RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
Bienvenue sur Saints Of The Past !

Venez rejoindre la communauté des Chevaliers du XVIIIème siècle, à l'époque de Shion et Dohko, incarnez votre propre personnage, choisissez votre Armure et participez à l'histoire de l'ancienne Guerre Sainte !

Veuillez vous connecter ou vous inscrire


RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
 

Partagez | 
 

 [1748]~Ail-ddechrau ar y daith: yr alwad y Stag Gwyn [Serafim]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Eilaine


Nouvel Éveillé
avatar

Messages : 282

Feuille de Personnage :
HP:
0/0  (0/0)
CS:
0/0  (0/0)
Dieu Protecteur: Odin Odin

MessageSujet: [1748]~Ail-ddechrau ar y daith: yr alwad y Stag Gwyn [Serafim]   Mar 31 Juil - 16:49








    « Ô mon Amour, alors que pointe à l'horizon, l'éclat incomparable du soleil, moi je me désespère de ma condition. Je n'ose t'éveiller tandis que tu sembles dormir si paisiblement à mes côtés. Ta présence m'apaise et me rassure dans ce tourment sans fin. Je songe, pis j'oublie, c'est pour cela que je t'écris.
    Mon Ange, je doute d'être plus forte que la vindicte de l'Amour : crois-moi, je ne souffre pas, pas dans le sens où tu l'entends. J'ai juste l'impression de m'éteindre... tu excuseras ces larmes qui salies cette lettre aux mots d'encre. Des tâches d'amertumes que je ne désire pas verser en ta présence. Je les refoulent tant bien que mal, je t'assure, j'essaye d'être forte pour toi mon bien-aimé. Si je me perds, je sais que tu seras toujours à mes côtés, quoi qu'il advienne, je ne douterais jamais de toi.

    Ô mon Ange, le soleil se lève et je n'y trouve aucun réconfort : Antiokus lève vers moi dans sa forme de félin, un regard sévère, il n'aime pas me voir renoncer. Or je le jure, je ne le veux pas, je subis les rouages infernaux de cette malédiction. Il s'avère qu'au fond de moi subsiste une part sauvage qui combat pour moi, les maux de l'Amour. Étrange et paradoxale, tu ne crois pas ? Le Matin est là Lune de mes jours, je dois ravaler mes pleurs, être forte. Seulement, le simple fait de te voir si inquiet pour moi ravive mes blessures. À jamais je serais tienne, ni rien ni personne ne pourra nous arracher cela.

    Je t'aime, et je t'aimerais jusqu'à mon dernier souffle ! Condamnée à être une coquille vide, je m'insurge de ma condition ! Jamais, non jamais, graves ces mots dans ta mémoire Serafim, et relis les moi sans cesse au besoin, je t'aimerais au delà de la mort. Notre amour sera éternel, porté jusqu'au confit de l'autre monde, il survivra ! Tu as ma parole de druidesse.

    À jamais tienne, Aurora. »


    Elle froissa le papier en deux plis avant de glisser le tout sous l'oreiller du jeune homme. Si le but était qu'il la trouve à son réveil, il pourrait la lire quand il le souhaitait : car elle n'était pas cachetée. Aurora s'extirpa des draps, de la chaleur du lit conjugal pour atteindre sur la pointe des pieds, la porte principale. L'air du matin lui ferait le plus grand bien et elle avait raison : à peine eut-elle fait un pas au dehors, qu'une odeur fraîche atteignit ses narines. Sauf que voilà, un haut le cœur la prit, la contraignant à plaquer ses mains contre sa bouche. N'ayant rien put avaler depuis plusieurs heures, ce fut de la bile qu'elle vomit. Sans pouvoir détacher ses yeux du liquide noir et visqueux qui se détachait du vert de l'herbe, la jeune femme se demandait si il ne valait mieux pas reprendre la lettre récemment écrite. La malédiction ? Elle avait quelques doutes, au vu des fréquences de cet étrange maux. Mais quoi alors ?

    Derrière elle, surgit dans un souffle, le fantôme de son père. Artus au cœur de pierre la regardait sans mots dire, l''air perplexe. L'heure des révélations approchait, et le fantôme ressentait le besoin avant de repartir, de se confier. Cette confession n'allait pas être de tout repos, et, tapis non loin, le chat noir Emrys aussi, les observait. Le maître des métamorphoses reprit sa forme initiale pour mieux s'appuyer contre l'embrasure de la porte. Le soleil illumina la maisonnée quand le père adoptif osa se manifester.

