RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [1750] Dernière Danse [Entrainement Sköll-Leene]

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Managarm


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MessageSujet: [1750] Dernière Danse [Entrainement Sköll-Leene]   Sam 11 Aoû - 13:32

La brume blanche s’envola dans les cieux azur, s’étiolant dans la brise de ce début de journée avec une langueur presque sensuelle. Le soleil dardait ses rayons d’or sur la neige immaculée du blanc royaume d’Asgard, distillant un peu de sa chaleur à cette terre rude dans laquelle seul le froid subsistait. Le regard d’émeraude de la demoiselle embrasa l’horizon alors qu’elle étirait ses muscles dans des exercices habituels et maintes fois répétés depuis qu’elle avait décidée que la voie du combat serait sienne. Hrimfaxi avait recouvert son corps de sa protection d’obsidienne, nimbant la silhouette de la guerrière de l’aura de la nuit, subtile représentation du monde nocturne dans lequel était toute sa place. N’était elle pas une fille de l’astre nocturne ? Qui d’autre qu’elle aurait put porter cette armure portant le nom du cheval apportant à leur monde, le voile des ombres et des rayons d’argents ?

Hrimfaxi.

La protection vibrait avec une certaine douceur sur son corps, dans une étreinte protectrice qui faisait écho aux émotions pures de ses familiers d’ombres. La jeune femme grimaça alors qu’elle s’avançait avec résolution sur le manteau neigeux. Cet excès de protectionniste l’irritait de la plus efficace des manières, l’empêchant d’apprécier à sa juste valeur le désir sincère de ces êtres qui partageaient sa vie.

Son regard avisa le guerrier divin qui était la dernière pierre angulaire de son irritation. Depuis qu’elle lui avait révélée qu’elle était enceinte, son comportement avait changé. C’était subtil, pas réellement différent de ses habitudes avec elle. Il avait toujours été protecteur à son égard, trop pour le bien de la demoiselle d’argent, mais elle savait qu’il faisait un effort pour se contraindre, pour atténuer ce besoin vivace de la garder auprès de lui, en sécurité et à l’abri de toutes blessures. Son frère avait eut cette même tendance, un brin surprotectrice, et parfaitement étouffante qui l’avait fait se rebeller contre son comportement tyrannique. La différence primordiale étant que Zeta la laissait agir à sa guise, et se contraignait à ne pas trop en faire, en général.

Aujourd’hui, ce n’était plus vraiment pareil.

Pour elle, les choses n’avaient pas réellement changé, tout du moins, pas encore. Elle finissait par se faire à ces désagréments de grossesse, comme ce repas frugal qu’elle avait prit pour éviter de rendre tout le contenu de son estomac à la première occasion. Les nausées étaient ce qui la gênait le plus. Elle avait parfois quelques vertiges mais rien de bien méchant et son ventre n’avait pas encore prit une forme encombrante. Les changements étaient suffisamment discrets pour qu’elle puisse faire encore ce qui lui chantait. Or, Sköll ne le voyait pas ainsi, et il n’avait pas besoin d’ouvrir la bouche pour qu’elle s’en rende compte. La jeune femme, du haut de ses 20 année à peine ne s’était pas habituée à être couvert, d’aucune manière que ce soit. Elle aimait être libre. Elle le demeurait toujours, libre de faire ce qu’elle désirait et non contrainte par qui que ce soit. Que celui-ci soit un enfant à naitre ou un guerrier divin.

Avec un claquement de langue, la sorcière récupéra dans sa main d’un geste devenu habitude, la lame d’argent de Mondkraller. Elle sentait l’épée vibrer entre ses doigts, teintant tel un carillon de cristal s’envolant dans les airs dès lors que son cosmos se liait à son tranchant. Si son poids l’avait longtemps gêné, aujourd’hui, ce n’était plus le cas, et elle avait apprit à gérer sa charge et sa force. Elle avait encore de nombreuses choses à apprendre sur son maniement mais c’était là, un apprentissage qu’elle devait faire en condition réelle, non pas enfermer seule dans une cage. C’était sa vitesse contre la puissance de son conjoint, même si elle le connaissait suffisamment pour savoir qu’il ne fallait pas croire que la rapidité n’était pas son fort.

Le regard qui lui renvoya la fit grimacer.

« Sköll, je ne vais pas me casser ! Et je t’en pris, arrête de rester sur la défensive, si tu n’attaque pas un tant soit peu, ce n’est plus un entrainement, mais un défouloir ! »

Pas qu’elle n’en avait pas besoin à l’heure actuelle, soit dit en passant.
La guerrière fit quelques moulinets avec son épée, échauffant son poignet en même temps qu’elle s’adressait à son compagnon. Elle ne voulait pas perdre de temps en vaine palabre, cela ne ferait que trop plaisir à son conjoint.
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MessageSujet: Re: [1750] Dernière Danse [Entrainement Sköll-Leene]   Mer 5 Sep - 10:18

Dernière Danse
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Sa respiration formait un panache blanc autour de son visage. Ses yeux clairs n'en tiraient qu'un plus grand éclat. La couleur pure de ce masque des brumes soulignait la noirceur de son armure. Au contact de son propriétaire, cette dernière vibrait de toutes ses plaques. À travers ses nombreux combats, elle avait volé en éclats, si bien qu'il lui avait fallu des semaines pour reprendre son apparence d'origine. Elle avait fini par y arriver, mais ce n'était que pour mieux sombrer dans l'oisiveté. La paix était revenue sur Terre, aussi n'avait-il plus aucune raison de vouloir l'endosser. Que le rôle de Guerrier Divin lui soit épargné pour un temps ne l'empêchait pas d'avoir d'autres priorités désormais. S'il pouvait aisément s'en passer lors des premières leçons, le port de l'armure était rapidement devenu une nécessité. Pour qu'elle s'habitue à en faire usage en situation réelle, tout d'abord, mais aussi pour des raisons de sécurité. Zeta ne se faisait aucune inquiétude pour sa capacité à encaisser les coups, mais craignait de l'offenser s'il refusait de la revêtir également.

Traverser cette période difficile n'était déjà pas de tout repos, et il devait s'attendre à ce que la moindre contrariété soit à l'origine d'un brusque accès de colère. Le seul moyen de l'éviter était de l'autoriser à se dépenser physiquement, mais cela le mettait face à un cas de conscience. S'il l'avait laissée faire lors des premiers mois, ce n'était désormais plus le cas. De gré ou de force, elle allait devoir prendre du repos. Une idée qu'elle semblait avoir du mal à accepter. Une réaction que Sköll comprenait parfaitement, à défaut de pouvoir l'admettre. De peur de raviver ses angoisses, il n'avait pu se résoudre à le lui avouer, mais sa mère était morte en les mettant au monde, lui et sa soeur jumelle. Il n'avait fallu que quelques années pour que son père, terrassé par le chagrin, sombre dans la folie et se donne la mort à son tour. Pour rien au monde il n'aurait voulu que cette tragédie soit appelée à se répéter.

Plus d'une fois, son sommeil avait été troublé par ces images d'épouvante. Voilà pourquoi il mettait tant de fermeté à restreindre ses mouvements. S'il ne dépendait que de lui que l'accouchement se déroule sans accroc, il ferait tout ce qui était en son pouvoir. Même si pour cela il devait subir ses humeurs orageuses du matin au soir. C'était peut-être naïf de sa part, mais il avait envie d'y croire – de croire qu'il pouvait faire quelque chose. Ce sentiment d'être impuissant, il l'avait en horreur. Tout au plus pouvait-il être spectateur. Mais lui tenir la main pour la rassurer n'était pas suffisant. En cas de complications, il serait démuni. Cette pensée lui était particulièrement pénible, aussi la chassait-il dès qu'il le pouvait. Mais elle revenait sans cesse le torturer et le rendait lui aussi d'humeur maussade. Vivement que cela cesse, se disait-il, mais il n'était pas encore au bout de ses peines.

