RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]

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Aiakos


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MessageSujet: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Mar 28 Jan - 21:56


S’éveillant peu à peu au sein de son logis avachi sur son bureau qu’il ne semblait pas avoir quitté depuis tout ce temps, Faust porta rapidement ses mains au visage afin de reprendre quelque peu ses esprits. En l’espace d’un instant, il avait été confronté à un adversaire redoutable et se retrouvait à présent chez lui, comme si tous les évènements qui s’étaient déroulés plus tôt ne furent qu’un simple rêve. Pourtant et bien que tout portait à croire que cette histoire ne fut que le fruit de son imagination, un minuscule, mais au combien important indice vint supplanter cette idée. En effet, tandis qu’il refaisait tout doucement surface, ses pas le menèrent bien vite auprès d’un lavabo pour se débarbouiller, lequel était accompagné d’un miroir dans lequel il put apercevoir avec stupeur l’ampleur du désastre. Touchant délicatement son front comme si quelque chose d’horrible venait de lui arriver, c’est avec nervosité qu’il vit une marque, une sorte de point carmin lui orner le visage. Bien qu’après quelques ajustements pour le cacher personne ne le verrait, ce fut surtout sa signification qui le laissa pantois.

Le doute n’était plus permis, si durant un court laps de temps il avait hésité entre songe et réalité, il en était tout autre dorénavant. Dès lors, un sentiment amer le gagna, le poussant comme dans ses heures les plus viles, à briser ce miroir qui lui laissait entrevoir son visage, cet être qui le répugnait au plus haut point. Bien que la partie venait tout juste de débuter, force est de constater que cela faisait un bon bout de temps qu’il n’avait plus échoué aussi lamentablement… Une fois de plus, il s’était laissé berner par les douces paroles d’un inconnu. Néanmoins,  à son plus grand damne cette fois-ci, il n’avait pas été question d’un pseudo maitre en magie noire, mais bel et bien d’un être aux pouvoirs incommensurables. Accoutumé à se mettre à dos un tel type de personne, il n’en demeure pas moins qu’à ce jour il n’avait jamais touché le gros lot comme en cet instant. Conscient de ne pas pouvoir rivaliser pour le moment avec un tel être, une évidence au combien difficile à avaler surgit de son esprit : il lui faillait irrémédiablement continuer à chercher des indices afin de recouvrir l’intégralité de ses pouvoirs.

Par chance ou par malchance, en dépit de son regain de puissance comme il l’aurait voulu en recevant la missive de cette satanée « réponse », on lui avait donné quelques éléments de réponse et notamment sur la personne à qui s’adresser pour la suite de sa périlleuse quête. Bien que l’idée ne l’enchantait guère, étant donné les conséquences que cela avait engendrées lors de leur précédente rencontre, revoir une vieille connaissance ne pouvait pas lui être préjudiciable, d’autant plus quand on connait le lien qui les unissait. S’associer une fois de plus avec ce dernier n’était sans doute pas la meilleure idée qu’il puisse avoir, mais à vrai dire le temps jouait en sa défaveur, alors il pouvait bien ne serait-ce qu’une unique fois faire amende honorable. Ainsi c’est dans le plus grand bazar que l’homme marqué au visage, quitta la maisonnée pour se rendre auprès de l’individu qui pourrait lui apporter son aide.

D’un commun accord les deux entités qui se partageaient à tour de rôle le corps du spectre décidèrent de laisser la place au juge. Agacé du résultat de son homologue qui s’était fait duper et malmener par des inconnus, Aiakos reprit le contrôle afin de s’assurer que plus aucune déroute ne vienne jalonner sa quête de puissance. Déterminé plus que jamais, ce fut à la nuit tombée, similaire à celle où ils s’étaient rencontrés qu’il parvint au lieu où son allié devait se trouver. D’ailleurs, comme par coïncidence ils se retrouvèrent là où tout avait débuté, dans ce lieu qui les avaient vus s’affronter et où dorénavant flore et cendre vivraient en harmonie pour l’éternité. La cathédrale située au centre de la place gardait toujours elle aussi les stigmates de ce terrible affrontement, dans lequel, passion, rage et honneur s’étaient entrechoqués à tour de bras! Avançant paisiblement caché quelque peu par les ombres environnantes, tandis que les rayons de la lune le chatoyaient à quelques endroits, Aiakos se stoppa quand il parvint aux côtés de l’homme qui semblait l’attendre depuis un court instant:
    « Gilles de Rais… Cela fait un bon bout de temps qu’on ne s’était plus vu! Je ne vais pas y aller par quatre chemins, en vertu du serment qui nous lie j’aurai besoin de tes services! J’ai eu un léger démêlé avec une vieille connaissance qui semblait te connaitre et ce qu’il m’a dit devrait t’intéresser … »
Laissant durant quelques secondes planer le suspense afin d’attiser la curiosité de son auditoire, Aiakos ne put s’empêcher de sourire, un sourire lourd de sens qui n’amuserait sans doute que lui tant son homologue se montrait guère enthousiasmé par sa soudaine apparition.
    « Ton livre va d’ailleurs m’être d’une grande utilité! Commence déjà par voir si tu peux m’ôter cette marque! »
D’un revers de la main il balaya la mèche cachant le point ornant son front, afin qu’il puisse s’en occuper. De toute évidence, il était le plus à même de la faire disparaitre ayant pour habitude de procéder de la sorte avec ses victimes. Néanmoins et bien que cette marque ait son importance, Aiakos en profita pour lui conter les propos que le magicien rouge avait énoncé à son encontre:
    « Selon cette connaissance qui se trouve être un certain Eiwan, fils d’une prêtresse du nom d’Aalanna, deux épées seraient les artefacts à même de préserver notre Royaume: une épée appartenant à un roi et l’autre à une Pucelle a-t-il dit…  Mais ce qui a surtout retenu mon attention, c’est qu’il a mentionné « la terre des ancêtres, le Tertre » lieu où devrait reposer la Dame d’Orléans… As-tu une idée de quoi il retourne? »
Bien qu’il se montrait pour le moins niais pour le coup, comme si la situation le dépassait alors que tel n’était pas le cas, Aiakos n’en restait pas moins au courant du passé du spectre du Bourreau. En effet, son lien avec la Dame D’Orléans et ses épopées ne lui était pas inconnu bien au contraire. Cependant, afin de s’attirer les services de ce dernier, jouer la comédie restait sans doute la meilleure solution à adopter. Ainsi, Gilles n’aurait d’autre choix que de l’aider, il ne faisait aucun doute que ces allusions à son passé l’intéresserait au plus haut point. Aiakos n’était et n’avait pas été un monarque craint et respecté de ses sujets pour rien, il venait à l’instant de démontrer ses talents à plus forte raison qu’il n’avait pas distillé ces informations dans l’oreille d’un sourd! Ses renseignements le concernant lui seraient d’une grande utilité, mais fallait-il encore que Gilles se décide à s’ouvrir et parler, ce qui n'était pas une mince affaire en raison des querelles intestines qui les avaient opposées… Néanmoins, Aiakos espérait que pour cette fois, à défaut de s’entendre comme larrons en foire, ce dernier mettrait de côté son égo, comme l’avait fait le juge bien malgré lui, afin d’œuvrer de concert pour trouver une solution au problème auquel il était confronté!
    « Allons, parle je n’ai pas de temps à perdre Gilles! »


Dernière édition par Aiakos le Ven 14 Fév - 11:41, édité 3 fois
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Aenor


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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Mer 29 Jan - 14:33



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






Parole




La nuit était noire, sans lune et étoiles. Cachés parmi de gros nuages ténébreux, aucunes lumières ne tombaient sur la terre des damnés. La Cathédrale. Elle fut le berceau de tant de choses, le témoin aussi de confrontations, mais, elle semblait tenir bon et toujours se relever. Les yeux rivés sur sa majesté, Gilles de Rais se sentait comme le monument. Vieux mais immuable. Comme l'édifice, il s'était toujours relevé face aux caprices d'un Destin trop cruel. Surtout envers lui. Cependant, depuis quelque temps, cela avait changé. Une promesse faite sous le couvert d'un ciel plombé et morne, devant le Chaudron du Père, l'avait à jamais changé. Maintenant, le Maréchal de France avait un but, un chemin à suivre, une étoile qui le guide, guiderai et guidera pour toujours, il l'espérait ardemment. En son cœur, il en était persuadé, il était devenu un autre homme. Un Spectre, oui, mais un homme quand même.

Sans doute que les autres se moqueraient de lui, qu'importe, l'objet de son désir, celui, celle plutôt qui le faisait avancer était revenue d'entre les morts. Une personne qu'il respectait plus que quiconque. Seulement, il y avait encore des doutes dans son âme.

Tout chevalier qu'il était, sa parole étant pour lui d'une importance capitale, Gilles ne pouvait se résoudre à revenir dans le Pandémonium où l'attendait sans doute, le Juge du Griffon. Partagé donc entre son honneur, son devoir et préserver l'innocence de celle qu'il avait ramené, le Bourreau était revenu ici pour réfléchir. Ses pensées tourbillonnaient dans son esprit tant et si bien qu'il se maudissait encore plus d'être si hésitant. Cette faiblesse d'esprit l'irritait, la réponse devrait pourtant être évidente. L'homme se prit à rire tout seul, face à sa bêtise. Ironique, n'est-ce pas ?

« Je suis un idiot, voilà tout. » fit-il en jetant un coup d’œil à côté de lui, un sourire qui s'évanouit très vite. « Toi ? »

Son ton changea du tout au tout pour celui qui s'approchait peu à peu de lui. Même tapis dans l'ombre, le Seigneur de Rais reconnaîtrait cette présence entre mille. Et cela ne le fit pas plaisir. Pas du tout. Alors bien avant que son rival ne se montre, il avait fait un petit signe de la main, rien de plus avant de se redresser de toute sa hauteur pour lui faire face. Habillé de cet habit du Bourreau qui le définissait si bien, Gilles pourtant, ne portait pas son éternel masque de nacre surmonté d'un unique point vermillon au milieu du front. Preuve qu'il était Gilles et non plus l'Exécuteur. Masque ou non, en cet instant cela n'aurait rien changé : son beau visage redevenu jeune était fermé, ne laissant transparaître aucunes émotions. Froid, ses yeux gris, perçants pourtant, laissaient deviner une certaine inquiétude.

Gilles de Rais était agité pour une raison connue de lui seul.

Il balaya les premières paroles de son homologue d'un revers de la main, visiblement mécontent qu'on le dérange pendant ses pérégrinations silencieuses. Il lui fallut quelques instants pour finalement ouvrir la bouche.

« Une vielle connaissance dit-tu ? Et tu te trompes, tout ce qui te concerne ne m'intéresse pas. Je ne suis pas un chien qui va obéir gentiment, je te l'ai dit, mais tu as de la chance, je n'ai qu'une parole, aussi je consens à t'écouter. Parles. »

Il jouait à un jeu dangereux et le chevalier noir le savait pertinemment. Employer un timbre si condescendant avec ce rustre ne ferait que l'agacer, c'était une certitude, mais l'homme de main de feu Jeanne d'Arc n'était pas dupe : Aiakos était semblerait-il désespéré et avait besoin de lui à tout prix. Il était sa réponse. Cette pensée le fit sourire plus que de raison. Mais très vite, il reprit son sérieux. La marque était en effet très étrange et le mettait mal à l'aise. Les sourcils froncés, Gilles fit appel au pouvoir de son Livre de Sang pour analyser ce dessin. L'écho en lui ne fut que plus fort et le laissa plein de perplexité. Songeur, il écouta d'une oreille distraite, le reste du palabre du Juge avant de psalmodier quelques mots. Aussitôt, Aiakos fut entouré de liens de sang qui vinrent le heurter sans douceur. Apposant une main gantée de blanc sur le front de son homologue, il finit par se reculer, satisfait.

« C'est fait. »

Puis il retomba dans son mutisme, son regard accroché sur la Cathédrale. Oui vraiment, quelque chose le tourmentait et les paroles du Juge ne l'aidaient en rien. Il avait un très mauvais pressentiment. Cette histoire, ces mythes, ces noms … il était lié à ce grand engrenage, sauf que lui, ne désirait nullement s'y plonger ! Depuis quelques temps, enfin, oui enfin ! Il avait réussit à se faire une raison de ne plus jamais revoir sa Dame. Un sentiment d'amertume le gagna, ses poings se resserrèrent. Irrité, il fit pourtant montre d'un calme olympien quand il répondit.

« Jeanne d'Arc, ou la Pucelle comme on la surnommait est morte. Je me suis fais une raison. Ce ne sont plus mes affaires. Je refuse Aiakos. Non, je ne veux pas, je ne veux plus être confronté à cela. Plus jamais. Tu devras te débrouiller seul. Aalanna et les siens ont déjà trop souffert par notre faute. »

Tout à coup, ses yeux, emplit d'une infinie tristesse, se tournèrent vers les arbres où une silhouette indéfinissable, se rapprochait d'eux.








HRP : Un invité surprise se joint à nous ! C'est à son tour de poster donc ! :p En espérant que le "scénario" vous plaira !
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Callan


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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Mer 29 Jan - 22:11



Elle avait désobéi. On lui avait demandé de rester sagement là où elle était, en sécurité, pendant que le Seigneur de Rais vaquait à ses occupations. Pourtant, il ne faisait aucun aucun doute qu'à l'heure qu'il était, les serviteurs devaient très certainement être entrain de retourner toutes les pièces du domaine familial du Bourreau.

En temps normal, la jeune femme serait restée sagement à attendre. Mais pour une raison qu'elle ignorait, les sorties solitaires du Maréchal de France l'intriguaient. Où allait-il? Que faisait-il? Qui voyait-il? On avait beau lui inventer toutes sortes de sornettes pour justifier ses absences, elle n'y croyait guère. Aussi avait-elle désobéi délibérément, quittant sa cage dorée pour découvrir les joies et l'excitation de l'aventure.

Bien entendu, elle se devait de faire attention, de veiller à ne pas être repérée. Mais ce n'était pas là chose aisée, il fallait le reconnaître car se cacher de Gilles de Rais relevait du miracle. Mais si quand bien même il venait à découvrir sa présence, Callan était certaine qu'il ne se mettrait pas en colère après elle.

Quoique tout bien réfléchi, peut-être que si. Après tout soucieux qu'il était de sa sécurité, se retrouver ainsi seule, sans personne pour la protéger, risquait fort de lui déplaire. Tant pis, elle prenait le risque. Chaudement emmitouflée dans sa cape, l'asgardienne marchait sur les traces de son gardien et protecteur.

Elle ne savait comment l'expliquer, mais il lui semblait qu'une force invisible la poussait, lui indiquant le chemin à suivre. Il lui paraissait même que cette dernière la masquait aux yeux des gens, l'enveloppant dans une sorte de cocon.

Ses pas la conduisirent auprès de vestiges d'une bâtisse religieuse. Une cathédrale semblait-il. L'imposant édifice avait été en partie détruit et minéral et végétal se côtoyaient pour former une merveilleuse harmonie. Les lieux étaient vraiment splendides, un rien idyllique. Et c'était là qu'il se tenait, quelque peu pensif. De longues minutes, elle resta ainsi à l'observer, un sourire tendre au coin des lèvres.

Et alors qu'elle s'apprêtait à quitter sa cachette, la venue d'un nouvel arrivant la fit se plaquer contre l'arbre contre lequel elle se tenait. Si elle avait pu se fondre en lui, nul doute qu'elle l'aurait fait. Et contre toute attente, il lui parut que le Sylvain aurait été fort ravi de la protéger en l'acceptant au coeur de sa ramure.

Elle tendit l'oreille vers ce qui se disait, mais elle était trop loin pour entendre, ne parvenant qu'à saisir quelques bribes ici et là. Visiblement l'inconnu avait grand besoin de l'aide de son ami. Un instant, elle demeura interdite, lors de l'apparition d'un livre surgissant de nulle part et des liens venus du néant, avant de se concentrer davantage sur l'étranger. Une chose était sûre Gilles ne semblait pas vraiment le porter en son coeur.

A en juger par le ton hautain et méprisant avec lequel l'homme s'adressait à lui, elle ne pouvait que comprendre. D'ailleurs elle n'aimait pas plus que le Bourreau le ton employé et ses poings se crispèrent un instant. Inspirant profondément, elle se dit qu'il était temps de sortir de sa cachette. Silencieuse, elle vint se placer aux côtés de son ami, glissant son bras sous le sien, avant de lancer en souriant:

"- C'est donc ici que vous vous cachiez de moi mon ami?"

Elle porta alors son attention l'inconnu, inclinant légèrement la tête en guise de salut.

"- Monsieur je suis navrée mais je vais devoir l'enlever à vous. C'est que voyez-vous, j'ai besoin de lui. J'espère que vous ne nous en tiendrez pas rigueur."

La demoiselle était déjà prête à faire demi tour et à emmener son protecteur avec elle.


HRP: Et voilà, comme vous l'aurez compris, je suis l'invitée surprise! Désolée si le post n'est pas terrible, c'est juste pour que je me remette dans le bain les amis!
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Eidolon


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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Mar 4 Fév - 23:19

Il faisait beau ce jour-là. Un beau soleil, pas un nuage à l'horizon, simplement une légère brise pour rafraîchir l'atmosphère et rappelant par la même, la saison actuelle... Mais quelle saison au juste? À vrai dire il ne le savait pas ou plus, il ne s'en était guère soucié pour être franc. Quel jour étions-nous? Cela aussi, il ne le savait pas... Le temps, inexorablement, avait passé. Les minutes étaient devenues des heures, les heures des journées, les journées des mois. De l'eau avait coulé sous les ponts, mais sans qu'il ait réellement la possibilité de s'en rendre compte. Son entraînement s'était éternisé au cours de ces derniers mois, mais ses progrès devaient sans aucun doute avoir été fulgurants. Néanmoins, il n'avait pas eu une minute de répits depuis lors... Si bien que flâner en toute tranquillité n'allait pas de soi à présent, alors qu'auparavant il était plutôt coutumier du fait.

Si ses talents chevaleresques avaient crû, en revanche son comportement, lui, n'avait en rien changé. Le temps apportant sagesse et expérience, il aurait été logique de penser qu'il s'était enfin rangé du côté de l'exemplarité, son statut étant supposé le lui imposer tôt ou tard. Néanmoins, le temps de ce point de vue là n'avait pas de prise sur lui... Plutôt que de veiller à ce que son antre ne soit pas profanée par n'importe qui, celui-ci avait décidé de vaquer à d'autres occupations subjectivement bien plus importantes de son point de vue, à savoir ne rien faire si ce n'est profiter de ce bref moment de calme en sachant que la tempête ne manquerait pas de pointer le bout de son nez au moment le moins opportun et mettre un terme à l’accalmie ambiante.

Ainsi donc ce sot n'avait rien à faire de mieux que se reposer dans l'herbe verdoyante de cette modeste prairie... Mais enfin qui pouvait bien être cet individu à la fin?! Immanquablement et à la vue de tout ceci, il ne pouvait s'agir que d'une et une seule personne: le Saint métissé aux cheveux ébènes, plus célèbre pour ses frasques que pour son génie, le seul et l'unique, Eidolon le métisse amérindien et Chevalier d'or du Cancer. Tout ceci était affligeant... N'avait-il réellement rien de mieux à faire? Lui seul avait la réponse, comme toujours... Mais il y avait fort à parier que dans sa posture actuelle, mains derrière la tête pour alléger le contact de celle-ci avec le sol, les yeux fermés alors que l'herbe chatouillait par moment son corps en partie dévêtu, aucune réponse ne viendrait! Mais alors qu'on le croyait paisiblement endormi, des mots s'échappèrent de sa bouche:
    « Moi qui pensais me rendre utile... Décidément cette journée est d'un ennui sans nom. »
À y regarder de plus près, Eidolon que l'on croyait paisiblement endormi dans ce qui ressemblait à un petit champ d'herbes, se trouvait en réalité à l'endroit même où trônaient des pierres tombales à la forme rudimentaire, portant les noms de Saints tombés au combat. D'ordinaire si fainéant, le Saint du Cancer avait en réalité déserté sa maison du zodiaque pour remplir son rôle de "passeur d'âmes"... Etant la jonction entre ce monde et celui des morts, il lui incombait non seulement de veiller sur les siens, mais aussi de veiller aux bien-être des morts, une tâche n'étant bien sûr pas aisée et dont il semblait malgré sa flemme légendaire, plutôt bien s'acquitter. Malheureusement, même volontaire comme en ce jour, son initiative n'était pas vraiment récompensée... En effet, il n'y avait pas âme qui vive aux alentours et ce dans tous les sens possibles et inimaginables que l'on puisse entendre.

Las d'attendre, Eidolon se releva, prêt à aller mettre son grain de sel quelque part ou du moins répandre son ennui ailleurs... Néanmoins à peine eut-il le temps de s'ancrer sur ses jambes et porter son regard au loin qu'une drôle de scène se déroula sous ses yeux... Là à quelques bons mètres de lui se trouvait quelqu'un qu'il n'aurait jamais songé rencontrer en ces lieux. Fragile et chétive de corpulence, son regard en revanche semblait indiquer le contraire tant une impression de force s'en dégageait... C'était comme si ses yeux voyaient au-delà des simples apparences, de la chair! De manière tout à fait contradictoire cependant, ce regard était même temps empli d'une certaine bonté qui bien qu'impressionnant à première vue, avait tôt fait de vous rassurer. Sa chevelure rouge sang plus son charisme sans aucun doute hérité en partie de son parasite divin, lui étaient eux aussi pour le moins familiers... Il ne lui fallut que quelques secondes avant de réaliser qui se tenait face à lui: il s'agissait de Mashia.

