RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 :: Un appel désespéré

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Héphaïstos


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Dim 3 Fév - 10:21

Si le Dieu des Forges s'étonna quand Athéna se rapprocha de lui, il n'en laissa rien paraître. Lui qui avait tout spécialement veillé à rester à bonne distance pour ne pas entraver la suite des opérations ne s'attendait pas à ce qu'elle ne tienne nulle compte de cette précaution. De par sa position de neutralité, il était tenu de n'avoir aucune part dans cette affaire et de se contenter d'y assister. Cette distance relevait plus d'une question de protocole que d'un désir qui lui était propre – loin de lui cette idée. Les relations entre eux ne concernaient nullement les personnes en présence et c'était pour cela qu'il ne voulait laisser aucun indice : pour que quiconque ne se mêle de ce qui ne regardait qu'eux. Afin de ne pas plus éveiller les soupçons, il ne broncha pas mais demeura curieux. Peut-être cherchait-elle son appui en vérité ? Elle devait pourtant savoir qu'il n'avait jamais été très doué pour déchiffrer ce genre de langage codé. Aphrodite aurait pu en dire long à ce sujet.

Bien qu'imperturbable en apparence, il se laissa ébranler par le chagrin qu'il lut dans son regard. Cela faisait fort longtemps qu'il n'avait pas vu sa protégée être aussi bouleversée, mais elle avait effectivement toutes les raisons de l'être. Comment ne pas l'être, au fait ? Il aurait été inhumain de ne pas s'émouvoir de pareil tumulte. Et en dépit de la nature divine qu'ils avaient en commun, ils gardaient en eux une part d'humanité bien supérieure à ce qu'Apollon et consorts pouvaient espérer. Qu'y avait-il de mal à cela, au fond ? Un dieu se doit de pouvoir comprendre ce qu'il a créé, il l'avait toujours dit et appliquait ce principe à la lettre. Qu'ils s'en détournent plutôt que de chercher à appréhender le genre humain né de leurs mains était déjà en soi un mauvais présage. Mais plutôt que de ressasser ces idées noires, il préféra se focaliser sur l'instant présent et les troubles qui lui étaient propres.

Les Chevaliers se retirèrent un à un. Héphaïstos dut avouer en être soulagé. Non pas pour lui, même si ce genre de réunion officielle n'avait jamais été sa tasse de thé, mais pour Athéna qui semblait à bout de force – et cela, il ne le comprenait que trop bien. Les événements de ces dernières heures auraient éprouvé psychologiquement les hommes les plus robustes, ce n'était donc que logique que la déesse de la guerre pourtant si sensible en soit affectée plus encore. Il n'en avait dit mot cependant, ne souhaitant pas saper l'autorité dont elle avait fait preuve d'un bout à l'autre de ce grand rassemblement. La crainte de la voir s'effondrer à tout moment était presque palpable mais il s'efforça de rester de marbre et d'attendre que le Krusos Sunagein se termine dans le calme.

À son tour, Dohko s'approcha de lui sans qu'il ne s'y attende. Héphaïstos haussa un sourcil, ne cachant pas son étonnement. Leur premier contact n'était guère chaleureux : qu'il ait choisi de venir vers lui de son plein gré cachait quelque chose. Le Chevalier de la Balance ne tarda pas à lui donner raison en s'ouvrant à lui de ses motivations. Ainsi donc, il souhaitait le voir protéger la déesse Athéna. Lui en faire la demande devait lui en coûter, à lui qui n'avait pas hésité à se montrer des plus possessifs dès leur rencontre. Il ne manquait pas de culot. Une qualité que le Divin Boiteux savait apprécier à sa juste valeur. Plutôt que de répondre, il esquissa un sourire en coin et le laissa vider les lieux comme ses camarades avant lui. Il veillerait sur elle, bien sûr, cela allait sans dire. Peut-être même un peu trop au goût du gardien de la septième maison, à vrai dire, mais ceci était une autre histoire...

« Tu aurais peut-être mieux fait d'attendre avant de nommer un nouveau Grand Pope. Tous ne sont pas forcément restés parce qu'ils croient que tu es la vraie Athéna, et ils pourraient croire que vous êtes de mèche. Ce n'est pas la première fois qu'il y aurait un traître au Sanctuaire, ils auraient toutes les raisons de se montrer méfiants... »

Un simple commentaire qui n'alla pas plus loin. Athéna comprendrait ce qu'il voulait dire par là. Son regard se porta vers les marches qui descendaient vers le Temple du Pope, désormais à l'abandon – jusqu'à ce que son nouveau détenteur vienne prendre possession des lieux. Celui-ci y serait-il seulement favorable ? Le peu qu'il avait pu voir du Chevalier d'Or du Cancer n'était guère reluisant, et il n'était sans doute pas celui qu'il aurait choisi en premier lieu s'il avait eu à le faire à la place d'Athéna. Certes, son ancienneté lui garantissait en toute théorie la confiance de ses pairs, mais si ceux-ci n'avaient même plus foi en la déesse qu'ils sont censés protéger, quelle importance ? Mais il jugea préférable de n'en rien dire de plus pour l'heure. La Sagesse avait grand besoin de se reposer, et lui faire partager ses soupçons ne serait pas pour l'y aider.

À la vérité, il était partagé. Envoyer les hommes qui lui restaient à la poursuite de ceux qui lui avaient tourné le dos était une bonne idée sur le papier, mais Héphaïstos redoutait que ceux-ci finissent par les rejoindre plutôt que de les ramener. Oui, ils étaient frères d'armes et si ce mot avait encore moitié de la valeur qui était la sienne à l'âge d'or de la chevalerie, il signifiait plus pour eux que tout le reste en cette période de doutes. Et quand bien même ils n'y aurait pas à se défier d'eux, rester fidèle à leurs engagements les mènerait à leur perte au cours de ce qui s'annonçait comme une guerre fratricide. Aucune de ces deux solutions n'était franchement de celles entre lesquelles il aurait aimé avoir à choisir. La situation de crise l'avait poussée à opter pour le mouvement plutôt que pour l'inaction, et en cela on ne pouvait lui donner tort. De là à penser qu'elle avait fait le bon choix, c'était peut-être se montrer trop optimiste...

Dès qu'il eut la certitude que nul ne pouvait plus se douter de ce qui se passait au pied de la statue, il posa la main sur sa nuque et lui attira la tête contre son torse au mépris de toute bienséance. Celle-ci n'avait de toute façon jamais été son fort, n'en déplaise au seigneur son père. Attention à ne point s'y méprendre cependant, car il ne s'agissait là de rien de plus que d'un geste affectueux dont le seul but était de lui remonter le moral. Il y avait assurément bien des choses qui lui faisaient défaut à cet instant où plus rien n'était acquis et où elle devait être convaincue que toute chose pouvait se rompre. Mais ce dont elle avait le plus besoin était sans l'ombre d'un doute un brin de réconfort. Une telle attention n'avait de sa part rien d'étonnant, mais elle ne devait guère être coutumière de ces familiarités.

Nombre d'hommes et de femmes rêveraient d'être à leur place, mais savaient-ils seulement ce que c'était que de naître dans la peau d'un dieu ? C'était avait tout connaître une profonde solitude. Solitude qui ne cessait pour elle de prendre de l'ampleur alors que tous étaient sur le point de l'abandonner. Le mieux qu'il puisse faire pour son propre bien était donc de lui faire savoir que, contrairement à ce qu'elle croyait, elle ne l'était pas – aussi dérisoire que cela puisse paraître. Au bout de longues secondes, il se détacha d'elle sans se soucier de la surprise que cela avait dû causer. Il recommencerait autant de fois que nécessaire, à n'en point douter, mais il leur fallait avant cela s'entretenir de choses plus urgentes. Il espérait bien sûr que cela ait pu l'aider à se sentir mieux mais ne lui poserait la question à aucun moment. Ce qu'il venait de faire était incorrect, mais elle le lui pardonnerait très certainement. Il n'était pas dit que ce soit le cas s'il pointait cette faiblesse du doigt.

« De quoi voulais-tu me parler ? » demanda-t-il sans détours.

Sa voix ne comportait aucune émotion. Pour toute la durée de cet échange solennel, ils allaient devoir se conduire comme si cette étreinte n'avait jamais eu lieu. C'était là leur devoir en tant que divinités. Leurs sentiments personnels ne passaient qu'après. Le simple fait de la prendre dans ses bras était déjà une infraction à ce code tacite. Bien qu'il n'en ait cure, tout du moins devait-il faire en sorte que cela ne leur fasse pas négliger leurs rôles respectifs. Il y avait fort à parier que ce dont il était ici question tourne principalement autour de ce qu'il savait de Venise, mais peut-être y avait-il d'autres choses qu'elle n'avait osé lui confier aussi longtemps que ses Chevaliers étaient dans les parages. Tandis qu'il attendait sa réponse, son regard tomba sur c qu'il tenait au creux de sa main. Entre ses doigts se trouvait toujours la fleur de lotus qu'il avait cueillie au moment de son apparition, et il s'absorba dans sa contemplation. Sans qu'il ne sache pourquoi, celle-ci exerçait sur lui une étrange fascination.
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Mashia


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Lun 11 Fév - 21:25



L'Humanité °~





Les secondes lui semblaient être des minutes, les minutes, de pénibles heures. À un tel point que l'on pourrait penser que le grand sablier du Temps devait s'être rompu par une main malhabile. La divinité, tant elle était restée immobile et inerte pendant ces brefs échanges, ce court laps de temps, pouvait être comparée à la statue qui s'était tantôt tenue quelques pas plus bas. Cette immobilité était en réalité issue d'un profond mal être quant au déroulement de ce « Krusos ». Pouvait-on seulement parler de cette réunion en usant de ce terme ? D'ordinaire, l'éclat sans pareil de l'or des armures dansait sur les murs de la Chambre du Pope. Aujourd'hui, il paraissait bien fade : tous évoluaient dans un théâtre irréel et faux, un substitut d'ordre parmi le chaos. Ce qui aurait dû être une fabuleuse cérémonie, s'était transformée en un jeu froid et mesquin dans le simple et l'unique but d'essayer d'ébranler sa crédibilité. Pourtant, la Déesse ne mentait pas, et en chacune de ses paroles résonnait la Vérité. Mais comment leur en vouloir ? Athéna savait pertinemment pour les connaître par cœur, ces hommes à qui elle avait parachevé la création, qu'il recelait chez eux, une once de méfiance. C'était leur instinct primaire qui leur rappelait que les êtres plus forts qu'eux devaient leur inspirer de la crainte. Lisait-elle cependant tant de craintes dans leurs yeux ? Ô oui, bien sûr, les hommes présents ici, à leur manière démontraient qu'ils doutaient, ressentait une peur grandissante. Seuls les idiots ou simples d'esprit auraient conservé un sourire. Un franc sourire, et pas une ombre.

L’humanité si on pouvait la percevoir comme étant une qualité et nullement propre à l'homme, gravitait dans les yeux pers de la Sagesse. Celle-ci portait sur chaque protagonistes, un regard plein d'une tristesse alarmante. Personne ne s'en souciait réellement, ou faisait mine de ne pas le voir. Le comportement de certains la laissait penser qu'ils allaient essayer de tout faire pour la faire tomber. D'une sensibilité exacerbée depuis des éons, Athéna à force de côtoyer cette triste engeance, ces Sisyphe en puissance, comprenait cette attitude, mais ne la cautionnait pas pour autant. Cela incitait souvent les ténèbres à sortir de leurs cœurs...

Un à un ils partirent, prenant congé d'elle. Non sans une dernière réplique de Kappa du Verseau, que la Déité perçu comme le dernier coup de poignard reçu en plein cœur. Elle attendit que tous se retirent pour chanceler. Elle n'avait pas trouvé les mots justes pour démêler les insinuations de Kappa. Juste un dernier regard interrogateur. Qu'il interpréterait sûrement à sa guise. Ce dernier assaut silencieux avait eut raison d'elle, mais une main ferme se referma sur sa nuque : geste qui eut la conséquence miraculeuse de la maintenir sur ses pieds. Cette étreinte ne s'arrêta pas là ! À la grande surprise de la Déesse Athéna -qui pensait qu'Héphaïstos allait la réduire en charpie- se retrouva plaquée contre un torse musculeux et agréablement chaud. Cette chaleur finit de faire fondre les barrières érigées autour de son cœur, alors, la Déesse devenue femme et mortelle pour un instant, éclata en sanglot, se laissant aller à sa détresse.

Auparavant, elle ne sut contenir un geste de recul, la panique s'emparant d'elle : Athéna pensait vraiment que le Dieu allait agir promptement, ayant comprit quelques vérités connues de lui seul. Mais il n'était heureusement pas arrivé à de telles conclusions. Ce fut un regard plein de détresse qu'elle finit par lui porter en resserrant son étreinte.

« Je pensais... que tu allais me broyer, pardon Héphaïstos, je... je suis perdue. »

Un long soupir s'échappa de ses lèvres vermeilles. Finalement, elle-même adoptait cette même crainte qu'elle reprochait à ses chevaliers. Elle espérait ardemment que le Dieu ne lui en tiendrait pas rigueur, et ne l’interpréterait pas mal. Quand il mit fin à cette improbable et brusque étreinte, Athéna se surprit à se sentir si... glacée. Cette soudaine proximité l'avait quelque peu chamboulée, mais étrangement fait du bien, cela, la Vierge devait bien l'admettre. Songeuse quant aux dernières paroles du Maître des Volcans, cela permit à la jeune femme de se recentrer sur la réalité. Le présent étant toujours plus important que de se reclure ailleurs. D'un geste, elle l'invita à la suivre, remarquant dans la foulée, que lui aussi paraissait perdu dans ses pensées, à contempler ses fleurs de lotus. Subrepticement, la Déesse en fit naître une entre les paumes de ses mains tandis qu'ils descendaient les escaliers, les mettant à l'abri de la pluie. Arrivés en bas des marches, Athéna se tourna vers la divinité des Forges, lui tendant une fleur de lotus magnifique, ses pétales dorés se nimbant d'un léger halo enchanteur.

« Pour me faire pardonner, un petit cadeau car j'ai cru remarquer que tu aimais ces fleurs ? » fit-elle en lui adressant un petit sourire complice.

Elle lui prit la main tout en y déposant la plante dans une caresse soyeuse dans sa paume. Cet intermède passé, deux servantes habillées de longs chitons blancs arrivant jusqu'aux chevilles, se présentèrent devant les Dieux avec force de courbettes. Elles les guidèrent dans un petit boudoir à la mode grecque les murs aussi blancs que les nuages où de grandes fenêtres laissait filtrer la lumière et au confort certains en avisant des nombreux coussins jonchés à même le sol. L'une des suivante désigna un grand canapé à Héphaïstos alors que la seconde finissait de déplier un paravent qui mit pour un temps, de la distance entre Athéna et lui. Un mur bien mince cependant. La servante aida la Déesse à se dévêtir, retirant plusieurs broches retenant le tissu fin et détrempé.

« Je voulais m'entretenir avec toi au sujet de Venise. Tu as dis que ton Héraut était présent sur place, et je t'avouerais que la situation m'échappe pour l'heure. Et comme je n'ai pas de nouvelles de ma Louve... j'espérais que tu me fasses part de tes informations.»

Sa voix se faisant plus douce en s'envolant de derrière l'écran joliment ornementé tandis que les autres femmes s'affairaient toutes à leurs tâches. Celle qui s'occupait du Dieu lui présenta fruits juteux et bien mûrs, ainsi qu'une coupe d'un nectar agrémenté d'épices et de miel. À bien y regarder, cette jeune fille était plutôt jolie, ses grands yeux de biche s'accrochant bien souvent sur la silhouette d'Héphaïstos... Un autre sourire et cette dernière attendit un ordre, sans doute, ou alors la certitude qu'il n'avait besoin de rien d'autre.

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Corell


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Sam 9 Mar - 2:45

Arrow Temple du Lion

Les pouvoirs des Dieux étaient infinis. L’homme qui était mort passa d’un pas assuré l’entrebâillement de la porte qui s’ouvrit sur la Déesse Athéna. Son Aura féroce, unique dans toute la Chevalerie, avait précédé ses pas. Et le cosmos qui émanait de cet homme était bel et bien vivant. Il brillait tel un soleil levant, crépitant de myriades d’éclairs pourfendeurs du Mal, oracles de Justice et de Vérité. A chacun de ses pas résonnait l’Armure d’Or, aux traits si caractéristiques, à la fois nobles et agressifs. Sa seule vue faisait bouillonner les émotions de ses ennemis, mêlant la peur et l’envie, l’admiration et la crainte.

Lorsqu’il vit sa Déesse, il ne la reconnut pas. Pourtant, il stoppa net. Incapable d’esquisser un mouvement. Incapable de tourner le regard.

Non, il ne la reconnaissait pas. Qu’importe. C’était elle.

