RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
Bienvenue sur Saints Of The Past !

Venez rejoindre la communauté des Chevaliers du XVIIIème siècle, à l'époque de Shion et Dohko, incarnez votre propre personnage, choisissez votre Armure et participez à l'histoire de l'ancienne Guerre Sainte !

Veuillez vous connecter ou vous inscrire


RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
 

Partagez | 
 

 [1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Grenat


Spectre Céleste
Spectre Céleste
avatar

Messages : 375

Feuille de Personnage :
HP:
140/170  (140/170)
CS:
128/190  (128/190)
Dieu Protecteur: Hadès Hadès

MessageSujet: [1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)   Mer 25 Juil - 0:29

Finesse du Destin


Dévalant le souk des Sultans à grande vitesse, un gamin des rues faisait honneur à sa réputation de meilleur chapardeur du quartier. Une pomme et deux ananas, grande victoire pour la soirée et c'était pas de sa faute si les marchands laissaient leurs dernières denrées sur l'étal en se pavoisant dans les volutes des narguilés. Les hurlements du marchand ne lui faisaient pas peur mais une ombre le suivait de trop prêt à son gout. Tournant dans la ruelle de droite, il frappa de plein fouet un mur d'obsidienne et recula dans une série de roulé-boulés totalement chaotiques. Sa pomme roula alors jusqu'à ses yeux avec les restes d'ananas qui tombaient en morceaux. Posant la main sur le sol, il se relevait le souffle coupé pour voir à côté de lui un homme habillé à l'occidental.

« Tu cours vite petit bonhomme mais, le vol est une chose qui pourrit l'âme de toute la beauté de la création. Ce que tu voles, tu dois le payer d'une manière ou d'une autre dans cette vie ou dans la suivante ; le passage de la mort sera alors des plus délicat. Un crime reste un crime, et les Dieux n'admettront jamais une telle chose sans te faire comprendre la nature d'un tel acte ! »

Hébété, l'adolescent ne savait pas quoi répondre. Cet étranger parlait sa langue avec une noblesse qui lui fit peur, il voulait courir à tout rompre quelque part pour s'échapper de tout cela. Dans un tel état d'énervement, il ne vit pas le sourire se dessiner sur le visage de l'homme qui venait de lui rappeler la cause de son malheur. Celui-ci prit alors la pomme par terre pour la mettre dans sa main avec une autre main sur sa tête. Il savait que ce garçon n'était pas une âme déjà maudite, il lisait en lui bien des drames et une bonté naturelle qui pouvait être le signe d'une bonne volonté. Ensuite, il prit une bourse de Dirhams pour qu'il paie le marchand de son forfait. Aucun mot n'était utile pour bien se faire comprendre entre gens de bonne conscience.

Quelques mois plutôt, Aiakos était allé sur les restes de la prison de Sounion pour observer les courants de la marée. Funeste souvenir de sa faiblesse d'autrefois, ce souvenir s'était répété à Paris ; la puissance de son adversaire avait été telle que même lui n'aurait pu y faire grand chose. Il avait en lui le pouvoir de lire le Destin de l'Humanité dans le livre des Psaumes, le pouvoir de lire les âmes.... mais tout cela n'était rien devant l'immensité de l'Océan. Paradoxalement, l'esprit de Caeron se sentait apaisé dans cette région, si proche des temples d'Eleusis. Sans un mot, il était reparti vers Constantinople le coeur plus léger. Quelque chose lui susurrait que le Juge des Enfers n'était plus celui qui avait ce coeur si fissuré sous son armure d'obsidienne. Il restait un homme tout de même et comprenait mieux que quiconque que les Juges devaient agir avec célérité et sans se laisser influencer par l'Humanité. Mais la question fut aussi la suivante ? Comment être juge de ce que l'on ne comprend pas ? Si Ivictus était cette justice instinctive et bestiale, si Minos était cette justice sournoise et cruelle, lui, il était la justice noble et impartiale. Aucun mensonge, aucune blessure ne devait dénaturé son jugement car de lui dépendait la réincarnation des âmes purifiés dans les Enfers.

L'adolescent s'en alla alors sans un mot vers l'endroit de son forfait. Aiakos retourna alors en arrière pour se promener dans les rues de l'antique Cité. Chaque représentation des anciens empereurs byzantins, chaque statue des puissants sultans étaient une ode pour le regard et la musique des vagues sur les remparts du Propontide indiquaient le lien entre Océan et Soleil sur ce petit bout de terre.... Cependant, alors qu'il flagornait, un voile doré nimbait le ciel et cela venait d'un cosmos trop connu par l'actuel Juge des Enfers. Il était donc venu le temps un an plus tard que les deux amis de Astre se revoient dans cette ville si majestueuse.


Revenir en haut Aller en bas
http://www.saints-of-thepast.com/t7551-grenat-spectre-de-la-voui
Shion


Grand Pope
Grand Pope
avatar

Messages : 1105

Feuille de Personnage :
HP:
107/150  (107/150)
CS:
135/170  (135/170)
Dieu Protecteur: Athéna Athéna

MessageSujet: Re: [1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)   Ven 10 Aoû - 0:12

Jamir. Un lieu si petit, si isolé et qui, pourtant, comportait à la fois tant de secrets et tant de souvenirs. Fut une époque où les opportunités de se rendre dans un tel endroit ne se bousculaient pas à la porte du Premier Gardien du Sanctuaire d'Athéna. Mais les temps avaient changé, et le calme semblait avoir pris place au sein de ce monde depuis la dernière Grande Guerre de 1748. Une paix durable qui octroyait le droit du Chevalier d'Or du Bélier d'abandonner son avant poste une fois par an pour rendre visite à son vieux Maître. Après tout, l'entrée du Sanctuaire d'Athéna était largement sur-protégée par la simple présence d'Aldébaran ou encore de son vieil ami Dokho.

Chaque séjour en ces lieux était l'occasion de se remémorer de multiples expériences passées mais aussi de profiter des connaissances d'Hakureï pour accroître son propre potentiel. Et si ce dernier lui promettait un avenir plus brillant encore, Shion était déjà très fier de sa position actuelle de Chevalier d'Or du Bélier. Il envisageait d'ailleurs d'amener un jour Liana en ces lieux, quand le temps y serait propice. Car, même s'il ne la considérait pas comme une élève à proprement parler - avoir une élève signifiait être Maître ce qui n'était pas encore son cas - il avait déjà eu l'occasion de l'entrainer et son potentiel n'était plus à démontrer. Et Hakureï pourrait en profiter pour lui donner quelques conseils.

Et comme toutes les bonnes choses ont une fin, l'heure avait sonné pour Shion de retourner à ses obligations et de prendre congé de son Maître pour retourner dans son très cher Temple. Même si rien ne lui interdisait une escale sur la route... Et la Porte de l'Orient s'était imposée comme une étape de choix. Quoi de mieux qu'un tel lieu pour le Portier du Sanctuaire d'Athéna? Constantinople, un dépaysement total et l'occasion de passer quelques heures à admirer les merveilles des Sultans et de leur culture. Une étape d'autant plus judicieuse lorsque Shion avait ressenti, à son arrivée, la présence d'un sombre Cosmos. Noir mais pourtant un brin familier. Les quelques recherches du Bélier quant aux derniers évènements ayant eu lieu à Constantinople l'avaient très vite amené sur la piste d'un nouveau conseiller pour l'ambassadeur Français, Monsieur de Vergennes. Un conseiller oeuvrant pour les cimetières chrétiens de la cité.

Arrivé finalement dans un souk où il lui avait été assuré qu'il pourrait y apercevoir le fameux conseiller, Shion avait eu l'opportunité d'être témoin d'une scène plutôt inattendue. Caeron, l'ancien Général du Kraken devenu Spectre, en pleine explication morale à un jeune enfant ayant volé quelques victuailles pour se nourrir. S'il s'était attendu à ce spectacle. Décontenancé un instant, le Saint avait observé la scène de loin, sans intervenir, avant de finalement s'interposer face au jeune garçon alors que celui-ci prenait la direction du lieu de son dernier méfait pour rembourser ce qui revenait de droit au vendeur.

Tout le monde ne nait malheureusement pas avec une cuillère d'argent dans la bouche et certains doivent se battre pour survivre dans ce monde. Mais il n'est pas nécessaire de toujours voir un mal caché au plus profond de chaque acte alors que certains ne demandent qu'à avoir le droit à une simple égalité, une simple chance. Tu n'as rien fait de grave, petit. Si tu souhaites avoir ta chance, va dans cette taverne et dis que tu viens de la part de Shion du Bélier. Ils te trouveront une occupation pour gagner ton pain. Mais ne laisse pas les Dieux mener ta vie à ta place!

