RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]

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Satine


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MessageSujet: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Dim 17 Nov - 20:08

Terre en vue !






 
« Terre en vue, Capitaine ! » criait un matelot perché au sommet d'un des mâts, la main au dessus des yeux pour se protéger du soleil de Grèce. « Capitaine Mary Red, trou du cul ! » répondis-je du tac au tac du bas du pont principal, sous l'ombre d'une grande ombrelle rouge sang.

Je tournais alors la tête de l'autre côté, faisant glisser mon ombrelle sur mon épaule dénudée. Effectivement au loin, je pouvais reconnaître ces formes reconnaissables : après tout cela ne faisait pas si longtemps que ça que j'étais allée au Sanctuaire, non ? Et après quelques mois, me revoici, mais de ma propre initiative cette fois s'il vous plaît ! Pourquoi me demanderez vous ? Ah, sachez que j'en ai botté des culs quand j'entendais cette question outrepasser les lèvres de mes pirates. Oui, j'en ai fais fermer des gueules, mais à vous, je peux vous le dire. Ou pas. Bien, bien. En faite, c'était assez simple, et il vous suffit de me regarder un peu mieux pour comprendre. À moins que vous ayez de la merde dans les yeux, auquel cas, je ne peux rien faire pour vous.

Bref, me redressant pour quitter ma chaise, je lissais les plis de ma toge blanche, seul vêtement dans lequel je me sentais bien depuis... putain ! Un bail. Avisant des deux gus qui me regardaient sans savoir quoi faire, hésitant entre partir en courant et vouloir m'aider, je leur fis signe de s'approcher. Aussitôt les deux pauvres âmes s'exécutèrent de bonne grâce. Pas assez prêts. Je ne bougeais pas, mon regard se faisant de plus en plus dur. Pas encore assez prêts. Ah ! Quand ils se penchèrent vers moi, les ayant intimé de le faire comme pour délivrer un message secret, j’entrouvris les lèvres pour finalement hurler à leurs oreilles, et ce, aussi fort que je le pouvais.

« VOUS ALLEZ BOUGER VOS CULS OU BIEN EST-CE QUE JE DOIS TOUJOURS ÊTRE DERRIÈRE VOUS POUR VOUS TORCHER ? »

Grand Dieu, ce que ça pouvait faire du bien. Leurs gueules médusés me fit éclater de rire. D'autres pirates plus habitués à ma façon de faire se joignirent à moi de bon cœur. Une main se posa en travers mon épaule, lentement je me retournais pour découvrir Old John tout sourire, m'observer avec intérêt. Je fis immédiatement volte face pour me carapater quatrième vitesse. Je savais précisément ce qu'il escomptait faire et non, je n'en voulais pas, de ses gâteaux dégueulasses ! Je l'entendis rouspéter derrière moi, alors, je regagnais d'un pas plus pressé encore, la fraîcheur de ma cabine. Je refermais la porte derrière moi, jetait le truc qui me protégeait du soleil et alla m’asseoir dans mon fauteuil. Devant moi s'étalaient plusieurs cartes plus ou moins anciennes, de diverses provenances et buts. Depuis quelques temps cependant, je m'étais complètement désintéressée des chasses aux trésors. Surtout depuis que j'avais récupéré les miens.

Je fermais alors mes yeux, appréciant ce calme relatif rythmé par les pas des hommes qui s'agitaient. Bientôt nous serons prêts à accosté., bientôt je pourrais revoir Celsius. Patiemment ce dernier m'avait attendu. Je n'avais reçu aucunes nouvelles de sa part, et c'était bien mieux ainsi. Je lui en avais fais la demande, et il avait respecté mon choix. Bon, je restais une femme, une partie de moi, je l'avoue, aurait bien aimé avoir quelques lettres de sa part. Seulement, savait-il où j'étais ? Où m'écrire ? Il aurait put certes se débrouiller, se bouger le cul pour trouver une solution... mais non, de toute façon il était préférable qu'il n'en ait rien fait. Vu que j'étais la plupart du temps en vadrouille. Le climat du Sanctuaire Sous-Marin me pesait, j'avais donc décidé de lever les voiles. J'étais comme ça, j'étais Mary Red. J'étais Satine O'Bannon.

« Maman ! »

La porte s'ouvrit à la volée et deux petites silhouettes se précipitèrent dans la pièce pour venir me sauter au cou. « Lune ! Callista ! » fis-je en ouvrant grand les bras pour les accueillir avec chaleur tout contre mon cœur. Toute la tension qui s'accumulait en moi à l'approche de l'inévitable s'envola comme par enchantement. Un sourire immense fendit mes lèvres, mes yeux se remplirent de larmes comme à chaque fois que je les voyais, mes enfants. Enfin, je les avais récupéré. Enfin, les revoilà, avec leur mère. Lune chaque fois qu'il me voyait, me faisait la remarque suivante : « Maman ! Pourquoi tu pleures ? » et à chaque fois je lui répondais en lui embrassant le front : « Parce que je suis heureuse de vous avoir avec moi »

L'enfant, le premier que j'eus avec Astre était désormais âgé de presque dix ans : il ressemblait beaucoup à son père et fatalement au cousin de ce dernier, le nouveau Prêtre, Menelaos. Déjà grand et élancé malgré son jeune âge, il possédait le regard malicieux et pétillant de son père, notre chevelure flamboyante. Une petite frimousse adorable sous ses airs d'ange malicieux. Ah, mais il fallait s'en méfier ! Il me ressemblait davantage sur les quelques points forts de ma personnalité. De mon franc parler aussi. Callista quant à elle était une enfant que nous avions adopté et qui était déjà entré dans l'adolescence. Ses origines tibétaines étaient flagrantes : plutôt petite, la peau halée, les yeux vifs tout aussi noirs que sa longue chevelure lisse, elle n'en demeurait pas moins séduisante, farouche : une véritable tornade capable aussi de beaucoup de douceur. Comme il lui arrive très souvent de grimper partout comme un petit singe au grand dam de son frère qui ne pouvait pas la suivre avec autant d'agilité dont elle faisait preuve, son corps était souple, musclé, fait pour de longues heures d'escapades nocturnes. Aventures discrètes qu'elle me raconte chaque soir avec assiduité, m'expliquant comment elle arrivait à échapper à ses gardes fous pour courir dans la nuit, désireuse de s'enivrer de l'adrénaline que lui procurait cette semi-liberté quand elle était encore loin de moi.

« On arrive bientôt en Grèce ? On va bientôt voir Celsius alors ? Tu as hâte de le retrouver? » me demandait la petite en jetant ses bras autour de mon cou. « Moi non, je n'ai pas envie de le voir. » se rembrunit Lune en adoptant une posture boudeuse. « Allons, allons, vous savez bien pourquoi nous sommes là... »

Je fus interrompus par des petits coups que l'on donne sur ma porte en bois. John se tenait dans l'embrasure de la porte, les bras chargés de biscuits. Ils nous avaient retrouvé. Alors, tous les trois, nous poussâmes des faux cris d'effroi alors que nous accostions au port. Le Cap Sounion.

Les voiles noires et déchirées du Black Pearl furent levées, la pavillon laissé aux bons soins du vent. Tous pourraient donc voir que nous étions là. Que des pirates s'étaient aventurés là. C'était peut-être un pari risqué, mais j'étais presque sûre de mon coup. Presque. Dans l'éventualité, j'avais envoyé John en reconnaissance, avec un message destiné aux Poissons. Mon beau chevalier. Comment réagirait-il ? Serait-il heureux de me revoir ? Se pourrait-il que je me sois trompée ?

L'une de mes main se posa sur mon ventre arrondit. Songeuse, je commençais à descendre pour rejoindre la berge, mes enfants me suivant de prêt. Tout cela sous le regard du Soleil dont je m'abritais sous cette horreur d'ombrelle.




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Celsius


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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Mar 26 Nov - 4:24

:: Un Retour tant Attendu :.

Tu cherches quelqu'un ?
La voix venait du ciel. Ce ciel sans nuage d'un pur azur qui surplombait le Cap Sounion et se préparait à veiller sur leurs retrouvailles. Un regard en l'air aurait suffi à le localiser : il n'avait pas cherché à cacher sa voix ni l'endroit d'où elle provenait. Agrippé au mas d'une main aussi ferme que son apparence pouvait sembler délicate, le Chevalier des Poissons venait de leur apparaître sous la forme d'une étoile filante, d'un astre doré étincelant. Parcourir les distances par ce biais était bien le propre des Chevaliers d'Or, et ses homologues n'apprécieraient sans doute pas de savoir qu'il faisait usage de ce don à des fins personnelles. Il s'en fichait. Aussi dévoué qu'il puisse être à la cause d'Athéna, rien n'aurait pu l'empêcher de venir au plus vite et ce par tous les moyens à sa disposition. Cela lui ressemblait bien peu, il est vrai, mais elle était bien la seule pour laquelle il puisse faire une entorse au règlement. On pouvait d'ailleurs y voir son influence, à elle qui l'avait pour ainsi dire dévergondé – sorti de sa solitude.

Quels que soient les défauts qu'on puisse lui trouver, elle n'en avait aucun à ses yeux. Non qu'il l'idéalise, loin de là ; il savait très exactement qui elle était, connaissait ses mauvais côtés autant que les bons. Même s'ils n'avaient passé ensemble que très peu de temps, ils l'avaient vécu intensément, et il aurait presque cru la connaître depuis toujours. Comme si elle lui était destinée. Ce doit être ce que l'on appelle une âme soeur, avait-il une fois songé, sans aller jusqu'au bout de sa réflexion. Il se pensait trop mature pour se fier à ces sornettes. Pourtant, une part de lui, cet enfant qui avait grandi trop vite qu'il était resté quelque part avait envie d'y croire. Mais que ce soit vrai ou non, il y avait une chose dont il ne pouvait nier la véracité, quand bien même il le voudrait : c'était qu'elle avait changé sa vie à tout jamais. Elle était la première personne à qui il avait ouvert son coeur, et serait probablement la seule. Une rose ne se cueille qu'une fois. Et elle était la seule et l'unique que ses épines ne rebutaient pas. Qui se les enfoncerait dans la chair s'il le fallait pour qu'il ne lui file pas entre les doigts.

Ils ne s'étaient pas vus depuis des mois, et Celsius n'avait jamais trouvé le temps aussi long. De là à le qualifier d'amoureux transi, il n'y avait qu'un pas. Ces sentiments, maladroits d'un côté comme de l'autre, étaient nés sans crier gare. En léchant mutuellement leurs plaies, ainsi que le feraient deux animaux blessés, ils s'étaient épris l'un de l'autre et l'attraction qui les avait unis dans la chaleur de la nuit n'était pas retombée depuis. C'était un amour bizarre, tordu, et il aurait été aisé de croire qu'ils n'en tireraient rien de bon. Sans savoir pourquoi, le Roi des Ronces était persuadé du contraire. Ces longs mois d'éloignements avaient été le concernant l'occasion d'étudier maintes fois la question, notamment en se demandant de quelle manière elle pouvait le vivre.

Pour lui, elle était la seule et l'unique, depuis tout ce qui leur était arrivé ; s'il en avait connu d'autres avant elle, il ne se voyait pas en aimer une autre. Mais pour elle qui avait déjà aimé, qu'en était-il ? Une question dont il aurait aimé connaître la réponse, mais qu'il ne se voyait pas lui poser. Il eut été fort en peine de le faire, de toute façon ; la Sirène Maléfique avait été envoyée en mission. À peine était-il reparti du Sanctuaire Sous-Marin qu'elle en faisait de même de son côté, envoyée Poséidon seul sait où pour accomplir lui seul sait quoi. S'il en avait été inquiet de prime abord, il avait fini par se morigéner en se faisant entrer dans le crâne l'idée qu'elle s'en sortait très bien avant qu'il n'arrive et qu'il n'avait pas à interférer. Mais pour autant, jamais il n'avait été autant attentif aux cosmos qu'il lui était donné de ressentir comme autant de lueurs dans la nuit pour s'assurer qu'il ne lui soit pas arrivé malheur.

S'il lui était bien arrivé de ressentir parfois quelques lointaines perturbations ou d'être envahi d'un sombre pressentiment à l'occasion, elle semblait s'en être tirée à bon compte. Sans doute avait-elle encore vécu d'incroyables aventures qu'elle ne manquerait pas de lui conter dans leur intimité retrouvée. Et lui, pendant ce temps, qu'avait-il fait ? Que pouvait-il bien prétendre avoir accompli ? Cette question le tourmentait. Ce n'était pas une question de fierté, même si elle entrait aussi en ligne de compte. Il était ici question de savoir ce dont il pouvait se targuer, lui qui se sentait toujours aussi inutile. Que devait-il faire ? Quelle était sa voie ? Même depuis tout ce temps, il n'avait toujours pas trouvé. Puisse-t-elle ne pas s'en formaliser. Ainsi donc, dès que la nouvelle lui était parvenue, le Roi des Épines s'était précipité. Il n'y avait point une minute à perdre ; leur réunion n'avait déjà que trop tardé. Et le voici, contemplant depuis les hauteurs sa beauté inchangée. Tant de choses à se dire, et si peu de temps pour le faire ! Pas que de bonnes, hélas... Mais par où commencer ?
Ne bouge pas. Je descends. murmura-t-il sobrement, les mots portés par le vent. Elle l'entendrait à coup sûr.
Un bond félin le fit descendre de son perchoir sous le regard ébahi des hommes d'équipage. De toute évidence, certains n'étaient pas encore habitués aux subtilités des Éveillés mais le Saint des Poissons n'en tint nul compte, se contentant de leur adresser un petit signe de la main en guise de salutations dans la foulée avant de toucher terre. S'il ne pouvait nullement se targuer de les connaître personnellement, eux savaient qui il était. Mary leur avait-il parlé de lui ? Cette question resta en suspens dans son esprit pendant qu'il se redressait, révélant toute l'envergure de sa silhouette élancée. Il n'avait pas changé. Tout au plus ses cheveux avaient-ils pris quelques centimètres, ne donnant à leur rougeur « presque » naturelle qu'un aspect plus majestueux. Il ne portait pas son armure. Inutile ici. Une simple chemise de lin blanc au col en V et un pantalon noir ordinaire, voilà tout ce qu'il portait, le bandeau immaculé retenant sa crinière de feu excepté.
Il ne s'est pas passé un seul jour sans que je pense à toi. commença-t-il d'une voix douce, comme pour la rassurer.
Je n'ai jamais cessé de veiller sur toi. était l'exact fond de sa pensée, mais jamais il n'aurait osé se prononcer en ces termes qu'il jugeait trop invasifs. C'était pourtant la vérité ; combien de fois n'avait-il pas scruté le ciel en espérant y voir un signe de sa bonne santé ? Combien de fois n'avait-il pas ragé de ne pouvoir s'enquérir de la vie qu'elle menait, des dangers qu'elle bravait ? Mais tout allait pour le mieux. Elle était là maintenant, et rien ne pourrait plus jamais la lui enlever – du moins était-ce ce qu'il aurait aimé pouvoir penser, mais le réalisme qui ne cessait jamais de le hanter finirait sans doute par lui ôter cette idée. Mais pour l'heure, il n'y songea pas ; il préférait profiter de sa présence tant qu'il le pouvait. Elle ne finirait que trop vite, la quiétude heureuse de ces jours de paix. Son regard se fit plus tendre à mesure que la glace dont il l'enrobait d'ordinaire fondait.

Oui, ils se revoyaient pour la première fois depuis des mois, et pourtant son coeur battait la chamade comme au premier jour. Peu coutumier des sentiments comme il l'était, il ne savait trop comment il était censé se comporter. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il voulait être avec elle, la serrer dans ses bras, l'embrasser, mais maintenant que tout cela était à sa portée, le jeune homme ne savait quelle attitude il convenait d'adopter. D'être en présence de l'équipage était aussi un obstacle à l'affection qu'il pouvait démontrer, sa manière d'être étant diamétralement opposée selon qu'ils soient en public ou en privé. S'il ne s'était pas gêné un seul instant pour la garder à ses côtés quand la bataille s'était terminée, à l'enlacer sans se préoccuper une seule seconde du qu'en-dira-t-on, c'était avant tout sous le coup de l'émotion. Chassez le naturel, et il revient au galop. Si elle avait pu avoir ne serait-ce qu'une vague idée du nombre de pensées invraisemblable qui se bousculaient dans sa tête à ce moment précis, sans doute aurait-elle eu toutes les raisons de s'en moquer, elle si naturelle, elle si spontanée.

Oon. Rien n'avait changé, et il ne renierait pas ce qui avait été fait. Car cela ne pouvait être défait, jamais. Et c'était très bien ainsi. Il s'en tint pourtant à une certaine sobriété en allant chercher sa main pour glisser les doigts entre les siens, leurs fronts se rejoignant alors qu'il réduisait la distance les séparant à néant. Il n'avait pas besoin de plus, pas tout de suite en tout cas. Écouter son souffle, sentir la chaleur était le meilleur des remèdes à tous ses maux. Le vide se fit dans sa tête, écartant les ombres qui s'y étaient insinuées pour ne plus laisser qu'un soulagement presque palpable, un apaisement qui faillit bien le faire chanceler tant il lui ôtait un poids des épaules. C'est alors qu'il constata que si ses hommes étaient restés à bord du navire – nouveau, par ailleurs – elle n'était pas descendue seule sur le rivage. En retrait se tenaient deux enfants qui ne furent pas sans allumer une étincelle parmi les souvenirs du Gold Saint. Les yeux qu'il avait clos à demi pour profiter de la magie de l'instant se rouvrirent tandis qu'il dévisageait son amante, manifestement pris de court par cette compagnie impromptue.
Ce sont...
Celsius ne termina pas sa phrase, la laissant en suspens. Elle saurait ce qu'il voulait dire. Ce n'était pas comme s'il ignorait leur existence, mais de là à penser qu'il les verrait de sitôt... Si elle était restée assez évasive, la description que Mary avait faite de la manière dont ils avaient été séparés jadis n'avait pas été sans aiguillonner son sens du danger. Ainsi donc, elle avait fini par les délivrer ? Cela expliquait sans l'ombre d'un doute les périls qu'il avait pu sentir planer au-dessus de sa tête à un moment donné. Il lui avait pourtant proposé son aide... Même si c'était à n'en point douter une affaire personnelle qu'il lui avait fallu régler pour les récupérer, il lui avait promis son aide et l'idée qu'elle ait pu y aller seule au mépris du danger le mettait mal à l'aise. Mais le plus important était qu'elle n'ait rien – rien d'apparent, en tout cas – et soit bien portante, aussi mit-il ses peurs de côté. Peut-être était-ce justement pour ne pas l'impliquer là-dedans qu'elle avait tenu à l'éloigner... Il pouvait l'accepter, mais à la condition sine qua non qu'elle ne le refasse plus jamais. Mais elle le referait, sans hésiter, s'il le fallait. Elle était ainsi faite, et c'était comme cela qu'il l'aimait. Aurait-elle encore été elle-même si  elle y avait changé quoi que ce soit ? Son regard s'emplit d'un subtil mélange de curiosité et de compassion à l'égard de ce qu'ils avaient vécu. Eux aussi, sans l'avoir voulu, faisaient à présent partie de sa vie.
Enchanté. finit-il par lâcher, contrit, gêné. Elle aurait au moins pu prévenir !
Se reprenant, l'empoisonneur ne résista pas cette fois à l'envie de laisser ses lèvres effleurer celles de sa compagne, sans toutefois aller jusqu'au bout. Elle ne tenait peut-être pas à ce que ses chérubins soient témoins d'un tel rapprochement, et c'est ce qui le retint, l'empêcha d'aller jusqu'au bout. Elle pouvait tout aussi bien n'en avoir que faire, mais si tel était le cas, il n'avait aucun doute quant au fait qu'elle ne manquerait pas de le lui faire savoir à sa manière. Son parfum, comme par le passé, commença à l'enivrer tandis qu'il l'enlaçait étroitement, non sans l'avoir au préalable fait tourner sur elle-même de sorte à pouvoir la prendre dans ses bras et qu'elle s'appuie contre son torse comme elle avait pu le faire autrefois. Un geste tout aussi intime à sa façon, quoique plus tendre, et qu'il espérait être moins perturbant pour eux. Il ne savait presque rien d'eux, et s'en voulait presque de faire irruption bien malgré lui dans la vie de famille morcelée qu'ils devaient à peine commencer à reconstituer.

Mais là encore, il ne put aller au bout de sa pensée. En voulant l'enlacer, ses bras trouvèrent sur leur chemin la cause de la légère lourdeur qu'il avait ressenti en manipulant son corps svelte dont le contact lui avait tant manqué. Svelte, il ne l'était plus tant, mais cela ne dépendait nullement de sa volonté ; la façon dont son ventre s'était arrondi n'était à l'évidence pas du à quelque excès que ce soit. Si sa sagacité lui fit immédiatement devenir de quoi il était ici question, il fallut plusieurs secondes avant que son esprit n'en fasse la mise au point – pour qu'enfin, il accepte cette idée. Sa main s'y attarda, le temps d'une caresse de ses doigts fins. Ses yeux s'écarquillèrent, un éclat de stupeur illuminant un bref instant ses prunelles glacées. C'était bien la dernière chose à laquelle il aurait pu penser. Alors qu'en tant que Chevalier d'Or, il avait été témoin de bien des miracles et en avait lui-même créé, il ne lui était pas venu une seule seconde à l'esprit. La possibilité d'enfanter, d'engendrer une descendance, lui qui était condamné à vivre seul et à mourir seul, aurait du lui être refusée. Et pourtant. De cet amour étrange, quelque chose allait naître. Mais quoi ?
C'est... entama-t-il, interdit, sans toutefois rompre le contact. Comment est-ce possible ?
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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Mar 3 Déc - 17:52

Le fruit de notre Union






 
Mes sens ne m'avaient pas trompé : l'élu de mon cœur était là, à quelques mètres de moi, perché là-haut sur l'un des mâts de mon bateau, le Black Pearl. On ne pouvait pas dire qu'il se confondait avec la couleur des cieux, de celles des voiles noires du navire. Le rouge le paraît d'une manière saisissante, faisant naître en moi, de délicieux souvenirs. D'un passé pas si éloigné. Pourtant, ô pourtant comme les jours m'avaient semblé long. Sans lui, sans la chaleur de ses bras. Après tout, je ne pouvait m'en prendre qu'à moi-même. Cette décision de prendre des distances émanait de moi et de moi seule. Si le chevalier des Poissons avait parfaitement accepté sans rechigner de se plier à mon désir, à la longue, c'était bien moi qui regrettait ce choix. Surtout vu les circonstances. La tête vivement relevée vers lui, de concert mes enfants avaient eux aussi levés les yeux vers Celsius. Mes cheveux de feu dansaient au même rythme que les siens, dans une valse lente et hypnotique. Je sentais Lune se crisper quelque peu en comprenant qui était l'inconnu posté là haut, sur le point de descendre comme le laissait entendre ses premiers mots m'étant adressés. Je savais que la première rencontre serait compliquée, seulement, tout têtu qu'il était, mon fils était quelqu'un de sociable, à l'excès. Sur ce point, il était pareil à Astre ou Menelaos. Après tout, son Destin n'était t-il pas tout tracé sur ce point ? On ferait sans doute de lui le prochain Prêtre du Sanctuaire Sous-Marin. Cette idée ne me plaisait guère, mais enfin, que voulez-vous. J'avais déjà pas mal désobéi au Conseil, une faute de plus, une faute de moins... Puis, merde, qu'est-ce qu'ils pouvaient bien me faire ces connards gâteux qui avaient le cul collés à leurs chaises ? Rien, puis si ils essayaient, je les attendais les mecs !

