RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 Attendre sous la neige... [Libre]

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Liv


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MessageSujet: Attendre sous la neige... [Libre]   Mar 24 Sep - 16:22



...aussi longtemps qu'il faudra
Mars 1755

Eingana me guide à travers les sentiers enneigés, de ce qui sera bientôt mon nouveau pays, depuis plusieurs heures maintenant. Inlassable, n'omettant aucun détail, d'une patience sans faille, elle m'enseigne tout ce que je suis à même de retenir pour l'heure. Il y a tant de choses... tant de choses que j'ignore, que je ne soupçonne pas ou que je n'aurais pu imaginer à leur juste mesure.
Je n'ai jamais pensé tout savoir, bien loin de là... et s'il est certain que mes journées sont souvent consacrées à l'observation de la vie sous toutes ses formes, il existe bien des éléments qui me sont encore étrangers.

~ Es-tu fatiguée Liv... Souhaites-tu t'arrêter quelques minutes ?


J'esquisse un sourire paisible à ses mots. Sans doute n'aurais-je jamais imaginé qu'une Rune puisse être aussi prévenante. Mais sans doute n'aurais-je jamais imaginé non plus qu'une Rune puisse communiquer de cette façon.

~ Je te remercie Eingana, mais je ne suis pas fatiguée. A vrai dire... je ne suis jamais fatiguée.


C'est étrange. Ce n'est pas la première fois que j'y pense, mais je n'ai jamais vraiment réussi à savoir pourquoi cela était ainsi. Il est vrai que je n'ai pour ainsi dire aucun besoin en matière de sommeil. Je ne dors presque jamais... je peux sans mal rester éveillée plusieurs jours sans en éprouver de fatigue, quant n'importe lequel de mes congénères humains, aussi vaillant soit-il, finirait tôt ou tard par sombrer dans une mer d'inconscience.

La Rune de métal argenté qui couvre en partie mon corps ne répond rien à mes mots, mais je la sens sourire. Cela aussi est sans conteste étrange... entendre, ressentir le sourire d'une armure. Et pourtant...
Qu'importe. L'étrangeté et le mystère baignent mon existence, de ma naissance jusqu'à aujourd'hui. C'est ainsi, j'y suis habituée et cela ne me pose aucun problème.

Nous poursuivons notre route dans un silence qui, s'il est opaque, ne revêt aucune atmosphère de lourdeur ou de gêne. Paisiblement, l'une près de l'autre, nous évoluons sous les prunelles diaphane de ce décor de glaces.
Je le ressens au plus profond de mon être. Cela fait peu de temps que nous sommes ensemble finalement, mais déjà nous nous accordons à merveille, tel le violon qui aurait enfin trouvé l'archet qui lui correspondrait le mieux. Ainsi elle n'a plus besoin de mot pour m'indiquer le chemin que je me dois de suivre. Ses indications se muent en ondes lumineuses parfaitement silencieuses, comme si la neige elle-même se parait de quelques couleurs éclatantes qui n'auraient d'autre but que celui de me guider à travers ce dédale de glace.

~ Maintenant attendons


D'un bref hochement de tête j'acquiesce à ses mots qui résonnent doucement au sein de mon esprit. Oui, nous devons attendre. Attendre que quelqu'un vienne, attendre que l'on m'autorise à aller plus avant. Pourquoi ? Finalement ne suis-je pas à Odin comme n'importe quel guerrier d'Asgard ? Si, bien sûr. Mais les usages humains m'échappent bien souvent, ceux des peuples du Nord en sont parmi les plus opaques.
Ne froissons ni ne gênons personne. Nous attendrons, sagement, patiemment, que quelqu'un vienne, qui qu'il soit et quel que soit le temps que cela prendra.
Moi... je ne suis pas pressée.

Alors que j'ouvre brièvement les pans de ma cape de fourrure pour la rabattre une nouvelle fois vers mon buste, Eingana se pare de reflets turquoises. L'armure qui recouvre mes jambes se disloque, bientôt suivie par la ceinture de ma taille, l'armature de mes bras, le léger plastron qui couvre ma poitrine. Je la regarde faire avec curiosité, ne saisissant pas exactement son intention. La Rune se regroupe sur elle-même, comme si elle se compactait, fusionnant les différents éléments de son propre corps.
Au bout du processus ne perdure qu'une mince tiare d'argent qui enlace presque affectueusement mon front.

~ Pratique n'est-ce pas...


J'effleure le métal tiède de la pulpe des doigts dans un sourire. Oui... en plus d'être belle, cette forme est discrète et aussi légère qu'une plume. Et quoi de plus naturel pour la Rune qui symbolise la danse des esprits, que de se fixer sur l'esprit de sa propriétaire... non, de son alliée plutôt.
Cette fois je termine mon mouvement jusqu'au bout, rabattant l'ample cape sur ma poitrine désormais recouverte de sa simple tunique de bure parfaitement inappropriée vu la température. Qu'importe, je n'ai pas froid.
Je m'allonge sur le dos à même la neige, mes paumes se glissant sous ma tête tandis que je dévisage le ciel d'un regard paisible.
Maintenant... j'attends qu'il vienne jusqu'à moi.

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MessageSujet: Re: Attendre sous la neige... [Libre]   Mar 1 Oct - 10:06

Son regard amoindri errait le long de la ligne d'horizon. Il ne se souvenait pas avoir jamais pris le temps de regarder ce paysage d'un tel point de vue depuis qu'il avait perdu son oeil il y a de cela un peu plus de quatre ans. Mais c'était une autre époque, un autre temps. C'était la première fois qu'il voyait celle-ci, et aussi la dernière. Il n'avait rien à faire ici et n'avait pas le droit d'y venir, il se l'était fermement défendu. Pour autant, il avait résolu de contourner son propre interdit une seule et unique fois, pour s'assurer que tout allait bien de ce côté-là. Arriver comme il l'avait fait pouvait avoir de graves répercussions sur le monde, à l'avenir principalement, mais rien ne pouvait que le passé ne puisse pas lui aussi en être affecté. Fort heureusement, ce n'était pas le cas – il sentait que ça ne l'était pas – et le peu qu'il pouvait en voir tendait à le prouver. C'était tant mieux ; non content de ne pas savoir ce qu'il aurait fait ni même s'il y aurait seulement eu quelque chose à faire si cela avait été le cas, il n'était pas dit non plus que cela n'aurait pas eu d'impact sur lui à un moment donné.

Mais la sécurité n'était évidemment pas son fort et ce n'était sans l'ombre d'un doute pas sa seule motivation pour s'être aventuré jusqu'ici. C'était une chose qu'il avait hésité à faire déjà quelques jours plus tôt, au moment de son arrivée – c'était même la première chose qui lui était venue à l'esprit à peine débarqué. Mais là où d'autres, plus faibles, s'en seraient empressés, il avait fait passer son devoir avant ses sentiments. Du moins était-ce ce dont il essayait tant bien que mal de se persuader, bien que la possibilité que ce soit la colère qui l'ait porté à se tourner vers le plan militaire sans plus tarder ne soit pas non plus à négliger. Oui... Cette demeure paisible loin de tout, loin du monde qui l'avait accueilli dans ses jeunes années était toujours là. Intacte. Comme si, quoi qu'il arrive, rien n'avait d'emprise sur elle, même s'il savait que ce n'était pas le cas. S'en être tenu à bonne distance, condition imposée à sa visite, n'aidait pas à mesurer avec précision ses dimensions, mais elle lui semblait bien plus modeste que la première fois où il y avait pénétré.