Que faisait-elle là? Elle était apparue si soudainement! On aurait pu croire à une apparition. Eidolon pris d'inquiétude tout à coup se demanda s'il ne lui était pas arrivé malheur et si celle-ci avant de basculer définitivement dans l'au-delà, ne venait pas lui adresser un dernier message qu'il devrait dispenser aux autres Saints. Néanmoins, il chassa bien vite cette idée sordide de sa tête! Il avait l'intime conviction qu'elle n'était pas morte, il n'aurait su comment l'affirmer, mais son instinct lui dictait la bonne réponse. Il crut un moment qu'elle lui dirait quelques mots, quelque chose du moins pour expliquer sa venue, mais celle-ci se contenta en tout et pour tout de lui sourire, quand tout à coup plus rien! En l'espace d'une bourrasque de vent, Eidolon avait à peine eu le temps de cligner des yeux, que Mashia s'en était allée comme par magie! N'importe qui dans pareille situation serait resté hébété, sans voix, mais pas l'amérindien. En effet, le message avait beau être implicite, il n'en était pas moins clair aux yeux du Chevalier d'Or:
    « Viens... » Lui avait-elle signifié en tout et pour tout.
Là encore, il n'aurait su dire comment, mais il avait l'intime conviction que c'était le message qu'elle venait de lui délivrer. S'interrogeant néanmoins un instant sur cette brève manifestation de sa part, il se concentra un instant et décela une infime quantité de cosmos dans l'air... Cette émanation, cette vision était le fruit de sa cosmo-énergie. Déjà, tout semblait plus clair. Cependant le procédé employé par la Sainte, ne ressemblait à rien de connu, du moins pas à la connaissance d'Eidolon. D'ordinaire, le cosmos était identifiable pour quiconque maîtrisait un tant soit peu cette énergie, mais en l'espèce, c'était comme si ce message lui avait été directement et personnellement destiné! Si bien qu'il était peu probable que d'autres aient ressenti la même chose... Eidolon lui-même crut un instant avoir rêvé! Mais sûr de ce qu'il venait de voir, c'est de manière tout à fait naturelle qu'il se mit à avancer.

Avancer? Mais avancer où? Là encore, la réponse lui apparaissait évidente. Pourtant, Mashia ou du moins sa manifestation, s'était simplement contentée de lui sourire... Comment pouvait-elle lui avoir fait passer autant d'informations d'un seul sourire? Eidolon bien que surprit au départ avait trouvé une explication tout à fait rationnelle: elle n'était pas le Chevalier d'or de la Vierge pour rien! Depuis la nuit des temps, le Saint revêtant l'armure d'or de la Vierge était lui-même considéré comme un dieu tant ses techniques et son savoir pouvaient être mystiques... À fortiori et pour avoir été l'hôte d'une Déesse, cette prouesse de la part de Mashia avait tout de suite l'air bien plus acceptable pour le commun des mortels. Ainsi donc, sa destination lui était venue comme par enchantement! Le lieu auquel elle l'avait invité à se rendre n'était autre que le foyer chaleureux et agréable du vieil homme, ce tortionnaire d'Hector! C'est donc avec une joie non dissimulée qu'il se rendait au lieu de rendez-vous.

Son excitation liée au fait de savoir pourquoi et pour quelle raison elle l'avait convoqué, sans oublier pourquoi lui en particulier, fut cependant de bien courte durée tant la surprise qui le gagna en cet instant fut indescriptible. Alors qu'il marchait paisiblement en quête de réponses, une présence au départ indécelable, puis ensuite une silhouette familière vint obstruer sa vision. Là devant lui se trouvait quelqu'un qu'il n'avait pu effacer de sa mémoire tant leur première rencontre, sans réelle prise de contact néanmoins et commune aux autres combattants de leur rang, l'avait marqué.
    « Que fais-tu là? » Commença-t-il simplement par dire sous le coup de la surprise avant de reprendre avec sa verve habituelle « Tu es bien loin de ta maison zodiacale si je ne trompe n'est-ce pas... » Le questionna-t-il de manière impolie en connaissant bien évidemment la réponse, qui plus est alors qu'ils ne se connaissaient réellement ni d’Ève ni d’Adam. « ... Jara du Capricorne! »
Cette journée qui s'annonçait calme et paisible, sans aucun doute ennuyeuse par la même occasion, avait eu et aurait sans doute par la suite, son lot de surprises. Eidolon en tremblait d'excitation! Néanmoins ce dernier n'était pas au bout de ses peines! C'était le moins que l'on puisse dire...
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Jara


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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Mer 5 Fév - 20:46

L’automne ne semblait être qu’un prolongement de l’été. La saison censée représenter la fin d’un cycle ne laissait que la douce et chaleureuse lumière du soleil éclairer le Sanctuaire, ne laissant aucun droit aux arbres de faire tomber leur feuillage. Depuis le haut temple du Capricorne, son nouveau gardien était en mesure d’apercevoir le paysage grec. Pourtant, cette Maison semblait rester vide et renfermée tant son Chevalier ne sortait jamais. L’intégration n’était absolument pas le point fort du jeune indien et depuis le Krusos Sunagein, Jara ne faisait que des allers-retours entre la Grande Bibliothèque et son sanctuaire dans le but d’enrichir son savoir sur la chevalerie d’Athéna. Après tout, il n’y connaissait que très peu de chose. Feu son maître était parti avant même de lui faire achever son entraînement et même son mentor, Dohko avait disparu… L’armure du Capricorne avait beau l’avoir choisi, tout ceci semblait bien trop prématuré. Certes, de là où il venait, dix huit ans était l’âge où l’enfant devenait homme et pouvait subvenir aux besoins familiaux mais les faits étaient différents. Jara était jeune, inexpérimenté et asocial.

Depuis la lumière tamisée d’une de ses lanternes, l’Elu de Makara referma son livre. Lui non plus ne mentionnait rien à propos d’Avalon. Il tourna alors son regard doré à sa droite afin d’y scruter son nouveau jardin. Il venait de le faire construire. La Maison du Capricorne prenait la forme d’un carré dont la cour centrale était vide car servant normalement au combat. Pourtant, pour une raison qu’il ignore, il ne voyait pas ce lieu ainsi. Même le plus laborieux combat n’avait pas toujours à être fait sur le sable et la poussière. Ainsi, sa forteresse était devenue un petit halo idyllique. Il restait cependant un détail. L’arbre présent depuis toujours dans cette cour allait être aménagé. Un autel…

Soudain, un cri se fit ressentir. Un cri strident, annonciateur de tous les mots. Il avait lu quelque chose de la sorte : Banshee. Cette créature féminine qui dictait la mort grâce à sa voix coupante. Ce même son continuait son écho. Pourtant, il n’était pas dérangeant. Comme enveloppé dans un voile tendre et fluide, cette voix normalement perçante n’achoppait pas à son oreille. Bien au contraire, elle était apaisante. Il lui fallait suivre cette mélodie macabre. Jara attrapa un long tissu terreux posé sur une des chaises de la 10e Maison et s’entoura de celle-ci sous la forme du cape cachant son armure et remontant jusqu’à son menton. Seuls ses pieds parés d’or étaient visibles. Il n’y avait pas véritablement de raison à cet anonymat si ce n’est que le nouveau Souverain préférait rester discret afin d’éviter toute discussion sur la venue d’un nouveau chevalier d’or quand bien même cela faisait un moins qu’il avait rejoint l’ordre des douze. Avant de sortir, le Saint s’arrêta à sa porte. Il avait oublié quelque chose. Ou du moins, il sentait qu’il en avait besoin. Il procéda à une marche arrière et attrapa son épée sacrée : Excalibur. Cachée dans son fourreau, elle voulait être à ses côté. Il ne prit pas la peine d’accrocher la lanière à son ceinturon –déjà parce que celui-ci se trouvait sous son manteau- et préféra la garder avec sa protection dans sa main.

L’Elu de Makara n’avait –heureusement- pas besoin de traverser les neuf maisons du zodiaque sous la sienne car les lamentations venaient de bien plus près. Parmi les collines du Sanctuaire sacré se trouvait un lieu bien trop peu souvent visité. Une vallée entourée de monts sur laquelle étaient parsemées des centaines et des centaines de stèles gravées : le Cimetière des Chevaliers.

Elle est là.

Sa voix était blanche et pourtant, portée par le vent, un certain lyrisme s’en dégageait. Il approchait sans s’en rendre compte avant de s’arrêter au milieu des tombes. Devant le soleil, une silhouette noire à la longue chevelure s’élevait telle une présence divine. Le feu majestueux de son bras se réveilla alors, comme réagissant à cette présence féminine. Oui, elle lui rappelait quelqu’un. Cette fée morbide qui dansait au milieu des cadavres des soldats passés… Etait-ce la Dame du Lac ? Dame Viviane l’avait prévenu que le jour des révélations arriverait. Depuis, aucune des ses recherches sur son royaume perdu n’avaient porté leur fruit mais aujourd’hui était un nouveau jour. Son chant s’arrêta afin de susurrer un dernier mot pour s’estomper dans la lumière. C’était imperceptible mais Jara aurait juré l’avoir entendu, cet appel :

Viens.

À cette pensée, il serra un peu plus fort son étreinte sur l’épée des rois. Pourtant, lui qui voulait poursuivre ce besoin de continuer sa route, ce besoin de suivre l’appel d’Excalibur comme l’avait conseillé la prêtresse d’Avalon ne pouvait s’achever tout de suite. En effet, une nouvelle voix bien plus virile et nonchalante se fit entendre. Il avait beau ne l’avoir entendu qu’une fois, il pouvait la reconnaître. L’éphèbe oriental avait une très bonne mémoire et celle-ci pouvait enfin porter ses fruits. Même dans un lieu si peu prisé des Saints, il ne pouvait être seul. Le destin avait ainsi fait son œuvre. Il ne détacha même pas son regard de l’horizon et répondit sur un ton tranchant et froid :

Je pourrai te retourner la question… enfin, il tourna son regard de fauve qui s’accentua vers sa proie …Eidolon du Cancer.

Ses lèvres restaient impassibles, propres au Capricorne qu’il était. À sa gauche se tenait le nouvellement nommé quatrième chevalier. À vrai dire, il n’en avait pas la dégaine –bien que l’aspect de vagabond épéiste de Jara en fasse de même. En effet, très grand de taille, le Passeur d’Âmes étaient torse nu et dans une position très détendue, tout comme sa barbe et sa chevelure rebelle. Sa musculature saillante montrait bien là un homme qui avait reçu un entrainement très dur. Bien qu’il n’en ait pas l’air, il devait être digne de son armure qu’il avait d’ailleurs reçu la même nuit que le Capricorne.
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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Dim 9 Fév - 19:33

Tour à tour son regard se posa sur les deux protagonistes qui lui faisaient face. Fustigeant de ses pupilles carmines ces deux êtres qui ne semblaient pas comprendre l’ampleur de la situation, Aiakos à défaut de bouger dégageait de son être des pulsions pour les moins néfastes. Il était resté de marbre face au refus de son homologue, mais cela ne faisait que trahir ses émotions et ce plus encore depuis l’apparition de l’ancienne Déesse des saisons. Dès lors et afin de sauver les apparences, ce dernier serra les poings tentant tant bien que mal de calmer sa folle envie de se venger de celle qui lui avait causé ces maux. La naïveté et la candeur dont elle faisait preuve ne réussirent pas pour autant à le calmer, aussi surprenant que cela pouvait paraitre, elle ne semblait pas le reconnaitre et il en était mieux ainsi... La situation était déjà très mal embarquée et se mettre à dos la seule personne qui serait à même de changer la donne n’était pas la meilleure solution qu’il puisse adopter.

Ainsi et malgré le dégoût que cette femme pouvait lui inspirer, sentiment partagé à l’égard du bourreau qui lui servait semble-t-il de protecteur, Aiakos dût se résoudre à employer un ton bien plus mielleux avec cette dernière. Bien que l’envie lui manquait au même titre que lorsqu’il quémanda de l’aide auprès de Gilles, se faire apprécier d’elle du moins jusqu’aux termes de sa mission était devenu un impératif qu’il ne saurait transgresser si tout se passait pour le mieux. Délaissant pour le moment son statut de juge pour celui de monarque qu’il fut jadis, Aiakos s’adressa respectueusement à l’ancien hôte de Perséphone:
    « Vous m’en voyez navré, mais pour l’heure je ne peux accéder à votre requête! Des affaires d’une extrême importance requièrent notre présence à votre ami ainsi qu’à moi-même. J’étais sur le point de l’informer de la situation quand vous êtes soudainement apparue! »
Intérieurement il va sans dire que cette façon d’opérer le faisait frémir de dégoût, devoir jouer un rôle aussi ingrat auprès d’un être aussi détestable que cette femme ne lui plaisait guère. Pour la première fois c’était  à contrecœur qu’il devait jouer un rôle, là où d’ordinaire, il prenait un malin plaisir à s’amuser des tournures que cela pouvait engendrer… Néanmoins et à l’abri de la jeune femme, Aiakos ne manqua pas de porter un regard incendiaire au bourreau qui l’accompagnait, un regard lui intimant de garder pour lui le véritable sujet de leur rencontre. Pour le dissuader de tout révéler à sa tendre moitié, le juge crut bon de saisir délicatement la main de la jeune femme afin de lui apposer un baiser qui s’apparentait à la formation d’un sceau que seul un initié expérimenté au cosmos serait à même de déceler. Un geste innocent pour cette dernière, mais qui pour les deux rivaux sonnait comme un avertissement. À Gilles de se montrer conciliant au risque de voir celle à qui il portait une affection sans borne, subir mille souffrances! Se rebeller contre le juge était une chose qu’il ne supportait pas, mais maintenant que la jeune femme était sous contrôle dans son échiquier, un pas de travers et Gilles serait bien plus que perdant dans cette histoire.

La question était de savoir à présent, si le bourreau serait capable de faire abstraction du passé et des querelles qui les avaient opposés, pour se consacrer à cette unique fois à la quête de son homologue. La sécurité et la survie de cette femme étaient en jeu, il n’avait guère le choix si ce n’est celui d’accepter. Homme de foi et de parole, il ne faisait aucun que la protection de la veuve et de l’orphelin était sa raison d’être, d’ailleurs son passé d’humain ne laissait guère de place au doute, il était né dans ce seul but, vivre et mourir en protégeant les êtres qu’il mettait sous sa protection. En quelque sorte et de manières fortes astucieuses, Aiakos venait de trouver le talon d’Achille de son vieux rival, une ouverture dans laquelle il comptait bien s’engouffrer afin d’arriver à son objectif final. Si cette jeune femme ne se doutait de rien, tous deux tentaient de se jauger, de discerner les limites de l’un et les faiblesses de l’autre et il faut avouer que si de primer abord le bourreau avait pris une légère avance, le juge était rapidement remonté au créneau.

Faisant fi des contestations qui ne tarderaient pas à lui tomber dessus suite à cette incartade, Aiakos se contenta de fixer l’ancienne déesse des Saisons. Encore une fois et à son plus grand damne, son destin était lié à celui de cette femme. Si elle n’avait aucun souvenir de lui, il n’en était pas de même pour  par sa part, malgré la plus grande volonté du monde, plus son regard se posait sur elle et plus il lui était difficile de faire abstraction du passé. Si bien que l’espace d’un instant, son corps se mit à frémir de colère, gagné par l’amertume et l’incertitude de retrouver un jour le pouvoir qui lui avait été lâchement ôté… Pourtant il dût rapidement reprendre le dessus sur ses émotions, ne rien laisser transparaitre au risque de donner à son rival une opportunité de reprendre le dessus. D’ailleurs, afin de chasser toute ambiguïté quant à son comportement pour le moins inhabituel, Aiakos en profita pour s’adresser à la petite assemblée:
    « Donc comme je le disais avant que vous n’arriviez, on m’a confié une mission à laquelle Gilles doit également participer. Connaissant le personnage je doute qu’il veuille vous laisser seule ici, donc si cela vous convient vous pourriez nous accompagner! »
Un léger sourire orna ses lèvres, un masque qui ne laissait entrevoir en rien ses véritables pensées. Bien que l’idée ne l’enthousiasmait pas le moins du monde, force est de constater qu’elle était l’unique solution qui s’offrait à lui afin de convaincre l’étoile terrestre. D’ailleurs, son regard bienveillant, trahissant une envie meurtrière, se porta sur le preux chevalier, avant qu’il ne se décide à se porter à ses côtés. Une fois en leur compagnie et à portée de main de son rival, le juge pencha sa tête afin de lui susurrer un message à l’oreille que seul lui serait à même d’entendre.
    « Tu en conviendras, il serait dommage qu’il arrive malheur à notre amie ici présente, donc il vaudrait mieux pour toi que tu te montres à la hauteur de la tâche! Puis je me fous de tes états d’âmes, ils peuvent bien aller au diable que cela ne m’empêcherait pas de dormir… N’oublies pas que tu es l’origine de toute cette histoire, tu te dois d’y mettre fin une bonne fois pour toute! »
Dès lors il tourna le dos à ses deux convives tout en  leur intimant de se mettre en mouvement. D’un simple claquement de doigt, la terre se mit subitement à trembler, pour bientôt laisser apparaitre un gigantesque, mais au combien splendide navire de guerre. Prenant peu à peu de l’altitude pour se trouver  au-devant de la lune, bientôt les protagonistes furent projetés dans le noir le plus total. Cachée par l’imposant mastodonte d’un noir de jais, la lune qui ne laissait transparaitre que quelques rayons semblait bien ridicule à côté de ce dernier. Profitant de la stupeur générale, Aiakos leva dès lors les bras pour présenter sa merveille:
    « Vous avez devant vos yeux le navire le plus dévastateur des armées infernales! Un navire que je mène d’une main de fer! Et si nous montions à bord? »


Dernière édition par Aiakos le Ven 14 Fév - 11:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Mer 12 Fév - 14:04



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques



Destin



Ce serait mentir que d'affirmer que Gilles n'était pas heureux de cette situation. Voir son rival serrer les dents, contenir une colère, sourde, sur le point de leur exploser au visage avait quelque chose d'assez jouissif. Se pourrait-il qu'Aiakos ait vraiment besoin de lui ? Les circonstances étaient t-elles si graves ? Qu'avait-il vécut pour qu'un tel retournement de situation soit possible ? Son intérêt éveillé fut très vite remplacé par la stupeur. Cette pâle silhouette qui s'approchait d'eux avec grâce ! Comment ?! Pourtant Gilles était persuadé qu'il avait prit les précautions nécessaires pour ne pas être vu. Les sourcils froncés, prêt à faire son sermon de preux chevalier protecteur, le Seigneur de Rais n'en eut pas le courage en voyant le sourire de sa Dame, le regard qu'elle lui jeta. Seulement, ce fut à son tour de serrer des dents. Car ici, aux côtés du Juge, sa tendre amie était en danger.

Tel un prédateur ne quittant pas sa proie des yeux, le jeune homme aux yeux gris observa sans mots dire, le petit manège de son homologue. Ah, il tentait habilement de dissuader Callan de repartir, chose qu'ils s'apprêtaient à faire somme toute, vu la poigne que la jeune femme exerçait sur son bras. Un bref coup d’œil pour lui intimer la prudence : oui, Gilles avait la conviction qu'elle savait. Qu'elle savait qu'en restant ici, l'ancienne Perséphone pourrait s'attirer les foudres de ce mécréant. Le Bourreau n'avait pas oublié le châtiment que le Garuda avait subi de la part de la Déesse des Saisons. Habile beau-parleur, le Spectre savait décidément s'y prendre pour endormir la vigilance d'autrui. Alors, quand il le vit faire un baise-main à sa belle, ce ne fut qu'au dernier moment qu'il comprit son erreur. Une lueur mauvaise illumina ses prunelles, une once de cette dangereuse Folie qui l'habitait encore commença à resurgir. Il se calma bien vite, faisant fi de ses états d'âme pour revêtir le masque de rigueur. Sur un ton cynique qui montrait toute l'étendue de sa rage, il s'adressa ainsi à Aiakos qui, lentement s'approchait, un rictus aux lèvres,

« Eh bien, mon … ami, je vois que vous avez des manières, dommage, il y a une fausse note. En présence d'une demoiselle, on décline son identité. Soit, se sera donc à moi de le faire. Ma Mie, je vous présente Aiakos, Juge du Garuda de son état, ce qui signifie que nous sommes … plus ou moins sous ses ordres. »

Il crachait son ironie sans vergognes et octroya un regard assassin à l'intéressé qui se penchait vers lui pour délivrer un message destiné à lui seul. Dans sa gorge, un grondement à l'instar de celui du tonnerre. Le Spectre du Bourreau, ivre de colère, manqua de faire un mouvement trop belliqueux. Aussi, ce qui devait être un soufflet magistral, se mua en une claque se voulant « amicale » dans le dos de son compagnon de fortune. Sur le même ton de la « confidence », le Seigneur déchu exposa sa pensée.

« Tu n'avais pas besoin d'agir de la sorte. Tu sais pertinemment que je n'ai qu'une seule Parole. Sans doute aurais-je encore rechigné un peu, mais je songeais vois-tu, à te demander ce qui te poussait à venir me demander de l'aide, à moi. Seulement, j'ai d'autres obligations envers Monseigneur du Griffon et tu conviendras que ses ordres sont plus importants que les tiens. » il marqua une courte pause en souriant à Callan. Il continua sur sa lancée, usant toujours du tutoiement … ainsi les choses étaient claires. « Je ne désirais pas rouvrir cette boîte de Pandore, mais je constate que je n'ai pas vraiment le choix. D'une manière ou d'une autre, il semblerait que nous soyons des instruments dans les mains des Dieux. Et … je dois bien admettre que tu as raison Aiakos. Je dois parachever mon … œuvre. Mais nous devrions prendre garde. Je consent à te suivre et te donne une fois encore ma Parole de Chevalier. Cependant, s'il te plaît, ne lui fait pas de mal. C'est inutile et, de plus, tu risques de mettre ton supérieur en colère ... »

Le Juge reparti en faisant volte face. Lui, inquiet, s'envola presque jusque la jeune femme qu'il couva d'un œil protecteur. Gilles lui prit la main avec précaution, essayant au passage de lever le sceau invisible apposé par son rival, avant de l'entraîner à sa suite. Puis la terre s'ébranla. D'instinct, le Spectre enserra la taille de sa protégée pour la prendre dans ses bras, prêt à la secourir d'un éventuel danger.

« Mais … qu'est-ce que ... » souffla Gilles de Rais entre ses lèvres, l'air médusé. « Un navire ! »

L'Astre du Soir fut recouvert par la carcasse immense du navire de guerre. Jamais il n'avait vu chose pareille … Bouche bée, l'homme devait bien admettre que son homologue savait mettre en place de belle mise en scène. Les traits de son visage se firent plus apaisés, il était clair que le Bourreau était très intrigué.

