RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage

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Panthéon


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mer 11 Avr - 13:24

==> Enfers

[HRP : je poste en deux fois pour ne pas interrompre de façon abrupte le rp en cours. Dès que vous avez répondu tous les deux, je donnerai le message. ]

Une silhouette évanescente et magnifique s'était glissée hors des Enfers. La vive lumière de Sol l'accueillit dès sa sortie mais sans pour autant réchauffer l'âme de la Valkyrie ou apaiser sa colère. Les Ases luttaient tous au risque d'y perdre la vie et Odin mettait même en jeu la vie de divinités primordiales. Et à côté de cela, certain n'hésitait pas à abandonner les leurs...

La Déesse avait frappé mais de façon moins expéditive qu'auraient pu le faire d'autres divinités. Le reste dépendrait des actes de cette Aurora bien plus que de ses paroles.

Dans les cieux, sa monture ne tarda guère à apparaître avant qu'elle ne l'enfourche d'un bond et ne s'éloigne vers la terre de France. Les terres défilèrent sans que nul ne la voit. Nul ne pouvait encore se douter de ce qui était en ce moment même en train de se jouer dans le sombre séjour.

Tous les habitants sauf deux qu'elle ne tarda pas à rejoindre. L'étalon entama accélera et d'un bond gigantesque se retrouva à proximité de la coupable. Elle estimait qu'il valait pour mieux Aurora qu'elle s'avance vers elle plutôt que le contraire. Les Vierges guerrières pouvaient être aussi violentes que les dieux qu'elles servaient.

De toute façon, elle ne tarderait guère à voir les premiers effets de la malédiction, des larmes de sang devaient déjà s'écouler. Celui de l'Amour qui commencerait à se tarir jusqu'à un point de non-retour...

Mais pour cela, il fallait que l'ancienne guerrière soit au mieux de sa forme pour comprendre le message qu'elle devait lui délivrer au nom de Vanadis Freyja.

- Le premier poids de la malédiction...

L'imposante blonde, armée et casquée, descendit simplement de cheval avant de laisser une partie de l'énergie de la sphère la révéler aux yeux de tous. C'était à Aurora de venir vers elle car pour l'autre signe, il n'était pas encore visible loin de là...

- Aurora... Je viens spécialement de l'autre monde pour te porter la parole de Vanadis Freyja. Viens à moi...
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Serafim


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mer 11 Avr - 20:05

Encore un tour de magie sournoise, un de trop ! Quand le dresseur de corbeau sentit les premiers changements effectués sur son anatomie par les incantations muettes d'Elias, un éclair de colère intense traversa son corps et fit tressaillir ses muscles. Son cosmos manifesta cet état d'énervement extrême, se déployant comme deux ailes pourpres autour de sa silhouette. C'était la première fois que ses ailes prenaient une teinte semblable, surement une conséquence de l'opération du druide lunaire ou alors un symptôme des changements qui bouleversaient son âme.

« Assez ! »

Le poing de Serafim déchira l'air glacial de la forêt endormie, avide de gouter au sang de l'étrange magicien. Mais il ne toucha qu'une image rémanente, une illusion comme l'étaient ses certitudes sur son identité. Lui qui se croyait simple fils de paysans, puis ensuite saint d'Athéna et finalement s'éveillait en tant que disciple des corbeaux et enfant de la lune ! Son intuition lui dictait que le futur lui réservait d'autres surprises. Au moins dans ce maelstrom identitaire, il savait qu'il aimait Aurora et que la réciproque était vraie. Ils s'étaient délectés ensemble des fruits au gout mielleux de la passion et s'étaient promis un amour inconditionnel et éternel, il ne pouvait pas y avoir de vérité plus cinglante que celle la pour le jeune Athénien.

« Arrêtez de nous prendre pour vos jouets ! Nous voulons juste vivre en paix, nous voulons... »

Serafim se tut quand il vit son reflet dans l'eau cristalline du ruisseau. Cet étranger qu'il observait était-ce vraiment lui ? Troublant phénomène que de contempler son image sans pouvoir se reconnaitre ! Mais il y avait autre chose qui troublait le maitre des freux. Ils les entendaient ! Les clameurs de ses ombres volantes, qui rapidement se concentrèrent en un cumulus obscurs au-dessus de sa tête.

Des dizaines, puis des centaines et maintenant des milliers ! Affamés et impatients, les charognards s'étaient réunis pour profiter d'un festin que la folie humaine leur avait généreusement offert. La mort hantait ces bois et Serafim put en contempler toute l'horreur quand la prophétie d'Elias s'accomplit enfin. Le voile de mensonge se déchira exposant la laideur de la réalité aux yeux remplis de terreur du disciple des corbeaux.

Un cri ! Non le cri de la femme qu'il aime l'extirpa de sa torpeur. Aurora devait contempler ce tableau macabre dans toute son abomination. La détresse de la druidesse était perceptible même ici pour lui .Douleur, angoisse et surtout colère s'insinuèrent en lui subrepticement, ceux qui avaient perpétué ce crime allaient le payer. Ceux qui avaient mis en scène cette tragédie sanglante allaient bientôt en être les acteurs principaux, Serafim se le jura secrètement. Encore une nouveauté ! Le voila qui éprouvait de la compassion pour ses semblables, décidément notre couard égoïste devenait de plus en plus méconnaissable.

*Aurora, elle a besoin de moi*

Cette pensée conféra à ses jambes la célérité de la lumière, si bien qu'en un éclat cosmique, il retourna à la cabane.

« Aurora, je suis là tout va bien. »

Ce qu'il voyait était pire que le charnier qu'il avait aperçu près de la rivière et les piaillements d'allégresse de ses corbeaux se nourrissant des restes en décomposition lui donnèrent des hauts le cœur pour la première fois de sa vie.

*Foutez le camp !*

Adressa-t-il mentalement à ses sombres alliés, mais ventre affamé n'a pas d'oreille ! Le fait que son ordre fut ignoré, irrita l'athénien qui sous l'emprise de la colère généra une onde de choc à l'aide de son cosmos qui décapita quelques sapins, silencieux témoins de cette scène ignoble. Le coup n'était pas létal, jamais le maitre des corbeaux aurait pu tenter d'attenter au jour de ses compagnons, mais la démonstration de force devait être convaincante.

Et ce fut le cas ! Les goinfres abandonnèrent leur repas et vinrent se poser calmement autour du couple.

« Aurora ! »

Inquiet Serafim enlaça la brune dans son bras, après ce qu'ils venaient de voir, ils avaient tous deux besoin de réconfort. Hélas, ce privilège semblait leur être refusé par une autre ombre menaçante.
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Jeu 12 Avr - 15:25




Spirits's Laments




    Dagda! Dagda! Dagda!

    Les esprits n'avaient de cesse de crier ton nom. Ô glorieux père de la Terre. Tu te sens offensé par cette scène macabre! Ce cerf aux si hautes ramures... il est ton totem! Voilà un terrible sacrilège, perpétué par tes ennemis. Inquisition.
    Tu te le jures, ta Main n'auras de cesse de les traquer. Oui, bientôt, ils périront par leur propre feu.

    Vain.

    ~°Cela est vain, maître des corbeaux.°~ Le druide à la chevelure couleur des neiges éternelles venait de disparaître comme un courant d'air alors que son disciple s'évertuait à vouloir l'évincer. Puis un formidable cri de souffrance l'avait détourné de son objectif. Plutôt que de tenter de le réduire à néant, le maître des corbeaux tourna les talons, répondant à l'appel désespéré d'Aurora. Il l'avait trouvé dans un état second, les yeux perdus dans le vagues tandis que ses épaules se secouaient à mesure qu'elle tentait de refouler ses sanglots. Non, tout n'allait pas bien.

    La colère de Freyja était sur le point de faire son office. Déjà, perlait aux coins de ses yeux, la couleur du sang.
    Rouge.
    Serafim chassa habilement ses familiers qui attirés par cette délicieuse pitance, cherchaient à aller à l'encontre de ses commandements. Chez lui aussi, le changement se faisait sentir. Antiokus observa les sapins s'agiter sous cette violente onde d'énergie, ployer sous le joug de sa frustration, avant que quelques uns ne touche le sol. Avec fracas. Or, son attention était portée ailleurs.

    Dagda, Dagda, Dagda!

    La mâchoire du maître des illusions se crispa. Le feu embrasa ses prunelles jusque là aussi vertes que le feuillage des arbres environnants. Jaunes, ses yeux reflétaient toute sa bestialité. Or le druide ne s'apprêtait pas à revêtir l'aspect d'un chat ou d'un loup. D'innombrables plumes d'argent recouvraient peu à peu, l'ensemble de sa personne. Un gémissement, puis un hurlement de douleur tel que lui-même en frissonna. Le complaisant à agir face à cette ombre menaçante. Il vint séparer le couple en s'emparant du visage de sa protégée. Qu'il releva vers lui. Entre ses doigts graciles, Antiokus senti toute l'étendue de cette malédiction qui s'installait. Par sa faute.

    ~Petite Faie...-puis se tournant dans la direction des bois, là où la messagère de Freyja venait de poser pied à terre.- Dial? A yw hyn yn wyneb gwir Gariad? ~ [Vengeance? Est-ce là le véritable visage de l'Amour?]

    Le maître des métamorphoses essuya avec une infinie douceur, les joues d'Aurora salie par des larmes de sang devenues aussi noir que l'encre. Elle souffrait alors que son cœur murmurait le nom de celle qui l'avait recueillit près d'elle

    Freyja, Freyja...

    Elle sombra dans l'inconscience, les yeux vitreux, perdus dans l'immensité du ciel. Sa tête retomba sur le côté, et d'une main tremblante, il referma ses paupières. Méconnaissable, le rouquin s'auréola d'une énergie sinistre, aussi sombre que ces larmes que la jeune druidesse ne cessait de verser. Il confia aux bon soins du seigneur des freux, le corps inanimé de la brune avant d'écarter les bras et déployer ses ailes.

    Le tissu de ses vêtements se déchirait en même temps qu'il changeait de forme. Sous le regard d'Elias qui, dissimulé non loin sous le couvert des sapins, se voyait être le témoin de la fureur de l'éternel enfant. ~°Emrys... Tu ne changeras donc jamais...°~
    La plainte de la créature s'épanouissant sous le regard de l'astre du soir se répercuta partout avec force : un gigantesque faucon au regard de braise venait de prendre son envol avec force de battements furieux. Faisant se soulever, feuilles et poussière. Dans un tourbillon de plumes, le rapace fendit l'air, toutes serres en avant prêt à pourfendre sa proie.

    Elle était là, la messagère de l'Amour. Fière guerrière à la blonde chevelure à l'imposante stature! Et cette orbe qu'elle tenait, voilà sans doute la source des tourments de sa petite faie!
    Un piaillement suraigu et Antiokus s'empara de ce corps qu'il allait malmené, déchiré... se repaître peut-être. Car grande était sa fureur.

    ~°~ ~°~ ~°~

    “Na, tad tadau! Pwynt o wallgofrwydd, nid ar y tir!” [Non père des pères! Point plus de folie céans, pas sur ces terres!]

    Réveillée par cette débauche de puissance, Aurora sentait son cœur se serrer douloureusement dans sa poitrine. Des larmes noires continuaient leur course, une à une, trouvant refuge dans sa chevelure de jais, ou la terre salie, corrompue par les inquisiteurs. Elle alla trouver un brin de répit dans les bras de son aimé mais les spasmes qui la secouait eurent raison d'elle une fois de plus. Un nouveau gémissement.

    Le druide de l'île des enfants de la Lune s'approcha à pas feutré, ses yeux sombres et froids accrochés à cette immense silhouette ailés cachant le disque argenté de la lune... Quelle folie. ~°Pauvre enfant du Soleil... ton chemin est semé d'embuches, et au final, as-tu vraiment eu le choix de l'emprunter? Hélas... non, écoutes les, écoutes les esprits, ce sont eux n'est-ce pas qui t'ont convaincu? Leurs voix, elles t'étaient audibles même en les terres d'Asgard, pauvre petite dame du Matin...°~

    Il posa une main sur son front fiévreux, illuminant du même coup, les marques bleutées ornant son visage au teint dangereusement pâle. Elias souffla vers elle, un mince filet d'air qui prit la forme d'un papillon écarlate. Ce dernier frôla de son aile, la figure d'Aurora avant de s'estomper. Un soupir franchit la barrière de ses lèvres. Soupir de soulagement. Pour un temps seulement, les effets néfaste de ce sort seraient estompés. ~°Maudite par la Déesse de l'Amour... Quelle ironie du destin.°~ Et sur ces mots, il se redressa avant de lui aussi s'effacer, jetant un dernier regard aux formes chimériques. Esprits se regroupant autour du couple.

    Fantômes torturés, plus forts et plus visibles, le jour de Beltaine approchant...
    Leurs voix issues d'outre tombe éveillaient de nombreux sentiments dans son être. Alors, sans dire quoique ce soit, la jeune femme se redressa, comme mue par une force inconnue. D'ailleurs, elle n'était plus tout à fait elle-même. Ses cheveux, soulevé au gré d'un vent invisible prenait la couleur de l'or, presque blancs. Elle devenait une créature irréelle, diaphane, si légère qu'une simple brise légère aurait suffit à l'élever du sol.

    Alors qu'elle s'éloignait, se joignit à elle... une bien curieuse procession : une âme, puis une seconde jusqu'à s'étendre à plus d'une dizaine, se révélèrent sous la lumière laiteuse de la nuit. Une petite fille au large sourire vint s’accrocher aux jupons d'Aurora.

    ~°~ ~°~ ~°~
    ~Vanadis Freyja!~ La voix de stentor du druide s'accentua quand de la pointe de ces ailes, naquit de multiples liens qui transpercèrent de part en part, la valkyrie. Sans douleur, pourtant. Juste liaison qui lui permettrait d'atteindre directement la Déesse Vane. ~Dame Régente du Royaume des Glaces! Écoutes moi! Moi qui suis l'instigateur de cette histoire, de vos tourments à toutes deux! Démiurge de cette douce enfant! Elle est destinée à autre chose ! Elle doit répondre à l'appel de ses racines, et je suis navré de t'avoir arraché l'une de tes guerrières Ô Amour!

    Mais je ne supporte pas que l'on s'en prenne à elle. Tu vas subir... Comment?~


    Les yeux écarquillés par la surprise, son courroux s'effaça un temps et les chaînes qui retenaient la guerrière se brisèrent. Poussière d'étoile s'envolant aux quatre vents... Pensant que c'était là un effet de protection visant à libérer sa messagère, le druide resserra sa poigne autour de cet être, prêt à l'éradiquer. Or le chant des morts inonda son esprit aveuglé par le désir de sauvegarde d'un être cher à son cœur.
    ~Ma petite Faie!~

    Véritablement ébranlé par ce qu'il voyait, l'homme-faucon darda ses yeux de rapace sur la silhouette luminescente de la druidesse. Comme une plume transportée dans les airs, la jeune femme venait de s'interposer. Des centaines et des centaines de corneilles se relayaient pour porter la belle druidesse parmi les nues, noir nuages et fort bruyant de surcroît.

    Et les esprit continuaient leur ronde autour de leur protectrice. Celle qui porterait leurs voix. Portant contre son sein une petite silhouette lovée tout contre elle, Aurora eut un nouveau regard pour cette petite fille qu'elle avait par le passé, sauvé des griffes de la Mort, avant d'être brutalement arrachée par le caprice de ces orgueilleux inquisiteurs.

    ~°° Pitié, pitié! Laissez-là nous! Elle est celle qui nous libérera! Laissez-là! Laissez-là! Nous souffrons, nous souffrons tant! Laissez-là nous, laissez-là nous! Notre enfant, celle qui est l'objet de notre salvation! Pitié, pitié!°°~ Ainsi s'unir les voix des fantômes de son passé.

