RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [1750] Continued Story [Sköll]

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Managarm


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MessageSujet: [1750] Continued Story [Sköll]   Mar 10 Juil - 15:39

Les flocons de neiges tombaient mollement, parsemé comme des éclats d’étoiles dans les cieux nuageux, tapissant davantage encore le manteau opalin qu’elle foulait avec langueur. Sa lourde cape posée sur ses épaules frôlait les flocons cristallins au sol, le vent s’éleva un instant, soulevant la chevelure de nacre de la jeune femme qui s’écoulait jusqu’au milieu de son dos. La fraicheur de la brise apporta à son esprit un répit à son trouble se faisant panique qui ne cessait de fluctuer d’un instant à l’autre, s’amusant à la torturer de la plus vil des manières. Un soupir passa la barrière de ses lèvres emplit d’une fatigue qu’elle avait de plus en plus de mal à dissimuler. Elle dormait mal ces temps ci, perturbée qu’elle l’était par un secret se faisant de plus en plus lourd à porter. Et plus que ce secret, c’était les conséquences qu’il avait sur elle qui perturbait ses jours et ses nuits.

Ce matin, ils s’étaient disputés. Une grimace perturba son joli faciès de poupée de porcelaine alors qu’elle rectifiait intérieurement. En réalité, elle était la seule à avoir tout provoqué, et avait plus cherché un prétexte pour fuir Sköll et le lieu dans lequel ils vivaient ensemble pour dissimuler son malaise. Les odeurs de nourriture la rendait malade, et elle avait été bien inspirée de s’échapper au plus vite pour éviter de rependre le contenu de son estomac devant lui. D’ailleurs, c’était sur le peu d’aliment qu’elle ingérait le matin depuis quelques temps, qui lui avait fait une réflexion sur laquelle elle avait put laisser toute son irritation et sa panique prendre le dessus. Elle aurait dût aller s’excuser, mais elle n’en avait pas la force. Pas encore. La demoiselle frissonna, mais le froid n’en était guère coupable cette fois ci.

Elle devait lui dire. Elle le savait mais chaque fois qu’elle essayait, la panique l’engloutissait et elle finissait par fuir d’une manière ou d’une autre la conversation ou sa présence. Cela faisait très exactement 3 jours qu’elle avait comprit la raison à tout ces chamboulements. 3 jours qu’elle luttait contre une folle envie de pleurer en essayant de dissimuler à son compagnon la raison de son trouble. Il devait se douter que quelque chose n’allait pas, il était beaucoup moins stupide que ce que pensait la plupart des gens…Elle aurait put être malade après tout, et c’est ce qu’elle avait simplement pensée avec logique lorsqu’elle s’était sentit nauséeuse. Après tout, elle n’avait pas la vigueur du fauve, et même si elle s’était habituée au climat, la maladie ne l’évitait pas pour autant…

Mais elle n’était pas malade. Pas vraiment, et elle aurait amplement préférée l’être. Un instant le sol vacilla sous ses pieds. Les ombres se déployèrent autour d’elle, se faisant soutien inébranlable. Elles étaient toujours là.

~ Chère Lune…Faites attention. Nous devrions faire demi-tour.

Maeleene grimaça à ses mots pleins de bon sens, mais qui l’irrita malgré tout. Plus que l’irritation même, c’était la peur de se retrouver de nouveau devant le guerrier divin qui l’effrayait. Son regard d’émeraude darda celui écarlate de la créature chevaline qui avait prit forme. C’était ses familiers qui avaient confirmé son diagnostic, eux qui étaient morts et sentaient la vie qui grandissait en elle. Ils l’avaient compris avant elle mais c’était tût parce qu’elle n’était pas prête à les entendre.

La demoiselle ce sentait acculée.

Elle aimait Sköll. Sincèrement et de tout son cœur, aussi étonnant ce fait pouvait il demeurer à des yeux étrangers. Elle se sentait à sa place à ses cotés, il était un repère stable terriblement séduisant pour elle qui avait vécue de si brutal changement que la perte de tout son univers en l’espace de quelques jours. Elle ne lui avouerait surement jamais à quel point elle se sentait en sécurité auprès de lui, entre ses bras, de peur qu’il ne soit encore plus protecteur envers elle qu’il ne l’était déjà – bien qu’elle était sur qu’il le sache en parti. Elle était une guerrière et avait une fierté qui allait de paire avec son statut, aussi amoureuse pouvait elle être de cet homme, elle avait du mal à accepter sa vulnérabilité.

Elle avait finit par se faire à ce sentiment qui l’avait longtemps effrayée. Se mettre à nue face à un autre, lui ouvrir son cœur en lui offrant le moyen de la détruire de la plus efficace des manières avait de quoi la rendre prudente. Son cœur s’était déjà tant brisé qu’elle savait que si on lui portait un nouveau coup, il ne resterait plus que la folie. Mais elle avait prit le risque avec Zeta. Parce que c’était lui. Parce que pour celle qui avait tant de fois fuit ses propres élans, cet homme avait abandonné ses propres défenses pour lui donner sa vie. Juste à elle. Seulement à elle.

Alors qu’elle le blessait. Qu’elle le fuyait.

La jeune femme se mordit la lèvre. Elle devait lui dire, pourtant, elle craignait d’en parler à haute voix. Il n’y aurait alors plus de retour en arrière. Plus d’illusion. Plus de fuite possible.

Elle obéit implicitement à son invocation, celle-ci accompagnant sa maîtresse dans le cas où elle aurait de nouveau un vertige qui la ferait vaciller. La demoiselle ne s’en préoccupa même pas, tout qu’elle était à se démener intérieurement contre ses propres démons.

Elle était une guerrière. Elle combattait pour Odin, tout comme Sköll, mais ce secret chamboulait tout son monde. Encore une fois. Et elle n’était pas friande du changement, surtout lorsqu’elle n’avait aucun contrôle dessus, et elle pensait qu’elle avait subit assez de changement cette année. Apprendre à vivre avec un homme n’était pas de tout repos.
Si elle ne vivait pas avec lui, ça ne serait surement pas arrivé. Ses doigts se resserrèrent sur ses bras. Elle ne devait pas songer à ça. C’était surement vrai quelque part, ils étaient amants après tout, mais au fond c’était de sa faute. Elle aurait dut se montrer plus prudente. Elle avait cru l’être pourtant, mais devant les faits, il était clair que sa vigilance c’était estompée avec le temps.

La demoiselle d’argent atteignit leur lieu de vie bien avant qu’elle n’ait fait le tri dans ses réflexions, sans même savoir ce qu’elle allait dire. Apercevoir la maison se dressant en plein milieu de la plaine enneigé fit remonter en elle l’angoisse qu’elle avait put maitriser en s’éloignant, à présent, elle avait l’impression de s’y noyer.

Mais elle ne fuirait pas.

« Retire-toi. »

La créature inclina sa tête massive avant d’obéir, disparaissant dans les ombres alors qu’elle se dirigeait vers Sköll. Leene dissimula le tremblement de ses mains sous sa cape qu’elle resserra autour de son corps.
Elle devait au moins s’excuser pour son comportement même si cela lui faisait mal de l’admettre. Elle avait horreur de s’excuser mais cela faisait partie des compromis de la vie de couple.

La silhouette massive du guerrier divin amena en elle les mêmes troubles que plus tôt. L’impression de le trahir et la colère déroutante qu’elle nourrissait à son égard. Soupirant, la jeune femme s’approcha jusqu’à être suffisamment près sans toutefois le toucher.

« Sköll…Je… »


Elle dût prendre une profonde inspiration avant de continuer. S’excuser ne lui était jamais simple, et elle prenait beaucoup sur elle lorsqu’elle devait le faire. Ça n’arrivait d’ailleurs pas souvent. Mais elle devait s’excuser, et c’était exactement ce qu’elle désirait faire pourtant, les mots qui sortirent de sa bouche n’était pas vraiment adéquate.

« Je suis enceinte. »

Elle fut elle-même choquée de sa phrase tant est si bien qu'elle en oublia de respirer. Etourdit, la guerrière qu’elle était ne sut que faire ou que dire pour rattraper sa bourde, l’angoisse engourdissait son esprit.
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Eren


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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Mer 18 Juil - 19:51

Continued Story
Feat. Leene


Et si nos souvenirs étaient de cendres, m'aimerais-tu pour le mal et par le mal ? Si je plongeais le monde dans des horizons si tristes qu'il serait à sa toute fin, m'aimeras-tu mon amour, aimerais-tu le mal ? Est-il impossible que le démon puisse être fou de l'ange ? Ce qui te fait peur, mon ange, c'est ce mal que tu portes dans tes entrailles, ce mal qui me plaît, qui passionne mon désir pour toi, ce qui te fait peur, c'est qu'un jour tu puisses être enfin toi.


Deux ans.

Deux ans d'une paix relative mais durable. Deux ans qu'il n'avait plus posé le pied sur un champ de bataille. Le plus étonnant n'était pas cette abstinence, mais le fait qu'il n'en ressente aucun manque. Ses compétences n'en étaient pas amoindries : le fauve n'était pas près de ranger ses griffes. Tous avaient été forcés de reconnaître sa valeur après qu'il soit revenu victorieux de son combat contre Perséphone. Mais il avait mieux à faire désormais. Apprendre à vivre était autrement plus ardu que d'apprendre à tuer. La mort et la vie sont deux faces d'une même pièce, mais jamais jusqu'alors il n'avait songé à la retourner pour voir l'envers du décor. C'était à présent chose faite, et ce grâce à la femme qui, depuis lors, partageait sa vie. Un scénario qu'il n'aurait jamais pensé vivre un jour, car typique des contes de fée et de la joie éphémère qu'ils procurent à leurs naïfs lecteurs.

C'était pourtant vrai, et il lui fallait se le rappeler chaque jour.

Ce n'était plus aussi saisissant qu'au début, mais il lui arrivait fréquemment de penser que tout cela n'était qu'un rêve dont il lui faudrait tôt ou tard se réveiller. Cette pensée lui glaçait les sangs, mais une étreinte de l'être aimé avait tôt fait de les dissiper. Pour préserver cette idylle le temps qu'elle durerait, il avait bâti de ses mains un abri loin de tout, loin du monde. Ici, nul ne pourrait leur faire de mal. Même si l'ombre d'une menace à naître devait planer sur leur bonheur fragile, il pouvait encore montrer les crocs. Absolument personne n'avait le droit de mettre en péril ce qu'ils avaient mis deux longues années à bâtir. Le lien qui existait entre eux était trop fort pour qu'il laisse qui que ce soit y toucher. C'était leur privilège, car cette chaîne de l'âme n'appartenait qu'à eux. Pour la première fois, la bête sauvage s'était laissée enfermer de son plein gré, car les barreaux de sa cage n'étaient que passion.

Quelque chose n'allait pas. Sans être expert en comportement, ses tendances animales lui étaient d'une aide précieuse pour déchiffrer les changements d'attitude. Le temps passé à ses côtés ne serait jamais assez long, mais celui qu'ils avaient déjà vécu était plus qu'il n'en faut pour la connaître par coeur. C'est pourquoi penser qu'il ne s'en rendrait pas compte était une grave erreur. Pour autant, il n'avait pas jugé utile de le lui faire remarquer. La confondre n'aurait fait que l'acculer et telle n'était pas son intention. Il préférait de loin attendre qu'elle se sente prête à lui en parler plutôt que de lui forcer la main, même de manière indirecte. Depuis plusieurs jours déjà, l'atmosphère n'était plus la même, et il lui fallait prendre sur lui pour ne rien laisser voir de son impatience. Toute cette tension le rendait nerveux, mais le lui montrer n'aurait fait que la préoccuper davantage. Elle n'avait pas besoin de cela, si le poids du secret lui était déjà si lourd à porter.

La dispute qui avait éclaté ce matin-là fut un soulagement.
Cela ne l'empêcha bien sûr pas d'y participer : ne pas le faire aurait semblé suspect. C'était aussi l'opportunité d'évacuer toute la pression accumulée au cours des derniers jours. La raison du conflit était anodine, futile, si bien qu'il n'en avait déjà plus souvenir. L'un comme l'autre savaient que se quereller pour si peu n'avait aucun sens après tout ce qu'ils avaient traversé. On ne surmonte pas l'orage pour mieux craindre l'averse. Cela n'avait fait que se conforter dans ses suppositions. La voir partir lui avait serré le coeur, de peur qu'elle franchisse ce seuil pour ne jamais revenir. Toutefois, il ne lui avait pas fallu longtemps pour se raisonner et chasser ces idées noires. Prendre l'air lui ferait le plus grand bien, et peut-être qu'alors elle se sentirait en mesure de se confier à lui. Il l'espérait de tout coeur, n'en pouvant plus de la sentir en proie au malaise. Ses sens étaient assez aiguisés pour se douter que ce n'était pas un moindre mal, en plus du fait qu'elle s'évertue à n'en rien lui dire après s'être déjà tant avoué.

S'il avait le coeur plus léger, il était encore trop tôt pour se sentir rassuré. Ce ne serait sans doute pas le cas avant qu'elle ait regagné le confort de ce doux foyer. Et tandis qu'il patientait sur le pavillon, Sköll fut bien forcé d'admettre qu'il était fier de ce qu'il avait construit. Il avait su leur donner un endroit où vivre. Ce n'était certes pas aussi majestueux que le château où il avait passé la majeure partie de sa jeunesse, mais il n'avait aucune envie de renouer avec cette époque. Ce passé était depuis longtemps révolu. De plus, ce n'aurait pas été « leur » demeure. Il avait ressenti le besoin impérieux d'en être l'artisan, sans l'aide de personne. Ce n'avait bien sûr pas été de tout repos. Mais après avoir terrassé la Reine des Enfers, quel bâtiment aurait pu lui résister ? Et enfin, après des mois de travail acharné, il avait pu lui présenter le fruit de ses efforts. Le point de départ de leur liaison était franchi depuis fort longtemps, mais il avait au fond de lui l'impression que c'était à ce moment-là que tout avait véritablement commencé. Prendre cet engagement l'inquiétait au début, le colosse ne pouvait le nier. Mais assembler cet espace pierre par pierre, créer de toutes pièces un endroit où ils seraient en lieu sûr avait écarté les doutes qui hantaient encore son esprit.

La voir reparaître à l'horizon lui arracha un soupir de soulagement. À cet instant, la certitude qu'il ne lui soit rien arrivé était son bien le plus précieux. La sorcière lui avait tant et si bien répété qu'elle savait se défendre qu'il n'avait pu que le graver dans sa mémoire, mais la savoir saine et sauve était toujours un apaisement. Ses ennemis le disaient sans pitié, mais parlaient sans savoir, car ils n'avaient pas encore idée de la colère noire dans laquelle il entrerait s'ils touchaient à un seul de ses cheveux. Qui que soit le fou qui oserait lever la main sur elle, il n'aurait plus nulle part où se cacher. Le monde entier n'y suffirait pas. Zeta décroisa les bras, la mine neutre pour mieux feindre une rancoeur mal dissipée. L'illusion fut cependant de courte durée puisqu'elle prit fin à la seconde où sa chère et tendre confessa la source de tous ses maux.

- Je... C'est moi le père ? Demanda-t-il, stupide.

Mettre des mots sur ses émotions lui demandait un effort de concentration dont il ne se serait pas cru capable. Sa maladresse l'avait plus d'une fois mis dans l'embarras. Mais elle avait su se montrer patiente, car elle-même n'était guère plus à l'aise avec ces sentiments nouveaux. Et c'était ensemble qu'ils avaient appris à les contrôler, et à en tirer parti. Ce n'avait pas été chose aisée, mais ils avaient fini par comprendre ce qui résidait au fond de leur coeur. Et cet amour profond et sincère lui procurait un bien-être qu'il n'aurait pas soupçonné quand tout cela lui était encore inconnu. Cette relation lui avait énormément apporté, et il lui en était infiniment reconnaissant. Tant et si bien que l'en remercier lui paraissait impossible. Faute de pouvoir le faire, il la chérissait de toute son âme dans l'espoir d'un jour rembourser cette dette spirituelle.

Pour se faire pardonner cette réflexion absurde, mais aussi parce qu'elle semblait ne jamais en avoir tant eu besoin, le Guerrier Divin l'enlaça étroitement. Son escapade avait déposé sur sa peau la froideur de l'hiver, mais elle se dissipa à son contact. Sa massive silhouette était pour elle source d'une chaleur bienfaisante, et il entendait l'en faire profiter. Poser sa joue contre la sienne lui offrit le doux bruit de son souffle régulier et de ses battements de coeur, qu'il écouta avec d'autant plus d'attention. Si elle lui avait autrefois paru fragile, ce n'était rien à côté de ce moment. La vie s'éveillait en son sein, et ce depuis un certain temps déjà. Être fixé sur ce qui la tourmentait depuis tout ce temps suscitait nombre de questions. Mais pour l'heure, il n'avait qu'une envie : celle de la serrer dans ses bras et de lui garantir que tout irait pour le mieux. La peur de l'abandon n'avait pas lieu d'être, car il lui avait déjà vendu son âme.

- Je suis tien, maintenant et à jamais.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Dim 22 Juil - 15:23

Ses mains tremblaient alors que ses pensées s’entrechoquaient dans une cacophonie effroyable. Elle allait finir par perdre pied dans son propre monde, perdue dans cette angoisse qui l’avait tenaillée si longtemps. Elle n’avait jamais souhaité lui avouer son secret de cette manière aussi abrupte, pourtant, en toute honnêteté, elle n’aurait jamais sut comment le lui dire autrement. Il y a des vérités difficiles à avouer et autant à entendre. Cela ne l’empêchait pourtant nullement d’en être angoissée. Un millier de question virevoltait dans son esprit, l’embrumant tant et plus qu’elle en ignora presque de lire la surprise sur le visage de son amant. Elle ne manqua pourtant pas sa réflexion on ne peut plus stupide qui lui permit au moins de renouer avec la réalité et de transformer son angoisse. Elle en fut surprise l’espace de quelques secondes, figée, elle l’observa de son regard d’émeraude, les lèvres entrouvertes en un o muet. Aussi stupidement que lui.

Sa réaction fut néanmoins un peu moins douce. Une colère aussi vive qu’inattendue embrasa son cœur face à ses mots aussi stupide qu’anodin.

« Bien sur que non, c’est l’enfant que j’ai eut avec l’un de mes nombreux amants ! » s’emporta t’elle avec fougue, la colère assombrissant le jade de ses yeux alors qu’elle le piquait avec la même absurdité. « Bien sur que c’est toi le père, imbécile ! Tu crois que je laisserai une autre personne que toi me toucher ? Pour qui me prends-tu !? »

Elle aurait dût se montrer plus compréhensive face à sa révélation on ne peut plus surprenante, pourtant, elle n’en avait pas la patience à cet instant, ses émotion se mélangeant en elle avec fracas. Qu’il puisse ne serait ce que croire un instant qu’il n’était pas le père de cet enfant la mettait dans une colère noire, comme si elle était capable de le tromper avec le premier venu. Elle était loin d’être une femme parfaite, mais elle était aussi fidèle qu’il était possible de l’être. Son cœur ne battait que pour cet homme, et elle était bien trop fière pour laisser un autre que lui tenter quoi que ce soit avec elle.

La sorcière se laissait bousculer par ses émotions, habituellement, elle était déjà d’humeur lunatique mais il semblait que la grossesse n’allait rien arranger. Bien au contraire.

Et ce fut aussi rapidement que sa colère retomba, dès lors que les bras du guerrier se refermèrent sur son corps tremblant autant de froid que de cette fureur mal venue. Un long frisson l’ébranla alors qu’elle sentait ses jambes vaciller, se laissant entrainer contre le torse de son compagnon. Ses yeux s’embuèrent de larmes qu’elle tenta en vain de faire disparaitre, mais qui finirent par s’écouler le long de ses joues en de longue trainée cristalline.

