RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Proche-Orient] La Lumière venue des Tombes (Solo)

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Narcisse


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MessageSujet: [Proche-Orient] La Lumière venue des Tombes (Solo)   Ven 29 Juin - 13:36

¤ 1 ¤
Tandis que certains se rassemblaient, parlaient, recevaient des ordres et en donnaient…
… Narcisse lui, s’écartait, gardait le silence et ne recevait aucun ordre n’y n’en donnait aucun. Pour l’heure, le Spectre au Surplis du Dieu du Rêve était « libre » d’agir comme bon lui semblait. Et sa première décision, alors qu’il délivrait son ordre au Spectre du Béhémoth, avait donc été de partir vers une contrée qu’il brûlait de revoir après tant d’années durant lesquelles Oneiros lui avait interdit de quitter les Enfers pour étudier à ses côtés sans jamais s’arrêter. Cette vie prenait donc pour un temps fin.

Traversant les dimensions et les mondes, le Dieu du Rêve stabilisa son vol et s’arrêta finalement, modelant le vortex pour qu’il soit sous ses pieds comme le pourpre tapis d’un couloir princier. Marchant vers sa destination, il apprécia toute l’ambigüité de cette dimension qui n’obéissait à aucune loi de part sa nature première, car il s’agissait de la dimension du Rêve, d’où les Fils d’Hypnos semblaient être issus. Ou tout du moins leurs pouvoirs car Narcisse, s’il était bien le successeur d’Oneiros, ne se considérait pas comme le fils du dieu Hypnos. Cela relevait pour lui d’une bien étrange idée, car il n’avait jamais eu de père qui soit présent pour lui, et cela ne risquait pas de commencer aujourd’hui. Il n’était que le digne successeur de son maître, reconnu par son surplis pour être celui dont les pouvoirs égaleraient ceux d’Oneiros.

Narcisse tourna à gauche et s’arrêta devant une porte qu’il ouvrit sans un grincement. Le portail se rouvrit sous son regard perçant et laissa pénétrer la lumière d’un jour nouveau encore frais sur la dimension du Rêve. La lumière de Constantinople…

Tandis que certains célébraient le retour de leur maître, de leur mentor, de leur père…
… D’autres, comme Narcisse, ignoraient jusqu’à la nature même des évènements qui se jouaient ailleurs et n’en avaient cure. Car la dure réalité était plus que choquante. Mille trois cents ans le séparaient de sa ville. Mille trois cents ans le séparaient de ses souvenirs. Milles trois cents ans avaient fait de lui un être qui n’avait plus rien de commun avec un humain. Alors… pourquoi cela lui faisait-il si mal ? Avant que le portail ne se referme dans son dos, le Dieu du Rêve y laissa son Surplis. Habillé de longs vêtements noirs et parsemés de filaments verts et ors, il avait l’air d’un prince en sortie touristique.

Après quelques pas dans le soleil, il repéra un vendeur de bazar qui le regardait avec une tête de dix pieds de long, la mâchoire largement ouverte devant le miracle de l’apparition de ce visiteur. Suspendu à son étal, des ombrelles… Le jeune homme s’approcha donc et attrapa une ombrelle blanche qu’il plaça sur son épaule avant que d’une simple pression sur le bois, la fondation de la structure ne tremble et ne s’effondre sur son propriétaire, l’assommant pour le compte. A son réveil on mettrait sur le compte du coup reçu sur la tête son délire quand à l’apparition d’un ange des ténèbres sorti de l’arrière cour d’une maison abandonnée…

Narcisse visita le quartier des marchands de son enfance, qui depuis s’était agrandi et étiré sur bien des rues et d’autres bâtiments que ceux d’origine. Il repassa devant ce qu’il cru reconnaître comme la demeure de son père, aujourd’hui transformée en petit café de quartier sur deux étages. Il ne s’y arrêta pas et continua sa route jusqu’au quartier « noble » et stoppa nette sa marche. Aucun de ceux qui marchaient devant ou derrière lui ne le percuta, car tous semblaient s’écarter sur sa route, comme sentant la trop grande différence entre leurs sales existences et la sienne, si lumineuse dans les ténèbres qu’elle brillait plus encore que la plus belle étoile des hérauts des étoiles.

