RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 ~° [Septembre 1754] L'appel de la Nature [PV Callan/Managarm]

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Aenor


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MessageSujet: ~° [Septembre 1754] L'appel de la Nature [PV Callan/Managarm]   Sam 26 Oct - 19:07



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques



La lame ou le Fourreau ?







 Dans les Terres gelées d'Asgard, quelque chose d'étrange venait de se produire : la voix de la Nature faisait s'éveiller le chant des oiseaux, le brame des cerfs, le hennissement des chevaux sauvages mais ce n'était pas tout. Toute la faune ainsi que la flore répondaient à ce silencieux appel, celui du Dieu-Druide Dagda qui avait pour la première fois depuis des millénaires, ouvert un œil sur le monde blanc. Ainsi, il avait dispersé les brumes d'Avalon pour mieux porter son regard vert sur ce présent étrange. Où qu'il porte ses yeux, il ne reconnaissait plus rien. Un soupir s'extirpa de la barrière de ses lèvres, faisant se lever les vents et ouvrir la porte de l'Autre-Monde, le Sidh. Le curieux univers des esprits. Il était temps pour Eilaine, de revenir parmi les siens. Le chant de la Nature était beau, irrésistible et comme l'enfant avait mené à bien sa dangereuse quête, elle était autorisée à revenir. Ah, la fille d'Aalanna avait beaucoup perdu : un père, une mère, son innocence en plus de ses rêves d'enfant. La voici affublée d'un titre dont elle ignorait tout, de nouvelles responsabilités et... d'un Destin bien incertain.

Dans les Terres gelées d'Asgard, quelque chose d'étrange venait de se produire. Un chaudron et une enfant recroquevillée dans son cœur étaient apparus comme par enchantement en plein milieu de la forêt Asgardienne. Échos d'une très lointaine promesse. D'un fait déjà passé. Eilaine la petite druidesse était profondément endormie, ne craignant pas le froid mordant de ce pays barbare, au contraire, son visage était serein, elle rêvait. Elle rêvait d'une silhouette bien familière qui s’approchait d'elle pour aller la recueillir entre ses bras puissants. Elle songeait à une présence rassurante, masculine, une personne qu'elle aimait en secret. Le cri d'un faucon merlin perça le silence. L'animal décrivit de larges cercles avant d'aller se poser sur une branche proche de l'artefact divin du Dieu bienveillant. Beaucoup avait répondu à son appel. L'un d'entre eux d'ailleurs, approchait d'un pas feutré, ses pas s'enfonçant mollement dans la neige alors qu'il portait son regard gris-bleu, sur cette scène enchanteresse.

Un bosquet luxuriant naissait sous ses yeux ébahis, preuve de la présence irréelle d'un quelconque être doué de magie. Il n'osa aller plus avant, de peur de corrompre le processus. Une voix pourtant lui intimait d'avancer, le rassurant car il était le Gardien du Printemps, un fils des Saisons. Avant cela, Gilles de Rais s'assura que sa Reine était toujours bien emmaillotée dans sa chaude cape dont il l'avait au préalable drapée, comme si il craignait que, même morte, elle pouvait encore ressentir les affres du froid et de ses morsures. Son regard resta un moment accroché sur ce visage si délicat qui n'était pas sans lui rappeler celui de sa si précieuse Jeanne. Sa bien-aimée qu'il allait enfin pouvoir sauver aussi ! De cela, il s'était bien gardé de le dire aux autres Spectres. Car dans l’expectative, les Juges auraient très bien pu une nouvelle fois le stopper, estimant que c'était prendre un risque supplémentaire, ou alors, qu'il allait à l'encontre de sa parole. Avait-il seulement promis autre chose que de la ramener ? Si cela était fait, quelle différence cela ferait-il ? Le risque zéro n'existait pas, mais... cette fois il était réellement convaincu de sa réussite. Pour preuve, le Chaudron de Dagda était là, à portée de main ! Avec cet objet magique, il pourrait les ramener toutes les deux et enfin trouver le bonheur qui lui était dû ! Son cœur se mettait à battre à tout rompre, comme si il reprenait vie peu à peu.

« Enfin... le Chaudron du Dagda... celui qui peut ramener à la vie, les êtres chers et perdus... » il n'osait y croire. Il n'avait que quelques pas à faire pour le toucher. Seulement quelques mètres le séparait de son Destin. Il prit une profonde inspiration, résolu. Mais avant d'être arrivé, une voix le stoppa net, le laissant tout pantois. « Vous qui avancez, prenez garde ! Vous qui êtes près de votre but, de votre Graal, je vais vous soumettre à une énigme. Écoutez ! De la Lame, du Fourreau, qui est le plus important ? »

D'instinct, il fit un pas en arrière. Gilles sentit l'air ondoyer autour de lui, et vit au dernier moment, un faucon prendre son envol pour le frôler de son aile d'argent. Prêt à protéger sa Dame, le Seigneur de Rais allait invoquer sa Lame quand l'oiseau réapparut devant lui, se mettant entre lui et le Chaudron. Peu à peu, l'animal prit forme humaine, se muant en un homme d'une prestance incroyable, un être aux yeux verts, aussi perçants que celui du Dieu-Druide. Il était d'ailleurs l'un de ses fils, l'éternel enfant. Les yeux du Bourreau continuait de détailler son homologue au visage si blanc, si fin, si pur qu'on l'aurait crut taillé dans le marbre : ses longs cheveux roux dansaient, muent par la main invisible du vent, tout comme sa mise étrange, moirée. Interdit, le Seigneur inclina la tête en signe de déférence.