« C'est une merveille, je dois bien le dire. Sans doute aussi redoutable que les vaisseaux Marinas. Je suis très curieux de voir comment vous maniez cette chose ! Si vous êtes plus doué encore que les deux sœurs Red ! Vous en avez déjà entendu parler, non ? De terribles pirates sanguinaires, leur réputation les précède … Ann et Mary. Mais je m'égare ! Il est temps ! Et sauf votre respect, je sais où nous devons aller, en Asgard, là où je vous ai réveillé, ma Dame Callan. »

Après avoir déposé la jeune femme au sol, Gilles leva les deux bras vers les cieux noir pour ouvrir un portail assez grand pour les laisser passer … Il était temps de se mettre en route.

« Nous sommes à vos ordres, Capitaine ! » railla t-il son compagnon mais cette fois, avec bonne humeur.







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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Dim 16 Fév - 14:19


Visiblement la surprise était de mise. Son apparition soudaine avait fait son petit effet, et le Seigneur de Rais était des plus surpris. Ainsi donc elle était parvenue à le surprendre. Voilà qui était hautement intéressant.

Mais si elle était un tant soit peu honnête, elle devait reconnaître qu'elle avait ressenti comme une certaine présence à ses côtés tout le long du trajet. A certains instants il lui avait semblé que la Nature la protégeait. Mais cela ne devait être que le fruit de son imagination, très certainement rendue débordante, par l'excitation de l'aventure.

Comme elle aurait dû s'y attendre sa requête pour éloigner Gilles de l'inconnu fut un véritable échec. Faisant contre mauvaise bon coeur, Callan prit le parti de patienter, observant les deux hommes tour à tour. Il était clair aux yeux de la jeune femme qu'ils ne s'appréciaient pas vraiment, mais ce qui la stupéfiait davantage encore c'était l'animosité flagrante avec laquelle l'homme la fixait.

Lorsqu'il vint à s'incliner face à elle, attrapant sa main dans la sienne afin d'y déposer un baise main, la Belle ressentit comme une certaine tension. Il était clair que malgré ses belles paroles ce dernier ne l'aimait pas. Elle ne savait pourquoi, mais elle retira vivement sa main, comme si elle avait été brûlé, massant le dos de cette dernière tout en fixant le Juge, qui s'était porté aux côtés de Gilles pour lui murmurer des paroles à l'oreille qui ne pouvaient être entendues que de lui seul, lorsqu'elle s'adressa à lui:

"- Il n'est nullement nécessaire de jouer à ce petit jeu avec moi vous savez. Je suis peut être amnésique, mais je ne suis pas simple d'esprit. Il est clair que vous ne m'appréciez pas, et encore en toute honnêteté, le mot est faible. Je ne sais ce que je vous ai fais, mais il est clair et net que vous ne m'appréciez pas. Aussi, sachez que ces simagrées entre nous à l'avenir ne seront d'aucune utilité."


Et tandis que le juge se détournait pour vaquer à ses occupations qui consistaient à faire apparaître un vaisseau naval du néant, le Spectre du Bourreau vint à elle avec vivacité, l'air inquiet, emprisonnant la main fragile de la jeune femme dans la sienne comme pour la protéger d'un mal invisible qui la rongerait. Mais une fois encore ce n'était là que le fruit de son imagination. Tout du moins l’espérait-elle. Ses lèvres s'étirèrent en un charmant sourire qu'elle voulait rassurant:

"- Je vais bien ne vous en faites pas. Je suis désolée de vous avoir causé du soucis et de vous avoir suivi. Mais vous avez été si évasif quant à votre destination que vous en avez piqué ma curiosité."

Se disant elle leva les yeux en direction de l'astre nocturne, observant l'imposant navire qui se trouvait là. Les soeurs Red? Jamais entendu parlé.

"- Ainsi donc vous me ramenez donc auprès de ceux qui m'ont vu naître? Fort bien dans ce cas allons-y."

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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Ven 21 Fév - 20:14

Qu'est-ce que le destin en fin de compte ? La simple survenance d'évènements successifs et distincts qui bon an mal an, iront jusqu'à conditionner un futur incertain ? La définition d'une notion aussi floue n'est pas aisée à donner. De plus, la véritable question à se poser serait plutôt de savoir si ce dernier existe bel et bien. Là encore, il est difficile d'apporter une solution précise à cette interrogation. Certains estiment que c'est le cas, car l'idée même d'avoir à assumer un fardeau aussi lourd sur leurs épaules que celui de mener le cap de son existence tout seul, les effraie au plus haut point. Certains comptent donc sur un petit coup de pouce extérieur, une aide qui bien que sans doute illusoire, leur procure une sensation de soulagement quant au fait de ne pas avoir à envisager ce que sera leur lendemain de part leur seule volonté. Dans leurs malheurs, ces derniers se voilant la face, iront jusqu'à se retrancher derrière des croyances erronées, maudiront l'infâme qui a déversé sa haine sur eux plutôt que d'avoir ainsi à endosser la responsabilité qui leur incombe pourtant de plein droit. Pour d'autres, celui-ci n'existe pas ou plutôt ne doit pas exister ! L'Homme est une créature assoiffée de liberté ! Après tout, l'Homme de tout temps ne s'est-il pas rebellé contre la fatalité ? La terrible providence selon laquelle nous ne sommes que les acteurs d'une scène déjà écrite, dont la fin est déjà programmée à l'avance ?

Le natif d'Amérique, malgré le folklore ambiant dans lequel il avait baigné pendant quelques longues années, n'avait jamais été fan de ce genre de notion. Coïncidence, destin, prophétie, tout ceci n'était pas du goût de notre homme qui se refusait à admettre qu'une force indépendante de sa volonté puisse lui dicter sa conduite par avance, bien qu'il ait dû reconnaître bien malgré lui que la prophétie dont il faisait l'objet, s'était avérée des plus véridiques jusqu'à présent. Certes, sa fin comme celle de tant d'autres individus viendrait inéluctablement... Mais jusqu'à ce que ce jour arrive, il mènerait la barque de son existence contre vent et marée, à sa manière ! Et seulement alors, ce dernier accueillerait sans regret la fin à laquelle quiconque ne saurait échapper. Dans la situation de l'espèce et malgré les apparences, ni la providence, ni un quelconque coup du sort n'était à l'oeuvre dans cette rencontre au détour d'une prairie délabrée. Le Gold Saint du Cancer pour l'heure n'avait aucune preuve pouvant appuyer sa thèse, mais dans sa grande clairvoyance il envisageait déjà la réponse plus que probable de son jeune homologue Chevalier d'or qui par ailleurs, n'avait même pas daigné lui porter un regard...

Malgré son apparence juvénile, il émanait du Gold Saint du Capricorne aux traits orientaux quelque chose de d'inexplicable! Ce dernier semblait pourvu d'une prestance que seule une poignée d'hommes et de femmes aux sanctuaires possédaient à l'identique... Il n'était sans aucun doute pas à ce rang pour rien. En dépit de son manque d'intérêt pour son aîné de quelques années seulement, Eidolon trouva en sa réponse une certaine forme de satisfaction dans le fait qu'il se souvienne de lui. Après tout, ils ne s'étaient croisés qu'une unique fois et le contexte de cette entrevue n'avait pas facilité un quelconque rapprochement entre ces deux-là. Néanmoins, le gardien de la quatrième maison ne l'avait pas oublié lui non plus ! Parmi tout cet amas d'or étincelant, ce dernier avait particulièrement attiré son attention, notamment pour s'être fait réprimandé par son formateur, le très terre-à-terre Chevalier des Poissons, le vénéneux Celsius, pour port d'arme au cours du Krusos...

Son sabre justement, bien que rangé dans son fourreau et malgré son accoutrement comprenant notamment une cape volumineuse, n'était pas plus dissimulé que cela. Qui pouvait donc l'en blâmer? Celsius ? L'intéressé n'était pas là, mais pas Eidolon en tout cas. De plus, tout indiquait que sa cape avait pour mission de cacher tout autre chose ! À commencer par son armure d'or que ce dernier avait revêtu, ses bottes dorées trahissant son appartenance à la caste des Chevaliers d'or du Sanctuaire. Lorsque celui-ci décocha enfin un regard pour le moins animal envers son vis-à-vis, Eidolon ayant une vision d'ensemble du personnage en vint à une simple, mais évidente constatation : tout deux étaient des exacts opposés. Il se dégageait de Jara une aura bestiale malgré son physique de jeune adulte, à faire frémir le guerrier le plus aguerri, tandis qu'Eidolon, lui, malgré sa carrure, passait pour plus plaisantin et faiblard qu'il ne l'était véritablement. L'indien semblait froid et bestial, tandis que l'amérindien incarnait la jovialité même... Néanmoins, les apparences sont parfois trompeuses. En dépit de leurs différences, ces deux-là se ressemblaient bien plus qu'ils ne pouvaient le croire ! Après tout n'étaient-ils pas tout deux des Chevaliers d'or ? N'étaient-ils pas tout deux les plus récents promus à ce poste ? Eidolon après avoir jaugé, puis toisé son camarade de la tête aux pieds, sortit enfin de son silence :
    « Ahahah ! Exactement le genre de réaction à laquelle je m'attendais de ta part ! Sache que je ne suis pas venu te chercher querelle. Simplement je ne m'attendais à croiser quelqu'un comme toi ici … Après tout, les occasions de se croiser de la sorte se font rares ces temps-ci ! » Dénota-t-il dans son franc parlé habituel avant de reprendre « Pour répondre à ta question, une amie m'a donné rendez-vous... Enfin quelque chose du genre ! Aussi tu m'en vois navré, mais l'on m'attend aill... »
Le Saint du Cancer ne finit pas sa phrase. En effet, il ne s'en était pas rendu compte tout de suite, ses pensées étant toutes tournées vers son numéro d'éloquence, mais les choses ne tournaient plus ronds... Cela ne devait faire qu'un instant, car quelques secondes auparavant, il ne s'était rendu compte de rien, mais tout autour de lui ainsi que son partenaire de causerie, semblait figé ! Compte tenu du peu d'entrain du Saint du Capricorne et sa propension à garder le silence, Eidolon aurait pu poursuivre la conservation tout seul un bon moment avant de réaliser quoi que ce soit... Néanmoins, il n'aurait pas pu passer à côté du reste : l'herbe s'étant arrêtée d'onduler sous l'effet du vent, les oiseaux pétrifiés en plein ciel , le silence le plus total s'étant substitué au moindre son environnant... C'était comme si le temps s'était arrêté de tourner et que seul Eidolon avait conservé la faculté d'aller-venir à son gré. Bien évidemment, Eidolon n'eut guère le temps de se poser la question du pourquoi du comment de tout ceci, car tout à coup, ce dernier sentit une brise tiède l'envelopper et lui caresser la nuque avant de s'évaporer tout aussi rapidement... Regardant en l'air, là où il était certain que cette brise immatérielle se trouvait à présent, il crut l'espace d'un instant distinguer un sourire, un visage même ! Voire les contours d'une silhouette... Lorsqu'il reprit ses esprits, ce dernier avait dû sembler complètement à côté de la plaque , la tête dans les nuages tellement Jara le scrutait d'un regard interloqué qui en disait long sur la situation... Jara n'était plus une statue, mais bel et bien un être doué de mobilité à présent.

Les choses avaient repris leur cours normal... L'amérindien aurait-il rêvé ? Accuserait-il la fatigue s'étant amoncelée à la suite de l'entraînement draconien qu'il s'était infligé après avoir écouté d'une oreille avisée les conseils de ce cher Celsius ? Mieux encore, ce dernier lui aurait-il fait respirer des spores empoisonnées ayant pour effet secondaire des visions hallucinogènes ? Ces hypothèses bien que plausibles, n'expliquaient en rien ce qui venait de se passer ! Eidolon aurait pu mettre cette vision sur le dos de tout et n'importe quoi si l'image de cette silhouette, ce visage, ce sourire, ne s'était pas autant imprégnée dans sa mémoire, aussi brève fut-elle... C'était elle ! L'amie qu'il pensait trouver en se rendant en ces lieux, c'était elle dont il venait de cerner les contours ou plutôt une émanation de cette dernière ! Ce fasciés, ce cosmos , cette douceur ! Aucun doute à avoir à présent ! Mashia une fois encore venait de lui transmettre un énième message.

Prenant enfin conscience de ce qu'il venait de se passer, soudain, tout lui parut plus clair ! Cet appel émit par la Vierge, son entrevue manquée avec celle-ci au profit de sa rencontre avec le Capricorne qui s'était retrouvé sur sa route comme par enchantement... Autant d'éléments qui pris les uns à la suite des autres pouvaient paraître totalement incohérents et isolés les uns des autres, mais à présent tout s'éclairait ! La solution s'imposait d'elle-même : Mashia ne l'avait pas convié auprès d'elle, non ! Au contraire, elle avait fait en sorte que par cet appel, ces derniers en viennent finalement à se rencontrer... Cette rencontre que l'on pensait au départ être le fruit du hasard, était sans aucun doute son œuvre ! Aussi sans prendre de pincettes comme à l'accoutumé et passant du coq à l'âne, Eidolon ne put s'empêcher de demander ceci à son jeune compagnon d'armes :
    « Tu n'es pas là par plaisir je me trompe ? On t'a guidé jusqu'ici c'est bien ça ? »
Le destin, le hasard ou une quelconque coïncidence n'était donc pas à l'oeuvre dans tout ça... C'était là l'oeuvre d'une personne en bonne et due forme et non l'acte d'une puissance mystique quelconque ! Néanmoins, et même si Eidolon commençait à peine à entrevoir les prémices d'une réponse, une interrogation demeurait : pourquoi?
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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Dim 23 Fév - 1:27

« Les occasions de se croiser se font rares » avaient-ils dit… Il est vrai. Depuis sa nomination en tant que Chevalier d’Or, jamais Jara n’avait quitté sa maison et jamais personne ne lui avait rendu visite. Il ne s’en blâmait pas, bien au contraire, cette situation lui convenait. Le fait qu’il soit très peu loquace n’était qu’un symptôme de son véritable problème : il ne recherche aucun lien. À vrai dire, plutôt que de ne pas les rechercher, il serait plus vrai de dire qu’il les évite. Créer des relations avec autrui n’avait jamais été son fort, cela finissait souvent dans le sang et maintenant qu’il avait intégré un grand ordre, il était hors de question de mêler qui que ce soit à ses problèmes.

Pourtant, loin de la jalousie, l’éphèbe oriental enviait presque Eidolon pour son caractère nonchalant. Il semblait si libre que finalement, le Capricorne en devenait son antithèse. Il était amusant de savoir que Cancer et Capricorne était également des opposés polaires dans le grand cercle des cieux. Cela signifiait-il qu’à jamais il devait s’éviter ? Possible, mais l’Amérindien ne voyait pas cette science comme une vérité. Son débit de parole semblait parfaitement naturel devant un homme qu’il n’avait pourtant aperçu qu’une fois et pour peu, qui s’était fait réprimander pour port d’arme. Les deux hommes avaient beau avoir rejoint la chevalerie la même nuit, Eidolon devait déjà être un habitué des lieux et de la population. En cela, il était bien chanceux.

Jara ne disait mot. Certes, cela ne changeait guère à son habitude mais cette fois-ci, il se sentait intéressé par les dires du Quatrième Gardien. Sa curiosité devait être mal placée car aux traits de son visage, une seule idée lui vint à l’esprit : quelle était l’histoire de ce Saint ? Il était sûr que celle-ci devait être emprunt de tragédie comme tout parcours de Chevalier d’Athéna mais qu’est-ce qui l’avait poussé à sauvegarder les idéaux de cette déesse parmi tant d’autre ? Bien qu’il y ait eu très peu de chance que le Cancer ait vu le Roi d’ Avalon lors de l’enterrement d’Athéna (étant donné que celui-ci avait préféré s’isoler), lui l’avait finement observé. Sa technique des âmes était très impressionnante et avait sûrement marqué les esprits de nombres de Chevalier cette nuit. Cette même aura funèbre valsait autour de lui à cet instant. Seuls l’éclat et la chaleur de sa personnalité permettait de n’installer aucun malaise quant à un tel cosmos chargé d’une atmosphère bien trop glauque, surtout au sein d’un cimetière de Saints.

Cependant, lorsque le Gold Saint évoqua un certains rendez-vous, les muscles de l’Elu de Makara se tendirent et ceci se fit vivement entendre par le cuir de son fourreau qui criait sous la pression de sa main. Etrangement, le Gardien des Âmes ne put continuer son discours car il fut soudainement figé, comme pris d’une quelconque vision. Jara la comprenait très bien car au même instant, pendant que le regard brun du jeune homme se perdait dans les méandres de son propre esprit, le Porteur d’Excalibur sentit une nouvelle présence, l’espèce d’une demi-seconde. Il s’agissait d’un pressentiment très similaire à celui qui l’avait poussé à quitter son temple zodiacal. Non, il s’agissait de cette même impression, celle qui l’avait conduit à la Dame du Lac, celle qui l’avait conduit dans cette plaine. Il se rappelait de cette soudaine apparition féminine à l’horizon, avant qu’il n’aperçoive son compagnon.

L’expression décontenancée du non-zélé venait annoncer quelques soupçons imperceptibles sur le masque marmoréen du Capricorne. S’il avait été la source de cet étrange sensation et ce, depuis le début, alors leur rencontre n’était pas fortuite. Du moins, pas seulement. Pourtant, il semblait peut probable au jeune Indien qu’Eidolon soit la seule origine de cet appel. Et si…

Tu n'es pas là par plaisir je me trompe ? On t'a guidé jusqu'ici c'est bien ça ?

Ainsi, la réponse devenait plus limpide qu’auparavant. Se retournant complètement face au Cancer, il s’approcha de lui, comme pour se montrer intéressé. Sa cape vola au gré du zéphyr morbide et laissait par moment découvrir son armure dorée car en effet, le Dixième Gardien avait prévu de quitter le Sanctuaire pour rechercher la source de cette énergie et Eidolon avait vraisemblablement ressenti la même.

Je vois. Tu as donc également ressenti cet « appel ».

Ses yeux sauvages devinrent deux prunelles d’or au faciès sage malgré son ton toujours aussi tranchant et l’espace d’une seconde, elles ne pointèrent non plus l’intéressé mais l’épée sacrée qu’il tenait dans sa main droite. Toujours en la fixant, pensif à son sujet, il exprima le fond de ses interrogations.

Dis moi, Eidolon du Cancer…que peux-tu me répondre si je te dis Avalon ?
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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Dim 2 Mar - 22:50



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques



Que décidez-vous ?




Un coup de vent vint mettre en branle ce fantastique navire fendant les airs. Ce qui n'était qu'au début une légère brise, se mua progressivement en une violente tempête qui agitèrent les hommes du Garuda. Celui-ci s'était, au plus grand étonnement de Gilles de Rais, constitué un nouvel habit, celui de capitaine de la flotte Spectrale. S'il restait une once de respect chez le Bourreau pour Aiakos, il n'en montrait rien, bien évidemment. Mais, au fond de lui, il admirait ce trait qu'il ne lui connaissait pas. Assurément, il était encore pleins de surprise. Les bras croisés, restant auprès de Callan qu'il veillait du coin de l’œil sans pour autant qu'elle puisse s'en rendre compte, le Seigneur déchu observait l'horizon venteux avec inquiétude. Quelque chose en lui le mettait en garde contre le soudain éveil des éléments et, sans qu'il s'en rende compte, une présence se dessina à ses côtés. Une main gantée se posa dans son dos, à défaut de pouvoir atteindre son épaule, si haute pour la plupart des autres. Son regard gris se troubla en reconnaissant là le contact de Nicolas de Flamel. Plus encore quand il le vit tout emmitouflé dans une cape de velours noir qui lui donnait des airs de roublard. Un sourcil interrogateur se leva, fendant son masque d'ordinaire si serein, si froid, si austère.

D'un geste de la main son vieil ami le guida à l'écart des oreilles indiscrètes pour lui chuchoter quelques recommandations. Le discours de l'alchimiste finit de le plonger dans la perplexité la plus totale. Et l'individu disparut dans un coup de vent, comme il était venu. Une pensée lui serra un bref instant le cœur : ils se connaissaient depuis des siècles, mais, en fin de compte Gilles en connaissait très peu sur lui, sur sa vie passée. Lui, cet être immuable, toujours là quand la danger le guettait. C'était cela que l'on nommait ami, sans nul doute. Cette pensée là le réconforta quelque peu. Il revint vers le Spectre, celui qui trônait au milieu des autres qui étaient harassés par la tâche. Ils ne s'en plaignaient pas, sans doute avaient-ils trop peur pour se rebeller contre leur maître. Pour l'homme aux yeux gris, ce n'était pas la même chose.

« Peut-tu m'en dire plus Aiakos ? C'est à ton tour de parler et de t'expliquer, le moindre détail a son importance, et je ne voudrais pas que l'on rate une étape de notre voyage. Mais tu dois te demander pourquoi je t'ai demandé de venir en Asgard ? La réponse est simple. » Il prit le temps de faire une pause pour observer sa protégée. Un autre regard pour elle, plus tendre, plus protecteur. Plus agressif pour celui qui se tenait devant lui. « Je pense qu'un certain druide nous y attends, j'ai cru … entendre comme un appel dans le lointain. »

Celui-ci se répéta d'ailleurs, une voix, presque inaudible qui commanda au vent de souffler encore plus fort. Tout autour d'eux, les éléments parurent se déchaîner : Les nuages s’amoncelaient formant un rideau épais et cotonneux dans lequel la flotte avait presque du mal à évoluer. Quelque part, le roulement du tonnerre répondit aux craintes de l'ancien Maréchal de France. Ils essuyèrent une terrible tempête comme aucuns autres en avaient connu de pareille : tout portait à croire que quelque chose ou quelqu'un désirait les détruire. C'était le sentiment du Bourreau qui, d'un pas pressé, alla rejoindre l'ancienne hôte de Perséphone pour la persuader de la mettre à l’abri, à l'intérieur du bateau. Quand il se retourna, surprit d'entendre un grondement si proche de lui, Gilles pu voir une silhouette immense, ailée, passer avec grâce dans les nues. Son plumage était aussi rouge que le sang, son œil, braqué sur cette drôle de chose non naturelle voguant dans son royaume, aussi noir que la nuit qui les entourait. Jamais encore il lui avait été permis de voir une telle chose. Qu'est-ce que c'était ? Alors que tous se figeaient de concert pour le regarder, le gigantesque volatile, d'un coup d'aile, fit danser les vents et, par ce commandement, fit se détourner le prestigieux navire de guerre de son chemin initial. « Tenez bon » retentit d'un seul coup une voix puissante et vibrante dans les esprits …

Les ailes cramoisies du corbeau se refermaient sur eux, qu'allaient-ils essayer de tenter pour se sauver ?