Sa demeure. Son quartier. Son monde. Tout ça n’existait plus. Là où demeurait sa maison, se trouvait aujourd’hui un bazar, extension du quartier marchand en direction du fleuve avec lequel il communiquait pour avoir accès aux entrepôts des quais. Cela signifiait… qu’il n’avait aucune chance de retrouver la tombe de sa mère, ou de sa tante. Narcisse était donc le dernier représentant de sa famille encore en « vie ». Son souffle se fit plus court, sa main vint appuyer son torse à l’emplacement de son cœur, et dans une expiration de désespoir, une unique larme coula le long de sa joue. Les passants le dévisagèrent, avant qu’une mèche verte ne vienne recouvrir son œil gauche et cacher la trace de sa tristesse. Le Dieu du Rêve se détourna donc de ce spectacle abominable pour se diriger vers les hauteurs de la ville, de là où il pourrait contempler toute « sa » ville.

Âme en peine au milieu des flots tumultueux de la ville à l’heure où midi sonnait, perdu dans ses souvenirs, Narcisse marcha vers le nord à travers les rues animées de Constantinople. Mais à quoi bon ?

« À quoi bon… ? »

Murmura-t-il pour lui-même, prêt à rouvrir un portail au milieu de la foule pour quitter Constantinople. Il l’aurait fait, si quelque chose devant lui n’avait pas attiré son attention. Quelque chose de familier, mais également d’improbable.

« Maîtres… ?! »

Sur la route devant lui, fantômes invisibles aux yeux des humains, se tenaient les visions impossibles de ses deux Maîtres : Zénon le prêtre, et Oneiros le Dieu du Rêve. Les lèvres entrouvertes, incapable de prononcer un mot, Narcisse fît un pas en arrière… Puis se ravisa : le hasard n’existe pas en ce monde, tout n’est affaire que de destin, et de fatalité. Reprenant contenance, il s’avança au-devant de ce nouveau coup du sort…
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Narcisse


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MessageSujet: Re: [Proche-Orient] La Lumière venue des Tombes (Solo)   Sam 30 Juin - 15:05

¤ 2 ¤
Tandis que certains étaient maîtres de leurs destins à l’heure où nous parlions…
… D’autres, tel Narcisse, étaient les esclaves de leurs destinées. Le choix aurait pu se situer en la simple action de partir, de ne pas se diriger vers ces apparitions sans doute nées d’une hallucination. Mais il ne le souhaita pas : la curiosité du Dieu du Rêve était bien trop grande, y comprit concernant ses propres souffrances. Voir ainsi ses Maîtres flottant dans la foule, était-ce là le signe d’une aliénation nouvelle de sa part ? Ou bien comme cela se pouvait, était-ce là la vision d’un miracle rendu uniquement possible grâce au Cosmos ? La réponse à cette question n’allait pas tarder, car le Dieu du Rêve s’apprêtait à rejoindre ces silhouettes…

« Maître Zénon. Maître Oneiros. » Prononça-t-il à mi-voix en inclinant la tête, comme croyant à l’improbable, faisant par là acte de foi en ses propres visions.

En réponse à ses salutations, les deux fantômes de son passé sourirent et inclinèrent également la tête. Les sondant à cet instant, Narcisse ne vit nul Cosmos émaner d’eux. Ce n’était pas un tour d’un éventuel ennemi ni même une vision de leurs âmes délivrés des Enfers. La seule explication était donc que la folie le gagnait, suite au choc et à la tristesse de sa toute récente découverte. C’était malheureux de savoir son esprit aliéné mais cela ne le choquait pas outre mesure et il tenait à jouer son propre jeu. Ces apparitions avaient un but, à lui de découvrir lequel.

« Que souhaitez-vous me montrer ? »

Sans un mot, ils se retournèrent en l’invitant à les suivre à travers la foule dans un premier temps, puis les rues moins bondées de la ville dans un second temps. Au bout de quelques minutes de marche, il ne resta bientôt plus personne autour de lui. Plus personne pour le dévisager avec surprise et parfois horreur. Plus personne pour le juger, ni lui faire ressentir une quelconque laideur incomprise. Il ne restait plus que lui : son juge le plus dur et amère. Car il n’avait cure de l’avis de personne d’autre que de lui-même et en ces circonstances, il « aurait pu » se détester autant que de s’aimer. Mais ce n’était pas le cas : il s’aimait juste sans jamais se haïr. Si la haine se faisant ressentir, il la déchargeait sur les autres. C’était ainsi qu’Oneiros lui avait appris à canaliser ses sentiments. C’était tellement plus simple que la méthode de Zénon… Méditer était utile, rechercher la paix intérieure également. Cela ses deux maîtres le lui avaient dit. Mais la paix intérieure n’était pas pour Narcisse, car quoi qu’il ait pu voir en lui, Zénon s’était trompé sur bien des choses. Narcisse était resté Narcisse, jusque dans la mort et au-delà. Et c’était grâce à cela, qu’il était encore là aujourd’hui.

