RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [1754]~° Pour quelques instants de répit

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Satine


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MessageSujet: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Ven 30 Nov - 23:28



Allons voir la Rose °~

~° Quelques heures avant la grande bataille navale - en plein milieu de la mer






Le vent caressait mon visage d'une agréable manière. Une douce et délectable caresse qui soulevait ma chevelure de feu. Accrochée au bastingage, j'observais l'immensité de la mer. Nous venions tout juste de lever l'encre, alors il m'étais possible de voir encore le port, au loin.
Un immense soulagement m'assaillit, et ce fut sans ambages que je lançais une phrase de mon cru à l'un des hommes qui regardait dans ma direction. Celui-ci eut un petit rire nerveux, ma simple présence paraissait l'intimider. Pourquoi donc ? J'aurais pu l'interroger à ce sujet mais le bougre avait filé à l'anglaise !
Un petit sourire illumina mes traits tantôt un peu sombre. Je broyais du noir depuis peu et la phrase de Celsius me revenait constamment en mémoire : «Je ne te laisserais pas disparaître » avait-il dit, non ? Ouais, c'était ça à peu de choses près.

Mais qu'il se mêle de son cul celui-là ! Je lui avais demandé quelque chose ? Non. Alors ! On avait pas élevé les cochons ensemble et pourtant monsieur se plaisait à me déstabiliser chaque fois qu'il s'approchait de moi. C'était un peu de ma faute aussi, à vouloir taquiner le poisson, on avait finit par mordre à l'hameçon. Fait chier, je n'avais pas besoin de ça. Je désirais surtout que l'on me fiche la paix ! Sifflant mon mécontentement entre mes dents je baissais les yeux pour regarder le pendentif qui reposait sur mon plastron. Ah mais oui ! Je comprenais mieux maintenant pourquoi j'inspirais tant de crainte et de respect en même temps ! Mon charme naturel, évidemment. Pfeuh. L'armure. J'écartais brusquement les bras en croix tenant dans un équilibre précaire. Une à une les pièces de mon armure se détachèrent de mon corps pour s’amonceler les unes sur les autres, finissant par créer une magnifique statue d'or représentant la Sirène Maléfique. Son aura était sans pareille et si envoûtante. Autant pour moi que pour les autres. J'avais pu dénoté cet attrait depuis fort longtemps maintenant. L'attraction de la Sirène. Aussi puissant que son chant.

« Bon, les gars, y a à boire sur ce rafiot ? » Dis-je en sautant, faisant claquer sur le pont, le talon de mes cuissardes.

Je préférais nettement être habillée ainsi pour la navigation ! Je me sentais plus libre de mes mouvements, et c'était aussi moins encombrant à porter. Je m'affublais de mon tricorne et de mon châle avant de rajuster mon corset et ma ample chemise à larges manches en dentelle. Ouais, j'avais une préférence pour mes vêtements de pirate. Mes yeux de jades sondèrent les environs, farouches, à la recherche d'un bon remontant. Sans que je n'ai à bouger le petit doigt, un mousse m'apporta une bouteille de whisky. Hm, autant dire que je n'aimais pas tellement le goût, j'appréciais nettement plus un bon vin issu de mes vignobles ! Pas grave, à la guerre comme à la guerre, il fallait se contenter de ce qu'il y avait !

Avec les dents, j'ouvris le bouchon solidement attaché à la bouteille. Saleté ! Il finit par partir et je crachais le tout par dessus bord. Et bien quoi ? Ce qu'on ouvre, nous le consommons jusqu'à la dernière goutte ! Sinon, c'était du gâchis ! À la première lampée, je sentis l'alcool brûler ma gorge. Je toussais un peu avant que le rouge ne me monte aux joues. Dieu ce qu'il faisait chaud déjà ! Mais cette première impression en laissa une plus agréable derrière.

« Maintenez le cap ! Nous n'avons pas tellement de distance à parcourir mais quelque chose me dit que cette traversée ne sera pas de tout repos !»

Lançais-je à la cantonade en me déplaçant entre les hommes. Ceux-là, à mon passage, ne manquèrent pas de jeter des brefs coups d’œil, me reluquant de la tête aux pieds. J'en vis un, un peu plus insistant que les autres, aussi, me baissant vers lui qui était en train de rassembler les cordes entre elles, je lui offris une vue imprenable sur mon décolleté. Il parut blanchir en l'espace de quelques instants quand mes yeux lui lancèrent des éclairs. Le malotru s'inclina pour s'excuser platement. Voilà qui était mieux. Bon, peut-être n'était-ce pas la bonne méthode de tester mon autorité d'une telle manière mais... c'était drôlement efficace et tellement hilarant ! Ce que les hommes pouvaient être puéril parfois.

Mon esprit essayait d'oublier ce qui s'était passé au Sanctuaire. Je devais taire ses émois, mieux encore, les effacer. Aussi, j'évitais soigneusement de tomber sur le Saint des Poissons. Comment ? En empruntant la voie aérienne dirons-nous ! J'adorais grimper partout, me poster tout en haut de l’embarcation. Et comme la vue était belle ! Ann aurait adoré ça. Le Hollandais Volant... Il portait bien son nom ! Parmi tous les bateaux il était celui qui fendait les flots avec le plus de grâce. Ses voiles se gonflaient comme les ailes d'un oiseau, et l'ensemble de sa ligne paraissait être faite pour le vol. Je fermais les yeux quelques instants pour apprécier sa danse.
Sans m'en rendre compte, le whisky avait commencé à faire son délicieux office sur moi. Totalement apaisée, je croyais moi aussi pouvoir m'envoler dans ce ciel d'encre sans nuages. Les étoiles étaient pareilles à un milliers de diamants parant les nues et moi, j'étais bien petite en comparaison d'une telle majesté. Une lueur mélancolique continuait de danser devant mon beau regard vert. Elle ne me quittait plus. Ressentant donc le besoin de me reclure un peu, je descendis de mon perchoir pour aller explorer l'intérieur des bateaux et eu tôt fait de trouver ce qui serait ma cabine.
Spacieuse, elle laissait la lumière largement illuminer l'ensemble de la pièce. De grandes fenêtres qui donnaient sur l'arrière du Hollandais Volant me laissaient tout le loisir d'admirer la vue. Subjuguée, j'avançais de quelques pas un peu vacillant et mal assurés, sortant de la pénombre.

Là, derrière un paravent en bois sculpté, se dressait une baignoire en patte de lion. Ouah ! Pour une surprise ! On avait lu dans ma tête ou quoi ? Moi qui rêvait de me plonger dans l'eau chaude ! C'était parfait, et en plus de ça, on avait tout prévu pour le confort du capitaine. Bon, ils allaient pas m'engueuler pour quelques minutes de détente non ? Telle une petite fille je souriais de toutes mes dents virevoltant dans la pièce tout en commençant à me défaire de mes habits. Je déposais la bouteille presque vide à même le sol avant d'achever de faire glisser ma chemise blanche. Dans un froissement de tissu, cette dernière se froissa par terre.

Dans ces manœuvres, je ne manquais pas chaque fois de tituber, et ainsi de presque m'étaler de tout mon long, mais mon corps semblait suivre parfaitement les mouvements du navire. Je riais toute seule aussi, prouvant à quel point mes nerfs lâchaient. Mais étrangement, je me sentais vraiment bien ! Si, si je vous assure !

« Zut !»

Mon rire résonna partout dans la pièce alors que je continuais à m'affairer, toute à ma tâche. Qu'est-ce qui m'arrivait ? Le constat ne tarda pas à me frapper de sa toute violence quand enfin, je m'immobilisais devant un miroir. Je me jugeais d'un œil critique avant de détourner le regard. Je détestais ces marques qu'Hélios avaient apposées sur moi. Car elles ne s'étendaient pas que jusque mon cou ! Ces dernières dessinaient d'étranges signes à même ma peau de nacre, lui dotant de quelques écailles noires. Manquantes parfois, là où j'avais essayé furieusement il y a quelques années, de les arracher avec mes ongles. Un bien douloureux essai. Un soupir.

La vie avait été bien cruelle avec moi. Et ne m'avait pas laissé beaucoup de répit. Endeuillée, la présence même de mon Dieu ne parvenait pas totalement à me faire oublier mes tourments, bien au contraire : il me rappelait la perte d'Astre. Moi qui m'était faite à l'idée de le voir cohabiter avec l'âme de notre divinité ! Quel choc j'avais eus en le voyant arriver dans le corps d'un autre. M'annonçant la mort de mon mari. Au souvenir pénible de son trépas, j'eus un petit pincement au cœur.

« Allez ! Tout le monde sur le pont !»

Et je glissais en douceur dans la baignoire débordant d'une eau chaude, très chaude...

…totalement immergée, j'ouvris les yeux sous l'eau, appréciant ce petit jeu de lumière à la surface. Un ballet de fées. Des petites bulles s'échappaient de ma bouche. Puis, mes paupières vibrèrent et je laissais mon esprit vagabonder.







Dernière édition par Mary le Dim 2 Déc - 18:56, édité 1 fois
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Celsius


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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Sam 1 Déc - 13:05

:: Pour Quelques Instants de Répit :.

La jeune femme donnait les ordres avec une autorité qu'il ne s'étonna pas de la voir déployer. Elle savait très exactement ce qu'elle faisait. Nul n'aurait pu lui donner de leçon sur la manière dont procéder. Son rôle à bord était clairement défini, et Celsius resta un instant admiratif à la voir soudain si épanouie. Comme un poisson dans l'eau, constata-t-il avec humour. Ce n'était pas dans ses habitudes de plaisanter, mais être capable d'une réflexion si légère lui fit le plus grand bien. Malgré la gravité de la situation, tout n'était pas encore perdu. Avec curiosité, il demeura un long moment à la regarder manœuvrer pour mieux cerner cet environnement où elle était elle-même plus que jamais. Dans son attitude joviale, il ne restait rien de la morosité dont elle avait fait montre avant de monter à bord. S'il ne l'avait pas deviné avant de monter à bord, jamais il n'aurait pu savoir qu'elle avait versé ne serait-ce qu'une larme.

Même la glaciale réponse à laquelle il avait eu droit paraissait n'être plus qu'un mauvais rêve tant elle se laissait porter par le vent comme ces vaisseaux de guerre dont elle avait le commandement. Un soupir franchit la barrière de ses lèvres, curieux mélange de culpabilité et de bien-être. Il était désolé de l'avoir froissée par son franc-parler mais était heureux de la voir s'en remettre aussi bien. Il craignait pourtant que ce ne soit qu'une façade, et que l'illusion se brise dès qu'elle serait à nouveau seule dans sa cabine. Aussi décida-t-il de l'y attendre afin de pouvoir lui remonter le moral en cas de besoin – il n'était pas le mieux placé pour ce faire mais c'était toujours mieux que de la laisser ruminer ses idées noires. Ainsi recueillit-il l'information auprès des matelots pour ensuite s'y diriger et l'y attendre patiemment. À rester au milieu des opérations,il n'aurait fait que les gêner.

Il ne sut combien de temps il resta ici à l'attendre, posant sur chaque détail un oeil scrutateur avant d'enfin reporter son attention sur le monde extérieur. Le bleu des vagues lui renvoya un éclat si semblable à celui de son propre regard qu'il s'absorba dans cette contemplation. Il s'en était allé depuis quelques instants à peine et ils étaient déjà loin de la terre ferme et, avec elle, du Sanctuaire qu'il avait déserté pour participer à cette expédition. Étrangement, son armure avait refusé de le quitter – peut-être « Athéna » n'en avait-elle pas encore donné l'ordre, mais il était étonnant qu'elle ne se soit pas retirée de son plein gré. De même, il n'avait plus eu des nouvelles de celle qu'il avait escorté jusqu'ici depuis que Poséidon l'avait emmenée. Il ne savait s'il pouvait lui faire entièrement confiance mais n'avait dans l'immédiat point d'autre choix que de le penser.

Il ressassait les paroles qu'il avait adressé à Signun quand la porte s'ouvrit à la volée, ce qui le fit tressaillir. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle arrive si tôt – ayant perdu la notion du temps – et pas non plus avec un tel fracas. Il se remit sur pieds rapidement en quittant la chaise oubliée dans un coin de la pièce qu'il s'était adjugé en entrant dans la cabine. Au dehors, la nuit était tombée, mais il était bien trop intrigué par l'attitude de la demoiselle pour s'en soucier. Celle-ci n'était, de toute évidence, pas dans son état normal. En connaître la cause ne lui prit guère plus de temps car autour d'elle se répandait un parfum d'alcool qui lui fit froncer légèrement le nez. C'était une fragrance qu'il ne pouvait apprécier qu'avec parcimonie, et la générale en avait manifestement abusé.

Néanmoins, avant qu'il n'ait pu dire mot, celle-ci entreprit de se déshabiller, paraissant ne point avoir remarqué sa présence. Il aurait voulu l'en alerter d'un éclat de voix mais la chemise qui toucha le sol au même moment le réduisit au silence. Il en restait sans voix, tant parce que la jeune femme était passée à côté de lui sans même s'en apercevoir que parce que sa nudité le prenait au dépourvu. Elle était belle, incroyablement belle. Elle portait sur son corps la trace d'une malédiction, mais ne serait-il pas bien mal placé pour le lui reprocher ? Cela ne le gênait nullement, comme elle aurait pu le déduire elle-même à le voir si admiratif si elle avait daigné ne serait-ce que poser les yeux sur lui. Avant qu'il ait pu reprendre ses esprits, elle s'était mise à nu dans sa totalité et avait plongé dans l'eau bouillante sans tenir compte de sa présence. Il eut alors – un peu tard – le réflexe de s'adresser à elle pour la faire sortir de son état second.
Ne penses-tu pas qu'il vaudrait mieux te couvrir en présence d'un invité ?
Sur son visage, aucune rougeur. Pas même une lueur de honte n'avait éclairé son regard. Il n'y avait rien qui puisse laisser penser qu'il en tirait une quelconque gêne. En son for intérieur, en revanche, la vérité était tout autre – mais cela, elle n'avait pas à le savoir. Jamais auparavant il n'avait visité l'océan, mais la couleur de ses yeux y trouvait un écho des plus agréables qu'elle ne manquerait pas de relever maintenant qu'elle était dans son élément. La mélodie des eaux ne cessait de lui rappeler dans quelle posture se trouvait la pirate en ce moment même, depuis qu'il était entré dans la pièce. Son corps était de toute beauté, c'était une évidence, et il restait un homme même après avoir refoulé ses sentiments au plus profond de son être. Mais il n'était pas n'importe qui. D'autres n'auraient eu aucun scrupule à profiter de cette vue enchanteresse mais ce n'était pas son cas.

C'était par hasard qu'elle ne l'avait pas remarqué et il ne comptait aucunement en tirer parti. Même si la bienséance aurait voulu qu'il lui offre le moment de répit dont elle semblait avoir besoin, il appréciait sa compagnie et préférait donc faire cet effort que de devoir attendre pour s'entretenir avec elle. Il ne romprait pas son serment, si forte que soit la tentation. Le baiser qu'il lui avait donné était déjà à lui seul une entorse à la règle. Il s'était juré de ne pas y déroger davantage. Se retrouver dans cette situation était donc d'autant plus gênant, mais ce n'était pas la première fois qu'il devait rester sourd au chant des sirènes. Une constat d'autant plus ironique que celle à laquelle il ait le plus de mal à résister en porte précisément l'armure. Une fois que la fébrilité s'en fut allée, il ne résista pas à l'envie de lui poser une question qui lui brûlait les lèvres depuis leur dernier échange. Peut-être ne serait-elle pas en état de lui répondre, mais au moins serait-il soulagé de ce poids impalpable.
Pourquoi tiens-tu tant à mourir ?
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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Dim 2 Déc - 20:05



Révélations °~






Hm ? Comment ? C'était quoi ce merdier ?
Les yeux grands ouverts, perçant le voile d'eau vacillante, je crus discerner à la surface, comme un mouvement. Avec force d'éclaboussures, je relevais mon buste hors de l'eau, tournant mon visage vers la présence. Je restais quelques instants sans oser bouger, ma chevelure de feu obstruant ma vue totalement. L'eau continuait de ruisseler sur moi, et avec lenteur, je levais une main vers mon visage pour enlever mes cheveux devant mes yeux verts. Ces derniers s'agrandirent sous le coup de la surprise ! Putain, qu'est-ce qu'il foutait là lui ? Je l'aurais pourtant entendu rentrer, non ? Bordel ! Médusée, je le contemplais sans comprendre, les yeux arrondis par la surprise. Pour lui, ce devait être un spectacle cocasse. Et ma foi, il devait bien se rincer l’œil aussi. Cette éventualité fit que je serrais mes bras autour de moi, croisant les jambes pour cacher ma nudité. Un petit sourire malicieux fendit mon visage et mon regard pétilla l'espace de quelques instants tandis que je lui demandais d'un mouvement de l'index, de s'approcher de moi. Hé,hé ! Et là, sans crier gare, je crachais un petit filet d'eau visant à le mouiller.

« Et toi gueule de gonzesse, on t'as jamais dis que c'était pas joli d'épier les dames ?»

Mon rire cristallin eut tôt fait de lever cette sensation d'angoisse qui s'installait entre nous. Dans ce genre de circonstance, mieux valait jouer la carte de l'humour. S'il voulait jouer, il serait servit ! Attrapant d'un geste vif ma bouteille de whisky, j'en bus de grandes goulées avant de la tendre vers le jeune homme.

« Au lieu de raconter des conneries, tiens, ça te feras pas de mal.»

Mais je ne voulais pas non plus lui offrir ma carte du déni. S'il voulait une réponse, il en aurait une, pour sûr. Continuant de rire nerveusement -effet de l'alcool chez moi- je me penchais davantage vers lui, ma poitrine s'écrasant contre l'émail de la baignoire. Le bijou scintilla alors que je lui tendais ma bouteille presque vide. Une petite moue badine, un petit clin d’œil pour le conforter et je repris une mine plus sérieuse. Presque glaciale. Comme lorsqu'il avait eu la malchance de parler de ma sœur. Je replaçais mon masque d'une manière précautionneuse. Le jugeant sévèrement, je lui lançais à mon tour, pour répondre bien sûr à sa question, une autre, cassante.

« Et toi ? Pourquoi avoir peur de vivre ?»

Dans les brumes de l'alcool, je m'étonnais moi-même de la profondeur de mes pensées. Enfin, c'était hélas tout relatif mais je ne pensais pas réellement, pas de la même manière qu'à mon habitude dirons-nous. Sur ces paroles je me redressais tout aussi vivement que tantôt, ne manquant pas de l'attraper par le col pour l'attirer à moi. Yeux dans les yeux j’essayais de sonder son âme. Pendant qu'il pouvait profiter de ma délicieuse haleine chargée d'alcool. Son parfum, capiteux ne manqua pas d'enivrer mes sens. Je lui chuchotais dans le creux de l'oreille, me collant contre lui, appréciant la froideur de son armure contre ma peau de nacre.

« Oui, je vais te révéler mon secret. Te dire pourquoi je veux tant partir. C'est parce que quelqu'un m'attends dans le Royaume des morts, qu'il m'a lâchement abandonné... alors... alors je voudrais lui foutre ma main dans sa gueule pour ça.» Ma voix se brisait « Je suis veuve depuis peu, même si j'ai dû me faire à l'idée pendant six années, six années à me préparer à voir mon mari devenir le Dieu des Océans. Et il est mort. Tout es mort pour moi. Six ans à voir tout ce qui m'est cher... arrachés, loin de moi. Mes enfants... Astre... puis Ann... non...»

Je baissais les yeux, les détournaient pour cacher mes larmes. Je le lâchais sans ménagement pour le toiser du haut de ma baignoire. Les bras croisés, je m'efforçais de contrôler les tremblements nerveux de mes épaules. Je ne pouvais pas dire que ma sœur était morte. Mais si loin de moi, cela revenait au même.

