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 [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]

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Aenor


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MessageSujet: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Mer 10 Avr - 0:40



Le château de Tiffauges °~




=> Les canaux, Venise


Serait-ce une bénédiction divine que le Destin l'accompagne ainsi ? Qu'il ne devait point s'en soucier ? Était-ce la providence qui mettait sur son chemin, la bonne fortune ? Qu'importe, puisse Dieu lui sourire suffisamment longtemps pour que son entreprise aboutisse. Comme Gilles de Rais était heureux de sa petite mise en scène. Ô il avait assurément adoré voir le doute graviter dans les yeux de Serafim au moment où il pénétrait dans le portail. Il remercierait Faust comme il se doit le moment venu. Oui, le Seigneur de Rais pouvait compter sur sa chance.
Le voyage fut pour lui sans heurts, rapide et silencieux. Pour les autres, ce serait assez différent et ils allaient en faire l'expérience. Fort heureusement pour le second Spectre et ami de Gilles, cette traversée serait toute aussi calme. L'allié du dresseur des corbeaux et lui-même seraient les proies d'un tumulte incessant, arcane diabolique issue d'un rituel peu orthodoxe qu'ils pourraient juger bien assez vite.

Ô bien sûr que Gilles avait prit moult précautions ! Et il était devenu beaucoup plus puissant que la dernière fois ! Bien plus aguerrit ce grâce au Tournoi et par les bons soins prodigués par sa Reine Infernale. À son évocation l'esprit du Maréchal s'envola vers elle. Il s'inquiétait pour elle. Juste pour elle car pour le reste, il en avait bien cure. Le Bourreau se fichait pas mal du sort des Enfers, il préférerait voir la divine Perséphone à la surface, aux côté du Gardien du Printemps qu'il était devenu. Encore une bénédiction de la belle Déesse à la chevelure de jais.

Il se jura de très vite revenir vers elle. Une fois qu'il aurait exterminé son ennemi, le dernier rempart. Petit à petit, les pièces se mettaient en place sur le grand échiquier. Surgissant de la porte noire, cette gueule béante donnant sur milles enfers, Gilles de Rais apprécia la brise fraîche lui fouettant le visage. Sous ses yeux s'étalait un panorama qui savait faire bondir son cœur de joie et de nostalgie. Le Spectre espérait que Serafim apprécierait l'intention qu'il lui portait en le ramenant ici, le lieu où tout avait commencé et finit. Pour une toute autre Renaissance. Un renouveau.

« Nous sommes seuls ici Serafim, personne pour nous importuner. Reconnais-tu ce petit village que tu avais autrefois détruit ? Cette église là bas reconstruite par mes soins ? Cherche dans ton esprit, tu sais déjà qui je suis … Ah ah ah !» fit-il en partant dans un grand rire à vous faire glacer le sang.

Désormais, il ne s'adresserait plus à lui avec courtoisie. De plus pourquoi tant de cérémonie ? Les deux hommes se connaissaient déjà bien... Faisant quelques pas en avant pour mieux surplomber l'ensemble du décor qui s'étendait sous leurs pieds, Gilles de Rais fit volte face pour se planter à trois mètres de son futur adversaire. Il le jugea longuement de ses yeux gris-bleus.

« C'est la Reine Perséphone elle-même qui a permis ce miracle. Je suis un autre homme, un Spectre au service des Enfers. Le Gardien du Printemps, le serviteur de la douce Coré. Et toi, tu es resté le même. Tu es pathétique ! Tu es bien sot de te cacher derrière un masque ! Mais tes mains sont maculées de sang d'innocents tout autant que moi ! À la différence que moi... j'ai expié mes fautes. »

Sur cette tirade, le Seigneur de Rais tira sa lame Mort de son fourreau, faisant crisser la lame. L'heure du duel approchait à grand pas. « Ta femme et ton enfant n'ont rien à craindre, je te dirais où elles sont si tu me bats. Ton ami et le mien sont auprès d'elle à l'heure qu'il est... tu vois... j'ai... changé.» railla t-il en se mettant en garde.

~°~ ~°~ ~°~

« Bien le bonjour messieurs... bienvenues au château de Tiffauges !» annonça un homme tout encapuchonné apparaissant comme une ombre devant l'ancien Ase et Faust, le Spectre.

Grand et apparemment émacié, l'homme les invita à entrer dans une pièce plus lumineuse, baignée par la clarté décroissante du crépuscule. Bien qu'avenant, des yeux rouges flamboyaient sous l’ombrage de sa capuche, scrutant tour à tour, les invités de Gilles de Rais. Quand ils entrèrent dans ce vaste salon une femme et sa fille levèrent la tête de concert vers eux. Les yeux bleu clair de la belle druidesse, pleins d'espoir, se détournèrent quand elle ne reconnut pas la silhouette de son bien-aimé. Un petit soupir s'échappa et d'un coup la belle parut bien fatiguée, sur le point de défaillir. Sa fille voulait la soutenir mais à son contact, elle parut se brûler et recula les yeux pleins de larmes. Aalanna était enchaînée par des liens invisibles qui dévoraient son énergie, la privait de son cosmos.

« Où est mon papa ? » demanda calmement la petite Eilaine en s'approchant des trois hommes. « Vous aviez promis de me le ramener... Et où est Gilles ? » puis se tournant vers Alephist et Faust « Je suis Eilaine et voici ma maman, Aalanna. Vous êtes des amis de mon père ? »

Fit-elle en ouvrant de grands yeux innocents.
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Aiakos


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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Mer 10 Avr - 20:20


Une ombre menaçante sur Venise

À force de s’amuser avec les convives de son nouvel ami, Faust en avait oublié qu’il était sujet à de profonds maux quand il s’agissait de voyager par le biais des différentes dimensions qu’on lui mettait à disposition! Ce n’est qu’en traversant le vortex que cette évidence lui traversa l’esprit et qu’il se mit à avancer péniblement afin de poursuivre Gilles. Toutefois, chose tout à fait étonnante, Faust fut frappé par la sensation que cette dernière dégageait à défaut de l’être en raison de l’absence de clarté commune à toutes les dimensions! À la fois douce et accueillante, elle n’avait rien avoir avec le passage spatio-temporel que Japet lui avait donné la possibilité d’arpenter. En effet, le temps paraissait suspendu et le mal-être qui fut le sien se dissipa aussi rapidement qu’il était apparu!

Persuadé que le maréchal y était pour quelque chose, raison de plus de se hâter pour le rejoindre et l’en remercier! Malheureusement, plus il pensait se rapprocher de son ami, plus la distance qui les séparait ne cessait de croitre! Décidé à ne pas le laisser filer avant d’être parvenu à la fin du périple, ses pas se firent de plus en plus prononcés et bientôt il se mit à courir pour tenter de le rattraper. Bondissant plus qu’il ne courait, il était sur le point de le toucher et de le stopper dans son ascension, quand un puissant flash lumineux vint à l’aveugler, l’en empêchant et subtilisant le seigneur de Rais de son champ de vision! Il lui fallut quelque bonnes secondes pour rouvrirent les yeux et encore quelques autres pour réaliser où il pouvait bien être:

« Mais où on est-là? Gilles dis-moi qu’est que tu manigances encore? »

Posant ces questions tout en cherchant du regard son allié, c’est avec un certain regret qu’il constata qu’il n’y avait pas un chat et qu’il se trouvait bel et bien seul, paumé dans un patelin perdu! Décidément, il en vint presque à regretter les louanges qu’il lui avait adressé au sujet de ce vortex, n’étant en fin de compte pas si différent du titan: piètre conducteur. Car en dépit de n’a pas avoir été mis dans la confidence, ce qui l’exaspérait au plus haut point en cet instant, était sans aucun doute qu’il se s'était volontairement séparé de lui pour réaliser ses vils dessins! Il était évident qu’une fois qu’il aurait retrouvé, il lui en toucherait deux mots, mais pour l’heure, là n’était pas la question, le retrouver était bien plus important…

Néanmoins, en avant même qu’il n’ait l’occasion de se mettre en route, un puissant bruit strident provenant de derrière son dos lui intima de se retourner pour savoir de quoi il en retournait! Il tomba aussitôt nez à nez avec l’un des deux hommes mystérieux auxquels il avait gentiment proposé de les suivre à Gilles et lui… Et pour pimenter le tout, il était tombé sur celui qui avait astucieusement contourné ses dispositifs de détections. Ne sachant pas vraiment sur quel pied dansé avec lui, d’autant qu’il est coutume de se méfier des hommes qui portent un masque, Faust se voulut bien plus complaisant qu’il ne l’avait été jusqu’à là avec lui et d’autant plus conciliant:

« Bien que cet endroit serait parfait pour un duel, pour le moment j’ai des choses biens plus importantes à faire et ma priorité est de retrouver mon ami! Il en est sans doute de même pour toi, alors je t’invite à me suivre, ils doivent sans doute nous attendre dans ce château! »

Avant de s’adresser à ce dernier, il avait tout de même pris la peine de s’informer des quelques points auxquels il aurait pu se rendre et ce château qu’il pointait du doigt à présent n’y faisait pas exception! Sans plus attendre il se mit marcher en direction de la probable demeure du seigneur de Rais, n’oubliant toutefois pas de rester sur ses gardes pour pallier à l’éventuelle situation où son compagnon de route venait à se montrer un peu trop véhément! Avançant paisiblement et à pas feutré, leur petite balade dura un certain moment, durant lequel aucun des deux hommes ne vint à attaquer l’autre, signe qu’ils étaient bien plus préoccupés par la suite des événements que par une futile querelle!

Une fois arrivés sur le seuil de la demeure un homme soudainement apparu dans la pénombre, les invita à son tour à y pénétrer, après s’être incliné en gage de politesse et de bienvenue. Un homme pour le moins disgracieux à en juger son accoutrement, qui ne laissait entrevoir que ses prunelles d’un rouge vif et qui le rendaient vraiment sinistre! Enjoint à rentrer le premier, Faust ne se souhaitant pas le moins du monde contrarié cet être oublié de mère nature, pressa le pas et arriva dans un salon où se tenaient une femme et une petite fille. Bien que la fatigue semblait la ronger, cette femme était tout simplement sublime, sa longue chevelure et ses yeux d’un si beau bleu lui donnaient une beauté des plus enchanteresses! Faust ne détourna le regard de cet être envoutant, qu’à l’occasion de l’interpellation dont il fut le destinataire avec son homologue de la part de la petite fille qui l’accompagnait!

Cette dernière semblait contrariée par l’absence de son père et bizarrement de celle de Gilles. Par son père il ne pouvait s’agir que de l’adversaire de son confrère, ce qui étonnamment devint d’autant plus évident du fait qu’elle arpentait quelques traits du maitre corbeau! Tout n’était pas clair dans cette mise en scène, certains points restaient pour le moment en suspens, mais quitte à devoir recueillir ces informations en jouant un rôle, l’étoile céleste devait mettre toutes les chances de son côté et la petite question de la gamine aller l’y aider!

« Je me prénomme Faust pour te servir jeune fille! Une connaissance plus qu’un ami, mais d’une certaine manière on peut dire que je connais ton père! »

Jouant de l’innocence de la petite Eilaine, il ôta son long chapeau, avant d’y faire apparaitre comme l’aurait fait un magicien, une peluche qu’il offrit gentiment à la petite fille, un grand sourire aux lèvres, avant de lui apposer sa main ganté sur sa toute petite tête! En étant particulièrement affectueux avec cet enfant, sans aucun doute qu’il venait de s’assurer quelques instants de repos, l’homme au masque d’or n’étant pas si effronté pour se mettre à dos la nouvelle amie du spectre de Méphistophélès s’il venait à l’attaquer! Il est connu que les enfants sont influençables et le cadeau de Faust était le premier pion sur le grand échiquier qu’il était sur le point de mettre en place!
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Serafim


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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Dim 14 Avr - 16:37

Arrow Venise


Tout était désormais aussi limpide que l’eau qui entourait Avalon. Serafim reconnaissait aisément les bâtiments, les allées et même l’odeur de ce village. Ils étaient gravés dans sa mémoire, telle une chronique atroce sur une plaque de platine évoquant la forme d’un cercueil, car il ne pouvait se souvenir de ce hameau sans réentendre les cris de douleur et de frayeur des innocents qui avaient péri ce soir-là… Non ! Qu’il avait tué.

« Alors la gueule putride de l’enfer t’a vomi pour que tu reviennes nous tourmenter une nouvelle fois. Malgré ton expiation tu t’accroches à ton ancienne vie, comme une tique sur un chien galeux. »

Dans un premier temps, le dresseur de corbeau fut étonné de se retrouver en face d’un homme qu’il avait tué. Il le pensait en train de subir le même châtiment qu’il avait fait endurer à ses pauvres victimes dans une des prisons de l’enfer. Mais il y avait une logique à tout cela après-tout. De son vivant Gilles de Rais avait tout d’un monstre, pas étonnant qu’il fut sélectionné pour être le porteur d’un des cent huit surplis d’Hadès après sa mort. Son statut de spectre le rendait encore plus dangereux, mais au cours de ses six dernières années Serafim avait changé aussi.

L’apparence physique de son adversaire avait peut-être changé, il semblait toujours utiliser les mêmes méthodes ignobles que lors de leur dernière rencontre et son esprit semblait toujours en proie en la folie, un point commun qu’il partageait aujourd'hui avec le maitre des freux. L’effet secondaire de ce retour au passé fut d’accentuer l’emprise de la colère qui le parasitait depuis Venise. Tel un fruit véreux, sa conscience était progressivement dévorée par …une chose de terrifiante. D’ailleurs c’est cette chose qui semblait s’exprimer à travers la bouche de Serafim.

« Oui ! C’est vrai, je porte un masque. »

Avoua-t-il avec un inquiétant rictus sur les lèvres. Le couard qui avait porté l’armure du corbeau n’était donc qu’une façade ? Le mari et le père dévoué n’était donc qu’une façade. La vraie personnalité de Serafim ne serait donc que celle d’un monstre donnant la mort ? Cette confession allait avoir de lourdes conséquences sur son futur, mais en attendant seul le présent avait de l’importance.

« Je ne l’ai retiré qu’une fois et j’ai fait tomber sur ce village une averse de sang et de larmes. Je ne pourrai jamais expier cette atrocité, ni l'exorciser de ma mémoire aussi facilement que toi. Je n’ai pu que promettre de ne plus me laisser submerger par les sentiments qui m’ont conduit à pareille folie en hommage à tous ces morts.»

Le corps de Serafim se mit à irradier une étrange aura sombre et instable comme un nuage annonciateur de tempête. Son cosmos se répandit autour de lui sous les clameurs des corbeaux qui s’étaient postés discrètement sur les toits des maisons. Nul doute qu’un pareil attroupe de ces sombres volatils allait évoquer le souvenir sanglant de cette folle nuit aux quelques survivants du massacre. Le malheur allait-il se reproduire ? Non ! Les foudres de la haine de Serafim allaient toutes s’abattre sur le spectre.

« Cependant, je vais rompre ce serment en ôtant une nouvelle fois ce masque. Par contre cette fois je vais faire pleuvoir ton sang sur cette église qui semble si chère à ton cœur. »

Les pieds du renégat s’enfoncèrent dans le sol, comme les racines d’un chêne séculaire prêt à affronter un ouragan. Son regard fut possédé par un esprit combatif et prédateur, alors qu’il arborait une posture de combat.

« Prépare-toi à revoir de ton nouveau ton maitre spectre ! »

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Eilaine


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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Sam 20 Avr - 16:32



La détresse d'une mère°~

=> Venise



Véritablement à bout de force, l'épouse du seigneur des freux ne pouvait qu'assister passivement à l'entrée de ces nouveaux invités. Un simple regard lui apprit que Serafim n'était pas présent parmi eux. Pas plus que Gilles de Rais. Ô quelle fut sa stupeur quand il l'avait prise au dépourvue à Venise. La peur l'avait gagné en même temps qu'un tout autre sentiment bien contradictoire : le soulagement. Car quand elle fut capturée et amenée jusqu'à lui, sa fille se trouvait saine et sauve à ses côtés, nullement maltraitée par lui, mais par ses mésaventures dans cette ville aussi vaste que sale d'après ses dires. La mère avait couvé sa fille d'un regard plein de douceur, étudié ce petit corps égratigné par des chûtes, des courses effrénées pour échapper à quelques agresseurs. De simples égratignures fort heureusement, mêlés à de la poussière. Il ne lui fut pourtant pas permis de la toucher, de la couvrir de baisers. Non, Aalanna avait été attrapée comme un petit animal apeuré et directement enchaînée loin de sa progéniture. Dans quel but ? Elle ne le savait pas, si ce n'est que la petite Eilaine paraissait pas très à l'aise avec cette idée. Pourtant, pourtant l'enfant s'était tenue éloignée d'elle, bien docile pour une raison qui lui échappait. Serait-elle la proie d'un maléfice ? La prêtresse d'Avalon ne saurait le dire, pas plus que maintenant où ses forces d'heures en heures s'amoindrissaient. L'homme encapuchonné, elle ne le reconnaissait pas, bien que quelque chose de vaguement familier gravitait autour de ce pauvre hère apparemment bien fatigué. Cet homme avait accueillit ses invités avec la plus grande courtoisie, comme il s'était bien occupée d'elle d'une certaine manière. Elle ne savait pas pourquoi, mais la jeune femme sentait que sa condition gênait l'énergumène caché dans l'ombre des tissus de sa mise.