Au bout de ses pensées, il s’aperçu être arrivé devant une bâtisse lui disant vaguement quelque chose. Ses deux maîtres en traversèrent le portillon et, ne souhaitant pas les perdre de vue, le Spectre en fit de même en posant simplement sa main sur la serrure de fer de l’entrée. Celle-ci sauta sous la décharge Cosmique, comme presque toute la porte qui s’ouvrit dans un vacarme assourdissant. Immédiatement une femme et plusieurs enfants, mais aussi des domestiques et même plusieurs gardes accoururent pour mettre à la « porte » l’intrus. Mais il ne s’agissait que de simples humains, et ils s’endormirent bientôt tous sans avoir pu tenter quoi que ce soit, plongé par le Dieu du Rêve dans le sommeil de Morphée. Pénétrant à l’intérieur du bâtiment, il reconnu enfin celui-ci, même si beaucoup de choses y avaient changés. Il s’agissait du temple de Cybèle, celui où Zénon officiait.

Replongeant dans de vieux souvenirs, un flash qui ne lui était pas encore revenu fit surface. Il était venu ici, deux fois… Non, trois fois. La première bébé, tandis que sa mère désirait consulter les augures au sujet de son enfant. La seconde, une fois atteint l’âge requis par Zénon pour le préparer à accomplir son destin. Puis enfin, il était finalement revenu ici, une fois son entrainement terminé. Mais à quoi avait-il été entrainé ? Il ne s’en souvenait plus. Mais il se souvenait d’un passage secret. Passage qu’il n’eut aucun mal à retrouver. Un seul de ses Maîtres commença à descendre puis se retourna : Zénon le dévisageait avec un air sévère et interrogatif à la fois. Oneiros lui, détourna le regard et s’en alla dans une autre direction, vers la porte de la demeure restée ouverte derrière Narcisse. Il s’arrêta là, se retourna, et l’invita d’un regard bienveillant et interrogatif à retourner vers la lumière du jour, vers la réalité, et vers le monde.

Et voilà, un nouveau choix.
Qu’est-ce qui est illusoire ici ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? L’obscurité de cette tombe -car il devinait sans mal qu’il s’agissait d’un tombeau- cachait-elle la lumière tant recherchée ? La lumière de la réalité, cachait-elle l’ombre d’un rêve illusoire dans lequel il préférait se bercer plutôt que d’avancer vers la lumière ? Mais son choix, était déjà fait.

« La lumière venue des tombes… Je sais ce qu’elle renferme : ma fin, car j’ai déjà descendu ces marches, et cela m’a conduit à la mort. » Zénon secoua la tête, et son air sévère laissa place à de la tristesse. « Je suis désolé Maître, mais je ne vous suivrais plus. »

Narcisse se tourna alors vers Oneiros, et son sourire lui mit du baume au cœur. Ô il savait bien que ce sourire cachait encore bien des épreuves qui seraient sans doute plus pénibles les unes que les autres, mais il verrait ça en temps et en heure. Il ne souhaitait pas précipiter la fin de son éternité : la jouissance de celle-ci était plus que délectable pour lui, le divin Narcisse. Le Dieu du Rêve repassa donc la porte, replongeant dans la lumière du soleil de midi…

« Je suis heureux de te voir en si bonne forme Narcisse. » Le jeune homme sursauta et se retourna vers Oneiros. Avait-il rêvé ou celui-ci venait-il de lui parler ? « Je suis bien là. » Confirma-t-il lui-même face à l’incompréhension de son élève.