Elle se sentait perdue. Alors qu’elle croyait enfin être parvenue à contrôler ce nouveau monde qu’était la vie à deux, elle se retrouvait à devoir faire face à une nouvelle épreuve qui ne ressemblait à aucune autre. La gorge nouée par l’émotion, elle ne parvint même pas à lui répondre. Elle le savait pourtant, mais une partie d’elle-même était soulagée de les entendre de nouveau, comme si elle avait eut réellement peur qu’il ne la fuit à cause de cette révélation. Elle se réfugia dans cette étreinte telle une naufragée perdue dans la tempête, essayant de trouver dans sa présence de quoi la rassurer, la lié à cette réalité qui la tourmentait tant.

La guerrière et la femme qu’elle était avait trouvé un certain équilibre dans cette relation qu’elle parvenait à peine à maintenir encore aujourd’hui. Elle oscillait sans cesse d’un coté puis de l’autre, sa fierté de combattante contre cette féminité nouvelle qu’exacerbait Sköll en tant qu’amant. C’était à cause et grâce à lui qu’elle s’ingéniait à trouver un accord entre ces deux facettes de son âme. Un équilibre rompu aujourd’hui de par cette grossesse inattendue.

Pour beaucoup de couple, c’était une heureuse nouvelle, un magnifique présent qu’était la vie. Mais pour elle, cela sonnait comme un glas. Elle était une guerrière au service d’Odin. Elle était une combattante, donnant la mort sur les champs de bataille. Parvenir à vivre une vie de couple un tant soi peu normal était déjà une sacrée réussite en soi pour elle qui n’avait jamais imaginé éprouver ce genre de sentiment pour un homme. Elle les méprisait. Généralement tout du moins, elle méprisait la plupart des humains foulant cette terre qui n’avait eut de cesse de voir la faible femme plutôt que l’impitoyable guerrière. Par la suite, ils avaient vu la dangereuse sorcière, et elle s’était accoutumée à leur regard emplit de crainte ou de colère.

Et puis il y avait eut ceux qui l’avait vu avec sa force de guerrière, de sorcière et l’avait acceptée ainsi, sans crainte, sans colère…Et d’autre avait vu plus loin encore. Ils avaient vu les meurtrissures marquant son cœur maintenu captif par peur qu’il ne se brise. Ils avaient percés ses défenses et elle s’était dévoilée à eux avec crainte. Elle avait tant de difficulté à accepter ses propres faiblesses, alors en faire par aux autres lui était si ardu !

Les doigts délicats de la demoiselle se crispèrent sur les vêtements de son conjoint, ses larmes continuant de dévaler la courbe de son visage sans se tarir. Elle détestait tant cette faiblesse que l’on disait issus des femmes ! A quoi cela servait de pleurer dans la situation actuelle ? Est-ce que ses peurs s’échapperaient avec les perles cristallines ? Est-ce que l’enfant qui grandissait en elle, cause de tous ses affres, disparaitrait avec elles ? Elle ne voulait pas d’enfant ! Cette consécration, elle la laissait aux femmes, aux vraies, à celles qui en avaient la volonté, pas à elle ! Elle, elle ferait une mère exécrable. Elle n'avait pas la patience de sa propre mère...Ni même sa force.

Ils n’avaient jamais vraiment parlé de cette éventualité, il n’y avait aucune raison de s’y attarder puisqu’elle avait les moyens de l’éviter avec ses talents de sorcières. Ils avaient déjà eut bien assez à faire pour s’accommoder à la vie à deux sans parler de fonder une famille. Une famille. Ce mot sonnait moins durement à ses oreilles pourtant...

« Je suis une guerrière. » souffla t’elle d’une voix émue dans laquelle perçait des traces de sanglot contraint. « Je suis une guerrière d’Odin…Je n’ai rien d’une mère ! Rien du tout !... » S’énerva t’elle avant que ne retombe de nouveau sa vaporeuse colère. Lorsqu’elle reprit la parole, les sanglots brisaient sa voix rendue plus faible. « Je suis désolée…Je suis tellement désolée Sköll. J’aurai dût te le dire plus tôt…Mais je n’y arrivais pas. A chaque fois que j’essayais…Je suis tellement perdue ! J’aurais dût être plus vigilante… »

Son corps tremblait alors qu’elle teintait en vain de contrer cette crise d’angoisse qui annihilait toutes réflexions. Elle se perdait.

« Qu'est ce qu'on va faire...? Je... »

Un sanglot.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Ven 3 Aoû - 6:53

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- Tu n'y es pour rien. Arrête de t'excuser.

Le ton était impérieux, mais elle comprendrait sans doute que c'était pour son bien. S'il lui avait jamais fait peur, ce n'était plus le cas depuis fort longtemps. Les intonations les plus convaincantes n'y pourraient rien changer. Devoir s'exprimer en ces termes à l'encontre d'un être si cher à son coeur n'était pas pour lui plaire, mais il n'avait pas d'autre choix s'il voulait l'aider à se reprendre. Et nul doute qu'elle en avait grand besoin, peut-être même plus encore qu'elle avait besoin de lui à cet instant. Sköll ne sut trop comment réagir à cette déclaration, mais comprit presque aussitôt que c'était à lui de prendre les choses en main. Avoir à cacher ce secret l'avait rendue anxieuse, plus encore qu'elle ne l'avait été en l'apprenant elle-même. La détresse pouvait se lire dans son regard : elle ne savait plus quoi faire. Qu'elle soit si vulnérable lui rappelait ce jour ou, deux ans auparavant, il lui avait déclaré sa flamme. S'il avait été le même qu'à l'époque, il n'aurait sans doute pas su comment réagir. Mais grâce à elle, il avait évolué. Il savait à présent que si elle venait à flancher, il devrait être fort pour deux afin qu'elle puisse se relever. C'était ce qui en faisait l'homme de la situation, plus que n'importe qui d'autre. Et même s'il dépréciait avoir à la bousculer de la sorte, c'était nécessaire afin qu'elle puisse reprendre ses esprits.

- Ne sois pas stupide. Ce n'est pas ta faute, ou alors c'est aussi la mienne. Qu'est-ce que tu veux qu'on y fasse ? De toute façon, il est déjà trop tard. On est sans doute pas prêts pour ça, c'est vrai, mais on ne l'est jamais vraiment à moins de l'avoir déjà vécu.

Depuis le début de leur relation, il avait appris à la connaître plus faible, plus fragile. Elle lui avait fait voir ses blessures secrètes. Il l'avait aidée à panser ses plaies. Mais elle rechignait toujours autant à lui dévoiler ses faiblesses, à se montrer plus délicate qu'elle ne l'était en réalité. Sa fierté de guerrière le lui interdisait. Et puisque c'était justement l'objet du litige, mieux valait l'empêcher de la détériorer. Ainsi l'obligeait-il à relever la tête, avec des mots plus durs qu'il ne l'aurait voulu, mais pourtant nécessaires. Ses doigts se crispèrent sur sa manche sans qu'elle ne s'en aperçoive, et il reprit d'une voix égale. Il posa la main sur son ventre. Ses doigts en frôlèrent le renflement. Presque imperceptible pour le moment, il ne tarderait pas à prendre du volume. Il était encore temps d'y remédier, mais le voulait-elle vraiment ?

Parmi les décoctions dont elle avait le secret, nul doute qu'elle saurait trouver de quoi mettre un terme à cette grossesse prématurée. Mais plutôt que de régler le problème, elle avait choisi de venir le voir. Qu'on ne s'y méprenne point, sa confiance en elle était totale : pas une seule seconde il n'aurait pu penser qu'elle s'en serait délestée sans l'en avertir au préalable. Mais ce n'était pas tout. Tout portait à croire que, même sans en avoir conscience, elle n'avait envisagé d'autre solution que de garder l'enfant. Comme si, faisant fi de toutes ses inquiétudes, elle n'avait pas même songé à l'abandonner. Cette pensée lui insuffla une étrange fierté pour celle avec qui il avait choisi de partager sa vie. Sköll croisa les bras, s'efforçant de rester pragmatique. Cette nouveauté soulevait de nombreuses questions, et ce serait mentir que de dire qu'elles n'étaient pas épineuses pour la plupart. Celle qui lui brûlait les lèvres était du nombre.

- Et lui, tu y as pensé ? Il va subir le même sort que nous. Il sera considéré comme un monstre par tous ceux qui l'entourent à part nous. Tu sais aussi bien que moi que ce ne sera pas facile. S'il y a une question que tu dois te poser, c'est de savoir si tu penses pouvoir aimer cet enfant.

Sans ça, il ne survivra pas, pensait-il sans oser l'avouer. Leurs faits d'armes de la dernière Guerre Sainte n'avaient pas suffi à effacer la rancoeur que nourrissaient les villageois à leur égard. Né de leur union, l'enfant cristalliserait la peur et la haine de tout un peuple. À travers eux, il en serait protégé, c'était l'évidence même. Mais le regard du monde, le regard des gens ne changerait pas aussi facilement. Il lui faudrait d'abord en souffrir. Et puis, bien qu'il n'osât pas aborder le sujet de peur que lui rappeler de mauvais souvenirs n'accroisse son malaise, ce n'était pas la seule malédiction dont il faille se méfier. Car il en était une qui le frapperait sans coup férir, bien réelle cette fois. Sköll n'en connaissait cependant pas tous les détails, et manquait d'informations pour identifier la menace. Sa conjointe était hantée par le souvenir de ce qu'il était advenu de son frère, et il n'avait pas le coeur de la forcer à se remémorer ce terrible moment. Surtout pas maintenant. Elle était la mieux placée pour savoir quand lui en parler, et surtout s'il le fallait. La peur qu'il lui arrive malheur à elle aussi était bien présente, mais il préférait rester dans le doute que de l'obliger à ressasser ce chapitre sanglant de son existence. Pour rien au monde il n'aurait voulu lui faire revivre cette tragédie. Hélas, son instinct ne le trompait que rarement, et qu'il lui intime de rester sur ses gardes était en soi un funeste présage.

- Je t'interdis de te laisser abattre. Cesse de te lamenter, ça ne te ressemble pas. Si tu as le temps de pleurer, pense plutôt au prénom que tu vas lui donner.

Qu'elle arrête de se lamenter serait le premier pas vers l'acceptation. Outre le fait de lui serrer le coeur, toutes les larmes qu'elle pourrait verser ne changerait rien à la situation. Encore une fois, il n'était pas tendre avec elle. C'était pour son bien, et tout l'amour qu'il pouvait lui porter n'aurait pas suffi à le convaincre d'arrondir les angles. Elle ne devait rien ignorer de son avis sur la question, même s'il devait s'en faire pardonner par la suite. Le GodWarrior la consolerait autant qu'il le faudrait une fois qu'ils en auraient fini avec cette mise au point. Ses yeux étaient embués de larmes, mais ils n'en furent pas moins la cible de son regard couleur d'acier quand il posa les mains sur ses épaules. Pour l'heure, une vérité n'avait pas encore été énoncée. Et si ce n'était pas la plus difficile à entendre, c'était sans conteste la plus susceptible de lui rendre toute sa lucidité et sa clairvoyance.

- Secoue-toi ! La Leene que je connais ne craint pas l'ombre d'un enfant à naître.

Dans l'intimité, il avait pris l'habitude de l'appeler par son prénom – son vrai prénom. Qu'il y préfère cette fois sa fausse identité n'était pas anodin. C'était sous ce nom que la connaissaient tous leurs semblables. C'était sous ce nom que ses ennemis apprendraient à la craindre. C'était sous ce nom qu'elle arpentait les champs de bataille. Ses traits s'adoucirent et il finit par la prendre dans ses bras. Une étreinte ferme mais non moins chaleureuse, assez, l'espérait-il, pour estomper la froideur de ses mots. Le colosse aurait voulu la consoler, trouver les mots pour apaiser sa chère et tendre. Mais les beaux discours n'avaient jamais été son fort. À défaut d'y parvenir, il avait essayé de toucher la corde sensible qui lui permettrait de surmonter cette épreuve. Par son abandon, elle serait vaincue sans même avoir livré bataille. À sa façon, le Tigre Noir espérait piquer au vif son orgueil et la convaincre de ne pas se rendre si rapidement. Cet heureux événement était un défi que la vie lui imposait. Si elle pouvait l'accomplir tout en gardant la tête haute, il serait encore temps de redevenir ce qu'elle avait toujours été.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Jeu 9 Aoû - 9:50

Les paroles de Sköll étaient dures, sans enrobage, elles se faisaient fouet claquant à ses oreilles mais avait au moins le mérite de percer l’angoisse qui la tenaillait depuis plusieurs jours. Et malgré tout, sa voix la rassurait, lui prouvait qu’elle n’était pas seule, qu’il était là et le resterait toujours, se faisant une ancre avec la réalité aussi effrayante pouvait elle devenir.
Comme c’était étrange de craindre la vie plus que la mort ! Sur le champ de bataille, elle n’avait eut nulle crainte pour sa vie, avait bravé l’antre infernal et son univers de mort sans sourciller, s’y sentant presque à sa place. Ces ruines et sa désolation faisaient échos à la sienne propre, à ce pouvoir qui s’était éveillée de ses chaires dans ce lieu sordide. Sorcière, elle était liée à la mort. Elle en oubliait dans ces instants son pouvoir sur la vie, elle qui pouvait la raviver, soigner les blessures en écartant l’ombre de la faucheuse.

Un pouvoir à double visage, deux facettes comme cette lune dont elle tirait son nom.

Ses mots étaient nécessaires. Ses questions importantes. Il soulevait en quelques mots tout ce qui l’angoissait, tout ce à quoi elle avait songée lorsqu’elle avait apprit la nouvelle quelques jours plus tôt et qui la tourmentait tant. Sa brusquerie eut le mérite de faire cesser les larmes en la piquant au vif. Ce lamenter n’était pas dans ses habitudes, pas plus que d’abandonner avant même d’avoir livré bataille, mais la situation était si troublante à ses yeux, si différente de tout ce à quoi elle se serait attendu que cela avait été plus fort qu’elle. A cet instant, elle se détestait pour cette ignoble faiblesse.

Trop tard. C’était aussi vrai que faux. Il n’était jamais réellement trop tard, mais dans son esprit, cela sonnait de la même manière. Avoir la possibilité de défaire ce qui avait été fait ne signifiait aucunement en avoir la volonté. Hors, c’était bien part là que tout démarrait. Ses angoisses étaient réelles, sa crainte plus que palpable : elle ne se sentait pas prête. Pourtant les paroles de Zeta faisaient écho à quelque chose de plus profond, ancré en elle. Toute sorcière qu’elle était, elle demeurait aussi femme et respectait la vie innocente que pouvait être celle d’un enfant. Deux êtres étaient morts de ses mains, elle regrettait la mort de l’un uniquement, celle de son frère ainé. Son sang - celui de sa dernière famille - coulait toujours sur ses doigts même en sachant que cela était inévitable. Elle ne voulait nullement revivre cette expérience.

Et puis…

Il y avait Sköll. Lorsque son conjoint avait frôlé son ventre, une foule confuse de sentiment c’était débattu en elle avec de la gêne en premier lieu. Après tant de temps passé ensemble, les gestes tendres du guerrier ne lui étaient pas inédits, pourtant à cet instant, il sonnait différemment. Cette fois, elle n’en était pas la seule bénéficiaire. C’était…troublant. Inhabituel. Son regard voilé par les larmes s’était levé vers lui, muette, elle laissait ses mots la piquer de la plus vive des manières. Elle voulait lui répondre mais ceux-ci restaient emprisonnés dans sa gorge, fermant les yeux, la guerrière laissa la ferme étreinte de son compagnon dénouer l’étau de ses lèvres. Un tremblement puis un soupir imperceptible finit par dénouer la crispation de son corps.

« La Leene que tu connais n’avait jamais eut à se préoccuper de ce genre d’ombre. »

La première réplique un brin cynique qui sortie de sa bouche avait le mérite de dénouer avec cette crise de panique qui couvait en elle. Celle-ci n’était pas a proprement parlé disparue, pas aussi simplement, l’angoisse sourde était toujours bien là mais la présence de Zeta, son soutien physique autant que ses paroles aussi dures pouvaient elle être pour un autre était ce qu’il lui fallait pour se reprendre un tant soit peu.
Elle était une guerrière. Ça ne changerait pas. Ça n’avait aucune raison de changer. Penser que tout reviendrait à la normal par la suite était un doux rêve, elle ignorait tout de la vie de mère, de ce que la venue d’un enfant pouvait chambouler mais à cet instant, elle y croyait. Elle devait y croire.

Ce genre d’écart de sa part demeurait rare, la dernière fois datait de deux ans auparavant, lors de sa première guerre. Pendant et après. Elle avait montré ce visage difforme à Zeta…
La jeune femme se sentait honteuse autant que déroutée, faible. Ce n’était pas là l’image qu’elle se plaisait à montrer aux autres, et même si Sköll n’était pas n’importe qui à ses yeux, qu’il la voit aussi pitoyable, lui qui était un tel roc la mettait mal à l’aise, lui faisait presque mal. Elle savait pourtant qu’il n’en avait cure, qu’il l’aimerait malgré tout, avec ses failles et ses faiblesses, ses craintes et ses espoirs, pourtant, une part d’elle-même ne cessait de la rabrouer pour ce laid visage qu’elle lui montrait. Il était toujours là, dans toute sa stabilité, et elle s’en voulait d’être un tel fardeau, de profiter de lui de cette manière sans rien lui offrir en retour que de la colère irrationnelle et des larmes insondable.

La sorcière demeura silencieuse un certain temps dans les bras de son amant, les yeux clos, le corps tremblant encore à intervalle irrégulier. Elle s’obligeait à se calmer, à reprendre une contenance nécessaire pour parler de l’avenir. Cet avenir incertain qui se dessinait devant leurs yeux sans qu’elle ne désir le distinguer pour autant. Les mots qui sortirent de sa bouche après ce silence étaient aussi spontané qu’incohérent à ses yeux.

« Je t’aime Sköll…alors puisque je t’aime…je devrais l’aimer aussi, non… ? »
souffla t’elle d’une petite voix presque timide. « C’est…C’est ton enfant… »

Après tout, cet enfant, c’était un peu de lui aussi. Aussi absurde cela pouvait il paraître, y songer lui était étrangement réconfortant, rendait la situation plus supportable à ses yeux. La guerrière secoua la tête, demeurant entre les bras de son conjoint, gênée par ses propres paroles teintant pourtant de manière sincère. Elle n’avait pourtant pas le courage d’affronter son regard, d’assumer pleinement ses quelques mots timides, aussi préféra t’elle se serrer davantage contre son torse, profitant de sa chaleur rassurante.

« C’est absurde…Je ne veux pas d’enfant, je ne veux pas être mère, pourtant je ne peux pas l’abandonner ou lui faire du mal. J’ai…J’ai déjà le sang de mon frère sur les mains, alors un être innocent… Je me sens totalement prise au piège… »

Elle avait crut se noyer lorsqu’elle l’avait apprit. Incapable de faire un choix rationnel avec qui plus est, le devoir de l’annoncer à son conjoint. Elle avait redoutée sa réaction sans savoir à quoi s’attendre de sa part, angoissée…Sans compter les questions et les autres inquiétudes qui ne pouvaient qu’augmenter cette panique fragilisé par son état.