Sur ces quelques mots accompagnés d'un clin d'oeil, Shion avait glissé un papier dans la main de l'enfant, lui indiquant une bâtisse non loin du souk, avant de se retourner pour faire un pas dans la direction du "conseiller". Un instant, un frisson parcourut son corps alors qu'il ressentait quelques traces d'iode dans le Cosmos du Spectre. Un souvenir d'une rencontre passée, un évènement qui semblait bien lointain en cet instant. Sa Pandora Box sur le dos, Shion s'avança jusqu'à quelques mètres de celui qui s'était autrefois présenté comme Caeron avant de finalement prendre la parole, une mine sévère affichée sur son visage:

Hé bien, cela fait bien longtemps que nos chemins ne s'étaient croisés. C'est drôle mais j'avais le souvenir que vous portiez l'Ecaille du Kraken lors de votre passage au sein du Temple du Bélier, ainsi qu'à la forêt d'Ahirès. La malheureuse action de ce Chevalier de Bronze vous aurait-elle touchée davantage que ce que j'ai cru à l'époque?

Bien qu'ayant déjà croisé le chemin de Caeron, une certaine tension était palpable. Et si les propos du Premier Gardien ne laissaient témoigner d'aucune agressivité pour le moment, il était clair que son habituelle bienveillance n'était point au rendez-vous.
Revenir en haut Aller en bas
Grenat


Spectre Céleste
Spectre Céleste
avatar

Messages : 375

Feuille de Personnage :
HP:
140/170  (140/170)
CS:
128/190  (128/190)
Dieu Protecteur: Hadès Hadès

MessageSujet: Re: [1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)   Mar 21 Aoû - 16:43

Finesse du Destin



Alors que l'enfant reprenait sa route, une personne s'interposa pour donner un autre point de vue. Surpris, Aiakos se demandait bien pourquoi un des chevaliers d'or de la Déesse de la Sagesse le réprimandait sur ce point. Chaque faute se doit d'être réparé par les actes et non pas les paroles, avoir le souci d'inculquer ce principe élémentaire avait choqué le Bélier au grand étonnement du Juge des Enfers.

Bien des années étaient passées depuis cette rencontre dans le temple du Bélier, époque assez joyeuse et festive au lendemain d'une autre guerre selon ses souvenirs. Le revoir séant perturbait le Juge, car cela réveillait en lui l'Etoile des Mers qui se reposait au fonds de son âme. Sans l'orbe de l'Automne, il aurait été toujours sous l'emprise de cette double personnalité entre deux destins si opposés. Un instant silencieux, il n'osait pas reprendre la parole et comprenait une chose dans les propos du Saint, on ne devait pas se laisser consumer par la destinée mais plutôt la forger par devers soit. Cette pensée dérangeait énormément le spectre qui avait été si prisonnier du jeu des Dieux, laconiquement, il fit signe au jeune garçon de s'approcher et lui laissa une bourse de ducats entre ses mains.

« Si tu veux travailler, je pourrais t'obtenir un poste à l'Ambassade de France. Mais chaque faute, chaque mauvais acte doit être réparé pour tenter de ne pas briser l'estime que l'on a de soit ! Tu feras d'autres fautes mon enfant et crois moi que tenir un code de conduite est donné à peu de monde. Chacun se doit de se préserver de ses envies pour continuer de vivre normalement. »

Puis, il le laissa partir pour écouter les propos un brin persifleur du chevalier d'or. Il avait à portée son armure et cela était au moins un signe qu'il n'était pas venu ici pour régler quelques affaires liées aux spectres. La question de Shion permettait de se poser un peu, de réfléchir au destin singulier qui était le sien. Si le regard de ce dernier était froid et attentif au moindre mouvement, il n'en était pas de même pour le Juge des Enfers, il n'était pas là pour se battre sans raison officielle et c'était les ordres du Sombre Monarque en personne. Soufflant entre ses doigts afin de s'aérer le visage, ses lèvres se décidèrent à laisser quelques mots se libérer du silence.

« Oui, je portais bien cette écaille. Vous le savez mieux que quiconque. Je n'ai pas trahi les mondes marins, comment Aiakos, Juge des Enfers et Spectre du Garuda, aurait pu le faire ? Quand au reste, l'âme de votre ancien ami est toujours dans ce corps, il dort tout simplement et ne vous devez pas vous inquiétez pour lui ! Astre va bien ? Vos propos sur la prise en main de sa propre destinée est une chose bien humaine et Caeron a bien tenté d'agir de la sorte, il en est mort ! Chaque chose est écrite par les Dieux et nous les serviteurs des Enfers sommes là pour préserver la volonté des Parques. »

Subitement, Aiakos se mordit les lèvres en plissant le front. Il avait parlé plus qu'il ne l'avait souhaité, comme si..... Non ! Caeron était encore là et son cosmos avait profité de son trouble pour se faufiler entre ses lèvres un bref instant. Puisant dans l'orbe de l'Automne, il leva une brume dans son âme pour assagir l'âme de son hôte. Fixant le chevalier du Bélier, il sentait que quelque chose avait ravivé le cosmos iodé dans son âme, en était-il responsable ? Le Juge frissonnait en ressentant un autre cosmos dans les environs, quelque chose clochait et ce vent marin qui se levait, le bruit plus fort des vagues sur les récifs de l'antique cité l'inquiétait sans qu'il ne le démontra dans un premier temps.

Décidément, il commençait à être agacé de cette intrusion si particulière. Caeron avait en commun avec lui d'avoir la même règle de chevalerie mais ce dernier pensait en plus que les sentiments humains devaient être tout aussi respectés. Ce fossé, cette Humanité, n'avait jamais pu être comblé et sans le cosmos de sa Déesse, son coeur aurait changé de facette comme face au jeune chevalier du Dragon ou le fier chevalier d'or de la Balance. Sentant qu'un trouble venait de naître, il se tint sur ses gardes à son tour pour ne pas plus que cela se dévoiler de sa situation. Le regard de Shion avait quelque chose d'insaisissable, des lueurs qui contrebalançaient de plus en plus le pouvoir de l'orbe de l'Automne.

« Je vois que tu allais repartir vers ton pays, je me demande bien si tu seras moins craintif la prochaine fois que l'on se verra ! Sauf si tu envoies le noble Dohko à ta place ! »

Pourquoi une telle agressivité ? Il ne le savait pas lui même. Il se sentait juste sur la défensive depuis qu'il avait vu arriver cette personne d'un passé pas si ancien que cela. Lui, si froid et calme en temps normal, ne comprenait pas pourquoi cette oppression sur son âme. L'orbe devait normalement stabilisé son état de santé, mais là, c'était comme un retour en arrière et à cause de ce Saint. Ses iris bleutés fixaient fortement les yeux du Bélier pour tenter de comprendre mais aucune réponse ne venait à sa grande surprise, il n'arrivait pas à lire son âme comme il pouvait le faire si aisément habituellement. Encore un mystère ? De plus en plus curieux, le Garuda attendait ce qui allait se passer...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.saints-of-thepast.com/t7551-grenat-spectre-de-la-voui
Shion


Grand Pope
Grand Pope
avatar

Messages : 1105

Feuille de Personnage :
HP:
107/150  (107/150)
CS:
135/170  (135/170)
Dieu Protecteur: Athéna Athéna

MessageSujet: Re: [1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)   Mar 21 Aoû - 23:38

Silencieux, Shion observa la nouvelle intervention du Spectre à l'égard du jeune garçon. Quelle stratégie avait-il sous les yeux? De quelle fourberie faisait-il preuve en ces instants? Voilà qu'il lui proposait de lui trouver lui-aussi un travail maintenant. Impensable pour un Spectre. Encore que Minos, le Juge des Enfers, bien que sur la mauvaise voie, avait lui-aussi tenu des propos plutôt cohérents et peu maléfiques par moments. Peut-être que les Spectres...Non. Il ne devait pas faire preuve de tant de naïveté. L'instant n'était pas celui de la compassion. Il avait vu de quoi les Spectres étaient capables, il savait ce que cet homme avait fait et devait rester sur ses gardes. Chevalier d'Or avant tout, jamais il ne devait l'oublier.

Puis l'enfant s'écarta et Shion lui adressa un dernier coup d'oeil, espérant secrètement que le jeune garçon suivrait ses conseils plutôt que la proposition du Spectre. Plus difficiles peut-être mais dans une voie bien plus sure, bien moins sombre. Retournant finalement son regard lilas en direction de son interlocuteur, Shion réarrangea le Rosaire qu'il portait autour de son cou. Plus qu'un simple bijou, cet objet agissait comme un catalyseur, un rappel incessant du poids qui reposait sur ses épaules et du sort qui le guettait à chaque instant. Scipion, disparu au fonds des Enfers et dont les paroles resteraient gravées en lui jusqu'à sa propre mort.

