RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 Lorsqu'une ombre en surveille une autre...

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Krauser


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MessageSujet: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Mar 2 Oct - 16:02





La place St Marc. Aussi majestueuse que la cathédrale du même nom.
Dans la légère pénombre du jour naissant, les reflets de l’humidité nocturne sur les pavés semblaient trembler sous le soleil matinal, encore à demi masqué par l’horizon. Quelques volatiles se posaient ça et là, sautillaient et picoraient à la recherche d’une quelconque pitance. Quelques passants arpentaient la place, encore bien vide à cette heure de la journée. Mais des individus d’un tout autre genre attirèrent l’attention de Krauser.

Un petit groupe, mené par un homme dont la stature rivalisait aisément avec celle du spectre, entra dans la basilique à l’instant ou Krauser parvint sur la place. Parmi ce groupe, une silhouette bien connue. L’ogre eut tout juste le temps de discerner la chevelure émeraude du seigneur Narcisse avant que celui-ci ne soit englouti par les ténèbres de la cathédrale.

Krauser songea un instant à le suivre, sa mission étant de l’escorter. Mais il abandonna bien vite ce projet. L’événement qui se tenait ici était sans conteste de caractère confidentiel, et si le dieu du Rêve s’était jusque-là enquit de sa tâche sans l’aide de ses serviteurs, il n’en aurait certainement pas besoin immédiatement maintenant que les choses sérieuses commençaient. Leur présence n’aurait sûrement fait que troubler cette réunion au sommet.
L’ogre chercha un instant un endroit d’où il pourrait garder un œil sur la cathédrale sans attirer l’attention. Assis sur un banc au pied d’un bâtiment adjacent, adossé à une colonne de l’édifice…
Non. Il attirerait bien vite l’attention. Et puis si Krauser n’aurait vu aucun inconvénient à attendre sur les pavés, son estomac n'était pas de cet avis. Le spectre tourna alors les yeux, et vit une petite auberge au coin de la place, suffisamment modeste et dissimulée pour constituer un observatoire parfait, et suffisamment bien placée pour intervenir au plus vite en cas de besoin. Et puis la cuisine italienne était, paraît-il, un régal pour les sens.

L’ogre, en quelques enjambées, parvint devant la porte de l’établissement. On y préparait manifestement des viennoiseries et du café,
Ces douces senteurs chatouillèrent les narines de Krauser, qui ne put retenir une bruyante déglutition. La fraîcheur matinale et les senteurs de pâte cuite l’avaient mis en appétit, et il se réjouissait d’avance à l’idée de déguster un copieux petit-déjeuner.
Une bonne pièce de viande aurait également fait son affaire, mais il s’estimait déjà heureux qu’un établissement soit apte à servir ses clients de bon matin, avec quelque pitance que ce soit.

Il poussa la porte de l’auberge. Il était manifestement le premier client, la salle étant encore vide. Le tenancier était encore affairé à mettre les chaises en place, la moitié d’entre elles étant restées posées sur les tables.

Buongiorno ! Sedersi, per... eeeehhh...

A peine l’aubergiste eut-il propose à son clients de s’installer, qu’il fut intimidé par la stature impressionnante de Krauser. Cette hésitation l’agaça, mais se sentant de bonne humeur, il posa une main presque amicale sur l’épaule de l’homme, et lança avec un grand sourire :

Grazie mille, signore.

Les rares mots d’italien que connaissait le spectre suffirent à convaincre l’aubergiste, qui sembla se rassurer. Il retrouva un sourire relativement potable, et se reprit :

Sedersi, per favore.

Krauser se dirigea vers une table, placée à côté de la fenêtre disposant du meilleur angle de vue sur la cathédrale. L’aubergiste ne l’ayant pas encore préparée, il descendit une chaise et s'y installa. Bien vite, le tenancier lui apporta une corbeille remplie de viennoiseries en attendant le café. Krauser s’empara d’un gros croissant, huma un instant la douce et chaude vapeur de la pâte fraîchement cuite, et en happa d’un coup de dents l’une des extrémités. La saveur douce et sucrée de la viennoiserie descendit lentement dans sa gorge, faisant monter la salive sur sa langue, et avec elle le besoin de mordre à nouveau dans le croissant.

L’ogre acheva sa viennoiserie dans un soupir de contentement, puis croisa les bras sur la table et pencha la tête vers la fenêtre. Les passants se faisaient de moins en moins rares, les visages étaient variés. Des travailleurs encore endormis, des flâneurs venus profiter de la fraîcheur matinale, et tant d’autres… Certains étaient totalement étrangers à Krauser, comme certains lui semblaient familiers. A certains moments, il eut même l’impression de reconnaître de vieilles connaissances… mais il préféra se concentrer sur sa mission. Il s’adossa à sa chaise et se saisit d’un autre croissant

Si les désagréments potentiels qui pourraient survenir n’occupaient pas plus que cela l’esprit du spectre, songer aux puissances réunies en ce lieu lui fit ressentir une certaine crainte. Il n’avait pas peur, mais contre ces guerriers d’élite… Il craignait de se trouver impuissant face à un éventuel adversaire.
Non qu’il remette en question les facultés de ses maîtres, mais si lui devait se trouver inutile… il s’en sentirait des plus déshonorés.
Tentant de calmer son esprit, Krauser mordit dans son croissant, et replongea son regard sur la place St Marc, se remplissant peu à peu.
Il se tenait prêt… mais restait à savoir à quoi


EDIT: Caeron étant retourné à la Cathédrale des Enfers, Krauser est seul


Dernière édition par Krauser le Ven 5 Oct - 16:15, édité 2 fois
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Dormin


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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Jeu 4 Oct - 20:41

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Il semblait que Mattheus comme Séléné avaient ressenti les mêmes tourments ayant traversé l'esprit de Dormin. Bien entendu, le saint aux cheveux d'argent avait senti les maux liés au sanctuaire... que pouvait-il se passer là bas? Décidément, c'était toujours lorsque le sanctuaire se retrouvait morcelé qu'ils se prenaient des assauts en pleine figure. Mais pas d'inquiétude, il y avait toute une ribambelle de chevaliers de bronze, d'argent et d'or pour accueillir les assaillants et défendre la terre sacrée et Rodorio. Ils devaient croire en leurs compagnons de combats, c'était pour l'heure le seul moyen qu'ils avaient de les aider. Cela et accomplir leur propre mission au mieux.

Alors qu'ils pressaient le pas, Dormin posa sa main sur l'épaule de Mattheus pour lui faire une accolade amicale suivit d'un sourire confiant. Tout irait bien, il en était convaincu. Les leurs étaient largement capable de repousser la menace sur leur propre terrain! Ils devaient retourner vite auprès de Liana afin de veiller sur elle et rester à sa disposition si des fois les choses venaient à mal tourner. Car après tout, il était curieux que deux camps au moins, de ce qu'il savait, se fassent attaquer alors que la réunion des Quaesitors commençaient à peine... Était-ce juste une coïncidence ou y avait-il vraiment à craindre?

Oui, car si le sanctuaire était attaqué, il semblait qu'en simultanée, ça bougeait pas mal aux enfers... Sinon pourquoi aurait-il senti d'aussi grandes perturbations dans le cosmos de sa moitié? Un combat contre Hypnos? Non... C'était moins virulent... ce n'était pas le genre de colère sourde que pouvait ressentir l'Irréel lorsqu'il faisait face à son paternel... C'était plus de l'agacement mêlé à autre chose... Dormin n'aimait pas trop lire les sentiments qui traversaient le cosmos de son compagnon. C'était toujours un chaos peu lisible d'émotions s'entrechoquant à vitesse grand V qui lui donnaient mal au crâne... en plus d'être très indiscret...

Pourtant... Vue comme Séléné s'était crispée sur son dos, elle aussi l'avait senti... Que se passait-il du côté des enfers pour qu'ils aient tous deux ressenti ce curieux sentiment d'être minuscules? Autant de détails qui intriguaient le gardien de la dixième maison du zodiaque.

    "Nous arrivons, enfin..."


La Cathédrale st Marc... Quel beau bâtiment que voilà... Il y avait déjà pas mal de monde et il pu reconnaitre sans mal Liana et son loup plus loin. Un nouveau sourire, de soulagement cette fois, se dessina sur ses lèvres et il soupira, reprenant son souffle. Ils n'étaient pas trop en retard. Tous semblaient en train de se concerter prêt des portes. Dormin n'osa pas s'approcher... Tel n'était pas leur rôle et ils étaient tenus de respecter les règles de Venise sous peine de lourdes conséquences.

Ses doigts se serrèrent sur les jambes de sa fille à cette simple pensée. Il allait devoir à nouveau rester loin d'elle et la laisser oeuvrer par elle même sans pouvoir la soutenir d'avantage. Mais au moins pouvait-il lui apporter un soutien par sa simple présence lors de cet évènement. Presqu'à contrecoeur, il fit glisser la petite demoiselle rousse de son dos pour la déposer à terre sur ses fines jambes.

    "Vous voilà arrivée, princesse."


Le chevalier d'or posa un genoux à terre pour face face à sa progéniture, la toisant de ses yeux émeraudes d'un air profondément aimant. Il était nerveux de la voir prendre part à un conseil d'une telle importance du haut de ses 4 printemps... Mais si Apollon l'avait choisie, elle plus qu'un autre, c'est qu'il avait ses raisons. Il devait à nouveau croire en ce choix et en sa fille. Se faisant violence, il vint caresser le visage de la chaire de sa chaire avec tendresse. Comme elle avait grandie depuis ce soir d'hiver où il l'avait prise dans ses bras pour la première fois.

    "Tu verras tout va bien se passer ma chérie. Papa croit en toi et je suis fier et ému qu'Apollon ait tant confiance en tes capacités pour te confier une telle mission. Je ne serai jamais loin. Si ton escorte peine à te retrouver, sache que tu peux venir te réfugier vers nous. Regarde..."


Il désigna d'un regard Liana et son loup plus loin.

    "Tu vois la dame et son loup là bas? Elle s'appelle Liana, c'est elle qui représente notre déesse."


Mais alors qu'il observait mieux tout ce petit monde, le regard du rouquin s'arrêta sur le dos d'une haute stature à la toilette particulièrement belle et excentrique et sur de longs cheveux tombant en cascade trop familier. Le sourire du gold saint disparut de son fasciés et son regard exprima un mélange de stupeur et d'angoisse tandis que son coeur se serra dans sa poitrine.

    "N-non... ça ne peut pas..."


Murmura-t-il pour lui même d'un air distrait sans quitter cette silhouette des yeux. Il eut un court moment de blanc avant de détourner le regard. Il secoua la tête, tentant de chasser son stress loin de lui et de se redonner contenance. Il ne voulait pas inquiéter ni Mattheus ni Séléné plus que de raison. Et puis c'était peut-être juste une erreur sur la personne. Il vint enlacer sa fille fort contre lui pour la rassurer une dernière fois.

    "Nevermind... Tu seras parfaite j'en suis certains. Ecoute bien ce que disent les gens et parle au nom des tiens et de tes convictions! Parle avec ton coeur. Fais comme tu peux Séléné, à ton rythme."


Il fit durer un peu l'étreinte avant de doucement se détacher d'elle et de venir lui embrasser le front. Une dernière caresse dans les cheveux et le chevalier d'or se releva en adressant un clin d'oeil complice à la petite rouquine.

    "Allez! Même pas mal, même pas peur ma chérie, tu peux le faire! Fonces!"
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Mattheus


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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Ven 5 Oct - 22:55

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Être séparé de sa famille, de ses amis n'est jamais chose facile et j'en sais quelque chose. Mais c'est encore plus difficile à supporter lorsque l'on sent un danger flotter dans les airs. Dans notre cas, certes le danger n'est pas à Venise, du moins pour l'instant et je prie le seigneur Tout-Puissant et tout les Saints pour que cela continue ainsi... Mais nous ressentons le danger et les cosmos de nos amis restés au Sanctuaire variés sans arrêt!! De plus nous ne savons pas ce qu'il se passe et c'est pour cela que c'est très dur pour nous deux.

Oh bien sûr nous avons aussi à faire ici, nous ne l'oublions pas!! Il suffit de voir les personnes déjà présentes lorsque nous sommes arrivés à la cathédrale. Il y a autant de monde de toute différentes divinités que j'ai eut l'impression de voir de loin une réunion des Nations Unies pour divinités... Quoique on pourrait dire que ça y ressemble!! Enfin bref!! Après avoir navigués dans les rues de venise, nous sommes enfin arrivés mais ni Séléné, ni Dormin ne sont rassurés pour cela!!

Bien que Dormin fasse tout son possible pour le cacher afin de ne pas inquiéter sa fille, je vois très bien qu'il y a quelque chose qui les tracasse, voir même les inquiète, et que ce n'est pas ce qu'il se passe au Sanctuaire ni la réunion auquelle participe Liana!! Il s'agit d'autre chose qui semble avoir une place bien plus importante pour eux!! Et je sais qu'il a voulu me rassurer et me dire que tout irait bien quand il a posé son bras sur mon épaule tout à l'heure. Mais qu'il ne s'inquiète pas, j'ai confiance, moi aussi, en nos amis restés au Sanctuaire. Je sais qu'ils parviendront à s'en sortir et se débarasser de ce danger.

Restant à leurs côtés mais veillant à leurs laisser tout de même un peu d'intimité, je pose mon regard sur le groupe au loin et en particulier sur Liana. Elle va bien, tout du moins à première vue, ce qui est une bonne nouvelle. De plus son loup est à ses côtés en cas de soucis. Mais à les voir discuter, la discussion est agitée et...

Tournant mon regard sur Dormin, je remarque que ce dernier est angoissé comme le confirme les mots murmurés qui sortent de sa bouche. Bien que ne le connaissant depuis peu, je sais qu'il n'est pas dans son caractère de réagir ainsi. Et si c'est le cas, c'est qu'il a vu une personne qu'il connait et ne pensait pas voir. Et sa réaction le confirme. Il ne veux pas nous inquiéter, moi mais encore moins sa fille. Je le comprends seulement maintenant que je sais qu'il y a quelque chose qui l'intrigue, je ne peux rester sans rien faire.

Attendant qu'il ait fini avec sa fille, je me rapproche de lui et lui parle à voix assez basse pour que Séléné ne m'entende pas.


Dormin, je comprends que tu ne veuilles pas nous inquiéter mais tu ne peux pas me cacher la vérité. Même si j'ignore de qui il s'agit, je sais que tu as vu une personne que tu ne pensais pas voir ou ne voulais pas voir. Et si tu as besoin d'aide ou de parler, n'hésites pas, je suis là!!

Je lui affiche un sourire rassurant pour bien lui montrer que je suis présent si jamais le besoin s'en fais sentir. Et je sais qu'il le sait!!
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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Dim 7 Oct - 23:51

La petite demoiselle s'était laissée glisser dans les bras de Morphée lors de leur petit trajet, somnolant paisiblement sur le dos de son père. Ce sommeil relatif lui permettait d'échapper un temps aux voix innombrables qui ne faisaient que gagner en ampleur alors qu'ils se rapprochaient du centre. Cette cacophonie gigantesque était à la limite du supportable, un homme songeait à son amante ici, un autre à son dîner entre amis, un peu plus loin une épouse inquiète suivait la piste de sa moitié volage tandis qu'une vieille dame cherchait son chat perdu avec inquiétude... Un infime échantillon de l'effroyable quantité d'informations qui se déversait dans sa petite tête, des petites tranches de vies étrangères qui s'accumulaient. En plus du stress que cela lui imposait, ce voyeurisme lui avait toujours posé un problème au niveau éthique. Devait-elle parler de ce qu'elle entendait ou le garder pour soi ? Quel secret fallait-il garder ? Malgré son allure, Séléné n'atteignait même pas les 5 printemps, elle n'avait pas l'expérience nécessaire pour gérer pareils dilemmes.
Le choix d'Apollon était discutable, pour ne pas dire absurde. La rouquine pensait qu'il s'agissait là d'une épreuve imposée par son Dieu, un moyen de la forcer à progresser dans sa sensibilité aux esprits d'autrui. Mais elle n'avait pas les épaules pour pareil défi et sans la présence paternelle elle savait maintenant qu'elle se serait écroulée au milieu d'une ruelle, paralysée par ce véritable tsunami spirituel. Sans parler des remous dans l'énergie de sa mère qui lui causait une grande inquiétude.
Papa était comme un rempart inébranlable à ses yeux, un bouclier face à tous danger là où maman incarnait davantage le glaive qui, plus agressif, éliminait le danger. Leur combinaison les rendait invincibles, mais sans le soutien de Dormin, elle n'était pas certaine que le Dieu des Fantasmes puisse sortir indemne du danger. Si elle ne doutait pas de sa victoire finale, elle redoutait son état à la sortie. Elle connaissait sa mère comme quelqu'un qui n'hésitait pas à aller au delà du raisonnable lorsque la situation le demandait.

C'est la voix du Capricorne qui la sortit de sa rêverie, alors qu'il annonçait enfin leur arrivée au lieu de rendez vous. C'est avec un pincement au cœur qu'elle descendit de son douillet perchoir. Alors elle allait devoir se séparer de lui maintenant ? Elle... elle allait devoir assurer toute seule ?
Les mots d'encouragement qu'il lui adressa lui redonnèrent de l'ardeur à l'ouvrage, déversant en elle un feu rassurant qui l'aidait à tenir tête face à sa propre timidité. Elle n'était pas sûre d'elle, mais que d'autres croient en sa petite personne suffisait à la motiver assez pour venir à bout de tout défi. Elle ne voulait pas décevoir les attentes de sa famille à son égard, ni celles de son tuteur.

Elle posa des yeux fascinés sur le loup de la dame désignée par Dormin. Oooh ! C'était comme un gros, gros toutou ! Il avait l'air un peu moins gentil, mais il avait une bien belle couleur. Elle le caresserait volontiers, ou peut être jouer à la baballe. Elle avait toujours eut un bon feeling avec les bêtes. Elle les comprenait fort bien et leurs schémas de pensées simplistes lui apparaissaient comme un changement rafraichissant après les réflexions tumultueuses des humains.
Hélas, le travail l'appelait, ce n'était pas l'heure de jouer avec un gentil toutou.

-Je dois y aller alors... A tout à l'heure papa !


Elle fit une dernière bise à son père, attristée par cette nouvelle séparation. Elle voyait sa famille bien moins que la plupart des fillettes de son âge, et si elle en comprenait la raison fondamentale, ca ne la déprimait pas moins.
Elle fit ensuite une révérence timide au monsieur qui les accompagnait, sa cascade de cheveux rouge tombant mollement sur sa petite frimousse. Elle n'avait pas bien saisit son nom ni qui il était en fait, mais ce n'était pas une raison de ne pas être polie.

-Aurevoir monsieur !


Et c'est en sautillant, les mains derrière le dos que cette petite demoiselle si unique en son genre se rendit vers son prochain travail.

=> Quadrature des Bourreaux
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Krauser


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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Lun 8 Oct - 2:08



La place se remplissait petit à petit, mais le calme régnait toujours dans la petite auberge. Krauser dégustait tranquillement ses viennoiseries, sirotait quelques cafés histoire de garder ses sens en éveil, et guettait. Attentif au moindre sursaut de cosmos, il n’en était pas moins absorbé par la diversité des visages qui passaient devant ses yeux. Des hommes et femmes de tous âges, de toutes tailles ; plus ou moins agacés, plus ou moins pressés.

L’attente… Krauser, qui imaginait cela comme une corvée, pénible et inintéressante, était le premier surpris de constater l’apaisement que cette attente lui procurait. Il était au calme, confortablement installé, sans rien d’autre à penser que la surveillance de la basilique. Cela faisait bien longtemps qu’il ne s’était pas senti aussi serein. Il observait, promenait son regard de droite à gauche, ponctuant l’une ou l’autre observation par un bout de croissant ou une gorgée de café.