« Alephist ? Est-ce bien vous ?» parvint-elle à articuler en reconnaissant enfin le masque que portait l’Hérault d'Héphaïstos.

Fébrile, une main se leva en sa direction en quête d'un soutient quelconque. Par réflexe sans doute, sa fille se porta à son côté pour l'aider, mais se recula aussitôt quand sa peau effleura celle de sa mère. Décontenancées, Aalanna et Eilaine se regardèrent avec un mélange de mélancolie et d'incompréhension. Une intense tristesse s'épanouit alors sur le petit minois de la demoiselle qui se détourna pour aller interroger les nouveaux venus. Eilaine ne se souvenait pas Alephist, ou faisait mine de ne pas le reconnaître. Décidément, la mère ne reconnaissait plus sa fille. Et cela l'inquiéta outre mesure. Son cœur battait de plus en plus faiblement à mesure que son cosmos la quittait de son corps pour alimenter quelque chose... seul Dagda le savait ! La belle druidesse d'Avalon essaya tant bien que mal de se redresser sur la chaise où on l'avait assise après que des servante l'ai apprêtée. Ses yeux bleus détaillèrent un bref moment la robe immaculée dont on l'avait drapée : simple et à la fois belle dans cette simplicité, rehaussant son teint pâle, ses yeux infiniment bleus et sa si longue chevelure dorée qui cascadaient autour d'elle dans de belles boucles soyeuses. Une apparition envoûtante, car c'était bien le cas, Aalanna appartenait à un autre monde. Créature féerique, ceux que parfois, l'homme appelait « Elfes », elle irradiait d'une pureté sans égale, et sa beauté était au diapason de ses étranges origines : fille d'Emrys et de Morgane la Fay. Un héritage désormais assumé, bien qu'une toute autre vie aurait été possible. Or... le Destin en avait décidé autrement en la mettant face à des évidences pesantes.

« Comment ? Comment... êtes-vous parvenus jusqu'à nous Alephist ?» le questionna t-elle en levant son regard embrumé par la fatigue et sa lutte perpétuel face à l'inconscience. « Eilaine ? »

La petite fille ne répondit pas, trop occupée à s’émerveiller devant le tour de passe-passe de cet homme au grand chapeau. À première vue, il ne paraissait pas animé de mauvaises intentions, seulement... Aalanna avait apprit à se méfier. Surtout compte tenue des circonstances. L'enfant offrit un grand sourire à ce qui semblait être à ses dires, une connaissance du Maréchal de France. Le remerciant d'un signe de la tête, elle approcha ses petites mains de l'animal en peluche pour le porter tout contre son cœur. C'était si doux au toucher... qu'elle ne fit pas attention l'espace d'un instant ce qui se passait autour d'elle. Pas plus que le geste anodin de Faust. Quand il la toucha du bout des doigts, la petite parut comme recevoir un électrochoc et lâcha aussitôt le cadeau qui roula au sol. Les yeux perdus dans le vague, toute auréolée d'une douce lumière vert-d'eau, Eilaine sombrait dans une drôle de transe, s'élevant un tout petit peu du sol. Aussitôt sa mère, qui fut témoin de la scène, se leva d'un bond, parvenant à briser ses chaînes invisibles et se hâta de réduire la distance qui les séparait bien maladroitement. Se jetant presque sur l'homme qui à cet instant devait ressentir une atroce douleur, Aalanna dans ce geste un peu brutal, le sépara de l'enfant. Eilaine reprit contenance et se recroquevilla sur elle-même, toute tremblotante.

« Ne... ne la touchez surtout pas Spectre... elle pourrait vous tuer... comme elle y est presque parvenue... inconsciemment... je... je... Serafim...» haleta t-elle en lâchant prise et en menaçant de tomber.

Son cosmos s'éveilla pour luire faiblement, une énergie curative se déversa lentement, s'étendant à Eilaine et Faust : un doux parfum printanier s'envola dans toute la pièce baignée d'une clarté déclinante. Se tenant à l'écart, l'homme encapuchonné n'avait pas réagit, se contentant d'allumer des bougies tout autour d'eux. Sereinement.

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Aiakos


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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Mer 24 Avr - 12:25


Feignant d’être exclusivement accaparé par la petite fille avec laquelle il venait de faire connaissance, il n’avait aucunement omis de s’intéresser aux propos de sa mère! Elle semblait connaitre l’homme au masque d’or qui répondait au pseudonyme d’Alephist! La situation devenait de plus en plus critique, il était évident qu’à l’instar de l’oiseau doré, cette femme en apprenant sa véritable nature, ne tarderait pas à protéger sa progéniture, c’est pourquoi s’attirer la sympathie de la petite Eilaine était à ne pas en douter la meilleure solution. La petite peluche allait l’y aider, mais dans sa malchance, une petite lueur d’espoir subsistait en la personne du dit Alephist, qui jusqu’alors ne s’était ni interposé, ni exprimé!

Pourtant, bien qu’il n’ait tenté aucune folie à son encontre, Faust ne demeurait pas tranquille, ce masque suffisait à susciter chez lui une certaine méfiance et bien plus encore le fait qu’il ne puisse mettre un visage sur ce nom le rendait d’autant plus suspicieux… Tant et si bien qu’il en vint à se demander les raisons qui le poussaient à ne pas interférer entre lui et la petite fille! Un brin paranoïaque il est vrai, son instinct lui avait toujours ordonné de rester sur ses gardes et pour l’heure le profond mutisme auquel son compagnon de route était sujet ne faisait qu’attiser ce sentiment!

Détournant son regard un court instant de l’homme mystérieux, il le porta sur la gamine qui semblait à la fois heureuse et époustouflée par son petit tour de magie! Ses petits yeux en amandes pétillaient de joie à la vue du cadeau qu’elle agrippa et qu’elle serra fort contre elle, avant qu’elle n’en vienne à remercier l’étoile céleste d’un franc sourire qui lui fit en décocher un léger en retour! Sa main ganté sur sa petite tête, tout semblait se dérouler comme prévu, la petite fille ne s’était rendu compte de rien, ce qui laissait à Faust le loisir de semer les prochaines graines dans l’esprit de cette dernière!

Cependant, s’il y avait bien une chose à laquelle le spectre ne s’était pas préparé, ce fut sans doute à ce qu’Eilaine s’oppose à lui. En effet, persuadé de s’être mis dans la poche la petite benjamine de l’auditoire, le statu quo était préservé entre les deux factions, jusqu’au moment où le contact entre sa main et la chevelure de l’enfant en devint trop régulier, au point de voir se former une intense lueur émeraude autour de son épiderme, tandis qu’elle venait de perdre semble-t-il possession de son corps! Surpris, le gentleman au long chapeau resta bouche bée et ne put qu’observer avec stupeur ce qui lui arrivait !

Puis avant même de pouvoir esquisser le moindre geste pour lui venir en aide, Méphistophélès fut saisi par Aalanna qui n’avait guère apprécié la familiarité avec laquelle il s’était permis d’apposer sa main sur sa fille! Elle ne venait ni plus moins de démontrer un puissant instinct maternel inhérent à toute être vivant! Telle une lionne protégeant ses lionceaux, elle venait de sortir les crocs et les griffes pour préserver sa progéniture et ce sans se poser la moindre question. Toutefois, bien plus que dicté par son instinct, il fut l’œuvre d’une crainte, une peur engendrée par cette scène pour la moins morbide!

Tout redevint pour le moins calme quand la petite fille repris connaissance, mais quelque peu chamboulée par ce qu’il venait de lui arriver! À même le sol, se tenant le coup afin de le soulager après la puissante poigne qui venait de l’étreindre, Faust reprenait calmement possession de ses moyens! Il n’était pas au meilleur de sa forme et pour cause, sa main gantée était quelque peu calcinée par l’électrochoc provoqué par le contact entre lui et Eilaine et que dire de son coup qui le lançait! Ces vives douleurs furent néanmoins atténuées grâce à la bonté de cette femme à la beauté envoutante. Visiblement pennée et rongé par les remords, elle déversa une puissante onde curative qui vint soulager le spectre. Il ne comprenait pas la raison qui l’avait poussé à le soigner, surtout après ses propos virulents à son encontre, mais qu’importe il respectait son choix!

« Il n’y a pas dire entre elle et moi c’est le véritable coup de foudre! Non honnêtement, ce qui m’intrigue c’est le fait que tu aies réussi à savoir qui j’étais… En sachant cela, pourquoi ne pas m’avoir attaqué plus tôt? Et bien plus encore, pourrais-tu m’expliquer ce qu’il se trame ici? »

Friand de la moindre opportunité pour placer des phrases dont il avait le secret, faisant de lui un être à part et pour le moins énigmatique, ses derniers propos pouvaient surprendre, surtout en raison du ton et de la mine sérieuse qu’il arborait en cet instant! Seulement, il n’était plus l’heure de s’amuser, mais bel et bien de comprendre ce qu’il se passait en ces lieux et sans doute que cette déesse de la nature serait enclin à lui livrer sa version, sans quoi et malheureusement pour la petite population il devrait lui arracher par la force!
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Moïra


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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Dim 19 Mai - 0:13

Canaux de Venise Arrow

    Pour un peu, Alephist aurait regretté le confort de ses propres vortex dimensionnels. Loin de l'emmener directement à sa destination comme un portail ordinaire l'aurait fait, celui-ci semblait prendre un malin plaisir à le malmener et faire défiler devant ses yeux une farandole d'images cauchemardesques. Des gerbes de sang et autres myriades d'yeux pour le moins prévisibles, on passa par les un peu moins courantes nuées de tentacules pour finir sur une cacophonie de cris tout en sons et lumières absurdes. Ces illusions ne faisaient pourtant que glisser sur la carapace mentale du Héraut, ce dernier les laissant s'écraser vainement sur lui telle la marée sur la roche. Ce qui l'inquiétait d'avantage était cette présence qu'il sentait depuis qu'il avait pénétré dans ce passage, ce tunnel. Tout l'espace autour de lui respirait une présence qui lui était familière... Une présence qu'il n'avait pas senti depuis de très nombreuses années... Tellement d'années que même plusieurs vies d'hommes n'auraient pu en garder le souvenir, du moins pas sans l'aide de quelque sombre sortilège.

    Lorsque finalement l'homme masqué pu retrouver sa réalité terne mais rassurante en comparaison du spectacle qui lui avait été donné de voir, ce fut cependant pour voir cette présence s'évanouir en le laissant seul avec le mystérieux Spectre au gout plus que discutable, celui-là même qui s'était gaussé de son arrivée et de la situation plus que désespérée dans laquelle lui et son comparse avaient plongé Serafim. Le premier Spectre semblait s'être isolé avec ce dernier en laissant le son à son camarade d'occuper leur visiteur inattendu. Rien de bien compliqué dans cette manœuvre, pour celui qui avait été capable d'ouvrir un passage dimensionnel sur une telle distance. C'était même plutôt bien joué, mais malheureusement pour les deux serviteurs d'Hadès le Héraut ne l'entendait pas de cette oreille.
    Il y eut comme une légère brise, un simple et léger coup de vent qui traversa les environs, et dont l'origine semblait venir du corps-même du Héraut Divin. Un onde de Cosmos, à peine perceptible, envoyée dans les environs comme un sonar pour repérer alliés et ennemis sur un vaste territoire. Pour quiconque ayant un minimum de sensibilité à l'énergie astrale, comprendre la nature de cette discrète onde de choc n'était guère compliqué et risquait de mettre ses ennemis sur leurs gardes, mais pour l'heure retrouver Serafim était bien plus important aux yeux d'Alephist que de se faire remarquer d'ennemis qui, de toute manière, étaient déjà au courant de sa présence en ces lieux.

    Il ne lui fallut pas longtemps pour détecter deux fortes concentrations de Cosmos dans les environs, la première dans la direction du château où son "compagnon de voyage" lui proposait de se rendre et la seconde non éloignée de la place forte, mais tout de même dans une autre direction. Même si ce Spectre semblait dire la vérité en affirmant ne pas vouloir se battre, il aurait été un peu trop facile que les deux autres hommes les attendent simplement là où ils l'espéraient... D'autant plus que cette destination qu'il lui proposait pouvait tout aussi bien être un piège destiné à le retenir le temps que son collègue se charge du Maître Corvin. Le Héraut emboîta pourtant le pas derrière le Spectre, intrigué par les Cosmos qu'il ressentait dans ce château à la silhouette familière. La protection divine dont il bénéficiait lui permettait de se rire des pièges et autres manigances, les balayant d'un simple revers de la main à l'aide du pouvoirs suprême qu'il avait obtenu. Alephist n'éprouvait donc aucune inquiétude à ainsi se jeter dans une éventuelle gueule du loup, et n'oubliait pas pour autant cette autre trouble cosmique qu'il avait détecté.

      « Aucune objection. Je n'ai de toute manière aucun intérêt à me battre contre toi. Ce ne serait qu'une perte de temps et d'énergie que je ne peux me permettre aujourd'hui. »

    Alors qu'il prononçait ces paroles, le Héraut fit apparaître dans son dos une petite forme brillante qui se détacha de son corps avant de s'envoler dans les airs, dans la direction d'autre source de Cosmos qu'il avait repéré. L'hirondelle d'énergie ne serait qu'un bien piètre relais pour lui rendre compte de ce qu'il se passait là-bas, mais les grandes lignes luis suffiraient pour l'instant. A présent, il pouvait se concentrer librement sur le dos du Spectre qui le guidait vers le château, afin de s'assurer qu'il ne lui réservait pas de coup fourré... Mais bien vite, cette concentration fut troublée par l'étrange impression de déjà-vu qui se dégageait de l'endroit où ils se trouvaient. Ce village, ce château en ruine qui pourtant semblait avoir été plus ou moins remis à neuf depuis peu... L'impression d'être déjà venu ici, en d'autres temps, hantait chacun de ses pas. Pourtant, impossible pour le jeune homme de mettre un nom sur ce lieu où une certaine lourdeur dans l'air commençait à se faire sentir. Cette question trouva pourtant une réponse rapide lorsque le Spectre et Alephist parvinrent à l'entrée de la demeure du château, formulée par la bouche invisible d'une silhouette encapuchonnée venue les accueillir.

      « Tiffauges... Quelle cruelle ironie d'y venir enfin dans de telles conditions, et après tant de temps. »

    Alephist venait de comprendre tout de cette impression qui l'avait tenu aux tripes tout au long de son trajet, et même avant ça, alors qu'il avait écouté les Spectres s'en prendre à Serafim, à Venise. Il n'était jamais venu ici, ni lui, ni l'un de ses ancêtres. L'un de ceux qui parlaient à travers lui s'était simplement fait conter en détail par un ami très cher tous les détails de la vision de ce château de Tiffauges. Chaque pierre, chaque paysage qui avait été voulu et conçu par celui-là même qui avait participé à sa fortification s'était imprimé nettement dans son esprit... Et en y mettant les pieds aujourd'hui, Alephist honorait une vieille, très vieille promesse faite au seigneur de ces lieux. Le Héraut savait à présent à quoi s'en tenir. On ne plaisantait pas avec "Barbe bleue". Mais avant de se préoccuper des desseins de Gilles de Rais, l'homme masqué dû s'extraire de ses souvenirs des temps passés pour revenir à la réalité. Sitôt à l'intérieur du château, le Spectre et le messager avaient été conduis dans un vaste salon, peut-être trop accueillant pour l'occasion, où une partie des réponses à ses questions se trouvaient déjà.

    Aalanna et Eilaine se trouvaient déjà là, la seconde bien plus en forme que la première. Si Alephist ne nota nul sévisse corporel sur le corps de la Prêtresse d'Avalon, il sentit tout de même que quelque chose la retenait en ces lieux en la vidant de ses forces. En temps normal, cela n'aurait sans doute pas suffit à retenir quelqu'un d'aussi puissant que la fille de Merlin l'Enchanteur, mais avec sa fille en pseudo-otage cela devenait parfaitement jouable. Eilaine semblait avoir été bien traitée. La petite avait bien grandie depuis la dernière fois qu'il l'avait vu en Avalon, il y a de ça plusieurs années déjà. Sans doute ne se rappelait-elle pas de lui. Mais si sa croissance physique était tout à fait prévisible, Alephist ne s'était pas attendu à la voir agir de manière aussi calme et mature dans une telle situation. La petite semblait déjà savoir bien des choses sur la situation actuelle, en plus de receler en elle un étrange pouvoir que le Héraut ne parvenait pas à identifier... Et déjà, le Spectre s'approchait d'elle en lui parlant sur un ton mielleux quelque peut exaspérant. Faust? Ainsi donc il ne connaissait pas la petite fille, même en étant le complice du Sieur de Rais? Peut-être n'était-il pas aussi proche des plans de ce dernier que ce qu'Alephist avait cru de prime abord... Quoi qu'il en soit, tout cela constituait une stratégie bien trop détournée, simplement pour attirer Serafim dans un piège. Il devait y avoir autre chose pour ainsi justifier de telles actions de la part du seigneur Gilles de Rais.