Pesante. Nul qualificatif ne convenait mieux pour la situation actuelle. Impassible, le Bélier attendait la réponse de l'ancien Kraken, cherchant à conserver calme et clarté d'esprit. La fougue ne le mènerait nulle part, pour le moment. Perplexité, telle fut la première conséquence de la réponse qui sortit de la bouche de Caeron. Aiakos, Juge des Enfers? Jamais il n'avait eu l'occasion d'entendre ce nom, bien que le Titre ne lui soit par contre pas inconnu. Juge des Enfers...Encore un. Des propos étranges, difficiles à appréhender. Qu'était-il donc arrivé au Général Marina qu'il avait rencontré des années plus tôt? Tous les éléments étaient présents dans la réponse du Spectre mais Shion parvenait difficilement à les remettre en ordre. Peut-être le trouble de son état d'esprit, ou encore la fatigue du voyage.

Sauf trois mots... Trois mots qui résonnèrent dans son esprit quelques secondes avant que finalement Shion ne laisse échapper un léger soupir difficilement interprétable. A la fois teinté de mépris quant à cette question mais toujours hanté par la tristesse de la perte de son ami. Une once de compassion venait accompagner ce mélange de sentiments alors que le Bélier se rendait compte que l'ancien Général semblait ignorer le devenir d'Astre.

Astre. Comment va t-il? Ne le sais tu donc pas? Le Général du Kraken est-il à ce point endormi pour qu'il n'ait pas ressenti cet évènement? Jusqu'au fin fonds des Enfers, sa mort est parvenue à m'atteindre. Jusque dans les abîmes, j'ai ressenti le trouble d'Amphitrite face à la disparition de son Prêtre. A moins qu'elle n'ait souhaité ma prévenir de la mort d'un de mes plus précieux amis. Comment comprendre les Dieux?

Un instant, les pensées de Shion s'orientèrent en direction de la Déesse des Océans, repensant à celle qui avait participé au retour de sa vue. Celle dont il avait ressenti la peine à la disparition d'Astre. Mais rapidement, le Bélier reprit, incompréhension et tristesse baignant ses paroles.

Le Kraken. Ce Général si prompt à vouloir défendre son Prêtre. A l'accompagner au sein du Sanctuaire d'Athéna pour négocier la paix. J'ai touché cette écaille ce jour-là, j'ai ressenti son âme. J'ai partagé ses craintes et sa tristesse de se savoir séparée de son Général pour quelques instants lorsque le Phoenix est tombé sur toi. Ce lien était si fort. Comment a t'il pu disparaitre au point que Caeron s'endorme et abandonne son Prêtre. Mon ami. Tu avais juré de le protéger et tu n'étais pas là quand il avait besoin de ton aide. Pas plus que votre Déesse d'ailleurs. Ni moi. J'ai choisi mon devoir à mon amitié mais toi, qu'as tu choisi?

Plutôt affecté par ses dernières paroles, Shion ne se rendit pas immédiatement compte que le comportement du Spectre était lui-aussi perturbé. Le regard baissé quelques instants, le Chevalier d'Or le releva finalement pour croiser celui de Caeron. Fixé sur son regard, il ressentit un instant une aura qui lui était familière et resta silencieux, tentant à nouveau d'interpréter les évènements qui se produisaient. Etait-ce une lueur d'espoir? Une preuve que celui qu'il avait croisé n'avait point complètement disparu mais pouvait reprendre sa place? Sans nouvelle surprise, Shion aurait pu abandonner sa méfiance et retrouver le caractère souriant qui était le sien. Mais c'était sans compter sur les paroles qui allaient sortir de la bouche du Spectre.

Un coup de poignard. Une décharge. Les propos de Caeron vinrent foudroyer le Premier Gardien du Sanctuaire sans qu'il ne s'y attende. Dohko. Avoir abandonné Astre ne lui suffisait pas, il fallait qu'il ose citer le nom du Chevalier d'Or de la Balance, son plus fidèle compagnon d'armes et ami. Réprimée depuis le début de leur échange, la colère du Bélier était maintenant palpable et un regard noir vint traverser son visage avant qu'une explosion de puissance ne se laisse ressentir. Non loin de là, un tonneau se brisa, ramenant rapidement Shion à la réalité des lieux et à l'impossibilité de succomber à ses pulsions en un tel endroit. Canalisant son cosmos, le Bélier serra le poing en répondant.

Le noble Dohko. Bien plus noble que tu ne l'es. Jamais je ne l'enverrais se battre à ma place. Mais peut-être fais tu allusion à cet instant où, non satisfait d'être tombé sur le Chevalier de Bronze du Dragon et d'avoir abandonné Astre, tu as décidé d'affronter mon ami affaibli par son dernier combat. L'autre Juge, Minos, ne m'a pas esquivé lui. Il était l'Etoile de la Noblesse. Et toi, qu'es-tu? L'étoile de la trahison? De la perversion? Ne t'approches plus de lui où je serai là pour t'accueillir. Tu es vil. Aucun lien avec le Kraken que j'ai rencontré dans mon Temple.

Comment la situation pouvait-elle être ainsi? Où était donc le Général Marina pour lequel il avait réprimandé un de ses frères d'armes? Des interrogations sur lesquelles Shion tentait de se concentrer pour atténuer sa colère.
Revenir en haut Aller en bas
Grenat


Spectre Céleste
Spectre Céleste
avatar

Messages : 375

Feuille de Personnage :
HP:
140/170  (140/170)
CS:
128/190  (128/190)
Dieu Protecteur: Hadès Hadès

MessageSujet: Re: [1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)   Mer 22 Aoû - 18:44

Finesse du Destin



Trahison, Perversion.... Aiakos n'en revenait d'entendre parler ce chevalier dont son seul lien était les quelques souvenirs de son hôte actuel. Jamais le Juge n'avait agi sans donner le moyen à son adversaire de quitter le champ de bataille, jamais il n'avait été discourtois et traître dans ses intentions ! Voilà que ce Saint l'affublait des pires ignominies qu'un guerrier loyal et honnête pouvait entendre. Fermant les yeux, il prit une grosse bouffée d'air frais pour se préparer à remettre cet homme dans le droit chemin. Alors que le cosmos du chevalier d'or se calmait sous une impulsion colérique, le spectre laissait le sien se libérer sans état d'âme. Une telle insulte à son rang, à son code de conduite, à ce qu'il était en définitive, ne pouvait être relevé que par le gant le plus cinglant.

« Trahison ? Perversion ? Ne me confondez pas avec les autres Spectres jeune homme ! Par respect pour Caeron, je n'ai pas voulu aller plus loin dans une querelle inutile, mais là, vous dépassez les bornes de la bienséance ! Oui, vous avez préféré aller de l'avant que d'aider les vôtres, est ce un bien ou un mal ? Je vous laisse juge de votre propre conscience présentement. Le Noble Dohko a eut un choix à faire, tout comme les chevaliers du Dragon et des Poissons, je leur ai dit qu'il pouvait partir, que cette guerre n'était pas la leur ! Et ils ont choisi de se battre selon leurs idéaux et leur volonté, ce que je respecte, alors je ne vous permets pas de dire ou de penser que je me suis montrer un parjure dans la précédente Guerre ! Pour cela, allez voir plutôt l'ancien chevalier d'or du Capricorne ! »

Inquisiteur, le regard du Juge foudroyait les yeux du Bélier de façon cinglante. Son humeur diplomate et paisible avait laissé place à l'un des chefs du monde infernal. Si tant est que Aiakos se moquait de savoir ce que le chevalier du Bélier pensait des Spectres, il ne pouvait admettre un tel affront sans réagir. Cela violait en quelque sorte une partie de son existence millénaire. Alors que son cosmos vibrait dans toute la rue, toutes les lumières se concentrèrent sur le front du Juge pour laisser d'ouvrir un troisième oeil d'un bleu azur. Sa décision était prise, ce chevalier avait fait preuve de colère, de vanité et forfanterie ! Il devait expier ses fautes devant le Juge pour avoir une chance de ne pas finir dans l'une des prisons des Enfers.