Tel un chat, le Saint des Poissons se réceptionna sur le pont principal. À présent, quelques mètres à peine nous séparaient. Que devais-je faire ? Comment devais-je réagir ? Pour une fois, je ne savais pas quelle attitude adopter. D'habitude, j'aurais laissé mon cœur parler, sans doute lui aurais-je déjà sauté au cou. Mais maintenant que je l'avais sous les yeux, j'étais comme pétrifiée. Je portais une main à ma poitrine : pas de doute, c'était bel et bien mon cœur qui battait ainsi la chamade. Un fin sourire étira mes lippes sans que je m'en rende compte. Béatement, j'étais comme une adolescente amourachée du premier bel Apollon venu. Sauf que c'était mon bellâtre à moi que je retrouvais après de longs mois sans nouvelles. Ah, c'était bizarre comme impression mais... c'était comme si lui et moi, ne nous étions jamais quittés !

« Vraiment ? Pas un seul jour ? » le taquinai-je en lui lançant un regard farouche, puis une petite moue. « Tu m'as manqué aussi, Celsius. »

Les traits de mon visage redevenaient sérieux pour ces quelques mots. Destinés à lui seul. Je ne pus m'empêcher de jeter un coup d’œil à Lune et Calista : ils n'avaient pas bronché mais je sentais que mon petit bonhomme se rongeait le frein. Je me demandais bien à quoi il pensait. Mais vu comment il regardait le Saint doré, c'était sans doute pas très flatteur ce qu'il avait envie de lui dire ! Amusée par tout ceci, et ce bien malgré moi, je reportais mon attention sur l'homme qui, enfin, s'approchait. Prête à le prendre entre mes bras, je retiens mon geste en le voyant faire. Contente de ce petit manège, je m'y prêtais fort volontiers et, yeux dans les yeux, je me contentais de lui sourire. C'était je pense bien suffisant, tous mots étant superflus. Quelles paroles auraient pu traduire tous le chaos de ma pensée ?

« Ah, ah ! Oui, ce sont mes enfants Celsius ! » fis-je en captant son trouble. Je me reculais d'un pas pour les prendre tous les deux par les épaules et les présenter aux yeux des Poissons. « Lui, c'est Lune ! Dis bonjour à Celsius ! Il ne va pas te manger tu sais. » Je désignais l'enfant à la chevelure carmine à mon bien-aimé, mais ce dernier s'obstinait à garder la tête basse de façon à ce qu'on ne puisse pas voir sa petite gueule d'amour. Je lançais à Celsius, un petit regard navré. « Et elle, c'est Calista dont je t'ai aussi parlé ! »

Cette fois, et comme je m'y attendais, ma fille bomba le torse et présenta une main se voulant « virile » au Chevalier d'Athéna. Toujours aussi solennelle... Mais, sans crier gare, Calista d'un bond souple, sauta au cou de Celsius pour déposer un baiser sur sa joue.

« Oh Calista ! Le premier baiser me revenait, non ? » La fillette me tira la langue par jeu et, après avoir réintégrer la terre ferme, alla attraper son frère pour aller jouer plus loin. Le Roi des Ronces en profita pour me soulever hors du sol. J'éclatais alors d'un rire ravie, prenant soin de garder pour autant, mon ombrelle près de moi. Sous son couvert, nous nous enlacions. Sauf que bien évidemment, il sentit que quelque chose n'allait pas. J'affichais déjà un air malicieux en le voyant comprendre, perdre ses moyens puis balbutier comme un benêt. Cette fois, ce fut moi qui alla lui voler un baiser en l'attrapant par le col.

Je me laissais aller contre lui, enivrée par son parfum subtil de roses. Les explications viendraient après. Juste encore un petit peu... « Mais comment ? Tu plaisantes ? » -je laissais passer quelques secondes pour faire enfler ma mise en scène. « Celsius, tu ne sais pas comment on fait les bébés ? Alors que pourtant... je pensais avoir été des plus explicites. Alors viens par là que je te remontre comment on s'y prends... »

Je riais aux éclats, les larmes montaient toutes seules à mes yeux. « Désolée, j'aime vraiment te taquiner, je ne suis pas très sympa, hein ? Allez ne tires pas cette tête là ! Oui, nous allons avoir un enfant Cel'. »

C'était dit. Maintenant, je me demandais comment il allait réagir ? Je ne pensais pas qu'il soit du genre à fuir en courant. Je prévoyais surtout une réaction contenue, car comme moi, il se demanderait ce qu'il en était de sa... malédiction ? Si je ne m'en faisais pas outre mesure, c'était parce que, en fin de compte, l'enfant à naître était le fruit de notre union, de notre amour. Relevant mes yeux verts vers lui, je l'intimais à garder sa main contre mon ventre.

« Je dois t'avouer qu'en l'apprenant, je n'avais qu'une envie, c'était de te rejoindre. Mais... c'était très compliqué ces temps-ci et j'ai vécu vraiment des choses folles. Il faut que je te raconte d'ailleurs pour... ça ! »

Je lui désignais d'un geste de la main, le Black Pearl. Je me perdis à le contempler pour la énième fois. Mon bateau. Il avait fier allure avec sa ligne élancée, ses voiles ténébreuses ! Sans parler qu'il était le plus rapide sur les flots ! Je l'avoue, j'étais très fière de mon navire. Navire que je devais à Suoh aussi. Sans lui... oh, je ne préférais même pas y songer ! Une ombre fugace passa devant mon regard, que je chassais bien vite en souriant, encore.

« Et oui, j'ai récupéré mes enfants, je l'ai fais Celsius, je l'ai fais ! Bon... je ne te cache pas qu'en contrepartie j'ai de nombreux soucis m'enfin ! Je suis Mary Red, la pirate de renom ! Je n'ai peur de rien, de personne ! Là, maintenant, entourée de ma famille, bien qu'il manque ma chère sœur Ann, je dois dire que je suis comblée. Oui, je n'ai jamais été aussi heureuse. »

Sur ces mots, ce fut à mon tour de lui sauter dessus, prenant pourtant soin de ne pas me faire mal. Tous deux dans le sable fin et chaud, l'ombrelle projetant son ombre au dessus de nos têtes, je l'observais sans vergogne, les prunelles pétillantes, les cheveux emmêlés aux siens.

Qu'il était bon de se sentir ainsi.




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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Mar 10 Déc - 15:36

:: Un Retour tant Attendu :.

À n'en pas douter, sa promise avait beaucoup de choses à lui raconter. Et lui, qu'allait-il bien pouvoir lui dire ? Si ce n'était l'élection du nouveau Pope qu'il ne manquerait pas de lui révéler. S'il ne savait plus guère s'il pouvait voir les Marinas comme ses alliés, elle connaissait Shion pour être l'un de leurs amis et finirait de toute façon pas le savoir. Et puis, elle c'était elle et les Marinas c'étaient les Marinas. Si cela avait pu au début lui poser différents cas de conscience, il n'avait pas – plus -  la tête à s'embarrasser de ces futiles formalités. Avec tout ce qu'il avait pu vivre ces derniers mois, il estimait que faire fi de leur allégeance divergente de sorte qu'elle ne vienne pas entraver leurs sentiments se justifiait pleinement. Tant pis si qui que ce soit n'était pas de cet avis. Après que son moral ait été si souvent mis à mal, n'avait-il pas droit lui aussi à son utopie ?

Si la mine renfrognée du garçon le mettait quelque peu mal à l'aise, il ne l'en comprenait pas moins. Arrachés à leur mère il y a de cela si longtemps, ils n'étaient revenus à ses côtés qu'au moment d'apprendre qu'elle allait se remarier. Sans parler de la place qu'occupait la disparition de leur père dans l'équation. Il s'était éteint à jamais. Il leur fallait se faire à cette idée, quand bien même elle devait être difficile à s'accepter. Le Saint des Poissons garda le silence un bref instant. Il lui était déjà arrivé de se demander comment il devrait se comporter envers eux et,  parfois, à l'attitude à adopter si Astre devait au final n'être pas qu'un souvenir du passé. On ne sait jamais, le cosmos recelait bien des secrets. Devrait-il céder sa place ? La conclusion était invariablement la même : mieux valait peut-être ne pas savoir.

Leur présence le prenait au dépourvu, si bien qu'il en venait à se demander s'il n'était ne serait pas de trop dans ce tableau de famille. Ce n'était pas la sienne. Pas plus que sa place n'y était.  Lorsque Mary leva les yeux vers lui pour excuser les manières de son fils, le regard contrit de connivence qu'il lui adressa en retour parla pour lui. Non qu'ils le dérangent le moins du monde pour sa part : il croyait sincèrement qu'elle finirait un jour par les retrouver et avait su dès que l'annonce lui en avait été faite qu'il lui faudrait s'y préparer. Mais si lui devait représenter une gêne quelle qu'elle fut à leur unicité, alors... Quelles seraient les mesures à adopter ? Il devait encore être trop tôt pour le dire, mais il n'en concevait pas moins une certaine angoisse.

Néanmoins, ses craintes se dissipèrent – au moins pour un temps – quand la cadette lui sauta littéralement au cou pour piquer un baiser sur sa joue. Tressaillant sous le coup de la surprise, il la considéra d'un oeil perplexe avant de lui adresser un tendre sourire. Bien qu'il ne soit pas coutumier de pareilles façons de faire, elle n'était pas sans rappeler celles de sa mère. Oui, elle avait de qui tenir. Au moins, elle avait l'air de ne pas être trop incommodée par le fait qu'il soit dorénavant des leurs et même s'en réjouir. En comprenait-elle vraiment tous les enjeux, jeune comme elle l'était ? Quoi qu'il en soit, la voir si chaleureuse à son égard sut le rassurer un tant soit peu sur son devenir au sein de ce foyer – le sien désormais ? Il repoussa quelques mèches carmines derrière son oreille, ne sachant quoi penser de tout cela.

Cela faisait beaucoup d'un coup, même pour lui.

Certes, cela restait à l'échelle « humaine » et donc sans commune mesure avec ce que son rôle de Chevalier avait pu l'amener à voir, mais il n'en était pas moins sujet à une montée d'émotions qu'il n'aurait pu que difficilement planifier. Fort heureusement, les nouvelles étaient bonnes et même mieux que ça – du moins, en ce qui concernait le fait de la revoir et, à plus forte raison, alors qu'elle avait pour ainsi dire récupéré ce qui manquait à sa vie. Un enfant à naître était supposément un heureux événement, ce qui le faisait se sentir coupable de ne pas partager son enthousiasme. Nonobstant le fait qu'ils ne l'aient nullement envisagé ni l'un ni l'autre – à moins que ? – ce qui était déjà dérangeant en soi compte tenu de la vie qu'il menait et de son jeune âge, sa nature et avec elle les gênes qu'il leur transmettrait venait compliquer la donne.
Je ne le sais que trop bien. répondit-il avec un sourire de façade.
Verrait-elle au travers ?

Si la tradition voulait que le poison ne soit jamais légué autrement que par le rituel des Liens Écarlates, il était la preuve vivante que cela ne s'appliquait pas à chaque fois. Il n'avait eu besoin de l'aide de personne afin de devenir une nuisance pour ses semblables, le venin qui coulait dans ses veines lui était venu spontanément – hélas. Non, contrairement aux doutes que Mary faisait mine d'avoir pour le taquiner, Celsius n'était que trop au fait des règles de la f procréation et c'était très exactement la source de ses inquiétudes. N'y avait-elle pas pensé ? Il avait du mal à y croire, en particulier en se rappelant les précautions qu'il avait du prendre avec elle la dernière fois pour qu'elle ne fasse rien d'insensé. Maintenant que ce qu'il restait de sa famille était à nouveau à ses côtés, elle n'avait pourtant plus de raison de vouloir mourir.

Le Roi des Ronces ne comprenait donc pas comment elle pouvait être aussi sereine, et cette incompréhension dut se lire dans son regard alors qu'il la tenait serrée étroitement dans ses bras. Il leur faudrait en parler plus avant, plus tard ou maintenant. Mais au vu de la rondeur qu'arborait désormais son ventre, il refusait de croire qu'elle n'ait pas envisagé une seule seconde tout le danger que cela pouvait représenter. Elle avait eu tout le temps d'y penser. Aussi ne pourrait-elle pas nier s'il l'y confrontait. Son étreinte se resserra quelque peu autour de son corps certes un rien plus pesant qu'auparavant, mais qui, aussitôt logé au creux de ses bras, lui avait semblé irrémédiablement plus fragile. C'était à lui de la protéger, en ce jour plus que jamais, mais pouvait-il seulement la défendre contre sa propre inconséquence ?
Tu sais ce que ça implique, n'est-ce pas ? souffla-t-il dans son cou pour qu'elle seule puisse l'entendre. C'est de la folie. Ça n'aurait pas du se produire. S'il t'arrivait quelque chose... il releva juste assez la tête pour fixer les enfants, plus loin sur la plage. Risquer le bien-être de ses enfants à peine sortis des griffes de l'oubli pour celui à naître ?
Tout était doute dans sa tête, et il se sentit pitoyable. À peine s'était-il retrouvé qu'il fallait déjà qu'il s'en fasse à son sujet. Même s'il avait peine à y croire, peut-être avait-elle déniché au cours de son voyage quelque chose qui lui permettre d'être aussi nonchalante. Cela serait surprenant au vu de la virulence de son poison – laquelle s'était d'ailleurs encore accrue depuis leur dernière rencontre – mais mieux valait sans doute se cramponner à cette chimère s'il ne voulait pas se ronger les sang au point de risquer de gâcher leurs retrouvailles. De toute façon, elle ne tarderait pas à savoir ce qui le préoccupait, si elle ne le devinait pas déjà. Ce n'était là qu'une question de temps. Et si urgent, si important que ce soit, il devait avouer ne point être pressé d'aborder le sujet : leurs humeurs à tous les deux risqueraient fort d'en être altérées...

Fermant les yeux, il repoussa de vive force toutes ces idées noires pour profiter un peu plus du moment présent. Préoccupé par sa condition de poison pour l'humanité, le Chevalier des Fleurs ne vivait que trop rarement au jour le jour. Ses pensées se focalisèrent sur le goût des lèvres de Mary qui flottait encore sur les siennes tandis qu'il se pelotonnait contre elle afin de pouvoir s'imprégner de sa chaleur, meilleure encore sur sa peau que celle du soleil qui dardait sur eux ses rayons. Pour la bonne et simple raison qu'elle lui réchauffait le coeur, qu'elle était la seule à pouvoir faire tomber en un instant les murs de glace dont il l'avait entouré. Dont il continuait de le faire en permanence pour remplir sa mission de Chevalier Sacré. Mais tout cela semblait bien loin à cet instant, comme un rêve, une autre réalité.

Ce moment de plénitude fut toutefois interrompu quand elle lui sauta au cou, le faisant tomber à la renverse. S'il l'aurait rattrapée sans l'ombre d'une difficulté en temps normal, qu'elle l'ait pris par surprise lui avait fait perdre l'équilibre avant qu'il n'ait pu le réaliser. C'était exactement ce qu'elle voulait, comme il le sut aussitôt en voyant l'éclat de son regard. Au moins fit-il le nécessaire pour faire de son corps un rempart entre elle et le sol afin d'amortir le choc. Si elle était aussi agitée pendant les grossesses qui avaient donné le jour à ses enfants, il y avait matière à se demander comment ils pouvaient être en si bonne santé cette pensée réussit à le distraire de ses peurs – si elle était trop désinvolte, peut-être était-il lui aussi trop sérieux ? - alors qu'il s'échouait sur le sable fin.

Ses yeux se fermèrent d'eux-même pour le laisser savourer cette minute de répit, allongé sur une plage avec celle qu'il aimait et le bruit de l'océan dans les oreilles. Ses mains se rejoignirent au bas de son dos pour la maintenir contre lui alors qu'il enfouissait le visage dans son cou pour s'enivrer de ce parfum qui, déjà une fois, lui avait fait perdre la tête – et l'on en voyait à présent les conséquences, ainsi qu'il pouvait le sentir lui-même à hauteur de son abdomen dans cette position. Ce n'est qu'après avoir passé quelques instants dans cette posture qu'il leva la main pour lui relever le menton d'un geste délicat et échanger avec elle un baiser d'abord délicat, puis de plus en plus passionné. Il n'y avait qu'avec elle qu'il était libre de s'exprimer, autant ne pas s'en priver. Bien que succinct, ce moment d'intimité ne fut lui non plus pas sans lui rappeler une certaine nuit agitée. Calmant sa respiration, il la regarda droit dans les yeux.
Moi aussi, je suis heureux de te revoir. Je me suis demandé si tu ne m'avais pas oublié. lui dit-il, sourire aux lèvres. Tu ne changeras jamais. Je vais finir par croire que tu aimes te mettre en danger dès que j'ai le dos tourné. Je t'avais pourtant dit que tu pouvais faire appel à moi... Je suppose que tu te seras dit que c'était quelque chose que tu devais régler par toi-même, n'est-ce pas ? J'imagine que le plus important, c'est que tu t'en sois bien tirée... Mais ne refais plus jamais ça. En tout cas, pas sans moi.
Il lui caressa la joue afin de passer la main dans ses cheveux, non sans retrouver sans tarder la sensation de plonger les doigts dans une mer de flammes. Son front alla rejoindre le sien et, alors qu'il calmait sa respiration, écouta la sienne pour s'apaiser. Quand bien même les raisons pour lesquelles elle lui avait manqué étaient légions, et quand bien même il y avait quantité de choses qu'il voulait faire – et refaire – avec elle, c'était la simplicité de ce contact qui lui avait le plus fait défaut durant tout ces mois passés à l'attendre, sans savoir quand elle reviendrait – lui reviendrait. La simple idée de passer à nouveau une nuit avec elle, à sentir le poids de son corps contre le sien comme c'était le cas à cet instant et à l'observer dans son sommeil, princesse endormie plus paisible qu'elle ne le serait jamais éveillée, le faisait frémir d'envie.

Mais en auraient-ils seulement l'occasion ?

Combien de temps pourrait-elle rester ? C'était une question qu'il n'osait pas lui poser, de peur que la réponse ne le déçoive. Mais si longue soit cette escale, il ne doutait pas une seule seconde qu'elle serait bien remplie. Il y avait tant de choses dont il leur fallait discuter – et pas que des plus enchanteresses, il le craignait. Un voile d'ombre passa dans son regard au moment même où il se souvint de son entretien avec Yavin. Cela pouvait attendre. Cela avait déjà attendu jusqu'à maintenant. Mais elle devait savoir. Il ne pouvait en être autrement. Encore fallait-il savoir comment le lui annoncer, et cela, le Saint des Poissons savait que des années de préparation n'auraient pas suffi à l'y disposer. Pourtant, il le fallait.

Mais pour l'heure, c'était une tout autre interrogation qui lui brûlait les lèvres tandis que son pouce parcourait la joue de sa belle avant d'effleurer ses lèvres pulpeuses qui, à nouveau, exerçaient sur lui leur suave attraction à laquelle il résista néanmoins le temps de poser sa question. Un sourire ourla ses lèvres pour qu'elle ne le prenne pas trop au sérieux. Ce n'était pas le moment de la mettre en colère par mégarde...
Puisque tu es heureuse, à quoi suis-je supposé te servir ? Tu n'as plus besoin d'un bourreau.
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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Mar 10 Déc - 22:29

Enfuyons-nous !






 
Deux êtres diamétralement opposés, c'était le moins que l'on puisse dire ! Quoique, à bien y regarder, nous n'étions pas si différents, lui et moi. Vous me direz, nous avons déjà un gros point commun et pas des moindres, si d'aventure, vous n'étiez pas aveugle ou complètement con. Oui, je parle de la couleur de nos cheveux. C'est drôle, cette ressemblance. Puis, sans mentir, j'ai toujours été attirée par cette couleur, le vermeil. Teinte du sang. Qu'est-ce qui nous avait rapproché lui et moi au final ? Qu'est-ce qui avait fait que … ? Nous tombions dans les bras de l'un et de l'autre ? N'allez pas penser que c'était là par désespoir de cause. Peut-être que nos déboires respectifs et qui faisaient échos entre eux, nous avaient permis ce rapprochement insensé. Pas si fou que ça, je le pense sincèrement. Certes à l'époque j'étais fragilisée par la perte d'Astre, bien que cela se soit passé il y a quelques temps, mais... non, ce n'était pas ça qui était en cause. Rien de tout ça. J'aime à penser que le Destin nous avait joué un tour à tous les deux au moment où nous en avions le plus besoin.

C'était vrai. N'était-il pas intervenu au moment où nos pieds étaient presque à tutoyer le vide ? Alors que nous faisions face au vide, perchés sur une falaise ? Nos regards perdus dans le lointain, à contempler tristement nos passés, à goûter ce présent sans saveur, c'étaient détournés pour que l'on puisse se voir. Se trouver. Je souriais à ce drôle de cheminement de pensée. Parfois, je pouvais me montrer très... rêveuse ? À moins que je ne sois complètement lucide ? Allez savoir. Quoiqu'il en soit, au creux de ses bras, je me sentais enfin complète. Entière.

Mais lui, alors que moi je tentais de les dissimuler derrière une nonchalance exacerbée, ces angoisses, les ressentait pleinement. Le rassurer ne serait pas chose aisée et j'en comprenais parfaitement les raisons. Il allait et, je doute que cela l'ai percuté, devenir père. Cette situation devait le mettre aux pieds du mur, non? Je craignais bien que si. Bon, c'était pour le moins inattendu, ça, je lui accorde, seulement, je pense que tout ceci est une bénédiction. Un miracle qui ne faisait que confirmer ce coup du Destin. J'étais une aventurière, joueuse, intrépide, j'étais Mary Red, la pirate crainte et reconnue sur toutes les mers et les océans ! Avoir un enfant avec celui que j'aimais ne me faisait pas peur. Je le regardais d'un air tendre alors que je voyais une foule de sentiments se bousculer dans ses claires prunelles. Après avoir répondu à ce baiser tendre, puis de plus en plus enflammé, je fis en sorte que nos lèvres se désunirent pour lui lancer un regard des plus sérieux.