« Maudite. Rien ne me retient ici, si ce n'est mon devoir envers notre divinité. Je n'ai plus peur de rien désormais. J'ai tout perdu, alors qu'est-ce que j'en ai a foutre ? On peut bien me prendre pour une idiote, mais c'est comme ça. Je n'ai plus peur de rien, ni de personne. Je suis la Sirène Maléfique, Gardienne de la famille Royale, et j'écraserais seule le Masque s'il le fallait. Que la Mort vienne me cueillir. Je l'attends.»

Je m'étais plus adressée à moi-même que pour répondre aux interrogations de Celsius. Lors de cette tirade, je m'étais tournée dans la lumière de la nuit, crue, laiteuse. La lune renvoyait des reflets d'argent sur moi, dessinant des formes mouvantes, happant les traces d'Hélios le grand scrutateur. Mon esprit se prit à vagabonder, j'avais la gorge sèche, je me sentais fiévreuse, indignée. Mes cheveux cascadaient sur moi, dissimulant mes seins, j'étais à l'image de la Vénus de Botticelli, le célèbre peintre italien de la Renaissance. Belle sans doute, désirable aussi avec cette parure soyeuse et rouge tranchant avec le blanc de ce corps que d'autres disaient si parfait. Oui, j'étais la Sirène, la tentatrice des eaux, celle qui enchantaient les matelots pour les attirer dans mes filets, dans mon cauchemar...

« Alors Celsius des Poissons ai-je répondu à ta question ?»





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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Lun 3 Déc - 5:36

:: Pour Quelques Instants de Répit :.

J'étais là le premier.
Libre à elle de le croire ou non, mais c'était la stricte vérité. Qu'elle n'ait pas songé à s'assurer qu'elle était seule ne voulait pas dire qu'il devait se sentir coupable. Il ne dépendait que de lui de signaler sa présence plus tôt, mais elle ne lui en avait pas vraiment laissé l'occasion, à être dans le plus simple appareil avant qu'il n'ait eu le temps de desserrer les lèvres. La vue n'était pas pour lui déplaire – elle n'aurait déplu à aucun homme - mais si vraiment il avait du y avoir droit, il aurait préféré que ce soit consenti. Il n'appréciait guère être traité comme un vulgaire voyeur alors qu'elle ne devait cette situation délicate qu'à sa seule négligence. Par chance, elle ne lui en tint pas rigueur. S'amorça alors une discussion qui, si elle pouvait sembler légère aux premiers abords, ne le demeura pas bien longtemps. La vague de froid que dispensait chacune de ses paroles le cingla en plein visage et en plein coeur, mais il y fut de marbre en apparence. Quoi qu'elle puisse dire, il ne devait pas se laisser affecter.

Ce n'était pas ainsi qu'il gagnerait le respect de la Sirène Maléfique. L'estime qu'elle pouvait lui porter lui tenait à coeur. C'était bien la première fois qu'il se souciait du regard des autres, mais quelque chose en elle faisait qu'elle était différente. Au fond, ne vivaient-ils pas avec la même douleur, celle de ne pouvoir montrer leur vrai visage ? Ils avaient en commun ce masque marmoréen, cette prison de glace dont ils étaient tant les détenus que les geôliers. Ce pourquoi il éprouvait envers elle une profonde sympathie dans la mesure où il était sans doute le plus à même de la comprendre et de l'aider à lécher ses plaies. Semblable à lui, elle agissait comme un animal blessé qui se rétracte dès qu'on fait mine de l'approcher d'un peu trop près. Il en était passé par là lui aussi, et même s'il était aujourd'hui plus affable, s'en défaire lui était impossible. Nul jusque là n'avait été en mesure de saisir ce que l'on pouvait ressentir, à devoir toujours être sur la défensive. À travers elle, il voyait sa porte de sortie. Dans un geste souple, il s'empara de la bouteille et en but une gorgée pour ne pas la froisser, bien que cela n'ait sur lui aucun effet.
Je n'ai rien vu. Je ne me serais pas permis. Ce n'était pas tout à fait vrai, même s'il avait effectivement évité d'en voir trop.
L'eau dont elle avait voulu l'asperger avait partiellement touché le haut de sa tenue ainsi que le pantalon qu'il portait sous son armure, mais l'essentiel s'était déversé à même le sol. Le jeune homme s'estima heureux de ne pas l'avoir encore ôtée malgré le manque de confort, n'aimant guère être trempé sans qu'il ait donné son accord. Trop occupé à se féliciter d'avoir pu éviter le jet, il ne la vit pas venir au moment où elle le saisit par le col pour l'attirer à elle sans une once de ménagement. L'espace d'un instant, il crut qu'elle tentait de l'entraîner dans la baignoire ou de l'embrasser tant le geste semblait fougueux. Mais c'était la sous-estimer car en dépit de son état d'ivresse, elle était parfaitement maîtresse de ses émotions. Du moins le semblait elle lors de son discours. Il but ses paroles avec la plus grande attention, sans daigner répondre à sa propre question. Il préférait entendre ce qu'elle avait à dire avant de l'interrompre, et il n'en fut pas déçu : il avait le sentiment d'avoir enfin fissuré les barreaux de sa cage.

L'armure des Poissons vola en éclats pour mieux se reformer dans un coin de la pièce, laissant son porteur sans protecteur – et partiellement trempé. Le Saint des Poissons n'avait nul besoin de se défendre d'elle et il tenait à le lui montrer. Ce fut bientôt au tour de ses gants d'être ôtés l'un et l'autre et jetés à l'écart de manière à ce qu'il puisse essuyer les larmes de la demoiselle de ses doigts nus. Voir une femme forte telle que Mary se mettre à pleurer était troublant, car peu importe le nombre de fois où il avait pu en éprouver le désir, il n'était jamais parvenu à en faire la démonstration. Une conséquence des chaînes qui retenaient ses sentiments au fond de son coeur sans espoir d'en sortir un jour. Sans lui laisser l'occasion de le repousser, il fit le tour de la baignoire et vint se poster derrière la générale afin de passer les bras autour de son cou. Elle ne devait plus avoir l'habitude de ces gestes tendres qu'elle semblait fuir pour ne pas avoir à en ressentir de nostalgie, mais il ne voyait pas d'autre moyen pour lui remonter le moral que de soigner le mal par le mal.
Tout allait pour le mieux quand je l'ai quittée.
Ce n'était peut-être pas le meilleur moment pour aborder un sujet aussi épineux, mais elle semblait avoir besoin d'être rassurée sur l'état de santé de sa soeur jumelle. Pour l'avoir affrontée au cours du tournoi avant de rencontrer celle qu'il tenait actuellement au creux de ses bras, il était bien placé pour savoir qu'elle était encore en vie – du moins était-ce le cas quelques heures plus tôt. Mais il ne doutait pas que des mesures aient été prises par les responsables de cette étrange compétition pour éviter la mort des participants. Du moins était-ce ce qu'il souhaitait de tout coeur. À en juger par son parcours, la destinataire de son premier baiser se passerait volontiers d'une autre tragédie. Qu'elle s'en ouvre à lui si facilement aurait pu le surprendre s'il ne s'était pas lui aussi senti en confiance dès lors qu'ils étaient seuls dans l'intimité de cette cabine – bien que le contexte de ces confessions soit pour le moins singulier. Il entreprit de défaire le bandage noué autour de son bras sous lequel continuait de paraître la mince cicatrice d'une plaie qui – heureusement – s'était bien vite refermée.
Je l'ai affrontée. C'est à elle que je dois cette blessure à l'épaule. J'ai préféré ne pas continuer de peur de lui causer du tort. Car vois-tu... Tu n'es pas la seule à vivre avec une malédiction, et la mienne est en cela accablante qu'elle me hante au quotidien. Mon sang n'est que poison.
En guise de démonstration, Celsius s'écarta d'elle pour ne pas risquer de l'affecter et se perça la peau d'un simple coup de dent. Il suffisait d'une seule goutte pour tuer instantanément bon nombre de formes de vie. Depuis un moment déjà, il s'était rendu compte qu'entre les plaques de son armure avait pris place une fleur innocente dont le malheur serait d'avoir été à leurs côtés. La perle vermeille s'écoula dans un silence presque religieux et, dès qu'elle l'eut atteinte, sembla faire s'évaporer toute trace de vitalité. Ses pétales ne furent bientôt plus que ruines et parurent même se désagréger en plein vol sans avoir pu toucher terre. La mine close, le Roi des Ronces scruta ce triste spectacle sans émettre un seul commentaire, trop habitué à voir périr toute chose autour de lui. Convaincu de sa macabre prestation, il porta le doigt à ses lèvres pour faire cesser l'écoulement et permettre la coagulation avant de revenir auprès d'elle.
C'est qui je suis. Un poison pour mes semblables. Alors, tu te demandes encore pourquoi j'ai peur de vivre ? Ce n'est pas de la vie dont j'ai peur. C'est de la mort. Celle que je peux donner sans le vouloir et que je répands dans mon sillage. Je n'ai pas tout perdu parce que je n'ai rien. Je ne peux rien avoir. Je ne prendrai femme, ne tiendrai terre, ni n'engendrerai. Je n'acquerrai ni gloire ni couronne. Je vivrai et mourrai à mon poste. Tel est le destin des poissons.
Son ton laconique ne reflétait aucune émotion mais on ne pouvait en dire autant de son regard empreint d'une profonde tristesse. Cette mélancolie, il ne la connaissait que trop bien. Il s'était donné toutes les peines du monde à se faire à cette idée et c'était chose faite depuis voilà fort longtemps, mais ce n'en était pas moins tragique. Il ne vivait que pour accomplir son devoir, et ce sans espoir d'un jour connaître autre chose que la guerre et ses atrocités. Il n'était venu au monde que pour être Chevalier, car nulle autre condition n'aurait pu convenir à une calamité de son espèce. D'un pas lent, il revint auprès d'elle et plongea ses yeux dans les siens comme elle l'avait fait elle-même une poignée de minutes auparavant, lus fasciné par son visage et ce qu'il exprimait que par son corps de rêve alors que pour le voir dans ses moindres détails, il n'aurait eu qu'à tourner la tête. Mais cela ne l'intéressait pas, pas sans son accord, et il était infiniment plus curieux de connaître le fond de sa pensée que ses courbes – si désirables qu'elles puissent être. Bien plus délicat qu'elle ne l'avait été, le Saint des Poissons posa la joue contre la sienne pour lui murmurer à l'oreille.
Les êtres qui te sont chers ne veulent sans doute pas que tu renonces à la vie. On ne se connait pas depuis longtemps mais je crois déjà savoir que ce n'est pas ton genre d'abandonner. La mort ne viendra pas. Je l'empêcherai de te faire du mal même si je dois le faire contre ton gré. Vis. Bats-toi pour vivre, de toutes tes forces. Et si vraiment tu n'en es pas capable, alors, le moment venu... Je serai ta mort.
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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Lun 3 Déc - 20:03



Les liaisons dangereuses °~



Un jeu. Au final lui comme moi étions entraînés dans une tragi-comédie à l'étrange saveur, teintée par l'appel du sang. Deux êtres maudits par la main d'un Destin trop cruel. Tous deux ballottés comme de vulgaires pantins de bois. Maintenant je comprenais toute la portée du regard de mon Seigneur, à présent j'étais en face de ma réalité. Comme la sienne qui était en tout point pareille. Une âme semblable, prisonnière de ses propres tourments, des caprices des autres, des songes inavouables de notre esprit lassé. Deux roses aussi rouge que le sang.
J'avais en face de moi, mon alter-ego. Un autre moi-même. Qu'importe le regard qu'il puisse porter sur moi, moi qui lui avait avoué mon désir de périr : cela ne paraissait pas le choquer, ni l'affecter dans la moindre mesure. En apparence. Car moi je ne le quittais pas des yeux, épiant toutes ses réactions. Un élan compatissant. C'était ainsi qu'il désirait me réconforter en apprenant mon histoire. Je ne voulais pas de sa pitié, je ne voulais que son assentiment. Pourquoi ? Parce que nous étions esclaves de la Vie. Des êtres apeurés. Aussi quand il enleva son carcan d'or, son armure, son amie, je compris qu'il désirait en savoir plus. Si vu d'extérieur il ne semblait nullement gêné, la réciproque était vraie. Souvent je me baladais en tenue d’Ève appréciant des longues marches solitaire sur la plage, les vagues allant lécher mes pieds. J'aimais l'eau, et je ne la craignais pas. Immobile, je le laissais approcher, se placer derrière moi pour m'enlacer. Ma gorge se noua mais je ne montrais rien de ce trouble grandissant.

Cette chaleur humaine me manquait sans que je puisse me l'avouer totalement au risque de refaire jaillir mes pleurs de vieille pleureuse. Il m'apprit que ma sœur devait sans aucuns doutes être sauve, et je le croyais aveuglément. J'avais besoin que l'on panse mes plaies. Je ne disais plus rien, le laissant s'exprimer, montrer à son tour sa malédiction. Bouleversée par cette démonstration, je bafouillais une excuse tandis qu'il revenait vers moi, sans ajouter quoique ce soit. C'était ce que je croyais d'abord, avant qu'il n'entreprenne de totalement mettre à mal mes dernières défenses érigées autour de mon cœur. Joue contre joue, je fus frappée par la douceur de sa peau, qui me brûlait presque. Une sensation agréable, tout comme les prochains mots qu'il prononça, finissant de me mettre face à cette évidence. Je me reculais un peu pour essayer encore une fois de sonder son âme. Mon cœur manqua un battement en me rendant compte de sa détresse. Il m'offrait ce dont je rêvais, il passait un pacte avec moi : s'ouvrait le jeu des liaisons dangereuses. Naissait un nouveau sentiment dans mon être qui, comme une fleur, ne tarderait pas de se développer de la plus belle des manières. Il était prêt à endosser ce rôle, pour moi, pour ma propre délivrance, mon exécutoire. Ma réponse.

~ Je ne renoncerais pas, pas encore. Du moment que j'ai ta parole chevalier, tant que tu me promet de ne pas hésiter quand viendra l'heure. Car elle viendra.

Une certitude.
Je me reculais davantage afin de lui tendre ma main droite. Aucunes onces de malice, un masque de sérieux et rien d'autre paraît mon visage d'albâtre : une pacte. Je laissais cette homme être la main de ma destinée, je l'encourageais à être mon Juge et mon bourreau puisque je ne parvenais pas moi-même à l'être, trop lâche sans doute. Mais était-ce une question de lâcheté ou simplement un soubresaut de lucidité ? Une pulsion de vie ? Ô Éros, pourquoi ne pas laisser à Thanatos, le loisir de m'offrir mon dernier voyage ? Au lieu de cela, on m'avait envoyé le seul être capable de m'offrir ce que je désirais. Vivre et mourir à la fois. Ce jeu inavouable débutait de la plus étranges des façons et ma conscience me murmurait, bien qu'embrumée par les effets de l'alcool, de le suivre dans son sillage. De le croire, de faire une entorse à mes préceptes.

Serrons-nous la main Celsius.

L'exhortais-je, désireuse d'avoir la confirmation. La parole d'un homme se devait être inaltérable. J'espérais qu'il aurait le courage de ses convictions et qu'il ne changerait pas d'avis au moment venu. Grâce à lui, je pourrais m'en aller rejoindre Astre. Cette main tendue, je la désirais ardemment.
Nos deux mains se frôlèrent, avant de fusionner. Nos doigts se nouèrent les un aux autres comme pourraient le faire les branches des saules pleureurs. Cette métaphore nous correspondraient bien. Deux saules ployant sous le poids de leurs propres fatalités mais qui restaient unis dans l'adversité.

Brusquement je l'attirais une nouvelle fois vers moi, profitant de cet effet de surprise pour l'entraîner dans l'eau avec moi. Une petite vengeance à ma manière pour avoir évité mon manège... aqueux ? Je me laissais choir de façon à ce qu'il se retrouve dans une situation des plus inconfortables. Un petit clin d’œil et je m'emparais de la bouteille de whisky.

~ Alors mon petit poisson on a glissé ? lui chuchotais-je à l'oreille tandis que ma tête me tournais un peu. Un petit rire argentin s'envola.

Hypnotisée par la beauté de ses yeux bleus, je me perdis un moment dans cette contemplation. Non, je ne devais pas.. Il y avait chez lui quelque chose d'irrésistible. Où bien était-ce moi qui usait de l'attraction de la Sirène ? Voulais-je inconsciemment obtenir ses faveurs ? Le maître de mon destin. L'une de mes mains couru le long de ce visage angélique, d'une perfection étonnante. Mon index effleura ses lèvres, les entrouvrant légèrement au passage. Je fermais mes paupières avec lenteur humant son doux parfum.

~ Cel-sius... laissais-je échapper d'une voix rendue rauque par l'émotion.

La Sirène Maléfique captura les lèvres du jeune homme.
J'écrasais ma bouche contre la sienne, laissant dans un même temps la bouteille en verre m'échapper des mains. Celle-ci roula sur le sol, se vida du reste de son contenu. Mes joues s’empourprèrent mais ma langue, douce et espiègle, s’immisça dans ce ballet voluptueux, cherchant à passer outre la barrière qu'offrait ses lèvres. Cet échange passionné sembla durer une éternité, et moi je me laissais glisser dans les méandres de mon esprit perdu, déraisonné par les effets trompeurs de l'alcool.

L'ouverture des liaisons dangereuses.





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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Mar 4 Déc - 14:11

:: Pour Quelques Instants de Répit :.

Je te le promets. Mais je ferai tout pour l'éviter. Pour ça aussi, tu as ma parole.
Certes à contrecoeur, mais au moins venait-il d'obtenir la certitude qu'elle ne mettrait pas fin à ses jours – pas sans son aide. Une pensée qui le laissait songeur, mais il était de son devoir de venir en aide à ceux qui en ont besoin, fut-ce en dispensant la mort sur son chemin. Et tandis qu'il ressassait ces pensées, il bascula dans la baignoire avant d'avoir pu comprendre ce qui lui arrivait. La réponse s'imposa d'elle-même à son esprit avant qu'il n'ait pu remonter la tête hors de l'eau, non sans qu'elle ait préalablement atterri entre les seins de la demoiselle. Il voulut lui demander pourquoi elle avait fait ça mais n'en eut pas la possibilité.

Sa bouche ne s'ouvrit que pour mieux recevoir la langue de Mary, venue l'envahir sans sommation. Sa raison l'incita à protester mais il n'en fit rien. Pire encore, il mêla sa langue à la sienne et savoura ce baiser à la manière d'une bouffée d'oxygène trop longtemps attendue. Une fois encore, « Pourquoi ? » aurait été de circonstance, mais il n'eut pas plus de chance que la première fois. En lieu et place de quoi il raffermit la prise de ses doigts sur les siens tant il ne voulait pas que la Sirène Maléfique rompe le contact. Quoi qui ait pu l'amener à sauter sur l'occasion, la générale avait obtenu ce qu'elle voulait, et le Chevalier des Fleurs avait perdu toute motivation à l'en empêcher.

Ses lèvres avaient une saveur d'alcool trop prononcée à son goût mais cela ne l'empêcha pas de les garder plaquées contre les siennes, sa main ayant eu tôt fait de soutenir la nuque de cette nouvelle conquête – s'il pouvait la nommer ainsi, et jusqu'à avoir confirmation, rien n'était moins sûr. De leurs crinières vermeilles entremêlées se déversait un flot d'eau qui lui parut être sans fin, et ce n'est que quand en fut tombée l'ultime goutte qu'il accepta de renoncer à ce langoureux baiser. Les étincelles de désir et de passion voltigeaient dans son regard comme autant de feux follets à la surface de ses pupilles couleur de l'océan. Il ne sut que dire et se contenta donc de suivre son exemple, murmurant son nom d'une voix suave alors qu'il peinait à reprendre son souffle.
Mary... Qu'est-ce que... il perdit le fil de sa pensée et sa phrase n'eut jamais de fin.
Ce n'est pas raisonnable, aurait-il voulu dire, mais les mots ne parvinrent jamais plus loin que sa gorge pour y rester bloqués. Malgré le soupçon de bon sens qu'il lui restait, le Saint des Poissons devait se rendre à l'évidence : il n'avait aucune envie d'enrayer le processus. Lorsque Mary s'emparait de ses lèvres, elle incarnait tout ce dont il avait toujours rêvé. Une femme qui puisse l'embrasser sans qu'il n'ait l'impression de ne chercher qu'à tromper la solitude avant de finir suffoqué. Une femme qui puisse partager ses nuits sans qu'il ne ressente le besoin de fuir avant que ne paraisse le point de l'aube. Elle était tout cela à la fois et plus encore, cristallisait ses fantasmes et ses chimères. Quand elle l'avait attiré jusqu'à elle, il n'opposa pas la moindre résistance alors qu'il aurait pu le faire malgré l'effet de surprise. Il en avait envie, lui aussi. Il n'y avait à cela rien d'anormal. Et pourtant...

