ai déserté le sanctuaire et que je vais devoir »

Il se reprit

« Qu'Aurora et moi, allons devoir partir loin d'ici, pour une longue période. »

Il ramassa la robe légère de la jeune femme et la posa sur ses épaules blanches dans le but de cacher sa nudité.

« Le Serafim que tu connais est mort, oublie moi, hais moi s'il le faut, mais n'espère pas avoir un avenir à mes côtés. »

Ce qu'il faisait ne lui plaisait pas. Il savait qu'il faisait souffrir la personne qui avait toujours été à ses côtés, celle qui l'avait toujours soutenu et qui avait été la première à accepter ce don que tous identifiaient à une malédiction. Il se sentirait peut-être moins coupable si la blonde lui en voulait.
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mer 21 Mar - 11:31



    Sentir ses doigts courir tout le long de son corps svelte et parfumé lui arracha un frisson de plaisir. En cet instant, la belle Thalia n'avait d'yeux que pour son ami d'enfance, son confident, son aimée et bientôt, son amant. Elle pouvait ressentir son désir mal-contenu, la fièvre qui grimpait en lui, il brûlait d'envie pour elle et Thalia se sentait prête. Cette main posée maladroitement dans le creux de ses reins, ce regard tremblotant, Serafim succombait à la volupté. À l'appel des corps. Dans ses rêves les plus fous, la jeune femme s'était maintes fois imaginée perdue dans ses bras, lovée contre son torse musculeux, portée dans ses bras puissants. Embrassée encore et toujours tandis qu'ils se laisseraient emportés dans leurs élans amoureux.
    La blonde ferma les yeux pour mieux profiter de ces délectables caresses, s'enivrer. Quand brusquement, il la repoussa.

    Rejetée, encore?

    Cette brutalité, qu'elle ne lui connaissait pas, fit immédiatement venir des larmes à ses yeux. Ses paroles, la figèrent sur place. Il? Il.... Il ne l'aimait plus? Non, la jeune athénienne ne pouvait y croire! Elle avait mal entendu! Il ne pouvait faire preuve d'un tel égoïsme! Elle qui l'avait toujours soutenue depuis le meurtre de ses parents... Premier poignard.

    La deuxième lame s'enfonça plus profondément dans ses chairs quand Serafim lui révéla son amour pour une autre. Il ne se peut, ne cessait de crier son cœur éperdu. La blonde secoua la tête en reculant d'un pas, le plancher grinça et ses yeux bleus se tournèrent aussi dans la même direction que celle du renégat. Cette femme. Troisième coup de poignard. Ce qui lui fit le plus mal furent les dernières paroles de son ami. Ce qu'elle avait donc redouté se réalisait.

    Non.

    C'était à cause de cette femme! Elle l'avait ensorcelé! Prise d'une envie irrésistible de rire, la jeune femme ne put s'en empêcher. Thalia ria aux éclats, comme si ce qu'il venait de lui dire était des plus risible.
    Cela avait presque marché. Cette sorcière avait faillit la duper. Or, elle le connaissait mieux que quiconque, c'était à elle que revenait le privilège de son amour, de ses caresses, de ses baisers...

    «Tu mens, elle te manipule!» cria t-elle à son adresse, hystérique. Bien sûr! Cette scène qui se déroulait lui échappait, pourtant, Thalia se persuadait qu'elle était fausse. Rien qu'une vaste mise en scène érigée par cette femme aux cheveux si noirs! Déjà elle la détestait.

    Faisant mine de se calmer, la douce Thalia dissimula sa nudité avec la pièce de tissus bleu-nuit que l'homme venait de lui rendre. Un sourire s'épanouit. Seuls ses yeux voilés trahissait le fait qu'elle commençait à tutoyer la folie.
    Elle marmonnait des propos incompréhensibles, inaudibles, Thalia cherchait quelque chose du regard... D'un geste timide, et faisant mine de recouvrer une once de pudeur, la naïve Thalia demanda au dresseur des corbeaux de se retourner. Alors, d'un élan véloce, guidée par une idée vengeresse, elle s'empara d'un couteau avant de courir dans la chambre où reposait Aurora.

    Aurora!

    ~°~ ~°~ ~°~

    La jeune femme sommeillait, étendue dans un lit. Un rayon de lumière tombait à l'oblique sur son visage aux traits reposés, détendus. Elle l'était, et ce jeu de lumière ne semblait pas la gêner outre mesure. Pour la première fois depuis longtemps, son repos n'était pas perturbé par des rêves, qu'importe leur nature. Pourtant, cet éclat rouge qu'elle avait entrevu avant de sombrer, s'était imprimé dans son esprit, elle l'avait vu. Celle qui peuplait les fleuves. Une habitante des eaux. Sa voix n'avait eu de cesse de lui chuchoter des paroles dans sa langue maternelle...

    Aurora.

    Encore? La douce brune s'agita légèrement sur sa couche alors qu'une ombre menaçante glissait vers elle, cachant la lueur du jour. Un autre voix s'installa dans son esprit.

    Aalanna.... où es-tu?

    La lame aux reflets d'or, brandie bien haut, s'affaissa d'un geste vif. Aurora!

    Ses yeux s'agrandirent quand elle sentit la morsure de l'arme. Déjà, elle sentait son sang ruisseler sur sa peau marmoréenne. Si chaud, alors qu'Aurora avait si froid. Thalia, elle, la regardait avec mélange d'étonnement et d'aliénation. Redressée, Aurora avait attrapé in-extremis l'objet de cette frénésie grandissante. Sans dire un mot, la brune resserra sa prise, laissant son sang salir le plancher.
    Des coassements. D'abord, chant anodin, lancé à l'adresse du ciel, puis se faisant crescendo, la voix des charognard emplir les alentours avec force. Méconnaissable, la petite dame du matin représentait la froideur même. Elle incarnait l'exact opposé de la blonde. Effrayée par cette aura glacée, elle recula, lâchant son arme qui tomba au sol dans un son métallique. Comme une réponse à ce bruit, la jeune femme ouvrit la fenêtre.

    Innombrable, des centaines et des centaines de corneilles s'engouffrèrent dans la pièce en battant furieusement des ailes. Morrigan à leur tête, celle-ci se posa sur l'épaule de sa maîtresse qui lui accorda une caresse. Tâchant au passage, son plumage obscure de vermeil. Comme tribu.
    «Non!» s'écria la pauvre femme en tombant à genoux. Mais rien ne vint. D'une démarche souple, féline, Aurora s'approcha d'elle avant de prendre son visage entre ses mains. Penchée vers elle, elle lui souffla ces mots, qu'elle seule pouvait entendre : «Je prendrais soin de lui. Maintenant, oublie.»

    ~Anghofiwch!


    L'excitation des corvidés était palpable. Or, elle ne leur permit pas d'intervenir. Une onde de cosmos pure traversa la jeune femme qui tombant en arrière. La rattrapant, Aurora serra ce corps nu dans ses bras. Les yeux baissés, à demi-clos, elle appela son maître d'une voix brisée. Antiokus, sous sa forme de faucon et perché non loin, se matérialisa derechef pour emporter le corps inerte de la jeune fille. En passant à côté du disciple des corbeaux, il lui dit d'un air grave.

    ~Elle n'a pas eut le choix... Tu lui avait révélé son nom. Maintenant, elle à tout oublié, jusqu'à ton existence. Ton dernier lien avec ce Monde vient de t'être ôté, réjouit toi.~


    Il disparut dans une volute de fumée noire, les laissant de nouveau seuls. Silencieusement, la druidesse se releva pour aller s'assoir sur le rebord de la fenêtre. Une brise légère soufflait d'une façon agréable dans ses cheveux. Séchant ses larmes amères qui glissaient sur ses joues pâles. Les paumes de ses mains tournées vers le ciel, et profondément entaillées, la belle regardait ces dernières sans sourciller.

    «Pardonnes moi Serafim...» lui dit-elle en plongeant ses yeux clairs dans les siens. Désemparée.
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mer 21 Mar - 20:00

La réaction hystérique de Thalia surpris le jeune homme. Il s'attendait à tous sauf à ce que cette dernière envisage d'attenter aux jours d'Aurora qui paisiblement profitait d'un sommeil réparateur. Il fallait qu'il l'admette, il avait été trop brusque en rejetant l'amour sincère de la petite blonde et en plus en lui désignant sa rivale. Le sot ! Il devait pourtant se rappeler de l'envie meurtrière qui avait investi son esprit, quand il comprit que les liens qui unissaient Kappa et Aurora étaient peut-être d'une autre nature que de la simple amitié. Tout comme la jeune blonde, il avait souhaité déchirer de ses propres mains le cœur de son rival et l'offrir en pâture à ses corbeaux. S'il ne n'avait pas mis en exécution ses sombres desseins, c'est surement à cause d'une once de lucidité qui lui permettait de garder le contrôle de ses actes. Malheureusement Thalia semblait avoir perdu cette raison et cette douceur qui lui était coutumière. L'ange doré s'était métamorphosé en Harpie et elle réclamait le sang de la belle brune endormie.

Heureusement ce projet sanglant ne se réalisera jamais. L'ancienne Asyne s'était éveillée à temps pour empêcher la lame de faire son funeste office. Aurora, s'était réveillé encore plus belle et forte que lorsqu'il l'avait vu dans ce lac. Elle avait changé physiquement c'était indéniable, mais en sus il percevait aussi quelque chose de diffèrent dans sa manière de faire. Et qu'avait-elle bien pu souffler à Thalia. Assez près pour voir ses lèvres délicates bouger, mais trop loin pour entendre la douce voix de la brune, il tenta en vain de questionner les corneilles qui assistaient à la scène tout comme lui. Les complices d'Aurora avaient décidé de rester muets.

Dommage, mais le principal était que tous les protagonistes s'en tire indemne. Quand Antiokus finalement fit son intervention, Serafim fut étrangement soulagé du dénouement de la situation. Thalia allait l'oublier et c'était surement la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Seulement, le dresseur de corbeaux ressentait un peu de pitié pour cette jeune femme qu'il avait repoussé si violemment alors qu'elle ne demandait qu'à être aimé. Il redoutait aussi de subir un jour le même sort. Et si finalement, Aurora n'acceptait jamais son amour ? Que deviendrait-il alors, serait-il atteint de démence, se perdrait-il dans un labyrinthe de folie furieuse ? Il ne pouvait pas s'empêcher de penser à sa vie future s'il avait accepté de partager sa vie avec Thalia. Peut-être aurait-il pu connaitre une existence heureuse, comme celles qu'il enviait jadis en voyant ces enfants accompagner leurs parents, sur la place du marché.

Non ! Même s'il ne pouvait contrôler ses larmes, il savait qu'il avait pris la bonne décision. D'un pas timide, il rejoint la belle Aurora qui s'épanouissait comme une fleur sous les premiers rayons de soleil. Une fleur teintée de sang.

« Tu n'as pas à demander pardon. Je suis responsable de tout cela. »

Avec tendresse il recueillit la main blessée de la fille à la corneille et l'examina avec attention. Ses larmes chaudes diluèrent le sang qui s'écoulait lentement sur le sol comme une pluie écarlate.

« C'est à moi de te présenter des excuses, pour ce que tu viens de subir ! Une fois de plus je suis à l'origine de tes blessures. »

Les enfers et maintenant ici. Serafim avait l'impression que depuis qu'il avait décidé de suivre Aurora, elle était constamment en danger et cela l'inquiétait. Pour arrêter l'hémorragie de ses entailles, l'Athénien déchira dans le drap en lin qui reposait sur la couche, quelques bandelettes qu'il allait utiliser comme pansement.

Il s'agenouilla et commença à bander la plaie désormais lavée par ses larmes. Ses gestes étaient méticuleux et précis. Doux et presque imperceptibles.

« J'ai peur Aurora ! J'ai peur de ne pas pouvoir assumer l'ensemble de mes choix. J'ai peur de devoir blesser d'autres personnes, mais ce que je redoute le plus c'est de te décevoir comme je l'ai fait pour Thalia et ainsi de trahir ta confiance. »

Il pensait évidemment à Thalia dont la vie sera perturbée à jamais, emportée dans un nuage mystique crée par Antiokus. Qu'adviendra-t-il d'elle maintenant ? Serafim soutint le regard azur de la belle. Ses yeux d'onyx brillant sous l'effet des larmes réclamaient un geste, une parole, n'importe quoi, qui pourrait chasser cette sensation désagréable et apaiser ce sentiment de culpabilité qui déchirait son cœur.
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Ven 23 Mar - 0:17

    Sa silhouette figée à l'instar d'une statue de marbre blanc, chichement éclairée par un rai de lumière clair et diffus, la rendait plus fragile que jamais. Cette froideur qui l'avait tantôt investie s'était volatilisée, laissant place à une fragilité touchante. Aurora, aussi ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable. Il aurait put être si heureux avec cette douce femme. C'était sa faute si elle fut précipitée dans les bras de la folie. Si la dame du matin n'avait pas croisé la route de Serafim, rien de tout ceci se serait déroulé.
    Coupable de sa déchéance.
    De sa perdition. Comme Aurora se sentait égoïste ! Et quand le jeune homme déclara qu'il était le responsable de toutes ces mésaventures, son cœur s'accéléra et ses yeux se détournèrent vers le ciel qui, peu à peu, se teintait de bleu. Pur.
    Le doux Zéphyr soufflait une brise agréable, chargée d'un parfum enivrant, mélange de pin et de mousse sauvage. Véritable bénédiction pour elle qui ne supportait pas de ressentir tant de souffrance. Celle-ci débordait du cœur de Serafim, et aveuglait son jugement. Non, il n'était pas l'origine de ses blessures, non, il ne lui devait aucunes excuses... et non une fois encore, il n'avait pas à avoir peur. Aurora le savait sincère. Cette sincérité la touchait beaucoup.