« Je sais parfaitement ce que cela implique Celsius, je le sais et j'accepte cette possibilité, ce risque. » Une main distraite se posa en travers mon ventre arrondi. « Et bien, ça s'est produit et il n'y a rien à regretter. Tu ne dois pas avoir peur, c'est arrivé, c'est tout. Tu sais... tu devrais voir cela comme un... signe de bon augure au lieu de voir tout en noir ! » le taquinais-je en lui prodiguant une petite pichenette sur le front.

Ses angoisses, bien-fondées, ne pourraient être balayées comme ça négligemment d'un revers de la main. Pour les effacer, je devais faire preuve de patience, et surtout, d'user des bons mots. J'étais en pleine forme, bien mieux à dire vrai que lorsque je portais Lune. Cette fois, c'était complètement différent, bien que certains signes me remplissaient de perplexité. Comme le fait que je sois si grosse à trois mois du terme ! Cela ne paraissait pas déranger Mon Roi des Roses qui, enivré de mon parfum, se montrait de plus en plus entreprenant. Un sourire malicieux ourla mes lèvres

« Je te promets que tout se passera bien, je peux déjà t'affirmer par connaissance de cause, que tout se passe très bien, voire bien mieux que la première fois ! Oui, n'oublie pas que j'ai déjà eu un enfant... » lui glissais-je à son oreille en faisant allusion à mon garçon bien trop occupé à poursuivre sa sœur en courant à en perdre haleine, que de regarder dans notre direction. « Tu es inquiet, c'est normal, tous les pères le sont. Le « Poison » ne change rien. Tu me fais confiance ? Tu sais que j'ai un bon instinct. »  

 Puis, il enchaîna sur d'autres craintes, passées, cependant évoquant mes petites escapades, mes aventures, les dangers qui en ont découlé, je crus comprendre, enfin... oui noter une sorte de... réprimande ? Ce n'était que de l'inquiétude, cela aussi je le comprenais, comme il avait comprit que j'étais ainsi, libre de faire ce que j'entendais. Or cette fois, j'avais eu mes raisons de faire cela seule. Enfin... pas réellement seule.

« T'oublier ? » commençais-je avec un grand sourire alors que mes yeux pétillaient « Tu penses réellement que j'aurais pu t'oublier ? Non. Peut-être que ça va te surprendre, mais je n'ai eu de cesse, comme toi, de penser à mon preux chevalier servant ! » je renversais la tête en arrière pour éclater d'un rire joyeux. « Tu vois, tu commences à me connaître Cel' ! Et sur ce point, rassures-toi, je n'ai jamais été seule, je ne le suis plus vraiment ces temps-ci... »

Terminais-je dans un petit clin d’œil coquin. Une autre caresse sur ma joue, un autre sourire. J'étais comme dans un rêve : envolées mes propres interrogations ! Je n'aurais pas dû trop m'en faire pour ces retrouvailles, il avait l'air de prendre les choses plutôt bien. Au moins, il ne s'était pas évanouit comme Astre. J'exagère à peine ! Je me souviens surtout de sa tête quand je lui avais annoncé que j'attendais un enfant de lui ! Comme à son habitude, il était parti dans des expressions improbables, parfois agrémentées de mots à peine audibles et des jurons clairement identifiables, eux. Et puis, dans mes souvenirs, il s'était encore une fois retrouvé les quatre fers en l'air, avant de s'asseoir, sur le cul, la bouche grande ouverte. On peut dire que sur ce coup, les réactions étaient belles et bien différentes !

« Je te demande pardon ? »

Malgré ce sourire, je savais très bien que quelque part, il était très sérieux. S'il essayait de prendre des pincettes pour ne pas me froisser, il venait de foirer son coup ! Me redressant sur un bras, le foudroyant du regard, je laissais quelques secondes passer pour ne pas laisser ma colère lui exploser à la figure.

« Tu as de la chance que je sois...Ouhhhh ! » grondais-je mécontente en l'attrapant par le col, exerçant une pression de mon corps, contre le sien. « Parce que tu penses que je te résume encore ainsi ? À un Bourreau ? Détrompes-toi monsieur-je-sais-tout ! Sous tes airs qui se veulent froid et distant, je vois bien que tu crèves d'envie de savoir ce que je pense de toi, de nous. Tes manières ne me trompent pas, je ne suis pas une idiote Celsius des Poissons. »

Je m'appuyais davantage sur lui, approchant mon visage du sien à quelques centimètres. L'expression de mon visage se fit d'un seul coup, plus doux. Un sourire illumina même mes traits. Je me pris à rire de nouveau.

« Parce que je t'aime Celsius. Voilà pourquoi. Et parce que malgré tout, j'ai besoin de toi, même si j’œuvre souvent en solo... » Après quelques instants, je me relevais, lui offrant ma main libre pour l'aider à se redresser. « Au faite, si je suis là c'est aussi pour autre chose. Je t'embarque. »

Un moment de flottement pour voir sa réaction. Un sourire carnassier se dessinait petit à petit, là, sans crier gare je le saisis plus fermement par le poignet pour l'entraîner à ma suite. Rapidement et sans doute parce qu'il le voulait bien, ou qu'il était trop déboussolé pour réagir, je l'emmenais sur mon bateau. Je fis signe à Lune et ma fille de remonter. De là, je les voyais rouspéter et m'en amusais clairement.

« Je t'emmène avec moi ! Allons quelque part, enfuyons nous pour quelques temps ! Oublions qui nous sommes, juste un peu... je sais que tu as des responsabilités, mais, nous sommes des êtres hors du commun ! Si quelque chose arrive entre temps, nous pourrons revenir très vite ! Oh et je t'assures d'une chose : mon navire est le plus rapide qui soit ! Je te présente le célèbre Black Pearl ! Allez viens, je te fais visiter... Celsius ? »

Prête à repartir dans mon petit manège, je lui lançais un regard à la dérobée...




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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Mer 11 Déc - 10:51

:: Un Retour tant Attendu :.

Contrairement à elle, il n'était pas né dans le sang : il s'y était noyé contre son gré. Le croirait-elle s'il lui racontait qu'à l'origine, ses cheveux avaient la pureté de l'azur ? Un ciel clair sur une mer de sang, voilà à quoi aurait alors ressemblé leur association... Image non moins poétique, certes, mais moins harmonieuse que celle qu'ils livraient à cet instant. Voilà quelles étaient ses réflexions tandis qu'il humait les yeux fermés l'odeur de sa bien-aimée. Pouvait-on dire que ce rouge était plus vrai que le sien ? Elle qui ne l'avait jamais connu que sous cette allure, qu'en aurait-elle pensé si elle l'avait vu à l'époque ? Cela faisait fort longtemps qu'il avait oublié toute possibilité que sa masse capillaire recouvre un jour son aspect d'origine, et il savait également qu'un jour viendrait où ses yeux aussi perdraient de leur éclat pour se teinter de celui du sang frais, celui qui s'écoule d'une plaie ouverte.

Comment le vivrait-elle ? L'heure n'était pas venue d'y penser, pas encore. Mais toute réflexion faite, il connaissait la réponse : elle trouverait sans doute l'une ou l'autre plaisanterie à lui faire à ce sujet sans chercher plus loin. Cette pensée lui fit le plus grand bien en brisant cette pointe de morosité dans son élan. Après tout, lui-même avait été influencé par cette tendance lorsque la guerre avait touché à sa fin, fort du grimoire que Jack lui avait offert. La couleur céleste de son regard – qui, quant à lui, ne l'avait jamais perdue – se fit moins éclatante tandis que de sombres nuages la traversaient à l'évocation de ce dernier. Il devrait répondre de ses actes, de ses paroles. Celsius s'en était fait le serment. Le sort incertain de Yavin l'avait conforté dans sa résolution.

Cette sinistre confession qu'il lui cachait encore par la force des choses était aussi pour beaucoup dans son mal-être, mais il ne devait rien lui en montrer avant qu'elle franchisse la barrière de ses lèvres. Oui, il était difficile de voir l'avenir d'un oeil serein alors même que le père de sa promise œuvrait à le compromettre... Sa gorge se noua à l'idée de devoir choisir sa place, son camp, peut-être se battre contre celle qu'il aimait. Le sens dans lequel il irait n'était que trop clair en l'état, et c'était bien ce qui le culpabilisait. Une situation qu'il était nécessaire de régler au plus vite quoi qu'il en soit, ne fut-ce que pour que tant Mary que leur progéniture à venir ne soient pas pris dans l'engrenage de ses machinations. Le Chevalier des Poissons ne le permettrait pas.

Néanmoins, il en était encore à se demander ce qui avait pu conduire à un tel changement de la part de celui qui l'avait aidé, lui avait donné son assentiment. Y avait-il quelque sordide secret à l'ombre de ce soudain revirement ? Pour des raisons à peu de choses près similaires, il voyait mal Poséidon orchestrer à l'abri des regards ce coup de poignard. Mais les apparences sont souvent trompeuses, il était bien placé pour le savoir. En qui pouvait-il encore croire ? À chaque fois que cela revenait hanter son esprit, il finissait par se demander s'ils n'étaient pas seuls contre le monde au bout du compte. Tout à ces tergiversations, le Roi des Ronces releva la tête pour poser un baiser au bout du doigt qui venait de le frapper, affichant un pâle sourire.
J'imagine que de toute façon, il est trop tard pour y faire quoi que ce soit, déclara-t-il avec philosophie. Mais je ne te laisserai pas risquer ta vie. Je ferai tout ce que je peux pour qu'il ne t'arrive rien, mais si ça devenait trop dangereux, promets-moi que tu m'écouteras.
Son ton s'était fait plus autoritaire qu'il ne l'aurait voulu au fur et à mesure de son discours. Ce n'était pas qu'il veuille lui donner un ordre ou lui imposer quoi que ce soit, mais il fallait qu'elle comprenne – le comprenne – qu'il ne la laisserait pas jeter sa vie aux orties, sachant qu'il en serait probablement de même s'il se mettait lui aussi sciemment en péril comme sa Sirène le faisait à tout bout de champ. Ses doigts caressèrent les siens, les faisant prisonniers un bref instant, pour envelopper de douceur cette demande tout ce qu'il y a de plus solennelle. Déjà, il se concentrait pour essayer de songer aux potions les plus à même de sécuriser cette situation qu'il n'avait pas prévue une seule seconde. Trop soucieux du danger, c'était à peine s'il avait eu le temps de penser à ce que cela lui faisait.

C'était si compliqué ! Être père, c'était quelque chose à quoi il n'avait jamais pensé, tant cela lui paraissait relever de l'impossible. Déjà, comment pouvait-il créer la vie alors qu'il ne savait qu'apporter la mort ? Avec le mal qui coulait dans ses veines, qu'il soit en mesure d'engendrer quoi que ce soit était hautement improbable. Cela n'avait rien empêché. « Mieux » encore, il avait suffi d'une fois... Enfin. Elle n'avait pas entièrement tort, il était bien forcé de l'admettre. Ce n'était pas que pour le rassurer qu'elle disait cela : elle était en parfaite santé, et au vu du stade avancé où elle en était, l'on était en droit de penser que si problème il y avait du y avoir, il se serait déjà manifesté. Pourtant, Celsius n'arrivait pas à être tranquille à l'idée qu'elle soit peut-être en train de devenir la matrice de sa propre mort...

Se laissant retomber dans le sable, il y demeura passif l'espace d'un instant, tentant de mettre de l'ordre dans ses idées – lesquelles en avaient grand besoin. Il était quelque peu honteux de l'assaillir de la sorte alors qu'ils venaient à peine de se retrouver, dès avant leur première vraie étreinte, mais au plus tôt le sujet serait abordé, au plus tôt il se tranquilliserait un tant soit peu – si c'était seulement possible. Pour l'heure, il devait bien avouer avoir du mal à l'envisager... Mais il savait pouvoir compter sur elle pour l'en détourner. Cette aptitude qu'elle avait à le faire relativiser même face aux pires catastrophes le fascinait. Sans doute ne serait-il pas en si bon état aujourd'hui si elle n'avait pas été là. Il lui devait beaucoup, plus qu'elle devait s'en douter, mais trouverait certainement le moyen de le nier s'il devait un jour lui en parler. Sa main alla se réfugier dans la nuque de sa promise pour attirer paisiblement sa tête au creux de son cou.
Ne fais pas semblant, tu m'as très bien compris. J'ai peut-être des devoirs et des obligations, mais nous sommes deux dans ce cas... Et je veux être là pour toi. Alors, la prochaine fois, si prochaine fois il y a, il la toisa d'un air faussement sévère, Appelle-moi. Peu importe où et quand. Je te le dois.
Cette dernière parole n'avait été que murmure, si bien qu'il se demanda si elle l'entendrait – que ce ne soit pas le cas ne serait pas un mal, sans quoi elle trouverait encore bien le moyen de l'en fustiger. Ses doigts effleurèrent le haut de son dos en une tendre caresse lui rappelant à quel point sa peau était douce. Une peau de satin, songea-t-il avec une pointe d'ironie, alors qu'il se blottissait contre elle de plus belle. Il aurait pu rester là indéfiniment, à son contact, à écouter la clameur des vagues et de l'eau dans cet écrin de dunes. Là où personne ne viendrait les chercher. Là où personne ne viendrait les déranger. Malheureusement, ce rêve ne pourrait durer – ce qui ne les empêcherait pas d'en profiter autant qu'ils le pouvaient. Même si le Saint des Poissons était moins détendu, il ne faudrait pas longtemps pour qu'il se laisse contaminer, comme la fois précédente, par cette légèreté à laquelle il n'était que peu habitué.

Un frisson lui parcourut la nuque quand elle le tança du regard. Il n'aurait pas du dire ça et il le savait, mais il avait un besoin vital – paradoxalement – d'exprimer le fond de sa pensée. Après tout, c'était là ce qui les avait liés. Mais - comme elle s'empressa de le lui faire remarquer - les choses avaient changé. À quel moment exactement est-ce que tout avait basculé ? Leurs liens – leur relation – s'étaient construits sur les cendres de ce pacte macabre. N'avoir pas à le faire finalement n'était pas sans lui procurer un certain soulagement. Non pas qu'il n'aurait pas été sûr d'y arriver, au vu de ses pouvoirs, mais il ne s'en serait pas remis. Indubitablement, c'était mieux ainsi. Même si cela créait nombre d'imprévus, jalonnant leur chemin commun des sursauts de l'inconnu. Mais sans surprises, la vie n'aurait que bien peu de saveur – et il n'était que trop temps pour lui d'apprendre à vivre.
Désolé. fit-il, gêné. Et merci.
Non pas de sa question, mais plus de la réponse qu'il y avait obtenue – on ne peut plus franche et sincère, comme toujours avec Mary. Cela faisait aussi partie de ce qu'il appréciait chez elle, ce côté direct là où lui-même ne savait qu'emprunter des chemins détournés... Il l'en récompensa, l'en remercia d'un nouveau baiser. Sa dextre, reposant sur son épaule, la caressa quelques secondes durant pour l'inviter à le prolonger. Cela valait bien un « moi aussi » - non que cela le gêne de le dire, n'avait-il pas commencé ? Mais il faut bien savoir varier les plaisirs. Ce faisant, il se releva quand elle le lui intima, plus par réflexe que par volonté. Ce n'est donc qu'une fois debout qu'il eut tout le loisir de s'interroger sur ce qu'elle pouvait avoir en tête, ne quittant qu'à regret le sable et le nid douillet qu'il leur formait. Le regard interrogatif qu'il lui lança devait être éloquent.
Où veux-tu aller ?
Innocente question, à laquelle il savait déjà qu'il n'aurait pas la réponse, en tout cas pas sans y être directement confronté. Ayant sauté sur ses jambes par ses propres moyens – il était hors de question d'infliger à sa belle le moindre effort superflu dans son état -, il épousseta tant son pantalon que la chemise que sillonnaient les grains de sable. Problème qu'il n'aurait pas eu s'il avait porté son armure, constata-t-il, voyant là une des nombreuses raisons faisant qu'il n'était que rarement en civil. Cette injonction soudaine ne lui disait rien qui vaille, et il redoutait de se prêter au jeu qu'elle paraissait avoir préparé. Quoi que cela puisse être, il abandonna très vite l'idée de le deviner, la sachant capable de redoubler de créativité quand il s'agissait de le faire tourner en bourrique.
Mais je...
Comme il aurait du s'en douter, la générale ne lui laissa pas le temps de protester. Le Chevalier d'Or jeta un regard alarmé en direction du Sanctuaire, là-bas, au loin, où sa garde l'attendait. S'il pouvait s'en éloigner, il n'était nullement prévu qu'il s'absente et il doutait fort que ce soit très apprécié. D'un autre côté, elle disait vrai en affirmant qu'ils pourraient toujours revenir sur leurs pas si quoi que ce soit n'allait pas. Le Sanctuaire connaissait actuellement une période de paix, calme non pas avant mais après la tempête, peut-être même un peu trop. L'ambiance y était morose, et changer d'air lui ferait le plus grand bien. Était-ce faillir à sa mission, que de prendre un peu de bon temps pour se ressourcer avant d'y retourner plus vaillant que jamais ? Se cachant derrière cette excuse – bien la seule qu'il puisse se trouver -, il se laissa entraîner. Lui aussi restait humain, après tout. Il avait bien le droit de se relâcher par moments, quoi que l'on puisse en penser. Et puis, n'était-ce pas l'un des préceptes de leur déesse, de rester fidèles à ce qu'ils étaient au fond d'eux ? De rester humains, quoi qu'il puisse leur arriver...
Très bien, je te suis. se résigna-t-il dans un soupir, secrètement ravi.
Définitivement, il devait s'habituer à ses lubies et à son goût prononcé pour le danger. Sans ça, à ce rythme, il ne faudrait pas longtemps à sa crinière écarlate pour être parsemée de mèches blanches avant l'heure. Mais - et surtout en l'état actuel des choses, bien que rien n'aurait pu lui permettre de le prévoir – il n'était que trop légitime qu'il fasse grand cas de sa sécurité et la prenne à à coeur personnellement. Elle s'était peut-être permis des folies durant les quelques mois où ils avaient été séparés, mais il ne lui laisserait point la chance de recommencer aussi longtemps qu'elle serait dans cet état. Concernant cet enfant, le Chevalier des Fleurs ne savait toujours qu'en penser, mais il ne la laisserait pas risquer sa vie par la faute d'un handicap qu'il lui avait lui-même imposé – c'était du moins la vision pragmatique qu'il en avait. Oui, puisqu'il en était responsable, il était de son devoir de veiller sur elle aussi longtemps qu'il le faudrait au lieu de la laisser s'aventurer dans les tréfonds d'il ne savait quel Enfer sur Terre.

Qu'il l'aimait, elle et son enthousiasme désarmant !
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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Dim 22 Déc - 21:07

Un petit jeu





 
Le danger ? Mais je me riais bien du danger, ah, ah, ah ! Croyait-il que je n'avais rien lu dans ces prunelles ? Que je ne relèverais pas cet infime éclair d'appréhension à l'idée de tourner le dos pour quelque temps seulement, au Sanctuaire d'Athéna ? Je pouvais le comprendre quelque part, bien que nos deux politiques soient diamétralement opposées, je ne pouvais pas lui en vouloir d'agir comme un Chevalier. Un Saint qu'il était avant d'être un homme. Du moins ... moi je ne voyais pas les choses ainsi. Si on me permettait à arpenter les mers et les océans, c'était sans doute parce qu'ils le voulaient bien, sans quoi, je serais déjà enchaînée à mon Pilier. Rah non, ça, je n'aurais pas pu m'y résoudre ! Ou peut-être … était-ce parce que j'étais issue d'une des plus illustres familles Atlantes ? C'était déjà nettement plus plausible. Je devais bien admettre que mon père était pour moi un parfait inconnu, et qu'il n'avait pas fait bonne impression, surtout chez ma sœur Ann, mais … je pense, sincèrement qu'il devait secrètement œuvrer pour nous et notre bien-être. Comment ça je me mettais le doigt dans l’œil ? J'osais croire encore à ma famille, oui, pour le peu qu'il m'en restait ! Non ? Je n'ai pas le droit à un peu d'innocence ? Je suppose que l'avenir me le dira. Auquel cas, j'aurais encore des pains à distribuer.

Je m'occupais moi-même de mes petites affaires, me foutant pas mal des conséquences. Le paternel était là aussi pour ça non ? Essuyer les conneries de ses filles. À lui aussi j'hésiterais pas une seule seconde à lui coller ma main dans sa trogne si le cas devait se présenter. La vérité, c'était que je ne me sentais pas chez moi au Sanctuaire Sous-Marin. Je m'y sentais même menacée. À qui la faute ? Ah, non, détrompez-vous, je ne regretterais rien. Rien du tout. Je n'hésiterais même pas une seule seconde si il me fallait recommencer. À quelques points près que je ne laisserais pas la sale besogne à ma chère moitié, ma précieuse jumelle. Je me demandais où elle était d'ailleurs ? Pensive, je finis par me détourner de mon intense contemplation, c'est à dire, le lointain, pour me concentrer sur un Celsius résolu à me suivre.

« Ah, ah ! À la bonne heure ! » fis-je en lui prodiguant une grande tape dans le dos par pur réflexe, ce à quoi j'ajoutais un sourire complice, se voulant … malicieux. « Tu ne seras pas déçu, je te le promets ! Toi et moi, on va mettre les voiles ! Suis-moi dans ma … cabine ! »

J'insistais sur le dernier mot avant de me racler doucement la gorge en signe de défi. Ce regard que je lui jetais était sans équivoque, je le défiais. L'équipage tout autour de nous était déjà en effervescence, fourmillant de gauche à droite concentré à leur tâche, obéissant à une règle établie depuis fort longtemps. Et ce, par mes soins. J'étais vraiment très contente de cela. Je n'avais plus réellement besoin de hurler à tout bout de champ, à moins que cela ne soit par jeu. Oui par jeu, c'était vrai, foi de pirate ! Avisant tout autour de moi, j'eus un éclair de génie en me souvenant que je devais d'abord faire quelques présentations, comme le voulait l'usage. Je pris donc le bras des Poissons avant de l'entraîner d'un pas guilleret sur le pont. Sous le regard amusé de quelques pirates que je connaissais bien et qui étaient issus de mon ancien équipage, j'allais vers une silhouette immobile, faisant face aux flots et ses caprices : mon Second … ce glorieux et ancien capitaine de ce navire...

« Capitaine Barbossa ! Salut vieux moisit ! Comment ça va ? » le type se retourna vers nous tout en éclatant d'un rire joyeux. Il était grand, le regard vif et possédait une barbe aussi rousse que ma chevelure ! Il me tapota l'épaule amicalement avant de darder ses noires prunelles sur le Saint. Sérieusement, je le préférais comme ça, que quand il était moitié homme, moitié squelette! Brrr, rien qu'à repenser à ça... j'en avais des frissons !  « M'amzelle Mary Red, vous revoilà donc avec votre Jules, celui dont vous êtes toujours en train de nous « esgourdir » les étagères ? Enchanté M'sieur ! Bienvenue à bord ! » J'ai vu qu'il lui offrit un petit clin d’œil avant qu'il lisse sa belle veste bleue. Barbossa était assez soigné … ce côté méticuleux me faisait toujours bien rire.

