RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine

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Saikhan


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MessageSujet: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Jeu 5 Avr - 17:48


Dohko, 8 ans, en Chine.

    Une nouvelle journée. Une parmi les innombrables autres qu’il avait déjà vécut loin de cette humanité dont il s’était vu dépouillé des centaines d’années plus tôt par sa propre faute.

    Le soleil d’or dardait ses rayons sur ses écailles d’émeraudes, scintillante de mille reflet dans la plénitude du lac dans lequel il avait trouvé refuge, à jamais emprisonné dans cette gangue cristalline comme un dernier devoir envers celle qu’il avait abandonné. Aujourd’hui comme tous les autres, il contemplerait la course de l’astre diurne jusqu’à ce que sa comparse nocturne ne le remplace dans les cieux étoilés dans ce lieu qu’il connaissait par cœur. Chaque rocher érodé par le courant avait sa place, chaque arbre s’élançant dignement vers le ciel son inclinaison particulière avec comme seule musique celle de la cascade se jetant inlassablement dans son antre accompagné du champ de la vie.

    Et lui demeurerait seul, comme il l’avait toujours été, à contempler de ses pupilles d’ambre un monde tournant sans lui. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien et que son cœur millénaire vacille une fois de plus, une fois de trop…Las, la vie aussi belle demeurait elle face à sa sagesse, ne lui apportait désormais plus rien et il avait songé que la fin ne tarderait plus à présent. Mais il y avait eut un grain de sable qui s’était inséré dans l’engrenage de sa vieille existence, renouant le dragon avec ce qu’il avait cru délité par le temps…Quelque chose qu’il n’aurait jamais cru possible jusqu’alors, lui qui avait vu tant d’homme s’éteignant dans l’indifférence avait vu briller l’éclat d’un nouvel espoir juste sous ses yeux. Un espoir si frêle et semblant pourtant pouvoir scintiller comme une étoile d’or. L’entêtement avait eut raison de sa réticence à se mêler à une humanité dont il se savait dangereux.

    « Maître ! »


    L’ambre détailla la frêle silhouette du garçon l’interpellant avec un enthousiasme réchauffant son vieux cœur d’un éclat de lumière plus brillant que celui du soleil. Ce n’était qu’alors un enfant à la carrure fragile et à la tignasse indomptable, bien loin de l’homme qu’il deviendrait et qu’il ne verrait jamais, mais dans son regard de jade brillait déjà ce qui était la marque de son âme de saint.

    Lui…Ce petit tigre ne ferait pas la même erreur, il en était persuadé…

    Il l’espérait. Et sa prière allait à celle qui finirait par devenir la raison d’être de celui qu’il guidait.

Il était là.
Le long corps sinueux de la créature mythique scinda les flots, tournant sa face draconienne vers lui, le vent se levant jouant avec sa crinière écarlate se faisant bannière de flamme. Le cœur de l’enfant se serra face à cette vision de majesté, la joie dissipant l’anxiété qui l’avait malmené jusqu’alors durant son périple du monastère jusqu’au lac. Il craignait tant que le dragon ne soit qu’un rêve évanescent disparaissant dans les limbes de la réalité dès lors qu’il s’éveillerait ! Si peu de temps c’était déroulé depuis qu’il avait accepté que le petit tigre l’appelle Maître, l’enfant craignant encore une quelconque rétractation qui ne viendrait jamais mais qui le laisserait de nouveau seul dans un monde différent. Alors que lui, il était semblable. Son Maître, il le comprenait, il l’acceptait, c’était différent du Vénérable, même si au fond, le garçon ne pouvait s’empêcher de les rapprocher. Mais il n’y avait pas cette tristesse si abyssale dans les yeux du vieil homme et qui hantait celui d’ambre de son mentor. Un écho à la sienne, plus mesurée.

Peut être était ce là ce qui les avait réellement lié ?

Le garçon sorti du couvert des arbres, s’approchant de la créature merveilleuse paresseusement immergée dans l’eau avec enthousiasme, les manches de sa tunique tilleul se faisant bannière. Il s’arrêta dès lors que ses pieds engoncés dans ses chaussures de coton noire arrivèrent à quelques centimètres des flots et qu’il puisse voir la créature dans son ensemble malgré sa faible taille. Il s’inclina avec respect face au dragon, plaçant son poing sur sa paume ouverte dans ce signe de salutation déférente contrastant avec son entrain précédent.

L’animal secoua sa lourde tête avant de se pencher plus près de son fougueux élève.

« J’espère que tu fera preuve de moins de précipitation pour réaliser tes exercices, Dohko. »


L’enfant baissa les yeux, son sourire se faisant plus gêné dès lors que son maître le fustigeait gentiment sur son habituel fougue. Mais il se reprit rapidement, ne dénotant pas avec sa nature prompte, et ignorant inconsciemment la remarque de son mentor.

« Oui Maître ! »


Un soupir accueillit ce nouvel éclat.

« Alors qu’attends tu pour commencer ? »

Le jeune tigre acquiesça vivement avant de s’installer à son endroit fétiche là où le sol était le plus égale. Il commençait juste par des exercices d’assouplissements qu’il connaissait depuis quelques années à présent grâce à l’enseignement des taôistes, ceux-ci se faisant écho à l’enseignement du vieux dragon millénaire. Puis vint le moment où il devait répéter des mouvements avec une lenteur exagéré pour apprendre, encore et toujours à mieux respirer, lié chaque partie de son corps pour atteindre un équilibre primordial dans l’apprentissage de l’art martial. Son maître l’observait avec attention bien que sa posture ne le laissait pas penser, le garçon l’avait bien comprit, essayant avec parfois beaucoup de difficulté à améliorer ses gestes, sa posture, la vitesse de ses mouvements qu’il devait apprendre par cœur.

« Ressent le Dohko. Tout doit partir des racines pour se prolonger dans le tronc et terminer dans les branches. C’est la même chose avec ton corps jeune tigre. » ajouta t’il face à la mine circonspecte du garçon qui finit par acquiescer avec énergie en reprenant le mouvement qu’il avait stoppé.
    L’ombre d’un sourire éclaira le regard ambré du maître en observant son élève s’appliquer avec une volonté inaltérable dans ses exercices qu’il savait rébarbatif mais nécessaire. C’était là base, et même si il sentait l’impatience de l’enfant, celui parvenait à la maitriser suffisamment pour ne pas le contester. Cela ne l’empêchait nullement de lui poser un bon nombre de questions, sa curiosité, toute innocente demandant à être satisfaite sur bien des points. C’était un bon garçon au caractère assuré et au cœur emplit d’une bonté chaleureuse qui promettait de devenir un homme d’exception.

    Le faciès du dragon de jade se tourna vers une direction précise, son regard d’ambre s’étrécissant alors que ses perceptions lui apportaient des informations appréciables. Des humains approchaient de son antre.

    « Cette année est placée sous l’étoile des rencontres destinées… »

Dohko se retourna sur son mentor, cessant ses mouvements pour l’observer puis l’imiter en contemplant le même point invisible à ses yeux. Sa voix appela son maître qui resta sourd, et c’est avec retard qu’il sentit vaguement quelque chose. L’univers le lui murmurait.
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Mashia


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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Jeu 5 Avr - 20:13

~Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine






    La Chine. Berceau de lumière lunaire et solaire, des âmes des anciens dragons millénaires. Glorieuse terre de légendes, de contes formidables, instigatrice des transports de l'imagination humaine. Pays des rêves et de la poésie, des Trois Royaumes de la soie et des épices.

    L'aube se levait, une fois encore, cycle perpétuel alors que des paupières frémissantes, tentaient de faire face à cette lumière laiteuse. Incongrue. Vainement, des petites mains s'affairaient à chasser le sommeil qui l'assaillait encore. Des petits yeux qui n'avaient de cessent de vouloir se fermer à nouveau. Une main de géant se posa une énième fois sur sa frêle épaule. Il était temps de se réveiller.
    La petite Mashia, du haut de ses sept printemps, sortait des bras de Morphée avec force de bâillement. Hector et elle voyageaient depuis quelques années déjà et aujourd'hui, comme tous les précédents jours, serait rythmé par la marche. Si la demoiselle en avait assez, elle n'en montrait rien, souffrant en silence. Ses pauvres pieds tout écorchés lui arrachaient par intermittence, des grimaces de douleur, mais jamais elle n'oserait se plaindre. Cette montagne de muscles qui lui servait de père lui faisait bien trop peur.

    Et il était vrai que Hector était un personnage fort impressionnant! Sa très haute stature dépassait les deux mètres de haut! Et le bougre était aussi grand, que large! Ses épaules carrées pouvaient si aisément porter de lourdes charges, ainsi, quand il soulevait la petite hors du sol, elle avait l'impression de s'envoler, elle qui ne pesait rien. Quand le père adoptif, d'ailleurs, décida de l'y installer, ce fut accompagné par des rires argentins. Qui chaque fois, le replongeait dans la mélancolie. Si jeune, et déjà si semblable à sa mère. Pauvre femme à qui on avait arraché son amour, puis son petit trésor à la rouge chevelure.

    L'écarlate. Héritage du Clan des Mokushi, famille déchue et traquée. Exterminée par le simple bon vouloir d'une personne plus puissante et plus influente encore. Sordide histoire de rivalité, de jalousie et de cruauté. Le tout entremêlés dans un triste canevas. Tableau où l'on pouvait y voir, la désolation, le sang, la mort et les flammes. Ô comme Hector regrettait son impuissance! Pourquoi n'était-il pas arrivé à temps pour empêcher ce massacre? Il revoyait les ruines du Temple de la Famille de la Dragonne Noire. Symbole que Mashia portait sur son dos. Marque indélébile, vestige d'un passé encore inconnu pour elle. Parfois, quand le père de substitution se permettait un regard au lugubre « tatouage », il lui semblait que les yeux rouges du reptile le jugeait. Chaque fois lui arrachant des frissons.

    Toutes ses recherches n'avaient abouti à rien. Et les espoirs qu'il avait pu porté en retournant dans la battisse, afin de mettre la main sur un quelconque ouvrage, étaient tout aussi illusoires. Maintenant, il ne lui restait plus qu'une seule piste : un seul chemin à emprunter. Et « Le » revoir emplissait son être d'appréhensions.
    Cela faisait des années qu'ils ne s'étaient pas vus. Était-il encore de ce monde? Dans le cas contraire, Hector en était intimement persuadé, l'aurait lu dans les astres. «Il» n'était pas n'importe quoi, pas n'importe qui.

    «Où allons nous?»

    Encore et toujours cette même interrogation. Ses craintes étaient-elles donc si palpables? Que même la jeune fille parvenait à les ressentir? Cette sensibilité chez elle n'avait eu de cesse d'interpeler le vieux chevalier. Sa petite fleur de Lotus qui ne demandait qu'à s'épanouir. Oui, ses grands yeux bleus, son teint de porcelaine et ses pommettes rougies par la timidité, il ne pouvait s'empêcher de revoir la femme qu'il avait secrètement aimé. À mesure que le temps filait, cela devenait évident : en tout point, Mashia ressemblait à sa mère. Douce et souriante.

    Mais forte et courageuse comme son père.

    «Voir un vieil ami, comme je te l'ai répété maintes fois déjà!» répondit-il tout en ébouriffant la chevelure de sa protégée. Ses lèvres tordues dans une moue désapprobatrice, l'enfant s'agita sur son perchoir, demandant qu'on l'y descende. Chose faite, Mashia, qui n'écouta pas les remontrances de son maître, se débarrassa de ses chaussures de pailles. Objets de torture qui faisaient naître ampoules et douleurs. Débarrassée de cette gêne, la gamine au yeux de turquoises foula l'herbe verte et tendre parée de perles de rosée. Les environs bercés par le silence, se vit être emplit par le rire d'une enfant.

    L'innocence.

    Il le savait, ils touchaient au but. L'homme reconnaissait chaque pierre, chaque arbre aux hautes ramures, cette capiteuse odeur! Si familière pour lui.
    La fillette s'arrêta devant l'antre, les yeux arrondis par la surprise. Ici, les branches des saules s'entremêlaient, créant une voute à la fois belle et unique, à peine traversée par la lumière du jour. À ses pieds, scintillaient des paillettes d'or, qui disparaissaient à chacun de ses pas. Amusée par ce jeu d'ombres et de lumières, l'enfant hésitant d'abord, fit quelques pas, les yeux rivés vers le sol. Une légère brise souffla, balayant les feuilles argentées des arbres pleureurs : une douce musique s'éleva, délicat froissement des chevelures d'argent des saules.

    Comme ce paysage semblait irréel!

    Une lac. Dont la surface miroitante, brillait avec force. Mais ce n'était pas ce qui attira son œil en premier. Le souffle court, Mashia se figea quand son regard tomba sur cette forme tout en longueur. Ces écailles pareilles à des centaines de joyaux resplendissants sous ce ciel azur. Un dragon. Il l'observait de ses yeux d'ambre, et l'incitait par la pensée, à s'avancer davantage à sa vue. Elle entendait sa voix dans sa tête.

    ~N'ai pas peur petite pousse vermeille, je n'ai encore mangé personne.~ Malgré cette apparente gentillesse, la jeune fille alla trouver refuge en se dissimulant derrière son maître qui lança à la cantonade. «Long! Mon vieil ami, qu'il est bon de te revoir après toutes ces années. Je vois que tu te prélasse encore au soleil, tu te ferais de vieux os grand reptile? Et qui est ce gamin qui se tient à tes côtés? Je n'ai pas souvenir de t'avoir rencontré, petiot!»

    Un clin d'œil à son adresse et le dit Hector se retourna à demi pour attraper la fillette par la taille. On pouvait entendre des protestations étouffées avant que ne ressurgisse cette flamboyante chevelure de feu ballotée par le vent, telle une oriflamme. Très intimidée par la créature fantastique, elle n'osa lever vers lui, ses prunelles pers. Son père adoptif l'encouragea à se présenter. Avec maladresse et ses petits poings serrés contre ses hanches, Mashia s'approcha à pas de velours vers Long, la tête toujours basse.

    «Je-je m'appelle Mashia Mokushi, je suis honorée de faire votre connaissance, monsieur le dragon.» bafouilla t-elle alors qu'elle rougissait jusqu'aux oreilles. Enfin, ses yeux croisèrent ceux du jeune garçon qui devait avoir à peu près son âge. Fuyant aussi son regard de jade, la petite s'inclina devant eux tout en s'efforçant de contrôler les tremblements qui la parcourait.

    «Mokushi. Ce nom te dit quelque chose n'est-ce pas Long? Il est issu de la Dragonne Noire, celle qui veille sur le pays du Soleil Levant. Je suis venu ici pour obtenir des réponses à son sujet. J'espère de tout mon cœur que tu aurais des informations pour moi mon ami, tu es mon dernier espoir. Regarde, elle porte sa Marque...»

    Alliant les gestes à la paroles, Hector s'agenouilla devant Mashia qui lui faisait dos. Il la fit pivoter sur elle-même afin qu'il puisse dénouer le haut de son kimono blanc. Dévoilant l'ensemble de son dos, le dragon et le garçon pouvait voir dessiné sur cette chair d'albâtre, un Dragon aux écailles aussi noires que la nuit elle-même. Recroquevillé sur lui même, la créature semblait presque vivante tant ses yeux reptiliens semblaient les observer de ses yeux rouges.

    Presque d'une façon inquisitrice. Comme si la dragonne était une mère et voulait protéger la fillette aux yeux clairs.