    Aalanna, malgré sa faiblesse, était parvenue à reconnaître son allié et à l'interpeller. Son ton trahissait sa grande vulnérabilité, laissant présager un état réel peut-être pire que ce que le Héraut avait envisagé au premier regard. Ne pouvant remédier à cela sans en savoir plus sur le mauvais sort qui la liant à cet endroit, il fit quelque pas dans la direction de la jeune mère tout en répondant à sa question d'un ton calme et mesuré.

      « C'est bien moi, Aalanna. J'ai senti ta disparition à Venise, où je me trouvais déjà depuis le début pour la réunion des Quaesitors. C'est ensuite un coup du hasard qui m'a mené à Serafim, avant que notre... "Hôte"... Ne nous amène jusqu'ici. Lui et ton mari ne doivent pas être loin, mais j'ai bien peur qu'en ce moment même ils ne soient... »

    Mais avant qu'Alephist ne puisse terminer sa phrase, un choc sourd dans son dos le fit s'interrompre. Se retournant, il pu voir le Spectre dénommé Faust retenir sa main alors que Eilaine dégageait une étrange énergie pâle, visiblement douloureuse pour les deux protagonistes. L'air vibra alors autour d'eux lorsque dans un éclat solaire la Prêtresse s'affranchit de ses entraves pour se jeter contre Faust et l'empêcher de s'approcher d'avantage de sa fille, voir l'éloigner pour réduire l'étrange effet qu'il avait provoqué. Eilaine finit effectivement par quitter son étrange état de lévitation, et sa mère balbutia alors quelques mots en usant de ses dernière forces pour soigner à la fois Faust et la petite à présent recroquevillée. La Prêtresse d'Avalon oubliait cependant qu'elle était ici la personne dont la condition était la plus critique. Même si à présent le mauvais sort qui la touchait était brisé, aucune des forces qui lui avaient été arrachés ne lui avaient été restitué. Aussi, avant qu'elle ne s'effondre, Alephist alla passer un bras autour de sa taille pour la retenir et, à son tour, partager son Cosmos avec elle pour restaurer au moins une partie de celui qui lui manquait.

      « Tu dois te ménager d'avantage, Aalanna. Malgré toutes ces années, ce défaut n'a pas changé chez toi. Tu fais passer les autres avant ta propre personne... Le plus souvent à tes dépends. »

    Eilaine comme Faust avaient l'air de bien se remettre de leur choc. Le Spectre avait par ailleurs l'air de moins en moins saisir la situation, ce allait dans le sens de l'idée selon laquelle il était tout à fait extérieur au projet de Gilles de Rais. Cependant, qui aurait pu lui en vouloir? Sans savoir qu'il était en présence de la Prêtresse d'Avalon et de sa fille, toutes deux au sang et aux pouvoirs exceptionnels, toute cette mascarade était difficilement compréhensible. Et même en sachant cela, Alephist lui-même ne comprenait toujours pas le lien entre l'ancien Maréchal de France et le couple aux Corbeaux et Corneilles... Tournant son regard vers Faust, puis vers l'énergumène encapuchonnée qui continuait à allumer les bougies de la pièce sans s'émouvoir du déroulement quelque peut brusque que cette visite était en train de prendre, le Héraut parla alors sur un ton sec, dénuée de toute la douceur dont il avait pu faire preuve envers Aalanna.

      « C'est l'expérience, Faust. Lorsque l'on s'est rendu au moins une fois au Meikai, on reconnait sans mal l'odeur de ceux qui se sont échappés de ses fosses pour servir le Seigneur des Ténèbres. Pour le reste de tes questions, je crois qu'elles sont adressées à la mauvaise personne. Celui qui nous a accueilli en cette demeure doit en savoir bien plus que celle qui y est retenue prisonnière. Suis-je dans l'erreur, Ser...? »

    Les derniers mots furent adressés avec un regard empli de suspicion à l'homme encapuchonné. Tout comme le Spectre, Alephist pensait qu'il était temps qu'on les éclaire sur la signification de toute cette mise en scène... D'autant plus que, fragment par fragment, les informations renvoyés par son hirondelle commençaient à s'assembler, et qu'à l'extérieur le temps semblait être compté pour les deux grands absent de cette petite réunion.
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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Dim 19 Mai - 18:01



Révélations°~




Une main alla enlacer sa taille, l'empêchant de chuter plus avant. Ses forces l'avaient abandonné d'un seul coup, les peu de forces qui lui restaient tout du moins. Sans le soutien d'Alephist, la Prêtresse d'Avalon aurait sans doute sombré dans l'inconscience. Les paroles de ce dernier la fit sourire légèrement. Dans un souffle elle tenta de murmurer une réponse se voulant rassurante mais n'y parvint pas. Un simple regard à l'adresse des deux protagonistes, et la druidesse ferma les yeux, soupirant d'aise en sentant le cosmos du Hérault d'Héphaïstos. Qui était-elle pour pouvoir fournir des réponses ? Elle n'était qu'un objet dans les sombres desseins de Gilles de Rais. Mais ce dernier, qu'elle n'avait pas vu jusqu'à maintenant, n'avait rien révélé de ses projets. Tous étaient dans le flou absolu. Même celui qui se disait être ami, compagnon ou coéquipier, qu'importe, du Seigneur de ce château ! Preuve en était qu'il avait mit personne dans la confidence. Sauf peut-être... Se redressant légèrement, Aalanna rouvrit ses yeux clairs et inclina légèrement la tête afin de remercier Alephist. Elle chercha sa fille du regard, et la découvrit assise sur un fauteuil, à observer la voûte du ciel se couvrir de couleurs éclatantes. Le crépuscule approchait, et un froid mordant s'installait au fur et à mesure. Cette froidure n'augurait rien de bon, et l'homme qui s'évertuait à garder le silence en allumant des dizaines et des dizaines de bougies, n'arrivait pas, par ce geste, à réchauffer la pièce. Bien au contraire. On dirait même que des spectres commençaient à se mouvoir entre les convives, les frôlant pour faire sentir leurs âmes froides. Impressions ou vérités ? En tout cas, cela n'avait pas l'air de déranger Eilaine, trop absorbée à sa contemplation. Il sembla à sa mère, qu'elle cherchait à contacter son père, et l'adversaire qui l'avait entraîné au loin. Ses yeux bleus trahissaient une angoisse grandissante. La peluche offerte plaquée tout contre son cœur, la petite mit sa tête contre le cadeau et ne bougea plus.

Aalanna ne savait pas quoi dire, ni faire. Elle se sentait vide, comme au temps où la malédiction de la Déesse de l’Amour Freyja, l'avait frappé. Dénuée de sentiments ? Non, de volonté. Une présence familière pourtant, la tirait de cette léthargie. Quelqu'un ou quelque chose d'extérieur essayait de la maintenir en vie, à proprement parler.

« Moi Monsieur ? Oh non, je ne sais rien du tout ! Je vous l'assure, je ne suis qu'une humble personne faisant son travail... allumer des bougies ! Oui, oui... allumer la lumière pour les attirer ! »

L'étrange personnage parti dans un rire fou, délirant. Il s'esclaffait, son visage dissimulé derrière son grand capuchon. Les poings serrés, la fille de Merlin se retourna et, d'un pas décidé, se planta devant l'énergumène et lui arracha d'un geste vif, la capuche dont il était coiffé. En découvrant le visage caché, Aalanna recula de quelques pas, tremblante.

« Non, non ! Ce n'est pas possible... » dit-elle en plaquant une main contre sa bouche.

Mais c'était pourtant bien lui. Elias. Comment ? Comment était-ce possible ? Le druide était méconnaissable, et pourtant, il s'agissait bien du plus grand sorcier que la terre d'Albion ait connu ! Les traits tirés, de grosses cernes soulignaient ses yeux injectés de sang. Ses cheveux d'ordinaire gris, tiraient à présent vers le blanc. Il paraissait si vieux... Presque malade. Et lui, il continuait de rire sur un sujet que lui seul trouvait hilarant. À bien y réfléchir, la Prêtresse comprit. Aussi le pointant du doigt, elle déversa sur lui un flot de paroles en ancien druidique, avant de continuer d'un ton impérieux, dans la langue des Autres.

« … tu es contrôlé Elias ! Le spectre de la démence t'as toi aussi touché ! La prophétie ne doit pas se réalisé ! Tu avais promis que tu ne céderais pas ! Voilà le résultat ! Serafim va mourir... » se désola t-elle en versant quelques larmes. « Je ne te laisserais pas faire ! »

Concentrant son cosmos, une énergie écrasante commença à tourbillonner dans la pièce, faisant s'envoler des feuilles de papiers, éteindre les bougies et provoquer une crise de fou rire encore plus démentielle à la marionnette. Le regard fou, les bras écartés en croix et le visage tourné vers le plafond, le druide rival d'Antiokus continuait de se gausser jusqu'à ce que sa tête ne retombe sur son torse. Le silence s'installa, la lumière verte projetée par Aalanna continuait de prendre ses droits...

« Suivez-moi... »

Cette voix semblait issue du plus profond des ténèbres ! Elle n'avait rien à voir avec le timbre habituellement chantant d'Elias. Cela confortait la jeune femme dans ses idées. Ce n'était pas lui. Prête à suivre l'homme, elle fut arrêtée par lui d'un geste de la main.

« Non, Dame Aalanna vous, vous allez suivre votre fille. » fit-il en désignant la fillette qui s'était relevée et, sans accorder le moindre regard à l'assemblée, poussait une porte pour partir. Son instinct de mère lui dictait de la suivre, bien évidemment, mais n'était-ce pas un nouveau piège ? Avait-elle seulement le choix ? Jetant un regard effrayé à Alephist et au Spectre, la belle faie dû se résoudre à les abandonner. Passant à côté du Hérault, elle lui murmura avant de s'en aller :

« Faites attention à vous... Quel stratagème Gilles de Rais à pu encore inventer ? J'en tremble... S'il vous plaît. Aidez nous. »

Sa silhouette disparut totalement à leur yeux quand elle dépassa les battants de la porte. Pourtant, son message de détresse ne cessa de résonner dans son âme. Sans en avoir conscience, elle appelait à elle, le nouveau Roi d'Avalon. Entendrait-il seulement cet appel désespéré ?

« Venez à présent, suivez moi ! »

Il les guida un long moment dans les décombres de ce château tombant en ruine. Pourtant, on pouvait remarquer qu'il se reconstruisait de lui-même. Ci et là, des pierres gravitaient pour se chevaucher les une les autres et reconstituer un vaste puzzle. Arrivés devant une petite porte à l'aspect proprement commun, Elias marqua une courte pause durant laquelle il les observa tour à tour. La porte derrière lui grinça sans qu'il ait eu à la toucher.

« Bienvenus dans mon laboratoire ! » s'exclama une voix dans le noir.

Tout autour d'eux, s'étalait tout un bric à brac, des accessoires plus étranges les uns que les autres, des outils très pointus posés tout ensanglanté sur des tables à dissection. Des piles de cadavres d'enfants reposaient ça et là, parfois à même le sol, empilés comme ça au hasard, jetés comme des poupées de chiffon. Des expériences ratées. Une ombre passa à côté d'eux, impalpable. Une forte lumière agressa leurs yeux et, si ils faisaient attention, ils commenceraient seulement à remarquer les formes spectrales qui allaient et passaient dans une sorte de faille, près d'un autel. En dessous de celui-ci, un pentacle avait été dessiné avec du sang. Cette voix caverneuse les invita à entrer.

« Ne soyez pas timide ! Allez, puisque je suis d'humeur loquasse, je vais me présenter, si vous le faites vous d'abord ! »

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Aiakos


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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Lun 20 Mai - 15:54


La réponse à sa question lui parvint rapidement, mais de la personne à laquelle on pouvait s’y attendre le moins! En effet, l’homme au masque d’or semblait tout droit sorti de sa léthargie et se paya le luxe de vociférer quelques mots peu glorieux à l’encontre du spectre, en lui faisant comprendre que son accoutrement ne trompait personne, sa nature vile et son aura tout aussi malsaine ne l’y aidant pas le moins du monde… Pour autant, que cet homme en vienne à découvrir sa nature ne le surprit pas outre mesure, déjà, dès son apparition, ce dernier avait démontré des facultés hors normes, si bien qu’une démonstration de plus ou de moins n’allait pas fondamentalement changer la donne et l’idée qu’il se faisait de lui!

Ainsi cette assemblée aussi abruptement composée, détenait en ses rangs des êtres de tout horizon, mais lesquelles il était impératif de surveiller, sans quoi les péripéties auraient tôt fait de se retourner contre lui… Dès lors dans un mouvement synchrone, tous portèrent leur regard sur celui qui semblait être le majordome de la demeure au moment où ce dernier prit la parole, pour éluder leur question commune, faignant d’ignorer les aboutissants de cette mascarade! À ne pas en douter, il semblait en savoir bien plus qu’il ne voulait le faire croire, son rire malicieux et fanatique ne faisant qu’accentuer ce sentiment.

Parmi le petit groupe, il y en avait une qui ne supportait plus toute cette supercherie, trop d’inconnu, de questions qui pour l’instant n’avaient pas trouvé de réponses, si bien qu’elle en vint à agripper le capuchon de leur hôte, agacée par autant de mystère et semble-t-il frappée d’une révélation quant à la probable identité de celui qui lui faisait face! Cependant, son engouement d’antan fut rapidement substitué par la peur et l’incompréhension! On aurait dit qu’elle venait de voir un fantôme, un être surgit du passé, de son passé pour la hanter… Elle tremblait comme une feuille, apeurée par l’être qui se dévoilait au grand jour, tant et si bien qu’il lui fallut quelques secondes pour s’exprimer et ce de manière saccadé.

Dans un dialecte Elfique elle brailla quelques mots incompréhensibles pour le commun des mortels, avant d’en revenir au patois courant afin d’être compris de tous. Son discours était vraiment désordonné, son calme s’était mue en détresse, son corps perdant peu à peu de sa vitalité pour la laisser ployer genou contre terre, même sa beauté qui la dépareillait de toutes les autres, semblait perdre de son éclat… Toutefois et malgré les maux qui s’acharnaient sur elle et sur sa famille, elle démontra une étonnante force de caractère, au point de faire exploser son cosmos afin de combattre pour ce qu’elle croyait juste! À travers cet acte de bravoure, elle souhaitait avant tout faire flancher la balance qui leur réservait un destin funèbre et visiblement elle était prête à tout pour réussir dans son entreprise.

Seulement l’homme qui fut jadis encapuchonné et qui répondait au nom de Ellias ne l’entendait pas de cette oreille, si bien qu’il coupa court à toute véhémence de sa part en les invitant à le suivre on ne sait où… Aalanna fut alors conviée à suivre sa jeune fille dans une pièce autre que celle-ci, tandis que les deux hommes la quittèrent à leur tour accompagnés du lugubre pantin de Gilles de Rai. Plus ils avançaient et plus cette résidence se métamorphosait, des pans entiers de briques se déplaçant pour reformer un semblant de cohésion dans ce logis quelque peu délabré. Ce fut comme si elle était mue d’une volonté et qu’elle souhaitait accueillir ses invités sous son plus beau jour.

À force de contempler cet agencement pour le moins singulier, il fut surpris de devoir s’arrêter aussi rapidement et dû calmer ses ardeurs à la vue d’une porte qui leur bloquait le passage. Bientôt un léger courant d’air souffla la porte, qui s’ouvrit dans un puissant grincement à vous faire grincer les dents et bien plus encore quand une voix dans la pénombre les invita à pénétrer dans ce qu’il appelait un laboratoire. Pour tout savant qui se respecte, avoir la chance de rentrer dans l’antre de l’un de ses confrères était un immense privilège, tant y était entreposé les recherches et les secrets de ces êtres à part, tant et si bien que le spectre ne put s’empêcher de s'esclaffer de rire.

Toutefois, cette excitation retomba bien vite quand il eut l’occasion de porter son regard sur les innombrables expériences et immondices qui jonchaient à même le sol, tel du bétail abattu froidement et sans vergogne… Pire encore, les cadavres amassés ci et là étaient ceux d’enfants, s’il était encore permis de les nommer ainsi tant ils étaient méconnaissables… Quelques mouches volaient autour des cadavres, dénotant une odeur nauséabonde et putride, tandis que ce silence mordant rendait ce climat d’autant plus délétère! Y pénétrer en était presque devenu une épreuve tellement ce spectacle avait de quoi choquer, pourtant au détour d’un flash qui l’avait aveuglé lui et son compère, il put apercevoir un cercle de transmutation formait par le biais de sang, qui lui permit de faire abstraction de ces horreurs.

