RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [1754] Follow the white rabbit

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Brunissen


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MessageSujet: [1754] Follow the white rabbit   Ven 14 Déc - 23:05

Le rire de Dagmar, n'y avait-il pas plus agréable mélodie que celle-ci ? C'était une bien belle journée d'été. Le ciel était dégagé et tout allait pour le mieux. Nulle menace d'orage ou même d'averse après de longues journées ponctuées d'éclairs et de tonnerre, si violents que l'on s'était souvent cru en pleine nuit. Jours durant lesquels, Brunissen et Samiel avait du garder leur petite princesse bien au chaud alors qu'elle ne demandait qu'à aller courir dans les bois ou voir si ses amis, les loups ou les chevaux, allaient bien dans leurs abris respectifs. Quelles longues journées avaient été celles-là. Sans oublier le tonnerre qui n'avait eu de cesse de gronder en pleine nuit jusqu'à ce qu'un arbre ne chute à quelque pas de la maison. De quoi réveiller en sursaut une enfant qui ressemblait à toutes les autres, demi-déesse ou pas, aussi avait-il fallu un long moment à ses parents pour parvenir à l'apaiser.

Aussi, lorsque les nuages noirs décidèrent enfin de les laisser en paix, Brunissen en profita, une fois tout en ordre dans leur demeure, d'emmener sa fille se détendre près des nombreuses cascades. Une zone sublime où les longues chutes d'eau faisaient apparaître d'innombrables arc-en-ciel. En plus de ces magnifiques apparitions colorées, plusieurs étangs peu profonds et d'une eau à la pureté incomparable s'étendaient entre les bois. Verdures et buissons sous le couverts d'arbres centenaires, quel plus bel écrin pour se détendre en famille, le temps que Samiel, parti à la chasse, ne les rejoigne.

Les splendides yeux verts de la Féline s'attardèrent quelque peu sur les surfaces miroitantes, si le temps se maintenait, elle pourrait même envisager une baignade nocturne avec son cher loup. Un sourire passa sur ses lèvres tandis qu'elle sentait sa petite fille la tirer vers la berge. Dagmar nageait à merveille et cela lui ferait le plus grand bien après tous ses jours passés sans se défouler. Comme ses parents, elle ne craignait quasi pas le froid. Une future petite guerrière mais elle avait encore bien le temps. Samiel et Bruny souhaitaient plus que tout qu'elle ait une enfance normale et heureuse...

Ainsi se passèrent de longs moments avant que la mère et la fille ne regagnent la rive escortées par les tigres. Amour et Tendresses avaient le même engouement pour l'eau que la belle nordique et ne la quittaient quasi jamais tout comme la petite princesse qu'ils veillaient avec la même hargne que les loups de Samiel.

Le temps que Brunissen prépare une rapide collation, Dagmar s'amusait à cueillir quelques fleurs à deux pas d'elle. Soudain, l'enfant eut le regard attiré par des cris et des mouvements dans les buissons tous proches. De nouveau, le bruit, elle vit passer une ombre blanche qui alerta aussitôt les deux tigres. Une nouvelle fois, il repassa et elle reconnut les longues oreilles d'un lagomorphe. Il courait en tout sens provoquant la curiosité des deux gros chats. Craignant de le voir finir en civet, la petite princesse enflamma son cosmos avant d'appeler sa mère dont elle sentait le regard fixé sur elle. En fait, elle était juste derrière elle.

- Maman... Viens vite. Ils vont le manger... Je veux pas qu'ils l'attrapent.

Elle allait pleurer lorsqu'elle sentit le puissant cosmos de la douce d'amour s'éveiller derrière elle, faisant reculer Amour et Tendresse. Restait juste à attraper la pauvre petite bête...
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Minos


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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Sam 15 Déc - 1:43

*C’est le moment ?*

Ouvrant mon œil unique, je me concentrai alors sur la détection du cosmos de grand frère ou de celui de grande sœur et avec un sourire malicieux constatai qu’ils avaient quittés le monde jardin. J’étais seul, seul et libre, pour le moment.

*Parfait.*

Tremblant presque d’excitation, je me relevais après avoir feint le sommeil durant quelques heures, mon corps spirituel encore engourdis par l’attente et la concentration qu’il m’avait fallu déployer pour tromper la vigilance de mon grand frère et de sa reine.

M’étirant tout en rassemblant mes forces, je m’apprêtai alors à sortir enfin de ce monde qui m’avait vu naitre et grandir, ce monde qui aujourd’hui ne me suffisait plus.

*Le monde des Hommes, quelles merveilles m’attendent là-bas ?*

J’imaginais déjà des êtres à la grâce et à la douceur de Marie-Ange, un monde de beauté dont il me restait encore tout à découvrir.

Concentrant alors mon cosmos dans ma main gauche, l’étoile bleutée qui y apparue me permettrait de franchir les frontières de ce monde, avec elle j’avais la clé du portail du royaume onirique.

Levant mon bras devant moi, je lui fit faire un quart de tour comme pour enclencher un mécanisme invisible et alors l’étoile se divisa en une myriade de trait de lumière s’enchevêtrant alors en une construction familière. Devant moi une arche scintillante s’érigeait au fil des secondes jusqu’à ce que son pallier ne s’illumine d’un voile où les formes et les couleurs défilaient comme dans un rêve.

*Un pas, rien qu’un pas et je serai dehors*

Passant ma main au travers de l’horizon de la voute d’énergie, je fus surpris par l’absence totale de sensation qui m’attendait de l’autre côté, comme si mon bras n’existait tout simplement plus derrière ce voile de lumière.

Ramenant rapidement mon bras vers moi, je fus encore plus étonné par l’absence totale de dommage ou de changement que je découvris sur lui. Ne comprenant pas ce qui venait de se passer, j’eus un moment d’hésitation devant ce nouveau monde m’attendant là, si proche et pourtant si loin, un moment d’hésitation avant que mes certitudes ne me reviennent à l’esprit.

*Ce n’est pas ici qu’est mon destin, ce n’est pas ici que je trouverais ma voie.*

Inspirant une grande bouffé d’air, je pris mon courage à deux mains et fermant mon œil, je fis un pas en avant…

Ce qui se passa par la suite fut si rapide que je n’eus même pas le temps d’ouvrir mon œil avant de réaliser que j’étais à présent au-dessus de ce qui me semblait être une forêt de sapin et autres conifères et surtout ballotté sans merci par de puissants courants m’entraînant tantôt en avant, tantôt en arrière, tantôt sur vers le bas tantôt vers le haut. J’essayai alors de me protéger de mes mains, mais aucun de mes membres ne semblaient répondre, j’avais perdu toute sensations et étais incapable de contrôler mes mouvements, errant au grès d’une force me manipulant comme le ferait le vent avec un nuage.

Baissant alors la tête pour tenter de retrouver la vision du sol, je découvris alors avec horreur que je n’avais plus de corps, il semblait que j’étais devenu un simple esprit, un esprit emporté par ce qu’il ne comprendrait pas.

Je voulais crier, je voulais appeler à l’aide, mais je n’émettais aucun son, je devais me rendre à l’évidence, j’étais dans une bien mauvaise posture.

Les secondes passèrent, interminables, et pendant ces incessants allés et retours, j’eu le temps de remarquer que ces courants ne semblaient pas suivre une logique prédéfinie, totalement chaotique dans leurs puissances et dans leurs directions, c’est comme s’ils étaient la cause d’une myriade de facteur indépendant les uns des autres. Une découverte dont je ne devais apprendre que bien plus tard la valeur alors que pour le moment je ne pouvais que rager de mon impuissance.

*Je dois atteindre le sol, je dois échapper à ces forces jouant avec moi comme avec une balle.*

Calmant mon esprit comme me l’avait enseigné mon grand frère, je concentrai alors à nouveau mon cosmos en essayant de matérialiser un grand abri sur l’arbre le plus proche. Cependant, bien que mes mouvements s’atténuèrent quasi totalement à la simple apparition de mon cosmos, l’abri lui ne vint jamais, seul mon cosmos brillant comme un saphir éthéré restait présent autour de moi, ou tout du moins ce qu’il restait de moi.

Perplexe quand à mon échec qui avait très bien fonctionné sur arcadia mais ravi par ce nouvel état, je poursuivis l’embrasement de mon cosmos jusqu’à ce qu’enfin je sois libre de mes mouvements, libre de bouger à ma guise.

*Mais comment puis-je ainsi me mouvoir sans même avoir de corps ?*

Encore une question que je poserais à mon grand frère à nos retrouvailles, en attendant, je savourais simplement cette nouvelle vision, ce nouveau monde s’offrant à moi.

Virevoltant au travers des arbres, j’apercevais mille nouvelles choses dont j’ignorais presque tout, des hommes et des femmes s’afférant sur d’étranges outils, d’étranges animaux attendant dans des enclos à ciel ouvert, de nombreuses battisses, tant de nouveautés en seulement quelques instants qui me persuadèrent de me rapprocher.

Plongeant vers le sol enneigé, je ressentais d’avantage à chaque seconde la présence des êtres m’entourant, chaque être vivant résonnant en moi en une présence distincte.

*Ooooooh, comme ils sont mignons…*

Je venais te tomber nez à nez avec un groupe de petites créatures blanches dont les grandes oreilles me firent sourire d’étonnement.

Spoiler:
 

*Qu’est-ce que c’est ?*

J’avais envie de les attraper pour voir s’ils étaient aussi doux et soyeux qu’ils en avaient l’air, mais à mon approche, ils se dressèrent sur leurs pattes arrière et se mirent à renifler dans ma direction.

*Mais… Vous me voyez ? Vous me sentez ?*

Sans prendre le temps de me répondre, ils détalèrent alors en un éclair, comme s’ils avaient senti un grand danger s’approcher d’eux.

*Mais non ne partez pas, je ne vous ferez rien !*

Je me lançai alors à leur poursuite et eut bien du mal à tenir la distance, leurs pattes les propulsaient à des vitesses prodigieuses et leurs petites tailles les rendaient presque invisibles sur ce sol enneigé. Sans le secours de mon étrange perception, jamais je n’aurai pu les suivre comme je le fis en cette occasion.

J’en avais pratiquement rattrapé un lorsqu’un trait de bois se planta devant nous et fit faire un détour à l’animal.

*Quelle drôle de branche, elle a même des plumes sur un bout.*

Et elle ne fut que la première à tomber. Une grêle de ces mêmes branches, droites et emplumées, tomba sur le petit groupe de créature et en tua même la plupart, les empalant sur le coup.

*NOOOON !*

D’autres présences se rapprochèrent alors, des présences bien différentes de celle de ces petites créatures blanches, des hommes s’approchèrent soudain, semblant presque jaillir des ombres de la forêt, ils s’avancèrent en se lançant des mots auquel je ne comprenais rien, des mots d’une autre langue.

Ce fut lorsqu’ils ôtèrent ces branches meurtrières du sol et accrochèrent les créatures mortes à leur ceinture que je compris qu’ils les avaient tués.

*Pourquoi… Pourquoi ?! POURQUOIIIIIIIIIIIII !?*

Jamais je n’avais était autant en colère de mon existence, le meurtre sauvage de ces innocentes et adorables petites bêtes me plongea dans un état inconnu, un état qui sans que je m’en rende compte transforma le monde.

En un éclair au-dessus de moi le ciel se couvrit de lourds nuages grondant et menaçant, le vent hurla soudain et souleva la neige encore présente sur le sol à présent taché de sang, dans un blizzard opalin et carmin, je n’eus aucune pitié pour le visage surpris et apeuré des hommes me faisant face, je voulais qu’ils partent, qu’ils laissent en paix ces créatures, mais je ne pouvais pas les atteindre, je n’avais même pas de corps. Je ne pouvais qu’espérer que ces évènements incompréhensibles aient laissés le temps de fuir à ces petites bêtes.

Quittant moi aussi cet endroit à la recherche des survivants de ce massacre aussi incompréhensible qu’injustifié, la colère avait cédée la place à la tristesse, et le souvenir des corps sans vie de ces animaux me hantait à présent, la pluie se mit alors à tomber sur le paysage sans que je ne m’en préoccupe outre mesure.

*Où êtes-vous ?*

J’errai alors durant quelques minutes à la recherche de ces petites créatures, cherchant dans les herbes et les buissons leurs oreilles si particulières. La pluie avait été rejointe par un vent charriant avec lui la neige qui autrefois se trouvait sur le sol et je ressentais également à présent un profond désespoir face à cette situation, encore une fois je n’avais pu protéger qui que ce soit.

J’allais renoncer lorsque j’en ressenti un, terré derrière un arbre mort, immobile mais encore vivant.

M’approchant de lui je découvris que son pelage autrefois si pur était désormais balafré d’une ligne écarlate à la hauteur de sa patte arrière droite, une de ces branches emplumées l’avait raté de peu.

*N’ai pas peur, ils sont partis, tu ne crains plus rien, je te protégerai, je te le promets…*

Mais à peine eus-ai-je pensé cela que la rumeur des hommes se fit entendre au loin, ils étaient encore là. Je voulus alors instinctivement emporter avec moi cet animal, je voulais m’envoler avec lui loin de ces humains cherchant à le tuer et me lançai à sa rencontre.

Ce que je ne savais pas alors, était qu’en faisant cela, j’allais non pas l’emporter, mais plutôt en prendre possession.

A la seconde où ma vue atteint son museau apeuré, j’eus comme un déluge de sensation me tombant dessus, mes sens semblaient être revenus et avec eux la douleur m’étreignit.

*J'ai...? J’ai mal à la jambe ?*

Un rapide coup d’œil me fit alors comprendre ma situation, j’étais à présent dans le corps de cet animal, j’étais devenu cette créature et à présent j’allais devoir fuir si je ne voulais pas partager le sort de ces semblables.

Apeuré et affolé par toutes ces informations et ces évènements incompréhensibles, je n’avais même pas le temps de réfléchir à ma situation, une douleur atroce à la patte arrière, je bondissais pourtant comme si ma vie en dépendait, je bondissais aussi vite que je le pouvais sans même savoir où j’allais, je ne voulais que mettre le plus de distance entre eux et moi mais si je pouvais les semer, leur branches emplumées elles me rattrapaient toujours, et je ne devais mon salut qu’aux coups d’œil que je lançais dans mon dos me permettant d’esquiver leurs projectiles.

Ce fut alors que je sentais la fatigue me gagner que je ressentis tout proche un cosmos qui par sa force et sa douceur m’attira sans que je ne m’en rende compte. Prenant sa direction je devais le trouver à tatillon tant cette impression était fugace et imprécise, j’eu l’impression de tourner en rond un long moment, souffrant le martyr et fuyant mes poursuivants qui maintenant avait lancé sur moi d’énormes créature aux gueules garnis de crocs. J’ignorais s’il restait encore d’autre survivants mais en tout cas s’il devait en rester au moins un alors ce serait celui que je tentais de sauver à présent.

*Ce cosmos... Oui ce cosmos me sauvera.*

Comment pouvais-je le savoir ? Une impression encore une fois, la nature même de ce cosmos m’invitait, il m’invitait avec la promesse d’un salut que je ne lui avais même pas demandé. Encore fallait-il que je le trouve.

Passant pour la énième fois au même endroit je me heurtai encore une fois à la rivière trop large pour que je puisse la traverser et trop forte pour que je puisse y nager.

Sachant que l’étau se resserrait sur moi, je décidai cette fois de suivre le cours d’eau dans l’espoir d’y trouver un passage vers l’autre rive, une rive où je serai sauvé et où je pourrais reprendre plus sereinement mes recherches.

Apparemment je ne fus pas le seul à avoir cette idée et devant moi émergèrent soudain des buissons trois hommes tenant un grand filet entre leur main.

*Il y a trop de présence, je n’arrive pas à faire le tri.*

Je ne pouvais pas reculer, je savais que ça serait du suicide, aussi je ne ralentis ni ne changea de trajectoire, je détalai vers eux aussi vite que ma patte blessée me le permettait et les ayant vraisemblablement surpris je parvins à me faufiler entre leur jambes massives pour poursuivre ma route tandis qu’ils s’emmêlaient dans leur filet et riant en vociférant des mots que je ne comprenais pas.

Je me rapprochais, j’étais presque arrivé, ce cosmos se faisait omniprésent et sa source se trouvait tout près, une voix et des rires d’enfant m’attirèrent alors vers la fin de mon périple alors que je rebroussais chemin pour la dernière fois. Jaillissant alors d'un buisson, je vis devant moi une petite fille qu’encadraient deux créature encore plus imposantes que celles que les hommes avaient lancés sur moi, ce qui ne m’empêcha pas de poursuivre mon chemin droit vers cette fille, source de ce cosmos, alors que derrière moi les voix se rapprochaient.

*Au secours !*

Bondissant alors dans ses bras, je tentais de m’y dissimuler pour échapper enfin à mes poursuivants alors que les deux créatures me regardaient à présent avec un mélange d’intérêt et de déception.
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Brunissen


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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Sam 15 Déc - 18:33

Des cris et le tumulte au-dessus de leurs têtes, même le temps semblait s'élever contre la mort du lapin blanc. Les larmes de Dagmar coulaient fines et douloureuses sur ses joues rougies sans qu'elle ne réalise quoi que ce soit. Tout s'était enchaîné si vite qu'elle n'avait pu ne serait que l'entrapercevoir. Les cris et les aboiements s'étaient tus d'un coup et ce ne fut que lorsqu'une main très douce caressa la chevelure azurée de l'enfant et que des lèvres ne l'embrassent sur le front qu'elle comprit que sa maman était intervenue.

Peut-être que le lapin blanc aurait pu en dire davantage ? Dès qu'il s'était élancé vers les bras salutaires de la petite princesse des Vanes et des Ases, une flèche avait sifflé dans l'air, accompagnée des aboiements des chiens. Nul doute que cela se serait achevé dans le sang du petit fugitif si l'une des deux énormes masses blanches et noires n'avait fait entendre sa colère face à la meute. Confrontés à un Amour qui s'était dressé sur ses pattes arrières avant de plaquer avec force le premier molosse osant menacer celles qu'il protégeait, les chiens avaient reculé la queue entre les pattes terrifiés par le rugissement du Tigre de la belle Vanir. Et pourtant, ce n'était pas encore le plus impressionnant puisque la main de Brunissen tenait fermement la flèche qu'elle avait saisi au vol avant de la glacer entre ses doigts et de la réduire à l'état d'éclats scintillants sous le soleil revenu. Ses magnifiques yeux de jade lancèrent de véritables éclairs aux hommes qui se tenaient devant elle et sa fille. Abasourdis de se retrouver en présence de la Féline du Septentrion, les chasseurs en étaient restés sans voix, ce dont avait profité la belle nordique pour se retourner vers sa petite princesse avant la prendre dans ses bras et de la consoler, lapin compris.

- Maman... Elle tremblotait entre les bras de sa mère avant que la douce d'Amour ne la rassure de sa voix et de son cosmos si doux.
- Chut, je suis là ma chérie. Tiens, enveloppe ton ami avec ça, je le soignerai dès que j'aurai demandé aux chasseurs de le laisser tranquille.
- Mon ami ?

Ce ne fut qu'à cette instant qu'elle remarqua la petite boule tremblante tout contre elle sous le regard déçu des tigres. Amour et Tendresse se le seraient bien partagés en entrée mais vu la réaction de la petite Dagmar et de la déesse, ils devraient se trouver un autre en cas ou quémanderaient un casse-croûte dès leur retour à la maison. En attendant, il restait quelques détails à régler tandis que Dagmar commençait à caresser le lapin, le rassurant de sa voix d'enfant, encore hésitante.

- Faut plus avoir peur. Maman va te soigner.

Sans s'en rendre vraiment compte, elle embrasa son cosmos, réchauffant de sa douce aura enfantine le lapin blessé.

- Fais attention de ne pas le laisser partir, ma chérie. Caresse-le doucement, il a besoin d'être rassuré.

Des mots très doux tandis que la splendide jeune femme donnait un peu de son cosmos curatif au lapin avant de se tourner vers les hommes qui revenaient enfin de leur surprise. L'un d'eux s'avança alors vers elle.

- Excusez-nous, ma dame. Nous ne voulions pas effrayer votre enfant et encore moins risquer de la blesser. Nous aurions du être plus prudents.
- En effet, cela aurait pu très mal finir. Je vous conseille de partir au plus vite et d'emmener votre meute avec vous. Cette flèche n'aurait fait que se planter loin devant nous mais je n'en aurai pas dit autant de vos molosses. Rappelez vos chiens et quittez ces lieux. Telle est la demande de la Féline du Grand Nord, épouse de Samiel d'Epsilon.
- Bien, ma dame, nous veillerons à ce que cela ne se reproduise plus.
Et tendant le fruit de sa chasse à la jeune femme, des lapins aussi attendrissants que celui que réchauffait en ses bras la petite princesse, l'homme reprit. Acceptez ces prises en dédommagement.

Le geste était plus qu'appréciable mais n'était pas non plus l'idéal surtout au vu des yeux remplis de larmes contenus de la petite fille devant toutes ces adorables petites bêtes mortes.

- Merci de votre générosité mais vous en avez davantage besoin que moi. Laissez-nous juste celui que ma fille tient entre ses bras et quittez ces lieux. Vous l'avez suffisamment effrayée.
- Bien, ma dame.


A ces mots, les autres chasseurs s'inclinèrent et repartirent sans en demander davantage. Brunissen attendit qu'ils aient disparus pour se retourner vers Dagmar et le petit rescapé.

- Doucement, montre-le moi, ma chérie. Il doit être soigné au plus vite.

Sans un mot, Dagmar le remit à sa mère en tremblant.