    «Tu es le seul en qui je peux avoir confiance désormais.»
    lui dit-elle en le regardant s'agenouiller face à elle. Ses yeux, deux pierres sombres, captivait sa vision, et elle pouvait y lire tellement de choses. Émue par ses gestes, la druidesse se laissa faire. Si protecteur...
    Enroulée dans des bandelettes improvisées, sa paume la faisait souffrir quelque peu, la morsure de la lame avait été bien inquisitrice. Le visage de la blonde lui revint en mémoire.
    Un soupir.
    Da sa main valide, la jeune femme passa ses doigts dans la chevelure de jais du renégat, lui offrant une tendre caresse. Un sourire puis elle se pencha davantage pour lever d'un index, le visage baigné de larmes du jeune homme vers le sien.

    «Heureux... tu aurais put l'être avec elle. Je suis si cruelle de te l'avoir arrachée de la sorte.
    - une pause, visiblement, elle hésitait à dévoiler ses pensées, des paroles très dures- Je... j'aurais non pas dût la laisser partir, effacer sa mémoire, mais... la tuer de mes mains. Elle aurait put être l'objet de notre perte. J'ai décidé de la laisser en vie, pour toi.»

    Un acte ignoble, un meurtre. Mais on lui avait soufflé cet ordre, que sciemment, elle avait décidé d'ignorer. Une fois encore elle s'était montrée désobéissante. La peur ? Bien sûr, elle l'appréhendait chaque minute un peu plus. Seulement, la présence du jeune disciple des corbeaux la rassurait. Pour quelle raison ? Elle l'ignorait.

    «Je suis égoïste. Je te prive de la vie que tu as toujours souhaité avoir. Je suis incomplète. Inexpérimentée. J'ai tellement à apprendre et moi aussi, je l'avoue, j'ai peur de l'inconnu. Si peur.»


    Toutes ses corneilles perchées un peu partout coassèrent à son adresse. Une leçon se voulant moralisatrice. Elles lui intimait de ne pas se questionner davantage. Et elles avaient raison. Pourquoi craindre le futur ? Surtout quand ce dernier était pleins de promesses ? La jeune femme venait de tout effacer, tout délaisser. Pour tout recommencer. N'était-ce point là une véritable chance ? Mais... que ce serait-il passé si Antiokus n'était jamais entré dans sa vie ?

    Assurément, elle serait encore en Enfer. Asyne. Et lui ? Lui sans aucun doute, ne l'aurait pas suivit, n'aurait pas fait le choix fou de risquer sa vie pour elle, pour une chose, une voie qui restait incertaine. Perdue dans les méandres de ses pensées, la jeune brune regarda le linge se teinter de vermeil. Cette blessure à cette main... elle serait un vestige de ce qu'il venait de se passer. L'amour. Ce sentiment l'effrayait. Était-il toujours responsable de telle tragédie ? L'amour, instigateur de la déchéance humaine ? Main de la folie ?
    «Je ne veux pas arriver à de telles extrémités» murmura t-elle pour elle-même, oubliant un bref instant la présence de Serafim. Puis, plus haut, dans un sourire. «Sait-tu ce que j'ai promis à Thalia ? -son air énigmatique révélait une once de malice.- Je lui ais assuré qu'il ne t'arriverait rien, que je veillerais à ce qu'il ne t'arrive rien. Cependant, maître des corbeaux, en contrepartie j'aimerais que tu me parles de toi. Je désire te connaître, après tout, nous sommes des étrangers pour l'un comme pour l'autre.»

    Invitation à la confession. Aurora souhaitait réellement en apprendre davantage sur le jeune homme. «Après tout, compagnon de voyage, de destin ? Ne vas-tu point partager ta vie avec moi lors de ce voyage?»
    Un petit rire et la demoiselle se redressa. Le druide les observait, appuyé sur l'embrasure de la porte, un fin sourire accroché à ses lippes. Quand il ouvrit les yeux, la jeune femme put discerner que ces derniers avaient prit une teinte plus sombre, comme si il était contrarié. Or, il ne laissait rien paraître.
    D'un pas lent, léger, le maître des illusions tourna autour de sa protégée comme le ferait un prédateur. Il l'observait d'un œil critique, tout en marmonnant dans sa barbe. Le rouquin lui demanda de na plus bouger. Immobile, Aurora sentit deux mains se poser au niveau de ses omoplates. La douleur, insidieuse, revint au galop, lui arrachant un gémissement plaintif.

    ~Je comprends mieux à présent ce que la Dame du Lac voulait dire. Pauvre petite faie...~ dit-il en secouant sa tête de droite à gauche, l'air grave. Sur ces mots, il invita le disciple des corbeaux à la suivre dans la pièce voisine tandis que la belle brune se changeait.

    Attablés devant un festin frugal composé en majeure partie de fruits frais, de pain et de fromages, le druide lança à l'intention du jeune homme : «Ne t'en fais pas, j'ai payé tout cela, je ne suis pas un voleur, ni un empoisonneur ! -rire- maintenant... dis moi... hm, ma question pourrait te paraître... étrange mais j'ai besoin de savoir. Pourquoi l'avoir choisit elle ? Et non pas cette douce femme tranquille et sans histoire ? Oh... et ne me sort pas l'un de ces adages dépassés comme «  le cœur à ses raisons que la raison même ignore !» c'est d'un niait !»

    Ses mains frôlèrent le bois foncé de la porte donnant sur l'autre pièce de la chaumière. Vêtue d'une des robes de la jeune athénienne, à son grand damne car augmentant son malaise, la jeune femme n'osa pas faire un pas de plus. Elle leva son regard azuréen devant elle, s'étudiant dans une surface miroitante, lisse et se jugea d'un œil critique mais nouveau. Aurora n'était plus la frêle femme qu'elle était auparavant : cet habit faisait ressortir la finesse de sa taille, ses formes harmonieuses. Devenue... plus... femme. Mais il y avait autre chose. Pivotant sur elle-même, la jeune femme fit voleter son jupon bleu clair et le reste de sa mise aux teintes du même ton allié à du blanc. Habillée à la mode grecque, elle était quelque peu gênée, car dénudée au niveau des épaules et pas assez longue à son goût, arrivant au dessus des genoux. Un peu trop vaporeuse aussi.

    Elle retint finalement son souffle quand elle parut devant Antiokus et Serafim. Le regard fuyant vers ses pieds, et les joues rosies très légèrement. Or, à la vue de se festin, son ventre se prit à gronder comme un chat affamé. Riant aux éclat, le druide se tenait le ventre tant il la trouvait... touchante. Aurora, qui aurait voulut être aussi petite qu'une souris, s'installa à côté de Serafim sans offrir un regard aux hommes. Trop honteuse.
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Ven 23 Mar - 19:13

Les gestes de Serafim se figèrent de déception une fraction de seconde quand Aurora s'excusa de lui avoir ôté la vie qu'il souhaitait. Confus, le maitre des corbeaux, se demandait si la belle aux cheveux sombres, avait bien cerné ses sentiments. La vie qu'il souhaitait était avec elle et non avec Thalia ou une autre femme. C'est pour cette raison qu'il avait renoncé au port de son armure pour la suivre et l'assister dans ses épreuves. Mais le serment de toujours veiller sur lui qu'elle avait fait à Thalia, le rassurait. Peut-être qu'il se méprenait, mais il en déduisait que la jeune femme tenait à lui d'une certaine manière et le désir qu'elle exprimait de connaitre les pans de son passé confirmait cette impression. Autant dire que cela n'enchantait pas trop le dresseur des corbeaux. Qui serait ravi de raconter une existence pleine de couardise ? Il fallait quand même admettre qu'Aurora avait raison. Serafim acquiesça timidement d'un hochement de la tête avant de suivre Antiokus dans l'autre pièce.

Expliquer les raisons de son choix ! Trouver une cause à son amour pour la brune à la corneille ! Antiokus faisait preuve d'une extrême froideur une fois de plus, comment pouvait-il lui demander cela. S'il était humain il devrait savoir que le coeur d'un homme était un livre dont les écrits restaient parfois indéchiffrables, même pour son propriétaire. Les sourcils du jeune homme se froncèrent pour exprimer son mécontentement, sa mâchoire se crispa et son poing se serra. Il n'appréciait pas cette inquisition dans son intimité. Le contenu de son cœur était dédié à Aurora seulement, pas au druide. Pourtant, aussi paradoxale que ça pouvait paraitre, il ressentait le besoin d'en parler et de se confier. Antiokus en confident ? Pas sûr que le roux soit la personne la plus appropriée pour ce genre de dialogue, mais il fallait quand même admettre que peu de gens pourraient comprendre ce qu'il vivait actuellement.

Finalement le dresseur de corbeaux s'installa à la table. Ses victuailles étaient très appétissantes et après son périple en enfer un peu de nourriture était bien venue pour reconstituer ses réserves très entamées après son duel contre l'étoile céleste des ténèbres. Serafim attrapa un fruit gorgés de sucre promesse de plaisirs gustatifs quand apparaissant comme un ange aux portes du paradis, Aurora les rejoignit. Devant cette beauté magnifiquement soulignée par cette robe légère, l'Athénien perdit le contrôle de ses membres. La grenade parfumée qu'il tenait délicatement entre ses doigts chuta, comme si la force d'attraction terrestre avait amplifié son action sur sa surface.

Aurora était belle et cette simple vision, donna plus d'entrain à l'ancien chevalier pour répondre au druide.

« Pourras-tu survivre au regret Antiokus ? A ce sentiment qui te ronge de l'intérieur, à cette sensation d'avoir raté quelque chose d'important toute ta vie. »

Serafim prit une bonne inspiration et adressa un sourire timide à Aurora.

« Si j'avais suivi Thalia, j'aurais surement gagné une compagne fidèle, qui m'aurait donné des enfants que j'aurais pu choyer. Mais aurais-je vraiment été heureux ? Quand vous m'avez rencontré mon coeur saignait, ravagé par une plaie chronique qui gangrenait mon âme. Je n'étais qu'une bête qui fuyait lâchement pour survivre. Aurora a guéri cette blessure et a fait de moi un autre homme. Je suis désolé de ne pouvoir te donner d'explications plus rationnelles, mais c'est ainsi, Aurora est la lumière qui a éclairé mon existence et je compte tout faire pour la conserver près de moi. »

Il était face à deux sentiers. Un large et pavé d'or, l'autre étroit, sinueux et rocailleux. C'est surement le plus difficile qu'il avait choisi, mais il savait qu'au bout se trouvait le vrai bonheur qu'il espérait. Malheureusement il avait de plus en plus l'impression qu'Aurora ne le voyait pas ainsi. Son regard fixa avec plein de tendresse la belle femme et il ajouta.

« Je pense qu'ensemble nous parviendrons à franchir tous les obstacles qui se dresseront devons-nous. Ensemble nous aurons un futur radieux. N'es-tu pas d'accord Aurora. »

Serafim gardait toujours ses inquiétudes. Cet optimisme avait été confronté par la discussion qu'il avait eue avec Aurora dans sa chambre. Elle avait confiance en lui et il avait confiance en elle. C'était peut-être le seul sentiment réciproque qui existait entre eux.
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Sam 24 Mar - 10:51

    Lire en lui restait facile. Le comprendre en était une autre. Assise près de lui, attentive à ses moindres paroles, la jeune druidesse croisa un bref instant le regard d'onyx du renégat. Déception. Plus que tout autre chose. Avait-elle dit quelque chose de mal? Non, elle ne l'avait encore une fois, tout simplement pas comprit. Ils parlaient chacun, deux langues différentes. ~Bonne réponse!~. Tout sourire, Antiokus, d'un geste vif et joueur, s'empara d'une belle pomme rouge qu'il lança à son élève. Toute aussi rapide, la jeune Aurora s'en saisit de sa main valide avant de porter le fruit à ses lèvres. Une fois encore, la belle ne put s'empêcher de fuir ce regard. Chaque fois c'était comme si son cœur se déchirait. Un sourire lui fut destiné, seulement, que ce cachait-il derrière ce dernier? Derrière ce discours qui l'avait touché? La belle ex-Asyne crut capter une pointe de mélancolie. Grâce à elle, il avait changé.
    Grâce à lui, elle s'ouvrait au Monde véritable, se découvrait une toute autre destinée. Furtivement, la brune chercha la main de Serafim. Ses doigts frôlèrent les siens, pour finalement s'entrelacer. La pomme posée devant elle, lui fut dérobée par Antiokus, qui, d'un air de défi, enjôleur, mordit à pleine dent dans la chair sucrée et blanche. De nouveaux rires emplirent la pièce illuminée par le soleil. Une si belle journée. Morrigan et Corvi regardaient le trio de leurs pupilles rondes et brillantes, pareilles à deux billes. Bien sombres.
    Yeux des maîtres du passé, du présent et du futur. Un rappel bien douloureux pour la fille d'Artus au cœur de pierre. Tandis qu'elle songeait à son ancienne demeure, son emprise sur la main du disciple des corbeaux s'accentua. À mesure qu'elle grandissait à ses côtés, cela devenait presque comme une évidence.