« Je suis désolée de mon... » La jeune femme secoua la tête, ne parvenant pas à finir sa phrase et préférant embrayer sur autre chose. Un détail qui avait son importance à ses yeux. Si ils gardaient cet enfant – et ils n’avaient plus vraiment le choix à présent -…Si Sköll acceptait cette requête, alors, elle serait sur des sentiments du guerrier vis-à-vis de cette naissance. « Je préférerai que ça soit toi qui le nomme. S’il te plait. »

Cela ressemblait plus à une supplique, l’importance de sa réponse transparaissant dans la tension de la demoiselle.
Si il était à coté de lui, elle pourrait faire face à cette épreuve, elle pourrait y parvenir sans perdre de son essence. En partageant ce fardeau. Elle lui donnerait la vie, et il lui donnerait son identité, lui insufflerait cette force qui n’appartenait qu’à lui.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Sam 25 Aoû - 9:39

Continued Story
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Ironiquement, le gardien de saphir songea que la sensibilité accrue de sa compagne n'était rien à côté de ce qu'elle lui ferait endurer d'ici peu de temps. La période de gestation serait longue et semée d'embûches. Il ne serait pas toujours aussi facile de la réconforter, et sans doute pouvait-il présumer que ses frayeurs n'en seraient que plus grandes. Endurer cette pensée lui était difficile, mais il n'y avait nulle raison pour qu'elle soit seule à souffrir de la situation. Ses doigts filèrent parmi les mèches d'opale un long moment. Ses lèvres effleurèrent le parcours humide de ses larmes pour en chasser les derniers vestiges, et son étreinte prit de l'assurance. D'ordinaire, il se méfiait de ne pas lui laisser assez d'espace, mais il avait cette fois le sentiment qu'il était préférable de ne lui en céder aucun. Plus proche de lui elle serait, et mieux elle s'en porterait. Alors, sa paume fut le refuge de ce visage baigné de larmes. Un furtif baiser et il se détacha d'elle pour mieux la laisser reprendre ses esprits. Pas la moindre distance ne fut mise entre eux, mais rien ne pouvait lui faire plus de bien que de voir qu'elle pouvait encore tenir debout sans son aide. Une poigne plus délicate qu'elle n'aurait pu le croire il n'y a encore pas si longtemps reposait sur son épaule, signe manifeste de son inaliénable présence.

- Les miens avaient coutume de dire que la peur du noir, c'est la peur de l'inconnu. Mais seuls les fous redoutent et rejettent l'inconnu, car ce que l'on ignore ne peut nous nuire. Et on ne peut connaître quelque chose sans en avoir vu les ombres...

Des mots malhabiles grâce auxquels il espérait lui rendre confiance en elle. C'était un choc, en effet, mais vivre dans la peur n'était pas une option. Ce jour fatidique lui inspirait un effroi qu'elle n'aurait pas cru possible. Mais il était trop tôt pour succomber à l'emprise de la terreur. Si par malheur ses craintes étaient fondées, la vie telle qu'elle l'avait toujours connue basculerait dans une poignée de mois à peine. N'était-ce pas une raison idéale d'en profiter avant que ne survienne ce bouleversement ? L'aurait-il voulu qu'il n'aurait pu se mettre à sa place, car cette terreur lui était étrangère – une parmi tant d'autres. Et en dépit de l'empathie qu'il pouvait avoir pour sa partenaire, il ne lui serait d'aucun secours. Il serait toujours à ses côtés, il l'avait juré. Pourtant, c'était une épreuve qu'elle devrait affronter seule, car sa grande guerre serait psychologique. Son ultime combat consisterait à franchir le pavillon de l'incertain, où elle n'avait cessé de se tenir depuis qu'elle avait appris la nouvelle.

Zeta ne pouvait que l'attendre de l'autre côté, le dos tourné, à espérer qu'elle réussisse cette épreuve qui dans le fond serait bien plus dure que tout ce qu'elle avait vécu jusque là. Triompher d'un adversaire est chose aisée, mais se vaincre soi-même ne l'est pas tant. L'enfant n'était pas encore né qu'il ne lui en demandait pas moins, tel un obstacle qu'elle ne pourrait éviter. Le Guerrier Divin n'en verrait pas moins ses nerfs mis à rude épreuve, car ne pouvant se retourner pour lui tendre la main – pas autant qu'il l'aurait voulu. Mais il avait toute confiance en elle. Que ce soit pour franchir le seuil de ses hésitations ou même pour élever cet enfant, quand bien même il n'était pas désiré. Il le deviendrait, elle en était convaincu. De la détresse à la tendresse. Un chemin sinueux, jonché de ronces... Mais il serait là pour lui ouvrir la voie. Toujours. Ne le lui avait-il pas promis ? Jusqu'à ce que le monde prenne fin, ici il se tiendrait debout. À ses côtés. Pour elle, il affronterait la planète entière – et ce n'étaient pas ses penchants belliqueux qui s'en plaindraient !

- Non... C'est notre enfant. corrigea-t-il d'une voix douce, pour lui faire comprendre que ce sentiment était partagé.

Un léger malaise s'empara de lui quand elle lui retourna la politesse. Le Sombre Loup n'ignorait rien du pouvoir des noms. L'avoir entre les mains était une lourde responsabilité, et il ne s'en sentait pas digne. C'était un choix décisif, car son importance serait déterminante pour l'avenir de leur enfant. Pour en avoir décidé ainsi, Leene devait avoir ses raisons. Mais il n'était pas plus préparé qu'elle à l'idée d'un jour donner la vie. Aussi n'y avait-il nullement réfléchi. Par complaisance, il n'osa refuser : la future mère était suffisamment bouleversée à l'idée de ne pouvoir assumer ce nouveau rôle. Le Fauve déglutit péniblement. Pas une des propositions qui ne lui venait à l'esprit ne lui paraissait correspondre au fruit d'une union aussi excentrique que la leur. Comme à chaque fois qu'on lui soumettait une question sans réponse, il finit donc par faire le vide dans son esprit. Agir d'instinct était ce qu'il faisait de mieux, et il en avait toujours été ainsi depuis le jour de sa naissance. Une fois encore, il ne fut pas déçu puisqu'un éclair de lucidité lui fit don de ses lumières.

- Managarm Nokomis Donah.

Un nom qui puisait ses origines dans la mythologie nordique. Jadis, Fenrir donna naissance à une meute de loups géants dont Hati et Sköll étaient les plus célèbres représentants. Une race à part entière en vérité, car nul ne vit jamais plus de fauve de cette ampleur à travers les âges. Le nommer selon l'espèce entière était sans doute un rien prétentieux, mais lui-même n'était-il pas connu pour y avoir appartenu dans une autre vie ? Il lui avait semblé logique de perpétuer cet héritage, si sinistre qu'il soit dans les mémoires de ceux qui n'avaient pas oublié ces temps anciens. En lui donnant cette identité, il lui passait le flambeau d'une espèce en voie d'extinction, car lui et sa soeur en étaient les derniers représentants – s'ils n'en avaient point l'allure, ils en avaient les crocs. Et que sa légende le dise capable de faire souffler le Fimbulvetr, voulut-il ajouter, mais il n'en dit mot. La sorcière n'aurait besoin que de lire son regard pour percevoir ses intentions.

Ce que serait son nom complet. De sa famille, nulle trace. C'était délibéré, car il ne voulait nullement infliger à cet enfant le poids d'un héritage dont lui-même n'avait pas voulu. Bien qu'il n'y ait nullement eu droit de manière officielle, Sköll s'estimait déchu de ses titres et terres. La ruine qu'était devenu le château de son enfance aurait suffi à le démontrer. Par le passé, en faire abstraction ne lui aurait laissé nul endroit où dormir. Ce n'était désormais plus le cas. Depuis qu'il s'était initié aux joies de la vie commune, il avait tiré un trait sur ce passé pleinement révolu. Mener une nouvelle vie ne pouvait se faire sans sacrifice, et son tribut était celui de la noblesse. Il n'était plus que le fils du loup Fenrir, qui bien que réincarné sous des traits humains n'avait rien perdu de sa sauvagerie. Le reste n'était plus que poussière. Un raisonnement dont il lui avait déjà fait part, et qu'il pensait ne pas devoir répéter. Un discret sourire s'épanouit sur ses lèvres, plein d'une assurance qui se voulait contagieuse.

- Mana. conclut-il avec une certaine fierté.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Mer 5 Sep - 21:39

« Les tiens racontent beaucoup trop de chose… »

Un marmonnement un brin agacé qui pourtant, n’empêchait nullement la véracité des paroles de son compagnon. Mais à cet instant, cette peur ne lui était pas inconnue. Elle était là, dans chaque recoin de son esprit, paralysant ses membres et annihilant sa réflexion. Elle appréhendait la suite, ce qui viendrait et qui était cet inconnu dont il parlait si bien. Elle n’aimait pas l’inconnu, le changement, tout cela lui faisait peur pour une raison dont elle ignorait tous les tenants. Pouvoir contrôler un tant soit peut son monde, avoir au moins l’illusion de l’appréhender la rassurait, or, tout volait en éclat aujourd’hui… Pourtant, avoir Sköll à ses cotés apaisait ce feu obscur tapit dans son cœur, permettait de lui donner un semblant de paix qui lui faisait cruellement défaut. Ses attentions, ses gestes tendres étaient doux à son âme, il était là, à ses cotés, et le demeurerait. Elle voulait s’accrocher à cette promesse, cette présence qui lui permettait d’affronter cet inconnu plus terrifiant que tout ce à quoi elle était parvenue à triompher jusqu’ici.

Et puis, ses mots n’étaient ils pas rassurant ? N’était ce pas là, tout ce qu’elle désirait entendre de la part de son conjoint ? La promesse de rester à ses cotés, de partager avec elle, cette nouvelle épreuve que la vie leur envoyait…De savoir que cet enfant, même si non désiré, n’en demeurait pas moins le leur . Son approbation lui était précieuse et c’est du soulagement qui l’envahit dès lors qu’il l’énonça en ses termes. Le notre. Un sourire timide accueillit ses mots après une surprise qui n’avait pas lieu d’être, alors que ses doigts vinrent s’entrelacés aux siens, douce caresse preuve de son soulagement. Même si cela signifiait pour l’enfant à naitre, de nombreuses difficultés à venir, à cet instant, elle n’en avait cure, car ils seraient deux à partager cette erreur.

Etait ce irresponsable de sa part de penser ainsi ? Devrait elle ignorer ses états d’âmes et mettre fin à cette vie grandissante dans l’intérêt de tous ? Elle avait beau y avoir réfléchit sans cesse ces quelques jours, la réponse était toujours aussi insensé à ses propres yeux. Elle ne pouvait pas. Alors savoir que malgré cette faiblesse, Sköll la suivrait dans cette folie la rassurait. C’était là une bataille qu’elle ne voulait pas entreprendre seule, car même si elle serait seule à porter l’enfant, il ne serait jamais loin, que cela soit durant la grossesse ou après. Cet après si lointain mais qui finirait par arriver.
La guerrière se rendit bien compte que sa demande coutait beaucoup à son conjoint. Tout comme elle, Zéta n’ignorait rien du pouvoir des noms et de l’importance qu’ils avaient. Insuffler une identité à un être, lui souffler son essence en lui donnant un nom qui le représenterait dans son ensemble. C’était là, toute la responsabilité qu’elle lui donnait par cette simple demande pouvant être anodine pour certain, mais capital pour eux. En acceptant, il endossait cette responsabilité, cette charge, et allégeait son propre fardeau. L’angoisse la tenaillait, plus sourde que celle dont elle avait été coutumière ses derniers jours mais non moins présente. L’appréhension dans l’attente.

Il aurait put simplement accepter – ou refuser – mais ce qu’il fit fut bien au-delà de ses attentes.
Elle l’observa, surprise. Managarm. Elle n’ignorait rien des mythes du nord sur cette espèce de loup géant dont Fenrir était le père, et Sköll l’un des représentants. Il aurait été dur pour elle de l’ignorer au vu de son compagnon. Alors c’était là, l’identité qu’il avait choisit de donner à leur enfant ? Le nom d’une espèce de loup aussi puissant que craint par les hommes, symbole du Ragnarök et de l’anéantissement des dieux...

Elle rit. Un rire aucunement moqueur mais qui se répandit en elle avec autant d’incongruité que de brusquerie. Mais qu’importait ! C’était là, un chaud écho, un réel abandon qui lui fit le plus grand bien. Apaisant son éclat, la guerrière resserra sa prise sur la main de Zéta, les doigts de sa main libre allant caresser la joue de l’homme avec tendresse. Un furtif baiser sur ses lèvres avant qu’elle n’enchaine, son rire résonnant toujours dans sa voix.

« Managarm…Loup de la lune…ça me plait ! »


Un peu de lui et un peu d’elle. Elle savait bien qu’il avait tiré un trait sur son nom et son héritage, aussi ne fit elle aucun commentaire sur le nom de famille qu’il avait rajouté à la suite de ce nom insolite. Le sien. Nokomis, ce nom transmit à chaque génération par les femmes de son illustre famille, et Donah, le nom de ce père qui les avait protégés durant son enfance.
Son pouce caressa la paume de son amant dans un geste tendre et inconscient. Une partie d’elle était désolée qu’il ait ainsi renoncé à son nom, car la famille était un bien précieux aux yeux de la sorcière, mais elle respectait son choix. Et puis il ne lui avait pas tout dit sur lui, tout comme elle gardait des histoires secrètes, non pas par volonté mais par inattention, parce que l’occasion ne s’était jamais présentée à eux.

« Mana. J’aime beaucoup ce prénom, et puis ça va aussi bien à une fille qu’à un garçon. »


Sa voix c’était faite plus lointaine à ses mots, le regard perdu dans un ailleurs invisible même si un sourire étirait toujours ses lèvres. Jusqu’à la naissance, ils n’avaient aucun moyen de savoir le sexe de l’enfant à naître, tout du moins, pas eux. Et c’était là, une angoisse supplémentaire…Une longue attente remplit d’inconnu qui ne faisait que commencer. Sa main se crispa un instant sur celle du guerrier divin avant qu’elle ne le remarque et ne la lâche finalement. Elle ne pouvait rien faire. Elle ne pouvait rien savoir.

Ils ne pouvaient qu’attendre. Attendre que les jours deviennent semaines puis mois…

*~*~*~*

Le feu brûlait dans l’âtre, réchauffant la jeune femme assise devant le foyer de ses flammes ardentes. Au dehors, la lune s’était levée, et le regard d’émeraude de la guerrière la contemplait d’un air vague, lointain, abandonnant sur le sol le livre qu’elle lisait jusqu’alors davantage pour s’occuper que par réel intérêt. Elle connaissait ce petit livre de cuir relié par cœur, héritage de sa tendre mère disparut. Sa main s’attarda sur la reliure usée avec nostalgie, réveillant en elle une angoisse tapit. Elle aurait tant désirée que sa mère soit à ses cotés aujourd’hui ! Comme sa présence lui manquait en cet instant, alors que le temps passant augmentait l’appréhension qui avait germée en elle depuis ce jour fatidique où elle avait tout apprit.

Une grimace tordit les traits de son visage d’albâtre alors qu’une de ses mains se posa sur son ventre arrondis par la grossesse. Il bougeait. Ses mouvements auparavant flous se faisaient de plus en plus franc, prenait de l’assurance à mesure que le temps passait. De manière totalement illogique, ceux-ci la rassurait et l’agaçait. Ces mouvements lui assuraient que leur enfant était en bonne santé, vivant, rien ne pouvait être plus rassurant à ses yeux que ces petits soubresauts dans son ventre. Pourtant, dans le même temps, c’était un rappel constant de son état, si le reste de sa silhouette n’était pas suffisant pour le lui rappeler du réveil au coucher. Encore et sans cesse ! Elle ne pouvait nullement ignorer son état qui l’empêchait bon nombre d’activité qui était son lot quotidien. Abandonné l’entrainement régulier avait été une première étape, puis petit à petit c’était ajouté des gestes plus anodin, une fatigue plus prégnante qui l’entravait d’autant plus et l’irritait tout autant.

Elle détestait l’impuissance dans laquelle elle se trouvait et ne pouvait s’empêcher de lutter à sa manière contre cet état de fait. La maison était impeccable, et la guerrière se retrouvait malgré elle dans un rôle de femme de maison qui ne lui ressemblait guère. Par défaut. Son caractère demeurait toujours aussi sensible qu’à ses débuts, passant du rire aux larmes, de la colère à la joie avec une rapidité fulgurante, que le temps attisait. Heureusement, lui restait-il ses passes temps de petite sorcière que la grossesse ne gênait pas trop…

Un autre coup.

« Il a la chance de pouvoir s’entrainer lui au moins ! » s’agita la demoiselle avec un soupir agacé. Une gentille pique réservée à son conjoint, car même si elle comprenait parfaitement la raison pour laquelle elle ne pouvait plus s’entrainer – elle n’était pas aussi stupide ou inconsciente ! – il n’empêchait qu’elle était une guerrière. Toujours. Elle ne savait pas tout à fait où se placer encore, oscillant entre un bonheur diffus jusqu’alors inconnu de sentir en elle le souffle de la vie, et l’angoisse du changement, de cette présence en elle dont elle appréhendait l’arrivé et qui la gênait dans ce qu’elle était…

Pourtant, l’affection était bien là, grandissant en elle comme cet enfant, commençant à se faire aussi visible que ce ventre rebondis dans lequel il reposait.

« Mana… » Son regard se posa de nouveau sur le livre noir relié. « J’espère que ça sera une fille… »

Un souffle. Une confession que le guerrier divin n’ignorait pas, tout du moins, pas dans son ensemble. Les Nokomis étaient avant tout un clan de femme, les filles de la lune, mais là n’était pas la seule raison la poussant à vouloir une fille plutôt qu’un garçon. Il y avait son frère ainé, Laklan, mort bien des années auparavant, tué de ses mains.

« Klan...»

Un souvenir.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Mar 25 Sep - 8:31

Continued Story
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Les flammes étaient vives dans l'âtre, et Sköll ne les quittait plus du regard. Le feu n'exerçait sur lui aucune fascination, mais il profitait de cette observation pour reprendre son souffle. Le rythme trépidant de ces dernières semaines ne le lui permettait que rarement. Depuis qu'il avait interdit à Leene toute activité laborieuse, il était seul à pouvoir maintenir leur domicile en état. Sans surprise, il s'était révélé plus doué pour manier l'épée que le balai, mais n'avait eu d'autre choix que de s'y essayer. Il tenait à lui offrir un confort optimal, même s'il devait pour cela la remplacer au pied levé dans toutes ses tâches ménagères. La sorcière dépréciait d'avoir à rester inactive, mais c'était dans son intérêt, même s'il n'avait pas été aisé de l'en persuader. Avoir à lui imposer sa vision des choses et avec elle cette inertie ne l'enchantait guère, mais en avait-il seulement le choix ? Il était préférable d'avoir à s'en excuser que de la laisser prendre de tels risques et de ne pouvoir se le pardonner à lui-même.

Elle ne manquait pas une seule occasion de s'en plaindre, mais il ne pouvait lui en vouloir. S'il était mis au repos forcé, sans doute ne serait-il guère plus enthousiaste. S'habituer à ce qu'elle soit aussi lunatique lui avait demandé un certain temps, mais il avait fini par s'en accommoder. C'était bien naturel, après tout. Et il pouvait d'autant moins le lui reprocher qu'il contribuait à son humeur maussade. Sitôt finie sa convalescence, il ne serait pas étonné qu'elle lui réclame de reprendre son entraînement. Cette pensée le fit sourire en coin tandis qu'il achevait sa préparation. Un breuvage apaisant à base d'herbe qu'elle lui avait elle-même enseigné en prévision de cette période difficile. Pour sa part, il y avait préféré une tasse de café. La boisson ne s'était répandue en Europe que depuis quelques décennies, et il fut bien forcé d'avouer que sa réputation n'était pas usurpée.

Le mauvais sang qu'il se faisait pour la fille de la lune était éprouvant, mais le nécessaire était fait pour n'en rien laisser deviner. Le souvenir de sa mère, morte de lui avoir donné le jour, assiégeait son esprit depuis plusieurs jours déjà. Plusieurs nuits, en réalité, puisqu'il en avait perdu le sommeil. Le simple fait d'y penser éveillait en lui de folles inquiétudes et ne l'incitait que davantage à la protéger de tout, y compris d'elle-même. Il ne laisserait pas cette tragédie se reproduire. Mais il tenait à ce qu'elle n'en sache rien – une fois encore pour ne pas la rendre plus fébrile qu'elle ne l'était déjà. Son anxiété progressait déjà à un rythme constant, inutile de lui faciliter la tâche. Encore fumants, les deux récipients furent déposés sur la table. Sa dernière phrase resta en suspens jusqu'à ce qu'il décide de briser le silence.

- Ça n'a pas d'importance. répondit-il finalement tout en passant dans son dos.