- Il va guérir... ? Bredouilla-t-elle.
- Bien sûr. Laisse-moi faire.

Avec des gestes très doux, Brunissen déposa le lapin sur la nappe qu'elle avait préparée pour leur repas. Caressant la tendre fourrure blanche, elle écarta le tissu dont elle l'avait enveloppé avant d'examiner la patte blessée. Une longue trace rouge sur la patte arrière qui heureusement n'était pas brisée mais aussi une énorme perte de sang. A chaque geste de la belle nordique, il réagissait, ce qui était rassurant sans pour autant diminuer la gravité de la blessure.

Il était temps...

Et invoquant de nouveau son cosmos curatif, elle referma la plaie tout en lui insufflant de sa force et de sa chaleur.

- Voilà, tu dois te sentir mieux maintenant.

A ces mots, elle l'emmitoufla de nouveau dans le tissu et le remit à Dagmar.

- Maintenant que tu l'as sauvé, c'est à toi d'en prendre soin. Il va avoir besoin de chaleur et de nourriture. Puis, il me semble très différent des autres. Sens-tu cette force se dégager de lui ? Mieux vaut qu'il reste près de nous.

" Qui que tu sois, ne crains rien, je suis Brunissen, incarnation de Freyja, déesse de l'Amour et de la Fertilité. Et voici ma fille, la princesse Dagmar. Je peux sentir cette force en toi. J'ignore qui tu es mais ton cosmos est proche de celui des divinités du Sud. "

Le message avait filé droit vers l'esprit de celui qui s'était retrouvé piégé dans ce corps. Son état ainsi que les battements affolés de son coeur avaient largement démontré son incapacité de se servir de son cosmos et encore moins de les menacer. Ne pouvant l'abandonner dans pareille situation, l'incarnation de la blonde Vanir avait décidé de l'emmener, le laissant reprendre ses esprits auprès d'elle ou de Dagmar.

Un regard vers les deux enfants et Brunissen se surprit à penser qu'il ne pouvait s'agir que d'un tout jeune esprit. Un enfant attiré par un autre.

Cela expliquerait bien des choses. Puis, soulevant son enfant, elle la déposa sur le dos d'Amour avant d'y grimper à son tour.

- On rentre sur le dos de mon gros chat préféré ? Puis serrant le lapin blanc contre elle. Tu verras, il est si fort et rapide que maman et moi, on sera vite à la maison. Tu seras bien avec nous.

Et ce fut sous le rire rassuré de Dagmar que le fauve emmena ses deux passagères vers la demeure de Brunissen en plus d'un bien étonnant lapin au pelage aussi blanc que la neige.
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Sam 15 Déc - 20:38

Tout se passa si vite que je ne vis que deux ombres s’interposer entre eux et moi. Tout d’abords la silhouette d’une femme intercepta une de ces branches emplumées d’un geste expert avant qu’une de ces deux créatures massives ne plaque brutalement au sol une de ces bêtes m’ayant poursuivie auparavant. Un cosmos particulièrement doux et apaisant m’entourais alors mais cela ne suffisait pourtant pas à calmer le trouble agitant mon cœur en cet instant.

Dans les bras de cette petite fille je tremblais comme une feuille, voulant disparaître de la vue des hommes conversant à présent dans cette langue inconnue avec la splendide jeune femme. A genou devant elle, elle semblait leur inspirer un énorme respect où je crus voir se mêlait de la crainte révérencielle.

*Qui est-elle ? Elle m’a sauvé elle aussi ? Est-ce que ce cosmos est le sien ?*

Tout se bousculait dans mon esprit, j’étais perdu, seul dans un monde où je ne connaissais presque personne, et surtout dans une créature qu’apparemment trop d’êtres voulaient tuer. Un rapide regard à la seconde créature massive me confirma que leurs envies inexplicables n’avaient pas disparue. Tremblant de plus belle, ce ne fut que lorsque les hommes furent partis, comme chassés par cette femme, que je pus commencer à réellement prendre conscience du caractère apaisant du cosmos qui m'entourait.

Dans ce maelström d'évènements et de paroles incompréhensibles, ce cosmos ainsi que la douceur de la main de cette jeune fille étaient bien les seules choses qui parvenaient à me faire reprendre mon calme, petit à petit, seconde après seconde, je cessais de tourner la tête de tous coté pour, plus sereinement et surtout moins apeuré, chercher enfin un sens à tout ceci.

*Pourquoi ? Pourquoi lui veulent-ils du mal ? Pourquoi ces créatures sont ainsi tuées sans prévenir ? Et pourquoi suis-je dans ce corps à présent ? Mais enfin qu’est-ce qui m’arrive ?*

J’essayais de me faire comprendre, mais seul des couinements aigus sortaient de ma bouche, ou plutôt de celle de cette créature. Ce lapin dont j'avais investit le corps sans le vouloir.

Ce fut au moment où je commençais à peine à arrêter de trembler que suite à un échange verbal que je ne comprenais toujours pas, la petite fille me tendit vers la femme qui m’enveloppa dans un tissu. Son contact avait tout du coté rassurant que j’avais éprouvé dans les bras de l’enfant.

*Vos cosmos… Ils se ressemblent.*

Etaient-elles de la même famille ? Elles avaient en effet une certaine ressemblance.

Avec des gestes très doux, cette femme me déposa sur un tissu blanc avant de commencer à me fournir son cosmos sans que j’eus trop le temps de protester. Si j’étais fort peu enclin à cette expérience au début, la disparition progressive de la douleur et l’état de calme profond qui m’envahit alors acheva de me convaincre de rester immobile le temps de l’opération.

J’allais m’assoupir lorsque je fus de nouveau emmitouflé et emporté dans les airs pour retourner dans les bras de cette enfant.

A nouveau la voix envoûtante de cette femme s'éleva et à nouveau je ne compris pas un mot.

*Mais quelle est cette langue ? Je n’ai jamais entendu ces mots ? Mais où suis-je enfin ? On dirait des humains comme Marie-Ange mais cette langue, ces vêtements… Et ce cosmos si puissant qu’elle dégage ? Est-elle semblable à grand-frère ?*

Je poursuivais encore mes couinements en tentant de me faire comprendre d’elles, mais je devais bien reconnaître que je n’y parvenais décidément pas.

Ce fut alors que la voix de cette femme pénétra directement dans mon esprit à la manière dont mon grand frère me parlait quelque fois. Encore une fois ces mots m’étaient incompréhensibles, mais au moins le fait qu’elle s’adresse à moi de cette façon signifiait qu’elle voulait me parler, à moi et à moi seul.

"Oh s’il vous plait, je…"

Et alors sa voix changea, ses mots devinrent limpides et enfin j’eus la sensation de sécurité qui m’avait quitté depuis mon arrivé dans ce monde.

Restant un moment silencieux face à ces informations, je ne réagis qu’à peine lorsque dans les bras de Dagmar je fus posé sur le dos d’une de ces deux créatures massives et y fut rejoint par Brunissen. Visiblement il allait nous servir de moyen de locomotion.

Cette femme venait de me révéler qu’elle était selon ses dires l'incarnation d'une déesse et que Dagmar était sa fille, donc vraisemblablement une déesse également. Elle me révéla également qu’elle ressentait ma force au travers du corps que j’avais acquis d’une inexplicable manière et que d'après elle j'étais semblable aux divinités du sud

Une fois la surprise passée, je tentais alors de converser avec elle sans même savoir si mes mots lui parvenaient.

"Merci, merci pour votre aide, vous m’avez sauvé vous et votre fille. Je m’appelle Ciel, et je suis le petit frère d’Hypnos, je ne comprends pas tous vos mots mais je vous suis vraiment reconnaissant. Il y a tant de chose auquel je ne comprends rien dans ce monde… J’étais sur Arcadia, et alors que pour la première fois je pénétrais dans ce monde, je me retrouve sans corps et emporté par des courants voulant m’emmener je ne sais où. Je me rend alors compte que je ne parviens plus à matérialiser mes pensées et miraculeusement mon cosmos m’a permis de récupérer ma liberté de mouvement. J’ai erré alors dans la foret avant de tomber sur ces petites créatures que ces hommes ont massacrés sans merci… J’ai… J’ai voulu les sauver, vraiment j’ai voulu, mais…"

La tristesse m’envahit alors à nouveau, les images de ce massacre me revenaient clairement à l’esprit, ces petits corps sans vie, ces fourrures blanches tachées de sang…

A nouveau le ciel au-dessus de moi se couvrit avant de laisser tomber une douce pluie sur cette zone, comme des larmes tombant sur le sol.

"Je n’ai rien pu faire… J’ai juste sans le vouloir pris le contrôle de celle-ci et j’ai fait mon possible pour le sauver… Pourquoi ont-ils fait ça ? Pourquoi les ont-ils tués ?"

La pluie s’intensifia alors que sur le dos de cette massive créature nous bondissions sans que je sache vers où. Au fond peu m’importait, j’étais si triste…
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Mar 18 Déc - 23:11


D'un bond, Amour avait pris la route sous le rire de Dagmar qui adorait ce genre de voyage à dos de félin. Seulement, cela ne semblait pas point être du goût de leur invité. Du moins dans les premiers temps puisque de nouveau ses couinements se firent entendre avant qu'il se calme. Pour tous les autres, il avait tout d'un simple lapin blessé entre les bras d'une petite fille mais pour la douce d'Amour, c'était un malheureux égaré pris au piège dans la plus improbable des enveloppes : un adorable lagomorphe au pelage de neige. Elle avait d'un seul regard reconnut un esprit divin égaré dans les hautes terres d'Asgard. Le tigre s'était élancé sur les terres du Septentrion. De quelques bonds rapides, il avait atteint la demeure de la belle nordique accompagné de Tendresse qui décidément ne pouvait s'empêcher de jeter des regards tristes vers le petit passager. Brunissen quant à elle observait plutôt le ciel. A croire que cet enfant portait plus que bien son nom. Le ciel semblait en effet pleurait de concert avec lui mais cela attendrait. Pour l'instant le tout jeune dieu avait surtout besoin d'aide et de nourriture.

Le retour sur le sol se fit sans le moindre bruit et la jeune femme fit entrer Amour sans laisser Dagmar descendre. Puis, elle appela l'une de ses suivantes qui s'empressa d'aller chercher de quoi sustenter les deux fauves. Au moins, comme ça, ils ne confondraient plus Ciel avec leur entrée. Le cosmos de la fillette s'élevait toujours avec une rare douceur. Le magnifique regard de jade ne put que s'attendrir devant un tel spectacle. La petite et la lapin s'installant devant le feu. Une image qui valait la peine d'être gravée que celle de Dagmar déposant avec précaution son petit compagnon sur la peau étalée devant l'âtre.
Spoiler:
 

Signy ne tarda pas à les rejoindre surprise de découvrir ce genre de scène. Echangeant un regard rapide avec son ancien maître, la féline l'entraîna dans la pièce voisine. S'installant de façon à ne jamais perdre son enfant des yeux, son cosmos aux aguets, elle prit la parole.

- Il y a de quoi être surpris en effet mais cet animal est loin d'être un lapin ordinaire.
- Euh oui...
- Assieds-toi, ce sera mieux.

Hésitante, elle s'exécuta avant que Brunissen ne reprenne.

- En fait, cet animal renferme en lui l'âme d'un dieu.
- Un dieu ? Mais qui est assez stupide pour s'incarner en lapin.
- Moins fort Signy, tu veux le traumatiser encore plus ?

Un sourire amusé sur les lèvres de la guerrière avant que son ancienne élève et amie ne reprenne.

- Il s'appelle Ciel et c'est le jeune frère du dieu Hypnos, fils de Nyx et dieu du Sommeil. Jusqu'ici, il a vécu dans un autre monde, protégé des dangers du nôtre qu'il a voulu connaître.
- Oui mais sous la forme d'un lapin...

Elle porta la main à ses lèvres, s'efforçant de comprendre le pourquoi du comment avant qu'un nom ne fasse enfin son chemin dans son esprit.

- Hypnos ? C'est le fils d'un dieu infernal ?

Elle cria presque avant que Bruny ne réponde avec un très grand calme.

- Non, juste le frère.
- Mais ?

Tenta en vain de protester Signy avant que l'incarnation de l'Amour ne l'invite à approcher, doucement tout doucement avant de voir le pauvre Ciel s'agitait soudain. Un regard rapide et la belle nordique comprit.

- Laisse ton arc, voyons.

Inutile de dire que le jeune dieu ne devait pas apprécier ce genre d'objet et encore moins les flèches qui y étaient associées.

- Que veux-tu qu'il fasse ? Il est perdu et désemparé. Regarde, seule notre petite Dagmar semble l'apaiser.
- Il sait même pas manger de carotte.

Remarque qui fit soudain éclater de rire Brunissen. Un lapin incapable de manger une carotte ou de la salade était en effet inhabituel. D'ailleurs, en s'approchant de sa fille, la féline put la voir expliquer certaines choses à Ciel.

- Tiens, ça va te faire du bien. Mange.

Lui donnant l'exemple, elle grignota une feuille de salade avant de lui offrir les autres.

- Doucement, ma chérie. Il en a assez vu. Viens.
- Maman ? Pourquoi, j'arrive pas à faire comme toi ?
- Tu es trop petite. Attend, je vais t'aider.

Elle prit alors l'enfant entre ses bras et son cosmos s'embrasa baignant l'enfant, dame Signy et Ciel le Lapin.

" N'aie aucune crainte, Ciel. Ici, personne ne te fera de mal. Maintenant que tu commences à te remettre de tes émotions, je vais te dire où tu te trouves. Tu es sur les terres d'Asgard, le Royaume du grand nord sous la protection des Ases et des Vanes. "

Elle lui laissa le temps de comprendre avant de reprendre.

" Je crains que sans le savoir, tu ne te sois aventuré trop tôt en ces lieux. La plus grande preuve est que tu ne disposes d'aucun corps, d'aucun vaisseau capable de t'accueillir alors que ton esprit lui aspire à prendre possession d'une enveloppe charnelle. Cela Hypnos a du te l'expliquer. "

Une nouvelle pause tandis que Dagmar quittait sa mère pour réconforter le jeune dieu.

" Maman n'est pas fâchée, tu sais ? Elle te dit juste ce qu'il faut faire ou pas. "

Quelque caresses sur le pelage blanc et la discussion reprit.

" Cet animal que tu as tenté de sauver est un lapin. Pour ce qu'il s'est passé, c'est le cours de la vie et de la mort, Ciel. Le Cycle de la vie, ton grand frère ne t'a pas expliqué ? Tu as pris un risque immense. Les êtres comme celui que tu as voulu sauver sont parmi les plus fragiles et c'est aussi d'eux que les hommes ont besoin pour vivre. Ils y sont obligés...

Hypnos t'en dira plus mais sache que ce n'est pas par pure cruauté ou désir de tuer mais pour survivre, simplement pour survivre. "


C'était trop complexe pour être expliqué si vite. Brunissen ignorait ce qu'Hypnos avait pu apprendre à cet enfant. L'héritage et la famille qui était la sienne. Que son frère était le dieu de la mort...

Ne pouvant pour l'instant l'aider davantage, elle lui offrit de son cosmos. L'Amour dans sa plus grande pureté envahit son corps. Une chaleur qu'il n'avait sans doute jamais encore ressentie. Si jeune, il ne pouvait savoir...

La douceur de l'incarnation de la déesse Freyja s'éveillait, enveloppant le corps de Ciel, renforçant le cosmos de Dagmar. Puis soudain, l'esprit de la déesse communia avec celui du demi-dieu.

" N'aie crainte, je vais t'apprendre le norrois en communiant directement avec ton esprit. Comme ça au moins, tu pourras comprendre ce que nous disons... "


Dernière édition par Brunissen le Dim 13 Jan - 13:21, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Mer 19 Déc - 21:50

Me laissant porter par cette énorme créature et surtout par Dagmar, je ne pouvais pourtant pas savourer ce voyage et cette compagnie comme je l’aurai souhaité, les images et les sons étaient encore si récents, des images que je ne comprenais pas, des actes que je n’expliquais pas, et toujours cette étrange sensation me nouant le ventre, comme si quelque chose en moi se tordait de douleur.

Perdu dans mes pensées et mes interrogations, je ne remarquai qu’au dernier moment la demeure dans laquelle nous pénétrâmes la jeune princesse et moi. La douce Brunissen, incarnation de la déesse Freyja, nous précédait et à ses mots une jeune femme emporta les deux créatures, sans doute pour les conduire à leurs chambres ou quelque chose comme ça. Difficile à dire car je ne comprenais pas les mots qu’employait Brunissen lorsqu’elle parlait cette langue inconnue. Appréciant encore le cosmos agréable et rassurant de Dagmar, je fus déposé avec grand soin sur une étrange pièce de tissu à poil long, douce et chaude comme l’aurai été la peau d’un animal.

*Non, ça ne peut pas etre ça.*

Profitant de cette étoffe et de la chaleur du feu, je cherchais à reprendre mes esprits et surtout à trouver des réponses à mes questions. Brunissen s’était éloigné pour discuter avec une femme étonnamment ridée, comme si elle sortait de l’eau, ayant avec elle une conversation dont je semblait être le protagoniste si j’en jugeais par les regards tantôt surpris tantôt inquiets que cette femme me jetait. Des regards qui bientôt tombèrent sur un étrange bâton incurvé, mais plus surprenant encore, sur des tiges droites aux bouts emplumées dépassant d'un sac.

*Mais c’est… !*

Ayant d’instinct un mouvement de recul devant cette vision, Brunissen sembla le remarquer et suite à ses quelques mots, l’autre femme fit disparaître à la fois ces tiges emplumées mais aussi le bâton incurvé.

*Pourquoi ? Pourquoi avez-vous ce genre d’objet ici ?!*

Bien sûr, seuls de petits couinements étaient audibles pour un observateur extérieur, je n’avais pas encore la certitude que le simple fait de penser était suffisant pour me faire comprendre, aussi j’accompagnais mes mots d’une gestuelle qui devait être fortement inhabituelle pour un lapin, chose que j’ignorais également.

Me tenant debout sur mes pattes arrières ainsi que le ferai un Homme, je pointais d’une de mes pattes avant l’endroit où se trouvait encore il y a peu ces objets à présent honnis. Une nouvelle question avant que Dagmar ne revienne, d’étranges objet dans les mains. Non ce n'était pas des objets, on aurait dit des plantes ou tout du moins des morceaux de plante.

*Mais que fait-elle avec ça ?*

Faisant sans m’en rendre compte une moue perplexe, je vis la jeune fille me tendre un cône orange et des feuilles vertes tout en me disant de les manger.

Restant un instant interdit devant sa demande, je ne parvenais pas à savoir si c’était une plaisanterie ou si réellement j’étais censé manger cela.

*Mais ça n’est pas du nectar ni de l’ambroisie, ça ne se mange pas ça. Et en plus je n'en ressent pas le besoin.*

Pourtant, bien que mes mouvements de tête de gauche à droite devaient être compréhensibles pour tous, l’insistance de Dagmar me désarmait. Je ne voulais pas la froisser, mais je ne savais pas non plus si je devais lui céder, peut être avaient-ils ici des coutumes que je ne connaissais pas.

La voyant alors croquer un morceau de cet étrange cône orange et grignoter une de ces feuilles luisantes, je vis à son visage que si le gout ne devait pas être fantastique, au moins cela n'avait pas l'air de lui faire du mal.

Regardant ces aliments inconnus d’un air toujours aussi perplexe mais à présent également curieux, je ne ressentais certes pour le moment aucun besoin de nectar ou d’ambroisie, mais j’étais inquiet de la douleur me tenaillant le ventre, peut être étais-je blessé.

*Peut être que ces aliments me feront me sentir mieux.*

Avançant lentement, une patte après l’autre, me tenant toujours debout sans me rendre compte du caractère incongru de la situation, je me saisissais alors d’une de ces feuilles et croqua dedans alors que Brunissen revenait vers nous tout en saisissant son enfant.

*Mais… Ça n’a pas de gout ?*

Croquant une nouvelle fois dans cette feuille, je ne fis que confirmer ma théorie, le gout était si faible que l’on aurait pu douter de son existence. Mais en revanche, à chaque bouchée que j’ingurgitais, la douleur à mon ventre disparaissait un peu plus, comme si cette feuille me soignait. N’hésitant plus une seconde, j’en pris une autre de mes deux pattes avant et lui réserva le même sort qu’à la précédente. J’allais un peu mieux à chaque feuille ainsi dévorées et allais m’attaquer à ce cône orange lorsque Brunissen s’adressa à moi via mon esprit.

Ainsi j’étais ici dans un royaume divin, ou tout du moins protégé par des dieux, des dieux dont j’ignorais jusqu’aux noms, mais j’étais là en sécurité.

*Eh bien je ne sais pas qui sont ces Ases ou ces Vanes, mais je vous remercie pour votre aide, je suis désolé d’être ainsi apparu sur cette terre surtout sans me faire annoncer. J'espère que les souverains de ce royaume ne m'en voudront pas... Leurs direz-vous que je ne voulais faire de tort à personne et que seul le hasard m’a conduit en ce royaume ?*

La suite de son discours me laissa l’impression d’être un parfait ignorant de choses que pourtant tous devaient bien connaitre et considérer comme connu de tous.

*Je… Je suis désolé, je ne savais pas. J’ai agis précipitamment lorsque j’en ai eu l’opportunité, je me rends compte à présent que cette aventure est beaucoup plus dangereuse que je ne l’aurais crus possible.*

J’avais donc pris possession de cet animal, simplement en m’approchant de lui j’avais investis son corps et à présent le contrôlait entièrement. Un choix de vaisseau apparemment bien maladroit.