« Alors, le Fourreau ou la Lame ? La Lame ou le Fourreau, il vous faut choisir ! » lui intima cette voix de stentor qui claqua comme un fouet dans son âme. Choisir ? Non... Aussi il se risqua, timidement. « Pourquoi choisir ? Ils sont tous deux importants, l'un ne va pas sans l'autre, exact ? »

« Faux. » répondit l'homme-enfant en soutenant son regard. « L'un est plus important que l'autre. Il faut choisir. »

Le Spectre dégluti avec peine, jetant un regard angoissé à Callan reposant dans ses bras. Cette énigme était assez claire pour lui. D'une manière sous jacente, on le testait, mettait à mal ses convictions, sa foi. Ses principes. En réalité on lui demandait de faire un choix. De formuler une réponse. Choisir entre sa précieuse Jeanne et Callan, celle qui l'avait autrefois sauvé sous les traits de la Déesse des Saisons. Perdu, il se laissa choir dans la poudreuse, autant de petites étoiles qui dansèrent autour de lui. Muet, que pouvait-il faire ? Non, pourquoi devait-on lui imposer cela ? Ne pouvait-il vraiment pas sauver les deux ? Sa mâchoire se crispa. Le visage de sa bien-aimée se dessinait dans son esprit, un visage tout sourire, doux, qu'il aimait par dessus tout. Elle lui tendait la main, l’observait des ses prunelles améthystes. Le chevalier déchu retenait à grande peine, les sanglots dans sa gorge. Il redressa la tête pour finalement se relever, avancer vers le Chaudron, la Réponse.

« Vous êtes le Gardien des Prophéties, vous êtes celui que l'on nomme par différents noms, vous êtes l'enchanteur mais aussi le Druide Merlin. Vous êtes l'éternel enfant, l'éternel orphelin, le poseur d'énigmes, celui qui choisit l'élue, l'être aux milles visages. » l'homme eut un sourire énigmatique. « Et vous le Spectre aux cents Masques, Barbe-Bleue, Gilles de  Montmorency de Laval-Rais, le Gardien du Printemps, sujet de sa Majestée Perséphone. Le noir Seigneur perdu. Moi aussi je vous connais, nous nous sommes déjà rencontrés, une fois, en songe. Je suis l'instigateur de votre mission, je suis votre Choix et vous êtes la Réponse. Vous, pas le Chaudron, ni même moi, vous. »

Ce fut en cet instant qu'il la vit : la petite Eilaine endormie. Cette vision lui arracha un petit gémissement plaintif. Il souffrait décidément beaucoup. Mais pourquoi s'acharnait-on contre lui ? Ce qui devait être une évidence finalement n'en était pas une. Gilles était partagé entre son devoir, sa raison, et la voix de son cœur malade d'amour. Bien sûr il avait fait son choix. Et bien qu'il le regrettait déjà, il s'avança vers le druide, finissant de briser la distance qui les séparait encore.

« Je choisis le Fourreau. La Gardienne. »

Sur ces paroles, Merlin l'enchanteur s'écarta, le laissant libre d'approcher. « Qu'il en soit ainsi, Gardien du Printemps. La Roue du Temps continue sa course et nous pauvres hères, nous sommes juste là pour la contempler. Allez... allez vers votre Destin. »

Solennel, il alla mettre le corps diaphane de la défunte aux côtés d'Eilaine, la Lame. Désemparé, il ne put qu'être le spectateur de sa fatalité. Il plaça avant de s'écarter tout à fait, la rune qu'il avait dit qu'il détruirait. Cela il ne pouvait s'y résoudre, aussi il avait prit la décision de la liée au plus profond de Callan, cette dernière. Ainsi il tiendrait définitivement ses promesses sans se compromettre face au Juge qui lui avait imposé d'effacer tous ses souvenirs d'une manière ou d'une autre. Le seigneur abattu, fit appel à son Livre pour clore son office. Emrys disparut ne laissant aucunes traces de lui. Il allait en réalité chercher celui-qui-chevauche-le-futur, le dernier enfant de la Lune. Mais avant il prévint Gilles que si il voulait sceller sa promesse, il devrait faire un sacrifice de sa personne.

Dans les Terres gelées d'Asgard, quelque chose d'étrange venait de se produire. Un choix venait d'être fait.

L'homme immense se laissa tomber à genoux, reprendre son visage de monstre alors qu'il laissait son orbe appeler celle qui la personnifiait. La belle Callan. Prostré devant le Chaudron, il ne bougeait plus, son regard se perdant dans l'immaculé qui s'étendait à ses pieds. Une minuscule fleur de Lys alla percé devant lui, la fine couche de neige. Ses yeux se fermèrent pour ne pas voir. Pour ne plus voir. Il se tenait le bras gauche celui le plus prêt du cœur : l'écarlate souillait le blanc. Son avant bras manquait, son sacrifice.

Il rejeta la tête en arrière, hurlant sa peine immense, à la face de ce ciel morne, qui paraissait se moquer de lui. Un faucon filait dans les nuages...

« Ô Jeanne pardonne moi... »







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MessageSujet: Re: ~° [Septembre 1754] L'appel de la Nature [PV Callan/Managarm]   Lun 28 Oct - 23:23


~> Présentation

Elle les avait vu venir les filles d'Odin. Les Walkyries. Elle les avait vu se pencher au dessus des corps sans vie des défunts guerriers tombés au combat dans le but de protéger leur terre. Elle avait vu le sourire des guerriers lorsque celles-ci les avaient conduit en direction du Walhalla. En direction du Palais Doré. Mais pas une seule ne s'était penchée au-dessus d'elle. Pas une seule ne l'avait béni par le contact des blanches ailes.

Non, elle était demeurée là. Ame seule et solitaire. Flottant au dessus de son propre corps. Même Hel ne semblait pas vouloir d'elle. Ainsi donc c'était là son châtiment? Pouvait-elle réellement blâmer Odin de lui fermer les portes de sa demeure? Non. Après tout n'avait-elle pas été la réincarnation de la déesse Perséphone?

Callan était donc demeurée prostrée de la sorte, ne sachant que faire, ni même où aller. Que pouvait bien faire une âme errante après tout. Ainsi s'étaient donc écoulées, les minutes et les heures. Le temps s'égrenant sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte. Ici et là, elle pouvait voir les asgardiens pleurer leurs morts. Elle fut néanmoins soulager de constater que sa mort n'avait pas été vaine. Elle était parvenue à sauver l'enfant.

Cela faisait quelques heures que le village dévasté avait été déserté lorsqu'une silhouette à l'imposante stature fit son apparition. Pour la première fois quelqu'un vint à se laisser choir devant les décombres de la maison qui s'était effondrée, et c'est avec une incroyable douceur qu'on en avait extirpé son corps sans vie. Cet homme, elle le connaissait. Il s'agissait du Seigneur Gilles de Rais. Spectre du Bourreau. Un hurlement de rage était monté des lèvres de l'ancien Maréchal de France, tandis que les larmes erraient sur ses joues.