« Autant jouer franc jeu, Faust de Méphistophélès! Par contre, j’aimerai savoir à qui je m’adresse quand je parle, par conséquent, il serait préférable que tu enlèves ton masque! »

Invité à se présenter avant de pénétrer dans ce laboratoire, Faust en révélant sa véritable identité avait bon espoir qu’ils en fassent de même non seulement par politesse, mais avant tout pour montrer patte blanche. Soutirer des informations n’en serait que plus aisé et il avait sa petite idée pour y parvenir:

« Votre laboratoire ? J’ai toujours cru que Gilles était quelqu’un de pas très net, mais visiblement j’ai trouvé un autre génie en la matière! Ha haha … Dites-moi depuis que nous sommes entrés ici, cet étrange cercle m’intrigue, je suis persuadé de l’avoir déjà vu quelque part, mais je ne sais plus vraiment où… Un parchemin ? Un tableau ? Un grimoire ? Vous n’auriez pas une idée ? »

Son regard perçant se posa dès lors sur le savant fou, tandis qu’un franc sourire commençait à ourler ses lèvres. Faust en parfait manipulateur venait de mentir une fois de plus, bien entendu qu’il se souvenait où il avait aperçu ce dessin, il était inscrit sur la première de couverture du grimoire de Gilles! Depuis le départ, son unique intention était de pouvoir s’accaparer le savoir résidant dans le livre, c’est pourquoi, il espérait secrètement et jalousement qu’en cet instant il fut en ces lieux, ce qui lui laisserait tout le loisir de pouvoir en feuilleter son contenu!
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Moïra


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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Dim 2 Juin - 1:07

    Les yeux d'Alephist se plissèrent à la réponse du serviteur de Gilles de Rais. Cette mascarade continuait encore et encore, et ce pauvre hère qui aurait pu lui apporter des réponses avait préféré se réfugier derrière le masque de la folie pour éluder ses questions. Mais s'agissait-il seulement d'un masque? Ce serviteur semblait véritablement ne plus avoir la conscience nécessaire pour entretenir conversation. Le rire de possédé qui jaillissait de sa gorge semblait en attester... Mais que faire alors? Lui retirer ces informations par la force? Si le Héraut s'en savait parfaitement capable, et possédait même plusieurs moyens à sa disposition, une intuition au fond de cœur lui murmurait de privilégier la prudence et d'attendre encore d'avantage.
    De toute évidence, cette voix était celle de la raison, puisqu'il s'avéra qu'attaquer cet étrange personnage aurait été une très mauvaise chose. Aalanna, qui avait récupéré une partie de ses forces, brava l'étrange atmosphère qui s'était installée pour approcher le mystérieux inconnu. Si Alephist ne comprit tout d'abord pas la surprise qui s'était peinte sur le faciès décomposé de son amie, ses quelques notions en langage druidique ainsi que le nom d'Elias lui permit d'y voir un peu plus clair. Il s'agissait, si ses souvenirs étaient exacts, d'un des plus puissants magicien qui accompagnait la Prêtresse d'Avalon. La créature rachitique, pâle et tordue qu'il avait devant lui était cependant bien éloignée de l'image que le Héraut s'était fait du personnage. Contrôlé? Assurément. Mais par qui ou quoi? Voilà l'inconnue qui empêchait Alephist de démêler cette équation.

    Le pouvoir de la gardienne d'Avalon se déchaîna alors, instaurant le chaos dans ce salon déjà en proie aux pires démons connus de l'homme. Chassant les ombres de la folie, mais au prix de se mettre à nouveau en danger, Aalanna parvint à faire cesser le rire exalté de son ancien camarade. De la gorge de celui-ci s’échappèrent alors des paroles qui de toute évidence n'étaient pas les siennes, invitant les protagonistes à suivre ce sinistre pantin de chair dans quelque autre sombre scène où un autre acte de cette pièce macabre les attendait. Si pour l'heure, le Héraut d'Héphaïstos pensait se prêter encore un peu au jeu de ses hôtes, il ne comptait pas pour autant laisser Aalanna s'éloigner à nouveau vers les ombres où il avait eu tant de mal à la retrouver. Avec un pincement des lèvres, il écouta l'ultime requête désespéré de la jeune mère, et lui répondit en retour avec toute l'assurance et la détermination dont il pouvait faire preuve.

      « Ne t'en fais pas Aalanna... Je ne laisserai pas cette histoire se solder par une nouvelle tragédie. Il ne vous arrivera rien, j'en fais la promesse. Je vais retrouver Serafim et vous sortir d'ici... Marche sans craintes, je resterai à tes côtés. »

    Alors que ce murmure disparaissait, du corps du Héraut se détacha à nouveau une hirondelle constituée d'un Cosmos à la teinte azur qui alla en quelque battement d'ailes se réfugier sur l'épaule d'Aalanna, tout proche de son cou. Ce n'était certes pas grand chose, mais ce fragment d'âme qu'il laissait auprès d'elle lui permettrait de garder un minimum de contrôle sur sa situation, et ce même à distance. La chaleur dégagée par l'animal illusoire ne serait certes pas suffisant pour lui apporter tout le réconfort qu'il souhaitait lui fournir, mais Alephist entretenait au moins l'espoir d'en faire un faible éclat de lumière dans cette obscurité qui menaçait de les engloutir. Une fois que la fille et la mère eurent disparu de son champ de vision en franchissant une porte, le Héraut poussa un soupir et emboîta le pas au Spectre et à leur sinistre guide.

    Les deux visiteurs furent ramenés à l'extérieur du château. Tout autour d'eux, Tiffauges était en train de s'offrir une cure de jouvence sous l'impulsion d'une force mystérieuse qui faisait voler les pierres en tous sens pour rendre à la place forte sa splendeur d'antan. Si la situation n'avait pas été aussi critique et si l'air pesant qui les entourait ne s'était pas fait de plus en plus oppressant, sans doutes Alephist aurait-il contemplé cette renaissance avec grande joie, mais malheureusement il ne pouvait se payer ce luxe.
    Lorsque finalement, le trio s'immobilisa devant une petite porte tout à fait ordinaire. Le Héraut sentit cependant immédiatement que quelque chose ici ne tournait plus rond... Et ce grâce à son nez qui perçut dans l'air des odeurs proprement écœurantes, de celles qui fous infectent les poumons pour vous retourner l'estomac pendant des semaines. Lorsque finalement la porte s'ouvrit pour les laisser pénétrer dans ce sanctuaire damné, toute l'horreur de la situation se jeta avec violence sur le masque doré de l'envoyé Divin.
    Dans ce hall souterrain baptisé en tant que "laboratoire", c'étaient des montagnes de cadavres d'enfants massacrés de la plus sordide manière qui étaient stockés comme de la matière première pour un "expérience" dont seul le le dieu des morts lui-même devait connaitre le fin mot. Tout autour d'eux n'était qu'un sacrifice immense donné à une entité maudite ne se nourrissant que de chair humaine. Ombres et pentacles, bougies et autel, fioles et flacons remplis d'immondices... Tout semblait réuni pour faire de cette cave la peinture horrible de quelque livre dédié aux arts obscurs. Et a côté de toute cela, le triste scientifique maître de ces lieux était apparu en plaisantant, se disant d'humeur "loquace". Pour ne rien arranger le Spectre s'était pris au jeu et avait répondu à la demande de présentation de leur hôte. Tout souriants et aimables, les deux compères semblaient parfaitement dans leur élément au milieu de ce massacre... Et cela venait aux yeux du Héraut de sceller leur sort à tous les deux.

      « Trente secondes. »

    Alephist venait d'écarter les bras. Tout autour des humains présents dans cet abattoir, l'air commençait à se faire de plus en plus lourd et menaçant, au fur et à mesure que le Cosmos de l'homme masqué éclatait encore et encore au point de saturer cet espace fermé. Alors que toutes cette énergie menaçait de tous les pousser jusqu'à l'asphyxie, celle-ci finit par se matérialisé sur la forme d'une multitude de lames de lumière. Chacune d'entre s'allongea jusqu'à prendre une forme éclatante semblable à celle d'une épée, et finalement toutes se mirent à dansez dans les airs sous l'impulsion des doigts du héraut d'Héphaïstos. En un éclair, cet arsenal d'armes astrales s'était positionné tout autour de Faust, Elias et leur mystérieux hôte qui se prenait pour un homme de science. Chacun devait avoir au moins une douzaine de lames autour de lui, toutes dirigées droit vers leur gorge et les entourant de telle sorte à ne leur laisser aucune échappatoire. Au moindre mouvement qui ne lui plairait pas, Alephist était prêt à égorger ces monstres qui n'avaient d'humain que l'apparence sans le moindre regret. Levant ensuite un de ses bras vers le plafond, ce brusque perturbateur envoya au travers de celui-ci tout son surplus de Cosmos, directement en direction du ciel, où à l’extérieur de sombre nuages commençaient à se masser sous les rayons du soleil désormais presque disparu. De la bouche d'Alephist, seul élément de son visage visible sous son masque, sa voix s'échappa alors à nouveau, sèche et impitoyable.

      « C'est le temps dont vous disposez pour me dire ce qu'il se passe ici... Et me donner une raison valable de ne pas vous tuer sur le champ. »

    La fureur qui l'habitait avait été dissimulée du mieux possible derrière ces paroles offertes sur un ton impérieux et sans appel. De toute évidence, le spectacle qui leur avait été offert ne s'était pas montré à son gout, loin de là. A dire vrai, le Héraut s'attendait bien évidemment à contempler horreurs et terreurs sans nom au plus profond de la forteresse de celui qui était devenu "Barbe Bleu". Alephist aurait pu laisser passer bien des choses et supporter la vue de nombreuses ignominies sans céder à l'appel de la colère sacrée qui l'habitait... Mais malheureusement pour leur hôte, le sacrifice d'enfants innocents, qu'il soit poussé par la soif de pouvoir ou pour tout autre raison, était pour Alephist une affaire personnelle. Lui qui n'était qu'une chimère à la force démesurée, contempler ainsi le destin brisé de si jeune vie ne pouvait que raviver la douleur de ses vies passées, du sacrifice qu'il avait lui-même constitué. Et à ce souvenir, seules les flammes et la lumière purificatrice parvenaient à se faire réponse appropriée.

    Igne natura renovatur integra.
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Dim 16 Juin - 20:01



La Ronde des Damnés°~



Séparées des autres, la mères et la filles déambulaient à présent dans les vastes couloirs du château. Si la Dame de l'Aube n'avait jamais rien vu de pareil et aurait pu en d'autres occasions apprécier la visite, ce n'était évidemment pas le cas en ces heures sombres. Son esprit n'avait fait qu'effleurer les raisons qui auraient pu pousser l'esprit de Gilles de Rais à des telles extrémités. L'enlèvement de sa fille était clairement un leurre destiné à les dépêcher à leurs pertes. Serafim combattait le Seigneur de ces lieux tandis qu'elle, prisonnière par des fils invisibles, s'efforçait de démêler cette trame inquiétante. Jamais Aalanna n'aurait soupçonné qu'il aurait de tels pouvoirs. Des telles connaissances surtout. Car à moins de posséder d'immenses pouvoirs, comment aurait-il put obtenir quelques secrets de l'Île aux Pommes ? Passant par intermittence dans des rais de lumières projetés par de grandes fenêtres munies de vitres colorées, son ombres grandissait sur les murs et se mouvait étrangement. Cette vision la plongea dans ses songes, dans un état proche de l'hébétude.

Sa fille marchait au devant elle sans se donner la peine de se retourner pour jeter des coups d’œil derrière elle. Non, elle ne s'en formalisait pas. Il lui était impossible de faire autrement maintenant qu'elle connaissait l'odieuse vérité. Toucher une fois de plus sa très chère mère aurait des conséquences dramatiques. Et la petite Eilaine ne désirait pas qu'un pan du Destin s'accomplisse. Ô elle aurait tellement voulut que son Oncle Merlin soit là pour la rassurer, elle et sa mère. Mais il était absent, perdu dans le Royaume Blanc afin de demander secours à Odin, l'enfant au troisième œil. Celui qui aurait put sauver sa mère autrefois. Mais les Avaloniens avaient leur propre politique.  

Que devait-elle faire sinon garder le silence ?

La mère et la fille s'engouffrèrent dans une autre allée, débouchant dans les bras des ténèbres. Il n'y eut aucuns cris, rien, seulement le silence, qui sifflait trois fois. Le vide, le chaos et la mort.



~°~ ~°~ ~°~


« Ô, ô ! En voilà des manières jeunes gens. Vos mères ne vous ont-elles pas inculquées un peu de savoir vivre ? Tss, vous savez, bien que vous ne me dérangez pas pendant mon délicat travail, il faudrait que vous, vous teniez tranquilles ! D'accord ? »

L'homme apparut brièvement dans la lumière et froissa sa cape violette tachée d'un sang largement séché d'un revers de main dans un geste théâtrale. Un homme grand et mince les observait avec un grand sourire accroché à ses lèvres délicates. Cette personne laissait échapper un charisme saisissant et bien que quelques rides trahissaient un âge plus avancé que le disait ses yeux bleus vifs, il était évident que ce personnage avait traversé bien des années rudes et pleines d'expériences enrichissantes. Son port était toujours altier, ses mains déliées, faites pour des opérations délicates. Ses doigts jouaient entre eux, un étrange ballet. Aux questions proférées par l'un, il se focalisa pour le moment sur le second, d'humeur belliqueuse. Ah, ah ! S'il désirait montrer l'étendue de ses pouvoirs, il pourrait aisément rivaliser ! Trente secondes.

« Ô ! En si peu de temps, vous seriez fort étonnés par ce que je serais capable de vous faire subir ! Mais s'il vous plaît, pas un tel jeu, il me lasse à force. »  

Ce serait mentir si cet homme n'était pas réellement intéressé par la prestation plus que convaincante, de l'un des invités de son ami. Soupirant d'aise face à ce spectacle, il reporta pourtant bien vite son attention sur le premier personnage, celui qui paraissait plus enclin aux questions... plus intéressantes ! Ah c'est qu'il était toujours flatteur de voir un congénère s'émerveiller de ses expériences.

« Faust, c'est cela ? Ah mais oui, Gilles m'a déjà parlé de vous, je vous ai vu, mais vous, non, pas réellement je dois dire.» – sur ces paroles mystérieuses, l'homme rajusta une pair de lunette sur son nez parfaitement droit- « Je suis Nicolas Flamel, votre serviteur. C'est Gilles qui m'a dit de vous faire venir ici. Ô allez ! Ne vous méprenez pas sur ses intentions, c'est à lui de s'expliquer, pas à moi. Je mène voyez-vous, mes propres expériences et l'aide un peu sur son projet, rien de plus. Ah, d'ailleurs, c'est que l'heure approche, nous allons bientôt êtres les témoins d'un phénomène fort rare mes amis ! Il faut que vous sachiez danser correctement la rondes des damnés messieurs !»

Sans se soucier de la dangerosité de la situation, celui qui prétendait être l'illustre alchimiste se prit à danser d'une manière fort habile, évoluant entre les cadavres qu'il n’effleurait même pas de sa cape. Ses pas furent rythmés par un fluctuation dans l'air, une seconde après celle créée par l'homme au masque d'or : le portail des Mondes était sur le point de s'ouvrir, et un message de la part de Gilles de Rais lui parvint. Il s'arrêta net, visiblement fort ennuyé d'être ainsi interrompu. Une petite moue se dessina sur son faciès. Il se tourna vers le pentacle, le fameux dessin dont on lui avait demandé l'origine quelques instants plus tôt. Celui-ci sembla prendre vie et disparut entre les mains fermées de l'homme aux yeux bleus. Un sourire malicieux à l'adresse de Faust et il lança, tout content de lui.

« Un livre, oui, oui, je sais ce que vous insinuez jeune Spectre ! Mais c'est là un pouvoir que vous ne saurez maîtriser pour l'heure, sauf si vous apprenez comme moi, à danser cette gigue morbide ! Il faut l'appeler, il faut l'appeler ! Un sacrifice doit être fait, et finalement, il semblerait que ce ne soit plus Aalanna qui doit être l'agneau blanc et pur... »

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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Lun 17 Juin - 22:08

L’on pouvait prêter toute sorte de maux au spectre de Méphistophélès, mais s’il y en avait bien une chose qui le démarquait des autres, ce fut sans doute son soucis de l’éthique. Vêtu comme il paradait en cet instant, en comprendre l’origine était un peu plus simple, ce qui l’amena tout naturellement à révéler son identité! Convié à se joindre à la discussion et plus particulièrement à décliner son identité en premier lieu, l’homme au masque d’or se préféra beaucoup moins bavard que ses deux convives et pour cause ce fut toute une série de lames qui prirent en quelque sorte la parole pour lui.

Visiblement moins enclin à discuter paisiblement que les deux savants, d’innombrables épées de lumières formèrent un cercle autour du crâne de ses homologues. Conscient d’avoir littéralement une épée de Damoclès au-dessus de la tête, l’étoile céleste fit grise mine, la situation venait de dégénérer en un laps de temps, retardant inéluctablement la lecture du grimoire qu’il désirait tant! Néanmoins, contraindre ce manieur de sabres à baisser les armes n’était point insurmontable, mais en cet instant la tournure que prenait cette entrevue commençait à l’intéresser de plus en plus, si bien qu’il ne tenta rien, du moins pour le moment…

Passablement exaspéré semble-t-il, il en vint même à détruire une partie de la toiture de la demeure dans laquelle il venait d’être invité. Bien plus encore, persuadé d’avoir la situation sous contrôle il proféra dès lors une menace, si bien sûr annoncer un compte à rebours pouvait être qualifié comme tel! Pourtant, tout dans ses gestes et dans son intonation dénotaient un certain stress, une perte de maitrise de soi, la vue des corps inanimés entassés comme du bétail n’y était certainement pas étrangère! Derrière ce masque, il n’en restait pas moins un homme et malgré toutes les ignominies que la guerre pouvait causer, voir des cadavres d’innocents enfants restaient sans doute la chose la plus difficile à avaler, même pour le plus endurci des guerriers…

Mais bien vite, leur nouvel interlocuteur qui daigna enfin se montrer au grand jour, après tout ce temps resté dans la pénombre, l’invita à cesser sur le champ cette mascarade sous peine de se voir causer des souffrances bien plus pire que celles que laissaient présager ses lames cosmiques. Un homme de grande envergure vêtu d’une blouse mauve, dégageant aussi bien dans sa manière de s’exprimer que dans celle de paraitre, un charisme fou qui ne laissait pas indifférent notre jeune alchimiste. Gilles savait s’entourer des meilleurs éléments et rien que par la prestance de cet homme, il ne faisait aucun doute qu’il était destiné à réaliser de grandes choses. Dès lors, connaitre le nom de cet éminent savant en devint presque un besoin vital, tant et si bien qu’il en oublia presque qu’il était toujours sous le joug de son homologue.

