RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 Entre obsession dangereuse et discussion vénéneuse... [PV Celsius/Eidolon]

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Eidolon


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MessageSujet: Entre obsession dangereuse et discussion vénéneuse... [PV Celsius/Eidolon]   Mar 26 Nov - 0:22

Une brève succession d'images lui revint en tête: un olivier prenant flamme, un hibou à la voix doucereuse, un crâne ornant un sol jonché de roses aussi belles que meurtrières, un crabe géant, puis vint le néant... Les choses étaient restées en l'état depuis, seules ces images lui étaient restées en mémoire. Mais aujourd'hui, la donne venait de changer, une rencontre imprévue était venue raviver des souvenirs profondément enfouis, très profondément enfouis... Mais à présent, il ne lui était plus possible de les ignorer plus longtemps.


O°~°O



Aussi étrange que cela puisse paraître, il n'était plus qu'un oiseau. Dépossédé de son corps pour une raison qui lui était inconnue, son âme avait revêtue sa véritable apparence: celle d'un très majestueux, mais au combien spectral, aigle royal. Se retrouver séparer de son enveloppe charnelle et humaine suite à de violents courants qui n'avaient rien d'ordinaire pour se retrouver dans la peau d'un tel volatile n'avait absolument rien de rassurant... En revanche, la sensation de voler par-delà la cime des arbres, disposer d'une vision portant sur des kilomètres, se retrouver pourvu d'ailes à la maniabilité sans pareille, vous permettant ainsi de prendre la plus abrupte et inimaginable des trajectoires sans jamais sourciller, posséder un cri puissant empli d'une réelle noblesse, tout ceci était fort grisant.

S'élever au firmament pour ensuite caresser le soleil n'était plus impossible à présent! Le sentiment qui jadis avait dû tirailler Icare prenait à présent tout son sens... Cependant, bien qu'il fut libre de ses pensées, que sa conscience humaine soit encore là, il ne lui était pas possible d'agir comme il l'entendait. Il était enfermé dans ce sublime prédateur sans pouvoir rien y changer. Il n'était qu'un simple spectateur et ne pouvait rien faire si ce n'est laisser l'animal le guider selon son bon vouloir, l'emmener vers l'endroit et la scène qu'il lui incombait de regarder.

Bien vite, au loin, un endroit familier se fit entrevoir. Même ainsi piégé dans cette pseudo-carcasse couverte de plumes, l'impression d'avoir reconnu les lieux, laissa place à la certitude qu'il s'agissait bien de ce havre de paix où les Saints, chevaliers de tout rang, s'épanouissaient sous la tutelle de leur bien-aimée Déesse: le Sanctuaire. L'aigle passa si près de la première maison du zodiaque, celle du Bélier, qu'un instant, notre bon ami crut s'être écrasé contre ses parois rocheuses... Néanmoins, ce n'était pas le cas, l'animal s'était hissé plus haut dans le ciel juste à temps pour éviter l'irréparable. Une, puis deux, puis trois et ainsi de suite... Les maisons du zodiaque étaient survolées une à une, linéairement. Où l'emmenait-il? À la chambre du Pope? Cela était tout à fait possible, mais pourquoi? Néanmoins, son hypothèse s'avéra fausse et il ne le comprit que trop bien, quand ayant dépassé la onzième maison, l'animal ralentit la cadence et piqua soigneusement  vers le sol avant de poursuivre langoureusement ses battements d'ailes, et finir sa course dans un arbre.

La douzième maison, dernier rempart avant la chambre du Pope et la Statue d'Athéna, tel était l'endroit choisi. Là devait se dérouler ce à quoi il se devait d'assister et ce pourquoi on l'avait ainsi affublé de cet aussi surprenant qu'étrange plumage. L'arbre dans lequel l'oiseau était venu se nicher faisait peine à voir... Ce dernier avait été non seulement dépouillé de toutes ses feuilles, mais en plus il s’effritait parcelle par parcelle, comme si toute vie s'en était allée... Les alentours n'étaient guère plus beaux, car à y regarder de plus près, le sol était aussi sec et misérable que le désert le plus aride qui soit! Le soleil avait lui aussi brusquement disparu, un légère brise à vous glacer les os soufflait, et pour ne rien arranger, des ossements ornés le sol ça-et-là... Alors c'était pour voir cette terre désolée qu'on l'avait fait venir? Quel était l'intérêt de tout ceci au final? Autant de questions auxquelles il était impossible de répondre... Pourtant ce qui méritait d'être vu ne lui avait pas encore été dévoilé. Il ne le comprit que l'instant d'après, lorsqu'il vit une silhouette humaine surgir du néant. D'où était-il apparu? Bonne question, car il était persuadé qu'une seconde auparavant, ce dernier ne se trouvait pas à cet endroit-là...

L'homme en question semblait étonnamment calme malgré le climat ambiant des plus morbides qui régnait autour de lui... Aucun mouvement, aucun son, aucune pulsation vitale n'émanait de lui, si bien qu'il aurait été logique de conclure que la Mort avait non seulement emportée avec elle toute la gaieté de ce monde, mais également cet individu. Seules ses paupières closes et sa position assise en tailleur permettaient de dire qu'en réalité il n'était pas mort, qu'il était contre toute attente, en train de méditer. Vêtu d'une des douze armures d'or, heaume apposé devant lui, cet  apparat à l'aura sinistre, mais à la splendeur sans pareille, ne fut pas ce qui dérangea le plus notre bon ami. Teint métissé, cheveux noirs de jais, barbe hirsute, cicatrices apparentes ça-et-là de son anatomie... Décidément il n'y avait rien de plus étrange que de se retrouver nez-à-nez avec soi-même! Captif de cette enveloppe ailée, Eidolon se trouvait à seulement quelques mètres, perchée dans son arbre, de lui-même...

N'écoutant que son coeur, sa volonté aurait été de se jeter et de lacérer le visage de cet usurpateur! Néanmoins, l'animal ne semblait pas réagir aux supplications de son colocataire... Jamais au grand jamais il n'aurait cru dire cela un jour, mais si Zeus à ses heures perdues pouvaient lui balancer un de ses éclairs salvateurs sur la tête et le faire griller comme un vulgaire poulet, il lui en aurait été très reconnaissant! Néanmoins cette pensée imbécile n'accapara guère longtemps ses esprits... Au loin, une lumière dorée pas plus grosse qu'une luciole transperçait le brouillard qui était apparu sans qu'à aucun moment, Eidolon ne s'en rende compte. Au fur et à mesure que la lueur avançait, celle-ci croissait... Parvenu à seulement quelques pas d'Eidolon, celle-ci cessa d'irradier et se faisant, laissa place à un nouvel individu...

Cet homme, s'il fut possible de le ranger dans cette catégorie sexuée tant sa beauté pouvait être comparable à celle d'une femme, était lui aussi affublé d'une armure d'or. Eidolon en bon spectateur, ne mit alors qu'une fraction de seconde à le reconnaître! Sa beauté étant telle que la plus belle des femmes à côté aurait pu passer par la plus laide des harpies, ce dernier ne pouvait être que Celsius, le Chevalier d'Or des Poissons. Même s'il ne le connaissait pas assez pour être sûr, le fait qu'il tende la main à cet autre Eidolon ne lui parut pas naturel... Sans même le connaitre autrement que par rumeurs contées de bouches à oreilles, il lui était possible de dire qu'en aucun cas le véritable Celsius ne se serait donné tant de peines... Après tout, n'était-il pas le Saint le plus solitaire et le plus craint qui soit? Néanmoins la scène, elle, se poursuivait. Tandis que cet autre Eidolon s'empressait d'ouvrir les yeux à l'approche de ce dernier, le décor changea brusquement du tout au tout! Le ciel redevint bleu, le sol se couvrit d'herbe, les arbres se remirent à fleurir... La vie avait repris possession des lieux.

Face à cette main tendue, comment le Chevalier du Cancer allait-il réagir? Le véritable Eidolon était en droit de se poser cette question, mais à sa grande surprise, il agit exactement comme lui l'aurait fait: souriant narquoisement comme il en avait l'habitude, récupérant son heaume au passage, Eidolon agrippa de sa main libre, celle de son homologue afin de se hisser sur ses jambes convenablement. Le Chevalier d'Or des Poissons lui tourna alors le dos et se remit alors à marcher, dans l'exacte direction d'où il était arrivé. Eidolon fermant les yeux et souriant une énième fois, s'équipa alors de son casque avant d'emboîter le pas à son homologue Chevalier d'Or...


O°~°O



Telle était la vision qui lui était revenue et l'avait frappée en plein Krusos! Eidolon s'il se souvenait de la vision dans laquelle Athéna lui était apparue, le poussant ainsi à rejoindre le Sanctuaire et entamer sa formation, celui-ci avait vraisemblablement occulté jusqu'à ce jour le reste de la prophétie le concernant. Maintenant que ces images lui étaient revenues en mémoire, il ne faisait aucun doute qu'Eidolon allait chercher à en apprendre plus. Il ne savait pas pourquoi ni comment, mais il était certain que son destin était lié à présent, à celui de cet homme! Après tout et jusqu'à présent, la prophétie le concernant s'était parfaitement réalisée... N'était-il pas devenu récemment Chevalier d'Or du Cancer conformément à sa vision? Là encore, il ne pouvait se tromper!