Avec une infinie précaution, comme si elle n'avait été qu'une poupée de porcelaine, le Gardien du Printemps l'avait porté au creux de ses bras. Elle était bien misérable ainsi, et bien plus grande fut la peine du Spectre à ce constat. De ses lèvres s'échappaient des mots appelant la Vengeance. Non pas envers les Asgardiens, mais envers les Spectres.

C'est alors qu'étaient apparus la Prêtresse d'Odin et le guerrier divin de Beta. Par pur réflexe, le fantôme de la jeune femme rechercha la présence d'Hugin et Munin, de Geri et Freki. Mais ils n'étaient pas là. Eux qui avaient toujours étaient à ses côtés depuis le début, ne se trouvaient pas aux côtés de l'actuelle prêtresse. Si de prime abord, les deux Asgardiens avaient cherché à récupérer son corps, le Seigneur de Rais les avait alors prier de bien vouloir la lui laisser.

Si cette requête avait pu offenser les protecteurs d'Odin, ils finirent toutefois par y accéder.  Elle fut touchée par le geste du guerrier divin qui avait abandonné sa cape pour l'envelopper de celle-ci, tout comme le don de la prêtresse lorsqu'elle remit entre ses doigts serrées une rune, faisant promettre au Bourreau de lui laisser ses souvenirs de sa patrie, de ce qu'elle avait été jadis pour Asgard.

Pourtant, lorsque Gilles de Rais quitta les terres d'Asgard pour regagner le Royaume des Enfers, l'âme errante ne le suivit pas. Non pas qu'elle ne le voulait pas, mais en tant qu'Asgardienne, elle ne pouvait entrer dans les Enfers grecs. Après tout l'âme de la Rose des Enfers l'avait quitté.

Ainsi avait-elle continué à errer. Jusqu'à ce jour. A nouveau le Seigneur de Rais revenait sur le territoire asgardien. Elle pouvait ressentir différents cosmos. Curieuse, elle avait suivi les traces cosmique jusqu'à parvenir près d'un arbre, au pied duquel reposait un chaudron. Etrangement, la flore semblait reprendre vie grâce à ce dernier. Etrangement? Non pas vraiment. Après tout il s'agissait du chaudron de Dagda. Se plaçant au dessus, elle put alors constater la présence d'une enfant au fond. Avec tendresse, elle vint passer sa main sur la joue de cette dernière.

Son attention fut toute entière portée sur la conversation entre le Spectre et le Druide Merlin, ce dernier demandant au premier de faire un choix visiblement cornélien. Elle pouvait lire la peine se peindre sur le faciès de celui qui fut son chevalier servant.

"- La Lame ou le Fourreau."

Et l'homme choisit la dernière option. L'air désolé et profondément désespéré, comme s'il venait de perdre la chose la plus essentielle à ses yeux, il vint déposer avec délicatesse son fardeau au côté de l'enfant. Le regard de Callan allait du Spectre à son enveloppe charnelle. Et tandis qu'elle comprenait ce qui allait se passer, le Gardien du Printemps vint à faire don en échange d'une partie de sa personne en sacrifiant son avant bras. Elle aurait voulu hurler! Lui dire que non, il ne devait pas se sacrifier pour elle. Mais c'était malheureusement trop tard.

Il semblait à l'ancienne Prêtresse qu'elle disparaissait dans un maelström d'énergie. Puis plus rien. La présence qui quelques secondes plus tôt se tenait là avait disparu. Là au cœur du chaudron, celle qui fut jadis au service du peuple d'Asgard, rouvrit ses paupières, révélant son regard de jade. Pourtant, les yeux d'habitude si vifs, semblaient apeurés. Perdus.

Vivement, elle se redressa, sortit du chaudron, en regardant tout autour d'elle, visiblement effrayée. C'est alors qu'elle aperçut l'homme à genoux à terre, serrant contre son torse son bras mutilé, observant la neige se gorger du liquide vermeil. Le géant était imposant, c'était un fait, de plus son faciès était rendu difforme par deux yeux globuleux, larmoyants, qui la fixaient. Par réflexe, apeurée, elle poussa un cri de frayeur, recula.

"- Qui êtes-vous?" fut la question qu'elle posa. Le temps suspendit son cours. Et une chose vint frapper l'esprit de la Demoiselle, qui se laissa alors tomber dans la neige, les jambes aussi frêles que celles d'un enfant, en murmurant, éperdue, tout en fixant ses mains. "Qui suis-je?"

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Managarm


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MessageSujet: Re: ~° [Septembre 1754] L'appel de la Nature [PV Callan/Managarm]   Mar 29 Oct - 20:32


Musique thème
~ L'amour comme la plus belle des lames.
Comme la plus douce des morts.

Un faucon d'argent fendit les cieux azur, ombre mouvante sur la neige opaline qu'il survolait avec attention. Suivi. Une ombre maculée de ténèbres s'avançait au devant de l'oiseau, créature d'obsidienne marchant sur le manteau neigeux sans un bruit, sans même s’enfoncer entre ses doigts pernicieux. Silencieuse. Vivement, elle rattrapa celui à qui elle demeurait lié jusqu'à la Mort. L'homme à la haute stature demeura un instant à l'abri des arbres, observant de son regard d'émeraude une scène qu'il venait de rejoindre. Un instant. Un éclat. Il n'était plus dans son monde mais en contemplait un autre. Semblable et différent à la fois. Le loup noir, seul allié en ce temps reculé vint à son côté, dardant ses prunelles écarlates sur celui qui était son maître. Une question muette au bord de sa gueule vint dérider le faciès du jeune homme à la chevelure d'argent.

Il s'avança, l'animal l'accompagnant tel un gardien d'encre inaltérable.    

Cette scène, il ne l'avait jamais vu. Cette scène, il la découvrait en même temps qu'il comprenait, en partie du moins, la raison de sa présence en ce temps. Antiokus était mystère, en cela n'était il guère étonné par sa vive demande et le caractère obscur de celle ci. Une seule phrase suffisait à le convaincre. Toujours la même. Celle qui était sa faiblesse et sa force. Son cœur se serra à cette seule pensée, ses battements se faisant plus frénétique. Une crainte tapie. Il la sentait.