Ils trouveraient un moyen. Quel qu'en soit le prix. Tel était le message qu'il voulait faire passer, et elle qui le connaissait sur le bout des doigts ne pourrait qu'en saisir le sens. Ce n'était sans doute pas la réponse à laquelle elle aurait pu s'attendre, mais il n'en avait pas d'autre à lui donner. Dans sa lignée, le premier né était toujours de sexe masculin. Des superstitions auxquelles le Guerrier Divin n'accordait que peu d'attention. Que cela se vérifie à chaque génération n'était pourtant pas pour le rassurer. Leene s'était abstenue de trop en dire pour ne pas l'inquiéter en vain, mais qu'elle se montre si réticente laissait présager du pire. Vivre avec cette image funeste ne ferait que les gêner. Le futur n'était pas gravé dans la pierre ; même si ce devait être un garçon, son sort n'était pas encore scellé. Et il ne le serait pas tant qu'ils seraient là pour s'y opposer.

Zeta posa la main sur son ventre, exactement de la même manière que des mois auparavant. Une réminiscence qui ne tarda pas à s'imposer à son esprit. Un étrange sentiment de plénitude l'envahit. La perspective d'être père ne le dérangeait pas autant qu'il aurait pu le croire, à en juger par son attitude. Son point de vue était qu'il avait fini par se faire à cette idée, mais ne pouvait en être sûr tant qu'il ne tiendrait pas l'enfant dans ses bras. Le bien-être de sa chère et tendre le préoccupait tout autant, ce qui l'aidait certainement à se faire à cette idée. Avec douceur, l'élu de Mizar effleura l'emplacement de son nombril tout en venant lui soutirer un baiser. L'échange de regards qui précéda lui fit part de sa détermination. La notion d'impossible perd tout son sens pour qui a pu vaincre les Dieux. Si malédiction il devait y avoir, il la briserait de ses propres mains. Parce qu'il en était capable.

Il se pressa contre elle pour lui murmurer à l'oreille.

- Tu as peur ?
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Mer 26 Sep - 20:26

Le regard de la dame de la lune suivit avec distraction le ballet des gestes du guerrier, s’amusant un instant à le voir se débattre dans un rôle qui ne lui était pas familier mais qu’il avait décidé d’assumer – même si elle ne restait pas aussi inactive qu’il l’aurait bien souhaité. Cela renvoyait une image de lui différente de tout ce à quoi ceux qui ne le connaissait pas auraient put imaginer, lui, le guerrier divin qui avait vaincu un dieu quelques années auparavant. C’était une image qu’elle était seule à connaître et dont elle pouvait profiter, et au fond, elle le gardait jalousement pour elle. L’avoir à ses cotés durant cette épreuve lui permettait au moins de tromper l’ennui. Elle se savait parfois réellement insupportable avec son aimé, mais qu’importe les mots cinglant qu’elle pouvait parfois lui jeter au visage, celui-ci demeurait toujours égale à lui-même, déterminé à la garder protégée de tout telle une chose fragile qui risquait, à tout instant, de se briser. Cela l’agaçait et l’attendrissait tout à la fois, bien qu’il couvait dans l’éclat d’argent de son regard, une peur qu’il ne pouvait pas totalement lui dissimuler. Elle était enceinte, pas aveugle.

Ses pupilles d’émeraude passèrent de la silhouette de son compagnon aux tasses fumantes qu’il apportait, contemplant la brume que produisait le liquide bouillant en silence. La sorcière se laissa aller contre le torse de Zeta dès lors que celui-ci prit place derrière elle, dans cette position coutumière qu’elle aimait tant partager. A l’abri de sa massive carrure, elle se sentait à sa place, moins gauche et impuissante que lorsqu’elle se déplaçait ainsi gênée par sa grossesse. Entre ses bras, il y avait juste lui, et ça suffisait à éloigner en partis les doutes tapi dans son âme. Il avait ce pouvoir inconnu et merveilleux qu’elle avait finit par accepter et dans lequel elle se laissait porter. La dame blanche ferma les yeux, profitant de la chaleur de son conjoint, laissant quelques instants de silence confortable.

« Tu as sans doute raison. »


Elle aussi en était après tout intimement persuadée. Même si Sköll ne savait pas tout des risques que cela comportait pour l’enfant à naitre, elle savait par contre que rien, ni personne ne ferait du mal à cet enfant qui grandissait en elle. Que cela soit un individu ou une menace plus sombre comme cette malédiction ancestrale, aucun n’emporterait leur enfant. Elle le refusait, et savoir que son amant était de ce même avis l’assurait d’autant mieux. La guerrière frissonna lorsque la main de son aimé caressa son ventre, mais accueillit ses lèvres avec plaisir. Un doux baisé qui amena une étincelle de tendresse dans le regard de la sorcière qui se calla d’autant plus confortablement dans l’étreinte de son amant.

Peur.

Elle ferma les yeux pour réfléchir sérieusement à la question qu’il lui posait sans toutefois lui répondre immédiatement. A la place, ses mains pâles vinrent enlacer les doigts du guerrier se rejoignant sur son ventre, se laissant le temps de la réflexion. Dire qu’elle n’appréhendait pas la suite aurait été un odieux mensonge qu’elle n’était pas capable de lui faire croire. Elle n’en avait pas même l’envie. Mais ce n’était pas réellement de la peur, plus subtile, moins brutale, elle était inquiétude plus que crainte. Une grimace ébranla un instant son visage lorsqu’elle sentit l’enfant bouger de nouveau, se transformant bien vite en sourire en sachant que le père avait lui aussi ressenti le léger soubresaut. Elle n’en oubliait pourtant pas la question du guerrier même si elle ne lui en parlerait pas en ces termes.

« Je pense beaucoup à mon frère ces temps ci… »
Sa voix se chargeait d’une triste note, pourtant elle hésita à en dire plus. Le devait elle ? Est-ce que cela changerait quelque chose qu’elle raconte cette histoire tout de suite à son compagnon, alors que lui-même semblait si troublé ? Elle n’hésita plus dès lors que cette pensée vint caresser son esprit. « Il t’aurait surement plût, en tout cas, vous vous ressemblez un peu, surtout dans les tendances surprotectrices. » La sorcière sourit doucement, laissant ses souvenirs lointain la submerger un instant, nostalgique. Sur ses doigts, elle pouvait encore voir lors de ses mauvais jours, le sang de sa dernière famille les maculer. Un soupir passa la barrière de ses lèvres. « Si j’avais su à l’époque… »

Elle ne termina pas sa phrase. De cette tragique scène de sa vie, le guerrier en connaissait le minimum. Il savait qu’elle avait tuée de ses mains son ainé gagné par la folie.

Si c’était aussi simple.

Pourtant, elle laissa là sa phrase, en suspend, levant la tête pour observer le visage de son amant, une de ses mains caressant délicatement sa joue. Si près, elle pouvait voir les signes de fatigues qu’il tentait de lui dissimuler, en vain. Elle n’était ni stupide, ni aveugle et avait elle-même un sommeil particulièrement léger ses derniers temps. Et puis, elle le connaissait également depuis les années passées à deux.

« Et toi, qu’est ce qui te hantes Sköll ? »
Un sourire amusé étira ses lèvres avant même qu’il ne conteste de quelque manière que ce soit. « Et ne t’amuses pas à me dire rien, sinon, je t’assure que ton combat contre Perséphone sera un souvenir magnifique comparé à ce que je te ferais subir. »
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Mar 2 Oct - 10:59

Continued Story
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La mine solennelle, Zeta se contenta d'acquiescer. Il ignorait ce qu'elle avait vécu, ou du moins n'en connaissait pas tous les détails. Plutôt que d'en réclamer les détails, il avait fait voeu de ne rien lui en demander jusqu'à ce qu'elle se sente prête à les lui confier. Une promesse tenue jusqu'alors, en dépit des inquiétantes zones d'ombre qu'il était contraint d'accepter. Plutôt que de dire une sottise, il préférait donc rester sans mot dire. À défaut de pouvoir la rassurer par les mots, sa présence s'en chargerait. Il lui faudrait s'en satisfaire, au moins jusqu'au jour où ils n'auraient plus de mystères l'un pour l'autre. Encore fallait-il que leur relation dure jusque là aurait-on dit par prudence. Pour sa part, il était persuadé que ce moment finirait par venir. Le doute n'était pas permis. Un bref sourire fendit ses lèvres quand l'enfant à naître s'agita sous ses doigts, qui aussitôt s'emparèrent de ceux de son aimée. Ensuite, ce fut son tour de se voir poser cette question. Son regard se serait perdu dans le vague s'il n'avait pas fermé les yeux, la main sur sa joue l'aidant à ne pas s'égarer.

- Ma soeur.

Habile méthode pour n'avoir pas à lui dire toute la vérité, mais ce serait mentir que de dire qu'il n'y avait pas pensé. Hati, sa soeur jumelle dont il était sans nouvelles depuis des mois. Ressasser la mort de sa mère ne pouvait que l'y faire penser. Volatilisée depuis la précédente Guerre Sainte, celle-ci n'avait pas consenti à donner signe de vie depuis. Disparue sans laisser de traces, à l'exception de son ancienne armure – laquelle était conçue pour vivre dans l'ombre de la sienne. Pour le protéger du danger. Finalement, c'était elle qui s'était éteinte en premier. Il n'avait d'ailleurs jamais daigné s'enquérir de ce qu'était devenue la GodRobe de Zeta Prime. La crainte de ne pouvoir résister à l'envie de réserver à son porteur un sort funeste, à n'en point douter. Il n'était pas assez fou pour la croire morte. Ils étaient taillés dans le même granit. Même si leurs routes s'étaient séparées, n'avaient-ils pas emprunté la même à l'origine ?

Mais quant à savoir ce qu'il était advenu d'elle, il n'en avait pas idée. Aucun indice n'aurait pu lui indiquer où la trouver. Le château en ruines où il vivait avant d'élire domicile avec sa nouvelle compagne était aussi le sien, au départ. Elle n'avait pourtant pas daigné y reparaître. À la vérité, le colosse doutait de jamais la revoir, sans que cela le surprenne plus que de raison. Elle avait toujours voulu voir le monde et était moins altérée de sang qu'il avait pu l'être. Qu'elle ait abandonné famille et devoir pour vivre ses rêves était déjà plus surprenant, mais peut-être était-ce le meilleur choix à faire. C'était de ne pouvoir la joindre pour l'informer de la naissance prochaine de son neveu qui l'y avait fait songer. La pensée mesquine de la réaction qu'elle aurait en apprenait la nouvelle ne manquait toutefois pas de lui remonter le moral. L'un comme l'autre étaient peu disposés à fonder une famille, mais à choisir, nul n'aurait parié sur sa priorité.

- Va savoir ce qu'elle a foutu pendant ces quatre années. On sait jamais, peut-être qu'elle s'est mariée et a eu des gosses.

Cette idée lui valut un sourire moqueur. L'imaginer en mère de famille était plus cocasse qu'il ne l'aurait cru. Sans doute avait-elle dû se faire entretenir par un de ses nombreux amants, au moins pour un temps, se dit-il. Il se garda cependant de le préciser pour ne pas donner une plus mauvaise image d'elle que ce n'était déjà fait. C'est à cet instant précis qu'il réalisa que lui non plus ne s'était pas montré très loquace à son sujet. Principalement parce qu'il n'en voyait pas l'intérêt, probablement une séquelle de l'époque où il n'avait pour seule amie que sa solitude. Pourtant, elle avait finalement pris fin. Et il n'en était pas mécontent. Sa prise sur les doigts de la sorcière se raffermit et il effleura sa paume du pouce.

- Tu sais, parfois je me dis que... Ce qu'on a traversé n'est pas toujours facile à regarder en face, mais on a la chance de pouvoir le faire ensemble. On est en vie, c'est tout ce qui importe. Le passé et l'avenir n'existent pas.

Une bien belle façon de lui signifier qu'il leur fallait profiter de l'instant présent, car chaque jour pouvait être le dernier. N'était-ce pas ce qui avait mené à leur rapprochement, après tout ? Même si au fond de lui, il avait l'étrange sentiment que cela se serait produit quoi qu'il arrive. Qu'ils y étaient destinés. Ainsi n'était-il que plus honteux de n'être pas en mesure de lui dire tout ce qu'il avait sur le coeur. Ne pouvoir lui révéler le secret de sa naissance lui déplaisait. Sans doute le ferait-il tôt ou tard, mais pas avant que l'enfant soit venu au monde. Maeleene n'avait déjà que trop de raison pour appréhender le miracle de la vie. Son devoir était de repousser ses peurs, point d'en accroître l'intensité. Un jour, elle saurait, quand elle n'aurait plus de raison de s'en inquiéter. Il n'était pas à exclure qu'elle lui en veuille alors, mais elle comprendrait les raisons qui l'avaient poussé à garder le silence. Il en avait la certitude. Non sans regrets, il se détacha d'elle pour mieux venir prendre place à ses côtés et en profita pour saisir la tasse préparée avec soin.

De quoi demain serait fait, il l'ignorait encore, mais rien ne viendrait assombrir le bonheur de cette réalité.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Jeu 4 Oct - 19:12

La sorcière eut un étrange sourire à la confession de son conjoint, faisant écho à la sienne propre qu’elle avait daignée lui rapporter. Un sourire sans joie, plus chagriné que nostalgique qu’elle dissimula au guerrier en ramenant sa main à elle et en baissant la tête pour se contenter d’observer le vide devant elle. Quelle ironie…Chacun était troublé par sa propre famille, justement parce qu’ils étaient en train d’en fonder une. Ils ne l’avaient pas demandé, pas même cherché, mais cela leur étaient tombé dessus ainsi, sans crier gare et aujourd’hui, ils se retrouvaient avec des doutes pernicieux et des désirs chimériques. Sa propre famille ne pourrait jamais l’aider, la soutenir. Elle ne pourrait jamais demander conseil à sa mère et qu’elle l’accompagne dans cette épreuve.

En réalité, elle pourrait mais elle ne le ferait pas. Cela irait contre tous les préceptes que sa génitrice lui avait enseignés avec patience durant son enfance. Peut être pourrait elle savoir pour la sœur de son conjoint, tout du moins, savoir si elle était encore en vit – ou tout du moins pas dans le monde des morts – mais elle n’osa pas lui proposer. La sorcière n’était pas sur d’y parvenir, mais elle sentait que c’était possible, qu’avec un peu de sang, ses familiers pourraient le découvrir…Est-ce que cela cesserait de le tourmenter si il savait au moins si Hati était ou non en vie ? La jeune femme ignorait beaucoup de chose sur la vie de son compagnon, il parlait rarement de lui, tout comme elle, en réalité. Un sourire un brin sarcastique étira ses lèvres un instant : ils s’étaient bien trouvé. Pourtant, ses mystères la pesaient également. Elle voulait en savoir plus, de sa bouche et non pas de celle d’un mort ou d’une rumeur idiote et sans fondement autre que celui de la peur.

« Peut être…Je peux savoir si elle en vie. Ça peut prendre un peu de temps, mais…C’est possible, même si je ne pourrai pas en savoir plus... »


Elle l’observa un instant avant baisser la tête sur leur main entremêlée. En réalité, elle pourrait savoir si elle était morte, mais cela se valait au final.

« Si tu le veux, bien sur. »


Elle n’en dit pas plus, lui laissant le temps d’assimiler sa proposition, sans l’obliger à répondre immédiatement. Mais elle le ferait d’elle-même si elle voyait encore sa fatigue. Elle n’avait aucunement l’intention de le regarder tourmenté si elle avait la possibilité de le rassurer. Ses autres mots la laissèrent plus circonspecte.

Elle n’était pas d’accord avec lui. Tout du moins, pas entièrement. Bien sur qu’être en vie – et ensemble – était ce qui importait le plus, mais il ne fallait pas se leurrer non plus en croyant que seul le présent existait. Surtout aujourd’hui. Ils n’avaient pas le droit de se contenter de cela, et elle savait trop bien à quel point le passé pouvait être pernicieux et influer sur le présent – et l’avenir.
Un soupir léger passa la barrière de ses lèvres quand son aimé se détacha d’elle mais son regard demeura dans le vague.

« C’est faux. Et tu le sais aussi bien que moi Sköll. »


Sa voix avait quelque chose de dure mais sous cette dureté apparente se dissimulait un triste constat qu’elle avait plus d’une fois expérimenté.

« On ne peut pas ignorer l’avenir, surtout pas dans notre situation. J’aurai aimé que le temps s’arrête et ne pas avoir à y penser, mais le faire serait stupide et irresponsable. Et je ne veux pas être ce genre de parent… »


La dame secoua la tête doucement, sa chevelure d’argent accompagnant le mouvement dans des ondulations hypnotiques.

« Et…Le passé nous forge. Sans lui, je ne serai même pas ici, à Asgard. »


Elle se tût un moment après ces mots. Le passé pouvait être plus dangereux aussi, et remonté de plus loin encore, à l’origine même de sa propre famille pour se faire malédiction. Le passé pouvait agir dans le présent, et n’en était pas moins dangereux. Leene observa sa propre tasse fumante, sans pour autant faire un geste pour la récupérer.

« Les Nokomis viennent d’ici, tu sais. La première d’entre nous est née dans ces contrées enneigées, avant qu’une de mes ancêtres ne fuit le pays pour se retrouver en Prusse, là où je suis née, et où ma propre mère est née aussi. Là où elle est morte également, et où j’aurai dût mourir aussi si mon frère ne m’avait pas guidé jusqu’ici. »

Un sourire triste étira ses lèvres à la mention de son ainé alors que sa voix se faisait égale, sans intonation particulière, débitant une histoire qui était la sienne.

« Le passé nous a rattrapé finalement…Nos origines. »

Elle soupira, se tournant enfin vers son conjoint pour lui dire ses derniers mots.

« J’ai réussit à trouver là où vivait mes ancêtres. C’est bizarre et en même temps, j’ai toujours sentie que ma place était ici, à Asgard. A mon arrivé, quand j’ai vu la neige tomber dehors à l’abri dans la maison de Misha, je me suis sentie apaisée…Pour la première fois depuis notre fuite. »


Pourtant…Elle baissa la tête, un voile opaque teintant son regard d’émeraude. Il y avait du bon et du moins bon, mais ici, elle avait réussit à trouver sa voie, une vie qu’elle assumait à défaut de l’avoir réellement choisit…Mais elle avait moins peur aujourd’hui et était un peu…soulagée. Elle ne lui avait pas parlé de ce qui la troublait réellement, et ne désirait pas le faire, mais au moins, il en savait un peu plus.

Et là, aujourd'hui, elle était apaisée ici, dans cette maison, à coté du guerrier. Même si cela signifiait également affronter le plus cruel des héritages. Elle l'affronterait et s'en débarrasserait, comme elle l'avait fait pour ses chaines qui l'avaient entravées.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Dim 28 Oct - 10:46

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Un sourire fendit ses lèvres. Le moment était venu de changer de sujet, avant que celui-ci ne la mette réellement mal à l'aise. Il rouvrit les yeux pour les poser sur le visage de Maeleene et demeura muet un bref instant, à profiter de cette vision enchanteresse. Non, il ne le souhaitait pas. Car il savait que les rôles auraient aussi bien pu être inversés s'il n'avait pas eu la sorcière pour le retenir en ces lieux. Asgard était sa demeure, mais il lui était arrivé à lui aussi de rêver de voir le monde. L'époque où il n'avait pour seul et unique but dans la vie que d'atteindre les sommets avec cette force prodigieuse était à présent révolue. Son goût pour la violence était resté inchangé, mais la tempérance qu'elle avait apporté à son existence était un bienfait pour lequel il ne pouvait que lui être reconnaissant. Mais le feu dévorant de son âme n'était pas encore éteint...

- Pas la peine.

C'était inutile. Elle était forcément en vie, quelque part. Il n'en avait jamais douté. S'il lui était arrivé malheur, il l'aurait éprouvé de toute l'étendue de son cosmos. Ce pouvoir conféré par les dieux aux hommes recelait bien des secrets. À n'en point douter, un lien aussi étroit que celui de la naissance y aurait forcément fait écho si les cruelles griffes de la fatalité avaient eu à se refermer sur elle. Viendrait le jour où elle referait surface, même s'il devait ne plus être là pour y assister. C'était inéluctable. Il n'y avait qu'à espérer que ce ne soit dans le camp opposé. Une lueur tendre s'alluma au fond de son regard avant qu'il ne dépose les lèvres sur les siennes, en guise de point final à cette conversation.

