RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]

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Satine


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MessageSujet: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Dim 6 Avr - 0:52

Ma Maison, mon Vin !






 
« Hm … Y a quelque chose qui crame ... » le nez relevé vers le ciel, je percevais une odeur que je reconnaîtrais entre mille pour l'avoir mainte fois senti. Le vent, en plus de m'apporter les embruns de la mer, faisait danser la cendre grise et noire. « Oh putain … bordel, mes vignes ! »

Les voiles noires et déchirées du célèbre Black Pearl étaient solidement attachées, mais le pavillon, lui, oriflamme ténébreuse, était agité par une main capricieuse et invisible. Ma fierté, mon navire, était amarré depuis peu de temps dans un petit port habitué désormais à notre présence. Bon, à l'époque on leur avait un peu forcé la main à ces pécores trouillards qui pétaient dans leurs frocs, mais maintenant, ils étaient assez contents de nous voir débarquer. Surtout maintenant que leur village était la proie des flammes. Précipitamment, alors qu'il y a de cela quoi, quelques secondes, j'étais perdue dans mes pensées à contempler du haut du mât principal, le paysage somptueux qui s'offrait à moi, je descendis de mon perchoir, telle une harpie furieuse. Dans ce cas là, la comparaison avec cette créature ailée n'était pas très loin de la vérité : sauf que j'étais une sirène. Une Sirène Maléfique qui plus est.

Mon équipage ne s'étonnait même plus de mes humeurs, mettant cela sur le compte de mon foutu caractère – de merde – et maintenant sur ma grossesse qui commençait à être plus que visible. À mon grand désarroi. BON DIEU MA SILHOUETTE DE RÊVE ! Grommelant dans ma barbe, je choppais le premier clampin à ma portée pour lui crier dans les oreilles.

« Toi là, vas me chercher une longue-vue et plus vite que ça ! » Le regardant s'éloigner, j'ajoutais, de mauvaise humeur. « Allez ! Magnes toi fillette ! Je vais te tailler le gras du cul, tu auras ça de moins à t'trimbaler. 'Chier qu'est-ce qui m'a prit d'embaucher un gus pareil. Barbossa ! »

L'intéressé se retourna, un fin sourire ornant son visage qui paraissait figé dans le temps. Il avait un certain charisme, le bougre ! Mais grand Dieu, je lui arracherais bien son sourire à la con ! C'était pas le moment de se foutre de ma gueule ! À grands pas je réduisis la distance qui nous séparait, à néant, le choppant par le col. « Garde ce petit monde à bord veux-tu ? On ira s'amuser plus tard, je sens les emmerdes à plein nez. À mon avis c'est mal barré pour aller picoler. »

Sur ces entrefaites, n'attendant même pas le retour de l'autre tocard et de sa longue-vue, je me barrais au pas de course, n'oubliant pas d'ajuster mon grand chapeau qui me protégerait assurément du soleil. Non, ce n'était pas que par simple coquetterie. Et ce, même si le jour déclinais. Le cœur battant à tout rompre dans ma poitrine, je me faufilais comme une ombre écarlate, dans ces ruelles que je connaissais par cœur, empruntant des chemins détournés, des raccourcis. Je déboulais finalement dans la grande place, même pas essoufflée. La classe, pas vrai ? Bon, à un détail prêt que je me sentais nauséeuse à cause de l'odeur. D'habitude j'apprécie assez la fragrance du sang, mais là …

« Merde … qu'est-ce qui s'est passé ici ? » lâchais-je, incrédule, en faisant face à un bâtiment en feu. MA MAISON ! Entrant dans une rage folle, je serrais les dents et les poings avant de libérer une quantité formidable – exacerbée – de mon cosmos sanguin. La violence, la rage, la colère. Ces sentiments étaient pour moi des alliés puissants : je balayais la porte déjà bien consumée d'une onde formidable et m'y précipitais à l'intérieur.

Je ressortis comme j'étais entrée, les bras chargés de bouteilles. Du vin, en quantité. Qualité, surtout, oui ! Entre mes dents, je tenais fermement l'une de mes sucreries préférées soigneusement emballée dans un mouchoir immaculé, presque. Toute recouverte de cendres, mes vêtements partiellement brûlés par endroit, j'enjambais sans m'en rendre compte, un premier cadavre. « Zut, mes cuissardes sont foutues, 'chier. »

Jurais-je entre mes dents. J'avais marché sur un torse, le bruit mou avait attiré mon attention. Je frappais dans une tête séparée du reste de son corps d'un geste irrité. Mes yeux turquoises, pareils à un océan déchaîné, en colère, tombèrent sur une silhouette debout, bien vivante.

« Quoi ? Qu'est-ce t'as ? Tu veux un portrait ? »






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Arbhaal


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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Lun 7 Avr - 18:39

Citation :
Depuis combien de temps la destruction du village avait-elle débutée ? Les heures filaient sans que j’y prête la moindre attention. Tant que ma soif de vengeance ne serait pas étanchée, la fatigue ou la lassitude n’auraient nulle place dans mon esprit. Je n’avais jamais déployée une telle énergie. Ou du moins dans de telles proportions.
Le prêtre, meurtrier des miens et amant de ma mère, était mort le premier. Je l’avais trainé par les cheveux comme un vulgaire sac de jute à travers les rues sales jusqu’au bucher où il avait attenté à mon existence, voilà bien des années. Un juste retour des choses. Quelques villageois avaient bien tenté de se mettre en travers de ma route. Sans même m’en rendre compte tant mon objectif obnubilait toute ma personne, je les avais réduits en cendre sur mon passage. Leur exemple avait suffit à calmer les ardeurs de leurs pairs. Malgré les cris, les menaces, puis les suppliques du prêtre, personne n’avait osé lui venir en aide lorsque je l’avais attaché au bucher. Mon regard inexpressif s’était alors posé sur lui pour le dévisager durant de longues minutes. Ma haine s’était peu à peu muée en une colère froide, un sentiment de justice, d’inéluctabilité. Sous couvert d’une réputation de respectabilité, protégé par une crainte superstitieuse qu’il savait instillé dans les esprits des villageois naïfs, cet homme avait non seulement sali les valeurs qu’il prétendait véhiculer, mais plus grave encore, il s’était pris pour Dieu. En condamnant des innocents à la mort. Un enfant, un pauvre gamin qui n’avait commis comme seule faute que de vouloir aider son prochain en usant des dons, certes inhabituels, que Dieu lui avait offert. J’avais alors senti un poids pesant sur mon bras, me tirant de mes pensées. C’était ma mère. Les yeux en larmes, elle m’avait supplié d’épargner son amant, de pardonner, de comprendre. La traitresse m’avait même proposé de prendre un nouveau départ, de rejoindre un foyer. Au fond, ce qui m’avait le plus étonné à ce moment précis fut la distance que j’avais réussi à creusé entre cette pathétique créature et moi. Ses prières m’indifféraient. Son regard suppliant me laissait de marbre. Mais en mon for intérieur, je ne pouvais nier mes sentiments. J’avais saisi ce doux visage avec une infinie tendresse pour l’observer une dernière fois. J’y avais lu l’espoir. Elle s’était probablement imaginer que j’allais libérer son amant et faire amende honorable. La dernière expression que je retins d’elle fut l’horreur, l’incompréhension lorsque ma poigne douce se fit étau. Devant ces traits, symboles de mon malheur, de la plus vile trahison, je laissais mes émotions enfouies prendre le pas sur toute considération ou pensée. Mon cosmos s’embrasa pour saturer la place du village. J’entendis à peine le hurlement d’agonie du prêtre, réduit en cendres en quelques instants. Seul comptait cette femme que je tenais devant moi et qui se débattait en vain. Les mots jaillirent alors de moi, comme s’ils y avaient toujours été gravés au fer rouge.