L'éclat de lumière avait fait trembler le monde. La magie s'élevant en ces lieux caressait sa peau halée tel une brise ondoyante. Une magie puissante, presque enivrante pour ceux en sentant le parfum subtile qui s'en dégageait. Entêtante. L'homme frissonna. Il les apercevait enfin, les protagonistes de cette scène nouvelle et inconnue. Le sang vermeille tâchait la neige pure, maculant son blanc manteau de sa couleur honnis. Ses sourcils se froncèrent en détaillant la silhouette de cet homme à genoux, ployant sous le poids d'un chagrin colossale que même la magie ne pouvait soigner. Et il y avait cette femme. Cette femme à la froide beauté et à la chevelure d'encre. Une silhouette inconnue contrairement à celle de son gardien.

Et il y avait ce chaudron. Ce chaudron dans lequel la femme était sortie et dans laquelle il pouvait encore sentir celle pour qui on l'avait fait venir. Les battements de son cœur se firent plus rapide mais quelque peu rassurée quand bien même l'incompréhension demeurait maîtresse. Tant qu'elle était là. Tant qu'il pouvait sentir sa vie alors nul autre sentiment ne pouvait l'étreindre avec tant de force.  

En ce lieu. En ce temps qui n'était pas le sien. Une aberration qui n'avait été possible que par le pouvoir de celui qu'il considérait comme son maître. Elle a besoin de toi. Mais elle n'était pas seule ici bas à mérité attention quand bien même son cœur n'était concentré que sur sa présence, son aura. Le loup noir ne s’embarrassa guère de formalité, précédent le guerrier simplement vêtu de noir, seul son épée dépassant de son épaule laissant à penser qu'il n'était pas qu'un simple voyageur perdu en ces lieux.

Cri et silence, telle une mélopée funèbre. Le regard de Managarm s'attarda un instant sur la silhouette de l'enfant demeurant au sein du chaudron, s'en détournant à contre cœur l'espace d'une poignée de seconde pour poser doucement sa main sur l'épaule meurtrie du spectre. Son cosmos d'argent entoura la plaie, cautérisant la blessure par la morsure du froid.

Je ne suis pas aussi doué que ma défunte mère pour ce qui est de soigner, mais cela devrait suffire pour le moment.

Il ôta sa main, faisant disparaître l'aura opaline autour de celle ci avant de continuer d'une voix plus ferme.

Cette femme a besoin de vous Seigneur Gilles de Rais.

L'émeraude détailla la jeune femme ployant sous le poids de son propre châtiment. Une perte autrement plus silencieuse mais tout aussi destructrice. La mémoire était ce qui nous maintenait en vie. Ce qui nous guidait. Le loup noir observa la dame de ses prunelles écarlates, dérangeante. La créature était anormal sur bien des points, fantômes tangible à la sombre apparence.

~ Tu es vivante, quand bien même l'odeur de la mort rôde autour de toi.


La voix de la créature était étrange. Particulièrement grave, presque rauque, elle semblait résonner, vibrer dans l'air glacial. Son maître observa la dame avec un air indéchiffrable, un instant seulement qui parut éternité tant celui ci pouvait troubler. Là, au fond de cette âme persistait un éclat d'obsidienne. Se détournant, le guerrier vint récupérer au sein du chaudron de Dagda la petite silhouette enfantine de la fillette qui deviendrait sa femme. Avec mille précaution, entourant sa frêle silhouette de l’étoffe accroché à son épée, le jeune homme la récupéra entre ses bras, posant genoux à terre pour l'installer au mieux.

Si délicate. Quand bien même était elle encore une enfant, il voyait dans ce visage les traits de celle qu'elle serait dans l'avenir. De cette femme à qui il avait donné son cœur il y avait des années. La seule et l'unique. Ses doigts vinrent doucement écarter une mèche de cheveux mordorés de son visage, sa voix se fit chuchotement doux, tendre alors qu'il parlait dans sa langue.

Deffro fy wraig...

Qu'elle se réveille et alors son cœur pourrait battre de manière plus assurée. Qu'elle entende sa voix et alors, il pourrait de nouveau respirer normalement.
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MessageSujet: Re: ~° [Septembre 1754] L'appel de la Nature [PV Callan/Managarm]   Sam 2 Nov - 16:04



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques



Le chant de la Corneille







 ~ Vous qui avez entendu l'appel du Dagda, vous vous souviendrez qu'au cœur de cette forêt glacée, est né un nouvel espoir. Vous qui avez répondu à l'appel du Père des Druides, sachez que vous vous êtes éveillés. Un choix, une Réponse. La Promesse d'une nouvelle Aube appelle aussi celle des Longues Nuits. Je suis le Roi des prophéties, je suis tellement et peu de choses à la fois. J'entends le chant de la corneille au loin, et je sais que ça va recommencer. Je pousse un léger soupir à vous voir si éplorés. Ne pleurez pas, humains, ne pleurez pas peuple de la Mère, car vous êtes bénis et maudis à la fois. Une parfait équilibre a été instauré autrefois : c'est votre nature même qui vous contraint à le faire vaciller de gauche à droite, du côté du Mal ou du côté du Bien. Si seulement, ils existaient. Votre esprit oublie si facilement. Moi, comme d'autres de mon espèce, nous ne pouvons nous payer ce luxe. Réjouissez-vous. J'entends au loin le chant de la corneille. Et soudain j'ai peur. Et soudain je prends conscience de l'ampleur de votre existence.

Je resterais une ombre fugace auprès de chacun d'entre vous. Mes élus. Il en existe parmi vous qui doute, et douteront encore du bien fondé même de leur vie, de leurs choix. Rien n'est fait au hasard, je le sais, je l'ai lu, je l'ai écris en partie et je le vois aujourd'hui se jouer devant moi. Votre Destin. Vous êtes tous liés les un aux autres d'une manière ou d'une autre. Moi je ne suis là que pour vous tenir la main pour que vous ne tombiez pas. D'autres ne sont pas aussi bénéfiques que moi. D'autres ne partagent pas ma vision des choses, ne croient pas en la Magie telle que je la perçois. Ni même aux Dieux qui la régissent. Je vous regarde, en retrait, m'attardant sur cet être immense au cœur étrange : je le vois faire face à son châtiment et pense amèrement que, peut-être, je me suis trompé. Non, le doute n'existait plus chez moi : mais mes mots à son adresse m'avaient échappé. C'était mon seul regret, car, en prononçant son Nom je craignais d'avoir libéré trop tôt, son ire. Son intronisation. Son règne chaotique.