« Athéna… Ma Déesse… »

L’homme avait tout perdu. Il avait connu l’absence de toute existence. Il avait connu le froid de la mort. Il avait connu les remords, les doutes, l’acceptation.
Il avait connu la perte de sa raison de vivre.

Il avait combattu. Il avait souffert. Il était devenu poussière. Mais la boucle n'avait pas été bouclée. De la poussière était né l’espoir. De l’espoir était née la volonté.
De la volonté, était née la destinée.

Il avait perdu ses rêves. Il venait de les retrouver. Dans cet instant de silence, une larme coula le long de sa joue. Ce ne fut que lorsqu’elle tomba au sol, unique son qui retenti dans la salle, que le jeune homme parvint à sortir de sa torpeur.

Sans jamais quitter la jeune femme des yeux, le Saint d’Or marcha au devant d’elle, avant de mettre un genou à terre. Alors qu’il posait son poing sur son cœur, il baissa enfin la tête, incapable de contenir ses émotions.

Dans cet océan de joie et de consécration ne régnait aucun doute. Aucune hésitation. La dévotion du Lion était sûrement la plus puissante de la Chevalerie… Et malgré l’ultime doute que le Saint avait emporté dans la Mort, avoir capté l’essence de deux Athéna, l’homme n’hésitait pas à offrir encore et toujours cet éternel dévouement à la Déesse qui lui faisait face.

« Divin Héphaïstos… Athéna… Je vous salue. Je reviens vers vous en ces temps obscurs. Il semblerait qu’Hadès n’ait pas souhaité ma présence dans sont royaume. Ma mort fut de courte durée, pourtant, je ne reconnais plus le monde qui m’entoure. Le Sanctuaire est vide… Et le visage de ma Déesse m’est inconnu. Que s’est-il donc passé durant mon absence pour que vous paraissiez si triste, Ô Athéna ? »
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Héphaïstos


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Mer 13 Mar - 8:07

« Ne t'excuse pas. »

Que dire de plus ? Elle était bouleversé, et il ne pouvait que le comprendre. Aussi rustre qu'il puisse paraître, Héphaïstos était plus humain que la plupart des Dieux de l'Olympe. Cette voix rauque qui était la sienne depuis la nuit des temps était la seule trace qui prouve que ce soit bien lui sous cette carapace de chair et de sang, mais elle avait par moments les inflexions d'un coup de tonnerre. Il ne pouvait donc dire s'il contribuait à la rassurer ou ne faisait que l'effrayer. Les larmes venaient de se mettre à couler, si bien qu'il ne savait plus à quel saint se vouer. Une usurpatrice serait-elle capable de pleurer ? Pourrait-elle pousser à ce point la comédie ? Il en doutait fortement. Impuissant à faire en sorte de chasser le désespoir, au moins lui servit-il d'épaule sur laquelle pleurer jusqu'à ce que se soient taries les perles salées. Et tandis qu'elle sanglotait en silence, le Divin Forgeron ne put que se demander ce qui aurait dû le préparer à se trouver dans cette position.

Nul n'aurait pu s'y attendre, pas même lui. Surtout pas lui. Athéna avait toujours été hors d'atteinte, chère et précieuse – proche des yeux mais loin du Cœur. Et voilà à présent que c'était elle qui épanchait les malheurs du sien et toute la peine contenue en son sein. Elle n'était plus la Déesse de la Guerre, pas plus que celle de la Sagesse. Ce n'était qu'une enfant perdue, qui ne savait où aller et avait perdu jusqu'à la voix à force de demander son chemin. Mais pourrait-elle jamais le retrouver ? C'était tout ce que le Grand Créateur pouvait lui souhaiter. Néanmoins, et si forte qu'en soit sa volonté, il ne pouvait le lui indiquer. Nulle boussole ne le saurait. Car avant de se résoudre à continuer, encore lui fallait-il avoir la force d'avancer. Quant à savoir si elle la possédait encore, nul doute qu'elle-même n'en avait pas idée.

Il n'aurait su dire combien de temps se prolongea cette étreinte, instant volé qu'il n'aurait pour rien au monde voulu partager. Nul n'en saurait rien sinon eux. C'était bien mieux. Non seulement parce que nul ne devait avoir vent de ce moment de faiblesse, mais par-dessus tout parce que cet instant n'appartenait qu'à eux. Hélas, il devait déjà toucher à sa fin, et ce n'est qu'à regrets qu'il se détacha d'elle pour lui rendre sa liberté. Le faire durer aurait paru suspect, et il ne tenait point à éveiller ses soupçons, à l'inciter à le délaisser au moment où elle avait le plus besoin de lui auprès d'elle. Même si en aucun cas il ne pouvait jurer de se battre à ses côtés, au moins pouvait-il lui apporter tout son soutien. N'en avait-elle pas également grand besoin ? D'un pouce hésitant, il vint sécher ses larmes, n'étant guère habitué à effectuer de pareils gestes tendres.

Aphrodite ne lui en avait jamais réclamé, et pour cela au moins il ne pouvait la blâmer. Sitôt sortis de ses fourneaux, de ses enclumes et de ses marteaux, ses mains n'avaient guère plus d'habileté que celles de n'importe quel homme. Sa maladresse avait quelque chose de touchant tant il s'évertuait à ne pas la blesser, comme s'il craignait que le moindre effleurement puisse la tuer. En l'espace de six ans à peine, ses mais s'étaient usées. Sans être autant que celles de sa forme originelle, deviner qu'il n'avait eu que peu de soin à y apporter n'était guère malaisé. Cela ne devait rien avoir d'agréable, et il prit soin de ne pas faire durer ce contact au-delà de la simple nécessité, même si celle-ci lui parut durer une éternité. Un tableau ciselé dans l'immortalité. Que ne pouvait-il toujours durer...

Lorsqu'elle l'incita à la suivre, il le fit sans se faire prier. Ce moment d'égarement se passait de tout commentaire. Ceux-ci n'auraient servi qu'à immortaliser ce qui aurait fait douter de leur divinité. Il n'avait cure de la sienne, mais ne pouvait permettre que celle d'Athéna soit menacée. Car, malheur à elle, elle avait encore ce chemin d'épines à arpenter. Quand cela finirait-il ? Sans doute pas avant que s'éteigne l'humanité. Le Maître des Cendres cessa de s'égarer dans ses pensées quand une main se tendit vers lui pour lui faire présent d'une fleur à l'éclat aveuglant. Sa couleur dorée la distinguait de ses consœurs et il n'eut que le temps de se demander ce que cela pouvait bien signifier. Il ne s'en saisit qu'avec la plus grande délicatesse, ne voulant nullement l'altérer. L'ombre d'un sourire fleurit sur son visage.

« Merci à toi. Je trouverai un endroit où la caser pour qu'elle soit bien exposée. Je suis pas sûr que la chaleur d'une forge soit ce qu'il y a de mieux pour elle, mais je vais essayer de la faire durer. Je ne sais plus exactement d'où ça vient, mais je sais que c'est pas la porte à côté. D'où te vient cette passion ? »

Les lotus n'étaient en effet pas une fleur qu'on pouvait trouver à l'état naturel dans les parages, car d'origine asiatique. Il y avait donc tout lieu de se demander comment elle s'y était intéressée – sans parler du fait qu'aborder un sujet un peu plus léger n'était pas pour le déranger.

Alors qu'il poussait plus loin son examen minutieux du cadeau qu'il venait de lui faire, il lui emboîta le pas pour gagner le confort de ses pénates. Tant d'émotions n'avaient pu que l'épuiser, et il ne pouvait que compatir au besoin qu'elle avait de se reposer. À peine y était-il entré que la déesse entreprit de se changer ce qui ne fut pas sans l'embarrasser. Toutefois, il s'approcha silencieusement du paravent et y déposa les doigts si doucement que ne s'éleva pas même le bruit d'un effleurement, suivant sereinement les courbes de cette ombre insaisissable. Ce n'est qu'une fois que son bras fut retombé le long de son corps qu'il dut se résoudre à s'installer, mais n'eut guère le temps d'en profiter. Avant qu'il ait pu ne serait-ce que se demander si sa présence avait été décelée, une autre se fit sentir dans les escaliers.

Il n'eut aucun mal à l'identifier.

Athéna y verrait sans doute une heureuse nouvelle. Il fit donc un effort pour lui aussi la considérer comme telle. Il était vrai qu'en faisant preuve d'objectivité, c'était une bonne chose que Corell ait pu revenir du royaume des morts sans avoir eu à y entrer. Le Sanctuaire n'avait de tout temps eu qu'à se louer de ses services, et même s'il s'était éloigné de la lumière d'Athéna et du droit chemin, ce ne fut au final que pour mieux en devenir le paladin. Sans doute ne le saurait-il jamais, mais il pouvait se féliciter d'y être revenu à temps, sans quoi Héphaïstos aurait délesté son Armure d'Or de ce qu'il avait acquis au tournoi. En guise d'hommage, le Dieu des Forges leva son verre, mais il n'y eut rien de cérémoniel dans le discours qu'il lui tint.

« Allons bon, déjà de retour ? À ce que je vois, tu es plus prompt à ressusciter qu'à raisonner. Alors le tas de cendres, qu'est-ce que ça fait de se faire désintégrer sans avoir pu lever le petit doigt ? Tu pourras pas dire que je t'avais pas prévenu. Allez, viens boire un coup avec moi ! C'est tout ce qu'il nous reste, et qui sait jusqu'à quand, alors profitons-en. On va tout t'expliquer, alors prends le temps de souffler. »

Ne sachant s'il pouvait parler de Venise devant lui, Héphaïstos n'en avait finalement rien dit. Le verre fut projeté vers Corell, avec une habileté telle qu'il n'en fit rien tomber. Le Lion devait déjà savoir qu'il n'y avait nul besoin de craindre le poison ; de tels procédés n'étaient nullement à mettre sur le compte du Divin Forgeron. De plus, n'avait-il pas vu la servante le servir à l'instant ? Ainsi, il héla celle-ci à nouveau, affectant de ne pas remarquer le sourire complice dont elle en profita pour le gratifier quand il fit de nouveau appel à ses services. S'emparant de sa propre coupe, il y plongea le regard et fixa son propre reflet à la surface du liquide, comme captivé par une soudaine réflexion à la vue de son visage d'emprunt. Afin de s'en détacher, il se sentit obligé de faire tournoyer le divin nectar au sein du récipient, chassant les doutes qui l'assaillaient inlassablement. Bien que de courte durée, ce moment d'absence n'avait pas dû échapper au Chevalier d'Or du Lion, mais d'un heurt de leurs deux verres, il détourna son attention.

Après tout, il n'était pas donné à tout le monde de revenir à la vie...
Puisse-t-il y tenir un peu plus cette fois-ci !
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Mashia


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Mar 19 Mar - 18:00



Le Lion °~




Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour revêtir un vêtement qui saurait, il n'y a pas de doute, étonner le divin Héphaïstos et pourquoi pas les quelques chevaliers d'or en route pour la rejoindre. Non, la Déesse de la Guerre n'était pas dupe, ni idiote. Les paroles dures et froides de Kappa l'avait touché en plein cœur, comme l'aurait fait un poignard. Les mots pouvaient parfois être plus cinglant que le fil d'une lame d'argent. Ce fut d'un pas mesuré, quelques secondes après l'entrée du Lion, qu'Athéna sorti de l'ombrage du paravent derrière lequel elle s'était dissimulée.
La jeune femme à la longue chevelure rouge était parée d'un très beau kimono de soie aux motifs très élaborés et coloré. Une majorité de rouge, rehaussant la pâleur de son visage de porcelaine, l'éclat carmin de ses lèvres, la tristesse et la joie mêlées dans ses yeux pers. Un sourire enfin fendit son faciès divin, dotant à l'ensemble de son expression, une chaleur presque palpable. Athéna était vraiment heureuse de revoir le plus fidèle de ses chevaliers.

Corell du Lion, celui qui avait vaincu la Mort. Celui qui avait déchiré le voile des ténèbres de ses crocs et de ses griffes.

Sans plus de cérémonie, la Déesse s'agenouilla devant le valeureux guerrier pour l'envelopper entre ses bras. Si il tendait un peu l'oreille, le jeune homme l'entendrait pleurer. De cela, cette faiblesse qu'elle laissait voir au Dieu des Forges et à l'un de ses chevalier, Athéna en avait cure. Après tout, n'était-elle pas la Déesse la plus proche des hommes ? N'avait-elle pas le droit de partager, de par cette proximité, leurs peines ? Leurs émotions les plus diverses ? Se détachant de lui, elle plongea son regard dans celui de Corell. L'invitant à la regarder.

« Regarde moi bien Corell, car je suis ce que j'ai toujours été … Tes yeux doivent te tromper courageux Lion, car je n'ai pas changé, contrairement à ce que pense Kappa du Verseau...» ses yeux se voilèrent de chagrin au souvenir des paroles du guerrier d'or. « Mais toi, toi qui est le plus proche de moi, je suis certaine que tu sauras déceler la Vérité !»

Calmement, la jeune femme se releva pour se détourer un instant d'Héphaïstos et de Corell. Son esprit vagabonda un bref moment ailleurs, comme si elle-même cherchait des réponses. Ses craintes se confirmaient. Son cœur se serra douloureusement dans sa poitrine. Le visage de nouveau fermé, la déité alla s’asseoir aux côtés du Dieu des Volcans et observa le manège entre les deux hommes. Athéna appréciait beaucoup Héphaïstos pour cela, pour ce côté « humain » qu'il possédait. Ce côté « simple » que les autres ne possédaient pas, préférant largement la démesure, la violence ou la fourberie. Dont le Dieu en étant dépourvu. Quoique, lui aussi avait ses excès de colères, et il était connu pour son tempérament explosif ! Mais bon, pour elle, c'était bien différent. Puis, il était vu comme le Dieu « Déchu », celui qui vivait en marge. La Déesse ne le voyait pas comme cela, et son opinion n'avait pas changé. Le voir désormais pourvu d'un nouveau corps, celui d'un très beau jeune homme à l'image des création d’Apollon n'avait en rien altéré son jugement. Mais elle était forcée de constater que cette volonté de ne pas paraître ce qu'il était, la troublait. Certes, elle comprenait fort aisément son aversion pour les autres Dieux qui le voyait comme le « Boiteux », seulement, la Déesse Sage n'aurait jamais pensé que cela le pesait autant.

« Je suis heureuse de te revoir Corell du Lion. Mais s'il te plaît, la prochaine fois... ne me fait pas des frayeurs comme ça. Je te pensais véritablement perdu ! J'avais beau te chercher, je ne parvenais que peu à effleurer ta conscience. Fort heureusement, l'âme est immortelle et ton armure m'a aidé dans mon entreprise.»

L'armure sembla répondre à cette tirade en se nimbant d'un léger halo d'or. Un peu plus en paix malgré la concentration de plus en plus forte de cosmos dans le Temple de la Balance, la Déesse se permit un sourire.

« Oui, Héphaïstos à raison, reposes toi un peu avant que nous t'exposions la situation. Que t'es t-il arrivé exactement ? »



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Corell


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Dim 24 Mar - 19:07

Magnifique. Absolument magnifique. Jamais le Lion n’avait sa Déesse dans des atours aussi sublimes. Le kimono de soie qu’elle portait alliait élégance et extravagance, ne laissant que transparaître ses formes parfaites sous des cascades de couleurs chaudes, avec une nette majorité de rouges allant de paire avec sa longue et soyeuse chevelure. Certes cela changeait des habitudes de la Déesse… Mais le Lion, bien qu’attaché aux longues robes blanches habituelles d’Athéna, n’en prit pas rigueur. Il respectait la femme autant que la Déesse, et dans son bastion personnel, même elle, l’étoile de l’humanité, pouvait se permettre quelques aises passagères.

Et après tout, qu’importait l’accoutrement. Il y avait ce feu dans ses yeux, cette chaleur caractéristique. Le cœur et le cosmos de la jeune femme étaient restés les mêmes.

Et c’est pour ce cœur que le Lion aimait tant sa Déesse.

Quel ne fut pas son étonnement lorsqu’Athéna vint se mettre à genoux, enlaçant le Chevalier d’Or et ses bras si parfaits et si fragiles, avant de venir pleurer contre sa nuque. Quelle si douce, si triste et pourtant si belle mélopée que les larmes d’une Déesse au grand cœur. Bien qu’hésitant au premier abord, le Lion ne put rester de glace bien longtemps, et se laissa aller à cette étreinte. L’enlaçant à son tour, il posa une main sur ses cheveux, alors qu’il sentait les larmes de la jeune femme couler sur son cou.

Il aurait pu lui dire mille mots de consolations… Mais il resta muet. Bien trop de paroles. Bien trop de divagations. Cette seule étreinte, dans ce silence seulement brisé par les pleurs de la Déesse, était amplement suffisante. Oubliant la réalité, le Lion se laissa aller dans le cœur de la jeune femme, plongeant son âme dans ce cosmos si chaud et si positif, et portant si torturé. Il y distilla son propre amour, son espérance pour l’avenir, et surtout, sa si grande et si indéfectible loyauté.