L'oeil de vérité pulsait d'une énergie de plus en plus forte. Les chats de la cité antique, gardiens de la bonne santé de la population, fuirent instinctivement ce cosmos des plus froid et sinistre. Subitement, plus rien, Aiakos fermait les yeux et son troisième oeil s'éteignit dans la pénombre de l'aube. Plus aucun cosmos ne s'échappait de ce corps encore debout, un miaulement, une vitre qui se brise, une neige fine et immaculée qui commençait à tomber d'un ciel encore vierge de nuages, les cheveux noirs ébène du Juge des Enfers tournèrent dans une teinte blond châtain. Les ombres se figèrent alors pour faire révérence au retour de son maître. Dans sa colère, le chevalier du Bélier avait laissé exploser son cosmos sans se rendre compte qu'une assommante harmonie iodée s'était mélangée au sien, pour repousser l'Orbe de l'Automne du corps du jeune Français.

« Tu croyais que j'allais te laisser faire Aiakos ? Même si j'approuve bien souvent ta manière de voir le Monde, je ne peux admettre que tu frappes un homme qui défends juste son point de vue. Je te pensais d'une autre trempe pour ne pas aller à de telles colères de préséance ! Un silence se fit alors que les yeux azuréens de Caeron se relevèrent vers le Bélier. Chevalier, je n'ai jamais abandonné Astre ! Cet Atlante était ma seul famille, mon seul ami et mon âme a été balayé par le destin. Je n'ai pas abandonné mon combat mais j'ai décidé d'agir de l'intérieur, j'ai fait mon propre choix mais jamais je ne tuerai un serviteur d'Athéna. La main de Méphistophélès a été arrêté par qui à ton avis ? Qui a stoppé l'hémorragie de Dohko ? Qui a laissé Celsius vivant ? Avant de juger, regardes les faits mon ami ! Je ressens ma Déesse qui me regarde à travers tes yeux, elle m'a vu, mais..... j'ai prêté serment de veiller sur la Dame des Saisons, elle est la seule qui ait compris ma douleur, ma solitude, mon désespoir et ma honte d'être détaché des miens. Je ne peux l'abandonner sans que je ne trahisse mes idéaux envers l'Humanité. Quand à toi, toujours aussi protecteur qu'à Ahirès, n'oublies pas que tu as lu mon âme. Ce sont les étoiles qui m'ont donné celle-ci et je ne l'abandonnerai pas, quitte à en mourir sur l'autel de mon honneur ! »

Un sourire s'échappait péniblement des lèvres de l'ancien général. Eprouvé par l'effort, il voulait quand même profiter de ce léger laps de temps pour lever les voiles de l'incompréhension. Il regarda alors le ciel pour laisser une fleur de glace se poser dans sa paume. Elle prit alors la forme d'un beau lotus cristallin. Comme à Ahirès, Caeron montrait une partie de son âme par ses créations de glace. Soufflant dessus, il la laissa s'envoler vers les cieux pour disparaître dans le néant. Un cosmos froid et doux en même temps nimbait les épaules de Caeron et aucune trace du Juge n'était plus là. Il profitait juste de cet instant privilégié pour retrouver cette nostalgie des temps heureux, de cette prison dorée qu'il regrettait à chaque instant. Les yeux légèrement embrumés par le froid, il esquissait une poignée de main envers celui qui avait lu une fois son âme à travers son ancienne écaille...
Revenir en haut Aller en bas
http://www.saints-of-thepast.com/t7551-grenat-spectre-de-la-voui
Shion


Grand Pope
Grand Pope
avatar

Messages : 1105

Feuille de Personnage :
HP:
107/150  (107/150)
CS:
135/170  (135/170)
Dieu Protecteur: Athéna Athéna

MessageSujet: Re: [1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)   Sam 1 Sep - 0:13

Alors que Shion tentait de canaliser sa propre colère, celle du Juge des Enfers semblait lentement se manifester. Aiakos, Caeron. Quel que soit le nom de ce Spectre, les qualificatifs utilisés par le Bélier pour le décrire ne semblaient pas vraiment le satisfaire. Etait-il parvenu à briser le masque de ce Juge, d'apparence si impassible? Son Cosmos prenait de l'ampleur, témoignage de son agacement grandissant au fil des secondes tandis qu'étrangement, celui du Bélier se stabilisait autour du Chevalier d'Or. Voir son adversaire dans un tel état lui apportait-il la satisfaction nécessaire pour retrouver son calme ou faisait-il seulement preuve de self-control compte tenu de l'environnement qui les entourait?

Le visage dur, Shion soutenait le regard du Spectre alors que celui-ci reprenait la parole. Du respect pour Caeron? Quel respect pouvait-on éprouver pour celui dont on bafouait toutes les valeurs? Une façon de pensée bien étrange. Mais en même temps, à quoi s'attendait-il réellement? Au cours de son combat face à Minos, il n'était parvenu à aucun moment à tomber d'accord avec le Juge en dépit de leurs longues argumentations. Pourquoi la situation serait-elle différente avec un autre Juge? D'autant que celui-ci semblait tout particulièrement convaincu de la bonne foi de ses actions, de ses propos. Poussant un soupir méprisant, Shion répondit:

Tu leur as laissé le choix? Comme c'est beau, comme c'est honorable de ta part. Permettre à un Chevalier d'abandonner ses idéaux, tout ce en quoi il croit, toute sa vie, pour éviter un combat. Tu appelles ça un choix? J'appelle cela une illusion de choix permettant de camoufler ses actions, d'apaiser sa conscience. Voilà tout. Quant à mes propres choix, ils sont ce qu'ils sont et je ne cherche pas à les justifier. Je les assume pleinement, sans regrets.

Prêt à se défendre en cas d'assaut, le Bélier avait maintenant pleinement recouvré possession de ses moyens. Certes, sa colère était toujours présente et il lui démangeait d'en découdre avec ce Spectre mais il avait maintenant repris la clarté d'esprit nécessaire au respect de ses propres idéaux. Le Cosmos du Juge poursuivait son ascension, devenant de plus en menaçant. Shion étendit alors ses bras de chaque côté de son corps, faisant apparaitre la barrière pour laquelle il était si réputé: le Crystal Wall. Certes, se battre avec un Juge était tentant mais il ne pouvait pas mettre en danger la ville qui les entourait. Il lui fallait donc défendre les lieux.

Et puis d'un coup, tout se stoppa. L'oeil disparut, le Cosmos noir s'apaisa alors qu'une étrange sensation familière et iodée faisait son apparition. Ou peut-être avait-elle été toujours là sans qu'il ne soit capable de la ressentir? Shion rabaissa ses bras et le Crystal Wall explosa dans un fracas crystallin. Que se passait-il? Se pouvait-il qu'il soit revenu? Les paroles de son interlocuteur vinrent confirmer cette sensation alors qu'un frisson parcourait le corps du Bélier. Caeron. Le Général du Kraken. Un léger sourire, une légère illumination se laissa entrevoir sur le visage du Chevalier d'Or alors que celui-ci écoutait avec nostalgie l'ancien Marina et observait sa manipulation de la glace. Instinctivement, Shion vint se placer face à Caeron, posant une de ses mains sur son épaule.

Caeron. Que s'est-il passé? Astre est mort et aucun de nous deux n'était là pour le défendre. Alors que nous en avions le devoir. Il était le représentant de ton Dieu, ta famille, mon ami. Et nous ne sommes parvenus à le sauver. Nous avons commis une erreur et il ne tient qu'à nous de ne pas la reproduire. Reviens Caeron! Abandonnes les Enfers et reprend ton Ecaille. Redeviens le Général que j'ai croisé en mon Temple. Tu ne dois rien aux Enfers. Et même si tu parviens à infléchir les actes de ce Juge, tu ne parviendras pas à les faire changer et abandonner leurs plans maléfiques. Athéna te pardonnera et je suis sûr qu'Amphitrite fera de même. Ton écaille t'attend Caeron. Abandonne cette prison dans laquelle tu t'enfermes...


Si désireux d'en découdre avec le Spectre, le discours de Shion avait maintenant évolué alors qu'il se retrouvait confronté au Général rencontré dans son Temple et à Ahirès. Il n'avait pas pu sauver Astre. Saurait-il faire mieux pour Caeron?
Revenir en haut Aller en bas
Grenat


Spectre Céleste
Spectre Céleste
avatar

Messages : 375

Feuille de Personnage :
HP:
140/170  (140/170)
CS:
128/190  (128/190)
Dieu Protecteur: Hadès Hadès

MessageSujet: Re: [1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)   Dim 2 Sep - 12:00

Les Masques tombent,
Quand on ne s'y attends pas...



Les flocons tombaient dans la rue comme une pluie réconfortante. Caeron ne savait pas comment répondre, il avait fermé lui même les portes de la rédemption en abandonnant le combat qui était le sien. Préférant mourir que de tomber sous le joug des Enfers, cependant, il avait mal jugé de ses propres compétences. La Déesse des Enfers, elle même apatride dans une terre inhospitalière, ne devait pas être abandonné. C'est pourquoi il allait répondre négativement à la demande de son ami quand une pensée germa dans son esprit. Oui ! Lui pourrait protéger ce qui lui était cher, protéger la vie était la mission des Marinas mais aussi des Chevaliers d'Athéna. Cette chère Mashia devenue aujourd'hui Athéna, elle avait lu dans son âme en faisant naître des fleurs de lotus autour de lui après l'attaque du Phénix.