Pour le peu qu'il s'en souvenait, n'ayant guère eu le loisir de s'y attarder alors qu'il était ligoté et traîné à même le sol de ce terrain gelé. Son attention se porta consécutivement sur sa propre main qu'il s'employa à ouvrir et fermer devant lui ainsi que sur le manche de son épée qui dépassait de son épaule. Les deux meilleures preuves de sa croissance qu'il puisse trouver. Non, il n'avait pas abandonné. Il avait grandi ici et ce gîte avait été son abri. S'attacher aux personnes et à plus forte raison aux lieux ne lui ressemblait pas, mais celui-ci revêtait en son coeur une importance particulière pour tout ce qu'il représentait. S'il n'avait pas eu cette place où retourner, il ne serait peut-être jamais devenu ce qu'il était aujourd'hui. Peut être aussi que « son » monde aurait pu être épargné... Oui, il voulait revoir ce site de son enfance. Le revoir une dernière fois et lui dire adieu. Là d'où il venait, il n'en avait pas eu le temps. Autant le faire tant qu'il le pouvait encore. À quelque chose malheur est bon.

Estimant s'être suffisamment recueilli quand la nostalgie finit par lui donner du vague à l'âme, il se détourna d'un pas pesant pour prendre la direction du palais dont il s'était absenté sans prévenir qui que ce soit. Il leur avait clairement fait comprendre d'entrée de jeu qu'il était avant toute chose un homme d'action et qu'il ne fallait pas s'attendre à le trouver le cul posé sur son siège à longueur de journées, force leur serait de faire à cette idée. Leur avis n'était pas demandé. Il n'avait d'ailleurs pas emmené sa Godrobe, sa présence ne pouvant que gêner ce regard en arrière qu'il voulait venir y jeter. En lieu et place, c'était l'armure de plate noire forgée à l'image de celle qu'il portait étant plus jeune mais ramenée à la bonne taille qu'il avait choisi d'endosser, trop habitué au contact de l'acier proche de la peau pour se sentir à l'aise quand il en était longtemps séparé. La neige s'était remise à tomber, recouvrant tout de ses ailes immaculées. Ce matin-là, le froid était mordant même pour lui, aussi s'emmitoufla-t-il d'autant mieux dans la vaste cape noire qui le dissimulait presque en entier avant de continuer son chemin. Chemin qui fut interrompu par une présence humaine à ses pieds au moment d'y buter.

« Qu'est-ce que tu fous là ? » dit-il, vaguement blasé en posant les yeux sur elle, sortant le nez de son col improvisé.
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Liv


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MessageSujet: Re: Attendre sous la neige... [Libre]   Mar 1 Oct - 12:22



L'étoile cachée aux yeux du monde
Feat. Eren

La neige tombe en de légers flocons duveteux depuis déjà plusieurs minutes. Malgré le froid mordant, je n'ai pas bougé. Je reste allongée sur le sol, mes iris grisés fixent le ciel blanc qui s'étend au-dessus de moi. Méditation ou observation, qui saurait le dire...
Parfois je ferme les paupières quelques secondes, profitant de la fraicheur disparate procurée par la neige lorsqu'elle s'épanche sur certaines zones de mon épiderme. Le silence opaque plonge la forêt dans une contemplation admirative et passive, que seuls quelques rongeurs et oiseaux perturbent le temps d'un bref soupir.

~ Il approche... Eren ~

Mes paupières se rouvrent doucement alors que mes prunelles de perle dévisagent l'homme emmitouflé de noir qui se tient au dessus de moi. Je ne bouge pas tout de suite, tout comme je ne réponds à ses mots. Ce premier temps, cet infime espace temporel qui sonne la première rencontre entre deux êtres, quels qu'ils soient, est d'une grande importance. Il est fort dommage que la plupart ne s'en rende pas compte et n'accorde le temps nécessaire à ce moment essentiel qu'est la première vision de l'autre.

Ainsi voici celui qu'Eingana nomme Eren. Celui que je ne devrais jamais oublier.
Une expression très douce mais pour le moins parfaitement inexpressive trône sur mon visage. Comme happée par d'invisibles liens descendus du ciel, mon dos se décolle du sol enneigé alors que l'on me dirait manipulée par d'étranges forces inconnues. Ne prenant pas garde à la glace qui parsème la longue chevelure de perle qui s'affale paresseusement de part et d'autres de mes épaules, je me relève avec une lenteur digne d'un ours au réveil de sa période d'hibernation. Je pivote face à l'homme encapuchonné, le visage légèrement penché sur le côté.

Mes prunelles d'hiver le dévisagent et semblent parfois s'égarer de sa personne pour regarder autre chose. Planant au sommet de son crâne, ondulant à sa droite, flottant à sa gauche... Je l'observe lui, et tout ce qui l'accompagne. Je n'ai jamais assisté à pareil spectacle auparavant.  
Le nombre d'esprits accroché à cet homme est tout bonnement invraisemblable. La plupart est en colère, certains sont profondément tristes quant d'autres ne semblent même pas savoir pourquoi ils lui sont rattachés. Levant leurs nez vitreux de temps à autres, comme si ils cherchaient une quelconque raison à leur existence, l'un d'entre eux se rapproche de moi. Il me fixe quelques temps avant de repartir vers Eren, enlaçant la jambe de l'homme comme un enfant irait chercher refuge dans les bras de son père.

" Je m'appelle Liv. Enchantée de faire votre connaissance.


Pour la première fois ma voix claire s'élève vers le ciel diaphane. Entre murmure et chuchotement, peut être pourra-t-on m'imaginer en proie à la timidité, comme l'on pourra sans doute dire que j'en ai mis du temps à enfin ouvrir la bouche, et éventuellement me considérer comme impolie, puisque je ne réponds pas à sa question. Qu'importe... la réponse n'a pas d'intérêt de toutes manières. A quoi sert-il de gaspiller une énergie précieuse dans des directions inutiles... je me le suis bien souvent demandé.

"Maintenant qu'est-ce que je dois faire ?


Dodelinant laconiquement de la tête à plusieurs reprises, j'attends qu'il me donne ses instructions. Eingana ne dit rien, elle reste tendrement lovée autour de mon front, mais j'entends son rire cristallin vibrer au coeur du métal tiède. J'esquisse un bref sourire, mon index se levant vers le ciel pour finalement se poser sur la tiare d'argent qui ceinture mon front.

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MessageSujet: Re: Attendre sous la neige... [Libre]   Mar 8 Oct - 14:47

Cette désagréable impression, il ne l'avait ressentie qu'une fois, en présence d'Odin. Celle que l'on fouillait au fond de son âme. Instinctivement, cela le mit sur la défensive mais il n'esquissa pas le moindre geste. Jusqu'à preuve du contraire, ce n'était pas une ennemie. Et même si ce n'était pas l'envie qui lui manquait de lui dire d'arrêter ça, il avait bon espoir qu'elle se rendrait compte assez tôt et par elle-même que « l'examiner » de la sorte n'était pas vraiment ce que l'on pouvait appeler une riche idée. Car quand on regarde l'abîme, l'abîme vous regarde aussi, et que celui tapi en lui ne se priverait pas de lui voler son âme si elle y jetait ne serait-ce qu'un oeil. Et puis, au pire des cas, il avait dans le dos tout ce dont il avait besoin pour anéantir une menace potentielle.

