RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [BG Asmita & Mashia] Les écueils d'une fleur de lotus

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Mashia


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MessageSujet: [BG Asmita & Mashia] Les écueils d'une fleur de lotus   Jeu 5 Avr - 23:36


~Les écueils d'une fleur de lotus





    L'odeur douceâtre de l'encens emplissait le temple de la Vierge, accueillant quiconque foulait ces lieux baignés par la lumière d'or du jour naissant. Des volutes de fumées blanches s'échappaient des coupes d'or contenant la précieuse résine aromatique. Se dressait au fond du bâtiment antique aux hautes colonnades, une statue prenant la forme d'un lotus tout à fait épanouit. Dont les pétales immaculés se paraient de multiples étoiles scintillantes effet dut aux bras éclatant du soleil. En son centre, Asmita de la Vierge méditait dans la même position que la sculpture d'ivoire. Non loin de l'illustre Chevalier d'or, son élève, jeune femme de dix-huit printemps, l'imitait, appliquée dans cet exercice qui à ses yeux était primordial et rythmait le commencement de ses journées. Les mains jointes l'une contre l'autre, l'aspirante chevalière du Lotus ne brisa sa position qu'en entendant le bruit caractéristique que l'armure zodiacale produisait chaque fois que son propriétaire se mouvait. Levant la tête vers son maître, Mashia Mokushi ne voulut briser ce silence qui s'était installé depuis plusieurs heures déjà. Seul le cliquettement du métal foulant le marbre s'élevait à mesure que le Saint posait pied à terre. Toujours en silence, l'élève se redressa, tout en tirant sur ses habits d'entraînement. Elle suivit le chevalier aveugle sans le questionner, pourtant, bon nombre d'interrogations venaient assaillir son esprit. Ces dernières tourbillonnaient dans sa tête sans qu'elle ne laisse rien paraître à l'extérieur. Son visage, nullement masqué, et c'était là un choix réfléchis et assumé, ne laissait rien transparaître de ses émotions. Pas besoin de le dissimuler quand on pouvait cacher ses sentiments derrière un faux masque d'impassibilité. Tout était une question de maîtrise de soi. Un travail d'introspection.

    Travail que la jeune femme s'était imposée à la demande du gardien de la sixième maison. Toute future fleur du Lotus qu'elle était, son voyage ne faisait que commencer. Son éveil viendrait bien assez tôt, et elle pouvait en ressentir les prémices. Toujours mal à l'aise aux côtés de son maître, la demoiselle se contentait de répondre poliment quand cela était nécessaire ou tout simplement poser ses questions, si elles semblaient pertinentes.
    Sa timidité empêchait tout emportement, attitude exagérée ou excessive : d'une nature calme et discrète, la jeune femme se complaisait à observer et écouter, plutôt que d'user de l'art de la rhétorique. Peut-être était-ce pour cette nature douce, non impétueuse et imprévisible, que le chevalier de la Vierge l'avait choisit elle? Et lui apporter son enseignement.

    L'homme à la chevelure d'or s'arrêta quand ils eurent atteint le seuil du Temple. L'astre du jour venait à poindre à l'horizon, dardant ses rayons sur l'ensemble du Sanctuaire. Des hirondelles au plumage d'encre et au ventre immaculé fendaient les cieux à toute vitesse, afin d'attraper les derniers moustiques et insectes en tout genre. Avant de repartir bien au delà de son champ de vision. Son regard turquoise se perdait dans le lointain. Ses pensées s'envolaient bien loin, vers son futur. Le chemin qui commençait à se dessiner pour elle. La voix d'Asmita la tira hors de ses rêveries éveillées, et ce fut en hochant de la tête qu'elle répondit d'abord à ses propos. Des recommandations.
    «Très bien maître.» déclara t-elle finalement avant de s'incliner à la façon du peuple nippon. Vieille habitude encrée au plus profond d'elle-même. Geste inconscient, non, automatique, bien que superflu.