    Ainsi était son chemin. La voie qu'elle devait emprunter.

    Mais une autre larme de sang noir coula le long de sa pâle joue. Prélude de ses maux. D'un regard, elle exhorta son père trop protecteur à libérer la messagère. Chose faite, Aurora se laissa guider par la nuée de ses sombres porteurs, jusqu'à la terre ferme. Quand son pied foula la terre ferme, la jeune femme se signa devant la valkyrie.

    “Je réponds à votre appel... moi, Aurora, la petite Dame du Matin est prête à entendre votre sentence, ma Dame. Et à l'endurer... Pour eux -dit-elle en désignant les ombres désespérées-”

    La petite fillette, à ces mots, alla caler sa tête plus étroitement au creux de son cou. Ses pleurs étant audibles, Aurora d'une main, caressa cette chevelure éparses, tenant de l'apaiser. Les esprits, tourmentés chantaient un bien triste requiem. Voir leurs corps décharnés, maudits, souillés, sans avoir la possibilité d'avoir une sépulture descente les rendaient mélancoliques. Mais cela allait changer.

    Aurora se le jurait!Et c'était pour eux qu'elle ne devait pas ressentir de remords!

    Car elle était prête.

    Dagda! Dagda! Demain, le feu brulera tes ennemis! Dagda! Dagda! Tes ennemis connaîtront la Grande Purge!

    La révolte de tes enfants!

    Freyja, Freyja !

    “Serafim...”
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Serafim


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Sam 14 Avr - 21:02

Il pouvait nettement les voir désormais. Ces âmes damnées qui arpentaient ces bois morts en poussant une lente complainte. L'horreur n'avait épargné, ni femme, ni homme, ni enfant, aucune distinction n'avait été faite par ces bourreaux, dont l'ignoble labeur fut des plus prolifiques d'après la taille du charnier.

*Mais quelle folie les possédait ? *

Et la, un éclair invisible le traversa de la tête jusqu'au pied. Il fut immobilisé alors que des images légèrement floues défilaient devant lui, lui révélant des scènes du passé. Il vit tout d'abord un simulacre de procès, puis hélas, les images du massacre. Le bruit sec des lames aiguisées qui sectionnaient les membres, les hurlements d'agonies des suppliciés qui demandaient au nom de ce dieu miséricordieux qu'on épargne leurs familles et les rires des bourreaux qui se repaissaient du spectacle. Quelle horreur, cependant il y avait quelque chose qui gênait le dresseur de corbeaux dans cette reconstitution. Le silence ! Celui des villageois qui vivaient dans cette région. Pourquoi ils ne s'étaient pas rebellés contre cette poignée d'hommes. Ils n'avaient rien dit et juste tournés la tête, faisant semblant d'ignorer les événements tragiques qui avaient eu lieu dans cette forêt.

*Complice*

Ce mot soufflé par une muse assassine ! Surement l'esprit d'une victime qui refusait de trouver le repos sous la canopée ensanglantée, fit écho dans son esprit, comme le fracas du tonnerre retentissant dans une caverne.

*Complice donc coupable*

Avec son passé, Serafim ne pouvait qu'être d'accord avec cette seconde affirmation. Et puisque la culpabilité entraine toujours une sentence, il revenait au dresseur de corbeaux de l'appliquer. Minute ! Serait-il en train d'ourdir une hécatombe punitive ? Troublé par cette constatation, Serafim sortit de sa torpeur pour reprendre pied dans la réalité. Sa respiration était saccadée, son souffle fort et de grosses gouttes de sueur rendaient luisant son front orné du symbole de la lune.

Il voulut profiter de la chaleur de son amoureuse, mais la belle s'était littéralement évanouie, emportée par les ailes sombres de la nuit, par un cortège bien macabre. Serafim le sentait, ou du moins il en avait l'intime conviction, Aurora avait besoin de lui. Le vent glacé transportait dans son sillage de bien intrigantes effluves mystiques qui semblaient provenir de l'endroit ou se trouvait Aurora.

Ne voulant pas laisser sa compagne seule face à ce nouveau mystère, il se hâta de la rejoindre. L'athénien arriva juste à temps pour entendre la requête de la petite dame du matin.

« NON ! »

A cette exclamation la forêt se mit à vibrer sous les clameurs des familiers de Serafim. Sortant de l'ombre, il s'interposa entre Aurora et l'étrangère.

« Il n'y aurait point de sentence prononcée à l'encontre d'Aurora. Tu es comme ces bourreaux, prompt à juger et à condamner sans procès ! Laisse-nous avant que je perde patience et que j'applique ma propre sentence.»

Le poing serré et nimbé d'une aura translucide aux teintes de mercure. Le renégat du sanctuaire défia du regard l'émissaire. Il ne faisait plus aucun doute qu'il était prêt à combattre. Aurora était sa promise, celle qui partageait sa vie et jamais il ne permettra à une tierce entité de lui faire du mal.
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Panthéon


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Lun 16 Avr - 21:57

Une première présence se fit enfin ressentir mais non point celle que la Valkyrie attendait. Cet être avait la prétention de juger les actes de la déesse de l'Amour mais tout en lui montrait qu'il ignorait totalement ce qu'elle était, ce qu'elle représentait.

Vouloir réduire ainsi une messagère...

Un sourire sur les lèvres de la femme, un terrifiant éclat dans ses yeux bleus tandis qu'elle demeurait impassible. Qu'espérait-il ? Essayer, à travers elle, de blesser davantage Freyja ? Alors que tout était déjà achevé ? Non point...

Jamais, elle était d'une toute autre pâte que les fuyards. Elle était une guerrière chevronnée emmenant avec elle les guerriers tombés au combat et les braves morts en défendant leurs famille.

Nul mot ne s'échappa de ses lèvres. Elle était là pour juger à la frontière, lorsque le dernier souffle s'exahalait et non lorsque l'être était encore vivant. De pierre, elle devait lui paraître mais après tout qu'espérer lorsqu'on se trouvait face à des êtres incapables de ressentir toute la bienveillance de la déesse de l'Amour.

Nul son, nulle plainte juste un superbe silence. Ce message ne passerait pas à travers elle mais l'acte lui était déjà visible, irritant les autres Valkyries même si aucune n'interviendrait.

Puis, ce fut l'arrivée de cette fille. Enfin, elle daignait se montrer. La Valkyrie la contemplait tout en écoutant sa défense. Ne comprenait-elle donc pas ? Tout comme celui qui arriva juste après. Cet homme n'était autre que le saint, non, le déserteur qui avait fui avec elle.

La puissance Valkyrie soupira avant de se tourner vers lui, ignorant royalement Aurora. Tant de bêtises. Si cela ne tenait qu'à elle, la guerrière l'aurait bien chargé sur son épaule pour lui montrer ce qu'était une véritable sentence mais ce n'était pas son rôle.

Enfin, puisque cette fille aux cheveux de jais lui avait envoyé cette espèce de brute pour forcer le destin et bien, elle n'aurait droit qu'à des ricochets. Autant ne pas davantage l'effrayer...

La faire mourir de peur n'était pas sa mission, juste transmettre un message. Aussi sa voix finit-elle par s'élever, légèrement amusée. Il fallait bien le reconnaître.

- Quelle fougue, jeune homme. Mais tu te trompes du tout au tout. N'as-tu point ressenti ce qu'est la déesse de l'Amour ? Son véritable cosmos et ce qu'elle incarne. Tu n'ignores pas non plus ce que sa chute causera. Ne la compare pas avec ce que sont ces bourreaux. Ce sont des hommes...

Elle appuya bien sur ce mot.

- Des hommes comme toi qui ne font que se servir des paroles d'un dieu qu'ils déforment à leur avantage.

Et sans lui laisser le temps de réagir, elle fit apparaître une immense lame qu'elle abattit juste devant lui avant de reprendre.

- Ceci est une sentence digne de ce nom. Si Freyja condamnait comme tu oses le suggérer, tous deux seriez déjà séparés. Toi aux Enfers et elle à Helheim... Ne confond donc pas tout, Serafim.

Puis s'approchant la sphère en main.

- Avance tes mains si tu tiens tant à prendre sa défense. La Malédiction est déjà en route et ce que cette sphère contient n'est pas sa mort mais son sursis.

Un geste et elle la lui transmit.

L'éclat brilla avant que la barrière d'énergie ne s'abaisse. Une pomme apparut posée sur un étonnant miroir.

- Cette femme a frappé l'Amour au coeur et l'Amour a renvoyé le trait vers elle. Elle qui a trahi l'Amour va voir l'amour la fuir, jusqu'à ce qu'elle se tarrisse totalement. Les larmes sont le reflet de la malédiction mais cela touche aussi son sang.

Elle désigna le miroir en premier.

- Dans sa grand bonté, Freyja te conseille de veiller à ce qu'elle ne pleure plus. Ces larmes de sang peuvent prêter à confusion avec d'autres êtres qui sont pourchassés dès qu'on soupçonne leur présence. Peut-être en as-tu même déjà croisés. C'est même certain, Serafim. Leur sensiblité est exacerbée et ils sont d'une beauté saisissante...

Si on la confond avec eux...


Un sourire entendu puis elle reprit.

- Le miroir te permettra de voir l'étendue de la malédiction. Les larmes mais aussi le sang d'Aurora sont marqués. Plus le temps passera et plus son sang noircira. Pour l'instant, il est encore bien rouge. Ce n'est que le début...

Mais tu vas le voir devenir de plus en plus sombre... Comme l'Amour de tout et même de la vie la quitte tout doucement.


Et sans lui laisser le temps de réagir.

- Veille à ce qu'elle rentre au plus vite à Asgard et regagne la confiance de Freyja. La déesse a bon coeur et acceptera de l'éprouver à nouveau mais ne tarde pas trop. Sinon, elle ne sera plus qu'une coquille sans sentiments voire pire...

La déesse vous en dira plus mais puisqu'elle est en guerre, elle vous offre aussi ceci.


Elle désigna le fruit.

- Une pomme rappelant celles de la déesse Idunn et qu'elle a soigneusement modifiée pour qu'elle retarde les choses. Une simple lamelle suffira à retarder les effets pendant un certain temps...

Tel est ton sursis, petite Aurora. Ce fruit te donnera la force de tenir mais il ne te guérira point. A toi de revenir avant que la malédiction ne touche à sa fin. Personne d'autre que Freyja ne peut te délivrer et si d'aventure, elle-même venait à périr, le fruit tomberait en poussières.


Puis se retournant vers Serafim.

- Prend bien soin de ses deux trésors divins et dis-toi bien qu'ils attireront la convoitise de tous. Le miroir te fera voir la progression de la malédiction sans exposer le malheur d'Aurora aux yeux de tous et la pomme la retardera jusqu'à ce qu'elle soit totalement consommée. C'est aussi un très puissant remède, capable de sauver de la pire des blessures, sa valeur est inestimable.

N'oubliez pas, Aurora a frappé l'Amour au coeur et l'Amour a renvoyé le coup et te fuiera jusqu'à un point de non-retour. Utilise au mieux le sursis que t'offre la déesse et reviens...

Si tu veux lever la malédiction, reviens... Et affronte ton destin...


Sur ces ultimes paroles, elle s'effaça regardant le plan d'évolution des Vierges Guerrières.
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Serafim


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Jeu 19 Avr - 20:57

Pourquoi cette intolérance ! Pourquoi maudire ainsi une femme qui suivait sa propre voie ? Pourquoi condamner une femme qui avait trouvé l'amour ? Qu'avait-elle fait de mal ? Serafim se souvint des paroles qu'il avait entendues sur la route de Gamma. Il avait peut-être mal jugé la divine Freyja. Le discours de la déesse de l'amour lui avait fait pourtant penser à l'éloge d'un sentiment noble. L'amour qu'on devait défendre et aussi qu'on devait ressentir de tout son âme. Alors, pourquoi condamner une femme amante ainsi ? Les interrogations se succédaient dans l'esprit du dresseur de corbeaux en même que l'indignation assombrissait son visage.

La haine !

Un sentiment nouveau qui comme une graine tapie sous l'humus forestier, se mit à germer de façon inquiétante quand l'ange cuirassé lui révéla le sort qui pénible qui Aurora et la condition pour la guérir. S'en était trop ! Trop de cruauté, trop d'injustice ! Ceux qui semaient la mort étaient célébrés en héros, ceux qui s'aimaient se voyaient vilipender ! Le poing de Serafim s'était refermé prêt à attaquer la messagère et à graver sur son corps meurtri la réponse qu'il destinait à la déesse Vane : La rébellion ! Mais cela aurait peut-être scellé à jamais le destin de son amour.

Cruelle condition qu'est l'humanité !

Condamnés à servir les dieux, ou à subir leur courroux, les hommes n'étaient finalement que les pantins de ses divinités qui se prétendaient sage. Le frondeur plissa des sourcils en faisant cette constatation. Il n'avait pas le choix, il devrait se rendre à Asgard pour le salut d'Aurora. Ramassant avec résignation le miroir, présent infâme censé témoigner de la bonté de la divinité nordique, il se dirigea vers Aurora. Cet objet qui devait représenter une lueur d'espoir ne reflétait pour son regard aveuglé par la colère que la cruauté extrême des immortels.

« Disparaissez tous ! »

Cette injonction fut adressée à tous les observateurs de la scène, vivant ou pas. Un peu de calme, pour accueillir cette terrible nouvelle, c'est tout ce que demandant le maitre des corbeaux, juste un oasis de tranquillité, juste quelques minutes de paix. Il ne voulait, ni druides, ni fantômes, ni corbeaux, juste Aurora... rien que l'élue de son cœur...seulement elle.

« Nous surpasserons cette épreuve, mon amour ! Nous franchirons cet obstacle qui se dresse devant nous. »

Serrant dans ses bras le corps voluptueux de sa compagne, il murmura après avoir déposé un tendre baiser sur son cou.

« Je ne laisserai pas cette chose horrible te ronger ! Je mets ma vie en gage. »

La détermination pouvait être perçue dans le timbre de sa voix. Quand il disait qu'il mettait sa vie en jeu, il ne plaisantait pas. Prêt à mourir, il l'était ! D'ailleurs il serait même prêt à vendre son âme pour délivrer son aimée de cette malédiction. La noirceur assombrissait le sang d'Aurora alors qu'elle remplissait de ténèbres inquiétantes le cœur de Serafim. Il était si vulnérable psychologiquement, qu'il serait facile de le pousser vers sa propre perte. Espérons qu'aucune sombre entité n'est assistée à cette scène.

« Quittons cet endroit morbide. »

Il fallait en effet quitter ces bois maudits par les hommes et les dieux. Peut-être qu'ils trouveront un site plus accueillant, plus propice à la méditation et à la prospection. Les prochaines décisions allaient être décisives pour leur futur.
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Ven 20 Avr - 1:30

~Second Chapitre : The Song of Shadows : Promises! Lamento!







    Rage. Obscure poison. Ô comme j'aurais tant voulut rompre le cou de cette intruse ! De cette grotesque messagère. La voix de l'Amour ! Hmph ! Quel paradoxe ! Mon sang bouillonnait tandis que mes yeux de braise restaient accrochés à cette silhouette hautaine, protégée par quelques pièces d'armures. Point un soucis que de les transpercer de mes serres! J'avais toutes les peines du monde à me maîtriser ! Voir ma protégée ainsi prostrée dans l'herbe, entourée de cet inquiétant cortège, en plus de la voir pleurer des larmes de sang... oui, même-moi qu'on disait « sage » car très vieux, expérimenté somme toute, commençait à tutoyer la folie. La guerrière n'avait même pas prit la peine de prendre en considération mes paroles. Tous focalisé sur la vengeance ! Prompt à exécuter les sentences, ou faire croire à une façon de se racheter. Une bien belle et séduisante illusion. Je n'avais pas confiance en Freyja. Mais peut-être que la Dame Blanche saurait briser le sortilège ? Je n'avais hélas pas ce pouvoir, car n'ayant aucunes affinités avec les maux de l'Amour. Pourtant.... je conservais dans mon cœur, une once d'espoir.