Un geste qu'il ne se permettait que rarement quand tout avait commencé, se souvint-il. Elle qui était si inexpérimentée au début de leur relation avait eu besoin de temps pour s'y accoutumer, et il n'avait pas voulu la brusquer. Son attention se reporta sur l'abdomen de sa bien-aimée. Que de chemin parcouru, songea-t-il avec un zeste d'amusement. Dès que le baiser eut pris fin, il s'appliqua à écouter ce qu'elle avait à dire. Une minute de réflexion y fut sa première réponse – celle qu'il lui fallut pour chercher ses mots. Au début de leur vie commune, il lui avait fallu faire un effort d'adaptation pour être plus enclin à la discussion. Cela ne voulait pas dire pour autant que le dialogue lui était aisé, en particulier quand il s'agissait de débattre de ces thèmes épineux.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire.

Ils avaient interdiction de fermer les yeux, il était bien placé pour le savoir. Ce n'était pas son intention et cela ne l'avait jamais été. Pouvait-elle seulement en douter ? Sköll n'avait pas pour habitude de contourner les obstacles, préférant par bien des aspects les pulvériser avec cette force qui avait fait sa légende. Le Mangeur d'Astre gravé dans toutes les fibres de son être ne lui aurait été d'aucune aide s'il avait choisi la fuite. Sa bravoure – à moins que ce ne soit rien d'autre que de l'inconscience ? - l'empêcherait ne serait-ce que de l'envisager. Le sens de ses paroles était bien plus profond, et même s'il n'y arriverait pas sans mal, il était de son devoir de lui exposer le fond de sa pensée profonde.

- Nous vivons avec l'image d'un avenir funeste, mais il n'est pas gravé dans le marbre. Nous pourrons l'affronter tant que nous serons ensemble. Je veux croire que ce futur a été laissé entre nos mains. Pour pouvoir croire en ce lendemain, je me battrai. Même si toute lumière doit disparaître.

Après tout, n'étaient-ils pas l'un comme l'autre plus à l'aise parmi les ombres ? Il était encore trop tôt pour affronter de face les ténèbres de demain, voilà le message qu'il voulait faire passer. Et même une fois le moment venu, ils auraient toujours la force d'endiguer le malheur à venir. Il avait déjà contrarié les plans du destin à plusieurs reprises et le referait sans hésiter si nécessaire. Son regard se porta sur les deux fourreaux qu'il avait accoté au mur. La noblesse qui s'en dégageait n'était due qu'à la richesse de leurs décorations, d'or et d'argent mais aussi de pierres précieuses. L'un était caractérisé par sa blancheur immaculée, son analogue par son noir de jais. Pourtant, leur beauté n'était rien à côté de celles des lames qu'ils accueillaient en leur sein.

En plus d'un tranchant d'exception, chacune se parait d'une couleur opposée à celle de son garde-meurtre, en plus d'arborer des dimensions telles que le Fauve d'Asgard était seul à pouvoir les manier simultanément. Il lui avait suffi de les dégainer pour savoir que ces épées jumelles avaient été faites sur mesure tant sa prise était assurée. Or, rares étaient ceux à le connaître assez que pour parvenir de mémoire à un tel exploit. Ainsi, les avoir trouvées devant son pavillon un beau matin n'excluait pas qu'il en connaisse l'auteur. Lui qui n'avait plus d'arme en sa possession depuis qu'il était revenu des flammes de l'Enfer n'avait depuis lors plus eu de souci à se faire sur ce point.

Or, il n'y avait qu'une seule personne à l'avoir entendu s'en plaindre. Leene en était également consciente. Il ne savait trop comment interpréter ce mystérieux présent et avait même hésité à s'en débarrasser, mais serait alors de retour au point de départ. Après réflexion, il avait fini par prendre le parti de les conserver afin de pouvoir s'en servir pour châtier l'artisan une fois qu'il lui aurait mis la main dessus. Sans doute ce dernier ne s'attendait-il pas à ce qu'on fasse un tel usage du fruit de son dur labeur, mais c'était amplement mérité. Mais avant cela, il ne se priverait pas de tirer ces lames au clair pour lutter contre ce que l'avenir leur réserverait de pire.

Ces pensées en tête, il n'en était pas moins concentré sur l'histoire qu'elle récitait d'une voix monocorde. Son histoire. Son propre parcours n'avait pas été auréolé de gloire, mais celui de sa chère et tendre avait dû être d'autant plus douloureux qu'elle y était plus sensible. Même si elle avait fait des efforts pour devenir une femme forte, une guerrière dans toute sa splendeur, elle ne l'avait pas toujours été et cela se ressentait dans sa narration de cette tragédie. Ne rien pouvoir faire d'autre que lui tenir la main et l'aider à en faire abstraction l'irritait au plus haut point, mais si grand soit son pouvoir, il était impuissant à y remédier. Il était en son pouvoir de briser le cours des événements, mais pour ceux à venir uniquement.

Ce qui s'était déjà produit ne pouvait plus être modifié, même s'il aurait aimé pouvoir la soulager de ce passé trop lourd à porter. Il fut dans l'obligation de lâcher sa main pour s'emparer de la tasse qu'elle avait laissée à l'abandon et la glisser entre ses doigts fins pour l'inciter à la boire. Non pour faire taire ses émotions, mais parce qu'un chaleureux breuvage lui ferait le plus grand bien. Se remémorer ce qui lui était arrivé lui serrait le coeur, c'était l'évidence même, mais qu'elle se sente assez en confiance pour lui confier ses plus terribles secrets le touchait plus qu'il ne l'aurait cru. Devrait-il, lui aussi, faire mention des chemins qu'il avait dû emprunter pour en arriver là ? Tout comme elle, il lui était déjà arrivé d'évoquer son ancienne vie sans plus de précisions, sans jamais entrer dans les détails. Peut-être le moment était-il venu de le faire à son tour, même s'il doutait que ce soit d'un fol intérêt.

- Tu es ici chez toi.

Une phrase toute simple, mais dont elle était seule à pouvoir comprendre toute la portée. Du moins le pensait-il quand il superposa ses mains aux siennes une fois posées sur cette tasse, préparée avec soin pour la fille de la lune. Enfin, le colosse posa son front contre le sien pour mieux soutenir son regard tandis que ses pupilles luisaient d'un éclat d'argent. Il avait bâti ce foyer pour y vivre avec elle, et ici, personne ne viendrait lui faire du mal. Il serait son bouclier contre la douleur, et jamais plus elle n'aurait à vivre de pareilles atrocités. Elle pouvait rester aussi longtemps qu'elle le voudrait à ses côtés, dans cette famille qu'ils étaient sur le point de fonder. Une histoire commence quand une autre se termine. Une page s'était tournée, et c'est ensemble qu'ils écriraient la suite de ce récit.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Mar 30 Oct - 10:52

Le point final de sa proposition fut donné d’un simple baiser et d’une poignée de mot aussi claire que concis. Elle ne pouvait lui en vouloir d’ainsi écourter la conversation à ce sujet, même si elle regretta un instant de lui en avoir fait la déclaration pour une raison qui lui demeura obscur. Ce n’était pas tout. Quelque chose d’autre troublait son esprit et il ne se confiait pas à elle. La sorcière aurait put le fustiger pour cela mais elle n’en fit rien, taisant cette conviction pour la garder pour elle, comme elle conservait son propre trouble tapissant son âme. Ils gardaient tout deux leurs secrets enfouis au sein de leur être pour ne pas inquiéter l’autre. Elle connaissait à présent davantage son conjoint et elle n’ignorait pas que si il lui cachait des informations, ça ne pouvait être que dans son intérêt, pour la protéger. Cela n’empêchait d’ordinaire nullement la dame de le lui reprocher vertement mais elle faisait de même de son côté. Elle aurait été trop hypocrite de le sermonner alors qu’elle ne faisait guère mieux aussi le laissa t-elle à cette finalité avec un acquiescement muet et ce baiser partagé.

« Un avenir funeste… »


Les amants maudits. Un sobriquet aussi sinistre que réel pour le couple au funeste héritage. Sorcière, sa famille entretenait un lien aussi étroit qu’anormal avec la mort, ses ombres la suivant dès lors pour en faire leur gardienne. Elle était née ainsi, fille de la Lune étincelant dans les cieux nocturnes en apportant à ce monde une part de son secret. Quant à Sköll…Son regard embrasa sa silhouette massive qui dissimulait sous ce corps humain, la conscience du loup monstrueux qui éteignit le soleil entre ses crocs lors du Ragnarok. Son héritage était plus funeste encore car, si l’histoire était un eternel recommencement, il serait l’un des instigateurs d’un nouveau Crépuscule. Dire que cet enfant naitrait avec une funeste filiation était peu dire au vu de ses parents…

Sa main demeurait sur ce ventre qu’elle avait honni avant de le chérir comme la mère qu’elle devenait davantage chaque jour. Quel trouble cela était pour elle, d’ainsi aimer un être qui avait tant contraint sa vie ! Et pourtant, l’affection qu’elle lui portait ne cessait de croitre et avec elle, la sincère inquiétude qui allait de paire avec elle plus l’échéance de l’accouchement se rapprochait. C’était là, une bataille qu’elle livrerait seule, et les crocs de son compagnon ne lui seraient d’aucune utilité lorsque viendrait ce jour, mais pour l’heure, sa présence lui suffisait. Croire en cet avenir l’y aidait, et cela malgré ses doutes. Avec cette clarification dans ses propos, la fille de la lune ne pouvait qu’acquiescer puisqu’il disait là, peu ou prou ce à quoi elle songeait elle-même. La fatalité ne l’atteindrait pas. Si elle n’avait pas les griffes de son aimé, elle avait bien d’autres armes dont elle userait sans vergogne pour protéger cet enfant. Managarm. Nul être ne porterait la main sur lui sans en payer le prix, elle briserait tout ce qui aurait l’audace de le croire, et leur apprendrait alors que Sköll n’était pas seul à pouvoir se targuer de colère dévastatrice.

« Et tu ne seras pas seul à le faire. »


Il devait aussi compter sur elle, même si sa force pouvait demeurer moindre, elle ne le laisserait pas seul. Jamais. Si il devait se battre alors elle se battrait à ses cotés jusque dans son ombre. Pour lui ou pour cet enfant à naître, elle se savait prête à tout. Elle n’était pas différente du fauve en cela, guerrière dans toute sa splendeur, prenant plaisir à se retrouver au sein du carnage et de la mort. On oubliait trop souvent que derrière l’immaculé de sa silhouette se tenait les ténèbres de la mort. Même si il n’y avait pas que le talent pour le combat qui compterait si cette malédiction s’enclenchait…Et au fond d’elle-même, la dame sentait que celle-ci viendrait frapper sans coup férir.

Un garçon…

L’espoir était trop fugace pour être réel. Une défense futile. Inutile.

Ses propres mots pourtant vinrent la plonger dans une nostalgie prégnante, un lointain passé dans lequel cette situation n’aurait jamais existé. Comment aurait elle put croire à l’époque qu’elle, petite fille devenue guerrière par la force de ses poings et de sa détermination, deviendrait mère ? Comment aurait elle put croire que cette patrie enneigée devenue sienne serait finalement bien peu de chose comparé à la présence de l’homme qui partageait sa vie ? Aimer n’avait jamais alors effleuré son esprit, telle une guerrière qui taisait ses sentiments pour se faire arme affutée, dédaignant trop les hommes qui l’entouraient pour leur accorder son intérêt, sa confiance. Ils étaient des ennemis dans ce monde qu’il fallait affronter pour s’y faire une place, et ses sentiments, ses faiblesses, elle les avait enfermés profondément pour que jamais ils ne l’entravent. Lorsque ses mains s’étaient maculées du sang de son frère, elle avait sombrée dans des abysses insondables qui avait teint son cœur de sinistre teinte.

Combien de temps aurait elle survécu ainsi si son chemin n’avait pas croisé celui du loup noir ? Avait-il conscience de ce qu’il serait advenu d’elle si elle ne l’avait pas rencontré ?

Les mains du guerrier vinrent déposer entre ses doigts la tasse qu’il avait préparée avec soin, la ramenant à la réalité par ce simple geste, ses mots se faisant doucereux à son cœur. Son regard d’argent la transperça de son éclat mirifique emplit d’une tendresse qui résonnait langoureusement dans son âme, étiolant les restes d’une lointaine douleur. La dame blanche savoura le contact de ses mains sur les siennes, s’amusant silencieusement de la différence plus que remarquable de leur taille qui englobait les siennes dans sa totalité. Elle réchauffait son corps bien plus efficacement que le breuvage emprisonné en leur sein. Elle lui sourit avec autant d’affection, fermant ses paupières pour simplement apprécier sa chaleur.

Sans sa présence pour la rattacher à ce monde, les ombres dont elle était la gardienne l’auraient entrainée à leur suite. Son éclat se serait ternit chaque jour un peu plus, pour ne plus alors que devenir elle-même à leurs images, esseulée, à jamais seule dans son désespoir. Si il n’avait pas été là, elle serait morte. A la mort de son frère, ses pas l’avaient dangereusement conduit au plus près de cet abyme sans fond, existant dans le simple but d’exister, sans autre espoir que celui d’endosser ce qui n’était pas à elle, de se leurrer suffisamment pour croire qu’ainsi, son sacrifice ne serait pas vain. La solitude et la culpabilité l’avait poussé dans cette voie sans issu mais l’espoir et l’amour lui avait fait emprunter un autre chemin.

Tu n’es pas seule. Ses mots. Sa voix. Sa présence. Sa chaleur. Son âme. Son cœur. Juste parce que c’était lui. Une de ses mains se dégagea avec douceur de sa prise rejoignant la joue de son aimé en une tendre caresse.

« Je sais. Et il n’y a qu’ici que je veux être. »


Si la jeune femme qu’elle était à leur rencontre avait été un temps certain gênée par ce genre d’élan aimant, aujourd’hui, elle n’avait guère plus cette honte prégnante qui alors amenait à coup sur un rougissement incontrôlable sur ses joues. La patience de son compagnon avait contribué à son acclimatation tout en la gênant d’une manière tout aussi sotte. Elle se souvenait alors de ce sentiment diffus de honte constante dès lors qu’elle s’exprimait sur ses sentiments et qu’elle tâtonnait avec une timidité insupportable sur ce lien de couple dont elle ignorait tout. Gauche et maladroite, elle s’était plus d’une fois sentie dépassée, fragile et impuissante à ce comprendre ainsi qu’a le comprendre. Qu’attendait-il d’elle ? Et si elle ne faisait pas ce qu’il fallait ? Si il s’était trompé sur elle ? Sur eux ? Ses questions l’avaient hantées des nuits entières, même si elles n’avaient jamais eut lieu d’être, mais trop fière, elle avait tout gardé pour elle. Rien pourtant que le temps et sa présence ne purent vaincre. Aujourd’hui, ces craintes n’existaient plus, même si d’autres en avaient pris la place.

Ses doigts vinrent jouer avec les mèches éparses de la chevelure immaculée de son amant avant que ses lèvres n’effleurent les siennes. La sorcière s’écarta avec lenteur de son visage, sa main revenant caresser la courbe de sa joue.

« Je t’aime, tu sais ? »


Une question qui n’en était pas une en réalité mais sonnait telle une douce mélodie. Ces quelques mots autrefois murmuré avec timidité et embarras étaient aujourd’hui déclamé avec assurance et affection. Une sincérité qui brillait dans l’émeraude de ses pupilles et sur ce visage si mobile qui était le sien.

« Si je n’avais pas prit le risque de t’ouvrir mon cœur, je ne serai plus là aujourd’hui. C’est en songeant à ça que je me rends compte que j’ai de la chance malgré tout. Et même si les épreuves qui nous attendent semble insurmontable, tant que je suis a tes cotés, je suis sur que tout ira bien pour nous. »

Pour cette famille qu’ils étaient sur le point de fonder songea t'elle en jetant un regard à son ventre arrondi. Finalement, cette facétie des dieux lui ouvrait une autre voie qu’elle n’aurait jamais cru emprunter un jour mais qu’elle affronterait comme la guerrière qu'elle restait dans son âme. Elle trouverait un équilibre. Elle le savait. Et qu’importait alors les difficultés tant qu’il demeurait en elle ce sentiment se faisant grandissant et qui l’appelait à protéger cet enfant à naître des sévices du monde. Des mois auparavant, elle craignait au fond d’elle-même de ne pas en avoir la force mais à présent qu’il se faisait plus présent en elle, elle ne pouvait plus en douter. Elle l’aimait déjà.

Son souffle accompagné d’un sourire pour rendre ses mots moins durs et la dame ramena sa main à sa tasse, effleurant les doigts du guerrier pour lui permettre de porter le breuvage à ses lèvres. Une gorgée du liquide à l’amertume déguisée sous une saveur fruité apporta à son corps une douce chaleur apaisant des maux avec lesquels elle devait vivre encore quelques temps. Bientôt ils prendraient fin pourtant. Une angoisse qu’elle préférait taire jusqu’au moment opportun et que la boisson apaisait.

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Eren


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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Lun 19 Nov - 4:12

Continued Story
Feat. Leene


Leene avait besoin de reprendre confiance en elle. Un besoin pressant et impérieux. Sköll était le seul à pouvoir lui insuffler cet aplomb et s'appliquait à le faire depuis plusieurs minutes déjà. Qui aurait cru, il y a de cela quelques années, qu'il serait un jour si prompt à effacer les doutes d'une demoiselle ? Le voilà pourtant occupé à le faire consciencieusement, et ce n'était point la première fois. Elle était la seule personne au monde à l'avoir jamais vu sous ce nouveau jour, celui d'un homme plein d'attentions envers la femme qu'il aime. Elle était la seule à avoir reçu de lui cette appellation, et sans doute le resterait-elle à tout jamais. Le lien qu'ils avaient tissé au cours de ces deux années était plus solide qu'aucun autre. Rien ne pourrait le remplacer s'il venait à se rompre. Mais loin de lui ces idées noires. Tant qu'elle aurait besoin de soutien, il se devait de garder l'esprit clair.

Elle ne devait pas succomber à l'apathie, et pour l'aider à ne pas se laisser emporter, il devait lui aussi pouvoir y résister. Ce qu'il faisait avec brio jusque là mais combien de temps encore pourrait-il le tolérer ? Son corps comme son mental étaient d'acier, à l'évidence, mais le second était bien plus susceptible de ployer sous la pression. Mais la simple idée de ne pouvoir le surmonter piquait son orgueil au vif et l'incitait à reprendre du poil de la bête pour qu'elle ne voie de lui qu'une épaule solide sur laquelle s'appuyer. En cette période, la fille de la lune avait plus que jamais besoin de pouvoir compter sur lui : il ne devait pas laisser paraître la moindre faiblesse. Qu'il perdre l'équilibre et il l'entraînerait dans sa chute. Il n'en était pas question, pas tant qu'il aurait la force de lutter contre le courant.

- Et moi donc. répondit-il dans un sourire.

Non, il ne céderait pas. Il n'avait jamais cédé. Pas même alors qu'il était seul contre le monde. Comment le pourrait-il maintenant qu'il avait une raison supplémentaire de se battre ? Tant de choses restaient encore à faire... À aucun prix il ne l'aurait laissée seule face à cette épreuve. Elle non plus n'aurait pas pensé un jour se trouver dans cette situation, mais de toute évidence elle s'était trompée autant que lui. Il leur fallait maintenant vivre avec ces imprévus et faire en sorte que leur vie n'en soit pas affectée – leur vie commune, celles qu'ils avaient bâtie de leurs mains pour lier leurs destins à jamais. Et même s'ils appréhendaient sa venue, cet enfant dont la naissance se faisait imminente en ferait lui aussi partie.