    Sans regarder derrière elle, la jeune Mokushi dévala les escaliers, prête à vivre une nouvelle épreuve en tant qu'aspirante chevalière. Une page se tourne pour en révéler une dénuée d'écritures. Vierge. Que lui réserverait le destin? Qu'est-ce que les Moires avaient prévu pour elle? Qu'écriraient-elles dans le journal de sa vie?

    Que tisseraient-elles sur son canevas?

    Sans perdre de temps, Mashia avait récupéré quelques effets personnels ainsi que des vêtements pour cette longue traversée.

    ~Début de ses pérégrinations.


    Les paysages se succédaient. Tantôt des forêts de conifères ou des plaines verdoyantes, le temps aussi changeait à mesure qu'elle traversaient les landes. Ses yeux vagabondaient parfois sur ces tableaux très différents, mais à la beauté indéniable. La neige succéda à la pluie. Sa course folle s'était arrêtée à partir de ce moment, quand le premier flocon vint s'accrocher à ses cheveux écarlate. Tranchant d'une façon saisissante, avec ce manteau blanc.

    Autour d'elle se dressait rien d'autre que des arbres au tronc très noir, comme du charbon, sans aucunes feuilles pour venir orner leurs branches tortueuses. On aurait dit des serres s'élevant à la face des nues. Pour les lacérer. Mashia avait perdu toute notion des heures, des minutes ou des jours. Elle ne se souvenait plus.
    Emmitouflée dans une chaude cape de velours bleu-nuit, capuchon remonté sur sa tête, elle laissa ses pieds s'enfoncer dans la poudreuse. Voire la bonne moitié de son corps. N'étant pas habituée à affronter un tel froid, la jeune femme à la chevelure de feu fit appel tant bien que mal, à son cosmos. Lui apportant un peu de chaleur, l'apprentie s'efforça de garder les idées claires, se remémorant les conseils avisés de son maître.

    Oui, Mashia savait que ce périple pourrait mal se terminer pour elle, mais elle était bien préparée. Il l'avait bien formé et avait confiance en lui, tout comme en ses capacités. Galvanisée par ce discours silencieux, la demoiselle ne courba pas trop l'échine, même face à cette brusque bourrasque qui s'était levée. Ralentie par ce début de tempête, elle serra les dents tout en se laissant submergée un peu plus par son énergie issue des étoiles. Astres qui commençaient à luire dans cette voute dénuée de nuages. Un si beau spectacle, une fois ces derniers chassés par le souffle du Dieu des Vents. Le mugissement de celui-ci la fit frissonner d'effroi et dans les ténèbres, il lui semblait distinguer des ombres. L'appréhension commençait à la gagner, si bien qu'elle marqua une pause, sondant de son esprit, les alentours. Rien, elle ne rencontrait que du vide, pas même la présence lumineuse de son maître.
    L'effroi même grimpait d'une façon pernicieuse, mais elle ne devait pas faillir maintenant. Mashia ne le pouvait. Réessayant une fois encore, lançant plus loin encore son appel silencieux, l'élève capta une faible résonance. Un échos.

    Bien que faible, il était son phare la guidant à la faveur de cette nuit sans lune. Arrivée devant une battisse encastrée directement dans le flanc de la montagne, Mashia s'engouffra dans cette dernière, poussant les portes à double battant... laissant entrer la neige et me vent.
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Asmita


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MessageSujet: Re: [BG Asmita & Mashia] Les écueils d'une fleur de lotus   Ven 6 Avr - 19:30


    Le ciel était haut et clair, son immensité azur simplement baignée par les traits d'Or du soleil estival.
    Écrasés par la chaleur étouffante de l'été, quelques chats paressaient à l'ombre d'un sycomore au feuillage jauni par de longues semaines de canicule. Les félins somnolant observaient d'un œil vitreux deux humains en train de s'exercer à une danse aux mouvements fluides et amples. L'un était en nage, visiblement harassé par la fatigue et la brûlure du jour, tandis que l'autre se mouvait comme l'ondée, souple et fraîche.
    Dodelinant de la tête, l'un des chats bailla de fatigue avant de se rouler en boule au creux d'une racine. Ces humains pouvaient être étranges parfois, à s'agiter comme des diables par cette chaleur. Bien vite le sommeil s’empara de la petite créature au pelage blanc.

