RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [1751] Pour l'Amour de mon roi ~ Sanctuaire [Dormin]

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MessageSujet: [1751] Pour l'Amour de mon roi ~ Sanctuaire [Dormin]   Jeu 23 Aoû - 22:36

La Maison aux herbes...

Des mortiers et des pilons s'étalaient devant elle, propres et prêts à l'emploi. Dans l'un d'eux, elle écrasait les plantes dont elle se servait pour préparer ses remèdes. Tant de préparations reposaient déjà à ses côtés, certaines macérant dans l'alcool ou le vin. Des pots fermés et étiquetés. Des porcelaines précieuses parfaitement fermée. Des tamis et bien d'autres ustensiles encore. Tout ce qu'elle préparait était plus que précieux. Certaines herbes sauvaient des vies, d'autres expédiaient dans un autre monde. Angel savait que certains maux étaient incurables...

Ses gestes étaient pourtant moins assurés qu'à son habitude. La blonde artiste était comme impatiente. Elle se concentrait pourtant de toutes ses forces pour ne pas rater sa préparation. Experte dans bien des arts dont celui de la guérison. Au fond quoi de plus normal que Thalie l'ait rejointe. Tout se recoupait. Thalie et la Lyre...

D'un dernier geste trop appuyé, elle acheva de broyer les feuilles. Puis, son regard se posa sur l'énorme bécher rempli d'une eau qu'elle avait soigneusement préparée et longuement fait bouillir à plusieurs reprises.

Son regard alla ensuite sur la fiole qu'elle conservait précieusement. Son magnifique regard s'anima d'une lueur douce et pleine d'amour. Elle l'aimait tant le roi de son coeur. Un autre geste. Elle ôta ses gants avant de porter la main sur son coeur et de remonter le long de sa gorge, depuis la naissance de ses seins jusqu'à la chaîne d'or au bout de laquelle pendait sa Lyre.

Une oeuvre unique qu'elle seule pouvait réellement toucher et surtout activer.

- Quelque chose va mal... Si mal. Et toi, Thalie, tu ne m'as pas une seule fois contredite ?

Dis-moi, ô Muse aux doigts de roses ? Pourquoi suis-je la seule à sentir cela. Mon roi...

Pourquoi ? Suis-je donc la seule à vous aimer réellement ? Est-ce cela la vie d'un dieu ? La solitude


Une pointe chargée d'émotion et de passion. Pincer les cordes de la Lyre en avait fait une virtuose encore plus impressionnante. Caresser le pendentif en des gestes lents et sensuels. La Souris n'était pas qu'un chevalier mais aussi une femme à la beauté émouvante.

Elle finit par lâcher le pendentif et ôter sa blouse. La première étape était fini et le temps que tout repose, elle aurait le temps de se reposer et surtout réfléchir. Les autres finiraient par se poser des questions à force de la voir sans cesse enfermée dans cette demeure où s'entassaient tant de matières et de préparations diverses. Elle avait de quoi fournir des dizaines de clients et pourtant, pour lui qui comptait plus que tout pour elle, elle n'arrivait à rien...

Prenant par devers elle la fiole si précieuse, la Souris se rendit dans la petite pièce qui lui servait de bureau. Simple, dénué de tout luxe. Elle ne comportait que le strict minimum : un bureau de bois poli, un écritoire et des chaises. Les quelques étagères supportaient des traités anciens sur l'herboristerie, la médecine, la chirurgie, les poisons...

Des sujets variés en de nombreuses langues dont le contenu pouvait, pour plusieurs ouvrages, mener au bûcher.

Stupidité... Fanatisme. Bande d'hypocrites, vous êtes autant des alchimistes que moi. Seulement, vous tenez à votre pouvoir sur le peuple.

Son regard soudain durci se porta sur le pupitre. Elle tourna les pages de l'ancien ouvrage. Et ce qu'elle découvrait apportait plus de désespoir que de solution.

La blonde artiste prit alors la fiole avant de la porter devant ses yeux. Longue en forme de goutte effilée et recouverte d'une multitude de fils dorés, elle contenait un liquide si précieux mais en quantité bien trop insuffisante pour ce qu'elle devait accomplir.

- Mon roi...

Si peu pour être enfin fixée. Personne d'autre qu'elle ne semblait s'inquiéter. Etait-ce encore Bloody qui lui revenait en mémoire ?

- Non, Thalie, elle-même semblait mal à l'aise. Si seulement, je pouvais la faire venir à cet instant précis, au plus profond du malaise, mais elle ne le peut sans que cela sonne comme un affront. Et puis, elle n'est pas réellement incarnée pas comme les autres.

En proie à son inquiétude, Angel, se tourna vers la fenêtre. Un des autres ouvrages attendaient son regard. Le chevalier de la Lyre avait tout tenté avant de se tourner vers cette solution. C'était la dernière qu'elle pouvait envisager.

- La dernière mais elle est plus que risquée.
- Pas si tu y vas accompagnée.
Pleine de joie, elle se tourna vers celle qui avait momentanément pris le contrôle du corps d'une paysanne. Le parfum de la violette ne trompait pas.
- Thalie ?
- Oui. C'est cela que je te souffle depuis des jours.
- Je sais mais j'espérais tant.
- Je sais, l'inconnu effraie. Surtout celui-là. Va avec un ou deux de tes frères. Puis, n'oublie pas. Le roi t'en a parlé.
- Mon roi...


La ronde et robuste femme s'approcha de la fenêtre ouverte, passant la tête dans cette pièce si austère.

- Tu as fait tout ce que tu as pu seule. Maintenant, il est temps, ma petite reine.
- Tu...
- Chaque fois que cela sera possible. Aie confiance en tes frères. Eux seuls pourront t'aider à tenir tête aux dangers que tu t'apprêtes à rencontrer. Rappelle-toi de ses paroles et de l'amour qui vous unit. Pense à lui lorsqu'elle t'attaquera.


La Saltimbanque baissa la tête.

- C'est inéluctable. Là où tu comptes aller les chevaliers comme toi sont tous sauf les bienvenus.
- Mais ai-je le droit... ?


Le visage jovial devint plus grave.

- Tout ce que tu risques au départ, c'est un refus. Mais si tu n'essaies pas...
- Je n'aurais rien...
- N'oublie pas, la divine inspiratrice veille sur toi...


Le temps qu'Angel se retourne pour contempler l'antique représentation et la brave femme avait disparu. La blonde Souris avait fini par se faire à ses apparitions. Son mentor faisait comme elle pouvait et quand elle le pouvait mais elle restait là autour. Angel sentait sa présence flotter dans les airs aussi sûrement que le parfum des violettes.

Une dernière fois, elle contempla la fiole si belle et son contenu.

Mon amour...

Cette fois, elle ressentit un nouvel appel. Cela allait mal. Très mal sans qu'elle ne puisse comprendre la source du malaise. Être aussi impuissante la rendait presque folle et dans un moment de détresse, elle quitta la pièce, sortit de la Maison aux herbes avant de se rendre près de la route. Heureusement, il n'y avait personne en cette heure du midi.

Hélios était à son zénith et elle se félicita d'être seule pour laisser ses larmes s'écouler le temps que ses nerfs s'appaisent et tout à sa tristesse, elle ne sentit pas tout de suite le cosmos qui approchait, remontant vers le Sanctuaire. Un cosmos appartenant pourtant à un de ses frères à l'armure dorée.
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Dormin


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MessageSujet: Re: [1751] Pour l'Amour de mon roi ~ Sanctuaire [Dormin]   Mer 29 Aoû - 19:22

Roi... Celui qui exerce la royauté. Le roi a principalement un rôle social de pacification, associant les fonctions de premier juge, de chef de guerre et de garant de la cohésion d’une société. Il est extérieur aux ordres, aux partis ou aux classes sociales qu'il a pour fonction de maintenir en équilibre. En ce cas... Oui... il était un bon roi. C'est fou comme certaines coïncidences peuvent être amusantes. Sans le savoir, les idéaux de Dormin, ceux là même qu'il avait suivis et qui l'avaient forgé durant 27 ans. Finalement, il n'avait jamais vraiment dévié de la voie qui était la sienne et celle-ci l'avait amené chez lui, en Brittannia. Il était monté sur ce trône qui l'attendait depuis 1327 ans précisément...

