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 [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]

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Mashia


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MessageSujet: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Dim 29 Sep - 19:32




Mashia Mokushi



Les chroniques d'une fleur de Lotus - Prologue




Le Lotus, la Cape, la Natte et les Prières




 
Dans le lointain, résonnait encore ce mot funeste. Adieu. Un mot murmuré dans les esprits de certains. Un mot cruel. Un mot qu'aucuns de ceux l'ayant entendu n'oublieraient. Ou peut-être que si en fin de compte. Car les hommes oublient. Il oublient, répètent leurs erreurs inlassablement, persuadés que leurs choix seront cette fois les bons. Il n'y avait pas que cela, heureusement. Certains croyaient en l'espoir, au renouveau, à un lendemain plus clément. Ceux là avaient raison. Ceux là possédaient la sagesse, la volonté d'avancer, de guider, de protéger. De servir leurs idéaux. Ceux d'une Déesse miséricordieuse, d'une bonté sans égale. Son amour pour ses chevaliers, bien qu'inébranlable, nécessitait parfois d'être mit à mal. Souvent malmenée aussi dans ses choix, Athéna cette fois, n'eut d'autres alternatives. Ainsi commençait la lente descente aux Enfers. La perte d'un guide, d'un phare dans la nuit restait une épreuve pour chacun. Perdre la lumière avait de quoi secouer les âmes. « elle » fut témoin de la tristesse de ses pairs.

« Elle » avait sourit à un jeune homme désemparé qui fut le seul à l’apercevoir au dessus de son enveloppe charnelle. Sa présence s'était estompée, mais pas ce sourire. Dernier présent qu'elle offrait volontiers.

Un peu plus tôt, parmi les nues, un combat avait éclaté, avait marqué une fin, et une future renaissance. Une vengeance assouvie. Trois âmes s'étaient à la fin de cette lutte, détachées pour traverser l'éther. Trois entités dont une fut bien vite effacée. Les deux autres se soutenaient mutuellement, combattaient ensemble le triste Destin qu'on leur avait promis. Sans l'intervention du Dieu des Forges, sans nul doutes auraient elles finit comme la troisième. Or, elles avaient été toutes deux sauvées. Le Divin Boiteux dans sa mansuétude, leur avait octroyé ce privilège. À jamais, « elles » seraient reconnaissantes. Sans doute avait-il transgressé certaines lois, peut-être avait-il commis un acte impardonnable, mais alors ? Peu lui importait le jugement de Zeus. Il en avait cure en cet instant. Il avait encore beaucoup à faire. Ainsi s'en allaient les gros nuages noirs masquant un ciel éclatant.

Il y eu des présents, précieux. Ô combien importants sans que Jara, Liana, Eidolon et Lya s'en rendent compte. Qui d'ailleurs, auraient pu soupçonner ce qui allait se passer ensuite à leur insu ? Car, malgré qu'une main invisible ait soufflé sur la tempête, celle-ci restait toujours omniprésente, guettant un signe de faiblesse. Prête à raviver les cendres. Là encore, sans le concours d'Héphaïstos, le retour de l'Espoir n'aurait put être possible. Cependant, tout le monde pouvait commettre des erreurs de jugements, comme Athéna l'avait fait jadis face à sa rivale et autrefois amie, Pallas.

Pallas. C'était elle qui fut coupable de leurs maux. Elle qui fut à l'origine de cette sombre machination, mais... mais dans cette histoire, elle ne fut pas seule. Un jour, la vérité finirait par éclater d'elle-même.

L’Espoir.

Un trait de lumière transperça le ciel, telle une étoile précipitée hors de sa trame : une silhouette reconnaissable entre toutes se manifesta alors pour reparaître devant le corps en sommeil de celle qui fut l'hôte de la Déesse Sage. D'un œil attendrit, il la contempla un moment avant qu'un petit bruit n'attire son attention. Il baissa ses prunelles sur la petite chose emmaillotée entre ses gros bras et eut un pincement au cœur.

« Je vous aurai fait attendre, mais ça vous apprendra à m'obliger à traîner à nouveau ma patte folle. » souffla la divinité, faisant mine de grommeler, en reportant son attention sur le cercueil refermé. « Allez, au boulot. Vous êtes parties avant d'avoir fini le vôtre, alors faudra pas venir vous plaindre quand je vous y aurai ramenées. Le propre d'une mécanique bien rodée, c'est de ne jamais s'arrêter. Ces rouages, je vais les relancer. Personne ne verra rien, c'est entre vous et moi. »

Il n'y eut personne pour contempler son œuvre. Son ultime chef d’œuvre. Il avait le don de construire, de reproduire aussi les plus belles choses qui soient : avec l'aide de la mèche de cheveux qu'il avait au préalable récupéré, la déité remplaça la vraie, par une copie. Qui pourrait s'en douter ? Qui aurait l’œil assez avisé pour se douter de quoi que ce soit ? C'était sans compter l'amour d'un père pour sa fille. Depuis le début lui, s'était douté qu'une chose n'allait pas. Les Parques s'étaient-elles penchées sur lui et lui avaient susurré leurs plans ? Toujours est-il que le divin Héphaïstos ne se formalisa pas de cette présence presque risible. Cela suffit à faire battre de nouveau son cœur blessé. Cela suffit.

« J'aurai fait ce que j'ai pu. Je n'aime pas l'idée de laisser un travail inachevé, mais il faut croire que je n'ai pas le choix sur ce coup-là. Pour le moment, il va falloir t'en contenter. J'espère que tu me pardonneras. Toi aussi, Athéna. Car... » il n'acheva pas sa phrase, l'étouffant dans un soupir, bien que sa mine grave eut laissé à penser qu'une larme aurait pu être versée sur sa joue encrassée. La chaleur permanente qui émanait son être aurait toutefois tôt fait de sécher celles qui s'y seraient risquées. « Bah ! Laisse tomber. J'espère que là-bas, vous serez en sécurité, le temps que je finisse ce que j'ai commencé. »

Ainsi débuta sa renaissance. Une recherche éperdue pour l'un, une traque pour un autre.

« Dohko, tu sais ce que tu dois faire. Maintenant va, ne me déçoit pas, je compte sur ta réussite.. »

Japon...

Les cieux nippon étaient déchirés par une véritable tempête. L'orage grondait, les éclairs zébraient la trame obscure. La pluie s'abattaient drue sur une silhouette recroquevillée. Une personne habillée d'une étrange armure dorée aux reflets de cuivre, aux longs cheveux rouges et qui, en position fœtale, conservait quelque chose tout contre son cœur comme si sa vie en dépendait. Mashia avait mal, ses muscles protestaient chaque fois qu'elle se crispait pour protéger son bien. Une nouvelle salve de pierre la frappa de plein fouet, touchant cette fois l'une de ses tempes. Le sang s'échappa de la plaie, tandis qu'une plainte à peine audible, se fit entendre. Les voix qui répondirent à cette supplique presque silencieuse, couvrirent quant à elles, le roulement du tonnerre. Un cercle d'hommes entourait cette créature impie, ce démon ! Ils crachaient leur haine de la pire des manières qui soit, la plus cruelle aussi. Cette couleur pour eux était détestable et faisait échos à quelque chose de plus ancien et qui, ravivait un sentiment exécrable. Depuis combien de temps se tenait-elle dans cette posture ? Elle n'aurait sut le dire, et ne s'en souciait guère. La souffrance était telle qu'elle faillit mainte fois perdre pied. Fort heureusement, et par le plus grand des hasards, une chose fort étonnante s'était produit. De nul part avait surgit cet éclat d'or et l'avait recouverte d'une bienfaisante chaleur. Bien sûr face à ce spectacle, les barbares avaient sifflés de colère, redoublant leurs coups. Perdue, une seule chose paraissait être d'importance : préserver le petit être recouvert d'une cape rouge. Un bébé. Son instinct le lui criait, alors que du reste, rien ne faisait échos en elle. Qui était-elle ? Où était-elle ?

« Rien ne se fait sans contreparties. »

Soudain, une tornade orange et blanche surgit de nul part dans un hurlement sauvage. Un immense chien-loup, plus haut que deux hommes, se jeta parmi les japonais, montrant les crocs et dardant sur eux, un regard vif et ambré. «  Inugami ! », «  Inugami ! »  crièrent les agresseurs avant de prendre la fuite, effrayés par l'imposante créature. L'esprit ne chercha pas à les poursuivre, sa mission était toute autre. Avec douceur, il encouragea du bout de son museau, à faire relever la jeune femme. Celle-ci rouvrit pour la première fois, ses yeux turquoise sur un monde gris et morne. Tremblante, hésitante, elle fit finalement confiance à la créature qui l'aida à se mouvoir à l'abri, dans son Sanctuaire.

Ainsi débutait son éveil.

La cape rouge de Jara furent les langes du nourrisson aux cheveux d'une couleur proche des fleurs de lavande. Le lotus donné par une enfant, une réminiscence. La natte noire d'une amie chère une révélation, les prières d'un homme l'espoir de survivre et de faire face. Ainsi elle devint quelqu'un d'autre. Un être à trois visages.. Un akuma sanglant. Une mère-louve protégeant sa progéniture avec la force du désespoir. Un samouraï à la noire chevelure pour se préserver des anciennes rancœurs et superstitions. Et enfin, elle-même, une douce jeune femme prête à se sacrifier.

Aujourd'hui pourtant, elle fut contrainte de devenir un démon.

Un étrange silence résonnait dans le temple japonais. Délabré, il y régnait une étrange atmosphère, pleine de nostalgie et d'amertume pour l'homme qui s'avançait. Le vieil Hector n'osait croire qu'il s'aventurait après toutes ces années, dans la maison de cet ancien clan, les Mokushi. Des sentiments contradictoires nouaient ses tripes et faisaient vibrer son cœur d'une folle espérance. Il avait parcourut tant de chemin, il était tellement las... et pourtant, le père ne désirait qu'une seule chose : avoir la certitude qu'il ne s'était pas trompé. Ses pas firent grincer le plancher, soulevèrent la poussière des tatamis qui restèrent un moment en suspension dans les airs comme un millier d'étoiles argentées et scintillantes.

Il ne vit pas le coup arriver. Son corps tomba au sol, lourdement. Inconscient. Aux aguets, une créature à la face rouge et or s'éloigna du corps pour se cacher.
Quelqu'un d'autre approchait … Dissimulée dans l'ombre, le démon attendit que sa proie soit au dessus d'elle avant de se laisser tomber sur lui. Un éclat turquoise emplit son champ de vision, mais elle hurla pour faire peur au second opportun qui osait s'aventurer ici bas.





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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Lun 30 Sep - 21:23



Les ailes de la créature mythologique claquaient gracieusement dans les airs. Fatigué par cette longue traversée, portant un long vêtement dissimulant mon corps, capuche rabattue pour me protéger du froid, j’étais allongé sur son dos, cramponné à ses plumes d’une douceur qui m’avait particulièrement étonné. Et derrière moi, la pandora box du Verseau contenait l’armure éponyme que j’avais souhaité emporter au cas où.

Naios m’avait briefé rapidement à la sortie du Krusos Sunagein. En voyant son visage blême et des plus inquiets, j’avais immédiatement compris que je pouvais faire un trait sur le repos bien mérité que j’avais convoité durant toute la réunion. Hector avait quitté la Grèce précipitamment en direction du Japon. Inutile d’être surdoué pour comprendre ce qu’il cherchait et où il s’était rendu. Il refusait la mort de sa fille et retournait aux origines pour tenter de se raccrocher à quelque chose. Un souvenir ? Un objet, un vêtement ayant appartenu à Mashia ? Ou bien simplement la maison où il l’avait vue grandir. Les possibilités restaient nombreuses, mais la première destination où le rechercher était, elle, évidente.