    Le rythme était régulier et précis. Chaque geste était exécuté avec une adresse millimétrée et faisait partie d'un ensemble harmonieux. La moindre erreur détruirait cette eurythmie parfaite comme une dissonance brise la perfection d'une partition.
    Le premier danseur donnait la mesure au second qui le suivait avec de plus en plus de mal. Son visage de métal ne parvenait pas à dissimuler le tremblement de ses membres frêles et ruisselant de sueur ni son halètement discret.
    Aucun mot, aucun son ne venait troubler ce ballet parfait. Seulement le froissement des étoffes et le glissement des pieds sur le sol. Les corps se frôlaient sans jamais se toucher avec vélocité dans un silence absolu et religieux.

    La jeune femme se démenaient depuis plus de trois heures pour tenter de toucher son maître qui semblait danser avec elle avec une grâce et une aisance inchangée depuis le début de cette valse. L'homme à la longue chevelure blonde évoluait au plus près de son élève qui n'avait qu'à tendre la main pour le toucher. Mais à chaque fois qu'elle refermait ses doigts elle ne saisissait que du vide.
    Elle avait tout essayé pourtant rien n'avait marché.
    C'était comme vouloir attraper un courant d'air.
    La chaleur engourdissait son esprit et la fatigue raidissait ses membres. Ses gestes avaient perdu en précision mais elle n'avait aucune intention d'abandonner. Son maître lui avait apprit que la perfection ne pouvait être atteinte qu'en faisant preuve d'une grande concentration et d'une discipline rigoureuse.
    Quel que fût son état un chevalier se devait de toujours se maîtriser.

    Soudain l'homme à la crinière resplendissante comme les blés mit un terme à l'exercice.
    Sans un mot il tourna les talons pour se diriger vers l'arbre sous lequel était posé à même le sol une grande boite en or massif.
    Lorsqu'il posa sa main sur le métal, l'objet réagit à son contact en émettant une douce lumière dorée qui se propagea bientôt sur toute la surface de son corps en l'enveloppant d'un manteau flavescent.
    L'éclat s'estompa en laissant apparaître les contours curvilignes d'une armure intégralement faite d'Or.
    Asmita, le chevalier d'Or de la Vierge se retourna vers son élève dans un gracile mouvement de cape. Il avait poussé la jeune femme au-delà de ses limites corporelles qui avait fait preuve d'une discipline de fer pour maintenir un rythme soutenu et une gestuelle parfaite malgré la chaleur, la fatigue et le désarroi face à un échec constant. Beaucoup d'autres auraient craqués avant elle, cédant à l'harassement ou à l'agacement face à un objectif en apparence impossible à réaliser.
    Mais chaque leçon que prodiguait le chevalier aveugle avait un but.
    Asmita était ce genre d'homme qui ne laissait jamais rien au hasard. Il laissait à d'autres le soin de s'étaler en logorrhées ineptes pour se concentrer sur l'essentiel.

    « La force d'un chevalier est comme un torrent canalisé par un grand et profond chenal, énonça-t-il d'une voix claire à son élève, Libéré hors de ce canal, ce torrent pourrait emporter beaucoup de villages et de forêts. C'est pour cela que la maîtrise de soi est primordiale pour un chevalier. De ta capacité à te contrôler dépendra le sort d'innombrables vies. La moindre d'erreur peut coûter bien plus que ta propre existence.»

