RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [1748] ~ Y gân y frân gyhoeddi dychwelyd eu meistri ~ [PV : Leene/Serafim/Sköll]

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Eilaine


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MessageSujet: [1748] ~ Y gân y frân gyhoeddi dychwelyd eu meistri ~ [PV : Leene/Serafim/Sköll]   Ven 13 Juil - 16:22












    Mai 1748~ Quelque part en bordure du Royaume d'Asgard...


    Ô lune de mai, lune ambrée ! Tu projettes tes rayons partout où tu le peux comme le ferait une mère pour embrasser ses enfants. Or dans ce pays froid, tu apportes une note chaude, réconfortante pour ceux qui n'ont dans le cœur, que de glaciales pensées. Mais comment ne pas sombrer dans un état proche de la mélancolie après avoir quitté le pays par delà les brumes ? Pour un royaume hostile, synonyme de souvenirs pénibles ?
    Non assurément, il était difficile pour elle de revenir sur les traces d'un passé pas si lointain. Encore consciente de sa condition, Aalanna avait stoppé sa marche pour contempler du haut d'une falaise, l'ensemble du vaste paysage qui s'étendait devant elle à perte de vue. Spectacle aussi triste que beau.

    Un paradoxe ne manquant pas d'alourdir sa peine. Ce pays, elle aurait put en d'autres circonstances, apprendre à l'aimer : Asgard fut le berceau de sa nouvelle destinée. Destin pas toujours clément, parfois cruel même. Enveloppée dans sa cape de velours prune qu'Antiokus n'avait pas manqué de la drapée, la jeune druidesse poussa un petit soupir. Signe de son inquiétude. La douleur était toujours présente, et elle ressentait à chaque pas que cette Malédiction prenait de l'ampleur sur sa personne. Combien de fois c'était-elle perdue entre deux mondes pour se réveiller chancelante dans les bras de son aimé ? Car ces moments d'absence ponctuées par du sang noir l’affaiblissait en même temps que cela inquiétait le maître des corbeaux ainsi que les druides.

    Elias et Antiokus avaient tenu à les accompagner dans cette entreprise. Le roux druide y mettait un point d'honneur : il se sentait personnellement responsable de cette funeste tragédie et c'était lui qui conservait en sûreté contre lui, les artefacts donnés par la Déesse de la Fertilité. Une pomme et un miroir. Objets précieux pour celle qui s'était vue maudire par l'Amour elle-même. Dos à eux, la jeune femme abaissa le capuchon qui dissimulait son visage, laissant une légère brise souffler dans sa chevelure blonde. Elle avait bien changé, aussi le risque d'être reconnue était moins grand, le danger aussi. Car si l'un des guerriers venaient à la reconnaître, elle, la renégat, qu'adviendrait-il ? La druidesse les savait prompts à la violence, eux fiers guerriers du nord !
    Seuls ses grands yeux bleus restaient inchangés, reflétant la même lueur sauvage et tendre à la fois. Sauf quand une crise survenait, les couvrant d'un voile opalin.

    ~Petite faie -appela doucement l'éternel enfant sans oser trop s'approcher- la route est encore longue et escarpée jusqu'en Asgard et le chant des loups me parvient. Ils m'avertissent que les frontières du Pays du Nord sont fermées, qu'il est impossible d'y pénétrer.~

    La tirade d'Antiokus ne semblait pas avoir touché la demoiselle. Avait-elle seulement entendu ? Le regard perdu dans l'horizon, la jeune femme ne bougeait pas. Alors, le druide fit quelques pas de plus pour arriver à sa hauteur. Aalanna eut un mouvement de recul, on aurait dit que la présence de son maître la gênait, l'effrayait. En réalité cette peur provenait de l'oubli. Quelle tristesse il pouvait bien éprouver en lisant dans ces belles prunelles, cette peur indescriptible ! Découragé, il se tourna vers Serafim. À cet instant, transparaissait son âge véritable tant il semblait voûté, ses yeux verts dénués de vitalité.

    ~°Emrys, cesse donc de te tourmenter de la sorte, l’ire de l'Amour est plus forte d'heure en heure, nos pouvoirs sont inefficaces, comme ceux de Morgane. Il n'y a qu'Elle qui puisse inverser le court des choses. Ce qui à été fait ne peut être défait. Arrêtons nous ici, l'astre du soir est haut dans le ciel, il est l'heure de prendre du repos. D'ailleurs, voit ces nuages au loin... une tempête approche.°~

    Il disait vrai : s'amoncelaient de gros nuages noirs-gris couvrant les nues, les étoiles et la lune. Bientôt, les vents se lèveraient avec plus de violence apportant avec eux la neige, le blizzard. Doucement, l'enchanteur se saisit du bras de sa disciple, entraînant cette petite poupée effrayée à l'abri. Si elle protesta un bref instant, le druide ne le remarqua pas, ou l'ignora tout bonnement. Son cœur se serra dans sa poitrine, la culpabilité faisant, elle devenait de plus en plus lourde à porter.

    ~Ce voyage m'est très pénible Elias, je voudrais être pour eux une épaule sur laquelle ils pourraient se raccrocher, mais j'ai bien peur de ne plus avoir la force. Nous connaissons tout deux la destinée du Haut-Roi, le Morte d'Arthur, j'ai l'impression de revivre les mêmes scènes. Et elle est ma fille!~

    Bien que cet échange avait quelque chose de personnel entre eux deux, les pensées du druide à la chevelure de feu étaient formulées à haute voix, à côté du couple. En réalité, il en avait cure, il était las de cacher ses appréhensions pour lui seul. Il jeta un regard en biais à l'enfant de la Lune. Ce fut pour cela qu'il ne vit pas arriver la soufflante. La main d'Elias s'écrasa avec force sur sa joue. Décontenancé, il regarda son rival sans ciller, ses yeux rouges jetant pourtant des éclairs.

    ~°Navré, cela me démangeait depuis un moment°~ railla t-il en posant une main se voulant amicale sur l'épaule d'Antiokus. Faisant la moue, il n'ajouta rien. Il avait comprit. Elias pouvait se montrer d'une froideur extrême, sans compassion aucunes, mais c'était un homme sur qui on pouvait résolument compter. À bien des égards, il était parfois plus sage que le légendaire Merlin.

    ~La prochaine fois, je tournerais ma langue sept fois dans ma bouche avant de me confier à un être aussi insensible que toi ! Toi et ton élève êtes vraiment pareils!~ déclara t-il en croisant les bras, un air de défi se lisant sur son visage. Le druide répliqua en désignant Aalanna : ~°La réciproque est vraie°~
    Un automate. Voilà comment on pouvait la comparer à présent. Toute joie de vivre s'était envolée au loin. Même Morrigan perchée sur son épaule, ne parvenait pas à la faire réagir, pas même quand celle-ci lui picora des mèches de cheveux. L'oiseau au sombre plumage quitta sa maîtresse pour rejoindre l'immensité de ce ciel nocturne. Quelque chose éveilla en elle son intérêt. Faisant fi de la conversation entre les druides, n'adressant pas un regard en arrière et quittant les bras de son bien aimé, elle marcha sans s'arrêter pour reprendre sa précédente place. Son promontoire lui offrait une vue imprenable ! Un sentiment si fort s'empara d'elle que la jeune femme ne put le réprimer bien longtemps. Écartant grand les bras, elle se laissa choir dans le vide. Pour côtoyer l’abîme et le néant.

    Sa cape pareille qu'une plume, glissa sur la neige immaculée...

    ~Aalanna!~ cria le druide en se précipitant à sa suite. Figé, il la regarda évoluer dans les airs. Une fois encore, elle avait déployé ses ailes. Celles-ci avaient une énième fois transpercé sa peau de nacre et les membranes encore ensanglantées, séchaient grâce à la main de la brise. Il s'apprêta lui aussi à prendre la forme d'un faucon quand une bourrasque l'en empêcha, l'obligeant à se protéger les yeux de ses deux bras.

    Quand il regarda de nouveau, elle avait disparue.