***


Avalon ? Le Roi avait posé une très bonne question, mais lui, que pouvait-il en dire ? L’Île aux pommes, le royaume perdu dans les brumes. Peu pouvaient se targuer d'y être allés, d'y avoir posé le pied. Très peu d'hommes avaient connu cette bénédiction. Très peu. Le Destin avait réuni les deux hommes, à moins que ça ne soit autre chose ? Le Cancer paraissait avoir comprit la volonté de la Vierge, qui avait elle-même comprit quelque chose d'autre... qui dépassait son entendement. Mais le temps des vérités n'étaient pas encore totalement arrivé, et, une autre entité était venue lui porter secours. Une personne bien étrange, issue d'un tout autre monde que le leur. Avalon.

« Avalon … Oui, que savez-vous d'Avalon ? » peu à peu, le décor ondula, l'air se raréfia. Tout autour d'eux, le monde changeait : un petit cours d'eau sépara les deux Saints tranquillement et alla serpenter bien au delà de leurs regards. Un soleil éclatant brillait fortement dans un ciel bleu, sans nuages, et, dans le lointain, le chant des oiseaux appelaient à la sérénité. Ils étaient au centre d'une colline verdoyante où l'herbe dansait, caressée par une main invisible. Un millier de coquelicots s'épanouissaient sous l'astre du jour, de petites touches sanguines dans ce vert émeraude. Et une forme immaculée qui avançait avec lenteur. Sous ses pas, la nature paraissait répondre, s'écarter, saluer l'être qui évoluait avec grâce. Une femme d'une grande beauté toute auréolée d'une douce lumière approchait en silence, un sourire accroché sur ses lèvres vermeilles, pareille à une rose à peine éclose. Son teint était d'un blanc laiteux, ses yeux, bleus, semblables à un ciel d'été. On aurait dit un Ange tombé du ciel, or, c'était bien plus que cela.

La jeune femme portait une robe blanche, longue et souple qui épousait ses formes, glissait sur sa peau marmoréenne qui, comme de la soie, laissait entrevoir à chacun de ses mouvements, un corps parfait. Ces êtres là ne pouvaient exister que dans les songes. Était-ils en train d'en faire un ? Cette mystérieuse et envoûtante apparition semblait indiquer cette possibilité. Or le Capricorne pourrait aisément reconnaître cette femme à cette si longue chevelure bouclée et blonde comme les blés qui se froissait au gré de cette brise légère qui soulevait parfois aussi un peu sa jupe. Une lueur sauvage brillait dans ses prunelles, bien plus intensément encore quand elle croisa le regard de Eidolon. Aalanna, tel était son nom.

« Je vous attendais … et vous voici, merci d'avoir répondu à mon appel jeunes chevaliers. Sire Jara, vous me connaissez déjà sous le nom d'Aalanna, Ancienne grande prêtresse d'Avalon, gardienne désormais d'Excalibur à la place de Morgane, ma mère. Autrefois j'ai été humaine, comme vous, aujourd'hui je suis ce que l'on appelle une « Bansidhe », une … sorte de fée, c'est ce qui se rapprocherait le plus de vos écrits. » Un sourire enjôleur à leur adresse et elle dévoila une grande paire d'aile diaphane qui s'agitèrent comme celles des libellules. « Il est temps pour vous mon Roi, de venir avec moi pour votre dernier voyage. Quant à vous, Seigneur Eidolon, il me faut vous apprendre vos origines, vous dévoiler vos dons, ce que vous êtes réellement. Si toutefois, vous l'acceptez bien sûr … car j'ai besoin de votre aide à tous les deux. Un grand danger nous menace, et si nous ne faisons rien j'ai bien peur que les conséquences soient irréversibles, que le Monde ne vacille dans les Ténèbres. Pour cela, il nous faut gagner les terre d'Avalon et vous couronner. Pour préserver l'équilibre. M'aiderez-vous ? »

La créature ne bougea plus, à bien y regarder, il se pourrait bien qu'elle était en train de retenir son souffle. Leur réponse à eux était d'une importance capitale.

Qu'allaient-ils décider ?







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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Mar 4 Mar - 22:15

Une fois monté au sein de son illustre navire de guerre, Aiakos devint une tout autre personne. En effet, si ses compagnons de fortune le connaissaient comme étant un homme dur et orgueilleux, ils n’avaient encore rien vu... À l’instar de sa prestance qui ne cessait de croitre au fil des secondes passées dans ce bâtiment, son emprise sur ses deux compagnons aurait tôt fait de les étouffer. Vociférant çà et là des ordres à ses subalternes qui semblaient apeurés par l’arrivée de leur commandant, Aiakos se contenta de se poser au sein d’un siège tout spécialement créé pour lui et son égo surdimensionné. Trônant fièrement au centre du navire, de cette place stratégique il avait une vue d’ensemble sur ses hommes, une manière à lui de montrer une fois de plus qu’il avait la main mise sur la situation. Il est paradoxal de le souligner, mais ce navire, cette machine de guerre, semblait détenir une certaine influence sur son général, si bien qu’il en oublia presque qu’il était toujours en présence de celle qui lui avait causé ses plus grandes peines.

En présence de son joyau, de son instrument qu’il avait jalousement caché des yeux les plus indiscrets durant tout ce temps, Aiakos semblait recouvrir une partie de sa puissance d’antan. Bien qu’incomplète, il était réconfortant de constater qu’elle n’avait pas totalement disparue, qu’il demeurait toujours un homme craint et adulé. Dès lors, l’atmosphère devint palpable, comme si ces deux entités au combien autonomes entrèrent en résonance pour ne faire plus qu’un. D’ailleurs, le phénomène s’orchestra par la formation d’un voile violacé de cosmos autour du juge, avant qu’il ne se répande sur l’ensemble de la bicoque. Une fois fait, le navire vogua dans les cieux, tel un fantôme disparaissant et apparaissant plus rapidement que l’éclair. Pourtant, un évènement imprévu vint ternir le paysage pourtant paisible, alors que Gilles discutait avec son compagnon.

Une légère brise vint tout d’abord caresser les joues des protagonistes, avant qu’un vent violant accompagné d’une tempête ne s’abatte sur eux. En l’espace d’un instant, des nuages s’amoncelèrent autour du navire, de quoi provoquer une légère cohue au sein du navire qu’Aiakos dissipa d’un simple cri à l’encontre de ses hommes. Toutefois, tandis que tous reprenaient leur calme, une bête gigantesque, largement supérieure aux dimensions de l’objet céleste fit son apparition et semblait être la cause de tout ce remue-ménage. Commandant vraisemblablement aux éléments, d’un simple battement d’aile, ils crurent chavirer tellement la force de la bourrasque fut impressionnante. Bien qu’il n’en montrait rien, ce pelage carmin et cette forme de corvidé eut tôt fait de l’exaspérer. Lui rappelant très distinctement l’homme qu’il avait rencontré au sein de son rêve, il se leva avec vigueur de son siège pour transpercer de son regard la bête qui lui faisait face. Elle avait beau le toiser de sa hauteur et le surpasser en terme de taille, Aiakos n’en avait cure, elle l’empêchait de poursuivre son périple, il se devait donc de la supprimer.

Prenant d’un pas assuré la direction de la proue de son vaisseau et ce sans jamais quitter des yeux l’animal ailé qui commençait à refermer ses ailes sur eux, Aiakos une fois en position, apposa avec fracas sa main sur le sol. Dès lors, de la gueule du Garuda qui ornait la proue, naquirent deux gigantesques canons qui ne mirent qu’un bref instant pour prendre en joug leur ennemi. À l’instar du phénomène qui les avaient vus entrer en résonance, Aiakos ainsi que le bâtiment de guerre se mirent à rayonner de plus belle, signe avant-coureur de la déchéance de l’animal qui les attaquait. De la lumière naquit alors des deux canons, un faisceau lumineux qui semblait se concentrer au fil des secondes et qui ne tarda pas à former deux gigantesques sphères prêtes à terrasser quiconque se mettrait en travers de leur route.
    « Surendra-jit! » Dit-il avec vigueur, tandis que ses pupilles s’ornèrent d’un cercle, symbole de la quintessence de son pouvoir.
Deux gigantesques colonnes de cosmos pur déchaînèrent leurs affres sur le corvidé alors au corps-à-corps. L’explosion qui se dégagea du contact entre ces deux forces fut titanesque, si bien que suite au hurlement effrayant de douleur de l’animal blessé, se supplanta une bourrasque qui vint frapper les occupants du joyau noir. Nullement accommodé par cette brise, tandis que l’ensemble de ses compagnons s’étaient couchés à la suite de l’explosion, Aiakos était resté de marbre, debout, le regard toujours porté vers l’oiseau céleste! Un grand sourire aux coins des lèvres, un sentiment de satisfaction, de renaissance l’envahit dès lors. Après cette démonstration qui montrait qu’il était bel et bien de retour et qu’il faudrait compter avec lui, aucun doute que ses deux compagnons le verraient d’un autre œil. Si de prime abord, ils s’étaient permis quelques propos déplacés et irrespectueux, le juge avait espoir qu’il en soit tout autre après ça. Après tout, il était leur supérieur et s’il fallait en arriver à de telles proportions pour qu’ils en viennent à le respecter et revoir leur jugement à son sujet, il le ferait autant de fois que cela le nécessiterait!

Profitant de l’apathie de la bête blessée et de la faille engendrée par son attaque, le navire prit ses jambes à son coup et tenta de se volatiliser tant bien que mal. Par chance, les nuages et la tempête s’étaient estompés à l’instant même où leur utilisateur s’était vu toucher par les deux rayons cosmiques, de quoi leur laisser une chance infime d’en ressortir indemne. Donnant des ordres à l’un puis à l’autre de ses hommes, la fuite s’orchestra certes avec vigueur, mais avec brio et ce dans un calme pour le moins apparent. Là encore, cela avait de quoi surprendre, surtout en connaissant le personnage, mais force est de constater qu’il demeurait certes un meneur craint de ses hommes, mais un meneur hors-pair et surtout un brillant stratège. Pourtant, ce n’est qu’après de longues minutes durant lesquelles ils ne furent pas à l’abri de tout danger, que le bateau cessa son branlement de combat et ce à quelques bons lieux de l’endroit qui les avaient vus se confronter. Bien qu’à l’avenir, le commandant de bord ferait plus attention pour ne pas être de nouveau pris de court, il s’offrit quelques instants de répit afin de répondre à son homologue, à l’écart de tous et seulement en sa compagnie:
    « Ce navire est vraiment une merveille, un bijou… » Dit-il avec un petit sourire, avant de reprendre avec un air beaucoup plus sérieux « Pour répondre à ta question, je suis à la recherche d’une chose ou d’une personne qui pourra me rendre mes pouvoirs que cette femme m’a lâchement enlevé… Mais n’y vois pas là une quelconque animosité, de toute façon il ne sert à rien de tenter de la protéger... » Rétorqua-t-il en jetant un regard en direction de la jeune femme « Sache que si je le voulais, elle ne serait plus parmi nous à bord, n’oublie pas qui dirige ce navire! Ceci dit, j’ai besoin de tes informations, car tu en sais bien plus que tu ne veux le faire croire. Allons Gilles parle! Est-ce la peur qu’il arrive le même sort à cette jeune femme que celui réservé à Aalanna, qui te pousse à garder le secret s’agissant d’Asgard? »
Il jouait décidément avec le feu, Gilles l’avait démontré à plusieurs reprises, il n’avait jamais oublié le sort réservé à sa douce. Leur combat en fut d’ailleurs la principale raison, alors pourquoi raviver une telle flamme? Aiakos imaginait peut-être qu’en le poussant dans ses derniers retranchements, le bourreau se montrerait plus enclin à lui révéler ses secrets, mais cela risquait d’être plus dur que prévu. Il n’était pas homme à répondre par contrainte, mais en cet instant en avait-il seulement le choix? La réponse était assurément négative, cela ne faisait aucun doute que la sécurité de l’ancien hôte de la dame des saisons devait le préoccuper. De ce fait, à défaut de le faire de gaité de cœur, il se voyait dans l’obligation de fournir à son homologue les réponses à ses questions, sous peine de subir une profonde déconvenue!
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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Jeu 3 Avr - 0:45

Avalon ? Qu'étais-ce si ce n'est un lieu imaginaire, un lieu né des fabulations d'un vieil esprit sénile en quête d'une histoire qui sorte un tant soit peu de l'ordinaire ? Le Chevalier du Cancer aurait été bien moins surpris à la limite, si son homologue, le Chevalier du Capricorne, lui avait demandé ce qu'il pensait de la méditerranée et ses beautés ! Vous l'aurez compris, douce ironie que cet exemple quand on sait que le Chevalier à la main aiguisée, n'étant pas le plus joyeux des larrons, n'était pas homme à parler de choses futiles... Eidolon ne put momentanément se retenir de froncer les sourcils, ne pouvant s'empêcher de retenir son incrédulité par la même occasion... Avalon ? Était-il sérieux en le prononçant ? L'espace d'un instant, il fut permis d'en douter. Néanmoins à la vue de cette mine sérieuse qu'il affichait comme à son habitude, l'amérindien ne douta guère longtemps du sérieux de sa question.

Par chance, Eidolon était par nature plutôt curieux. De plus, sa vie passée de vagabond avait été propice à l'écoute de rumeurs, récits et histoires en tout genre. Aussi et faisant appel à ses souvenirs, était-il parvenu en quelques secondes à peine à rassembler les pièces du puzzle et les colmater entre eux afin d'avoir bon an mal an, une définition assez générale, mais néanmoins grossière, d'Avalon. Le métisse était donc parvenu à se rappeler qu'il s'agissait d'une sorte de pays des morts, un peu comme les Champs Elysées ou plutôt son équivalent dans une autre culture, ou tout le moins, un autre monde n'appartenant pas à cette réalité-ci. Il s'agissait également d'un lieu empli de magie, terre du couronnement d'un certain roi, lequel ? Il ne s'en souvenait plus... Enfin ce genre de sornettes quoi ! Un vulgaire ramassis d’imbécillités en quelque sorte ! Alors qu'il s'apprêtait à bafouiller deux trois mots par-ci par-là, ce dernier n'en eut malheureusement pas le temps et se vit couper l'herbe sous le pied...
    « Avalon … Oui, que savez-vous d'Avalon ? »
Une voix doucereuse à la manière d'un murmure résonna dans l'air, si bien qu'Eidolon crut l'espace d'un instant que celle-ci avait en fait raisonnée dans sa tête, mais cela ne s'arrêta pas là ! En effet, habitué à réaliser des voyages entre deux mondes différents depuis peu, l'amérindien constata au premier coup d'oeil qu'ils avaient été tout deux transportés à leur insu « ailleurs »... Où précisément ? Là en revanche, son expertise des voyages dimensionnels n'était d'aucune utilité... Néanmoins, il n'en avait pas besoin pour remarquer que cet endroit jouissait d'une certaine similitude avec le Sanctuaire, à savoir qu'il y régnait une apparente prospérité. Ce n'était sans aucun doute pas le sol tapissé d'une herbe verdoyante, les coquelicots amassés en nombre, le chant des oiseaux, le ciel d'un bleu parfait et la petite rivière ondulant paisiblement qui viendraient témoigner du contraire ! Cependant, outre le fait qu'Eidolon ne puisse nommer l'endroit où il se trouvait, ce qui avait le don de l'énerver au plus haut point, une autre question lui taraudait l'esprit : qui pouvait donc être à l'origine de cette impressionnante mise en scène ? La réponse ne tarda pas à pointer le bout de son nez...

Apparue comme par magie, passant d'un insignifiant point blanc tachant le paysage, à une beauté sans pareille, la personne à l'origine de tout ceci ne tarda pas à se dévoiler aux deux Chevaliers conviés. De loin, son teint paraissait tellement pâle qu'Eidolon crut l'espace d'un instant avoir à faire à un spectre ! Mais au plus celle-ci s'approchait, car oui il s'agissait d'une femme à n'en pas douter, au plus Eidolon semblait ravi par ce qu'il voyait ! Lorsqu'elle se trouva suffisamment proche d'eux, le métisse crut bon de chasser cette mine satisfaite et au combien ébahie, même s'il était difficile de ne rien laisser paraître devant tant de beauté ! À vrai dire, il n'y avait aucun honte là-dedans quand on sait que même la flore dans son ensemble, son environnement tout entier, semblait prendre vie dans l'espoir de retenir l'attention de cette merveille.
    « Par Aphrodite... Pincez-moi je rêve ! » Ne put-il s'empêcher de dire tout bas...
Ce n'était pas sa tenue légère, toute immaculée de blanc, s'harmonisant parfaitement avec son teint qui allait lui faire regretter d'avoir tenu de tels propos ! Les dryades, ces nymphes des arbres, connues dans les mythes de l'Antiquité pour leur beauté et leur emprise sur la flore, paraissaient sans aucun doute bien ternes à côté d'elle ! Eidolon aurait presque mis sa main à couper qu'Aphrodite elle-même devait la jalouser en secret ! Mais il se retint de le dire, voire même de le penser un peu trop longtemps par peur d'éveiller la colère de cette Déesse qui à coup sûr ne lui ferait aucun cadeau pour avoir bafoué ce qui encore aujourd'hui devait la mettre la plus en rogne, à savoir remettre en cause sa beauté...

Les présentations de cet être délicieux et le sérieux de sa démarche eurent néanmoins tôt fait de le tirer de l’enjôlement dont il faisait l'objet ! Ainsi donc c'était elle qui les avait tout deux conviés ?! Jara ne semblait pas surpris le moins du monde de l'apprendre, mais il en était tout autre pour Eidolon ! Jusqu'à il y a un instant, ce dernier était persuadé d'avoir répondu à l'appel de son amie Mashia ! D'ailleurs, c'était elle qui lui était apparue ! Il en aurait mis sa main à brûler ! Alors comment se faisait-il que ce soit cette dénommée Aalanna qui se retrouve à présent face à lui... Cela n'avait aucun sens... Cette nouvelle lui fit l'effet d'une douche froide ! Tellement glaciale que son attirance pour la belle s'estompa au moins de moitié pour le coup ! Sa lucidité retrouvée, Eidolon ne mit guère longtemps à comprendre qu'il avait été abusé... Nul doute que celle-ci lui était apparue sous les traits d'un visage afin que celui-ci réponse à son appel sans sourciller... Après tout, se serait-il empressé de la sorte si quelqu'un d'autre qu'une amie lui avait demandé de la rejoindre pour un motif inconnu ? Certainement que non... Du moins il aurait demandé au préalable à ce qu'on lui rende des comptes avant de se jeter dans l'inconnu.

Se faisant violence pour ravaler sa surprise et sa fierté par la même occasion, Eidolon ne put que constater qu'il n'était malheureusement pas au bout de ses peines quand tout sourire, cette dernière déballa des ailes de libellule taille grandeur nature... Bien que cela ne remette en aucun cas sa beauté en question, cette originalité ne faisant que lui ajouter du charme, cela faisait cependant beaucoup à avaler pour Eidolon d'un seul coup. Sans compter que toutes ces histoires à dormir debout, dont il était sur le point de se moquer avant l'intervention de cet créature exquise, existaient bel et bien en fin de compte... Son attirance envers la fée s'en trouva encore diminuée, découvrant, chose incroyable, que le croisement entre femme et libellule n'était pas son fort ! Si bien qu'il en vint à soupçonner cette dernière de l'avoir momentanément envoûté avec un sortilège d’enjôlement ! Du moins c'est ce qu'il espérait faire croire à quiconque voudrait l'entendre, du moins Jara, pour avoir proféré seulement quelques minutes auparavant des paroles au combien déplacées... Imaginez sa réputation si on apprenait que ce dernier était tombé sous le charme d'une fée... Qui serait assez idiot pour le croire ?!
    « ... Quant à vous, Seigneur Eidolon, il me faut vous apprendre vos origines, vous dévoiler vos dons, ce que vous êtes réellement. Si toutefois, vous l'acceptez bien sûr … car j'ai besoin de votre aide à tous les deux. Un grand danger nous menace, et si nous ne faisons rien j'ai bien peur que les conséquences soient irréversibles, que le Monde ne vacille dans les Ténèbres. Pour cela, il nous faut gagner les terre d'Avalon et vous couronner. Pour préserver l'équilibre. M'aiderez-vous ?»
Ces paroles eurent tôt fait de nouveau de le rappeler à l'ordre. Après avoir fait transparaître chez lui un air idiot qui s'était, espérons-le, définitivement envolé, cette dernière avait à présent suscité de l'intérêt chez le jeune homme... Ses origines ? Lui dévoiler ses dons ? Autant de questions auxquelles il n'avait jamais eu les réponses et que cette fée bien-aimée se proposait de lui apporter sur un plateau repas ! Eidolon par le passé avait tant souffert de son métissage... N'être ni accepté par la tribu de sa regrettée mère qui l'avait vu naître, ni même par la société des « hommes blancs » dont était issu son père et dont il ne connaissait rien, du seul fait de sa couleur de peau, avait été une souffrance atroce ! Ses dons acquis à la naissance, l'aura à vous glacer le sang qu'il véhiculait depuis sa plus tendre enfance, l'odeur de mort planant autour de lui, n'avaient pas non plus facilité les choses... Encore aujourd'hui cette plaie béante ne s'était que partiellement refermée et ne demandait qu'à se rouvrir... Et voilà qu'enfin, un réponse miséricordieuse s'offrait enfin à lui ! Il allait enfin savoir la vérité, toute la vérité sur son existence!

Qui plus est, Aalanna ne l'avait pas choisi à la légère ! En s'adressant à lui et en lui envoyant une vision, elle avait fait délibérément le choix de quémander son aide à lui en particulier et non à un autre Chevalier plus expérimenté, signe que malgré tout, celle-ci reconnaissait sa valeur ! Pour faire couronner son Roi, Jara, il lui fallait l'aide d'un Chevalier en particulier et ce Chevalier c'était lui ! Il y avait fort à parier qu'il était le seul à même de remplir certaines tâches que nul autre que lui ne pourrait remplir ! Non seulement il ne pouvait se refuser à dire non à un si joli minois, mais qui plus est il avait à cœur de démontrer que lui aussi avait hérité des valeurs de leur Déesse maintenant disparue ! En tant que Chevalier d'Athéna il ne pouvait se résoudre, peu importe le motif, à laisser le monde être plongé dans les ténèbres ! De plus, après avoir reçu l'enseignement au combien difficile du Chevalier des Poissons auquel il était allé pleurer son impuissance, il lui revenait à présent de prouver que tout ceci n'avait pas été vain, que l'entraînement avait porté ses fruits ! Ainsi il était enfin temps pour lui, de démontrer qu'il était digne de porter et exhiber fièrement l'armure de Chevalier d'Or du Cancer  dont il avait là encore hérité !

