RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]

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Dormin


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MessageSujet: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Jeu 19 Juil - 21:24


Voilà des mois depuis ce rêve étrange et pénétrant, depuis l'orage et les nuits blanches qui avaient suivies. Oui... Un songe aussi prenant laissait des traces dans l'esprit d'un homme, aussi valeureux soit-il. Le chevalier d'or en avait même perdu le sommeil, de peur de sombrer une nouvelle fois dans cet état second. Il ne voulait plus être la marionnette de son inconscient. Et si son coeur battait à tout rompre c'était pour manifester sa fatigue et son angoisse. Le rouquin était usé, à bout de nerfs et de force. Le manque de sommeil le rattrapait et il lui était d'arriver de fixer durant de longues heures l'horizon sans bouger, incapable de réagir.

Manifestement, quelque chose en lui s'était brisé. Pourtant il continuait de sourire aux gens l'entourant, mais peut-être avait-il plus de mal à maintenir les masques sur son visage défiguré par quelques cernes. Il se faisait moins présent, plus secret. Dormin s'isolait à nouveau. Lui si prompt au contact, si curieux. Il avait besoin de se retrouver, mais il avait la désagréable impression d'avoir perdu quelque chose qui ne pouvait être retrouvé... Quelque chose de précieux qu'on lui aurait arraché.

Comment un simple rêve pouvait-il le mettre dans cet état et tourmenter son esprit si longtemps? Cette histoire n'avait aucun sens et il était déterminer à reprendre du poil de la bête. C'est ainsi que chaque matin il repris ses allés et venues d'Athènes au sanctuaire comme il avait coutume de le faire par le passé. Il se mit également à lire grâce à l'apprentissage de Dohko et à chercher des réponses dans les écrits. Frénétiquement, chaque soir, il puisait le savoir dans les livres, se construisant une belle bibliothèque petit à petit.

Il devait l'admettre, cette histoire tournait à l'obsession... Mais plus les nuits blanches s'accumulaient et moins il parvenait à saisir le sens des mots qu'il lisait sur le papier. Ses idées devenaient de moins en moins cohérentes et ce n'est pas avec les micros sommeil qu'il s'accordait que ça allait s'arranger. Il n'était pas raisonnable... Mais son esprit cherchait à fuir cette puissance s'étant emparé de ses songes. Pour la première fois, Dormin avait peur pour lui...

Mais s'il continuait ainsi, il finirait par devenir un poids et d'y laisser la vie. Il était humain et donc mortel... Il lui fallut rassembler son courage pour se coucher dans ce même lit qui lui donnait tant d'angoisse et pour fermer les yeux, se laissant tomber dans un sommeil profond et quasi sans rêve. Il avait l'impression de flotter, lové dans un océan noir et silencieux. Des ténèbres protecteurs et imperturbables. Il s'était coupé de tout et ne voulait pas être déranger, créant une puissante barrière psychique à la limite de l'inconscient visant à repousser toute tentative d'intrusion. Même s'il était futile qu'une telle manœuvre parvienne à contrer ces dernières, surtout si elles venaient d'un dieu...

Mais pourquoi un dieu s'occuperait-il de son cas? Quel intérêt? Non c'était juste un simple cauchemar et il devait passer à autre chose!... Mais ce qu'il y avait vécu était si... prenant... Il ne pouvait chasser les sensations de sa mémoire. C'était gravé là, dans sa tête, dans son coeur et dans ses sens. Y repenser lui arrachait des frissons à la fois d'effroi et ... de plaisir. Encré profondément dans sa chaire. Dormin avait couvert les miroirs de sa demeure, n'arrivant plus à se regarder en face. Il ne se reconnaissait plus.

Mais Dormin courrait après une chimères, des fantômes qui se jouaient de lui. C'est d'ailleurs en cachant ces miroirs que ses pensées allèrent vers Narcisse et le baiser qu'il avait reçu de lui... Sa tête à présent reposée permettait à son esprit de connecter ses idées... Finalement cette sensation n'était-elle pas familière à celle éprouvée ce soir là où Narcisse du Capricorne lui avait pris son premier baiser? Ou Dormin le lui avait-il laissé le prendre? Il était confus. En lui naissait un petit vide à combler, une sorte de frustration bénigne. Il manquait quelque chose à sa vie. Mais quoi?

N'ayant personne vers qui se tourner, personne ne le connaissant assez bien, il finit par s'enfermer peu à peu, à s'isoler pour trouver une paix illusoire. Le temps passe et finalement atténue le mal. Dormin sourit à nouveau et semble mieux dans sa peau. Il s'était même attelé à la rénovation des tombes de ses camarades, cherchant sous la terre les restes de cosmos restant là où leurs cadavres se trouvaient... Il tailla la pierre et ayant appris à écrire grava chaque nom sur chaque dalles qu'il disposa et vint fleurir chaque jours... Oréstis, Sokaris, Narcisse, Adrix et même Eléonor restaient ainsi près de lui. Il n'avait jamais eu la chance de rencontrer cette dernière mais l'avait pourtant trouvée, là, sous terre.

Ce soir là, il s'arrêta sur la plage où il avait rencontré Oréstis pour la première fois et regarda le soleil rouge disparaitre à l'horizon. Il fixa ce trait coupant le monde en deux et avança pour rentrer jusqu'à la taille dans l'eau. Il venait ici chaque matin pour ne pas être vu. Pour ne pas dévoiler son secret aux autres... Et on était venu le trouver. Aujourd'hui il était seul.
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Adrix


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Sam 21 Juil - 3:32

6 mois... Cela faisait six longs mois qu'Hypnos s'était amusé au dépend de son "fils" et du Capricorne, laissant dans son sillage un sacré paquet d'emmerdes. Et si le Dieu du Sommeil lui même n'avait pas songé un seul instant que sa mauvaise plaisanterie entrainerait pareilles conséquences, c'était à l'androgyne d'en assumer la sentence : Il était enceinte. Cette seule pensée lui aurait arraché un éclat de rire de son vivant, mais maintenant qu'il en subissait toute l'improbable réalité, il n'avait pas le cœur à s'esclaffer. La vie proliférait à l'intérieur de ses propres entrailles, lui qui était né homme et qui était désormais coincé comme membre du sexe faible. L'enveloppe féminine constante était pourtant le moindre des désagréments. Certes, il était un peu mal à l'aise au début, mais avait finit par s'habituer à ses nouvelles courbes, et même à en apprécier certains aspects. Il avait dans ce corps ci une légèreté et une grâce unique, un je ne sais quoi qui échappait même à sa carcasse d'androgyne. Il était presque ironique de constater que la vision des attraits féminins, qui lui aurait attiré le feu aux joues par le passé l'indifférait totalement à présent. Le peu de virilité qui lui restait allait-il survivre à cette féminité exacerbée ? Il commençait à craindre que non... Enfin, il fallait déjà qu'il y survive tout court, et même ça était loin d'être évident.
Au début, ce ne fut pas si terrible que ça. Les embryons étaient trop petits pour qu'il en perçoive la présence, et à part deux flammèches minuscules de cosmos, ils auraient tout aussi bien pu ne pas être là. En fait, plus que les jumeaux à naître, ce fut l'angoisse qui le rongea alors. La peur de l'arrivée inexorable de la partie plus pénible, la terreur du concept même de porter non pas un, mais deux enfants en son sein... Ca et la mauvaise humeur d'Eleonor aussi. La jumelle d'Adrix prenait les derniers évènements presque aussi mal que son cadet. Elle s'était sentie dépouiller de son rôle de femme du trio, sans parler de la pointe de jalousie que le récit du viol avait aiguisée. Si quelqu'un devait enfanter, elle avait toujours penser que c'était elle, et non Adrix, qui se chargerait du travail. Et même s'ils partageaient la même chair désormais, elle n'avait l'impression que d'être un personnage secondaire dans cette histoire, un simple décor n'ayant pas son mot à dire sur les évènements. L'hilarité de Phantasos n'avait rien arrangé, l'Irréel trouvait la panique dans laquelle tout ce petit monde était plongé des plus amusantes et se faisait une joie d'attiser les flammes du conflit... Il avait bien vite déchanté.

Car alors que le ventre et même la poitrine d'Adrix prenaient du volume, les ennuis, les vrais, finirent par pointer le bout de leur vilain nez, et aucun des trois locataires de ce corps n'y échappait. La fatigue, et surtout les nausées furent sans doute les plus féroces. Peut être parce qu'il s'agissait là de rejetons exceptionnels et à fortiori de jumeaux, la grossesse était particulièrement éprouvante. Le blondinet, ou plutôt la blondinette, avait un mal fou à reprendre des forces, sans cesse assailli par des vomissements ou des pics de douleur soudain, parfois si terribles qu'il se retrouvait figé sur place pendant plusieurs minutes. C'était comme si son corps qui avait déjà connu la mort refusait désormais d'accueillir la vie, que Mère Nature elle même refusait cette création improbable, fruit d'un véritable accro à la réalité. Le sommeil le fuyait, et l'appétit qui l'avait quitté depuis son trépas était revenu en charge plus virulent que jamais, mais chaque bouchée lui retournait l'estomac. Il avait envie d'éjecter tout ce qu'il avalait, mais devait contenir cet écœurement pour le bien de sa progéniture.
Il n'aurait su dire pourquoi, mais, peut être à cause d'un instinct purement animal, Adrix prenait tout cela terriblement à cœur. Il ne voulait pas d'enfants, ou plutôt, il n'y avait jamais songé, encore moins issus d'un acte aussi vil mais une force irrésistible le poussait à mettre toutes ses forces dans cette épreuve.
Epuisé et presque toujours dans un état fiévreux, il ne parvenait à expulser la tension qu'en pourrissant les rêves d'autrui. Rejeter toute son énergie négative au travers des songes était le meilleur défouloir qu'il ait trouvé. Son cosmos réagissait de la même manière que son organisme. Anarchique, sa puissance se libérait indépendamment de sa volonté, ou se contenait lorsqu'il voulait l'évacuer. Même Phantasos pourtant plus expérimenté peinait à tenir les rennes de son propre pouvoir, Fantasia ayant menacée plus d'une fois de s'effondrer sur ses propres fondations.

Adrix refusait toute visite, plus encore de sa prétendue "famille". La méfiance qu'il avait pour le genre divin c'était mué en révulsion profonde et l'idée que son bourreau garde toujours un œil sur lui même en ce moment même lui arrachait autant de vomissements que le duo infernal qui grossissait dans son estomac. Il était hors de question qu'il se repose sur eux, même pour une infime seconde. Ils étaient dangereux, plus encore que ne l'était l'Irréel et c'était peu dire.
Mais après 6 mois d'un véritable enfer, il n'arrivait plus à suivre la cadence. Il était à bout de forces, aussi bien physiquement que mentalement, et sans leur hargne à tous les trois il ne savait pas où ils en serraient aujourd'hui. Il doutait que toutes les grossesses soient aussi pénibles que la sienne, mais porter deux demi dieux n'était pas un jeu d'enfant pour un "cadavre". Il avait besoin d'un coup de main... Et il ne connaissait qu'une personne capable de l'aider... Une personne qu'il avait soigneusement évité depuis ce fameux jour.
Dormin. Le rouquin était son meilleur ami, de cela, il était toujours certain. Mais après tout ces évènements il appréhendait un peu de le revoir... Pourrait-il lui parler sans que ces horribles images ne dansent joyeusement devant ses yeux ? Le Capricorne ne devrait avoir gardé que de vagues souvenirs, et le Poisson ne voulait pas lui transmettre sa gêne. Et puis... Comment lui expliquer tout ça ?! Il y avait tant à raconter, et il était impossible de le faire sans raviver de terribles souvenirs. Il valait mieux pour que le Gold Saint qu'il continue de croire qu'il ne s'agissait là que d'un rêve. Le mettre en face de la réalité pourrait le briser et

*ET DEPECHE TOI BON SANG !*


*On va encore régurgiter le petit déjeuner si ça continue !*

*La sensibilité du rouquin on y pensera plus tard hein !*


*Et en plus j'ai sans arrêt envie de pisser !*


Ouvrant en un éclair une faille dans le voile du continuum espace-temps, Phantasos se jeta droit dans la faille. Il avait pu localiser le Capricorne la dernière fois que ce dernier s'était laissé aller au sommeil. Ce n'était pas été facile, le bougre semblait en effet bien décidé à ne plus se laisser aller aux rêves. Mais il avait suffit d'une fois, aussi brève soit-elle, pour lui fournir la piste dont il avait besoin pour renifler son cosmos brillant. Adrix avait d'ailleurs une aisance surprenante à percevoir son énergie. Peut être parce qu'il le connaissait bien... ou parce que les deux futurs emmerdeurs qui grossissaient en lui étaient tout autant imbibés de son cosmos que du sien.
C'est ainsi qu'Adrix, en un mot, surgit du néant en plein milieu du bain de son camarade. Le surprendre dans une situation pour le moins intime l'aurait sans doute gêné par le passé, mais après ce qu'il avait vécu, il en fallait plus que ça pour le mettre mal à l'aise... Enfin, tant que le rouquin ne s'approchait pas trop de lui avec un taux de vêtements insuffisants. Le blondinet devait être méconnaissable : Changé en femme, son corps plus mature que jamais, les yeux cernés et le visage verdâtre. Sans son cosmos et sa bonne idée de laisser son armure de côté, il n'était pas certain que le rouquin devine son identité.

-Dormin je...


Il aurait voulut saluer, expliquer, ou au moins dire quelque chose d'un tant soit peu constructif mais à peine avait-il ouvert sa boîte à camembert qu'une sensation familière le prit aux trippes : Celle d'un flux acide remontant le long de son système digestif en sens inverse de la circulation normale.

-URG !


Tombant à quatre pattes, l'ancien chevalier des Poissons répandit les restes à moitié digéré de son dernier encas sur le sable fin, évidemment très reconnaissant de cette petite douche nauséabonde. Adrix ne se sentait vraiment pas bien... Alors, abandonnant tout espoir de fournir un exposé clair des évènements il se contenta de pointer du doigt son ventre arrondi.

-Adrix... M'aider....

Puis de désigner le rouquin entre deux vomissements.

-Ta responsabilité aussi.


*On aurait pas du essayer cette recette bizarre !*

*Mais ça avait l'air si sympa !*


*Trop de mayonnaise tue la mayonnaise*
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Dormin


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Sam 21 Juil - 4:14

Dieu qu'il était beau... ce soleil couchant. La mer sur ses jambes, quel plaisir de retrouver ces sensations qu'il avait mises de côté depuis trop longtemps. Il se sentait revivre. Le contact avec la mer lui faisait le plus grand bien et lui rappelait de bons souvenirs. Oh, bien entendu il y avait sa rencontre avec Oréstis qui le surprit durant son bain matinal et failli le percer à jour. Mais il songeait aussi à l'un des premiers contacts avec le gold saint des poissons tout juste nommé, Adrix, qu'il avait essayé de jeter aux requins par dépit. Il fallait dire que contre toute attente, Dormin n'avait pas été très jouasse à l'annonce de la nomination du blondinet. Un jeune homme plus jeune et inexpérimenté que lui qui lui soufflait l'armure si longtemps convoitée sous le nez... Oui... il avait vraiment voulu le noyer pour voir s'il avait des ouïes et avec le sourire s'il vous pait. Dormin était jaloux.

Mais lors de leur première rencontre, il n'avait pas eu la force d'assumer ce sentiment négatif et fut surpris de se sentir même très à l'aise en compagnie du gold saint. Une complicité quasi naturelle s'installa entre eux dés les premiers mots. Ce premier entretiens aux dépends d'un gold saint du lion plus éphémère que neige au soleil avait tué dans l'oeuf toute animosité, ne laissant que rires et complicité. Oui, c'était un souvenir précieux au coeur du rouquin qui s'en voulait à présent d'avoir perdu l'essentiel de vue... ne garder que le meilleur... Et ça allait bientôt lui être très utile!

Là, dans son dos, une vague d'énergie sombre venait de trancher la réalité pour libérer un corps lourd au sol. Il ne l'avait pas vu, il n'avait fait que l'entendre et interpréter les sons. Dormin était un bon observateur qui n'avait plus à faire ses preuves. Mais ce qui l'empêchait de faire volte face n'était pas l'obscurité de cette aura qui lui rappelait celle des spectres mais bien la familiarité de celle-ci. Debout, les jambes dans l'eau, ses habits de coton encore sec et épais, Dormin fixait à présent la mer avec un regard effaré. Un frisson glacé remonta le long de sa colonne vertébrale lorsqu'il entendit son nom et cette voix... cette voix dont il reconnaissait le timbre.

Sorti de sa torpeur, Dormin se retourne lentement, tremblant légèrement de peur d'avoir bien entendu. Son regard se posa sur le blondinet à terre, pris de vomissements. Cet instant parut durer une éternité à l'hermaphrodite et c'est sa féminité qui prenait le dessus sur ses émotions. Sa main vint se plaquer sur sa bouche de stupeur et il sentit son regard s'humidifier malgré lui. Le choc, la peur et même la joie se bousculaient dans son esprit. Etait-ce vraiment Adrix? Etait-il vivant et revenu? Ou bien... Etait-il devenu un spectre? Devait-il attaquer? NON! Hors de question! Il était certes fidèle à Athéna, mais il se refusait d'attaquer un ami, plutôt être jeté dans les limbes! Et... Mon dieu dans quel état était-il? Bon dieu il était là! Il était revenu!

Le chaos dans la tête du rouquin ne lui permit pas de suivre l'intégralité du discours d'Adrix dont il ne prit pas la peine de détailler l'aspect. Il s'avança lentement dans sa direction, un pas après l'autre... Pressant peut-être un peu le pas lorsque la pression de l'eau le lui permit et accourut finalement aux côté de son ami pour s'agenouiller face à lui, évitant soigneusement la flaque de vomis, se fichant éperduement de l'odeur ou d'être asperger à son tour. Il était trop content, trop soulagé. Il savait qu'il allait peut-être se faire cogner ou envoyer sur les roses... Ou le sable en occurrence.

Dormin attrapa Adrix, plus ou moins fermement par les les épaules et le redressa en essayant de ne pas le brusquer pour lui faire vraiment face et se convaincre qu'il avait bien son ami en face de lui, mais le cosmos le lui criait déjà. Il détailla brièvement les traits de son camarade. Il avait changé... Dans la hâte il ne fit pas attention au reste et ne chercha pas plus loin. C'était un geste en toute amitié, comme quand on retrouve un frère après un accident ou des années. Il passa ses bras autour du blondinet et le serra fort contre lui. A cet instant, Dormin avait une réaction des plus féminine, rejetant tout masque. Il se foutait éperdument du reste. Il aurait voulu parler mais les mots restaient coincés dans sa gorge.

C'était peut-etre un geste anodin mais cette étreinte ne fut pas inutile. Le bien être soudain de Dormin laissa brûler et se diffuser son aura autour de lui, transmettant à Adrix une énergie bénéfique comme il l'avait fait pour soigner de nombreux chevaliers ou même pour soulager Aalana des maux dû à sa grossesse.

Il laissa passer un court instant qu'il essaya de se raisonner à faire court et recula de lui même, penaud et essayant de sourire malgré sa culpabilité ou plutôt en essayant de contenir son bonheur de retrouver son ami.

    "Tu peux me frapper si tu veux, je suis désolé, je n'aurai pas dû. Mais... Je suis heureux de te voir, mon ami."

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Adrix


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Jeu 26 Juil - 2:08

Un frisson parcourut le dos d'Adrix lorsque le rouquin l'enserra de toute sa non-virilité. Un sentiment étrange, mélange de dégoût profond et de panique animale le prit à la gorge alors que les images de cette terrible "nuit" flashaient devant ses yeux. Quelque chose, dans les tréfonds de son être lui hurlait de dégager de là, et vite. C'était différent de la simple frayeur face à un danger imminent, cette peur ci avait une toute autre saveur. Elle était plus insidieuse, plus froide et, même s'il pouvait contenir sans peine ses émotions face au danger, échappait totalement à son contrôle. Il dût jeter toutes ses forces dans la bataille pour ne pas le repousser. Pourquoi l'aurait-il fait ? Lui même ne comprenait pas sa réaction. Dormin était son ami, il l'avait toujours été, et l'était toujours malgré les machinations du Dieu du Sommeil, alors pourquoi ? Pourquoi l'allégresse des retrouvailles était-elle à ce point ombragée par de sombres pensées ?!
L'androgyne avait-il à ce point perdu son emprise sur ses émotions ? Cette histoire l'avait-il marqué plus qu'il ne voulait le croire ? Est-ce qu'il avait tout simplement... peur de Dormin ? Non, non, c'était derrière lui. Il refusait de laisser à cet Hypnos la satisfaction d'avoir brisé sa foi en leur camaraderie. Le Capricorne ne lui voulait aucun mal, au contraire même, c'était la personne sur qui il pouvait le plus compter en temps de trouble, c'était d'ailleurs pour ça qu'il était ici. Qui plus est, il y avait des problèmes plus urgents à gérer, paniquer sans raison n'avait aucun sens.
Il avait beau se répéter inlassablement ces même pensées, sa raison seule ne parvenait pas à apaiser son mal être. Et s'il essayait de se convaincre du contraire, cela lui laissait malgré tout un sale arrière goût de mensonge dans la bouche.
Il devait pourtant prendre sur lui. Il serrait les dents, et ses poings se fermèrent avec tant de hargne que ses phalanges perdirent leur couleur. S'il laissait transparaître son inquiétude, il savait fort bien que le Gold Saint se le reprocherait. Le blondinet le connaissait assez pour savoir que non contenter de soutenir le poids de ses propres fautes, le protecteur d'Athéna avait la fâcheuse tendance à s'infliger aussi celles des autres. La seule idée de faire porter à Dormin un fardeau de culpabilité qu'il ne méritait en rien lui donnait cent fois plus la nausée que ce malaise déplacée qui protestait dans le creux de son estomac.
Soit dit en passant, il devait admettre que l'aura de son ami faisait des merveilles sur le dit estomac. Ce cosmos était vraiment unique en son genre, chaleureux, apaisant, la profonde bonté qu'il y percevait lui donnait presque mauvaise conscience quand à ses propres actions. C'était comme être enveloppé dans une couverture au coin du feu. Même le mal qui lui tordait les boyaux semblait faire halte face à tant de douceur humaine. Pour la première fois depuis plusieurs semaines, Adrix ne se sentait presque plus barbouillé. Est-ce que l'énergie salvatrice compensait celle que sa non-vie opposait à la naissance des deux bambins ? Ou bien est-ce que le duo de monstres lui même profitait de l'occasion pour faire une sieste et lui fouttre la paix cinq minutes ? C'était l'aura de leur père après tout... La remémoration de ce détail fit monter le rouge aux joues d'Adrix. Si Dormin était le père alors lui était... Non, vraiment, il avait encore du mal à s'associer avec le terme de "mère".

