RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)

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MessageSujet: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Sam 29 Sep - 22:04

Arrow [1754] Ritus, Carnifex, Poenae et Mirablilia

Plus de six jours s’étaient écoulés dans le monde des hommes depuis les évènements passés à la cathédrale. Six jours terriens correspondant à tellement plus de temps dans le monde onirique.

Je n’avais pas tenus compte du passage des heures, ni de celui des jours depuis mon arrivés en ces lieux paisibles et isolés. Dans la retraite accessible seulement à la reine de mon cœur et à moi-même, j’avais ressassé plus de six années sous l’influence d’un ennemi invisible s’étant joué de moi, pervertissant mes actes, souillant mon esprit et mes plans, frappant jusqu’à ce qui m’était le plus cher… Je ne pouvais que reconnaître là une preuve irréfutable d’une défaite totale, mon orgueil avait été la cause de ma chute.

Comment ai-je pu tomber aussi bas ? Moi le dieu du sommeil, l’inertie incarnée, l’architecte de l’Hypnérotomachia, le créateur des rêves, moi qui peut tordre la réalité d’un simple mot, comment ai-je pus perdre de cette façon ?

Je sentais la honte se transformer en rage, et la rage se transformer en haine, le venin vaincu n’avait pas totalement privé mon esprit de ces sentiments néfastes, il m’avait ouvert une porte sur tout une facette des émotions que je devais maintenant apprendre à contrôler.

Mais pour le moment, rien ne savais contenir ma colère, je broyais alors la coupe dorée que je tenais à la main, renversant le précieux nectar qu’elle contenait sans m’en préoccuper le moins du monde.

J’ai échoué… Si je peux connaitre un tel échec, alors c’est que peut être je ne suis plus aussi puissant que je le fus autrefois, peut être que la décadence m’a frappée à mon tour…

Cette perspective me glaça le sang jusqu’à l’os. J’avais depuis ma naissance assisté à l’émergence et la disparition dans l’oubli de tant de divinité dont maintenant les jours se résumaient à une agonie sans fin dans les murs d’airain du tartare, une fin pire que la mort qui ne trouverait son terme qu’à la fin des temps.

Serait-ce là aussi mon destin ? Devrais-je moi aussi disparaître pour céder la place à un autre qui s’approprierait toute mon œuvre ? Serais-je moi aussi dépouillé par un parvenu qui me condamnerait à l’éternel agonie, privé d’air et de nourriture jusqu’à la fin des temps ?

Attristé et en proie à un désespoir naissant, je me levais de mon trône d’or pour marcher un moment, vêtu seulement d'une longue toge blanche traînant derrière moi comme un linceul sur un dieu brisé et misérable. Marchant pied nu sur l’herbe fraîche de notre monde fertile, mes pensées furent attendrie par le doux souvenir de ma lune et mes étoiles, elle m’avait sauvée malgré sa condition humaine, moi un dieu, en se sublimant jusqu’à des sommets quasi-divin, elle avait vaincu la partie la plus noire de mon esprit, et de notre amour était né à la fois cette planète et cet enfant à présent libéré de ses chaines, cet enfant toujours en sommeil dans son lit d’ébène aux rideaux sombres, cet enfant sans nom...

Tombant à genoux sur l’herbe, je plongea alors mes doigts dans l’herbe comme pour en savourer le contact.

Oh toi notre miracle, comme tu dois me trouver pathétique en cet instant… Et toi bel enfant, ne te réveille pas maintenant, je ne supporterais pas ton regard.

Pleurant silencieusement, je ne remarquais que maintenant une présence familière et adorée, celle de la reine de mon cœur.

Marie-Ange ! Tu es de retour, tu es saine et sauve ! Quelle joie !

Mais alors que j’allais me précipiter dans sa direction pour savourer nos retrouvailles, j’eu l’horrible vision de son visage arborant une expression de pitié devant ma situation, devant mes larmes, devant ma faiblesse et ma bêtise.

Non, non ! Tu ne dois pas me voir ainsi !

Faisant alors matérialiser autour de moi de larges tentures sombres semblables à celle ornant le lit de l’enfant dieu, je m’y dissimula alors que Marie-Ange approchait toujours.

« Je t’en prie mon amour, ne t’approche plus, ne me vois pas dans cet état, ce n’est pas moi… »
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Mar 9 Oct - 20:16

-> Requiem for a nightmare

Elle avait la sensation de flotter, de se déplacer entre deux eaux. Tous ses sens étaient encore si perturbés. La tendre Souris du Sanctuaire reposait sur son lit, savourant la quiétude de la Maison aux Herbes. Cela faisait des jours maintenant qu'elle sommeillait. Des jours qu'elle n'avait plus goûté à un tel sommeil réparateur. Toute la tension de ces dernières années s'était envolée avec la menace de Bloody, la Soif de Meurtre. La peur avait laissé la place à une telle vague de joie. Celle d'avoir pu retrouver le roi de son coeur tel qu'elle l'avait connu lors de leur première rencontre. Elle l'avait retrouvé affaibli par son combat mais sain et sauf, délivré de ce mal qui le rongeait à petit feu de la pire des façons. La prophétie avait été vaincue. Bloody Hypnos n'était plus qu'un mauvais souvenir. L'enfant qu'il était redevenu avait fondu en larmes entre les bras d'Angel, la sainte de la Lyre. Et loin de la maltraiter ou de bassement se venger, la Saltimbanque lui avait offert une tenue tissée de sa mains. La douceur d'Angel et sa miséricorde avait plus que touché la malheureuse incarnation de la Soif de Meurtre, cet étrange enfant né de la rencontre entre Hypnos et le venin de Eris. Dans les méandres du monde onirique, tout était possible et la blonde musicienne avait reconnu en lui un petit frère d'Hypnos, un peu comme un jumeau bien surprenant. Elle avait pu contempler son visage apaisé avant de perdre elle-même connaissance. Pour la suite, le roi de son coeur avait veillé à ce qu'elle puisse revenir en son monde sans en mourir. Le nectar des dieux avait coulé dans sa gorge, lui offrant la force de survivre, de se relever de cette épreuve qui avait bouleversé l'entièreté de sa vie avant de lui révéler l'incroyable puissance qui sommeillait en elle...

Des jours et des nuits s'étaient ensuite succédés, entrecoupés de quelques rares moments de veille. De toute cette période, Angel ne conservait qu'un souvenir diffus. Celui de sa discussion avec Dormin. Sans doute, était-ce à la gentillesse du Capricorne qu'elle devait d'avoir pu se reposer tranquillement sans que personne ne vienne perturber son repos.

La douceur des rayons d'Hélios lui réchauffèrent soudain le corps. Elle avait émergé à nouveau avant de se tourner vers le jardin. Thalie se tenait tranquillement, jouant de la harpe. Un son si doux qui appelait la jeune femme. Il était temps de se relever. La vie devait reprendre son cours. Angel la rejoignit. Elle était encore peu assurée mais cela ne serait plus qu'une question de temps avant qu'elle ne reprenne toute ses forces. Le sourire de Thalie l'enchanta et elle se remit doucement à la Lyre. La journée se passa sans encombre, entre jeu de harpe et entraînement plus physique. Elle devait y aller encore doucement tout en s'occupant de sa maison. Plusieurs jours à sommeiller, pas mal de choses étaient à faire pour remettre un semblant d'ordre en sa demeure.

Le jour s'écoula ainsi avant qu'elle ne replonge dans le sommeil, rassérénée. Le monde onirique l'accueillit avec sa gloire sans cesse renouvelée. La jeune femme le parcourut, heureuse à l'idée de retrouver celui qu'elle aimait de tout son être. Rapidement, elle croisa l'immense lit où reposait l'enfant sans nom. Le sérum anti-venin avait fait son effet, délivrant cette jeune vie qui était née de la plus étonnante des façons. Elle écarta la tenture avant de contempler le visage apaisé. Puis, soudain, elle sentit la présence d'Hypnos et remonta la source. Ses pas le menèrent vers un autre ensemble de tentures sombres.

Quoi ? Mais que se passe-t-il ici ? Mon roi ?

Alertée, elle écarta les tentures avant de se rapprocher du fils de Nyx. Ce qu'elle découvrit la laissa sans mot. Hypnos se tenait agenouillé sur le sol, son regard fuyant celui de la jeune femme. Aux soubresauts agitant son corps, elle comprit qu'il pleurait. N'écoutant que son amour, Angel approcha avec une immense douceur.

Mon roi, qu'est-ce qu'il se passe ?

Elle s'agenouilla à son tour, derrière lui, avant de le prendre dans ses bras. Angel souhaitait ménager la fierté d'Hypnos en se collant contre son dos.

Hypnos, dis-moi. Que t'arrive-t-il ? Mon cher amour ? Que t'arrive-t-il ?
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Mer 10 Oct - 1:26

Rien à faire, malgré mes suppliques elle avançait toujours, chacun de ses pas me rapprochant du moment fatidique où elle me verrait dans toute ma déchéance. Elle approchait dans mon dos alors que dans ma honte je ne parvenais plus à retenir mes larmes, sanglotant comme un enfant, comme mon reflet sombre au moment de sa déchéance.

Tu es moi, tu es moi, je ne suis rien d’autre que ton meilleur coté, toi notre ciel.

Tant de mauvais souvenirs me revenaient en mémoire en cet instant, tant de frustration, tant de honte, le regard de Perséphone et des spectres présents ce jour-là, la pensé que pendant six années ce venin maudit m’aura fait accomplir des actes très contestables dont même aujourd’hui je ne parvenais pas encore à saisir tous les tenants et aboutissants, des évènements risquant de venir compromettre des siècles de préparations minutieuses.

Mon plan est-il corrompu au-delà de toute réparation ? Ai-je tout perdu ?

Cette seule pensée suffit à me mettre dans une colère noire, je ne souhaitais la compagnie de personne, surtout pas d’elle, pourquoi ne le comprenait-elle pas ?

« Arrière Marie-Ange, laisse-moi seul je ne le répéterais pas ! »

J’essayais bien de paraître menaçant et impérieux, mais comment prendre au sérieux quelqu’un qui sanglote sans discontinuer. Comment le cœur tendre de mon amour pouvait-il ne pas se serrer devant ma misère. Elle si pure et si tendre…

Je t’en prie va-t’en, n’ajoute pas à ma honte celle d’avoir été vu par toi dans cet état…

J’aurai voulus le lui dire, mais c’était trop tard, elle m’avait rejoint, sa voix enchanteresse, son cosmos apaisant, ses bras aimants.

Parfaite, tellement parfaite…

Hélas en cet instant, sa perfection fut sa plus grande malédiction, car elle acheva de me faire sortir de mes gonds, d’un mouvement de bras je m’extirpais de son étreinte avant d'émettre une puissante vague de cosmos qui la projeta au loin au travers d’un bosquet tout proche alors que je la chassait du monde onirique que nous avions construit ensemble.

« Laisse-moi tranquille, je ne veux voir personne ! »

A peine cet acte achevé je le regretta amèrement, mais il était trop tard, sa présence s’était évaporée, elle était partie. Je l’avais attaqué et chassé comme une malpropre, elle qui ne voulait que m’aider.

« Je ne suis qu’un misérable… »

Poussant alors un cri qui fit trembler l’ensemble de la planète, je déversais ma rage accumulée depuis maintenant plusieurs jours sous la forme d’une colonne de cosmos qui s’en alla crever les nuages et le ciel si clair de notre dimension, sur des kilomètres je brula toute trace de végétation ou de vie, seul restait protégé par son propre pouvoir l’enfant dieu qui ne se reveilla pas, pas immédiatement tout du moins.

¤¤¤

J’étais à présent seul, seul au milieu du désert stérile qu’était devenu ma vie, moi le dieu du sommeil, créateur des rêves et roi du monde onirique je n’étais plus rien, je n’avais plus rien.

Combien de temps avais-je erré dans ce qui fut notre sanctuaire, combien de temps étais-je resté en ce monde, seul, enfin presque seul. Seul pour un temps tout du moins. Suite à ma décharge de cosmos, l’enfant dieu s’était réveillé, et sa transformation était surprenante. Un de ses yeux avait gardé cette teinte rouge menaçante trahissant ses origines maléfique tandis que l’autre avait gagné une couleur bleu ciel, signe que sa guérison s’était achevée sans encombre. A son réveil, il ne dut pas tout à fait comprendre ce qu’il lui arrivait, tant le monde désertique et désolé dans lequel il se réveillait devait ressembler à ce que fut notre champ de bataille. Pourtant bien vite il dut se rendre compte de la différence, il n’était plus nu, il n’était plus seul, le ciel lui-même témoignait de sa transformation et il était couché sur un somptueux lit d’ébènes à baldaquin.

Lorsque je le rencontra après qu’il se soit mis à ma recherche, j’étais étendu sur l’herbe à broyer du noir fixant le ciel nuageux, à la fois en colère et triste. Il m'approcha sans crainte et me toisant de sa taille d’enfant me parla comme si nous n’avions jamais été ennemi.

« Tu fais peine à voir mon pauvre Hypnos. »

Spoiler:
 

Devant son air si sérieux, devant son bandeau masquant ses origines, devant son apparence si princière, je me mis à rire, le premier rire depuis des lustres, je riais simplement de ma situation, devant la vérité toute simple que traduisaient les mots de mon alter-ego.

« Tu as raison, toi notre ciel, cela ne me ressemble pas.

En effet, depuis combien de temps es-tu ici ?

J’ai perdu le fil, depuis plusieurs jours, plusieurs semaines peut-être, je ne sais plus.

Et qu’as-tu appris de tout cela ?

Que j’ai échoué, que j’ai…

Faux imbécile, tu n’as pas échoué, tu es toujours ici et bien libre de tes actes non ? Je suis aussi ici et bien libre à mon tour non ? Alors cesse de te voir comme un perdant, car tu as remporté tellement plus que toutes ces broutilles auquel tu accordes tellement d’importance, tu as gagné l’amour de ta reine, et tu es bien placé pour savoir qu’il n’est pas de plus grand bonheur que celui d’aimer et d’etre aimé en retour ! »


Ses mots eurent l’effet d’un véritable coup de poing. Dans mon égoïsme, j’avais totalement fait abstraction de Marie-Ange, et à la lumière de cette révélation, je me rendis compte à présent que cela faisait bien plusieurs jours que je ne l’avais pas vu ni même sentit entrer dans mon domaine.

« Elle ne peut pas etre… Non elle était vivante, je l’ai senti…

Que marmonnes-tu encore ? »


La probabilité que j’ai pu lui faire plus de mal que je ne l’aurai imaginé m’accabla d’une peur encore inconnue, celle de perdre l’etre que j’aimais le plus au monde.

« Marie-Ange… Comme je regrette, j’arrive ma bien-aimée, je viens vers toi. »

J’allais quitter sitôt la planète onirique lorsqu’en me redressant, je contemplais l’enfant devant moi avec un profond sentiment de fierté.

« Tu es bien digne d’etre mon petit frère, grâce à toi je sais maintenant ce qui a de l’importance.

Tu veux dire que tu ne le savais pas avant ? Tu es plus idiot que tu en as l’air tu sais ?

Surement... C'est donc un idiot qui te remercie, comment dois-je t’appeler, toi notre ciel ? »


A mes mots, l’enfant rougit soudain comme si je venais de lui demander quelque chose de très gênant. Il baissa la tête avant de répondre dans un murmure.

« Pourquoi m’appelles-tu votre ciel ?

Parce que c’est de ta renaissance qu’est né le ciel bleu qui orne le firmament de la planète que notre amour à conçu. C’est grâce à toi que cela fut possible et c’est aussi grâce à toi si Marie-Ange à put se rapprocher autant du divin. Tu es comme notre ciel, là où ma lune et mes étoiles siège à mes côtés. »


L’enfant rougissait de plus belle, à présent écarlate, il serrait dans ses petits poings les pans de son manteau.

« Ciel…

Pardon ?

Ciel, je voudrais que tu m’appelles Ciel. »


Ciel. Voilà un nom bien inhabituel, un nom magnifique en vérité. M’abaissant à son niveau, je mis un genou à terre pour plonger mon regard dans son œil unique, son œil si bleu.

« Merci Ciel, tu m’as sauvé encore une fois. »

Je saisissais alors Ciel mon petit frère dans mes bras et le serrait sans retenue sachant que lui aussi était un dieu.

« Pas si fort Hypnos, je souffre encore de ton coup de dague. »

Il avait dit cela sur un ton amical et moqueur, mais l’idée était là, il avait encore besoin de repos et de temps.

« Je vais te laisser seul un moment Ciel, je dois retrouver Marie-Ange, j’ai peur pour elle à présent, je…

Cesse de perdre du temps, va la retrouver ! »


Encore une fois le pragmatisme de mon jeune frère me laissa pantois et admiratif devant la pertinence de sa réaction. Un dernier sourire lancé, et je disparus dans un nuage de poussière d’or.

« Bonne chance, grand frère… »

¤¤¤

Les recherches ne furent pas aussi simples que je l’aurais imaginé, observant le monde au travers de l'hyperdimension je vis que Marie-Ange semblait avoir pris la fuite, dans sa maison ne se trouvait plus rien, rien que son lit maculé de sang. Ma vague de cosmos l’avait apparemment blessé bien plus que je ne l’aurai crus possible.

Qu’ai-je fais ? Qu’ai-je fais ?

Elle avait apparemment tenté de s’échapper de fuir aussi loin que possible pour que je ne la retrouve plus jamais, qui sait combien de jours s’était passés depuis notre dernière rencontre. Le sang dans ses drap était sec et noir mais nul autre que moi ne devait s’en apercevoir. Usant alors de mes pouvoirs, je fis disparaître à distance le lit ainsi que les traces de sang de la chambre de la reine de mon cœur.

Inutile de donner d’avantage de raison aux saints pour s’immiscer dans une affaire qui ne les concerne en rien.

Ceci fait, je repartis en quête du cosmos de ma lune et mes étoiles, son cosmos si doux, si apaisant, si enivrant, comme une brise de printemps qui annonce l’été tout proche.

Après quelques minutes qui me parurent être une éternité, enfin je retrouvais sa piste et me rendis sur le champ à ses côtés.

Mon amour, j’arrive près de toi, puisse tu trouver la force de me pardonner pour toutes mes erreurs.
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Sam 13 Oct - 16:37

Elle ne s'attendait pas à cela. Jamais, elle ne l'en aurait cru capable après ce que tous deux venaient de traverser. Pourtant, la douleur fulgurante était là, elle lui vrillait le corps et l'âme, ne laissant aucun doute sur la réalité de ce qu'il venait de se passer. Aucun doute, cruel, c'était si cruel...

Hypnos qu'elle aimant tant l'avait attaquée et chassée de leur monde onirique. Elle ne comprenait pas, hébétée et sous le choc de cet acte aussi barbare qu'odieux, elle ne comprenait pas. Ses souvenirs étaient si vagues. L'impact contre les arbres, la vague de cosmos divin, les troncs qui s'étaient brisés et enfin cette branche qui l'avait transpercée de part en part. Elle qui ne portait aucune protection avait reçu de plein fouet la terrible décharge et à cette vitesse, tout objet pouvait se montrer dangereux. Elle n'avait pu retenir un cri de douleur mais la colère de son roi était telle qu'il n'avait pas du l'entendre appeler ou bien n'ayant plus de sentiments pour elle, il voulait s'en débarrasser. Des larmes lui échappèrent à l'instant où son corps s'effaçait du monde onirique...

Ultimes larmes qu'il ne verrait sans doute même pas...

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Un hurlement de douleur déchira la quiétude de la nuit. La Maison aux Herbes vibra un moment sous la force du cosmos avant de retomber dans un calme apparent. Ses mains crispées sur le drap, Angel se tordait de douleur. Il lui fallut de longs moments pour reprendre le contrôle. Elle saignait abondamment, une immense plaie ouverte ne laissait aucun doute sur la puissance du coup qu'elle avait reçu. D'une main, elle déchira l'un des draps avant de le presser contre elle. Ses longs cheveux poissés par son propre sang tout comme son visage, elle tenta de se redresser et d'allumer l'une des lampes à huile. Ce qui s'avéra bien difficile. Elle devait avoir perdu pas mal de sang avant d'émerger enfin.

Une lumière finit par éclairer la nuit finissante. Péniblement, elle se traîna face à l'un des miroirs avant de tomber sur son reflet. La plaie ouverte était telle qu'elle ne put retenir un nouveau cri. Les larmes redoublèrent tandis qu'elle menaçait de défaillir.

Non... Non... Pas dormir... Trouver de l'aide...

Au vu de la gravité des blessures, elle ne pourrait se soigner seule mais le cosmos résiduel ne laissait aucun doute sur l'identité de celui qui l'avait agressée.