« Mon ami, je ne peux, sinon ce serait laissé la Dame des Saisons.... Cependant.... Te rappelles tu de notre rencontre dans ton temple ? Saches que quelques heures avant, je revenais de Rome, pour une affaire qui datait de ma jeunesse en tant que simple Capitaine des Marinas ! Si je n'ai jamais abandonné totalement mon emprise sur ce corps, si je suis devenu une aubépine qui protégeait mes pensées et mon âme, c'est pour lui ! Suis moi mon ami... Tant que tu es là, son cosmos nous protège de l'influence des Enfers. Mais ca ne durera pas longtemps malheureusement... »

A quelques pas de là, près de l'ambassade, ils arrivèrent ensemble devant une maison contigue à la demeure du Représentant du Royaume Très Chrétien. A travers un morceau de tissu faisant office de porte, Caeron entrait à l'intérieur ou un âtre brillait encore sous un chaudron fumant. Dans un lit, un jeune homme à la chevelure blonde se levait en libérant un cosmos azuréen, d'un signe de la main, le Général Du Kraken le rassurait. Il se releva alors pour saluer l'inconnu. Jugeant aucune menace potentielle, il s'asseyait sur sa paillasse pour saluer l'invité selon la tradition turque. Caeron fit signe alors au chevalier d'or de bien vouloir s'asseoir où il le souhaitait. Si une chose attira le regard du jeune homme à moitié endormi, c'était un je ne sais quoi d'identique entre les deux hommes. Puis, subitement, ses doigts caressèrent son propre front pour bien sentir les deux marques.

« Père, cet homme... »

Père ? Le mot était lâché ! Caeron ne répondit rien car il savait ce qui se passait dans la tête de Shion. Pendant des années, il avait veillé sur ce fils né d'un amour interdit entre un Général de Poséidon et une jeune femme du nom de Shambhala. Il avait alors repris son nom pour ne pas oublier son parfum si singulier mais le sang des Atlantes ne pouvait se donner ainsi, la mort attends ceux qui ne prennent pas garde d'avoir l'accord des Dieux des Mers. Tout cela embrumait le cerveau fragile du Général mais il devait mettre son fils en sécurité, avant qu'Aiakos ne comprenne la manoeuvre de son hôte pendant de nombreuses années.

~O°O~
Sous la pénombre de l'aubépine, qui recouvrait l'ensemble de la petite maison et son petit jardin, une tempête de neige gagnait chaque seconde un peu plus de force. Les racines de l'arbre se cristallisaient d'une fin couche de glace. C'est alors que la maison explosa de flammes noires qui léchèrent les racines pour se libérer du manteau de neige qui l'asphyxiait lentement.

« Pourquoi tu te décides à te réveiller après tant d'années de sommeil ? Je ne te laisserai pas faire et l'orbe retrouvera sous peu tout son pouvoir, la force de ton ancienne allégeance...

- Mon ancienne allégeance ? Tu serai surpris d'entendre que je n'ai pas la volonté de casser mon serment avec la Dame des Saisons !

- Mais alors pourquoi ?

- Tout simplement, que le temps est venu pour moi de disparaître, de payer le prix de l'homme arrogant que j'ai été. Je vais donc te laisser la place et ne plus être qu'un reste de ton propre passé, tu as respecté ce que j'étais et je t'en remercie, cela ne devait pas être facile tous les jours.... Donnes moi juste quelques heures !

- Je ne sais pas ce que tu mijotes mais tu as l'air sincère, allez, profites en pour régler tes problèmes humains... Cela fait trop longtemps que cela te broie et que tu portes ce masque si fragile, j'ai pu lire certaines de tes pensées enfuies dans ces racines et tes peurs sont bien innocentes comparées à bien des choses.

- Merci. Chacun se sent coupable de quelque chose....
»

Alors que le tourbillon de flammes se calmait un peu, la gangue de glace l'enveloppa brusquement pour ne laisser qu'un pilier de glace, à l'intérieur, l'âme de Aiakos semblait hurler de rage mais Caeron s'en moquait bien. Marchant vers les restes de la petite maison, ce dernier prit une lanterne où une petite flamme dansait faiblement. Avec un sourire de soulagement, il prit la flamme et se préparait à faire le passage de témoins.


~O°O~
Quelques secondes passèrent dans le silence. Avec une cuillère en bois, le Général se mit à servir du bouillon de légumes dans des grandes écuelles assez simples. Quelque chose brillait dans ses yeux, une étincelle, une flamme peut-être... Il présenta alors les assiettes à Shion et à son fils avec un sourire protecteur. Il savait que le temps était venu de quitter celui qui faisait sa vie, d'embrasser ses blessures pour les éteindre à jamais. La force de combattre était toujours là mais il voulait simplement être en paix sur ce point. Astre était mort. Et il lui avait parlé tellement de Jamir, que voir Shion lui rappelait ses discussions passées aux portes du Sanctuaire terrestre. Il allait devoir faire confiance à Shion, qu'il ne connaissait pas si bien que cela au final, mais la confiance d'Astre lui suffisait amplement pour tout dire. Après tout, il était un descendant du Peuple de Mu. Sortant de ses pensées, il brisa le silence pour enfin s'exprimer.

« Je te présente mon fils, il y a de cela des années, j'ai reçu une mission de tuer une descendante des grandes familles atlantes, elle se nommait Shambhala et était liée à la Famille noble de l'Océan Indien..... Mais voilà, je ne suis pas un assassin et j'ai même appris à aimer cette femme.... Mais le destin a voulu qu'elle parte en me laissant seul avec mon fils... Approches Mû ! Je te présente Shion du Bélier, serviteur de la Déesse Athéna. »

Ce nom était celui de l'antique continent qui avait gouverné les Océans de l'Orient. Sa femme lui avait dit que cela serait le meilleur nom pour ceux qui n'avaient plus l'onction des anciens dieux des mers. De plus, en lisant le livre des psaumes, Caeron s'était rendu compte que ce nom aurait son importance dans le futur mais il ne savait pas encore pourquoi. Le jeune garçon, devant approché les seize printemps, se leva alors pour s'agenouiller près de l'âtre.

Silencieux, ses yeux bleu ciel scrutait chaque partie de son environnement sans en paraître. Il avait gardé de Caeron ce côté impassible et calme, il sourit alors en hochant de nouveau la tête vers l'inconnu. Son nom ne lui était pas si inconnu que cela cependant, son Père lui avait parlé de lui bien souvent alors qu'il parlait d'Astre. De plus, ce chevalier dégageait une aura légèrement iodée qui le rapprochait de celle de son Père.

« Enchanté Chevalier. Voulez vous un peu d'eau avec votre soupe ? »

Phrase assez simple et sans aucune volonté de pousser plus loin les présentations.

« Mon fils, si ce chevalier l'accepte, tu vas l'accompagner et il est enfin temps de nous dire adieu. Nous en avons longuement parlé ces dernières années et tu sais que mon devoir passe avant tout, si on peut permettre à la Mort de retrouver cette neutralité qui devrait la caractériser, c'est notre devoir à tous.... Se retournant vers le chevalier du Bélier. Shion, je sais que tu seras veillé sur lui et ses capacités dépassent largement les miennes, je ne tiens pas à le voir exécuter par les Spectres ou même par un Fou du sanctuaire marin »

La pluie était glacée et elle venait de rentrer dans la maison. Caeron allait bientôt faire ses adieux, s'endormir pour toujours dans le corps du futur Juge des Enfers. Le temps était venu de mettre ce qu'il aimait le plus en sécurité et le Sanctuaire d'Athéna, lieu des plus paisible, serait le meilleur endroit. Quelques heures, il n'avait que peu de temps avant que tout cela soit terminé ! Cependant, quelque chose le fixait à travers les yeux de Shion et Caeron eut un frisson d'angoisse à ce moment là, pourquoi son regard l'inquiétait ? Ses sens en alerte, il attendit la réponse de son invité.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.saints-of-thepast.com/t7551-grenat-spectre-de-la-voui
Shion


Grand Pope
Grand Pope
avatar

Messages : 1105

Feuille de Personnage :
HP:
107/150  (107/150)
CS:
135/170  (135/170)
Dieu Protecteur: Athéna Athéna

MessageSujet: Re: [1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)   Mar 11 Sep - 23:34

Saint de l'Espoir. Une appellation qui représentait avec perfection le Chevalier du Bélier dans la situation actuelle. L'espoir que l'ancien Général du Kraken éliminerait le Juge des Enfers avec qui il semblait partager ce corps pour reprendre son ancienne vie, son ancienne allégeance. Un espoir bien simpliste pour celui qui ignorait tout des raisons, des motivations qui avaient conduit Caeron à se retrouver dans une telle situation. Peut-être par souci de conserver un lien avec son ami disparu, ou peut-être tout simplement par naïveté, ou encore dans le but d'accomplir son devoir. Qu'importait la véritable raison, Shion demeurait convaincu qu'une chance existait pour que Caeron réponde positivement à son offre.