Profitant du fait que le Krusos venait d'accoucher d'une solution des plus satisfaisantes, celle-ci semblant réjouir chacun des Chevaliers autour de la table, dès que cela fut possible, Eidolon en profita pour s'éclipser!
    « Puisse le Grand Pope nous guider à son tour comme le firent ses prédecesseurs et feu la déesse Athéna. » Avait-il dit simplement. « Nous serons tous amenés à nous revoir bien vite, mais pour l'heure, je dois y aller. » Se contenta-t-il de dire avant de prendre la poudre d'escampette.
Se lançant sur les traces du Chevalier d'Or des Poissons, Eidolon ne mettrait sans aucun doute que quelques instants à lui mettre la main dessus. Pour autant, ce dernier semblait préoccupé, presque alarmé... Alors que rien ne pressait, c'est en trombe que le Chevalier d'Or du Cancer dévala les quelques marches en direction de la douzième maison! À l'instar de l'aigle au sein duquel il était prisonnier dans sa vision, Eidolon n'était là encore, pas libre de ses mouvements. Il ne faisait qu'obéir à ses pulsions, son instinct, ce dernier lui quémandant de se rendre au plus vite auprès du gardien de la douzième maison pour tirer cette histoire au clair! Lui ayant emboîté le pas et s'étant éclipsé du Krusos à son tour, il ne fallut que quelques secondes à cette allure, quelques marches tout au plus,  pour parvenir à sa hauteur. Eidolon tout en l'interpellant à haute voix, dans sa fougue, s'apprêtait à présent à l'attraper par l'épaule...
    « Halte-là, j'ai à te parler Celsius des Poissons! »
Sur ce coup, Eidolon était aussi impoli que ce qu'il pouvait manque de classe... Cependant, ce genre de détail, il n'en avait jamais eu rien à faire, Chevalier d'Or ou pas, ce dernier ne se gênerait pas pour lui parler d'homme à homme!  Tourner autour du pot en employant des formules pompeuses pour amadouer son prochain n'avait jamais été son fort! Plus qu'un manque d'éducation, Eidolon y voyait là une qualité. Néanmoins, nul doute qu'elle ne faisait pas plaisir à tout le monde et qu'elle ferait encore moins plaisir à ce chevalier en particulier...  De cette obsession dangereuse pourrait naître une discussion des plus vénéneuses...
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MessageSujet: Re: Entre obsession dangereuse et discussion vénéneuse... [PV Celsius/Eidolon]   Jeu 5 Déc - 8:57

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Son casque sous le bras, ôté sitôt la réunion terminée, le Roi des Ronces éprouvait quelques remords à rabrouer Jara comme il l'avait fait, mais c'était dans son propre intérêt. S'il voulait bien admettre qu'il soit encore nouveau au sein de leur confrérie et que l'un ou l'autre de leur commandement puisse lui échapper, cela devait être fait pour qu'il ne commette pas deux fois la même erreur. S'y être présenté de la sorte alors qu'ils étaient encore sous le choc de la disparition de la déesse Athéna était déjà un affront en soi, et s'il pouvait être pardonné cette fois, ce ne serait pas toujours le cas. Que nul ne l'ait remarqué avant lui était d'ailleurs étonnant ; étaient-ils tous trop éprouvés par la mort de la lumière, leur lumière que pour réaliser une infraction à ses règles ? Était-il le seul à parvenir à garder la tête froide ?

Ce n'était pourtant pas faute d'être rongé par la honte et la culpabilité, un fardeau qui jamais ne disparaîtrait. Ce sang-froid était bien tout ce qui lui restait. La fierté d'être un Chevalier d'Or... L'avait-il jamais eue, lui qui ne se sentait toujours pas à sa place ? Même s'il avait la garde de l'un de ses temples, ce Sanctuaire lui semblait de plus en plus étranger à mesure que le temps passait. Comme si avec la disparition de celle qui le gouvernait s'en retirait toute la chaleur, toute la vie qui l'animait. Ceux qui avaient servi à ses côtés, sous ses ordres, étaient toujours là tous autant qu'ils sont, mais trop prostrés pour faire quoi que ce soit. Ils s'en relèveraient sans doute tôt ou tard, mais cela prendrait encore un certain temps. Et lui? Pourrait-il un jour s'en remettre ? Pas tout à fait, sans doute. Mais quelle importance ? Perdu comme il l'était, ce n'était plus à cela près.

Malgré les idées noires qui hantaient les méandres de son esprit, ses sens étaient en alerte : il réagit dès qu'il sentit une présence près de lui – trop près à son goût. Preste comme jamais, Celsius pivota sur ses talons et recula d'un pas avant que sa main n'ait pu l'atteindre. Sa vivacité était telle que le mouvement de sa cape résonna comme un coup de fouet. Personne ne devait le toucher, jamais. Il avait déjà fait une entorse à cette règle – et quelle entorse - à travers sa relation avec Mary, mais avec elle les choses étaient différentes et pas seulement de par la nature de leur relation. Nul autre ne devait jamais franchir le périmètre de sécurité qu'il instaurait autour de lui à tout moment, il en allait de leur propre sécurité. Qu'importe s'il devait essuyer pour cela leurs regards accusateurs. Qu'ils ne puissent jamais le comprendre était déjà devenu une habitude.

Farouche comme il l'était, il s'en fallut de peu qu'il ne pousse le réflexe défensif jusqu'à faire apparaître l'une de ses roses dans le creux de sa main. Il était à cran depuis qu'il était revenu de l'empire sous-marin et peinait à se dire que tout était terminé même s'il le cachait admirablement bien. Son regard bleu vif parut fustiger Eidolon alors qu'il s'était contenté de le tourner vers lui, aussi impassible qu'à l'accoutumée. S'il était déjà rare que l'un des siens lui adresse la parole – et il s'en accommodait fort bien -, que l'on vienne expressément le trouver l'était encore plus. Le temps parut se distendre avant qu'il ne daigne enfin désserrer les lèvres, sans cesser de fixer son vis-à-vis en chien de faïence. Son regard exprimait pleinement ce qu'il pensait d'un contact physique – ce qui, espérait-il, serait suffisant pour le dissuader de recommencer.
Qu'est-ce que tu me veux ?
Si le ton était dépourvu d'animosité, il se voulait froid et cassant. Le Chevaliers des Fleurs remettait des distances là où Eidolon avait vainement tenté de les effacer. Quand bien même il était le nouveau Chevalier d'Or du Cancer, cela ne faisait aucune différence. Celsius se montrait aussi distant avec ses pairs qu'avec n'importe qui et même plus encore. Il considérait comme une bénédiction de n'avoir pas à vivre à son contact pour tous les risques que cela pouvait engendrer, ils étaient donc les plus à même d'en bénéficier. Sans le quitter de son regard d'un bleu de glacier, il ne put s'empêcher de se dire que c'était, pour un nouveau venu, une bien mauvaise manière de commencer... Ne savait-il donc pas que toutes les roses ont des épines ?
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MessageSujet: Re: Entre obsession dangereuse et discussion vénéneuse... [PV Celsius/Eidolon]   Mer 18 Déc - 15:57

Le moins que l'on puisse dire c'est que les choses commençaient franchement mal entre ces deux-là... Mais cela n'était pas du fait du Chevalier des Poissons, mais bien de celui du fraîchement promu Chevalier d'Or du Cancer. Malgré le rang auquel il se situait à présent et le statut dont il jouissait, il serait difficile de le changer. En effet, ne dit-on pas que les vieilles habitudes ont la peau dure? Concernant Eidolon, cela n'aurait pas pu être plus exact! Il faut dire aussi, que vivre en paria une bonne partie de sa vie, entouré seulement par les âmes de défunts, n'aide pas à se comporter convenablement. Ce n'est néanmoins pas le pire... Car malgré le peu de soutien et de réconfort -si tant est que l'on puisse qualifier les choses ainsi- que ce dernier avait eu, le pire était sans aucun doute de se dire que même ceux, ou plutôt ces résidus spirituels, qui ne le repoussaient pas, n'appartenaient pas au même monde que lui. Dans ce cas pourquoi ce don de voir l'au-delà si ce n'est pour le hanter? S'agissait-il d'une malédiction? Eidolon le pensait encore il y a peu et il le pense encore quelques fois aujourd'hui...

S'il y avait bien quelqu'un à même de le comprendre en ce bas monde, c'était ce Chevalier, le dénommé Celsius que la vie et les circonstances avaient choisi elles aussi de ne pas épargner. D'après les mythes qui circulaient de bouches à oreilles au sein du Sanctuaire même, le Chevalier des Poissons était sans nul doute le plus énigmatique des Saints, mais aussi le plus à craindre. Eidolon avait entendu au cours de sa formation toutes sortes de choses à son sujet! Des théories les plus abouties aux fictions les plus improbables! Mais parmi tout ce méli-mélo et rumeurs en tout genre, une seule information s'avérait revenir à chaque fois: le sang empoisonné, donc mortel, dont était pourvu le possesseur de cette armure d'or.

Pour avoir hérité de cette armure, Celsius ne pouvait de ce fait, pas faire exception à la règle! Dans son sang aussi circulait une toxine capable de tuer toute vie, végétale ou animale, mais aussi humaine, à des kilomètres à la ronde... Sa force faisait ainsi sa faiblesse, car outre le fait qu'il soit une arme redoutable pour le Sanctuaire, son sang maudit s'avérait être également son plus lourd fardeau! Compte tenu de la dangerosité qu'il représentait pour son entourage, ce dernier avait donc pour habitude de s'isoler, se tenir en marge de la société et de ses bienfaits... Même si ce dernier avait fait en son âme et conscience, le choix de recevoir cette noble, mais au combien encombrante et détestable charge, il y avait fort à parier que cela devait le peser bien plus qu'il ne le laissait paraître... Néanmoins, il était assez difficile de savoir ce que ce dernier pouvait bien penser, étant donné qu'il ne laissait tout simplement rien paraître!

Le métisse s'était lancé à sa poursuite par instinct, comme il l'avait toujours fait, mais que ferait-il une fois qu'il lui aurait mis la main dessus? Là était toute la question... Mais encore fallait-il parvenir à l'appréhender! Alors qu'Eidolon était sur le point de l'attraper par l'épaule, de quoi retenir son attention, son vis-à-vis comme s'il avait des yeux derrière la tête, se contenta de pivoter sur les talons et d'esquiver de fort belle manière la vaine tentative du nouveau promu au rang de Chevaliers d'Or, de le stopper dans sa marche de manière physique... À ce simple mouvement, Eidolon comprit instantanément le fossé qui les séparait tout les deux... Après tout, Celsius n'était pas l'un des plus anciens Chevaliers d'or pour rien! Le Chevalier du Cancer quant à lui, passait pour plus imbécile qu'il ne l'était déjà... À en juger par le regard que son séduisant vis-à-vis lui porta, il y avait fort à parier que ce dernier n'était pas d'humeur à discuter et encore moins à souhaiter la bienvenue à l'ancien apprenti, ni de ce fait, l'accueillir à bras ouverts...