Roi... Mon roi...

Elle était à deux doigts de l'appeler au secours pour qu'il la sauve mais face à elle-même et à son état, à tout le mal qu'il avait fait autour de lui, elle se retint. Elle l'aimait tant et il venait de lui briser le coeur de la plus cruelle des façons avant de la chasser.

Non... Non... Pas dormir, je ne dois plus dormir...

Tombant à genoux, elle se traîna jusqu'à la pièce qu'avait occupée le professeur Harcher. Elle se souvenait de son savoir et de l'estime entre eux. Un instant, elle crut le revoir occupé à lui parler de ses recherches de son art de soigner.

Professeur...

Dans un coin, il avait aménagé un abri pour chiroptères. Elle se rappelait...

Envoie-les moi si tout échoue...

D'une main tremblante, elle s'empressa de griffonner un mot avant d'enfin arriver à appeler l'une des petites vampires. A sa grande horreur,cela fut si facile. Avec tout ce sang, elle put sans le moindre mal accrocher le mot à l'une d'elle tout comme elles pouvaient se délecter du précieux liquide qu'elle ne cessait de perdre.

- Vers lui... Allez vers lui...

Elle les vit ensuite s'envoler ne sachant si elles arriveraient à temps. Elle-même devait partir, quitter ses lieux.

- Thalie...

La Muse sous sa nouvelle forme d'emprunt se trouvait dans l'embrasement de la porte, son visage pâle trahissait sa peur. Elle ne pouvait rien faire ainsi.

- Thalie, aide-moi...
- Angel... Ma petite reine.
Son regard trahissait sa peur. Si grande qu'elle occultait la colère naissante.
- J'ai mal...
- Ne bouge pas. Je vais t'emmener.
- Mais ?


Angel ne put répondre que la Muse s'empressait de la soigner comme elle le pouvait avant de la soulever.

- L'Ecosse n'est pas toute proche mais, on va y arriver. Accroche-toi, ma petite reine.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Le jour était déjà bien entamé lorsqu'elle frappa à l'huis du manoir des Carminia. Une pluie fine tombait sur l'Ecosse aussi froide que la fièvre dévorant le corps d'Angel était chaude. La portant tout contre elle, Thalie s'efforçait de l'aider. Sous cette forme d'emprunt, la Muse ne pouvait user de ses pouvoirs divins. Impuissance qui la blessait à mesure qu'Angel s'épuisait.

- Courage ma petite reine, on y est presque...

La voix de Thalie était faible, son corps d'emprunt avait très mal supporté le voyage. Il mourrait si elle ne le laissait pas reprendre des forces mais sentir la vie de la musicienne décliner était si horrible que la fille de Zeus ne pouvait se résoudre à la laisser seule le temps de trouver un autre corps. Et cette porte qui ne s'ouvrait pas. De nouveau, elle frappa à l'huis, à coups redoublés avant qu'enfin la porte ne s'ouvrent laissant apparaître les gardes qui n'avaient mis que quelques secondes à venir et avec eux le professeur Jonathan Harcher.

- Allongez-la sur la civière, vite.

Sans attendre, Thalie s'exécuta et ne retenir un soupir de soulagement en voyant l'homme se pencher sur l'état d'Angel.

- Bon sang...
- Prof..esseur...
- Chut, ne parle pas, petite Souris. Garde tes forces...


Il avait voulu se faire rassurant, lui donner ce dont elle avait le plus besoin en ce moment en plus de ses soins et se tournant vers l'homme.

- Connor, et vous autres, portez-la directement dans mon laboratoire, je dois l'opérer de toute urgence. Et se penchant de nouveau sur elle. Tu vas guérir. Je vais te sauver, petit ange.

Sa mine se fit plus sombre lorsque la jeune femme disparut.

- Toute autre femme serait morte depuis longtemps. Je ne vous cache pas qu'elle a peu de chance de s'en sortir. Son état a eu tout le temps de s'aggraver. A-t-elle perdu de nouveau connaissance ?
- Non...
- C'est Hypnos ?
- Je...
- Elle n'ose plus dormir. C'est cela ? Elle lutte contre le Sommeil...


Puis soudain, il réalisa l'état dans lequel se trouvai le corps d'emprunt de Thalie.

- Mais vous aussi ? Votre corps.
- Je la laisserai récupérer, ne vous en faites pas.
- Mina ? Conduisez la Muse Thalie dans l'une des salles, elle est une invitée de grande marque. Qu'elle ne manque de rien et qu'elle soit traitée avec tous les honneurs dus à la fille de Zeus. Maintenant, je dois vous laisser Thalie. Soyez sans crainte, jamais je ne laisserai un petit ange mourir aussi stupidement.


Sur ces mots, le professeur disparut à son tour. La journée serait longue très longues comme toutes les suivantes.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Près de dix jours plus tard, Viennes...

Le jeu de harpe de Thalie se faisait entendre dans la demeure de l'ancien saint de la Lyre, le maître d'Angel. Face aux foyer éteint, le professeur Jonathan consignait les derniers évènements qui cette fois l'avaient mené ici en cette ville baignée de nombreux arts dont celui de la musique. Près de lui, plusieurs préparations attendaient de servir. L'horloge sonnait, indiquant la prochaine séance de soins.

Dix jours sans se soucier d'elle, le regard du professeur était devenu si dur. Lui-même avait du faire face aux conséquences de l'orgueil démesuré d'Hypnos. Il songeait celle qu'il servait et à ce qu'elle aussi avait du endurer.

L'heure approchait et il allait se lever lorsqu'une présence se fit ressentir.

- Hypnos...

Déposant son ouvrage sur l'une des tables, il se dirigea vers la porte. Si le dieu du Sommeil devait se présenter face à Angel, il aurait d'abord affaire à lui.
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Sam 13 Oct - 22:58

Viennes, j’aurai dut m’en douter, c’est ici que notre relation a commencé, mais ce ne sera pas ici qu’elle se terminera, ni ici ni nulle part, car jamais je ne la perdrait.

Un souhait bien naïf plus qu’un édit. La mortalité de mon aimée aurait tôt fait de l’arracher à mes bras, que ce soit par une erreur de ma part, par les dégâts du temps ou même par ceux de l’épée Marie-Ange disparaitra.

Et rien ne pourra me consoler… Elle en viendra à mourir elle aussi, demeurant à jamais une figure de la gloire de la création dans un éclat intarissable. Mais moi, je demeurerais, seul au milieu de ce monde évoluant sans cesse, seul et à jamais rêvant de ses bras, à jamais piégé dans le passé, errant sans fin.

L’incident entre elle et moi avait fait ressurgir cette simple vérité, elle était mortelle et j’étais un dieu. Plus d’un monde nous séparait, toute ces années j’avais du mesurer chacun de mes actes même sous son étreinte amoureuse, même au plus fort de notre passion jamais je n’avais pu m’abandonner à elle. Sa condition comme la mienne me l’interdisait. Chacun de mes gestes pouvaient etre le dernier en sa compagnie.

Cette fois nous avons été étonnamment chanceux, mais la prochaine fois…

Je ne cherchais même pas à me persuader qu’il n’y aurait pas de prochaine fois, jamais je n’aurais même crus possible que je sois un jour dans l’état qui fut le mien il y a encore quelques heures. Comme nombre de mes certitudes, ma connaissance de moi-même s’était avérée bien illusoire.

Rien n’est certain…

Je désespérais de notre situation mais je savais en cet instant que certaines choses l’étaient, certaines chose qui faisait d’une existence morne et sans saveur un merveilleux voyage.

Si certaines choses le sont.

Et je me dirigeais justement vers l’une d’elle, l’objet de tous mes désirs, ma lune et mes étoiles, la reine de mon cœur.

Marie-Ange, mon aimée.

Me matérialisant dans un nuage de poussière d’or à l’entrée de la maison de l’ancien maitre de Marie-Ange, je ressentis qu’elle n’était pas seule en ces lieux, une autre présence, une présence familière, pas un éveillé, mais je l’avais déjà rencontré.

Le destin soit loué, ainsi elle n’eut pas à supporter cette épreuve seule.

J’ouvris alors la porte, un sourire reconnaissant affiché à la vision de professeur Harker s’avançant vers moi l’air grave. Sa présence en ces lieux ainsi que l’odeur des préparations médicamenteuses flottantes dans les airs achevèrent de me rassurer sur l’état de ma lune et mes étoiles.

« Humain... Professeur Harker, je ne vous serais jamais assez reconnaissant pour l’aide que vous avez apporté à la reine de mon cœur, vos dons ont dut lui éviter bien des souffrances, soyez-en béni, je suis à présent votre obligé, j’ai une dette envers vous et je souhaite bien m’en acquitter, vous n’avez qu’à demander, si cela est dans mes possibilité alors soyez sur que j’y accèderais. »

Cherchant du regard la pièce ou devait se trouvait surement alitée Marie-Ange, j’affichais soudain un air inquiet.

« Racontez-moi tout, comment va-t-elle ? Depuis combien de temps êtes-vous à son chevet ? Depuis combien de temps suis-je absent, combien de jour terrien se sont passé alors que je me morfondais dans mes erreurs ? Répondez-moi je vous en prie. »
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Mer 17 Oct - 15:05

Le son de la harpe se maintenait en dépit de la pluie d'or se déversant devant la porte, léger, apaisant, il soulageait la douleur de celle qui reposait auprès de la Comédienne au front couronné de violettes. Le temps de quelques notes supplémentaires et elle avait pris forme humaine. Ainsi se présenta le brillant fils de Nyx à la porte de l'ancien maître de l'Ange du Sanctuaire. Au chevet de la Souris, Thalie entama une mélodie plus douce comme si elle savait. Elle savait ce qu'il allait arriver entre les deux hommes. La Fille de Zeus ne pouvait ignorer l'orage sur le point d'éclater. L'atmosphère était comme alourdie et pas uniquement par le parfum des médications que Jonathan Harcher administrait chaque jour, chaque heure à la jeune femme. Angel souffrait et pourtant elle refusait, elle refusait le sommeil dont elle avait si désespérément besoin pour guérir. Sous le regard si beau de Thalie, elle dépérissait et seule la panacée que lui donnait Jonathan la maintenait en vie.

Mais pour combien de temps encore...

La main de la harpiste passa sur le front de la jeune femme dont le regard presque éteint trahissait la fin prochaine.

Tu es la compagne du dieu du Sommeil, le reine de son coeur, et il ne s'est même pas rendu compte de la gravité de ton état...

Le son de corde reprit et Thalie s'efforça de ne rien laissait transparaître en cette chambre de ce qui allait suivre juste à côté. Rien ne viendrait troubler le "repos" de la musicienne.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Le professeur faisait face à Hypnos. Tout près de lui reposaient les nombreuses médications qu'il avait préparées pour sauver celle venue vers lui. Il devait bien l'admettre, il s'était attaché à cette jeune femme malgré le mal que sa venue avait fait à celle qu'il servait. Deux êtres, qu'il appréciait énormément, avaient souffert de par la faute de ce dieu qui se tenait face à lui.

L'arrogance d'Hypnos était restait pareille à elle-même. Du moins, les premières secondes avant qu'il ne réalise la gravité de ce qu'il se passait en ces murs. Le mots du dieu le firent sourire mais associé à son regard devenu plus que dur, cela n'avait rien de rassurant.

- Vraiment ? Vous êtes prêt à cela ?

Harcher écouta la suite avant d'avancer. Le temps, il ignorait le temps passé. Le temps qui risquait de venir à bout de la volonté de sa patiente. Des pas lourds avant qu'il ne s'approche, juste ce qu'il fallait. Son poing se serra et tandis que le dieu était plongé dans ses pensées, le professeur décocha une droite magistrale qui s'écrasa directement dans la face d'Hypnos, l'envoyant valser dans le meuble tout proche qui éclata sous la violence de l'impact. il y avait mis toute sa force toute sa rage accumulée et sa rancoeur envers ces dieux qui ne faisaient que jouer avec eux, leurs fidélité et les sentiments.

Le regard noir, il ne prit guère le temps de masser son propre poing blessé et saisissant Hypnos par le col, il put voir le sang couler le long de sa joue, de ses lèvres ouvertes.

- Alors, quel effet, ça fait !! Cela, cela faisait des jours et des jours que j'en rêvais. Vous donner la correction que vous méritez. Qu'importe les conséquences tant que vous ne vous en prenez pas à Lydia pour mes actes. Vous voulez savoir quel serait mon voeux ? Et bien, ne vous en prenez pas à elle !!! Ni vous ni aucun de ceux de votre famille ni même les sombres monarques !!! Jamais, je ne tolérais qu'il lui soit fait le moindre mal, vous l'avez suffisamment torturée en vain.

Les mots du professeur était rudes mais maintenant que c'était commencé, il irait jusqu'au bout. Jonathan avait connu les pires supplices avant d'être sauvé par Cassandra. Cette époque était si lointaine mais elle n'avait eu de cesse de se rappeler à lui sous l'apparence des autres spectres de la vampire, il les servait toutes et sous les traits de Lydia, il lui semblait revoir par instant celle qui l'avait tiré des griffes d'un horrible supplice. Elle reposait au fond de sa mémoire et réapparaissait par certaines nuits. Lydia les laissait faire avant qu'elles ne se rendorment...

- En vain !!! Que gagnez-vous dans cette guerre ? Hormis le fait d'envoyer les spectres à l'abattoir avant de les jeter une fois qu'ils vous sont inutiles ? Lydia n'est morte que deux fois pour vous, je ne vous laisserai pas lui faire de mal pour une faute qui n'est que la mienne. Et maintenant.

Avec une rare brutalité, il releva le dieu avant de le pousser contre le mur, juste à côté de la porte.

- Debout !!! Venons-en à Angel !!!

Des larmes retenues et qu'il refusa une nouvelle fois de laisser paraître, ce qui rendait sa colère encore plus impressionnante.

- Vous voulez savoir comment elle va ? Et bien, elle serait hors de danger si elle n'était pas terrifiée à l'idée de laisser le Sommeil la prendre. Cela fait des jours que la Muse Thalie et moi tentons de la sauver.

Il baissa les yeux avant de frapper cette fois le mur.

- Vous l'avez blessée de la plus cruelle des façons. Le pire est qu'elle vous aime tant qu'elle n'a pas osé appeler ses frères au secours. Les blessures, les blessures dont elles souffrent portent votre marque. Une telle agression... Inutile que je vous parle des conséquences.

L'inquiétude dans la voix de Jonathan était telle qu'Hypnos ne pouvait maintenant que réaliser la gravité de la situation. A quel point la vie d'Angel était menacée.

- Vous l'avez blessée et elle a voulu vous protéger malgré tout. Le temps qu'elle me rejoigne en Ecosse, ses blessures s'étaient aggravées. Dès que cela a été possible, je l'ai fait transférer ici où elle se sent bien. Je pourrais la sauver si elle acceptait de dormir enfin... Il soupira avant de reprendre. Vous prétendez l'aimer mais seriez-vous prêt à vous abaisser à son niveau pour la rejoindre tout comme elle est allée au bout d'elle-même pour vous.

Il prit alors la poignée s'apprêtant à ouvrir la porte.

- Inutile de vous dire qu'elle est dans la chambre voisine et que je suis incapable de vous empêcher de la rejoindre. Comportez-vous en homme et pensez un peu à elle au lieu de pleurer sur vous. Pensez à elle et à tout ce qu'elle endure. Je ne vous en demande pas plus.

Un ton dur tandis qu'il attendait la réponse du dieu au visage tuméfié.

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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Mer 17 Oct - 21:03

Perdus dans mes pensées, je ne faisais que me remémorer le jour m’ayant mené à la manière d’une ligne droite vers ce moment, ce jour il y a six ans m'ayant mené ici aujourd'hui à ce moment où le fossé entre mon amour et ma nature conduirait à faire un choix. Le projet en lui-même n’étais pas nouveau, depuis les évènements de Versailles j’avais appris comment faire, mais le projet n’en était encore qu’un.

Il est peut être temps de le mettre en pratique.

Mais alors que le professeur s’avançait en ma direction, je n’eus pas le temps d’éviter, ni même l’envie de bloquer le poing qu’il lança vers moi. Je renonça à toute forme de défense, à toute forme de contre-attaque, bloquant même mon cosmos pour que lui-même n’ai pas à souffrir de son geste. Il était en colère, et il en avait le droit.

Sous la violence de l’impact, je fus entraîné en arrière heurtant alors un meuble qui ne supporta pas mon contact. La douleur résonna dans mon crane alors que je sentis un gout métallique envahir ma bouche.

Ainsi c’est ça la douleur…

Cela faisait si longtemps que je l’avais bannie de mon quotidien, cette sensation que j’avais retrouvée avec mon nouvel hôte sans pourtant l’avoir expérimenté depuis cette fameuse nuit passée avec l’ange des ténèbres.

Ça… Fait mal…

Voilà ce qu’avait du ressentir la reine de mon cœur, cette sensation si puissante, empêchant l’esprit de pouvoir fonctionner convenablement. Voilà encore une différence entre elle et moi. Je ne pouvais pas la comprendre complètement, je n’étais pas humain.

Et tandis que le professeur déversait sur moi sa colère et son ressentiment à l’égard de ma race, je restais silencieux, le regard baissé. Face à ce type de réaction, rien ne pouvait être dit. Parfois il valait mieux laisser le temps faire son œuvre.

Je fus plaqué contre un mur juxtaposant la porte de la chambre de ma lune et mes étoiles, son odeur si particulière, son cosmos s’y trouvait. Mais elle était si faible, si fragile, proche de la mort…

La mort… Mon frère… Non, tu ne l’auras pas, je te la refuse corps et âme.

« Tu m’entends mon frère !? Jamais tu ne l’aura ! Elle m’appartient comme je lui appartiens ! Jamais tu ne l’auras ! »

J’avais hurlé ces mots les yeux noyés par la rage, mon frère régnait sur son domaine d’une poigne de fer et jamais aucun humain ne lui avait échappé. Mais celle-ci serait l'exception, même si je devais l’affronter elle serait hors de sa portée.

La poigne du professeur disparut, sa colère elle perdurait, sa colère et son jugement, son jugement si imparfait. Il se dirigea vers une autre porte et confirmant mes soupçons m’indiqua la porte suivante.

Devais-je répondre à ses dures paroles ? Devais-je instruire son ignorance ? Je n’en avais ni le temps ni l’envie, j’étais las, las et inquiet. Sans ajouter le moindre mot j’ouvris la porte et put alors contempler le spectacle de Marie-Ange au porte de son dernier voyage, Harcher n’avait pas mentit pour accentuer la force de ses propos.

Je ne pris pas le temps de fermer la porte derrière moi, aussi vite que mes pieds me le permettaient, je rejoignis le chevet de ma lune et mes étoiles, je voulus lui prendre la main, déposer sur son front un baiser, la prendre dans mes bras, mais je ne pus m’approcher assez près, quelque chose au fond de moi m’imposais de rester à distance, m’imposer de bannir tout contact physique avec elle pour le moment. Finalement je m’asseya sur le lit à son chevet, tout en essayant de soutenir au mieux de mes possibilités son regard vide.

Je restais muet, incapable de produire le moindre son, mais quelque chose vint s’exprimer pour moi, sur mes joues perlèrent avec mon sang des larmes qui chutèrent sur la couverture. Jamais je n’avais eu aussi honte de moi, j’étais tellement désolé, mais aussi tellement impuissant.

Six ans… Six ans de précautions et au final cela a-t-il changé quoi que ce soit ?

La réponse était évidente, ces six ans avait été sans heurte, mais il suffisait d’un geste de ma part pour ôter la vie de celle à qui je tenais plus que tout.

Je ne serais pas celui par qui ta fin arrivera, jamais plus je ne mettrais tes jours en danger par ma nature. Je dois changer pour toi mon amour, j’aurais dû le faire il y a des années.

Levant la main à plat entre elle et moi, un nuage de poussière d’or s’y massa avant qu’une immense concentration de cosmos s’y ajouta. Lentement le nuage s’effondra sur lui-même dans une brillante lumière dorée, lentement ma pensée prenait forme.

« Plus jamais… »

L’opération prit fin sans un bruit. Dans ma main se trouvait à présent un simple anneau d’or, brillant et parfait, sans ornement, sans gravure, rien qu’un simple anneau de bel or.