    «Il y a quelque chose que nous aurions dû te dire il y a des années Aurora, au sujet de ta famille.» commença t-il d'un voix hésitante. Comme la jeune femme ne sembla pas réagir, il continua en jetant un coup d’œil au roux druide. «Mais les lois qui régissent notre espèce sont bien cruelles, tu le sais que trop bien, souviens toi du jour de te 20 printemps quand Antiokus est venu te chercher... Tu sais que je ne suis pas ton père, mais tu as fais tout comme, j'ai été plus qu'heureux de t'avoir pour fille ô ma chère enfant. Mais maintenant tu dois savoir, savoir tes origines ton père n'est autre que...»

    Sa phrase laissée en suspend, l'apparition secoua la tête comme pour vouloir effacer ses propos, or il en avait trop dit., vivement, Antiokus s'avança pour clamer à la face du ciel, haut et fort comme pour lever le voile de mystère.

    «...que moi, oui, Aalanna, je suis ton père. Ô ma petite faie, que le destin s'est montré cruel envers nous. Mais sache que j'ai toujours été présent pour toi, toujours, depuis l'aube de ta naissance, j'ai encouragé les banshee à chanter pour toi, à te protéger sans cesse. J'ai tant prier le jour où je pourrais enfin te récupérer.»

    Pourtant, ils ne se ressemblaient pas ! Et paraissaient si semblable en même temps. Éclats de verres que l'on brise... ce fut là le même effet ressentie pas la demoiselle qui resta un temps bouche bée. Non, ce n'était pas possible. Alors, elle parvint à articuler tandis qu'elle dissimulait son visage dans ses cheveux d'or.

    «Depuis tout ce temps ma vie n'a été que mensonge ! Croyez-vous réellement que j'accepterais cela sans ciller, et qui est ma mère ?»

    Ils comprenaient sa brusque froideur, ces propos tranchants, même s'ils en étaient profondément touchés, les hommes n'en montraient rien. Avec amertume et colère, Emrys enchaîna : «Ta mère est Morgane Pendragon, Grande Prêtresse d'Avalon, celle qui nous régit en l'absence du Haut-Roi. Elle t'attends elle aussi depuis des années. La menace écartée, le Pays d'Alba nous tends les bras. Ô ma petite faie, ne te fâche pas ainsi, je suis sûr que plus tard, tu comprendras...»

    Il s'apprêta à tendre une main compatissante vers l'une de ses épaules quand elle se recula vivement, comme le ferait une bête sauvage, surprise à paître. «Laissez-moi ! -puis s'éloignant de quelques pas- Laissez-moi tranquille !»

    Aurora s'enferma dans un étrange mutisme, dès lors de cette discussion enflammée. Elle prépara à la hâte ses affaires qu'elle empaqueta à la va vite pour sortir sans accorder un regard au pauvre Serafim qui ne devait rien y comprendre. Même Elias s'essaya à la raisonner mais en vain, plus aucuns sons ne voulaient sortir de sa bouche. Ils étaient coincés dans sa gorge.

    La suite des pérégrinations se fit sans heurt, jusqu'au couchant, ils marchèrent dans la forêt. Seul le chant des oiseaux brisaient de temps à haute l'odieux silence s'étant installé dans le petit groupe. Antiokus avait bon espoir qu'elle finisse par comprendre toute la portée de la chose et comme le soir approchait, il annonça finalement qu'il était temps de marquer une pause pour la nuit. Il chercha des yeux la petite silhouette élancée de sa protégée qu'il trouva adossée contre un arbre prête à s'endormir. En fait, elle dormait presque, tant l'épuisement faisait son office.

    La nuit était déjà bien avancée quand elle se réveilla. Ses prunelles révulsée, elle fit quelques pas maladroits avant de s'enfoncer dans le noir. Sous le couvert des grands arbre, la jeune druidesse déambula comme une somnambule. Une voix l'exhortait à la rejoindre. La lune d'argent perçait grâce à ses rayons, le feuillage dense des arbres, faisant jouer un étrange clair-obscur. Des lucioles accompagnait la marche lente de la jeune femme.

    «Enfin, te voici petite enfant du soleil...»