Dans son regard se lisait une telle animosité, une telle rancoeur, que quiconque l'ayant vu aurait pu prendre peur... Mais aussi curieux que cela puisse paraître, cette haine mal dissimulée, bien qu'en partie due à cette interpellation des plus ridicules, semblait liée à tout autre chose... C'était comme s'il regardait Eidolon sans vraiment le regarder, comme si sa rancune du moment, était orientée vers quelqu'un autre... L'amérindien ne connaissait que trop bien ce regard pour avoir été coutumier du fait pendant très longtemps. N'importe quelle bleusaille face à aussi peu de considération de la part d'un camarade, s'en serait allé sans demander son reste, bien trop honteux pour envisager quoi que ce soit d'autre, mais pas Eidolon. Même lorsque le Chevalier d'Or des Poissons lui demanda ce qu'il lui voulait, d'une neutralité qui se voulait néanmoins cassante, voire blessante pour peu que l'on ait bien compris le message -en gros qu'il dérangeait et qu'il ferait mieux d'aller voir ailleurs-, Eidolon lui, ne fut que davantage ravi. Pourquoi? Parce que Celsius était exactement celui qu'on lui avait dépeint! Or le métisse était de ces personnes qui font dans la marginalité, exactement comme son interlocuteur.
    « Tout doux Chevalier des Poissons, je ne suis point là pour t'offusquer, mais pour... » Il ne finit pas sa phrase et réfléchit momentanément.
Comment pouvait-il lui dire qu'il s'était lancé à sa poursuite après qu'une vieille prophétie dont il faisait partie lui soit revenue en tête? Comment pouvait-il lui dire que leur destin était plus étroitement lié que la situation ne le laissait paraître? Comment pouvait-il lui dire qu'ils se ressemblaient bien plus que de raison? Evidemment il ne le pouvait pas... Du moins pas encore. Il était tout aussi improbable qu'Eidolon lui dise qu'il était simplement venu discuter avec lui pour passer le temps... Mais ça, c'est ce qu'une personne normale et un poil censée n'aurait jamais envisager de dire, ce qui n'était pas le cas d'Eidolon.
    « Je suis simplement venu discuter. » Dit-il le plus sérieusement du monde avant de reprendre « Parmi les Chevaliers d'Or tu es celui qui retient le plus mon attention... De ce fait je suis venu à ta rencontre dans l'espoir de savoir pourquoi. »
La réponse était toute trouvée bien entendu! Mais encore une fois, comment lui dire que leurs similitudes résidaient dans le fait que tout deux avaient côtoyé jusque-là la même et amère, affreuse solitude... Sa beauté et son parfum suave cachaient en fait un être en proie à un très grand malheur, un monstre de colère tapis dans les méandres d'un coeur aux plaies béantes... Aux yeux d'Eidolon, aucun artifice de chair et de sang ne pouvait réussir à le tromper. Il le voyait tel qu'il était réellement: un personnage tourmenté. Son parfum de plus, bien qu'enivrant, parvenait bien mal à dissimuler la puanteur de la mort dans laquelle il baignait depuis bon nombre d'années... En somme, il était comme lui et conscient de cela, Eidolon était fasciné par le personnage.
    « Pour tout te dire, je suis surtout curieux de savoir pourquoi tu as fait le choix d'un tel destin... »
Bien entendu, Eidolon entendait par là revêtir l'armure d'Or des Poissons et les conséquences que cela aurait sur le restant de sa vie. Eidolon avait sans cesse subi le destin jusque-là: devenir chevalier, revêtir l'armure d'Or du Cancer, tout ceci n'était pas l'oeuvre de son libre arbitre, mais celle de la fatalité. Après tout, il était devenu chevalier par dépit, en espérant enfin trouver un sens à sa vie après avoir été rejeté sans cesse et que quelqu'un ou quelque chose lui ait fait entrevoir ces visions... Idem pour son nouvel apparat doré: celui-ci s'était imposé à lui et le Général Aldébaran l'avait alors proclamé Chevalier d'Or du Cancer sans qu'il ait véritablement son mot à dire...

Eidolon avait jusque-là était de ceux qui subissent le destin, mais pas Celsius qui avait embrassé cette cause en son âme et conscience! De ce fait, le métisse natif d'Amérique était curieux de savoir ce qui avait fait pencher la balance dans ce sens... Peut-être qu'ainsi, son sort lui paraîtrait moins funeste ou du moins entrapercevrait-il la vérité à travers son histoire... Malgré tout Eidolon était persuadé d'une chose: Celsius n'était pas du genre à se confier au premier venu, encore moins lorsque cela concernait son passé... Sa réponse s'annonçait de ce fait des plus cinglantes! Mais cela n'était pas pour déplaire au principal intéressé qui commençait déjà à exhiber un sourire en coin...
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Celsius


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MessageSujet: Re: Entre obsession dangereuse et discussion vénéneuse... [PV Celsius/Eidolon]   Jeu 27 Fév - 21:24

:: Keep Your Head Above the Mayhem :.

Celsius considéra longuement son vis-à-vis en silence. La démarche était singulière, c'était le moins que l'on puisse dire. La plupart de ses frères respectaient son voeu de solitude et de silence, les autres n'osaient l'approcher par crainte. Que ce soit pour son aura en elle-même, qui incitait à la distance, ou en vertu des rumeurs qu'ils avaient entendu... Ce qui lui convenait très bien, au demeurant. Aussi, que quelqu'un puisse venir le trouver directement en balayant toutes ces barrières du revers de la main avait de quoi déconcerté. Était-ce de pouvoir plier les âmes à la volonté qui lui aurait ôté toute peur de la mort ? Le Chevaliers des Fleurs n'y voyait pas d'autre explication.

Ce n'était pas une bonne chose pour autant, à plus forte raison qu'il y voyait une certaine forme d'effronterie. Il n'en aurait guère fallu beaucoup plus pour qu'il s'en offusque, mais la maladresse dans ses propos désamorça toute rebuffade. Perdu dans une cour des grands où il était entré avant l'heure, il lui donnait l'impression de n'être qu'un enfant à la recherche d'un ami – de quelqu'un à qui se raccrocher. Malheureusement pour lui, si ce n'était que ça, il avait frappé à la mauvaise porte. S'adresser à un autre de ses pairs, quelques maisons plus bas, lui aurait sans aucun doute été plus profitable.

Cependant, se tenir continuellement à l'écart des autres l'avait rendu observateur.

Et dans le cas présent, ses observations lui révélaient qu'Eidolon ne lui disait pas tout. Quelque chose à voir avec ses pouvoirs ? On ne pouvait pas dire que les siens aient grand rapport – pourvu, du moins, que son interlocuteur soit le digne héritier de ceux qui l'avaient précédé dans ce rôle. Ce que ses frasques à l'enterrement de Mashia tendaient à prouver. Bien que n'étant ni adepte ni pratiquant, le Roi des Ronces accordait toute l'attention qu'elle mérite à la spiritualité. Si une force invisible avait poussé Eidolon vers lui, ce devait être pour une bonne raison. Restait à savoir laquelle. Pourquoi moi ?

Telle était la question qu'il aurait voulu poser. Il n'avait rien de plus qu'un autre. Et si si cela corroborait l'hypothèse selon laquelle il ne faisait cela que pour prendre ses marques, le Roi des Ronces finissait par en douter. L'image qu'il avait donné de lui lors du Krusos Sunagein qui venait de s'achever n'était clairement pas celle de quelqu'un vers qui aller quand on est en quête d'un guide ou d'un conseiller. À vrai dire, c'était même tout l'inverse. Aussi, à moins que sa curiosité ne soit malsaine à ce point, la raison devait véritablement être plus profonde que cela. Il attendit donc que le gardien de la troisième maison en termine avec ses explications. Il ne fut pas déçu.
Je n'ai pas choisi.
Il se détourna de lui, fit quelques pas sans but précis. Non pas pour le fuir, mais pour se fuir soi-même. Ou plutôt tout ce qu'il avait vécu étant enfant. Il portait encore en lui les cicatrices de ce rejet et les garderait sans doute jusqu'à la mort. Il avait tiré un trait sur tout cela, tourné cette page trop sombre pour y revenir jamais, mais cela n'atténuait en rien le souvenir pénible que ce calvaire avait été pour lui. Il était né monstre, et c'était en monstre qu'il mourrait. Il n'y avait pas d'autre issue, et il avait depuis longtemps renoncé à l'idée d'en chercher un. Tout ce qu'il pouvait espérer était de lui donner un sens.
Je suis né comme cela. Ce poison coule dans mes veines depuis le jour de la naissance. J'avais déjà la mort en moi au moment de pousser mon premier cri de vie.
Il n'en dirait pas plus. Son interlocuteur n'avait pas besoin de connaître les détails. Une question avait été posée, et il y avait répondu. Le dernier à avoir rejoint leur fratrie pouvait déjà s'estimer heureux qu'il se soit montré aussi loquace. Celsius n'avait rien à cacher, même si se rappeler que son destin était déjà scellé dès sa venue au monde n'était pas une partie de plaisir. Lui tournant toujours le dos, il s'absorba dans sa réflexion. Il avait beau fouiller sa mémoire, il n'y retrouva nulle trace d'un lien particulier entre Cancer et Poissons. Celsius moissonnait les vivants, Eidolon régnait sur les morts. L'on pouvait y voir l'esquisse d'un cycle morbide, mais c'était là tout. Alors quoi ?
Je n'aurais pas pu m'en débarrasser dans tous les cas. Je suis condamné à vivre ainsi jusqu'à la fin de mes jours. Alors plutôt que de morfondre, j'ai fait le choix de compenser le mal que j'avais fait malgré moi. D'essayer d'en tirer quelque chose de positif en la mettant au service du bien. Au service d'Athéna.
Car en effet, s'il n'avait pas choisi cette vie empoisonnée, c'était de son plein gré qu'il s'était rangé sous les ordres d'Athéna. L'on pouvait certes dire que son professeur avait influencé son choix, car sans lui il n'aurait peut-être jamais eu vent de ces Guerres Saintes au cours desquelles se jouent le sort du monde. Néanmoins, l'idée venait de lui. Si ce n'avait été en endossant cette armure qui luisait faiblement dans la pénombre de son temple, il aurait trouvé un autre moyen de faire le bien. De racheter ses fautes. Il n'y était peut-être pour rien, n'ayant pas demandé à être frappé de ce mal incurable, mais ne s'en sentait pas moins fautif.

