RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]

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Lily


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MessageSujet: [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]   Mar 21 Aoû - 22:31

    Excusez moi...

    La faible voix de la jeune fille se perdit d’elle-même dans l’agitation dans laquelle elle avait échouée. Elle observait les gens s'affairer tout à leurs tâches, ceux-ci ne prenant même pas garde à la petite demoiselle ainsi précipitée dans ce nouveau monde inconnu qui lui était si étranger. Elle hésita à réitérer sa demande avant d’abandonner, cherchant un endroit où elle pourrait tenter de se retrouver parmi tout ces gens si occupés. Tant de chose lui était inconnu ici bas ! Depuis que le navire qui avait amené Seren et Jian sur l’Ile de Circé avait accosté, il semblait que ce petit univers qu’était devenu ce sanctuaire protégeant les Marina se liguait contre elle pour la perdre.

    Elle se sentait si insignifiante parmi tout ces gens, si godiche ainsi catapulté dans ce lieu hors du temps, inconnu à ses sens et se plaisant à la rendre plus maladroite encore !

    Ça m’apprendra à vouloir partir seule à la recherche de je ne sais quoi...


    Un simple souffle qui n’était destiné à personne d’autre qu’elle-même. En réalité, elle savait ce qu’elle cherchait. En réalité, il y avait ici, beaucoup de chose qu’elle désirait connaître et découvrir, retrouver si ce n’est même simplement trouver. Ses doigts se crispèrent sur la courte lame appartenant à cet homme qui était son père, recherchant dans sa présence, un peu de réconfort. Tant d’espoir qu’elle craignait voir disparaitre à la première occasion !
    La petite étoile secoua la tête avec vigueur pour ôter de son esprit, la simple pensée de cet échec. Elle devait espérer. Même elle ne pouvait savoir ce que l’avenir lui réservait malgré son lien avec les voix du passé et du futur que les cieux lui transmettaient. Il fallait garder la foi.

    Avec une résolution vacillante, la jeune fille reprit sa route au hasard dans l’espoir de retrouver son chemin par chance. L’angoisse pourtant montait en elle alors qu’elle tournait en rond, ne parvenant guère à trouver son chemin à travers cette terre inconnue. C’était un ordre qu’elle allait finir par transgresser si elle ne se hâtait pas davantage, et elle craignait le courroux de l’ordonnateur.
    Ici, elle désirait trouver sa place, et ne voulait pas ménager ses efforts pour parvenir à se faire accepter par ceux avec qui elle partageait la moitié de son être. Comme lui. Elle courrait après une ombre mouvante et invisible qu’elle était seule à apercevoir. Jian pouvait il comprendre son trouble et son désir ? Cet espoir vacillant et effrayant qui grandissait en elle alors que son regard fendait la foule à la recherche d’un regard familier ?

    Aie … !

    Bousculée, Seren se rétablit à la va vite en s’excusant platement auprès de celui qui l’avait malmené, le rouge lui montant au joue devant son manque de réaction.

    Excusez moi Monsieur, mais pouvez vous me dire où se trouve Madame Mary la Sirène, s’il vous plait ?

    Avec un grognement digne de sa carrure d’ours, le marin indiqua à la jeune étoile une direction d’un vague geste de la main qu’elle prit après l’avoir remercié. On lui avait demandé de rejoindre la Générale à la chevelure carmine qu’elle avait aperçut la veille lors de leur arrivé, mais personne n’avait cru bon de lui indiquer avec plus de précision le chemin par lequel aller pour la trouver.
    Ses doigts effleurèrent le fourreau dans lequel reposait l’arme de son père ceignant de nouveau sa taille alors qu’elle continuait sa route. Se retrouver séparer de son meilleur ami l’angoissait, elle qui avait jusque là, toujours vécu auprès de lui se retrouvait terriblement seule, presque abandonnée mais le contact avec la lame la rassérénait.

    Elle déglutie. Il lui fallait aller de l’avant et cela commençait par trouver cette Dame Sirène.
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Satine


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MessageSujet: Re: [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]   Mer 22 Aoû - 17:33



    Encore une journée à ne rien foutre. À gueuler à la trogne de ces patauds dégénérés et sans cervelle des ordres qu'ils n'étaient même pas foutu de comprendre. Ou de faire correctement du moins. Bref, cela faisait deux bonnes heures que j'avais décidé de me reclure dans l'une des nombreuses pièce du palais. Un petit boudoir que j'avais pris soin d'aménager à ma guise, selon mes goûts très... rouge dirons-nous. Des coussins de velours bordeaux tapissaient le sol en marbre blanc, tout était calfeutré ici, aucunes lumières ne parvenaient à passer au travers des lourds rideaux carmin. Une ambiance intime où une forte odeur d'encens venait constamment me chatouiller les narines. Je n'appréciais plus le soleil. Ses rayons chauds abîmaient ma peau ivoire dès que j'oubliais de la recouvrir d'une quelconque étoffe : les maux qui me tourmentaient... ils étaient toujours là, plus présents que jamais. Maux? Dépression serait le mot le plus juste. Depuis quelques années, je m'étais enfermé dans un mutisme qui inquiétait mes pairs : qu'ils s'occupent donc de leur cul ceux là!

    Rah ! J'ai de nouveau la migraine. Je m'allongeais davantage quand une rumeur de pas précipités me parvinrent. Des petits coups timides à ma porte. Mais... ils allaient arrêter de me les casser oui? Mes dents grincèrent sous le coup de la contrariété. Je ne levais pourtant pas le nez de mon livre – ce Sun Tzu, décidément, m'enchantais par son seul esprit!- quand le rustre entrouvrit la porte. Ni une, ni deux, il reçu en pleine trogne, le plateau encore plein de gourmandises que je n'avais comme d'habitude, pas touché. Je lui hurlais de refermer immédiatement cette porte. Ni une, ni deux, il s'exécuta en s'excusant platement. Je le jugeais d'un air mauvais et sévère : que me voulais t-il celui-là à la fin?

    «Vous m'avez déjà demandé si je ne manquais de rien! Alors du vent!» lui criais-je alors qu'il continuait de se confondre en excuse. Quel piètre personnage. «Ô ! Tu veux une claque dans ta mouille oui? Veux-tu bien décarrer d'ici? Je n'ai pas le temps de m'occuper de toi.»

    Sauf que le colosse ne bougeait toujours pas. Un soupir d'exaspération fila entre mes lèvres vermeilles quoiqu'un rien devenue plus pâles. Il me remit un pli non cacheté ce qui eut le don de m'agacer. Je n'eus cependant pas le plaisir de le rudoyer davantage qu'une voix familière arrêta mon geste vindicatif :

    " Ma tendre amie, jeune Marinas sous la tutelle de notre fidèle Tristan, un des nôtres, l'ancien Général du Kraken Caeron de Fragrance, que nous avions cru mort est réapparu au grand jour grâce à l'appel du Chevalier Shion du Bélier. Il vous importe d'aller le récupérer pour le soigner de la corruption des Enfers, nous sentons encore en lui son âme de Marinas qui nous appelle. Usez de tous les moyens pour le ramener et prenez garde aux autres spectres qui ne laisseront pas cela se faire impunément ! "

    «Par la barbe d'Edward Teach !» répondis-je en me redressant tout à fait. «Dame Amphitrite, vous pouvez compter sur moi!»

    J'avais répondu à voix haute, ce qui m'avait valut un regard des plus idiots de la part du colosse toujours planté comme un radis dans l'embrasure de la porte. «T'es con, ou tu fais juste semblant? Va me chercher la petiote qui doit être encore perdue sur l'île! Ah Tristan, toujours aussi... rah!»

    J'évitais de jurer encore une fois, il fallait se tenir devant la bleusaille. Enfin, un minimum quoi. Cette gosse, je l'avais aperçue quand je faisais un petit tour de ronde, histoire de me dégourdir les jambes et voir si tout se passait pour le mieux pour les réfugiés. Ballade s'étant transformé en un véritable enfer pour ces marins d'eau douce : et bien quoi? Il fallait bien passer ses nerfs d'une manière ou d'une autre. Une sorte de petite vengeance, oui, sans doute. Car il faut bien me comprendre : ces six années pour moi n'ont point été de tout repos. Or je ne voulais pas y penser maintenant, ça me ferait trop de mal. Autant conserver encore pour l'heure, ce masque amer et de sévérité. Au moins, on me fichait relativement la paix.

    J'attendais alors l'arrivée de la gamine dans un calme tout relatif, ne cessant de ressasser le message télépathique de notre Déesse. La savoir bien vivante me réconfortait toujours, même après les derniers événements de ces six dernières années. Ouais, je l'avais encore un peu en travers de la gorge. Le bout de papier dans les mains, j'en avais complètement zappé l'existence. Ah! Un mot de ce bon vieux John. Le bougre avait prit l'habitude de m'écrire ce qui lui passait par la tête. Des pensées la plupart du temps sans importance, bien qu'amusantes quand il confondait un message qui m'était destiné, avec sa liste de course.

    Bon, j'avais peut-être un peu de temps devant moi après tout. Je me dirigeais donc vers le paravent pourpre tout en détachant les boutons de ma chemise blanche. Je la laissais glisser sur ma peau laiteuse avant de disparaître tout à fait dans la pénombre. Froissement de tissus et soupirs de soulagement, je sortie en tenue d'Ève sans ressentir la moindre gêne pour aller dans ce bain encore tiède qui m'attendait. Je m'immobilisais instinctivement devant le miroir à pied, à moitié recouvert d'un drap : mon regard se durcit encore un peu plus tandis que je m'observais avec dégoût. D'elles-même mes mains se placèrent sur mon ventre bien plat qui autrefois, avait accueillit le fruit d'un amour si beau, si innocent... Si mon corps était aussi harmonieux qu'il l'avait été, il me dérangeait par sa blancheur maladive. Je cachais mes faiblesses, mais ainsi à nue, il était évident que je dissimulais un lourd passé. On voyait, que je fusse mère. En témoignait cette longue cicatrice...

    «Introduisez la petite dès qu'elle sera derrière la porte, inutile de faire des simagrées.»
    Sur ces dernières paroles, je couvris mieux la surface lisse et froide du miroir avant de prendre place dans la baignoire. Je lâchais le petit mot de John qui me recommandait la soupe de poisson pour reprendre ma lecture de ce stratège chinois.