Et si intrusive soit-elle – bien qu'il ne sache pas dans quelle mesure, il avait clairement la sensation qu'elle voyait à travers lui – il n'arrivait pas à la définir comme tel. Qu'il faille voir dans cette confiance naturelle toute relative l'action de l'Œil ou celle de ses sens suraiguisés, il était plus que certain de pouvoir s'y fier – ce qui n'était d'ailleurs pas sans l'irriter. D'une méfiance défiant l'imagination à l'origine de par l'environnement dans lequel il avait grandi, il avait au fil du temps du s'accommoder tant de ses caractéristiques animales que du puissant artefact qui résidait désormais dans son orbite. Même maintenant, il avait toujours autant de mal à accepter l'idée de pouvoir jauger un individu juste en s'approchant suffisamment près, lui qui avait toujours été d'une méfiance défiant l'imagination. Les habitudes ont la peau dure...

« Bouger ton cul avant d'attraper froid. »

Quoique désabusé, le ton n'en sonnait pas moins impérieux. Réponse avait été donnée. L'odeur du métal qui lui embrumait les sens même au milieu de toute cette neige aurait pu lui faire savoir à lui seul qu'elle portait encore une armure ce qu'il estimait être une poignée de minutes auparavant, même s'il n'aurait su dire combien exactement. Il n'était pas en mesure de déterminer laquelle, mais pouvait au moins affirmer que le cosmos qui en émanait n'était pas celui d'un étranger. Ce qui ne le rendrait pas plus engageant, c'était à craindre, mais au moins ne profiterait-il pas de ce qu'elle soit dans une posture vulnérable pour lui mettre le couteau sous la gorge – voire le passer à travers. Ombre immense dressée de toute sa hauteur, il la plongeait dans l'obscurité qu'il projetait devant lui, diffus reflet des ténèbres qui vivaient à travers lui. La tension qui l'habitait dut suffire à faire croître la noirceur qui l'entourait de son chaleureux écrin.

Bien qu'il la dominât de toute l'ampleur de sa silhouette plus que massive, il se dégageait d'elle une sensation dérangeante qui n'était pas sans lui rappeler celle éprouvée quand, par le passé, il s'approchait de celles qu'on disait coupables de sorcellerie d'un peu trop près. Cependant, cela remontait à l'époque où il appartenait encore à un autre monde, un monde ordinaire où les hommes ne fendent pas le sol de leurs pieds et ne déchirent pas le ciel de leurs poings – quand bien même sa force n'avait déjà que peu de choses à envier à celle d'un Éveillé. Or, il avait peine à croire que chacune d'elle ait pu en être douée, aussi lui était-il impossible de savoir à quoi il devait ce bien étrange parallèle. Aussi fort soit-il, la sensation de malaise que cette aura mystique éveillait au fond de ses entrailles ne saurait être réprimée. Il y avait chez elle quelque chose de troublant et quoi qu'il puisse faire il n'arriverait pas à savoir quoi. Voilà ce qui découlait de son premier constat. Du pouce il pointa en direction de son torse :

« Moi, c'est Eren. »

Le ton était parfaitement neutre. Se présenter était une chose dont il se passait bien à l'accoutumée, préférant de loin laisser sa réputation le précéder que de s'attarder sur de telles futilités, mais il ne pouvait se le permettre depuis qu'il assumait le rôle de chef des armées. Qu'un des soldats dont il avait la charge ne connaisse même pas son nom serait préjudiciable, et ce même si le cas présent lui laissait à penser qu'il ne lui apprenait rien. Son regard borne posé sur elle s'attarda longuement sur cette silhouette si diaphane que l'on aurait cru qu'elle pouvait s'évanouir à tout moment, n'avoir été qu'un spectre finalement. Un fantôme. Une ombre blanche perdue dans l'immensité de ce domaine immaculé qu'elle avait choisi d'arpenter. Qui qu'elle puisse être en vérité, elle ne paraissait pas faire partie de cette réalité, comme si elle se tenait sur un étroit palier séparant l'éphémère de l'éternité. Absconse, elle l'était, il pouvait le targuer sans hésiter. Ce qui ne l'aiderait pas à savoir comment la traiter...

Le Guerrier Noir n'avait jamais été très à l'aise avec le domaine du surnaturel et s'il avait fini par accepter certaines notions auxquelles il était autrefois hermétique, cosmos en tête de liste, cela n'en faisait pas pour autant un converti. Aussi ne se sentait-il pas à sa place aux côtés de personnes de ce genre, plus ancrées dans le domaine astral que dans le monde tangible. Son « locataire inopiné » n'avait rien arrangé dans la mesure où il le rendait parfaitement opaque à la télépathie et à tout ce qui s'y rapporte. À fortiori, la perspective que l'on puisse voir jusque dans ses parages des choses que lui-même ne pouvait discerner n'était pas pour l'enchanter. Il lui faudrait pourtant s'y habituer, comme il l'avait toujours fait – bien que cela fasse partie des concessions dues à son rang qu'il avait toujours autant de peine à supporter et qui faisaient qu'il ne se voyait jadis pas diriger quoi que ce soit. Les temps changent... Et puis, encore lui fallait-il déterminer à quoi elle pourrait bien lui servir puisqu'il en était instamment prié.

« Si tu veux te rendre utile, commence par me dire ce que tu sais faire. »
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MessageSujet: Re: Attendre sous la neige... [Libre]   Mar 8 Oct - 16:49



Comprendras-tu ?
Feat. Eren

Un morceau de neige glissant le long d'une mèche bleuté chute sur le sol en un bruit mat. Je le regarde s'interroger, se demander qui je suis. Amie ou ennemie... Les humains sont tellement manichéens, ne puis-je m'empêcher de penser une fois encore alors que son regard sombre me dévisage, impatient, espérant que cette attente imposée sera de courte durée.
Je dodeline de la tête en clignant plusieurs fois des paupières. A-t-il envie de me frapper ? Non, je ne crois pas. Je pense plutôt que je le dérange.
Il n'a pas l'habitude qu'on le fasse attendre. Pressé, agité, draconien, c'est ce qu'il est. La précipitation n'apporte jamais rien de bon. Jamais. Le monde n'attend jamais ceux qui le foulent. Alors pourquoi se presser et risquer de commettre des erreurs...

Un pâle sourire, mon nom, puis le sien. Neutralité dubitative, silence perplexe, attente exaspérée, détaillant le corps, tentant d'en faire de même avec l'âme, il ne comprend pas ce que je suis, il ne sait pas qui je suis. Hermétique tu ne l'es point. Perdu bien d'avantage. Regrettes-tu ? Quelle importance... N'aies crainte Eren, je ne suis pas venue te chercher.

"Eren... celui qui tient les rênes de sa destinée. Celui qu'aucune bride ne guidera jamais. L'exigence, la fermeté, la force et la violence. Le Guide par défaut d'un destin dont il ne veut pas, le Maître autoritaire qui refuse la fatalité, le Solitaire baignant dans le sang de ses ennemis... à moins que ça ne soit dans le sien.