Le saluant d'un hochement le tête, lui intimant de bien garder le cap comme le voulait la tradition, je fis volte face non sans avoir attraper de nouveau mon « Jules » . Je lui glissais amusée : « Il a la langue bien pendue mais il est pas méchant. Celui dont il faut se méfier c'est... »

J'eus à peine le temps de terminer ma phrase que je le sentis arriver, ce vieux croulant ! Merde de merde, de meeeeeeerde. Pressant quelque peu le pas, je tournais subitement dans l'espoir qu'il nous perde de vue et obliquais vers la gauche, au milieu des tonneaux avant que je m'accroupisse, entraînant toujours mon bien-aimé. Je lui chuchotais alors en lui désignant un petit vieux qui comme ça, pouvait paraître bien innocent...

« Je te présente « Old John » » Je réfléchissais un court instant. « Mince, je ne sais plus si tu as déjà eut le plaisir de le voir ? Je m'en souviens plus. Bref, tout ça pour te dire, méfies t-en, enfin non, il a été comme un père pour moi c'est juste que euh... ce que j'essaye de te dire c'est qu'il faut te méfier de ses gâteaux. » Une petite pause durant laquelle j'avisais de sa réaction. « Si, si je te jure, ne me regarde pas comme ça ! Il est dangereux ! Ils sont justes... infâmes, dégueulasses... Je sais pas comment Ann fait pour les manger. Je me suis fait avoir pas mal de fois comme ça ! »

Ce fut à chaque fois, très éprouvant. Je me fous à moitié de vous là ! J'avais conscience que la situation était des plus comique. Mais, je me sentais bien ainsi. Un sourire vint ourler mes lèvres vermeilles. « Viens suis moi. »

Je poussais la porte de ma cabine. Si elle n'était pas aussi grande que celle du Hollandais Volant, elle n'en était pas moins spacieuse et surtout, très confortable. Et le point le plus important … aménagée selon mes goûts. Autant vous dire que le décor ressemblait à s'y méprendre à une scène des milles et une nuits où prédominait le rouge, les coussins, les tentures légères ou bien plus extravagant encore, du velours et des tapis épais et somptueux. Des coupes de fruits pleines de figues et des pommes rouges sang, et au milieu de tout ce bordel, une baignoire. Rien que ça oui !

« Désolée, je n'ai pas su résister ... » lui glissais-je à son oreille avant de le libérer de mon entrave. Je me dirigeais alors vers un des rideaux qui recouvrait un mur. Je tirais dessus pour dévoiler une grande carte du monde, tel que nous le connaissons aujourd'hui. Comme j'ai voyagé presque partout, autant vous dire que j'en avais rajouté un peu... Me rapprochant de nouveau, je me plantais devant un Celsius un peu décontenancé.

« Nous allons jouer un peu si tu le veux bien ? Fermes les yeux. » j'attendis qu'il s'exécute avant de sortir un poignard de sous mes vêtements. Que je lui remis avec douceur. « Maintenant … tu vas le lancer droit devant toi ! Allez, allez ! »

J'étais assez contente de ma petite mise en scène ...





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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Jeu 30 Jan - 23:00

:: Un Retour tant Attendu :.

Celsius se massa le poignet, légèrement endolori d'avoir été ainsi tracté. Même ces brefs accès de brusqueries lui avaient manqué, et ce parce qu'ils étaient parfaitement maîtrisés et dosés. Elle ne faisait que bien peu de cas de sa potentielle dangerosité, tout en veillant à ne point non plus s'y exposer. Elle le bousculait autant que lui-même essayait de se préserver, trouvant ainsi une certaine forme d'équilibre dans une relation aux bases pourtant ô combien instables. Il y avait bien eu cet incident lors de leur première soirée mais étant à mettre sur le compte de la frénésie qui l'animait, celui-ci avait été bien vite oublié. Oui... Ainsi qu'elle le lui avait elle-même confirmé, tout désir de mettre fin à ses jours l'avait quittée ; après tout, elle avait récupéré « ce qui lui appartenait ». Aussi considérait-il – à juste titre ? - n'avoir plus de souci à se faire quant à ces pulsions auto-destructrices – en tout cas, pas à travers lui et à son corps défendant.

Le Chevalier des Fleurs ne savait que trop bien qu'il ne fallait pas espérer de sa dulcinée qu'elle cesse tout à coup de se jeter au-devant du danger. C'était ce qui faisait son charme, d'une certaine manière. Se seraient-ils jamais rencontrés, si elle n'avait pas été aussi encline à prendre des risques inconsidérés ? Cela faisait partie d'elle comme bien d'autres choses encore et c'était ce qui faisait d'elle ce qu'elle était. Telle était sa Sirène Maléfique, parfaite dans son imperfection. Après tout, si elle avait été parfaite, ne se serait-il pas ennuyé ? Seulement, elle avait comblé le vide dans son coeur et dans sa vie en arrachant ses enfants aux griffes de ceux qui les lui avaient dérobé alors que lui n'avait pas changé d'un pouce. Ni meilleur ni moins bon, égal à celui qu'il était. Ne lui paraîtrait-il pas de bien mauvaise compagnie désormais ? Ternir le bonheur qu'elle était parvenue à retrouver était bien la dernière chose qu'il voulait.

Le Saint des Poissons fut tiré de ses réflexions par l'enthousiasme de sa bien-aimée – ainsi que par la magistrale claque dans le dos qu'elle venait de lui administré. Ayant – hélas ! - eu tout le temps de perdre l'habitude de ces manies, il s'en fallut de peu qu'il ne perde l'équilibre, ses bras battant l'air jusqu'à ce qu'il ait retrouvé un semblant de stabilité. Mais plus que la poussée ce furent la déclaration et le clin d'oeil la suivant de près qui le troublèrent. Ce n'était pas qu'il soit prude, ou du moins pas à outrance, mais cela ne le rendait pas pour autant familier d'un tel rentre-dedans. C'était déjà étonnant qu'il soit parvenu à se retenir de rougir, et si, pris au dépourvu, il mit un moment à savoir comment réagir, ce fut finalement l'amusement qui prit le dessus – et un franc sourire avec lui, bien qu'encore teinté de gêne. Enfin réunis après tout ce temps, comment aurait-il pu lui reprocher de vouloir en profiter ?
Pas de temps à perdre, hein ? Tu ne changeras jamais...
Malgré le léger soupir qui accompagna cette réponse, le ton faussement réprobateur manquait trop de conviction que pour que Mary lui accorde le moindre crédit. Comment le Chevalier d'Or avait-il pu un seul instant s'imaginer que, même dans l'état actuel des choses, elle envisagerait un seul instant de se ménager - et de le ménager ? Mais qu'importe combien elle contesterait, il le ferait pour elle et elle le savait. Et c'était grisant. De n'être pas seul, d'avoir quelqu'un de qui s'occuper – quelqu'un sur qui veiller. En serait-il de même avec l'enfant à naître ? Même s'il s'était fortement suggéré de ne pas trop y penser, la question ne pouvait rester éternellement en suspens. Jamais il ne se serait vu père, jamais il n'aurait seulement pensé cela possible, et peut-être aurait-il été préférable que ce ne soit jamais le cas. Pourtant... Il en vint même à se demander ce que son frère aurait bien pu en penser.

Perdu dans ses pensées, il en fut extirpé quand la générale l'attrapa par le bras pour le traîner dans une direction opposée. Ce n'était pas plus mal : s'il n'était pas sûr d'apprécier d'être ainsi ballotté en tous sens, au moins ne lui laissait-elle guère le temps de s'arrêter pour songer. De cela, il ne pouvait que lui être reconnaissant, ne sachant que trop bien face à quel type de cas de conscience il se retrouverait une fois fait. Repoussant de sa main libre les quelques mèches écarlates que ces mouvements abrupts lui avaient jeté en travers du visage, il se redressa de son mieux une fois arrivé « à destination » pour mieux faire face à l'individu que Mary venait d'interpeller. Repoussant une bribe de sa chevelure derrière son oreille, Celsius le jaugea avec curiosité, se demandant ce qu'il pouvait avoir de si particulier pour qu'elle tienne tant à le lui présenter alors qu'elle semblait avoir d'autres priorités – plus intimes de surcroît.
Enchanté. répondit-il sobrement, un rien abasourdi.
Ce n'était pas l'homme le problème – d'une chatoyance qui n'avait que peu à envier à celle de Mary, il se voulait élégant et avenant, même si Celsius crut l'espace d'une fraction de seconde déceler chez lui un il-ne-savait-quoi de surnaturel. C'était plus d'apprendre sans crier gare que la maîtresse des lieux leur avait parlé de lui - et pas qu'un peu apparemment – qui l'avait pris de court. Il ne s'était jamais vraiment demandé ce qu'il en était, et à le découvrir de la sorte, il ne savait s'il devait en être flatté ou ne plus savoir où se mettre. Cela ne l'empêcha en tout cas pas de serrer la main du dénommé Barbossa, non sans interroger sa compagne d'un regard de connivence aussitôt après. Le rythme effréné auquel celle-ci vivait, évoluait n'avait pas changé d'un pouce, et l'éphèbe si paisible était fort en peine de s'y ajuster nouveau. S'il ne devait y avoir qu'une seule certitude, c'eut été qu'il n'y avait ni place ni temps pour la morosité une fois à ses côtés.
Cet homme...
À peine avait-il pu commencer sa phrase, dubitatif, qu'elle attirait déjà son attention sur autre chose, le détournant – probablement pour de bon – de ce qu'il était sur le point de lui demander. Peut-être n'était-ce pas plus mal, il n'avait pas véritablement besoin de savoir après tout. Si casse-cou que soit sa chère et tendre, elle savait s'entourer et il avait toute confiance en son sens du discernement. Elle n'irait pas risquer de recueillir un traître hypothétique, encore moins tandis qu'elle avait ses petits à ses côtés et que le miracle de la vie s'opérait en son sein. Ce ne serait que l'un des nombreux mystères dont elle s'entourait encore, malgré sa franchise et le fait qu'il pense être l'un des plus instruits à son sujet – sa jumelle exceptée. Il est des secrets que l'on ne gagnerait rien à percer. La suite du programme manqua cependant de lui faire réviser ses réflexions sur le sujet quand Mary lui fit part d'un péril imminent.

Alors qu'elle le tirait à couvert, ses sens se mirent soudain en alerte et il matérialisa entre ses doigts une rose rouge prête à l'emploi, se préparant à la défendre au prix de sa vie s'il le fallait. Pour qu'elle qui n'avait peur de rien se montre si rétive à se heurter à cet ennemi, ce devait être un sacré morceau... Quelle ne fut pas son incrédulité quand la seule chose qu'il vit venir vers eux fut un vieil homme aux airs débonnaires. Les yeux de Celsius passèrent de celui-ci à « l'arme » qu'il tenait à la main, jusqu'au moment où il fut assez à même de comprendre sa situation pour la cacher dans son dos, honteux. Certes, ce n'était pas sa faute si elle s'était mal faite comprendre, mais... S'il était convaincu qu'elle ne lui en voudrait pas, comprenant la manoeuvre, il ne tenait pas à affronter son hilarité à la vue de ce réflexe réduit ici à l'état de simple effet comique. Remis de ses émotions, il déclara néanmoins :
J'imagine que c'est dans ces moments-là que je devrais m'estimer heureux d'avoir déjà du poison dans les veines... Pas trop jalouse ?
Le ton était taquin, et c'était déjà une surprise en soi. Avant de faire sa connaissance, jamais il n'aurait trouvé la force de plaisanter sur sa condition. Les choses avaient changé, en bien, et pas qu'un peu. Jamais il ne saurait lui exprimer à quel point il se sentait redevable envers elle pour avoir à ce point allégé son fardeau. Elle savait ce qu'il en était, nulle substance toxique ne pouvant pénétrer dans son organisme sans être consumée par son sang et ses propriétés plus corrosives que jamais. On n'empoisonne pas le poison fait homme. Et si avoir à vivre avec cela était le plus souvent une pénitence, ainsi qu'il l'avait perçu pendant toutes ces années, il avait dorénavant la capacité de relativiser et d'en voir les bons côtés. Rares, mais bien présents. Et que cela les ait poussés dans les bras l'un de l'autre était sans conteste le plus grand. Tout en se relevant, il épousseta son pantalon et lui emboîta le pas.

De toute évidence, sa Sirène avait minutieusement préparé leurs retrouvailles, et il ne pouvait qu'essayer de deviner – et redouter ? - les surprises qui l'attendaient encore. Une pointe de nostalgie l'envahit quand la porte de la cabine se referma derrière lui, et des images ô combien agréables lui revinrent en mémoire – non sans amener avec elle un léger soupçon d'embarras. Mais cette confusion, en plus d'être superficielle, était plus agréable qu'autre chose et lui causa même un indicible frisson à force d'humer ces effluves du passé. S'il l'avait gentiment grondée au sujet de sa précipitation, ce serait hypocrite de sa part de nier qu'il avait lui aussi fort envie de renouer avec elle là où nul ne viendrait les déranger. Tout oublier, oublier le monde entier... Rien qu'eux, rien que tous les deux. Le gardien de la douzième maison s'en berçait par avance.

Scrutant furtivement la pièce pour se faire à son aménagement, une partie de lui se doutant qu'il n'en sortirait pas avant la nuit tombée et qu'il lui faudrait pouvoir éviter les meubles pour s'y déplacer, le Gold Saint n'en frémit pas moins en accueillant à la fois son souffle sur sa peau et son murmure suave à son oreille. Mais plus que cela, sa simple et seule proximité lui avait manqué. Savoir son corps près du sien, sa présence à son côté sans même avoir besoin pour cela de la toucher l'électrisait comme ce fut le cas par le passé. Elle était là, une nouvelle fois, pour de bon cette fois. Réelle et bien réelle. Sa solitude était terminée. Pour l'heure, lui aussi avait gagné le droit de se reposer – de reprendre enfin une bouffée d'humanité. S'il dédaigna le couteau d'un geste de la main, il ne lui en confisqua pas moins tout en donnant le jour à une rose blanche au creux de ses doigts.
Pas besoin. Et tu sais que je n'aime pas te voir jouer avec ça... Laisse-moi faire à ma manière.
Les yeux clos, un sourire ourlant ses lèvres, il pivota élégamment pour laisser sa main fuser à travers le vide. Aussitôt relâchée, sa captive prit son envol jusqu'à aller se planter  sur le papier, aussi droite que s'il avait directement été l'y épingler. Ce geste, il l'avait répété cent, mille fois, sans jamais avoir droit à l'erreur. Ce n'était pas tant qu'il devait toucher sa cible, mais plutôt qu'il ne pouvait pas faire autrement. Son bras ne connaissait d'autre trajet que le bon. Il ne devait pas penser un seul instant qu'il pouvait échouer. Il n'en avait pas le droit, jamais. Soulevant ses paupières, il s'approcha d'un pas lent pour retirer son projectile et constater du résultat, plissant les yeux pour déchiffrer les inscriptions. Un soupir s'échappa de ses lèvres ; il avait bien fait de prévoir une tenue légère. Récupérant sa fleur, il se faufila dans le dos de Mary pour mieux passer un bras autour de sa taille, les pétales immaculés trouvant leur place dans sa chevelure écarlate tandis qu'il l'embrassait au coin des lèvres.
Ma foi... J'espère que tu n'as pas peur d'avoir chaud. lui glissa-t-il à l'oreille, malicieux, la laissant voir quel était le point d'impact par-dessus son épaule.
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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Mar 25 Fév - 15:01

Hasard





 
Ah, ah, ah, les Indes. Je me plaisais à penser que c'était un très bel endroit pour une échappée sauvage. Vous vous demanderez sans doute pourquoi ? Réfléchissez, voilà, vous y êtes ? Oh, tout de même ! Sacré nom d'un chien, on allait pouvoir en dégoter des trésors, en route ! C'était là la première pensée qui me vint. Dégommer de la racailles, des français, je l'espérais pour la plupart, ces cons de bouffeurs de grenouilles. Ah ceux là, je les aimais pas. La simple idée de ce carnage m'emplissait d'allégresse qui, se dépeignait sur mon visage. On voyait à quel point j'étais ravie, d'avance, de faire un peu de grabuge, de reprendre les armes, de les faire péter dans leurs frocs à ces péteux. Mais, je m'égarais dans les bras de mon bien-aimé que je venais à peine de retrouver, et que, j'embarquais avec moi dans une de mes histoires. S'il avait l'habitude de mes petites lubies, Celsius ne paraissait pas s'en plaindre, bien au contraire. Merde quoi, il pourrait au moins faire un effort pour faire semblant d'être outré par mon comportement !

Fort amusée par la situation, je regardais une fois encore le trou qu'avait laissé la rose dans le papier. L'impact n'avait produit presque aucuns sons, c'était si … beau et précis à la fois, tout en finesse, comme le Saint des Poissons. Il était décidément tout le contraire de moi. Là où il faisait preuve d'une retenue presque austère, moi, je n'hésitais pas un seul instant à tomber dans l'exact opposé. Devrais-je vous rappeler le nombre incalculable de fois où je me baladais nue sous les yeux médusés des hommes ? Ah, bandes de femmelettes.

Portant mes doigts à la fleur qui embaumait et se dissimulait à la fois dans ma chevelure, je regardais mon chevalier servant dans les yeux, soutenant cet air malicieux que je lui connaissais peu. Je me tortillais lascivement dans ses bras, faisant mine d'être mal à l'aise.

« Oh si, tu sais à quel point je crains la chaleur, ça me donne envie de me débarrasser de mes vêtements. Mais tes chastes yeux risquent de m'en vouloir. » fis-je en lui tirant la langue et en reculant de quelques pas, m'échappant de son étreinte. « D'ailleurs, et je suis sérieuse, nous ne pourrons pas nous balader trop de jour, tu comprendras vite pourquoi. Je connais assez les environs, et je suis plutôt contente du hasard, pour une fois. »

Je m'étirais comme un chat au soleil, à ceci prêt que j'évitais soigneusement de rencontrer la lumière du jour qui tombais à l'oblique dans la pièce. Je ne pouvais pas la calfeutrer comme il le fallait ici. Par contre, il y régnait toujours une certaine once de sérénité, de calme et de … rouge. Une couleur qui me caractérisait assez bien. Une teinte violente et controversée. Je parle de sexe aussi, oui, vous leurrez pas. Mais non, espèces de vicelards.

« Nous ne allons bientôt lever l'ancre, je suis certaine que tu voudrais voir la terre du Sanctuaire s'éloigner peu à peu. Non ? Ah, à moins que … » avant qu'il n'ait le temps de réagir, je le pressais contre moi, plongeant le turquoise de mes yeux dans l'azur des siens. Il connaissait ce regard, et à quoi s'en tenir. Je ne cachais jamais réellement ce que je ressentais, je disais toujours ce que je pensais aussi. Je ne suis pas une hypocrite, et il sait aussi à quel point j'aime le tourmenter. Il me le rendait bien.

« Tu sais que je te vois t'épanouir chaque minute un peu plus. Je suis certaine que tu ne montres pas ce visage à d'autres. Je serais extrêmement jalouse, sinon, tu sais ? » minaudais-je en l'entraînant vers la sortie. J'ouvris la porte, et, la refermais brutalement avant, avec autant de douceur, de plaquer les épaules de Celsius contre l'un des murs de ma cabine. Je pressais mes lèvres contre les siennes, me laissant happer par l'ivresse de ce baiser, de son parfum qui n'avait fait que m'enchanter. Il était là, au creux de mes bras et enfin je me sentais renaître. Je me sentais vivante. « Tu m'as terriblement manqué, finalement, on contemplera le ciel un peu plus tard. Je sens que tu n'es pas tranquille, il y a quelque chose qui te turlupine, je le sens. - je lui jetais un coup d’œil entendu, un haussement de sourcils qui signifiait «  hm, non c'est pas ce que tu penses ». « Je ne parle pas de … hm … »

J'éclatais de rire face à sa tête déconfite. C'était plus fort que moi, je me sentais si bien. « Allez, ne fais pas cette tête ! Dis moi tout, et si c'est une mauvaise nouvelle, au moins, on sera débarrassé. »

J'avais un huitième sens pour ça.






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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Lun 17 Mar - 4:54

:: Un Retour tant Attendu :.

Je devrais pouvoir le supporter. fit-il, doucereux. Mais ne préfères-tu pas ça à savoir que j'y suis déjà habitué ?
Il sourit avec facétie. Si innocente que soit la caresse, elle ne s'en prolongea pas moins jusque sous l'étoffe, taquinant la peau chaude de ses doigts fins. Que l'eau salée et l'air marin soient impuissantes à meurtrir son immuable beauté le surprendrait toujours autant, au vu du temps qu'elle passait à les côtoyer. Pour un peu, il aurait pu en être jaloux, lui qui avait été privé d'elle ces mois passés. C'aurait peut-être été le cas si elle ne s'était pas dite et faite sienne, de la pointe de ses cheveux à la plante de ses pieds. Grisé par sa chaleur, son contact, il en oubliait presque la sombre nouvelle qu'il devait lui annoncer. Ne voulant que se donner, s'abandonner à elle tout entier. Oublier tout ce qu'il savait au creux de son étreinte retrouvée...

À regrets, il dut accepter que ce contact prenne fin. Ce n'était que partie remise, mais déjà il ne pouvait que s'en languir. Comme s'il n'avait fait que veiller en attendant son retour et pouvait enfin, lové contre son flanc, le repos retrouver. Sa seule présence avait sur lui un effet revigorant, éclaircissait ses plus noires idées. Une accalmie bienvenue en des temps mouvementés. Son propos sur les effets du soleil le laissa songeur. Sous sa chaleur et sa lumière s'éveillaient ses stigmates, mais ce n'était rien qu'il ne connaisse déjà. Quel besoin aurait-elle pu avoir de le lui remémorer ? Si entier soit le mystère, il ne tarderait pas à être levé, aussi s'abstint-il de poser la moindre question. Il verrait. À côté du bonheur qu'elle lui inspirait, cela ne pouvait de toute façon être que trivialité. La mine bienveillante, il la laissa revenir à lui, aussi vitale qu'une bouffée d'oxygène à son coeur enchaîné.
Tu n'as aucune raison de t'inquiéter.
Était-il bien utile de le préciser ? Non, et elle le savait. Mais elle apprécierait qu'il s'en donne la peine. Il n'y avait qu'à elle qu'il ait ouvert son coeur, elle en détenait la seule clé. Si elle le quittait, celle-ci tomberait en poussière à l'instant, car il n'y avait que pour elle qu'elle pouvait exister. Elle était celle qui l'avait sorti de sa retraite, de son silence, celle qui avait tordu les barreaux de sa prison de solitude pour l'en faire évader. L'un comme l'autre, la vie les avait écorchés, et c'était la peau à vif qu'ils cheminaient main dans la main vers d'autres lendemains. Même si maintenant qu'elle avait pu retrouver ses enfants il en était sans doute autrement, les plaies d'autrefois ne disparaîtraient pas – pas toutes, en tout cas.