*Oh ! Tu lui demande où sont les toilettes ou on parie sur le temps qui reste à notre vessie ?!*


"Tu peux me frapper si tu veux, je suis désolé, je n'aurai pas dû. Mais... Je suis heureux de te voir, mon ami."

Le sourire de l'androgyne fut aussi penaud que l'était celui de son camarade. Mais contrairement à ce dernier, lui avait une bonne dizaine de raisons d'être gêné. Zeus, qu'il était difficile de mimer le bien être quand on a l'impression que l'univers tout entier vous en veux.

-Heureux de te r.. te voir. Et si ça peut te faire plaisir, je te cognerais volontiers, mais pas pour ça.


"Revoir"... Devait-il vraiment utiliser ce mot ? Pour Dormin, leurs premières retrouvailles n'avait été qu'un rêve qui avait viré en cauchemar. Aussi réel qu'il ait été pour Adrix, ca n'en restait pas moins un songe pour le commun des mortels. Il ne voulait pas lui dire. Il n'avait aucune idée de comment il pourrait réagir. Fichtre, Adrix lui même ne savait pas comment il devait réagir ! Il avait envie de fondre en larmes et de lui crier dessus, d'agir naturellement, et ce tout à la fois. Et aussi contradictoires que soient ces envies, elles trouvaient le moyen de cohabiter dans son esprit sans qu'aucune ne prenne le dessus sur ses petits camarades. Ne plus tenir les rennes de ses propres réactions l'irritait presque autant que les nausées. Pourquoi les cieux avaient-ils fait les femmes aussi vulnérables aux aléas de leur propre chair ?!

*LES CHIOTTES BON SANG !*


-E... Ecoute c'est trop long à expliquer maintenant mais...

Trouve un moyen d'expliquer ça avec un tant soit peu de tact.

-Là de suite on est une femme et enceinte en plus. On a envie de gerber tous les deux mètres, et j'ai la vessie sur le point d'exploser, donc dépêche toi de m'indiquer où sont les latrines les plus proches sinon le prochain sceau à vomis ce sera tes genoux ! Ah, au fait, Eleonor, enchantée.


Un discours accompagné, avec tout le tact du monde, une désignation plus qu'explicite de sa poitrine qui avait prit du volume et de son ventre arrondi.

*Tu... pouvais le dire autrement non ?*

*Si je te laisse faire on y est encore demain*


*Remercie la dame*


-Dé... Désolé. Elle est comme ça. Je t'expliquerais après
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Dormin


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Jeu 26 Juil - 2:54

Ces dernières paroles eurent l'effet d'une douche froide sur le pauvre chevalier d'or. Le rouquin resta figé un court instant qui lui parut durer une éternité et il baissa lentement le regard vers les dites courbes que formait le corps de son ami. Une opulente poitrine bien ferme et un ventre déjà bien rond qu'on aurait pu croire déjà à terme. Le feu lui monta aux joues alors qu'il sentait un frisson d'une toute autre nature que celui ressenti par Adrix remonter le long de son dos et naitre au creux de son propre ventre. Non! Hors de question! Dormin serra les poings, ses doigts se refermant sur le sable, creusant de minces sillons dans les grains.

Il se refusait de laisser ce genre d'émotions prendre le dessus sur lui, surtout dans pareille situation, c'était ridicule! Enfin... Pas plus que a situation en elle même. Adrix? Une femme? Non, il serait au courant! Mais pourtant, il se tenait là, devant lui, bien réel. Etait-ce une sorte de réincarnation? Si c'était ça, ils avaient un drôle d'humour aux enfers... Il entrouvrit les lèvres, espérant pouvoir dire quelque chose, mais rien ne vint. Dormin était véritablement en état de choc. Il agita les lèvres comme pour dire quelque chose mais les mots restaient toujours coincés au fond de sa gorge. Il leva l'index, pour faire signe au blondinet de patienter un instant et le pointa vers un endroit plus à l'écart où il pourrait être tranquille pour ce qu'il voulait faire.

Dormin se leva d'un bond et fit volte face, détalant comme un lapin avec le diable aux trousses. Il s'élança vers la mer et y plongea tête la première. Là, sous l'eau, il poussa un cri pour laisser échapper ses émotions, libérant de grosses bulles d'air. Il resta un moment sous l'eau, s'allongeant au fond pour réfléchir. Dormin n'avait jamais eu l'occasion d'exploiter ce talent en combat, mais il était un excellent nageur et restait longtemps sous l'eau à observer les lumières qui dansaient à la surface. C'était quelque chose qui l'avait toujours détendu. Mais là, la situation était assez... particulière. Deux bonnes minutes plus tard, le chevalier d'or perça la surface et se redressa, dos à la plage.

Il reprit son souffle, tentant par la même de se calmer et de faire du tri dans son esprit. Il inspira à fond comme pour replonger et... fit demi tour pour revenir sur le rivage, tentant de rassembler force et courage. Son camarade avait eu le temps de s'occuper de ses petites affaires et il vint lui faire face à nouveau, ne sachant toujours pas trop quoi dire. Mais maintenant que l'euphorie et le choc s'estompaient... il ressentait autre chose qui le figea sur place l'espace d'une seconde. Ce n'était plus un secret pour personne autour de lui, Dormin était un champion de la lecture cosmique et actuellement, il ressentait la peur de son ami à mesure qu'il s'approchait de lui.

Le rouquin afficha une expression déconcertée et inquiète, soufflant légèrement par le nez pour exprimer son stress et le souffler loin de lui. Il se pinça la lèvre inférieure et prit sur lui de reculer d'un pas, signifiant qu'il avait senti son malaise. Trop tard... Il était délicat de cacher des émotions si criantes à ce rouquin là. Il ne savait plus où se mettre. Il dû se contenir pour ne pas tomber sur les fesses et rester debout, mais ne pouvait empêcher sa tête de chuter en avant, mal à l'aise. Penaud, il interrogeant les yeux rouges d'Adrix de son regard émeraude clair un instant, puis frissonna alors que le vent se levait derrière lui, agitant tissus et cheveux mouillés. Il leva alors la tête vers le sanctuaire et fronça les sourcils en grimaçant. C'était pas prévu au programme ça... du tout... du tout...

    "Je ne saisis pas encore très bien la situation... Mais tu vas m'expliquer ça là haut. Je vais te... vous? Mettre à l'abri, mais je pose certaines conditions..."


C'est alors que Dormin posa sur Adrix un regard des plus graves, jamais le blondinet ne l'avait vu si sérieux.

    "Pas de pouvoirs tant que tu seras sous mon toit. Je pourrais avoir de gros ennuis et on pourrait vous repérer. Je doute que faire brûler ton cosmos soit très bon pour le... l'e...fant... que tu po...rtes?"


Bon sang, oui, c'était dingue et Dormin ne le réalisait pleinement que maintenant. Il était soudain passé par toutes les couleurs. Too much informations in too short time! Il secoua la tête, remettant ses idées en place et retrouvant son sérieux.

    "Bref! Pas de ça chez moi, c'est compris? Je veux que tu me le promettes et c'est valable pour tout ce petit monde en toi! Et ... en échange tu pourras me demander une faveur en retour, mais je ne plaisante pas! Compris?"


Il l'implorait presque du regard, coincé entre deux chaises. Son cosmos s'était empli d'une grande tristesse et d'un profond désarroi, mais avec une ferme attention de protéger son camarade comme il l'avait toujours fait. Il ne savait juste pas comment entourer cet être de ses ailes protectrices quand ce dernier ne supportait plus son contact. Pourquoi? Oui d'ailleurs... pourquoi? Il l'interrogea à nouveau du regard sans dire un mot, attendant la réponse de son comparse.
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Adrix


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Jeu 26 Juil - 4:06

*Oooooh c'est vraiment le paradiiiiis*

*J'ai cru qu'on s'en sortirait jamais !*


*J'ai connu bien des moments de jouissance durant ma longue existence mais celui là mérite sa place au top*


Grâce aux indications du Capricorne, l'ex Poisson avait enfin pu... soulager ses besoins naturels dans un coin de verdure plus discret. Si les Dieux avaient été crées les hommes comme le prétendaient les légendes, alors au moins fallait-il leur reconnaître qu'ils avaient réussis à faire de la descente de la pression dans une vessie un instant qui se savoure comme trop peu.
Certes, Adrix avait malgré tout toujours grand peine à s'habituer à la tuyauterie féminine. Pourquoi donc le sexe faible était-il aussi mal conçu à ce niveau ? A fortiori avec le ventre rebondi dont il était affublé, c'était le comble de l'impraticabilité. L'efficacité de toute sa mâle personne commençait vraiment à lui manquer. Cette enveloppe de demoiselle avait ses attraits mais il n'aspirait qu'à retrouver ses chromosomes originels.

Bon, maintenant que la première urgence était réglée, il avait matière à occuper ses pensées. La réaction de Dormin le travaillait. Le manque de délicatesse d'Eleonor avait, semblait-il, causé des ravages. A l'annonce de sa grossesse, le Capricorne était resté comme figé dans l'espace. Son cerveau avait-il refusé de faire transiter l'information ? Ou bien le choc était-il simplement trop dur à encaisser en si peu de temps ? Il en aurait presque rit s'il ne le comprenait pas si bien. Il ne pouvait pas le blâmer, il aurait probablement réagit de la même façon si son meilleur ami censé être décédé surgissait du néant pour lui annoncer qu'il portait un enfant... Et encore, il ne savait pas encore qu'il s'agissait de SES enfants. Pour tout dire, s'il avait eut le malheur d'être à la place du rouquin, il craignait que sa réaction n'ait été bien plus violente qu'un peu de course à pied suivi d'un plongeon.

*Il court vite n'empêche ton amant*

*Vitesse de la lumière y parait... et ce n'est PAS mon amant !*

*Ce n'est pas ce que dit ton ventre*


Si la nuque de Phantasos n'avait pas aussi été la sienne, l'androgyne aurait essayé de l'étrangler. Venant d'un autre, ces mots l'auraient peut être profondément blessés, mais les sarcasmes perpétuels de l'Irréel l'avaient blasé. S'il prenait la peine de réagir à chacune de ses railleries, il serait constamment sur les nerfs et pour être franc, il avait déjà bien assez raison de l'être sans en rajouter.
Penseur, Adrix passa une main sur la cause de tous ses soucis, ce ventre débordant de vie. La présence des nourrissons lui était plus familière à présent, il pouvait sentir l'infime étincelle de leurs énergies noyée au milieu de la sienne. Parfois, il percevait même des mouvements, faibles, mais de plus en plus assurés de semaines en semaines. Des coups de pieds, des frissons... tant de choses qu'il n'aurait cru ressentir à l'intérieur de son être plutôt qu'à l'extérieur. Tout ce que cela impliquait lui donnait encore le tournis rien que d'y songer.

*Euh... Il essaie de battre un record de plongée ?*


A peine la question formulée dans son esprit que le rouquin surgit de la surface de l'eau dans un mouvement ma foi assez gracieux.

*Rectification, il fait une pub pour shampoing*


Adrix étouffa un juron. C'était plus fort que lui. A chaque pas que Dormin faisait dans sa direction, ses vêtements trempés collés contre sa peau, le Poisson avait un mouvement de recul. Un geste à peine perceptible, si microscopique qu'il n'était sans doute même pas perceptible à l'œil nu... Mais son cosmos était encore moins bon menteur que lui. Le regard troublé de Dormin ne laissait pas de place au doute : Il s'était aperçu du malaise de son ami, de cette crainte incontrôlable qui parasitait ses mouvements. Pourquoi ?! Pourquoi devait-il laisser à Hypnos la satisfaction de l'avoir affecté au point qu'il ne puisse plus regarder son camarade sans baisser le regard ?! Sa propre faiblesse l'écœurait.

"Je ne saisis pas encore très bien la situation... Mais tu vas m'expliquer ça là haut. Je vais te... vous? Mettre à l'abri, mais je pose certaines conditions..."

*Tiens, voilà qu'il va nous sortit un contrat à signer*

*Tait toi, juste pour les cinq prochaines minutes et après tu pourra rouvrir ta boîte à crottins autant que tu veux*


Il y avait quelque chose dans les yeux de son ami qu'Adrix ne lui avait jamais vu. Une gravité et un sérieux inédit, en lieu et place de la bonne humeur et la bienveillance qu'il y lisait d'ordinaire. Ce n'était pas le moment d'être ennuyé par les remarques déplacées d'un idiot. Pour qu'il ait un tel changement d'expression, alors c'était que ses mots méritaient d'être écoutés.

"Pas de pouvoirs tant que tu seras sous mon toit. Je pourrais avoir de gros ennuis et on pourrait vous repérer. Je doute que faire brûler ton cosmos soit très bon pour le... l'e...fant... que tu po...rtes? Bref! Pas de ça chez moi, c'est compris? Je veux que tu me le promettes et c'est valable pour tout ce petit monde en toi! Et ... en échange tu pourras me demander une faveur en retour, mais je ne plaisante pas! Compris?"


*Tout ce petit monde ? Eh, un peu de respect*


Adrix marqua une pause et resta silencieux un instant. La demande avait du sens, si les Saints mettaient la main sur un spectre, et plus encore un Dieu du Rêve comme lui, non seulement il finirait exécuté mais en plus il entrainerait le Capricorne avec lui dans la tombe. Et pour avoir déjà fait le tour du propriétaire une fois, l'androgyne n'avait aucune envie de retourner là bas. Mais pour une fois, il pouvait afficher ce sourire ironique, celui d'un plaisantin blasé qui lui convenait bien mieux que cette mine déconfite.

-Je te le promets, ne t'en fais pas pour ça. De toute façon depuis que je suis comme.... comme ça, mon cosmos est trop instable pour que je m'en serve. Je risquerait de refaire le paysage de toute la zone par inadvertance si je l'embrasais...


Le rouge lui remonta aux joues alors qu'il prenait un air plus gêné, fixant obstinément le sable qu'il creusait nerveusement de ses doigts.

-Par contre... Je préfère prévenir... Ce... Ce n'est pas "un" enfant...Ils... ils sont deux... et...

Non parce qu'évidemment, son quotidien aurait été trop doux s'il n'avait eut qu'un bébé à la fois. Son karma n'allait pas le laisser s'en tirer à si bon compte voyons ! Mais il devait lui dire. Lui dire que c'était aussi SES enfants. Mais il avait beau cherché il ne trouvait aucun moyen. Que dire ? "Tu m'as violé sans le faire exprès et ceci est le fruit de cette union contre nature ! Tu vas être papa, vient, allons fêter ça autour d'une pâtisserie allégée à la fraise !"?! Et alors qu'il continuait de creuser le sol nerveusement, en quête de la bonne formule, une boule monta à la gorge du chevalier d'Athéna déchu. Il voulut parler, mais ses paroles se muaient en baragouinèrent incompréhensible. Ses yeux se brouillèrent alors qu'il regardait Dormin et, sans crier garde, Adrix Dieu de l'Irréel et ancien Défenseur de l'incarnation de la Sagesse fondit en larmes en plein milieu de la plage.

*Mais... Mais qu'est-ce qui lui prend ?!*

*Dérèglement hormonale. En gros, il craque. Si tu prenais le contrôle maintenant tu ferrais pareil.*

*Eh mince...*
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Dormin


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Jeu 26 Juil - 5:03

Il fronça les sourcils, le regard menaçant lorsqu'Adrix esquissa son sourire, le mettant au défi de prendre ses paroles à la légère. Mais cette expression disparut aussitôt qu'il ouvrit la bouche. Il se détendu quelque peu, même si l'annonce du danger qu'imposerait un éventuel combat et donc utilisation du cosmos du blondinet lui donna des sueurs froides. Son cosmos était-il devenu si puissant que cela? La pensée de le sonder d'avantage lui traversa l'esprit. Il lui aurait été facile de lire d'avantage le cosmos de son ami et d'en explorer les subtilités, mais non. Il n'en ferait rien, préférant accorder sa confiance à Adrix qui la possédait de base.

    "Bien... "


Mais il n'eut pas le temps d'ajouter quoi que se soit de plus que le blondinet lui faisait déjà une autre révélation. Quoi? Encore?! Ce n'était pas tout?... Et cette révélation lui donna des frissons... deux bébés. Le ventre d'Adrix n'était donc pas à terme... A combien pouvait-il en être? Il allait encore grossir et s'arrondir et avec lui les maux allaient croitre eux aussi... Tant que les deux petits êtres dans son ventre.

Pendu à ses lèvres tandis qu'il réfléchissait à ces derniers mots, Dormin n'eut pas le loisir d'obtenir la fin de la phrase tant éprouvante à prononcer par l'ex-poisson. Ce dernier semblait la proie de sentiments le submergeant. Son cosmos ressemblait à une mer déchainée tentant de noyer un naufrager. Une mer d'émotions se bousculant. Son ami... dans ce corps de femme qui abritait la vie... s'était mis à pleurer.

D'abord hébété par ce spectacle, le gold saint sentit son coeur se serrer et ses lèvres se pincer. C'était le genre d'évènement qui le secouait. Non... Ne pleure pas... Le rouquin s'avança, ignorant la crainte réciproque qui les séparaient et se pencha sur son camarade pour l'enlacer comme pour le protéger.

    "Ne pleure pas... Je suis là..."


Il ne lui laissa pas le temps de reculer que déjà, il l’arrachait au sol à grand peine dans ses bras, le portant à la princess like. Bon sang, qu'il était lourd... Il laissa échapper un petit gémissement de surprise, manquant d'être emporté par ce poids soudain mais se stabilisa relativement facilement.

    "Et je t’emmène en lieu sûr, là où tu pourras te reposer. En attendant, mon épaule est tienne."


Et aussitôt dit aussitôt fait! Le gold saint s'élança vers le sanctuaire sans user de sa super vitesse et en essayant de rendre le voyage le plus agréable possible. Dormin restait concentré, l'air tout aussi sérieux et impérieux que lors de sa requête pour ne pas dévier de sa trajectoire. Il dû cependant ralentir en passant devant le cimetière délicat à escaladé puisqu'absent d'escaliers. Ce qui laissa à Adrix le luxe d'entrevoir les nouvelles tombes fraichement sculptées et richement fleuries par Dormin.

Il ne s'attarda pas, c'était trop dangereux de rester là. Il ne serait tranquille qu'une fois qu'ils seraient à couvert, à l'abri dans son temple. Le sanctuaire était par chance quasi désert en ce moment et ils n'eurent pour seule réelle peine l'ascension de ces maudits escaliers. Un sourire nacquit sur les lèvres de Dormin alors qu'ils passaient la maison des Gémeaux.

    "Hey t'as vu, la maison de notre vieil ami accueille un nouveau locataire. Remarque lui aussi joue aux abonnés absents la plupart du temps."


Il tentait de faire sourire son ami pour l'aider à se détendre. La proximité avec lui devait le mettre très mal à l'aise. Ils traversèrent la maison du Cancer puis du Lion. Oui, son ancienne maison...

    "Hop! On s'arrête pas, c'est mon ancienne adresse!"


Il la traversa sans se retourner, essayant de passer le moins de temps possible dans chaque temple, intensifiant son cosmos pour étouffer la présence d'Adrix au maximum juste au cas où l'un des locataire serait passé faire coucou... On sait jamais. Ah! La fameuse maison de la vierge! Celle là, il choisit de la contourner...

    "Accroche toi bien à moi!"


Le Capricorne prit de l'élan et fit un puissant bond qui lui permit d'atteindre le toit du temple. Oui! Il refusait de traverser cet endroit qui fut la demeure d'un corbeaux, pas même l'ombre d'un saint! Un cancrelat!

    "J'ai toujours pas digéré le corbac d'il y a 1300 ans... Et celui là, il me manque pas! Il peut toujours courir pour que je lui fasse une tombe comme à vous tous."


Certes, il n'avait pas encore pu faire plus ample connaissance avec l'actuelle vierge, mais cela viendrait. Dormin sauta du toit, atterrissant avec autant d’habilité qu'il put sur les escaliers plus bas et continua sa monté des marches. Il commençait à fatiguer, c'était visible. Son souffle était plus fort et son corps plus chaud. Il sentait ses membres s'alourdir, mais il tenait bon. Ils traversèrent ensuite la maison de la balance qui fut la demeurre de fortune de Dormin sous l'accueil bienveillant de son ami Sokaris à la mort de leur maître Narcisse. Adrix et Dormin ne se connaissaient pas encore assez bien pour qu'il se soit tourné vers lui à cette époque. Sinon il se serait peut-être réfugié chez lui, à l'abri du jardin de rose pour pleurer son mentor et ami. A cette période, Dormin s'était isolé de tout et tout le monde durant trois longs jours où des coquelicots avaient poussés un peu partout... trois longs jours de pluie.

Deux maisons plus tard, les voilà arrivés à la dixième maison du Zodiaque... Celle du Capricorne et Adrix n'avait à toucher aucune marche. Il entra dans sa demeure et se dirigea vers ses appartement à l'arrière du temple. Ils arrivèrent dans une sale à manger faisant aussi cuisine et donnant sur deux pièces. A gauche le bassin d'eau servant de salle de bain et à droite la chambre avec un lit double unique qu'il n'avait pas choisi... en vérité, Dormin ne possédait pour seuls biens qu'un fauteuil laissé par Hypnos et un bouquet de coquelicot qui ne se fanait pas, ainsi qu'une broche en grenat offerte par Oréstis à leur rencontre.

Dormin entra dans la chambre et posa enfin, délicatement, Adrix sur le lit avant de se laisser tomber aux pieds de celui-ci, à bout de souffle et de force, les bras tétanisés. Il chercha son souffle quelques secondes, le visage en sueur et se redressa, se hantant vers la cuisine pour se passer de l'eau sur le visage et remplir deux grands verres dont un qu'il vint offrir à Adrix. Le sien fut englouti d'une traite, lui redonnant un peu contenance.

    "Pfouh... Do...dormin, service escalator... à... Votre service..."


Bredouilla-t-il en tentant de retrouver un rythme cardiaque normal. Il tira une chaise et se laissa tomber dessus. Il avait produit un effort énorme, même pour un gold sans armure. Sa volonté avait sublimé sa fatigue... Mais il s'en était peut-être trop demandé à la fois. Il ferma les yeux, se reposant.