    ~Aalanna!~ hurla t-il en tombant à genoux. Se prenant la tête entre les mains, le druide se sentait envahir par le désespoir. Un cri au travers du souffle glacé l'encouragea à tourner la tête. Dressé au dessus de lui, Elias sous la forme d'un ours d'une taille démesurée, le jugeait de ces yeux de givre. ~°Nous ne pourrons la suivre par la voie des airs ! Aussi il nous faut évoluer autrement ! Serafim -dit-il en se tournant vers son disciple- restes près de moi, ma fourrure te tiendra chaud, il faut faire vite...°~

    Libre ! Elle se sentait libre malgré les protestations de la vieille corneille qui l'exhortait à faire demi-tour, qu'une tempête ne tarderait pas à poindre. Qu'importe ! Elle s'en fichait, oubliait le danger qui la menaçait ! Sentir le vent froisser les tissus de sa robe ivoire était un échappatoire à sa souffrance. Le danger ? Elle se riait du danger ! Et puis, le visage du maître des corbeaux s'imposa dans son esprit. Aalanna se stoppa pour lancer des regards partout autour d'elle, perdue. Puis un coup de vent tordit l'une de ses ailes sans qu'elle ne puisse réagir. Précipitée vers le sol, la jeune femme n'eut le temps que de faire appel à son cosmos pour amortir sa chute.

    Lentement, la neige recouvrait son corps recroquevillé. Pareil à un linceul, ce manteau blanc aurait très vite fait son sombre office.

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Managarm


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Armure : Se rouler dans la neige et emmerder son frère

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MessageSujet: Re: [1748] ~ Y gân y frân gyhoeddi dychwelyd eu meistri ~ [PV : Leene/Serafim/Sköll]   Jeu 19 Juil - 16:42

Le froid glacial, la neige immaculée, le vent cinglant sa silhouette d’albâtre engoncé dans son armure anthracite. Rien n'avait changé ici semblait il, là où était sa patrie, où était sa place. Un univers qui gardait son apparence de toujours, figé dans l'espace avec seul les astres comme mesure du temps qui passait. Il demeurait inchangé. Mais pas eux. Son monde a elle n'était plus le même. En quelques tours de sablier, celui ci s'était transformé, en mieux ou en pire, elle n'était pas encore en mesure de le savoir, n'avait pas assez de recul pour le distinguer...Mais elle ne pouvait plus revenir en arrière, et devait avancer. Toujours.

La brume de son souffle s'éleva dans les cieux tempétueux, la respiration rendu plus rapide par l'effort, la guerrière demeurait face à son adversaire dans une position circonspecte. Ses mains se crispèrent davantage sur la garde de l'épée d'argent qu'elle tenait le plus fermement possible par peur de la laisser choir dans la neige. Elle n'avait pas l'habitude de se battre avec un tel poids sur les bras, et pour un expert dans le maniement des lames, cela ne faisait aucun doute qu'elle était une parfaite novice – ce qu'elle n’appréciait pas réellement. Son regard dériva sur la pointe d'argent de Mondkralle – Griffe de Lune dans sa langue natale – avant de croiser celui du même éclat de son partenaire.

Sköll.

Elle ignora l'accélération des battements de son cœur en raffermissant sa poigne sur l'arme à cet simple confrontation, sans y parvenir totalement. Ce n'était pas seulement dût à l'effort de l’entraînement dans lequel l'avait entraîné Zeta pour lui apprendre le maniement de l'épée mais davantage pour le professeur de cette leçon particulière. Et il était plus ardu de mettre ses émotions de coté avec autant de facilité à l'heure actuelle. Sans doute cela était il dût à ce pacte qu'elle avait acceptée, guidée par son cœur qu'elle avait emprisonnée de peur de le briser...Elle continuait d'avoir peur, pourtant, la confiance qu'elle portait au guerrier divin, la foi qu'elle plaçait en ses paroles, ses promesses, lui assurait que tout irait bien.

Elle voulait y croire, même si cela pouvait être que de naïveté enfantine, qu'importait au fond. Elle voulait juste être là où elle le désirait, à ses côtés. Profiter de son assurance. De lui, tout simplement, sans y réfléchir.

Même si c'était dur. Même si elle doutait. Ses faiblesses se dévoilaient petit à petit, déjà, montrer son inexpérience totale dans le maniement d'une épée lui était pénible habituellement, mais face au regard d'argent de son compagnon – penser à ce terme lui sembla bien étrange et amena une gêne diffuse en elle – elle en était moins indisposée. Ce qui ne l'empêchait pas de faire de son mieux et de s'irriter de ses faiblesses, voir des remarques de son professeur attitré pour son plus grand malheur.

Le vent cingla de nouveau leurs silhouettes, la neige se faisant voile cristallin l'espace d'un instant alors que les lourds nuages annonciateurs de tourment se faisaient grondant. Cela lui fit oublier ses propres tourments intérieurs. Elle éleva un peu son arme, se préparant à un assaut qu'elle ne terminerait jamais. Un éclat. Lointain. Vague.

Familier.

Le corps de la demoiselle de la lune se figea dans son mouvement, oubliant l'instant, sourde au mugissement du vent, aux paroles de son partenaire, du monde entier, seul cet éclat cosmique retint toute son attention, tout son cœur qui avait été si troublé. Ce tiraillement. Sa garde retomba, ses lèvres laissant échapper un simple mot, un seul nom.

« Aurora... »


Le choc qu'elle ressentit en prononçant le prénom de l'ancienne Ase sembla l'animer de nouveau. C'était elle ! Elle en était sur, pourtant, quelque chose semblait avoir changer. Un détail qui n'en était pas un mais qui l'ébranlait...Qu'importe !

Ses mains tremblaient sur la garde de Mondkralle, faisant vibrer l'arme à son rythme. Le besoin impérieux de la rejoindre immédiatement était plus fort que tout.

« C'est elle... » souffla t'elle d'une voix décousue. « J'en suis sur...Elle est là... »

Mais quelque chose avait changé. Elle n'avait guère eut l'occasion de parler avec la Déesse de l'amour au sujet de la guerrière d'Hirminsul, ni même tout simplement de lui parler de vive voix depuis la fin de guerre. Le soulagement se disputait à l'angoisse. Tant de questions en suspend.

« Je dois la voir. »


Cela avait sur l'instant l'apparence d'une supplication, d'une excuse adressé à Zeta. Le lien qu'elle entretenait avec l'ancienne Ase était irrationnelle, au delà même des mots et exprimer cette volonté se faisant besoin était difficile avec de simple mot. La guerrière était désireuse de lui faire comprendre pourtant, peinant à s'exprimer, elle finit par secouer la tête.

« Je suis désolée. »


Elle frôla la main du fauve avant de s'éloigner vivement dans un éclat de son cosmos d'argent. Pourquoi s'était elle excusée ? Elle même l'ignorait. Peut être pour mettre fin aussi brutalement à cet entraînement qu'il avait instigué. Peut être pour se faire pardonner de son incapacité à s'exprimer. Peut être pour ne pas lui faire croire qu'il était moins important que la dame de l'aube...Elle n'avait pas le temps de s'y attarder. Elle ne le pouvait pas, mais son cœur se serra dans sa poitrine alors qu'elle s'élançait dans la tourmente se levant.

Le vent se faisait plus puissant, plus glacial encore emportant les flocons de neige dans ce monde immaculé. Ses ombres la guidèrent, là où l'énergie du soleil se faisait lumière perdant son éclat, visible à leur sens tel un phare dans la plus noire des nuits. La silhouette chevaline de ses ombres se mouvant dans la neige, fantôme d’anthracite à la crinière de givre s'arrêta devant une fine silhouette aux longues rémiges ballottées par borée.

« Aurora ! »


A bout de souffle, la dame de la lune tomba aux cotés de la demoiselle allongée, sa créature les surplombant dardant son regard écarlate sur sa maîtresse. Elle était troublée par ce qu'elle voyait, par cette femme à la chevelure d'or si différente de celle de jais dont elle était coutumière. Pourtant, au fond elle même, il semblait que c'était là, l'apparence normale de la dame de l'aube, comme si elle avait ôter un déguisement pour revêtir sa réelle apparence...
Maeleene fit appel à son cosmos, ses doigt effleurant avec délicatesse l'aile tordu qui lui donnait l’apparence d'un bel ange de lumière tombé des cieux.