Il avait appris les coutumes de son royaumes et fait connaissance avec le patrimoine qui fut le siens... Cela n'avait pas été de tout repos et de nombreux doutes s'emparaient encore de lui alors qu'il arpentait les couloirs du château. Surtout vis à vis de tous les gens qui étaient soudainement entrés dans sa vie. Son quotidien avait été si simple jusqu'ici finalement. N'être qu'un saint, obéir aux ordres, garder un temple... finalement, ça n'avait rien de bien compliqué en soit. Mais gouverné... L'espace d'un instant il s'était senti proche de sa déesse, imaginant le poids qui devait peser sur ses épaules. Être une déesse majeure était bien plus complexe que le rôle qu'il avait à jouer en tant que souverain.

Il n'avait reçu aucune éducation le préparant à ce poste, pas plus qu'on prépare un homme à devenir l'hôte d'une divinité. Et il avait eu l'occasion de le constater lors du retour d'un Adrix chamboulé. Il en avait d'abord eu le coeur brisé. Voir son ami souffrir ainsi sans pouvoir échapper à ce destin cruel. Et comme à son habitude, le rouquin avait pris sur lui d'alléger son malheur. Mieux, il était concerné par l'état de son compagnon car il portait la vie en lui, fruit de leur union. Une situation improbable engendre des réaction qui le sont tout autant. Le Capricorne n'avait pu rejeter ses responsabilités... Alors il les avait épousé et avait appris à les aimer.

Mais ce choix l'avait propulsé sur un chemin tortueux, sa vie prenant un virage radicale et sans possibilité de se retourner. Qu'à cela ne tienne, il n'avait pas pour habitude de reculer. Dormin était un battant. Et s'il avait emprunté le chemin simple qu'il arpentait depuis tout jeune, c'était par défaut. Lui qui n'avait jamais eu rien à lui, aujourd'hui il avait un royaume, des amis et plus que tout... une famille. Sa famille. Même si elle s'était imposée à lui, il ne l'aimait pas moins et était déterminé à la protéger coûte que coûte. Et ce même contre les dieux... rien ne l'ébranlerai et s'il devait en arriver là, il montrerai toute la puissance de son coeur.

Même si pour les protéger, il avait dû accepter de ne pas voir ses enfants souvent. Au moins resteraient-ils entiers et vivants. Il trouverai un moyen d'arranger les choses. Le destin ne se jouerai pas de lui indéfiniment. Sa patience était grande, angélique, mais elle avait des limites comme tout. Il se savait un cas à part et son futur incertain. Mais quoi qu'il arrive il ne devait pas dévier de la voie qu'il s'était choisi... il avait promis il y a 13 siècles... Il resterai fidèle à l'humanité.

Ses pieds pas foulaient à présent le chemin de terre sèche qui longeait la côte, menant au sanctuaire. Il rentrait enfin après presque un an d'absence. Il se souvenait avoir quitté le domaine des saint en catastrophe, emportant la mère de ses enfants loin d'ici, la cachant aux yeux du monde pour la protéger. Leur union était contre nature, plus que n'importe quelle autre union. Et en cela, ils étaient condamnés au tourment. Mais tan pis, c'était fait, et il porterai le poids de cette responsabilité avec autant de noblesse que pour le reste. Dormin posa son regard sur la mer qui s'étendait à perte de vue. Qu'il était bon de rentrer... Changer d'air lui ferait du bien, même si certaines présences lui manquaient déjà, il avait hâte de retrouver ses camarades.

Et en parlant de cela, il fit une halte... Là... Pas très loin... Quelque chose de familier attira son attention, comme un parfum qu'il connaissait. Non... c'était une aura, un cosmos particulier. Un saint? Oui, c'était certains, mais c'était la nature de son énergie qui le troublait... Car il ne la connaissait que trop bien. Le coeur légèrement serré, il tourna ses pas dans la direction d'où venait l'énergie cosmique et se mit en route... Ce n'était pas possible... ça ne pouvait être vrai. C'était... trop beau. Ses pas s'accélérèrent l'espace d'un instant. Non! Ce ne pouvait être ça... Lorsqu'il arriverait là bas, il serait encore déçu et ne trouverait pas la personne qu'il cherchait... Il ralentit l'allure. Et si... Et si c'était vraiment lui? Il reprit un rythme plus soutenu.

    *Je dois en avoir le coeur net!*


C'est à présent au pas de course, le coeur battant, au bord des yeux, que le Capricorne s'élance droit devant lui, pleins d'un espoir fou. Cette aura, il la reconnait! C'est celle de la lyre, la silver cloth d'un de ses proches compagnons. Son regard se fait humide. Il est empli par le doute... Il manque de trébucher, sa cloth box sur le dos. Finalement, sa main se pose sur une épaule.

    "Oréstis?!"


Il ne voit pas la personne, il ne se fit qu'à l'aura. Le contact avec le corps chaud sous sa main brise la vision cosmique. Le gold saint a un petit sursaut. Là devant lui, se tient une ravissante jeune fille, les yeux rouges, légèrement gonflés... Elle a pleuré. De beaux cheveux cuivrés courent le long de ses joues pâles, rosés par l'émotion. Plus que tout, c'est son désespoir qui lui agresse les sens comme un parfum trop fort pour les sinus. Il reste là, penché sur elle, l'air désemparé, choqué de trouver quelqu'un d'autre, figé dans l'instant. Ses yeux émeraude ne pouvant dévier, exprimant une grande stupeur. Finalement ses joues se rosent et il tombe à genoux à côté d'elle.

    "P...Pardon... Je vous ai pris pour quelqu'un d'autre... "


Son regard se fait fuyant. Comme il avait honte. Qu'il était naïf, c'était affligeant... Il avait dû causer une belle frayeur à cette jeune femme qui n'avait sûrement pas besoin de l'intervention d'un imbécile comme lui. Surtout vue cette entrée quelques peu brusque...

    "Je suis... désolé. Je ne voulais pas vous effrayer."


Mais c'est vrai ça... Cette jeune fille pleurait lorsqu'il est arrivé. Il avait du mal à mettre ses idées bien en ordre, il lui fallait un court instant pour collapser tout ça dans sa tête et reprendre ses esprits. Lui même était chambouler pour une toute autre raison... Il inspira à fond, reprenant peu à peu son port altier et il posa un genoux en terre, s'inclinant plus respectueusement pour la saluer.

    "Je vous prie d'excuser mon intrusion chez vous et la rudesse de celle-ci. Je me nomme Dormin, chevalier d'or du Capricorne."


Cette tristesse qui émanait d'elle... Il la sentait si fort. Qu'est-ce qui pouvait mettre la silver saint dans un tel état. Timidement, il posa un regard inquiet et triste sur elle, compatissant. Il détestait voir les gens souffrir, faisant preuve d'une grande empathie.

    "Excusez ma hardiesse... Mais... Que vous arrive-t-il? Vous semblez si... triste."


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MessageSujet: Re: [1751] Pour l'Amour de mon roi ~ Sanctuaire [Dormin]   Dim 9 Sep - 17:32

Il arrivait sans qu'elle ne le sente, trop plongée dans sa peine pour se préoccuper de ce qu'il se passait dans les environs. Un comportement que d'autres trouveraient plus qu'indigne d'un chevalier mais qui pourrait réellement se permettre de la juger ?