    "Fais comme chez toi, les pouvoirs en moins... Tu es mon hôte tant que tu le désireras... Mais... J'aimerais que tu prennes le temps de te poser et ceci fait de m'expliquer plus en détail cette histoire de fou..."
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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Ven 27 Juil - 5:11

Encore cette sensation chaude, rassurante... Il n'en saisissait pas la provenance, mais voilà quelque chose que le Gold Saint accueillait volontiers. Il n'avait jamais eut de mère pour comparer, mais il était certain que si la sienne avait survécu à son accouchement, ce serait le même genre de contact. Lentement, les sanglots du Poisson perdirent de leur intensité, et la tempête intérieure redevint une mer tranquille. Le cerveau d'Adrix mit un certain temps à réaliser que c'était Dormin qui l'enlaçait. Il n'eut pourtant ni la foi ni le temps de laisser son mouvement de recul de tantôt prendre le dessus. En effet, non content de l'utiliser comme peluche, le rouquin venait de le soulever de terre, le portant comme un chevalier porte sa princesse. Alors que la brume larmoyante s'écartait de son esprit et qu'il reprenait prise sur la situation, les joues de l'androgyne prirent une couleur écarlate.
Pourquoi les larmes s'étaient mises à couler sans prévenir ? C'était comme si quelqu'un avait appuyé sur un interrupteur et il s'était soudain retrouvé submergé par un profond chagrin. Y avait-il quelque part un genre de vannes pour ouvrir la machine à pleurs ?! C'était pénible, et sa fierté en prenait un coup. Aussi féminisé qu'il soit, Adrix se considérait toujours comme un homme, se transformer en madeleine devant un ami était embarrassant. Il était un chevalier bon sang, il avait affronté la mort, était venu d'épreuves que les mortels ne pouvaient même pas concevoir. Comment pouvait-il se montrer si... si fragile sans raison apparente ?! Adrix n'avait jamais été très préoccupé par son image, mais perdre la face ainsi devant Dormin le gênait. C'était comme avoir dévoilé ses faiblesses, et si il avait une confiance absolu en Dormin, il avait tout de même une certaine pudeur vis à vis de ses propres émotions. Se mettre à nue mentalement devant quelqu'un, aussi proche soit-il, n'était jamais quelque chose de facile à vivre.

*Je comprend pas ce qui m'a prit...*

*Eh le crétin des Alpes, tu avais vraiment besoin de pousser les détails anatomiques aussi loin ?*


*Ah mais moi je suis un artiste, mais je peux plus rien transformer depuis tu le sais bien*


Le petit soufflement d'effort du Capricorne ne lui échappa pas soit dit en passant.

*Il ose sous entendre que je suis lourde ?!*

Adrix dut lutter avec toute la force de sa volonté pour éviter que sa main ne vole vers la figure du rouquin. Il n'était pas certain qu'une baffe ait été de circonstance. Après tout, il faisait probablement ça pour l'aider... et il n'y avait pas de lit à proximité... n'est-ce pas ? N'est ce pas ?! Le blondinet se surpris à jeter des coups d'œil furtifs à droite à gauche en quête d'un matelas onirique entouré de bougies d'un goût douteux. Il lui fallait bien une bonne poignée de secondes avant de réaliser que ce reflexe parano était ridicule, et n'avait qu'à prier pour que Dormin n'ait rien remarqué.

"Et je t’emmène en lieu sûr, là où tu pourras te reposer. En attendant, mon épaule est tienne."


Un lieu sûr ? Vraiment ? Ca existait encore ce genre de choses ? Après avoir été agressé dans le monde onirique, Adrix commençait à relativiser la notion de sureté. Si même les rêves n'étaient pas hors de portée des mauvais farceurs, alors rien ne l'était. Et certainement pas l'endroit avec le système de sécurité le plus absurde de l'univers.
S'il faillit vomir à nouveau après l'accélération même douce de Dormin, son regard fut attiré par autre chose. Une petite série de tombes, bien propres, alignées côte à côte. Mais plus que ces sépultures modestes, c'était l'épitaphe qui marqua son esprit. Il reconnaissait certains des noms et... Eleonor et Adrix ?! La dernière fois qu'il avait vérifié, la dernière demeure de sa sœur se trouvait sur une plage perdue au milieu de nulle part et la sienne... et bien il était toujours dedans semblait-il. L'intention était pourtant touchante. Il y avait derrière ces stèles froides une symbolique forte, un mémoire érigé à son honneur, et si au final l'effort était inutile il n'en restait pas moins preuve d'une affection sincère. Il aurait voulut l'interroger là dessus, mais n'eut pas la foi de rajouter encore plus de questions sur un tapis déjà trop bien rempli.
Et là, devant eux se dressait le Sanctuaire. Les Maisons du Zodiaque, demeure des chevaliers d'Athéna et l'ultime rempart protégeant la Déesse de la Guerre. C'était un lieu saint, un lieu de pèlerinage où tous ceux initiés aux arts du cosmos espérait se rendre un jour, aussi bien pour le protéger que pour le détruire. En son sein, on croisait les plus dangereux combattants de l'humanité, des individus capable de redessiner un paysage par la seule force de leurs points et aussi

-STAIRS !


Et aussi l'un des traumatismes les plus persistants d'Adrix et ce dans son expression la plus abusive. Des escaliers, partout, sans fins, aussi fatigants qu'inutiles. Pourquoi ?! Pourquoi imposer cette escalade interminable qui de toute façon n'aurait aucun effet sur une invasion ?!

-My old nemesis ! WHAT ARE YOU DOING HERE ?! I DON'T TRUST YOU !

*C'est rigolo comment il change sans raison de langue quand il s'énerve quand même*


Ses pensées s'égarèrent sur le pire perchoir de tous, son ancien temple. Les vieilles colonnes de marbre et son aquarium lui semblaient bien loin maintenant... C'était une autre vie, littéralement. Il se demandait si le champ de roses empoisonnées était toujours bien entretenu et si, à tous hasard, son lapin avait eut droit à une vie clémente sur ce sol inhospitalité. Peut être que là haut se trouvait toute une famille de Sallak, fruits d'un arbre généalogique long comme la liste de ses poisses.
Perdu dans ces profondes méditations, Adrix ne fit même pas attention à leur avancée, jusqu'à ce que le bond de Dormin ne lui soulève un énième haut le cœur. Il déglutit péniblement. Le vomi sur camarade n'était pas conseillé enfin... pas dans ce genre de situation. Ce système digestif défaillant était vraiment une plaie...

La Maison du Capricorne. Le Poisson n'y avait jeté qu'un bref coup d'œil à l'époque. Il la traversait pourtant régulièrement pour se rendre à son propre poste, mais l'architecture répétitive des temples ne l'encourageait pas vraiment à visiter les lieux. D'autant qu'il ne se souvenait guère de l'ancien porteur de cette parure sacrée. Aucune importance, il avait toujours eut une mauvaise mémoire des noms de toute façon.
Adrix tiqua en voyant le sommier sur lequel son ami le déposait. La dernière fois qu'on lui avait fait le coup, ça ne s'était pas terminé fort bien et il dut retenir un rire nerveux, pour ne pas dire une envie de se carapater. Les mauvais souvenirs tournaient dans son esprit comme autant de mouches insupportables qu'il tentait en vain de chasser d'un revers de la main.
Nerveux, luttant contre ses propres instincts et sur le point de rendre ce qu'il restait de son déjeuner, il accepta de bon cœur le verre d'eau qu'on lui tendait. Il commençait justement à en avoir marre du thé que l'Irréel s'obstinait à sortir à chaque repas. Enfin... "thé" était peut être un bien grand mot pour la mixture unique de Phantasos.

"Pfouh... Do...dormin, service escalator... à... Votre service..."

*C'est fou, lui quand il est crevé il utilise des termes qui n'existent pas encore ! Les humains sont vraiment des créatures fascinantes...*

*Qu'est que tu baragouines ?*

*Rien rien...*


L'androgyne eut un petit rire. L'atmosphère se détendait enfin un peu. Encore que cet épuisement exacerbé du Capricorne tapait sur la fierté féminine d'Eleonor.

"J'aimerais que tu prennes le temps de te poser et ceci fait de m'expliquer plus en détail cette histoire de fou...""


Ah, c'était la partie qui allait être difficile... enfin, plus que les autres. Le visage d'Adrix s'assombrit, hésitant. Il le savait, il ne pouvait pas tourner autour du pot éternellement. Il cracherait le morceau un jour ou l'autre, que ce soit à cause de Phantasos ou lorsque sa volonté lui ferait de nouveau défaut. Il valait mieux qu'il prenne ça en main avant que l'andouille ou ses hormones ne le fassent à sa place.

-Une histoire de fou... Tu ne crois pas si bien dire... Reste assis, ça risque d'être un peu long... Et... prépare un autre verre d'eau.

Il fallait qu'il s'échauffe. Qu'il commence par la partie qu'il comptait lui raconter lors de leur première rencontre. La suite des aveux viendrait après.

-Tu... Tu t'en es peut être rendu compte en lisant mon cosmos mais je suis... mort. Il y a 1300 ans de cela, j'ai rendu l'âme lors de la Guerre Sainte, le cœur perforé lors de l'assaut.


Il posa machinalement une main entre ses seins, mais aucune cicatrice n'était là pour témoigner de la vieille blessure.

-Et alors que les Enfers s'apprêtaient à faire de moi leur nouveau résident, moi même et Eleonor ma...

-Frangine

-...ma sœur jumelle avons été "secouru" par un Dieu. Phantasos, fils d'Hypnos et Dieu des songes...


-Ca c'est moi ! o/


-C'est fini oui ?!

Il prit une mine désolée.

-Pardon... Trois âmes dans un seul corps c'est parfois un peu compliqué.

Encore heureux que leurs expressions et leurs timbres de voix était suffisamment différents pour qu'on puisse les différencier.

-Bref. Par pure plaisanterie, il nous a choisi comme nouvel hôte et nous a ainsi évité la torture tout nous en affublant d'une nouvelle tâche mille fois plus absurde encore que celle de protecteur d'Athéna. J'étais... persuadé que tu étais mort.


Il prit une profonde inspiration, ses poings se serrèrent au point que ses propres ongles lui labouraient la paume de la main.

-Jusqu'à ce que je tombe par hasard sur un songe, un rêve perdu parmi des milliers d'autres, presque par hasard. Et là je t'y ait reconnu. J'étais... j'étais heureux de voir que tu étais toujours en vie bien sûr. Alors j'ai voulu te saluer tant que j'en avais l'occasion. Je suis désolé, je suis rentré dans ton rêve.

Quelques infimes gouttent de sang coulèrent le long de ses phalanges.

-Mais... Hypnos, le Dieu des rêves a surpris mon intrusion. Il a voulu se jouer de nous, passer ses pulsions sadiques. Il... Nous a utilisés comme ses poupées. J'ai été affublé de ce corps de femme, et il a usé ses pouvoirs sur toi...Tu n'étais pas conscient, tu ne pouvais rien faire contre lui, et moi non plus....

Il fixa Dormin droit dans les yeux, et son regard était un mélange étrange de chagrin, d'incompréhension, d'excuses implorantes, de colère et de honte. Il rassemblait tout ce qui lui restait de volonté, il était sur le point de fondre en larmes à nouveau mais se refusait à fléchir une seconde fois.

-Ce ne sont pas mes enfants que je porte, Dormin... ce sont les nôtres...
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Dormin


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Ven 27 Juil - 6:30

Musique

Dormin s'étonnait de tant de précautions de la part d'Adrix. Cela ne lui ressemblait pas de vouloir mettre les gens en conditions à l'annonce d'une nouvelle. Et puis avec ce qu'il savait déjà, pouvait-on vraiment craindre pire? Dormin était un rock qui avait tenu bon par maux et par vents, il n'allait pas s'écrouler comme ça. Il sourit nerveusement bien qu'un peu amusé quelque part, tentant lui même de faire preuve de négation, malgré lui. Il se leva et reprit le verre d'Adrix délicatement sans toucher ses mains et alla le resservir en eau fraiche pour le lui rendre, remplissant une cruche aussi au passage et vint se rassoir face à lui. Deux bons mètres et demi les séparaient à présent.

Dormin était prêt à écouter ce que le blondinet avait à lui dire, continuant de l'observer, notant chaque mimique de sa part.

-Tu... Tu t'en es peut être rendu compte en lisant mon cosmos mais je suis... mort. Il y a 1300 ans de cela, j'ai rendu l'âme lors de la Guerre Sainte, le cœur perforé lors de l'assaut.

Dormin afficha une expression légèrement plus triste, tâchant de ne pas montrer le fort pincement au coeur qu'il venait de ressentir en entendant le mot mort. Pour éviter de hocher la tête péniblement, il reporta son attention sur la cruche et resservit Adrix en eau. Il détourna même le regard lorsque son ami posa sa main entre son opulente poitrine, là où devait se trouver sa plaie. Les joues légèrement rouges, il patienta le temps qu'il retire sa main pour de nouveau lui faire face, l'air un peu abattu. Son regard exprimait des remords. Il disait, je suis désolé. J'aurais dû être là... Mais je n'y étais pas... Pardon... Mais sans plus de violence, quelque chose de diffus. Dormin avait accepté cet état de fait.

Puis s'enchainèrent les voix et les visages différents qui eurent l'effet d'un électrochoc sur le rouquin. Ce dernier se redressa sur sa chaise, surpris. Il ,e plaisantait donc pas! Mais... D'accord pour Phantasos, mais... Pourquoi n'avait-il jamais remarqué la présence de cette demoiselle en lui? Peut-être parce qu'elle était tellement diffuse dans son cosmos qu'il l'avait pris pour une part entière de lui. Ce qu'elle était... Ooooh... Comme ça avait dû être dûr par moment. Dormin lança à cette jeune femme un regard compatissant et coupable de n'avoir rien remarqué à l'époque, ne voulant pas couper son camarade. Il hocha la tête lorsque ce dernier s'excusa et l'encouragea à poursuivre en souriant du mieux qu'il put.

Il écouta donc le récit de son sauvetage par cette divinité de l'iréel... Même s'ils devaient être séparés de camps, Dormin ne put que s'incliner profondément, coupant un instant Adrix dans son récit. Le Capricorne remerciait par ce geste Phantasos, pas en tant que gold saint, mais en tant qu'ami, simple mortel, de lui avoir permis de revoir son ami. Peu lui importait le reste. Il se redressa, confus et penaud. Peut-être aurait-il préféré mourir tant la honte de n'avoir pu aider ni soutenir ses camarades était grande. Il secoua la tête, chassant ce sentiment de son esprit et l'invita à poursuivre d'un sourire un peu moins franc.

Il s'arrêta cependant un instant sur les mains d'Adrix. Il le dévisagea, l'implorant d'arrêter du regard discrètement. La suite du récit le toucha profondément et ses yeux s'ouvrirent grands en une expression de stupeur alors que son regard se faisait plus brillant. Il... l'avait cherché? Vraiment? Il aurait pu ne pas s'attarder sur son cas mais Adrix était venu le chercher... Pour le voir. Sa mine inquiète laissa place à un sourire timide empli de reconnaissance, comme si on lui avait offert un merveilleux cadeau. Et il ne montra pas d'agacement alors qu'il aurait été en droit de le faire. Visiter un rêve c'est intime. Mais même s'il pouvait sentir son intimité froissée, il était trop content pour le montrer.

Mais il effaça bien vite cette expression de son visage pour revenir à une mine plus inquiète, voire sévère. Il esquissa un mouvement vers l'avant comme pour venir saisir la main blessée d'Adrix, mais il se ravisant, se souvenant qu'il craignait sa proximité et son contact. Dormin se adossa à la chaise, frustré et réfléchit une seconde avant de se concentrer. Doucement, son cosmos traversa la pièce jusqu'à l'ex poisson et vint envelopper ses blessures pour les apaiser et commencer à refermer la plaie, faisant cesser hémorragie. Son cosmos força les doigts d'Adrix à se décrisper, il était très concentré sur sa tâche qui ressemblait à un véritable bras de fer mental, tout en l'écoutant. Il ne dévia donc pas son regard alors qu'Adrix en venait aux faits, lui rapportant l'acte horrible de cet Hypnos... Dormin chercha dans ses souvenirs et fit le lien avec ce cauchemar, ce qui eut pour effet d'étouffer un peu son cosmos, lui rendant la tâche plus hardue encore. Il se souvenait les longues nuits blanches, ces jours sans fin à errer, choqué... Non non! C'était derrière lui! Derriè... Non.

-Ce ne sont pas mes enfants que je porte, Dormin... ce sont les nôtres...

CLING!! La cruche venait de heurter le sol, éclatant en morceaux et libérant l'eau qu'elle contenait sur le sol. Le cosmos de Dormin venait de disparaitre brutalement. Là... face à Adrix, Dormin fixait la main blessée de son ami comme si son regard refusait d'en dévier, mais ce même regard semblait soudain vide... figé dans une expression de stupeur extrême. Son coeur semblait s'être arrêté l'espace d'un court instant qui parut sans fin. D'abord ses doigts... puis ses mains se mirent à trembler. Dormin était devenu livide, comme si la vie venait de le quitter à son tour. Se furent au tour de ses lèvres de trembler légèrement. Il se sentait aspirer par le vide et finalement il baissa la tête, ses mèches de cheveux rouges venant cacher le haut de son visage stupéfait.

Il resta une longue minute ainsi figé face à son ami. Ses poings se serrèrent et il se leva en titubant légèrement. En vérité il avait faillit tomber, ses jambes engourdies ne le portant plus très bien. Il inspira à fond par la bouche, son souffle tremblant comme lorsqu'on étouffe un sanglot. Il déglutit et prit sur soit de revoir ses doigts pour se donner une allure moins oppressante, bien que ce fusse inutile.

Dormin s'avança, et vint cueillir délicatement la main d'Adrix du bout des doigts, créant le moins de contact possible. Soudain, lui non plus ne semblait plus à l'aise avec la proximité. Il se pencha sur cette main et vnt déposer un très léger baiser sur le bout de ses ongles en signe d'allégeance. Ainsi il lui promettait d'être là, de prendre ses responsabilités. Même s'il devait s'enchainer à un destin qu'il n'avait pas choisi. Il lâcha lentement la main d'Adrix, lui laissant le loisir de la récupérer d'un geste vif ou non et se redressa, observant le ventre arrondis de son ami pendant quelques secondes fixement. Toujours tremblant il leva la main comme pour venir au contact de ce dernier et le toucher mais... sa main se figea à peine le geste amorcé, tremblant de plus belle et il se ravisa, tournant les talons et quittant la pièce d'un pas rapide et nerveux. Son épaule heurta même le cadre de la porte au passage. Il n'avait pas le droit de le toucher... Ni de les toucher... Il aurait mis Adrix encore plus mal à l'aise que lui... Et ça... cette absence de contact... le frustrait énormément. Mais il avait encore plus peur de la situation si improbable qui se présentait à lui sans qu'il l'ai demandé.

Le gold saint sortit de ses appartement, la démarche mal assurée et vint s'assoir dos à une colonne à l'entrée du temple. Au dehors, le ciel s'était couvert d'épais nuages sombres et la pluie vint heurter le sol chaud, faisant monter cette odeur caractéristique des pluie d'été qu'on retrouvait dans le cosmos du rouquin. Certains auraient pu crier pour se défouler, Dormin, lui, souffrait en silence, la pluie l'aidant à apaiser les troubles en lui. Mais cette fois, ça ne suffirait pas...

Papa... il allait être papa... Dormin se mit à ricaner nerveusement et explosa instantanément en sanglots. Il ... il n'avait jamais cru un jour pouvoir fonder une famille... lui... Un Hermaphrodite. Qui voudrait de lui? Visiblement personne. Ou du moins avait-il toujours repoussé les candidats. Mais avoir des enfants... sans amour... avec son meilleur ami qui plus est. C'était... frustrant. Mais il pourrai s'en accommoder, il le savait. Même si c'était dur et que ça brisait encore quelques unes de ses innocentes illusions. Et de plus c'était Adrix qui était le plus à plaindre... Bon sang! ZUT! Il l'avait violé! Pas directement ni de sa propre volonté, mais quand même! Il eut la furieuse envie de se frapper la tête contre les murs d'un coup. La culpabilité l'étouffait. Non! Il devait tenir bon. Ce qui était fait est fait! Il faut assumer maintenant! Et... et puis... peut-être que ça se passera bien?

Sa main rencontra sa propre joue, faisant résonner le bruit d'une gifle dans tout le temple. Imbécile!! Biensûr que ça n'allait pas bien! Et ça... c'était sa faute! S'il était resté à sa place, seul, au lieu de se lier d'amitié aux gens, peut-être aurait-il pu éviter tout ça? D'offrir une famille aussi étrange à ces enfants? D'imposer cette terrible épreuve à Adrix! ... D'avoir vu tant de gens mourir... Il se recroqueville sur lui même. A ce moment là, il aurait tué pour une simple preuve d'affection qu'il se savait en aucun cas en droit d'exiger. Il était pathétique! Il redressa la tête et fixa la pluie au dehors, ne faisant pas attention à ce qui l'entourait pour une fois.

    "Je... suis désolé..." Sanglota-t-il tout seul. "Tellement, tellement désolé..."
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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Sam 28 Juil - 2:16

Si Dormin était un rock, les paroles d'Adrix étaient un bulldozer, et un gros. En comparaison de la peine psychologiques que s'infligeaient les deux futurs parents, la souffrance de cette petite automutilation à la paume n'était qu'une plaisanterie. Et pourtant, bien qu'il la perçoive à peine, l'androgyne ne pouvait décrisper ses muscles. Même les efforts désespéré du rouquin pour l'arrêter ne suffisaient pas à le faire lâcher prise. C'était un reflexe incontrôlable, un moyen pour son être d'expulser ne serait-ce qu'une infime partie de sa pression mentale. L'ancien protecteur d'Athéna était extenué, harassé par tous ces longs mois de lutte intérieure. Il n'avait plus la force de contenir ses émotions. Ce combat contre lui même était perdu d'avance.
Si le Capricorne démontrait plus de pudeur, il était évident qu'il encaissait mal ses explications, et il n'y avait pas besoin de lire le cosmos pour le deviner. Evidement, qui aurait pu bien les prendre ?! Qui pouvait accepter l'idée d'avoir violer un ami cher, et pire encore, de lui avoir imposé un destin dont il ne pourrait jamais se défaire ? Adrix se sentait submergée par la culpabilité en voyant le visage de Dormin se décomposer au fil de ses paroles. Les couleurs désertaient une à une son faciès, faisant ressortir davantage encore la flamboyance de sa chevelure rouge. Il tremblait, tout comme le blondinet avait tremblé ce soir fatidique sans doute. Avait-il eut tort de parler ? Aurait-il mieux fait de rester silencieux ? Ou au moins, aurait-il du trouver une meilleure façon d'amener cette terrible nouvelle ? Le nouvel Irréel ne pouvait que se reprocher l'état pathétique dans lequel il avait plongé son meilleur ami. Avec ses mots, il l'avait tiré à son tour dans la spirale infernale dont lui même était prisonnier depuis ces six derniers mois. Si seulement il avait été plus fort... S'il avait été capable d'endurer seul cette épreuve, alors le Capricorne n'aurait jamais eut à vivre ça, il n'aurait jamais eut besoin de savoir. Lui cacher sa descendance et le laisser croire que ce n'avait été qu'un sone aurait peut être été mieux que de lui imposer cette épreuve. Et alors que le blondinet détourna le regard de cet ami dont l'apparente souffrance lui était insupportable, il porta les yeux sur lui même. L'avait-il brisé volontairement ? Avait-il, au fond de lui même, voulu le faire sombrer avec lui dans le seul but d'alléger son fardeau ? Cette pensée le répugnait. Il avait projeté ses problèmes sur quelqu'un qui aurait pu en être épargné. Certes, ce n'était pas sa faute si tout ceci était arrivé, mais c'était encore moins celle du Gold Saint. S'il s'était abstenu, s'il était resté dans Fantasia à maudire ses nausées sans provoquer davantage de remous.... Tant de si et aucun moyen de rectifier le tir. Pour un dieu capable de tordre la réalité, il se sentait stupidement impuissant. Il n'avait aucune prise sur le passé, il n'en avait en fait même plus sur son propre futur. On lui avait ôté sa liberté le jour où il avait endossé la sainte parure du Poisson. Dés lors, il n'avait fait que danser comme une marionnette dans les mains d'une Déesse, puis d'un Dieu.