Greatest Caution


La place, les maisons proches, le bucher, l’église furent soufflés par une déferlante infernale qui me laissa seul au milieu d’un désert de mort. Sans tenir compte des quelques débris qui retombaient autour de moi en une pluie morbide, je repris la route pour déambuler chaque rue, chaque coin de ce village maudit. Le brasier qui émanait de ma personne dévorait les habitations, les mortels, bois, pierre, paille sans distinction. Le visage figé, le regard vide, je finis par stopper mon pas en entendant une voix me héler. Sans sortir de mon état proche de la catatonie, je tournais mon attention vers une étrange jeune femme, doté d’une beauté à couper le souffle. Je perçus aussitôt sa colère, mais non une quelconque peur face au chaos qui régnait autour de nous. Qu’importe. Machinalement, je levais ma paume de main qui s’auréola d’un halo de flammes sombres.

Disparais ou meurs… Je n’aurais nul repos tant que ce village ne sera pas réduit en cendres.

Pour démontrer que je ne plaisantais en rien, je propulsais d’un mouvement vif la boule de feu sur le bâtiment le plus proche, déjà en proie à un incendie vigoureux. La pauvre maison s’écroula sur elle-même dans un craquement sinistre. Mon regard déterminé croisa les yeux de biche de la belle et je tachais de lui communiquer un élément essentiel : elle n’aurait pas d’autres chances de fuir cette ruine qui n’avait désormais que mort à lui offrir.
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Satine


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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Lun 7 Avr - 23:43

Le chant de la Sirène






 
Meurs ? Disparaît, Des ordres que je ne pouvais entendre, ni accepter, surtout de la part d'un homme. Comment le pourrais-je ? Alors que par le passé, je n'avais fait que les combattre avec véhémence. J'étais devenue ce que je suis dans cet unique but : m'échapper de ma cage dorée, attraper cette liberté qui nous avait tant fait défaut à moi et à ma sœur. Non, ce n'était pas acceptable. Je ne pouvais sciemment pas, par principe, laisser passer ça, me laisser dicter ma conduite. Meurs, disparaît, il en a de bonnes lui ! Le gus avait le regard dur, je pus lire dans le fond de ses yeux autre chose de dangereux, de presque palpable pour moi. Ça éveillait mon instinct de chasseresse.

Je sentais le sang et le cosmos. Je sentais la colère, l'ivresse de la vengeance. Je sentais une telle chaleur dans mon dos et là, au creux de mon cœur.

Les poings serrés à l'extrême, le bout de mes doigts blanchis, ma mâchoire se crispa encore plus, mes dents grincèrent. La tête basse, mon visage à demi dissimulé sous l'ombrage de mon grand chapeau, je relevais d'un seul coup mon regard emplit de haine et de frustration sur le jeune homme.

« T'es qui enfoiré ? » lâchais-je en le voyant former dans sa main, une sphère d'énergie crépitante. « Si tu fais ça ... »

À peine avais-je commencé à grondé mon avertissement que l'inconnu projetait le sien. Il se foutait de ma gueule ou quoi ?! Ma main agrippa mon couvre chef que je jetais négligemment dans le vent chargé de cendres et de flammèches. À visage découvert, je pouvais le toiser à loisir, le jugeant de mes prunelles de jades qui lançaient des éclairs. Mes cheveux rouges, balayés, se confondaient avec les flammes. D'un geste vif, je me débarrassais de ma veste qui s'était mise à brûler par endroit. En simple bustier noir qui enserrait ma taille, je camouflais ainsi ma grossesse qui commençait à se voir. Une chemise à jabots pour camoufler l'opulence de ma poitrine, un pantalon en cuir noir, simple et des bottes hautes, j'avais tout d'une femme peu amène. Et, à mesure que mon ire s'accroissait, une pierre rouge au bout d'un pendentif se mit à luire fortement.

« D'accord, la plupart des gens de ce village étaient cons comme des manches, mais c'est pas une raison ... » - je laissais exploser mon cosmos rouge sang - … pour réduire en cendre ma maison, tocard ! »

Des bouteilles de vins que j'avais lâché tantôt et qui s'étaient brisées sur le sol, s'écoulaient encore le précieux liquide dont je raffolais tant. Mon vin … Rapide comme l'éclair, je dégainais deux lames courtes et recourbées, jumelles.

« Utiliser le cosmos comme ça, tu es pas très malin, pas vrai ? » Un grondement dans le lointain, parfait. « Ta maîtrise du feu est archaïque, je le sens. Tu es éveillé depuis peu. Tss, c'est bien ma veine. »

Un rire moqueur s'échappa de mes lippes tandis qu'autour de moi, des volutes de fumées vermillons s'envolaient. Puis un chant, lent, mélancolique, inquiétant mais pur et hypnotique à la fois retentit. Une mélodie d’outre-tombe. Pas après pas tandis que je poussais sur ma voix, j'ondulais tel le serpent, enchanteresse, et m'approchais de lui, tout homme fou de désir qu'il était pour moi et qui devait se perdre à me contempler, hypnotisé, déjà mort. Cette pensée me rembrunit pour une obscure raison. Mon aura, ma féminité, ma beauté, mon piège. Il se resserrait autour de lui, à l'instar des griffes d'un oiseau de proie. Prédateur, je le suis. Immanquablement, il se laisserait berner, juste un instant. Arrivée à sa hauteur, j'approchais mon visage à quelques centimètres du sien. Charmeuse, séductrice. Cependant, je ne chantais plus. Maintenant je l'agrippais par le col, plongeant mes yeux dans cet abyme de colère. Le cœur du jeune homme criait VENDETTA ! En moi, quelque chose fit échos. Mon visage devint grave.

« Qui es-tu ? » Ma chevelure se souleva, moi aussi, je sentais le sang, il est mon parfum. « Tu es différent, tu es comme moi. Mais … avises toi de continuer à saccager ce village et je te réduis en miette, c'est clair ? »

Mes lames s'approchèrent dangereusement de son cou qu'allait-il faire ? J'étais curieuse. « Hm, à moins que tu veuilles jouer à qui a la plus grosse mon mignon ? Désolée trésor mais à mon avis, je suis plus joueuse et couillue que toi. - un sourire – Je maîtrise le sang, je suis La Sirène Maléfique. Enchantée. »

Sur ces paroles, des liens de sang surgirent des cadavres fraîchement tués. Ils allèrent enrouler les poignets, les jambes du jeune homme que je tenais à ma merci. Mes lèvres s'approchèrent de son oreille, je lui murmurais, suave :

« Et toi ? Qui es-tu ? »

Une pluie de sang commençait à s'abattre sur nous, goutte après goutte pour éteindre les flammes. Un sourire.