Mon roi... Pardonne-moi ma faiblesse mais j'ai besoin d'évacuer mes larmes.

Les larmes avaient ruisselé le long de ses traits tirés par tant de nuits de travail acharnés ainsi que l'angoisse qui ne cessait de grandir en elle.

Hypnos était en danger si ses craintes se révélaient avérées.

Et pas seulement lui... Je viendrai te la reprendre.

Les paroles de Bloody Angel étaient restées gravées en sa mémoire. Leur lutte avait été si intense que jamais, elle ne pourrait oublier. Si jamais le poison avait survécu mais elle n'avait aucune preuve. Juste des soupçons et de surprenantes visions.

Ces yeux rouges si inquiétants qu'elle avait cru entrevoir. Des apparitions furtives juste entre la fin de la nuit et le lever du jour, lorsque Hypnos la quittait. Enfin lorsque, elle, elle s'en allait, laissant derrière elle le monde onirique que tous deux avaient construit.

La Souris en était là, malade d'angoisse pour le roi de son coeur. A cela s'ajoutait son intuition féminine. L'artiste en elle y était aussi plus que sensible. Elle pressentait que quelque chose d'horrible couvait au plus profond de l'âme du puissant fils de Nyx.

A son insu...

Cela ne lui rappelait que trop sa propre expérience. Les victimes ne savaient rien de ce qui leur arrivait jusqu'à ce que le couperet tombe. C'était un mal horrible...

Et soudain, elle sursauta.

Une main s'était posée sur son épaule et elle se retourna en découvrant un homme aux longs cheveux roux portant une armure d'or dormant encore dans sa box. Sous le coup de la surprise, elle s'était mise en garde, réalisant soudain que n'importe qui aurait pu mettre un terme à son existence tant elle s'était relâchée.

La Souris en était rouge de honte.

Idiote !!! N'as-tu rien retenu de toutes tes épreuves. Tu n'es qu'une idiote trop émotive, indigne de ton rang. Te faire surprendre aussi stupidement est indigne des chevaliers à l'habit d'argent.

Elle se serait battue si elle l'avait pu mais le visage entraperçu de Thalie la rassura. Cet homme était bien un de ses frères d'armes et non un agresseur potentiel. Pourtant, elle s'en voulait. Elle aurait du être plus prudente et ne pas se laisser autant aller. Un autre regard vers la fille de Zeus et elle surprit une nouvelle expression sur le visage de la paysanne dont elle avait emprunté le corps. Une expression mi-ironique mi-amusée qui acheva de détendre la blonde artiste.

C'est vrai que le spectacle devait être de qualité. Deux saints agenouillés face à face, incapable de dire le moindre mots ou d'esquisser le plus petit geste. L'un rouge de confusion et l'autre aux yeux gonflés d'avoir trop pleuré. Oui, ils devaient être beaux les vaillants saints de la déesse Athéna.

Un instant passa ainsi sans qu'ils ne semblent disposer à bouger. Le chevalier prit la parole en premier. Il s'appelait Dormin et portait l'habit d'or du Capricorne. Les yeux bleu émeraude s'attardaient sur lui. Elle étudiait chaque expression et chaque geste.

Il émanait une telle bonté de lui, doublée d'une certaine noblesse. Il ne tarda d'ailleurs pas à le confirmer en se souciant des raisons de sa peine. Cela toucha beaucoup la jeune femme. Il la connaissait à peine mais semblait être déjà si soucieux de son sort. Il l'avait confondue avec un ou une autre et cela ne l'empêchait nullement, malgré la déception qui s'était peinte sur son visage, de soucier de son sort.

Un regard sur le côté et elle réalisa que Thalie avait laissé son enveloppe provisoire. A présent, la tendre artiste était seule. Seule à décider de ce qui allait suivre.

Bien, au revoir, Thalie. J'espère que tu reviendras nous aider dès que tu en auras l'occasion.

Elle s'essuya une dernbière fois le visage avant de prendre enfin la parole d'une voix encore affectée.

- Enchantée, chevalier Dormin. Je suis Angel de la Lyre. Merci pour votre gentillesse à mon égard.

Un sourire splendide se dessina mais encore insuffisant pour dissimuler la tristesse mêlée d'angoisse ainsi que de crainte.

Puis, se relevant doucement, elle ajouta.

- Vous m'avez prise pour quelqu'un d'autre. Auriez-vous connu mon maître, le chevalier Lorenz de la Lyre ?

Une façon comme une autre de commencer avant de lui proposer de la suivre chez elle. Ce qu'elle allait lui révéler ne serait peut-être pas pour toutes les oreilles et puis, cela touchait à ce qu'elle avait de plus cher. Pour ce qui lui tenait réellement à coeur, Angel ne souhaitait pas se donner en spectacle. Même la Saltimbanque était capable de pudeur et de retenue.

- Venez vous reposer un peu chez moi, chevalier Dormin. Nous y serons mieux pour discuter. Et puis...

Elle rougit un peu.

- C'est trop dur pour moi d'en parler au dehors. Je me sentirais plus à l'aise dans la tranquilité de la Maison aux Herbes.

Un rire léger.

- Attendez d'avoir fait quelques pas et vous comprendrez.

Un ton qu'elle voulait plus enjoué mais qui ne trompait personne et sans doute encore moins Dormin. Enfin, elle l'invita à la suivre. Tous deux traversèrent le magnifique jardin que la blonde jeune femme entretenait avec soins avant d'aboutir à la demeure proprement dite. Angel ouvrit la porte et d'un geste invita Dormin à entrer.

- Bienvenue chez moi, chevalier.

Des mots tout simples à nouveau et tous deux débouchèrent dans une petite pièce agréable et fraîche. Deux fauteuils et une table semblaient les attendre et Angel invita son compagnon d'armes à prendre place.

- Installez-vous, je vais chercher de quoi nous rafraîchir.

Ainsi était Angel. Même en proie à la plus grande des peines, elle n'en oubliait pas le sens de l'hospitalité. En même temps, cela lui offrait un court répit. Instant qui lui permettrait de rassembler ses idées et de décider ce qu'elle lui apprendrait sur elle et les causes de sa détresse. Cela l'effrayait. Le chevalier aux cornes d'or semblait vouloir l'aider mais elle était aussi bien consciente que son histoire serait plus que dure à entendre.

Et après avoir remis un peu d'ordre dans sa chevelure et sa tenue, elle revint portant un plateau qu'elle déposa sur la table. Il supportait deux carafes et deux verres ainsi qu'un petit plateau contenant quelques gâteaux qu'elle avait faits.

- Servez-vous. Je n'ai que quelques jus de fruits mais ils sont délicieux.

Un sourire timide et elle s'installa près de lui. Elle hésitait encore. C'était si rare chez elle. Elle prit un verre qu'elle tint entre ses doigts.

- C'est assez difficile à expliquer mais aimez-vous, chevalier Dormin ? Connaissez-vous le véritable amour ? Celui capable de bouleverser toute une vie, de vous faire perdre la tête et défier n'importe quel être ?

Elle lui laissa le temp de répondre avant de reprendre.

- Quelqu'un que j'aime de toute mon âme souffre sans que je ne puisse en découvrir la véritable raison. C'est léger si léger que je ne peux en découvrir la cause réelle. Lui-même en ignore tout. Il semble aller au mieux mais je sens que cela couve en lui. C'est quelque chose de silencieux...

Elle s'interrompit soudain, de nouveau secouée par ses émotions.

- C'est un poison. Une sorte de poison dont on ne détecte la présence que dans le sang.

Et se ravisant soudain.

- Non, ne vous méprenez pas, je ne suis pas une sorcière ou autre mais une Saltimbanque versée dans l'art de guérir et de préparer les remèdes. Rien d'autre.