« M-Maître ? Comment cela se peut-il ? »
« Je suis un Dieu, cher Narcisse, pas un simple mortel. Ma disparition physique n’était rien qu’un prélude à notre retour. »
« Que voulez-vous dire ? »
« Bien qu’ayant été accepté par mon Surplis, tu n’en restes pas moins irrémédiablement toi-même, c’est ce qui m’a plu chez toi et c’est aussi ce qui m’a empêché de te parler depuis que tu t’es montré digne de prendre ma succession. Il aura fallu ton retour dans cette ville pour que je puisse enfin te révéler la nature de ta dernière épreuve. »
« Dans ce cas, je ne serais que l’hôte de votre pouvoir ? »
« Non Narcisse, je ne souhaite guère t’ôter de ce qui fait ta force d’esprit en investissant ton corps comme un hôte indésirable. Ce siècle que nous avons passé ensemble m’a bien fait comprendre que ta force résidait dans ta personnalité, et que celle-ci était en parfaite adéquation avec les évènements à venir. C’est ensemble, que nous ferons fléchir le destin lui-même. »
« Ensemble… »
Il pencha la tête puis planta son regard dans celui d’Oneiros, un sourire étrange affiché. « Nous ne devons plus faire qu’un. »
« Toujours aussi prompt à comprendre mon élève. Une fois l’épreuve passée, nous ne ferons plus qu’un : ton pouvoir et le mien seront en parfaite harmonie, et ton aura, déjà si belle, brillera réellement comme celle du Dieu du Rêve que tu aspires à être. »


Il n’en fallait pas autant pour convaincre Narcisse. Mais la beauté de son aura, une fois une telle puissance atteinte, était la cerise sur le gâteau. Bientôt il serait capable des mêmes prouesses que son Maître. Bientôt le destin allait enfin s’écarter de sa route. Bientôt, il serait le Dieu du Rêve, jusqu’au plus profond de lui-même, et même si l’on continuerait à l’appeler Narcisse, ceux capable de le voir verraient qu’il s’agissait d’un nouvel être, créé de Narcisse et d’Oneiros.

« Es-tu prêt ? » L’interrogea le fantôme divin qui vivait en lui.
« Oui. » Répondit-il avec douceur.
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Narcisse


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MessageSujet: Re: [Proche-Orient] La Lumière venue des Tombes (Solo)   Dim 15 Juil - 20:56

¤ 3 ¤
Tandis que marchaient les Hommes…
… Les Dieux eux, volaient au-dessus de leurs préoccupations matérielles. Car Narcisse avait bien d’autres préoccupations à présent qu’Oneiros et lui ne devaient faire qu’un. Mais comment y parvenir ? La réponse à cette question, c’était bien entendu Oneiros lui-même qui allait lui apporter. Il avait parlé d’une épreuve, d’une dernière épreuve, pour atteindre avec lui le sommet de leur puissance. A ce point culminant, ils pourraient ainsi ne faire qu’un.

Quittant l’ancien Temple devenu simple demeure, Narcisse et son Maître fantomatique commencèrent à marcher à travers les rues de plus en plus bondées de Constantinople. L’heure était donc à la compréhension de ce qu’il devait accomplir pour atteindre son objectif et ainsi parachever un voyage entrepris il y avait de cela plus d’un siècle en compagnie du Dieu du Rêve. Ce dernier restait pour l’heure bien silencieux, se contentant de « marcher » aux côtés de son disciple vers une destination inconnue. Jusqu’à ce qu’enfin, après plusieurs longues minutes…

« As-tu un endroit où t’installer dans cette ville ? Il nous faut un lieu calme où nous ne risquons pas d’être dérangés. »
« C'est-à-dire que, je ne suis arrivé que dans la matinée, je n’ai guère eu le loisir de m’occuper de telles préoccupations. Je pensais par ailleurs retourner dans la dimension du Rêve pour… »
« Non. C’est justement ce que je souhaite éviter. Cette épreuve ne saurait être parfaite s’il fallait l’effectuer depuis notre propre dimension où nos pouvoirs sont décuplés. »
Il jeta un coup d’œil à Narcisse. « Trouves un endroit où nous serons tranquilles. »

On ne pouvait pas faire plus simple comme ordre.
Mais Narcisse n’était pas agent immobilier, et il ignorait où trouver un lieu calme comme le lui demandait son Maître. Surtout qu’il n’avait pas d’argent sur lui pour se payer une chambre d’auberge. Et de toute façon lui-même répugnerait à cette idée : un Dieu du Rêve couchant à l’auberge du coin de la rue ? Il ne faut pas pousser le blasphème trop loin ! Après une courte réflexion, le jeune homme revint sur ses pas et se dirigea vers l’ancien Temple. Voilà un lieu dont il désirait garder la propriété. Le portail y était à nouveau fermé et des éclats de voix divers indiquaient que les occupants étaient revenus. Surement avaient-ils été surpris de trouver portes et fenêtres ouvertes… Sans que rien n’est été volé. Le jeune homme se posa contre un mur, à l’ombre, et attendit donc ce qui ne tarda pas à arriver. Un homme richement vêtu sortit par le portail frontal en baragouinant des mots arabes, dans lesquels Narcisse reconnu « Garde ». Désolé pour toi, mais tu n’iras nulle-part.