Puis, alors qu’il entamait sa troisième corbeille de viennoiseries, le regard de Krauser fut interpellé par un petit éclair coloré fendant la masse terne de la foule. Un enfant traversait la place, une petite fille aux longs cheveux d’un roux si intense qu’ils semblaient magenta sous le soleil matinal. Le visage du spectre s’anima d’un léger sourire. Cette chevelure lui rappelait de bons souvenirs… Quelques années, déjà. Et pourtant, depuis tout ce temps, nul autre ne lui avait inspiré autant d’amitié que…

Quoi ?

Le regard de Krauser se figea un instant . Plus loin sur la place St Marc, cette même chevelure…

Non… est-ce que c’est seulement possible ?

Le spectre de l’Ogre ne croyait pas au hasard. Et pourtant… Il reconnaîtrait cette couleur si singulière entre mille. Mais si tel était le cas… Il devait en avoir le cœur net. Il posa sur la table quelques pièces tirées de la bourse que lui avait confiée le seigneur Aiakos, et sortit de l’auberge pour se faufiler entre les passants. Quoique « faufiler » ne soit pas le terme adapté, tant par sa stature imposante que par l’étrange aptitude des passants à s’écarter instinctivement de son passage. Il s’approcha, d’un pas assuré. Celui qu’il avait repéré ne l’avait toujours pas vu… Sans doute à cause du fait que le spectre arrivait dans son dos.
Plus Krauser s’approchait, plus la ressemblance lui semblait frappante. Même taille, même stature… Et bien sur, même chevelure. Arrivé dans son dos, il hésita un instant. Puis il passa doucement sur son côté… et aperçut son visage.

Dormin !?

Plus de doute possible. Il s’agissait bel et bien de lui, celui qui l’avait accompagné quatre ans plus tôt dans sa quête pour la corne d’abondance. Dormin, le seul humain avec qui Krauser aie partagé une amitié… Et la seule personne à lui avoir inspiré autant de sympathie.

Mais… C’est incroyable ! Cela fait si longtemps… Mais qu’est-ce que tu fais là? Si j’imaginais te croiser ici, et maintenant… Qu’est-ce que tu deviens, depuis tout ce temps?

Hum… Du calme, du calme. Je m’emballe.

Le spectre reprit contenance, et retrouva son souffle. Il était si excité par ces retrouvailles qu’il enchaînait les questions sans laisser le temps à son interlocuteur d’y répondre. Après avoir repris son calme, il remarqua que son ami n’était pas seul. Un jeune homme assez solide, aux cheveux clairs, l’accompagnait. Krauser s’empressa de le saluer. Il ne le connaissait pas, et par conséquent, s’en méfiait ; mais il était tout de même tranquille. Un ami de Dormin ne pouvait être que de bonne compagnie.

Puis il se retourna vers son ami. Un sourire franc et bienveillant illumina son visage d’ordinaire renfermé, et il ajouta simplement :

Je suis ravi de te retrouver, Dormin.

L’excitation du moment avait presque fait oublier à Krauser la mission qui l’avait conduit ici. Si un incident était survenu à cet instant précis, il n’aurait même pas réagi. Fort heureusement, tout était encore calme sur la place St Marc, laissant le temps à deux vieilles connaissances de se retrouver après un temps qui avait semblé bien vide au spectre de l’Ogre.
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Dormin


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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Mer 17 Oct - 2:49

Il apprécia l'étreinte partagée avec sa fille adorée, la serrant fort contre son coeur et dans ses bras, luttant pour ne pas la retenir plus que de raison. Il le savait, il n'en avait pas le droit, tout chevalier d'or ou père qu'il soit. Son devoir paternel était de protéger sa progéniture envers et contre tout. Et en cela, il se devait de tenir la promesse faite à Apollon de lui faire confiance quant aux plans prévus pour ses deux enfants. Il savait que leur mère n'appréciait pas, sûrement moins que lui encore. Mais au moins étaient-ils à l'abri dans le Palatin, loin des convoitises divines peu recommandables.

Il la laissa aller à contrecœur et ferma les yeux en la laissant quitter ses bras, appréciant chaque petite seconde qui brisaient l'étreinte. Il sourit en voyant la petite princesse s'incliner et ses cheveux identiques aux siens tomber mollement sur son visage. Dormin étouffa un rictus. Comme il pestait lui même contre ce genre de chose dés qu'il se baissait trop précipitamment parfois.

C'est alors qu'il le vit... Ce regard émeraude presque bleu... L'effrayante expression qui animaient ces yeux trop familiers étaient le fruit d'une blessure. Il le reconnaissait... il l'aurait reconnu entre mille. Il sentit ses lèvres se crisper et trembler et son regard se faire humide sous l'émotion trop soudaine qui l'envahissait. Il sentit son coeur manquer un battement. Il serra les dents et porta sa main à sa bouche pour cacher le drôle de balbutiement de ses lèvres. Que le destin avait un goût étrange de lui jouer ce genre de tours, comme s'il plaisait à ce dernier de faire faire les montagnes russes à son pauvre coeur. Il sentit les perturbations dans ce cosmos passé de l'or et de la lumière à l'ébène des ténèbres. Il aurait presque voulu ne jamais le revoir... qu'il reste mort... Au moins aurait-il conservé l'image héroïque de son maitre mort pour leur déesse. Les souvenirs de cette soirée pluvieuse si froide où lui et ses compagnons avaient senti la chaleur de son cosmos s'éteindre, leur être arraché, lui revint en tête aussi vif que si cela avait été la veille.

Une main sur son épaule vint le tirer de sa torpeur causé par cette cicatrice jamais vraiment refermée. Sursautant, il tourna son regard émeraude vers Mattheus et l'interrogea, pris de court. Ses yeux trahissaient sa confusion. Il lui fallut quelques secondes pour collapser ses idées et il soupira finalement en essayant de sourire malgré tout mais sans grand succès.

    "Merci... Tu as le regard perçant Mattheus. C'est une qualité que j'apprécie. Je m'avoue démasqué... j'ai effectivement vu un fantôme que j'aurais cru et préféré garder dans la tombe."


Il inspira à fond pour reprendre contenance. De cette histoire, ce qui le touche, c'est qu'il n'y a rien à regretter... Alors pourquoi ce sentiment de disgrâce subitement envers son maitre?

    "Vois l'homme qui nous fixais il y a peu, celui à la longue chevelure noire... "


Il désigna Narcisse d'un geste de la main sans le pointer ouvertement, histoire d'orienter le regard du saint à ses côtés.

    "Il s'agit de feu Narcisse du Capricorne... Mon maître... "


Il aurait voulu continuer à lui expliquer qui il était mais le destin mit sur sa route une autre personne bien familière. Une présence moins pesante que celle de Narcisse, mais plus imposante dira-t-on en la qualité de ce bon Krauser, rencontré dans le nord en quête de la corne d'abondance. La surprise de voir son ami ici chassa pour un temps la nostalgie dans son coeur et un mince sourire vint éclairer son visage. Tout allait bien... Il se sentait soutenu par ses nouveaux compagnons saints et il se faisait de nouveaux amis. Lui aussi avait droit au bonheur et de vivre dans cette époque. Car lui n'était pas mort. Il sourit de plus belle à Krauser, content aussi de le revoir après un si long moment.

    "Krauser. Je ne m'attendais pas à te croiser ici non plus! Et bien... pour ma part je suis ici..."


Il eut un instant de blanc...Se tournant vers Mattheus avec un air de détresse, il ne savait pas mentir. Il déglutit, il mettait trop de temps à répondre.

    "Pour affaire! Mais c'est barbant tout ça. Oh et je te remercie encore de m'avoir prêté tu sais quoi, ma ... femme a beaucoup apprécié. Elle a d'ailleurs donné naissance à deux magnifiques faux jumeaux. Merci encore pour ma famille de nous avoir laissé utiliser ce trésor quelques temps."


Pfiou! C'était pas si simple de cacher le fait qu'on soit un saint au commun des mortels parfois.

    "Mais et toi? Que deviens-tu? Tu sais, tu ne devrais peut-être pas rester là, ça pourrait bouger bientôt et je m'en voudrais de...?!"


Il n'eut pas le temps de répondre... Il l'avait senti arriver. Ses pupilles se rétrécirent dans leurs orbites et il fit volte face pour voir arriver un sinistre cavalier. Une forte odeur de sang l’accompagnait et cette aura macabre... Pestilentielle! Une odeur... de pourriture. D'un geste de la main bien placé, il plaqua le plat de sa main contre les yeux de Krauser.

    "File!! MAINTENANT!!"


Mais avant qu'ils n'aient pu esquisser le moindre geste, tous trois furent engloutis par d'étranges flaques de ténèbres sous leurs pieds. Se débattre était vain. Il vit avec horreur ses compagnons disparaitre en même temps que lui... et tout devint noir.

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Krauser


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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Mer 17 Oct - 3:10


La joie de retrouver un ami… Voilà un sentiment que Krauser ne connaissait que trop peu. Il faut bien avouer qu’il n’avait pas tellement d’amis à retrouver.
Il savait qu’il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même, aussi méfiant et distant qu’il l’était. Mais les rares relations qu’il s’était forgées ne l’avaient jamais déçu. Dormin lui rendit son salut, et annonça une bien heureuse nouvelle.

Des enfants ?Comme il s’en doutait, la similitude avec la petite fille qu’il avait aperçue… n’était pas un hasard.Mais c’est fantastique ! Il faudra que je les voie, un jour… Et ne me remercie pas, nous l’avons trouvée en équipe. J’aurais été bien mal avisé de la garder.

Il savourait chaque instant de ses retrouvailles avec Dormin. Grand bien lui fasse ! Elles allaient prendre fin plus tôt que prévu.

Tout d’abord, le spectre entendit résonner dans son esprit la voix du Seigneur Narcisse. Cette sensation, après avoir été à son service des jours durant, il la connaissait, et sachant qu’il était là en son nom, il s’y était attendu. D’un ton aimable, mais malgré tout très calme comme à son habitude, le dieu du Rêve salua Krauser et commenta ses actes. Là encore, rien d’inhabituel ; c’était manifestement l’une de ses habitudes que Krauser n’allait certainement pas blâmer, surtout lorsqu’elles marchaient dans le sens du sombre empire.

Mais tout à coup, le seigneur Narcisse sembla troublé. Krauser n’eut pas le temps de comprendre le sens de cette gêne, car son interlocuteur mit aussitôt un terme à leur conversation. Constatant que les quaesitors pénétraient dans la basilique, il en déduit qu’il ne comptait pas prolonger cet entretien durant la réunion, ce qu’il ne pouvait qu’encourager.
Mais les évènements sur-humains ne faisaient que commencer.

Tandis que son maître lui parlait, sa discussion avec Dormin ne s’était pas arrêtée. Sa mise en garde sonna bien étrange aux oreilles de Krauser.

Ca risque de bouger ? Comment…

Soudain, des individus loqueteux et frêles à la peau basanée, des gitans semblait-il, semblèrent se regrouper dans un coin de la place. Mais un cavalier surgit d’une ruelle, et se rua sur les hommes, un à uns, et les extermina sans plus de politesses. Impuissant devant ce spectacle –mais aurait-il seulement espéré faire quoi que ce soit ?-, Krauser fit un pas en avant, mais la main de Dormin vint recouvrir ses yeux. « File ? » Qu’est-ce qui lui prenait ? Pas question pour lui de s’enfuir. Il dégagea ses yeux, mais en regardant alentours, il ne vit que les gitans morts ou agonisant, et en particulier l’un d’entre eux, dont les cheveux noirs étaient rendus brillants par d’intenses reflets bleutés. Tout comme lui. L’homme, frappé d’un coup d’épée en pleine poitrine, gisait sur le flanc, semblant fixer le spectre de ses yeux injectés de sang, son visage crispé en un rictus sinistre. L’ogre détourna les yeux de cet homme qui semblait encore implorer dans la mort.

Mais alors que ses pieds reposaient encore sur un sol ferme et dur, il sembla tout à coup à Krauser qu’il se trouvait au-dessus du vide. Un rapide coup d’œil au sol lui fit découvrir un abysse noir qui semblait infini, dans lequel il fut aussitôt englouti. Il chuta un instant, comme tombant dans un puits au fond si sombre qu’il était indiscernable ; puis il ralentit, et il lui sembla qu’il flottait, comme dans un cocon d’énergie sombre.

Tout à coup, ses pieds retrouvèrent une base stable. Il reprit son équilibre, et se redressa. Il se trouvait dans un lieu bien étrange. En matière d’étrangeté, les disparités avec le monde qu’il connaissait le mettaient au rang du monde des rêves, par lequel il était brièvement passé auparavant ; mais il lui était incomparable. Là ou la dimension des rêves était propre et épurée, ce lieu-ci était jonché de débris et de cadavres, son ciel noir était sali de ce qui semblait s’apparenter à des nuages pourpres, et l’horizon se limitait à une brume grise et épaisse. L’air était lourd et humide, plongeant les lieux dans une moiteur plus que désagréable.

Alors que le spectre de l’Ogre se demandait ou il avait bien pu atterrir, il perçut un mouvement derrière lui. Se retournant, il vit un homme à la chevelure noire illuminée de bleu. Le gitan qu’il avait remarqué sur la place. Celui-ci, une profonde entaille sur la poitrine, titubait dans sa direction, son corps oscillant de gauche à droite, son visage figé dans la même expression sinistre et terrifiante qui avait fait détourner les yeux de Krauser. A l’arrière de son cou était fichée une plume noire ; dieu seul savait ce qu’elle faisait là. Le spectre de l’Ogre, que la panique et l’incompréhension commençaient à gagner, tourna nerveusement la tête à la recherche d’une issue, ou même d’une réponse. Mais rien. Rien si ce n’est la brume, à perte de vue.

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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Ven 19 Oct - 15:01

Une fois l'avoir rassuré et s'être remis, à peu près, de ses émotions, Dormin me remercie et les mots qu'il m'adresse me font sourire. Oh non je ne dirais pas que j'ai le regard perçant mais plutôt que j'ai vu énormément de choses différentes et qui m'aident dans de nombreuses situations. Malheureusement pour ce qui est du fantôme qu'il a aperçu, je ne pourrais guère lui venir en aide!!

Il pointe alors un endroit du doigt et en regardant plus attentivement, je vois effectivement une personne aux longs cheveux noirs. Ainsi donc cette personne qu'il n'aurais souhaité ne plus voir, Narcisse du Capricorne son ancien maître, est bel et bien à Venise. Et ce regard pesant que je sentais sur nous venait de lui!! Je me demande bien ce qu'il peux nous trouver d’intéressant pour nous avoir fixé!!

Mais je ne le saurais pas!! En effet, alors que je regarde toujours vers ce Narcisse, une voix appelant Dormin sonne à nos oreilles. Avant même de nous retourner, un homme apparait aux côtés de Dormin et à les entendre se parler avec cette gaieté, aucun doute que ce sont deux amis qui sont heureux de se revoir.

Les laissant parler tout les deux pour ne pas les déranger, je salue à mon tour le spectre bien que par moments, Dormin semble avoir besoin d'aide!! Mais il se débrouille bien!!

Continuant de bavarder, je sens Dormin nerveux et je le comprends. Certes nous sommes à Venise mais je trouve ce silence bien pesant!! Et ça ne tarde pas à être brisé. Entendant des bruits suspects, je me retourne et ouvre des yeux de surprise en voyant ce qui se dirige vers nous!!
Un cavalier surgit de nulle part, charge et tue de son épée tout les membres qui ne sont plus que des cadavres dont le sang coule sur les pavés!!

Prenant mon urne, je m’apprête à revêtir mon armure quand soudainement, je me sens glisser!! Non pas glisser sur le sol mais bien dans le sol!! Ne sachant quoi faire alors que cette sorte de sable mouvant noir m'envahit, je tente malgré tout de garder mon calme bien que des souvenirs d'expériences similaires ne cessent de revenir me hanter!!


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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Mar 6 Nov - 10:38


Arrow ~ Ponte Di Rialto [Quadrature des Illusions]

Déployant ses ailes, l’ombre noir s’éleva dans les cieux avant de fendre la bise pour s’avancer plus vite encore. Son regard écarlate posé sur la silhouette de la Basilique San Marc, la corneille entrainait à sa suite sa Dame dans une folle course à travers la ville de Venise. Faisant fi de sa mise et du sang qui marquait sa peau d’albâtre de striures vermeilles, la fille de la lune se précipitait en avant le cœur lourd et le regard hanté par une perte déchirant son âme de crocs infâmes et coupables du pire affront. Elle revoyait danser devant ses iris d’émeraudes la disparition de son enfant dans des ténèbres implacables, et elle, incapable d’attraper cette main qui n’aurait jamais dût quitter la sienne. Elle sentait le désespoir dissimulé derrière la barrière de fureur sans nom qui enveloppait son âme dans ses bras caressants, le feu maitrisant avec difficulté la glace de sa souffrance. La sorcière secoua la tête, ignorant avec une difficulté accrue l’horrifiante angoisse de savoir son enfant en danger tout en étant incapable de le protéger comme il en était de son devoir en tant que mère. Elle n’aurait jamais imaginé qu’une telle douleur pouvait habiter son corps, qu’une telle crainte pour un autre être pouvait exister en ce monde. Et pourtant, elle était là, perfide, et cette triste constatation l’entraina plus vite encore, faisant des efforts remarquables pour ne pas appeler à elle son cosmos d’argent pour l’y aider davantage.

Pourtant la guerrière du Nord ne devait pas avoir grand-chose de commun parmi la foule vénitienne, poupée de porcelaine à la chevelure immaculée accompagnant sa course folle, poursuivant un oiseau d’encre qui voletait au dessus d’eux. Si certain maugréait sur la dame, l’invectivant de son impolitesse, celle-ci ne leur adressait même pas un regard et bien vite, le badaud se taisait alors en apercevant sa mise. Des vêtements qui la mettaient en valeur, bottes hautes en cuir, pantalon crème moulant ses jambes harmonieuses et corset noir par-dessus un chemisier opalin qui aurait fait le plaisir de nombreux hommes si l’écarlate ne les maculait pas, souillant l’albâtre de cette macabre teinte, mais la sorcière n’en était nullement gênée. Etait elle poursuivit par un quelconque malotru ? Cela personne n’aurait su le dire car chaque spectateur de ce triste spectacle ne recevait nulle réponse. Elle courait seule à travers la ville, poursuivant une corneille que peu remarquait, car dans cette ville, nul ne devait savoir.

Elle devait rejoindre Sköll, seul ce besoin impérieux comptait à ses yeux à présent, celui de le savoir à ses cotés et de pouvoir puiser dans sa force pour éloigner l’anéantissement qui sévissait en elle. Alors elle avançait.

Le soleil éblouit brutalement la dame lorsqu’elle atteignit, enfin, la place sur laquelle s’élevait la Basilique. Ce ne fut que lorsqu’elle vit sa silhouette gigantesque qu’elle s’accorda un court répit, s’arrêtant pour la contempler un instant alors qu’un frisson courait le long de son échine devant cette vision, et cette impression étrange qu’elle ressentait alourdissant l’atmosphère. Son oiseau d’encre vint se poser sur son épaule, sa mission accomplit, puis observa les alentours de son regard perçant, avant de poser les billes vermeilles sur la lame qui ceignait sa taille.

~ Dame Lune, la lame vibre de plus en plus.

