RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 Auberge della Luna (Pv)

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Narcisse


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MessageSujet: Auberge della Luna (Pv)   Jeu 22 Nov - 21:48

1

Il était une fois…
Oh une mouche ! Il est vrai qu’en cet instant, beaucoup de choses peuvent sembler avoir plus d’intérêt que la situation présente, tant celle-ci est devenue, complexe, voir désagréablement velue. Narcisse n’est pas un homme rompu aux connections sociales avec autrui. Là où Dormin semble briller, lui s’efface et préfère se muer dans un silence sincère.

Pour l’heure, le Dieu du Rêve n’a rien à ajouter, car tout a déjà été dit.

Il y a en effet eu bon nombre d’évènements au cours des dernières heures. Mais de ces derniers, que retirer de concret ? Pas grand-chose en fait. On n’envoie pas un barbare accomplir le travail d’un diplomate par exemple. Ou encore, le destin est retord quand il s’agit de lier des destinées entre elles. Ou bien, voilà qu’un nouveau frère se révèle à lui. Tout ceci le dépasse, que ce soit lui, ou Oneiros.

Nous ne sommes pas de ceux qui tolèrent une telle agitation… L’éternité ne nous a pas donné une grande réactivité aux évènements inattendus. Ils parlent, parlent, et parlent encore, et ils nous saoulent ! Nous n’arrivons plus à nous concentrer.
Du coup il n’hésita pas vraiment à suivre son ancien disciple, lorsque celui-ci choisi de quitter la plazza pour aller se reposer, et soigner Adrix. Une remarque cinglante faillit sortir de ses lèvres mais il la retint de justesse et se contenta de retenir Krauser par le col avant que celui-ci ne bascule en arrière. Pourquoi crache-t-il autant de sang celui-là ? Et puis, comment se fait-il qu’Icelos soit dans son corps ? Il faudra qu’on en discute.

Mais cela promet une très longue discussion, voir plusieurs.
Chacun a des informations en sa possession, des informations qui l’intéressent. Mais sur la place, au milieu de tous ces gens, de telles armes ne peuvent être divulguées. Car, à l’image des évènements de la Basilique Saint Marc, les mots, et leurs sens, deviennent des armes entre les mains des plus habiles, voir des pièges grossiers dans lesquels les plus stupides tombent avec facilité.
Ils doivent discuter en des lieux plus sécurisés de choses qui les concernent, eux en particulier. Dormin semble en avoir lui aussi gros à dire, vu la façon théâtrale avec laquelle il décida de vider son sac devant eux sur la place. Est-ce donc une façon de parler à son vieux maître ? Certes il avait dû percevoir son aura pleine de colère mais, voilà bien un comportement qu’il ne tolérait pas de son vivant.

Mais tout est dans cette subtilité : dans le temps. Car aujourd’hui le temps a laissé des cicatrices nouvelles dans leur relation, et des abysses qui seront difficiles à franchir. Par chance, le fait qu’ils soient à Venise jouait là en leur faveur : la ville était censée être neutre, ce qui leur laissait toute latitude pour discuter entre eux des récents évènements, et des moins récents.

C’est donc en silence, sans un sourire, qu’il prit Krauser sur ses épaules avec l'aide de Mattheus malgré son poids de colosse. Le bonhomme pesait son pesant de muscles mais Narcisse avait en lui plusieurs siècles de combats et les muscles d’un Spectre. C’est donc sans difficulté qu’il suivit le nouveau Chevalier du Capricorne jusqu’à une auberge, quelques rues plus loin.
Pour éviter les problèmes, le Dieu du Rêve laissa planer son aura sur leur petit groupe, la concentrant de façon à les faire disparaître du champ de vision des simples humains qui les auraient vus passer. Pour l’auberge cependant, il dû mettre fin au subterfuge et laisser Dormin et sa clique réserver, chambres et vivres pour eux, se faisant le porte-parole de leur petit groupe et y assumant sans vergogne la position de chef.

Ce fait aussi, le laissa sans voix, perdu à mi-chemin entre la surprise et la colère.
Quand avait-il gagné une telle assurance ? Posant Krauser sur un lit, à quelques mètres seulement d’Adrix, Oneiros remarqua que l’ex-Ogre s’était finalement évanoui, temporairement tout du moins. L’aura d’Icelos était elle aussi au repos. Le processus était en cours : tout ce qu’il manquait à son nouveau frère, c’était du repos, et une discussion posée.
Pour Adrix il n’était pas bien certain d’avoir comprit ce qui lui avait fait l’amie de Dormin. Elle l’avait, endormi ? Difficile pour un fils d’Hypnos. Il semblait dans un état second, ailleurs. Tu m’étonnes, on a touché à ta fille en même temps… Quel père ne serait pas dans un état second de rage après cela ?

L’air scintilla autour du Dieu du Rêve, et les tâches de sang qui parcouraient sa noire tenue de parade aux allures de déguisement de carnaval disparurent, le laissant propre comme un sou neuf : lui et le rouge du sang, ça fait deux.
Il jeta un coup d’œil aux autres personnes réunies dans la chambre : un Saint répondant au nom de Mattheus ; Dormin du Capricorne et Séléné, la Quaesitor d’Apollon.

Un long soupire de lassitude accompagna son corps lorsqu’il se laissa aller contre un mur de la pièce, près de la sortie.
    – Cela faisait longtemps, Dormin. Commença-t-il en croisant les bras, ses longs cheveux noirs cascadant sur ses épaules. Je vois que mon armure t’a choisi. Dit-il en désignant sa Cloth Box du menton. Je l’aurai plutôt vu choisir Orestis, mais force est de constater que ce n’était pas son destin, finalement.

    – D’ailleurs, quel était donc notre destin, à nous, pour nous retrouver en de pareilles circonstances ?
    Du regard il désigna alors Séléné. J’aimerais savoir comment cela est arrivé. Puis il passa à Adrix, toujours inconscient. Car après-tout, il s’agit de l’enfant de mon « frère » et donc ma nièce.

    – Une nièce, que je ne vois revêtir, ni le nom d’Hypnos, ni celui d’Athéna. Pourquoi es-tu au service d’Apollon ?
    Lui demanda-t-il en plongeant ses yeux aux couleurs changeantes dans les siens. Je sens en toi d’autres forces que celles qui nous parcourent, moi et mes frères. Tu m’as d’ailleurs convaincu de ta force, en te retenant d’agir face à l’enragé du Nord. Mais je parle là d’évènements que certains aimeraient sans doute connaître. Glissa-t-il d’un regard en biais à Mattheus et Dormin.

    – Sachez, mes chers défenseurs de la justice, que l’homme que vous avez entraperçu sur la place de la Basilique Saint Marc a tenté de tuer cette demoiselle, avant de mettre brusquement fin à la réunion de laquelle devait résulter notre paix, bienvenue en cette heure où dans l’ombre des ennemis communs à chacun de nos Dieux semblent s’agiter. Alors asséna-t-il ce qui devait être dit. Aussi, nous sommes toujours ennemis, sauf avec ceux qui ont manifesté un peu de bon sens aujourd’hui.

    – Mais il y a mieux encore : d’après l’envoyé d’Héphaïstos, votre Sanctuaire a été attaqué. J’ignore les détails mais il y fort à parier que cette attaque est survenue en totale adéquation avec notre « réunion » si l’on peut encore la nommer ainsi. Avait-elle seulement un but ?
    Questionna-t-il à voix haute en levant les yeux au ciel. Elle aurait peut-être pu nous offrir à tous un moment de répit…

    – Votre présence est donc peut-être requise là-bas, non ?
    Mais il en doutait, et c’est pour cela qu’il continua. Enfin, nous aurons tout le temps d’en discuter plus tard. Dormin ? Je te serai reconnaissant de les soigner tous les deux. Bien que ce fût son projet en venant ici de toute façon. Je vais également rester auprès d’eux.
Joignant le geste à la parole, le Dieu du Rêve vint se placer entre les deux lits, et s’installa en tailleur, les mains jointes. Il connaissait les capacités curatives de son disciple mais il y avait des blessures que seul un fils d’Hypnos pouvait comprendre. De plus, il avait besoin de cet instant pour leur parler, à leurs esprits, et à ses frères qui, contrairement à lui, cohabitaient simplement avec leur hôte.
Les yeux clos, il laissa son Cosmos, froid, mais plus aussi hostile qu’auparavant, envelopper celui des deux hommes inconscients. Et d’une même voix, dans un désert d’une blancheur immaculée, le Dieu du Rêve dans son Surplis s’immisça dans leurs « rêves » bien que cela soit plus que ça pour eux.
    – Adrix, Krauser, Phantasos, Icelos. Mes amis, mes frères. Notre… compagnon, soigne vos corps en ce moment même. Ce moment d’accalmie me semble adéquat pour… converser, quelques instants.

    – Je vois en vous l’indescriptible, attachement, que vous portez à cet homme. Aussi, rassurez-vous : il ne lui arrivera rien en ma compagnie. Voyez-vous il était mon disciple, il y a fort longtemps. Et je serais malavisé de tuer un homme dont le destin semble être si étroitement lié au notre… N’est-ce pas, Adrix ?
    Il battit des ailes et se tourna vers Krauser. Quand à toi, cher ami, je suis surpris de ce choix autant que tu sembles l’être. Mais il n’est apparemment pas dans la nature d’Icelos de faire dans la demi-mesure. Pardonnes donc à mon frère, et tu verras qu’il pourra t’être d’un grand secours, pour les siècles à venir…

    – Maintenant, j’aimerais vous dire un mot sur le point le plus « sensible » qui semble brûler dans vos cœurs… Hypnos.
    Il fît quelques pas de long en large, en continuant de lire en eux avec une facilité qui était propre à sa personne, et au pouvoir du Dieu du Rêve. Passe encore que vous ne soyez pas en accord avec bon nombre de ses actes, mais n’oubliez pas de qui il s’agit. Regardez tous les deux qui se tien à vos côtés et qui se tien devant vous. Dit-il en invitant Adrix et Krauser à jeter un coup d’œil. A tout instant, Hypnos peut nous appeler, car nous sommes devenus ses fils. Pour ma part, j’ai choisi de ne faire qu’un avec Oneiros, car celui-ci a accepté de me laisser mon libre arbitre, de me laisser être, ce que j’étais. Je vous conseil d’en faire autant, cela vous rendra la vie plus facile et vous évitera d’être… les simples esclaves de la volonté d’un être que vous n’appréciez apparemment pas. Je serais d’ailleurs curieux de savoir pourquoi. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler une fois réveillés.

    – Prenez le temps de penser à ce que je vous ai dis, et gardez la tête froide à votre réveil, car les ennuis ne font que commencer et à la lumière de certains évènements, le calme et l’écoute sont de rigueurs pour éviter de tomber dans le piège tendu par nos ennemis…
Puis il se retira de leurs rêves… Sans pour autant cesser de méditer auprès d’eux sur les récents évènements. Comme il vient de leur dire, le temps du calme et de l’écoute est venu. La réunion était un piège qu’ils auraient pu retourner à leur avantage mais ils ne l’ont pas fait. Maintenant il s’agit pour eux de faire la lumière sur certaines choses, pour peut-être leur éviter quelques prochaines catastrophes. Peut-être lui faudra-t-il aussi communiquer à Dame Perséphone le dénouement de cette fameuse réunion ? Voilà une chose qu’il fera plus tard… Ou qu’il ne fera pas, tout dépendra de la suite des évènements.

Après avoir parlé d’Hypnos, lui vint l’envie de communiquer également avec lui, pour lui apprendre qu’un autre de ses fils s’était éveillé. Mais lorsqu’il tendit son esprit vers ce dernier, il ne le trouva pas. Le Dieu du Sommeil était capable de bien des prouesses : pourquoi pas de celle de disparaître au regard de tous ?
Malgré ses yeux clos, il prit également le temps d’écouter ce que chacun avait à dire dans cette pièce, tandis qu’au-dehors le soleil commençait sa lente mais inexorable descente vers l’ouest. Beaucoup de choses à dire. Autant de choses à apprendre. C’est bien quelque chose qu’il peut faire ainsi, à l’abri des regards indiscrets.

Puis, la nuit arriva…
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Adrix


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MessageSujet: Re: Auberge della Luna (Pv)   Sam 24 Nov - 2:04

    Qu'est... qu'est-ce qui lui était arrivé ? Les souvenirs d'Adrix étaient un tourbillon nébuleux, altéré tant par la rage que par la détérioration de son cosmos. De ce qu'il s'était passé après son arrivée aux abords de Venise, il ne restait que des images, des flashs éphémères aussi volatiles que de la fumée. Un malencontreux hasard l'avait envoyé droit dans les canaux glacés de la cité, où il n'avait pu que hurler sa frustration. Après... Après ? Ah, oui, il y avait eut du sang, une voix, puis le noir. Il avait cru reconnaître le timbre de la druidesse, mais plus que son identité, s'étaient ses mots qui avaient réussi à percer les ombres qui embrumaient le jugement de l'Irréel. Dormin était toujours en vie. Etait-ce vrai ? Pouvait-il s'accrocher à cet infime espoir qu'on lui présentait ? Chamboulé par cette lueur d'espérance au milieu de l'obscurité, il avait abaissé ses défenses. Sous l'impulsion du sortilège de la guérisseuse, il avait sentit un courant glacé se déverser sur son âme, apaisant le brasier qu'il le consumait. Les dernières étincelles de sa conscience vacillèrent elles aussi, emportées dans le conflit qui opposait cette force bienfaitrice aux remous rugissants de son pouvoir cosmique.
    Mais avant qu'il ne sombre dans les ténèbres du coma, il parvint à formuler une ultime résolution à son âme encore aux proies à une colère cinglante.

    Qui que fut cette personne, si elle lui avait mentit sur le sort de Dormin, il la tuerait. De la façon la plus horrible qui soit.

    Et sur cette promesse de vengeance, l'Irréel s'effondra sous le poids de ses propres maux. Son corps ne pouvait supporter plus longtemps les vagues de pouvoirs divins, et maintenant qu'une partie de sa peine avait été apaisée, son être tout entier devait se concentrer sur la reprise de contrôle de ce flux brûlant d'énergie déchaînée. Il fallait reprendre les rennes de cet incendie avant que les flammes ne le consument complètement.
    Mais il ne dormait pas pour autant.
    Le sommeil était étranger aux fils d'Hypnos... Ou du moins l'était-il sous la forme qu'entendent généralement les mortels, bien ignorants de leur chance d'être les hôtes de songes doux comme mauvais. Phantasos ne pouvait devenir résident de son propre domaine, plus que de celui de ses frères. Il en était le maître, le gardien de toutes les âmes lovées dans les recoins du monde onirique, mais comme un berger ne peut se mêler à ses moutons, il ne pouvait se joindre à la harde des rêveurs. Mais que restait-il à un sommeil dépouillé de ses voyages dans la dimension de l'inconscient ? Rien. Un néant noir et glacé, voilà à quoi s'apparentait l'autorité de leur père pour les fils du frère de Thanatos. C'était comme flotté dans un lieu oublié des Créateurs, une page vierge sur laquelle nul ne pouvait écrire. Cette sensation n'était guère éloignée de la mort, dont elle était sans doute le plus proche parent. Et vivre ce cauchemar qui n'en était pas un vrai se révélait souvent bien plus éprouvant que de rester réveiller. C'est aussi pour cela que toute la fratrie des Songes était d'éternels insomniaques, échappant aux lois de leur géniteur, imposées pourtant même aux plus grands Olympiens.