    «J'en suis certaine». Déclara t-elle pour tout réponse à ses derniers mots. Bien sûr! Pourquoi l'aurait-elle laissé l'accompagner si elle n'en avait pas la certitude? Non, mensonge, elle voulait suivre cette petite voix dans sa tête lui intimant de ne plus lâcher cette main. Aurora avait fait une promesse. Et elle ne les oubliait jamais. Ses prunelles, aussi belles qu'un ciel d'été ensoleillé, vibraient d'émotions, cependant, le remarquait-il? Elle avait tant changé. Et elle changeait encore. L'accepterait-il ?

    ~Ici nous n'avons rien à craindre, aussi, je suggère de passer le reste de la journée ici, ainsi que la nuit. Il me faut hélas régler deux trois petites affaires d'importance. Alors, soyez sages! Les corneilles vous surveillent!~
    Puis, nonchalamment, le roux se redressa en faisant racler sa chaise contre le sol. Une fois seuls, la jeune fille à la corneille soupira. Elle se permit un sourire, doux et chaleureux, avant d'entraîner le jeune homme près de la fenêtre. Elle demanda alors à Serafim, s'inquiétant pour ses blessures : «Me permet-tu d'y jeter un œil? Il faut soigner ces plaies, elles risquent de s'infecter. Je reviens.»

    La jeune femme brune le laissa seul un moment à contempler au dehors, tandis qu'elle partait à la recherche de plantes destinées à guérir. Il ne fut pas compliqué pour elle de rassembler herbes et racines pour préparer l'onguent. Quand elle revint les bras chargés de végétaux, certains d'ailleurs ornant sa chevelure, elle le trouva encore assit sur le rebord de la fenêtre. La druidesse n'avait pas perdu la main, bien au contraire et à présent qu'elle voyait, la tâche fut pour elle bien plus simple.

    «Je te promets que ça ne va pas piquer, foi d'enfant de Dagda! Mon père me disait toujours que j'étais douée pour soigner. J'ai eu un très bon professeur...»

    Au souvenir de son père adoptif, un flots d'images s'imposa dans son esprit. Elle se souvint de ce jour funeste où un vieillard lui avait demandé de sauver sa petite fille. Celle-ci, aux portes du Sidh, avait représenté un défi de taille, tout comme elle fut l'objet de leur perte. Ils ne pouvaient savoir que l'Inquisition avait un œil sur eux.
    Sorcière.
    Ce simple mot la figea un bref moment, suspendant ses gestes alors qu'un frisson parcouru son échine.
    Monstre.
    Le sang répandu sur les dalles en pierre, si froides sous ses pieds nus. La salle de torture dans laquelle elle fut emportée, séquestrée... elle la revoyait comme si cela s'était passé hier. Sauf qu'elle n'en portait plus désormais les séquelles sur sa peau. Lavée de toutes souillures grâce à sa Renaissance. De nouveau pure.
    Chassant ses souvenirs pénibles d'un hochement imperceptible de la tête, elle pivota vers Serafim pour s'approcher de lui d'un pas léger, presque dansant.

    Toujours sous le regard bienveillant de ses corneilles.

    Torse nu, le jeune homme paraissait plus détendu, ainsi réchauffé par les rayons solaire. Apaisé? Ou n'était-ce qu'une impression? Aurora le concerta du regard. Un sourire, un autre, étira sa bouche, un bouton de rose. Un deuxième souvenir ressurgit d'une manière inopinée. Mémoire troublée par la main de la Dame des Lacs. Aussitôt, la druidesse détourna son regard. La mixture odorante n'arrangea en rien les choses. Elle lui semblait qu'elle revivait les évènements de la route de Gamma et la jeune femme sentit son pouls s'accélérer. Elle s'assit à ses côtés pour commencer à prodiguer ses soins. Ses gestes, bien que maladroits se voulaient doux et réconfortants. Il y avait tellement d'entailles. Parfois simples éraflures, parfois de plus profondes. La dernière plaie recouverte de baume, la belle s'était soudainement arrêté, sa paume posée tout contre le cœur de Serafim. Il battait si fort...
    Elle sentait son souffle chaud contre sa nuque d'ivoire. Son visage se releva avec lenteur vers lui, et elle plongea ses yeux bleus dans ceux du renégat.

    «Serafim...»
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Sam 24 Mar - 21:04

Inquiet mais heureux, le dresseur de corbeaux appréciait ce moment de calme, loin des tumultes de la guerre, loin des troubles. Le contact des doigts agiles d'Aurora le surprit, mais il ne manifesta aucun signe qui pourrait alarmer le maitre des illusions. Comme un adolescent qui essayerait de déjouer la méfiance d'un père trop possessif, il écarta ses phalanges discrètement sous le couvert de la table afin de favoriser l'action de la jolie brune. Serafim ne chercha pas à comprendre ce qui se passait, il voulait juste apprécier cette tendresse qu'il convoitait depuis le premier instant où il avait rencontré la fille à la corneille. Il se souvenait avec une certaine nostalgie de l'entrée dans le hall froid d'Asgard d'Aurora et de l'escapade de l'espiègle Morrigan qui avait trouvé refuge dans sa chevelure de jais.

Le monde n'existait plus et même l'humour un peu caustique d'Antiokus ne semblait pas l'atteindre. Serafim était sous l'emprise de cette simple poignée de main. Simple poignée de main ? Non ! Ce contact avec une plus grande signification pour le jeune homme. Il se surprenait à oublier toutes ses précédentes craintes. Ses angoisses disparaissaient comme la rosée du matin séchée par les rayons de l'aurore. Aurora était décidément le phare qui le guiderait à travers l'obscurité.

Seul, en attendant le retour d'Aurora, Serafim se rendit compte à quel point le vide de cette maison était anxiogène. Il n'y avait pas si longtemps que ça, il recherchait en permanence ce genre d'endroit isolé et calme, fuyant le plus possible ses semblables pour la seule compagnie de ses corbeaux. Maintenant il se rend compte à quel point son comportement était absurde. S'enfermer dans une coque d'indifférence, se condamner à l'ostracisme n'aurait jamais pu lui apporter le bonheur comme il le pensait jadis.

Son regard croisa ce vieux chêne qui jouxtait sa demeure. Un arbre au tronc épais et tordu, ravagé par les intempéries et le temps, mais qui ne cédait jamais. Son père lui avait raconté alors qu'il n'était qu'un jeune garçon que cet arbre avait connu l'époque où les grands héros grecs comme Achille et Héraclès faisaient tinter le métal meurtrier des armes au nom des dieux. Autant de contes qui avaient bercé ses nuits, mais c'était aussi en s'assoupissant à l'ombre des rameaux épais de ce végétal, un jour d'été qu'il entendit nettement pour la première fois, la voix de ses compagnons ailés.

*Aussi forte que ses racines*

C'est l'attribut que devait avoir sa volonté pour parvenir à son but. Il partait pour un voyage sans retour, un périple de toute une vie et jamais l'idée de renoncer devrait traverser son esprit. Sa conviction devra être d'acier, sa foi sans limite !

Aurora fut rapidement de retour dans la vieille bâtisse afin de soigner les blessures de l'ancien saint. Elles étaient en effet nombreuses et une fois l'excitation du combat atténuée, le feu des coupures lui arrachait involontairement des grimaces périodiquement. L'onguent fut d'un grand soulagement, mais moins que le ballet sensuel des doigts de la druidesse sur sa peau. Le maitre des corbeaux sentait l'ivresse le gagner. Un effet secondaire des plantes ? Ou alors il était sous l'emprise d'une des plus grandes force de l'univers, l'amour ! Son souffle s'accélérait, il devenait brulait de désir alors que son cœur affolé battait si fort qu'on aurait pu l'entendre dans les profondeurs du tartare. Il ne fallut que d'un échange de regard pour finir d'embraser le sang du jeune homme.

« Aurora... »

Sa main caressa lentement la courbure de la joue d'Aurora, glissant ensuite dans sa chevelure soyeuse. Son visage se rapprocha de celui de la jeune femme, attiré par des lèvres si désirables, comme un papillon leurré par la flamme hypnotique d'une bougie.

« Aurora... »

Un peu hésitant, l'Athénien embrassa timidement les lèvres de sa dulcinée. Quelque chose fit trembler son échine, il avait l'impression qu'un éclair de Zeus l'avait traversé de part en part. Ce baiser léger en appelait un autre, plus intense. Serafim déposa sur les lèvres à l'éclat vermeil d'Aurora un autre baiser plus passionné, remplit de tous les sentiments qu'il éprouvait en ce moment.

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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Lun 26 Mar - 21:33

    Aurora... Aurora.... ~

    Cet appel, ses murmures, le simple fait de l'entendre prononcer son nom, faisait s'emballer son cœur dans une course folle, tonitruante. Comme le galop de mille chevaux. Que se passait-il? Il lui semblait que le temps s'arrêtait un court instant tandis qu'il posait sa paume sur sa joue, épousant parfaitement le galbe de cette dernière rosie par l'émotion. Caresse délicate jusque dans sa chevelure noire. Doux frisson parcourant son échine. Son visage se rapprochait du sien avec une lenteur calculée, elle, se laissa transporter. Ce ne fut d'abord qu'un léger effleurement, échange timide et hésitant, juste le mélange de leurs deux souffles : l'aile d'un papillon voletant trop près d'une bougie. Avant l'embrasement.
    Les paupières closes, Aurora se laissait guider sans esquisser un geste, de peur de briser cet enchantement. Il cherchait ses lèvres, avant qu'il ne les cueillent avec passion. Ce baiser... jamais la jeune femme n'avait ressentit une telle chose auparavant. S'abandonnant à la passion, la Dame du Matin vint enlacer le cou de Serafim de ses bras pour répondre à son tour à ce baiser. Ce ballet de volupté, la druidesse ne voulait pas y mettre un terme. Cette douceur, ce goût exquis, légèrement sucré, si suave... elle perdait pied d'une façon inéluctable, mais en avait cure. À cette danse sensuelle se mêla leurs deux langues, prélude à un voyage à la fois déraisonné et si beau. Si intense. Leur premier baiser... rythmé par un amour certes naissant mais déjà pur et fort. Perdue dans cette tempête, elle ignora les coassements de ses corneilles, le mugissement du vent. Et quand elle se pencha davantage sur lui, le fait que tout deux basculent du rebord de la fenêtre, ne l'inquiéta pas. Leur chute, adoucie par l'herbe tendre fut accompagné par son rire joyeux. Perchée au dessus de lui, et d'un air enjôleur la jeune femme replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille.
    Elle déposa un tendre baiser sur son front avant de laisser ses lèvres glisser jusqu'à l'oreille du jeune homme.

    “Rwy'n dy garu di fy arglwydd cigfrain” chuchota t-elle d'une voix vibrante. Le soleil réchauffait la surface de la terre, les hautes ramures du vieux chêne qui se dressait là devant eux, seul témoin de cette déclaration enflammée. Ses yeux clairs plongèrent dans ceux de Serafim. Quelque chose de nouveau venait de prendre place dans son être. Maintenant, elle en était sûre.

    Le destin les avait réunit. Il avait mit ce jeune homme sur sa route non pas par hasard. Le chant des corbeaux les avait uni, et les unira elle l'espérait, pour la vie. Ce que la jeune brune lui avait susurré n'était pas à prendre à la légère, c'était là un serment qui ne pourrait être brisé. Les druides avaient de bien drôles de coutumes, et pour eux, les mots comptaient autant que les actes.

    “Vient...”

    Aurora l'invitait à la suivre en lui tendant la main. Sans plus attendre, elle s'en saisit pour l'entraîner à sa suite. Ils n'allèrent pas bien loin puisque la jeune femme se stoppa devant l'arbre géant, ce chêne.
    Symbole de la force vitale, du Dieu Dagda, la jeune femme y voyait là un autre signe. Se signer devant un chêne, ou faire une promesse sous son ombre demeurait pour elle, la plus puissante des alliance.

    “Serafim... je voudrais te renouveler ma promesse que j'ai faite à Thalia. Je... je te veux à mes côtés chaque jour qu'il m'est donné de vivre. Je veux te garder près de moi pour ce long voyage, et je veux aussi qu'il ne t’arrive rien! C'est pour cela que je te fais cette promesse solennelle sous les branches de ce vieil arbre sacré! -la jeune fille se lova dans ses bras avant de continuer- mon cœur t'appartient...”

    Point besoin de babioles pour sceller cette promesse. Pour elle, il n'y avait rien de plus sincère. Elle guida l'une des mains du jeune homme tout contre son cœur afin de lui prouver toute la sincérité de ses paroles.

    Un jour qui venait à peine de commencé. Une histoire qui débute avec le soleil...
    L'envol de ses innombrables corneilles la fit sursauter quelque peu. Surprise de les voir s'en aller bien au delà de l'horizon l'étonna quelque peu. Ne devaient-elles pas être ses sentinelles? Morrigan et Corvi se détachèrent de cette sombre procession pour se percher au dessus de leurs têtes.
    En relevant son visage vers eux, la jeune druidesse fut surprise de voir un bourgeon prêt à éclore sur l'une des branches de l'arbre.

    “Le printemps arrive... Nous pourrons bientôt allumer les feux de Beltaine. Serafim, voudras-tu... danser avec moi et ainsi guider les âmes sur le chemin du Sidh? Voudrait-tu.... que je t'offre la possibilité de converser avec tes morts?”

    Elle craignait la réaction du chevalier renégat. Après tout, la druidesse se souvenait de la façon dont avait réagit Kappa. Avec virulence. Issue de la peur et de l'incompréhension. Kappa. Ce nom ressurgissait pour elle, comme d'outre tombe. Il s'effaçait progressivement de son esprit, comme si une main nerveuse voulait l'en extraire de sa mémoire.

    C'était sans doute mieux ainsi qu'il la croit morte.

    Disparue.