« Pour toi mon amour, je renoncerais à tout. »

L’anneau fut rejoint par un pavot écarlate que je pris dans mon autre main avant que d’un geste, j’enfile l’anneau. Aucun changement spectaculaire ne survint, rien de brillant, rien de sonore, rien… En fait cet acte avait été remarquable plus par ce qu’il avait fait disparaître plutôt que par ce qu’il avait provoqué. J’avais par ce geste scellé totalement mon cosmos, j’avais perdu mon statut de dieu ainsi que mes pouvoirs par ce simple geste. A présent plus rien ne nous séparerait elle et moi. Me regardant dans un miroir qui ornait un des murs de la chambre, je vis que mon étoile frontale avait elle aussi disparue, seule mes yeux doré trahissait encore mon identité. Le visage plus douloureux que jamais, je me retournais vers celle pour qui j’avais renoncé à tout ce qui faisait de moi un dieu.

« A présent plus jamais ma main ne pourra te blesser, pas tant que cet anneau, symbole de mon engagement envers toi, ornera mon doigt. Je n’ai pas envie que tu me pardonnes, car je suis sans excuses, je comprendrais parfaitement que tu ne me fasses plus confiance, plus jamais nos jours seront comme avant. J’ai dévasté notre relation, à jamais. Toutefois si tu es d’accord, nous pourrons reconstruire ce qui fut détruit. Ne me donne pas ta réponse maintenant ma reine, pour le moment laisse le sommeil apaisait ta douleur, laisse-moi t’aider à guérir. »

Le pavot vint alors toucher le front si pale et brûlant de la reine de mon cœur, une geste tendre, celui d’un homme envers son amante.

« Sache que je t'aime, plus que ma propre vie, et que si pour te sauver je dois disparaître de ton existence alors je le ferrais. Dort bien mon amour, quelqu’un sera là pour t’accueillir de l’autre côté. »
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Jeu 1 Nov - 21:48

Le cri de Hypnos avait résonné dans la pièce faisant sourciller le professeur Harcher.

Ainsi, il est prêt à se battre contre le seigneur Thanatos, son propre frère jumeau par amour. Pour elle...

Maintenant qu'il ressentait sa fin s'approcher, qu'il était pleinement conscient de la gravité de ses actes, de leurs conséquences, il réagissait, enfin. Jonathan l'avait relâché, lui laissant le loisir de ressembler ses pensées, de faire le point sur les derniers évènements. La violence qui l'avait traversée avait fini par s'apaiser. Il voulait parler au nom de ceux qui lui étaient chers et c'était chose faite. Ses actes étaient proches du pire des sacrilèges mais il ne regrettait rien. Jamais, il ne regretterait ni n'implorerait les dieux des Enfers pour ses actes. C'était pour Lydia et pour Angel.

Pour elles... Pour la merveilleuse dame Vampire qui n'a eu de cesse de tenir sa promesse envers moi, malgré les siècles malgré le passage des générations et de ses différents éveils. Même si celle que j'avais connue a disparu depuis si longtemps, sa promesse, elle, a survécu comme son âme immortelle et son incroyable pureté. Elle est et reste la lumière, l'Etoile des Ténèbres...

La Belle Ténébreuse...


Puis, le son de la harpe lui parvenant, ses pensées reprirent..

Et pour elle, l'Ange du Sanctuaire, la petite reine venue chercher l'aide de l'Ange des Ténèbres avant de se plonger dans toute cette épreuve par amour pour vous. C'est grâce à des êtres comme elle que l'on sait que tout n'est pas aussi pourri qu'on pourrait le penser en cette humanité. Elle et son défenseur. Vous leur avez tant fait de mal et ils ont pris des risques immenses pour vous sauver, tous les deux tout comme Lydia...

Le professeur se contenta de le regarder passer la porte. C'était à lui maintenant de veiller sur elle et de la sauver. Il attendit simplement que le divin fils de Nyx se soit engouffré dans la pièce voisine pour s'en retourner vers les potions qui attendaient qu'Angel les prenne.

Le son de la harpe se poursuivit mais sur un ton plus lent, plus mélancolique. Thalie avait les yeux rivés sur le seigneur Hypnos. Un regard lourd pesant de tout son poids sur Hypnos. Muse, elle était, muse, elle restait. La puissante fille de Zeus faisait peser tout le poids de son indignation et de son chagrin sur le coeur d'Hypnos. Qu'il ressente à travers le pouvoir de la divine inspiratrice ce qu'était la souffrance d'Angel. La blonde artiste reposait sur le lit le plus confortable que la jeune femme avait pu lui offrir, profitant des flammes vivifiantes des bûches se consumant dans l'âtre. Plusieurs bouquets de fleurs et des brûles-parfums répandaient une odeur agréable couvrant celle de la maladie. Elle lavait elle-même les plaies de la Saltimbanque, aidant le professeur et ménageant la pudeur de la jeune femme à chaque fois qu'elle le pouvait.

Le regard de la magnifique Thalie couronnée de violettes avait sans le moindre doute du influencer quelque peu le dieu du Sommeil. Et si cela n'était pas le cas, c'était qu'il était simplement dénué de tout coeur et de sens.

Angel remua doucement et son regard vide croisa celui du roi de son coeur. Elle ne put s'en rendre compte mais le glorieux et si fier fils de Nyx pleurait, le visage tuméfié suite au coup d'un simple mortel au service de l'une des spectres. Un humain, un esclave comme les dieux des Enfers auraient pu se complaire à l'appeler mais dont la force d'âme surpassait bien des guerriers.

Les larmes coulèrent mêlées au sang avant de s'écraser sur les draps et Thalie s'adoucit, soulageant quelque peu Hypnos du poids de sa présence. Une larme du dieu du Sommeil, c'était si rare à contempler. Lui qui semblait si éteint si détaché de tout. La Muse le regarda en silence ainsi que la tendre Souris couchée sur son lit. Elle les contemplait tout les deux, témoin soudain muet que le dieu aux cheveux d'or semblait avoir occulté de ses pensées tout comme le professeur Harcher.

Hypnos avait pris sa décision. Face à lui, un nuage doré apparut avant qu'il ne se ramasse sur lui-même se changeant en un anneau d'or accompagné d'un pavot écarlate. Un instant, tous purent entendre Hypnos murmurer quelque chose à Angel, un nouvel engagement, un serment envers elle. Personne ne fit le moindre bruit, même les bûches semblaient avoir cessé de crépiter pour ne pas rompre la magie de cet instant. Un geste et il passa l'anneau d'or à son doigt. Rien ne sembla avoir lieu et pourtant...

Ainsi, tu viens de lui offrir le plus beau des présents. Tes sentiments sont donc si puissants Hypnos ? Pour elle, tu as accepté de renoncer à tes pouvoirs.

Le miroir renvoyait juste l'image d'un jeune homme, d'un âge indéfinissable, doté de sublimes yeux dorés et au font libre de toute marque ou autre signe. D'un geste empli de douceur, il effleura le front de sa reine de son pavot. Une étincelle sembla traversé le regard fiévreux de la tendre musicienne et elle sourit en s'endormant. Le sommeil paisible enfin...

Un simple voix résonna une dernière fois avant que la jeune femme ne s'enfonce dans les méandres du Sommeil, s'avançant vers la beauté du monde onirique.

- Maintenant, qu'elle peut enfin se reposer, je pourrais la sauver. Joignez-vous à moi pour la soigner et panser au mieux ses blessures, vous qui êtes son roi, son époux...


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Le monde onirique dans lequel Angel prit pied n'avait rien de commun avec celui qu'elle avait quitté quelques jours plus tôt, chassée par son roi avant de se retrouver grièvement blessée entre les draps de la Maison aux Herbes. Pâle et chancelante, la jeune femme se releva, parée de ses seuls pansements et du médaillon d'argent que lui avait offert Hypnos. Ses longs cheveux pendant tels une cape d'or dans son dos, elle avançait seule et ébahie de tant de désolation.

Mais où suis-je ?

Son magnifique regard se leva vers le ciel et elle ne put s'empêcher de pleurer.

Ou suis-je ?

- Hypnos ? Où es-tu, mon roi ? Où es-tu ?

L'appel de la jeune femme résonna, elle avait l'impression de revivre son arrivée dans le monde onirique juste avant l'affrontement face à Bloody Hypnos. Son coeur se mit soudain à battre plus vite, l'épuisant davantage et la jeune femme du s'arrêter avant de crier d'une voix faiblissante.

- Hypnos !!!
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Ven 2 Nov - 1:49

Il me sembla apercevoir une lueur de soulagement avant que les yeux d'émeraudes de la reine de mon cœur ne se ferment sous l’action du pavot narcotique. Je ne pouvais plus me fier qu’à mes sens humains désormais. A présent coupé de ce qui avait était mon essence depuis les temps immémoriaux je ressentis comme un énorme vide s’emparer de mon être alors que je coupais les ponts avec l’univers tout entier. Mon pouvoir ainsi scellé, il reviendrait à Morphée la tache d’apporter le sommeil aux entités pouvant y accéder. J’avais agi sans concertation et surtout sans hésitations. A présent je n’étais plus que le roi de son cœur, si toutefois elle voulait bien de moi à son réveil.

L’embrassant sur le front tendrement, la douleur se réveilla soudainement dans la zone tuméfiée de mon visage alors que mes lèvres entraient en contact avec le front brûlant de ma lune et mes étoiles, un baiser d’amour autant qu’un souhait, le simple souhait de la revoir en meilleur santé à son réveil.

Dans mon empressement j’avais oublié d’apporter avec le pavot le nectar qui aurait accéléré sa guérison, je me serai battu moi-même pour un tel oubli et il était hors de question d’ôter cet anneau avant longtemps. Je devais l’aider d’une autre manière. Et alors qu’elle s'enfonçait paisiblement dans le royaumes des songes, une voix résonnait dans ma tête, une voix familière appartenant à la muse inspirant celle qui régnait sur mon cœur. Je compris alors où était ma place et quel serai mon rôle à présent.

Merci divine Thalie, toi qui veille sur elle depuis si longtemps. Comme j’ai dû te décevoir également…Puisses-tu me pardonner toi aussi pour mes erreurs.

J’aurai pu laisser le désespoir et l’amertume me submerger à nouveau comme cela avait été le cas quelques heures oniriques auparavant, mais j’avais retenu la leçon, et la douleur qui le lancinait ne me permettait plus un tel luxe. Me levant après avoir donné un dernier baisé sur la main pale et délicate de Marie-Ange, je quittais la pièce, laissant la reine de mon cœur assoupie aux soins de son inspiratrice, pour rejoindre quant à moi le lieu où je serais le plus utile en attendant le réveil de la reine de mon coeur. Il me suffit de suivre l’odeur entêtante des préparations médicamenteuses pour trouver le professeur à présent afféré à ses mixtures et visiblement apaisé. Je fis mon possible pour articuler avec le maximum de clarté, mais mes talents avaient aussi leurs limites, surtout sous une forme aussi diminuée.

« Professeur, aidez-moi à la sauver, laissez-moi vous aider à réparer mes erreurs. »

¤¤¤

Loin au travers des dimensions et du temps se trouvait à présent l’esprit d’Angel, nue et blessée, seule dans un désert de cendre et de roche incinérées, son voyage dans le monde des songes ressemblait à s’y méprendre à une visite d’Icélos. Et alors qu’elle clamait le nom de celui que son cœur invoquait céans, celui-ci resta sourd à ses supplications pour une raison encore inconnue d’elle. Elle resta donc seule durant de longues secondes avant qu’enfin répondant à l’apparition de son cosmos et de ses cris dans ce lieu d’ordinaire si paisible, un autre personnage se manifeste près d’elle sous la forme d’un nuage de poussière de saphir qui s’aggloméra pour devenir le corps d’un enfant vêtu d’une tenue somptueuse bleu-ciel et portant un cache-oeil sur son orbite droite.

Spoiler:
 

« Marie-Ange ? C’est vraiment toi ? Par tous les feux du sombre empire regarde donc dans quel état tu es… »

La voix désolée et inquiète de Ciel ne laissait supposer aucun doute quant à ses sentiments pour elle. Se saisissant de sa veste Ciel la tendit à la co-créatrice de ce monde qui avec son retour commençait déjà à se restaurer. Deux des trois fondateurs de cet astre de possibilité onirique étaient à présent réunis à la surface de celui-ci et leur pouvoirs conjugués transformaient le monde autour d’eux. L’herbe poussait à nouveau avec patiente et délicatesse, les nuages s’évanouissaient et les cendres s’évaporaient aux quatre vents. Même l’état de Marie-Ange semblait s’améliorer au contact de leur création et de Ciel, l’enfant dieu émergé du venin d’Eris.

« Lààààà, c’est déjà beaucoup mieux n’est-ce pas ? Allez suis-moi maintenant, quittons cet endroit déprimant, nous aurons tout notre temps pour le reconstruire de fond en comble une fois qu’Hypnos sera de retour parmi nous. »

Se saisissant de la main de Marie-Ange, Ciel s’envola soudain, emportant avec lui l’ange du sanctuaire vers un lieu plus approprié pour une convalescence.

S’éloignant du fantastique cratère qu’avait causé la colère du fils de la nuit, Ciel et Marie-Ange parvinrent bientôt à une rivière que juxtaposaient plusieurs hectares d’arbres fruitiers. Le ciel limpide et la lumière éclatante qui en émanait rendaient ce paysage féerique car c’est bien dans cette optique précise de générosité et de pureté qu’avait été conçue cette planète.

Atterrissant en douceur tout en prenant d’infinis précautions pour que Marie-Ange ai le moins d’effort possible à faire, Ciel usa alors de son influence sur ce monde pour qu’au pied de l’arbre le plus proche, la mousse devint dense au point de pouvoir s’y allonger sans ressentir ne serait-ce qu’infimement la dureté du sol.

« Je suis navré, j’aimerai pouvoir faire mieux, mais je ne suis pas maître de ces lieux, je ne dispose que d’une influence limitée. »

Déposant Marie-Ange sur son lit de verdure, Ciel fixât de son œil unique le visage de l'ange du sanctuaire et cru y deviner la soif ainsi que la faim.

« Ne bouge pas, je m’occupe de tout. »

Et alors qu’il courrait vers la rivière, il tendit la main en direction d’un poirier dont quelques fruit juteux lui filèrent dans les bras. Lavant les fruits dans l’eau claire, Ciel fut bien embarrassé de constater que rien à proximité ne pourrait lui servir de coupe ou de vase pour étancher la soif hypothétique de l’ange du sanctuaire.

Revenant un peu penaud et surtout désappointé par son échec, Ciel déposa alors délicatement et une à une les quelques poires auprès de Marie-Ange.

« Je suis désolé, je n’ai rien pour transporter l’eau avec moi. J’espère que ces fruits te satisferont, autrement il ne me restera plus qu’à te porter jusqu’à la rivière. »

Ciel parut presque rire de sa plaisanterie et alors que son visage prenait un air heureux, il comprit bien vite que les plaisanteries n’étaient pas encore à leur place dans cette atmosphère.


Dernière édition par Hypnos le Sam 3 Nov - 19:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Sam 3 Nov - 19:21

Un son si doux, la voix d'une Muse, qui avait-il de plus merveilleux que le choeur des Muses sous la conduite des enfants jumeaux de Zeus ? Thalie était l'une d'elle, toute son apparence, même dans un corps d'emprunt, reflétait sa beauté et les arts qu'elle représentait.

- Te pardonner ? Tu as du bien changer, noble fils de Nyx, depuis notre dernière rencontre pour faire une telle demande. Même à moi, Thalie, fille de Zeus. Puis, souriant en contemplant la blonde artiste enfin assoupie, son regard s'adoucissant tout comme la musique qu'elle cessa un instant de jouer. Il est normal que je prenne soin des artistes qui me sont confiés, surtout un tel ange. Qui peut rester auprès d'elle sans le réaliser ? C'est si rare de croiser un être capable d'émouvoir un dieu tout comme autrefois mon cher Orphée. Mon neveu dont les mélodies étaient si belles qu'elles avaient fait couler les larmes du sombre Hadès, des larmes de métal, si belles si douloureuses qu'il était prêt à lui rendre la tendre Eurydice.

D'un autre geste elle se leva avant d'entrouvrir une des fenêtres, offrant de la sorte un instant d'intimité entre la patiente qui reposait sur sa couche et son époux. L'air frais s'engouffra aussitôt, chassant un instant l'odeur de maladie flottant dans la chambre. Les tentures se gonflèrent doucement avant qu'elle ne referme. Le temps qu'elle se retourne et elle vit Hypnos penché sur la reine qu'il s'était choisie, celle qui régnerait sur son coeur, le plus magnifique des Royaumes. Le dieu devenu homme posa un dernier baiser sur la peau si pâle et brûlante d'Angel. Dernier geste envers elle avant qu'il ne se lève, la quittant pour rejoindre le professeur Harcher. Nul doute que ces deux-là auraient encore bien des choses à se dire. Délaissant de nouveau sa harpe, la jeune repoussa la porte dans le plus grand des silences refermer. Le calme était de mise maintenant que l'Ange aux ailes de neige et d'argent dormait enfin.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Enfin, la blonde Angel reposait mais son sommeil n'avait rien de paisible. La jeune femme remuait entre les draps que Thalie reposait sur elle. Simple signe de la tourmente que la reine blanche venait de découvrir en foulant de nouveau les terres oniriques.

Monde en proie au chaos où la voix du chevalier de la Lyre ne cessait de se répercuter, appelant de toute la force de son âme le roi de son coeur.

- Hypnos...

Le vent se levait tandis qu'elle continuait à avancer le corps tout juste enveloppé de bandages et rehaussé d'onguents. Tout autour d'elle n'était que cendres et désolation. Même leur ciel avait perdu de son éclat et dans son désespoir, elle demeurait seule, nue égarée dans un monde qui n'avait plus rien de commun avec celui qu'elle avait laissé derrière elle.

Nul écho à sa demande, nulle voix, nulle présence que des cendres et de la tristesse. La grisaille perpétuelle d'un monde minéral, détruit par la fureur de celui qui l'avait si cruellement chassée.

- Hypnos...

Elle était si faible qu'elle finit par s'agenouiller pour reprendre quelques forces. Un vent sec et désagréable la fit soudain tousser, souillant de cendres son corps nu et blessé avant qu'un nuage aux magnifiques reflets de saphir ne la rejoigne. Ses merveilleux yeux bleu émeraude s'ouvrirent à cette nouvelle apparition.

Hy... Non, ce n'est pas lui...

Elle ne put retenir son cri de surprise en découvrant un enfant debout devant elle. Un jeune garçon portant un bandeau et dont le visage lui était pourtant si familier. Elle sentit les larmes pointer à ses yeux en découvrant ce visage connu.

- Toi ? Toi, le petit frère d'Hypnos.

Encore incrédule, elle ne réalisa pas de suite l'inquiétude du jeune garçon richement vêtu à son égard ni son cri de panique. Elle sentit soudain la veste qu'il posa sur elle et sa nudité souillée de sang et de cendres et ce fut à ce moment là qu'elle réagit enfin, posant sa main tremblante sur le bras de l'enfant.

- Toi... Merci, merci. Je savais que tu t'éveillerais, merci...

Elle ne savait pas encore comment l'appeler. Il ne lui avait pas encore fait part de son prénom ou celui qu'Hypnos lui aurait donné. Le contact de ce jeune frère d'Hypnos né des suites de l'empoisonnement, personnification de Bloody avant que les deux amants ne le délivrent de cette effroyable condition lui apportait un tel réconfort. Elle le contemplait, si émue malgré sa souffrance. L'Amour était venu à bout de la Discorde. Amour que jamais Eris ne connaîtrait, jamais elle n'aurait la chance de le connaître. Le regard de l'enfant brillait et elle se sentait rougir devant sa chaleur. Lui aussi l'aimait et était un adulte dans un corps encore si juvénile. Elle n'aimait que Hypnos et le temps viendrait où les choses devraient reprendre leur cours, les sentiments et relations entre eux éclaircies mais ce moment n'était pas encore arrivé.

Soudain sa main effleurant les corolles des premières fleurs renaissant près d'eux. Angel sentit ses tremblements cesser avant que la voix du garçon ne reprit sur un ton apaisant. Un sourire et elle lui répondit.

- Il n'est pas là ?

Une telle inquiétude en elle. La Saltimbanque l'aimait sincèrement et cela Ciel ne pouvait que le comprendre même s'il ne montrait nulle jalousie. Elle se laissa simplement emmenée vers des lieux plus agréables. Des lieux qui correspondaient à ce que tous trois avaient construits de leurs seuls efforts. Ce qu'il subsistait de leur monde onirique.

Avec d'infinies précautions, le jeune dieu la déposa sur le sol. Il prenait un tel soin d'elle qu'elle retenait ses gémissements. L'Ange du Sanctuaire souffrait encore tant et elle était encore si perdue. Elle se laissa alors glisser sur le lit de mousse que lui avait offert Ciel avant de le voir partir chercher de quoi la nourrir et la désaltérer.