Un léger sourire se dessine sur mes lèvres alors que ces paroles se déversent en un flux aérien, tel le cristal tintant contre la roche et semblant traverser la barrière matérielle de ses oreilles pour s'enfouir dans son esprit. Toucher l'ouïe n'est que sommaire et ne comporte que peu d'intérêt. Le véritable objectif se trouve bien plus loin, bien plus inaccessible, tel cet oeil clos cachant la vérité au commun des mortels.

Ce que je sais faire...
Mes bras se détachent lentement de mes flancs pour se poser sur mes reins, chaque main enveloppant tendrement l'autre alors que je l'observe sans répondre à sa question. Je n'ai pas besoin de réfléchir à ma réponse. Mais est-il prêt à entendre ce que j'ai à dire. Comprendra-t-il le sens de mes paroles. Sera-t-il à même de saisir ce qu'elles recèlent, ce qui s'y cache, ce qu'elles renferment. Pourquoi ne pas essayer...

" Je comprends l'immatériel des ondes et des coeurs. J'entends l'opacité du silence et la souffrance de l'esprit. Je décèle l'inexplicable à travers le vent, le cosmos, la voix des âmes. Je ne sais pas me battre, mais je saurai enchaîner tes ardeurs bien plus que tu ne le pourras jamais toi-même. Je n'entends rien aux relations humaines et pourtant je suis sans doute la plus à même de vous comprendre. Je ne sais ni lire ni écrire, mais je n'en ai pas besoin, car je perçois là ou vous restez parfaitement aveugles.
Ai-je répondu à ta question ?


Un battement de paupières, une moue interrogative, un visage légèrement penché qui le fixe en contre bas. A-t-il compris ? Je pense. Acceptera-t-il ? C'est une autre histoire, un éminent problème qui ne peut trouver de solution qu'en son fort intérieur.

~ Liv... Tu dois me présenter à lui...


Mes iris clairs relâchent Eren quelques secondes alors que je lève les yeux vers la tiare qui enserre mon front.

" Ah bon...?


Je murmure à haute voix, posant un index sur mes lèvres en une expression pensive. Le rire délicat d'Eingana inonde mon âme une nouvelle fois, semblant amusée par la faible réponse que je lui adresse.

~ Oui Liv... Il est ton maître... il est le chef qui doit être incontesté car il a été choisi par Odin. Il doit savoir qui nous sommes.


Un sourire illumine mes traits diaphanes alors que j'acquiesce silencieusement à la demande de la Rune ancestrale. Il est vrai que ça ne m'était pas venu spontanément. Cela n'est pas étonnant en fin de compte, car je ne suis guère familière de tout le cérémonial auquel je vais devoir m'habituer désormais. Je repose les yeux sur le géant encapuchonné en basculant légèrement le visage de côté, gardant le silence quelques brèves secondes avant de le rompre avec délicatesse.

" Hum... Je te présente Eingana


S'il est mon chef je suppose qu'il doit entendre ces mots mieux que moi peut être, mais pour illustrer cette présentation, mon index se pose sur la tiare de métal argentée qui trône au-dessus de mes sourcils. A mon contact, le métal se pare d'une lueur opalescente alors qu'une voix qui n'a d'attraits ni féminins ni masculins, comme l'esprit immatériel ne saurait réellement posséder de corps, s'échappe du métal brillant pour pénétrer l'esprit de celui qui nous fait face.

~ Je te salue, Eren porteur de l'armure divine de Zeta Prime. Nous sommes ici pour toi.


Bien que l'expression de mes traits ne s'en trouve aucunement modifiée, je ne suis pas certaine de bien appréhender les mots que lui adresse la Rune. Elle m'a bien signifié de ne jamais oublier ce nom, Eren, mais il n'avait jamais été abordé d'être en Asgard pour lui. Peu importe... Elle sait ce que je dois faire bien mieux que je ne le saurai sans doute jamais. C'est donc dans un léger sourire empli de mystère que je semble corroborer les termes employés par Eingana.

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MessageSujet: Re: Attendre sous la neige... [Libre]   Sam 19 Oct - 17:01

Un soupçon de lassitude s'était instillé dans son esprit quand il avait pensé qu'il devrait effectuer la même démarche auprès de chacun de ses subordonnés. Avoir une vue d'ensemble de ce dont ses hommes étaient capables faisait partie de ses obligations, quel que soit son avis sur la question, et il savait d'avance que rassembler ces informations ne serait pas de tout repos. Peu sociable comme il l'était, avoir à les approcher n'était déjà pas pour lui ce qu'il y avait de plus réjouissant, si bien qu'il en était déjà à regretter d'avoir accepté de conserver cette fonction. Une fameuse épine dans le pied dont il allait lui falloir se débarrasser dans les plus brefs délais. Reporter le moment fatidique n'amoindrirait en rien le côté pénible de la chose. Enfin. À défaut de briller par sa normalité, Liv lui apparaissait comme plus facile à vivre que la majorité de ceux qu'il aurait à côtoyer, même si son aspect « déconnecté de la réalité » le mettait définitivement mal à l'aise – pour ne pas dire qu'il lui donnait froid dans le dos.

Même si cela faisait bien des années à présent que le cosmos coulait dans ses veines, même s'il avait survécu à l'Apocalypse, les choses du paranormal le laissaient toujours aussi circonspect. Elle qui semblait avoir un pied dans ce monde et un pied dans l'autre menait dès lors une existence dont la perspective suffisait à le faire frémir d'effroi. Il n'aurait voulu vivre cela pour rien au monde, ne supportant déjà pas que ses sens trop aiguisés sans qu'il ne l'ait souhaité lui fasse « sentir » leur présence dans l'air – quoi qu'à un tout autre degré qu'elle, qui en avait fait tant sa force que l'axe majeur de ses capacités. C'était plus instinctif. La description qu'elle donnât de lui le fit sourciller. Si la manière dont elle le qualifiait était d'un nébuleux achevé, qu'elle se soit penchée sur lui de la sorte, jetant un regard dans « l'intangible » tout autour de lui pour se faire une idée de sa personne ne fit qu'accentuer sa défiance envers le mysticisme.

La crispation que cela induisit chez lui dut se voir – ne serait-ce qu'une seconde durant – et sa réserve à ce sujet n'alla qu'en s'empirant.  Ce qu'il pouvait détester ça ! Ce n'était pas la première fois qu'on lui faisait le coup, mais c'était à chaque fois différent, et on ne pouvait pas dire qu'il gardait un souvenir joyeux de ses expériences précédentes. Les sombres présages qui jonchaient sa destinée étaient légions et nombre d'entre eux ne s'étaient pas encore réalisés, mais ce n'était rien qu'il ne sache déjà. Quand on est une bête au visage d'homme, un animal sous forme humaine, un porteur de mort et de destruction, il ne faut pas s'attendre à autre chose que d'être nanti de la plus noire des malédictions. Il s'y était préparé dès l'instant où il avait pleinement accepté le fait qu'Hati se soit servi de lui pour se réincarner.