    Car elle doutait fortement que leurs deux chemins ne se recroisent. Les Neufs lui avait permit d'entrevoir son futur...

    Et Aurora n'y avait pas vu la silhouette d'or du Verseau.
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mar 27 Mar - 19:06

Ce n'était pas possible ! Ce qu'il vivait était trop beau, cette sensation de béatitude qu'il ressentait était trop chimérique, comme un morceau de l'étoffe de ses rêves qu'on avait étiré devant lui. Blessé ! Oui c'est cela ! La vampire avait délivré son coup fatal et il agonisait quelque part perdu dans les tréfonds des enfers en rêvant de l'existence qu'il convoitait tant avant d'expirer son dernier souffle. Un songe ? Mais pourtant le contact chaud et sensuel de la peau d'Aurora qui brulait sa paume semblait tellement réel. Ce cœur qui dansait, entrainé par un rythme sincère, mais entrainé, entrait en résonance avec le sien. Tout cela était vrai ! Non ! Ce n'était pas un rêve, Serafim était bien ancré dans le monde réel et pour une fois un soleil radieux illuminait son ciel. La femme qui faisait battre son cœur venait de lui déclarer son amour et d'exprimer le voeu de partager sa vie.

Le dresseur se sentait perdre pied, soulevé du sol sombre par un nuage de bonheur. Ses bras enlacèrent tendrement le corps la belle amoureuse.

« Ici, devant cet arbre centenaire, je jure de rester à tes côtés et de te dédier l'intégralité de mon amour. Même au-delà de la mort, je jure que je continuerai à t'aimer. »

Pour parapher sa déclaration, le maitre des corbeaux, déposa un autre baiser passionné sur les lèvres délicates de sa compagne. Il y avait comme une certaine solennité dans la manière dont Serafim s'exprimait. Il faut dire que la scène avait tout d'une cérémonie matrimoniale et peut-être était-ce réellement le cas. Les deux jeunes gens s'étaient réciproquement promis un amour inconditionnel en prenant comme témoin la nature renaissante et le tribunal sombre composé des corvidés. Un engagement qui avait beaucoup de valeur pour l'Athénien et une symbolique forte.

Le printemps arrivait réveillant de sa torpeur hivernale la nature et marquant ainsi le renouveau pour les êtres vivants, ainsi que pour ses corbeaux qui n'allaient pas tarder à nidifier. Serafim accueillit avec un large sourire, la proposition d'Aurora. Il ne connaissait point cette fête et la perspective de pouvoir à ses parents défunts, ne l'effrayait pas. Bien au contraire, il voulait leur dire à quel point il était heureux et surtout les remercier pour la vie qu'ils lui avaient léguée.

« Tu peux accomplir ce miracle ? Tu peux vraiment les subtiliser au monde des morts ? J'aimerai leur dire à quel point je suis heureux et surtout leur faire la description de la femme magnifique que tu es. Oui, je danserai avec toi, seulement je te préviens, mes qualités de danseur sont pitoyables, j'espère que tu auras la patience de m'enseigner. »

Conclut-il sur une pointe d'humour. L'ancien chevalier d'Athéna pouvait grimper à la cime du vieux chêne en moins de temps qu'il fallait pour le dire. Par contre, l'agilité qu'il avait acquise après de longues années d'entrainement ne lui était d'aucun secours quand il s'agissait de danser. Mais quand on passe au crible son passé, on constate que les occasions où il aurait pu se divertir ainsi était hélas inexistantes.

« Rwy'n dy garu di wraig bach yn y bore »

Serafim se figea quand il réalisa qu'il venait de s'exprimer dans une langue qu'il ne connaissait que par le biais d'Aurora. Son regard étonné et affolé chercha du réconfort chez la druidesse, c'est alors qu'il ressentit une vive douleur dans la tête. On aurait dit un crissement cristallin continu qui amplifiait d'intensité à chaque inspiration qu'il faisait. Ces sons semblaient s'articuler autour de syllabes de plus en plus audibles par le jeune athénien.

- Deffro ! Deffro disgybl y gigfran !-

Ces mots étaient désormais parfaitement compréhensibles par lui, comme s'il s'agissait de sa langue natale. Une voix semblant venir d'outre-tombe semblait l'inciter à se réveiller, à s'affirmer en tant que disciple des corbeaux. Sa douleur s'accentuait au fur et à mesure que la voix devenait audible, si bien qu'elle atteint rapidement son paroxysme. Serafim avait atteint ses limites et fatigué il s'effondra dans les bras d'Aurora. C'est à ce moment qu'une nébuleuse obscure s'échappa du corps inerte du jeune homme. Comme mue par sa propre volonté le nuage de fumée tournoya un instant autour d'Aurora avant de prendre la forme d'un corbeau évanescent.

La bête fantasmagorique fixa de ses yeux rouges comme la braise la druidesse, d'un air majestueux, comme si elle la jaugeait. Elle se posa sur l'épaule de la jeune femme et réclama une caresse en frottant sa tête contre son cou avant de regagner le corps de Serafim en prenant la forme d'un tourbillon fumant.

Que s'était-il donc passé ? L'extrême bonheur que ressentait le maitre des corbeaux, avait été la clef qui descella un pouvoir qu'il ignorait jusqu'à maintenant. Était-ce donc ce pouvoir caché dont parlait Antiokus ?
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mar 27 Mar - 21:38



A chysgod y Plentyn y Lleuad ~ L'enfant de la Lune



    ~Ô en voici une bien belle promesse, sous cet arbre centenaire!
    Tandis que le printemps s'installe, purifie le sol et l'air,
    Moi je m'envole vers vous, saluant cet amour naissant.
    Je voudrais moi aussi... vous faire un présent!

    Moi, oui moi, qui suis-je? Enfant de la lune.
    J'ouvre mes ailes uniquement dans un ciel nocturne.
    Je chasse vos compagnons ailés, vous observe à vos dépends.
    Et quand j'agis, le temps, je le suspends.

    Qui suis-je? Enfant de la lune. Face à l'enfant du Soleil.
    Je suis, je suis... vermeil.~


    ~°~ ~°~ ~°~

    Lors des feux de Beltaine, comme lors de Samain, certains croyaient au retour des morts. Ils disaient vrais. Les druides respectaient cette tradition depuis la nuit des temps, c'était là un rituel très important puisqu'il marquait le début de la renaissance de toutes choses. Elle connotait aussi la vie. L'automne, puis le printemps : ainsi le grand engrenage s'activait depuis des siècles. Les Dieux, les nouveaux comme les anciens l'avaient voulut ainsi. Et les hommes s'y pliaient, tout Sisyphe en puissance qu'ils étaient. Or, voir la nature se parer à nouveau de son manteau bucolique n'était point une malédiction, mais un ravissement. Les effluves enivrantes des bourgeons, de l'herbe tout juste perlée de la rosée matinale, le chant amoureux des oiseaux qui appelait l'astre du jour, beaucoup de choses... beaucoup de signes et manifestations du Grand Changement : le Newid mawr.
    L'heure de la Ronde approchait à grand pas, dans quelques jours à peine, Aurora le savait, elle pourrait danser autour des feux de Beltaine. Oui, elle pouvait accomplir ce “miracle” si on pouvait user de ce terme. Cela appelait certes une grande concentration, mais au final, percer la fine membrane séparant le Monde des Morts et des Vivants restait possible pour un initié. Enfin... seulement lors de Samain ou Beltaine. Le reste du temps, seuls quelques druides avaient la prétention de naviguer entre les deux rives. Antiokus faisait parti de ceux là. Un autre aussi. Un autre... qui les observait depuis un moment déjà, tapis dans l'ombre. Comme un loup au pelage d'argent. Un charognard expérimenté aux serres aiguisées. En l'attente de paraître au bon moment.
    L'instant le plus propice. Il ne tarderait plus. Timidement, la jeune femme acquiesça à ses interrogations. Puis, elle rit gentiment au fait qu'il soit un bien piètre danseur. Ils disaient tous cela! Avant qu'ils ne soient mue par l'ivresse des feux.

    “Je te guiderais, n'ais aucunes craintes.” lui dit-elle avec douceur, comprenant qu'il puisse être gêné de ne point connaître la Ronde des Esprit. Comme le reste, elle lui apprendrait. Comment? Surprise de l'entendre s'exprimer dans sa langue natale, Aurora écarquilla des yeux ronds. Aussitôt inquiétée par l'état étrange dans lequel il sombrait, la druidesse fit appel à son cosmos pour tenter de l'apaiser. Entrant en communion avec le jeune homme sans le vouloir, la Dame du Matin entendit elle aussi cette voix tonitruante s'imposer dans son esprit. Elle exhortait Serafim à s'éveiller. Antiokus avait-il donc raison? Était-il vraiment destiné à représenter... ce peuple? Inquiète elle ouvrit ses bras pour rattraper le corps inanimé de son seigneur des Corbeaux. Cet étrange phénomène ne s'arrêta pas là. Une silhouette vaporeuse et noire, aux yeux de braise se forma devant elle. Lui.

    La jeune femme le reconnaissait. L'ayant déjà vu en songe. Pourquoi n'avait-il pas son troisième œil? Il se posa sur son épaule. Stupéfaite de ne ressentir aucun poids pesant sur son épaule, la jeune femme, machinalement accéda à cette requête silencieuse en passant une main dans ce plumage fantomatique et pourtant si réel, si doux. Un dialogue muet s'installa entre eux, l'enfant de Dagda comprit. Il viendrait.

    Disparut, le corbeau éthéré avait regagné le corps de son aimé. Ne laissant aucune trace de son passage. Non, pas exactement. Quand l'animal avait frotté sa tête contre son cou gracile, il avait libéré un bien étrange pouvoir chez elle. Pour en témoigner, quelque chose se dessinait sur son front, une forme mouvante qui cercla à demi, le contour de son œil gauche. Sorte de triangles parfois inversés ornant le bas de œil jusqu'au milieu de sa paupière. Même chose pour son front, à la différence qu'il était unique, entouré par un autre signe, pareil à deux ailes bleutées.

    Aucunes douleurs, mais la belle ex-Asyne sentait que quelque chose avait libéré un bien mystérieux pouvoir. De son fait?

    ~°Ô enfant du Soleil, n'ait pas peur, c'était là sa destinée. Il va avoir besoin de repos, me permet-tu?°~

    Cette voix. Le voici.
    Levant vers lui ses yeux empreints d'une once d'inquiétude, ce quelle découvrit la laissa sans voix. Naquit du néant, un homme de la même stature que son maître se tenait là, à quelques pas d'elle, un sourire étirant ses lippes. Lèvres qui ne couvraient plus des canines pointues. Le même teint délicat, cette même attitude, quoique plus détachée, plus froide. Non, en réalité, tout chez lui était l'exacte opposé d'Antiokus. Physiquement parlant.

    “Présentes toi d'abord, enfant de la Lune.”
    ~° Oh? Tu sais donc de quel peuple je suis issu? Je suis très impressionné, Aalanna....°~
    “Aurora” le reprit-elle froidement, serrant le corps de Serafim plus étroitement contre le sien, comme pour le protéger. Bien que cela était inutile, elle le savait.

    ~° Aurora... -rire- Soit, puisque les présentations sont de rigueur, je me présente : Esras... tu te doutes que j'ai moi aussi bien des noms, tu peux m'appeler Elias si tu le préfères. Ton maître va être ravit de me voir! Allez, ne perdons pas de temps, laisse moi t'aider, Aalanna.°~

    Il prenait un malin plaisir de l'appeler ainsi! Aurora ne broncha pas, connaissant la réputation qui précédait ce druide. Il est vrai, Antiokus sera ravit de le voir...
    L'homme abaissa son capuchon, révélant une chevelure aussi immaculée que la neige illuminée par le soleil d'hiver. Ses prunelles, aussi noirs que pouvaient l'être celles du renégat, scintillaient de malice quand il les plongea dans l'azur de ses yeux.

    La jeune femme le suivit alors qu'il porta le disciple des Corbeaux jusqu'à la maisonnée. Une fois avoir déposer ce corps dans son lit, l'homme se détourna. ~° Je vais attendre ton maître devant la porte, ce serait dommage de détruire le reste de cette demeure. Prends soin de lui petite faie.°~

    Aurora, après le départ du druide, alla se lover contre le jeune homme endormit, laissant son énergie cosmique les submergé de sa chaleur et de ses bienfaits curatifs. Elle ferma les yeux juste un instant....
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Jeu 29 Mar - 2:00

Serafim ou du moins une partie de sa conscience s'était matérialisé dans un monde obscur, uniquement éclairé par les rayons blafards d'une lune suspendue au-dessus de sa tête. Il avait l'impression de flotter au-dessus de la surface plane d'un lac sombre accompagné d'une brume légère et glacée. Le plus inquiétant était peut-être que ce plan d'eau ne reflétait que l'image de la lune à sa surface. Au milieu de ce lac se trouvait un ilot rocailleux qui supportait comme seule et unique végétation, un arbrisseau à peine plus grand qu'un enfant. Apparemment il s'agissait d'un jeune chêne et Serafim voulait s'en rapprocher, seulement une barrière invisible contraignait ses mouvements. Pourtant, il vit un corbeau éthéré se poser sans difficulté sur un rameau du petit arbre et le narguer de son regard écarlate pendant de longues secondes avant de prendre la parole pour son plus grand étonnement, afin de lui adresser quelques mots dans la langue des druides.