Ce n’était qu’un murmure que les passants matinaux ne pouvaient entendre. Les doigts délicats de la sorcière se posèrent sur l’épée que ses familiers lui avaient ramenée, regrettant son absence durant l’assaut de ses deux ennemis. Sa main se crispa sur le fourreau, ressentant au travers les pulsations se faisant de plus en plus grondante du métal résonnant en écho avec celui qui l’avait nourrit de son sang. Lorsqu’elle l’avait tenue à pleine main quand elle l’avait récupérée, elle avait ressentie à travers l’arme précieuse la présence de son compagnon, son grondement farouche et indomptable qui lui avait donné la force de regarder droit devant elle dans le seul but de le rejoindre et de sauver leur enfant. Mana avait besoin de cette puissance, de ce courage qui faisait d’elle une guerrière capable de tout pour protéger ce qui lui était cher, et dans ce cas, pour le récupérer. La fureur qu’elle ressentait n’était qu’un pâle écho de celui de son époux, elle ne l’ignorait pas et ne pouvait le faire alors que l’écho se faisait plus vibrant encore. La belle se mordit la lèvre, son regard s’obscurcissant à cette pensée perfide. Ses ennemis l’avaient prévu ça aussi. Son message.

Leene se recula dans l’ombre avant de s’adresser à sa corneille aux pupilles écarlates une fois que celle-ci ne se percha sur sa main tendue.

« Trouve Aalanna. »
Lui murmura t elle dans un souffle douloureux. « Trouve là et dis lui ce qu’il se passe ici, dis lui pour Mana. Préviens là de rester sur ses gardes. »

Que ses enfants soient à l’abri, que sa précieuse amie ne ressente pas cette même souffrance qui dévorait son cœur dans une tempête impitoyable. Son sang vint souiller le plumage de la créature formant des runes de puissance qui coururent avec élégance sur la créature d’encre alors qu’elle songeait à la prêtresse, insufflant à ses runes, l’essence même de ce lien unissant la dame de la lune et celle du soleil.

~ Nous les trouverons Dame, nous trouverons votre petit loup et nous les châtieront comme il se doit. Soyez en assurée.

La corneille agita ses ailes avant de prendre son envol dès lors qu’un sourire vint vaguement toucher les lèvres de la sorcière. Un vague sourire qui n’atteignit nullement son cœur ébranlé alors que son esprit ruminait ses paroles dans le silence relatif du petit matin. Voir ses gens sortir de leur torpeur et animer cette ville maudite avivèrent dans son âme une puissante rancœur se faisant dégout puis rage. Comment pouvaient-ils ainsi vaquer à leurs petites occupations alors que son monde venait de s’écrouler devant ses yeux à cause de cet individu sorti de nulle part ? Ses poings se crispèrent, ses ongles s’enfonçant dans sa chair sans que cette douleur ne parvienne à éclipser l’autre.

Elle le haïssait de la plus farouche des haines.

La fille de la lune se remit en branle, s’avançant jusqu’à la porte à pas lent, son regard fixé sur les battants derrière lesquels devait se tenir le fauve d’Asgard, se désintéressant de ses badauds qui ramenait à son cœur une souffrance amère. Elle voulait juste qu’il soit là pour qu’ensemble ils puissent retrouver leur enfant, le ramener à sa place entre ses bras et détruire ce qui les avait séparés. Rien ne comptait plus à cet instant pour la jeune mère que ce vœu sincère alors qu’elle se retrouvait devant l’entrée close de la Basilique. Elle ne sentait rien derrière son enceinte, rien qu’un vide aussi profond que ce qui menaçait de la submerger et elle aurait put croire que son aimé n’était plus si la lame à sa taille ne vibrait pas avec tant de force. Son regard transperça un des gardes qui surveillait la porte sacré avant que sa voix ne s’élève enfin pour se faire impérieuse.

« Ouvrez cette porte. Je dois parler à mon époux. »


Son ton ainsi que son regard avait de quoi faire froid dans le dos tant ils sous tendaient une dangerosité que l’on n’aurait pas forcément attribué à son faible corps de femme. Il se trompait si il ne la craignait pas, mais son instinct pas si mauvais lui intima une certaine prudence. Ou était ce le sang maculant sa peau ?

« Je suis désolé Signora, mais cette porte ne peut s’ouvrir que de l’intérieur… »

La belle jeta à l’homme un regard méprisant chargé de venin qui le fit reculer malgré lui. Sa main ensanglantée vint se poser sur les battants de la précieuse porte, maculant la vieille pierre de vermeille. Même en se concentrant, il n’y avait nulle présence en son sein, un vide d’autant plus faux qu’il se limitait strictement à l’enceinte de la Basilique.

Sköll.

Ses doigts d’albâtre se crispèrent sur la porte sacrée, ce simple désir se faisant impérieux, grondant dans son âme esseulée. Elle avait besoin de lui. Ils devaient le retrouver. Elle avait perdue une partie de son monde aujourd’hui, elle avait besoin de l’autre pour atténuer la souffrance, apaiser le vide qui la menaçait de ses sinistres griffes.

« Si vous ne pouvez pas l’ouvrir je le ferai moi-même. »


Son poing fusa vers la porte auréolé d’un cosmos presque invisible à l’œil nu, contenu dans ses propres chairs, enchainant dès lors à la stupéfaction générale. Plus que la fureur que tout son être semblait propager autour d’elle, ce fut autre chose, un détail qui empêcha le garde de s’approcher de la dame. Le sang gicla sur la porte d’airain mais aveugle et sourde, la sorcière se laissait envahir par sa rage, ignorant la douleur dans son corps pour se concentrer sur son triste office. Désespéré. La porte ne bougerait pas.

« Ouvrez cette porte ! Rendez le moi ! »


Que lui importait que celle-ci pourtant ne craigne son courroux ! Désespérée, folle, la fille de la lune laissait toute sa rage, toute sa frustration prendre le dessus sur elle, blessant son corps tant et plus sans que cela ne l’atteigne pourtant. Ces plaies maculant ses mains n’étaient rien comparé à la perte et à l’abandon qu’elle éprouvait en son cœur. Une blessure qu’elle pensait cicatrisée depuis les années pourtant…

Ses poings fusèrent sans discontinuité, ses pensées se perdant dans un monde sinistre, broyant son cœur éploré. La rage fit briller ses yeux d’un éclat incertain dissimulant mal l’effroyable angoisse qui tapissait son âme.

Sköll ! Je t’en pris…Reviens moi…Ne m’abandonne pas.

Citation :
Un messager est envoyé à Aalanna.

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Eren


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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Mar 13 Nov - 3:53

Broken
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→ Basilique Saint-Marc

Je n'éprouve aucune pitié, aucun remord, aucune tristesse. Peut-être que j'ai perdu le contrôle, qu'Elle s'est emparée de toute ma lucidité, mais je suis certain d'une chose et d'une seule : lorsque la Bête s'éveille, toutes mes souffrances s'éteignent.

En fin de compte, cette porte, c'est lui qui l'avait ouverte. Mais cela ne s'était pas fait dans le calme, comme l'on pouvait le craindre. Car sitôt qu'elle eut été éventrée en jaillit un cosmos de ténèbres plus noir qu'une nuit sans lune. Cette mer d'ombres, aucune lumière ne serait assez forte pour la traverser. Car cette aura était celle qui émergeait du plus profond de son âme, de cette facette corrompue de sa personnalité. On le disait maudit autrefois. C'était à présent une réalité. Et rien ni personne n'y pourrait changer quoi que ce soit. À moins que. Le croisement des âmes n'avait pas encore été mené à son terme et devait donc être réversible. Néanmoins, dans un tel état, rien ne serait plus difficile que de le ramener à la raison. Des émotions plus noires les unes que les autres se disputaient la régence de son esprit qui était lui aussi partagé désormais. Mi-homme, mi-loup.

S'il semblait à priori avoir gardé apparence humaine, voir ses yeux suffisait à prouver le contraire. Le halo occulte qui dansait autour de sa haute silhouette semblait vomir un flot continu de cauchemars et de maléfices en tous genres, évoquant la peur et la terreur qu'il fit régner autrefois dans les contrées d'Asgard. Par chance, la tristesse n'avait pas empêché la sorcière de recouvrer un brin de lucidité en voyant que la porte s'apprêtait à sortir de ses gonds. Quelques instants plus tard, elle en était effectivement arrachée dans sa majeure partie, de la main de son propre compagnon. Du moins était-ce ce que l'on aurait pu croire de prime abord, mais elle pouvait le voir mieux que n'importe qui : l'homme qui se dressait dans l'encadrement n'était plus celui qu'elle avait aimé.

Pourrait-il jamais lui revenir ? Lui-même n'aurait su le dire. Son esprit nageait dans une totale confusion, de telle sorte qu'il avait donné les rennes à cette présence qui sommeillait au fond de son âme depuis si longtemps. Le regarder dans le blanc des yeux était devenu impossible puisque celui-ci arborait un noir de jais ; quant à sa pupille d'argent, elle avait été remplacée par un éclat azuréen si perçant qu'on l'aurait cru doté du pouvoir de juger les âmes. Il n'avait pas même eu besoin de dégainer pour se frayer un passage à travers ce funeste obstacle, bien qu'il estimât ne l'avoir pas assez endommagé en cette seule attaque. Elle représentait un mur insurmontable. Sans elle, jamais il n'aurait été fait prisonnier de cette basilique. La source de tous ses maux, avec ceux qui se trouvaient encore à l'intérieur. Il n'avait plus pour eux que mépris, car tous autant qu'ils étaient, ils étaient coupables.

C'était à eux qu'il devait le malheur qu'il avait senti s'abattre sur sa famille et à eux encore qu'il devait de n'avoir pu les secourir. Comme il l'avait dit avant de quitter l'assemblée, il était trop tard. Il ne pouvait que leur en tenir rigueur. Sans eux, se libérer de cet édifice aurait été beaucoup plus simple. Mais ce n'avait pas été le cas, et il avait dû faire appel aux puissances occultes pour s'en délivrer. Et celle qui fut sa bien-aimée en avait sous les yeux le sinistre résultat. Ses yeux s'attardèrent sur elle sans la reconnaître. Il ne subsistait, dans l'océan de glace qu'ils représentaient, qu'un éclat fauve et indomptable. Celui de la bête tapie au fond de lui qu'il lui avait déjà été donné d'effleurer par le passé, du fait de leurs liens étroits. C'était cependant la première fois qu'elle la voyait en surface et saurait immédiatement que cela ne laisserait rien présager de bon.

Cette aura maléfique virevoltait et pulsait autour de lui, comme dotée d'une volonté propre. À la fois son épée et son bouclier. Non pas celle du Guerrier Divin de Zeta, qui de là où il était ne pouvait aucunement prendre part à la scène, mais de celle de son alter ego – ce sombre animal qui avait brisé ses chaînes sur sa demande pour enfin pouvoir retourner à l'air libre. Mais à quel prix ? Une lueur d'espoir se fit pourtant plus présente quand son corps s'immobilisa devant elle. Il n'avait jamais eu l'intention de lui faire du mal, car cette journée lui en avait sans doute déjà infligé plus qu'elle ne l'aurait cru possible. Même s'il ne savait plus qui elle était, il reconnaissait sa valeur et l'importance qu'elle avait eu pour lui autrefois. Était-ce encore d'actualité ? Tout allait dépendre d'elle à présent, car elle était seule à pouvoir restaurer cet esprit morcelé. D'une voix qui n'était pas la sienne, semblable à un coup de tonnerre, il s'adressa à elle, frappé d'une surprise qu'il n'essaya même pas de cacher.

- Leene ?
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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Mar 13 Nov - 15:42



Depuis combien de temps frappait-elle sur cette porte, le cœur en proie à la plus cruelle des folies, au plus profond des abymes ? Elle n’en avait plus la moindre idée, le temps suspendant son vole dans son esprit pour ne laisser devant son regard hanté que cette disparition sinistre de la chair de sa chair, de cette main menue qu’était celle de leur fils ne laissant derrière cette vision que le vide comblé par la fureur. Le carmin maculait sa peau sans qu’elle n’en ait que faire, désespérant que cette porte d’airain ne s’ouvre enfin pour lui laisser l’occasion d’épancher son cœur. La lune avait besoin de son soleil, celui qui était seul à pouvoir lui rendre tout son éclat. Que celui-ci soit, ironiquement, le briseur de soleil des temps mythologique ne lui importait que peu. Sa haine aurait put consumer son âme si son désir de mère n’avait pas été aussi puissant en elle, parvenant à canaliser son esprit sur un unique but. Elle n’abandonnerait pas son enfant. Elle le retrouverait même si pour cela elle devait parcourir le monde et s’épuiser à la tâche, verser le sang et fouler les âmes d’innocents. Elle leur promettait mille tourments, déclamerait mille malédictions à leurs égards, faisant d’une chimère, une réalité gravé dans la roche par des runes de puissances.

Pourtant, une autre épreuve l’attendait derrière ses battants d’airain, tout aussi cruel et pénible pour son cœur déjà meurtri.

L’épée à sa taille vibra avec plus de force encore, la détournant de son absurde tâche. Les doigts maculés d’écarlate, ignorant la douleur dans sa chair, la dame observa la lame alors que s’insinuait en elle un pressentiment funeste. Il couvait dans son métal sacré de puissantes émotions tempétueuses ne présageant rien de bon à la fille de la lune, celle-ci ne pouvant taire l’inquiétude pour son compagnon qui dès lors s’ancra plus profondément dans son âme.
Ses ombres s’agitaient. Elle les sentait résonner dans son cœur avec plus de force que jamais auparavant, furieuses et inquiètes. Leurs murmures frénétiques lui parvenaient par saccade tant ils se faisaient nombreux, vibrant sur différentes tonalités qu’elle peinait à entendre.

La peur. Elles ne voulaient pas perdre l’éclat de leur lune. Elles ne voulaient pas que cette malédiction ne leur prenne celle qui aujourd’hui, les guidait dans les cieux noircit maculé d’écarlate. Pas encore, soufflaient elles durement. Pas une fois de plus. Elles ne la laisseraient pas se briser et ne laisseraient personne le faire. Qui qu’il soit.

~ Dame !

Ce mot résonnant dans les cieux se fit l’écho d’une explosion colossale alors que son univers se teintait d’encre. Ses familiers l’entourèrent de leurs présences protectrices dès lors que le cosmos du sombre loup s’en prit aux portes, l’éloignant de cette tourmente avant que le pire n’arrive, en lui offrant la protection d’un oiseau indéfini étendant ses ailes gigantesque autour de sa silhouette. Soufflée, la fille de la lune se laissa entrainer dans ses bras glacés, la crainte nouant ses entrailles devant ce funeste pressentiment l’assaillant de toute part. Les ombres s’écartèrent sous l’ordre muet de leur maîtresse, rechignant mais s’exécutant de mauvaise grâce en sachant ce qui l’attendait. Le cœur de la sorcière se figea un temps incertain alors que dansait devant l’émeraude de ses pupilles les flammes anthracite qui s’extirpèrent telle une brume funèbre et avide des battants éventrés de la basilique.

Noir. Les ténèbres s’avançaient à la lumière en ne craignant nullement le courroux de ce soleil qui finirait brisé par ses crocs. Car de cela, elle ne pouvait en douter en voyant la silhouette de celui qui avait ainsi fait voler en éclat les saintes portes de cette Basilique honnis. Sköll. La belle frissonna alors que ses ombres lâchaient un seul mot signifiant tout.

~ Sombre Loup.

Elles ne nommaient les êtres que par leurs essences et à cet instant, celle du conjoint de leur maîtresse se dévoilait au grand jour.

« Sköll… »

Ce n’était là qu’un murmure étouffé qui s’était frayé un difficile passage à travers sa gorge nouée. Figée, la dame blanche avait toutes les peines à reprendre son souffle tant la puissance sinistre se dégageant de son compagnon annihilait sa réflexion. Il était là, face à elle, enfin, pourtant son regard d’argent n’était plus. Seul un éclat azuréen jaillissant des noirs abymes vinrent un instant se poser sur elle sans même la voir, la reconnaître. La douleur qu’elle ressentie dès lors secoua tout son être, plus acérée encore, mordant sa chaire de ses crocs d’airains impitoyable.

Non…

Elle venait de perdre son enfant, leur fils, elle ne voulait pas perdre en plus l’homme qu’elle aimait ! Elle avait besoin de lui ! Telle la lune dont elle se targuait d’être une des filles, elle ne pouvait vivre que par l’entremise des rayons solaires. Et si Sköll n’en demeurait pas moins celui qui le briserait un jour, pour elle, il était celui par lequel elle vivait et le représentait le mieux dans sa vie. Leurs vies. Elle avait toujours craint qu’un jour, son univers ne vienne à s’effondrer et aujourd’hui, cette funeste prédiction devenait réalité. Non…Alors qu’elle avait fait tant d’effort pour lutter contre cette peur panique de se briser !

La fureur n’était plus face à cette sinistre conclusion, s’étiolant devant les abysses d’un désespoir plus grand encore. Comment pouvait-on survivre à telle douleur ? Pourtant, même dans les ténèbres les plus noirs n’en demeurait pas moins la lueur d’un espoir fugitif mais vivace pour peu qu’on ait le courage de l’attraper. Ce n’était pas lui. Pas tout à fait car la présence tapit dans ce sombre cosmos n’était pas celle de l’homme qu’elle côtoyait chaque jour. Pas tout à fait. Pourtant c’était son corps. Sa vie. Elle savait depuis longtemps à présent ce que le colosse dissimulait enfermé dans ses chaires, avait même aperçut son ombre, mais pas en pleine lumière, ainsi.

Il s’approcha et, enfin, son regard sembla s’allumer un instant. Une lueur qu’elle connaissait et qui offrit à son cœur ce qu’il fallait pour éloigner les ombres. Même si la voix qui tonna avec force n’était pas celle qu’elle connaissait, elle s’accrochait à l’espoir et à ce désir impérieux de croire en celui qu’elle aimait. Il ne lui ferait pas de mal. Il ne lui en avait jamais fait sciemment, et si dans cet état de trouble il parvenait à la reconnaître alors tout n’était pas perdu.
Les paroles de cet ennemi vinrent troubler son esprit alors qu’elle observait le visage de son époux altéré par la teinte anormale de son regard. Un fils de Loki. Etrangement, ce souvenir aviva en son âme une volonté plus grande naissant des braises du désespoir. Sköll l’avait toujours soutenu dès lors qu’elle vacillait, et il semblait qu’en cette heure, les rôles seraient inversés. Elle avait besoin de lui pour retrouver leur fils et pour cela, elle devait apaiser la rage dans son cœur en espérant que cela lui rendrait celui qu’elle connaissait.

Même si pour cela elle devait lutter contre la propre aversion de ses êtres qui l’accompagnaient. Elles voulaient attendre l’arrivée de la dame de l’aube et de son père qui se trouvaient déjà dans la cité vénitienne mais la sorcière le refusait. Elle ne pouvait attendre ni même prendre un tel risque. Aalanna risquerait trop de chose, et elle ne pourrait se pardonner si quelque chose lui arrivait par sa faute. Si elle ne pouvait le calmer alors personne ne le pourrait sans prendre les armes, et elle craignait que cela ne l’entraine plus loin encore.

Je ne me briserai pas. Parce que si cela arrive, alors je l’entrainerai dans ma chute, et je le refuse.

La dame éprouvait la peur, mais pas pour sa vie. Elle était intimement persuadé qu’à partir de ce jour, les choses seraient différentes. Qu’à présent un autre sinistre décompte s’enclenchait… Mais ce n’était pas l’heure à ce genre de pensée évanescente. Il lui fallut du courage pour faire un pas, pourtant, l’habitude fut plus forte que l’aura sinistre flottant autour de son aimé. C’était toujours Sköll. Son Sköll. La belle se serra contre le torse du colosse, ignorant les plaies à ses mains pour l’enlacer tendrement. Elle ferma les yeux respirant son odeur, savourant sa chaleur qui restait la même.