*Un lapin ? Cette créature est donc un lapin ? Lapin... C’est rigolo comme nom*

Regardant alors mes pattes avant, ma queue touffue et mes longues oreilles, je me disais qu’une telle enveloppe n’était pas si désagréable si l’on faisait fit des hommes voulant vous tuer ou les créatures voulant vous manger.

*Le cycle de la vie ? Ils y étaient obligés ? Mais enfin pourquoi ? En quoi le massacre de ces lapins pouvait les aider à survivre ? Je ne comprends pas. Ces lapins seraient donc si dangereux qu’ils devaient les exterminer ?*

Détaillant mon corps d’emprunt, je ne lui trouvais pourtant aucunes griffes, aucuns crocs, aucunes armes cachées, et d’après Brunissen ils faisaient partie des plus faibles créatures de ce royaume. Ainsi ce n’était surement pas pour leurs dangerosités qu’ils étaient tués. Alors pourquoi ?

Je comprenais au visage de Brunissen que cette question appelait une réponse visiblement complexe, peut être trop complexe pour qu’elle puisse me la donner immédiatement. Etait-ce mon jeune âge ou le temps qui l’empêchait de me répondre? Une nouvelle question qui apparemment trouverait sa réponse lorsque mon grand frère et moi serions de nouveau réunis.

Le trouble me fit poser mon cône orangé avant que je ne ressente soudain une vague de chaleur n’ayant aucun rapport avec le feu se trouvant derrière moi. Ce n’était pas non plus les caresses que me prodiguaient périodiquement Dagmar ni même son cosmos, c’était autre chose, c’était Brunissen.

Je fus submergé par une félicité infinie me faisant totalement oublier les évènements récents et me plongeant dans un monde de bonheur pur et simple. Titubant avant de tomber à la renverse, je ne pouvais plus penser à autre chose qu’à ce simple sentiment transcendant tout le reste.

Entendant à peine la voix de Brunissen, je pointais vers la source de ces mots une oreille distraite, une oreille qui bien qu’entendant les mots ne parvenait pas à se faire comprendre de mon esprit, esprit complètement saturé par cette sensation nouvelle et merveilleuse.

*Si… Bon. Si… chaud.*

Restant immobile un moment, savourant simplement ce moment unique, mon regard se porta vers Dagmar, et était-ce à cause de cette nouvelle sensation, ou à cause du plaisir qu’elle me procurait, je la trouvai alors très jolie.

*Dagmar… Tu es si jolie…*

Un rayon de lumière traversa alors la fenêtre, un rayon éclatant provenant d’un soleil trônant dans un ciel limpide.
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Mer 26 Déc - 23:07

Les flammes dans l'âtre répandaient une douce lumière tandis que Dagmar s'efforçait de convaincre Ciel de déguster quelques légumes. C'était si étonnant le manège auquel se livrait le lapin sous les yeux brillants de la petite fille. Quelques-unes de ses mèches bleutée tombaient en avant touchant le bout du museau de son petit invité. Toujours sur deux pattes, il finirait par devoir se recoucher. Histoire de reprendre des forces et ne point faire courir de risque à son hôte. Se nourrir lui paraissait déjà si extraordinaire. Soudain, un rire joyeux retentit dans la pièce et la jeune princesse se mit à rire de sa douce voix enfantine.

- Oh, ! Regarde, maman, il veut parler comme un homme !!!

Puis, caressant le lapin pour le faire se remettre sur ses quatre pattes, elle reprit en le voyant se redresser.

- Non, tu vas te fatiguer...

Elle était si touchante la fille de la Belle Nordique et du Loup d'Asgard. Où se trouvait son époux ? Brunissen aurait tant aimé qu'il soit là surtout si le grand frère de Ciel décidait de venir accompagné. Même si elle ne doutait pas que le dieu serait assez sage pour ne pas mettre en péril une paix plus que précieuse, elle préférait que son cher et tendre soit auprès d'elle qu'au loin. Echangeant un regard avec Signy, elle décida de ne laisser aucune arme près de l'enfant dieu. Une telle douceur était étonnante venant d'une divinité partageant la même ascendance qu'Hypnos et Thanatos. Cela avait en effet de quoi intriguer la douce d'Amour. Aussi jeune, Ciel ne pouvait qu'avoir connu une naissance hors du commun et vu les tordus se trouvant parmi les dieux du Sud, il suffisait de songer à Zeus et ses multiples transformations pour y songer, cela n'avait rien d'insensé. Au contraire, une telle candeur semblait même rejeter tout ce qu'il y avait de sordide et morbide chez les habitants des Enfers ou d'Elysion...

Enfin, elle se devait aussi de l'aider. Un si jeune enfant prisonnier dans l'enveloppe d'un lapin n'avait aucune chance et s'il n'était même pas capable de reconnaître une arme, le pire était à craindre. A se demander comment il a pu survivre aussi longtemps. Elle prit simplement le temps de lui expliquer ce qu'étaient ces armes de jets que le jeune Ciel semblait tant craindre.

" Du calme... Je suis une déesse Vane, Vanadis Freyja, la première des Vanirs et personne ne viendra te reprocher de t'être égaré en ces terres qui sont sous ma protection. Considère-toi comme un invité extraordinaire le temps que ton grand frère ne vienne te rechercher. "

Elle lui caressa le haut de la tête avec douceur, en un geste quasi maternel avant que Brunissen ne reprenne.

" Allons, n'aie crainte, du calme. Je t'ai dit que personne ne te ferait de mal et je tiendrai parole. Ces objets ont un nom, l'arc et les flèches. "

Sur ces précisions, elle avait indiqué quoi correspondait à tel ou tel nom.

" C'est avec cela que nous nous défendons et trouvons aussi de quoi survivre. C'est avec du bois, des plumes et un peu de métal que celles-ci sont fabriquées mais toujours pour être utilisées de la meilleure de façons. Un jour peut-être en auras-tu besoin pour défendre ceux qui te sont chers. Hypnos sans le moindre doute et peut-être encore d'autres...

Tout dieu que tu sois, il y a sans nul doute quelqu'un qui occupe une partie de ton coeur même si tu n'as pas encore rencontré le véritable amour. Celui qui bouleversera ta vie... "


Si jeune, il ne pouvait déjà avoir ressenti cela. Du moins, en temps normal mais comment Bruny aurait-elle pu deviner les effroyables circonstances entourant sa naissance. Pour l'instant une seule chose comptait, c'était d'apaiser l'enfant-dieu et de lui offrir les moyens de comprendre la langue de son peuple. Chose qui sembla se passer à merveille. La puissance de la douce d'Amour était toujours aussi grande. Elle lui faisait découvrir l'amour pur dans sa forme la plus lumineuse, désintéressé et ouvrant les portes d'un nouveau monde.

Dagmar vint se blottir entre les bras de sa mère, elle connaissait ce pouvoir que la déesse offrait à son peuple. La puissance d'une déesse bénéfique liée aussi bien à la vie qu'à la mort et la guerre. La splendide Vanir avait bien des facettes qui n'apparaissaient parfois quasi jamais devant son peuple...

- Regarde, maman... Il semble guérir...

Elle battait des mains alors que le soleil faisait son apparition, radieux et magnifique.

- Regarde, même le ciel semble...

Ciel ? Même le ciel semble vibrer avec lui. Je vois, tu portes très bien ton nom.

Un dernier sourire avant que le cosmos ne perde de son intensité et laisse le petit frère d'Hypnos se reposait en toute quiétude.

Tu me trouves jolie !!! Merci, et toi ? Comment tu es ?

Les paroles de Dagmar montrait qu'elle avait parfaitement compris le message de Ciel tout en restant pleine de candeur. A ces mots, Brunissen s'approcha avant de se pencher sur le lapin...

- Oui, nous ne savons pas à quoi tu ressembles.

Ses termes étaient doux, elle savait que Ciel était sans doute perturbé par ce qu'il venait de découvrir mais que tout retomberait doucement dans la plus grande harmonie. Aussi bien lui que Dagmar étaient des enfants et le resteraient encore longtemps...

- Dis-tu peux nous dire comment tu es ?

Et sans lui laisser le temps de réagir, Dagmar le saisit entre ses bras comme pour mieux entendre sa réponse.
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Jeu 27 Déc - 18:51

*A quoi je ressemble ?*

La félicité avait laissé la place à un état de calme profond, le puissant sentiment qui m’avait envahi disparaissait progressivement laissant un grand vide derrière lui. Etrangement je me sentais triste sans lui et devant ce ciel qui perdait de sa clarté, se couvrant légèrement et masquant ainsi la lumière qui fut abondante il y a encore quelques instants.

Me relevant pour me mettre à nouveau sur deux pattes, je cherchais alors une réponse à donner tant à Dagmar qu’à sa mère, sa mère m’ayant annoncé mon statut d’invité en ce domaine le temps pour grand frère de venir me chercher.

*Je… *

En vérité je n’en savais pas grand-chose, il n’y avait jamais eu que mon reflet dans l’eau pour m’apprendre partiellement mon apparence. Je fus surpris mais confiant lorsque Dagmar m’attrapa pour me rapprocher d’elle, semblant attendre comme une révélation de ma part.

*Je suis un garçon et euh, j’ai les cheveux noirs corbeau, ah oui j’ai les yeux bleus ciel et d’après mon grand frère j’ai douze ans d’apparence, je n’ai pas douze ans, mais... c’est compliqué, je suis né il y a de cela quelques semaines avec un corps âgé de douze ans et un esprit confus, je sais que j’ai existé avant cela mais mon passé n’est que fragments et sensations, j’y perçois beaucoup de noirceur et de colère, et aussi… de la tristesse.*

Je n’aimais pas me plonger dans ces souvenirs, ils avaient le pouvoir de me plonger dans une profonde tristesse.

*Pardon, mais je ne veux pas en parler.*

Chassant alors ces pensées de mon esprit, je cherchais alors un sujet plus agréable pour occuper mon esprit, un sujet qui m’aiderait à oublier le temps maussade et décidément bien changeant de ce pays. Que n’aurais-je pas donné pour une coupe de nectar en ce moment... Cette boisson avait le fantastique pouvoir de me faire me sentir incroyablement bien dès la première gorgée, et qu’est-ce que ça pouvait être bon.

Une foule de souvenir agréables provenant de mon passé récent accompagnèrent alors le retour du soleil. Des jeux passés entre grand-frère et moi et même parfois avec Marie-Ange. Me souvenant alors d'un jeu consistant à poursuivre l'autre et me sentant d’humeur joueuse, je posai ma patte droite sur le nez de Dagmar avant de m’extirper doucement de son étreinte.

*Attrape-moi si tu peux !*

Et sans attendre la réaction de la princesse des lieux, je bondissais alors dans la pièce l’invitant par-là à m’attraper.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

« Par tous les feux du sombre empire ! »

J’avais beau étendre mes recherches à tout Arcadia, Ciel n’y était plus. Je n’eus pas plus de résultat en scrutant les mondes jardins de mon domaine privé. Il me semblait de plus en plus évident que mon petit frère avait disparus.

Il ne pouvait pas avoir été emmené, nuls êtres ne pouvaient franchir les portes de mon domaine sans mon accord. De plus il n’y avait aucune trace de lutte là où quelques heures auparavant il s’était étendu pour dormir d’un sommeil paisible.

« Ciel… Où es-tu ? »

Posant la main sur l’herbe encore aplatie, je sentais encore des traces de son cosmos, il avait tenté quelque chose ici même il n’y a pas si longtemps, quelque chose de puissant.

« Non… Non non non non… »

La signature de la manœuvre était évidente, et elle correspondait à cette étrange sensation m’ayant fait venir ici.

*Un portail, il a créé un portail.*

Un portail qui ne devait mener qu’à une seule destination, un monde qu’il ne connaissait que via les récits nos récits enjolivés.

*Ciel… Qu’as-tu fait ? Pourquoi fallait-il que tu y ailles ? Ce monde n’est pas prêt pour toi et ne t’amèneras que la souffrance…*

Je devais le retrouver, je devais faire vite, qui sait ceux que sa signature cosmique avait attirés.

Quittant immédiatement le royaume onirique pour me rendre à la surface de la Terre sous la forme d’un nuage de poussière d’or, mon souffle parcouru la surface du monde à la recherche de mon petit frère, un souffle omniprésent en invisible à tous, le simple et permanent appel du sommeil auquel tous, qu’ils furent rois ou esclaves, humains ou dieux, ne pouvaient échapper.

*Pourvus que je n’arrive pas trop tard…*

Milles hypothèses toutes plus affreuses les unes que les autres germèrent dans mon esprit alors que je poursuivais mes recherches. Ciel n’avait même pas de corps l’attendant céans, aussi il devait avoir pris possession du premier hôte venu, humain ou animal.

*Trouvé !*

Asgard, il était en Asgard ! Ce royaume honni auquel j’espérais ne plus jamais avoir à mettre les pieds. Ciel avait-il été capturé ? Un cosmos divin l’accompagnait entouré de plusieurs autre cosmos remarquables.

*Un otage ? Freyja !*

Une telle méthode venant de la déesse vanes de l’amour me surprenait. Mais après tout je savais qu’elle avait cédé au sommeil pour laisser le contrôle de sa puissance à son hôte humain aussi le pire était à craindre.

Filant comme un rayon de lumière en direction de mon petit frère, je sentais alors avec plus de précision la nature des cosmos qui entouraient mon jeune petit frère. Nulle hostilité, nulle agressivité, bien au contraire, une douceur et un amour désintéressée s’élevait dans les airs.

*Mais… Que se passe-t-il donc là-bas ?*

Tombant alors sous ma forme éthérée sur la demeure où se trouvait Ciel, j’encerclais alors entièrement la bâtisse sous un dôme de poussière d’or tourbillonnant. Ne montrant nulle agressivité ou volonté d’attaquer, je cherchais plutôt à percevoir avec la plus grande précision possible la nature des évènements se déroulant en ces murs.

Pénétrant par les interstices et les moindres failles de la demeure, de minces volutes dorées achevèrent alors de calmer mes pires soupçons tout en m’informant que ma présence ici était attendue.

*L’hôte de Freyja, ses deux suivantes, ses tigres, Ciel, et… Une petite fille ?… Ce cosmos... Se pourrait-il que...?*

La situation venait de passablement se compliquer. Cessant alors mon observation, le dôme doré qui me composait se tassa sur lui-même, la poussière s’aggloméra alors pour donner naissance à mon corps humain, celui que connaissaient que trop bien mon petit frère.

Spoiler:
 

Prenant forme devant la porte d’entrée de la demeure, c’est d’une main ferme et assurée que je pris la peine de toquer à la porte sachant pertinemment être déjà plus qu'évidement annoncé à ses habitants.

« Veuillez pardonner mon arrivée disons pragmatique, mais vous avez quelqu’un en vos murs qui ne devrait pas s’y trouver, et surtout pas sous cette forme. Je ne vous accuse de rien et vous remercie d’ailleurs d'avoir pris soin de lui, mais je vous demande maintenant de me remettre le lapin contenant mon petit frère suite à quoi nous partirons. »

J’avais été volontairement ferme et clair, je savais que ma présence en ces lieux, une nouvelle intrusion dans un royaume qui n’était pas le mien, ne passerait pas inaperçue. Cette situation ne devait pas durer et personnellement je n’avais aucune envie de rester longtemps en ces lieux, d’autant plus que le ciel semblait particulièrement changeant actuellement.
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Dim 13 Jan - 13:14

Le rire enfantin de Dagmar tinta encore dans la chaleur de la demeure de la douce d'Amour tandis qu'un trouble s'emparait de l'enfant-dieu. La question de la petite princesse semblait l'avoir désemparé. Enfin, cela ne fut que passager, la petite était un véritable rayon de soleil et de sa candeur, elle adoucissait la cruauté de la rencontre entre Ciel et la réalité de ce monde dont il ignorait tout.

Un geste tendre de la déesse vers le lapin que sa fille tenait toujours entre ses bras, elle le caressa avec délicatesse, lui offrant de nouveau de son cosmos pour le soutenir. Le malheureux enfant-dieu était encore si perdu en ces terres du grand nord. Sans la bonté de la splendide incarnation de la Vanir, que serait-il devenu ? Puis, enfin apaisé, il leur offrit sa réponse. Une description qui ne fit que confirmer les pensées de Bruny. C'était succinct et très imprécis. Un peu comme un reflet entraperçu en vitesse sur une surface brillante, peut-être celle d'une source d'une incroyable pureté. A ses petits cris, la jeune femme ne put que comprendre l'embarras de Ciel et en quelques mots, elle demanda à Signy de prendre une instant Dagmar et son ami entre ses bras. Ce qui provoqua un mouvement de Ciel avant la petite princesse ne lui dise de s'apaiser.

- Signy est le maître de ma maman. C'est elle qui lui a appris beaucoup de choses quand elle était aussi petite que moi. Tu dois pas avoir peur de tante Signy..

Laissant la princesse s'expliquait avec Ciel, Brunissen embrasa son cosmos. Celui-ci se déploya en un magnifique déploiement de glace et d'ambre. Quelques battements de coeur s'écoulèrent avant qu'une forme ne jaillissent entre ses mains. Celle d'un miroir d'argent qu'elle déposa devant lui sur la peau d'ours.

- Ceci est le miroir de la déesse et des Valkyries, reflétant la réalité, accepte-le en souvenir de cette journée... Que de son éclat, il te réchauffe le coeur.
- Maman... Je... Elle était revenue près de sa mère avec toujours son invité entre ses bras.
- Chut, ce n'est rien ma chérie.

Dagmar s'en voulait de la peine qu'elle avait causé à leur invité. Elle avait hérité de la vaillance de son père et l'immense sensibilité de sa mère. Voir Ciel se replier ainsi sur lui-même lui faisait de la peine. D'un geste, la belle nordique les prit entre ses bras, tous les deux avant de les bercer, offrant ainsi à Ciel la chaleur d'une étreinte maternelle.

- Les dieux ne naissent pas forcément de la même façon que les mortels dont nous empruntons les corps. Ta naissance et cette croissance qui sont les tiennes ne sont pas si incroyables que tu le penses. Sois rassuré, Ciel, un jour viendra où tu seras capable de surpasser cette blessure au fond de toi, de la conquérir et de la faire tienne. De cette terrible épreuve ressortira une force accrue...

Tu es encore si jeune, Ciel.


Douceur de la déesse alors que le miroir reposait sur le sol. S'il avait pu s'y pencher, Ciel aurait surpris deux images, la sienne plus qu'estompée et celle de son hôte au blanc manteau. Puis, soudain joueur, il se sauva des bras de la petite fille aux cheveux azurés et se mit à bondir dans la pièce. Inutile de préciser que Dagmar se prit aussitôt au jeu. Les rires de l'enfant et ceux de Ciel emplirent rapidement la pièce tandis que Signy se rapprochait de son élève.

Brusquement, un cosmos se fit sentir provoquant le retour des deux félins ainsi que de la seconde suivante. Un sourire se dessina sur les lèvres de Brunissen qui se releva avant de faire un signe à son ancien maître.

- Signy, nous allons recevoir un invité. Prépare notre meilleur hydromel.
- Déesse...
- Ne t'inquiète pas, notre hospitalité est encore plus légendaire que celle d'Hadès. Montrons que cela n'est point une légende mais une réalité.
- Bien, ma Bruny.

Rapidement, celle qui avait transmis tout son savoir à la première des Valkyries et l'autres suivante ramenèrent de quoi accueillir celui qui n'avait pas tardé à se faire reconnaître au travers de ses volutes de cosmos dorés, provoquant même une réaction chez Dagmar.

- Maman. Il ressemble à...
- Oui, c'est son grand frère...
- Oh... Tu vois, on te recherche.

D'un geste rapide, elle s'empara du lapin Ciel que les deux fauves avaient comme oublié, trop soucieux de la présence divine entourant la demeure de le belle nordique. Des coups frappèrent ensuite à la porte et sur un geste de Brunissent, Signy alla ouvrir, invitant le fils de Nyx à entrer.

Un instant s'écoula ainsi sans que personne ne bouge, exceptés les deux tigres qui tournèrent un instant autour d'Hypnos avant de se frotter à lui et de s'écarter. Le maître du Sommeil venait bien en paix pour retrouver son petit frère. Sommeil qui ne tarda pas à prendre la parole. A ces mots, Brunissen s'avança, confiant sa fille à sa seconde suivante, Phyress.

Arrivée devant le dieu, elle prit la parole d'une voix très douce.

- Tout d'abord, soyez le bienvenu en ces lieux, seigneur Hypnos. Puisque vous venez en paix, vous n'avez rien à craindre de nous. Je vous demande juste de respecter ce peuple qui est aussi le mien.

Et l'invitant à prendre place devant le feu.

- Comme vous pouvez le voir votre petit frère Ciel va très bien. Il a encore besoin de repos et de reprendre ses esprits. Laissez-moi aussi vous présenter ma fille, la princesse Dagmar. Je pense pouvoir assurer qu'ils sont déjà devenus de grands amis.

Et se tournant vers les deux femmes.

- Voici, Signy mon maître et mon amie.

La trentenaire s'inclina devant le dieu avant que Brunissen ne poursuive.

- Et Phyress qui est une de mes suivantes et garde du corps. Elle veille sur moi en l'absence de mon époux, le seigneur Samiel d'Epsilon.

Même geste de la part de la guerrière avant qu'enfin, les tigres ne reviennent.