    Plongé dans cet état qui dansait entre le coma et l'éveil, Adrix ne pouvait qu'attendre... Sa patience, tout comme ses nerfs, étaient à bouts. Il avait eut assez. Il n'avait pas arrêté une seconde depuis ce matin, et pourtant même dans les méandres de sa conscience il ne pouvait goûter à un véritable repos. Il était épuisé, tant mentalement que physiquement, et la perspective d'avoir perdu peut être à jamais celui qui lui était cher dansait devant ses yeux comme la lame d'une guillotine. Tout ce qu'il avait, c'était la parole d'une femme que son agitation il n'avait su identifier avec exactitude, et maintenant son corps était en train de se détruire lui même. Sa propre faiblesse le dégoûtait, avec le reste. Il avait été incapable de protéger les siens, et il était maintenant incapable de tenir les rennes de sa propre personne. Il avait succombé à ses démons intérieurs, et pendant un instant, il avait manqué de devenir celui qu'il redoutait tant. Il n'avait pourtant pas honte de sa réaction, de cet emportement qui s'était emparé de lui. Plus que quiconque, l'androgyne connaissait la part obscure de son être. Il avait su l'accepter comme une part de lui, au même titre que la bonne. En soi, il aimait même certains de ses défauts, et en toute franchise, n'avait pas grand chose à faire qu'on le qualifie de démon comme l'avait fait ce géant. Il se serait haït d'être resté de marbre en apprenant le trépas possible de son époux, et préférait mille fois devenir un diable vengeur qu'un ange insensible aux tourments de sa famille. Mais la coexistence qu'il avait su trouver était un état instable.
    Il avait vu de ses propres yeux ce qu'il adviendrait de lui si jamais il se laissait trop aller à ses mauvais penchants, cette créature dont la corruption et la folie surpassait de loin celles de toutes formes de vie. C'était comme tenir en laisse un chien aussi féroce que précieux. Il ne pouvait vivre sans cette bête, mais s'il lui laissait trop de lest, elle le mordrait puis dévorerait sans sourciller.

    Il ne voulait pas perdre la partie. Il voulait vivre, il voulait lutter. Mais il avait perdu l’énergie de le faire. Il se sentait vide. Alors qu’il patientait dans l’obscurité, il se sentait plus mort que le jour où son cœur avait cessé de battre définitivement. La colère qui l’animait s’était estompée, et maintenant dépourvu de ce fuel qui l’animait, il était totalement à sec. Ne restait maintenant qu’un infâme sentiment d’impuissance et de mélancolie. De biens sombres perspectifs se répétaient en boucle dans sa tête, et rien de ce que pouvait dire Eleonor ou Phantasos ne parvenait à le tirer de cette déprime lancinante.

    Jusqu’à ce qu’une chaleur ne transperce le miasme de ses pensées. Un contact chaud et doux, familier au point qu’il pourrait le reconnaître même perdu au milieu de toutes les âmes humaines. Ce cosmos apaisant, plus compatissant et aimant qu’aucun autre sur cette fichue planète.
    Intérieurement, Adrix manqua d’éclater en sanglots. Le toucher de Dormin, il n’y avait pas d’erreur. Vivant. Il était vivant. Il ne l’avait pas perdu aux malheurs de la guerre. Comme si on venait de lui ôter le poids du monde des épaules, l’émotion le submergeait. Il n’avait jamais était aussi soulagé de toute son existence, et dieu sait qu’il avait connu des épreuves où l’inquiétude était de mise.
    Pourquoi avait-il perdu le contact ? Pourquoi ne l’avait pas sentit avant ? Tout cela il s’en fichait, il l’avait retrouvé, et c’était tout ce qui comptait à ses yeux. Sa famille ne lui avait pas été ôtée. Plongé dans son état de semi conscience il pouvait sentir sa présence, la pression de ses mains sur son corps, son souffle sur sa peau.
    Ses idées noires fondirent comme neige au soleil face à son soulagement. Même sa colère se vaporisa purement et simplement. Il n’avait plus qu’un désir : Ouvrir les yeux, et savourer leurs retrouvailles.

    *Phantasos*

    *Hm ? Présent*


    *J’ai un corps à récupérer. Aide moi*

    La seule chose qui l’empêchait de s’éveiller désormais, c’était le trouble qui agitait ses pouvoirs. Tant qu’il n’aurait pas mit de l’ordre dans ses petites affaires, son organisme ne pourrait assurer d’autre fonction que sa simple survie. Ce chaos ambiant était sur son chemin, et Adrix comptait bien remettre au pas ce qui devait l’être. L’âme du géant qu’il avait ingéré, en plus des résidus de son cosmos, avaient mit le boxon, et il était temps de mettre des baffes à qui de droit.

    *Well… Ce sont de MES pouvoirs qu’on parle ici. Il est évident que je ne compte pas les laisser vagabonder à leur gré de toute façon*

    Le Dieu des Songes retint un soupir de soulagement en voyant la lueur qui brillait de nouveau dans le regard de son autre. Adrix au sixième dessous n’était pas intéressant, ni amusant. Il préférait cent fois le voir flamboyer comme il le faisait d’ordinaire.
    Que se passait-il à l’extérieur ? Ils devaient l’apprendre aussi. Phantasos pouvait sentir de façon diffuse la présence de deux des siens, mais tant que ses sens étaient distordus de la sorte, il ne pouvait rien affirmer. Voir de la famille faisait toujours chaud au cœur, certes, mais il n’était pas certain que ce soit vraiment le moment. Peu comprenaient son choix de laisser vivre son hôte comme il l’avait fait, et il redoutait que ses congénères ne viennent mettre le bordel là où il n’y avait déjà plus la place. Un seul problème à la fois c’était déjà suffisant.
    Mais à peine avait-il pensé à ça que déjà le premier frangin organisait une petite réunion au sommet, s’insinuant dans leur esprit avec une aisance propre à leur sang.

    *Narcisse ?*


    *Encore plus de gens dans ma tête… Youhou…*

    Adrix n’était pas d’humeur à s’occuper des affaires reliées à Hypnos de près ou de loin. Il avait déjà fort à faire, et il le Dieu du Sommeil c’était déjà bien immiscé dans sa vie à son goût. Alors que lui et le reste de sa marmaille aille se faire cuire un œuf au plat, il avait d’autres chats à fouetter en priorité. En plus, il n'avait même jamais vu le troisième larron. Un nouveau malheureux tombé sous l'emprise du violeur en série ?

    – Adrix, Krauser, Phantasos, Icelos. Mes amis, mes frères. Notre… compagnon, soigne vos corps en ce moment même. Ce moment d’accalmie me semble adéquat pour… converser, quelques instants.


    Accalmie ? De quoi parlait-il au juste ? Y avait-il eut d’autres ennuis à l’extérieur ? Adrix n’en savait rien, et ce n’était pas pour le rassurer. Mais plus important, s’il parlait de son corps, c’est que Narcisse était physiquement avec eux plutôt qu’en train d’user de télépathie. Ce qui voulait aussi dire qu’il était proche de Dormin. La colère qui s’était dissipé tantôt commençait à ronronner de nouveau, hésitante sur sa sortie ou non.

    – Je vois en vous l’indescriptible, attachement, que vous portez à cet homme. Aussi, rassurez-vous : il ne lui arrivera rien en ma compagnie. Voyez-vous il était mon disciple, il y a fort longtemps. Et je serais malavisé de tuer un homme dont le destin semble être si étroitement lié au notre… N’est-ce pas, Adrix ?

    Son disciple il y a fort longtemps ? Mais qu’est-ce que c’était que cette histoire ? Il n’avait jamais entendu de tel, et cette nouvelle n’était pas pour le ravir. Pas de mal ? Alors quoi au juste ? Qu’est-ce que cette face de salade comptait faire à SON Capricorne exactement ?!

    Quand à toi, cher ami, je suis surpris de ce choix autant que tu sembles l’être. Mais il n’est apparemment pas dans la nature d’Icelos de faire dans la demi-mesure. Pardonnes donc à mon frère, et tu verras qu’il pourra t’être d’un grand secours, pour les siècles à venir…

    Phantasos peina à retenir un reniflement ironique à cette remarque. Comme si c’était une promenade de santé que de tenir leur rôle. Enfin, oui, pour eux ce l’était, en un sens, mais ça l’était souvent moins pour les hôtes.


    – Maintenant, j’aimerais vous dire un mot sur le point le plus « sensible » qui semble brûler dans vos cœurs… Hypnos.


    L’androgyne qui avait déjà tiqué plus d’une fois vit la veine sur son front enfler dangereusement.

    - Passe encore que vous ne soyez pas en accord avec bon nombre de ses actes, mais n’oubliez pas de qui il s’agit.


    Pas besoin de rappeler à Adrix qui était leur soit disant père. Il était suffisamment bien placé dans la to-kill list pour qu’il n’omette aucune information à son sujet.

    Regardez tous les deux qui se tien à vos côtés et qui se tien devant vous. A tout instant, Hypnos peut nous appeler, car nous sommes devenus ses fils. Pour ma part, j’ai choisi de ne faire qu’un avec Oneiros, car celui-ci a accepté de me laisser mon libre arbitre, de me laisser être, ce que j’étais. Je vous conseil d’en faire autant, cela vous rendra la vie plus facile et vous évitera d’être… les simples esclaves de la volonté d’un être que vous n’appréciez apparemment pas. Je serais d’ailleurs curieux de savoir pourquoi. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler une fois réveillés.


    L’esclave d’une volonté ? Et puis quoi encore ? Il n’était l’esclave de personne ! Ni d’Hypnos, ni du Monarque Sombre, ni de ces druides parfois un peu pédant qu’il supportait à la cour. Pourquoi fallait-il qu’à peine après avoir récupéré un tant soit peu de self contrôle et un semblant de calme, quelqu’un ne se fasse un devoir de le remettre sur les rails de sa mauvaise humeur ? Qu’il se mêle de ses affaires ! La relation entre l’Irréel et les jumeaux ne regardaient qu’eux. Bien sûr qu’il ait été prudent de fondre leur identité en un seul être, ou même que Phantasos prenne le total contrôle. Mais leurs choix n’étaient pas fait pour être cohérents. Quelqu’un si proche du divin ne pouvait pas comprendre la nature de ce lien totalement contre-nature. Adrix était définitivement satisfait d’être tombé sur Phantasos comme compagnon de galère plutôt qu’un autre. Le Seigneur des Apparences avait ses défauts, un sacré paquet d’ailleurs, mais sa démence et son comportement immature le rapprochait plus d’un mortel qu’aucun de ses congénères. Parce qu’il était l’incarnation même des désirs, et ce que ces derniers étaient l’essence même de l’identité humaine, l’androgyne pouvait au moins s’identifier à une part de son « parasite ».

    – Prenez le temps de penser à ce que je vous ai dis, et gardez la tête froide à votre réveil, car les ennuis ne font que commencer et à la lumière de certains évènements, le calme et l’écoute sont de rigueurs pour éviter de tomber dans le piège tendu par nos ennemis…


    La tête froide ? LA-TETE-FROIDE ?! Comment quelqu’un qui avait été frappé par la foudre une bonne vingtaine de fois, avait manqué de perdre son époux, la raison, son corps et sa santé mentale dans le processus pouvait garder la tête froide après qu’on lui ait livré des informations non seulement sur l’être qu’il haïssait le plus au monde, mais aussi sur un rapport entre le dit époux et son soit disant frère ?! Il avait eut une GROSSE saloperie de journée, et n’avait plus vraiment la patience de faire des compromis avec ses nerfs.

    Et c’est ainsi qu’aussi subitement qu’il s’était endormi, l’Irréel surgit de son « sommeil », gratifiant le monde de ces mots remplis d’esprit :

    -S’il le touche je le massacre !


    C’est seulement alors qu’il remarqua qu’il venait en effet de sortir de sa torpeur, désormais assis sur son sommier de fortune. Il avait un de ces mal de tête…. Où était-il au juste ? Où l’avait-on transporté ? Pourquoi ne pas lui avoir expliqué la partie de l’histoire où il ne faisait pas de crise de jalousie inutile potentielle ?!
    Il inspecta les environs d’un regard circulaire, encore vaseux après les récents évènements, jusqu’à ce que son regard rubis se pose sur un certain roi à la chevelure flamboyante. A peine le vit-il qu’il se sentit de nouveau submerger par l’émotion. Il tendit une main hésitante vers lui, la voix tremblante, comme pour s’assurer que ce n’était pas là un tour que lui jouaient ses sens. Jamais il ne se serait cru aussi sensible à la seule vue du rouquin.

    -Do.. Dormin ?

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Dormin


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MessageSujet: Re: Auberge della Luna (Pv)   Sam 24 Nov - 17:48

Arrow Basilique st Marc


Enfin débarrassés de cette situation des plus désagréables. Si personne n'avait pris la peine d'interrompre ces messes basses grossières, il y avait fort à parier qu'ils y seraient encore et que la situation n'aurait fait que stagner pour le grand malheur de tous. Pourtant, le chevalier d'or en gardait un goût amer. Il aurait aimé ne pas intervenir et rester en dehors de ça. C'est pourquoi il s'était efforcé de conserver une certaine neutralité dans son discours. Mais il était convaincu que les gens sur la place ne l'entendraient pas de cette oreille pour la plupart. Il serra le poing, en colère d'avantage contre la situation en elle même que ses acteurs, agacé de toujours devoir être confronté à des conflits d'un niveau peu reluisant. Il était très déçu par ce qu'il avait vu et entendu. Mais qu'y pouvait-il? Rien! Ce qui était fait n'était plus à faire, il fallait qu'ils aillent de l'avant et certainement pas en se plaçant en victimes. Dormin capta le regard de Narcisse sur lui... Quelle naïveté de croire qu'il ne mûrirait jamais. Oui son vieux maitre semblait surpris, le rouquin l'était lui même de sa performance de tantôt et il la regrettait déjà.

Ils finirent par choisir une auberge non loin et le Capricorne fut amusé par son nom. Essayant de cacher son désarroi derrière un peu d'humour et un sourire il fit remarquer à sa fille que cette auberge portait son nom dans la langue de Venise. Il lui fit un clin d'oeil et entra dans l'auberge où il demanda à louer 3 chambres. Chacune comportant deux grands lits. Il commanda aussi le dîner et un bain d'eau chaude... Il en aurait bien besoin après avoir rencontré des cadavres sur pattes, mais surtout... Pour se détendre. Chacun de ses muscles étaient tendu et il ne parvenait pas à chasser la douleur de ces crampes naissantes.