Mais il n'est jamais bon d'entretenir de trop grands espoirs car bien souvent la chute qui s'en suit est des plus douloureuses. Et les premiers mots de l'ancien Kraken annoncèrent la couleur et le refus de revenir à son existence passée. Pour la Dame des Saisons, Perséphone. Que devait-il à la Reine des Enfers? Qu'avait-elle bien pu faire pour qu'il renonce à son attachement au Sanctuaire Sous-Marin pour la protéger? Ou peut-être ignorait il, lui-même, certains éléments à l'égard de Perséphone. Après tout, n'était-elle pas celle qui avait soigné Kenshiro alors que celui-ci était empoisonné? Une pensée bien troublante en cet instant.

Perséphone. Elle demeure la femme d'Hadès. Comment lui faire confiance alors que son époux ne demande qu'à asservir ce monde...

Les paroles suivantes de Caeron s'avèrèrent assez mystérieuses, intrigantes pour que le Bélier accepte de le suivre dans un lieu inconnu. Et très vite, les deux Chevaliers atteignirent une bâtisse, non loin de l'Ambassade, dans laquelle se trouvait un jeune homme blond que Shion n'avait jamais rencontré. Avec deux marques familières sur le front qui lui firent rapidement plisser les yeux. Un autre descendant de Jamir? Que faisait-il ici, aux côtés de Caeron.

Père. Un mot unique qui résonna dans la tête de Shion et instaura un silence lourd de sens au coeur de la pièce. Ce garçon était donc le fils de Caeron? Décidément, cette rencontre allait de surprise en surprise. Et dire que quelques instants plus tôt, une bataille avait failli éclater entre les deux hommes. Et voilà que maintenant... Le fils de Caeron. Ou peut-être celui d'Aïakos? Difficile de démêler ce fouillis d'informations dans lequel l'ancien Marina l'avait plongé. D'autant que son silence ne l'aidait pas du tout, pas plus que les quelques secondes que Shion venaient de passer à dévisager, sans s'en rendre compte, le jeune blondinet. Pas si éloigné de son propre âge en définitive.

Acceptant l'assiette de bouillon, Shion resta silencieux jusqu'à ce que Caeron se décide à lui en apprendre plus sur cette découverte. Et même lorsque l'explication fut enfin dévoilée, pas un son ne sortit de la bouche du Chevalier d'Or, celui-ci demeurant perplexe et tentant d'assimiler toutes ces informations inattendues. A nouveau, son regard se posa sur le fils du Kraken et le Bélier se contenta d'acquiescer d'un signe de tête lorsque celui-ci lui proposa un verre d'eau pour accompagner sa soupe. Qu'espérait Caeron en cachant son fils en ces lieux?

Et, comme une cerise sur le gâteau déjà bien garni, Caeron s'adressa à son fils pour lui signaler l'avenir qu'il lui réservait, manquant de faire s'étouffer Shion qui venait de reprendre une cuillerée de bouillon. Quelle attaque sournoise! S'essuyant le visage, Shion reprit un regard plus sérieux alors qu'il écoutait la fin des propos du Kraken et réfléchissait aux différentes options qui étaient siennes. Après tout, pouvait-il refuser à Caeron le service qu'il lui demandait? Pouvait-il abandonner ce garçon qui lui ressemblait tellement et le condamner? Assurément pas. Mais ses sentiments n'étaient pas les seuls éléments à prendre en compte. Son devoir demeurait. Indissociable de ses actes et de ses désirs.

Caeron. Que de nouvelles et de surprises. Si l'annonce de la mort de notre ami Astre a du te faire un choc, je vois que tu ne m'épargnes pas non plus. Un fils. Ce garçon est donc ton fils, et descendant des Atlantes.


Marquant une légère pause pour peser les mots qu'il allait prononcer, Shion reprit alors en fixant celui qui se prénommait Mü

Ce que ton père souhaite est une chose, mais qu'en penses-tu? Serais tu prêt à quitter ces lieux pour te rendre au Sanctuaire d'Athéna. A jurer fidélité à ma Déesse et lui obéir, ainsi qu'à moi-même et aux autres Chevaliers d'Or. A t'entrainer difficilement pour espérer un jour revêtir une armure de Saint? Et, bien entendu, à défendre ce monde s'il est menacé. Quitte à combattre les Spectres d'Hadès si le besoin s'en fait sentir. Ou même à affronter ses Juges. Y consacrerais-tu ta vie, ton existence?

Alors qu'il prononçait les derniers mots, Shion avait plongé son regard dans celui de Caeron. Etait-il conscient qu'il risquait de voir son fils combattre Aïakos un jour, en choisissant ce destin? Mais le Bélier n'en avait point fini.

Tu te doutes, Caeron, que je ne peux refuser une telle demande si c'est vraiment ce que ton fils souhaite. Pas plus que tu n'as le droit de me refuser un service en échange de celui que tu me demandes. Si tu penses tes paroles et si tu es bien le Général que j'ai rencontré et qui a choisi de défendre Astre par le passé, alors ton devoir est de ne jamais laisser Aïakos prendre totalement le contrôle. Tu DOIS continuer à influencer ses actes et à reprendre le contrôle parfois, comme tu le fais aujourd'hui. Tel est le seul moyen que je vois pour que tu puisses faire un jour changer les Enfers. Et telle est la promesse que je te demande pour accéder à ta requête.

Et comme pour ponctuer les paroles du Bélier, l'Armure d'Or du Premier Gardien sortit de sa Pandora Box pour prendre sa forme originelle aux côtés de son porteur. Comme désireuse de témoigner de la réponse qui allait s'en suivre.
Revenir en haut Aller en bas
Grenat


Spectre Céleste
Spectre Céleste
avatar

Messages : 375

Feuille de Personnage :
HP:
140/170  (140/170)
CS:
128/190  (128/190)
Dieu Protecteur: Hadès Hadès

MessageSujet: Re: [1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)   Mer 12 Sep - 21:02

Les Masques tombent,
Quand on ne s'y attends pas...



Les paroles de Caeron avait produit son petit effet. Naturellement, le déglutis de Shion démontrait sa surprise et son embarras était manifeste. Dans d'autres circonstances, le moment de révéler une telle chose ne serait même pas venu à l'esprit de l'ancien Général du Kraken. Mais la mort d'Astre, son ami et frère, la vision de celui-ci en train de chuter maladroitement sur les premières marches du Temple du Bélier, tous ses souvenirs étaient une étreinte bien lourde pour lui et il en était arrivé à une solution pour sauver son fils : le confier à celui qui avait la confiance de son Frère et "Prêtre".

Après quelques mots à l'adresse de son hôte, Shion se retourna vers son fils pour lui poser une série de questions. Si les mots pouvaient avoir son importance, les actes étaient plus forts encore et c'est cela que voulait signifier le Bélier en quelques phrases. Oui, l'affrontement entre Père et Fils serait inéluctable dans le futur, mais, au moins, il vivrait dans le Monde que sa mère avait souhaité pour lui. La lumière du soleil et les bruits des vagues, proches des remparts de Constantinople, étaient le symbole de cette union pour l'ancien Général. Il se leva alors et quitta la scène pour laisser son fils parler sans détour.

« Je te répondrai à mon retour mon ami ! Je ne veux pas entendre les mots de mon Fils, ils sont les siens et pas les miens. »

Dans le silence qui suivit cette dernière phrase, il salua son ami et se retira en levant la porte de tissu pour disparaître dans les rues d'Istanbul. Inquiet peut-être de la réponse de son Fils, inquiet du pouvoir des Dieux infernaux dans leur manie de tout surveiller, il préférait ne rien savoir et rester dans l'ignorance. Quelques secondes passèrent après le départ de Caeron. Mü leva alors ses yeux bleu ciel dans ceux du chevalier d'or du Bélier. Il fit danser l'eau dans son verre avant de prononcer sa réponse avec une certaine gravité.