Elle était si effrayée par ses propres révélations qu'elle se leva mais le regard de Dormin la rassura aussitôt. Il ne lui ferait pas de mal et ne la jugerait pas.

- Merci, merci de ne pas me juger...

Pour en revenir à mon histoire, cette personne, l'homme que j'aime est en ce moment très loin de moi et je sens que quelque chose d'horrible le menace. Ce poison, c'est un mal qui rend fou avant de conduire à la mort. Seulement, je n'ai aucun autre moyen d'en avoir la preuve que de le découvrir dans le sang... Son sang...


Elle but quelques gorgées comme pour se donner un peu de courage avant de poursuivre.

- J'ai essayé en vain. Je sais que si je n'arrive pas à découvrir la preuve, jamais, il ne me croira. Tant cela est horrible et indolore. Les victimes de ce genre de poison n'ont aucune conscience de ce qui leur arrive avant le couperet final. C'est cela le plus cruel dans cette attaque. Rien ne peut le trahir avant la fin si ce n'est le sang...

La preuve est dans le sang mais trop peu. J'en ai trop peu...


Des larmes brillèrent de nouveau et elle se leva piteusement avant d'ouvrir la porte donnant son son laboratoire. De leurs places, on pouvait déjà découvrir le fruit de journées entières passées à travailler.

Elle attendit la réponse du Capricorne avant de reprendre.

- J'ai passé des jours et des jours, des semaines entières à tenter de trouver mais...

Elle chancela avant de se rattraper à l'embrasement de la porte. La Souris était épuisée physiquement et nerveusement.

- Mais il faudrait au moins 10 pintes de Paris pour pouvoir le détecter avec les seuls moyens dont je dispose. Seul un maître pourrait...

Et les larmes coulaient de plus belle. Angel connaissait bien la solution mais elle ne pouvait en parler, à moins que Dormin ne décide vraiment de l'aider.


Dernière édition par Angel le Lun 10 Sep - 0:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [1751] Pour l'Amour de mon roi ~ Sanctuaire [Dormin]   Dim 9 Sep - 19:48

S'inclinant à nouveau, il vint prendre avec une infinie délicatesse la main de la jeune femme pour la porter à ses lèvres et y déposer un baiser.

    "Le plaisir est pour moi de vous rencontrer, dame Angel."


Il libéra sa main, laissant ses doigts glisser le long de celle-ci en se redressant de toute sa hauteur. Dormin n'était pas très grand, mesurant dans les 1m80 tout au plus. Il portait une tunique blanche brodée de quelques lacets de satin pourpres. Autour de sa taille et de son buste, une belle étole assortie, d'un beau rouge bordeaux profond en soie. Légèrement transparente, elle habillait le jeune homme à merveille. Il lui accorda un sourire qui se voulait réconfortant. Cependant, ce dernier perdit en force lorsqu'elle lui parla de son maître. Oui... de nombreuses personnes avaient porté leurs armures respectives. Détournant le regard, les joues un peu rouges, le Capricorne cacha la mélancolie venu naitre au fond de ses yeux.

    "Hélas non. Je n'ai pas eu la joie de connaître votre maître. Mon ami... Ne se trouve plus ici depuis longtemps mais... Lorsque le vent m'apporta des bribes de l'aura qui émane de vous, j'ai reconnu celle de la lyre qui vous protège. Je suis désolé, je me suis emballé pour rien d'un espoir fou."


Il accepta l'invitation de la silver saint à entrer chez elle, passant la porte avec un peu d’appréhension. Il n'aimait guère déranger les gens ni s'imposer. Mais si la jeune femme l'y invitait c'était qu'elle avait besoin d'un peu de compagnie et le rouquin rechignait à la laisser seule dans état. Si sa présence pouvait la rassurer un peu, il se prêtait volontiers au jeu de façon totalement désintéressée.

    "Détendez-vous Angel, appelez moi simplement Dormin. Les suffixes sont un peu pesant et nous ne sommes pas ici pour les affaires saints. Oublions le protocole pour ce soir, voulez-vous? Après tout, j'ai été chevalier de bronze durant de nombreuses années avant d'intégrer les rangs des chevaliers d'or."


Il prit place dans un fauteuil que la lyre lui indiqua, fronçant un peu les sourcils en se souvenant le fauteuil trônant dans ses propres appartements, issu du cosmos d'Hypnos lui même. Il caressa l'accoudoir en observant la pièce, ayant posa sa cloth box dorée à ses côtés.

    "Merci, je ne suis pas contre un peu d'eau bien fraiche. Merci de vous donner cette peine, j'espère ne pas trop déranger."


Il sentait qu'il ne pourrait pas l'empêcher de bouger et de s'occuper un peu de l'invité qu'il était. Angel était nerveuse et s'agiter un peu lui faisait du bien, un comportement typiquement féminin qu'il possédait lui même. Il lui accorda un nouveau sourire alors qu'elle revenait les bras chargés d'un plateau sur lequel reposaient deux carafes d'eau fraiche, deux verres et un assortiment de petits gâteaux visiblement faits maison. Le sourire de Dormin s'affirma. Si le sucre n'était pas son fort, il était celui de sa moitié et des deux enfants en bas âges qui étaient les siens.

    "Merci, voilà qui va nous faire du bien. J'apprécie votre hospitalité, surtout après un si long voyage."


A la question qu'il lui posa, les joues du rouquin gagnèrent en couleur et son regard se fit plus fuyant l'espace d'un instant. Pour toute réponse, il rempli le verre restant d'eau fraiche et le porta à ses lèvres, écoutant parler Angel, l'invitant de son regard vert émeraude à poursuivre son récit lorsqu'elle buttait sur quelques éléments, sans ciller.

Quelque chose fit tilt dans sa tête. Tiens donc... a nouveau des histoires de poison... Où avait-il entendu parler de ça déjà? Il était persuadé d'avoir entendu parler de ce genre de choses il y a quelques temps... Le gold saint croisa , sans quitter Angel du regard, cherchant dans ses souvenirs où et quand il avait eu vent d'un tel fléau.

Puis vinrent les histoires de sang. Ce mot sortit Dormin de sa réflexion... Ouais... des histoires de sang, il commençait aussi à en avoir lui même dans son quotidien. Ce ne devait pas être chose aisée pour cette jeune femme que de supporter cette situation. Pour autant, son amour semblait fort et sincère et s'il était réellement réciproque, il fallait garder espoir!

Lui souriant à nouveau alors qu'elle marquait une pause, un peu confuse, il l'invita encore fois à poursuivre, attentif et à présent un peu intrigué il fallait l'avouer. Que voilà une rencontre peu commune. Qu'à cela ne tienne, son quotidien n'avait plus rien de commun depuis deux ans... Et il ne s'en plaignait qu'à moitié, peu à peu transformé par cette expérience. Il en ressortait affirmé.

Mais la suite du récit le fit quelques peu déchanter, lui faisant froncer les sourcils d'un air mécontent... Qui était cet homme pour ne pas croire en les dires de la personne chère à son coeur? La confiance n'est-elle pas primordiale dans un véritable couple? Sans elle, rien n'existe ni ne subsiste. Ne pas croire, c'était être seul! S'isoler et rejeter autrui.

Enfin, elle ouvrit la porte d'une pièce tout à fait curieuse, emplie de fioles et autres attirails dont il ignorait tout. Un établi moderne de science qui n'existait pas à son époque. Un instant il songeait à Antiokus qui possédait lui même un endroit similaire. Moins effrayé que surpris, il se sentit un peu démuni face à tout cela. Il ne connaissait rien à la chimie et autres théories et pratiques scientifiques de ce temps. Mais Angel semblait avoir besoin aide pour toute autre chose...