    Le Chevalier sentit le discret acquiescement de la jeune femme. Son élève était pareille à un timide soleil par matin de printemps. Sa lumière était d'une pureté sans pareille qui n'attendait que d'être libérée de la rosée de l'aurore pour inonder la terre de ses rayons chauds et dorés.
    Lorsqu'il l'avait prise sous son aile elle n'était encore qu'une jeune adolescente fragile et timide qui avait reçu néanmoins les bases d'un enseignement solide. Au fil des ans elle s'était épanouie discrètement comme une fleur de lotus, conservant sa pureté dans un milieu brutal et hostile.
    La jeune femme observait toujours une crainte révérencielle à l'égard de son maître, aussi n'entendait-il le son de sa voix cristalline que très rarement.
    Mais c'était aussi pour cela que le chevalier d'Or avait placé de grands espoirs en sa disciple. Contrairement à la majorité des aspirants chevaliers elle savait garder son calme et prendre le temps de réfléchir plutôt que d'agir. Sa nature calme lui avait permit d'appréhender facilement les étranges enseignements du sixième protecteur du Sanctuaire.

    « Lorsque le corps est éreinté, brisé, l'esprit peut déployer pleinement son empire, poursuivit Asmita, Le corps est à la fois un réceptacle pour ton âme mais aussi une prison qui le confine et le bride. Lorsque tu sauras faire silence en toi tu seras à même d'étendre ton esprit au delà de ses limites. C'est en cela que réside le secret du cosmos. Le corps ne doit plus être un conteneur du cosmos mais un relais au travers duquel la voix de l'univers pourra s'exprimer. Maintenant que ton corps est harassé par la fatigue ton esprit va pouvoir s'éveiller et grandir, conclu-t-il avant de se mettre en marche pour son temple.»

    Asmita aimait user de formules sibyllines pour titiller l'esprit de ses interlocuteurs. Les discours obscurs forçaient les cerveaux à réfléchir sur le sens des mots pour percer leurs mystères. Les raccourcis intellectuels étaient des chemins dangereux menant vers un aveuglement spirituel certain.



    Le temple de la Vierge était un véritable havre de paix et de tranquillité. Une porte ouverte sur le monde de l'esprit.
    Il suffisait de se promener entre les allées silencieuses sans cesse baignées d'une douce lumière dorée ou argentée pour être envahit par une certaine sérénité.
    Au fond de la maison du sixième gardien, un siège en forme de lotus accueillait les méditations du maître des lieux.
    À ses côtés se tenait une jeune femme à la chevelure de feu plongée dans un profond recueillement. Ses traits tantôt dissimulés sous un masque de métal étaient parfaitement détendus. Autours d'elle, une légère aura écarlate ondulait au rythme de sa respiration comme les flots d'une mer apaisée, en se mêlant aux volutes de fumées des encensoirs.
    Le maître des lieux irradiait d'une douce lumière d'or tandis qu'il méditait. Son longs cheveux flottaient délicatement dans son dos comme portés par un pouvoir mystique.
    Toute son attention était dirigée vers sa disciple. Il captait chaque petite variation de son cosmos, recherchant la moindre faille dans sa concentration. La jeune femme avait réussit jusqu'à présent tous les tests qu'il lui avait imposés. Sous l'apparence des rituels d’entraînement quotidien Asmita éprouvait l’entraînement et les capacités de Mashia.
    La nuit avait été longue et Asmita avait retenu son élève en état de méditation jusqu'à ce que les première lueurs du jour ne viennent filtrer à travers les grilles du pronaos.
    Les premiers gazouillements de merles résonnèrent dans l'enceinte du temple tandis qu'une brise fraîche venait caresser agréablement leurs visages à mesures que les servants ouvraient les portes de la sixième maison.
    Le chevalier de la Vierge brisa silencieusement sa méditation avant de se diriger sans un mot vers la sortie de son sanctuaire. Il était temps.

    Arrivé au seuil il s'arrêta, laissant quelqu'un instants à sa disciple pour se recentrer et se reconnecter avec la réalité sensorielle du monde. Elle allait avoir besoin de toutes ses ressources dans les heures à venir.