Peut-être fallait-il voir là le fruit des années passées à se le voir asséné à satiété, mais il était plus probable que ce ne soit que par pur altruisme. Car sous ses airs froids, sous ce regard bleu de glacier, il n'était pas de Chevalier d'une plus grande générosité. Toujours était-il que si Eidolon se posait encore des questions après sa première réplique, il venait de lui en donner le fragment absent, le maillon manquant. Entrer dans les détails ne lui ressemblait pas mais cela, le Cancer ne pouvait le savoir – pas encore. Ce n'était pas par plaisir qu'il lui avait donné ces précisions, mais bien pour le mettre en confiance – si tant était qu'il le puisse – pour qu'il lui fasse part du réel objet de sa visite. S'il n'en montrait rien, il n'aimait pas ne pas savoir. Il fit volte-face, sans se presser. Son expression n'avait pas changé.
Est-ce là tout ce que tu voulais savoir ?
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MessageSujet: Re: Entre obsession dangereuse et discussion vénéneuse... [PV Celsius/Eidolon]   Mar 11 Mar - 23:38

Faisant fi de sa raison, laissant place à son instinct, le métisse était allé jusqu'à commettre une nouvelle folie, une énième frasque qui viendrait de nouveau agrémenter les rumeurs et faire parler les plus bavards, consistant à appréhender le Chevalier d'Or des Poissons. Que lui était-il donc passé par la tête ? À vrai dire, même lui aurait du mal à expliquer sa conduite tout en restant crédible aux yeux des curieux... Si son explication allait sans aucun doute en laisser plus d'un pantois, là n'était pas son souci premier pour l'heure. D'après ce qu'on lui avait dit, le dénommé Celsius était quelqu'un d'associable, de particulièrement avare en paroles amicales - pour peu que quelqu'un ait tenté de s'approcher assez près et manqué d'y laisser la vie - mais là encore celui qui lui dépeint ce portrait si peu élégant du Chevalier au minois raffiné et au au combien enjôleur, était très très loin de la réalité ! Le visage sans expression, mais néanmoins explicite quant à sa mauvaise humeur, faisait passer tous les ragots à son sujet pour quelque chose de mélodieux ! Comment un physique aussi noble et parfait pouvait-il autant contraster avec un mental aussi dur et peu aimable ? Eidolon durant un instant, crut sa dernière heure arrivée...

Une telle approche n'était sans doute pas la manière la plus adéquate pour l'aborder, d'autant plus quand il s'agissait de l'aborder lui ! Néanmoins, existait-il réellement une quelconque manière d'aborder convenablement un tel être ? Après tout, le dédain et le mépris qui se lisaient dans ses yeux n'étaient rien de plus qu'un désagréable, mais au combien nécessaire avertissement. L'approcher signifiait mourir pour la plupart des gens... Son corps était une arme meurtrière qu'il le veuille ou non... Aussi, la solitude et les barrières qu'il créait entre les gens et sa personne, étaient en quelque sorte sa manière à lui de les protéger. Cependant, il en fallait plus pour décourager quelqu'un comme Eidolon ! Lui non plus n'était pas comme les autres et agissait à sa manière... Ce point les rapprochait d'ores et déjà bien plus qu'ils ne se l'imaginaient respectivement, mais l'un comme l'autre n'en avaient cures pour le moment.

S'attendant à essuyer un refus en pleine poire, recevoir une joute verbale en plein cœur avant de le voir s'en aller sans pouvoir l'en empêcher, l'amérindien fut très surpris de voir ou plutôt d'entendre que Celsius, loin de se dérober et malgré son air renfrogné, prit la peine de lui répondre alors même que la démarche du nouveau Cancer l'avait fortement agacée. Néanmoins, son aîné dans l'élite de la chevalerie s'il le connaissait assez, aurait su qu'il n'y avait de sa part aucune malveillance. Bien au contraire, Eidolon bien que taquin et espiègle, raffolant des mauvais tours, l'était souvent malgré lui... Il était agaçant par nature... Le genre d'homme qui vous énerve au premier coup d'oeil et qui vous irrite toute de suite davantage au point de vous faire exploser dès la première parole, car oui il n'est pas non plus le genre d'homme à mâcher ses mots. Néanmoins ce tempérament détestable, ce fanfaron apparent cache en réalité un être beaucoup plus complexe et renfermé qu'il n'y paraît. La plupart des gens ne savent pas en réalité quel genre de personne il est, alors Celsius, la solitude incarnée, ne pouvait évidemment pas être au courant de tout ceci. Sans doute ne voyait-il en lui que l'agaçant énergumène qu'il laissait transparaître...

Ainsi donc il ne le répudia pas, mais entama au contraire et de manière sommaire, le bref récit de sa vie. En l'écoutant, Eidolon ne put que constater que ce dernier était également avares de mots... Malgré ce et bien que ses paroles furent imprécises -sans doute était-ce là la volonté du Chevalier des Poissons- le protecteur de la quatrième maison du zodiaque eut tôt fait de discerner les premiers contours du personnage. Des premiers jets de son discours était ressorti un unique sentiment : la résignation. Une fois encore l'absence de « choix » était au cœur de cette nouvelle tragédie contemporaine qu'on aurait pu croire la transposition de tragédies grecques passées au goût douteux. Il était donc né avec ce don, ce sang empoisonné qui en temps de guerre pouvait certes représenter un atout non négligeable, mais qui pour autant en temps normal, pouvait gâcher bien des vies, dont la sienne... Les conséquences d'un tel fardeau étaient inimaginables... Indescriptibles ! Il ne faisait aucun doute que sa vie avait dû être un véritable calvaire ! Son cœur avait souffert un lourd tribut : la solitude et sans doute en souffrait-il encore aujourd'hui... Le libre déterminisme si cher à l'homme dont il avait été privé, un destin imposé auquel il ne pouvait remédier, tels étaient les regrets qui transparaissaient dans les propos de cet homme au cœur meurtri, tailladé de part en part, de cette rose somptueuse aux épines redoutables...

Eidolon bien qu'il se contentait de l'écouter et qu'il n'en laissait rien paraître, ne pouvait être qu'amadoué par une histoire aussi triste que celle-ci. Néanmoins, à la fin de son discours, Celsius se voulut cependant réconfortant aux yeux du natif d'Amérique, car loin de crouler sous le poids d'un destin aussi misérable et détestable, le Saint au sang empoisonné raconta que pour la première fois de sa vie, un choix s'était offert à lui. Devait-il vivre en paria et souffrir de sa différence ou en faire bénéficier les autres dans une perspective qui se voulait positive et profitable à tous ? C'était donc en son âme et conscience, que Celsius avait décidé de faire de son fardeau une arme au service du bien et ainsi prendre son destin en main.

Rien que pour cela, l'ancien apprenti avait un immense respect pour cet homme qui était encore bien plus fort que ce que son rang au sein de la chevalerie laissait présager. De plus, il vit dans ce récit, un nouveau signe du destin ! En effet, si Eidolon n'avait aucun mal à se faire des compagnons depuis son arrivée au Sanctuaire, il n'en fut cependant pas toujours ainsi. Lui aussi avait souffert de la solitude... Souffert au point d'en crever ! Aux yeux de tous et pendant une longue période de son existence, il n'avait été qu'un paria que personne ne voulait se donner la peine d'approcher ! Ses souffrances avaient débuté bien trop tôt malheureusement... Il avait été tantôt rejeté par sa tribu pour le métissage dont il était le fruit, tantôt rejeté pour ses dons et sa capacité à côtoyer les morts, à jouer avec les âmes des défunts, qui inspiraient la crainte chez la quasi-totalité des hommes...

À l'image de Celsius dont les seules compagnes avaient été ses roses aux épines hérissées, Eidolon, lui, n'avaient eu pour camarades que ces êtres de lumières, des feux follets qui la plupart du temps lui criaient leur douleur à le rendre cinglé... Lui aussi, il n'avait guère eu le choix ! Il avait dû lui aussi accepter un lourd fardeau, celui d'être la passerelle entre le monde des vivants et celui des morts, tâche ingrate quand on sait que celui qui détient un tel don, n'est jamais le bienvenu dans aucun des deux mondes. Touchant le fond, envisageant de tirer le rideau sur un récit aussi triste, mettre un terme à sa vie, un choix s'était miraculeusement offert à lui également. Il ne s'en rendait toujours pas compte, mais ce choix lui avait sauvé et changé la vie.

Alors même qu'il ressassait le passé, ce dernier ayant refait surface à l'écoute de tels propos, Eidolon fut stupéfait de voir rejaillir la vision qui avait été à l'origine du choix de sa vie : celui de devenir un Saint d'Athéna. Bien qu'il soit conscient que quelques secondes auparavant tout deux se trouvaient dans des escaliers, un simple battement de paupière suffit à Eidolon pour que ces deux-là se retrouvent dans une vaste prairie jonchée de roses. Une saisissante impression de déjà-vu le gagna alors, ce qui eut tôt fait de confirmer sa pensée : il était en train de revivre la prophétie dont il faisait l'objet et que le vieux Chaman lui avait montré quelques mois auparavant. Si Eidolon était bien la préoccupation centrale de cette prophétie ancestrale, Celsius avait lui aussi son rôle à jouer. Tout comme la dernière fois, ces deux-là se retrouvaient face à face, à la différence près que cette fois-ci, le Chevalier des Poissons se trouvait dans la même posture que celle qu'il arborait dans les escaliers, jouissant de toutes ses facultés, comme s'il ne se rendait pas compte de ce qui se passait et que seul Eidolon était en proie à cette hallucination. Le Chevalier d'Or du Cancer se retrouvait quant à lui dans l'impossibilité de l'avertir de ce qui se tramait... Il avait tout bonnement et tout à coup, perdu l'usage de la parole. Soudain, du sol fleuri s'élevèrent d'innombrables pétales de roses dans le ciel, du fait des bourrasques de vent qui parcouraient le champ, avant que celles-ci de leur couleur sanguine majestueuse, ne se mettent à tourbillonner violemment telles des oiseaux en furie plongeant sur une proie esseulée, pour finalement s'éparpiller et faire resplendir au soleil les reflets dorés et métalliques de l'Armure d'Or du Cancer, son armure à présent.
    « Est-ce là tout ce que tu voulais savoir ?  »
Ces paroles eurent tôt fait de le tirer de la léthargie dans laquelle cette vision du passé l'avait plongé ! La scène qui s'était offerte à lui n'avait sans aucun doute pas durée plus longtemps qu'un battement de cil et étonnamment Eidolon semblait avoir repris pleine possession de ses moyens. Du moins c'est ce qu'il pensait.
    *Ne dit-on pas que les belles roses ont des épines ?*
    « Qui a dit ça ? » Dit-il tout à coup, tout haut.
Eidolon se surprit à tourner la tête dans tous les sens, faisant fi de la question de son interlocuteur quelques instants, le temps pour lui de s'assurer que personne ne s'était immiscé au sein de leur conversation. Il ne vit néanmoins personne... Etait-ce son imagination ? Après tout, il aurait très bien pu avoir rêvé ! Pourtant, Eidolon aurait juré avoir reconnu la voix du vieux Chaman... Rêve ou pas, trop de signes lui avait été témoignés pour qu'il n'en prenne pas acte ! Le message était clair : outre leurs différences, Celsius et lui-même étaient liés, le récit de sa vie n'ayant fait que conforter davantage cette évidence. Néanmoins par quel lien étaient-ils liés ? Eidolon se surprit alors à en cerner les contours... Que désirait-il le plus ardemment en cet instant précis ? Qu'est-ce que Celsius était susceptible de lui apporter qu'il n'avait pas à l'heure actuelle ?
    « Non, il y a autre chose. » Commença-t-il, réagissant par instinct plus que par raison avant de reprendre sur sa lancée comme si cela allait de soi « Malgré tous mes efforts et bien que je sois aujourd'hui devenu Chevalier d'Or je manque encore de force... » Dit-il serrant les poings, indigné d'en arriver à une telle constatation. Durant les quelques instants où il plissa les yeux, il ne put s'empêcher de repenser au génocide commis par les Black Saints sur les pauvres villageois de Rodorio... Son impuissance à pouvoir soulager toutes les âmes errantes de ces derniers... Son manque évident de puissance face aux rejetons d'Arès... Ainsi que son terrible échec à ramener Mashia, l'hôte d'Athéna d'entre les morts... Autant d'évènements qui témoignaient de sa faiblesse et qui le répugnaient ! « Cependant je ne compte pas rester sans rien faire ! Maintenant qu'un semblant de calme est revenu au Sanctuaire, je compte mettre à profit cet interlude pour y remédier ! J'atteindrai le niveau qui sied à un Chevalier de ce rang ! Mais pour y parvenir en un laps de temps aussi cours, je ne peux y arriver seul... » Poursuit-il, avant de conclure explicitement ce que son silence avait implicitement énoncé « Nous nous ressemblons plus qu'il n'y paraît Chevalier... J'ai l'intime conviction qu'en dépit des apparences, seul quelqu'un comme toi, qui me ressemble, peut m'aider à réaliser mon objectif. »
La méthode choisie pour l'interpeller était la mauvaise à n'en pas douter, sa curiosité avait sans aucun doute titillée les nerfs de son interlocuteur, mais cette demande aussi soudaine était certainement le point culminant de cette entrevue tirée par les cheveux ! Il y avait fort à parier qu'Eidolon allait essuyé un refus pur et dur... Néanmoins et maintenant qu'il était sûr qu'il lui fallait un mentor pour arriver à ses fins, ce dernier n'était pas prêt à se décourager pour si peu ! Si la manière de faire du nouveau Chevalier du Cancer pouvait laisser songeur, susciter la moquerie, toutes ces railleries étaient supplantées par la détermination de sa volonté le sérieux de son unique souhait pour lequel il avait fait tant de sacrifices, dont celui de venir quémander l'aide de Celsius : la protection de la Déesse Athéna, de la bonté de ce monde et la défense des valeurs qu'elle lui avait véhiculé comme à n'importe à quel Saint.
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MessageSujet: Re: Entre obsession dangereuse et discussion vénéneuse... [PV Celsius/Eidolon]   Mer 9 Avr - 7:35