Calme, concentré, Narcisse tendit la main vers lui et projeta son Cosmos à l’état pur vers son esprit étroit et inutilement agité. Le pauvre homme n’eut aucune chance et bientôt, le Dieu du Rêve se retrouva dans son esprit. Arrêté en plein mouvement, on aurait dit un mannequin posé là, au soleil.
Dans la demeure de son esprit, l’Apollon aux cheveux d’émeraude découvrit un vaste palais d’or et de marbre. Un esprit plein d’envies et de vanité. Si prévisible. Pénétrant le palais sans gardes, preuve que cet homme n’était aucunement préparé à un tel évènement, Narcisse se dirigea tout naturellement vers la salle des coffres dont il trouva l’immense porte blanche et or ouverte sur un spectacle des plus insolites : le supposé propriétaire de tout ceci se tenait là, une épée à la main, tremblant mais prêt à défendre son bien au péril de sa vie. C’était tellement cliché que Narcisse hésita un instant à faire disparaître cette misérable vie de la surface de la planète. Mais tuer n’était jamais la solution la plus utile. Avant de mourir, ce misérable devait faire une chose pour lui.

« Salut à toi, Qaadir. »
« Que… Qui êtes-vous ? Comment êtes-vous entré ici ?! »
« Silence chien ! »


Le cri du Spectre chargé en Cosmo fit voler à lui seul la simple flamme humaine à travers la pièce, rompant sa réalité fictive et ne laissant derrière lui qu’un vide impossible à combler. La peur tenait la plus vite les hommes entre ses mains. Marchant pas à pas vers l’homme à la carrure forte, pour ne pas dire qu’il était obèse, Narcisse se révéla à lui sous une apparence plus proche du Djinn du désert que du Dieu du Rêve qu’il était. Ses atours asiatiques étaient de couleurs vifs, ses yeux, brillants d’une lueur bleutée diabolique et son sourire, charmeur, laissait présager aux plus vils desseins.

« Croyais-tu vivre à jamais cette vie de débauche misérable humain ?! Crois-tu pouvoir échapper à mon regard ? »
« Je… Je, ce n’est… ce n’est qu’un rêve, ce… »
Bredouilla Qaadir en rampant pour échapper à Narcisse, affolé.
« Un rêve ? Ahahahah ! C’est un cauchemar sombre idiot ! » Narcisse réapparut devant Qaadir, trop rapide pour lui, et d’un coup de pied le frappa au visage sans aucun ménagement. « Crois-tu pouvoir fuir ? Crois-tu que je sois ici pour la simple jouissance de tes bas trempés par la peur ?! » Nouveau coup, nouvelles gicles de sang.

Dans la réalité, du sang coulait à présent de la commissure des lèvres du marchand. Certes il n’avait pas été « réellement » touché mais son esprit lui, dégustait plus que de raison. Et peu à peu, son corps en subissait les contrecoups. Qu’arriverait-il alors si Narcisse le tuait dans son esprit ? Et bien, soit Qaadir mourrait dans la réalité, son cœur cessant de battre, soit il resterait en vie, tel un légume vivant, incapable de parler ou de penser, privé de son esprit par la volonté du divin. Quoiqu’il en soit la mise en scène portait ses fruits et, les larmes aux yeux, la victime se recroquevilla sur elle-même.