Lorsque la main de Dormin prit la sienne avec toute la délicatesse du monde, Adrix ne sut comment réagir. Il était perdu, trop confus, trop au fond du trou pour que même ses instincts parviennent à lui indiquer la route. Il restait là, planté avec toute la raideur d'un cactus. Le rouquin déposa un petit baiser sur ses doigts. Un geste doux, un geste de réconfort, mais dont la bonté le faisait se sentir plus misérable encore. Oui, il savait que Dormin agirait ainsi. Bon peut être pas dans la forme, mais dans le fond sans aucun doute. Le cadet des Viyers le connaissait assez pour savoir qu'il ne fuirait pas ces fausses responsabilités, aussi dures soient-elles. Dés le moment où il s'était téléporté à ses côtés, il avait été animé par la conviction que le rouquin le soutiendrait ainsi, qu'il jouerait le père qu'il n'avait jamais désiré être. L'androgyne était en train d'abuser de sa gentillesse, de l'enchaîner à sa personne comme lui même l'avait été sur ce lit. Il était voulu tout annuler, revenir en arrière, mais c'était trop tard, beaucoup trop tard. Il n'était pas moins manipulateur que cette déité qu'il méprisait.
Submergé par la honte, par le remord, l'ex protecteur d'Athéna fixait obstinément ses genoux, ses yeux larmoyants cachés derrière ses mèches. Quand Dormin voulu toucher ses membres et se retira, il avait envie de le retenir. De lui dire que c'était son droit d'effleurer ce qui était autant le fruit de ses entrailles que des siennes. Mais il ne dit mot, paralysé par le tourbillon confus qu'étaient devenues ses pensées. Il était soudain prit d'une envie de dormir, de sombrer dans les bras de Morphée et de se laisser aller au néant du repos. Echapper l'espace de quelques heures à tous ces problèmes. Mais il connaissait Morphée, il faisait même partie de sa "famille", et le monde des songes avait beau être son domaine, il ne pouvait se permettre d'en savourer les délices. Pas maintenant. Il avait déjà commis assez de fautes sans rajouter la couardise à la liste. Il avait semé la tempête dans la vie du Capricorne, au moins l'affronterait-elle avec lui. Dés que le maître des lieux avait quitté sa demeure, un nouveau vomissement avait frappé Adrix. Pas a cause de la grossesse cette fois. Ses trippes se rebellaient contre tout ce qui venait d'arriver. Il serra le poing. Lui aussi devait se rebeller contre tout ce qui arrivait. Se morfondre ne ferait pas avancer les choses. Une petite lueur se ralluma dans son regard alors qu'il serrait le poing. Aussi durs que cette épreuve puisse être, il fallait reprendre du poil de la bête. Hypnos l'avait brisé, réduit en charpies, la même chose ne devait pas arriver à Dormin. Tous les regrets de l'univers ne l'aideraient pas. Ce qui était fait était fait.

Il laissa un peu de tranquillité à son ami. Tout le monde avait besoin d'un instant de paix pour mettre de l'ordre dans ses poussées, le rouquin comme le blondinet. Mais il y avait une différence entre laisser seul et abandonner à la solitude, et la frontière entre les deux n'était que l'histoire quelques instants. Rassemblant ses forces et son courage il quitta la tiédeur de la couche où on l'avait installé pour le rejoindre. La pluie avait prit la place du soleil. Les cieux eux mêmes riaient à cette mauvaise plaisanterie. L'hilarité céleste allait jusqu'aux larmes. Il avait toujours aimé la pluie mais celle ci l'insupportait. Ses sauts d'humeurs le poussaient probablement à voir le mal partout, mais ça ne l'agaçait pas moins. Le Capricorne se tenait là, et les gouttes qui perlaient sur ses joues remplaçaient les larmes qu'il contenait. Le bruit de la gifle ne lui avait pas échappé non plus. Pas besoin de forcer ses dons pour lire dans l'âme de Dormin. Si le cosmos d'Adrix avait été une tempête, l'âme du rouquin s'était noyé dans une obscurité profonde, un néant abyssale.

"Je... suis désolé...Tellement, tellement désolé..."


*Eh, Eleonor...*

*Quoi ?*


*... Rien en fait*


Le chagrin de Dormin le rendait totalement inconscient de son environnement, le dieu des songes y compris. Ce dernier prit une grande inspiration et... décocha un coup de pied à son camarade.

-Excuses non acceptées!

Et avant qu'il n'ait eut le temps de comprendre ce qui était en train de se passer, l'Irréel se jeta sur lui pour l'enlacer, faisant violence à toutes les craintes qui frappaient dans sa tête comme autant de piverts sadiques. Il le serrait de toutes ses forces, et sa voix se fit à la fois douce et déterminée.

-Tu n'as rien à reprocher, aucune raison pour présenter un pardon vide de sens. Si quelqu'un est à blâmer, c'est ce dieu arrogant qui s'est joué de nous. Ne lui donnons pas la satisfaction de nous laisser au désespoir qu'il nous a offert. Tu as été là pour moi, je le serais pour toi. Ce destin qu'il nous a imposé, nous l'affronterons ensemble.
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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Sam 28 Juil - 6:06

Ouch! Si les mots n'étaient pas sortis de sa bouche, c'était simplement parce qu'il était trop mou pour les laisser sortir. Il étouffa un soupir, secoué par un dernier sanglot et leva les yeux vers le blondinet, osant à peine l'interroger du regard. Pourquoi l'avait-il frappé? Depuis quand l'observait-il? Il se tourna vers lui, désolé qu'il ai dû se lever à cause de lui, mais avant qu'il n'ai pu bouger ou répondre, il fut pris de court par un geste qu'il n'espérait pas... ou plus.

Le choc était peut-être aussi grand que la récente nouvelle l'ayant ébranlé il y a quelques minutes. Que venait-il de se passer? Adrix venait-il vraiment de l'enlacer? Le feu monta aux joues de Dormin tandis qu'il sentait son coeur cogner un grand coup dans sa poitrine. Si l'annonce de sa prochaine paternité avait arrêter son palpitant, cette étreinte semblait l'avoir fait repartir. Les idées n'arrivaient plus à se connecter dans sa tête. A quand remontait sa dernière étreinte? Euh... Non... En fait il ne se souvenait pas avoir été ainsi serré dans les bras de quelqu'un... Pas avec autant de force non plus... Son regard restait figé de surprise, et son corps crispé.

Mais... c'était étrange comme cette pression sur son corps efféminé lui faisait du bien. Peu à peu, ce nouveau choc absorbait le premier et dissipait sa panique pour laisser place à une nouvelle forme de stupeur. Mais pour une fois, l'esprit de Dormin rejeta d'éventuelles questions qui d'ordinaire auraient accaparé son attention et se seraient bousculées dans sa tête. Le rouquin ne cherchait plus à comprendre, comme s'il n'en avait plus envie.

Pour la première fois de sa vie, il avait juste envie de se détendre et de se laisser faire, s'abandonnant totalement à cette sensation de... Bien être? Doucement le corps du rouquin se fit moins raide. Ses épaules se baissèrent et ses yeux se fermèrent de moitié. Son souffle d'abord coupé reprit, plus chaud. Et il sentit un frisson tout aussi chaud monter dans son abdomen jusqu'à ses épaules et sa nuque. Il restait encore interdit, écoutant les paroles prononcé par la soudaine douce voix de son ami. Une douceur qu'il ne lui connaissait absolument pas. Alors... c'était ça que ça faisait de se faire réconforter soit même? Dormin restait hébété, mais se concentra sur les paroles de son ami.

Ces dernières achevèrent de briser les quelques barrières psychiques élevées par le gold saint entre son entourage et lui. C'était comme si par ce geste et ces mots, Adrix venait de faire tomber de lourdes chaines entravant Dormin depuis trop longtemps. Un poids qui pesait sur son coeur et qui l'empêchait d'avancer librement, de s'épanouir lui même. Comme on offre un peu de soleil à une jeune pousse.

Il avait raison. Ni lui ni Adrix n'étaient à blâmer. Aucun d'eux n'avait voulu se prêter à cet horrible jeu ni souhaiter les conséquences qu'il engendra. Et il ne fallait pas chercher à changer le passé, c'était inutile puisqu'impossible. Alors cracher dessus et sur leur rencontre était idiot. Le véritable responsable n'était aucun d'eux. Dormin avait eu un moment de faiblesse, le rock s'était fissuré l'espace d'un instant, mais il ne se laisserait plus avoir. Le désespoir ne lui allait pas. Mais se furent les derniers mots de son court monologue qui touchèrent le plus le Capricorne.

Dormin sentit ses mâchoires et ses lèvres agitées d'un soubresaut nerveux. Il resta quelques secondes interdit, laissant un court silence s'installer durant lequel il hésita à bouger, tentant de trouver quoi dire, quoi faire, la meilleure option. Mais c'était comme si son être se refusait à raisonner pour l'heure. Il voulait juste profiter pour une fois. Il en avait de se frustrer, de ne pas être lui même. Alors, pour la première fois depuis 1300 ans, depuis ce jour de pluie à la maison des poissons où l'ex Capricorne l'avait laissé, Dormin laissa son masque de côté pour agir de façon plus naturelle, se laissant simplement guider par sa propre volonté.

Son regard toujours légèrement humide reflétait toute l'émotion le submergeant sans pour autant lui arracher d'avantage de larmes. Bien entendu, il ne se faisait pas de fausses idées, connaissant parfaitement sa place. Mais se fut avec un naturel inédit que l'arc que formaient son nez et son front vint trouver sa place au chaud au creux du cou d'Adrix. Sans un mot tout doucement, comme pour s'y réfugier et lui signifier qu'il était d'accord. Et il n'en bougea pas, trop intimidé pour rajouter quoi que se soit. Ses bras venant serrer à son tour l'ex poisson une ou deux bonnes minutes plus tard pour le conforter lui aussi. Mais il ne l'enlaçait pas comme un homme enlace une femme mais bel et bien l'inverse, prenant une posture féminine, son flanc reposant contre le la poitrine d'Adrix, de côté, ses bras entourant son buste. Il s'était mis en position plus basse, comme pour lui apporter un semblant de masculinité qui semblait faire défaut à Adrix ces derniers temps. Tandis que le cosmos doré revint faire surface sur le corps du rouquin. Mais il y avait quelque chose de différent dans ce même cosmos. Il était plus chaud, plus mûre, plus libéré et intense, comme s'il brillait d'une lumière nouvelle.
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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Lun 30 Juil - 2:11

Bien loin de repousser le geste affectif de l'ex Poisson, le rouquin sembla au contraire s'y abandonner, y puiser le repos et le réconfort dont il avait tant besoin. Ses muscles tout d'abord crispés se détendirent, son souffle prit un rythme plus doux. Du point de vue du blondinet, c'était comme si un poids incommensurable venait soudain de tomber des épaules de son amis, quelque chose qui lui pesait depuis longtemps et qui le lâchait enfin. Etait-ce à cause de sa capacité à lire dans les âmes qu'il devinait ce genre de choses ? Ou bien parce que lui même avait déjà connu une situation comparable lorsque sa sœur lui avait été arrachée et qu'il l'avait retrouvé enfin après plusieurs années ? Il lova sa tête dans la nuque de la demoiselle engrossée et cette dernière le laissa faire sans montrer de geste de recul. Il était bien comme ça... Peut être même trop d'ailleurs. Son corps, en plus de son esprit, étaient à fleurs de peau depuis que son ventre avait prit du volume. Et ce qui n'était jamais qu'un câlin comme un autre lui faisait un effet qu'il n'aurait pas soupçonné.

*Ai-je toujours été si sensible au contact ?!*

L'androgyne se sentait.. bizarre. Il n'avait jamais partagé ce genre d'étreinte avec quiconque autrefois. Certes, il avait déjà eut de longues embrassades avec sa sœur, mais c'était subtilement différent. La bouffé de chaleur qui caressait son visage lui laissait aisément deviner la teinte qu'il devait arborer. Il était probablement pivoine, et cette manie de se prendre pour une tomate commençait à devenir redondante.
Un homme qui se retrouvait piégé dans un corps de femme, et un hermaphrodite dont les réactions évoquaient en tout points celles d'un membre du sexe faible. L'absurdité de cette scène fit son petit chemin dans la tête d'Adrix et, dans d'autres circonstances, sans doute aurait-il pu en dire. Allait-il vraiment être celui que l'on nommerait "Maman" dans cette histoire ?! La confusion des genres atteignait un niveau tel que la Nature elle même aurait sans doute besoin d'un guide pour s'y retrouver. Ce n'était d'ailleurs pas dans la nature d'Adrix de se comporter de façon si... douce. Il n'avait fait étalage de tels débordements que devant une poignée de personnes, moins qu'il n'avait de doigt sur une main. Mais après tout... Etait-ce si étrange d'agir ainsi vis à vis d'un ami cher, plus encore le "père" de ses futurs enfants ? Ils avaient tout l'air d'un couple sans pourtant en être un. Ses sentiments vis à vis du Capricorne avaient beau être quelques peu confus par les récents évènements, il savait ce qui était, et ce qui n'était pas en l'occurrence... ce qui rendait l'ensemble encore plus improbable. Il se surpris un instant à se questionner sur ce qu'il allait bien pouvoir raconter à sa progéniture. Tous les enfants se posaient des questions sur leurs origines, le pourquoi du comment de leur création. Faudrait-il alors leur cacher la vérité ? Leur dissimuler qu'ils n'étaient que le fruit d'une mauvaise plaisanterie d'un Dieu cruel qui avait voulu passer ses pulsions sadiques sur deux amis ? Que leur père et leur mère avaient beau être proches, ils n'avaient jamais été désirés ? Cette pensée arracha un frisson à peine perceptible a l'androgyne alors qu'une énième remontée gastrique menaçait de reprendre le sens interdit. Lui n'aurait jamais supporté d'apprendre quelque chose comme ça. Ses racines n'étaient pas glorieuses, mais il avait au moins la prétention d'être né par autre chose que par caprice. Déjà que se sentir manipuler par les cieux l'insupportait, la perspective de leur devoir son existence le révulsait.

Les mots d'Hypnos résonnèrent un instant dans ses oreilles. "Je vous surveillerais toujours" disait-il... Alors peut être le Dieu du Sommeil était-il en train de les observer en ce moment même, en train de se gausser des conséquences de sa vilaine plaisanterie. Subitement motivé par un désir de rébellion des plus compréhensibles, le blondinet délaissa un instant ce câlin un brin intime pour tendre un majeur vers les cieux qui les arrosaient tous deux.

*Très subtil*

*Si il nous regarde, la moindre des politesses est de le saluer n'est-ce pas ?*

*Je ne suis pas un modèle de prudence mais oserais-je te conseiller de ne pas provoquer quelqu'un d'aussi dangereux que mon père ?*

*Ton manque de bon sens déteins sur moi, ne viens pas te plaindre après*


Les Gold Saint, l'actuel comme l'ancien restèrent ainsi de longues minutes, simplement heureux de trouver un peu de chaleur humaine au milieu de cette tempête d'évènements. C'était un lourd fardeau, mais le partager le rendait au moine supportable. Et puis, presque à contrecœur, Adrix commença à reculer douce... poussa Dormin en arrière et sauta presque jusqu'au buisson le plus proche et le verre d'eau de tout à l'heure fut régurgité proprement, avec les dernières miettes de son déjeuner. Ces vidanges intestinales à répétition n'étaient vraiment, mais alors vraiment pas confortables. Il pouvait faire apparaître autant de nourriture qu'il le désirait, mais peut être les denrées issues du cosmos ne faisaient qu'aggraver les choses. Et si la nature même de ses pouvoirs accentuait le rejet de son corps ? Lorsqu'il ressortit de ces "latrines improvisées", ce fut pour tourner vers Dormin un visage livide mais cette fois, la cause était bien moins profonde que tantôt.

-A manger... Un truc facile à digérer... Avec des fraises dedans... Et puis du chocolat... VITE.


La dernière phrase avait étrangement une consonance plus autoritaire que suppliante. Ce n'était pas une requête, c'était carrément un ordre ! Une instruction absolue dictée par les toutes puissantes hormones détraquées.
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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Lun 30 Juil - 4:40

Surprenant... Dormin n'osait pas bouger, dans l'attente du moment où l'ex-poisson briserait cette étreinte peu commune pour le rejeter et le remettre à sa place. Mais ce moment ne venait pas. Il n'osa pas bouger pour autant, d'autant plus confus, mais ne pouvant se résoudre à mettre un terme à ce contact si chaud et doux qu'il découvrait. Dormin ne se souvenait pas de ses parents, ni même de ce qui lui était arrivé avant ses 4 ans... Sa vie avait commencé, l'épée à la main, lorsque Fidélis d'Andromède l'avait recueilli. Et malré le fait qu'il l'ai élevé, Dormin n'était pas un enfant facile. Contrairement au Dormin actuel, l'enfant était froid et distant, voir impatient par moment. On pouvait lui trouver un petit côté impulsif qu'il avait perdu aujourd'hui. En vérité, c'était cette attitude qui avait envoyé Fidélis à la mort... Et cette erreur avait brisé Dormin qui avait juré de se corriger. Voilà pourquoi il passait son temps à se punir.

Dormin avait-il choisi de devenir un martyr sans vraiment en prendre conscience? ... Peut-être bien au fond. Il était jeune et seul face à un destin qu'il n'avait pas choisi... tiens encore un autre. Il avait eu à assumer la mission d'Andromède à à peine 12 ans, la culpabilité d'avoir tué celui qui fut pour lui son père et le gardien de son secret, contenir les tentatives des renégats de faire pencher la balance humaine dans une guerre qui ne concernait pas les dieux et se rendre enfin au sanctuaire après 12 longues années seul dans ce conflit à courir après des ombres. Et même là, alors qu'il s'ouvrait enfin au monde, il restait encré dans une armure sombre et froide, à l'abri des sentiments des autres. Et à plus forte raison des siens... En y repensant, il était passé à côté de tellement de choses à cause de sa peur de lui même. De casser tout ce qu'il toucherait ou de ne pas être accepté. Si ce qu'Adrix disait était vrai... Alors il savait pour lui... pour ce qu'il était... Un hermaphrodite.

Dormin ferma les yeux... il pouvait sentir les battements du coeur d'Adrix dans son cou. Son sang pulsant dans ses artères. Il était nerveux mais pas plus que lui... Non en fait, tous deux étaient relativement calmes. Ce n'était pas désagréable, loin de là. Han... pourquoi était-ce si agréable? C'était gênant. Adrix et lui étaient amis, il était peut-être même la personne la plus proche de lui à l'heure actuelle... Trop proche? Pourtant, l'idée ne lui paraissait pas plus étrange que la situation. Même s'il savait que ce geste dépassait la simple amitié... Quoi que. En y réfléchissant bien, on trouvait des amitié fusionnelles très saine. Plus que de l'amitié, différent de la fraternité, moins que de l'amour.... C'était différent. Mais pourquoi il se posait ce genre de question?!

Le rouge lui monta à son tour aux joues. Qu'est-ce qui lui prenait à la fin? Il sentait les battements de son propre coeur s'emballer légèrement alors que les questions recommençaient à reprendre cette sale manie d'affluer dans sa tête... Mais le contact du corps de son camarade contre le siens semblait avoir un effet étrange sur lui pour ne pas dire déstabilisant. Tant la douceur de sa peau que sa chaleur contre l'arc de son nez ou de son flanc... mais surtout l'odeur se dégageant de cette dernière. Une odeur... Dormin fronça les sourcils, tentant de se rappeler un détail qui venait lui titiller l'esprit. Aalana lui avait parlé des symptômes de sa grossesse alors qu'ils parlaient librement, se confiant l'un à l'autre. Oui! Voilà! Une femme enceinte dégageait d'avantage de phéromones et était donc plus désirable aux yeux des hommes... radieuse. Et ceci pour répondre au propre appétit sexuel de cette femme à cause des bébés qui appuient et frottent sur l'organe féminin...

    *Oh mon dieu... Mais qu'est-ce que je suis en train de faire là, alors?!*


Dormin devint rouge pivoine en se rendant compte qu'il ne faisait que jouer les gentilles marionnettes de pulsions qu'il ne parvenait pas à dominer. C'était... c'était... indigne d'un chevalier! C'était très gênant! Il y a 1300 ans, enlacer son ami ainsi hors contexte lui aurait fait faire un bond en arrière en tirant la langue de dégout comme deux gosses qu'on force à s'embrasser pour se réconcilier. Bon... d'accord peut-être pas si exagéré, mais quand même! Mais là non. Juste non. Il se sentait bien et c'était tout ce qui semblait compter. Mais était-ce uniquement une histoire d'alchimie? Confus, il sentit Adrix se détacher de lui doucement. Dormin baissa le regard se laissant... Envoyer paitre avec force en contrebas. Le pauvre Gold saint, emporté par son élan dévala deux trois marches sous la pluie avant de stopper sa chute grâce à un bond réflexe. Pour le coup, ça l'avait réveillé! Brisant la... magie de cet instant unique.

Il jeta un oeil à Adrix qui s'en était allé vider son estomac plus loin. Le pauvre... Il devait souffrir, et surtout avoir le ventre vide. Une femme enceinte n'est pas sensée vomir autant, il en était quasi persuadé! C'est un regard à présent inquiet que Dormin posait sur son camarade. Depuis quand souffrait-il ainsi, tout seul?... Il se figea... L'avait-il fait par honte ou pour le préserver?... C'était horrible... Pauvre Adrix, tout seul à supporter ce tourment tandis que lui... L'envie de se giffler à nouveau l'effleura mais il retint son bras, voulant éviter à son ami de s'inquiéter à nouveau. Il le fixa, même lorsqu'il revint vers lui pour lui ordonner de le nourrir. Dormin ne sourcilla même pas. Un tel ordre, même formulé ainsi, ne l'énervait pas. Que serait-il devenu s'il n'avait pas été brisé tout jeune? Se serait-il emporté? La question ne se posait pas, il ne saurait jamais. Il s'avança vers Adrix et l'emporta jusqu'à ses appartement, l'installant à nouveau sur le lit sans un mot.