Ainsi donc, depuis quelques temps déjà, Sköll n'acceptait plus que de mauvaise grâce de poursuivre leur entraînement. De nombreux mois s'étaient écoulés depuis qu'elle lui avait révélé ce secret, et il craignait qu'un dur labeur ne nuise à sa santé. Une crainte fondée en vérité, même si elle faisait tout son possible pour n'en rien laisser paraître. Ses limites chaque jour un peu plus proches n'avaient pas suffi à l'en dissuader. Tant qu'elle le pourrait, elle les outrepasserait, et il lui avait fallu se faire à cette idée. Plutôt que de vouloir à tout prix l'en empêcher, ils avaient passé un marché : celui que cette leçon serait la dernière, jusqu'à ce que l'enfant soit venu au monde tout du moins. Une condition qui lui avait fortement déplu, mais il ne lui laissait guère le choix. En contrepartie, il avait dû s'engager à ne se brider en aucune façon, sans quoi l'accord serait caduque. Une clause qui le dérangeait tout autant.

- Bon... Tu l'auras cherché !

Un léger sourire de sa part suivit de près cette déclaration, mais il n'en menait pas large. Pour tout dire, il avait secrètement espéré qu'elle ne s'en rende pas compte avant de s'être vidée de ses forces. Si titanesque que soit sa force, il brillait particulièrement dans les combats d'usure. Mais ce ne serait pas suffisant cette fois-ci, il le savait par avance. Le simple fait d'avoir cru qu'il s'en tirerait à si bon compte était une absurdité. Dans un soupir de résignation, il donna à son cosmos sa pleine mesure. Un exercice qu'il n'avait plus pratiqué depuis son combat contre Perséphone. La déflagration fut telle qu'elle ébranla toute la région. Le halo était semblable à une immense flamme blanche dressée dans le ciel, renvoyant alentours une vague de froid à côté de laquelle l'air ambiant n'était rien de plus qu'une brise légère. Cette aura se concentra autour de son poing alors qu'il fondait sur elle comme une Ombre.

Le choc prodigieux n'avait pu être empêché, fendant la terre en deux. Un pouvoir qu'était censé détenir tout Chevalier digne de ce nom, mais rares étaient ceux à pouvoir s'en servir avec une telle maîtrise. Un niveau qu'elle aurait du mal à égaler dans son état. À l'endroit de l'impact, rien d'autre qu'un profond cratère. En son centre se tenait le colosse, dans une position restée inchangée. Avec une extrême lenteur, il se releva parmi les débris rocheux, agitant la main avec désinvolture pour en chasser non pas une quelconque douleur, mais la poussière qui s'était déposée sur sa main gantée de cuir. La distance qui les séparait n'était que de quelques mètres. Les parcourir ne demanderait qu'une fraction de secondes. Les yeux fixés sur sa compagne, il la défia du regard. Son aimée ne renoncerait pas pour si peu, mais il était toujours capable de la provoquer pour en finir au plus vite.

- Tu es sûre de vouloir continuer ? lança-t-il depuis le fond du gouffre.
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MessageSujet: Re: [1750] Dernière Danse [Entrainement Sköll-Leene]   Mer 26 Sep - 16:23

L’épée au claire, la sorcière observait son compagnon sans fléchir, aussi prête que possible à ce qui allait se dérouler dès lors qu’il le déciderait. Car combat il y aurait, de cela, elle en était persuadée car c’est ainsi qu’avait été rédigée les closes de leur contrat. Chacun des parties étaient aussi insatisfait que l’autre des efforts qu’ils devaient fournir, mais c’était les aléas de la vie de couple…Et plus que cela encore. Elle savait pourtant, que ce qu’elle faisait était imprudent, voyait chaque jour la réticence de plus en plus marqué qui couvait dans l’éclat d’argent de ses yeux, mais elle voulait juste un peu plus de temps. Juste un instant. Si elle en avait eut le pouvoir, elle aurait encore davantage retardé cette échéance qui se profilait dès la fin de cet entrainement. C’était un premier pas vers l’inconnu. Un premier sacrifice à faire, suivie d’autre dont elle n’avait pour l’heure, pas encore totalement conscience. Sköll ne pouvait pas changer cela, même avec toutes les meilleures intentions du monde. Il faisait tant d’effort pourtant, elle s’en rendait compte, mais la couvait comme une petite chose fragile et cela lui était insupportable…Elle se doutait – et craignait – que ça n’empire avec le temps.

Mais que pouvait-elle faire contre cela ? Elle avait fait un premier pas aujourd’hui, même si elle avait négociée sec pour obtenir ce qu’elle désirait également. Il le ferait contre sa volonté propre, mais il le ferait. Un instant, elle s’en voulut pour ça, pour le torturer de cette manière, lui qui était déjà si réticent à l’affronter depuis qu’elle lui avait annoncée sa grossesse. Elle ne pouvait pas lui en vouloir totalement. Il s’inquiétait réellement même si elle ignorait en partie la raison de ses tourments – et elle n’était pas suffisamment stupide pour croire qu’il n’y avait qu’une raison derrière tout ça. Et cette autre chose, il ne lui en parlait pas – ce qui n’arrangeait guère son humeur en réalité.

« Mais je n'attends que ça mon cher et tendre ! »

Un sourire pourtant étira la courbe de ses lèvres dès lors que son conjoint se mit en position, laissant son cosmos glaciale se faire flamme opaline dans les cieux azuréens de leur contré enneigée. Tant de puissance cumulée qui faisait vibrer son propre cosmos dans une étrange résonnance. La peur n’existait pas en cette heure, seul demeurant l’excitation du combat à venir et de l’explosion de puissante de son conjoint. C’était cette puissance qu’elle se souvenait d’avoir ressentie lorsqu’il avait combattu contre la divinité des morts dans cette région reculée d’orient. La guerrière voyait là, la pleine mesure de sa force et elle était satisfaite qu’il lui en fasse enfin profiter. Impressionnée, sans doute également. Elle tendait parfois à oublier ce qui se dissimulait sous la carrure du guerrier, notamment ces derniers temps où chaque entrainement était devenu chaque fois plus risible tant il tendait à être bien en deçà des ses réelles capacités. Et il lui en fit la démonstration un quart de seconde plus tard, défonçant la terre en un cratère gigantesque, la déflagration faisant vaciller la sorcière qui s’éloigna de l’épi centre d’un bond arrière. Ses familiers protégèrent sa silhouette de l’impact, du cosmos et du vent en prenant la forme de la créature chevaline qui avait depuis leur pacte dans l’antre infernal, toujours suivie.

La lame à la main, la dame d’argent ne put empêcher un frisson de dévaler sa colonne vertébrale, souriant pourtant alors que son compagnon se redressait avec calme, négligemment. Ça c’était lui. C’était de cette force qu’elle se souvenait. Cette puissance qu’elle voulait affronter. Si c’était là, son dernier entrainement avant plusieurs mois, autant qu’elle ne regrette rien et se donne à fond.

« Tu n’as même pas besoin de me le demander. Et puis ça n’a même pas commencé. »

Tout ceci était d’une imprudence folle, mais elle n’en avait cure. Le cosmos de la guerrière l’entoura la parant d’une aura d’argent, non pas de manière aussi brutale que Sköll car leur essence était différente. Qui plus est, même si elle ne l’avouerait pas en l’instant, la grossesse ne lui permettait pas la même débauche de pouvoir que son compagnon. Elle se fatiguait plus vite et devait économiser au mieux ses forces pour ne pas tomber d’épuisement à la première escarmouche, mais de cela, nulle besoin d’en informer son adversaire.

La puissance brute n’était de toute façon, aucunement utile contre le guerrier de Zeta tant celui-ci la dépassait allégrement – surtout dans son état. Songer à cela amena sur son faciès une grimace irritée. Mais elle avait d’autres atouts dans sa manche, bien plus subtile. La créature chevaline s’effaça après un renâclement.