     «Tu vas te mettre en route pour le Tibet, ordonna le Saint, Là bas tu devras affronter le Sagarmatha (le toit du monde) et le gravir jusqu'à son sommet pour y trouver Jamir, le dernier sanctuaire du continent perdu de Mu. La montagne est un ennemi redoutable qui te feras perdre peu à peu tes sens si tu ne fais pas attention. Un seul moment d'inattention et tu sombrera dans un sommeil éternel. N'oublie pas ce conseil, fit toi à ton cosmos et non à tes yeux. Dans le grand désert blanc les yeux et les oreilles ne sont d'aucun secours... »

    L'épreuve finale. L'ascension du plus haut et plus redoutable pic de l'Himalaya. Le chemin vers les cieux que seuls quelques élus pouvaient arpenter jusqu'au bout.Une simple formalité pour un aspirant chevalier. Mais Asmita avait réservé une épreuve bien plus dure à son apprentie.


    Plusieurs jours avaient passés depuis que Mashia s'était mise en route sur le chemin de Jamir et la jeune femme venait déjà d'entamer son ascension. Il était temps pour lui de rejoindre la demeure du vieux maître.
    En un tour de cape le Saint de la Vierge foulait le sol brumeux de Jamir après plusieurs années d'absence. Tout ici était d'une pureté absolue. Aucun son ne venait perturber la paix de ces lieux. Même l'air y était d'une fraîcheur sans pareille.
    Remontant le chemin jusqu'à la tour blanche, Asmita pénétra en son céans et s'installa en lotus sur un coussin de méditation.
    Il laissa une étincelle de cosmos s'embraser au fond de son être et envahir tout son corps. Son esprit s'était déjà projeté dans l'immensité de l'espace pour y rechercher la trace de sa disciple.
    Là. Elle était là. Une flamme écarlate au milieu d'un gigantesque champs immaculé et stérile.
    Elle avait perçue également sa présence et s'y était raccrochée comme à une bouée.
    Lentement le chevalier d'Or pénétra dans l'esprit de sa disciple pour y instiller des images et des sensations.
    Il avait sentit le soulagement de la jeune femme alors qu'elle se dirigeait vers un abri mais lorsqu'elle franchit les portes du sanctuaire providentielle elle ne tomba que sur une étendue infinie de blanc. La neige, le blizzard, la nuit étaient sa seule destination. Puis, alors que la peur commençait à étreindre son cœur la présence de son maître disparue brutalement.
    Elle était seule dans cet enfer blanc, condamnée à déambuler dans le froid jusqu'à ce que les divinités de la montagne ne viennent s'emparer son son âme.
    Chaque pas était de plus en plus fatiguant et son corps devenait de plus en plus lourd à mesure de le froid glaçait ses os et son cœur. Elle était vulnérable, faible.
    Soudain quelques ombres inquiétantes se profilèrent à l'horizon et lorsque la jeune femme les héla elles disparurent de son champs de vision.
    Pourtant la jeune femme avait l'étrange sensation d'être observée par une multitude d'yeux tapis dans les brumes sombres de la tempête. Des formes fantomatiques prêtes à fondre sur leur proie au moindre moment de faiblesse.
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Mashia


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MessageSujet: Re: [BG Asmita & Mashia] Les écueils d'une fleur de lotus   Sam 7 Avr - 15:06





    Le froid engourdissait autant ses membres que son esprit. Le vent, mugissant, soufflait avec force dans les ramures des arbres aux troncs tordus.