Ses doigts s'attardèrent sur les écailles qui recouvraient son cou fin, semblant ne point en être dérangé. Il ne les détestait pas, car elles faisaient partie d'elle. Leurs origines étaient troubles, mais la pirate ne manquerait pas de lui en faire part si elle l'estimait nécessaire. Pour l'heure, il n'y voyait qu'un détail bien vite éclipsé par la frénésie qui s'emparait de lui. Il n'aurait point pu s'attendre à ce qu'elle se montre si fougueuse mais ne s'en plaignait pas, bien au contraire. Sa promesse envers lui-même n'était plus qu'un lointain souvenir dans les paysages brumeux de son esprit égaré. Il n'était qu'un homme, après tout. Un Saint, un Chevalier d'Athéna, mais un homme quoi qu'il en soit. Le Roi des Ronces n'était pas insensible à ses charmes mais refusait de céder à des pulsions si longtemps jugulées.

Pourtant, elle n'avait eu aucun mal à l'entraîner dans sa débauche, et force était de constater que ce n'était pas pour lui déplaire. Son coeur se mit à battre la chamade tandis qu'il se pressait contre elle, appréciant la proximité des corps et la passion qui en émanait. Cette baignoire serait un tombeau, celui de ses précautions. Il avait abandonné toute retenue, oublié toute prudence. Ce qu'il faisait était mal et il le savait, mais il en avait besoin. Quand tout espoir est perdu, qu'y a-t-il de mal à succomber au chant des sirènes ? D'une main hasardeuse mais non moins experte, il vint caresser sa joue pour ensuite descendre le long de sa clavicule, et ce jusqu'à la courbe de ses seins. Loin de lui l'intention d'en profiter, malgré ce que dictaient ses instincts de mâle. Pas sans autorisation. Il ne demandait qu'à sentir battre son cœur.

Nulle volonté de sa part d'en venir aux sentiments, mais il voulait s'assurer que ce n'était plus le jeu auquel elle avait joué jusqu'à maintenant. Qu'il y avait dans ce geste ne fut-ce qu'un peu de la sincérité qu'il recherchait chez elle, quand bien même elle était sous l'emprise de l'alcool. Et ce n'est qu'une fois qu'il en eut obtenu confirmation qu'il tomba la veste à son tour. Ce n'était pas encore assez pour se retrouver dans la même tenue qu'elle, mais là n'était pas le but. Il n'avait ôté cet habit que parce que, gorgé d'eau, il pesait bien trop sur chacun de ses gestes. Or, il avait l'intime conviction que sa liberté de mouvements aurait tout intérêt à ne pas être réduite dans les prochaines minutes s'il voulait garder le contrôle de la situation. Louable intention, mais vaine, car il l'avait déjà perdu. Un sourire matois fendait ses lèvres alors que, le souffle court, il allait soutenir son regard d'un air provocateur.
Je ne suis pas sûr que nous ayons le droit... C'est moi qui te fais cet effet-là ?
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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Mar 4 Déc - 23:26



To the beginning °~




~ Je crois que tu me rappelles tout ce que j'ai perdu, Celsius.

La Vérité sortait toujours de la bouche du Juste. J'étais une fervente croyante encore des préceptes religieux de la Grande Église, une leçon de ma mère, Dieu ait son âme immaculée. Je n'avais plus peur de clamer que j'étais détentrice de la divine Vérité, celle qui devait animer chaque homme. Sans que je n'ose toutefois la prononcer à voix haute, de peur de briser le serment instauré entre nous, scellé d'un baiser. Ce moment je l'appréciais à sa juste valeur, pour sa volupté, cette douceur, l'éveil de mes sens. Je me sentais de nouveau vivante et c'était probablement pour cela que je venais de sombrer dans ce jeu dangereux. Pour me le prouver dans sa plus plaisante des forces. Les larmes glissaient le long de mes joues roses, tristes réminiscences de mon singulier passé. Avec elles mourraient mes dernières craintes de me voir abandonnée de lui, de ma réponse. Celsius, tu ne te rends sans doute pas encore compte mais tu venais de te saisir de ma main tendue, me faire sortir la tête hors de l'eau. En allumant le feu jusque là éteint de mon âme. En fin de compte, il n'avait eu qu'à souffler sur les braises incandescentes de mes blessures, pour les raviver mais pas de la manière que l'on pouvait penser. Le mal qui en découlait était un bienfait, je l'appréciais par le biais de cette souffrance me rappelant ma propre ignominie : celle d'avoir voulut désapprendre à vivre. Ce simple contact m'avait poussé à voir autrement ma condition de Sisyphe en puissance.

Il pourrait, le moment venu, m'apporter ce que je désirais. Et la réciproque était vraie, j'en étais maintenant intimement persuadée.

Quand nos lèvres se séparèrent j'eus tout le loisir tandis qu'il effleurait du bouts des doigts, les séquelles du Soleil, de le regarder s'animer d'une passion nouvelle. En l'obligeant à faire tomber le masque, je découvrais un être sensible, tout aussi méfiant que moi. Je lui souriais vraiment, pour la toute première fois.

~ Chut... ne dit rien... ne dit plus rien. lui dis-je en posant un index sur ses lèvres vermeilles.

Sa main finissait de dessiner le galbe de mon buste pour mieux reposer sur ma poitrine qui se soulevait par intermittence, au rythme de mes respirations. Sous cette paume, il sentait battre mon cœur à un rythme effréné. Une joyeuse cavalcade, plus vive que le galop de mille chevaux. Tout en capturant cette main un rien fébrile que je serrais davantage contre ma peau, je me penchais pour lui souffler au creux de l'oreille.

~ Je vais t'apprendre à vivre.

Sur cette confidence, je baissais les yeux pour voir le vêtement mouillé choir sur le sol dans un bruit mou. Lui et moi commencions à comprendre où nous mènerait cet échange. Nos confessions. Avions-nous réellement le droit ? Cette question me tarauda un moment, je l'avoue. Était-ce bien ? Mal ? Avions-nous le privilège de nous moquer ainsi de nous-même ? Je me revoyais quelques années en arrière où je n'étais encore qu'un oiseau dans une cage dorée. Une proie parmi tant d'autres pour les charognards qu'étaient les hommes. Les gens de leur sexe ne m'inspirait qu'un profond dégoût, mais j'avais été guérie par les aléas du temps, du destin, de mes rencontres. Et être ici avec le Chevalier d'Or des Poissons me complaisait à croire que je m'étais souvent trompée sur leur compte. Je jugeais trop vite mes pairs, plus encore les mâles. Des assassins en puissance. Tous ? Non je l'apprenais chaque jour à mes dépends. Ces surprises me laissaient parfois songeuse. Comme là encore. Combien de temps avait duré ma petite intermède silencieuse ? Je l'ignorais.

Il me faudrait du temps pour soigner mes blessures. Comprendre. Vivre, non, attendre la Mort. Pour l'heure, je découvrais le corps de mon invité dans toute sa splendeur. La lumière crue du soleil dessinait sur lui, un jeu d'ombres et de lumières que je suivais du regard, puis d'une main se voulant douce, avenante. Il était jeune, d'une beauté saisissante de surcroît. Sa condition de chevalier lui avait octroyé la silhouette pleine de prestance due à leur rang, cette rigueur avait sculpté ses muscles, mis en exergue son charme irréel.

Le regret n'existait plus, je l'avais chassé depuis fort longtemps car de fait, depuis ma naissance il ne cessait de m'échapper. Tu es le maître de mon destin voulais-je lui chuchoter. Mais c'était peine perdue, les mots mourraient avant de pouvoir s'échapper de ma gorge. Je caressais distraitement sa chevelure semblable à la mienne, mêlant mes doigts dans cette incomparable douceur. Mon esprit vagabonda, me rappelant qu'il n'était pas si différent d'Astre. Ce qui m'arracha un petit souffle douloureux. Penchant la tête jusqu'à ce que nos deux fronts se touchent, je plongeais mes yeux verts dans l'immensité bleue des siens. Il y avait ce petit quelque chose chez lui qui rendait l'illusion parfaite. Qui pourrait ne pas y succomber ? Parfois il ne pouvait en être autrement. Je l'enlaçais avec douceur, posant ma tête dans le creux de son cou, geste depuis longtemps perdu dans les méandres de mon enfance. Ainsi je me sentais bien.

Lune d'argent, puisses-tu déployer sur nous toute ta délicatesse, tes songes et tes murmures. Moi, j'entendais très distinctement les Voix. Ton chagrin à peine voilé. Je tournais d'une manière imperceptible les yeux pour les poser sur un fantôme. Un fantôme au visage changeant.

Une petite fille me tendait les bras, désireuse de connaître la même chaleur. J'eus pour elle un regard plein de tristesse et d'amertume. Non mon rayon de soleil... je n'avais pas le droit de te toucher. Je ne pis me résoudre à te laisser partir mais... je ne pourrais jamais plus te revoir, te serrer contre mon cœur. Ô ma petite étoile, tu diras à ton frère à quel point je l'aime... Je ne sus réprimer un sanglot, je me cachais davantage, enfouissant mon visage dans cette chevelure écarlate. Le sang. La réponse.

~ To the beginning

Je me refusais de croire, et pourtant je chantais quelques paroles d'une vieille mélodie. Ma voix ne se brisait plus, elle était aussi forte que les vagues qui se jetaient contre les récifs. Résolue, puissante. Ce moment ne pouvait être brisé : les Dieux tissaient pour nous le plus magnifique des canevas. Oui je pouvais l'entrevoir ! Voir les Moires utiliser des fils rouges à l’instar de nos deux chevelures. Je quémandais un autre baiser, me le donnerait-il ? Ou bien en me voyant si fragile, désirait-il se détourner ?

Car il s'engageait sur un chemin périlleux.





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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Mer 5 Déc - 4:44

:: Pour Quelques Instants de Répit :.

Le pire sentiment n'est pas la solitude.
C'est d'être oublié par quelqu'un que vous ne pourrez jamais oublier.
Je n'ai pas peur de tes cicatrices. susurra-t-il d'une voix douce.
Des larmes se mirent à couler le long de ses joues alors qu'il essuyait avec douceur et légèreté celles de Mary du bout des lèvres. Des larmes de joie, marque de son soulagement. Le poids qui pesait sur son âme depuis des mois, depuis des années et même depuis l'enfance venait de disparaître, et c'était entièrement à elle qu'il le devait. Le bout de sa langue effleura sa joue alors que cette curieuse attention touchait à sa fin et ses doigts coururent le long de sa nuque. Oui, il l'aiderait à panser ses plaies car elle avait refermé les siennes. Jamais il n'aurait une vie normale et il le savait. Mais elle lui avait permis de retrouver le sourire, celui qu'il avait déchiré en lambeaux de ses propres mains. Celui qu'il n'avait plus le droit d'arborer ni de montrer à qui que ce soit. Ça reste entre nous, aurait-il voulu lui dire, mais il savait au fond de lui qu'elle s'en doutait déjà.

Elle était sa délivrance. Ce n'était que parce qu'elle l'avait empêché de s'immerger à son tour qu'il avait pu lui sortir la tête de l'eau. Peut-être fallait-il y remédier, en fin de compte. Avec un sourire taquin, il la prit par les épaules et la fit basculer en arrière de manière à l'amener sous l'eau, la remettant dans la position qu'elle occupait avant de se rendre compte de sa présence. Il l'abreuvait en oxygène sans savoir combien de temps cela pourrait durer mais appréciait de la suivre ainsi sous la surface. L'eau était son élément et il ne demandait qu'à le découvrir avec elle pour apprendre à mieux la connaître. Pour tout savoir de cette femme fatale avant qu'elle ne l'emmène au bout de la nuit. Et tandis qu'il lui dispensait quelques caresses entreprenantes, il força à son tour la barrière de ses lèvres pour goûter à sa langue.

Bien qu'il soit insensible aux méfaits de l'alcool, l'ivresse commençait à le gagner. Contagieuse, elle l'envahissait, viscérale, et se propageait à chaque fibre de son être afin qu'il puisse profiter pleinement de ces dérives. Il avait attendu qu'elle ait fini de chanter pour l'entraîner sous l'eau afin de ne pas perdre une miette de cette sublime mélodie qu'elle lui faisait entendre au moyen de sa divine voix. Le chant des sirènes n'était pas qu'une rumeur infondée, il en avait la preuve car il était en train d'y succomber. Et à bien y songer, ce n'était pas si désagréable. Il la gratifia de son plus beau sourire quand leurs lèvres se séparèrent. Il acceptait volontiers d'être en son pouvoir si c'était le prix à payer pour rester à ses côtés. Il n'avait pas de volonté plus intense à cet instant. Ses mains inquisitrices parcoururent la peau d'albâtre de la demoiselle pour enfin la ramener à l'air libre avant que le souffle ne commence à manquer.
N'ai-je pas même le droit de te dire que tu as une voix magnifique ?
La douce brise qui virevoltait dans la pièce emplit ses poumons d'un nouveau souffle alors qu'il se pressait contre elle,effleurant sa poitrine du bout des doigts. Quand il s'en rendit compte, la rougeur de sa chevelure se propagea à son visage un bref instant non par honte, ni embarras, mais par allégresse. Son souffle chaud se répandit dans son cou tandis qu'il se pressait contre elle pour s'imprégner de son odeur, de sa chaleur. Son propre parfum de rose lui semblait bien loin alors qu'il tentait de s'emparer du sien, de le graver dans son coeur et dans son corps pour ne pas oublier la magie de cet instant. Le bout de ses doigts dévala le long de son flanc afin de s'immobiliser au niveau de la hanche. Sa paume se pressa contre celle-ci et il fit basculer sur le côté le corps de la demoiselle de manière à inverser les rôles.
Mais plus encore, c'est toi que je trouve magnifique.
Le Roi des Épines sentait cette humeur maussade qui menaçait de la perdre corps et bien et tenait donc à lui donner les pleins pouvoirs sur leur étreinte enflammée. Par jeu, oui, mais aussi et surtout pour lui restituer cette assurance si chère à son coeur. Désormais juchée sur lui à califourchon, Mary n'avait plus nulle part où se cacher, mais cette position dominante lui conférait tout le loisir de lui faire payer son initiative. Ses lèvres errèrent sur sa gorge alors que sa main remontait le long de sa cuisse, glissant sur cette peau qui – même humide – avait le toucher du satin. Une folle curiosité s'empara de lui, l'incitant à la découvrir, à découvrir ce corps qui malgré les stigmates n'en demeurait pas moins de toute beauté. Le regard brillant du charbon ardent de ses désirs, il repoussa les mèches carmines qui enveloppaient le visage de la belle de leur écrin et passa le pouce sur ses lèvres. Le Chevalier des Fleurs alla ensuite saisir entre ses dents son lobe d'oreille avec la plus grande précaution, et ainsi mieux lui murmurer à l'oreille :
Apprends-moi.
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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Jeu 6 Déc - 19:11



Magnifique solitude °~


Sa réponse ne se fit pas attendre, finissant de balayer autant mes doutes que les siens. L'ivresse dansait dans mes claires prunelles, sauf qu'il ne s'agissait point là d'un effet de l'alcool. Cette ivresse ci s'était évaporée en même temps que les parties noires ayant élues domicile dans mon cœur. Maintenant, c'était un tout autre sentiment qui venait m'attraper à la gorge : une violente passion. Mes lèvres remuèrent très légèrement pour dire adieu au fantôme de ma fille qui me souriait d'un air énigmatique. Puis, je fus entraînée sous l'eau. Surprise, j'eus d'abord un geste pour le repousser mais ma lutte s'acheva très vite en sentant ses lèvres se poser contre les miennes. Les yeux grands ouverts, je n'avais aucun mal à voir son visage. Finalement je me laissais aller à ce nouveau jeu, cet échange singulier et passionné. Mes bras d'eux même avaient enveloppé sa taille, désireux de ne pas rompre cette proximité, bien au contraire. Immergés sous la surface de l'eau scintillante, nos deux chevelures carmines se rependaient tout autour de nous, telles des oriflammes dans le tumulte doux d'une légère brise. Je considérais l'eau comme une alliée, aussi j'aurais pus rester des heures ainsi à être bercée dans le creux de ses bras. Mon esprit s'en était allé pour un autre Royaume.

Quand nos têtes allèrent quémander l'air, que nos poumons s'emplirent de nouveau, ce fut pour moi comme un renouveau. Haletante, ce n'était pas pour m'en déplaire alors que je voyais se dessiner sur son beau visage, un magnifique sourire. En échange de quoi, je me pris moi-même à lui offrir un autre sourire franc. Ses paroles ne firent qu'élargir ce dernier, ranimer cette lueur de malice dans mes yeux. S'il se montait de plus en plus empressé, moi je faisais preuve d'une plus grande maîtrise de moi. Après tout, les vieilles leçons restaient profondément imprimés dans nos chairs, surtout quand ces dernières y avaient été gravés avec sévérité. Je me souvenais des coups que nous recevions Ann et moi étant petites quand nous n'étions pas attentives aux paroles de notre mère adorée. C'était une autre époque, un autre lieu et pourtant, pourtant ! Dieu sait que cet apprentissage m'avait mainte fois servie et desservie à la fois.

Il me trouvait « magnifique ». Mon sourire s'effaça aussitôt, non pas parce que je n'appréciais pas le compliment, toutes femmes n'y étaient point insensibles, mais par ce qu'il signifiait d'une manière sous-jacente. Je le regardais un temps comme si je n'avais pas compris le sens de ses propos. Je secouais doucement la tête de gauche à droite lui signifiant mon désaccord. Sauf que ses caresses finirent par me faire oublier le court de mes pensées. Un peu perdue dans cette volupté qui s'instaurait, je frissonnais sous cette paume aventurière. Quoi de plus normal après tout de vouloir découvrir son partenaire ? Cela faisait parti du petit manège du jeu des plaisirs.

~ S'il te plaît, appelle moi Satine.

Lui demander de me nommer par mon nom véritable avait une signification toute particulière pour moi. Cela signifiait que je lui confiais toute ma vie. Je m'offrais toute entière à cet être si semblable à moi. Cependant, il était encore un étranger sur beaucoup de points de vu, mais nous aurions tôt fait de lever tous deux le voile, se dévoiler l'un à l'autre à mesure que le temps ferait son office. Il y avait des règles à instaurer, de cela aussi j'en était consciente, alors pourquoi ne pas dresser les barrières tout de suite ? Non, ça ce n'était pas raisonnable. Juste pour cette fois, il pourrait voir l'espace de quelques instants, qui je suis vraiment.

Il ne cessait de me surprendre à chacun de ses gestes. Celsius démontrait une adresse qui pour son âge me fit me poser quelques questions à son sujet. C'était pour moi, une contradiction en soi. Je ne l'interrogeais pas, taisant ma curiosité. Penchée au dessus de lui après un petit tour de passe-passe, j'eus un bref coup d’œil sur le côté, entendant une quantité d'eau importante se déverser sur le sol. Un petit gloussement s'échappa de ma gorge. Son murmure se résumait à un souffle chargé d'envies. Son ardeur grandissante n'altérait pas encore sa maîtrise de soi. J'haussais un sourcil circonspect.

~ Mais il semble que tu saches déjà beaucoup de choses sur le sujet mon petit poisson.

Finalement, je n'avais pas réussit à faire taire les questions qui me brûlaient la gorge. Cette réplique laissait entendre que j'étais curieuse de connaître ce pan de son passé. Cela me regardait-il seulement ? Hm, après tout, je n'étais pas connue pour ma discrétion. Mais plus pour mon franc parlé.