Elle n’était pas aussi puissante que son conjoint, ça, elle ne pouvait le nier, mais sa force ne venait pas de la puissance brute. Elle était une sorcière après tout, alors quoi de plus normal que ses atout soit aussi pernicieux que sa nature changeante ?
La lame de son épée bénie par les ombres parant son bras, la dame blanche s’effaça un instant avant de réapparaitre derrière son conjoint, aussi vive que l’animal qui était son totem – mais hélas moins qu’au meilleur de sa forme. C’était là, la première fois qu’elle utilisait son arme de cette manière et jamais encore elle ne l’avait utilisé contre Zeta. Elle était chargée par le pouvoir de ses chimères, celle-ci ayant sur les hommes des effets on ne peut plus étonnant dès lors qu’on les confrontait à la vie.

Elles se gorgeaient du sang. De la vie et de l’énergie des hommes. C’était un pouvoir qu’elle connaissait, qu’elle avait déjà expérimenté à travers d’autres combats…Mais ce n’était pas leur seule possibilité. Elle devait en avoir le cœur net et le voir de ses propres yeux avant que ne tombe son propre glas.

Un instant, elle sentie une vibration particulière alors que la lame d’argent fendait les airs pour s’abattre sur celui avec qui elle partageait la vie sans hésitation aucune. Il était plus doué qu’elle dans le maniement des armes, lui avait apprit à s’en servir même si il restait encore des failles dans sa technique, elle faisait son possible pour les combler…Mais ce n’était pas sa technique qu’elle cherchait à cet instant à perfectionner mais autre chose. Une brume d’ombre semblant tangible déborda de la lame avant de s’étioler un fragment de seconde plus tard. Un instant. La demoiselle grimaça alors qu’elle sentait déjà le contre coup de sa dépense soudaine d’énergie, mais l’ignora, toute concentrée qu’elle l’était sur son entreprise.
Un claquement de langue agacé vint troubler le silence, alors que son assaut qu’elle avait voulu plus agressif ne devenait qu’une passe d’arme sans réel intérêt.

Elle s’énervait. Et cela ne ferait que l’épuiser d’autant plus vite sans qu’elle ne réussisse ce qu’elle désirait…Et en arrangeant surtout le guerrier divin, trop ravit qu’elle ne s’épuise si vite. Mais elle avait encore de la ressource et était loin d’abandonner son entreprise. Elle avait sentie quelque chose, la lame c’était déjà dans le passé gorgé de sang et de cosmos mais jamais encore elle n’avait touchée d’autre capacité.

Jamais encore avant aujourd’hui.
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MessageSujet: Re: [1750] Dernière Danse [Entrainement Sköll-Leene]   Sam 20 Oct - 5:45

Dernière Danse
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Cet immense pouvoir destructeur avait une fois de plus fait son oeuvre. Mais Leene n'en fut pas effrayée. Zeta devait avouer en tirer une certaine fierté. Celle de l'avoir trouvée. Elle, la seule personne à ne pas avoir peur de celui qu'il était réellement. À l'accepter pour ce qu'il est. Il y a encore quelques années, il n'aurait pas cru cela possible. Cela avait pourtant fini par se produire, preuve que pour peu que l'on s'en donne les moyens tout peut arriver. La terre qui maculait son gant en fut chassée par les flexions de ses doigts. Son poing avait entamé le sol sur plusieurs mètres mais il n'en avait ressenti aucune douleur. Pouvoir faire preuve de tant de brutalité lui avait quelque peu manqué, il était bien forcé de l'admettre. Devoir ménager Leene n'était pas de tout repos, et sans doute aurait-il été moins accablant de se battre au mieux de sa puissance comme il en avait l'habitude. Mais il craignait de lui causer du tort – que ce soit à elle ou à l'enfant qui grandissait dans son ventre.

Cependant, comme elle l'avait très justement souligné, c'était l'ultime séance d'exercice à laquelle elle aurait droit avant un bon moment. Le moins qu'il puisse faire – étant en partie « fautif » - était encore de lui donner satisfaction. Sa prudence n'en disparaîtrait pas pour autant, mais il pouvait enfin cesser de se contenir pour ne plus avoir à se contenter de ces faibles poings. Sa puissance faisait sa fierté, et ne plus y avoir accès finirait par le miner. Il était resté oisif trop longtemps depuis la dernière Guerre Sainte et se languissait des champs de bataille. Cela ne tarderait sans doute pas à changer avec le rôle de père qu'il devrait très bientôt assumer. Il n'aurait alors plus la liberté de guerroyer comme il aimait tant le faire par le passé. Pour lui aussi, c'était peut-être la dernière fois qu'il pourrait se défouler avant un long moment. Plutôt que d'hésiter, en profiter semblait bien plus indiqué.

Il avait fini par répondre à son invitation – à moins que ce ne soient des provocations ? - et par laisser parler cette force endormie. Qu'elle soit si prompte à lui revenir le stimulait. Rien n'avait changé, cette sensation était restée la même. Elle l'aimait pour ce qu'il était, et sans cette débauche de barbarie qui le définissait à elle seule, il n'était plus lui-même. Cette vérité l'avait frappé de plein fouet tandis que retombait le nuage de poussière soulevé au moment de l'impact. L'allégresse de retrouver ce flot de pouvoir se peignit sur son visage et illumina son regard d'un éclat nouveau. Que cela lui avait manqué ! Cette joie féroce, aucun entraînement mené en solitaire n'aurait pu la lui procurer. Lui qui avait tué les dieux et avait leur sang sur les mains ne pouvait plus se contenter de la normalité. Sans le cosmos, nul adversaire n'en valait la peine. Il lui sourit d'un air faussement résigné.

- J'aurai prévenu...

À quoi bon se le cacher ? Il en avait envie au moins autant qu'elle. Ses sens étaient en éveil. Il n'avait osé compter le temps depuis lequel elle partageait sa vie de crainte que cela ne brise la magie des instants passés à ses côtés. Si tel était son désir, il était de son devoir d'y répondre, ne fût-ce que pour l'en remercier. Ses paupières tombèrent avec une extrême lenteur quand elle fusa dans sa direction. Non pas qu'il fasse cela pour la narguer, loin s'en faut, et elle devait déjà le savoir. Puisque l'heure était à la pratique, exercer ses perceptions lui avait paru une idée pertinente. Il était toujours aussi peu doué pour sentir le cosmos, mais ses autres sens compensaient sans difficulté cette carence. Leene en eut la preuve quand il rouvrit les yeux à l'instant même où elle s'apprêtait à frapper. Il n'eut besoin que d'une fraction de seconde pour déployer toute l'étendue de son cosmos dans un torrent de lumière. Le hurlement bestial qui retentit dans le linceul de glace de cette région déserte aurait fait froid dans le dos à quiconque n'y était pas habitué.

Mais ce n'était pas le cas de sa bien-aimée. Ce qu'il était sous cette peau d'homme, elle était la mieux placée pour le savoir – et la seule. Si sa forme était humaine, on ne pouvait en dire autant de son âme. Celle d'un loup brûlait au plus profond de son être, avide des rayons du soleil. Un lourd secret enfoui dans cette chair impie dont les origines remontent au funeste chapitre du Ragnarök. En lui sommeillait le potentiel de changer la face du monde pour mieux causer sa perte. Tout cela, il l'avait lentement appris au cours de ces dernières années. Il n'oublier pas ce qu'il est, car nul ne saurait l'oublier. Plutôt que d'en avoir honte, il s'en ferait une force et l'arborerait avec fierté. Il en avait décidé ainsi et nul ne pourrait s'y opposer. Nul n'en avait la force. Il n'avait cure d'aucun avis, hormis celui de la femme qui l'attendait hors de ce gouffre béant. Tant qu'elle pouvait s'en accommoder, rien d'autre n'avait d'importance. Car elle seule pouvait changer son univers.