    Quand les battants de la lourde porte s'étaient entrebâillés, laissant une douce chaleur atteindre le corps gelé de Mashia, le soulagement avait envahit son être tout entier. Quelle fut sa désillusion au moment où ses yeux constatèrent que ce ne fut là qu'une vaste mise en scène. De l'autre côté, toujours ce vaste manteau de neige qui semblait s'étendre à l'infini. Désœuvrée, la jeune femme resta là, pantoise tandis que s'effaçait derrière elle, ce qu'elle avait prit pour l'entrée d'un Temple. S'emmitouflant davantage dans sa chaude cape, la disciple du Chevalier de la Vierge jeta des regards inquiets autour d'elle.
    Elle se sentait épiée, observer par des ombres mouvantes. Les ténèbres blanches.
    Confondre la voix du vent avec celles de spectres invisibles était aisé, la jeune Mokushi s'attendait même à les voir surgir devant elle à mesure que ses pieds s'enfonçaient maladroitement dans la poudreuse. Évoluer ainsi pendant plusieurs heures mettait à rude épreuve, la force de ses convictions, par moment la belle se stoppait en proie au doute. À l'oubli. Que faisait-elle ici? Dans ce froid mortuaire? Et quelles étaient ces formes parées de vaporeux kimono noir? «Allez-vous en!» cria t-elle à leur adresse d'une manière désespérée. Son souffle chaud s'envola en volute blafarde, bien au delà de ce ciel étoilé. Elle s'y perdit un instant, à contempler son immensité, se rappelant avec une pointe de tristesse que c'était là que reposait ses défunts parents. Ils l'observaient peut-être, perchés au dessus de la voûte d'encre à l'appeler vainement sans qu'elle ne puisse les entendre. Un soupir.

    Son esprit vagabondait vers des souvenirs plus chauds, plus réconfortant alors qu'elle subissait la morsure du froid. Son cosmos réchauffait quelque peu son être, la nimbant d'une douce lueur incandescente, mais faiblissante. Bien qu'elle désirait conserver ses forces, Mashia n'avait d'autre choix que d'en user une partie pour la maintenir vivante. Le sommeil alourdissait ses paupières. Comme il était tentant de s'allonger là, au pied d'un de ces arbres cramoisi, et rechercher un peu de repos. Elle avait tant marché, et son voyage ressemblait à une vaste mise en scène. Une épreuve. Cela s'imposa à elle avec force, la tirant de cet état léthargique dans lequel elle commençait à s'enfermer. Comme une grande noyée ayant regagner la surface, la fille aux yeux pers prit une grande inspiration tout en faisant exploser son cosmos. Son éveil. Traduit par l'embrasement d'une flamme écarlate. Cette dernière l'enveloppait et dansait au même rythme de la tempête. Point flamboyant dans tout ce noir, la jeune femme se sentait investie d'une grande force et recouvrait de sa détermination. L'étau qui entravait sa tête s'était volatilisé et il lui sembla que les silhouettes déchiquetées se retiraient dans un grognement rauque. ~Se fier à son esprit, plutôt qu'a ses yeux~voilà ce qui fut son songe salvateur : les enseignements de son maître lui revenant en mémoire, la jeune femme s'exécuta en se fermant au monde.

    Un univers bien faux. Dans l'espoir de s'extirper du matériel, de ce qu'elle voyait avec ses yeux. Non pas avec son cœur.

    Encore ces murmures. Ces êtres informes lui murmuraient des paroles dont elle ne sut traduire le sens. Or, leurs appels répétés avaient quelque chose d'hypnotique. Un temps, Mashia suivit ces chuchotements enjôleurs avant de s'arrêter une fois encore. Quand elle rouvrit les yeux, son cœur s'emballa à l'instar du galop de mille chevaux. Face au vide, la disciple ne put que contempler ses erreurs. L'abime semblait l'observer alors que ses rugissements caverneux traduisaient son mécontentement. Un pas de plus, et la jeune femme à la rouge chevelure, aurait basculé dans le néant. Tremblante, elle recula afin de s'éloigner le plus possible du précipice. Sur ses joues pâles, légèrement bleutées par le froid, des larmes chaudes et amères vinrent geler aux coins de ses yeux.

    Si vulnérable!

    Soudain, une étincelle. Son maître? Non. Un dragon. Les yeux écarquillés par la surprise, la jeune femme ne sut décrocher son regard de cette forme éthérée, recroquevillée sur elle même. Un nouveau mirage issu de son imagination?