- Merci...

En croquant dans l'un des fruits si dorés et juteux, elle se rendit compte à quel point la faim la tiraillait et tandis que son sauveur l'aidait, elle se mit à pleurer. Des larmes pures et si douloureuses. Elle ne pouvait retenir le flot de sa peine tant cela avait été intense.

- Pardon... Tu es si gentil avec moi et je ne sais même pas encore ton nom.

Elle ne put aller plus loin, pleurant de plus belle, avant que son cosmos ne fasse apparaître une représentation de l'ange qui se changea en une fontaine si pure que des fleurs germèrent dès que les premières gouttes touchèrent le sol.
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Sam 3 Nov - 21:20

Lorsque l’ange du sanctuaire porta à ses délicates lèvres le fruit juteux et parfumé, Ciel n’eut aucun mal malgré son inexpérience à reconnaître dans le regard de Marie-Ange le plaisir ainsi que la félicité. En revanche l’enfant-dieu resta interdit alors qu’il aperçu des larmes s’échapper des yeux d’émeraudes de la reine de ce monde.

« Oh non ne pleure pas Marie-Ange, je suis désolé, je… »

Le jeune dieu s’interrogeait sur les raisons de ces larmes. Inquiet et nerveux, Ciel se mordit la lèvre alors que ses pensées fusaient dans tous les sens. Etait-ce l’absence d’Hypnos qui torturait la reine de son cœur ? Etait-ce la soif qui la tenaillait ? Ou était-ce simplement la douleur lancinante ?

Rien de tout cela en vérité, c’était simplement l’attention de Ciel qui avait atteint le cœur tendre et pur de l’ange du sanctuaire. Ces larmes innocentes ne devaient pas être perdue car chacune étaient pour l’enfant-dieu plus précieuses que tous les joyaux terrestres.

« Marie-Ange… Je t’en prie ne tarie pas encore cette rivière de diamant qui illumine mon âme. Chacune de tes larmes te sublime tel un millier de bijoux témoignant de concert de ta gloire non ternie. »

Disant cela, l’enfant-dieu avait dirigé sa petite main vers l’avatar de beauté qui se trouvait devant lui, et à sa demande, au lieu de venir mourir sur le lit mousseux sur lequel reposait Marie-Ange, les larmes de l’ange du sanctuaire s’envolèrent pour venir se placer en suspension au-dessus de la paume ouverte de l’enfant-dieu. Ses mains se refermèrent alors sur son trésor et alors que son cosmos se concentrait dans le creux ainsi formé, le visage de Ciel affichait un air à la fois heureux et ému, ses propres larmes menaçaient de venir rejoindre le trésor qu’il enchâssait à présent dans une fiole de cristal impérissable qui pour toujours témoignerait de l’instant béni qu'avait été le leur. Un promontoire d’argent et de bois ouvragé vint achever cet hommage à la plus belle chose qu’avait contemplé le jeune dieu.

Spoiler:
 

Ciel voulu remercier sur le champ Marie-Ange pour ce don qu’il chérirait plus que tout, mais sa voix fut stoppé par la manifestation de influence qu’avait la reine sur ces lieux. Son cosmos matérialisa une représentation angélique qui déversa son eau miraculeuse au leur pied. Là où l’eau passait, la nature la saluait de mille fleurs éclatantes. Cette eau venait du cosmos de l’ange du sanctuaire, ce même cosmos ayant donné vie à ce monde, il était pour lui source de renouveau et de prospérité. Ainsi sa seule présence suffisait à rendre plus beau tout ce que ce monde contenait et contiendrait.

« Il semble que notre voyage vers la rivière ne sera pas pour tout de suite. »

Un rire, un rire d’enfant illumina le visage de Ciel alors que dans son œil encore embué se lisait le soulagement de savoir l’ange du sanctuaire capable d’encore tant de miracles malgré son état.

S’asseyant aux pieds de Marie-Ange, Ciel fixa la voûte céleste qui reprenait peu à peu consistance. L’état des créateurs de ce monde influait directement celui-ci, et à présent l’espoir été revenue. Redevenant le manteau d’azur limpide qu’il avait été, Ciel se régénérait maintenant alors qu’une douce brise se leva alors, chaude et agréable comme la caresse d’un soleil encore absent de la voûte céleste où la lune et les étoiles avaient repris place.

Grand frère, où es-tu maintenant qu’elle a besoin de toi ?

Simplement heureux, Ciel se tourna vers Marie-Ange et contempla encore un instant celle pour qui il éprouvait tant, des sentiments qu’il n’était pas sur de comprendre lui-même, étant seulement certain que quelque chose d’intense la liait à lui, et lui à elle. Les souvenirs de l'enfant-dieu étaient confus, Bloody-Hypnos avait bien disparu ce jour-là, et désormais cet enfant n’avait plus qu’un œil pour seul vestige de son histoire, un œil dans lequel se trouvait désormais caché ses plus noirs souvenirs.

« Ne t’en fais pas, grand frère ne tardera pas, où qu’il soit il a dut sentir ton arrivé dans son monde, il sera là bientot. »

Ciel se releva alors avec un grand sourire moqueur sur le visage et les mains sur ses hanches.

« Mais en attendant, il te faudra encore te contenter de moi. »

S’approchant de la fontaine féerique, Ciel sortit alors un mouchoir de dentelle de sa manche et l’humidifia avant de s’agenouiller près de l’ange du sanctuaire pour le lui tendre.

« Pour te débarrasser de la cendre qui ne sied vraiment pas à ton teint. »

Un sourire complice ornait désormais le visage de Ciel alors qu’il s’allongeait les mains derrière la tête auprès de l’ange du sanctuaire.

« Ah oui au fait, grand frère m’a donné un nom. Ciel, c’est ainsi que je m'appelle. »
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Lun 5 Nov - 20:48

Brillantes et si belles, véritables joyaux d'une pureté incomparables, les larmes de l'Ange du Sanctuaire enchantaient l'enfant-dieu maintenant qu'il en avait compris l'origine. Une source qu'il n'avait jamais contemplé avant ce jour qui marquait le renouveau. Elles étaient les témoins de l'émotion faisant vibrer l'âme de la reine blanche qu'avait tant désiré Bloody Hypnos avant sa chute et la naissance de cet enfant-dieu dont Hypnos avait brisé l'ultime chaîne, d'un seul coup de dague.

Un sourire entre les larmes d'Angel à la demande du jeune dieu avant que ses larmes ne s'envolent venant rejoindre sa paume ouverte. Une lumière magnifique inonda les mains de Ciel tandis que le seul oeil qu'il laissait paraître brillait de par trop. A croire qu'elle l'avait atteint elle aussi. Il tenait à elle lui aussi. Elle n'en doutait point, nulle ombre de doute, le tout était de savoir qu'elle était la nature exacte des sentiments de Ciel à son égard. Enfin, tout viendrait en son temps.

Un autre sourire en découvrant la splendide création de cristal dont l'enfant avait entouré ses larmes, les conservant comme un souvenir précieux. Un instant s'écoula ainsi entre eux lui faisant presque oublié le poids de sa douleur. Enfin, il reviendrait bien assez tôt, pour l'instant, c'était l'émerveillement de voir une telle source prendre forme sous la seule influence de son cosmos insuffler une nouvelle vie à cette terre dévastée par la colère d'Hypnos.

Se resserrant dans la veste de l'enfant, elle sentit soudain le froid la gêner ainsi que ses pansements qui ne demandaient qu'à être changés. Un geste et elle reçut des mains de l'enfant de quoi se débarrasser de la cendre qui lui couvrait encore le visage. Quelques gestes plus tard et elle l'entendit de nouveau reprendre la parole avant de plaisanter sans qu'elle ne réagisse de suite. Au nom d'Hypnos, le roi de son coeur malgré son geste de folie, elle avait senti son coeur se resserrer. Il allait venir la rejoindre ? A cette idée, la blonde musicienne ressentit un mélange de joie et de crainte. Rien ne serait simple dans leurs retrouvailles. La Saltimbanque avait failli succomber à ses blessures avant que le fils de Nyx ne la retrouve.

Hypnos ? Que lui est-il arrivé pour qu'il fasse cela ? J'ai failli mourir et je ne suis même pas encore certaine de guérir...

Elle entrouvrit sa veste, laissant apparaître les blessures et surtout celle qui lui avait traversé le corps. Une simple branche avait presque eu raison d'elle. Mourir d'un coup de branche d'arbre, quelle honte pour un chevalier. Elle devrait aussi se laver mais ce serait quand elle aurait repris assez de force pour le faire. Elle entendit soudain le nom de l'enfant.

- Ciel ? Comme celui d'azur brillant au-dessus de nous ? Comme l'éclat de ton regard...

Une voix très douce.

- Cela te va à merveille. Ciel... C'est toi qui l'a aidé n'est-ce pas ? Il devait être...

Elle baissa soudain la tête, elle tremblait.

- Il m'a...

Hypnos l'avait chassée et blessée mais c'était aussi lui qui l'avait fait retourner en ces lieux dévastés mais promettant de redevenir enchanteurs. Elle se sentait si pitoyable face à Ciel mais elle était perdue depuis ce terrible geste qui avait failli lui coûter la vie.
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Lun 5 Nov - 22:43

Grand frère, où-est-tu maintenant ?

Ciel ne laissait rien paraitre, mais il était inquiet. Il ne parvenait plus à ressentir la moindre trace du dieu du sommeil et ce depuis maintenant plusieurs heures. Plus rien, ni ici, ni ailleurs. Toutes traces du cosmos du fils de la nuit avait subitement disparues, comme tout simplement évaporées dans le néant.

Tournant ses pensées vers l’ange du sanctuaire alors qu’elle le complimentait sur le nom que son grand frère avait choisi pour lui, Ciel devinait autre chose que de la complicité dans le regard de Marie-Ange, quelque chose la terrifiait. Tout son corps était parcouru de tremblement et ce n’était certainement pas la quasi-nudité de l’ange du sanctuaire ainsi que la tiédeur de la brise qui en étaient les seuls responsables.

Que puis-je faire pour elle ? Je n’ai que si peu de pouvoir comparé à grand frère…

Ciel était désemparé, il ne pouvait pas s’introduire dans l’esprit d’une personne lui étant si chère, cela aurait été comme un viol à ses yeux. Il ne pouvait pas non plus matérialiser ses pensées aussi simplement que ne le faisait Hypnos, lui seul était en mesure de faire cela, c’était là son apanage.

Son apanage à lui et à la reine de son cœur dans ce monde qu’ils ont construit…

Le regard de Ciel s’illumina alors qu’une révélation lui apparaissait. Lui aussi était un des créateur de ce monde, lui aussi était à la fois un arpenteur et un architecte.

Je peux le faire. Je dois le faire !

La volonté était là, mais restait toujours le problème du moyen. En effet comment fallait-il s’y prendre pour matérialiser une pensée dans une réalité quelconque ? La question pouvait paraître idiote, mais en fin de compte une seule personne s’était jamais osé à demander au fils de la nuit sa technique, s’il s’agissait bien là d’une technique.

Réunissant devant lui ses deux mains, Ciel commença à y concentrer son cosmos à la teinte du saphir. Des volutes éthérées et scintillantes empruntaient le passage entre elles sans pour autant parvenir à prendre forme. Le cosmos était là mais il manquait quelque chose.

Ainsi perdura la tentative de Ciel pendant de longues secondes, d’interminables secondes durant lesquels l’enfant -dieu s’évertuait à reproduire ce que l’ange du sanctuaire avait fait peu avant cela.

Allez, allez !

Ciel tenta alors d’utiliser plus de cosmos, et bien que les volutes gagnèrent en brillance et en nombre, il ne se trouvait toujours rien entre ses mains. Pire, l’énergie ainsi accumulée commençait à représenter un danger immédiat pour tout ce qui se trouvait aux alentours de l’enfant-dieu.

Voyant à ses pieds l’herbe prendre une teinte ocre, Ciel comprit qu’un étalage de force ne servirait de rien. Il n’était pas Hypnos et il avait été impudent de se croire capable de réaliser lui aussi des miracles.

« Je suis désolé. En fin de compte je ne suis pas grand frère… »

Disant cela Ciel avait commencé à réunir dans ses mains des touffes d’herbes sèches avant de les rassembler en tas, tendant la main vers la rivière toute proche, une série de galet et de rocs s’en extirpa pour venir encercler la motte d’herbe sèche qui soudain prit feu dans une gerbe d’étincelles bleutés. L’herbe allait vite venir à manquer, aussi Ciel commença à attirer à lui tout le petit bois que son œil unique pouvait déceler,il allait falloir beaucoup de combustible pour que les flammes chaudes et brillantes ne meurent pas.

« Voilà, j’espère que tu te réchauffes maintenant ? Je sais que grand frère aurait sans doute fait beaucoup mieux, mais il ne m’a pas laissé de notice d’utilisation de votre capacité à matérialiser vos pensées. Il faudra que je lui demande lorsqu’il arrivera. »

Le ton était léger, insouciant, Ciel tentait de chasser la tristesse de Marie-Ange par cette attitude touchante, mais au fond de lui il savait que cela ne saurait suffire.

S’asseyant finalement aux cotés de l’ange du sanctuaire que le feu bleuté devait avoir commencé à réchauffer, Ciel se préparait à entamer une conversation qu’il avait souhaité éviter à tout prix. Il n’était pas Hypnos, aussi que pouvait-il dire ?

« Marie-Ange je… Je sais pour ta dernière venue ici. Je pense que mon réveil a été causé par elle justement. J’ai émergé du néant pour me retrouver dans des draps de soie dans un lit douillet dont les rideaux me protégeaient de la lumière extérieur. J’ignore qui fut le responsable entre grand frère et toi de tant de gentillesses et d'attentions envers moi, mais je sais qu’il s’agit là d’un être au cœur pur. »

Disant cela, le regard de Ciel fut illuminé par la reconnaissance alors qu'il regardait l'ange du sanctuaire.

« Les évènements ayant suivis mon réveil sont hélas marqué par la douleur et la destruction, lorsque je leva mes yeux vers le firmament, j’y vis un soleil pale, presque éteint, un astre mourant émettant une faible lueur blanche. La lune et les étoiles quant à elles se serraient autour de lui semblant vouloir comme le ressusciter de leurs lumières brillantes et pétillantes. Ce fut un spectacle que je ne compris qu’au moment où la lune et les étoiles disparurent soudainement sous la lumière pourpre d’un soleil en éruption. Comme une étoile dans ses derniers instant, le soleil embrasa la voûte céleste alors que j’étais balayé au loin par le souffle d'une titanesque colonne de cosmos pur qui laissa sur ce monde le cratère que tu as vu à ton arrivé.

Les astres ne mentent jamais Marie-Ange, je sais que grand frère t’a fait du mal, beaucoup de mal, dans sa colère il a même partiellement détruit ce monde né de votre amour. Je l’avais compris avant même de le voir de mes yeux, lui le dieu du sommeil, seul, misérable, une ombre dans la lumière grisâtre de ce ciel qu’il avait blessé également. J’avais toutes les raisons valable pour m’enfuir, pour me cacher, mais je ne pouvais m’y résoudre, malgré la distance qui me séparait de lui, jamais je n’aurai imaginé voir quelque chose d’aussi pitoyable que grand-frère en cet instant où il semblait avoir tout perdu. J’ignore ce que son esprit lui faisait subir comme tourment, mais l’enfer ne saurait être plus hideux tout comme le tartare ne saurait être plus douloureux. Je crois que cette souffrance l’avait rendu fou. Je crois qu’au final son côté humain, le côté que tu as su éveiller en lui, lui a fait commettre une énorme erreur. Je ne pourrais jamais m’excuser pour lui ni même t’apprendre la raison de ses tourments, mais je peux te demander une faveur. Cette perle d’humanité que tu as fait naître en son coeur immortel, cette perle improbable et magnifique née de votre amour, chérie-là et prend en soin comme je prendrais désormais soin de tes larmes. Je t’en prie Marie-Ange, retrouve le, retrouve le et…
»


Ciel s’arrêta soudain de parler, ses mots avaient dépassés sa pensée. Et alors qu’il se maudissait pour son erreur, il décida que Marie-Ange méritait de savoir.

« Je… Je ne voulais pas te l’apprendre maintenant alors que tu es encore si fragile, mais je ne ressens plus le cosmos de grand-frère depuis maintenant plusieurs heures, c’est comme s’il avait tout simplement disparut. De même qu’il est absent de notre monde, il m'est introuvable sur Terre ou dans l’ensemble du multivers. »

Ciel hésitait sur la suite à apporter à ses révélations. Au final il choisit la prudence et dut pour cela mentir à celle qu’il aimait profondément d’un amour encore indéfinis pour lui.

« Mais ne t’inquiète pas, ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, après tout je suis encore jeune, et je ne suis qu’un débutant dans l’exercice de la manipulation du cosmos, je n’arrive même pas à te faire de quoi de vêtir plus chaudement alors tu vois… »

Un rire nerveux accompagna les mensonges de Ciel alors qu’il se grattait les cheveux sans s’en rendre compte.

Pourvu qu’elle y croie, qui sait ce qui pourrait lui advenir dans son état hors de ce monde.

Se dirigeant à genoux vers la sculpture d’ange, Ciel y lava ses mains sous le filet limpide qui s’en écoulait. La souillure de la terre et des herbes semblait disparaître au contact de cette eau miraculeuse née des pensées de la reine des lieux. Un autre miracle alors que l’enfant dieu remplissait le vase de ses mains du précieux liquide qui en tombait et le présenta à l’ange du sanctuaire que la soif devait tirailler, un sourire gêné et timide ornant son visage juvénile.

« Désolé pour ça, mais je ne veux pas que tu es soif à cause de moi. Bois, tu te sentiras mieux après. »
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Sam 10 Nov - 15:26

La détresse d'Angel était telle que l'enfant-dieu tenta d'user de ses dons pour la réconforter. C'était si neuf pour Ciel qui venait à peine d'éclore. Lui qui souffrait aussi encore des effets du coup de dague d'Hypnos. Cette blessure avait délivré l'enfant de Bloody mais lui avait aussi causé bien des dommages avant de le faire plonger dans un sommeil plus que profond. La blonde musicienne savait parfaitement cela tout comme elle n'ignorait point que cela lui avait pris des jours et des jours pour s'en remettre et voilà que si faible encore, il s'efforçait de la secourir, elle. Une telle attention lui réchauffer déjà tant le coeur même si cela ne guérissait pas son corps. Cela lui offrait déjà un grand mieux.

Un sourire timide apparut sur ses lèvres roses. Son visage quoiqu'encore très pâle semblait regagner en couleurs. De son regard, elle encourageait Ciel tout en resserrant le vêtement autour d'elle. Rapidement, le cosmos de l'enfant gagna en force. Il en devint si puissant qu'il commença à représenter un danger pour tout ce qui l'entouraient. L'herbe se mit à roussir et il renonça. A cet instant, la blonde musicienne lut une telle déception dans l'oeil de Ciel qu'elle fit tout son possible pour calmer ses tremblements. C'était si dur mais elle y mit tout son coeur avant que l'enfant ne se mette à ramasser des brindilles et faire un feu. Des flammes bleues en jaillirent et elle se rapprocha. Jamais feu ne l'avait autant réchauffée. Elle laissa la chaleur l'envahir avant de répondre d'une voix plus assurée.

- Non, ne t'en veux pas, ne t'en veux pas, tu es si jeune et puis, c'était à nous de veiller sur toi. Puis, tendant les mains vers le foyer qui gagnait en force. Merci, c'est le feu le plus chaleureux que j'ai ressenti depuis si longtemps... Merci, Ciel...

Cet enfant-dieu, elle sentait bien qu'il lui portait des sentiments plus que confus et ambigus. Des sentiments liés à son passé et à sa naissance suite à la fin de Bloody. Cela devrait un jour être résolu, l'idéal serait pour lui de rencontrer une petite déesse et de se trouver un nouvel équilibre. Mais en existait-il seulement une à cette époque ? Enfin, le moment pour cela n'était pas encore venu. Pour l'instant, Angel était bien trop mal pour songer à cela. D'ailleurs la voix de Ciel la ramena à la réalité et à mesure qu'il parlait, la reine blanche se remit à pâlir.

- Le Ciel... Ainsi vois-tu les choses. Hypnos est mon roi, mon Soleil, et moi, je suis sa Lune et ses Etoiles. Ainsi tout a été écrit dans le ciel de ce monde avant qu'il ne commence à s'effondrer sous la douleur de notre...