    Sort qui a été jeté ne peut être défait que par celui qui en est le promoteur.

    Cette évidence s'imposa dans mon esprit avec une force inouïe. Peu à peu, je regagnais la terre ferme tout en reprenant une apparence humaine. Serafim, plein d'indignation, partageait les mêmes sentiments que moi. Je pouvais aisément voir germer les graines de la vengeance. Son être criait « vendetta ! », et ce cri faisait échos au mien. D'ailleurs, je ne pus contenir plus longtemps mon courroux. À la face de la lune pleine, je poussais un hurlement terrible. Si puissant, si vibrant, qu'il fit s'enfuir les êtres fantomatiques s'étant amoncelés autour du couple. Tout comme les corbeaux et corneilles, sombres compagnons de nos deux enfants élus. Je ne pouvais pas partir, je ne pouvais me résoudre de m'éloigner sans plonger une fois mes yeux dans les siens.

    Tandis que d'un pas de velours je m'approchais d'eux, je me fis la promesse de la préserver au mieux, d'être celui qui plaidera sa cause auprès de la divinité Vane.

    Moi, Antiokus, l'éternel enfant. Chuchoteur des Rois.

    ~°~ ~°~ ~°~

    Serafim. Sentir sa présence à ses côtés avait un effet réconfortant sur elle. Son âme appelait la sienne avec force, et chaque fois, il répondait présent. Aurora ne pouvait croire que la colère de la déité puisse à ce point commettre un si sombre office. Un tel pouvoir... réduire à néant n'importe quels sentiments.

    Méritait-elle une telle cruauté ? Juste pour avoir été contrainte de suivre un chemin la portant sur les traces de ses origines ? La découverte de sa vraie nature. Or, la fatalité était telle que la jeune femme n'avait pas d'autre choix que de se plier à la volonté divine. Ployer sous le joug de l'Amour. Elle qui redoutait de prime abord ce sentiment, qui avait finit par en découvrir la plus belle des facettes, se voyait déchue.

    Oui, la voici maudite. Réprouvée, la fille damnée ! Plus ses larmes de sang s'écouleraient de ses jours pâles, plus elle perdrait son humanité.

    «Je ne serais bientôt plus qu'une coquille vide Lune de mes jours....» voilà la sombre évidence. «Non, nous empêcherons cela, ma petite faie. Je ferais tout pour que votre amour soit préservé. Vous êtes destinés l'un à l'autre, aussi je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour te sauver.»

    La voix de son maître résonna en elle. Toujours lovée dans les bras de son aimé, la belle leva ses yeux bleus vers lui. C'en fut trop. À cette vision, le druide éclata en sanglot. Désespoir.
    Le voir ainsi, si faible d'apparence ébranla la jeune druidesse. Lui toujours souriant, mystérieux, si fort... si sûr de lui... il montrait là aux jeunes gens, une autre de ses nombreuses facettes. Son corps trembla, plein de frénésie. Aura agressive. Rouge, comme le sang.

    Lamento.

    Soudainement, il se retourna, leur faisant dos, cachant vainement sa tristesse, son impuissance. Il serra les poings. «Nous ne pouvons hélas plus partir d'ici, les défunts ont besoin de notre salut... et il nous faut... libérer la Voie.» sur ces paroles ambiguës, le druide s'effaça, s'en allant rejoindre Elias.

    Pour une nouvelle chasse.

    «Je serais forte, je t'en fais le serment Serafim. Je ne t'abandonnerais pas. Mais je t'en prie, ne te sacrifies pas pour moi ! Promet le moi !»

    Seuls dans cette forêt noire, un silence s'imposa en maîtresse incontestée. Un brin de paix ? Sans nul doute car maintenant, à mieux y regarder, ce sombre tableau avait disparut. Cette vanité, ce canevas morbide. Plus aucunes traces. Les druides s'étaient chargés d'effacer la souillure de l'Inquisition. Elias surtout.

    Une larme, encore une, puis d'autres continuaient d'elles-mêmes leur course inexorable dans sa chevelure reprenant la sombre couleur de la nuit. Aurora prit avec précaution et une infinie douceur, le visage d’albâtre du maître des corbeaux entre ses mains. Caressant de ses doigts, ses joues, ses cheveux plus long, chose qui la fit sourire. Elle souffrait, mais se montrait forte. La druidesse ne montrerait pas l'étendue de cette malédiction. Seul le miroir le pouvait. Et Serafim demeurerait le gardien des artefacts que la Déesse aux yeux de jade avait bien voulut lui céder. La jeune femme, après avoir ramassé la pomme, la tendit à Serafim. «Le fruit défendu, n'est-ce point ce qui est écrit dans la Bible?»

    À l'énonciation de ce saint ouvrage, le regard de la belle fut recouvert d'un voile. «Je compte bien vivre ce jour de Beltaine avec toi mon amour, je veux que toi et moi dansions. Demain... oui demain sera le jour de la renaissance de la nature. Le printemps. Je veux profiter de chaque moment de bonheur qui s'offre à nous. Viens... il nous faut laver ces salissures qui entachent nos visages. Nous purifier ce jour avant celui du renouveau.»

    Oui, Aurora, la petite Dame du Matin désirait outrepasser ce malheur en l'oubliant un temps. Juste un petit peu... l'espace d'un instant, même si c'était vain. Elle l'entraîna à sa suite, découvrant avec un soulagement certain, que plus un seul cadavre ne recouvrait le seuil de sa cabane. Comme autrefois... un abri accueillant. Lieu de son enfance perdue. Au revoir innocence. Arrivés tout deux près du point d'eau, la jeune femme lâcha la main de Serafim, s'asseyant sur un rocher. Elle l'invita à la rejoindre, à tremper ses pieds dans l'eau claire, si pure... Elle tendit les mains vers lui, quémandant ses bras, la chaleur réconfortante de son corps, la volupté de ses caresses de ses baisers.

    Ô, comme elle l'aimait tant !

    Mais déjà une ombre pernicieuse s’immisçait...


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Sam 21 Avr - 20:32

Cette allusion au fruit décrit dans la genèse, rappela à quel point les dieux pouvaient être fourbes. Le fruit de la connaissance était la seule chose que le créateur de ce monde avait interdite à l'humanité selon les chrétiens, l'homme fut puni pour y avoir goutté. Chaque panthéon avait sa petite histoire, comme celle de Prométhée qui fut puni par Zeus pour avoir apporté le feu, symbole du savoir divin, à l'homme. Troublante coïncidence, on aurait pu jurer que l'intérêt de ces grands dieux était que l'homme demeure, un être sauvage à peine plus évoluée que les animaux, condamné à l'obscurantisme.

Cela était hors de question pour le commandeur des corbeaux. Il voulait se battre, lutter pour affirmer sans indépendance et sa liberté, mais à quel prix. La mort ? Il l'envisageait sérieusement, si c'était la seule rançon que réclamaient les déités pour libérer sa femme de cet infâme maléfice. Pourtant, il prétendit le contraire.

« Je te le promets mon amour, je te le promets. »

Aurora lui en demandait trop. Il l'aimant tant, que chaque larme écarlate qui s'échappait de ses yeux, déchirait son cœur. Décidément il ne pouvait renoncer à ce morbide projet, Aurora devait surement l'avoir compris.

Mais ce mensonge installa en lui un malaise évident. Il y a quelques temps il aurait pu énoncer un tel mensonge sans cligner des yeux, jamais il n'aurait laissé ses sentiments perturber le flot monotone de ses paroles. Ce n'était pas plus le cas, le nouveau Serafim était plus à l'écoute de ses pulsions et en ce moment, elles le poussaient dans les bras de sa douce.

Les bois avaient retrouvé une quiétude champêtre. Même l'odeur tenace de la mort s'était dissipée et à l'abri du rocher, l'athénien répondit à l'appel de sa compagne. Il la recueillit dans ses bras, l'auréolant d'une chaleur douce. Serafim ne voulait pas l'avouer, mais il avait besoin de réconfort en ce moment, d'un coffre où il pourrait sceller ses angoisses, ses interrogations au sujet du futur. Aurora pensait à la prochaine fête de Beltaine, mais Serafim était obnubilé par le lendemain de la fille à la corneille.

Et s'il n'y avait pas tout simplement de lendemain pour eux ? Cela était impossible et pour chasser cette sombre idée de sa tête, le jeune homme gouta à la saveur suave des lèvres de sa promise. Son coeur battait toujours aussi fort, injectant avec puissance dans ses vaisseaux sanguins le liquide vital.

« Aurora ... »

Sa main assurée se posa sur la joue de la brune. Ses yeux brillaient comme deux pierres ardentes extraites du ventre de la terre. La passion embrasa spontanément son regard et donna plus de fougue à son second baiser. Malheureusement le contact froid et dur de l'artefact, qu'il tenait dans l'autre main, lui rappela instantanément la menace qui planait au-dessus de la belle Aurora.

« Tu m'avais proposé de revoir mes parents, mais j'aimerai que tu attendes un peu. Je ne me sens pas encore prêt finalement. »

Son corps comme son esprit avaient subi de profonds changements et il semblerait que cette mutation était loin de s'achever. Il jugea donc plus sage, d'attendre.

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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Dim 22 Avr - 21:55




    Malgré la douceur de ses baisers, de la chaleur que lui offraient ses bras, Aurora avait froid. Si froid. Son corps se voyait être en proie à cette sordide malédiction, des traits tirés par l'Amour elle-même. La punition de Freyja se faisait ressentir, elle en sentait les balbutiements, Aurora savait que cela ne faisait que commencer.

    Que bientôt, elle serait une coquille vide. Dénuée de sentiments. Or ce jour arriverait plus vite que la jeune femme ne le pense. Quelque chose en elle accélérait le processus, d'un façon inopinée et nullement intentionnelle. L'opposition de deux pouvoirs divins. Deux volontés divines. L'une œuvrait pour le changement, l'épanouissement tandis que la seconde, se voulait inquisitrice, entravant, la tirait vers le bas. Bienveillance et colère mêlées. La druidesse tentait de cacher tout cela derrière un sourire, un comportement se voulant frivole. Aurora niait la vérité avec ardeur. Se persuadait que rien ne pourrait effacer Serafim de son cœur. Liés à jamais! Non, elle ne pouvait oublier la promesse faite sous ce vieux chêne grecque.

    Quitte à réitérer chaque jours ce serment si il le fallait. C'était se leurrer. Ce miroir rappellerait au dresseur des corbeaux, la triste vérité. Et cette pomme? Réduirait nullement ses maux, juste, les ralentiraient tout au plus. De combien de temps disposaient-ils?

    Si ils arrivaient trop tard? Qu'adviendrait-il du jeune homme? Car oui, ses pensées étaient tournées vers lui, non pas sur sa personne. Après tout, elle souffrirait certes, mais au fur et à mesure, oublierait cette même douleur. Comme le reste. Un pantin désarticulé. Point de peur s'insinuait dans son esprit, sa volonté pour la chasser restait forte pour l'heure. Son regard se détourna pour observer l'artefact que tenait le renégat entre l'une de ses mains. Hésitante d'abord, la jeune fille de l'aurore finit par le lui prendre. Et le porter à ses yeux bleus.

    Rien?

    À sa grande surprise, la brune constata que la surface lisse et froide miroitante ne lui renvoyait pas son reflet.
    « C'est comme si... je n'existais plus... »

    Cette révélation fut comme un coup de poignard porté avec une violence inouïe dans ses chaires. Une main posée sur ses lèvres, elle ne put contenir une vague d'affliction. Éclatant en sanglot, la belle se jeta dans les bras de son aimé, se laissant aller à ses pleurs. Larmes de sang.
    Pire que la mort, elle allait disparaître !

    «Ô Lune de mes jours !»
    parvint-elle à articuler entre deux sanglots. Tristesse écarlate venant entacher sa robe immaculée, mouiller aussi la chevelure sombre de Serafim. Pire que la mort ! Ce châtiment, apportait la détresse. L'impression d'être rongée de l'intérieur enserrait sa gorge dans un étau. Aussi, elle ne parvenait plus à s'exprimer.

    Comme autrefois où on l'avait rendu muette.

    Une petite main éthérée se posa sur son dos. Sur le coup, bien sûr, elle n'avait plus la sentir, mais une petite voix familière parvint à ses oreilles. Ce fut un visage baigné par un flot de larmes vermeilles qu'elle tourna vers le fantôme de la fillette qu'autrefois elle avait pensé sauver.

    ~Aurora, ne pleure plus, nous sommes là maintenant.~

    Ses yeux tombèrent sur plusieurs silhouettes laiteuses, dissimulées derrière le tronc des arbres. Ils les encerclaient sans oser s'approcher davantage, se souvenant de la demande du Seigneur des Corbeaux. Chacun d'entre eux lançait vers elle, leur voix sépulcrales, issues d'outre-tombe. Des encouragements. Aurora traduit pour Serafim, leur attention.

    «Ne les chasse pas, ils ne sont là que pour me soutenir.» Mais déjà ils s'effaçaient tous, un par un, murmurant qu'un seul mot « Beltaine ». La petite fille aux cheveux épars, balayés par ce vent invisible qui les faisaient danser, ne bougea pas, les observant tour à tour de sa petite mine innocente. ~Ma maman, ma maman n'est pas avec nous~

    Paupières mit closes, la druidesse comprit le sens caché de ses paroles. Sa main voulut se poser sur cette joue si pâle. Seulement, ses doigts rencontrèrent le vide, aussitôt l'expression sur le visage de la petite changea, comme si elle avait tout de même put ressentir cette caresse.

    La jeune femme leva son regard vers les nues. Oui, bientôt, très bientôt. La renaissance. Aurora se détacha de l'étreinte de son aimé, s'éloignant d'eux pour se diriger vers cette petite étendue d'eau qui ruisselait à quelques pas d'eux. Là, elle se laissa submerger pas le liquide pur froid et limpide. Laver son visage et son corps de tout ce sang.

    Purification nécessaire avant le renouveau

    Bientôt elle entendrait à nouveau le son des cloches. Bientôt elle les libérerait. Bientôt, le glas sonnerait.

    Bientôt, elle ne serait plus rien.

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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Lun 23 Avr - 19:48

Le miroir avait énoncé son verdict et impuissant Serafim ne put que recueillir dans ses bras, la belle dont le visage était inondé de larmes de sang. Non ! Elle ne devait pas ! Elle ne devait pas parler avec tant d'affirmation. Elle existait et le dresseur de corbeau comptait bien le lui faire comprendre. Qu'importe qu'elle ait un reflet ou pas en se regardant dans ce miroir, la seule image qui comptait était celle qui reposait dans le cœur plein d'amour et de passion de Serafim, le reste n'était qu'une illusion. C'est du moins ce que pensait l'athénien, mais les mots n'arrivaient pas passer la frontière de ses lèvres, comme retenus par le chagrin de la belle Aurora.

« Ça va aller, ça va aller ! »

Comme un mantra, il répétait ces mots en lissant la chevelure brune de la druidesse avec ses doigts.

« Arrête de pleurer, je t'en prie. »

Quelque chose perturba les gestes tendres du disciple des corbeaux. Une essence diffuse qui se répandait tout autour d'eux comme un serpent voulant entourer sa proie entre ses anneaux. Une présence morbide que le seigneur des corbeaux reconnaissait aisément... malheureusement. Ils étaient là, ces spectres condamnés à l'errance à cause de la folie des hommes.