« Que voulez-vous ?! »
« Que tu quittes ta demeure dès maintenant, en laissant tout derrière toi. Tu m’entends ? Tout. Si au coucher du soleil, cela n’est pas fait… »
Narcisse se baissa et attrapa Qaadir au col pour le soulever du sol comme s’il ne pesait rien dans sa main. « Tu agoniseras, longtemps, avant de mourir. »

Le Spectre le repoussa d’une simple pulsion de la main, envoyant le marchand à travers sa salle à présent vide s’écraser contre un mur qui vola en éclat. Vaincu, épuisé, souffrant, Qaadir revint à lui dans la réalité, découvrant avec horreur toutes les souffrances que cette vision avait provoquées en lui durant ce court laps de temps passé dans son propre esprit. Toujours dans l’ombre, Narcisse croisa les bras et attendit. Pas longtemps, fort heureusement. En moins d’une demi-heure, la demeure était vide, les clés, les titres, les biens, abandonnés à l’intérieur. Il ne restait plus au jeune homme qu’à s’avancer vers elle pour s’y installer, car pour l’heure cela allait être l’endroit le plus calme de Constantinople.

« Voilà qui conviendra parfaitement à notre épreuve. Mais ce petit conditionnement était un peu brutal non ? »
« Cela marche toujours mieux avec ces humains que la diplomatie. »
« Méfies-toi Narcisse, à trop les mépriser, ils pourraient bien te surprendre un jour. »
« Si cela devait arriver, alors ces humains ne survivraient pas longtemps face à moi. »
« Aurais-tu donc réponse à tout mon cher disciple ? »


Le rire d’Oneiros retentit dans l’esprit de Narcisse, alors que celui-ci fermait le portail, les portes et les fenêtres de la demeure. Sans se barricader entièrement à l’intérieur, il tenait réellement à ce que personne n’ait l’envie d’entrer. Car ce qui allait suivre risquait de mettre sa vie en péril, cela ne faisait aucun doute…
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Narcisse


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MessageSujet: Re: [Proche-Orient] La Lumière venue des Tombes (Solo)   Jeu 2 Aoû - 8:08

¤ 4 ¤
Tandis que résonnait l’écho du Temps…
… Celui-ci n’avait plus aucune emprise sur lui. Et dans l’obscurité d’un antique temple byzantin dédié à une déesse aujourd’hui oubliée, c’était l’écho des Dimensions qui résonnait. Mains jointes, le Dieu du Rêve était en train de rassembler toute son énergie et sa concentration pour préparer son corps et son esprit à l’épreuve qu’allait être la fusion avec l’esprit du divin Oneiros, faisant par la même de lui un véritable Dieu. Car jusqu’ici, il n’avait été qu’un simple porteur de Surplis et non-pas la réincarnation de son Maître. Mais il faut dire que tout ça n’avait pas été très clair… Les mystères, que de joyeux compagnons.

Sa préparation était minutieuse, et les heures s’écoulaient aussi vite que des minutes à présent. Narcisse cherchait à combler toutes les failles de son esprit, à défaut de ne plus avoir de cœur à colmater. Quand à son corps, sa position de méditation lui permettait de l’oublier progressivement, jusqu’à ne plus être qu’une entité sans enveloppe charnel. Ce qui n’était qu’une impression, mais la douleur allait être intense et s’il avait « conscience » de lui-même à cet instant, il risquait de souffrir plus que de raison et de perdre sa concentration. Après-tout, on ne devient pas « Dieu » aussi aisément, surtout dans sa position.

Car ce rituel incluait de nombreux paramètres. Par exemple, Narcisse était mort. Pourtant par le biais de cette réincarnation, le Spectre qu’il était allait « revenir à la vie », si l’on pouvait exprimer ainsi l’idée selon laquelle un fils d’Hypnos, bien que serviteur des Enfers, était en « vie » contrairement à la plupart des serviteurs d’Hadès. Il y avait aussi le fait de forger autour de sa personnalité une armure impénétrable pour ne pas voir celle-ci se faire écraser par celle, bien plus forte, d’Oneiros. Il avait beau lui assurer que ce n’était pas son attention, mieux valait prévenir que guérir. L’ensemble de ces considérations prenait du temps, et du Cosmos surtout, pour que le rituel soit prêt à être lancé sans encombre.