Elle ne savait poursuivre tant cela lui était douloureux. Elle ne comprenait rien de ce qu'il s'était passé, juste que lorsqu'elle s'était approchée pour le réconforter, Hypnos l'avait repoussée et chassée. Cela correspondait à ce que Ciel venait de lui conter. Elle dut laisser passer un peu de temps pour reprendre.

- Il souffre... Je le sens même si je ne peux l'expliquer, je le sens... Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fait cela ?

Puis, elle se tourna vers Ciel qui lui parlait de son humanité, de celle qu'elle avait fait renaître en Hypnos comme un cadeau inestimable et éternel.

Hypnos... N'aurai-je donc pas rêvé ?

Elle ne put rien ajouter d'autre, laissant Ciel se calmer. Elle ne lui en voulait pas. Pourquoi l'aurait-elle fait ? L'enfant avait fait tout son possible et elle préférait lui laisser le temps de se calmer dans sa recherche d'explications. Ainsi, le temps s'écoula avant que Ciel ne revienne avec un vase rempli d'eau. De l'eau de la Fontaine de l'Ange. L'eau de la plus pure des sources. Avec un sourire, elle le prit et but de longue gorgées. Elle qui mourait de soif se sentit bien mieux.

- Cette eau est si pure. Est-cela la puissance de la reine de ce monde ?

Elle se pencha alors laissant son cosmos agir de nouveau et la veste de ciel changea de forme avant de la couvrir totalement d'une robe aux tons bleutés.

- Ciel, tu as raison, ce monde est le notre... Je... Je pense avoir entrevu Hypnos avant de venir ici mais je ne sais si cela est la réalité ou juste un rêve ou mon espérance...
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Sam 10 Nov - 21:53

Sous l’influence de Marie-Ange, dans mes mains réunies en vase naquit une véritable coupe recueillant l’eau de la fontaine, un miracle née de la volonté de la reine de ce monde, un vase qui s’avéra très précieux tant les effets de cette eau cristalline s’avérèrent bénéfiques sur l’état de l’ange du sanctuaire.

Alors qu’elle étanchait sa soif, son teint s’éclaircit, ses yeux s’illuminèrent et un sourire adoucit son aspect blessé.

Je fus ravi en voyant ma veste se transformer pour recouvrir le corps de Marie-Ange, ainsi elle n’aurait pas à souffrir de mon incompétences. Ses paroles chaleureuses chassèrent un instant mes tourments, et alors que j’écoutais ses dires avec soin, je tentais de comprendre notre situation et celle de grand frère.

« Je… J’avoue que cette situation m’échappe, si tu dis vrai alors c’est que grand frère est passé hors de ma vision. Si vraiment il se trouve auprès de toi en ce moment et que son cosmos m’est invisible, cela reste un mystère à mes yeux. C’est quelque chose qu’il nous faudra lui demander à son arrivée. Tout comme les raisons de son état. Bien qu’étant mon frère son esprit est beaucoup ancien que ne l’est le mien, mes doutes et mes tourments doivent etre bien pale face à son éternité. Je ne peux qu’imaginer la peine qu’il a du ressentir à cet instant alors que dans sa colère il leva la main sur toi. »

Baissant la tête, j’étais envahi par un profond sentiment d’inutilité et d’impuissance en cet instant.

« Je suis désolé... Je suis tellement désolé de ne pas pouvoir t’aider d’avantage. Tant mon esprit que mes pouvoirs sont encore trop insignifiants pour t’apporter le moindre réconfort. Je ne peux ni te vêtir ni te soigner, je ne peux même pas t’apporter la plus petites réponses à toutes tes questions… »

J’essayais de cacher ma honte et ma colère, mais mes yeux, mes deux yeux me trahirent en déversant les larmes que trop longtemps ils avaient contenues.

Sanglotant doucement tout en rageant de ma médiocrité, je me jurais intérieurement de changer, de ne plus jamais avoir à me sentir aussi faible et aussi petit face au destin.

Essuyant d’un revers de ma manche mes larmes, ce fut avec une nouvelle détermination que j’ouvris mon œil bleu. Désormais je devais faire de mon mieux, pour elle et pour moi je ne devais plus l’accabler de ma faiblesse.

Elle a déjà suffisamment de problèmes sans que j’y ajoute les miens.

Réunissant les poires en un petit tas auprès d’elle, je remplissais à nouveau le vase de l’eau miraculeuse avant de mettre de nouveau du petit bois dans le feu saphir qui la réchauffait.

« Tu devrais te reposer maintenant, tu en as besoin, je vais veiller sur toi, à ton réveil grand frère sera là et ensemble nous comprendrons les raisons de son geste. En attendant tes blessures nécessitent du repos pour guérir. Allonge toi et dort, ne prête pas attention au bruit de la nature nous entourant, dors jusqu’au petit matin, jusqu’à l’arrivé de ton soleil. »

Il devra être là. Pour elle, et pour moi. Grand frère, moi aussi j’ai besoin de toi, reviens nous vite, sans toi je suis perdu.

Levant les yeux vers le firmament, je guettais l’arrivée de l’astre de lumière annonçant l’arrivée du roi de ce monde.
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Dim 11 Nov - 15:59

L'eau glissait avec une telle pureté de la source vers le vase. Déjà quelques gouttes s'écoulaient depuis la vasque prenant lentement naissance aux pieds de la statue de l'ange. C'était une splendide source curative qui lentement contribuerait à la cicatrisation des plaies du monde onirique né de leur amour. La Lune doucement commençait à reprendre son éclat, si pâle et si douce tandis que les premières étoiles accrochaient une lumière blafarde dans un ciel obstinément gris. Le soleil quant à lui était toujours aussi terne. Le regard encore las d'Angel s'accrochait à cette vision reflétant la détresse des fondateurs de ce monde onirique. Trois, trois ils étaient à unir leurs efforts et leurs cosmos pour donner vie et matière à ce décor enchanteur.

L'ange du Sanctuaire reprit quelques gorgées tout en écoutant la réponse de Ciel. C'était incroyable de voir cet enfant dieu se tenir devant elle, si vif malgré le coup de dague d'Hypnos et la longue convalescence qui fut la sienne. Il était encore si désolé de ne pouvoir les aider davantage et semblait si inquiet quant à l'état du fils de Nyx.

- Ciel, ne t'en veux pas...

Sa tendresse envers le jeune dieu ne cessait de grandir. Et maintenant qu'elle allait mieux, elle espérait pouvoir le réconforter malgré sa peine immense. Elle se sentait toujours très mal mais plus Ciel parlait et plus, elle réalisait que lui aussi souffrait. Tout comme Hypnos, l'enfant dieu souffrait. Tous portaient leur croix mais viendrait le moment où les choses iraient mieux. Elle l'espérait tellement tout en luttant contre la fatigue qui était la sienne. Recevoir un coup de la part d'un dieu faisait si mal...

Puis soudain, elle entendit un autre chant, celui des larmes de Ciel.

- Toi aussi...

Le voir ainsi pleurer la ramenait à cet instant, où il avait surgi nu et misérable au terme de leur combat. De cette horrible lutte entre Hypnos et Bloody Hypnos avant que n'émerge cet enfant qu'Hypnos poignarda de la lame que lui avait remise l'Ange du Sanctuaire. Ils avaient été si nombreux à unir leurs efforts pour délivrer le dieu du Sommeil de l'emprise du poison sans savoir qu'il libérerait aussi un tout jeune dieu.

- Chut, ce n'est rien.

Elle l'avait pris dans ses bras avant de le bercer avec tant de douceur. Elle était si tendre avec lui. Ciel avait besoin lui aussi de réconfort.

Si seulement... Elle se rappelait ses magnifiques ailes surgies lors du combat. Un instant se passa ainsi avant qu'elles ne reprennent forme et n'entourent Ciel en une étreinte tout en douceur.

- Doucement... Calme-toi et surtout n'aies pas honte de tes larmes et de ce que tu es. Comme moi, je n'ai jamais eu honte de ce que je suis. Cesse de t'excuser ainsi et je te promets de me reposer.

Sur ces mots, elle l'embrassa sur le front et s'allongea sur le lit de mousse.

- Merci pour cela. Tu sais, tu es plus puissant que tu ne le crois, tu es juste comme un tout jeune diamant brut. Hypnos et moi t'aiderons...

Hypnos...


Sa voix s'était faite si triste sur ce nom, elle avait encore tant de chose à dire à Ciel mais la fatigue de son corps et de son esprit étaient tels qu'elle devait en effet rester allongée.

- Dis-moi ? Tu ne te sens pas trop seul ici ?

Elle était couchée sur le sol blottie sous un manteau de plumes.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Viennes...

Les soins venaient de s'achever. Sous le regard d'Hypnos, le professeur Harcher avait changé les pansements recouvrant le corps pâle et amaigri d'Angel. Elle s'était si affaiblie depuis ce tragique évènement. Tout autre serait morte. Il n'avait pas dit cela pour l'inquiéter mais bien parce que c'était la réalité, implacable et si dure.

Dans l'âtre, le feu maintenait une chaleur baignant l'ensemble de la pièce pour le bien-être de la convalescente. Le regard et l'attitude du dieu devenu homme n'avait pas un instant échappé à Jonathan et, replaçant le drap sur le corps de la jeune musicienne, il lui fit signe de le suivre.

Sans un bruit, ils quittèrent la pièce avant que le serviteur n'ôte ses gants et son tablier.

- Maintenant qu'elle dort paisiblement, mes potions vont faire leurs effets. Elle en aura encore pour de longs jours avant de pourvoir se lever mais je peux déjà vous dire qu'elle guérira.

Puis, ouvrant une autre porte.

- Bien, si vous n'êtes pas trop fatigués, venez m'aider.

Un sourire passa sur le visage de l'homme avant qu'il ne désigne un autre lit.

- La chambre d'Angel est assez grande pour accueillir un second lit. Montrez donc que vous êtes capable de vous servir de vos muscles sans faire trop de vacarme. Maintenant qu'elle dort enfin, on va pas prendre le risque de la réveiller. Joignant le geste à la parole, il s'apprêta à soulever le meuble avant d'ajouter. Puisque vous êtes son époux, autant que vous restiez auprès d'elle. Rien ne lui fera plus de bien que de vous sentir à ses côtés. Elle vous aime malgré tout.

Un autre regard sur l'étoile qui s'était effacée du front d'Hypnos.

- Oui, autre chose, les hommes ne se nourrissent pas que de nectar. Il va falloir réapprendre à prendre soin de vous. D'ailleurs, je vous trouve plus que pâle. A croire que l'état de simple humain vous est totalement inconnu. Un rire subit. Bien sûr qu'Hypnos ignorait tout de la condition humaine puis brusquement redevenu sérieux. Dès qu'on en aura fini, je vous donnerai aussi de quoi vous détendre. Elle a pas besoin de vous voir dans un tel état lorsqu'elle s'éveillera.
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Dim 11 Nov - 22:16

Si tendre et si douce, ainsi était Marie-Ange même convalescente. Devant mes larmes j’avais sentis son cœur se serrer, face à ma souffrance je la sentais souffrir également, toujours en mon sein se logeait une étrange douleur incarnant une marque indélébile se trouvant à hauteur de mon cœur. Une marque dont je me rappelais trop bien la cause, une marque causée par mon grand frère.

Le poignard… Le venin… Je…

Des images, des flashs, des visages torturés, et partout le sang, le sang, la cendre et la folie. Un rire dément résonna dans mon esprit alors que des flammes dévoraient l’intérieur de mon corps.

« Nooooooooooooon ! »

Me prenant la tête tout en la secouant de gauche à droite comme pour en chasser ces visions, je sentis une étreinte aimante se refermer sur moi, un contact chaleureux et confortable. Instantanément je fus submergé par une intense vague de sérénité alors que je rouvrais mon œil gauche.

Des ailes ? Des ailes blanches ?

J’étais dans un monde opalin à la douceur de plume, j’étais ici en Elysion et je n’y étais pas seul.

« Oh Marie-Ange, comment est-ce possible ? »

Mais au fond je me moquais bien des raisons m'ayant conduit ici et je m’abandonna à son contact, savourant simplement cet instant d’affection tout en sanglotant par soubresaut. Sanglotant pour quoi ? Pour qui ? Je n’en savais rien, je ne savais plus rien, je ne comprenais plus rien et je m’en moquais, tout ce qui comptais maintenant était cette étreinte.

« Marie-Ange… Je… »

Je voulais lui rendre son étreinte, je voulais la serrer dans mes bras, je voulais que cet instant ne se termine jamais, et alors que j’avançais mes bras vers sa taille, je vis alors malgré sa robe ses blessures. Je ne pouvais pas la serrer, pas encore. Comme pour me faire savoir qu’elle avait compris, ses ailes s’ouvrirent me révélant alors le monde onirique duquel nous n’avions pas bougé. Un baisé sur mon front acheva de chasser ma douleur avant que l’ange du sanctuaire ne s’allonge dans toute sa gloire céleste.

« Seul… Je… »

Avec mon réveil récent et les derniers évènements je n’y avait même pas songé, mais oui, j’étais seul dans ce monde merveilleux en l’absence de ses créateurs.

Je me recroquevillai en enserrant mes jambes de mes bras, la question de Marie-Ange me révélait l’ampleur de ma solitude en cet instant.

« Oui. Je suis seul ici en votre absence. Je n’ai pour compagnes que mes pensées. Mais maintenant tu es là, et bientôt grand frère nous rejoindra. »

Cela ne pourrait suffire à long terme, mais pour le moment je devais m’en contenter. Je devais savourer le moment présent sans penser au futur, ce futur auquel je ne comprenais rien.

¤¤¤

Viennes

Si faible, si fragile, Marie-Ange se tenait à présent assoupie devant moi. Alité et à présent enfin endormie. En compagnie de Jonathan je constatais l’étendue des meurtrissures dont j’étais le seul responsable. Tout en faisant de mon mieux pour assister le professeur, je rageais intérieurement de mon geste, un geste inqualifiable et sans excuses.

Comment ai-je pu laisser mon passé prendre le pas sur mon avenir ?

Alors que les soins se terminaient pour le moment, je poursuivais ma découverte de la condition de simple humain. Cette condition que déjà à Versailles j’avais pu expérimenter une première fois. Tout y devenait si difficile, marcher, respirer, utiliser ses muscles et surtout son esprit. Quelque chose qui autrefois m’avait protégé du venin que nourrissait mon cosmos, et qui aujourd’hui devait protéger la reine de mon cœur de ma puissance.

J’aurais dû faire ça il y a bien longtemps…

Sa tâche accomplie, Jonathan m’invita à le suivre et à laisser pour le moment la reine de mon cœur. Comme il m’était difficile de m’éloigner d’elle à présent, sans elle mon monde ne voulait plus rien dire, sans elle je n’étais plus rien d’autre qu’une coquille vide.

C’est si puissant, c’est comme un envoûtement. Qui dois-je remercier pour ça ? Est-ce le destin ?

Malgré ma réticence, j’accédai à la requête du professeur et lui emboîta le pas.

« Ne vous inquiétez pas pour moi professeur, je vais bien. »

Nous arrivâmes dans une autre chambre où se trouvait un lit semblable à celui dans lequel reposait Marie-Ange. Et visiblement Jonathan eut la même idée que moi. Le professeur eu à mon égard une petite pointe de moquerie en m’invitant à lui prêter main forte. Sans doute était-il difficile pour lui de me concevoir autrement qu’en etre divin, alors il aurait une surprise.

« Laissez-moi vous aider. »

Bien que je répugnais à m’en servir, j’avais et conservais toujours même sous cette forme de grandes capacités martiales, capacités dont je ne me servais pratiquement pas.

Soulever un lit ne devrait pas être plus difficile que d’abattre des dizaines de chiens possédés.

J’agrippais alors fermement un coté du lit alors que le professeur prenait l’autre. Un sourire sur mon visage avant que je ne commence à soulever. Ou plutôt avant que je ne me rende compte du poids incroyable d’un tel lit.

Il est beaucoup plus lourd qu’il n’en a l’air.

Ce fut donc aux prix de grand effort et de ce qui donnerait lieu plus tard à un sacré mal de dos qu’avec Jonathan nous emportâmes l’imposant mobilier vers la vaste chambre où reposait la reine de mon cœur.

Tout en peinant pour maintenir le lit au-dessus du sol et ainsi procéder le plus silencieusement possible, je ressentis une immense faiblesse m’envahir, une faiblesse qui m’était encore inconnue, j’avais mal au ventre et je tremblais sans pouvoir m’arrêter.

Mais quel est donc cet état ? Qu’est-ce qui m’arrive ? Serait-ce un effet secondaire du scellement de mon cosmos ?

Je dus demander une pause au professeur avant d’avoir atteint notre destination finale, nous avions fait plus de la moitié du chemin sans un bruit mais je sentais que la dernière ligne droite serait la plus dure pour moi.

Levant ma main devant mon visage, je la voyais trembler sans parvenir à faire quoi que ce soit pour l’en empêcher. Je lançais un regard inquiet au professeur avant de rapidement me reprendre et de lui faire savoir que j’étais prêt à en finir.

Ce fut comme si je sortais d’un combat avec un autre dieu, j’étais épuisé et j’avais mal, j’avais mal partout mais plus encore dans mon ventre, comme si quelque chose se tordait en lui.

Arrivant enfin à destination, nous déposâmes notre imposant chargement auprès de la reine de mon cœur tandis que le professeur m’éclairait sur ma propre situation, une situation qu’il connaissait mieux que moi.

« Oui c’est ça, la faim, la soif… Moi qui toute mon existence ne les ai jamais connues, voilà donc ce que c’est. »

J’étais à la fois surpris et enthousiaste, j’avais à présent franchit un nouveau pas en direction de la reine de mon cœur, cette escapade dans l’humanité me permettrait de la comprendre encore d’avantage et sans aucun doute nous rapprocherait malgré son caractère dangereux.

Je souris alors de ma condition avant que soudain mes yeux ne se voilent et que je ne fus prit de malaise. M’asseyant tant bien que mal sur le second lit que nous avions installé, je tentai instinctivement de faire apparaître une coupe de nectar ainsi qu’un plat d’ambroisie, une tentative qui n’aboutit bien sur aucunement et qui pourtant ne m’empêcha pas de la réitérer encore et encore avant que mon esprit ne s’éclaire.

« C’est vrai, je n’ai plus aucun pouvoir… »

Un sourire timide et fatigué sur mon visage fut tout ce que je pus donner pour le moment. Je devais encore apprendre de ma nouvelle condition trop brièvement expérimentée lors de ma petite escapade à Versailles.

« Réapprendre professeur ? Non je crois que vous vous trompez. Je dois apprendre à être un homme et comme vous dites les mets des dieux ne sont plus pour moi à présent. Permettez que je me joigne à vous pour votre repas, je crois que j’en ai grand besoin. »

Me levant tant bien que mal de ce lit moelleux, je me dirigeai vers la porte tout en lançant un dernier regard vers le visage si pale et maigre de ma lune et mes étoiles.

Marie-Ange… J’espère que Ciel prend bien soin de toi là où vous êtes.
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Jeu 22 Nov - 19:03

Sous le regard tantôt grave tantôt amusé de Jonathan, Hypnos découvrait à ses dépends les limites de sa nouvelle condition. Pour un alchimiste curieux de tout, c'était une expérience unique et un spectacle fascinant que de voir une divinité aussi orgueilleuse que le fils de Nyx accomplir un tel acte par amour. Une pensée vers Angel à présent profondément endormie. Cette jeune femme avait vraiment tout d'un ange. Aussi pure et unique que l'Ange des Ténèbres et tout aussi rare. Le regard si accusateur du professeur avait d'ailleurs perdu de sa dureté. Ce que le maître du Sommeil vivait en cet instant était plus que difficile, lui l'humble humain s'en rendait parfaitement compte. Face à lui, le jeune homme blond soufflait sous les efforts qu'il fournissait. Oui, cela le faisait apparaître sous un jour bien différent de celui que le dieu lui avait offert à son entrée.

Et lorsque, enfin, le lit fut déposé dans la chambre de la blonde musicienne, il put voir Hypnos s'accorder de longues minutes pour reprendre des forces. Rien ne lui avait échappé, ni ses efforts pour porter le meuble, ni la sueur qui dégoulinait le long de ce front ayant perdu son étoile. Ce teint rouge et les signes évidents de vertiges liés à la faim qui devait à présent le tenailler comme venait de le prouver le chant si reconnaissable d'un estomac désireux de se remplir. Une expression toute empreinte de curiosité sur le visage du professeur mais dénué de tout soupçon de moquerie. Juste une simple question en son esprit.