La lame fut repoussée. L'écoulement du flux était si intense qu'on aurait pu croire qu'il fallait y voir le prolongement de son propre cri. Comme pour appuyer cette hypothèse, une gueule de loup béante se dessina dans les rafales cinglantes de ce souffle immaculé. Un fauve qui hurle au soleil et non à la lune. Une excentricité qui ne lui correspondait que trop bien. Ses réflexes étaient restés intacts, et il se fit une joie de le lui faire savoir en achevant de dévier le fil acéré d'un revers de la main. Son volte-face avait été d'une vivacité qui n'avait rien à envier à celle de son animal totem. La main opposé exerça une brusque pression sur la hanche de Leene dans la direction opposée, et, si brève qu'elle ait été, suffit à lui faire perdre l'équilibre. Lestée tant par le poids de son arme que par celui de l'enfant à naître, elle n'en était pas moins assez légère pour qu'il la tienne en échec de la sorte. La légèreté pouvait être un atout dans bien des situations, mais dès lors qu'il était question de combat à l'épée, elle devenait un handicap.

Une leçon qu'elle devait d'autant moins oublier qu'elle était directement concernée. Le halo de lumière s'éteignit aussi vite qu'il s'était allumé, laissant le calme retomber. Par chance, Leene évita de subir le même sort grâce à la main qui s'était refermée sur son poignet. Il avait accepté de ne plus être aussi passif mais devait toutefois éviter les chocs violents. Même s'il prit fin dès qu'il l'eut aidée à se redresser, elle avait pu sentir à travers ce contact éphémère les pulsations de son cosmos enfin tiré de sa torpeur. Ainsi obtiendrait-elle confirmation qu'il avait tenu parole et continuerait de le faire tant qu'elle serait capable de le supporter. Il n'était pas encore trop tard pour regretter, mais Sköll doutait fort qu'elle revienne sur sa décision. Pour en avoir déjà fait les frais à maintes reprises, il pouvait en attester : son obstination ne connaissait de limite que celle qu'elle voulait bien lui donner.

- Tu la charges en cosmos beaucoup trop tôt. Il ne sert à rien de le faire à l'avance, tu ne feras que te fatiguer. Au contraire, n'y concentre ton cosmos qu'à la dernière minute, au moment de frapper. Dans le meilleur des cas, tu auras en plus l'effet de surprise de ton côté. Mais pour ça, tu dois pouvoir le faire aussi vite que ce que je viens de te montrer.

Le colosse croisa les bras, récitant ce qu'il avait lui-même appris des années auparavant. Il lui avait fallu un certain temps avant de pouvoir concilier ses talents d'escrimeur et la maîtrise du cosmos, mais il y était finalement arrivé avec une maestria notable. Leene était une élève attentive, mais n'avait pas nécessairement les mêmes qualités. Elle en avait d'autres, à n'en pas douter, mais lui seraient-elles aussi utiles que celles dont elle aurait eu besoin pour accélérer sa formation ? Et tandis qu'il se préparait à un nouvel assaut, il posa les yeux sur elle. Son regard s'était durci. Il avait perdu de son animalité mais la soif de combat qui y brûlait autrefois en permanence était toujours présente. Puisqu'elle l'avait convaincu de la prendre au sérieux, il allait faire en sorte que cette dernière séance la fasse progresser plus qu'elle ne s'en serait doutée.

- Recommence.
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MessageSujet: Re: [1750] Dernière Danse [Entrainement Sköll-Leene]   Jeu 1 Nov - 15:27


La demoiselle se targuait d’être vive. C’était là une de ses plus grandes forces, elle le savait, en avait fait d’ailleurs un atout de premier ordre dès lors que le glas du combat retentissait. C’était une de ses plus grandes fiertés que de pouvoir surprendre son adversaire et le prendre de court, l’entrainant dès lors dans une valse dont elle devenait la meneuse. La guerrière aimait ce sentiment de puissance, l’ivresse de la vitesse et du vent dans sa chevelure immaculée, suivant ses gestes, accompagnant ses pas en accentuant ses coups. Son amant était rapide lui aussi, bien plus ce que ne le laissait supposer sa carrure imposante contrairement à la sienne effilée comme une dague, mais elle se savait capable de rivaliser avec lui dès lors qu’elle s’en donnait les moyens. Elle l’avait déjà surpris mais ça ne serait pas le cas aujourd’hui. Sa vitesse n’était pas la même, et cela, elle le ressentait dans chaque fibre de son être sans parvenir toutefois à l’accepter malgré cette vérité se faisant criante. La sorcière préférait le nier. Simplement en continuant cette séance sans plus y réfléchir et en supportant en silence cette nouvelle régression.

Elle savait d’où venait ce phénomène, et cela n’était pas pour lui plaire, rajoutant à une liste déjà longue d’inconvénient à cette grossesse qui ne semblait pas se tarir. Elle ne voulait pas y songer. Pas encore.

La débauche de puissance du fauve d’Asgard l’aidait à l’ignorer, aussi absurde sa volonté pouvait elle paraître à un regard extérieur – ou même à Zeta. Mais en cet instant ce n’était plus le cas, parce que l’ivresse du combat avait pris le pas sur la conscience de Sköll et cela les entrainait dans une véritable joute qui n’avait plus rien à voir avec leur précédent entrainement. La sorcière n’avait même pas besoin de se concentrer pour le savoir. Elle illuminait son visage d’un éclat nouveau, trop longtemps oublié et qui rendait à son cœur une joie sincère, partagé. C’était ce qui les rapprochait. Ce qu’elle aimait. Le loup n’était pas fait pour vivre contraint par une chaine.

Une puissance dont il usa pour la contrer de la moins subtile des manières, appelant à lui cette force jusqu’alors endormi dans un hurlement qui fit courir le long de son échine un frisson d’excitation. Concentrée sur cette bataille qu’elle avait dès lors perdue, la dame ne put contrer ce flot impétueux qui dévia sa lame avec une facilité déconcertante. Elle aurait sans doute put en usant de son cosmos d’une manière plus subtile, parvenir à percer cette tempête, mais elle n’en eut guère le temps, ni les moyens même puisque le guerrier la balaya tel un fétu de paille. Vif et agile, le fauve ne s’était guère laissé surprendre par son assaut, le déviant puis la déséquilibrant avec une facilité déconcertante qui amena dans son cœur une odieuse colère. Était-elle si faible pour ainsi se faire repousser de cette manière et aussi aisément ? L’irritation contre elle-même se fit plus perfide, croissant alors que la main du guerrier se refermait sur son poignée pour lui éviter une chute et une humiliation de plus. Une grimace perturba les traits de son visage à ce geste alors qu’elle reprenait pied sur la neige, se défaisant de sa prise avec humeur.

« ça va… »


Ce n’était pourtant pas la faute du fauve si elle était aussi…faible. Son impuissance lui avait toujours coûté, et la différence de force qu’elle ressentait en cet instant entre eux l’agaçait prodigieusement tant elle lui semblait gigantesque. Elle avait toujours existée pourtant, et chaque entrainement était l’occasion pour la sorcière de réduire cet écart, or ces derniers temps, cela ne lui était plus possible. La grossesse lui drainait ses forces, mais loin de l’abattre, cet état de fait ne faisait qu’attiser plus encore les braises de sa volonté quitte à s’y brûler les ailes en outrepassant ses limites. Elle reprit son souffle en tentant de dissimuler cet écart à son compagnon en profitant de son discours.

Ses conseils dans le maniement des armes étaient précieux pour la dame blanche, les retenant d’autant mieux qu’elle en acceptait la légitimité. Son aimé possédait une expertise qu’elle n’avait pas, et hormis son mentor, il était bien le seul de qui elle acceptait une critique sans faire un caprice. Cela ne l’empêchait pas de grommeler pour la forme, mais au moins ne faisait elle pas le contraire de ce qu’on lui conseillait dans le simple but avoué d’en être capable.

Et puis il avait raison et elle le ressentait parfaitement. Trop tôt. Le regard de la belle embrasa la lame à son poing qui étincelait de son éclat d’argent, pulsant langoureusement entre ses doigts. Aussi vite. Sa maîtrise du cosmos lui était aisée, sachant le doser avec subtilité pour des exercices aussi délicats que la guérison dans laquelle elle était douée. Un don qu’elle n’employait que pour ses proches et dont Sköll avait déjà profité par le passé. Elle n’avait aucun problème à employer cette énergie que les dieux avaient confiée aux hommes.