Malheureusement, la réponse ne fut pas à la hauteur de ses espérances, du moins pas totalement… Répondant au pseudonyme de Nicolas Flamel, Faust se souvint soudainement qu’il était. Rencontré aux côtés de Gilles lors de leur première entrevue au cours de laquelle une vive discussion sur la pierre philosophe fut débattue, ce dernier ne semblait pas le reconnaitre pour sa part. Une légère déception put se lire sur son visage, si même un de ses confrères ne le reconnaissait plus, qu’adviendrait-il des autres? Son orgueil venait d’en prendre un grand coup, balayer comme un vulgaire moustique, il était temps de demander réparation et ce de manière la plus vile qu’il connaissait et dont il avait le secret : la critique!

« Il est vrai que vous n’êtes plus tout jeune, mais tout de même arriver à en oublier que nous nous sommes déjà rencontrés… Ne deviendriez-vous pas gâteux par hasard? »

Il est vrai qu’il y allait un peu fort avec ces propos, surtout en connaissant l’illustre passé de son mentor, mais toujours est-il qu’il n’avait guère apprécié de se voir radier des souvenirs de ce dernier et puis cela ne restait qu’une plaisanterie, à l’humour douteuse certes, mais une plaisanterie tout de même! Cet interlude fut toutefois de courte durée, l’alchimiste se mit soudainement à danser avec élégance, jouissant d’une certaine dextérité qui lui permit d’éviter tour à tour de piétiner les corps amoncelés sur le sol. Mais outre ce ballet improvisé, son intention se porta bien plus sur le pentacle pour lequel il avait posé auparavant une question.  Scintillant avec force, ce dernier se mit tout à coup à bouger de son propre chef en direction du savant fou, avant de disparaitre au sein du creux de ses mains!

Une fois de plus et pas des moindres, on venait de lui annoncer qu’il n’était pas prêt pour recevoir les présents que renfermait le livre qu’il convoitait… Son illustre propriétaire lui avait déjà fait part de cette confidence, mais n’avait-il pas changé depuis tout ce temps? Sa vision des choses ne s’était-elle pas clairsemée? Il était persuadé d’être devenu un autre homme, pour cause il en était même venu à changer de physionomie, mais non, la réponse demeurait toujours la même et cette fois-ci, elle sonna bien pire encore que la précédente fois! Et ce n’était certainement pas en lui intimant de reproduire cette incantation que tous ses problèmes seraient réglés!

« Maintenant je vais formuler ma requête d’une autre manière! »

À l’instant même où il prononça ces quelques mots, une main surgit du poitrail de Ellias, le traversant de part en part. Un liquide carmin se mit lentement à perler le long de ses lèvres, tandis que tous portèrent leur regard sur l’auteur de cet acte immonde. Ricanant de plaisir à la vue de l’agonie et de l’incompréhension de sa victime, Faust arbora un sourire diabolique. Toute forme d’humanité venait de le quitter, il était à présent le diable en personne! À travers sa main ganté qu’il venait d’apposer contre son faciès, on pouvait apercevoir la véritable nature du spectre de Méphistophélès,  un sourire à vous glacer le sang, des dents aussi aiguisées que des lames de rasoirs et un regard plus terrible qu’une bête affamée, il ne manquait que les cornes!

« Tu voulais une personne pour ton sacrifice, je viens de te fournir le corps! Il ne sert à rien de nier, je te demande à présent et sans plus tarder de m’apprendre à contrôler la technique du Liber sanguinis! »

Les dés étaient jetés! Depuis le départ il avait évité de mentionner son nom, mais il était déjà trop tard et le temps commençait cruellement à lui manquer. Que cet homme en connaisse l’existence était le dernier de ses soucis, il ne pouvait plus attendre, son destin était en marche, nul le ferait changer d’avis. Par ailleurs, pour le bien de la petite assemblée il était préférable que Flamel obtempère, sous peine de voir se déchainer le démon qui venait de faire surface et qui pour le moment  brimait son insatiable envie de les exterminer les uns après les autres!
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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Dim 28 Juil - 22:22



Baron°~




=> La lutte des damnés [post de récup]

 
« Qu'avez vous fait pauvre fou !»

La voix de Nicolas de Flamel résonna dans cette pièce aux allures de cryptes, faisant jusqu'à vibrer les murs du château. À moins que ce ne soit... se retournant sur l’œuvre que lui et son ami Gilles de Rais avaient eu tant de mal à concevoir, l'alchimiste eut le déplaisir de constater que ce sacrifice avait accéléré d'une manière dangereuse et imprévue, leur plan normalement si bien ficelé. Certes, l'agneau sacrifié n'était plus la mère, mais bel et bien l'ensorceleur au cheveux poivre et sel, mais cela n'aurait pas dû se passer ainsi ! Un accord avait été passé entre les deux adversaires. Maintenant, il lui était impossible de prévoir ce qu'il allait se passer. Un pacte brisé équivalait à anéantir celui que les deux amis avaient passé avec l'être démoniaque dont ils avaient besoin pour mettre à bien leur projet ultime.
Mais le Seigneur Démon Baron n'avait qu'une parole -ce qui était assez paradoxal pour un être aussi malfaisant- et quand une promesse était compromise, son ire devenait aussi dévastateur que celle d'un Dieu. L'expression qu'affichait le visage du savant témoignait bien de cette peur panique que tous, au moins une fois dans sa vie, on ressentait. Les prémices de la Mort, les Crocs froids et durs de la Faucheuse. Que craignait-il lui qui était déjà trépassé ? Oh... mais il y avait bien pire que cette mort là. Fous étaient les Spectres qui se croyaient désormais immortels grâce à la bénédictions de leurs Souverains. Ils avaient tords de se croire hors de danger.

Le sang. Il y en avait partout. La vue d'Elias se brouillait tandis que le fil de son esprit se reconstituait. C'était bien ironique alors que celui de sa vie lui échappait. La main qui s'était enfouie dans sa poitrine lui avait laissé un trou béant à la place du cœur. Une pensée cocasse lui traversa l'esprit, et en cet instant fatidique, ce fut à son éternel rival qu'il pensa. Avait-il eut seulement un semblant de cœur tout au long de sa très longue vie ? Car le druide en avait vu passer des âges, des époques sans que son décès l'inquiète car le Temps n'ayant presque aucunes emprises sur lui. D'ordinaire ce genres de blessures ne l'aurait pas inquiéter outre mesure. C'était sans compter le déchaînement de puissance qui était à l’œuvre juste devant eux. Pourquoi ce Spectre avait-il prit ce genre d'initiative ? Il était fou et égoïste. Jamais il ne comprendrait la portée de son geste.

Désormais Elias le savait, il était condamné, et sa mort allait entraîner celles d'Aalanna et Eilaine. Sauf si...

La dernière chose que le druide put voir avant de pousser son dernier soupir fut deux silhouettes noires surgir de nul part. Puis le noir l'envahit et il bascula dans le néant. Ainsi s'acheva la vie du sorcier Elias de Kelliwic'h, Maître des corbeaux, du royaume damné et des enfants de la lune.

« Faust ! Faust qu'as-tu fais ? Te rends tu comptes de ce que tu viens de libérer pauvre fou ?» héla la voix dur et caverneuse d'un Gilles de Rais en proie à la panique. « Tu viens de tous nous condamner à périr sous le joug du Démon Baron ! Tu viens d'anéantir les derniers espoirs d'un père pour sauver sa famille ! Par ma faute, par ma faute !»

Ah comme la souffrance du Maréchal de France était grande ! Comme sa culpabilité le rongeait ! Non, non, cela ne devait pas se passer ainsi ! Ignorant ce tumulte d'énergie assassine, le Seigneur de Rais s'approcha de son vieil ami Nicolas pour le soutenir. De son autre main libre, il sorti l'objet de convoitise de celui qui se prétendait être son congénère. Ne lui accordant pas un regard, tout concentré à sa tâche, Gilles s'avança encore face au dôme d'énergie pure qui s'élevait désormais au dessus du leur tête. Un rugissement terrible fit de nouveau trembler les fondations du château.
Tenant fermement le Livre de Sang entre ses doigts, l'homme aux yeux gris commença à psalmodier en latin, de très vieilles incantations dans le but premier de protéger Aalanna et Eilaine, normalement en sécurité là où il les avaient envoyé, mais désormais en plein cœur de cette tempête infernale. Il lui fallait de l'aide, sinon quoi... sinon quoi ils y passeraient tous.

Tout espoir était-il perdu ?

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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Jeu 1 Aoû - 17:33

Depuis sa petite intervention, certes surprenante, mais réaliser selon le bon vouloir de son homologue, Faust fut l’objet de toute une série d’injures de la part de ce dernier, qui n’avait de cesse de le traiter de fou! En effet, sa petite bravade venait de précipiter le sort de l’assemblée, qui se voyait maintenant confronté à un déferlement de puissance, provoqué par le pentacle fraichement crée! Toutefois, le principal concerné refusa de prononcer tout commentaire pour l’heure, déclinant toute responsabilité quant aux événements qui venaient de se succéder! Il était chose aisée de jeter la faute sur le spectre de Méphistophélès, néanmoins les seuls responsables n’étaient autre que Gilles de Rais et son compagnon Nicolas Flamel, qui conscient du danger que pouvait représenter l’étoile céleste l’avaient convié à se joindre en leur compagnie!

À présent, ils ne pouvaient que se lamenter et tenter de réparer les erreurs de leur collègue! Tant et si bien que le Maréchal de France après être surgit d’une dimension accompagné du maitre corbeau, vint à joindre ses forces à celle du savant, pour étouffer ce maelström qui ne cessait de croitre d’un instant à l’autre! Pour ce faire, le Seigneur de Rais usa de son grimoire, le fameux livre que le démon tentait éperdument de recueillir. Son regard se porta aussitôt sur cette œuvre, il tenta à tout prix d’apercevoir ne serait-ce qu’une bribe de phrase, mais hélas ce fut peine perdue… Comme par le passé, son regard se porta sur des pages blanches, un vide sans fin qu’il ne pouvait en l’état combler… Pourtant, d’innombrables psaumes en latins s’échappaient des lèvres du spectre, mais bien qu’il fût aux premières loges pour assister à l’utilisation de ce grimoire magique, il était incapable d’en déceler les subtilités!

Une insatiable envie de s’en emparer dès lors lui dévora l’esprit, seulement une fois en sa possession qu’adviendrait-il ? Qu’en ferait-il surtout ? À quoi bon disposer d’un savoir qui lui était inaccessible ? Après mure réflexion et conscient du danger qui les guettait pour l’heure, il se contenta d’observer, d’apprendre, afin de pouvoir peut-être un jour y découvrir les préceptes, que ce maudit ouvrage ne cessait de lui cacher! Néanmoins, à force de rester planté comme un piqué, la situation s’envenima bien plus encore, quant au détour de plusieurs déferlements d’énergies, une silhouette suspecte vint à se former au centre du cercle! Aussitôt, l’air se raréfia, les quelques bougies qui éclairaient encore de leurs faibles lueurs la pièce, furent balayées par une légère brise, tandis que le pentacle redoubla d’intensité et de luminosité, afin de faire rallier dans ce monde, un être encore plus mauvais et néfaste que ne l’avait été jusqu’à présent l’alchimiste!

« Au final, que ce soit moi ou toi c’est du pareil au même ! Depuis le départ, ton unique objectif était d’obtenir un corps pour l’appeler! Avoir des remords maintenant n’y changera rien ! Que pensais-tu qu’il allait se passer quand il serait à nos côtés, qu’il te délivrerait gentiment la pierre philosophale? »

Mis à l’écart dans cette confidence, Faust venait enfin de comprendre où son compagnon voulait en venir depuis le début et quoi de mieux que de le partager à toute l’assemblée, qui serait sans doute enthousiaste en l’apprenant? Il ne faisait que lui rendre la monnaie de sa pièce… Il le considérait comme un allié, mais ce dernier s’était bien avisé de lui exposer son plan, Pourquoi ? Par crainte de se voir ravir la pierre philosophale ? Il le pensait beaucoup moins niais, depuis le temps il aurait dû comprendre, que cette vaste entreprise lui était sortie de la tête, seul le livre en sa possession attisant encore un semblant de curiosité chez lui! Cependant, l’erreur est humaine, si l’on peut le qualifier encore comme tel, si bien que dans un élan de générosité et ce dans un but bien précis, Faust proposa à son congénère un marché qu’il ne pourrait refuser, du moins pour l’heure!

« Comme je suis quelqu’un de bon, je conçois à te prêter main forte et même à t’offrir cette pierre que tu sembles tant désirer! Mais en contrepartie, j’aimerai que tu m’apprennes sans plus tarder à lire ce livre et à user de ses pouvoirs! À deux nous obtiendrons la force nécessaire pour le terrasser! Sinon tu peux me considérer comme l’allié de ton copain là-bas! »

En prononçant ces quelques mots, il venait de désigner le Baron Démon qui se trouvait dans son dos et qui bizarrement n’avait encore rien fomenté ! Non pas qu’il ait plus envie que ça de se joindre à ce monstre, mais conscient de l’importance numérique dans cette entreprise, il n’avait pas trouvé d’autre solution que de lui mettre le couteau sous la gorge pour obtenir ce qu’il désirait ! Bien entendu, pour appuyer un peu plus ses propos et contrairement à ce qu’il s’était dit de prime abord, il n’hésita pas une seule seconde à subtiliser au nez de son possesseur le grimoire ! En parfait pickpocket, la tâche fut aussi simple que de dérober une sucette à un nourrisson, de quoi lui soutirer un grand rire amusé, malgré que la bâtisse se remette à trembler ! Le dôme crée sous le joug de la technique du Liber Sanguinis venait de s’estomper, plus Gilles mettrait du temps à accepter le deal, plus la vie de ceux qu’ils désiraient protéger, serait en péril !
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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Dim 18 Aoû - 20:01



Nous ne pouvons aller à l'encontre de notre Destin°~


 
Maintenant, la Prêtresse d'Avalon comprenait tout. Maintenant qu'elle se trouvait au pied du mur, face à sa Destinée et qu'elle ne pouvait plus reculer, elle comprenait toute la portée de sa Vie. Ce pour quoi elle était née. C'était douloureux, oui, fort douloureux de se rendre compte que l'on était ici que pour souffrir. Certes dans un but à la fois noble et égoïste, mais dur à accepter tout de même. Encore quelques pas et ce serait terminé. Enfin Aalanna connaîtrait le repos et pourrait sourire sans avoir peur de tout perdre à nouveau. Ses pensées se tournent vers ses enfants, son bien-aimé, son passé. Ô, bien sûr qu'elle aurait put choisir une autre vie, bien sûr qu'elle aurait put connaître un sort plus enviable, mais elle ne regrettait rien et n'échangerait pour rien au monde sa vie contre une autre. Car au moins, elle savait qu'en faisant ce pour quoi elle était faite, elle saurait sa famille heureuse. Pouvons nous seulement changer la face de notre Destin ?

Ses yeux bleus se tournent vers sa fille qui la regarde en retour. Les même yeux que sa mère, avec en plus ce pouvoir qu'elle-même ne possède pas et qu'elle voulait protéger. Le futur était plein de promesse pour elle, et Aalanna allait continuer à vivre d'une certaine manière. Serafim comprendrait comment la rejoindre quand il le souhaiterait. Elle en était persuadée. Pourtant... ô pourtant elle ne peut se résoudre à verser des larmes amères ! Sa fille Eilaine aussi, en voyant que sa mère comprenait enfin, ne pouvait s'empêcher de pleurer toutes les larmes de son corps. Car à cause de sa petite fille Eilaine, Aalanna allait quitter ce monde.

La mère se pencha vers son enfant pour l'étreindre une toute dernière fois malgré les réticences de cette dernière qui avait peur de la blesser encore plus qu'auparavant. Ses yeux se chargèrent encore de larmes quand les lèvres de sa maman se posèrent une ultime fois sur son front.

« Je t'aime de tout mon cœur ma douce Eilaine, ne t'en veut surtout pas mon enfant, car ce n'est pas ta faute … Promet moi d'expliquer à ton père, à ton frère … ils comprendront, il sauront où me trouver et toi aussi. » fit-elle en posant la paume de sa main contre son petit cœur.

« La Vie est ainsi faite, et c'est mon devoir de vous protéger. Maintenant ma fille, sèche tes pleurs. Souris moi. »

Eilaine secoua énergiquement la tête, se refusant à la laisser se sacrifier pour elle. Toute sa vie, l'enfant d'Avalon s'en voudrait. Pas une seule fois, elle ne penserait à sa mère souriante alors que le voile se déchirait. Oui, peut-être était-ce ce dont pour quoi Aalanna était faite mais... non ! C'était tellement injuste de devoir... de devoir suivre à la lettre, une malédiction !