Bien qu'il fût attristé par leur sort, il ne put retenir un sifflement de colère, quand il vit la foule spectrale prendre forme. Il avait pourtant exprimé le désir égoïste de rester seul avec sa compagne ! La tranquillité leur était donc interdite ? Non ! il ne devait pas penser ainsi, son élue trouvait un certain réconfort en leur compagnie, le flot de ses larmes de sang commençait d'ailleurs à s'affaiblir.

Les spectres réussissaient là où il avait échoué. Un constat vexant qui lui arracha un grognement de colère, encore une preuve de son impuissance, lui qui pensait avoir changé. Serafim se rendit compte qu'il était toujours aussi faible. Des larmes, cette fois de rage mouillèrent son visage. Ne voulant pas que sa belle assiste à ce spectacle, il s'éloigna de quelques pas et s'enfonça dans la forêt endormie.

Marcher, qu'importe la direction, il voulait juste se changer les idées et profiter du silence de la nuit. Mais ces bois en avaient décidé autrement. Une voix cristalline l'interpella, presque un murmure. Elle semblait lui indiquer un chemin qu'il suivit pour arriver sur une colline surplombant un hameau d'une trentaine de maison.

Village paisible dormant dans l'insouciance, malgré tout ce qui était passé dans les bois. .. Inconcevable ! Pourquoi ces villageois avaient droit au bonheur alors que des innocents avaient été massacrés ? Alors qu'Aurora souffrait ?Alors qu'il etait si malheureux ?

« Tous coupable ! »

De son malheur ? Surement pas, mais une sombre muse lui soufflait le contraire ce soir. Une Némésis invisible qui lui fit perdre la tête. Une aura sombre se dressa autour de lui, réveillant ses alliés obscurs. Craillant d'impatience, un nuage de plumes et de serres acérées se forma instantanément au-dessus de sa tête, grouillant comme un essaim d'abeilles furieuses.

« Vengeance mes amis ! Je veux qu'ils souffrent autant que nous avons souffert, mutilez le bétail, ravagez les réserves de grain, qu'ils regrettent ce jour ! »

Il ordonna, ils obéirent. Le nuage noir fondit sur les chaumières paisibles avec férocité et rapidité. Pauvre fou ! Il venait de découvrir qu'on pouvait diluer sa douleur, dans celle des autres. Pire que cela pouvait procurer un plaisir presque orgasmique.

Et que pensera Aurora de tout cela ? Le voilà qui agissait comme ces bourreaux qu'il critiquait.

« Non ! Qu'ai-je fait ? Non, revenez ! »

Il était trop tard, la nuée carnassière était déjà à l'œuvre et emportée par une frénésie prédatrice restait sourde au commandement de Serafim. Les cris humains allaient bientôt couvrir les croassements de ses compagnons.

Pauvre fou ! Qu'as-tu déclenché?



Dernière édition par Serafim le Jeu 26 Avr - 18:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mar 24 Avr - 2:26




Beltaine ~ Jesus and Dagda






    « Be in the grip of Death.
    Jesus !
    Mercy killing.
    Last moment.

    Be in the grip of Death.
    Jesus !
    Mercy killing.
    Last moment. »

    Voici les sombres paroles perpétuellement répétées.

    Quelqu'un venait de commettre un acte impardonnable. Une erreur irréversible, scellant le destin de tous. Pourquoi maintenant ? Il était trop tôt pour entreprendre déjà ce chemin escarpé. Aurora n'y était pas préparée..

    Minuit.

    Le jour marquant la Renaissance de toute chose commencerait donc ainsi ? La jeune femme se tenait là, derrière son aimé a à peine quelques mètres de lui. Elle le regardait sans mot dire. Derrière elle, une horde fantomatique s'était regroupée, muette aussi. La jeune femme ne portait rien d'autre sur elle, que sa robe blanche mouillée, collant à sa peau d'ivoire. Apparurent enfin, les deux druides, le visage grave, pis, la mine sombre. Déçus.
    Ils dévêtirent la druidesse qui n'esquissa pas un geste pour les arrêter. Le regard perdu dans le lointain, ses yeux semblaient voir au delà de l'horizon. Là encore des larmes carmines s'écoulaient de ses yeux aussi bleus que l'océan. Pourtant une ombre avait assombrit ce regard azuré, le parant d'un voile obscur. Son corps ne souffrait pas de la fraîcheur du soir, malgré cette brise froide qui faisait valser à un rythme frénétique, les ramures des arbres. En plus de ses cheveux noirs.

    Le chant des freux se mêlaient à la complainte du vent. Bientôt, une autre clameur s'éleva, s'intensifia tant et si bien que la jeune femme, n'en tenant plus, griffa sa gorge jusqu'à entailler profondément la chair. Blanc et rouge. Les marques apposées par Elias s'illuminèrent au contact de son propre fluide vital. Un cri déchirant passa la barrière de ses lèvres, couvrant ceux des villageois éveillés par les sombres messagers du seigneur des corbeaux. Même ses propres corneilles, ne pouvaient arrêter cet élan frénétique.

    Qu'avait-il fait ? Pourquoi ?
    Aurora n'aurait jamais imaginé une telle chose. Des innocents. Il venait d'attaquer des innocents ! Non ! Il venait d'éveiller quelque chose de bien plus puissant ! Serafim ne représentait ni plus ni moins qu'un bourreau. Sans être le juge. Il n'avait pas cherché à savoir ce qu'il s'était réellement passé ! Aveuglé par de sombres raisons qui échappaient à la belle. Elle n'avait plus le choix. D'un pas lent, ses pieds nus s'enfonçant dans l'herbe haute et verte, la brune s'avança vers le renégat. Le visage crispé dans une intense douleur où s'insinuait la colère et la déception, sa main froissa l'air pour rencontrer la joue du disgybl u gigfran.

    « Be in the grip of Death.
    Jesus !
    Mercy killing.
    Last moment.

    Be in the grip of Death.
    Jesus !
    Mercy killing.
    Last moment. »

    Chantèrent les ombres mouvantes et immaculée suite à ce son sourd. Ce fut au tour d'Antiokus d'arriver à la hauteur des deux jeunes gens. Dans ses mains, il tenait un drôle de vêtement : manteau de plumes ténébreuses aux reflets vert émeraude. Il couvrit avec délicatesse, la nudité de sa petite dame du matin qui peu à peu, revêtait l'habit de Morrigan : Déesse qui représentait l'Aurore, détentrice du savoir et annonciatrice des destins. Déité guerrière, épouse de Dagda ! La Grande Reine Corneille !

    D'ailleurs, pour parfaire cette mise, le druide roux la coiffa de la tête géante de cet animal sacré. Par trois fois Bodb-Aurora poussa un long coassement. Le signal. Les formes éthérées prirent tous la teinte sanglante : bientôt, ses plumes seraient salies par cette même couleur. Aux pieds de Serafim, sans lui accorder un regard, elle laissa choir la pomme et le miroir qu'il avait délaissé. Rien ne se brisa, pas encore.

    « Lleuad o fy nyddiau ... Pam? Pam! Pam wedi selio ffawd y diniwed? Maent yn unig pypedau!»
    (Lune de mes jours... Pourquoi? Pourquoi! Pourquoi avoir scellé le destin de ces innocents? Ils ne sont que pantins!)

    Beltaine !

    Les feux de Beltaine s'allumaient déjà ! Partout où passait la procession funeste, elle embrasait de flammes sanguines, oranges, les toits des maisons. Enfin, les cloches de l'église tatillonnèrent. Le son du glas sonne pour ceux qui l'écoutent ! Beaucoup l'entendrons cette nuit, car l'éveil venait bien de commencer...

    Beltaine !

    La petite faie prit son envol, parti dans une course folle rejoindre cet assaut morbide. Ses jambes la dotèrent d'une célérité qu'elle ne se croyait pas capable de déployer, or elle n'était plus Aurora la petite dame du matin.

    Mais l'Aurore elle-même, celle qui viendrait libérer les habitants de l'Inquisition.

    ~Point de danse pour la fête de Beltaine...~ soupira Antiokus en faisant signe à son rival de le suivre. L'autre druide jeta un regard froid à son élève, presque de dédain. ~° Idiot. Sait-tu ce que tu viens de provoquer ? La mort d'Aurora.°~

    Et la silhouette des deux druides s'effacèrent dans un nouveau coup de vent.

    La bataille contre le Christ et Dagda, non, au final.... c'était inévitable.

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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Jeu 26 Avr - 19:19

Pourquoi avait-il agit de la sorte ? Une question qui restera surement sans réponse. Rendu muet par l'émotion, Serafim resta statique contemplent le désastre qu'il venait de provoquer. Cette nuit il venait de souiller ses mains du sang d'innocents, des gens comme son père et sa mère. Cette nuit, il échangea le rôle de victime contre celui de bourreau et honteusement il devait admettre que cette position lui plaisait. Etait-il mauvais de nature ? Etait-ce son vrai visage, sa vraie personnalité, encore des questions qui ne trouveront jamais de réponses. En fait son seul regret, ne fut pas que par son geste des innocents trouveront surement la mort, mais l'attitude froide d'Aurora.

La claque imprima une marque écarlate sur sa joue. Rouge comme les murs des chaumières quand la lumière des flammes venaient s'échouer sur leur surface. Un spectacle qui aurait pu être magnifique dans un autre contexte. Car bien vite les cris commencèrent à couvrir la mélodie funeste des corbeaux. Des appels à l'aide, des cris de désespoir, de rage et des pleurs. Relié par un lien mystique à chacun de ses corbeaux, Serafim avait la restitution parfaite de l'horreur qui se déroulait dans ce petit hameau.

« Reviens ! »

Des mots qui ne trouveront aucun écho. La druidesse vêtue de sa robe de plume, s'était envolée loin de lui. Qu'allait-elle faire dans ce village désormais condamné ? Il était trop tard, même lui n'arrivait pas à calmer la rage de ses amis corvidés. Les corbeaux partiront qu'une fois repus de sangs, de chairs et de pleurs. Ainsi soit-il ! Ainsi était la sentence de Serafim !

Serafim comptait bien rester sur place, ne sachant pas comment se comporter avec son amour. Amour ? L'aimait-elle toujours après qu'elle ait vu ce sombre aspect de sa personnalité. Un frisson d'inquiétude parcourut sa colonne vertébrale. Non ! Cela ne pouvait pas Aurora et lui étaient destinés à vivre ensemble ! Mais Elias lui fit une autre révélation qui extirpa de sa gorge un cri d'horreur !

« Mourir ? Aurora va mourir ? »

Son regard croisa les artefacts posés à ses pieds, gage de la survie d'Aurora. Il ne comprenait pas pourquoi son geste aurait des répercussions sur la vie de sa compagne.

« Pourquoi ? C'est moi le responsable, pourquoi ? Je suis le coupable, laisser Aurora loin de vos manigances !»

Evidement Elias n'entendit pas cette requête, le druide s'était déjà volatilisé, chose qui eut pour effet d'attiser la rage du dresseur de corbeaux. Exaspéré et surtout en colère, il empoigna les objets légués par la valkyrie et s'enfonça lui aussi dans le village en panique afin de récupérer la femme de sa vie.

Non ! Lui vivant, rien n'arrivera à Aurora, il avait la ferme intention de l'extirper de cet enfer. Enfer qu'il avait lui-même crée. Heureusement il reçut le soutien de son plus vieil allié : Corvi. Le fidele familier de Serafim, réclamait lui aussi sa part de sang, mais la bête avait su garder un semblant de tempérance. Sensible aux ordres de son maitre, il partit à la recherche de la belle brune à l'habit de plumes, dans le tumulte de sang et de larmes.
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Ven 27 Avr - 1:52

The word of the fair, the words of the Book~







    Sous le couvert de cette nuit noire, une ombre filait. À la lune d'argent, celle-ci lui hurlait son désespoir. Cri déchirant aux notes graves, le chant des corneilles. La petite Dame du Matin, n'était plus. C'était l'Aurore elle-même qui déployait ses ailes sombres, pleine de majesté. Incombé d'une lourde tâche qu'elle réaliserait à contrecœur, la druidesse paraissait dans ce village parée du manteau de plumes de Morrigan. Revenir ici après de longs mois écoulés et surtout ! Surtout compte tenu des choses s'étant déroulées là bas... Le clocher de l'église continuait de lancer cette sombre clameur, cette triste vérité. Ils savaient qu'elle était là, de retour. Et l'Inquisition faisait sonner le glas, pour elle. Tous savait qu'Aurora était de retour, à la minute où elle avait foulé sa terre natale. Ils étaient plus fort que jamais. Et contrairement à la druidesse, ils étaient prêts.

    La jeune femme brune déambulait dans les ruelles pavées, où régnait une chaos indescriptible. Un instant, la belle se figea pour constater la sentence de son aimé. Pourquoi ! Pourquoi avoir écouté Sa voix ? Quelque part, c'était sa faute à elle, elle aurait dût le prévenir ! Quoiqu'elle même ne savait pas. Non, elle ne se doutait pas qu'Il avait commis ce sombre office : le chuchoteur. Le fou, son bourreau. Qu'Il devait être heureux d'observer ce carnage ! De manipuler les sombres messagers du dresseur des corbeaux !

    ~°~ ~°~ ~°~

    «Car il n'était qu'un pion de plus entre mes mains !» se moqua une forme tordue dissimulée dans l'ombre. Il jouissait d'un spectacle unique, perché sur son piédestal accroché à une gargouille à la face grimaçante. Qu'il caressa distraitement, un rictus infâme qu'on ne pouvait qu’entrapercevoir. L'homme, car il s'agissait bel et bien d'une voix d'homme, se pourlécha les lèvres. Un plat délicieux l'attendait, et il fallait s'y approcher sans faire de bruits ! Ô comme il avait hâte de la revoir ! De caresser ses cheveux noirs, pareils à de la soie, savourer, sentir sa peau de nacre ! Sa superbe fille du Matin. Ô oui, il la prendrait de nouveau ! Et cette fois-ci, elle serait sienne à jamais, que Jésus en soit le témoin !

    Le rideau de ses paupières disparut, à la place des yeux globuleux, noirs et brillants de sadisme, d'envie, se braquèrent au delà de ce nuage opaque. De ces flammes. Son pantin, à merveille, avait tenu son rôle ! Sans qu'il ne s'en rende compte ! Ou pas... il avait décelé chez lui une faiblesse, y avait vu même une note de... noirceur. Alors quoi de plus facile que de le tromper ! Mais cette vermine exécrable n'attendait rien pour attendre ! Il l'avait souillé, elle. Sa petite Aurora. Sa précieuse Jeanne.

    «Ton tour viendra, misérable, pour l'heure, je me dois de l'accueillir...»

    Il s'élança, agile, pour se réceptionner au sol, avant de filer pour que personne ne l’aperçoit. Il allait vite, mue par l'impatience. Malgré cela, il prenait tout de même le temps d'observer les corbeaux se repaître des cadavres humains. Leurs victimes. Qui disait que les sombres freux n'étaient pas des rapaces ? Parfois, ces oiseaux étaient bien plus cruels, pas que de simples charognards. Ils formaient un nuage obscur au dessus du village : laissant parfois tomber quelques plumes en s'attaquant aux femmes et aux enfants. À leur crever les yeux ou à exposer leurs vicaires.

    Comment comptait-elle les arrêter ? Car cet autre manant ne semblait pas pouvoir calmer l'ardeur de ses compagnons ! Normal ! Mais il était curieux de voir comment... elle allait s'y prendre. Même si au final, il ne lui laissait pas beaucoup de choix. Voir qu'un seul. Et comme ce serait bon de la voir ainsi torturée !