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Lily


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MessageSujet: Re: [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]   Mer 22 Aoû - 23:28

    Une voix envahit brutalement son esprit, inconnue, elle semblait pourtant familière, faisant écho en elle. Un écho qui avait la fragrance de l’iode, le chant des écumes s’échouant sur les récifs d’une mer agitée. Une voix souveraine et impérieuse qu’elle entendait pourtant pour la première fois, déclamant un ordre, une mission. Amphitrite, la déesse des flots, épouse de Poséidon. Celle qu’elle servait en tant que porteuse d’écaille, élue de Notos, le vent du sud.

    "Ma tendre amie, jeune Marinas sous la tutelle de notre fidèle Tristan, un des nôtres, l'ancien Général du Kraken Caeron de Fragrance, que nous avions cru mort est réapparu au grand jour grâce à l'appel du Chevalier Shion du Bélier. Il vous importe d'aller le récupérer pour le soigner de la corruption des Enfers, nous sentons encore en lui son âme de Marinas qui nous appelle. Usez de tous les moyens pour le ramener et prenez garde aux autres spectres qui ne laisseront pas cela se faire impunément ! "

    Confuse, la petite étoile resta troublée, le corps figé et le regard plongé dans les abysses insondables de son esprit. Sa fine main se crispa sur son cœur alors que les divines paroles s’enroulaient dans son âme, léchant sa conscience avec application, l’obligeant à les faire siennes. Troublant. La marina se sentait vaciller alors que son corps se tendait devant cette intrusion inconnue et impérieuse. Un tremblement parcourut ses membres alors que le vent se levait brutalement autour d’elle, ébranlant son corps. Ses mains se crispèrent sur ses bras, essayant de reléguer au loin l’étrange sentiment qui avait couvert en elle lors de cette brusque incursion dans son esprit.

    Calme-toi…

    Un souffle qu’elle destinait autant à elle qu’au vent qui s’était levé autour d’elle, tempétueux, dangereux. Elle devait se reprendre. Frissonnante, la jeune fille s’attacha à un nom pour parvenir à retrouver sa quiétude, un seul. Le seul qu’elle connaissait.

    Shion du Bélier…

    Ses mains vinrent se placer sur son cœur, assimilant ces mots tout en les entremêlant à ses propres souvenirs. Elle connaissait le chevalier d’or. C’était un souvenir lointain mais prégnant, celui d’une enfance troublée dans un monde qui l’avait rejetée, et que sa mère avait fuit. Trahit. Seren se mordit les lèvres, troublée si ce n’est angoissée et coupable. Elle doutait que le guerrier se souvienne d’elle, mais elle, elle ne l’avait pas oublié car il avait été un allié un trop court instant, un homme qui ne l’avait pas rejeté et qui lui avait même offert de son précieux temps pour soulager un poids trop lourd pour ses frêles épaules d’enfant. Malgré ses 6 années à l’époque, ce souvenir restait vivace et source d’un certain réconfort lorsqu’elle songeait à cette période passée au Sanctuaire d’Athéna... Tout cela semblait si loin, si troublé ! Tant de chose avait changé aujourd’hui ! La trahison avait été jugé et la sentence appliquée dans le feu et le sang, et il ne demeurait de cette vieille patrie plus que rancœur et chagrin mêlé !

    Mais pourtant, le souvenir de ce guerrier restait intact, comme à l’époque bénie où vivre paisiblement était son seul souci.

    Hé toi là bas !

    Perdue dans ses réminiscences, la jeune fille sursauta violement devant ce ton on ne peut plus véhément, claquant comme un fouet sur sa peau de pêche. Celle-ci redressa la tête alors que l’homme la toisait de toute sa hauteur. Elle, petite fille à la frêle carrure parut se tasser davantage sur elle-même alors que le colosse l’entrainait à sa suite d’un mouvement brusque en attrapant son délicat poignet, mesurant pourtant sa force.

    Dépêche toi petite, Dame Mary t’attends depuis belle lurette, et il n’est pas bon de la faire attendre !

    Claudiquant à sa suite, la demoiselle le laissa la guider sans même ouvrir la bouche si ce n’est pour s’excuser platement de son retard. Elle fut rapidement conduite devant une porte fermée à laquelle le géant frappa avant d’ouvrir la porte et de lancer à la cantonade un :

    La petite est là !

    Petite qu’il propulsa à l’intérieur de la chambre avant de disparaitre après avoir claqué la porte sans un mot de plus. Incrédule, la jeune étoile posa son regard améthyste sur le décor carmin qui l’entourait, fait de velours et de lourds rideaux mais nulle présence visible. Pourtant son regard se tourna vers le paravent pourpre qui trônait dans un coin de la pièce. Timidement, la jeune marina s’approcha de l’objet sans pour autant le contourner; s'arrêtant à une distance qui lui paraissait raisonnable.

    Excusez-moi Madame Mary de la Sirène…Je ne voulais pas vous déranger ou quoi que ce soit d’autre, mais on m’a dit de venir vous trouver…J’ai trop tardée, pardon, mais je ne savais pas où vous étiez alors j’ai tournée en rond…Et puis il y a eut le message de…

    Comment devait-elle l’appeler, cette Déesse qu’elle n’avait même pas vue et dont elle ne savait rien ? Son ignorance était un tel frein ! Elle ne savait même pas si c’était elle, après tout, elle n’avait guère qu’une vague impression, une vague familiarité qui aurait put provenir de n’importe où !

    Je ne sais pas vraiment…

    Le silence s’étira un instant, le trouble se lisant sur son visage de petite poupée à l’allure délicate engoncé dans des vêtements légers révélant sa frêle constitution, assemblage de tissus divers.
    Et elle ne savait même pas pourquoi elle avait été appelée ici...Mais elle s'était de nouveau perdue dans les méandres de son esprit.
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Satine


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MessageSujet: Re: [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]   Jeu 23 Aoû - 13:55



    «Hé bien, hé bien, approche ! Je n'ai jamais mangé personne petiote! Enfin, pas encore! »

    Une toute petite lady. Voilà, ne serait-ce que sa petite voix fluette me faisait penser à une toute petite chose fragile malmenée par des vents capricieux. Et celui qui l'avait apporté jusqu'à moi, ce vent, était de la pire des espèces. Je saurais donc lui rendre la monnaie de sa pièce, à ce Tristan de malheur! Il m'avait apporté sur un plateau d'argent, ma future victime. Paresseusement étendue dans l'eau tiédasse je m'amusais avec les gouttelettes d'eau qui roulaient sur mes avants bras. Petit jeu qui cessa immédiatement quand je perçus le malaise de la gamine. Un large sourire s'épanouit sur mon visage : d'un imperceptible mouvement de doigts, je fis glisser le paravent comme s'il était mue par une volonté propre. Mes yeux tombèrent sur la frêle silhouette de mon invitée que je jugeais silencieusement : une vraie petite poupée apeurée.

    Un bref instant, se lut sur mon visage, un profond désespoir. Ombre fugace pourtant car je me repris bien vite en lui lançant mon ouvrage, histoire de tester un peu ses réflexes. Je sorti alors doucement de l'eau pour l'observer de toute ma hauteur. Si dans la pénombre le blanc de ma peau tranchait d'une manière saisissante, mes yeux verts luisaient comme ceux d'un serpent. Sauvage, je l'étais toujours, sans gêne aussi.

    «Ton nom» lui demandais-je en marchant d'un pas lent vers elle. «Ton âge, jeune fille.» je continuais ce petit manège sans aucun doute déstabilisant pour elle : comme la lionne et ce complètement nue, je tournais autour d'elle à l'instar d'une proie fort appétissante.

    Loin de moi l'idée de la manger, je désirais juste l'impressionner, qu'elle sache à qui elle avait à faire ! Sur un ton plus cassant encore, m'arrêtant à sa hauteur : «Sait-tu lire? Écrire? Compter, réciter des poèmes? Jouer d'un instrument? »

    En aucuns cas je la questionnais sur son expérience en combat. Il était assez évident que la gamine n'y connaissait pas grand chose. En témoignait son maintient, et la façon dont elle s'accrochait à son arme. Sans que la petite ne s'en rende compte d'ailleurs, je lui avais subtilisé pour la porter sous mes prunelles inquisitrices. Une arme d'une belle facture, un présent peut-être? Songeuse, je la conservait dans mes mains.

    «Passe moi la serviette derrière toi, le gros lourdaud va débarquer.»

    J'eus tout juste le temps de me draper de cette dernière que le géant con comme ses pieds ouvrit la porte à la volée. Grand mal lui prit car, en un pas, je me retrouvais devant lui à le menacer de cette fine lame. Il eut grand mal à déglutir tant j'écrasais le plat du poignard sur sa pomme d'Adam.

    «Ne t'avise jamais de refaire ça triple buse, ou tu n'arriveras plus à marcher droit pendant quinze jours entier. Vous allez me foutre la paix avec vos conneries et vous démerdez un peu tout seul, sinon, je vous fiche tous au trou, est-ce bien clair?»

    Mort de trouille, l'asticot hocha de la tête et prit ses jambes à son cou quand je baissa ma garde. Je lui hurlais pour tout dernier avertissement :

    «Plus vite que ça, ou je te taillerais le gras du cul, ça te ferais ça de moins à trimballer ma mignonne!»

    Un soupir. La porte se referma sans un bruit et ce fus à cet instant, replongée dans le noir, que je sentis que ma peau me brûlais. Encore. Irritée, je disparue derrière le paravent pour revêtir des habits plus appropriés. À savoir un pantalon en soie beige, une chemise à volant blanche ainsi qu'un bustier noir ceignant ma voluptueuse poitrine. Pour parfaire le tout, une écharpe en étoffe fine rouge pour dissimuler les maux du soleil ainsi qu'un tricorne.

    «Un conseil : ne jamais paraître faible devant un homme. On dit de la femme qu'elle est le sexe faible. Ces connards ont tord, tu m'entends?»

    Je me laissais retomber dans les coussins et invitait la protégée de Tristan à en faire de même. Mes traits se radoucirent quelques peu en captant le doux parfum de la fillette. Non ! Je n'avais pas le droit de faire de tels rapprochement. Je replaçais donc immédiatement le masque.

    «Raconte moi tout fillette, d'où vient-tu? Comment Tristan t'as t-il déniché, toi? Oh, et je suppose que toi aussi, tu as entendue Amphitrite?»