« Aurora...C'est bien toi n'est ce pas ? »
souffla t'elle avec affection. L'aura d'argent de la fille de la lune entoura le corps de la demoiselle allongée, se répandant autour d'elle pour soigner l'aile tordue, réchauffer le corps glacé par les vents impétueux du nord.

Elle le sentait, au plus profond d'elle même, touché par l'aura solaire de la fille de l'aube qui semblait plus éclatante qu'avant. Différente, mais d'essence semblable. Une larme de soulagement roula sur sa joue. Elle l'étreignit.

Elle était si heureuse de la retrouver même si elle était un peu différente. Elle aussi avait changée après tout, et pas seulement à cause de sa chevelure aujourd'hui courte mèche, mais également de part son essence même, libérée depuis son passage dans les enfers. Elle était fille de la lune, avivant les ombres de la nuit sur son passage, aussi douce que cruelle, double. La créature d'ombre, assemblage de semblant d'âmes fit vibrer sa voix aux multiples facettes.

~ Chère Lune. On la recherche.

Ennemi ou ami ? Elle l'ignorait mais elle n'était pas sans défense, sa créature chevaline était une muraille à passer, fait des ombres de la nuit, des débris de la Mort, se modelant à l'envie, avivé par le cosmos lunaire de sa liée. Elle en sentait un autre, de même essence...Deux même approchant.

Et elle n'abandonnerait pas Aurora. Elle n'avait pas à fuir, après tout, elle était chez elle ici.
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Serafim


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MessageSujet: Re: [1748] ~ Y gân y frân gyhoeddi dychwelyd eu meistri ~ [PV : Leene/Serafim/Sköll]   Mar 24 Juil - 21:00

Elias s'égosillait pour rien ! L'esprit du dresseur de corbeaux était focalisé que sur une seule chose, retrouver sa femme ! Tout en maudissant ce pays, le jeune homme parti en trombe suivant du regard la silhouette de son ange aux ailes cristallines et écoutant la « voix » de Morrigan qui tant bien que mal, lui indiquait la position de sa dulcinée. Hélas il dut se rendre compte que les efforts homériques qu'il déployait pour la rattraper étaient vains face à la célérité que lui conférait sa nouvelle forme.

« Aurora ! »

Puis il se reprit et hurla avec plus de force

« Aalanna ! »

Hélas pas de réponse ! De désespoir, l'Athénien tendit le bras vers la silhouette ailée qui s'effaçait progressivement dans la blancheur des paysages enneigés du nord. Que s'était-il passé pourquoi cette folie, rejetait-elle son amour ? Ces questions gelèrent les membres du disciple des corbeaux avant qu'une violente gifle meurtrisse sa joue. Elias avait décidément la main leste aujourd'hui, mais le druide avait raison d'infliger pareil correction à son élève. Serafim n'avait pas le droit de douter, il ne pouvait le faire sans condamner Aalanna à souffrir de cette malédiction lancée par la déesse qui régissait ce pays. Il ne pouvait pas non plus laisser ce passager obscur, tapi comme un fauve guettant un moment de faiblesse reprendre le dessus sur sa psyché comme lors de cette funeste nuit où il ordonna à ses corbeaux de décimer un village entier. Les stigmates de cette nuit cauchemardesque étaient encore ouvertes et douloureuses.

La « leçon » eut donc un effet bénéfique. Sans qu'aucune parole ne soit échangée entre les deux hommes, les recherches reprirent. Possédé par un enthousiasme soudain, l'ancien Saint se sentait prêt à arpenter chaque centimètre carré de ce pays glacé pour retrouver le soleil de sa vie, celle qui lui donnait une raison de sourire et qui avait chassé l'hiver perpétuel qui tourmentait son coeur.

« Aalanna, je vais te retrouver ! »

L'atmosphère était si froide qu'on aurait cru qu'elle était tangible. Par moment le maitre des corbeaux avait l'impression de se heurter contre une muraille tant les bourrasques de vents étaient puissantes. Fichu pays ! Il ne voulait pas lui permettre de continuer ! Avidement il désirait garder cette femme qui s'était détournée de lui, mais comme dans les contes pour enfants, Serafim allait lui ravir sa princesse. Par contre, point d'armure étincelante pour le chevalier déchu, juste une longue cape noire à capuche attachée au niveau du cou par une épingle d'argent en forme de croissant de lune.

Et enfin à force de recherche il perçut l'aura d'Aalanna, faible et hélas pas seule ! Les contes décrivaient comment les preux chevaliers délivraient les princesses des dragons et autres créatures. Serafim espérait que celui ou celle qui se trouvait près de sa compagne ne faisait pas partie de ce terrible bestiaire. Et s'il s'agissait d'un Ase ? Il était impossible de pénétrer à Asgard sans tomber sur un des ses fiers guerriers, mais comment sa présence sera-t-elle perçue ? Il n'y avait qu'un seul moyen pour le savoir !

En provoquant une petite explosion de cosmos, le brun se propulsa jusqu'aux deux femmes. Il avait annoncé son arrivée, avec une assurance qui ne lui était pas coutumière, mais l'air n'était pas chargé d'hostilité, ni l'aura qui irradiait les lieux.

« Salutation guerrière du nord ! Je vois que tu t'es occupée d'Aalanna et je t'en suis reconnaissant, maintenant peux-tu me la rendre, s'il te plait ! »

Son visage dissimulé par sa capuche, Serafim usait d'un ton neutre pour s'adresser à l'Asyne qu'il pensait reconnaitre. Il se souvenait surtout de la discussion houleuse qu'ils avaient eue à proximité de la route de Gamma. Aurora avait changé, mais pas lui et exceptée sa cape, il ne possédait aucun artifice pour dissimuler son identité.
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Eren


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MessageSujet: Re: [1748] ~ Y gân y frân gyhoeddi dychwelyd eu meistri ~ [PV : Leene/Serafim/Sköll]   Mar 7 Aoû - 9:26

Tout ce qui brille n'est pas or
Tous ceux qui errent ne sont pas perdus
Feat. Leene - Aurora - Serafim


Le vent froid ne lui faisait aucun effet, sinon le rendre plus endurci qu'il ne l'était déjà. Plus que de raison. Plus qu'il n'en faut pour survivre à un combat contre un Dieu et en sortir vainqueur. Cela ne faisait pas si longtemps depuis la chute des Enfers, mais pourtant il lui semblait s'être écoulé une éternité. Que sa vie ait connu un changement radical ne devait pas y être inconnu. Lui qui n'était depuis toujours qu'un loup solitaire avait finalement trouvé sa compagne en la personne de Leene. Même le froid à réveiller les morts qui soufflait sur les blanches vallées d'Asgard ne suffisait pas à lui ôter ce sentiment d'irréel. Ce n'était pas faute de revêtir une tenue plus légère encore qu'à l'accoutumée. Pour avoir trop souffert lors de l'ultime bataille, il ne serait plus en état de le suivre sur le champ de bataille. Si cela n'avait tenu qu'à lui, son propriétaire l'aurait gardé en l'état, à défaut de pouvoir encore le faire raccommoder. Mais la sorcière ne l'entendait pas de cette oreille, si bien qu'il l'avait finalement abandonné sous la contrainte.

N'ayant rien de mieux à se mettre sur le dos, il s'était résolu à pratiquer l'escrime torse nu – ce qui, il avait pu rapidement s'en rendre compte, ne laissait pas sa partenaire indifférente. La fraîcheur ambiante présentait un risque mortel à plus d'un égard, mais pour sa part c'était tout au plus s'il la trouvait revigorante. À son retour, il n'avait fallu qu'une poignée de jours pour que ses muscles recouvrent tout leur tonus. Le combat contre Perséphone n'était déjà plus qu'un souvenir, et des blessures qu'elle lui avait infligé il ne restait aucune trace. Le géant des glaces n'en gardait que ses brûlures pour seul stigmate, et il en était l'unique fautif. La lame ardente n'était pas pour lui et en voilà le résultat. Cependant, point de regrets. La seule mention de ses poings faisait frémir d'effroi, mais ce n'était qu'une fois l'arme au poing que sa force prenait sa pleine mesure – et démesure.