~ Il faut savoir apprécier les bonnes choses, ne pas se laisser entraîner par la frénésie qui nous anime.

J'avais dis ça presque machinalement. Je ne faisais qu'en faite, répéter les mots de ma mère. Ses conseils se révélaient être exacts, aussi je les utilisais à bon escient, oui, toujours au moment propice. Le voir me donner l'opportunité de prendre les rênes prouvaient encore une fois une certaine expérience. Ses quelques maladresses, je les mettais sur le comptes de son jeune âge. M'enfin, je n'étais pas bien plus âgée que lui ! Ce serait le faire passer pour un jouvenceau. Dommage d'ailleurs car sur ce point, j'aurais bien voulut le taquiner davantage !
Il ne faisait que comme moi, essayer de se tromper en emmurant sa solitude. Des perles d'eau glissaient le long de mes cheveux, ma nuque, mes cuisses et mon expertise aidant, j'eus ce réflexe d'attraper avec mes dents, le bout de ce pouce s'étant posé en travers de mes lèvres. Et, alors qu'il mordillait le lobe de mon oreille, ma bouche se referma, voluptueuse. Ce n'était qu'un prélude.

Il ne devait pas me craindre. Le jeune homme ne devait pas interpréter les différentes émotions qui passaient dans mes prunelles océans. Encore moins quand mes baisers se firent presque morsures sur sa mâchoire, son cou gracile, ses oreilles. Pas plus quand il fut débarrassé de ses derniers morceaux d'étoffes détrempés que j'eus vite fait de jeter au loin. Je riais maintenant de bon cœur à le voir si démuni. Enfin, voyons !

~ Tu te risque à un jeu dangereux à me donner ainsi l'avantage Celsius. Tu sais que ça pourrait être une mauvaise idée ?

J'étais dans une position dominante, et il m'offrait sur un plateau d'argent, la possibilité d'assouvir le moindre de mes caprices. Se rendait-il compte de sa possible erreur ?

~ Car généralement, je joue avec le sang de mes victimes.






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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Ven 7 Déc - 20:15

:: Pour Quelques Instants de Répit :.

Bienvenue dans un monde où l’air que je respire est mien.
Il n’y a rien pour accabler mon esprit et rien n’existe pour ombrager ma vue...

L'eau serait le seul témoin de cette liaison interdite. Personne n'en devait rien savoir, et cela ne rendait la scène que plus exaltante. Nul n'était en droit de le refuser et nul ne pouvait en avoir les moyens. Et il en serait ainsi, toujours. Ces instants volés seraient leurs pour l'éternité, rien ne viendrait les leur dérober. Avec une lenteur mesurée, il vint caresser sa joue, craignant une seconde d'avoir mal fait en voyant son sourire s'estomper. Par chance, ce n'était que passager. Elle revint bien vite à la charge pour son plus grand plaisir, s'improvisant pour le temps de leur baignade maîtresse de cérémonie. Un rôle qu'il l'avait incitée à endosser et qu'elle interprétait avec une maestria notable. Ses attentions se firent plus précises, la cime de ses doigts partant se perdre au creux de ses reins, frôlant ses hanches et les abords de son charmant fessier.

Chaque partie de son corps avait été pensée pour être plus voluptueuse que la précédente. S'il lui avait fallu la décrire, il l'aurait dite faite pour être aimée, et ses réactions ne réussirent qu'à lui faire penser que cela ne lui avait que trop manqué. Ce ne serait pas chose aisée que d'être à la hauteur de ses attenter, mais ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Son voeu le plus cher était alors de combler ses espérances, mais il n'en subissait aucune pression pour autant. Avec elle, Celsius avait à coeur d'être aussi naturel que faire se peut. D'enfin être lui-même. Le désir était partagé, à en croire la demande que la Sirène Maléfique ne tarda pas à formuler. Après le silence que lui imposait cette révélation, il la gratifia d'une étreinte lascive.
Comme tu voudras. il esquissa un sourire.
Le Seigneur des Épines ne chercha pas à comprendre, mais n'en avait pas besoin de plus pour comprendre quelle importance donner à cette révélation. Ce n'était pas un hasard, et en raison de leur proximité, il doutait fort que ce ne soit là qu'une soudaine lubie. Quelle que puisse être la cause pour laquelle elle n'avait pas recours à ce vrai nom, il respectait cette décision et ne la forcerait pas à lui en dire davantage. Il brûlait de la cerner avec plus d'exactitude mais suivrait son rythme, à elle dont le coeur meurtri vibrait à son contact. Leurs âmes dansaient à l'unisson et s'enflammaient à tour de rôle, faisant tomber les masques pour ne plus laisser que les corps qui bientôt se confondraient dans la nuit. Le Chevalier des Fleurs était certes plus habile qu'il ne le laissait paraître, plus qu'on ne l'aurait cru pour son âge. Le Saint des Poissons avait vécu nombre d'aventures, nombre d'histoires sans lendemain et sans qu'aucune n'éveille jamais en lui cet inexorable sentiment de légèreté.
Satine... ajouta-t-il dans un souffle pour en tester la sonorité. Il frémit.
En lui était gravée cette impression d'enfin pouvoir toucher le ciel à condition qu'elle accepte de l'y emmener avec elle. C'était un chemin que l'on ne pouvait suivre seul, et nul doute qu'il voyait en elle la partenaire toute désignée pour entreprendre ce voyage. Par courtoisie, il n'avait osé lui demander son âge mais pour avoir déjà tant vécu, tant souffert, il devait être sensiblement plus élevé que le sien. Cela aurait pu le gêner mais ce n'avait pas été le cas – tout au plus regrettait-il de ne point se targuer de la même expérience, et craignait-il de ne pas être à sa mesure. Une peur qui quitta bien vite son esprit à suivre du regard les courbes de son corps. Il serait un élève attentif, cela ne faisait pas l'ombre d'un doute. Par ses paroles, elle l'incitait à se confier, à narrer dans cette promiscuité ce qui avait fait de lui un homme – celui qui frémissait à l'idée du sort qu'elle était sur le point de lui réserver. Chaque chose en son temps néanmoins, aussi ne lui répondit-il que par une moue sibylline.
Même si la passion nous anime, elle ne doit pas briser ce qui nous lie. murmura-t-il.
Se redressant légèrement, il l'obligea ainsi à poser le bassin contre le sien et à prendre mesure de son excitation. Il n'y avait rien de bien étonnant, le jeu dangereux auquel ils jouaient depuis plusieurs minutes déjà devant mener à cette inéluctable conséquence. Pour autant, le Saint ne semblait pas aussi pressé qu'elle voulait bien le croire, savourant même cette attente. Souvent il n'en prenait pas le temps, n'étant que trop pressé d'en finir avec ces pulsions charnelles. À la fois douce et envoûtante, l'étreinte de Satine lui donnait pour la toute première fois cette envie de prendre son temps qui lui avait jusqu'alors fait défaut. Il vint à nouveau poser un baiser sur ses lèvres, plus délicat que les précédents, bien qu'il prenne le parti de lui laisser ressentir ce désir contenu qui, à ce rythme, le consumerait corps et bien. Oui, il se laissa aller à déguster la saveur d'eau de mer qui reposait sur les lippes de cette aguichante silhouette qui ce soir serait sienne.

Elle pouvait bien sûr encore lui échapper, mais avait l'air de n'en avoir aucune envie. Il n'irait pas s'en plaindre. Jamais il n'avait ressenti si forte attraction, et il n'aurait su dire s'il ne s'agissait là que d'une envie de l'obliger à vivre elle aussi. Cette poignée de main n'était qu'un piège pour l'attirer dans l'eau, dans son royaume. Là où elle exerçait sur lui un parfait contrôle. Elle prétendait qu'il venait de lui donner l'avantage mais c'était faux. Il était sien dès qu'il avait accepté de la rejoindre dans cette baignoire qui décidément lui semblait bien vaste. Spacieuse à souhait, pour ne pas altérer le constant besoin de liberté dont semblait souffrir la demoiselle – un besoin qu'il lui faudrait ce soir refréner, car dès qu'elle en serait captive, elle n'aurait plus aucun moyen d'échapper à la chaleur de ses bras. Sa langue s'attarda sur ses douces lèvres au moment de mettre un terme au baiser, désireux qu'il était d'attiser le feu de la passion.
Dommage. Tu vas devoir innover.
Mais il ne céderait pas aussi facilement. Elle le savait et ne faisait que le provoquer comme elle seule savait le faire. Cette intimité venait à peine de voir le jour et il apprenait déjà à connaître cette femme qui sous ses caresses devenait diablesse. Ses vêtements lui avaient été ôtés tous autant qu'ils étaient mais il n'en éprouvait aucune gêne, sans doute parce qu'il la contemplait dans le plus simple appareil depuis qu'il l'avait rejointe. Cependant, qu'elle soit si pressée de le dénuder l'emplissait d'une étrange fierté. Malgré une beauté si parfaite qu'elle en était presque surréaliste, Celsius n'appréciait pas réellement son physique. Ce n'est qu'alors que le regard de braises de la pirate se posait sur sa peau nue pour la première fois qu'il fut heureux de pouvoir lui offrir une vue dénuée d'imperfection, qui à cet instant lui était entièrement dédiée.

Espérant qu'elle l'apprécierait à sa juste valeur, le Chevalier des Fleurs vint ceindre sa taille de ses bras et déposa quantité de baisers le long de son cou, au mépris de sa malédiction. Le Roi des Ronces n'en finissait plus de fermer les yeux même rien qu'un instant pour inspirer l'odeur de son parfum et laisser courir les doigts le long de son dos, traduisant chaque frisson par une demande muette de poursuivre plus avant. Il n'en fit rien cependant, préférant attendre qu'elle lui donne son feu vert plutôt que de se montrer trop audacieux. Que son corps se soit redressé ne l'empêchait pas d'être toujours sur son emprise – certes parce qu'il le voulait bien mais non moins en son pouvoir. Oui, il connaissait déjà ses leçons mais avait toujours soif d'apprendre à la connaître – et avec elle ses vices et ses pêchés.
Peut-être une prochaine fois.
Car il y en aura une, n'est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Dim 9 Déc - 22:26



Le Tocsin °~




J'ai le cœur lourd d'une certaine mélancolie, mais ce soir j'ai décidé qu'elle irait se cacher dans les méandres de ces ténèbres amoncelées, là bas, très loin de la porte de ma conscience. Le Chevalier aux Roses m'offrait l'opportunité d'être pleinement ce que j'étais, ce que je suis et ce que je continuerais de rester. Tout simplement Satine. En retour, je l'entraînais dans mon sillage, lui faisait découvrir les rives de mon Royaume changeant. Je le guidais d'une main experte, l'appelais de temps à autre par son prénom comme les premières notes d'un chant langoureux. Son étreinte se resserrait sur moi, sur mon corps se louvoyant contre le sien, le frôlant, le caressant. Tout ceci ne demeurait être qu'un jeu, un jeu dangereux qui nous conduirait Dieu seul sait où, mais, cela n'importait plus pour nous. Nous sommes déjà tous les deux perdus. Il était trop tard pour refréner les élans du cœur. Je me risquerais à me perdre avec lui s'il le faut, seulement, je me refusais de l'emporter avec moi dans ma déchéance. Je le préserverais de moi autant qu'il le ferait avant que ne vienne l'heure de parachever notre promesse. Je songe encore à tout ce que la vie aurait put m'apporter aux côtés de mes enfants et de mon mari, loin très loin de ces ennuis, de cette fatalité qui me collera toujours à la peau. Il n'était plus qu'une chimère, un rêve illusoire. Sauf que je me complaisais à croire encore en eux. Ce n'était pas ce que je désirais.

Non, je ne voulais plus m'accrocher de la sorte à une prise aussi instable. Pas quand j'avais la possibilité de me saisir de cette main tendue. Je levais un peu plus la tête pour voir Celsius me sourire. Il était ce dont j'avais besoin. Il n'y avait plus à hésiter, j'entendais une rumeur lointaine me souffler de ne pas dépérir ainsi. Chanter ma peine ne ferait que rouvrir les plaies. Je devais être sage pour l'heure. Sage et soupirante. Je désespérais de n'être finalement qu'un jouet entre ses mains : un jeu de badinage. Mais ne disions nous pas, de ne pas badiner avec l'amour ? Je m'immobilisais un bref instant pour me pencher au dessus de lui, poser mon front contre le sien. Plonger mes yeux dans l'abysse des siens. Il y avait bien plus que cela dans ses yeux. Une lueur profonde, un soulagement peut-être. Tout contre lui, je pris précautionneusement ses mains entre les miennes afin de les poser contre mes reins. Toujours à l'observer avec intensité. L'âme pleine de mélancolie. J'entendais presque le tocsin résonner à travers lui. Une détresse qui laissait place à une douce torpeur, un sommeil heureux, voluptueux. Qu'il vienne ouvrir la porte de mes songes, qu'il se laisse bercer par la mélodie des sirènes.

Dans la mort de toi, je m'échappais le temps d'un autre voyage. Je ne ressentais plus aucunes craintes tant que ses doigts continueraient de cheminer sur moi, qu'il me goûte et s'enivre de mon parfum. Mélange subtil fleuri et capiteux. J'exerçais sur lui une violente passion, et inversement, que nous aurons tôt fait d'appréhender ensemble dans ce ballet langoureux qui ne faisait que commencer. Je n'avais pas le droit de verser son sang, aussi une idée germait peu à peu dans mon esprit embrumé par le désir. Quand je glissais ma bouche de la commissure de ses lèvres jusqu'à sa tempe, ce ne fut que dans le but qu'il apprécie davantage la douceur de ma peau.

~ N'as-tu jamais goûté le sang de tes proies Celsius ?

Soufflais-je dans le creux de son oreille, allant jusqu'à mordiller le lobe par pur plaisir sadique d'exciter plus encore son intérêt. C'était une drôle d'invitation qu'il saurait accepter ou décliner selon son désir. À sa guise, car tout professeur que je devenais, je ne serais pas un tyran.

~ Je peux réaliser le moindre de tes fantasmes puisque tu m'octroies le privilège de m'offrir ma mort. Saches le.

Je disais cela avec un sérieux qui sonnait avec gravité et douceur. Un paradoxe qu'il comprendrait sans mal. La lune déclinait peu à peu, et ce fut dans sa lumière laiteuse que je sortie, quittant l'eau, rompant un bref instant notre proximité. Ainsi, je lui laissais tout le loisir de me contempler alors que je faisais quelques pas dans la clarté de l'astre du soir. Je tournais la tête à demie, l'invitant à me suivre.

Je vint l'enlacer, calant ma tête dans le creux de son épaule. Ce geste aurait put s'approcher à une demande de protection. C'était quelque part un peu le cas. Je sentais le besoin de me serrer tout contre lui, si chaud, si enclin à effacer mes larmes. Je savais que j'oublierais grâce à lui. Il serait mon échappatoire.

Mon exutoire.

Le silence prenait ses droits, lentement, devenant maîtresse incontestée, et moi, je voulais le rompre, le meubler avec nos soupirs. Nos deux souffles se mêlaient dans l'attente des premières étreintes, nos bouches se cherchaient quand nous fermions les yeux ensemble pour goûter à ce silence. Ce prélude à l'amour. Sans m'en rendre compte, nous avions reculer jusqu'à ce que mon dos vienne heurter le mur en bois de ma cabine. Un peu surprise de cette fraîcheur je frissonnais. Nos deux chemins s'étaient croisés non sans raisons, j'aimais à le penser au moment où nous basculions enfin dans ce lit immense qu'on avait pensé à mettre dans cette vaste pièce. Je n'avais pas le temps de m'en étonner, d'ailleurs je ne fis pas plus attention au toucher soyeux des draps que nous aurons tôt fait de froisser. Brûlante passion qui se repends dans chaque fibre de mon être, une agréable sensation dans mon ventre, les yeux rendus implorants. Briser cette attente. Il le pouvait s'il le voulait.

Moi, je l'observais étendue dans ces tissus immaculés. Un sourire venant ourler mes lèvres vermeilles.





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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Lun 10 Déc - 19:35

:: Pour Quelques Instants de Répit :.

La meilleure façon d'aimer quelqu'un,
c'est de ne jamais oublier qu'on pourrait le perdre à tout moment.
Une porte s'était ouverte au fond de son âme. Une fenêtre sur le monde. Ce monde qu'il s'était évertué à fuir depuis des années et qui en la personne de Mary lui tendait les bras. Elle était sa clé vers une certaine normalité à laquelle il ne pourrait jamais aspirer, le parfait remède à cette vie de souffrance. Il n'en ressentait d'ailleurs plus aucune, plus aucun mal-être n'exigeait de lui qu'il se dégourdisse le coeur. Les événements de la journée lui paraissaient si lointains que rien ne l'empêcherait de croire qu'il les avait rêvé. Il s'y sentait étranger, comme s'il ne devait point se sentir concerné. Ce n'était que trop le cas et il s'en souviendrait bien assez tôt, mais tourner le dos à ce soulagement était au-dessus de ses forces. Ce qui ne l'était pas en revanche, ce fut de la serrer dans ses bras pour s'assurer qu'il n'était pas en train de divaguer. Sa psyché devait être assez solide pour encaisser n'importe quel choc après toutes ces années passées à garder en place le même masque de pierre, mais le doute était permis. Comment aurait-il pu imaginer que la panacée était à portée de main au moment même où il en avait le plus besoin ? Cela ne marchait que dans les fables... Et pourtant.
C'est elles qui goûtent au mien, d'ordinaire.
Autour de son coeur, elle a bâti un mur de fierté
Des sentinelles armées, interdit d'entrer

Ce n'était pas un conte de fée. Il n'y aurait pas d'il était une fois, encore moins de fin heureuse et certainement pas de bonheur parfait. Mais le charme de la Sirène Maléfique était quant à lui bien réel et ce n'était pas lui qui pourrait remettre en doute son efficacité. Mais nul besoin pour elle de chanter, il ne demandait qu'à y succomber dès les premiers instants, les premiers émois de cette jolie petite histoire. Ils n'en étaient encore au sommaire, tout était encore à écrire. Ce serait pourtant d'une même plume qu'ils en écriraient chaque ligne d'une encre vermeille. Celle de ce sang qui coulait dans ses veines. Les Liens Écarlates sans lesquels rien n'aurait été, sans lesquels rien ne serait. Car c'était à eux et à eux seuls qu'il devait d'avoir tissé jusqu'à ne plus faire qu'un les fils du destin. Ce qui les unissait était au fond cette promesse sépulcrale et avec elle cette fascination macabre. Ainsi vivraient-ils chaque instant pour le dernier, jusqu'à ce que d'une goutte de son sang il la fasse s'effondrer...
Dans ce cas, sois-toi même. fut sa seule réponse, sans l'ombre d'une hésitation.
Plus elle m'approche et plus elle me tue
À la fin j'ai gagné mais elle n'a pas perdu

L'heure n'était pas au sommeil sans rêve, celui qui dure toute la mort ; il était aux palpitations de la vie qui les transperçaient de part en part, flèche funeste à la visée mortelle qui frappe en plein coeur. L'eau ne serait pas l'écrin de cette agonie, celle de sa solitude qui se meurt en ces heures où le Sanctuaire lui-même dépérit. Mais il était fatigué d'y songer, fatigué d'être encore et pour toute sa vie un Chevalier. Nul besoin d'éprouver son serment, celui-ci était resté intact. Seulement, il avait besoin de cette bouffée d'oxygène, de ces heures où, dans la chaleur de la nuit, tout pouvait s'oublier et lui n'être qu'un homme, guère plus. Car il n'était qu'un homme et en avait toutes les forces et les faiblesses, n'en déplaise ceux qui prêtaient aux Éveillés la force d'un Dieu. Et c'est en homme qu'il quitta l'élément liquide pour s'offrir au vent qui vint frôler sa peau nue dans un frisson vite dissipé.