Je les regarde mes élus, et disparaît lentement, ne laissant de moi, qu'un Lys immaculé.

Le Seigneur Gilles de Rais, prostré dans la neige, se tenant le bras, errait dans les méandres de son esprit perdu. Comme une âme en peine, il se voyait vagabonder dans le noir. Toute cette noirceur lui rappelait une certaine nuit, la première qu'il avait passé après avoir vécut la mort de sa précieuse Jeanne. Ses rêves s'étaient envolés si loin ce jour là...

« Pardonnez-moi... »

Ses mains se portèrent à son visage, le dissimulant à la face du monde. Il ne voulait pas voir ce qui allait suivre, parce qu'il savait. Oui il savait ce qui allait se produire. Le Spectre était un monstre, un être cruel ! Mais pas égoïste comme il le pensait. Regrettait-il son choix ? C'était encore difficile à dire tant son cœur saignait. Le martyr commença quand il entendit enfin la douce voix de Callan. D'instinct le Bourreau avait relevé la tête pour la contempler. Grand mal lui en prit car la belle poussa un terrible cri d'effroi qui secoua son âme. Aussitôt il avait détourné le visage, son visage horrible et difforme. Qui êtes-vous ? Qui suis-je ? Le chevalier déchu ne sut réprimer un sanglot tandis qu'une présence s'approchait d'eux. Prêt à s'interposer, le Seigneur essaya de se relever en vain. Une main se posa sur son épaule : aussitôt, il ressentit un froid intense l'envahir. Il n'essaya même pas de l'arrêter tant ses prunelles restaient accrochées sur ce visage. Le connaissait-il ? Non... il n'en avait aucuns souvenirs. Sa bouche s’entrouvrit mais aucuns sons ne sortis. Prit de court, ses yeux s'arrondirent sous l'effet de la surprise.

« Nous nous connaissons Seigneur ? » demanda t-il d'une voix si faible, que celle-ci était presque inaudible.

Mais déjà il s'éloignait de lui pour aller s'occuper de la petite Eilaine encore dans le Chaudron. Il le suivit du regard un instant, avant d'oser, enfin, de regarder la femme à ses côtés. Que devait-il faire à présent, comment devait-il agir ? Sa main valide s'approcha avec douceur, de l'épaule de son Fourreau. Sa Gardienne. Ses doigts ne firent qu'effleurer sa peau avant de se retirer. Gilles ne voulait pas l'effrayer. Se débarrassant de sa cape lourde un peu maculée de sang, il alla la drapée sur la jeune femme pour qu'elle n'attrape pas du mal. Elle qui semblait si fragile... Ses gestes étaient gauches, avec une seule main, la tâche n'était pas aisée après tout et, de temps à autre, une grimace venait enlaidir encore plus son faciès.

« Je vous ai sauvé de la Mort, Ô ma Reine... et je m'en excuse. Je m'excuse pour tout. » parvint-il a articuler à son adresse avant de se reculer comme le ferait une bête craintive. « Je ne vous veux aucun mal... car... je... je suis votre Gardien. Votre fidèle serviteur. Vous êtes... Callan. »

Une voix traversait les brumes de son esprit en sommeil. Paisible, l'enfant du Soleil et de la Lune appréciait la douce chaleur qui l'entourait. Le Père s'était adressée à elle, c'était lui qui l'avait guidé pour son retour. Consciente de son nouveau statut, il ne tenait qu'à elle de s'éveiller, de revenir. Or, le désirait-elle seulement ? Son Oncle Merlin s'était aussi penchée sur elle afin de l'aider à se réveiller. Rien n'y faisait. Une voix traversait les brumes de son esprit, les dispersant. Alors elle ouvrit les yeux.

« Mana? A yw eich bod? » Est-ce bien toi ? Susurrait-elle en distinguant ce visage si familier. L'une de ses mains alla caresser l'une des joues du jeune homme. C'était bien lui, quelqu'un lui chuchotait que c'était la vérité. Mais... il était si grand. « Pourquoi es-tu ici ? »

Son petit visage se figea dans une expression douce, mais mélancolique. Ses immenses yeux bleus, pareils au lac bordant Avalon, se voilèrent de larmes. Ce rideau finit par se froisser, les larmes commencèrent leur course effrénée. Autant de petites gouttes de cristal qui allèrent se perdre dans son épaisse et soyeuse chevelure blonde. La perte de sa mère, la disparition de son père... elle se souvenait des épreuves qu'elle avait dû endurer. Sa quête dans le Sidh... revivre encore et encore ses cauchemars. La petite éclata en sanglot, se jetant au cou de celui qui deviendrait un jour, son époux. Sa petite tête alla trouver refuge dans le creux de son cou, humant à loisir ce parfum si particulier. Ainsi elle ne se sentait plus seule.

« S'il te plaît, ne m'abandonne plus ! Ne part pas, ne disparaît plus ! Ne me laissez pas seule.... je vous en supplie... »

Ses pleurs redoublèrent, secouant par intermittence, ses frêles épaules. La douce Eilaine était désormais la première fille du Dagda, appeler à régner sur son Royaume. Mais elle ne se sentait pas prête. « Ma mère... mon père.... ils sont... ils sont... » elle se détacha de son étreinte pour le regarder dans les yeux, le visage sillonné de larmes. « Aide moi à rentrer chez moi... »

Elle ne vit pas les ombres qui l'entouraient. Pas plus que Gilles de Rais, en proie à une angoisse grandissante. Les heures des longues nuits approchaient. Au loin, le chant de la corneille résonna.

La Lame et le Fourreau réunit avait éveillé l'Exilé.