Au dehors la pluie continuait de tomber. Le silence était lourd, mais Dormin n'arrivait pas encore à parler. Il devait remettre de l'ordre dans ses idées avant de pouvoir les intégrer. Cette situation improbable dépassait son esprit humain. Dormin s'en alla dans la cuisine, fouilla dans ses placards. Il sortit de quoi préparer le repas et le posa sur la table. Chaque aller et venu de l'hermaphrodite étaient empli d'une certaine aisance. Il ne se contentait pas d'aller et venir en se retenant, il effectuait des pas gracieux, pirouettant naturellement sans s'en rendre compte. Dormin était un bon danseur. Il avait appris tout petit avec son père adoptif et il était devenu naturel pour lui de mouvoir ainsi. Il avait donc plusieurs cordes à son arc. Son corps aux formes à la fois masculines et féminines lui donnant certains avantages.

Au dehors, la pluie tombait toujours drue, illustrant l'état d'esprit du Capricorne. Il s'y était habitué... Chaque fois qu'il se sentait mal, cette pluie venait à lui... Le vent s'était mis à souffler... une tempête les isolerait du monde ce soir, rendant le sanctuaire impraticable. Ils auraient au moins la paix. Dormin mit les ingrédient d'un bon dîner à chauffer. De bons haricots riches en fibre du jardin et un beau saumon qu'il avait déjà écaillé et préparé pour la soirée. Il rajouta peu de féculents et de matière grasse pour aider à la digestion et prit un grand plat qu'il mit au four après y avoir allumé le four. Il nota d'ailleurs la flaque de vomis qu'Adrix avait laissée avant de le rejoindre et la nettoya vite fait. Restait les fraises et le Cacao...

Dormin se lava les mains, laissant le repas cuir et enfila sa cape pour sortir sous la pluie battante. Il contourna les escaliers et escalada la roche sur le côté à l'aide de formidables bonds de cabri. Là, il trouva un petit terrain de terre trempée... Le gold saint avait la faculté de faire pousser des coquelicots autour de lui... Alors pourquoi pas autre chose? Il posa sa main au sol, appréciant le contact du sol terreux et se concentra, faisant brûler son cosmos en se concentrant sur ce qu'il voulait faire pousser si possible. Il patienta un long moment et dû s'y reprendre à plusieurs fois, mais il parvint à faire pousser plusieurs plans de chaque... Il fit arriver les fruits à maturité et cueilli autant de fraises et de fèves de cacao que possible. Si les fraisiers pouvait survivre, il savait que les jeunes cacaotiers avaient moins de chance de durer. C'était déjà un miracle qu'il soit arrivé à cet exploit...

C'est un panier bien garni qu'il revint à son temple, trempé jusqu'aux os. Il posa son butin sur la table, sans prendre la peine de se sécher et retira sa cape qu'il alla suspendre au porte manteau. Il tira ensuite un tabouret pour venir surveiller la cuisson. Il allait s'y assoir... Mais il n'en fit rien... Il était parti un petit moment. Adrix était seul. Il regarda le panier qu'il comptait garder pour le désert. Et puis zut! Il s'occupa du poisson pour passer un peu d'eau dessus qu'il ne crame pas et s'en retourna vers la chambre avec ses fruits frais. Timidement, il passa la porte et déposa le panier sur la table de nuit.

    "Je... J'ai fait pousser ça pour toi. Les fraises sont belles, par contre je n'ai que des fèves de cacao à te proposer... C'est un peu fort et amer. Je ne sais pas si tu aimeras."


Timidement, il tira une chaise qui lui servait d'origine à poser ses habits du lendemain et prit place face à son camarade. A présent, il prenait d'avantage le temps de l'observer, sans oser le fixer directement. Il avait du mal à réaliser... Il laissa à Adrix le soin de toucher au panier ou non. Son corps avait tellement changé... Malgré tout, les traits de son visage restaient les mêmes, à peine à quelques subtilités près. Son ventre avait prit tant de volume qu'il l'avait cru à terme d'une simple grossesse, mais avec des jumeaux, ce devait être normal... Dormin ne savait pas pourquoi, mais maintenant qu'il l'observait, il ne pouvait en détacher ses yeux... Il sentit à nouveau cette sensation et son coeur battre plus fort. Il déglutit, la gorge sèche et leva très lentement sa main, sans geste brusque pour ne pas déranger son ami, comme pour retenter sa chance une seconde fois et venir toucher se ventre pleins de vie. Il était à mi-chemin... quand il se ravisa à nouveau, toujours mal à l'aise malgré tout. Il détourna le regard, se tenant la main contre la poitrine, l'air perdu. Il aurait aimé se cacher dans un trou de souris et jeta un bref regard vers la cuisine...

    "Adrix...? Au sujet de tout à l'heure... Je... Je suis désolé. Je ne sais pas ce qui m'a pris... C'était... Enfin... De ce que j'en sais... Je crois que c'est normal... enfin pour un cou... euh deux personnes dans cette situation. Un homme, une femme enceinte. Aalana, une amie que j'ai aidé durant sa propre grossesse m'avait parlé de ça. Elle disait que c'était à cause de la place des bébés dans son corps et que du coups ça créait une réaction pour répondre à ces envies. Ce qui la rendait plus attirante. Enfin je crois... Ah c'est confus dans ma tête, j'ai du mal à penser... Enfin... Tout ça pour dire que si tu as besoin de quoi que se soit, même si ça doit te gêner ou me gêner... N'hésite surtout pas. Je connais ma place, je ne faillirai pas à notre amitié. Elle m'est très chère. Je sais où est ma place. Et si besoin est, je saurai très bien faire la part des choses durant cette période éphémère de notre vie. Alors... N'hésite pas, se sont des choses normales et je suis prêt à les accueillir... Ou prête comme cela t'arrange puisque... je suppose que tu sais."


Il venait de baisser les yeux après avoir raconté tout ça... il en venait aux faits, honteux et honteuse à la fois... Adrix était la seconde personne à connaître la vérité après son premier maître. En quoi avait-il le droit de prétendre à ce qu'il venait de dire? Pourtant, Adrix ne l'avait pas rejeté ni abandonné pour autant. Pour Dormin aussi, ses émotions jouaient au yoyo, c'était un joyeux bazar là dedans. Il ne savait plus sur quel pied danser... Son coeur se serra dans sa poitrine. Il avait l'impression d'être un hideux monstre de foire, ainsi mis à nu.

    "Tsss, pardon, je raconte n'importe quoi, je ne sais même plus ce que je dis, j'ai l'air d'un bel idiot maintenant."


Oh que oui! En voulant s'échapper et faire oublier sa seconde tentative de toucher le ventre d'Adrix, Dormin s'était empêtré en se débattant comme un beau diable. Il avait paniqué, pris la main dans le sac. Il restait crispé à nouveau sur sa chaise, le regard rivé vers la cuisine, rouge pivoine, tremblant de peur.

    "Au fait... Merci pour tout à l'heure... Ça m'a fait du bien... Beaucoup de bien."


Un léger sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu'il regardait ailleurs. Il lui était très reconnaissant de ne pas l'avoir laissé seul face la tempête. Cette première marque d'affection lui avait sorti la tête hors de l'eau. Il lui était très reconnaissant et très touché.
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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Sam 4 Aoû - 23:53

Ce qu'il y a bien avec les Saints, c'est qu'ils sont plus quiconque habitués à obéir à des ordres absurdes. Après tout, rien n'était plus aberrant dans son existence que le Sanctuaire dont le moindre aspect revêtait une logique si singulière qu'elle devait échapper à la simple compréhension du mortel qu'était Adrix. Bien qu'il ait jadis fait parti de leurs rangs, l'ex Poisson n'avait jamais pu supporter cet aspect pour le moins "soumis" des protecteurs d'Athéna envers le déesse, prêts à se plier en quatre pour elle sans aucune autre justification. Ou alors était-ce simplement la nature profonde du rouquin que d'être trop serviable pour son propre bien ? Le blondinet le savait, il n'avait pas été des plus courtois dans sa requête. En fait, il avait même été rude considérant leur situation actuelle à tous deux. Et pourtant, voilà qu'on le portait au lit telle une princesse fragile et délicate. A la place du Capricorne, le "Dieu" était certain qu'il aurait envoyé paître l'impoli, et lui avait été esclave !
Alors que Dormin partait satisfaire les besoins de sa "dulcinée" involontaire, cette dernière restait là, à fixer le plafond d'un air songeur. L'Irréel était... fatigué. Harassé comme il ne l'avait jamais été. Ni les entraînements de son maître ni même les combats de la Guerre Sainte n'avaient puisés dans ses ressources à ce point, tant celles de son corps que de son esprit. Et pourtant, malgré cet épuisement, il ne pouvait se laisser aller à un sommeil réparateur. Les nuits douces n'étaient plus pour lui... Comment aurait-il pu devenir résident du monde des songes dont il était le maître ? S'y laisser emporter serait se mettre à la merci de ses frères, ou pire, de ce dément qui se présentait comme son père. Et il ne savait que trop bien ce que cela pouvait entraîner. S'endormir rimait désormais avec un néant infini, une obscurité froide où son âme était bercée par une solitude lancinante. L'expérience était trop éprouvante, et trop peu reposante pour valoir le coup. En temps normal, veiller ne lui posait aucun soucis, son statut divin lui épargnant les tourments mortels... mais c'était différent aujourd'hui. Sa santé mentale allait-elle tenir jusqu'au bout ?! Ou, ce qui l'inquiétait plus encore, en avait-il vraiment quelque chose à faire ? Doucement, il passa une main sur ce ventre qui lui servait de fardeau, le caressant d'un geste affectueux dans lequel il ne se reconnaissait pas. Non, il tiendrait au moins jusque là. Il n'avait ni expérience ni talent en tant qu'éducateur, mais il refusait d'abandonner sa progéniture aux mains des vautours qui voudraient s'en emparer. Quand bien même ils étaient le fruit d'une union in désirée, ils méritaient une chance d'exister normalement.

Son esprit comateux vagabonda au hasard de ses souvenirs, au temps de sa mortalité. La servitude avait ses bons côtés. En ce temps heureux, il vivait avec un être aimant, nul ne le forçait à devenir une femme, à mourir pour une cause en laquelle il ne croyait pas, et encore moins à porter la vie là où sa nature même repoussait cette possibilité. Il n'avait qu'à obéir, satisfaire les besoins de son maître et pouvait se coucher le soir avec la satisfaction du devoir accompli, sans penser à la guerre et aux déités jouant avec son destin. Il était tellement plus simple de suivre des instructions que de vivre par soi même. On y perdait en liberté, mais on y gagnait en sérénité... Peut être était-ce là la raison qui motivait les Saints ? Convaincus qu'ils étaient de suivre l'icône de la bonté même, ils pouvaient vivre avec la certitude de lutter pour le Bien Suprême sans pousser le raisonnement plus loin. Cette hypothèse lui semblait cruellement plausible. Adrix ne parvenait pas à saisir le concept de foi autrement que comme un moyen intangible de se reposer sur une entité soit disant supérieure au lieu de faire face à ses responsabilités et d'affronter ses propres démons. Sans Athéna, sans Hadès, sans les Olympiens même, les gardiens du Sanctuaire continueraient-ils à œuvrer pour l'humanité ? Et les spectres à lui nuire ? La réponse à cette question mériterait presque que l'expérience soit tentée... presque.

C'est un Adrix mi-assommé mi conscient que Dormin trouva au retour de sa petite cueillette. Le spectre n'était pas assoupi, il avait juste... pressé le bouton "Stop" quelque part dans son crâne pour éviter la surchauffe. Le rouquin posa le panier de fruits sur la table de chevet, l'androgyne fixa les fruits rouges avec une pointe de surprise. Sérieusement ? Il avait réussi à trouver ça ?!

"Je... J'ai fait pousser ça pour toi. Les fraises sont belles, par contre je n'ai que des fèves de cacao à te proposer... C'est un peu fort et amer. Je ne sais pas si tu aimeras."


-Ah euh oui oui merci.


Oui, après tout, de la part de quelqu'un capable de donner vie à une théière, être surpris qu'on puisse accélérer la croissance de fraisiers aurait été stupide. Il avait encaissé plus improbable sans broncher. Pourquoi avait-il réclamé des fraises déjà d'ailleurs ? Sur le coup, le fruit lui avait semblé une évidence, mais maintenant qu'il y repensait, il n'y avait aucune raison pour privilégier cette denrée plutôt qu'une autre. M'enfin, tant qu'à être là. Il s'en saisit délicatement et ne fit qu'une bouchée de la petite bouboule rouge avant de s'attaquer aux fèves de cacao. C'était un peu amer oui, mais il avait le pressentiment inexpliqué qu'au moins, ça, il ne le régurgiterait pas dans la seconde. Un peu du cosmos du Capricorne transpirait au travers des plantes dont il avait aidé la croissance.

*Vous avez intérêt à apprécier le cosmos de "papa" vous là dedans...*

Les deux êtres qui grandissaient dans les tréfonds de ses entrailles étaient gavées de sa propre énergie. Aussi, il était quasi certain qu'ils étaient déjà horriblement capricieux avant même leur naissance, ce qui expliquerait aussi pourquoi toute nourriture ingérée créée à partir de ses pouvoirs repartait aussi sec dans l'autre direction. Ils souffraient peut être d'un trop plein du pouvoir de l'Irréel pour leur petit organisme et ne supportaient pas une dose supplémentaire.
Concentré sur ces réflexions alimentaires, Adrix ne remarqua même pas le geste discret de Dormin pour effleurer sa panse gonflée par les rejetons affamés. Ce n'est que lorsque le rouquin reprit la parole que l'androgyne reporta son attention sur lui. L'ambiance était... bizarre.

"Adrix...? Au sujet de tout à l'heure... Je... Je suis désolé. Je ne sais pas ce qui m'a pris... C'était... Enfin... De ce que j'en sais... Je crois que c'est normal..."

*De quoi il parle exactement là ?*


*Don't ask me*


Il s'était passé suffisamment de choses en une journée pour que la demoiselle engrossée ait un peu de mal à cerner quel était exactement le problème. Les candidats potentiels à ce poste étaient bien assez nombreux pour brouiller les pistes.

"enfin pour un cou... euh deux personnes dans cette situation. Un homme, une femme enceinte."

Adrix faillit avaler son cacao de travers alors qu'une certaine chaleur gagnait ses joues.

*J'aime la tournure que ça prend !*

*Moi pas !*

"Aalana, une amie que j'ai aidé durant sa propre grossesse m'avait parlé de ça."


*Ce type est un génie, il commence à te parler d'une autre, enceinte, avec qui il était intime. Pure gé-ni-e.*


"Elle disait que c'était à cause de la place des bébés dans son corps et que du coups ça créait une réaction pour répondre à ces envies. Ce qui la rendait plus attirante."


*Parfait, il la trouvait attirante en plus. GE-NI-E. Tu le baffes maintenant ?*

*Mais ferme la bon sang !*


Ce n'était pas tant le discours inutile de Phantasos mais l'orientation de plus en plus évidente que prenait cette tirade qui faisait gagner des couleurs à l'androgyne.

"Enfin... Tout ça pour dire que si tu as besoin de quoi que se soit, même si ça doit te gêner ou me gêner... N'hésite surtout pas. "

*WHAT ?!*


*WHAT ?!*


*Wouhou !*

*...*


*Ben quoi ?*

"Je connais ma place, je ne faillirai pas à notre amitié. Elle m'est très chère. Je sais où est ma place. Et si besoin est, je saurai très bien faire la part des choses durant cette période éphémère de notre vie. Alors... N'hésite pas, se sont des choses normales et je suis prêt à les accueillir... Ou prête comme cela t'arrange puisque... je suppose que tu sais."


Le cerveau d'Adrix rata un virage. Est-ce qu'il était vraiment en train de lui proposer de.... de.... Et ces sensations bizarres qu'il avait depuis quelques temps, c'était donc ça l'origine ? Au fond de lui son corps voulait... voulait...
Il fallait qu'il trouve quelque chose à répondre. Quelque chose d'intelligent, de pertinent, en accord avec la révélation des plus intimes que venait de lui faire son ami.

-.............. J'suis censé accorder les adjectifs comment avec toi du coup ? °°"


Ou alors il pouvait aussi sortir la première bêtise qui lui traverserait l'esprit pour sobrement éviter le problème. A vrai dire, la véritable nature de Dormin ne le dérangeait pas. Elle le surprenait, oui, mais il était lui même beaucoup plus poussé dans le mélange des genres. Homme et femme ne se différenciaient au fond que par certains traits physiques, son éternel ressemblance avec Eleonor, et ses transformations récentes l'en avaient largement convaincues, quand bien même il tenait toujours à son enveloppe de mâle. Que le Capricorne possède certains attraits des deux sexes n'était pas plus dérangeant que lui qui les possédait tous, et à loisir.
Mais là, il ne savait plus du tout où il en était. Sa poitrine était devenue le réceptacle d'une véritable tempête d'émotions, et son état n'arrangeait rien. Elles s'entremêlaient, se fondaient et se séparaient à la fois. Que ressentait-il à l'égard de son ami ? Oui, de l'amitié de ça il était certain, une grande confiance aussi, mais il n'avait jamais envisagé quelque chose d'aussi... charnel ? Il ne savait plus s'il était censé fondre en larmes, exploser de rire, lui coller une gifle ou bien les trois à la fois. Son ciboulot perdu opta pour le bug.

"Tsss, pardon, je raconte n'importe quoi, je ne sais même plus ce que je dis, j'ai l'air d'un bel idiot maintenant."


Oh non, le voilà qui s'embarrasse en plus ! Pourquoi ce genre de scénario se répétait-il sans arrêt depuis leurs retrouvailles ?!

"Au fait... Merci pour tout à l'heure... Ça m'a fait du bien... Beaucoup de bien."


C'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Le blondinet prit une lente inspiration. Il devait remettre un peu d'ordre dans le flux troublé de ses pensées. S'il continuait à tenter vainement de réfléchir dans cet ouragan, alors il ne parviendrait à rien. Dans le meilleur des cas, il trouverait une réaction qui, non contente de ne pas être la sienne, pourrait aggraver la situation. Il ne savait que faire, alors quitte à merder, autant le faire de façon naturelle.
Lentement, avec des précautions infinies, Adrix se redressa et franchit la distance qui le séparait de son "garde du corps" du moment. Malgré les mille et une choses que lui criait son instinct, de fuir, de ne pas venir auprès de celui qui l'avait souillé, même contre son gré, il posa une main délicatement sur sa joue... et lui colla une gifle monumentale.

-Ca c'est pour les excuses inutiles.

Et une de la main gauche aussi tiens.

-Celle là, c'est en anticipation de la prochaine.


Les deux mains posées sur les joues endolories, il resserra sa prise, monta sur la pointe des pieds et sans crier garde posa ses lèvres sur celle de Dormin pendant quelques secondes qui lui semblèrent durée une éternité avant de se détacher, presque à contrecœur, faisant de son mieux pour ignorer l'air choqué d'Eleonor et l'hilarité constante de Phantasos.

-Et ça c'est pour répondre à la première question
.

Et de nouveau, il tendit son majeur vers le plafond.

-Et celui là c'est pour celui qui doit être en train de se marrer quelque part.


Et enfin, de retour sur Dormin, son visage ayant prit une teinte pivoine du plus bel effet.

-M.. Mais t'as pas intérêt à mal interpréter ça sinon tu... tu t'en prend une troisième hein !
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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Dim 5 Aoû - 2:44

    "Je..."


Je suis un imbécile... Je suis stupide. Ses joues endolories déjà rougies par le sang influant dans ses dernières ne lui permirent pas d'apprécier la chaleur que lui arracha ce baiser. Le rouquin, le regard fuyant et légèrement humide tant de douleur que d'émotion, recula contre le mur de sa chambre, se laissant tomber contre celui-ci. Toujours debout, il inspirait et expirait profondément par le nez pour se calmer. Se prendre deux gifles d'une telle intensité n'avait rien d'agréable. Cependant, oui, elles l'avaient aidé à reprendre contenance. Et ce n'était peut-être pas une très bonne nouvelle.

Il soupira, soufflant son stress loin de lui et s'arracha au contact du mur pour se dégager de là, passant devant l'ex-poisson sans mot dire, lui tapotant juste l'épaule comme il l'aurait fait à l'époque il avait encore ses traits d'homme. En se faisant, il lui signifiait qu'il avait bien compris le message. Il ne s'attarda pas cependant et se dirigea vers la cuisine où s'installa sur le tabouret préparé plus tôt et qu'il n'aurait pas dû quitter. Assis là, il observa la cuisson du dîner qui allait encore prendre quelques instant à cuire. Son odorat allait lui être très utile et au moins, se concentrer là dessus lui permettait de penser à autre chose.

Comment s'était-il retrouvé embarqué là dedans... Non... comment s'était-il retrouvé à vivre ce moment improbable de tout à l'heure. Quel abrutis de rouquin je fais pensait-il. Il méritait ces gifles, il avait agit par pure panique. Il n'était pas lui même. Dormin avait besoin d'un moment pour reconnecter ses idées. Un moment rare où il ne pensait à rien. Lorsqu'ils passèrent à table, il resta très silencieux, se contentant de service son invité et de manger. Le Saumon était une réussite, Dormin devenait bon en cuisine à force de pratique. Il débarrassa la table et proposa à Adrix de prendre un bain pendant qu'il faisait la vaisselle et préparait la chambre. Se furent ses premiers mots depuis tout à l'heure et il s'en était tenu au stricte minimum.

Il attendit que le blondinet quitte la pièce pour se mettre à l'ouvrage, frottant assiette et couvert. Il n'avait fait aucun commentaire sur l'appétit que pouvait avoir ou non son camarade. Dormin avait encore trop honte de son propre comportement et continuait à s'auto-sanctionner intérieurement. Curieusement il avait encore plus envie de se puncher la tronche pour se forcer à arrêter. Tah! Une gifle virtuelle serait sûrement suffisante et s'agiter lui permettait de se défouler un peu.

Dormin rangea ses appartements, changea les draps, attrapa une bassine et une cruche d'eau qu'il mit près du lit à disposition d'Adrix et prépara ses propres affaires pour demain ainsi qu'un drap de bain et sa tunique de nuit. D'ordinaire il dormait torse nu, mais la perspective de se dévoiler ainsi le gênait beaucoup, bien que se soit déjà fait. Et il ne tenait pas à incommoder son compagnon plus que ça. Il patienta, le temps que l'ex-poisson sorte du bassin et l'accueillit avec un sourire un peu plus franc et serein.

    "J'ai préparé les appartements pour tout ce dont tu aurais besoin. Cependant, je n'ai qu'un lit. Je dormirai sur le côté gauche en évitant de te gêner, comme ça si tu as besoin de quoi que se soit, tu peux me réveiller. J'ai pensé à dormir aux pieds du lit, mais j'avais trop peur d'être désagréable le lendemain et j'aurai besoin de toute mon énergie pour être efficace. Bref, je parle trop, je vais prendre mon bain, mets toi à l'aise, je reviens."