Ils montèrent à l'étage et on leur ouvrit les chambres. Pour l'heure ils entrèrent tous dans la même et déposèrent Adrix et Krauser sur les lit. Dormin quitta un instant l'irréel afin de faire glisser sa cloth box doré de son dos et de la ranger dans un coin de la pièce. Il invita Mattheus à faire de même, inutile de se fatiguer plus que de raison. L'heure était au repos. Il en profita pour se pencher sur lui et établir un lien mental pour lui expliquer d'avantage la situation. Il avait le droit de savoir et Dormin faisait confiance au bronze saint.

    *Mattheus, je suis désolé de t'avoir entrainé dans toute cette histoire. Mais je suis heureux que tu nous ais aidé. Je sais que ça va paraitre grotesque voir mal venu, mais... ces trois chevaliers que nous aidons sont des spectres et même des fils d'Hypnos. Cependant, je connais chacun d'eux depuis longtemps et nous pouvons avoir confiance. Il existe entre nous un lien très fort. Le Quaesitor Narcisse fut mon maitre comme je te l'ai dit plus tôt. Krauser est un ami ayant contribué à la survie de ma moitié lorsqu'elle attendait nos enfants, c'est un homme généreux et loyal. Le dernier, l'homme aux longs cheveux blonds allongé sur ce lit... Est mon époux et la mère de mes enfants.*


Le chevalier d'or ricana lui même face à l'absurdité de ses mots et posa sa main sur l'épaule de Mattheus.

    *Oui je faisais à peu près cette tête là quand il est venu me l'apprendre. Pourtant... Si tu sondes le cosmos de Séléné, tu verras que je dis vrai. Nous avons été victime des sombres jeux sadiques d'Hypnos qui, sous l'effet du venin d'Eris... Nous a manipulés à sa guise pour nous punir de vouloir prolonger une amitié qui datait de 450. Je suis un chevalier du passé comme Adrix et Narcisse. Nous sommes du même sanctuaire, de la même époque. Et voilà pourquoi nous sommes liés... Je suis désolé. En te dévoilant ce secret, je t'accorde une grande confiance et j'espère que je ne te dégouterais pas trop. Je préfère voir les individus avant les clans, je ne suis pas pour les haines raciales ou de factions. Je suis un chevalier mais avant tout humain.*


Il tapota l'épaule de Mattheus et se redressa, le laissant digérer la nouvelle et vint s'assoir au bord du lit de l'irréel, entre le sien et celui de Krauser. Soupirant à son tour, il tourna la tête vers vers l'Oneiros lorsqu'il s'adressa à lui et grimaça à ses paroles, à chemin entre le sourire.

    "C'est moins l'armure que la lame sacrée qui m'a choisi... maitre. Lame que vous m'avez-vous même confiée et qui m'a figée à travers le temps jusqu'à cette époque. Mais rassurez-vous, je fus lion du temps où Sokaris et Oréstis étaient encore de ce monde et votre petit musicien préféré a pu jouir de cette armure pour garder une part de vous près de lui... Ils vous passent le bonjour." Il marqua une pause... "J'ai également pris soin de commander du fromage à votre intention, maitre."


Il exécuta une légère courbette et ricana tout bas, c'était la première fois qu'il se permettait de tenir tête à Narcisse, mais c'était dans un esprit bon enfant, rien de bien sérieux. Si l'Oneiros était en colère après lui, Dormin, lui, était partagé entre le contentement de pouvoir reparler à son maitre et la peine de devoir le faire au travers d'un spectre. Narcisse le gold saint n'était plus, ils étaient ennemis par le clan, mais Venise était neutre. Aussi se permettait-il de lâcher la bride l'espace de cette soirée. Il se tourna vers Mattheus, un sourire complice.

    *J'ai été bronze saint d'Andromède sous ses ordres, bigre que c'est bon de lui chatouiller un peu les ergots pour une fois.*


Il se redressa et se racla la gorge afin de reprendre un peu contenance et d'avantage de sérieux. Son attitude était d'avantage nerveuse et il cherchait à décompresser par tous les moyens. Ce n'était pas bon en soit.

    "Hum! Pour ce qui est du destin, cela fait longtemps que nous avons arrêté de nous poser des questions. Visiblement, vous n'êtes pas au courant de grand chose et je ne suis pas certains que la suite vous plaise..." ... Il marqua une pose lorsque Narcisse désigna Séléné par un "ça" qui ne lui plut absolument pas. "Ma fille n'est pas une chose que l'on qualifie de "ça" Narcisse... Elle est de noble descendance et est avant tout une personne. Nous ne te traitons pas de façon aussi légère alors daigne faire preuve de d'avantage de respect envers les tiens et les miens."


Il y avait comme un fond de menace visant à rappeler son maitre à l'ordre. C'était d'ailleurs la première fois qu'il le tutoyait, témoignage de la franchise de ses derniers mots.

    "Pour ce qui est d'Apollon, cela ne te regarde pas. Cependant, je laisse le soin à ma fille de te répondre ou non, elle est assez grande pour prendre ses propres décisions... As I do..."


Mais il se tut alors que Narcisse en arrivait à la partie qui l'intéressait... Et qu'il redoutait de plus en plus au fil de son discours. Il sentit un rugissement gronder dans ses entrailles et son visage perdre en couleur pour prendre ensuite un teint plus pourpre. Ses doigts se crispèrent sur les doigts et nul sourire ne venaient orner ses lèvres. Son regard fixait à présent celui de Narcisse, animé d'une colère trop souvent refoulée. Il se leva et vint enlacer sa fille, cherchant à la protéger de son étreinte, laissant courir ses doigts dans ses longs cheveux roux.

    "Ha... Haha... Ce fils de chien galeux... A osé?... Est-ce vrai Séléné?"


Ca y est... Les nerfs du rouquin venaient de lâcher. Proférer des insultes lui étaient étranger la plupart du temps, mais là... Il était allé trop loin. Le Capricorne dû faire un effort colossale pour ravaler sa hargne et contenir le cosmos qui menaçait d'exploser dans la pièce.

    "Et moi qui ai consenti à laisser Avalon l'escorter... Je fais une belle andouille... Je ne lui pardonnerai pas... Ce mec est un danger pour tous, il ne respecte rien... Tout comme certains saints du passé... ça me dégoûte."


Et la suite n'allait rien arrangé. Dormin fut sorti de sa torpeur à l'annonce de l'attaque du sanctuaire et se tourna vers Mattheus comme il était aussi concerné que lui.

    "Quoi mais?! Le Sanctuaire? Attaqué?! Mais pourquoi Liana ne nous a-t-elle rien dit? Cela aurait dû être une priorité en sortant de la basilique, même par message cosmique!... Elle devait avoir plus urgent à penser... Peut-être n'en a-t-elle pas eu le temps. Je suis perplexe. C'est terrible... Est-ce que cette réunion à Venise n'était qu'une farce pour priver nos camps de leur effectif? Je commence à me poser la question tant la situation devient grotesque. Peut-être devrions-nous rentrer à la première heure demain. Dans notre état nous ne serions pas d'un grand secours. J'ai envoyé des nouvelles à Angel que je complèterai avec celles que vous venez de nous communiquer. J'ai demandé à ce qu'elle te contacte toi, Mattheus, pour nous répondre, comme un silver ne peut s'adresser à un gold par la pensée... Que se passe-t-il là bas?"


Il était plus inquiet que jamais, c'était le chaos général et il avait du mal à suivre le cheminement des évènements. Et à en juger par l'état d'Angel lorsqu'il avait touché son cosmos plus tôt, il n'était pas le seul à être dépassé par tout ça. Il lui envoya les dernières données en lui demandant s'ils devaient rentrer ou non, tandis qu'il acceptait de soigner les deux fils d'Hypnos. Chacun était familier à son aura curative et il n'allait pas laisser un ami et son époux dans cet état. Il posa une main sur leur front et se concentra pour leur communiquer toutes les bonnes ondes qu'il pouvait produire... Peinant d'avantage qu'à l'accoutumée, parasité par diverses pensées et sentiments contradictoires. Leurs songes étaient agités, il passa ses pouces sur le sommet de leur crâne pour tenter de les détendre sans grand succès.

Finalement, ce fut Adrix qui se réveilla en premier, faisant sursauter le rouquin et rompant sa concentration. Ses mains glissèrent de leurs fronts et il fixa l'irréel jusqu'à ce qu'il ne tende la main vers lui en l'appelant par son nom. La réaction fut immédiate et Dormin vint l'enlacer aussi fort qu'il le put, mais au lieu d'aborder une étreinte où il se serait mis en position de protecteur, son visage vint se cacher contre le torse de son amant, comme pour s'y réfugier. Il avait rarement vu Adrix si bouleversé, mais il l'était lui même et il cherchait un peu de réconfort. Dormin avait trop guerroyer aujourd'hui. Sa main chercha celle tendue vers lui par l'irréel, à tâtons et il glissa ses doigts entre les siens.

    "Adrix... Je suis là, Adrix... "


Ils avaient tous eu une horrible journée... Mais il était soulagé de voir ses proches saufs, malgré les blessures tant morales que physiques. Il resta ainsi quelques minutes, toujours aussi tendus, appréciant simplement la chaleur et le contact de son époux. Puis il sentit la pression retomber dangereusement et se redressa pour se diriger d'un pas un peu pressé vers la salle de bain.

    "Excusez-moi, je crois que j'ai besoin... d'être un peu seul..."


Et ne cherchant pas à se justifier d'avantage, il disparut derrière la porte contre laquelle il se laissa tomber avec lassitude.

Voilà... Il était seul... dans cette salle de bain plongée dans le noir. Il ne sentait que la chaleur venant du bac préparé à sa demande et dans lequel il ne souhaitait plus que se glisser afin de trouver un peu de réconfort et tenter de décrisper ses muscles tendus. Il sentait chaque articulation de sa nuque tirer sur ses nerfs à vifs. Il avait froid, son corps et son esprit étaient fatigués...

    "Je n'en peux plus..."


Il était seul, dans les ténèbres de cette pièce close. Dormin s'avança et retira ses affaires avant de les poser sur le dossier d'une chaise en bois. Seule la lumière venant de l'extérieur éclairait faiblement la salle d'eau, lui permettant de voir où il allait et ce qu'il faisait sans se cogner partout. Sans un mot, dans son plus simple appareil, il approche du baquet d'eau chaude et s'y plonge. Pas un soupir de contentement, pas un sourire. Seul un presqu'homme s'isolant dans son élément, à la recherche d'un peu de chaleur aquatique à défaut de chaleur humaine.

    "Qu'est-ce que j'ai fait?"


Il était seul... Face à sa confusion. Pourquoi était-il condamné à voir ce genre de spectacle? Des gens supposés vivre ensemble se déchirer et se haïr mutuellement. Pourquoi ressentir un tel besoin de faire mal aux autres? Qu'est-ce que cela avait de constructif? ... Rien... Mais cela soulageait les animaux que nous sommes à la base. Quel intérêt de remuer le couteau dans la plaie d'un blesser pour le torturer? Et quel besoin de s'y prendre à plusieurs? Ne pouvaient-ils pas être neutres pour ce qui étaient de ces histoires. Devait-on obligatoirement prendre partie? Et de préférence du côté des plus forts au prie d'un minimum de justice?

    "Pourquoi?..."


Il était seul... Face à son impuissance. Le Capricorne repassa le film des évènements récents en boucle dans son cerveau, y ajouter les éléments qu'on lui avait rapporté. Suivit alors une recherche peu constructive en quête de ce qui aurait dû être fait pour prévenir tous les maux arrivés. Il ne cherchait ni coupables, ni raisons... Juste à se rassurer quelque part... Se convaincre qu'il avait agi au mieux selon ses possibilités. Mais il savait au fond qu'il s'était laissé submergé. Jamais il ne s'était ainsi mis en avant pour remettre d'autres à leur place... Pas dans un évènement de cette importance. Le souvenir de son combat face au saint du corbeau revint le hanter un instant et il se pinça les lèvres.

    "Sokaris... Oréstis..."


Il était seul... Aucun de ses compagnons d'autrefois ne viendrait le soutenir cette fois. Il était le dernier... Et Modi et Rune, enterrés quelque part en Asgard. Quel regard portaient les morts sur ce qu'il venait de se passer... tss... Il n'y avait bien qu'un idiot comme lui pour se soucier de ce genre de détail hein? Mais lui... Une larme coula de son oeil gauche et roula bien vite à son menton en silence... Que pouvait-il faire à échelle humaine? Une seconde larme coula de son oeil droit et vint s'échouer au coin de ses lèvres.

    "Je ne veux pas... perdre mon humanité... "


Dormin serra les dents, ses mâchoires crispées et inspira à fond avant de se laisser glisser entièrement dans l'eau chaude. Ainsi immergé de la tête aux pieds, il observa la surface où dansaient les lumières venant de l'extérieur. Son corps fut alors agité de quelques spasmes plus ou moins réguliers... Des bulles d'air remontaient à la surface et ses mains vinrent cacher la lumière à sa vue. Là... Il pouvait pleurer sur ce qu'il avait vu... L'humanité n'avait pas changée en 1300 ans... Ils étaient toujours aussi incohérents entre eux. Il ne comprenait pas... Il ne pouvait pas les comprendre... But that's ok... Parce que pour l'heure... Il était seul sous l'eau et à vouloir comprendre.

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MessageSujet: Re: Auberge della Luna (Pv)   Sam 24 Nov - 19:07



La souffrance s’était évaporée. Il ignorait quand, il ignorait comment. Il savait juste qu’il ne ressentait plus rien.

La dernière chose que Krauser ait pu voir avait été l’instant ou le seigneur Narcisse et l’ami de Dormin l’avaient soutenu afin de l’aider à se déplacer. Puis… le noir total.
Mais il n’était pas totalement inconscient. Il se sentait… comme prisonnier de son propre esprit, piégé dans un univers sombre et vide, sans pensées ni sensations.
Ou tout du moins jusqu’ici. L’espace d’un instant, il ressentit comme une activité, un flot d’énergie qu’il reconnaitrait sans mal ; puisqu’émanant du dieu du Rêve. Immédiatement, sa voix résonna.

– Adrix, Krauser, Phantasos, Icelos. Mes amis, mes frères.

C’était donc ça. Mais qui… Icelos ? Etait-ce là le nom de celui qui tentait de s’accaparer son corps ? Et c’était donc Adrix, ou Phantasos, qui se trouvait en ce moment à côté de lui, et qui, de Dormin, était le… Oui, quelle situation singulière…

– Je vois en vous l’indescriptible, attachement, que vous portez à cet homme. Aussi, rassurez-vous : il ne lui arrivera rien en ma compagnie

Pourquoi ces mots ? Aurait-il envisagé, une seule seconde, de s’en prendre à Dormin ? En aucun cas Krauser n’aurait permis une telle chose, ancien maître ou non. Mais l’idée d’une telle situation, avoir à faire un choix entre son ami, et son maître… devenu son frère, terrorisait Krauser. Il ne pourrait jamais… se résoudre à choisir !