« C’est moi. C’est bien moi Sköll. Je suis là avec toi. Toujours. Même si tu deviens l’ennemi du monde, je resterai avec toi. »

Ce n’était qu’un chuchotement doucereux qu’il était seul à pouvoir entendre. Ses doigts se crispèrent sur les vêtements de son époux, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, espérant. Faites que sa voix l’atteigne. Elle priait tout les dieux d’hier et d’aujourd’hui pour que sa prière lui parvienne et calme son courroux. Des larmes qu’elle avait trop longtemps retenues roulèrent sur sa joue, silencieuses, brisant le carcan qu’elle avait apposée sur elles.

« Reviens moi mon amour, je t’en pris. Nous avons besoin de toi. Notre fils a besoin de son père. J'ai besoin de toi. »

Une phrase finit dans un souffle évanescent, subtile. Et elle se sentait si coupable de sa faiblesse. Sa faute. Toute cette sinistre scène était sa seule faute à elle. Pour avoir été trop faible. Pour avoir prévenu son aimé et avoir jouée le jeu de ses manipulateurs.
Tout n’avait été qu’un piège.
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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Mer 14 Nov - 22:30

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Ce coeur qui de battre s'était arrêté parut reprendre son rythme. Une lueur d'humanité encore indistincte avait éclairé ce regard froid comme la glace. Il se souvenait. Malgré tous les efforts de son ombre pour ne plus rien laisser l'entraver, il restait une parcelle de conscience pour le faire douter du chemin qu'il avait emprunté. Si elle n'avait pas été là pour l'arrêter, sans doute aurait-il été taché du sang de ses ennemis. Les ténèbres qui l'environnaient semblaient ne pas vouloir se dissiper mais elle n'en tint nulle compte et se jeta dans ses bras. Ce n'était que pure folie, car il aurait pu à tout moment la déchiqueter. Qu'il ait fini par la reconnaître ne signifiait pas qu'elle était hors de danger tant que son âme corrompue serait en surface. Ses poings se crispèrent à son contact et il s'en fallut de peu qu'il ne la repousse avant de découvrir que ses muscles étaient tétanisés.

Le propriétaire de ce corps n'était pas décidé à lui en donner le contrôle complet. Qu'elle soit dans cet état ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose : s'être démené pour sortir de la cage ne l'avait pas empêcher d'arriver trop tard. L'odeur rassurante de Leene se mêlait à celle du sang qu'elle portait sur elle, tant des suites de cette mauvaise rencontre que pour s'être écorché les mains sur la porte comme il l'aurait fait s'il n'avait pu faire appel à cette puissance enfouie. Peut-être aurait-ce été préférable que de s'abandonner à cette âme en furie qui l'habitait depuis le jour de sa naissance. Son parfum l'aurait probablement apaisé s'il n'avait pas été mêlé de cette senteur si forte qu'elle lui emplit la bouche d'un goût ferreux.

Mâchoires crispées, il se fit violence pour fermer les yeux et ne pas céder à ses plus noires pulsions. Ceux qui avaient fait ça devaient périr et il n'aurait de repos tant qu'il ne les aurait pas démembrés de ses propres mains. Bientôt, ils sauraient ce qu'il en coûte d'éveiller toute la colère du fauve d'Asgard. Ils s'étaient évertués à le tenir à l'écart pour ne pas être déchirés de ses crocs mais n'avaient fait que retarder l'heure du trépas. Avoir osé toucher à sa famille était synonyme de décès imminent, et il s'assurait de leur offrir une mort violente et brutale. Sang pour sang. Ce monde tout entier ne serait pas assez grand pour se cacher maintenant qu'ils lui avaient fait l'affront de s'en prendre à son propre enfant.

Son esprit était partagé entre l'envie de meurtre et de revanche et la honte de n'avoir pas été là pour les protéger alors qu'il avait été le premier à leur dire de se méfier de cette ville. S'il n'avait pas dû partir si précipitamment, rien de tout cela ne serait arrivé. De même s'il n'avait pas accepté de se rendre à Venise. Ils n'auraient alors pas été obligés de l'y suivre ils auraient continué à mener une vie aussi insouciante que ces six dernières années. Finie la paix, envolée la tranquillité. Son quotidien ne serait à présent plus fait que de guerre et de tragédie. Devenir un démon importait peu si cela pouvait lui permettre de briser les coupables corps et âme. Il ne se souvenait pas avoir jamais ressenti un tel besoin de faire couler le sang, et nul doute que tout sort aurait alors été préférable à celui qu'il leur ferait subir dans l'instant où il retrouverait leur trace.

Ils n'avaient pu aller bien loin, et même si c'était le cas, qu'importe : quel que soit le temps que cela lui demanderait, il les débusquerait et les détruirait à n'importe quel prix. Ils avaient sans nul doute sous-estimé la portée de sa rancoeur et les sommets qu'elle pouvait atteindre. La haine bouillonnait au fond de son coeur comme la lave d'un volcan et son cosmos n'avait jamais été aussi glacé que depuis qu'il s'était empli de ce flot ténébreux. Elle avait traversé les ombres alors qu'elles auraient aussi bien pu être aussi nocives qu'un rideau de flammes. Il s'en serait fallu de peu qu'elle ne soit consumée en un instant. Pourtant, elle ne manifestait aucune peur. Comment pouvait-elle être sûre qu'il n'allait pas lui porter préjudice alors qu'elle le voyait dans cet état pour la première fois ?

Non, c'était différent. Elle n'avait pas peur de mourir. Si il était perdu à jamais, elle ne craignait pas de le rejoindre dans le néant. On lui avait déjà prix son fils et elle ne pouvait tolérer l'idée d'être séparée le même jour de l'homme qu'elle aime. Elle ne le craignait pas. Cette pensée le ramena des années en l'arrière, à l'époque de leur première rencontre. Elle qu'on qualifiait de sorcière l'avait soigné sans se poser de questions. Ils étaient différents. L'humanité n'avait pas voulu d'eux et les obligeait à vivre à l'écart tant ils rejetaient l'idée même de leur existence. Un lointain souvenir mais qui n'avait rien perdu de sa limpidité. Au premier plan de son esprit, il se grava au fer rouge pour l'exhorter à reprendre le dessus.

- Leene... répéta-t-il d'un air absent.

Ce n'était pas pour l'appeler qu'il avait dit son nom mais pour se conforter dans l'idée qu'elle était bien là, à ses côtés. Qu'elle ne disparaîtrait pas comme leur fils avait disparu. Que son amour pour elle n'était pas un vain mot et qu'il n'irait pas seul à la recherche de leur enfant, car elle serait toujours auprès de lui. Sa main s'éleva avec une extrême lenteur, vacillante, les crispations la parcourant à intervalles réguliers. Une partie de lui – empreinte de cette volonté négative – aurait voulu la rejeter pour continuer à avancer vers la marche funeste du destin. Mais était-ce vraiment ce qu'il voulait au fond de lui ? Cette décision était-elle le fruit de son libre arbitre ? C'est en s'interrogeant sur ses motivations qu'il parvint à reprendre un semblant de lucidité.

D'un geste plus délicat qu'il ne l'aurait été au comble de sa folie, mais néanmoins légèrement plus brusque qu'il ne l'aurait voulu, il la repoussa. Pas bien loin cependant, son seul but étant de la saisir par le poignet – en douceur cette fois – pour porter ses mains à son regard afin de voir l'étendue de ses blessures. Un regard à sa silhouette lui fit savoir que ce n'était pas le seul tort qu'on lui avait causé et raviva les braises de la rancune. Sa poigne se serra sur son bras, mais il parvint à l'arrêter avant de lui faire mal lui aussi. Son nez se fronça quelque peu, ce en quoi ses sourcils l'avaient précédé et ses iris parurent se délaver une fois de plus. Mais il eut cette fois la chance de pouvoir l'empêcher, même si son répit serait de courte durée. Ses yeux semblèrent pourtant perdre de leur noirceur.

- Je n'étais pas là... Je n'ai rien pu faire... dit-il d'une voix où la détresse se faisait sentir.
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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Jeu 15 Nov - 11:33



L’espoir faisait vibrer son cœur d’une amère tonalité. Il résonnait dans son âme blessée pour lutter contre un désespoir qui ne devait que disparaitre. Car si il demeurait en cette place, alors elle n’aurait nulle besoin de se battre et se laisserait entrainer dans les ténèbres qui enveloppait l’aura de son compagnon. La mère désirait son enfant mais la femme ne pouvait abandonner celui qu’elle aimait dans les méandres les plus sinistres de sa conscience. Si pour cela elle prenait le risque de disparaitre avec lui, elle l’acceptait, aussi égoïste cela était pour chacun. Elle ne pouvait lutter seule contre cette perte qui déchirait son âme, ni même se résoudre à sacrifier l’un au profit de l’autre. Une pensée évanescente pour son frère vint percer son esprit contraint par l’appréhension, se faisant doucereux pour lui apporter un soutien dans sa bataille. Elle le comprenait aujourd’hui mieux que jamais.
La dame laissa la chaleur de son aimé réchauffer son âme glacée, luttant contre ses propres ombres désireuses de l’éloigner de la menace qu’il représentait à leurs yeux. Cela elle ne l’ignorait pas, ne pouvait le faire alors que les muscles sous ses doigts se crispaient sous son étreinte qui prit un peu plus d’assurance à mesure que le temps s’égrenait dans son sablier d’airain. Elle le sentait se battre, et cette sensation avivait cet espoir vivace de pouvoir calmer le courroux du loup noir. Même si on aurait put la traiter de folle d’ainsi ce mettre en danger.

Si je ne peux pas l’arrêter, alors personne ne le pourra. Et le feu et le sang teinteront cette ville maudite.

Ses pensées limpides vinrent écarter de mauvaise grâce les bras protecteurs de ses familiers de mort. Ils trouvaient pourtant un écho certain dans l’aura funeste du briseur de soleil, résonnant au même diapason que leur essence propre fait de reliquat de mort englué dans des ténèbres inextricables. Une situation semblable qui les obligeait à les faire taire malgré leur volonté impérieuse d’écarter tout danger auprès de cette lumière ne brillant que pour leurs yeux éteint. Si la fille de la lune parvenait à les guider, ils le devaient à la présence de cet homme dans sa vie. Et elle ne pouvait l’ignorer. Nul ne pouvait plus se leurrer aujourd’hui sur les sentiments qu'elle portait au guerrier divin.

De nouveau son nom amputé vint résonner dans son cœur, non pas comme un appel surprit, mais tel un point d’encrage à ce monde qu’elle lui donnait sans concession. Elle serait sa réalité. Son univers dans lequel elle contiendrait cette fureur sans nom dont elle avait dût, par la force des choses, se défaire elle-même. Elle demeurait dans son cœur, tapit, mais emprisonnée derrière une cage de verre qui ne manquerait pas de se briser au premier éclat. Pas tout de suite. Pas encore. Elle ne pouvait se permettre de relâcher cet effort dans la crainte que tout ce a quoi elle tenait ne disparaisse définitivement dès lors.

Les doigts de la belle pourtant durent lâcher prise rudement sous l’action du sombre loup, la repoussant. Surprise, la sorcière sentie son cœur se serrer, l’angoisse d’avoir échouer étouffant son souffle, nouant sa gorge dans un étau de fer gelé. Le froid glacial de l’abandon et de la perte déchirante s’insinua dans son corps avant que la main de son aimé ne se referme sur son poignet pour la dissiper en partie. Elle observa son visage changer en contemplant ses blessures dont elle se souciait bien peu, son regard lupin s’embrasant d’une rage dont elle n’ignorait rien.

« Ils refusaient d’ouvrir la porte… » Cru t’elle bon d’ajouter quand il contempla ses mains pour lui expliquer inutilement la raison de ses plaies.

Sköll avait toujours été protecteur à son égard, désireux de la savoir en sécurité et a l’abri derrière son corps qu’il utilisait tel un rempart infranchissable pour la protéger du monde. Ce sang sur ses mains lui rappelait qu’il n’avait pu la protéger, et la dame se fustigea de ne pas y avoir davantage prit garde pour cette unique raison. La douleur que ces blessures lui infligeaient lui importait peu pour l’heure, tant elle semblait faible comparativement à celle labourant son âme, mais pour le loup noir, cela ne faisait que lui rappeler un échec. Dans des circonstances normales, elle lui aurait rappelé qu’elle était une guerrière et que les blessures étaient inhérentes à cette vie, mais elle ne pouvait pas se permettre une telle insouciance à cet instant. La rage entourant sa silhouette dans un miasme opaque suffisait à le lui rappeler et permettait à la fille de la lune d’ignorer cette fierté qui n’avait pas lieu d’être, alors elle le laissait faire docilement.

Ses paroles déclamés de cette voix grondante amenèrent à son cœur une peine qui ce lut sur son faciès d’albâtre. Sa détresse lui serrait le cœur plus qu’elle n’aurait cru cela possible en tel circonstance, l’empathie qu’elle éprouvait pour son aimé ravivant une colère qui ne devait pas déborder.

Elle le reconnaissait. A travers ses mots et cette volonté farouche de toujours demeurer à ses cotés. Il lui avait tant de fois déclamé avec assurance que rien ne les toucherait, que leur foyer serait toujours à l’abri des dangers par sa présence…Mais il n’avait pas put l’être, et la belle se refusait à ce qu’il en prenne la responsabilité. Sa main libre vint doucement se poser sur la poigne de son compagnon, non pas pour qu’il la lâche mais pour signifier sa présence à ses cotés, son regard d’émeraude parvenant à soutenir quelques instants le froid glacial de ses pupilles.

« Ce n’est pas de ta faute Sköll. Rien de tout ce qu’il s’est passé n’est de ta faute. Tu ne pouvais pas savoir que ça se passerait ainsi, que notre fils serait une cible…Moi non plus… J’aurai dut… »

Ses paupières se fermèrent pour éviter à son conjoint de subir les affres de sa culpabilité mordante. Il n’était pas l’heure à l’apitoiement, et elle craignait que montrer son anéantissement face à cette perte n’avive plus encore la rage bouillonnant dans son cosmos d’obsidienne. La rancœur à l’encontre de ses deux individus ne disparaissait pas pour autant, et cette volonté de leur causer mille souffrances se précisaient davantage alors que les minutes défilaient. Pourtant elle ne devait pas se laisser paralyser par cette dévastation. Sköll avait besoin d’elle aujourd’hui. Et si il se perdait, elle finirait par le suivre dans sa chute. Leurs destins étaient ainsi liés. Ses iris habités par cette conviction, la sorcière se permit d’affronter les abysses du briseur de soleil. Elle ne les laisserait pas ainsi corrompre l’âme de son époux avec leur poison. Sa main jusqu’alors sur son poing s’auréola d’un cosmos immaculé à la douce chaleur qui vint en partie soigner les plaies à ses phalanges, faisant disparaitre les preuves de son absurde folie. Ses doigts libres vinrent se poser sur sa joue avec cette tendresse qui caractérisait toujours ses gestes à son égard, son cosmos d’argent irisant le noir de son éclat.

« Sköll. Nous allons le retrouver, alors ne les laisse pas gagner en t’affligeant de la sorte. Reviens-moi, reprends-toi et retrouvons le ensemble. Le monde n’est pas assez grand pour qu’ils puissent se cacher de nous. »

Il le fallait. Elle hésita à en dire plus. La belle voulait lui révéler ce qu’on lui avait dit, le piège dans lequel ils avaient été entrainé et qui remettait nombre de choix en cause, nombre de personnes aussi, mais elle craignait que cela n’avive ce qu’elle essayait d’éteindre. L’émeraude se voila pour se faire distant, sa main finissant par retomber du faciès de son amant alors qu’un murmure s’extirpait de sa bouche dans un souffle.

« J’ai le sentiment que si tu avais été là… »

Tout aurait été pire. Peut être aurait elle perdue les deux hommes de sa vie alors, car le souvenir de l’aura de celui qui l’avait immobilisé amenait à elle cette impression vivace. Mais elle se tût, frissonnante. La sorcière en dirait plus quand elle serait persuadée que le loup noir reprenait les rênes de sa fureur mais jusque là, elle pèserait ses mots.

« Ne nous séparons plus et retrouvons Mana. »

Sa voix murmurante, plus fragile que ce qu'elle avait désirer émettre, s'imprégnait d'une volonté douloureuse, celle d'une femme luttant pour rafistoler un monde brisé par des crocs et entravé par des chaines. Elle ne voulait plus être séparée de lui si c’était pour le perdre lui aussi. Elle serait son garde fou si il le fallait, prenant sur elle pour lui permettre d’avancer à ses cotés sur les chemins tortueux qu’ils devraient parcourir. Mais elle savait où il pourrait se trouver…Là où il pourrait commencer à chercher.

La dame de l’aube arrivait.


Dernière édition par Leene le Sam 17 Nov - 17:37, édité 3 fois
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Eilaine


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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Ven 16 Nov - 0:10





    L'inquiétude grandissait au fur et à mesure qu'ils galopaient vers la place San Marco. Magnifique place forte de la belle Venise, bon nombre de personne circulaient partout, rendant la progression longue, fastidieuse. La plupart du temps, ils étaient parfois amenés à sauter de toits en toits pour contourner toute cette masse grouillante de gens. Mais enfin, alors qu'ils touchaient au but, une sombre énergie se dressa devant eux. Comme s'ils avaient été séparés par un mur invisible, malfaisant. Celui-ci pourtant, et sans effort, se brisa quand les deux loups gigantesques passèrent au travers. Il n'y eut qu'un bruit de verre qui se brise. Alertée, Aalanna perchée sur le loup au pelage d'automne, toujours à tenir le corps inanimé d'Adrix entre ses bras, se figea, resserrant sa poigne sur les poils de l'animal.

    Le maître des métamorphoses émit un petit grondement désapprobateur, lui signifiant qu'il avait eut mal. S'excusant mentalement, la femme de l'Aube essaya de percer de ses yeux saphirens, la scène où se concentrait presque toute la population de Venise. À première vue, un chaos innommable avait lieu quand elle put lire sur les visages, une peur viscérale. Qu'est-ce qui se passait ? Les loups géants s'arrêtèrent subitement pour humer l'air. Tous deux grognèrent, mécontents de voir à l’œuvre, une énergie folle, pleine de … corruption. Il leur faudrait faire preuve de mansuétude envers cet être qui n'était autre que Sköll. Voir le géant d'ébène se dresser de toute sa hauteur, les yeux injectés de sang, mue par une colère incroyable qui le métamorphosait lui aussi en montre, déstabilisa la Grande Prêtresse. Sur le coup, elle pensa que la rage qui animaient Adrix et Sköll était telle une maladie dégénérescente, et de même nature.
    La vérité était toute proche, car en effet, elles provenaient toutes deux d'une cause presque similaire : la perte d'un être cher.

    Si ces deux colères se traduisaient presque de la même manière, il était peut-être possible pour Aalanna d'agir de la même façon qu'avec Adrix. Aurait-elle assez d'énergie pour lancer un énième sort tout en dissimulant encore les deux loups ? C'était moins sûr ! Car elle aussi souffrait à sa manière : à la simple vue de sa sœur de cœur, dévastée devant ce triste spectacle, essayant de ramener son aimé à la raison, Aalanna se sentit défaillir. L'élan de son cœur fut plus fort que celui de sa raison ! Alors sans réfléchir davantage aux conséquences la belle druidesse rompit le sortilège qui les dissimulaient jusque là à la vue des autres.
    Deux immenses créatures ressemblant à des loups, mais d'une taille disproportionnée, surgirent du néant pour finir d'alarmer les pauvres vénitiens. La clameur de leurs cris ne cessa de résonner à leurs oreilles, mais ils en avaient cure : ils se contentaient de rester immobiles comme des statuts à veiller sur Adrix.