Il se leva, ses affaires dans les bras et passa à côte de lui. Arrivé à sa hauteur, il leva la main et vint lui ébouriffe les cheveux en riant, lui adressant un sourire complice comme il n'y en avait pas eu depuis 1300 ans. Like a old good Dodo back from 450. Il quitta la chambre et alla s'enfermer dans la salle d'eau. Il entra dans ce bain encore frais et plongea la tête sous l'eau. Aaaah, après l'effort, le réconfort et le monde du silence s'offraient à lui. Là, sous la surface, il se sentait bien. Il resta une bonne demie heure à faire sa toilette avant de sortir de là et de revenir en tenue de nuit, le drap de bain sur les épaules, les cheveux encore humides. Il se sécha les cheveux, assis dans la cuisine, profitant encore un peu de la fraicheur de l'été naissant avant de revenir à la chambre. Il posa le drap humide sur le dossier d'une chaise et entra dans le lit, se calant tout à gauche, à moitié au bord, un bras coincé sur le côté, l'autre sous l'oreiller. Ainsi, il tournait le dos à Adrix et s'empêcherait de bouger durant la nuit.

    "Bon... Et bien... Bonne nuit?"


Il se lova à peine contre son oreiller, laissant une ou deux minutes passer pendant lesquelles il réfléchit encore un peu. Finalement, il reprit la parole.

    "Adrix?... Je te fais la promesse de tenir cet étrange rôle de semi compagnon jusqu'à ce que tu n'en ais plus besoin. Une fois le moment de ta délivrance venu, je m'éclipserai. M'en tenant au rôle de père de ces enfants. Je te le promets."


Il se sentit ensuite somnoler et tenta de trouver le sommeil, essayant de ne pas plonger trop profondément pour rester un minimum alerte. Il se savait difficile à lever.
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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Lun 6 Aoû - 0:02

Mais qu'est-ce que... qu'est-ce qu'il venait de faire au juste ?! Le Poisson avait cessé d'en faire appel à ses méninges pendant une poignée de secondes, et quand il revenait à lui, c'était pour se découvrir en train d'échanger un baiser loin d'être amical avec Dormin. Alors que le Capricorne, confus, s'échappait de cette scène incongrue en le saluant d'une tape virile sur l'épaule, Adrix resta planté là comme un mérou au départ d'un 100 mètre haies. Tant la réaction de son ami que ses propres actions l'embrouillaient complètement. Comment ?! Pourquoi ?! Avait-il juste obéit à un instinct purement... animal nait de sa condition ou bien était-ce là l'expression de ce qu'il désirait vraiment ? Venait-il de commettre une grave erreur ? Une maladresse qui allait mettre leur amitié encore plus à mal qu'elle l'était déjà ? Au milieu du typhon confus d'émotions qui parasitaient son esprit, la culpabilité prit le dessus. Ce n'était pas censé se passer comme ça ! Il n'avait aucune idée de la tournure qu'il aurait voulut que les choses prennent, mais certainement pas celle là ! L'incohérence de son comportement devait causer l'hilarité de son bourreau, et peu importe combien sa haine à son égard était profonde, il ne pourrait que lui donner raison. L'androgyne n'arrivait même plus à se suivre. Ca n'aurait d'ailleurs pas été si grave si il ne s'agissait que de cela. Il était fréquent de ne pas percevoir sa propre logique... Mais son attitude changeante et ses paroles abracadabrantes blessaient le rouquin bien plus que lui. A ce rythme, il allait non seulement détruire les miettes d'équilibre mentale qu'il avait rassemblé, mais aussi le lien solide qui l'unissait au protecteur d'Athéna.

*Je suis en train de tout fouttre en l'air..... ET JE TE DEMANDE PAS TON AVIS*

*Mais... mais j'ai rien dit !*


Maudite grossesse, maudite psyché humaine si fragile, maudite volonté trop instable et maudit Hypnos qui l'avait mit en face de tant de tourments. Rejeter la faute sur d'autres avait un effet aussi apaisant qu'inutile. Il pouvait cracher à la figure de toutes les entités de l'univers, ça n'allait pas résoudre son problème. Ce n'était qu'un moyen de fuir la responsabilité, comme avec cette foi qu'il critiquait avec tant de verve. Il faisait les mêmes erreurs que ceux qu'il regardait d'ordinaire de haut.
Le Gold Saint décédé marcha d'un pas mou vers l'extérieur où une pluie battante continuait de déverser ses eaux sur les terres arides du Sanctuaire. Il resta planté là, une main sur le front, à laisser les gouttes s'écouler en petites rigoles le long de ses cheveux et sa tunique. Il avait toujours eut un bon feeling avec l'élément aqueux. Peut être un reliquat de ses anciens pouvoirs, il se sentait apaisé lorsque baigné par les flots, comme si cette averse avait le pouvoir de le laver de ses soucis. Mais cette fois, tout ce qu'elle pouvait faire, c'était calmer sa migraine.

L'ambiance pendant le reste de la journée fut... lourde. C'était excessivement calme, aucun des deux "amants" improbables n'osant adresser la parole à l'autre de peur d'approfondir la plaie. Ils se contentaient du strict minimum, et le silence pesant qui envahit la Maison du Capricorne s'avérait bien plus puissant que l'ancienne bonne humeur éternelle du Poisson.
Le repas fut du même calibre et ce malgré la qualité de la nourriture. En tant qu'ancien serviteur, et notamment chargé des cuisines, Adrix savait apprécié un plat à sa juste valeur. Il n'avait plus mit la main aux fourneaux depuis des lustres, mais les vieilles références restaient les inchangées. Son appétit, de son côté, n'avait pas vraiment souffert de ses états d'esprits. Faisant fi de la délicatesse et de la grâce qui aurait été de pair avec son allure, il engloutit en un rien de temps plus de denrées qu'aucun humain normal ne pourrait se le permettre sans exploser. Il avait trois estomacs à combler, en plus du sien, et les enfants à naître avaient au moins hérités de la voracité maternelle. Trop douteux pour osé ne serait-ce que complimenter Dormin sur ses qualités de chef, Adrix vit dans l'idée du bain un échappatoire idéal.
Voilà, si la pluie n'avait pas suffit, alors peut être faire trempette lui permettrait de mettre un peu d'ordre dans sa boîte crânienne. L'eau chaude était un luxe, une sensation presque paradisiaque. Il y resta de longues minutes, faisant de son mieux pour faire le vide dans sa tête une fois encore. Il devait reprendre le contrôle de son être, comprendre les mécanismes qui l'agitaient sans cesse comme une vulgaire marionnette. S'il pouvait saisir ces émotions nouvelles qui le contrôlaient, alors peut être arriverait-il à les combattre.
La situation était des plus absurdes, chacun des chevaliers étant persuadé que sa stupidité faisait du mal à l'autre, mais aucun n'avait la présence d'esprit de régler le malentendu. Ils tournaient autour du problème comme deux danseurs autour d'un feu de joie. Et cette petite valse risquait de finir en tango funèbre si les choses suivaient leur cours.

C'est revêtu d'une chemise de nuit peu adaptée à ses nouvelles courbes que le Poisson rejoignit le rouquin dans sa chambre. Et ce qu'il y entendu eut le mérite de balayer tous les efforts de reprise de contrôle précédents.

"J'ai préparé les appartements pour tout ce dont tu aurais besoin. Cependant, je n'ai qu'un lit. Je dormirai sur le côté gauche en évitant de te gêner, comme ça si tu as besoin de quoi que se soit, tu peux me réveiller. J'ai pensé à dormir aux pieds du lit, mais j'avais trop peur d'être désagréable le lendemain et j'aurai besoin de toute mon énergie pour être efficace. Bref, je parle trop, je vais prendre mon bain, mets toi à l'aise, je reviens."

Se montrer relativement peu vêtu le gênait déjà plus que nécessaire, mais en plus ils allaient partager la couche ?... encore ?! La dernière fois qu'ils avaient eut un lit pour deux, ca n'avait pas vraiment été une bonne nouvelle, et c'est tout juste si Adrix ne s'attendait pas à découvrir un Dieu du Sommeil ricanant dés qu'il ferait volte-face. Est-ce qu'il subissait une suite de vilains hasards ou bien son destin était-il vraiment manipulé par une entité à l'humour douteux qui se ferait un plaisir d'écrire le fil de sa vie comme d'autres se contentent de lettres et qui n'aurait pas meilleur passe temps que de lui pourrir l'exi... hmhm

*Naaan, c'est ridicule*


Le comportement plus familier de Dormin le rassurait pourtant. C'était une sensation qu'il n'avait plus connu depuis des siècles, un retour à leur amitié plus simple, plus franche, celle qu'ils partageaient au temps des déjeuner prit sur le toit du Temple du Poisson un après midi ensoleillé. L'Irréel prit place dans la couche, se serrant presque exagérément sur le rebord. Il guettait d'un œil nerveux les chandelles et les chaînes dorées qui pourraient soudain surgir du néant pour se saisir de lui. Il se fit aussi un devoir de ne pas jeter un coup d'œil direct à son camarade sortant de sa toilette. Il était habillé, aucun doute là dessus, mais une petite voix soufflait à Adrix que moins il effectuerait de contact direct pour le moment, mieux il parviendrait à maintenir les rennes de son organisme en effervescence.

"Bon... Et bien... Bonne nuit?"

Il s'entendit bredouiller une réponse

-Bonne nuit...


Il n'avait pas osé lui dire qu'il lui était impossible de trouver le sommeil. Il n'allait pas dormir, au mieux il se reposerait, et la présence de quelqu'un à sa confiance apaiserait ses tourments, mais ronfler paisiblement était hors de ses possibilités. Il n'avait pas envie de faire ressortir davantage encore les différences qui existaient entre lui, devenu Dieu, et Dormin qui était toujours un mortel. Il était suffisamment mal à l'aise sans enfoncer le clou avec ce genre de détails. Il avait prit l'habitude de ces nuits à rester immobile, les yeux clos sans se laisser glisser pour autant. C'était comme une poursuite éternelle vers une sieste impossible à atteindre.
Adrix pouvait sentir son rythme cardiaque jouer au yoyo.

*Raaaaah, ferme la !*

*Mais... on a rien dit*


*Pas toi ! Enfin, si, toi aussi ! Raaaah*

"Adrix?... Je te fais la promesse de tenir cet étrange rôle de semi compagnon jusqu'à ce que tu n'en ais plus besoin. Une fois le moment de ta délivrance venu, je m'éclipserai. M'en tenant au rôle de père de ces enfants. Je te le promets."


Les dernières paroles eurent l'effet d'un sceau d'eau glacé dans la figure. Oui, après tout, c'est bien ce qu'il lui avait demandé non ? Ce qu'il avait dit explicitement, de ne pas mal interpréter tout ça. C'était ce qu'il voulait n'est-ce pas ? N'est-ce pas ?

*Raaaaaaaaaaah*


Qu'est-ce qui lui arrivait bon sang ?! Il n'avait jamais eut affaire à ce genre de situation, personne ne lui avait appris à les affronter, aucune figure parentale pour lui expliquer le pourquoi du comment. Il avait beau être immortel, son existence en tant qu'être humain avait été relativement courte. Sur cet aspect de la vie au moins, il était encore immature, guère mieux qu'un enfant... Et ironie du sort il en avait déjà deux pourtant des enfants. Il serra plus fort son oreiller et marmonna tout bas à lui même, espérant que Dormin n'avait pas l'ouïe trop fine pour l'entendre.

-"S'éclipser" hein ?... Espèce d'abruti...

Il résista à l'envie de lui mettre un coup de pied au derrière, mais se contenta de se rapprocher du centre du lit, l'air de bouder.
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Dormin


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Lun 6 Aoû - 1:20

Musique

Le sommeil répondit à l'appel de Dormin qui se sentit partir au pays des songes dans un état pourtant presque semi conscient. Au sens où il ne dormait pas de façon conventionnel. Oui, il savait qu'il était difficile à réveiller, mais ce dont il ne s'était jamais rendu compte, faute qu'on le lui dise, c'est qu'il avait le sommeil animé. Le rouquin passa deux bonnes heures calé sur le rebord du lit avant de commencer à s'en décrocher. Il se retourna dans le lit, se lovant contre son oreiller en faisant face à Adrix, soufflant doucement entre ses lèvres. Il avait l'air de dormir paisiblement. On avait peine à croire qu'il vivait une épreuve aussi délicate que cette situation improbable. une main ouverte près de son visage, l'autre sous l'oreiller. Ses longues mèches de cheveux rouge bordant son visage et tombant sur ses épaules.

    "Je m'éclipserai..."


Souffla-t-il dans son sommeil. Oui! Dormin faisait parti de ces gens qui parlent dans leur sommeil et sont capable de tenir une conversation plus ou moins cohérente sans en garder le moindre souvenir. Visiblement, il était déjà en train de rêver et songeait à la promesse faite à son ami avant de dormir. Cette dernière le travaillait-il lui aussi? Visiblement oui. Il était en train de réfléchir dans son rêve à différentes situations découlant de la présente. Comment devait-il réagir? Où était sa place? Et surtout... Lui... que pouvait-il faire? Que VOULAIT-il faire? Une famille... Il allait avoir une vraie famille à lui... Outre la peur qu'engendrait le fait que lui et Adrix soient passé par le pire, il sentait quelque chose d'autre monter en lui. Il était... Heureux?

Heureux pour plusieurs raisons. Il allait être parent de deux enfants. SES enfants à lui, la chaire de sa chaire, son sang coulant dans leurs veines. Ouah... Il n'aurait jamais cru cela possible un jour. Il sentit un sourire naitre sur son visage, sincère et rayonnant. L'optimisme de Dormin reprenait le dessus grâce au pouvoir de la négation. Il ne s'est rien passé, vous n'avez RIEN VU! Oui bon peut-être un peu, mais finalement, c'était fait. Alors autant aller de l'avant non? Et si on pouvait y prendre un peu de plaisir après tout, il n'était pas encore totalement masochiste après tout.

Mais restait Adrix... Le rouquin n'avait pas peur pour leur amitié. Quoi qu'il arrive, il resterait près de lui autant qu'il en aurait besoin. Mais si on parlait beaucoup des besoin du blondinet, on négligeait ceux du père en devenir. Dormin était si soulagé de revoir son camarade après plus d'un millénaire. Mais à présent, il n'appartenaient plus au même monde... Il était devenu un spectre. Pire! Un dieu du rêve... Ceux qu'il était supposé combattre. Dormin perdit son sourire, soudain préoccupé. Non... Il ne voulait pas combattre Adrix. Il ne voulait pas lui faire mal.

Et avec ce qui leur tombait dessus, leur relation avait évoluée. D'ailleurs, Adrix connaissait à présent son secret. Aussi s'était-il détendu, retirant son masque et cessant de jouer un rôle. Pour la première fois depuis 1314 ans, il pouvait agir de façon naturelle et donc plus féminine et légère qu'à l'ordinaire. Après tout, Dormin était aussi une femme, même à moitié. Et il était soumis aux règles d'Athéna qui disait que les femmes chevaliers se devaient de porter un masque. Si une femme chevalier était vue à visage découvert, deux choix s'offraient à elle... Soit tuer l'homme en question ou en tomber amoureuse. Si pour Hypnos le choix était vite fait, bien que difficilement gérable... Pour Adrix... C'était plus délicat. Certes, Dormin n'avait pas à se tenir à cette règle ni à la prendre au pied de la lettre mais il n'en était pas loin. Adrix était son ami, pas son amant après tout, malgré les apparences. Et il doutait que le blondinet soit enclin à une idylle amoureuse avec qui se soit et surtout pas lui... Aussi tiendrait-il ses distances pour ne pas se brûler les ailes. Il le soutiendrai du mieux qu'il pourrait et tan pis si lui devait y laisser des plumes.

Mais maintenant qu'il faisait face à son camarade, il était dérangé par ce qui émanait de lui. Un tas de sentiments contradictoires perceptibles dans son cosmos. Et surtout, il le sentait contrarié, l'imaginant bien râler et pester comme à son habitude.

    "Pourquoi... es-tu contrarié...?"


Il marqua une courte pause pendant laquelle sa main vint chercher doucement, un peu à taton, la joue du blondinet du bout des doigts.

    " Shh, j'ai pas dit que je disparaitrai, je reste ton ami, non? Je ne m'éclipserai pas au sens où je sortirai de ta vie. "


Sentant la détresse de son compagnon, il s'approcha doucement de lui pour lui offrir un contact rassurant, posant son front contre le sien comme deux amis très proches, innocemment.

    "je serai toujours là pour toi, petit poisson."


Il déposa un baiser sur son front avant d'y reposer le sien, passant sa main dans ses longs cheveux d'or. Dormin avait toujours aimé les cheveux longs. Et ceux d'Adrix étaient si doux et soyeux. Il en aurait presque été jaloux, lui et ses cheveux ondulés. Il peinait à les lisser et ils étaient moins brillants. Il passa sa main dedans, d'un geste régulier pour calmer son camarade et l'aider à se détendre.

    "Alors ne sois pas triste, j'agirai juste comme l'ami que j'étais avant et que je reste. Tu auras juste l'affection et les égards d'un compagnon en moins. Je prendrai juste mes réserves, comme si de rien n'était pour revenir à la place qui est mienne. Car tel est ton désir, n'est-ce pas?"


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Adrix


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Jeu 9 Aoû - 16:28

Comprendre à quoi l'Irréel était enclin avait de tout temps été une tâche dantesque, et ce bien avant qu'Adrix lui serve d'hôte. Cependant, depuis que le blondinet tenait les rennes de leur identité divine, même Phantasos devait s'admettre vaincu en matière de confusion. L'androgyne n'arrivait pas à faire le point sur ce qu'il voulait, ce qu'il désirait ou ce qu'il pensait. Ces hormones jouaient avec son tempérament, troublant son jugement, et la succession fiévreuse d'évènements plus bizarres les uns que les autres lui brouillaient la vue. Et cela l'inquiétait. Il était à une période de sa vie où il allait devoir prendre des décisions, beaucoup de décisions dont certaines pourraient avoir un impact irréversible sur son devenir. Mais comment être pertinent dans ses choix dans des conditions semblables ?! C'était comme tenter de jouer au funambule lors d'un tremblement de terre, ça ne se faisait tout simplement pas... a moins d'apprécier les chutes douloureuses. Sauf que dans son cas, la corde c'était Dormin, et il pouvait difficilement se dérober à cette acrobatie là.
Ils partageaient une couche, ce seul fait l'aurait fait sauté au plafond il y a 1300 ans de cela. Mais alors le reste... Il se demandait comment il réagirait s'il pouvait avertir son alter égo du passé de tout ce qui allait lui tomber sur la figure ? Aurait-il éclaté de rire devant l'absurdité du mensonge ? Aurait-il fait un arrêt cardiaque ? Peut être aurait-il cherché à changer son destin dans tous les moyens. Oui, c'était davantage dans son tempérament d'éviter de se laisser dicter sa conduite, quand bien même elle l'était par lui même surgissant d'une autre époque. Qu'aurait-il fait différemment ? Peut être fuir le conflit qui lui avait coûté la vie ? Naaan, il lui serait impossible de se regarder dans le miroir après un acte d'une telle couardise. Renoncer à ses retrouvailles avec son camarade pour s'épargner le calvaire ? Oui c'étai..

*Mais pourquoi je perds du temps à réfléchir à ça ?!*

*Je peux tordre la réalité, mais le voyage dans le temps n'est pas de mon ressort tu sais. Y avait bien un Titan qui faisait ce genre de choses je crois mais...*

*C'est bon c'est bon j'ai compris merci.*

Il essayait juste de s'occuper l'esprit avec autre chose que sa situation actuelle. Allongé sur ce lit, certes confortable, mais incapable de vraiment s'y reposer, la nuit promettait d'être longue, très longue.

"Je m'éclipserai..."

Les mots répétés en écho arrachèrent un frisson au blondinet. Quoi ? En plus il causait pendant son sommeil le Capricorne ? Quitte à parler dans ses rêves, ne pouvait-il pas au moins choisir des élocutions un peu moins déprimantes que cette sinistre promesse de disparaître doucement une fois le travail accompli ?! Et à quoi pouvait-il bien rêver d'ailleurs ? Sans doute pas à un champ de coquelicots et de roses comme la dernière fois.

*Tu veux qu'on jette un œil peut être ?*

*Certainement pas*


Malgré sa curiosité, il avait promis de ne pas user de ses pouvoirs. Et puis... il avait déjà donné en matière de pénétration illicite de son intimité. En matière de pénétration tout court aussi d'ailleurs. Il faisait même taire sa capacité à lire dans les âmes, de peur que se laisser entraîner malgré lui dans le monde onirique de son voisin. Si Phantasos avait une maîtrise parfaite de ses capacités, Adrix en était encore à un stade plus expérimentale, et il ne fallait pas compter sur le Dieu pour lui éviter ce genre de désagréments.

"Pourquoi... es-tu contrarié...?"

Pourquoi était-il contrarié ? Non ? Vraiment ? Fallait-il qu'il sorte la liste complète ou un bref résumé suffirait-il ? Il était bloqué dans un corps de femme, enceinte contre son gré, son organisme était malmené par cette expérience contre nature, son père était un malade mentale, il était mort et assumait un statut divin qu'il avait en horreur, et même ses émotions étaient dans un état si lamentable que c'en était presque drôle. Des raisons pour rouspéter il en avait plus qu'une bonne part de l'humanité, mais ce n'était pas ça le problème. Il pouvait porter son lot d'emmerdes et la boucler. Non, ce qui le mettait hors de lui c'était son propre comportement, ses propres envies contradictoires.
La main de Dormin se posa sur sa joue, et malgré le tressaut de frayeur que ce geste d'affection envoya au travers de tout son système nerveux, il n'eut pas la foi de la repousser. Il n'avait plus la foi de faire grand chose à vrai dire.

" Shh, j'ai pas dit que je disparaitrai, je reste ton ami, non? Je ne m'éclipserai pas au sens où je sortirai de ta vie. "

Ses yeux s'écarquillèrent, et sans trop savoir pourquoi, cette précision pourtant presque évidente lui fit l'effet d'un gros poids qu'on enlève de sa poitrine.
Les deux fronts se collèrent, les joues d'Adrix prirent des couleurs. L'obscurité l'empêchait d'en distinguer les détails, mais il pouvait sentir le souffle de Dormin sur lui. Leurs visages étaient proches, très très proches.

"Je serai toujours là pour toi, petit poisson."

"Petit poisson"... Dans son état normal, Adrix se serait surement offusqué de la remarque gentillette sur sa taille, ou même d'être encore appelé par un titre de Gold Saint qu'il avait perdu depuis bien longtemps déjà, mais à cet instant précis il n'en avait rien à fouttre. Un main passa dans ses cheveux, le rassurant comme s'il était un enfant ayant peur du noir. Des souvenirs lointains lui revinrent en mémoire, à une époque où il faisait la même chose lorsqu'Eleonor, terrorisée par l'orage, se réfugiait dans son lit... Un temps où ils avaient deux corps séparés et non pas un seul décidément trop bondé.