« Aussi rapidement… »

La dame tendit Mondkralle devant elle, contemplant les lignes effilées de cette lame que lui avait offerte son compagnon des années auparavant et qui avait marqué le début de tout. Une arme précieuse à son cœur rendant tangible un lien invisible, enfermant dans son métal précieux, une partie de la force de son aimé. Le cosmos d’argent de la fille de la lune se liait aisément à l’épée, mais ses ombres n’avait pas cette facilité qu’elle considérait venir de son propre lien avec le fauve. Un lien pouvait il se superposer à un autre ? Ou ses familiers avaient ils du mal à se faire à cette lame bénit par le sang du destructeur de soleil ?

L’aura de la sorcière la para subtilement de son éclat opalin pour baigner l’épée de son cosmos lunaire, un bref instant, puis d’un geste vif elle le fit disparaitre comme emporté par le vent. Elle pouvait être plus rapide d’ordinaire et surtout…Cela ne lui coûtait pas autant. Mais cela lui donnait une idée alors que ses ombres s’agitaient autour d’elle suite à cette démonstration. Une profonde inspiration avant que la belle ne se retourne sur son conjoint, l’émeraude de ses iris brillant d’une détermination nouvelle.

« D’accord. N’imagine pas t’en sortir aussi facilement cette fois. »


En pleine action, la difficulté de cet exercice augmentait drastiquement, davantage encore dans sa situation mais elle n’en avait que faire. Nulle victoire n’aurait plus de prix que celle arraché des griffes de l’échec. La dame sentait ses familiers frémir autour d’elle, se préparant à répondre à ses ordres et y obéir, même si leur essence était différente de celle de la lame. Elle allait les habituer.

La fille de la lune s’écarta du guerrier pour avoir un plus grand champ d’action, le vent balayant sa chevelure immaculée en l’entrainant dans sa passe rendant sa silhouette plus évanescente encore. Une dame blanche dans toute sa splendeur, parée de l’éclat anthracite de son armure. Délicate mais impitoyable.

La sorcière rassembla son énergie opaline s’irisant d’éclat d’obsidienne puis s’avança, vive, ignorant avec force le malaise qui la gagnait à cette brusque accélération. Le fait que son amant n’utilise pas lui-même une épée aurait put la gêner pourtant elle en faisait abstraction, bien qu’il demeurait en elle, une part d’irritation, comme si il ne la prenait pas suffisamment au sérieux pour la contrer avec une arme – bien que les fait lui prouvait qu’il n’en avait guère besoin, à sa grande honte. Son bras n’hésita aucunement, comme la première fois, cette fois ci pourtant, elle attendit.

La demoiselle concentra son énergie, la rassemblant à l’orée de son bras, se préparant à en user comme elle l’avait déjà fait tout en l’empêchant de déborder. Elle savait faire cela. Son bras fusa vers le guerrier, et elle laissa cette énergie emprisonnée jusque là paré l’argent de son épée vibrante sous ses doigts. Nimbée d’opale, la lame brilla un fugace instant avant de se laisser envahir par l’encre.

Elle les sentait ! Ses familiers étaient là, auréolant son arme de leur sinistre présence, obéissant à son ordre silencieux en s’accrochant à son cosmos lunaire pour l’envelopper de leur aura. La dame les sentait. Un sourire illumina un instant son délicat faciès concentré sur son assaut, étonnée de ressentir avec autant d’acuité leurs présences. Elle frissonna. Elles puisaient dans ses forces...

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MessageSujet: Re: [1750] Dernière Danse [Entrainement Sköll-Leene]   Mer 28 Nov - 7:33

Dernière Danse
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Sköll haussa une fois de plus sa cosmo-énergie, prêt à la recevoir. Censé ne pas la ménager, il ne le ferait pas plus par les mots que par les actes. Un comportement qui pouvait sembler être blessant mais qui avait le mérite de la faire réagir au quart de tour. C'était exactement ce qu'il attendait d'elle, car c'était dans cette hargne qu'elle trouverait l'énergie de continuer le combat même s'il n'était pour l'heure que fictif. Manier l'épée pouvait se révéler épuisant pour qui n'en avait point l'habitude et il tenait à l'y préparer. C'était bien la dernière chose qu'il puisse encore faire pour lui venir en aide, car contrairement à ce qu'elle pouvait croire, elle n'était plus si loin d'en finir avec les cours qu'il s'efforçait de lui inculquer – non sans mal, mais elle n'y était pour rien : c'était lui qui manquait d'expérience en tant qu'instructeur. Elle faisait de nets progrès, c'était évident. Mais Sköll avait coutume de ne pas la complimenter pendant l'entraînement.

À son sens, cela ne ferait que la déconcentrer et l'inciter à se reposer sur ses lauriers. Si durement gagnés soient-il, ce n'était pas tolérable, même inconsciemment. Il n'y avait qu'en maintenant une pression constante que la sorcière pourrait un jour se vanter de manier l'épée aussi bien que lui. Il avait pour sa part dû apprendre à se battre à deux lames plutôt qu'à une pour honorer le présent que lui avait fait Aukoti – car il n'avait aucun doute sur l'identité de ce généreux donateur. Un tel cadeau ne pouvait venir que de lui, car il était seul à savoir qu'il en avait besoin. Disparaître dans la nature pour ensuite venir déposer sans un bruit ces lames jumelles devant sa porte... Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ? À cela, il n'avait point de réponse. Mais pour l'heure, seule Maeleene était importante – elle et la lame qu'elle avait brandi dans sa direction.

Ce fut cette fois son poignet qu'il saisit et tira brusquement dans sa direction non sans l'avoir au préalable orienté vers la droite où elle pourrait frapper sans risque. Il n'en fallait pas plus pour la désarçonner – même si le simple fait qu'il ait préféré éviter le coup que l'encaisser de plein fouet était déjà une victoire en soi. Il aurait pu le faire sans aucun doute tant il y avait été préparé, son corps étant bien assez solide pour subir une telle attaque après avoir bien sûr brisé le flot de sa cosmo-énergie de la sienne. Son épaule pouvait sembler indemne, mais le fait était qu'elle avait réussi son offensive. Elle avait bien mérité qu'il la récompense d'un baiser, même si elle n'aimait pas mêler les sentiments au fil de l'épée. Cela ne devrait pas la perturber pour la suite, du moins l'espérait-il. Il lui donna quelques précisions quand leurs lèvres finirent par se séparer. Son regard s'ancra dans le sien tandis qu'il reprenait ce ton pédagogique qu'elle était seule à connaître.

- C'était bien essayé, mais surveille ton équilibre. Tu es trop légère, tu as besoin de mettre tout ton poids dans la lame sans quoi je n'aurai qu'à te bousculer pour prendre l'avantage. Je pense que tu viens d'en avoir la preuve.

Nul Guerrier Divin ne se serait donné la peine de lui faire parvenir une récompense, même après avoir triomphé de Perséphone. Il n'avait cure des acclamations de la foule, être victorieux lui suffisait amplement. Ainsi pouvait-il vivre en paix aux côtés de la femme qu'il aime – celle-là même qu'il prenait actuellement plaisir à regarder progresser à vue d'oeil. Le rythme imposé n'avait pas toujours été facile à suivre, en particulier pour une femme enceinte, mais elle avait tenu à continuer jusqu'à n'en être plus capable. Jour qui avait fini par arriver, à son grand soulagement. Cette séance serait la dernière avant un long moment qu'elle devrait consacrer au repos total. Elle n'allait pas aimer ça. Ses protestations étaient monnaie courante alors même qu'elle n'était pas constamment alitée, il n'était pas bien compliqué de se dire que son déplaisir irait croissant une fois que ce serait bel et bien le cas.

- Tes coups sont trop prévisibles. Tu oublies tes fondamentaux. Tu es une femme. La force te fait défaut. Utilise la ruse. Tu ne pourras pas toujours passer la défense de tes adversaires grâce à un coup de taille, même avec le cosmos. Souviens-toi de ta première leçon et de tout ce que je t'ai enseigné. Frapper d'estoc.