Je suis le dieu vivant dont elle tire les ficelles
Elle me rend éphémère, elle me rend éternel

Il s'offrait à elle sans secrets ni semblants. Il n'avait rien à lui cacher, rien qu'il n'ait déjà confié ou qui n'ait été deviné. Son passé l'avait intéressée, mais il aurait tout le loisir de le narrer sur l'oreiller si cela lui tenait tant à coeur. Ce n'était pas le plus important, loin s'en faut, et il vint à soupçonner qu'elle ait elle aussi oublié la question. D'où ils venaient n'était plus qu'une futilité car tout ce qui comptait, c'était qui ils étaient. Et nul doute qu'après cette nuit ils ne pourraient l'oublier, jamais. Les âmes étaient en fusion, les corps en ébullition, nul besoin de science pour le savoir. Aussi vint-il la rejoindre, silencieux comme une ombre, avec pour seul manteau cette pénombre. Elle était partout et ses jeux d'ombres et de lumière ne rendait que plus somptueux le corps de Mary qu'il avait à présent sous les yeux. Une étincelle d'admiration passa à travers le regard du Roi des Ronces tandis qu'il la dominait de toute sa hauteur pour ensuite mieux se frayer un chemin dans les ténèbres à ses côtés.

Elle est au fond de mon coeur, elle est au bout de mes doigts
Elle canalise mon honneur et mes instincts les plus bas

C'est ici que tout commence. En proie à ses rêveries, Celsius n'en était pas moins attentionné. Sa prévenance n'avait d'égal que sa passion. C'était à douter qu'il ait jamais levé la main sur qui que ce soit tant chacun de ses gestes semblait dépourvu de toute agitation. S'il ne pouvait être maître de ses émotions, au moins l'était-il de ses gestes, et ce n'était pas la pirate qui aurait des raisons de s'en plaindre. Pour l'avoir déjà vu à l'oeuvre, il ne faisait aucun doute que la douceur n'était pas son seul registre et qu'il en irait selon son gré comme il l'avait laissé entendre. Preuve en fut qu'il lui écorcha la peau de ses dents, réponse à son invitation. Au même moment, ses doigts arpentaient chaque courbe de cette physionomie dont la découverte le captivait un peu plus à chaque seconde. Son cou saignait, et lui seul était en droit de boire jusqu'à la lie ce divin nectar. Mary n'eut plus à attendre pour obtenir de lui ce qu'elle voulait.

J'ai mon sang dans ses veines, ses ongles dans mes cheveux
Son souffle sur mes lèvres, mon reflet dans ses yeux

Sa main courut le long de la mâchoire pour en dessiner l'angle, puis de l'épaule plus solide qu'il ne l'aurait cru. La cîme de ses doigts s'attarda sur sa clavicule, heurtant parfois la noirceur des écailles qui lui couvraient la peau. Pas plus que la première fois il ne s'en offusqua, cela faisait partie d'elle. Quel droit aurait-il eu de le lui reprocher alors qu'elle n'avait pas même celui de le labourer de ses griffes ? Une pulsions qu'il lui faudrait réfréner, mais compensée par celles qui ce soir seraient enfin exaucées. La fraicheur des draps contrastait étrangement avec la chaleur de leurs corps que sublimait encore cette proximité trop longtemps attendue, celle d'une union que rien n'aurait dû permettre et n'aura pour tout fruit que des pêchés à absoudre. Quelle que soit la punition, Celsius s'y exposait sans peur ni reproche, dans un total abandon de soi à ces lambeaux d'une liberté trop vite oubliée.

Elle est les charbons ardents sur lesquels elle me fait marcher
Elle est le lever de soleil qui manque à mes matinées

Sa respiration avait pris plus d'ampleur qu'il ne l'aurait escompté mais il n'en fut pas surpris. Il sentait son coeur battre à tout rompre, à moins que ce ne soit celui de la jeune femme qui s'en charge à sa place et qu'il sente vibrer de tout son être. Combien de temps avait-il pu s'écouler depuis qu'ils s'étaient laissés choir dans les bras de cette charmante, aguichante fatalité ? Il ne saurait le dire et n'en avait cure, le temps lui-même aurait dû pouvoir se plier à sa volonté tant il n'avait nulle envie de rompre cette étreinte. Une fine pellicule de sueur illuminait sa peau dès qu'un éclat de lune venait jusqu'à eux pour leur être ensuite dérobé par la nocturne. À croire la danse qu'elle menait depuis le début de la leur, elle non plus ne semblait pas avoir envie qu'ils soient découverts, ces amants dont seuls les frissons et les soupirs brisaient sa tranquillité.

La lueur laiteuse de l'astre de nuit vint éclairer son visage alors qu'il reprenait son souffle, en répit mais pas au bout de ses envies. Cette lumière ne s'éteindrait que trop tôt : autant en profiter pour contempler son visage qu'enflammait le feu des passions. Nul doute qu'elle le savait, maintenant : ce n'était plus un enfant.
Approche. Je croyais que tu avais des choses à m'apprendre.
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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Mer 12 Déc - 22:15



Les ailes du Moulin °~




Ô lune trop claire,
je voudrais parfaire,
cette promesse qui est nôtre.
Tandis que la nuit est vôtre.

Celsius.

Tu as sut essuyer mes larmes,
plutôt que d'user d'une lame.
Je ne regrette rien,
pourvu que tu sois mien.

Celsius.

Je viendrais ceindre ta taille,
te laisser m'aimer, jusqu'au petit jour.
Je ne veux pas que tu t'en ailles,
je ne désire que ton amour.

Celsius.

Ô lune sans pareille,
viens nous éclairer de ta douce clarté,
tandis qu'il me couvre de baisers.
Qu'il jouit, s’enivre, se mêlent nos cheveux vermeils.

Celsius.


Chacun de ses gestes reflétaient la passion dont il était paré. Un manteau doux, au toucher soyeux, comme une caresse. Sentir pareille ivresse après de telles heures sombres me mettait en liesse. S'abandonner à une telle dépravation ne me ressemblait pas, mais, grand Dieu, j'en avais rien à foutre ! Le ciel se montrait clément avec moi depuis fort longtemps, trop longtemps. S'il te plaît, puisses tu ne pas me tourner le dos ! Avais-je voulus lui dire en voyant à quel point ses yeux se remplissaient d'un mélange subtil d'admiration et d'envie. L'abandon, un nouveau me précipiterait à ma perte, de cela j'en était intimement persuadée. Entre ses bras pourtant, en cet instant, je me sentais entière. Vivante. Qu'importe que cela soit bien ou mal, qu'importe les murmures désobligeants de ma conscience ! J'envoyais promener tout cela, je me risquais à ne plus faire appel à mon sens de la mesure. Ah ! Seulement, il n'avait jamais existé !

Cette pensée me fit largement sourire alors qu'il se penchait sur moi pour enfouir sa tête dans le creux de mon cou. Nullement surprise de ressentir une brève douleur quand il goûta à mon sang, je n'eus envers lui, qu'un geste tendre, une nouvelle invitation. Sa voix était douce, assurée, et moi je ne savais que répondre. Mon corps seul répondait d'une manière instinctive. En émoi, je respirais à plein poumon, cette délicieuse extase. Très vite nos deux respirations se faisaient plus haletantes à mesure du temps qui courait entre nos doigts agités par les tremblements de la passion, la spontanéité du moment.

Et moi je me riais des Moires, ces malheureuses harpies !

Avec un lenteur calculée, je replaçais une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Un bref sourire. Une autre caresse qui en disait long. Il me cherchait encore, était pareil à une assoiffé. Il désirait apprendre, très bien, j'allais exaucer ses souhaits puisqu'il le quémandait. Ô voilà un élève attentif et assidu ! Cette fois, je me laissais toute à mon hilarité tandis que d'une manière un peu brusque, telle une tigresse, j'inversais les rôles. Immobilisé dans ces draps de satin, penchée sur lui, il devait apprécier toute la force que j'employais à ce nouveau jeu. Cette étreinte ci n'était qu'une pré-quelle à ce dont j'étais capable. Je ronronnais de plaisir à le voir si dépourvu.

Celsius.

Son nom n'était qu'un échos lointain, perdu. J'eus pour lui un regard lourd de sous entendus. On ne pouvait jouer inopinément avec moi ! Il allait l'apprendre à ses dépends. Sensuelle, je lui révélais mes talents d'actrice, mes tours de séduction comme j'aimais à appeler cela. Encore des préceptes issus de ma cage dorée. Un homme n'était pas difficile à dompter.

Tous possédait une faiblesse, et je découvrirais bien assez tôt, celle de Celsius. Ma seule crainte était d'engendrer des problèmes qui nous dépasseraient mais... si tout cela était précieusement gardé dans le monde des secrets... qu'avions nous à craindre ?

La lune caressais l'opale de nos yeux, projetait ses bras sur nous. Moi je continuais mon petit manège langoureux, continuant de frôler mon corps contre le sien dans un mouvement serpentin. Allumer davantage son désir. Enflammer ses sens et faire rougir l'astre du soir ! Une certaine princesse désabusée aurait elle aussi détourné peut-être, son regard pour le dissimuler de peur de nous gêner. Sa peau avait un goût suave sous mes lèvres chaudes. Cette fièvre ne cesserait jamais.

Les ailes du Moulin protègent les amoureux. Amants pour quelques heures de la Nuit, nous étions les maîtres. Un homme et une femme unies pour cette soirée d'ivresse. Une autre caresse...

Je lui susurre à l'oreille.

~ Maintenant, tu ne sauras plus te passer de moi...

Un air de défi flottait sur mon visage brillant, quelques mèches collaient à mon front, je remarquais qu'il en était de même pour lui, aussi, dans un autre geste douceâtre, je les enlevais une à une. Prévenante et sage même si je menais toujours la danse.
Je redressais un peu mon buste afin de le dominer, de le toiser sans vergogne. Je m'emparais de l'une de ses mains pour la poser tout contre mon cœur. Je fermais un instant les yeux.

~ Nos deux cœurs ne supporteront plus cette solitude que nous leur imposons.




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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Sam 15 Déc - 17:10

:: Pour Quelques Instants de Répit :.

Les corps qui se heurtent, le choc de la chair contre la chair, comme deux étoiles brûlantes qui se percutent en plein vol... Voilà comment Celsius ressentait ces échanges passionnés, lesquels semblaient ne pas connaître de fin – il n'en souhaitait de toute façon aucune. Jamais il n'avait tant désiré une femme, et il ne voulait pas que cela se finisse. Il avait l'impression qu'au réveil, elle ne serait déjà plus là, elle l'aurait quitté pour naviguer vers d'autres horizons. Mais il savait que ce ne serait pas le cas, car elle ne le pouvait pas. Mary était liée à lui par serment. Il était sa vie, il était sa mort. Tributaire de son sang empoisonné, elle n'aurait d'autre choix que de le garder à ses côtés jusqu'à ce qu'il rende son jugement. Au plus près, exactement comme à cet instant dans l'idéal. Du moins était-ce ce qui lui traversait l'esprit tandis qu'il s'enivrait du goût de ses lèvres, ne pouvant déjà plus s'en passer. La tigresse qu'elle était au début pouvait entre ses mains devenir un chaton docile qu'il dompterait de quelques caresses.

Ce n'était cependant pas pour autant qu'elle y perdait ses griffes, ne demandant qu'à s'en servir pour peu que le Roi des Épines lui en laisse l'occasion. Il aurait voulu enchaîner son corps au sien, plus encore que la passion leur dictait déjà de le faire, la retenir à tout jamais au creux de ses bras à parcourir ces courbes splendides qu'il n'en finissait plus de dévorer du regard. Elle éveillait en lui les plus bas instincts et en profitait comme elle savait si bien le faire. Celsius n'en attendait pas moins de sa part. Il aurait pu lutter ne fut-ce que pour la contrarier dans ses plans mais il n'en fit rien tant il s'y prêtait avec joie. C'était une fuite en avant. Oui, elle se servait de lui pour oublier ce qu'elle avait perdu. Pour tourner la page. Loin de s'en offusquer, le Seigneur des Ronces voyait cela comme un honneur qu'elle l'ait choisi parmi tant d'autres pour assumer ce rôle.

Qu'elle ait estimé qu'il était digne de la sortir de cette torpeur où elle s'était elle-même plongé pour fuir la réalité tragique qui lui avait tout pris. Il était la pierre fondatrice de quelque chose de nouveau dans sa vie et ne pouvait qu'en être fier. Sa seule crainte était qu'elle puisse ne pas se rendre compte que cela faisait son bonheur autant que le sien. Ce bateau aurait bien pu s'écraser sur des récifs qu'ils n'en auraient eu que faire tant la passion dévorante qu'ils avaient éveillée les perdait corps et bien. Leurs âmes avaient déjà fait naufrage dans les abysses, dans cette épave du bonheur qu'avait envoyé par le fond les écueils de la vie. Au fond, ne faisaient-ils pas que panser leurs plaies ? De simples animaux sauvages léchant leurs blessures afin que s'apaise la douleur ? Cela lui convenait, s'il pouvait oublier un tant soit peu son mal de vivre.

C'était une froide nuit qui régnait au dehors en maîtresse incontestée, mais leurs deux corps s'animaient des braises de l'envie et de la luxure, du feu inextinguible de la débauche. Mary ne demandait qu'à connaître ses faiblesses, mais Celsius, lui, découvrait les siennes sans vraiment l'avoir voulu. Il aurait préféré qu'elle les lui confie à son gré, mais les méfaits de l'alcool aidant, elle paraissait sous un jour plus vulnérable qu'elle ne l'était en réalité. Il n'était pas impossible qu'elle s'en soit même pas aperçue, plus encore maintenant qu'un brasier lascif consumait ses entrailles. Lui-même n'était pas en reste et n'avait plus les idées claires depuis fort longtemps, mais demeurait néanmoins assez lucide pour discerner les fissures qui parcouraient le masque qu'elle s'efforçait d'arborer tout comme lui. Et il avait choisi d'en faire fi, tout du moins pour le moment : rien ne devait gâcher la magie de cette nuit qui avait la lune pour seul témoin. Enfin se fit entendre la chaleur de sa voix.
Plaisir partagé, il me semble.
Il avait autant besoin d'elle qu'elle avait besoin de lui. Au fond d'elle, la générale le savait déjà, mais peut-être ne voulait-elle tout simplement pas se l'avouer. C'était pourtant la vérité et elle ne saurait être réfutée. Le Saint des Poissons en eut la confirmation quand son amante amena sa main à son coeur pour qu'à travers sa paume il en ressente chaque battement. Néanmoins, ce n'est qu'une fois qu'il eut croisé son regard après qu'elle l'ait libéré de sa crinière vermeille qu'il eut l'absolue certitude. L'étincelle du désir n'était pas seule à danser au fond de ses yeux, et l'éclat qui l'accompagnait, il ne le connaissait que trop bien. Une lueur vacillante et qui allait le rester encore un moment. Un tabou, un fruit défendu, un pêché inavoué et indélébile. C'était tout cela à la fois et bien plus encore, chaque pulsation qu'il ressentait dans sa chair ne faisant que le conforter dans cette perception.
Veux-tu dire qu'ils devraient ne plus faire qu'un ?
Sans plus tarder, son bassin alla à la rencontre du sien dans un grand frisson. Les doigts de l'éphèbe effleurèrent les sommets de cette poitrine que sa compagne avait mise en exergue en se redressant en dépit de cette position compromettante. Qu'importe à présent, on pouvait bien les surprendre, le mal était fait. Il n'avait rien à cacher, ne venaient-ils pas simplement de conclure un marché ? Sa main alla se poser sur ses hanches tandis qu'il se rétablissait à son tour pour partir à la conquête de sa bouche, dont la tendresse déjà lui manquait. Sa langue s'y attarda quelque peu avant qu'il ne rompe le contact dans l'un de ces sourires espiègles dont il avait le secret. Son souffle chaud se répandre dans son cou. Ses lèvres n'eurent ensuite plus leur place qu'à son oreille pour lui susurrer une réponse qui ne manquerait pas de la mettre dans l'embarras.
Dévore-moi. dit-il, coupant court à ses réflexions.
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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Mar 18 Déc - 15:53



L'Appel du sang °~




Tu peux te targuer d'avoir toujours raison, mais conscience fuyante, je t'ai délaissé depuis fort longtemps, comme mes vieilles chimères. Personne ne pourrait hanter mes songes, si ce n'était ces deux iris captivantes d'un bleu plus profond que l'océan. Je me plaisait à m'y perdre sans tabou puisque je m'étais octroyée ce droit. Celui de vivre. Mais vivre autrement : au dépends du bon vouloir d'un autre.
Je n'ai plus besoin de tes conseils, vieille amie ennuyeuse, ma conscience. Je t'abandonne, comme tu l'as fais autrefois avec moi. Me laissant souvent impuissante face à la fatalité du destin. Vie, n'est-ce que cela que tu puisses nous offrir ? Je comprenais peu à peu qu'en réalité, il nous fallait tricher, se leurrer, ou se complaire dans cette absurdité. Je faisais tout cela à la fois, et bien plus encore. Car je ne comprenais pas moi-même comment j'étais arrivée à de telles extrémités. Qu'importe, je puisais dans cette source, un bonheur inespéré en compagnie d'un être si semblable à moi. Un cœur solitaire. Cette pensée que j'avais tantôt prononcée me revenait constamment en mémoire, comme sa réponse d'ailleurs, qui n'avait pas tardé.

Sur le coup, je n'avais su quoi y répondre, restant muette à l'observer avec un mélange de stupéfaction et de tristesse. Lui avait connu la solitude la plus injuste qui soit, alors que moi ne faisait qu'y goûter depuis quelques mois. Certes, la mienne ne cessait de grandir depuis ce jour fatidique, mais lui, c'était autre chose. Devrais-je le plaindre seulement ? Je ne crois pas qu'il apprécierait si je lui faisais part de mon sentiment. Pour l'heure, je gardais cela pour moi, dans un coin reculé de mon esprit, là où ma conscience saurait l'accueillir et lui tenir compagnie.

Enlacés étroitement, sous le joug de la délicatesse de la peau, nous goûtions aux plaisirs de la chair sans retenues aucunes. De cela aussi, nous ne saurions nous en prémunir. C'était ainsi que cela devait se passer. C'était de cette manière que nous nous efforcerons de guérir.
Quel incroyable onguent ! Ses baisers étaient pareils à un baume tant ils soignaient mes blessures, effaçaient les carnages du temps. Les douleurs disparaissaient dans ce nouvel assaut langoureux. Ses lèvres possédaient une douceur sans pareille, plus divine que la caresse d'un pétale sur ma peau nue. Comment ne pas y succomber ? Mes dernières craintes, je les occultais sans vergogne pour venir entourer mes bras autour de ce corps parfait, juste illuminé d'un léger halo laiteux. Nos bouches se séparèrent à regret tandis que mon instinct me susurrait de ne pas la laisser s'échapper à si bon compte. Un sourire matois fendit mon visage et je répondis avant qu'il ne vienne se serrer plus contre moi, encore.

~ Ils sont déjà liés par serment, voyons comment ils cohabiteront.

L'espièglerie n'était pas une carte exclusive à lui seul. Je pouvais très bien en faire de même si l'envie me frappais. Mais, avant qu'aille plus loin le court de mes pensées, Celsius eut de nouvelles paroles finissant de me faire sourire. Le dévorer ? Rien que cela ! Je me reculais pour mieux le juger d'un œil malicieux.

~ Je ne pense pas que cela soit une bonne idée, mon petit Poisson ! Je ne suis pas encore devenue cannibale ! Et comme tu m'as interdit de goûter à ton sang...

Gloussais-je visiblement de bonne humeur. Se jouerait-il de moi ? Ou était-ce une invitation à peine voilé ? Tout sourire disparut de mon faciès d'ange. À la place, dansait dans mes prunelles vertes, une lueur nouvelle d'excitation. Une frénésie qu'il venait d'éveiller sans le vouloir. Ma faiblesse de cœur aidant, « elle » avait eut tôt fait d'en profiter , se glissant insidieusement sans qu'on l'ai invité.

~ Soit.