« Chevalier. Mon père ne m'a jamais rien caché depuis que les Dieux m'ont donné la chance de naître. Ma mère est morte. Pendant des années, mon père a payé les meilleurs professeurs, m'a donné tout son enseignement avec sagesse et simplicité. Il a sacrifié son devoir pour moi et je ne veux plus lui imposer cela... Prenant un peu d'eau avant de continuer. Ce que j'en pense ? Suis je prêt à défendre cette vie pour affronter le lourd Hiver des Enfers ? Suis je prêt à devenir Chevalier ? Suis je prêt à servir Athéna ? Toutes tes questions sont normales mais je vais te répondre par deux simples mots que mon père m'a enseigné : Honneur et Espoir ! C'est vrai qu'Hadès a un grand pouvoir, il peut retirer aux hommes leur nourriture et leur foyer, leur liberté, leur fils et leurs filles d'un seul mot. Il peut même enlever la vie mais, il est une chose qu'il ne pourra jamais m'enlever, mon Espoir. Car je crois dans les prodiges de l'Homme et en son libre arbitre. »

Buvant une gorgée d'eau, Mü termina sa dernière phrase avec cette solennité qui ressemblait à celle de son Père dans les moments importants. Le jeune homme savait que ses mots pouvaient surprendre mais c'était là les derniers enseignements de son Père. Tout cela était devenu de plus en plus compliqué et vivre aux Enfers n'était pas du tout dans sa vision du futur. Quelque part, il comprenait son Père dans son dessein de purifier le monde des morts de cette étrange corruption qui la gangrenait de l'intérieur, la Mort devait être neutre et juste, frappant de manière aveugle sans se soucier de détruire le Monde pour autant. Hadès, Thanatos, Hypnos.... Ils étaient le fruit de la folie de l'Hubris le plus humain et cela en était devenu si risible. Mais lui ? Qu'en était-il de ses choix ? Il avait longuement réfléchi en parcourant les remparts de la cité, entendant au loin les Muezzins qui criait la beauté de ce Monde. Il avait alors forgé l'espoir que cette quiétude soit éternelle !

« Je ne sais que te dire d'autre. J'aime tout simplement l'Homme dans tous ses travers, la morale bien pensante d'Hadès ne me plait pas et elle est le symbole même d'une Inquisition de l'esprit qui me répugne... et je ne suis pas le seul dans ma Famille. »

Fermant les yeux, les cuillères de bois se mirent à léviter autour de lui sans qu'il s'en rende vraiment compte. Son corps se nimbait alors d'une aura enflammée azuréenne, l'odeur nacrée d'une eau de source se mélangeait paisiblement avec cette lumière apaisante. Il souffla alors entre ses lèvres et tous les objets se fracassèrent sur le sol en terre battue. Au dernier moment, le jeune homme s'était ravisé pour ne pas aller trop loin. Pensif, il se gratta la tête en balbutiant des excuses un peu encore enfantines...

« Désolé... Voulais.... Enfin on ne doit pas sortir une épée de son fourreau... Je souhaitais juste vous montrer ma résilience si vous acceptiez de me faire confiance. Mais je ne peux démontrer des actes, seuls mes mots peuvent compter en cet instant... »

Troublé. Mü ne disait plus rien et regrettait déjà d'avoir voulu prouver quelque chose qu'il ne lui était pas demandé. Pendant que Shion terminait sa réponse à cette petite folie égocentrique, la porte s'ouvrit pour laisser Caeron entrer après une petite demi-heure d'absence. Il regarda à droite et à gauche la vaisselle éparpillée et comprit la cause de tout cela en voyant la tête de son Fils. Tapotant l'épaule de Shion, il fit le tour de l'âtre pour s'asseoir devant lui. Avec un sourire peu coutumier aux lèvres, il prit alors la parole.

« Mon fils n'a jamais été bon dans les arts ménagers. Excuse sa jeunesse, il est plus sage que moi à son âge. Cependant, il a pu te dire ce qu'il voulait en toute liberté et avant que tu ne me donnes ta réponse, je veux aussi répondre à ta demande. Réfléchissant un instant à ses mots avec soin. Shion de Jamir, Chevalier d'or du Bélier, ta demande contrarie ce que je souhaitais faire tu le penses bien... Mais... Tu connais toi même ma réponse à ta requête, je ne peux te jurer de pouvoir toujours contrôler les actes d'Aiakos mais je te jure que jamais celui-ci ne fera de massacres et de drames sans que j'intervienne. Jamais un membre de ta Chevalerie ne sera tué de mes mains et même Aiaikos s'y refuse, donc tout va bien à ce sujet ! Nous combattrons peut-être face à face, dire le contraire serait une offense à nos intelligences, mais je peux te prêter le serment que je respecterai mon code d'honneur de la même manière qu'aujourd'hui. Un évènement s'est produit aux Enfers qui me laisse un infime espoir.... Nous verrons si je me trompe. Mais j'accepte donc ta demande et ce n'est pas un ancien Général qui te parle ici, c'est juste Caeron de Fragrance mon ami. Je le jure sur la mémoire d'Astre et en son souvenir. »

Le ton était grave mais avec une émotion palpable dans les yeux de l'ancien Général. Il savait que cette promesse le liait jusqu'à son propre anéantissement ou jusqu'à la mort du chevalier d'or du Bélier. Ce pacte était inscrit dorénavant dans la mémoire commune de l'ancien Prêtre de Poséidon. Un futur était encore à composer et Mü allait succéder à Astre dans le coeur des deux guerriers éprouvés par une guerre commune dans deux camps différents. Se retournant, il ouvrit une boîte pour prendre un livre légèrement cramoisi. Il était écrit dans la langue de Jamir et il était temps enfin de transmettre ceci.

« Shion, Mü, ce livre contient le savoir de ma femme, je ne connais pas cette langue malgré mes recherches. De plus, il y a aussi une lettre de son Frère qu'elle recherchait dans la cité antique de Venise. Selon ce que j'ai pu comprendre autrefois, elle était venue ici pour le retrouver et le ramener sur le droit chemin. Je crois qu'il s'appelait Tokusa. Ceci est la dernière preuve de ma bonne Foi mon Ami... Désormais, j'ai posé toutes les cartes sur la table et je ne sais pas si la réponse de mon fils te convient.... Si tu le souhaites, nous pouvons te laisser quelques instants de réflexion ? »

Caeron ne voulait pas brusquer le Chevalier d'Athéna, il avait répondu en partie à sa demande. Cependant, la dernière Guerre avait laissé des traces indélébiles sur leur confiance mutuelle et le Juge le savait mieux que quiconque. A plusieurs reprises, il avait tenté de faire reculé les Saints mais Shion avait raison sur un point : il était inutile de vouloir aller contre des guerriers ayant la Foi en leur cause ! Il laissait cette information précieuse dans un coin de son esprit et attendit la réponse de son invité avec espoir et angoisse.

Revenir en haut Aller en bas
http://www.saints-of-thepast.com/t7551-grenat-spectre-de-la-voui
Shion


Grand Pope
Grand Pope
avatar

Messages : 1105

Feuille de Personnage :
HP:
107/150  (107/150)
CS:
135/170  (135/170)
Dieu Protecteur: Athéna Athéna

MessageSujet: Re: [1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)   Jeu 4 Oct - 0:36

Impatience et hésitations, tels étaient les sentiments éprouvés par le Bélier alors qu'il attendait la réponse de l'ancien protecteur d'Astre. Accepter un nouvel apprenti, un nouveau défi à relever. Dans quelle galère ne s'engageait-il pas à nouveau? Mais après tout, pouvait-il réellement refuser ce service à Caeron et abandonner son fils aux mains des Spectres? Non, une seule réponse était possible. Tout comme il savait déjà que le Kraken ne pourrait lui refuser cette demande. Par honneur mais aussi pour assurer l'avenir de son fils au sein du Sanctuaire d'Athéna.

Néanmoins, même si la suite de l'histoire semblait déjà écrite, Caeron préféra ne pas répondre sur le champ et sortir pour le laisser en tête à tête avec son fils. Volonté de réfléchir à cette proposition? Plutôt l'envie de laisser Mü exprimer clairement ses opinions, sans la pression paternelle au dessus de lui. Et peut-être une pointe de sadisme en souhaitant faire patienter le Bélier quelques minutes de plus. Après tout, il y avait un Juge des Enfers qui sommeillait aussi dans ce corps!