- Je pense que je n'ai pas à vous présenter Amour et Tendresse. Maintenant pour en revenir au but de votre visite, je suis prête à vous laisser repartir mais je pense que ce serait trop brutal pour votre frère. Lui et son hôte doivent être séparés et puis le trouble en son coeur a besoin de s'apaiser. Son pouvoir ne cesse de le montrer. Laissez-lui un peu de temps. Dagmar l'aide bien plus qu'elle ne le pense. N'ayez aucune crainte, je ne suis pour la prise d'otage. Vous devriez le savoir, cette méthode est davantage celle des filles indignes...

Cela lui avait échappé.

- Excusez-moi mais rien ne me révolte plus que cette lâcheté. Tout cela est de l'histoire ancienne et ne compte que la paix. Je sens en vous une plus grande sagesse, prenez un peu de temps...

Au moins pour lui... Il en a besoin après ce qu'il vient de vivre.


Nulle malice nulle traîtrise dans la voix de la belle nordique. Elle souhaitait sincèrement maintenir la paix qui était enfin de retour. Incarnation d'une déesse associées aux trépassés, elle ne pouvait éviter ce genre de rencontre mais ne les redouter pas non plus. Les dieux jumeaux étaient plus réfléchis qu'on le pensait et cela la jeune femme le savait. Elle attendit simplement la réponse du grand frère d'Hypnos que Dagmar dévisageait de ses grands yeux verts, le lapin Ciel entre ses bras.

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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Lun 14 Jan - 0:36

*Ciel.*

Mon petit frère se trouvait dans le corps oh combien frêle et éphémère d’un jeune lapin des neiges et par je ne sais quel miracles il était encore indemne, ou tout du moins son cosmos semblait l’indiquer.

Je m’étais attendu à une réaction froide et hostile de la part des barbares peuplant les terres du nord, mais quelle ne fut pas ma surprise en découvrant le geste m’invitant à entrer dans la demeure où se trouvait la déité nordique de l’amour.

*Un piège ?*

« Je… Je vous remercie pour votre hospitalité mais je ne compte pas m’attarder céans, je viens juste chercher mon jeune frère et ensuite nous partirons. »

J’avais dit cela sans malveillance, supposant que tant la divine Freyja que ses amies devaient avoir autre chose à faire que de nous recueillir, mais lorsque je vis préparé à l’avance une table garni de met aussi appétissant que magnifique, je dû me raviser un instant sur la pertinence de mes préjugés concernant le peuple du nord.

*C’est impossible, ce n’est pas pour moi que cette table fut dressée, sans doute attendent-elle le retour de ces brutes épaisses appelés guerriers divins.*

Ne disant mot, je cherchais du regard mon jeune frère avant de le trouver finalement entre les bras d’une jeune enfant aux cheveux bleus.

"Ciel, mais que fais-tu donc dans ce monde ?! Tu n’es pas prêt pour ces épreuves ! As-tu seulement pensé aux soucis que j’ai eus en découvrant ta disparition ? J’ai remué le monde onirique tout entier pour te retrouver et voilà que je te retrouve ici, dans le monde des hommes, dans le corps d’un lapin et qui plus est dans la demeure d’une divinité ennemie !

Par… Pardonne-moi grand frère… Je… Je ne voulais pas te faire de la peine. Je voulais simplement savoir à quoi ressemblait ce monde d’où provenait Marie-Ange.

Ciel… Pourquoi ne m’en as-tu pas parlé ? J’aurai pu te montrer mille rêves sur ce monde, ainsi tu n'aurais jamais eut à le parcourir toi-même.

Non ! Justement. Je… Je voulais le voir de mes yeux, je sais que tu veux me protéger de certaines choses, mais je veux savoir ce que Marie-Ange et toi vivez quotidiennement, je veux pouvoir vous aider et pour cela je dois pouvoir vous comprendre.

Ciel."


Je ne savais pas comment répondre à mon jeune frère. Sa volonté était tellement louable que je n’osais y rétorquer par mes souhaits égoïstes. Pourrait-il comprendre que je ne souhaitais pas qu’il apprenne tout ceci ? Pourrait-il jamais comprendre que je ne voulais que le conserver aussi pur et innocent que possible ?

Ce fut la source du cosmos de la divine Freyja qui la première vint rompre le silence pesant alors tombé sur nous, un silence qui ne m’empêchait pas de caresser énergiquement le dos des deux tigres venu me trouver pour se frotter le museau contre mes jambes.

"Sage, sage."

« Tout d’abords sachez que je suis touché par votre invitation, dame Freyja. De toutes mes connaissances nordiques, vous êtes l’une des rares à avoir fait preuve d’une telle amabilité envers moi. Ce qui m’amène à votre deuxième phrase, sachez que je ne méprise pas sans raison, et que le respect s’acquière, aussi pardonnez ma franchise lorsque j’affirme ceci, mais mes précédentes expériences avec ceux de votre peuple n’ont fait que conforter mon opinion sur bien d’entre vous. Je ne demande certes pas mieux que d’avoir la preuve de mon erreur, encore faudrait-il que cette preuve existe et que j’en sois témoin. »

Tout en me demandant si par le plus grand des hasards je n’étais pas tombé jusqu’à présent que sur de piètres spécimens de ce peuple, je laissai Freyja me conduire devant le feu avant qu’elle ne me présente la maisonnée.

« Princesse Dagmar, dame Signy, dame Phyress, c’est un plaisir. »

M’inclinant légèrement devant ces personnes de grandes importances, je songeais aux conséquences possibles d’une union entre une divinité et un mortel donnant naissance à un enfant. Un enfant qui attirerait sur lui nombre de convoitises et de malveillances.

*Pauvre enfant.*

Si je distribuais sans réserve ma bénédiction à toutes créatures consciente à partir du moment où celle-ci s’éveillait au monde, je n’en étais pas moins respectueux des esprits de ces mêmes créatures, aussi je n’appréciais guère violer leur souvenirs et leur vie sur un simple caprice. Mais devant une telle révélation, aussi tardive et aussi importante, peut être devrais-je prendre le temps de m’interroger sur la pertinence de mes principes.

Caressant encore les deux imposants félins, Freyja les rappela à elle avant de poursuivre son discours ma foi fort instructif.

Posant mes yeux d’or sur l’étrange petit couple que faisait la princesse et le lapin blanc, je devinais quelque chose s’étant crée entre eux, quelque chose que je ne parvenais pas à définir mais qui ne pouvais être nié.

J’eus un petit sourire en coin à la maladresse de la maîtresse de maison, un sourire que je ne cachai pas et que mon regard devait traduire bien assez clairement pour que les mots ne soient pas nécessaires. Même un aveugle aurait pu deviner que je ne la blâmais pas pour ses dires aussi vrais que justes.

*Je crois que je pourrais commencer à t’apprécier divine Freyja.*

Fermant un instant les yeux tout en croisant les bras, je réfléchissais aux possibilités et aux variables que cette grande équation me fournissait. Une par une chaque variable étaient analysées puis remplacées et enfin, après quelques secondes, je rouvris les yeux.

« Je vous entends et je vous crois divine Freyja. Je vous remercie pour vos compliments et espère moi-même en être digne. Je vais en tout cas suivre vos conseils et laisser un peu de temps à mon jeune frère. Comme vous dites votre fille et lui semblent avoir tissés un lien d’amitié et les séparer maintenant ferait plus de mal que de bien. Cependant, avant que nous ne puissions apprécier d’avantage votre compagnie il me reste une chose à faire maintenant qu’il est venu en ce monde. »

Me dirigeant vers Dagmar, je me penchais doucement en tendant mon bras vers elle.

« Princesse Dagmar, daignerez-vous me remettre ce lapin ? »

Ce fut avec un sourire timide qu’elle me tendit mon jeune frère que je saisissais alors à deux mains.

"Tssss, dire que tu es si mignon comme ça.

Arrête de te moquer de moi !

Héhé."


Le visage vexé du lapin trahissait notre conversation mentale, un bref instant de complicité avant que je n’opère l’extraction de l’essence de mon jeune frère hors de ce lapin. Dans une de mes mains se trouvait à présent un lapin endormis alors que dans l’autre se dessinait à présent une silhouette humaine composée de poussière d’or et de saphir. Un vent léger accompagna la matérialisation de l’enveloppe physique de l’enfant dieu et ce fut dans un flash de lumière que mon œuvre s’acheva.

Spoiler:
 

« Et voilà, maintenant tu existes en ce monde toi aussi. »

J’ébouriffais au passage les cheveux corbeaux de Ciel alors que celui-ci semblait ne pas revenir des sensations que lui procurait son nouveau corps, un corps aussi artificiel que le mien certes, mais un corps beaucoup plus adapté à la rude existence qu’imposait le monde physique.

« Alors tu es content ? »

Ciel leva alors vers moi un regard plein de larmes, des larmes de joie.

« Grand frère ! »

Sans que j’eusse le temps de réagir, Ciel me sauta littéralement au cou et nous fit alors tomber vers le sol.

« Hey hey, du calme. »

Matérialisant un doux nuage de poussière d’or sous nos deux corps en chute libre, celui-ci nous accueillit mollement avant de nous faire nous remettre debout.

Toujours sanglotant dans mes bras, j’aidais mon jeune frère à se calmer avant de me redresser pour enfin le présenter proprement à l’assistance.

« Divine Freyja, princesse Dagmar, et vous-même mesdames, laissez-moi vous présenter mon jeune frère Ciel, ou tout du moins son vrai visage. »
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Lun 14 Jan - 19:02

Plus l'incarnation de la déesse de l'Amour le contemplait, plus elle avait l'impression de le dieu du sommeil tombait des nues en découvrant la véritable hospitalité des habitants du Grand Nord. Que penser d'autre en plongeant son regard dans le sien. Hypnos ne le pouvait le cacher, il ne portait pas le peuple d'Asgard dans son coeur. Enfin, la belle nordique ne lui en tint pas rigueur. Après tout, leurs peuples avaient si souvent été amenés à se heurter. Ou plus exactement, Asgard se retrouvait trop souvent pris dans les conflits agitant les Olympiens.

Elle baissa un instant ses longs yeux de jade, se remémorant le mal qu'on avait cessé de lui faire.

La plupart des membres de cette famille n'était décidément pas capable de se comprendre autrement que par le fracas des armes. Enfin, ce n'était pas non plus le cas de tous. Elle ne faisait pas de généralité malgré ses nombreuses rencontres avec eux. Rencontres qui ne lui avaient pas laissé que de bons souvenirs.

Elle rouvrit ensuite les yeux, contemplant le tableau de la divinité face au lapin blanc. Tous deux semblaient en pleine discussion. Un échange aussi étonnant qu'intense. Les sentiments entre eux étaient réels et Brunissen respectait cela. La déesse de l'Amour était bien plus douce qu'on ne pensait. Incomprise dans la plupart de ses décisions mais désireuse d'offrir la paix et le bonheur à Asgard.

Elle demeura ainsi sans un mot tandis que ses mains reposaient sur les épaules de Dagmar en un geste empli de douceur mais aussi de protection. Quelque chose d'unique allait se passer dans ce salon et elle savait que cela aurait son impact sur son avenir et celui des siens.

Les premières effusions passées, le maître du Sommeil reprit la parole et elle l'écouta avec la plus grande attention. Sa blondeur n'avait rien à envier à celle de la puissante Vanir lorsqu'elle paraissait dans toute sa splendeur. Des mots lourds de significations auxquels elle répondit avec le plus grand calme et même une certaine douceur.

- Et j'en suis honorée, seigneur Hypnos. C'est sincère, n'y voyez nul tentative mais simplement l'accueil des habitants du grand nord. L'hospitalité chez nous n'est pas un vain mot. Notre peuple vit sous un climat rude le mettant à l'épreuve. Nos hommes sont chacun à leur façon des rocs et des forces de la nature mais cela ne les empêche pas aussi d'être des hommes de bien. Nous ne sommes glaciaux qu'en apparence, prenez juste le temps d'apprendre à nous connaître.

Un sourire de la part de la jolie Phyress qui s'éloigna pour ranimer le feu, la chaleur du foyer de la première des Valkyries ne devait point faiblir. Un regard vers la suivante qui garder son calme.

- Sans doute n'avez-vous croisé que des guerriers défendant les leurs sur le champ de bataille ou des brigands faisant honte au peuple leur ayant donné le jour. C'est malheureux mais dans tout peuple naissent des mécréants ne songeant qu'à nuire ou à s'accaparer tout ce qu'ils peuvent voire juste détruire pour le plaisir de détruire ou d'asservir. Enfin, je ne vous apprends rien...

Et puis, les relations entre Asgard et les Enfers ont trop souvent souffert des guerres incessantes entre Athéna et Hadès...

Mais maintenant, la paix est de retour grâce au grand Zeus et une telle chance ne doit pas être gâchée. Vous n'ignorez sans doute pas que je suis aussi liée à l'autre monde, ce qui devrait faciliter les choses entre nous en plus du fait d'être deux divinités civilisées...

Et enfin, je ne vous jugerez pas selon le mal que m'a fait Eris. A deux reprises, elle m'a empoisonnée mais je sens aussi que vous êtes plus que différent de votre soeur et êtes venu en paix. Songez à votre frère et ce qu'il représente aussi pour l'avenir. Dagmar et lui nous montrent l'exemple de ce que pourrait être nos royaumes si nous parvenions à nous parler aussi librement qu'eux.


La suite se passa sans trop d'encombre malgré la petite maladresse de l'hôtesse. Elle était franche et cela le dieu venait d'en avoir une preuve. Les guerriers du nord avaient le sens de l'honneur en plus d'un courage sans bornes. Nul reproche lorsque Hypnos reprit la parole mais simplement des mots confirmant l'immense inquiétude qu'il avait ressentie pour Ciel. Puis, elle le vit se pencher vers sa petite princesse.

- Vous allez pas partir tout de suite monsieur Sommeil ? Des mots d'une telle innocence. Ciel ne va partir tout de suite ?

Elle tendit le lapin, intimidée.

- Il aura pas mal ?
- Non, ma chérie. Ne t'inquiète pas. Hypnos est son grand frère, il va l'aider à sortir du lapin. Laissez-les maintenant.
- D'accord. répondit avec une pointe d'inquiétude la fillette.

La conversation dut reprendre entre eux. A voir l'expression indignée sur la tête du lapin, cela ne faisait même aucun doute. D'un geste, Brunissen étouffa même le fou rire qui menaçait de la prendre mais c'était trop drôle à voir. Puis, soudain, cela commença. Sous les yeux des personnes présentes, Hypnos sépara l'essence de Ciel de son hôte lagomorphe. Lequel se retrouva endormi dans l'une de ses mains tandis que le cosmos du fils de Nyx augmentait en flèche, mêlant l'or et le saphir. Un instant s'écoula tandis que Dagmar ouvrait des yeux émerveillés tout en interrogeant du regard sa mère et les deux autres dames présentes qui lui répondaient d'un sourire. Puis, enfin, une silhouette apparut et se précisa.

- Oh, tu es très beau !!!

La petite princesse battait des mains mais cela passa inaperçu tant l'émotion submergea l'enfant-dieu.

- Mais pourquoi il pleure ? Il est...
- Chut... Il est heureux ma chérie. Tout simplement, laisse-lui un peu de temps pour retrouver sa famille.

Des mots tous doux de la part de la déesse et un geste de Signy qui récupéra le blanc lapin lorsque Ciel se jeta littéralement au cou de son grand frère, les faisant tous les deux chuter. Un plongeon amorti par un nuage doré avant que les deux divinités du sombre royaume ne se relèvent et que Hypnos présente aux dames des lieux son jeune frère.

- Et bien, enchantée de t'accueillir en ces lieux, Ciel.

La voix très douce de Brunissen s'était ainsi élevée avant d'être remplacée par celle de Phyress.

- Regarde-toi. La princesse a raison, tu es très beau. De la part de notre déesse, accepte ce présent.

Elle lui tendit alors le miroir avant que Brunissen elle-même ne sèche les larmes de l'enfant-dieu d'une délicate volute cosmique. Un autre geste empli de douceur toute maternelle. De quoi réconforter l'enfant-dieu et à voir les autres femmes présentes, il avait toutes les chances de se retrouver avec deux autres dames pour s'occuper de lui.

- Ce sont des larmes de joie, jeune dieu. Prend place à notre table, tu pourras reprendre des forces et goûter autre chose que les légumes que ma fille a offerts à ton hôte.

Et à ses mots, Dagmar rajouta.

- Oui, maman fait des biscuits au miel délicieux. Moi, j'ai décoré le gâteau.

Un sourire empli de fierté vers son enfant et Brunissen acheva.

- Joignez-vous aussi à nous, seigneur Hypnos. Je suis certaine que vous n'avez jamais savouré le véritable hydromel ou simplement notre bière. Réchauffez-vous un peu le temps que votre frère aille mieux et qu'on trouve un endroit pour lui...

Ajouta-t-elle en désignant le lapin toujours endormi.

" Puis, si vous le souhaitez, nous avons aussi tout le temps d'évoquer d'autres sujets. "



Dernière édition par Brunissen le Mar 15 Jan - 10:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Lun 14 Jan - 21:36

Heureux, il semblait si heureux en cet instant. Ciel, dans son innocence se réjouissait encore d’un rien ignorant pour le moment ce que mon geste signifiait réellement. Si j’avais redouté cet instant avec une grande appréhension, je devais admettre qu'il aurait pu être bien pire car malgré mes préjugés concernant ce peuple, il y avait un monde qui séparait la divine Freyja et ses compagnes des rustres ases que j’avais jusqu’à présent rencontré. Bien sur un tel pourcentage restait fort risible en comparaison du chiffre théorique composant le peuple du grand nord, mais l’expérience n’avait que faire de statistiques, et les généralités étaient si faciles, si réconfortantes.

Il en était de même pour toute chose, et encore aujourd’hui je me surprenais à m’émouvoir encore de la facilité avec laquelle nos esprits fussent-ils divins s’accommodaient si bien de ces défauts pourtant si humain.

Devais-je être parfaitement honnête avec mon hôte ? Elle m’était encore trop inconnue pour cela. Je ne pouvais pas me targuer d’un caractère aussi direct. A la différence de mes frères j’avais toujours été le plus réservé, le plus taciturne. Nous avions ce point en commun avec ma chère sœur, elle que le monde méprisait et honnissait à l’unisson.

Certes il était facile voir évident de blâmer la discorde pour ce qu’elle était, mais finalement elle ne faisait que faire ce pourquoi elle existait. Que serait un monde dans lequel la discorde n’existerait pas ? Un monde sans conflit pouvait-il réellement perdurer ? Pouvait-il progresser ? Je me posais souvent la question.

Bien sur le fait qu’elle soit ma sœur n’aidait pas mon jugement à être le plus objectif possible, et depuis que sans doute bien malgré elle, Eris nous avait fait nous rejoindre et nous aimer ma reine et moi, j’éprouvais à son égard de la compassion et de la miséricorde pour une martyre, une force incarnant un mal nécessaire, une figure détestée mais fondamentale à laquelle tous autant que nous étions devions beaucoup.

*Thanatos… Tu n’es pas si différent, toi qui incarne la fin de l’existence mortelle pourrais-tu comprendre mon point de vue ? Toi que l’humanité hait, tu n’es pourtant pas méprisable comme ces divinités masquant leurs vices derrière un masque de vertu. Pourquoi de toute notre famille suis-je le seul à avoir un attribut me rendant agréable aux yeux d’autrui ?*

Et Freyja, pourrait-elle me comprendre ? Comment réagirait-elle devant mes opinions ? Elle que ma sœur avait blessée par deux fois ? Au fond peut être avais-je raison de conserver ces idées pour moi. Dans son rôle injuste et silencieux, ma sœur devait rester hait, elle devait rester tel que le monde avait besoin de la voir, un ennemi à abattre, à combattre, une émulation pour tous, un moteur de changement.

*Oui, c'est sans doute mieux ainsi. Tant qu'en mon cœur je te garderais cette place le monde lui peut bien continuer de te haïr.*

Je laissais de côté ces pensées et alors que Ciel se découvrait pour la première fois au travers du miroir d’argent que Phyress lui avait tendu, je vis avec attendrissement l’intérêt que l’assistance semblait porter envers mon jeune frère.

*Freyja a raison, un avenir différent se dévoile avec eux. Si le conflit est un puissant moteur d’évolution, la coopération en est un autre.*

« Merci grand frère, merci dame Brunissen, merci princesse Dagmar, merci à vous tous pour ces beaux cadeaux. »

La voix sanglotante de mon jeune frère me ramena auprès de lui alors que la divine Freyja et son enfant nous invitaient à leurs tables.

*Dame Brunissen ?*

Dévisageant la divine Freyja, je me demandais ce que Ciel avait voulu dire par là.

*Brunissen, l’hôte humain. Freyja serait-elle toujours en sommeil ?*

Un rapide examen du royaume très fermé du sommeil divin fut suffisant pour confirmer cette hypothèse. Ainsi je m’adressais à une humaine disposant de la puissance d’une divinité. Cela ne changeait pas grand-chose à notre situation mais cela pourrait avoir son importance pour la suite.

« Vas-y Ciel, ne fait pas attendre la princesse et soit aimable avec elle, après tout elle a dut beaucoup travailler sur ce gâteau. »

Poussant gentiment mon petit frère vers Dagmar, celui-ci rougissait encore des compliments qu’elle lui avait lancés sans qu’il s’en aperçoive immédiatement.

« Je… Je veux bien goûter. »

Timide, encore si timide et innocent. Combien de temps allait-il pouvoir conserver ces dons si précieux ?

Laissant la jeune princesse conduire Ciel à la table où les attendait nombre de victuailles, nous restions sur place Brunissen et moi. Regardant simplement deux enfants heureux ensemble savourant avec enthousiasme ces fameux biscuits.