Dans un éclat de rire argentin, je le contraignis à s'étendre sans ménagement sur les draps de satin. Cette fois-ci, ce ne fut pas qu'avec la seule force de mes bras que j'étais parvenu à mes fins. Dans cette dangereuse danse, mon cosmos s'était manifesté pour l'immobiliser totalement. Des liens de sang palpitaient une fois enroulés autour de nos deux corps. Ils serpentaient sans nous causer de tord pourtant. En d'autres circonstances, s'il avait été un quelconque ennemi, ils l'auraient déchiqueté sans lui laisser aucunes chances d'échappatoires. Je me baissais vers lui pour souffler vers son visage, ma chaude haleine chargée d'alcool, non sans prendre soin de replacer l'une de mes mèches derrière mon oreille dans une attitude lascive.

~ À vouloir jouer trop avec le feu, tu sais que l'on peut se brûler Celsius...

Dans un bruit cristallin, mon armure répondit à mon appel silencieux en envoyant vers moi, un éclat d'or : mon index se recouvrit d'une protection pourvue d'une griffe à son extrémité. Un sourire carnassier étira mes lippes, dévoilant mes dents blanches.

~ Ne fais pas comme Icare...

Non sans hésitation, j'approchais ma main vers son torse. Mes yeux cherchèrent les siens l'espace d'un instant. Le jeu prenait une toute autre tournure, non ?
Et, sans heurt, la griffe mordit la peau en un minuscule petit point... mais déjà, une goutte vermeille naquit. Je pris une grande inspiration avant de plonger vers lui avec une lenteur calculée.

Comment résister à l'appel du sang ?




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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Jeu 20 Déc - 19:05

:: Pour Quelques Instants de Répit :.

Celsius sentit que quelque chose n'allait pas dès qu'il la vit faire appel à son armure, fut-ce pour un seul fragment. Rien de bon ne pouvait solliciter sa participation dans un cadre qui, s'il n'avait pas à cet instant volé en éclats, aurait pu être idyllique. Sa main se para de l'éclat de l'or, proche de celui de sa propre armure sans toutefois y être parfaitement identique. Le Saint des Poissons se raidit. Cela n'alla pas en s'améliorant quand il vit ce qu'elle s'apprêtait à faire, mais à peine eut-elle commencé à transpercer sa chair qu'il l'arrêta en plein mouvement. Il n'en était pas question et elle aurait pourtant dû le savoir. S'il devait la tuer, il le ferait, mais il refusait catégoriquement de jouer avec sa vie. Chacune d'elles était précieuse et la sienne plus encore : elle n'avait pas le droit de la gaspiller inutilement. Sa poigne s'enroula fermement autour de son poignet pour l'empêcher d'aller plus loin. Pour y mettre un terme avant que n'ait lieu ce qu'il pouvait arriver de pire. Il ne lui avait fallu qu'un instant pour replacer son masque inaltérable, et de ses yeux fusaient des éclairs réprobateurs.
Non. déclara-t-il posément, mais d'un ton qui ne tolérait point de contestation.
Son regard dardait sur elle une émotion indéchiffrable, subtil mélange de crainte et déception. Comment ne pouvait-il pas s'inquiéter à la vue de son propre sang ? Une seule goutte en avait jailli, mais une seule d'entre elles était bien suffisante pour faucher les vies. Sans doute pas la sienne, mais il ne saurait tolérer qu'il lui arrive le moindre mal. Auréolé de son cosmos doré, il eut la force de se soustraire à son emprise comme si elle ne pesait rien sans avoir à lui faire le moindre mal. Elle était bien assez susceptible de s'en faire sans son aide pour qu'il n'entre pas dans son jeu, elle venait de lui en apporter la preuve. La tension sensuelle qui avait durant ces dernières heures possédé la cabine s'était évanouie alors que les charmes cessaient d'agir pour laisser place à la peur. Une telle fin n'était pas tolérable, mais qu'y pouvait-il ? C'était Mary qui avait transgressé ses interdits. Une seule règle devait être respectée et elle l'avait enfreinte.

La promesse serait-elle en fin de compte une erreur ? Nimbée d'un halo coruscant, sa main alla se poser sur l'entaille pour en restaurer la chair avant qu'il ne soit trop tard. Celsius avait eu vent du fait que certains de ses prédécesseurs fuyaient tout contact physique pour éviter tout risque que leur soit faite la moindre éraflure. Peut-être devrait-il tout compte fait en faire de même. Il demeura impassible, même après que la plaie se soit refermée, et resta ainsi interdit, à la fixer dans l'espoir de trouver une explication au fond de son regard. Sans grand succès, à en croire l'ombre d'une larme qui se dessinait sur sa joue. Elle n'eut cependant pas de suite puisqu'il ne lui fallut qu'un instant pour la renverser à son tour sur le dos, décrétant la fin de sa domination – et s'il semblait à nouveau se prendre au jeu, ses traits n'en étaient pas moins inexpressifs.
Pas aujourd'hui. déclara-t-il de la même voix que précédemment.
Ce n'est qu'alors que ses traits parurent se détendre sans pour autant révéler le fond de ce qui le tourmentait. Sur son visage venait de se peindre un curieux mélange de compassion autant que d'animosité et de frayeur. Ses yeux quant à eux brillaient d'une indicible tristesse, causée par cet acte déraisonné qu'elle venait d'accomplir. Elle était allée trop loin et elle devait d'ores et déjà le comprendre. S'il ne lui assénait pas cette vérité si brutale soit-elle, passer un pacte n'aurait eu aucun sens. Si elle tenait à ce qu'il remplisse son contrat, il lui faudrait à elle aussi faire des concessions, à commencer par celle de se maîtriser dès lors qu'elle menaçait de faire la moindre égratignure à la surface de sa peau. Sans cela, la magie prendrait fin dès à présent et ce ne serait plus qu'un rêve, une amère illusion pour deux âmes désenchantées. Renoncer à elle alors qu'ils venaient à peine de tisser des liens lui serait insupportable, mais elle était seule juge.

Un instant, il hésita à se retirer, à rompre le lien qui unissait les coeurs et la chair. L'empathie voulut qu'il n'en fit rien mais il attendit plusieurs longues secondes avant de relâcher son bras, se redressant autant que la position le lui permettait pour la toiser d'un oeil accusateur. C'était sa faute s'ils en étaient là. Accepterait-elle de le reconnaître ou devrait-il à son grand désarroi mettre un terme prématuré à la valse des corps. L'envie n'y était de toute évidence plus, mais il était encore temps de sauver ces fragments d'émotions éparpillés au fond de son regard. Le Roi des Ronces ne demandait qu'à fermer les yeux sur ses agissements, mais il serait pour cela nécessaire qu'elle lui en donne les moyens. Sans l'ombre d'un regret, il ne pouvait l'accepter et devrait la délaisser séance tenante. Il n'admettrait pas l'idée qu'elle puisse en faire un outil qui attenterait à sa vie dès la première seconde d'inattention.
Ton heure n'est pas encore venue. Pas avant que j'en aie décidé.
Un long silence s'appesantit sur la scène alors qu'il ancrait son regard dans le sien de sorte que la pirate ne puisse le détourner, qu'il puisse voir ses yeux luire de l'éclat de la sincérité... Ou du mensonge. Qu'elle soit tributaire de lui quant au sort qui lui serait réservé représentait une pression douloureuse mais qu'il avait néanmoins accepté de porter. Et voilà qu'elle bafouait cette responsabilité qu'il avait accepté de prendre pour elle. Cela dépendait d'elle à présent, il n'irait pas plus loin sans être sûr qu'elle ne ferait plus pareille sottise à l'avenir. Comment pourrait-il seulement demeurer à ses côtés si elle s'en faisait un exutoire dès qu'il lui tournait le dos ? Il devait pouvoir prendre sa main sans craindre qu'elle y plante les ongles dans le seul espoir de se délivrer de son océan de souffrances.
Tu n'as pas le droit... murmure perdu dans la nuit.
Ce qui devait arriver arriverait s'il le fallait, mais ce n'était pas à elle d'en décider. Les termes du contrats étaient on ne peut plus clairs et se comporter de la sorte lui faisait trahir sa confiance. Il ne voulait pas se contenter d'être un objet, un simple poignard dirigé droit vers son coeur qu'elle pourrait y faire entrer quand bon lui semble. Sa condition de chevalier faisait de lui une arme mais il ne serait pas la sienne, pas sans qu'il y ait consenti au préalable. Une perle cristalline s'échappa de son regard pour éclater en silence sur le visage de Mary, amer, salée. Il vivait mal cette tentative, fut-elle dictée par l'ardent désir qui les avait consumé. Il ne voulait pas avoir à la quitter, mais si c'était nécessaire, il le ferait sans hésiter. Telle était sa résolution. La suite des événements était entre ses mains, et de sa réponse découlerait leur avenir commun... Ou qu'ils empruntent des chemins différents.
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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Sam 22 Déc - 23:47



Le temps, les portes, mes blessures °~



Les liens de sang disparurent sous mon commandement silencieux. Ils se retirèrent comme ils étaient venus, serpentant, nous effleurant avant de s'éteindre dans un éclat de cristal. Désillusions, désenchantés, je n'arrivais pas moi-même à comprendre mon geste. La déception qui en découla m'arracha définitivement à ma frénésie. J'eus un très net tremblement quand ses yeux emplis de colère se posèrent sur moi. J'y entrevoyais toute sa détresse, sa tristesse et pire que tout, que je l'avais profondément blessé. Perdre sa confiance reviendrait à le perdre d'une manière définitive, aussi cette pensée finit de me désarmer. Je me laissais manipuler sans ciller, comme un vulgaire pantin de bois, désarticulé.
Aucuns mots étaient assez fort pour traduire mon ressenti : c'était bien trop complexe pour être résumé. Tout comme ces reflets dans ses prunelles océans. Je voulais me cacher et le fuir, je me sentais pareille à une petite fille prise en faute. Ma bêtise n'était pas innocente comme elle pouvait l'être autrefois. Je venais de commettre un acte impardonnable pour moi : celui de faillir à ma Parole. Pour cela, je me maudissais intérieurement. Or je n'avais aucuns moyens de m'échapper pour l'heure. Trop happée par cette poigne et ces yeux qui me laissaient coi, muette de stupéfaction.

Mes mots, mes excuses mourraient avant même d'atteindre la barrière de mes lèvres entrouvertes. S'il restait un tant soi peu le goût des baisers de mon amant, il me parut bien amère maintenant que je le sentais plein de dépit. Je secouais doucement la tête à ses premières paroles, ne sachant quoi lui répondre tant ma gorge se resserrais. Tel un étau. Mais un murmure dans mon esprit me fit ouvrir des yeux ronds. J'avais tout simplement transposé. Je pris une grande goulée d'air comme si j'en manquais, que je venais de refaire surface. Ma main chercha sans qu'il paraisse s'en apercevoir, la sienne, or, elle était trop occupée à immobiliser mon poignet. Je me mordis la lèvre inférieure jusqu'au sang, y goûtant le goût ferreux. Mes frissons cessèrent d'eux même, comme abreuvés par ce geste. Ma respiration se fit plus calme et la douceur reprit sa place dans ma chair, comme dans mon esprit. Je lui lançais un coup d’œil implorant tandis que je rassemblais mes esprits.

Une larme, une unique larme glissa le long de sa joue, de la commissure de ses lèvres avant qu'elle ne finisse sa course sur le coin de mon œil. À cet instant, quelque chose se brisa en moi et les larmes vinrent subitement remplir mes yeux de jades. Mais je ne parvenais pas à détacher mon regard du sien. Je sentais que toutes paroles seraient vaines, aussi, d'une main tremblotante, je la portais à sa joue, là où cette larme était née quelques instants plus tôt. Fébrile, je lui offris une douce caresse, laissant mes doigts se perdre dans cette chevelure carmine où des reflets d'argents dansaient. Ses murmures, ses mots, tout était réduit à un déchirement.

Mon instinct guidé par l'ivresse du sang venait de me jouer son dernier tour. Comprendrait-il seulement le lien qui m'unissait avec ma mère spirituelle, fantôme de mon armure ? L'éveil de la Sirène Maléfique ? Non, je ne doutais pas qu'il puisse me comprendre car jusque là, il avait réussit d'une manière incroyable à lire en moi. Le livre que j'étais finissait de s'ouvrir pour lui. Je sentais que j'étais prête à lui délivrer le moindre de mes secrets. Seulement, je doutais de moi, comme il doutait aussi. Vaincue, j'eus tout de même la force de redresser mon buste pour l'envelopper de mes bras.

~ Ne me laisse pas seule.

Je l'étreignais comme jamais je l'avais fais encore. La peur de perdre encore quelqu'un sans doute, me dictait ma conduite. Mon désarroi allait en grandissant comme je le sentais prêt à rompre totalement notre lien. Ma fragilité apparente pourrait surprendre n'importe qui, même Celsius qui pourtant, m'avait vu dans un état proche de celui-là. Or c'était complètement différent. Je me raccrochais à la seule chose tangible de mon existence : le chevalier à la Rose. Je le comprenais à présent que j'étais sur le point de le voir partir. Le voulait-il seulement ? Ma tête reposa un moment au creux de son épaule avant que je ne parvienne à lui susurrer l'une de mes vérités. Issue de mon passé.

~ J'ai peur des hommes.

C'était tout ce que j'étais parvenue à lui dire. Comment lui expliquer en quelques mots la tragédie qui avait fait se fracasser notre cage dorée ? Le fait que ma mère avait été tuée par la seule faute des hommes et de leur appétit insatiable ? Comment lui raconter comment j'avais été animée d'une rage meurtrière et d'une soif de sang indescriptible en voyant ma sœur malmenée par l'un de ces porcs que j'avais moi-même égorgé ? S'il savait, il partirait. Il partirait parce qu'il comprendrait qu'il venait de pactiser avec une créature du diable. Ô Seigneur ! Le temps n'efface nullement les blessures, notre esprit ne fait que les dissimuler derrière des portes si menues, qu'un simple coup de vent suffisait à les éventrer.

~ Je ne veux pas que tu sois qu'un bourreau délivrant sa sentence.

Soufflais-je en posant mon front contre le sien pour qu'il puisse juger de la sincérité de mes propos. Je ne recommencerais plus voulais-je lui dire, mais encore une fois les mots paraissaient bien fades pour moi. Alors, avec une douceur sans pareille, je vins déposer mes lèvres contre les siennes pour échanger un baiser d'une tendresse jusque là insoupçonnée. Il y avait à travers ce dernier bien plus qu'une simple passion, il y avait tout ce que je désirais lui transmettre.

Il était un message, un don, un pardon et bien d'autres encore, que mon cœur dissimulait à ma conscience.





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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Sam 29 Déc - 0:24

:: Pour Quelques Instants de Répit :.

On voudrait revenir à la page où l'on aime
Et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts.
Celsius parut se détendre quand le flot vermeil s'évapora. Il avait beau user lui-même des liens écarlates, la vue du sang le révulsait toujours autant, surtout en telles quantités. Et même s'il savait se tenir, qu'on l'ôte de sa vue était à chaque fois un grand soulagement. Il ne s'y attarda pas cependant, il avait en tête des choses autrement plus importantes et ce à commencer par la femme au creux de ses bras. Elle n'avait osé dire mot de peur de l'énerver davantage, mais ignorait que sa colère avait déjà disparu. Il aurait pu, aurait dû lui en vouloir mais cela lui était impossible. Peut-être parce que si les rôles avaient été inversés, il aurait été tout aussi capable de faire cette erreur. N'avait-il pas déjà lui aussi songé à mettre fin à ses jours ? Oui, c'était en effet quelque chose qu'il pouvait comprendre à défaut de le cautionner. Mais il ne la laisserait pas s'en tirer si facilement. Il ne la laisserait pas mourir sans avoir appris à vivre. Tout occupée qu'elle était à se mordre la lèvre, elle ne remarqua même pas la culpabilité naissante dans son regard : celle d'avoir failli pour si peu lui tourner le dos.

Non, il n'avait nullement le droit de lui reprocher son geste et pour cause. Elle lui avait clairement fait part de sa volonté de quitter ce monde et sa présence à ses côtés lui en donnait les moyens, il n'y avait donc rien d'étonnant à ce qu'elle tente d'en profiter. Manière douce ou manière forte, qu'importe, mais l'en dissuader était son rôle à présent, et il avait failli à la tâche. Tout au plus avait-il pu l'en empêcher, mais son but était précisément de ne pas avoir à le faire. Qu'elle comprenne par elle-même combien un tel geste serait vide de sens et qu'il n'ait nul besoin d'ouvrir les lèvres pour qu'elle mette fin à cette folie. Ce n'était qu'un faux pas dans la magnifique valse qu'ils venaient d'entamer cette nuit-là. L'obstacle auquel ils s'étaient heurtés n'aurait pu être évité, et ils n'avaient dès lors aucune raison de s'en blâmer. Du moins, tant qu'ils en tiraient la leçon d'apprendre à le contourner. De la cime de ses doigts, le Roi des Ronces effleura la joue de sa tendre amante avant de passer le pouce sur ses lèvres de façon à les purifier.

Ce triste chapitre était déjà oublié, sa dernière page tournée. Preuve en était qu'il l'avait prise dans ses bras autant que l'inverse était également vrai, l'enlaçant fermement et ce avec autant de force qu'il pouvait se le permettre sans lui causer de tort. Le Chevalier des Fleurs souhaitait lui prouver qu'ils avaient un lien concret, que cette étreinte était réelle et n'était point prête de prendre fin. Sa chair et son sang, il les lui offrait bien volontiers ; mais si la première était déjà sienne, le second ne le serait qu'à son gré. Ses doigts coururent le long de son échine, de cette peau satinée qui lui faisait tant envie, délicieux écho à un nom qui ne l'était pas moins. Contact qui le fit probablement frémir autant qu'elle à sentir la légère moiteur qui s'était imprégnée en elle au fil de leurs ébats. Son corps se pressa contre le sien pour bénéficier de sa chaleur et lui confier la sienne, renouant avec l'ardeur avant qu'elle n'ait pu leur filer entre les doigts. Qu'un soupir d'aise franchisse ses lèvres et l'union reprendrait. Avait-elle seulement jamais cessé ?
Tu n'es pas seule.
Plus maintenant, du moins. Et elle ne le serait plus. Plus jamais. Avec une certaine délicatesse, il vint lover son corps contre le sien en une lente ondulation, caresse de la peau contre la peau – il ne voyait pas quel meilleur réconfort lui offrir. Les plaisirs de la chair étaient le seul remède qu'il ait trouvé à sa pesante solitude. Comprendre le coeur humain était chose délicate, et elle était déjà bien assez bouleversée pour qu'il s'y risque plus avant. Pas ce soir en tout cas, mais il veillerait à prendre soin de son coeur blessé jusqu'à ce qu'il puisse s'ouvrir au monde. Et à ce que le sien puisse battre à l'unisson, bien qu'il n'en ait pas encore conscience. Deux coeurs qui battent comme un seul. Cette pensée lui avait effleuré l'esprit et il lui en avait fait part, mais il ne l'avait effleurée qu'avec légèreté. Le moment n'était pas encore venu de nourrir des idées si élaborées – et si elle était dans son état normal, elle aurait tôt fait de se gausser.

Il griffa très légèrement la peau de son dos, vengeance mesquine mais sans grande incidence, destinée à la dérider. La morosité n'avait pas sa place dans ce nid d'amour, ce havre de paix ne durerait qu'une nuit. Cette fragilité ne lui ressemblait guère, et la voir dans cet état l'affligeait autant que cela pouvait l'attendrir. Il était le seul à la voir sous ce jour différent, fragile comme le verre mais douce comme la soie. Seulement, la voir découvrir ses blessures sous la lueur de la pleine lune ne lui donnait d'autre envie que celle de les guérir. De lécher ses plaies jusqu'à ce qu'il n'en reste plus trace. Dut-il pour ce faire goûter à son sang. La déclaration qu'elle lui fit ensuite le laissa perplexe mais il n'en dit mot, se contentant de prêter une oreille attentive à ce qu'elle avait à dire. Ces confidences le prenaient au dépourvu, en majeure partie parce qu'elles étaient faites sur l'oreiller. Si la moindre peur l'avait envahie alors qu'elle effleurait les cimes du plaisir, elle n'en avait rien montré.