    Majestueux, se dressait un immense Cerf Blanc aux hautes ramures ivoirine. Comme il était beau, cet animal. Et il l'invitait à le rejoindre... Un temps, Aurora resta pantoise face à l'apparition, enfin, elle était tout à fait éveillée : la forme blanche se découpait d'une manière saisissante des ténèbres et pour la première fois depuis longtemps, elle ne ressentit aucunes craintes aux côtés d'une chose tout à fait inconnue, aussi incongrue fusse t'elle.

    Alors elle avança de quelques pas...



Dernière édition par Aalanna le Sam 4 Aoû - 18:16, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Serafim


Indépendant
avatar

Messages : 322

Feuille de Personnage :
HP:
81/150  (81/150)
CS:
160/160  (160/160)
Dieu Protecteur: Aucun

MessageSujet: Re: [1748]~Ail-ddechrau ar y daith: yr alwad y Stag Gwyn [Serafim]   Mer 1 Aoû - 22:41

C'est le froid qui réveilla Serafim et une sensation de vide et de manque. Il ne sentait plus le corps chaud et doux de sa belle collé au siens dans ce lit qui subitement paraissait aussi grand qu'un océan et plus glacé que les plaines d'Asgard. Il n'entendait plus le souffle calme et régulier de sa compagne et ne sentait plus son parfum enivrant. Que se passait-il ? Comme un nourrisson qu'on venait d'arracher au doux giron de sa mère, le jeune homme se leva brusquement. Le fait que la pièce soit désespérément vide fit couler de chaudes larmes sur son visage. Heureusement des éclats de voix venant de l'extérieur lui apportèrent de bonnes nouvelles, Aalanna était la, mais quelque chose ne semblait pas aller.

Certes cette malédiction la rongeait lentement, malgré l'effet de la pomme léguée par la valkyrie, pourtant, le maitre des freux sentait bien que ce qui troublait l'esprit de la jeune druidesse était d'une toute autre nature, c'était plus profond. Bien entendu, ni Elias, ni Antiokus n'avaient pris la peine de lui expliquer ce qu'il se passait. Une fois de plus l'Athénien avait l'impression d'être un esquif soumis à la volonté des courants tumultueux d'une rivière en crue et cela ne lui plaisait pas. En fait pour seule réponse il eut droit à un mot : « bientôt ».

Bientôt ! C'était une réponse qu'il ne pouvait accepter, mais il ne fait rien pour manifester sa colère ! Il s'efforça de cacher ses craintes et fit mine de ne pas avoir lu le message laissé par la belle blonde à son attention. Bientôt tout cet exode vers une terre inconnue s'achèvera, c'était l'objectif de l'ancien saint, toutes ces épreuves ne seront qu'un mauvais souvenir, tout comme Gilles de Rais, perdu dans l'abime de l'oubli.

Bientôt, bientôt...

C'est avec cette pensée en tête que le dresseur de corbeaux accueillit la lune ! Ce soir elle était ronde entourée d'une aura lugubre et inquiétante à moins que ce ne soit l'intuition du renégat qui lui soufflait que quelque chose de grave pouvait se passer ce soir. La lettre imbibée des larmes de sa jeune compagne était toujours présente dans son esprit, comme un talisman il avait pris soin de la plier soigneusement et de l'emporter avec lui, en guise d'avertissement ! Plus que jamais il devait rester vigilant.

C'est à cause de cette sensation qu'il ne put fermer l'œil cette nuit. C'est grâce à ce pressentiment qu'il assista au départ d'Aalanna du bivouac improvisé. Que se passait-il encore ? Elle n'avait pas l'air de maitriser ses mouvements, déambulant comme une somnambule dans la végétation endormie. Cette manière de faire ne pouvait que lui rappeler douloureusement la manière dont l'inquisiteur avait réussi à la contrôler dans le village maudit. Un autre ennemi se trouverait-il cacher dans cette forêt aux bois sombres ?

Silencieux, se servant du couvert des rochers et des plantes qui balisaient le chemin emprunté par sa belle, le disciple des corbeaux fila la druidesse jusqu'à ce qu'elle rencontre l'hôte de ces bois. Quel drôle d'entité, les sens de Serafim étaient tous en alerte tant le surnaturel suintait de cette être. Autour de lui des murmures commençaient à s'élever, cependant aucune présence humaine ne pouvait être détectée.