:: Keep Your Head Above the Mayhem :.

De par les réactions qu'il avait déjà pu voir chez lui, son silence presque permanent le rendant plus observateur que quiconque, son interlocuteur était quelqu'un de résolument fier. Penser qu'il puisse prendre la peine de se rendre auprès de lui pour quémander son aide n'avait pu se faire sans une bonne raison – quelque chose qui le pousse à lutter contre sa nature profonde. Il n'était pas forcément arrogant, mais n'en avait pas moins une hantise de la faiblesse, une peur de l'échec que le Roi des Ronces le voyait pratiquement exsuder tant elle lui apparaissait telle une évidence désormais. Formuler cette requête, c'était admettre sa faiblesse. C'était ce qui l'incitait à le croire, du moins à écouter ce qu'il avait à dire, sans quoi il ne ferait guère que retourner le couteau dans la plaie. Lui-même n'aurait-il pas voulu trouver, fut un temps, une main tendue qui vienne le sortir des eaux boueuses du marais de l'incertain ?

Trop tard désormais, mais pas une raison pour le laisser partager son sort. Il en avait assez souffert, nul besoin d'infliger cela à qui que ce soit. Même si ce n'était pas aussi simple que cela. S'il ne montrait rien, le Saint des Poissons était on ne peut plus attentif aux faits et gestes de son vis-à-vis, tentant de le sonder pour étoffer quelque peu l'ébauche d'idée qu'il s'en faisait. Son apparition expresse au milieu de la cérémonie n'avait guère suffi à entièrement le cerner, même si les bases étaient d'ores et déjà posées. À défaut de frayer avec ses pairs, au moins se devait-il de les connaître aussi bien que ses mesures de précaution le lui permettaient. À nouveau, Celsius fit quelques pas, s'approchant du flanc de son temple pour y contempler la falaise qui s'étendait à perte de vue en contrebas, noyée parmi les nuages qu'il côtoyait de près. À aucun moment cela ne lui fit-il perdre le fil de son discours, cependant.

La suite de celui-ci ne fut accueillie qu'avec plus de scepticisme encore. Ce n'était pas la faute d'Eidolon, c'était tout simplement lui qui laissait opérer ses mécanismes de défenses naturels. Ceux qui voulaient que nul ne l'approche sans raison valable, durablement encore moins sans bonne raison. Et celles du Chevalier d'Or du Cancer étaient pour le moins singulières. Tant et si bien qu'il ne savait qu'en penser. Nul ne transgressait la barrière d'épines qu'il dressait autour de lui et autour de son coeur sans en payer le prix. Que son nouvel homologue ait bravé cette interdiction pour lui dire cela laissait à penser qu'il était sincère dans ses propos – ou se faisait une piètre idée du risque de mort encouru en venant ici. Dans les deux cas, cela ne changeait rien à l'affaire : il n'était pas le bienvenu. Non pas que le douzième gardien ait une dent contre lui, c'était tout simplement qu'il frappait à la mauvaise porte. Après n'avoir que trop attendu à son sens, il finit par demander :
Pourquoi moi ?
Le ton était égal, la mine neutre. Demander cela ne suscitait chez lui aucune émotion, il n'avait pas même d'effort à faire pour cacher quoi que ce soit. Oui, pourquoi ? Juste parce qu'il était le premier sur le chemin ? Tout compte fait, il n'aurait pas été si étonné de l'entendre présenter les choses de la sorte, à en voir la manière dont il était venu à sa rencontre. Cependant, il lui faudrait en ce cas lui signifier qu'il ne voulait plus jamais le revoir ici. Non par animosité, mais bien parce que cela ne ferait que le conforter dans son opinion selon laquelle malgré toutes ses mises en garde, il ne savait toujours pas à qui il avait à faire – ou à quoi. Celsius n'était point le plus puissant des Chevaliers d'Or, loin s'en faut. Ses échecs répétés et ses doutes de chaque instant le confirmaient, le lui renvoyaient chaque jour au visage – d'autant plus pourvu qu'il ait le malheur de croiser un miroir. Son image l'avait toujours écoeuré.

Une fois encore, le nouvel arrivant était sincère dans sa démarche. Il pouvait le voir à sa façon de serrer les poings à s'en faire blanchir les phalanges. Ce n'était pas de la mise en scène mais un instinct, une envie profonde – une frustration dont il entendait se débarrasser dans les plus brefs délais, ainsi qu'il le lui avait annoncé. Mais Celsius ne pouvait pas l'aider. Le Chevalier des Fleurs était faible, désespérément, et il avait eu beau tout essayer, il n'arrivait pas lui-même à y pallier. Il s'en serait fallu de peu qu'il ne se considère comme la honte de son ordre, son seul haut-fait ayant été de terrasser Minos du Griffon – et plus rien depuis lors. C'était certes mieux que de n'avoir jamais rien remporté, mais bien insuffisant pour occuper la place à laquelle il se tenait à ce jour. L'on aurait pu targuer qu'il était encore en vie, que c'était déjà beaucoup, mais cela n'aurait fait qu'accentuer son amertume.
Tu perds ton temps. finit-il par cracher entre ses dents.
Oui... La désagréable impression d'être perçu comme un lâche fuyant les champs de bataille n'aurait pu que faire son nid, serpent lové autour de sa gorge pour à jamais la nouer. Son regard se perdit dans le lointain avant de tomber sur sa paume ouverte, qui aussitôt devint poing fermé. Non, il n'avait rien de spécial. Rien à lui apprendre en tout cas. Leurs talents n'étaient en rien similaires, ni voués à l'être ; s'il devait être instruit par l'un des Gold Saints, il aurait eu bien plus à gagner à approcher les Chevaliers du Bélier ou de la Vierge, bien plus versés dans les domaines du spirituel. Eux auraient su l'aider comme il convient, là où le Roi des Ronces n'estimait pas en avoir le pouvoir. À la vue de la franche détermination d'Eidolon, il en était presque désolé. Ce n'était pas qu'il ne veuille pas l'aide, mais il ne voyait pas comment. Le voile gracieux de ses paupières tomba sur l'océan de givre de son regard. Un soupir lui échappa.
Ta démarche est louable, Chevalier. Tes intentions t'honorent. Mais tu as frappé à la mauvaise porte. Je n'ai rien à t'apprendre. D'autres sauront le faire bien mieux que moi. Si c'est de la force que tu veux, je te recommande Corell du Lion. Je ne saurais te donner ce que je ne possède pas moi-même. Cette force que tu désires, je ne la possède pas. Je n'ai pas même celle d'empêcher les gens de mourir autour de moi.
Pendant qu'il parlait, la forme d'une rose rouge s'était dessinée entre ses doigts. Parfaite, celle-ci resplendissait d'une beauté éclatante, si bien que sa seule vue en était presque revigorante. Celsius ne l'en écrasa pas moins tandis qu'elle commençait à se faner sur sa commande, ses pétales sanglants s'éparpillant au gré du vent, partis se perdre aux confins de ce monde en proie au chaos. De cette terre qu'il n'avait pas pu sauver et qui était encore gorgée des vies brisées par la faute de ceux qu'il n'avait pu arrêter. Ce fut à son tour de serrer le poing à l'excès, veillant toutefois à ce qu'Eidolon ne puisse le remarquer. Bien que la tension habitant son être, elle, ne saurait être négligée. Si son expression était restée inchangée, au fond de ses yeux éclatait un chagrin sans pareil. Celui d'un homme qui ne sait plus qui il est censé être, ni quand il l'a oublié.
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MessageSujet: Re: Entre obsession dangereuse et discussion vénéneuse... [PV Celsius/Eidolon]   Lun 21 Avr - 1:07



« Adieu... »

Ainsi interpréta-t-il les paroles de cette fleur empoisonnée. Bien qu'il n'ait rien dit de la sorte, à ses yeux c'était tout comme ! L'élégant chevalier n'était donc pas enclin à lui enseigner quoi que ce soit... Eidolon en avait essuyé des affronts, des échecs dans sa vie, mais jamais il ne l'avait aussi mal vécu ! La réponse du Chevalier des Poissons avait beau ne pas avoir été cinglante, odieuse, cassante comme certains auraient pu s'y attendre, Eidolon le premier, elle se voulait au contraire douce, emplie même d'une certaine compassion, mais c'était justement ce qui excédait le nouveau Chevalier d'Or ! Visiblement, le problème n'était pas l'amérindien, car plus que le fait qu'il le rebute comme n'importe quel autre individu compte tenu de son aisance pour donner la mort contre sa volonté, le Chevalier d'Or au parfum suave semblait tiraillé de l'intérieur, comme si le problème venait en fait de lui...