En guise de réponse, il posa un genou à terre, prenant délicatement la main d'Aalanna dans la sienne parue d'un gant doré, avant de la baiser, et d'assortir de geste au combien explicite de quelques mots afin de venir préciser sa pensée :
    « Soit, dans ce cas allons-y sans plus tarder ! Un Roi se doit d'être couronné, cela n'a que trop duré ! Néanmoins j'espère que vous tiendrez parole et qu'au bout de cette quête, vous m'apporterez les réponses que je désire depuis si longtemps... Vous me devez bien ça pour avoir joué de ma naïveté pour me traîner jusqu'ici, ahah ! » Dit-il, lui adressant un clin d'oeil et souriant de fort belle manière comme il en avait le secret afin de détendre l'atmosphère.
Nul doute que cette réponse ravissait l'ancienne prêtresse d'Avalon, après tout elle avait dit avoir besoin de ces deux-là pour sauver le monde qui menaçait de sombrer dans les ténèbres. Néanmoins, son soulagement ne devait être que partiel, Jara, le futur Roi d'Avalon n'ayant pas encore donné son consentement à cette quête. Cependant, Eidolon ne le voyait aucunement refuser de se faire couronner à son âge ! De plus, il semblait être taillé pour le poste, ça se sentait non seulement dans la clarté et la puissance de sa cosmo-énergie, mais plus encore, dans sa manière d'être. Même si l'amérindien ne le connaissait encore que très peu, il avait l'intuition que sous cet air solitaire et détaché, ce dernier pourrait faire un merveilleux Roi, celui-ci ayant à coup sûr les épaules assez larges pour diriger tout un royaume.
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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Mar 15 Avr - 18:56

Cette voix onirique se faisait entendre de chaque coin. Il était impossible de savoir de quelle côté elle provenait et pourtant, à l’unisson, Jara et Eidolon se tournèrent afin d’apercevoir cet esprit de la nature. À chacun de ses pas nus, de nouvelles fleurs et de nouveaux chants d’oiseau semblaient naître. Son voile irradiant de lumière apaisait chacune des créatures, y compris les deux hommes. Jara n’eut pas besoin de remonter sa silhouette bien longtemps car il reconnut immédiatement ces formes graciles en la personne d’Aalanna. Il avait rencontré cette femme quelques mois auparavant en France, après avoir été happé par le dieu Héphaïstos. Lorsqu’il la vit, celle-ci était bien humaine mais hélas décédée. En effet, la mort l’avait déjà frappé et il n’avait que son corps sur qui pleurer jusqu’à ce qu’elle revienne à la vie sous cette même forme féérique afin de le couronner Roi d’Avalon. Aujourd’hui, Jara apprenait qu’il s’agissait en plus de la prêtresse de ce mystérieux royaume sur lequel il régnait sans y avoir jamais mis le pied.

Si le sujet n’avait pas été aussi sérieux, le Capricorne se serait presque amusé de la réaction désenchantée d’Eidolon qui restait abasourdi devant l’apparition. Rien de plus normal la première fois pensa-t-il. Il en appela même à la sœur d’Athéna, la déesse de la beauté. Ce juron en disait plus que ce qu’il ne fallait quant à l’avis que se faisait déjà le Cancer à la simple vue de la Banshee. Selon les politesses et les usages, Jara fit une rapide courbette d’un air toujours plus sérieux vers Aalanna, agrippant toujours son épée dans son fourreau.

Ma Dame.

Tandis qu’il relevait la tête, le Dixième Gardien entrouvrit presque la bouche de surprise puisqu’il lui semblait que la présence féerique s’était approchée encore d’eux. Qu’Aalanna vienne à la rencontre de Jara n’avait rien d’étonnant, après tout, ce jour devait bien arriver, celui où il saurait enfin que signifiait ce titre de Roi d’Avalon cependant, la présence d’Eidolon était quant à elle bien plus étrange. Il était sûr qu’il ne s’agissait pas d’un hasard. Après tout, cet appel que le Porteur d’Excalibur avait perçu, le Quatrième en avait été également témoin ce qui avait mené à leur rencontre et voilà qu’à présent, la prêtresse parlait de ses mystérieuses « origines ». Etait-il Avalonien ? Ceci restait possible, hormis son maître, Dohko, l’éphèbe d’Orient ne connaissait aucun porteur d’armure d’Or. Malgré l’air dur, froid et solitaire de Jara, tout ceci n’était que fable afin de camoufler un manque de confiance en soi certain et l’idée même de diriger le terrifiait. Il ne se savait pas capable d’une telle chose, il n’était même pas sûr d’avoir les épaules taillées pour. Au mieux, il exécutait les ordres mais les donner, c’était une autre histoire. Il se voulait le bras de la justice mais ne savait pas ce qui pourrait se passer s’il advenait qu’il devienne la justice d’un pays. D’ailleurs, les mots de sa prêtresse ne firent que le rendre plus prompt à se poser des questions. Que voulait-il dire par « dernier voyage » et par « couronnement » ? Le jour où il avait obtenu Excalibur n’avait-il pas été le même où la couronne d’Avalon lui était revenu de droit ? Ou peut-être n’en était-il finalement qu’un titulaire légitime à présent. Savoir s’il devait se battre pour une terre dont il ne connaissait rien n’était pas sûr, en revanche, une terre sans roi, sans loi et en danger voulait dire autre chose. Il avait fait le serment des chevaliers en endossant à présent cette armure et il ferait le serment des rois en portant sa couronne.

Imitant son présomptueux homologue, Jara posa alors un genou à terre tout en plantant la pointe de son fourreau au sol avant de jurer allégeance à Aalanna. Il était devenu familier avec les us et les coutumes depuis ses différentes recherches à ce sujet au Sanctuaire. Le long manteau usait qui cachait son armure se posa au sol dans une forme ronde renforçant l’allure solennelle que prenait cette rencontre.

Au péril de ma vie, je jure de vous aider Dame Aalanna. Il est temps pour moi de voir la mystérieuse Avalon.

Lorsqu’il se releva, toujours d’un air sévère, il se tourna vers Eidolon. Le regard d’or perçant du Capricorne semblait pouvoir tout voir, tout traverser, tout transpercer comme celui d’un fauve et pourtant, il se contenta de remercier le Cancer.

Je te remercie pour ton aide Eidolon. Je ne sais pas de quelle manière tu es toi-même impliqué dans cette histoire mais ton aide sera précieuse


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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Dim 27 Avr - 13:40



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques



Choix




Décidément, Aiakos était plein de ressource. Il avait réussit à faire lâcher prise à cette créature de feu qui, dans un râle plein de souffrance, s'éloigna pour se cacher dans les nuages. Une accalmie ? Le Seigneur de Rais l'espérait avec ardeur, même s'il doutait fortement de ce fait. Cet oiseau de malheur avait réussi à lui glacer les sangs. Un sentiment étrange, en le voyant pour la première fois, l'avait assaillit. Pour la première fois depuis longtemps, le Seigneur de Rais avait eut peur. Une véritable peur qui avait fait trembler ses membres, avait fait perler sur son front, quelques gouttes de sueurs froides. Interdit, il se tenait là immobile à côté de son rival, les yeux rivés vers les cieux encore déchaînés. Alors, quand il lui adressa la parole, Gilles ne l'entendit que très vaguement.

Quelle était cette chose ? Se disait-il en se reprenant, regagnant une bien dure réalité. La première chose qu'il fit en recouvrant ses moyens, fut de couver de ses yeux gris, la pâle silhouette de Callan. Elle aussi semblait bien sonnée et, plutôt que de répondre aux interrogations du Juges, Gilles lui tourna le dos pour aller la voir et la solliciter. Celle-ci tomba d'un seul coup, ses jambes ne paraissant plus soutenir son poids. Il la rattrapa avant qu'elle ne touche le sol, la portant dans ses bras pour revenir sur ses pas.

« Je te dirais tout ce que je sais Aiakos, mais sache que moi-même, je doute de ces informations. Tout ce que je sais, c'est qu'il nous faut rejoindre Asgard au plus vite et trouver le Chaudron du Dagda. »

Il s'en fut, évoluant entre les hommes-spectres qui constituaient l'équipage de ce navire maudit pour aller trouver une cabine où sa belle pourrait se reposer. Une fois allongée sur une couche, dans une toute petite cabine qu'il avait trouvé, Gilles s'assura qu'elle allait bien avant de la laisser à contrecœur pour regagner la surface. La lueur blanchâtre qui l'assaillit lui fit mal aux yeux.

« Nous sommes déjà arrivés ? » s'interrogea t-il en avisant d'un regard étonné un Aiakos sans doute fier des prouesses de sa flotte. « Mieux que des mots, je pense que tu devrais me suivre. Si mon intuition est bonne, quelqu'un nous attends, en bas. »

Il invita donc son homologue à le suivre, s'avançant vers la proue du bateau pour escalader la rambarde et contempler le vide. Gilles écarta les bras en croix comme pour embrasser le ciel et sauta.

« Je vous attendais » éclata une voix, cette même voix de tout à l'heure et qui les avait averti du danger. « N'ayez crainte. »

Un immense faucon pèlerin fendit alors les cieux pour les récupérer dans ses serres. Enfin, il récupéra Gilles de Rais, avisant des ailes de l'autre et ne désirant pas le froisser. Qu'importe le type d'oiseau, tout ceux qui avaient des ailes devaient voler. Lâchant un cri perçant, il évolua dans les airs avant de s'approcher d'une immense forêt : là, peu à peu, il commençait à changer de forme. Une fois touché terre, c'était un homme de haute stature, très beau avec ses traits fins et harmonieux, ces longs cheveux de feu et ses yeux verts perçants comme ceux de l'animal dont il avait prit la forme qui se présentait à eux. Aiakos et Gilles pouvaient le reconnaître sans mal comme étant celui que certains hommes du passé appelaient Merlin. Un sourire immense ourla les lèvres du druide.

« Cela faisait longtemps messieurs. Ravi de vous voir toujours en vie, « La Réponse » cette fois, à bien faillit vous avoir. » il marqua une courte pause en les regardant tour à tour. « Seigneur Aiakos ? » Il tourna toute son attention vers lui. « Pour réveiller vos pouvoirs il vous faut la bénédiction de la Prêtresse d'Avalon. C'est elle, gardienne de la Nature, fille du Dagda, père de tous les druides, qui pourra vous aider. Mais … elle est prisonnière au Tertre des Ancêtres, là où les héros reposent. Ils vous faudra évoluer ensemble pour la réveiller. Ma fille, Aalanna a elle aussi sollicité l'aide de quelques élus, il vous faudra coopérer pour ne pas mourir inutilement dans ce Royaume. »

Sur ces paroles et d'un petit geste de la main, il fit apparaître le Chaudron du Dagda. « Plongez dedans, c'est l'une des portes qui mène à Avalon. Oh et, dernière chose. Là bas, votre Cosmos sera inutile. C'est en vrai chevalier que vous devrez évoluer. »

Gilles de Rais, sans attendre la réponse de son confrère, s'était déjà avancé. Il s'engouffra dans le ventre du Chaudron …

[***]

La belle fée eut un léger sourire charmeur face aux différentes réactions de ses chevaliers. En eux, il y avait tant de bonté, de zèle, de dévouement qu'Aalanna en fut touchée. « Non, non chevaliers je vous en prie, relevez-vous, je ne mérite pas tant d'égards. Je ne suis plus tout à fait humaine, il est vrai, mais votre … comment dire « allégeance » doit aller à votre Déesse et à la Prêtresse d'Avalon. Même si pour vous Eidolon … hm … - elle paraissait hésiter – votre Destin est intimement lié au mien. Vous êtes quelqu'un d'aussi précieux que notre Roi. Vous en prendrez conscience très vite, si vous voulez bien me faire confiance. »

La jeune femme aux longs cheveux blonds se laissa faire quand, d'un geste tendre, Eidolon attrapa l'une de ses mains pour y déposer un chaste baiser. Un léger trouble paraissait naître dans ses yeux clairs, pareils à un lac placide. Un bref instant, si Jara et Eidolon firent attention à ce visage normalement si doux, si neutre d'expressions, il y eut chez elle un infime changement : une petite douleur, un pincement au cœur qui laissait transparaître une peine immense. Mais cela ne dura que l'espace de quelques secondes, tout au plus. Ses ailes dans son dos émirent un léger vrombissement. Celle-ci se pencha vers le Saint du Cancer, lui soufflant à l'oreille tandis qu'elle s'évertuait à le relever.

« Tu ne connais pas ton père, n'est-ce pas ? Moi oui. Et je te dirai qui il est, c'est une promesse. »

Sur ces paroles et pour ne pas l'intimider davantage de cette soudaine proximité, elle se recula pour aller relever le Capricorne à son tour. Mais il fut plus rapide qu'elle et, tout de même, ce fut à son tour de s'incliner devant eux, avec grâce pour finalement s'agenouiller, la tête basse, ses cheveux d'or tombant en cascade de chaque côté de ses épaules dénudées.

« Je vous remercie Chevalier, je vous remercie … car c'est ma fille que vous devrez sauver du Tertre des Ancêtres. « La Réponse » je suis sûre, est derrière tout ceci. Sans Prêtresse, Avalon est vouée à complètement disparaître dans les brumes et, avec elle, les autres cités cachées comme Ys. Ce serait une vraie tragédie … Quand ce sera fait ... Le Couronnement pourra avoir lieu.  »

Une larme unique roula sur sa joue pâle. Celle-ci glissait lentement jusqu'à finir sa course dans son cou. « Eilaine … » susurra t-elle avec une telle douleur dans sa voix …

Pour finir, la dame finit par se redresser avec lenteur, invitant les deux autres à la suivre dans son sillage. Peu à peu ils s’enfoncèrent dans une épaisse forêt qu'ils ne pouvaient reconnaître. Un lieu étrange où les oiseaux ne cessaient de chanter du soir au matin, du matin au soir. Et elle évoluait avec légèreté, parfois sollicitée par quelques animaux quémandant des caresses. Quelques mésanges s'étaient même perchées, joyeuses, sur sa tête, ses mains qu'elle leur offraient volontiers. Mais parfois, ses yeux se posaient sur le Cancer.

« Nous y sommes, c'est à partir d'ici que nous pourrons rejoindre les berges d'Avalon. »

Elle désigna d'un geste large et gracieux de la main une immense étendue d'eau illuminée encore par les faibles rayons d'un soleil déclinant. Ce lac … lui rappelait tant de souvenirs. Si son Roi et Eidolon avaient parlé, elle ne les aurait pas entendu. Serafim … Un petit sourire accroché aux lèvres, la créature féerique s'approcha des jeunes hommes. Proche de Jara à le frôler, elle lui octroya une légère caresse sur sa joue avant de se mettre sur la pointe des pieds et poser avec délicatesse, ses lèvres contre les siennes. Se faisant, elle se recula pour se tourner vers le deuxième Saint. Là, toujours avant autant de sensualité, l'ancienne Prêtresse d'Avalon procéda au même traitement que son homologue. Mais lui était plus grand que Jara, et elle si petite à côté de lui … Ce fut donc avec douceur, en plus de se hisser sur le bout des orteils qu'elle battit légèrement des ailes pour s'élever au dessus du sol. Leurs deux visages si proches, elle sentait le souffle du guerrier se mêler au sien. Paraissait-elle hésiter ? Ou laissait-elle entendre au Saint du Cancer qu'il était encore temps de refuser ? Non, elle ne désirait pas le brusquer …

« Eidolon … »







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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Lun 28 Avr - 23:21

Penser que le bourreau aurait pu lui être d'une quelconque aide était peut-être une erreur en fin de compte. En effet, pour une raison qui lui échappait, son rival ne semblait pas plus avancé que lui quant à la véritable destination à rallier. Doutant lui-même de la véracité de ses informations, il se contenta de lui apporter quelques éléments supplémentaires sans pour autant lui donner le lieu exact où ils devaient se rendre. Ce n'était certainement pas en lui en mentionnant le nom d'une relique qu'il parviendrait à le faire changer d'avis. Particulièrement agacé par la tournure que prenait cette quête, il ne lui aurait fallu guère plus, pour qu'il ne se décide à le jeter passer par-dessus bord. Seulement, se séparer de lui en de telles circonstances n'était certainement pas la meilleure solution, si bien qu'il préféra mettre cet accroc sous le coup de l'émotion. Après tout, l'équipage semblait encore sous le choc et ce en raison du combat qu'il venait de mener contre la bête ailée.

Gilles lui-même était tombé des nues face au monstre ailé, pour la première fois il lui avait semblé qu'il était apeuré, qu'il n'avait pas su comment gérer la situation. Le voir dans un tel état de faiblesse n'était pas pour lui déplaire, pour autant, sa mission ne devait pas en pâtir, plus que tout, il était impératif que l'étoile terrestre l'aide à mener à bien ce que pourquoi il l'avait mandaté. Chose d'autant plus difficile, quand on sait que son esprit était focalisé bien plus sur la dame qu'il disait protéger au péril de sa vie, que la mission que son supérieur lui avait confié. Préoccupé par le sort de son amie, une fois évanouie sans doute en raison de la peur bleue engendrée par l'oiseau de feu, Aiakos ne s'étonna guère de le voir quitter le pont du navire pour lui venir en aide au plus vite. Comme si sa vie en dépendait, le bourreau au cent masques s'était faufilé avec vigueur entre chaque soldat squelette pour rejoindre une cabine où il pourrait laisser se reposer sa bien aimée. Attachant bien plus d'importance à l'ancien hôte de la dame des saisons qu'à sa propre vie, il venait de couper court à la discussion, ce qui avait une manie d'horrifier le commandant de bord!

Toutefois et malgré son état instable, le juge ordonna dès lors aux membres d'équipage de mettre les bouchées doubles afin de rallier les terres d'Asgard au plus vite. Mettre un terme à cette mascarade qui n'avait que trop durée devint une nécessité, pour le bien de sa mission et celui de son rival... S'il avait été capable de faire quelques concessions, il n'est pas dit que son aversion pour son vis-à-vis et son comportement pour le moins déplacé l'empêcheraient de tenir encore quelques heures! Alors, au risque de provoquer un conflit qui n'avait pas lieu d'être, d'autant plus à cet instant, arriver à bon port dans les plus brefs délais devint sa principale préoccupation. Il ne leur fallut que quelques minutes tout au plus pour rejoindre le point de ralliement et pour cause, l'air se fit bien plus mordant qu'auparavant, la température chutant de quelques degrés, tandis que quelques flocons se mirent à tomber délicatement sur le navire. Leur arrivée contrasta d'ailleurs avec l'apparition de l'ancien Maréchal, ce dernier refaisant surface une bonne fois pour toute. Un léger soupir s'éleva dès lors du gosier du juge, un râle satisfait en guise de réponse à la question que Gilles venait de lui poser visiblement stupéfait. Se contentant de le suivre du regard, Aiakos fut tout étonné de le voir prendre les devants, d'autant plus quand il lui intima de le suivre en sautant par-dessus bord.

Une voix familière s'éleva dès lors par delà les nuages, tandis qu'un majestueux faucon pèlerin fit une apparition pour la moins remarquée. Ainsi, celui qui les avait prévenus auparavant fit son entrée, un animal magnifique au plumage soyeux, duquel se dégageait une sagesse et une force pour la moins singulière et troublante. Accompagné de Gilles qu'il venait de récupérer en vol, ce dernier lui intima de le suivre sans plus attendre, visiblement pressé de le guider quelque part. Ni une ni deux, paré de son surplis de jais, Aiakos fit apparaitre ses majestueuses ailes métalliques qui s'embrasèrent aussitôt. Tel un phénix majestueux, le fier Garuda s'était porté aux côtés de l'oiseau attendant que ce dernier lui ouvre la voie. Dans un cri pour le moins évocateur, l'animal doté de parole se mit alors à voguer entre les nuages, tandis que le juge auréolé de son cosmos violacé et de son corps ardent le suivait de près. Bientôt leur petite escapade les menèrent à laurée d'une forêt qui bien que recouverte d'une légère pellicule de neige arborait un manteau d'un vert émeraude pour le moins saisissant.

En une fraction de seconde et alors qu'ils posèrent un pied-à-terre, une étrange métamorphose s'opéra sous les yeux du juge. À défaut d'être particulièrement surpris par la transformation opérée par l'oiseau, ses yeux s'écarquillèrent légèrement au fur et à mesure qu'il prenait forme humaine et que cette silhouette lui rappelait vaguement quelqu'un. Si de prime abord tirer des conclusions lui parut difficile, il en fut tout autre quand il le vit arborer une chevelure flamboyante qu'il aurait reconnu entre mille. Il ne lui avait été permis de voir qu'une seule et unique fois ce corps élancé, ces pupilles d'émeraude ainsi que cette crinière de feu, mais pour autant il s'était aussitôt souvenu à qui ils appartenaient. Comme pour donner un peu plus d'ampleur à cette évidence, l'homme nouvellement métamorphosé les salua avec un certain engouement, vraisemblablement en raison de la joie que lui procurait ces retrouvailles. Le message qu'il leur délivra une fois les formalités acquises, eut de quoi les laisser bouche bée et plus particulièrement le juge auquel les mots du Druide étaient adressés.