La prudence incitait Serafim à rester dissimulé, bien qu'il se doutait que sa présence n'allait pas passer inaperçue longtemps.
Revenir en haut Aller en bas
Eilaine


Nouvel Éveillé
avatar

Messages : 282

Feuille de Personnage :
HP:
0/0  (0/0)
CS:
0/0  (0/0)
Dieu Protecteur: Odin Odin

MessageSujet: Re: [1748]~Ail-ddechrau ar y daith: yr alwad y Stag Gwyn [Serafim]   Sam 4 Aoû - 17:24









    «A naoidhean bhig, cluinn mo ghuth
    Mise ri d' thaobh, O mhaighdean bhan
    Ar righinn oig, fas as faic
    Do thir, dileas Fein
    A ghrian a's a ghealaich, stuir sinn
    Gu uair ar cliu 's ar gloire
    Naoidhean bhig, ar righinn go
    Mhaighdean uashaill bhan»
    Un souvenir lointain émergeait d'entre les brumes éparses tandis que le Cerf Blanc s'avançait avec majesté vers la petite Dame du Matin. Un chant, mélodie d'enfance qu'elle croyait perdue dans les limbes de son esprit. Son cœur avait refermé les portes de la muraille qui l'entourait. Cette nuit, elles se rouvraient lentement, ô tendre comptine perdue.

    Souvenir retrouvé. L’œil d'encre de la bête immense observait la druidesse avec une tendresse insoupçonnée pour un tel animal sauvage. Figée Aurora ferma les yeux pour revoir un court instant, ce tableau émouvant : il étaient quatre. Quatre visages souriant. Artus et Antiokus penchés sur une petite fille aux longs cheveux noirs rassemblés en une natte serrée qu'une grande femme blonde finissait de nouer. Cette petite poupée c'était elle, elle en eu la certitude quand elle tourna ses yeux bleus vers la Dame Blanche. Qui était-elle ? Cette femme qui la tenait tout contre son sein ? Évidence.

    «Morgane ?» souffla la demoiselle en réintégrant le monde réel.
    ~Ta famille à toujours été présente à tes côtés petite Fée du Soleil. Tes souvenirs sont des orages : ils peuvent te revenir d'un seul coup avec une force inouïe, ils ont voulut te préserver.~

    La jeune femme secoua la tête, n'y comprenant rien. «Me préserver de quoi ?» lui dit-elle alors qu'elle ressentait la présence de son bien aimé non loin.

    Soudain, cette vision revint encore plus vivement dans son esprit, le Cerf bramât, faisant naître le souvenir sous une forme spectrale : Morgane jouait de la harpe, SA harpe en entamant en gallois, ce chant qui secoua son être. Assise à ses côtés toute jeune enfant qu'elle fut, Aurora reprenait en même temps que sa mère d'une voix fluette et cristalline. Un beau duo, si émouvant qu'elle ne put en décrocher le regard. Mais bien vite, une ombre menaçante vint balayer d'un revers de main, la scène entre une mère et sa fille.
    Une silhouette reconnaissable entre toute : une haute et voûtée par le poids des années et de la culpabilité engendrée par les pulsions de folie meurtrière. Une seconde se tenait en retrait ! Presque invisible tant elle était évincée par celle d'un Inquisiteur bien connu. En fin de compte, il n'aurait été que la marionnette ?

    Une vague de sang s'abattit sur Morgane et sa petite fille qu'elle protégea de ses bras. Un éclat roux s’immisça, pis plus rien... Le noir revenait peu à peu dans cette forêt.

    «Vous voulez dire qu'il fut à cette époque, déjà, une menace pour... nous ?»

    L'animal aux hautes ramures couvertes de lichens acquiesça d'un signe de la tête. Il posa son museau sur l'épaule de la jeune femme qui, d'une manière instinctive, passa une main timide sur ses naseau. La douceur sous ses doigts lui fit étrangement du bien. Sans le savoir, elle venait de nouer les liens entre elle et le Cerf Blanc. Celui-ci d'une voix impérieuse, demanda au jeune homme de sortir de sa cachette. Puis, plus doux, ajouta en même temps qu'il émettait un bruit rappelant des rires...