Ce genre de comportements et de réactions étaient ce qu'il y avait de plus frustrant aux yeux d'Eidolon ! Cela lui faisait l'effet d'une sorte de sobriquet miracle qui n'arrangeait pourtant rien et qui semblait néanmoins tout pouvoir justifier, mais pensait-il que cela lui ferait passer la pilule pour autant ? Cependant, Eidolon n'était pas de ces personnes qu'on amadoue de la sorte ! Eidolon avait tout simplement une dent contre ceux qui accusaient leur propre faiblesse pour justifier leur inaction ! Pour avoir vécu ce genre de situations, voir une personne accepter son misérable sort sans broncher, était au-dessus de ses forces ! Par chance, Eidolon n'était pas non plus de ces personnes qui se laissent faire et abdiquent aussi facilement ! Il était plus du genre entêté, dénotant au passage une détermination sans faille et un caractère bien trempé.
    « Soit... » C'est tout ce qu'il trouva à dire, les mots lui manquaient à présent et une légère déception s'était faite entendre dans sa voix... Celsius lui tournait à présent le dos et s'apprêtait à reprendre sa route en direction de son temple, il s'imaginait déjà le silence être rompu par les cliquetis métalliques que pouvaient produire l'armure d'or des Poissons... « Tu ne me laisses pas le choix. » Dit-il cette fois bien plus déterminé. Il ne laissa pas le temps à son homologue de répliquer ou tenter quoi que ce soit et enchaîna « Seki Shiki Meika Ha !! »


O°~°O


L'espace d'un battement de cil, une fraction de seconde tout au plus et au prix d'une immense et incomparable douleur, celle que l'on peut uniquement ressentir lorsque son âme est arrachée de force de son enveloppe charnelle, la scène avait changé du tout au tout ! Plus de soleil à l'horizon, seulement une épaisse brume ténébreuse rendant difficile tout orientation basée sur la seule vue... Le ciel était gris cendre, les arbres malingres dépossédés de leurs feuilles aussi noirs que du basalte semblaient au moins aussi morts que les seuls pensionnaires de cet endroit lugubre... D'autant que le sol rocailleux et pentu de cette colline était aussi dur à emprunter et à gravir qu'une véritable montagne... Le mont Yomotsu hirasaka était décidément un lieu peu recommandable.

Il ne faisait aucun doute que le Chevalier des Poissons ne devait pas être impressionné le moins du monde. Quelqu'un de sa trempe avait sans doute vu des choses pires, au moins aussi étranges voire dérangeantes, si bien qu'il ne se prosternerait pas à genoux en chialant pour si peu. Cependant, cet endroit était le lieu d'une tragédie perpétuelle et unique comme il s'en faisait peu et rien que pour cela, le puits des âmes comme certains l’appelaient, méritait d'être visité de temps à autre afin qu'en soit vanté l'ignominie... Les morts quant à eux et comme s'ils étaient hypnotisés, arpentaient un long et sinueux chemin les menant tout droit vers un précipice sans fond dont ils ne reviendraient jamais. La plupart se contentaient d'éviter le Chevalier des Poissons, sans même vraiment le regarder, comme s'il n'était que de la poudre aux yeux... La plupart seulement, car à l'entrée du royaume des morts, les vivants ne sont pas les bienvenus... Celsius allait l'apprendre à ses dépends...

Les morts même s'ils étaient long à la détente compte tenu de leur état de transe, semblaient de plus en plus attentifs à la présence de cet être doté de chair et de sang... L'appel du gouffre semblait à présent devenu accessoire tant ceux-ci s'étaient agglutinés autour de lui plutôt que de poursuivre leur route ! Ce dernier l'aurait su s'il avait été un habitué des lieux, mais un mort est immanquablement attiré par ce qu'ils ne possèdent plus, à savoir la vie... Ici les morts n'étaient capables que de peu de choses, mais il leur était possible d'exprimer leurs peines, leurs cris de désespoir... Bien souvent la peine d'avoir été conviée bien trop tôt par la Mort à rejoindre le royaume d'Hadès emplissait leurs cœurs de ressentiment. Aussi ils ne pouvaient qu'en vouloir à quelqu'un de vivant, les narguant en s'aventurant au milieu d'eux qui subissaient mille souffrances depuis leurs décès respectifs et dont les pires châtiments étaient encore à venir...

Les morts-vivants l'entouraient à présent et le lynchaient dangereusement. Au plus près de l'action, il ne faisait aucun doute que Celsius devait ressentir dans sa chair leur désarroi, car tandis qu'ils tentaient de l'empoigner, ces derniers jactaient des paroles à peine audibles et incohérentes dont la teneur avait pour mot d'ordre la douleur et la tristesse... À présent, le resplendissant Chevalier empoisonné était acculé de toute part...
    « Arrière! » Dit une voix forte et pleine d'assurance qui s'éleva depuis l'arrière de la mêlée.
À ces mots, les morts se stoppèrent net et s'écartèrent pour le laisser passer... Eidolon avait attendu jusqu'à la dernière seconde pour réapparaître devant un Celsius qui bien que plein de sang-froid à l'accoutumé, devait sans aucun doute se retenir de toutes ses forces pour ne pas lui en coller pour l'avoir expédié dans pareil endroit ! Celsius même sans l'intervention du Chevalier d'Or du Cancer, aurait très bien pu s'en sortir tout seul, car les morts pouvaient être repoussés par la force physique brute... Seulement, Eidolon ne tenait pas à en voir davantage, il voulait donner une leçon à Celsius et rien de plus, d'autant que les morts avaient suffisamment soufferts eux aussi. Les défunts reprirent presque aussitôt leur marche en avant et ne prêtèrent plus attention aux deux Chevaliers.
    « C'est un sort peu enviable que de finir ici n'est-ce pas ? » Commença-t-il, se taisant par la suite puis reprenant après une légère pause « Si tu penses, et à juste titre, avoir souffert, sache que tu n'es pas le seul, cet endroit qui est mon « enfer » en est la preuve... Ce lieu me rappelle sans arrêt le fardeau dont j'ai hérité, mais que je n'ai pas choisi et dont je dois malgré tout endosser la responsabilité... Tout comme toi. D'une certaine manière nous avons tous les deux soufferts du même mal : la solitude. Mes dons comme ton poison ont toujours suscité la crainte à mon égard, mais contrairement à toi j'ai décidé d'agir et de prendre les choses en main ! Car à tout problème il y a une solution. » À ces mots il s'approcha tellement près du Chevalier des Poissons que cela devait lui être insupportable tant il détestait le contact avec quiconque. Eidolon se contenta néanmoins de se mettre face à lui et de croiser les bras avant de reprendre « Ici nous ne sommes que des âmes dénués de corps, ce qui signifie que ton poison est inefficace et ne peut causer du tort à personne, pas même à moi. Connais-tu quelqu'un d'autre qui puisse se vanter de t'approcher d'aussi près sans encourir le moindre risque ? Je ne crois pas... En vérité le mal qui te ronge est plus profond que cela, le poison qui coule dans tes veines n'est qu'un prétexte. »
Le ton qu'il employait à présent se voulait cassant, sec... Alors qu'il était venu quémander des conseils, voilà qu'il se la jouait grand donneur de leçons... C'était vraiment une drôle de façon d'arriver à ses fins... Néanmoins Eidolon était quelqu'un d'entier, son aversion des conventions lui permettait de parler sans langue de bois, peu importe son interlocuteur.
    « La solitude, j'ai connu à en crever... C'est une douleur qui fait tellement mal que je ne peux la souhaiter à personne ! Pas même à un ennemi... Ce poison, les souffrances et la solitude qui en découlent ne font pas de toi quelqu'un de faible et d'inapte à enseigner quoi que ce soit... Au contraire, ce genre d'épreuves rend fort ! Et c'est cette force que tu possèdes, mais que tu dénigres depuis trop longtemps que je recherche et non une autre ! Une force que seul quelqu'un qui a enduré les mêmes peines que toi est à même de faire sienne... » Finit-il par dire avant de conclure « Tu es le seul qui puisse m'aider et toi-même tu as dû commencer à t'en rendre compte à présent... »
L'amérindien était tout aussi doué pour toucher les gens que pour les agacer... Si les paroles du nouveau Chevalier d'Or pouvaient paraître déplacées face à quelqu'un d'aussi expérimenté que Celsius, celui-ci ne pensait pas à mal en faisant cela, bien au contraire ! Il se refusait à ce que quelqu'un d'aussi talentueux puisse se gâcher par manque de considération envers sa propre personne! Après coup, Eidolon espérait ne pas l'avoir trop froissé, mais après tout, peu lui importait, car tout ceci ne pouvait que lui être bénéfique ! Après tout ils étaient tout deux Chevaliers d'Or ! En tant que Saints, non ! En tant que compagnons d'armes, en tant que camarades, il était du devoir d'Eidolon de faire en sorte que cette expérience soit aussi profitable à Celsius que ce qu'elle pouvait l'être pour lui ! Le dénouement final était proche à présent, sa prochaine réponse se voudrait certainement définitive...
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MessageSujet: Re: Entre obsession dangereuse et discussion vénéneuse... [PV Celsius/Eidolon]   Jeu 22 Mai - 21:44

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Celsius ne s'attendait pas à faire l'objet d'une attaque, il fallait bien l'avouer. Pour autant, il ne laissa transparaître aucune stupeur, pas plus qu'il n'esquissa le moindre geste pour esquiver ou dévier le cercle des âmes. Même pris par surprise, c'eut été à sa portée – aussi médiocre qu'il se considère, l'expérience était de son côté. S'il aurait eu toute les raisons de s''en offusquer et de rendre les coups sans chercher plus loin, ce qu'il eut probablement fait s'il avait été plus sanguin, il préférait croire qu'il y avait une bonne raison derrière tout cela. Et si ce n'était point le cas, et bien... Il serait toujours temps d'aviser. Tout en tenant compte toutefois que, s'il était si dévolu à la violence gratuite, il aurait bien mal choisi son camp...