A partir de cette conclusion, mon père m’avait suggéré d’utiliser le griffon qui était resté auprès d’Athéna durant toutes ces années depuis Boston. Il me reconnut aussitôt lorsque je l’approchai, et se laissa monter sans faire d’histoires une fois que je lui eus expliqué la situation. Et nous voila quelques heures plus tard dans le ciel, le visage fouetté par un vent des plus frais, en direction du Japon. Le voyage dura plusieurs heures, mais il me parut très court du fait que je finis par m’endormir d’épuisement sur le dos de la bête. Ce n’est que lorsque nous arrivâmes en vue des côtes Nippones que j’émergeais, et que je ressentis faiblement le cosmos d’Hector. A partir de là, je pus facilement guider la bête qui semblait me faire confiance, obéissant instantanément et sans rechigner au moindre de mes ordres.

Finalement, quand nous fûmes à quelques centaines de mètres du temple qui avait vu grandir la jeune femme, nous nous posâmes en douceur malgré le temps exécrable qui frappait les lieux. Plusieurs éclairs déchirèrent le ciel, éclairant l’espace d’un clin d’œil la vieille bâtisse du clan Mokushi. Après une brève caresse sur le plumage du griffon, je lui dis à voix basse :
- Merci, mon vieux. Allez, vas vite te mettre à l’abri, je te ferai signe si j’ai besoin de toi ou d’elle, ajoutai-je d’un signe de tête vers la pandora box, toujours attachée sur le dos du griffon.
Pour toute réponse, celui-ci piailla doucement avant de s’envoler.

En quelques secondes, et malgré le long vêtement foncé qui me recouvrait, je fus trempé par la pluie. Mains dans les poches et tête dissimulée sous une capuche, je m’avançai jusqu’au dojo où la présence d’Hector semblait la plus puissante.

La porte du vieux bâtiment était ouverte, et j’entrai doucement sans mot dire. Mon regard scruta l’ensemble de la pièce plongée dans la pénombre, toujours caché sous l’épais tissu, avant de tomber sur le corps inanimé d’Hector. Soudain inquiet, je fis quelques pas pour pénétrer dans le dojo. C’est alors que j’entendis une poutre craquer au dessus de mon épaule gauche, et un corps fendit l’air pour se jeter sur moi. Plus par réflexe qu’autre chose, je posai mon pied gauche devant moi avant de camper solidement sur mes jambes et mes mains attrapèrent vivement le bras qui tentait de m’agresser au niveau de mon épaule gauche toujours. Par un puissant mouvement des hanches, je fis basculer le corps de l’inconnu par-dessus moi. La sanction fut immédiate : surpris par la manœuvre défensive des plus efficaces, l’agresseur s’effondra sur le tatami devant moi et roula sur plusieurs mètres devant moi, au beau milieu d’une tempête de poussière qui sembla décoller du sol.

Un éclair traversa le ciel, éclairant la nuit au dehors, avant que le tonnerre n’éclate avec une violence redoublée. Le peu de lumière qui entra dans la pièce ne me permit que de voir une partie de corps de l’ennemi, mais je constatai avec étonnement qu’il s’agissait d’une jeune femme. Toujours enveloppé dans ma robe, je pris une posture défensive, avant que ma voix des plus méfiantes ne s’élève soudain :
- Qui es tu, et que fais tu ici ?


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Saikhan


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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Mar 1 Oct - 16:44

Les ténèbres. Elles l’enserraient de toutes parts, emprisonnant son esprit entre leurs sombres griffes, peignant sa mémoire de cette macabre couleur. Un éclat. Lointain. Si lointain que ses doigts ne parvenaient à en atteindre la lumière, parvenant à peine à en effleurer l'intensité troublée. Il glissait dans un univers fait d'étoiles inaccessibles et de vide absolu. Dérivant.

L'orage gronda. Un sursaut. Une réalité.

L'homme emmitouflé dans son ample cape de voyage sombre darda sur les cieux déchaînés un regard troublé. L'espace d'un instant il s'arrêta dans sa course pour contempler ce ciel assombrit et tempétueux qui déversait sa rage sur la terre des hommes. Les gouttes d'eau glissèrent sur son faciès offert à leur morsure, le guerrier s'abandonnant l'espace de quelques secondes à cette tourmente trouvant un écho en lui. Une résonance lointaine teintée de vermeille. Un pressentiment néfaste vint s'insinuer en lui à ce funeste tintement, apportant à son âme un sentiment dont il ne parvenait à saisir l'essence.

Grondement.

Le guerrier reprit sa marche silencieuse, ignorant les maux pour se concentrer sur sa mission. Il ne devait pas échouer et ne pouvait se permettre de laisser ses troubles entacher sa réussite. Il en allait de la vie d'un innocent. Ses pas se firent plus assurés, sa volonté écrasant les questions et les murmures à mesure que se présentait à lui la scène sur laquelle il allait devoir se montrer. Mais il n'allait pas être seul à monter sur les planches quand bien même il ne connaissait tous les protagonistes.

Ses pupilles s'étrécirent tel le regard d'un fauve alors qu'entrait dans la demeure maudite ceux risquant de tomber sous les coups d'une créature dont il ne connaissait que l'image et le nom. Pourtant, il n'avait aucun doute quant à sa présence en ces lieux. Quel était cet empressement qu'il ressentait étreindre son cœur ? Un grondement le ramena à cette réalité dont il semblait s'éloigner. La réalité d'une mission à exécuter. D'une créature à combattre.

« Je sais. Ça, je ne risque pas de l'oublier. »

Un murmure semblant pour lui seul. L'éclat anthracite d'une armure vint se dévoiler un instant avant que sa cape ne la recouvre de nouveau dans sa course. Son visage dissimulé sous son capuchon, l'homme ralenti avant de s'engouffrer dans la demeure après un geste vague de la main. Une pensée. Un éclat de voix lui parvint. Et enfin, la scène se montra à lui. Celle d'un homme à la chevelure turquoise tenant en respect un être teinté de vermeille pour l'instant effondré sur les tatamis. Cette dernière couleur demeura la plus vivace à son esprit.

Un écho.

« Une démone. »

Sa voix claqua dans l'air saturé par la poussière dégagé par la manœuvre de l'agressé pour répondre à sa question. Un agressé qui savait parfaitement se défendre et si il se fiait à son aura, il ne semblait pas craindre ce genre de conflit. Au moins n'y aurait il pas une seconde victime. Son regard s'attarda sur la forme allongé et s'en approcha, demeurant dans les ombres de son propre accoutrement. En vie. Il soupira de soulagement avant que son regard n'affronte celui de la créature écarlate. L'éclat de jade se fit iridescent. C'était bien cette image qu'il lui avait montré.

« C'est ainsi qu'ils la nomment dans les alentours. »

Son aura d'émeraude se matérialisa à fleur de peau, sauvage et impétueuse comme ce regard qui ne quittait la silhouette de la créature vermeille. Un fauve à la silhouette humaine. Éclat.

« Tu as laissé de nombreuses victimes dans ton sillage, pourquoi ? »

Il s'était éloigné de la silhouette alanguit de l'homme. Il ne voulait pas de victime supplémentaire. Mais de sa mission, il n'en voyait qu'une partie seulement. Où ? Où pouvait il être ? Du temps. En espérant que celui ci n'était pas déjà disparu.

Un écho. Lointain. La mélodie d'une sourde contine...
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Mashia


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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Jeu 3 Oct - 22:19




Mashia Mokushi



Les chroniques d'une fleur de Lotus - Prologue




L'écarlate créature




 
Un rai de lumière tomba à l'oblique, illuminant la pièce d'une couleur argentée. La créature mi-homme, mi-démon s'était rétablie sans mal, le choc à demi amorti par les tatamis plein de cette poussière cendrée. Bien que le geste de l'importun fut aussi vif que l'éclair, la parade expéditive, elle n'eut pas trop de mal à encaisser malgré ses nombreuses blessures cachées sous ses vêtements. Par endroit ceux-là étaient tachetés de sang : des tâches sombres qui grandissaient à vue d’œil. Sous son masque tribal, le monstre haletait, d'une respiration sifflante. Toujours au sol, la jeune femme n'avait pas osé faire le moindre geste, aussi elle ne bougeait plus, scrutant la pénombre, les fluctuations de ces étranges énergies similaires à la sienne. Même si elle ne comprenait pas, n'entendait plus rien à la situation, elle obéissait à son instinct. On lui parlait, on s'adressait à elle dans une langue qui lui était parfaitement inconnue. Ses sons résonnaient étrangement à ses oreilles, son cœur lui, s'accélérait sous le joug d'une peur intestine. Qui grandissait. Sous l'ombre de son masque, Mashia tentait de ressembler le fil de ses pensées tandis qu'une autre présence arrivait, semblant répondre aux interrogations de la première.

Bien sûr, elle ne comprit pas davantage ce dialecte. S'efforçant de se remettre sur ses deux pieds, la créature carmine vacilla, trembla mais resta silencieuse. Faisant face aux deux hommes, elle adopta une posture défensive, les mains formant des griffes acérées. Prête à agir si l'un d'entre eux s'en prenait à elle.  

Que faisaient-ils ici ? Étaient-ils ensemble ? Car leurs deux auras bien que diamétralement opposées, paraissaient tout de même très proches. Elles brillaient d'un éclat étrange, surnaturel. Captivée un instant, elle se figea, retenant son souffle. Les pleurs d'un bébé lui fit rompre sa position et la créature s'enfuit alors à toute jambes, sa silhouette disparaissant dans les méandres obscures de la demeure nippone. Seul le bruit de ses pas étouffés par les tatamis verdâtres accompagnait sa sortie.
Une course effrénée débuta alors. Dévalant les escaliers, elle déboula dans une pièce vidée de tout meubles. Autrefois celle-ci était pleine de vie, de joie et des chants d'une mère attentive, aujourd'hui il n'en restait plus rien, sauf peut-être l'attention maternelle pour sa progéniture. Au centre de la pièce, reposait entre les tissus soyeux et confortable, une petite chose qui gigotait. Deux petites mains s'extirpaient des langes pour s'ouvrir vers le plafond. Le bébé cessa ses pleurs quand il aperçut l'éclat saisissant du masque.

Quand les bras de la démone s'approchèrent, un grondement sourd figea son geste. Elle eut tout juste le temps d'apercevoir un éclair orange et tout devient alors flou. Malmenée par une bête gigantesque, Mashia, écrasée par son poids, tentait de se dégager à la seule force de ses bras. Peine perdue évidemment, car l'animal possédait une sacré force ! Elle crut être confrontée à un akuma. Or, n'était-ce pas son rôle à elle ? Son esprit n'eut pas le temps de pousser plus avant ses réflexions, qu'un coup de patte, alors qu'elle se rétablissait, l'envoya dans le décor. Là encore sous son masque, sa bouche forma un « o » de douleur sans qu'aucuns sons ne s'extirpent de sa gorge. Pourtant, la souffrance elle, était belle et bien présente. Assassine.

Un hurlement répondit à l'appel silencieux de sa maîtresse : un grondement proche de celui d'un canidé. Une forme chimérique se forma entre la créature rouge et l'animal aux yeux ambrés. Un loup et un tigre se faisaient désormais face et se jugeaient sans ciller. Leur combat débutait. Mashia elle, en profita pour se faufiler jusqu'à l'enfant et le prendre avec précaution entre ses bras, le cachant dans sa couverture rouge. Son protecteur, un immense akita orange et blanc, lui laissait l'opportunité de fuir. Ce qu'elle fit sans se faire prier.