« Bientôt, une tempête de mort et de folie t'enveloppera. Et aucun mortel ne pourra l'empêcher.  Alors reste sur tes gardes, lutte, débats-toi et attaque. C'est par l'épée que tu pourras tenir la mort à l'écart. N'oublie jamais !... Ou un truc comme ça... Ouais, on me l'a déjà faite, celle-là. »

Alors qu'il fermait les yeux pour réciter de tête le psaume qu'on ne lui avait jamais adressé, il afficha un rictus cynique. Exemptes d'emprise sur lui, prophéties et prémonitions n'avaient que peu de valeur à ses yeux si authentiques qu'elles puissent être. L'oeuvre de sa vie consistait à faire mentir le destin, à en changer le cours pour lui faire suivre un autre chemin. N'était-ce pas dans ce but qu'il était venu d'aussi loin ? Celles qui le concernaient, tout particulièrement, n'avaient pas d'emprise sur lui. Même si sa force pouvait paraître ridicule en comparaison de celles, obscures, contre qui il livrait bataille depuis tout ce temps, il avait fait son choix depuis longtemps. Son épée ne serait pas détournée. Il voulait croire qu'il n'était pas que l'un de ces moutons suivant à la lettre le parcours écrit pour eux. Qu'il changerait ce que l'avenir lui réservait. Mais son pouvoir serait-il suffisant ?...

« Ça fera l'affaire. Mais je te déconseille ce genre de lecture, c'est plutôt indigeste. Et il y a là-dedans quelque chose qui pourrait ne pas apprécier que tu mettes les pieds dans sa niche. » dit-il en désignant son torse comme il l'avait fait précédemment.

Par ce geste autant que par ses paroles, il faisait directement référence à la manière qu'elle avait eue d'interpréter sa ligne de vie – ou il ne savait trop quoi du même acabit. Non, ce n'était pas la première à s'y plonger, mais entendre ce baratin alors qu'il mettait un point d'honneur à le faire mentir n'apporterait rien – pas plus qu'elle n'aurait quoi que ce soit à gagner à l'analyser de plus près. S'il paraissait n'en avoir que faire, la vérité était tout autre. Sous ses airs de brute épaisse, Eren pouvait à ses heures être un brillant stratège et ne manquerait  pas de tirer le meilleur parti de ses facultés. Il cessa cependant de décortiquer ses paroles quand il la vit lever les yeux vers sa tiare et même lui parler – lui faisant alors seulement comprendre qu'il s'agissait d'une pièce d'armure et pas d'un bijou tape-à-l'oeil.

« Ouais, salut. » répondit-il avec une pointe de scepticisme.

Eingana, la danse des esprits, lui indiqua le puits de connaissance situé sous sa paupière droite. Il ne nourrissait pas le moindre doute quant à « l'identité » de cette manifestation étant donné que son oeil d'emprunt s'était mis à frémir dès l'instant ou cette chose s'était adressée à lui, mais n'aurait jamais pensé un jour entendre la « voix » d'une armure. Et, à vrai dire, la première pensée qui lui vint à l'esprit fut de se dire qu'il n'était pas mécontent que la sienne ne soit pas douée de parole, sans quoi il pourrait dire adieu à sa précieuse solitude. Puisse ne jamais lui venir à l'idée de  lui donner la parole à elle aussi, donc, car sa hantise des arts spirituels franchirait alors un nouveau pallier. Une phrase en particulier lui revint alors en mémoire.

« Enchaîner mes ardeurs, hein ? Qu'est-ce qui te fait croire ça ? » 
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MessageSujet: Re: Attendre sous la neige... [Libre]   Dim 3 Nov - 23:17



Apparemment pas. Qu'importe.
Feat. Eren

Crispation. Je papillonne doucement des cils alors que je le dévisage de côté. Je le dérange. Encore plus qu'avant. Cela passera, peut être, ou pas. Les humains ont une faculté d'adaptation assez développée. Il n'est donc pas inutile de penser qu'il en sera capable. A cette seconde. Maintenant. Il ne montre aucun signe me permettant d'imaginer une issue. Etrange homme.

Attentive, j'écoute ses mots. Je fronce légèrement les sourcils. Une prédiction ? J'attends. Je ne dis rien. J'écoute.
On me l'a déjà faite ? Je souris. Il n'a pas compris. Il n'a pas envie de comprendre. Est-il embourbé dans le déjà vu, déjà entendu. Il se ferme au renouveau, à la renaissance, à la naissance tout court. J'esquisse un léger rire. Il est amusant.

"Nulle prédiction ou superstition dans mes paroles. Pas de prémonition ou de vision d'un avenir que je ne saurais discerner. Non.
Juste ce qui est.


Acceptes ce que tu es. Eren. Il te sera plus facile d'avancer ainsi. Ne te rejettes pas toi-même. Ne réfutes pas qui tu es. Ne tentes pas de te battre contre ce qui fait ta propre essence. Combat vain et inutile. Il n'en ressortira que des maux que tu n'aimeras pas à subir.
Etrange homme. Profonde perplexité.

Je redresse le buste. Mes mains se posent sur mes reins, puis sur mon ventre. Va-et-vient incessant. Elles finissent par retomber mollement le long de mes flancs, fatiguées de leur propre manège. Un sourire.
Indigeste ? Quelle idée.

"Alors transmets mes mots à l'animal qui s'y terre. Il pourra cacher certaines choses aux yeux du monde. Il pourra refuser de se voir tel qu'il est. Il pourra refuser la vérité. Il pourra user de faux semblants. Tout cela il le peut et il le fait. Mais...


Un léger battement de paupières. Nouveau sourire. Mes yeux de perle se ferment l'espace d'un bref instant.

"...il ne pourra pas empêcher de voir celui qui sait regarder.


Il répond à Eingana. J'entends la Rune rire aux éclats au sein même de mon esprit. Je souris. Oui, il est amusant. Il ne s'en doute pas. Il ne le comprend pas. Mais il est amusant de le voir arborer la couleur de la fierté en toute circonstance. Les hommes sont si étranges...
Mais voilà qu'enfin il se pose les bonnes questions. Soulagement. Je savais qu'il pouvait y arriver. Je pensais que ça prendrait plus de temps. Un premier pas est franchi. L'intérêt se porte désormais sur ce qui en a. Seconde étape.

"Hm...


Silence. Je peine. Comment lui expliquer ce qu'il ne comprendra pas. Intelligent, il l'est. Fin nettement moins. Abrupt sans aucun doute. Alors comment procéder... Toucher cet esprit semble plus ardu que d'atteindre ceux qui m'entourent pourtant la plupart du temps. En cette heure je perçois mon principal défaut. Celui qui risque de poser des problèmes maintenant, celui qui posera des problèmes dans l'avenir. Il me faut parler. Il lui faut me comprendre. Complexité absolue de l'être humain.

"Notre présence n'est pas due à Asgard. Nous ne sommes pas là pour ce royaume. Nous sommes ici pour toi et pour d'autres. Elle te l'a dit. Nous apaiserons ton âme quand cela sera nécessaire, Eren.


Oscillation légère du buste. Battements de paupières. Va-t-il comprendre ?

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MessageSujet: Re: Attendre sous la neige... [Libre]   Mer 13 Nov - 22:42

Or donc l'engrenage s'est mis en branle.