S'il n'y avait pas été l'épée à la main, peut-être n'en serait-il jamais revenu. Et jamais Maeleene ne lui aurait pardonné d'être parti pour ce voyage sans retour. Sköll n'osait encore l'appeler par ce prénom que dans l'intimité, de peur de réduire à néant tous ses efforts pour le garder secret. Qu'elle le lui ait confié ne lui donnait nullement le droit de l'utiliser à tort et à travers, en dépit de la relation privilégiée qu'ils entretenaient à présent. C'était un précieux cadeau qu'elle lui avait fait là, pour ne pas dire inestimable, aussi ne pouvait-il que le manier avec précaution. L'assurance viendrait sans doute, mais pour l'heure il estimait préférable de ne courir aucun risque. S'il brisait sa confiance pour n'avoir pas agi au mieux alors qu'il était seul à connaître ce tabou, il s'en voudrait à n'en plus finir. Et puis, en l'occurrence, les mots n'avaient pas leur place.

Le seul qui soit autorisé à parler était le bruit du fer contre le fer, la mélodie des lames portée à son plus haut niveau. Zeta avait la réputation de ne connaître ni peur ni pitié, et si elle en doutait encore, son amante avait pu s'apercevoir qu'elle n'était pas usurpée. Malgré tous ses efforts, faire preuve de retenue était éprouvant, si bien que son endurance devenue légendaire était rapidement mise à l'épreuve. Malgré ses tares indéniables, la vitesse à laquelle progressait Hrimfaxi portait à croire qu'il était bon professeur. À moins, bien sûr, qu'elle ne soit talentueuse par nature – ce qui ne l'étonnerait guère. Quoi qu'il en soit, il n'avait pas prévu de prendre d'autre élève : elle serait la première et la dernière. La question ne se posait donc pas. Soudain, il sentit sa concentration se rompre. Quelque chose n'allait pas. Lui aussi s'en était aperçu.

Leene s'était raidie. Aussitôt, le colosse avait suspendu son geste. Son amante était une élève assidue, et n'aurait point relâché sa vigilance sans une raison valable. Ce qui ne l'empêcha pas d'émettre un discret grondement, n'appréciant que très modérément être interrompu au beau milieu de cet entraînement. Apprendre l'art de l'épée à qui ne l'avait jamais pratiqué était un exercice laborieux, mais sa bonne volonté était d'un grand secours quand la difficulté s'en faisait sentir. Acquérir les bases ne lui avait pas demandé fort longtemps, et il lui fallait à présent développer son propre style. Mais à l'évidence, cela devrait être remis à plus tard. À peine avait-elle bredouillé un mot d'excuse qu'elle n'était déjà plus là, guidée par une force supérieure. Perplexe mais non moins soucieux, Sköll ne se fit pas prier pour se lancer à sa poursuite. Son rythme de déplacement était élevé, mais rien qu'il ne puisse soutenir. L'effet de surprise lui avait concédé une avance confortable, mais le Fauve gagnait du terrain. Même s'il savait qu'il ne tarderait pas à la rejoindre, le colosse était anxieux – à quel sujet, lui-même n'aurait su le dire.

Mais ce dont il ne doutait pas une seule seconde, c'était qu'aucun danger ne pourrait se mettre entre elle et lui sans en payer le prix fort. Il lui était déjà arrivé plus d'une fois d'avoir à retrouver sa trace, que ce soit par jeu ou pour la rejoindre au moment où elle s'y attendait le moins. Mais jamais ses sens n'avaient été tant en éveil à cette occasion, et il se détesta pour cela. Car quoi qu'il soit en train de se passer, cela voulait dire qu'il avait considéré d'instinct que la situation était grave et qu'il devait endosser le rôle du chasseur. Le briseur de soleil avait été bien obligé d'assimiler qu'elle pouvait se défendre seule, mais qu'elle l'ait quitté avec tant d'empressement prêtait à confusion. D'ordinaire, il n'était pas rare qu'à contrario les leçons traînent en longueur dans le seul but de passer un peu plus de temps côte à côte. Et tout à coup, voilà qu'elle se sentait obligée de vider les lieux. Ce ne devait pas, ce ne pouvait pas être anodin. Du moins voulait-il s'en convaincre : il n'avait rien fait qui puisse justifier une telle réaction. Et puis, il sentait dans l'air d'étranges odeurs – le parfum du souvenir.

L'oppressante sensation du danger n'en était pas moins présente, et il la sentait croître à mesure qu'il se rapprochait d'elle. La pensée qu'elle puisse s'être mise sciemment dans une situation délicate lui serra le coeur, ce qu'il compensa en raffermissant sa prise sur son épée. Ce n'était certes pas un travail d'orfèvre du même calibre que celui d'Héphaistos, mais c'était assurément plus qu'il n'en faut pour trancher en deux quiconque oserait toucher à un seul de ses cheveux. Bientôt, Leene reparut sous ses yeux, concentrant toute son attention sur un corps inerte. Mais pas sans vie. Cela, il pouvait le déduire aisément. Ces soins, elle les lui avait également prodigué, en telle quantité qu'il pouvait les reconnaître au premier coup d'oeil. Rassuré que ce ne soit « que » cela – n'avaient-ils pas connu bien pire ? -, il devait cependant perdre toute bienveillance quand un visiteur inopiné affecta de s'en approcher. Son sang ne fit qu'un tour et le nouvel arrivant n'eut que le temps de finir sa phrase avant que l'ombre de la mort ne se penche sur son cas.

- Et si elle refuse ? s'immisça-t-il, plus froidement qu'il ne l'aurait voulu.

Encore nimbé de son cosmos polaire, le Fauve lui mit sa lame sous la gorge. Le tenir en respect ne suffirait pas à le calmer, mais il était intimement persuadé que l'abattre froidement comme il l'aurait fait de tout individu suspect n'était pas une si bonne idée. Ce qui ne l'empêcha bien sûr pas de le piquer de sa lame, sans aller jusqu'à faire couler le sang, pas même une goutte. La pureté du métal avait autant de poids que n'importe quelle menace, et il n'était pas d'humeur à dialoguer. Ses pupilles d'argent flambait d'une méfiance à peine voilée, et le point focal de son regard indiquait très clairement qu'il pouvait voir ce qu'il y avait sous la capuche. Un si maigre artifice ne pouvait rien contre ses sens, d'une portée telle qu'elle était inconnue du genre humain. Ce n'est qu'alors que ses craintes parurent s'envoler sous l'effet d'une surprise à laquelle il ne se serait pas attendu. Sourcil levé, il baissa sa garde, quoique pas encore assez pour que Serafim se sente en sécurité.

- On se serait pas déjà vus quelque part ?
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [1748] ~ Y gân y frân gyhoeddi dychwelyd eu meistri ~ [PV : Leene/Serafim/Sköll]   Lun 20 Aoû - 16:51







    La froidure de cette neige la laissait totalement indifférente. Elle qui se laissait aller dans les bras glacés de la Banshee, gardienne du Sidh. Aalanna ne ressentait plus rien, pas même cette douce chaleur qui pourtant, réchauffa son petit cœur meurtrit par la morsure de l'hiver. Le Destin avait voulut que sa tendre amie la retrouve parmi les neiges éternelles, sous cette fine pellicule immaculée pareille à un linceul. Son visage blanc ne s'illumina pas à la vue de ces yeux pleins de doutes, de craintes et de soulagement mêlés. Complètement hermétique à tous sentiments, la belle ex-Asyne contemplait son amie de ses grands yeux azurés sans qu'une onde de vie ne les fassent vaciller de bonheur. D'ordinaire son cœur aurait bondit hors de sa poitrine et le feu qui depuis quelques temps s'était éteint, aurait dû irradier son cosmos. Là, il n'y avait plus que le néant. Pauvre petite poupée désarticulée. Mais oui, c'était bien elle, Aurora. Ses lèvres bleuies par le froid s'entrouvrirent sans qu'aucuns son ne parviennent à sortir de sa gorge nouée par la main de l'Amour. Comment pourrait-elle sentir le mal qui rongeait la petite druidesse? Celle qui pourtant, d'un regard, l'avait reconnue? Tendre étreinte de ces deux âmes si différentes et si semblables à la fois... Comme elles auraient normalement dansées si cette main maudite n'entravait pas celle de l'enfant du matin! Son aile brisée recouvra de sa vitalité, la sorcière ayant déversée en elle son énergie revigorante. Elles s'agitèrent derechef avant de se repliées d'elles-même dans son dos : la petite fay avait bien changé, bien imprudente elle fut aussi. Mais n'était-ce point là un soubresaut de sa conscience?