« Je vous remercie encore pour l’attention que vous avez porté à mon petit frère. Il aurait pu finir en beaucoup plus mauvais état si vous n’aviez pas été là pour lui. J’accepte avec joie votre hospitalité de même que votre invitation à dîner, ce corps artificiel n’a pas un sens du gout aussi développé que celui d’un hôte humain mais je promets de faire de mon mieux pour savourer ce repas que vous nous offrez d'aussi bon cœur. »

Bien sur mon état était identique à celui de mon petit frère, lui aussi se voyait en possession d’un corps artificiel, mais apparemment cela ne l’empêchait pas de se régaler. La nourriture devait être de grande qualité. Peut-être qu’effectivement cette fois l’hydromel ou la bière se révéleraient être savoureux.

« Pour ce qui est du lapin, je pense qu’il fera un agréable compagnon à votre fille. »

Je poursuivis alors la conversation par télépathie.

"J’accepte également votre proposition de discussion, mais je vous propose de tout d’abord faire honneur à cette table dressée pour nous par vos soins, nos corps artificiels n’ont pas besoin de se nourrir comme ceux des humains, mais la joie d’un bon repas rendra nos humeurs d’autant plus réceptives à la joie que semblent éprouver les enfants. Mangeons, buvons, rions, ensuite nous parlerons."

J’attendais alors la réponse de la maîtresse de maison tout en regardant les deux petits goinfres d’un air amusé.

"Nous devrions nous hâter avant qu’il ne reste plus le moindre biscuit, j’avoue qu’ils m’intriguent, tout comme le reste de votre table."
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Mar 15 Jan - 12:01

Un regard vers Hypnos, les paroles de Ciel avaient du éveiller sa curiosité. Enfin, elle se doutait bien que tôt ou tard, il se serait aperçu de la complexité de la situation. La déesse de l'Amour s'était épuisée pour maintenir son aura en continu sur l'ensemble du royaume, à une intensité que mille prêtresses d'Asgard ne pourraient atteindre, et les guerres successives lui avaient laissée bien des séquelles. Elle avait eu besoin de se retirer même si elle était toujours là, tendre et bienveillante.

Son âme veillait au plus profond du corps de la belle guerrière. Le miroir aurait tout aussi bien pu le révéler comme il venait de le faire pour Ciel. Enfin, Brunissen ne se plaignait pas. Elle se sentait même merveilleusement bien en ces temps de paix. Samiel la rendait pleinement heureuse et de leur amour était née Dagmar, le premier de leurs enfants. La jeune femme souhaitait en effet avoir d'autres enfants. Son époux était sans nul doute l'un de plus puissants guerriers si ce n'était le plus puissant pour être arrivé en premier jusqu'à Giudecca. Qu'il soit le plus modeste ne faisait que rajouter à sa grandeur. Auprès de lui, elle était si heureuse et leur amour ne cessait de croître.

Les paroles du fils de Nyx la tirèrent de ses pensées. Elle sourit en voyant le jeune garçon encore si timide. Il fallait dire que Dagmar ne lui laissait pas le temps de souffler. Ce qui au fond était le mieux. Cela chassait sa tristesse et lui offrait un tel réconfort. Un signe de tête de la belle féline vers sa fille qui prit la main de Ciel avant avant de le mener enfin à la table où Phyress et Signy ne tardèrent pas à les servir.

- Oui, tu va voir, je l'ai fait avec maman !! Mais dame Signy ne veut pas que je le coupe. Une petite voix outrée à laquelle répondit un rire léger.
- C'est trop dangereux de jouer avec des couteaux à ton âge, ma petite.
- Attend d'avoir quelques années en plus. Moi aussi, j'ai du attendre tout comme notre dame Bruny. Et Phyress caressa le haut de la chevelure bleutée.
- Tu m'apprendras pour les...
- Bien sûr mais sers notre invité, ma princesse.
- D'accord, tiens, Ciel, il est délicieux.

Le repas avait ainsi commencé. Les enfants-dieux savourèrent les mets que Brunissen et ses deux compagnes avaient préparés. Pour Hypnos, elle avait fait disposer des plats un peu plus consistants avant de demander à Signy d'aller chercher la meilleure des bières en plus de l'Hydromel. La rencontre de la jeune femme avec Thanatos s'était achevée au mieux aussi elle était certaine au fond d'elle-même que ce serait pareil avec son frère jumeau.

- J'espère que cela vous plaira, seigneur Hypnos, cela doit être bien différent de la nourriture des dieux. Le nectar et l'ambroisie. Pour Ciel, c'est tout à fait naturel. Jamais, je n'aurais abandonné un enfant dans une telle situation. Vous devriez aussi remercier Dagmar. Ma petite princesse a été la première à le remarquer. Pauvre enfant, il était si désemparé. Les lapins en ces terres...

Enfin, tout s'est achevé au mieux et il se remettra vite de cette mésaventure. Laissons-lui juste le temps. Dagmar l'y aide déjà tellement. En tout cas, je suis ravie qu'il aime autant les biscuits au miel.


Un sourire amusé en voyant les deux enfants engloutir le panier de biscuits. Puis, soudain, le lapin revint au centre des discussions.

- Le laisser à Dagmar ? Oui, elle en prendra le plus grand soin. Nous savons respecter la Vie, seigneur Hypnos tout comme nous savons que la Mort est indispensable pour que la Vie continue tout comme l'Amour l'est aussi.

" Bien, comme vous le souhaitez, allons les rejoindre. J'espère que cela ne vous ennuie pas que Signy et Phyress soient aussi présentes. Ce sont mes amies en plus d'être mes suivantes. J'ignore les coutumes des divinités infernales mais ici, nous sommes une grande famille. Personne n'est mis à l'écart. "

Sur ses mots, elle invita Hypnos à la suivre et à prendre place à la table où se trouvaient déjà les deux enfants.

- Dagmar, tu veux bien passer la corbeille ?
- Oui, maman, oh, elle est presque vide. Elle rougissait presque. Tu veux que j'aille en rechercher à la cuisine ?
- Laisse, j'y vais.

Un clin d'oeil de Signy qui s'éloigna avec la corbeille vide tandis que Bruny éclatait de rire.

- Contente que cela te plaise autant Ciel. Comment te sens-tu, maintenant ?

A ces mots, le jeune dieu rougit sous les yeux de jade de la féline et de sa fille. Toutes deux avaient le même regard doux. La ressemblance entre les deux déesses étaient certaine tout comme Dagmar avait hérité de la chevelure de son père, un peu plus bleutée mais c'était bien de lui qu'elle tenait ces magnifiques cheveux.

La suite se passa sans encombre. Signy revint avec la corbeille pleine avant de la présenter au dieu du Sommeil, sans doute ne connaissait-il pas la cuisine de la dame d'Asgard mais qui sait ? Peut-être apprécierait-il autant que le jeune Sacha ? C'était aussi pour son neveu que la jeune femme en faisait autant ou pour les enfants venant jouer avec Dagmar. Brunissen tenait à ce qu'elle ait une enfance normale comme elle avant que Signy ne l'emmène sur le glacier pour des années.

Les autres plats suivirent ensuite, des légumes, de la viande tendre et cuite à point en abondance. Des fromages et du pain. De quoi affronter le climat rude d'Asgard. Par chance, Brunissen n'avait pas prévu de préparer de lapin ou de lièvre. D'ailleurs, elle n'aimait pas cela. D'un regard, elle observait les réactions de Hypnos à cette nourriture qu'il découvrait. Tout semblait se passe au mieux tandis que les enfants riaient dans leur coin. Dagmar et Ciel s'entendaient réellement à merveille et le ciel ne tarda pas à se dégager. Le soleil d'été illuminait les terres entourant la demeure de la splendide guerrière.

Soudain, elle sentit un museau contre elle. A leurs habitudes, Amour et Tendresse reprenaient leurs apparences de gros chats pour quémander des morceaux de viande ou de poisson lorsqu'elle en préparait. Elle se leva et alla leur en donner un peu à part.

Le repas s'était passé au mieux, détendant une atmosphère qui n'était pas réellement tendue et une fois la table débarrassée, Signy apporta des cornes emplies du meilleur hydromel et d'autres contenant de la bière.

- Seigneur Hypnos, choisissez ce que vous aimez le plus.

Un regard amusé vers Dagmar qui se renfrogna. Elle était trop petite pour l'Hydromel. Enfin, elle se consolerait avec le lait que sa mère lui servirait. Le temps s'était éclairci lorsqu'elle reprit place une corne d'hydromel à la main tandis que les enfants avaient des gobelets de lait. Si Hypnos souhaitait faire goûter l'Hydromel à Ciel, il le ferait. Nul soucis pour la jeune femme. D'ailleurs, elle leva sa corne.

- A l'avenir, seigneur Hypnos, celui que pourrait avoir nos royaumes si tout se passait aussi facilement que pour eux. A l'avenir et à cette rencontre...

" Moi aussi, je suis ravie de vous revoir après tant et tant d'années. "

La voix désincarnée de Freyja, la déesse s'était semi-éveillée et accueillait elle aussi le dieu sans pour autant s'imposer à Brunissen.
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Mar 15 Jan - 20:41

Qu’il était agréable de voir deux enfants simplement joyeux. Après l’inquiétude qui m’avait saisi en apprenant sa disparition et l’angoisse de sa recherche, je pouvais me dire qu’au fond tout ceci ne s’était finalement pas si mal terminé. J’ignorais encore la totalité de l’histoire, mais cela pouvait attendre. Tout d’abords il me fallait faire honneur à la table que Brunissen et ses servantes avaient préparée pour nous. A l’instar de mon jeune frère, les biscuits au miel attirèrent mon attention au moins autant que la curiosité m’attirait vers cet hydromel raffiné.

"N’ayez aucune inquiétude pour vos coutumes, je suis ici votre invité, je les respecterais donc."

Ayant déjà fait un sort aux biscuits qu’ils avaient pu trouver, je refreinai un rire amusé en voyant la bouche pleine de mon jeune frère alors qu’il tenait dans chaque main de quoi la maintenir rempli.

« Eh bien, tu as l’air de te régaler. C’est si bon que ça ? »

Ciel rougissait, avalant avec difficulté, il put enfin s’exprimer.

« Oui c’est vraiment délicieux, je n’ai jamais rien goûté de tel c’est… C’est...

Je crois qu’on a compris. »


Ébouriffant ses cheveux d’une main je prenais place à la table alors que le sourire ravi de Ciel répondait à la demande de Brunissen.

« Je vais beaucoup mieux, merci dame Brunissen. »

Ce fut Signy qui revint alors avec un panier plein de ces fascinantes pâtisseries. Je n’étais pas novice en la matière aussi je pourrais juger en fonction de mes expériences passés. J’avais au cours de mon existence eut l’occasion de goûter à toute les nourritures et boissons humaines, j’avais goûté tous les plaisirs qu’il m’avait été donné d’essayer jusqu’à satiété. Mais des gâteaux préparés par l’hôte d’une divinité, je devais admettre que c’était une première.

Prenant alors un biscuit, j’étudiais en grand connaisseur sa texture, sa consistance, tant avec mes yeux qu’avec mon nez je tentais d’en révéler les notes composant son bouquet. Mon corps artificiel ne disposait pas d’un nez très fin, mais je fus néanmoins surpris par le délicieux parfum que cette pâtisserie dégageait.

La première bouchée acheva de me convaincre du caractère sublime de la chose. A croire que ces biscuits étaient une réalisation ayant nécessité du cosmos. Certes cela n’était pas comparable à l’ambroisie ou au nectar, mais tout de même, ces biscuits battaient à plate couture toute nourriture d’origine humaine que j’avais goûtée jusqu’à présent.

Savourant alors l’arôme incomparable qui perdurait sur mon palet, je tournais un regard et un sourire de félicitation à la créatrice de ces merveilles.

« Dame Brunissen, de ma longue existence vos biscuits sont de loin les meilleurs pâtisseries qu’il me fut donner de savourer. A croire que vous avez usé de vos pouvoirs pour les concevoir. Fantastique. »

Me laissant aller à ma gourmandise, je prenais deux autres biscuits sous l’air amusé de Signy et de mon jeune frère.

« Tu vois ? Délicieux hein ?

Essuie-toi la bouche Ciel, tu t’en es mis partout. »


Quelque peu honteux, Ciel se passa sa serviette sur la bouche avant de poursuivre son repas.

Notre joyeuse assemblée se poursuivit ainsi, dans la joie et l’insouciance des choses de ce monde. Tel était le pouvoir de la convivialité, tel était le pouvoir du bonheur.

*Si seulement ces instants pouvaient durer plus longtemps… Que deviendrions-nous dans un monde fait de bonheur absolu ?*

Viandes, légumes, pain et fromage suivirent en abondance. Un véritable festin nous accompagna avec son cortège de bière et d’hydromel. Si la bière me laissait toujours un mauvais souvenir, l’hydromel lui s’avérait parfaitement délicieux, de la même qualité que ces biscuits le gout de cette boisson, sucré et doux pouvait s’accommoder avec bon nombre de plat, voir même se savourer pour lui-même.

« Je crois que je vais vous en prendre un peu. Et aussi quelque uns de ces biscuits. Avec votre permission dame Brunissen, une fois que je les aurais tout deux compris je pourrais les matérialiser à volonté et ainsi faire profiter le monde entier de vos créations.

Et moi je peux y goûter ?

Bien sûr, je m’en voudrais de te priver d’une telle merveille. »


Ciel avait encore un sourire blanc trahissant l’empressement avec lequel il avait bu son lait. Il devait avoir faim, faim et soif. Hélas aussi savoureux que soit ces mets, ils ne pourraient le satisfaire de ce côté-là.

Devais-je matérialiser sur le champ de quoi le nourrir au risque de frustrer nos hôtes ?

*Nous n’irons pas loin si je ne leur fait pas un peu plus confiance, ils comprendront j’en suis sur.*

Donnant ma corne à mon jeune frère, je le vis engloutir la succulente boisson sans retenue.

« Hey hey laisse m’en un peu affameur ! »

Depuis combien de temps n’avait-il pas mangé ? Je m’en voulais de ne pas lui avoir laissé de stock de nourriture plus importante sur Arcadia, j’oubliais qu’en tant que jeune dieu, ses pouvoirs et sa conscience grandissant nécessitaient d’avantage de nourriture que ce que je consommais moi-même.

Reprenant ma corne de ses petites mains, il ne se frustra pas pour autant, il était heureux, simplement heureux sans se rendre compte de son état.

« Veuillez l’excuser pour ses manières disons spontanées dame Brunissen, c’est son premier repas avec des étrangers, je me rends compte maintenant que son éducation n’est pas encore au point.

Mais… Mais c’est tellement bon. »


Penaud Ciel baissait la tête comme se rendant compte de son comportement. Un comportement qui si il était répréhensible n’était pas sans excuses.

Levant ma corne à la suite de Brunissen, je fus agréablement surpris par la voix familière s’invitant doucement dans mon esprit en cet instant, celle qui avait dut repérer ma venue dans le royaume du sommeil divin et qui avait répondu à mon invitation.

« A l’avenir. Que quoi qu’il nous réserve, nous trouvions la force de le surmonter et de ne jamais perdre espoir. »

"Merci à vous d’avoir fait le voyage, je n’ai pas voulu vous réveiller, vous qui plus que tous vos semblables avez tant mérité ma bénédiction. Cela faisait longtemps en effet. Trop longtemps peut être. Il file si vite pour nous immortels, un battement de cil et des milliers d’années sont passés. Je ne souhaite pas vous priver de ce que vous méritez, aussi je comprendrais que vous souhaitiez retourner dans vos songes. Cependant je ne vous cache pas non plus que durant ces siècles, votre compagnie m’a manquée."

Me levant une fois le toast terminé, je m’approchais de Ciel semblant toujours affamé, il était temps d’en finir avec cet état.

« Tiens petit frère, mange à ta faim. »

Matérialisant devant lui un plateau d’ambroisie, j’y associais une coupe de nectar que Ciel but cette fois avec retenue. La nourriture humaine ne pouvait certes pas nous satisfaire, mais elle avait le mérite de nous rendre d’aussi bonne humeur qu’elle ne le ferait pour le premier venus.

"Veuillez ne pas vous offenser pour ceci dame Brunissen, divine Freyja, ce repas fut délicieux en tout point, mais aussi merveilleux furent la viande, le pain, les biscuits et l’hydromel, il nous faut autre chose pour nous nourrir, j’espère que vous le comprendrez."

Laissant Ciel à son repas devant les yeux perplexes de la petite princesse Dagmar, j’invitais Brunissen à me suivre vers la cheminé où nous attendaient des fauteuils. L’humeur était parfaite pour la discussion à présent.

« Merci pour ce repas, je dois dire que je n’imaginais pas pouvoir goûter d’aussi bonnes choses en ce royaume si rude d’apparence. Peut être aurai-je dut m’intéresser plus tôt à ce que ces apparences dissimulaient et faire fi des moutons noirs. »

M’installant dans un confortable fauteuil, un des deux gros chats vint alors sur mes genoux réclamant après son repas quelques caresses en plus d’un peu de chaleur.

« Oui tu es beau. »

Grattant le cou de l’imposant félin, celui-ci ronronna en me piétinant de ses pattes avant à la manière d’un chat heureux.

Reportant mon attention sur Brunissen, il était temps pour nous de parler de cette journée.

« Avant de poursuivre notre discussion, j’aimerais apprendre les circonstances ayant conduit mon petit frère à rencontrer votre fille. J’imagine qu’en tant que lapin, cette rencontre n’a pas du se faire de manière habituelle n’est-ce pas ? »
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Mar 22 Jan - 14:11

Un sourire amusé, c'était si rafraîchissant et touchant de voir les deux enfants prendre tant de plaisir à ce repas. Ciel qui rougissait suite aux remarques tantôt d'Hypnos tantôt de Dagmar. Un regard indulgent par rapport aux manières de l'enfant-dieu. Loin de tous et de toutes, il découvrait certaines des joies de la vie humaine. Partager un festin auprès d'amis et d'un autre enfant-dieu. Il devait être bien seul, cet enfant, protégé, choyé mais parfois aussi très seul. Des rires étouffés se faisaient aussi de temps à autres entendre entre deux pitreries des chats qui réclamaient un morceau, faisant un instant oublier leur férocité.

A la grande joie de Brunissen, Hypnos avait accepté la présence de ses deux suivantes et amies sans le moindre soucis. Bien des dieux s'en seraient offusqués mais pas lui. Pas cet invité qui faisait montre de bien plus de respect que ne le laisserait croire la réputation que ses adversaires lui tissaient.

Ses ennemis... Un soupir de la belle suivit cette pensée.

La guerre était le pire des fléaux et les blessures qu'elle infligeait mettait toujours un temps infini à cicatriser. La chaleur de la déesse en elle était déjà un baume en lui-même. Elle qui n'avait eu de cesse de veiller sur le peuple selon ses moyens mêmes amoindris. Il fallait soigner les corps mais aussi les âmes meurtries, détecter la haine et trouver le mien de la surpasser. Faire justice aux Ases étaient déjà une voie. Ne serait-ce que pour leur permettre de reprendre pied. Un premier pas. C'était aussi une des demandes du peuple : qu'on lui fasse justice. Savoir que leur tortionnaire, cette ordure de Requin, avait été châtié par Poséidon sur ordre de Zeus avait soulevé une vague d'émotions qui avait retenti dans le Royaume entier ainsi que le soulagement de ne plus jamais le voir revenir.

Ensuite vint la joie de trinquer avec Hypnos, trinquer à l'avenir. Et ce fut aussi à cet instant qu'une autre surprise s'était déroulée. Le réveil de la déesse de l'Amour qui s'était invitée dans les pensées de la jeune femme avant que le dialogue ne s'ouvre entre les deux divinités. Paroles dont elle était le témoin, unie à jamais à l'âme de la déesse.

" Merci pour cette attention, seigneur Hypnos, cela me réchauffe le coeur de voir que certains dieux semblent vouloir se rapprocher des divinités bénéfiques telle que moi...

Les siècles, oui, cela fait des siècles que nous ne nous sommes plus croisés et j'aurais souhaité vous revoir en de meilleurs circonstances. La cruauté des épreuves infligées à mon peuple sur les terres de Midgard ne cesse de révolter la Vanir que je suis. L'Amour semble ne plus avoir sa place dans le coeur des Olympiens. Seuls l'ambition, le pouvoir et le sang semblent les attirer sans qu'ils ne puissent entrevoir l'essentiel...

Mais je ne me suis pas éveillée pour cela, sentir le cosmos du fils de Nyx aborder mon propre royaume onirique m'a sortie de ma léthargie. Cela faisait si longtemps que nous ne nous étions plus croisés... Votre présence m'a manquée même en ces instants où mon âme oscille entre le Sommeil et l'Eveil. Je ne souhaite revenir pour le moment, Brunissen et moi ne sommes qu'une sur certains aspects et deux sous d'autres....

A travers elle, je pourrais vous rejoindre lorsque mon Sommeil touchera à sa fin. Cela prendra sans doute encore beaucoup de temps mais notre destin est de nous retrouver un jour...

A bientôt, Hypnos, Brunissen veillera à ce que tout se passe au mieux.

Mêmes perdue au coeur de mes songes, je prépare l'avenir...

A très bientôt... "


La voix de la déesse s'estompa ensuite. Elle s'était repliée dans son propre monde onirique. Là où nul ne pourrait la rejoindre sans l'intermédiaire de son vaisseau. Brunissen était plus que cela aux yeux de la Vanir qui lui portait une réelle affection mais c'était malgré tout son statut, celui de l'hôte d'une déesse. L'avenir venait de prendre encore davantage de poids dans cette rencontre orchestrée par le destin, les Parques ou les Nornes s'étaient mises en tête de rapprocher des divinités particulières Quel en serait le résultat, seul l'avenir le dirait...