Et pour elle, il serait là. Car nulle autre ne saurait le toucher sans que ce soit pour voir sa vie partir en fumée... Celsius se laissa guider, pousser. Il n'aurait servi à rien de résister, et à trop se débattre il aurait risqué de la mettre en danger. Et puis, il devait avouer aimer ça. C'était bien la première fois qu'il prenait goût à être dirigé. Si par le passé il avait laissé à celles qui le voulaient le droit de disposer de son corps, ce n'était que maintenant et avec elle qu'il le faisait de son plein gré – qu'il le faisait parce que cela lui plaisait. Lui céder l'initiative ne le dérangeait pas, car c'était à elle qu'il revenait. S'il était réservé par nature, il aurait pu l'être bien moins s'il l'avait voulu, mais c'aurait été faire perdre de leur intérêt à ces petits jeux, berceau de leur complicité.

Elle le confrontait, lui coupait toute retraite. Une situation qui n'était pas sans lui en rappeler une autre, issue d'un proche passé – celui-là même dont Mary voyait les conséquences croître un peu plus chaque jour en son sein. Leurs chevelures se mêlèrent de même que leurs langues en un ballet endiablé, une valse fiévreuse que rien n'aurait pu arrêter. Une effervescence qui le dévora de l'intérieur tandis que ses bras s'enroulaient autour de sa taille, pour que jamais plus elle ne puisse lui échapper. Si avide de liberté qu'elle soit, elle n'y serait pas contraire, il aurait pu en jurer. Dos au mur, au propre comme au figuré, il l'enlaça prestement, prolongea un baiser qu'il avait déjà trop attendu quand bien même le dernier ne remontait qu'à un instant. La passion était contagieuse, et il faillit s'y abandonner.
Toi aussi. Dois-je encore le prouver ? répliqua-t-il, malice dans la voix.
Oublier, faire taire ce que sa conscience lui disait. Quelques heures encore, autant qu'il le pourrait. Mais alors qu'il s'efforçait de trouver une position qui lui soit confortable contre ce bois qu'il n'aurait su dater, ses paroles lui firent l'effet d'une douche glacée. Il s'écarta légèrement, sans toutefois la délaisser – juste assez pour du regard la jauger. Pendant une seconde qui parut durer toute la vie et même plus, le Saint des Poissons se tint devant elle, par toute chaleur déserté. C'était une question qui n'attendait pas de réponse. Au moins lui laissait-elle le temps de se préparer. Dès lors qu'il eut de tout son coeur et de toute son âme soupiré, Celsius la tint par les épaules. Pour lui faire comprendre qu'il n'y avait pas lieu de plaisanter, cette fois. Pour la soutenir quand elle chancellerait sous le choc de la nouvelle. Toute femme forte qu'elle soit, celle-ci ne l'épargnerait pas. Pour que rien d'irraisonné ne soit fait. L'enfant à naître ne saurait le tolérer...
Ton père a dépêché un assassin au Sanctuaire. Il devait s'en prendre à la famille de l'un de mes frères.
Ses paupières tombèrent. Il y était allé sans détours. Pas l'ombre d'une fioriture. C'était ce qu'elle aurait voulu, même si elle avait su. Il en était persuadé. Cela ne rendrait pas l'annonce plus simple à encaisser. Il se raidit. Se tint prêt à l'arrêter s'il le fallait. Pas question de la laisser partir. Pas comme ça. Pas dans cet état. Et surtout pas maintenant. Oserait-il seulement lui dire que cela faisait des mois qu'il le savait ? Ce n'était pas comme s'il avait eu ne serait-ce que la possibilité de la contacter. De lui en parler avant ce jour béni sur lequel il venait de jeter un voile d'ombre bien malgré lui. Elle devait savoir, elle plus que n'importe qui d'autre, et c'était pourquoi il avait porté seul ce fardeau jusqu'à ce jour. Celui de leurs retrouvailles. Une longue inspiration fut prise, avant de se décider à continuer. Qu'elle comprenne avant que l'ire ne l'atteigne.
Tu es la première à qui j'en parle. crut-il bon de préciser.
Sans lui laisser le temps d'ouvrir la bouche, il rouvrit les yeux, les planta dans les siens. Puisse le bleu de glacier de son regard lui rafraîchir les idées. Bien que plus mesuré que son aimée, il savait agir quand il le fallait. Si rien n'avait été fait, rien entrepris, c'était parce que le moment n'était pas indiqué. Parce qu'il voulait avant tout lui en parler. S'il avait pu la rejoindre aussi sereinement ce jour – ou presque – c'était aussi parce qu'il était seul à savoir. Sa sirène n'était pas stupide, elle devait déjà l'avoir compris. Ses lèvres se posèrent sur les siennes en un léger baiser. Aussi soudain qu'inopiné. S'il ne pouvait être sûr de réussir à juguler sa colère au moins voulait-il la réconforter. Sa joue se pressa contre la sienne. Il raffermit son étreinte – tendre prison dont elle ne saurait s'échapper, en fut-il l'unique gardien.
Et je ne te laisserai pas y aller. Pas cette fois. Pas sans moi.
Quel que soit le poids du secret qu'ils partageaient désormais.
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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Sam 29 Mar - 22:52

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Putain je le savais. Je le savais ! Il faut toujours qu'il y ait une tâche noire sur mon bonheur. Je ne sais même pas pourquoi je m'en étonne encore. Mais, malgré moi, à l'énonciation de ce qui serait pour l'heure, un secret, mes sourcils se haussent, suivit d'une moue désapprobatrice : la tempête n'est plus très loin. Mes poings se serrent, ma gorge me brûle tant je voudrais hurler. Je n'en ai pas la force. Celsius doit sentir que je me crispe sous son étreinte. Il n'y est pour rien, je me disais juste que mon père était décidément une petite salope. De nombreux mots tout aussi fleuris me venaient à l'esprit, vue de l'extérieur, je fulminais, déblatérant un flot de paroles incompréhensibles mais dont la nature, colérique, ne pouvaient pas tromper qui que ce soit. Pauvre Cel', il n'aurait pas pu mieux choisir l'instant pour me le dire : alors que je suis enceinte jusqu'aux oreilles, les hormones en ébullition, bref, un feu d'artifice sur le point d'exploser dans le ciel.

Fort heureusement, il était là. Et il me l'avait dit, il ne me l'avait pas caché. Cela aurait été son droit le plus strict et j'aurais pu le comprendre. Mais non, il avait choisit de me faire confiance et de s'ouvrir à moi. Cette pensée me réconforta, je finis donc par me détendre quelques peu. Ma mine est sérieuse, grave.

« Sérieux quoi, quel connard. » lâchais-je de but en blanc en poussant un immense soupir avant de jeter mes bras autour de son cou.

Je respirais à plein poumon, son doux parfum enivrant. Une rose. L'instant d'après j'étais en larmes. Ce fut plus fort que moi, je ne pouvais plus me contrôler, ni même tenter d'arrêter ces pleurs idiots. Les hormones, quelles plaies ! Mon visage baigné de ces larmes salées, se cache dans la chevelure carmine de mon bien aimé, celui que j'avais choisi pour seule famille. Il faisait désormais parti de ma « tribu » et en payerait tôt ou tard le prix. Je sais pas pourquoi j'y songeai à cet instant. Un moment d'égarement.

« Un jour je les crèverais tous ces fumiers. Si tu veux mon avis, le Conseil Marinas n'est pas bien loin. J'espère juste pour mon paternel qu'il n'est pas l'instigateur de tout ça. Sinon, je lui crève les yeux, c'est une promesse. »

Reniflant bruyamment, je me recule, les deux mains posées sur les épaules du jeune homme. Je plonge mon regard turquoise dans le sien, l'air indéchiffrable. Puis, j'éclate de rire. « Tu sais que ça ne vas pas m'arrêter ? Je compte les prendre ces vacances au soleil. Enfin, façon de parler dans mon cas. Viens, ne broyons pas du noir, je m'occuperai de lui broyer les noix, au papounet. »

Sur cette réplique cinglante, je tourne vivement les talons non sans oublier d'attraper Celsius par la main et l'entraîner à ma suite. Quand mes doigts furent sur le point d'ouvrir la porte, mon geste se suspendit … ma tête se tourna à demi vers le Saint des Poissons : de nouveau cet air grave, sérieux. Je l'embrasse, ravalant en fin de compte, ce que j'étais sur le point de dire. Cela n'avait aucune importance. Je lui glisse tout de même, malicieusement. « Nous allons remettre à plus tard nos retrouvailles … j'ai prévu une petite surprise pour ce soir, mais … pour l'heure, je crains que nous soyons espionnés, car attendus. »

Rires. À nouveau, ma main s'accroche à la poignée de la porte que j'ouvre d'un seul coup, un immense sourire accroché à mes lèvres car je sais ce qui nous attends de l'autre côté : deux petites frimousses collés tout contre le bois et qui, ne s'attendant pas à une sortie aussi brutale. Mes deux enfants perdent l'équilibre et manquent de tomber sur le plancher. Mais c'était sans compter l'intervention de la vaillante pirate Mary ! Attrapés par le col de leurs habits, je les relève comme s'ils ne pesaient rien et les remets sur pieds. Je mime une attitude faussement sévère, les poings sur les hanches. Je sais que je peux être très terrifiante, surtout avec un tel ventre. Si, si.

« C'est pas beau d'écouter aux portes petits garnements, c'est ça que je vous ai appris ? - ma langue claqua contre mon palais. - Il faut être plus silencieux, Lune, je t'entendais respirer comme un de ces chiens à la gueule aplatie ! Pourtant, ton petit nez est parfait, comme le mien ! »

Je lui octroie une pichenette sur le nez et le serre contre moi. J'entends des protestations étouffées et finis par le relâcher, le couvant d'un regard maternel, protecteur. Un coup d’œil entendu à Celsius et je met met à pousser un hurlement bestial. Le signal. Aussitôt mes deux gamins se mettent à courir, le bruit de leurs pas précipités couvert par leurs rires. Je les poursuis tout aussi amusée. L'air frais du dehors me fait du bien quand je sors. Il fait déjà presque nuit … Nous n'allons pas tarder à quitter tout à fait la Grèce. Mais je ne prends pas le temps de m'attarder sur le ciel chatoyant : je continue ce petit jeu du chat et de la souris transformé en un cache-cache improvisé. J'avise d'un coup d’œil derrière moi si Celsius est à mes côtés.

« C'est toi qui y est ! » m'écriais-je en le touchant – sans réelle douceur – sur le torse avant de m'enfuir à toutes jambes.

Moi aussi je riais aux éclats. Moi aussi je pouvais être heureuse.

Je le crois sincèrement. L'avenir m'apprendra que je me trompais.






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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Dim 30 Mar - 0:35

:: Un Retour tant Attendu :.

Il n'y avait plus de retour possible.

Plus de marche arrière. Il regrettait déjà. Mais il n'existait aucune bonne manière de le lui dire. Essayer de l'en protéger était vain. La vérité fait mal. La réalité blesse. Le mieux qu'il puisse faire était d'être à ses côtés. De rester là pour elle. D'être prêt à l'aider. Et c'était ce qu'il faisait. De son mieux, mais ce n'était pas encore assez. Car cela ne l'était jamais assez quand il s'agissait de la protéger. Pour lui, aimer était encore une chose nouvelle. De là venait peut-être qu'il se sente aussi maladroit, aussi peu disposé à faire ce qu'il fallait. Sans aller jusqu'à paniquer ou à se remettre en question, il ne pouvait jamais être sûr d'avoir bel et bien le comportement adéquat. Cela le taraudait quelque peu, parfois.

Mais à cet instant, il n'y avait pas la place pour le moindre doute. Il devait être celui dont elle avait besoin, devait répondre à ses attentes. Il n'y avait pas d'autre option. Le moment était mal choisi, il le savait, mais il n'aurait pas d'autres occasions : c'était maintenant ou jamais. Ainsi l'avait-il fait, au mépris de toutes ses réticences. Est-ce que lui en faire part plutôt que d'avertir ses camarades était symbole de traîtrise ? Peut-être, mais il n'avait pas le sentiment d'avoir mal agi. Qu'ils soient amis ou bien ennemis, les Marinas n'avaient rien à y voir. C'était entre elle et lui. C'était à elle, en tant que personne, qu'il avait adressé ses propos. À la femme derrière l'armure. À celle qu'il aimait.

Le temps parut se distendre, s'allonger à n'en plus finir. Le Roi des Ronces ne se détendit lui-même que quand il la sentit s'apaiser. Peut-être était-ce illusoire, mais il n'en eut pas l'impression. Qu'elle contienne sa colère de la sorte dans son état était remarquable, d'autant plus pour qui connaissait son tempérament volcanique. Serait-ce lui qui avait eu sur elle cet effet bénéfique ? Il avait peine à y croire. Elle était plus familière des cris que des larmes, mais il n'en fut pas moins prompt à l'accueillir au creux de ses bras quand elle en eut besoin. Une étreinte tendre, mais plus ferme encore qu'à l'accoutumée – une cache dont elle ne pouvait, ne voulait s'échapper, pour la garder auprès de lui à tout jamais.
Ça ira. furent les seuls mots qu'il parvint à prononcer.
Il n'était pas opposé à ce qu'elle déploie ses ailes, mais était anxieux à l'idée de les voir brûler. Il n'osa pas lui répondre. Pas lui dire qu'il craignait que ce soit le cas. Elle devait s'en douter, le savoir sans qu'il ait eu à le prononcer. Mais il ne la pousserait pas dans cette voie, jamais. Sa colère était légitime, et il la partageait – quoiqu'à un degré bien moindre, plus tempéré, mais ce n'en était pas moins d'actualité. Du reste, il ne chercha pas à s'exprimer davantage. Même s'il était un tant soit peu débrouillard, il n'était pas familier des situations de crises. Il aurait pu trouver des mots de réconfort, mais n'en étant que peu coutumier, ils auraient sonné faux et creux.

Ses bras passés autour de sa taille valaient mieux que tous les discours, et elle n'était pas sans le savoir. Son silence était plus parlant que tout ce qu'il aurait pu dire. Elle le savait mieux que quiconque à la surface de cette Terre – ou même d'une autre. De ses doigts fins, il vint essuyer la coulée de larmes de son oeil droit, celle de gauche étant quant à elle coupée par un tendre baiser. Un geste qui ne manquerait pas de lui rappeler certains souvenirs. Les paroles n'étaient pas son fort, mais il lui importait qu'elle sache qu'il serait toujours là pour elle, si toutefois elle avait encore le moindre doute à ce sujet.
Promets-moi une chose. Juste une chose. Que ce jour-là, tu m'emmèneras avec toi. Ne pars plus sans moi. Jamais. C'est tout ce que je te demanderai.
D'un geste aussi délicat que faire se peut, il repoussa les mèches vermeilles qui lui avaient envahi le visage pour mieux se noyer dans les limpides abysses de son regard. C'était à chaque fois un instant d'émerveillement, et il se sentit presque coupable quand lui vint la pensée que l'éclat de ses yeux n'en resplendissait que davantage avec ce lointain éclat de chagrin. La certitude qu'elle se serait moquée de lui s'il le lui avait révélé le convainquit de ne jamais au grand jamais lui en parler... Ou du moins, pas avant quelques années. Du moins, s'ils étaient encore là une fois ce temps écoulé.

Mais il était désormais sûr d'une chose. Une petite chose, infime, qui n'aurait pas eu d'impact sur une personne normale, un homme ordinaire, mais remettait tout en question pour qui sert une divinité. L'intime conviction qu'il pourrait mourir pour elle. Ruminer cette pensée lui causa une douleur au coeur, qu'il eut tôt fait d'étouffer. L'heure n'y était pas, pas plus que la journée. La Sirène Maléfique ne s'était pas laissée abattre par ce qu'il lui avait appris, alors même que cela ébranlait sans l'ombre d'un doute ses croyances les plus profondes. L'entendre rire acheva de le persuader d'oublier ça, au moins pour le temps qu'ils allaient passer ensemble.
J'y compte bien. Sinon, ce ne serait pas toi.
Oui... Il serait toujours temps d'y revenir après, à tête reposée. Le temps des pleurs était terminé, et comme à son habitude, la pirate ne demandait qu'à le laisser derrière elle. Aussi lui rendit-il son sourire de bon coeur, se laissant entraîner malgré la faiblesse qu'il sentait encore dans les doigts qui s'étaient refermés sur son poignet. Le contact de ses lèvres sur les siennes raviva le goût salin qui s'y était imprégné, mais cela ne lui déplut pas – c'était une bonne façon de lui signifier de n'en plus parler, quand bien même ne l'avait-elle pas réalisé. Son sourcil se dressa quand elle lui parla d'une surprise qu'elle lui aurait destinée.

Venant de sa part, il pouvait s'attendre au meilleur comme au pire, mais aurait presque pu jurer d'avance qu'elle n'aurait d'autre but que de le mettre dans l'embarras – au moins pour commencer.Un éclair de surprise traversa son regard en découvrant les enfants derrière la porte. À aucun moment, il ne s'était douté de leur présence. Lui qui était d'ordinaire sur le qui-vive à tout bout de champ en fut bien penaud. L'objectif étant de se détendre, l'on pouvait dire que c'était une franche réussite, mais il craignait pour l'occasion d'en avoir trop fait. Aussi s'en fustigea-t-il en son for intérieur, rétablissement le champ de perception qu'il avait eu un peu trop vite fait de laisser tomber.

Le Sanctuaire était peut-être déjà loin, mais ce n'était point une raison pour se laisser aller. Les bras croisés, adossés au chambranle de la porte, il observa la scène de loin, n'y posant qu'un oeil bienveillant. La protéger elle, oui, mais pas seulement. Pour rien au monde, il n'accepterait que qui que ce soit vienne gâcher son bonheur retrouvé. Absorbé dans sa contemplation à tel point qu'il s'en était détaché de la réalité, le Chevalier des Fleurs eut besoin d'un temps de réflexion quand sa compagne rétablit le contact d'une pression sur le buste. Brusquement sorti de sa torpeur, déconcerté, il n'en arbora pas moins un sourire matois en comprenant ce que l'on attendait de lui.
Si tu y tiens.
Pour la durée d'une respiration, un halo de lueur doré le nimba de pied en cap alors qu'il s'inclinait, prenant un élan dont il n'aurait guère besoin pourtant. Sans aller jusqu'à faire appel à la vitesse de la lumière – il ne fallait tout de même pas pousser -, s'il avait des pouvoirs à sa disposition, c'était pour s'en servir – même s'il doutait qu'Athéna approuverait. D'une brève mais intense pression sur le bois du navire, enfin il s'élança, prenant une altitude bienvenue pour repérer sa proie. Le vent marin venant cingler son visage le grisa. Qu'est-ce qu'on ne donnerait pas, pour quelques minutes de paradis ? Pour saisir le bonheur à pleines mains avant qu'il ne s'enfuie...
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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Dim 6 Avr - 16:58

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« Tu triches. » chuchotais-je à son oreille tandis que l'une de mes mains soulevait une mèche de ses cheveux rouge vif qui camouflait cette dernière. J'attrapais à pleine dent ce lobe offert le mordillant comme le faisait les chats ou les chiens. Il voulait jouer à ce petit jeu là, j'étais je pense, plus forte que lui pour les entourloupes. « Moi aussi d'ailleurs, c'est drôle, je ne savais pas que tu pouvais voler. »

Un sourire moqueur se dessina sur mon visage. Je resserrais mon emprise sur sa taille alors que les ailes de mon armure battirent plus furieusement l'air. Mon menton se posa sur son épaule. Aidée de mon écaille, Celsius ne pesait vraiment rien. Seulement, je savais déjà qu'il pensait que j'allais me fatiguer ou me faire mal : il savait aussi pertinemment que j'en aurais rien à foutre. Ce contact, cette proximité, son odeur me fit oublier l'espace d'un instant, le jeu que j'avais instauré. Mes enfants ne m'en tiendraient pas rigueur, je savais déjà quelles cachettes ils avaient préféré. Hm, sauf pour ma fille, qui était bien plus douée que son frère pour se cacher, se faufiler en silence. Une vraie petite souris. Un don aux yeux de la mère que je suis. Un doux zéphyr venait soulever nos deux chevelures : étendards jumeaux dansant dans le crépuscule.

« Oui, c'était trop tentant, je voulais te surprendre. Te prouver que je le pouvais encore. Puis … tu dois bien avouer que le rôle du chat me sied assez bien ? Un redoutable prédateur. Bon, tu m'aides à trouver mes p'tits monstres ? »


L’atterrissage se fit tout en douceur, je déposais mon prince au sol, mon âme sœur. Les rôles étaient quelque peu inversés mais ça me faisait rire. Ce qui je fis d'ailleurs, de bien meilleure humeur maintenant que ce maudit soleil était caché, endormi. Comme le devrait être mes chers petits. Ma protection d'airain brillaient encore légèrement, constellée ça et là d'un rouge aussi flamboyant que nos tignasses. Je le regardais tendrement, me perdant à le contempler, l'admirer comme on le ferait avec une œuvre d'art : c'était bien plus que ça. Ce sentiment au creux de mon cœur, c'était de l'amour que je ressentais. Cette évidence passa outre la barrière de mes lèvres.

« Je t'aime, Cel', j'espère que tu le sais et que tu n'en douteras jamais. »

Sur ces mots, alors que mon visage prenait une expression de gravité qui ne me ressemblait pas du tout, je tournais les talons pour m'éloigner très vite, au bruit caractéristique du cliquetis de mon armure. Celsuis, s'il avait voulut me suivre, fut arrêté par une petite main sur son poignet. Callista le regardait en silence d'un air entendu. Non loin, Lune les regardait les poings serrés, ravalant des propos acerbes. L'enfant s'éloigna quand Barbossa fit son apparition, les bras croisés, il n'avait rien eu à dire pour que les gosses comprennent qu'il était l'heure.

« Allez Celsius, rejoins-la, elle t'attends. » un petit clin d’œil et le pirate disparut d'un coup, comme par enchantement. « Et je pense que tu sais mieux que moi qu'elle déteste attendre. L'Inde est loin, vous avez tout votre temps hum hum. »

J'avais ouvert en grand les immenses fenêtres de ma cabines. Celles-ci donnaient directement sur la mer, vue imprenable sur son immensité. Le spectacle était beau, mais ne me réjouissais pas. Qu'est-ce qui m'avait prit de lui dire ça ? Et pire, pourquoi mes mains tremblaient-elles ? J'oscillais entre la joie et la tristesse. Ma main se posa sur mon ventre arrondie. Un soupir. Il avait bien fait de me dire pour mon père. Un rai de lumière argenté tomba à l'oblique, illuminant la pièce et moi par la même occasion. J'avais retiré mon écaille, comme ma robe qui s'étalait comme une corolle sur le sol. Un sourire naquit, ou plutôt était en train de renaître. Mes yeux tombèrent sur le grand miroir en pied, installé là depuis longtemps, à ma demande. Je n'osais pas l'admettre de vive voix, mais, j'étais un peu paniquée à l'idée d'être maman à nouveau. Avant que le Chevalier des Poissons n'entre, je lui lançais, au travers de la porte encore close.