    ~Je n'ai jamais encore mangé personne enfant de la Lune, je t'en prie, approche, tu n'as rien à craindre pour la vie de ta promise. Je suis justement ici pour vous conduire devant votre Destin.~

    Sur ces mots, Elias et Antiokus apparurent sous leur forme de loup pour entourer Aurora et le Cerf. ~°Tu dois encore faire un pas jeune homme pour être à jamais lié à nous. Tu peux si tu le désires, nous accompagner jusqu'en Avalon vue les circonstances exceptionnelle, saches seulement que tu ne dois faire aucuns faux pas devant Morgane Pendragon, mère d'Aalanna et Grande Prêtresse du Royaume d'Alba.°~

    D'un pas mesuré, la jeune blonde s'approcha de la cachette de Serafim. Un sourire et elle s'accroupit à ses côtés pour plonger son regard azuréen dans ses prunelles d’obsidienne. Distraitement, elle alla replacer l'une des mèches rebelle du maître des freux derrière son oreille. «Notre voyage touche à sa fin Serafim, nous allons bientôt pouvoir vivre...»

    Avec tendresse, elle alla cueillir un léger baiser sur ses lèvres, puis un autre qui en appela un troisième. D'eux même, ses bras se nouèrent autour de sa taille : qu'il était rassurant de se sentir aimer ! Cette chaleur qui l'envahissait colorait ses joues, et elle se permit même de sourire.

    Main dans la main, ils s'approchèrent du petit groupe qui les attendaient. Le Cerf s'inclina devant Serafim en signe d'allégeance. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette formidable bête reconnaissait les druides et les acceptaient comme des précieux alliés. Alors, il invita Aurora et Serafim à grimper sur son dos. Un regard échangé, et la voici perchée : «Allons-y Serafim !» clama t-elle en riant.

    Le voyage continuait. À la faveur de la nuit et sous le regard étonnée de quelques chouettes, ils évoluaient jusqu'au berges d'un immense lac au moment où les premiers rayons de l'Aube vinrent illuminer la surface de l'eau, la parant d'un millier de paillettes argentées.

    Et en l'espace d'un instant, il n'y eut plus de brumes... Juste une barque qui lentement, s'approchait...


Revenir en haut Aller en bas
Serafim


Indépendant
avatar

Messages : 322

Feuille de Personnage :
HP:
81/150  (81/150)
CS:
160/160  (160/160)
Dieu Protecteur: Aucun

MessageSujet: Re: [1748]~Ail-ddechrau ar y daith: yr alwad y Stag Gwyn [Serafim]   Sam 18 Aoû - 16:59

Faire un pas de plus ? Cela semblait à la fois si facile, si évident et si incertain. Serafim avait assisté a tant de choses effrayantes depuis qu'il avait emprunté ce chemin avec Aurora qu'il hésita un instant. Tenter de prendre par la main sa promise de partir loin de toutes ces choses, de tous ces mystères, paraissait lucide, mais pourtant son cœur lui dictait un tout autre discours et suivi une autre logique, une logique aux limites des frontières de la raison. Partir loin des deux druides rendrait surement malheureusement la jeune femme, de plus elle semblait certaine de trouver au bout de cet exode, la liberté.

Liberté ! Le maitre des corbeaux l'avait tellement souhaitée qu'il ne pouvait que suivre aveuglement la belle femme, comme hypnotisé par les étoiles captives de ses pupilles azur. Le baiser qui se posa aussi gracieusement qu'une libellule aux ailes d'argent sur la surface d'un lac placide fini de la convaincre. Ce simple contact suffit à chasser tous les doutes de l'esprit du jeune renégat.

Qu'est-ce qu'il l'aimait !

Le monde aurait pu être ravagé par l'industrie et la guerre, jamais il n'aurait quitté les bras chauds et doux de sa bien-aimée. C'est elle qui lui rappelait à quel point vivre était une chose magnifique ! C'est elle qui lui permettait de croire au futur. Dommage que ce moment fut interrompu par le cervidé majestueux !

C'était l'heure ! Le moment de faire ce pas ! Le pas le plus important de sa vie, car il s'apprêtait à entrer dans un monde qu'il ne pourra quitter qu'à son trépas, dans cet univers si mystérieux qu'il avait encore du mal à concevoir et pourtant qui était réel et qui par l'intermédiaire de la druidesse l'appelait ! Elias, Antiokus et maintenant ce cerf et quoi d'autre ? Son sang s'était gelé dans ses veines quand il avait entendu le nom de Morgane. Une réaction instinctive, ce nom sonnait comme un lointain écho, comme s'il l'avait déjà entendu. Le maitre des corbeaux croyait le connaitre et pourtant n'arrivait pas à mettre un visage sur ce patronyme ou du moins à chaque fois qu'il essayait, c'était le sourire rayonnant du soleil qui chassait l'hiver de son cœur qu'il entrevoyait.