    Avant qu'il ne vienne la secourir, bien sûr !

    ~°~ ~°~ ~°~

    Pourquoi ? C'était là la question que se posait la druidesse en débouchant sur la place du marché. Revoir le feu de si près la faisait trembler de terreur, ses souvenirs s'imposaient à elle, ses cauchemars, qu'elle ne parvenait plus à refouler. Sa tête lui tournait, l'odeur de sang était trop forte pour elle, pour Morrigan, bientôt, elle ne pourrait plus se contrôler. Comment arrêter cette folie ? À ses pieds, des cadavres jonchaient le sol, baignant dans une immense flaque de sang. Voir les oiseaux de Serafim festoyer de la sorte lui souleva les tripes, si bien qu'elle en eut un haut le cœur et tomba à genoux dans le vermeil, ses mains plaquées contre sa bouche. Les cadavres léchés par les flammes dégageaient une odeur insupportable. Il lui fallut rassembler toute sa volonté pour ne pas vomir. Finalement, haletante, la femme releva la tête, très lentement. Il n'y avait plus de bleus désormais dans ses yeux. Mais juste deux prunelles sanguines, sans pupilles.

    Morrigan. Déesse aux Corneilles.

    Avec brusquerie, elle se releva, faisant éclater son cosmos à la teinte carmine, assassine énergie. Qu'elle n'avait jamais auparavant déployée. Beltaine.
    Aurora s'effaçait un temps, guidée par la main vengeresse d'une Némésis celte. Sauvage, assoiffée de sang tout en ne perdant pas de vue le principal objectif. Une clameur nouvelle s'éleva, un appel : ses corneilles jaillirent du ciel, toutes serres sorties pour se ruer sur les corbeaux totalement prit au dépourvus car focalisés sur les chairs. Pour parfaire ce macabre ballet, la druidesse se laissa gagner par la folie de Bodb, à la place de ses doigts, de puissantes griffes prêtes à faucher les corvidés. Les plumes de sa mise virèrent au rouge sang, comme ses cheveux.

    La femme rouge. Voilà le nom que les druides lui attribuait quand elle se trouvait sur les champs de batailles. Le massacre débuta, sous ses yeux à lui. Ce spectacle, il l'appréciait grandement. La voir ainsi déchaînée, tutoyant la folie ne faisait qu'augmenter son désir pour elle. Il n'y eut point de clémence pour les pauvres bêtes aveuglées : tandis que les fantômes pleuraient, indignés, elle, s'empara en plein vol, du dernier des oiseaux. Elle le regarda se débattre un instant entre ses mains griffues qu'elle enfonçait lentement dans l'animal. Puis, d'un mouvement rapide, affreux, elle mordit à pleine dent, des crocs plus qu'autre chose, rompant le cou de la bête que la jeune femme arracha dans un bruit sec, des os qui se craquent, un petit piaillement plaintif. Mais il était trop tard. Crachant la tête à ses pieds, ce fut à cet instant précis qu'Aurora reprit le dessus. Un goût ignoble emplissait sa bouche à présent, et la druidesse, comme paniquée, jeta des regards tout autour d'elle. À nouveau, des larmes rouges glissèrent de ses yeux. Jusqu'à devenir noires.

    Aurora se laissa choir à genoux, prenant sa tête entre ses mains ensanglantées, souillées. Elle se recroquevilla sur elle-même au moment où quelqu'un applaudit.

    «Bravo ma petite Aurora ! Bravo ! Ô ! Comme je suis heureux de te revoir et comme tu es belle habillée ainsi ! Dommage que je ne puisse contempler ton visage. Attends, ne bouge pas, j'arrive.»

    Quand elle osa se redresser, ce fut pour voir une main tendue vers elle, une peau si grise, stupéfaite de reconnaître cette voix, la jeune femme, d'instinct, recula, comme un animal blessé jusqu'à ce que son dos heurte le mur froid d'une maison épargnée. «Non... non, non...» murmurait-elle, ses lèvres rougies, tremblotantes. Pas lui.
    Aurora hurla d'effroi en voyant à quel point il avait changé. Un cadavre. L'inquisiteur dont les yeux sortaient presque des orbites la contemplait avec avidité. Auréolé de la clarté du feu ardent, il était monstrueux. Et cette puissance qu'il dégageait. Ce livre. Source de son pouvoir. Bien trop fort, cette force l'écrasait. Elias et Antiokus apparurent au moment où il s'apprêtait à la rejoindre.

    «Hmph ! Inutile, faibles druides, vous ne pouvez rien contre moi, l'avez vous oublié? Maintenant, hors de ma vue !» clama t-il en levant l'une de ses paumes vers eux tout en tournant les pages du Livre. Il psalmodia des paroles en latin, derechef, sans que les deux ne puissent répliquer, se virent enchaînés plus loin contre le tronc d'un arbre. Négligemment, de son pied, il fit voler en leur direction, des braises encore fumantes. «Brûlez, hérétiques ! Sur le bûcher ! Comme tout les autres ! Hérétiques !!»

    Puis, se tournant vers la druidesse.

    «Mais toi, ma chère Jeanne, je peux encore te laver de tes pêchers... Laisse moi... faire... de toute façon, tu sais bien que face à moi tu es... impuissante, ne sens-tu pas ton cosmos s'envoler ?»

    Comment ?
    Choquée, la druidesse commençait à comprendre qu'il avait raison, et qu'en plus de cela, la malédiction en profitait pour s'encrer davantage en elle. Arrivé à sa hauteur, il baissa la tête, lui offrant un sourire carnassier. Non ! Il allait recommencer ! Ça allait recommencer, encore ! Lui ôtant sa coiffe, l'inquisiteur se pencha vers elle pour la cueillir. Vainement, la jeune femme se débattu, encore et encore. La plaquant contre le mur en brique, enserrant son petit cou gracile, il approcha son visage répugnant de celui-ci qu'il lécha avec extase. Délicieux.

    «Tu as changé ma petite rose... tant changée...»

    Elle tenta de le mordre, de faire n'importe quoi pour l'en empêcher, or, la réplique lui arracha un gémissement douloureux. «Je ne voudrais pas recommencer, non... il serait dommage d'abîmer ce joli minois. -puis, lui chuchotant au creux de l'oreille tout en soulevant une mèche de ses cheveux- cela ne m'empêchera pas, tu m'appartiens.»

    Et il s'empara de ses lèvres tout en laissant sa main libre, vagabonder où bon lui semble... Un cauchemar, oui, il ne pouvait en être autrement ! Cela ne pouvait pas se reproduire ! Pourtant, la souffrance était bien présente, encore, comme cette autre fois. Et lui jubilait, son rire tonitruant et sardonique lui vrillait les tympans. Aurora glissa dans l'inconscience, son cœur n'en tenant plus.

    Trop de souffrance. Passé et présent s'entremêlant.
    Lui ? S’enivrait de son odeur en lovant sa tête au creux de son cou, se perdant dans cette chevelure de jais. Ô il la torturerait encore et encore ! Et personne ne pourra se mettre en travers de sa route cette fois ! Il agirait à sa guise.

    «Tu m'aimeras, que tu le veuilles ou non, Jeanne. C'est écrit, les psaumes me l'ont chuchoté !»

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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Dim 29 Avr - 17:50

L'amertume du regret et de la culpabilité se faisait de plus en plus en sentir au fur et à mesure qu'il s'enfonçait dans le village. C'était comme un hurlement perpétuel qui devenait de plus en plus puissant et aigu à chaque centimètre qu'il parcourait et surtout à chaque corps sanglant que son regard sombre croisait. La folie vindicative de ses corbeaux, n'avait épargné personne et le cœur de Serafim qui semblait avoir perdu toute once d'humanité se mit à réagir au spectacle triste des cadavres étendus sur le sol.

« C'est donc réellement moi qui ai provoqué cela ! »

Le vin doux de la vengeance avait tourné en une vinasse aigre et infecte. Son geste qui lui semblait juste paraissait si abjecte maintenant. Le regard hagard, l'Athénien déambulait au milieu de la tempête de plume et de sang. Mais curieusement, les clameurs rauques de ses alliés s'estompèrent au fur et à mesure. Ce n'était plus la colère et la faim qui donnait vigueur à leur battement d'ailes, c'était quelque chose de plus puissant et de plus meurtrier et le dresseur de corbeaux pour l'avoir ressentit presque toute sa vie l'identifiait aisément. La peur avait annulé l'ordre meurtrier qu'il avait donné. Guidés par un instinct de survie qui leur était propre, les corbeaux survivants, fuirent le village. Il n'était plus qu'une poignée ! Une force terrible était entrée en action pour les décimer.

Une autre larme se fraya un chemin humide sur la joue tuméfiée du jeune homme. Serafim était le seul responsable de tout ce drame et ses amis n'avaient pas à payer pour les erreurs qu'il venait de commettre. Ni eux, ni Aurora ! Si la prophétie d'Elias était vraie, alors le renégat devait se hâter de la retrouver. Il y avait quelque chose d'angoissant dans l'atmosphère, il se sentait sous le joug d'un prédateur qui attendait que le bon moment pour sortir de l'ombre afin de lui trancher la jugulaire.

*Où est-elle*

Corvi ne revenait pas et le temps pressait, aussi il prit la décision d'établir un poste d'observation en grimpant sur le toit d'une chaumière. Et c'est à ce moment qu'il vit la femme de sa vie en grand péril. Etait-elle face à son bourreau ? Serafim n'attendra pas pour vérifier.

Le blanc de ses yeux se lézarda de lignes écarlates, les veines de son cou se gonflèrent sous l'afflux de sang.

« LACHE LA ! »

Le hurlement de Serafim troubla les sanglots des survivants à l'attaque des corvidés. Sa cosmos-énergie s'échappait de ses pores, comme la vapeur s'extirpant de la gueule d'un geyser.

« Laisse la ! »

Sur cette dernière injonction. Le dresseur de corbeaux prit son envol dans un nuage de plumes éthérées nées de son aura. Possédé par la rage, il piqua tel un oiseau de proie sur l'étrange personnage qui maintenait Aurora captive, avec la ferme intention de la décapiter du tranchant de la main.
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mar 1 Mai - 20:49

    «Jeanne, ma douce Jeanne, toi et moi, enfin réuni ! Là, sois mienne, sous le regard de notre Seigneur. Je glisserais bientôt cet anneau à ton doigt.»

    Un sourire carnassier se dessina sur son visage, déformant ses traits déjà monstrueux. Du bout de ses doigts, il effleura le manteau de plumes sombres de sa belle endormie. Un baiser, pour la réveiller peut-être ? Car s'il avait déjà capturé son corps et ses lèvres, l'Inquisiteur la désirait encore. Sauf que l'importun se présenta enfin. Il croyait qu'il ne l'aurait pas remarqué ? Eux deux n'étaient pas si différent et ce sentiment qui les animait tous deux, la vengeance, les unissaient d'une certaine manière.
    Semblables, car habités par le feu vengeur : prêts à tout pour mener à bien leurs idées, convictions, desseins de quelconque natures. Gare à ceux qui voulaient aller à l'encontre de leur plan ! Ô il le comprenait que trop bien, il ne comprenait que trop bien cette colère qui paraît ses yeux sombres. La même lueur dansait devant les siens.

    Sauf que le maître des corbeaux demeurait le pantin, et lui le marionnettiste.

    Quand Serafim lui ordonna de lâcher sa petite poupée de porcelaine, lui eu un geste protecteur en faisant un pas en arrière tout en la dissimulant presque sous son lourd manteau sombre et vermeil. Le fou se jeta sur eux, déployant une énergie conséquente pour l'évincer. Le sot ! Ne voyait-il pas que par ce geste, il risquait de blesser sa tendre petite Dame ? Aveuglé par sa rage, le seigneur des freux écoutait son instinct là où il aurait dû écouter sa raison. L'inquisiteur n'eut qu'à dresser entre eux une barrière d'énergie pour le repousser au loin, avant de partir dans un rire dément.

    «Ahaha ! Tu te montres enfin, méprisant insecte ! Ô mais non, je devrais te remercier, car tout ceci, c'est grâce à toi ! Sans ton intervention, je n'aurais sans doute pas réussi à mener mon plan à bien.»

    Cette brusque et folle hilarité prit fin quand Aurora s'agita quelque peu entre ses bras. Ses yeux rouges sang papillonnèrent, s’écarquillèrent quand la triste réalité s'imposa à elle. Elle cria d'effroi en tentant de se dégager de cette étreinte, faisant danser sa crinière devenue oriflamme. Non ! Non !

    Non !

    Vainement, la jeune femme, par désespoir, s'efforça de faire appel à son cosmos. La face de l'inquisiteur se fit plus sombre, plus grave. Presque triste. D'une main, il l'obligea à lever son regard vers lui.

    «Ma douce petite, c'est lui qui te tourmente ainsi ?»
    Questionna t-il en désignant Serafim d'un signe de la tête. Sauf qu'il n'attendit pas la réponse. Ses yeux déjà exorbités, se braquèrent sur l'homme, son rival. Lui aussi, aimait sa Jeanne. Mais elle était sienne ! L'amour que ce méprisant personnage lui portait ne pouvait exister ! Il anéantirait le lien qui les unissait ! L'homme posa une paume sur le front d'Aurora, murmura des paroles inaudibles. Ces chuchotements semblèrent appeler les pouvoirs du livre qu'il tenait contre lui. Ce dernier flotta un temps dans les airs, s'ouvrit pour qu'une main invisible ne tourne ses pages. Avant de s'arrêter. Aussitôt les yeux de la druidesse perdirent leur éclat, jusqu'à devenir vide. Sans vie.

    «C'est de ta faute si aujourd'hui elle souffre. Je le sens, les psaumes me l'ont dévoilé ! Maudite ? Ô ma vierge ensanglantée ! Sois toi aussi maudit, soyez tous maudit !»


    Hurla t-il à la face de la Lune. Son courroux se porta sur Serafim : l'objet de la perdition de sa femme-sauvage. L'inquisiteur ricana en libérant Aurora qui, dans un premier temps, vacilla avant de se mettre en garde. Elle présenta au jeune homme, ses serres couvertes du sang des corbeaux qu'elle avait tué de ses mains. Compagnon du dresseur des corvidés. Avidement, elle passa sa langue sur l'une de ses griffes afin de se délecter du sang encore frais.

    «Elle semble avoir apprécié le repas que tu lui as offert. Un sacrifice pour elle, mais nécessaire, observe la maintenant, voit comme elle est belle, ma Déesse Corneille. Va Jeanne, tu sembles affamée et je ne peux te priver plus longtemps de ce délicieux nectar.»

    Entrant dans un état frénétique, Aurora poussa le cri plaintif des corneilles avant de s'élancer à pleine vitesse vers le brun. Des gouttelettes noires s'échappaient de ses yeux au moment où la belle distribua ses coups, se mouvait avec la grâce des oiseaux noirs. Ballet mystérieux mais redoutable. Une faille, et la jeune femme en profita pour renverser Serafim sur le sol, enserrant sa gorge, prête à l'étouffer. La femme rouge lui substitua le miroir et la pomme avant de se redresser sans lui accorder un regard. Elle revint vers son maître, docile, s'agenouillant, la tête basse.
    D'une main, il lui prit les objets, pour ensuite la gratifier d'une caresse dans sa chevelure carmine.

    «Voilà qui est parfait....»


    Aurora leva son visage vers lui pour lui offrir un petit sourire. Là, elle prit entre ses mains, l'une de l'inquisiteur qu'elle porta à sa bouche. Délicat effleurement de ses lèvres sur cette peau grise. Cette fois, ce fut à l'homme de Dieu de sourire. Il passa au doigt de la jeune druidesse un anneau d'or, s'apprêta à psalmodier les paroles de la bible quand une clameur nouvelle lui parvint.