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Arbhaal


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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Mar 8 Avr - 18:05

Je ne m’étais pas attendu à une telle résistance. Loin de fuir face à mes flammes, la beauté répliqua en usant d’un charme qui, je l’avoue humblement, me coupa le souffle. Avant que je n’ai eu le temps de me ressaisir, elle ne tenait devant moi, m’enserrant d’une poigne de fer. La jeune femme semblait furieuse. Une révolte qui me fit écarquiller les yeux. Je venais de venger ma famille, mon clan, d’éliminer ma propre mère et le monstre qui avait tenté de me faire carboniser sur le bucher étant enfant, et cette femme… s’inquiétait pour sa demeure et son vin…
L’espace d’un instant, je restais paralysé par un mélange d’outrage, de fureur et d’effarement face à la vacuité des priorités de cette femme. C’est alors qu’elle me révéla non seulement son identité, mais également la teneur de ses indéniables pouvoirs. Une sirène maléfique.. Quel manque de chance. Je ne m’étais pas attendu à croiser une telle créature dans un moment aussi important. Non seulement, le brasier et mon cosmos ne semblaient pas l’impressionner, mais elle était parvenue à percevoir mon récent éveil à cette énergie hors normes. Une confrontation directe face à une telle adversaire pourrait donc mal finir. Et au final, pourquoi devrais-je la combattre ? Elle n’était pour rien dans le crime que je tenais à faire payer à ces villageois veules. Malgré ma légitime colère, je ne tenais pas à devenir un tueur aveugle, à leur image. J’avais bien pris soin de ne carboniser que des visages que j’avais vu le fameux jour où le prêtre m’avait laissé pour mort. Les autres n’avaient nulle importance à mes yeux. Cette femme y compris. Toutefois, pris dans son étreinte et clairement menacé par son potentiel, je ne pouvais me montrer bravache, à moins de désirer provoquer un duel dont je pourrais sortir perdant. Et puis à quoi bon ? Répondre ne me coutait rien.

Je me nomme Arbhaal… Je ne te veux aucun mal, mais je ne compte pas m’arrêter tant que ce village maudit ne sera pas réduit en cendres !
La belle se la jouait femme fatale et dominatrice. Une belle esbroufe, bien que son physique et sa maitrise indéniable du cosmos avait de quoi rendre crédible ses menaces. Mais ses paroles me piquèrent au vif. Me prenait-elle pour un vulgaire gamin ? Ou méprisait-elle les hommes en général ? Les jugeait-elle faible de nature ? Pour un peu, j’aurais pu croire qu’elle attende que je me confonde en excuses, ou que je m’écrase sous son regard d’acier. Je ne lui ferais pas ce plaisir. Avec une lenteur calculée, mes mains se posèrent sur ses poignets pour les soumettre à une pression susceptible de desserrer l’étau dans lequel elle tenait mon col.

Ecoute, Sirène, ces paysans ont mérité leur sort. Par leur faute, j’ai perdu ma famille. Aussi dociles que des moutons, ils ont prêté foi aux sermons du prêtre maudit de ce village et ont brûlé nos chariots avant de lapider les miens. Femmes, enfants, vieillards. Aucune pitié ou distinction. J’entends encore les clameurs lorsqu’un crâne éclatait sous l’impact d’une pierre…

Mon regard se fit alors moins dur, plus humain. Je plongeais de plus belle mes yeux dans les siens pour lui faire comprendre non seulement le gouffre béant qu’avait creusé ma souffrance mais également la colère que mes souvenirs traumatisants ne pouvaient qu’attiser.

Ma maitrise du feu noir est peut être brute et sans finesse mais, crois moi, il m’obéit et se nourrit de ma douleur ! Tu veux te battre ?! Je suis ton homme ! Mais je préfère mourir que d’épargner un seul de ces culs-terreux misérables ! Leurs corps vont nourrir la terre où sont enterrés les miens !

A son sourire, je répliquais par un air sombre, une détermination sans faille motivée par la résignation de devoir accomplir mon devoir pour pouvoir entamer enfin un nouveau départ. Pour guérir les blessures d’un passé que je ne pouvais renier mais que je désirais plus que tout surmonter.
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Satine


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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Mar 8 Avr - 23:27

Libre de ton Destin






 
« Je vois. » Sans autre forme de procès, je le relâchais. Une à une, les tentacules de sang se retirèrent. Il était libre de ses mouvements, moi aussi alors qu'il y a encore quelques secondes à peine, ses mains avaient prises au piège mes poignets. Ah ah, une technique dont je suis fière, je suis sûre qu'il n'avait rien vu venir. M'étirant comme un chat au soleil – un peu pour le narguer aussi -, je me détournais pour aller rechercher mon chapeau. Après l'avoir dépoussiéré, je le remis sur ma tête. « Je ne t'en empêcherais pas, si j'en avais eu l'occasion, sans doute aurais-je brûlé le bordel dans lequel ont m'avait cloîtré et tout le reste de Londres avec. »

Ma voix était grave, sans aucunes notes d'ironies, de sarcasmes ou de colère. Arborant un masque parfait d'impassibilité, on aurait pu croire que je devenais aussi glaciale que la neige, que le sort des villageois ne me préoccupait guère. C'était faux et vrai en même temps. Comme il l'avait fait, je plongeais une fois encore, mes prunelles dures aux reflets émeraude, dans les siennes.

« Arbhaal, c'est comme ça qu'on prononce ? - quel nom de merde sérieusement, mais pour le moment, je n'étais pas d'humeur à faire une blague douteuse. - Tu penses vraiment que ça va te soulager ? Crois-moi, ce n'est pas le cas. Cette colère que tu ressens es devenue pour moi ma raison d'être, de vivre, j'en veux à la terre entière, je me suis vengée comme toi, bien sûr, mais ça n'a rimé à rien. - une pause, je contemplais les alentours dardant davantage mes yeux sur les cadavres des femmes, des mères, des enfants à moitiés dévorés par les flammes. - Les hommes sont des cons, des égoïstes, ils feront tout pour rechercher pouvoirs et richesses. Je leur crache dessus, je les exècre, mais il faut savoir distinguer les connards, des imbéciles. C'est pas pareil, tu vois ? »

L'accumulation de cendres dans l'air me fit tousser légèrement. Fait chier, si j'aurais su que j'allais me fourrer dans un tel merdier, j'aurais définitivement pris mon écharpe ! Jurant à voix haute, je passais une main sur mon visage, chassant ainsi la poussière accumulée.

« Faut respecter un minimum de choses, garder quelques principes. Par égard pour mon sexe par exemple, je ne lève jamais – ou presque – la main sur les femmes. Pas plus que les enfants, surtout pas les enfants. J'suis une sorte de gardienne de leur innocence, tu sais pourquoi ? Parce que moi aussi j'aurais voulut qu'on me préserve. Mais j'suppose que tu t'en branles, pas vrai ? »

Bah oué, même une pirate sanguinaire avait gardé quelques préceptes. Sans doute par coquetterie, ou pour se persuader à soi-même que l'on était pas si cruel. J'en sais foutre rien, mais quelque part, c'était rassurant de garder une part d'humanité.