Pourquoi ?

L'éternelle question qui restera sans réponse, à moins que le vaisseau silencieux qui glissait sur l'eau calme allait lui offrir un fragment de réponse. Lugubre et sombre, l'embarcation s'approcha du rivage où ils étaient postés guidée par une force invisible. Serafim n'arrivait pas à les apercevoir, mais il sentait bien que des entités possédant la même essence que les deux druides étaient présentes sur l'engin et le manœuvraient. Un peu inquiet, le dresseur de corbeaux serra la main de sa compagne avant de lui adresser la parole.

« Je ne sais pas ce qui nous attend sur ce lac, encore des épreuves ou enfin le réconfort qui nous est dû, mais jamais je ne cesserai de t'aimer. »

Les mains de l'Athénien se posèrent sur les hanches de sa compagne tandis que ses lèvres allèrent réclamer un baiser fougueux. Il ne s'arrêtera de l'aimer que lorsque les océans seront asséchés et que l'orbe solaire se gèlera dans le ciel et en attendant il comptait bien profiter de l'amour dans les bras de cette belle blonde qui embrasait ses sens.

« Allons-y »

Soupira-t-il en prenant dans ses bras le corps de la jeune femme comme un époux soulevant la mariée avant de franchir le pas de la porte du domicile conjugal. C'est un peu ce qu'il faisait en posant le pied dans cette barque....Oui allons-y, car il venait de sceller son destin à celui d'Aurora et cela remplissait son coeur de bonheur.

Qu'est-ce qu'il l'aimait !
Revenir en haut Aller en bas
Eilaine


Nouvel Éveillé
avatar

Messages : 282

Feuille de Personnage :
HP:
0/0  (0/0)
CS:
0/0  (0/0)
Dieu Protecteur: Odin Odin

MessageSujet: Re: [1748]~Ail-ddechrau ar y daith: yr alwad y Stag Gwyn [Serafim]   Lun 20 Aoû - 18:13







    Le cerf blanc regardait le couple s'éloigner avec lenteur. Ils glissaient, glissaient encore et encore sur ce lac placide, perturbant la surface argentée de l'eau. Leur dernier voyage avant qu'ils ne disparaissent tout à fait dans les brumes immaculées, qu'ils ne se perdent dans ce voile diaphane les séparant de ce monde à un autre!
    Avalon déciderait s'ils étaient réellement destinés à rejoindre ses berges. Auquel cas ils ne cesseraient d'errer continuellement pour finalement rejoindre l'un des nombreux bras de la rivière. Bientôt, si le Pays Blanc les acceptaient en son sein, ils devraient entendre le son d'une cloche qui retentit d'une manière paresseuse... Seule réminiscence d'un passé lointain où les deux Religions avaient cohabité sans trop de heurt. Seulement voilà, la volonté des chrétiens avait été la plus forte et la plus vindicative... et ce fut dans le sang et l'ombre que le peuple druidique avait disparu de la surface de la terre. Protégé par la Grande Prêtresse, ils connaissaient désormais la paix dans la réclusion. Quiconque rejoignait les terres originelles se voyait prendre le risque de ne plus pouvoir retrouver le chemin de l'Île aux Pommes. Le risque de voir cette fragile tranquillité voler en éclat étant trop grand, il fallait parfois faire preuve de fermeté pour préserver ses pairs. Le Jugement de Dame Morgane était incontestable car elle était au dessus de tous, on disait même que si le Roi devait un jour revenir, la Prêtresse Suprême conserverait son titre de chuchoteur, conseiller du Monarque et avait tout pouvoir décisionnel. Une vieille loi signée de la main même d'Arthur, le Juste.

    La chaleur était sans nul doute le meilleur des remèdes aux deux amants, car une intense froideur progressivement s'installait autour d'eux... à mesure que la brume les enveloppait. Aalanna appréciait plus que tout au monde être enveloppée dans les bras de son amant : elle se sentait en sécurité, éloignée de toutes les ombres qui pouvaient les narguer. Elle en oubliait un temps la mort de Gilles de Rais ainsi que cette malédiction qui la rongeait comme le ferait une petite sourie d'une miette de pain. Ses baisers, elle les rendait avec intensité, tant et si bien qu'elle n'entendit pas sonner, le clocher d'Avalon. Pourtant il était le preuve évidente de leur réussite! Il marquait la fin de leur déboire! Le début de leur bonheur! Sauf qu'en cet instant, elle le trouvait dans les bras de Serafim, dans cet amour sans limites, si beau et si pur. Ils avaient traversé déjà bien des épreuves, leur affection sans borne avait survécut jusque là, et ce fut sous le regard attendrit de la Grande Prêtresse témoin de cet amour naissant, qu'ils touchèrent la rive de l'Autre-Monde. Aussitôt, un vent nouveau souffla sur eux et ils purent sentir l'odeur caractéristique des pommiers en plein bourgeonnement.