« Pas encore ! Il est encore trop tôt, disciple des corbeaux ! Ton éveil vient de commencer et il te faudra patienter longtemps avant de pouvoir espérer poser les pieds sur ces terres. Mais IL est la désormais et IL te guidera. Maintenant Va-t’en, j'ai besoin de calme et de solitude. »

Cette expérience était similaire à ce qu'il avait vécu avec les corbeaux divins d'Odin alors qu'il participait que Christa de Polaris recevait l'ambassade dont il faisait partie. Il y avait bien une similitude entre les modus operandi, mais le corbeau mémoire ne lui avait montré que des bribes d'un passé qu'il ignorait, alors que ce qu'il venait de voir lui était étrangement familier. Le maitre des corbeaux avait l'impression troublante d'avoir déjà vu ce paysage irréel perdu au milieu d'un lac sans reflet. Mais si cette scène avait comme un air de déjà vu, il ne s'expliquait pas pourquoi il arrivait à comprendre cette langue. Perdait-il la raison ? Non quelque chose avait décidément changé en lui, il ne lui restait plus qu'à découvrir quoi.

Une aura lumineuse et chaleureuse le nimba. Il reconnaissait l'énergie douce et réconfortante d'Aurora. La petite dame du matin l'invoqua de façon très agréable dans le monde réel et son esprit ne pouvait que répondre favorablement à cet appel.

Fin de l'escapade dans ce monde virtuel et retour dans la réalité. Quand Serafim ouvrit les paupières il fut d'abord troublé de se réveiller dans les bras d'Aurora. C'est ainsi, le jeune Athénien n'avait jamais partagé sa couche avec une femme, en conséquence il ne connaissait pas les plaisirs de la chair et la proximité de la belle Aurora fit rougir d'envie ses joues. Mais sans plus. Le renégat gardait une attitude noble et chevalière. Il voulut juste déposer un tendre baiser sur les lèvres de son amour, quand il constata les symboles qui ornaient sa peau d'ivoire.

Cependant, ces marques n'ôtaient rien au charme d'Aurora, elle était toujours aussi resplendissante à ses yeux amoureux. C'est pour cette raison que le jeune Athénien se blottit un peu plus contre le corps de la douce Aurora. Il avait besoin de réconfort après ces étranges aventures qui avaient laissé en lui une désagréable sensation d'amertume, comme s'il avait ingurgité une décoction de ciguë.

Ses sens toujours perturbés par son voyage cosmique l’empêchaient de percevoir l'aura de l'étrange invité à la porte. Il agissait un peu comme un somnambule et les paupières à demi-fermé, il enlaça entre ses bras le corps de la charmante Aurora afin de se réfugier dans un cocon tiède tissé de douceur. Inconsciemment Serafim savait que ces moments de paix et de calme ne seront pas éternels, avec Aurora il devra bientôt quitter ce refuge et affronter le monde extérieur.

Il faudra qu'il soit fort, il faudra qu'il soit courageux, mais attendant rien ne l'empêchait de profiter de cette candeur agréable qu'il trouvait dans les bras, rien à part peut-être l'être aux pouvoirs terrifiants qui patientait devant sa porte et qui jusqu'à présent arrivait à se dérober à sa perception.

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Eilaine


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Jeu 29 Mar - 21:19

La fenêtre, laissée entrouverte, permettait à une légère brise fraîche et odorante de s'engouffrer dans la petite chambre. Qu'elle se sentait bien en cet instant, bercée par cette douce suavité! Blottie dans les bras de son aimé, la jeune femme avait toujours du mal à réaliser ce qui lui arrivait. Oui, elle avait l'impression que tout ceci n'était qu'un vaste rêve. Un très beau songe dans lequel elle s'était permit de laisser libre court à ses intuitions. La voix de son cœur.
Qu'il était bon de sentir tant de chaleur dans une étreinte! Presque endormie, Aurora en avait presque oublié la présence du second druide, cet Elias. Ses intentions, certes très peu claires, n'inquiétaient pas plus que cela la jeune druidesse : elle le connaissait, et le voir surgir pour Serafim ne l'étonnait guère.
Après tout, ne lui avait-elle pas répété qu'en qualité de disciple des corbeaux, il serait amené à avoir une grande destinée?
Il était le dernier de sa lignée. Si précieux!
À cette pensée la jeune femme ouvrit les yeux à demi pour ensuite tourner son visage vers Serafim qui l'observait. Un sourire, puis une nouvelle étreinte. Plongée dans la volupté, la brune quémanda un autre baiser. Un rai de lumière tomba à l'oblique dans la pièce : combien de temps s'était-il écoulé depuis qu'Antiokus était partit? Aurora n'aurait sut le dire, aussi ne rien entendre au dehors commençait à l'étonner. Connaissant le tempérament de son maître, le silence qui s'était installé depuis son départ aurait eut vite fait d'être ébranlé dès son retour. Chose qui ne se passait pas. On ne pouvait entendre que le chant des oiseaux mêlé à celui des cigales. La Grèce. Le peu qu'elle en avait vu l'avait séduite, le climat y était plus clément qu'en Asgard, et voir l'astre du jour l'avait immédiatement rendue joyeuse.

Enfin, il brisa le silence.

Alertée, la belle se redressa sur un bras, prise d'un mauvais pressentiment. «Serafim, je crains que nous n'ayons de la compagnie. Vient et n'ai crainte, il t'expliquera tout.» Sur ces mots, elle se redressa tout à fait, guidant le jeune homme par la main avec douceur. Sa volonté de le protégé était évidente, et la voir si prudente pourrait aisément inquiéter Serafim. Or, elle s'attendait à tout sauf à cela.
Le druide roux faisait face à l'homme à la chevelure immaculée. Les deux se concertaient du regard sans dire quoi que ce soit. Dans les yeux de son maître, brûlait une étincelle sauvage, pareille au feu ardent d'une forge. À l'inverse, Elias restait détaché, distant et froid, avec un rictus pourtant, accroché à ses lippes.
Claquant sa langue contre son palais, signe de mécontentement le maître d'Aurora jeta dans la direction de son rival, ce qui ressemblait fort à une pièce d'échec. D'ailleurs, il suffisait de baisser les yeux pour constater que tout le jeu y était répandu à même le sol. Brusquement renversé.

~Tu es vraiment impossible Elias! Tricher, encore! Crois-tu vraiment que je n'aurais rien remarqué?~ lança t-il avec humeur.

~°Je pensais qu'avec l'âge, oui, tu serais devenu plus... sénile. Vieille bique! Qu'importe! J'ai ta reine, et toujours mon roi!°~ répondit-il en jetant un œil par dessus son épaule, toisant la jeune femme avec intensité. Son maître grogna, à l'instar d'un félin, feula presque avant de se diriger vers son élève.

~Que lui as-tu fais? Qu'est-ce que ça veut dire?~ s'exclama t-il en désignant d'un doigt accusateur, les marques que portaient Aurora sur son visage d'albâtre. L'intéressé haussa les épaules. ~° Voyons, ne soit pas si protecteur! Disons juste que c'est là un cadeau du peuple de la Lune, une protection justement, un signe de mon amitié et de ma reconnaissance. Après tout... tu sais à quoi elle est destinée très cher. Tu devrais plutôt me remercier au lieu de crier au scandale!°~

Antiokus se détendit quand ses doigts effleurèrent les signes druidique. Non, un bien plus vieux langage. Tour à tour il observa Aurora et Serafim avant de sourire plus franchement. Il avait deviné... il avait sentit que quelque chose avait changé.
D'une façon amicale, le druide serra le jeune homme entre ses bras. Une dernière accolade et le druide lui susurra dans sa langue : ~ (Te voilà éveillé, seigneur des corbeaux, que doux soit ton envol dans le ciel brumeux de l'Île des Bienheureux. J'ai hâte de te voir t'épanouir parmi les tiens.) (Mae yna byddwch yn effro, arglwydd y brain, bod eich hedfan yn feddal yn yr awyr niwlog Ynys y Bendigedig. Edrychaf ymlaen at eich gweld yn ffynnu ymysg dy bobl.) ~

Elias, à son tour s'avança pour s'arrêter à quelques pas du trio. Il s'inclina bien bas pour les saluer. ~°Laisse moi me présenter à toi seigneur, enfant de la Lune, je suis Elias, druide comme notre très cher Antiokus, un peu plus jeune que ce vieux croûton -ce dont à quoi le dit « croûton »répondit d'une bourrade dans son bras- hm... et je suis là pour toi, jeune Serafim, c'est moi qui vais t'enseigner les préceptes des disciples des corbeaux. Tu viens de te réveiller, grâce à cette belle petite Faie, précieuse Aalanna. Oui oui! Je sais, Aurora, comme tu voudras. Soit, j'ai été appelé pour t'aider, comme Antiokus à été amené à venir chercher Aurora. Donc, à partir de maintenant, nous cheminerons tous ensemble.°~

Le second druide grommela dans sa barbe, de mauvaise humeur. Encore irritée de s'être fait doublé par ce tricheur. Porteur et gardien de l'arme du Dieu Lug! Pfeuh! La belle affaire. Ces deux là semblaient se connaître depuis des années, voire des siècles, avec eux, on ne savait plus trop quoi penser. Qu'importe, cela ne changeait pas beaucoup la donne. Au contraire, la jeune femme se sentait plus en sûreté.

Presque chez elle.
D'ailleurs, au souvenir de sa demeure qu'elle retrouverait bientôt, elle interrogea d'un regard, son maître qui répondit en marmonnant comme un enfant capricieux.

~Demain, sans aucun doute, si Môsieur Elias n'a rien à redire là dessus?~


«Maître, l'un de tes innombrables surnoms te sied à ravir : tu es un éternel enfant. Nous n'avons rien à craindre, il est un allié de notre peuple depuis l'aube des Temps. Morgane l'a voulut ainsi et même toi ne peut aller à l'encontre des décisions de la Grande Dame Blanche.» répliqua la jeune femme en observant Elias qui souriait.

Le jour allant déclinant, l'air sembla d'un seul coup se rafraîchir, arrachant un frisson à l'ex-Asyne. L'homme à la chevelure de feu la réprimanda, puis, sur un ton plus doux, demanda à Serafim : ~Elias et moi allons chasser cette nuit, veilles bien sur mon élève, et toi Aurora, pense à panser tes plaies, ainsi que celle de Serafim. Nous nous retrouvons demain, dès l'aurore.~

~° Mes hommages, que la nuit vous semble douce et réconfortante. L'Astre d'argent veille.°~

Les deux hommes disparurent sans laisser de traces. Beaucoup de choses avaient été dites, et la jeune femme se sentait un peu perdue, confuse. Mais contente d'être à nouveau au calme auprès du jeune renégat.
Elle l'entraîna à l'intérieur, dans cette havre de paix. Lieu qu'ils allaient partager une nuit ensemble, sans être perturbés par l'agitation provoquée par cette énième guerre sainte. Si loin des combats, elle en oubliait presque qu'elle aussi était une combattante. Une guerrière blessée de surcroît. Mais, ignorant cette douleur lancinante au dos, Aurora referma la porte derrière eux.

De nouveau, le silence.
Un soupir.

«Bon... il semblerait que nous pouvons encore profiter d'un temps de paix avant que la tempête ne souffle. Si ils sont en chasse, nous pouvons être sûrs que ces deux là ne reviendront pas avant le levé du jour. Bien, je vais m'occuper du repas, je soignerais tes blessures peu après! Tâches de te reposer!»

Aurora s'activa avec entrain, prenant même du plaisir à s'occuper ainsi d'un foyer. Habile cuisinière, il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour préparer un repas sommaire. Le potage mijotant dans l'âtre qu'elle avait ravivé, la belle soupira d'aise. Éclairée ainsi par les flammes, sa silhouette souligné par un divin clair-obscur, la dotait d'une aura mystérieuse, ensorcelante. Ses iris, deux saphirs, brillaient avec force quand ils tombèrent sur le disciple des Corbeaux. Elle sombrait avec délice dans la nostalgie, dans le temps de l'innocence où elle et son père adoptif partageaient des jours heureux.

«Papa...»
souffla t-elle en baissant les yeux. Insidieuse, un frisson de douleur la parcourut et la belle s'enveloppa de ses bras. «Ce n'est rien. -la druidesse s'approcha de lui pour chercher un peu de réconfort- je m'excuse d'avance, je ne suis pas une très bonne cuisinière...» ajouta t-elle maladroitement.
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Dim 1 Avr - 2:34

Maintenant qu'elle le lui avait fait remarquer, Serafim parvint à ressentir l'essence de l'être en question. Son cosmos le glaçait jusqu'aux os. Il y avait quelque chose de froid et d'inquiétant chez cette personne qui irradiait une intriguant aura autour de lui. Elias était donc le nom de ce druide aux cheveux d'argent, Serafim ne put s'empêcher d'éprouver une certaine fascination pour cet homme, ce qui était étonnant étant donné sa méfiance habituelle. Il avait compris que cet être à l'aura lunaire était là pour lui. Mais le fait que Serafim trouve ce personnage impressionnant, ne voulait pas dire qu'il approuvait entièrement son action, surtout qu'il semblerait qu'il était à l'origine des marques sur le visage d'Aurora. Un cadeau qu'il disait. Ces druides mystérieux n'étaient pas du genre à faire les choses gratuitement, toutes leurs actions suivaient un fil directeur dicté apparemment par une tierce personne. Une entité dont les pouvoirs devaient surclasser les leurs. Il y avait de quoi s'inquiéter, mais l'amour qu'il éprouvait pour Aurora suffisait pour dissiper tous les nuages de doute qui obscurcissaient son esprit. Que ces deux-là se disputaient comme la lune et le soleil pour le firmament, fit ricaner le dresseur des corbeaux. Il était évident que l'un ne pouvait pas exister sans l'autre comme, d'ailleurs il semblerait, qu'ils se soient mis d'accord pour une partie de chasse nocturne.