Et pour l'heure, c'était son état qui inquiétait le chevalier d'or. D'un geste agile et vif, il se leva pour la rejoindre, passant un bras solide autour d'elle pour la soutenir et l'escorta jusqu'à son fauteuil. Il la fit se rassoir et s'agenouilla face à elle, tirant vers lui l'autre fauteuil pour y prendre place. A présent face à face, il concentra son cosmos doré et sa main gauche vint essuyer les larmes de la lyre, se servant du contact avec l'eau de ses joues pour alimenter l'aura curative et communiquer une énergie bienfaisante au corps de la silver saint. Une odeur d'iode et de sable chaud mêlé au parfum des coquelicots sauvage s'éleva dans l'air, comme une douce après midi d'été en bord de mer, bercé par la brise marine.

    "Avez-vous déjà ressenti la frustration d'un amour impossible, Angel?"


Il prenait enfin la parole, répondant cette fois au long monologue de la jeune femme, tout en tentant de lui communiquer énergie et calme.

    "Oui... je l'avoue, j'aime depuis deux ans... Et de cet amour improbable sont né deux enfants chers à mon coeur. Improbable car notre union ne fut désirée ni de l'un ni de l'autre mais née d'un caprice divin... Une déité s'est jouée de nous et a craché sur notre amitié et notre innocence."


Sa main quitta la joue de la jeune femme pour passer sur son front, transmettant toujours son aura à Angel pour l'aider à se sentir mieux.

    "Angel, vous avez partagé votre peine avec moi, laissez moi partager mon expérience avec vous, peut-être y trouverez-vous les réponses à vos questions."


Il inspira à fond, ce qu'il s’apprêtait à révéler lui demandait un gros effort... Ce n'était pas chose aisée... Mais si Angel avait eu le courage de lui parler de choses aussi grave, il se devait de lui rendre la pareille et de lui montrer une preuve de confiance au moins aussi importante.

    "Nous étions deux amis fidèles. Nous nous sommes connus il y a 1300 ans de cela au sanctuaire. J'étais Andromède et lui gold saint des poissons... 450, le sanctuaire subissait de terribles guerres intestines, la discipline n'étant point le fort de notre unité en ces temps primaires. Je fus le premier à le regretter lorsque je perdais mon maître... Le dueil de ce dernier fait, je m'élevais au rang de gold saint du lion et rencontrait Adrix des poissons qui souffrait de sa différence et du comportement peu fraternel des nôtres. Trahison, dédain... Nous nous serrions les coudes tous deux envers et contre cette attitude autodestructrice, plaisantant ensemble pour ne pas pleurer face à la disgrâce et la déchéance du sanctuaire. J'avais aussi d'autres amis comme Sokaris de la balance ou Oréstis de la lyre, l'ami avec qui je vous ai confondu..."


Son regard s'attarda sur la lyre dans un coin de la pièce avec un sourire ému et nostalgique avant de reprendre.

    "Et puis... il y a eu la guerre sainte... Et alors que mes amis partaient au front, je fus emprisonnée par Excalibur et l'armure de mon maître, feu Narcisse du Capricorne. J'ai dormi 1300 ans dans un cercueil de miroir, préservé par le cosmos doré jusqu'à me réveiller vers 1748, à la fin de votre guerre sainte. Je n'ai pas compris tout de suite la raison de ma présence en cette époque."


Il baissa le regard, sa main glissant du front de la silver saint pour venir se poser sur son épaule, faisant circuler l'énergie doré en elle pour soigner fatigue et courbature.

    "Mais la réponse est venue d'elle même. Début 1750, j'ai fait un cauchemar dans lequel je n'étais que spectateur. Un songe horrible dans lequel j'assistais impuissant au viol de mon ami Adrix par ma personne... Je ne pouvais lutter ni me débattre, je n'avais aucune prise sur la situation... Mais je vis cet homme, verre de vin à la main dans son fauteuil de velours rouge, se délectant du spectacle. Ma conscience finit par s'évanouir et je me réveillait en âge. Ce cauchemar m'ôta le sommeil et m’obséda pendant plusieurs mois, moi qui ne connaissait rien des secrets de l'amour ou de la chaire. Je ne m'y suis jamais intéressé pour être honnête."


Son regard s'était assombri l'espace d'un instant, ce n'était pas un souvenir bien agréable que celui là... Dormin acceptait ce qui s'était passé, mais ça restait tellement... Délicat à aborder. Il espérait qu'on ne le juge pas à son tour. Pour l'instant, personne chez les saints n'était encore au courant...

    "Je finis par me faire une raison, arrêtant de courir avec les muses pour reprendre ma vie normalement. Quand un matin, il vint à moi... Blond comme les blés, exténué, je reconnu d'abord son aura... avec un fond de changer. C'était impossible... Après 1300 ans, Adrix était... "en vie". Mais pas totalement, il était devenu un spectre et pas n'importe lequel... il était Phantasos, fils d'Hypnos et dieu de l’irréel et qui plus est... enceinte de moi, piégé dans un corps de femme..."


Il ne montra pas une once de panique, pleinement conscient de ce qu'il racontait. Il avait dû se faire à cette idée et avait déjà bien assez perdu pied à l'époque lorsqu'il fut mis devant le fait accompli.

    "Ce qui n'avait été que songe pour moi, fut réalité pour lui... Ce destin nous a été imposé, à deux amis que tout séparait à présent. J'ai pris sur moi de le protéger, le cachant aux yeux du monde. J'ai pris soin de lui et attendu la naissance de ces enfants que lui comme moi refusions d'abandonner. Et de cette curieuse relation sont né de timides sentiments qui pourront paraitre sinistres aux yeux de beaucoup. Mais croyez moi, ils sont mes plus beaux trésors."


Il lui sourit, lui montrant qu'il s'était fait à l'idée et s'en satisfaisait, pourtant il détourna le regard pour ce qui allait suivre.

    "Pour autant, je ne puis pardonner à Hypnos ce qu'il a fait. De plus ce dernier s'est mis en tête de faire de moi l'hôte de son fils, Morphée. Autrefois j'aurais fait fi, cependant, aujourd'hui j'ai une famille à protéger et une raison de vivre au de là de mon rôle de saint. Cela dit dit... J'ai connu ce Hypnos à mon réveil... et il n'a rien de commun avec la déité qui semble prendre un malin plaisir à jouer avec nos vies. Mais si j'ai pu haïr certaines personnes, lui, je ne le hais pas, malgré ce qu'il a fait. Ce qui n'est pas le cas de mon compagnon..."


Il vint saisir à nouveau la main d'Angel délicatement, posant sa seconde paluche sur cette dernière pour l'enserrer et lui apporter chaleur et réconfort, laissant finalement l'énergie terminer son office en se concentrant en cet unique point.

    "Un puissant lien m'unit à présent à Adrix, bien plus fort qu'une simple amitié et je reste, avec nos héritiers, son seul lien avec la réalité, la raison qui l'empêche de sombrer dans une douce folie comme semble le faire votre moitié. Alors croyez-moi, je ne puis que vous soutenir Angel et si je puis apporter mon aide à votre quête, mon bras est vôtre."
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MessageSujet: Re: [1751] Pour l'Amour de mon roi ~ Sanctuaire [Dormin]   Ven 21 Sep - 16:17

Un bras passa autour d'elle pour la relever et la soutenir. Angel se sentait si faible soudain, plus que la tristesse, c'était l'épuisement qui se faisait ressentir, aussi bien nerveux que physique, et elle se laissa emmener vers le salon. Avec douceur, le chevalier du Capricorne l'aida à reprendre place sur son fauteuil. Sa vue se troubla un bref instant avant qu'elle ne reprenne pied. Le cosmos de Dormin la soutenait, l'aidant à à récupérer.