Quel effet cela peut-il bien vous faire, seigneur Hypnos ? Vous qui n'aviez sans doute jamais songé à ce que vivent quotidiennement les êtres que vous ne faites que commander. Lydia s'est-elle seulement un jour plainte de ses souffrances et de l'état qui était souvent le sien ? Elle aussi, il m'est arrivé de la porter sur l'une de mes tables de soins. Et Jason...

J'avoue que si je devais jalouser quelqu'un, ce serait lui. Seulement, Lydia n'est pas Cassandra...


Une pointe de regret. Celle d'avoir perdu la seule femme qu'il eusse jamais aimé. Depuis, il espérait simplement ressentir lui aussi à nouveau ce sentiment auquel mêmes les pires des spectres semblaient avoir droit.

Seulement cette fois, je ne serai plus enchaîné au bûcher...

D'anciens souvenirs s'étaient ravivés ces derniers jours. Peut-être que Viennes lui offrirait cela. Une silhouette, un parfum de femme commençaient doucement à hanter ses nuits mais trop occupé par le cas de Angel, il n'avait pu la suivre et savoir qui elle était. Mais bientôt...

Un nouveau gargouillement le tira de ses pensées avant que, enfin, son invité ne se décide à parler. Un rire lui échappa à ses mots. Il venait d'être rassuré. S'il avait la force de le reprendre et de contredire ses paroles, Hypnos n'aurait aucun mal à s'habituer à sa nouvelle vie. Il faudrait juste qu'il évite toute bagarre avant un bon moment. Une blessée lui suffisait amplement autant éviter autant que faire se peut d'en avoir deux. Et après avoir replacé quelque peu le meuble, il répondit enfin.

- Avec plaisir. J'espère que la nourriture humaine vous plaira. Ce sera un repas tout simple mais consistant.

Puis, lui désignant ses vêtements.

- Et tant que nous y sommes, je vous donnerai de quoi vous changer et passer la nuit auprès d'Angel sans l'incommoder par l'odeur qui doit être la vôtre. Je vous indiquerai où vous laver et libérer le trop plein le moment venu.

Nul doute que cela amusait le professeur qui parvenait malgré tout à conserver un certain sérieux. Ainsi, conduisit-il Hypnos dans la salle de bain pour qu'il puisse se rafraîchir le temps de lui apporter d'autres vêtements. Le temps que celui-ci revienne, Jonathan avant préparer plusieurs verres ainsi que deux couverts. Thalie ayant préféré leur fausser compagnie pour se ressourcer elle aussi et surtout donner un peu de repos à celle dont elle avait emprunté le corps.

Un fumet appétissant se dégageait du plat de viande pannée accompagnées de son plat de légumes traditionnels.

Jonathan commença à servir le fils de Nyx avant de se servir lui-même. Le repas se passa dans une atmosphère détendue. Le professeur Harcher s'efforça de répondre aux questions d'Hypnos avant que la nuit ne tombe et qu'il se remette au travail mais auparavant.

- Prenez ceci, cela vous aidera à vous détendre et calmera la douleur. Rejoignez Angel et reposez-vous. Elle a besoin de vous sentir à ses côtés... Bonne soirée et bonne nuit.

Le ton était devenu presque autoritaire mais la fatigue n'était que trop visible sur les traits du jeune homme. Hypnos devenu simple mortel avait tout à apprendre et malgré la brutalité dont il avait fait part envers lui, le professeur Harcher était prêt à l'aider.


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Au plus profond du monde onirique...

Allongée sur le lit de mousse, drapée dans un manteau de plumes d'une incroyable douceur, Ciel assis auprès d'elle, Marie-Ange se sentait déjà bien mieux. Le chant de la source de l'Ange offrait un concert unique tandis que ses blessures continuaient leur lente cicatrisation.

Doucement, une voix commença à s'élever dans la quiétude quasi irréelle. La paix, une paix que la jeune femme goûtait enfin, celle du Sommeil qui la guérirait de ses maux. Le Sommeil, elle songeait à Hypnos, le roi de son coeur. Son chant était celui de l'amour mais aussi du réconfort. Elle songeait à Ciel tout près d'elle. Tout était là pour le réconforter lui aussi...

- Ciel... Cela n'est que ta naissance. Toi qui est si jeune n'a connu que le monde au travers des yeux malades d'Hypnos.

Elle le regardait de ses doux yeux bleus émeraude.

- Cela n'est que la solitude d'une jeune âme convalescente qui n'a jamais pu sortir de sa bulle. Je te promets de t'en dire davantage lorsque... Sa voix était de nouveau si douloureuse. Lorsque mon roi sera auprès de moi... J'ai peur Ciel si peur...

Elle se blottit sous sa couverture duveteuse.

- Si jamais... Si jamais, il me repousse de nouveau ou me chasse...

Elle se souvenait l'avoir vu avant de sombrer mais était-ce réellement lui ? Le roi de son coeur, celui qu'elle aimait de toute son âme était-il réellement auprès d'elle.


Dernière édition par Angel le Ven 23 Nov - 0:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Jeu 22 Nov - 23:50

Viennes

En y songeant bien, cela était sans doute la première fois que j’allais consommer des mets humains, moi qui naquis divin j’avais renoncé à mon statut par amour et à présent je goûtais l’amertume de la mortalité, cette condition qui me fascinait autant qu’elle me navrait.

*Même si mon âme reste celle d’un dieu, je n’ai tout simplement plus accès à son pouvoir tant que cet anneau sera à mon doigt. Sans cosmos certes, mais quel seraient les effets sur mon corps ? La faim, la soif, la fatigue, la faiblesse, et quoi d’autre ? Puis-je mourir ? Irais-je au sombre empire ? Que serais-je dans mon propre royaume ? Pourrais-je seulement choisir mon chemin où serais-je traité comme n’importe quel humain, emporté par la puissance du royaume onirique et par mes enfants ?*

J’aurai sans doute bientôt l’occasion de l’apprendre.

Suivant les conseils du professeur plus expérimenté que moi au sujet de la mortalité, je fis un brin de toilette à l'eau froide avant de changer mes vêtements pour des certes moins précieux, mais plus secs. Ils émettaient un doux parfum trahissant leur récent lavage alors que je les enfilais sans me faire prier.

*Et dire qu’avant je n’avais qu’à imaginer pour que je sois instantanément habillé selon mes souhaits…*

Si le professeur semblait bien s’amuser de ma nouvelle situation pour le moins extravagante, je remarquais malgré ma fatigue et ma faim que lui-même semblait absent, comme perdu dans ses pensées.

*Surement inquiet pour Lydia ou pour ma reine.*

Je ne portai pas plus loin ma réflexion car de toute manière dans mon état, le simple fait de réfléchir était éprouvant.

Vint alors le moment du souper.

Pour un premier repas humain, ce fut une expérience plutôt agréable, si les couverts et la vaisselle ne m’étaient pas étrangers, en revanche la consistance des aliments combinés à la douleur intense qui me lancinait tout un coté du visage furent une véritable épreuve. Prenant tout de même le temps de mâcher, je devais reconnaître que bien que ne pouvant évidemment pas rivaliser avec la saveur incomparable des met divins, la nourriture humaine savait se faire apprécier.

*Ou alors c’est juste la faim qui rend tout meilleur.*

Riant doucement de ma situation, j’interrogeais le professeur sur tous ces petits détails faisant la vie des mortels.

« … Vraiment ? C’est fascinant… Et lorsque vous êtes malades vous avez mal également j’imagine ?... »

Ainsi se poursuivis agréablement notre repas, mon premier repas humain. Voulant aider au maximum le professeur, celui-ci me désigna la vaisselle d’un air ravis.

« Euh… Pas de problème, mais comment je dois m’y prendre ? »

Dans un soupir Jonathan m’indiqua le savon et la bassine que je devais remplir avant de nettoyer avec une brosse la vaisselle que nous avions utilisée.

« Et… vous faites vraiment ça après chaque repas ? C’est assez répétitif et ça n’a pas l’air amusant si ? »

Toujours est-il que je m’exécutai sans rechigner, d’abord je remplis la bassine de notre vaisselle sale avant de l’amener au puits où elle fut remplit d’eau claire avant que je ne me mette à l’ouvrage.

« Décidément, c’est dur d’être un humain. »

Je ne m’en rendais pas encore compte, mais je devais être celui qui parmi l’intégralité des immortels aurait connus le plus grand sevrage. Passer d’un état où le moindre souhait se voyait pratiquement exaucé à celui de simple humain et cela en l’espace de moins d’une seconde…

*Maintenant il faut rincer, techniques archaïques que tout ceci.*

Le poids, l’effort, les odeurs, tout était si différent du point de vu d’un homme. En un sens c’était comme une renaissance, la découverte d’un tout autre plan de l’existence ou plutôt la redécouverte de chose que je pensais pourtant parfaitement connaitre.

« Enfin finis... Et dire qu’il faut faire ça après chaque repas, ça doit être pour ça que des humains se laissent mourir de faim. »

Ramenant la bassine pleine de vaisselle propre à la salle à manger, Harcher me tendis alors une petite fiole et d’un ton autoritaire m’intima le conseil très impérieux d'en avaler le contenu avant d’aller me reposer auprès de ma reine.

Ne voulant pas le contrarier et plutôt curieux au sujet du contenu de cette fiole qu'il disait à même de guérir les maux, j'en avala d'un coup le contenu sans prendre le temps de sentir au préalable son parfum.

« Beuuuurk, mais c’est quoi cette horreur ? »

Visiblement le gout n’entrait pas dans les priorités lors de la fabrication d’un remède humain. De mon existence ce fut la chose la plus atroce qu’il me fut donner de goûter.

*J’espère que ce sera la seule fiole qu’il me donnera.*

Le remerciant à nouveau pour le repas et aussi pour ce médicament malgré son gout infâme, je lui souhait également une bonne nuit avant de me diriger vers cette pièce appelé salle de bain ou j’avais fait ma première toilette humaine à l’eau froide.

*Brrrrr*

J’eus un frisson rien qu'en y repensant, mais Harcher avait insisté sur la nécessité de conserver un corps propre.

*Les maladies, les maux tout ça c’est bien gentil, mais quand même l’eau est trop froide.*

Je soupçonnais le professeur de tirer profil de la situation à mes dépens mais je ne pouvais pas prendre le risque de me tromper sur ce point, après tout j’avais autant d’expérience de la nature humaine qu’un nouveau-né aussi il restait mon professeur en la matière.

Quelle ne fut pas ma surprise en constatant que cette fois la bassine était remplie d’eau chaude, vraisemblablement chauffée par le professeur pendant que j'étais occupée avec la vaisselle.

« Aaaaaaaah... Professeur, je ne vous remercierais jamais assez pour ça. »

Quelle prodigieuse sensation de félicité pouvait procurer une simple toilette complète à l’eau chaude. surtout lorsque l’on est dans un tel état d’épuisement, un épuisement qui aurait pu me paraître suspect si Harcher ne m’avait pas indiqué au préalable les effets de sa potion.

Ce fut d’un pas mou et sans énergie que je regagnai propre comme un sou neuf et en robe de nuit la chambre de Marie-Ange avant de me laisser simplement tomber sur le lit qui n’attendait que moi pour presque immédiatement sombrer dans un profond sommeil.


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Monde Onirique, lieu inconnu.

Ce fut également la première fois où je pénétrai dans mon royaume dépourvu du moindre contrôle sur celui-ci. Visiblement mes fils n’avaient pas remarqué ma présence pas même Morphée dont les bras étaient venus m’emporter céans.

Je ne reconnaissais rien du lieu où je me trouvais et pire encore je ne parvenais pas à m’en échapper. Je semblais errer sans fin dans un espace vide où seul le sol près de moi semblait exister.

« Quel est cet endroit ? Ce ne sont pas les limbes, ce n’est pas Morphia, ce n’est pas Fantasia ni Phobia. Par tous les feux du sombre empire mais où suis-je ? »

Totalement perdus et impuissant je devais me résoudre à appeler à l’aide, je ne pourrais rien faire dans mon état actuel et comble de l’ironie, l’anneau m’était inaccessible ici.

*Alors tout est maintenant entre les mains de Morphée.*

Mon sommeil et mon réveil dépendait de lui à présent, et j’allais devoir lui demander son aide pour la suite.

« Morphée ! Morphée ! Je sais que tu m’entends, j’ignore où tu m’as envoyé mais sache que je ne souhaite pas rester ici jusqu’à mon réveil ! Il faut que je rejoigne un lieu bien particulier le plus vite possible ! »

Apparu alors lentement devant moi, la silhouette enfantine et transparente de mon fils qui semblait étonné au-delà de toute mesure.

« Pe… Père ? C’est bien vous ? Mais… Mais comment avez-vous…? Que vous est-il arrivé ?

Rien de bien grave mon fils, ne t’inquiète pas pour moi, cet état n’est que temporaire tout comme la blessure à mon visage. Mais ce n’est pas le moment de parler ce ceci. Des affaires de la première importance m’appellent dans mon domaine privé. Je sais que ton pouvoir ne te permet pas d’y pénétrer physiquement, aussi je voudrais que tu joignes quelqu’un pour moi là-bas, un petit garçon du nom de Ciel… »



~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Monde onirique, monde-jardin d’Arcadia.

Assit aux cotés de l’ange du sanctuaire, Ciel se remémorait les derniers dires ce la reine de ce monde. Sa solitude lui apparaissait maintenant comme le nez au milieu de la figure.

*Grand frère et Marie-Ange son ensemble, mais moi avec qui suis-je ?*

Pourtant ce n’est pas le désespoir qui envahissait l’enfant dieu, mais bien la curiosité, la curiosité pour ce monde au-delà des rêves dont il ne se souvenait presque pas.

« Oui tu as raison, un jour je sortirais de ce monde pour aller voir de mes propres yeux celui d’où tu viens. »

C’est alors que la reine de ce monde fut prise d’une peur irraisonnée, une peur qui la fit s’enfouir d’avantage sous les plumes soyeuses de ses ailes.

Se rapprochant doucement tout en prenant soin de ne pas la brusquer, Ciel posa doucement la main sur elle avant de tenter de la réconforter du mieux qu’il le pouvait.

« Il n’osera pas, pas tant que je serais là, si jamais il ose ne serait-ce qu’élever la voix, je le jette dehors ! »

Un rire gêné suivit cette déclaration pleine de fougue où se devinait néanmoins une gêne grandissante, celle de l’absence du dieu du sommeil à cette réunion.

*Où es-tu grand frère ? Que peux-tu bien faire maintenant qui te retienne loin d’elle alors qu’elle souffre à cause de toi ?

Ah, enfin je t’ai trouvé.*


Surgit du néant, une voix inconnue venait de s’introduire dans les pensées de l'enfant-dieu.

*Mais, mais qui êtes-vous ? Et que faites-vous dans ma tête ?!

Oh j’en oublie mes bonnes manières. Je suis Morphée, fils d’Hypnos et je suis là à sa demande, il voudrait que tu lui ouvre un passage vers cet endroit. J’ignore pourquoi mais apparemment tu as avec toi une clé permettant d’accéder à ce monde privé. Tu dois être très important pour mon père pour avoir droit à un tel privilège.

Très important ? Je l’espère… Mais comment puis-je ouvrir ce passage ?

Et bien normalement il faut une incantation et un contrôle précis de son cosmos pour lier ensemble les deux point que l’on veut joindre, mais vu que je vais me charger de cela, tout ce que tu as à faire et de déployer ton cosmos pour que je m’en serve dans l’élaboration du passage.*


Cela paraissait si simple, si évident. Ciel se leva alors et s’éloigna de quelques pas de Marie-Ange l’air ravis.

« Regarde Marie-Ange, je fais te faire venir grand frère ici même tu vas voir. »

*Je suis près Morphée.

Quand tu veux.*


Ainsi l’enfant-dieu déploya son cosmos à la couleur du saphir dans de nombreuses volutes tourbillonnantes qui s’évaporèrent étrangement pour donner naissance aux arêtes d’une étrange arche faite de lumière scintillante. A chaque secondes qui passaient le passage gagnait en stabilité et en consistance, passant de l’idée à la réalité le portail s’ouvrit alors dans une gerbe d’étoile étincelantes.

« J’ai réussis ! J’ai réussis ! »

*Oui enfin c’est surtout moi qui ai fait tout le travail, d’ailleurs en parlant de travail, je vais te laisser. J’ignore pourquoi mais père a décidé de me laisser faire tout son travail pour un temps. Allez, au plaisir.*

Les dernières pensées du fils d’Hypnos plongèrent Ciel dans une profonde perplexité.

*Qu’a-t-il voulu dire par là ?*

Le comble de la surprise fut lorsque le dieu du sommeil, ou tout du moins son reflet plus ou moins fidèle franchit le seuil du portail avant que celui-ci ne disparaisse comme il était venu.

Devant Ciel et Marie-Ange se tenait un être ayant l’apparence du dieu du sommeil, mais ayant pour seul vêtement une robe de nuit, un sérieux hématome au visage et surtout n'ayant pas la moindre cosmo-énergie.

*Mais qui est-ce ?*

Quelques secondes de silences s’écoulèrent alors que chaque protagonistes regardaient ses deux comparses. Quelques secondes de silence avant que l’homme blessé vêtu d'un pyjama ne prenne la parole d’une voix familière.

« Je… Oui c’est bien moi Ciel, ma reine, c’est bien moi. »
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Dim 9 Déc - 13:47

Viennes...

Que dire sinon que le spectacle était on ne peut plus plaisant. Un rapide brin de toilette à l'eau glacée pouvait réveiller n'importe qui même le dieu du Sommeil. Ce n'était pas très agréable de la part de Harcher mais au moins, Hypnos serait attentif à ce qui allait se passer durant la soirée. Le fils de Nyx aurait sans nul doute encore besoin de lui pour la suite des évènements. Aussi, mieux valait le confronter le plus tôt possible à la difficulté de la vie de simple mortel sans trop en rajouter toutefois. Les ablutions à l'eau froide était une première étape avant de le laisser profiter des vêtements lavés de frais qu'il avait mis à sa disposition. Au moins ainsi serait-il capable de comprendre la simple joie d'avoir des vêtements certes simples mais propres et chauds. Quoique il serait sans doute aussi trop fier pour se plaindre.

Un sourire énigmatique sur les lèvres et le chirurgien avait observé le dieu devenu si humain en silence sans le montrer réellement. Il ne tenait pas non plus à indisposer Hypnos qui tentait une expérience inédite. Chose somme toute incroyable chez un dieu aussi blasé que lui. Le fait qu'il apprécie le repas était déjà un soulagement. Au moins, avait-il de réelles chances de se faire à cette vie qui ne manquerait pas de piquant et d'embûches ne serait-ce que face à Angel qui sans le savoir surpassait maintenant son cher et tendre.

La jeune silver elle aussi en apprendrait pas mal au fil de ce qui s'annoncerait peut-être comme l'une de leurs plus incroyable mais aussi magnifique épreuve. A force de vivre entourée de chevaliers plus puissants qu'elle et d'avoir côtoyé les plus puissants spectres au point de s'en retrouvait misérable, la blonde Souris devait en avoir oublié la condition de simple mortel non éveillé que découvrait actuellement le dieu aux cheveux d'or. Yeux et cheveux d'or sans doute la seule chose qu'il lui restait en plus de sa beauté. Nulle méprise non plus, Jonathan n'était attiré que pas les femmes mais il était malgré tout capable de reconnaître ou plutôt repérer un éventuel rival. Assez bavard, ce qui ne dérangeait nullement le professeur lui-même de nature curieuse lorsqu'il avait l'occasion de bavarder avec les autres. D'ailleurs, n'était-ce pas cela qui l'avait mis sur la route d'un magnifique petit Ange en armure d'argent ? Toute cette histoire avait débouché sur une bien surprenante amitié mais cela était aussi la preuve que rien n'était encore perdu pour une future paix...

Il sourit soudain avant de répondre à la question d'Hypnos...

- Oui, la maladie fait souffrir mais elle peut aussi couver bien longtemps et se montrer plus qu'insidieuse. Vous-même en avez fait l'expérience avec le poison... Même si les causes en sont différentes. Je vous conseillerai en tout premier de prendre soin de vous et de votre corps. De ne choisir que des aliments frais et variés mais aussi de veiller à cuire suffisamment vos viandes. Evitez aussi certaines boissons et substances qui vous détruirons très lentement ainsi que ceux que vous aimez... Enfin, je serai là pour ça et Angel également. Thalie, elle, n'a pas de réelle enveloppe. Elle n'a pas besoin de réellement se nourrir. Par contre...

Il se releva avant de se frotter les mains et de prendre l'un de ses livres et d'en sortir un papier qu'il remit à son invité et, par la force des choses, élève.