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Saikhan


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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Lun 9 Avr - 23:19


Jolie contine d’autrefois résonnant gaiement dans l’antre d’une créature céleste, se faisant douce rumeur d’un passé évanescent sur laquelle s’ouvrait le rideau d’une scène liant une innocence incertaine. Le voile végétal s’écarta, laissant le soleil caresser les silhouettes apparaissant nimbés de ses rayons à la vue du maître et de son jeune élève. Le regard de l’enfant fut captivé par la haute stature de l’homme semblant titan s’avançant vers le dragon avec le sourire ravi d’un être retrouvant un vieil ami. L’enfant le détailla avec une fascination innocente, lui qui semblait si grand, si puissant, il ressentait dans celui-ci une force qu’il avait à peine commencé à appréhender dans son apprentissage. Ce furent les paroles de son maître qui le chassèrent de sa contemplation passive, remarquant seulement à cet instant la présence délicate de la fillette à la chevelure de flamme, poupée gracile au teint de porcelaine s’animant telle le mobile d’une boite à musique. Ses cheveux vermeilles dansaient au gré du vent, s'entrelaçant comme des fils soyeux et ses yeux pers se fixèrent avec admiration puis crainte sur son maître. Sa première pensée fut qu'elle était jolie, une beauté semblant venir d'un autre monde que le sien.

La voix pleine d’entrain de l’adulte résonna, caverneuse mais emplit de la musique unique du ravissement d’un vieil ami retrouvé. Surpris, Dohko en resta bouche bée. Avec toute son innocence infantile, il avait songé que le dragon demeurait ici reclus et inconnu de l’humanité, lui qui avait fuit son propre contact un long moment avant de l'accepter à ses cotés, mais en un instant, cette croyance c’était brisée dans un son cristallin devant les paroles de l’inconnu. Il était si différent de son propre maître, qu’étonné, il ne perçut la question de celui-ci qu’après coup, ne lui laissant de toute manière pas le loisir d’y répondre quand bien même il l’aurait put.

« Et toi tu as vieillit Hector, mais ton cœur est demeuré aussi impétueux que dans tes jeunes années. Moi qui songeais que la sagesse finirait bien par tempérer ton caractère, il faut croire que je me suis leurré une fois de plus. » Malgré ses mots, s’était la chaleur qui se dégageait de l’âme du dragon millénaire. Son regard d’ambre se posa sur l’enfant à ses cotés puis sur la timide fillette à la chevelure vermeille. Un éclat de rire résonna avec douceur dans les âmes des présents se faisant doux écho amer avant que sa voix ne se fit souffle mélancolique. « Cela fait bien des années que j’ai perdu le droit de porter ce titre, jeune Mashia. Tu peux me nommer Long, cela suffira amplement. »

Le cœur de l’enfant se serra douloureusement dans sa poitrine à ses mots, celui-ci ne pouvant s’empêcher de voir ce chagrin abyssal qui émanait de la créature. Silencieux. Vénéneux. Il était semblable à celui qu’il avait vu la première fois.
L’ambre de son regard se ternit avant de se faire doucereuse sérénité, la mélancolie disparaissant de son regard par un simple exercice que les années avaient rendu plus aisé. Le mystère était ce que les dragons cultivaient le mieux dans les contes.
Pourtant, ce fut la voix enfantine du garçon qui répondit à la dernière question de l’adulte, suivant celle de la poupée d’albâtre avec la douceur dont les êtres naturellement sociables savaient faire preuve.

« Je suis Dohko, Maître Long m’apprend à… »
Un silence hésitant s’installa entre ses paroles, recherchant un mot qu’il ne parvenait pas trouver. « À maitriser ma force… » Termina t’il, hésitant, grimaçant, faute de mieux, mais c’est un sourire qui ourla ses lèvres sur ses derniers mots. « Ravi de vous rencontrer. »

A cet instant, il ignorait encore être une exception pour l’homme devenu dragon qui jusqu’alors avait toujours refusé d’enseigner son savoir. Le dernier humain ayant profité de son enseignement s’était éteint depuis longtemps, ses os étant depuis lors devenu poussière d’ivoire en rejoignant la Terre. Il ignorait également qu’il serait le dernier à en bénéficier. L’animal fabuleux laissa son regard sans âge dérivé de son élève jusqu’à son ami demandant assistance, dévoilant aux deux présent le dos de la fillette et le dragon y figurant.

« Ainsi est ce là la raison de ta présence dans ces terres reculées… »
Souffla l’être chimérique sans l’once d’un reproche, approchant son faciès de la créature d’encre pour mieux l’observer.

Le jeune tigre ne put s’empêcher de suivre le geste de son mentor, s’approchant également malgré la gêne première pour contempler le corps draconien ressortant avec force sur la peau pâle de la demoiselle à la chevelure de feu.

« Mokushi… C’est un nom qui, en effet, éveille de vieilles réminiscences teinté de désolation dans mon vieux cœur. Mais dit moi mon ami, que fais tu avec la jeune gardienne de la Dragonne Noire ? Qu’est il advenu de son clan qui serait plus à même de répondre à tes question qu’un vieil être étranger à sa contrée tel que moi ? Ce que je sais sur cette famille est assez pauvre, j’en ai peur, mais je te dirai tout ce que j’en sais dès lors que tu m’auras éclairé sur ce point. »


Le garçon observa son maître, puis la créature d’encre laissant dans son esprit une étrange impression. Etait se ce que son maître appelait cosmos qu’il sentait provenir de la créature où n’était se que son imagination lui jouant des tours ?

« C’est étrange…On dirait qu’il est vivant… »

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Mashia


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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Mar 10 Avr - 19:50




    La Dragonne Noire observait tour à tour, le maître et l'élève. Ses yeux rouges, aussi écarlates que pouvait l'être le sang, les jugeaient avec une telle intensité! Vivante? Bien sûr, elle l'était! Ce n'était pas là qu'un simple dessin en encre de chine. La bête mythologique demeurait le vestige d'un destin trouble, emprunt du feu et du fer. De les vaines luttes de ses gardiens contre la jalousie. L'ambition. Voilà ce qui avait été les motivations de ces hommes tout de noir vêtus. La créature les avait vu faire.
    Exterminer avec dédain, les prêtres en charge de sa protection. Un seul s'était dressé face à toute cette horreur : l'ancien porteur.

    Le lotus. Il ornait le blason de ce clan. Clan partagé en plusieurs branches. La principale, le Datenshi, œuvrait pour l'intégrité et l'harmonie, mais fut très vite la cible des plus hauts dirigeants. Tous, dans ces contrées pourtant reculées, avait eu vent de ces histoires abracadabrantes où ce clan adorait un seul et unique Dieu. Quelle hérésie, et quelle bassesse de croire en une entité, soit-disant gardienne de toutes choses. Pour eux, non-initiés, il ne s'agissait là que d'une secte dangereuse car séduisante : or, croire mène t-il forcément sur le sentier de la déchéance? De cela, beaucoup le pensait. Hector, polythéiste, fut aussi l'un d'eux. Il voyait cette religion, car il n'y avait pas d'autre mot pour qualifier cette croyance étrange, d'un très mauvais œil. Or cet homme avait changé la vision qu'il en avait.

    Tord. «Il serait dommage de ponctuer ces retrouvailles, en te comptant la tragique histoire qui est la sienne.» fit-il en désignant la petite fille. «Gardienne de la Dragonne, elle l'est, et c'est sans doute là, plus une malédiction qu'une bénédiction. Elle sera tout au long de sa vie, une tâche indélébile d'un passé marqué par la rudesse de l'esprit des hommes. Mais je ne t'apprends rien, Long.»

    Le vent souffla dans les branches des saules pleureurs, agitant leur chevelure argentée au gré d'un ballet lancinant. Musique mélancolique, accompagné par ce qu'il semblait être le gémissement d'une bête perdue, désœuvrée. Emprisonnée. Un son cristallin, le bruit d'une clochette ballotée par la main capricieuse du Destin. À ce son pareil à un glas, la fillette y répondit en laissant des larmes amères couler le longs de ses joues pâles. Elle souffrait tant, et ne parvenait pas à comprendre la langue dans laquelle Elle s'exprimait à travers elle.

    Du même coup, Mashia en souffrait. Véritablement peinée de ne point pouvoir lui venir en aide. Son petit corps fut parcouru de frissons incontrôlables, ses petites épaules secouées par ses sanglots qu'elle ne parvenait pas à taire. Fragile petite chose qui devait supporter seule, le poids de cette fatalité. Hector, émut par la détresse de sa protégée, mit un terme à cette contemplation en replaçant son petit kimono blanc avant de la prendre entre ses bras de géant. Un regard désolé à l'intention de la créature fantastique et le géant s'évertua à réchauffer l'ambiance de sa voix de stentor. «Alors gamin? Fait voir un peu ces muscles?» lança t-il à l'adresse de Dohko avant prendre entre deux de ses doigts, le petits bras noueux de l'enfant. «Hey c'est que tu serais presque aussi fort que moi! Un vrai homme! Alors, petite terreur, ça te dirait de faire une petite pause et faire visiter les environs à Mashia? Elle serait ravie de partager ta compagnie et puis... Long et moi avons beaucoup de choses à nous dire.»

    Alliant le geste à la parole, l'homme déposa la petite Mokushi sur la terre ferme. L'enfant passait ses petits poings sur ses yeux bleus, pareils à un ciel d'été. Un mince sourire orna son visage aux rondeurs enfantines, malgré le chagrin qui se lisait dans ses prunelles claires, Mashia se voulait être plus forte. Pour Hector, pour Elle.

    Ses larmes disparues, l'enfant-gardien osa entraîner Dohko à sa suite, en le prenant par la main. Leurs deux petites silhouettes s'effacèrent sous l'ombre des grands arbres.

    Des hirondelles, fendaient le ciel, se repaissant des petits insectes passant à leur portée. Le court d'un ruisseau parvint aux oreilles de la jeune fille à la chevelure de feu. Les deux enfants débouchèrent dans une clairière, là où une rivière suivait son chemin entre les pierres pourvues de mousses. Les branches filtraient la lumière du soleil naissant, et la tête perdue parmi cette immensité, Mashia se laissa tomber dans l'herbe verte et tendre avec force d'éclats de rire.

    «Dohko-kun, je suis aussi ravie de te rencontrer.» déclara t-elle de sa petite voix timide et fluette. «Ton pays est si beau! Si coloré, et il sent si bon. J'aimerais rester ici, vivre dans l'une de ces maisons que j'ai entrevu non loin des rizières. Mais... Hector dit que c'est impossible.»

    Elle regarda l'enfant aux yeux de jade, l'invitant à s'assoir à ses côtés. «Tu t'entraînait avec monsieur le Dragon?»

    ~°~ ~°~ ~°~
    «Long» commença le géant en s'adossant contre un rocher, non loin du point d'eau où baignait son vieil ami à la crête colorée. «Ils sont tous morts, leurs cendres dispersées aux quatre vents. Ils ont tous été exterminé, jusqu'au dernier. Par chance, j'ai réussi à sauvegarder cette enfant de cette infamie alors qu'elle n'était qu'un nouveau né. Moi en père, tu te rends un peu compte? Je crois qu'en fin de compte, je m'en tire plutôt bien. Mais revenons à nos moutons. Hélas oui, le clan a été mit à feu et à sang, le Temple, dévasté et occupé, je ne pouvais pas me risquer à y retourner, par en ayant Mashia entre mes bras. Je crains que les écrits ne soient perdus à jamais. Tu es mon seul espoir Long.» Un regard suppliant.

    «Elle semble souffrir par Sa faute. Et j'espérais que tu puisses la connaître, ou au moins essayer de communiquer avec elle. La nuit, sa voix semble plus forte, te sentirais-tu capables d'essayer à lui parler?»

    Voilà une bien ambitieuse requête, accentuée par un nouveau regard alarmé. L'inquiétude d'un père. Se redressant, Hector épousseta ses vêtements de voyage avant de s'étirer. «Mais je vais tâcher de ne plus me lamenter, tu es trop vieux pour partager mes peurs, que dirait-tu d'un repas comme autrefois? Celui qui pêche le plus de poisson à gagné!»

    S'exclama t-il en plongeant tête la première dans l'onde claire. Troublant sa surface limpide.

    ~°~ ~°~ ~°~

    Des rires argentins s'élevait d'entre les arbres. Spectateurs de cette brusque hilarité, les oiseaux s'ébrouèrent avant de prendre leur envol dans ce ciel sans nuages. Un papillon s'était posé sur le front de Mashia, ses ailes poudreuses aux teintes chatoyantes, frôlaient sa peau d'ivoire. Caresses délicates, chatouilles délicieuses.

    Mais une pair d'yeux observaient ce duo juvénile. Tapis dans le noir, il attendait le moment opportun pour frapper de sa lame froide aux reflets bleutés. Afin d'éradiquer totalement, ce mal qui corrompait le Monde.

    Sordide souillure qu'il lui fallait exterminer.

    Homme tout de noir vêtu

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Saikhan


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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Jeu 12 Avr - 19:51


    Les hommes, créatures à l’esprit étriqué et à l’imperfection flagrante, se faisant dominer par les élans d’un cœur immature trop faible pour faire face aux épreuves que la vie pouvait leur envoyer. Le dragon en avait une conscience accrue, chaque jour passé lui rappelant sa propre faute commise dans un passé se faisant bribe d’une mémoire sans âge. Sa faiblesse marquait son corps devenu monstre d’écailles maintenu dans la réalité par les vestiges d’un cœur devenant lointain écho d’une humanité se délitant. Mais contrairement à sa propre histoire, la fillette ne ferait que subir les affres de la faiblesse d’autres hommes à cause desquels elle se retrouvait ainsi affublée d’une malédiction faussée au nom oublié.

    Les enfants naissent toujours innocent. Le regard de Long se tourna un instant sur son élève dont le visage braqué sur la créature d’encre se faisait intérêt singulier presque affecté. Les enfants demeuraient toujours des victimes injustes d’hommes se complaisant dans la facilité à faire endosser aux autres leur propre crainte. Et ce qui en résultait pour eux n’était que solitude et abandon, envie et peur. Mais recelait dans leurs âmes une force dont les adultes s’étaient vus dépossédés et qui les rendait plus puissant que n’importe qui, capable des plus grandes prouesses. L’Humanité. Celle qui se faisait criante et vibrante d’un cœur capable de tout accepter, tant ses fautes que celles des autres en ayant la force de les dépasser.


La peine se lisait sur le visage du garçon affecté par la réaction de la fillette, son regard retombant sur le sol avec une certaine gêne se faisant timidité malgré lui. Il n’aimait pas voir la tristesse teinter les cœurs des autres, et la proximité d’âge qu’il avait avec la Mokushi ne faisait qu'accroître ce sentiment d’empathie. Un sombre passé et une difficile réalité pesait sur ses épaules semblant trop délicate pour porter tel fardeau. Des sanglots perdus s’élevèrent bien vite remplacés par la voix forte pleine d’un entrain semblant incongru au vu de la situation balayant pourtant l’atmosphère emplie de lourdeur pesant sur le groupe. Ce n’était que poudre aux yeux habillement disséminé dans l’air mais dont chacun se contenta avec plus ou moins de facilité. L’enfant s’y plia avec autant d'enthousiasme, son rire se mêlant au vent à la suite des paroles d’Hector se faisant mélodie incongrue à la douceur certaine, allégeant davantage une atmosphère devenu lourde et pesante par le dialogue des deux amis retrouvés et les pleures de la petite fille à la chevelure de feu. Il n’était pas insensible – loin de cela - ou naïf, mais était de ceux qui croyait que s’apitoyer n’était pas une solution, bien au contraire, allant de l’avant sans cesse et en cela, la fillette semblait lui ressembler, rassemblant son courage pour effacer ses larmes. Son maître hocha la tête avec patience lorsque celui-ci lui demanda l’autorisation muette, son regard d’ambre brillant d’un éclat amusé qui s’effaça dès lors que les deux enfants commencèrent à s’éloigner.

« D’accord. Je m’en occupe. »
Un sourire vint se poser sur ses lèvres à ses mots se faisant résolution innocente.

C’est la gardienne du dragon d’encre qui l’entraina timidement en avant, le surprenant avant que sa propre poigne se fasse plus assurée. Elle aussi était forte, ne se laissant pas aller à la morosité pour continuer d’avancer malgré tout ce qu’elle avait put vivre et dont il ne savait rien. Sa curiosité, il la musela car si elle signifiait blesser une personne, il préférait encore tout enchaîner et tout garder pour lui.
Et puis les sourires étaient bien plus beaux que les larmes.