Non, ce n'était pas la première fois. Maintes fois par le passé, on lui avait dit qu'il était entouré par de sombres présages et qu'un avenir plus noir qu'aucun autre l'attendait. Une route tracée d'avance qu'il serait forcé de suivre jusqu'au bout. C'est du moins ce qu'on avait voulu lui faire croire. C'était toujours comme ça, à chaque fois qu'il s'approchait de quelqu'un comme elle – ces personnes qui voient des choses qu'on ne peut voir. Qui discernent l'indiscernable. Ce qui néanmoins ne le faisait pas y croire. Quoique le destin ait prévu pour lui, c'était un piège auquel il ne se laisserait pas prendre. Quoi que l'avenir lui réserve, il avait la ferme intention de se décommander. Il était le seul maître de son destin, le capitaine de son âme. Ce n'était pas d'abriter en lui une bête légendaire qui y changerait quoi que ce soit.

Toi qui refuse de te soumettre, emporte avec toi mes paroles. Qu'à ce jour et dans l'an, le temps sera à l'occultation ! Toi et tes compagnons, et ceux de la chair décharnée encore indiscernable ! À l'heure où eux et leurs rois appelleront ton corps divisé dans cet autre monde !

Ces paroles, combien de fois ne les avait-il pas entendues ? Si les paroles changeaient d'une bouche à l'autre, le discours était sensiblement le même à chaque fois. Un message porteur de mort et de destruction dont il était le héraut occulte. Rares étaient cependant ceux à oser le lui dire en face et du premier coup, la plupart ayant tendance à se retrancher dans le silence et la peur et à vouloir le fuir après avoir vu combien son âme baignait dans cette mer d'ombres. Pas elle. Il appréciait cette audace. Nulle peur, nul mouvement de recul. Avait-elle vraiment conscience de ce qu'elle faisait ? Il n'en était pas sûr, mais dans tous les cas cela l'amusait. Si vraiment elle ne le redoutait pas, ni lui ni la terreur qu'il apporterait sur cette terre en l'abreuvant de sang bien rouge, alors il se pourrait bien qu'elle soit à la hauteur de ses prétentions.

Quand les trombes de la folie que nul corps d'homme ne saurait supporter feront souffler au-dessus de toi un vent de mort ! Emporte avec toi mes paroles, toi qui refuse de te soumettre... Toi qui naquis d'un corps sans vie, dont la vie émergea d'une fange putride !

« Ce qui est ne sera pas. »

Jamais. Que ce soit l'avenir d'où Mana et lui venaient ou celui qui l'attendait, il ne les laisserait pas prendre forme. D'un mouvement aussi ample que soudain, l'énorme épée que cachait sa vaste cape noire sortit de sa cachette, brandie d'une seule main malgré ses proportions dont le surréalisme ne devait avoir d'égal que celui de son poids. Manier une arme pareille avec une telle facilité ne devait pas être aisé, même pour un Éveillé, mais Zeta Prime ne broncha pas. C'était pour lui aussi naturel que de respirer. C'était une extension de son bras, un fragment de son âme. La lame l'accompagnait partout où il allait et ne le quittait jamais, pas même dans son sommeil. Ainsi fendit-il l'air à côté d'elle, sans paraître la prendre pour cible un seul instant. Néanmoins, la pression du vent soulevé par son mouvement aurait suffi à elle seule à repousser les ennemis les plus frêles. En serait-elle balayée ? Il devait avouer ne pas s'en être soucié. Alors qu'il la tenait ainsi à mi-hauteur, il ne laissa pas le temps à la pression de l'air de retomber qu'il reprit, toujours aussi inébranlable :

« Si cette épée est aussi grande, aussi large... C'est pour trancher les chaînes du destin. Ma vie est ce que j'en fais. Je ne vais pas laisser je ne sais quel connard décider à ma place. »

Il était vrai qu'aucun homme n'avait besoin d'être pourfendu d'une telle lame pour mourir. Même aucune bête, aucun monstre surgi des méandres des temps anciens aurait paru bien frêle face à une arme aussi surdimensionnée. On était ainsi en droit de se demander à quoi pouvait bien servir de brandir cette énorme plaque de métal, et il apportait par cette phrase, si évasive et si éloquente à la fois, un début de réponse. Plus massive et plus lourde qu'elle, l'épée faisait passer sa vis-à-vis pour plus fluette et fragile qu'elle ne l'était déjà, et ce n'était pas peu dire. En voyant combien sa main pouvait être assurée sur la poignée, à quel point il la maniait avec dextérité, on pouvait sans mal en déduire que quel que soit le but dans lequel elle ait été forgée, elle y avait déjà servi. Et le parfum de  carnage qu'elle exhalait suffisait de dissuader à s'interroger plus avant sur ses fonctions réelles. Elle fut rangée avec tout autant de facilité, prouvant qu'il était coutumier de la dégainer autant que de la rengainer sans jamais ciller.

Toi plus intime avec la mort que quiconque, et par-dessus tout plus habile à la fuir ! Rébellion, insoumission, défiance ! C'est là la première arme de celui qui fait face à la mort ! Ne jamais l'oublier ! Dans les abîmes de la désespérance, celui-là lève son glaive brisé au ciel... Mais en fait...

Promesses, prémonitions, prophéties... Foutaises que tout cela ! Il tracerait sa propre voie.  Ces paroles résonnaient encore dans sa tête mais ne trouvaient nulle grâce à ses yeux. Tout cela n'avait de sens que pour qui voulait bien leur en donner. Ce n'était pas son cas. Il refusait de croire qu'il ne pouvait que plier sous la vague de l'implacable destinée. Ses genoux ne fléchiraient pas et son épée la transpercerait pour lui ouvrir la voie du futur qu'il aurait choisi. Ça et rien d'autre. C'était aussi pour ça qu'il était là, après tout. Les pans obscurs du tissu se rabattirent sur la plate noire qu'elle avait pu entrevoir pendant la durée de ses manipulations, en lieu et place de l'Armure Divine qu'il avait laissée de côté pour l'occasion. Son oeil unique posé sur elle, il la considéra en silence. Pensait-elle sincèrement faire le poids contre celui, écrasant, de cette haine dormante tapie au fond de son âme.

« T'as qu'à lui dire toi-même. »

Un rictus apparut au coin de ses lèvres tandis qu'il relâchait son aura trop longtemps tenue par la bride. Point d'intention néfaste là-dedans, simplement une volonté de sa part de la confronter à la dure réalité et à tout le mal qu'elle aurait à mettre à exécution ses belles paroles. Dès que le cosmos fut suffisamment libéré que pour s'égayer dans l'atmosphère, sa conscience fut projetée vers elle de sorte à ce qu'elle ait un aperçu de cette créature de cauchemar qu'elle prétendait dompter. Un coup d'oeil sur cet animal en cage dont il était seul à pouvoir tenir la laisse. Une force sauvage, primitive, quelque chose d'infiniment ancien et profond mais aussi et surtout qu'agitait une frénésie qui ne connaissait pas de commune mesure. Une soif de sang plus démesurée que tout ce qu'elle avait pu rencontrer jusque là, selon toute probabilité. Un animal enragé que rien ne peut arrêter...