- Cette malheureuse a failli succombé lorsque Thalie a emmené Angel de Grèce en Ecosse avec les pouvoirs dont elle disposait. Je pense que ce serait la moindre des choses que vous interveniez pour elle. Elle risque d'en garder des séquelles en plus d'avoir perdu des années de vie. Offrez-lui juste de quoi faire sa fortune et assurer l'avenir de ses enfants ainsi que le sort réservé à ceux qui servent les enfers sans même le savoir...

Ne vous étonnez pas même si je peux avoir le poing facile, je suis autant épris de justice que ma merveilleuse dame. J'en aurais fait autant avec Inferno s'il lui avait fait du mal mais j'aurais aussi toutes les chances de me faire précédé par Lucky, Lucille et même les petites vampires.


De plus en plus détendu, il se saisit du tisonnier avant de remuer les quelques bûches dans l'âtre. Puis, se retournant vers Hypnos qui venant d'achever son repas lui proposa son aide pour la suite. Chose qui amusa de nouveau Harcher.

- Bien, en ce cas, occupez-vous de débarrassez la table et de faire la vaisselle. Je me chargerai du reste.

Evidemment, cela ne pouvait être qu'inconnu de la part d'une divinité des Enfers. Aussi, quelques explications furent nécessaires. Une chance pour Hypnos que malgré son caractère, le sombre médecin était quand même doté d'une certaine patience. Enfin, il en fallait pour vivre dans les différents manoirs de la Vampire.

Du coin de l'oeil, il surveillait les faits et gestes d'Hypnos, manquerait plus qu'il se blesse avec un des couteaux, accident plutôt rare avec l'habitude mais qui pouvait facilement survenir chez un novice de ce genre. Enfin, tout se déroula sans encombre et ce fut une vaisselle propre et sans aucun bris qui reprit place sur la table dans sa bassine. Jonathan rangerait le tout ensuite. Pour ses premiers pas, Hypnos se débrouillait plutôt bien et ne se rebellait pas non plus à ses demandes. Pas même face au goût qu'il savait atroce, il n'avait pas fait non plus l'effort de l'adoucir, de la mixture qu'il lui avait remise. La réaction du fils de Nyx l'avait d'ailleurs fait plus que sourire.

- De quoi vous aider à passer une bonne nuit et oublier la douleur.

Et l'entendant le remercier.

- De rien, vous êtes aussi l'un de mes dieux et si cela peut aider notre petit ange, cela n'en sera que mieux. Elle ne méritait pas cela.

Et il le vit partir vers la salle de bain ou cette fois l'attendait une parfaitement chauffée.

Et puis, j'ai assez d'une blessée grave sur les bras sans ajouter un dieu malade.

D'un pas plus serein, il se chargea de ranger le tout avant de rejoindre sa chambre et consigner ses dernières notes dans ses différents recueils. Avec l'élaboration du sérum, il avait pris beaucoup de risques et n'était pas le seul. Tous ceux ayant été pris dans cette folie en avait payé le prix, parfois si élevé que leurs vies en étaient à jamais bouleversées et pourtant du bien en était ressorti, chose qui ne cessait de stimuler la curiosité du chercheur. Jusque où cette histoire les mènerait tous ? Seules les Parques le savaient...

Les onze heures ne tardèrent pas à sonner lorsqu'il en eut fini et d'un pas plus lent, il quitta la pièce plongée dans la pénombre avant de se rendre dans la chambre qu'occupaient Angel et maintenant Hypnos. Sans faire trop de bruit, il entra dans la pièce pour les trouver tous les deux profondément endormis. Déposant sa chandelle, sur la table de chevet de la musicienne, il se saisit délicatement de son bras avant de prendre son pouls. Un soulagement apparut sur ses traits, elle allait déjà mieux. Avec d'infinis précautions, il s'occupa des autres paramètres cliniques et la recouvrit. Puis, faisant le tour du lit, il soupira en constatant qu'Hypnos s'était juste laissé tomber sur le lit.

Vraiment, dire que je n'ai cessé de l'avertir et il se laisse sombrer dans le froid. Quel abruti prétentieux.

D'un geste rapide, il le couvrit également avant de prendre doucement la main de Angel et de la poser dans celle de son époux.

Que cela te rassure, petit ange. Il est bien près de toi. Et jetant un oeil à sa joue enflée et aux autres marques laissées par son poing sur la divine face, il dut retenir un rire subit. Un peu abîmé mais bien là...

Et sans un bruit, il referma la porte sur les deux amoureux endormis.


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Monde Onirique, monde-jardin d’Arcadia....

- Ciel ?

L'enfant-dieu sembla soudain absent, inquiétant la jeune femme qui se redressa brusquement dans un nuage de plumes, laissant s'échapper un gémissement de douleur tant elle s'était hâtée. Si inquiète, elle était si inquiète. L'expression du jeune garçon était telle qu'elle ne pouvait plus douter que quelque chose de grave venait de se passer. D'ailleurs, le ciel lui-même semblait se troubler. Les fleurs s'épanouissaient, libérant un doux parfum qui les enivraient...

Puis, elle sentit le cosmos de Ciel s'embraser avant qu'il ne lui annonce radieux une nouvelle qui fit soudain s'emballer davantage son coeur.

- Il va venir ? Ciel, merci de ton aide...

Elle se redressa resta simplement agenouillée sur le sol enveloppée de ses longues ailes blanches et argentées. Son regard émeraude ne pouvait se détacher de l'énergie azurée émanant de l'enfant-dieu. Elle le sentait si fort soudain et enfin, un portait apparut, déchirant un instant le paysage d'Arcadia. Une arche étincelante dont jaillit le reflet du roi de son coeur.

- Hypnos...

Sa voix tremblait sous le coup de l'émotion. Il l'avait chassée de ce même monde et revenait maintenant vers elle et en même temps, il semblait si différent. Le voyant approcher, elle se leva doucement, encore faible. Ses blessures étaient loin d'être cicatrisées et elle le sentait de nouveau. Pieds nus, elle avança vers lui, couverte de la robe que lui avait offerte Ciel et qu'elle avait recousue selon ses mesures exactes. Sa longue chevelure blonde dénouée, ondulait dans son dos tandis qu'elle ne pouvait détacher son regard de celui qui ressemblait tant à son roi. Pourtant nulle trace d'énergie et cette marque sur le visage. Il avait été frappé et cela lui faisait tant de peine de le voir ainsi mal en point. Puis, soudain sa vois se fit entendre...

- Hypnos... C'est bien toi.

Elle était presque face à lui quand, soudain, elle recula...

- Tu m'as chassée et blessée, j'ai failli en mourir et tu n'étais pas là...

Ses larmes se mirent à couler si douloureuses. Elle souffrait et en même temps, elle l'aimait tellement.

- Pourquoi m'as-tu fait cela ? Je voulais juste te réconforter.

Lui lança-t-elle en lui frappant le torse de ses poings pourtant si fragiles sans se rendre compte que cette fois les rôles étaient inversés et que même aussi faible qu'elle pouvait l'être, elle était devenue un réel danger. Son élan les fit tomber sur le sol l'un sur l'autre et ce fut à ce moment précis qu'elle réalisa qu'Hypnos s'était laissé faire mais qu'elle avait failli le blesser plus qu'il ne l'était déjà.

- Mais ?

Sa main toucha la joue plus qu'enflée du brillant fils de Nyx...

- Que t'est-il arrivé ?

Elle surprit soudain le gémissement qu'il n'avait pu retenir et se relevant au plus vite, elle s'empressa de tremper un linge dans l'eau de la source de l'Ange avant de le lui passer sur le visage. Ses yeux ne tardèrent pas à s'ouvrir sous le coup de la surprise. Son étoile frontale avait disparu.

- Que t'est-il arrivé ? Cette tenue, pourquoi ? M'aimeras-tu assez pour me dire enfin ce qui ne va pas ? Ne me chasse pas et ne t'enfuis pas, tu m'as déjà fait tant de mal...

Elle s'éloigna juste d'un pas pour le laisser se redresser, l'instant des discussions venait de débuter. Son regard plus que malheureux se tourna vers Ciel qui venait d'assister à tout cela. Elle se sentait si mal mais en même temps, Ciel avait vécu au travers d'Hypnos. Il n'avait rien d'un enfant ordinaire et aurait sans nul doute son rôle à jouer dans cette bien triste affaire...

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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Dim 9 Déc - 18:13

*Ma reine… *

Elle était là, devant moi, à seulement quelques mètres ; parée de sa gloire angélique faite de plume et d’argent elle se dirigea vers moi. Sa démarche ne me laissa aucuns doutes quant à son état, elle était encore si fragile, si blessée.

« Marie-Ange, je… »

Par où commencer ? Que pouvais-je bien dire maintenant que je la voyais, elle que j’aimais tant, elle que j’avais faillis tuer dans ma plus grande erreur ?

Mes yeux devaient à ce moment être bien plus expressif que ne l’étaient mes mots pratiquement inexistants, ma lune et mes étoiles s’approchait un peu plus à chaque pas, mais étrangement je redoutais de la prendre dans mes bras. Je savais qu’avec l’anneau il n’y avait plus aucun risque, qu’à présent les rôles s’était inversés, et pourtant une peur irraisonnée s’était installée en moi, la peur de la perdre, et plus horrible encore la peur d’en être la cause.

Instinctivement j’eus un pas de recul presque imperceptible avant que l’ange du sanctuaire ne me rejoigne. Une seconde passa avant que son chagrin ne la rattrape. Que pouvais-je bien lui rétorquer ? Que pouvais-je bien donner comme excuses à l’inexcusable ?

*Rien…*

Je ne pouvais que subir à présent les conséquences de mon geste, et si ce coup de poing devait en être la première, alors ainsi soit-il.

Comme il le fut pour Jonathan, l’impact fut rude, très rude, peut être même d’avantage car cette fois c’était une guerrière, un chevalier d’Athéna qui le portait. Je crus avoir un os cassé alors que l’élan de Marie-Ange la fit s’effondrer sur moi, m’entraînant par la même occasion dans sa chute.

L’atterrissage dans l’herbe fut incroyablement doux en comparaison du coup de poing, j’avais fait tout mon possible pour masquer mon état actuel à la reine de mon cœur, mais je ne pourrais pas continuer bien longtemps cette mascarade, mon corps me torturait, chaque nouveaux coups enflammaient mes sens et venaient se rajouter aux précédents, les rendant tous plus véhéments.

Fusse à cause de la chute, ou à cause du caractère aisé de l’impact porté contre moi, ma reine dut comprendre à cet instant, installée à califourchon sur moi comme elle l’avait été lors de notre première rencontre. Elle dut comprendre que quelque chose en moi avait changé, ou plutôt avait disparu.

Sa main si douce effleura mon visage tuméfié et m’arracha un petit gémissement qui eut l’effet d’un électrochoc sur Marie-Ange si j’en jugeais par le regard qu’elle me lança. Portant à mon visage un linge humide dont le simple contact apaisa prodigieusement ma douleur, les questions de la reine de mon cœur invoquaient céans des réponses, des réponses que je craignais de lui donner.

Voulant me relever, je tremblais tout en tentant de me remettre tant bien que mal sur mes deux jambes alors qu’une violente douleur irradia mon torse et me coupa presque la respiration.

* Ça… Fait mal. *

Dieu que ça faisait mal, sans doute une des expériences les plus douloureuses que j’avais eu à subir au cours de ma très longue existence. Haletant et portant ma main sur la zone douloureuse, je jetais alors un œil à Ciel restait silencieux et médusé par ce qu’il voyait ou plutôt par ce qu’il ne parvenait pas à croire.

*A quoi peux-tu bien penser petit frère ?*

A genou et faible comme un nouveau-né, je remarquais à présent le parterre d’herbe et de feuille sur lesquels je me trouvais et compris instantanément à qui je le devais, à celui qui s’avança maintenant vers moi pour m’aider à me relever dans un sourire à la fois fier et inquiet.

« Ciel, je… »

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

« Grand frère ? »

Je ne pus articuler autre chose à la vision qui se dévoila sous mon œil unique. Etait-ce bien mon grand frère qui émergea du portail ? Il était à la fois si semblable et si différent de celui qu’il était à notre dernière rencontre.

*C’est impossible ça ne peut pas être lui, je ne ressens pas le moindre cosmos émanant de cet homme.*

Et pourtant, quelque chose au fond de moi savait que c’était bien là le dieu du sommeil en personne, ou plutôt simplement Hypnos, Hypnos sans la puissance qui l’avait accompagnée fidèlement depuis sa naissance.

Je voulu le rejoindre pour m’assurer d’un peu plus près de son identité, mais Marie-Ange fut la plus rapide, et ses poings également.

« Marie-Ange, non attends… ! »

Trop tard, l’impact les entraîna tout deux vers le sol où un dur impact les attendait.

Tendant la main vers eux, je savais que je n’aurais pas la vitesse suffisante pour les rattraper avant qu’ils n’aient parcourus les quelques centimètres les séparant du sol, encore une fois mon impuissance me révulsait. Un profond sentiment d’injustice m’envahit alors que comme au ralentit les corps des deux personnes que j’aimais le plus au monde se rapprochait de leur point de chute.

*Est-ce que ma vie va se résumer à ça ? A regarder sans rien pouvoir accomplir ? A contempler mon impuissance encore et encore alors que ce que j’aime souffriront devant moi ?*

Et là, sans trop que je comprenne ni comment ni pourquoi, mon cosmos sembla répondre à ma frustration, une vague d’énergie monta en moi et se concentra dans ma main tendue en une aura bleuté m’indiquant qu’à présent je pouvais tenter quelque chose, quelque chose que je savais d’instinct pouvoir faire, moi un des architectes de ce monde.

D’une simple pensée, d’un geste de la main, les herbes se trouvant sous les deux amants poussèrent à une vitesse prodigieuse, s’entremêlant les unes aux autres et créant ainsi un doux lit de verdure qui accueillit alors mollement le corps du fils de la nuit et de sa reine.

*J’ai… J’ai réussis.*

Regardant ma main autour de laquelle se trouvait encore cette aura saphir, je la contemplais à présent comme un présent inestimable. A présent enfin j’avais le pouvoir d’agir, je pourrais enfin être un tant soit peu utile à ceux qui m’étaient cher.

Rejoignant alors avec un mélange de peur et de fierté mon grand frère à présent à genou sur son lit de verdure, je l’aidai tant bien que mal à se mettre debout devant sa reine afin que les yeux dans les yeux ils puissent enfin s’expliquer.

« Je sais mon frère, je sais, mais ce n’est pas à moi que tu dois le dire, c’est à elle. »

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

« … Merci. »

A nouveau la clairvoyance de mon petit frère me surprit, son esprit vif et pragmatique avait encore une fois trouvé les mots justes pour faire taire mon embarras.

*Tu as raison, ce n’est pas à toi que je dois rendre des comptes. *

Avec l’aide de mon petit frère, je parvins à me remettre debout malgré la douleur me tenaillant. Plongeant mes yeux humides dans ceux si tristes et si bouleversés de la reine de mon cœur, je décidais pour une fois de laisser mon esprit et mes réflexions de cotés.

*Comme Ciel, laisse parler ton cœur.*

« Marie-Ange, je… Je suis désolé, je suis tellement désolé. Je ne puis te donner aucunes excuses car rien ne saurait excuser ce que j’ai fait, j’ai laissé mon passé prendre le pas sur mon avenir et dans cette erreur j’ai bien faillit causer ton trépas. Six années, six années de retenue et d’efforts de tous les instants à tes cotés furent anéantis par ce simple geste... »

A présent des larmes, des larmes tellement humaines perlèrent de mes yeux.

« … J’ai fauté, j’ai fauté encore une fois en ta présence, une faute que je ne me pardonnerai jamais et je ne m’attends pas à une quelconque clémence de ta part. Je mérite mon sort, je mérite la douleur et la condition d’un simple humain. Mon seul regret et d’avoir attendu si longtemps avant de me rendre compte que c’était finalement la seule solution pour que jamais je ne puisse te blesser comme je l’ai fait. »

Je mis alors un pied en avant, manquant de tomber, Ciel me retint alors et avec son aide je parvins en face de la reine de mon cœur. Tendant la main vers elle, je ne savais encore si elle allait la repousser ou bien la prendre, je ne réfléchissais plus, seul mon cœur me dictait ma conduite à présent.

« Marie-Ange, reine de mon cœur, tu es ma lune, mes étoiles, loin de toi je ne suis rien, j’ai faillis perdre cela de vue, piégé dans les méandres de mon esprit et de ce lieux où le temps ne veut plus rien dire, et ce fut grâce à mon petit frère que la lumière pénétra à temps les ténèbres du désespoir qui s’étaient emparées de moi. Dès lors je partis à ta recherche, et mes retrouvailles avec le professeur Harcher me laissèrent le souvenir que tu vois encore sur mon visage. J’ai décidé de rester à ses côtés afin de l’aider à réparer mes erreurs, pour toi, seulement pour toi... »

Une seconde de silence, une seule seconde durant laquelle nos regards échangèrent une éternité d’idée et d’émotion.

« ... Pour toi mon amour je renoncerai à tous, pour toi je me ferai mortel et impuissant car tu es ce que j'ai de plus précieux, je t'aime plus que ma vie. »

Une main tendue en direction de sa joue, plus que quelques centimètres avant le contact…
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Dim 9 Déc - 22:35

- Ciel...

Les larmes de la blonde musicienne tombèrent sur l'épais tapis d'herbes et de feuilles qui les avait tous deux accueillis. Hagarde, incrédule devant ce qu'elle venait de découvrir, elle le regardait de ses longs yeux interrogateurs et si tristes. Elle ne pouvait que lire la stupeur sur le visage de cet enfant. Lui qui avait témoin de leur amour au travers du regard malade de Bloody Hypnos semblait si désemparé de n'avoir pu les aider. Et pourtant, il y était pourtant arrivé mais ne le réalisait pas encore. Pas encore tandis qu'il se tenait face à eux, eux qui s'aimaient à en mourir mais ne pouvaient se toucher sans se blesser...

D'autres larmes coulèrent encore quand elle réalisa l'état dans lequel elle avait mis le roi de son coeur. Elle se sentait si misérable et perdue, la tendre Souris. Voir le fils de Nyx si blessé qu'il ne pouvait se relever sans l'aide de son petit frère était si dur. Elle tremblait, elle ne pouvait s'en empêcher.

Honte et douleur entremêlées, colère et tristesse...

Elle s'en voulut soudain tout en ne pouvant oublier la faute du fils de Nyx envers elle. Les quelques vêtements d'Hypnos souillés de son sang, étaient déchirés quasi réduits en lambeaux. Tant de coups, de plaies sur sa peau, si le corps de l'être tant aimé.

C'est moi qui ai fait ça ? Si peu, quelques secondes pour tant de dégâts...

Une image lui revint en mémoire ou plutôt une sorte de flashe, de vision fugitive.

Comme lui... Comme lui, j'ai agi sans réfléchir et lui ai fait du mal...

Elle était si bouleversée qu'elle ne put rien répondre lorsque les premières paroles s'échappèrent de ses lèvres blessées. Marie-Ange ne pouvait détacher ses yeux de ceux si humides de celui qui lui faisait face. Meurtri et pourtant si désireux de revenir vers elle, de lui parler...

Elle l'écouta sans un mot. Les six années durant lesquelles elle n'avait pu lui offrir tout ce qu'il souhaitait. Sa force était telle qu'il pouvait la tuer sans le vouloir, la blesser et cela, il en souffrait. Elle le savait et faisait tout pour le rendre heureux, le combler et le serrer entre ses bras. Son corps était son royaume mais elle était fragile si fragile entre ses bras. La frustration du dieu aux cheveux d'or de ne pouvoir pleinement la posséder, parfois elle la lisait dans ses yeux et s'en voulait de n'être qu'une simple mortelle.

Pardon mon roi, je voudrais tant te rendre pleinement heureux...

Les larmes de la Lune et des Etoiles de cette terre se remirent à briller en parfait écho avec celle de son Soleil. Le soleil de ce monde était de retour mais pris dans une bien étrange éclipse. Le soleil pâli dans une triste journée d'hiver.

L'hiver de nos coeurs et nos corps blessés. J'ai froid si froid...

Bouleversée, perdue dans un chaos d'émotions, elle ne pouvait parler, resserrant ses longues ailes autour de son corps gracieux. Elle le regardait simplement, écoutant cette voix qu'elle aimait plus que tout la bercer de son timbre si unique.

- Tu es parti à ma recherche ?

Si délicate, si légère comme une timide brise de printemps, sa voix s'éleva enfin avant que son regard ne s'illumine.