    Une jeune femme à la longue chevelure blonde ondulant jusqu'à ses hanches glissa sur le dos de l'un des animaux, avec une grâce et une adresse qui démontrait son rang. La jeune femme de l'Aube, toute vêtue de blanc, se présenta à eux le visage marqué par l'inquiétude. Son aura d'or se voulait caresse rassurante. Par vague, son cosmos alla les toucher dans le but de transmettre toutes ses émotions tant sa gorge était nouée par le chagrin. S'approchant avec douceur et une lenteur calculée, elle tendit les mains vers Leene. Sous le regard d'Elias et Antiokus, les deux druides sous leur forme animale, la jeune femme invita les deux amants à la rejoindre pour former un cercle parfait. Sous eux, une rune se dessina. Les traits de lumière, bleus, s'intensifièrent avant de mourir. Un pauvre sourire sur les lèvres, Aalanna avait grand espoir d'avoir réussit ce sort complexe. Ô oui, il fallait qu'il revienne à lui !

    - « J'ai accourue vers vous en apprenant la nouvelle... je suis là pour vous, je vous fais la promesse que je vous aiderais à le retrouver, quitter à remuer ciel et terre ! Je vous promet que nous le retrouveront, mais il faut garder la tête froide ! Sköll, écoute la voix de ta femme, il faut que nous soyons forts.»

    Pressant la main de son amie, la demoiselle sentit une sensation poisseuse sous ses mains. Découvrant avec stupéfaction tous ce sang, la jeune druidesse écarquilla de grands yeux ronds.

    - « Tu es blessée... laisse-moi faire»

    Murmurant des paroles dans l'Ancien Langage, la jeune femme se concentra sur sa tâche tout en jetant de temps à autres, des coups d’œil anxieux vers les deux loups qui surveillaient Adrix. Ceux là c'étaient placés devant les portes, histoire de surveiller leur arrière.

    - « Que s'est-il passé ?» demanda t-elle dans un souffle tandis que de concert, les deux monstres hurlèrent à la face du Soleil déclinant.

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Eris [PNJ]


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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Ven 16 Nov - 21:49

Intérieur de la Basilique Arrow
      « Loi du Chant des Muses : il est interdit de dévoiler sa nature auprès des Mortels sous peine de craindre le soleil. »

    Une voix grave et hostile s'était faite entendre derrière les deux, porteuse de la loi impitoyable de la Cité de Venise. Dans l’encablure de la porte broyée et gelée quelques instants plus tôt par le Guerrier du Nord, un homme à la stature aussi imposante que celle de Sköll s'avançait, une gigantesque hallebarde à la main, parfait hybride de la hache et de la lance. Son masque devenu noir représentant l'absence de clémence qui habitait en cet instant le Quaesitor d'Eris. L'aura sombre et meurtrière qui l'entourait transpirait d'une impression dérangeante, presque écœurante à présent qu'elle s'était échappée des profondeurs de son être où elle avait jusque là été restreinte. Une plainte lancinante, comme un cri de désespoir, semblait s'échapper de l'âme de Matteo Grimani. La malédiction était en marche.

    L'homme masqué continua d'avancer d'un pas lourd vers le groupe de trois personnes... Et deux loups géants. Une telle apparition, suivant de prêt celle de l'homme qui avait explosé les portes de la Basilique, avait de quoi inquiéter. Ils ne l'avaient pas être pas remarqués, mais bon nombre des simples mortels qui se trouvaient sur la place Saint-Marc à cet instant avaient leurs yeux fixés sur eux, apeurés. Des créatures démesurées? Des lumières et des incantations? Une porte symbolique qui volait en éclat? En d'autres lieux, cela aurait pu passer inaperçu, mais au beau milieu de la place la plus grande et fréquentée de Venise, cela était plus problématique... Et en tant que Quaesitor, le serviteur d'Eris ne pouvait laisser passer un tel manquement à la règle instaurée par Apollon. S'immobilisant à une dizaine de mètres du groupe hétéroclite, le Cavalier continua son avertissement en s'adressant principalement à la dernière arrivée, celle qui semblait liée aux deux Loups.

      « Faites disparaitre ces deux monstres immédiatement et cessez toute incantation en public. Si vous persistez, votre peau ne tardera à se consumer sous les rayons de l'astre solaire, et je devrai vous conduire devant le conseil. Une fois que je me serai occupé de Lui... »

    Le visage de Matteo pivota imperceptiblement pour foudroyer du regard le dos du Guerrier d'Odin qui avait manqué de respect à l'ensemble de ses pairs. Mal la faute qu'il avait commis n'était rien aux yeux du Quaesitor par rapport à la menace que cet homme devenu bête destructrice représentait pour la cité qui était à sa charge. L'aura agressive qui entourait l'homme vêtu comme un gentilhomme vénitien laissait deviner à quelle résolution il était parvenu à l'issue de la sortie pour le moins brutale de Sköll. Désormais, leur différent ne pouvait plus se terminer de manière pacifique. Le Fauve en avait tué toute chance dans l’œuf. Il allait devoir porter les responsabilités de ses actes, et ce quelles que soient les formes qu'elles prendraient...

      « Nous vous avions laissé le choix, Sombreloup. Vous aviez la possibilité de vous tirer de ce mauvais pas sans provoquer d'incident majeur... Et vous nous l'avez jeté au visage. Vous avez préféré devenir un Bête, mettre en danger toute cette ville par vos pulsions incontrôlables... Très bien! Dans ce cas, je m'en vais vous poursuivre et vous abattre tel le Traqueur que je suis! »

    Le Quaesitor masqué pointa sa hallebarde vers le Guerrier d'Odin en signe de défi. Au même instant son Cosmos s'éleva autour d'eux, et avec lui le hurlement de de dizaines d'âmes en peines scellées dans son envelopper. Sous l'effet de cette onde de choc, les civils qui semblaient de plus en plus intrigués par le spectacle surnaturel qui se déroulait sous leurs yeux se détournèrent, reprirent leurs discussions et commencèrent à s'éloigner, quittant un à un la place. Même les gardes semblaient avoir eu mieux à faire que de rester à leur poste. Désormais à l'abri du regard de ceux qui n'avaient rien à voir avec leur affaire. La place était faites pour que l'épée Damoclès qu'il avait lui-même forgé s'abatte sur le Fauve d'ébène.

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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Ven 16 Nov - 23:50

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- Mae... Leene...

Il l'appelait, une fois de plus. À voix si basse qu'elle seule pouvait l'entendre, là où même lui et son ouïe fine n'auraient entendu qu'un souffle de vent. Mais c'était par son prénom qu'il venait de la nommer – son vrai prénom.

Celui qu'il était l'un des seuls à connaître et que même un être partageant son âme depuis toujours n'aurait pu prononcer avec ses intonations. C'était lui, ça ne pouvait qu'être lui. Et la sorcière devait le ressentir à travers toutes les fibres de son être. Il ne lui avait pas encore été rendu, mais cela ne saurait tarder, car au creux de ses bras il n'y avait nulle place pour une bête enragée. L'arrivée inopinée d'Aalanna le fit tressaillir, mais il n'eut de mouvement de recul que quand la rune se traça sous ses pieds. Même s'il paraissait être revenu à la normale, ce n'était pas encore tout à fait le cas et elle en eut la preuve quand ses pupilles s'étrécirent alors qu'un grondement vibrait dans sa gorge.

S'il n'aurait rien eu à y redire pour sa part, le monstre qui vivait en lui n'avait jamais apprécié ce genre de sorcellerie – ce qui pouvait se comprendre compte tenu de la fin tragique qu'avaient connu les siens dans les temps mythologiques. Le Ragnarök était loin à présent, mais sa mémoire avait su lui rester fidèle. Ce n'était cependant rien à côté de la tension qu'il relâcha dans l'air quand l'homme au masque fit irruption au beau milieu de leurs retrouvailles. N'aurait-il donc aucun répit tant qu'il n'aurait pas tué chacun d'eux ? Il avait assez vu tous ceux qui se trouvaient cloîtrés dans cette satanée prison, et s'il lui fallait montrer les crocs pour ne plus entendre parler d'eux il les ferait disparaître jusqu'au dernier. À commencer par lui.

Sa main dériva vers l'une des épées qui pendaient à sa ceinture – celle qui brillait d'un éclat de jais. Une seule suffirait amplement à faire taire son présomptueux. Le Guerrier Divin n'alla pas jusqu'à la dégainer toutefois, n'en ressentant pas le besoin. Ainsi demeura-t-elle prisonnière de son fourreau. C'était tant mieux, car l'en extirper n'aurait fait qu'aggraver une situation qui se passait bien de complications. Le regard féroce qu'il jeta au nouveau venu ne pouvait laisser le moindre doute planer sur ce qu'il pensait de lui. S'il n'avait pas été aussi pressé par le temps, il ne se serait pas gêné pour l'égorger à même le sol de cette église, puisqu'il avait l'air de tant y tenir.

- Devenir ?

Un large rictus prit place sur les lèvres de Sköll. Cet individu qui ne lui inspirait que du mépris venait en plus de perdre toute crédibilité. Une raison de plus pour s'en désintéresser sans avoir daigné lui accorder son attention. Il n'en valait pas la peine, pas plus que ceux qui peuplaient la Basilique avant que la séance ne soit levée. D'ordinaire, il se serait fait une joie de l'écraser pour lui apprendre où était sa place mais il n'en ferait rien. Zeta était fait pour le combat, mais n'acceptait d'en livrer que contre ceux qu'il pensait en valoir la peine. Ce n'était pas le cas avec ce triste sire qui, pour ses sens surdéveloppés, puait la charogne. Quel intérêt à combattre un adversaire déjà mort ?

- J'ai toujours été un animal.

Les ténèbres autour de lui s'animèrent des palpitations de la vie et se déchirèrent pour prendre la forme d'une immense gueule de loup prête à se refermer sur le Quaesitor. Si malsaine que soit son aura, elle faisait pâle figure à côté de celle d'un destructeur mythologique. Le colosse n'avait pas encore repris ses esprits, mais semblait à nouveau maître de son corps ainsi que de ses émotions. Pour combien de temps, lui-même n'aurait su le dire, mais avoir les idées claires lui permettrait de répondre au dévot d’Éris en bonne et due forme. Néanmoins, être à nouveau lucide n'offrait aucune garantie que sa répartie soit du goût du Quaesitor. Les crocs de l'animal dissipèrent les ondes néfastes que projetaient les ombres de Matteo avant que Leene n'ait pu en être affectée.

Même si ses pouvoirs étaient de nature similaire, il n'avait aucune confiance en ce que pouvait en faire l'émissaire de la Discorde. User et abuser de ce pouvoir obscur allait le faire replonger plus tôt que prévu dans ses propres ténèbres mais il n'en avait cure si cela lui permettait de hâter son retour. Son fils avait besoin de lui, et aucun pantin ne l'empêcherait d'aller lui porter secours. Un éclat moqueur s'alluma dans ses pupilles dont la couleur alternait entre un gris sombre et un bleu électrique. Mince est la frontière qui sépare la raison de la folie et il n'en faudrait que peu pour qu'il retombe entre les griffes du Sombre Loup. Mais il avait encore toute sa tête pour l'heure et n'avait aucune raison de ne pas en profiter.

- La seule chose que tu ferais bien d'abattre, c'est cette maudite porte avant que ce qu'il en reste tombe sur quelqu'un. Moi, c'est plus mon problème. Personne ici n'ira nulle part, sauf en Asgard. Si vous m'aviez laissé sortir plus tôt, nous n'en serions pas là. Crois-moi, tu ferais bien de t'estimer heureux que je n'aie pas le temps de te régler ton compte, à toi et aux autres par la faute de qui tout cela est arrivé. Si vous n'aviez pas été là pour me gêner, rien de tout cela ne se serait produit. Je n'ai plus rien à faire ici. Je reviendrai pour te tailler en pièces si ça peut te faire plaisir, mais dans l'immédiat tu ferais mieux de dégager le passage pour que je répare vos conneries. TOUT DE SUITE !

Le hurlement du loup avait retenti à travers sa voix, faisant souffler une puissance quasi-divine sur la place déserte. Les rares badauds qui avaient eu le malheur de s'y aventurer avaient fui à toutes jambes en voyant surgir tour à tour une paire de loups géants et un individu armé d'une hallebarde. Plus personne ne serait témoin de ce qui se passait en ces lieux, à l'exception des paires d'yeux qu'il sentait posées sur lui depuis qu'il avait forcé les portes de la Basilique. Loup dans l'âme, plus que jamais à cet instant, ses sens surdéveloppés n'avaient pu que constater qu'ils étaient au centre de l'attention. Grand bien leur fasse s'ils voulaient épier la scène, mais qu'ils n'interviennent à aucun prix.

Le God Warrior était à bout de patience et considérait avoir déjà été retardé plus qu'il ne pouvait en supporter. Ce gêneur prétendait vouloir la sécurité de Venise : il serait donc dans son intérêt de ne pas attiser les flammes de la colère s'il voulait le voir reprendre son calme. À moins bien sûr que ce ne soit qu'un mensonge et qu'il n'ait usé de cela comme d'un prétexte pour lui faire obstacle. Sköll n'était par définition que peu porté sur la théorie du complot, mais comment ne pas l'envisager après avoir été enfermé au moment crucial ? Cela ne pouvait pas être une coïncidence. Tout avait été finement orchestré pour le retenir entre ces murs afin qu'il ne puisse les arrêter. Avaient-ils peur de lui ? En ce cas, il se ferait une joie de leur donner des raisons de trembler.

Citation :
Et je refuse ton défi !


Dernière édition par Sköll le Sam 17 Nov - 4:37, édité 1 fois
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Dormin


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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Sam 17 Nov - 1:23

Arrow Combat versus zombis

Que voilà des abysses noires et repoussantes qu'il tentait de fuir. Qui pouvait être à l'origine de ce piège immonde? Théâtre où évoluaient des personnages aux allures de marionnettes macabres. Il avait toujours eu une sainte horreur de ce genre d'histoires parlant de revenants et autres fantômes. Petit, il écoutait parler son vieux maitre des spectres et des évènements aussi étranges que variés qui se produisaient autour d'eux. Son esprit d'enfant avait été secoué par les récits de cadavres en décomposition se mouvant à nouveau, animés par la seule volonté de rallier les vivants à leur armée décharnée. Longtemps il avait passé ses nuits à trembler au fond de sa couche à l'idée qu'une de ces horribles créatures puisse lui attraper la cheville, le poignet ou même lui tirer les cheveux, lui prendre ses yeux.

A présent qu'il était un adulte, il encaissait mieux la réalité de ces monstres autrefois humains. Mais on ne pouvait pas dire qu'il ne les craignait plus pour autant... Il n'aimait pas l'idée que des innocents voient leur enveloppe vide utilisée après leur mort et ce contre leur gré. C'était contre nature, irrespectueux... dégoutant. Il sentit un frisson glacé remonter le long de sa colonne vertébrale alors qu'il sentait les doigts des morts vivants glisser contre son armure et ce fut leur aura nauséabonde qui lui firent perdre en énergie.

Excalibur avait fait son office et bientôt, une lumière dorée vint déchirer le voile de cette dimension sombre. Au dehors, une ligne de cosmos dorée se dessina sur les pavé, à l'endroit exacte où Dormin avait été englouti par les ombres plus tôt. Les ténèbres se déchirèrent d'un côté alors que du côté de Venise, l'espace fut un instant distordu. La lumière lui venait de l'extérieur, elle était là, il n'avait plus qu'à bondir hors de cet enfer. Mais pas comme ça...

Dans sa course, il fit sauter son armure de son corps et invoqua sa close box, venant se greffer dans son dos. Ne perdant pas un instant, retenant son souffle, à présent qu'il n'était plus protégé par l'armure d'or, il profita de l'élan donné par sa course pour bondir dans la brèche. Le buste de Dormir perça la surface alors qu'il gonflait à nouveau ses poumons d'air après une courte apnée et lutta pour sortir de là, alors que la brèche créée par Excalibur se refermait dangereusement. Il poussa sur ses bras et s'extirpa de là aussi vite que possible jusqu'à ce qu'il se sorte de là in extrémiste. Le chevalier d'or resta un instant un genoux à terre, haletant, tentant de reprendre contenance.

    "J...J'ai eu chaud."


Le rouquin se redressa d'un coup, sa cloth box sur le dos alors que les diverses auras de chacun lui revenaient aussi violemment qu'une migraine. Il partageait le poids de cette capacité avec sa fille... Il nota la porte de la basilique défoncée... Serrant les poings, il s'inquiéta de ce qui avait pu causer ça. Que c'était-il passé?! Il tourna la tête, cherchant d'abord Séléné du regard et la trouva plus loin aux côtés de Narcisse... C'est alors qu'il perçut de nouveau cosmos dont deux plus particulièrement à sa droite.

    "Ah... Haaaa..."


Il porta une main à son crâne et ses yeux émeraudes se figèrent sur deux silhouettes familières à côté de lui. Il vit d'abord Krauser qu'il dévisagea d'un air désemparé. L'aura qui l'entourait était à présent trop familière pour qu'il se trompe sur son compte... Ses mâchoires se crispèrent de même que ses phalanges.

    "Ainsi donc... Toi aussi il t'a pris..."


Il détourna le regard, agacé de devoir à nouveau voir un de ses proches acaparés par Hypnos... De devoir encore une fois s'opposer à un ami et peut-être un jour lui livrer un combat fratricide. Et en parlant de proche....

    "ADRIX!"


Le cosmos de sa moitié venait de lui agresser les sinus comme un puissant parfum et son regard vert venait de se fixer sur le blondinet qu'il s'empressa de rejoindre. Il arriva aux côtés d'Antiokus et vint récupérer le blondinet dans ses bras pour le porter lui même. Il était affolé. Que s'était-il passé ici?! Que faisait-il ici?! Dormin jeta un bref regard à son maitre à penser et le remercia d'un bref geste de tête malgré le fait qu'il ne puisse le voir à cause du charme qui opérait sur lui et Elias. Ainsi donc, Aalanna et les deux mages étaient là eux aussi... Les choses avaient vraiment dû dégénéré...

    "Merci à vous deux... Mais vous êtes en danger sous cette forme, je vous suggère d'aller vous cacher pour reprendre forme humaine et nous revenir au plus vite. Sinon Avalon aurait à répondre pour avoir transgresser les lois de Venise. Merci encore, je m'occupe de lui..."


Il s'écarta, gardant le fils d'Hypnos serré contre lui et observa la scène qui se jouait sur cette place précédemment calme. Ses doigts tremblant caressèrent nerveusement les longs cheveux blonds de son époux. Cette porte sacrée défoncée, le trouble qu'il ressentait dans chaque coeur à l'instant même... Et cette colère se frottant à l’incompréhension générale. Les gens étaient consternés plus qu'effrayés pour ceux dont ils pouvaient toucher le cosmos. Et il vit cette horrible bête... Un coup d'oeil aux membres de l'assemblée et à la porte et le Capricorne put retracer un hypothétique schéma de ce qui avait pu se passer.

    "Pourquoi... cette... Chose a-t-elle transgressé les règles?"


C'est alors qu'il vit Séléné s'avancer vers eux... Et qu'il sentit l'état d'esprit dans lequel elle se trouvait. Le mince sourire qu'il aurait pu esquisser en la voyant s'effaça et ses pupilles se rétrécirent en voyant qu'elle présentait quelques légers bleus et égratignures. Plus encore que ses blessures c'était le flots d'émotions qui émanaient d'elle qui lui parlèrent. Pour la toute première fois depuis des années, Dormin sentit une chaleur envahir son buste, ses épaules, sa nuque et son crâne. Ses mains se firent plus froides et ses muscles se crispèrent... Une bête se mit à gronder dans son ventre... Avait-on... Touché à leur fille? Elle s'agenouilla pour garder Adrix dans ses bras , le drapant de son manteau. Il posa son dos contre son genoux, le soutenant d'une main pour offrir un bras à son enfant.