Leene ne manquait pas d'agilité, il le savait mieux que quiconque. C'était en cela que résidait sa plus grande force. Cette qualité n'était néanmoins pas assez mise en avant du goût de Sköll qui prenait plaisir à l'irriter pour qu'elle puisse dans des ressources insoupçonnées. Lui rappeler que le fait qu'elle soit une femme était nécessairement un handicap devrait la faire enrager au point qu'elle révèle son potentiel enfoui. Au fond d'elle, elle avait ce désir de l'impressionner et de ne plus être une simple élève. Dépasser maître n'était pas son objectif, elle était avant tout en quête de reconnaissance. À condition qu'elle l'ait méritée, Zeta ne voyait pas d'inconvénient à la lui donner. Mais ce n'était point le cas. Pas encore tout du moins. L'apprentissage avait été effectué à une vitesse remarquable : lui-même avait mis plus de temps avant de se hisser à un tel niveau.

Mais il s'était donné la mission de la mener au sommet de son art avant qu'elle n'ait plus la possibilité de poursuivre ses efforts. De manière à ce que sa frustration ne doive pas en plus être saupoudrée d'un goût d'inachevé. Il lui avait tout appris, c'était à présent à elle et à elle seule de dépasser ses limites. Contrairement à lui, elle n'avait ni crocs ni griffes à la naissance. Tenter de lui en donner était un pari risqué mais audacieux, et Zeta n'avait pas pour habitude de renoncer à ses ambitions. Sköll n'aurait jamais cru faire un si bon professeur. Voici déjà tant d'années, il avait bien sûr formé Heimdall mais ce n'était pas comparable avec le parcours qu'il faisait suivre à sa propre compagne pour tenter de l'emmener à son plus haut niveau par tous les moyens. Avec sa raideur caractéristique quand il était en situation de combat, il se remit en position et attendit sa prochaine offensive de pied ferme.

- Recommence.

Remarquerait-elle toutefois qu'une lueur de combattivité venait de s'allumer au fond de son regard ?
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MessageSujet: Re: [1750] Dernière Danse [Entrainement Sköll-Leene]   Lun 3 Déc - 9:05


Une fois de plus son assaut ne fut guère couronné de succès. La belle fut une fois n’est pas coutume, stoppée dans son offensive par la poigne d’acier de son compagnon qui vint dévier son coup. Désarçonné, elle grimaça, sans que cela ne semble demander le moindre effort à Zeta, le guerrier déviait la lame de son épée qui vint malgré tout blesser son épaule. Elle ne se satisfaisait pourtant pas de cette victoire, loin s’en fallait. Ce n’était rien, une entaille qui guérirait en quelques instants, elle ne l’ignorait pas et l’avait plus d’une fois constaté de bien plus près. La fille de la lune ne craignait plus de faire autant de mal à son conjoint avec une seule épée. Il lui en fallait plus, bien plus pour tomber et mettre genou à terre que ce dont elle était capable à l’heure actuelle. C’était ce qu’elle admirait chez lui, et était contrainte de détester également. Cette force qui faisait toute sa puissance dont elle ne pouvait qu’effleurer toute l’étendue.

Elle ne voulait pas être celle que l’on protégeait des coups, que l’on craignait d’emmener au combat de peur qu’elle ne se brise telle une chose fragile. Elle demeurait une guerrière dans son cœur avec la fierté qui allait de paire et refusait que qui que ce soit ne soit un obstacle à cela. Sköll ne l’ignorait pas. Il savait à quel point elle était fière, savait également – même si ils n’en parlaient pas – que la sorcière cherchait à tout prix à combler le gouffre qui les séparait de louable effort qui lui semblait si vain ! Et cette grossesse était un nouveau frein à cette volonté de demeurer aussi forte que possible, de s’y entrainer chaque jour durant dans l’espoir qu’il cesserait de la voir comme une faible femme à protéger. Cela ruinait même ses efforts réalisé jusque là pour qu’il la voit forte, puisqu’il couvait dans son regard d’argent cette possessivité qui aussi douce était elle à son cœur finirait par devenir une prison dans laquelle elle ne pourrait jamais plus s’échapper. Le guerrier ne l’empêcherait pas de combattre à proprement parlé, mais il ferait de son mieux pour qu’elle évite le danger… Les lèvres de son aimé vinrent pourtant mettre un point final à cet infructueux échange et au cours même de ses pensées. Surprise par son geste au beau milieu de leur entrainement, la fille de la lune savoura un instant sa chaleur avant de le fusiller du regard dès lors que le baiser prit fin. Ses doigts se crispèrent sur la garde de sa lame d’argent, la belle s’écartant de lui après lui avoir fait comprendre d’une simple expression et d’un grondement tout ce qu’elle pensait de cette dérive.

« Arrête ça Sköll ! »

Ce n’était pas le moment pour de tel comportement et il le savait aussi bien qu’elle, en jouait pour l’irriter. Il la connaissait suffisamment pour le savoir. Son ton pédagogique vint à peine calmer son irritation malgré la véracité de ses paroles et de ses conseils. La manière dont il présentait les choses froissait son égo fragile par ailleurs depuis peu, titillant sa fierté de guerrière en la mettant à mal. Qu’il en aille jusqu’à la provocation pure et simple attisa davantage l’irritation qui s’était déjà insinuer en elle, la transformant en colère pernicieuse. Même si il demeurait sans ses mots un fond de vérité, elle était de celle qui ne se disait pas face à la dame, et il ne l’ignorait pas. Deux années pouvaient sembler bien peu pour connaître par cœur un autre mais il était des sujets qu’il fallait manier avec précaution. Sa condition de femme en faisait partie. Elle avait dût lutter pour en arriver là, chaque jour durant pour s’y faire une place, elle refusait que qui que ce soit ne piétine ses efforts.

La sorcière ignora d’autant mieux ce qui l’entravait tant pour se jeter à corps perdu dans ce duel. Non pas que jusque là, elle ne l’avait pas été, mais la colère lui faisait même oublier toute prudence, toute gêne – tout ce qui jusque là, biaisait son corps. Un temps au moins. Recommence. Ce mot finissait de l’énerver.

Son aura d’argent irisé d’éclat d’encre vint parer sa silhouette, son regard s’assombrissant de sa détermination à lui prouver qu’elle n’était pas faible. Si elle ne le faisait pas maintenant, quand en aurait-elle l’occasion ? Aujourd’hui était le dernier jour, la dernière heure, c’était ainsi qu’ils avaient passé ce marché. Après…Il n’y aurait plus rien. Plus rien de ce qu’elle connaissait et elle entrerait dès lors en terre inconnue. Sa main se crispa sur l’épée à cette pensée, serrant les dents pour l’ignorer tout à fait, l’utiliser pour alimenter la flamme de son cosmos. Toute cette appréhension, cette colère, cette angoisse qui croissait dans ses entrailles à mesure que le temps passait…

Pourquoi sa vie devait elle changer ?

Sa chevelure d’argent suivait le rythme des pulsions de son cosmos immaculé, dansant dans un ballet hypnotique alors qu’elle se préparait à l’assaut. Elle lui montrerait, même si pour cela elle devait jeter toutes ses forces dans cette offensive. Un pensée stupide en soi puisque cela la mettrait à mal et que dans la réalité d’un combat, une telle attaque était au combien dangereuse…Mais qu’importait pour l’heure. Sa lame se para de reflet d’argent et d’anthracite. Frapper d’estoc. Plus complexe mais au combien plus mortel que la simple taille. Elle se souvenait de ses leçons.

Son énergie se rassembla, s’amassa autour d’elle, l’arme à sa main prenant la teinte d’une nuit sans lune, opaque. Nul éclat ne viendrait dès lors trahir son tranchant d’ivoire, ses griffes d’argents alors qu’une brume d’ombre s’élevait autour d’elle, disparaissant dans ses entrelacs ténébreux. Il en fallait bien plus qu’un peu de brume pour gêner le flaire de son amant mais elle n’était pas plus normale que la guerrière qui l’avait levé. Une odeur gênante, troublante, celle de la plus froide des destinations, d’être perdu entre deux mondes.