    Rien n'aurait sut le dire. Son retour dans le royaume d'Asgard avait finit de sceller ses sentiments, mais où était la douce Freyja? Celle qu'Aurora avait tant déçue? Des bruits de pas couverts par le souffle de la bise, sembla réveiller Aalanna de sa torpeur. Se dressa devant les jeunes femmes, un homme tout encapuchonné et dont l'énergie paraissait aussi froide que le pays des Glaces. Sa voix trahissait son inquiétude, il quémandait sur ce ton, sa précieuse perle qui accrochait ses yeux sur lui. Toujours sans mot dire. La créature d'ombres se tenant aux côtés de sa maîtresse l'avait prévenu de cette arrivée impromptue, apparition qui mit fin aux retrouvailles. Il voulait qu'on lui rende sa douce Aalanna. Mais il y avait un autre gardien. Un fauve d'ébène prêt à se jeter sur l'intrus si cela était nécessaire. Or il était des plus clair, ce géant! Lame au clair, il avait usé de sa célérité pour mettre l'homme face à une situation délicate. Si elle ne voulait pas? Cette question ne pourrait être si aisément levée si on comptait sur la seule réponse de cette femme blonde muette depuis le début. Son attitude n'aiderait sans doute pas non plus : recroquevillée sur elle-même, Aalanna paraissait souffrir de cet étrange maux et encore une fois, des larmes noires glissèrent sur ses joues pâles.

    Deux puissants hurlements retentirent au travers de cette tempête de neige. Surgissant de nul part, deux masses imposantes se jetèrent sur les deux hommes qui roulèrent dans la neige sous le poids de ces bêtes terribles. Deux loups, l'un au pelage blanc et aux prunelles noires, l'autre, roux jetant un regard rougeâtre à celui qui tenait dans son bras puissant, une épée d'une bonne taille. Nullement impressionnés, les bêtes grognèrent de mécontentement avant de s'écarter sous l'ordre silencieux d'Aalanna qui s'était redressée sans dire un seul mot. Les babines retroussées sur des crocs monstrueux, ils baissèrent la tête en signe de soumission. Mieux valait ne pas irrité davantage l'assemblée déjà tendue. La familier de Leene saurait lui aussi démontrer toute sa puissance. Peu à peu, les loups reprirent leur forme originelle sous la cri de la corneille d'Aalanna qui alla se percher sur son épaule. Antiokus le visage fermé, laissa sa capuche recouvrir ses cheveux flamboyant tandis qu'Elias jugea son élève avec sévérité.

    «La violence n'entraîne que la violence guerrier du nord. Je constate que tu as beaucoup de muscles, mais de cervelle point. Rengaine donc cette épée, dans le cas contraire, je serais obligé de faire appel à des pouvoirs qui dépassent ton entendement. Pauvre mortel, vous êtes bien pathétique. Vos yeux ne veulent voir ce qu'ils veulent! »

    Sur ces mots acides, le maître enchanteur s'approcha des deux jeunes femmes restées un peu en retrait de ce spectacle affligeant pour lui. S'il était connu pour son franc parler, Antiokus l'était tout autant pour son côté protecteur.

    «Cette jeune femme n'est plus celle que tu as connue jeune femme. Votre Déesse l'a soumise à son joug et cela fait un mois précisément qu'elle est sujette à sa malédiction. Nous sommes ici pour la rencontrer et faire amande honorable. Je connais le lien qui vous unies fille de la Lune, nous refuserait-tu une faveur?»

    L'homme présenta à la demoiselle des glaces, les deux artefacts confiés par Freyja elle même. La pomme d'où il ne restait que très peu de chair sucrée, et un miroir ne reflétant nullement son visage. Il continua de parler tandis que son comparse prit Aalanna par la main pour l'emmener près de Serafim.

    «Sorcière, je sais que tu me reconnais, que tu me vois comme l'homme t'ayant arraché ton âme jumelle. Peut-être est-il temps de te dire qui je suis. Je suis Merlin l'enchanteur, père d'Aalanna et il était de mon devoir de l'emporter vers son destin. Je ne cherche pas ta compréhension ou ton pardon, j'en ai cure, au contraire, je voudrais que tu fasses cela pour ton amie qui souffre. Elle n'est rien d'autre qu'une coquille vide à présent.»

    Il lui intima de mieux observer Aalanna qui restait de marbre entre les bras de l'homme recouvert de sa cape sombre. Elias conservait les sourcils froncés comme si toute cette histoire le contrariait au plus haut point. Ô oui, il n'aimait décidément pas ce genre de péripéties. Lui, tout ce qui lui importait, c'était de retrouver cette Déesse qui était à l'origine de ce tumulte. Franchement agacé à présent qu'un coup de vent balaya ses cheveux grisâtre, il rumina des paroles en druidique dans sa barbe.

    «Leene...»

    Ce chuchotement se répéta inlassablement, jusqu'à ce que la demoiselle, toute frissonnante, ne vienne littéralement se jeter dans les bras de la jeune femme. Aussitôt attendri par cette vision, Antiokus eut un léger sourire. Il se tourna vers le géant.

    «Je te prie de bien pardonner le comportement d'Elias, il semble bourru comme ça mais il est pas méchant. C'est un éternel misanthrope! N'y prête donc que peu d'attention. Je vais moi-même peut-être paraître un peu impoli mais... sauriez-vous tous les deux où nous pourrions trouver Dame Freyja? Voir, si je puis abuser un peu... nous abriter quelques instants de cette sordide tempête?»




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Managarm


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MessageSujet: Re: [1748] ~ Y gân y frân gyhoeddi dychwelyd eu meistri ~ [PV : Leene/Serafim/Sköll]   Mar 28 Aoû - 10:00


« Aalanna… »


Les doigts de la sorcière filèrent dans la chevelure d’or de la dame de l’aube, répétant le nom que l’homme encapuchonné avait prononcé pour parler de celle-ci. De ses autres paroles, elle n’en avait cure, seule ce nom étranger avait de l’importance à ses yeux.
Aalanna… Alors c’était là, le nom qui allait de paire avec cette nouvelle apparence…Semblait il.
Sa créature s’était déjà ébranlée, se plaçant devant la menace dans un flottement sinistre avant même que celui-ci n’ouvre la bouche, dardant son regard écarlate dans l’ombre du capuchon, découvrant les crocs remplaçant ses dents d’herbivore. De cheval, il n’en avait qu’une vague ressemblance à cet instant, les ombres se distordant pour offrir au monde, sa sinistre apparence de démon de cauchemar.

Mais elle n’était pas seule désireuse de défendre la dame de la lune ainsi à la merci de funeste attaquant – tout du moins était-ce ce qu’il pouvait bien croire.

« Sköll !? »


Surprise néanmoins par l’arrivé impromptue du fauve d’Asgard, la demoiselle d’argent se détourna de celle qu’elle nommait toujours Aurora pour l’observer menacer l’encapuchonné de son épée. Elle n’avait guère songé que celui-ci la suivrait à travers la tempête après son départ précipité, et se retrouvait dans une position qu’elle ne savait comment appréhender à cet instant. Le lien qui les unissait était trop neuf pour qu’elle sache comment l’aborder avec confiance, aussi ne savait elle pas si elle devait lui en être redevable ou lui en vouloir d’ainsi apparaître comme un quelconque chevalier servant.

Ses paroles eurent cependant le mérite de la distraire et elle s’intéressa davantage à cet homme dont la voix ne lui était pas inconnue. Le vent soufflait fort, emportant dans son sillage l’armure de tissu qui le recouvrait mais de là où elle était, elle ne pouvait guère voir ce qui se cachait sous sa cape pourtant…Elle le connaissait, et c’était l’irritation qui entravait son cœur dès lors qu’elle posait son regard sur lui. La disparition de l’Asyne avait troublé son âme, et elle se souvenait encore des paroles désespérées de Kappa du Verseau lorsqu’il lui avait expliqué que la belle était morte. Elle n’y avait jamais crue…N’avait jamais voulut le croire car ce qu’elle partageait avec elle était au-delà des mots. Mais la dernière fois qu’elle l’avait aperçut avait été lorsqu’elle s’était précipitée dans les enfers…Elle avait espérée, prier si fort de la revoir de nouveau ! Et ce vœu était exaucé aujourd’hui de la plus cruelle des manières, alors qu’elle apercevait sur les pâles joues de la tendre dame de l’aube, les sillons de larmes noires.