Le chagrin s’envolant dans la brise capiteuse, le garçon suivit sa comparse en s’asseyant à sa suite dans l’herbe tendre dans laquelle elle avait retrouvée un éclat plus brillant. C’est avec un sourire fier qu’il accueillit les paroles de la fillette vantant la beauté de son pays natal qu’il aimait tout autant, mais la suite de son discours se fit moins enjouée.

« C’est dommage. »
avoua l’enfant en inclinant sa tête sur le coté avec une moue ennuyée on ne peut plus sincère. « Je n’ai jamais quitté Lushan, mais j’aimerai bien un jour pouvoir voyager et aller voir moi-même la beauté de mon pays. Et puis les autres aussi, ça doit être extraordinaire…» Finit il d’une voix rêveuse. Il ne voulait pas se montrer inutilement curieux aussi profita t’il de la suite de ses paroles pour embrayer sur autre chose. Un grand sourire ourla ses lèvres alors qu’il hocha vivement de la tête.

« Oui, il est mon Maître depuis peu de temps et pourtant il m’a déjà apprit beaucoup de chose. Je suis heureux de l’avoir rencontré… »
Son regard se fit plus doux et sa voix plus évasive. « Il est plutôt impressionnant, surtout quand on le rencontre pour la première fois, mais il est vraiment gentil tu sais, il a l’air dur mais il est juste, et il sait beaucoup de chose ! Je me demande si il connaît beaucoup d’autres personnes comme ton tuteur…» se questionna t’il à voix haute. Peut être qu’il lui demanderait lorsqu’il en aurait l’occasion…

Il pouvait être intarissable sur certain sujet.


~°~ ~°~ ~°~
    Le dragon observa la silhouette des deux enfants disparaitre entre les arbres avec l’affection d’un vieil homme pour l’enfantine innocence berçant un monde devenu lointain. L’appel de son ami le ramena à la situation présente, s’approchant de l’adulte d’un mouvement gracile de son corps titanesque ne faisant qu’un avec les flots. Un silence. Une vérité se teintant des flammes d’une tragédie à laquelle il s’était attendu. Les années avaient endurcit son cœur millénaire se faisant rumeur silencieuse mais l’humanité demeurait encore tapit dans son âme, ravivé par la chaleureuse présence de celui qui aujourd’hui était son élève.

    Fermant les paupières, la créature ne put que se lamenter en silence de la cruauté dont pouvait faire preuve les humains entre eux dès lors que la peur prenait le pas sur leur cœur et leur raison. La peur de son ami était palpable et dans son regard brillait l’espoir ténu que les connaissances sans âge de son interlocuteur puissent le secourir.

    « C’est une triste histoire que tu me conte là Hector. Dire que je ne m’y attendais pas serait un honteux mensonge, mais ce clan ne méritait pas telle fin…Ni cette jeune enfant. »
    Souffla le dragon avec un mélange subtile de colère et de résignation teintant la surface de son cosmos d’émeraude. « Mais cela aurait put plus mal finir encore…»

    Hector faisait un bon père. La chaleur de son cœur en faisait un homme bon et les quelques égard qu’il avait pour la fillette ne faisait que le confirmer.

    « L’avantage de mon vieil âge, c’est que j’ai tout le temps du monde pour justement partager cette peur et même l’amenuiser mon ami. »
    Un éclat d’amusement perça sa voix profonde alors que l’homme plongeait dans l’eau de son lac pour renouer avec une ancienne habitude. « Pour moi, cet autrefois représente seulement un hier. » Clama t’il en se précipitant à la suite de l’homme, acceptant tacitement le jeu.

~°~ ~°~ ~°~
    « Je connais trop bien ma propre antre pour que tu puisse réussir à me vaincre à ce jeu là avec aisance. » La voix de la créature se faisait amusement alors qu’il secoua sa crinière écarlate pour en enlever l’excédant d’eau. « Mais tu te débrouille toujours aussi bien. »

    Les poissons se faisaient frétillant, assez nombreux pour qu’aucun d’entre eux ne manquent de nourritures. Le cosmos d’émeraude du dragon se déploya subtilement, relâchant une partie de leur pêche dans l’eau, ceux-ci ne se faisant pas prier pour retourner au plus profond du lac ancestral. Long ne mangeait pas et il ne tuait pas inutilement non plus. Un équilibre était nécessaire à la vie, et il la respectait avec une rigueur appliquée.

    « Je vais t’aider avec la Dragonne Noire. De ce que j’en sais, celle-ci avait été scellée pour protéger le Monde de son essence funeste, passant de génération en génération chacun devenant son gardien par ce lien de sang. Je n’en sais guère plus que cela, j’en ai bien peur…mais peut être parviendrai je à entendre sa voix ou à aider ta jeune pupille à comprendre sa langue. »

    On le disait emplit de sagesse, mais avant d’être un monstre draconien, il avait été humain. Un simple humain…

~°~ ~°~ ~°~

La poupée d’albâtre à la chevelure de flamme se faisait éclat riant d’une joie innocente, le garçon s’en amusant autant, découvrant le monde de la fillette avec intérêt. Les étrangers s’aventurant jusqu’à Lushan étaient rares et Dohko avait toujours soif de voir de nouvelle chose, de découvrir de nouveau être jusqu’alors inconnu. Quelque chose résonnait doucement en lui, se faisant agréable caresse sur son cœur. Mashia était comme lui et bien différente pourtant, et plus ils parlaient, plus cette ressemblance et cette différence se faisait précise et en même temps étrangement trouble.

Un instant de partage teinté d’une touchante innocence…

Mais quelque chose changea. Un appel, résonnance lointaine, subtile qu’il avait déjà ressentie auparavant sans parvenir à ce souvenir de l’instant précis. Une impression fugace, éclat doré sonnant telle une prière alertée. Un frisson mordant. Une lueur bleutée, éclat vif évanescent.

« Mashia ! »


Son corps bougea dans un reflexe qu’il ne pensait pas posséder, une aura de jade l’entoura brièvement alors que de ses bras croisés il parait l’arme de l’homme en noir s’étant précipité sur la fillette. Un cri tant de surprise que de douleur mêlé s’extirpa de sa bouche alors que la lame bleutée entaillait son poignet, l’éclat d’or mêlé à son aura se fit un instant scintillement avant de disparaitre.

« Ecarte toi ! Cette immonde souillure doit disparaitre de ce monde ! » La fureur se fit entêtante, le garçon n’eut pas la bravache de répliquer, l’épuisement semblant s’insinuer avec une rapidité démente dans son corps. L’arme aspirait sa force et c’est avec un geste négligent que l’homme finit par se débarrasser de lui d’un coup bien placé avec un claquement de langue agacé, la fureur parant son aura de reflet bleuté.

« Va t’en ! »


Un éclat de voix perdu dans les bribes d’un monde vacillant devant ses paupières. La douleur le clouait au sol. Et puis un grondement puissant ébranlant la forêt se faisant souffle terrible, paré de jade un dragon d’énergie pure coupa la voie à l’envahisseur.

« Qui ose s’en prendre à ceux sous ma protection !? »



Dernière édition par Dohko le Sam 14 Avr - 16:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Ven 13 Avr - 15:21



    Dans ce ciel bleu si pur, s'amoncelaient de lourds nuages noirs. Ne tarderait pas à apparaître de fulgurants éclairs, ceux-là même qui zèbreront les nues, apportant une note violine, à ce manteau sombre dont il se parera bientôt. Ce ne serait là que la genèse de ce bien sombre tableau. Un angoissant canevas, dont les Moires ajouteraient, à leur guise, des broderies pourpres, cramoisies.

    Mais pour l'heure, deux amis partageaient un temps de paix bien délectable pour leurs vieux os. «Une pêche miraculeuse, comme autrefois! Comme ton « hier »!» railla le géant à la chevelure poivre et sel. Puis, avec plus de sérieux, une pointe d'inquiétude dans la voix : «Très bien mon ami, je te remercie, une fois encore, tu m'es d'un grand secours! Qu'est-ce que je ferais sans toi. Et tu sais, toi non plus, tu n'as pas changé.»

    Tout ce sable qui ne cesse de s'écouler dans ce sablier géant, il file et file encore, poussière d'or, grain par grain. Immuable, sa course nous échappe quoi qu'il advienne, qui que nous sommes. Dieux, comme mortels, tous régis par cette même loi établie depuis la naissance de cet Univers. Tous soumis, tous égaux face à ses maux. D'une certaine manière.

    Le premier roulement du tonnerre.

    ~°~ ~°~ ~°~

    Radieuse innocence. Nulle souillure ne viendrait entacher la mise que tu fais revêtir à tes enfants, seulement, peu à peu tu t'estompes, toi aussi vaincue par la main de Chronos. Ces deux enfants que tu regardes d'un œil attendrit, apprends de l'un et de l'autre, se découvre des points communs, comme des différences. Or ce sont ces dernières qui, généralement, tissent des liens forts, profonds, qui eux, resteraient inchangés au fond de leurs cœurs.

    Le monde est un théâtre. Une tragi-comédie où se mêlent plusieurs intrigues : tantôt heureuses, tantôt fades et mélancoliques. Pouvaient surgir du néant, des ombres pernicieuses! Leurs doigts griffus, si aisément, pouvaient déchirer le rideau écarlate, le faire retomber à l'instar d'un linceul. Elles viendraient à coup sûr ternir la plus délicieuses des pièces!

    Un nouvel acte.

    Sanglant.

    L'homme jusque là tapis dans l'ombre, ourla ses lèvres d'un sourire sadique, avant de passer une langue gourmande sur la lame bleutée de son katana. Bientôt, tout deux s'abreuveraient de cette vision d'extase : celle de voir le sang de cette souillure gicler sur cette herbe tendre et verte. Corrompre ce lieu sacré, gardé par une autre de ces monstruosité. Combien étaient-ils au juste? Qu'importe, les ordres étaient clairs. L'unique objectif serait atteint. Tant pis si dommages collatéraux il y auraient! Le chasseur, voilà ce qu'il était.

    Et tout traqueur qu'il était, ils observaient sans bruits, ses proies à la chair si rose...

    La morsure fut tout à fait alléchante, mais frustrante à la fois. Quel misérable avorton! Il avait eut l'outrecuidance de se dresser devant lui et protéger cette gamine? Quel sot! Il cracha à son visage, des paroles bien senties avant de faire s'écouler de son sang. Oh! Sa lame en redemandait, soit, ce prétentieux serait dans ce cas, un dommage collatéral.

    Les yeux écarquillés par la surprise et l'effroi, la petite resta figée face à ce spectacle terrifiant. C'était là la première fois qu'elle voyait quelqu'un la protéger de la sorte, quitte à se blesser. Pour elle. Non! Mashia ne voulait pas fuir. Ses jambes tremblotantes ne lui permettraient aucuns secours. Son cœur, lui l'exhortait à ne pas fuir! Mais rester glacée d'effroi, en plus de rimer à rien, mettait en danger Dohko qui venait de faire preuve d'un grand courage. Dans un élan, la jeune fille se redressa au moment où un dragon de jade parut entre eux et l'ennemi à la sombre mise. D'ailleurs, c'était en vain qu'elle tenait de discerner son visage. Juste deux yeux fous, empreints d'une folie certaine, d'une soif indéniable et insatiable. La peur.

    «Non!»

    Fut la seule chose que la petite poupée put crier quand l'énergumène fendit sur la créature diaphane pour la couper en deux. Il était aussi rapide que les hirondelles au ventre blanc qu'elle avait vu il y a de cela une poignée de minutes à peine. La protection de Long vola en éclat mais le chasseur ne s'était pas arrêté là : mue par son envie de destruction, il plongeait en une estoc, sur le garçon.

    Un nouveau cri.

    Quand Mashia rouvrit les yeux, elle faisait face à leur agresseur. Ce dernier laissait échapper un petit rire mesquin. Ce ne fut qu'à ce moment, qu'elle sentit la douleur l'étreindre entre ses bras noueux. Ses petites mains s'étaient vainement agrippées sur le tranchant de cette arme blanche, lui offrant tout le loisir de se repaître de ce liquide chaud et vermeil. Fiché dans les chairs, le katana finit par s'extirper hors de son épaule, avec force d'éclaboussures. Aussitôt, son kimono blanc prit une couleur pourpre.
    Un regard suppliant à l'adresse de Dohko. Un murmure et un cri terrible qui couvrit le son de sa voix cristalline. Mais si il pouvait lire sur ses lèvres, l'enfant comprendrait la teneur de ce message, de cette requête.
    «Ils sont encore là, nous devons fuir, ensemble...»

    Hector l'avait avertie d'une telle probabilité. Ils n'avaient pas d'autres alternatives. Un nouveau dragon aveugla un bref instant l'assaillant qui siffla sa mauvaise humeur entre ses dents. Ce fut suffisant pour eux.

    Pour prendre la fuite.

    «Ne t'arrêtes surtout pas Dohko! Ne te retournes pas!» sa petite voix couverte par les hurlements déchirant du ciel, de cette foudre inquisitrice, camouflaient dans un même temps, sa détresse.

    Leurs deux silhouettes s'enfoncèrent dans la forêt environnante, leur seule chance d'échappatoire.

    ~°~ ~°~ ~°~

    «Ils ne cesseront donc jamais de nous poursuivre jusqu'aux confins du monde? Long, je suis désolé, j'ai apporté avec moi de bien dangereux ennuis.» Telles furent les paroles du géant. Ce dernier, la tête basse, la mâchoire crispée, se redressa tout à fait quand d'innombrables ombres vinrent les entourer par leur sombre présence. Tous armés, tous agités par cette même convoitise. L'odeur douceâtre de cette liqueur rouge.

    «Mon ami... quelle folie je te fais encourir à toi et ton disciple.»


    Ondoyante. En un coup de vent, ces dizaines d'ennemis jusqu'alors observateurs, se ruèrent comme un essaim d'abeilles, armes au clair, sur Long et Hector.
    La réplique fut belle, les deux amis ne faibliraient aucunement. Face à cette véritable invasion.

    Eux, souillaient par leur vilénie, l'antre du dragon ancestral. Et l'ancien chevalier d'Athéna ne doutait pas que comme lui, Long ne manquait pas de ressource.

    «Comme «hier» mon ami!»


    ~°~ ~°~ ~°~

    Mashia avait du mal à contenir cette brûlure qui lui arrachait d'une façon régulière, des grimaces de douleurs. Ainsi que ses larmes. Ces dernières ruisselaient sur ses joues pâles, rougies par cette courses effrénée. Ils étaient et demeuraient le gibier.

    Deux faons innocents, éperdus, fuyant dans les ténèbres.
    La fatigue alliée à cette souffrance auraient très vite raison de sa volonté. Mais elle continuait d'évoluer parmi cette dense végétation, ne lâchant à aucun prix, la main de son futur frère d'arme. De son ami.

    Entailles, griffures, les branchages coupait la peau fine de son visage, des feuilles venaient à s'accrocher dans sa chevelure de feu désormais en désordre. L'espoir au loin naquit.
    Un cachette naturelle, un renfoncement étroit que seuls leur petits corps d'enfant pourraient traverser. «Là!» lui dit-elle en l'entraînant à sa suite.

    Ils s'y engouffrèrent, dans cette inquiétante obscurité. Le souffle haletant, Mashia tentait de reprendre sa respiration tout en taisant le sifflement de sa gorge. Silence.

    Les minutes filèrent ainsi, alors que la terreur s'installait dans ses yeux bleus. Il y avait si peu de lumière dans cette sorte d'alcôve! Mais c'était là une cachette idéale. Cependant elle avait peur de le revoir surgir.

    Traqués.

    «Ô Dohko je suis si désolée... Par ma faute tu es blessé, par ma faute... toi et Long...» Elle éclata en sanglot, étouffant ses pleurs en allant se lover contre le garçon. Recherche de réconfort. De chaleur alors qu'elle ressentait un froid pénétrant l'assaillir.