L’éclat de son cosmos aussi pur que la pleine lune disparut. Une poignée de seconde. Nul éclat d’argent ne vint révéler l’offensive de la dame de la lune dans ce marasme sinistre. Un flottement, puis sa silhouette silencieuse réapparut dans les cieux à l’image de l’astre de la nuit, lame au clair et le regard brillant de la détermination sans faille de la guerrière d’Hrimfaxi qu’elle demeurerait jusqu’à la mort. La pointe de son épée tournée vers le sol – vers Sköll – elle se servit de sa chute maitrisée pour abattre cette lame parée d’encre dans une attaque d’estoc aérienne.

La vitesse prise par son saut augmenté par sa chute augmenterait sa force de faible femme ! Elle le lui prouverait par le sang si il le fallait même si le contre coup serait rude, elle le sentait déjà.

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MessageSujet: Re: [1750] Dernière Danse [Entrainement Sköll-Leene]   Dim 30 Déc - 8:34

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Plus le temps passait et plus il lui était difficile de retenir ses coups. Être resté en sommeil lors de ces dernières années n'enlevait rien à son statut bestial. L'odeur du sang suffirait à le sortir de sa torpeur, et cet animal en sommeil n'aurait alors d'autre envie que de sortir les griffes. Sa conjointe avait tout intérêt à s'en rendre compte avant qu'il ne soit trop tard, et à s'y préparer à défaut de pouvoir l'éviter. Au fond de son regard dansait une étrange lueur, cet éclat sauvage qui faisait de lui un guerrier indomptable et un adversaire implacable. Comme prévu, ses mots l'avaient mise en colère et sa prochaine tentative n'en serait que plus véhémente. Quantité de maîtres de l'épée inculquent à leurs disciples que se laisser guider par leurs émotions n'est que sottise mais c'est faux. Ressentir cette rage vous consumer de l'intérieur est le meilleur moyen qu'il soit au monde de libérer son vrai potentiel. Sans la force que conféraient à chacun de ses coups les hurlements de son âme, jamais il n'aurait pu venir à bout de Perséphone.

Par ailleurs, ceux qui prétendent pouvoir maîtriser leurs émotions en toute occasion ne sont rien de moins que des menteurs, car nul ne peut fermer son coeur à ce pouvoir sans avoir à en subir chaque conséquence. Ceux-là ne sont plus que des ombres. Lorsqu'elle n'est pas maîtrisée, la fureur peut en effet conduire un homme à commettre des erreurs de jugement impardonnables. Mais celui qui se l'approprie et fait de cette faiblesse une force n'aura jamais connu de meilleur arme pour affronter la terre entière. Rendu fébrile par les coups échangés, il joignit les mains de manière à faire craquer ses phalanges. Une mauvaise habitude, mais grâce à laquelle Leene pourrait sans mal s'attendre à ce qui allait suivre. Car malgré tous ses efforts pour rester tranquille, il ne fait jamais bon essayer de le tenir en cage. Il n'y avait pas pour elle de meilleure épreuve que de la confronter à son humeur belliqueuse. Puisqu'elle tenait tant à être prise au sérieux, il allait lui démontrer que c'était désormais le cas.

Sois prudente, aurait-il voulu lui dire, mais cela aurait sonné comme un affront à ses oreilles. Il ne cessait de la ménager alors qu'elle ne demandait pas mieux que d'avoir toute son attention. Toute sa barbarie également, car elle souhaitait s'y mesurer. S'il commençait en plus à lui faire entendre qu'elle devait se montrer précautionneuse, elle risquait fort de faire tout l'inverse tant il l'aurait vexée. En l'y incitant, elle devait savoir exactement à quoi s'attendre. Voilà la pensée sur laquelle il acheva de perdre toute inhibition. Une immense pression envahit l'atmosphère pour mieux s'abattre sur les frêles épaules de la fille de la lune. L'air vibrait et ce par sa simple prestance. Car telle était la force d'un homme qui peut s'intituler déicide. Maeleene n'en serait sans doute nullement impressionnée, aussi ne se donna-t-il pas la peine de l'accentuer. Qu'elle puisse ressentir cette énergie destructrice était déjà bien assez intimidant.

- Essaie de me botter le cul.

On pouvait difficilement faire plus explicite. Le sourire qui fendit ses lèvres révéla des canines plus affûtées que la normale, comme faite pour entailler la chair humaine et dépecer les corps de ses ennemis. Ce n'était là qu'un effet d'optique qu'il devait à sa nature profonde, celle d'un être qui n'était pas de ce monde. Il est dit que l'homme est un loup pour l'homme et ce n'avait jamais été aussi vrai que dans son cas. C'était à se demander s'il n'aurait pas hurlé à la lune si celle-ci avait été de la partie. Ce n'était pas le cas, malheureusement, mais le spectacle n'était pas négligeable pour autant. Elle répondit à se demande en se jetant sur lui de la manière dont il le lui avait enseigné, tenant compte de l'ensemble de ses précédents conseils. Et motivée par le désir de lui faire regretter ses paroles, probablement. Bien qu'ils vivent ensemble désormais, les disputes conjugales n'étaient pas courantes, et le plus souvent causées par la grossesse et l'humeur changeante qui l'accompagne. Mais qu'elle songe seulement à tout ce qu'elle pouvait avoir à lui reprocher et se défoule une bonne fois pour toute. Ce n'était pas comme s'il pouvait en souffrir. Il était une légende. Les légendes ne meurent jamais.

Sans se départir une seule seconde de son sang-froid, Zeta laissa la lame venir à lui. Sans qu'il n'ait eu besoin de bouger, celle-ci le manquerait de peu, il le savait. Elle le savait indestructible mais ne voulait pourtant pas courir le risque de lui causer du tort. Cette indécision pouvait être la cause de sa perte car sur le champ de bataille le doute n'est pas permis. Une lame qui dévie sa course est une lame que l'on ne brandira plus jamais. La peur est plus tranchante qu'aucune épée, il le lui avait enseigné. Une fois l'arme au poing, elle devait oublier tout ce qu'elle pensait savoir pour en devenir le prolongement. Car dès lors que l'on détient dans le creux de sa main le droit de vie et de mort l'on doit perdre toute humanité pour devenir autre chose. Pour n'être plus qu'une épée. Celle qui coupe le fil de la destinée. Soudain, avant que Mondkralle n'ait pu toucher le sol, il l'attrapa à pleine main sans se soucier des conséquences. Si robuste qu'il soit, les efforts de son aimée finirent par être récompensés. Un filet de sang s'échappa du creux de ses doigts pour s'écouler au sol goutte à goutte. Néanmoins, sa course avait été stoppée nette, si bien que Leene aurait pu croire avoir frappé dans un mur de béton. C'est alors qu'il porta sur elle son regard – non pas celui d'un homme, d'un amant, mais celui d'une bête.

Son cosmos s'embrasa une fois de plus, semblable à un nuage de vapeur stationnaire qui flotte autour de sa silhouette. D'épaisses volutes blanches vinrent bientôt recouvrir chaque parcelle de son être pour le faire luire d'un éclat d'argent dont les reflets sur sa peau ne pouvaient que rendre celle-ci plus sombre qu'elle ne l'était déjà. On l'aurait crue dotée d'un aspect métallique qui ne serait pas sans donner raison à tous ceux qui avaient tenté de l'égratigner sans jamais y parvenir. En dépit de cette explosion de puissance, le colosse demeura étrangement calme, se faisant violence pour ne pas quitter sa position. C'était son entraînement. Il n'était rien de plus que son professeur, ce n'était donc pas lui de prendre l'initiative. Elle devait venir à lui et cette fois il ne lui ferait pas de cadeau. Ses pieds s'ancrèrent profondément dans le tapis de neige de sorte à ce que rien ne puisse le faire bouger ne serait-ce que d'un iota. Une sorte de rituel que de procéder de la sorte. Et une fois mis en oeuvre, nul n'était jamais parvenu à le déraciner. La sorcière n'aurait pas plus de chance.