    Beaucoup de questions. Rah, cette petite lady aurait vite fait de s'en accommoder. J'avais un peu cette philosophie de marche ou crève...

    «Je vais m'occuper de toi, p'tite étoile. Mais il te faudra être forte, compris?»

    Je ferais briller cette gamine ! Pour le moment je n'osais me l'avouer mais... dès le premier regard, je m'étais attaché à elle. Grand Dieu, ce qu'il pouvait être cruel ! Sans plus dire un mot, j'attendais à présent les réponses qu'elle me fournirait...
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Lily


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MessageSujet: Re: [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]   Jeu 23 Aoû - 22:56

    La jeune étoile sursauta lorsque la voix de la sirène s’éleva brutalement, la faisant brusquement revenir à la réalité dans cette chambre carmine à l’allure étouffante. On disait de cette couleur qu’elle était chaude et noble, à ses yeux, elle était semblable aux flammes écarlates et au sang imbibant la terre sacrée de son enfance. Tout aussi surprise, le paravent dissimulant l’adulte à ses yeux s’effaça, laissant la jeune fille sans défense face au regard perçant de la Sirène. Nullement troublée par sa propre nudité, celle-ci se dégagea de la baignoire dans laquelle elle se reposait avec une grâce certaine, et l’étoile aurait sans doute baissé la tête si celle-ci ne lui avait pas envoyé dans le même temps, le livre qu’elle tenait entre ses mains. Plus agile qu’il n’y paraissait, Seren rattrapa le bouquin avec un rien d’incrédulité, passant son regard améthyste sur la couverture en cuir et sur la dame à la peau laiteuse avant de se souvenir qu’elle était nue. Le rouge aux joues, elle baissa les yeux par terre alors que les mots de la générale claquaient comme des fouets à ses oreilles. Ses mains se crispèrent sur l’ouvrage mais aucuns autres mouvements ne vinrent trahir sa crainte ou son incertitude.

    Seren Darllenydd, Madame. J’ai presque 14 ans.

    Sa réponse s’était faite d’une voix qu’elle avait espérée aussi ferme que possible, essayant d’ignorer autant que possible le regard inquisiteur de la belle à la chevelure vermeille. Dire qu’elle n’était pas impressionnée par la présence et l’assurance de son interlocutrice aurait été un honteux mensonge mais elle prenait sur elle, faisait de son mieux pour tenter – sans doute en vain – de se montrer sous un meilleur jour. Elle ne voulait pas être un poids parce qu’il y avait un être qui comptait sur elle.
    Pourtant à ses nouvelles questions, celle-ci ne put empêcher sa tête de rentrer entre ses épaules, dans un mouvement qu’elle n’avait que trop bien connu dans ce qu’on appelait tendre enfance. Inspirant, elle se força à se redresser un tant soit peu, ses doigts toujours crispées sur le livre, mais son regard se porta en avant, sur un point invisible devant elle. Mais cette fausse assurance était bien pâle et sa voix demeurait hésitante.

    Ma mère m’a apprit à lire et à écrire, je sais compter aussi…un peu.

    Son regard s’assombrit dès lors qu’elle parla de sa génitrice, une tristesse insondable se révélant dans ses prunelles lilas, puis sans fond dans lesquels le chagrin avait creusé son trou. Sa fragile silhouette accentuait plus encore cette peine l’affligeant, lui faisant baisser la tête dans un silence endeuillé. Le temps passait mais cette tristesse demeurerait à jamais accrochée à son âme. C’est d’une voix douce, presque lointaine qu’elle continua pourtant, lentement, plongée dans des souvenirs lointain d’une époque plus joyeuse.

    Je ne joue pas d’instrument mais je chante…parfois…

    Les étoiles aussi pleuraient. Elles aussi déclamaient leurs chants dans la nuit noire, la journée aussi, mais leurs mélopée lui étaient moins perceptible en cette heure.
    La tirant brutalement de sa douce léthargie, la petite étoile remit à la jeune femme sa serviette avec précipitation après l’avoir cherchée avec de brusque mouvement de tête, se faisant maladroite.
    Elle laissa de côté l’apparition du balourd en question, ne remarquant qu’au moment où elle l’utilisa que la générale avait subtilisé son précieux bien. La brusquerie des mots de la marina ne vinrent pas la troubler tant son regard était happé par la lame au clair qui lui appartenait et menaçait la vie d’un homme. Elle le vit à peine déguerpir et refermer la porte derrière lui, alors que la belle en profitait pour disparaitre derrière le paravent carmin pour s’habiller. Avec sa lame. Lorsqu’elle réapparut habillée telle une pirate de conte, la fillette en fut soulagée, bien que son esprit tendait uniquement vers ce qu’elle lui avait dérobée. L’absence de l’arme à sa ceinture lui procurait un tel sentiment de vide ! Une telle douleur qui lui semblait inconcevable qu’elle ne se torde pas de souffrance, pourtant celle-ci était uniquement en elle, nullement ailleurs.

    C’était un bien précieux. Plus que cela même, elle était un espoir, un héritage et un lien avec le passé macabre et un futur qu’elle espérait plus beau…C’était le seul objet qu’elle possédait de cet inconnu dont elle poursuivait l’ombre.

    Peut être cette femme n’était elle pas faible. Tout dans son attitude en tout cas, criait sa force de caractère, une puissance couvant sous sa peau comme un lynx tapit dans la montagne près à fondre sur sa proie. Pourtant, quelque chose, un détail, lui disait qu’elle n’était pas non plus méchante. Elle était assurée et confiante, mais se cachait derrière son regard perçant une douleur qui pouvait faire écho en elle. Elle en était sur. Ou peut être essayait elle d’y croire pour s’intimer au calme.
    Elle acquiesça dans le vide à ses paroles, gardant contre elle le livre que la jeune femme lui avait envoyé au début de leur entretien, elle vint rejoindre timidement son interlocutrice puis finit par abandonner le bouquin sur le coté.

    Le regard de la demoiselle se vida dès lors que la générale lui demanda de conter sa propre histoire. Un détail. D’où venait-elle… ? Que pouvait-elle dire ? Que voulait-elle dire ? Ces questions se débâtirent en elles, impérieuses. Elle ne voulait pas répondre. Elle craignait de mettre des mots sur leurs expériences, à Jian et à elle. Elle se méfiait. Sa voix était lointaine.

    Nous venons d’Asie... Notre village a été attaqué et nous avons fuit, fuit loin vers la mer...Notos et Léviathan nous ont trouvés dans la tempête…Le vent et les étoiles m’ont appelés….

    Une histoire décousue dans laquelle demeurait nombre d’informations tronquées par peur, par méfiance, elle craignait de parler de la réalité de l’attaque, de la trahison de leurs parents, de sa propre enfance, lointaine, au sein du sanctuaire d’Athéna…. Elle pouvait garder ça pour elle et pour son ami, ils seraient tout deux tributaires de leurs secrets. La culpabilité pourtant pointa dans son coeur, sans un mot. Tout était de sa faute. Elle la rongeait.
    Elle redressa la tête, songeant qu’elle n’avait pas encore parlé du général de l’Hippocampe.

    Monsieur Tristan de l’Hippocampe nous à trouvé alors que nous nous dirigions par ici…Nos écailles nous poussaient par là et puis, il est apparut pour nous amener jusqu’ici. C’est tout.

    Il ne leur avait pas fait de mal, ne les avait pas non plus beaucoup aidé mais cela ne l’avait pas dérangée.
    L’étoile avait de nouveau baissée la tête, observant ses mains posées sur ses genoux alors que sa voix s’était faite plus neutre. Elle ne voulait pas avoir mal. Elle ne voulait pas pleurer en songeant à sa mère…Elle avait bien trop pleurée. Elle était si fatiguée…

    Je l’ai entendue…

    Elle frissonna avant de redresser la tête pour observer la marina. Etre forte. Jusqu’ici, elle avait désirée être forte pour deux. Durant ce long périple, elle avait fait son possible pour soutenir son meilleur ami, tant physiquement que moralement. Elle avait désirée panser ses plaies, soigner sa maladie et son âme en essayant en vain, d’ignorer ses propres blessures. Les cauchemars s’étaient éloignée depuis que Notos l’entourait de ses capricieuses rafales, et son but atteint, il lui semblait que le plus difficile avait été fait.

    Mais c’était faux. Tout était encore à faire. Tout devait encore arriver. Combattre.

    Je veux devenir forte.

    Pour Jian. Pour ne plus être un poids, si impuissante. Pour retrouver ce père que sa mère avait aimé. Son regard était clair, l’améthyste de ses yeux brillant avec intensité, telle deux joyaux à l’éclat pur. Pour la première fois, la jeune fille regarda son interlocutrice droit dans les yeux, l’affrontant sans les détourner, s’apprêtant à faire une demande d'une vois étonnement ferme pour sa fragile apparence.

    Pouvez-vous me rendre ma lame Madame Mary, s’il vous plait… ?
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Satine


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MessageSujet: Re: [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]   Ven 24 Aoû - 1:20




    Cette petite Seren ne pouvait me duper moi, la comédienne écarlate. Jouer un rôle n'étant pas le sien n'était pas à la portée de tout le monde. Croyez-moi, il m'avait fallut des années d'entraînement pour parvenir à jouer ce que je désirais. Mensonges. Sa voix vibrante la trahissait. Je me contentais pour le moment de l'écouter, toujours un sourire accroché sur mon visage neutre de tous sentiment. Je m'enfonçais davantage dans mes coussins en regardant le plafond. Seren. J'aimais bien ce prénom, il me faisait penser à une petite étoile. Mes yeux de jade retombèrent sur cette fragile petite chose.

    « Si tu désires être crédible quand tu mens jeune fille, il te faut un peu plus de conviction, un brin de fantaisie et croire. Oui te persuader toi-même que ces choses qui sortent de ta bouche, sont vraies. Hé, ce n'est pas au vieux singe que l'on apprends à faire la grimace! »

    Je riais de bon cœur au moins, elle aurait essayé. «Mais tes secrets ne regardent que toi, aussi je ne vais pas te torturer... pas maintenant!»