Son cosmos d’argent avait vacillé un instant alors que son étreinte c’était faite plus lâche, bien plus encore dès lors que deux hurlements retentirent dans la tourmente. Le regard écarlate de sa créature se fit flamboyant alors que son hennissement macabre, strident, emplissait les cieux dans une menace claire. Les deux loups dépassèrent les demoiselles sans leur jeter un regard, alors que son familier se retrouvait face à sa contractante, la protégeant de son corps d’ombre et de mort. Elle les vit se jeter sur les deux hommes sans hésitation aucune, l’inquiétude perça dans son âme un instant lorsqu’elle vit l’un des deux s’en prendre au guerrier divin avant que le mouvement d’Aalanna ne la perturbe, et ne remette en place ses pensées. Il fallait bien plus qu’un simple animal pour venir à bout de son compagnon, même si celui-ci s’avérait être d’une nature plus complexe.

Elle se redressa à la suite de l’ancienne Asyne, assistant à la transformation des deux hommes et aux paroles plus qu’acide de l’un d’entre eux. Elle connaissait l’autre. Elle l’avait déjà vu avant que la guerrière ne disparaisse dans les enfers, et il ne lui avait pas laissé une bonne impression. La sorcière observa d’un mauvais œil, les deux nouveaux intrus et s’électrisa dès lors que les paroles acides de l’un des inconnus s’en pris à son compagnon.

« Et je vois un homme qui aurait été bien plus sympathique en gardant son apparence de loup ! Au moins ces magnifiques animaux ne disent pas autant d’absurdité que votre en bouche en cet instant. N’oubliez pas que vous êtes sur nos terres, étranger, nous les défendons, comme cela doit être fait. Et je ne vous permets pas d’insulter mon compagnon ! » Finit elle, cinglante, le regard furibond alors que ses épaules tremblait d’une colère mal contenue.

Elle ne supportait pas l’arrogance de son ton, et encore moins la manière dont il avait insulté celui avec qui elle s’était liée. Sköll n’avait guère besoin d’elle pour se défendre de si absurde paroles, mais les mots étaient sortis avant même qu’elle ne les pense, ceux-ci sonnant d’autant plus véridiquement qu’ils étaient instinctifs.
Lui coller une baffe l’aurait défoulée, mais elle ne fit pas un pas vers lui, demeurant au coté de la demoiselle de l’Aube. Le fauve n’avait pas besoin d’elle, mais ça n’empêcha pas pourtant son regard d’émeraude de se poser sur lui avant qu’Antiokus ne vienne perturber cet échange.

Une malédiction ! Alors c’était de là que venait ses larmes aussi noires que l’encre souillant sa jolie peau d’albâtre ! Son cœur se brisa à ses mots, alors qu’elle écoutait sans mot dire le père de sa tendre amie discourir sur sa fille. Elle comprenait mieux le lien qui unissait cet homme à la jolie dame de l’aube...Pourtant, elle lui en voulait d’être la cause de tout cela, car de cela, elle en était persuadée. Et Freyja, qui l’avait maudite ! Pourquoi ? La réponse était claire pourtant, elle trouvait la réplique de la Déesse de l’amour terriblement cruelle à ses yeux. Elle s’en était prit à cette femme qu’elle voyait comme une sœur. Les reliques tendus l’intriguèrent un instant, mais là n’était pas le plus important à ses yeux.

« Si vous ne l’aviez pas entrainé avec vous, elle ne serait pas dans cet état aujourd’hui. »


La sorcière était franche, sans prendre la peine d’enrober ses mots pour les rendre plus agréables à l’oreille. Elle n’avait bien entendu, pas toutes les informations que cela soit sur l’identité de la jeune femme avec qui elle partageait tant, que de la situation en elle-même ou encore vis-à-vis de cet homme qui se disait son père.
Mais ce fut Aurora qui fit fuir la colère perçant dans son regard d’émeraude alors qu’elle se jetait sur elle. Surprise, Leene lui rendit néanmoins son étreinte essayant d’apaiser par son contact, les frissons courant le long de l’échine de la demoiselle, tout en lui murmurant des paroles apaisantes.

« A vous, oui. Mais je ne la refuserai pas à Aurora…Ou Aalanna, si c’est là l’identité que vous lui avez donné. Jamais. »


La voir dans cet état était une telle affliction ! Une telle souffrance ! Elle dont l’éclat était sans pareil s’était ternit de la plus abjecte des manières, et ça, elle ne pouvait ni le pardonner, ni l’oublier. Elle verrait toujours ce regard vide qui l’avait observé alors qu’elle s’était penchée sur elle, petite créature abandonnée des hommes, maudit des dieux. Que ceux possédant tant de pouvoir était si arrogant pour blesser ainsi une si innocente enfant !

Un abri.

La masure dans laquelle elle vivait était bien loin, trop sans doute, en traversant cette tourmente qui ne faisait que s’accentué à mesure de leur conversation. Bientôt, ils ne pourraient même plus s’entendre à travers les bourrasques !
La sorcière se détourna sur son familier, celui-ci demeurant toujours à ses cotés, aussi fidèle que pouvait être l’ombre à son maître. Un simple regard et l’ombre chevaline fila à travers les flocons glacés.

« Il y a des grottes non loin, dans lesquelles nous pourrons trouver refuge. Nous sommes trop loin du village et la tempête trop virulente encore pour que l’on puisse la traversée, et rejoindre la Déesse Freyja immédiatement. Nos tempêtes de neiges sont mortelles pour ceux qui n’y prennent garde, aussi puissant pouvons nous être. »

Une pique pour celui qui s'était permit un acide discours quelques instant auparavant.

~ Par ici, Dame Lune.

L’ombre s’était de nouveau matérialisée au coté de sa liée, reprenant sa forme chevaline à peine moins distordue, qui de son chanfrein pointait une direction. Gentiment, elle caressa la chevelure d’or de la dame de l’aube pour la guider vers cette grotte que son familier avait trouvé. La créature d'ombre les guidèrent, protégeant les deux jeunes femmes de son corps d'encre et de givre, les soutenant.

Se ne fut que lorsqu'ils furent à l'abris des vents capricieux dans cette grotte noire, que la sorcière se permit un soupir. Aurora ressemblait tant à une petite poupée à cet instant ! Une poupée fragile à l'allure délicate et au regard absent. Sans coeur. Sans âme. Cela la déchirait tant ! Elle laissa la demoiselle de l'aube s'asseoir avant que l'ombre de son compagnon ne la pousse à le rejoindre. Prise dans son inquiétude pour cette soeur d'âme, qui plus est, non habitué à cette nouvelle composante dans sa vie, elle laissait le guerrier de coté. Elle aurait voulut s'excuser, mais les mots se refusait à sortir de sa bouche aussi adopta t-elle une autre réponse qui la mettrait moins en infériorité - elle n'aimait pas s'excuser et l'avait déjà fait, qui plus est.

« Merci d'être venu... »

Ce n'était qu'un murmure, qu'elle espérait qu'il soit seul à entendre, mais savoir Zeta à ses cotés lui était précieux. Même si, dans un même temps, elle craignait quelques choses d'insoluble.

Ses quelques mots adressés, la sorcière se retourna vers les étrangers à sa terre.

« Vous pouvez m'appeler Leene. » Une pause avant qu'elle ne reprenne. « Maintenant que nous sommes à l'abri, et puis ce que nous n'avons rien de mieux à faire, expliquez nous. »

Elle avisa l'homme encapuchonné.