Les doutes qui l'avaient animés jusqu'alors se dissipèrent bien vite, une profonde satisfaction, celle de toucher au but, le gagnant peu à peu. Il n'avait jamais été aussi près et aussi à loin à la fois d'atteindre son objectif. La tâche qui se présentait face à lui ne semblait pas de tout repos, penser qu'il parviendrait sans encombre à obtenir son dû était à n'en pas douter une grossière erreur, pour autant, déterminé comme jamais, rien ni personne ne parviendrait à l'en empêcher! Ce n'était certainement pas son incapacité passagère à pouvoir user de son cosmos qui le freinerait dans son ascension, non tout était question de volonté et à vrai dire Aiakos en avait à revendre. Des mois qu'il attendait de pouvoir rendre la monnaie de sa pièce à cette satanée déesse, maintenant qu'on lui offrait sur un tapis le moyen de se venger, il n'était pas question de rebrousser chemin. Une seule question restait en suspens, celle de savoir comment il parviendrait à persuader cette prêtresse de lui rendre ses pouvoirs. Voir son destin entre les mains d'un autre était quelque peu frustrant, d'autant plus pour un homme comme lui, néanmoins faisant fi de ce léger contre-temps, Aiakos emboîta le pas au bourreau pour le rejoindre dans la gueule du chaudron. Sans se tourner et tout en avançant dans la pénombre, le juge toujours égal à lui-même proféra quelques mots à l'encontre du Shaman:

    « Votre fille est toujours en vie? Une chance pour mon ami Faust qui se fera un plaisir de la revoir! » Dit-il tout en se mettant à rire de bon coeur, avant de finir en lui balançant « Et sache vieil homme que je n'ai que faire de tes avertissements! Je pense que tu oublies à qui tu t'adresses, je suis un juge des enfers, chargé de rendre les sentences aux morts au nom du Seigneur Hadès! Je ferai comme bon me semble, comme je l'ai toujours fait. »
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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Ven 2 Mai - 20:49

Son allégeance faite à la fée fut suivie par celle du Capricorne, soit le Roi d'Avalon lui-même, dont la quête avait pour finalité de le couronner définitivement, qu'il puisse ainsi régner sur son royaume convenablement. Ce dernier bien que très taciturne, ne manqua pas de le gratifier d'un remerciement, lui assurant au passage que son aide ne serait pas de trop dans cette aventure. Eidolon ne savait pas réellement dans quoi il s'engageait pour être franc. En effet, il ne connaissait que très peu, voire pas du tout la contrée d'Avalon ainsi que ses légendes ancestrales, cependant il était persuadé compte tenu de l'air inquiet de la demoiselle à moitié libellule ainsi que le ton solennel des plus prononcés -du moins encore davantage qu'à l'accoutumé, ce qui n'était pas rien croyez-moi ! – dont étaient teintés les propos de Jara, que parvenir à leurs fins ne serait pas une mince affaire ! Dans tous les cas, il apparaissait désormais comme une évidence qu'il se devait les accompagner.

Refuser de prendre part à cette quête aurait été aller à l'encontre des principes qu'il chérissait, de son Code d'honneur aussi infime soit-il... Bien que ce dernier n'ait jamais été fan des règlements et de toute forme d'autorité le dépossédant un tant soit peu de son libre-arbitre, il ne pouvait se résoudre à planter des personnes qui avaient véritablement besoin de lui. S'il avait été dans la position de Jara, ce dernier aurait réellement apprécié la compagnie d'un autre Chevalier d'Or aussi ne pouvait-il se permettre de faire demi-tour à présent ! Il se faisait au contraire une joie de venir en aide à son prochain dans le besoin ! Il souhaiter éviter à tout prix à d'autres de subir le même sort que le sien par le passé, à savoir endurer toutes les galères possibles et inimaginables sans que quelqu'un soit là pour vous tendre la main...

La ravissante fée quelque peu gênée par le baiser apposé par le Cancer sur le revers de sa main, mais non moins charmée par ce geste semblait-il, l'invita à se relever et l'y aida avec grâce. Elle profita de ce bref mouvement de la part du métisse pour lui souffler à l'oreille des paroles qui eurent tôt fait de le pétrifier comme si ce dernier s'était amusé à croiser le regard avec Méduse en personne, mais qui ne le laissaient bien évidemment pas indifférent... Son « père » ?! Cette simple annonce donna l'impression à Eidolon que le temps s'était figée en cet instant précis ! Son père... Il n'en revenait pas... Au plus il prononçait ce mot en boucle dans sa tête au plus celui-ci lui paraissait abstrait et vide de sens... Ce soi-disant « père » ne lui avait toujours inspiré que de la haine et du dégoût ! Après tout qu'avait-il fait pour sa mère et lui ? Rien, tout simplement... Toute sa vie, il l'avait exclu de ses pensées, se refusant de penser à quoi il pouvait bien ressembler, qui il pouvait être, l'idéaliser, se demander pour quelle raison ce dernier les avait abandonnés sa mère et lui ! Il s'était même juré de lui en coller une si par chance ou malchance, il lui était permis de croiser sa route ! Néanmoins, depuis qu'il avait été témoin d'une vision du passé laquelle relatait la rencontre de sa défunte mère et de celui-ci, celle-ci avait eu raison de ses certitudes le concernant, comme si tout ce temps toute la haine accumulée à son égard n'avait été que feinte tant il avait été heureux de voir à quoi il pouvait ressembler... Dans la continuité de tout ceci, maintenant que cette bonne fée lui proposait des réponses et malgré tout le mal qu'il avait pu leur faire indirectement à sa mère et lui, il ne pouvait se résoudre à dire non, cracher sur le fait d'en apprendre davantage sur l'homme que sa mère avait aimé comme aucun autre et dont l'union avait permis sa naissance... Son visage s'était crispé, pendant un instant il s'était mordu la lèvre à s'en faire saigner, mais il se reprit suffisamment rapidement pour que personne, sauf Aalanna peut-être, ne puisse être témoin de ce moment de faiblesse. Il avait à présent une bonne raison de plus pour les accompagner dans cette épopée.

Après avoir relevé Jara, ce fut ensuite au tour d'Aalanna contact et guide pour Avalon de s'époumoner en remerciements. Elle ne manqua pas de saluer la bravoure des deux Chevaliers, tout en leur demandant de se relever, chose qu'ils firent. Allant même jusqu'à s'agenouiller à son tour pour les remercier, les propos qui sortirent de sa bouche furent quelques peu confus... Le Tertre des Ancêtres ? La « Réponse » ? La cité cachée d'Ys ? Tout ceci lui paraissait absolument incompréhensible ! Néanmoins et pour l'heure, mieux valait ne pas trop en demander, il en saurait plus en temps voulu... Cela ne faisait aucun doute. Il avait cependant compris dans tout ce charabia que pour que leur quête soit un succès, que Jara soit couronné Roi, il leur faudrait d'abord sauver la Prêtresse d'Avalon à savoir la propre fille d'Aalanna, Eilaine...

Une fois ce bref topo dressé, la « Bansidhe » comme elle s'était elle-même qualifiée, les pria de la suivre, chose qu'ils firent évidemment, plaçant toute leur confiance en cette créature humanoïde. La flore comme la faune, venaient quémander des caresses à leur guide, gage de la bonté qu'elle était capable d’inoculer, ce qui était plutôt bon signe, à vrai dire Eidolon comme Jara n'avaient pas de réelle raison de se méfier d'elle. Leur petite marche les força à traverser une forêt des plus denses dont l'atmosphère qui s'en dégageait bien que bienveillante, n'en demeurait pas moins un véritable labyrinthe... Sans Dame Aalanna pour les guider il y avait fort à parier qu'ils auraient pu rester une éternité à tourner en vain dans cette maudite forêt! Bien vite cependant, Aalanna d'un simple geste du bras, gracieux comme toujours, leur indiqua qu'ils étaient parvenus à destination ou du moins à l'endroit servant de passerelle pour rejoindre Avalon... Un simple lac illuminé par quelques rayons du soleil passant au travers de cette épaisse forêt luxuriante, tel était cet endroit.

Eidolon d'ordinaire aurait posé un milliard de question tant sa curiosité était grande, mais pas cette fois. Il se contentait en tout et pour tout d'observer cette fée qui de son côté ne se faisait pas prier pour en faire de même et lui jeter quelques regards par-ci par-là, comme si elle ne lui disait décidément pas tout, comme si celle-ci le connaissait bien mieux encore qu'elle ne le laissait paraître alors que lui ne semblait pas la connaître du tout... Quelque chose de bizarre était en train de se passer entre eux, mais quoi ? Eidolon lui-même n'aurait su le dire. Son malaise ne fut en rien apaisé bien au contraire, lorsque Dame Aalanna de manière sensuelle et délicate, s'empressa de déposer un baiser sur les lèvres de Jara, son futur Roi... D'ordinaire, il est courant de détourner le regard quand deux personnes s'embrassent, car cela peut mettre mal à l'aise, mais bien que soit le cas en cet instant précis et qu'Eidolon se sente de trop, il ne détourna pas le regard.

Sa surprise n'en fut que plus forte lorsque Aalanna délaissant finalement Jara après lui avoir subtilisé un baiser, s'approcha pour en faire de même avec lui... Eidolon étant plus grand que Jara, celle-ci dut employer ses ailes pour se hisser suffisamment haut. Il pouvait à présent sentir son souffle chatouiller sa peau... En principe ce dernier aurait pu être gêné, mais il n'en fut rien ! Au contraire, tout en elle l'attirait... Bien que la fée ait entrepris de faire de même qu'avec Jara, le concernant, elle semblait hésiter ou plutôt elle semblait craindre de le froisser. En prononçant son prénom, elle semblait demander son autorisation... Eidolon n'avait jamais nié son attirance pour cette dernière ! Au contraire, s'il devait être vexé par quelque chose, c'était par le fait qu'elle puisse le penser hésitant, non seulement pour ce baiser, mais aussi et surtout quant à son implication dans cette quête ! En guise de réponse, il apposa ses lèvres contre les siennes... Dans ce geste aucune hésitation, mais bien une véritable détermination ! Ce ne fut qu'un simple baiser doux et innocent, sans doute n'était-ce rien de plus qu'une sorte de bénédiction de la part d'Aalanna, mais cela n'était pas pour déplaire à Eidolon...
    « Dame Aalanna... Mon esprit comme mon cœur sont résolus, il ne vous est plus permis d'en douter à présent. » Lui dit-il, la gratifiant d'un sourire avant de reprendre reboosté et plein de détermination « Allons-y ! Avalon n'attend plus que nous ! » Le bougre se mit alors à faire quelques pas en direction du lac, puis hésitant, il reprit la parole bien moins déterminé cette fois, se sentant légèrement idiot pour le coup, redevenant le Eidolon maladroit connu de tous, ce qui ne faisait que le rendre encore plus attachant bien malgré lui. « Euh... On fait comment d'ailleurs pour s'y rendre ? Ahah... »
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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Jeu 8 Mai - 22:56

Aussi précieux notre Roi… Il s’agissait d’une notion bien abstraite pour le Capricorne. Il n’avait jamais été « précieux » pour qui que ce soit et d’ailleurs, même aujourd’hui, la seule chose de précieuse en lui était son titre de Souverain et non sa propre personne. Né dans la boue, il espérait mourir dans celle-ci, au combat. Après tout, c’était là le serment qu’il avait fait à sa déesse, la protéger même par delà la mort. Plus qu’un honneur, cela était une évidence pour lui. Jara avait en effet le sens du sacrifice. Pourtant, cela n’était pas si lié à l’honneur qu’on pourrait le penser. À vrai dire, il s’agissait plutôt d’une estime de sa propre vie bien plus basse que chez n’importe qui. On ne lui avait jamais appris à avoir confiance en lui. Dohko avait tenté mais il avait disparu.

Lorsqu’Aalanna s’adressa directement à Eidolon, Jara posa un fin regard vers celui-ci. Son père ? Voilà donc ce qui le liait à toute cette intrigue ? Serait-il possible qu’Eidolon possède le sang d’un Avalonien ? La Nymphe l’avait dit elle-même, il était aussi important que le couronnement et était intimement lié au destin de la Banshee. Le Cancer s’étonna tout autant que Jara à cette simple découverte mais sa réaction fut comme à son habitude bien plus flamboyante que celle du porteur de l’épée rouge.

Depuis qu’il avait obtenu la véritable Excalibur, son bras ne le faisait plus souffrir. En effet, depuis le jour où il s’éveilla au cosmos, celui-ci était si ardent que tant que sa forme n’était pas complète, chaque jour, une douleur proche de la brûlure assaillait son membre, dix années durant. À présent, l’épée des héros était maîtrisée et malgré le fourreau par-dessus celle-ci, il pouvait sentir qu’elle restait extrêmement chaude. Bien trop pour que quiconque tente de la toucher. En effet, sa température était telle que l’on pouvait se demander comment son acier ne pouvait fondre. Jamais le Roi d’Avalon n’avait connu sa lame autrement. Il ne connaissait point la froideur du métal. Le plus étrange restait pourtant que son manieur puisse être en contact avec la lame sainte. Même une dame comme Aalanna se serait brûlée en tentant de l’effleurer et pourtant, le feu ne tue pas le roi.

Beaucoup de questions restaient en suspend. Ys, la Réponse, Eilaine ? Bien trop de nom que l’Elu d’Excalibur ne connaissait pas malgré son statut. Il devait en être de même pour Eidolon mais l’expérience allait sûrement leur offrir bien des réponses. La prêtresse… ils la sauveront coûte que coûte, il n’y avait aucun doute là-dessus. Bien qu’aucun des deux n’avait participé à une quelconque bataille avant, qu’ils restaient les moins aguerris des Chevaliers d’Or, leur devoir les obligeait à sauver la veuve et l’orphelin.

Les deux hommes la suivirent sans broncher jusqu’au lieu de passage. Aucun d’eux n’avait dit mot. Pour Jara, cela restait normal, son mutisme faisait parti de lui mais il s’étonnait qu’il en soit de même pour Eidolon. La semi-révélation de la fée l’aurait tant bouleversé que cela ? En tout cas, à force d’observé silencieusement la seule présence féminine, le Dixième Gardien ne fit que remarquer encore et encore les nombreux regards qu’elle déposait sur l’onirique Cancer. Il y avait vraiment une atmosphère étrange entre ces êtres, un lien singulier, invisible et connu seulement d’elle. Par moment, Jara se sentait même de trop.

Devant ce lac, l’Elu de Makara eut un étrange pincement au cœur, comme-ci le lieu lui était familier… ou peut être était il familier à son épée ? Depuis quelques temps, ils ressentaient des choses nouvelles, des images, des odeurs, des pensées qui n’avaient jamais fait parti de sa vie et qui pourtant, lui offraient une certaine nostalgie. Peut-être était-ce la mémoire des anciens rois d’Avalon contenues dans Excalibur.

Cet endroit…

Jara ne put finir sa phrase car Aalanna s’approcha de lui furtivement et déposa alors un doux baiser sur ses lèvres. Il fit alors un pas en arrière et faillit lâcher son emprise sur son glaive tant cette action était surprise. Mais cela allait bien au-delà des sentiments, une force cosmique se déversa en lui tout comme en elle, un pacte. La douceur de ses lèvres sur les siennes étaient si fluide qu’elle en devenait fantomatique, si bien que le Capricorne ne remarqua même pas le moment où elle se détacha de lui pour faire de même avec Eidolon.

Par ailleurs, le Chevalier esquissa un sourire qui ne dura que quelques secondes en entendant la nouvelle boutade de son confrère. Mais le cabalistique sentiment qu’il avait ressentit en arrivant devant cette étendue aqueuse semblait lui murmurer quelques réponses si bien qu’il tenta une théorie en avançant d’un pas et en fixant son reflet dans l’eau translucide.

C’est le lac…n’est-ce pas ? L’eau est la clef. Une voix féminine lui susurrait ces mots qu’il répétait à voix haute. Le lac est un passage vers Avalon ?
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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Dim 11 Mai - 15:19



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques



Une épreuve pour les élus




L'eau est la Clef. Le regard d'Aalanna se fit plus lumineux encore quand son Roi annonça cette vérité. Leur vérité. Ainsi, cela s'était passé comme elle l'avait entrevu en rêve ? La jeune nymphe eut la sensation du devoir accomplit. Peut-être qu'en fin de compte, tout n'était pas perdu et que le Fléau pourrait être en réalité leur salvation. Nullement affecté par la visible gêne respective des deux Saints, la jeune femme s'éloigna de quelques pas d'eux pour couver d'un regard presque … maternel, ce lac immense et placide. Ses yeux clairs pourtant revinrent vers la haute silhouette d'Eidolon : ce dernier paraissait sincère mais … sur sa mine radieuse, une ombre fugace passa. Avant de bien sûr se reprendre en s'efforçant de sourire, l'un de ces sourires qui ferait chavirer n'importe quel cœur. D'un regard extérieur, d'autres penseraient que l'ancienne Prêtresse usait de ses charmes pour arriver à ses fins, qu'elle n'était qu'une odieuse manipulatrice. Ce n'était pas le cas, bien que son statut pouvait l'y contraindre dans une certaine mesure.

La Bansidh se mura pendant de longues secondes dans un mutisme que l'on pourrait qualifier d'inquiétant, or, pour celui qui était attentif à ses petites mimiques faciales, celui-là pourrait noter qu'en réalité, elle psalmodiait, que ses lèvres bougeaient – certes très légèrement – mais qu'une énergie mystérieuse était à l’œuvre.

Une épaisse brume argentée répondit à ses prières : elle s'étala comme le ferait un manteau recouvrant les épaules d'un homme. Le soleil fut très vite éclipsé et les trois protagonistes se retrouvèrent dans une semi-obscurité oppressante. Mais une magie très ancienne était à l’œuvre.

« Par ce baiser je vous ai béni,
Désormais vous êtes tout deux liés à Avalon.
L'un est un Roi, l'autre un Fils maudit.
Cette barque qui s'avance est un Pont. »


Drôle d'incantation. Or, à la fin de cette tirade, une ombre semblait glisser sur les eaux troubles : peu à peu les pourtours d'une barque apparurent. Elle était assez petite mais pourrait aisément contenir deux personnes. Avisant de leurs réactions respectives, la belle se rapprocha pour les prendre tout deux par la main et les entraîner à sa suite.

« Je serai à vos côtés pendant la traversée. Mon Roi – son regard s'accrocha un moment sur son Monarque – écoutez bien la Voix de la Lame, elle vous guidera aussi et vous préviendra si un danger vous guette. Mon père est lui aussi en chemin avec ses propres élus, vous devrez évoluer ensemble et ne pas vous entre déchirer quand vous vous rencontrerez sur les berges de l'île aux Pommes. Le chemin que vous êtes sur le point de prendre est celui des héros morts vaillamment. Il se peut que les forces du Père essayent de vous tester. »

Sur ces mots la femme-fée hâta ses pas vers le lac où elle s'y enfonça progressivement faisant fi de la froideur de l'eau. Ses beaux cheveux blonds furent la dernière chose à disparaître de leur vue.

[***]


« Vous avez emprunté le chemin le plus facile mais je serai votre épreuve. » annonça une voix douce et sensuelle à la fois. « Qu'est-ce qui est le plus important de l'épée, du fourreau ? Du feu ou de l'eau ? »

Arrivés sur les rives d'un lac qui s'étendait à perte de vue, Gilles et Aiakos furent témoin d'une apparition pour le moins saisissante : une jeune femme sortant des eaux se mouvait avec grâce tandis que l'eau ruisselait encore sur son corps que l'on pouvait plus que largement deviner drapée comme elle l'était de sa robe blanche. Cela ne paraissait pas ennuyer outre mesure la créature, qui, s'en débarrassa en la laissant choir au sol dans un bruit mat. Les deux Spectres pourraient reconnaître même sous cette forme celle qui autrefois, s'appelait Aurora avant de porter le nom d'Aalanna, la fille de la Lumière. Sa présence imposait le respect, quelque chose en elle intimait à la prudence aussi. Car dans ses prunelles océans brillaient un éclat sauvage et insaisissable.

Gilles avait détourné les yeux quand ceux de la belle s'étaient posés sur lui. Oui, il avait déjà répondu à cette question et on lui intimait le silence. Mais, il ne put s'empêcher de regarder le résultat de sa « Réponse » : sa main mécanique qui fut remplacée par celle qu'on lui avait arraché.

« Je suis Aalanna, fille d'Antiokus et je vous ai posé une question Seigneur Aiakos. De votre Réponse, dépendra de votre … destin. Je peux vous offrir plus que vous désirez, alors, parlez ou taisez-vous à jamais. »

Spoiler:
 






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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Lun 12 Mai - 12:52

Il n'avait pas hésité une seule seconde à se jeter dans le chaudron, foulant pour la dernière fois le sol de cette forêt pour la moins éparse. Les mots du Druide n'avaient en rien entaché la détermination du juge, conscient d'être en passe d'aboutir dans sa quête. Il ne pouvait se permettre de flancher désormais, pas après tout ce dur labeur et ces innombrables conflits qui l'avaient opposé à des forces bien supérieures à lui. Le plus dur restait sans doute à venir, pour autant mue d'une volonté implacable, rien ni personne ne pourrait se mettre en travers de sa route. À de nombreuse reprises, on lui avait tendu des pièges, mis des bâtons dans les roues, cependant c'était sans compter sur son incroyable détermination, il s'était toujours relevé et continuerait jusqu'à ce que mort s'en suive! Après tout n'était-il pas un juge des enfers, dirigeant avec une main de fer une partie des armées du Sombre monarque? Ne disposait-il pas d'une flotte vivante et combattante pour assouvir ses idéaux? Autant d'éléments qui faisaient d'Aiakos un être à part, supérieur, mais qui dans ces temps troublés ne pouvaient lui être d'une grande utilité...

Ainsi, s'il parvenait à récupérer son dû, sa légitimité au sein des armées infernales n'en serait que plus renforcer, mais plus qu'une nécessité afin de préserver son royaume de ses ennemis, cette quête devenue une obsession, lui permettrait de laver son honneur, de montrer à ceux qui l'avaient enterré un peu trop vite, que tel un phénix il renaitrait toujours de ses cendres. Ô bon nombre de ses homologues avaient dû apprécier ce spectacle, à commencer par l'homme qui se trouvait à ses côtés, ce maudit Gilles de Rais, mais par chance, il serait le premier à le voir recouvrir sa puissance et sans doute le dernier à le traiter de la sorte dorénavant. Au sein des enfers, son comportement pour le moins désinvolte et irrespectueux envers les sphères dirigeantes, ne lui avait attiré que les foudres de ses compères, mais ce n'était pas pour lui déplaire, plus il serait haït et plus son capital confiance s'intensifierait. La gloire bien que primordial dans ce monde pour le moins crédule, n'en restait pas moins superflu à ses yeux, tout ce qui lui importait étant de détenir une puissance capable de lui permettre d'assouvir ses envies comme bon lui semble, sans qu'il lui soit nécessaire de répondre de ses actes.