Un million d’années se déroulèrent avant qu’Athéna ne se recule enfin, brisant le lien qui les unissait, pour mieux échanger leurs deux regards embués de larmes.

Le Lion n’eut pourtant pas de réponse à donner aux mots de sa Déesse. Lorsqu’elle aborda l’opinion du Chevalier du Verseau, Corell resta muet. Il avait sa propre opinion… Et avait l’intime conviction qu’il détenait la Vérité. Cependant, il disposait de bien trop peu d’informations sur ce qui s’était passé durant sa mort…

Et je ne sais pas à qui je peux me fier… Pensa-t-il tout en coulant un regard discret au Dieu des Forges.

Il reporta son attention sur sa Déesse, qui venait de s’assoir juste à côté du Dieu en question. Le fait que l’Armure d’Or fasse écho aux paroles d’Athéna le conforta dans ses idéaux. Il avait foi en sa Déesse. Athéna était Athéna… Comme elle l’avait toujours été.

C’est à ce moment qu’Héphaïstos intervint. Le Lion ne répondit pas à sa bravade… Le Dieu au beau visage se voulait courtois, mais Corell n’était pas homme à se laisser duper. Les sourires pouvaient dissimuler les plus viles pensées… Surtout chez les divinités. Le verre de vin lancé par le Maître des Flammes fut stoppé net quelques centimètres avant d’atteindre le Chevalier. Le Lion n’avait même pas eu à détourner le regard. Le verre s’en alla flotter calmement jusqu’à la table supportant les autres denrées rares aux douces fragrances.

« Dieu Héphaïstos, je vous remercie pour votre hospitalité… Certes votre breuvage dispose d’un parfum des plus tentants… Mais je ne suis pas homme à trinquer, alors que le monde menace de s’effondrer. »

Le Saint se releva, et fit quelques pas vers la terrasse qui s’ouvrait non loin, laissant son visage et son armure baigner dans la lumière du Sanctuaire. Son regard s’attarda quelques instants sur le Temple de la Balance… Avant de focaliser à nouveau sur l’horizon.

« Athéna, je vous prie de m’excuser. J’ai tout tenté pour vous protéger… Et comme l’a si justement dit Héphaïstos, j’ai été défait par le Titan Coeos avec une facilité déconcertante. J’ai trop eu foi en mes Crocs… Et j’ai payé mon erreur de ma vie. Je n’ai pas honte de mes actes. Jusqu’au bout, j’aurai été votre protecteur. Vous savoir en vie et en bonne santé suffit à me confirmer que ma décision était la bonne. »

L’homme croisa les bras, et ferma les yeux.

« Dans la mort, j’ai eu une vision… Une vision qui m’est venue directement du cosmos. J’ai vu… J’ai vu des Saints combattant des Saints. J’ai vu une Terre sans protecteurs. J’ai vu une marée des ténèbres se répandant sur notre planète, sans qu’il n’y ait plus personne pour l’arrêter. J’ai vu la Mort de la Vie. »

L’homme resta quelques secondes silencieux. Lorsqu’il rouvrit les yeux, il observa Athéna, une lueur de crainte dans le regard.

« C’était une vision du futur. J’en suis persuadé. Juste avant de mourir, j’ai ressenti vos cosmos… J’ai ressenti que vous étiez deux. Vous, et l’Athéna réincarnée dans le corps de la dénommée Mashia. A présent, je vois un Sanctuaire sans aucun Chevalier d’Or pour le défendre. Et au moment où nous parlons, vous pouvez sentir, vous aussi, ce cosmos grandissant dans la Maison de la Balance. Ce sont mes frères d’armes… Mais leur aura est différente. »

A nouveau, le Saint observa la vue splendide du Sanctuaire qui s’offrait à eux. Comme s’il redoutait de regarder en face sa Déesse lorsqu’elle devrait répondre à sa prochaine question.

« Ça a commencé, n’est-ce pas… Nous sommes en Guerre Civile. »
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Héphaïstos


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Mer 3 Avr - 9:21

Le charisme qui émanait de Corell confirmait le Lion en tant que roi des animaux. C'était certes peu de choses alors que deux dieux se tenaient dans la même pièce, mais cela avait fait assez forte impression au Dieu des Forges que pour être souligné. Oui, décidément, le Chevalier d'Or aurait difficilement pu mieux choisir son moment pour ressusciter. C'était d'ailleurs un peu trop bien calculé que pour ne pas s'en inquiéter, mais faute de raison d'en douter, il s'était contenté de le saluer. S'il devait nourrir quelque sombre ambition, il le saurait bien assez tôt - et quand bien même il était au sommet de son potentiel, ce n'était rien à côté de la puissance qui coule dans les veines d'une divinité. Au moindre signe de rébellion, il serait bien accueilli, Héphaïstos se l'était promis. Pour l'heure, il n'y avait nulle raison de s'en méfier, si ce n'est que la situation actuelle exigeait de se méfier même de ceux qui la veille étaient encore des alliés.

Songeur, le Divin Forgeron se retrancha dans ses pensées peu avant qu'Athéna ne resurgisse après s'être changée. Resplendissante dans cette nouvelle tenue, elle ne manqua pas de le subjuguer, mais il se garda bien de le faire remarquer. Sans même avoir eu le temps d'en profiter, c'en était fini de ce moment d'intimité. C'était à prévoir mais il ne s'en sentait pas moins lésé. Il ne s'y attarda cependant pas, préférant sombrer dans ses réflexions alors qu'elle sautait au cou de son Chevalier. Un geste fort qui l'aurait laissé songeur s'il n'avait pas été à ce point préoccupé. Au lieu de cela, ses pupilles ambrées se perdirent dans le vague sans trouver de réponse aux nombreuses questions qui n'avaient cessé de le hanter. Le sourire d'Athéna lui avait réchauffé le cœur à lui aussi, il ne servirait à rien de se le cacher – pas plus que la vague peine de n'avoir pu le susciter lui-même.

En dépit de sa distraction apparente, pas un mot n'échappa à son ouïe acérée – bien plus que ce qu'un humain ordinaire aurait pu imaginer. Si son dernier aspect n'aidait pas à le croire plus enclin à l'usage de la force qu'à la réflexion, celui-ci s'avérait bien plus en adéquation – et sans que ses capacités physiques n'aient à souffrir la moindre lésion. Apollon avait bien travaillé et il lui faudrait songer à l'en remercier. Il était d'ailleurs étonné que celui-ci ne se soit point encore manifesté compte tenu de la puissance des armures qu'il lui avait demandé de forger, mais ce n'était pas la première fois que de nébuleuses affaires le retenaient ailleurs. Si éclairé qu'aurait pu être son avis, quoi de plus naturel pour le Dieu du Soleil, Héphaïstos ne daignerait pas le contacter et ce par simple fierté.

Sans être aussi houleuses qu'avec ses oncles, les relations qu'il entretenait avec le reste de la fratrie n'étaient pas toujours des plus chaleureuses – et ce n'était pas faute d'en brûler d'envie, songea-t-il avec une pointe d'ironie. Le pire d'entre tous était Arès, sans l'ombre d'un doute. Outre ses méthodes plus que discutables, son obsession pour la guerre et le sang où il fusait toujours flamberge au vent avaient été plus qu'il n'en faut pour s'attirer l'antipathie du Dieu des Forges. L'adultère auquel il avait allègrement contribué n'était que la cerise sur un gâteau si conséquent qu'il en devenait une véritable pièce montée. Ses dernières machinations avec Eris n'avaient nullement aidé les choses à s'arranger, ne faisant au contraire rien de plus que les envenimer. Mais ce n'était pas le moment d'y repenser car connaissant le tempérament exubérant du Dieu de la Guerre, ils le sauraient déjà s'il y avait trempé.

La vérité était ailleurs...

Ce n'est qu'au moment où la Déesse de la Sagesse vint s'installer près de lui qu'il daigna enfin reprendre ses esprits. Il s'était tant interrogé qu'il en avait presque oublié le verre qu'il venait de proposer au gardien de la cinquième maison, que celui-ci préféra dédaigner. Bien que ce refus soit teinté d'ironie, Héphaïstos ne s'en offusqua pas. Il pouvait comprendre que tout le monde ne soit pas aussi enclin que lui à ripailler alors que, comme le soulignait très justement le Chevalier d'Or du Lion, le monde était sur le point de s'effondrer. Sans doute qu'il fallait avoir vécu autant que lui pour s'en lasser et savoir que ce n'était une fois encore qu'une mauvaise passe pour l'humanité. Combien de fois n'avait-elle pas été au bord du gouffre, ces dernières centaines d'années ? Voilà longtemps qu'il avait cessé de compter. Lorsque le regard de Corell se posa sur lui, il fit exprès de le croiser. Il n'était pas le seul à ne pas savoir en qui il pouvait se fier, puisse-t-il en être informé.

« Comme tu voudras, ça en fera plus pour moi ! Mais je serais toi, j'en profiterais tant que je le peux encore, c'est peut-être la dernière fois que tu pourras toucher à une goutte d'alcool. Qui sait, peut-être que dans une heure, on en aura fini avec la vie. »

Pour les Éveillés, la mort n'était qu'une notion relative. Preuve en était faite de Corell et de son retour prématuré. Plus la puissance était grande, moins ce sommeil soi-disant éternel était fait pour durer. Pour eux, divinités, cela ne signifiait que la perte de leur enveloppe de chair et d'os mais ils pourraient toujours en trouver une nouvelle. À en juger par la manière qu'avait Hadès de revenir toujours à la charge, on était en droit de supposer que même être vaincue ne ferait pas d'Athéna une rejetée. Elle n'aurait qu'à reprendre ce qui lui aurait été enlevé, faire en sorte de remettre chaque chose à sa place et de tout réparer. Ainsi, tout pourrait recommencer, une fois de plus. Cela n'en finirait jamais. Un point de vue fataliste qu'il préféra se réserver, mais la belle devait se douter qu'il n'était pas sans l'envisager.

Même s'il préférait ne jamais savoir ce que deviendrait la Terre entre les mains du sombre monarque, c'était une possibilité à ne pas écarter. Des vies humaines seraient gâchées, et peut-être même ne resterait-il plus rien de ces vaillants Chevaliers. Mais étant des divinités, ce qui aurait été détruit, ils pourraient toujours le recréer. Bien qu'il ait en horreur cette mentalité il était obligé de se l'imposer, car c'était sans l'ombre d'un doute celle que Zeus aurait partagé s'il avait en cet instant été à leurs côtés. Que celui-ci n'ait toujours pas daigné reparaître après avoir soi-disant présidé le Conseil des Quaesitors ne faisait que nourrir les doutes qu'il pouvait avoir à ce sujet. Qui que soit l'auteur de cette mauvaise plaisanterie, il ne manquait nullement de moyens : le Sanctuaire étant divisé, c'était plus que jamais l'occasion rêvée. Son rôle était celui d'un observateur ; intervenir ici serait pencher en sa faveur.

« Tout juste. Tu ferais bien de t'y préparer. Je ne sais pas pourquoi, mais je doute que tes amis nous laissent le temps de nous faire à cette idée. Je dirais qu'ils seront ici dans une dizaine de minutes à tout casser, à toi de voir comment tu veux les occuper. Après ça, et bien... J'ai du mal à imaginer qu'ils viennent prendre le thé. Alors tes fameux crocs, tu vas me faire le plaisir de les aiguiser si tu ne veux pas que ton armure finisse par se prendre pour un cendrier. »

Le Chevalier d'Or du Taureau ainsi que le Capricorne nouvellement nommé venant à peine de rentrer, il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'ils s'interrogent sur ce qu'il s'était réellement passé. La présence de Kappa n'était en revanche pas pour le rassurer, plus encore après la réunion et sa façon de la quitter. Une note finale bien discordante qu'il devoir avoir eu tôt fait de partager.

À partir de maintenant, les choses ne pouvaient qu'empirer.
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Jara


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Mer 3 Avr - 17:25

    Temple de la Balance

    Son rythme cardiaque accélérait. À mesure qu’il montait les marches, le jeune Capricorne crut sentir son torse exploser. L’idée même de rencontrer l’âme de lumière qui l’avait sorti de sa perdition servait à le satisfaire pour le restant de ses jours, aussi longs soient ils. Pendant un instant, il entendit les battements de son cœur par delà la cuirasse dorée le recouvrant. Il ne devait pas faillir et continua sa route, Aldébaran face à lui et Kappa fermant la marche.

    Les deux ne dirent mots. Le Taureau, de par son symbole écrasait chaque marche avec une puissance charismatique. Chacun de ses pas était régulier et à aucun moment il ne tourna sa tête. Jara se demandait bien quelle expression son visage présentait. Le Verseau, lui, bien que plus souple dans sa marche exerçait un attrait tout aussi prestigieux. Les bras croisés, les yeux fermés et la tête légèrement inclinée, laissant tomber quelques mèches de sa longue chevelure azure, lui donnait un air fier. L’Indien avait beau être entré dans le plus haut grade à leur côté, il ne pouvait pour l’instant que féliciter leur grand pouvoir –n’ayant commis aucun exploit à cette heure.

    Finalement, se tenait la Maison du Capricorne sur leur chemin. Le Temple personnel du Gold Saint du Capricorne, Jara… La puissance qui émanait du lieu, de la terre sacrée et même des deux hommes l’accompagnant était telle…Faisait-il le poids ? Sa princesse ne pouvait se tromper mais…avait-elle fait le bon choix en lui offrant ce vêtement honorifique, ce symbole de justice, cette armure brillante comme un soleil ? Il ne devait douter d’Athéna et c’est en posant un pied dans son sanctuaire qu’il commençait à le comprendre. En effet, l’immensité même du lieu s’engouffra en lui tel un vent chaud et apaisant. Il semblait être le seul à le ressentir. Le Titan et le Régent des Glaces ne sourcillèrent guère. Était-ce l’effet de la Maison sur son gardien ? Il ne pouvait répondre, cependant, qu’il soit véritablement un des douze élus ou non, une grande responsabilité l’accablait à présent et il la protégerait comme cette Terre et sa Déesse. Il redressa alors ses épaules cornues, plissa de détermination ses pupilles or et avança, à présent d’un pas tout aussi confiant que ses deux compagnons.

    Enfin cette procession semblait prendre fin. En levant légèrement la tête, la Jeune Lame pouvait entrevoir le visage de la haute Statue d’Athéna. L’Aldébaran, premier arrivé au sommet s’arrêta quelque peu après les longues marches. C’était à son tour de stopper cette ascension afin d’en commencer une nouvelle aux côtés de sa Princesse. Il termina de gravir les quelques marches qui lui restaient et s’avança au même niveau du Taureau quand il se décida à regarder son environnement. Les pétales de plusieurs arbres en fleurs virevoltaient, emportées par des brises imperceptibles s’entremêlant. L’immense statue de la Déesse de la Sagesse était érigée au centre du domaine le plus sacré qui soit. Elle avait survécu à travers les âges et même, elle semblait avoir été élevée récemment. Comme si le temps ne pouvait l’effleurer. Juste derrière cette géante idole, un édifice avait été bâti, prenant la forme d’un temple grecque. C’est alors qu’il aperçu trois silhouette à sa porte.

    La première était celle d’un homme à l’armure aussi lumineuse que celle des trois Chevaliers. Était-ce un autre Gold Saint ? Il semblerait que oui, sans quoi il ne porterait pas un tel habit et ne serait pas ici. Il se tournait vers une autre personne. À la vue de cet homme, le cœur de Jara se mit à battre bien plus fort que lorsqu’il avait seulement l’idée de voir Athéna. Une chaleur intense le prenait de l’intérieur comme-ci son muscle cardiaque prenait feu. Il n’y avait pas de doute, ce personnage n’avait rien de normal. Il était d’une grande taille. Il devait sûrement dépasser la Nouvelle Épée du Sanctuaire de quelques centimètres tout au moins. Sa tenue moulante mais néanmoins travaillée laissait paraître une imposante musculature et un corps aussi dur que la roche des volcans. Cette attention du muscle contrastait avec l’aspect svelte qu’il possédait. Son visage, d’une beauté saisissante, semblait être fait de porcelaine de part sa chaleureuse brillance et son teint écru. Il avait une chevelure mi-longue d’un brun fort sombre mais de légers reflets ambrés semblaient illuminer son crâne tandis qu’ils étaient rabattus vers l’arrière. Seule une mèche rebelle reposait sur son front, bouclant quelque peu. Puis ses yeux, ses iris d’un orange si vif que le Capricorne pouvait y voir le Feu danser le fixait à présent. Le Saint aux cheveux ébène ne tourna pas la tête vers le Verseau mais lui demanda tout de même :

      Qui est cet homme ? interrogea-t-il d’un ton direct et concis.