La blonde Saltimbanque finit par rouvrir les yeux, le découvrant agenouillé devant elle. Une telle bonté émanait de lui qu'elle réchauffait l'âme blessée ainsi que le corps d'Angel. La blonde Saltimbanque finit par lui offrir un sourire rassurant. Grâce à lui, elle se sentait déjà mieux, tellement mieux.

- Merci, Dormin. Merci pour ta sollicitude. Un autre sourire, cette fois gêné et elle ajouta. Je dois te paraître un bien piêtre chevalier. Pourtant, comme toi, je suis prête à lutter de toutes mes forces pour ma déesse et ceux qui me sont chers. Si chers...

Sa voix était encore faible mais aussi empreinte de tant de douceur. En cet instant, personne n'aurait pu douter de la sincérité de ses sentiments. Respirant doucement, profondément, Angel s'efforça de s'apaiser, laissant le cosmos si bénéfique de Dormin entrer en elle, baigner ses blessures tout en chassant la fatigue qui la minait plus que sournoisement. L'apaisement l'envahit alors tandis que son regard ne pouvait se détacher de cet étonnant chevalier. Dormin semblait exercer un bien étrange pouvoir sur elle. Il apaisait ses souffrances, tout en l'amenant à se confier. Elle si méfiante était à présent sous son influence...

Un cosmos curatif ! Comment n'ai-je pas compris plus tôt ? Tu souhaites sincèrement m'aider tout en étant toi-même sous le coup d'une grande tristesse. Quelque chose semble nous relier mais quoi ? Qu'est-ce qui nous rend aussi proches ? Je ressens quelque chose de familier en ta présence. Familier et si rassurant...

D'un geste de la tête, elle lui fit comprendre qu'elle était tout prête à l'écouter et le récit commença.

Un dieu ? Son regard s'illumina. Elle, doublement victime des méfaits de la Discorde, ne savait que trop à quel point cela pouvait être horrible.

Les dieux sont si cruels parfois... Le visage d'Eris, puis, celui de Bloody Angel, son oeuvre sur elle et les crimes qu'elle l'avait forcée à commettre en se servant de son corps à son insu, toute cette horreur et ce sang resteraient à jamais gravée en elle. Oui, si cruels... Un simple souffle mais que son interlocuteur devait avoir perçu puisqu'il marqua une très courte pose avant qu'elle ne l'incite à reprendre. Il l'avait écoutée, elle en ferait de même. La Souris sentait qu'elle pourrait elle aussi peut-être l'aider.

Soudain, la main de Dormin s'éleva avant de se poser sur son front. De nouveau, ce pouvoir si réconfortant l'envahit et elle lui sourit de nouveau, lui faisant comprendre sans un mot qu'elle l'écoutait. Le récit du saint à l'habit d'or reprit donc et la jeune femme ne put cacher son étonnement tant ce que le chevalier lui confiait pouvait paraître incroyable. Depuis plus de 13 siècles !!! Cette histoire datait de plus de 13 siècles. C'était si extraordinaire mais en même temps, elle était femme chevalier n'ignorant rien des pouvoirs que possédaient certains des leurs. C'était bien extraordinaire mais pas impossible loin de là.

Elle s'attendrit en l'entendant parler de son ami de la Lyre. Ils avaient du être très proches.

- C'était donc lui que tu espérais retrouver ? Pardon de t'avoir donné de faux espoirs mais le temps s'est écoulé depuis et bien des saints ont porté cet habit d'argent. La Lyre n'a cessé d'aller au combat mais elle n'a pas oubliée. C'est grâce à elle que je me sens bien en ta compagnie. L'armure t'a reconnue...

Sans vraiment y faire attention, elle avait laissé ces mots s'envoler tandis que Dormin délaissait son front pour passer à ses épaules, soulageant les courbatures que des jours et des jours de travail avaient provoqué et le récit reprit dans toute sa dureté. Si Dormin avait le regard posé sur elle, elle aurait pu la voir blanchir tant que qu'il lui décrivait l'épouvantait.

- Une telle cruauté ! Il faut être le dernier des monstres pour faire cela. Ses poings se serraient sous l'effet de la colère, de l'indignation, de la révolte ains que de l'horreur face à ce crime plus qu'odieux. Angel était femme et elle-même avait failli se faire violer à plusieurs reprises. Des larmes brillaient au coin de ses yeux. Douloureuses et horrifiées...

Mais le récit ne s'arrêta pas là. Elle allait de surprise en surprise. Ce que Dormin lui avait décrit comme un rêve avait été belle et bien été une réalité pour sa victime. Adrix puisque tel était son nom s'était retrouvée enceinte et deux enfants en étaient nés. Angel se sentit soudain mieux lorsque le récit toucha à sa fin que Dormin ne lui révèle qui lui et Adrix vivaient ensemble la plus incroyable des relations tout en élevant et protégeant leurs enfants. Le Capricorne et son ami avaient surmonté cette terrible épreuve et maintenant, elle sentait que c'était à elle de parler.

- Non, je ne te juge pas... Jamais, je ne te jugerai. Si toi et ton ami pouvez vous en sortir et vivre heureux avec vos enfants, faites-le, jamais, je ne vous jugerai...

Qui suis-je pour cela ? Qui suis-je pour cela ? Moi qui suis amoureuse d'Hypnos...

Elle espérait le rassurer et le réconforter comme il venait de le faire pour elle. S'il avait besoin d'une confidente, elle serait là pour lui et garderait son secret. Elle allait reprendre de nouveau, de la même voix très éprouvée, lorsqu'elle reçut un véritable coup dans le coeur.

- Hypnos ? elle s'était relevée sous le choc. Hypnos... Sa voix était si atténuée que cette fois, le Capricorne ne put l'entendre.

Non, mon roi !!! Non !!!

Et tandis que ce cri revenait sans cesse en ses pensées, des images lui revenaient, l'assaillant avec une telle force qu'elle retomba sur le fauteuil, se prenant la tête entre les mains. Bloody Angel, Hypnos, la prophécie, les yeux rouges qu'elle avait parfois cru entrapercevoir. Le sang, la mort et les carnages, le venin de la Soif de Meurtre et celui de la Colère entremêlés en elle. Leur combat tout remontait en sa mémoire.

Non !!! Non !!! Ce n'est pas possible ! Ton propre fils... Lui infliger cela.

Le regard rouge, la pupille presque verticale sembla la foudroyer en retour et lorsqu'elle sentit de nouveau les mains de Dormin sur elle, elle releva la tête.

- Non, Hypnos...

Elle posa une main tremblante sur le bras du roux.

Hypnos n'est pas dans son état normal. Jamais, celui que j'aime ne ferait cela. Jamais... Sinon... Elle déglutit doucement. Sinon sous l'emprise d'un poison, le pire de tous les poisons. Celui de la Soif de Meurtre.

Dire cela l'avait comme soulagée et pour se donner un peu de courage, elle vida l'un des verres.

- Comme tu le sais certainement, à la fin de la guerre, Eris a empoisonné notre vénérée déesse Athéna ainsi que la déesse de l'Amour Freyja. Mais elles n'étaient pas les seules atteintes. Moi aussi... Angel hésitait mais maintenant, elle savait qu'elle en avait trop dit ou pas assez, il lui faudrait aller jusqu'au bout. Moi aussi, j'ai été victime du venin de la Discorde avant d'aspirer celui qui blessait notre déesse. J'ignore ce qu'il s'est passé juste après notre dernier combat en Amérique. Totalement, comme si les jours ayant suivi l'affrontement pour délivrer notre déesse du poison de la Colère avaient été purement et simplement effacés.

Elle blanchit de nouveau, respirant profondément avant de poursuivre.

- Seulement, ils ont bien eu lieu et au cours de ces fameux jours... Ses ongles s'enfoncèrent dans ses chairs. Les deux venins m'ont rongée de la pire des façons.