Pourquoi une vie devrait-elle être toute tracée à l'avance ? Odin lui-même désespérerait. Car n'était-ce pas de son fait qu'Aalanna était devenue une Ase à son service ? N'était-ce pas pour essayer de changer l'avenir ? Du haut de ses six années la petite Eilaine savait pourtant que c'était bien vain de l'espérer seulement...

« Ne part pas Maman, je t'en prie ! Ne nous laisse pas ! »

Mais il était trop tard. La main tendue de la petite ne rencontra que de l'air. Sa mère venait de disparaître.


~°~°~°~


Le Démon Baron jusque là parfaitement calme, se tenant avec majesté devant cette petite assemblée en proie à un chaos innommable, à la pire des vilenie, porta son regard de marbre sur Gilles de Rais. Il n'était que silhouette fantomatique à présent, et n'avait pas une figure effrayante. Oui le Démon demeurait pour l'instant sage, comme si il attendait quelque chose. Le sacrifice de sang était fait, mais cela ne paraissait pas lui convenir. Non, ce qu'il désirait n'était pas devant ses yeux. Ce corps là étendu non loin ne lui plaisait pas. Pas plus que ceux des autres enfants. Ce fut au moment où il s'apprêta à repartir dans son plan qu'une force incroyable le contraignit à hurler de douleur. Derrière lui, la brèche béante se mua en un puits de lumière diffus qui aveugla l'assemblée. De cette brèche surgit un millier d'âmes, des banshees tout droit sorties du Sidh qui se mirent à chanter dans leur langue. Suivit de ce cortège, une ombre s'extirpe de la Porte : une femme que tous reconnaît comme étant Aalanna s'avance toute illuminée d'un halo divin. Elle sourit, pure et enchanteresse sous sa forme originelle, forme que Gilles de Rais et Serafim avaient eu une fois l'occasion de contempler.

« La pierre philosophale ? Mais elle n'existe pas. Elle n'existe pas car c'est une coupe ? Non, pas une coupe non plus, mais un chaudron.. Le Chaudron de Dagda

Sa voix est douce haute et claire. La Prêtresse se meut avec grâce, elle est une Faie, aussi belle que les créatures que l'on décrit dans les contes pour enfants. Diaphane, elle l'est ainsi que ses vêtements qui flottent tout autour d'elle comme des oriflammes. Son regard azur se pose sur Serafim, elle s'approche de lui pour l'enlacer.

« Au revoir mon aimé, nous nous retrouverons, tu me le promet ? Dis moi que tu me promet de venir me voir ? »

Mais la réponse ne viendrait jamais. Ses yeux vibrèrent d'émotion avant de s'éteindre. Elle paraît contempler Serafim, le voir sans réellement le voir. Une dernière caresse sur sa joue, et un mince filet carmin se prit à glisser sur sa mâchoire, souillant toute cette blancheur de cette odieuse couleur. Son corps s'effondre, blessé par la main du Démon.

Gilles de Rais avait cessé de respirer. Enfin, il aurait put le faire si il n'était pas déjà mort. Le Spectre était dépassé par les événements que lui-même avait provoqué et il s'en voulait. Pire que tout, il ne savait plus comment réagir et la perte de son précieux Livre de Sang ne paraissait pas le gêner du tout. Il tourna ses yeux gris vers le corps sans vie d'Aalanna, puis observa Faust d'un air totalement absent.

«Cela n'a plus d'importance... Garde le. » déclara t-il avant de murmurer quelques mots en latin. « Ouvre le. »

Le Seigneur de Rais ne lui accorda plus un regard, il alla d'un pas lent et douloureux, rejoindre Aalanna et se poster entre le couple et le Démon.

« Eilaine ! Arrête ça !»

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Aiakos


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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Lun 19 Aoû - 21:19

Bien que la situation était plus délicate qu’auparavant, le seigneur de Rais ne semblait pas s’en offusquer plus qu’outre mesure, son calme et la sérénité qui le caractérisaient habituellement s’étaient mues en désarroi et tristesse… Si bien que la perte de son grimoire ne fut de toute évidence que le cadet de ses soucis ! Pourtant, d’ordinaire un tel affront aurait valu au coupable une correction sans nom,  rien ni personne n’était en droit de lever les yeux sur ce grimoire qu’il chérissait bien plus encore que sa propre vie. Mais là c’était un Gilles de rais complètement dépassé, qui ne comprenait plus grand-chose aux événements qui se succédaient et qui au plus grand bonheur de son homologue, lui concéda volontiers son œuvre et ce sans lui demander quelque chose en échange comme il avait été convenu au départ!

« Ben quoi c’est tout? Tu me donnes ton si précieux grimoire sans m’opposer la moindre résistance ? Si c’est vraiment ce que tu désires,  tes désirs sont des ordres ! »

À L’instant même où il prononça ces dernières paroles, Gilles dans une incantation morbide psalmodia quelques bribes de latins afin de lui donner accès au contenu du grimoire. Dès lors, un large sourire apparu sur sa mine réjouit, la même que celle d’un enfant sur le point d’acheter le jouet de ses rêves, tandis que son corps tout entier tremblait d’excitation. Depuis trop longtemps il avait rêvé de ce moment et à présent il était sur le point de le réaliser. Il n’y a encore que quelques instants, personne n’aurait pu prédire ce qui était sur le point d’arriver et bien plus encore le spectre de Méphistophélès, qui fut contraint de tenter le tout pour le tout! Certes, ses actes venaient de précipiter la fin de deux personnes, mais en tant de guerre les pertes collatérales étaient monnaie courante et ce dans chaque camp, une de plus ou de moins, cela ne changeait pas grand-chose au final…

Pourtant, il y avait de quoi s’en vouloir avec tout le bocson qu’il venait de mettre. Entre son petit meurtre, certes nécessaire pour faire avancer les choses et son vole qui avait contraint la somptueuse blonde auparavant rencontré à se sacrifier, plus d’un s’en aurait voulu et aurait mis fin à leur propre vie en dédommagement, comme si c’était la solution, mais pas lui! Non lui, il  voyait plus cela comme un mal pour un bien, un sacrifice nécessaire pour le bien de tous. Une conception qu’il ne partageait pas pour autant, mais qu’il respectait tout de même! Le don de soi, le partage, autant de notions qu’il connaissait en théorie, mais qu’il n’avait jamais vraiment vues à l’œuvre… Ce n’est qu’avec le sacrifice de la prêtresse d’Avalon que leurs significations prirent tous leurs sens!

Pas une seule fois elle n’avait hésité à donner sa vie pour protéger celles de sa famille, la rendant encore plus belle qu’elle ne l’avait été jusqu’à présent. Persuadée que sa cause était juste, elle leur donna une chance de vivre en paix, de connaitre des jours meilleurs, malgré son absence qui serait bien dure à supporter. Déterminée, convaincue qu’ils s’en relèveraient, elle se sacrifia, pour former un halo de lumière aveuglant qui s’attaqua au Baron surpris et incapable de s’en dépêtrer. Au travers de cette lueur,  une silhouette reconnaissable entre mille dirigeait ce maelström de puissance, Aalanna en tant qu’entité fantomatique. Elle dégageait une force de caractère à toute épreuve qui finit par venir à bout du Baron, mais qui entraîna son lot de conséquences. En effet, La joute prit fin quand un puissant flash aveugla la petite assemblée, avant qu’elle ne découvre gisant au sol, la fière combattante, morte le teint blafard caractéristiques des êtres de l’au-delà!

Une douleur indescriptible gagna la petite communauté à l’exception de Faust qui jubilait en observant le grimoire délivrer ses écrits. Le livre mue d’une volonté propre, se mit à scintiller d’une sorte d’énergie cosmique mauve, avant de lui intimer d’y déverser une part de son cosmos. Pour la première fois, ce dernier semblait le désirer, il était enfin digne d’y découvrir ses secrets de quoi lui soutirer un long et puissant rire. Au fur et à mesure que son cosmos entrait en résonance avec l’ouvrage, les pages jusqu’alors vierges se remplirent d’un tas de schémas, explications et incantations en tout genre, qui une fois lues les unes après les autres par le spectre de Méphistophélès transforma bien vite son excitation d’antan en incompréhension. Tournant les pages à une vitesse folle, il en vint très rapidement à en déduire :

« Il est incomplet… J’ai beau le lire mainte fois, c’est toujours la même constatation, ce livre ne détient pas tout le savoir que je désire…  C’est bien ce que je craignais, il me faut encore trouver le livre des Psaumes pour enfin toucher au but ! Gilles tu m’excuseras, mais j’ai des choses bien plus urgentes à régler que de me lamenter à tes côtés! »

De toutes évidences ses craintes étaient fondées, ce seul livre ne lui permettrait pas de réunir la quantité de savoir qu’il lui faisait encore défaut. Il faut l’avouer en cet instant, il était très déçu, après toutes ces interminables coopérations avec le spectre du bourreau, il n’avait obtenu que la moitié de ce qu’il désirait… Mais que cela ne tienne, en possession de ce grimoire, la chasse n’en serait que plus aisée et nul doute qu’une fois les deux réunis, il toucherait enfin au but! Que ferait-il une fois les deux tomes en sa possession et le savoir absolu engrangé ? Il ne le savait pas le moins du monde, mais c’est justement cet inconnu qui rendait cette quête d’autant plus intéressante! Plus une seconde à perdre, aussitôt le livre fermé, il ôta son long et magnifique heaume de jaï, avant d’y plonger sa main ganté à l’intérieur. Comme par magie, ce dernier se fit aspirer par le chapeau, avant qu’il ne disparaisse lui aussi en déchirant l’espace-temps un court instant. En lieu et place du spectre, se trouvait à présent un petit lapin tout mignon, sur lequel une montre en or décomptait à vive allure les secondes qui s’écoulaient. Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier, seul le Seigneur de Rais serait à même d’en comprendre la signification et plutôt il le ferait, mieux ce serait!

Spoiler:
 
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Héphaïstos


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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Mer 21 Aoû - 14:58

Citation :
→ Palais d'Athéna.
« Qu'est-ce que c'est que ces conneries ? »

Pour celui qui l'avait emmené sans lui demander son avis, Jara n'était qu'un encombrant bagage dont il fallait se défaire au plus vite. C'était qu'il pesait son poids, l'animal, et étant peu sociable de nature Héphaïstos était peu habitué à emmener des passagers lors de ses déplacements. Le héraut qu'il avait choisi était par chance capable de le faire par lui-même, mais ce n'était hélas pas le cas du Chevalier d'Or du Capricorne. Et puis, il doutait fort que celui-ci aurait suivi la marche s'il ne lui avait pas un peu forcé la main. Il n'en déposa pas moins la nouvelle recrue sur le sol dès qu'il fut en vue de l'endroit où il était censé se rendre. Du moins était-ce ici qu'il avait perçu le cosmos de son stupide disciple pour la dernière fois. En toute logique, il n'avait pas eu le temps d'aller bien loin et devait donc se trouver dans les parages – à moins que sur ces quelques minutes d'intervalle, il ait trouvé le temps de se faire tuer et repose déjà sous leurs pieds. Mais le Divin Boiteux en doutait, car il ne l'aurait pas choisi s'il pouvait mourir aussi facilement. Un accident à la forge est si vite arrivé, il serait malencontreux qu'il périsse au premier désagrément.

Même s'il n'en avait pas l'air comme ça, Alephist avait un corps solide. D'autant plus d'après avoir reçu son enseignement, mais c'était aussi sans doute ce qui lui avait permis d'y survivre. Maîtriser les techniques du Dieu des Forges n'était pas à la portée de tout le monde, encore moins avec ses méthodes d'apprentissage pour le moins saugrenues. Tout ce qu'il pouvait espérer, c'était qu'il ne le surestimait pas... L'important était qu'il lui reste au moins une étincelle de vie. Même s'il faisait un piètre guérisseur, et que ce ne serait donc pas sans douleur, il pourrait toujours le « réparer » pour peu qu'il soit encore en état de respirer. Si ce n'était plus le cas, en revanche... Toujours auréolé des flammes qui avaient accompagné son déplacement, on aura cru Héphaïstos tout droit sorti du fin fond de l'Enfer, mais ce n'était rien à côté du démon titanesque qui s'érigeait devant lui de toute sa hauteur et l'accueillit d'un hurlement véloce.

Qu'était-ce que cette monstruosité et qui avait bien pu la libérer ? Son regard balaya l'assistance, ou ce qu'il en restait, jusqu'à finalement se poser sur Gilles de Rais. Car le plus ironique dans le cadre de cette histoire, c'était qu'il n'y avait personne ici qu'il ne connaisse déjà, et pour cause. Chacun de ces éveillés lui était lié à sa manière, mais il n'aurait jamais pensé que les relations pouvant exister entre eux étaient susceptibles de dégénérer à ce point. Paradoxalement, celui qu'il avait lui-même amené avec lui était le seul dont il ait fait la connaissance dans les dernières vingt-quatre heures. Et si – aussi grave qu'elle puisse paraître – la situation actuelle ne lui faisait pas perdre son sang-froid – chose étonnante pour un Dieu du Feu - voir la fille de Serafim et Aalanna fondre en larmes à n'en plus finir, inconsolable, n'était pas ce qu'il aurait appelé un bon présage. Son pied heurta le sol, et une colonne de feu tourbillonnant s'éleva autour de lui, visible à des kilomètres à la ronde.

« Gilles ! Qu'est-ce que t'as encore foutu, bougre de demeuré congénital ?! Regarde-moi ce travail, cet endroit n'est plus qu'un champ de ruines ! J'espère que t'as une bonne explication à me donner, sinon je te jure que ça va barder et que tu vas le sentir passer ! »

Ce disant, il s'était dirigé vers lui de quelques longues foulées, enjambant les décombres séparant leurs positions respectives pour finalement pouvoir l'attraper par le col et le secouer tel un vulgaire hochet. Cette oeuvre de mort et de destruction portait clairement sa marque de fabrique, et le Dieu des Forges ne le laisserait pas s'en tirer à si bon compte. Pas sans avoir tiré ça au clair. Si la plupart des personnes présentes ne le connaissaient que sous sa forme d'origine et pas sous les traits qu'il arborait actuellement, la manière qu'il avait eu de tonner dès son arrivée d'une voix dont l'emphase n'avait rien à envier à un coup de tonnerre ne laissait aucun doute sur son identité. Il finit toutefois par relâcher le Spectre qu'il tenait à bout de bras pour se tourner vers l'engeance démoniaque qui le fixait d'un air mauvais, n'aimant certainement pas sentir la densité du cosmos qu'il émettait depuis son arrivée. Sans doute parce qu'il sentait que sa fin était proche et que cet homme, quel qu'il soit, avait le pouvoir de le détruire.

« T'as pas intérêt à bouger d'ici. En fait, aucun de vous ne quittera cet endroit tant que je ne saurai pas clairement ce qui s'est passé. En attendant, laissez-moi faire et mettez-vous à l'abri, ça risque de piquer un peu. Si vous avez pas envie de vous prendre un retour de flammes, écartez-vous et laissez faire les professionnels. »

Prenant une longue inspiration, Héphaïstos amplifia l'écoulement de son Dunamis à mesure qu'il s'avançait vers la créature infernale. C'est bientôt une véritable mer de flammes qui déferla autour de lui, prenant toutefois soin d'éviter les personnes encore en vie qui se situaient dans les parages  - Aalanna étant épargnée de par la proximité des personnes qui lui étaient chères. Pour les autres, il n'y avait plus rien qu'il puisse faire et brûler leurs corps était peut-être encore la meilleure chose à faire... Levant les mains à mi-hauteur, le Grand Créateur claqua des doigts grâce à chacune d'elles,  d'immenses boules de feu jaillissant de ses paumes. Son poing heurta la paume opposée, faisant croître d'autant l'intensité de l'Enfer qu'il faisait naître dans le creux de ses mains. Puis, il projeta son poing chargé de braises ardentes dans la direction de cette chimère d'un autre monde, laissant déferler un torrent incandescent sur le corps massif de cette chose innommable. Il n'y avait là pas de quoi le renvoyer d'où il venait, mais du moins se ferait-il une idée d'à qui il avait à faire et saurait-il en conséquence que ses heures étaient comptées.

Le Seigneur des Volcans supportait mal l'idée d'avoir à intervenir en personne pour solutionner les problèmes des humains, fussent-ils « de son côté », mais il s'était déjà trop gardé d'intervenir d'une quelconque manière aujourd'hui que pour rester de marbre une fois encore. S'il n'était pas arrivé si tard, trop tard, et qu'aucun drame n'avait eu lieu, il aurait presque pu en tirer une certaine joie, un certain délassement à avoir enfin droit à un défouloir. Les dernières heures avaient été riches en émotion, et il savait n'être pas encore au bout de ses peines, il le sentait – même si sa jambe était désormais en parfait état de marche, il n'était pas rare qu'il la sente fourmiller quand quelque chose de néfaste se préparait. Et cela faisait des années - si pas des siècles - qu'elle ne l'avait plus démangé autant que ce pouvait être le cas aujourd'hui... S'il n'avait aucun moyen de savoir ce qui se tramait, il était certain que cela ne présageait rien de bon.