- Tu voulais me retrouver ? Piégé de ta nature divine.... Tu n'as pas réalisé que depuis des jours, je t'attendais et, en même temps, te craignais.

Un pas, deux pas, il avançait vers elle soutenu par Ciel. Si humain soudain, si proche d'elle de sa condition.

Ils étaient maintenant face à face.

- Le professeur, c'est lui qui t'a frappé ? Tout est ma faute...

De nouvelles larmes, à croire que jamais elle ne se tarirait. Soudain, ils furent face à face et elle se noya dans ses magnifiques yeux d'or.

- Tu es mon Soleil, Hypnos... Mon soleil. Le seul capable de me réchauffer... Si seulement, nous pouvions enfin nous rapprocher sans nous blesser, sans nous détruire l'un l'autre. Je t'aime tant.
Renoncer à sa divinité pour elle, quelle plus belle preuve d'amour que celle-là...

Cela touchait le coeur de la Reine de ce lieu, et en même temps, elle se sentait si coupable de le faire renoncer à ce qu'il était pour elle. Elle l'aimait comme il était et le voir changer pour se rapprocher d'elle comme elle avait tant essayé, c'était si puissant. Personne ne pouvait faire cela à moins d'aimer l'autre plus que sa propre vie. Elle ne voulait pas un tel sacrifice. Ils trouveraient bien un moyen moins radical.

Elle vit la main d'Hypnos se tendre vers elle et sans un mot la prit et la posa sur sa joue si douce.

- Mon roi...

Elle put rien dire d'autre avant de se laisser tomber entre ses bras. Maintenant, c'est elle qui n'osait plus le toucher. Ils étaient beaux, les deux amants, n'osant s'approcher de peur de se blesser...

Ciel était là, les soutenant maintenant tout les deux et relevant doucement la tête, Marie-Ange veilla à ne pas faire de mal à son amour et posa simplement ses lèvres sur les siennes. Nul mot en cet instant unique ne serait assez fort pour décrire ce que tous deux ressentaient.
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Lun 10 Déc - 2:19

*Grand frère…*

Je ne pouvais pas en etre sûr, mais je redoutais cette éventualité, je redoutais que l’absence du puissant cosmos du fils de la nuit ne soit pas une illusion ou un subterfuge.

Tandis que je le soutenais, l’emportant vers sa reine, je contemplais tour à tour ces deux êtres que tout aurait dû opposer et qui pourtant malgré les épreuves que leur imposait le destin se retrouvaient toujours. Le dieu et la mortelle, le serviteur du sombre empereur et le chevalier d’Athéna, ensemble par-delà ces idées séparant plus qu’elles ne rassemblaient.

*Un conte de fée.*

Leurs yeux, leurs yeux plein de larme étaient pour moi plus précieux en cet instant que tous les joyaux, j’aurai pu à nouveau les enchâsser et les chérir pour l’éternité, mais je ne me résolu pas à troubler ce moment magique, que ce soit par une action ou un mot de trop. Cet instant était le leur et je ne devais pas le leur voler.

*Tu as fait ça pour elle, par amour... Si beaux, si puissant, si merveilleux… Connaîtrai-je jamais pareil sentiment moi aussi ?*

Les mots cédèrent places aux larmes, les larmes cédèrent place aux gestes, tout le vocabulaire mortel ou immortel n’aurai suffi à saisir avec précision l’intensité de ce moment, ce moment où la main du fils de la nuit retrouva la joue si pure de la reine de son cœur. Ce moment où enfin ils cessèrent de se tourner autour avec ce mélange d’appréhension et d’amour, ce moment où leurs lèvres se touchèrent enfin.

L’ange du sanctuaire dans les bras du dieu du sommeil, les blanches ailes parées d’argent nous entourant tout trois ainsi qu’un écrin, tous deux bien mal en point et redoutant le contact l’un de l’autre.

Je dus les soutenir tout deux alors qu’ils enflammaient leur passion l’un pour l’autre, se réchauffant mutuellement alors que mon cœur s’éclairait lui aussi. L’union de nos cœurs en cet instant rendit au firmament toute sa gloire d’antan alors qu’étincelant de mille feux brillaient au-dessus de nous les astres du jour et de la nuit sur un ciel limpide.

*Il manque quelque chose…*

La vision de leur corps dans ce piteux état me faisait souffrir, pourquoi devait-il en être ainsi, pourquoi ici dans le monde onirique devait-il revêtir cette apparence blessée alors que seul leur esprit se trouvaient en ces lieux ?

*Est-ce que leurs projections mentales sont le reflet de leurs états psychiques ?*

Si tel était bien le cas alors il fallait régénérer leur esprit autant que leurs corps, et si ce baisé devait avoir sérieusement commencé à faire ses effets, il restait encore beaucoup à accomplir.

*Oh je sais.*

M’adossant contre mon grand-frère toujours épris de Marie-Ange et m’ayant surement oublié, je tendis ma main auréolée de bleu en direction de la fontaine angélique d’où s’écoulait toujours cette eau miraculeuse générée par la reine de ce monde-jardin.

*Aurai-je pouvoir sur elle ?*

Il ne me restait plus qu’à essayer. J’imaginais alors le chemin que devait prendre le filet d’eau avant de se brumiser pour devenir une douce pluie régénératrice tombant sur ces deux amoureux.

*Pourvu que ça marche.*

A nouveau mon cosmos sembla comme réagir à mes émotions, à cette envie de faire tomber la pluie sur mon grand frère et son amante, sur ces deux être qui sans que je m’en rende compte étaient devenu ma famille. Une douce bruine me récompensa alors que j’affichais un sourire radieux devant l’arc-en-ciel qui se dessinait au-dessus de nous.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

« Marie-Ange… »

Un nom, un simple nom avant qu’enfin mes réponses ne trouvent leur réponses, en acceptant ma main sur sa joue je savais que le cœur de ma lune et mes étoiles dans sa miséricorde avait trouvé la force de faire ce que moi-même n’avait pu accomplir.

La recevant dans mes bras, je la serrais avec une retenue que je soupçonnais être dut d’avantage à ma propre peur qu’à ses blessures, plongeant mon visage blessé dans sa chevelure pour m’enivrer de son odeur, cette odeur unique m’ayant tant manquée. Une longue bouffée avant que ses lèvres ne rencontrent les miennes sans que nous n’ajoutions le moindre mot à cette scène de retrouvaille.

Je ne parvenais plus à penser et très honnêtement je n’en avais plus cure, je savourais. Je savourais juste ce moment de félicité et de soulagement infinie que rien ne semblait vouloir venir troubler. Oubliant tout et voulant oublier tout, je resserrai d’avantage ma prise sur elle tout en l’embrassant plus vigoureusement, inconsciemment libéré de ma crainte de la détruire de mes mains et l’esprit emplie de passion, je savourais là sans le savoir un baisé d’amant véritable comme je n’en avais plus eu depuis notre escapade à Versailles. Notre étreinte aurait pu s’enflammer encore d’avantage parmi la lumière de nos astres respectifs illuminant de nouveau notre monde jardin, mais une légère brume rafraîchissante m’atteint alors et à son contact je sentis alors une douce chaleur m’envahir, une chaleur mêlée à une plaisante sensation de bien être.

*Un peu comme… Du nectar ?!*

Quittant malgré moi le contact des douces lèvres de mon amour, je levais les yeux au ciel et y trouva là l’expression des pouvoir latents de l’enfant dieu.

Me rappelant brusquement de son existence et surtout de sa présence à mes côtés, je portai les yeux sur son sourire radieux. Il était ravi, ravi et fier de son œuvre, et il avait de quoi, autour de nous, étincelantes comme l’aurai été ma poussière d’or, les fines gouttes d’eau tombaient sur nous dans une pluie onirique.

Je fermai alors les yeux et laissai cette bruine faire son œuvre alors que la douleur me quittait petit à petit.

Répondant au sourire de Ciel par le mien, je lui fis comprendre qu’à présent je pourrais tenir debout sans son aide, la douleur et la faiblesse m’avaient quittées.

*Grâce à vous deux.*

« Merci Ciel, merci pour ce beau cadeau, c’est bien plus que je n’en mérite, merci. »

Je restai alors immobile, les bras enserrant ma reine alors que ma tête reposait sur son épaule, voulant juste rester ainsi enlacé jusqu’à la fin des temps, simplement ainsi avec elle.

Essuyant pour finir les larmes mouillant ses joues si parfaites que la pluie et le soleil rendaient étincelantes, je me perdis un instant dans ses yeux à la couleur de l’émeraude.

« Merci ma reine, merci pour tout. Ne t'excuse pas, tu n'y es pour rien, c'est moi et moi seul qui suit à blâmer. Comme je regrette... Je t’aime tant. »

Je sentais poindre en moi les premiers signes du désir, et cela devait sans nul doute se percevoir dans mon regard et dans mes gestes car Ciel commença à reculer doucement, comme s’il attendait la réaction de Marie-Ange avant de prendre sa décision.
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Mer 12 Déc - 16:54

Soudain, son pouls s'accélérait, elle se sentait comme renaître entre les bras d'Hypnos. Ils l'enveloppaient avec tant de délicatesse, d'attention comme une fleur précieuse, aux pétales si fragiles qu'on l'on craignait de l'effleurer ou d'en respirer le parfum. Une étreinte si douce à laquelle s'ajoutait celle de ses plumes. Les ailes de l'Ange du Sanctuaire s'étaient déployés en une magnifique cape autour des trois êtres. Passion et hésitation s'emmêlaient, se nouaient entre eux alors que Ciel les soutenait sans que les deux amants ne le réalisent pleinement...

- Ciel...

A quoi songeais-tu, tendre enfant dieu, égaré près des deux amoureux ? Toi si seul, redécouvrait ce qu'était l'amour véritable tout en réalisant l'intensité de tes propres sentiments. Toi qui fut si seul avait maintenant une famille à chérir et qui te chérissait. Deux parents qui s'aimaient et dont l'amour rayonnait tel l'astre du jour naissant. Si puissant, si bouleversant, tel était le sentiment que tu redécouvrais, celui que tu espérais de tout ton être connaître un jour...

L'Amour emportant tout sur son passage, si fort que rien ne semblait pouvoir le détruire. Pas même l'étrangeté de ce couple que tout aurait du séparer.

Dieu du sombre séjour et mortelle au service de la lumière... Fils de la Nuit rapide et fille de l'espoir étincelant... Tout était fait pour les séparer ou les pousser à leurs pertes et pourtant, ils venaient de se retrouver. Telle était la réalité, la simple réalité dans toute sa magnificence, elle, l'Ange du Sanctuaire, et lui, le Fils de Nyx, s'aimaient et s'étaient retrouvés sans un mot, juste un geste, un simple effleurement mais si précieux qu'il les unissait tout les deux. Un baiser délicat, du bout des lèvres de peur de se blesser. Si tendre, celui appelant l'autre, l'invitant à se fondre en soi...

Attirée par les bras de son roi, elle finit par se blottir tout contre lui, sentant son souffle si chaud contre sa nuque, elle soupira doucement de plaisir sous la caresse qui lui avait tant manquée, l'odeur d'Hypnos, sa chaleur et sa force, son corps si viril tout contre le sien...

Lentement, leurs coeurs se réveillaient, brillant de mille feux avant que ne s'élève un chant d'amour qui fit s'illuminer le ciel autrefois si terne. Maintenant, la Lune et le Soleil brillaient de concert au milieu des étoiles sur une somptueux écrin d'azur. Spectacle que ni l'un ni l'autre ne réalisèrent toutefois, trop obnubilés par l'autre le tenant entre ses bras...

Le Baiser d'Hypnos se fit soudain plus passionné, le véritable premier baiser d'amant qu'il lui offrait depuis leur escapade à Venise. Depuis, il n'avait eu de cesse de se retenir, de peur de la blesser d'un seul geste trop passionné...

Mon amour, ce que cela a été dur pour toi... Si dur de ne jamais pouvoir m'aimer totalement...

Heureuse, elle se laissa aller à ce baiser qu'elle avait tant attendu avant de lui répondre. Leurs coeurs et leurs corps s'embrasaient. Ils s'approchaient, se caressaient avec tendresse puis passion jusqu'à ce qu'une brume ne se fasse ressentir autour d'eux. Fine et agréable, elle les fit se séparer un instant avant qu'ils ne regardent ensemble le ciel si beau, si radieux depuis que l'Ange du Sanctuaire et le fils de Nyx s'étaient retrouvés. Un bien-être les envahissaient tandis que la brume faisait se refermer leurs blessures, soignant leurs plaies, régénérant leurs corps.

Un regard par-dessus l'épaule de son roi et elle lui souri à son tour avant de le caresser du bout de son aile. Un autre sourire en le voyant étouffer le rire menaçant de le prendre.

Oui, merci petit frère...

Souffla-t-elle avant de se laisser de nouveau aller entre les bras de son roi. De longs moments s'écoulèrent, intenses et si merveilleux tandis que tous deux savouraient leurs retrouvailles après tant de jours et d'épreuves. Un contact si doux sur sa joue et elle ferma les yeux tandis qu'il essuyait ses larmes avant que ses yeux d'or ne plongent dans les siens.

- Hypnos...

Elle irradiait d'amour, son magnifique cosmos argenté s'ajoutant à la bruine que faisait tomber Ciel jusqu'à ce qu'une multitude de couleurs ne se mettent à enchanter le paysage. Un autre instant s'écoula avant que son roi ne reprenne la parole, si doux dans son désir de se faire pardonner et dans l'espoir que tout puisse repartir.

- C'est le passé mon amour, mon roi. Je souhaite que jamais plus cela n'arrive que nous puissions connaître le bonheur auquel nous aspirons, je t'aime tant, mon roi.

A ces mots si doux, elle se blottit de nouveau contre lui, enfouissant sa tête dans son cou. Les caresses sur son corps au travers de la veste que Ciel lui avait offerte se firent plus audacieuses. Le désir d'Hypnos se réveillait tout comme le sien. Elle ronronnait sous ses caresses, sentant son corps s'éveillait davantage sous ses caresses. Une autre présence lui fit soudain tourner la tête et elle lui sourit.

- Ciel... Merci pour tout, merci de nous laisser nous retrouver. Un jour, toi aussi. Toi aussi, tu connaîtras cela.

Puis, se retournant vers le roi de son coeur, elle écarta le haut de son pyjama, révélant avec lenteur le torse du dieu du sommeil avant de se blottir tout contre lui, ses mains caressant son dos et sa longue chevelure d'or. Bien vite, elle s'empara de ses lèvres avant de l'embrasser langoureusement, voracement. Entre les bras du roi de son coeur, elle se vibrait à chacune de ses caresses. Lui seul savait comment la rejoindre et l'embraser...

Détachant un instant ses lèvres de celles du dieu devenu-homme, elle lui glissa à son oreille d'une voix enfiévrée.

- Viens me retrouver, mon roi, mon époux...
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MessageSujet: Re: [1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)   Mer 12 Déc - 19:36

Si beau et si puissant, si pur et si fou, s’en était presque irréel pour moi de contempler l’étreinte de mon grand frère et de la reine de son cœur ressusciter ce monde-jardin en même temps que mon propre cœur. Inexplicablement je pouvais comme ressentir leur amour l’un pour l’autre, je ressentais en moi cette bouffée de chaleur inexplicable, cette sensation de félicité indicible qui croissait à chaque secondes, à chaque nouvelles caresses qu’échangeaient les deux amants.

*Comme ils ont l’air d’etre heureux… Oui, ils le sont, ils le sont je le sens en moi.*

J’aurai pu me délecter de cette simple vision et du bonheur qu’elle me procurait, mais je réalisais que malgré tout, je n’étais pas à ma place ici, que ce qui allait suivre ne devait pas m’avoir comme témoin.

*Ils doivent avoir tellement de choses à rattraper… *

Me tournant à moitié, je répondis d’un sourire radieux aux dernières paroles des souverains de ce monde avant de quitter les lieux le cœur et le pas léger. J’avais toutes les raisons d’etre fier de moi, j’avais découvert un moyen de leur etre utile, je les avais fait se trouver et se rejoindre, encore une fois et maintenant je pouvais ressentir avec enchantement la force de leurs sentiments.

Pourtant dans cet océan de joie, une pointe acérée et glaciale se frayait un chemin oh combien douloureux, la pointe de ma propre solitude.

*D’après Marie-Ange je n’aurais pas à rester ainsi bien longtemps, mais que pourrais-je bien faire pour changer ma situation, moi qui n’ai même pas de corps physique m’attendant hors des frontières de ce monde ? Devrais-je me lancer dans l’inconnue, dans le monde des hommes et embrasser ainsi les possibilités que ce nouvel horizon me donnerait ?*

Un bref moment d'hésitation avant que ma curiosité et mon envie d'être heureux ne l'emportent.

*Oui, je dois avancer moi aussi, le passé c’est le passé. Mon avenir se trouve ailleurs.*

Ma résolution était prise, même si je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait de l’autre côté, je savais néanmoins ce qui m’attendait ici, aussi je n’avais pas à hésiter.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

*Ciel ?*

Il paraissait si enjoué à notre vision, comme si il partageait véritablement notre bonheur. Un sourire radieux illuminait ses traits et exprimait plus que mille mots son état à nos yeux. Comprenant de lui-même ce qui allait se dérouler très bientôt sur le lit d’herbe et de feuille qu’il avait matérialisé, il s’éloigna sans un bruit, nous laissant seul ma reine et moi, seul avec notre passion qui cette fois n’aurait pas à craindre le moindre de mes écarts.

Nos embrassades devenaient sauvages, presque violentes, enfin je pouvais m’abandonner à elle sans craindre de la détruire, enfin je pouvais simplement la serrer de toute mes forces en sachant que je ne la briserais pas de mes mains. Mordillant tendrement son oreille, je murmurais doucement à celle-ci de la manière dont seuls les amants murmuraient.

« Marie-Ange, ma reine, ma femme, mon amour… »

Alors qu’elle ouvrit mon haut de pyjama pour que ses mains joueuses détaillent mon nouveau corps mortel, je faisais de même avec la robe bleue qu’elle portait, le tissu mouillé décrivant avec une audace impudente la perfection de ses courbes. Ondulant et brûlante sous mes doigts et mes lèvres, elle s’offrait ainsi à moi sans crainte, surement pour la première fois alors que d’excitation je tremblais presque. J’avais envie d’elle, j’avais tellement envie d’elle que mon sang menaçait de rompre les veines parcourant ce corps désormais tellement humain, j’étais comme en train de fondre pour elle alors que vêtu dans notre plus simple appareil nous nous enlacions et nous caressions tantôt avec douceur tantôt avec fougue.

Je ne parvenais même plus à arracher mes lèvres des siennes, nous étions entré dans un moment où les mots n’avaient plus leurs places, un langage plus corporelle et intime avait pris sa place.

Je parcourais de mes mains et de mes lèvres humides le corps enfiévré de celle que j’aimais plus que tout. Après six années de retenue et de rapport m’interdisant l’abandon de moi, enfin je pouvais lui donner du plaisir et le faire sans constamment me demander si je n’allais pas lui laisser un hématome ou lui casser quelque chose.

Ainsi débuta notre étreinte amoureuse, enfin libéré de la crainte de blesser l’être aimée. Les premiers gémissements et souffles haletant s’élevèrent alors lorsque chacun de notre coté, cherchant à maximiser le plaisir de l’autre, usait de ce qu’il avait appris durant les précédents rapports, autant de coup d’essais , autant de préludes à celui-ci, une oasis de pur bonheur dans un univers voué à l’entropie et à la déchéance, un moment qui aurait fait pâlir les étoiles.

Ce fut lorsque chacun de nous ne pouvaient plus attendre une seconde de plus que nous fusionnèrent enfin.

En ce temple de chair à la douceur du miel et à la chaleur des forges du dieu boiteux, je redécouvrais à présent avec des sens mortels la sainte folie caractérisant le genre humain, une folie dont à présent je comprenais la beauté.

Tout en poursuivant mes caresses toujours plus audacieuses et enflammés, je plongeais alors pour la énième fois mes yeux dans les siens, des yeux où comme dans les miens se lisaient une félicité sans bornes. Restant un moment immobile, l’un sur l’autre, l’un dans l’autre, nos souffles et nos cœurs à l’unisson, doucement, tendrement, je déposais un baiser emplie d’une infinie tendresse sur les lèvres de la reine de mon cœur, un baiser devant durer jusqu’à la fin des temps. Un baiser, instant de calme avant qu’à nouveau la passion ne nous submerge et que les gémissements ne deviennent cris, que les soupirs ne deviennent halètements et que se poursuive encore et encore l’embrasement de nos sentiments.
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[1754] Pour l'amour de ma reine (Angel-Hypnos)

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