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Callan


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MessageSujet: Re: ~° [Septembre 1754] L'appel de la Nature [PV Callan/Managarm]   Sam 16 Nov - 18:40


Renaissance. Résurrection. Malédiction ou non? Tel un nouveau né, l'ancienne prêtresse d'Asgard, sentait l'air glacial du Royaume d'Odin lui brûler les poumons, lui causant une douleur qui lui fit porter et crisper une main sur sa poitrine, tandis qu'elle haletait, adossée au chaudron de Dagda, la tête rejetée en arrière, les yeux observant l'immensité du ciel.

Elle cherchait à se rappeler, et peu importait le nombre de fois où elle essayait, ses tentatives se révélaient vaines. Son esprit n'était qu'un immense trou noir. Elle ne parvenait à faire nulle connexion, ne se rappelait même pas son propre prénom. Ses yeux s'emplirent de larmes de frustration, tandis qu'elle abaissait son faciès sur ses paumes ouvertes.

Les iris de jade se portèrent sur la forme prostrée du géant qui tenait son bras mutilé non loin d'elle. A son cri de terreur, à la vu du faciès difforme de l'inconnu, ce dernier s'était abrité dans les ombres de sa capuche afin de se soustraire à sa vue. Elle ne savait pourquoi, mais en elle, son coeur saignait de sa réaction puérile qui avait blessé l'homme. Oui, il semblait à la jeune femme que la crainte et la peur ressenties à la vue de pauvre hère, avait davantage blessé ce dernier que la blessure causée par l'amputation.

Elle aurait voulu lui dire qu'elle était désolée de s'être comportée de la sorte, mais n'en eu guère le temps, car un nouvel individu fit son apparition. Callan porta toute son attention sur le jeune homme qui se trouvait être accompagné par une créature des ombres aux iris vermeilles. Et tandis que l'un prodiguait les premiers soins au mutilé, le second semblait la fixer avec la plus grande attention. Toutefois les paroles sibyllines qu'il tint à son encontre la firent frémir.

Lorsque le regard de la jeune femme croisa celui du jeune homme, elle ne put réprimer un frisson. D'instinct, elle recula, se plaquant davantage encore contre le chaudron. Elle ne savait d'où lui venait cette sensation, mais il semblait que ces prunelles lui étaient familières. Mais cela ne se pouvait. Elle laissa toutefois échapper un.

"- Nous connaissons-nous?" Il était fort à parier que non.

Mais l'homme ne lui accorda pas d'importance outre mesure. Il semblait plutôt attirer par le petit corps enfantin qui reposait encore au fond du chaudron. Laissant le guerrier récupérer l'enfant, elle reporta son attention sur le géant qui approchait d'elle. Contrairement à ce que laissait penser son imposante stature qui aurait pu le faire passer pour gauche, il en était tout autrement.

Avec douceur et légèreté la main de ce dernier vint à se poser sur l'épaule de Callan, alors qu'il venait envelopper le corps frêle de sa longue cape pour la protéger du froid environnant. Levant son regard vers lui, elle retint un instant sa main dans la sienne au moment où il allait la retirer, la portant à sa joue.

"- Je ne sais qui vous êtes mais je tenais à vous présenter mes excuses pour avoir crié toute à l'heure. Ce n'était pas très digne."

Et tandis qu'il posait genou à terre, une orbe vint à voleter autour d'elle. Tel un véritable feu follet, cette dernière semblait toute en joie. Lentement, la Belle tendit sa main en sa direction, l'effleurant avec légèreté, alors qu'il semblait entendre un chant de joie s'élever tout autour d'elle. Elle ne put s'empêcher de sourire et de partir dans un petit éclat de rire cristallin. Elle semblait si fragile, si innocente. Qui aurait pu croire qu'elle avait été par le passé prêtresse d'Asgard et réceptacle de la Reine des Enfers?

C'est alors que le Géant prit la parole. L'informant de qui il était avant de lui offrir un bien plus précieux. Un prénom. Callan. C'est donc ainsi qu'elle se nommait. Vivement, elle se portait vers l'homme agenouillé, se laissant choir à ses pieds avant de l'envelopper de l'étreinte de ses bras tandis qu'une petite voix venait à murmurer au creux de son oreille.

"- Merci. Merci infiniment de me faire un si précieux cadeau. Ma reconnaissance ne saurait être suffisante pour vous exprimer toute ma gratitude Monseigneur."

Et contre le cou du géant, la jeune femme s'abandonna aux pleurs, laissant les perles lacrymales glisser sur sa peau. Soulagée. Elle était soulagée car sur cette Terre, il y avait quelqu'un qui l'avait connu et qui pourrait lui en apprendre davantage sur qui elle était.
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MessageSujet: Re: ~° [Septembre 1754] L'appel de la Nature [PV Callan/Managarm]   Sam 23 Nov - 16:11

~ Nous vous connaissons de par le lien qui vous unis. Dans un autre temps. Dans un autre lieu. Dans un ailleurs qui n'existe pas.

La sombre créature avait répondu à la place de son maître, celui-ci préférant laisser son familier au côté de ceux avec lesquels il était lié de par son statut. Des ombres. Des morts. Des êtres dont la vie n'était plus mais dont l'existence continuait malgré tout sur cette Terre tordue qu'était la leur. N'étaient ils tous pas lié d'une manière ou d'une autre de par l'étrangeté de cette rencontre ?  

~ N'y pensez plus. Nous nous connaissons aujourd'hui et maintenant.

Le cœur du guerrier battit de manière plus assuré dès lors que la demoiselle contre lui s'éveilla des brumes du sommeil. Comme il était étrange de la voir ainsi, si jeune, si frêle, encore plus délicate et fragile que ce dont il avait coutume. Ses lèvres s'ourlèrent d'un doux sourire quand elle l'appela par son prénom usuel, l'éclat de ses prunelles d'émeraude s'éclairant au son de sa voix. Qu'elle le reconnaisse aurait put paraître anormal au vu de la situation qui était la leur à cette époque, pourtant, qu'elle ne sache pas aurait été plus étrange encore à son cœur. C'était la nature même de leur lien qui jouait ainsi avec leur sentiment, rappelant ce qui n'aurait jamais dût être. La main du jeune homme vint tendrement récupérer la main de l'enfant qu'elle avait déposé sur sa joue avec délicatesse. Cette main si petite, si fragile dans la sienne bien plus grande, bien plus rêche, rendue plus dure par son statut de guerrier.