Elle ne se retourna pas, s'engageant dans les couloirs étroits et sales de la maison des Mokushi. Mais que faire ? Dans son état, la jeune femme n'irait pas bien loin et qu'adviendrait-il ensuite ? À cette pensée, celle que l'on puisse lui arracher ce petit être, son cœur se serra et sa volonté se renforça. Convaincue dans son choix, elle s'apprêtait à sauter par une fenêtre ouverte donnant sur un grand jardin désormais sauvage. L'herbe haute amoindrit sa chute, et elle s'y cacha un instant pour reprendre son souffle. Y arriverait-elle ? Une aura l'entoura alors, bienfaisante et qui, à sa grande surprise, referma en partie ses plaies. Ces manifestations n'étaient pas rares, mais, n'expliquant pas le phénomène, la jeune femme en avait un peu peur. Cette énergie issue des étoiles lui laissait un peu de répit pour l'heure. Se croyant sincèrement en sécurité pour le moment, Mashia s'assit à même le sol, le visage masqué tourné vers le nouveau-né. Avec douceur, elle souleva un pan de la cape rouge et observa un long moment cette petite frimousse, cette chevelure naissante qui avait la couleur des lilas... Le bébé paraissait ravi et babillait avec plaisir face à la trogne horrible du démon. La créature alors, se pencha sur lui et, à l'aide d'une main, releva à peine le bas du déguisement pour que des lèvres bien humaines aillent embrasser la peau de pêche de la réincarnation d'Athéna.

De là où pouvait se trouver tout observateur, on aurait dit que le monstre était sur le point de dévorer l'enfant...





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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Jeu 3 Oct - 23:14



La voix d’un homme s’éleva soudain derrière moi, répondant à ma question sans que je ne le lui aie demandé. Un homme enveloppé dans une cape étrangement semblable à la mienne, et dont la voix, bien qu’à demi dissimulée, me disait quelque chose. Je connaissais cet homme, ou du moins je l’avais déjà vu et entendu. Mon regard le suivit attentivement se déplacer dans la pièce sans perdre de vue cette soit disant démone du coin de l’œil. Les évènements s’enchaînaient et je commençais à perdre pied, par manque d’informations. Visiblement, l’inconnu était lui parfaitement au fait de ce qu’était cette femme à la chevelure de feu, et au visage inhumain.
- Et toi, comment te nomme t’on ? répliquai-je en écho à sa seconde phrase.

Celui-ci ne répondit pas immédiatement, et se tourna vers la démone pour l’interroger. Je fis quelques pas pour arriver à la hauteur du mystérieux homme encapuchonné, lorsque soudain un nouvel éclair illumina toute la pièce pendant un court instant. Un instant qui fut pourtant largement suffisant pour faire le lien entre la voix et le visage qui fut éclairé sous son épaisse cape.
- Dohko… ? lâchai-je dans un souffle. Putain, mais… Qu’est ce que tu fous ici ?! Et où étais tu passé pendant tout ce temps, je te croyais mort ?! Ajoutai-je sur un ton non contrôlé.

Des pleurs de bébé à l’étage me firent soudainement tourner la tête, et tiraillé entre l’arrivée de Dohko et cet enfant seul et sans défense à l’étage, je ne réagis que trop tardivement lorsque la créature s’évapora en grimpant quatre à quatre les marches menant à l’étage. Un regard échangé à travers la pénombre avec Dohko, et je décidai de poursuivre la jeune inconnue.
- On règlera ça plus tard… lâchai-je avant de me précipiter à la suite de la créature.

Grimpant les escaliers, j’entendis des bruits de lutte à l’étage. Je m’apprêtais à me diriger vers la pièce d’où émanait le bruit lorsque je vis au bout d’un couloir la silhouette féminine du démon disparaissant par une fenêtre dans la nuit noire.
- Pas si vite, ma petite. La partie n’est pas terminée… murmurai-je en accélérant le pas.
Gagnant la fenêtre tout en ignorant volontairement le vacarme qui avait lieu dans la pièce d’où venait l’inconnue, je vis avec horreur sa tête se pencher sur le visage d’une petite chose qu’elle tenait entre ses bras : le bébé. Elle allait le dévorer vivant !!

Mon cœur s’emballa avant que je ne saute par la fenêtre sans hésiter en hurlant :
- Arrêtes !!!
Après m’être rapidement réceptionné dans l’herbe, je fis volte face pour dévisager la démone tandis qu’une pluie battante nous trempait jusqu’aux os. Une colère dangereuse était en train de m’envahir, et de gré ou de force, elle devrait obéir si elle ne voulait pas que je la mette en pièces dans les secondes à venir. Rabattant d’un geste vif la cape pour dévoiler mon visage trempé à l’inconnue, je lui jetai un regard glacial tout en la détaillant de bas en haut. Les traits de mon visage étaient tirés par la fatigue, et mes cheveux étaient attachés en catogan à l’aide d’un ruban tout noir, seul signe visible de mon deuil actuel. N’importe qui me connaissait un minimum savait que je n’attachais jamais mes cheveux, c’était une décision que j’avais prise afin d’indiquer mon deuil de manière symbolique : un ruban noir pour un parent proche disparu.

Nous échangeâmes un long regard silencieux avec l’inconnue avant que je ne reprenne d’une voix des plus glaciales :
- Si tu lui fais le moindre mal, je te mets en pièces sur le champ ! Réfléchis bien à ce que tu vas faire, car je te garantis que femme ou pas, je n’hésiterai pas une seule seconde…

Et comme pour apostropher mes dires, un éclair zébra le ciel dans mon dos avant que le tonnerre n’explose à nouveau.

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Saikhan


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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Ven 4 Oct - 19:01

Nulle réponse ne vint, seul demeurant plus de questions encore. La démone c'était figée muette telle la bête acculée face à son prédateur pourtant, ce ne fut guère sa silhouette qui vint troubler l'esprit du guerrier. Un mot. Un nom. Son nom. L'homme encapuchonné se détourna sur celui qui venait d’énoncer ce simple mot avec une surprise qui le laissa perplexe. Comment connaissait il son nom ?  Il s'attarda davantage à détailler la silhouette de son interlocuteur pour en apprendre davantage, mais rien, de sa chevelure turquoise à son regard azur ne lui semblait familier. Et au vu de son apparence peu orthodoxe, croiser tel homme sans s'en souvenir lui semblait peu probable.

Tout du moins le pensait-il sans totalement pouvoir le réfuter clairement.  

« On se connait ?  »

Une question répliquée avec une sincérité quelque peu désarmant qui ne fit qu'ajouter à la confusion de cette étrange scène. Mais bien vite, il oublia ce sentiment comprimant sa poitrine et enserrant son âme lorsqu'il entendit ce pour quoi il était là. Des pleurs d'enfant. . Il ne fut pas seul à réagir à cette présence, la créature s'échappant aussi vite en ayant sur ces talons celui semblant le connaître. Une dernière phrase vint toutefois le couper court dans son élan premier. Cette émotion qui emplissait sa poitrine et trahissait un mal rampant. Invisible. Nul ne pouvait le voir mais lui ne pouvait l'ignorer. On ne peut ignorer les nuits obscurs emplit d'un vide étouffant.

Mort.

Le guerrier serra les dents et se jeta en avant en écrasant ce trouble qui naissait dans son cœur à la suite d'une simple phrase. C'était stupide. Totalement impossible. Il avait une mission à accomplir et pour celle ci, il ne devait pas se laisser aller à des faux états d'âmes. Il devait laisser derrière lui ses maux, c'est ainsi qu'il pourrait avancer et réussir. Il n'était pas seul. Il ne menait pas cette bataille seul. Il ne l'avait jamais vraiment été. Un bruit sourd.

« Hù. »

Il le sentit bien plus qu'il ne le vit, tout comme il comprit sans mot que sa cible avait été là mais que ce n'était plus le cas. L'enfant. Il ne la laisserait pas faire impunément ce qu'il lui plaisait à cette démone. Il ne l'acceptait pas. L'orage se faisait plus violent, couvrant presque le vacarme d'un combat entre deux créatures sans toutefois y parvenir totalement. Il pouvait les sentir. Et c'est en sortant en dehors de la bâtisse en suivant l'homme à la chevelure turquoise que la capuche couvrant sa chevelure s'ôta. Des traits bien connus mais pas pour lui. Et son regard de jade se figea face à cette scène macabre.

Un démon désirant dévorer un nouveau né.

Non !

A peine ce mot fut il hurlé dans son cœur qu'un bruit assourdissant couvrit les paroles de son compagnon d'infortune. Du verre brisé accompagnant la danse mortelle de deux créatures fabuleuses et fantastiques tombèrent non loin d'eux. Feulement contre grondement. Le tigre gronda et il n'eut fallut guère plus pour que l'homme n'appelle à lui son cosmos d'émeraude. L'énergie matérialisée se fit cri du cœur se faisant résonance oubliée. Le tigre rugit face à son adversaire. Leurs adversaires.

~ Laisse cet enfant ! 

Une créature serpentine vint lier la démone, s'enroulant autour de sa silhouette pour brider ses mouvements et empêcher qu'elle n'entre plus en contact avec le nourrisson. Quelque chose clochait dans cette scène mais son esprit n'écouta pas plus avant. L'enfant pleura. Des cris déchirants.

Pourquoi ?

Pourquoi entendre ces hurlements de chagrin lui était-il si douloureux ? Pourquoi son cœur lui faisait-il si mal, se comprimant tant et plus face à ces maux inconnus ? Le jeune homme vacilla. Un instant. Un seul instant.
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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Ven 4 Oct - 21:20




Mashia Mokushi



Les chroniques d'une fleur de Lotus - Prologue




Fuite éperdue




 
Ses belligérants ne lui offraient aucunes échappatoires. Son incompréhension grandissait à mesure qu'ils se faisaient de plus en plus menaçants. Tout du moins c'était ce qu'elle comprit en observant leurs prunelles. Il y régnait une intense colère qui lui était clairement destinée. Mais pourquoi ? Mashia ne comprenait pas. Face à eux, elle se sentait bien frêle, écrasée par le poids de leurs cosmos respectifs. Tour à tour, les deux hommes s'étaient postés devant elle, l'acculant une nouvelle fois. Au dos du mur, que devait-elle faire à présent si ce n'est répliquer et combattre ? Un animal blessé demeurait toujours dangereux, excité par sa propre odeur de sang. Seulement, la volonté de la jeune Mokushi était éveillée pour une toute autre raison, celle-ci reposant au creux de ses bras. Ces cris, leur intonation faisait naître en elle un sentiment d'angoisse.
Ce pourrait-il qu'ils en veuillent à l'enfant ? Et non pas à elle de prime abord ? La démone secoua la tête et fit un pas en arrière. Cela suffit à faire entrer en action, le second chevalier qui venait de reparaître aux côtés de celui à la chevelure turquoise ramassée en une queue de cheval. Ce ruban noir l'hypnotisa un temps, suivant sa danse dans le vent. Un éclair roula dans les nuages, suivit d'un grondement assourdissant. Deux autres y répondirent, tandis que deux formes animales s'extirpaient avec fracas, du bâtiment. La main de la créature se leva vers son Gardien mais resta en suspends. Une intense douleur enserra ses membres, si bien qu'elle tomba en avant, mais, toujours en conservant contre son sein, le bébé emmailloté qui pleurait à chaudes larmes face à la terrible souffrance qu'elle ressentait. Le masque encore à demi levé, la jeune femme put offrir un maigre sourire à ce dernier avant de serrer les dents.

Les deux bêtes luttaient l'une contre l'autre dans un ballet sanglant, évoluant avec agilité et sans effort autour des protagonistes. L'un feulait, l'autre hurlait à la face du ciel nuageux. Avant de reprendre leurs échanges vifs et d'une brutalité sans nom. L'esprit-chien s'efforçait de garder à bonne distance, cet étrange tigre, tout comme le tigre le faisait avec lui.