Ce foyer n'appartenait qu'à eux, et nul autre n'avait le droit de pénétrer dans ce sanctuaire. C'était leur havre de paix, un endroit où personne ne troublerait leur relation qui s'était certes affirmée avec le temps mais n'en demeurait pas moins fragile. Avoir à former une famille sans qu'ils ne l'aient vu venir, même s'ils avaient depuis pu se faire à cette idée, donnait à la liaison une consistance prématurée. N'étant ni l'un ni l'autre coutumier de pareille relation, ils avaient pris leur mal en patience et développé leurs sentiments au point d'en arriver au stade actuel. Le fait de n'être plus les seuls concernés faisait qu'ils ne pourraient plus aller à leur rythme tel qu'ils le faisaient jusqu'alors. Ce qui les attendait était un véritable bond en avant, et leur seule peur était de ne pas y être préparés.

Dès qu'elle eut reposé sa tasse, il ne put s'empêcher de passer le pouce sur ses lèvres. De se remémorer le premier baiser qu'ils avaient échangé, en pleine tempête de neige. Le froid n'en finissait plus de régner sur les plaines d'Asgard, mais ils n'avaient eu besoin que de ce contact pour qu'instantanément la chaleur les envahisse. Depuis, cette passion n'avait pas disparu. La tendresse n'avait fait que l'attiser. Gravée au fond de leur coeur, elle les emplissait du courage d'affronter cette épreuve la tête haute. Il entoura sa taille d'un bras protecteur pour ensuite en raffermir la pression afin de l'enlacer étroitement. Sentir ce corps si frêle contre le sien et celui de ce futur nouveau-né les séparant l'exhortait à faire tout ce dont il était capable pour calmer ses peurs.

- Tu dis ça, mais qui sait ce que je serais devenu si tu n'avais pas été là. Peut-être que je serais retourné à la vie sauvage... Que j'aurais fini par calciner tout ce qui se trouve sur mon passage pour ne plus me nourrir du sang et de la peur de ceux qui auront croisé ma lame. Je ne le sais pas moi-même, et pour tout te dire je ne tiens pas à le savoir. Tu es là, et c'est tout ce qui compte. Je ne peux pas renier ce que je suis, mais maintenant j'ai une raison pour ne pas perdre autre que celle d'agrandir mon tableau de chasse. J'ai quelqu'un pour m'attendre et un endroit où il me faut rentrer.

Des paroles qu'il n'aurait jamais cru prononcer un jour mais qui venaient pourtant de jaillir de ses lèvres avec un tel naturel que lui-même eut peine à y croire dans un premier temps. Mais il fit le nécessaire pour ne rien laisser voir du trouble qu'il avait ressenti, sans qu'il ne cesse de la fixer une seule seconde. Il voulait graver son image dans sa mémoire, celle de cet instant qu'il n'aurait pas pensé vivre avant de le voir s'ancrer dans sa réalité. Revenu ne serait-ce que deux ans en arrière, se serait-il jamais vu aux petits soins pour qui que ce soit, de surcroît pour lui murmurer à l'oreille des paroles réconfortantes ? Certainement pas. C'était pourtant bel et bien le cas, et même son voeu le plus cher – que rien ne l'oblige à s'en écarter ne fut-ce que d'un seul pas. Le monde pouvait bien prendre fin qu'il n'aurait pas cessé de veiller sur elle.

C'était bien tout ce qu'il pouvait faire pour elle alors qu'elle vivait ses dernières heures de cette grossesse qui l'avait tant mise à mal. Il s'en était pourtant fait un devoir. Un devoir qu'à aucun moment il ne devrait négliger. S'il n'y avait eu cette ultime bataille pour souhaiter ne pas avoir à disparaître, auraient-ils osé se déclarer l'un à l'autre ? Se rapprocher au point d'emprunter la même route, main dans la main ? Rien ne permettait d'en jurer, même s'il aimait à penser que leurs chemins étaient faits pour se croiser. Et cela, même s'il n'aimait guère devoir l'admettre, c'était en partie à leur séjour au Pandémonium qu'ils le devaient. Alors que tant d’Ases avaient trouvé la mort aux Enfers, eux y avaient trouvé la vie. Un parfait paradoxe pour eux qui n'étaient autre que des amants maudits.

- Merci. lâcha-t-il dans un murmure.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Ven 23 Nov - 18:16



Se blottir contre lui pour profiter de sa chaleur. De sa présence. Reprendre au creux de ses bras le courage d’affronter ce qui allait advenir bien assez tôt simplement en écoutant son cœur battre, rassurant. Ses efforts pour effacer ses troubles étaient louables, emplit d’une tendresse dont elle jouissait sans vergogne et qui l’aidait à se sentir moins maladroite de par sa grossesse. Leur univers allait changer. Non, il avait déjà changé depuis ce jour où elle lui avait apprit la présence de cet enfant à naître, leur rapport avaient subtilement évolué dès lors, un peu plus à chaque jour qui passait pour se faire plus fort encore. La fille de la lune appréhendait pourtant ce qu’il adviendrait dans une poignée de semaine à présent. Bientôt. Et cela, même les mots les plus doux de son aimé ne pourraient transformer cette échéance se rapprochant. C’était son épreuve. Sa crainte. Et le début d’une nouvelle histoire, non plus en tant que couple, mais qu’ils devraient écrire avec cet enfant. Elle n’avait plus aucun doute sur l’amour qu’elle lui porterait dès que celui-ci viendrait au monde, mais l’amour n’était pas suffisant pour élever un être vivant, et cette question la tourmentait. Une parmi tant d’autres qui troublait son esprit, ajoutant à cette angoisse tapie une profondeur supplémentaire.

Serait-elle une bonne mère ? Elle qui n’avait auparavant jamais songée à cette éventualité se retrouvait dépourvue, et l’échéance approchant n’aidait pas à résoudre cette énigme, accroissant au contraire son inquiétude. Les préoccupations ne lui manquaient pas, son temps libre contribuant à sa procrastination mentale que parvenait à repousser un temps les étreintes de son compagnon. Dans ses moments, la force habitant ce corps contre le sien dissipait l’anxiété, étiolant son emprise pour qu’elle ne soit dès lors plus qu’un écho lointain. Ensemble, ils y arriveraient, même si ils n’avaient jamais auparavant imaginé ce cas de figure dans leur vie. Même si la difficulté serait de mise car ils apprendraient à tâtons à s’occuper d’une autre vie, une vie innocente qui dès sa venue au monde serait dépendante d’eux. Cette responsabilité, jamais plus ils ne pourraient la renier alors, et ce, jusqu’à leur mort… D’ici quelques semaines, ce ne serait plus un vain mot mais une réalité qui les transformerait à jamais. Ensemble, ils avaient apprit à vivre pour finalement devoir apprendre à veiller sur une vie, eux, les donneurs de mort, les amants maudits.

A partir de ce jour. Cette matinée du 15 août 1750 au cours de laquelle la vie et la mort s’enlacèrent étroitement.

Une journée qui aurait put être comme les précédentes, mais qui sonna le terme de cette grossesse qui n’avait que trop duré. Les prémices furent un vacillement brutal provoqué par une douleur violente prenant son origine dans ses entrailles, envahissant son corps en une vague brulante qui faillit la faire choir. Grimaçante, la dame s’était exhortée au calme malgré la crainte plantant ses crocs dans son esprit. Ce n’était pas la première contraction qu’elle ressentait, mais contrairement aux autres, son souffle ne parvint pas à éloigner ses effets, bien au contraire. Les souvenirs de la sorcière sur ce moment demeuraient confus, noyés dans une brume faite de douleur et d’une appréhension se faisant crescendo fou dans son cœur apeuré. Vacillante, la belle avait évitée la chute par les seuls réflexes de son aimé surveillant ses moindres gestes dès lors qu’elle se levait, la couvant de son regard pour lui éviter tout maux qui risqueraient de la mettre à mal. Ses doigts plus pâle qu’à l’accoutumé s’étaient crispés plus que de raison sur son avant bras, les yeux clos et la mâchoire contracté par la vague brulant son corps. Il lui fallut de longues secondes pour reprendre son souffle qui ne parvinrent guère à soulager la crainte étreignant son cœur.

« Il arrive. »

Ce furent les seuls mots que la dame parvint à murmurer d’une voix rendue trouble par la douleur et l’appréhension qui secouait tout son être. Elle pouvait sentir le long de ses jambes s’écouler un liquide poisseux dont elle connaissait parfaitement l’origine et qui annonçait l’imminence de l’accouchement. Ses familiers n’attendirent pas une seconde de plus avant de filer joindre la dame de l’aube, seule à pouvoir l’aider dans cette difficile épreuve qui venait à peine de commencer. Une nouvelle contraction vint annihiler ses réflexions s’étiolant dans le noir. Son souffle se coupa brutalement avant qu’elle ne parvienne de nouveau à le reprendre en tentant de ne pas se laisser envahir par la peur qui menaçait de la submerger. Elle devait respirer, éloigner le spectre de la crainte qui sévissait autour d’elle pour simplement songer à cet instant, cet effort qui demandait toute son attention. Elle n’avait pas le luxe de s’embarrasser de tel sentiment ! Leur enfant allait venir au monde ! Seule cette pensée demeurait claire, et nulles autres ne devaient l’entraver.

La sorcière d’argent laissa son compagnon l’entrainer dans un lieu plus propice, se concentrant sur sa respiration pour amoindrir les douleurs se rapprochant tant et plus qu’elle peinait à la reprendre. L’esprit embrumé, la belle se raccrochait à la seule personne présente, à son regard d’acier et à cette main d’ébène sur laquelle ses doigts se crispaient à intervalle régulier dès lors qu’une contraction ébranlait son corps. La douleur s’insinuait en vague sporadique, contractant ses muscles et crispant sa mâchoire en lui faisant ravaler les gémissements provoqué lors de ses violentes pressions. Elle voulait parler, se rassurer en s’échappant grâce aux mots mais chaque essais demeurait infructueux.

Et fatalement, elle n’eut bientôt plus l’occasion de déclamer quoi que ce soit, la fille de la lune concentrant ses efforts sur cette mise au monde qui l’avait tant perturbé. Elle ne pouvait plus reculer. Elle ne pouvait plus se laisser vaincre par l’angoisse mais juste agir. Aalanna était là pour la guider, et la main de son compagnon se faisait soutien inébranlable dans cette situation effrayante à plus d’un titre. Inconnue. Douloureuse. Jamais encore elle n’avait expérimenté telle souffrance. C’était la douleur de la vie. Le prix à payer pour se faire l’égale d’un dieu après des mois d’appréhension et de questionnement. A l’heure de l’accouchement pourtant, celles-ci n’étaient guère plus qu’une lointaine absurdité qui n’avait plus sa place. Seule l’importance de mettre cet enfant au monde comptait. Seul le désir de le voir, de le toucher et de lui faire voir leur terre enneigé importait.

L’esprit embrumé par l’effort, la future mère taisait la fatigue qui faisait trembler ses membres, laissant les paroles de la prêtresse d’Avalon la guider, espérant à chaque instant que la délivrance viendrait enfin. Chacun de ses mots étaient espoir et devoir. Elle appelait à de nouveau effort qui lui coûtait un peu plus à chaque fois, trouvant la force de lui obéir tout en la sentant décliner de manière irrémédiable.

Un peu plus…

Ses doigts se crispèrent une nouvelle fois sur la poigne de son aimé pour un nouvel effort. Un cri la récompensa. Il ébranla son cœur avec plus de force qu’elle ne l’aurait jamais cru, celui-ci résonnant avec rassurance mais déchirant pourtant cette âme de mère désireuse de prendre soin de son enfant. Il était vivant. Elle avait réussit. Ses lèvres s’étirèrent d’un sourire satisfait mais épuisé. Le soulagement qui l’envahit alors pesa brutalement sur ses frêles épaules, envahissant son esprit embrumé en étiolant la joie évanescente de cette réussite. Un frisson ébranla son corps, ses paupières retombant lourdement sur ses iris. Elle se força à ouvrir les yeux pour avoir le plaisir de voir son enfant mais ne put qu’observer de vague forme se déplacer, de lointain écho parvenir à ses oreilles. Sa prise sur les doigts du guerrier divin se fit plus lâche.

Elle était fatiguée et le repos lui tendait les bras, là, si proche, si doucereux. Elle n’avait qu’à fermer les yeux pour le laisser l’envahir et la délivrer de cette prison de chair, pourtant, elle les garda ouvert malgré cette vision désastreuse. Elle voulait voir son enfant, l’appeler mais nulle parole ne vint passer la barrière de ses lèvres. Ses doigts ne parvinrent pas à resserrer leur étreinte sur ceux de son amant malgré son désir…Son corps ne lui répondait plus…Prisonnière. Sorcière maudite par la main du destin.

Un instant, elle crut voir danser devant ses iris une lueur écarlate alors que résonnait dans son âme des murmures affolés. Ils l’appelaient. Probablement. Des voix grinçantes, connues mais que son esprit ne parvenaient à comprendre totalement. Ne fermez pas les yeux. Elle sentait l’odeur de la nuit et celle de la mort. L’éclat d’argent de la lune brillant dans les cieux, scintillant sur le manteau de neige immaculé de leur patrie.

Sköll. Elle était si fatiguée. C’était si dur de garder les yeux ouvert. Des pensées incohérentes se heurtaient dans son esprit, incompréhensible, se mélangeant les unes aux autres sans cohérence. Son cœur saignait. Mais bien vite, même cette douleur s’étiola seul demeurant cette pensée pour cet homme dont la chaleur s’estompait. Elle ne parvenait plus à voir son visage...

Sköll…

Elle ne voulait pas. Elle devait lutter. Pourtant…

Une larme cristalline roula sur sa joue alors que ses forces l’abandonnaient totalement. Et le noir l’accueillit dans ses sombres bras. Cette amie de toujours.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Sam 24 Nov - 1:22

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Feat. Leene


Le jour fatidique avait fini par arriver. Ainsi sonnait le glas d'une vie paisible. De ces neuf mois au long duquel leur chemin avait été jalonné d'imprévus, il espérait qu'elle ait pu tirer assez de courage que pour affronter cette épreuve la tête haute. Durant cette période, ils avaient fait en sorte de continuer à aller de l'avant. De s'alléger des peurs et des regrets qui les ralentissaient et les empêchaient de profiter d'un voyage qui ne serait déjà que trop court. Celui qui les avait emmenés aux portes d'un autre monde qu'ils n'auraient pas un jour pensé connaître. Escarpé était le sentier où ils allaient devoir s'aventurer, mais au moins le feraient-ils ensemble. En tout cas était-ce ce qu'il pensait avant qu'elle ne lui annonce que leur moment de répit avait touché à sa fin. Son esprit se vida de toute pensée en un instant à l'exception d'une seule, lugubre et macabre à souhait. Celle que ce jour supposé être béni de dieux serait celui où il devrait porter le deuil de sa bien-aimée. Sa respiration s'arrêta un bref instant tandis qu'il l'attirait auprès de lui pour lui permettre de se rétablir. Fermer les yeux lui fit se rappeler sa résolution.

Qu'il ne la doive qu'à lui-même n'ôtait rien à son importance – il n'avait tout simplement pas osé dire mot à Leene de ses propres doutes. Sa mère était morte en le mettant au monde, et il n'avait nulle intention de laisser ce spectre planer autour d'elle le jour où elle devrait donner la vie. Fameux jour qui était finalement venu, n'en déplaise au jeune couple qui aurait voulu retarder tant que faire se peut cette échéance. Même si la naissance se déroulait sans anicroche, il n'était pas dit qu'il en soit de même par après. Ils n'étaient pas faits pour être parents, l'un comme l'autre en étaient convaincus dès le départ. Ils avaient dû faire des efforts pour accepter la réalité selon laquelle cela arriverait de toute façon – qu'ils le veuillent ou non. Rien n'aurait pu empêcher cette fatalité d'un jour poindre à l'horizon. Il n'était dorénavant plus question de remettre cela à plus tard, voilà tout.

- Leene ?

Malgré d'évidentes difficultés, la nativité était arrivée à son terme sans trop de complications. La fille de la lune était bien évidemment épuisée, mais il n'y avait rien d'étonnant à cela : pour ne l'avoir pas quittée des yeux un seul instant, il savait ce qu'elle avait dû traverser. Ses ongles s'étaient plantés dans sa chair du début à la fin, sans qu'il n'en souffre si ce n'est moralement. La voir endurer toutes ces souffrances et ne pouvoir l'en soulager était une torture psychique à laquelle il eut bien du mal à résister. Mais il devait être fort pour elle, endurer les cris sans rien faire d'autre que de serrer cette main tremblante pour lui fournir un peu du réconfort dont elle avait besoin. Avoir à se dire qu'elle n'aurait pas dû subir cela s'il n'était pas entré dans sa vie le troubla, mais il ne tarda pas à se ressaisir.

Maeleene n'avait nul besoin qu'il se laisse aller à ses idées noires. Ce qu'il lui fallait, c'était qu'il soit présent pour la soutenir lors de l'accouchement et même après afin de lui permettre de ne flancher à aucun moment. Seulement, il régnait dans l'air une bien étrange odeur – un parfum de mort là où n'auraient dû subsister que les palpitations de la vie. Malgré ce qu'elle avait vécu à l'instant, il était surprenant qu'elle soit si prompte à s'abandonner à un sommeil profond. Le Guerrier Divin se serait plutôt attendu à ce qu'elle lutte pour rester éveillée, ne fut-ce que tant qu'elle n'aurait pas serré son enfant dans ses bras. Même éreintée, la fille de la lune demeurait d'une grande fierté et n'aurait pas accepté de s'effondrer de la sorte.

- Leene !

Son absence de réponse était plus inquiétante encore à chaque seconde. Son instinct si affûté n'en finissait plus de s'affoler. Quelque chose n'allait pas, c'était sûr à présent. La poigne qui la minute d'avant était encore si ferme sur sa manche s'était raidie avant de se relâcher. Sa peau était certes pâle d'ordinaire, mais ne l'avait jamais été à ce point – pas dans son état normal. Le colosse eut soudain l'impression que tout était en train de lui échapper. Qu'il en était réduit à l'impuissance alors que son monde était sur le point de s'effondrer. Non, cela ne pouvait pas se reproduire. Ses prières n'avaient-elles été que de vaines paroles ? Fléau d'une autre époque à visage humain, n'avait-il pas droit au bonheur ? Il ragea.

Il ne le permettrait pas. Il avait déjà défié les dieux plus d'une fois. Qu'il soit damné pour toute l'éternité si c'était le prix à payer, mais il ferait tout pour la ramener. Et que se déchaîne le Ragnarök s'il n'en était pas capable. Ses paupières s'étaient closes alors que ses lèvres avaient lâché sans un mot ce qui avait tout l'air d'un dernier soupir. Un frisson mêlé de rage et de peur courut le long de son échine. Ses pupilles s'étrécirent pour n'être plus que celles de l'animal en proie à une douleur intense. Jamais personne n'avait pu entailler sa chair ou broyer ses os, il le revendiquait fièrement, mais que pouvait-il faire quand c'était à son coeur de se déchirer en de sombres lambeaux ? Ses mains se portèrent à ses joues, essayant de capter une attention qui déjà n'existait plus.

Maeleene !


Le cosmos jaillit par tous les pores de sa peau, froid comme la glace. Le corps de la seule femme qu'il ait jamais aimé parut cependant ne pas en être affecté. Sa pâleur était inquiétante et celle de ce halo nivéen y faisait écho. Les pupilles de Sköll s'illuminèrent alors d'un bleu qu'il qualifierait lui-même de surnaturel tandis que son corps entier s'était auréolé d'étincelles. Quel que soit le phénomène qu'il avait déclenché, il semblait ne plus être en mesure de l'arrêter. S'il avait encore été conscient, sans doute s'y serait-il refusé dans tous les cas. C'était peut-être sa dernière chance de la retenir, même s'il devait donner sa vie pour sauver la sienne. Après avoir accompli tant d'actions contre-nature, il allait briser les lois régissant l'étroit espace qui sépare la vie et la mort.

Quel que soit le nombre de maléfices qui puisse s'abattre sur lui alors que son corps était privé de son âme, il n'en avait cure. Il n'avait rien à perdre, lui qui avait déjà perdu tout ce qui comptait à ses yeux. Le nouveau-né aurait besoin d'un parent, et s'il ne garantissait pas de pouvoir rentrer avec elle, du moins n'avait-il aucun doute sur le fait qu'il puisse une fois de plus faire battre son coeur. Fut-ce la dernière fois avant de retourner dans le néant. Le halo qui l'avait entouré s'assombrit jusqu'à arborer un noir si dense qu'il devenait suffocant. C'était à se demander s'il exhalait toujours du cosmos ou s'il n'avait fait que revêtir une immense fourrure bardée des sortilèges les plus occultes.