Mais à bien y réfléchir, n'avait-il pas peur des femmes ? Des femmes en elles-même, non, mais de ce qu'elles pouvaient représenter. De l'amour et de l'attachement qu'il n'avait pu que rêver car tout cela lui était et lui resterait à tout jamais inaccessible. Leurs corps, il pouvait à loisir se les approprier, mais leurs âmes n'étaient pas à sa portée. Il s'interdisait d'y toucher et ce parce qu'il n'avait nul droit d'y prétendre. Une telle responsabilité, il ne pouvait l'assumer. Qu'elles se disent siennes et il était tenu de disparaître sans un bruit. Poison il était et poison il resterait. Il en serait ainsi pour toutes celles qui auraient le malheur de passer plus d'une poignée d'heures à ses côtés. Silencieux, il se contenta d'acquiescer – au moins pouvait-il la comprendre un tant soit peu, faute de réponse constructive à lui donner. Index comme majeur passèrent le long de sa nuque sans s'arrêter, répétant inlassablement ce même manège au cours des minutes qui suivirent. Combien, il n'aurait su le dire.
Les dieux nous envient parce que nous sommes mortels, parce que chacun de nos instants peut être le dernier et que tout est beaucoup plus beau car nous sommes condamnés.
Une réponse énigmatique mais qui seyait à la perfection à cette atmosphère ambiguë. Non, lui non plus ne voulait pas être qu'un bourreau. N'en avait-elle pas obtenu la preuve ? Ne l'avait-elle pas encore à l'instant même alors qu'elle pouvait éprouver toute l'ardeur de son désir pour elle à son gré ? Ses mains allèrent prendre place au niveau de ses hanches et les pressa avec fermeté, retournant dans les abysses de la débauche dont elle le croyait sorti par sa faute. Un soupir de bien-être échappa à ses lèvres tandis qu'un long frisson secouait chaque fibre de son être, une main posée sur son sein destinée tant à vérifier qu'il en soit de même pour elle qu'à sentir battre son coeur. Il échangea avec elle un long baiser passionné, qu'il ne rompit pas tout de suite même quand le souffle vint à manquer.

Parce qu'elle était sa liberté, un peu d'oxygène en ce monde où il ne pouvait plus respirer. Alors, ses lèvres allèrent errer dans son cou jusqu'à ce qu'un léger pincement l'informe qu'il entreprenait de lui faire un discret suçon, que camouflerait sans mal sa flamboyante chevelure. Un souvenir de lui autant qu'un moyen de la posséder un peu plus. Cela ne lui plairait peut-être pas, mais il avait décidé de jouer lui aussi cartes sur table. Une main taquine, aventurière, alla même jusqu'à descendre le long de ses courbes jusqu'à son fessier, la pression qu'il y exerça n'étant faite que pour l'inciter à se ressaisir. Sauvage comme elle pouvait l'être, elle ne verrait sans doute point d'inconvénient à reprendre ainsi du poil de la bête.
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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Dim 30 Déc - 21:00



Revivre °~



La crainte de le voir partir sans demander son reste s'évapora bien vite. Malgré mes yeux irrémédiablement clos, son odeur restait là, imprégnée dans ma chair. Il n'était plus fâché, Celsius même après lui avoir fait part de mes craintes, était restés à mes côtés. L'éventualité de le voir s'enfuir et de me voir impuissante et fragile me restait gravé dans mon esprit songeur. N'était-ce pas une connerie de ma part de lui avoir si facilement ouvert mon cœur? N'en profiterait-il pas plus tard, quand son désir se serait éteint? Qu'il se serait lassé de ma présence? Je savais que je n'étais pas femme facile à vivre. Facile non plus, quand bien même cette liaison s'ébruiterait. Je l'étoufferais dans l'œuf d'une manière brutale, sans détours. Je n'avais rien à craindre. Au pire? Qu'est-ce que cela pouvait bien leur foutre?
Ce monde d'hommes n'était pas celui des femmes et de leurs langues de vipères. Si avec elles les commérages allaient bon train, ici, ce serait à moi de faire preuve d'autorité ou de malice pour leur faire oublier. Mais qu'est-ce qui me prenait à la fin? M'en inquiéterais-je sans que je ne puisse me l'avouer? Je humais à plein poumon ce parfum de rose : il n'y avait pas plus douce drogue que celle-ci, je puis l'assurer. L'ivresse de l'alcool n'était pas aussi douce et rassurante que ses bras. Avec lui, je me laisserais volontiers guider. Cette évidence aurait dû me glacer d'effroi car aucuns hommes ne devaient avoir une quelconque emprise sur moi. Mais le passé m'avait forcé à changer quelque peu. Soit, un seul était jusque là parvenu à me dompter, et cet homme là était mort. Mort sans que je puisse rien y changer. Mort sans pouvoir lui tenir la main. Mort sans le voir sourire une dernière fois, ni-même entendre ses derniers mots qui avaient été pour moi. Je ne réitérerais pas cette faute. Mort.

Je ne faisais jamais deux fois la même erreur. Si tenté que je retombe dans le même schéma. Or, je savais que cela m'étais impossible pour l'heure. Il me faudrait beaucoup de temps et de patience pour qu'un autre puisse escompter prendre la place du père de mes enfants. Si le deuil était désormais révolu, cela ne voulait pas dire pour autant que mes blessures étaient parfaitement lisses. Je me plaisais pourtant à croire qu'un peu de douceur ne nuirait point à mes convictions. La peur était chose tangible, que l'on pouvait chasser ou noyer à notre guise. Les paroles de Celsius sonnaient avec justesse : je ne pouvais lui donner totalement raison, mais cet échos plein de vérité ne pouvait me faire affirmer le contraire. Les Dieux nous envient, mais nous envions tout autant les Dieux, preuve en est que nous ne cessions, depuis la nuit des temps, à vouloir obtenir leur statut d'Immortels.
Personnellement, j'en avais cure, mes penchants étaient bien différents de ces fous en devenir. Car oui, rêver de telles absurdités ! N'étaient-ce pas un signe de dégénérescence? L'homme était curieux de tout, mais de là à outrepasser ses droits et s'essayer à détisser la Trame... Même les divinités elles-même ne pourraient jamais aller à l'encontre de la volonté des Moires.

Dieu ce que je pouvais me railler d'elles en cet instant! Car j'avais trouvé mon échappatoire, et ce serait à lui seul de décider de ma sentence, même s'il ne serait jamais mon Bourreau, cela, je me le promettais! De plus, ce jeune homme n'était pas enclin à de telles bassesses. En tant que Chevalier d'Or, il avait une droiture et une ligne de conduite à tenir. Il devait protéger l'Humanité et au besoin, la délivrer de ses maux. Je ne voulais avoir qu'une emprise sur ma Mort, était-ce si... présomptueux? Je songeais à mes propres pensées et je me trouvais bien aussi puérile que ceux que je blâmais pour leur faiblesse d'esprit. Mais c'était rassurant. La douceur de cette étreinte valait toutes les morts du monde. Que le diable m'emporte sur le champ, au moins, j'aurais vécut. Il y avait bien des choses que je n'avais pu accomplir ! Soit, c'était des paramètres qui entraient en compte dans ma survie. Ma volonté de guérir. Mais la prise la plus stable demeurait le Roi des Ronces, qui, perché au dessus de moi, m'offrait bien plus qu'un simple réconfort. Parfois les mots ne suffisaient plus, et il était mieux placé que quiconque pour le savoir. Je lui en saurais gréer. Un jour peut-être aurais-je l'occasion de l'en remercier comme il se doit. Je comprenais en souriant, qu'à jamais je lui serais redevable.

Je contractais envers lui, une dette éternelle.

Sous ses mains, mon corps répondait à son aise, ma bouche par intermittence, leur répondait dans un souffle lascif. Je jouissais du plaisir de la chair sans en rougir, mais déjà, je savais que le manque se ferait ressentir. Peut-être était-ce cela ma plus grande crainte en fin de compte. Plongée dans mes songes, appréciant le rythme envoûtant de nos deux corps qui louvoyaient, moi, j'en profitais pleinement comme s'il s'agissait de ma dernière nuit. L'heure de l'affrontement approchait, dans le lointain, je pourrais presque en entendre les échos, qu'importe ! Je préférais mille fois subir ce genres d'assauts plutôt que distribuer des pains. Quoique, ce n'était pas si désagréable et ce serait mentir d'affirmer l'inverse. J'aimais combattre, mon âme était guerrière et le demeurerais toujours ! Foi de pirate !
Un gémissement passa outre la barrière de mes lèvres, faisant comprendre à mon amant que ses manières ne me déplaisaient guère, prendre de telles libertés n'étaient pas pour me déplaire! Bien qu'en d'autres circonstances, cela pourrait bien me froisser dans mon estime de femme conquérante. Je reçu son baiser avec une folle passion qui devait éveiller cette flamme sauvage chez lui : pour preuve ! Il en vint même à pousser la dérision en griffant légèrement mon dos! Si ce n'était pas de la provocation !

Portant ma main à mon cou, je lui décochais un regard terriblement provocant.

~ Ô vraiment? Tu désires jouer de la sorte mon petit Poisson? Soit, jouons !

Dans un petit cri bestial j'enserrais mes jambes un peu plus fortement autour de sa peau pour mieux basculer sur lui. Mes cheveux dans ce mouvement, s'envolèrent de concert avant de cascader autour de nous, se déversant telle la corolle d'une fleur totalement ouverte. Quelques mèches allèrent jusqu'à caresser la peau parfaitement blanche de mon amant, lui arrachant probablement dans la foulée, quelques frissons d'extase. Cette danse s'accentua davantage et cette main posée en travers de mon sein l'informerait de l'émoi de mon cœur. Il ne cèderait pas sous ce tumulte divin et ô combien interdis. Cette liaison dangereuse l'était-elle seulement? Je ne sais pas, je ne sais plus.
Autant envoyer tout valser.

~ Si aucunes femmes aient pu t'atteindre et te blesser, alors tu peux t'estimer heureux. Mais tout de même, il te manque quelque chose.

Tout homme avait besoin d'amour à ses côtés, d'une oreille attentive, d'un baume curatif. Serais-je à la hauteur de ses attentes, si toutefois il en avait? Certes, nous avions pactisé, mais cela faisait-il de moi autre chose qu'une... qu'une quoi? Soupirante? Non... compagnie agréable? Amante dans le sens charnelle? Une... amie? Il n'y avait pas mot pour nous qualifier et c'était là tout le problème. Je ne saurais y remédier de toute façon, et l'avenir finirait bien par nous l'apprendre un jour.

~ Ne crois jamais que je pourrais juste profiter de toi à ma guise, ce ne serait pas honnête, même si je suis une pirate, j'ai quand même un honneur. Une ligne de conduite à adopter. Certes, elle est radicalement opposée à la tienne mais... pas dénuée de sens du devoir.

Qu'est-ce qui me prenait de parler si ouvertement? En tout cas j'appréciais bien et paraissais me détendre de minute en minute. Une douce chaleur naissait dans le creux de mon ventre, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas ressentie pareil sentiment. Alors à mon tour je plongeais vers son oreille pour y mordiller le lobe, descendre doucement le long de son cou pour y promener ma langue. Sa peau avait un goût irrésistible. Je lui réservais le même châtiment en mordant subtilement cette chair blanche et délicate. Je relevais brusquement la tête en arrière pour éclater d'un rire argentin. Position provocante.

Je me retins de me railler de lui, sans doute aussi par les diverses sensations qui me rattrapaient bon gré mal gré. J'atteignais l'extase en inspirant profondément une profonde goulée d'air, comme si j'en manquais. Mon corps tressaillit et je chassais d'un main, ma chevelure qui me gênais. Qu'importe la moiteur des draps, le souffle qui venait à me manquer, les frissons se faisant galopant.

Je me sentais revivre.





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Celsius


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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Mer 9 Jan - 1:56

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À quoi sert à un coeur de battre
si ce n'est pour être aimé ?
Non, il ne partirait pas. Il ne le pouvait pas, ne le pouvait plus. Pour la première fois, il avait le sentiment d'avoir trouvé un sens à son existence. Elle était bien sûr dévouée à Athéna, comme son chevalier, son épée-lige mais il était toujours empli de doute quant à sa qualité en tant que tel. Le chevalier des fleurs ne pouvait que s'estimer heureux d'avoir enfin trouvé une raison de vivre. Il était encore trop tôt pour la qualifier comme tel mais les émotions fortes qu'elle venait de lui faire ressentir tendaient à le lui faire penser. L'un et l'autre, ils ne faisaient qu'apprendre à vivre, pas après pas. Le chemin était escarpé, mais ils pouvaient bien trébucher, cela n'avait que peu d'importance tant qu'ils étaient là pour se relever. Et ainsi, la route continue. Ses yeux se perdirent dans les siens tandis que lui échappait un dernier soupir. Il n'était pas mécontent que ce malentendu se dissipe. Ce n'était pas encore fini, ça ne le devait pas. Ce n'était là qu'un commencement. En outre, cette anicroche n'était probablement que la première d'une longue lignée.

Avec ses peurs, ses faiblesses et ses complexes, Celsius faisait un bien piètre Chevalier d'Or. Quant à elle, Mary n'était pas toujours des plus tendres, d'autant plus avec les hommes à l'entendre. Mais n'était-ce pas cette maladresse qui faisait toute la beauté de leur relation ? En cas de mariage, la formule adaptée était « pour le meilleur et pour le pire ». Un engagement qu'il lui fallait prendre dès à présent, mais il y était préparé. Il avait ses propres défauts, et si elle était prêt à les accepter, il pouvait en faire autant. Cette mise au point s'imposait pour leur bien à tous les deux, mais à l'avenir, il ne serait sans doute question que d'éraflures. N'était- ce pas en s'égratignant mutuellement qu'ils se prouveraient leur amour ? Car nul doute que si aucun d'eux n'était prêt à le confesser ce qui n'était au début qu'un jeu était susceptible d'aller bien au-delà.

Cependant, il ne voulait pas y penser pour le moment : ce n'était que la première nuit, qu'un coup de folie. Du moins serait-ce le cas jusqu'à ce qu'ils en aient terminé, et force était de constater que leur passion ardente n'était pas prête de prendre fin. Étouffer les braises du désir n'était guère d'actualité, loin s'en faut : ils en profiteraient jusqu'au point du jour si la force leur en était donnée. Leurs allégeances respectives n'étaient plus qu'un lointain souvenir, et il leur aurait été impossible à cet instant de se souvenir de la texture de leurs armures. Non, ils n'étaient plus qu'un homme et une femme, deux êtres humains s'aimant de tout leur saoul à la faveur de la lune. Peut-être ne serait-elle plus là demain, aussi devaient-ils en profiter tant qu'il en était encore temps. Ou peut-être serait-elle là pour toujours... À cette pensée, Celsius s'empourpra, si bien qu'il remercia intérieurement la pénombre de masquer ses traits dans son voile obscur.
Je n'attends que ça. répondit-il, tout aussi provocant.
Et il ne fut pas déçu, bien au contraire. La manière qu'elle eut de retourner la situation – et lui par la même occasion – lui laissa le souffle coupé. Il ne lui en adressa pas moins un malicieux sourire qu'elle prendrait sans nul doute pour une invitation. Une incitation à continuer et à aller plus loin si elle l'osait. Et elle le ferait, il ne se faisait aucune inquiétude à ce sujet. Ses mains se portèrent naturellement à ses hanches avant de s'aventurer jusqu'à son fessier, plus ferme qu'il ne l'aurait cru – mais cela n'avait rien d'étonnant compte tenu de sa musculature joliment dessinée, chose plutôt étonnante pour une femme. Sa jolie sirène avait su se doter d'un corps athlétique sans trop en faire, il s'en était bien vite rendu compte. Et, Mary devait déjà le sentir, ce n'était pas pour lui déplaire. Un soupir de bien-être lui échappa dès lors que ce mouvement touchait à sa fin, preuve incontestable que ce soudain revirement avait eu l'effet escompté. En parallèle, il déposa les lèvres sur sa poitrine, d'autant plus provocatrice qu'elle était désormais sous ses yeux et semblait réclamer son attention.
Et que me manque-t-il d'après toi ?
Si aucune n'y était arrivée jusque là, elle serait sans doute la première. Du reste, sa question était sincère. Le Roi des Ronces n'avait jamais été assez loin dans ses introspections que pour se poser de telles questions. Peut-être redoutait-il quelque part d'en trouver les réponses. Mais l'heure avait sonné de franchir le pas. Ne fut-ce que pour pouvoir avancer, avec ou sans elle, et ainsi enfin être digne de son rang. L'armure des Poissons n'avait, semble-t-il, jamais envisagé de le rejeter. Néanmoins, il continuait à se demander s'il était bien à la hauteur des espérances de son défunt maître, mais aussi de celles d'Athéna. Il n'avait pu lui venir en aide malgré toute sa bonne volonté et n'avait eu de cesse de le déplorer, tout en souhaitant que Poséidon prenne soin d'elle avec autant d'attention qu'il aurait aimé le faire. Mais, et il s'en repentirait, la seule femme qui occupait son esprit à cet instant se trouvait en face de lui juchée sur son bas-ventre avec l'arrogance d'une conquérante. Et il s'en réjouissait, ce serait mentir que d'oser en dire le contraire. Il était maudit. Il était Gold Saint. Mais il était homme avant tout. Humain jusqu'à la racine.
Je n'en ai jamais douté. Mais tu ne me dois rien. Fais de moi ce que tu veux tant que tu es sûre de le vouloir. Mais avant de parler de ça, je crois que nous avons quelque chose à finir...
Sa langue remonta le long de sa gorge avant d'aller caresser la sienne. Les blessures qu'elle pouvait lui causer, il les acceptait sans l'ombre d'une hésitation. Elle avait fait plus pour lui en ces heures sombres que n'importe qui d'autre. Elle lui avait tendu la main alors qu'il était sur le point de tomber dans les ténèbres, lui avait rendu la lumière quand il ne voyait plus que des ombres. Il lui devait la vie, et c'était grâce à cela qu'il prendrait la sienne. Curieuse fatalité, mais n'était-ce pas lui qui avait passé ce marché ? C'était toujours préférable à la voir se détruire sans qu'il ne puisse rien y faire. Une fois le moment venu, la douleur n'en serait que plus grande, il le savait pertinemment. Mais qu'y pouvait-il, sinon tenter de se faire à l'idée jusqu'à ce que survienne ce jour fatidique ? Cela accorderait à sa bienfaitrice un sursis qui peut-être la ferait changer d'avis, il n'en désespérait pas. Il avait juré de lui faire ce cadeau et tiendrait parole, même si c'était la mort dans l'âme, mais n'aurait de cesse de faire en sorte de n'avoir pas à en arriver là.

Il était sa vie, il était sa mort. Il avait charge d'âme. En dépit de la pression que cela aurait été susceptible de causer, il se sentait empreint d'un profond bien-être que rien n'aurait pu altérer à cet instant. Absorbé par sa contemplation, il ne voyait plus qu'elle, la splendeur de ses traits et la magnificence de sa chevelure. Alors qu'ils étaient piégés dans les abysses, son regard lui semblait profond comme les abysses, et il s'y noyait bien volontiers. Avoir vue sur ses courbes ne faisait que raviver le feu au fond de son coeur et au creux de ses entrailles dès qu'il vacillait et menaçait de s'éteindre pour mieux lui rendre son éclat d'origine. Chaque effleurement était un délicieux supplice tant il était sensible à ses caresses. En contrepartie, elle qui avait passé sa vie à se battre semblait enfin trouver le repos entre ses bras – ou du moins serait-ce le cas une fois l'agitation retombée. Ce à quoi il n'allait pas aider, puisqu'il eut tôt fait de ruer pour la faire descendre de son piédestal. Qu'elle tombe donc de son trône d'ivresse et de luxure, car il était là pour l'accueillir.
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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Jeu 31 Jan - 21:07



Le Phare °~





Chose étrange, une pointe de soulagement finit par m'envahir quand il affirma de ne pas vouloir partir et me laisser. Pourtant, le chevalier aurait pu, peut-être aurait-il dû d'ailleurs tant qu'il le pouvait encore ? Cependant Celsius, tout comme moi, n'envisageait pas de mettre un terme à cette relation, si c'était là le mot à employer. Moi-même, je ne savais pas trop comment qualifier la chose. Plus qu'une simple liaison charnel, je sentais au plus profond de moi, qu'autre chose était en train de naître, de s'épanouir comme une fleur. Cette sensation m'offrait un bien-être certain, à l'instar d'une main enjôleuse caressant une peau à nue. Ô, à moins que ce ne soit la sienne, qui, aventureuse, s'amusait à dessiner les courbes de mon corps ? Cette pensée me fit sourire de malice tandis que je l'observais d'un nouveau regard pétillant.
Nullement inquiétée désormais de ce qui venait de se produire entre nous, j'en concluais que c'était là un obstacle parmi tant d'autres, et que nous venions de franchir. Un cap ? Sans doute. Je pressentais qu'à un moment où un autre, cet incident se serait produit. De toute façon, vu l'état dans lequel je me trouvais actuellement – à demi alcoolisée – c'était couru d'avance. Or, mettre uniquement cela sur le compte de la boisson serait mentir grossièrement. Quand l'éclat vermeil de son sang avait percuté mon œil, je me savais parfaitement lucide : d'une lucidité mortuaire. Des pensées macabres avaient dansé dans mon esprit embrumé et sans la prompte intervention du Chevalier à la Rose, je ne serais probablement plus de ce monde.