« Tu vois tout ça ? Ma maison, mon vin, au final, je m'en balance, même si ça me fait mal au cul, tout cet argent perdu. Ah ah, je fais des rimes en plus … Ahem. Bref le principal, je l'ai là, avec moi, précieusement gardé, protégé. Ma liberté. Tu peux dire que t'es libre toi ? Sincèrement, là tout de suite ? Nan hein, pas vrai ? Regardes toi un peu. »

Je sais pas pourquoi je lui racontais tout ça, ça n'avait sans doute pas de sens pour lui. Je me pris à tourner la tête vers les cieux : cette pluie de sang continuait de faire son office. D'un claquement de doigt, celle-ci s'arrêta.

« Mais t'es maître de ton Destin, j'aurais beau m'égosiller, j'ai pu la patience et pas la force pour essayer de raisonner un gars aveuglé par ses désirs de vendetta. C'est dommage quand même, mais de toute, je peux pas te juger, j'suis pareille, à quelques points près ... »
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Je rengainais mes lames dans mon dos avant de repartir. Intérieurement, j'avais espoir que le message était passé. Lui tournant le dos, je fis quelques pas, prenant la direction où mon bateau était amarré. Mon pas se stoppa net, je lui balançais un regard insistant.

« Mais si t'es pas trop con, tu me suivras. Je pourrais te montrer et t'apprendre à maîtriser ton cosmos, parait que je suis la meilleure pour ça, Poséidon devait le penser en tout cas, il m'envoyais tous les cas désespérés à moi, pour leur donner la leçon, putain ... Bon, si l'envie t'en prends, rejoins moi au port, tu reconnaîtras aisément le bateau. Tu demanderas Mary Red, oublies pas mon nom, mes hommes sont pas commodes et ils pourraient te casser la gueule avant que tu es le temps de lancer l'une de tes petites ba-balles. »

Un petit signe de la main, et ma silhouette disparut dans la brume sanguine. J'ai besoin d'un bain.






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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Mer 9 Avr - 17:55

De manière surprenante, déstabilisante même, la tension qui régnait entre elle et moi se mua en une compréhension instinctive. Je restais de marbre en écoutant les révélations dont elle me fit profiter concernant sa vie passée. Pourtant, intérieurement, je saignais en entendant son récit si proche du mien. Cette femme libérée, épanouie, sure d’elle, avait donc partagé les mêmes émois, les mêmes dilemmes qui me hantaient depuis des années. La sirène avait gouté à la vengeance, à la colère inassouvie. Et le chemin qu’elle avait pris était sans issue. Comme le serait probablement le mien. Je l’écoutais en silence, sans tenir compte des cris d’agonie et des craquements du bois rongé par les flammes qui résonnaient non loin de nous. Mes envies de violence à son encontre s’étaient envolées tant son récit venait de me plonger dans de déstabilisantes réflexions. Le village de mes cauchemars n’était qu’une ruine désormais. Le prêtre responsable de mes souffrances et ma mère n’étaient plus que des cadavres. J’avais encore leur sang sur les mains. Me sentais-je apaisé, serein, libéré ? Non. Ce verdict s’imposa à moi, me faisant grimacer sous le boutoir de sa sinistre résonance dans mon esprit. Je ressentais toujours cette frustration, cette fureur qui me consumait depuis des années. Rien n’était résolu… RIEN !
Lorsque je repris conscience de mon environnement, la sirène se dirigeait déjà vers la sortie de ce champ de mort. Je m’étais à peine rendu compte de son départ tant ses paroles m’avaient troublées. Que devais-je faire ? Que m’avait-elle dit ? La rejoindre. Prendre un nouveau départ à ses cotés pour apprendre à vivre, comme elle l’avait fait jadis. La jeune femme avait évoqué le nom du dieu « Poséidon ». Rien de bien étonnant pour une sirène. Mais je doutais sincèrement de pouvoir me lier un jour à une divinité, tant ma rancœur à l’encontre de ces immortels dénués d’attention pour les éphémères était vivace. Mais qu’importe. Je ne la quittais pas des yeux à mesure qu’elle s’éloignait. Lorsqu’elle disparue enfin à ma vue, un mot, un seul, jaillit de mes lèvres sans que je ne puisse le retenir.

Merci.
Je restais là, immobile, comme paralysé par un choix que je savais crucial. Demeurer un solitaire. Un anonyme perdu dans les dédales de ses atermoiements sans fin. Ou saisir la main que le destin venait de me tendre à travers cette magnifique jeune femme. J’avais la sensation d’avoir été confronté à un reflet de moi-même, plus marqué par la vie et par les expériences enrichissantes. Si je laissais parler mon égo, je ne pouvais que louper une chance unique. Un sourire de résignation se dessina sur mon visage lorsque mes pas me firent quitter ce village. Je ne me retournais pas. Je m’y refusais. J’avais peint mon œuvre de mort, cautérisant par les flammes de ma colère cette partie de ma vie. L’inconnu m’attendait désormais. Suivant les directives de la sirène, je pris la direction du port avec comme tout bagage que mon air redevenu sombre. Je ne mis pas longtemps à repérer le bateau de la donzelle : un magnifique bâtiment. Je restais à l’observer de la proue à la poupe un long moment. Cet assemblage de bois était ma porte de sortie, mon échappatoire. Alors que je m’approchais du promontoire, quelques vois me hélèrent. Une bande de pirates aux gueules amochés me dévisageaient avec une envie peu dissimulée d’en découdre. Avec mon physique fin, je devais leur paraitre un morceau de choix sur lequel se défoulait.

Ola le paysan ! Tu ferais mieux de dégager avant qu’on te rosse ta tronche de bouseux !
Vu le nombreux de villageois qui venaient de trépasser sous mes coups, de telles menaces auraient pu me faire éclater de rire. Ou de colère. Je parvins toutefois à me contenir avec peine. La sirène risquait de ne pas apprécier de voir son équipage se réduire de manière drastique.

Mary Red m’attend. Elle m’a invité à votre bord.
Sans attendre de réponses des marins rustres, je bondis directement sur le pont, en avalant la distance qui le séparait du port. La donzelle devait probablement m’attendre dans sa cabine.
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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Jeu 10 Avr - 0:52

RED






 
Soudain, la porte qui menait au sein de ma cabine s'ouvrit à la volée dans un terrible fracas. Une ombre se faufila sur le pont, comme si elle avait le diable au cul. C'était le cas.

« J'vais te crever les yeux sale fils de pu ... » cette seconde silhouette qui sortait en trombe, c'était moi, ivre de rage, la main armée du premier truc que j'avais trouvé et qui pouvait en certaines circonstances, bien servir. Je parle de la poêle à frire, évidemment, de quoi d'autre ? Je la balançais avec une telle dextérité, que ce ne fut pas ma cible initiale qui se la prit en pleine tronche, mais un connard qui se trouvait là sur ma route. Un râle non loin m'apprit que je m'étais royalement vautrée. Fait chier. « Merde. BARBOSSA ramènes ton cul un peu là si t'es un homme ! »

Avais-je oublié de stipulé que j'étais complètement nue ? Ah, désolée, c'est tout moi ça. Enfin, toujours est-il que je m'élançais comme un éclair, une tornade, rouge, plutôt, pour rattraper mon second me narguant à l'autre bout du Black Pearl. Je filais tellement vite, que je dépassais en coupe-vent celui que j'avais croisé tout à l'heure. Je l'avais même pas remarqué tant mon attention était focalisée sur l'autre tocard. Mes cheveux froissés par un vent invisible, étaient tels une oriflamme, un phare dans la nuit. Je savais tous les regards braqués sur moi. Mais, contrairement à l'étranger qui venait à peine de poser le pied sur mon rafiot, lui n'était pas coutumier de mes manières. Quoi ? Oui, l'absence de manières. Pourquoi une telle rage m'animait, encore ? Oh, disons que c'était un petit jeu instauré entre lui et moi.