    Ma main droite se posa sur cette petite tête blonde. Ah, quand elle le voulait, la petiote avait un certain cran. J'observais d'instinct -habitude de pirate oblige- la lame qui reposait dans son fourreau. Si de prime abord pour moi il était certain que je n'en tirerais pas grand chose, je sus immédiatement par un simple coup d'œil, que l'arme avait une valeur sentimentale. Dans une petite moue dédaigneuse, je lui rendis sa précieuse lame.

    «Garde la sans relâche si elle t'est si chère. Près de ton cœur, ici » lui indiquais-je en plaçant ma paume contre ma poitrine. «Dissimule la où personne ne viendrais la chercher, quoique tu manques encore un peu de poitrine pour ça! Hm, bref, passons. Viens, suis-moi je vais te présenter quelqu'un.»

    Je l'aidais à se redresser avant de me diriger vers la porte. Là je marquais un temps d'arrêt, comme si j'hésitais à sortir. Après une brève vérification de ma toilette, je poussais les portes tout en baissant plus encore, le chapeau vers mon nez. Je fronçais ce dernier, une drôle d'odeur me parvenant des cuisines. Nous n'étions pas très loin d'ailleurs, mais le fumet tant il était d'une bizarrerie notable, empestait à des kilomètres. Même les chats qui d'ordinaire paressaient sur les dalles froides toutes proches de ma chambre, avaient disparu. Dommage, j'aimais bien les taquiner, ces vieux matous. Un pas, deux pas, et oh ! Nous étions déjà arrivées à destination.

    Grande était la cuisine de ce bon vieux John. Immense, mais si mal rangée qu'on ne pouvait y mettre un pied devant l'autre. Dans notre navire, le bougre avait cette même sale manie d'empiler tout ce qui lui passait sous la main. Une habitude digne d'un maniaque, sauf que là... on aurait put dire que c'était compulsif dans la saleté! Mais malgré moi ça me faisait rire. Comme dit le vieux dicton : « Mieux vaut en rire que s'en foutre », pas vrai? Avec la grâce d'une danseuse de ballet, je sautais entre les assiettes crasseuses, les balais couchés pêle-mêle sur le sol et les rats qui, de temps à autre, venaient directement réclamer leur pitance au maître des lieux. Il était là non loin, penché sur son gros chaudron à remuer cette mixture puante. Je lui lançais abruptement, le faisant sursauter. Je le retins au dernier moment, de peur qu'il ne plonge la tête la première dans la marmite fumante.

    «Alors, y a quoi au menu aujourd'hui chef?»

    Lentement Old John se retourna. En six ans, le pauvre avait perdu le reste de ses cheveux et de ses dents... et le verre de ses lunettes n'avaient fait que s'épaissir. Rah, vieillir. C'était là sans nul doute la pire des maladies. Le vieil homme passa une langue râpeuse sur ses lèvres sèches, et il resta là planté comme un radis, attendant quelque chose. Ah, oui, j'oubliais.

    «Tu me feras tourner en bourrique vieux croulant!» déclarais-je en l'embrassant sur le front.

    Visiblement satisfait et ravi, John se frotta les mains avant d'en fourrer une dans sa poche pour en ressortir deux biscuits aussi secs que du bois. Il me fourra l'un d'eux dans la bouche puis, lança le second à l'intention de Seren. D'un coup d'œil, je lui intima de ne pas le manger. Par pur réflexe, mes lèvres bougèrent pour lui faire comprendre ces quelques mots : «Ils sont dégueulasses.»

    Sourd comme un pot, le vieux cuisinier n'entendit rien et continua son petit train-train. «Quoi, ils sont pas bon mes haricots?» fronçant ses sourcils broussailleux jusqu'à ce qu'ils se rejoignent, il continua comme perdu dans ses pensées. «Faut mettre du beurre au fond du plat pour pas que le gratin colle.... cuillère!»

    S'exclama t-il finalement en grandissant ça comme un trophée. «Je te présente Seren, Seren je te présente John, n'hésite pas à gueuler comme un veau pour te faire entendre, il entends rien.» Ce dont à quoi John, une main placée derrière son oreille, répondit plus fort encore :

    «Comment?»

    Je secouais la tête d'exaspération. Puis, comme si on avait remonté la vieille pendule qui lui servait de cerveau, John reprit en souriant, laissant découvrir ses gencives. «Enchanté petite demoiselle Seren, venez me voir quand vous aurez un petit creux, il est pas bon de s'entraîner le ventre vide. Capitaine Mary, cela fait longtemps que je n'ai point eu de nouvelle de votre gentille sœur, comment se porte t-elle, vous vous écrivez toujours? »

    Ann, ma sœur. À l'énonciation de ma très chère jumelle, j'eus un nouveau pincement au cœur. Combien de temps n'avais-je point entendue le son de sa belle voix? Elle me manquait terriblement, ça, je ne pouvais le nier. Pourquoi être aller s'enticher de ce rustre de Haiken? Hm, non, j'aimais bien ce salopard, tant qu'il rends ma Ann heureuse, c'était tout ce que je lui demandais. Puis, il avait de sacrées couilles pour être parvenu à faire flancher et moi, et ma sœur. Je ne pouvais pas dire qu'elle s'était assagie avec le temps, non, mais elle paraissait s'être épanouie comme une belle rose...

    … là où moi, au soleil, je dépérissais. Je mis un moment avant de lui faire comprendre que ma jumelle se portait à merveille selon ses dernières lettre, et, à bout de nerf, je le saluais par un nouvelle bise sur la joue pour faire volteface et repartir en entraînant à ma suite la petite.

    «Tu apprendras aussi à tes dépends que ma patience à des limites. Qu'est-ce qu'il peut être bavard ! Tu veux devenir forte petite hein? Alors tu vas faire exactement ce que je te dis. C'est un ordre donc pas discutable. Suis-moi, maintenant que le soleil se couche, ce sera beaucoup plus simple.»

    La morsure de l'astre du jour se faisait de moins en moins forte. J'appréciais maintenant ce petit vent frais quand enfin, nous sortîmes du palais. Sans dire un mot, je la conduisis près du port, là où elle avait accosté. De retour à la case départ dirons-nous ! Je lui désignais le grand galion qui faisait ma fierté : celui-ci resplendissait dans la lumière du couchant.

    «Devenue pirate, une célèbre et une pirate crains de tous, je peux dire que ce navire est la preuve indéniable de la force que j'ai pus acquérir. Tous ces hommes qui s'agitent là haut... ils sont sous mes ordres. Je suis la capitaine! Un ordre, et je leur fais plier l'échine. Souviens toi bien de ce que je vais t'apprendre petite étoile. Maintenant, chante.»

    J'attendais que la première note ne s'envole pour tout à faire la sonder. Le chant était une porte sur l'âme, et j'avais hâte qu'elle l'entrouvre. Avec calme je fis apparaître ma flûte que je porta à mes lèvres. Jouer cette douce mélopée que nous avions l'habitude d'interpréter avec ma mère et ma sœur me tira une larme unique qui roula sur ma joue. Rêveusement je me laissais emporter ne me rendant pas compte qu'un pan de ma peau du cou, était exposé à la main d'Hélios. La brûlure m'arracha un court gémissement. Ma main portée sur mon cou, je dissimulais aussitôt la blessure noire grâce à mon écharpe de soie rouge.

    «Ça ira pour aujourd'hui, rendez-vous ici demain au lever du soleil. Ne soit pas en retard. »

    Plus sèchement que je ne l'aurais souhaité, ces paroles résonnèrent jusqu'au pont du navire. La rumeur qui s'en élevait mourut aussitôt. Le regard glacial, je tournais les talons pour disparaître de la vue de la gamine.
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MessageSujet: Re: [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]   Ven 24 Aoû - 23:15

    Je ne suis pas une menteuse ! Lâcha la jeune fille avec véhémence, son regard scintillant d’un éclat de colère avant que celle-ci ne s’efface dès lors qu’elle baissa la tête, se mordant la lèvre en s’en voulant pour cet écart. Je ne vous mens pas…Je…ça c’est vraiment passé…Je ne mens pas…

    Les frêles épaules de la petite étoile s’affaissèrent sous le poids d’un chagrin trop lourd, d’une histoire trop complexe. De secret qu’elle devait taire pour eux deux, seulement eux deux. Ils étaient seuls face à un nouveau monde inconnu, mais elle demeurait partagée vis-à-vis de celui-ci. Une moitié de son être était lié aux marinas, à ses guerriers venant des flots mais l’autre l’était à ces saints se battant pour la Déesse Athéna et qui les avait impitoyablement rattrapés. Partagée, elle ne savait ce qu’elle devait dire ou garder pour elle.

    Elle avait peur. Si peur d’être rejetée… Même si elle savait que Jian resterait toujours à ses cotés comme elle était désireuse de rester du sien, elle ne voulait pas faire de faux pas. Elle ne voulait pas faire une nouvelle erreur pour lui. Pour elle aussi. Cela faisait si mal…

    Elle récupéra la lame de son père avec un sourire vacillant, remerciant la sirène en ramenant cet héritage contre elle. Elle ne put cependant dissimuler la rougeur qui vint colorer ses joues de vermeilles lorsque la pirate parla de sa poitrine, s’accrochant à l’artefact de son père comme pour se cacher de son regard inquisiteur. La Sirène était belle, nulle doute là-dessus dans l’esprit de la jeune fille, elle était par-dessus cette beauté sauvage, parfaitement féminine tout en conservant une force qui lui faisait défaut. A coté d’elle, elle n’était guère plus qu’un pâle éclat anonyme se comparant au soleil éclatant. Gênée, elle suivit la belle en se levant de manière maladroite, observant son manège avec un rien de circonspection. Elle ne connaissait rien de la dame, si ce n’est qu’elle avait le sentiment qu’elle pouvait lui faire confiance, assez tout du moins, pour savoir que ses paroles étaient plaisanteries…

    Mais était ce réellement le cas ? Naïve, la petite étoile se laissait bercer par ses illusions, et aussi brusque pouvait elle être, celle-ci n’hésitant nullement à hausser brutalement la voix où à jurer de manière fort peu gracieuse, elle ne lui semblait pas méchante.

    Pourtant, les pirates n’étaient guère reconnus pour leurs savoir vivre ou leur gentillesse...