Quand à toi, cher ami, je suis surpris de ce choix autant que tu sembles l’être. Mais il n’est apparemment pas dans la nature d’Icelos de faire dans la demi-mesure. Pardonnes donc à mon frère, et tu verras qu’il pourra t’être d’un grand secours, pour les siècles à venir…

Non. Krauser n’en voulait à personne, du moins pas concernant son calvaire actuel. Il savait à présent que l’entité qui avait tenté d’infiltrer son corps était l’une des plus proches connaissances de Narcisse, et celui-ci ne semblait pas voir d’un mauvais œil que son frère ait été autrefois son serviteur. Et si, comme le dieu du rêve l’affirmait, cet Icelos pouvait lui apporter la force nécessaire à tenir ses engagements… Il en était ravi.

– Maintenant, j’aimerais vous dire un mot sur le point le plus « sensible » qui semble brûler dans vos cœurs… Hypnos.

Oui, un sujet sensible… Krauser n’avait jamais eu affaire à Hypnos personnellement, mais le peu qu’on lui en avait rapporté sonnait à ses oreilles comme une vaste mélodie de mépris et de haine. Il ignorait ce qui se passerait s’il venait un jour à le rencontrer. Et à entendre Oneiros, ce jour viendrait plus tôt qu’il ne l’imaginait. Mais ces paroles ne modifiaient en rien son point de vue. Quel était le problème ? Qu’Hypnos soit son « père » ? Qu’il soit omniscient dans le domaine dont il faisait désormais partie ? Et après ? Si sa haine envers lui se confirmait, ce n’était pas cela qui l’empêcherait de lui faire regretter ses actes. Bien qu’intérieurement, il espérait ne jamais en arriver à ce point.
Après une dernière recommandation, la voix d’Oneiros se dissipa, et sa présence disparut de l’esprit de Krauser. Le silence reprit sa place, plongeant à nouveau le spectre dans un état de flottaison spirituelle.

Mais le court répit qui suivit l’intervention d’Oneiros, son… frère… fut vite perturbé par un tout autre intervenant. Krauser sentit tout d’abord comme un malaise, une sensation lourde et oppressante, comme un doute insurmontable, une hantise insistante. Puis l’anxiété ne tarda pas à se changer en peur. Mais la peur… de quoi ?
Ce n’étaient pas ses propres sentiments. Il ressentait ces états d’âmes venus de l’extérieur, comme s’il était plongé dans l’océan qu’ils constituaient. Il les ressentait, mais ne les vivait pas.

D’autres sensations… de la douleur, de la détresse… et maintenant… du désespoir ? Qu’es-ce que tout cela signifiait ? Qui donc sur cette basse terre pouvait-il être en proie à de telles abominations psychologiques ?
Puis, une voix se fit entendre. D’abord très faible, à peine perceptible ; puis plus insistante, de plus en plus discernable. Et cette voix… Krauser la connaissait.

Dormin. Une fois de plus, sa voix résonnait là ou il ne l’attendait pas. Mais elle n’avait cette fois rien de rassurant. Oh seigneur, non… Il semblait perdu, désorienté, noyé sous les doutes et les remords, tiraillé entre plusieurs états d’âme opposés, submergé par des sentiments ravageurs. Krauser entendait cette voix, profonde et insistante, résonner, se répéter, se répercuter, comme un pêle-mêle de paroles impulsives et pourtant trop bien discernables. Puis, peu à peu, un décor bien singulier se dessina dans ce qui était la part de son esprit. Un paysage dévasté… des hommes en armes, s’entretuant, s’entre-déchirant, déversant leurs entrailles au sol, broyant os et crânes, dans un insupportable mélange de hurlements de rage et de douleur, des cris de guerre des assaillants, des supplications des mourants. Au beau milieu de ce charnier… Un enfant, ou tout du moins, la représentation d’un enfant… Il était là, il « existait », mais c’était comme si aucun de ses traits n’était discernable. Sa présence n’en était pas une, mais sa voix, elle, résonnait jusqu’au plus profond de l’esprit de Krauser. Sa voix, sanglotant, implorant. Des questions… des doutes… et des craintes, beaucoup de craintes.

Qu'est-ce que j'aurais dû faire...? Ai-je bien agi? Ces gens... Ils s'insultent, se crachent dessus et pourtant jamais ne soutiennent leurs regards... J'étouffe... J'ai besoin d'air. Pourquoi ces mots qui font si mal? Pourquoi ces sourires alors que les gens se blessent mutuellement? Peut-on vraiment prendre du plaisir à ce genre de chose? Suis-je comme eux? Non... Le serais-je quelque part? Sans connaitre cette part de moi? ... Sans m'en rendre compte?... Peut-être, je ne sais pas. Je ne peux pas avoir un regard extérieur sur moi même. Seuls les autres me voient tels que je me présentes à eux. Pourtant je ne veux pas jouer ce jeu là. J'y joue malgré moi. Sinon je n'aurais pas pris la parole. Est-ce aussi être mauvais qu'être humain? Si tel est le cas, ces hommes me font peur... Je ne comprends pas ces gens, pas plus qu'eux ne cherchent à me comprendre... Alors... pourquoi est-ce que j'essaie de comprendre?

Tous ces mots… toutes ces questions… résonnaient dans l’esprit de Krauser, saturaient ses pensées, inondaient son psyché de doutes et sentiments malsains. Chacun de ces mots lui faisait l’effet d’une flèche en pleine tête. La souffrance qu’avait enduré son corps jusqu’à présent n’était que dérisoire en comparaison avec ce flot interminable et meurtrier de ces pensées de désespoir.

Mais sa propre souffrance n’importait que bien peu à Krauser. En cet instant, et ce depuis manifestement trop longtemps, son ami souffrait. Atrocement. Il souffrait de son impuissance face à la folie humaine, de la peur de faire partie de cette masse impitoyable et dangereuse, des doutes quant à la place qu’il occupait au beau milieu de ce peuple insensé.

Krauser bouillonnait de rage. Savoir que celui qui était l’une des personnes des plus chères à ses yeux –si ce n’était la seule- était ainsi torturé de mille pensées assassines, savoir son ami en proie à de telles horreurs… Il ne se pardonnait pas le fait de n’avoir rien vu, de ne jamais avoir ressenti en Dormin que la bonté d’esprit qui s’en dégageait. Il se sentait égoïste, impuissant face à ce fléau. Il aurait voulu lui hurler que tout ce qu’il avait accompli jusque-là n’était pas le fruit du hasard. Il aurait voulu le tirer de ce flot de pensées immondes. Mais il ne pouvait rien y faire.

Vraiment rien ?

Qu’est-ce que ? Une autre voix… Plus nette, plus assurée. Cette voix ne lui était pas étrangère. Il était certain de l’avoir déjà entendue. Mais qui était-ce ?

Tu ne l’as toujours pas compris ? Ton ami te l’a pourtant dit, tout comme mon frère. Je suis celui qui a investi ton corps. Je suis Icelos, fils d’Hypnos, dieu des phobies, des illusions et du cauchemar. Et bientôt, cette phrase, au mot près, pourra s’échapper de ta propre bouche.

Krauser voulut répondre, demander… pourquoi lui, pourquoi maintenant… Comment pouvait-il ressentir les troubles de son ami. Mais il ne put prononcer un mot. C’était comme si sa propre volonté s’y opposait. Comme s’il ne pouvait ni ne voulait prononcer ces mots… Ni aucun autre.

Non, tu ne diras rien, car tu n’es même pas sûr de le penser. Pourquoi ? Parce qu’au moment ou je te parle, mon esprit et le tien ne font presque plus qu’un. Nous en sommes tous deux à un stade ou mes pensées sont tiennes, et inversement. Tu comprendras cependant que je me sois autorisé un certain monopole de la parole. Un héritage de mon « cher » père, à n’en pas douter…

Tes sentiments sont justes, et tes idées honnêtes. Ce qui est loin d’être banal pour un spectre. Mais tu n’hésites pas non plus à éliminer quiconque se dresse sur ta route, et c’est pourquoi je t’ai choisi. Tu ne souhaites que le bien de mes frères, non, tes frères ; ainsi que de ce chevalier qui assure une forte cohésion entre vous. Voilà pourquoi je tiens à ce que tu gardes tes idéaux une fois l’assimilation terminée. Lorsque tu t’éveilleras, mon esprit ne fera plus qu’un avec le tien. Nous parlerons et agirons comme un seul homme, nous permettant ainsi d’accomplir les objectifs qui nous sont propres à tous les deux.

Avant que de te laisser reprendre connaissance et redécouvrir avec moi ton nouveau psyché, je tiens à t’assurer que les pouvoirs que je partagerai avec toi te seront fort utiles pour aider au mieux ce malheureux chevalier. Je suis moi-même très surpris par l‘intensité des sombres sentiments qui le hantent. Il nous faudra faire au mieux pour le tirer de cette détresse, ou tout du moins, l’empêcher de s’y laisser engloutir davantage. Ses fléaux sont ses phobies, et c’est précisément ce que nous contrôlerons. Sois assuré, et c’est pour cette raison que tu as accepté mon pacte lors de notre première rencontre dont tu n’as plus souvenir, que tu seras en mesure de lui venir en aide.

Sur ces bonnes paroles, je vais à présent devenir une part de toi-même. Krauser, dieu des illusions, nous nous retrouverons dans un instant. Dans le monde réel.


A cet instant, les ténèbres qui enveloppaient Krauser se dissipèrent peu à peu, laissant paraître une lueur de plus en plus vive. Krauser ferma les yeux sous l’aveuglante intensité de la lumière, et lorsqu’il n’en sentit plus la brûlure, rouvrit ses paupières, découvrant une surface de maçonnerie traversée d’épaisses poutres de bois. Le toit d’une bâtisse.

Krauser se redressa, et se mit en position assise sur le lit ou il était installé. Mais avant même de pouvoir distinguer quoi que ce soit, une atroce douleur au crâne le fit se courber et porter les mains à son visage. Puis la douleur se dissipa aussitôt, comme s’il s’agissait là de l’ultime souffrance mettant un point final à sa toute récente agonie.
Le spectre ouvrit les yeux, et distingua des visages qu’il avait vus ou aperçus tout récemment. Narcisse, Adrix, et celui que Dormin appelait Mattheus.

Pour sa part, il se sentait différent. Ses sentiments étaient quelque peu changés. Il lui semblait être plus calme que d’ordinaire, plus apte à mener une réflexion constructive. Mais également… plus puissant. De toute évidence… Icelos avait bel et bien terminé son œuvre. Il était à présent Krauser, dieu des phobies, des illusions et du cauchemar.
Oui… Icelos l’avait prévenu, mais le fait de prononcer ces mots lui semblait à la fois naturel, et totalement nouveau.
Krauser se frotta le crâne, et choisit de commencer par mettre les choses à plat avec les trois individus présents ici. Il se tourna tout d’abord vers Mattheus. Il n’avait pas grand-chose à lui dire, mais il tenait à lui faire part de son ressenti.

Mattheus. Je n’ai qu’une chose à te dire : merci. Merci de m’avoir soutenu alors que j’étais en bien fâcheuse posture. Merci de tolérer le fait d’être en présence de ceux qui devraient compter parmi les pires ennemis de ton camp. Et merci d’être d’une telle aide à Dormin. Notre ami commun n’est pas au mieux de son état, à ce que j’ai pu ressentir ; et il aura besoin d’un soutien tel que toi.

Adrix. Ou Phantasos, comme tu le préfères. Nous venons tous deux de nous découvrir un nouveau frère en nos personnes respectives, et si cela est pour moi une surprise autant qu’un plaisir, j’ignore comment tu prendras la chose.
Sache simplement que je suis autant attaché à Dormin que toi, à l’échelle d’une relation moins… intime ; mais également que nous partageons une certaine aversion envers la personne de notre « père ».
Nous nous retrouvons sur certains points ; et mis à part le fait que je t’aurais appelé « seigneur Phantasos » il y a de cela moins d’une heure, je tiens à ce que notre entente soit cordiale.
Avant de devenir part de mon esprit, Icelos m’a soutenu que notre force est notre unité ; et sur ce point, je le crois. Laissons le temps faire son œuvre, mais sache que je tiens à être pour toi un véritable frère.

Oneiros… me pardonneras-tu ce tutoiement, ainsi que la disparition du « seigneur Narcisse » ? Tout comme Adrix, je tiens à ce que notre fratrie soit solide. Pardonne-moi de présenter les choses aussi abruptement, et sache que le choc est brusque et réel pour moi aussi ; mais il faudra que nous nous y fassions tous les deux. Je suis ton frère à présent.
Sois cependant assuré que la part de mon esprit appartenant à celui qui fut ton serviteur, fait que je te considèrerai toujours comme mon mentor, et tiens donc à te montrer tout le respect que je te dois, autant en tant que frère qu’en tant qu’ancien serviteur.



Krauser pivota sur son assise, et déposa ses pieds au sol. Il se redressa, ses jambes tremblant un instant sous les retours de sa récente agonie ; puis, une fois que ses membres eurent retrouvé toutes leurs fonctions, s’étira, et se dirigea vers une porte d’où émanaient de bien tristes pensées. Dormin s’y trouvait, en train de se torturer intérieurement de tous les mauvais sentiments que Krauser avait ressentis tout récemment.

L’ancien Krauser aurait certainement enfoncé la porte afin de voler au secours de son ami. Mais, doté de l’expérience et des connaissances d’Icelos, ce Krauser-ci savait que toute intervention immédiate était inutile. Il se désolait de ne pouvoir tirer son ami de ce calvaire, mais il fallait lui laisser le temps de remuer son esprit, et de remettre ses idées à plat. Il lui parlerait après que la tempête se soit calmée, et peut-être, s’il ne pouvait remédier à ce calvaire, pourrait-il lui être d’un quelconque soutien.

En attendant ce moment, il fallait à présent s’organiser. Krauser s’adossa au mur à côté de la porte, et se tourna vers Narcisse, son tout récent frère. Préférant éviter l’usage de la parole en présence d’un serviteur d’Athéna, bien que de confiance ; il tenta de s’adresser à lui par la pensée. Cette idée lui aurait semblé bien stupide il y a de cela moins d’une heure, mais les derniers évènements lui avaient prouvé que c’était une faculté dont disposaient les Oneiroi. Ignorant si cette tentative fonctionnerait, il se concentra sur la personne de Narcisse, et songea à ce qu’il souhaitait lui dire.

Maintenant que ta fonction de Quaesitor est terminée, qu’as-tu prévu pour la suite des évènements ? Pour ma part, tu comprendras que l’avenir est encore flou. Je compte sur toi pour organiser les choses, jusqu’à ce que nous trouvions place dans une situation plus stable et posée. Je te suis, Narcisse. Dis-moi quoi faire et j’obtempèrerai.