    «Tu n'existes pas! Tu n'es qu'une chimère, une aberration de mon esprit !» Pourtant, que ces écailles noires semblaient réelles! Elles scintillaient sous la lumière laiteuse de la lune et ses yeux reptiliens aussi vermeils que l'étaient ses cheveux ne se détachaient pas de sa personne. Cette rencontre fortuite avait pour elle, quelque chose de mystique. Un sentiment de déjà-vu s'insinuait en elle, et quand la demoiselle voulut chasser cette fantaisie, la bête gronda en déroulant son cou. S'en suivit une fuite désespérée, une lutte éreintante pour échapper à ce monstre. «Va t-en!» ne cessait t-elle de répéter tout en faisant s'envoler dans sa course, des flocons scintillants.

    À bout de souffle, la jeune femme chuta pour ne pas se relever dans l'immédiat. Ses cheveux, pareils à un linceul, recouvrait son visage à la blancheur cadavérique. Sur le point d'abandonner, Mashia se risqua un dernier coup d'œil. Sa vision, trouble, déforma ce qui lui semblait être le seuil d'une grotte. Déjà, la neige commençait à la recouvrir entre ses bras glacés. Un bruit de clochette attira son attention, se faisant se dissiper les brumes qui s'amoncelaient dans son esprit. Une lueur, et elle se redressa tout à fait.

    Ses mains frôlèrent la surface rugueuse de la pierre, pour s'assurer que cette fois-ci, elle ne rêvait pas. Bel et bien solide sous ses doigts graciles, sa silhouette disparut peu à peu dans cette gueule béante.
    Les paumes tournées vers le plafond de la caverne, la jeune femme illumina les environs en faisant naître une sphère de cosmos. Cette lumière projetait des ombres inquiétantes sur les parois et ça et là, des cristaux bleus répondirent à cet clarté, avec force de scintillement. Ici, il faisait un peu plus chaud, l'air y était plus moite. Par intermittence, des gouttelettes d'eau chutaient pour entrer en résonance avec la pierre. Ce son cristallin! C'était donc cela que la jeune femme avait entendu? Les bras enroulés autour d'elle, la disciple tentaient de se réchauffer tout en resserrant les pans de sa cape autour de son frêle corps. Son maître l'avait jugée prête à subir cette épreuve, mais elle, doutait sur ses capacités. Mashia, si elle ne se faisait pas confiance, croyait en la clairvoyance d'Asmita et de son jugement. Sage, il l'était, malgré son jeune âge. Ils n'avaient qu'une année de différence et pourtant, il possédait déjà une telle maîtrise de lui! Jamais, non jamais elle n'avait put lire sur son visage autre chose que de la sérénité, pas une seule fois, elle n'avait vu ses traits se tordre dans d'autres expressions.

    Né aveugle, le chevalier de la sixième maison voyait bien plus qu'elle, mais que pouvait-il discerner? Pas des images, ni des couleurs? Mashia n'avait jamais osé l'interroger sur ce sujet, comme bien d'autres d'ailleurs. Elle les avait garder pour elle, préférant les taire car les jugeant superflues. Cependant la jeune femme était curieuse, désireuse d'apprendre. Son maître lui enseignait des préceptes d'une manière tout à fait différente que celle de son père adoptif Hector.

    Des escaliers. Ils montaient à colimaçon, comme taillés directement dans la roche et se perdaient dans l'ombre. Quels dangers rencontrerait-elle encore? Maintenant plus attentive, l'apprentie sainte du lotus gravit une à une, les marches menant elle ne savait où. Le sol étant glissant, sa progression fut lente et fastidieuse, très fatigante aussi. La tentation de s'arrêter était grande, mais sa volonté l'était plus encore, Mashia persistait à croire en le discours du Saint de la Vierge : le corps à ses limites, l'esprit, indomptable, pas. Quand le corps pâtît, l'esprit qui n'était somme toute qu'un réceptacle, ne prenait-il pas le pas? Ou bien était-il enchaîné? Contraint à souffrir aussi de la condition des mortels? L'âme appartenait au divin, là où le corps n'était fait que de glaise et d'eau. Athéna elle-même avait épaulé Prométhée dans la création des premiers hommes, qui avait insufflé le feu de la vie dans cette coquille vide. Oui, le corps n'était pas moins qu'un objet sensible, contraignant. Elle l'éprouvait depuis plusieurs heures déjà, elle qui n'aspirait qu'à s'envoler et rejoindre Jamir, perdu entre les nuages.