Un jeu, que je gagnais très souvent. Hurlant à plein poumon, j'avais pris, ou arraché, une rapière à l'un des pirates qui eut un léger sourire en me voyant faire. À celui là, parce que j'aimais pas sa tronche, et ce sourire, je lui octroyais un soufflet bien placé dans sa gueule. Le même sort était réservé à mon bras droit. Au moment où j'étais sur le point de lui porter une estoc, le vieux bougre se fendit avec une agilité déconcertante qu'on ne lui aurait pas soupçonné, et, sur ces entrefaites, para l'ensemble de mes coups qui pleuvaient. Non, nous n'utilisions pas le cosmos.

Très vite, nous rions tous les deux, de concerts. Nos deux voix firent se rassembler autour de nous, les gredins qui se poussaient et donnaient de l'épaule à son voisin. Les paris étaient ouverts, ça gueulait fort. Cette clameur montant jusqu'au ciel obscurcit, je ne l'entendait pas.

« Tu te traînes, princesse. » un sourire sadique sur les lèvres de Barbossa fit exploser mon cosmos. Mais au lieu de foncer tête baissée, je pris la peine de marquer une pause et de lever une main vers lui pour lui faire un geste obscène. Oh allez, je ne vais pas vous faire un dessin, si ?! « Espèce de vieille pute dégarnie ! »

Je fis ensuite preuve de mon adresse pour le combat rapproché, volant, virevoltant, tourbillonnant sur moi-même au rythme des encouragements de mes hommes. On ouvrait quelques bouteilles, déjà. Sur le point de trouver enfin une faille, je me baissais légèrement avant de me tordre. Le coup de poing fut retentissant. « Touché. »

Triomphante, je levais mon poing en signe de victoire : on me répondit avec effusion. Je sentis une main se poser sur mon épaule. Barbossa, me désigna du menton, la foule. Sourcils froncés, je me pris à parcourir l'assemblée avant de voir l'objet d'inquiétude de mon second. « Tout va bien, il est avec moi. » L'homme aux yeux verts eu une petite moue dubitative. « Toi et tes élans maternels, je comprendrais jamais pourquoi tu fais ça. »

Je lâchais avec un sourire et un haussement d'épaule. « Moi non plus. » Arrivée à la hauteur du jeune homme, je constatais très vite qu'on s'était écarté de mon chemin, et qu'on nous regardait avec insistance. « Allez donc picoler et niquer bande de con, il est avec nous. » M'approchant davantage, je donnais une tape « amicale », c'est à dire sans douceur aucune, dans son épaule. « Bienvenue à bord Ar... Arbhaal, oui ! »

Subitement, je l'attrapais par le col – encore, une fâcheuse habitude – et le reniflais. Je fronçais le nez. « Pouah, tu pues. Allez suit-moi, tu vas avoir le droit au traditionnel bain de Mary Red. »

Je rigolais seule à ma réplique, j'étais d'ailleurs la seule à en comprendre le sens. Je comptais sur mes doigts, le nombre de bains que j'avais fait prendre à mes escl... élèves, élèves ! Je marquais un temps d'arrêt alors que je l'entraînais à ma suite, mes yeux tombèrent sur mon corps totalement dévoilé, sans pudeur.

« Bah quoi ? T'as jamais vu une femme nue ? Va falloir t'y faire, je ressens aucunes gênes à me trimbaler à poil. Et je fais ce-que-je-veux. Je suis la capitaine ! »

Je poussais la porte de ma cabine pour soupirer d'aise. Malgré le léger bazar occasionné par notre soudaine lutte avec Barbossa, la pièce était parfaitement rangée, tapissée de cartes, le sol, de coussins soyeux à la mode Orientale. Du rouge, partout évidemment. RED. Les bougies brûlaient encore, illuminant chichement la pièce. Ça sentait la rose et le jasmin. Au milieu de tout ça, de mes trésors, trônait une baignoire à pattes de lion. L'eau était encore chaude.

« Allez, à la flotte moussaillon. J'irai ensuite nous chercher deux trois trucs à bouffer, si t'as faim ? » Je restais là, plantée comme un navet, les bras croisés sur ma poitrine, à attendre une réaction. Juste une.






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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Jeu 10 Avr - 18:41

Qu’est ce qui me perturba le plus ? Le coté incongru de la scène ? La nudité de la sirène ? La non-surprise des marins ? Difficile à dire tant l’action me laissa sans voix. La furie dans son plus simple appareil se prêta à un jeu guerrier qui remporta vite l’adhésion des marins. Après plusieurs minutes d’un duel entre Mary et l’un de ses subordonnés, combat qu’elle remporta haut la main, les hommes de mer finirent par repérer ma présence. Avant que je n’ai eu le temps d’ouvrir la bouche, Mary me présenta comme sous sa protection et se dirigea vers moi pour m’entrainer dans sa cabine. Toutefois, la remarque sarcastique à mon encontre de la part du marin défait lui valut l’un de ces regards glacial dont j’avais le secret. La promesse silencieuse que cet affront ne serait pas oublié. Malgré mon jeune âge, je n’avais pas l’intention de me laisser intimider, rudoyer ou sous-estimer par de vulgaires pirates d’eau douce. Si je comptais demeurer quelques temps sur ce rafiot, j’avais tout intérêt à m’imposer, et vite. Sinon mon quotidien deviendrait infernal. Je n’eus pas vraiment le temps de dévisager davantage le bougre. Mary me propulsa dans ses appartements privés, tout en m’imposant un bain. Non mais qu’attendait-elle ?! Outre le fait que je vivais sur les routes depuis déjà de longues années, je venais de passer tout le jour à tuer, brûler et combattre ! Je ne pouvais donc pas sentir la rose et l’aubépine ! Une odeur persistante de sang, de fumée âcre et de terre me collait effectivement à la peau. Sans l’intervention de la sirène, j’aurais trouvé une rivière ou un point d’eau quelconque pour me débarrasser des odeurs et des miasmes dû à mes efforts récents. Sans sombrer dans la maniaquerie, j’avais toujours apprécié de prendre soin de mon apparence. C’était pour moi un signe essentiel du respect que je portais à ma personne. Toutefois, la proposition de Mary me laissa déconfit et perplexe. C’était la première fois que je voyais une femme dans son plus simple appareil. Et celle-ci possédait des courbes irréprochables… Quoi que je m’étonnais de la légère protubérance de son ventre. Mary ne semblait nullement se soucier des questions de nudité ou de gêne. Que faire ? Pour dire vrai, je disposais d’un physique avantageux. Fin, musclé de manière visible mais sans outrance, la peau légèrement basanée et un regard profond, j’avais souvent attiré les regards des femmes qui avaient croisé ma route. Néanmoins, je n’avais jamais éprouvé l’envie de découvrir les plaisirs de la chair à leurs cotés. Je souhaitais me réserver pour la femme qui saurait véritablement me faire tourner la tête. Et pour être sincère avec mon émoi, Mary pouvait parfaitement entrer dans cette catégorie.