    Les gardiens d'Aurora surgirent, la procession des morts s'était agrandie : ils étaient des centaines. Accompagnée des nouvelles victimes de l'Inquisition. Face à cette attaque surprise, il avait relâché sa vigilance. Aussi, Elias et Antiokus avait profité de cette diversion pour agir. Dans un jappement rageur, deux loups immenses refermèrent leurs mâchoires sur l'homme. Un combat terrible en résultat. Fantômes et druides alliés face à l'inquisiteur et Aurora, eurent un temps le dessus. Antiokus, reconnaissable pour son pelage automnal, parvint même à récupérer entre ses crocs, la pomme avant de se tourner vers Serafim et la lui lancer.

    «Emmène là loin de lui ! Nous nous occupons de lui ! Fuyez !»

    C'était à lui d'agir à présent.

    Et vite.
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Jeu 3 Mai - 20:27

L'élan de l'assaut enragé de Serafim fut stoppé net. Sans comprendre comment, il se heurta contre un mur et fut projeté violemment contre le sol. Le choc eut pour effet d'ouvrir sa blessure contractée lors de sa rencontre avec le requin et la douleur déforma pendant quelques instants son visage, mais la blessure infligée à son amour propre était encore plus béante. En effet la technique que le sombre inconnu avait utilisée était similaire à la sienne, bien qu'elle fût d'un tout autre niveau. L'Athénien se maudissait intérieurement, pour ne pas avoir pu contourner une défense qui lui semblait si familière.

Il avait perdu l'initiative et contre un adversaire de ce calibre cela pourrait bien signifier la mort ! Une seule alternative se présentait donc à lui, attaquer de nouveau. L'important n'était pas d'abattre ce triste sire, mais de permettre à Aurora de s'enfuir. C'était ce qu'il pensait jusqu'à ce qu'il assiste à l'envoutement de sa belle ! La métamorphose de la druidesse, fut fulgurante et sa première charge déstabilisante. Incapable de riposter contre la femme qu'il aimait Serafim se contenta de se protéger à l'aide de ses avant-bras, laissant les griffes cruelles lacérer sa peau jusqu'a ce que ses membres soient entièrement couverts de sang.

Tout ceci était sa faute, mourir de la main d'Aurora était donc son châtiment ! Une bien cruelle punition qui ressemblait étrangement aux supplices que certains dieux blasés infligeaient aux blasphémateurs. Etendu contre le sol, les yeux rivés sur le visage de la femme-corneille, Serafim attendait patiemment que les doigts glacés de la mort viennent caresser sa joue. Ce n'était plus qu'une question de seconde, voilà que ses paupières s'alourdissaient dangereusement pour le plonger dans les ténèbres...

...Puis un souffle automnal, chargé de l'odeur des sous-bois qui lentement s'apprêtait à accueillir l'hiver caressa son visage.

*Antiokus !*

L'aura du druide roux, lui avait en effet insufflé un peu de vigueur afin qu'il puisse accomplir une ultime mission : Sauver Aurora ! Tout en attrapant la pomme que lui lançait le roux, le renégat intensifia une nouvelle fois son cosmos qui se matérialisa sous la forme d'ailes aussi sombre que le charbon.

« Je la sauverai ! »

Ce n'était pas la première qu'il prononçait ces mots et il était contraint de constater qu'il ne disposait pas encore de la force nécessaire pour respecter sa parole. Pourtant, accompagné d'un croassement lugubre qui retentit dans toute la forêt, il s'élança avec une célérité pouvant rivaliser avec les gardiens des douze maisons du sanctuaire, vers Aurora pour l'arracher des doigts grisâtres de l'inconnu.

« Je te sauverai malgré toi ! » Hurla-t-il avant de faire exploser tout le cosmos qu'il avait accumulé autour de lui.

Comme une étoile filante essayant de regagner la voute céleste, Serafim qui tenait fermement serrée dans ses bras la femme rouge quitta instantanément le village qu'il avait maudit, en espérant rejoindre des lieux plus cléments. Il s'éleva dans le ciel pour atterrir aussi brutalement à des kilomètres du combat en dessinant une large hyperbole argentée dans les ténébres.

Évidemment l'atterrissage ne fut pas des plus aisés ! Un long sillon de plusieurs centaines de mètres témoignait de la rudesse du choc, mais ils étaient vivants, seulement en utilisant son corps pour protéger son amour, Serafim s'était exposé plus que de raison. Il avait en effet perdu connaissance et Aurora ? Etait-elle toujours sous l'emprise du dément ? Allait-elle l'achever alors qu'il était sans défense ? Ressentait-elle encore de l'amour pour lui ?
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Ven 4 Mai - 19:57



    «Assez !» s’exclama l'inquisiteur dans un élan de frénésie qui stoppa net les assauts dangereux des deux druides. Usant de la même technique depuis le départ, les deux hommes ne furent pas surpris de se heurter à la barrière violacée qu'à chaque fois, l'homme de Dieu dressait devant eux. Imposants sous leur forme de loup, Antiokus et Elias s'étaient placés de chaque côté du monstrueux personnage, lippes retroussées, menaçants. Prêt à fondre sur lui et lui déchirer les membres.

    Les trois regardaient filer dans le ciel encore noir, un point argenté se faisant de plus en plus minuscule. Le mécréant avait eut l'outrecuidance de lui enlever sa belle Jeanne ! Ô rage sordide ! Elle déformait sa face hideuse en un rictus effroyable, tandis que ses poings se resserraient dans un bruit d'os. Ils restèrent ainsi, comme tous figés, même les fantômes, sans ciller. En l'attente d'un mouvement. Un sourire.

    «Elle reviendra d'elle-même. D'une façon ou d'une autre. Oui, quoi que vous fassiez, elle sera mienne.» Il désigna d'un doigt noueux, le livre qui continuait de flotter dans les airs. «Vous serez tous jugés pour vos pêchés. Je suis la voix de Dieu, votre Juge... et je vais annoncer votre sentence ! La mort !»

    Un jappement sourd, suivit d'un autre. Un hurlement, un dernier et la bataille reprit avec force. On pouvait entendre à des lieux à la ronde... la clameur de cette lutte.

    ~°~ ~°~ ~°~


    Ce fut le chant des morts ainsi que l'image de la corneille à trois yeux qui ramenèrent la jeune druidesse dans le monde réel. Un réveil difficile, douloureux : elle avait l'impression que dans sa tête, un marteau frappait une enclume. Ses paupières frémirent.... avant de se refermer. Une odeur familière lui chatouillait les narines, lui redonnait aussi un peu de baume au cœur. Car malgré les yeux grands ouverts, la jeune femme ne voyait que du noir. Une peur panique s'installait progressivement, pernicieux poison ! Et cette odeur de sang éveillait des pulsions incontrôlables. À son doigt, l'anneau du prêtre luisait sous la lumière pâle de l'aurore. Le jour se levait, un nouveau. Bien loin de ses espérances.

    «Serafim ?» s'inquiéta t-elle en constatant -en tâtonnant plutôt- qu'en réalité, la brune se trouvait allongée sur lui. Pas de réponse. Faisant fi de son propre état, Aurora écouta les battements du cœur du dresseur des corbeaux. Avec un petit soupir de soulagement, la druidesse se redressa pour être prise d'un vertige. Pire que tout, ce fut la voix de l'inquisiteur qui résonna dans sa tête. Lui insufflant des ordres. La belle avait beau lutter, elle n'en avait plus la force ! La malédiction pesait bien trop lourd sur ses épaules frêles. De plus, elle ne pouvait rien contre lui. Rien. Rien ? Dans un soubresaut de lucidité, au moment où elle s'apprêtait à achever le pauvre seigneur des freux, la jeune fille à la corneille planta l'une de ses serres dans le creux de sa paume. Là où la chair était la plus tendre. Hurlant sa souffrance, la jeune femme, d'un geste brusque, en profita pour extirper l'anneau à son doigt et le lança au loin. Sans voir le reflet de la lumière sur l'or.

    Haletante, elle resta un moment prostrée sans rien faire d'autre que de constater que les larmes redevenues sanguines, chaudes et amères, continuaient leur course folle, salissant son visage de porcelaine. Méconnaissable, Aurora retrouvait peu à peu forme humaine. Tout ce rouge fut remplacé par le noir. Même son manteau de plumes retrouvait sa teinte originelle, à quelques endroits prêt. Éclaboussures, souillures, tâches indélébiles ! La femme aux corneilles se revoyait anéantir un par un, les compagnons de Serafim.

    «Ô ! Qu'ai-je fais ? Morrigan ? Fusse la vraiment, ta volonté ?» un croassement sonore lui répondit. Sa fidèle corneille se percha sur son épaule, l'encouragea à sa façon.

    Son attention se porta sur le jeune homme. Une fois encore, il l'avait sauvé. À quel prix ? De nouveau aveugle, dépourvue, la jeune femme ne pouvait voir l'étendue des dégâts, mais le ressentait. Étrange sensation...
    Avec une extrême douceur, Aurora, agenouillée, déposa la tête du jeune homme sur ses cuisses. Malgré son état de fatigue avancé, et à défaut de pouvoir faire autre chose, la jeune druidesse prodigua ses soins à l'aide de son cosmos. Car le plus important était de refermer les plaies, soigner le mal avec minutie, en profondeur. Sans brusquer les organes vitaux. Toute concentrée sur cette tâche, ce fut machinalement que la belle caressa du bout des doigts, la chevelure de jais de son aimé. En fredonnant un vieil air, histoire de ne pas à son tour sombrer. Une façon à elle de rester attentive.

    Puis, un peu hésitante, la jeune Aurora se pencha vers ce visage endormi pour cueillir un baiser. Effleurer ses lèvres des siennes, pour mieux les capturer ensuite.

    ~°~ ~°~ ~°~

    Un homme avait vu, tout vu de cette scène. Ô ! quelle fut sa rage quand il la vit se séparer de son bijou ! Mais après tout, elle était sa Jeanne, sa promise ! Aussi forte et tenace... comme dit dans les écrits !

    Mais ce baiser !

    «Non !»


    Libérant sa toute puissance, l'inquisiteur éradiqua d'une seule arcane, les formes éthérées qui n'avaient eut de cesse de s’amonceler. Les yeux grands écarquillés de la petite fille reflétaient les flammes noires de l'apocalypse. Seulement, la coup ne vint jamais.

    Quand elle rouvrit les yeux, ce fut pour voir étendu sur le sol dans son propre sang, un loup au pelage d'automne.

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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Sam 5 Mai - 17:43

Avec étonnement Serafim constata que ce qui frôlait sa peau n'était pas le vent froid et rude qui soufflait habituellement sur les berges de l'Achéron, mais la main nimbée d'amour de la tendre Aurora. Et cette sensation de chaleur sur ses lèvres qui redonnait des couleurs à son visage pale était le fruit d'un tendre baiser. Elle ne le détestait pas ! Elle l'aimait encore malgré l'horrible visage qu'il lui avait montré sous cette lune de sang.

Un sourire involontaire se dessina rapidement sur son visage, alors que ses paupières s'ouvraient pour finalement laisser passer les rayons d'ivoire de la lune. Il avait toujours cette odeur tenace de sang qui s'agrippait comme une sangsue vorace à l'habit de plume de sa belle, mais la folie inquiétante qui guidait ses membres s'était dissipée. Une chance, car Serafim n'avait rien prévu d'autre que de se laisser tuer sous les coups de serres frénétiques. Il s'agissait selon lui d'un châtiment bien mérité après tout ce qu'il venait de faire.

Aurora n'était pas la seule à avoir repris ses esprits. La douleur qui traversait tout le corps du rebelle du sanctuaire, lui rappelait à quel point ce qu'il avait fait cette nuit était atroce. Ce qu'il ressentait alors qu'il avait passé de nombreuses années à fortifier son corps, n'était rien comparé à la mort horrible qu'il avait déversé dans ce village. Il éprouvait des regrets, des regrets sincères même. Pourtant, il ne pouvait pas déloger de son cœur cette sensation de satisfaction qu'il éprouvait à chaque fois qu'il revoyait le visage déformé de terreur des pauvres villageois. C'était comme ressentir l'amer et le sucré en même temps ! Comment le dire à Aurora ? Serafim était persuadé qu'il devait garder tout cela secret, le temps que cette menace s'écarte.

« Que fais-tu ? Ne gaspille pas ton énergie ! Tu dois la conserver pour toi je ne mérite pas tant d'attention. Pas après ce que j'ai fait ! »

Conseilla-t-il en agrippant la main de druidesse. Avant de se redresser péniblement sur ses jambes. Aurora avait fait du très bon travail. Son corps était toujours meurtri par endroit, mais les blessures les plus graves s'étaient déjà résorbées. Légèrement affaibli, le seigneur des corbeaux, s'appuya contre un arbre pour éviter de chuter. Comme un faon qui venait de naitre, il lui fallait attendre un peu que ses jambes s'habituent à son poids, le temps qu'une partie de ses réserves d'énergies se renouvellent.

« Mais tes yeux ! »

Il le remarquait enfin, la vue avait déserté les saphirs qui servaient de pupilles à Aurora. Pensant qu'il s'agissait d'une conséquence de la malédiction, Serafim présenta aux lèvres de la brune la pomme que lui avait remise la valkyrie.

« Tiens croques-en un morceau ! »

Une sensation douloureuse figea ses membres ! Comme un cri sourd émis par les arbres de la forêt. Instinctivement Serafim tourna la tête en direction du village. Sans pouvoir dire pourquoi, il avait l'intuition que quelque chose d'horrible allait se produire et pour prévenir cela il n'avait qu'une seul chose à faire :

« Il faut partir ! »

La peur distordait ses mots, l'athénien était affolé.

« Il faut continuer à s'éloigner. »
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Dim 6 Mai - 14:17

Wolf's pain ~ Le voyage continue, sombre.








    ~°~ ~°~ ~°~

    Le chant d'un unique loup emplit les environs avec force. Prélude d'un douloureux requiem adressée à la lune d'argent. Le sang souillait la flamboyance du pelage de son rival, son compagnon, son ami. Antiokus. Sous le regard fauve d'Elias, le second druide reprenait peu à peu forme humaine tandis que l'inquisiteur ricanait d'une atroce manière. Ô ! comme il aurait désiré montrer à quel point il n'était pas qu'un homme réfléchit, sage et froid ! Comme il désirait sauter à la gorge de cet odieux personnage. Or, il ne pouvait pas, il n'en avait plus la force, le pouvoir depuis un moment. Pour une raison qui demeurait encore mystérieuse, l'homme de Dieu avait l'avantage sur les pouvoirs du Dieu Dagda. Serait-ce finalement leur Dieu unique ? L'enfant de cette déité singulière, ce Jésus qui le protégeait ?

    Quel paradoxe quand on savait que cette religion prônait l'amour. Le pardon, la miséricorde. Or, si jugement il était réellement question dans les écrits sombres de l'apocalypse, n'était-ce point par la main de leur seigneur ? Non point par ses disciples ? Oui, la cupidité des hommes, leur orgueil n'avait-il point déformé sciemment les propos de leur Élu ?
    Car la voix du Juste parvient toujours à l'oreille attentive, en témoigne les aventures de Jeanne d'Arc, la pucelle. Ce manant croyait vraiment l'entendre aussi, ou s'inventait ces paroles, en plus d'un odieux mensonge pour s'aveugler davantage ! Que le poids du remord ne puisse point peser sur ses épaules ! Ainsi il voyait en Aurora, sa précieuse Dame Immaculée. Sa Vierge, à n'en point douter reviendrait.