D'un coup, la démone fut libérée de ses entraves par l'intervention même du nourrisson. Hébétée, elle eut un temps de retard avant d'agir prestement et se redresser. La jeune femme ne referait pas la même erreur deux fois en se pensant en sécurité en les fuyant ainsi. Non, elle devait courir bien plus vite, s'enfuir plus loin. Aussi loin que ses jambes la porterait. Ce qu'elle fit. La créature détala comme un lièvre, usant du peu de son cosmos qui lui restait, pour bondir d'une manière spectaculaire au dessus des remparts branlantes de son domaine. Là, usant d'une célérité qu'on ne lui aurait pas suspecté de prime abord en vu de sa maigreur extrême, de sa fragilité apparente, le monstre carmin s'en fut, aussi loin qu'il le pouvait.

Le chien orange et blanc laissa alors exploser sa propre puissance, balayant son adversaire d'un coup de mâchoire dévastateur tandis qu'il doublait de volume. Son corps prit une apparence fantomatique, vaporeuse et ô combien effrayante, ses babines maculées de sang frais, son corps musculeux défiant chacune de ces personnes avec un regard rouge, assassin, le gardien s'insurgea contre les méfaits des hommes. Il montra les dents tandis qu'il approchait de sa démarche lente, agressive. Une voix sépulcrale s'éleva alors pour frapper leurs esprits.

~° Partez ! Laissez-nous ! Ou je vous dévorerai pour les protéger !

Les laissant vacillant, l'Inugami fit volte-face pour disparaître à son tour afin de rattraper sa maîtresse. En le voyant arriver, Mashia grimpa lestement sur son dos pour qu'ils puissent s'enfuir dans l'épaisse forêt. Là bas, dans les tréfonds de ce cœur sombre, elle se savait en sécurité. Car le sanctuaire n'était pas loin, et elle était certaine que les esprits veilleraient sur eux. D'ailleurs ils se manifestèrent sous forme de petits feu follets bleuâtres et iridescents qui leur indiquaient le chemin à prendre. Dans un même temps, ils feraient aussi leur possible pour ralentir la progression des poursuivants et si nécessaire... les éliminer.

Ainsi, tous les trois évoluèrent sans trop de difficultés, le vent accompagnant leur course effrénée. Ses blessures étaient trop importantes. La jeune femme clignait des paupières, celles-ci se faisant de plus en plus lourdes... luttant à chaque instant contre l'inconscience. La démone se cramponna au pelage de l'animal quand celui-ci effectua un autre bond. Ils arrivèrent enfin en vu du vieux sanctuaire. Le souffle court, la respiration sifflante, un filet de sang brouilla sa vue et, glissant finalement hors de sa monture, celle-ci eu tout juste le temps de se rétablir pour attraper Mashia et l'enfant qu'elle conservait toujours, s'y accrochant avec toute la force du désespoir.

L'énorme et impressionnant animal veillait à présent de son œil noir, sur la sécurité de sa maîtresse et de son fardeau. Un enfant qu'il fallait à tout prix protéger du Bélier Noir. Peu à peu, l'esprit se matérialisa en une autre entité, une sorte d'hybride renard-chien sur deux pattes qui porta le corps inanimé de la démone jusqu'aux pieds du temple illuminé d'une seule et unique lanterne.  





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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Dim 6 Oct - 18:30



“ On se connait ?”

Cette phrase n’avait cessé de se répercuter en moi en échos depuis qu’il l’avait prononcée. Avais-je mal vu ? N’était pas ce pas Dohko qui se tenait à mes côtés ? Le doute m’avait envahi en quelques secondes, aussi rapidement que la pluie tombant et s’écrasant implacablement sur le sol nippon tandis que je poursuivais la mystérieuse démone. Et alors qu’il se tenait à nouveau à mes côtés pour coincer notre cible, je ne pus que reconnaître mon vieil ami, bien que dissimulé sous cette épaisse cape. Et pourtant, il demeurait toutefois un doute affreux, une hésitation incompréhensible. Quelque chose semblait changé en lui : son cosmos n’était pas aussi brillant et lumineux que d’habitude. Et si le pire lui était arrivé ? Et si il était arrivé quelque chose au Dohko que je connaissais ? Les questions se multipliaient mais je n’avais pas le temps d’obtenir la moindre réponse.

Dohko ou non, cet homme connaissait cette démone et la poursuivait vraisemblablement depuis un bon moment. Tandis que je tentais de résonner à partir du peu d’informations dont je disposais, une fenêtre fut brisée au dessus de nous et deux créatures que je ne fus pas capable d’identifier roulèrent dans l’herbe détrempée avant de poursuivre leur combat. Décontenancé par le spectacle, je fus également le plus surpris : de toute évidence j’étais le seul à ne pas comprendre d’où venaient ces créatures. La situation me dépassait, je manquais de beaucoup trop d’informations pour réunir les pièces du puzzle.

La démone choisit ce moment précis pour dévoiler ses capacités athlétiques hors normes et tenter une nouvelle évasion, beaucoup plus impressionnante que la première. Et cette fois, sa retraite fut couverte par un des deux monstres. Oui, mais voilà, j’avais moi aussi amené avec moi un allié de poids, et il était temps de faire appel à ma carte maîtresse : serrant le poing gauche, je mis deux doigts de ma main droite dans ma bouche avant de souffler : un puissant sifflement qui se répercuta en écho contre les murs branlants de la vieille demeure malgré le vent violent qui soufflait, et la réponse ne tarda pas à se faire attendre. Majestueux, et terriblement rapide, le superbe griffon transperça le rideau de pluie et lâcha un puissant piaillement avant de plonger son regard dans le sien. Je compris aussitôt ses intentions : il ne s’arrêterait pas.

Prêt à agir quand il le faudrait, je bondis au moment où il fut à portée pour atterrir sur son dos, avant de lui souffler :
- Fonces, il faut rattraper le cosmos qui s’enfuit !
La créature ne se fit pas prier et piailla pour me communiquer son acquiescement, et accéléra à l’aide d’un puissant battement d’ailes pour remonter dans les airs. La mystérieuse inconnue pouvait toujours courir à travers bois, elle n’échapperait pas à mon compagnon mythologique. Celui-ci décrivit un cercle au dessus de la cime des arbres, puis son œil ambré se plissa soudain et il piqua subitement en direction d’un sanctuaire perdu au beau milieu de la forêt. La bête ailée se posa avec majesté avant de courir sur plusieurs mètres pour s’arrêter à distance raisonnable de la vieille bâtisse.

Mon regard interrogatif balaya la scène pour tenter de comprendre ce qui se déroulait : en effet, la jeune femme semblait avoir perdu connaissance à cause de ses nombreuses blessures et c’était une créature à présent bipède qui la portait dans ses bras. Son gardien à quatre pattes avait pour sa part disparu, mais l’aura que les deux créatures dégageaient me poussa rapidement à faire le lien entre les deux. Posant rapidement pied à terre, je fis quelques pas dans leur direction sous la pluie battante avant de m’immobiliser une nouvelle fois :
- Ce petit manège commence à m’épuiser, lâchai-je d’une voix glaciale alors que mon cosmos se déployait doucement pour la première fois depuis que j’avais posé pied sur la terre nippone.
La température s’effondra subitement, tandis que mes yeux détaillaient ce mystérieux gardien mi homme mi renard, et mes cheveux se mirent à voleter tranquillement indépendamment du vent, pourtant violent, au gré de mon cosmos.
- Je ne me laisserai plus surprendre, à présent. Vous allez sagement m’expliquer ce qui se passe ici, sans tenter de vous enfuir. Sans quoi, soyez prêts à en assumer les conséquences…


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Saikhan


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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Lun 7 Oct - 17:18

Les pleurs de l'enfant se répercutaient dans son cœur, encore et encore, résonant dans son âme avec une étrange affliction. Son esprit vacilla, laissant le guerrier en proie à un trouble qui ne cessait de croître en lui sans qu'il n'en comprenne la raison. Était-ce ce pressentiment funeste qui en était la cause ? Ou était-elle elle tout autre, prenant son origine là où siégeait le vide s'étant insinuer en lui ? Un frisson ébranla son corps alors que devant son regard tourmenté disparaissait brutalement sa créature d'émeraude qui jusque là, liait la démone. L'homme serra les dents en recevant le contre coup de la soudaine abolition de sa propre attaque, vacillant un instant alors que la créature en profitait pour de nouveau s'échapper. Avec l'enfant.

Il n'eut guère le temps d'émettre plus qu'un grondement de protestation avant que le loup démoniaque ne laisse libre court à sa fureur. Le tigre fut violemment repoussé par son adversaire, feulant de douleur lorsque celui-ci s'attaqua de nouveau à lui. Un frisson l'ébranla alors que le démon canin crachait ses mots de mépris et de rage avant de s'échapper à son tour sur ce dernier avertissement.

Les protéger...

Un instant, le regard du guerrier se vida de sa substance, perdu, disparu dans les méandres d'un esprit constellé d'étoiles inaccessibles. Un clignement de paupière et ce trouble disparu, oublié du miroir de jade. Il aperçu d'un œil distrait le griffon qui vint prendre sur son dos l'homme à la chevelure turquoise. De l'étonnement et un autre sentiment plus imprécis vinrent éclairer son visage avant que celui-ci ne s'en détourne, à la recherche de son propre compagnon.

« Hù...Est ce que ça va ? »

Le félidé feula pour toute réponse en se dirigeant vivement vers lui, sa fourrure automnale maculée d'écarlate. Éclat d'inquiétude. Le guerrier passa sa main dans son pelage, auréolé de son cosmos de jade pour accélérer le processus de guérison du tigre déjà entamé. Il allait bien. L'étau entourant son cœur se desserra imperceptiblement, rassuré sur son état. Lui non plus, n'était pas une créature ordinaire et c'était d'autant mieux au vu du combat qu'il venait de mener avec ce démon loup.

Un démon loup...

Ils devaient les suivre. De nouveau, une nouvelle course poursuite s'engageait avec cette menace sous-jacente. Il les dévorerait avait-il dit... Cet avertissement ne l'empêcherait nullement de continuer sa mission, et ce n'était guère la peur qui s'insinuait dans son âme mais quelque chose de bien plus subtile...Bien plus pernicieux. Mais il ne savait quoi.

Qu'est ce qui sonnait si étrangement dans ses paroles ?

Le guerrier serra les dents en s'élançant à la suite de ses prédécesseurs. Cette mission lui échappait totalement pourtant, il se devait de la mener à son terme. Le grondement du félin à ses côtés lui en donna la force. Il n'était pas le genre d'homme à abandonner à la première difficulté venue, c'était ce que le tigre lui signifiait...Ce qu'il ressentait lui même à cet instant, quand bien même il ne lui restait plus que ça. Des sensations. Des sentiments. Des impressions.

Tu n'as pas le choix. Aujourd'hui tu dois vivre ainsi.

Ici. L'orage grondait, toujours, alourdissant l'air de son étreinte glaciale. A travers le rideau de pluie, le guerrier aperçu la nouvelle sur laquelle les avait entraîné la démone – ou était-ce le loup ? C'était lui qui se tenait devant eux, protecteur.

Hù gronda, son regard s’étrécissant face à la créature bipède qui les attendait là. Lui aussi était un protecteur.

L'homme à la chevelure turquoise était arrivé avant lui et autour de sa silhouette dansait des éclats scintillants. Cela ressemblait à des cristaux d'argent, étrangement féerique et qui n'avaient nullement leur place en ce lieu. Étaient-ils alliés ? Il écarta cet question pour s'avancer.

« Tu es un inugami, n'est ce pas ? »

Ce mot s'était imposé à son esprit lorsqu'il avait songé au démon loup. Il ne savait nullement d'où cette connaissance lui venait, mais il fallait croire qu'il la possédait. Il protégeait.

« Si tu peux l'immobiliser, n'hésite pas. Sa menace, il peut l'exécuter,si il est vraiment un Inugami, il en la puissance. »

Un murmure pour l'homme près duquel il était revenu. Étrange comme cela lui semblait presque normal. Mais ce n'était pas le cas. Il y avait autre chose de plus perfide, de plus troublant qui s’insinuait en lui. Non. Rien n'était normal en réalité. Rien du tout.