Recouvrant la vue au fil des secondes après avoir avancé en eaux troubles à raison de l'obscurité qui les avaient accompagné durant leur traversée au sein du chaudron, les deux hommes parvinrent au beau milieu d'une étendue d'eau, un lac pour le moins suspect. À l'instar de la flore qu'ils avaient quittés, les deux hommes venaient d'apparaitre dans une forêt bordée d'un étang. Si tout semblait calme pour l'instant, cet endroit ne lui intimait rien de bon. Comme si une force indescriptible se dégageait de ce lieu mystérieux, une énergie qu'il n'aurait su décrire. Tant et si bien qu'une fois qu'une voix l'interpella, tandis que l'eau jusqu'alors très calme commença à s'agiter signe d'une présence au sein du lac, le juge eut un léger mouvement de recul. Loin d'être apeuré, bien qu'une étrange sensation le dérangeait, il se contenta d'observer la silhouette qui commençait à se dévoiler en sortant de l'eau. Un seul regard lui avait permis de reconnaitre à qui il avait affaire. Sa chevelure verdoyante, son teint d'albâtre, ce corps longiligne, ces pupilles d'un bleu saisissant le bouleversa l'espace d'un instant:
    « Voilà donc cette très Chère Aalanna, Faust n'a pas menti, tu n'as pas usurpé ta beauté, tu en encore plus belle que ce qu'il t'avait décrit »
À ces mots, un fin sourire ourla ses lèvres, comme à l'accoutumé, il prenait un malin plaisir à se jouer des autres. Bien qu'il n'avait pas menti en lui adressant ce compliment, énoncer le nom de celui qui l'avait contraint à se sacrifier, mettrait sans aucun doute un peu de piment dans ces retrouvailles. Gilles ne le lui avait jamais pardonné et pour cause leur combat en fut la principale raison, mais qu'en était-il de cette beauté saisissante? Sa curiosité lui intimait d'en connaitre la réponse, pourtant il devrait patienter, Aalanna ou plutôt celle qui fut jadis dénommée ainsi, se rapprochant de ses deux convives, d'un pas déterminé et nullement impressionnée par la présence du juge. Dans sa démarche, une certaine prestance pour la moins singulière se dégageait, à l'instar du lac qui l'avait quelque peu troublé, cette femme semblait mue d'une énergie insensée et qui malgré son rang et la puissance qui fut la sienne parvenait tout de même à le désorienter. Cette sensation s'intensifia d'autant plus au fil des secondes, quand elle se mit à le fixer avec un certain engouement, le transperçant de ses pupilles aux reflets bleutés.

La question qu'elle lui posa alors au détour d'un énième regard de défiance, sonna en lui comme tambour battant. Elle semblait capable de lui offrir ce qu'il désirait, du moins c'est ce qu'elle prétendait, mais pouvait-il réellement lui faire confiance? Qu'est-ce qui pourrait le pousser à lui faire confiance, alors que son hôte avait été l'instrument de sa déchéance? La réponse à vrai dire était pour la moins évidente, il était venu chercher le moyen de recouvrir ses pouvoirs, si ce qu'elle venait de lui dire se révélait exact il serait bien plus gagnant qu'il ne pourrait le croire. Toutefois, ne pouvant se résigner à lui faire totalement confiance, surtout après les récents événements, Aiakos mit de côté pour quelques instants seulement, méfiance et mépris au placard, pour se concentrer et donner une réponse qui allait conditionner son destin. Il ne lui avait fallu qu'un court instant pour la formuler, si bien que sans plus tarder, d'un ton pour le moins déterminé il la lui donna:
    « Ne dit-on pas que l'épée use le fourreau? Si le fourreau se révèle être un gardien pour le moins efficace de la puissance que renferme l'épée, il n'en demeure pas moins que l'arme elle-même me parait primordiale! Après tout, la meilleure défense est encore l'attaque! » Lui dit-il calmement, montrant aux yeux de tous qu'il pouvait faire preuve de patience, avant de reprendre toujours sur le même refrain « Qui plus est, si l'eau est capable par ses effets de soigner et de stopper les flammes, qu'en était-il d'un brasier ayant atteint son paroxysme et dévorant tout sur son passage? » D'un simple mouvement de la main, une gerbe de flamme naquit, avant qu'il ne la brandisse devant ses vis-à-vis, ses pupilles reflétant à merveille sa lueur signe d'une détermination intangible « À l'instar de cette flamme, je suis capable de tout ravager de ne laisser derrière moi que cendre et désolation et pourtant... » D'un claquement de doigt, le feu disparut aussi rapidement qu'il était apparu « Sans une puissance suffisante, elle est capable de disparaitre, c'est pourquoi il me faut retrouver ma puissance d'antan et ce sans plus tarder! »
Par ces propos, le juge venait une fois de plus de montrer à son plus grand détracteur que tout n'était pas terminé. Aussi longtemps qu'il lui resterait une lueur d'espoir, un éclat, il continuerait à se battre pour obtenir ce qu'il désirait. Faire preuve de persévérance, le mènerait à coup sûr à son objectif, celui-là même qu'il poursuivait maintenant depuis un certain temps. Son regard se posa tour à tour sur ses deux homologues, les transperçant de ses yeux d'un rouge flamboyant afin de leur intimer un certain respect. Vêtu de son apparat violacé, casque ôté sous son bras, sa longue chevelure de jais cachant à demi son faciès démoniaque, le juge attendait paisiblement que la situation se décante une bonne fois pour toute. D'humeur massacrante, il n'était pas dit, qu'il parviendrait à calmer ses pulsions, cela faisait trop longtemps qu'il avait attendu pour qu'à présent on le fasse encore patienter.
    « Cette réponse te satisfait-elle? »
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Eidolon


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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Lun 19 Mai - 12:57

Son comportement imprévisible et son tempérament de cavalier fou eurent tôt fait d'amuser la galerie, de détendre l'atmosphère. Néanmoins, le petit sourire qui passa sur le visage de chacun d'entre eux disparut bien vite, les enjeux et le sérieux de cette quête les rattrapant bien vite. Le taciturne Jara, futur roi d'Avalon et Chevalier d'Or du Capricorne, dont la quête n'avait que pour seul but de le couronner à la tête de son royaume au prix d'incommensurables dangers, fit une remarque qui bien qu'évidente, était des plus pertinentes : Cette étendue d'eau, ce lac... Dame Aalanna ne les avait sans doute pas emmenés ici par pur hasard... Il s'agissait en toute logique d'une porte d'entrée vers Avalon. Même une personne récalcitrante n'aurait pu douter de la véridicité de cette affirmation, car il se dégageait de cet endroit un sentiment étrange... Une aura mystérieuse... Comme si ces lieux étaient doués de vie et les observait. Cet endroit devait baigner et être imprégné, à n'en pas douter, d'une forte magie. Ce qui retint le plus l'attention d'Eidolon néanmoins, ce fut cette odeur qu'il sentait irradier un peu partout le long de ce lac, une odeur qu'il ne connaissait que trop bien... Celle de la Mort.

En y réfléchissant, cet endroit était en tout point similaire au mont Yomotsu Hirasaka : l'atmosphère était similaire, la Mort régnait ici en maître également... La différence cependant, était qu'au puits des âmes, Eidolon était là-bas comme chez lui, alors qu'ici, il nageait en eau trouble... Les dires de Jara et l'intuition d'Eidolon quant à la fonction de passerelle de ce lac furent bien vite confirmés par la Bansidh qui dans un premier temps semblait se tenir immobile, mais qui en réalité psalmodiait des paroles quasi-inaudibles dans une langue inconnue... Très vite, une épaisse brume envahit ce havre de paix et engloutit l'ensemble des lieux, brouillant quelque peu et par la même occasion, la vue des deux Chevaliers. Se déplacer et se mouvoir dans une telle purée de pois en comptant seulement sur ses yeux relevait à présent d'un véritable exploit... Néanmoins, Eidolon n'eut pas le temps de se plaindre, car Dame Aalanna récitait à présent une incantation.

Les vers qu'elle récita confirmèrent donc que ce qui fut jadis un lac et qui était à présent quasi-indiscernable à cause de cet épais brouillard tant le ciel et la terre semblaient avoir fusionnés pour ne faire qu'un, était le chemin sans doute boueux et sinueux qui les mènerait tout droit à Avalon ! Alors qu'il s'avérait difficile de distinguer quoi que ce soit, Eidolon comme Jara eurent tout deux la surprise de voir apparaître telle une ombre glissant sournoisement sur l'eau, une petite barque... À en juger par sa superficie, il ne faisait aucun doute qu'à trois ils ne rentreraient pas... Quelqu'un allait devoir rester ici ou partir... Mais pour Eidolon il ne faisait aucun doute que cette personne, c'était Dame Aalanna. Pour toute réponse, elle leur prit la main à tout les deux et les emmena au plus près de la berge, en direction de la barque. C'est alors qu'elle entreprit d'alerter Jara des dangers qu'ils encouraient et des évènements à venir...

Une lame supposée les guider et les avertir en cas de danger ? Les élus de son père ? L'île aux pommes, le lieu où ils devaient aller ? Une fois encore, beaucoup de questions pour peu de réponses... Ou du moins des réponses incompréhensibles... Néanmoins ils n'avaient d'autre choix que de l'écouter attentivement et lui faire confiance une fois encore, comme ils l'avaient fait jusqu'à présent. La resplendissante fée ne leur donna pas plus de détails, elle insista simplement sur le fait qu'ils ne devraient pas se quereller avec les autres « élus » qu'ils ne tarderaient pas à rencontrer, mais agir avec eux main dans la main... Une fois ce rapide topo dressé, elle entra dans l'eau avec grâce comme elle en avait l'habitude, avant de disparaître de leur vue au milieu de ces eaux troubles comme par enchantement... C'était bête à dire, mais à présent qu'elle était partie, Eidolon se sentait perdu, il ne savait que faire malgré les recommandations de Dame Aalanna... Le même sentiment tiraillait-il les tripes du Chevalier du Capricorne ? Tapis dans un profond mutisme comme à l'accoutumé, le Chevalier du Cancer n'aurait su le dire... Cependant l'heure n'était pas à l'abattement ! Eidolon en posant les yeux sur la barque se reprit très vite ! Il fondit sur la berge avec détermination et prit position dans la barque.
    « Ne traînons pas ici davantage, nous avons une promesse à honorer ! » Dit-il à l'attention de Jara, mais sans aucun doute aussi pour se motiver lui-même.
Lorsque les deux Chevaliers se trouvèrent enfin dans la barque, celle-ci se mit alors à glisser d'elle-même sur l'eau du lac... Sinistre ? À vous d'en juger... À peine avaient-ils entamé la traversée qu'ils eurent la sensation que le brouillard s'intensifiait encore davantage... Le brouillard et l'eau du lac s’accommodaient à merveille, la teinte du ciel se reflétant dans l'eau empêchant ainsi d'en voir le fond... L'eau pouvait leur arriver aux chevilles comme elle pouvait être aussi profonde que le plus profond des océans... Ce lac qui s'étendait à perte de vue voire plus loin encore, pouvait abriter en son sein mille et un dangers... Tout ceci n'était pas pour rassurer Eidolon qui sentait l'odeur de la Mort à son tour, s'intensifier autour d'eux... Comme l'avait dit Dame Aalanna, les deux Chevaliers empruntaient à présent un chemin d'ordinaire destiné aux morts... Eidolon par expérience, savait qu'il valait mieux éviter d'emprunter un sentier destiné aux défunts au risque d'attiser leur colère... Néanmoins, ils n'avaient pas d'autre choix et revenir en arrière était impossible à présent.
    « Puisse le sort nous être favorable... » Murmura-t-il dans une prière implicite et quasi-inaudible.
Elle l'avait qualifié de « Fils maudit » sans lui en dire davantage. Elle les avait quittés aussi rapidement qu'elle était apparue et cela avait été un déchirement pour le gardien de la quatrième maison du zodiaque sans pour autant qu'il puisse dire pourquoi... Trop de questions sans réponses demeuraient en suspend... Mais il était convaincu que s'il honorait sa promesse et accomplissait cette quête avec succès, il ne faisait aucun doute qu'il la reverrait pour son plus grand plaisir et que les réponses qu'il avait toujours souhaité obtenir lui reviendraient alors... Cette pensée eut tôt fait de le mobiliser de nouveau. Néanmoins une autre parole d'Aalanna lui revint alors en tête : « Il se peut que les forces du Père essayent de vous tester. » … Eidolon espérait que la lame de Jara, Excalibur, saurait l'avertir en temps et en heure des dangers qui les guettaient au risque que cette traversée ne fusse la dernière qu'ils effectuaient de leur vivant...

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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Lun 26 Mai - 22:50

L’atmosphère changea tout à coup aux abords du lac. L’astre solaire, déjà chancelant depuis quelques minutes s’éteint subitement plongeant les protagonistes dans la nuit dont seul l’eau brumeuse éclairait la voie. Le lieu fut emprunt d’un manteau d’argent parfumé d’une antique magie semblable à celle qui faisait léviter Aalanna. Celle-ci énonça même une incantation ressentie d’avantage comme une prophétie. Si encore et toujours elle répétait que Jara était le souverain légitime d’Avalon, l’appellation qu’elle utilisa pour désigner Eidolon interpella le Capricorne. Le Fils Maudit… Jara était un Enfant Maudit. Il était déjà né sous de mauvais auspices, bénis par le démon Makara puis son destin de fourreau d’Excalibur fit de lui un paria rejeté même par sa famille alors qu’il n’était âgé que de huit ans et dix ans plus tard, rien n’avait changé hormis son habit passé de la boue à l’or. Qu’en était-il du Cancer ? Avait-il connu une destinée similaire ? Pour une fois, les traits de l’Epéiste s’adoucir et son regard de fauve devint presque celui d’un enfant l’espace d’une seconde alors qu’il scrutait son aîné.

Un mélodieux son aqueux se fit alors entendre derrière les deux Chevaliers d’Or et lorsqu’ils se retournèrent, une barque s’était déposée sur la rive. Son bois ancien était couvert de mousse et d’algues à certains endroits. Elle était bien petite et pourrait à peine contenir les deux hommes, surtout compte tenu de la taille d’Eidolon, bien supérieure à celle de Jara.

Les Elus de votre père ? Et comment saurons-nous que-

Le Dixième voulut se retourner à nouveau vers la Banshee, inquiet d’être si peu informé mais elle avait hélas disparu ne laissant derrière elle qu’une fine onde sur le miroir qu’était le lac. Comme à son habitude, la dame agissait tel un sphinx, énigmatique et pourtant si enivrante. Fidèle à lui-même, Eidolon se hâta de rappeler à son compagnon la mission qui leur avait été donné et embarqua. Mais au moment où Jara posa un pied sur l’embarcation, un phénomène étrange se produisit. Depuis son fourreau, une lumière était emprisonnée, de toute évidence, imprégnée dans l’acier caché. Cette lumière remonta tout le long de son bras qui contenait également le pouvoir d’Excalibur. Ce halo apaisant laissait s’échapper quelques flammes aux teintes surnaturelles tant leur or brillait d’un éclat supérieur à celui de l’armure sous la cape de Jara. Ces braises dorées murmuraient à l’oreille de l’éphèbe d’Orient. Sur le coup, celui-ci se demandait surtout si le Quatrième Gardien pouvait également entendre ce chant.

La Voix de la Lame…

Quelques uns des feu-follets s’échappant de l’épée et du bras de Jara dansèrent autour de la barque si bien que celle-ci se mue sans même qu’aucun des deux Saints n’aient à la manœuvrer, se laissant guider par cette voix. Mais ils restaient la seule source lumineuse des lieux. Cette eau sentait la putréfaction à mesure qu’ils s’éloignaient du rivage. La Mort régnait en maître sur le fleuve, similaire au Styx. C’était ici que les épreuves du « Père » aurait lieu, il n’y avait quasiment aucun doute la dessus. La vie n’était pas un doux fleuve tranquille et le voile funèbre sur lequel ils nageaient n’allait faire que leur rappeler. Ils pouvaient s’en inquiéter, certes mais ils devaient surtout rester en alerte et l’air stoïque de Jara reprit le dessus à cette unique pensée.

Il va falloir ce battre pour qu’il nous soit favorable, Eidolon.

Eidolon devait posséder un pouvoir utile en ces lieux. Si l’Epée de Jara éclairait la voie, le Capricorne se rappelait que le Cancer avait le pouvoir de faire revenir les morts à la vie. Du moins, il s’y tentait même s’il avait échoué à la mort d’Athéna. Dans un lieu aussi proche des limbes, ce don s’avérerait sûrement bien utile…
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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Mar 27 Mai - 23:09



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques



Lumière et Ténèbres




Le Monde d'Avalon ne répondait pas aux mêmes règles que les autres. Loin d'être habité par des forces tranquilles, il recelait, dans ce domaine perdu dans les brumes, une magie bien contradictoire à laquelle les élus du père et de la fille seraient soumis tôt ou tard. Des ombres invisibles dansaient tout autour d'eux sans qu'ils en aient conscience. Pourtant des fantômes gravitaient autour de ces êtres choisit par les descendants des atlantes. Et ceux là n'oubliaient pas leur rôle et leur place. Toujours est-il qu'Aalanna, secrètement, priait pour leur bonne fortune. Pour que l'équilibre des forces soit respecté. En faisant face à son passé, la belle druidesse allait-elle au devant du danger ? Non, car tout avait été sciemment calculé. Ils étaient des Arcanes, à elle de dévoiler leur Carte. Il y en avait encore tant de dispersé dans le Monde … Mais aujourd'hui, oui, aujourd'hui était la promesse d'une nouvelle ère pour les habitants d'Avalon. Leur Roi de retour, prêt à être couronné, était sur le point de subir l'ultime épreuve, celle qui décidera ou non, s'il était digne de porter le titre de Monarque et porteur d'Excalibur. Car si l’Épée l'avait choisit, ce n'était pas forcément vrai pour le Fourreau.

L'onde était parfaitement calme, bien que, de temps à autre, une voix émergeait du néant pour murmurer à l'oreille de Jara et d'Eidolon. Une voix suave, douce, qui n'était pas sans rappeler Aalanna.

« L'Eau est la Clef, une amie à la flamboyante chevelure te l'a confié mon Roi, n'oublie pas le précepte de la Vierge. Si elle aussi est une élue maudite comme l'est Eidolon, il faut savoir œuvrer avec l'ombre et la lumière. Car, l'un sans l'autre, ils ne peuvent exister. » l'espace d'un instant, une silhouette apparue au dessus de la tête de l'Indien et de son homologue. Celle-ci prenant des traits féminins, les couva un instant d'un regard maternel. « Vous êtes bénis des Dieux, Gardien de la Justice, le Dagda lui-même vous accepte au sein de son Royaume. Mais, mon porteur, vous devez encore m'utiliser pour percer le voile entourant l'île. Eidolon, quant à vous, soyez attentif aux maux des esprits et repoussez les. »

Disparue, l'apparition s'était volatilisée dans les airs, se fondant avec ce rideau opalescent qui prenait de plus en plus d'importance. Une force irrépressible s'installait progressivement dans les cœurs d'Eidolon et Jara, comme si une présence familière les encourageait à déployer leur cosmos. L'Eau est la Clef. Puis, tout aussi soudainement, des formes se profilèrent dans la brume. Des créatures intangibles, sans visages, s'avançaient avec lenteur de leur embarcation. Le bras de Jara se prit à luire de plus en plus fort … Au moment où les ténèbres étaient sur le point de se jeter sur eux, toutes griffes sorties, un éclat de lumière jaillit de l'autre côté de la berge, leur destination.

***

Les yeux immenses de la belle fée ne s'étaient pas décrochés de la silhouette du Garuda. Son visage n'exprimait aucunes émotions, pas la moindre. À quoi pouvait-elle songer en cet instant ? Par contre, il était aisé pour elle de lire sur celui qui fut, indirectement, l'objet de sa perte. En réalité, non, grâce à lui, elle avait accédé à un pouvoir bien plus grand que celui de Prêtresse. Grâce à lui elle était parvenue à devenir un être qui pourrait changer le Destin des autres. Un guide, comme l'est encore son père. Merlin l'Enchanteur, l'éternel enfant. Elle aussi, serait éternelle, d'une certaine façon. Un sourire ourla ses lèvres vermeilles et, enfin, elle se tourna vers un Gilles de Rais totalement absent depuis quelques minutes. Elle lui demanda silencieusement d'approcher. S'exécutant non sans hésiter, le Maréchal de France alla poser genoux à terre devant celle qu'il n'avait sut préserver d'un sort pour lui, de ses yeux, trop cruel. Il lui saisit l'une de ses mains qu'il embrassa avec tendresse. Attendrie, la nymphe alla l'entourer de ses bras dans une étreinte qui le réconforta. Le Soleil, elle était la Carte du Soleil, il le savait déjà depuis fort longtemps, comme lui était L'Hermite, fut un temps avant de devenir quelqu'un d'autre. Lui était désormais le Pendu. Aalanna écouta avec intention, la Réponse d'Aiakos.

« Gilles de Rais avait choisit le Fourreau, la Gardienne. Il a fait son Choix comme vous, vous venez de faire le votre Seigneur Aiakos. Vous êtes bien un élu, celui qui fera tourner le Monde. Mais prenez garde à ne pas vous perdre dans trop de noirceur. Moi-même autrefois, j'en ai subi les conséquences. N'oubliez pas jamais qui vous êtes, le feu qui brûle en vous. Bien sûr, votre réponse me satisfait car elle est VOTRE réponse. Chacun doit en payer le prix, c'est tout, la Déesse Perséphone n'a fait en fin de compte, que de vous mettre sur la voie sur la véritable puissance. Réfléchissez bien et reconsidérez votre colère. » Elle relâcha Gilles de Rais qui, immobile regardait le prix de son propre choix : mais il ne le regrettait pas. Ou plus. « En perdant vos pouvoirs pour mieux les récupérer, peut-être comprendrez-vous enfin certaines choses qui, pourtant, sont sous vos yeux depuis le début. » Son regard croisa celui de l'ancien Maréchal de France. « Sauvez ma fille Eilaine, et vos pouvoirs vous seront rendus. »

Ses cheveux dorés flottaient autour d'elle à chacun de ses pas. D'une démarche souple et féline, Aalanna finit de briser la distance qui la séparait encore du Juge des Enfers. Elle paraissait si fragile, mais Aiakos lui-même devait savoir que les apparences étaient trompeuses. S'envolant légèrement pour arriver à sa hauteur, elle approcha son visage si près du sien qu'elle pouvait sentir son souffle chaud contre sa joue.