    «Impuissants ! Vous l'êtes et vous le serez toujours face à moi ! Je clame haut et fort être le représentant de Dieu, qu'il m'entende et arme mon bras vengeur !

    Murmur Iustus,

    Magna et patet!
    Veni! Veni!

    In psalmis potest tua liberabit agnos peccatum
    Dat eorum Requiem aeternam,
    Esse iudicem, potens Dominus!

    Deus Ex Machina!»


    Aussitôt nimbé d'une intense lumière violette, prêt à pourfendre les derniers hérétiques présents, le fou parti dans un rire sardonique tandis que les veines de son visage vibrèrent, se gonflèrent à le rendre méconnaissable. Encore plus immonde. Ce cadavre vivant !

    «Moi ! Gilles de Rais, ton humble serviteur, lave cette Terre de toutes ces souillures impies ! Mourrez ! Mourrez !»


    ~°~ ~°~ ~°~

    Le silence. Il s'était installé entre les deux jeunes gens depuis un long moment. La belle druidesse s'était laissée guidée, avait même croqué machinalement dans la pomme. Son goût doux et sucré avait un temps emplit son palais, avant que la saveur fraîche du fruit ne s'évanouisse pour laisser un arrière goût bien amer. Aurora ne voulait pas partir, ne le pouvait non plus. Ses membres ne lui obéissaient plus depuis que le dernier hurlement d'un loup avait déchiré la voûte du ciel. L'aube naissante. Elle levait le voile noir avec délicatesse, faisant s'installer des couleurs plus chaleureuses, vives, claires : l'or se mêlant à l'orange et au rose.

    «Morts....»
    sa voix n'était plus désormais qu'un faible murmure. Cette révélation finit de l'anéantir ! Si bien que la jeune femme sentit ses jambes se dérober sous elle. Entraînant Serafim dans sa chute, la jeune femme alla trouver refuge dans les bras de son aimé. Tous deux agenouillés, prostrés dans l'herbe haute et verte, ils étaient les témoins de la folie humaine. L'Inquisition. Son front se posa sur le torse de l'enfant de la Lune, tremblante, elle ne put contenir ses pleurs ensanglantés. Perdre autant de sang, elle le savait, était mauvais, seulement le simple fait qu'ils étaient en danger la maintenait consciente.

    Ses lamentations ne passaient pas la barrière de ses lèvres. Elle préférait les taire pour le moment. Même si le fait que le noir s'imposait toujours à elle malgré les bienfaits de la pomme rouge, accentuant son état de détresse, Aurora tenait bon grâce à lui, à Serafim, son unique pilier. Soudain, une petite voix fluette, timide, l'interpella. Se tournant à demi sans quitter l'étreinte du jeune homme, la jeune femme reconnu sans mal l'aura de la petite fille. Une autre présence surgissait à ses côtés chancelantes. Un jappement.

    Cette froideur...

    «Elias !» s'exclama t-elle tandis que l'immense loup, boitillant, les rejoignait tant bien que mal. Sa main glissa dans cette fourrure blanche-grise, jusqu'à sentir sous ses doigts, une sensation poisseuse. Gravement blessé, le druide parvenait avec des efforts surhumains à se mouvoir avec la grâce de ces animaux nocturnes. Ces redoutables chasseurs.

    ~°Antiokus... je... je n'ai pas réussi à le sauver. -dans sa voix caverneuse, une once de culpabilité- J'ai réussi à la tirer hors de ses griffes, elle... elle saura nous mettre à l'abri. Il ne peut pas s'éloigner du village. L'église est sa source de pouvoir. Tout comme son livre. Guide nous fillette.°~

    Le fantôme hocha la tête. ~Je m'appelle Juliette~ Alors la petite Juliette les guida sans entrer dans l'obscur forêt. Elle longeait la clairière tandis qu'un rai de lumière dense et diffus effaça un bref instant sa présence. ~Là~ déclara t-elle en désignant d'un doigt une chaumière en bois. Préservée, ils trouveraient là un refuge. Car du repos, ils en avaient besoin.

    ~°Juliette et moi allons nous retirer, elle et moi avons des choses à nous dire et préférons éviter le Jour. À la nuit tombée, je reviendrais avec la petite.°~

    Les deux présences, comme emportées dans le vents, s'évaporèrent. Le visage de la druidesse se tourna vers celui de Serafim. Elle ne distinguait toujours rien. Avec douceur, la petite fille de l'Aube caressa les cheveux noirs de Serafim. Pas besoin de voir, du moment qu'elle pouvait le toucher. La tristesse régnait toujours dans son cœur meurtri. «Il ne peut pas être mort» finit-elle par dire alors qu'ils entraient dans le demeure vide.

    Se persuader qu'il était en vie, alors qu'aucuns signes ne le démontraient, était inutile. Un geste vain de protection. «Aide moi à me débarrasser de ce lourd manteau, s'il te plaît...»
    Corvi et Morrigan, perchés non loin d'eux, croassèrent ensemble. Le druidesse eut un pincement au cœur. «Serafim, je suis désolée d'avoir... d'avoir tué tes compagnons... je, je n'étais plus moi-même.»

    Oui, mais à présent, la Dame Rouge s'en était allée. Elle continuait de veiller sur elle d'un œil attendrit, prenant le visage de la Mère. La Protectrice. Dans un bruissement de plumes et de tissus, la cape qui paraît la druidesse s'étala sur le sol. Sur sa peau de nacre, les marques d'Elias s'étaient agrandies, rependues, suivant la courbure de son corps. Plus aucunes blessures visibles.

    Seul son cœur saignait.

    «Qu'allons nous devenir ?»
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Lun 7 Mai - 22:34

En entendant la terrible nouvelle de la bouche d'Elias, Serafim versa une larme de honte. Il avait été l'élément déclencheur de toute cette folie. Sans son geste insensé rien de tout cela ne se serait passé. Aurora n'aurait jamais perdu la vue et son mentor dans la même journée. Voir la jolie brune dans cet état, constituait un supplice mille fois plus horrible que la mort à ses yeux et vivre avec ce sentiment de culpabilité lui paraissait impossible. Des idées noires parcouraient son esprit comme des ombres sur une toile blanche. Encore de sombres inspirations qui cette fois, lui conseillaient de faucher une vie...sa vie. La lame affutée que lui avait léguée la délicieuse étoile des ténèbres, toujours dissimulée dans un pli de ses vêtements, ferait un parfait outil. Il ne lui fallait que le temps de battements de cils, pour mettre fois à son existence pathétique.

Pathétique ? Sa vie était pathétique, mais depuis sa rencontre avec la petite dame du matin, une aurore nouvelle illuminait ses jours. Il y avait quelque chose de nouveau qui devait le motiver à combattre cette noirceur soudaine qui avait germé en lui de façon si spontanée, cette chose était l'amour. Serafim aimait Aurora plus que tout au monde et c'est pour cette raison qu'il reprit ses esprits.

« Nous vivrons ! » répondit-il à la brune.

Le dresseur de corbeaux ôta son haut et le posa sur les épaules de druidesse afin de voiler sa nudité et de la préserver des caresses froides du vent nocturne.

« Nous continuerons à vivre et à nous aimer, malgré tout ! »

Aurora ne pouvait pas contempler le visage de l'Athénien, mais le timbre de sa voix pouvait témoigner de sa détermination. D'un geste virile il prit la jeune femme dans ses bras. Un petit soupir de douleur, siffla entre ses dents, mais il tenait bon. Serafim ne fléchit pas et tout en avançant lentement, il rassura Aurora concernant son implication dans la mort de ses corbeaux, en lui chuchotant.

« Je ne t'en veux pas et d'ailleurs ils ne t'en veulent pas non plus »

Pour illustrer ses propos, trois corbeaux vinrent se poser sur le corps de la jeune femme. Ils étaient blessés, probablement des rescapés du massacre. Pourtant, au lieu de planter leurs serres dans la peau d'ivoire de celle qui s'était délectée du sang des leurs, en guise de vengeance, ils se blottirent contre elle, comme pour la réchauffer à l'aide de leur plumage d'onyx.

« Tu vois ? Je suis le seul responsable de tout cela et je compte bien réparer tout le mal que j'ai fait aujourd'hui, mais avant il me faut acquérir plus de force. Plus de force pour te protéger et pour venger Antiokus. »

Mais le premier objectif de Serafim était d'abord de lever cette malédiction avant qu'elle ne consume entièrement son amour. Le grand nord aux plaines enneigées sera peut-être leur première destination. Mais avant il fallait penser à retrouver des forces. Le porche de la chaumière semblait accueillant et bien que la bâtisse avait été abandonnée depuis très longtemps, l'endroit était calme et relativement propre.

Le disciple des corbeaux posa sa compagne sur un des lits de la maisonnée et se laissa glisser sur son bord comme une perle de rosée roulant le long de la nervure d'une feuille, de manière à ce qu'il se retrouve assis sur le sol, adossé contre la literie.

Qu'allons-nous devenir ?

La question d'Aurora se répétait sans cesse dans son esprit, comme un écho sans fin. En combattant l'inquisiteur, il avait l'impression qu'avec sa Cloth, les choses auraient peut-être été différentes. Que pouvait-il faire pour pallier à ce manque ? Elias le savait peut-être ?
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Jeu 10 Mai - 16:56


    Les rais de la lumière naissante emplissaient la pièce principale de la maisonnée. Aurora ne le voyait pas, mais en résultait des ombres dansantes, se mouvant avec une grâce sans pareille dans un ballet hypnotique. Des formes singulières jouissaient du privilège du Soleil pour prendre la forme de créatures fantasques, parfois tordues, drôles de dessins, étranges yeux qui dardaient sur le couple perdu dans leurs songes, leurs yeux scrutateurs. Car dans son esprit tourbillonnaient des images, des bribes de sons et de souvenirs. Ces derniers s'effaçaient déjà, balayés par une main invisible. Ombres vaporeuses que l'on ne peut rattraper ! Le visage du druide, son maître, s''imposa à elle avec une force inouïe qui la fit tressaillir. Comme si des bras glacés s'étaient enroulés autour d'elle. Revoir ce visage, ces cheveux rouges, ce sourire un rien sarcastique, enfantin sous certains aspects, lui arracha une larme de tristesse. L'éternel enfant n'était plus.
    Les freux du seigneur des corbeaux, les survivants du massacre se resserrèrent autour d'elle. La douceur de leur plumage d'encre, la chaleur qu'elle ressentait sur sa peau nue était un réel réconfort. Oui, elle y trouvait là une source apaisante entourée de ces charognards. Elle flatta la tête de quelques uns qui quémandaient caresses et attentions. Pour la première fois, la douce jeune fille du matin se permit un sourire. Ses yeux aveugles tombèrent sur la silhouette de Serafim. Dos à elle, il semblait ailleurs. Mais cependant, Aurora suspectait un ordre silencieux de sa part afin que ses amis la sorte de son soudain mutisme.

    Qu'importe l'avenir ! Il fallait vivre le moment présent ! Voilà ce que clamait haut et fort une petite voix dans sa tête. Sa conscience ? Peut-être. Car à mesure que le temps filait, suivait son court perpétuel, la malédiction de l'Amour, elle, continuait aussi son sombre office.

    Bientôt une coquille vide. «Vivre oui, mais seulement si c'est pour t'aimer jusqu'à mon dernier souffle.»

    Personne ne pouvait lui arracher cela. Une promesse silencieuse, destinée à son cœur, à son âme corrompue. Le miroir et la pomme. Ils reposaient non loin sur le plancher, ces trésors qu'ils se devaient de préserver à tout prix. Ces artefacts qu'il faudrait pourtant rendre. Mais Aurora ne pouvait pas retourner là bas maintenant, revenir dans le Royaume des Glaces. Quelque chose la retenait ici contre son gré. Elle devait accomplir des choses. Quoi, comment ? Pour quelles raisons ? La jeune femme l'ignorait ! Pourtant, une présence effacée l'y obligeait.

    Rester et devenir plus fort. Mais destinée à mourir pourtant. Cette voix à présent, elle en était sûre : c'était celle de la Déesse Morrigan. La Dame Corneille qui lui demandait de prêter une oreille attentive. Un espoir s'insinua, s'engouffra en son sein, très profondément dans ses chairs. Non ! Antiokus n'avait pas franchit les Portes du Sidh. Vivant. Les traits de son visage se détendirent alors que ses paupières étaient lourdes, si lourdes...

    Quand la druidesse rouvrit ses yeux, de nouveau, le noir lui ouvrit ses bras. Un peu déçue, pantoise, la jeune femme appela timidement Serafim. Le soleil étant haut dans le ciel, à son zénith même, il lui semblait distinguer de vagues silhouettes. Un effet de son imagination. La belle enfila le haut sombre que la jeune homme lui avait donné tantôt. Or, il lui faudrait trouver d'autres habits dans cette vaste demeure. Sous ses pieds, le bois craqua légèrement, grinça quelque peu à ses premiers pas mal-assurés.
    Pauvre enfant du Matin ! La revoilà presque dans le même état quand elle était arrivée en Sibérie, soignée par le Chevalier du Verseau.

    Kappa.

    Il avait été le premier à la faire sortir la tête hors de l'eau. Mais il n'avait sut dompter son caractère sauvage, son esprit en quête de liberté. Le désir de s'envoler si haut dans le ciel. Ce fut finalement l'ancien chevalier des corbeaux qui était parvenu à capturer son cœur, et tout deux évoluaient dans les cieux. Un ciel bien incertain, certes, mais ils demeuraient tout les deux.

    Seuls contre les caprices du Destin.

    Maladroite, la jeune brune avançait en tâtonnant, elle manqua presque d'ailleurs de tomber plus d'une fois tant ses jambes semblaient avoir du mal à supporter son propre poids. Et pourtant, frêle comme elle était ! Cela ne présageait rien de bon ! Car derrière cette forteresse, cette apparente maîtrise et fougue, se cachait une fragilité déconcertante. Aurora voulait se constituer un masque parfait d'impassibilité. Seulement ! Oui, seulement ! Ce masque ne risquait-il pas de s'accrocher définitivement ?

    La pomme ou le miroir.

    Sous ses mains, elle reconnaissait les différents meubles : table, chaises, pierres ornant la cheminée, armoires remplies de brick à brack. Mais pas de vêtements. À l'étage peut-être ? Si il y en avait un. Reprenant son petit manège gauche, Aurora se retrouva devant une porte qu'elle ouvrit en grand. Aussitôt un parfum de lavande l'enveloppa. Une salle d'eau ? Arquant un sourcil interrogateur, car n'étant pas une grande connaisseuse de la disposition d'une maison, et encore moins de ce genre de rituels, elle habituée à vivre en pleine nature, la jeune femme sentit sous ses pieds, du froid. Elle continua à avancer jusqu'à heurter ce qu'il semblait être une grande bassine construite dans une sorte de... pierre lisse.

    «Qu'est-ce que c'est ?»

    Déclara t-elle plus à elle même sans se rendre compte qu'elle venait de parler tout haut. Morrigan se percha sur son épaule en poussant un petit cri aigu. Penchant la tête sur le côté, la jeune femme se glissa à l'intérieur de ce curieux objet. Là encore, c'était froid, glacé. Sensation étrange. Une vive douleur s'empara de son crâne la faisant se recroqueviller sur elle-même. Encore la voix de l'Inquisiteur ! Que disait-il ? Elle ne comprenait pas. Muette tant l'impression était vive et forte, Aurora ferma les yeux en espérant que tout ceci ne s'estompe.