Saluant Caeron qui quittait les lieux, Shion reporta son regard améthyste sur le jeune Mü, attendant silencieusement que celui-ci décide de prendre la parole. Après tout, c'est à lui que revenait le choix de son devenir, à lui d'apporter quelques réponses aux questions posées par le Chevalier d'Or. Et ce fut après quelques instants passés à jouer avec son verre que son potentiel apprenti prit enfin la parole. Commençant son discours par quelques mots à l'égard de ses deux parents, Mü poursuivit ensuite par une tirade centrée sur l'Espoir qui animait sa motivation. Le même Espoir qui animait les Saints d'Athéna et leur permettait de poursuivre inlassablement leur combat contre les adversaires de l'Humanité, qu'il s'agisse d'Hadès ou d'autres envahisseurs. Et, peut-être pour se prouver quelque chose à lui-même, ou pour impressionner le Chevalier d'Or, Mü termina son explication sur une concentration de Cosmos accompagnée d'une lévitation maladroite des objets présents dans la pièce.

Partagé entre un côté appréciatif de cette performance et l'amusement de voir cette volonté de prouver ce dont il était capable, comme lui avait pu le faire autrefois, le Bélier tenta de demeurer impassible. D'un seul geste, il aurait pu remettre les éléments éparpillés dans la pièce afin de rétablir le désordre qui venait de s'installer. Mais tel n'était pas son objectif, ni une bonne première leçon pour celui qui allait l'accompagner au Sanctuaire.

Je vois. Tu auras l'occasion d'illustrer tes propos par des actes, ne t'inquiètes pas. Mais je vais pour le moment me contenter de te croire sur paroles et de te faire confiance pour mettre tout en oeuvre pour conserver l'Espoir qui t'anime à jamais. Néanmoins, même si Hadès est incontestablement un des Trouble-Faits de l'Humanité, ta vision ne doit pas se limiter à lutter contre lui. D'autres adversaires guettent dans l'ombre et attendent le meilleur moment pour agir. Il faut être prêt à tout. A tout pour Athéna.


Jetant un regard amusé autour de lui

Et pas seulement pour m'impressionner! En m'accompagnant, tu auras l'occasion de développer tes compétences et trouver une voie qui t'intéresse. Jusqu'au jour où, je te le souhaite, tu pourras revêtir l'armure d'un Protecteur d'Athéna. L'armure que tu auras choisie, ou qui te choisira.

Et comme pour l'accompagner dans cette dernière remarque, Caeron refit son apparition dans la pièce, prêt à reprendre la discussion. Leur échange avait-il été plus long que ce qu'il pensait? Quoi qu'il en soit, Shion ne manqua pas de laisser échapper un rire franc lorsque l'ancien Kraken fit une remarque sur les compétences ménagères de son fils. Un instant de détente avant que son interlocuteur ne redevienne sérieux pour répondre finalement à sa requête. Une réponse positive comme le Bélier pouvait s'y attendre et des arguments qui répondaient totalement aux inquiétudes du Saint et à la situation qu'il souhaitait mettre en place. Caeron, toujours présent pour éviter que le Juge des Enfers ne déborde. Et peut-être pour garder une pointe de sagesse parmi la cruauté des sbires du sombre Monarque.

Je ne prétends pas réellement te connaître. Mais si tu es bien comme je le pense, je ne doute pas que je ne contrarie pas totalement tes plans. Après tout, garder un peu de contrôle sur le Juge des Enfers, éviter les débordements et conflits inutiles, n'est-ce pas une des philosophies qu'Astre aurait défendue?

Pendant plusieurs secondes, le regard du Bélier circula entre le père et le fils présents dans la pièce. Jusqu'à ce que ce manège soit interrompu par Caeron lui présentant un livre qu'il tenait de sa défunte femme. Intrigué par le descriptif que le Kraken lui fit, Shion se contenta d'acquiescer et de désigner Mü pour prendre le fameux livre. Il aurait le temps plus tard d'y jeter un oeil, une fois cette discussion menée à son terme.

Quelques instants de réflexion? Je pense que je réfléchis déjà bien trop! Puisque tu as accepté mes conditions, la discussion est close. Mü repartira avec moi en direction du Sanctuaire. Qu'il prépare ses affaires, il quittera Constantinople avec moi quand je m'en irai. Mais j'espère qu'aucun de vous deux ne regrettera ce choix car il n'y a pas de retour possible. Ni pour l'un, ni pour l'autre.

Plongeant son regard dans celui de Mü

Mon intuition me dit que je n'aurai pas à regretter le mien en tout cas.
Revenir en haut Aller en bas
Grenat


Spectre Céleste
Spectre Céleste
avatar

Messages : 375

Feuille de Personnage :
HP:
140/170  (140/170)
CS:
128/190  (128/190)
Dieu Protecteur: Hadès Hadès

MessageSujet: Re: [1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)   Dim 7 Oct - 15:42

Finesse du Destin


Devant la décision affichée par Shion, le Père et le Fils se regardèrent en hochant de la tête. Caeron se releva alors pour demander à son ami de bien vouloir le suivre pendant que son fils préparait ses affaires. Ils firent quelques pas dans la ruelle adjacente et pour la première fois, l'ancien Général se sentait apaisé et heureux. Sa mélancolie naturelle était moins forte qu'avant et il s'adossa alors en respirant fortement.

Son fils était encore bien jeune et malgré ses dons indéniables, son père l'avait aidé à dépasser ses pouvoirs à un niveau tout à fait exceptionnels. Cependant, il tenait à donner quelques informations entre eux pour veiller à ce que les choses se passent correctement. Il sentait en lui depuis un moment que sa Déesse avait changé de nature, en quoi et pourquoi, il n'en savait rien pour l'instant mais cela était un espoir à ne pas sous estimer. Il devait maintenant que leur accord était scellé par l'amitié lui préciser ce qu'il avait voulu dire par un espoir de paix avec les Enfers. Levant la main en l'air, il laissa un léger vent l'entourer avec son cosmos glacé. Quelques feuilles ambrées et marrons se collèrent alors à son cosmos dans des couleurs de plus en plus chatoyantes. Le sol semblait en même temps d'assécher de toute vie, comme si les eaux et les forces de l'été refluaient dans tout arbre aux alentours.

« Tu ressens ce cosmos chaud et apaisant de l'automne, il annonce l'hiver à venir mais annonce aussi la période des fêtes et des joies... Oui, l'Automne est à la fois couleur et beauté, mystérieuse car elle se cache sous les couleurs les plus bigarrées pour ne pas laisser ouvrir son coeur aux Hommes. Elle est ainsi et elle me va bien, nul ne doit savoir en fait qui je suis réellement, ou je vais et pourquoi, mais voilà, depuis quelques temps, la saison a pris une teinte moins crépusculaire si j'ose dire. Je t'ai parlé tout à l'heure d'un maigre espoir qui me rattache encore à ce monde ; il est simple, ma Déesse semble avoir pris une nouvelle voie et les orbes qu'elle a confié à ses gardiens sont en train aussi de changer de nature.... La Dame des Saisons est la clé mon ami et tu auras besoin d'une voix un jour si on veut préserver ce monde de sa folie... »

Il laissa l'orbe danser entre ses doigts avant qu'elle ne revienne dans son âme. Ce que Caeron ne vit certainement pas, c'est qu'en libérant son orbe, ses cheveux s'étaient encore éclaircis et ses yeux brillaient d'une vitalité encore plus forte. Une fois l'orbe revenue dans le creux de son âme, sa mélancolie le reprenait en même temps. Il avait gardé pendant temps et temps d'années son secret, sauvegarder les apparences pour se protéger lui même qu'il en avait oublié le simple fait d'être heureux. Oui, il avait trouvé cette joie qu'Astre avait eut en son temps, mais tout comme lui, il était à la fois impétueux et sensitif dans ses émotions, il ne savait pas facilement caché ses émotions. Sauf évidemment pour se préserver...

Il observa de ses yeux opalins le chevalier d'or en train de l'écouter, il savait que le cosmos de la déesse des flots coulait en lui, il le ressentait désormais avec plus d'acuité et il se contentait de sourire en s'apercevant que ce cosmos qui auréolait son ami depuis tout à l'heure était celle de son ancienne Maîtresse. Les Marinas allaient bientôt savoir qu'il était encore vivant et en bonne santé, si tant est que la mort était une chose bien amère quand on était sorti de l'une des prisons les moins faciles, celle des envieux ! Il concentra alors son énergie pour garder encore de la force pour tenir en respect Aiakos, il venait d'avouer d'une certaine manière à son ami que les choses seraient plus délicates entre l'influence du serviteur froid et dévoué d'Hadès et le Gardien de l'Automne qui servait la belle Perséphone.


Revenir en haut Aller en bas
http://www.saints-of-thepast.com/t7551-grenat-spectre-de-la-voui
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: [1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)   

Revenir en haut Aller en bas
 

[1753] Deux amis d'Astre, souvenir d'un époque bénie. (Shion)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
RPG Saint Seiya : Saints Of The Past :: Histoires Parallèles :: Chroniques des Anciens Temps-