Et l'enfant ?
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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Lun 7 Oct - 20:03




Mashia Mokushi



Les chroniques d'une fleur de Lotus - Prologue




L'enfant-Dieu




 
~° Je vous avais dis de ne pas approcher...  gronda la créature en dardant sur eux, un regard mauvais. ~° Vous êtes ici dans notre Sanctuaire sacré que vous profanez par votre présence ! Je ne le redirais pas ! Quittez ces lieux ! 

Un grondement grave s'échappa de sa gorge tandis qu'il se mettait entre l'enfant et la démone. Une ultime mise en garde. Le monstre retroussa ses babines pour dévoiler des crocs acérés encore recouverts du sang du tigre. Il était monstrueux, immense – dépassant bien les deux mètres – et son corps était sculpté pour la course et la guerre. Il était un protecteur. À la demande du premier intrus, il ne dit rien, en revanche, à la question du second, il gronda, de mauvaise humeur, une réponse acerbe.

~° Oui, étranger, en quelque sorte !  sa tête se tourna vers le corps étendue de sa protégée. ~° Mais pas tout à fait. Je suis aussi le père de celle dont vous voulez la peau, humains. Alors moi aussi je vous averti une dernière fois, allez vous-en, ou je me ferais une joie de vous dévorer. 

Un silence s'installa, et fut brisé par le réveil de la créature carmine dans un horrible craquement d'os. Son corps entier trembla, mais elle tenait bon, préférant garder l'enfant prêt d'elle plutôt que de se préoccuper de ses blessures. L'esprit-chien parut échanger avec sa fille par la voie de la pensée, car ce dernier hocha la tête gravement. Le bébé s'agita dans ses couvertures sanguines. L'homme-chien prit alors une profonde inspiration avant de s'arc-bouter vers les cieux déchaînés. Il hurla, hurla encore et encore. Dans sa main, apparut un katana immaculé, sans fourreau, qu'il pointa sur ses adversaires.
Sans crier gare, il s'élança à une vitesse phénoménale sur l'homme au tigre. D'un geste vif, et profitant de l'opportunité donnée par la surprise, l'esprit déchiqueta la cape qui le recouvrait. Une armure aussi noire que la nuit se révéla à la pâle lueur de ce ciel morne, terne. Il n'en resta pas là. D'un bond prodigieux, la créature bipède se retrouva devant le Verseau pour lui réserver le même sort. La main griffue de l'animal s'accrocha à la gorge du Chevalier d'Athéna, dans le perfide but d'annuler l'effet de son cosmos.

~° Je vais devoir vous abattre... je ne peux pas vous laisser prendre l'enfant-Dieu. 

Quelque chose dans sa voix sonnait comme une once de regret. L'Inugami n'était pas enchanté de commettre un tel acte, celui lui en coûtait beaucoup. Mais avait-il seulement le choix ? Au moment où il allait déployer son cosmos, une main fragile se posa en travers de son dos. L'esprit se figea instantanément, baissa la tête pour reculer. Libre, Kappa du Verseau se trouvait désormais devant la démone et un petit être tout concentré à le regarder de ses immenses yeux bleus.

~° Elle dit que vous êtes de notre côté.  la voix de l'esprit-chien était emplie de troubles, de doutes sur le bien-fondé de ces paroles. ~° Il faut que vous l'aidiez »

Là, sous le couvert des nues troublés, elle retira son masque. Une intuition avait assaillit son cœur. Quelque part dans les méandres de son esprit, Mashia avait confiance en cet homme. En l'autre aussi, mais c'était plus difficile à cerner. Ainsi se dévoila l'ancienne Sainte du Lotus, et hôte de la Déesse Athéna.
Ce qui pouvait frapper ceux qui la connaissait, était tout d'abord sa fragilité clairement évidente : d'une maigreur effrayante, les yeux cernés de noirs, couverte de sang, la jeune femme était méconnaissable. Ses cheveux conservait leur flamboyance, mais c'était là tout ce qui restait d'elle. Ses beaux yeux tantôt turquoises, étaient voilés, délavés. Sa peau était affreusement pâle, et sans doute brûlante si on y portait la main. Et il y avait tout ce sang qui maculait ses vêtement, son cou, ses tempes et son front. Blessée, elle ne savait pas elle-même toute l'étendue des dégâts si ce n'est qu'elle avait une épaule démise, quelques côtes cassées, et bons nombres de contusions et de traumatismes.

On aurait dit qu'elle était sur le point de trépasser une seconde fois. L'image de la belle jeune femme que l'on avait apprêtée pour son enterrement était loin, très loin de cette réalité là.

Et il y avait l'enfant. Athéna, qui reposait au creux de ces bras malingres.  





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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Lun 7 Oct - 20:42



Inugami... ? Encore un mot qui ne signifiait absolument rien pour moi. Encore une information manquante et une nouvelle pointe d’agacement qui me fit froncer les sourcils. Qu’est ce que je foutais au milieu de ce bordel, alors que j’avais laissé la seule personne pour laquelle j’avais fait tout ce voyage inconsciente sur le parquet d’une vieille demeure emplie de poussière ? Me serais-je égaré ? Cette histoire me regardait elle seulement ? Et pourtant, quelque chose chez cette démone me poussait à la suivre jusqu’en enfer, s’il le fallait, pour découvrir son identité. Et soyons francs, ce n’était pas à cause du bébé qu’elle portait dans ses bras.
- Je ne sais pas ce qu’est un inugami, répondis-je simplement, sans dissimuler ma frustration provoquée par mon ignorance.

Mais notre rapide échange fut très vite interrompu par une attaque éclair de celui qui semblait définitivement être le gardien de cette démone. Sa lame fendit les airs, et Dohko n’eut que le temps d’esquiver. Pourtant, le katana découpa la cape qui l’entourait dans un bruit de tissus déchirés, et celle-ci s’envola, chassée par une forte bourrasque de vent, dévoilant finalement l’identité de l’homme qui m’accompagnait, me clouant littéralement sur place, de surprise. C’était bien Dohko, mais il portait à présent une armure noire, et son cosmos était méconnaissable. Mes yeux le fixèrent tandis que ma bouche s’était ouverte grand sous l’effet du choc que tout cela impliqué. Pséma aurait donc réussi à corrompre un chevalier tel que lui ? Impossible !

Je n’eus pas le temps de réfléchir plus de quelques secondes que le gardien de la démone repartit à l’attaque. Encore choqué par la vision de la nouvelle armure de mon ancien frère d’armes, je ne pus éviter la lame que d’un cheveu, et ma cape fut elle aussi déchirée avant d’être balayée à son tour, révélant ma tenue. Paré d’un gilet en cuir marron foncé passé sur une tunique et un pantalon tous deux noirs, je n’avais jamais paru aussi proche des chevaliers noirs qu’avec une telle tenue. La puissante main du gardien m’attrapa par la gorge avant de me soulever dans les airs. Immédiatement, je sentis mes forces me quitter. Mon visage se crispa sous l’effet de la douleur et de la suffocation et ma main gauche vint se refermer sur le poignet étrangleur de mon assaillant. Peine perdue, je n’avais plus de force, et lui en avait à revendre.

Et puis, brusquement, il relâcha son étreinte, me libérant au moment où j’allais suffoquer. Tombant à genoux dans l’herbe détrempée, je me pris la gorge dans les mains pour reprendre lentement mon souffle.
- De votre côté… ? Répétai-je dans un souffle tout en me redressant doucement. De quel côté ? Je ne sais même pas qui vous êtes !
Comme si la démone comprenait soudain mes paroles, elle retira son visage et fut alors illuminée par un éclair. Si mon étonnement lorsque j’avais vu l’armure de Dohko était fort, il n’était rien en comparaison de ce que je ressentis en découvrant l’identité de cette mystérieuse démone. Mon cœur sembla s’arrêter l’espace d’une seconde, et exploser l’instant d’après. Cela ne se pouvait ?!
- Oh, mon dieu… lâchai-je malgré moi en observant le moindre des traits de son visage. Mashia, c’est bien toi ?! risquai-je en avançant lentement une main vers le visage émacié de la pauvre femme. J’avais bien des doutes, mais de là à te retrouver, ici et aujourd’hui…

Je voulus la prendre dans mes bras, mais vu son état, mieux valait ne pas l’effrayer. Une larme coula sur mon visage détrempé par la pluie qui ne cessait de tomber, et ma main se posa lentement sur sa joue, tandis que mon esprit bouillonnait. Si en fin de compte, cette démone était Mashia, et que Dohko chassait Mashia, un Dohko portant une armure noire qui plus était, cela ne pouvait signifier qu’une seule chose : je me battais du mauvais côté. Comment croire en ce qu’avançait l’ancien chevalier d’or, alors qu’à présent, toutes les apparences jouaient contre lui ?
Toujours face à Mashia, et de dos à Dohko, je levai la main qui était restée le long de mon corps, et aussitôt, la pandora box qui était toujours attachée sur le dos du griffon, lui-même resté à distance raisonnable, s’envola de quelques mètres. Elle s’ouvrit, et dévoila l’armure du Verseau, plus brillante que jamais sous cette tempête de l’élément qui lui donnait sa force : l’eau. L’armure d’or vint alors recouvrir son propriétaire, et je fis demi tour, me postant en tant que protecteur entre Dohko et Mashia. Mon regard n’avait plus rien du tout d’amical lorsqu’il se posa une nouvelle fois sur l’ancien chevalier de la Balance. Il me semblait que je découvrais une autre personne, et cela ne me plaisait pas du tout.

Mon bras se leva et pointa un doigt accusateur sur le chevalier noir, avant de lancer d’un ton hostile :
- Je te conseille de t’expliquer sur le champ, Dohko ! Si tu n’as pas une bonne explication à me fournir sur ce qui se passe ici, il se pourrait bien que cela se termine mal pour toi et moi. Je te le demande une dernière fois : où étais tu pendant tout ce temps ? Que fais tu ici et que veux tu à Mashia ? Réponds, par Athéna !


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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Lun 7 Oct - 22:11

Musubareru Sekai by Kawai Kenji on Grooveshark

« C'est un esprit chien invoqué, protecteur ou vengeur qui obéit aux ordres de son maître. »

Un simple éclaircissement pour celui qui ignorait la nature de cet être. Une nature étrange en soit sur bien des points qui apporta à son esprit une vague d'incompréhension nouvelle. Troublé, il l'était mais cela, nul autre que le tigre à ses côtés ne pouvait le comprendre, l'appréhender. Il s'abstint un geste équivoque qui l'aurait dévoilé aux yeux de tous pour se concentrer sur cette scène. Il n'y avait que l'instant présent qui comptait. Précis. Unique.

Le reste n'existait plus.

Ses poings se crispèrent et se fut avec une rapidité démente que la créature fondit sur lui, katana au clair. Il esquiva l'attaque d'un pas leste mais la lame aiguisée trancha la cape alourdit par l'eau avec une facilité déconcertante, dévoilant aux yeux des protagonistes une armure sombre mais possédant les mêmes caractéristiques que l'armure de la balance. Si cela avait été sa peau, nulle doute qu'elle aurait été aussi efficace. Pourtant, le démon ne vint nullement continuer son assaut, préférant changer sa cible pour s'en prendre à l'homme à la chevelure turquoise. Et il n'eut guère besoin de l'aider. Une part de lui en fut rassurée, celle qu'il ne comprenait pas, celle dont il ne pouvait voir que les ombres déformés.

Le temps s’accélérait. Et il comprit. Trop tard.

Il comprit que la démone n'en était pas une. Jeune femme au corps émacié presque pitoyable s'offrant à la morsure d'une pluie battante. Éclat vermeille. Son compagnon d'infortune n'en était pas un car il la connaissait. Il était un ennemi. Tout se mélangea dans son esprit et seul un nom demeura clair dans cet esprit délité.