    D’un léger regard furtif, il posa son regard doré sur la troisième présence : une femme. Non, la Femme. Il s’agissait de l’irradiance même, tel un éclat couleur de feu, elle illuminait le monde. Seul une légère tâche sombre semblait ternir sa lumière mais qu’importe, au moment présent, il ne faisait attention à aucun défaut, quel qu’il soit. Il se tenait à présent devant sa Princesse, sa Sauveuse, sa Déesse, Athéna. Aucun pétale ne passait devant son être, on croirait qu’ils ne voulaient gâcher le si beau tableau qu’elle était à elle seule. Sa tenue orientale aux couleurs chaudes et à la légèreté de la soie lui allait à ravir. De nombreuses mèches écarlates, tout aussi soyeuses jouait sur ses courbes divines, sur ses épaules et enfin sur son dos. Sa crinière carmin, ne sachant ou se mettre, décida de recouvrir son corps, comme un rideau vers le plus beau des cadeaux que les Dieux puissent nous offrir. Timidement, la déité de son visage pâle se leva vers le Taureau, le Verseau et le Capricorne. Les yeux du jeune Gold brillaient, étaient mouillés mais il retenait ses mots et ses larmes. Il ne pouvait être aussi émotif. Du moins pas maintenant. Il reprit la droiture dont il est le symbole et attendit que le Chef des Armées ou même quelqu’un d’autre prenne la parole.
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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Mar 9 Avr - 16:28


Arrow Temple de la Balance

La montée des marches du Sanctuaire : une expérience inoubliable et incomparable pour qui la vit au moins une fois dans sa vie. Tous trois, dans un silence religieux, nous grimpions pas à pas, marche après marche, les escaliers menant aux différents temples, vers notre destination ultime : la statue d’Athéna. Tout dans la gestuelle et le regard du jeune Jara indiquait qu’il était intimidé et excité au plus haut point. Une telle innocence fit apparaître l’espace d’un instant sur mon visage de marbre un sourire furtif. De brefs flashbacks de mes débuts en tant que chevalier de bronze, puis d’Or, me revinrent en mémoire. Une époque lointaine, avant, bien avant les heures sombres et la mort de mon innocence. Mon parcours. Un parcours semé d’obstacles et d’embuches qui avaient fait de moi un chevalier dur et aigri à bien des égards. Un prix qu’il m’avait fallu payer pour rester en vie…

Le regard abasourdi du jeune Capricorne s’agrandit encore davantage lorsque nous traversâmes le temple désormais sien. Six ans en arrière, j’aurais encore pu être amusé par tant d’innocence. Aujourd’hui, je ne pouvais que me dire que très bientôt, Jara serait aussi aigri et froid que nous. Du moins, s’il survivait jusque là…
L’ascension se poursuivit de plus belle sans un mot. Alors que nous grimpions les marches, mon cœur se mit à battre de plus en plus fort. Non pas pour les raisons habituelles d’un chevalier grimpant ces marches, mais bien parce que tout ce qui avait eu lieu depuis ces dernières heures avait mené à ce moment précis. Cette fois encore, je mettais ma vie en balance pour tenter de démasquer ce qui j’en étais convaincu était un imposteur. Tout mon plan qui avait consisté à ne pas obéir aux ordres de cette soit disant Athéna et d’attendre Marcus menait à ce moment précis : confronter cette Athéna, et découvrir la vérité.

Seulement voila, plusieurs choses venaient compliquer l’équation : d’abord, il n’était pas dit que Héphaistos nous aiderait. Ensuite, il était possible que Jara ne comprenne pas la situation. Tout à coup, en poursuivant ma montée des marches, je ressentis un cosmos que je reconnus aussitôt. Un cosmos que je croyais disparu quelques heures plus tôt. Pourtant, c’était bien lui : Corell du Lion. Et lui ? Serait il une nouvelle complication à ce que Marcus et moi avions prévu ? Discrètement, je ne pus m’empêcher de me mordre la lèvre d’anxiété à la découverte de cette nouvelle potentielle complication. Jetant un regard furtif à mon frère d’armes, je le vis poursuivre sans ciller. Puisant mon courage dans le sien, je redressai la tête avec un regard froid et sûr de moi. Avançant jusqu’à sa hauteur à quelques mètres de la porte menant à la statue d’Athéna, j’échangeai un dernier regard avec le Taureau avant que chacun de nous ne pousse un des battants de la grande double porte pour faire une entrée quelque peu théâtrale et remarquée.



Mon regard azur et glacial balaya la pièce silencieusement. De toute évidence, nous étions attendus. Peu importait que la situation laisse à paraître que nous avions le mauvais rôle. Dans le futur, tout le monde, y compris Corell et Héphaïstos, comprendraient pourquoi nous nous apprêtions à faire ce que nous allions faire. Attiré par la question du dieu des forges, mon regard froid le détailla longuement avant de détailler le chevalier du Lion et cette prétendue Athéna. Non seulement il était encore là, mais en plus, il se permettait des libertés qui m’agaçaient sérieusement. Il n’avait ni sa place dans un Krusos Sunagein, ni au pied de la statue d’Athéna. Je m’étais montré patient lors de la réunion, mais cette fois, il avait franchi une limite.
- Rappelez moi plutôt la raison de votre présence en ces lieux, Dieu des Forges ? lâchai-je sèchement en le fixant droit dans les yeux et en me dressant devant Jara comme pour le protéger. Rapidement, l’ambiance de la pièce devint de plus en plus électrique, alors que, les bras le long du corps, mes yeux fixaient intensément Héphaïstos. Le premier jour de Jara en tant que chevalier risquait d’être bien pire que le mien, songeai-je en évaluant la situation. Dans les prochaines minutes, les choses ne pourraient que se compliquer…

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Marcus


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Sam 13 Avr - 18:58

Ф Face à face Ф


La montée des marches du Sanctuaire que firent les trois chevaliers d'or fut l'une des plus silencieuses jamais effectué pour le général des armées et pour cause. La tension ne cessait d'augmenter à chaque marche que foulaient les hommes, car plus ils montaient, plus ils se rapprochaient du dénouement de ce désagréable scénario. Marcus savait pertinemment que quelle que soit les causes, les conséquences, les tenants et les aboutissements, il n'y avait jamais que deux solutions possibles, trouver un accord ou non. Voila en quoi pouvait se résumer leur situation.

Ce ne fut qu'une fois arrivé devant le double battant que l'Aldébaran s'offrit une pause, autant physiquement que psychiquement, il jeta un coup d'oeil à Kappa et sembla discerner dans quel état d'esprit il se trouvait tout en sachant qu'il lui serait fidèle, puis son regard passa à Jara, ce jeune chevalier était en tout point prometteur et Marcus ne pouvait qu’espérer qu'il ferait le bon choix. Il aurait été facile pour Marcus de retirer de l'équation l'inconnue qu'était ce jeune Capricorne, mais le général sentait en lui que cet homme avait un rôle à jouer, il ne savait pas ni en quoi, ni comment, ce n'était rien de plus au final qu'un pressentiment et cela lui importait peu au final car il était un Saint et de ce fait il avait la confiance du Chevalier du Taureau.

Poussant donc le battant, les trois hommes firent leurs entrées sur l'esplanade qui se trouvait encore plus loin que la chambre du Pope, la Statue d'Athéna. Comme attendu la Déesse se trouvait bel et bien là, en tout point identique à celle qu'il avait quitté avant de ce rendre au tournoi, elle était accompagné par Corell le Chevalier du Lion et cela non plus n'était pas une surprise puisqu'il avait toujours été un défenseur aveugle de la Déesse, jamais il n'avait aussi bien porté ce surnom qu'en ce jour. Plus étonnant par contre, Héphaistos le dieu des forges se trouvait également là et tout dans son attitude semblait signifier que sa présence était tout à fait naturel aussi Marcus se contenta de croiser les bras et d'attendre la réponse du Dieu à la question de son frère d'arme.
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Mashia


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Sam 13 Avr - 23:39



L'ire°~




Une Guerre Civile. Le mot avait été lâché et résonnait avec dureté à ses oreilles. L'amertume gagna la Déesse de la Guerre, si bien qu'elle ne sut réprimer son mécontentement traduit par un léger froncement des sourcils. Cette irritation fut de courte durée quand elle sentit clairement les Chevaliers d'Or approcher. Comme elle s'y attendait et s'y était préparée, la divinité aux yeux pers vit le Verseau et le Taureau surgir devant elle sans prendre la peine de montrer le moindre signe de respect. Quoi de plus normal au vu de leurs sombres pensées qu'elle devinait sans peine ? Ô la Déesse n'était pas une sotte, elle savait que l'alliance des deux hommes promettait de la mettre à rude épreuve pour la confronter, elle. Leur Déesse. Bien, ils seraient bien accueillit le moment opportun, et la Vérité s'imposerait à eux avec force. Son regard pourtant se radoucit en se posant sur la troisième personne qui précédait le duo. Ayant ressenti la disparition de l'ancien porteur de l'Amure d'or du Capricorne, Athéna avait insufflé chez cette personne aux yeux de félin, l'espoir d'un renouveau et la possibilité de rejoindre sa cause. Ce qu'elle lisait dans ces prunelles la fit de nouveau sourire et reprendre contenance et douceur qui la caractérisait. Un preux chevalier venait de naître et de découvrir celle à qui il devrait prêter allégeance. Mais pour l'heure, une question revenait sur toutes les lèvres. Une question qui refit poindre la colère chez elle. Serrant des poings, ne supportant pas davantage le manque de politesse de Kappa et de l'Aldébaran, Athéna prit la parole.

« Veuillez montrer plus de respect envers un Dieu, et envers un invité de surcroît... » un sourire s'épanouit sur ses lippes en posant son regard sur Jara « Jeune homme sache que tu te dresses devant Héphaïstos, Dieu des Forges et des Volcans. Et il est ici parce qu'il a bien voulut accepter l'invitation que je lui ai faite.» termina t-elle à l'intention des deux autres.

Resserrant ses bras autour de son corps dans un bruissement de tissus, la jeune femme fit quelques pas vers eux, s'arrêtant à bonne distance afin de les observer. Une peine immense s'installait dans son cœur sans qu'elle puisse la réprimer : une unique larme roula sur sa joue et chuta dans un bruit cristallin contre le sol froid. Cela la faisait grandement souffrir de les voir se dresser face à elle dans l'unique objectif de la malmener, elle le savait. Athéna ne dit plus un mot mais tourna légèrement la tête vers le Lion, sans doute l'un des seuls Chevalier qui croyait en elle. En ses bonnes intentions. D'un geste de la main, elle l'invita lui, ainsi que le Dieu du Feu, à se placer à ses côtés.

« Kappa du Verseau, tu me déçois énormément et ton comportement te déshonores. Pire que tout, je suis attristée de voir mon Général ne pas ouvrir la bouche et donner une explication... à cette effronterie. Mais je vous en prie, expliquez-vous. Je vous écoute. »

L'heure de la Vérité approchait à grand pas, et les prochaines actions seraient décisives sur le déroulement de l'avenir. Des revirements étaient-ils encore possibles ? Se pourrait-il qu'en fin de compte, ils décident de tous lui tourner le dos ? Et si tel était le cas, que ferait-elle ? Perdue dans ses songes, la déité guerrière ferma les yeux pour ressentir de biens étranges fluctuations dans l'air. Sans mal elle reconnu le cosmos de son Oncle. Une énergie pleine de colère. Mais... contre qui était dirigée son ire ?

« Parlez librement Chevaliers, les doutes ne doivent plus êtres dissimulés sous un voile obscur.»

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Corell


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Lun 15 Avr - 0:46

L’arrivée des trois Chevaliers d’Or coupa court à la discussion, avant que le Lion n’obtienne de réponses solides à ses questions. Certes, il aurait aimé obtenir une réponse d’Athéna… Mais à ressentir sa réaction, il sut qu’il n’en obtiendrait aucune… Car aucune réponse n’était utile. Il avait déjà tout compris.

Ce qui le gênait, c’était qu’il ne ressentait nulle part le cosmos de l’Autre… Celle qui l’avait maudit. Celle qui l’avait accueillit à son retour au Sanctuaire. Celle qui avait donné son sang pour lui. Celle qui avait pleuré pour lui.

Mais une fois de plus, le destin allait répondre à ses interrogations.

Lorsque les Saints d’Or entrèrent dans la grande salle, le Lion contemplait l’horizon, dos tourné à ses interlocuteurs. Il ne changea pas de position, offrant sa longue cape noire comme seul miroir opaque aux ondes immorales et impures qui émanaient des Trois. Les yeux fermés, le protecteur de la Vie ne s’intéressait pas à voir ses frères d’armes. Bien au contraire. Son cosmos déployé, il voyait tout, entendait tout, ressentait tout. Plutôt que de voir leur visage, il avait décidé d’écouter leur cœur.

Et ce qu’il y ressentit l’inquiéta au plus haut point.

Puis, soudain, une infime montée de cosmos. Presque imperceptible, qui menaçait de disparaître telle la flamme d’une bougie sous un simple souffle. S’il n’avait pas été aussi ouvert au cosmos qu’à cet instant, le Lion ne l’aurait jamais sentie, accaparé par les bruits de ce monde. Mais chance fut qu’il la capta. Et il la reconnût aussitôt.

Caedus…

Agitation. Colère. Vengeance.

L’esprit du Lion s’accrocha à ces sombres émotions. Il enjamba les montagnes, survola les mers, avant de plonger dans l’océan. Là. Oui, juste là. Le cosmos de son ami d’enfance, si reconnaissable, était à cet endroit précis. Bien qu’il ne puisse rien voir ou entendre, le Chevalier d’Or concentra toute son âme en cette lointain contrée. Sur ce rassemblement de cosmos épars, en pleine ébullition. Quel ne fut pas son étonnement lorsqu’il ressenti le cosmos de la femme de son cœur, Jaina, aux côtés de son frère. Tous deux semblaient passablement bousculés. A leurs côtés, le Lion pu ressentir le cosmos du Chevalier de la Balance, du Dieu Poséidon, et…

Corell ouvrit brusquement les yeux. Cette aura obscure, malsaine, transpirant la traîtrise et l’infamie. Il l’avait déjà ressenti auparavant.

Un visage revenu d’un lointain souvenir du passé. D’un rêve éveillé qui n’était pas le sien. Symbole d’une ancienne réalité, un héritage maudit, d’une époque révolue et oubliée.

Pséma du Bélier.

L’homme qui était à l’origine de tout. Oui, c’était bien lui. Le Lion aurait reconnu son cosmos entre tous… Et hormis les Dieux, il était le seul à le connaître.

Mais alors qu’il allait rompre la liaison, une nouvelle présence apparut juste aux côtés de Caedus et de Jaina. Une aura qu’il aurait reconnu entre mille. Là ou une seconde auparavant il n’y avait que du vide, naquit un cosmos d’une chaleur et d’une noblesse incroyable. Un ouragan de bonté et de positivité, qui emplit son âme d’amour, même à cette distance.

« Athéna… »

Ce n’avait été qu’un murmure. Il l’avait retrouvée. Elle était là-bas. Elle était décidée. Elle avait peur. Le cosmos d’Athéna fut supplanté par celui de Poséidon, soudain devenu d’une force et d’une brutalité sans bornes. Le courant calme s’était soudain transformé en véritable tempête.

Non… Pas ça…

Le Lion pivota légèrement. Il observa la Déesse qui se tenait à quelques mètres et qui cherchait du réconfort auprès de lui d’un regard discret. Les trois Chevaliers d’Or lui faisaient face, comme un tribunal apportant le jugement dernier. Alors, la vision du Lion lui revint à nouveau en mémoire. Deux groupes se faisant face. Une scission. Une lumière brisée en deux, incapable de protéger la Vie. Et cette marée des ténèbres, prenant possession d’une Terre sans protecteurs.

Le Destin avançait. La Guerre Civile se déroulait sous ses yeux. L’Obscurité s’émancipait. Et lui, le Lion, n’en restait pour l’instant qu’un simple spectateur. Tel n’était pas dans ses habitudes. Il devait agir. Mais il ne pouvait laisser faire ce qui se déroulait sous ses yeux. D’un froissement de cape, il se retourna complètement, faisant face au groupe. Ses yeux brillaient de détermination.

« Chevaliers, vous déshonorez votre Armure et votre rang ! Est-ce une façon de se tenir et de s’adresser à la Déesse Athéna ? Reprenez-vous !!! »

Le Lion s’avança, se plaçant aux côtés de sa Déesse mais légèrement en avant et de profil. Ainsi, il n’était pas face aux Chevaliers d’Or, mais à toute l’assemblée. Une position qui lui permettait de se tenir proche d’Athéna afin de pouvoir la protéger, tout en ne se mettant pas en conflit avec ses frères d’armes.