    «Maître, que me réservez-vous encore?»
    dit-elle à voix haute sans vraiment savoir si il l'entendait. L'homme le plus proche des Dieux l'observait en silence, de ça la jeune femme en était intimement persuadée, mais elle le suspectait aussi d'être bien plus qu'un simple spectateur de son ascension : oui, il en était l'acteur. Un véritable démiurge. Cette pensée la fit sourire, étirant ses lippes esquintées par la gelure. Le couloir se rétrécissait peu à peu, l'obligeant à se mouvoir avec plus de précaution encore. Asmita avait-il emprunté le même chemin qu'elle?

    Enfin, ses yeux purent distinguer une lueur devant elle. Mue par une vive émotion, la jeune femme accéléra la cadence.

    « Enfin! » s'exclama la jeune femme en plissant des yeux tant la source de lumière était vive. Une brusque bourrasque l'accueillit balayant négligemment, ses espoirs de réussite. Devant elle, ce même escaliers qu'elle venait de gravir. Et pas d'autres chemin. Découragée, elle se laissa choir à genoux.

    ~Debout!~ Son cœur manqua un battement. Le son de cette voix sculpturale la fit tressaillir. Relevant vivement la tête, ce qu'elle découvrit la fit se redresser en toute hâte et adopter une posture défensive. La chose qui se détachait d'un pan de mur rivait vers elle des yeux vides, ainsi qu'un katana à la lame argentée. Ses vêtements déchirés s'envolaient dans une brise qui n'existait que pour lui seuls. Sa face difforme révélait une mâchoire exagérément grosse, comme celle d'un ours. Il sifflaient entre ses dents énormes, des mots dans sa langue natale. D'humeur belliqueuse, la créature fantomatique se jeta sur elle, l'arme au clair. Sans trop de mal, elle esquiva le coup et répliqua en projetant vers lui, une onde de cosmos. Technique inefficace. La bête éclata d'un rire sardonique avant de revenir à la charge, fauchant avec des coups circulaires, l'air. Mashia ne faisait que parer les coups sans avoir l'occasion d'attaquer à nouveau. Il était rapide, quoi qu'il soit.

    Dans un cri rageur, la future Sainte sauta sur le côté au tout dernier moment pour lancer une attaque vive et puissante. Son arcane la plus aboutie : une pluie immaculée. Les pétales de lotus luminescents frappèrent de part en part, cet étrange adversaire qui hurla son mécontentement plus que sa douleur. Dans ce mouvement, Mashia se rendit compte qu'elle avait été touchée, le liquide chaud et vermeil tâchait ses vêtements, bien terrible morsure, bien que peu profonde. Étonnée, la créature eut un mouvement de recule, ce fut à ce moment là que l'ombre parut de nouveau, sautant à la gorge de l'ennemi.

    La danse des pétales s'acheva, et tout autour d'elle, se fissura. Avant d'éclater comme un miroir. Le Mokushi s'était volatilisé. Pour regagner le sein de sa maîtresse. Pourquoi ne l'avait-elle pas reconnu? Ce phénomène s'était déjà produit une fois... Mais cela remontait à bien des années. Le temps de l'innocence.
    Son corps parcourus de spasmes incontrôlable, la jeune femme s'arcbouta tentant en vain de lutter contre l'inconscience.

    Il lui restait tant de chemin à parcourir.

    L'image d'un pont étroit se dessina, avant que le noir ne s'immisce.

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[BG Asmita & Mashia] Les écueils d'une fleur de lotus

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