    Suivant la générale en silence après avoir remis la lame de son géniteur autour de sa taille, elles arrivèrent rapidement là où l’odeur était la plus forte. Une odeur atypique qui ne trouvait aucun écho elle et dont elle n’était pas certaine de vouloir en connaître l’origine. Seren se retrouva devant la grande cuisine remplit d’un bazar sans nom qui la laissa surprise puis perplexe, se demandant dans un effort de logique comment le vieil homme au fourneau pouvait bien faire pour se retrouver dans tout cette pagaille ! Deux joyaux d’améthystes virevoltèrent à travers la pièce encombrée, suivant à bonne distance la marina à la chevelure carmine en évitant de créer une catastrophe de par sa maladresse habituelle.

    Seren baissa la tête pour saluer le vieil homme, observant avec une certaine douceur, le duo évoluer. Elle voyait là, une nouvelle facette de celle qui serait son instructrice qu’elle apprécia et qui amena à ses lèvres, un sourire doucereux. Sourire qui disparut au profit de la surprise dès lors que le vieux John lui envoya un biscuit qu’elle attrapa au vol, trébuchant en arrière en risquant d’entrainer de la vaisselle avec elle. Fort heureusement, elle parvint à se rétablir au dernier moment, et c’est avec un soupir qu’elle observa le gâteau avec circonspection. Ce n’est qu’à cet instant qu’elle réalisa que la faim la tenaillait.

    Merci Monsieur.

    Elle croqua dans le biscuit avant de capter la mise en garde de la générale, un peu trop tard. Une grimace tordit le visage de la demoiselle qu’elle tenta de dissimuler du mieux qu’elle put. Le gâteau était dur et avait un goût farineux des plus discutable, il tomba sur son estomac tel un bloc de sable pourtant elle avait mangée pire au court de ses dernières semaines, et même durant sa vie - sa mère était une piètre cuisinière. Ses doigts se crispèrent sur le morceau de biscuit qui lui restait, alors qu’une foule de sentiment se bousculait à son cœur. Ce n’était qu’un simple petit biscuit dur comme la pierre, il n’était même pas bon, pourtant…Pourtant il remplissait un peu un vide qui s’était fait en elle et n’avait cessé de grandir durant ses jours de fuite. Elle retint ses larmes risquant se déverser de ses yeux et dissimula son émotion en baissant piteusement la tête, laissant de coté le reste du cadeau du vieux John de peur que le barrage ne cède.

    La petite étoile rangea les restes dans une de ses poches, inspirant profondément pour remettre de l’ordre dans ses idées.

    Enchanté Monsieur John. Merci beaucoup pour votre proposition, j’y penserai.

    Et elle en profiterait pour en parler à Jian également. Songer à son ami lui permit de retrouver un peu le court de ses pensées, les ancrant dans la réalité et le concret, bien loin de ces émotions qui l’avaient troublée quelques minutes plus tôt. Lui aussi avait besoin de manger, peut être même demanderait elle au cuisinier de l’aider pour lui préparer quelque chose qu’il aimait. C’était une bonne idée ça ! Elle était sur que ça pouvait lui faire que du bien…Et a elle également.

    Elle préféra par la suite, écouter les deux adultes parler de la sœur de la générale avant que celle-ci, visiblement agacée, ne l’entraine en dehors de la cuisine après une dernière et brusque salutation que la fillette fit passé à travers un geste de main maladroit qui faillit de nouveau faire choir la vaisselle.

    Bien Madame.

    Elle le sentait elle aussi, que la nuit tombait, les étoiles apparaissant commençaient à chantonner leur mélopées oubliés, lentement, doucement, elle les entendait vibrer dans son propre cœur avec de plus en plus d’insistance. Impatientes. Porteuses d’un chant d’espoir et d’attente. Elles étincelaient avec force dans les cieux s’obscurcissant et elle se sentait si bien sous leurs éclats ! Tellement plus assurée que lorsqu’elles étaient invisibles, plus rayonnante aussi, comme si leurs lumières l’atteignaient également.
    Et le galion de la pirate, sous le soleil déclinant et elle se souvenait l’avoir aperçut la veille, lors de leurs arrivées, à son ami et à elle. Il était si grand ! Tellement impressionnant, aussi beau que celui sur lequel ils avaient débarqués, pourtant, le fait de savoir que c’était cette femme qui le dirigeait l’impressionnait. Non pas que son général lui avait fait moins d’effet que cette dame pirate, elle avait au contraire, été particulièrement intimidé par celui-ci…Mais l’effet était différent, car elle était une femme. Une pirate. Il lui semblait qu’il fallait plus d’effort pour prouver sa force…

    Y parviendrait-elle ?

    Et puis vint cette demande, cet ordre qui se devait d’être respecté.

    Quoi… ?! Chanter ? Mais je…

    Elle n’avait jamais chantée devant des inconnus ! Et bien qu’elle partageait avec Mary, le fait de posséder une écaille, cela ne faisait pas d’elle, une intime, qu’elle soit son supérieur ou non. Affolée, la demoiselle se sentit acculée, elle qui avait déjà accepté d’obéir aux ordres de la sirène. Pourquoi était-elle aller lui dire qui lui arrivait de chanter?!
    Notos l’entoura, remplaçant sa violence habituelle par un brin de douceur se faisant caresse humide, rassurante. Elle inspira profondément et accepta finalement.



    Des paroles sans sens, perdues, oubliées, sonnant dans son âme à travers les quelques éclats de diamant brillant déjà dans les cieux s’obscurcissant. La gêne s'effaça rapidement remplacé par une assurance lointaine, absorbée qu'elle l'était par son chant. Le vent semblait capter la mélopée de sa jeune élue, entourant les deux demoiselles de sa brise caressante pour les garder à l’abri des autres oreilles. Elle entendit par-dessus son chant, de douces notes se perdant dans le vent, accompagnant sa voix cristalline. Un instant d’oublie évanescent. Un soulagement. Rassurant. Apaisant.

    Un instant de partage.

    Pourtant, la mélopée prit brutalement fin, la petite étoile cessant dès lors que le son de la flute se tût. L’illusion s’était brisée, le rêve éteint. Les sèches paroles de la générale furent un coup de massue après ce moment où leurs âmes avaient, semblaient ils, sonnées au même diapason. L’espace d’un instant.

    Blessée, la jeune fille rentra la tête entre ses épaules, observant la capitaine s’éloigner sans un regard en arrière. Avait elle mal fait ? Seren resta un moment au même endroit avant que la nuit ne la pousse à rejoindre son ami. Les étoiles apaisèrent ses tourments en la laissant mêler sa voix à la leur dans un murmure inaudible aux autres.

    Elle ne parla pas en détail de tout ce qu’il s’était passé avec la pirate à Jian, restant évanescente sur sa journée, préférant combler le silence de chose sans intérêt. Elle lui parla également de ce vieux John que la capitaine lui avait présenté, allant même le voir pour amener de la nourriture pour son ami et elle.

    Elle termina son biscuit avec un sourire.

    Le lendemain, elle fut exactement là où la générale lui avait donné rendez vous, silencieuse, elle observait les astres de la nuit s’éteindre un à un et leurs voix se faire plus lointaine à ses sens. Mélancolique. Elle resserra ses bras contre elle pour se réchauffer de la fraicheur de la nuit encore bien présente malgré les premiers rayons solaires.

    Et elle attendait en silence, le regard perdu dans les cieux, assise comme une petite chose insignifiante à même le sol alors que Notos soulevait sa chevelure d'or. Elle chantonnait doucement, juste pour elle, juste pour lui.

    Le vent aimait le chant des étoiles.
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MessageSujet: Re: [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]   Mer 5 Sep - 18:15



    «Brille, brille petite étoile,
    flamboie dans cette trame noire, fragile comme la toile.
    Forte tu dois être, jamais seule non plus.
    Courage petite étoile, car à l'étoile écarlate, tu as plut.»


    ~°~°~°~

    «Bon sang, fais chier!»

    Jurais-je en tapant de mon pied, un petit caillou que j'envoyai valdinguer par frustration. Pour calmer mes nerfs et faire s'évaporer mes troubles, je marchais. Encore et encore sans buts. Errer dans la lumière déclinante du jour m'apportais un peu de cette sérénité qui me faisait cruellement défaut. Pas après pas, je m'éloignais de tout, de cette douce enfant fragile, du palais, du cuisinier, de ces cons. De tous.
    Mes pensées se tournaient vers telles ou telles choses, rien en particulier en faite. Je tâchais d'éloigner de moi, ces conneries qui m'insupportaient.
    Ruminer cela ne rimait à pas grand chose, me tourmenter sur les problèmes du sanctuaire sous-marin me permettais de faire abstraction des futilités en tout genre. Trouverais-je du repos en contemplant une fois encore, l'immensité de ma mère? Hm, de la mer devrais-je dire. Seulement, je me sentais proche d'elle, cette proximité m'incitais à la contemplation. Les hommes qui me voyaient perchée au dessus de la jetée n'osaient plus bouger : chaque fois ils baissaient la voix, la tête, rentraient leurs épaules et filaient comme des flèches le plus loin possible de moi. Eux non plus n'étaient pas des flèches.

    «Stella Rubius.» murmurais-je pour moi-même en m'asseyant au bord de la falaise. Pensivement, je balançais mes pieds au dessus du vide tandis qu'à mes oreilles, me parvenait le bruit caractéristique des vagues s'écrasant contre la roche. À l'horizon, le dernier rayon de soleil illumina d'une couleur douce, mon promontoire. Aussitôt je fis le vide en moi, un exercice que je m'étais efforcée de pratiquer jour après jour avec une minutieuse implication. J'ai toujours été une élève studieuse et appliquée. J'espère que Seren avait les tripes bien accrochées. Un petit sourire un tantinet triste apparut sur mon visage d'albâtre à demi-dissimulé dans l'ombre de mon grand chapeau de pirate.
    Beaucoup d'idées plus sadiques les unes que les autres frappaient mon esprit vif : inventer des tortures, je vous l'accorde est un passe-temps bien étrange, mais là où d'autre collectionnaient des trucs sans importances, moi je passais mon temps libre à l'étude des machines de ce genre. Et moi, ça m'amusais énormément, le sang me fascine toujours autant.