" Seigneur Hypnos, Freyja, elle s'est replongée dans son Sommeil...

Notre peuple a tant souffert de part les actes des Olympiens, si nous sommes encore en vie, c'est aussi grâce au pouvoir de l'Amour et de la Fertilité. Il ne restait rien des récoltes et des réserves de nourritures et même nos routes de commerce étaient fermées.

Sans... Notre pouvoir, le peuple n'aurait pu survivre aux hivers qui ont suivi. A quoi bon régner s'il ne reste plus personne ? Plus la moindre vie...

Vaincre à n'importe quel prix, est-ce réellement cela leur désir, si égoïste... Nous devions sauver le peuple même si cela mettait en péril notre survie... Sans que personne ne s'en rende compte à part ceux qui nous aiment réellement. Combien de dieux peuvent soutenir un tel effort ? Même Athéna serait incapable de tenir plus d'une journée dans le froid d'Asgard.

Je souhaite... Puisse tout cela ne pas avoir été fait en vain... Puisse l'avenir s'avérait différent de ces querelles d'Olympiens aussi stériles que destructrices... "


Un instant, elle baissa la tête. L'émotion en la belle nordique était devenue si forte qu'elle ne pouvait que difficilement la cacher. Le réveil de la puissante Vanir avait aussi cet effet, celui de réveiller à pleine puissance les sens surnaturels de la Tigresse et aucun être normal ne pouvait se rendre compte de l'ampleur des pouvoirs de perceptions de la déesse de l'Amour.

Quelques secondes et elle se reprit, le cosmos de sa fille s'était comme éveillée. Inconsciemment, Dagmar soutenait sa mère. La petite princesse était si touchante et douée de pouvoirs qui s'annonçaient plus que prometteurs.

A cette tendresse toute filiale, l'amour d'un enfant pour sa maman, Brunissen se retourna vers le tableau formé par Ciel et Dagmar. C'étaient aussi eux l'avenir. Si seulement, ils pouvaient ne pas oublier cette journée. Puis, sous le regard apaisé de la jeune femme, Hypnos tendit sa corne à son petit frère.

Le voir engloutir le contenu fut un moment unique. De quoi arracher un sourire à la Féline sous le regard boudeur de Dagmar.

- Viens mais tu n'en bois pas plus que quelques gorgées.
- Bien, maman...

Sous le regard plus qu'attentif de sa mère, la fillette goûta juste la boisson avant que la belle ne repousse la boisson. Brunissen était très attentive à son enfant et voir la petite fille malade était bien la dernière chose qu'elle souhaitait.

Puis, ce fut vers les deux frère que l'attention générale se reporta. Hypnos venait de matérialiser du nectar et de l'ambroisie.

- Je comprends seigneur Hypnos, vous ne mangez pas la même chose que nous. Cela me rend déjà heureuse que vous ayez tant apprécié le repas que nous vous avons offert. Signy, veux-tu préparer un panier pour nos invités. Tu y mettras le meilleur de notre hydromel et plusieurs paniers de pâtisseries et de biscuits ainsi qu'un pot de miel.
- Bien, ma Bruny.
- Cela doit vous étonner mais ici, nous connaissons nos guerriers et ceux qui luttent pour nous. J'ignore si certains des spectres oseraient se comporter comme Signy ou Phyress ?

Quelques instants plus tard, elle se leva et accompagna Hypnos devant le feu. Un moment unique tandis que les chats prenaient leurs aises en s'installant sur les genoux des deux divinités. Amour avec Hypnos et Tendresse auprès de Brunissen. C'était étonnant de voir cela, d'un geste, Brunissen caressait Tendresse tandis que son invité faisait de même avec l'autre chat. Le ronronnement des chats se fit entendre avant qu'ils ne s'endorment. Que d'une oreille bien sûr...

Quelques gorgées d'hydromel et la conversation allait reprendre mais tout d'abord, elle allait satisfaire la curiosité d'Hypnos. Cela risquait de lui déplaire mais cela aurait le mérite de lui ouvrir les yeux sur le danger de tenir les enfants dans un cocon surprotégé. Elle couvait Dagmar mais elle lui enseignait aussi la réalité de ce monde et ses dangers avec douceur. Samiel les protégeait toutes les deux tout en veillant aussi sur l'éducation de leur enfant, leur petit trésor. Un père aimant et attentionné qui passait le maximum de temps possible avec elle et leur fille.

- Ciel...

Cela risque d'être dur à entendre, seigneur Hypnos. En fait, vous devriez remercier ma petite princesse.


Son regard coula vers les deux enfants que les suivantes écartèrent. Elles avaient compris que les circonstances de la rencontre avec le jeune dieu étaient dures et que certains mots risquaient de blesser le jeune garçon.

- Mieux vaut qu'on ne parle pas trop fort. J'ai éludé certaines de ses questions car c'est davantage à vous et à votre frère d'y apporter les réponses qu'à moi. Je ne me le permettrai pas en tout cas.

Cette fois, ce fut vers les flammes qu'elle se tourna.

- J'avais décidé de profiter de la beauté de cette journée pour me baigner avec Dagmar dans l'une des mares toutes proches. Avec notre escorte habituelle.

A ces mots, les oreilles des deux chats se redressèrent.

- Nous étions en train de prendre un peu de repos aux doux rayons de Sol lorsque Dagmar commença à jouer au milieu des fleurs. Comme vous vous en doutez, je ne la laisse jamais sans protection aussi dès que j'entendis l'approche de chasseurs, je me suis relevée. Je l'avais déjà rejointe lorsqu'elle me demanda de sauver un lapin.

Elle baissa la tête.

- Un lapin blanc à la cuisse blessée, courant comme jamais aucun lapin normal ne l'aurait fait.

Un instant, elle se tut. Dès qu'elle l'avait vu, elle avait compris que cet animal n'était pas ordinaire puis elle reprit.

- Il courait vers les sources de cosmos. Moi et ma fille. Il nous avait d'ailleurs presque rejointe lorsqu'une flèche siffla. Une flèche que j'ai intercepté avant qu'il ne se réfugie dans les bras de Dagmar. Inutile de vous préciser que nos chasseurs sont très doué au tir à l'arc. C'est passé prêt, très prêt. Elle l'aurait atteint en plein thorax. J'ai ensuite pris les choses en mains. Les chasseurs ne voyaient en lui qu'un lapin parmi les autres et se sont retirés à mon ordre. Pour le reste, je l'ai soigné de mon cosmos et ramené chez nous. Depuis, nous veillons sur lui, je me suis permise de lui apprendre le norrois pour qu'il puisse nous comprendre. Quand au reste, je n'ai fait que dire le minimum. Je ne tenais pas à le traumatiser davantage en lui révélant qu'il aurait fini en repas sans notre intervention.

Enfin, il semble remis de ses émotions et rencontrer un autre enfant l'y a aidé. Au fond, il y a gagné bien plus qu'il ne le croit. N'êtes-vous pas d'accord ?
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Mar 22 Jan - 19:29

Le temps était un bien grand juge, il réglait par son seul passage bien des conflits. C’était également le cas aujourd’hui, alors que je découvrais un peu plus à chaque instants qui passaient une facette inconnu d’un peuple que j’avais jusqu’à présent qualifié de primitifs, d’obscurantistes et de barbares archaïques. Encore une fois je devais reconnaître mon erreur, les amalgames et les généralités étaient si tentantes, si réconfortantes, même pour un dieu.

*Je ne suis décidément pas au bout de mon voyage.*

Et tandis que Brunissen parlait, j’écoutais avec attention, ne réagissant pas immédiatement au risque de paraître distrait, ce qui ne pourrait pas être plus éloigné de la réalité. J’écoutais, j’écoutais vraiment, prenant le temps de bien saisir chaque mots, j’écoutais d’une manière interdisant toute autre action.

Tant d’évènements improbables s’étaient déroulés en si peu de temps, la disparition de Ciel, son escapade en territoire asgardiens, sa découverte par l’une des divinités du grand nord, mes retrouvailles et mes adieux avec la déesse Freyja et maintenant le récit de Brunissen.

"Au revoir Divine Freyja, dormez paisiblement à l’abri de la cruauté du monde, dormez jusqu’à satiété au sein de mon royaume, là où les rêves prennent vie. Adieu mon amie, adieu jusqu’à notre prochaine rencontre."

« Je vois. »

Un éclair de rage avait passé dans mon regard au récit de l’incident du lapin. Bien sûr je ne craignais pas pour l’intégrité de mon jeune frère, la perte d’un hôte n’était rien pour nous, ni douloureux ni contraignant, il suffisait d’en prendre un autre. En revanche les dommages psychologiques étaient bien plus redoutables. A l’heure actuelle il était trop tard pour les prévenir, il me fallait désormais et à jamais composer avec eux.

Je portai un regard attendri vers mon petit frère et la princesse Dagmar, elle envers qui j’avais désormais une dette.

« Je vous remercie pour votre franchise. Si ces évènements sont regrettables, je ne peux nier que votre présence à vous et votre fille les ont rendus beaucoup plus doux, pour lui, et pour moi. »

Je reportais mon attention à Brunissen à présent apaisée, apaisée alors qu’il y a seulement quelques instants le pouvoir de la Déesse avait repris son éclat d’origine, j’avais senti son souffle s’étendre, grandir et conquérir la fibre même de chaque consciences vivantes sur des lieux et des lieux à la ronde, car tel était le pouvoir de la divinité nordique commandant à la force de l’amour. Un souffle qui je n’en doutais pas avait apporté beaucoup à ce royaume si rude surement sans que personne ne le sache, un souffle invisible et pourtant implacable.

*Si semblable aux nôtres.*

Mort, sommeil, amour, nous étions différents de ceux se prétendant être nos semblables, nous n’avions pas usurpé un contrôle sur un domaine nous étant antérieur, nous n’étions pas de simple contrôleurs, nous étions des principes incarnés, des créateurs, des êtres que jamais ils ne pourraient saisir.

« Vous avez été tout à fait honnête avec moi Dame Brunissen, vous m’avez ouvert votre porte et m’avez invité à votre table, vous m’avez fait confiance et je sais que vous partagez un lien unique avec la divine Freyja. Je vous ferez donc confiance à mon tour. »

Un rire joyeux en provenance de Ciel me fit tourner la tête vers l’improbable duo que formaient ces deux enfants aux formidables pouvoirs latents. Quel avenir pouvait bien les attendre ? Je n’en savais rien, et cela m’effrayait.

« Savez-vous ce que je conçois comme la pire épreuve qu’un parent puisse subir ? J’ai créé mille enfants il y a de cela des éternités, chacun d’eux incarnant une forme du rêve, chacun d’eux avec sa personnalité et sa voix propre , chacun d’eux essence de mon essence, chacun d’eux aussi précieux et irremplaçable à mon cœur et pourtant chacun d’eux dut souffrir et cela en dépit de mes efforts les plus sincères.
Au fond de moi je savais que Ciel ne serait pas différent, je savais que comme pour mes enfants, je ne pourrais pas lui épargner la réalité. Pourtant j’ai voulu y croire, j’ai voulu croire que peut être, en le protégeant de ce monde, en lui donnant un bonheur parfait, une utopie où le bien triomphait toujours du mal, où les méchants finissaient toujours par perdre, peut être alors aurai-je finis par y croire moi-même. Peut-être en me plongeant dans son regard simplement heureux aurai-je été heureux moi-même.
Un rêve sans doute bien égoïste, et aujourd’hui rien de plus qu’un rêve brisé.
Aujourd’hui il a connu une facette de la réalité qui le changera à jamais, une facette du monde que je ne pourrais plus nier. Peut-être me mentais-je à moi-même tout ce temps, après mille échecs sans doute aurai-je dut savoir que je ne pourrais pas le garder pur et innocent jusqu’à la fin des temps. Peut être ne suis-je qu’un idiot rêvant simplement d’un monde qui n’existera jamais et plus que tout voulant faire partager ce rêve.
»


A cet instant je me sentais effroyablement mélancolique, repassant mes souvenirs à la lumière de cette nouvelle certitude, je contemplais de nouveau mon passé où se trouvait tant de souffrance, souffrance pour moi, pour eux, pour lui, pour elle.

« Oui peut être ne suis-je qu’un rêveur. Un rêveur perdu qui plus est. Veuillez me pardonner pour mon apparente ataraxie dame Brunissen, je sais que vos sentiments et vos passions sont des plus justifiés et sans nul doutes devraient-ils m’émouvoir d’avantage. Cependant ne me jugez pas insensible ou sourd à vos paroles. Même si auparavant je n’avais pas le moindre respect pour votre peuple, je lui apportais tout de même ma bénédiction et envoyais mes enfants peupler les innombrables mondes oniriques dans lesquels se reposaient vos sujets. Sans doutes aurai-je dut me plonger plus en profondeur dans leur esprit, surement y aurai-je découvert plus tôt mon erreur de jugement. Toujours est-il que je vous comprends, vraiment, je vous comprends.
A présent laissez-moi à mon tour vous conter une histoire qui je l’espère vous aidera à me comprendre par la suite.
Il était une fois un homme ayant perdu tout intérêt pour l’existence, un homme que l’âge et l’expérience avaient purgées de toutes flammes et qui ne faisait que survivre. Cette homme avait pourtant tout pour être heureux, une famille, de prodigieux pouvoirs, l’immortalité, et pourtant ses mains étaient vides, son coeur était fané et son esprit moribond. Jusqu’à ce qu’un jour il croise surement pas par hasard le chemin d’une femme maudite par un mal qu’il ne connaissait que trop bien, un mal qui provenait de sa propre famille, de sa propre sœur. Fusse par ennuie, par curiosité ou pour une raison qui déjà le dépassait, l’homme sauva la jeune femme et prenant sur lui la malédiction, une malédiction ne pouvant causer que le malheur et la destruction. Ainsi sans qu’il s’en rende compte cette malédiction prit racine en lui, pervertissant chaque iota de son essence et menaçant chaque jour un peu plus de le détruire en corrompant tout ce qu'il faisait, tout ce qu'il était. Pourtant, il restait un espoir, un espoir que même cette malédiction ne pouvait pas totalement détruire. L’amour, le vrai, celui pour lequel on abandonnerait tout était née entre ces deux êtres, il fut pour l’homme comme une résurrection et au creux des bras de son amante il redécouvrit le gout de l’existence, il découvrit tellement, tellement de choses qu’il n’aurait jamais crus possible, lui qui croyait tout savoir et tout connaitre. Au final cet amour les transforma, les sublima pour les conduire toujours plus en avant, jusqu’au jour où enfin, la malédiction fut levée par leurs efforts combinés. Leur histoire ne s’arrête bien sûr pas là, car les belles histoires n'ont pas de fin. En revanche s'en était fini de cette épreuve.
»


Je marquais alors une courte pause durant laquelle les ronronnements du félins se trouvant sur mes genoux nous permirent d'éviter un silence trop pesant.

« Racontée ainsi il serait facile de blâmer la sœur et sa malédiction ayant causé tant de souffrance, et je ne pourrais pas vous contredire, cependant si je vous disais maintenant que de cette malédiction est née un enfant, un petit frère aimable et aimé, ne pensez-vous pas que cette malédiction a finalement fait plus de bien que de mal ? Sans elle ce couple n’aurait-il jamais existé, cet enfant n’aurait-il jamais existé ? »

Je posais alors un regard affectueux sur mon jeune frère, lui à présent rassasié et souriant, jouant avec la petite princesse.

« Pouvez-vous vous retrouver vous-même dans cette histoire dame Brunissen ? N'y voyez-vous pas finalement nombre d'histoires vécues ? Moi-même ce récit m’a anéantit, pour moi qui existe depuis si longtemps il balaya tout ce que je croyais savoir et connaitre. Aujourd’hui, tel que vous me voyez, je ne sais plus qu’une chose, je n’ai plus qu’une certitude, et une seule foi. Oui le mot peut vous paraître étrange dans la bouche d’une divinité, mais il n’en existe pas de plus approprié pour l’occasion. Aujourd’hui je suis un pèlerin arpentant un chemin sans carte ni boussole, équipé seulement de cette foi et de cette certitude. Ma foi envers ce que mon cœur me dit et la certitude que je ne suis pas de taille à pouvoir comprendre et encore moins juger le canevas du destin. Tout ceci me dépasse. »

Caressant le chat présent sur mes genoux, j’avais là fait preuve d’une totale honnêteté envers mon hôte, une honnêteté que je n’en avais qu'avec une poignée de personne dans toute la création.

« Comprenez-vous ce que j’essaie de vous dire dame Brunissen ? Je ne peux nier l’existence du bien et du mal, je ne peux nier l’existence des valeurs, des morales et des vertus. Mais en vérité je me le demande, si d’un mal peut sortir un grand bien, mérite-t-il encore son appellation ? Et si dans le grand dessein tout était déjà inscrit ? Et si tout ceci n’était finalement qu’une ligne droite vers une conclusion impénétrable même aux plus sages d’entre nous ? Quel serait finalement l’intérêt de nos convictions ? Seraient-elle également des fils nous menant vers la conclusion de tout ceci ? »

J’avais sans doute ouvert mon esprit un peu précipitamment. Elle n’était pas moi, son vécu n’était pas le mien, pourrait-elle me comprendre ? Accepterait-elle cette vision sans la rejeter ? J’étais soudain gêné comme si je venais de commettre une faute.

« Pardonnez-moi dame Brunissen. Je… Je n’aurai pas dut parler ainsi. Dans votre cœur se trouve une passion que je ne connais que trop bien. Vous qui connaissait mieux l’amour que je ne le pourrais jamais, je ne peux qu’imaginer le lien vous unissant à votre peuple, un lien que je ne partage qu’avec fort peu de personne hélas. L’esprit et le cœur nous compose mais les unir est si difficile, je vous ai parlé avec mon esprit, et j’espère que votre cœur ne m’en tiendra pas rigueur. »

Le cœur et l’esprit, deux faces d’une même pièce à jamais unies et opposées. Si mon cœur devait être blessé ? Qui d’entre lui ou mon esprit dicterait alors ma conduite ?

*Marie-Ange… Ciel… Thanatos… Mes enfants. Vous qui êtes mon cœur, comment réagirais-je si l’écheveau du destin venait à vous arracher à moi ? Que vaudraient mes convictions face à la puissance de mes sentiments ?*
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Mar 22 Jan - 22:32

L'éclat de rage du seigneur Hypnos ne lui avait point échappé mais les chasseurs étaient-ils coupables de n'avait fait qu'agir selon leur nature et leur désir de prendre soin et de nourrir leurs familles. A leurs yeux, Ciel n'avait été qu'un lapin parmi ses semblables. Aucun d'entres eux n'avait la perception unique de la déesse et de son enfant. Un regard fier vers Dagmar qui au creux de ses bras avait recueilli le lapin qui avait hébergé l'âme de Ciel. Et elle, Brunissen, avait fait le reste. Les hommes s'en étaient retournés chez eux, acceptant le dédommagement d'une guerrière qu'ils ne souhaitaient nullement offenser malgré leur désir de ne garder que ce qui représentait réellement la valeur d'un lapin maigrichon. Mieux valait d'ailleurs que cette partie de l'histoire ne demeure qu'en son seul esprit. Cela ne ferait que blesser davantage l'âme d'Hypnos et le sentiment à la fois fraternel et paternel qu'il nourrissait envers l'enfant-dieu. A le contempler, elle voyait bien à quel point le maître du Sommeil aimait son fils.

Samiel, son époux, tuerait tout ceux qui oserait leur faire du mal, à Dagmar et elle, alors quoi de plus naturel que le dieu ait les mêmes sentiments.

Elle surprit ensuite son regard posé sur les deux enfants. Le traumatisme était certain pour le jeune Ciel mais il avait aussi en lui la force de surmonter cette épreuve. Elle avait ressenti cela en lui. Dagmar l'avait aidé ainsi que ses deux suivantes à se relever et à s'apaiser. La rudesse de cette terre lui était apparue de la plus cruelle des façons mais cette regorgeait aussi de tant de beauté et de merveilles.

Puis, soudain, elle entendit de nouveau la voix d'Hypnos.

- Merci, seigneur Hypnos. Votre confiance m'honore tout comme je suis honorée que vous ayez apprécié notre accueil.

Un sourire et elle se tut, écoutant le suite. Hypnos semblait se sentir bien auprès d'elle. A ces mots, elle avait l'impression que c'était aussi la première fois qu'il s'en ouvrait à quelqu'un d'autre que ses proches les plus intimes.

- Je comprends... Je comprends car moi-même, je souhaiterais de tout mon coeur tenir Dagmar loin de tout danger, loin de la réalité de ce monde et de sa part de grisailles mais en même temps, ce serait la priver de ce que j'ai moi-même connu. Regardez comme elle est heureuse et comme votre fils l'est aussi. Cela devait arriver. Jamais, je ne vous blâmerai de ce que vous souhaitiez tant lui offrir. Au fond de vous, vous le saviez...

Vous avez voulu lui offrir le meilleur tout en retardant son évolution mais cela, cela n'a fait qu'attiser son désir de découvrir autre chose tout en se sentant hors d'atteinte de tout danger, de toute souffrance...

Mais je ne vous blâme pas, non je ne vous blâme pas. Vous aimez cet enfant comme un fils comme vous aimez tous vos fils. Cela est si intense, une telle chaleur émane de vous quand vous parlez d'eux. Vous n'êtes pas le monstre que décrivent bien des guerriers. Juste un dieu dévoué aux siens, luttant pour ce qui est son univers... Si différent de celui des autres, Hellheim... Si différent de Vanaheim et de Midgard...