Oui, il avait encore gardé de son passé de serviteur. Mais il valait mieux ne pas s’imposer, alors qu’il venait de devenir ce qu’il était. Il préférait faire profil bas pour l’instant, tant pour éviter l’agacement de ses frères que pour prendre le temps de s’accoutumer à son nouveau statut. Car bien des choses allaient changer, désormais.
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MessageSujet: Re: Auberge della Luna (Pv)   Sam 24 Nov - 20:58

Après quelques minutes de marche, nous voici enfin arrivés à l'auberge et cela va nous faire un bien fou à tous malgré qu'il règne encore une atmosphère chargée en tension. Mais nous allons pouvoir nous reposer un peu et surtout discuter loin du tumulte crée par les Quaesitors. Sans compter que nous avons deux personnes qui ont un besoin urgent de soins rapides!! Aidé du spectre nommé Narcisse, j'installe Krauser sur un lit tandis que Dormin installe l'autre sur un lit non loin. Je vois mon ami se diriger dans un coin pour aller poser son urne et m'y dirige à mon tour, répondant à son appel de la tête. Posant également mon urne, je pousse un petit soupir car cela fait du bien de ne plus la porter!!

Se penchant vers moi, j'entends sa voix dans mon esprit et écoute les présentations des personnes qui me sont inconnues. A mesure de ses paroles, mon regard affiche une grande surprise. Certes parce qu'ils sont des fils d'Hypnos mais surtout le fait qu'il les connait depuis longtemps!! Pour Narcisse, je veux bien le comprendre car il était son maître mais pour Krauser!! Je savais qu'ils se connaissaient étant donné la familiarité qu'ils affichent entre eux mais je ne savais pas à ce point!! Mais la plus grosse surprise vient surtout quand il m'apprend quand il m'apprend que l'homme aux longs cheveux se trouve être son mari mais aussi la mère de Séléné!! Regardant Séléné d'un air interloqué, aucun mot ne sort de ma bouche. Je n'aurais jamais cru qu'il y ait des homosexuels à cette époque!! Je pensais même qu'ils étaient tous tués sur le champ!! Décidément je n'ai pas fini d'en apprendre de cette époque!!

Encore sous le choc de ce que je viens d'apprendre, je sursaute au contact de la main de mon ami sur mon épaule. Suivant son conseil, je me concentre et sonde le cosmos de Séléné et en effet il a raison. Y a pas à dire, c'es vraiment étonnant de trouver ces familles à cette époque!! Et c'est apparement à cause d'Hypnos et d'Eris. En tout cas qu'il ne s'inquiète pas. J'ai certes été surpris mais au fil des années que j'ai encore à passer, je sais que j'en verrais d'autre!! je lui sourie alors pour le rassurer et que je m'en remettrais!!

Après une légère tape sur mon épaule, je le vois se relever pour aller s'asseoir au bord du lit de son époux. Narcisse s'adresse alors à lui et voilà une discussion mouvementée qui commence entre l'ancien élève et son ancien maître. Une discussion qui semble s'annoncer bien mouvementée et entre quelques mots Dormin m'apprend qu'il était Saint d'Andromède sous ses ordres et je souris à sa dernière remarque concernant les taquineries. Je ne m'en occupes pas, préférant les laisser seuls mais je relève la tête vers le fils d'Hypnos quant ce-dernier aborde le Sanctuaire!!

Hein?? Le Sanctuaire attaqué?? Mais pourquoi Liana ne nous rien dit?? Tout comme Dormin je pense qu'elle avait mieux à faire mais elle aurait dû nous mettre au courant!! C'était la moindre des choses à faire!! Et ce même si nous sommes là pour la protéger!! Comme il le dit, nous ne serons sans doute pas d'un grand secours mais cela ferait tout de même un peu de renfort!! Enfin, pour l'instant je dois attendre des nouvelles d'Angel qu'il a contacté et j'espère qu'elles ne tarderons pas car pour l'instant, je n'ai rien!! C'est avec un regard inquiet mais encore plus désolé que je lui répond.


En apprenant cela, j'aurais aimé en avoir mais malheureusement ce n'est pas le cas!! Tout ce que nous pouvons faire, c'est attendre et espérer!!

Malgré le visage fort que j'essaie de montrer pour ne pas laisser voir mes émotions, je suis fortement inquiet pour le Sanctuaire. Tout ce que nous savons est qu'il est attaqué mais par qui, pour quelle raison et y a t-il des victimes? Ces questions trottent dans ma tête en plus d'autres et Dormin est dans le même état malgré qu'il se montre fort et s'occupe des blessés. Et c'est finalement son époux qui se nomme Adrix qui se réveille le premier.

Les laissant seuls, je regarde mon ami se lever et se diriger vers la salle de bain. Il est tendu par tout ce qui lui arrive et un bain lui fera le plus grand bien!!
Pour ma part, je vais près de Krauser qui semble revenir parmi nous malgré un bon mal de crâne. Restant près de lui, je le laisse se remettre de ses émotions puis souris en écoutant se remerciements à mon égard.


Ce n'est rien, c'est tout à fait normal!! Tu sais on dit que les ennemis d'hier peuvent devenir les amis de demain et la plupart du temps ça se confirme!! Quant à Dormin, il traverse actuellement un passage dur mais il sait qu'il peut compter sur moi si le besoin s'en fait sentir!!

Le laissant ensuite parler avec les autres fils d'Hypnos, je me dirige vers mon urne sur laquelle je m’assoies et repense à tout ce que l'on a apprit sans oublier de m'inquiéter pour mon ami seul dans la salle de bain!!
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MessageSujet: Re: Auberge della Luna (Pv)   Sam 15 Déc - 2:18

=> Quadrature des bourreaux

Quand Séléné pénétra dans la modeste auberge, elle eut tout le loisir de découvrir combien elle était épuisée. Maintenant que la pression de l'instant était retombée comme un soufflet raté, les émotions récentes se faisaient un devoir de peser de toute leur masse sur ses frêles épaules. Tant de chose s'entrechoquaient dans son petit cœur. Le soulagement d'avoir retrouvé ses proches, le chagrin et la colère causés par les actes du Nordique et l'inextricable culpabilité à l'idée qu'elle était sans doute partiellement responsable de l'échec de ce sommet pour la paix. Le Seigneur Apollon allait être si déçu en entendant son rapport... Le Dieu des Arts lui avait accordé son inestimable confiance, et tout ce qu'elle lui apporterait en guise de remerciement pour cet honneur serait des tensions plus tendues qu'avant avec le peuple d'Asgard.
La petite rouquine avançait en titubant, le regard un peu vague. Elle avait beau avoir l'apparence et le comportement d'une véritable petite dame, il n'en était pas de même pour son endurance. C'était trop, tout simplement trop pour qu'une fillette de 4 ans encaisse sans fléchir. Tout ce qu'elle désirait désormais, c'était de pouvoir se prélasser quelques instants pour apaiser la tempête qui prenait place dans son esprit. Il lui fallait remettre ses pensées sur tout ce qui venait de se produire au clair... Mais le noble Spectre qui lui était venu en aide tantôt n'avait nulle intention de la laisser s'éclipser dans les bras de Morphée dés maintenant.

Sa nièce ?! Il venait vraiment de l'appeler ça nièce ?! Alors comme ça l'envoyé d'Hadès qui était venu à sa défense à la réunion était son oncle ? Elle avait un oncle ? Elle ne s'en serait jamais doutée... Enfin, si, elle avait déjà entendue parler des autres fils d'Hypnos mais n'avait jamais songé en rencontrer un. Sa mère avait tendance à s'irriter dés que le Dieu du Sommeil était cité, et plus personne dans la maisonnette ne se hasardait à évoquer un sujet qui attirerait si invariablement sa mauvaise humeur. Même Hélios, avec qui les piques s'échangeaient d'ordinaire sans merci ne s'y risquait pas, c'est dire. Narcisse lui était lié par le sang... Voilà donc d'où venait cet étrange sentiment familier qu'elle avait perçu dans son cosmos. En elle coulait une affinité naturelle avec le monde onirique et ses mystères, elle qu'on avait nommé en hommage à la Lune était la descendante de la Nuit, et à ce titre, elle percevait ceux qui flirtaient avec le domaine nocturne.
Et... Et est-ce qu'il venait de la désigner comme "ça" à l'instant aussi ?! Comment ça "ça" ?! Quel rustre ! Comment pouvait-on désigner ainsi une adorable demoiselle de bonne famille comme avec autant de mépris et de suffisance ? Qu'était-il arrivé au soit disant gentleman du Conseil ? Il méritait une correction, une bonne paire de claques et.


" – Une nièce, que je ne vois revêtir, ni le nom d’Hypnos, ni celui d’Athéna. Pourquoi es-tu au service d’Apollon ? "


Gloups... Nevermind. En cet instant précis, Séléné trouvait Narcisse cent fois plus angoissant que ne l'avait été l'Ases au sommet de sa fureur. Il n'y avait pas de mots acerbes dans ses mots, pas d'agressivité dans son aura ni quoi que ce soit. On ne trouvait pas non plus de vain déballage de puissance sous forme de cosmos gaspillé à l'envie... Mais ce sang froid apparent ne le rendait que plus impressionnant. Il dégageait cette sensation diffuse de toujours maîtriser la situation, de tramer quelque chose derrière une fausse tranquillité. A n'en pas douter, c'était un manipulateur, quelqu'un qui use de ses neurones plutôt que de ses muscles. La Quaesitor avait beau être jeune, elle était parfaitement consciente que les penseurs étaient bien plus dangereux que les brutes. Encore affaiblie par tout ce qu'elle venait de traverser, elle esquissa un mouvement de recul face au spectre, animée par un embryon de peur instinctive.

"Tu m’as d’ailleurs convaincu de ta force, en te retenant d’agir face à l’enragé du Nord. Mais je parle là d’évènements que certains aimeraient sans doute connaître"


Eh ! W.. Wait ! Hold on a minute ! Il ne devait pas parler de ça ! Pas après tous les efforts qu'elle avait pour dissimuler l'histoire à ses parents ! La tension était trop palpable pour jeter de l'huile sur le feu dés maintenant, de cela le fils d'Hypnos devait être conscient ? Cela l'amusait-il donc d'attiser un brasier qui menaçait de consumer toute la communauté ? Si jamais il partait chercher querelle à son agresseur, les derniers espoirs de renouer les fils rompus seraient tranchés par la morsure d'Excalibur.
... Mais son père n'était pas la seule personne dont elle devait s'inquiéter. En ce moment même, son jumeau devait être en train de s'entretenir avec l’autorité du Nord. Et le connaissant, il n'hésiterait pas un instant à évoquer cet incident. Par les cieux, faîtes que on frère contienne sa mauvaise humeur et trouve un quelconque arrangement pacifique à ce conflit avant qu'il ne se répande comme de la mauvaise herbe !

"Ha... Haha... Ce fils de chien galeux... A osé?... Est-ce vrai Séléné?"

Aïe... Le moment tant redouté. Que pouvait-elle faire ? Mentir ne servait à rien. Plus elle essaierait d'en cacher, plus Dormin serait suspicieux, elle n'avait pas héritée de sa perception pour rien. Le Roi n'était pas vraiment quelqu'un qu'on pouvait berner facilement sur le fond de sa pensée. Tout ce qu'elle put faire, fut de baisser la tête et bredouiller quelques mots, comme une enfant qui, honteuse, vient d'être sermonnée après une bêtise.

-C.. C'est vrai. Ma. mais je vais très bien hein !


Elle n'allait pas bien. Le flot d'émotions négatives qu'elle avait encaissé avait laissé des traces qui resteraient en elle bien plus longtemps que les petites marques sur sa nuque. Fort heureusement, tout c'était arrêté avant que les dégâts ne soient trop importants sans quoi... elle se serait laissé emporter par le sang de l'Irréel qui bouillonnait dans ses veines. Le pouvoir du Dieu des songes n'était pas de ceux qui se laissaient marcher facilement sur les pieds. C'était l'instinct de survie d'un individu en qui coulait l'essence d'une divinité, une envie de subsister vieille de plusieurs millions d'années qui la protégerait qu'elle le désire ou non. Ce n'était pas du haut de ses quatre ans qu'elle serait capable de dompter ce sentiment impérieux s'il venait à s'imposer à elle. Si Sköll avait continué ses outrages, elle se serait défendue comme un animal acculé, peu importe son désir de paix... et la suite n'aurait pas été jolie à voir.
Fort heureusement, tout le monde ici était trop harassé pour faire exploser un nouveau conflit. Tous avaient eut une grosse journée et aspiraient au repos plus qu'à la querelle, peut être était-ce la raison pour laquelle la conversation s'arrêta avant de s'envenimer plus que de raison.

-M.. Mon oncle, nous parlerons du Seigneur Apollon une autre fois si cela ne vous dérange pas. Je.. Je suis très las pour le moment.


Séléné voulut faire une sieste, mais elle ne pourrait trouver le repos avant d'avoir vu sa mère rétablie. Voir l'Irréel dans un tel état était vraiment un choc pour elle. L'androgyne c'était toujours présenté en figure explosive, toujours prête à s'emporter pour un rien, un commentaire acerbe dans la poche ou autre chose. Une tigresse qui protégeait farouchement ses petits, même si elle avait tendance à les secouer, parfois un peu trop. Ce n'était pas naturel de voir Adrix sans défense, lui qui mettait un point d'honneur à ne jamais montrer ses faiblesses. Le silence et l'immobilité ne lui allaient tout simplement pas au teint.
Malgré son désir ardent de rester à son chevet, elle avait préféré laisser Dormin s'occuper seul de son épouse. Sa présence ne ferait que déranger la concentration de son père dont les soins étaient le rayon de toute façon. La rouquine avait toujours voulu en apprendre davantage à ce sujet d'ailleurs. Elle était plus encline à apaiser les maux de ses alliés qu'à en infliger à ses ennemis... mais ses pouvoirs n'étaient pas vraiment de nature curative à son grand désarroi. Elle avait hérité davantage d'une malédiction que d'un cadeau du ciel, condamnée à entendre des voix à longueur de journée.
Lorsqu'elle revint dans la pièce, ce fut à sa grande joie pour y trouver un androgyne certes vaseux mais bien éveillé.

-Maman !


Sans attendre plus d'explications, la petite demoiselle se jeta au coup du blondinet et enfoui son museau contre son torse. Malgré son séjour dans la rivière, le Dieu des Fantasmes était toujours entaché d'une odeur de sang tenace, imprégnée dans ses vêtements et jusque dans ses cheveux, mais la rouquine de poche était trop soulagée de la voir enfin debout pour s'en soucier. Enfin... enfin tous ses proches étaient sains et saufs. Une partie de ses inquiétudes venaient de partir en fumée, elle se sentait plus légère.

-Sé.. Séléné ?


La Reine d'Avalon était toujours un peu à la ramasse quand au pourquoi du comment de la situation. La présence de sa fille la laissait perplexe, mais sa désorientation ne l'empêcha pas pour autant de l'enlacer doucement, faisant de son mieux pour que ses troubles émotionnels ne transparaissent pas dans son étreinte.

-Tu vas bien ma puce ?