Arrivé sur place, Celsius ne broncha pas plus. Il se tint immobile face au paysage qui s'offrait à lui – face à l'horreur et à la désolation. Il avait déjà vécu ça, et y être à nouveau confronté lui rappelait des souvenirs qu'il aurait préféré oublier. C'était loin en arrière. Un autre temps, où il était une personne différente. Bien des choses avaient changé depuis, à commencer par lui, et pas qu'en bien. Toutefois, les blessures de celui qu'il était jadis étaient encore aujourd'hui les siennes, et il était certain que de rouvrir les yeux sur ce paysage mortifère n'était aucunement pour le réconforter.

Pour autant, il s'obligea à le contempler, à ne pas détourner les yeux de ce qui pour lui ramenait à une implacable vérité. Celle qui lui avait fait comprendre que même en se prétendant le meilleur des hommes, même en se consacrant tout entier à une cause que l'on pense juste, on ne peut pas toujours tout sauver. Triste leçon d'humilité qu'il avait prise ce jour-là, qu'on lui avait enfoncé dans la chair et dans l'âme comme autant de coups de poignard chauffé à blanc. Celle qu'avant d'être un chevalier, il restait humain, et était en tant que tel coupable de faiblesse. La Guerre Sainte était un jeu de Dieux où les hommes n'avaient pas leur place, sinon en tant que pions.

Non que le Roi des Ronces veuille accuser Athéna de s'être servie d'eux, bien au contraire. Elle avait été le sacrifice incarné, avait donné d'elle-même à s'en oublier pour les protéger. Mais c'était tout le noeud du problème, en vérité. C'était à eux de prendre sa défense, non l'inverse. Cette énergie qu'elle avait donné pour le ramener quand il était sur le point de s'éteindre, cela se serait-il passé différemment si elle avait pu la garder ? S'il avait été plus fort ? Voilà quels étaient les questionnement qui le hantaient depuis ce jour funeste, et auquel il n'obtiendrait jamais de réponse. D'autant plus maintenant qu'elle les avait quitté, comme tant d'autres avant elle. Les laissant quel que soit leur âge comme autant d'enfants abandonnés, ignorant où aller...

Quand les morts vinrent à lui, faisant de lui un phare dans l'obscurité de leur sordide éternité, il ne chercha pas à se dérober à leur étreinte. De quel droit lui aurait-il refusé cela, alors que ceux qui avaient péri par sa faute, que ce soit par volonté ou par négligeable, pouvaient aussi bien être du nombre ? Leur détresse était aussi la sienne, car elle lui opposait tout ce qu'il était réellement – la noirceur de son âme. Ses mains étaient plus rouges que le plus cruel bûcher, et ses victimes innombrables. Il était un assassin se cachant sous le masque d'une justice qu'il n'était pas en mesure d'exercer. Qu'ils se repaissent donc de ce cosmos doré qu'il n'avait point mérité, si cela pouvait apaiser leur colère légitime. Eidolon les chassa néanmoins, sans qu'il ne fasse rien pour l'en remercier. À quoi bon ?
Je connais cet endroit. Je suis déjà venu ici.
Oh que oui, et plutôt deux fois qu'une. Mais cela, Eidolon n'aurait pu le savoir. Peu nombreux étaient ceux à avoir marché à ses côtés à cette époque et à être encore en vie à ce jour, et ce n'était de surcroît pas lui qui irait conter cette histoire. C'était un récit indigne des chansons en lequel ne résidait pas plus de fierté que d'honneur. Le sentiment de vague à l'âme qui passa à travers lui le submergea aussi sûrement que s'il avait été question d'une authentique lame de fond – douce ironie pour le Chevalier des Poissons. Ses pieds foulèrent la roche froide comme la mort tandis qu'il avançait pour mieux épier la procession des âmes perdues, en route vers leur dernier foyer.

L'albâtre de leur teint se reflétant dans ses yeux clairs leur donnait une pâleur d'opale. Tant de morts... Tant de douleur... Parmi eux, combien étaient ceux à qui il aurait pu venir en aide s'il avait été plus fort ? Tout était affaire de moyens, et les siens n'étaient que trop limités. Tout au plus réussissait-il à n'être pas une menace pour les siens, et encore, mais de là a en être une pour ses ennemis... Le passé lui avait prouvé que ce n'était pas chose si aisée, qu'il avait bien trop présumé de ses capacités en acceptant d'entrer dans la garde dorée. S'il pouvait revenir en arrière, il le ferait, car s'il ne regrettait pas sa dévotion, force était de constater qu'il était bien trop tôt entré dans la cour des grands. Il se retourna vers son homologue, le regard vide de toute émotion.
Il t'est facile de dire cela. Si je ne nie pas le mal qu'elle a pu te faire, ta force comporte aussi de bons côtés. Tu peux, même rien qu'un instant, défier la mort pour rappeler à toi les âmes de ceux qui ont succombé. Tu n'as pas plus de comptes à rendre à Hadès qu'à Thanatos pour arpenter leur royaume à ton gré. Les possibilités qu'il t'ouvre sont infinies. On peut dire qu'il y a du bon et du mauvais en toute chose, mais quel bienfait vois-tu à mon fardeau ? Ton pouvoir est un don là où le mien n'est qu'une malédiction. Te donnerais-tu seulement tout ce mal si tu n'espérais pas que je puisse t'aider ?
Il n'avait pas entièrement tort, mais Celsius n'aimait pas l'idée de recevoir des leçons de morale de la part d'un nouveau venu. S'il n'était pas dans son intention de le briser dans son élan, il était forcé d'admettre que ses dernières paroles avaient été plus incisives qu'il ne l'aurait voulu. S'il ne tolérait pas que l'on pénètre dans son espace vital, le Roi des Ronces admettait encore moins que l'on veuille entrer dans sa tête. Il avait déjà bien assez de mal à y mettre bon ordre lorsqu'il était seul à seul avec lui-même, ce n'était pas pour que quelqu'un prétende en savoir quoi que ce soit. Le Gold Saint détourna la tête pour n'avoir pas à le regarder en face tant la conviction qui luisait au fond de son regard lui était nocive. Dérangeante. Et pour cause, elle lui rappelait celle qui l'habitait à l'identique il y a de cela des années. Une éternité.
Je ne peux pas rester ici éternellement. Tu le sais aussi bien que moi. Il n'y a pas d'exutoire à ce que je suis. C'est une porte sans serrure que tu t'évertues à essayer d'ouvrir, parce que cette cage ne comporte aucune issue. Je ne suis pas un modèle à suivre, pas plus que je n'ai quoi que ce soit à offrir. Tu te consumeras si tu restes trop longtemps avec moi comme tous les autres avant toi. Il soupira, conscient qu'il allait regretter ses mots. Mais... Comme je te l'ai dit, c'est pour vouer la vie du monstre que je suis à une noble cause que je suis entré au service d'Athéna. Pour racheter ma faute, me faire pardonner le péché de ma naissance. Si c'est de l'aide qu'il te faut, j'imagine qu'il fait partie de mon serment d'au moins essayer. Alors si malgré tout tu vois toujours en moi ta planche de salut... Nous verrons ce que nous pouvons faire.

Et tu ne pourras pas dire que je ne t'aurai pas prévenu.
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MessageSujet: Re: Entre obsession dangereuse et discussion vénéneuse... [PV Celsius/Eidolon]   Mer 28 Mai - 16:39

Du début à la fin, le Chevalier d'Or des Poissons n'avait ni pipé mot, ni même esquissé un geste. Il n'avait pas tenté de dévier la Vague d'Hadès, il s'était contenté de l'encaisser sans rechigner, de manière presque résignée. Au mont Yomotsu Hirasaka pareil, ni le sordide spectacle auquel s'adonnaient les morts en plongeant tout droit vers leur précipice, ni même son possible lynchage, ne vinrent le perturber. Il s'était contenté là encore de se réfugier dans un profond silence, son visage ne laissant transparaître aucune émotion, tandis qu'il semblait accepter son sort... Un sort des plus funestes. Qu'avait-il pu vivre dans sa vie d'homme pour se laisser aller de la sorte ? Eidolon, le principal responsable de sa venue en ces terres inhospitalières, n'aurait su le dire... Tout comme son homologue de la douzième maison, le quatrième gardien avait enduré des choses effroyables au cours de sa jeune vie... Tout comme lui, il lui était difficile de mettre des mots sur ce qu'il avait vécu, c'est pourquoi il se refusait d'en parler à quiconque... Néanmoins, lui, bon an mal an, était parvenu peu à peu à remonter la pente alors que Celsius se trouvait à n'en pas douter, sur un relief descendant, pour ne pas dire un véritable précipice...

En fin de compte, la cause de sa résignation était peut-être toute indiquée... Sans doute se voyait-il plonger en lieu et place des morts dans ce puits sans fond... Si c'était le cas, l'électrochoc souhaité, prodigué et administré par Eidolon à Celsius, aurait l'effet escompté. Mais au contraire, ce dernier restait des plus impassibles... Le Chevalier d'Or du Cancer se demanda même si en réalité le nœud du problème n'était pas ailleurs... En effet, peut-être Celsius aurait-il préféré sauter à leur place si cela pouvait en sauver la plupart. Après tout, penser ainsi n'aurait pas été stupide ! Eidolon lui-même aurait été heureux de s'y jeter la tête la première si cela lui permettait de ramener sa mère d'entre les morts... Malheureusement, Eidolon disposait de bien des pouvoirs sur les défunts, mais pas celui-ci hélas... Il n'était, à côté du Dieu de la Mort, qu'une pâle réminiscence de ce dernier en fin de compte.

Lorsque l’élégant chevalier se déroba, tournant le dos à son interlocuteur afin d'éviter de croiser son regard, le métisse sut enfin que le dénouement de toute cette histoire était proche : son verdict final allait être rendu. Bien qu'il fut confiant au début, pensant que l'envoyer vers l'entrée du royaume d'Hadès aurait l'effet escompté, au fil des minutes, Eidolon se surprit tant il était de moins en moins serein concernant la décision de son interlocuteur... Lorsque le Chevalier des Poissons lui annonça qu'il était déjà venu ici, quelque chose se brisa à l'intérieur du Crabe géant : son dernier espoir... Il avait abattu toutes ses cartes, il arrivait également à court d'arguments... Eidolon avait véritablement jeté toutes ses forces dans la bataille pour tenter de le convaincre ! Il avait joué le tout pour le tout. Il savait que si tout ceci ne l'avait pas convaincu, il serait inutile d'aller plus loin, car rien en ce bas monde ne pourrait le convaincre...