« Si tu n'as pas peur de découvrir une grosse baleine se trimbalant à poil, tu peux entrer. Le bain est prêt. »

La baignoire – la même qui nous avait accueillit la dernière fois – trônait là, en effet au milieu de la cabine du Capitaine Mary Red. Pirate. Et bientôt mère, encore. Quel était ce sentiment contradictoire qui me malmenait ?






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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Dim 6 Avr - 23:27

:: Un Retour tant Attendu :.

Il me faut bien quelques défauts. se défendit-il.
Nul remord ne se devinait sous son sourire matois, pour la limpide raison qu'il n'y en avait pas. Ne fut-ce que pour la faire à lui, ça en valait la peine. Et puis, c'était d'un jeu d'enfant dont on parlait : n'était-ce pas se mettre à leur niveau que de se servir de tout ce qu'ils avaient à leur disposition ? Ce n'était pas tout à fait exact, cela dit : ce n'était pas tant qu'il savait voler que sauter à des hauteurs invraisemblables – comme n'importe quel éveillé – et avait atteint une maîtrise du cosmos telle que se maintenir en l'air quelques secondes durant était à sa portée à présent. Ce n'est cependant pas cette explication rationnelle qui sortit de sa bouche, ainsi que c'eut été le cas en temps normal, alors qu'il posait la main sur sa joue.
C'est parce que tu me donnes des ailes.
Le clin d'oeil qui y fit suite ne lui ressemblait guère, mais lui-même ne se reconnaissait plus en sa présence. Cela n'émanait nullement d'une volonté de l'impressionner ou de quoi que ce soit de cet acabit. L'on pouvait synthétiser cela en disant qu'elle le révélait. Lui permettait de vivre simplement une vie qui d'ordinaire n'était que trop compliquée, lourde d'un fardeau qu'il devait de tout son être portée. Toute tension s'évanouissait pour ne plus le laisser qu'humain, fuyant sa condition de monstre dans une course au bonheur, aux instants volés. Celle-ci ne se finirait que trop tôt, aussi n'avait-il pas une seconde à perdre pour en profiter. Son pouce lui caressa les lèvres, sans s'offusquer jamais de ses agissements.
Et moi qui croyais que chez les pirates, tous les moyens étaient bons pour l'emporter... Me serais-je trompé ?
Ses pieds touchèrent le sol avec délicatesse, ne le laissant pas vaciller un seul instant. Il faillit lui dire de ne pas se surmener, mais elle l'avait précédé. Il pouvait bien lui permettre cet écart, pourvu qu'il ne soit pas répété. Nonobstant toute remontrance, il l'embrassa avant de la laisser s'en aller – mais au coin des lèvres seulement pour mieux la frustrer. Il n'allait tout de même pas la récompenser pour ne pas s'être ménager, et ne l'en frustrerait que mieux d'ici à ce qu'ils regagnent la chambre pour s'y isoler. Était-ce bien sage de partir de la sorte, d'abandonner le Sanctuaire derrière lui ? Le Roi des Épines n'en savait trop rien, mais était au moins sûr que ça lui faisait le plus grand bien. Un « moi aussi » murmuré plus tard, il la regardait s'éloigner quand le curieux personnage de tout à l'heure vint à sa rencontre. Avant d'avoir pu s'en rendre compte, Celsius se roidit imperceptiblement.

Sans que méfiance ou animosité soient de la partie, l'aura qui s'en dégageait l'incitait à s'en tenir éloigné. Peu importe combien il s'y attelait, il n'arrivait pas à le cerner, et rien que cela le dérangeait. Néanmoins, si Mary lui faisait confiance, il ne pouvait qu'en faire de même. Pour autant, le garder à l'oeil n'était point une volonté de sa part mais une obligation dictée par son instinct – quand il le sentait venir, du moins. Il le remercia cependant d'un courtois signe de la tête, cherchant les enfants du regard aussitôt après et, ne les trouvant pas, s'exécuta sans ambages. Ce qui, une fois la porte de la cabine close après son passage, ne l'empêcha pas d'y rester accoté pour s'assurer qu'aucun bruit de pas ne faisait ne serait-ce que mine de s'en rapprocher. Ce n'est qu'une fois cette certitude acquise qu'il s'avança dans la pièce, humant le parfum capiteux qui l'emplissait.

Une fois encore, elle n'avait pas perdu de temps. S'en faire la remarque lui arracha un sourire. Sans se faire prier, il se dévêtit à son tour, envoyant ses vêtements rejoindre les siens sur un sol qu'ils ne quitteraient sans doute pas de sitôt. Ce n'étaient pas comme s'ils risquaient d'en avoir besoin tant qu'ils se tiendraient dans cet espace clos où il n'y avait de place que pour eux – et un amour non plus naissant, mais qui ne cessait de croître. S'il était bien placé pour savoir que les plus belles plantes se gorgent de soleil pour grandir, leurs sentiments étaient de ceux qui se vivifient dans l'obscurité – même si en l'état, la clarté lacérant les ombres de la pièce la nuançait quelque peu. Là où personne ne peut le voir, là où personne n'aura son mot à dire. Un soupir d'aise lui échappa.
Tu es magnifique.
Et c'était vrai. Qu'importe la gestation, son corps n'en était pas moins de toute beauté. Pour savoir ce que c'était d'être jalousé pour ses charmes, il aurait juré que certaines femmes auraient tué pour lui ressembler – grossesse comprise si nécessaire. La douceur de sa peau, la flamboyance de ses cheveux, le pulpe de ses lèvres... Autant de détails susceptibles de faire tourner la tête de n'importe quel homme. L'éphèbe ne pouvait réprimer sa fierté d'être celui à qui ce corps parfait se dédiait. Non pas qu'il s'y estime inférieur, ne sachant que trop bien que son apparence propre n'était pas en reste, mais il n'avait cure d'à quoi il ressemblait, pour peu qu'il lui convienne. Tant que c'était le cas, que lui importait d'être beau ou laid. Tant qu'il lui appartenait...
Je te protégerai.
Sa tête se posa sur son épaule. Son torse accueillit son dos pour lui permettre de s'y reposer. S'il avait déjà apprécié l'étreindre, le contact peau contre peau était sans commune mesure. Le frisson qui survint aussitôt l'électrisa. Le rythme de sa respiration n'eut besoin que d'un instant pour s'aligner sur la sienne, en totale synchronicité. Que le temps lui avait semblé long, depuis leur séparation. Qu'il aurait voulu qu'il s'arrête à cet exact moment. Ses doigts fins effleurèrent les seins lourds, le ventre arrondi, ne demandant qu'à sentir frémir la tendre chair sous sa caresse – ce teint d'albâtre dans lequel il se serait volontiers noyé. À son nombril, il s'attarda, comme fasciné. Déjà, son souffle s'échauffait.
Mais je ne peux pas te protéger de toi.
Référence sans fard à sa témérité outrancière. Oui, mais pas seulement. Les secrets pouvaient parfois être plus mortels que n'importe quelle arme. Son aimée prétendait se livrer à lui sans condition, mais taisait malgré elle les ombres de son coeur. Il n'avait eu besoin que de rentrer dans la pièce pour s'en rendre compte. Sa gorge était nouée, scellée par une parole inavouée. Jamais il ne l'obligerait à quoi que ce soit, quand bien même les mystères qu'elle pouvait faire avaient le don de l'obséder. C'était dans son intérêt qu'il lui disait – dans le leur. S'il ne croyait pas nécessairement qu'ils devaient tout se dire, une pincée d'énigme ne faisant jamais de mal pour entretenir le feu sacré, encore fallait-il que ce soit dénué de quoi que ce soit pouvant leur être préjudiciable.
Satine... susurra-t-il d'une voix suave.
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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Lun 7 Avr - 18:26

Moi, j'ai peur




 
La porte s'ouvrit finalement doucement. Je souriais immédiatement car le Chevalier des Poissons n'avait pas donné le moindre signe d'hésitation quant à entrer et me découvrir ainsi. À moins qu'il soit familier de mon humour plus que douteux … Non, bien sûr que non. Il était tel qu'il était, spontané à sa manière, franc à sa façon. Ma tête se tourna vers lui, l'observant par dessus mon épaule tandis qu'il. Ah, très bien, d'accord, il ne perdait pas son temps. Je l'ai corrompu, déjà ? Si vite ? Je ne savais pas si je devais me sentir flattée ou non. Je ne suspectais pas que j'étais une si bonne manipulatrice, perverse et, bon ok. J'étais amusée et heureuse, voilà ce que je pouvais ressentir là, tout de suite alors que Celsius jetait négligemment mais, paradoxalement avec beaucoup de prestance aussi, ses habits sur le sol, non loin de ma robe blanche. Sa peau de nacre était pareille à mon souvenir : sans défaut et probablement aussi douce et tiède qu'avant. Une pointe de jalousie refit surface, comme à chaque fois que je posais mon regard vert sur son corps parfaitement dessiné. Je suivis un moment, à m'en perdre, les courbes qui constituaient ce dernier avant de plonger mes prunelles dans les siennes, rougissant par mégarde, à son compliment. Je ne pouvais le cacher, ni mentir : ça m'avait fait plaisir.

Mais il avait tord, de mon point de vue, ce corps qui changeait était hideux. Je ne comprendrais jamais les femmes qui trouvent les futures mamans, superbes. Elles ont de la merde dans les yeux, sont connes comme leurs pieds ou encore, n'avait jamais connu cette condition peu agréable. Faux, je mentais, un peu. Il y avait de bonnes choses. Ma peau était plus douce, plus sensible, mes cheveux plus longs, brillants et forts et, j'avais aussi des seins énormes. Si,si je vous jure, encore plus qu'avant. Ah les hormones. À côté de ça, j'essuyais les migraines à répétition, les malaises, ces PUTAINS DE VERGETURES qui formaient des sillons blanchâtres et disgracieux partout où mon corps s'était développé. En y réfléchissant, je me trouve bien plus grosse que lorsque j'attendais Lune. Bref, je sens poindre un excès de mauvaise humeur.

Cette autre chose merveilleuse, songeais-je alors que mon bien aimée vint m'enlacer et poser sa tête sur mon épaule – j'y répondis en collant ma joue contre sa chevelure – était de sentir croître la vie en moi. Je l'avoue, c'est sans doute quelque chose de normal mais … voilà, je ne pouvais pas m'empêcher d'être fière.

« D'être fière de porter ton enfant Celsius » laissais-je échapper sans m'en rendre compte, ce simple murmure, ce souffle qui n'aurait pas dû se perdre … « Me protéger ? Me protéger de moi ? »

Ma mine se fit plus sérieuse, plus grave. Comment faisait-il pour percer mes pensées ? Avait-il ressenti mon mal-être que je camouflais pourtant au mieux ? Fin observateur, finalement je ne devais pas m'en étonner plus que ça. Par pudeur pourtant, il ne m'avait pas questionné, même si ce dernier mot soufflé à mon oreille, me fit frémir autant de plaisir, que de peur. C'était comme si il avait éveillé celle que j'étais autrefois. Satine, oui, c'était mon prénom, celui que ma mère m'avait donné.Je refoulais une énième fois des sentiments confus, contradictoires, préférant plutôt me laisser absorber par l'ivresse éveillée par ses caresses. Elles m'avaient manqué. La manière dont ma peau frissonnait devait lui faire comprendre que j'étais réceptive à son désir encore timide, ce souffle chaud sur ma nuque me l'ayant fait deviné. C'était mon éducation d'autrefois, savoir décrypter les émotions des hommes face à une jouvencelle. Avec lui c'était différent, et je n'arrivais pas à définir ce que c'était.

Ma respiration s'accélérait, mais ne cédant pas à mes pulsions, je pris plutôt le malin plaisir de le faire languir un peu en prenant cette main volubile qui se perdait sur ma peau de pêche et la placer sur mon ventre. Mes yeux s'emplirent de larmes.

« Tu as senti ? » un moment de tendresse s'instaurait entre nous, et notre enfant à naître devait l'avoir comprit. « Tu vas être père Celsius, tu n'as pas peur ? »

Je me retournais pour le contempler, caresser sa joue, son front que je dégageais de toutes ces mèches rebelles et cramoisies. Je me mis sur la pointe des pieds pour l'embrasser avec une chaleur exacerbée qui pourrait le surprendre. Là, me séparant de lui dans un sourire enjôleur, provocateur, je le poussais du bout des doigts jusqu'à la baignoire. L'eau claire était chaude, parfumée à la rose – un détail qui je suis sûre, amuserait mon chevalier. - et, quand cette chaleur me parvint alors que j'entrais, un autre frisson de plaisir me força à pousser un soupir d'aise.

« Viens, Celsius. »

Une fois dans l'eau, allongés tout les deux, moi collée tout contre lui à contempler le plafond d'un air songeur, je finis par briser le silence. Peut-être était-ce une erreur.

« Tu sais Celsius, moi j'ai peur ... »






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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Jeu 10 Avr - 12:40

:: Un Retour tant Attendu :.

Qu'elle le veuille ou non, elle était toujours le centre de toute son attention - de tout son désir. Elle savait qu'il ne pouvait lui mentir, et n'aurait de toute façon pas vu d'intérêt à le faire. Cette manière d'être qu'il avait bâtie de toutes pièces, cette fausse image de lui qu'il se donnait tant de mal à renvoyer à chaque instant – hormis à elle – l'avait ainsi fait. Plus pragmatique qu'il ne le voulait souvent, le mensonge ne saurait lui seoir, si ce n'est par omission. Et si de ses lèvres jaillis les compliments étaient encore maladroits, ils n'en respiraient pas moins une honnêteté de chaque instant. Ce changement dans sa physionomie était certes radical mais ne changerait rien à ses charmes, aux regards chargé d'émotions qu'il n'en finissait plus de lui jeter. Comme si tous les sentiments et états d'âmes qu'il avait tu pendant toutes ces années s'étaient en fait concentrés en lui, en une masse compacte de ressentis qui à présent alimentaient sa tendresse pour elle. Avec tout ce qu'il avait jugulé au fil du temps, nul doute que celle-ci ne courait aucun risque de manquer de carburant.

Ce n'était qu'une intuition, mais le ton sur lequel elle lui répondit fit savoir au protecteur de la douzième maison qu'il était dans le vrai. Quand était-il devenu aussi bon pour comprendre les gens ? Lui-même n'en savait trop rien. Ce devait être une bonne chose. Du moins le pensait-il, sans réussir à s'en faire un réel avis. Dans le cas présent, cette clairvoyance pourrait peut-être bien la sauver d'un tout autre venin – le sien. Sans plus rien ajouter, il continua de taquiner sa peau chaude, sans se faire plus aventureux qu'il ne l'avait déjà été. La cime de ses doigts prit le chemin des stries pâles qui sillonnaient sa chair. Non pour les lui rappeler, les lui renvoyer au visage, mais pour lui signifier que c'était sans gravité à son sens. Cela faisait partie d'elle, au même titre que le reste. Il savait dans quoi il s'engageait quand il avait choisi de rester à ses côtés. Et ce n'étaient pas ces négligeables imperfections qui le feraient dévier de sa résolution.

La chaleur qui émanait d'elle avait sur lui un effet apaisant. Si c'était lui qui avait provoqué ce contact, il n'en fut pas moins la première victime. Ses paupières étaient de plomb alors qu'il se nichait contre elle d'autant mieux, à la poursuite d'un repos salvateur. Sans encore être gagné par la somnolence, celle-ci ne serait pas longue à poindre s'il demeurait en l'état – le problème étant qu'il n'avait aucune envie de rompre cette posture. Seule la pensée que rester en station debout sur de longues périodes ne lui réussirait guère dans son état le fit se résoudre à lâcher prise, tout en sachant que ce n'était que partie remise. Le plus tôt serait le mieux, l'exaltation le ramenant à se demander comment il avait pu si longtemps vivre sans. N'était-ce pas lui qui par son étreinte renaissait, tout compte fait ? La pulsation qui secoua la paroi abdominale eut tout juste le temps de lui parvenir avant qu'il ne s'en détache. Il ne savait quoi lui répondre, sinon...
J'ai senti.
Et c'était bien suffisant, au fond. Ses traits s'adoucirent quand elle se tourna vers lui pour le contempler. Pas tant par la volonté de toujours paraître au mieux sous son regard, mais aussi et surtout parce que la félicité de la future mère se propageait jusqu'à lui. Bien que le fait même que cet enfant soit appelé à venir au monde était une aberration, fut-elle morale, le ravissement de Mary à porter le fruit de leur union ne saurait lui échapper. Aussi ravala-t-il ne fut-ce qu'un instant son anxiété, oublia qui ils étaient, leurs rôles à tous les deux et toutes les difficultés, tous les obstacles qui se dressaient sur leur route pour ne plu faire qu'en profiter. Une magie éphémère, et purement humaine, mais qui lui permit de relativiser et de libérer sa réflexion du joug de la morosité. Sa main se posa sur la sienne alors qu'elle folâtrait dans sa chevelure. Non pour lui interdire le geste mais, à l'inverse, la remercier – une raison de plus à ce compte qu'il avait délibérément perdu. Le Roi des Ronces eut un sourire contrit.
Bien sûr que j'ai peur. Mais tu sais pourquoi. Tu connais mes raisons. De même que tu sais qu'elles occultent et éclipsent tout le reste. Un problème à la fois...
Avant de se soucier de devenir père, de seulement penser en avoir peur, encore fallait-il qu'elle survive à l'accouchement. À cette pensée, son coeur se serra. Il ne voulait pas la perdre. Or, elle avait beau lui assurer que tout irait bien, il ne parvenait pas à s'en convaincre. Quoi qu'elle en dise, Satine ne connaissait pas la portée de son poison. Elle ne l'avait pour ainsi dire jamais vu en action. Il avait tout fait pour l'en préserver. L'ironie du sort étant que c'était à présent sa méconnaissance qui pourrait bien la tuer. Qu'elle ait déjà donné le jour à un enfant était certes une chose, et une prouesse en soi ; néanmoins, cela ne rendait pas la naissance à venir moins dangereuse. Plus que tout ce qu'elle avait connu jusqu'alors, quels que soient les périls qu'il lui ait été donné de braver. Car cette fois, il viendrait de l'intérieur. Il grandissait avec l'enfant qui en son sein s'animait des premiers éclats de la vie.

Pouvait-elle décemment lutter contre le propre fruit de ses entrailles ? Si forte puisse-t-elle être, et cela jamais il n'oserait en douter, le Saint des Poissons ne pouvait qu'appréhender. Il n'y avait rien qu'il puisse faire, car il était déjà trop tard. Elle aussi, comme tant d'autres avant elle, il l'avait empoisonnée. Et de la pire des manières – celle qu'il ne pourrait soigner. Il aurait beau prévoir tout ce qu'il voudrait, ce n'était pas dans les livres qu'il trouverait la solution cette fois. C'était un cas de figure inédit car ce n'était pas censé se produire – cela ne devrait jamais être. Il avait fauté et en paierait le prix, son destin était scellé. Mais même si le sort devait être contre lui, même si le monde entier lui hurlait de se résigner et de faire face sans rien pouvoir y changer, il chercherait jusqu'au bout une solution – fusse-t-elle de mettre sa vie en jeu pour sauver la sienne.

Le coeur plus léger, sans être encore tout à fait libéré de ses chaînes, le Chevalier d'Or se prit au jeu et obéit à sa requête silencieuse. Sa sensualité lui arracha un frisson d'extase. La méthode mise à reproduire ici-même les conditions dans lesquelles ils avaient... « appris à se connaître » quelques mois auparavant frôlait le génie. Ou la folie furieuse, mais l'encre n'avait-elle pas déjà coulé d'assez de plumes que pour savoir que les deux se côtoyaient bien souvent de plus près qu'on ne le pense ? D'ailleurs, s'il avait déjà eu un doute en la voyant, il n'était plus permis lorsqu'il se coula dans l'eau : cette baignoire était exactement la même que celle qui les avait accueilli la première fois. Il échangea avec elle un regard de connivence. Jadis elle lui avait fait savoir que le lieu de leurs ébats n'était en fait point sa propriété, mais celle de sa jumelle, qu'il connaissait également. La seule remarque qu'il daigna formuler oralement alla en ce sens.
Ta soeur risque de ne pas apprécier.
Et ce fut tout. Ses bras se refermèrent sur elle dès qu'elle lui eut fait le plaisir de s'y faufiler en même temps que dans leur demeure liquide. L'ataraxie qui l'envahit une poignée de secondes durant fut réminiscent de cette vérité selon laquelle les meilleurs moments d'une vie découlent le plus souvent de choses simples. Ici, l'amour. Même si entre eux, les choses n'avaient pas été simples et ne le seraient sûrement jamais – preuve en était faite, une fois de plus. Une fois de trop ? L'aveu qu'elle fit l'instant d'après corrobora cette hypothèse, qu'il s'efforça cependant de museler à son tour, la plaçant sous scellé dans une minuscule boite noire aux confins de son esprit et de sa mémoire. Assez petite pour l'oublier. Peine perdue. Son enlacement se fit plus ferme, son expression plus douce encore ; aussi étonnant que cela puisse paraître, c'était cette fois à son tour d'être confiant. De la réconforter. De lui donner sans compter. Même si...
Tu n'as pas à t'en faire. Je serai toujours là.
Car à présent, je sais.
Je sais que je mourrai pour toi.
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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Lun 21 Avr - 17:32

If You Leave Me






 
« Satine, Satine ! Où tu es ? »

Les yeux clos, je me fermais au monde qui était désormais mien et dans lequel j'évoluais avec appréhension. Légère toutefois entre les bras de mon amant. Les paupières scellées, il me semblait entendre comme un échos dans le lointain. Quelqu'un ou quelque chose me fit songer de nouveau au passé. Au lieu de braquer mon regard sur l'avenir incertain. Une faute, mais un refuge pour l'espace de quelques secondes. Juste encore un peu, s'il te plaît …

« Satine ! Trouvée ! C'est à toi de me chercher maintenant ! » éclatait la voix mélodieuse de ma sœur à mes oreilles. « D'accord, mais oublie pas que maman ne doit pas nous voir aussi ! Ni les messieurs avec qui elle est. Oublie pas ! »

Lui criais-je comme dernier avertissement depuis ma cachette tandis que je la voyais s'en aller à toute jambe, désireuse d'être plus forte que moi à cache-cache. Nous aimions toutes deux les défis et celui-ci, bien qu'enfantin, se révélait être d'une double complexité : à la fois échapper à l'une et l'autre et à la vigilance de notre mère qui avait de surcroît, un œil de faucon. C'était là notre dernière trouvaille et occupation depuis que notre préceptrice était tombée malade et ne venait plus nous trouver dans notre chambre dans laquelle nous étions ma sœur et moi, constamment enfermées. Cependant aujourd'hui, nous avions décidé de nous en échapper pour quelques heures, profitant d'une « fête » comme maman appelait ça, pour jouer innocemment et peut-être, avec un peu de chance, d'aller sur les toits comme cette nuit d'hiver.