La flamme qui dansait dans tes yeux s’était éteinte,
et elle avait plongé mon cœur dans un abîme aussi sombre que la mort...
Cerné par les ténèbres, il lui fallut un moment pour faire la mise au point. Noirceur, tout n'était que noirceur à l'entour. Son obscur pelage parvenait pourtant à s'en distinguer au moyen de la fine pellicule neigeuse qui semblait l'envelopper. Un hale de protection qui lui permettait d'aller plus loin que les ombres en quête de ce qu'il avait perdu. Ici, il n'avançait pas sur ses pieds. Ici il n'était plus humain. Son aspect était celui de son âme et de ses secrets inavouables, celui de ce destructeur mythologique à qui il devait toute sa puissance. Celui grâce à qui il avait obtenu le pouvoir de tuer les dieux. Un loup noir qui n'avait de commun avec sa forme humaine que le gigantisme de ses proportions – du moins le lui semblait-il, mais s'en rendre compte au coeur de la pénombre n'était pas si aisé. Ses pattes foulaient un sol invisible, le faisaient arpenter de ces noires vallées toute l'étendue.

Le temps et l'espace semblaient se distordre autour de lui et plus il avançait dans les méandres de cette obscurité, plus cette absence de décor l'oppressait et l'incitait à quitter les lieux au plus vite avant qu'il ne soit trop tard. Mais il n'était pas décidé à rebrousser chemin, car il n'avait emprunté cette forme éthérée que dans un seul but – celui de le la sauver des ténèbres tapies au fond de son âme. Ses pupilles dorées luisaient d'une étrange lueur dans ce contexte uniforme, qui semblait ne connaître aucune limite. Sa course ne connaîtrait jamais de fin, car à tout jamais il se perdrait dans ce vide absolu. Lui parvint alors ce qu'il crut être une pulsation lointaine, un dernier souffle de vie, une dernière goutte de sang dans les veines.

Alors il sentit. Son coeur battait encore, et avec lui toutes ses émotions. Toutes celles de Leene que guettait la mort alors qu'elle venait de donner le jour. Une injustice qu'il entendait réparer fût-ce au prix de la damnation. Humant l'air, pourtant inodore, il se laissa guider par ses sens que l'exaltation portait à l'extrême. L'urgence se faisait sentir et il ne dépendait que de lui de la tirer de ce mauvais pas avant qu'il ne soit trop tard. De l'arracher des griffes de la mort avant que la faux délétère ne s'abatte. Il était en terrain conquis ici, les ombres étaient son royaume et la peur son domaine. Les pensées les plus épineuses de son amante l'avaient transpercé de part et d'autre dans sa progression mais celle-ci serait bientôt achevée.

Puis il la vit. Cette blanche silhouette perdue au milieu de nulle part, errant sans but au milieu d'un océan de rien. Peut-être ne pouvait-elle plus ni le voir ni l'entendre, mais Sköll – si c'était bien lui sous cette peau de loup – n'en alla pas moins se camper devant elle pour détailler son visage. Un air absent en avait pris possession, le même qui l'avait fait frémir de tout son être quand il l'avait quitté dans la réalité – à moins que tout cela n'ait été qu'un rêve. À moins que tout deux soient sur le point de se réveiller. Mais il savait que c'était trop en demander, car dès maintenant il ne tirerait plus du destin que ce qu'il parviendrait à lui arracher. Et cela débutait dès à présent en emportant Leene vers le pays des vivants avant que ne la rattrape celui des morts.

Sans savoir si cela serait d'une quelconque utilité, l'animal sauvage croisa le regard de celle qui se tenait là à attendre la fin de toute chose. La flamme dorée refusait de s'éteindre, rappelant celle du soleil qu'il était censé conquérir. Celui qu'il ne dévorerait jamais parce qu'il restait ici à ses côtés s'il le fallait. Il ne l'abandonnerait pas à son triste sort, même s'il devait à sa place se séparer de son existence terrestre. La moue qu'on croyait pouvoir lire par-delà ce museau dont la couleur n'avait rien à envier à celle du charbon était semblable à celle d'un Dieu qui regarde le monde qu'il vient de créer. Celui d'un être immatériel qui sait tout sur le monde qui l'entoure et détient entre ses griffes la vérité. Mais on pouvait aussi y lire l'inquiétude sincère de celui à qui elle a donné son coeur et qui est prêt à se consumer pour lui montrer la voie à suivre, celle par laquelle elle devra s'en aller d'ici.

- Viens. On rentre chez nous.

Avant qu'il ne soit trop tard...
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Dim 25 Nov - 11:46



Les ténèbres la cernaient. De toute part, elles étreignaient sa blanche silhouette dans ses sombre bras, glaciales et funeste, la perdant dans un monde où le temps n’était plus. Son regard ne distinguait rien. Nulle trace de vie, nulle lumière pour éclairer ce lieu perdu, sinistre dont elle foulait les terres telle une poupée absente. Chacun de ses pas mal assuré l’entrainait plus loin dans les profondeurs de ce néant qui lui tendait les bras, invitant la belle à demeurer à tout jamais en son sein pour ce qui était un voyage sans retour. Là où la douleur ne serait plus. Là où seul l’oubli persistait. Un oubli froid comme la plus éternelle des glaces de son pays immaculé mais au combien plus sinistre, maculant de cette macabre teinte les cieux obscur de son cœur. Le regard aveugle et l’esprit vide, la dame avançait sans en comprendre la raison, s’ignorant. Pourtant, malgré ce lieu vide de toute vie, il lui semblait entendre quelque chose. Des murmures lointains et erratiques, saccadés qui résonnaient dans ce qui lui tenait lieu de cœur avec une force s’étiolant à mesure que ses pas l’entrainaient plus loin. Elle ralentit finalement avant de s’arrêter tout à fait.

Un écho plus fort que les autres, résonnant dans cet être fantomatique qu’elle devenait un peu plus à chaque pas. Lointain mais puissant, ébranlant cette âme à nue dans laquelle persistait des reliquats de vie. Le souvenir de quelque chose de précieux qu’elle ne voulait abandonner pour rien au monde. Une vague silhouette s’imposa à son esprit avant de disparaitre telle une nuée de flocon cristallin.

Elle ne devait pas aller plus loin. Pourquoi ? Cette question résonna dans son esprit fragmenté avec une force qui la perturba. Que ce passerait il si elle franchissait cette ligne invisible semblant s’étendre au delà de cette lugubre noirceur ? Elle ne parvenait pas à trouver une réponse à celle-ci, pourtant, elle ne reprit pas sa marche. Elle ne le devait pas. Elle le savait, chaque fibre de son être le déclamait mais l’emprise de ce lieu sordide aurait bientôt raison de cette résolution absolue. Un instant. Elle reprendrait sa marche tôt ou tard, car les murmures l’entourant bientôt se feraient muets. Se concentrer sur leurs paroles lui était ardu et provoquait en son âme un vague sentiment, une émotion persistante qui refusait de disparaitre dans les méandres de ses limbes.

Elle savait qu’elle devait se battre. Elle savait que si elle abandonnait, elle briserait quelque chose de précieux à son cœur. Mais quoi ? Ses souvenirs se refusaient à elle, emprisonné dans une gangue de glace qu’elle ne parvenait à faire fondre, glaçant ses entrailles. Les murmures se firent chuchotement éteint alors qu’on invitait la belle à reprendre sa marche. Un pas de plus avant qu’elle ne se fige de nouveau. Son regard demeurait vide de l’étincelle qui l’habitait habituellement, sur son faciès d’albâtre nulles traces des émotions vagues qui peinaient à se faire une place dans ce cœur s’éteignant, ralentissant tant et plus. Une musique s’éteignant alors qu’une autre complainte résonnait dans ce lieu morbide, lointaine, elle ne tarda pas à prendre plus de force à mesure que le temps défilait.

Le temps défilait il vraiment dans ce lieu vide ?

La belle demeura figée, luttant contre une emprise invisible qui ne tarderait pas à l’emporter, gardant au fond de ce cœur fatigué une trace de cette fierté qui la caractérisait. Elle savait. Tout au fond de cette conscience endormit par les ombres, elle savait ce qu’il adviendrait si elle continuait. Elle connaissait cette présence pour l’avoir chaque jour durant à ses cotés. L’emprise devint plus forte, la lutte plus ardue alors que la dame recherchait au fond d’elle-même ce qui lui faisait défaut. Son éclat se ternissait. Bientôt elle ne serait plus.

Mais il apparut.

Il fallut du temps à la sorcière pour remarquer la présence de la bête. Ce fut son cœur qui fut premier à s’animer face à sa silhouette lupine auréolé d’un éclat de neige. Aussi noir que les ténèbres les environnants, créature monstrueuse née des peurs les plus primales, l’être l’observa de son regard sans âge. L’ambre apporta dans l’émeraude de ses iris un éclat incertain. Quelque chose d’endormit s’éveilla et ce cœur douloureux cogna une nouvelle fois. La douleur s’insinua sur son faciès jusqu’alors éteint alors que les paroles de l’animal résonnaient avec force.

Rentrer.

Comme ce mot était doux à ses oreilles jusqu’alors sourdes ! A cette simple déclaration, la poupée éthérée s’anima. Son cœur jusqu’alors emprisonné se fit plus sourd, résonnant dans son âme. Les souvenirs qui la composaient vinrent se superposer les uns aux autres, brutales et anarchiques. Précieux. Incompréhensible pour ce cœur en proie au tourment. Son regard d’émeraude vacilla en détaillant le loup et malgré le trouble qui régnait au sein de son être, la belle s’approcha de la bête. Chaque pas parcourut ancraient ses souvenirs se faisant moins confus. Vacillante, la dame finit par s’écrouler juste devant lui, terrasser par une douleur faisant poindre à ses yeux des larmes cristallines. Sa main hésitante vint pourtant s’approcher du pelage d’ombre jusqu'à en rencontrer la texture soyeuse. Une décharge la parcourut alors que les dernières pièces du puzzle se remettaient en place dans cette âme brisée par des ombres mortuaires. La surprise agrandit son regard avant que la belle épuisée après un dernier effort ne se blottisse contre la bête.

Elle savait. Leurs âmes étroitement enlacées ne pouvaient mentir ni se dissimuler par d’odieux artifices. Contre lui dans son entièreté, sans mensonge, avec ses blessures et ses sentiments, ses peurs et ses faiblesses. Ses souvenirs. Et ce désir souverain de vivre à ses cotés. Elle ne voulait pas mourir, car à présent que les sombres bras s’étaient écartés de sa silhouette, la fille de la lune pouvait mettre des mots sur ses impressions. Elle pouvait dire qui elle était, savoir ce qu’elle était et par quoi elle était passée. Elle sentait la douleur tiraillant son âme mais nulle souffrance n’était pour l’heure aussi forte que celle qui avait animé son aimé. Pour elle, il avait bravé le plus sinistre adversaire. Et alors que ses doigts s’enfonçaient dans la fourrure de l’animal dont son compagnon avait la forme, la sorcière pouvait de nouveau entendre les murmures de celle qui l’avaient accompagné dans les tréfonds de ce sinistre lieu dont elles avaient déjà parcourut les sombres chemins. Ses ombres qui à présent rassurées demeuraient pourtant à leurs cotés plus présente que jamais. Marquée, leur présence se faisait plus claire, plus compréhensible aussi sur des points jusqu’alors inconnue. La lune pourtant reprenait de son éclat.

Elle voulut lui parler, mais nul mot ne vint à ses lèvres, pourtant il résonna dans les cieux s’éclaircissant, le nom de cet homme qu’elle aimait plus que de raison. Celui qui l’avait arraché à la mort par deux fois. Eloignant les ténèbres, celles-ci se muèrent en un paysage immaculé, réplique parfaite des plaines enneigées de leur patrie. Elle s’excusa dans cette langue sans mot auprès de son cher et tendre.

Rentrons. Je veux voir notre enfant.


Blotti contre le loup qui n’était autre que l’âme de son propre compagnon, non moins surprise par cet état de fait que par tout le reste, la belle ferma les yeux sur ce monde endormit. Elle n’avait nullement voulut abandonner la vie mais la force lui avait manqué.

Une inspiration douloureuse vint se frayer un chemin tortueux jusque dans sa gorge. Ses muscles se crispèrent face à ce nouvel assaut de souffrance qui étreignait encore en partie son corps physique, lui rappelant avec une cruauté rassurante qu’elle était en vie. La fatigue couvait sous sa peau, embrumant son esprit, mais lorsque ses paupières papillonnèrent, la sorcière parvint à apercevoir le visage de son compagnon. La peur contractant ses entrailles se dissipa en partie alors que ses mains sur ses joues réchauffaient ce corps jusque là glacé. Un frisson ébranla son échine. Comme son corps était douloureux ! Comme son cœur battant dans sa poitrine lui faisait mal !

« Sk…öll ? »


La belle dû s’y prendre à plusieurs fois avant même de pouvoir parvenir à murmurer d’une voix lointaine le prénom de son amant, s’inquiétant de sa passivité. Elle voulut lever la main à son visage mais celle-ci se faisait aussi lourde que du plomb, l’empêchant de mener son geste à bien. A la place, elle parvint après un effort louable à poser sa paume contre sa main si chaude. L’affolement brilla dans l’émeraude de ses iris.

Combien de temps c’était il passé ?
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Jeu 29 Nov - 7:14

Continued Story
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Ce n'est qu'au bout de plusieurs secondes d'angoisse que Sköll rouvrit les yeux. À la manière dont il tressaillit, on aurait pu croire qu'il venait de sortir la tête hors de l'eau après avoir frôlé l'asphyxie. Perdu dans le royaume des ombres. Être désorienté après avoir vu la Mort en face et en être revenu était bien naturel, mais ce n'était pas la seule anomalie. La lueur farouche qui dansait habituellement dans son regard s'était éteinte pour ne plus laisser place qu'à une absence d'âme, un gris terne et froid. Cela ne l'empêcha pas de poser les yeux sur elle. Certes animé, mais d'une bien étrange manière. Il semblait ne pas savoir où il était, si bien qu'il parut en tout point semblable à un animal perdu. Pendant un instant, il parut ne pas la reconnaître. Ce trouble finit toutefois par se dissiper pour rendre à sa pupille d'argent tout son éclat.

L'étourdissement de Leene était tel qu'elle ne s'en était pas rendu compte, et Sköll n'en garda aucun souvenir. Le bonheur inaccessible ne l'était plus. Ce n'était qu'un simple détail, bien vite oublié au profit de la chaleur et du soulagement qui l'envahit aussitôt après. Si Zeta n'avait pas pris ce risque, qui sait ce qu'il serait advenu d'elle. Il n'en exprimait donc pas le moindre regret car il ne pouvait imaginer la vie sans elle. À mesure que s'étaient écoulées ces deux dernières années, elle lui était devenue indispensable. Le lui dire, il en serait bien incapable, mais il ne le ressentait pas moins. Aujourd'hui plus que jamais. Même si l'arrivée de cet enfant représentait nombre de complications dans la vie de tous les jours, il lui suffisait de penser que c'était à elle qu'il devait ce fils pour se rasséréner. Ce ne serait pas facile.

- Tout va bien. Je suis là.

Le Guerrier Divin n'aurait imaginé un jour être père en aucun cas avant qu'elle lui annonce la nouvelle. Mais à présent qu'il lui fallait le devenir, quelle meilleure compagnie que celle de la seule femme qu'il ait jamais aimé ? Personne pas même lui ne s'en serait douté, mais le fauve avait appris à aimer. Mais pour l'heure, ce dernier avait surtout l'impression de sortir d'un long sommeil – cela n'avait pourtant duré qu'une fraction de seconde. Les sens affinés à l'extrême, la tête lui tourna un bref instant, mais cet inconvénient prit fin dès qu'il sentit les lèvres de son aimée contre les siennes. Tout danger était écarté. Le phénomène qui venait d'avoir lieu restait trouble dans sa mémoire mais qu'importe ; seul comptait le résultat. Que la fille de la lune soit sortie seule de ce mauvais pas ou qu'il ait pu lui venir en aide ne faisait que peu de différence : le principal était qu'elle soit là. Revenue d'entre les morts.

Son corps lui semblait lourd, empreint d'une fatigue qu'il ne se souvenait pas avoir accumulée. Cet exercice mental s'était révélé non seulement périlleux mais aussi éreintant, et il s'en serait fallu de peu qu'il n'ait pas la force de revenir s'il n'avait pas été doté de cette force capable de défier les Dieux. Leur relation n'était-elle pas elle-même une conséquence directe de la bataille contre Perséphone ? Pourtant, il se sentait bien, et éprouvait une immense fierté à avoir réussi là où tant d'autres avaient échoué. Son désir intense de ne pas la perdre s'était transformé en un nouveau pouvoir qu'il avait utilisé pour lui porter secours, allant jusqu'à transgresser les lois de la nature. Qu'à cela ne tienne. Il endosserait tous les reproches qu'on pouvait lui faire avec fierté, car lui qui avait pour habitude de briser des vies venait d'en sauver une.

Ses doigts prirent place entre les siens tandis qu'il contemplait les traits de son visage, ceux-là même qu'il avait cru ne jamais pouvoir revoir. Après pareille mésaventure, l'épuisement qui s'y était peint était on ne peut plus compréhensible. Cela n'altérait pourtant en rien la beauté de la femme qui partageait sa vie et le ferait d'autant mieux à compter de ce jour. Sentir sa chaleur acheva de le rassurer tandis qu'il s'efforçait de recouvrer un semblant de mobilité, les muscles endoloris. Il s'était laissé fasciner par son doux minois pour le graver dans sa mémoire comme il lui était déjà arrivé de le faire par le passer. Pas une fois il n'aurait pensé la perdre jusqu'à ce jour et pour la première fois, Sköll avait expérimenté la peur. Pas une fois il ne l'avait ressentie en allant au combat. Son souffle était à lui seul une bénédiction, et il ne posa son front contre le sien que pour mieux se laisser bercer par cette mélodie...

Le premier cri de Mana était passé inaperçu tant il avait fallu agir vite, mais les suivants eurent tôt fait de leur vriller les tympans. Fort heureusement, Aalanna était là pour s'en occuper alors qu'il se démenait pour ramener à la vie celle qui lui avait donné le jour. Il s'était engagé à faire en sorte qu'elle ne subisse pas le même sort que sa propre mère et avait tenu sa promesse. Il ne savait par quel miracle, mais il y était parvenu. C'était tout ce qu'il lui fallait savoir. Le bruit causé par le nouveau-né était source d'une agitation bienvenue après n'avoir connu que le plus profond des silences dans cette dimension morte. Où qu'elle se soit située, il voulait ne jamais plus avoir à y retourner. Néanmoins, même s'il prierait pour que cela n'arrive point, il le ferait si c'était nécessaire. Quand la dame d'Avalon s'approcha d'eux avec le bébé entre les bras, il fit tout naturellement de la place à Leene pour qu'elle s'en empare.

- À toi l'honneur.

Il se fendit d'un sourire où transparaissait une fatigue au moins égale à celle de Maeleene. Elle avait été éprouvée par l'accouchement, mais lui-même n'était pas au mieux de sa forme après cette errance spirituelle. En tant que mère, c'était à elle de le prendre en premier, n'ayant déjà pas eu cette chance à l'instant même où il s'était éveillé au monde qui l'entoure. Et puis, c'était mieux ainsi : Sköll n'était pas pressé de le tenir à son tour tant il redoutait de lui faire du mal sans le vouloir. Sa force n'était plus à prouver, et même s'il avait su se montrer délicat avec sa chère et tendre, il se savait encore bien trop maladroit par moment. Son corps était taillé pour le combat, il lui faudrait un temps d'adaptation considérable pour être sûr de ne prendre aucun risque. Une étrange frustration s'empara de lui à cette pensée tandis qu'il posait la tête contre l'épaule de sa chère et tendre pour assister à ce premier contact.