    La souffrance se rendormit progressivement...
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Sam 12 Mai - 16:07

Serafim les entendait encore ! Malgré la distance qu'il avait mis entre le village et lui, il lui semblait que les murmures plaintifs de ses victimes parvenaient avec la grâce d'un lépidoptère jusqu'à ses oreilles. A moins qu'il ne s'agissait que du remords qui lui faisait avoir des hallucinations auditives. Aurora s'étant assoupie, le dresseur de corbeaux préféra sortir de la maison afin d'accueillir l'aube. Il n'y avait pas de spectacle plus rassurant que d'assister au réveil de la forêt, s'il était prouvé qu'elle dormait, car qu'on l'arpente de jour comme de nuit, on avait toujours l'impression d'être observé par une entité habilement dissimulée en son sein. Serafim savait désormais que cette sensation était réelle. Il existait en ce bas monde des puissances qui échappaient à sa perception. La cosmos-énergie avait beaucoup plus de facettes et de manières de se manifester qu'il l'imaginait et il avait l'intime intuition qu'il en avait aperçu qu'un infime échantillon.

Excitant et effrayant ! Cette perspective fit battre le cœur du renégat un peu plus vite. Avide de connaissance, il n'oubliait pas quel était son principal objectif et pour y arriver il devra dompter ces forces qu'il découvrait petit à petit. Le regard rivé en direction du village, le maitre des corvidés maugréa doucement.

« Tu as beau être loin je ressens toujours ta présence maléfique. Je ne sais pas quel lien te lie à Aurora, mais je compte bien le trancher définitivement en même temps que ta tête. »

Retourner dans ce village afin d'affronter une nouvelle fois le dément était une idée qui le harcelait de plus en plus. Cet homme représentait une menace évidente pour Aurora, il devait donc être éradiqué, mais comment ? La disparition d'Antokius démontrait à quel point ses pouvoirs étaient immenses... A la fois immenses, mais limités. Serafim repensait à ce livre qui flottait et aux paroles de la jeune fille, c'était surement son talon d'Achille, c'est donc la qu'il devra frapper.

Un bruit à peine audible sortit du ventre de la maison. Comme un chuchotement que le vent avait poussé jusqu'à lui.

*Aurora !*

Abandonnant ses réflexions, l'athénien se précipita dans la bâtisse inquiet. Il espérait que les symptômes de la malédiction de la brune ne se soient pas accentués pendant son absence. Son inquiétude augmenta comme une flamme sur laquelle on aurait déversé du salpêtre quand il constata que la couche était vide. Mais il reprit ses esprits rapidement quand il perçut la présence de la druidesse à l'étage supérieur.

« C'est moi Aurora ! » Déclara-t-il en pénétrant dans la pièce.

Aurora semblait prostrée et tout de suite cet état alarma l'ancien saint du corbeau !

« Que se passe-t-il ? C'est encore la malédiction ? »

Comme pour rassurer sa compagne le brun l'enlaça avec tendresse. Le contact des corps dénudés, la chaleur des seins nus de la belle contre sa peau eurent comme effet d'éveiller des passions qu'il croyait hors contexte, mais il se sentait si bien. Ainsi dans les bras de son amour, il oubliait tout, il n'y avait que de cette manière qu'il éprouvait une réelle joie de vivre.

« Je t'aime tant.. »

Déclara-t-il avant d'embrasser passionnément sa compagne.
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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Dim 13 Mai - 17:16



    Ce fut à cet instant, où la douleur venait de totalement s'effacer, que la jeune femme se sentie seule. Si seule. Comme lors d'une de ses nuit d'errance dans la forêt de son enfance afin d'échapper à la vigilance d'un père peut-être parfois trop protecteur. Artus. Aurora sentait sa présence planer au dessus d'elle, elle semblait l'entendre murmurer son nom, l'appeler doucement. Ses chuchotements lancés dans le vent. Beltaine. Aujourd'hui les esprits gravitaient entre deux mondes dans l'espoir d'être entendus par une oreille attentive. Mais des feux de la fête du Printemps, ne restaient plus que flammèches et cendres. Des images horribles lui revenait en mémoire, accentuant cette sensation oppressante qui gagnait son être. Quelque peu agitée, la belle n'avait pas senti l'arrivée de Serafim.

    Quand il l'étreignit, elle ne fit tout d'abord rien. Perdue dans ses songes, la jeune fille de l'aube se laissa emporter dans ce tumulte intérieur. Un combat qu'elle s'apprêtait à perdre. Brusquement, à l'instar d'une personne qui s'éveille d'un cauchemar, Aurora tenta de se dégager des bras du seigneur des freux. Paniquée, elle lança : «Lâchez-moi ! Qui êtes vous ?»

    Aurora ne le reconnaissait plus. Éperdue, la druidesse revit l'espace d'un bref instant, cette scène appartenant au passé, celle qui l'avait abîmée au plus profond d'elle-même. L'Inquisiteur dardait sur elle ses yeux fous empreints de désir, faisait courir ses mains sur son corps blanc, enlaçait son cou de cygne avant de s'emparer d'elle.
    Dans un cri de détresse, la jeune femme parvint à s'échapper et reculer comme le ferait un animal blessé. Poussée dans ses derniers retranchements, ses prunelles bleues et aveugles vibrantes d'émotions, Aurora se recroquevilla dans un coin de la pièce. Dans ses mouvements précipités, elle s'était heurtée à un meuble qui racla le sol froid, blessa sa peau d'ivoire et fit battre son cœur plus rapidement encore.

    «Allez-vous en ! Laissez-moi, ne me torturez plus, je vous en supplie...» parvint-elle à articuler entre deux sanglots. Quand elle releva la tête, des larmes sanguines s'écoulaient de ses joues affreusement pâles. Sauf qu'elles se tarirent plus vite lorsqu'une évidence éclata en elle, résonna tant et si bien qu'elle eut l'effet d'un baume.

    «Serafim ?»

    Aurora avait soufflé le nom de son aimé tout en se redressant avec lenteur. Son corps tout tremblant alla trouver refuge dans les bras de l'enfant de la Lune : sa tête se posa contre son torse chaud. Comme pour s'assurer qu'il s'agissait bien du jeune homme, la belle laissa ses doigts glisser sur le visage de son fol amour, décrire chaque courbures de ce dernier tout en prodiguant d'affectueuses caresses.
    Les traits de sa figure laissaient transparaître une alarmante tristesse. Elle qui s'était jurée de ne jamais l'oublier, voici qu'elle venait de faire voler en éclat une promesse qu'elle s'était faite. «Mon amour, mon tendre amour... j'ai l'impression, que peu à peu... je me perds. J'oublie et pire que tout je suis en train de t'oublier ! Je me suis persuadée que j'étais plus forte que l'Amour même ! Mais ce n'était là qu'un aveuglement ! Bientôt, je ne serais plus rien. Serafim, je préfère me laisser mourir plutôt que... que....»

    Ne vienne le Néant. Se mordant la lèvre inférieure jusqu'au sang, la belle révéla aux yeux de son amant, la lame que la divine Vampire avait offert au renégat. Cette dernière brillait d'un éclat bleuté sous la joug de la lumière pâle.

    «Personne ne peut me sauver, Antiokus est mort, nous sommes impuissants, alors, si tu m'aimes vraiment, je t'en prie, tue-moi. Tue moi avant que cette malédiction ne s'en charge. Car bientôt je ne serais plus celle que tu auras aimé. Tue-moi.»

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Serafim


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Mer 16 Mai - 5:42

La mort ! Encore une fois elle se présentait comme une solution évidente, un moyen efficace de fuir la réalité, d'abréger ses souffrances. L'idée était tentante, s'ils ne pouvaient vivre heureux sous les rayons réchauffant du soleil, alors peut-être qu'un des juges de l'enfer leur accorderait la faveur de vivre ensemble dans le monde des morts. Le projet morbide de Serafim était d'accéder à la requête de sa compagne et ensuite de retourner la lame cruelle contre lui, car vivre sans elle était impossible, il l'aimait trop.

Mais une solution évidente ne représentait pas toujours le bon choix. Dans certaines situations il était préférable d'emprunter des sentiers accidentés plutôt que de grandes allées pavées d'or. La réponse du disciple des corbeaux fut brutale. Telle une bourrasque d'hiver se heurtant contre le tronc charnu d'un chêne, la main de Serafim gifla violement la joue d'Aurora. Le son sec du coup retentit dans la pièce et emplit de rage le cœur de la vaillante Morrigan qui en bonne gardienne attaque l'athénien.

« Tu la sens ? »

Demanda Serafim en écartant la corneille d'un simple revers de la main. Le geste n'avait pas été violent. Un peu assommé l'oiseau renonça à son attaque quand il ne détecta aucune trace d'agressivité dans le cœur du jeune homme. En effet, ce n'était pas la colère qui avait guidé la main de Serafim, mais bien l'amour et le désir de le vivre jusqu'à la dernière minute.

« Si tu sens cette douleur, c'est que tu es aussi capable de ressentir l'amour. »

Le brun posa sa main sur la joue endolorie et la caressa tendrement du bout de l'index. Il pleurait comme-ci l'impact de la gifle l'avait blessé intérieurement. Navré d'avoir dû infliger une douleur supplémentaire à sa campagne, cependant ce geste lui semblait être le seul pour prouver à la jeune druidesse qu'elle était encore vivante et qu'il ne fallait pas perdre espoir. Pas encore ils avaient d'autres possibilités qui s'offraient à eux.

« Et tant que tu ressentiras cela, nous nous battrons jusqu'à la fin. Nous ne devons pas abandonner, pas si tôt. Antiokus n'est plus là, mais je serai toujours à tes côtés et je ferai tout ce qu'il faut pour lever cette malédiction et je n'échouerai pas. »

Cette fois c'étaient des brasiers de détermination qui illuminaient son regard. Ne pas sombrer, ne pas désespérer ! Une ligne de conduite difficile à suivre en ces temps troubles, seulement leur survie dépendant peut-être de leur capacité à toujours faire face aux obstacles qui se dressaient devant eux, sans jamais faillir. En parlant d'obstacle, Serafim se souvint du comportement troublant d'Aurora face au dément. Son visage prit un air grave avant de reprendre la parole.

« Mais il parait évident que cet homme au village représente un danger pour toi, je dois l'affronter et l'écarter de notre route quoi qu'il m'en coute. Qui est-il ? Il semble exister un lien entre vous deux. »

Il savait que cette question pouvait mettre mal à l'aise sa belle. Pour la rassurer, Serafim enlaça une nouvelle fois son corps svelte et doux. Quoi qu'il arrive il restera avec elle, voilà le message silencieux qu'il venait de lui transmettre.
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [Ellipse 1748][RP Serafim-Aurora] Gweler, darganfod a dysgu! ~Début du voyage   Jeu 17 Mai - 2:25




    Qu'attendait le seigneur des corbeaux ? Pourquoi ne sentait-elle pas la lame bleue et froide se ficher dans ses chairs ? Lui arracher son dernier soupir douloureux ? Il hésitait. Pour cela, la jeune druidesse lui en voulut : elle prenait cela comme une preuve de lâcheté. Serafim ne comprenait pas, comment le pourrait-il ? Il n'était pas à sa place, à souffrir mille maux ! Sauf que ce n'était pas lui qui se trompait, mais elle.

    Elle abandonnait déjà, à la première difficulté. La lâche, c'était elle. Quand Aurora sentie la main du disciple des corbeaux rencontrer sa joue, preuve sans nul doute de son désaccord, la belle brune resta figée, pantoise. Surprise par ce geste, elle porta finalement sa main à cette joue rougie avant de la laisser retomber mollement et de détourner quelque peu la tête. Les battements d'ailes furieux de Morrigan répondirent à la réplique violente de Serafim, et ce fut toutes serres dehors que l'oiseau s'apprêtait à défendre sa maîtresse. Seulement, il l'en empêcha, lui faisant comprendre qu'elle n'avait rien à craindre. Aurora ne ressentait aucunes peurs, juste de la honte.

    Aurora comprenait à quel point son geste était égoïste. Mais par désespoir, les hommes pouvaient arriver à de telles absurdités ! Envisager sa propre mort n'était pas quelque chose d'anodin, or, ce n'était pas la première fois que la druidesse arrivait à de telles conclusions. Sur le point de laisser éclater sa colère, rage qu'elle se portait et déformait ses traits, la jeune fille de l'aube serra les poings avant de se résigner à écouter jusqu'au bout, les propos de Serafim. Le fait qu'il ait raison ne fit qu'accentuer son malaise, aussi, ses yeux bleus évitèrent soigneusement de quitter la direction du sol. Même si elle ne voyait plus, la belle concevrait des habitudes tenaces. La gorge serrée, elle le laissa caresser du bout des doigts, son visage maintenant marqué de rouge.

    La culpabilité se faisant, les dernières paroles du maître des corvidés eurent raison de la barrière qui protégeait encore sommairement son cœur. Parler de cet homme, à un pareil moment, lui soulevait les tripes. Et sa réplique fut cinglante. Oui, elle siffla ceci entre ses dents tout en lui jetant un regard noir : «Un danger pour moi ? Bien entendu ! Il est celui qui m'a violée, m'a arraché ma vie, mon père et maintenant Antiokus.»

    La jeune druidesse ne se laissa pas envelopper par ses bras. «N'as-tu pas encore compris ? C'est lui, l'Inquisiteur, celui qui est responsable de ma déchéance ! Je comprends à présent que c'est lui qui est à l'origine de ma cécité. Oui, je suis liée à lui, je suis sa Jeanne d'Arc, c'est ce qu'il essaie de croire ! Je sais ce qu'il désire. Moi, mon corps, mon esprit. Il veut me voir brûler vive sur un bûcher, comme le fut la Pucelle ! Comprends-tu ? Comprends-tu qu'il ne cessera jamais cette entreprise ? Il veut m'anéantir ! Cet homme veut... veut...»

    Anéantie par ces révélations, celles qu'elle aurait préféré taire et garder pour elle, jalousement afin de ne plus en souffrir, Aurora se laissa submergée par cette détresse qu'elle ne pouvait plus combattre. Se jetant dans les bras du jeune homme, elle tenta de se calmer. Sauf que ces images obsédantes ne cessaient de la harceler encore et encore.

    «Il se prends pour Gilles de Rais....» parvint-elle à articuler entre deux sanglots. Sa tête, lovée au creux de son cou, finit par quitter ce refuge chaud, réconfortant quand au dehors, elle crut discerner un bruit caractéristique. Il pleuvait. Un jour de Beltaine.

    «Suis moi.»

    Et sans demander son reste, la jeune femme l'entraîna jusqu'au seuil de la maison. Une fois la porte ouverte, elle délaissa cette main pour entrer sous cette averse. Le visage tourné vers les nues, l'eau ne cessant de ruisseler sur son corps, le lavant de toutes salissures, la jeune druidesse en apprécia les bienfaits. Attentive aux fluctuations d'énergies qui l'entourait, elle leva les bras devant elle, comme pour accueillir une présence invisible. Un large sourire illumina sa figure. «Papa...» chuchota t-elle quand une enveloppe éthérée et blafarde se dessina. Très vite, un homme d'une imposante stature, à la chevelure mi-longue et aux yeux doux apparut. Vêtu d'un lourd manteau de peaux, Artus darda sur sa fille, un regard affectueux.

    Tandis que derrière lui, les autres damnés le saluait, cachés sous l'ombre des arbres.

    «Aurora... Ma douce petite fille, te voilà enfin... je croyais que tu ne m'entendais plus.»
    déclara t-il d'une voix issue d'outre tombe tout en enveloppant la druidesse d'une étreinte irréelle.

    «Et ce jeune homme avec toi ? Qui es-tu ? Approches, que je puisse te voir...»

    Ce père aux yeux à la fois doux et durs brillèrent d'une rare intensité tout en invitant Serafim à les rejoindre sous cette pluie torrentielle. «Danserais-tu avec nous, en ce jour de Printemps ?»


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