RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 Into the Wild [Novembre 1744]

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Prometheus


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MessageSujet: Into the Wild [Novembre 1744]   Mer 9 Oct - 14:18


Iakoutie, Sibérie Orientale, Empire russe.
Marcher. Toujours marcher.

Encore marcher. Ne jamais s'arrêter.
Car sinon tout s'arrêterait dans le froid de la taïga.

L'hiver était rude, et la marche pénible. Mais il ne devait pas s'arrêter. Ô grand jamais. Le knout du froid était un Hypnos trompeur : il endormait ses proies en les couvrant de baisers marmoréens, les poussait à fermer les paupières, et se laisser envahir par le blizzard. Face à ce sosie septentrional de Thanatos, Masamune maintenait tant bien que mal la cadence. Il était désarçonné par la grandeur de la taïga, après s'être abstenu de traverser le désert de Gobi. Ses jambes étaient abimées, morcelées de gelures et d'hématomes. Quelques plaies çà et là témoignaient de traversée ardue à travers les rochers, les épines et autres sentiers dangereux. Son corps s'était érodé entier dans cet environnement hostile, stérilisant la race humaine par le froid. Il s'en était ainsi réduit à porter quelques haillons, restes de son kimono, ainsi qu'une épaisse peau de loup couvrant le haut de son corps, et dont la tête de l'animal ornait avec terreur son crâne, comme une mise en garde envers ceux qui oseraient s'en prendre à lui. Son hakama décoloré et sali résistait tant bien que mal.

Sous la fragile armure de tissu, se cachait un homme rongé par la névrose. La peur d'être retrouvé par les siens, malgré la distance, et l'anonymat. La peur de s'arrêter, quelques instants en apparence, mais en fait de s'arrêter pour de bon.Le Borgne ne se retournait jamais, et n'avait de cesse d'avancer dès qu'il le pouvait. Qu'importe si ses jambes étaient usées, si son souffle s'affaiblissait : il ne devait, et ne pouvait pas s'arrêter. Cette incroyable force qui animait les mouvements de l'escrimeur n'était pas issu de sa volonté : seule la crainte régissait ses pensées. Seul dans un univers inconnu, avec pour seul repère la voie peut-être hallucinée d'un barbare, le Hasekura était presque perdu, s'il n'avait pas dans ses quelques affaires une carte usée qui l'aidait dans ses déplacements.

Et rapidement après son arrivée sur les terres inhospitalières de la Sibérie orientale, le nippon fut sujet à de nombreuses rumeurs populaires. Quelques rares témoins l'avaient vu errer dans la sylve, se nourrir de façon rudimentaire, vêtu de son accoutrement presque primitif aux teintes albescentes. Ces mêmes témoins contèrent ainsi l'histoire du оборотень dans un premier temps, un homme-loup différent du loup-garou des temps anciens. De bouche à oreille, d'exagération en détail fictif inquiétant, sans le vouloir, et sans rien demander à personne, Masamune était devenu l'objet de nombreuses convoitises. Et ainsi, la légende de l'Oboroten', devenu Chevolek-Volk prit une ampleur considérable. De nombreux chasseurs de divers oblats de Sibérie Orientale avaient dorénavant en tête l'objectif de croiser, et de capturer cet animal bipède qu'était l'homme à la toison de loup.

Piégé alors dans l'immensité de la taïga, Masamune était désormais la proie de tout un petit peuple. Lui qui pensait fuir sa patrie, devait dorénavant fuir la marche d'hommes traquant la bête, armés de machines brutales crachant des éclairs de fer. Des autochtones qui connaissaient la forêt mieux que quiconque.

Андрей! Сюда, сюда! Спешите! (Andrey ! Syuda, syuda! Speshite !)
Andreï ! Par ici, par ici ! Dépêche-toi !

La neige s'agitait. Les conifères frémissaient faiblement, heurtant leurs aiguilles givrées au contact des manteaux épais. Les chasseurs étaient là, et en présence de leur proie, ils étaient prêts à tout. Les chiens de chasse hurlaient avec férocité, comme un avertissement visant à tétaniser leur gibier du jour. Le gibier en question courrait de son mieux, les pieds à l'air, ou plutôt, endolori et difforme au contact prolongé de la neige.

Именно здесь, я вижу! Отправить-у собак, а я пистолет мой пистолет! (Imenno zdes' , ya vizhu ! Otpravit' -u sobak , a ya pistolet moy pistolet !)
Il est là, je le vois ! Envoies-y les chiens, le temps que j'arme mon fusil !

La bête était apeurée, et haletait sous l'impulsion de l'adrénaline. Sa liberté était en jeu désormais. Il fallait passer sur les tourbières gelées, à travers les plaines recouvertes de neige, dans les forêts épaisses, et même … traverser la rivière glacée. Pas le choix, il devait le faire, sinon sa route s'arrêtait ici. Il prit son courage à deux mains, souffla longuement, et sentant tout son corps endolori à l'arrêt, sauta de bloc en bloc, osant tremper par moments ses jambes au contact de l'eau fraîche, et réprimer une expression de douleur. Petit à petit, progressivement, l'homme-loup avança, et approchait du but. S'il parvenait à arriver de l'autre côté, il serait hors d'atteinte.

Plus que quelques mètres séparaient le traqué au regard mutilé de l'autre rive.

Désormais, tout son bas corps était immergé dans l'eau glacée de la rivière. Qu'importe le froid supplémentaire qu'il devait encaisser, si cela lui permettait d'être libre. Pourtant…

Pourtant un orage d'acier perça le silence de la taïga sibérienne.
Et la foudre s'abattit sur l'Homme-Loup, impuissant.

Abattu d'un coup de fusil à l'épaule, sonné par l'impact, l'orage laissa place à l'éclair, un grondement de chiens de l'enfer qui venaient ramener le gibier. L'homme-loup, inconscient dans cette rivière sanglante, perdait aujourd'hui son seul trésor, sa seule richesse. Sa liberté s'était noyée au fond de l'eau glacée de la Yakoutie. À travers la nature sauvage, l'homme-loup s'était éteint pour n'être qu'un trophée à la solde de la curiosité morbide de l'homme.
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Into the Wild [Novembre 1744]

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