Mais cette fois, et c'était une promesse faite à moi-même, je ne laisserais pas ma sœur retomber malade. Même si cela comportait moins de risques que la dernière fois car nous étions en plein été. Comme j'avais envie de voir le soleil. Discrètement, j'évoluais dans l'ombre à la recherche de Callista. Je me doutais fortement où devait se trouver sa cachette : non loin des cuisines là où un gros matou veillait près de l'âtre et qui s'était prit d'affection pour nous. Faut dire qu'il n'était pas farouche et comme personne ne se préoccupait de lui, pourvu qu'il fasse son travail de chat … bref, ni une ni deux, je me dirigeais là bas, frôlant les murs. Mais un cri suraigu me fit presser le pas.

Je me « réveillais » comme si on m'avait poussé dans le vide. Combien de temps je m'étais assoupie entre les bras de Celsius ? Frémissante, j'eus vaguement conscience que mon cœur s'était affolé dans ma poitrine : soupirant pour faire s'échapper mon angoisse, je finis par laisser ma tête rouler sur le côté pour que je puisse voir mon aimé.

« J-J'ai dormi longtemps Cel ? » le questionnai-je à demi-mot en passant une main sur mon visage. « Désolée, ça m'arrive de temps en temps, le sommeil me prends. J'pourrais m'endormir n'importe où, c'est chiant. »

M'efforçant de paraître plus détendue que je ne l'étais en réalité, j'eus un petit sourire se voulant malicieux. Je me retournais tout à fait afin de blottir ma poitrine contre son torse. « Où en étions nous ? » un clin d’œil et j'écrasais mes lèvres contre les siennes. Je voulais à tout prix effacer ces images dans ma tête. M’enivrer de son parfum me semblait être la bonne solution.

« C'est ma sœur qui m'a gentiment offert la baignoire de notre première rencontre » Mes mains se faisaient plus insistantes, aventureuses … « Tout comme le lit au coin de la pièce ... »

Sa peau était si douce, moi si sauvage. Il éveillait toujours cette passion en moi qu'aucun autre n'avait su allumer. Sauf peut-être … je repoussais cette pensée pour me focaliser sur le moment présent. Il était tout ce qu'il me restait de rassurant. Lui, moi, ensemble à ne songer à rien d'autre qu'à nous. Que les autres aillent au diable avec leurs problèmes, leurs idées de grandeurs et de trahisons !

« Tout ce qui m'importe, c'est d'être avec toi, à tes côtés. » Soudain, je me reculais quelque peu pour le regarder avec un sérieux qui me ressemblait guère. « Si je meurs, tu me promets que tu veilleras sur mes enfants ? »






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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Mer 23 Avr - 12:52

:: Un Retour tant Attendu :.

Quand Mary papillonna des paupières puis sombra dans un repos éphémère, il ne fit rien pour l'en empêcher. S'assoupir dans une baignoire – pleine à ras bord qui plus est – n'étais point ce qu'il y a de plus avisé, mais il était là pour la garder. Qu'elle le délaisse déjà, tout involontaire que ce soit était un rien frustrant, mais elle en avait besoin. C'était cela, que de vouloir sauver les apparences... L'éphèbe pinça les lèvres. Satine allait beaucoup moins bien qu'elle ne voulait bien le dire et redoublait d'énergie pour que nul ne s'en aperçoive mais il n'était pas dupe. Et il doutait fort qu'elle n'en sache rien elle-même... Ses lèvres se posèrent sur son front, non sans lui avoir administré une faible pichenette au préalable.
Idiote...
Son étreinte se raffermit. À cet instant, sans être consciente pour essayer de donner le change, elle lui semblait si fragile... Penché sur elle, il observa avec la plus grande tendresse ses traits ensommeillés, masque de perfection. Une vision touchante tant qu'elle gardait toutes ses couleurs, mais il ne savait comment il réagirait s'il devait les voir déserter son visage une à une pour ne plus laisser qu'une pâleur livide. Ses doigts effleurèrent sa joue en silence, avec la même délicatesse qu'il accordait à ses roses les plus précieuses, et elle sortit enfin des limbes d'une sieste qui, bien que brève, n'avait déjà que trop duré. S'efforçant de cacher son anxiété, il lui répondit d'un sourire paisible.
Tu devais en avoir besoin.
Simple moyen de la jauger, de voir ce qu'elle aurait y répondre. La grossesse était, certes, une excuse tout ce qu'il y a de plus recevable, mais il n'y avait pas que ça. Il le sentait – peut-être parce qu'il en était en partie responsable. Mais c'était sans compter sur Mary, qui se fit forte de chasser ses préoccupations en revenant à la charge, le forçant à capituler. Moins perdu dans ses pensées que dans sa contemplation, le Saint des Poissons n'aurait pas cru qu'elle serait si prompte à reprendre les choses où elle les avait laissées. Mais c'était la sous-estimer, et la voir si dynamique dès le réveil – si court qu'ait été son sommeil – le teintait de réconfort, apportant une note d'optimisme à son diagnostic. Il n'en fallait pas beaucoup pour qu'elle lui fasse tourner la tête...

Les quelques minutes de répit que les frissons lui avaient laissé prirent fin avec le retour de ses caresses lascives, son corps ne répondant que trop bien à l'appel du désir. Parce que c'était elle qui l'émettait, tout simplement, même si le fait qu'elle sache s'y prendre n'y était pas non plus étranger. Parfois, il lui arrivait de douter d'être à sa convenance. S'il n'était pas d'une complète innocence non plus, ses relations passées s'étaient bien souvent limitées à laisser qui le voulait l'épingler à son tableau de chasse sans résister. La passivité à l'état pur. Aussi, était-il vraiment à même de combler ses attentes ? Elle ne s'en était jamais plainte, mais... Qu'elle se montre si demandeuse ne pouvait donc que le rassurer. Sans perdre son sourire, il répliqua avec légèreté :
J'ai du mal à y croire.
Il n'avait pu côtoyer Ann que peu de temps, mais c'était déjà assez pour savoir que le physique n'était pas la seule chose qu'elle avait en commun avec sa jumelle ; le caractère éruptif aussi. Qu'elle ait pu accepter ça si facilement, à fortiori en sachant qu'ils en avaient déjà disposé à leur guise sans lui demander son avis, ne pouvait donc que lui sembler improbable. Mais il n'en dit pas plus. Le résultat était tout ce qui comptait – même s'il aurait aimé savoir s'il y avait un risque pour qu'elle essaie de le scalper la prochaine fois qu'il la verrait. Il serait toujours temps de s'en inquiéter le moment venu, néanmoins.
Ne dis plus jamais ça ! explosa-t-il, aux antipodes de son calme habituel.
C'était à elle de vivre. De vivre pour ses enfants – bientôt pour leurs enfants, au rythme où allaient les choses. En la voyant si pleine de joie de vivre, il avait cru qu'elle s'était délivrée de ses pensées morbides, mais s'était manifestement trompé. Pourquoi ? Pourquoi continuait-elle de raisonner de la sorte, alors qu'elle avait repris la chair de sa chair, le sang de son sang aux griffes du danger qui pesait sur eux ? Quelle raison avait-elle de se sentir encore si intime avec la mort ? Ses poings se serrèrent encore et encore. N'eut été la peur de se percer la peau avec les ongles, le peu de retenue qu'il lui restait y serait passé aussi.
Tu dois vivre. reprit-il plus sereinement, la mine basse.
Ce n'est qu'une fois sa colère apaisée qu'il réalisa s'être redressé d'un bond, projetant de l'eau de tous côtés – et accessoirement se tenir debout, nu devant elle. Son premier réflexe fut alors de dissimuler de ses mains les parties charnues de son anatomie. Si ce n'était pas la première fois qu'elle l'apercevait dans le plus simple appareil, l'enfant à naître n'ayant nullement trait à l'immaculée conception, il ne lui était pas venu à l'idée de s'exposer de la sorte. Il affecta de se glisser à nouveau parmi bulles et savon pour y noyer son embarras mais fallait-il encore qu'elle accepte de le laisser faire après ça...
Désolé. fit-il, penaud.
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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Ven 25 Avr - 18:06

Viens





 
Non, non, non, non. Ne pas rire. Surtout, ne pas rire. Mais, je ne m'attendais vraiment pas à une telle réaction de sa part. Lui, d'ordinaire si calme, si avare de mots – même si dans le cas présent c'était encore le cas – là, il faisait montre d'une réaction exacerbée par la peur, la colère aussi. Sans doute m'en voulait-il que je fasse moi, ce constat et de baisser les bras ? Non, d'essayer de palier à cette éventualité. Au cas où. Bon, je ne m'en faisais pas trop pour mes enfants, je savais qu'Ann serait toujours là pour moi, pour eux. Cette pensée me rassurait. Je pouvais voir les choses plus sereinement. Seulement, je regrettais ces mots, de paniquer Celsius qui, déjà, devait bien se sentir assez fautif comme ça.

Bien sûr que je me doutais que mes affaiblissements soient dus au poison de Celsius. Ironie ? C'était le cas, mais je ne regrettais en rien ce nouveau coup du Destin. Peut-être que cela doit se terminer ainsi. J'hésitais sur mes prochains mots, était-ce une bonne idée de lui dire que le voyage était un prétexte pour pouvoir profiter d'eux encore un peu ?

Finalement la situation étant trop cocasse, je me laissais aller à mon hilarité en éclatant d'un rire joyeux, mi-joué, mi-vrai. « Tu me la mets comme ça sous le nez maintenant ? Tu n'as vraiment aucune pudeur ? »

Le narguai-je en avisant de sa mine embarrassée. Les larmes aux yeux à force d'avoir trop ri, je les essuyais d'un revers de la main avant de le regarder, un sourire enjôleur accroché à mes lèvres. Je me rapprochais de lui jusqu'à ce que nos deux corps se frôlent. Rien de plus, rien de moi, je restais ainsi dans cette position, mon visage penché vers le sien. De ma main valide, je dégageais de ses yeux, quelques unes de ses mèches carmines. Ces dernières me rappelaient tant ma propre chevelure et surtout, celle d'Astre …

« Pourquoi es-tu gêné ? C'est pas la première fois, enfin, hm ... »

Je laissais ma phrase en suspend pour ne pas le mettre encore plus dans l'embarras. Ce ne serait pas très gentil – même si d'ordinaire, je ne me serai pas gênée – ainsi, plutôt que de lui envoyé une petite boutade maison, je choisissais de me taire et de tout simplement le regarder. Ce silence … il m'apaisait. L'expression de mon visage se fit plus sérieuse.

« Je sais que tu ne vas pas aimer ce que je vais te dire mais … chaque minute est précieuse. Je ne sais pas … ton poison … quel effet il aura sur moi, à … terme. » Nerveusement, je me mordais la lèvre inférieure. Peut-être aurait-il une réponse à m'apporter ? « Tu sais » - ajoutai-je dans un souffle - « Je ne t'en veux pas, saches-le. »

Sans crier gare, je l'embrassais avec passion. Je voulais oublier, oui oublier dans une étreinte, tout jeter dans un feu. Un brasier ardent. Je voulais lui prouver par cette nouvelle union que j'étais sérieuse, que je resterais moi-même. Même si j'avais peur et que cette même peur ne me quitterait plus. Cette chimère, cette ombre.

« Viens. » susurrai-je à son oreille. « Viens et restes avec moi pour toujours. »

Par le passé, j'avais déjà formulé une telle demande. Elle avait abouti à la mort de mon bien-aimé.







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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Sam 26 Avr - 3:17

:: Un Retour tant Attendu :.

Tu es mal placée pour parler. riposta-t-il sans délai, feignant l'insouciance.
Ces échanges à brûle-pourpoint avaient cela de bénéfique qu'ils lui développaient un sens de la répartie dont le piquant n'avait que peu à envier à celui de ses roses. Il aurait voulu n'avoir pas à être si maussade en ce jour si spécial, cela allait de soi, mais il ne pouvait que difficilement le rester bien longtemps en sa présence. L'un des bienfaits de leur intimité, outre leur capacité à lécher leurs plaies respectives – celle qui les avait rapprochés en premier lieu, pouvait-on dire. Ni l'heure ni l'humeur n'étaient aux traits d'humour, mais ceux-ci avaient le mérite de détendre une atmosphère où se distillait lentement des poisons contre lesquels il n'existe aucun remède et face à qui même lui était impuissant ; angoisse et malaise étaient leurs noms.
Parce que je suis qui je suis, et que tu m'aimes comme ça.
C'était bien tout ce qu'il y avait à dire. Si d'aucuns auraient pu prendre ombrage d'être ainsi tournés en dérision, ce n'était pas son cas, toutefois, au-delà des apparences. Car, peu habitué à ressentir si distinctement si ce n'est à ses côtés, il appréciait chaque instant comme s'il recelait une magie subtile qui le rendait plus humain que monstre – celui qu'il voyait dans chaque reflet. Même le feu qui lui montait aux joues était bon à prendre, car il lui faisait se sentir vivant, chose qu'il ne faisait que trop rarement. Comme si, une fois loin des regards langoureux dont elle le couvait, il redevenait une marionnette tueuse. Un corps esseulé, faisant mine d'être en vie. Une enveloppe de chair à l'âme engourdie...
Et puis... Je suis sûr que ça te frustrerait, si je ne l'étais plus.
Il avait un temps cru que servir Athéna constituait le même genre d'exutoire mais s'était aperçu grâce à ses échanges avec l'actuel Cancer que ce n'était pas suffisant. La Sagesse elle-même ne voudrait sans doute pas que ses protecteurs se caractérisent uniquement par le fait de se donner à elle corps et âme. Il n'irait pas jusqu'à dire que le fait qu'elle ne soit plus là y était complètement étranger, mais ce n'en était pas la seule cause. Car sa rencontre avec Mary avait précédé sa disparition, et que c'était à compter de ce jour qu'il avait entrevu la vérité. Car c'était grâce à elle qu'il savait enfin ce que ça fait que de sourire, ce qu'être heureux veut dire. Même si, alors qu'ils devisaient de cet avenir certain, tout cela lui semblait bien lointain...
Je te l'avais bien dit...
Ce n'était qu'un constat tout ce qu'il y a de plus plat. N'était-ce pas la première chose qu'il lui avait dit ? La première à laquelle il ait pensé quand elle le lui avait annoncé ? Car avant de penser à l'enfant, il faut penser à la mère, et il savait combien il avait raison de s'en faire pour cette dernière jusqu'au fond de ses tripes. Il savait qui il était, ce qu'il était. Oh oui, il ne le savait que trop bien, de même qu'il ne pouvait ignorer avoir toutes les raisons d'être inquiet. Il aurait pu lui en vouloir, mais s'en voulait trop pour ça, redoutant déjà de l'avoir bien malgré lui et quoi qu'elle en dise menée à l'échafaud. Qu'elle ait essayé de le protéger de cette sinistre réalité était une preuve d'amour en soi, du moins préférait-il le considérer ainsi que comme un mensonge à proprement parler, mais cela n'avait rien arrangé.
Et bien... Que tu sois ici avec moi et encore en état de m'en parler est plutôt bon signe, je suppose. Il eut un rictus contrit. Mais pour ce qui va suivre...
Il n'eut pas l'occasion de finir sa phrase. Mary put sentir une exclamation de surprise s'étouffer au fond de sa gorge. Sa langue se mêla ensuite à la sienne en un ballet fougueux alors que ses mains se posaient de part et d'autre de sa taille, sans trop savoir s'il devait tempérer ses ardeurs ou les encourager. Dans l'ivresse du baiser, la seconde option parut être la meilleure. Il s'y abandonna totalement, trop heureux de sentir son coeur palpiter contre sa peau moite. S'ils s'étaient bien embrassés avant d'en arriver là, cela n'avait à aucun moment été aussi intense. La date des dernières effusions de cet acabit était aussi celle de leur dernière union. Rien d'étonnant à cela, puisqu'elles en étaient le cadre.

Surprenant, ce rapprochement ne l'était pas plus : Satine avait été suffisamment claire sur ses intentions pour ne laisser planer aucun malentendu. Si Celsius aurait pu se sentir coupable de la solliciter de la sorte dans son état, sa dulcinée semblait n'en faire que peu de cas. Grossesse ou pas, profiter de son amant n'attendrait pas. Un comportement ô combien insouciant, voire même irresponsable, mais qu'il aurait été bien mal placé pour sanctionner – ainsi qu'elle avait pu le voir et désormais le sentait. Il ne l'arrêta pas moins dans son élan, fut-ce à son regret également, le temps de la regarder dans les yeux. N'eut-il été en plein milieu d'une réponse cruciale, sans doute aurait-il lui aussi cédé aux appels du coeur et à ses instincts les plus bas. Le peu qu'il réussit à formuler finalement fut pourtant tout ce qu'il y a de plus ordinaire :
Je te soignerai. haleta-t-il. Peu importe ce que je devrai faire pour ça.
Et il avait déjà sa petite idée sur la question. Elle n'aimerait pas ça. Mais cela attendrait. Plus tard, bien plus tard, quand la nuit serait leur écrin, le vent leur habit et la lune leur confidente. L'une de ses mains, qui avait repris sa place au niveau de sa taille, délivra une caresse lascive suggérant un mouvement qu'elle saurait reconnaître aisément. L'autre alla se perdre dans le rouge de sa crinière, sans cesser de la ramener auprès de lui comme craignant déjà qu'elle lui échappe. Comme si elle n'avait été qu'un rêve, un songe écarlate. Ses ongles effleurèrent bien vite le creux de ses reins – zone sensible par excellence. Le ballast superflu dont sa sirène s'était parée au niveau de la taille l'alourdissait quelque peu, il est vrai, mais le Chevalier des Fleurs était loin de s'en plaindre.

Il ne l'en sentait que mieux reposer contre lui – sur lui – et mesurait ainsi toute la réalité, tout le concret de cette silhouette posée à même la sienne. Et si dérisoire que cela puisse paraître, il y trouvait tout le réconfort dont il avait besoin pour faire preuve d'un peu de désinvolture et accepter ce qu'ils faisaient, sans remords ni regrets. Ses doigts parcoururent les côtes une par une, paraissant les compter, son bassin pressant le sien de mettre ses « menaces » à exécution. Enfin il soupesa les seins lourds non sans une pointe naissante d'avidité. S'il dévora son cou de ses baisers, ce ne fut que pour mieux la laisser sur sa faim, dents comme lèvres se refermant sur un lobe d'oreille qui, même si cela remontait, devait d'ores et déjà être habitué à subir pareil traitement.
Pour toujours et même plus. approuva-t-il dans un tendre soupir.
La friction insistante, obsédante de leurs corps aurait pu lui faire croire qu'il était en flammes s'ils n'avaient été ensevelis par les flots. Si tel avait vraiment été le cas, il n'aurait pas demandé mieux que d'en être consumé.
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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Dim 27 Avr - 23:18

Douceur et Volupté





 
Je sentais sur nous les rayons de la lune d'argent nous caresser la peau. Je regrettais parfois que ce ne soit pas le soleil. Mais ce dernier me boudait et si, par malheur je m'exposais tout de même devant lui, je ne ferais que récolter des brûlures douloureuses qui finiraient par se muer en écailles disgracieuses. J'en avais fait les frais deux fois et, foi de pirate cela n'arriverait plus. Préférant depuis lors la nuit, je devenais ainsi l'une de ses filles. Mon teint laiteux en était la preuve la plus flagrante. Moi qui, par le passé avait été si fière de ma peau mordorée. Pourquoi ? Parce qu'elle prouvait par là mon émancipation. Souvenez vous, enfant, j'étais un petit oiseau destiné à rester tout le long du jour et de la nuit, dans sa cage doré. En apparence seulement. Maudite depuis, je ne me plaignais pourtant pas de mon sort. Entre les bras de mon amant, comment le pourrais-je ? Mon esprit se prit à vagabonder au rythme de notre baiser passionné. C'était je crois, la première fois que je ressentais de nouveau un sentiment si fort en embrassant une personne. Un baiser d'amour. Quand il cessa pour quelques secondes, mes yeux restèrent clos, songeant à un fait passé que je devais à tout prix chasser de mon esprit.

Je me sentais vivante entre ses bras. Pleine d'une vitalité qui parfois me faisait défaut. L'angoisse qui enserrait depuis les premiers mois de ma grossesse mon cœur et ma raison s'envola avec le reste : pourvu que cette étreinte dure une éternité ! Et celle-ci fort heureusement ne faisait que commencer. Les premiers balbutiements de cette nouvelle union s’enchaînèrent avec une précipitation digne des premiers émois d'un couple ardent, découvrant l'amour. Pour nous c'était autre chose qui motivait cette fébrilité, cette ardeur enflammée. Nous pouvions enfin nous retrouver en toute sérénité pour mieux se redécouvrir : un présent précieux et rare. La distance offrait parfois de bons côtés. Même si le manque de l'autre pour ma part était bien trop présent. Serais-je si égoïste de le vouloir avec moi pour l'éternité ? Même si je savais que rien n'est éternel, j'avais cette folle pensée encrée en moi, celle que cette fois-ci, mon aimé ne me quitterait pas précipitamment sans que je ne puisse rien n'y faire.

J'en avais assez des caprices du Destin, des Dieux qui se jouaient de moi, se moquant ouvertement de mon malheur. Non, je n'aimais pas ça, être à leurs yeux qu'une fourmi risible. Je me battrais. Quitte à faire des choses terribles pour arriver à mes fins. Préserver ceux que j'aimais, les garder tous près de moi, tout contre mon cœur. C'était ce que nous allions faire tout au long de cette nuit douce.

« Celsius … » soupirais-je contre son oreille en m'abandonnant à ses caresses, ses baisers. Je sentais son souffle chaud contre ma peau et je sentais mon corps répondre de lui-même à ces demandes muettes. « Promet moi de ne plus jamais repartir. »

C'était une requête impossible, je le savais bien ! Mais j'avais bien le droit si l'envie m'en prenait, de formuler mes désirs les plus secrets ? « S'il te plaît, à la naissance de notre enfant, restes avec moi, pour toujours. Ne m'abandonne jamais, je ne le supporterais pas. Pas une seconde fois. Je préfère mourir. »

Ce n'étaient pas des paroles en l'air. C'était une promesse faite, quitte à l'écrire en lettres de sang s'il ne me prenait pas au sérieux ! Et mes promesses, je les tenais toujours. Comme celle faite à un jeune homme que j'avais tiré de sa folie vengeresse. Mourir oui, mais avec le sourire. Je ne pus m'empêcher d'en esquisser un avant de chasser définitivement cet épisode. Reprenant les rênes de notre folle danse enfiévrée, je finis par faire consentir mon chevalier à s'extirper hors de l'eau. Ah ah ! Même si entre poissons nous aimions évoluer dans l'eau, nous y sortir ne ferait que raviver la flamme qui nous anime. C'était encore plus vrai que nos deux chevelures faisaient penser à deux brasiers ! Des oriflammes qui bientôt, s'entremêleraient dans un merveilleux canevas. Le plus précieux qui soit. Je l'invitais à s'allonger sur mon vaste lit, le tirant par les poignets. Avide d'obtenir davantage, je le renversais sur les draps qui se froissèrent et ne tarderaient pas à être détrempés. Qu'importe.