« La chasse ! »

Pourquoi entreprendre cette action, alors qu'ils avaient suffisamment de vivres et de réserves et surtout quels gibiers comptaient-ils débusquer dans ces bois. Décidément les agissements de ces druides lui paraissaient bien étranges, mais au moins la maison retrouvait son calme et bien vite un agréable fumet mit l'eau à la bouche du maitre des corbeaux ainsi qu'à son fidèle compagnon, corvi, qui s'était posé sur le rebord de la fenêtre. Thalia avait l'habitude de lui faire à manger, mais jamais un de ses plats avait autant aiguisé son appétit que le potage que préparait Aurora, la femme de sa vie. Serafim osa fermer les yeux et imaginer la même scène quelques années plus tard. Il voyait la belle brune penchée devant son fourneau et dans la cour près du vieux chêne, il entendait les chamailleries de ses enfants. Douce mélodie et pieux vœux. Il était évident que son futur ne sera jamais aussi calme, le dialogue échangé entre les deux enchanteurs avait fini de le convaincre. Mais qui sait ! Il lui restait l'espoir ! Celui d'acquérir un jour la force d'imposer ses choix au reste du monde.

Serafim se projetait déjà dans le futur, alors qu'Aurora semblait se perdre dans le passé. Il reconnaissait cette tristesse qui teintait le regard azur de l'ancienne asyne. Il connaissait cette mélancolie qui avait hanté ses nuits. Papa ! Aurora pensait donc à son père et apparemment ses souvenirs étaient douloureux. Le père de la jeune femme lui avait été arraché. Un sinistre passé qu'ils avaient en commun, comme il le futur radieux qu'il espérait tant. Serafim avait grandi sans père et bien qu'il ait réussi à camoufler ce manque sous un masque d'indifférence, il lui arrivait lui aussi de réclamer involontairement sa présence.

« Ça ne peut pas être pire que quand je cuisine ! Même les corbeaux refusent de gouter les plats que je concocte, donc avec toi je ne peux que me régaler. »

Il exagérait à peine. Mais il s'agissait avant tout de tenter de réchauffer un peu ce cœur qui semblait ce geler sous le vent de la tristesse. Serafim s'empressa aussitôt de rejoindre sa douce, il posa ses mains sur les épaules d'Aurora afin de les irradier de leur chaleur bienveillante et réconfortante.

« Il te manque, n'est-ce pas ? » Souffla-t-il d'une voix chaude « On m'a arraché aussi le mien quand j'étais encore qu'un enfant, mort au nom de la cupidité et de la cruauté et depuis il ne s'est pas passé une journée sans que je repense à lui, donc je connais aussi cette douleur lancinante, mais je connais aussi un remède à ce mal. Ton amour sans me faire oublier ce que j'ai vécu à panser mes plaies. Laisse-moi donc devenir celui qui t'aidera à surmonter cette douleur. »

Le dresseur de corbeau enlaça la brune et déposa un baiser sur son cou.

« Je serai toujours là pour toi, mon amour. »

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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mar 3 Avr - 22:20



    Le deuil.
    Qui ne l'avait pas au moins appréhendé une fois dans sa vie? Aussi courte soit-elle? La Mort arrachait aux vivants, des êtres chers, des parents, des amis, des frères ou des sœurs. Parfois même tous à la fois. Cruelle? Non, il n'y avait point là de cruauté, ou une quelconque forme d'humanité, de compassion.
    C'était juste là un fait inévitable : nous naissons, vivons et retournons à l'état de poussière. Ainsi le voulait le grand Cycle. Pourquoi parler de fatalité? Quand on pouvait y voir une délivrance? Non, dans le cœur des hommes, le trépas connotait toujours la fin. En réalité, n'était-ce pas quelque part, de l'égoïsme? Car oui, nous, ceux qui restons sur Terre et n'avons de cesse de quémander le retour des défunts, ne sommes nous pas abusés par notre propre aveuglement? L'opinion que nous nous faisons d'elle? Pauvres Sisyphe que nous sommes! Enchaînés à une sordide vérité que nous avons établit sans en effleurer ne serait-ce que la surface! Nous sommes nos propres bourreaux.

    Héautontimorouménos.

    Aurora n'était jamais parvenue à combler ce vide dans son cœur. En sa qualité de druidesse pourtant, elle se devait d'avoir une toute autre vision du sommeil éternel. Mais la façon dont Artus lui avait été arraché ne lui permettait pas de faire abstraction et d'aller au delà de ses profondes blessures. Meurtrie au plus profond d'elle-même, la belle jeune femme craignait de ne pouvoir un jour, colmater cette fissure ayant ébranlée les murailles érigées autour de son cœur. C'était sans compter sa rencontre avec le disciple des corbeaux. Même lui parvenait à calmer les gémissements de son être, apaiser ses angoisses et ses peines. Lui faire oublier son passé. Il lui fallait reconnaitre qu'elle se devait de regarder vers l'avant à présent et ne plus regarder par dessus son épaule. Lui aussi avait perdu sa famille, ses racines. En plus de cela, il venait, pour elle, d'abandonner sa vie, pour en construire une autre. Pour elle.

    Oui, elle le laisserait panser ses plaies. Devenir son remède contre le poison qui s'écoulait dans ses veines. Car il était son élu, celui qui l'accompagnerait dans ce voyage à la saveur inconnue, à l'odeur incertaine, notes aigres et douces à la fois. Ainsi enlacés, la jeune dame du matin se laissa faire, bercée par cette agréable suavité. Ces mains réchauffant son corps parcourut de frissons. Ce baiser, invitation aux plaisirs inavouables, lui arracha un sourire enjôleur. Charmée par ce discours, Aurora se retourna avec lenteur pour le contempler.

    “Lune de mes jours, saches que je serais présente pour toi à chaque instant. Dans la douleur, comme dans la joie, mais j'en ai assez de te faire des promesses. Car pour nous, druides, même si la parole est aussi importante que les actes, ils n'en demeurent pas moins qu'ils sont la matérialisation de cette dernière.” souffla t-elle en faisant quelques pas en arrière. “Dansons, amour de ma vie, sous les astres et la voûte bleue.”
    C'est ainsi que l'ancienne asyne l'entraîna une fois encore au dehors de la maisonnée tandis que le feu continuait de crépiter dans l'âtre. Un temps, ils oublieraient leur condition de mortel, car ils allaient danser à la faveur de cette nuit douce et chaude pour entamer la Ronde des Esprits.

    La brune l'invita à prendre ses mains entre les siennes avant qu'elle ne les guide sur sa taille fine. Un coup d’œil complice et doucement, la jeune druidesse esquissa quelques pas de valse. Rien de très compliqué d'abord, pour ne pas perdre le jeune homme et le décourager. Or, il se débrouillait bien, pour quelqu'un qui se trouvait peu habile danseur. “On dirait que tu as fais cela toute ta vie Serafim.” lança t-elle en éclatant d'un rire cristallin tandis que leur deux corps se rejoignaient une fois encore après une pirouette pleine de légèreté. Dans ses mouvements amples et délicats, Aurora laissait voleter ses cheveux et sa mise, les faisant participer à ce ballet sensuel. Et le vent s’immisçait aussi, il soufflait une calme mélodie dans les ramures de l'arbre centenaire.

    Le rythme s'accéléra, crescendo et elle devenait à mesure du temps qui s'écoule, le feu de Beltane. Fiévreuse, elle s'abandonna à l'ivresse, et son regard se perdit dans l'immensité du ciel. Brusquement, la jeune femme se cambra avant d'enrouler ses bras autour de sa taille. Aurora tomba à genoux, retenant avec peine la douleur qui vint l'assaillir. Visiblement c'était son dos qui l'a faisait souffrir et ce fut dans sa langue qu'elle cria à la face de l'astre de la nuit. Alertée, Morrigan s'envola de son perchoir pour voler vers sa maîtresse. Toutes serres sorties, l'oiseau les planta dans la chair, déchirant au passage, la robe de Thalia. Le sang ruisselait sur sa peau d'albâtre tandis que le charognard s'évertuait à vouloir arracher ce mal. Un ordre de sa maîtresse, qui voyait bien que cela ne rimait à rien. Aller a de telles extrémités... non, ce n'était point là la bonne solution.

    “Assez!”


    L'oiseau au sombre plumage obéit, tournant sa tête noire dans la direction d'un Serafim horrifié sans nul doute par ce spectacle. Le souffle haletant, la belle se redressa tant bien que mal avant de défaillir dans les bras de son aimé. “Trop douloureux...” murmura t-elle en retenant le tissu contre elle afin de dissimuler sa nudité.

    Quelques instants plus tard, le couple franchissait la porte de la vieille chaumière. La druidesse parvint à s'assoir près du feu, appréciant la chaleur sur sa peau. La douleur s'était calmée, et aussi étrange que cela puisse paraître malgré les profondes griffures zébrant son dos, elle tenait bon. “Je... ce fut plus fort que moi, je sais que c'était stupide, et j'ai bien crus frôler les portes de la folie. Antiokus m'avait prévenu que ma transformation serait douloureuse. Je n'avais pas pensé que ce serait à ce point. Il... il va falloir laver ces plaies et utiliser de ce baume que j'avais préparé pour toi. Dire que c'était normalement à moi de te soigner, pas l'inverse. Excuse moi Serafim. Je suis une idiote.”

    D'un geste machinal, la druidesse ramena sa chevelure de jais sur son épaule avant de laisser glisser ce qu'il restait du haut de cette robe. Son dos ainsi dévoilé, la jeune femme rougit quelque peu. Mélange de honte et de timidité.
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mer 4 Avr - 17:41

Douloureux ! Pourquoi fallait-il qu'un changement soit toujours précédé ou accompagné de douleurs ? D'habitude, il s'agit plus de douleurs psychiques, mais le spectacle auquel il avait assisté, l'avait effrayé et pour la première fois depuis leur rencontre, il avait souhaité que le druide roux soit présent à cet instant. Lui au moins aurait su de quoi il s'agit et surtout quoi faire pour apaiser la douleur qui irradiait le corps d'Aurora. Pathétique ! Le voilà une fois de plus impuissant et condamné à n'être qu'un spectateur de la métamorphose de la belle brune, alors qu'il avait souhaité en être un acteur privilégié.

Le sort avait vraiment décidé de leur interdire tout bonheur, il avait eu d'abord cet étrange phénomène après leur échange de vœux sous les ramures du vieux chêne et maintenant ce mal atroce qui tourmentait son amour.

*Pourquoi ?*

Intérieurement le renégat se demandait pourquoi, ils ne pouvaient pas vivre leur amour en paix. Etait-ce trop demandé ? Excepté le fait qu'ils avaient déserté leurs camps qu'avait-il fait de mal pour mériter pareil supplice. A l'instar de Tantale qui voyait la branche d'un arbre fruitier se dérober sous sa main quand il voulait agripper un de ses fruits succulents, Serafim ne pouvait profiter pleinement d'un moment de calme avec sa compagne, sans qu'un tragique événement ne vienne le troubler.

« S'il te plait arrête de te dénigrer ainsi, ce n'est pas de ta faute. »

Rétorqua le dresseur de corbeaux alors qu'Aurora lui exposait les entailles faites par Morrigan. Les plaies étaient exactement à l'endroit ou Antiokus avait apposé ses mains et étrangement, ces marques rappelèrent à l'Athénien l'ébauche d'ailes. Ce constat suspendit son geste pendant quelques secondes, puis après avoir secoué la tête pour reprendre ses esprits, il entreprit de soigner les blessures de la jeune femme. Seulement la tâche ne sera pas aisée ! La nudité d'Aurora, suscitait chez lui, envie et passion. Le sang lui montait à la tête, donnant ainsi un aspect cramoisie à son visage.

*Mais qu'est-ce qui m'arrive reprend toi bon sang*

Alors qu'Aurora souffrait, l'Athénien se noyait dans des pensées frivoles et indécentes, comme si c'était le moment ! Ainsi d'une main ferme, mais délicate, il passa un morceau d'étoffe sur le dos marqué afin d'éliminer un partir du sang qui souillait les plaies. Essayant d'imiter la technique de la belle druidesse, il prit le soin de nimber sa main d'une légère aura bleutée afin d'apaiser les douleurs. Ceci fait il récupéra une noix de l'onguent et commença à l'appliquer par de douces caresses sur les blessures. Si ce n'était pas le contexte on aurait même pu voir de la sensualité dans le ballet harmonieux des doigts du jeune homme. Lentement avec tendresse et délicatesse, les mains chaudes de Serafim glissèrent sur la peau nacrée d'Aurora, étalant de façon subtile, le baume de soin sur toute sa surface. Sa respiration bruyante et chaude, trahissait ses efforts pour garder son sang-froid, mais bien qu'il était en proie au désir, il continuait à s'occuper avec respect et galanterie de la femme de sa vie.

« Tu ne sais pas ce que je donnerai pour que tu arrêtes de souffrir ainsi. J'ai eu très peur pour toi, on aurait dit que Morrigan voulait extraire une chose dissimulée sous ta peau avec ses serres.»

Mais Serafim se garda de poser d'autres questions sur cet incident. Il était curieux, mais avant tout respectueux des choix de l'ancienne Asyne, elle avait accepté ces épreuves et la seule chose que Serafim pouvait faire était de l'épauler. C'était son devoir !