    Elle releva vers lui son visage baigné de larmes amères. «Peut-être devrais-je me laisser prendre? Je ne veux pas que vous...»

    Mourir, voilà le verbe qui ne parvenait pas à franchir la barrière de ses lèvres.
    Au dehors, l'air vibrait, ondulait comme un serpent pernicieux. Souffla dans l'interstice en mugissant une terrible complainte.

    Résolue, la petite Mokushi lança un dernier regard à Dohko avant de faire volteface et chercher à atteindre la sortie. Ses pieds se dérobèrent sous elle et Mashia s'étala de tout son long sur la pierre froide pourvue de mousse. Une nouvelle blessure.

    Mais la Dragonne Noire ne sommeillait plus. Serait-ce donc là un effet de sa volonté? De la faire ployer sous son joug? Un avertissement peut-être? Mais la petite toujours, ne la comprenait pas. Elle y voyait là un signe, tandis qu'avec difficulté, elle s'agenouilla en soutenant sa tête blessée. Des frissons erratiques la parcourrait. Sifflante, la voix de la créature scellée en son sein vrilla son esprit, ses convictions, annihilant jusqu'à ses dernières forces.

    Pourquoi son emprise devenait si grande? Mashia avait l'impression qu'on la dépossédait de quelque chose sans savoir dire quoi avec exactitude.
    Par contre, elle était sûre d'une chose, c'était qu'elle se sentait glisser peu à peu dans les voiles des ténèbres.

    Dans les affres de l'oubli. Accueillantes perditions. L'inconscience et l'oubli.

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Saikhan


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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Sam 14 Avr - 21:08


Le liquide vital s’écoulait paresseusement sur ses doigts poisseux. Fleur de sang aux coroles vermeilles s’épanouissant sur l’herbe tendre. Coquelicot funeste à l’éclat vif se faisant prison de douleur. La souffrance se faisait criante, poison à l’absolue volonté saturant ses sens de sa présence, figeant son corps dans une gangue de glace ardente. Un gémissement alors qu’il se redressait à moitié en apposant ses mains se faisant tremblantes sur la terre se gorgeant de son sang, son regard de jade perlé de larme vacillant se posant avec fermeté sur le chasseur à la lame au clair.

« Maître. »


Un faible murmure. Prière chuchotée face à l’apparition du dragon de cosmos et de la voix pleine de force de celui qu’il appelait. Une protection éphémère alors que l’homme repassait à l’attaque. Il était sa cible à présent. Figé telle une proie face à son prédateur, l’enfant se prépara à subir une nouvelle offensive, assumant parfaitement la folie qui l’avait animé en défendant de son corps la fillette. La douleur, ce n’était rien. Il y avait des choses bien pires dans ce monde. Si le sang devait couler, alors que cela soit le sien, la fillette aurait le temps de fuir.

Mais la douleur ne vint pas. Tout du moins, aucune douleur physique ne s’insinua de nouveau en lui, mais celle-ci, perfide, s’attaqua malgré tout à son cœur. Un cri qui résonna dans son esprit avec plus de force, écho au sien. Cruel. La fleur pourpre s’épanouie en arabesque sur le blanc opalin du kimono de Mashia, celle-ci se faisant son bouclier alors qu’il l’avait exhorté de fuir. Braqué sur la frêle silhouette tremblante de son amie, Dohko sentit le sabre de l’homme s’enfoncer dans la chaire tendre avec un bruit lui arrachant un cri de surprise mêlé d’angoisse. Elle aurait dut fuit ! Les larmes roulèrent sur ses joues.

« Mashia ! »


Un échange. Un regard et un murmure inaudible, prison de douleur dont il écarta les barreaux avec cette volonté qu’il partageait avec son animal totem. Faisant taire l’affliction, le garçon se redressa. Il avait dit à l’ami de son maître qu’il s’occupait de sa pupille et il ne faillirait pas.

Un nouveau grondement, éclat luminescent à la lueur d’émeraude se faisant barrière protectrice et leurre aveugla l’assaillant fou. Un signal les exhortant à fuir. Ils s’enfoncèrent entre les arbres sans se retourner.

« Avance ! Ne t’en fait pas pour moi ! Je te suis. »


La douleur, écho lointain avivait une détermination farouche. Il ne quitterait pas la fillette nimbée d’écarlate.
~°~ ~°~ ~°~

    Le vent se levait, le tonnerre grondant sa colère, apportant dans son sillage, de bien sombre promesse. Les ombres se faisaient dansantes dans un ciel assombrit par son courroux, prémices d’une nouvelle scène appelant à verser le sang criminel.

    Le dragon gronda, les cieux se faisant écho à sa colère, maudissant les êtres qui souillaient ainsi sa demeure et les personnes sous sa protection. Il avait sentit l’éclat de cosmos de son jeune apprenti immature et son cri suivit par celui de la Mokushi, attisait son inquiétude.

    « Ce n’est pas ta folie qui les a mené jusqu’à nous, mais bien la leur. »

    La vie s’était faite silencieuse, sa forêt et son lac se faisant muet devant l’aura de leur gardien séculaire. Mouvante, les ombres se précipitèrent à l’assaut, se faisant pluie de métal et d’écarlate mêlé.

    « Pauvres hommes que la peur entraine dans la folie ! Vos cœurs asséchés ne méritent aucune clémence pour cette bassesse ! »


    Le cosmos d’émeraude se déploya, se faisant myriade de créature à l’image de leur invocateur comme autant de répliques aux crocs redoutables. Un éclair opalin déchira les cieux assombris, lumière perçant les ténèbres. Des fous tombèrent sous les crocs d’énergies, blessant leur chaire, brulant leurs peaux. Un chemin pavé de corps et de vermeille se dessina devant le dragon de jade à la crinière de flamme, sa voix enflant dans le cœur de l’ancien chevalier d’Athéna.

    « Hector, va, et rejoint les. Le danger est plus grand pour eux que pour moi, je saurai me défaire de ces sombres pantins. »

~°~ ~°~ ~°~

Les battements erratiques de son cœur emplissaient son crâne avec entêtement. Il lui semblait que seule cette musique angoissante régnait dans sa chair, la douleur tranchant avec persistance la concentration qu’il déployait pour continuer d’avancer. Son souffle malmenait son corps blessé par l’assaut reçu. La poigne volatile de la fillette avivait sa blessure suintante mais leur course avait toute priorité sur ce faible éclat, et le contact avait quelque chose de rassurant qui l’exhortait à continuer et à le maintenir malgré tout.

La peur guidait leurs pas. Le vermeille liait leurs mains. Ils couraient, éperdus, déroutés, désespérés, blessés par les obstacles gênant leur course effrénée.

Et des ténèbres naquirent un espoir, fugace cachette à l’allure de caverne enfoncée dans la roche. L’ombre se referma sur eux, paradoxal refuge leur permettant de reprendre courage, espoir. La fatigue perfide s’insinua dans ses membres alors que son regard se braquait sur l’ouverture, lumière lointaine se faisant rayon dans un avenir incertain. Le silence s’étira alors que les enfants reprenaient leur souffle malmené par leur fuite. La douleur léchait leur conscience, l’incertitude les ancrant dans un présent terrifiant. Un frisson ébranla son corps se transformant en gémissement sourd, sifflant.

Est-ce qu’ils seraient à l’abri ici ? Est-ce que son maître et le tuteur de Mashia viendraient avant l’homme qui les avait attaqués ? Qui était-il ? Combien de temps avant que cela n’arrive ? Que pouvait il faire, lui ? Il était si faible ! Tant de questions sans réponse se plaisant à ébranler sa conscience.

Puis un murmure se faisant plaintes et excuses. Des larmes souillant un visage de porcelaine griffé par la nature et la démence. Un corps quémandant un réconfort dans ses bras, la gêne qu’il aurait du ressentir à ce contact se faisant lointaine tant il la comprenait et la partageait tout autant. Mais il se devait d’être fort.

« Non, tu ne dois pas ! »

La fermeté teinta sa voix de résolution alors qu’il rattrapa le bras de la fillette, ignorant ses blessures et la douleur l’accompagnant. Elle ne devait pas penser à cette alternative ! Surtout pas ! Il ne parvint pas à l’empêcher de tomber, ses jambes vacillantes faisant un appui bien maigre pour lui-même, et il se laissa tomber à ses cotés.

« Ne pense pas à ça Mashia ! On va s’en sortir. Mon maître et Hector sont au courant, on doit leur faire confiance. » Ses doigts teintés de vermeille serrèrent ceux de son amie avec une certaine douceur réconfortante. La peur demeurait impérieuse dans son cœur, celle-ci se parant des reflets de la terreur mais il devait la faire taire pour leurs biens. Il ne supporterait pas de voir plus de tourment dans les yeux pers de la fillette. Elle ne les méritait pas.

« Ce n’est pas ta faute si je suis blessé Mashia…Ne t’inquiète pas pour moi, ça va aller.» Un léger sourire ourla ses lèvres pour rassurer la fillette avant que son regard ne tombe sur les blessures de sa camarade se mariant étrangement avec la teinte carmine de ses cheveux. La peur se fit bête féroce lacérant son ventre. Le regard pers se fit voilé frissonnante d’une douleur invisible et la peur enfla davantage, celle-ci faisant perler des larmes aux coins de ses yeux de jade. Inconsciemment son cosmos immature se matérialisa ses doigts enserrant davantage la main de la fillette, lui transmettant l’énergie paré d’émeraude qui naissait en lui. Son front se colla au sien dans l’espoir qu’il puisse faire quelque chose, n’importe quoi, ses paupières closes laissant couler des perles cristallines sur ses joues. Le désespoir teinta sa voix, ignorant la douleur dans son corps seul comptant celle habitant la jeune fille.

« Mashia ! Mashia n’abandonne pas ! S’il te plait… »


Il ignorait tout ce qu’il se tramait dans l’esprit de la fillette, seul subsistant qu’elle souffrait d’un mal qui risquait de lui faire perdre conscience. Et il savait que cette perte comportait bien des risques et ce, malgré son jeune âge.

Le sang comme lien.

~°~ ~°~ ~°~

Stupide.
Stupide enfants essayant en vain de se soustraire aux crocs de la mort. Stupide souillure dont le destin se devait d’être la disparition pure et simple de son essence maudite. Et ils croyaient pouvoir les affronter eux dont ne nombre ne cessait de croitre, eux qui était vérité dans un monde mensonger.

Une grimace et deux yeux fous suivant un chemin tracé par le sang et les larmes.

Un sourire se faisant démence alors qu’une faible émanation captait ses sens. Un chemin tout tracé.

Stupide.
Stupide enfants…

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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Mer 18 Avr - 1:18



    Folie, frénésie, envie? L'homme demeurait pleins de tares, de défauts. D'où lui venait cette soif de pouvoir? Cette obsession de faire couler le sang? De faucher des vies, de semer mort et désolation quand bon lui semblait? Hector se souvenait de cette nuit où la lune avait prit la teinte du cramoisie. Tout deux spectateurs tandis que sous leurs yeux se jouait un macabre ballet, une représentation digne des plus prenantes tragédies grecques. Hélas, le feu se mêlait à ce chaos. En plus des clameurs horribles s'élevant des battisses léchées par les flammes. Les chevaux des assaillants vêtus de noirs hennissaient, raclaient le sol de leurs sabots, impatients de piétiner ces corps déambulant dans ces ruelles étroites, pavées, où des cadavres s'entassaient déjà. En plus de cette puanteur caractéristique accompagnant le trépas.
    Des relents pestilentiels.

    Quelque part, mais de cela, le géant l'ignorait, une ombre filait, la main posée sur la garde de son katana tandis que de son bras libre, il tenait emmailloté, un précieux petit être. Sang de son sang, chair de sa chair.
    L'homme dont la tête était couverte d'une capuche sombre, bifurqua au dernier moment afin de se dissimuler derrière un échafaudage. C'était moins une, à une seconde près, il aurait été repéré par une sentinelle glissant comme un serpent à la recherche d'une proie quelconque. D'un geste vif, le père rejeta le tissus en arrière, révélant une chevelure de feu, pareille à celle du liquide rouge qui tâchait ses vêtements. Le blason de sa famille : la Dragonne Noire. Un coup d'œil à la voûte du ciel. Une larme, course éphémère sur sa joue pâle. Les pleurs d'un homme tourmenté, accusant le terrible coup porté tantôt. Sa femme... Ô très chère Kaede, soleil de sa vie, morte! Il était arrivé trop tard. La lame s'était fichée dans ses chairs, si profondément! Cette douleur qu'elle avait ressenti, elle avait fait échos dans son propre être.

    Il avait crié sa douleur à l'astre du soir.

    Maintenant Takeo cherchait un moyen de s'échapper, de sauver son petit hasu. Son lotus écarlate, le fruit d'un amour si pur, si profond. Arraché!

    Soudain, le glas sonna.

    ~°~ ~°~ ~°~
    Subsistaient des regrets dans le cœur du vieux saint. De la colère et de l'indignation aussi. Ainsi que l'amour. Sa volonté de protéger celle qu'il voyait désormais comme sa propre fille, immuable était le sentiment qui s'imposait le plus dans son esprit. Alors à la demande de Long, il n'hésita pas un seul instant. Un hurlement terrible sorti de sa bouche, faisant trembler d'effroi ces êtres sombres. Bien sûr! Même sans armure, Hector pouvait user de ses arcanes, avec moins d'efficacité, certes, mais elles demeuraient assez puissantes pour qu'il puisse se frayer un chemin. Un dernier regard au mystique dragon, un clin d'œil complice et l'ancien chevalier s'en fut, à la recherche des jeunes gens.

    ~°~ ~°~ ~°~

    Mashia! Mashia!

    Cette voix. À la fois si lointaine et si proche, que ce passait-il? Il semblait à la petite qu'un voile recouvrait ses yeux à l'éclat azuréen, qu'une forme indistincte dansait devant ses yeux. La fillette leva ses main vers le visage du garçon, si chaud... si doux. Ce contact la rappela parmi leur monde, le vrai et non point celui des songes.

    «Dohko?»

    Sa voix n'était pas plus qu'un faible souffle étouffé par la morsure ses blessures. Mollement, ses petits bras retombèrent, ses doigts, légère caresse se voulait rassurante. Mashia ne désirait pas être un danger pour lui, pis, l'objet de la perdition de ce jeune garçon. Si jeune! Il avait tant de choses à vivre! Lui qui était promis à un si bel avenir! Tandis que le sien restait incertain. Dans l'ombre de ces ailes reptiliennes, noires comme le charbon, la nuit, le manteau de ses assassins.
    La gardienne se redressa sur ses avant bras, lentement, avant d'aider elle-même Dohko à s'adosser contre la paroi froide et rugueuse. Pleine d'humidité, en plus de sentir une odeur désagréable, celle de ce temps pluvieux et orageux. Bien âcre.

    Stupides enfants! Dont l'innocence guidait les pas. Liés à présent dans le trépas! Lui aussi, il était souillé dès à présent. À l'instant où leur deux sang s'étaient mêlés. Leur poursuivant n'avait eu qu'à flairer cette fragrance écœurante pour lui. Il les traqueraient nuit et jour si il le fallait! Mais... cela était si facile pour lui! Lui qui venait de les débusquer. Pourquoi ne pas jouer un peu avec leurs pauvres âmes? Après tout, ne méritaient-ils pas un châtiment digne des plus grandes tortures? Ô oui! Doux frissons parcourant son échine! Ricanement mal contenu, prémisse de sa folie meurtrière. L'idée de faire souffrir tout d'abord ce garçon lui traversa l'esprit. Quoi de plus jouissif que de voir la souillure crier, quémander que cela ne cesse enfin?

    Puisqu'ils voulaient se protéger l'un l'autre, autant leur faire regretter ce choix.

    Stupide enfant, inutile innocence.