Levant sa dextre vers les vieux avant de l'incliner en direction de son « adversaire » - ou faudrait-il plutôt parler de cible vivante ? -, il lança ce qu'un oeil non-exercé aurait sans nul doute pris pour une pluie de météores qui frappa la chose à divers endroits du torse, l'obligeant à reculer. Un coup de griffes lui répondit, mais la divinité qu'il était, dont la force physique comptait parmi les plus élevées de l'Olympe avec celle d'Arès, n'eut pas le moindre mal à arrêter son coup avant qu'il n'arrive à destination. La paume plaquée contre la sienne, démesurément plus grande, n'empêchait pas qu'il résistait sans problème à la pression que la Bête s'efforçait de lui imposer, sans grand succès. La toisant d'un regard dénué de toute once de pitié, il s'éleva dans les airs à la force de ses pouvoirs et brandit à nouveau le bras vers la voûte, cette fois pour y faire naître une gigantesque sphère de flammes dont les proportions ne firent qu'empirer à mesure que les secondes passaient, de telle sorte qu'elle parut bientôt comme un second soleil à moindre échelle pour ceux restés au sol.

« J'ai vraiment jamais aimé les saloperies de ton espèce. »

Enfin, son bras s'abattit, faisant choir ce colossal projectile sur la haute stature de l'animal afin d'en finir une bonne fois pour toute. S'il parut d'abord pouvoir encaisser le coup, ce dernier n'eut pas l'air d'apprécier la chaleur insoutenable qui consuma peu à peu sa chair si épaisse qu'elle puisse être avant de le dévorer de l'intérieur, des étincelles lui sortant par les orbites avant que ses yeux ne se mettent à fondre à l'intérieur. Dans un hurlement déchirant, inhumain, pour lequel le Dieu des Forges n'eut aucune compassion, la créature s'éteignit, non sans pousser un dernier râle d'agonie avant qu'une bourrasque bienvenue n'éparpille ses cendres aux quatre vents. Malgré une victoire écrasante qui avait eu le mérite de constituer un bon échauffement, l'Artisan de la Création ne put réprimer un froncement de sourcils. Juste avant de disparaître, il avait cru sentir une aura provenir de son corps mutilé... Sans doute son imagination. Maintenant que l'invité-surprise avait été réduit en morceaux, peut-être qu'ils allaient enfin pouvoir parler calmement...

Tournant le dos à l'endroit où il venait de mettre à mort cette chose avec une facilité déconcertante alors qu'ils commençaient à croire que tout espoir était perdu, il dévisagea une à une les personnes présentes, comme cherchant à trouver dans les traits de leurs visages des réponses à ses questions. Il n'avait pas vu trace de son apprenti où que ce soit mais sa présence était clairement perceptible dans les parages, aussi ne devait-il pas être loin – peut-être enfoui sous une montagne de gravats, mais son maître n'avait aucune envie de retourner chaque pierre éboulée pour l'en faire sortir. À lui de s'en extraire par ses propres moyens. Son regard se porta sur Jara, qui ne devait pas saisir grand chose à ce à quoi il venait d'assister. Et au vu de l'état d'Aalanna, les raisons pour lesquelles il l'avait emmené avec lui n'avaient plus lieu d'être... À défaut de pouvoir lui expliciter ce qui venait de se produire faute d'y comprendre quelque chose lui-même, il lui devait au moins un mot d'excuse.

« Désolé petit, on dirait que j'ai mal choisi mon moment. Reste quand même dans le coin si tu le veux bien, on pourrait avoir besoin de toi ici. Et ne me regarde pas comme ça, c'est pas comme si je pouvais prévoir qu'il y aurait quelqu'un d'assez cinglé pour réaliser une invocation satanique avant qu'on arrive. »

Il n'eut pas un regard pour Gilles, mais n'en pensait pas moins. Il aurait pu être excédé, ayant quitté le Sanctuaire pour avoir la paix pour finalement arriver dans ce simulacre de pandémonium, mais il n'en était rien. Son regard ne reflétait qu'une profonde incompréhension, mais aussi une certaine forme de tristesse à constater au milieu de quelle tragédie il venait de débarquer. Si même lui qui s'était si longtemps tenu éloigné des affaires terrestres devait intervenir pour remettre de l'ordre en ce monde, c'était que définitivement, quelque chose ne tournait pas rond. Mais s'il se l'était interdit durant tout ce temps, c'était aussi pour justement n'avoir pas à se retrouver dans ce cas de figure. Celui où l'on arrive toujours trop tard. Même les dieux ne pouvaient inverser le cours des événements, si grandioses que soient leurs pouvoirs, et il n'y avait rien qu'il puisse faire pour nier ce qui était désormais une réalité. Même s'il en était affecté, le Divin Forgeron fut cependant loin de se laisser abattre et préféra tirer au clair cette histoire une bonne fois pour toute. Il le fallait.

« Bon ! J'attends. Lequel d'entre vous se dévoue pour m'expliquer ce qui s'est passé ici ? Je suis sûr que vous brûlez d'envie de me dire lequel d'entre vous a eu cette brillante idée ! Surtout, pas tous en même temps, mais dépêchez-vous, je n'ai pas que ça à faire. »

Comme pour faire écho à cette dernière précision, un étrange malaise lui serra le coeur avant qu'il n'ait pu obtenir la moindre réponse. Comme il l'avait prédit, quelque chose s'était passé, quelque chose d'extrêmement néfaste et qu'il n'avait une fois encore pas pu empêcher. D'où que cela vienne, si c'était assez important pour l'atteindre à ce point en vieux casanier qu'il était, ce devait être qu'il était directement concerné - à quelque degré que ce fut, même s'il doutait fort d'avoir pu avoir une sensibilité aussi exacerbée s'il ne s'était agi que d'un simple détail. Son regard courut sur les alentours à la recherche d'une réponse potentielle à cette nouvelle énigme avant que, dans l'urgence, il ne se rappelle d'où il venait et quelle était la situation quand il avait laissé le Sanctuaire derrière lui. Les choses semblaient alors sur le point de se décanter, mais tout ne s'était peut-être pas passé comme prévu... Se pourrait-il...? Sa mine s'assombrit bien qu'il s'efforçât de repousser ces sombres pensées et il tourna les talons.

« Bon... Finalement, on dirait que je n'ai pas autant de temps que je l'aurais voulu à vous consacrer. Estimez-vous heureux, la punition sera pour la prochaine fois. Je vous laisse ce garçon. Comme vous pouvez le voir, il s'agit du nouveau Chevalier d'Or du Capricorne. Tâchez d'en prendre soin. Il semblerait que j'arrive trop tard, mais je suis sûr que vous trouverez quoi faire de lui. Et s'il y a encore ne serait-ce qu'une seule volute de soufre quand je reviendrai, je vous assure que vous aurez à faire à moi. »

Malgré la menace sous-jacente, et qu'ils savaient sincères tous autant qu'ils sont, sa voix semblait éteinte. Son regard s'embruma d'un voile mélancolique alors qu'il accordait un dernier regard à Aalanna avant que des flammes ne se développent en spirale autour de son corps jusqu'à l'auréoler tout entier, le faisant finalement disparaître avec force effets pyrotechniques alors qu'il revenait sur ses pas pour constater de ses propres yeux ce qu'il pensait d'ores et déjà, hélas, être l'horrible, l'inadmissible vérité.


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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Ven 23 Aoû - 15:52




    « Les Enfers ? »

    Le lever de rideaux flamboyants laissa place à un champ de désolation. Les yeux de Jara s’ouvrirent enfin et par réflexe, il recula d’un pas faisant lâcher la poigne du Dieu des Forges de son épaule. Aussi fins que ses traits soient, il n’en avait pas moi la force d’un Titan. Toutefois, cela correspondait d’autant plus à l’image que le monde se faisait de lui. L’air ensanglanté semblait empli d’une buée écarlate. Le Capricorne n’osa pas se demander de quoi il pouvait s’agir. Bien qu’il ne le montrait que très peu, il était satisfait de l’intervention d’Héphaïstos. En effet, tout Chevalier qu’il était, il n’était pas un être très sociable et le grand comité au Sanctuaire n’avait fait que le convaincre de poursuivre dans cette voie. Cependant, ce nouveau paysage ne l’enchantait guère. Certes, il ne pouvait plus se plaindre d’avoir trop de compagnie mais tout de même. Le Doré ne put observer tout de suite son nouveau comité car la Déité Ardente décida de prendre la parole et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’usurpait pas son titre. Doté d’un tempérament volcanique, il intervint avec une telle vulgarité qu’il n’était pas compliqué pour Jara de comprendre que de toute évidence, son public ne lui était pas inconnu.

    C’est alors qu’un rugissement féroce réveilla l’Indien. En effet, sans qu’il n’ait pu le remarquer plus tôt, une bête sortie tout droit du Royaume d’Hadès s’érigeait devant les arrivants. Bon sang, mais que se passait-il à la fin ? Dans une clameur chevaleresque, il leva son avant-bras en position de garde, droit comme une lame. De toute évidence, la chimère n’avait pas l’air chatoyante. Mais alors qu’il s’apprêtait à agir, une nouvelle source de chaleur fit son apparition. Une colonne de feu aussi brûlante que la lave d’un volcan s’imposant d’un mouvement de pied de la Divinité boiteuse. Encore une fois, la chaleur semblait lui être monté au cerveau. Il comptait anéantir cette créature démoniaque ici, et prendre le risque de carboniser toute l’assistance ? Jara était prêt à tourner le dos à ce beau monde pour rejoindre les montagnes de briques qui le protégeraient du brasier mais c’est à la vue du corps inerte d’une jeune femme qu’il rebroussa chemin afin de la protéger. Au passage, un regard de fauve adressé au Forgeron Céleste « Vous devriez sérieusement songer à refroidir vos ardeurs… ». Hélas pour Jara, c’est lorsqu’il prit soit de protéger la pauvre dame derrière une barricade de débris qu’il se rendit compte du triste sort qui lui avait été lancé. La belle demoiselle était sans vie, c’était un fait. Au moment releva la tête en direction du terrain vague, il ne vit plus une once de terre. Seules des cendres s’étaient dispersées un peu partout. La créature monstrueuse elle-même avait disparu si vite que Jara n'eu pas le temps de se souvenir de son apparence. Il n’y a pas  à dire, il aura beau le nier autant qu’il veut, Héphaïstos aime faire dans le théâtral et le bras anciennement cassé du Chevalier d’Or en était la preuve.

    Ce même bras le brûlait toujours autant d’ailleurs. Cette brûlure incessante et permanente, souvenir de l’éveil de son cosmos. Depuis ce triste jour, ce feu subsiste en son membre, comme enfermé dans une coquille vide. La flamme de cette lame née en même temps que lui. Toutefois, cette triste douleur qui persistait depuis dix ans semblait s’être atténuée. En réfléchissant, il se souvint de cet autre feu qui était entré en contact avec lui : celui du dieu qui l’avait emmené ici. Ses étincelles au pouvoir curatif semblaient être restées en lui, allégeant encore et encore le mal qui l’assaillait. D’ailleurs, autre chose revint en mémoire du Capricorne, comment le Divin  Artisan avait eu vent de son Excalibur ? Il était pourtant sûr d’être le seul à connaître son existence. Cet arcane a toujours été en lui, alors comment ? Ses pensées s’évaporèrent à nouveau lorsque le dieu concerné s’en prit au dénommé Gilles. Ce dernier portait une armure aux teintes nocturnes aussi brillantes que les étoiles. Un Spectre, ici ? Mais où l’avait-il emmené… Finalement, c’est à Jara lui-même qu’il s’adressa. Souhaitant lui faire passer quelques excuses. Le jeune chevalier au regard d’or le toisa d’une façon si intense que la divinité elle-même dut le reprendre.

    « Dis comme ça, j’aurais presque l’impression que vous ne savez pas vous-même où vous m’avez embarqué, divin Héphaïstos. À cela, je tire mon chapeau. »

    Son regard se posa finalement en direction du Spectre qui semblait s’être perdu dans le vice à l’écoute des propos porté à son sujet. Alors comme ça on s’adonne à l’occulte et autre forme d’actes satanistes ? Il avait atterri dans un asile, réellement.

    Soudain, le Dixième Gardien fut prit d’un haut le cœur. Les constellations de la voute céleste semblaient s’être assombries. Quelque chose de grave s’était déroulé et il était certain de ne pas être le seul à avoir ressenti ça. En effet, les yeux du Divin Forgeron se voilèrent l’espace d’une seconde à leur tour.  D’un ton vide et pressé, il présenta le jeune arrivant et disparu dans une volute ardente, aussi vite qu’il était arrivé.

    « Attendez ! »

    Quelque chose n’allait clairement pas et sa réaction finale ne le rassurait pas. Et puis, à quoi pouvait-il servir ici à la fin ?
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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Mar 27 Aoû - 20:38



Aalanna la Dame de l'Aube °~


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L'homme n'apprendra donc jamais de ses erreurs ? Continuerait-il de suivre toujours, d'une manière inexorable, le même chemin faux et insensé ? Gilles de Rais se bornait à vouloir une chose qu'il ne faisait qu'effleurer sans jamais tout à fait l'obtenir. Pourtant, ô oui pourtant cette fois, le Spectre avait été si près du but. Mais à quel prix ? L'homme aux yeux gris dardait sur cette scène désolée un regard vide tandis qu'il se demandait pourquoi le Sort s'acharnait-il contre lui. Ses intentions n'étaient donc pas louables ? Son cœur devrait-il donc être à jamais privé du bonheur ? Bonheur qui, depuis de très, très longues années, lui faisait défaut. Se narguait de lui tel un enfant capricieux lui tournant ostensiblement le dos.

L’inquisiteur ne trouvait pas cela juste. Avec son vieil ami, ils avaient tant travaillé à ce projet ! Mais comme à chaque fois, ses plans tombaient à l'eau d'une manière ou d'une autre, mais le plus souvent,  fort douloureusement et brutalement. À présent qu'il était face à son échec, le chevalier noir se détestait pour son propre aveuglement. Et regrettait profondément son geste. Non, ce n'était pas de sa faute lui hurlait son âme. Seulement, il ne pouvait nier cette terrible fatalité. Sous son regard inexpressif, il contemplait son œuvre, son château désormais en ruine, le feu dansant, dévorant toute cette horreur. Des corps des enfants sacrifiés, ne restaient plus que des cendres. La silhouette du Seigneur de Rais se découpait d'une manière saisissante face aux flammes du Dieu des Forges. Les mots de ce derniers d'ailleurs, ne parurent pas l'atteindre tant il était en état de choc.

Je n'ai jamais voulus de ça ! Aurait-il voulut crier à son adresse.Or, rien n'y faisait, ses mots restaient coincés dans sa gorge. Immobile, écoutant le crépitement du feu léchant le reste de ses espoirs, le pauvre Seigneur finit par tomber à genoux, dévasté par le chagrin qui l'avait attrapé à la gorge.

Longuement il pleura sans que ses pleurs paraissent vouloir se tarir. Jamais le Spectre n'aurait pensé qu'il aurait put déverser autant de larmes – car en l'absence de cœur, comment l'aurait-il seulement put?- malgré tout, c'était bel et bien un profond désespoir qui pesait sur son être tout entier.

« Je n'ai jamais … non... pourquoi ? » ses paroles n'étaient qu'un simple murmure entrecoupé par des sanglots. Rejetant la tête en arrière, les bras brandis vers les nues, il cria avec tant de force qu'une nuées d'étourneaux s'envola à tire d'aile. « POURQUOI ?»

Le jeune homme en apparence tomba en avant, cachant son visage dans la poussière tandis que sa rage ne s'évanouissait pas, et prenait le pas sur tout le reste. Après le dénies, viendrait la colère. Mais avant la tristesse. Toutes ces étapes que, maintes fois l'ancien Maréchal de France avait traversées. C'était un homme torturé qui se tenait devant les autres protagonistes. Puis, une voix susurra à son oreille, pour lui seul, et lui donna assez de courage pour se redresser et faire face. Le passage ne s'était pas refermé. Quelque chose ou quelqu'un le maintenait ouvert. Il se souvint alors qu'Eilaine était toujours de l'autre côté du miroir, dans le royaume des Dieux celtes. Gilles n'entendaient rien à ces vieilles légendes, mais c'étaient sur elles qu'il avait encré un espoir irraisonné de faire revenir celle qu'il aimait par dessus tout et s'était enfin présentée sous l'apparence d'une petite fille : Jeanne d'Arc.

Cette voix se fit plus insistante, alors, lentement le chevalier déchu se redressa. Tournant un visage plein de poussière vers ce qu'on appelait « le Sidh ». Le jour de Samain se rallongeait parce que l'élue de la prophétie de Merlin n'était toujours pas revenue parmi eux.