« Tu dois te reposer maintenant, nous en parlerons peut-être plus tard en attendant, je vais te chercher un autre vêtement. »

Serafim quitta la pièce juste un instant, le temps de trouver la commode ou Thalia avait l'habitude de ranger ses habits. Il attrapa donc un vêtement au hasard et se précipita dans la pièce où il avait laissé Aurora afin de lui remettre l'habit. Une délicieuse odeur en provenance de la cuisine avait envahi la maison, promesse d'un bon repas, effaçant ainsi l'odeur forte des plantes médicinales et apaisant d'une certaine manière l'atmosphère.
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mer 4 Avr - 22:27


    Statue de Marbre blanc.

    Lys immaculé, abîmé par une éclatante lumière d'or. Peau parée de divins reflets. Chaude et lisse à la fois, elle faisait trembler de désir, le seigneur des corbeaux. Si douce, sous ses paumes hésitantes tandis que la belle était parcourue de frissons incontrôlables. Mélange de douleur et de plaisir. Partagée entre deux sentiments, Aurora conservait ses yeux azurés rivés vers le sol. Une ancienne mélopée lui revenait en mémoire, et ce souvenir calma ses troubles. Si en effet, la faute ne lui incombait pas totalement, la druidesse regrettait tout de même de ne pas avoir tenu plus longtemps face à cette douleur. À présent apaisée par les soins de Serafim dont la voix trahissait son inquiétude, la brune osa lever ses prunelles vers lui. Un regard emprunt d'une tristesse alarmante. Désolée, elle l'était.

    Elle ne désirait pas l'inquiéter outre mesure, or, lire dans ses iris, tant d'inquiétude l'alarmait davantage encore. Elle qui d'ordinaire, ne se confiait à personne, il lui faudrait aller à l'encontre de ses habitudes et partager avec son aimé, ses peines et ses craintes. Oui, à croire que le fatum se jouait d'eux. Mais maintenant, ils auraient le droit à un peu de répit. L'odeur du baume perturbait ses autres sens plus que de raison, et la belle se sentait légèrement défaillante. Enivrée. Quand le jeune homme parti lui chercher des vêtements de rechange, son estomac lui rappela à son bon souvenir. Cela faisait combien de temps qu'elle n'avait pas mangé quelque chose? Tandis que le disciple des noirs oiseaux fouillait dans les tiroirs, elle, s'était redressée, non sans vaciller. Laissant choir sa mise en lambeau sur le sol.

    En tenue d'Ève, seuls ses cheveux noirs et ondulés dissimulaient ses courbes, sa féminité ainsi que la blancheur exquise de ses seins. Éclairée par la lumière de la lune ainsi que le feu brûlant dans l'âtre, des ombres se dessinaient sur son corps, mouvantes, semblant danser quand elle se tourna à demi vers son aimé.
    La dame du Matin voulait fuir ce regard, trop embarrassée, allant même jusqu'à enrouler ses bras autour de sa poitrine. Elle ne pouvait être dupe : l'appel des corps pouvait parfois être bien trop fort. Trop pressant. Même si ce n'était point là un acte délibéré, juste sans doute, un moment de faiblesse, Aurora savait qu'elle ne devait pas avoir peur.

    Ne l'avait-elle pas dit? Que les actes pouvaient compter davantage que les paroles? Un peu pantoise, la jeune femme fit quelques pas vers Serafim avant de le débarrasser du vêtement qu'il tenait.

    Plume dérivant dans les airs, le tissus se froissa à leurs pieds. Tremblotante, mal-assurée, la druidesse vint trouver refuge dans les bras du renégat. “Je voudrais... si tu le veux bien, te montrer l'étendue de ma métamorphose, même si ce n'est là que la genèse...” susurra t-elle à son oreille tout en le poussant avec douceur dans la pièce voisine.
    La chambre, illuminée par la lumière laiteuse de l'astre du soir, respirait la tranquillité. Si la jeune femme ressentait une quelconque douleur, elle n'en montrait rien, son visage parfaitement détendu, un sourire accroché à ses lèvres vermeilles. Bouche qui chercha celle de Serafim avec passion. Désir mal contenu.

    Yeux éperdus.
    Caresses délicieuses sur sa peau nue.

    Monstre.

    Ce simple mot s'imposa dans son esprit avec force. Sorcière! Une main sur le cœur, l'ancienne asyne chercha à s'extraire de toute ses forces de ces visions d'elle-même, son “elle” passé. Cette impureté, cette souillure qu'on lui avait contrainte de porter. Et dont elle avait été lavée.

    Mais il en restait des traces dans sa tête.

    Un soupir franchit la barrière de ses lèvres, et ce fut en lovant sa tête dans le creux du cou du jeune homme qu'elle trouva refuge. Elle lui faisait confiance et s'offrait à lui sans crainte.

    “Regarde moi.”
    lui intima t-elle en s'écartant de lui. À quelques pas de lui, la jeune druidesse le laissa la contempler à loisir, écartant de ses doigts agiles, les mèches de sa chevelure aux reflets bleutés sous la lune d'argent. “Veux tu toujours de moi Serafim? Es-tu prêt à m'accepter telle que je suis, et celle que je deviendrais?”.

    À la faveur de cette nuit de pleine lune, les marques ornant la peau de son visage brillèrent avec douceur avant de s'étaler un peu partout sur son corps. Le don d'Elias. Il se propageait, dotant sa personne, d'une once de mystère : ses yeux prirent la teinte de l'ambre, chaude et vibrante alors que ça et là, quelques boucles devenaient se parait d'or, tirant presque sur le blanc. Drôle de vision, étrange créature qui se dressait devant l'homme aux charognards.

    “N'ais pas peur de moi, Lune de mes jours...”
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Jeu 5 Avr - 23:12

Avoir peur ? Quel homme éprouverait de la peur en contemplant sa compagne qui s'épanouissait dans toute sa sensualité ? Ce qui animait le regard de Serafim était plutôt de la stupeur. Le ballet des symboles lumineux sur le corps nu d'Aurora était comme une farandole hypnotique, captivant sans regard sans vraiment l'inquiéter. Il n'y avait décidément pas matière à avoir peur, car il savait que derrière cet apparat de magie et de mystère se trouvait la femme qu'il aimait. Alors qu'importe l'apparence qu'Aurora prendra à la fin de sa métamorphose, il l'aimera et la chérira, conformément à son souhait sous le vieux chêne.

D'un pas hâtif, motivé par le désir, Serafim rejoignit sa belle. Ses lèvres fusionnèrent une nouvelle fois avec celles d'Aurora. Telle fut sa réponse silencieuse aux interrogations de la druidesse. Un baiser passionné, chargé de tout son amour et révélateur de son envie.

Ce corps sculpté par les rayons sélénites, agissait comme un comburant à sa passion qui semblait déborder de ses pores. Il lui semblait même que la température de la pièce avait augmenté, comme si un esprit malin l'avait placé en plein milieu d'une géhenne.

« Je n'ai pas peur ! Avec toi je n'ai plus peur alors je te demanderai de ne plus craindre le futur, nous franchirons les obstacles ensemble, quitte à défier les dieux. »

Un silence. Une légère brise nocturne, sournoise et fraiche vint caresser ses tempes, puis sans crier garde, le disciple des corbeaux s'égosilla.

« VOUS ENTENDEZ ! PERSONNE NE M'EMPECHERA DE VIVRE AVEC ELLE ! »

En voilà un défi impétueux ! Serafim avait lancé cet avertissement à qui voulait bien l'entendre, humain, esprit ou autre. Une attitude fougueuse que l'ancien saint de corbeaux n'aurait jamais eue auparavant. Aurora n'était pas la seule à se métamorphoser, la mutation de Serafim était peut-être moins visible, mais pas moins importante, toute sa psyché était en train de changer. A chaque minute qu'il passait en compagnie de la fille il devenait, plus intrépide, plus confiant, plus audacieux.

« Oui Aurora, je veux toujours de toi, je ne peux plus vivre sans toi ! »

Cette fois le renégat du sanctuaire murmura tendrement ses mots dans le creux de l'oreille, ponctuant sa déclaration par un autre baiser tout aussi enflammé. Ses mains comme aimantées par la peau de la druidesse se collèrent sur les hanches fines magnifiquement bien taillées de la belle Aurora.

Un homme et une femme seuls ! Embrasés par le sentiment le plus fort de cette planète. Tous les éléments étaient réunis pour reproduire le plus bel acte de l'humanité. Il n'avait pas peur, il voulait toujours d'elle et si les actes avaient plus de signification que les paroles, alors il ne restait à Serafim qu'une manière pour exprimer ses sentiments et dissiper les craintes de l'Asyne.

Ce soir, les corps allaient s'embraser et réitérer le plus vieux rituel du monde, celui de la vie. Sous l'œil coquin de l'Eros, Serafim et Aurora allait peut-être consommer leur union, dans cette chambre qui subitement semblait si calme. Même les bruits de la forêt nocturne s'estompaient, les bois devenaient étrangement silencieux.
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Ven 6 Avr - 21:54


Yn dilyn y daith ~ Mae Nôl i'r gwreiddiau





    Toi fleur délicate qui s'épanouit sous les rayons lunaire. Toi fragile dame-enfant, tu te rends compte de ta fragilité, de ton inexpérience. Ne rougit pas. Car te voilà prête à devenir femme. Finit l'innocence, le doute et les peurs qui pouvaient te hanter. Aujourd'hui tu vas goûter au plaisir originel. Celui de la chair. Tu vois ton aimé s'avancer vers toi, gagné par le désir que ton corps peut bien susciter chez lui. Nulle crainte petite faie, écoutes ton cœur qui galope dans ta poitrine. Tu t'abandonnes à ses baisers, ses caresses, tu boit ses paroles et te rends compte que tu n'avais jamais été aussi heureuse. Les douleurs, envolées ! Elles ne sont plus qu'un souvenir, à peine une trace que tu peux aisément balayer d'un revers de main. Un dernier regard à la lune, seule témoin de cette union particulière, et tu te laisses emporter par le désir.

    L'entendre prendre une telle assurance l'enchantait. Lui aussi, à sa manière, changeait. Si elle était l'instigatrice de ce changement, la jeune femme se doutait bien que c'était là un effet de l'amour. Décidément, la druidesse avait eu une idée bien faussée de ce sentiment! Il ne pouvait plus vivre sans elle. Tout comme elle était persuadée qu'elle ne pourrait plus vivre sans lui. Leurs deux destins étaient à jamais lié par ce serment. La Dame Blanche voudrait sans nul doute renouveler cet engagement d'une manière plus officielle, oui, après tout, il existait encore en Avalon, les Anciennes Traditions. Ses yeux fixèrent, éperdus, le visage de son cher et tendre. Leurs deux souffles s'entremêlaient tandis que leurs lèvres se rapprochaient pour finalement, s'écraser les une contre les autres. En un baiser fougueux, promesse d'une nouvelle valse. Un danse totalement inconnue pour elle. Aurora sentait les paumes de Serafim frôler sa peau marmoréenne, avant que fiévreusement, il ne s'empare de ses hanches.

    «Serafim...»

    Ce murmure, semblable à un gémissement, traduisait sa perdition. Inéluctablement, la jeune dame du matin perdait pied. Prenait son envol dans un ciel nouveau, incertain. Mais même face à l'inconnu, la demoiselle ne ressentait aucunes appréhensions. Son fol amour à ses côtés, elle savait que tout se passerait bien. Malgré les douloureux souvenirs ayant rythmé son passé.
    Prélude à l'abandon.
    Le silence. Seulement le battement fou de leurs deux cœurs qui battaient à l'unisson. Ô formidable volupté! Quel beau voyage ils allaient entreprendre! Sensuelle, féline, la belle lova son corps plus étroitement encore contre celui du jeune homme. Sa langue, brulante le fit frissonner quand cette dernière glissa le long de son cou jusqu'au lobe de son oreille qu'elle mordilla avec douceur. Un sourire aguicheur à son intention, et l'ancienne guerrière des glaces alla chercher un autre baiser fiévreux.

    Le bruissement du tissu qui se froissait au sol.
    Formant aux pieds des amoureux, un bien joli drapé, à l'instar de la corolle d'une fleur éclose. «Rwy'n dy garu di, à jamais.»
    Yeux dans les yeux, la druidesse guida Serafim jusqu'au lit. Là, avec un lenteur calculée, la jeune femme les fit tout deux tomber sur le matelas de plume. Fermant ses paupières, elle était prête à s'abandonner à cette étreinte ardente. À être transportée dans les affres de l'extase. La jeune femme se mordit la lèvre inférieure retenant avec peine un soupir d'exaltation quand enfin, leur deux corps fusionnèrent. Pour n'en former plus qu'un.

    Endormie entre ses bras, serrée tout contre lui comme un petit animal recherchant un contact chaud et rassurant, Aurora sourit dans son sommeil. Un rai de lumière tomba à l'oblique et le chant des merles s'éleva. Le jour se levait, un jour nouveau, accompagné par le miaulement d'un chat.

    Tout au pied de leur lit. Roulé en boule, le félin leva sa tête noire vers le couple toujours bercés entre les bras de Morphée. Cette nuit avait due être torride pour que les deux jeunes gens ne s'éveillent pas aux premières lueurs de l'aube. Ils étaient en retard. Enfin, l'animal vit la demoiselle se redresser pour froisser davantage les draps. À la vue du chat, la belle dissimula sa gorge découverte et réveilla en douceur, le seigneur des corbeaux.