    «Je vous ais trouvé.... mes petits lapereaux.»

    Des cris, puis le silence.

    ~°~ ~°~ ~°~

    Des oiseaux s'envolaient dans le ciel gris alourdit par des nuages inquisiteurs, grondants, menaçants. Le roulement du tonnerre, assourdissant, masqua un temps, des hurlements d'enfants. Ces voix!
    Le sang d'Hector ne fit qu'un tour. Ses jambes manquèrent de se dérober sous lui, or non, l'adrénaline guidait ses pas, lui assurant une célérité qu'il ne se croyait pas capable en vu de sa stature ainsi que de son âge. Cependant le géant à la peau cuivré se sentait peu à peu envahit d'un sentiment obscur. Son cœur se serrait douloureusement dans sa poitrine. Cette silhouette qui lui tournait le dos dégageait quelque chose de familier. Si bien, qu'il en eut le haut le cœur.

    «Toi!» siffla Hector entre ses dents, serrant ses poings immenses. Aussitôt, l'homme dont on ne pouvait pas voir le visage, juste deux grands yeux jaunes et fous, fit volteface. À sa grande stupeur, l'assassin tenait entre ses mains les pauvres petits cous des enfants qui se débattaient comme de beaux diables, sans grands résultats. Mashia venait de défaillir, là où Dohko continuait à lutter avec acharnement.

    «C'EST TOI! MEURTRIER, ASSASSIN!»


    Un rire narquois pour toute réponse à cette exclamation de rage. Ne faisant que redoubler sa furie. Voir sa protégée ainsi que celui de Long ainsi malmenés l'emporta au delà de la déraison. Dans les affres de la folie. Aveuglé.

    «Pourquoi? POURQUOI KAEDE!!!»

    Alors, dans un élan rapide, le vieil homme bondit tel un félin sur sa proie. Ce dernier alors, se volatilisa comme par enchantement. Juste de la fumée entre ses doigts.

    Plus rien... ils étaient... partis...

    «LONG!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!»


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Saikhan


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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Jeu 19 Avr - 0:22


Au dehors, l’éclat d’un éclair perça l’obscurité du refuge, se faisant lumière imprécise, espoir vicieux et avenir incertain de deux enfants innocents sur le point d’affronter une réalité macabre. Ils étaient là, tremblant, souillés par le voile vermeille de leurs sangs mêlés, attendant, espérant, priant pour que l’être sur leur trace ne les découvre pas. La peur s’apaisa devant la réponse, bien que faible de la fillette dont il avait la garde, celle-ci s’amenuisant alors que le temps s’égrenait, illusion trompeuse. Blessés. Fatigués. Il n’y avait guère que l’espérance pour le maintenir à flot.

Une ombre. Une voix. Le temps se figea. La lumière s’éteignit brutalement.

Il était là. Le chasseur. Le traqueur. S’amusant de la situation, la démence brillant dans son regard perçant les ténèbres tel un fauve macabre. Son cœur rata un battement dès lors que sa voix se fit vaporeuse emprunte de folie assassine prête à bondir sur les pauvres innocents n’étant que souillure à ses yeux.

La peur se fit galopante. Enragée. Une violence injuste. Un rire. Des cris.

Il ne voulait pas ! La douleur se fit lointaine dès lors que la rage s’insinuait dans son corps pour se faire violence acharnée. Il devait faire quelque chose ! N’importe quoi ! La pression sur son cou se fit plus grande alors qu’il se débattait, encore et encore, griffant la main de leur bourreau, ignorant la douleur que ces gestes pouvaient provoqués à ses blessures encore suintantes. Il n’y avait rien. Rien que cette force se faisant impérieuse l’obligeant à lutter encore et toujours contre celui qui voulait leur faire du mal. Instinct.

Mashia. Il devait se battre. Il devait faire quelque chose. Il devait faire en sorte qu’il les libère tous les deux.

Son souffle lui manquait. Des points de lumière commençaient à danser devant ses iris émeraude, vrillant son crâne et affaiblissant ses sens. Ses mouvements se firent moins frénétiques alors qu’il entendait à peine le cri d’une voix familière mais pas suffisamment pour qu’il ne l’associe immédiatement à quelqu’un. Son cœur tambourinait entre ses oreilles, délitant un monde se faisant obscurité.

Un regard. L’espoir se fit bougie soufflée par le vent tempétueux alors que l’adulte se précipitait vers eux animés par la rage. Un dernier mouvement. Une respiration sifflante et un voile noir s’abattis devant ses paupières.

Une larme roula sur une joue maculée.

~°~ ~°~ ~°~
    Un grondement déchira les cieux, hurlement de pure fureur répondant en écho à l’appel de l’ancien saint. L’éclat des prunelles d’ambre du dragon se fit feu noyé d’or alors que ses prunelles s’étrécissaient devant les ombres noirs restantes. Blessés mais satisfait, les hommes s’égrenèrent en silence, se mouvant tel de sombre ténèbres pour disparaitre en leur sein. Une grimace s’afficha sur le faciès draconien de Long, son long corps sinueux se mouvant dans l’eau brumé d’écarlate.

    Dohko.

    Son esprit était focalisé sur le lieu de la disparition de son disciple s’étant purement volatilisé dans le vide. Trop tard. Le glas sonnait dans une horrible complainte, étreignant son vieux cœur de sentiments dont il tint fermement la bride. Tout cela à cause de la folie d’hommes prompts à s’engager dans des combats inutiles et fanatique, appelant à verser le sang d’innocents enfants ! La colère bouillait en lui mais il n’était pas l’heure des plaintes stériles. Prisonnier qu’il était de son lac, ce fut son cosmos qui fut sa ressource, se déployant dans les cieux tel un voile d’émeraude, il se concentra sur ses perceptions.

    Ils étaient sur son territoire. Ici, c’était lui le maître. Il connaissait chaque rocher, chaque arbre, chaque animal cheminant sur ces terres.

    Dohko…La pupille de son amie, innocente enfant au destin funeste.

    Il devait les trouver même si pour se faire, chaque créature foulant sa terre devait l’y aider.


~°~ ~°~ ~°~

La douleur éveilla son esprit, insidieuse, elle força le garçon à reprendre le contact avec une réalité amère, douloureuse et inconnue. Ses doigts gourent maculés de sang se serrèrent, réveillant d’autant plus la plaie qui avait cessée de saigner mais dont il ne prit pas garde. Il se redressa sur ses coudes, un vertige ralenti son mouvement mais il se força à ne pas s’en préoccuper. Son cerveau tournait au ralenti, confus, le garçon eut toutes les peines du monde à s’y retrouver tant son monde semblait désordonné et son esprit éreinté, puis les morceaux du puzzle s’emboitèrent, brutalement, mettant au clair ce qu’un murmure lointain semblait répandre en lui. Dans son esprit résonna un seul nom. Une seule question.

« Ma…»


Ses lèvres ne parvinrent pas à murmurer la suite du prénom de sa jeune amie, celui-ci se faisant remplacer un cri de surprise et de douleur mêlé. Le choc du coup se répercuta dans ses côtes, le faisant valdinguer dans la poussière et tousser avec vigueur une gerbe de sang. Son souffle lui manqua et c’est vacillant qu’il perçu l’éclat de folie se faisant prunelle opalescente scrutatrice. Un rire résonna à ses oreilles, grincement tordu d’un homme dément, alors que le regard de jade de l’enfant s’accrochait à la silhouette prostrée de la fillette. L’éclat de voix résonnait dans toute la pièce, étrange salle semblant caverne creusé dans la roche.

« Pauvre petit animal prit au piège ! Tu veux protéger cette monstruosité qui doit mourir pour le bien de tous ? Cette créature perfide dissimulée sous les traits d’une fillette à la chevelure de sang !? Stupide ! Stupide gamin qui ne sait même pas voir de ses yeux une telle souillure ! »


Ses poings se serrèrent et malgré la douleur, ses yeux se firent défi muet. Avec effort, le garçon releva la tête après avoir jeter un coup d’œil à la fillette dont l’état l’alarmait. Le coup du dément l’avait écarté de celle-ci.

« Elle n’est pas un monstre ! Elle est Mashia ! »
Un éclat de voix se perdant dans une douloureuse confusion. Il devait se lever, mais ses jambes refusaient de lui obéir et cédait sous son poids. « Elle est mon amie ! Vous n’avez pas le droit de lui faire du mal ! Elle n’a rien fait ! »

Un rictus agacé vint ourler les lèvres du chasseur alors que son regard s’étrécit. D’un mouvement vif, celui-ci attrapa la tignasse vermeille de la fillette et la souleva en partie du sol.

« Alors regarde mieux ! Regarde la et vois le démon dissimulé sous les traits de poupée de ton amie ! Les enfants sont si stupides ! Incapable de comprendre des choses si simples ! Soit puisque tu veux tellement la protéger, tu seras le premier à tomber ! Je suis sur que ton amie en sera ravie »


Un nouveau rire alors que l’homme repoussait la fillette d’un geste négligeant et sans aucun ménagement. Il voulait tant qu’elle souffre ! Qu’elle regarde s’éteindre toute l’étincelle de vie qui animait celui qui se proclamait comme un ami. Cela serait si délectable ! S’agenouillant à coté d’elle, faisant fis du gamin, il attrapa sans douceur le menton de la démone, susurrant à son oreille des mots que seule elle pouvait entendre : « Il va souffrir et ça sera entièrement de ta faute. Savoure Démone. »

La colère embrasa le jeune tigre, suffisante pour ignorer la douleur et lui permettre de se remettre sur ses jambes dans un soubresaut.

L’éclat bleuté d’une lame acérée tel le vent d’hiver, rapide, perfide, glacé. Comme la douleur qui transperça ses chaires, maculant davantage de vermeille le tissus de son vêtement. Deux iris de jade affrontant la folie engoncée de noir, emplissant l’espace d’un rire hystérique. La morsure de métal grinça, suintante, implacable, violente.

Elle tomberait. Il la ferait souffrir, cette engeance cause du Mal. Elle ne méritait que ça. Tant pis pour cet enfant après tout, le Mal l’avait souillé lui aussi.

Il le méritait aussi.

~°~ ~°~ ~°~
    Un éclair suivit du tonnerre. Une goutte. Puis une autre se rejoignant dans le début d’un concert se faisant larme céleste, colère grondante.

    Un feulement. La lumière de la foudre vint dévoiler l’animal à la puissante carrure, avançant avec une lenteur agile vers l’ancien chevalier, ses pupilles félines s’étrécissant à sa vue. Un grondement. La noblesse parait le félin d’un éclat merveilleux, sa fourrure tigrée soulignant la puissance de ses muscles fait pour tuer. Il s’arrêta puis le feulement disparut au profit d’une voix davantage connu mais pas moins étonnante.

    « N’ait crainte mon ami. Il ne te fera rien, il ne fait que me prêter ses yeux et sa force. »


    Hector savait que le dragon n’avait pas la possibilité de mouvoir son corps hors de son lac, tout du moins, pas si il désirait vivre en harmonie avec son monde. C’était là sa prison. Sa cage faite par lui-même des centaines d’années auparavant, garante d’un équilibre nécessaire mais précaire. L’animal huma l’air humide avant de prendre une direction précise. On ne pouvait guère savoir si Long avait réellement la main mise sur le tigre mais une aura d’émeraude entourait d’un voile évanescent la silhouette du félidé.

    « Je le sens. Lui aussi le sens au plus profond de lui même. Dohko ne peut pas être loin. Ta chère enfant non plus. »


    Le contact avec son disciple était bien plus fort dès lors qu’il demandait l’aide de son animal totem. Sa mère avait bénit son enfant par ce prénom, l’esprit du tigre demeurant profondément ancré en lui.
    Sans un mot de plus, le tigre s’élança avec magnificence en avant, ses muscles roulant sous sa fourrure d’automne avec énergie. Ils les trouveraient. Même Hǔ y contribuerait.

    Les tigres étaient solidaire.

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Mashia


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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Ven 20 Avr - 20:51

L'éveil du feu noir






    Dans un autre hurlement de rage et de dépit mêlés, Hector tomba à genoux. Ses poings énormes frappèrent sans ménagement l'herbe verte, faisant s'envoler des mottes de terre parfumées. L'indignation se dégageait de sa personne. Ce géant magnifique transpirait la colère, le désarroi et une profonde tristesse secouait ses épaules. Des larmes amères allèrent s'écraser au sol, mouiller ses joues et ses mains.

    Quand il releva la tête, on pouvait voir que le flot de ses pleurs avait creusé des sillons à travers la salissure. Sang et poussière. La pluie, diluvienne finit de laver sa frustration. Un grondement sourd. L'orage ? Nullement, s'était là plus animal... Félin. Il eut la surprise de voir un majestueux tigre apparaître à ses yeux. Éclat orange, tigré, dont la magnificence était sans équivoque. Ainsi donc, ce musculeux animal était le messager de Long. Nulle crainte envers la bête qui en imposait. Silhouette parfaite, toute en courbes et en muscles, fort, puissant, ce n'était pourtant pas de ses crocs qu'il fallait se méfier de prime abord, mais de ses pattes.

    Combien de fois Hector avait-il put assister à la lutte de ces animaux ? Spectateur de multiples spectacles mettant en scène ces monstres de puissance, il fut chaque fois impressionné de voir s'exécuter leur danse. Le grecque passa sa paume sur son visage maculé, chassant du même coup, tout sentiment néfaste. Il se devait d'être fort car ce n'était pas le moment de faiblir. Ces assassins avaient profité de son inattention pour frapper. Maintenant, ils avaient en leur possession son bien le plus précieux. Sa petite poupée du Japon.

    Et tout comme le tigre, il se montrerait impitoyable avec ses ennemis ! Infatigable. Ils avaient été les chasseurs ? Soit ! Maintenant ils étaient son gibier. L'homme à la haute stature posa une main sur le front du messager de Long, un feulement lui répondit, avertissement empreint de méfiance. Oui, Hector avait sur lui une forte odeur de sang.

    «Désolé l'ami, cette odeur doit titiller tes naseaux. Très bien Long, je vois que tu sais choisir tes alliés !» Une pause. «Tu as raison, ils ne peuvent pas être bien loin. J'espère juste qu'il n'est pas trop tard et qu'ils n'ont pas déjà accomplit leur sombre office.... Hâtons nous ! Je te suis et me fie à ton odorat !»

    Le fauve se pourlécha ses babines, laissant entrevoir ses dents acérées. Hector eut un sourire ironique. Leurs ennemis n'avaient plus qu'à bien se tenir ! Eux trois déferleront leur courroux sur ces couards !

    S'attaquer à des enfants...

    Voilà le plus odieux des crimes.

    ~°~ ~°~ ~°~

    «Non ! Non ! Pas comme ça voyons ! Il ne faut pas hésiter. Frappe plus fort.»

    Conseillait un homme à un autre. Leurs deux silhouettes dissimulées dans l'ombre, on distinguait à peine qu'ils étaient penchés sur un corps prostrée en positon fœtale. Un autre petit corps reposait non loin, dans un inquiétant clair-obscur. Ses bourreaux, pour l'heure, le laissait tranquille. Leur attention portée sur une fillette aux cheveux carmin.
    Mais l'impudent en redemandait encore ! N'allait-il donc jamais la boucler ? Irrité, l'un des deux hommes le toisa d'une façon hautaine et dégagea sa mâchoire que son écharpe sanguine entravait. À présent il pouvait parler plus fortement, rire et dévoiler un sourire carnassier.

    Après quelques paroles vénéneuses, il s'était amusée à se saisir de cette chevelure rouge, à lui arracher d'autres et délectables gémissements de douleur. Avant de la jeter avec violence contre la paroi humide de leur repaire. Endroit hautement surveillé. Quiconque ne pourrait les déranger dans cette horrible entreprise.

    «Inutile de lutter mon petit lapin, tu n'es pas de taille !»