Sa main plongea en direction de sa gorge, semblable à une gueule de loup sur le point de s'en repaître. De la déchiqueter pour boire son sang jusqu'à la dernière goutte. Bien que le contrôle ne soit pas la notion que Sköll maîtrisait le mieux, il était parfaitement lucide et saurait arrêter son coup avant qu'il n'ait de graves conséquences. Toutefois, c'était à elle de réagir et de faire au mieux pour ne subir qu'un minimum de dégâts. Il ne voulait pas la blesser mais peut-être y serait-il forcé pour la satisfaire – il ne l'espérait pas, néanmoins. L'aura meurtrière qu'il dardait alentours n'était pas pour la rassurer, pas plus que l'obscurité qui avait élu domicile au fin fond de ses prunelles. Elle ne l'avait jamais vu combattre mais le connaissait assez pour savoir qu'il était sans pitié avec ses adversaires. En serait-il de même pour elle ? Sa réaction serait la clé à n'en point douter. Dans un rugissement féroce, il laissa déferler le flux trop longtemps contenu de sa cosmo-énergie et abattit sa main avec une violence à nulle autre pareille.
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MessageSujet: Re: [1750] Dernière Danse [Entrainement Sköll-Leene]   Jeu 7 Mar - 9:51

Un éclat carmin, goutte vermeille s’écrasant sur le blanc manteau neigeux, langoureusement, amoureusement, dévalant la peau pour se muer en fleur écarlate. Une réussite. Son assaut avait porté ses fruits pourtant, se fut une grimace qui vint perturber ses traits alors que la lame se faisait proprement stopper net par la main de son compagnon.

Quelques secondes auparavant, la fille de la lune n’avait fait qu’un avec son épée d’argent, ressentant dans son métal sa puissance enfouie combinée à celle plus morbide de ses accompagnatrices. Elle pouvait percevoir leur nature changeante s’unir à la lame en lui faisant partager ses effets délétères. A travers ce lien si subtile que la sorcière discernait entre l’artefact et ses ombres mouvantes, elle pouvait altérer son pouvoir, le modeler pour en faire autre chose et s’en servir. Elle les sentait se plier à sa volonté, quémandant le droit d’utiliser ce pouvoir enfoui au fins fond de leurs morbides images, pernicieuses et funestes. Ainsi était ce cela ! Ce pouvoir prisonnier de ses ombres malfaisantes qui dansaient au gré des fluctuations de son cosmos d’argent ! Il était là, il était de cette nature, s’unissant à son propre pouvoir, s’alliant à sa propre puissance pour s’en faire l’écho et s’en gorger, enflant tant et plus pour se faire le symbole même de son pouvoir.

Elle comprenait à présent ! Plus encore en ce jour et ce, malgré les aléas d’une vie qui allait disparaitre, remplacée par une autre empli de doute. Peut être même était ce le temps lui manquant qui permettait à la belle de comprendre la profondeur de ce lien qui les unissait. Elles étaient changeantes et mouvantes, pernicieuses et funestes, ne laissant derrière leurs passes que les entrelacs d’une mort glaciale. Si semblable à son propre destin fait de mort. Et alors que Mondkralle se faisait arrêter par la poigne d’acier de son amant se gorgeant du liquide vitale suintant de sa plaie à vif, la belle pouvait ressentir ce pouvoir se propager dans la lame jusque dans le sang de celui qui la maintenait si fermement. En équilibre instable, grimaçant face à la brusquerie malgré sa préparation, la sorcière ordonna.

La pression augmenta mais elle n’en perdit pourtant pas son propre pouvoir. Elle savait. Elle avait toujours sut quelle puissance pouvait se dégager du guerrier divin lorsque celui-ci ôtait ses chaines. Tout du moins en avait elle une idée suffisamment précise. Elle l’avait ressenti ce jour là, des années auparavant lorsque la pression combiné de deux guerriers d’Odin avait prit la vie d’une divinité. Jusqu’alors, elle n’avait plus ressenti cette intensité dans le cosmos de Sköll, mais en ce jour, il s’en approchait dangereusement. Le risque était grand pour elle, guerrière sur le point de se transformer par les aléas du destin en mère. Dans sa condition… Mais elle attendait ce jour, et ce, depuis fort longtemps, aussi ne faillirait elle pas si près du but !

« Déployez-vous ! »

Les ombres coulèrent de la lame jusqu’au bras du fauve d’Asgard, se liant au sang pour y apposer leur propre malédiction néfaste, drainant l’énergie vitale de celui qui partageait la vie de leur chère lune. Nul mal irréversible, juste la sensation de perdre l’énergie nécessaire à combattre – perdre de sa combativité qui ne manquait pourtant pas au géant d’ébène.

Ce qui ne l’empêcha nullement de répliqué, bien que moins vivement que ce dont il aurait put être capable autrement. La guerrière eut pourtant toute les peines à se défaire de cet assaut soudain et violent, animé par ce pouvoir destructeur qu’était celui du destructeur de soleil lui-même. Un instant troublé, il lui fallut plus de temps que prévu pour trouver une parade efficace et se fut l’aura salutaire de ses familiers qui vinrent l’entourer de leur macabre présence pour l’en préserver, l’éloignant brutalement de celui qui risquait tant à perdre en lui faisait lâcher la lame qu’il tenait encore fermement. Des ailes d’ombres l’étreignirent et l’écartèrent ainsi alors que la belle, surprise mais tenant toujours son épée d’argent, se réceptionna plus brutalement que prévu sur le lit floconneux. Un frisson l’ébranla alors que ses jambes vacillèrent sous son propre poids, se refusant à ses ordres de la maintenir debout. Le souffle court, elle eut toute les peines du monde à se maintenir debout alors que la dépense violente d’énergie finissait de l’épuiser totalement – tout autant que sa fierté déplacé à refuser d’accepter un triste constat.

Sa main tenant Mondkralle maculée par le sang de son compagnon tremblait sous ce soudain effort lui semblant bien trop important en cette heure, alors que son souffle erratique finissait de l’irriter sans qu’elle ne puisse pour autant, rien y faire.

Il lui était bien trop pénible de courber l’échine plutôt que d’accepter le fait qu’elle était bien trop épuisée pour répliquer de nouveau. Elle ne pouvait le faire ! La sorcière se mordit violement la lèvre en concentrant ses forces pour reprendre son souffle et ne pas stupidement choir sur le manteau neigeux. Elle le refusait ! Pourtant, elle savait tout autant qu’elle avait outrepassé ses limites dans ce dernier entrainement. Son corps n’était plus le même que quelques mois auparavant. Il grandissait en elle une seconde vie dont elle peinait encore à en comprendre tous les tenants et les aboutissants, mais en cet instant, elle commençait à peine à l’entrapercevoir. Elle ne pouvait pas continuer ainsi, même si cela lui coûtait de l’admettre et de se ranger du côté de son compagnon inquiet.

Alors, elle abandonna sa fierté pour un instant, juste devant lui, comme elle l’avait déjà fait par le passée en se laissant tomber mollement sur le sol immaculé. Ses familiers vinrent l’entourer pour essayer de la protéger de ce qui pourrait lui porter préjudice alors qu’elle reprenait doucement son souffle, les yeux clos. Son cosmos lui manquait. L’enfant lui en drainait plus qu’elle ne l’aurait imaginée, et elle ne savait pas si c’était là, quelque chose de normal ou si elle devait s’en inquiéter. Elle n’ignorait pas que les femmes enceintes étaient fatiguées de fait, mais en savait bien moins lorsque le cosmos rentrait en jeu.

« Je crois…que c’est terminé pour moi. »

Elle ne savait pas si elle devait s’excuser auprès de son amant, la honte l’empêchant de totalement accepter ses propres paroles qui vinrent se frayer un difficile passage à travers sa gorge nouée. La fille de la lune se trouvait ridicule ainsi prostrée sur le blanc manteau, recouverte par son armure anthracite et ses ombres mouvantes l’entourant de leur présences familière…Mais que pouvait elle faire d’autre ? Le contrat était posé, les clauses respectées…

Son monde changeait dès à présent, tout son univers, toute sa vie…

Dès à présent…

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[1750] Dernière Danse [Entrainement Sköll-Leene]

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