« Tout ceci n’est qu’une mascarade immorale. Je lis dans vos cœurs, et comprends vos tourments. Mais la Déesse qui se tient devant vous est bel et bien Athéna, et en tant que tel, elle n’a pas à répondre à vos insubordinations. Rappelez-vous qui vous êtes : vous êtes des Chevaliers Sacrés !!!! »

Corell observait avant tout le Chevalier du Verseau, qui semblait le plus mal avisé des trois. Bien qu’il ne connaisse peu le Taureau, il avait foi en sa sagesse. Au final, le plus imprévisible des trois allait être le nouveau Capricorne, dont il ne connaissait pas le nom. Si l’Armure du Capricorne l’avait choisi, c’est qu’il en valait la peine. Mais le Capricorne était avant tout une lame. Une fois sa décision prise, il était dur de le faire revenir à la raison… Corell espéra qu’il saurait faire le bon choix.

« Dans tous les cas, l’heure n’est plus à la discussion. Pendant que nous nous rendons aveugles par notre quête de réponses, le monde est en train de sombrer. »

Le regard du Lion glissa un instant sur le Dieu des Forges. Il partageait l’avis de ses frères d’armes. Avoir ce Dieu présent en ces lieux le gênait. Mais il était l’invité d’Athéna, aussi il respecterait les décisions de la Déesse. Son regard se posa sur cette dernière. Le Chevalier d’Or hésita un instant. Il aurait préféré ne pas en dire plus en la présence d’Héphaïstos. Mais il n’avait plus le choix.

« Athéna… Pséma du Bélier est de retour. »
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Héphaïstos


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Mar 23 Avr - 13:37

Héphaïstos resta d'abord sans broncher à l'arrivée des Chevaliers d'Or en armes et armures. Quelle que soit la sympathie qu'il pouvait avoir envers Athéna, cela ne le concernait que trop peu pour qu'il daigne y prendre une part importante. Sa politique de neutralité absolue serait compromise s'il abondait trop en son sens – si ce n'était pas déjà fait. Néanmoins, la venue du Chevalier d'Or du Capricorne ranima en lui une étincelle de curiosité. Il leva alors la main et un bloc se forma au-dessus de sa paume, en lévitation. D'après son apparence celui-ci devait être constitué de lave solidifiée et ce malgré sa forme parfaitement ouvragée. Sans faire grand cas de l'atmosphère pesante qui s'était installée, il le fit voler à travers la pièce en direction du seul à l'intéresser dans l'immédiat. Cela faisait de nombreuses années qu'il souhaitait jeter un oeil à cette légendaire épée sacrée, et la voir en action était le meilleur moyen d'y arriver.

« Comme elle l'a dit, je suis Héphaïstos, mais ne t'emmerde pas avec des questions de protocole devant moi, je déteste ça. Alors c'est ça, la fameuse épée sacrée ? Pas très impressionnant. Allez gamin, fais-moi voir ce qu'elle vaut vraiment ! »

Son geste pouvait paraître déplacé alors que l'heure était aussi grave, mais il n'était en rien concerné. De plus, s'il avait vraiment voulu les attaquer, il apparaissait comme évident qu'il ne se serait pas contenté de si peu. La capacité offensive de ce cube était pratiquement nulle, si ce n'est l'élan qu'il venait de lui insuffler. Jara ne risquait pas grand chose si ce n'est peut-être une chute dans les escaliers – ce qui, sans être agréable il est vrai, ne saurait le tuer. Ou alors de se faire mal au bras si Excalibur n'était pas aussi puissante qu'on voulait bien le dire, mais ce ne serait en ce cas pas lui le responsable. Kappa ayant eu la mauvaise idée de s'interposer, ce serait aussi une occasion de mesurer les réflexes du véritable destinataire de ce qui pouvait être vu comme un cadeau de bienvenue. L'occasion pour lui de briller aux yeux de celle qu'il ne demandait qu'à vénérer.

Outre cette frasque digne de lui, le Dieu du Feu resta sans réaction. Son rôle était de garder une position plus en retrait et de n'intervenir en personne que si nécessaire. C'était bien pour cela qu'il avait envoyé son héraut à Venise plutôt que d'y faire son apparition. C'était en qualité d'invité qu'il était ici, et il n'avait donc nullement sa place dans le débat houleux sur le point de faire rage. Du moins aurait-il préféré qu'il ne soit question que de paroles, mais à en juger par l'agressivité qu'il sentait émaner du Chevalier du Verseau, il aurait été bien mal avisé de jurer que seuls des mots seraient échangés. Et cela ne lui disait rien qui vaille. Lui-même était hanté par le doute, mais se comporter de la sorte était la pire manière qui soit de rétablir la vérité. Il posa sur eux un oeil scrutateur, nimbé d'un éclat de méfiance.

Y étant déjà enclin par nature, il ne le fut que davantage une fois confronté à une situation sur le point de dégénérer. Sa place n'était pas ici, non, en effet. Mais pour autant, ce n'était pas à un simple Chevalier d'en décider et le moment semblait être venu de le lui rappeler. Pourtant, le Dieu des Forges ne montra pas le moindre signe d'énervement. Là où d'autres dieux auraient exigé qu'il soit tué sur le champ pour avoir tenu de tels propos à leur endroit, il préférait prendre cela avec philosophie – enfin, autant que faire se peut dans un cas de figure aussi épineux. Paraissant ne pas remarquer le regard acerbe avec lequel Kappa avait choisi de le toiser, il se contenta de hausser les épaules dans la plus parfaite décontraction. La tension qui régnait en maître dans la salle paraissait ne pas l'affecter – une chance que plus d'un aurait sans doute aimé partager.

« Une simple visite de courtoisie. J'aurais aimé dire qu'il en va de même pour vous, mais pour ça il aurait fallu pour commencer que vous vous montriez courtois... Je croyais que la réunion était terminée. Je suppose que tu as oublié tes clés ? »

Une telle ironie risquait fort de mettre du sel sur les plaies, mais il n'en avait cure. Si tendues que puissent être les personnes présentes, c'était dans sa nature de se conduire comme tel, au mépris du danger s'il le fallait. C'était le cas en l'occurrence. Avec un peu de chance, le gardien de la onzième maison se rendrait compte de la chance qui était la sienne que le Divin Boiteux ait préféré tourner cela en dérision plutôt que de s'en offusquer et lui en serait gré... Mais il ne fallait pas trop y compter. En réponse à l'invitation d'Athéna, il se leva de son siège, non sans regretter de n'avoir pu plus longtemps en profiter. Il ne s'en fit pas plus solennel pour autant, scrutant la physionomie de chacun de ceux qui se tenaient face à eux avec un rien de curiosité. N'ayant plus visité le Sanctuaire des années, il ignorait combien les Chevaliers d'Or en poste à sa dernière visite avaient pu changer.

Même s'il n'en gardait aucun souvenir, Héphaïstos, lui, se rappelait distinctement le Chevalier du Taureau. Oui, Marcus avait été l'un de ceux à prendre part à son tournoi, celui-là même que Corell avait remporté. Il regretta qu'à l'époque le Lion n'ait pas eu à l'affronter. Au moins aurait-il pu se faire une idée du résultat d'une confrontation entre les deux. Mais pour avoir observé chacun des affrontements avec la plus grande attention, il savait que le protecteur de la deuxième maison était un homme sage. Le trouver dans les rangs de pseudo-renégats avait de quoi surprendre, et le mutisme dans lequel il était resté plongé ne l'aidait pas à deviner ce qu'il pouvait bien avoir en tête. Le Dieu du Feu pensa cependant pouvoir lui faire confiance, car même si cela faisait des années, il avait dans l'idée que l'Aldébaran du Sanctuaire n'avait pas tant changé. L'avenir le lui dirait.

Contrairement à Corell, il préféra rester légèrement en retrait - car c'est là qu'était sa place. Cela ne l'empêcherait pas de la défendre s'ils avaient l'indécence de la prendre pour cible sans qu'elle ne s'y attende, mais ce n'était pas à lui d'être en première ligne. Mieux valait laisser le Chevalier d'Or du Lion s'en attribuer les mérites. Cependant, il ne fallait pas oublier que s'il avait l'air désarmé, il n'aurait guère besoin que d'une infime fraction de seconde pour y remédier. Pas une bribe de cosmos n'émana cependant de sa silhouette, qui n'était auréolée que de ce charisme divin qu'il lui aurait été plus difficile de réprimer. Si en temps normal, il ne demandait pas mieux que de s'en débarrasser, il se pouvait qu'elle ait ici son utilité - fut-ce de rappeler à Kappa à qui il était en train de s'adresser.

« Crois-le ou non, les choses n'ont pas tant changé. Ça fait des siècles que le monde est en train de sombrer. Aujourd'hui, on a juste l'occasion de finir le travail. » commenta-t-il avec cynisme.

Mais un malheur n'arrive jamais seul, et il ne fallut pas longtemps pour que d'autres problèmes soient mis sur le tapis. Pséma du Bélier. Il ne se retint que très difficilement de grimper des dents. Ce nom venu tout droit d'un lointain passé était de ceux qu'il aurait préféré oublier. Son attention se porta sur Athéna, avec qui il échangea un regard de connivence. À son instar, elle ne devait que trop bien savoir ce que cela voulait signifier. À condition bien sûr que ce soit bien la vraie. Mais toujours était-il qu'à la lumière de cette nouvelle donnée, cela n'avait plus autant d'importance, à la vérité. Car quels qu'en soient les concernés, c'était inéluctable à présent : la guerre totale ne tarderait pas à être déclarée. S'étant raidi à cette annonce, il eut une pensée pour Alephist qui se la coulait douce dans les rues de la capitale italienne. Peut-être était-ce lui qui aurait dû s'y rendre, finalement.

Ça lui aurait fait des vacances.
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Jara


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Mar 23 Avr - 23:09

    Jara ne savait que dire ; il ne savait que faire. Devant lui se tenait la seule femme qu’il avait rêvé de rencontrer depuis dix longues années, et pourtant, il ne fit rien. Il l’a contempla, encore et encore si bien qu’il en oublia le Superbe Homme aux côtés de sa Déesse. Cependant, le Verseau ne semblait pas l’avoir oublié et, le jugeant hostile, il enjamba le pas devant le nouveau Capricorne. Quel ne fut pas l’étonnement du jeune chevalier lorsqu’il vit le Prince des Glaces se dresser devant lui, comme pour le protéger de toute surprise. Ce n’était clairement pas le genre d’attitude que celui-ci avait démontré il y avait moins d’une heure. Au contraire, un combat aurait pu éclater sans l’arrivée providentielle du Général des Armées. Jara sourit quelques secondes, heureux d’avoir finalement trouvé un pilier sur lequel s’appuyer dans ce nouveau monde qui était le sien.

      Rappelez-moi plutôt la raison de votre présence en ces lieux, Dieu des Forges ?

    Dieu des Forges ? Cet être à la beauté suprême serait un dieu ? Bien loin de son comportement habituel, le sang-froid légendaire du Capricorne plia le genou un instant, laissant perler une goute de sueur sur la joue du jeune homme. Le voilà dans une situation bien délicate. Aucun acte de politesse n’avait été suivi alors qu’il se trouvait là devant deux dieux dont celle à laquelle il devait jurer fidélité éternelle. Pourtant, il n’avait fait qu’imiter les actions des deux anciens qui l’avaient conduit ici.

    Le glacé Kappa ne semblait pas apprécier la divinité flamboyante et détourna son regard pour le plonger du côté d’Athéna. Pourtant, celle-ci ne semblait guère obtenir une œillade plus affable. Il serait même plus juste de constater quelle était le fruit de ce froncement de sourcil qu’il arborait depuis son arrivée au sommet du Sanctuaire. L’Aldébaran, au côté des dits Capricorne et Verseau ne fit que croiser les bras et observer la scène, comme le faisait actuellement la Déesse de la Sagesse.

    Le Lion, fier représentant de son signe, le fit savoir. Alors qu’il était face à la Déité Guerrière, il fit volte-face violemment, laissant voler sa cape d’un geste majestueux. Tel un fauve, il réprimanda les trois Chevaliers d’Or présents. Leur attitude était inacceptable. Comment pouvait-il se tenir de la sorte devant celle qu’ils avaient juré de protéger ? Soudain, Athéna s’avança également, laissant voleter sa chevelure écarlate au même niveau que la cape du Saint l’accompagnant, elle fit sortir son assurante mais néanmoins angélique voix :

      Veuillez montrer plus de respect envers un Dieu, et envers un invité de surcroît...cria-t-elle au trois concernés. Se tournant alors vers Jara cette fois-ci, un doux sourire s’affichait sur ses pommettes rosées, Jeune homme sache que tu te dresses devant Héphaïstos, Dieu des Forges et des Volcans. Et il est ici parce qu'il a bien voulut accepter l'invitation que je lui ai faite.

    Héphaïstos était donc le nom de la Divinité des Flammes. Ces deux dieux semblaient fort proches pour s’inviter mutuellement dans des lieux pourtant très privés, même au sein de la chevalerie. Comprenant qu’elle était toisée du regard par Kappa cette fois-ci, elle fit taire ses yeux accusateurs en le reprenant à l’ordre. Elle symbolisait bien ses deux forces : la Sagesse, certes mais aussi la Guerre.
    Comme pour s’affirmer plus encore, du haut de son rocher, le Roi des Animaux rugit de nouveau :

      Tout ceci n’est qu’une mascarade immorale. Je lis dans vos cœurs, et comprends vos tourments. Mais la Déesse qui se tient devant vous est bel et bien Athéna, et en tant que tel, elle n’a pas à répondre à vos insubordinations. Rappelez-vous qui vous êtes : vous êtes des Chevaliers Sacrés !

    Il est vrai. Jara ne l’avait pas oublié. Non pas qu’il était un Chevalier Sacré, cela était ancré en lui depuis qu’il avait endossé sa luisante armure dorée. Non, le fait que la situation au Sanctuaire était aussi tendue que la scène actuelle. Il y avait deux Athéna, Kappa l’avait mis au courant. Reprenant son sérieux, le Capricorne ne pouvait écarter la possibilité que celle qui se tenait devant lui fût une usurpatrice. Il ne répondit donc pas à son sourire, bien que cela lui fende le cœur. Il aurait aimé ne pas avoir l’esprit aussi objectif et aiguisé et simplement s’agenouillé devant elle mais il en était autrement, sa nature l’obligeait à se méfier de tout et à continuer éternellement à aiguiser sa lame jusqu’à ce que le mal apparaisse au grand jour et soit pourfendu par son épée.

    Le Lion d’Or allait continuer son long discours moralisateur mais il ne put finir sa phrase. De nulle part, le Divin Forgeron leva le bras et au même instant, à une vitesse luminique, un cube de pierre s’échelonnant largement au même niveau que la statue de sa Déesse apparut, juste au dessus, comme un objet céleste. Il comprit vite que cette roche était une création d’Héphaïstos. Qu’est-ce qui le prenait ? Il semblait trop rapide pour que qui que se soit ne s’en aperçoive encore. Il le lança en direction de Kappa ! il devenait fou ! Le Verseau, trop obnubilé par celle qu’il considérait comme l’Imposteur, n’y prêta guère attention l’espace d’une seconde.

      Comme elle l'a dit, je suis Héphaïstos, mais ne t'emmerde pas avec des questions de protocole devant moi, je déteste ça. Alors c'est ça, la fameuse épée sacrée ? Pas très impressionnant. Allez gamin, fais-moi voir ce qu'elle vaut vraiment !

    La voix du Dieu du Feu se fit entendre. Jara était la cible de cette mascarade. Comment pouvait-il être au courant pour la Lame Sacrée que renfermait son bras droit ? Menaçant de l’atteindre lui mais surtout le Seigneur des Neiges, à une vitesse presque équivalente à celle de la masse sombre, il bouscula Kappa d’une violence inouïe dans la direction du Taureau d’Or.

      Très bien Divin Héphaïstos. Si mon glaive attise tant ta curiosité, sois en témoin ! clama la Jeune Lame.


    D’un geste rectiligne, s’alignant parfaitement à la droiture du gigantesque cube, le nouveau Capricorne dressa son bras droit, maintenant perpendiculaire au sol. Une pulsion cosmique, arborant des teintes dorées parcourait ce même membre. Il était maintenant complètement illuminé et radiait de lumière. Il clama alors, le nom de son épée intangible.

    EXCALIBUR !
    À l’instant même où il eut prononcé cette dernière syllabe, Jara abaissa aussitôt son glaive laissant s’échapper une flamboyante attaque tranchante. Irradiant de flammes d’or, cette même lame se dirigeait droit sur cette création divine. L’atteignant finalement, ce n’est que lorsque le Gold Saint déposa son bras gauche sur celui exécutant l’attaque que la roche de magma fut coupée en deux et bientôt pulvérisée.

    Cette scène, digne d’un théâtre prit fin de cette façon. Gardant un sang-froid d’or, le Dixième Gardien ne montra pas un signe de faiblesse. Pourtant, il avait horriblement mal et souffrait le martyr. Son bras semblait cassé. Grâce à de légères montées de cosmos, il lui était cependant possible de le bouger. Ce n’était, en revanche, pas ce qui offrait le plus de douleur au nouveau Chevalier d’Or. C’était une brûlure. Le fourreau de l’épée sacrée brûlait comme un diable. Aucune flamme n’était visible, ni à l’extérieur, ni à l’intérieur. Pourtant, il avait l’impression d’avoir plongé son bras dans du magma en fusion. Etait-ce justement un effet du Dieu du Feu ? Il n’en savait rien mais ce mal semblait venir d’ailleurs, comme un appel désespéré, attendant une réponse dans l’immédiat. Il se retenait de trembler.