« J'ai l'impression d'avoir déjà vécut cette scène, pas toi ? » lançais-je d'un ton badin en lui adressant un clin d’œil. Perchée sur lui, je l'observais de longues secondes avant de reprendre ce ballet sensuel. Il sentait si bon, mon chevalier. « Le Black Pearl est le navire le plus rapide au Monde, alors profitons de cette nuit pour nous retrouver tout à fait avant d’apercevoir la côte. »

Mes lèvres cherchèrent les siennes, avec douceur et volupté.





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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Dim 4 Mai - 23:54

:: Un Retour tant Attendu :.

J'aimerais.
Impossible d'en dire plus, pas même un mot. Il ne le pouvait pas, n'en avait pas le droit. Mais il aurait voulu, et c'était déjà bien suffisant pour poser problème. Le simple fait d'avoir prononcé ces dires lui fit immédiatement sentir le lien avec son armure se faire plus ténu, et il sut que ce n'était pas uniquement à cause de la distance grandissante qui le séparait du Sanctuaire. Ce n'étaient que des mots mais c'était déjà trop. C'était toutefois la première fois qu'il concevait son lien envers Athéna sous forme de chaînes. Les chaînes dorées d'une loyauté branlante. Son coeur se serra mais il fit rien savoir. Rien qu'elle pourrait deviner. Pas même elle.

Quand bien même cela allait dans le sens de sa demande, lui en faire part soulèverait d'autres questions. Celsius n'était pas prêt à les entendre pour le moment et c'était de toute façon quelque chose qu'il estimait devoir régler seul – comme au bon vieux temps. Plus tard. Encore et toujours. La pensée lui vint une fois de plus qu'il devrait apprendre à se vider la tête, en particulier quand il se trouvait en sa compagnie. Cela lui épargnerait de ternir son humeur à défaut de l'ambiance – sa faculté à cacher les choses avait au moins cela de bon. Et ce même si elle était toujours prompte à lui remonter le moral, consciemment ou non. Le Roi des Ronces se fit violence pour tout oublier et se laisser porter par le courant, le flux des sentiments.

Au diable le reste. Façon de parler. Il ne pourrait jamais oublier complètement qui il était. Son rôle avait conditionné sa vie pendant des années et était beaucoup trop ancré en lui pour pouvoir si simplement s'en débarrasser. Mais pouvoir en faire fi au moins pour quelques heures et oublier le poids des responsabilités ne pourrait que lui faire le plus grand bien. Les derniers événements le lui avaient prouvé, prendre les choses trop à coeur n'était autre que le meilleur moyen de s'aveugler soi-même et d'y perdre en efficacité. Et l'échec n'en était fatalement que plus douloureux... Prendre du recul ne voulait pas dire qu'il en avait que faire. Pas plus qu'il n'oubliait qui il était.

Mais se retirer un temps lui donnait l'occasion de voir les choses avec un oeil neuf. Une vision d'ensemble qui, ces derniers temps, lui manquait cruellement. La retrouver – et se retrouver – était l'occasion rêvée de mettre un peu d'ordre dans ses pensées, même si cela devait ironiquement commencer par les oblitérer. C'était là la clé. Ne pas penser, agir. Ne pas croire, tenter. Ne pas imaginer, vivre. Autant de leçons que Satine lui prodiguait sans même le savoir et à longueur de temps aussi longtemps qu'elle se tenait à ses côtés. Lui souriant dans l'ombre – l'obscurité lui rendait la chose plus aisée -, le Saint des Poissons défit la chaîne du pendentif qu'il portait autour du cou pour le suspendre au sien.

Le frisson de son buste sous la froideur du métal précieux ne la lui rendit que plus désirable. Ce n'était pas le but recherché, mais il ne s'en étonna pas non plus. Si elle exerçait déjà sur lui un irrésistible magnétisme au naturel, il suffisait d'un rien pour le galvaniser, au point qu'il soit fort en peine de lui résister. S'il avait initialement pensé que c'était dû à sa méconnaissance des choses de l'amour, il en était rapidement arrivé à la conclusion que c'était plutôt elle qui s'y prenait bien pour le faire chavirer, même quand elle ne faisait rien pour. Mais peut-être n'était-ce que pour préserver son ego ? Qu'importe. Il embrassa son front pour lui signifier une fois de plus toute sa bienveillance à son égard avant que la douceur ne rende les armes pour céder sa place à l'exaltation dans la fièvre nocturne.
Attends-moi. fut le murmure qu'il porta à son oreille. Ce que son coeur avait à dire maintenant que ses pensées n'étaient plus là pour le museler.
Ses lèvres retrouvèrent le chemin de son cou peu avant qu'elle ne le repousse avec sensualité, le faisant choir dans les draps dont la moindre fibre respirait son parfum. Fermant les yeux un court instant, il s'en laissa griser avant qu'elle ne s'y échoue à son tour, faisant naufrage au creux de ses bras. Car il n'avait eu besoin que d'une seconde pour les passer autour de sa taille quand elle s'était hissée sur lui – non sans le forcer à museler son bon sens qui lui indiquait que pareille posture n'était sans doute guère recommandée. S'il n'en fit rien, la lueur attentionnée au fond de son regard lui signifierait de ne pas forcer l'allure. Pour ne pas se faire de mal tout d'abord, mais aussi et surtout pour ne pas aller trop vite en besogne. Ils avaient la nuit devant eux.
Toute la nuit ? Soit tu l'as fait exprès, soit sa rapidité est discutable.
Pas besoin de l'entendre pour connaître la réponse. C'était bien son genre. Soit ça, soit même la providence s'y mettait pour les laisser raviver une flamme qui n'avait toutefois jamais vacillé – et puisse cela continuer. Ses doigts fins et adroits parcoururent son échine dans l'intention à peine voilée de lui dérober quelque frisson, pendant que son regard se rivait aléatoirement sur les gouttes constellant sa peau – et son attention avec lui. Si la sienne bien que parfaite n'avait jamais eu le moindre intérêt à ses yeux, celle de Mary qui, à la faveur nocturne, revêtait une pâleur lunaire méritait toute sa fascination. Ses dents frôlèrent la clavicule sans défense de sa bien-aimée sans jamais s'y planter avant que ses lippes ne s'égarent sur sa poitrine, dont les rondeurs accentuées ne pouvaient que lui plaire – l'ensorceler.

Quel sort lui avait-elle jeté ?

Il ne le savait, mais chose certaine, il ne voulait pas en être délivré.
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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Dim 11 Mai - 19:14

Des Réponses





 
« Tu crois que je l'aurais pas remarqué ? » fis-je malicieuse à son oreille tandis que je me hissais une nouvelle fois sur lui pour me pencher vers son visage. À ce mouvement, le médaillon qu'il venait de m'offrir quitta ma peau pour se balancer dans le vide. « La pierre a été remplacée il y a peu par … eh bien je ne sais pas quoi justement et je comptais sur toi pour me le dire … »

S'il pensait que j'étais aveugle, il se trompait. Non pas que je sois une experte en bijoux – même si tout au long de ma carrière de pirate j'avais pu en dérober et en apprécier la qualité – mais s'il avait essayé de me leurrer avec une babiole, je dois dire que je l'aurais mauvaise. Or je ne faisais que feindre la surprise et le fait que je puisse être outrée par ce cadeau. L'air grave que je pouvais lire dans ses yeux confirmait ma pensée : c'était autre chose de bien plus précieux qu'un vulgaire présent. Mais quoi alors ? Un souvenir ?

Mais c'était vrai ça : je ne connaissais pour ainsi dire rien de son passé, comment il avait vécut dans sa jeunesse avec son … fardeau alors que lui connaissait – presque – tout de moi ! Cette pensée me fit largement froncer les sourcils. Je me sentais terriblement égoïste en cet instant. Une pie. Ouais, voilà je me sentais comme une de ces garces bavardes que je ne supportais pas, qui m'horripilaient et que, généralement, j'ignorais royalement. Sauf quand elles venaient me chercher des noises. Alors là c'était un bain de sang.

« Alors, beau rouquin, tu m'expliques ou je vais devoir te contraindre à me parler ? Oh … à moins que tu ne veuilles terminer d'abord ce que nous venons de commencer ? »

Ah la torture. Elle pouvait prendre bon nombre d'aspects. Je me contentais d'ordinaire du plus sanglant qui soit mais là, je dois dire que j'étais d'humeur taquine. S'il désirait obtenir de moi ce qu'il voulait, à lui de me répondre en premier lieu, sinon quoi … eh bien je pense que dans ce cas précis il serait fortement déçu.

« En effet … je pourrais d'un claquement de doigt accélérer le rythme de mon navire … si tu vois ce que je veux dire. » lançais-je en lui adressant un petit clin d’œil. « Mais je ne sais pas pourquoi, j'ai la sensation que je ne vais pas trop apprécier la réponse. Tu sais à quel point je suis curieuse Celsius et j'aimerais aussi te faire part d'une chose à laquelle je songe depuis quelques instants. »

Brusquement, je plaquais chacune de ses épaules contre le matelas, plongeant mes prunelles dans les siennes sans ciller. « Tu vas me raconter un peu ta vie mon mignon, car en fin de compte, j'sais presque pas ce que tu as pu vivre de palpitant, toi si ! »

Cet air outragé que j’arborais n'était plus mimé, je voulais vraiment avoir des réponses. Et Cel' ne pourrait pas s'échapper cette fois. En plus, où pourrait-il se réfugier ? Nous étions en pleine mer, sans doute plus très loin de notre destination.

« Et tu sais à quel point je suis friande des confessions sur l'oreiller. »

Quoi ? Un peu d'humour piquant ne pourrait pas faire de mal, si ? Approchant l'une de mes mains – qui libéra au passage l'une de ses épaules – je vins tapoter du bout de mon index, le front de mon bien-aimé. « J'veux vraiment savoir ce qu'il se passe dans cette petite tête. Faut dire que t'es pas très causant et parfois … ça m'embête un peu. Même si je sais que tu es plutôt quelqu'un de franc, et tu sais à quel point j'aime la franchise alors … j'attends. »






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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Mar 27 Mai - 13:59

:: Un Retour tant Attendu :.

Celsius resta mutique quand elle releva le remplacement de la pierre. Il savait qu'elle le verrait et il n'avait jamais été dans son intention de le lui cacher. Par contre, pour ce qui était de lui expliquer de quoi il en retournait, il aurait tout autant préféré qu'elle puisse le deviner par elle-même. S'il savait qu'elle pourrait comprendre ses raisons encore fallait-il trouver les mots pour lui en faire part et ce n'était pas sa maladresse qui allait lui faciliter la tâche. Hélas ne pouvait-il pas partager la facétie de Mary, pour savoir fort bien quelle sorte de cadeau empoisonné il lui faisait là, au propre comme au figuré pour cette fois. Il battit calmement des cils avant d'enfin se décider à cracher le morceau :
C'est mon sang.
Sous forme solide, consistante. Un agglomérat de liquide vital et de cosmos rendu tangible par ses bons soins - si l'on peut dire. Une capsule de poison, en somme, du même type que celles employées par des individus aussi peu recommandables que des voleurs ou des assassins. S'il devait y en avoir un à porter pareil accessoire au sein de l'armée d'Athéna, c'était bien lui. Non pas pour nuire à qui que ce soit mais pour mettre un terme à ses propres jours si d'aventure la situation l'exigeait – ou que le poids de sa croix devenait trop lourd à porter. C'était lâche et il le savait. Aussi éviterait-il de s'en servir aussi longtemps qu'il le pourrait. Néanmoins, l'avoir à sa portée le rassurait.

C'était une échappatoire plus que bienvenue dans un monde où il n'y en avait que trop peu. Mais il se trouvait qu'elle en avait plus besoin que lui dorénavant. Car si la voir s'en servir était bien la dernière chose qu'il puisse vouloir, il ne savait que trop bien quels pouvaient être les effets de son venin. Pire encore que si elle l'avait inhalé, il était en elle et la rongeait. C'était une maladie contre laquelle on ne pouvait rien, sinon espérer. Et il était bien placé pour savoir que l'espoir lui-même avait de grandes chances d'y être impuissant. Aussi, si la douleur lui devenait par trop insupportable, il voulait qu'elle puisse y mettre un terme – d'une manière ou d'une autre.
À n'employer qu'en dernier recours. ajouta-t-il avec un sourire forcé.
Le Roi des Ronces passa les bras autour du cou de son aimée, l'attirant à lui avec toute la force qu'il pouvait y mettre sans la blesser – elle en avait déjà plus que son content à ce sujet. Pour ne pas plus s'attarder sur le sujet, il se concentra sur ses avant-bras. Ceux-ci avaient gagné en volume depuis la dernière fois qu'il y avait prêté attention. Qui était probablement la dernière fois où il l'avait tenue de cette manière, à bien y penser. Il se demanda si elle l'avait remarqué, sans que cela l'affecte réellement si ce n'était point le cas. Ses doigts se perdirent au coeur de sa crinière de feu, non sans devoir repousser une ou deux mèches de la sienne qui s'y étaient perdues.

Pour la première fois – était-ce pour se rassurer ? -, il osa songer à leur enfant, à la possibilité que tout puisse bien se passer en se demandant s'il était seulement possible qu'il ait les cheveux bleus. Il força ses mains à laisser là l'exploration de ses courbes nouvelles pour venir caresser son visage, alors qu'il l'embrassait sans aucune pudeur ni retenue – comme si sa vie en dépendait. Peut-être espérait-il ainsi au fond de lui insuffler à sa sirène la force de se battre pour subsister. Car si l'avenir était aussi indéchiffrable que de coutume, le Chevalier des Fleurs ne pouvait que frémir en pensant aux présages qu'il recelait. Quand enfin leurs lèvres se séparèrent – du moins autant que la posture le leur permettait -, il posa l'index au sommet de son nez.
Ça peut attendre, tu ne crois pas ?
S'il n'avait pas une seule seconde brisé la tendresse et la magie du moment, le ton était sans appel. Outre le fait qu'il n'aime pas s'étendre sur le sujet, ce n'était assurément pas le moment de parler de cela – sans quoi la lenteur qu'elle avait sciemment donné à son navire aurait été bien futile. Son enfance n'avait pas été des plus reluisantes, et son parcours au Sanctuaire ne s'agrémentait de récit épique d'aucune sorte. Plus que déçue, sa dulcinée risquait surtout d'en être attristée. Or Celsius estimait qu'ils avaient déjà l'un comme l'autre assez de vague à l'âme pour se passer – au moins jusqu'à nouvel ordre – d'entrer dans les sinistres détails.
Et puis, il n'y a pas grand chose à en dire. fit-il en laissant transparaître un accent suédois disparu de longue date.
Son corps leste échappa à l'emprise de la pirate, comme un chat fuit la main intrusive, et il se retrouva dans son dos, longeant son échine de ses doigts fins. Mary avait beau tout faire pour qu'il n'y paraisse rien, pour n'être pas traitée différemment de ce qu'il en était d'ordinaire, elle ne saurait cacher à son amant les difficultés qu'elle avait à se mouvoir. Quelle plaie ce devait être pour elle d'endurer ce corps en pleine métamorphose, ces mouvements limités lorsqu'elle ne demandait qu'à bouger. Avoir déjà vécu ça ne devait pas diminuer sa peine. Aussi se faisait-il fort de ne pas le lui laisser regretter. Se penchant sur elle, il referma une fois de plus les dents sur son oreille, passant un bras autour de sa taille, frôlant à l'en faire frémir le derme tendu de son abdomen.

Son corps se rapprocha du sien, se voûta comme pour l'envelopper, veillant toutefois à ne pas l'écraser sous son poids. La première phalange de son majeur lui taquina le nombril tandis que ses crocs lui dévoraient le cou, sans jamais le percer toutefois. Sauf exception, Satine n'avait d'autre parfum que celui que la nature voulait bien lui donner. Et en cette période de grossesse où ses hormones étaient en constante ébullition, sa fragrance était plus forte et captivante que jamais. Un parfum de passion. Galvanisé tant au contact de ses roses que dans le cadre de son précédent métier, son odorat n'avait pu qu'apprécier – non sans avoir d'abord failli l'envoyer au tapis sous son intensité. Toujours était-il que cette odeur entêtante avait le chic de le distraire de ses inquiétudes, il ne pouvait le nier.
Et puis, le passé qui est derrière moi ne vaut pas un avenir avec toi.
Sa paume caressante remonta le long de son poitrail jusqu'à effleurer sa gorge et l'angle de sa mâchoire, inspectant chaque centimètre de sa peau pour s'assurer qu'aucun ne soit en reste. Il ignorait dans quelle mesure son état actuel l'avait rendue plus sensible, mais il aurait été regrettable de ne pas en profiter – et il était sûr qu'elle aurait partagé cet avis s'il le lui avait demandé. Un rien d'hédonisme ne serait pas de refus en ces temps où tout est doute et les ombres changeantes. Son oreille vint se presser contre son cou pour percevoir l'afflux du sang dans les veines, les palpitations de son coeur lui traversant déjà le torse comme la réciproque devait être vraie de par leur proximité. De flammes était sa peau, si bien qu'il aurait cru brûler – auquel cas il se serait consumé sans regrets.

Ce n'était pas un fait nouveau : au feu de la passion, on peut risquer de se brûler les ailes...
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MessageSujet: Re: [Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]    Mer 28 Mai - 0:35

Le jeu de l'amour et du hasard





 
Je me doutais bien que la teneur de sa réponse ne pourrait me satisfaire. Je m'étais bien doutée d'une réponse dans ce goût là, pourtant, toute prête comme je l'étais à me prendre une énième révélation dans la gueule, je devais bien avouer que celle-ci dépassait toutes les autres. Bien qu'il essayait de faire passer cette dernière pour un fait … anodin. Une sorte de présent, je cite à « n'utiliser qu'en dernier recours. » il en a de bonnes lui. Il est con ou quoi ?! Mais je comprenais ce geste mieux que quiconque. Il le faisait sans doute dans l'unique but de me préserver. Lui-même ne sachant pas la finalité de mon … état, en m'offrant cette capsule de poison, il me donnait la possibilité d'échapper rapidement aux affres d'une souffrance bien trop pénible à endurer. Si je la garderais précieusement autour de mon cou, la légère froideur du pendentif ne ferait que me rappeler sa présence, et toute la signification de ce geste d'amour. Car il en s'agissait bien d'un, non ?

Son étreinte me rappela à quel point j'avais vu juste. Front contre front, je le regardais sans cligner des yeux, de peur de le voir disparaître. Cette sensation de détresse, de peur viscérale de m'en aller pour toujours ne me quittait plus. J'avais la sensation de faner peu à peu, et, dans ses bras, de revivre. Je voulais réitérer ma demande, celle de le voir toujours à mes côtés, mais mes lèvres furent scellées. Il ne voulait pas en parler, je le concevais et respecterais cela. Pour le moment.

« En gros c'est ta gueule et profite, hm ? » le taquinais-je en me laissant faire, docilement. Pour une fois. « J'accepte ton cadeau, mais sache que je ne l'utiliserais pas. »

Je voulais qu'il garde dans un coin de son esprit que je me battrais, quoi qu'il arrive. Si j'étais prête à faire face à mon Destin, il fallait que lui aussi, d'une manière ou d'une autre, en ait conscience. Celsius ne serait en fin de compte pas mon Bourreau. Mais celui qui devra me maintenir en vie, comme il était justement en train de faire en ce moment. Ce n'était pas du tout désagréable à vrai dire. Grand Dieu, oui, l'élève pourrait très vite dépasser le maître.

« Le moins que l'on puisse dire, c'est que tu apprends vite. » Je notais effectivement les progrès de mon amant. S'il n'était pas un expert dans l'art de l'amour, il n'en demeurait pas moins attentif aux réponses de mon corps. Preuve indéniable qu'il n'était pas ignorant des secrets de la femme. « Celsius … »

Ce léger murmure se perdit dans un souffle lancinant, mes mains, subitement, cherchant à froisser mes draps. J'éprouverais bien assez tôt l'ardeur de mon Chevalier, et, lui intimant à plus de douceur, je l'invitais au creux de mes bras, à être bercé un instant. La douce ivresse serait très bientôt remplacée par l'appel tempétueux d'un instinct plus animal. Les hommes étaient ainsi : pareils à la mer, eux aussi. Ils pouvaient se faire violence à plus de douceur là où leur virilité quémandait des assauts bestiaux, des désirs prompts, ardent. Ce n'était que sous la main d'une femme, sous leurs caresses qu'ils pouvaient apprendre. Apprendre des leçons plus sensuelles qui dompteraient leur désir, les fascineraient aussi. Ce genre de jeu n'était pas à prendre à la légère, Celsius l'avait bien comprit. Il y avait de la beauté dans l'union de deux corps. Cela, on me l'avait souvent répété. Je ne l'avais pas tant expérimenté que certains le pensaient. On n'avait – heureusement – pas eu le temps de me vendre comme concubine. Vivre depuis lors dans un univers d'hommes fut pour moi une leçon bien plus instructive.

Ses caresses se faisaient plus pressantes, les miennes aussi, assoiffée comme je pouvais l'être, je mourrais pour l'un de ses baisers. Ils m'avaient manqué, son souffle chaud contre ma nuque aussi. Je le laissais désormais maître de ses plaisirs. Pourvu qu'il continu à être attentif comme il l'était. Je souriais, me permettant enfin cette fantaisie. Je foutais mes déboires par la fenêtre pour les oublier pour l'heure. Submergée moi-même par cette force brute, je ne prêtais guère attention à ce qui pouvait se passer autour de nous : qu'importe la caresse du vent qui titillait ma peau et le bout de mes seins, qu'importe la morsure du froid, les nuages s'amoncelant au loin. Une tempête pourrait gronder que je ne m'en soucierais guère. D'ailleurs le tonnerre naquit au cœur des nuages, les rendant tour à tour noirs puis violets. Ils ne feraient que couvrir la manifestation de nos émois. J'éprouvais son ardeur sans retenue.

Il était celui qui comme moi, devrait un jour ou l'autre mourir de la main de la Faucheuse. Le premier qui ne m'avait pas rejeté et m'avait accepté telle que j'étais, sans me juger. Penchée sur lui, haletante, mon buste se soulevant à un rythme erratique, comme mon cœur, je le couvais d'un regard plein de reconnaissance. Ne me trahis jamais avais-je envie de lui confier. Ne me laisse jamais seule avec les ténèbres ou je chuterai plus bas, dans les limbes. Seule, abandonnée là où je ne pourrais jamais revenir.

J'ai peur, mais je t'aime.






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[Mars 1755] ~ Un retour tant attendu ? [PV Celsius]

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