Je ne suis pas vraiment habitué à me dévoiler de la sorte…

Une grimace déforma mes traits lorsque je m’entendis balbutier dans ce semblant de justification. Bravo… Belle réussite ! Grâce à ma bêtise, Mary n’allait pas manquer de remarquer ma gêne. Je sentis même le rouge me monter au front et je me détournais dans un élan de fierté dérisoire. Avec lenteur, je retirais mes vêtements un à un, le dos toujours effrontément tourner pour éviter de croiser le regard probablement moqueur de la Sirène. Je dû prendre une généreuse inspiration lorsque vint le moment de retirer mes braies. Je ne pourrais jamais l’admettre à haute voix mais le plus difficile à cet instant n’était pas que Mary remarque la vile trahison de mon corps, incapable de résister au souvenir du corps nu qui venait de s’exposer à ma vue, mais la marque de brulure qui restait gravé du haut de ma cuisse au milieu de mon dos. Le symbole humiliant du bucher auquel m’avait condamné un prêtre qui, depuis quelques heures seulement, avait payé ce crime envers ma personne. Prenant soin de dissimuler l’éveil de mon bas ventre en gardant le tissu le long de mon bras, je me dirigeais vers la baignoire et m’y glissais en toute hâte pour dissimuler mon intimité.

Je ne sais pas quoi dire… Je suppose que je te dois des remerciements pour ton accueil. Mais quel sera le prix de ta bonté ? Tu t’en doutes, je n’ai pas d’argent. Et je suis un piètre marin. Je ne serais probablement pas d’une grande utilité sur ton bateau.

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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Jeu 10 Avr - 23:56

Juste une promesse






 
Dans mon enfance, j'avais vécut dans une atmosphère qui puait la décadence, la perversité des hommes et leurs lubies de prendre et de jeter. Ma sœur jumelle et moi avions grandi sans connaître l'innocence, quoique, on nous l'avait préservé pour mieux essayer de la vendre plus tard aux plus offrants, nous connaissions l'amour et ses travers avant même de savoir compter, écrire et lire. Bien que notre « mère » s'efforçait de conserver pour nous, un brin de cette pureté, celle-ci était dérisoire. J'ai dû voir mon premier homme nu en train de copuler allègrement vers les … quoi ? Cinq ou six ans ? On nous avait enseigné d'autres préceptes dans ce cocon mince doré, mais pas celui de connaître la pudeur. Être nue, pour moi, était quelque chose de naturel, quelque chose de nullement offensant. Enfin, c'était ce que je pensais, et continue de penser en ayant après notre fuite de Londres, côtoyée des pirates qui eux aussi, en avaient vraiment rien à branler des convenances.

J'avais aussi appris à force d'observation, comment les hommes pouvaient être aisément manipulables par nous, les femmes. Je comprends de plus en plus que dans le monde dans lequel j'évolue, qu'il faut savoir tricher et utiliser ses atouts pour se faire respecter. Pas que. J'ai vu à quel point le genre masculin était exécrable, j'alimentais cette haine depuis que j'étais devenue Mary Red, la pirate de renom, mon héroïne de roman préférée dont j'avais emprunté le pseudonyme des années plus tôt. Cette rancœur s'était peu à peu apaisée au fil de mes rencontres. Je croyais au destin, je savais que ce n'était pas par hasard si Arbhaal avait croisé ma route. Le voir ainsi, intimidé, hésitant, toucha mon cœur plus que ne fit naître moqueries ou remarques qui l'aurait mit mal à l'aise. D'habitude ça ne m'arrêtait pas, mais là, je n'avais tout simplement pas le courage.

« Tu sais – lançais-je sans entrain, mimant l'ironie – j'en ai déjà vu beaucoup des culs et des paires de hm … après tout, je vis dans un monde d'homme, homme j'ai dû devenir aussi, plus ou moins, enfin, j'suppose que tu vois ce que je veux dire, distribuer des pains, toussa, gueuler fort … j'ai dû faire ma place, comme beaucoup, ce fut pas facile, mais j'y suis arrivée. J'y suis arrivée. »

Mes yeux détaillèrent le plafond avec insistance avant de tomber sur le jeune homme en face de moi, à peine illuminé par des jeux d'ombres et de lumières. Une pointe de nostalgie me submergea, telle une vague. Je remarquais enfin la brûlure qui barrait sa peau d'albâtre, je vois.

« On porte tous des cicatrices. » le froissement de tissus puis le bruit de l'eau m'apprit qu'il était entré dans la baignoire. Je fis quelques pas en sa direction pour me poster à sa vue, à portée de bras. Je lui montrais fièrement avec ma main, les nombreuses cicatrices qui striaient ça et là mon corps, mais que, bizarrement, les hommes ne paraissaient pas remarquer. « Celle là est ma plus grande fierté : c'est celle que j'ai eu en accouchant de Lune, mon premier-né. Comme tu as dû le remarquer, le deuxième ou devrais-je dire le troisième est en route. Oui, j'ai une petite fille aussi, Callista que j'ai recueillis et Lune donc, mon fils. »

Au souvenir de ces jours heureux, je ne pus m'empêcher de sourire, d'avoir cet air rêveur qui fut le mien très souvent, quand j'étais toute gosse. Oui, malgré mon monde, j'étais une rêveuse. Une fille qui rêvait de la mer. « Allez, fait moi une petite place, avec l'autre tocard de Barbossa, qui est mon second, tu l'apprendras vite. C'pas un mauvais bougre, crois-moi, il est juste comme un second père pour moi. Bref, j'ai pas eu le temps de me laver. »

Et plouf, qu'il le veuille ou non, me voilà partie pour m'immerger dans la grande baignoire. L'eau ondula, je riais aux éclats en voyant la tête du jeune blondinet. « Je vais pas te croquer mon trésor, ni te faire faire des choses dont tu n'auras pas envie. J'suis là pour t'aider rien de plus, et, pour répondre à ta question, je ne demande rien en retour qu'une promesse : celle de ne pas me juger trop sévèrement. »

C'était énigmatique pas vrai ? J'avais posé la même condition à Suoh quelques mois auparavant qui avait subit le même « traitement ». Je dois dire qu'Arbhaal s'en tirait plutôt bien, le futur m'apprendra si oui ou non, il était un homme de paroles. « Je déteste les hommes sans honneurs. » me surpris-je à dire tout haut, ce que je pensais tout bas. Ramenant mes genoux contre ma poitrine, je posais mon menton sur mes genoux pour mieux observer ma « victime ».