    "Séléné... Nous sommes là... Que s'est-il passé?!... "

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Krauser


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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Sam 17 Nov - 2:22

Arrow post d'évolution

Si la place St Marc était plongée dans un silence de mort un instant plus tôt, une panique sans précédent s’en empara en l’espace de quelques secondes.
La gigantesque porte vers laquelle Krauser se dirigeait explosa littérallement, et fut projetée en éclats alentours. Mais avant même que l’auteur de cet acte de violence irraisonnée ne se montre, un cosmos bien familier se fit sentir.

Dormin !

Oui, dormin venait tout juste de surgir de… de nulle part. Aucun doute sur le fait qu’il avait été projeté dans la même dimension que lui, quelques instants auparavant. Mais… comment s’en était-il sorti ? Et d’où venait cette caisse accrochée à son dos ? Autant de réponses auxquelles le spectre ne put répondre, car un autre cosmos vint alourdir l’atmosphère. Celui-ci lui était moins familier, et pourtant, il avait déjà eu l’occasion d’en sentir un comparable, en la personne du seigneur Narcisse.

Aucun doute, un autre Oneiroi était à Venise. Mais dans quel état… Il était emmené par une femme totalement inconnue de Krauser, de qui n’émanait aucune puissance associable à un spectre. Pourtant, elle tenait un dieu du rêve râlant et grognant, presque agonisant, entre ses bras. Au vu de sa stature et de sa chevelure blonde, il ne pouvait s’agit que de…

Phantasos…

Quoi? Comment ça, “Phantasos”? Qu’avait-il fait du “Seigneur Phantasos”, de mise dans ce genre de cas? Etrange… Quoi qu’il en soit, il ne pouvait pas dévoiler au grand jour qui, lui comme son maître, étaient réellement. Pas devant Dormin, qui aurait pu… Quoi ? Que venait-il de dire ?

« Il m’a pris … ? Moi aussi ? » De qui pouvait-il bien parler ? Pourquoi son ami affichait-il cette expression mêlant terreur et frustration ? Pourquoi était-il...

Gargh !

L’espace d’un instant, il sembla à Krauser qu’une flèche lui transperçait le crâne, dans une douleur brusque et intense, mais qui s’effaça bien vite.
Des séquelles de son combat, sans doute . Quoi qu’il en soit, il lui fallait prendre en charge Phanta… son maître, le seigneur Phantasos. Mais que lui arrivait-il ? Pourquoi manquait-il soudainement de respect à ses maîtres ?

Mais ce détail n’avait que peu d’importance. Krauser s’avança vers le dieu de l’iréel, dans l’optique de l’emmener en lieu sûr. Mais quelqu’un le devança. Il s’agissait de…

Dormin ?

Le rouquin prit littérallement le corps meurtri de Phantasos dans ses bras, le serrant et lui caressant le visage, comme s’il s’agissait pour lui d’un… Non… Ce n’est tout de même pas…

RAAAAGH !!

Inconsciemment, le spectre avait peur de comprendre. Tout d’abord, la réaction du Seigneur Narcisse à la vue de Dormin… puis le fait que ce dernier se soit tiré d’une dimension parallèle sans une égratignure… Son étonnement, presque de la terreur soudaine, devant lui… et enfin cette relation qu’il semblait partager avec Phantasos…

Krauser craignait de comprendre ce qui était vérité chez son ami. Mais à mesure que ces idées se bousculaient dans son esprit, une vive douleur tenaillait de plus en plus son corps, comme ses entrailles se comprimaient, et que ses os cherchaient à s’échapper de sous sa peau. Son esprit s’embrumait en même temps qu’il se saturait de toutes ces soudaines révélations.

Troublé, secoué, Krauser s’avança en titubant vers Dormin, et arrivé à sa hauteur, perdit appui sur ses jambes et tomba, un genou à terre. Une violente douleur le foudroyant, il porta ses mains à son crâne et serra de toutes ses forces, cherchant à atténuer la force qui semblait vouloir le faire exploser. Il grogna, tentant de réprimer un hurlement ; puis profita que la douleur se calme un instant pour obtenir des réponses auprès de son ami.

Pardon… pardonne-moi de t’importuner alors que… alors que ta… RAAAAARGH ! … que ta… famille a besoin de toi. Car c’est… grah… c’est ta famille, n’est-ce pas ?... gnnnn… A qui… argh… à qui faisait-tu allusion, à mon sujet ?

Une violente fluxion prit le spectre, qui sembla prêt à cracher ses entrailles. Il tomba à genoux, s’appuyant sur ses bras pour ne pas s’effondrer au sol. Rassemblant sa volonté, il tenta d’aligner encore quelques mots.

Dormin… je… argh ! Dormin, quoi qu’il advienne… qui que tu sois, qui que je sois… RARGH ! Je… je ne te considèrerai jamais… jamais autrement que comme un ami… argh ! Sans doute le meilleur qu’il m’ait été donné… de rencontrer… argh ! Et quoi que tu craignes… quoi que tu redoutes, je… grrrah… Je ne te laisserai pas. Alors, s’il te plaît… *tousse* s’il te plaît… dis-moi… dis-moi ce que tu sais…

Dans un râle, Krauser perdit ses derniers appuis, et s’effondra au sol, tentant dans un dernier sursaut d’aggripper la tunique de son ami, qui lui glissa entre les doigts. Face contre terre, le corps immobilisé par l’atroce douleur qui le brûlait, telle un brasier incontrôlable, il eut la force d’articuler quelques mots.

S’il… s’il te plaît…

----------------------------------------

Ce chevalier était la clé de tout. Mais ce spectre était-il assez faible pour ne pas avoir senti de cosmos chez celui qu’il appelait son « ami » ? Quoi qu’il en soit, Icelos n’avait plus besoin de se dissimuler, et tentait à présent de percer au grand jour. Mais il tenait son engagement. Son esprit fusionnait avec celui du spectre, de façon à ce que son comportement reste inchangé. Il pourrait ainsi poursuivre cette amitié qui pouvait s’avérer intéressante.

Car oui, la situation était cocasse. L’un de ses frères en était le… conjoint –il n’était ici question ni de « femme » ni de « mari »- , et l’autre s’était avéré être l’une de ses vieilles connaissances. Oneiros, celui-là même qu’Icelos était venu assister, et qui sortait de la basilique à l’instant.

Ce faisant, l’esprit du spectre se montrait récalcitrant. Il lui faudrait un dernier choc pour que l’opération touche à son terme.

Oui… c’est ça… dis-lui, dis-lui tout ce que tu sais ! Le choc sera pour lui si grand que son esprit sera tout disposé à m’accueillir. Allez, dis-le lui !

Il fallait faire vite. Au vu des évènements récents, passés inaperçus aux yeux de ce spectre borné, la situation n’allait pas manquer de piquant. Il faudrait alors que le dieu des illusions soit en pleine possession de ses moyens.

Vite !!!
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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Sam 17 Nov - 12:50

Eh bien jamais je n'aurais cru que cette Basilique était si loin!! Moi qui croyait pourtant arriver bientôt, je me suis bien trompé et il m'a fallu encore deux bonnes heures pour arriver vraiment à la Basilique. Seulement en arrivant sur place, je ne m'attendais pas à cela. Et je dois avouer que je suis un peu perdu par ce que j'ai devant les yeux mais bon je pourrais toujours demander à Dormin de m'éclairer un peu.

Marchant vers le groupe, fatigué par la longue marche que j'ai du faire pour revenir ici, je suis soulagé de revoir mon ami mais un peu inquiet en voyant Krauser à terre et à ses pieds. J'ignore ce qui lui est arrivé mais une chose est certaine, il souffre affreusement et cela se voit sur son visage.
Complètement concentré sur Dormin et Krauser, je relève la tête vers les autres personnes présentes et voit avec stupeur les portes de la Basilique complètement détruites. Comme si une personne avait lancé une bombe dessus!! Mais qu'est-ce qui a bien pu se passer pendant que je cherchais mon chemin comme une andouille?

Observant le groupe de personnes ainsi que les loups, je me dirige vers Dormin puis le regarde.


Excuses-moi pour le retard. J'ignore ce qu'il s'est passé mais ce qui est sûr c'est que ça ne va pas s'arranger!!

C'est alors que j'aperçois Séléné et un petit sourire se forme sur mes lèvres bien que la tempête risque fort bien de ne pas tarder à arriver. En tout cas c'est l'impression que j'ai car autant de personnes réunis devant un lieu n'annoncent jamais rien ou rarement rien de bon!!
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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Sam 17 Nov - 18:51



Un soulagement ténu mais croissant. L’étau de fer apposé sur sa gorge vint desserrer son étreinte, doucement, alors que le souffle de son compagnon amenait à ses oreilles ce nom qu’il était l’un des seuls à connaître. Maeleene. Peu était ceux pouvant se targuer de connaître la réelle identité de la dame blanche, ce prénom se faisant miroir de son âme mise à nue pour ceux en connaissant toutes les subtilités. Qu’il l’appel ainsi malgré la folie résidant encore dans son cosmos d’obsidienne apportait à son cœur un réconfort dont elle avait bien besoin en cette heure de bouleversement. Il était là. Vraiment là. La fureur s’apaiserait alors enfin pour qu’ils puissent quitter les lieux et retrouver leur être cher qui leur avait été arraché sans concession d’aucune sorte. C’était là son vœu le plus cher de mère désœuvré obligée de faire face avec la force qu’il lui restait pour que son aimé lui revienne. Elle aurait souhaité crier victoire mais elle n’en aurait guère l’occasion avant de quitter cette ville maudite. Un sourire vint un instant courber ses lèvres, le soulagement brillant dans l’éclat d’émeraude de ses pupilles.

L’arrivée de sa précieuse amie vint, un instant, troubler son esprit focalisé sur l’apaisement du guerrier divin en proie à sa face obscur. Deux loups accompagnèrent ses pas – qui, elle ne l’ignorait pas, étaient les deux sages qui l’accompagnaient sans cesse – nul trace de Serafim pourtant mais un autre homme inconscient à sa place auquel elle se désintéressa bien vite. Seule la lumière d’Aalanna perçait la brume de son esprit. La belle posa sur la main de son aimé sa paume pour le calmer et effacer de son esprit la magie runique dont la dame de l’aube avait usée pour l’apaiser – elle-même connaissait cette magie aujourd’hui pour pouvoir en user.

« Aalanna… »

Ses paroles touchèrent son cœur de la plus douce des manières, lui apportant un soutien sans faille dans cette bataille qui l’avait tant ébranlé et continuerait encore. Pourtant son esprit demeurait troublé par ce mal pernicieux et la présence de sa tendre amie à ses cotés le lui révéla de la plus triste des manières. Ses mains tremblaient lorsque la prêtresse d’Avalon les lui pris pour effacer les blessures qui maculaient sa peau d’albâtre, refermant les plaies qu’elle avait bien sommairement soigné quelques instant plus tôt. L’épuisement révélait d’autant plus la douleur qui résidait dans les iris d’émeraude de la fille de la lune, celle-ci s’abatant sur elle sans crier gare alors que la présence de la douce guerrière se faisait plus présente à son esprit.

Son corps était soigné mais personne ne pouvait guérir les plaies suintantes qui résidaient dans son âme. Anéantit. Avec Aalanna, elle pouvait dévoiler cette facette de son cœur sans craindre qu’on utilisât cette faiblesse contre elle. Elle pouvait se laisser aller à cette confession de mère à mère juste pour sentir ce soutient qui habitait l’âme de son amie et qu’elle lui donnait sans concession. Juste une poignée de seconde, le vide sans fond dans lequel elle était obligée de se démener se montra à elle, seulement à elle. Elle ne pouvait se permettre de laisser déborder cette peur, cet affreux chagrin pernicieux qui, tel un poison, s’insinuait dans chaque recoin de son esprit. Un bien pâle sourire étira un fugace instant ses lèvres laissant échapper un faible murmure.

« Merci… »


Un remerciement pour tout ce qu’elle faisait, pour sa présence et son soutien. La question légitime de la dame d’Avalon fit tressaillir la belle imperceptiblement. Une main disparaissant dans les ténèbres fut la vision d’horreur qui macula d’écarlate les cieux brisés de son âme. Elle devait se reprendre. Elle n’avait pas le droit de flancher. Elle ne le pouvait pas non plus, car on ne le lui permettait même pas cet instant de répit pourtant ardemment désiré. La sorcière se retourna vers le nouvel arrivant, ses pupilles brillant d’un éclat incertain dans lesquelles se débattaient nombre d’émotion qui finissait de l’épuiser. Que cela cesse donc ! Ses doigts se crispèrent sur la poigne de la belle d’Avalon alors que la joute entre l’homme au masque et son époux résonnait avec plus de force en elle, le colosse à la hallebarde s’en prenant même à sa tendre amie avec ses lois sans sens.

Elles ne l’aimaient pas. Cet homme à l’aura aussi tortueuse que pouvait l’être celle de Sköll mais différente dans son essence. Ironiquement, la belle se trouvait plus dérangée par cette aura désespérée que par celle emplie de fureur de son compagnon. Il y avait pourtant un écho tout aussi similaire qui résonnait en elle appelant la mort à laquelle elle était liée. Semblable mais différent…
La dame de la lune sentait ses familiers, ombres tortueuses entourant sa silhouette de leur aura morcelée s’ébranler autour d’elle, protectrice et possessive envers l’intégrité de celle qui les liait à ce monde. Elles se méfiaient, et la sorcière leur accordait sans le moindre scrupule tout crédit, mais elles n’eurent guère besoin de se montrer plus que nécessaire, laissant au loup noir l’occasion de défendre sa belle de l’aura néfaste du Quaesitor. Des plaintes déchirantes, brisées qui la secouèrent malgré tout, rappelant un vide trop mordant, bien trop présent. Assez. Elle sentait poindre les limites de ses propres forces à mesure que s’égrenaient les minutes, tolérant avec de moins en moins de facilité ce qu’il advenait et qu’elle devait subir sans mot dire. Elle voulait hurler à sa face tout ce qu’elle pensait de cette ville maudite, cracher sa fureur et l’horrible sentiment d’accablement, de perte qui labourait son cœur…mais elle ne le devait pas. Elle devait encore ravaler toutes ses émotions tempétueuses menaçant de la briser irrémédiablement pour pouvoir le retrouver. Il n’y avait que ça qui comptait. Que son fils à présent que son aimé était à ses cotés. C’est pour lui qu’elle devait être forte et elle le serait.

Parce qu’elle était sa mère et que c’était son devoir. Son vœu le plus cher.

Les paroles du père ne viendraient sans nul doute pas apaiser ce conflit qui pourrait éclater à tout moment, mais elle ne pouvait lui en vouloir de cet emportement maitrisé. Elle aussi voulait éloigner le traqueur, éprouvant une irritation qui allait de paire avec ses reproches. Qu’il obéisse simplement aux lois des lieux lui importait peu, seul demeurant à ses yeux l’urgence de la situation la pressant à vider les lieux…Et le Quaesitor n’était alors qu’un obstacle de plus à franchir. Encore un. S’en prendre à sa précieuse amie et à son amour enfin retrouvé ne faisait qu’attiser davantage encore son irritation à son encontre. Aalanna avait accourut en ce funeste lieu juste pour les aider, juste pour eux, et savoir son soutien ainsi balayé telle une gêne n’était pas pour lui plaire. Le peuple avait fuit la grande place, ne laissant plus que quelques protagonistes pour la plupart inconnu qui évoluaient chacun de leur coté. Néanmoins, la belle n’avait que faire de ses autres gens, ayant bien assez à faire avec ceux l’entourant directement. Elle ne pouvait pas le lui laisser. La fille de la lune avait réussit à apaiser le courroux de son époux, ce n’était pas pour que le premier venu ne réduise ses efforts combinés à ceux de la dame de l’aube à néant. Elle le refusait.

« Assez. »


Sa voix se voulait impérieuse, mais elle ne réussit qu’à exprimer la fatigue lasse qui emprisonnait son cœur. Se reprenant, la sorcière d’argent se plaça devant son aimé, ridiculement frêle comparativement au deux monstres se faisant face, elle n’en éprouva pourtant aucune crainte lorsque son regard d’émeraude toisa l’homme au masque. Il lui faudrait plus qu’une aura tortueuse et une carrure de géant pour lui apporter la crainte.

« Au lieu de vous inquiéter d’un homme animé de pulsions incontrôlables à présent contrôlées, vous feriez mieux de vous intéresser aux vénitiens tués par mes agresseurs lorsque vous étiez enfermé là dedans. »
La belle pointa d’un doigt fin les battants de la porte défoncée par la puissance de son époux. Elle devait prendre sur elle pour continuer ce monologue qui permettrait par ailleurs de répondre en partie à la question de son amie. Jetant un coup d’œil à cette dernière puis à son amant, elle reprit d’une voix égale, les poings crispés et le regard habité par la rancœur. « Tout ça n’est qu’une stupide mascarade ! Un piège habile pour vous tenir à l’écart. Pour tenir mon époux à l’écart… »

Sa dernière phrase n’était qu’un souffle. C’était la première chose à laquelle elle avait songée lorsque les paroles de cet homme avaient résonnées dans les cieux clairs maculé de sa présence. Elle le haïssait ! Elle le haïssait tant ! La belle tourna son visage vers le sombre loup avant de continuer.

« J’en viens à croire que même la décision de faire de toi le Quaesitor d’Asgard faisait parti de ce plan. Ils savaient ! Ils savaient que ça se passerait ainsi, que tu perdrais ton calme et serait prisonnier suffisamment longtemps pour qu’il me prenne notre fils… Ils te connaissaient...Les deux te connaissaient... »

Elle en était intimement persuadée même si ce n'était qu'une impression fugace pouvant très bien être fausse, la manière dont ils avaient parlé de Zeta était, à ses yeux, pleine de sens. Pourtant elle était coupable également, c’était de sa faute aussi. Si elle ne l’avait pas prévenue, les choses auraient peut être été différente, n’aurait pas autant dérapée. Elle avait jouée leur jeu. Quant à la décision de faire de Sköll un juge, cela pouvait encore être réaliste, après tout celui-ci demeurait l’un des plus puissant – si ce n’était le plus puissant – guerrier divin foulant les terres enneigé de leur contrée, mais pour ce qui était du diplomate, il n’y en avait nul trace en lui. Même elle, pourtant d’un caractère versatile aurait été plus à sa place dans cette assemblé.

« Si il y a bien des individus que vous devez traquer, Herr Maskierten, c’est bien ceux qui s’en sont prit réellement à des habitants, et non pas une menace qui n’est plus. »

Même si l’aura du destructeur d’astre était toujours aussi sinistre et tortueuse, il n’avait rien attaqué d’autre qu’une porte contrairement à ses agresseurs. Quant à ceux-ci… Ils n’étaient plus ici. Managarm n’était plus là, sa présence totalement effacée de cette ville dont elle ne demandait qu’à partir. Il y avait de nombreuses choses qu’elle taisait, mais ces informations ne regardaient nullement un émissaire d’un autre dieu. Et malgré la chaleur régnant dans la cité vénitienne, la dame était glacée.

Combien de temps encore devait-elle supporter cela ? Longtemps il semblerait. Et elle le ferait tant qu’elle en aurait la force, puiserait dans toutes ses ressources pour faire face. Si elle devait s’écrouler, elle le ferait une fois son fils de nouveau auprès d’eux.