    «Il est temps de rentrer!» lançais-je pour moi-même en sursautant brusquement sentant un vent frais me traverser. J'avais erré un moment dans mon esprit, le temps filait décidément trop vite. Me relevant, je me rendis compte que mes articulations avaient soufferts d'être restés si longtemps sans bouger. Merde, combien de temps j'étais restée ici? La lune déjà haute dans le ciel, apporta la réponse à ma question. Je lâchais encore un juron avant de filer droit vers le temple. Il n'y avait personne, je ne rencontrais pas même un chat dans les couloirs.
    Tout le monde dormais à poings fermés sauf moi qui me prit à déambuler jusqu'en cuisine. Je ne fus pas surprise de voir John à demi penché sur sa marmite, appuyé sur sa grosse cuillère. Il menaçait de basculer vers l'avant d'un moment à l'autre. Un soupir, et j'enjambais les piles d'assiettes sales posées pêle-mêle sur le sol. Chose faite, je le transportais sans le réveiller et comme mes enfants, je le déposait dans son hamac qui lui servait de couche. Le vieillard entrouvrit un œil, me sourit et approcha un poing tremblotant vers mon visage. Sa paume s'ouvrit révélant un biscuit doré, les mêmes que je trouvais dégueulasses.
    Je fis mine de mordre dedans à pleine dent, le remerciant d'un hochement de tête pour repartir. À la première occasion, je crachais le gâteau sec par terre. Un « pouah » de dégoût suivit mon geste et je m'en fus vers ma chambre où je retrouvais la couleur apaisant mon cœur et mon esprit : le rouge.

    Le lendemain, quelques heures tout au plus après mes pérégrinations de la veille, je me levais prit un truc à me mettre sous la dent, embrassa deux mystérieuses petites statuettes sculptées dans un bois sombre, puis m'en alla rejoindre mon élève. Le mot me fit glousser, ma « victime » serait plus approprié! Car je venais pas les mains vides!
    Les bras chargés de voluptueuses étrangetés qui ressemblaient à des cloches en tissu, des livres plus épais les uns que les autres et une paire de hautes chaussures, j'avais de quoi faire hausser un sourcil à la pauvre gamine.

    «Tu t'attendais à quoi? Des lames, pas vrai? Des pistolets, des épées et tout le tintamarre? Et non! Navrée de te décevoir petite étoile mais aujourd'hui et tant tu n'arriveras pas à exécuter correctement cet exercice, je ne t'enseignerais rien.»

    Je déposais mon gigantesque fardeau à terre, lui présentant successivement les objets. Je pris en premier lieu, ce bidule qui me hantais encore aujourd'hui. Une crinoline. Lui appris-je en m'approchant d'elle. «C'est ce que porte en dessous de leur robe, les dames anglaises désireuses de paraître noble. Des potiches oui.»

    Je l'aidais à l'enfiler après quelques explications sur mon premier objet de torture, et notamment comment il avait été confectionné.

    «Retiens bien tout ce que je te dis ! Je t'interrogerais sur les choses qui te sembleront le plus futile ! Et cela n'importe quand. Une erreur, et tu sauras t'en rappeler ma petite!»

    L'avertissement lancé, je lui désignais la pile conséquente de livres. Il n'y avait qu'une sélection des meilleurs ouvrages. Enfin, une partie de ceux qui me semblaient être le plus pertinent pour commencer. Je ne me souvenais plus bien si elle savait lire ou pas... Un peu? Bref, cela n'avait pas beaucoup d'importance.

    «Tu devras les lires attentivement le soir. Le matin, ils pèseront sur ta petite tête blonde!» Je lui en posais un sur le haut de son crâne. Le plus volumineux bien sûr. Je la regardais d'un air satisfait. Le but étant qu'elle ne chancelle pas !

    «Des hauts talons pour une belle démarche. Apprendre à se tenir droit est indispensable pour bien des occasions. Et le combat en fait partie jeune fille, comprends moi bien.»

    Sciemment, j'avais pris soin de lui donner mes chaussures, bien trop grandes pour ses tout petit petons ! Sadique, Indéniablement, je devais l'admettre, je l'étais un peu. Beaucoup.

    «Oh et dernière chose, tu n'as pas le droit d'utiliser ton cosmos! C'est bien comprit? Aller, prête ou pas, c'est parti, nous n'avons que jusqu'au lever du soleil. Enfin, dès que les rayons arriverons sur nous....»

    Grâce à mon cosmos, je fis s'élever dans les airs un à un, les livres qui allèrent s'empiler sur le crâne de la fillette. En équilibre précaire, j'attendais maintenant de voir comment elle allait s'en sortir...

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MessageSujet: Re: [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]   Sam 8 Sep - 11:11

    Plongée dans ses rêveries éveillées, la jeune fille attendait, la tête levée vers les cieux s’éclairant, la venue de la générale sirène. Elle songeait à toute sorte de chose, appréhendant à peine l’entrainement à venir tant elle s’était perdue dans ses songes. Elle songeait à cet ami qu’elle avait délaissé au matin pour se rendre ici et qu’elle avait essayé de ne pas réveiller – chose difficile à réalisé, si ce n’est impossible. Et à présent, elle songeait à cette famille perdue qu’elle avait peut être l’occasion de retrouver dans cet endroit, tout en appréhendant cette possibilité. Tant de question virevoltait dans son esprit dès lors que son esprit effleurait ce vœu ! Et pourtant, elle ne savait que dire, que faire dans cette situation qui était la sienne. Devait-elle en parler à quelqu’un ? Confesser son héritage paternel… ? Cela ne laisserait il pas la voie à d’autres questions plus tortueuses qui pourraient les mettre en danger, son ami et elle ?

    Lorsque les parents sont traitres, leurs enfants hérites de la même tare…N’était ce pas là, la pire félonie pour un dieu que de voir ses gardiens fuir leur responsabilité, abandonner leur devoir de protection ? Ne prenait il pas un risque en acceptant dans ses rangs, la présence d’être comme eux ? Et si ils l’apprenaient, les banniraient ils ? Ou peut être pire…

    Mais avant de s’y perdre davantage, la chevelure carmine de la générale de Poséidon se fit effleurer par le vent du sud et apparut devant elle, habillée de pied en cape et portant dans ses bras, tout un tas de breloque qui fit hausser un sourcil perplexe à la petite étoile. Du tissus et des livres, d’étrangeté qu’elle ne connaissait nullement elle qui avait vécue le plus claire de sa vie dans un hameau perdu au milieu des montagnes du Tibet.

    A quoi elle s’attendait ? Et bien, en effet, elle avait plutôt songée à un entrainement physique dans lequel elle n’était guère brillante. Sa mère ne lui avait jamais apprit à se battre, et elle n’avait guère été désireuse d’apprendre. Ce qu’elle connaissait et maitrisait, c’était les arcanes du cosmos, bien que dans une moindre mesure que n’importe quel chevalier qui se respectait. Elle n’était pas destinée à se battre…Avant. Aujourd’hui, son monde avait changé, et elle ne pouvait plus se permettre d’être impuissante.
    La petite étoile se laissa torturer par la générale avec une moue surprise, grimaçante dès lors qu’elle posa sur elle la crinoline. Une étrangeté inconnue, qu’elle trouva au combien gênante dès lors qu’on l’apposa sur elle, et non moins ridicule. En quoi cette chose pouvait rendre les dames anglaises plus nobles ? Elle ne comprenait pas la logique de ces femmes, alors que la seule chose que la jeune fille ressentait était de la gêne. Pour une fois, elle semblait un plutôt d’accord avec la Belle qui les traitait de potiche. Cependant, elle n’avait guère le temps de se reposer, la Sirène débitant un nombre impressionnant d’explication qu’elle se devait de retenir absolument pour ne pas se faire mal voir.

    Bien Madame.

    Un instant, elle essaya d’imaginer la punition que pourrait lui faire subir la générale avant d’abandonner dès lors que celle ci embraya sur autre chose. Elle ne devait pas se laisser distraire par son esprit rêveur ! Il fallait absolument qu’elle passe ce test, aussi étrange pouvait il demeurer à ses yeux, il devait bien avoir là dedans, une logique dont elle était encore aveugle !

    Un poids pesa brutalement sur sa tête, la dame sirène appuyant sur sa chevelure d’or un épais ouvrage qu’elle laissa sur sa tête en équilibre précaire. La demoiselle se raidit malgré elle, pour ne pas que celui-ci tombe par terre et tienne, retenant presque son souffle pour que celui-ci y demeure. Au dernier moment, elle évita de hocher de la tête pour signifier son accord et s’exprima précipitamment dans un accord bancal. Lire ces livres. Il y en avait tant ! Ils étaient si épais ! Seren savait lire, sa mère le lui avait apprit, et elle prenait même un certain plaisir à cet exercice, mais les livres qu’elle avait lut ne ressemblait guère à ceux là ! Rien que les couvertures austères lui prouvait que la simplicité ne serait pas au rendez vous…

    Pour ajouter à son malaise grandissant, la pirate finit par lui mettre au pied des chaussures trop grandes avec des talons qu’elle n’avait jamais porté de sa vie. Elles étaient bien jolies ses chausses pourtant, mais pour la petite demoiselle, ceux-ci étaient tout bonnement improbable ! Elle réussit par elle ne savait qu’elle miracle, à éviter que le gros bouquin sur sa tête ne choit sur le sol, et attrapa avec perplexité les paroles de la Générale. Elle y croyait pourtant aussi étrange cela pouvait il paraitre – pourquoi se tenir droit changeait il quelque chose dans un combat ? Combattait-on avec des talons et des étranges paniers autour de la taille chez les marinas ? Cela lui semblait si incongru ! Est-ce qu’elle se moquait d’elle ou bien y avait il réellement une logique derrière toutes ses tortures ?

    Etait ce réellement important ? Ne lui avait elle pas dit plus tôt, que si elle échouait à cet exercice, la Sirène ne lui apprendrait rien de plus ?

    Elle ne devait pas échouer alors. Elle devait être forte, et réussir cette épreuve comme les autres qui suivront, toujours, car elle se devait de devenir forte. La petite étoile avait peut être un caractère maladroit et rêveur, mais elle savait faire preuve de volonté lorsqu’il le fallait.

    C’est comprit Madame.dit t-elle, obéissante et déterminée.