... S’il avait bien une personne à qui il ne fallait pas parler de Sköll c'était bien Adrix. Aucun doute que sa première réaction en entendant les exploits violents du nordique serait volcanique et dieu seul savait à quel genre de vengeance tordue le peuple de l'arctique serait exposé par la suite. La magnanimité n'était pas vraiment la plus grande qualité du Seigneur des Apparences, à fortiori quand ses rejetons étaient en jeu. Adrix pouvait faire preuve d'une cruauté et d'un professionnalisme dans l'art de la souffrance qui n'avait rien à envier à la colère du fils de Fenrir. N'était pas démon qui veut après tout, ce genre de talent était le lot du porteur de la Démence incarnée sans doute.
Cette attitude protectrice à l'extrême était touchante, c'était une grande preuve d'affection, mais dans le cadre d'un projet pour la paix mondiale elle pourrait se montrer terriblement destructrice. Hélios n'était pas vraiment moins prompt à s'emporter, mais il avait au moins ses responsabilités envers Apollon pour le retenir... L'Irréel n'avait rien pour entraver sa rage.

-O.. oui je vais très bien maman ! Et toi ?


Si Adrix avait été un peu mieux réveillé, il aurait sans doute noté l'hésitation dans sa voix et le mensonge peu convaincant, mais dans son état même un piètre bobard pouvait passer sans forcer. Il passa une main dans la cascade de cheveux roux.

-Maman va bien ne t'en fais pas. Par contre, je suis un peu fatiguée. Sois gentille et laisse-moi souffler un petit peu. Nous parlerons juste après, d'accord ? Va te reposer un peu toi aussi, tu m’as l’air fatiguée.

Ironiquement, les deux interlocuteurs mentaient à moitié pour éviter d'inquiéter l'autre dans cette affaire... Tous deux avaient eut des expériences que l'autre ferait mieux d'ignorer.

-O.. ok !


Presque à contrecœur, Séléné se détacha de sa génitrice et quitta la pièce sans un mot. Piouf, ca, c'était arrangé aussi. Il risquait encore de nombreux problèmes dans la balance, mais ça en faisait toujours un gros d'achever. Avec un peu de repos, l'androgyne devrait retrouver ses forces et sa hargne habituelle. Tout allait rentrer dans l'ordre... du moins elle l'espérait. Mais plus que des soucis pour le futur, ce que cherchait maintenant la fillette d'un pas un peu hagard en déambulant dans l'auberge c'était une couche libre pour s'étaler mollement.

/Désolé du retard les gars, ca m'était completement sorti de la tête que je devais répondre avec Séléné aussi ici °°" /
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Narcisse


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MessageSujet: Re: Auberge della Luna (Pv)   Sam 15 Déc - 18:38

2

Seul en lui-même, le Dieu du Rêve conversait avec ses souvenirs, cherchant en eux une réponse qui ne venait pas. Qui donc doit être pris pour cible, après les récents évènements ? Bien sûr, que Narcisse a besoin d’avoir une cible. De son vivant, tous les ennemis d’Athéna étaient sa cible. Dans les Limbes, les Juges d’Hadès étaient sa cible. Aujourd’hui, l’ensemble de l’espèce humaine est-elle sa cible ? Cette escalade aura-t-elle un jour une fin ? Quand la Terre aura été plongée dans la Nuit Éternelle, peut-être. Mais à l’heure actuelle, c’est les responsables du traquenard de Venise qu’il cherche à désigner. Zeus ? Un pion. L’ensemble des Dieux du panthéon Grec avaient été des pions. Les responsables, étaient liés aux gitans, d’une manière ou d’une autre. Il y avait sans doute encore bien des choses à découvrir à Venise. Mais il n’était pas sûr de vouloir rester ici à tourner en rond en cherchant des indices.

En fait, il a envie de reprendre des forces. Pas comme on l’entend habituellement : quelques âmes ne seraient pas de tout refus pour accompagner un bon rétablissement. Plus de puissance. Plus d’énergie… Une cible, nous y revenons, il a besoin d’une cible. Les Quaesitors de Venise ? Trop risqué si tôt. Les Lois Divines pourraient jouer contre lui. Alors qui ?
Sachant que le fait de choisir une cible, c’était jouer le jeu de leurs adversaires. Mais profiter du chaos qu’ils avaient engendré pour prendre le contrôle de la situation… Il ne s’agissait de rien d’autre qu’un autre plan aussi parfait qu’à l’accoutumée.

Les paroles de Dormin le firent sourire. Comme il était doux de se laisser aller à un peu de nostalgie en ces heures difficiles… Nostalgie qu’on ne peut réellement apprécier qu’en compagnie de ceux qui ont partagé une partie de notre passé.
    – Trop aimable mon cher, répondit-il à sa petite pique sur le fromage. N’ayant aucune nouvelle de nos deux amis, je pense qu’ils ont rejoint les Champs Élyséens sans encombre : que leurs âmes reposent en paix, là où elles se trouvent.

    – Paix Dormin. Ce n’est pas de toi que je parlais en ces termes jeune fille, dit-il en se tournant vers Séléné, mais de l’acte qui vous a conduit à lui donner la vie, acheva-t-il en revenant au Gold Saint. Car il y a là… matière à défier les lois de la Nature, n’est-ce pas ?
Il laissa cependant la question en suspend, et hocha simplement la tête à la réponse de la Quaesitor d’Apollon : il ne comptait pas la laisser filer sans qu’elle lui ait transmit les informations relatives à Apollon, qui pouvaient être déterminantes pour la suite de ses plans.

Du coin des yeux, il vit Phantasos s’éveiller. Ou plutôt Adrix ? Ne venait-il pas de lui lancer cet appel ? Allons, Narcisse avait bien précisé dès le début de son intervention qu’il ne ferait rien à Dormin, était-ce si difficile à comprendre ? Si improbable, que le puissant Oneiros ne veuille pas du mal à quelqu’un ? Narcisse n’avait jamais été quelqu’un de cruel, je ne vois pas pourquoi il le serait devenu dans la mort… Bon, juste un peu alors, mais rien de bien probant face à certaines figures de cruauté que l’on pouvait croiser aux Enfers !
Chose étonnante, Dormin s’éclipsa bien vite après le réveil de son « compagnon » et alla s’enfermer dans une pièce voisine. La salle d’eau, au son. Narcisse replongea dans ses pensées, l’index et le pouce de ses deux mains joints, cherchant la paix intérieure nécessaire aux réflexions qu’il menait en cet instant même.

Malgré qu’il ait éludé la question, Narcisse continuait de chercher le fil du destin qui les liait tous, ici même, et à travers le temps et l’espace. Ainsi, c’était l’armure d’or du Capricorne qui avait emprisonné Dormin à travers les époques pour qu’il puisse se réveiller aujourd’hui ? C’était donc lui qu’il avait capté aux Enfers, six ans auparavant. Ce n’était pas un hasard. Et Adrix, un ancien Gold Saint du Poisson, revenu à la vie dans les Enfers ? Un hasard ? Peuh. Quand à Krauser, il était devenu l’ami de Dormin, dieu sait par quel moyen, et était aujourd’hui son frère…
Le cours de ses pensées fût interrompu par le dit Krauser, qui après s’être redressé sur son lit, s’adressa à chaque personne dans la chambre. En le regardant, le Dieu du Rêve vit que lui et Icelos avaient suivi son conseil, et ne faisaient plus qu’un. Bien, cela allait faciliter leur cohésion futur, même si celle-ci était quelque peu mise à mal par leur haine commune envers Hypnos, leur père.
    – Je te pardonne Krauser. C’est notre capacité à nous adapter à ces situations nouvelles qui fera de nous ceux qui tireront leur épingle du jeu. Il ne faut pas rester figé dans le temps et ta propre capacité d’adaptation est un exemple à suivre, crois-moi.
Son sourire s’estompa peu à peu avec le silence naissant. Ce qui permit à Narcisse de se replonger dans ses réflexions. Mais celles-ci étaient au point mort. La position de Dormin dans l’engrenage n’était pas claire. L’identité de leurs ennemis, à Venise, non-plus. Il s’agissait là des deux questions auxquelles il désirait ardemment répondre, sans y parvenir. Lorsqu’Icelos revint vers lui, il tenta d’entrer en contact avec l’esprit du Dieu du Rêve… Sans se rendre compte qu’il venait de crier mentalement aux deus fils d’Hypnos en présence ses paroles !
    – Doucement mon frère ! Le jeune homme secoua la tête en se massant la tempe. On ignore qui peut nous écouter.

    – J’ignore pour le moment dans quelle direction nous diriger. La situation à Venise, et la nouvelle de l’attaque du Sanctuaire d’Athéna, sont les preuves évidentes d’une manipulation à grande échelle dont nous venons de faire les frais. Il y a fort à parier que la situation aux Enfers, celle du Sanctuaire sous-marin, ou même l’éventuelle position du peuple d’Asgard sont à mettre au crédit de la même « entité » cherchant à profiter de notre apparente neutralité pour nous attaquer ou nous déstabiliser. Notre avantage dans la bataille à venir, est notre propre… mobilité. Comme tu l’as dit, ma fonction ici est terminée. Bien sûr je pourrais rester pour tenter de découvrir sur place qui nous a manipulé mais… Il tourna son regard vers Adrix, toujours allongé sur son lit, convalescent.
Il étendit alors la conversation à Phantasos, continuant de parler à Icelos au même instant.
    – Mon frère, je ne pense guère m’avancer en disant que, quoiqu’il se passe, tu suivras Dormin n’est-ce pas ? Silence. J’ignore où ses pas le conduiront prochainement, mais dès que nous le saurons, j’aimerais que tu me tiennes informé. Non-pas pour le compte des Enfers ou même d’Hypnos, mais bien pour le simple fait de savoir où tu te trouves, et où se trouve notre camarade à la chevelure de feu. Si nous ne gardons pas le contact, nous prenons le risque d’être pris pour cible par nos ennemis dont le but certain semble être l’éradication de toutes les forces des déités grecques en présence. Mieux vaut, dans un tel cas, que nous puissions venir à ton aide. Même si nous choisissons de ne pas prendre part aux conflits, nous serons peut-être un jour le dernier rempart qui se dressera entre cet adversaire et sa victoire. Autant te dire qu’il n’est dans l’intérêt de personne, de voir se jour arriver.

    – C’est pour cela mes frères, que notre séparation physique ne doit pas interrompre le flux Cosmique de nos discussions. Nous diviser pour nous vaincre, c’est la partition qu’à joué notre adversaire aujourd’hui. À nous de lui jouer un air plus… solidaire.
Un tel discours pouvait paraître étrange dans la bouche de Narcisse. Vu que la solidarité et lui, ça faisait deux. Pourtant dans le cas présent, il était tout à fait prêt à l’être, pour s’éviter, à lui et ses frères, de disparaître sous les coups traîtres de celui qui tente de les détruire. Quand il s’agit de survivre, les instincts primaires prennent le dessus. Celui de la conservation également.
Dans l’immédiat, leur position, un peu en dehors des conflits, allait leur être profitable pour tenter d’y voir plus clair. Et puis, le Dieu du Rêve avait quelques idées quand aux choses à faire, en premier lieu, une fois cette réunion terminée. Rendre visite à certaines personnes par exemple. Là, où l’on s’y attendait le moins…
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Adrix


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MessageSujet: Re: Auberge della Luna (Pv)   Mar 18 Déc - 20:42

Adrix se sentait... pâteux. Après le choc violent qu'avait été le dérapage de ses pouvoirs, se retrouver si subitement dans une position relativement calme lui faisait l'effet d'une désagréable gueule de bois. Il était partagé entre son envie habituelle de rouspéter contre l'univers tout entier et le tourbillon d'émotions qui continuaient de s'entrechoquer en lui. Il y avait le soulagement bien entendu, le seul fait de revoir le visage de Dormin alors qu'il l'avait cru disparut à jamais était une joie comme il n'en avait plus connu depuis un sacré bout de temps déjà. Il y avait la surprise aussi. Où était-il exactement ? Qu'est-ce qu'il fichait dans une auberge, et pourquoi Séléné était ici ? L'androgyne avait été ravi de voir sa fille, mais ca ne l'aidait pas tant à se repérer. Il serait donc à Venise ? Qui avait prit la peine de l'amener à l'intérieur de la cité flottante après qu'il ait atterrit dans le canal ? Ses souvenirs des évènements récents étaient trop flous pour qu'il puisse mettre un visage sur sa bienfaitrice.
Mais aussi, et surtout, il y avait l'inquiétude. Même avec un mental en compote de pomme, la peine sur le visage de son époux ne lui avait pas échappée. Pas plus que le trouble qui semblait agiter sa fille lors de leur étreinte. La fillette avait beau avoir fait preuve de son traditionnel enthousiasme, elle n'était guère douée quand il s'agissait de dissimuler ses propres tourments... Un trait qu'elle avait hérité de son paternel d'ailleurs.
Qu'est-ce qui avait bien pu arriver ? Pourquoi le contact avec le Capricorne avait-il été si subitement rompu ? Etait-ce là la raison de son abattement soudain ? Tout ça sentait le pâté. Ses proches lui faisaient des cachoteries, et Adrix avait horreur de ça... Quand bien même il était en général le champion du lot pour dissimuler ses soucis.

Mais alors que l'esprit de l'Irréel se remettait en marche au rythme de ses interrogations, une voix familière résonna dans un recoin de sa tête, bien décidée à ne pas le laisser cogiter en paix.

– Mon frère, je ne pense guère m’avancer en disant que, quoiqu’il se passe, tu suivras Dormin n’est-ce pas ?


Narcisse... ? Qu'est-ce qu'il fichait ici celui là aussi ? Ah. Oui. Il était venu lui parler dans son coma, mais il supposait que c'était une communication à distance et ... Attend... non... Ces cosmos imprégnés de l'énergie corrompue de l'hériter de la Nuit... Cette sensation dont la seule proximité suffisait à arracher à l'ancien Gold Saint une envie viscérale de casser quelque chose sur la figure de la première Déité du Sommeil qui aurait le malheur de croiser sa route... Deux fils d'Hypnos ?! Mais... Mais qu'est-ce que c'était que ce cirque ?! C'était rare de trouver trois rejetons de la Déité perverse au même endroit, à fortiori en l'absence de leur géniteur. Que diable avait donc loupé Adrix qui pourrait justifier une telle assemblée ?
A l'interrogation de son "frère", Adrix répondit d'un grognement affirmatif. Il n'était vraiment, mais alors vraiment pas d'humeur à s'occuper des affaires reliées à son soit disant Père. Il avait déjà assez d'ennuis sans que cet "entremetteur" de l'extrême ne vienne s'ajouter à l'équation.

"J’ignore où ses pas le conduiront prochainement, mais dès que nous le saurons, j’aimerais que tu me tiennes informé."