"Alors ne sois pas triste, j'agirai juste comme l'ami que j'étais avant et que je reste. Tu auras juste l'affection et les égards d'un compagnon en moins. Je prendrai juste mes réserves, comme si de rien n'était pour revenir à la place qui est mienne. Car tel est ton désir, n'est-ce pas?"

Oui, c'était son désir non ? Ce qu'il désirait, c'était conserver une amitié solide, aussi normal que pouvait l'être une relation entre un hermaphrodite et un multi-sexe.

-Je...

Mais alors pourquoi l'approbation à cette ultime question se perdait-elle systématiquement quelque part entre ses cordes vocales et ses lèvres ? Les mots étaient là, mais il refusaient simplement de sortir, de venir mettre les choses au clair une fois pour toute pour passer à la page suivante de cette épopée rocambolesque.

-Je...


Rien à faire, il pouvait y mettre tous ses forces, il n'en sortait qu'une pauvre petite syllabe. Incapable de compter sur sa parole, frustré par cette faiblesse de son esprit, Adrix se blottit contre Dormin, l'enserrant comme sa petite sœur effrayée le faisait autrefois. Il devait l'admettre, lui aussi avait peur. Peur d'avoir une famille, peur d'assumer un rôle de mère hors de sa compréhension, peur de ce qu'il allait devenir, de ce qu'il allait faire, peur de ces sensations bizarres qui pointaient en présence du rouquin et peur de ces pulsions noires, meurtrières et morbides qui s'étaient enracinées en lui face à Hypnos. Il n'était pas aussi gentil que le Capricorne, il ne pouvait pas faire taire ces basses envies de vengeance, et craignait que cette sinistre motivation le grignote peu à peu jusqu'à ce qu'il ne reste de lui rien de plus que la brute assassine que le Dieu du Sommeil espérait voir naître de ses cendres. Alors en attendant, honteux de reconnaître son impuissance face au futur et à lui même.

-Eh dit... J'ai le droit à un caprice ?
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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Jeu 9 Aoû - 20:28

Cette étreinte arracha un frisson au Capricorne. Dormin comme Adrix, malgré les 1300 ans qui les séparaient de leur espace temps natale, restait "jeune". Il lui restait tant à apprendre de la vie, tant à vivre et à voir. On ne pouvait comprendre le sens ni certains aspects de la vie comme ça. Le rouquin était tout autant effrayé que son ami blond. Certes il n'avait pas à supporter les désagréments de cette grossesse directement, mais c'était à lui d'en porter les conséquences et les responsabilités avec l'ex-poisson... Haha... si on lui avait dit qu'un jour il serait lié si étroitement à un gold saint du poisson sans lui donner de détails, le jeune Dormin d'Andromède aurait sûrement été très intimidé et honoré. C'était son signe du zodiaque favoris, de tout temps, il avait toujours admiré cette place. D'où la jalousie qui avait failli coûter à Dormin une rencontre extraordinaire. Est-ce qu'il la regrettait? Pas du tout! Et malgré ce qui leur tombait dessus, il n'effacerait rien pour toute la puissance du monde, même si ça pouvait changer quelque chose... Bon peut-être la rudesse des derniers évènements. Cependant... Ne pouvait-on pas essayer de voir du bon là dedans, pour éviter de souffrir autant? ... Il était trop tôt pour ça. Et pour l'instant, Dormin était confus comme son camarade. Aussi choisissait-il d'arrêter de lutter et de voir comment allait évoluer la situation, pour rester un soutien solide pour lui. Et il n'aimait pas le voir souffrir.

Dormin afficha une expression surprise à la demande d'Adrix. Un caprice? Tiens donc... Curieuse idée. S'il avait été éveillé, il aurait sûrement cligné des yeux. Le rouquin se mit à sourire, visiblement très amusé par cette demande et il se mit à ricaner.

    "J'ai toujours aimé quand tu fais des caprices..."


Exacte, il aimait ça. Adrix avait beaucoup de personnalité et lorsqu'il mettait commençait à en jouer, c'était toujours du plus bel effet. Il avait été impressionné à l'époque de cet aspect effronté qui avait tenu tête au gold saint des gémeaux dans la maison du pope. Ce jour là, lui et d'autres saints lui auraient sûrement fait une ovation si le protocole ne leur imposait pas d'être... sages et respectueux? Solennels? Dormin s'y était toujours appliqué jusqu'à l'entrée du blondinet dans sa vie. A partir de là, il avait pris les choses avec plus de légèreté et leur amitié avait rendu les guerres intestines bien plus légères. Ils s'apportaient l'un l'autre. Et puis... Ce n'est pas comme si il n'avait pas été habitué aux caprices avec Narcisse.

    "Si je puis réaliser ton souhait... Cependant... juste une chose..."


Il s'écarta légèrement, brisant la connexion de front à front. De nouveau cette expression sérieuse réapparut sur son visage, cette fois endormi. Il ne garderait sûrement aucun souvenir de cette conversation, pourtant il réfléchissait tout autant que s'il avait été éveillé. Peut-être était-il plus détendu, plus léger.

    "Je... ne t'appartiens pas."


Même s'il n'avait jamais rien dit, le fait d'avoir été légèrement exploité par Narcisse l'avait blessé et avait laissé des marques dans son esprit. Il se savait trop gentil. Et que, souvent, ça lui jouait des tours... Mais!

    "Mais j'ai confiance en toi, je sais que je peux œuvrer sans crainte."


La confiance était quelque chose que Dormin n'accordait pas pleinement facilement. Le bénéfice du doute oui! Mais la confiance à ce stade là, c'était plus délicat. Et il n'avait pas peur de l'offrir à l'ex-poisson. Après dans son état, il préférait rappeler les règles du jeu. Il n'appartenait à personne, ni aux dieux, ni à son royaume, ni à aucun mortel sinon ces enfants à venir et à la personne qui partagerait sa vie un jour. Même s'il doutait rencontrer cette dernière...

    "Et surtout... surtout... Tu n'es pas seul dans cette histoire. Je ne t'abandonnerai pas. Je serai là en tant que père et là pour toi. Peu importe ce que tu deviendras. Comme toi j'ai peur de ce qui arrivera. Mais nous serons deux pour affronter tout ça. Je suis ton ami. Je ne te tournerai pas le dos, peu importe le futur."


Il passa machinalement son bras libre autour du corps de jeune femme de son ami et le serra contre lui pour le rassurer. L'étreinte n'était pas forte, il ne serrait presque pas son corps contre le sien. C'était une étreinte amicale, voir fraternelle. Seul le contact du ventre d'Adrix contre le sien le fit sourciller, sa main s'arrêtant d'aller et venir un instants dans les longs cheveux blonds. Le rouge lui monta aux joues et c'est intimidé qu'il se recula un peu.

    "Euh... Et quel est ce... Caprice?"
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Adrix


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Ven 10 Aoû - 0:05


"J'ai toujours aimé quand tu fais des caprices..."

Voilà une phrase qui aurait mérité une petite place dans les annales. C'était pour le moins peu commun qu'on complimente Adrix sur sa façon de faire des caprices. En temps normal, on lui reprochait davantage son comportement enfantin qu'on ne l'y encourageait. C'était aussi une des raisons pour laquelle il aimait tant jouer ce rôle d'ailleurs, énerver par son insolence ceux qui s'y croyaient un peu trop avait toujours été un de ses passe-temps favoris. Or, rien n'enrage davantage ceux qui se croient au dessus de tout que de subir les moqueries de ce qui leur apparait comme une andouille. En vérité, non sans une certaine arrogance, l'androgyne se considérait beaucoup plus lucide que la quasi majorité de ses anciennes "victimes", quand bien même son équilibre mentale souffrait ces derniers temps. Savoir prendre le monde et ses tracas avec ironie était la clé pour se garder un morceau de bonne humeur dans cette réalité impitoyable. Une méthode qui avait ses limites, lesquelles se trouvaient en ce moment même dans ses entrailles et grandissaient de minutes en minutes. Pendant une fraction de seconde, Adrix se demanda ce qui se passerait s'il était encore au Sanctuaire aujourd'hui, dans cet... état. Est-ce que les Gémeaux en profiteraient pour se venger de l'humiliation qu'il lui infligé ? Finalement, ca aurait été une bonne chose. Cette brute sanguinaire était un jouet distrayant, et si il n'y avait pas à douter de sa force et de son adresse, sa repartie limitée en faisait une proie facile... tant qu'on restait hors de portée de son bras en tout cas. Remarque, avec ses nouveaux pouvoirs, peut être le Poisson n'aurait-il pas tant à craindre que ça. Il n'était plus un "humain", aussi répugnant que lui soit cet état, il était devenu un Dieu. Quand bien même le Gold Saint aux visages multiples pouvait ouvrir une porte vers une autre dimension, l'Irréel, lui, avait autorité sur son propre plan de l'espace temps.

"Si je puis réaliser ton souhait... Cependant... juste une chose..."

La fin de la phrase tira Adrix de sa nostalgie. Une chose ? Qu'est-ce que ça pouvait bien être donc ? Tout un tas d'hypothèses prirent naissance dans son imagination dérangée, mais peut être parce que les suggestions lui étaient murmurées par Phantasos, aucune n'avait de sens. Ca, ou bien son cerveau fatigué peinait à établir un semblant de réflexion logique.
Dormin se sépara quelque peu, juste assez pour qu'Adrix puisse voir cette expression sérieuse qui était revenue sur son visage assoupi. Le blondinet devait s'avouer impressionner avec ce niveau de somnambulisme. C'était impressionnant qu'un être humain soit aussi... aussi conscient tout en étant plongé dans les bras de Morphée. La divinité en lui n'était pas moins intrigué par ce phénomène qui, d'une certaine façon, touchait à son domaine d'expertise. Après une éternité d'existence, il avait bien des individus parler dans leur sommeil mais c'était assez inédit.

"Je... ne t'appartiens pas."


Cette phrase désarçonna l'androgyne. Il ne s'attendait pas vraiment à ça. Certes, c'était une forme de rejet dans un sens, mais ça ne l'attristait pas. Ca le médusait plus qu'autre chose. Pour lui qui cherchait sans cesse à se depaître de son destin, à s'arracher à l'autorité des divins et même des mortels, l'idée d'appartenir à quelqu'un, de perdre sa liberté le révulsait totalement. Et là encore, lui avait été un esclave, il savait mieux que quiconque ce qui signifiait être la propriété d'autrui. Mais c'était différent à l'époque, il était né ainsi, il n'avait rien connu d'autre que cette douce servitude qui était son lot. Depuis qu'il avait goûté à la possibilité de choisir son destin, il n'y renoncerait plus aussi facilement. Bon, il était lié à Eléonor tant de corps que d'esprit, mais cette relation fusionnelle avait été un choix, qui avait un peu dérapé oui, mais un choix quand même.

*Encore heureux qu'il ne m'appartienne pas*

*Tout à fait, ce serait trop encombrant comme animal de compagnie*

*Si on prenait un chat plutôt ?*


*C'est pas la question bande de gnouf ><*


"Mais j'ai confiance en toi, je sais que je peux œuvrer sans crainte."

*OOoooh ! T'as vu ? Il te fait confiance ! C'est mignon !*

*Il devrait pas*


*Pour une fois je suis d'accord avec lui*

Adrix se connaissait relativement bien, du moins, assez pour savoir qu'il n'était pas vraiment un individu fiable en l'instant. Son corps comme son esprit menaçaient de rompre à tout instant. Il pouvait basculer dans la démence chaque jour, que ce soit à cause de Fantasia ou de sa condition. Sans parler de son cosmos qui, frustré par les changements de son organisme, allait exploser tôt ou tard. Il était une véritable bombe à retardement.

"Et surtout... surtout... Tu n'es pas seul dans cette histoire. Je ne t'abandonnerai pas. Je serai là en tant que père et là pour toi. Peu importe ce que tu deviendras. Comme toi j'ai peur de ce qui arrivera. Mais nous serons deux pour affronter tout ça. Je suis ton ami. Je ne te tournerai pas le dos, peu importe le futur."


Seul ? Non, cela faisait 1300 ans qu'il n'était plus en fait, pour tout dire, il y avait même beaucoup trop de monde dans sa tête. Mais la compagnie de Dormin n'avait rien à voir avec celle de Phantasos, ou même d'Eléonor. Tous les trois formaient une seule identité désormais, là où le Capricorne était un étranger, un contact physique concret, et ce petit détail changeait tout.

"Euh... Et quel est ce... Caprice?"


Ah, oui, ça. Les joues d'Adrix reprirent leur teinte rougeâtre alors qu'il se collait de nouveau contre lui.

-Reste... avec moi, c'est tout....


Et puis un éclair passa dans son regard alors qu'il repennait soudain du poil de la bête.

-Et fait moi un sandwich !
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Dormin


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Sam 11 Aoû - 13:55

Peut-être était-ce le fait d'avoir dormi durant 1300 ans qui avait accru ce côté somnambule chez Dormin? Peut-être... Après tout il était réputé pour être très alerte à son entourage et il était possible que son esprit se soit accoutumé à son état de sommeil, faisant évoluer son subconscient à un autre niveau pour s'adapter à la situation. Il avait toujours parlé dans son sommeil depuis petit. Surtout lorsqu'il était préoccupé. Et Dormin l'était plus que jamais cette nuit. Voilà peut-être une explication plausible à son état. Il plongeait plus profondément dans le sommeil alors qu'Adrix venait se serrer contre lui pour lui répondre. Il se tairait pour le reste de la nuit, jusqu'aux premiers rayons du soleil.

Pourtant, son ami ne semblait pas décider à lui offrir le luxe de goûter au repos du guerrier. Etait-ce l'intonation changeante dans la voix du blondinet ou les mots absurdes qu'il n'arriva pas à saisir qui le sortirent de son sommeil?

    "Hein?... un... quoi?"


Les yeux émeraude du rouquin s'entrouvrirent et ses mains quittèrent les longs cheveux blonds pour venir frotter son visage encore somnolant. Poussant une petite plainte qui ressemblait plus à un gémissement bougon, le rouquin se redressa. Il avait du mal à émerger, coupé en pleins cycle. Une fois assis dans le lit, il rejeta sa crinière rousse par dessus épaules et oreilles pour ne pas le gêner ni chatouiller son visage. Pourtant en se levant ainsi, il avait eu l'impression de s'arracher à quelque chose de tellement plus agréable que la chaleur d'un simple lit.

Le rouquin cligna des yeux, tentant d'émerger comme il put et mit un temps à percuter qu'il n'était plus seul dans ce lit. Il retint un petit hoquet de surprise lorsqu'il vit la silhouette arrondie du blondinet à ses côtés. Les souvenirs de la veille firent leur chemin dans sa tête et il se souvint que tout ceci était bien réel. Il chercha son souffle, reprenant un peu contenance après ce haut le coeur trop soudain au réveil.

    "Oh... euh... hum! Tu... Tu as faim? Je... Je vais te faire ça, je reviens."


Il repoussa la couette de sur ses jambes et allait se tirer du lit lorsqu'il remarqua leur proximité... Il feu lui monta jusqu'aux joues, voire aux oreilles. Il l'interrogea brièvement du regard avant de sauter hors du lit et de s'enfuir d'un pas rapide dans la cuisine. Jamais Dormin n'avait été si proche physiquement de quelqu'un... Pas qu'il s'en souvienne du moins. Et il n'avait jamais espéré l'être. Pourtant ça lui tombait dessus comme la foudre. Aimait-il ça? Il ne savait pas trop. Si la sensation était... agréable, les faits le mettaient dans tous ses état. Il semblerait que pour ce genre de choses, le gold saint soit quelqu'un d’extrêmement timide et de très naïf.

Il attrapa quelques tranches de magret de canard fumé et les disposa entre deux tranches de pain après avoir tartinées celles ci de mahonnaise, une sauce dont lui avait parlé une connaissance à l'étranger et qu'il avait trouvé particulièrement bonne. Il rajouta quelques feuilles de salades et quelques rondelles de cornichon parsemées.

Il referma les deux tranches de pain et les posa sur un plateau en bois avec un verre d'eau fraiche, puis il revint dans la chambre, posant le dit plateau sur... la table de nuit. Les nouvelles formes d'Adrix ne lui permettaient pas de le poser de façon pratique sur les genoux du blondinet.

    "Voilà, bon appétit. Je te conseille par contre de manger hors du lit, pour qu'on évite les miettes dans les draps."


Il lui ébouriffa à nouveau les cheveux et contourna le lit pour revenir s'allonger à sa place. De là, il se tourna vers le blondinet et l'observa plus en détail. Son regard émeraude redessina ses courbes, curieux de cet improbable état qu'était celui de son camarade. Concerné, son regard s'arrêta sur ce ventre arrondi qu'il fixa pendant de longues minutes sans bouger. Il essaya d'imaginer la vie qui prenait corps à l'intérieur tandis qu'il sentait une chaleur inconnu lui réchauffer joues et poitrine. Il était captivé par ce dernier comme un papillon de nuit par la lumière. Impossible d'en détourner le regard cette fois. Sans doute son court sommeil l'aurait-il aidé à mettre de l'ordre dans ses idées et à accepter cet état de fait. Mais... avec ce qui s'était passé, il voyait bien que le contact, celui non guidé par des émotions brusques, le contact volontaire, gênait Adrix tout autant que lui... Peut-être plus. Il tendit la main vers lui sur les draps sans réelles conviction, juste pour le geste, pour tenter d'évacuer cette étrange sensation de manque.

    "Adrix?... Tu as peur de moi?"
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Adrix


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Ven 17 Aoû - 1:29

Adrix n'était pas vraiment un as en matière de finesse et de délicatesse, aussi sa requête avait-elle été formulée avec le tact d'un rhino chargeant au travers d'un magasin de porcelaine. Et pourtant, dans sa position de squatteur s'étant imposé dans un logement tout frais payé sans laisser guère de choix au maîtres des lieux, il aurait eut toutes les raisons de se faire petit. Hélas, son passé de serviteur était sans doute enfoncé beaucoup trop profondément dans sa mémoire pour qu'il se remémore les manières qu'il avait jadis appliqué avec tant de soin et de révérence. Et puis, il fallait admettre que la mine peu éveillée de Dormin valait le détour. Voir le rouquin sortir aussi violemment de sa torpeur, le regard encore embrumé par ce sommeil dont il avait été arraché, avait quelque chose de distrayant. Pour quelqu'un qui de jour avait toujours l'air si... droit, le Capricorne avait au moins la même tête d'ahuri que le commun des mortels lorsqu'il ouvrait les yeux. Phantasos nota lui aussi cette singularité : Tous Gold Saints qu'ils puissent êtres, les primates possédaient un certain nombre de faiblesses communes, presque inhérentes à leur nature. Expulsez les un peu trop fort des bras de Morphée et ils étaient comme une charrette enlisée dans la boue et difficile à remettre sur pied. Eh ! Encore une raison d'apprécier la tâche qui était la sienne ! Les dieux des songes œuvraient sur chacun avec la même équité, aussi bien sur les hommes que sur les immortels, là où ces derniers étaient bornés à des domaines si restreint de la vie terrestre.
Mais tout de même, il était vraiment endormi à ce point tantôt ? Impressionnant qu'il ait pu tenir une conversation aussi construite seulement armé de son subconscient ! Ne garderait-il donc aucun souvenir de ce petit échange ? Dans un sens.. ce n'était pas plus mal. L'androgyne n'aimait guère se montrer sous son jour le plus faible, sa fierté en prenait un coup. Quand bien même il faisait une confiance totale à son ami, ce n'était pas une raison pour perdre la face plus que nécessaire. Si il commençait à agir avec les trippes d'une demoiselle en détresse, il ne ferait que rajouter au poids qu'il faisait déjà peser sur les épaules du Capricorne.

"Oh... euh... hum! Tu... Tu as faim? Je... Je vais te faire ça, je reviens."

Il n'était vraiment pas contrariant ce Saint là. Une demoiselle fort peu aimable lui commandait à manger au beau milieu de la nuit sans ménagement pour son repos bien mérité et il accourrait satisfaire la requête comme un bon toutou. Adrix tiqua légèrement la dessus. Si il était comme ça avec tout le monde, son quotidien devait être un véritable enfer... Il savait Dormin serviable, mais ne l'était pas vraiment trop pour son propre bien ? Il n'avait pas moins de caractère que d'autres, alors il devait l'affirmer davantage. A se laisser trimballer à droite à gauche comme une poupée de chiffons par les caprices d'une femme ou d'une déesse, il allait finir ses jours sans plus de dignité qu'un oiseau en cage.
Seul pour un bref instant, Adrix en profita pour faire encore une fois le point sur sa situation, mais son estomac gargouillant interrompit sa réflexion. Tant pis, il n'avait qu'à laisser les choses aller un peu plus. Si ses neurones pouvait le sortir de ce mauvais pas ce serait déjà fait : Il avait passé bien assez de temps à les triturer en ces six derniers mois et aucune idée brillante ne pointait le bout de son nez. Il devait accepter la réalité : il faudrait subir cette harassante réalité pendant encore quelques mois avant d'en être libéré... et que les vrais problèmes ne commencent. Pour le moment, les deux futurs parents étaient les seuls à chier des cactus mais une fois l'accouchement terminé il y aurait deux nouveaux venus dont il faudrait s'occuper. Ce n'était pas qu'une mauvaise passe qui passerait bien vite, c'était juste le début d'une toute nouvelle existence, l'introduction à un titre qu'il devrait tenir le reste de son existence : celui de mère.

*Blablabla... c'est trop calme*

*Pour une fois*


*Canapé, commode, armoire, placard...*

*Mais... Qu'est-ce que tu racontes ?!*


*Je meuble la conversation*


*...*


Mais avant que ce dialogue affligeant n'ait pu aller plus loin dans les méandres de l'imbécilité, le prophétique faiseur de sandwich rapporta le Saint Graal sous la forme d'un délice prit entre deux tranches de pains. Les débats philosophiques attendraient, tant l'estomac d'Adrix que celui des deux rejetons en lui avaient plus importants à faire.


"Voilà, bon appétit. Je te conseille par contre de manger hors du lit, pour qu'on évite les miettes dans les draps."

Pas besoin de le lui répéter deux fois ! Avec toute la grâce et la délicatesse d'un bulldozer la fausse demoiselle commença à engloutir son petit casse croûte nocturne, prenant soin à ce que les miettes ne viennent pas encombrer la literie. Trop concentré sur les mouvements répétitifs de sa mâchoire, c'est tout juste si l'androgyne remarqua le regard du Capricorne sur ses rondeurs. Mais plus que ces coups d'œil ma foi compréhensibles sur sa féminité exacerbée, ce fut sa question qui eut l'effet d'une enclume.


"Adrix?... Tu as peur de moi?"