Mashia.

Ce nom il le lui avait soufflé de sa voix lointaine et inaccessible. Ce nom, c'était celui qui lui avait donné pour dénommé la créature dévorante dont t-il lui avait montré l'image. Elle était gravé dans son esprit. Mais pour une raison étrange, ce nom l'avait un instant troublé avant qu'il ne s'apaise de nouveau. Mashia. Ce son avait une consonance presque familière à ses sens et surtout tourmenté.

Elle était bonheur évanescent et désespoir désabusé. Tue et oubliée. Invraisemblable.

Un élan. Le geste familier de l'autre homme vint troubler son âme d'une palette émotions indistinctes et son regard se fit aussi froid que la pierre. Bien avant que celui ci n'appelle à lui une armure doré reconnue.

Honnis.

Son corps se prépara au combat imminent car c'était bien la seule chose dont il ne doutait plus à cet instant lorsque le chevalier d'or du Verseau se montra sous les traits de cet homme qu'il avait songé allié. Quelle erreur avait-il commis là ! Son ton hostile ne fit qu'aviver sa propre colère, son cosmos d'émeraude flamboyant autour de sa silhouette.

« Ne fais pas comme si tu me connaissais ! » Colère et incompréhension.

Le tigre gronda aux côtés de son maître, son compagnon, son frère. Il était son seul allié, il n'aurait jamais dû penser autrement, même l'espace d'un seul instant. Peut être cet homme connaissait il son nom, et cela ne pouvait que le troubler, mais sa colère était bien plus ardente, effaçant cet illogisme de son esprit en proie à un tourment inconnu. Tapi. Il était un ennemi.

L'éclat d'un univers inaccessible étincelait dans ses prunelles alors qu'il observait la démone devenue humaine. Page noircie.

Et puis il répondit.

« Tu es mon ennemi. C'est la seule chose que tu sauras. »

Les dragons jusque là endormit se dévoilèrent au grand jour, s'élançant en avant dans un boucan infernal. Les cieux grondaient leur colère et les créatures draconiennes en devinrent l'écho, partant à l'assaut du chevalier d'or quand bien même il demeurait une part de trouble en lui, autre chose le poussait à l'attaque.  

Il faisait une erreur. Mais il risquait de blesser l'enfant. Enfant-dieu avait il dit...

Douleur et perte.
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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Lun 7 Oct - 23:49




Mashia Mokushi



Les chroniques d'une fleur de Lotus - Prologue




Arrêtez !




 
Doutes, incompréhensions, révélations. La nuit était déjà bien avancée, la lune haute dans le ciel, mais, cachée par les nuages, on ne pouvait apercevoir sa clarté. Tous perdus dans le noir. Dans ces ténèbres hostiles. L'angoisse grandissait, des réponses furent apportées, seulement, demeuraient ces trois mots : Doutes. Incompréhensions. Révélations. Kappa du Verseau se trouvait perdu entre deux êtres à qui on avait arrachés les souvenirs. Le comprenait-il seulement ? Lisait-il au fond des prunelles vides de Mashia, sa crainte ? Cette interrogation quand il frôla sa joue de sa main ? Ce contact fut bref, mais cela fut suffisant pour qu'elle établisse entre le jeune homme et elle, un pont mental. Ce lien si ténue, qu'elle ne maîtrisait pas encore, menaçait déjà de se briser. Fort heureusement, au contact du cosmos du Saint d'Or, celui-ci fut un moment renforcé. Aussi une vague d'émotion assaillit le chevalier doré. Douleur, peine, détresse, sentiments de pertes, elle lui demandait qui il était, pourquoi il connaissait son nom ? Son intuition fut bonne, pour le reste, tout se mélangea dans son esprit. La fatigue l'harassait. La créature lupine se porta à ses côtés pour la soutenir. Ils échangèrent un long regard, moment que choisit Dohko pour libérer sa force, jeter sur eux, des dragons déchaînés de colère. Ceux là serpentaient dans l'immensité de ce ciel orageux. Aussitôt, l'Inugami réagit.

La créature se disloqua, devint fantomatique, d'une aura bleutée. Un chien et un homme se dessinèrent devant les protagonistes. Le chien était cet akita orange et blanc, la seconde âme, l'image d'un jeune homme aux yeux sombres et à la longue chevelure noire. Le samouraï – car cela ne faisait aucun doute, en vu de sa posture, que c'en était un – dégaina son sabre.

« Ma fille, il est temps de suivre ta voie. » énonça une voix issue d'outre tombe. « Temps pour toi de redorer le blason des Mokushi. À travers toi, je pourrais être ton guide, ton protecteur aussi. Ton gardien, ta seconde peau. Tu es la Sainte de la Vierge, ne l'oublie pas. Apprends de nouveau. »

La présence s'effaça dans un éclat argenté avant de traverser le corps de la jeune femme. Peu à peu, son apparence changea pour revêtir les traits de son père. Sa chevelure rouge désormais aussi sombre que les ailes d'un corbeau, à l'instar de ces yeux qui brillaient d'un éclat iridescent, elle devenait Hiro Mokushi. Il lui prêtait sa force afin de s'opposer à la stupidité de cette scène. Un second habit qu'elle prendrait de temps à autre, par pure habitude. Hiro donc, fondit sur les dragons, se fendit alors que l'eau tombait en trombe sur son visage inexpressif. Un éclair s'interposa entre l'attaque et les autres. Le bébé, protégé dans une bulle protectrice qui lévitait au dessus du sol, regardait l'armure d'Or de la Vierge revenir à son nouveau propriétaire. Celle-ci épousa chaque parcelle de son corps, précieux carcan lui permettant d'encaisser sans trop de problèmes, l'attaque survenue des cieux.

Le Saint de la Vierge se réceptionna au sol et se redressa de toute sa hauteur pour toiser Kappa et Dohko tour à tour. Ce regard n'exprimait rien, pas la moindre émotion, tout juste une insupportable froideur. Une aura glacée, mais pas de même nature que celle du Verseau. Le samouraï leva la main vers eux. Une vague de cosmos pure les percuta alors de plein fouet. C'était un mélange de colère, de tristesse. Un goût amer emplissait leurs palais.

~° Arrêtez !

Ce simple mot résonna dans leur esprit avec une force inouïe, incontrôlée. C'en était trop pour Hiro, c'en était trop pour Mashia. Il fallait que ça s'arrête ! Il fallait que cela cesse ! L'armure déjà, se retirait pièce par pièce, fardeau trop lourd pour ces frêles épaules. Cela avait suffit à éradiquer une bonne fois pour toute, les réserves de Mashia. Au moins, certaines choses pour elle s'était éclaircit. Sa présence refit surface. Titubante, la jeune Mokushi manqua de défaillir. Pourtant, ses dernières forces, elle les rassembla pour reprendre l'enfant entre ses bras, et marcher droit vers Dohko. Son instinct seul guidait ses pas. Son cœur, lui, à mesure qu'il approchait du chevalier noir, battait de plus en plus fort. Sa vue se brouilla, sa tête se releva vers lui. Elle plongea son regard dans le sien. Une ancienne contine lui revint en mémoire. Des jeux d'enfants innocents. Des yeux reptiliens. Ce flash la fit tomber en avant. Une bouffée d'air, un battement de paupière et le Lotus sentit sous sa main libre, la froideur du métal. Tremblante, elle ouvrit la bouche. Aucuns sons n'en sorti. Cette même main ayant foulé le froid, se porta vers la joue de Dohko. Sans le vouloir, la jeune femme souilla celle-ci de son sang.

~° Arrêtez... susurra t-elle avec la voix de sa pensée. Ultime effort.

Avant de se sentir faiblir et être précipitée vers le sol... 




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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Mar 15 Oct - 12:36


Les dragons disparurent sous le fils du katana de l'homme qui était père. Mort. Le guerrier comprenait par vague ce que son regard troublé contemplait à présent. Cette scène étrange d'un Inugami qui n'en était pas réellement un. D'un homme qui n'était plus mais agissait dans ce monde par l'entremise de la créature – et de sa fille. Cette vision qui s'offrait à lui en cette heure n'avait rien de banal. Cette démone – cette femme – possédait nombre de particularité qu'il peinait à appréhender. Était-ce la raison même de sa mission ? Était ce pour cette étrangeté qu'il lui avait demander de lui reprendre l'enfant ?

Pourtant...

Un éclat d'or vint recouvrir la silhouette de son ennemi, cette femme devenu homme qui aviva un sentiment grondant au fond de sa poitrine. Une armure d'or. Une autre. Il la reconnaissait, lui qui portait en cet instant la sombre armure de la balance. Alors cette créature était bénie par la constellation de la vierge. Son corps tout entier se crispa face à son éclat solaire, se préparant à un assaut qui ne tarderait pas – sans nul doute. Et il vint sous la forme d'un ordre et d'une pure rafale de cosmos éclatant.

Là, au beau milieu de cette sombre tempête brilla un court instant l'éclat d'une étoile d'or.

Le jeune homme vacilla devant cet assaut qui le percuta de plein fouet. La colère et la tristesse envahit son âme, faisant écho à ces émotions enfouis au plus profond de son âme, dans un recoin si reculé qu'il ne parvenait à atteindre. Révélé par une résonance subtile avec cet être qui déjà disparaissait tout comme l'armure pour ne laisser derrière son éclat ardent que la jeune femme à la chevelure écarlate.

Malgré la colère qui l'envahissait à la vue de cette armure dorée, son regard fut captivé par cette vive couleur qui lui laissait quand à elle, un tout autre ressenti. Une émotion aussi douce qu'amère, ravivant les battements de son cœur jusque là endormi.

Figé, il observa la jeune femme s'approcher titubante, plongeant ses iris dans les siennes. Un souvenir. Une promesse. Un éclat rougeoyant perdu dans de sombre méandre. Et la douleur aliéna son esprit. Aussi vive qu'un éclair incandescent, pernicieuse, elle effaça de son intensité tout ce qui jusque là se bousculait dans son âme. Un gémissement parvint à s'échapper de ses lèvres, seul preuve de sa souffrance.

Il n'y avait plus que le vide teintant ses prunelles d'émeraude. Un vide sans fond, aussi vaste que l'univers duquel il tirait leur force, eux, les éveillés, piqueté d'étoile inaccessible. Du sang se répandit. Un flot écarlate qui souilla une lame d'obsidienne et la main la tenant. C'était sa mission. Il devait la tuer. C'était l'ordre que lui avait donné Pséma.

Arrêtez...

La douleur s'insinua dans son propre corps alors que les crocs du tigre automnale s'enfonçaient dans sa chaire pour dévier le geste de son frère. Une voix également. Connue. Mélodie lointaine. L'éclat de la vie vint reprendre possession de ses iris s’agrandissant d'effroi face à son geste. Hù s'écarta à l'instant même où le guerrier jeta l'épée d'une main tremblante, rattrapant la jeune femme avant que celle-ci ne tombe dans le vide en se laissant tomber à genoux.

« Non... »

Ce mot se répétait en boucle dans son esprit, atteignant ses lèvres sans qu'il n'y prenne garde, ignorant sa mission, ignorant son esprit un instant évanoui en cherchant dans celui-ci ce qui l'avait poussé à faire ce geste. Sa main tremblante s'auréola de son cosmos de jade pour le lui transmettre avec empressement.

Pourquoi ? Pourquoi la sauvait il ?

Son cœur battait douloureusement, lancinant, angoissant, il se sentait perdre pied. La blessure se referma suffisamment pour stopper le flux de sang, une blessure plus bénigne qu'elle n'aurait dût l'être si le tigre n'avait pas stoppé son geste. Sous la pluie drue, l'homme frissonnait de tout ses membres en proie à la tourmente.