« Ma fille est aller chercher le Chaudron du Dagda, pour vous Seigneur de Rais et parce qu'elle a comprit quelle était sa Destinée. Elle l'a lut, et l'âme présente de votre précieuse Jeanne l'a touché. Ne perdez pas espoir, et ne vous inquiétez pas de mon sort, car jamais, une Grande Prêtresse d'Avalon meurt au sens où vous l'entendez. »

Le Spectre du Bourreau reconnaissait cette voix avant de distinguer la silhouette qui revenait ici bas. La merveilleuse Aalanna la Faie couva sur cette assemblée, un regard si doux, que s'en était irréel. Tout sa personne l'était par ailleurs car revêtant une forme que nuls hommes n'avaient put observer complètement, et seulement deviné, dessiné dans les livres pour enfants. L'apparition se déplaçait d'une manière souple et aérienne, et sa beauté n'avait pas d'égal. S'arrêtant au milieu d'eux, la fée leva ses yeux bleus vers le ciel afin d'offrir son visage à la douce caresse de ce début du jour. Elle sourit, et toute la rage contenue en son sein s'évapora. Il s'agenouilla devant elle, avança timidement les mains pour se saisir d'un morceau d'étoffe qui semblait fantomatique qui constituait la mise féerique de la gardienne du Sidh et des frontières d'Avalon. Aalanna se pencha vers le Bourreau pour lever son visage vers elle à l'aide d'une main. La gorge du Spectre se serra et il voulut murmurer d'innombrables excuses ! C'était sans compter l'intervention de la mère d'Eilaine, qui l'en empêcha d'un index sur sa bouche.

« Chut... Seigneur de Rais, ne vous tourmentez plus vous dis-je et entendez plutôt l'appel de votre bien-aimée Déesse qui, même à travers le voile du Sidh, parvient à vous faire passer un message. Retrouvez là. Partez à présent en Asgard. Je ne vous hais point … »

Cet immense sourire si pur, si enjôleur que la femme lui offrit finit d'évincer sa tristesse, sa détresse. Il écarta à lui seul, les brumes dans son cœur. Alors se tournant vers Serafim et le nouveau venu, Gilles de Rais les salua d'une révérence courtoise et prit congé d'eux, non sans adresser un mot d'excuse à Héphaïstos. Quand il reviendrait, il lui expliquerait tout.

« Chevalier Jara... enfin vous voici. Je suis reconnaissante au Divin Héphaïstos de vous avoir mener jusqu'à moi. Notre nouveau Roi, celui qui est le porteur de Caledfwlch, l'épée de notre Roi Excalibur … l'un des quatre présent de nos ancêtres les Tuatha Dé Danann. Avancez je vous prie, que je me présente à vous... »

=> Gilles part en Asgard

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Jara


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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Ven 6 Sep - 22:32

La scène était des plus troublantes. Jara ne savait pas où il était, Héphaïstos venait de disparaître dans un déluge de flamme et derrière lui ne laissa qu’un pauvre Spectre semblant à l’agonie. En effet, celui-ci tomba à terre murmurant des paroles incompréhensibles –celles-ci étant entrecoupées de sanglots. Que se passait-il à la fin. Alors qu’il aurait dû s’attarder sur la condition du serviteur de l’ombre,  son regard resta posé sur les yeux clos de la femme qui gisait entre ses bras. Elle avait perdu la vie avant son arrivée, pourtant, le Capricorne d’Or avait protégé son corps, encore bercé par la chaleur de la vie. Il était indéniable que la dame était d’une beauté surnaturelle. Son teint pâle était le seul à trahir sa condition de non-vivante et pourtant, il avait comme le sentiment que sa peau a toujours été ainsi. Alors que les yeux de fauves de Jara posaient leurs iris dorés sur les lèvres, puis les joues, puis les cheveux de la belle au bois dormant, il posa sa tête contre son genou afin de finalement pouvoir réagir face à ce spectacle.

« Je ne vous le demanderai pas deux fois Spectre, qui- »

Sa phrase se stoppa nette lorsqu’il remarqua que le dit Chevalier des Ombres était complètement redressé. Les paupières encore rouges dues à ses longues lamentations, il semblait transporté vers un Autre Monde et c’est à ce moment là, qu’alors qu’une voix angélique surgit de nulle part, le corps de la douce inconnue se mit à luire d’une façon nébuleuse. Le bout des doigts sur sa peau, Jara sentit le cadavre de la demoiselle devenir sableux et sans aucune brise, celui-ci s’évapora tels des grains de sable emporté par le vent marin. Les mains à la recherche de quelque chose à se raccrocher, le Chevalier d’Athéna ne put qu’attraper l’air car elle avait définitivement quitté notre monde. Se relevant dans le cliquetis reconnaissable de son armure d’or, l’être pur de toute décision,  admira l’apparition fantomatique. Le Seigneur déchu avait disparu et gisait à sa place, la belle inconnue sous une forme bien plus nébuleuse. D’abord transporté, la douleur de toujours à son bras droit reprit à la vue de la fée. Grimaçant, le Dixième Gardien posa violemment sa main gauche sur ce bras porteur de la sainte relique afin d’apaiser cette brûlure incessante. Elle était bien plus insupportable qu’habituellement. Comme-ci son épée réagissait à la beauté magique d’Aal…Oui, Jara connaissait son nom… Comme s’il l’avait connu depuis toujours, son nom lui revint en mémoire. Pourtant, à aucun de moment de cette vie, il ne l’avait aperçue. D’ailleurs, il n’avait pas l’impression qu’il s’agissait de Jara du Capricorne qui parlait. Non, c’était l’artéfact sacré qui prit la parole et pensa à sa place :

« Aalanna… » dit-il d’une voix presque aussi voluptueuse que l’apparition.

Adressant un sourire dont la pureté n’avait d’égal sur cette Terre, elle était à cet instant aussi divine que la princesse de son Sanctuaire.

- Chevalier Jara... enfin vous voici. Je suis reconnaissante au Divin Héphaïstos de vous avoir mené jusqu'à moi. Notre nouveau Roi, celui qui est le porteur de Caledfwlch, l'épée de notre Roi Excalibur … l'un des quatre présents de nos ancêtres les Tuatha Dé Danann. Avancez je vous prie, que je me présente à vous...

- Comment est-ce possible…Comment mon Excalibur peut-elle vous être connue, à vous et aux dieux eux-mêmes tel qu’Héphaïstos l’Ardent.. ? Je… »

La flamme de l’épée coupa ses mots et d’un air solennel, il ne l’interrogea pas plus et avança jusqu’à ce qu’un simple bras tendu puisse les faire entrer en contact. Chaque pas en sa direction était un supplice tant le feu invisible brûlait à mesure que la distance entre les deux êtres s’amenuisait.
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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Lun 16 Sep - 11:38

L’avènement d’un Roi





L’avènement d’un nouveau Roi.

L’incompréhension se lisait dans ses prunelles d’ambres. Pourtant, il connaissait une des vérités. Sa bouche avait murmuré le nom de la Dame d’Avalon comme s’il s’agissait d’une évidence : c’en était une, profondément enfouie quelque part en son sein. On lui avait murmuré la réponse, souffler celle-ci. Le porteur de l’épée de légendes connaissait la réponse. Il ne tarderait plus à toucher du bout des doigts, sa destinée. L’accepterait-il seulement ? Jara était-il assez conscient de ce qu’il était ? Voilà le rôle d’Aalanna, celui qu’on lui incombait. Elle était une chuchoteuse à présent, comme son père.

Un nouveau rôle et pas des moindres, car désormais, c’était à elle et sa fille de guider les pas du futur Roi.

La morsure d’Excalibur grandissait, son feu brûlait son porteur pas tout à fait éveillé à son pouvoir. Comme Aalanna l’avait fait autrefois, elle allait éveiller celle qui était en sommeil. Quand la faie s’approcha le portail derrière elle s’agita et on ne tarda pas à entendre le chant des habitants du Sidh. Ils savaient ce qu’un tel événement impliquait : enfin, les avaloniens allaient peut-être connaître une paix durable ?

« Oui Jara, Saint du Capricorne. Mon nom est Aalanna, grande Prêtresse d’Avalon, de l’île aux Pommes, la terre où Excalibur se repose, jusqu’à entendre la voix de son élu. Héphaïstos, celui qui possède le feu divin comme Caledfwlch a vu en toi notre futur Roi. C’est pour cette raison que je suis reconnaissante envers le Dieu des Volcans : car aujourd’hui nous avons un Roi. »

À la fin de ces paroles, une myriade de petits feu follets surgirent de la Porte donnant sur l’Autre Monde. Ils dansèrent, virevoltèrent autour des décombres du château faisant renaître la demeure du Seigneur de Rais. Ils s’agitèrent, s’affairaient alors que la Dame Diaphane tendait les bras vers Jara. Sa main frôla le bras blessé du jeune homme et cela suffit à apaiser ses douleurs. Un apaisement qui aurait l’effet d’un baume. La jeune femme élue des Dieux celtes eut pour lui un sourire avant que les danseurs du Sidh ne les rejoignent.

« Longue vie à notre Roi ! Longue vie à notre Roi ! Puisse t-il écarter les ténèbres et préserver les brumes d’Avalon ! Longue vie à notre Roi ! »

Brusquement, à l’appel des Esprits, répondit la divine épée pareille à celle de Nuada aux bras d’argent : « Je suis la Dame du Lac, la fée Viviane, Celle qui brandie l’épée hors de l’eau, celle qui l’offre à notre Héraut !
Celui qui répondra à l’appel des Tuatha Dé Danann. »


Se dessinait les pourtours d’une femme magnifique ressemblant en tout point à Aalanna : vêtue d’une robe aux aspects fantomatique tant les pans de cette dernière semblaient agités par une main invisible, la Dame du Lac finit d’apparaître tenant entre ses mains, une épée chantante. Sous la lumière d’un pâle soleil naissant, la lame chatoyait offrant sous les rayons de l’Astre solaire, des couleurs changeantes. L’apparition avec lenteur, brandie l’épée vers le ciel comme pour le transpercer. Cette image de Viviane était connue pour les porteurs en une drôle de réminiscence de l’esprit : celle d’un bras surgissant des flots.

Or ici, la coutume se voulait changée. Les petits orbes opalescents se muèrent en silhouettes humaines qui s’inclinaient solennellement.

L’avènement d’un Roi.

« Voici Viviane, Dame du Lac, sœur de ma mère Morgane la Fée et protectrice de votre lame mon Roi. N’ayez crainte Jara, je sais que tout ceci peut vous paraître précipité mais c’est une tradition ancestrale qui remonte au Premier vrai Roi : Arthur Pendragon. Cela trouve t-il un échos en votre cœur Saint ? »

Avant de poursuivre, elle demanda d’un simple échange de regards avec sa Tante, de venir se poster à ses côtés. « En cet heureux jour Jara du Capricorne, recevez la bénédiction d’Avalon, recevez notre trésor car elle vous à jugez digne. Soyez notre bras armé. Puissiez-vous prospérer et faire prospérer votre peuple caché aux yeux de tous. Aujourd’hui est né un nouveau Roi ! À genoux ! »

Viviane tandis qu’Aalanna couvait le futur Monarque d’un regard encourageant et bienveillant, vint se poster devant Jara avant de s’exprimer en ses termes d’une voix vibrante.

« Le soleil se lève annonçant le début du jour. Une nouvelle Aube qui chasse la nuit, l’ire sourde de nos ennemis. Chevalier en ce jour nouveau relèves toi et réponds à l’appel d’Excalibur, celle qui « mords la foudre ».

Comme cela se faisait souvent dans les temps anciens, la Dame du Lac apposa la lame sacrée avec délicatesse sur l’épaule du Saint d’or, puis la seconde. Ainsi adoubé selon les rites avaloniens, il pouvait se relever en tant que Roi. La clameur des esprits s’intensifia tant et si bien que la lame vrombit quand elle fut donnée à Jara. En cet instant, il devait ressentir une profonde et apaisante quiétude, sas maux ainsi envolés. Jara pouvait désormais pleinement apprécier ce moment unique.

Comprendrait-il seulement l’étendue de tout ceci ?

« Ma fille Eilaine sera celle qui me succédera dans mes fonctions de Grande Prêtresse. Elle sera votre guide à son retour. Mais avant cela, votre Majesté, vous devez rejoindre les vôtres car un grand malheur s’est abattu. Nous le sentons. Je vais vous ouvrir un passage… »

L’air ondula et le portail s’ouvrit à présent sur une autre porte qu’il devait emprunter. Aalanna l’invita à la suivre dans ce méandre blanc.

« Nous n’avons plus beaucoup de temps et j’en suis désolée, mais je vous promets que tout ira bien maintenant. Fermez les yeux et vous saurez que c’est vrai. Fermez les yeux et écoutez votre lame chanter. »

Un dernier regard pour son époux et la silhouette d'Aalanna disparue. « Nous nous retrouverons mon amour ».

=> Jara est envoyé à l’entrée du Sanctuaire/Aalanna part pour Rodorio.




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MessageSujet: Re: [France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]   Lun 16 Sep - 17:49



La lumière englobait la sainte nuit.

Un ballet d’âmes avait vu le jour autour des deux protagonistes. La magnifique Aalanna avait appelée ces âmes tourmentées en notre monde. Jara sentait sa destinée se profiler alors qu’il n’était au courant de rien. C’était inscrit sur sa chair, sur son cœur, sur son âme. Dès sa naissance, le Porteur de la Lame Sacrée était voué à naître en ce jour. La morsure flamboyante d’Excalibur était domptée par la dame alors qu’elle n’avait qu’effleurer ses doigts. Le Feu Celte qui l’enveloppait prenait une teinte carmine cependant, celui-ci représenterai à présent la Paix et non le Sang. Aux dernières paroles de la Banshee, les yeux d’or du Dixième Gardien s’obscurcirent, comme subjugués par les paroles saintes.

« Un Roi… Je ne sais si… »

Alors qu’il allait contrecarrer les mots divins, victime de son pessimisme, il fut rappelé à l’ordre  par le chant des Esprits. Ceux…d’Avalon… Oui, Excalibur lui donnait les réponses. Petit à petit, les souvenirs de différentes incarnations se dessinaient.

« Longue vie à notre Roi ! Longue vie à notre Roi ! Puisse t-il écarter les ténèbres et préserver les brumes d’Avalon ! Longue vie à notre Roi ! »

Etait-ce un fardeau ou un nouvel espoir pour ce peuple qui reposait sur ses épaules ? Il ne pouvait le dire. Toutefois, une nouvelle apparition allait sûrement lui répondre. En effet, une autre fille de Titania naquit. À l’aspect jumeau avec Aalanna, Viviane était elle, la gardienne du glaive royal. Celui-ci reposait entre ses mains. Tel un enfant, il jouait avec les reflets lumineux qui le caressaient. Assez longue pour s’étendre de ses hanches à ses pieds, la lame était en tout point parfaite. Sur le fer était gravé des écrits celtiques. Le Fourreau ne fut que plus étonné lorsque celle-ci fut brandit au ciel, pourfendant jusqu’aux créations divines de sa chaleur écarlate. Seul son légitime porteur ou l’eau de la Dame du Lac pouvait endormir son pouvoir. Mais aujourd’hui, il était temps pour ceci de s’éveiller.

Excalibur:
 

Observant toutes les alentours avec une allure de fauve, Jara voyait là les feux follets devenir hommes, s’inclinant face à l’Artéfact Sacré. Oui, le magnifique ouvrage ne pouvant appartenir qu’à une déité était pourtant en possession des Hommes. Son chant appelait le Chevalier, le futur Monarque. Comprenant, son rôle, il posa un genou à terre, baissant la tête et éteignant son regard. L’heure aux hésitations n’étaient plus. Il avait un rôle à jouer, un rôle qui le dépassait mais dont il devait s’occuper et pour ceci, les mots n’étaient guère une solution ; les actes le seraient. Le sacre débuta et l’épée fut posée avec la plus grande délicatesse sur chacune de ses épaules et, alors que la passation se fit, lorsque la main basanée de l’Indien prit Caledfwlch, une profonde résonance prit son envol et les flammes cramoisies de son bras fusionnèrent à celle de la lame. À présent, ils ne faisaient qu’un. Pareillement à la Fée Viviane avant lui, il leva son glaive afin de fendre le sol des dieux à nouveau. Une clameur romanesque se fit entendre des esprits avaloniens. Le Gardien de Makara était leur nouveau Roi et de ce fait, un lien inébranlable avait vu le jour en même temps. D’ailleurs, appelé par l’épée, l’Astre Solaire fit à son tour jouir de ses rayons orangés le terre des  Hommes. Hélas, son sentiment de bien être fut vite mit à l’épreuve alors qu’il comprenait que le soleil n’était pas la seule raison pour laquelle les constellations s’étaient ternies. Quelque chose de grave était arrivé parmi les siens et la douce Aalanna ne fit que le conforter dans cette optique tout en lui expliquant la venue prochaine de sa fille en tant que nouvelle prêtresse d’Avalon. La Faie fit s’ouvrir une porte entre les deux territoires qu’étaient la France et le Sanctuaire.

- J’accepte de porter cette couronne que vous me tendez mais Aalanna, quand est-ce que…

- Nous n’avons plus beaucoup de temps et j’en suis désolée, mais je vous promets que tout ira bien maintenant. Fermez les yeux et vous saurez que c’est vrai. Fermez les yeux et écoutez votre lame chanter.


Avant de pouvoir répondre, la silhouette iridescente avait disparu. C’était à son tour de regagner la Grèce.

« Ecouter ma lame chanter… »

Accrochant l’épée et son fourreau à sa hanche, Jara garda sa main sur le pommeau perlé et ferma les yeux en avançant vers le passage dimensionnel.  La Berceuse d’Excalibur le conduirait jusqu’à la vérité.



    HRP:
     

    Sanctuaire

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[France] La revanche du Seigneur de Rais [ Aalanna / Serafim / Gilles / Faust / Alephist ]

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