« Ne vous perdez pas vous-même, Juge. Vous devez être implacable et juste. Violent et puissant comme le feu qui vous anime. Vous êtes le Diable. »

Sans crier gare, la Bansidh captura les lèvres du Spectre. Mais cette fois, elle n'utilisa aucune douceur, laissant apparaître toute la bestialité qui pouvait bien l'animer. Aalanna était un être de lumière.

Mais sans sa part de ténèbres, elle ne pourrait exister.

Au même moment, le Seigneur de Rais fut aveuglé par un rai de lumière venu de la forêt avoisinante. L'image d'un immense cerf aux bois semblant vouloir percer les nues surgit du néant pour fondre derrière eux, vers le lac, où une barque semblait en proie aux tumultes de certaines chimères …

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Aiakos


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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Mer 28 Mai - 18:07

Dans ses propos le juge du Garuda n'avait laissé transparaitre aucune hésitation, pas l'once d'un doute n'avait franchi le seuil de ses lèvres, il était déterminé et cela se voyait comme le nez au beau milieu du visage! Le ton employé, laissait présager qu'il était bien plus affecté qu'il n'aurait voulu le faire croire, mais en vérité, il l'était bien plus pour montrer au combien sa décision ne souffrait d'aucune contestation. Décidé comme jamais, rien ni personne ne pouvait à ce jour se mettre en travers de sa route, aussi insaisissable que la flamme qu'il tenait dans le creux de sa main, il continuerait de brûler plus intensément dans le ciel et ce jusqu'à ce que mort s'en suive... Qu'il se compare au feu dont il prétendait en être le maitre avait de quoi faire sourire, mais à vrai dire la ressemblance était troublante. À l'instar du brasier incandescent, ce dernier ne voyait chez les autres qu'une matière à incendier, à détruire. Après tout, n'était-il pas un juge, garant du royaume des enfers, un instrument de terreur et de désolation?

Que la nymphe à la beauté saisissante le remarque et lui en fasse part au détour d'un long discours ne fit que le conforter dans ses idéaux. Si elle pensait le faire changer d'avis en lui intimant de cesser de faire de sa rancoeur un objectif sur lequel s'accrocher, elle faisait fausse route... Il est vrai que la haine et la solitude n'avaient jamais été les meilleures alliées qu'un homme puisse désirer, mais toujours est-il, qu'en ce qui concerne Aiakos, elles lui furent bien plus utiles que ce qu'aurait pu lui apporter un véritable compagnon fait de chair et os. En elles, il avait su trouver le réconfort que cette traitresse de Perséphone avait osé lui ôter. Aiakos n'avait cure de toutes ces palabres la concernant, sa colère ne pouvait être stoppée aussi facilement et seulement parce qu'on lui demandait de la faire cesser. Non! Pas après tant de sacrifice, pas après l'infâme déshonneur auquel il fut sujet. D'ailleurs, si ses deux vis-à-vis l'avaient remarqué, en regardant d'un peu plus près la flamme qui se balançait dans la main du juge, il était loisible de s'apercevoir qu'elle virait peu à peu d'un orange flamboyant au noir de jais.
    « Une fois enfoncé dans les ténèbres, il n'est plus permis d'en sortir! » Dit-il tout en fixant sa flammèche plus intensément qu'à l'accoutumé.
Ces mots, il les avait prononcés avant tout pour lui, pour se donner bonne conscience, justifier ses actes et son comportement pour le moins néfaste. Il était trop tard pour lui, comme il l'avait énoncé à ses deux homologues, sa rancoeur faisait désormais partie intégrante de son âme, si tant est qu'il en avait une. Il avait choisi délibérément d'opter pour cette voie et maintenant qu'il était sur le point de défrayer la chronique, il ne pouvait plus faire machine arrière. Qu'elle tente de l'en dissuader, qu'elle tente de trouver une part de bonté en lui, était une noble tâche, une action qui partait d'un bon sentiment, mais malheureusement Aiakos avait atteint le point de non retour. Pour lui et lui seul, Perséphone était responsable de ses déboires et devait donc en subir les conséquences. Son rang de Gardien de l'automne n'avait de toute évidence en cet instant aucune importance, elle devait simplement payer pour ses méfaits et ce quel qu'en soit le prix! Que l'un de ses chiens de garde se trouve à ses côtés n'y changeait rien, une fois ses pouvoirs retrouvés, il le balayerait d'un simple revers de main, comme il avait pu le faire auparavant.

Seuls ses dernières paroles surent lui donner du baume au coeur et éveiller encore plus sa détermination. Qu'elle lui promette de lui redonner ses pouvoirs en échange de la protection de son enfant était un deal pour le moins équitable de son point de vue, malgré qu'en cet instant il aurait accepté n'importe quoi en échange de la puissance qu'il désirait tant. Aiakos était certes un être cupide, dénué de tout sentiment, mais en dépit de tous ces défauts, s'il fallait retenir une seule qualité, c'était qu'il se donnait toujours à 100% dans ce qu'il entreprenait. Dès lors, aussi surprenant que cela puisse paraitre, la jeune femme à la chevelure d'or afin de sceller ce pacte se rendit auprès de l'homme aux pensées néfastes. D'un léger mouvement elle parvint à se hisser à sa hauteur, tandis que le juge ne bougea pas d'un iota, se contentant simplement de la fixer plus ardemment qu'auparavant. À défaut d'être une entité douée d'une enveloppe humaine, en raison de son corps pour le moins spectral, Aiakos parvenait tout de même à ressentir l'odeur suave de sa peau, la chaleur qui se dégageait de ses lèvres et l'intensité dans son regard.

Puis, elle déposa ses lèvres sur les siennes sans qu'il ne puisse se dégager et ce sans qu'il s'y attende réellement, de quoi le laisser pantois... S'il y a bien une chose à laquelle il ne se saurait pas attendu, c'était sans doute ça! Que cette dernière porte ses lèvres sur lui n'était pas pour lui déplaire, mais toujours est-il qu'il n'avait plus vraiment eu l'occasion de s'adonner à ce plaisir de la vie depuis bien longtemps. Ce baiser était à la fois enivrant et torride, un parfait mélange qui ne laissa pas de marbre l'envoyer des enfers. Pourtant, ce baiser fut rapidement interrompu par l'apparition pour la moins soudaine d'une barque naviguant sur le lac jusqu'alors paisible. Il avait eu vent que d'autres personnes les rejoindraient par la suite, toutefois il était loin de s'imaginer qu'il aurait affaire à eux. D'un geste pour le moins sec, il repoussa la fée pour s'approcher de l'étendue aqueuse avant d'adresser à qui voudrait l'entendre ces quelques mots:
    « Voilà donc ces "élus" dont Merlin nous a tant parlé! » Dit-il, tout en s'interrompant pour laisser planer un certain suspense, avant de reprendre de plus belle « Si j'avais su avant, je n'aurai certainement pas accepté... » Renchérit-il avant de s'esclaffer de rire « des Saints rien que ça! »
Il porta alors son regard sur les hommes qui se trouvaient à bord de la bicoque. Leurs apparats dorés bien que cachés par endroits, ne laissaient présager qu'une seule chose: ils étaient des envoyés du Sanctuaire, venus les aider, du moins pensait-il. Un franc sourire ourla ses lèvres qui ne parvenaient désormais plus à cacher ses dents pour les moins acérées. Tel le diable que la femme angélique avait dépeint plutôt, Aiakos semblait métamorphosé, comme si la venue de ces ennemis avait déclenché chez lui une rage insoupçonnée! Se contentant de les toiser, il ne bougea pas d'un iota si ce n'est pour déclencher un incendie autour des deux protagonistes dorés, pour les substituer aux entités qui tentaient de regagner leur convoi. Comme ce fut le cas auparavant, le brasier du juge était d'un noir ébène, tandis qu'une intense aura flamboyante l'auréolait. Fruit de son âme et de la rancoeur pour les êtres qui l'avaient jeté en pâture, ces flammes qui entouraient l'embarcation, était le signe d'un renouveau. D'un rire moqueur, il les gratifia d'un accueil pour le moins musclé:
    « Un spectre qui aide des Saints, décidément on aura tout vu! » Leur balança-t-il d'un ton ironique, tandis qu'il les saluait d'une révérence tout aussi orchestrée.
Le ton était pour le moins cru, dénué d'enthousiasme, tout ce qui caractérisait pour le mieux le juge des enfers. Qu'il doive faire équipe avec Gilles pour obtenir son dû, passe encore, mais aussi loin qu'il s'en souvienne, son camps et celui de ces miteux chevaliers d'or n'avaient jamais été en bon terme et cela n'était pas prêt d'en changer, du moins tant qu'il serait toujours présent pour l'en empêcher. Non, il n'était pas du tout prêt à faire des concessions, même si au bout un trésor inestimable l'attendait... Il ne pouvait faire comme si de rien n'était, son aversion pour l'ordre du Sanctuaire étant aussi intense que celle qu'il vouait à la Dame des saisons. À eux de faire preuve de courtoisie, il venait tout de même de les sortir d'une situation pour la moins délicate. Un miracle ne se reproduisant jamais deux fois, mieux valait ne pas trop lui en demander!
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MessageSujet: Re: [Novembre 1754] La prophétie de Merlin [Pv: Jara / Eidolon / Gilles de Rais / Callan]   Sam 7 Juin - 23:38

Il arrive qu'à un moment de sa vie, l'on soit confronté à un choix, que l'on soit mis à l'épreuve. Tout le monde tôt ou tard se voit contraint de se soumettre à cet examen, à cette épreuve qui une fois achevée et derrière vous, peut permettre de révéler réellement la personne que l'on est au plus profond de soi et qui ne demandait jusqu'alors qu'à s'exprimer. Ce qui attendait les deux Saints justement, était ce genre de mise à l'épreuve. Au cours de cette quête, Jara, le Chevalier d'Or du Capricorne devrait prouver qu'il était digne de devenir le Roi d'Avalon pour se voir couronner en bonne et due forme. Eidolon quant à lui, devrait épauler le futur Roi, remplir son devoir de Vassal, dans l'optique d'obtenir de plus amples informations le concernant, pour qui sait et sans doute, lui permettre de se découvrir pleinement. La tâche ne serait pas aisée, les complications ne tarderaient pas à pointer le bout de leur nez... Et justement, les choses sérieuses venaient de commencer !

Leur amie fée, Aalanna, après les avoir vus embarquer dans la modeste barque censée leur servir de moyen de locomotion pour parvenir jusqu'à leur destination, avait disparu, plongeant dans l'eau de ce lac malsain et méprisant, sans manquer de les prévenir au passage des obstacles qu'ils ne tarderaient pas à rencontrer sur leur route. Si l'ambiance jusqu'alors avait été détendue, la rencontre avec la Banshee ayant été des plus délicieuses pour les deux Chevaliers -surtout pour Eidolon-, de quoi leur mettre du baume au cœur, en revanche et à présent qu'elle les avait quittés et que d'innombrables dangers les guettaient ça-et-là, l'ambiance était beaucoup plus cérémonieuse, voire tendue... En effet, aucun son ne filtrait, les deux Chevaliers d'Or se muraient dans le silence, sans doute trop concentrés pour penser à autre chose pouvant détendre l'atmosphère... La tension était telle, l'atmosphère si électrique, que lorsqu'ils l'entendirent, Eidolon tout du moins, faillit sursauter et manqua de se jeter à l'eau et donc de sombrer parmi les créatures déplaisantes que cette étendue aqueuse pouvait abriter.

Une voix douce et rassurante s'éleva, faisant fi du silence de cathédrale qui régnait alors. Cette voix à la sonorité féminine était en tout temps similaire à celle d'Aalanna, si bien qu'au début, Eidolon se retourna pour regarder ça-et-là ou cette petite coquine de fée pouvait bien se trouver. Ne la voyant pas, Eidolon crut un instant se trouver en pleine crise de paranoïa, comme si le lac le mettait à l'épreuve... Mais bien vite, contemplant Excalibur, la célèbre épée des légendes arthuriennes, l'amérindien comprit que ce son, cette copie de la voix mélodieuse d'Aalanna, émergeait du cœur même de la lame. Une silhouette féminine ne manqua pas par ailleurs de se refléter derrière eux en cet instant précis, de quoi apeurer n'importe quel non initié... Mais même si Eidolon en connaissait un rayon sur les esprits, jamais il ne se serait attendu à une telle apparition, en un tel lieu et en de telles circonstances ! Si bien, que l'espace d'un instant il dit :
    « Une épée qui parle, ça par exemple... »
Eidolon s'était retrouvé momentanément et véritablement troublé, néanmoins il se fit bien vite une raison, se rappelant les choses bien plus troublantes qu'il avait eu l'occasion d'observer au cours de sa jeune vie et ce à cause de ses dons pour percevoir ce qui défiait l'entendement humain, le commun des mortels... De plus, il était de son devoir de s’accommoder de ce genre de chose, car au cours de leur quête, ce genre de bizarrerie ne manquerait pas de se manifester ! Pour preuve, le Saint à la peau mate sentit dans les secondes qui suivirent cette apparition et les conseils avisés, prodigués par la lame, un bruissement se propager sur l'eau... Ce petit bruissement aurait pu sembler des plus futiles, car à première vue, il l'était, mais Eidolon savait en son for intérieur que tout cela ne présageait rien de bon... Sur l'eau, la moindre ondulation en se propageant pouvait prendre des dimensions dantesques ! Or, ce petit rien était venu troubler la tranquillité du lac tout entier... Par tranquillité, il fallait comprendre que jusqu'alors, le Chevalier d'Or du Cancer n'avait pas senti le soupçon d'une présence malgré sa réticence à s'embarquer sur cette étendue d'eau, alors que maintenant... Ça grouillait de partout !
    « Ça arrive... Ça fonce droit sur nous ! » Dit-il en tout et pour tout à l'attention de Jara.
Qu'entendait-il par ça ? Il ne le savait pas lui-même... Rien d'humain en tout cas... Il n'aurait pas pu leur attribuer une forme, une apparence et encore moins identifier leur nombre... C'était comme si leur environnement tout entier était en train de se muer en une créature informe et bestiale, prête à les tailler en pièce ! Comment pouvait-il le savoir ? Rien de rationnel en tout cas, il le sentait, c'était tout ce qui comptait ! Comme pour confirmer ses dires, la brume gagna de nouveau en intensité... Elle semblait vouloir les piéger ! Tout ce qui les entourait à présent semblait vouloir les étouffer, les prendre au piège pour ne plus jamais les laisser s'échapper... Aucun cosmos là-dedans, rien de connu des Chevaliers, pourtant la sensation qui le tiraillait et qui lui indiquait que ses assaillants étaient tout proches, avait quelque chose de similaire bien que celle-ci soit plus primaire, comme si tout à coup, il s'était découvert le même sens de survie que les animaux, mais un sens plus développé, plus accru encore... L'étau se resserrait autour d'eux... La brume semblait à présent à deux doigts de les empoigner, tandis que la houle semblait désireuse de les renverser... Des bulles firent leur apparition à la surface de l'eau, comme si le lac lui-même semblait bouillir à l'idée de les voir voler en éclat ! Eidolon ne savait pas comment une idée aussi funeste lui était passée par la tête, mais tout ceci était bien réelle... Le lac voulait leur mort.
    « Vous allez mourir ici... » Entendit Eidolon tandis que Jara ne semblait pas avoir entendu ces innombrables bourdonnements se superposer pour ne laisser résonner qu'une unique voix... Une voix cassée, faible, mais sinistre, limite reptilienne s'élever de toute part...
La tension était à son comble à présent... Les quelques rayons du soleil qui étaient parvenus à se frayer un chemin parmi la brume, avaient laissé place à une inquiétante pénombre... La température avait elle aussi baissée, le froid était poignant, limite paralysant ! Pour en témoigner, de chacun de leur souffle s'élevait à présent une épaisse buée blanchâtre... Respirer devenait même un véritable supplice tant l'air qui traversait leurs poumons était glacial ! Eidolon savait l'assaut imminent et leur mort tout aussi proche... Pourtant au plus les secondes passaient, au plus ce supplice psychologique, le fait de se savoir à la merci dont ne sait quoi, lui semblait éprouvant... C'était comme si ces choses jouaient avec leurs nerfs à présent, y prenant même un certain plaisir... Bien vite cependant, Eidolon sentit une masse bien plus importante onduler dans la brume, comme si le centre de gravité de ces choses, de cette chose, était en mouvement...
    « En mourant maintenant... Vous n'aurez pas à supporter tous ces obstacles... Tous ces pièges... Toutes ces atrocités qui ne manqueront pas de se dresser sur votre route au cours de cette quête ! » Renchérit cette voix râpeuse et écoeurante...
Parmi toute cette brume, une volute de fumée en particulier s'agitait dans tout ce flot. C'était imperceptible, du moins Eidolon comme Jara ne l'auraient jamais vu ni sentis si le Cancer n'avait pas été sujet à cette étrange transe qui lui permettait de discerner l'insaisissable depuis quelques minutes déjà... Le métisse réagit instantanément et se dirigea vers l'avant de la barque, sautant sur le rebord de l'embarcadère, s’agrippant à la petite proue de sa main droite pour ne pas tomber tandis qu'il pointait de l'index de sa main gauche quelque chose devant lui...
    « C'est un cadeau que nous vous faisons... Alors soyez reconnaissants... Et... » Épilogua-t-elle, leur fin étant actée à présent...
    « Arrière ! » Lâcha le Saint à la peau ébène, tandis que son index s'illuminait, ce dernier étant visiblement prêt à dégoupiller le premier et à défendre son camarade ainsi que lui-même bec et ongles !
    « … Mourrez sans faire d'histoire ! »
En une infraction de seconde, des dizaines de créatures sans réelles formes sinon vaporeuses, sans visages et aux griffes acérées émergèrent de la brume, prêtes à les tailler en pièce ! Eidolon fut si surpris qu'il serait mort sans cela... Sans une aide extérieure...

Des flammes noires apparurent aussi rapidement que ce que ces créatures étaient apparues pour fondre sur eux ! Ce brasier était d'une puissance telle, d'une température si élevée et inimaginable qu'Eidolon crut malgré tout sa dernière heure arrivée ! Mais au bout de quelques secondes, alors qu'il abaissait enfin ses bras qui protégeaient ses yeux, l'amérindien vit que ces flammes ciblaient uniquement ces créatures. Celui qui avait invoqué ces flammes n'en avait visiblement pas après eux... Le bûcher ayant fait son œuvre, Eidolon sentit ces sinistres présences se retirer tandis que les éclats lumineux du soleil filtraient à travers la brume de là où avaient été lancées les flammes. Eidolon et son compagnon prirent tout naturellement la direction de leur salut, là où se trouvait très probablement leur sauveur et surtout une direction où ils n'auraient plus à se frotter de ci-tôt à ces créatures... Émergeant de la brume, l'embarcadère se retrouva presque aussitôt au bord d'une berge, ce qui ne pouvait laisser présager qu'une seule chose : ils arrivaient à présent à destination.

Dame Aalanna les avait prévenus, mais Eidolon ne s'attendait certainement à croiser si vite ceux avec qui lui et Jara devraient partager leur quête. De plus, il ne se serait sans doute jamais attendu à devoir faire équipe avec de tels individus... Peu importe où Eidolon aurait pu se trouver, de loin comme de près, la teinte violacée de leurs apparats ne laissait planer aucun doute... Un brasier noir composé d'un cosmos maléfique... Une puanteur émanant d'eux empestant la mort... Des surplis... Les deux Saints se retrouvaient à présent nez-à-nez avec des Spectres... Était-ce une blague ? En tout cas elle ne fit pas rire l'amérindien, du moins pas au début. L'un d'eux notamment, le Spectre les ayant sauvés en employant ces flammes sinistres, ne manqua pas de les saluer, ce dernier s'inclinant, en profitant au passage pour se moquer d'eux, ce qui était une véritable provocation de sa part envers les Saints et les Chevaliers d'Athéna dans leur ensemble... Le Chevalier d'Or à la barbe éparse bien sérieux, contrairement à son habitude depuis l'apparition des Spectres, retrouva néanmoins bien vite le sourire, ne pouvant retenir un rire moqueur lui aussi.

    « Oh oh ! Des sous-fifres de la Mort rien que ça ! » Dit-il non sans amusement, mais avec un réel dédain pour eux dans la voix. « Tu as raison Spectre, voilà qui est inattendu de la part de vermines de votre espèce. Néanmoins, un spectre qui s'incline devant des Saints, voilà qui est tout aussi inattendu, ahah ! » Répliqua-t-il à l'attention du serviteur d'Hadès à la langue bien pendue et au tempérament moqueur en tout point similaire au sien, tout en lui faisant un clin d'oeil. « Selon Dame Aalanna, vous aussi êtes des « élus »... Et vous n'êtes visiblement pas sans savoir qu'il nous faut oeuvrer ensemble pour espérer réussir nos quêtes respectives, sans quoi vous ne nous auriez pas « aidé » tout à l'heure. » Poursuit-il, insistant sur le mot « aidé » et non « sauvé », signe qu'avec ou sans son intervention, ils s'en sauraient sortis quand même. « Je ne sais pas quels sont vos dessins spectres, à vrai dire je n'en ai rien à faire. Mais... » continua-t-il avant de marquer une pause, cessant de rire pour afficher son air le plus renfrogné, signe de sa détermination et de reprendre. « Sachez que si vous vous mettez en travers de notre chemin, je n'aurais aucun regret à vous réexpédier parmi les morts une bonne fois pour toute et ce malgré les recommandations de Dame Aalanna ! »
Le ton était donné ! Eidolon n'avait jamais pu encadrer ce blaireau de dieu de la Mort que comptait les armées d'Hadès et avec qui il entretenait certains liens, certaines affinités... Le métisse avait toujours souhaité le rencontrer, ceci dans l'unique but de lui cracher son dédain au visage et voilà que deux de ses sous-fifres pointaient le bout de leur nez... Quelle aubaine ! À défaut de pouvoir lui divulguer son message directement, peut-être y parviendrait-il en s'acharnant sur ceux-là, ce dieu misérable ne manquant sans doute pas d'admirer un tel spectacle! Si la tension était palpable, les ressentiments de ces deux camps tout entier que tout opposait et qui pesaient sur les épaules de ces quatre individus, ne devaient pas faire oublier la raison de leurs venues à tous en ces lieux. Qu'ils le veuillent ou non, les soldats des deux camps ennemis qui se livraient des guerres incessantes à travers les âges allaient devoir oeuvrer ensemble pour la réussite de tous...

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