Pour appuyer son récit, la Saltimbanque fit appel à ses dons de comédienne et sous le regard de Dormin apparut dans toute sa " splendeur " l'effroyable Bloody Angel. D'immenses tissus maculées de sang tout comme ses longs cheveux blonds remplacèrent les vêtements d'Angel. Le visage était méconnaissable tant la soif de meurtre la défigurait. Seuls les yeux de la Saltimbanque étaient restés pareils à eux-mêmes. Laissant à Dormin le temps d'admirer cette face pervertie par les deux venins et couronnée de deux serpents, elle reprit.

- Bloody Angel, la reine écarlate... Tel est son nom. Celui de celle que j'étais devenue sous l'influence du poison sans rien en savoir tandis que elle, elle guettait l'instant propice pour me tuer. Bloody Angel. Ce nom, elle le porte à merveille car elle s'est servi de moi, de mon corps et de mes pouvoirs de chevalier pour commentre les pires carnages. Et si je suis encore en vie, je le dois à Hypnos. Celui que tu as du connaître avant...

Elle fit alors disparaître cette apparition.

- J'ignore ce qui l'a poussé à vouloir me rencontrer mais cela m'a sauvée. Il m'a sauvée en aspirant à son tour le plus puissant des deux poisons, la Soif de Meurtre, et depuis, jamais plus, Bloody Angel n'est reparue. Avec l'aide de mon nouveau maître, j'ai pu triompher définitivement du poison de la Colère.

Elle baissa la tête et reprit.

- Puis, les choses ont évolué. Hypnos et moi sommes tombés amoureux, tout en gardant notre relation secrête, et nous pensions en avoir fini pour toujours avec Bloody. Il est un dieu et le propre frère d'Eris...

Elle passa sa main dans ses longs cheveux blonds. Maintenant que le récit touchait à sa fin, elle se sentait soulagée. En même temps, sa voix se faisait plus douce, plus tendre. Elle aimait réellement le fils de Nyx.

- Pourtant, comme je te l'ai dit, j'ai senti des changements en lui et cela m'a alertée sans que je ne puisse rien lui dire. Dans ses derniers instants, Bloody Angel a lancé ces derniers mots. Elle changea quelque peu sa voix, marquant bien le passage. Cet abruti croit pouvoir gagner mais il ne pourra pas m'empêcher de te reprendre. Je le laisserai vivre et goûter au bonheur entre tes bras, s'installer et se réchauffer au plus profond de ton coeur et de tes sentiments. Auprès de toi, il trouvera un amour que lui même n'aura jamais cru pouvoir ressentir et encore moins connaître. Et lorsque le moment sera venu, je te reprendrai à lui... Sans qu'il ne puisse rien faire. Tu es à moi !!! A moi depuis que Eris t'a offerte à moi !!!

Un bref silence passa et la Souris reprit.

- Si tu dois haïr quelqu'un, c'est Eris. Eris et cet horrible poison. Il est là, à guetter, sans cesse à l'affût et tout ce que Hypnos vit, lui aussi le vit. Si j'en parle à Hypnos, Bloody le saura et à travers lui, une divinité, il prendra une puissance telle que le pire sera à craindre. Il y a bien un moyen mais avant, dis-moi Dormin... Est-ce que tu serais prêt... à m'aider... ?
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MessageSujet: Re: [1751] Pour l'Amour de mon roi ~ Sanctuaire [Dormin]   Mar 30 Oct - 18:43

Dormin se recula et se laissa retomber dans le fauteuil derrière lui, la tête lourde. Le flot d'informations que lui avait offert Angel était soigneusement étudié et enregistré par son cerveau... Et il y en avait beaucoup. Mais Dormin n'avait pas été élu par l'épée de légende pour monter sur le trône d'Avalon pour ses capacités au combat mais pour sa réflexion et sa capacité à philosopher. Il laissa un instant de silence s'écouler entre eux, cherchant ses mots pour illustrer au mieux le fond de sa pensée pour Angel.


    "Apprenez demoiselle que mon regard n'est point singulier. Là où mes pairs voient les chevaliers dans leur armure, portant la bannière de leur déité, moi, je vois les hommes. Nous sommes humains avant d'être chevaliers et en tant que saint, c'est l'humanité que défends... Et l'espoir est le plus grand pouvoir accordé aux hommes. Ainsi, je vous vois vous... et non la lyre qui vous protège."


Son regard émeraude passa entre les doigts de sa main droite, recouvrant son visage depuis tout à l'heure. Il chercha le regard de la jeune femme inquiète. Les doigts glissèrent et il se redressa contre le dossier de son siège.

    "Car nous sommes tellement plus que de simples guerriers en armure de bronze, d'argent ou d'or... Nous sommes vivants. Que nous soyons Saint, Asgardiens, peuple de la mer ou spectres... Ne sommes nous pas égaux devant l'éternité?"


Tendant la main vers l'instrument de musique plus loin, ses doigts vinrent caresser l'argent de la lyre d'un geste doux et très cérémonieux, comme l'on caresse la joue d'un ami perdu de vue depuis trop longtemps.

    "Nos pouvoirs diffèrent, nos croyances également... Mais même les dieux immortels ont besoin des humains pour s'incarner. Nous vivons plus ou moins longtemps il est vrai. Mais se sont les expériences vécues sur terre qui nous forgent. Il nous arrive à tous de rire, de souffrir, d'aimer ou de pleurer. Personne n'est insensible et froid au point de n'éprouver aucune émotion en bien comme en mal. Ou bien nous ne serions que de vulgaires machines tous justes bonnes à détruire et dénuées d'intérêts."


Il se souvenait les guerres intestines, la brutalité de certains de ses pairs, dénués de noblesses. Les hommes pouvaient-ils renier leur coeur à ce point? Dormin espérait que non... Mais il devait encore découvrir jusqu'où l'humanité pouvait être belle ou utopique.

    "Les dieux ne sont pas différents de nous autres, mortels. Ils souffrent souvent de l'ennui ou du poids trop grand du pouvoir qui pèse sur leurs épaules ou comme un souverain souffre des responsabilités qui l'incombent. Il n'est pas aisé de porter une couronne trop lourde pour notre tête. Mais des fois, ce fardeau peut aussi s'avérer source de richesses et de bonheur."


Le regard du rouquin passa sur sa main gauche et il vint jouer avec un anneau à son annuaire incrusté d'or et d'émeraude. Son alliance ne le quittait jamais, il l'avait forgée, elle et sa soeur, lui même. La jumelle ornait le doigt de sa moitié, occupée quelque part au sombre empire. Un sourire ému et empli de bienveillance se dessina sur ses lèvres, comme à chaque fois qu'il se remémorait cette journée magique où il fut uni à sa "reine".

    "Voyez Angel, nous respirons le même air, partageons le même ciel... Ce monde est celui de tous et personne ne peut se proclamer maitre de cet univers sans déclencher conflits et guerres fratricides. Mais même au coeur des conflits... Il arrive que les gens croient d'avantage en ce qui les rassemblent qu'à ce qui les séparent."


Il la fixa à nouveau, lui souriant d'un air presque complice. Elle aussi avait fait ce choix et en cela, elle avait droit à tout le respect du rouquin et à sa considération. Il était heureux de rencontrer quelqu'un comme elle parmi les saints de cette époque. Lui qui avait vu tant d'absurdités et de comportements barbares au loin de sa vie.

    "Je veux croire en ces petites sources d'espoirs aussi brillantes que les étoiles dans le cosmos infini qui s'étend, sombre, au dessus de nos têtes chaque nuits. Car elles font partie de ce monde que je chéris et protège... Et que je veux offrir aux générations futures. En tant qu'homme, je ne peux me permettre d'être égoïste et de ne penser qu'aux miens ou à ma personne. Parce que si personne ne porte un regard sans haine sur le monde, nous serions condamnés à un éternel conflit... Et toute chaleur disparaitrait. Je veux faire preuve de tolérance et voir de mes propres yeux si il existe encore assez de lumière dans le coeur des gens pour permettre de petits miracles."