« La dernière fois que nous nous sommes vu, tu étais un Saint. Et la dernière fois qu'on m'a parlé de Aurora, on m'a annoncé sa mort. »

Elle n'y avait jamais crue pourtant il y avait beaucoup de chose qu'elle ignorait.
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Serafim


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MessageSujet: Re: [1748] ~ Y gân y frân gyhoeddi dychwelyd eu meistri ~ [PV : Leene/Serafim/Sköll]   Lun 3 Sep - 21:24

La voix du colosse figea le renégat du sanctuaire. Il ne connaissait pas bien cet homme imposant qui semblait avoir assez de stature pour éclipser le soleil et suffisamment de puissance pour le réduire à l'état de cendre en l'espace d'une seconde. Cependant, de leur précédente brève rencontre, il avait cru déceler chez ce guerrier un caractère autoritaire et impulsif. Autant dire que la rencontre avec les deux arrogants druides qui l'accompagnaient risquait d'être délicate et tendue, mais ce n'était pas tout, la jeune femme, Leene, n'était pas du genre à rester silencieuse devant un affront, Serafim avait déjà pu s'en rendre compte.

Secrètement le brun espérait que les deux druides restent en retrait...Autant attendre que la canicule du soleil méditerranéen fasse fondre les neiges éternelles des plaines d'Asgard. Antiokus et Elias avaient rejoint le trio et la langue d'Elias qui d'ailleurs, n'avait rien à envier au fil de la lame qui menaçait sa gorge, ajouta un de la tension superflue à cette scène déjà complexe. La situation devenait critique et Serafim n'eut pas d'autre choix que de suivre la guerrière du nord vers l'abri qu'elle désignait.

« En effet on se connait, la dernière fois j'avais amorti ta chute, guerrier du nord, je me sens honoré de savoir que tu te souviens de moi malgré ce bref instant »

La voix du dresseur de corbeaux était calme et le flux de ses mots régulier. Il ne fallait pas qu'il montre sa crainte, car malgré l'apparente amitié qu'il semblait exister entre Leenne et Aalanna, il ne pouvait pas prédire la réaction de l'Ase face à une femme qui avait été maudite par la déesse de l'amour et qui avait rejeté les dogmes d'Asgard. Aurait-il la même réaction que pourraient avoir certains saints à son encontre ? L'angoisse serrait son cœur entre ses doigts glacés, contraignant ses battements, mais Serafim se camouflait sous le manteau de l'assurance pour cacher cet état. Ce subterfuge ne fonctionnera peut-être pas sur des combattants aussi aguerris, mais que pouvait-il faire de mieux ? Montrer sa peur était la pire qui pouvait lui arriver, de toutes les manières le Serafim lâche et faible était mort en même temps qu'il avait fait le serment d'aimer Aalanna même au-delà de la mort.

« Tu as raison Leene, la dernière fois je portais l'armure d'argent du corbeau. Je suis bien Serafim, anciennement Saint du corbeau et maintenant déserteur du sanctuaire... »

Inutile de cacher son identité, autant jouer franc jeu. Le brun se découvrit la tété, libérant une chevelure dont la noirceur n'avait rien à envier au plumage de ses compagnons charognard.

«... Mais j'espère que mon nouveau statut n'influera pas votre décision. Nous ne venons pas en ennemis, bien que le comportement de ces deux la puisse vous induire en erreur ! »

Le regard du disciple des corbeaux cibla les deux druides avec une rare animosité. Ils avaient beau se prétendre sages et avisés, par moment ils avaient la même réaction que des gamins turbulents, ce qui pouvait les desservir dans le contexte actuel. En espérant qu'ils aient compris que la diplomatie était préférable à l'affrontement, l'ancien saint finit sa déclaration.

« Tout ce que nous voulons c'est que la malédiction lancée sur Aalanna soit levée, elle n'a pas mérité tout cela, elle n'a pas à souffrir autant, alors qu'elle n'a fait que suivre sa propre voie. Alors si la pitié fait partie de votre vocabulaire laissez-nous rencontrer votre déesse avant qu'il ne soit trop tard. »

C'était un peu précipité, mais le temps était compté. Comme une chandelle qui brulait ses derniers centimètres, Aalanna faiblissait à vu d'œil, cela ne devait pas passer inaperçu aux yeux de ses illustres interlocuteurs.
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Eren


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MessageSujet: Re: [1748] ~ Y gân y frân gyhoeddi dychwelyd eu meistri ~ [PV : Leene/Serafim/Sköll]   Sam 29 Sep - 7:39

Tout ce qui brille n'est pas or
Tous ceux qui errent ne sont pas perdus
Feat. Leene - Aurora - Serafim


Le Guerrier Divin n'eut pas le temps de baisser son arme qu'un loup babylonien le percutait de plein fouet. En entrant en collision avec lui, l'animal eut tout le loisir d'éprouver sa solidité. Zeta n'en parut pas affecté. Son but ne fut pas atteint et n'était pas près de l'être. Il aurait pu répéter l'opération tout le jour durant sans que cela change en rien le résultat. Nul jusqu'à ce jour n'avait été capable de lui faire perdre l'équilibre. Une leçon que nombre de ses adversaires n'avaient retenu que dans la mort. Odin ait pitié de leurs âmes, songea-t-il avec une pointe d'ironie. Un sourire carnassier se peignit sur son visage tandis qu'un vif mouvement du poignet rétablissait une garde irréprochable. Si certains pouvaient se contenter de n'avoir que le sang chaud, celui du Briseur de Soleil était chauffé à blanc. Il n'en fallut pas plus pour que son aura se répande en de larges cercles concentriques sur les plaines gelées d'Asgard.

- Ah oui ? Je serais curieux de voir ça ! Montre-moi donc ces pouvoirs, que je les détruise ! Garde pour toi tes paroles en l'air vieil homme, tu ne sais pas à qui tu parles. J'ai sur les mains le sang des Dieux, je n'ai pas peur de faire couler le tien.

En terme de loup fait homme, sa supériorité était clairement établie. L'espace d'une seconde, son regard n'avait plus rien d'humain. Sans qu'il soit permis d'en douter, Aurora et Serafim pouvaient se targuer d'une destinée peu orthodoxe, mais il n'était pas en reste. L'expression selon laquelle l'homme est un loup pour l'homme n'avait jamais tant pris tout son sens que sous l'égide de Sköll. Son assaillant serait bien avisé de ne pas l'oublier, sans quoi à défaut de l'avoir gravé dans sa cervelle il le ferait dans sa chair. Son cosmos s'éteignit en silence et le calme revint. Qu'il se donne la peine d'étouffer sa rage n'était pas chose courante, mais la place occupée par Leene dans ce schéma l'y encourageait. Qu'elle intercède en sa faveur l'avait également pris de court.

Il ne s'attendait pas à la voir prendre sa défense, et encore moins avec tant de ferveur et de sincérité. L'attention était d'autant plus touchante qu'il ne l'en aurait pas cru capable, de par sa timidité vis-à-vis de leur relation. D'un autre côté, son aide n'était pas indispensable. À moins qu'elle ne soit intervenue précisément pour éviter que la situation ne dégénère, comme elle était fort bien partie pour le faire. C'était une solution à envisager, mais dans tous les cas, il avait été heureux de l'entendre assumer pleinement le couple qu'ils étaient désormais. Ce n'était toutefois pas l'envie qui lui manquait d'aller au bout de ces provocations, mais pas plus le moment que l'endroit ne s'y prêtaient. Bien que ramené à la raison, il fallut les mots du second agresseur pour finir de l'apaiser.

- Vous auriez tout à gagner à le tenir en laisse. Je vais être clair. La prochaine fois qu'il essaie de me toucher, je m'assurerai qu'il ne puisse plus mordre personne. Je n'oublie jamais une promesse.

Sur cet avertissement, le soldat du froid remit l'épée au fourreau. Après un dernier coup d'oeil méfiant au dénommé Elias, il lui tourna le dos pour emboîter le pas à sa chère et tendre. Un moment choisi par l'ancien Saint du Corbeau pour faire la conversation, et ainsi lui donner raison. La mémoire de Sköll pouvait parfois manquer de précision, mais ce moment de son existence faisait partie de ceux à être restés intacts quel que soit le temps à s'être écoulé. Ce jour était celui de sa première rencontre avec Aukoti, mais aussi celui qui l'avait vu triompher de Kyro du Requin. La fin de la précédente Guerre Sainte lui semblait si loin, désormais. Que restait-il de cette période, alors que tant de choses avaient changé depuis ? Un regard vers Leene le conforta dans cette opinion, tout en lui signifiant que dans son cas, l'évolution s'était faite pour le mieux. Il avait bon espoir que la sorcière soit du même avis la concernant. Une seconde à peine avait filé quand il rétorqua.