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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Dim 18 Nov - 1:25

La jeune demoiselle se fraya un chemin parmi les débris éparpillés des battants géants. Quelle horreur... Si une telle violence se déchaînait sur la place, au milieu de tous ces habitants innocents, alors cette journée serait entachée de bien trop de sang pour être associée à la paix. Le Seigneur Apollon avait ordonné que nul ne dévoile sa véritable nature aux mortels, afin de ne pas mêler le reste de l'humanité aux conflits divins... Il allait être déçu. Le respect d'une telle loi était probablement le cadet des soucis du Nordique, et la morsure du soleil sur sa chair ne serait pas suffisante pour l'arrêter dans sa folie furieuse. Pire encore, la douleur risquait de l'exciter davantage encore, et la cité flottante découvrirait combien un monstre au paroxysme de sa démence pouvait faire de dégâts en une après midi.
A sa grande surprise cependant, la brute d'Odin n'était pas en train de semer la mort et les ruines dans son sillage. Au lieu de ça, il s'était figé devant une femme, visiblement troublé par son propre état. Etait-ce son épouse ? Celle pour qui il avait ruiné à jamais la possibilité de voir une paix durable fleurir sur la Terre ? Au moins il était parvenu à se contenir en sa présence... La bête n'avait peut être pas dévoré autant de sa conscience que la Quaesitor du Dieu des Arts l'avait supposé. Voilà qui le remontait un peu dans son estime. Mais pour être franche, elle n'avait que faire de son sort. S'il méritait moins de mépris, il n'avait pas gagné sa compassion pour autant. Il restait un inconscient, à la fois indiscipliné et violent, dont le comportement égoïste risquait d'embraser le monde entier. Qu'il s'agite si il le désirait, mais Séléné ne pouvait pardonner qu'il emporte des innocents dans sa chute.
Mais les préoccupations de la jeune fille s'envolèrent comme une colombe lorsqu'elle posa les yeux sur son père. Ce fut comme si on lui ôtait un grand poids de la poitrine. Papa était en vie... Elle l'avait déjà vue en meilleure forme, mais il était en vie, et c'est tout ce dont elle avait besoin pour être heureuse. Elle s'élança vers le Capricorne, la mine resplendissante malgré le spectacle dont elle avait été témoin un instant plus tôt. C'était comme si les miasmes du fils de Fenrir ne l'avaient jamais infectée. Les loups, la druidesse et même Sköll, tout cela n'entrait même plus dans son champ de vision.

    -Papa !


Mais alors qu'elle s'avançait, sa chevelure carmin soulevée dans son sillage, elle remarqua une silhouette familière dans les bras du Roi de Britania. Cette longue chevelure blonde, cet aspect androgyne a mi chemin entre les tous les genres, ce cosmos suintant plus de démence qu'aucun autre en ce monde. Non..

    -Maman ?!


En un bond, elle se retrouva aux côtés de l'Irréel inconscient, les mains troublantes, n'osant toucher cette silhouette endormie. Adrix avait pourtant l'air en bon état, sa peau blanchâtre ne portait nulle blessure ni hématome, mais la demoiselle ne savait que trop bien que ce n'était là que de la poudre aux yeux. Les pouvoirs de Phantasos n'étaient qu'illusions et non guérison, ils pouvaient dissimuler ses plaies sous un masque d'énergie cosmique, mais la chair ne se régénérait pas pour autant. Elle n'était pas vraiment dans le coma non plus... Son visage se décorait régulièrement de grimaces haineuses, et on pouvait toujours l'entendre ronchonner dans un murmure. Etait-elle aussi en proie à une lutte intérieure ?
Même si leurs liens du sang l’empêchaient de sonder son âme comme elle le faisait avec les autres, l'élue d'Apollon devinait aisément les troubles qui agitaient l'âme de sa génitrice. Son aura était incohérente, agressive bien qu'assoupi et par certains aspects n'était pas sans rappeler celle du Nordique lorsque le loup l'avait submergé... Pourtant, l'essence de leur folie n'avait rien de comparable. C'était sa nature même de déité qui conférait à Adrix la sienne, et le lien qui l'unissait à ses démons était celui d'une improbable alliance. Il était peu envisageable que le contrat qui unissait le fils d'Hypnos à l'ancien Gold Saint se soit rompu. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle considérait aussi Phantasos comme un genre d'oncle, ce qu'il était à sa façon, et même s'il était instable et souvent inquiétant, ce n'était pas le genre à trahir son hôte.
Pour la gamine, la vision de sa mère gisante ainsi était un véritable choc, bien pire que l'explosion de fureur de SombreLoup. Elle avait toujours vu Adrix comme une force instoppable, quelqu'un avec un caractère en acier trempé doublé d'une volonté inébranlable. Certes elle aimait charrier Hélios, et ne perdait pas une occasion de secouer son "époux", mais ça n'en était pas moins une figure protectrice, qui bondirait à leur rescousse au plus petit danger. Le glaive là où Dormin était le bouclier, une lionne qui ne laisserait personne toucher à ses petits. Séléné n'avait jamais imaginé la contempler un jour dans un si triste état. Dans son esprit, ce n'était tout simplement pas envisageable. Maman ne pouvait purement et simplement pas perdre. C'était une part de sa naïveté enfantine qui se fissurait face à cette désillusion. Mais plus que de la déception, c'était l'inquiétude qui envahissait son esp Qu'est-ce qui avait bien pu la blesser ainsi ? Qui était responsable de ce coup porté à sa famille ?
Autant que le chagrin, la Princesse de Britania sentit monter en elle un sentiment qu'elle ne connaissait pas. Une colère grondante qui brûlait sa poitrine, une envie de vengeance qui allait à l'encontre de sa nature pacifique. Pour la première fois dans sa courte envie, elle se sentait capable d'agressivité. Effrayée par cette découverte, elle chercha refuge dans le bras que lui offrait son père, se blottissant contre lui pour échapper à ses démons naissants, prenant la fine main de sa mère dans les siennes dans l'espoir de la voir s'éveiller.

"Séléné... Nous sommes là... Que s'est-il passé?!... "

La concernée se crispa, un frisson courut le long de son dos.

    -Ri.. Rien de grave papa. Nous en parlerons plus tard. Et toi ? Où étais-tu ? J'ai cru perdre ta trace un instant...

    *Dans un sens, heureusement que Maman ne puisse pas voir le Nordique...*


Si elle lui narrait les évènements de la cathédrale, le pire risquait d'arriver. Le Quaesitor d'Odin était toujours présents, et elle savait parfaitement que le Capricorne ne laisserait jamais passer qu'une telle brute ait osée lever la main sur elle. Ce qu'elle était prête à pardonner, personne dans sa famille ne l'excuserait. Un duel pour venger son honneur ? Voir son père croiser le fer avec l'Ases ? Elle ne voulait pas ça... Elle avait déjà vu son lot de violence pour la journée, et voir un des siens se déchirer sous ses yeux était plus qu'elle ne pourrait en supporter pour la journée. Elle avait beau avoir l'apparence et la sagesse d'une adulte, elle n'en restait pas moins une petite fille. Il y avait une limite à ce qu'elle pouvait encaisser émotionnellement en un laps de temps si cours, aussi déterminée soit-elle.
Mais maintenant qu'elle y songeait, que se passait-il du côté de ce monstre ? L'arrivée inattendue d'un spectre à l'aura comparable à celle de Narcisse, en plus du reste, l'avait détourné du terrible duel qui risquait d'éclater.

Le Quaesitor d'Eris était là pour chercher querelle. Qui pourrait l'en blâmer ? Il désirait protéger sa cité face à un homme dont l'agressivité avait déjà réduit en miettes les portes de la sainte cathédrale. Et son aura... Elle était baignée de la même noirceur que celui de son adversaire. Elle pouvait en sentir le contact malsain effleurer sa peau, comme la caresse glacée de la sinistre Faucheuse. Etaient-ils vraiment humains ? Plus qu'un affrontement entre chevaliers, c'était une lutte acharnée entre deux cauchemars incarnés qui allait dévaster la place à ce rythme. L'un animé par son sens du devoir, et l'autre par son orgueil et sa colère sans bornes. Mais quel que soit leurs motivations, tout ce qu'il en ressortirait serait du sang et des blessés.
Mais cette fois, l'arrogance de Sköll jouait en faveur de l'envoyée d'Apollon. Il se croyait tellement supérieur à ses adversaires qu'il les jugeait indigne de son épée, et c'était peut être là le seul moyen pour qu'il ne se jette pas comme un sourd sur tout ce qui bouge. Il laissait déborder son cosmos destructeur comme un enfant exhibe son jouet. Il avait hérité de la puissance d'une bête mythologique et se croyait de ce fait imbattable, et cette conviction le rendait plus sûr de lui encore qu'il ne l'était avant. Tant mieux, aussi longtemps qu'il se complaisait dans son égo, il était moins dangereux.
Se dégageant à contre coeur de l'étreinte paternelle, elle s'en vint aux côtés du Quaesitor d'Eris, réprimant son envie furieuse de s'éloigner de cette odeur de charogne et de cadavre de son aura.

    -Seigneur Grimani, je vous en prie, laissez le partir. Votre colère est justifiée, mais n'éternisez pas un conflit qui n'a que trop duré. Il sera tout temps de régler ce contretemps plus tard. Il y a des tâches plus urgentes qui nous attendent. Et puis...


Elle tourna son regard vers Sköll et son épouse, et ses yeux émeraudes flamboyaient d'une pointe d'agacement et de mépris. Il était assez difficile d'imaginer qu'il puisse avoir une paisible vie de famille à côté de son intoxication prononcée à la violence. Il était une bête, il le clamait lui même sans honte aucune. Si c'était là sa distraction, grand bien lui fasse.

    -Cet homme ne vaut pas que cette place sainte soit entachée d'encore plus de sang qu'elle ne l'a déjà été.


Elle ne parvenait pas à lui pardonner. Pas parce qu'il l'avait agressé dans sa colère, de cela elle n'avait cure, mais parce qu'il avait broyé de ses seules mains tout espoir de voir un jour la paix s'établir entre les différentes factions. Venise était d'ors et déjà hostile à Asgard, et ne serait certainement pas la seule... Il avait été l'étincelle qui allait raviver les anciens conflits. Si c'était ça le plan de leurs ennemis, alors tout avait marché comme sur des roulettes. C'était rare, mais cet homme commençait à lui sortir par les yeux.

    -Disparaissez Seigneur SombreLoup, cette fois je n'ai nulle envie de vous tenir la porte.
    Rejetez la cause de votre folie sur les autres si cela apaise votre conscience, mais je vous en conjure ne faîtes pas plus dégâts. Vous avez déjà détruit la chance de voir les guerres cesser ne serait-ce qu'un temps, alors soyez satisfait de votre exploit. Au lieu de nous abreuver de menaces et d'hymnes à la gloire de votre force dont vous êtes si fier, partez donc sauver votre enfant, que ce gâchis n'ait pas été en vain. Soyez au moins un bon père, à défaut d'avoir été un Quaesitor.


Elle gratifia ensuite son épouse d'une révérence plus polie.

    -Veuillez m'excuser pour mes propos durs dans un moment si difficile pour vous, Madame. Beaucoup de choses sont arrivées... Je suis désolé de ce qui est arrivé aux vôtres. Si je ne puis vous aider, je vous souhaite tout de même bonne chance dans la recherche de votre enfant.
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Eilaine


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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Mer 21 Nov - 16:07





    En réponse à cette attitude fort peu cavalière si ce n'était encline à la violence la plus brutale, les deux loups que l'homme avait qualifié de « monstres » montrèrent les crocs, tout aussi agressifs. Jouer avec les nerfs des deux druides pourraient s'avérer très dangereux, surtout quand les paroles en question résonnaient avec tant de fausseté  ! La protection de la Dame de l'Aube était d'ordre prioritaire, aussi, ils se refusèrent à adhérer à la demande de ce malotru. Aalanna était un peu perdue face à cette situation critique. La tension était presque palpable et des données manquaient, lui échappaient ! Tout ceci n'était qu'un vaste puzzle qu'ils auraient vite fait de balancer dans l'eau de Venise ! Les événements s'enchaînaient si vite qu'il lui fut impossible d'agir dans l'instant. Alors, quand les deux géants échangèrent, la druidesse eut peur que définitivement, la guerre n'éclate entre eux. Comble de la surprise, celui qui se montra plus sage et avisé fut Sköll, pourtant encore en proie à ses troubles intérieurs. Dont Leene avait sut calmé les plus gros élans.

    Véritablement soulagée, la Grande Prêtresse fit un pas en avant les bras en croix, signe évident qu'elle ne faisait qu'en appeler à la paix. Autour d'elle, les loups lui emboîtèrent le pas, oreilles collés sur leur crâne. Aux aguets, ils reniflaient l'odeur étrange du jeune homme au masque. Quand elle s'arrêta devant lui, paumes tournées vers le soleil, les deux druides s'allongèrent à ses pieds, dociles.

    « Paix ! Je ne voulais pas me montrer violente envers le peuple vénitiens... monsieur ?» elle marqua une courte pause durant laquelle elle intima aux deux loups de reprendre leur apparence originelle. « Ces deux loups ne sont pas des monstres, mais des personnes comme vous et moi, je vous prierai de leur accorder du respect s'il vous plaît.»
    Sous les yeux des différents protagonistes présents, les deux gigantesques loups prirent une dimension plus humaine : les deux silhouettes se confondirent un bref instant à cause de l'éclat sans pareil qu'ils produisaient : plus intense encore que le soleil. En surgit deux silhouettes d'une taille moyenne, aux corps noueux et élancés, les visages blanc et émaciés, des oreilles légèrement plus pointues. Antiokus, dit Emrys l'Enchanteur ainsi que son comparse Elias de Kelliwic'h observaient sans rien dire, l'être qui désirait appliquer les lois de la Cité des Ombres. Oh, mieux valait ne pas lui faire ombrage aussi les deux druides ne firent rien pour le contrarier ! Pour le moment !

    « Ne vous méprenez pas sur mon geste monsieur, je ne faisais qu'apaiser avec l'aide d'une prière au Dieu Dagda, le seigneur Sköll ici présent. Loin de moi l'idée de jeter une quelconque malédiction.»

    Elle fut interrompu par un reniflement dédaigneux. Antiokus lâche de mauvaise humeur sous le regard courroucé de sa fille :

    « Puis, la chaire humaine en général nous reste sur l'estomac.»

    Le druide aux cheveux de feu se posta devant sa protégée d'un air protecteur. Ses yeux verts fendus à la manière serpentine, flamboyaient sous le joug de sa colère. Qu'il ose porter la main sur elle et il lui en cuira !

    « Si nous devons être jugés, soit, mais sachez que nous ne connaissons rien aux lois qui régissent cette cité. Nous sommes des êtres d'un autre Monde, notre Roi est cet homme là bas» fit-elle en désignant Dormin « Il est celui qui nous représente sur ce Plan. Or si nous sommes ici, moi et ces deux druides que vous qualifiez de monstre, c'est pour venir en aide à notre amie Leene, c'est elle qui nous a appelé, et rien ni personne ne nous écartera de cette voie désormais, pas même vous.»

    La détermination fit place peut-être d'une manière irraisonnée, à la sagesse qui la qualifiait d'habitude. Puis, l'aura vindicative des loups, de Sköll et de cet homme mystérieux excitait la sienne plus que de raison. On éveillait chez elle son instinct de mère. La blonde druidesse aux yeux bleus ne détournait pas le regard de ce masque lisse et froid. Puis pour une obscure raison, Aalanna fit apparaître un Lys blanc, si beau qu'on l'aurait pensé irréel. Sa corolle si blanche paraissait si fine qu'on voyait au travers quand on l'observait sous les rayons du soleil. En réalité, à bien y regarder, elle était faite en cristal. Œuvre que l'on ne pouvait trouver que chez elle, en Avalon. Car la Corruption ne l'avait pas atteinte, cette île. Le pays d'Alba, le Blanc pays.
    Elle la présenta à l'homme dans un petit sourire en signe d'excuse.

    « Comprenez nous bien monsieur que nous ne voulons aucun mal à Venise, au contraire, nous sommes ici pour vous aider. Mais laissez moi me présenter à vous, je suis Aalanna, la Dame de l'Aube et Grande Prêtresse d'Avalon. Et voici mon père, Myrddin Emrys l'enchanteur et le maître des corbeaux, Elias de Kelliwic'h»

    Les deux druides à l'énonciation de leur nom, inclinèrent légèrement la tête tout en conservant leur attitude froide et détachée. Ils observaient du coin de l’œil tous ce qui se passait autour d'eux, jusqu'au moindre petit détail. Adrix était en sécurité maintenant que leur Roi était ici. Et la petite Princesse paraissait en bonne santé elle aussi... mais combien de temps cela durera t-il ? Au moins était-elle aussi sage que la divinité de Dormin! Ses paroles firent sourire les deux compères qui la gratifièrent d'un sourire enjôleur et d'une caresse dans sa chevelure.

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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Jeu 22 Nov - 3:47

Le regard émeraude du rouquin ne pouvait que fixer son ami aux cheveux bleus en proie aux même supplices qu'il avait lui même dû endurer à l'époque où Andromède l'avait abandonné pour laisser le jeune hermaphrodite s'éveiller au cosmos doré, choisi par l'armure du Lion puis du Capricorne il y a 1300 ans de cela... Son corps se souvenait les terribles courbatures, cette sensation d'être écrasé sur soit et de sentir son esprit lui échapper. Il s'était cru mourir ce soir là, alors qu'il ne pouvait que fixer le plafond du temple où il était tombé, impuissant. Ses muscles refusaient de bouger et il étouffait. Oui... Un changement de cosmos radicale est une terrible épreuve pour un rang bronze.

Il ne pouvait que compatir à la douleur du colosse aux cheveux bleus. Il mourrait d'envie de tous les soigner de son aura mais il s'y refusait. Il ne devait pas enfreindre les toutes puissantes règles de Venise déjà trop bafouées en ce triste jour... En l'espace de quelques heures, il avait compris que son maitre était devenu un fils d'Hypnos et qu'il lui vouait une colère farouche, comme si cette disgrâce n'était pas assez, il avait vu la chaire de sa chaire, la paix et Venise elle même bafouées, sa moitié lui revenir dans un bien triste état et venait de perdre un ami proche au nom du dieu du sommeil. Mais toutes ces pensées étaient bien égocentriques... Prenant soin de toujours soutenir Adrix contre lui, sa main glissa jusqu'aux cheveux du géant des ombres et le gratifia d'une caresse fraternelle.

    "Krauser... J'entends ton râle et connait la peine qui est la tienne pour l'avoir enduré par deux fois déjà... Tes mots me vont droit au coeur et sache qu'il est fort pénible pour moi de voir un véritable ami souffrir ainsi à mes genoux. J'ai foi en toi Krauser... Le destin a cru bon de m'entourer d'ombres, bien que je sois pourtant voué à les combattre et à protéger l'humanité de ces dernières. Je suis désolé, je ne puis te révéler le nom de celui qui, en ce moment même, tente de s'emparer de ton être et de te posséder... Cependant je puis aisément te nommer celui qui est la source de ce pouvoir car il s'agit de la même entité qui tourmente mes proches depuis des années... Il s'agit d'Hypnos, le dieu du sommeil."


Détournant le regard de son camarade, ses doigts quittèrent le crâne de ce dernier et il reporta son attention sur sa fille dont le cou était parsemé d'hématomes naissants. Il plongea son regard dans le sien, cherchant les réponses à ces question, un regard qui disait "tu ne me dis pas tout". Mais Dormin comprenait pourquoi un tel silence, inutile de jeter d'avantage d'huile sur le feu. Il acquiesça, voilà qui était sage. Sa main vint caresser sa joue et il la gratifia d'un baiser, cherchant à la rassurer. Il ferait preuve de patience.