Le blondinet resta silencieux pendant de longues, très longues secondes, finissant son sandwich d'une seule bouchée bruyante pour combler ce vide étouffant qui s'était fait dans l'air. Oui... c'était une bonne question, une trop bonne question même.

-Peur.... ?


Il déglutit péniblement. Il devait l'admettre, il n'avait pas été vraiment à l'aise lors de leurs premiers contacts et s'il avait pu en surmonter une partie, il restait encore un embryon de terreur qui parasitait ses gestes... Un bien triste héritage de leur nuit d'amour involontaire.

-J'ai peur de beaucoup de choses en ce moment... Du futur, de ces enfants qui grandissent en moi ou de ces dieux qui nous manipulent, mais plus que tout autre chose je commence à me craindre aussi. Mais en ce qui te concerne... Tu n'es pas ce qui créé la peur en moi. Ce qui la crée ce sont ces... souvenirs. Tu n'es coupable de rien. Il faudra juste... du temps je suppose.
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Dormin


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Ven 17 Aoû - 3:00

Ainsi ses doutes étaient confirmés. Les six derniers mis avaient tourmenté le rouquin de façon inimaginable. Il avait tourné en rond sans trouvé de réponse pour expliquer son tourment. Il avait sombré dans une abyme de ténèbres glacées. Précipité par le fond, il n'avait fait que se débattre jusqu'à l'épuisement. Et durant cette période, il s'était aussi isolé du monde. Lorsqu'il avait mis ses dernières forces dans sa lutte inutile, la seule option qui lui resta fut d'accepter son sort et de se laisser porter pour voir ce que l'avenir lui réservait. Et ça n'avait pas été une mauvaise chose. Comme un corps empli d'air, il remonta naturellement à la surface. Finalement il était le seul à s'empêcher de sortir du gouffre.

Mais il n'était pas le plus à plaindre... Les flash de cette fameuse nuit revinrent en mémoire à Dormin qui quitta son apparente quiétude pour afficher un visage grave, concerné. Soudain, le plafond avait l'air du plus passionnant des tableaux... La surface était en pierre... Peut-être le temple avait-il été restauré mais il restait familier au gold saint. Tant que la présence d'Adrix malgré tout. Mais il ne pouvait imaginer combien cette demie année avait dû être pénible pour le nouveau dieu. En vérité, Dormin était triste pour lui... non... triste avec lui. Et il ne savait plus très bien sur quel pied danser. Mais il devait vite apprendre à reconnaitre les endroit où il pouvait se permettre de poser ses pointes s'il voulait être un soutien fiable.


    "Le temps n'est peut-être pas notre meilleur allié."


Le rouquin se redressa, prenant place sur le lit en tailleur. Son regard émeraude était soudain perçant et d'un sérieux inédit. Ce n'était plus tant l'ami que le guide qui parlait. Dormin avait eu quelques élèves durant une trop brève période de sa vie. Et s'il avait tenté de transmettre son savoir de façon plus délicate que Narcisse l'avait fait pour lui, il savait se montrer ferme ou ne pas laisser sa voix se perdre dans le néant, donnant du poids à ses mots. Mais il avait toujours enseigné à Adrix différemment qu'à ses propres disciples. Car leur lien était autre et c'est ce qui donnait tout le poids à cette discussion.

    "Si tu persistes dans cette voix, tu ne feras que couler et tu finiras par te noyer..."


Ses sourcils pourpres se froncèrent alors qu'il prononçait ses derniers mots. On aurait pu penser à un reproche qu'il faisait à son ami, mais si on connaissait bien Dormin, il était aisé de savoir que le rouquin était en colère... il avait peur. Peur de perdre son ami s'il ne se relevait pas rapidement. Et ça, Dormin se le refusait... Il avait souvent protégé ses camarades par le passé. Que se soit sur le champ de bataille ou contre leurs propres troupes. Mais ce soir, Dormin voulait protéger Adrix de lui même. Et c'est en protégeant les sien que Dormin tirait son courage et sa force, celle de toujours se relever et de tenir bon. Et il n'était jamais aussi redoutable qu'en ces conditions.

    "Si tu ne te relèves pas, ta peur ne fera qu'augmenter. Cesse de frétiller hors de l'eau pour tenter désespérément de regagner ton élément, Adrix. Relève toi! Ce n'est que comme ça que tu viendras à bout de ton traumatisme."


Son ton était monté d'un cran se montrant plus incisif, sonnant presque comme un impératif. Dormin coupait toute retraite au blondinet peu à peu. Chacun de ses mots était comme un coup de lame contraignant à faire reculer l'ex poisson jusqu'à ce qu'il ne puisse plus s'enfuir. Il le savait trop bien, le poisson passait trop aisément entre les mailles du filet. Mais pas cette fois... Pas face à lui! Il ne le laisserait pas être pêché ni se noyer malgré ses branchies... C'était SON loisir à lui de vérifier si cette friture savait respirer sous l'eau! Ses machoires s'étaient crispées et ses poings refermés sur ses genoux, plissant le tissu de son pantalon de toile.

    "Et... je refuse de te perdre une seconde fois."


Sa tête tombe en avant, son corps relâchant la pression qu'il avait laissé jaillir hors de lui. Voilà un visage que Dormin montrait trop rarement. Une véritable giffle aurait peut-être été plus douce que ce bras de fer psychologique. Mais il laissait cette forme d'expression à Adrix. Il laissa l'air comprimé dans ses poumons sortir sous la forme d'un soupir, son buste se faisant moins imposant et redressa lentement la tête pour fixer à nouveau le blondinet du coin de l'oeil. Soit, puisqu'il ne pouvait venir à Adrix, c'est lui qui viendrai tout seul. Le rouquin baissa sa garde et leva sa main gauche pour l'ouvrir vers son camarade.

    "Mais comme se relever d'une telle chute est difficile, on a parfois besoin d'aide. Ouvre les yeux... Je suis tombé avec toi dans ce gouffre Adrix. Tu n'es pas seul. Relève toi et avançons ensemble."


Son regard émeraude ne l'agressait plus, mais il gardait une certaine rigueur. Dormin restait pendu aux lèvres d'Adrix, guettant sa moindre réaction, le bras tendu. Il espérait de tout coeur que le blondinet ne recule pas, qu'il ne montre pas de couardise... il en aurait été profondément déçu... Il était conscient lui avoir bien mis la pression. Mais les amis, c'est aussi là pour ça. Il tenta d'esquisser un sourire, pour l'encourager mais son regard, lui, restait légèrement suppliant, le priant d'accepter cette main tendue, de ne pas s'avouer vaincu face au jeu d'Hypnos... On ne peut sauver quelqu'un qui refuse d'être aidé... Alors bats toi!
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Adrix


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Lun 20 Aoû - 2:20

Adrix n'aimait guère comment le Capricorne prenait cet air grave. Déjà parce qu'il trouvait que la quiétude allait bien mieux au teint du rouquin, mais aussi et surtout parce qu'il savait pertinemment qu'il était responsable de ce changement d'humeur. Il était la source de tous les tourments qui agitaient Dormin en ce moment et quand bien même il n'avait rien provoqué de son plein gré, la culpabilité restait là. Pourquoi diable fallait-il qu'il ne sème que la ruine auprès de ceux qu'il aimait ? Son insolence avait coûté sa fortune et son honneur à son maître, son impuissance et sa négligence avaient précipité la mort d'Eleonor et désormais c'était son imprudence qui l'entraînait, lui et le Gold Saint, dans des abîmes bien sombres. Etait-ce son lot de détruire tout ce qu'il voulait protéger ? L'androgyne n'avait jamais cru en des notions aussi intangibles que celle de destin, mais cette succession infernale éprouvait jusqu'à ses convictions. A ce rythme, il allait finir par croire que le moyen le plus rapide de provoquer la chute d'Hypnos serait de s'attacher à lui. Au moins, là, il serait certain que toutes les forces de l'univers s'acharneraient sur le Dieu du Sommeil.

"Le temps n'est peut-être pas notre meilleur allié."

"Peut être" était hélas un euphémisme. De tous les tourments que le futur réservait à Adrix, l'éternité était celui qui le terrifiait le plus. Les mortels avaient cette chance étrange que d'être condamnés par leur état : Tôt ou tard, leurs âmes s'éteignaient et ils goûtaient aux délices d'un repos sans fin, loin des griffes d'Hadès ou du monde des rêves. Les Dieux de leur côté étaient fait de telle sorte que les siècles s'écoulaient sur eux comme la pluie le long d'une toiture. Les millénaires pouvaient s'égrainer sans qu'ils n'évoluent d'un pouce, tant dans leurs mœurs que de dans leur philosophie. Ils étaient plus stagnants que le granite, presque insensibles aux changements. En un mot comme en cent, les immortels étaient figés dans le temps.
Mais lui était un humain à qui on promettait la vie éternelle. Prisonnier de ce statut divin qu'on lui avait imposé et qu'il ne saurait fuir, il allait franchir les flots des âges de gré ou de force... Il serait toujours là peut être des millénaires après que Dormin ait trouvé le repos, et il en était de même pour ces enfants qu'il portait. Il les verrait grandir, vieillir, puis mourir à leur tour, tous demi-dieux qu'ils soient. Adrix deviendrait, tôt ou tard, le fossoyeur de tous les siens.
Affronter la solitude et la peine qui en découleraient serait déjà une épreuve terrible en soi, mais ce n'était pas la pire. Plus que l'isolation, Adrix craignait la corruption. Les mortels n'étaient pas moins sensibles aux vices que les divins... Que serait-il après des années passés dans un monde de démence, gorgé d'un pouvoir surpassant celui de toute une population ? Il l'avait contemplé sur Hypnos, et sur Phantasos même : Après des époques entières à macérer dans l'ennui, ils étaient devenus esclave de leur propre malveillance. Seuls les pires atrocités ou les plus improbables des jeux pouvaient rompre leur torpeur. Mais les forces de l'ex-Poisson étaient celles d'un humain. Il ne pourrait repousser ses démons intérieurs indéfiniment, les douces mélodies de la tentation triompheraient de sa volonté. Dans dix ans, dans cents ans, ou peut être dans deux mille, il allait craquer, c'était immuable. Sa propre puissance lui monterait à la tête et il en abuserait, s'en réjouirait. Et il était terrorisé par ce qu'il deviendrait alors... Il connaissait ses propres noirceurs mieux que quiconque, le monstre qui grondait en son sein, n'attendant qu'un moment d'inattention pour surgir de sa cage. Il n'était déjà pas un ange, bien loin de la bonté naturelle de Dormin. La liste de ses défauts était longue et si ses plus mauvais côtés prenaient le pas sur tout le reste, alors le résultat serait terrifiant.

Pour en revenir à l'instant présent, c'était plutôt le regard de Dormin qui devenait inquiétant. Ses yeux émeraudes étaient chargés d'une autorité qu'Adrix lui connaissait peu. C'était davantage un maître parlant à un jeune élève qu'autre chose. Le blondinet retenu un infime mouvement de recule. Il avait toujours su fuir les remontrances et, sans doute par fierté, n'appréciait guère qu'on lui fasse la leçon. Mais le Capricorne était un cas à part, et s'il voulait bien apprendre de quelqu'un, c'était bien de ce rouquin là, alors il préférait encore se faire violence plutôt que d'esquiver.

"Si tu persistes dans cette voix, tu ne feras que couler et tu finiras par te noyer..."


*Ironique pour un chevalier du Poisson non ?*

*Roh toi commence pas hein !*

Il appréciait les tentatives de Phantasos de détendre l'atmosphère... enfin c'est ce à quoi ça ressemblait du moins, mais pour une fois, l'heure n'était pas aux traits d'esprits.

"Si tu ne te relèves pas, ta peur ne fera qu'augmenter. Cesse de frétiller hors de l'eau pour tenter désespérément de regagner ton élément, Adrix. Relève toi! Ce n'est que comme ça que tu viendras à bout de ton traumatisme."


Son élément ? Quel élément ? La vie ?! Oui, après tout la vérité était là : Il était mort, un cadavre ambulant, et à ca titre, n'était même pas certain d'avoir le moindre droit sur le monde des mortels. Se relever était une bien belle image, mais il faudrait davantage pour qu'il sorte de son abime qu'une vulgaire poussée sur les genoux ! Cela faisait bien six mois qu'il se triturait les méninges et retournait le problème dans tous les sens. Si la solution était évidente, il l'aurait d'ors et déjà trouvé ! Il se sentirait presque vexé qu'on le pense assez idiot pour ne pas y avoir pensé par ses propres moyens.

"Et... je refuse de te perdre une seconde fois."

Aoutch, Adrix regretta presque aussitôt d'avoir faillit s'emporter. Il le savait Dormin ne voulait que son bien, et en restant butté comme il l'était, il ne faisait que l'entraîner avec lui dans ce gouffre. Ils étaient unis par un lien qu'il ne pouvait rompre désormais, en se laissant sombrer, il lui causait tout autant de tort. Il avait honte de ses propres sauts d'humeurs. Ils avaient déjà été séparés une fois, et son entêtement à envisager le pire risquait de gâcher le temps précieux qu'il leur restait à partager. Il était éternel, Dormin ne l'était pas, mais ce n'était pas là une raison pour gangrener l'espérance de vie du rouquin avec de sinistres présages.

"Mais comme se relever d'une telle chute est difficile, on a parfois besoin d'aide. Ouvre les yeux... Je suis tombé avec toi dans ce gouffre Adrix. Tu n'es pas seul. Relève toi et avançons ensemble."

La main hésitante de l'androgyne se rapprocha pour saisir celle tendue du Capricorne. L'émotion le prenait à la gorge. Qu'on démontre autant de préoccupation à son égard lui allait vraiment droit au cœur. Mais à peine ses doigts effleuraient-ils ceux de Dormin que son autre mimine saisit son propre poignet et bloqua l'étreinte imminente. L'information mit un peu de temps à monter au cerveau. Depuis quand avait-il un bras rebelle qui se mouvait hors de son bon vouloir déjà ?!

-"Plus seul, plus seul", eh oh ! Faudrait voir à pas m'oublier, c'est mon frère d'abord !

-Neh ?!


C'était la voix remontée d'Eleonor qui venait de franchir ses lèvres, à sa grande surprise. La frangine se sentait quelque peu courroucé par ce qu'elle commençait à percevoir comme un sentiment d'oubli. Conforter sa nouille de frère avait toujours été son frère, et ce depuis leur plus tendre enfance. Si quelqu'un devait le secouer comme un prunier, c'était elle et personne d'autre, et se voir quelque remplacée dans ce rôle attisait sa jalousie. Un sentiment que son insistance prononcée sur le "mon" laissait deviner assez clairement. Adrix allait répliquer mais c'était sans compter sur

-Ouai ! Et c'est mon jouet d'abord !

-NEH ?!


Sur le second squatteur mentale qui venait de rapatrier les mains tendues à la maison. C'était bizarre de sentir un de ses membres se mouvoir indépendamment des autres. En temps ordinaire, ils prenaient le contrôle complet à tour de rôle, mais cette petite révolte partielle était inédite. Confus, ne sachant que trop dire, Adrix... explosa de rire devant l'absurdité de la scène. Une hilarité comme il n'en avait plus connu depuis longtemps, une poilade salvatrice pour son mentale meurtrie par les jeux divins. Il lui fallut bien plusieurs secondes pour reprendre son souffle et essuyer la petite larme qui perlait au coin de l'œil.

-Alala, dire que j'ai l'air déprimé au point de vous inquiéter tous les trois comme ça... Je suppose que je me suis vraiment ramolli avec le temps.


*Qui a dit que j'étais inquiet ?*

Il y a que quelques siècles de ça, alors qu'il cherchait pour sa sœur disparue, il savait mentir comme peu d'individus en ont la malchance. Cacher ses émotions pour mieux contrôler les autres était devenu son quotidien et il pouvait affronter le pire sans en laisser entrevoir la plus infime parcelle. Savoir dissimuler ses véritables sentiments était une des plus grandes leçons que lui avait jadis enseigné son défunt maître... Mais le vieil aigri n'avait jamais fait confiance à qui que ce soit, et le blondinet avait cette chance, lui. Se dévoiler un peu plus n'était peut être pas si mal.
Mais plus important aussi, au delà de ce qu'il ressentait, il ne se serait jamais laissé aller à une telle dépression autrefois. L'univers entier pouvait s'acharner à lui donner tort, à lui hurler que sa quête était vaine, il n'en avait pas moins toujours continué sa route. Et il était temps qu'il reprenne du poil de la bête, après tout ce temps à se lamenter sur son petit sort. Il sortit de nouveau la main, mais plutôt que de saisir délicatement celle de Dormin, il en frappa la paume comme deux camarades échangeant un tope là après un match de foot difficile.

-Oui, tu as raison, Dormin. J'ai perdu assez de temps à chercher les mauvais points comme ça. Hors de question que je laisse à Hypnos le plaisir de m'avoir brisé plus qu'il ne l'a déjà fait.

Le rouge lui monta aux oreilles alors qu'il passait une main sur son ventre arrondi. Une idée venait de le traverser, comme un éclair fendant un ciel orageux. Un détail pourtant d'une importance capitale auquel il n'avait jamais prit le temps de songer jusqu'à présent.

-Eh... faudra leur trouver des noms non ?
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Dormin


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   Ven 24 Aoû - 2:09

C'est avec une mine choquée qu'il observa ce curieux spectacle. Devant lui, trois personnages jouaient une étrange comédie sur une même scène ou plutôt à l'intérieur du même corps. Tout d'abord ce fut Eleonor, la soeur d'Adrix semblait-il. Il sentit son coeur se serrer d'un en voyant la main d'Adrix reculer, emportée par la seconde. Si le geste l'avait un peu ennuyé au sens où il se sentait coupable d'avoir ainsi vexé la jeune femme, c'était autre chose qui vint tracasser le rouquin... Que se passerait-il si un jour, Phantasos était envoyé pour le tuer? Lui aussi prendrait-il la place d'Adrix sans que son ami puisse lutter? Après tout... ils étaient ennemis maintenant. Pas au sens où eux l'étaient directement mais leurs rôle les y contraignait à présent.

Et lui, chevalier d'or et protecteur d'Athéna... Que ferait-il s'il se trouvait dans l'obligation de tuer son camarade. Son regard s'assombrit alors qu'il n'écoutait plus ce que se disaient les trois acteurs face à lui. Le chevalier d'or, sans retirer sa main, inspira à fond et se laissa porter par ses émotions. Depuis toujours il était un saint spécial... Lorsque certains utilisaient la force, lui préférait comprendre, quand les uns courraient, lui il marchait, et lorsque certains se perdaient et luttaient pour ne pas couler... lui utilisait son coeur. Dormin savait se laisser porter lorsque la situation lui échappait. Si on ne trouve pas de réponse, c'est qu'il est vain de chercher. Celle ci viendra d'elle même.

Et lorsqu'il se posait cette terrible question: "Que ferai-je ce jour venu?" La seule chose qui lui venait à l'esprit était le souvenir du vrai sur sa figure, du soleil sur sa peau et d'un déjeuner partagé avec son ami. Le souvenir d'un moment précieux et privilégié qu'il chérissait tout particulièrement. Quelque chose de simple mais qui avait pourtant plus d'importance pour lui que n'importe quelle victoire épique. Mais alors... lui... où se trouvait-il à présent dans ce conflit divin?... Que... devait-il protéger à présent?

    *Clap!*

    "Huh?!"


Il sursauta au contact de la tape dans sa main. Le choc tant que le bruit si soudain l'avait sorti de sa torpeur. Que... Que s'était-il passé au juste? Huh... mais... Le rouquin cligna des yeux, regardant son camarade se fendre la poire. Pourquoi riait-il au juste? Visiblement, Dormin avait scotché assez longtemps pour rater un épisode. Dormin cligna des yeux sans parvenir à mettre le doigt sur l'hilarité de son camarade, un peu hébété par sa réaction, mais bientôt un sourire se dessina sur ses propres lèvres et lui aussi se mit à rire de bon coeur. Quel soulagement finalement de le voir enfin rire et se détendre. Et ce son en particulier lui avait cruellement manqué en 1300 ans. L'espace d'un instant il parut remonter le temps pour revenir à l'époque qui était la leur. Dormin n'avait rien à craindre, peu importe ce qui arriverait, ceci ne changerait jamais. Et le moment venu, il saurait faire le bon choix... SON choix.

    "Voilà qui est parlé! Ça, c'est le Adrix que je connais! Celui qui ne laisse pas écraser si facilement. Bats toi, poiscaille!"


C'est alors que les rires cessèrent et le rouquin se tut, intrigué par ce soudain silence. Le feu monta aux joues du blondinet sans que le rouquin puisse saisir pourquoi. Que s'était-il passé? Le rouge gagna son teint également alors qu'Adrix portait à nouveau la main à son ventre. Il détourna le regard, timidement, un peu gêné. Mais les mots prononcé par le blondinet le firent frissonner et lentement il vint l'interroger du regard. A nouveau il ressentait cet étrange sentiment de frustration... Celui de ne pouvoir être plus proche en pareille situation. Celui de ne pouvoir se montrer plus proche, plus réconfortant en pareilles circonstance. Il se surprit à envier Signun du Sagittaire qui avait pu avoir cette chance et profiter de l'expérience qu'il vivait à présent pleinement. Mais le rôle de père de Dormin, lui, était bridé. Il en ressentait un petit pincement au coeur et il avait beau s'en vouloir de ressentir cette impression étrange, il la savait légitime quelque part.

    "Des... des noms? Euh oui! Bien sûr! Cela va de soit! ... Woah... par contre je dois un peu réfléchir, c'est un peu soudain. Après tout, ce matin encore je ne me doutais même pas que... j'allais être papa... Haha... et maintenant me voilà en train de chercher des noms."


Un sourire nerveux se dessina sur ses lèvres, les joues plus rouges que jamais. Tandis que la main qu'il avait tendit restait en avant contre les draps, l'autre vint lui gratter l'arrière du crâne.

    "Teh... Je ne sais même pas si se sont des garçons ou des filles... Mais... "


Il attarda un instant son regard émeraude sur le ventre rond de son ami. Une partie de lui se sentait comme un papillon attiré par la lumière d'une lanterne en pleine nuit. Mais il détourna les yeux une fois de plus pour ne pas venir s'y brûler les yeux et ne pas gêner Adrix. S'il voulait avoir le moindre contact, il attendrait que son camarade l'y invite. Même si ça ne devait pas arriver et si ça devait l'attrister. Il quitta donc ce ventre mort mais pleins de vie pour fixer la lune par la fenêtre, le regard un peu humide d'émotion.

    "...Mais j'aimerais des noms en rapport avec la lumière et les ténèbres. Peut-être le jour et la nuit ou... La lune et le soleil. Haha! Je sais c'est un peu stupide mais c'est un peu histoire d'illustrer leurs origines comme ils vont être l'union d'un saint et d'un... spectre?"


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MessageSujet: Re: [1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]   

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[1750] On ne peut regretter ce qui nous est inconnu... [Adrix]

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