    Mashia, quant à elle était parcourue de spasmes incontrôlables. Ses petits yeux turquoises, vides et voilés tant la douleur se faisait insidieuse, s'efforçaient de distinguer le visage de son ami. Non, il ne devait pas... Ils allaient... Le détruire. La petite tendit un bras tremblotant vers lui, tout en demandant dans un souffle, qu'on ne l'épargne. Lui. Mais c'était trop tard. Déjà, la lame à l'éclat bleu mordit les chairs de Dohko. Un nouveau râle de douleur.

    Une larme roula sur sa joue. Une langue lécha sa joue pâle, lui arrachant un frisson de dégoût. La petite Mokushi croisa le regard du second homme qui venait d'attaquer le garçon. Ce qu'elle put y lire, elle n'en comprit pas toute la portée sadique. L'autre qui la retenait entre ses bras sentait fort le mauvais alcool, elle voulut se débattre pour se dégager de cette étreinte. Cependant, l'homme était trop fort, elle, si faible. Il lui intimait dans sa langue maternelle, de regarder Dohko. Quand Mashia comprit le sens de ces paroles, il était trop tard pour réagir.

    Agir ? Comment aurait-elle put ?

    Au dernier moment où l'être abjecte allait porter son coup sur l'enfant, il s'arrêta à la demande de l'autre, toujours occupé à serrer son petit corps frêle. «Arrêtes, il est trop entêté encore, plus tenace que cette... chose... Occupons-nous d'elle plutôt, et assures toi qu'il regarde. Petite Démone, c'est ton tour !»

    Saisissant sa chance, le petit lotus mordit dans cette main avec toute la force qui lui restait. Sifflant sa fureur entre ses dents, l'assassin la rattrapa par le bras au moment où elle s'élançait vers Dohko. Il laissa ses doigts envelopper le petit cou gracile de cette souillure. Ô oui ! Il allait le lui briser ! Mais... ne devait-elle pas souffrir davantage ? Si, bien sûr.... cette sordide pensée calma cette pulsion meurtrière. Aussitôt l'homme aux yeux jaunes s'empressa de lui porter un coup au visage. Son calvaire ne s'arrêta pas là : dans sa frénésie, il la conduit devant un récipient remplit d'eau et enfonça cette petite tête rousse.

    Noirceur et froid. Au contact de cette eau glacée, la petite eue l'impression qu'un millier de poignard la transperçait. De fines bulles s'échappèrent de son nez et de sa bouche. À ce rythme, très vite elle suffoquerait. Des étoiles dansèrent devant ses yeux. N'en pouvant plus de lutter, elle sombra dans l'inconscience.

    «Rah ! Réveilles toi ! Démone !» ragea l'agresseur en secouant ce petit corps dans tout les sens. Il la jeta au sol, se pencha sur elle avec des yeux fous, dément. D'un geste violent, vif, il la retourna s'emparant du même coup d'un poignard. «Que fais-tu Hiro ? Tu ne peux pas la tuer maintenant !» or le dit Hiro n'entendait plus. Aveuglé, tutoyant la folie. Il explosa d'un rire sardonique quand sa lame alla déchiré le haut de ce kimono blanc, maculé de sang.

    «Regardes ! Regardes !» jubilait-il en désignant la Dragonne Noire toujours recroquevillée. Si belle... Ô alléchante convoitise ! Comme cette peau si blanche... «Oh oui... juste un petit peu... cette nuque... Hmm...»

    La déraison l'enveloppait dans ses bras. Son compagnon eut un haut le cœur quand il fut témoin de cette décadence : forcé d'admettre que son comparse méritait bien son surnom : « le monstre sanguinaire ». Mais il n'imaginait pas qu'il irait à de telles extrémités. Tandis qu'il labourait de coups la petite, déchirait dans le même mouvement, ses vêtements, lui se tourna vers Dohko, n'en supportant pas davantage.

    Trop de cruauté. Sauf qu'Hiro lui gueula de forcer le môme à regarder ce sacrilège. Elle n'était qu'une enfant ! Comme si il l'avait entendu, l'intéressé hurla : «C'est un monstre, Toho !»

    Oui ! Mais de là à commettre une telle bassesse ! D'ailleurs, la gamine se réveilla, s'agitant tandis que l'autre l'écrasait de son poids. «Ne bouge pas ! Quand j'en aurais finit, je découperais moi-même ce tatouage que tu portes dans ton dos, ainsi j'aurais avec moi le pouvoir du Clan !»

    D'une façon exagérée, Hiro huma l'odeur de la petite Mashia en proie à une peur grandissante. Tremblante, baignant dans son propre sang et entourée des lambeaux de tissus blanc, elle souffla un appel à l'aide.
    Une prière silencieuse à l'entité reptilienne qui jugeait de son regard de feu, le visage de sa future proie.

    C'est alors que son corps se déroula, que ses ailes se déployèrent... ~Je vais... dévorer ton âme....~

    «AHHHHHHHHHHHHHHHHHH!»


    L'éveil du feu sombre.

    ~°~ ~°~ ~°~

    Encore un !
    Un énième garde noir s'effondrant sous sa main. Par la force de son courroux. La présence de Long et de son animal totem le rassurait quelque part, le galvanisant. L'espoir. Une bien belle lumière dans son cœur meurtri. Mashia...

    «Nous touchons au but»


    Les paroles de Long résonnèrent dans son être. Il gratifia au tigre, un regard entendu. Long... à jamais, le géant lui serait redevable. Mais ce n'était pas gagné. Une puissance inouïe balaya les environs, faisant trembler la caverne. Funeste repaire de ces traîtres ! Non ! Ce n'était pas possible !

    «Elle est réveillée!»


    Perdition.

    Si ils n'agissaient pas au plus vite, tous seraient... perdus. Brûlés par les flammes de la Dragonne Noire.

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Saikhan


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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Sam 21 Avr - 19:36


Un feu glacial parcourut ses membres. Frisson de douleur. Gémissement de souffrance faisant écho à une folie sanglante teintant le rire macabre de leur traqueur. Tout explosa dans son esprit, son monde se voilant d’écarlate mêlé d’ombres perfides désireuses de l’emporter dans leur monde. L’éclat de voix se fit lointain à ses oreilles alors qu’il sombrait dans une demi-inconscience douloureuse. Ses jambes vacillèrent, le faisant chuter sans douceur sur le sol glacé de l’antre des hommes de l’ombre. Son esprit vacilla telle une bougie ballottée par le vent, mais avec une volonté qu’il n’aurait jamais cru posséder, l’enfant s’accrocha à la réalité par delà le mal qui l’affligeait. Sa respiration se faisait sifflante mais par delà ses battements de cœur erratique se faisant cacophonie, les voix résonnaient dans l’espace telle des volées de flèches acérées décochés sur les deux pauvres enfants.

« Lai…laissez…là… »


Une quinte de toux secoua son corps frêle souillé de vermeille, crachant une gerbe de sang alors que ses mains tentaient en vain de prendre appuis sur le sol pour se redresser. Tentative voués à l’échec, ne faisant qu’empirer son état déjà précaire dans de stupide essai infructueux. Il faiblissait de plus en plus, le sang s’écoulant hors de son corps dissipant la chaleur, seul le froid lui tendait les bras.

Et pourtant.

Un geste. Des voix se faisant démences. Un cri. Une force venu de nulle part lui permit de redresser la tête vers le cri, son corps tremblant se redressant sur ses avant bras avant de chuter lourdement sur le sol dans un gémissement de douleur.

« Mashia… ! »


Un souffle rompu. Brisé. Se faisant reflet du jeune chinois à terre. Son cerveau marchait au ralenti, épuisé, engourdi, il avait toutes les peines du monde à focaliser son esprit sur la réalité, son regard se fichant sur les cheveux vermeilles de la fillette comme une ancre dans la tempête. Il voulait bouger, mais son corps refusait. Il voulait crier, mais sa voix se dérobait à sa volonté. La seule chose qu’il pouvait faire, c’était observer un monde brumeux, s’accrocher dans un espoir dérisoire.

L’atmosphère changea. Lourde. Macabre. Elle appuya lourdement sur son corps semblant écraser son corps douloureux de son implacable puissance. Le noir dansa devant son regard atterré alors qu’une voix se fit sifflement douloureux à ses oreilles. Un frisson le parcourut, dévastateur alors que la glace se fit voile sordide l’emprisonnant entre ses serres acérées. Une nouvelle tentative pour appeler la fillette à l’origine du déferlement se perdant dans son propre souffle rauque manquant de force. Il ne pouvait plus bouger, seul demeurant une sensation d’étouffement se faisant de plus en plus impérieuse, pesant sur son corps.

Un rugissement parvint à s’insinuer jusqu’à ses oreilles, sa tête lui tourna mais il reconnut l’aura de son maître.

Un sourire ourla ses lèvres craquelées et il lâcha prise. Si il était là, alors Mashia n’avait plus rien à craindre, n’est ce pas ? Et puis, il était si fatigué…
Sa dernière vision floutée de noire fut l’apparition majestueuse d’un magnifique tigre au pelage orangé…Un éclat d’émeraude. Des flammes noires. Et les ténèbres refermèrent ses crocs avides sur l’enfant.

~°~ ~°~ ~°~
    Il y avait du sang. Tellement de sang. L’odorat du tigre était saturé par la fragrance ferreuse se faisant entêtante à mesure qu’ils approchaient de l’épicentre. Ils n’avaient plus une seconde à perdre. La puissance de la dragonne noir se faisant impérieuse et écrasante, l’animal totem de son jeune disciple avait de réel réticence à approcher d’un tel fléau mais le dragon n’en démordait pas, le protégeant de son aura paré d’émeraude à présent clairement visible à l’œil nu.

    ~ Hâtons nous Hector ! Ignore les, nous avons plus urgent ! ~


    Les griffes teintés de vermeilles laissaient des sillons écarlates sur leur passage, souillant la propriété des pêcheurs qui avaient enlevés leurs enfants. Ils seraient leur punition, juge et bourreau tout comme ils l’avaient été pour deux innocentes créatures. La sagesse de Long, aussi ancestrale était elle ne pouvait guère pardonner tel acte, et ceux le cautionnant ne méritait rien d’autre que la mort. Mais là, le plus urgent était de rejoindre l’épicentre du fléau prenant des aires de cataclysme et non pas se venger de leur stupidité. Ignoraient ils ce qu’ils avaient ainsi éveillé de son long sommeil !? Les fous !

    Dohko.

    ~ Reste près de moi Hector ! Mon cosmos te protégera un temps. ~


    Mais il ignorait combien de temps, hélas, son énergie commençait à s’amenuiser tant il tirait sur dessus. La distance, le demi contrôle de l’animal et sa protection ainsi que le précédent combat amenuisait ses ressources…Et la prochaine lutte semblait bien plus âpre que les précédentes.

    Il ressentait dans cette tourmente, à peine le cosmos de son disciple. Un rugissement ébranla l’édifice se faisant cri de soutien alors que l’animal en tête défonçait la porte derrière laquelle le carnage prenait place, ignorant les hommes à terre qu’il piétina sans ménagement, enfonçant ses griffes d’airains dans leurs chairs tendres.

    Le félin se précipita sur la silhouette ensanglantée du garçon, Long s’attardant un instant sur l’état alarmant de celui-ci alors que l’animal rugissait à la face de la dragonne noire étendant ses flammes macabre dans la pièce, étouffante. Le cosmos d’émeraude redoubla de puissance pour lutter contre l’effet pervers du feu noir, se faisant barrière protégeant aussi bien l’animal que l’humain qu’il protégeait.

    ~ Il suffit Dragonne Noire ! Calme ta rage meurtrière ! Ta gardienne ne supportera pas ton déferlement de pouvoir et tu disparaitras avec elle si cela arrive ! Est-ce là ce que tu veux !? ~


    L’animal feula alors que ses pupilles s’étrécissaient, prête à fondre sur cette proie désignée comme la menace. Long lui tint la bride, alimentant toujours sa barrière de son cosmos, les flammes ardentes léchant ses contours avec une force vigoureuse.

    ~ Hector, appel ta fille ! Il faut qu’elle reprenne conscience, qu’elle sache que tu es là et que tout est terminé ! Qu’il n’y aura plus de violence…Que tout est fini. Elle doit lutter elle aussi contre le pouvoir de la dragonne. Elle est sa gardienne, elle en a le pouvoir, mais il faut qu’elle ait une raison pour ne pas se laisser consumer par elle. Une raison pour lutter contre la douleur et la peur. Rassure là mon ami. ~


    La douleur était mauvaise conseillère mais au vu de l’état préoccupant des deux enfants, il fallait faire vite. Il y avait tant de sang…Le souffle de Dohko était si faible…

    Vite. Pitié Dragonne. Aie pitié de ses enfants.

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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Mer 25 Avr - 23:39



    La Dragonne Noire sifflait sa rage entre ses dents. Laissait échapper à un rythme régulier, des volutes de fumée charbonneuse, une véritable purée de poix. Des ombres mouvantes, agressives aux crocs et aux griffes inquisitrices, prêtes à faucher toutes vies. Si l'on arrêtait pas ce fléau, Elle continuerait cette entreprise sans jamais faiblir
    Car telle était la devise de la Mère écailleuse : œil pour œil, dent pour dent. Résumé en tout cas, car son langage demeurait un mystère, et d'une complexité incroyable. La petite, prostrée, roulée en boule était à demie-consciente de ce qu'il se tramait autour d'elle. Ses petits yeux turquoises apeurés, reflétant les flammes noires crachées partout sans qu'Elle, ne fasse la moindre distinction. Tous des ennemis. Réveillée, son courroux allait déferler comme le flot de la lave d'un volcan. Personne n'avait le pouvoir de l'arrêter. Pas même cet importun qui lui soufflait la paix. Un de ses pairs, peut-être un peu plus âgé qu'Elle. Mais lui non plus ne la comprenait pas.

    Personne ne la comprenait. Alors, de cette douleur née de cette incompréhension, en résultait sa colère ardente. Seulement, au moment où la silhouette ombrée de la Dragonne se tourna vers l'imposant tigre qui feulait sa rage, prête à le tuer d'un unique coup, une petite voix lui parvint. Juste, des bribes. Déformés, c'était comme.... parler à travers l'eau. Elle baissa sa tête vers sa protégée, sa gardienne qui levait une main tremblante, sanglante vers elle. Mashia ne pouvait saisir que du vide, bien sûr, mais Elle, se stoppa un moment. L'observant de ses yeux rouges, de ses pupilles étrécis par la frénésie. Ô ! qu'ils paieraient tous pour cela !

    ~Mon enfant.~ gronda t-elle en ouvrant sa gueule formidable, prête à happer le félin au pelage automnal.

    Hector, au tout dernier moment, s'interposa, écartant ses bras pour faire barrage de son corps massif. Il jeta un regard entendu au totem de Long avant de faire résonner sa voix forte, puissante. Il n'avait pas peur d'Elle, et Elle, consentit à ne rien faire, à la demande de sa protégée.

    «Cesse cette folie Dragonne Noire ! Ou tu nous réduiras tous en tas de cendre ! Ta gardienne y comprit, elle est trop faible pour te contenir ! Regarde la ! Regarde ces deux enfants ! Toi qu'on dit être la Mère aux sombres écailles !»

    ~Mère?~ répéta la forme chimérique tandis qu'elle déployait des ailes vaporeuses tel un oiseau protégeant ses petits. Les flammes noires cessèrent un temps de danser, semblèrent se figer. Un grondement retentit à nouveau puis, dans un souffle, une onde dans l'air, son cou se déroula pour se pencher au dessus de Dohko, le touchant presque de son museau pointu.


    ~Enfants...~
    Dans son œil enflammé, un voile de tristesse sembla y glisser, instantanément, il devint plus... humain. Oui, on pouvait bel et bien ressentir une once de nostalgie chez cette bête mythologique. Issue des légendes, des fantasmes de l'imagination humaine. Mais Elle était bien réelle. Sa démonstration de puissance, son réveil l'avait prouvé. En témoignait les corps tordus dans leur propre sang, la face figée dans d'horribles rictus de douleurs.