Lorsque le Roi des ronces lui dit qu'il ne pouvait rester ici indéfiniment, les espoirs d'Eidolon partirent en fumée... Ce dernier pouvait toujours décider de l'enfermer ici en sa compagnie jusqu'à ce qu'il change d'avis, au risque d'encourir de terribles réprimandes pour ne pas dire de terribles châtiments, mais l'amérindien ne voulait pas lui forcer la main. Aussi contradictoire que cela puisse paraître, Eidolon avait su dès le début qu'il devrait le convaincre et que la tâche ne serait pas aisée pour y parvenir. Néanmoins, en agissant de la sorte, il souhaitait uniquement lui ouvrir les yeux, le ramener en quelque sorte vers la lumière, le fin mot de l'histoire, le choix final, lui revenant. Le quatrième gardien se résigna à son tour... Il ne dit rien ni ne changea d'expression bien que Celsius lui tournait le dos, mais Eidolon s'était déjà fait à l'idée de devoir composer sans lui, devenir fort par ses propres moyens quoi qu'il lui en coûte et en un temps record.

Le métisse avait mis sa fierté de côté en se confiant à son aîné de la caste chevaleresque, si bien que si échec il devait y avoir, celui-ci lui laisserait un goût amer et il lui faudrait un certain temps pour le diriger après l'avoir encaissé... Néanmoins, même plongé au cœur des ténèbres les plus noirs, ne dit-on pas que si une lumière aussi infime s'allume, celle-ci est capable de tout illuminer ? Ce fut précisément ce sentiment que le barbu ressentit en cet instant, lorsque Celsius après une énième tirade pour tenter de le dissuader, lui laissa la porte entrouverte, énonçant clairement que si malgré tout ce dernier n'en démordait pas, alors il n'aurait d'autre choix que d'accepter, tout du moins essayer. Au final tout ceci n'avait pas été vain ! Sa persévérance avait fini par payer ! Néanmoins le plus dur restait encore à faire...

D'un claquement de doigts, le paysage redevint celui qu'ils avaient laissé derrière eux en allant au mont Yomotsu Hirasaka, le sol sombre et rocailleux jonché de basaltes ayant de nouveau fait place à ces marches interminables qui menaient tout droit en direction du douzième temple, celui du Chevalier des Poissons. Le ciel lui-même avait retrouvé sa teinte originelle, un bleu éclatant dont la simplicité avait de quoi émouvoir en comparaison de la toiture caverneuse de ce sous-terrain lugubre... Le soleil réchauffait leur corps et leur cœur à présent, là où l'ambiance morbide et pesante du Puits les avait glacés jusqu'aux os... Le Chevalier du Cancer n'avait-il pas fait une erreur en le ramenant aussi vite parmi les mortels ? Après tout Celsius n'avait pas explicitement dit oui... Il pouvait à présent très bien user de son poison pour le repousser et il y avait peu de chance que la Vague d'Hadès fonctionne une deuxième fois sur lui... Cependant, si Eidolon avait agit de la sorte, c'était bien pour lui montrer qu'il était un homme de parole. Il voulait lui montrer que si le Chevalier des Poissons était enclin à tenir ses promesses et accomplir son serment, alors il en serait de même pour l'ancien apprenti maintenant Chevalier d'Or.
    « Tu te trompes sur deux points. Tout d'abord... » Commença-t-il avant de reprendre, ce silence passager entretenant le suspense. « Ces pouvoirs qui t'ont été octroyés et qui t'étaient prédestinés ne sont pas une malédiction... Ils ne le sont que si tu décides qu'il en est ainsi. Les dieux, la Déesse Athéna, nos armures, nous ont choisi en dépit des créatures innommables que nous pensons être et ce en raison de considérations qui nous dépassent... Ton sang empoisonné ne fait pas de toi une personne détestable, à moins que tu t'en serves pour servir de vils intérêts. Mais en embrassant une cause aussi noble et juste que celle de la Déesse Athéna, ta malédiction, ton fardeau, est devenu une bénédiction pour nous autres... Car tu possèdes un tel pouvoir qu'il t'est possible de tous nous protéger. » Finit-il, espérant ainsi avoir définitivement ouvert les yeux à son homologue et interlocuteur. « Ensuite... » Reprit-il de plus belle, mais sur une note bien plus sympathique cette fois « … Je n'ai pas besoin d'un modèle. Seulement d'une personne qui me comprenne et puisse me prodiguer de judicieux conseils, qui puisse de part son expérience me hisser véritablement au niveau qui est censé être le mien à présent... Et tu es la personne rêvée pour cela. » Dit-il, arborant un franc sourire à présent.
Comme il s'était tué à lui dire depuis le début, personne d'autre que Celsius n'était à même de pouvoir comprendre ce qu'avait enduré Eidolon, car en dépit de leurs différences, ils étaient pareils. Lui seul pourrait ainsi lui enseigner ce qu'il lui faisait défaut pour l'heure. Seule une personne ayant enduré les mêmes souffrances qu'Eidolon était à même de pouvoir faire croître son potentiel de manière exponentielle, voilà quel genre d'homme était Celsius, il en était le seul capable. Le Cancer s'était néanmoins bien gardé de lui parler de la prophétie les concernant tout deux, mais qu'importe. Il était arrivé à le persuader de l'entraîner et seul le résultat final importait ! Néanmoins, le plus dur était encore à venir... Celsius était loin d'être un tendre et son entraînement promettait d'être radical... Eidolon devrait vivre l'enfer et y survivre... Mais il s'y était préparé ! Sans sacrifice il ne deviendrait pas fort après tout.
    « Quand est-ce qu'on commence ? »
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MessageSujet: Re: Entre obsession dangereuse et discussion vénéneuse... [PV Celsius/Eidolon]   Lun 28 Juil - 3:42

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Celsius ne s'était jamais vu enseigner quoi que ce soit. Sans doute parce que comme il l'avait dit lui-même quelques instants plus tôt, il n'avait rien à apprendre. Il se voyait comme un être creux n'existant que pour prendre la vie de ses semblables - si à tout le moins le monstre qu'il était pouvait encore les considérer comme tel. Il ne savait rien faire sinon tuer, n'était au fond qu'un assassin, fut-il au service de la lumière. Tout ce qu'il avait un jour appris de près comme de loin sur ses pouvoirs s'y rapportait à un moment ou à un autre, que ce soit de le faire durer plus ou moins ou encore de ne blesser nul autre que sa cible. Oui, tout cela avait fait partie de sa formation, et lui semblait aujourd'hui bien dérisoire.

Non qu'il méprise ce qu'on lui avait inculqué : son maître y avait dilapidé aussi bien son temps que sa santé, et jamais il ne saurait assez l'en remercier. Cela avait été un entraînement de longue haleine, et il ne mésestimait en rien la portée de ce qu'il avait accompli. Seulement, quand venait le moment de dresser la liste de tout ce par quoi il en était pointé, chaque phase, chaque étape pointait immanquablement vers cette même finalité. Oui, tout convergeait vers ce seul et unique but : faire de lui une arme, une chimère sanglante. Destin qu'il s'était résolu à accepter mais qui n'en pesait pas moins lourd sur ses épaules pour autant, si robustes que soient devenues ces dernières depuis son arrivée au Sanctuaire.

Que lui apprendre, dès lors... ? Lui-même avait encore beaucoup de lacunes, sans doute trop, en tant que Chevalier mais aussi en tant qu'homme. Eidolon en savait probablement déjà bien plus de la vie qu'il n'en saurait jamais, lui qui ne vivait qu'à moitié. Maintenant qu'il s'y était engagé, au moins aurait-il voulu pouvoir avoir quelque chose à lui transmettre, une leçon à lui confier, mais il n'en voyait pas l'ombre. De son propre aveu, le jeune homme était déjà auréolé d'une aura macabre : or, il ne voyait rien qu'il puisse lui léguer qui ne fasse pas que renforcer cet état de faits. À moins qu'il ne réussisse à lui insuffler ce qui lui manquait cruellement à lui aussi.

Celsius prit une longue bouffée d'oxygène quand le décor revint à la normale. Qu'il ne se sente pas mal à l'aise en plein coeur des Enfers ne voulait pas dire qu'il lui était égal d'y être ou de se tenir à la surface. En outre, le parfum de soufre n'avait rien d'affriolant, ni pour lui ni pour ses roses ; or, s'il devait s'inventer des cours à donner, les avoir sous la main pourrait s'avérer de première nécessité. Il était trop tard à présent pour reculer, mais le Roi des Ronces n'avait pas pour autant dans l'idée de le ménager. C'était le Cancer qui l'avait voulu pour professeur, lui qui était venu le sortir de sa tanière ; qu'il le regrette ou pas à compter de maintenant était le cadet de ses soucis.
On voit que ce n'est pas toi qui vois la vie elle-même se flétrir sur ton passage. Mais restons-en là pour cette fois.
Le Seigneur des Épines ne pousserait pas le débat plus loin. Le nouveau gardien du quatrième palais était de toute évidence convaincu de ce qu'il disait et il n'y avait aucune gloire à lui faire changer d'avis. Qu'il y croie donc autant qu'il le pourrait, mais à trop vouloir le côtoyer, force lui serait de contempler la réalité en face bien assez tôt. S'il ne doutait pas que vivre avec les fantômes de ceux qui sont tombés devait être une expérience tout aussi traumatisante en soi, il y avait à son sens une différence majeure : celle que dans cette condition, il est - en principe – déjà trop tard pour eux là où lui les condamne. Lui en faire la démonstration ne semblait pas une si mauvaise idée. Sa voix tomba comme un couperet :
Ça a déjà commencé.
Alors qu'il se retournait pour lui faire face, son « nouvel élève » eut tout le loisir de constater que ses traits déjà peu affables s'étaient encore durcis en réponse à son sourire. Et pour cause puisque le sens à donner à son propos n'était rien de moins que celui de la plus stricte vérité. Ignorant jusqu'à l'alliage hors du commun propre à une Gold Cloth, une rose blanche avait franchi le plastron du Cancer pour venir se ficher tout droit dans son coeur, sans que sa main ait paru esquisser le moindre geste de lancer. Même si sa victime avait eu vent des facultés du Chevalier des Poissons, nul doute que celle-ci n'était mentionnée nulle part. Eidolon se rendrait compte bien assez tôt de ses capacités, le sang, son sang s'acheminant déjà vers ses pétales immaculés.
Commence déjà par survivre à ça. Nous verrons ensuite si j'ai quelque chose d'autre à t'enseigner. Je te déconseille cependant de trop tarder à l'enlever : moi-même, son appétit ne cesse de m'étonner...
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Entre obsession dangereuse et discussion vénéneuse... [PV Celsius/Eidolon]

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