Le Guerrier Divin rappela finalement vers lui son aura. Ce qu'elle avait vu exactement, il n'aurait su le dire : lui-même ne gardait aucun souvenir des passages qu'il avait pu effectuer dans ces tréfonds de sa conscience. Lorsqu'il s'en réveillait, il ne restait plus que des paysages désolés à perte de vue et des corps étendus dans un océan de sang. Un enfer de cendres. Tout ce qu'il savait, c'était que ce que son esprit cachait dans ses replis les plus secrets aurait suffi à rendre fou les plus faibles de ces  liseurs d'étoiles. C'était bien pour cela qu'il s'était ici contenté d'entrouvrir la porte, juste assez pour qu'elle puisse jeter un oeil à l'entité d'un autre temps qui s'y consumait dans sa propre fureur à n'en plus finir. Un loup. Un animal noble. Vraiment ? Non... On aurait plutôt cru avoir à faire à un chien féroce, plus noir que blanc quoi qu'en dise l'armure à son effigie. Inspirant longuement pour ne pas se laisser gagner par cette effervescence, le Guerrier Noir l'interpella à nouveau, exagérément placide - comme s'il n'y avait pour lui rien d'anormal à cela. C'était son quotidien, après tout.

« Alors, toujours convaincue de pouvoir le dompter ? »
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MessageSujet: Re: Attendre sous la neige... [Libre]   Mer 4 Déc - 21:38



Ne pas croire au destin... vraiment ?
Feat. Eren

Crainte. Redouter. Colère. Il refuse ce qu'il est. Etrange. Pourquoi ? Chacun d'eux est ce qu'il est. Chacun d'eux devrait se dévisager dans un miroir et se reconnaître tel qu'il est. Il prend mes mots pour des prédictions qui n'en sont pas. Que puis-je y faire.
Je dodeline de la tête en le fixant de ma petite taille, alors que lui est si grand. Un fin sourire se dessine sur mes lèvres. Tu es buté, Eren. Ce n'est pas à moi de te faire comprendre les choses. Je ne suis pas ici pour cela. Ce n'est pas mon rôle. Tu comprendras. Tu ne comprendras pas. Qu'importe.

L'épée s'extirpe du fourreau caché. Brillante et fière comme son propriétaire, elle fend l'air. Un pas de recul face à la puissance de son aura. J'ouvre de grands yeux. Admirative. Est-ce l'expression qui brûle au fond de mes prunelles. J'avance d'un pas. Un deuxième. Un troisième. Je penche le buste en posant le plat de mes mains sur mes reins. Mon nez touche presque le métal brûlant qui irradie de force.

"Elle doit être lourde


A n'en point douter. Mais il ne semble pas en être affligé. Le maniement est fluide, précis. Mais que faire d'une telle arme ? Elle est son essence. Celle qui l'aide à faire couler tant de sang. Sans doute ne pourrait-il vivre sans elle. Et alors que le métal se tient à distance respectueuse de la neige immaculée, les esprits hurlent dans la montagne. Je perçois leur souffrance. J'entends leur cri. Ils fondent sur la lame qui ne s'aperçoit pas de leur présence. Ils l'enserrent, tentent de la malmener sans succès. Que de rancoeur... quelle profonde amertume.

"Hm...


L'attention se reporte sur lui. Maître de son destin. Peut être. Si cela lui fait plaisir de le croire. Ne le contredisons donc pas. Il fera ce qu'il veut. Il fera toujours ce qu'il veut. Nul besoin de se perdre en explications inutiles. Il n'est pas prêt à entendre ce qui devra pourtant être dit. Tôt ou tard.

L'épée se rendort, le monstre s'éveille. Je fais volte face d'un mouvement léger, presque aérien. Mes mains quittent mon dos, se posent sur mon ventre. Je hoche la tête. Montres-moi.
L'âme est noire. La créature est de sang. Elle rugit. S'extirpe de sa tête en couvrant les alentours de ténèbres. Ma longue chevelure fouette mon visage qu'aucune expression ne vient animer. Est-ce donc cela...
Eingana frémit. Je la sens. Elle a peur. Peur de ce qu'il nous révèle. Un délicat sourire se dessine sur mes lèvres. Un ? Non... une forêt d'esprits s'élève tout autour de moi. Ils sont si nombreux que je ne saurais en estimer le nombre exact. Elle les voit, je le sais. Elle gronde de fureur. Elle m'en veut. Elle jure ma mort. Mais elle ne l'aura pas. Du moins pas aujourd'hui.

"Dompter. Impossible


L'opalescence de la neige reprend ses droits alors que le monstre se rendort dans les limbes de son esprit. Les miens restent auprès de moi. Ils toisent Eren de leurs mauvaises ondes. Ils sont encore sous le choc.
Non... on ne dompte pas un démon des temps anciens. On le détruit.

"A présent je sais. Je mourrai pour toi.


Sourire aimable qui contraste presque violemment avec mes paroles. Oui. Pour la détruire, il faudra mourir. Est-ce ainsi que les choses fonctionnent en ce monde. Animal. Humain. Tous peuvent mourir. Tous peuvent être domptés. Tous peuvent être apaisés. Mais cette créature là. Mais les esprits qui m'entourent. Eux. Oui, eux, doivent être baignés de lumière ou bien être annihilés. Cette créature ne peut être purifiée. Cela ne se peut. Cela me paraît hautement improbable à cet instant. Elle sera détruite. Oui.
Eingana pousse un cri qui résonne si effroyablement dans ma tête que je pose mes paumes sur mes tempes en fermant les yeux. Pourquoi rugis-tu si fort...

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MessageSujet: Re: Attendre sous la neige... [Libre]   Ven 20 Déc - 6:19

Personne ne mourra.

Un point de vue qu'il aurait pu défendre autrefois mais qui aujourd'hui sonnait aussi irréaliste que stupide à son oreille. Oui, il était idiot de croire que personne ne mourrait, et que Liv ait eu à vivre depuis toujours entourée d'esprits en était la preuve. Même en omettant la guerre, il y avait tant de façons de mourir que c'en devenait absurde. Pour sa part, quitte à passer de vie à trépas, il préférait que ce soit l'épée à la main que sans avoir rien accompli. Quelque part, on pouvait dire qu'il essayait tant bien que mal de donner un sens à sa vie. Y avait-il réussi ? Cela nul ne saurait le dire, pas même lui. Mais une chose était sûre, il n'avait jamais vécu que pour se battre. Il était formaté pour vivre par et pour l'épée, pour lutter jusqu'à en crever. Jusqu'à ce que ses dernières forces l'aient quitté.

Aussi loin qu'il s'en souvienne, il n'avait toujours connu que ça, et le premier souvenir distinct qu'il gardait de ses jeunes années était celui d'un homme empalé sur sa lame et son fil acéré. La chaleur du sang sur ses mains ne l'avait depuis jamais quitté, si présente qu'elle lui paraissait parfois brûler même en plein coeur de ce froid meurtrier. De là venait peut-il qu'il soit si blasé. Né orphelin, paria, chair de la chair d'un corps déjà pris par la mort, il avait toujours été rejeté et n'avait trouvé sa place, prouvé sa valeur que lorsqu'il avait été en âge de se prétendre guerrier. Il passerait sa vie derrière la garde d'une épée, et trouverait sa mort de l'autre côté. C'était ainsi que cela devait se passer. Il l'avait toujours su.