Pour qui d'autre pourrai je être ici, si ce n'est pour vous ma Dame ?


Pour elle, Epsilon était capable de tout. Pour sa dame, il supporterait tout châtiment, tout crime et tout sacrifice. Leur lien en cet ère n'était pas aussi puissant qu'il l'était dans l'avenir, se consolidant tant et plus avec les années quand bien même la graine était planté depuis toujours aussi ne pouvait elle sans doute pas comprendre toute l'ampleur de ses paroles. Pas encore. Mais peut être pouvait elle le deviner avec ce pouvoir qui était le sien, ce lien qu'ils possédaient malgré tout et qui l'avait appelé.  

Son cœur se serra dès lors que les larmes d'argents dégringolèrent de ses prunelles azur, impuissant à en stopper la course, il ne put que se faire soutien réconfortant en cette sombre heure qu'était la sienne. Alors c'était pour cela qu'il était ici. Le jeune homme laissa la demoiselle déverser ses larmes contre lui, lui offrant la protection de ses bras. Que pouvait il faire pour que sa tristesse ne disparaisse ? Aujourd'hui encore, cette question hantait ses jours et son impuissance à en effacer les sillons le révulsait. Il ne pouvait porter le fardeau de ses propres émotions, de son histoire et ne serait ainsi qu'un exutoire, qu'une présence rassurante contre laquelle elle pouvait se perdre autant qu'il lui plairait. Il était son obligé.

Ses paroles déchirèrent son cœur silencieux alors que ses doigts vinrent délicatement caresser sa chevelure mordoré dans un geste devenu habitude au fil du temps. Le poids sur ses épaules n'allait faire que s'accentuer avec le temps, il en avait conscience aujourd'hui mais il serait là. Toujours. Si elle avait besoin d'une oreille attentive. De bras consolant. D'une présence aimante. D'une arme tranchante.

C'est ici qu'es ma place, à tes côtés. Aujourd'hui et demain, je serai toujours là pour toi Eilaine.

Dans sa bouche, ses paroles sonnaient comme une promesse, une vérité inébranlable, inaltérable. Elle était son soleil, son éclat de lumière et cela, nul ne pouvait le changer. Un sourire léger vint effleurer les lèvres du guerrier alors qu'il effaçait d'un geste de la main les sillons de ses larmes sur ses joues.

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, ma Dame. Quoi qu'il m'en coûte.

Il ne pouvait pas ramener les morts à la vie, mais il savait qu'elle se relèverait de cette tragédie plus forte encore. Elle l'avait toujours été bien plus que ce qu'elle avait jamais pensé et c'était à lui de le lui rappeler à chaque fois.

Mais l'heure n'était pas à ce genre de rappel car les ombres s'éveillaient. La créature d'encre du guerrier darda ses prunelles rubis sur les alentours, le corps aux aguets.

~ Seigneur Loup. Les ombres s'agitent. Ce n'est pas normal.

Il était clair que ça ne pouvait guère l'être et si Nae pouvait en sentir l'écho, la méfiance était alors de mise. Le regard émeraude s'attarda sur les deux silhouettes des deux spectres en leur intimant la prudence. Le loup noir vint se poster auprès de lui, observant la jeune dame dont il connaissait par cœur l'essence, au moins tout autant que celle de son maître.

~ Soyez prudente Dame de l'Aube, elles pourraient voler votre lumière.  
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MessageSujet: Re: ~° [Septembre 1754] L'appel de la Nature [PV Callan/Managarm]   Ven 29 Nov - 1:05



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques

Ayez confiance en moi !



Qui es-tu ? Qui sommes nous ma chère ? Vois-tu le ciel étoilé au dessus de notre tête ? Je sais que tu le vois comme moi, de la même manière. Vaste et beau, celui-ci se reflète dans tes prunelles améthystes : ô j'aimerais tellement les contempler encore. Infiniment. Mais tu n'es plus celle que je cherche. Elle, est morte depuis des années déjà, bien plus encore que tu ne peux l'imaginer. Tu n'es qu'un songe, qu'un souvenir. Jeanne. Précieuse Jeanne, autrefois je t'ai confié mon cœur. Aujourd'hui, j'ai l'impression que... qu'il ne t'appartient plus. Non ! Quelle drôle de pensée. Pourtant. Je la regarde s'approcher de moi, moi, gauche, me figeant : j'ai peur. J'éprouve de l'appréhension, oui, je l'admets, j'ai peur, j'ai peur qu'elle s'en aille, que je ... de l'effrayer... Ne suis-je pas un monstre, n'est-ce pas le Masque que je me suis forgé pour moi et pour moi seul ? Cette façade se fissure. Jeanne, que dois-je faire à présent que je suis sur le point de frôler le bonheur ?

La douce Perséphone vint chercher refuge dans les bras de son propre Bourreau. Je veux me reculer, lui avouer la faute qui est la mienne. Mais je ne le peux. Mes mots restent coincés dans ma gorge. Une petite voix dans ma tête m'intime le silence. « Sois égoïste ! » clamait-elle et moi, pauvre fou que je suis, je me pris à l'écouter. Alors, prudemment, mon bras valide alla enlacer sa taille fine. Je tremble, je me sens misérable, mais heureux. Un sourire se dessine et je lui chuchote que tout ira bien maintenant.  « Je vous le promets. »

Que suis-je en train de faire ?

Alors, le chant des Corneilles se fit plus ardent encore.

Le silence précède à cette cacophonie tribale. La nature se rendormait progressivement à mesure que l'orbe du Printemps perdait de sa splendeur pour finalement disparaître dans les replis de la robe du Seigneur de Rais. Celui-ci, même absorbé dans cette soudaine étreinte, fut plus prompt à réagir qu'il l'aurait pensé et ce, malgré sa blessure. S'étant relevé vivement, le chevalier déchu protégea de son corps gigantesque, la frêle femme qu'il avait recouverte de sa cape de velours. Sous son couvert, Gilles était sur le point d'agir plutôt qu'attendre quand une voix familière retentit !