Cette nouvelle déclaration suffit à faire tiquer le Maître des Apparences suffisamment pour qu'il concentre son attention sur la divinité à tête de salade malgré sa mauvaise humeur. Le renseigner sur Dormin ? Pourquoi diable devrait-il donner des informations sur son époux à un individu aussi fiable qu'un arracheur de dents pakistanais ivre mort ?
Adrix avait depuis longtemps du mal à accorder sa confiance à tout ce qui était plus ou moins immortel. Il avait déjà croisé Narcisse à plus d'une reprise par le passé, et si ce "frère" ne lui avait jamais été nuisible, au contraire même, son comportement avait suffit au blondinet pour qu'il en déduise que ce cher frangin disposait d'une chose dont les autres déités étaient dépourvues. A savoir plus de deux neurones fonctionnels derrière sa tignasse et son arrogance. Tous les Dieux que l'Ex Poisson avait eut le malheur de rencontrer avaient brillés davantage par leur ego bouffi ou leur bêtise, si ce n'est les deux, que par leur finesse. Aux yeux du vampire, ils n'étaient ni plus ni moins que des pourritures immatures à qui le destin avait octroyé bien trop de pouvoirs comparé à leurs comportements. Mais Narcisse était différent. Il ne disposait pas d'un pouvoir capable de faire plier l'échine des Olympiens, mais il avait l'esprit affuté et la langue habile, deux attributs qui faisaient de lui un danger dans le sens le plus pur du terme.

"Non-pas pour le compte des Enfers ou même d’Hypnos, mais bien pour le simple fait de savoir où tu te trouves, et où se trouve notre camarade à la chevelure de feu."

Camarade à la chevelure de feu ? ... Quelle était exactement la nature de la relation entre ces deux là exactement ? Une pointe de jalousie commença à poindre le bout de son nez au travers de l'agacement.
Le problème, c'est que le Dieu des Rêves avait parfaitement raison. Si une menace planait, il fallait rester uni pour la combattre. C'était une base... L'ennemi de mon ennemi est mon ami, même s'il s'agit là de l'engeance d'un des individus que vous désirez abattre le plus au monde. Et c'était aussi le meilleur moyen de protéger Dormin et les siens. Accessoirement, c'était aussi et surtout la meilleure assurance de mettre le grappin sur ceux qui l'avaient attaqué à la Cathédrale et à qui il avait juré une vengeance de plus douloureuses. Pour la première fois depuis qu'il avait hérité de cette fonction contre son gré, Adrix allait s'associer avec cette "famille" qui l'avait tant rebuté jusqu'à ce jour.

*Cela m'énerve de l'admettre, mais tu dis vrai. Si danger il y a, nous serons plus forts unis que dispersés. Si c'est ma position que tu veux tu l'auras, mais nous discuterons des détails plus tard. Pour l'heure, j'ai d'autres affaires plus pressantes à gérer que cette petite entrevue familiale. Laissez moi un instant, vous trouverez bien de quoi vous occuper quelques minutes... Et ne m'interrompez pas.*


Non sans mal, l'Irréel s'extirpa de sa couche et s'avança vers la salle de bain. Pas besoin d'être un génie pour deviner qu'à l'intérieur, le Capricorne était en proie à bien des tourments. Le blondinet connaissait sa moitié suffisamment bien pour savoir que l'eau était son premier refuge quand quelque chose le tracassait. Et puis, même sans ça, le lien qui unissait leurs âmes était assez fort pour que les fortes émotions dont il était la proie soient aussi visibles qu'une flamme au milieu des ténèbres. C'était même surprenant que Séléné ne l'ait pas noté avant lui... Ou bien la petite demoiselle était trop fatiguée pour faire appel à ses dons naturels, ou bien elle avait pour dieu seul quelle raison jugé plus sage de ne pas en informer sa mère... ou alors le Narrateur avait oublié. Quoiqu'il en soit... Il y avait là dedans un Gold Saint en proie à la dépression, et il comptait bien le sortir de sa mare.

"Besoin d'être un peu seul" avait-il dit...

*Tu peux toujours courir mon grand*


D'un léger claquement de doigt, Adrix disparut sans un son. Son corps se fit nuage de fumée qui se glissa dans les fines ouvertures de la porte pour ensuite se recondenser de l'autre côté. Ce ne serait pas la dernière fois que la Dieu des Fantasmes allait à l'encontre de la volonté du Roi d'Avalon, et ce ne serait certainement pas la dernière. C'était là le privilège d'être sa Reine il faut croire... Ou tout simplement celui d'avoir mauvais caractère.

Il faisait rudement sombre là dedans. N'avait-il donc pas pensé à allumer les bougies ou quelque chose pour y voir quelque chose ? Typique.

*Où diable s'est-il terré ?*

En prenant soin de faire taire sa présence, l'androgyne s'approcha du bassin où, comme il s'y attendait, "Son altesse" s'était recroquevillé sur son chagrin. Le voir ainsi, en proie à dieu seul pouvait imaginer quels démons, faisait à Adrix l'effet d'un couteau planté en pleine poitrine. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'être heureux de voir cette silhouette si unique, noyée dans une cascade de cheveux couleur de feu. Que n'aurait-il pas donné pour le serrer contre lui, sentir sa chaleur comme pour s'assurer qu'il était bien là, en vie, et que ce n'était pas une vile tromperie de ses sens pour apaiser son chagrin. L'ancien Poisson était troublé... Probablement à peine moins que sa moitié. Il subissait encore les effets de son trop plein d'émotions, et les informations s'entrechoquaient en lui dans une cacophonie insupportable. Peut être qu'ensemble, ils parviendraient à panser les plaies de l'autre, avec cette douceur propre aux couples.

Wrong.

Alors qu'il observait Dormin en sanglots, l'Irréel laissa s'échapper un soupir exaspéré et, les bras croisés... Écrasa l'estomac du rouquin de son talon pour le couler au fond du bassin sans ménagement.
Le blondinet avait toujours eut une manière très personnelle de gérer ses problèmes émotionnelles, et la plupart étaient douloureuses pour le Capricorne. Se morfondre dans le noir n'était tout simplement pas son style. Contempler le père de ses enfants dans cet état lui était insupportable, alors plutôt que de le rejoindre dans son malheur, il comptait bien le secouer un peu. Et sa thérapie passait d'abord par une étape type "électrochoc". Il resta ainsi une petite poignée de secondes à appuyer avant de retirer son peton hors de la flotte.

-Tu comptes rester au fond à te morfondre dans le noir en solitaire encore longtemps ?... Si tu continues avec cette mine de chiot exploré, notre fille finira par s'en apercevoir...


C'était déjà un miracle que la fatigue ait empêché Séléné de découvrir le pot aux roses. Voir Papa et maman dans un si piètre état tantôt avait dût être un choc. Elle était déjà suffisamment fragile sans qu'on lui impose en plus le spectacle de ses parents plus brisés aussi bien physiquement que psychologiquement.

-Il n'y a rien de mal à se laisser allé parfois, mais fait le lorsque cela n'inquiétera pas la petite. Ah et...

Attention, nouveau coup de pied incoming.

-Si tu me refais le coup de disparaître je te jure que je t'en colle une !

*Tu viens de le faire, deux fois*


*Pas tes oignons !*


*Tu es venu le consoler ou le passer à tabacs pour calmer tes nerfs en fait ?*

*Les deux !*


Sans se soucier de sa tunique, Adrix rentra dans le bassin à son tour, s'asseyant dans l'eau, son dos appuyé contre celui de Dormin. Maintenant qu'il s'était donné en numéro et qu'il avait relâché une partie de sa frustration, sa voix devenait légèrement tremblante alors qu'il menaçait de se laisser submerger par son trop plein émotionnel. Il se contenait pourtant tant bien que mal, ce n'était pas le moment de fondre en larmes comme une jouvencelle.

-J..... J'étais vraiment inquiet tu sais... Tu as disparu tout à coup… Qu'est-ce qui c'est passé... ?
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Dormin


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MessageSujet: Re: Auberge della Luna (Pv)   Mer 19 Déc - 18:06

Les mains sur son visage cachaient le rouge des yeux ayant laissé couler les larmes de nervosité du Capricorne. Il était fatigué, usé nerveusement plus que physiquement. Lentement pourtant, il se laissa bercer par l'élément aqueux pour détendre les nerfs de son corps ayant à présent doublés de volume et rester sous tension toute la sainte journée. Ce genre de situation avait le don de le mettre hors de lui et le fait de ne rien pouvoir y changer de l'agacer au plus haut point. Sans compter que son dos le démangeait particulièrement depuis les évènements de tantôt... Peut être un effet des attaques cosmiques des zombies?... Occupé à chasser toutes ces mauvaises ondes de son esprit, Dormin n'entendit ni ne sentit que qu'un avait pénétré dans la pièce.

La douleur dans son estomac le sortit de son état second violemment. Le capricorne déjà recroquevillé au fond du bassin. Une urgence d'emplir ses poumons d'air se fit plus pressante encore que sous l'effet de l'apnée seule. Le rouquin serra les dents, laissant échapper un filet d'air qui regagna la surface sous la forme de grosses bulles. Son regard se leva vers la silhouette qui l'observait à la surface. Un instant, la main droite du Capricorne se mit à briller d'une aura dorée, se préparant à balancer Excalibur sur ce pied qui lui écrasait l'abdomen, mais ais alors qu'il concentrait sa cosmos énergie, cette dernière se mit à lui brûler le bras.

Se tordant d'avantage, la douleur vint lui vriller le cerveau. C'était comme si on lui broyait les os et qu'on trempait son bras dans du métal en fusion. Que se passait-il donc à la fin? Pourquoi soudainement Excalibur lui brûlait-il ainsi le bras?! ... C'était comme lors de son retour au sanctuaire il y a 6 ans, quand l'épée de légende avait répondu à l'appel de cette chère Aalanna. Excalibur lui avait alors brûlé le bras jusqu'à ce qu'il entre finalement en contact avec la chuchoteuse d'Avalon. Mais ce soir, il n'y avait nul appel, alors... Pourquoi cette douleur lui mordant la chaire?

Sa main gauche vint se crisper sur son avant bras droit endoloris, oubliant un instant l’omoplate qui le démangeait plus que de raison et qu'il s'était déjà grattée au sang. A présent, une nouvelle urgence s'imposait au gold saint, le besoin de remonter respirer. La pression du pied sur son ventre ayant disparu, le rouquin se redressa pour percer la surface et emplir ses poumons d'air frais. Toussotant après avoir bu la tasse, il s'appuya contre le rebord du bassin, ses longs cheveux roux ondulant dans son dos. Son besoin en oxygène satisfait, le sang revint cogner à ses tempes, et lui rappeler la vive douleur à son bras et à ses omoplates. Tant qu'il ne prêta pas tout de suite attention aux paroles prononcées par sa "tendre" moitié. Paf second coup de pied! Comme s'il n'avait pas déjà assez mal... Il laissa donc l'hôte de Phantasos déblatérer tant qu'il lui plaisait jusqu'à ce que finalement le calme revienne dans la pièce plongée dans le noir. Seule un faible rayon de lune perçait par la fenêtre.

L'eau était encore tiède lorsque l'ex poisson décida d'y rejoindre le rouquin à la grande surprise de ce dernier. Ce genre de chose arrachait toujours le feu aux joues du Capricorne alors que ce dernier aurait dû s'y habituer. Mais garder ce côté prude n'était pas pour déplaire au couple improbable qu'ils formaient. Malgré la douleur qui s'accaparait l'esprit du rouquin, le rendant quelques peu à cran, les mots et le ton utilisés par l'irréel semblèrent venir à bout de quelques tensions. Le rouquin écarta cependant son dos du sien, brisant le précieux contact à contrecoeur, le temps de faire volte face et de venir enlacer le blondin par derrière. C'était plus confortable pour Dormin dont chaque contact avec son dos le faisait souffrir.

    "Je suis désolé de vous avoir inquiétés, toi et la petite... Alors que j'attendais à l'extérieur de la basilique, en compagnie d'autres escortes, nous avons été happés par les ténèbres. Nous nous sommes retrouvé dans des sortes de dimensions obscures, coupé de tout cosmos externe... Coupés de tout. J'étais seul... Krauser et Mattheus avait dû tomber dans des pièges séparés mais nous devons avoir combattu les mêmes ennemis... A savoir les cadavres des gitans fraichement tués ramenés à l'état de non vivants... Mais rien à voir avec toi ou Narcisse... Ce n'étaient que des espèces de zombies dégueulasses."


Le rouquin resserra son étreinte en repensant à ces pauvres gens transformés en monstres, leur corps en décomposition rapide broyés sous ses coups. Il frissonna de dégout avant de reprendre, cachant son visage dans la longue chevelure blonde, cherchant la chaleur de la nuque d'Adrix.

    "J'ai eu peur de ta réaction et d'inquiéter les enfants plus que de raison. Ne voyant ce combat que comme une perte de temps visant à me retenir, j'ai fait appel à Excalibur pour déchirer le voile de cette dimension et m'en libérer au plus vite... Pour arriver sur une place dévastée par cette horrible bête... Ce... Guerrier du nord malade..."
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Mattheus


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MessageSujet: Re: Auberge della Luna (Pv)   Jeu 20 Déc - 15:19

Toujours assis sur mon urne, je repense à ce que j'ai appris ces dernières minutes et les nouvelles ont été nombreuses sans oublier tant surprenantes qu'inquiétantes. Il y a d'abord eut la famille de Dormin... Certes je connais déjà Séléné sa fille mais je ne me serais jamais attendu que la personne qui partage sa vie se trouve être un homme. Ensuite il y a l'annonce que nous sommes en présence de fils d'Hypnos mais la plus forte nouvelle est celle que le Sanctuaire est attaqué. Sans oublier que Liana était au courant. Je veux bien comprendre qu'elle ne nous ait rien dit, étant donné que son devoir de Quaesitor lui prend bien du temps mais... Enfin bref nous sommes au courant et c'est le principal bien que nous ne savons pratiquement rien sur la situation là-bas!!

Poussant un soupir, je regarde sans curiosité ce que font les autres. En écoutant et les voyant se mouvoir, j'ai l'impression d'assister à une réunion de famille dans laquelle je serais un invité de dernière minute sans aucun rapport avec les personnes présentes. Car c'est la vérité!! Mis à part être un protecteur de Liana avec Dormin, je n'ai rien à voir avec ces gens qui se trouvent être les fils d'Hypnos, une famille retrouvée et des amis!! A la pensée de ce dernier mot, un sourire fin se forme sur mes lèvres. Je ne suis pas un fils d'Hypnos ou un membre de cette famille... Non je suis plus car j'ai noué des liens forts avec certaines de ces personnes et nous sommes maintenant des amis!!

Souriant en voyant Krauser et Séléné, je me demande si Dormin va mieux dans son bain quand soudain quelque chose attire mon regard. Surpris, je plisse les yeux pour vérifier que je vois bien et c'est le cas. Devant mes yeux, quelque chose de translucide semble flotter et ne pas virer comme s'il attendait que je le prenne dans ma main. Clignant des yeux et oubliant les autres, j'ouvre la main sous cette chose à l'apparence fragile et la laisse se poser sur ma paume.
Une fois cela fait, je l'observe sous tout les coins en me demandant d'où peut venir cette petite toile. A mesure que je la regarde, je me rend compte qu'elle n'est pas translucide mais d'un blond doré et sa texture ressemble à...


Des cheveux!!