Et comme pour illustrer ses mots, il vint piner les cordes de la lyre pour provoquer une simple note, claire et pure. Il sentit un frisson remonter de ses doigts à ses épaules et lui secouer la poitrine... Le son était le même. Aucune autre lyre n'en produisait de semblable. Au simplement pincement de ces cordes familières, il se sentait chez lui et détendu.

    "Je n'attend rien des autres... Je me contente d'apporter ce que je peux aux personnes que je rencontre... Parce que je le peux et que c'est toujours plus agréable et constructif que d'agir en brute et de ne jurer que par les batailles et les victoires... nous sommes tellement plus que ça."


Quittant à nouveau la lyre, ses mains chaudes vinrent entourer celles de la musicienne alors qu'il posait un genoux à terre face à elle.

    "Alors non Angel... Je ne hais personne... Il m'arrive d'être en colère, de me révolter face à certaines choses... De pleurer. Mais je ne me permets pas de juger autrui sur une simple démonstration. On ne connait jamais vraiment les gens. Pourquoi les condamner? Je préfère vivre loin des gens qui ne me paraissent pas fréquentable que de me battre avec eux en gaspillant mon énergie."


Il accrocha son regard du sien et inspira profondément avant de conclure son long monologue. Il était tellement différent d'Adrix dans son jugement. Le blondinet était à l'opposé de ce que Dormin était sur le point de déclarer et il savait que si cela lui était rapporté il aurait de gros ennuis...

    "Je ne hais donc pas Hypnos, ni Eris, malgrés nos différents. Nous sommes simplement en conflits. Et c'est pourquoi, gentille Angel, je veux bien t'aider. Pas en tant que victime, mais en tant que frère et ami..."


Il porta les mains d'Angel avec une infinie délicatesse à ses lèvres et en embrassa le dos, pour sceller cette promesse. Puis il se recula, lâchant les mimines de la silver saint pour reprendre place dans son propre siège, un sourire taquin aux lèvres.

    "Et... Donc... Est-ce que votre liaison avec Hypnos fait de moi votre gendre?... Ou encore de vous la grand mère de mes enfants?... Et plus que tout... Que puis-je pour vous aider?"
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MessageSujet: Re: [1751] Pour l'Amour de mon roi ~ Sanctuaire [Dormin]   Sam 3 Nov - 19:39

Au flot de paroles d'Angel avait succédé celui de Dormin. Le Capricorne d'or semblait avait conservé une étonnante pureté et la grandeur de ses idéaux malgré la cruauté des épreuves qu'il avait endurées. Mieux encore, son mental et son cosmos s'en étaient retrouvés changés comme sublimés au lieu de se ternir sous les coups redoublés du destin. Cette force qui émanait du jeune homme, si puissante et bénéfique, n'était-ce pas à cela que l'on reconnaissait les plus puissants et braves des chevaliers ? Plus le roux Dormin parlait et plus Angel se sentait réconfortée et soutenue.

D'un geste, elle avait souri entre ses larmes, chassant les marques laissées par la fatigue et le désespoir. Elle saisissait parfaitement la teneur du message qu'il souhaitait tant lui faire passer. L'espoir y côtoyait l'humanisme teinté d'altruisme. Quoique, elle se sentit un moment un peu gênée en le voyant caresser la Lyre d'argent. L'Ange du Sanctuaire avait comme l'impression de se dresser entre Dormin et son ami ou plutôt le souvenir de son ami.

Enfin, le temps passa et elle sentit la chaleur de ses mains tenant les siennes, répondant à la question qui la hantait tant.

Tu ne le hais pas ?

Cela la surprit tout en lui confirmant l'incroyable bonté de ce chevalier à l'habit d'or. Les deux fauteuils se faisaient toujours face et la Souris ne pouvait s'empêcher de sourire avant de rire à sa dernière demande. Le chevalier à la chevelure flamboyante avait scellé cette promesse d'un baiser sur le dos de la main avant de lui demander comment l'appeler ?

- Mon gendre ? Oui !!! Elle s'était mise à rire. Oui, je suis votre belle-maman mais évitez de m'appeler grand mère. Juste Angel ou maman... Un clin d'oeil complice et elle reprit. M'aider, c'est si difficile. Elle sembla hésiter avant de poursuivre. Non périlleux. J'ignore si j'ai vraiment le droit de vous demander cela.

Sans en ajouter plus, la blonde musicienne se leva, tremblant quelque peu sur ses jambes mal assurées. La fatigue et l'angoisse ainsi que son travail incessant l'avait minée bien plus qu'elle ne le pensait. La Saltimbanque disparut rapidement dans la pièce voisine avant d'en revenir un énorme ouvrage à la main. Celui-ci était très vieux et dégageait une odeur de vieux cuir. Les reliures avaient été maintes fois remplacées et les lettres autrefois tracées sur l'ensemble s'étaient effacées, usées avec le temps.

- Ceci est un antique ouvrage que mon maître tenait du sien et de bien d'autres avant lui. Tout comme moi, il était passionné par bien des arts dont celui de soigner toutes sorte de maux. Je suis une apothicaire mais aussi bien plus que cela. Certaines de mes pratiques surtout pour défendre les femmes de la brutalité des hommes m'ont parfois faites sentir le parfum du bûcher.

Elle s'installa de nouveau devant lui avant d'ouvrir le recueil. De nombreuses feuilles avaient été détruites mais l'une d'elle laissait encore deviner une ancienne forme d'écritures et des silhouettes, d'innombrables silhouettes.

- Mais je tiens à vous rassurer, j'ai beau avoir usé de potions pour préserver les femmes du gros ventre, jamais je n'ai été une faiseuse d'anges. Jamais, je n'aurais pu faire une telle chose.

Cet aveu fait, elle resservit Dormin. L'eau si claire avait un chant ô combien apaisant.

- Pour en revenir à cet ouvrage, j'ai eu la chance d'avoir un maître capable de déchiffrer ces textes. Il parle des seuls êtres capables de lire dans le sang, de détecter toute anomalie, tout venin dans une seule goutte de sang. Leurs âmes sont millénaires et ils ont des savoirs spéciaux pour venir à bout de bien des poisons si on leur offre ce dont ils ont besoin. Ce sont les enfants des Ténèbres.

Elle tourna les pages faisant apparaître les différentes représentations, des silhouettes humaines côtoyaient celles des animaux.

- Malheureusement, ils sont très difficiles à approcher et ceux pour plusieurs raisons. Ce ne sont pas des êtres vivants, pas comme on le conçoit mais des êtres vivants autant dans le monde souterrain qu'à la surface se nourrissant de sang, de sang vif. Ils se tiennent loin de la lumière et voici leur nom...

S'emparant d'une plume, elle traça les termes. L'encre sombre glissait sur la feuille aux tons usés avant qu'elle ne le tende à Dormin.

- Voilà, je vous laisse lire, celui ou celle que nous devrons trouver est le plus puissant de son clan, celui ayant assez de forces pour supporter le contact du sang d'un dieu mais rien ne prouve qu'il accéderait à notre demande ou simplement se laisserait approcher. Ces êtres sont dévoués aux sombres monarques et ils doivent voir les saints comme nous leur tenir place de déjeuners plus qu'autre chose.

Elle se tut ensuite, laissant à Dormin le temps de réaliser ses paroles, le fait que le remède qu'elle proposait enfin plutôt le moyen de mettre en lumière le mal dont souffrait le roi de son coeur.

[HRp Angel ne connaît encore rien des fils d'Hypnos Wink Elle peut pas encore se faire une idée de la nature et de la personnalité de l'épouse de Dormin]
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