La tristesse de Brunissen pour les siens et pour ceux qu'Hypnos avait tant souffert de ne pouvoir indéfiniment préserver.

Vous leur avez offert la vie. N'oubliez jamais cela, la vie... Sa voix était si douce, si tendre, la féline douce veillant sur sa progéniture.

Puis, elle l'entendit enchaîner sur un autre récit.

Triste et désespéré, seul, si seul et malheureux, n'ayant plus de but, plus d'espoir et encore moins d'amour. Quelle triste existence a du être la vôtre, seigneur Hypnos. Telle une coquille vide, vous avez erré.

Elle n'était pas responsable pourtant, cela était plus du ressort d'Eros et d'Aphrodite mais les divinités proches d'elles s'étiolaient à force d'être oubliées. Ni Eros ni Aphrodite n'avaient repris leur puissance. Qu'advenait-il alors de ceux privés de sentiments ?

Malheureux, ce que vous avez du être malheureux, vous qui avez pourtant tout. N'est-ce justement pas ce qui aurait pu advenir de Ciel ? Une vie certes sans heurts mais aussi sans saveur ? Sans défi et sans possibilité de rencontrer l'amour, celui qui balaie tout sur son passage ?

De sa main, elle caressait Tendresse, heureuse de goûter à la simple joie d'un bon feu et de la douceur de sa maîtresse. Le ronronnement si doux des félins, l'apaisement. Ce qu'ils pouvaient se ressembler sur certains points. Et lorsque Hypnos eut achevé elle prit la parole, sereine et radieuse.

- Cette jeune femme, elle doit être extraordinaire pour que vous l'aimiez à ce point... N'ayez crainte, cela reste entre ces murs et ne sortira pas d'ici. Cette malédiction n'est jamais qu'un point, un fils parmi des milliers d'autres entre les mains des Parques et des Nornes. Cela y a contribué mais cela n'est qu'un élément. Votre amour vous a donné tant de forces, fait découvrir tant d'éblouissements et ne cesse de croître. Malgré le Sommeil de Freyja, je le sens si puissant et si magnifique. Cela a bouleversé votre vie, mieux encore cela vous a fait renaître. Prenez soin d'elle... et de lui... Vous avez une famille qui vous aime. Bien plus que vous ne le croyez.

Puis, baissant, la tête aux souvenirs des blessures infligées.

- Votre soeur...

Elle m'a fait du mal, tant de mal. Je n'ai nul lien de parenté avec elle et je ne puis oublier les cris de ceux qui ont souffert ou qui ont péri. Tant de nuits, je me réveille en proie aux cauchemars que j'ai vécus lors de ces guerres mais aussi au travers des cris et ses supplications du peuple. Samiel est le seul à pouvoir m'apaiser. Comprenez que tout cela ne peut s'effacer même si je peux reconnaître le bien dont vous parlez.

Cette dame nous a fait trop de mal, à moi et à mon peuple. Qu'elle accomplisse ce pourquoi elle existe est aussi essentiel que le reste mais le subir est si horrible. Puissiez-vous être à ses côtés le jour elle chutera car cela arrivera. Un jour, elle aussi chutera et sans doute que ce seront ceux qui auront le plus souffert de sa main qui auront à coeur de la sauver. La Miséricorde...

Hypnos, je ne peux oublier même si cela a entraîné des histoires comme la vôtre. Je ne peux oublier consolez-vous en vous disant qu'au moins, elle vous a, vous...


Un sourire chaleureux et elle reprit.

- Le bien, le mal, tous deux savons que rien ne se limite à cela et que les deux absolus sont extrêmement rares, le mal parfait, le bien parfait. En faisant le bien, vous avez mis Ciel en danger tout comme en empoisonnant une jeune femme, votre soeur l'a mise sur votre route, vous offrant à tous deux le plus précieux de tous les présents, l'Amour véritable, le seul et unique. C'est bien plus complexe et, tout comme les fils du destin, nous échappe sans doute autant à vous qu'à moi. J'ai du me battre et prendre des vies pour défendre Asgard, traverser Hellheim jusqu'à atteindre son coeur pour libérer Zeus.

Sur mes mains, je porte le sang d'un saint de la déesse Athéna. Ou est le bien ou est le mal ? Les deux coexistent et sont aussi essentiels que l'Amour et la Mort. Sans mort, il n'y aurait pas de vie, seigneur Hypnos... Tout comme le mal ne peut être détruit...

Mais nous avons l'espoir, l'espoir et la liberté de choisir et de construire plutôt que de pleurer sur notre sort ou de nous laisser submerger par la vengeance et la haine. Les nier est une erreur qui ne ferait que nous rendre plus vulnérables à leurs attraits.

Nous nous devons à nos peuples. Vous et moi avons notre rôle. Tout comme vous offrez le sommeil aux miens, l'aura de la déesse de l'Amour brille sur vous et les vôtres. L'équilibre...

Nous devons retrouver un équilibre. Asgard a trop souffert et de tout mon coeur, je souhaite lui offrir une nouvelle paix.


Cela était si intense. Le désir de la jeune femme rejoignait sur certains points celui d'Hypnos restait à savoir ce qu'il lui répondrait.
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Mer 23 Jan - 22:34

Ouvrir ainsi mon esprit à autrui était quelque chose de suffisamment surprenant pour que je le remarque moi-même, mais hélas c’était déjà trop tard. Comme face à une relation intime j’avais parlé librement.

*Pourquoi ? Pourquoi ai-je cette sensation de confort en ces lieux, en sa compagnie ?*

C’était à la fois subtil et indéniable. Quelque chose en elle m’appelait et me répondait. C’était différent de ce que j’éprouvais pour ma reine, mais il y avait toutefois une certaine similitude avec une autre relation, celle me liant à l’ange des ténèbres.

*Non, ça ne peut pas etre. Je ne la connais qu’à peine, alors comment ça serait possible ?*

Pourtant je ne pouvais le nier, mon esprit tentait de s’élever contre cet état de fait, mais mon cœur lui avait déjà rendu son verdict.

*Mon cœur, mon esprit… Lesquels des deux me guide aujourd’hui ?*

Durant des éternités j’avais muselé mes sentiments, jusqu’à finalement croire les avoir totalement oubliés, mais depuis maintenant six ans, ils m’étaient réapparut avec une force dépassant tout. Etait-il possible qu’à présent mon cœur soit plus développé que ne l’était mon esprit ? Lequel devais-je écouter ? Lequel devais-je croire ?

Brunissen m’avait écouté avec soin, et sa réponse fut pour moi un soulagement. Jamais encore je n’avais tenue pareil discours avec une autre divinité que celles composant ma famille. Pourtant c’est une voix sereine et aimable, celle d’une vraie amie, celle d’une confidente, qui me répondit sagement.

« Plus jamais je ne pourrais parler d’Asgard sans y associer votre nom, dame Brunissen. Vous ne cessez de me surprendre et cela toujours dans le bon sens. J’ignore ce que peut bien être ce lien que nous semblons déjà partager en cet instant, mais je sais que c’est une chose rare et précieuse à la fois. Peut-être est-ce mon cœur qui me fait entrevoir une vérité que mon esprit ne pourrait deviner sans lui. Merci pour votre patience et votre compréhension. J’ignore encore comment ce lien m’a donner la confiance de vous ouvrir mon âme, mais maintenant, je me demande si au fond de moi je ne savais pas par avance que vous seriez réceptive à mes propos. Merci encore. »

Le feu me monta aux joues alors que Brunissen parlait sans le savoir de l’ange du sanctuaire, de ma lune et mes étoiles. Elle promettait de garder secrète ma relation avec une femme dont elle ignorait tout, sans savoir ce que ce secret pourrait lui coûter. C’était si aimable de sa part, et pourtant, j’eus comme une sensation de gêne à la mention d’un énième complice devant cacher lui aussi quelque chose qui au contraire méritait d’etre graver dans le marbre pour être visible par tous pour des siècles et des siècles.

*Maudit soit ce système archaïque nous obligeant à nous cacher tel des voleurs. Un jour viendra où nous serons libre, libre de nous aimer, sans barrières, sans frontières, sans bannières, où il ne restera plus qu’un homme et son épouse, heureux et ensemble jusqu’à la fin des temps.*

« Dame Brunissen… Je… Je vous remercie pour votre aide. Puisque vous avez juré de conserver le secret, le moins que je puisse faire et de vous révéler son identité, ainsi vous comprendrez combien votre silence est inestimable. Car en effet celle que j’aime à en perdre la raison se trouve affiliée à la mortelle ennemie du sombre empereur. J’aime de tout mon cœur un joyau à nul autre pareil, un ange de lumière et de beauté portant bien des noms. Si pour moi elle est elle et elle seule, pour le reste du monde elle répond au nom d’Angel, chevalier d’argent de la lyre, et pour elle je suis prêt à tout. »

La discussion prenait alors une tournure imprévue lorsque la maîtresse de maison évoqua le nom de ma sœur, discorde incarnée. Sans surprise ce fut avec une grande amertume au travers de souvenirs infiniment douloureux que Brunissen l’évoqua.

« Je vous comprends dame Brunissen, vraiment je vous comprends, et je ne cherche pas à atténuer ses responsabilités. Après tout il n’a jamais été question de pardonner l’impardonnable. Même dans un monde où toutes choses seraient déjà écrites, chacun à alors son rôle à jouer, du héros à l’inconnu, du roi à l’esclave, du mortel au dieu, tous seraient entraînés dans une danse dont la finalité leur échapperait.
Pourtant, même au sein de cette situation, il existerait toujours les moteurs de l’existence et y renoncer devant le caractère implacable du destin reviendrait à une mort lente et douloureuse, une fin que je me refuse.
Si le destin est vraiment implacable, alors je serai un volontaire qu’il mènera.
Au risque de me tromper, au risque de faire erreur, j’avancerai dans le noir pour ce en quoi je crois. Si ma destination m’est inconnue mon but lui ne l’est pas, aussi même dans un monde où tout n’est qu’évènements préprogrammés je veux pouvoir continuer à ressentir et me battre pour mes convictions, même si elles ne sont que mensonges et illusions.

Cependant, si je vous encourage à poursuivre votre chemin, j’aimerai vous dire également ceci. S’il est vrai que nombreux sont les vivants à mériter la mort, il est vrai aussi que nombreux sont les morts à mériter la vie. Pouvez-vous la leur rendre ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser mort et jugement. Mon cœur me dit que ma sœur aura encore bien des rôles à jouer avant la fin, et que de son venin dépendra le sort de beaucoup, surement beaucoup plus qu’elle-même ne l’imagine, elle la maudite, elle le paria. J’espère simplement qu’au moment où viendra sa chute, le monde saura se passer d’elle, et que peut être alors se rendra-t-il compte du poids de sa perte.
»


Question complexe que celle de savoir quelle était la finalité de la discorde. Si l’évolution et le changement semblaient approprié, il était audacieux de les nommer tous deux fin-en-soit. Le but de l’évolution était-il de s’auto-suffire ? Ou bien plutôt d’aboutir finalement à autre chose, à un pallier final qui une fois atteint ne nécessiterait plus le moteur de la discorde ? Même les plus sages ne pouvaient pas voir toutes les fins.

« Mon peuple… Ai-je seulement quelque chose de semblable dame Brunissen ? Je ne suis pas le sombre empereur, les forces des enfers ne sont pas miennes, et si ceux qui dorment sont mes sujets alors devrais-je me considérer comme le roi des hommes et des dieux ? En vérité dame Brunissen, qui sont les miens ? Dois-je vous instruire sur la hiérarchie infernale ? Est-ce que je vous apprends qu’en vérité je ne dispose d’aucun pouvoir officiel sur les spectres ? Dans ce cas qui sont mes sujets dame Brunissen ? De qui suis-je le roi ? »

Une réponse évidente me vint alors à l’esprit, une seule personne dans toute la création m’avait jamais appelé ainsi sans que j’eus à la menacer pour cela, une seule.

*Marie-Ange… Ma reine.*

« Peut être maintenant comprenez-vous pourquoi je ne peux que vous souhaiter bonne chance dans vos projets de paix, je ne suis pas celui que vous croyez, je ne puis vous offrir ce que je ne possède pas. Et même moi, je ne saurais matérialiser une telle chose. Tout ce que je peux faire pour vous et vous offrir mon amitié et mon respect, ainsi que vous promettre mon soutient. Cela ne suffira peut-être pas, et peut être le destin nous fera nous recroiser de nouveau en tant qu’ennemis, et je n’aurai alors aucun plaisir à accomplir mon devoir. Cela doit vous sembler étrange, m’entendre ainsi enchaîner si simplement avec des termes comme ami ou ennemi. Mais dans notre monde, le monde des immortels, ces termes ont-ils jamais eu le moindre sens ? »

Plus notre conversation se poursuivait, plus il me semblait voir apparaître clairement les failles du monde dans lequel nous vivions. Tout y semblait si faux, si absurde.

« Dame Brunissen, j’aimerai à présent dire à voix haute une série de questions qui m’obsèdent, je ne souhaite pas que vous y répondiez si vous ne le souhaitez pas, je veux juste m’en libérer maintenant. Pourquoi ? Pour quoi ? Pourquoi nous relever ? Pourquoi nous battre ? »

J’aurai en cet instant put payer très cher pour seulement une miette, une simple vision de cette fin pour laquelle dans d’horreur avaient été commise, pour laquelle tant étaient tombé, tant avait été détruit. J’étais une question pour ce monde, mais il n’y avait aucune réponse à la ronde.

*Juste le silence, le silence de l’univers.*
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Sam 9 Fév - 19:10

Une telle quiétude s'était abattue sur la salle que seul le bruit des bûches se consumant dans l'âtre se faisait entendre. Tout était si calme soudain. Ce qui aurait pu être une rencontre belliqueuse semblait prendre une tournure plus que sereine voire complice entre les deux divinités. Toujours installée sur son siège, Brunissen écoutait sans l'interrompre une seule fois le blond fils de Nyx. Pas une seule fois son regard de jade ne s'était illuminé de colère. Mieux encore, il n'exprimait que douceur et compréhension. La belle nordique sentait parfaitement qu'Hypnos était différent des olympiens qui étaient venus si souvent ravager ses terres. Cela l'avait appelée à s'ouvrir elle aussi, ce qui avait trouvé un écho certain en son glorieux invité.

De temps à autres, son merveilleux regard déviait sur Ciel et Dagmar qu'elle ne cessait de veiller avec une attention toute maternelle. Le temps s'étirait ainsi paisible jusqu'à ce qu'elle se sente rougir au compliment du dieu aux yeux et aux ailes d'or. C'était si inattendu d'entendre cela de sa part. Hypnos était aussi connu pour son immense fierté mais quel dieu n'avait pas un minimum de respect personnel. Aucun d'entres eux ne tolérerait jamais qu'on lui crache à la figure sans réagir surtout lorsque le dieu en question dispensait quotidiennement de son pouvoir pour le bien de tous. Elle était l'Amour et lui le Sommeil, tous deux ne cessaient de remplir leurs rôles. Chacun dans leur domaine sans faiblir. Un instant, elle sembla absente avant de répondre d'une voix très douce.

- Merci infiniment, seigneur Hypnos, je suis honorée d'une telle attention. Quelque chose semble s'être tissé entre nous dès que vous avez franchi le pas de ma porte. Quelque chose d'unique, de précieux et qui vaut la peine d'être préservée avec le plus infini des soins.

Ne me remerciez pas d'être ce que je suis, l'épouse du seigneur d'Epsilon et l'incarnation de la déesse de l'Amior.


Cela avait été dit avec tant de calme. La voix de la belle nordique était si chaude et caressante, le réconfort qu'offrait l'amour et le soutien contre toutes les épreuves que leur imposait la destinée. Un geste gracieux tandis qu'elle se tournait cette fois vers les flammes du foyer. Chaleureuses mais aussi capables de tout détruire, de tout brûler autour d'elles. Capable de ravager comme pouvait le faire la puissance de l'Amour face aux périls qui se dressaient sur sa route. Puis ce fut vers l'extérieur que l'attention de la blonde Vanir fut attirée. L'extérieur que les rayons de Sol ne cessaient de caresser depuis que Ciel riait aux éclats avec sa petite princesse. Une lueur dans les magnifiques yeux de jade et un sourire attendri.

Ciel... Ce que tu portes bien ton nom. Songea-t-elle en contemplant l'enfant-dieu jouant avec sa tendre Dagmar. Si tous les dieux pouvaient assister à cela au leu de ne penser que selon leurs propres ambitions... Egoïstes si égoïstes...

Un léger toussotement avant qu'elle ne réponde d'un gracieux mouvement de tête au geste de Signy qui venait de leurs ramener des pleines coupes d'Hydromel. D'authentiques oeuvres d'art en cristal rehaussé d'or que saurait apprécier Hypnos après avoir goûté le délicieux liquide dans les cornes traditionnelles du Grand Nord.

Quelques gorgées plus tard et la discussion reprit tandis et que sous le regard de jade de la jeune femme, les joues d'Hypnos s'empourprèrent. C'était si rare de voir cela, un dieu rougir. Exceptionnel et si touchant de la part du blond fils de Nyx. Une expression toujours aussi douce sur son visage avant que la surprise ne s'y dessine un instant. S'il y avait une chose à laquelle Brunissen ne s'attendait vraiment pas, c'était que son interlocuteur ne lui révèle le nom de la dame de ses pensées. Impressionnée malgré elle, la belle ne put qu'écouter tout en sentant la force de ses sentiments.

Une telle flamme, c'est si magnifique à voir et à entendre. Des sentiments si intenses qu'ils ne pourraient que tout balayer sur leur chemin sans que rien ne leur résiste.

Et passant de la pensée à la parole, elle dit.

- Angel... Un ange de beauté et de lumière.

Lentement, le cosmos de Brunissen se leva, chaud comme le vent de l'été et délicat comme l'aile d'un papillon se laissant porté par les courants.

- Que mon cosmos bénisse votre union et vous offre ce que tout homme et femme peuvent connaître de plus beau. L'Amour est le plus beau joyau qui vous avez, une âme et un coeur qui vibrent pour vous... A vous de le protéger de toutes vos forces. Je ne vous cache pas que votre chemin risque de se heurter à la folie de ce monde. Prenez soin d'elle et aimez-la de toute votre âme jusqu'à la fin des temps...

C'était incroyable mais une telle force se dégageait du fils de Nyx. Et l'incarnation de Freyja le regardait avec bienveillance tout en réfléchissant à la suite des mots que lui avaient confiés Hypnos.

- Non, je connais la hiérarchie des Enfers comme celle du Royaume sous-marin. Nous avons si souvent été ennemis...

Des mots durs mais bien réels, la réalité du temps et de la folie du monde où tous évoluaient selon les gestes des Nornes ou des Moires.

- Un roi de coeur... Un roi qui est suivi par ceux qui lui portent des sentiments ou de l'estime... De l'admiration, de la dévotion... Seuls ceux qui vous connaissent réellement, vous ont approché, savent ce que vous êtes et sont prêts à prendre les plus grands risques pour vous. Ce que vous avez... C'est un royaume dont les terres sont à caresser et les demeures à construire pour ceux qui viendraient vous y rejoindre mais plus encore que cela vous avez un Royaume secret, un royaume que nul autre que vous ne pourra jamais fouler, celui qui vos a offert votre amour...

Elle baissa la tête aux paroles suivantes. La guerre, l'ombre de la Guerre avait plané sur eux et sans doute qu'elle reviendrait de nouveau un jour...

- A nous de veiller à préserver la paix, de veiller à ce que nos seigneurs respectifs ne sombrent pas dans les méandres de l'ambition e de la vengeance. La folie...

Seigneur Hypnos, je ne peux me résoudre à prendre les armes sans avoir tout tenter auparavant. Pas plus que vous, cela ne me plaira et cela nous mènera à notre perte car sans le véritable espoir et le désir de vaincre qu'adviendra-t-il de nous. Nous ne serons pas capable de donner le meilleur de nous-mêmes. Puis, tant de choses se sont produites en cette journée. L'espoir s'embrase avec le rire de nos enfants. Pourquoi ne pas les suivre eux qui sont l'avenir que nous protégeons de la douceur de nos ailes. Le destin nous ballottera de nouveau mais est-ce réellement à nous de pâtir de la folie de ceux qui nous dirigent. N'avons pas aussi pour mission de leurs protéger contre eux-mêmes s'il le fait ? Ou bien les laisserons-nous plonger dans leur folie et nous entraîner dans leurs chutes ? Nous et tous ceux que nous aimons.

Votre ange est prête à mourir pour vous. Songez à elle qui brille sous les ailes de la Sagesse. Songez qu'elle vous a offert d'inestimable et qu'ensemble, vous représentez un espoir immense. Dont la puissance est telle qu'elle pourrait éclairer le monde sous un jour nouveau.


Un autre silence s'ensuivit et sans un mot, elle se leva, avant de se diriger vers Hypnos et de lui prendre les mains le poussant à se lever à son tour. Juste pour deux pas. Puisqu'elle le fit stopper sous le regard étonné de Dagmar et Ciel qui se tenaient juste devant eux. Pas un mot et elle se retourna vers le divin Sommeil avant de poser sa main si fine à l'emplacement exact de son coeur. Le cosmos de l'Amour rayonnait, immense et bienfaisant, d'une chaleur telle qu'il chassait la tristesse et le doute.

- N'attendez pas davantage de réponse de ma part, je ne le puis... En vous... Un jour, je sais que vous trouverez la réponse en vous tout comme votre petit frère lorsque le bonheur le submerge inonde la terre d'une douce lumière. Ciel, il est capable de faire vibrer le ciel au rythme des émois agitant son coeur et son âme. Tel est son pouvoir...