« Gilles, s'il vous plaît aidez-nous ! »

N'écoutant que son instinct, l'homme au teint grisâtre fit volte face pour se placer aux côtés du couple. Ses sourcils se froncèrent de contrariété, apparemment tiraillé. Il hésitait. En effet, le Seigneur aux Masques avait le pouvoir de mettre Perséphone en sûreté et de laisser les autres à leurs ennemis, ainsi ils profiteraient de cette « diversion » pour s'en aller. Sauf que son honneur lui dictait le contraire. Gilles était un être foncièrement mauvais, mais pas dénué du sens du devoir. Puis, comment aurait-il put abandonner cette enfant pour la seconde fois ? Il s'en voulait tellement. Cette petite qui avait en cette seule journée, perdu père et mère au profit d'acquérir un statut bien trop lourd pour elle. Soucieux, Gilles devait bien l'admettre, il avait une dette envers la fille d'Aalanna. Ses prunelles croisèrent celles du preux combattant à ses côtés. La manière dont il la protégeait ne trompait personne. L'espace de quelques instants, les yeux gris de Gilles furent emplit d'une infinie tendresse. Un sourire qui s'effaça très vite quand un envol d'oiseaux noirs le surprit.

Porte-Mort en main, le visage de Gilles se crispa de douleur. Un rire tonitruant résonna dans la forêt. Une silhouette ombrageuse s'avançait vers eux.

« Montrez-vous manant, identifiez-vous je vous l'ordonne ! » La forme noire s'immobilisa. « Vous me l'ordonnez Monseigneur ? Ah ! Ah ! Ah ! Je ne pense pas que vous soyez en position d'exiger quoi que ce soit voyez-vous. »

Une affreuse douleur lui vrilla les tympans : aussitôt prit de nausées, le Bourreau résista tant bien que mal à cet assaut psychique, le repoussant avec sauvagerie, utilisant ses dernières forces pour l'expulser mais rien n'y faisait. Il était trop fort et, quelque chose lui disait qu'il était en train de jouer avec lui. Tel un chat avec une souris qu'il venait de dénicher. Il était tellement plus jouissif de voir souffrir ses proies dans des petits jeux sordides avant qu'ils ne connaissent la « Réponse ».

Des images lui revenaient en mémoire. Des songes passés, des moments qu'il ne pourrait oublier, jamais. Il avait mal, il souffrait d'être ainsi malmené par cet homme – s'il s'agissait bel et bien d'un homme – qui, agissait dans les ténèbres. De nouveaux rires.

« Vous m'avez réveillé au Chant de la Corneille. Je dois dire que cela faisait des siècles que l'ont ne m'avait pas tiré de ma torpeur. Je vous remercie, inconscients. Ah ! Merlin, je me demandais ce que tu faisais. Alors, pas trop attristé ? Tu as enfin pu te débarrasser de cet incapable d'Elias ? Oh non, c'est assez fâcheux, je l'aimais bien. » Une pause. Le druide à la longue chevelure rousse s'était matérialisé au milieu des protagonistes, une main tendue vers l'ombre des sapins, prêt à agir. « Ne t'en fais pas, l'innocence et la décadence sont en marche. Tu sais comment je procède. Le Bien, le Mal, tout ceci n'est que foutaises ! Illusions déguisées ! Je le prouverais bien assez tôt. En attendant, ce cortège d'absurdité, c'est à moi de le gérer. Vos Dieux abjectes, ils ne sont pas... « La Réponse ! »

La petite Eilaine, réfugiée dans les bras puissants de son ami d'enfance et futur époux, pleurait à chaudes larmes car elle savait que son retour ne pouvait signifier qu'une seule chose. Tout recommençait. Ô maintenant elle comprenait toute la portée du geste de sa mère ! Ce sacrifice... Aalanna avait-elle eut cette prémonition ? Dévastée, l'enfant voulait partir très loin. Lui voler sa lumière ? Cet homme là ne voulait pas que sa lumière, il voulait bien plus. Bien plus.

L'Exilé était de retour.

« Laissez-nous ! Partez ! Vous ne préservez pas l'équilibre du Monde, vous le détruisez ! » clama Eilaine en tournant sa petite frimousse vers la voix. « Mais vous ne comprenez pas mon enfant. Il FAUT le détruire, pour mieux le préserver. J'ai mes élus, je vais bientôt pouvoir les voir gigoter dans mon grand théâtre ! »

Emrys jusque là silencieux, gronda de colère. Intimant son égal d'ombre d'aller l'attaquer sans sommation, il prit sa forme primaire, celle d'un loup géant au pelage automnal et fondit sur le Véritable Maître aux Corneilles.

« FUYEZ PAUVRES FOUS ! »

Le contact douloureux fut brisé net. Libéré de ses chaînes mentales, Gilles de Rais se précipita vers sa Dame et les deux autres. D'un geste simple mais précis, il déchira le voile de la réalité, une fois, puis une seconde. Ainsi deux portes commençaient à se créer.

« Monseigneur, et vous petite Lady Eilaine ! Empruntez ce chemin, concentrez-vous sur la destination de votre choix ! Rejoignez les vôtres ! Adieu ! Dame Callan, ayez confiance en moi, suivez-moi ! »

Le Spectre sans plus attendre, prit la main de l'ancienne Reine des Enfers et, avant de s'engouffrer dans le portail, eut ces quelques mots à son intention. « Mon nom est Gilles de Rais, ma Dame, pour vous servir. Ayez confiance en moi, en votre Gardien. Ayez confiance en moi.»

Ayez confiance en moi.

Une tornade écarlate s'écrasait contre la silhouette restée prostrée dans les ténèbres. Un choc violent se produisit, faisant se lever le Vent. Le Chant des Corneilles. L’Exilé passait à l'action, dressant une barrière invisible entre lui et son plus vieil adversaire. Son éternel rival. Deux forces égales mais que tout opposaient. Un éclat d'or surgit du Néant pour frapper durement la barrière.

« Maman ! »

La Dame de l'Aube luttait avec son père. Ce fut la dernière chose que la petite Eilaine put voir avant que ses yeux ne se referment sur le noir.




=> Gilles de Rais et Callan partent pour la France [Chronique] / Mana et Eilaine pour Avalon !


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MessageSujet: Re: ~° [Septembre 1754] L'appel de la Nature [PV Callan/Managarm]   

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~° [Septembre 1754] L'appel de la Nature [PV Callan/Managarm]

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