Ce ne fut pas une autre de ses caresses qui m'arracha un frisson, mais mon propre comportement. Ce que j'avais pu être stupide. Une pirate, une Red de surcroît n'avait qu'une parole ! Manquer à l'un de mes seuls préceptes m’avait valut de le voir triste. Mais pas d'une simple tristesse : une infinie déception s'était peinte sur son visage d'albâtre, son si beau visage que d'ordinaire, rien ne venait troubler. J'avais observé cela durant les quelques heures où je m'étais tenue à ses côtés. Il était un solitaire, un homme froid, mais pas de cette froideur méchante, méprisante, non, elle était forcée. Il mettait de la distance entre lui et le genre humain, chose que je faisais aussi à ma manière à bien y regarder. À user de mon autorité et de vouloir me montrer implacable, je voulais aussi montrer que j'étais quelqu'un de pas très accessible, si ce n'était pendant les situations d'urgence. Mon ancien équipage l'avait fort bien comprit, et avait même apprit – parfois à leurs dépends – que j'étais pareille que l'océan. En faite, la réalité était toute autre, et Celsius, en cette heure, me voyait telle que j'étais vraiment. Satine, et simplement Satine.

Une femme et rien d'autre, une poupée fragilisée par les heurts d'un destin trop agressif. Ah, bien sûr que j'étais ballottée comme les autres sur le bastingages, le pont du navire qu'est notre vie ! Là où d'autres voit celle-ci comme une trame où les Moires tissaient notre canevas, moi, je la voyais plus comme une Odyssée, la cavalcade d'un beau trois-mâts traversant une immense étendue sinueuse. Parfois, des rochers se dressaient pour tenter de nous mettre à mal, des vagues se soulevaient pour nous retourner, nous, pauvres hommes que nous sommes, et d'autres fois, un phare nous illuminait de sa lumière. Et l'homme que je tenais entre mes bras en était un. Une douce étoile me montrant que cette vie, ma vie, valait la peine d'être vécue. Pourvu que j'ouvre les yeux.

« - Il te manque la chaleur, quelqu'un qui parviendra à te faire sourire. »

D'un geste doux, alors qu'il venait cueillir mes lèvres, je replaçais l'une de ses mèches vermeilles derrière son oreille. Quand le souffle vint à nous manquer et que nos bouches se séparèrent, je m'offris le privilège de le contempler de tout mon soul : qu'il était beau, ce jeune éphèbe au corps parfaitement sculpté qu'on aurait dit que Michel-Ange lui-même l'avait fait ! D'un index malicieux que je laissais glisser sur son torse musclé, je l'observais du coin de l’œil pour mieux juger de sa réaction. Le voir sourire serait pour moi, je dois l'avouer, un très beau cadeau. Je me doutais que pour lui, ce n'était pas une habitude, mais peut-être parviendrais-je à changer cela ? Malédiction ou non, nous avions le droit de vivre tout autant qu'un autre.

« - Chose que nous devrions réitérer si tu veux mon avis ! » fis-je dans un clin d’œil tout aussi aguicheur.

Maîtresse de mes mouvements, et du sort que je pouvais bien lui réserver, j'usais de tout mes charmes et vieux enseignements du passé pour finir de le mettre à l'aise si j'ose dire ! Le voir se détendre – quoique, cela dépendait du point de vu, hm!- me ragaillardissais, me faisait aller plus avant dans la volupté. Si la débauche était pointée du doigt, je me foutais bien des conséquences qu'elle pourrait apportée puisque avec lui, les choses étaient parfaitement limpides. Claires. Enfin, autant que faire ce peut ! Déjà, nous avions à respecter une sorte de contrat, dont je ne me risquerais plus d'enfreindre : maintenant, s'étaient à nous d'écrire cette histoire, de la mener où nous le souhaitions ! À deux, bien sûr. La confiance serait de mise, si cela devait perdurer. Je comptais d'ailleurs bien que cela se répète, encore et encore. C'était sans doute malavisé de ma part, et précipité, mais mon petit doigt me disait que ça ne se finirait pas ainsi, nos jeux évolueraient, les règles aussi. Si l'enjeu restait le même. Car la finalité n'était-elle pas le fondement de cette liaison ? La retirer reviendrait au même que d'ébranler la base d'une pyramide.

« - Tu sais, tu n'as pas répondu à ma question tout à l'heure... » Dis-je, langoureuse en me penchant vers son oreille, ne manquant pas de la croquer doucement. Gourmande.

Par jeu, encore, je soufflais dans celle-ci afin de tenter de lui arracher un petit tremblement. Nos sens s'éveillaient d'une manière suaves et délicieuses. Il fallait apprécier l'instant présent : cette idée cartésienne me plaisait grandement maintenant que j'y avait trouvé un sens.

Le tout, à présent était de trouver un sens au reste de ma vie.

Et de la sienne.

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Celsius


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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Sam 23 Fév - 2:38

:: Pour Quelques Instants de Répit :.

Serre-moi encore, serre-moi
Jusqu'à étouffer de toi...
Il avait erré sans fin dans cet océan de souffrances. Une mer d'ombres, une mer de fantômes qui s'étend à perte de vue sans jamais connaître de limite autres que celle d'une fragile utopie qu'aura tôt fait de briser le poids de la réalité. Il ignorait s'il pourrait un jour toucher terre, s'il pourrait un jour connaître le bonheur. Cette nuit passée en si bonne compagnie lui accordait un début de réponse après des années à les chercher sans résultat. S'il devait l'abandonner pour si peu, ce serait comme tourner le dos à ce qui serait peut-être sa seule chance d'entrevoir un jour la lumière. Aussi lui pardonnait-il ses travers pour peu qu'elle s'en repente. Or, son regard ne saurait mentir. C'était une erreur à ne pas refaire et il le lui avait bien fait comprendre, mais ne pouvait point lui en vouloir : lui-même n'était pas à l'abri d'une telle maladresse. Qu'elle ait pu ainsi se laisser fasciner par l'ivresse était même plutôt flatteur, mais il ne pouvait qu'espérer que cela n'en fasse pas une habitude – compte tenu de leur dangerosité, il ne pouvait toujours pardonner de pareils écarts.

Par bonheur, plus de peur que de mal en cette occasion, et c'était bien tout ce qui comptait : qu'elle soit saine et sauve comptait plus que tout ce qu'il pouvait bien en penser. Son mécontentement aurait de toute façon été de courte durée, mais il n'irait pas pour autant lui reprocher avec quelle ardeur elle se mit à le dissiper. Ce n'en était pas encore fini de cette douce folie, et Mary semblait bien décidée à l'emmener jusqu'au bout de la nuit. Pour sa part il s'en ferait le roi si tel était son bon plaisir, et n'aurait de répit que celui qu'elle voudrait bien lui accorder. Ils n'en avaient pas fini de se consumer, et tant pis si leurs ailes devaient s'y brûler. Il n'y a pas de plaisir là où la gêne subsiste, aussi n'en restait-il plus aucune trace alors que cette étreinte se prolongeait au travers des mots échangés. La flamme n'était pas encore éteinte, et c'est de leurs souffles entremêlés qu'ils continueraient de l'attiser. Ainsi soit-il, et ainsi la magie pouvait continuer.

Il n'était que trop rare que son visage trahisse la moindre émotion. Que celle-ci n'ait été guère plus qu'une amère déception n'était point pour le satisfaire : il eut préféré lui montrer son plus beau sourire, exempt de tout mystère. Hélas, il n'était guère aisé de lui dévoiler ce que recelait son âme ; si son masque n'était pas dénué d'imperfections, preuve en était faite, le fissurer ne pouvait si simplement se faire. Cela viendrait, à n'en point douter – à condition bien sûr qu'elle puisse patienter, bien que cela ne semblât point compter parmi ses qualités. Des efforts, il était disposé à en faire, quand bien même il ne pouvait oublier la malédiction qu'il porterait tant que durerait son passage sur cette terre. Aussi ne pouvait-il que redoubler d'attention jusqu'à n'en plus finir de lui complaire, à défaut de pouvoir lui montrer son vrai visage aussi librement qu'il l'eut fallu pour le satisfaire. Ses lèvres vinrent pourtant à s'étirer en gage d'amusement, quand de ses mots elle le fit se sentir vivant.
J'ai tout ce qu'il faut maintenant.
Plutôt que de lui laisser contempler la vacuité de ses traits, il voulut faire en sorte d'éveiller ses désirs les plus secrets. À cette fin, il fit du clair de lune son écrin, de telle manière qu'en aucun cas ne puisse lui échapper de son corps la subtile volupté. Celsius n'ignorait pas la beauté sans pareille qui était la sienne et prenait pour la première fois plaisir à la faire miroiter – à émettre le souhait que jamais elle ne cesse d'en profiter. Ses mains sur son corps lui faisait l'effet d'un délicat papier de verre, comme si l'extase sur lui refermait ses serres. Sa peau brûlante n'était pour lui que plus tentante. La rougeur de sa chevelure envahit son champ de vision jusqu'à ne plus laisser au fond de son être que luxure en fusion. Rouge, couleur de la passion : ainsi avait de tous temps été nommée cette charmante prison. Sur sa peau dansaient la lune et son éclat d'argent ; avait-elle jamais connu corps si captivant ?
Avec plaisir. finit-il par lui souffler dans le creux de l'oreille, si doucement qu'elle aurait pu croire l'avoir rêvé. Mais le songe ne faisait que commencer.
Cette belle assurance ne tarda cependant pas à voler en éclats quand de tout son saoul elle lui apprit qu'il n'était pas le seul dans ce cas. La beauté de Satine était celle d'une fleur sauvage – au fond de son cœur, elle n'en finissait plus de faire des ravages.

Le frisson reprit de plus belle quand de son corps elle lui murmura être bien réelle. S'il s'était cru doué en la matière, c'était avant qu'au creux de ces draps elle lui démontre le contraire. Bien meilleure que lui, elle l'était à n'en point douter, mais il n'en avait pas non plus fini de l'étonner. Ce qui ne l'empêcha pas de nourrir sa fierté : un gémissement finit par s'évader. Le Roi des Ronces ne lui donna cependant point de suite, préférant savourer ce langoureux rite. Son souffle fébrile était sans conteste sa plus belle récompense, la réponse à toutes ces errances. Ce cœur battant au gré du sien était d’Éden le jardin. Son corps s'était ébranlé au contact de ses dents, mais il se refusait à céder si elle ne le faisait point en même temps. Si bien que ses mains reprirent sans délai leur course à l'unisson, la lune projetant sur eux ses derniers rayons.

Son échine subit l'assaut des caresses que lui destinait son prince charmant, lequel les voulait aussi légères que le souffle du vent. À son oreille il alla chuchoter son prénom, celui qu'elle avait avoué à son intention. Qu'elle le domine si cela pouvait lui faire plaisir, le summum de ces égarements n'en serait qu'un meilleur élixir. Au fond de sa poitrine, son cœur battait au rythme du temps ; puisse celui-ci s'arrêter et les oublier encore longtemps. Toutes les bonnes choses ont une fin cependant, quand bien même il voulait entendre d'elle un dernier chant. Celui de sa délivrance, qui proclamerait à ses oreilles sa saveur intense. Aussi s'arrogea-t-il le droit d'enfin poser les mains sur ses cuisses pour la soutenir dans l'effort et lui faire cadeau de ce qui serait son ultime délice. Son pouce courut sur ses lèvres ; proche était la fin de toute cette fièvre. Au dernier moment, il lui confia cet étrange compliment :
Il n'y a que toi.
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MessageSujet: Re: [1754]~° Pour quelques instants de répit    Lun 1 Avr - 15:49



Le Rouge °~




La nuit filait, comme le sable entre nos doigts. Nous n'avions pas plus d'emprise sur nos destins, que sur notre passion grandissante. Elle était une fleur fragile et délicate malmenée par le vent, mais souvent caressée par la main du soleil. C'était ainsi que je nous voyais à présent. Solides et fragiles à la fois. Le commencement de toute chose était semblable à ce paradoxe. Car ce qui naît était toujours faible, proie aux plus forts, tout comme d'une puissance inégalée pour ceux qui le contemple et le vit. La comparaison pourrait paraître douteuse, mais je voyais dans cette union, la promesse d'un renouveau, d'une naissance. Je repensais aux dures heures précédents l'accouchement de mon enfant, ce petit être, qui une fois libéré de mon ventre, vulnérable l'espace de quelques instants, se retrouvait ensuite en sûreté au creux de mes bras. Je ressentais cette drôle de comparaison dans ceux de Celsius. À la fois protégée et en danger. Cette pensée accaparait mon esprit, comme la douce chaleur se propageant dans tout mon corps. Chaque nouvelle caresse était à l'instar d'un glaive levé vers la muraille, entaillant cette dernière jusqu'à en détruire les fondations : je cédais peu à peu à l'ivresse de la luxure sans pour autant faiblir tout à fait. Une apothéose en quelque sorte, alors que ses mots me parvenaient parfois pour me rassurer. En avais-je seulement besoin ? L'ultime instant menaçait d'arriver et nous en profitions tout deux. Qui sait ? Peut-être que ce serait là notre unique nuit ? Les Dieux décideront de notre sort sur le champ de bataille. En tendant l'oreille, il me semblait presque entendre le bruit du tocsin.

Je me figeais d'extase, rejetant la tête en arrière. Un soupir s'échappa de ma bouche, puis, avec douceur je me penchais vers le Chevalier à la Rose pour contempler son visage. Mes yeux turquoises ne cherchaient rien en particulier, sauf peut-être cet éclat que j'avais vu briller une fois. Je me demandais si c'était de la reconnaissance qui gravitait dans ses prunelles. En tout cas je pouvais clairement identifier du bonheur. Un intense bonheur, au delà de toutes les limites. J'espérais que cette flamme au fond de ses yeux, ne mourrais jamais.

« Merci» me contentais-je de dire, car ma gorge se serrait sans que j'en explique les raisons.

L'une de mes mains alla frôler délicatement, le beau visage des Poissons avant que notre danse ne reprenne de plus belle, alimenté par des feux bien plus brûlants que l'élément volé par Prométhée pour les hommes. Feu que ma chevelure et la sienne de surcroît, représentaient à merveille. Deux oriflammes qui ne tarderaient pas de se mêler ici, ainsi que sur le champ de bataille. Cela, je le ressentais. J'aurais aimé prolonger ce moment indéfiniment, pourvu qu'on nous l'accorde seulement. Un doute s'insinua dans mon esprit, bien vite balayé quand Celsius se rappela à mon bon souvenir. Et d'une telle manière que j'en fermais les yeux d'aise. Je sentais ses mains courir sur moi avec volupté, envie que je partageais de tout mon être, toute mon âme. Les draps se froissèrent davantage aux ultimes assauts, l'éclat de la lune plus vif encore sur nos peaux. Le rouge s'imposa à moi comme je m'y attendais, et je me laissais happer par cette couleur qui toujours, m'avait habité.

Je glissais...

~° Intermède.


« Maman ? »

Cette petite voix, je la reconnaîtrais entre mille autres. Soulevant une paupière, je vis la silhouette de mon fils penché sur moi, le regard inquiet. J'entendis au dehors, le grondement furieux d'un orage. Aussitôt, j'ouvris les bras pour cueillir ce petit être pas plus haut que trois pommes. L'enfant alla se blottir comme le ferait un petit animal apeuré. Je cherchais des yeux, la présence de sa grande sœur, sans la trouver. Il semblerait que la petite soit plus courageuse ! Ou peut-être trop effrayée pour venir trouver refuge ici. Cette conclusion m'attrista, mais je la comprenait aussi. Cette enfant, nous l'avions recueillit moi et Astre il n'y a même pas trois semaines, tout au plus. Depuis lors, c'était comme si les Dieux s'étaient déchaînés au dessus de nos têtes. Simple coïncidence ? Oh, me voilà bien superstitieuse tout à coup ! Je crois plutôt que ce temps de merde est normal ici en cette saison. Ce que je ne savais pas, c'était que le pire était encore à venir. Distraitement, je caressais la chevelure de mon garçon qui s'était très vite rendormit contre mon sein. Je l'observais avec amour et tendresse tandis qu'un bruit de pas m'interpella. Souriante, car je m'attendais à voir Astre apparaître sur le seuil, je lançais, ironique.

« Et bien marin d'eau douce ? Tu courrais après une autre Sirène ? »

Mon sourire se figea quand je vis effectivement la mine d'Astre. Celui-ci était étonnamment amère, fermé. Pire, je pus lire dans ses yeux un véritable déchirement. Derrière lui se tenait un homme dont les contours étaient indéfinissables. Mais l'éclat de la lune qui était filtrée par une fenêtre laissait entrapercevoir le visage de ma fille adoptive. Je vis son regard, et je compris.

« Non ! Pas maintenant, laissez nous encore du temps ! Je vous en prie ! » m'écriais-je en tenant si fermement notre enfant, qu'il se réveilla en pleurant. « Vous n'avez pas le droit ! Je refuse de faire la même erreur que mes parents ! Je serais plus forte encore ! Si vous me l'arrachez... je vous jure que... »

La voix d'Astre me coupa net dans mon élan. Me prenant au dépourvue : je le regardais sans comprendre. Il parut répéter ses paroles, mais je ne les entendais pas. Le Prêtre de Poséidon s'approcha de moi, les bras tendus. Je secouais la tête et lui criais après avec virulence.

Le rouge s'imposa à moi et je me sentis glisser.

Mes poings martelait le torse du jeune homme, mes larmes étaient brûlantes. On m'avait enlevé mes enfants. On venait de m'arracher le cœur. De le piétiner. Quand eut cessé mes élans de folie, je retombais inerte, terrassée de fatigue contre mon époux qui n'avait pas cillé. Lui aussi pleurait silencieusement de me voir dans cet état. Quand j'eus récupéré un peu de contenance et de lucidité, je m'aperçus que j'avais lacéré mon corsage, jusqu'à profondément entaillé ma peau d'ivoire. Je saignais, j'avais mal, mais cette douleur était moindre par rapport à celle que je ressentais au creux de mon cœur. Je me sentais vide. Astre me serrait étroitement entre ses bras, lui aussi était blessé.

De rouge.


« Je les retrouverais !»

~° Fin de l’intermède.


Quand j'ouvris les yeux, je me surpris à pousser un long soupir de soulagement. Ce moment d'égarement n'avais duré que quelques secondes tout au plus. Aussi Celsius n'aurait pas eut le temps de s'en apercevoir ni de s'en inquiéter. De plus, lui aussi devait probablement se remettre de ses émotions. Je me levais sur un avant bras pour le regarder avec un grand sourire afin de cacher mon trouble. Une fois encore, c'était le rouge qui régissait ma vie, et, alors que je me perdais dans ma contemplation, je me disais que j'avais en réalité deux promesses à tenir.

Toutes deux marqués par la couleur du sang.

[Fin]


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[1754]~° Pour quelques instants de répit

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