Quelques mots avant qu'elle ne lui laisse réaliser la véracité de ses dernières paroles.
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Dim 10 Fév - 15:51

Aux sons des bûches crépitant doucement dans l’âtre se poursuivait ma rencontre avec l’hôte de l’Amour incarnée. Une rencontre d’une hélas bien trop rare richesse où chacun semblait s’etre ouvert à l’autre avec une honnêteté trop longtemps réprimée par les responsabilités et l’étiquette.

Nombreuses étaient nos questions, et fort rares en étaient les réponses, une éternité de regret et de doute, une éternité d’existence, d’évolution, de transformations et de changements pour nous mener à cet instant précis où comme en communion nous avions touché du doigt quelque chose qui dépassait nos conditions et nos rangs respectifs.

*Peut-être avons-nous beaucoup plus en commun que ce que nous aurions pu imaginer. Peut-être que la princesse Dagmar et mon petit frère ne sont pas les seul à s’etre trouvé aujourd’hui.*

Ponctué de rires d’enfant se poursuivais notre conversation, chacun prenant grand soin d’écouter l’autre, il y avait tant à dire, mais si peu à répondre. Pourquoi étions-nous si impuissant devant ce destin implacable ? Pourquoi malgré l’ensemble de nos pouvoirs conjugués devons-nous encore le subir ?

*Mon amour, mon royaume et les miens. Des liens de cœur et de sang, bien plus qu’un simple serment sans valeur passé sous la menace d’une éternité de souffrance. Oui, tel sont mes trésors, je ne suis pas pauvre, en vérité je suis comblé car je suis auprès d'elle, elle ma reine, elle mon coeur.*

Marie-Ange, ma lune et mes étoiles. Ma fierté et ma passion. Auprès d'elle tout semblait plus beau, tout semblait plus vrai. Car tel était le pouvoir de l'Amour, le pouvoir qu'il y a bien longtemps Eros conçu pour lier entre eux les éléments et donner naissance au temps.

*L'Amour, Eros et ses vecteurs, la dame du Nord, la divine Freyja et son hôte humain.*

Aux côtés de dame Brunissen, même l’hydromel devenait délectable, cette boisson que j’avais autrefois méprisé devenait des plus savoureuses alors que je détaillais avec intérêt les talents d’orfèvres des artisans ayant conçu la corne de cristal le contenant.

*Quelle finition, c’est admirable, à croire qu’elle a été taillée dans un bloc unique.*

Qui au sein d’un royaume que j’avais toujours considéré comme obscurantiste avait bien pu montrer tant de talent et de maîtrise ? Etait-ce là l’œuvre des dieux, des hommes, ou encore d’un des peuples non-humain coexistant dans cette partie du monde avec les asgardiens ?

*Il faudra que je lui pose la question.*

Tant était à dire, et nous avions aujourd’hui tant de temps devant nous. Qui oserait venir troubler notre quiétude sous prétexte de ma présence sous le toit de la dame du Nord ? Quelle excuse serait invoquée après avoir fait irruption au sein de notre paisible réunion ?

*La vengeance ? La peur ? La bêtise ?*

Les possibilités étaient trop nombreuses pour être simplement évoquées, mais encore faudrait-il à l’impudent faire face à la colère de la maîtresse de maison, mais également à la mienne. Je retombais à cette pensée dans de fort mauvais souvenirs m’ayant liés à ceux du peuple du grand froid alors que doucement, chaudement, le cosmos de l’amour ne s’élève pour venir m’entourer tel un baume apaisant.

Je croyais pouvoir la sentir, elle, ma reine, près de moi en cet instant. Tout dans la réalité me la rappelait, son sourire, son regard, ses cheveux, son parfum, sa voix. Sous l’action de l’amour, je la voyais partout et elle emplissait mes pensées, par ce cosmos, je pouvais presque percevoir son souffle sur ma nuque et ses murmures à mon oreille.

*Je t'aime aussi mon ange de beauté... Comme il me tarde de te retrouver.*

L’amour nous avait béni de son pouvoir en cet instant, une bénédiction supplémentaire de la force qui nous avait lié à jamais et qui désormais nous poussait en avant avec une force invincible.

Le cœur allégé et le visage serein, c’est avec une voix purgée de toute rancœur que je répondais aux mots de la dame du Nord.

« Je jure de désormais tout faire pour vous trouver un présent qui saura vous combler comme votre bénédiction m’a comblée. Vous qui contenez l’Amour en vous nous avez déjà tant offert, et votre bénédiction reste le lien le plus précieux pouvant unir deux êtres. Nombreux sont ceux qui l’oublieront, car vous comme moi ne sommes pas de ceux qui crie en croyant que cela leur donne moins tort. Sommeil et Amour sont caresses, murmures. Nos bénédictions sont là, partout autour de nous, dans chaque cœur, dans chaque conscience, elles sont omniprésentes ainsi que notre souffle et pourtant jamais nous ne nous imposons. A tous les êtres conscients, hommes ou femmes, mortel ou dieux, humains ou animaux, j’offre le don du sommeil et les milles formes du rêve tandis que vous êtes celle qui de son pouvoir les lie d’une force invincible. Soyez fier de cela et ne laissez jamais personne vous retirer cette fierté. Aujourd’hui vous êtes l’unique vecteur par qui la force d’Eros subsiste, vous êtes inestimable car vous représentez ce à quoi nous aspirons tous. »

L’Amour. Pourrait-il de son pouvoir subjuguer la froideur de ce monde ? Suffirait-il à balayer des millénaires d’antagonisme et de folie ? J’avais le pouvoir de matérialiser mes rêves et mes pensées dans la réalité, et je pouvais associer ce pouvoir à l’esprit et à la force d’autrui pour que cette nouvelle réalité gagne en puissance et en ampleur. Que donnerait la matérialisation de nos deux rêves réunis ? Amour et Sommeil, ensemble et indissociable, ainsi que s’endormait les amants sous la couverture de la nuit. En d’autre temps cela aurait pu être elle. Oui cela aurait pu. Mais plus aujourd’hui.

La dame du Nord s’était levée à présent pour venir me saisir par les mains. Curieux et songeur, je la laissais m’attirer à elle et me conduire devant les deux enfants d’essences divines aux regards encore si innocents. A cet instant la main de l’incarnation de l’amour se posa sans menaces là où aurait dû se trouver mon cœur. Si nul organe palpitant ne se trouvait sous cet assemblage de poussière d’or, le pouvoir qui émana de cette main gracile lui parvint toutefois sans encombre.

*L’essence d’un être se moque bien de quelques organes.*

Ciel. D’après les dires de la dame du Nord, ici, dans cette réalité, il disposait de la faculté à modeler les cieux selon le bon vouloir de son cœur. Amour, sentiments et réalité. Etait-ce possible ? La grâce de l’ange de lumière l’aurait-elle ainsi touché au point de sublimer son essence ?

« Oh Ciel… »

M’abaissant face à lui, j’ébouriffais ses cheveux alors que de son œil visible rayonnait le bonheur simple et franc d’un bon moment. Ses petits bras m’enserrèrent alors et étrangement son bonheur sembla communicatif. Au contact de ses mains je fus moi aussi submergé par un bonheur simple et innocent, un bonheur d’enfant. Tournant un visage mille fois reconnaissant vers la princesse des lieux, c’est avec l’envie, mais l’incapacité de pleurer que je lui parlai doucement.

« Mille mercis à toi également, petite princesse du peuple des glaces. Pour avoir sauvé ce qui fut un temps la première enveloppe corporelle de mon petit frère, tu peux me demander ce que tu veux, si cela est dans mon pouvoir je te l’accorderais. »

Quelle pourrait bien entre la demande d’un enfant face à la proposition d’un dieu étranger pouvant pratiquement tout matérialiser. Serait-ce une montagne de friandise ? Un poney ? Un animal extraordinaire ? Ou bien encore l’un des millions de millions de songes d’enfant que mes fils concevaient ? Je n’allais pas tarder à le savoir.

"Vous avez raison dame Brunissen. Nous n’avons pas à etre les esclaves de leurs caprices. Qu’importe ce qui autrefois nous a fait embrasser leurs causes, qu’importe ce que nous avons crus voir en eux. Nous avons droit nous aussi à une existence, nous avons le droit de vivre librement et de nous battre pour ce en quoi nous croyons. Nous ne serons plus jamais seuls quoi qu’il advienne, car les liens nous unissant à nos proches sont bien plus fort qu’ils ne l’imagineront jamais."
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Lun 11 Fév - 19:02

Que dire sinon que tout ne semblait être fait que pour se poursuivre dans la félicité d'une simple journée d'été. Savoir qu'un drame en devenir avait débouché sur d'inestimables rencontres était incroyable. Voir cela et ressentir toute cette quiétude qui baignait ces instants si rares était un véritable privilège qui resterait dans les mémoires des quelques témoins présents en cette pièce si chaleureuse que l'Amour ne pouvait qu'y être associé.

Quant à Brunissen, elle ne s'était pas trompée en présentant de nouvelles cornes précieuses, toute d'or et de cristal rehaussés au glorieux fils de la nuit. Rares étaient ceux capables de voir plus loin que la simple valeur marchande de ces sublimes oeuvres d'art. Dans son antre, son foyer si doux et si chaleureux, la belle nordique offrait un accueil à la fois simple et somptueux au maître du Sommeil ainsi qu'à son jeune frère. Pour tout regard extérieur, rien ne devait paraître plus singulier que de voir ces deux divinités, si souvent amenées à se heurter de par la volonté des Nornes, trinquer et discuter dans la plus parfaite des ententes. Tous deux étaient si paisibles, bien que ne le pensait la rumeur surtout en ce qui concernait Hypnos. Il fallait aussi reconnaître que bien rares étaient ceux à le connaître réellement. Qui avait eu l'incroyable heur de croiser un jour le dieux aux yeux et aux cheveux d'or ? L'inconnu faisait peur tout en étant attirant. Brunissen, la féline du grand nord, de son côté, se sentait apaisée par ces innombrables jours de paix que leur avait offerts Zeus. C'était aussi cela l'ironie du sort. La guerre avait éclaté pour le délivrer et c'était aussi grâce à lui que l'on pouvait savourer ces instants de calme loin des horreurs de la guerre et du fracas des armes.

Et c'était aussi en ces lieux que l'amour brillait de toutes ses forces. De toute sa beauté, il offrait au puissant maître du Sommeil un trésor que rien ne pourrait jamais égaler. L'amour véritable, en se penchant légèrement vers son glorieux invité la déesse pouvait quasi le sentir en son âme et son coeur. Si intense et si puissant, qu'y avait-il de plus beau que cela ?

- Oui, vous ne pouvez qu'être heureux malgré toutes les embûches que le destin dresse entre vous. Un présent. Je ne sais que vous demander, fils de Nyx. Je ne sais ce qu'une déesse de l'Amour pourrait vous demander en cet instant. Mais, je vous fais confiance, viendra le moment où tout se concrétisera entre nous.

Un geste gracieux aux dires d'Hypnos.

- Oui, nous ne sommes que douceur et délicatesse dans nos paroles mais nous pouvons inspirer la flamme ardente du désir et les merveilles des songes et rêves les plus précieux et les plus inattendus. Le Sommeil peut délivrer et être si bénéfique tout comme l'amour apporte tant de forces et de bienfaits. Tous deux sommes indispensables à la survie de ce monde. Si l'Amour disparaissait que resterait-il des êtres peuplant ce monde ? Sans sommeil et sans rêve, tout se tournerait vers la Mort. Sans ces dons que nous offrons au monde que deviendrait-il ? L'équilibre entre la Vie, la Mort, le Sommeil, le Rêve et l'Amour. Tant de divinités oeuvrent loin des tumultes de la guerre, susurent aux oreilles de ceux qu'ils enchantent. Tous embellissent le monde et le soutienne loin des fracas et de la folie...

La bonté se dégageait des deux divinités qui se montraient si réceptives aux paroles de l'autre. Puis, la discussion avait dérivé sur Ciel, l'enfant-dieu. Ses pouvoirs encore latents étaient pourtant déjà bien présents. A croire que son nom était prédestiné. Qu'il avait cette puissance en lui avant de pouvoir la découvrir par lui-même en cette bien étonnante journée.

Ce que cela te touche, Hypnos. Tu l'aimes vraiment beaucoup, ton petit frère. C'est si touchant de te voir redécouvrir la magie de l'enfance. En as-tu seulement eu une ? Ou bien es-tu né adulte ou presque des reins de la Nuit rapide ?

Le spectacle des deux frères était si attendrissant. Ciel se pressait contre Hypnos après avoir échappé aux "griffes" de la petite Dagmar. Cette journée était si riche en enseignements tout en étant baignée de la chaleur de l'amour et de la plus belle des quiétudes.

Elle vit alors Hypnos se pencher vers sa petite princesse. Le sourire de Brunissen s'attendrit en voyant sa fille réfléchir avant de demander au beau monsieur aux cheveux d'or.

- Je voudrais toujours pouvoir rencontrer Ciel et jouer avec lui !!! S'il vous plaît, on restera amis ? Monsieur Sommeil, on restera tous amis ? Toujours...
- Dagmar ?

C'était si candide et si innocent. Vouloir rester avec un ami, rester amis...

Elle caressa les cheveux bleutés de sa fille. Elle ferait des ravages en grandissant. Elle en ferait des ravages...
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Mar 12 Fév - 18:45

Candeur, douceur, harmonie. Cette réunion était tout cela à la fois. Loin des médisances, loin des jalousies, loin de l’hypocrisie. Un havre de paix pour nous tous, une oasis de calme et de sérénité complice au milieu d’un monde devenu fou, un monde ne cherchant plus à comprendre, se contentant de généralités réconfortantes et de mensonges éhontés. Qu’il était doux de pouvoir savourer encore ces instants où nulle tension ne s’élevait dans les airs tel un mortel poison. Qu’il était bon de trouver encore quelque lieu sur Terre que ma sœur n’ait pas infectée de son influence néfaste.

Suite à ma demande, la petite princesse du peuple des glaces eut une réaction des plus inattendues en me demandant une requête dont la fraîcheur et la simplicité me laissèrent un instant sans voix.

*Etre ami et le rester. Oui, c’est un vœu magnifique, un vœu que j’espère de tout mon cœur pouvoir combler.*

« Petite princesse, je suis certains que nous resterons toujours amis, nous partageons quelque chose qui ne pourra jamais etre détruit par la folie de quelque uns, pas tant que nous resterons droit et fidèles envers nous-même. Si Ciel est d’accord, alors je lui apprendrais le moyen de vous rejoindre à loisir, je sais qu’auprès de vous il ne craindra nul mal, ni des hommes ni des dieux. »

Un regard vers mon petit frère encore accroché à mon cou, un échange silencieux, et finalement sa réponse dans un grand sourire alors qu’il s’inclinait devant la dame du nord et sa petite princesse.

« Rien ne saurait me faire plus plaisir que de vous revoir, et cette fois sous une autre forme que celle d’un lapin. »

Un rire joyeux suivit sa déclaration avant qu’il ne me quitte pour retourner voir la princesse Dagmar.

Me redressant alors pour faire face à la dame du nord, c’est d’un geste délicat que je lui pris les mains avant de plonger mes yeux dans les siens.

« Dame Brunissen, incarnation de l’Amour, je reste votre débiteur et en attendant que vous trouviez le présent qui saura vous combler, je vous offre les nuits sans pareilles. Désormais vos rêves ne seront que délices, pour vous et pour votre fille plus jamais la nuit ne sera source de crainte. J’en fais ici le serment. »

Un don que je ne faisais qu’en de trop rares occasions, le don des nuits d’or, des nuits d’émerveillements où chaque rêve se voulait plus merveilleux que son prédécesseur, une bénédiction que seule une poignée d’êtres s’étaient vu accorder au travers des éons.

*Qui aurait crus que si vite après Marie-Ange je donnerai à nouveau cette bénédiction.*

La trame du destin demeurait impénétrable, et encore aujourd’hui je me faisais surprendre par les dénouements improbables auxquels j’assistais.

*Même les plus sages ne peuvent voir toutes les fins.*

Lâchant alors les douces mains de l’incarnation de l’Amour, je me tournais alors vers mon petit frère encore aux prises avec la princesse du grand nord. Si touchant, si pur était le tableau de ces deux enfants jouant simplement, comme si rien au monde ne pouvait les atteindre. Une scène que je m’en voulais de devoir abréger.

« A présent je crois qu’il est temps pour nous de vous laisser. Je connais quelqu’un qui doit se faire un sang d’encre pour mon petit frère et je ne voudrais pas abuser d’avantage de votre générosité. »

D’un geste de la main disparaissait dans des nuages de poussières d’or le miel, l’hydromel et les biscuits préparés à mon attention. Ainsi à ma disposition, le monde pourrait bientôt gouter avec émerveillement les délices d’un peuple encore trop méconnus par la plupart.

« Dame Brunissen, princesse Dagmar, ce fut là une expérience merveilleuse en votre compagnie, j’aurais grand plaisir moi aussi à vous retrouver lorsque l’occasion se présentera. En attendant je vous souhaite à toutes la réussite totale dans vos projets. Vous le méritez amplement.

A très bientôt dame Brunissen, à très bientôt Dagmar, nous reviendrons vite c’est promis. »


Naïve et franche était cette promesse, mais en cet instant je voulais y croire moi aussi.

« Oui, c’est une promesse. Nous nous reverrons très bientôt. »

Recevant Ciel qui me ceintura la taille de ses petits bras, je posais une main aimante sur sa tête avant de m’incliner une dernière fois devant la dame du nord et sa fille.

« Au revoir, et merci encore pour tout. »

Ainsi, dans un nuage de poussière d’or nous disparaissions Ciel et moi, quittant ces agréables compagnies pour aller en retrouver une autre, partant tout deux vers un monde onirique où devait nous attendre la reine de mon cœur.
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MessageSujet: Re: [1754] Follow the white rabbit   Mar 12 Fév - 21:46

La surprise sur le visage d'Hypnos. Quelle incroyable expression que celle-là. Si inattendue de la part d'une divinité qui vivait depuis des millénaires. Il existait encore quelque chose capable de l'étonner. Ou simplement de lui rappeler ce qu'il avait du égarer sur les chemins de son existence. A leur contact, c'était comme si une nouvelle réalité venait de se révéler sous ses yeux dorés. Dans toute sa beauté et son côté merveilleux. Rien ne pourrait égaler cela. Cette magie qui flottait dans l'air de cette demeure isolée dans le grand nord. Brunissen regardait le duo formé par les deux frères.

Ciel et Hypnos...

La douceur de l'Amour, de ce cosmos si intense et si doux. Délicat comme une caresse, léger comme une plume, soyeux comme la chevelure aux reflets de miel de la belle nordique. Tout n'était que partage et émerveillement. Puis, enfin, la voix d'Hypnos s'éleva, touchée par l'émotion et quelle ne fut la réaction de la petite Dagmar.

- Merci... merci, monsieur Sommeil. Ciel sera toujours bien avec nous. Il sera heureux, maman nous fera des montagnes de biscuits au miel. Je lui apprendrai à chevaucher les tigres et les chevaux.

Un léger rire de la part de la belle nordique. Sa fille, du haut de ses quatre ans avait déjà tout pris en mains. D'un sourire, elle répondit aux paroles de Ciel que son frère avait déposé sur le sol. Puis, ce fut la surprise lorsque le fils de Nyx lui prit les mains avant de plonger dans son regard. Nulle animosité ou défi, juste un geste d'amiité comme le prouvèrent ses paroles.

- Merci à vous seigneur Hypnos. Ce présent est si beau et si rare. Rien n'est plus délectable de votre part. Je ne puis vous donner plus beau présent que celui que vous avez déjà. Juste vous offrir la bénédiction de la Fertilité, un jour viendra où ce présent vous comblera ainsi que celle que vous aimez de toute votre âme de la plus grande des joies...

Un autre regard vers les deux enfants en train de jouer. Elle les contemplait avec la même douceur, le regard d'un parent sur sa progéniture. Puis, vint l'instant de la séparation. L'incarnation de l'Amour s'inclina avec grâce devant Hypnos tandis que les femmes de la maison la saluèrent avec le plus grand respect comme l'hôte de marque qu'il était.

- Toute la joie était pour nous, noble maître du Sommeil. Ce qui aurait pu être un terrible drame a débouché sur la naissance d'une merveilleuse amitié et a rapproché deux divinités aussi différentes que nous deux. Tout aurait pu nous dresser l'un contre l'autre mais la noblesse d'âme et de coeur nous ont fait nous reconnaître comme ce que nous sommes. Des divinités n'aspirant qu'à fonder et faire prospérer dans la plus merveilleuse de quiétude nous propres royaumes. Nos chemins se recroiseront tout comme ceux de nos enfants. Pour eux, je souhaite une vie heureuse et bien remplie...

Que la bénédictions des Vanes vous comblent de ses bienfaits tout comme votre frère. Allez rejoindre votre reine. Elle vous ouvre déjà les bras. Quel meilleur royaume que celui-là.


Et sur ces derniers mots, Brunissen prit Dagmar dans ses bras pour qu'elle puisse une dernière fois saluer Ciel. Quelques secondes plus tard et un nuage de poussières d'or emporta Ciel et Hypnos.

Une certaine tristesse dans le regard de la petite princesse tandis que Signy tenait entre ses bras celui qui avait provoqué cette incroyable rencontre, un simple lapin dont le pelage blanc avait viré au doré...

[HRP : merci pour cette splendide chronique qui a présenté les divinités sous un jour différent, rempli de quiétude et de magie]
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