      J’espère que le spectacle a été à votre goût, Forgeron.
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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Dim 28 Avr - 19:58



L’absence de commentaire et la réaction limitée à un haussement d’épaules de la part d’Héphaistos en dit long sur ce qu’il pensait. Malgré ma totale irrévérence et mon agressivité non dissimulée, le dieu des Forges savait pertinemment qu’il n’avait rien à faire ici, et rien, pas même son statut divin, ne pouvait changer cela. Un sourire intérieur de satisfaction s’empara de moi un bref instant, avant que Corell du Lion n’intervienne à son tour, de la manière la plus prévisible du monde. Irrité par sa première intervention, je lui rétorquai aussitôt froidement :
- Rien ne te prouve qu’elle est la véritable Athéna, Corell ! Que fais tu de celle qui se trouve actuellement auprès de Poséidon ?

Loin de se démonter, le cinquième gardien enchaîna immédiatement,ce qui me poussa à répliquer à nouveau :
- Justement ! En tant que chevaliers d’Athéna, il est de notre devoir de servir la véritable Athéna, et pas une entité qui ose en usurper l’apparence ! Ajoutai-je d’une voix soudain plus forte et pleine de reproches. Tu es tellement dévoué à ta cause que tu t’es laissé aveugler, Corell. Cette… chose… n’est pas la véritable Athéna. Mashia Mokushi, l’ancienne Lotus, et son enveloppe corporelle, ne faisait jusqu’à présent qu’un avec la déesse Athéna. C’est un fait ! Et à présent, il est bien évident que Mashia a totalement disparu.

L’ambiance était de plus en plus tendue dans la pièce, et je savais parfaitement que mes paroles ne feraient rien pour arranger les choses. Mais il fallait tenter de ramener Corell à la raison.
- Quant à toi, poursuivis-je en me tournant vers la prétendue Athéna sans la moindre forme de politesse, si tu es bel et bien ce que tu prétends être, alors moi je suis Zeus en personne ! lâchai-je en la foudroyant du regard.
Le tutoiement était clairement provocateur, mais le fait qu'elle usurpe l'identité de Mashia m'était à présent devenu insupportable...

Corell choisit alors ce moment pour introduire un nom qui raviva en moi un cours d’histoire vieux de qques années : Pséma du Bélier. Dans mes souvenirs, c’était en fait le traître que son élève Scipion avait rattrapé et vaincu plusieurs générations auparavant. Mais comment Corell pouvait il connaître le cosmos de Pséma ?

C’est alors qu’Héphaïstos lança une boule de magma dans ma direction. Entièrement tourné vers Athéna et Corell, je fus complètement pris au dépourvu. Dans la seconde qui suivit, je vis briller un reflet d’or et la boule de magma se sépara en deux parties qui allèrent s’écraser de part et d’autre du fond de la salle. Avant que je ne le réalise, Jara se tenait devant moi, et les tremblements discrets qui secouaient son bras ne laissaient que peu de doutes quant à l’état de ce dernier. Levant la tête vers le dieu des forges qui semblait satisfait du spectacle, je repris alors d’un ton plus agressif encore qu’auparavant :
- Êtes vous devenu fou, Héphaïstos ?! Est-ce pour vous livrer à ce genre de gamineries que vous vous êtes invité dans l’un des espaces les plus sacrés du Sanctuaire ?!
Mon regard glacial détailla le dieu d’apparence tellement humaine de haut en bas avant que je n’ajoute d’un ton soudain dédaigneux en posant ma main sur l’épaule de Jara en signe de soutien :
- Cela ne fait que confirmer ce que je pensais… Vous n’avez vraiment RIEN à faire ici, parmi nous...

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Marcus


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Jeu 2 Mai - 12:58

Ф Face à face Ф


Si Marcus avait choisi de rester en retrait et de se taire dans un premier temps, c'était évidement pour avoir un point de vue d'ensemble sur la situation, les discutions et les tensions, et il avait été servi. Plus que tout, le général des armées avait souhaité voir et ressentir le caractère de sa déesse et en vingt ans de service au sein de la chevalerie, le doyen n'avait jamais vu Athéna aussi véhémente, Kappa marquait un point.

La présence d'Héphaïstos qui lui avait d'abord posé problème ne lui importe désormais guère, le Dieu des Forges était connu pour sa neutralité et Marcus n'avait rien lu de répréhensible à son sujet lors des matinées passées dans la bibliothèque du Sanctuaire pendant sa formation. Héphaïstos resterai donc un élément à prendre en compte dans la balance, mais pour l'instant Marcus préféra se concentrer vers le noyau du problème. Comme à son habitude, le géant à la peau d'ébène avait planifié de réglé ça pacifiquement, mais l'accusation ouverte de Kappa lui avait coupé l'herbe sous le pied, pour autant la solution pensé par Marcus restait viable. Il s'avança donc jusqu'à hauteur de son frère d'arme, lui posa une main sur l'épaule en signe d'apaisement puis le dépassa pour rejoindre Athéna et Corell, mais il parla d'une voix puissante comme s'il s'adressait à toute l'assemblé présente.

Déesse Athéna, Chevalier du Lion, je rentre à l'instant et j'ai reçu le rapport des derniers événements. Les faits ne sont pas discutables, deux Athéna coexistent en ce moment même et chacune d'elle accuse l'autre d'être l'usurpatrice et malheureusement nous n'avons aucun moyen physique ou cosmique de faire la différence. Prendre partie pour l'une ou l'autre est la pire des solutions puisqu'elle implique la dissolution et la confrontation des Chevaliers d'or comme tend à nous le montrer le comportement de Corell et Kappa. Je vous pose donc la question, Athéna et vous Chevaliers, quelle est la pire situation dans laquelle nous puissions aboutir à présent ?

...

Vous vous imaginez peu être divers scénario où les Chevaliers des deux camps s'affronterai et où l'une des deux Déesse Athéna l'emporterai, mais vous vous trompé largement. La pire des solutions serait que nous mourrions tous Athéna comprise et que son culte disparaisse, balayant alors ses valeurs et ses millénaires de combat pour l'espoir, l'amour et la paix.

Le géant d'ébène laissa quelques seconde de silence afin que tous puisse entrevoir les conséquences de leurs choix et de leurs actes. Pour autant il fallait battre le fer pendant qu'il était chaud et ce ne serait pas Héphaïstos qui le contredirai, aussi il poursuivi.

La Déesse Athéna est la chef suprême de notre camp et notre missions sacré à nous Chevalier est de la protéger, c'est pourquoi nous ne pouvons nous permettre d’obéir aux ordres de l'une ou de l'autre car cela signifierait la fin du culte d'Athéna, il est donc de mon devoir de prendre désormais les rênes du Sanctuaire en tant que Général des Armées du Sanctuaire.
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Mashia


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Jeu 16 Mai - 21:50



Pourparlers °~



Beaucoup de bruit pour rien. Tumulte de voix, concerts de médisances, insultes. Cette entrevue prenait des proportions ridicules. La Raison qu'Athéna incarnait, se désolait d'un tel spectacle et pourtant. Et pourtant sur son visage, rien ne laissait paraître sa colère, son trouble ou son désarroi. Qu'importe ce petit jeu, cette mise en scène puérile. Elle ne voyait là que des hommes orgueilleux, fiers et tellement sûrs d'eux-même. Sauf chez certains où subsistait encore la figure du chevalier. À ceux là, malgré quelques écarts – elle sourit pourtant à Héphaïstos et à Jara qui leur avaient offert là un drôle de spectacle- elle leur adressa un long coup d’œil, comme pour les sonder. Athéna restait calme, même en de telles circonstances. Ô cela ne voulait pas dire que les paroles de Kappa ne l'avait pas atteinte ! Bien au contraire !
Les derniers événements, elle les avait plus ou moins prédit. Après tout, c'était assez évident à deviner. Le cœur des hommes était facilement déchiffrable, pas comme ceux des divinités. Héphaïstos ne pourrait la contredire sur ce point. Le comportement du Chevalier des Glaces ne laissa qu'une empreinte dans son cœur. Pourquoi libérer sa colère sur lui ? Cela ne ferait que le conforter dans son idée. Non, il fallait agir autrement. Croisant les bras, elle se détourna de tout ce petit monde pour faire quelques pas, tournant son visage vers la lumière filtrée par la vitre. La nuit s'installait sur le Sanctuaire Sacré. Un nouveau jour ne tarderait plus.

Que devait-elle faire pour prouver sa bonne foi ? Rien, hélas. L'esprit des hommes restaient à jamais buté, même à travers les âges. Les éons. Ses iris turquoises reflétèrent la traversée d'une étoile filante dans les nues obscures.

« Baissez d'un ton Chevalier du Verseau, nous ne sommes pas à la criée. »

fit-elle sur un ton calme et désinvolte. Un sourire tendre s'épanouissait sur son minois de poupée. Visage qu'elle tourna vers les autres. Tant de sérénité se dégageait d'elle ! Qui pourrait soupçonner que tout ceci était un leurre mise à part le divin Forgeron ? Éludant la plupart des questions ou déclarations à son adresse, Athéna semblait se perdre dans ses propres réflexions. Son attitude ne changeait en rien mais pour ceux qui la connaissait un peu, ce silence évoquait une grande inquiétude. Une contrariété grandissante.

« Chevaliers Jara, bien qu'il soit tentant de répondre aux provocations d'Héphaïstos» – lui lance un regard espiègle – « N'usez plus de votre cosmos ici … »

Puis, aux dernières paroles du Taureau, Athéna resta perplexe. « Pourparlers.» fit-elle le plus naturellement du monde. « Je vous suggère une alternative. Une autre option totalement pacifique et qui ne coûterait rien au final, sinon de dévoiler la Vérité.»

Prenant une grande inspiration, la jeune femme se détourna de sa contemplation pour finir de s'approcher du Chevalier du Lion. L'un des seuls à encore croire en elle aveuglément. Sa main se posa avec douceur sur l'une de ses épaulettes dorée, et, lui accordant un autre sourire calme, la divinité de la Sagesse continua en fixant intensément l'Aldébarran.

« Vous êtes effectivement Chef des Armées, mais cela ne vous donne aucunes autorités, ni droits sur le Sanctuaire. Seuls moi et le Grand Pope pouvons prétendre à cela. Aussi réfléchissez à ma proposition»

Athéna reprenait la dureté qui la caractérisait parfois en tant que Déesse Tactique. Cela ne l'empêchait pas d'appréhender les différentes réactions de ses Chevaliers. Ses yeux cherchaient ceux du Dieu invité, essayant de capter son attention pour un quelconque soutien. Même si sa neutralité était bien connue, Athéna savait que son demi-frère ne pouvait rien lui refuser.

« Permettez une entrevue avec la seconde Athéna, dans un lieu totalement neutre si cela vous sied... Vous verrez bien alors qui de nous deux, est la vraie. »

Un silence pesant s'installa suite à ses dernières paroles. Alors, qu'allèrent-ils décider ?

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Kyros


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Sam 18 Mai - 11:46

Temple du Bélier Arrow

J'avais oublié à quel point monter les marches du Sanctuaire, menant à la Statue d'Athéna pouvait être long et éprouvant. Mais quoiqu'il en soit, c'était fait. Je n'étais plus qu'à quelques pas de la Déesse Athéna et des Chevaliers présents en ces lieux.

L'ambiance n'était pas des plus joyeuses. Même en restant quelque peu en retrait, il était visible sur les visages de tout le monde que la tension battait son plein. Mon pressentiment était donc exact, malheureusement.

- Nous y voilà!

T'sio arrivait ici pour la première fois, étant donné qu'il ne lui avait pas encore été donné l'opportunité de venir jusqu'ici. Seulement, et maintenant? J'étais tellement préoccupé par ce qu'il se passait ici, que j'avais oublié une chose très importante, y avais-je ma place?

Deux divinités, accompagnées de quatre Chevaliers d'Or. La présence d'un Chevalier de Bronze serait-elle bien vue et surtout acceptée? Je me retrouvais à présent sous leurs yeux, pour peu qu'ils aient pris la peine de se retourner pour nous voir arriver auprès d'eux. Mais les mots ne sortaient pas. Que pouvais-je dire pour justifier ma présence en ces lieux?

Mais ce soucis fut effacé aussitôt que les paroles de la Déesse Athéna vinrent effleurer mon ouïe. Je portais alors un regard concentré sur elle.

"C'est pas possible!"

C'était bel et bien Athéna, pas de doutes possibles, ou plutôt, il était tout simplement impossible de la différencier de Mashia. Même visage, même aura, même Cosmos. Tout était parfaitement similaire. J'avais osé espéré pouvoir découvrir la supercherie rien qu'en aillant vu les deux, mais ça ne pouvait être aussi simple. Evidemment! Si quelqu'un, une divinité ou autre était derrière tout cela, il ne pourrait pas obtenir le résultat qu'il désirait sans que la copie soit parfaitement identique à l'originale.

Je m'en voulais d'avoir été aussi naïf. Mais la seule solution envisageable était réellement de confronter les deux Athénas, mais cela originait également un risque élevé, car la copie n'hésiterait probablement pas à attaquer l'originale si l'occasion se présentait. L'affrontement immédiat était loin d'être une bonne solution, mais l'alternative n'en était pas forcément meilleure. Je m'avançais finalement et décidait de prendre la parole. S'il fallait que les deux Déesses se rencontrent, alors je serai présent quand cela arriverait.

- Déesse Athéna, enfin si vous êtes bien qui vous dites être, permettez-moi de vous parler à cœur ouvert. Notre incertitude quant à votre réelle identité se doit avant tout à une chose, le massacre des gens de Rodorio pour votre libération! J'avoue que cette situation n'aide pas à ce que je puisse croire aveuglément que vous êtes bien la réincarnation de la Déesse Athéna, car je doute qu'Athéna, qui protège la vie des innocents avant elle-même, puisse accepter ce genre de sacrifice. Comprenez que les derniers événements ne vous aident pas beaucoup.

Je marquais un temps d'arrêt, regardant tous ceux qui se trouvaient présents, me regardant avec un air des plus sérieux.

- Ne prenez surtout pas nos paroles et nos actes comme une affronte à votre personne, mais nous sommes tous confus et l'incertitude s'est installé parmi nous. Je me doute bien que les paroles d'un vulgaire Chevalier de Bronze ne vous importe que trop peu, mais quoiqu'il en soit, je me devais de vous dire ce qui me pesait sur le cœur.

Je me tournais alors vers le Chevalier du Taureau. Pas la peine de dire quoique ce soit, mes yeux seraient largement suffisants pour me faire comprendre. Si jamais il acceptait la proposition de la Déesse Athéna, alors je voulais faire partie de son escorte. Je voulais être présent au moment où les deux Divinités seraient face à face!
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Corell


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Mer 22 Mai - 1:55

Tout allait vite. Bien trop vite. Néanmoins, il le fallait. Le monde courait à sa perte, le Lion le sentait aussi clairement qu’il l’avait entrevu lors de sa vision, au plus profond de la Mort. Il fallait agir. Et agir vite.

Mais bien que le chemin s’étende à ses pieds, le Chevalier d’Or ne pouvait se résoudre à l’arpenter. L’équilibre de force entre la Lumière et les Ténèbres risquait à tout instant de basculer. La moindre mauvaise décision, le plus simple acte de vie, pouvait donner avantage à l’obscurité, et clore définitivement le destin de l’humanité. Corell se battrait pour l’espoir. Mais il ne pouvait se résoudre à prendre une décision qui les mènerait tous au désastre. Pourtant, bien que les mots du Verseau aient été forts de détermination et d’irrespect, le Saint ne pouvait laisser passer un tel affront.

« Tu n’as pas tord, Kappa. Je ne peux prouver que c’est la véritable Athéna qui se tient à mes côtés. Néanmoins, je te retourne la question : prouve-moi, toi qui semble si sûr de toi, que c’est elle l’usurpatrice ! Tout ce que je sais, c’est que cette femme qui se tient devant toi, a le cœur, l’âme, le cosmos et le regard d’Athéna. Même l’Armure d’Or du Lion lui a donné sa confiance. »

Kappa allait répondre, alimentant une discussion de plus en plus animée, lorsque Hephaistos devint soudain fou. En un instant, sans aucun signe avant-coureur, le Dieu catapulta un énorme cube de lave solidifiée en direction du Verseau, prenant les Chevaliers d’Or au dépourvu… Sauf un. Un rayon de lumière apparut, plus fin qu’une feuille de papier mais plus coupant que la plus aiguisée des lames, vint briser la roche en deux.