« C'est vrai que de prime à bord je suis un peu brute de décoffrage, mais j'ai un cœur et je reste une femme. Tant que l'on respecte ma liberté et mes choix, tout se passera pour le mieux. Les autres avant toi l'ont très bien comprit, et à ceux là aussi, je leur ai dis la même chose : je ne veux rien. Juste vivre ma vie, me battre contre mes injustices. »

Ma mine s'assombrit, mon regard de jade se détourna vers l'au-dehors. Quelque part, mes enfants perdus m'attendaient. Mes enfants qu'on m'avait arraché. « Ils m'ont arraché le cœur. »

Oups …






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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Lun 14 Avr - 18:29

Je m’étais toujours méfié des réactions de mon corps. Comme tout homme, ma raison pouvait se retrouvait submergé par les affres de mes passions, et cette perte de contrôle m’effrayait de longue date, moi qui faisait de mon sang-froid une protection contre mes semblables. Lorsque Mary pénétra à son tour dans la baignoire, je me sentis rougir des pieds à la tête. Par réflexe, je repliais mes jambes vers ma poitrine et me forçais à la fixer dans les yeux. Bon sang, quelle torture de tenter de se raisonner face à une femme aussi splendide et attirante ! Mais plus qu’un jeune homme soumis à ses hormones, je demeure un gentleman. J’avais donc prêté une oreille attentive aux paroles de la Sirène qui m’en dévoila bien plus sur son passé et la profondeur de ses émotions. Une vague de compassion et de compréhension m’emplit l’âme en entendant ses propos. Mary n’avait pas eu la vie facile, elle non plus… Après qu’elle eut évoqué ses deux premiers enfants, dont un adopté, je crus bon de lui rendre sa franchise en évoquant mon propre parcours.

Il n’est rien de plus beau que l’amour entre un parent et son enfant. Tu aimes les tiens, cela se voit. Tu resplendis lorsque tu parles d’eux. J’ai eu la chance de pouvoir grandir aux cotés d’un père et surtout d’une grand-mère qui m’ont apporté tout l’amour qu’il m’était possible de recevoir. Je ne me suis pas remis de leur perte et je pense que je n’y parviendrais jamais… Pour ma part, je n’ai jamais eu l’occasion de transmettre mon nom.

Je me mordis la langue pour éviter d’en dire davantage. Une femme aussi prompte à se dévêtir devant un quasi-inconnu ne pouvait que se moquer de moi si elle venait à apprendre que je n’avais jamais touché une femme. Par galanterie, par crainte. Par souci de ne pas m’attacher aussi. C’est alors que sans le vouloir, Mary m’offrit une opportunité de faire dévier la conversation sur un terrain moins périlleux pour mon égo.

Je viens de brûler un village par pure vengeance. Nous avons tous nos morts dans un placard… Quel droit aurais-je de te juger ? Je ne pense pas avoir cette légitimité.


Une fulgurante douleur me vrilla le crâne l’espace d’une seconde. Je restais sans voix face à cette réaction physique que je ne m’expliquais pas. Comme si une présence dans ma tête venait de me faire souffrir suite à ma phrase. Etrange… Je devais être épuisé. Je remarquais alors que Mary venait de tourner le regard vers l’extérieur. Son esprit semblait vagabonder sur une route connue d’elle seule. Un chemin qui fit ressortir une souffrance portée par quelques mots simples mais ô combien saisissants.

Si tu veux mon avis, ton cœur est bel et bien en place. Plus présent que chez bien des personnes qui ont croisés ma route.

Sans même y penser ou agir par préméditation, ma main se tendit à travers l’espace qui me séparait de Mary pour lui saisir la main. Le contact entre nos deux peaux engendra un frisson qui me parcourut la colonne vertébrale. Je tentais par le regard autant que par la chaleur de mon contact de lui communiquer ma compassion et ma compréhension. Je pensais comprendre sa douleur et les mots venaient d’atteindre leur limite. Seule l’empathie pouvait agir désormais. Qu’importe l’indécence de notre position, je me concentrais sur le bien-être que je pouvais peut-être offrir à cette femme pour lui faire oublier, l’espace d’un bref instant, ses douloureux démons.

J’ignore si cela fait de moi un homme d’honneur mais il y a deux choses que je ne supporte pas : l’injustice et la souffrance aveugle et vaine. Mon code moral est basé sur le rejet de ces deux notions. Ce sont là les deux bords de la route sur laquelle j’essaie d’avancer. Tant bien que mal.

Et seul…
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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Mar 15 Avr - 0:05

Je ne suis qu'une Femme







Perdue dans le fil de mes songes, j'errais dans un monde que je m'étais créé : un endroit où je ne pourrais plus souffrir de mes multiples blessures, arrachée à cette réalité trop cruelle. J'aimais m'y rendre parfois, mais le retour n'en était que plus brutal quand je m'y plongeais trop longtemps comme maintenant. J'étais bien en cet instant, baignée par la douce chaleur froide de la lune ronde, pleine. Comme mon ventre. Mes mains d'ailleurs, d'une manière inconsciente, vagabondaient sur celui-ci déjà bien arrondi. Un sourire même se dessina sur mon visage, je pouvais me le permettre, je n'étais plus là. Juste encore un peu … Je pouvais presque entendre le rire de mes enfants, voir leurs petites frimousses réjouies de me retrouver enfin. Ils me tendaient les bras, je n'avais plus qu'à les serrer contre moi, sentir leur peau contre la mienne. La chair de ma chair. Je croyais réellement sentir ça, cette douceur qui emplissait mon cœur d'une joie sans pareille. C'était vrai, en parlant d'eux, je resplendissais, comme l'astre du jour. La chute ne fut que plus rude, étrange.

Je sursautais légèrement à ce contact inopiné. J'eus même d'instinct, un mouvement de recul. À l'instar des animaux mortellement blessés, acculés, sur le point d'être dévorés. Mes yeux verts d'ailleurs devaient en cet instant refléter une intense surprise, suivie d'une déception si grande, que je ne pus la masquer d'emblée. Je tentais tant bien que mal, de camoufler ma stupeur avec un sourire moqueur, une attitude qui se voulait lascive, à l'aise. Ce qui n'était pas du tout le cas bien sûr. Mais j'avais une sainte horreur de me montrer fragile. Sous mon jour véritable, car j'étais après tout une femme brisée. Des désillusions j'en avais vécu. Bien trop, et quelque chose me disait que j'étais encore très loin d'être en paix avec ça. Je cherchais souvent la merde de toute façon. Et l'on récolte bien ce que l'on sème.

« Comment, tu n'as pas encore ? Oh allez, te moques pas de moi, c'est pas gentil ça. Un aussi bel homme que toi. Tu me fais marcher, c'est ça ? » dis-je cela d'une manière moqueuse qui sonnait même bien faux à mes oreilles tellement j'avais dis ça sans conviction. J'aurais dû dire un truc du genre : Quoi ?! T'es encore une pucelle ?! « Je suis pitoyable non ? »

Ce n'était qu'un murmure. Ma main enserrée par celle du jeune Arbhaal se crispa avant d'être inerte, morte au fond, comme je l'étais. Je baissais la tête pour cacher les larmes qui me montaient aux yeux. Plus vivement que je ne l'aurais voulu, je retirais ma main pour échapper à ce contact prolongé qui, d'une manière que je n'expliquais pas, me rendait mal à l'aise. « Si je les aimais vraiment, je ne les aurais pas laissé partir, je me serais battue pour les récupérer et pas attendu autant de temps, si docilement. »

Je me mis à rire sarcastiquement contre moi-même et mes propos. Je me relevais d'un seul coup, faisant déborder la baignoire. Luisante sous le pâle rayon de la lune, je bouillonnais intérieurement : une colère dirigée contre moi-même. De mes cheveux de feu trempés, dégoulinaient une eau claire. La Stella Rubius, le pendentif à mon cou, se mit à lui intensément, faisant échos à mon ire. Poings et dents serrées, je luttais, en vain. La gorge serrée, j'étais sur le point d'imploser. J'étais ainsi, le feu, brisée. La Sirène Maléfique criait en moi. Mais des liens de sang virent subitement s'enrouler autour de moi, m'arrachant un cri de douleur qui ne fit que faire redoubler ma rage. Sortie de l'eau, je renversais le bureau en bois massif, je projetais tout au travers de la pièce, tout ce qui était à la portée de ma main. L'emprise de la Sirène se fit plus forte, elle me blessa même. Un goût ferreux emplissait ma bouche.