« Pourquoi !? Pourquoi est ce que je te sauve alors que je dois te tuer !? »

Il ne comprenait plus rien. Pourquoi la gardait il ainsi contre lui alors qu'elle gardait précautionneusement le bébé qu'il était sensé sauver ? Pourquoi ne l'achevait il pas ? Pourquoi son geste le dégouttait il autant ? Il se sentait salit. Souillé. Son cœur hurlait un désespoir qu'il ne parvenait à appréhender. Les larmes roulèrent sur ses joues, invisibles et muettes à son propre tourment.

Et la douleur se répandait. Insidieuse...

Le félin s'approcha de son maître - quand bien même leur relation était bien plus subtile - alors que la souffrance s'intensifiait dans son corps au rythme de ses questions vides de sens. Ce monde s'effaçait dans les ténèbres.
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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Mar 15 Oct - 18:29



La tension qui me traversait alors que que Mashia s’était approchée de Dohko était terrifiante. A l’affût du moindre geste suspect de la part de l’ancien chevalier d’or de la Balance, je me préparais à fondre sur lui tel un prédateur fondant sur sa proie. Le moindre écart qu’il se permettrait lui coûterait très cher. Mâchoires et poings serrés, les mains tremblantes, j’attendis de voir comment l’homme au cosmos de jade allait répondre à cette requête de l’ancienne Lotus. C’était pourtant contre ma propre peur que je tentais désespérément de lutter. Qu’arriverait il si Dohko se montrait finalement hostile ? Aurais-je seulement le temps de protéger Mashia des poings du tigre de jade ? J’aurais préféré l’empêcher de s’approcher de lui, mais quand nos regards s’étaient croisés un bref instant, mon geste s’était figé dans les airs. Je devais la laisser faire. Elle avait confiance. Restait à espérer qu’elle ne plaçait pas mal sa confiance…

Tant de choses s’étaient passées en quelques secondes : elle semblait avoir été possédée l’espace d’un instant par l’esprit de son défunt père. Moi qui avais toujours été curieux de rencontrer le père biologique de la jeune femme, je n’avais pourtant eu aucune réaction lorsqu’il nous était tous apparus. La pluie coulant le long de mon visage, j’étais depuis quelques minutes étrangement silencieux et immobile. De toute évidence, ce bébé avait une importance certaine dans toute cette histoire, mais cela m’échappait. Encore une fois, un manque d’informations pénible à assumer me faisait défaut. Toutefois, je ressentais une étrange aura émaner de ce nouveau né. Il n’était pas ordinaire, c’était une certitude.

Mon cosmos s’était déployé à l’instant même où Dohko avait fendu l’air à l’aide d’une arme en obsidienne. Ma voix emplie de colère s’éleva ensuite sous la pluie battante tandis que mon bras se tendait en direction de ma cible :
- Espèce de sale traître !
C’est alors que l’improbable se produisit : la créature accompagnant Dohko empêcha son propre maître de porter un coup mortel à Mashia en le mordant au bras sous mon regard ébahi. Mon geste fut stoppé net. Qu’est ce que tout cela voulait dire ?! L’ancien porteur de l’armure de la Balance sembla alors complètement perdu. Il tomba à genoux et prit la jeune femme dans ses bras sans même comprendre pourquoi il la sauvait à l’aide de son cosmos. Une part du Dohko que nous connaission était donc encore en vie quelque part dans ce corps.

Mon bras s’abaissa lentement tandis que j’observais attentivement la scène se déroulant sous mes yeux. Mon regard se posa sur la bête qui venait de sauver Mashia et une lueur d’incompréhension et d’interrogation passa dans mes yeux avant que je ne me reporte à nouveau sur le chevalier déchu.
- Alors voila donc pourquoi tu es là, Dohko… lâchai-je finalement en sortant d’un long mutisme. Tuer Mashia ?! Quelle folie a pu te pousser à en arriver là ? Tu es donc bien tombé sous le joug de Pséma. Je m’avoue déçu… Je te croyais plus fort que ça…
Un sentiment de colère m’envahit lorsque mon regard se posa sur la blessure provoquée par l’attaque de Dohko, et une lueur dangereuse illumina mon regard azur :
- Assez plaisanté, Dohko ! Si tu es là pour obéir à Pséma, cela fait de nous des ennemis. Tu ne sembles pas te souvenir de tes amis, ou bien peut être cela t’arrange t’il plus de ne pas te souvenir, ajoutai-je d’un ton incisif.

Je fis quelques pas pour m’approcher d’eux avant de m’immobiliser, puis :
- Souviens-toi de qui tu étais ! Dohko, chevalier d’Or de la Balance, l’un des douze gardiens et l’un des plus proches amis de la femme que tu as à l’instant tenté de tuer de tes propres mains ! A quoi est ce que tu joues, bon sang ?! Souviens toi, ou je n’aurai d’autre choix que de te neutraliser pour leur bien à tous les deux, conclus-je d’un hochement de tête en direction de Mashia et du bébé.



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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Jeu 17 Oct - 23:38




Mashia Mokushi



Les chroniques d'une fleur de Lotus - Prologue



Reviens !




 
Sang, peines et douleurs. La pluie continuait de tomber, drue, sur les différents protégonistes : un Inugami au regard de braise préservant une enfant entre ses bras, un homme perdu dans une réalité trop cruelle, un second qui l'était tout autant et qui était paré d'une armure aussi noire que la nuit au dessus de leur tête, et enfin, une femme qui portait trop de rouge. Ô bien entendu, l'eau effacerait tout, comme elle le faisait toujours. La Terre serait lavée de cette souillure, les hommes eux, la conserverait d'une manière ou d'une autre. Douloureux constat, mais qu'eux, Sisyphe en puissance, ne pouvaient repousser éternellement. La lame fut enfoncée dans ses chairs, lui arrachant un cri muet de stupeur. Sans l'intervention salvatrice du tigre, cela ne faisait aucuns doutes qu'elle aurait succombé à sa bêtise. La mission de Dohko avait faillit être un franc succès. Extraite sans douceur, l'épée fut jetée au loin. Geste emprunt d'un culpabilité véritable. Se souvenait-il enfin de son visage, de ses grands yeux turquoises ? De son sourire qu'elle lui offrait souvent, autrefois ?

La tête de la jeune femme se releva, elle était plus blême encore qu'auparavant. Exsangue, la jeune femme usait de ses dernières forces pour se raccrocher à ce souvenir qui venait de lui apparaître. Révélation. Mashia n'entendait plus rien, sa vue devenait incertaine : si, elle continuait de distinguer les traits du jeune chinois. Son expression laissait transparaître une douleur immense, une culpabilité sans bornes. Les yeux de la pauvre femme se refermèrent avant de se rouvrir, luttant contre l'inconscience. Sa main, tremblante, chercha à rejoindre l'une de ses joues où se confondaient larmes et gouttes de pluie. Non criait le cœur de la jeune Mokushi. Non, il ne pouvait pas pleurer, il n'avait pas le droit d'être triste. Ses doigts frôlèrent sa peau tiède, replaçant une mèche de cheveux collée contre sa joue, derrière son oreille, ultime effort avant que son front ne se pose contre ce froid plastron. Un soupir.

Des images furent projetées pour lui et lui seul. D'étranges réminiscences cependant claires, lumineuses. Les souvenirs de deux enfants : d'une petite japonaise pleine de vie, et un petit chinois, un peu timide mais courageux. Des aventures, mais encore du sang. Des promesses aussi, des sourires. L'innocence.

~° Reviens.  ce simple mot fut à peine prononcé du bout des lèvres. ~°Reviens. »

Une haute silhouette surgit hors de l'ombre des arbres. Essoufflé, un homme, un géant, aux cheveux poivre et sel s'arrêta net en contemplant avec stupeur, cette drôle de scène. Il connaissait ce Sanctuaire mieux que personne et son sang ne fit qu'un tour. Alors tout était vrai, il n'avait hélas pas rêvé ! Ce qui se déroulait sous ses yeux avaient de quoi faire éclater son cœur. Blessé assez sévèrement, il se tenait le bras tandis que de sa tempe, s'écoulait un filet de sang. Stupeur et tremblement. Un peu plus loin, une présence observait la scène sans bouger. Parfaitement immobile, on aurait pu le confondre aisément avec le reste du décor, comme si il en faisait parti. En fait, c'était le noir qui l'entourait qui le rendait presque invisible. Il avait donné une mission. Un ordre. Déjà, il disparaissait.

Seules les Roues du Temps seraient la réponse.

« Dohko mais qu'est-ce que tu as foutu bordel ? » déblatéra, outré, un Hector tout frissonnant.

Il n'osait plus bouger, mais ses yeux restaient fixés sur cette silhouette si familière. « Mashia ! Ô Mashia c'est bien toi... ma fille... Ô... » il éclata en sanglots. Il avait eut raison de ne pas croire à sa Mort. Il avait eut raison de se tourner vers son instinct, de regarder avec les yeux d'un père.

Le Destin lui jouait encore un tour. Mais le vieil homme tenait bon. Et cette frêle petite chose entre ses bras était bien sa fille ! Sa fille blessée, agonisante ! Ses yeux n'étaient plus que deux fentes tant la colère les rétrécissaient, ses pupilles devenaient aussi sauvages que celles du tigre aux côtés du traître. L'homme qui était allé à l'encontre de sa parole.

« Bon sang ! Dohko ! Qu'est-ce qui t’arrive ?! Pourquoi essayes tu de tuer ton amie ? Celle que tu as protégée en Chine ! »

Un affreux doute s'empara de lui. Sur ses gardes, il approcha rapidement de Kappa, lui lançant un regard entendu. Un ordre silencieux d'attaquer au moindre geste suspect de sa part. Il grinçait des dents, luttant aussi contre l'envie de la lui arracher des bras. Pourtant quelque chose faisait qu'il doutait et ne se précipitait pas tête baissée. Ces yeux... ces yeux de jades trahissaient quelque chose de plus noble que l'envie de parfaire sa mission.

« Kappa... désolé de t'embarquer dans ce … et puis merde... faut faire vite mon petit gars, je ne tiendrais pas longtemps. »
 




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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Ven 18 Oct - 17:39



Un instant, un éclat d'émeraude vacilla dans le regard ambré du félin côtoyant le porteur de la sombre armure. Ses pupilles braquées sur le chevalier du verseau était insondable pourtant demeurait au fond de celles-ci la marque d'une intelligence certaine. Ce n'était pas un simple tigre à la robe automnale, mais plus, bien plus que cela. Kappa put s'en rendre compte en dévisageant la créature. Lui ne l'avait pas connu. Il n'avait jamais foulée les terres du Dragon du Rozan et du fils du tigre.

Lui veillait sur des terres endormis et en cet instant, deux êtres liés cruellement dans le sang et l'innocence.

Et le traître n'avait d'yeux que pour elle. Que pour cette femme blessée de sa main qui gisait dans ses bras, de cette douleur pernicieuse qui figeait son corps, ébranlait ce cœur dont il ne reconnaissait plus l'essence. Il se brisait. Devant ses gestes emprunt d'une tendresse dont il ne comprenait la teneur là où elle aurait dût le haïr, il n'y avait rien de cela. Juste cette douloureuse tendresse qui serrait tant et plus son cœur que cela n'était que souffrance. Bien plus que celle qui jusqu'alors, aliénait son esprit. Le chevalier noir frissonna à son contact alors que sa main vint maladroitement emprisonner la sienne dans un geste machinal.

Il ne comprenait pas. Qui était-elle pour lui pour que cette souffrance lui soit si insupportable ? C'était pourtant lui qui avait ainsi agit ! Alors pourquoi... ?! Pourquoi l'avoir attaqué... ?

Embrouillé, le jeune homme accueillit la vision de la sainte avec autant de trouble et d'incompréhension. Perdu, il vit ses deux silhouettes enfantines dont il ne possédait lui même nul souvenir pourtant...Pourtant, cela lui semblait familier. Un instant, il cru contempler ses arbres de ses propres prunelles de jade. Se perdre dans un dédale de forme et de couleur. Poursuivre un éclat écarlate.