Et, finalement…

« Tu es prêt. » Lui annonça Oneiros sans un soupçon de doute dans la voix.
« Oui. »

Lui répondit-il sans sourciller. Il était prêt, et cela lui avait prit sans le savoir prêt de vingt-huit heures. Mais l’investissement en valait la peine, et les bienfaits de ce qui allait suivre… Allaient être à la hauteur de sa peine et de son travail. Un travail de plus d’un siècle, un combat entreprit depuis plus de quatre cents ans, l’accomplissement de toute une vie, et une mort. Hum, c’est bien le moment de faire de l’humour ! Gardant son calme, Narcisse écarta légèrement les bras, puis frappa ses paumes l’une contre l’autre. Irradiant de ses mains et l’entourant en quelques secondes, la Dimension du Rêve s’ouvrit et se referma sur son esprit, sans que son corps ne bouge de Constantinople. Par les yeux de son aura, il distinguait les volutes étoilées, violacées, fantomatiques et irréelles du monde des Rêves, dont on ne pouvait dire qu’il était vraiment « là » ou pas, car dans cette dimension la volonté d’exister était la seule maîtresse. C’était ici qu’existait encore l’esprit d’Oneiros, d’une certaine manière. Et c’est aussi là qu’il l’invoqua.

« Oneiros. » Prononça-t-il d’une voix dénuée d’émotions, résonnant à travers les dimensions jusqu’à trouver son destinataire.

Le Cosmos de Narcisse attira à travers le temps et l’espace le cœur du Dieu du Rêve. Si la question avait pu se poser de savoir s’il existait ou pas le « cœur d’un Dieu » au-delà de ce monde, réponse en était faite concernant le fils d’Hypnos : il existait bel et bien le cœur de son essence. Bien que le terme de cœur ne soit pas le plus appropriée mais c’était celui qui lui venait naturellement à l’esprit. Face au jeune homme à la chevelure d’émeraude, Oneiros apparut, drapé du Surplis qui avait été forgé pour lui. Dans les reflets noirs des lames métalliques qui le composaient, Narcisse vit qu’il irradiait maintenant de tout son être, telle une flamme dans la nuit. Une étrange impression que celle-ci, et pourtant il avait le sentiment de n’être qu’une simple bougie. Dans quelques instants pourtant, il allait prendre feu, et devenir un brasier, un incendie, le soleil ! Son Maître eut un petit sourire en coin en sentant son élève parachever sa préparation en exposant sa volonté, au plus profond de lui-même, de ne faire qu’un avec lui, et sans crier gare, il « plongea » en lui.

Encore une fois, difficile de nommer autrement l’action qu’il fit de bondir et de passer au travers de Narcisse pour disparaître sans réapparaître derrière lui. Oneiros, ou plutôt son essence, fusionna avec la flamme Cosmique de Narcisse, s’y mêlant par des reflets sombres et puissants qui transformèrent peu à peu l’aura Cosmique d’un Spectre déjà fort puissant en véritable flamme d’énergie divine. Du côté du jeune homme, c’était le chaos presque total. Il était heureux de s’être préparé aussi longuement à vivre cela, car c’était une expérience plus qu’unique, au-delà de la fusion du corps, et de l’esprit dans l’amour ou l’amitié. C’était là la fusion de l’âme d’un mortel avec celle d’un Dieu…

« Nous sommes, Narcisse, et Oneiros, le Dieu du Rêve. » S’entendit-il prononcé sans l’avoir pensé.

Et dans la douleur la plus complète, il s’évanouit.
Les choses furent différentes, dès son réveil. C’était comme d’avoir été aveugle et d’avoir enfin retrouvé la vue. Tout lui paraissait plus clair à présent. La puissance d’Oneiros était sienne mais il était également « lui ». Ils ne faisaient qu’un sans pour autant que leurs esprits soient réellement scindés en deux. C’était indéfinissable et pourtant…

Lentement, après un sommeil réparateur de plus de soixante-douze heures, le jeune homme se redressa sur ses coussins. Du bout des doigts, il vint caresser son torse où battait à présent l’essence du Dieu qu’il était.
C’est fait, pensa-t-il de concert avec Oneiros en lui-même. Sentant autour de lui de nouvelles choses, il se laissa porter quelques secondes hors de lui-même avant de se raviser : bien qu’étant à présent un Dieu, il avait toujours besoin de se nourrir… Et Constantinople était un lieu fort adéquat pour cela. Et dans une si grande ville, personne ne fit attention à la disparition successive d’une dizaine de personnes au cours de la journée, mortes dans des circonstances étranges, sans traces de maladies ou d’agressions…

« Je sens des ténèbres approcher… » Murmura-t-il à l’ombre de la lune, volant au-dessus de la ville endormie après s’être repu de dizaines d’âmes au cours de la journée passée. « Et, elles portent mon nom. »

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