    Pourtant, elle se demanda un instant la raison pour laquelle elle n’avait que jusqu’au levé du soleil… Avant de se concentrer, la jeune fille supporta le poids des nouveaux livres que la sirène mettait sur sa tête en silence, se concentrant sur son équilibre et surtout, sur la pile de bouquin qui reposait lourdement sur sa tête. Par reflexe, la demoiselle écarta les bras pour maintenir son équilibre précaire, jouant avec l’inclinaison de sa tête pour les maintenir à leur place malgré le poids plus que conséquent. La pile oscillait, tremblotante. Elle ne devait pas utiliser son cosmos. Qu’elle soit à cet instant particulièrement ridicule ne l’effleura même pas tant elle était concentrée sur sa tâche. Déjà, maintenir cet équilibre lui était compliqué sans qu’elle ne marche, alors qu’est ce que cela serait dès lors qu’elle ferait un pas ? Qui plus est, avec ses chaussures bien trop grandes pour elle, dans lesquelles elle flottait ?

    Elle essaya pourtant.

    Un pas, seulement un petit pas qu’elle regretta amèrement. Engoncée dans toutes ces choses nouvelles et incongrues, la petite étoile chuta durement sur le sol dans un cri de surprise. Les livres l’accompagnèrent dans sa chute, la plupart semblant retomber directement sur elle comme pour se venger de l’affront qu’elle venait de leur faire subir. Une grimace tordit son mignon faciès alors qu’elle se relevait de manière maladroite, tête basse, récupérant les bouquins éparpillés avec une mine contrite, ses mouvements contraints par l’objet qui ceignait sa taille. Il lui manquait une chaussure, qu’elle remit à la hâte.

    Je suis désolée. Souffla la jeune fille gênée par sa propre maladresse.

    La pile de livre pesait sur ses bras, pourtant, elle n’abandonna pas. Elle lui avait dit qu’elle avait jusqu’au levé du soleil pour réussir cette épreuve, elle y arriverait ! Elle ne savait pas exactement quel était les clauses de ce contrat, mais elle ferait tout son possible pour ne pas décevoir davantage la Sirène. Et puis, elle devait devenir forte. Elle le désirait si fort, que cet espoir lui faisait mal, la tordait d’angoisse. Si elle ne l’était pas, qui protégerait Jian ? Si elle ne le devenait pas, à quoi aurait servit la mort de sa mère ? De cette famille chérit ? Et il y avait ses espoirs nouveaux, fragiles, qui ne demandaient qu’à prendre leurs essors.

    Je vais y arriver !

    Ses petits bras encombrés par les ouvrages se levèrent pour placer sur sa tête, le poids de cette connaissance avant de reprendre l’exercice. Encore et encore, elle chutait mais dès lors qu’elle vacillait, elle s’efforçait de ne plus tomber, s’habituant petit à petit, se concentrant davantage mais persévérant à chaque échec, gardant dans son esprit, l’espoir fugace d’un futur plus radieux.

    Ou tout du moins, un futur dans lequel elle ne serait un poids pour personne, et dans lequel elle aurait la force qui lui faisait aujourd’hui défaut pour protéger ses êtres chers…

    Elle ne voulait pas échouer à la première épreuve ! Même si c'était dur, même si les chausses lui faisait mal et qu'elle vacillait à chaque pas, que le poids sur sa tête pesait lourdement sur sa silhouette, et que la crinoline gênait ses mouvements. Elle devait être droite. Elle devait garder l'équilibre et tout cela, sans user de son écaille protectrice. Mais elle pouvait le faire. Elle n'avait pas le choix si elle voulait que la générale ne lui enseigne ce qu'elle savait. Et puis, cet exercice devait être important, si elle le lui faisait faire...

    Et puis, elle ne voulait pas la décevoir, cette dame écarlate.
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Satine


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MessageSujet: Re: [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]   Mer 19 Sep - 21:27



    Rien de très probant, hélas ! Échec après échec, je la voyais se relever, plus déterminée que la dernière fois où elle avait chuté. Les chutes devaient être bien douloureuses, je soupçonnais même qu'elle devait avoir à de multiples endroits, des ecchymoses. Des bleus, preuves indéniables de sa bonne volonté. De cela, la petite n'en manquait pas. Mais bon sang, qu'est-ce que c'était frustrant de la voir tomber, de faire le faux pas qui la précipitait vers le sol. Pleine de frustration, je l'étais tout comme elle. Non pas que je m'énervais contre cette pauvre enfant, non, ça c'était ce que mon joli minois laissait paraître avec mes traits durcis mes narines, dilatées ainsi que le froncement exagéré de mes sourcils qui se rejoignaient en une ligne droite, ride profonde creusant le milieu de mon front. En faite, je désirais ardemment qu'elle parvienne à réussir cet exercice. Comme je l'avais fait il y a de cela des années, quand je n'étais encore qu'une jeune jouvencelle la tête remplit de rêves. Sa petite blonde à elle devait en être remplit aussi, non ? De songes merveilleux ? À son âge, ne rêvions nous toutes pas d'être une magnifique princesse ? Des êtres encore bercés d'illusions, d'espoirs.

    Avant que quelqu'un ne nous arrache cela. Brutalement, douloureusement. Alors, nous devenions des créatures désabusées, perdues, désenchantées. Nos yeux s'ouvraient sur le Monde tel qu'il était en réalité. Adieu le rose et les couleurs féerique ! Le voile de l'enfance se levait sur une pièce tragi-comique, absurde et détestable où se mêlaient les différentes tares dont étaient dotés l'homme.
    Je la regardais une énième fois s'écrouler dans le sable, les livres retombant lourdement autour d'elle, parfois sur elle. Je serrais les dents pour me retenir de l'aider, de l'encourager, et pis, lui donner un conseil. Elle allait y arriver ! De cela, j'en étais persuadée, et c'était là bien suffisant pour moi pour le moment. D'un geste, je l'exhortais à s'arrêter :

    « Arrêtes toi petite étoile, ça suffit pour aujourd'hui.» sur ces paroles, je l'aidais à rassembler les bouquins sans ajouter quoique ce soit. Mon visage s'était détendu tout à fait, et alors que je lui remettais les différents livres, par réflexe, je lui offris un petit sourire encourageant.
    « Allons voir ce bon vieux John, il doit encore avoir quelques uns de ses délicieux gâteaux....»

    Après une grimace, une moue et un regard pour le soleil qui se levait, j'ouvris la marche tâchant d'éviter les bras rayonnant de l'Astre du Jour. Peut-être la petiote remarquait t-elle mon manège, tant je prenais grand soin de passer dans l'ombre des colonnades plutôt que dans la belle clarté du matin.

    « Salut Old John !» clamais-je pour attirer son attention ailleurs alors que nous arrivions dans la grande cuisine du vieil homme déjà affairé au dessus de sa grosse marmite.

    Il se contenta de me saluer dans un hochement de tête avant que je ne le vis enfouir l'une de ses mains dans la poche de son tablier blanc maculé de tâches de graisses. Il en ressortit deux biscuits tout doré -que je savais secs, bouh, mes amis, ce qu'ils étaient dégueulasses!- pour ensuite nous les lancer. Un pour chacune. J'avalais tout de même la « gourmandise » car affamée, mon ventre ayant grondé il y a de cela quelques minutes à peine alors que nous rencontrions des nymphes parfaitement coiffées mais à demies-vêtues.

    « Ah te voilà ! Sacrée canaille, je te pensais perdu, ou trop occupé à chasser !»

    Un piaillement me répondit. Une silhouette noire fondit à travers les étalages, à frôler presque les assiettes entassées, encore à même le sol. Un faucon merlin se percha sur mon épaule, toutes ailes dehors, majestueuses et argentées. Il s'ébroua avant de refermer ces dernières. L'oiseau jugea de ses yeux d'or, la fillette.

    « Il semble bien t'apprécier, je te présente Grim, d'ordinaire il ne s'absente pas si longtemps... Ô mais quelle idiote :»

    Dis-je en écarquillant les yeux. Mon regard avait finit par capter un détail qui jusque là m'avait échappé : Seren était toujours empêtrée dans cet attirail de la mort. Ma main se plaça devant ma bouche, confuse, je l'entraînais dans mon boudoir tout calfeutré. Là, je l'aidais à enlever le crinoline, les chaussures....

    « Pardon, ça m'étais sorti de la tête ! Tu aurais dû me le dire !» je me débarrassait de mon chapeau que je lançais négligemment sur l'un des fauteuil rembourré. « Pour me faire pardonner, ça te dit une petite partie de carte ? Tu sais jouer à la bataille ?»

    Je la sentais un peu circonspecte. Normal, mon attitude avait de quoi dérouter. « T'en fais pas, ce n'est pas un piège, ni un nouveau rôle que je joue. J'ai tout simplement envie de me détendre. Quand le soleil sera tombé, nous referons un essai, t'es d'accord ?»

    Tout en parlant, j'installais une table, deux chaises et chercha un peu partout, mon jeu de carte. Ah ! Un vrai foutoir ! Merde ! J'avais pas des serviteurs qui devaient s'occuper de tout ce merdier normalement ? Bon, autant ne pas m'énerver. Jeu de carte... jeu de carte ! Je levais d'un air triomphal, le petit paquet au dessus de ma tête vite suivit d'un petit cri de Grim. Celui-ci s'était installé déjà sur son perchoir favori : le rebord de la baignoire. Oui, une grande et étrange lubie : ce rapace adorait l'eau. J'ignorais que sa race pêchais jusqu'à ce que je le lise dans un livre. Mais quand même ! L'animal semblait apprécier plus que de raison, la flotte. Tant mieux quelque part !

    «Allons-y ! J'ouvre !»

    Après quelques brèves explications pour lui remettre les règles en tête, nous nous affrontions l'une et l'autre comme dans un vrai combat. Un joute tout de même bien sympathique et parfois sadique quand je lui demandais sans crier gare, de répondre à une question au hasard. Plus de mathématique en réalité, car je ne savais pas bien jusqu'où s'étendait ses connaissances. Parfois un peu d'histoire, de géographie... et pourquoi pas de la littérature ? Dommage, sur ce point, elle ne semblait pas connaître des masses de choses. Tant pis, le soir, elle aurait tout le loisir de potasser ça !

    « C'est pas mal ! Bon, allez, il est l'heure moussaillon ! Montre moi ce dont tu es capable maintenant que tu es tout à fait détendue petite Seren sereine !»

    Un clin d’œil, et je me parais de mon chapeau, l'invitant à retourner sur la plage de ce matin....