Le Lion ne pu s’empêcher de faire un demi-sourire devant le spectacle de précision, de vitesse et de noblesse qui se déroulait devant lui. Son regard traîna sur le Chevalier du Capricorne et son bras. Et bien que la lame ait été brisée par la puissance du Dieu, il ne pouvait qu’être admiratif de ce jeune Saint d’Or.

Ainsi, voilà enfin Excalibur, l’Epée Sacrée… Il me tardait de la voir enfin. Magnifique.

Les paroles du Verseau le ramenèrent sur terre. Kappa marquait un point.

« Divin Hephaistos, malgré tout le respect que j’ai pour vous, veuillez ne pas oublier que vous êtes un invité en ces lieux. Vous vous trouvez en ce moment dans les quartiers d’Athéna, au sommet du Sanctuaire Sacré. Je vous demanderai s’il vous plait de ne plus souiller ce lieu d’amusements aussi triviaux. »

La menace était à peine dissimulée. Le Lion était fidèle à sa Déesse. Et cette fidélité lui faisait tolérer la présence du Dieu des Forges. Mais ce dernier avait osé déployer son énergie dans un lieu saint, et avait brisé le bras du Capricorne, et ce devant Athéna, sans aucune hésitation.

Si le Dieu n’était pas plus respectueux, le Lion aurait du mal à garder son sang froid.

Fort heureusement, les paroles pleines de bon sens du Chevalier du Taureau calmèrent l’atmosphère de plus en plus électrique. Le Lion fut légèrement attristé de voir qu’Aldébaran n’avait pas compris sa position… Avant de rester de marbre face à la réponse d’Athéna. Lorsque le Chevalier du Cygne entra et s’adressa à la Déesse, Corell resta interdit, perdu dans ses pensées.

L’indécision l’avait quitté. Soudain, il sut ce qu’il avait à faire.

« Kyros, Chevalier du Cygne, détrompe toi. De Bronze ou d’Or, toute voix a sa place dans l’Armée d’Athéna. Je suis néanmoins attristé que toi aussi, tu doutes que la femme qui se tienne devant toi soit Athéna. Surtout que cette dernière a raison », dit-il en jetant un regard vers Aldébaran.

« Je suis d’accord avec toi, Aldébaran. Tant que deux Athéna dirigeront le monde, nous ne pourrons nous réunir. Un homme doit prendre les rênes du Sanctuaire. Un homme fidèle à Athéna. Pas à l’une ou à l’autre, mais à ce qu’elle représente, pour ce quoi elle se bat, pour l’idéal qu’elle incarne. Un homme qui saura réunir les Saints, et apporter la Vérité. Et alors, le Mal pourra être vaincu. »

Le Lion se tourna vers Athéna. Il la regarda longuement, plongeant son regard dans le sien, cherchant un seul indice qui l’avertirait sur la duplicité de la jeune femme. Mais il n’y avait rien. Ce regard, ce feu brûlant, si chaud et si féroce, qui brillant dans les prunelles bleutées de la jeune femme était bien celui d’Athéna. Il l’aurait reconnu entre mille.

Mais là n’était pas la question.

« Athéna. Mes Crocs sont vôtres, maintenant et à jamais. Je suis d’accord avec vous : l’heure de la confrontation finale a sonné. Mais le Chevalier du Taureau a également raison. Pour l’Humanité, pour la Vie, et pour la survie de notre Ordre, vous ne pouvez pas rester à la tête du Sanctuaire Sacré. Sinon, nous ne pourrons jamais être unifiés. »

Le Chevalier d’Or se mit soudain à genoux, sans quitter la Déesse du regard.

« Moi, Corell, Chevalier d’Or du Signe du Lion, souhaiterais devenir votre Grand Pope, le temps que cette crise se termine. »
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Kappa


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Mer 22 Mai - 3:15



Spoiler:
 


Bien que tranchantes et sans pitié, mes paroles semblèrent faire leur chemin dans l’esprit du Lion, qui rétorqua aussitôt de la manière que j’avais prédit, mais que j’aurais préféré éviter. Il allait falloir que je prouve à chacun ce que j’avançais, et donc, que je parle de choses que j’aurais préféré garder intimes devant toute cette assemblée. Cette idée m’agaça, mais je l’avais cherché…

Mais ce qui m’étonna en revanche, c’est que Corell ne sembla pas être hostile à la proposition de Marcus. Le choc fut tel que j’en demeurai interdit. C’était rare de sa part, et cela témoignait de toute évidence de la gravité de la situation. Quant à Athéna, enfin, sa copie grossière, elle jouait son va-tout en tentant de calmer les esprits, en souriant sagement, et en tentant de conserver son calme face à mes attaques. Mais elle n’avait encore rien vu… Demeurer impassible était la seule arme qu’il lui restait pour ne pas se dévoiler au grand jour. C’était donc tout à fait prévisible, et ce que je m’apprêtais à faire porterait l’estocade à cette mascarade. C’est lorsque je m’apprêtais à prendre la parole qu’un invité surprise entra timidement dans la pièce : Kyros ! Mon propre disciple. Mes lèvres murmurèrent son nom tandis qu’il s’avançait dans la pièce et entamait son discours. Un seul faux pas et il se retrouverait au cœur de ce maelstrom cosmique que nous formions tous. Le savoir ici ne me plaisait pas, mais je n’y pouvais plus rien, à présent.

Le Lion s’avança alors vers celle qu’il pensait être sa déesse, et lui demanda de libérer le pouvoir, de le confier à un de ses chevaliers. A nouveau, son comportement me laissa sans voix. Jamais je n’aurais cru cela de lui. Ce n’est que lorsque Corell s’agenouilla devant Athéna que je me ressaisis. C’en était trop. M’avançant lentement vers le chevalier d’Or du Lion, je posai une main sur son épaule avant de prendre une nouvelle fois la parole :
- Allons, lèves toi, Corell. Tu t’agenouilles devant une fausse Athéna… Et puisque tu veux des preuves, je vais t’en fournir séance tenante…
Je fis alors volte face vers l’assemblée avant d’observer chacune des personnes présentes dans la pièce, à l’exception du Lion et d’Athéna qui se trouvaient à présent derrière moi.
- Je suis sûr, que vous souhaitez tous savoir pourquoi je suis si sûr de moi. Et si tu penses, Corell, que je m’avance sans preuve, c’est bien mal me connaître.

Je me mis alors à faire les cent pas tout en expliquant :
- Comme vous le savez tous, il y a de cela six ans, la précédente enveloppe charnelle d’Athéna a été empoisonnée, et notre déesse a été forcée de se réfugier dans un autre corps, pour sa propre sécurité. L’identité de son hôte, vous la connaissez tous, ou presque, ajoutai-je en posant brièvement mon regard sur Jara. Il s’agit de Mashia Mokushi, l’ancien chevalier d’argent du Lotus. Ce que peu d’entre vous savent, en revanche, c’est qu’avant cela, j’ai bien connu Mashia, en tant que personne. Lorsqu’Athéna s’est réfugiée dans son corps, elle a fait en sorte que la jeune Mokushi demeure en vie, et vive en harmonie avec elle. N’importe lequel d’entre vous pourrait échanger quelques mots avec Mashia, du moins, si la vraie Athéna se tient devant nous en ce moment même. Ses pensées, et ses souvenirs, sont en parfaite adéquation avec ceux de notre déesse. Elle me l’a prouvé à de nombreuses reprises. C’est un fait.

Je fis alors à nouveau demi-tour pour me tourner vers la fausse Athéna, et plonger mon regard glacial dans le sien.
- Et si tu es la vraie, tu pourras sans peine me dire où nous nous sommes rencontrés pour la première fois, n’est ce pas Mashia ?
J’attendis un bref instant, avant de repartir à la charge :
- Non ? Alors peut être quelque chose de plus significatif. Qui est Lya ? Où l’as-tu rencontrée ? Quel âge a-t-elle ?
Était-elle désorientée par cette avalanche de questions ? Possible, mais je n’en avais cure. Je tenais pour certain qu’elle n’avait la réponse à aucune de ces questions… Chacune de mes questions était un nouvel assaut et une nouvelle preuve pour tous ceux qui nous entouraient. Sous peu, le miroir de paix et de tranquillité qui se lisait sur son visage volerait en éclats pour dévoiler la pourriture se cachant derrière.
- Allons, ne me dis pas que tu as oublié la date d’anniversaire de celle que Mashia considère comme sa petite fille ?

Un bref silence s’abattit dans la salle, et j’ajoutai sur un ton soudain dédaigneux et provocateur :
- Eh oui, les réponses manquent… Et pourtant, la vérité semble parler à travers l’absence de réponses concrètes… Saches que jamais je ne te laisserai rencontrer Athéna. Parce que je SAIS que tu n’es qu’un double, une pâle copie de l’originale. Tu as peut être le même regard, la même voix et les mêmes cheveux, le même cosmos même. Mais tu n’as pas et n’auras jamais la douceur et la manière d’être de Mashia… C’est ce qui t’a trahie…

Je me tournai finalement vers Corell, avant d’ajouter :
- Voila ta preuve, mon ami. Aussi parfaite qu’elle semble être, cette personne n’est qu’un imposteur et pas la déesse que tu chéris tant… Je suis d’accord avec toi en ce qui concerne la passation de pouvoir, et il me semble évident que l’Aldébaran est tout indiqué pour cette mission temporaire, conclus-je en tendant un bras vers ce dernier en lui adressant un clin d’œil discret.

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Signun


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Mer 22 Mai - 14:23

=> Le Sagittaire en sa demeure


Il se passait quelque chose en ce moment même à la Statue d'Athéna. Cela devait être important pour que quatre chevalier d'or s'y trouvent. Il y avait Corell du lion, la dernière fois qu'on avait entendu parler de lui, il affrontait un terrible adversaire, et en mourra. Aldébaran, le protecteur de la seconde maison, le géant d'ébène. Il avait également disparu durant un moment, mais son retour ne pouvait qu'être bénéfique pour le Sanctuaire. Kappa du verseau était quant à lui resté au sanctuaire malgré les ordre d'Athéna, lui n'aurait pas du être présent, mais s'il était là, c'était certainement pour une bonne raison. Puis une surprise, quelqu'un que même Signun ne connaissait pas encore malgré qu'il porte l'armure d'or du capricorne.

Mais il n'y avait pas que des chevaliers d'or présents à cette assemblée, le saint du cygne semblait représenter les chevalier de bronze devant Athéna et Héphaïstos qui était lui aussi toujours présent. Sans compter que le saint aillé ressentait le cosmos d'un autre saint qui semblait aussi se diriger dans cette direction.

    " - Pardonnez mon retard, il m'a fallu un moment avant de me rendre compte qu'il y avait autant de monde présent en ce lieu. "


Fit-il en s'approchant doucement, se demandant ce qui se passait en ce moment. En fait, il devinait un peu le sujet : une discutions pour savoir si la déesse présent était bel et bien la Athéna qu'ils avaient juré de protéger ou une imposture et surtout quoi faire pour atténuer cette incertitude. Le sagittaire n'était lui même pas certain de ce qu'il devait en penser de cette situation, il faut dire qu'il attendait de savoir si Dohko aurait put s'approcher de l'autre et ce qui lui en dirait.

    " - J'espère juste que ma présence n'est pas indésirable. "


Fit-il un peu discrètement comme ne voulant pas qu'on l'entende mais suffisamment audible pour toutes les personnes présente. Le saint ailé s'arrêta un peu en retrait du rassemblement, il voulait d'abord savoir de quoi il en retourna avant de vraiment intervenir dans la discutions.
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Jara


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Mer 22 Mai - 16:06

    Jara ne s’avait plus où regarder. Le Lion et le Verseau d’Or argumentaient sur la véritable identité de la Princesse. Leurs arguments se valaient. Toutefois, l’Indien n’avait pas sa place ici, ils semblaient tous si bien se connaître. Ne serait-ce que Kappa qui connaissait Athéna avant même sa divinisation. De son côté, Corell posait des mots sûrs, digne d’un chevalier à la noblesse d’esprit pure. Il était complètement dévoué à sa Déesse. Cependant, le Capricorne s’approchait tout de même de Kappa. De peur que celui-ci fasse une bêtise, il perdait son sang froid. Tant que le vrai du faux n’était pas démêlé, il valait mieux protéger cette Athéna et le Prince des Neiges d’eux-mêmes.

    Athéna, dans sa grande bonté, surprit pourtant le jeune homme. N’était-ce pas un de ses fidèles chevaliers qui venait de se faire attaquer ? Pourtant, il était le seul à être réprimandé pour s’être défendu. Dans un souci de politesse, et surtout, afin de mettre un terme à cette histoire au plus vite, il accepta cependant les mots de sa déité.

      Veuillez m’excuser, Dame Athéna, cela ne se reproduira plus.

    Son ton froid en disait long sur l’avis qu’il s’était fait de cette assemblée. Seul Aldébaran semblait être l’ambassadeur de la voix de la raison dans cette fanfaronnade sans nom. Comprenant que pour le moment, il n’avait rien à faire parmi de telles forces d’esprits, Jara se retourna et se remis à sa place, en retrait. Il était d’un calme divin.

    Hélas, le Capricorne est un homme solitaire, ainsi, la venue de nombreux Saints dont un autre d’or, à l’armure ailée atypique ne lui convenait pas. Il se sentait mal à l’aise. Non pas qu’il était intimidé, plutôt qu’il avait l’habitude d’être esseulé et la population grandissante au sommet du domaine sacrée l’étonnait donc.

      Grand Pope ? Je m’excuse à nouveau mais voilà là un comportement bien présomptueux, même pour celui qui porte le nom de Roi de s’autoproclamer second de la Princesse.

    Ces mots étaient sortis seuls de sa bouche. Il ne les avait pas contrôlés. Son malaise grandissant l’avait fait oublier pendant ce cours instant qu’il n’était pas seul. Etrangement, il n’espérait pas que ses paroles soient restées inaudibles. Après tout, bien qu’il ne connaisse personne ici, il n’avait fait que dire ce qu’il pensait. De son côté, le Chevalier des Glaces proposait le Taureau pour incomber à cette tâche.

    Bien que cela n’était pas un comportement décent devant deux divinités (au diable la deuxième, elle l’avait attaqué de front), l’éphèbe au teint basané s’adossa contre un pilonne tout en croisant ses bras, attendant que les longs discours politiques se terminent. Se n’était clairement pas sa tasse de thé. Pourtant, il avait oublié le mal au sein de son bras droit et le croisement de celui-ci le fit atrocement souffrir bien qu’il tentait tant bien que mal de le cacher. Depuis qu’il avait endossé cette armure dorée, son membre le lançait comme transpercer par mille flammes invisibles mais l’attaque qu’il venait de lancer n’avait fait qu’empirer l’effet. De plus, sous l’impact avec l’objet terrestre, il s’était cassé. D’ailleurs, une fine gouttelette de sang tentait de traverser tant bien que mal l’armure pour tomber au sol. Il se tourna vers le Dieu des Forges qui à son tour, le toisa de son regard brûlant. Au même instant, un véritable feu pris place sur tout son bras droit, s’étendant jusqu’à l’épaule. Jara se releva subitement en voyant ça. Au début près à étouffer la flamme sous le coup de la surprise, il se rendit vite compte que celle-ci ne le brulait aucunement. Au contraire, ce flamboiement écarlate était même apaisant. Il lui rappelait la sensation des feuilles médicinales que sa Māṁ déposait sur ses blessures, quand il était jeune.

    Que se passait-il ? Seul Héphaïstos pouvait produire un feu si intense, n’était-il pas la divinité flamboyante ? Pourtant, il avait tenté de l’attaquer quelques minutes avant. Quel était son but ?


HRP:
 
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T'Sio


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Jeu 23 Mai - 22:06

Arrow Temple du Bélier


Jamais il n'avait marché aussi vite. T'Sio essayait de suivre le rythme de Kyros, mais le Saint de Bronze faisait preuve d'une vélocité certaine, résultat de son inquiétude grandissante. Ils ne parlèrent pas, ne prononcèrent le moindre mot. Ils passèrent devant les différents temples, absents de leurs gardiens, dénués de la moindre trace de vie. Une sensation de malaise s'empara de Chevalier de la Grue à mesure qu'ils s'approchaient du sommet du Sanctuaire, comme s'il sentait que, quoi qu'il arrive, toute cette histoire n'aurait comme issue qu'une issue funèbre. Son armure lui donna un peu de sa chaleur, comme pour le rassurer. Il eut un léger sourire. Puis ils arrivèrent.

Il entendit à peine les mots que Kyros prononça. Un froid glacial régnait dans la pièce, et il n'était le résultat d'aucun cosmos. Il ne lisait dans les yeux des personnes présentes que peur, incompréhension, et colère. Son bras fut pris d'un spasme violent qu'il dissimula tant bien que mal, et la profusion de cosmos d'une puissance terrifiante lui donnait mal à la tête. Il vit plusieurs Chevaliers vêtus de l'armure d'Or des élus de la Déesse. Il vit un homme, du moins en apparence, qui ne semblait pas à sa place, et en même temps chez lui. Un Dieu.