- Celle de ma sœur. Si c'avait été moi, tu ne t'en serais pas relevé.

La voix puissante du colosse donnait à ces paroles un aspect menaçant, mais il ne fallait y voir qu'un trait d'esprit – encore que nanti d'un fond de vérité. Peut-être le Chevalier d'Or du Sagittaire ne devait-il sa survie qu'à la qualité de son armure. Une lointaine époque où, venait-il de se souvenir, Serafim n'osa même plus desserrer les lèvres après qu'il l'eut sèchement rabroué. La perte de son armure avait été compensée par une assurance qu'il n'aurait pas eue autrefois. Le monde était en permanente évolution, et il n'était pas le seul à devoir en suivre le rythme effréné. Sitôt qu'ils furent à l'abri, la voix de Leene parvint à ses oreilles. Il se félicita d'avoir l'ouïe fine : celle d'un humain ordinaire ne lui aurait sans doute pas permis d'entendre si distinctement ce qu'elle avait à lui dire. Le chevalier des glaces la gratifia d'un discret sourire. Il ne voulait pas de remerciements, et même si cela avait été le cas il lui était tout autant redevable pour s'être offusqué des propos du soi-disant sage. Leur union continuerait à aller de l'avant, elle aussi.

- Nos voeux nous engagent à vie. La mort seule nous en relève.

L'anxiété du renégat avait été dissimulée avec soin, mais l'odeur de la peur n'en nimbait pas moins chaque parcelle de son aura. Un être ordinaire ne s'en serait probablement pas rendu compte, mais les affinités animales de Sköll tendait à mettre pareils détails en évidence. Son discours lui avait en effet donné matière à réfléchir, mais à contrario de ce que pensait l'ancien Corbeau, leur sort n'était pas entre ses mains. Ce n'était pas à lui de prendre cette décision, car elle revenait à la fille de la lune. Son regard d'argent se heurta à celui d'émeraude de son aimée. Son attachement envers Aurora ne lui avait pas échappé, et c'était précisément ce pourquoi il ne pouvait se prononcer à sa place. C'était à elle de faire le bon choix.

Et s'il le fallait, il serait son bras armé.
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [1748] ~ Y gân y frân gyhoeddi dychwelyd eu meistri ~ [PV : Leene/Serafim/Sköll]   Ven 23 Nov - 14:48



La voix d'un père°~




~°~

Le froid gerçait ses lèvres bleutées, entrouvertes, laissant échapper un mince filet de vapeur. Dans tout son être, elle ressentait la froidure d'Asgard, comme un avertissement silencieux, mortuaire. Pétrifiée jusqu'à ses os, son esprit lui, vagabondait loin de cette scène où les hommes s'évertuaient à parler plus fort que l'autre. Seule la voix de sa précieuse amie, sa si précieuse âme jumelle, lui parvenait comme un doux son de cloche. Une délivrance pour elle qui se laissa volontiers guider jusqu'à un abri précaire. Au moins, son corps n'était plus parcouru de frissons désagréables ainsi, entre les bras de Leene. Maeleene, la petite Dame de la Lune de Mai. Cette pensée fit sourire pour la première fois depuis longtemps la petite Dame de l'Aube : ses yeux bleus s'illuminèrent en contemplant le visage de la douce sorcière.

Le reste, n'existait plus tant les brumes étaient éparses et opaques à la fois. Un liquide chaud continuait de coaguler dans son dos, salissant certainement les habits de Leene. Antiokus, son cœur de père calmé par cette vision douceâtre, osa s'approcher des deux jeunes filles. Un sourire reconnaissant étira ses lippes, dotant à son visage presque enfantin, une intense expression d'amour. Oui, Dagda seul savait à quel point il pouvait l'aimer, sa tendre fille. D'un regard pétillant et aussi vert que les forêts en été, il demanda silencieusement à l'amie d'Aalanna s'il pouvait se permettre d'approcher. Car le colosse ne paraissait pas des plus enclins à les laisser faire : un vrai loup de garde ! Elias lui, ruminait dans sa barbe, de sombres pensées sans pour autant quitter des yeux Sköll.

« Ses blessures ne peuvent être refermées totalement maintenant que la malédiction est à son paroxysme. Je ne supporte pas de la voir souffrir, même si vue de dehors, elle paraît presque... sereine.»

Lui confia t-il à demi-mot tandis que le second druide les observait la mâchoire crispée à l’extrême, donnant à son regard déjà glacial, une note de haine. Sifflant entre ses dents, sa mauvaise humeur, il finit, tandis qu'Antiokus commençait à lui prodiguer quelques soins en murmurant du druidique, par s'avancer vers le géant d'ébène. Immobile devant lui, il posa une main en travers sa poitrine, sa main droite touchant son cœur. Des milliers de dessins apparurent partout où sa peau était mise à nue. De drôles de symboles où émanait une mystérieuse puissance cosmique, issue des temps immémoriaux : le maître des malédictions et des corbeaux n'allait pas lui annoncer un mauvais présage non, mais lui présenter des excuses, une première !

« Seigneur loup, je vous prie d'excuser ma maladresse. Votre pays ne m'inspire que du mépris et rends mon humeur nullement affable. Le rôle qui est le mien m'a fait outrepasser la bienséance, cela dans l'unique but de perpétuer moi aussi une promesse. Que je tiens toujours, comme vous. Alors, vous comprendrez. Ou pas.»

Suite à ce discours grognon, son plus vieux rival ne put s'empêcher de se railler de lui en explosant de rire. Les larmes qui lui venaient aux yeux commencèrent à geler, ce qui ne fit qu'augmenter son hilarité. La tête d'Elias en disait long ! Blessé, celui que l'on venait d'appeler vieil homme s'offusqua jusqu'à émettre un grognement bestial.

« La plaisanterie n'a qu'assez durée, Antiokus. Tu ferais bien mieux de t'expliquer avec eux avant que je ne me fâche tout à fait.»

Ah ! Décidément il n'avait aucun sens de l'humour ! Soufflant une vague de cosmos vers son compère, Antiokus finit par adresser un petit clin d’œil à Leene. Suite à quoi il se racla la gorge pour prendre un peu plus de sérieux.

« Comme nous vous l'avons dit, c'est une très longue histoire et nous manquons de temps. Vous savez, vous dites cette tempête mortelle mais pour nous ; habitants d'Avalon, elle se rapproche de ses brumes. Nous ne pourrons nous perdre tant que la Grande Prêtresse vivra.»

Ses yeux se voilèrent quand ils croisèrent ceux éteints d'Aalanna. Il reprit, la voix plus grave et plus rauque :

« Que s'est-il passé ? Vous voulez sans doute parler de l'épisode des Enfers ? Et bien... je l'aie enlevé pour qu'elle suive en effet, la voie qui est la sienne. Aussi cruelles mes manières fussent-elles, je n'avais pas d'autres choix. Et ce jeune homme, oui... Serafim était destiné à nous suivre en tant que disgybl y gigfran. Un disciple des Corbeaux.»

Sa mine s'assombrit davantage, comme si le poids de la culpabilité se faisait insupportable. Mais il ne devait pas ressentir une telle honte, car retrouver sa bien-aimée fille et la rendre au peuple d'Alba fut sa plus grande joie en cette longue vie qui est la sienne. Une lueur de lassitude passa brièvement.

« J'ai dû mettre en scène sa mort, et les Enfers étaient tu comprendras Leene, le meilleur des théâtres qui soient. Je suis désolé pour cela... Tellement désolé...»

Dans les bras de la Sorcière immaculée, Aalanna poussa un petit gémissement plaintif tout en se recroquevillant. Une nouvelle vague de douleur l'envahissait, pour le plus grand désarroi de l'Enchanteur dont le cœur se serra cruellement dans sa poitrine. Des larmes amères glissèrent sur son visage, creusant des sillons salés. L'heure n'était plus aux blagues et aux rires. Il fallait à tout prix qu'ils les autorisent à évoluer en Asgard et retrouver Freyja !








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[1748] ~ Y gân y frân gyhoeddi dychwelyd eu meistri ~ [PV : Leene/Serafim/Sköll]

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