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Lily


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MessageSujet: Re: [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]   Jeu 27 Sep - 15:41

    La jeune fille essayait. Elle essayait puis essayait encore sans parvenir à réellement faire ce qu’il fallait, chutant ou trébuchant stupidement avec ses horribles chaussures trop grande pour ses petites pieds et avec ses livres pesant lourdement sur son crâne. Non pas qu’elle se plaignait. La petite étoile voulait réellement parvenir à réussir l’exercice de la dame écarlate, mais elle peinait à trouver son équilibre ainsi perchée sur ses chausses et contrainte par cette crinoline ceignant sa taille. Et puis il y avait le regard perçant de la Sirène, scrutateur, il pesait sur ses épaules aussi lourdement que les ouvrages sur sa tête, la troublant malgré elle dans l’exercice. Ce n’était pourtant pas une excuse aussi essaya t’elle encore sans se démonter jusqu’à ce que la générale ne la stoppe dans un énième élan. Baissant la tête déçue par ses propres échecs, la demoiselle s’attendait à de vive réprimande de sa part mais pourtant, rien ne vint. Au contraire, elle se montra même encourageante, lui rendant les livres qu’elle avait fait choir une fois de plus avec un sourire et des paroles bien loin d’une quelconque punition. Elle échangea avec elle, un même sourire suite à ses paroles pour rejoindre le vieux cuisinier qui les avait accueillit la veille avec toute sa gentillesse.

    Avec timidité si ce n’est une gêne palpable face à ses échecs, la demoiselle suivit la générale sans se plaindre, trébuchant un peu avec les talons sans toutefois dire quoi que ce soit à la Dame écarlate.

    Elle n’avait pas à se plaindre, puisque après tout, elle avait échouée sur toute la ligne ! La petite étoile se mordit la lèvre, vacillante, poursuivant la pirate avec un vague trouble, les bras chargés. De nouveau, elle se demanda pourquoi la marina évitait avec autant d’agilité les rayons solaire, n’osant pourtant pas encore lui demander la raison de son étrange manège, ne sachant pas non plus si c’était là, simplement issu de son imagination ou réellement calculée de sa part. Dans le doute, elle préférait s’abstenir, ne connaissant au final la dame que depuis une poignée d’heures et ne désirant pas s’immiscer dans les affaires d’autrui. Arrivées à destination tant bien que mal avec sa charge et son gênant accoutrement, la demoiselle inclina légèrement la tête devant le vieil homme pour le saluer, dissimulée à moitié par les bouquins.

    Elle parvint avec chance à rattraper le gâteau du cuisinier sans chuter de nouveau – en s’aidant de son cosmos, par contre – celui-ci trônant fièrement sur la pile de livre dans ses bras. Elle le mangerait plus tard par contre dès lors qu’elle ne serait plus encombrée.

    Merci Monsieur John ! Ajouta t’elle tout de même avec un sourire à son adresse.

    Et alors que ces mots franchissaient la barrière de ses lèvres, ce fut le moment pour qu’un magnifique rapace ne frôle avec dextérité et élégance le capharnaüm sans nom qu’était la cuisine. Sans hésitation aucune, l’oiseau alla se loger sur l’épaule de Dame Mary, s’ébrouant un instant avant de ranger ses ailes argentés contre son corps. Le regard de la petite étoile détailla avec fascination l’animal qui lui retourna son regard d’ambre. Il était si beau et son regard si impressionnant malgré sa taille modeste, nullement hésitant, scrutant les alentours comme un roi noble et majestueux. Quelle impression de force il donnait ! Tout comme l’aigle qui de son perchoir observait le monde, seul prédateur tout puissant dans ces cieux qui lui appartenait.

    Comme l’aigle…

    Heureusement, la voix de la générale fut une bonne distraction à ce douloureux rappel de sa tendre mère qui avait un temps, endossé cette armure dont elle partageait de nombreux point commun. La demoiselle à la chevelure d’or rougit dès lors que la marina se rendit compte de son accoutrement, se laissant entrainer à sa suite jusqu’à cette chambre dans laquelle elle l’avait rencontrée tout de rouge habillé. Dès qu’elles furent à l’abri de ses tentures, la générale lui ôta tout son chargement, déposant ouvrage, ôtant la crinoline ceignant sa taille et elle fut particulièrement ravie de retrouver le sol, même si cela l’amputait de quelques centimètres.

    Ce n’est pas grave, ne vous en faites pas. Balbutia la petite poupée, la tête légèrement baissé pour ne pas faire voir sa confusion.

    Elle redressa pourtant vivement la tête quand la dame lui proposa une partie de carte, haussant un sourcil surprit face à cette nouvelle incongruité. Elle acquiesça à sa première question en silence avant qu’elle ne prenne la parole par la suite.

    D’accord. J’y arriverai, je vous l’assure !

    Elle observa un instant la générale préparer table et chaise, puis fouiller toute sa chambre avec force geste et marmonnement incompréhensible. La petite étoile alla même jusqu’à sursauté en entendant le cri de victoire de la jeune femme accompagné par le cri de son faucon confortablement installé sur le rebord de la baignoire. Elle se rapprocha dès lors que la générale s’installa confortablement sur sa chaise, se plaçant en face d’elle un peu embarrassée, mais bien vite, la demoiselle se détendit durant la partie, même si les premières furent plus compliquées. Elle avait déjà jouée aux cartes avec cette précieuse famille disparus, mais elle n’en était pas une experte pour autant, pourtant, elle s’amusa. Ponctuant les joutes de carte, la générale n’hésitait nullement à lui poser diverses questions auxquelles Seren tentait de répondre avec plus ou moins d’hésitation en fonction du domaine.
    A peine adolescente, elle n’avait pas une culture particulièrement étendue si ce n’était assez généraliste, enregistrant plus aisément des informations utiles que d’autres qui ne lui servirait jamais. A l’époque du moins…Aujourd’hui, ce n’était plus la même chose, et ce dont elle avait besoin était autrement plus différent dès à présent. Tant de chose à apprendre pour combler ses si nombreuses lacunes ! Son regard améthyste tomba sur les bouquins mis de coté et qu’elle devrait dès ce soir, potasser. Elle le devait. Il ne fallait pas qu’elle soit aussi inculte, elle était intimement persuadé à présent, que cette volonté de la Dame Ecarlate était pour son bien…

    Oui, elle en était sur. Elle en ferait également profiter son ami, après tout, il y avait bien assez de livre pour deux, et elle se sentirait beaucoup mieux si ils étaient deux à parfaire leur éducation.

    Et puis ce fut l’heure de reprendre l’entrainement – dès lors que le soleil s’endormait, quand brillait dans les cieux les astres de la nuit, ses amies à la si douce voix. Même dans la chambre de la générale, elle pouvait les entendre se lever, doucement, leur mélopée se faisait plus claire à son esprit. Elles étaient toujours là. La demoiselle sourit à la générale, en effet un peu plus sereine, elle s’était même laissée aller à un éclat de rire fragile, hésitant durant leur échange qui ne lui était pas arrivé depuis trop longtemps. La petite Seren se releva alors, le regard plus clair, tout aussi déterminé à réussir cet exercice aussi inutile pouvait il sembler paraître. Avec l’aide de la Générale, elles emportèrent les instruments de torture jusqu’à la plage, profitant de l’éclat des étoiles et des derniers rayons solaire comme seule lumière pour ce nouvel essais.

    La petite étoile installa la crinoline avec l’aide de la Sirène maléfique, mit les chaussures à talon à ses pieds. Ceci fait, elle resta quelques poignée de minutes juste ainsi, laissant la mélopée des étoiles l’envelopper, la rassurer avec une langueur bienvenu. La pression diminua lentement à leur contact, si doux à son cœur, elle se redressa avec une assurance retrouvée brillant dans l’éclat d’améthyste de son regard.

    L’exercice pouvait reprendre, ainsi les ouvrages furent remit sur son crâne sans transition. La demoiselle s’habitua un instant à leur poids avec une légère grimace qui s’effaça bien vite. La mélopée des étoiles lui donnait la force qui lui manquait, déterminée qu’elle était à avancer sur ce nouveau chemin. Qu’importait alors les difficultés, elle les surmonterait, toute. Même si elle devait tomber encore une fois, ses amies étaient toujours là, flamboyantes dans les cieux obscurs, chantant à son oreille de douces paroles oubliées pour lui donner force et courage. Et elle n’était pas seule. Elle voulait que son ami puisse compter sur elle également, que Jian reste à ses cotés et qu’elle puisse le protéger, le soutenir, et pour se faire, elle devait être forte.

    Peut être que cet exercice n’était pas adapté à ce désir de force qu’elle caressait du bout des doigts, mais il était un premier pas. Un premier pas vers cette puissance qu’elle désirait posséder. C’est le premier pas qui est le plus difficile à réaliser, disait-on. A cet instant, c’était son cas également, mais elle ne flancherait pas.

    Son pas se fit hésitant alors qu’elle équilibrait comme elle pouvait les ouvrages amasser sur son crâne, le dos droit, elle s’avança de nouveau, rééquilibrant dès lors qu’elle sentait les livres vogués d’un coté puis de l’autre. Un autre pas. Puis un autre suivit sans qu’elle n’y prenne garde, totalement concentrée sur sa route, son exercice. Elle s’arrêta lorsqu’une rafale de vent faillit faire chuter les bouquins et ce ne fut qu’à cet instant que la demoiselle remarqua que la générale n’était plus à ses cotés…Mais loin derrière. Surprise, elle observa la dame écarlate puis un sourire étira ses lèvres dès lors que la générale la félicita.

    J’ai réussi !

    Un rire léger carillonna gaiement dans les cieux. Le soubresaut de son éclat faillit faire choir les livres de son crâne mais la demoiselle parvint à rétablir l’équilibre. L’améthyste de ses pupilles brillait d’un éclat d’or, si semblable aux feux des diamants astraux pictant les cieux nocturnes.

    Elle était Seren. L’étoile du vent et des flots. Elle brillerait. Même si ce n’était que la première étape, et elle était prête à continuer. Avec Mary. Pour elle. Pour Jian...

    Je suis prête à briller Dame Mary. Je veux briller.
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Mashia


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MessageSujet: Re: [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]   Dim 30 Sep - 20:31

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MessageSujet: Re: [1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]   

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[1754]Premier Vent, un Nouveau Monde [Entrainement Mary/Seren]

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