    ~Bonjour, ma belle endormie. Petite faie, il est l'heure de nous en aller et de laisser derrière nous, cette chaumière. Habillez-vous, nous vous attendons.~ sur ces paroles, Antiokus métamorphosé en chat, sauta hors du lit pour atterrir sur ses pattes de velours. Une fois parti, la jeune femme se pencha vers Serafim pour déposer un tendre baiser sur sa joue pâle.
    «Mon amour, c'est à mon tour de te faire découvrir mon chez moi. Nous partons pour la France, mon pays natal, et j'ai hâte de te faire découvrir la forêt qui m'a vu naître.»

    La belle aux cheveux noirs, une fois parée d'une nouvelle robe à l'étoffe blanche et légère, drapée ça et là d'une fine dentelle élégante, invita le renégat à manger de cette soupe qu'ils n'avaient pu déguster. Ils avaient tout deux goûté à autre chose... Cette pensée la fit rougir légèrement, tant et si bien que le disciple des oiseaux au sombre plumage devait s'en être aperçu! Riant aux éclat, la druidesse s'assura que cette mixture n'avait pas brûlé avant qu'elle et lui, ne se restaurent.

    ***

    Nevet.
    L'antique et mystérieuse forêt de conifères se dressait devant le quatuor. L'épais feuillage des sapins ne permettait pas à la lumière de filtrer. Sombre et angoissante aux premiers abords, elle avait découragé plus d'un voyageur. Or, ce fut avec une joie sans borne, que Aurora respira son odeur familière.
    Chez elle.
    ~° Il est toujours agréable de retourner à ses racines. Ta terre natale te rappelait à elle ma chère enfant du Soleil. Mais ce que tu vas découvrir risque de rouvrir d'anciennes blessures. Tu devras être forte, les hommes sont parfois bornés et cruels. Aveuglés et sourds. Manipulé par le Feu. L'Inquisition.°~ Elias, s'il s'était exprimé avec gravité, son visage lui, était resté impassible.
    Une pointe d'amusement dansa dans ses prunelles, voir ces deux druides côte à côte, si différents l'un de l'autre ne pouvait être qu'un spectacle hilarant. Le jour et la nuit.

    Les rivaux n'avaient eu de cesse de se chercher querelle, chacun d'en eux répondant à leur manière. Son maître aux cheveux de feu était en tout point pareil à l'élément flamboyant : vif mais chaleureux quand l'autre ressemblait à la glace, ou a un lac paisible. Patient, qui sortait rarement de son lit.
    Encore quelques heures à marcher dans cette nature renaissante. Bourgeons et champignons foisonnaient, tout comme la mousse que les voyageurs foulaient, révélant du même coup un agréable et odorant parfum.

    Chez elle.

    Il lui semblait que rien n'avait bougé : tout était à sa place exactement comme ils l'avaient laissé. Une pointe de tristesse naquit dans son être : revoir cet enchevêtrement de branchages formant leur cabane faisait reparaître la nostalgie. Ce fut pourtant avec le sourire, qu'elle désigna ce qu'elle considérait comme sa maison à l'élu de son cœur.

    «Bienvenu chez moi...»
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Lun 9 Avr - 18:43

C'était le plus beau matin de sa vie. C'était le plus beau réveil de son existence et même s'il avait la tête qui tournait, toujours sous l'emprise des émotions fortes qui avaient meublé cette nuit désormais sacrée pour lui, Serafim accueillait avec un large sourire les rayons du soleil qui réinstaurait arbitrairement ses droits dans la chambre. Il regrettait juste que ce moment soit écourté. Il était comme un naufragé sur l'ile des Lotophages, voulant s'enivrer jusqu'à la fin des temps de ce Lotos, ce fruit mielleux, pouvant faire oublier les tracas du monde. Aurora était celle qui lui procurait cette sensation de bien-être, il ne voulait pas la quitter, mais l'appel du voyage se fait de plus en plus persistant. L'intervention du maudit rouquin était aisément décelable et cela fit froncer brièvement les sourcils du dresseur de corbeaux. Il était à craindre qu'Aurora souffre de nouveaux, comme ce fut déjà le cas à chaque étape de leur périple.

En attendant le jeune homme apprécia avec un réel plaisir, le plat préparé la veille. Les braises de l'âtre avaient pu conserver leur chaleur, permettant ainsi à la soupe de garder une tiédeur agréable. Ce qu'il mangeait était tout simplement délicieux et la rougeur du visage de la jeune femme se communiqua au sien. Il aurait tant aimé, parler de cette nuit, avec Aurora. Apres tout il s'agissait d'une expérience inédite pour lui et cet acte avait une forte symbolique. Peut-être que ce n'était pas trop le moment non plus, ni le bon contexte. En espérant que plus tard, il trouve une occasion pour discuter avec sa douce, il prit silencieusement la main de la jeune femme et la serra chaleureusement tout en lui lançant des regards amoureux.

Il était hélas temps de quitter ce lieu. L'athénien s'était vêtu en prévision du long voyage qui s'annonçait d'une longue veste sombre posée au-dessus d'un ensemble pantalon haut aussi sombre que la suie présente sur la marmite ayant servie à confectionner le potage. Le style vestimentaire des deux jeunes différait, comme la personnalité de leurs mentors respectifs. On aurait dit que le soleil et la lune s'étaient percutés en éclipse aveuglante.

Avant de partir pour la France, Serafim avait récupéré ce bourgeon sur le chêne, symbole de la naissance de leur amour. Il l'enveloppa avec soin dans un morceau de tissus blanc qu'il rangea dans des poches de ses habits contre son cœur.

-*-*-

La France ! C'était donc le pays natal d'Aurora et cette forêt abritait sa demeure. Les avertissements d'Elias parvinrent aux oreilles de Serafim et l'empêchèrent de partager entièrement la joie de la druidesse. Il était ravi de découvrir cet endroit, mais ces bois étaient enveloppés d'un étrange suaire inquiétant. Une fine odeur de mort flottait au-dessus de la mousse, l'odorat aiguisé de ses corbeaux ne se trompait jamais. Quelque chose d'horrible avait empeigné la végétation d'une exécrable senteur.

Instinctivement Serafim lança un regard à Elias. Le druide semblait avoir compris ce que le dresseur de corbeau voulait lui annoncer, mais ce dernier d'un clin d'œil lui intima l'ordre de se taire. Serafim n'avait plus aucun doute il savait ce qui était en action dans ses bois étrangement calme, mais pourquoi gardait-il le silence ? Encore une fois, il avait l'impression d'être manipulé.

Pas rassuré pour autant, Serafim suivit Aurora dans sa demeure. Il y avait quelque chose qui le gênait à chaque pas qui le rapprochait de sa demeure, mais hélas il n'arrivait pas identifier la source de ce malaise. Cela ne l'empêcha pas de finalement pénétrer dans la cabane en bois, toujours hélas accompagné des deux autres druides.

« Le voyage a été difficile, repose quelques instants, je vais récupérer un d'eau fraiche et un peu de bois sec pour allumer le feu. »

C'était peut-être un peu trop précipité, mais Serafim voulait trouver de lui-même l'origine de son malaise, sans pour autant alarmer Aurora. Apres avoir délogé quelques araignées qui avaient colonisé un pichet en terre cuite qu'il réquisitionna pour sa collecte, il fit signe discrètement à Elias de le suivre hors de la chaumière. Ces deux la avaient des choses à se dire.
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mar 10 Avr - 15:18

The Way of Darkness






    Le temps s'écoulera, la terre saignera. Les maux, passeront, enveloppés entre le tissu de l'oubli.
    Le temps passe. Les douleurs persistent au fond. Mais à quoi bon s'en plaindre? Devant nous s'ouvrent de multiples possibilités, des chemins pleins de promesses. Des nouveaux tourments aussi au détour de quelques sentiers sombres. Ne point se fier aux apparences. Ces bois semblaient abriter des créatures étranges, des ombres tordues prêtes à fondre sur quiconque passerait à la porter de leurs griffes et de leurs crocs. Or, ne vous laissez pas gagner par la peur! Ces pairs d'yeux qui vous observent tapis dans l'obscurité, ce ne sont là que les familiers d'Antiokus. Lui, d'habitude si bavard, prompt à chercher querelle avec Serafim et Elias, s'était muré dans un mutisme inquiétant.
    Cette odeur capiteuse l’écœurait. L'odeur de charogne. Elle emplissait les environs sans que l’œil puisse donner raison à ce mal être. Pas de cadavres. Même le seigneur des corbeaux s'inquiétait de ressentir tant d'impuretés. Mais la petite dame du matin niait. À la demande de son aimé, la jeune femme avait hocher la tête, accompagnant ce mouvement par un immense sourire. Sous le regard figé du druide, elle se débarrassa de sa cape prune dont-il l'avait tantôt drapé. La nuit ne tarderait pas à arriver. La course de la Lune succéderait dans quelques heures à peine, celle du Soleil.

    Et Elias suivit docilement celui qu'il voyait comme étant l'enfant de la nuit. Disciple des corbeaux. D'ailleurs, ses sombres messagers suivaient leur maître avec force de coassements, comme excités par cette fragrance de mort.
    L'oubli.
    Non loin de la demeure de la druidesse, s'écoulait un petit cours d'eau, dont le lit sinueux, se frayait un chemin entre les rochers. Elias posa ses yeux opalins sur la silhouette noire de son protégé, le jugeant un long moment sans aucunes expressions sur ce visage angélique. L'humain n'en avait pas encore conscience, mais, il ne tarderait pas à devenir comme lui. En tout point pareil à l'astre du soir.

    ~° Bientôt, très bientôt la vérité éclatera. Ce n'est qu'une question de temps. Il effacera d'un revers de main, ce qu'Aalanna avait érigé. Oui, très vite, le sang se révèlera. Tu sens cette pestilence? Voilà le prélude au cauchemars. La noirceur.°~

    Un mirage. La jeune femme n'en avait pas conscience, mais elle s'était préservée d'une vision d'horreur. Macabre. Une once de mélancolie traversa les prunelles d'argent du maître de la Lune. Lune qui darda de ses rayons laiteux, l'ensemble des bois. Révélant mort et désolation.

    La folie humaine. Comme si on retirait un voile, ou le déchirait, les environs se froissèrent. ~°L'enchantement prends fin. Encore quelques minutes tout au plus. Serafim, j'ai offert à ta promise, un don de notre peuple, mais sans toi à ses côtés, ces marques qui ornent sa peau d'ivoire ne resteront que de simples dessins. Tu es celui qui l'éveilleras. Et je suis celui qui t'éveilleras.°~
    Sur ces paroles, le druide alla poser une mains aux longs doigts noueux et graciles, sur la tête de Serafim. Immédiatement, sa paume se para d'une belle couleur violine, pareille aux nuages qui viennent parfois cacher le disque de la nuit. Sans ajouter quoique ce soit à son discours, le magicien remua ses lèvres sans qu'aucuns sons ne franchissent la barrière de ses lèvres. Un pouce sur son front, et une marque semblable à celle d'Aurora, apparue. Un croissant de lune. Mais ce ne fut pas là le seul changement : peu à peu, la chevelure sombre du maître des corvidés ondula jusqu'à ses épaules, la dotant du même coup, de reflets bleutés. Un mince rictus, et le druide s'empara de l'une de ces mèches sombres. ~° Navré pour cela, c'est là un effet secondaire de mes incantations, si cela te gênes, tu pourras les couper.°~

    Un cri déchira la voûte céleste. Ce crépuscule débuta dans cette teinte vermeille et chaude. Sang.

    Antiokus voyait s'opérer le changement tout autour de lui. La surface du miroir, lisse, se fissurait, menaçant de voler en éclat. Des visions de la réalité s’immisçaient parfois, brusques éclairs, genèses de nouvelles souffrances. Inquiété par ces ondes qui déformaient arbres et sol, le druide roux jeta son regard de jade sur sa protégée qui venait de hurler. À genoux dans la poussière, Aurora regardait ses mains tremblotantes, cette chose qui par intermittence, se révélait.

    Une tête humaine. Figée dans une expression grotesque : des restes de cheveux blonds. Une petite fille. Et non loin celles de son père et de sa mère. Antiokus n'avait jamais vu une telle chose, une telle barbarie, et pourtant! Il en avait vu des horreurs! Des cadavres. Il y en avait partout, entassés pelle-mêle, au stade de décomposition. Des mouches venaient se repaitre de ce festin macabre. Et, exposés à la face du ciel, les viscère étaient sans nul doute, bien alléchantes pour les compagnons de Serafim.

    D'ailleurs, ils avaient faim. D'un coup d'aile, les oiseaux au sombre plumage allèrent entourer la druidesse pour parfaire ce tableau ignoble. Tâche immaculée dans toute cette ignominie, la belle jeune femme serrait contre son cœur, cette enfant morte qu'elle n'avait put au final sauver. Un mot revenait dans sa mémoire : Inquisition.

    ~Aurora...~ articula avec mal, le maître en illusions. “Laisse moi!” cracha t-elle en retour en se redressant vivement. Dans un bruit mou et dégoûtant, la tête roula à ses pieds. Ses yeux écarquillés par l'effroi, détaillaient l'ensemble de la scène. En lettres écarlate, des mots qu'elle ne comprenait pas ornaient les troncs, le sol, les murs de sa cabane. En levant les yeux, elle vit écorché vif, ses ramures plantées dans le cœur d'un vieux chêne, un cerf gigantesque. L'allusion s'imposa avec force en elle et les larmes ruisselèrent sur ses joues brûlantes.

    “Dagda! Duw Dagda meistr y Derwyddon! Maent yn cael eu feiddio, mae'r rhain angenfilod ... “

    C'était comme si la lame d'un poignard s'était fiché dans ses chairs. Lui aussi ébranlé, la mine du druide se fit sombre.
    The way of darkness.
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[Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage

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