Surpris et effrayé, je saute de mon urne et pose cette fine touffe de cheveux en me demandant à qui elle peut appartenir. Tournant la tête vers les personnes présentes, je secoue la tête en constatant qu'aucune n'est le propriétaire de ces cheveux quand je sens un phénomène étrange se produire dans mon dos.
Me retournant je vois la touffe s'illuminer doucement et peu à peu laisser apparaître des mots. Les mots se succèdent et quelques secondes plus tard, une véritable lettre se trouve devant mes yeux.

La main tremblante, je l'avance lentement vers la lettre. Craignant de la briser ou pire, je prends délicatement la lettre et commence à la lire. Une fois puis une seconde et il se passe des choses bien pire que ce que nous croyions, Dormin et moi. Il faut absolument que je le voit pour le mettre au courant de la situation au Sanctuaire et de la marche à suivre. Malheureusement nous ne pourrions y aller car nous ne pouvons laisser Liana seule ici à Venise!! Faisons les choses dans l'ordre et commençons par voir Dormin!!

Prenant soigneusement la lettre dans ma main, je la plie avec attention et la range dans une de mes poches. Puis je prends mon urne sur mes épaules et me dirige vers la salle de bain quand une seconde voix provenant de l'intérieur me stoppe. Faisant comme si je n'ai rien entendu, je reconnais tout de même la voix de son époux.
Gené de les déranger pendant un moment intime, je toque quelques coups à la porte et prends la parole.


Dormin, excuses-moi de te déranger mais serait-il possible de te voir? Il faut que je te montre quelque chose!!

Me taisant, j'attends à coté de la porte tout en ouvrant l'oreille pour la réponse. En tout cas pourquoi faut-il que ça tombe toujours sur moi et pourquoi faut-il que j'arrive dans un moment pareil??
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Krauser


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MessageSujet: Re: Auberge della Luna (Pv)   Ven 28 Déc - 23:42

La réponse de son frère sembla à Krauser comme une page vierge qu’il aurait à remplir lui-même. Il n’était pas beaucoup plus avancé, mais au moins n’était-il pas seul dans cette situation.
Tout à coup, Krauser ressentit comme une tension, une vague oppressante, piquant un instant l’ambiance dans la pièce. Se retournant, il vit Mattheus, l’air quelque peu paniqué, vouloir s’entretenir avec Dormin. Krauser sentait nettement émaner de puissants sentiments négatifs de l’esprit du chevalier. A n’en pas douter, une faculté héritée d’Icelos.
Le tout récent fils d’Hypnos se concentra un instant sur l’esprit de Mattheus, et ce qu’il y décela fut une précision utile, bien qu’encore floue, sur les raisons de son inquiétude. Le chevalier était en proie à de vives craintes quant à son domaine, à savoir le sanctuaire d’Athéna. Krauser ne put en savoir plus, ne s’étant pas encore approprié toutes ses facultés de dieu des phobies et des illusions.

Quoi qu’il en soit, il se passait de bien étranges et inquiétants évènements, hors de l’agitation de Venise. Et, bien que les affaires des saints ne préoccupent pas Krauser plus que cela, le fait d’avoir ressenti par Mattheus cette inquiétude envers son camp rappela le fils d’Hypnos à l’un de ses propres sentiments.
Oui, cette sensation venait de lui rappeler que de considérables dangers guettaient également les Enfers. Il s’était tellement concentré sur sa tâche qu’il en avait oublié les raisons du rassemblement des spectres. Et maintenant qu’il avait mené à bien sa mission, qui était de s’assurer de la sécurité de Narcisse le temps du conseil des quaesitors… Il comptait rester se tourner les pouces dans cette ville qui, bien qu’agitée, ne présentait aucun réel intérêt?
Et sa reine, qu’en était-il ? Dans quelle situation se trouvait-elle, elle et tous les soldats dévoués à la cause des Enfers ?

Dame Perséphone…

Peu à peu, les réflexes du spectre de l’ogre se réveillaient. Oui, qu’était-il advenu de sa reine, tandis qu’il se consacrait égoïstement à supporter son assimilation par Icelos ? Et son maître, le seigneur Aiakos, qu’en était-il advenu depuis son départ précipité – que Krauser avait par ailleurs lamentablement oublié en bien peu de temps-, et contre quel fléau pouvait-il bien se battre en ce moment ?

Un sentiment bien connu de Krauser se fit à nouveau sentir. La culpabilité. La honte de ne pas accomplir son devoir. Il avait laissé ses maîtres se battre contre un danger sans conteste bien plus grand que tout ce qui pouvait menacer Venise à cet instant, et il ne s’était pas rendu compte plus tôt du caractère intolérable de cette situation.
De plus, maintenant que sa puissance avait décuplé, voire plus, grâce à son passage au statut de dieu, il constituait un soutien non négligeable parmi les soldats des enfers, ce qu’il n’était pas en tant qu’Ogre…
La question ne se posait même plus, il lui fallait rejoindre ses maîtres.
Il hésita encore un instant, sachant Dormin dans un état bien peu rassurant ; mais il était de toute évidence entouré de personnes sur qui il pouvait compter. Il n’avait donc pas à s’en faire pour lui.

Krauser ôta les derniers fragments du surplis de l’ogre qui étaient toujours désespérément accrochés à leur ancien propriétaire, et se tourna vers Oneiros.

Mon frère, la suite des évènements est à présent très claire pour moi. Je dois aller défendre le sombre empire aux côtés de mes anciens maîtres. Je leur dois tellement que je ne peux me permettre de rester sans rien faire, tandis qu’ils combattent un fléau bien plus grand que tout ce qui peut nous guetter ici.
Libre à toi de me suivre ou non, mais quoi que tu décides, je me rends sur-le-champ aux portes du Meikai afin de prêter assistance à ceux qui ont été et sont toujours mes souverains ou mes camarades. Nous nous retrouverons plus tard.


Aussitôt, le géant aux cheveux bleus se précipita dans le couloir, et se jeta hors de l’auberge, avant de se ruer vers la sortie de la ville. Il emprunta à nouveau une gondole, pressant le gondolier pour barrer le plus vite possible ; avant, enfin, de parvenir à la sortie de la ville.

Il lui fallait à présent rejoindre les Enfers, et ce, le plus vite possible. Mais peut-être y avait-il mieux que la marche…
En effet, il savait les oneiroi capables de se déplacer à loisir entre les dimensions, et ainsi passer outre les lois spatiales en joignant deux points éloignés en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Restait à savoir si lui aussi pouvait user d’un tel pouvoir, et au quel cas, comment l’utiliser.

Le nouvel Icelos tenta tout d’abord d’user son psyché, tout comme il lisait les sentiments de son entourage ; mais après quelques minutes passées à se concentrer sur… rien, en fait… il songea à user d’une autre méthode.
Tout à coup, comme un flash de mémoire, la volonté d’un geste lui vint à l’esprit. Intervention de la part de l’âme d’Icelos, à n’en pas douter. Krauser leva le bras, et y concentra son cosmos avant d’effectuer un geste ample et lent en diagonale devant son visage. Aussitôt, un voile de grille sombre, immatériel mais bien visible, se forma sous ses yeux. Eberlué, mais rassuré par les connaissances d’Icelos qu’il avait assimilées, Krauser s’engagea prudemment à travers le voile ; et ce qu’il vit le fit frémir d’excitation, non sans lui rappeler un vieux souvenir.

Une fois encore, il pouvait observer la dimension du rêve de ses propres yeux. Il y fit quelques pas, et aussitôt, une lueur violacée vint l’envelopper, et avec elle une masse sombre d’un poids considérable. Krauser baissa les yeux, et constata qu’une armure noire le recouvrait à présent. Levant les bras devant son visage, il pouvait à nouveau sentir le contact d’un surplis sur son corps. Mais celui-ci était plus solide, plus épais et surtout, plus grand que le surplis de l’ogre. Il semblait également plus en résonnance avec son porteur, comme une réelle osmose entre l’armure et le guerrier.

Krauser serra les poings, envahi par la détermination. Il était fin prêt pour mener à bien son combat au nom de ses maîtres. Le peu de soutien qu’il allait pouvoir leur apporter serait bien présent. Il assumerait son rôle en tant que soldat des enfers, et il servirait les souverains du sombre empire du mieux qu’il le pourrait… maintenant qu’il en avait le pouvoir.

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MessageSujet: Re: Auberge della Luna (Pv)   Sam 29 Déc - 2:05


On toque à la porte dans le lointain... Des sons étouffés parviennent au rouquin qui commence à comprendre ce qui se trame en lui... La douleur a son bras n'a rien d'anodine... Il sait ce que ça signifie... Au delà de cette porte en bois qui les sépare des autres, la voix étouffée de Mattheus lui parvient. Il peine à la reconnaitre, plus encore que tout à l'heure. Il fixe cette porte fermée et la lumière qui passe au travers de son cadre, chaude et apaisante. Il peine tout autant à saisir le sens des mots prononcés par le bronze saint aux cheveux d'argent. La seule chose que le gold saint saisit, c'est le ton de sa voix. Pressé... Angoissé... Aurait-il reçu des nouvelles du sanctuaire?

    "..."


Les bras du rouquin se resserrent autour d'Adrix, comme pour le retenir, le détourner de cette intervention de Mattheus. Il sent son coeur battre dans sa poitrine, chaque coup résonnant dans son crâne. Il vient se coller d'avantage au dos de l'irréel, penaud comme à son habitude. Au dehors, la pluie commence à tomber, exceptionnellement chaude. Les gouttes viennent cogner au carreau doucement, berçant les occupants de l'hôtel. Avec une infinie douceur, le capricorne saisit une mèche de longs cheveux blonds entre ses doigts et les caresse machinalement.

    "Je n'ai jamais été parfait... Certains dirons que je suis même lâche. Ces gens là ne me connaissent pas. Mais les faits sont là... Je n'ai pas su vous protéger, ni toi, ni les enfants."


La douleur à son bras droit ne le lâchait pas... Elle augmentait un peu plus à chaque instant.

    "Je ne suis pas un roi très efficace et la régence n'est pas mienne. Je ne suis qu'un masque pour Avalon."


Le regard émeraude du rouquin descendit sur ce même bras endoloris où les cicatrices laissées par les chaines d'Andromède restaient taillées dans sa chaire.

    "Je fus un bon bronze saint, mais sans vous au sanctuaire, porter une armure d'or est devenu... Fade. Ce n'est plus l'idéal que je poursuivais... "


IL n'avait jamais espérer monter si haut, surtout pour s'y retrouver si seul. Au départ, c'était sa foi qui le guidait, Athéna était tout ce qui donnait un sens à sa vie, lui qui n'avait été élevé que dans le but de servir aux côtés des saints. Lui avait-on volé sa vie finalement?

    "J'ai toujours eu besoin de suivre quelqu'un... D'exister au travers d'un autre. Ce soir... Je comprends ce qu'a pu ressentir mon maitre le soir... Où il est parti. C'est... Un sentiment douloureux et pénible... "


Il s'était fait de précieux amis, autant d'ennemis... Mais il n'en restait rien au sanctuaire. Sa vie avait été fauchée à l'instant où il avait compris qu'il était à présent seul. Certes, il s'était fait d'autres relations, mais ce soir... Il le comprenait tout comme Narcisse avant lui, il y a 1300 ans...

    *Maitre Narcisse... Désolé de ne pas avoir compris...*


    "Ce soir je comprends pourquoi je suis ici... Je n'ai survécu ni pour être saint... ni pour être roi... Mais pour être là. Pour vous comme pour moi. Pour voir de mes propres yeux ce qui allait arriver et vivre tout ceci."


Dormin resserra son étreinte sur Adrix, presque mollement. Le corps du rouquin était chaud et doux, et son regard se troubla.

    "Et je suis heureux..."


Sa voix était étranglée de petits sanglots, tant qu'il dû déglutir pour continuer.

    "Plus que je n'aurais cru l'être un jour dans ma vie. Malgré les erreurs faites, les blessures, j'ai trouvé ce qu'il me fallait. J'ai rencontré des amis fantastiques et j'ai même trouvé bien plus précieux... une famille. Je chéris chacun de vous profondément, à différents degrés."


Ses bras serrèrent d'avantage l'ex chevalier des poissons contre lui. Ses mains s'étaient mises à trembler. Dormin avait peur, il sentait son coeur cogner dans sa poitrine.

    "Adrix..."


Tendrement, le compagnon de l'irréel vint enfouir son visage dans les longs cheveux blonds de la seule personne encore à portée. La seule personne encore proche de lui en ces derniers instants si précieux. La seule personne avec qui il ai tout partagé...

    *Si je dois partir... Je le fais sans regret.*


    "... Quels merveilleux souvenirs nous avons... Je me souviens encore le parfum des fleurs dans le temple des poissons... Un peu comme ton parfum... "


Lentement il sentit le froid engourdir ses membres et ses paupières devenir plus lourdes. Une irrésistible envie de dormir le prendre. Il sentit son corps glisser contre Adrix, comme pour s'assoupir contre son dos, le visage calé dans son cou, noyé dans un océan couleur blé.

    "... Comme j'aimerais... M'y endormir une dernière fois..."


Le rouquin lâcha un long soupir de contentement et finalement ferma les yeux pour se laisser aller contre son compagnon... Au dehors la pluie cessa de tomber sur des coquelicot ayant percé les pavés de Venise tout autour du bâtiment...
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MessageSujet: Re: Auberge della Luna (Pv)   Jeu 7 Mar - 20:12

J'attends, j'attends et toujours pas de réponse!! D'ailleurs j'en viens même à me demander pour quelle raison je continue de patienter après une réponse qui ne viendra assurément pas. Krauser est parti depuis un petit et moi je patiente ici devant cette porte fermée. D'ailleurs Dormin est-il toujours à l'intérieur?? Ca je l'ignore et je ne vais pas le vérifier en rentrant. Mais tout de même ce silence est stressant surtout en sachant ce qu'il se passe au Sanctuaire!!

Tiens en parlant du Sanctuaire, je suis inquiet des derniers évènements dont j'ai eu connaissance mais que c'est-il passé depuis ce temps?? Oh certainement beaucoup de choses et je ne peut quand même pas laisser notre Quaesitor ici seule bien que l'envie d'aller au Sanctuaire est forte!!

Poussant un soupir et me recoiffant, je fais demi-tour pour retourner dans la salle à manger quand une étrange sensation m'arrête brusquement!!
Oubliant où je me trouve, je baisse la tête sur mon urne qui s'ouvre brusquement et me recouvre. Et ça, ça n'annonce généralement rien de bon surtout que je suis visible de tous!! Mais malgré l'inquiétude de la réaction des habitants, je tente de garder mon calme et peu à peu je me rend compte que ce qu'il se passe au Sanctuaire est bien plus grave que je ne le crois!!

Oh bien sûr, je ne sais pas ce qu'il se passe exactement mais mon armure me le dit et elle ne me ment pas!! Je n'ai pas le choix, je vais devoir quitter Venise pour retourner en Grèce!!

Sortant en courant de l'auberge, j'intensifie mon cosmos et déploies mes ailes. Puis dans un puissant battement, je décolle du sol et me dirige vers le Sanctuaire.


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