    Ils avaient payé au centuple ce qu'il avait osé faire à ses enfants. «Arrête Dragonne...» cette petite voix n'était qu'un souffle douloureux qui lui arracha une sorte de gémissement plaintif. Le géant à la peau cuivré osa doucement l’approché. Ses gestes, se voulant très lents, afin de ne point la brusquer. Mais Mashia réclamait ses bras solides, la chaleur de son père adoptif. Émue, elle le laissa faire, s'effaçant peu à peu comme si un vent invisible la transportait ailleurs... Un dernier regard au Tigre et l'apparition s'évanouit. Comme les flammes noires qui les entouraient de leur menace grandissante.

    «Merci...» articula le vieux saint en allant cueillir la fillette salie par tant de sang qu'on ne distinguait presque plus l'immaculé de sa peau. Son petit kimono blanc ? Plus qu'un amas de lambeaux de tissu épars. D'un geste hâtif, la sentant tremblotante, Hector retira son manteau de lin pour l'en recouvrir, l'emmailloter. Comme cette autre fois, cet autre soir où la Lune avait dardé des rayons ocre sur ce village dévasté par la folie de quelques uns...

    Une larme roula sur sa joue creusée par de nombreuses rides. Puis, sans ajouter quoique ce soit, il attrapa aussi le garçon. Les transportant tout deux avec une infinie précaution.

    Quand ils sortirent, ce fut l'astre du soir qui leur sourit. À la faveur de cette nuit. Sous son couvert.

    ~°~ ~°~ ~°~

    «Mon ami... je te la confie, prends en grand soin... comme si elle était... ta propre fille. Promet le moi !»
    Me supplia mon ami, ce cher Takeo. Ô dans quel état tu te trouvait ! Sur le point de rendre ton dernier soupir. Mortellement blessé, tu avais tenu bon dans un seul et unique but, me remettre cette toute petite poupée aux joues roses et aux cheveux aussi rouges que pouvaient être les tiens. Tu me la confia dans un ultime effort. Tu échangeas avec moi un dernier regard, un sourire. La main qui enserrait la mienne glissa, retomba sur le sol.

    «Mashia...»


    Ton dernier mot avant de glisser... Je n'avais pas eu le temps de te dire un mot. Malgré cela, je soufflait au creux de ton oreille tout en fermant tes paupières qui voyaient maintenant bien au delà de l'horizon encre et pourpre. «Je t'en fais la promesse, mon ami. Pour toi, pour Kaede, pour elle qui vous ressemble tant...»
    Mashia. Fille de Takeo et Kaede Mokushi, gardienne des secrets du Clan. Je ne savais pas ce que cela incombait. Mais une chose s'insinua dans mon esprit.

    J'étais père.

    ~°~ ~°~ ~°~
    «Papa...Papa» Ne cessait de marmonner la petite Mashia dans son sommeil. Étendue dans un petit lit de fortune, dans une petite pièce à peine éclairée par la lumière de l'aube naissante, elle s'agitait dans son sommeil, froissant les draps gris pâles. Seule avec Hector qui veillait sur elle, agenouillé à ses côtés, il posa une main calleuse sur son petit front fiévreux. À l'abri dans ce monastère, il appréciait ce calme, cette quiétude, après ces derniers événements. Il avait jugé bon de les amener ici. Enfin, Long avait eu cette idée, une très bonne idée.
    Cela permettrait aux deux petits de récupérer. Et ce lieu avait quelque chose de rassurant. Les effluves de l'encens ? Les prières chantées des moines au petit jour ? Bref, l'homme se sentait moins oppressé.

    Il s'efforçait de faire tomber la fièvre de Mashia, or, en l'entendant gémir, son inquiétude reprit le pas sur tout le reste. Hector se releva, sortie de la chambre pour marcher dans un long couloir qui lui semblait interminable. Il finit par déboucher dans un jardin magnifique, aux milles et unes senteurs. L'air vivifiant, lui fit du bien.

    Maintenant, il ne pouvait plus qu'attendre.



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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Mar 1 Mai - 16:41

    La folie c’était tût. Tout était terminé à présent. La dragonne noire avait calmée sa rage, détruisant dans sa fureur les derniers reliquats d’âme que devait posséder les fanatiques qui avaient tant lutté pour sa destruction. Quel affreuse ironie était ce là, eux qui étaient tombés sous le pouvoir qu’ils avaient éveillés de leur monstruosité. Qui était le monstre ? A cela, Long avait une réponse à fournir bien précise qu’il préférait taire.

    Il y avait tant de sang. L’odorat du tigre en avait été saturé et l’animal aurait été fort tenté de se jeter sur le premier homme en noir venu pour apaiser cette colère croissant en lui. Mais il avait laissé le dragon millénaire ouvrir la voie vers ce qui serait un abri, là où des hommes de biens pourraient soigner celui à qui il était affilié. Un vieil homme avait ouvert les lourds battants du monastère avant même que le géant ne frappe, s’effaçant pour laisser passer le félidé et l’homme avec son fardeau. Une lueur d’inquiétude, de l’empressement avant qu’il ne les dirige vers une chambre pour déposer la fillette ensanglantée, alors qu’un jeune moine récupérait dans ses bras l’autre enfant pour l’emmener dans sa propre chambre.

    Le silence à présent se faisait étrange. Un silence apaisé mais angoissant car teinté d’une inquiétude palpable malgré la sérénité des lieux. L’attente. Il n’y avait plus que ça à faire à présent.

    Le félin était demeuré au pied du lit de son protégé, silencieux, se faisant gardien tapi près à défendre le petit corps luttant contre un mal invisible tel un sphinx attendant la réponse à son énigme. Les pupilles de l’animal s’étrécirent, se faisant lueur dangereuse lorsqu’un homme nimbé de la lumière de l’aube entra dans la pièce. Drapé d’une tunique aux teintes chaleureuse, le vieil homme s’inclina devant le félin qui s’était redressé, grondant. Un instant, il sembla que l’animal allait bondir, mais la lueur dans son regard changea, se faisant plus calme alors qu’il s’asseyait avec noblesse. Un frisson et le vénérable s’approcha sans crainte.

    ~ Excuse moi Shao. La nuit a été longue. ~


    Un sourire compréhensif étira les lèvres du moine avant que son regard ne se tourne sur le garçon allongé enrubanné de linge teinté de vermeille. Un pli d’inquiétude plissa son front alors qu’il touchait le front de l’enfant, vérifiant son état d’un coup d’œil expert. Le tigre baissa la tête.

    « C’est un garçon têtu. Il s’en sortira, grâce à toi, ses blessures ne saignent plus, et il cicatrisera rapidement. Mais il doit luter contre autre chose à présent. »

    ~ Ce n’est pas que de mon fait. ~


    Un coup d’œil à l’animal se faisant sibyllin avant que le vieil homme ne se redresse après avoir caresser avec douceur le front de l’enfant. La fièvre échauffait son corps mais il n’y avait rien d’anormal à cela pour l’instant. Il ne doutait pas de son rétablissement.

    « Vous ne serez pas dérangez dans cette aile du monastère. »


    ~ Merci Shao. ~

    Le félin observa le visage endormit de son protégé, presque paisible, avant qu’une grimace ne déforme les traits de son faciès face à la douleur qui devait l’habiter. Il ne pouvait pas y faire face à sa place et c’était là, une épreuve qu’il devait surmonter seul.
    L’animal sorti en silence laissant le tuteur de Dohko veiller à sa place.

    Ils ne pouvaient rien faire d’autre qu’attendre.


~°~ ~°~ ~°~
La douleur. Le rouge teintant une lame. Le noir, voile lugubre se faisant démence irraisonnée. Un regard fou. Coupable. Effrayant. Souffrance. La chaleur étouffante. Mal. Il avait si mal.
La couleur vermeille se mêlant à l’encre de flamme ardente.
Du sang. Une poupée. Des cris incompréhensibles, brume dans son esprit épuisé. Le corps lourd, les ténèbres et le vide absolu.

Ténèbres insondables. Eclat de lumière.

Une lumière doré si chaude et pourtant si lointaine, murmurant des mots qu’il ne parvenait pas à comprendre. Une langue étrangère. Etrange. Un baume doux, remplaçant les cris fous blessant son âme. Une lueur caressant son corps semblant éloigner la douleur…

Un éclat doré dont il oublierait tout au réveil mais qui lui promettait au moins un sommeil salvateur.

~°~ ~°~ ~°~
    L’humidité se faisait brume d’argent apportant au monastère un voile de mystère, beauté évanescente plongeant l’aube naissante dans une fragile alchimie. Magique. Silencieux telle une ombre automnale, l’animal s’approcha de son compagnon d’infortune, s’asseyant à ses cotés sans mot dire. Il resta là plusieurs minutes, profitant simplement de l’instant fugace qu’était le levé du soleil éloignant l’orage de la nuit de ses rayons d’ors.

    ~ Shao est un homme doué dans son domaine, tu n’as pas à t’inquiéter pour ta fille, elle est entre de bonne main. ~


    L’animal profita des rayons dorés caressant son pelage. La fatigue se faisait ressentir dans son esprit et profiter de cette éclaircie lui était particulièrement agréable. Son cosmos avait brûlé avec intensité cette nuit, et à présent, ses réserves s’étaient drastiquement épuisées si bien que maintenir la connexion avec le tigre était bien la seule chose qu’il pouvait faire à l’heure actuelle.

    Mais ils ne pouvaient qu’attendre alors qu’importait.

    ~ C’est ici que vit Dohko, vous y serez tranquille le temps qu’il faudra. ~ Le tigre observa Hector dans la clarté du petit matin. L’inquiétude obscurcissait ses traits, les rendant plus dur que ce que la jovialité de son caractère faisait d'habitude apparaître sur son faciès. ~ Toi aussi tu as besoin de te reposer mon ami, ton inquiétude, même si elle est compréhensive, ne la fera pas reprendre conscience plus rapidement. ~

    Et il y avait peu de chance que cet infâme groupuscule n’ait survécu à leur rage. Tout du moins, ceux c’étant dressé sur leur route ne l’était surement plus. C’était si désolant. Une telle vindicte, une telle crainte se faisant âme tordu par une folie démente capable de blesser ainsi de pauvres enfants innocents incapable de se défendre contre eux.

    Et il resta silencieux. Attente d’un éveil. Attente de mot. Tant de questions demandant réponse mais aucune question ne vint troubler l'instant. Il était trop tôt.
    Il fallait attendre. Attendre dans l'inquiétude. Dans le doute en ne pouvant que regarder impuissant deux pauvres enfants se débattre dans une souffrance injuste. Si jeune. Si cruel.

    Et ce n'était qu'une épreuve parmi tant d'autres qui paveraient leur route, ralentirait leur course en avant. C'était ce qu'on appelait la vie.
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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Ven 4 Mai - 23:20




    «Je n'en doute pas, Long, je n'en doute pas...» souffla le vieil Hector dans sa barbe. Sa voix, faible murmure étouffé par l'amertume, était pareille à la braise que l'on couvre de cendre : toute chaleur éteinte, évaporée. Lui d'habitude si jovial se montrait d'une austérité presque alarmante quand on connaissait bien le personnage. Si grave ! Son vieil ami Naios, d'aussi loin qu'il s'en souvienne, ne l'avait jamais vu dans un tel état de flegme. Il aurait put subir n'importe quel supplice, lui arracher le cœur, le torturer, qu'importe, pourvu que l'on ne s'en prenne pas à sa petite poupée du Japon. Fleur délicate s'épanouissant timidement sous les pâles lueurs de l'aube, il priait chaque fois l'Aurore, la dame aux doigts roses, pour que Mashia puisse un jour s'envoler dans un ciel bleu sans nuages.

    Voici la volonté de chaque parent. Car oui, il demeurait son père. Un père bienveillant et protecteur. Trop peut-être. Or, pouvait-il sciemment se jurer de la protéger des obstacles qui se dresseront sur son chemin ? Cette mésaventure lui prouvait l'inverse. Face au destin, Hector était impuissant. Comme tous, Sisyphe en puissance que nous sommes, nous devrons porter le poids de la Fatalité, sa croix. Ainsi était la destinée de quiconque. Supporter la vie, ou ployer sous son joug. Non, le cours de ses réflexions faussées par les douleurs de l'âme, furent interrompu par le chant mélodieux des mandarins. Oiseaux au magnifique plumage bleu, aux reflets légèrement verdâtres et au ventre jaune, à l'instar d'un soleil radieux. Un éclat passant dans ses sombres prunelles.

    «Le repos, je le trouve ici en contemplant ce jardin : tout ici me rappelle la beauté mystérieuse de l'Asie. Quoi que tu me diras, nous sommes en Chine ! -railla t-il en mettant ses mains sur ses hanches- Je ne sais pas, quelque chose ici fait naître en moi un sentiment de plénitude. Je suis apaisé, étrangement calme. Peut-être est-ce la nostalgie...»

    Rêveusement, le regard perdu dans l'immensité des nues, le géant au grand cœur laissa une larme glisser le long de sa joue buriné par les aléas du temps. Rides profondes creusées par une main capricieuse, par le cours des sentiments. Contrariété, doute, colère, liesse, surprises, bonnes comme mauvaises, autant d'émotions laissant une trace visible sur chaque visage. L'apparence disait beaucoup de la personne. Voir au delà, lire plus en profondeur restait quelque chose de plus compliqué.

    «Kaede.... -souffla t-il un sourire naissant à la commissure de ses lèvres- oui, j'en suis sûr à présent, cet endroit, il me fait un peu penser à la mère de Mashia. Elle lui ressemble d'ailleurs, la petite a hérité de sa grâce nippone, de son teint de neige, ses lèvres pareilles à deux pétales de rose... or ses cheveux rouges et ses yeux bleus, viennent de son père ! Sacré Takeo. Mais excuse-moi Long, je m'égare. -il se racla la gorge avant de rire plus franchement.- Q'est-ce que je pouvais l'aimer.»
    Ajouta t-il distraitement en repensant à la mère de Mashia. «Je les adorais tout deux. Tu comprends donc ? Mashia est tout ce qui me reste d'eux. Et elle aussi, je l'aime comme ma propre fille.»

    La fin des confidences. Un peu gênés par ses aveux, le vieux Hector secoua sa main dans la direction du tigre, comme si il chassait ses pensées, ses dires, ses non-dits.

    ~°~ ~°~ ~°~

    «Papa !»

    Haletante, secouée de frissons et en sueur, la petite Mokushi s'était d'un coup redressée sur sa couche. Quelques mèches collaient à son front fiévreux, cheveux qu'elle chassa d'instinct pour mieux voir. Car elle ne reconnaissait pas les lieux. Elle se calma progressivement en sentant la douce fragrance familière qui s'échappait des encensoirs : enfin, il n'y avait plus de noir. Juste, des couleurs chaudes, chaleureuses. Des petits points lumineux dansaient devant ses yeux clairs, preuve irréfutable que la jeune fille souffrait encore de ses blessures. Un vieil homme se présenta doucement à elle, tout sourire, apparition soudaine, qui la surprit et lui fit momentanément peur. La petite était comme un animal sauvage blessé : craintive. Mais après de telles épreuves, qui ne ferait pas de même ?

    «N'ai crainte douce fleur, je suis Shao, tu es en sécurité maintenant. Tu te trouves dans le monastère ou vit Dohko, soit rassurée, ton père n'est pas loin, il t'a veillé toute la nuit, j'ai pris la relève pour lui.

    Tu rêvais, n'est-ce pas ?»


    Interdite, la petite se contenta de secouer la tête, acquiesçant à cette question tout en se recroquevillant davantage dans ses draps de lin crème. Puis, presque inaudible tant elle avait du mal à faire sortir sa voix, la jeune gardienne osa dire :

    «Je fais toujours le même rêve.»