    Aalanna sentit les marques apposées par Elias lui brûler la peau. Combien de temps avaient-ils dériver? Elle n'aurait sut le dire, mais reposer ainsi tout contre son aimé lui avait fait perdre toute notion de la réalité. D'un geste pudique, elle couvrit sa nudité en se rendant compte qu'ils avaient échoué sur une nouvelle terre.
    «Serafim, regardes! -l'intima t-elle en désignant un immense pommier solitaire entouré de ses pairs.- Viens!»

    Les belles ramures de l'arbre étaient chargées de bourgeon sur le point d'éclore. Leur parfum chatouillait les narines de la belle druidesse qui esquissa quelques pas de danse tant le lieu la rendait étrangement euphorique. Elle arrêta sa valse un bref instant comme figée par un phénomène que seule elle pouvait voir.

    [color=#AF6900] «Je suis déjà venue ici» dit-elle en approchant l'un de ses mains sur le vieux tronc du pommier centenaire.

    Le végétal sembla réagir à ce contact car aussitôt, ses fleurs s'épanouirent, libérant leur douce fragrance... émerveillée par le spectacle, Aalanna ouvrit de grands yeux étonnés et alla attraper la main de Serafim entre les siennes. De nul part, une voix douce résonna :

    « Ô enfants de la Lune et du Soleil... vous voici enfin. Comme j'ai pus attendre votre venue!»
    Peu à peu, une silhouette fine mais élancée se dessina : une magnifique femme apparue sous leurs regards. Cette dernière était enveloppée d'une mystérieuse et intense énergie semblable à celle d'Aalanna par certains aspect : l'odeur boisé notamment. «Soyez les bienvenus en Avalon, terre perdu dans le monde des brumes. Je suis la Grande Prêtresse, Morgane la Fay....»

    Elle avait sciemment laissé sa phrase en suspend, en l'attente d'une réaction de sa chère fille qu'elle revoyait pour la toute première fois. Dans les yeux d'Aalanna ne subsistait qu'étonnement et crainte. Si elle désirait poser des questions pour obtenir quelques réponses, ses lèvres demeuraient scellées pour l'heure. Peut-être craignait-elle trop de faire un faux pas, comme l'avais avertie Antiokus? La ressemblance avec sa mère était frappante! Mieux, Aalanna était le reflet de Morgane qui avait conservé une jeunesse éternelle malgré le temps ayant filé depuis. La Dame blanche s'approcha du couple afin, avec douceur, de leur baiser le front. Le contact chaud de la bouche de sa mère sur sa peau réveilla en la druidesse un sentiment intense qui s'empara de son être entier. D'elles même ses ailes translucides surgirent de son dos, arrachant chairs et peau blanche sans qu'aucunes douleurs pourtant ne l'assaille. Celles-ci grandirent pour l'envelopper comme le ferait un cocon pour protéger le papillon sur le point de se montrer au monde.

    La Dame de l'Aube allait naître sous les branches du vénérable pommier, sous le regard de Serafim et de Morgane qui, pendant la transformation, exhortant le jeune homme à entrer dans l'arbre, d'une manière littérale. «Disciple des Corbeaux, ne ressens aucunes crainte : Aalanna, ma fille me succède en tant que Grande Prêtresse d'Avalon, c'est là le chemin qu'elle doit emprunter, son armure était en sommeil, en elle depuis tous ce temps. Revenir chez elle, sous l'arbre de Dagda l'a réveillée à sa véritable nature. C'est à ton tour d'être confronté au regard du Dieu-Druide, il me murmure que tu es prêt et qu'il te faut choisir si tu désires revêtir son carcan précieux... ou non... Elias seras pour toi, un excellent professeur si tu acceptes de prendre les armes pour nous.»