Ce n'était pas d'être l'hôte de cette chose tapie en lui, vivant dans son ombre qui y changerait quoi que ce soit. Elle n'aurait alors plus qu'à se débrouiller pour trouver quelqu'un d'autre chez qui s'installer, ce ne serait plus son problème. Hélas la seule manière de l'en débarrasser, ainsi qu'il l'avait appris dès sa première année dans ces contrées. Toutefois, même s'il avait pu s'en défaire, se serait-il senti plus léger ? Il en doutait. Car ce n'était pas la Bête son fardeau. Car la puissance qu'elle avait lui venait de lui. Hati. Haine. Et la sienne était inextinguible au même titre que sa colère qui jamais ne tarissait. Si serein qu'il puisse paraître de l'extérieur, il était, à son instar, tourmenté par les ombres. Il créait ses propres démons.

« Elle l'est. »

Lourde, son arme l'était. Elle était chargée du poids des âmes de tous ceux qu'il avait broyés à son aide. Gorgée du sang de ses victimes. Elle pesait son poids, mais lui semblait aussi légère qu'une plume – parce que c'était son âme qu'il voyait à travers elle. Sans elle, il ne serait plus ce qu'il était, ce qu'il avait toujours été. Et cette idée le terrifiait. Elle ne pouvait être perdue, elle ne pouvait être rompue – elle faisait partie de lui. Elle était sa chair et son sang. Elle était sa raison de vivre et son chemin à suivre. C'était dans les étincelles qu'elle créait à l'aune de son tranchant qu'il trouvait sa seule lumière dans une existence sombre comme une nuit sans lune. Autant de raisons qui faisaient qu'il était le seul à pouvoir la soulever, et encore bien d'autres, mais cela resterait pour l'heure son petit secret.

Même si Liv était restée impassible en dehors, ce ne devait pas être le cas intérieurement. Du moins était-ce ce qu'il pensait jusqu'à la voir sourire et comprendre que l'effroi qui avait empli l'air n'était pas le sien, mais celui de son armure. Qui était-elle pour rester de marbre face à ce que même une création aussi vieille que le monde redoute de tout son saoul ? Un sourire se fit une place sur son visage, en réponse au sien. Cela l'amuse, de la voir si confiante alors que lui-même n'a nulle certitude de pouvoir tenir longtemps ce chien en laisse – c'a toujours plus été un cerbère avide tant de corps que d'âmes plus qu'un loup de son point de vue. Un si noble animal n'a pas sa place dans une existence aussi bâtarde que la sienne. C'est sympa, mais...

« Ne sois pas si pressée de mourir. »

Noir comme la mort, c'est ainsi qu'on l'a toujours défini. C'est ce qui l'annonçait, ce qui le précédait partout où il allait. Sa signature, sa marque de fabrique. Ainsi qu'il aimerait rester. À l'instar de son armure, cette chose blanche comme neige ne saurait lui être liée. Qu'elle tienne un tel discours avec cette expression de joie non-dissimulée sur le visage avait quelque chose de malsain, mais peut-être était-ce justement ce qui lui permettait de l'apprécier à ce point. Malgré tout ce qui les séparait, peut-être avaient-ils plus en commun qu'il n'avait bien voulu l'admettre de prime abord, rebuté par ses penchants pour les choses de l'occulte. Le fait de n'avoir pas peur de la mort, pour commencer. Mais le concernant, s'il ne la craignait pas, il ne voulait pas non plus la trouver sur sa route avant d'avoir fait tout ce qu'il avait à faire – ce pourquoi il était revenu en ces lieux.

« Ça n'arrivera pas. Pas tout de suite, en tout cas. »

Pour se battre, encore et toujours. On y revenait sans cesse. Pour agiter cette épée qui n'en était pas une de par sa taille disproportionnée, jusqu'à ce que son corps se brise et que son esprit vole en éclats. Jusqu'à rendre son dernier souffle, jusqu'à verser la dernière goutte de sang dans ses veines, et jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que le silence que lui et la mort pour l'accueillir enfin comme un vieil ami. Voilà trop longtemps qu'il frayait à ses côtés sans jamais oser la regarder. Il était un être contre-nature, qui n'aurait pas du exister et encore moins se tenir ici – ni à cet endroit, ni à cette époque. Qu'il soit encore en vie n'était que le fruit du hasard – ou de la trahison. Cette vie qui ne devrait plus être, il comptait bien la sacrifier, pour terminer ce qui devait l'être. Pour que les choses puissent changer. Vers l'horizon, son regard se tourna. Son poing se serra. L'aube se lèverait pour lui demain, mais encore combien de fois ?

« Je suis un idiot qui ne sait que casser les choses... Alors je casserai tout, même l'Enfer. »

Personne à part moi.
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MessageSujet: Re: Attendre sous la neige... [Libre]   Dim 5 Jan - 2:12



Reconstruire ce qui a été brisé
Feat. Eren

Surréaliste. Oui. Parfois nos échanges deviennent surréalistes. Il en est ainsi aujourd'hui. Il en sera ainsi dans l'avenir. De prédictions imaginaires à constatations futiles, oui. Qu'importe. Cela fera notre relation. Ça comme le reste. Il faut de tout. Oui, de tout. L'arme est lourde. Oui, elle l'est. Le démon est ancien. Oui il l'est. L'oeil de la divinité observe. Il admire. Il s'amuse de nous peut être, sans doute. Probablement d'ailleurs.

"Pressée... en fait je m'en fiche


Hm... Un bref sourire répond à celui qui me répondait. Réponse d'une réponse qui n'en est pas une. Suis-je ainsi. Non, je ne suis pas pressée. Je suis dans l'expectative. Oui, j'attends. La mort viendra quand elle le devra. A ce moment je serai peut être prête. Ou peut être pas. Cela n'y changera de toutes façons rien du tout.

"Tu n'en sais rien. Moi non plus. Cela n'a aucune importance. La mort viendra quand elle le devra. Mais aujourd'hui je sais qu'elle aura une raison. C'est tout


Oui, il en sera ainsi. Si le destin existe vraiment, le mien est sans doute déjà tout tracé. S'il n'existe pas, me voilà convaincue aujourd'hui. Je m'envolerai vers le royaume des brumes pour lui. Oui. Et ce dernier voyage ne sera ni vain, ni inutile. Non. Est-ce comme cela que les choses devront se dérouler.

Les prunelles sombres dérivent vers l'horizon. Je pose le dos de mes mains sur mon dos, enlaçant étroitement mes doigts. Einagana a cessé de crier, cela est bien. Je commence à avoir mal à la tête.

"Idiot ? Non


Sourire léger qui conclut mes paroles. Pense-t-il vraiment ce qu'il dit. Peut être. Hm... en tout cas estime-t-il ses actes assez démesurés pour se considérer de la sorte. Erreur.

"Eren n'est pas un idiot. Odin ne l'aurait pas choisi si c'était le cas. Mais Eren casse beaucoup de choses cependant, c'est vrai


D'un bon léger je me propulse jusqu'à mon interlocuteur de chef. Je l'observe longuement. Encore. Tristesse. Rage. Amertume. Que de sentiments négatifs en un seul et même être vivant. Ah les humains...

"Il ne tient qu'à toi de cesser tu sais. Cependant, tu es équilibré. Oui. Equilibré. Tu casses, d'autres réparent. C'est la logique de ce monde. Tu y as ta place. Les autres aussi. C'est comme ça


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Attendre sous la neige... [Libre]

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