    C'était vrai. Il n'y avait pas une nuit où la petite ne songeait pas à cette même scène où elle se voyait face à la Grande Mère, la Dragonne Noire qui dardait sur elle, son regard rouge. Sauf que cette fois, il était d'or, non point rouge. Prunelles jaunes, quand elle était apaisée.

    «Je voudrais voir Dohko, s'il vous plaît.»
    ajouta t-elle de sa petite voix fluette alors que ses joues se paraient d'un léger voile rose. Mélange de timidité et de fièvre. Sans doute n'était-ce point judicieux de la mener maintenant à lui. Sauf que ces petits yeux suppliant et l'once de culpabilité qui traversait ces derniers eurent raison de ses réticences. Déjà soignée, lavée et habillée d'un kimono ocre, rehaussant la flamboyance de sa chevelure carmine, Mashia n'eut qu'à tendre les bras vers l'homme pour qu'il l'aide à se remettre sur ses pieds. D'abord chancelante, la petite fille resserra sa petite main autour de celle de Shao. Un sourire encourageant de ce dernier, et ensemble, il cheminèrent dans le monastère. Le voyage ne fut pas bien long, somme toute assez agréable, puisqu'elle pouvait apprécier cette légère brise fraîche sur sa peau de nacre. Parfois, une moue déformait quelque peu ses traits, sous le coup de la douleur, seulement, le simple fait de savoir son ami non loin lui redonnait du baume au cœur. Alors, quand il s'arrêta devant une porte en bois massif, un large sourire s'épanouit sur son visage angélique.

    «Dohko !»
    clama la fillette en filant vers le garçon, faisant fi de sa fièvre et de sa souffrance qui tenaillait son pauvre petit corps. Allant trop vite en besogne, Mashia n'avait pas prit le temps de voir si le pauvre garçon était réveillé ou non, se jetant presque à son cou tant elle était heureuse de le revoir.

    «Dohko !» répétait-elle en lovant sa petite tête au creux du cou de son ami, mouillant son épaule de ses larmes chaudes, soulagée.

    Dans l'embrasure de la porte, se tenait appuyé Hector qui observait la scène d'un œil attendrit.

    Il sentait déjà que des liens très fort les unissaient. La séparation risquait d'être difficile.
    Mais il ne doutait pas que ces deux là se reverraient, un jour.


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Saikhan


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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Lun 7 Mai - 12:21


    L’amour. Un don, sentiment si étrange, palette aux couleurs arc-en-ciel dans les cieux d’un cœur désireux d’offrir avant de recevoir. Un tel pouvoir émanait de cette émotion si belle, étincelante de lumière et s’obscurcissant pourtant des plus perfides ténèbres. On pouvait tant faire par amour. Affronter des hordes d’adversaires pour protéger sa belle, sacrifier sa propre vie en échange de celle de son amour ou sombrer dans la folie dès lors que les crocs de la perte se plantaient dans notre cœur.
    L’espace d’un fugace instant, une silhouette évanescente dansa devant ses rétines, souvenir lointain de celle qu’il n’avait su protéger et dont la perte l’avait tant accablé qu’il en était devenu fou. D’homme de bien, il n’avait alors plus qu’été animal blessé et sauvage, dégringolant dans les affres de la démence jusqu’à ce que son humanité ne ce soit asséché jusqu’à la dernière goutte. Il s’était lui-même maudit en maudissant les êtres qui lui avait arrachés son aimé…
    Le sang appel à verser plus de sang encore, et dans ces sillons carmins, il n’y avait rien d’autres qu’illusion et fantôme, mais nul réconfort.

    L’amour se teintait de tant de couleur.

    Silencieux et immobile, l’animal écoutait les confidences de son ami avec respect. Il y avait dans ses mots tant d’émotions contenues par la barrière du corps, simple émanation évanescente dont on ne pouvait comprendre totalement l’intensité. Il ne troubla aucunement le flot de parole de son comparse, se faisant oreille attentive et amicale.

    ~ L’amour. C’est un sentiment qui nous pousse vers le meilleur comme le pire. Je suis heureux que dans ton cas, cela se soit soldé par plus d’amour encore. Tu fais un bon père Hector. ~


    Le tigre n’avait nullement bougé durant sa prise de parole, se contentant de contempler le jardin devant lui sans un regard vers son ami. Sa descente aux enfers avaient été lente et sans aucune issu, aujourd’hui encore, il bataillait contre ce démon qui finirait par avoir raison de lui tôt ou tard. Bientôt. Les étoiles le lui avaient murmurées.

    ~ Tes paroles ont apaisés la Dragonne Noire et ta petite fleur à malgré tout, appris quelque chose d’important à son sujet aujourd’hui. Même si nous aurions tous les deux préférés que les choses se passent autrement…~


    Un souffle ténu alors que la brume se dissipait avec langueur, laissant les rayons du soleil éclairé une journée qu’il espérait de bon augure.


~°~ ~°~ ~°~

Tout était si brumeux. Dans le carcan de son propre corps, le garçon reprenait lentement et difficilement conscience. L’odeur. Les bruits. Même sans ouvrir les paupières, il savait parfaitement où il se trouvait. Chez lui, au monastère. Quelque chose, une vague impression lui disait qu’il était anormal qu’il se trouve ici, allongé dans son propre lit. Confus, il flottait entre rêve sans image et réalité invisible.

Attendre. Un peu, juste encore un peu.

La douleur de son flanc s’éveilla, marquant ses traits d’une grimace alors que les pièces du puzzle de sa mémoire se remettaient en place avec précision. Ses paupières s’ouvrirent brutalement avant de se refermer immédiatement, blessée par la lumière même tamisée de sa chambre. L’étau enserrant son crâne échauffé par la fièvre s’affirma, le faisant grimacer malgré lui. Mais qu’importait ! Il devait sortir.

Il se souvenait. La violence des coups. La folie des hommes. La jolie poupée à la chevelure de flamme prostrée, blessée puis l’aura macabre, puissante, implacable, étouffante. Il y avait eut la présence de son maître et puis…plus rien. Juste le vide qui avait refermé sur lui ses crocs.
Que c’était il passé ? Il osait croire que sa présence en ces lieux était de bon augure pour la fillette à la chevelure vermeille mais un doute s’insinuait dans son esprit. Il devait voir si tout allait bien et se retrouver ainsi seul sans pouvoir savoir était la plus perfide des tortures.
Il se redressa, tant bien que mal, douloureusement avec une langueur agaçante tant ses gestes s’avéraient contraint. Des bandages couvraient ses poignets et il sentait plus qu’il ne voyait sous sa tunique de lin blanc d’autres bandes enserrer son flanc. Le souvenir des coups de l’homme en noir s’inscrivit devant ses rétines…Il avait été si impuissant !

Le gamin secoua la tête pour ôter cette pensée de son esprit. Ce n’était pas l’important pour l’instant. A présent, il devait savoir comment allait Mashia. Son dernier souvenir lui laissait l’espoir mais il lui fallait voir.

Mais le ciel l’avait entendu.

Un cri clamant son prénom puis un corps blottit contre le sien. La surprise et la douleur le firent vaciller et gémir avant qu’ils ne s’effacent face au soulagement qu’éprouva le chinois dès lors qu’il reconnu la fillette. Il fit taire son mal, dissimulant comme il le pouvait la douleur ravivé pour rassurer la Mokushi et pour prendre pleinement conscience de cette réalité entoura l’épaule de la petite fille de son bras le moins douloureux. Le voile carmin de ses cheveux. Les larmes salées. Ce n’était pas juste un rêve.

« Je suis si content que tu aille bien Mashia. »


Un souffle pour eux seul, ignorant les spectateurs de cette touchante scène de soulagement mutuel.

~°~ ~°~ ~°~

    Touchante retrouvaille. Les tourments que les deux enfants avaient partagés les avaient liés de manière irrémédiable et nul ne doutait à les observer que leur route se croiserait de nouveau dans l’avenir.
    Le félin observait en silence mais plus à l’écart, ne souhaitant visiblement pas que les deux jeunes puissent le voir. Il avait ses raisons. Il était préférable que Dohko ignore cela pour l’instant.

    ~ Il est temps pour moi de rendre sa liberté à Hǔ, lui aussi à besoin de repos et de reprendre sa vie. Et il ne passe passera pas beaucoup de temps inaperçu, même ici. ~


    Une pointe d’amusement perça dans la voix du dragon alors que la tête de l’animal se tourna vers le vieil homme pour reprendre.

    ~ Occupe toi bien de lui Shao, et surveille le. Je ne veux pas qu’il vienne me revoir dans cet état. Et toi comme moi savons qu’il en est tout à fait capable, aussi stupide cela peut il être. ~


    Le vénérable eut un sourire à ses mots avant qu’il ne se penche en avant pour saluer avec respect le tigre à la parure automnale.

    « Je le ferai. Prenez garde à vous Maître Long. »


    Un acquiescement dans le vide pour seule réponse à cette mise en garde surfaite. Habituel. Shao le connaissait depuis trop longtemps pour ignorer une partie de ce qu’il se tramait dans le cœur du séculaire dragon. Le temps le rattrapait.

    ~ Hector, tu es le bienvenu dans mon antre quand tu le désir. Je serai ravi d’avoir des discussions plus calme avec toi avant que tu ne repartes sur les routes avec ta précieuse enfant. ~


    Et l’animal s’en fut dans l’aube, silencieux comme une ombre.
    Le visage du vieil homme fixa un instant le point où il avait disparut avant de se détourner avec une expression étrange. Le temps…Il était un adversaire féroce et implacable, il remportait toujours la bataille.

    « Votre fille est douce et courageuse. Elle aura besoin de repos et de votre présence pour guérir. » Un sourire, léger voile sur ses lèvres. « Celle de notre jeune tigre aidera surement également, et réciproquement. »

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Mashia


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MessageSujet: Re: Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine   Mer 6 Juin - 1:34



    Les brumes éparses du matin se retiraient peu à peu, voile diaphane et humide laissant ça et là des centaines de paillettes d'or au regard rêveur des moines. Ce silence perpétuel qui régnait ici, à la fois austère et cérémonieux, était parfois brisé par un son de cloche. Une procession d'hommes à l'habit automnal traversaient les couloirs la tête basse , psalmodiant dans leur barbe, quelques prières adressées à leur Dieu. Non, en faite il régnait ici un silence bruyant. Bruyant mais rassurant à la fois pour la petite Mashia.
    Toujours serrée tout contre son nouvelle ami, la fillette trouvait refuge entre ces bras chauds. Son premier véritable ami. Dohko ! Ô comme elle était heureuse face à ce constat ! La poupée rousse oubliait presque jusqu'à leurs mésaventures. Ombres maintenant relayées au second plan, derrière un rideau opaque.

    Hector regardait son ami partir à son tour, trop éreinté d'avoir eu à emprunter le corps d'un tel animal. Le félin s'éloignait à pas de velours, disparaissant au détour d'un couloir adjacent. Tout se terminait bien finalement. L'orage partit, le soleil pouvait étendre ses bras sur l'ensemble du pays, embrassant la Chine de ses rayons doux. Une nouvelle journée commence. Ainsi était le grand Cycle.

    «Dohko ? Tu peux te lever ?» interrogea le géant grecque en approchant du lit. Mashia, les yeux grands écarquillés, secoua la tête énergiquement. Elle venait de comprendre le deuxième sens des paroles de son père adoptif.

    «Non ! Je ne veux pas partir, pas maintenant ! Pas comme ça Hector !»
    froncement de sourcils «Papa» reprit l'homme avec douceur tentant d'un geste, de la rassurer. «Nous n'allons pas nous en aller comme cela, bien sûr. Non, avant nous allons profiter un peu de cette journée.»

    Puis sans demander son reste tout en éclatant d'un rire joyeux, le père aux yeux olives s'empara de ces deux petits êtres avec une infinie précaution. Il serait dommage de rouvrir ces plaies ! Shao le regardait faire sans sourciller, un léger sourire accroché à ses lèvres. Mais, avant qu'ils ne partent de la pièce celui-ci adressa ces quelques mots au petit groupe.

    «Un nouveau jour pointe le bout de son nez, chaque jour, le soleil est plein de promesse. À vous de savoir l'honorer. Petite fleur rouge, ne pense point aux adieux, car ce n'est qu'un au revoir entre toi et ton ami. Le Soleil vous réunira de nouveau....»


    Un hochement de tête en guise de salut et les voilà parti pour une dernière ballade.
    Hector se plaisait beaucoup à les entendre discuter, ces deux là. C'était la première fois qu'il entendait sa protégée rire de cette façon, s'ouvrir à quelqu'un. Autre que lui, bien sûr. Ces deux là étaient promis à un grand avenir. Shao avait mille fois raison ! Ils ne pouvaient que se retrouver à un moment ou à un autre. Les Moires les réuniraient d'ici quelques années à peine, pas besoin d'aller consulter leur immense canevas pour savoir cela ! Même si il n'était pas devin, Hector savait que elle et lui se reverraient en d'autres circonstances ! Bonne, ou mauvaise !

    Les liens qui les unissaient demeureraient inaliénables.

    «Dame Dragonne est contente !» déclara soudainement la petite en se penchant quelque peu du haut de son perchoir. Hector, tout en raffermissant sa prise afin que Mashia se glisse pas de son épaule, se prit à sourire. «Vraiment ?»

    Aussi étonnant que cela puisse paraître, la Gardienne-Mère semblait apaisée. Fusse là un effet de leur mésaventure ? Éveillée par la Voix de l'un des ses semblables ? Probablement aux dires de la jeune fille aux yeux pers. Un soulagement. Un soupir.
    Et les discussions enfantines reprit de plus belle : tantôt s'extasiant sur la beauté du paysage, tantôt d'un oiseau fendant le feuillage d'un arbre pour prendre son envol dans l'immensité du ciel limpide et bleu.

    Une si belle journée ne pouvait connaître de fin. Hélas ! Leurs pérégrinations les avaient conduit à l'Antre de Long. L'astre du jour déclinant, il leur faudrait bientôt reprendre la route. L'heure de la séparation approchait. Les yeux humides en devinant la silhouette de l'immense Dragon de Chine, Mashia, une fois à terre, ignora la douleur qui tenaillait encore son corps pour aller se blottir contre la masse écailleuse. Être vénérable et sage qui, d'un œil attendrit, se laissa faire.

    «Petit Lotus, ne pleure pas, tes larmes sont précieuses, ne les gâchent pas pour un vieux monstre comme moi.»

    Ce à quoi la petite répondit entre deux sanglots : «Tu n'es pas vieux, tu es très vieux !» Un nouvel éclat de rire caverneux et cristallin à la fois. La bête mythologique porta son regard bienveillant sur son élève puis enfin, sur Hector. «Prends soin de toi Hector. J'espère que nos chemins se recroiseront encore ! Le Destin s'est montré généreux en te portant jusqu'à moi. Voilà qui comble mon cœur millénaire !»

    De leur côté les deux enfants aussi s'échangeaient des au revoir nimbés de tristesse. Un véritable déchirement pour eux. Ils avaient appris à se connaître dans la douleur, l'entraide et le courage et voilà qu'ils se quittaient à présent dans le plus grand des chagrins. Accrochée à son cou, Mashia se désespérait de devoir le quitter si tôt.

    «Dohko ! Promets moi de ne pas m'oublier ! Te me le promets, dis ?»

    Très sérieuse, elle tendit son petit doigt vers le garçon, plongeant dans le vert de ses yeux. Un serment sous la lumière de la Lune d'Argent. Quelque chose de nullement anodin bien qu'ils ne soient que des enfants. Un serment de chevalier. Hector et Long les regardaient tout sourire entrelacer leurs phalanges. Promesse. Larmes mal contenues.

    Derniers signes de la main, derniers regards jetés en arrière quand le père et sa fille s'éloignèrent du point d'eau...

    ~ Au revoir Dohko ! Au revoir Long et la Chine ! Il est temps de clore cette histoire appartenant au passé.

    Le Tigre et le Lotus, une contine lointaine.

    Fin.

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Le Tigre et le Lotus, Contine Lointaine

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