Laissant Séléné quitter ses bras, il fut soulagé par l'arrivé de Mattheus. Enfin un visage amicale qui semblait moins en proie à la confusion et à la colère que ceux présent sur la place. Le chevalier tente de lui sourire pour le rassurer.

    "Ne t'excuse pas Mattheus, tu m'as l'air éprouvé. J'ai vu ces choses moi aussi... Prends le temps de souffler. Cependant, je suis moi même perplexe face à cette situation... Je viens de sortir des ténèbres et j'ai découvert les portes de la basilique éventrées avec des Quaesitors en proie à divers conflits dont l'un changé en bête enragée. Je suppose donc que les choses ont mal tourné et je vais aller voir de quoi il en retourne... Hum... Peux-tu veiller sur ces deux jeunes hommes pour moi, le temps que j'aille voir, s'il te plait?"


Il s'en voulait un peu de mettre Mattheus à contribution, mais les deux spectres avaient besoin de soutien. Venise étant une ville neutre, les saints pouvaient bien faire preuve d'un peu de solidarité... A condition que la paix ait réellement été votée biensûr et qu'elle soit sincère. Ce qui, aux vues des sarcasmes qu'il percevait et autres menaces, ne lui en donnait pas la réelle impression.

Le chevalier d'or rejoignit sa fille, prenant son temps pour parcourir la courte distance qui le séparait du groupe que constituait Leene, Aalanna, la bête, le Quaesitor d'Eris et les deux prêtes. Il laissa cependant ses oreilles trainer à la recherche d'informations pouvant l'éclairer et à mesure qu'il entendait le flot de paroles de chacun, il sentait un sentiment trop souvent refouler monter en lui. Partagé entre indignation et son envie de faire preuve de compassion. C'était comme si deux Dormin se livraient bataille en lui pour prendre la parole. De plus on s'en prenait à sa chuchoteuse. Certes, elle avait maladroitement enfreint les règles... Mais c'était à lui d'en prendre la responsabilité.

    "Seigneur Grimari, permettez moi d'appuyer la demande du Quaesitor d'Apollon. Plus vite nous serons débarrassés de cette créature, plus vite Venise sera hors de danger. Je comprends votre ressentiment, je ne suis moi même pas du tout enclin à encourager un animal enragé à attaquer, pas plus qu'à lui laisser sa liberté ou à le lâcher en pleine nature, là où il pourra laisser libre court à ses pulsions. Mais nous ne pouvons nous permettre de contenir une telle chose entre vos murs. Regardez votre basilique... Si même ces murs sacrés n'ont pas pu faire office d'une bonne cage, j'ai peur pour la paix et cette cité. Ne prenons pas sur nous de nous porter garant des actes irraisonnés d'une bête en proie à ses instincts les plus brutaux. De plus, il me semble qu'il ait une bonne escorte et un but bien précis. Je ne sais pas ce qui s'est passé entre ces murs... Mais si cette créature refuse de se plier à vos règles ou de vous combattre, exilez la au moins loin de votre patrie."


Il vint se placer entre le Quaesitor et Aalanna et s'inclina très bas devant le seigneur Grimani.

    "Pour en revenir à ces deux loups... J'ai tout à fait conscience que les mortels ne sont point habitués à voir pareil prodige. Comme l'a dit dame Aalanna, je suis Dormin, roi de Britannia, ces gens sont mes conseillers et mon peuple autant que mes amis. Et en tant que souverain, je prendrai sur moi de répondre de leurs actes. En bon monarque, j'aurais dû parer à cette éventualité et informer Aalanaa des règles de Venise avant sa venue. Hors il ne m'a pas été possible de la contacter alors qu'elle pénétrait dans votre chère cité. Nous avons été, moi même, l'escorte du seigneur Narcisse et Mattheus, seconde escorte de dame Liana, plongés dans une abysse nous coupant du monde externe où nous fumes attaqués par les cadavres des gitans exécutés sur la place. Je vous prie de m'en excuser et je me tiendrai à votre disposition pour recevoir le châtiment qui m'est dû. J'ai conscience de la gravité de la situation, cependant, ne manquez pas de respect aux miens. Je vous demande de laisser dame Leene et dame Aalanna ainsi que nos deux druides escorter la bête jusque dans les terres gelées d'Asgard afin qu'ils puissent porter secours à cet enfant sans délais."


Il se redressa et son regard se fit plus sévère alors qu'il balayait la place de ce dernier, jaugeant chaque personne s'y trouvant, s'attardant pourtant d'avantage sur Narcisse, Liana et Arjuna.

    "Quand à vous! Auriez-vous perdu toute dignité à l'heure où vous avez oublié vos rôles respectifs? Depuis de longues minutes j'écoute chaque mot sortant de vos bouches et je ne vous entends que juger les uns les autres et proférer des sarcasmes! Quelle est cette vilénie qui s'est emparée de vos coeurs? Cette attitude est indigne de vous! Et j'entends dans ce vous, chaque personne présente sur cette place! Qu'ils soient mes proches ou non! Je ne veux ni chercher de coupables ni d'excuses, contentez-vous d'agir comme votre rang l'exige et non en simples barbares juvéniles! Nous sommes des chevaliers, pas des petits bourgeois évoluant dans un jeu de paume! Concentrez-vous plutôt sur votre véritable mission au lieu de vous servir de cette dernière comme prétexte pour changer de sujet et fuir vos responsabilités. Cette réunion semble avoir été avortée bien tôt et je crains que les résultats ne soient bien durables à ce rythme. Ne gâchons pas tout, il est encore temps de rétablir l'ordre et de faire ce pour quoi nous sommes venu. A part les récents actes brutaux de la bête du nord, Venise me semble profiter d'une accalmie. Je vous propose de nous remettre de nos émotions pour la nuit et d'agir au matin. Il est inutile d'agir dans l'urgence, c'est ainsi que nous faisons des erreurs."


Message qu'il répéta mentalement à l'intention de Liana afin qu'elle en prenne connaissance. Il n'était peut-être pas Quaesitor, mais il restait un chevalier d'or. Et en tant que tel, il était avant tout un chevalier de l'espoir, garant de la paix, protecteur de l'humanité au service de la déesse de la sagesse et entendait bien rappeler aux esprits échaudés les règles à respecter et quelles étaient leurs priorités.

    "Je suis navré si je parais sévère dans mes propos, mais comme tout le monde ici, je reste particulièrement tendu. Je fais confiance aux régents de Venise pour gérer la crise qui peut sévir en ville si des fois des habitants auraient assisté au drame, ainsi qu'à Dame Leene pour contrôler cette bête puisque seule elle semble en mesure de l'influencer ici et à Aalanna en qui je mets mes espoirs. Je me tiendrai à la disposition de chacun s'ils veulent parler de sujets réellement importants et de façon claire et posée. En attendant, j'emporte les blessés à une auberge pour leur offrir soin et repos, chose dont nous avons tous besoin..."


Sur ces bonnes paroles, il s'en retourna vers Adrix, Krauser et Mattheus. Se baissant pour reprendre l'irréel dans ses bras et le porter, il tourna la tête vers Narcisse pour lui demander de l'aide afin d'emporter Krauser loin d'ici.

    "Seigneur Narcisse, malgré les différents entre nous et entre nos clans, je vous invite à nous suivre. Il s'agit de vos frères après tout... Taisez un peu votre égo pour une fois, j'en appelle à la solidarité que je vous ai connu autrefois. Nous pourrons ensuite deviser de sujets plus délicats à l'abri des regards si le coeur vous en dit vraiment..."


Tournant son regard vers le bronze saint, ne souhaitant ni le forcer ni l'abandonner là, il l'invita à les suivre. Après tout, lui aussi était blessé.

    "Mattheus, si tu veux bien nous aider une fois encore, je t'en serais très reconnaissant et je répondrai à chacune de tes questions."


Dormin accorda un dernier regard à la sainte du loups qui se tenait toujours près de la porte défoncée et lui adressa-t-il ces derniers mots par la pensée.

    *Dame Liana, je vous salue et je garde un oeil sur vous. Nous sommes liés par le cosmos et j’accourrai si je vous sens en danger. N'ayez crainte, j'ai toujours l'intention de faire mon devoir envers et contre tout.*


Enfin, il tourna les talons, déterminé à quitter cette scène des plus désagréables afin d'enfin laisser les esprits s'apaiser et pouvoir gérer la situation au mieux. Ce n'était qu'en coupant court à ces batailles là qu'ils pourraient avancer dans l'affaire les concernant vraiment.

    "Séléné! Nous partons! Bonne soiré à tous..."


Il s'éloigna donc en quête d'une auberge pour les blessés et d'un peu de calme, tout en connectant son esprit à celui d'Angel pour lui donner les dernières nouvelles de Venise.

Arrow Une auberge en ville (topic à créer.)

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Dernière édition par Dormin le Jeu 22 Nov - 19:37, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Jeu 22 Nov - 12:09

Pour Krauser, le temps semblait s’être arrêté sous les souffrances affreuses et interminables qui le tenaillaient ; mais dans le même temps, les évènements paraissaient s’enchaîner à une vitesse qu’il ne pouvait suivre. Suffoquant, haletant, il lui semblait que cette torture ne voulait pas cesser. La douleur allait croissant, mais à mesure que d’autres acteurs rejoignaient la scène sur la place St. Marc, il fournissait des efforts inimaginables pour retenir les atroces hurlements que son corps voulait pousser pour canaliser la souffrance dont il était la proie.

Dormin paraissait hésitant. Après un silence qui sembla une éternité au spectre, celui-ci sentit le contact de sa main sur son visage. Même si ses souffrance n’en cessaient de croitre, ce geste le rassura un tant soit peu.

Puis, son ami prit enfin la parole. Comme Krauser l’imaginait, les révélations allaient être plus que violentes.

Le destin a cru bon de m'entourer d'ombres, bien que je sois pourtant voué à les combattre et à protéger l'humanité de ces dernières.

Comme il le craignait ? Non, comme il s’en doutait.
Ainsi donc, Dormin était un chevalier d’Athéna. Eh bien ! Le spectre de l’Ogre n’avait-il pas sympathisé avec le chevalier du Dragon, quelques années plus tôt ? A dire vrai, Krauser se moquait éperdument de celui à qui son ami avait prêté allégeance. Car à ses yeux, avant que d’être un guerrier au service d’une quelconque divinité, il s’agissait… de son ami. Les choses étaient claires ! Tant qu’il ne lui venait pas l’idée de s’en prendre à l’un de ses maîtres, Krauser n’aurait aucune raison de s’y attaquer. Et même dans ce cas extrême… il doutait de pouvoir faire un choix.
Le spectre voulut exprimer son ressenti à son ami, mais celui-ci poursuivit avec une information qui, cette fois… aurait beaucoup plus de mal à être acceptée.

Hypnos.

Hypnos, le dieu du sommeil. Celui-là même dont on n’avait jamais rapporté à Krauser que des méfaits. Hypnos, qui avait commis l’affront de s’en prendre à sa déesse, sa Majesté Perséphone. Hypnos, qui avait tourmenté Dormin et ses proches jusqu’à aujourd’hui.

Hypnos…
RAAAAAAH !!!


La simple évocation de ce nom accentua les souffrances de Krauser. En effet, il ne pouvait s’agir que de lui, si l’entité qui s’était emparée du spectre réagissait à son nom.

Il sembla à Krauser que tout s’effondrait autour de lui. Il allait être un serviteur d’Hypnos… lui ! Lui dont le seul maître pour qui il n’avait aucune considération était précisément le dieu du sommeil ! Et pas n’importe quel serviteur… Cette souffrance ne pouvait être le signe que d’une seule chose : la prise de contrôle de son corps par une entité plus puissante encore que le spectre qui l’habitait jusqu’ici. Et dans le cas d’Hypnos… le choix n’était pas bien grand.
Quelle ironie… Et pire que tout ; quel affront ! En se laissant posséder par cette entité, il allait se hisser au niveau de ceux qui avaient été ses maîtres ! Voire même, dans le cas du seigneur Narcisse…

Non, il préférait chasser ces pensées de son esprit. Mais ses souffrances ne se dissipaient pas pour autant. Cherchant à organiser ses pensées, maintenant totalement désordonnées, il vit son ami s’éloigner pour s’adresser aux autres acteurs de cette étrange scène. Mais que faisait-il ? Il semblait qu’il voulait… Se livrer à une quelconque autorité ? Ce colosse masqué était donc le protecteur de Venise ? Mais pourquoi… Dormin avait-il enfreint une règle ?

Mais sans attendre, celui-ci se dirigea vers une silhouette bien connue qui venait de les rejoindre sur la place. Le seigneur Narcisse était là, et tous deux semblaient se connaître. Que lui demandait-il à présent ? De prendre en charge…
Ses frères.

Oui, il allait falloir s’y faire à présent. Krauser en était bien le premier désolé. Lui qui traitait les fils d’Hypnos avec plus de respect que quiconque, lui qui était tout dévoué au service des Oneiroi, et particulièrement d’Oneiros, le dieu du Rêve… Il allait devenir l’un d’entre eux. Comment était-ce possible…

Pardonnez-moi… seigneur Narcisse… *tousse* je n’ai pas su… argh ! Je n’ai pas su mener ma mission comme… je l’aurais du… raaaah ! Et pire que tout, je… je…

Sa phrase ne fut jamais achevée, car noyée dans la gerbe de sang qu’il cracha violemment. Ses souffrances s’intensifiaient à chaque seconde. Pour autant, le spectre ne perdait pas une miette de ce qui se disait alentours. Et la résolution de Dormin…
Etait courageuse, peut-être même un peu trop ; mais la preuve de la grande noblesse que Krauser lui savait propre. Son altruisme excessif parvint même à arracher un sourire à ce spectre à l’agonie.

Dormin, je… argh ! Je te reconnais bien là… Prêt à assumer… argh ! Tous les torts du monde… Mais tu…. Aaarh ! Tu ne devrais pas… te dresser ainsi face à… argh ! Autant d’individus… potentiellement dangereux… Raaaah !!!
Je voudrais tant… être en état… argh ! De te prêter main-forte… Pardonne-moi… raaah ! Pardonne-moi, Dormin…


A nouveau, le spectre toussa un flot de sang. Il semblait prêt à vomir ses entrailles tant ses souffrances étaient atroces. Il ne pourrait plus parler pour le moment, mais il tâcherait de rassembler ses dernières forces, pour au moins épargner au seigneur Narcisse la peine de transporter son corps sans vie. Il peina à se lever, et se tordit de douleur lorsqu’il se redressa. Il parvint tant bien que mal à avancer, pas à pas, titubant comme s’il allait choir à chacun de ses pas. Et en effet, sans même avoir parcouru cinq mètres, retomba à genoux, ses jambes rendues presque totalement inertes.

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Pour Icelos, la tâche n’était pas aisée. Il peinait à prendre le contrôle de ce corps massif, bien que le spectre n’oppose pas de réelle volonté.

Le voir ainsi demander pardon à tous ses proches était amusant, mais en même temps, le dieu des illusions ressentait une certaine pitié à l’encontre de ce spectre si dévoué à ses amis et ses maîtres. Cette fois, c’était sûr ; il lui laisserait son libre arbitre. Mais en un sens, c’était plus que pour simplement rendre service à cet homme ; il s’assurait ainsi de la bonne entente entre ses pairs.

L’unité, voilà ce qui faisait la force des oneiroi. Hors de question donc de les voir se diviser à cause d’une quelconque querelle basée sur une amitié des plus inhabituelles. Il n’avait rien contre ce chevalier d’or, bien au contraire. Il était manifestement bien plus raisonné et ouvert d’esprit que tous les serviteurs d’Athéna qu’il n’ait jamais eu l’occasion de rencontrer. Il était un soutien de choix ; mais plus que la stratégie, c’était la volonté de ne pas contredire l’étonnante ouverture d’esprit d’un saint d’Or qui poussait Icelos à ne pas interférer dans l’amitié entre l’ombre et la lumière.

Que voilà un chevalier des plus respectables. Le soutien idéal pour un spectre en pleine métamorphose spirituelle. Grâce à vous, très cher saint, votre ami sera bientôt libéré de ses souffrances. Oneiros, Phantasos… votre frère sera de retour très bientôt.
Très, très bientôt.



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MessageSujet: Re: Lorsqu'une ombre en surveille une autre...   Jeu 22 Nov - 20:02

Ouh là là!! Tout cela va bien vite à mon goût et même trop vite je dirais!! Tout a commencé par une simple réunion entre Quaesitors dans la Basilique dont je suis l'un des protecteurs avec Dormin et nous nous voilà à présent à deux doigts d'un début de guerre tant tout les représentants semblent prendre un malin plaisir à s'envoyer les balles avec une force intense!! En les voyant, j'ai l'impression d'être revenu à mon époque lors des débats pour les élections présidentielles!!

Et comme si cela ne suffisait pas, Krauser souffre d'un mal qui lui cause d'attroces souffrances sans compter qu'il n'est pas remis de ses blessures mais qui malgré tout regrette de ne pas avoir pu mener à bien sa mission et s'excuse auprès d'un homme au cosmos puissant qu'il appelle Narcisse mais aussi auprès de Dormin. Décidément il n'y a qu'un seul mot pour définir ce que je ressens et c'est la confusion!! En effet, je suis complètement et j'essaies de comprendre pourtant mais tout va bien trop vite pour moi!! Bon calmes-toi mon vieux et respire un bon coup car on a besoin de toi malgré tout!!

Prenant sur moi, je fais un signe de la tête à mon ami et reste avec Krauser et l'autre spectre. Restant près d'eux aux aguets, je ne quitte pas Dormin du regard et le vois aller s'adresser à un homme portant un masque. Même si je ne sais pas ce qu'il s'est passé durant le temps que nous avons passé dans la dimension, je suis d'accord avec lui concernant l'énorme bête. Si nous la laissons vagabonder, qui sait ce qu'elle fera et combien de victimes seront tuées sous ses crocs!! En tout cas, bien que je ne le connaisse pas depuis longtemps, je l'ai rarement vu aussi énervé et je pense que les chers élus auront retenus la leçon même si leurs égos auront pris un bon coup. Mais cela ne fais jamais de tord à personne!!

Le voyant revenir vers nous, je l'écoute s'adresser à Narcisse puis à moi. Sa demande me fais sourire car depuis le temps, il devrais le savoir. Et pour ce qui est des questions, j'en aurais effectivement!!

Tu n'as pas besoin de me le demander. Tu sais très bien que j'accepte d'apporter mon aide avec plaisir!!

Je me tourne à mon tour vers Liana et lui adresse un sourire encourageant. Je ne suis pas dans sa situation mais je sais qu'elle doit affronter de durs moments à tout instants en étant Quaesitor.

Quoiqu'il arrive, j'arriverais car j'ai promis de veiller sur toi avec Dormin à ceux restés au Sanctuaire!!

Puis je me dirige vers Krauser, m'agenouille et passe un de ces bras par dessus mes épaules afin de le soutenir. Dormin avait demandé à ce Narcisse d'aider Krauser mais il semble que ce-dernier le tienne en grande estime pour risquer ainsi sa vie afin de l'éviter de le porter. Eh bien ce sera moi et il devra faire avec!!

Ne dis rien. Gardes des forces et lorsque nous serons en lieu sûr, tu pourras te reposer et être soigné. Mais en attendant, économises tes forces pour marcher et ne t'en fais pas, je ne te lâcherais pas!!

Regardant devant, je suis Dormin en soutenant toujours le spectre à qui j'adresse un sourire. J'ignore comment il va prendre le fait que je lui vienne en aide et c'est bien le dernier de mes soucis!!

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Lorsqu'une ombre en surveille une autre...

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