L'enfant était l'exact reflet de ce qu'il devait être au même âge, à en croire le gris de ses yeux et la blancheur éclatante de sa chevelure. Le teint pâle qu'il arborait d'entre les couvertures où il avait été enveloppé appartenait en revanche à sa mère. Ils ne pouvaient renier leur parenté, c'était à présent une certitude. Momentanément, il se demanda ce que penseraient les gens du village en apprenant qu'il avait engendré un fils. Sans doute ne serait-ce guère encourageant. Contrairement à lui, ils ne portaient pas Leene dans leur coeur, mais ce n'était rien à côté de l'appellation de monstre dont on l'avait autrefois affublé. Étrangement, il ne put rien faire d'autre que de s'en désintéresser, invariablement plus intrigué par la lueur de curiosité qui flamboyait dans le regard de cet enfant – son enfant, mais surtout le leur.

Mana.

Rien, pas même la Mort, ne peut arrêter la force de la Vie.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Sam 1 Déc - 11:03

Un soupir soulagé vint caresser ses lèvres lorsque la voix de son aimé lui assura de son bien être. L’affolement laissa place à une sérénité diffuse, l’inquiétude s’étiolant pour ne laisser derrière elle que la chaleur rassurante de cette main sur sa joue. Sa seule présence réchauffait ce corps glacé marqué par les griffes de ce sinistre monde dans lequel elle avait sombrée. Un frisson ébranla son corps à cette unique pensée de cette funeste destination qui aurait été sans retour si elle n’avait pas eut cette main à laquelle se raccrocher. Ses souvenirs n’étaient point aussi confus que ceux de son conjoint mais elle n’avait aucune volonté à forcer sa mémoire plus que nécessaire. Elle pouvait encore sentir les doigts glacés de la mort entrainer son âme vers les limbes, ce lieu sinistre et vide qui se serait repu de son cœur si le loup noir n’avait pas gêné leur sombre office, et cela était déjà bien trop éprouvant pour ce corps fatigué. Elle était vivante, et même si l’épuisement menaçait de la submerger, la dame se refusait à fermer les yeux. La crainte demeurait de ne pouvoir recommencer ce prodige, et avec le désir ardent d’en oublier les affres. Mais il y avait cette chaleur qui, langoureusement, ancrait son âme à ce corps douloureux. C’était là tout ce qu’il comptait, et si il fallait souffrir pour vivre à ses cotés, elle l’acceptait sans hésitation.

Son baiser vint apporter à son cœur, un doucereux apaisement à son âme torturée. Il sentait la vie. Belle et précieuse, aussi fragile que le cristal et tout aussi sublime. La sorcière profita de sa douce chaleur, de ses tendres gestes qui étaient tout ce pour quoi elle l’aimait tant. Sa force capable de vaincre le pire des ennemis de par sa seule volonté. Si c’était pour lui, elle pouvait souffrir milles tourments, juste pour demeurer à ses côtés, juste pour faire taire le hurlement de son âme en proie à la perte. Déchirée. Son front accolé au sien, la fille de la lune laissa échapper une larme cristalline qui vint rouler sur sa joue. Elle l’avait oublié. Un instant qui aurait put être une éternité, la fille de la lune avait oubliée son soleil.

« Pardonne moi…J’ai faillit t’abandonner. »


Un simple murmure douloureux, amer. Elle n’avait jamais eut ce désir. Jamais encore avant aujourd’hui elle n’avait eut de meilleure raison pour demeurer sur cette terre qu’elle avait longtemps honnis. Avec maladresse et difficulté, la belle déposa sa main sur la joue de son compagnon pour ancrer sa présence à ses côtés dans ce geste habituel et mainte fois répété. Elle avait sentie sa douleur comme si elle était sienne. La perte horrible que cela avait signifiée pour lui et la souffrance qui en avait résulté. Et si le guerrier était avare de mot, cette seule plaie démontrait à quel point il tenait à elle. Elle ne l’ignorait pas pourtant l’apprendre de cette manière la bouleversait plus qu’elle ne l’aurait cru.



Un cri pourtant fut une autre souffrance à ses oreilles aussi semblable à son cœur que celle qui avait déchiré l’âme de son compagnon. Les doigts de la belle se raidirent alors que son esprit se focalisait sur cette présence si proche qui avivait en elle un sentiment d’absolu. Le silence n’était plus. L’oubli ne sévissait plus. La vie reprenait ses droits dans ce corps fatigué refusant le repos et se tendant tout entier vers le nouveau né qui avait faillit prendre la sienne. Leur enfant. Enfin, elle allait pouvoir le prendre dans ses bras et le contempler tout son soûl. Des émotions confuses et violentes vinrent tempêter dans son cœur alors que la dame de l’aube déposait contre elle leur fils.

Un garçon.

La jeune mère ne fut guère surprise par cette confession révélée par son amie. Cela elle l’avait senti depuis des mois, une angoisse diffuse tapit dans son cœur provoqué par cette malédiction ancestral lancé par la première lune. Pourtant à cet instant, alors que son regard d’émeraude détaillait ce petit corps maintenu blotti contre le sien par ses gestes maladroit, la jeune mère n’en avait plus que faire. Quelle malédiction pouvait bien l’empêcher de profiter de ce moment aussi redouté qu’attendu ? Elle avait faillit ne jamais pouvoir en jouir, et cela elle ne pouvait l’oublier.

Lui aussi, elle avait faillit l’abandonner.

L’angoisse et l’appréhension diffuse qu’elle avait ressentie lorsqu’Aalanna lui avait confié ce petit être engoncé dans ses couvertures disparurent bien vite au profit d’une douce euphorie, éloignant des ombres trop persistantes. Curieuse, elle découvrait cet enfant né de leur amour avec fascination. La pâleur se sa peau et l’immaculé de sa chevelure, ce regard d’argent qui lui rappelait tant celui de son père, se gorgeant de chaque détail qui lui était possible de voir sur ce visage poupon. Délicatement et malgré la lourdeur de son corps, la belle vint effleurer de ses doigts la minuscule main du nouveau né qui s’agita un instant avant de reprendre son calme. Les cris qui l’avaient ébranlé à son retour du sombre pays n’étaient plus, l’agitation se muant en une sereine atmosphère qui apaisait son cœur.

« Il est si petit… »


Si fragile que même sa voix ne fut que murmure pour confier à son aimé ce ressentit intense. Son désir de le protéger était ardent malgré l’épuisement qui l’habitait et l’amour qu’elle lui portait déjà ne faisait que l’attiser. Son regard brillant posé sur lui ne faisait que le confirmer. Elle l’aimait et ne laisserait pas même la mort lui enlever ce petit corps de ses bras. Leur fils. Avec hésitation, la jeune mère frôla cette chevelure de neige du bout des doigts pour en sentir la texture, réalisé que ce n’était pas un rêve mais bel et bien la réalité. Sentir sa vie pour ôter de son âme les vestiges de la Mort. Elle voulait ancrer cet instant dans son cœur et dans son corps, savourer chaque minute, chaque seconde qui défilait et les graver en elle. Qu’importait alors ce que l’avenir leur réservait tant qu’ils demeuraient ensemble.

« Merci. »


Elle n’aurait put savourer ce moment sans le sombre loup à ses côtés. Sans sa force et sa prévenance. Elle n’aurait jamais imaginée un jour enfanter, et à peine quelques mois auparavant elle en avait été si paniquée ! Pourtant, elle avait dût se faire à cette idée avec force et sacrifice, et alors qu’elle tenait le nouveau né dans ses bras, la dame ne regrettait nullement. Ils n’étaient, tout deux, pas fait pour être parents, mais ils apprendraient à l’être, cela ne faisait plus aucun doute. Ensemble, ils avaient affrontés la mort, ils affronteraient la vie tout aussi efficacement.

Maeleene tourna à demi son visage vers son aimé, observant avec attendrissement l’expression sur son visage contemplant son fils. Ressentait-il le même apaisement en l’admirant somnoler tout contre elle ? Aimerait-il leur enfant comme elle l’aimait ? La question était sans doute prématurée mais elle n’en doutait pas. Elle le connaissait mieux que quiconque sur cette terre et avait même frôlé son âme dans ce lieu sordide comme toute confirmation.

« C’est à toi de lui donner son nom Sköll…Je veux qu’il ait ta force. »


Elle sentait bien que son compagnon était épuisé tout autant qu’elle par ce dangereux voyage qui, elle ne l’ignorait pas, aurait put lui coûter la vie. Néanmoins, la fille de la lune voulait que ce soit lui qui le nomme en premier. C’était sans nul doute une croyance dépassée et vaine, mais elle comptait à ses yeux. Il aurait plus de poids de la bouche de celui qui l’avait choisit.

« Prends le et donne le lui. » Son identité. Celle qu'il avait choisit pour lui.

Elle en avait profité de longue minutes, plus en réalité qu’elle ne l’aurait cru et même si s’en séparer même un instant était un crève cœur, elle désirait qu’il ressente la même chose qu’elle. Ce même épanouissement, ce désir impérieux de prendre soin de ce nouveau né, de le protéger de tous les affres de la vie et qui contrait la crainte de ne pas y parvenir. Elle voulait qu’il le sente réellement, physiquement.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Lun 3 Déc - 13:11

Continued Story
Feat. Leene


- Tu ne l'as pas fait, c'est tout ce qui compte.

Son coeur avait cessé de battre un instant mais battait maintenant à tout rompre. En son être soufflait un vent de tempête qui avait bien failli tout ravager. Si elle n'avait pu revenir de cette sombre frontière où ses pas l'avaient menée, il ne savait comment il se serait comporté. Enivré par la rage et par la douleur, peut-être serait-il revenu à l'état sauvage. Mieux valait ne point y songer, car il était encore fébrile malgré l'épuisement qui accablait ses solides épaules. Malgré le désarroi que lui avait inspiré cette épreuve, il était à présent en proie au bonheur, celui de la savoir saine et sauve à ses côtés – et lui aussi. Leur fils. Une émotion qu'il aurait été incapable de définir s'empara de lui à la voir l'étreindre contre son corps encore tremblant après avoir eu à surmonter cette épreuve. Un léger sourire passa sur ses lèvres alors qu'il prenait une longue inspiration.

- Ne me remercie pas. Tu m'as sauvé des ténèbres. Je n'ai fait que te rendre la pareille.

Soudain empreint d'une intense plénitude, il s'autorisa à fermer les yeux un court instant pour savourer ce fragment de bonheur durement acquis. Il ne savait trop qu'en penser, mais s'il avait bien une certitude, c'était celle de ne rien regretter. Que ce soit de leur relation ou l'idée qu'ils allaient devoir élever cet enfant, rien de tout cela ne lui déplaisait le moins du monde. Ce fut le moment choisi par Leene pour lui demander de s'en occuper et d'accomplir la cérémonie qui manquait encore à cet heureux événement. Un ultime rituel qu'il se devait d'accomplir, bien qu'il ne soit pas forcément le plus indiqué pour se faire tant il se sentait désarmé par ce nouvel arrivant au sein de leur meute, leur famille. Le chérubin avait l'air plus petit qu'il ne l'était déjà à ses côtés, infime parcelle de la haute stature de son père. Un garçon. C'était à prévoir.

Zeta se contenta d'acquiescer. Son nom, ils en avaient décidé depuis longtemps. Il n'avait plus qu'à l'en baptiser à présent. Sa gorge était pourtant quelque peu nouée à l'idée que, du fait de cette identité, il porte en plus de sa malédiction la marque des réprouvés. Celle dont lui-même était nanti en son for intérieur. Les loups géants des temps anciens n'étaient pas encore éteints et leur lignée continuait de prospérer à travers les époques, il en était la preuve vivante. Sköll finit néanmoins par se convaincre que rien ne le disposait à être victime de ce sinistre héritage et articula distinctement chaque syllabe d'un ton solennel - celui-là même qu'il employait sur le champ de bataille. Celle d'un père, assurément, mais surtout et bien plus encore celui de Sköll, Guerrier Divin de Zeta, de l'Étoile de Mizar.

- Il sera connu sous le nom de Managarm Nokomis Donah. Et qu'ainsi s'écrive sa légende.

Répéter ses propres paroles l'avait ramené vers un passé qui pourtant lui semblait fort lointain, quelques mois en arrière. Tant de choses avaient changé depuis. Des choses sans lesquelles ils n'en seraient peut-être pas là, et pas aussi sereins à l'idée d'être parents. Neufs longs mois de frustration et d'angoisse venaient de toucher à leur terme et ils allaient enfin avoir droit à cette tranquillité tant attendue. Leene ne pourrait pas reprendre son entraînement avant un moment mais n'était de toute façon pas en état de le faire. Il leur fallait apprendre à vivre non plus l'un pour l'autre exclusivement, mais aussi pour cet enfant. Leur enfant. Sköll peinait encore à s'en convaincre malgré le fait que ce soit à son tour de le tenir dans ses bras. Il ne réalisait pas que même lui avait pu donner naissance à un fils. Ce n'était en un sens que le début d'une nouvelle problématique mais cela n'avait aucune importance dans l'immédiat.

- Bienvenue chez toi... Mana.

Cette malédiction n'aurait pas d'emprise sur lui avant plusieurs années et ils auraient tout le temps de s'y préparer. Et nul doute qu'ils trouveraient un moyen de l'en délivrer, même s'il devait en personne briser de ses crocs ce funeste présage. Le regard dans le vague, il leva la tête pour regarder par la fenêtre. La neige venait de se mettre à tomber sans crier gare à l'instant même où le nouveau-né avait poussé son premier cri de vie, comme pour saluer sa venue au monde. Le manteau d'hiver ne quittait jamais les terres d'Asgard, mais jamais il ne lui avait paru aussi éclatant au mépris du fait que le soleil soit en train de s'éteindre. Bientôt le remplacerait le firmament obscur, comme pour ne pas courroucer le destructeur mythologique enfoui dans les tréfonds de son âme.

Ainsi demeura-t-il immobile de longues secondes durant, plongé dans une intense réflexion. Pas une fois il n'avait songé à sa mère étant enfant, ne l'ayant jamais connue, mais il en vint cette fois à se poser la question de savoir ce qu'elle penserait en voyant. Il ignorait quel genre de femme elle pouvait être et si elle l'aurait aimé en dépit du fait que tous le voient comme le monstre le plus abject qui ait jamais foulé cette terre. Cette pensée eut toutefois tôt fait de s'évanouir mais le laissa étrangement paisible alors qu'il pivotait pour rendre l'enfant aux bras de sa mère. Tout comme eux, le nourrisson semblait épuisé par les derniers événements, aussi s'était-il endormi d'un sommeil serein depuis plusieurs minutes déjà. Tous sans exception dans cette maison n'aspiraient qu'à un peu de repos et seraient cette fois forcés d'admettre que cela leur ferait le plus grand bien. Mais avant cela...

- Je t'aime, Maeleene.
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MessageSujet: Re: [1750] Continued Story [Sköll]   Dim 9 Déc - 16:38

Leene souriait. Un sourire doux et aimant, serein qui ourlait ses lèvres et faisait briller l’émeraude de ses iris d’éclats chatoyants. La fatigue demeurait dans chaque muscle de son corps endolorie, son cœur battant à un rythme presque douloureux, pourtant la belle l’ignorait pour se concentrer sur cet échange, cette scène qu’elle pouvait contempler de tout son saoul de son conjoint portant dans ses bras son fils. La chaleur qui s’en dégageait emplissait son cœur d’une vague de bonheur attendrie. Il semblait si frêle entre les bras de son père, plus encore qu’il ne l’avait été entre les siens. Un fragile éclat immaculé, rayon de vie qui écartait de par sa seule présence les ombres qui avait faillit les séparer. La belle posa sa tête sur l’épaule de son amant pour profiter de cette image qu’elle voulait conserver précieusement. Elle avait attendue cet instant. Plus qu’elle ne l’aurait elle-même crue. Voir leur enfant maladroitement tenu par celui qui dès lors devenait son père, sentir ses gestes gauches et délicats freinés par la peur de faire du mal à ce nouveau né. Pourtant ce fut avec son sérieux coutumier qu’il prit la responsabilité qui lui avait été déchu il y avait de cela des mois, lors de ce jour où elle lui avait tout avoué.

C’était à lui de lui donner son nom, puisqu’il l’avait choisit. Et bien qu’elle lui ait quelque peu forcé là main, il l’avait accepté avec cette même force qu’il employait toujours. Et en ce jour aussi redouté qu’attendu, il respectait sa parole. Comme toujours. Durant ses longs mois d’inaction, Sköll avait toujours été auprès d’elle, à l’aider et à lui offrir son soutien, sa présence et sa force. Il ne l’avait jamais abandonné. Et elle savait qu’il ne le ferait jamais, quand bien même la Mort elle-même était son adversaire, il le lui avait prouvé. La dame dissimula le frisson qui avait faillit l’ébranler à ce simple souvenir, s’oubliant dans la contemplation de son fils et de son compagnon. Son ton solennel lui permit d’ignorer ses affres, ramenant à ses lèvres ce sourire qu’elle n’était guère désireuse d’abandonner.

Managarm Nokomis Donah. Le nom complet de cet enfant qui en réalité ne serait que rarement prononcé à partir de ce jour. C’était sa croyance. La leur. Les noms sont sources de pouvoir. Ils forgent l’identité de celui qui le porte. Les doigts de la belle vinrent caresser la chevelure d’argent du nouveau né endormit, avant de ce poser sur la main du guerrier avec tendresse pour partager ce moment unique. Une cérémonie qui n’avait lieu qu’une fois dans sa vie et qu’elle voulait graver dans sa mémoire. Le jour où leur fils avait vu pour la première fois les dernières lueurs de l’astre solaire.

Leur fils. Mana. Comme ses mots étaient doux à son oreille. Il avait chamboulé toute leur vie des mois auparavant et continuerait sans nul doute de le faire après sa naissance également, pourtant à cet instant, alors que l’astre nocturne remplacerait bientôt son homologue, la jeune mère n’en avait que faire. Ils étaient vivants. Ensemble. C’était son seul réconfort, quand bien même son corps demeurait douloureux et malhabile, et nul mauvais présage ne viendrait entacher ce moment déjà trop souillé. Récupérant des bras de son amant le petit corps emmitouflé dans ses couvertures, la belle en profita pour se blottir contre lui et profiter de sa doucereuse chaleur. Ses paupières se fermèrent à demi avant que son visage ne se lève vers lui sur ses derniers mots. Elle frissonna au creux de ses bras, s’abandonnant contre lui en gardant tout contre cet enfant né de cet amour qu’il venait de confesser. Ce n’était pas la première fois qu’il lui murmurait ces mots, mais chaque fois lui semblait unique. Il était l’un des seuls à connaître ce prénom que sa mère lui avait offert à sa propre naissance, appuyant d’autant plus la profondeur de ses sentiments à son égard.

« Moi aussi…Moi aussi Sköll je t’aime. Toujours. »


Par delà la mort même. Son regard d’émeraude se posa sur le nouveau né entre ses bras, la jeune mère couvant cette petite silhouette avec amour. Elle ne permettrait à personne de lui arracher ce bonheur. Ne laisserait pas même les ombres de la Mort lui faire oublier les deux hommes qui devenaient dès lors les plus importants de sa vie. Qui l’aurait cru, quelques années auparavant qu’elle tiendrait entre ses bras un être si frêle avec autant de bonheur ?

« Toi aussi Mana…Mon petit loup de lune… »


La belle souffla ses derniers mots dans un murmure presque inaudible. Il dormait paisiblement, innocent et nullement entaché par de quelconques ombres. Immaculé comme un rayon de lune, évanescent comme son éclat. Et elle resta là à l’observer, blotti contre le corps massif de son conjoint, protecteur, à l’abri de sa silhouette d’ébène. Rassurée.

Sa chaleur vint briser ses dernières défenses et la fille de la lune s’endormit entourée des êtres comptant le plus à son cœur. Apaisé, la petite famille sombrait dans un sommeil bien mérité. Le premier de cette nouvelle vie à trois.
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[1750] Continued Story [Sköll]

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