Sa main se crispa sur la sienne alors que remontait en lui cette réminiscence inconnue. Incongrue. Elle lui appartenait à elle, et son regard s'attarda un instant sur son faciès épuisé, pâle comme la sombre faucheuse. L'angoisse tordit ses entrailles alors qu'un simple mot lui était soufflé, doucement, faiblement...Reviens. Ce mot se faisait écho d'une volonté tapie, d'un désir secret depuis lors qu'il s'était éveillé dans un monde inconnu. Dans le jade de ses iris, l'éclat vacilla. Un murmure s'extirpa péniblement de ses lèvres, resserrant malgré lui son étreinte sur la dame écarlate.

« Revenir où... ? Je ne sais même pas d'où je viens... »
Enfant perdu.

Souviens toi lui intimait-on d'une voix voilée de rage et d'incompréhension. Une voix inconnu à son esprit clos mais qui avivait quelque chose au fond de lui. Se souvenir. Cet homme croyait-il que c'était aussi facile ? Qu'il n'avait pas déjà essayé ? Savait-il se que c'était de s'éveiller vierge de tout lien dans un monde inconnu, ne parvenant à retrouver dans cette mémoire tronqué que de vague image d'un seul homme et rien d'autre ?

Comment faisait on pour revenir dans un lieu qu'on ne connaissait pas ? Pouvait il leur accordé le moindre crédit à eux qui n'étaient autre que des ennemis à sa caste ?!

Chevalier d'or de la balance...La douleur était grande dans son être et cela, nul ne pouvait le deviner. Il essayait pourtant ! Il s'accrochait avec la force du désespoir à ce fragment de lumière qui perçait les ténèbres de son âme. La lumière que cette femme venait de lui donner en échange de son crime. Le Verseau disait qu'ils étaient amis.

Vraiment ? Une sombre voix. Sombre présence.  

Ce fut un trouble regard qui vint se poser sur le nouveau protagoniste qu'il reconnu brièvement. Colère. Il y avait cette même colère, cette rage. Traître. Était-ce ce qu'il était ? Pourtant, lui non plus il ne le reconnu pas. Étranger. Pséma était le seul qu'il reconnaissait. Le bélier sombre et elle à présent. Un écho lointain mais ravivé.

« Protégé... ? »


Sa main voulut se porter à son crâne pour endiguer l'étau de douleur qui l'enserrait mais ne put se résoudre à abandonner la main qu'il tenait. Petite et fragile. Délicate et si pâle. Il ne put que fermer les yeux pour endiguer son flot en serrant les dents. Mal. Il tenait une main plus petite. Il voulait la tenir et ne plus la lâcher. Une contine lointaine. Un voile vermeille.

Du sang. L'angoisse se fit panique alors que le jade contemplait cette teinte s'écoulant de la plaie qu'il avait cru soigné. Affolé et tremblant, le jeune homme délaissa sa douleur pour essayer en vain de faire disparaître la blessure suintante.

Non. Par pitié, non, pas ça... !

Elle était son fragment de mémoire. Le second. Celui qui brillait dans les profondeurs de son âme morcelé. Elle était bien trop précieuse pour disparaître !

« Ne meurt pas Mashia. »


Un souffle. Il userait tout son cosmos si il le fallait, aussi aberrant son geste paraissait il au de son précédent acte. Pourtant, son esprit vacillait de plus en plus tout comme celui de la belle gisant entre ses bras. Son cosmos était aussi troublé que son esprit, tremblant telle une flammèche dans la tourmente. Il ne voulait pas qu'elle meurt et aussi insolite cela était il, il ne parvenait à détacher son esprit de sa tâche.

Sauver celle qu'il devait tuer.

Hù gronda. Un feulement doucereux qui intimait l'action. Aidez le, semblait il dire en affrontant du regard le chevalier du Verseau, et c'est d'un mouvement fluide qu'il contourna les deux amnésiques pour s'approcher un peu du nouveau venu. Lui, il le connaissait. Sur les monts lointain d'orient, il avait combattu à ses côtés. Lui, il comprendrait sans doute ce qu'il était en partie du moins.

Un gardien. Un fragment.

Si elle mourrait, lui aussi. Son âme serait perdue.
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Kappa


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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Dim 20 Oct - 16:12



La colère. L’incompréhension. Et la peur. La peur que Mashia ne soit blessée mortellement par le geste empli de folie d’un chevalier que j’avais connu comme étant l’un des plus stables de tous les chevaliers d’or qui n’était plus désormais que l’ombre de lui-même. Et par sa négligence, par sa faiblesse, il avait blessé la pauvre femme qui était déjà dans un état de faiblesse des plus dangereux. D’abord hésitant, immobile, à observer la scène étrange qui se produisait sous mes yeux, je finis par secouer la tête pour m’arracher à cette léthargie dans laquelle j’étais plongé, avant de m’avancer à grands pas vers Dohko. Grâce à Hector, j’avais pu me réveiller, et ma colère s’était élevée en même temps que mon réveil.

Sans même y réfléchir davantage, mon poing arracha sèchement Dohko avant de le soulever par le haut de son armure, et c’est un visage déformé par la haine qui se posa sur le regard de jade du jeune chinois. La compassion faisait place à la sévérité, l’empathie à l’accusation :
- Ca suffit, maintenant ! Si tu ne redeviens pas celui que tu étais par toi-même, nous allons t’y forcer !
Mon poing s’abattit violemment sur le nez de Dohko, qui fut rejeté en arrière avant de s’effondrer au sol. L’enjambant pour le dominer de toute ma hauteur, je lui jetai le plus glacial de mes regards avant d’ajouter d’une voix exempte de pitié :
- Tu as de la chance que Mashia ne veuille pas que l’on se fasse de mal… Mais je te préviens : si tu la mets encore en danger par tes actes ne serait ce qu’une seule fois, même Mashia ne te protègera pas de ma colère ! Est-ce que c’est clair, Dohko ?! Est-ce que tu m’as bien compris ?!

Durant tout ce temps, le mystérieux tigre accompagnant l’ancien chevalier de la Balance avait grogné dans ma direction. Il n’aimait pas ce que je faisais à son maître, et je le comprenais parfaitement. Levant les yeux vers lui, j’ajoutai :
- Ne t’en fais pas. J’en ai fini avec ce misérable…
Puis, me tournant vers Mashia, je fis quelques pas vers elle avant de poser un genou à terre pour examiner sa blessure. Celle-ci s’était déjà un peu refermée grâce au cosmos du jeune chinois, mais elle saignait toujours. Approchant ma bouche de l’oreille de la jeune femme, je lui murmurai d’une voix redevenue des plus douces :
- Désolé, Mashia. Ca va te faire un peu mal, mais je dois arrêter le saignement.

Sur ces quelques paroles, je posai délicatement ma main sur la blessure et une aura bleue turquoise entoura ma main, et s’étendit jusqu’à la blessure. Quelques secondes plus tard, je retirai ma main, et la plaie avait totalement cessé de saigner, grâce au froid utilisé. Je pris ensuite rapidement le pouls de Mashia. Un léger sourire de satisfaction se dessina sur mes lèvres avant que je ne lève la tête vers son père :
- Ca va, ne t’en fais Hector. Elle va s’en sortir. Il faut juste la ramener au sanctuaire au plus vite.
Une lueur froide traversa à nouveau mes yeux azurs, et :
- Et il faut qu’on décide ce qu’on fait pour celui là, ajoutai-je à l’égard de Dohko sans même le regarder.


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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   Mar 22 Oct - 19:57




Mashia Mokushi



Les chroniques d'une fleur de Lotus - Prologue



Apprendre à vivre de nouveau



 
La pluie continuait de ruisseler partout, s'engouffrant là où elle le pouvait. L'eau lavait le sang ainsi que l'odeur de ces impies. Les esprits gardaient leurs distances pour l'heure, car leur gardienne était revenue parmi eux, mais combien de temps encore parviendront-ils à se contrôler ? Hector connaissait ce lieu mieux que quiconque pour s'y être maintes fois perdu. Ah ce n'était pas faute d'avoir suivit à l'époque les recommandations d'Hiro, son ami, mais... c'était plus fort que lui, à chaque fois ce lieu faisait naître en lui un vive curiosité. Aujourd'hui ne faisait pas figure d'exception, et il se sentait épié comme les autres fois. C'était une expérience étrange, oui, étrange de se sentir à part, dans un autre monde. Les regards qu'il jetait parfois le prouvaient : il se sentait un peu perdu. Alors quand une présence vint à le frôler, il eut un geste de recul. Ses yeux gris tombèrent sur la silhouette de l'hybride, le détaillant bouche bée. L'Inugami s'adressait dans sa tête et, abasourdi, il faillit s'étrangler quand le monstre se présenta. Quoi ? C'était une blague ? Son ami était vraiment en vie lui aussi ? L'une de ses mains immenses se posa sur sa figure fatiguée et sale. Bon sang, c'était un peu trop d'un coup pour un si vieux gaillard !

L'attention du vieil Ours du Sanctuaire se reporta vers les jeunes gens qui en étaient venus aux mains. D'instinct il gronda, comme il le faisait quand il était mécontent, et Dieu, ça arrivait très souvent ! Ce n'était pas la bonne solution, même si en effet, à la place de Kappa, il aurait agit de la même manière. À sa place, et si c'était Naios qui se trouvait dans le même rôle que Dohko, il était certain qu'il aurait été le premier à lui foutre une patate dans le nez. Mais même si cette pensée pouvait paraître cocasse, son esprit était trop focalisé, trop tourmenté aussi pour se permettre ce genres de fantaisies. Muet, il ne savait que faire. Que dire. Tout avait déjà été dit. Puis, Hector était si fatigué.

L'orage grondait au dessus de leurs têtes. Mashia à demie-consciente, leva son regard turquoise vers son ami Dohko qui la suppliait de ne pas mourir. Non, elle ne voulait plus partir, elle ne voulait plus quitter qui que ce soit. Ils étaient tous des étrangers, mais une petite voix lui chuchotait de leur faire confiance. Alors, elle ne fit rien quand Dohko, puis Kappa essayèrent de soigner ses plaies. Elle observait de ses yeux vides, le tigre à la robe d'automne qui ne quittait pas son maître des yeux. Une geste presque imperceptible à son adresse, et l'animal se figea quand le Verseau s'en prit à Dohko. Ce dernier chancela sous le coup, le cœur de la jeune femme lui, manqua un battement !

Ne lui faites pas de mal ! Aurait-elle voulut crier. Cependant, les mots restaient dans sa gorge. Anéantie, la jeune Mokushi se laissa finalement tout à fait glisser dans les ténèbres rassurantes de l'inconscience. Un univers où elle ne rêverait pas, où elle ne serait pas confrontée à de nouveaux cauchemars. Où se réveillerait-elle ?

L'Inugami s'approcha d'un pas feutré vers un Dohko déboussolé. Il apposa une main sur le haut du crâne du jeune chinois et murmura quelques incantations dans sa langue. Autour de lui, des présences jusque là invisibles se révélèrent une fraction de secondes : juste assez pour qu'ils aient la conviction qu'ils n'étaient pas seuls depuis le début. Des formes étranges... grimaçantes, tantôt belles, tantôt horribles. Ils s'écartèrent sous le joug de ce pouvoir millénaire. Hiro avait parlé. Quand la bête se recula, le jeune homme se trouvait étendu dans l'herbe verte et tendre.

Il fallait rentrer à présent. Repartir au Sanctuaire. Lever le voile rouge, guérir. Mais surtout.... Apprendre à vivre de nouveau avec de nouveaux fardeaux.

FIN


 




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MessageSujet: Re: [Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]   

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[Septembre 1754] - Les chroniques d'une fleur de lotus - Prologue [PV Kappa / Dohko]

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