    Morgane prit soigneusement Aalanna dans ses bras, silhouette auréolée de lumière diffuse. Cocon sur le point de se déchirer. La mère chuchotait à sa fille de douce paroles dans sa langue maternel pour l'encourager dans cette ultime épreuve qu'était leur lot à tous deux.

    Le bonheur était à porté de main...
Revenir en haut Aller en bas
Serafim


Indépendant
avatar

Messages : 322

Feuille de Personnage :
HP:
81/150  (81/150)
CS:
160/160  (160/160)
Dieu Protecteur: Aucun

MessageSujet: Re: [1748]~Ail-ddechrau ar y daith: yr alwad y Stag Gwyn [Serafim]   Dim 26 Aoû - 13:15

Cette petite odyssée, les amena sur une terre inconnue, une Ithaque mystérieuse et pourtant le relief du paysage évoquait de vagues souvenirs à Serafim. Les images se dessinaient et disparaissaient aussi vite que des volutes de fumée chassées par le vent. Oui !Il lui semblait avoir déjà vu ce pommier aussi , mais il n'était pas encore aussi imposant et majestueux, ce n'était qu'un frêle arbuste, qui peinait encore à résister aux assauts du vent, mais où avait-il eu cette vision ? Aussi loin qu'il se souvenait, il avait toujours vécu en Grèce, ne quittant le pays des oliviers que pour accomplir ses missions en tant que Saint. Etrange cette sensation de déjà-vu, mais à aucun moment il ne se sentit mal à l'aise ou ressentit le besoin de se mettre sur ses gardes, c'était tout le contraire. Tout dans ce pays isolé du monde inspirait quiétude et sécurité, la seule chose qui troubla son calme fut l'apparition de Morgan.

Rencontrer la mère de la femme qu'on aime est pour certain une étape importante que bon nombre d'amoureux ont du franchir, certes avec plus ou moins de succès ! Mais aucun homme sur terre n'avait dû vivre ce que le dresseur des corbeaux expérimentait ! La femme qui se présentait à lui était le reflet parfait de sa promise. Serafim crut même qu'il s'agissait d'une illusion orchestrée par un des druides, mais finalement son instinct lui dictait que tout cela était réel.

Voilà donc ou l'avait emmené ce simple pas ! Vers un monde nouveau et de changement puisqu' Aalanna venait d'entamer sa métamorphose . Sérafim se mordit les lèvres en priant secrètement pour que cette mue ne soit pas aussi douloureuse que les précédentes. Il l'avait vue souffrir tellement de fois, qu'il doutait qu'il puisse résister à une nouvelle vision de sa compagne prise dans les crocs de la douleur. Et encore une fois, il ne pouvait que constater son inutilité et laisser la druidesse affronter seule cette épreuve.

Pourtant, Aalanna n'était pas la seule à évoluer. Quelque chose s'était mis en branle dès que Morgane eu fini sa déclaration.

« Prendre les armes ? »

Cette affirmation choqua le renégat qui ne cherchait qu'un havre de paix, un endroit loin des troubles où il pourrait vivre heureux et élever sa famille. Devenir un soldat n'était pas compatible avec ses prétentions. Seulement, ce pays qui devait devenir sa terre d'accueil était vulnérable, le charnier de la foret en était la preuve, que se passerait-il si des hommes aussi dément que Gille de Rais décident de s'en prendre à cette terre ? Décidément, la paix était une fleur rare qui ne pouvait pousser que sur un terreau de chair et d'os arrosé du sang des pauvres victimes.

« Que cela soit clair, ce n'est pas en tant que soldat que j'endosse ce carcan, mais en qualité de gardien, pour protéger ce que j'aime, celle que j'aime ! »

Le regard frondeur il tenta de soutenir celui de la dame blanche, épreuve impossible et risquée ! Le rouge lui vint aux joues, tant elle ressemblait à sa promise. Un peu gêné, le jeune brun tourna les talons et se dirigea vers le pommier. Son destin était désormais lié à ce pays de cocagne perdu au milieu des brumes... Qu'il reste donc ainsi, perdu et oublié des hommes.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: [1748]~Ail-ddechrau ar y daith: yr alwad y Stag Gwyn [Serafim]   

Revenir en haut Aller en bas
 

[1748]~Ail-ddechrau ar y daith: yr alwad y Stag Gwyn [Serafim]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
RPG Saint Seiya : Saints Of The Past :: Histoires Parallèles :: Chroniques des Anciens Temps-