Puis enfin, T'Sio posa les yeux sur elle. Athéna.

Une aura de majesté presque terrifiante l'entourait, et dans son regard, dansait les flammes de la guerre et de la sagesse. Mais plus que tout cela, elle était sa Déesse, celle pour laquelle il avait juré de donner sa vie, sans même l'avoir rencontré.

Mais il n'osa s'approcher. En tant que Chevalier d'Argent, il ne se sentait pas à sa place au sein d'une assemblée aussi sacrée. Il écouta les paroles de Kyros, parlant du massacre de Rodorio, et de la non-intervention de la Déesse pour sauver les villageois.

Mais Athéna ne répondit pas.

Alors le Lion s'avança, et prit la parole à son tour, s'adressant au Chevalier de Bronze, en lui affirmant que sa présence n'était en aucun cas illégitime. Puis il se tourna vers l'un de ses frères Chevaliers d'Or, Aldébaran. Il lui dit que jamais le Sanctuaire ne serait uni tant que les deux Athéna vivront.

Corell se tourna alors vers Déesse tutélaire, et se mit à genoux devant elle, gardant son regard ardent fixé sur les yeux bleus d'Athéna, puis s'agenouilla, et lui demanda de lui accorder le titre de Grand Pope, le temps de ramener la paix parmi les Chevaliers.

Les paroles du Lion furent accueillies par un silence froid. Ni la Déesse, ni Héphaïstos, ni personne d'autre ne réagit de suite. T'Sio se tenait dans l'ombre d'un pilier, attendant. Observant. Il serra le pendentif de sa mère dans sa main.

Alors le Chevalier du Verseau s'avança, et s'adressa directement à Corell, lui demandant de se relever, affirmant qu'il se trompait, que cette Athéna était la fausse. Le Saint d'Argent ne savait que penser. Il se serait sans doute agenouillé à son tour si Kyros ne l'avait pas prévenu de la situation, et du doute que certains ressentaient vis-à-vis de cette Athéna. Il écouta alors les paroles du Verseau.

Il asséna à celle qu'il considérait comme une usurpatrice une série de questions, auxquelles, selon lui, seule la véritable Déesse connaissaient les réponses. Mais elle écoutait en silence, gardant son regard sur Kappa, alors que ce dernier la foudroyait du regard. Il ne faisait montre d'aucun respect, d'aucune forme de révérence. Il avait foi en ses paroles, en ses actes, en ses convictions.

Mais T''Sio ne put s’empêcher de penser que Kappa concluait trop vite. Il considérait l'absence de réponse de la Déesse comme une preuve de son irréalité, de sa fausseté. Le Chevalier de la Grue attendait une réponse, mais elle ne venait pas. Et un trouble plus grand encore s'empara de lui.

T'Sio eut un petit sursaut quand il vit entrer un autre Saint, un autre Chevalier d'Or à l'armure ailée, symbole de l'office du Chevalier du Sagittaire. Son comportement était somme toute du plus étonnant, surtout pour l'un des gardiens des Temples du Zodiaque. Il s'excusait de son retard, demandant même si sa présence n'était pas indésirable.

A ses côtés, un autre guerrier sacré prit la parole. Il avait le même teint halé que lui, mais ses cheveux étaient noir comme la nuit. Son bras droit semblait le faire souffrir. Jara s'adressa directement à Corell, trouvant hautain de sa part que de vouloir prétendre au titre de Grand Pope.

T'Sio ne savait que faire, alors qu'il avait pensé pendant un instant des plus fugace que la situation se calmait, les paroles du Verseau et du Capricorne jetaient encore un peu plus d'huile sur le feu. Son mauvais pressentiment se faisait de plus en plus présent dans son esprit à mesure que les secondes passaient.

Sans réellement savoir pourquoi, ni même comment, il s'avança, entrant dans la lumière du Sanctuaire de la Déesse. Sans révérence, sans aucune considération pour l'étiquette, balayant d'un geste l'éducation de son père, T'Sio s'adressa directement à Athéna.

''Je suis T'Sio, Chevalier d'Argent de la Grue. Pardonnez-moi Athéna, mais pourquoi ne répondez-vous pas aux accusations du Chevalier du Verseau ? Mon cœur ne demande qu'à vous croire, et servir à vos côtés, mais mon esprit m’empêche de ne pas prêter attention aux paroles de Kappa !''

Il prit une profonde inspiration. Ses prochaines paroles pourraient signifier sa fin.

''Je ne vous en conjure pas, je ne vous le demande pas. Je vous l'ordonne. Répondez-moi !''

Bien qu'il avait mit toute sa force dans sa voix, on pouvait y déceler des traces de peur et de supplications. Il se sentait si seul en cet instant, loin de Jun, loin de son étreinte réconfortante. Mais il serra les poings, se remémorant les paroles de Kyros. Sous le regard des Chevaliers d'Or, d'Héphaïstos et de sa Déesse, Athéna elle-même, il attendait. Peut-être une réponse qui ne viendrait jamais...
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Héphaïstos


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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Mar 4 Juin - 18:07

« Ah ! Enfin un qui a autre chose que du yaourt entre les oreilles ! Ça fait plaisir de rencontrer quelqu'un de censé, je commençais à désespérer. Si je m'étais attendu à ce que le Taureau soit le plus malin du lot... »

C'est ainsi qu'Héphaïstos accueillit le laïus de Marcus du Taureau. Un homme sage, conforme à l'image qu'il avait gardé de lui. S'il était rarement le dernier quand il était question de critiquer les choix de ses homologues divins, il n'avait pas souvenir d'avoir jamais approuvé de décision autant qu'il le faisait pour celle de l'avoir nommé chef des armées à cet instant. Qu'il ait gardé la tête froide alors même que celui qui était censé y être le plus prompt avait déjà perdu toute contenance – et avec elle toute crédibilité aux yeux du Dieu du Feu – démontrait qu'il méritait pleinement ce titre fut-il plus officieux que celui de Grand Pope. À défaut d'avoir les épaules de ce rôle ingrat, au moins avait-on su lui en forger un qui soit à la hauteur de ses qualités. Qu'ils prennent exemple sur lui et tout le monde ne s'en portera que mieux, se dit-il en son for alors qu'il balayait l'assemblée du regard.

Ce dernier s'appesantit sur Kappa, qui l'avait échauffé plus souvent qu'à son tour alors qu'il faisait tout pour l'ignorer. Lui, en revanche... Pour être l'un des Gold Saints les plus anciens actuellement en poste, il aurait pu s'attendre à un peu plus de clairvoyance de sa part. À commencer par celle qui lui aurait fait se dire que parler sur ce ton à une divinité risquait fort de mettre un terme prématuré à son mandat en tant que Chevalier du Verseau. Un tas de cendres est rarement apte à porter une armure, encore moins une Armure d'Or. Sans qu'il le veuille, la température ambiante était montée d'un cran, conséquence directe de son irritation suscitée par l'irrévérence du Chevalier des Glaces. Son cosmos avait commencé à bouillir, et ce n'était jamais bon signe.

« Tu ferais mieux de baisser d'un ton. Ne t'a-t-on jamais appris à te taire plutôt de que parler de ce que tu ne sais pas au risque de passer pour un sot, Chevalier du Verseau ? Tu sembles oublier qu'au-delà de toute considération vis-à-vis de la situation actuelle, je suis avant tout un forgeron et un maître d'armes. S'il me plait d'en examiner une, il me semble être assez grand pour me passer de ton autorisation ! » tempêta-t-il d'un ton qui ne tolérait nulle contestation.

Au début je l'aimais bien, mais maintenant je peux plus le supporter...

« Avant de critiquer les agissements des autres, tu ferais bien de connaître la place qui est la tienne. Je n'ai rien à te prouver, et de nous deux c'est TOI qui est le plus indigne de te tenir en ces lieux. Commence par mériter ton Armure avant de jouer les donneurs de leçon. Ne crois-tu pas qu'il est inadéquat pour un Chevalier des Glaces d'être plus ardent que le Dieu des Volcans en personne ? »

S'il était certes moins imposant qu'autrefois dans ce corps de jeune premier, s'il fallait écrire son nom dans sa chair en lettres de feu pour lui rappeler qui il était en vérité, il le ferait sans hésiter. À plus forte raison que ses reproches n'avaient pas lieu d'être ; s'il avait prêté un tant soit peu d'attention au bras de Jara, il aurait vu que la guérison était déjà en train de s'opérer. La flamme qui dansait autour de son avant-bras en était la preuve, elle qui ressoudait les os et cautérisait les chairs. Le Divin Forgeron était un Créateur, non un Destructeur ; à moins qu'il y soit forcé, il était rare qu'il détruise ce qui ne pouvait être refait. En l'occurrence, force lui était d'avouer qu'il avait été déçu de cette démonstration, si impressionnante qu'elle puisse être. Le Capricorne n'avait rien à se reprocher : sa technique était presque parfaite sur le papier.

Ce qui lui manquait, c'était... Une Âme. Ses yeux se plissèrent pendant qu'il se caressait le menton en signe d'intense réflexion. Ce jeune homme était porteur d'espoir car il incarnait un renouveau pour l'armée d'Athéna, il n'avait pris parti ni pour l'une ni pour l'autre et sa féauté était encore intacte. Ses pensées n'avaient pas été viciées par la corruption qui rongeait progressivement le Sanctuaire et menaçait de le faire s'effondrer. Cette pureté pourrait être la clé qui démêlerait le vrai du faux et devait à tout prix être préservée. Mais en outre, tant que ce qui manquait à son art de l'épée ne lui aurait pas été insufflée, son bras armé ne lui serait d'aucune utilité. Le Grand Artisan savait ce qu'il avait à faire.

« Bon, c'est pas tout ça mais il n'est de bonne compagnie qui ne se quitte. Je n'ai pas vraiment envie de faire plaisir à ce merdeux tout juste bon à mettre des glaçons dans mon verre, mais il se trouve que j'ai d'autres choses à faire. Je ne serai pas long, ne vous en faites pas, mais si vous pouviez tâcher de ne pas vous entretuer d'ici là... »

Quitter les lieux et laisser Athéna dans une situation aussi délicate ne l'enchantait guère, mais le si cela pouvait à long terme lui apporter une aide supplémentaire, c'était un mal nécessaire. Et quelle que soit la vérité qu'ils cherchaient tous désespérément à trouver, la Déesse de la Sagesse aurait grand besoin d'avoir un Gold Saint de plus en pleine possession de ses moyens à ses côtés. Tôt ou tard, libérer son vrai potentiel aurait son utilité. Même si dans l'immédiat, cela risquait fort de n'alimenter qu'un peu plus les querelles intestines qui faisaient rage au sein même de ce lieu sacro-saint. Héphaïstos osait toutefois croire que la présence de leurs cadets inciterait les Chevaliers d'Or les plus indélicats à se tenir comme il se doit et à recouvrer un semblant de dignité. Ou du moins à en dissimuler leurs carences comme ils le pouvaient...

« Ah, j'oubliais. Tu viens avec moi ! » s'épanouit-il d'un ton tonitruant.

Sa main se cramponna à l'épaulette de Jara. Celui-ci put alors pleinement ressentir que malgré son changement d'apparence, le Dieu des Forges n'avait rien perdu de sa force de poigne. Mais avant qu'il n'ait pu en faire la moindre remarque, un brasier se déclara autour d'eux et eut tôt fait de les engloutir jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Bien qu'il n'ait pas particulièrement goût aux entrées et sorties théâtrales, ses pouvoirs faisaient qu'elles l'étaient plus souvent qu'il ne l'aurait souhaité.

« Ne vous en faites pas, je vous le ramène. » crut-il bon de préciser avant que l'un ou l'autre des protagonistes ne croie bon de l'accuser de tous les maux du monde. Pour un peu, certains l'auraient rendu coupable du fait que leur Armure semble avoir été dessinée par un gosse de huit ans tant elle manquait d'élégance et de raffinement...

Avant de disparaître, son regard croisa celui d'Athéna pour la rassurer.

Il reviendrait.

Avant qu'il ne soit trop tard.
Citation :
→ France (avec Jara).
Désolé de n'avoir tout pris en compte, je ne m'y retrouvais plus à force. Si je devais toutefois avoir oublié quelque chose d'important, n'hésitez pas à m'envoyer un MP (sur Sköll de préférence) et je corrigerai dans les plus brefs délais.
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MessageSujet: Re: :: Un appel désespéré   Jeu 6 Juin - 22:47

La tension était palpable et plus les minutes s'écoulaient et plus je me demandais si ma venue jusqu'ici avait été une bonne idée. Mon intervention n'avait pas été vu d'un bon oeil par tous, même si le Chevalier du Lion réfutait mon argument quant au peu d'importance que pouvait avoir la parole d'un Chevalier de Bronze, cependant, il se montrait également dessus de mes doutes sur la véritable identité de la Déesse Athéna!

Es-ce que cela signifiait qu'il était certain qu'il était bien en présence de la vraie Athéna, la véritable Déesse de la Sagesse? Et si oui, comment pouvait-il en être si sûr? Quelle preuve avait-il que c'était bien elle et non l'autre?

Ces preuves manquaient terriblement pour me faire croire piétement que nous étions bien devant Athéna. Des preuves que Kappa semblait être certain de posséder. Je le connaissais et savais qu'il n'était pas du genre à accuser qui que ce soit sans preuves. Peut-être était-ce en partie à cause de lui que je ne pouvais me convaincre que je n'étais pas devant Athéna! Quoiqu'il en soit, je comprenais mieux, une fois qu'il exposa ses preuves, la raison pour laquelle il la confrontait de la sorte. Tout était lié à Mashia et à Lia mais est-ce que cela serait suffisant pour convaincre les autres Chevaliers ici présents?

J'avais quelques doutes quant à cette issue, encore plus après l'attitude complètement inattendue de Corell. Il venait à l'instant même de se présenter au poste de Grand Pope. C'était assez surprenant que quelqu'un comme lui décide ainsi d'un moment à l'autre d'agir de la sorte. Je crois bien que je n'étais pas le seul sous le choc!

Corell allait probablement s'attirer les foudres de ses compagnons, mais je ne pouvais croire qu'il puisse prendre une telle attitude simplement pour le pouvoir que ce post peut conférer, mais quoiqu'il en soit, Athéna n'avait aucun légitimité pour le moment de nommer qui que ce soit. Car personne ne prendrait de risques à affirmer qu'elle était la véritable Athéna.

C'est alors qu'apparut le Chevalier du Sagittaire et dès lors je commençait à me sentir gêné. Était-il venu ici à cause de moi? J'avais quitté mon post sans autorisation, est-ce qu'il était ici pour me réprimander? Je pourrais parfaitement le comprendre, mais ce n'était ni le moment ni l'endroit pour cela. Attendant tout simplement les réactions que l'attitude de Corell provoquerait, c'est avec surprise que je voyais le Dieu Hephaistos partir, emmenant avec lui le Chevalier du Capricorne. Personne ne semblait bouger, mais par réflexe je tentais de faire quelque chose. Mais je m'arrêtais soudainement. Ce léger moment de concentration m'avait permis de ressentir des présences étrangères à Rodorio. Une nouvelle menace? C'était tout à fait possible, d'ailleurs, c'était le moment rêvé pour attaquer le Sanctuaire. Je savais que je n'aurais pas dû quitter mon poste, mais le mal était fait.

Je ne voulais pas partir, pas maintenant, mais mon devoir était avant tout de protéger le Sanctuaire contre toute menace et je devais me certifier qu'il n'y en avait pas une nouvelle. Partir maintenant ne me plaisait vraiment pas, en tout cas, tant que je n'aurais entendu le fin mot de cette histoire, mais je n'avais pas trop le choix pour l'instant. Je savais que Kappa saurait se débrouiller.

"Maître! Je sens une présence étrangère près du Sanctuaire, je regrette de devoir vous quitter, mais je dois m'assurer que ce n'est pas un nouveau danger. Si jamais nous sommes attaquer, regarder le ciel, la constellation du cygne brillera pour vous avertir! Bonne chance et surtout évitez tout affrontement je vous en prie!"

Nous avions depuis longtemps développé cette capacité de nous parler par télépathie. Je n'aurais jamais cru que cela pouvait être aussi utile. Je me tournais alors vers le Chevalier du Sagittaire afin de l'avertir de mes intentions.

- Chevalier Signun, je suis navré d'avoir quitté mon poste, mais je vais de ce pas rejoindre Rodorio afin de connaitre les intentions des nouveaux venus en ces lieux.

Un dernier regard vers T'sio, qui m'avait accompagné. Je suis certain qu'il comprendrait mon départ et puis, il désirait venir jusqu'ici, cette volonté était bien compréhensible au Temple du Bélier. Je quittais la scène lentement, sans rien dire de plus, que m'importe ce que les autres pourront penser. Une nouvelle menace? J'espérais sincèrement que non, nous avions déjà trop à faire. Mais si cela s'avérait être le cas, alors je la combattrai de toutes mes forces.


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