« Si j'étais aussi forte que je le laisse paraître, je les aurais déjà arraché à ces connards qui m'ont tout prit ! Y comprit … Astre … Astre … si je n'étais pas … aussi … faible, j'aurais dû … j'aurais dû courir aux Enfers pour te sauver du Styx. » J'éclatais en sanglots, me laissais choir au sol, le dos voûté, les mains plaquées contre mon visage plein de larmes. « Chaque fois que mon cœur se prend à aimer, on me le piétine … je perds tout ceux que j'aime. On m'a interdit d'aimer, et pourtant, pourtant, je ne peux empêcher cela.  Je ne suis qu'une femme. »

Les liens de sang, un à un se retirèrent. Calmée, j'essuyais mes pleurs, toujours prostrée, les muscles endoloris, je ne savais même pas si je pouvais me redresser seule. J'aurais aimé que Celsius soit là, mais lui aussi, était sans doute la prochaine victime de ma malédiction. J'avais si mal, là, au creux de ma poitrine. Il me fallait reconstituer ces éclats de moi-même.

« Désolée de t'offrir un spectacle si misérable, je, je reviens. »

Chancelante, j'essayais de me remettre sur pied dans le but de quitter la pièce, ne pouvant supporter ce regard qui devait peser sur moi. Faible.





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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Mar 15 Avr - 18:16

Je restais muet de stupeur et d’inquiétude en observant l’effet qu’avait eu mon simple contact sur Mary. Sans le vouloir, je l’avais tiré d’un rêve éveillé. D’un songe dans lequel elle s’était glissée malgré ma présence. La jeune femme venait de heurter brutalement une réalité où ses démons demeuraient plus poignants que jamais. La culpabilité m’enserra l’estomac devant sa réaction. Elle se leva avec hâte pour quitter l’eau de notre bain commun et tenta de s’éloigner de moi, comme si elle fuyait un lépreux. Mais, je savais que Mary ne tentait en rien de me blesser. C’était elle-même que la jeune femme tentait d’éloigner. Sa « faiblesse ». Ce simple mot me mit hors de moi. Sa main avait semblé inerte malgré la chaleur humaine de mon contact. J’avais senti une moquerie bon enfant dans ses propos concernant mon innocence mais, ce sujet semblait l’avoir réellement perturbé. La malheureuse laissa les larmes envahir son doux visage et ses propos me firent l’effet d’un chant mélancolique qui me serra la gorge. Car je la comprenais. Je restais muet lorsque son cosmos s’empara de sa chair et qu’elle chuta au sol pour tenter de se trainer loin de moi. Sans même y réfléchir, révolté par cette vision de détresse, je me relevais à mon tour pour enjamber le rebord de la baignoire de nacre. Je restais là, debout, l’observant, les poings serrés, ma pudeur vite reléguée dans les tréfonds de mon esprit. Que pouvais-je faire ? Je me trouvais sans le vouloir face à un terrible dilemme. Je n’avais qu’une envie : serrer cette femme dans mes bras pour lui offrir, l’espace d’un instant, un bouclier qui la masquerait des yeux de ce monde qui la faisait tant souffrir. Une épaule pour qu’elle s’épanche et laisse éclater les sanglots qui menaçaient de la submerger. Mais je savais également qu’un tel acte, tout bienveillant qu’il soit, ne ferait que l’humilier et la conforter dans l’idée stupide et saugrenue qu’elle était faible. Repoussant mes doutes, je laissais mon instinct prendre le pas sur ma raison. Avec lenteur, comme je m’y serais pris avec un animal blessé, je m’approchais pour poser un genou à terre devant elle, visage contre visage. Je ramassais sans y prendre garde ma chemise sur le sol non loin pour en draper Mary avec une infinie tendresse. Sans quitter son regard.

Tu es une femme, oui. Ni une déesse, ni une héroïne de contes. Ne te blâmes pas d’avoir échoué face à un monde aussi injuste que le nôtre. Crois-moi, une seule chose compte… Ton envie d’essayer de sauver tes proches, ta volonté, ton désir de réparer tes erreurs. Ma.. mère m’a abandonné pour pouvoir entamer une relation amoureuse avec un autre homme que mon père. J’étais une entrave à sa vie égoïste. Tout comme le reste de notre clan. Lorsque son amant m’a condamné au bucher, elle n’a pas bronché, n’a pas réagi. Ni pour me défendre, ni pour m’éviter cette mort atroce. Cette femme était faible, et c’est pourquoi elle est morte de mes mains. Mais toi… Tu es si différente.


Il se produisit alors un évènement incongru. Impensable même. Une larme, unique petite goutte d’eau salée, quitta mon œil pour glisser le long de ma joue glabre. Je restais effaré devant cette réaction physique à laquelle je pensais ne plus avoir droit. Depuis combien de longues, si longues années n’avais-je pas pleuré ? Impossible à dire malgré les évènements pour le moins traumatisants que j’avais vécu. C’est d’une voix brisée par une émotion que je ne parvenais pas à définir que je repris la parole. Dans un murmure.

L’amour, le sincère et véritable amour se révèle et se renforce dans les épreuves. Aimer, c’est souffrir. C’est craindre sans cesse de perdre l’autre. Et tant que l’on est en vie, l’espoir nous est autorisé, ne crois-tu pas ? Qu’importe que tu ais des regrets ou des moments de doutes et de faiblesse. Ce n’est rien de plus que la réaction normale d’un être humain que la vie n’a pas épargné. Je n’ai aucun droit de te juger alors cesses de te justifier...


Avec douceur, je levais ma main pour écarter une mèche de cheveux de ses yeux encore rougis et je lui adressais ce sourire que je savais encore innocent, malgré les horreurs que j’avais commis dernièrement.

Non seulement tu as le droit d’aimer, comme tout être doté de sentiments, mais plus encore tu mérites de recevoir cet amour. La souffrance n’est pas une fatalité. Alors relève-toi, Mary Red. Appuie-toi sur moi s’il le faut mais relève-toi. Tu auras tout le temps de pleurer lorsque tu auras récupérer ceux qui comptent à tes yeux.

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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Mar 15 Avr - 23:26

Naissance d'une confiance mutuelle







L'étoffe soyeuse sur ma peau nue m'arracha un petit frisson. Quand mes yeux se relevèrent d'eux-même vers Arbhaal, je me perdis l'espace d'un instant dans l'océan de son regard. Il y avait quelque chose d'insondable en lui, une ombre dont je ne saurais déterminer la provenance. Il l'avait dit lui-même : Nous avons tous des cadavres cachés dans un placard. Dans mon cas, tous ne tiendraient pas dans un seul. L'idée me fit de nouveau frémir, de dégoût cette fois. Mon front se posa contre le sien, peu à peu je sentais mon cœur cesser de battre follement dans ma poitrine. La colère s'évanouissait aussi vite qu'elle était apparue : une chance, d'ordinaire, je devais la refouler encore dans les tréfonds de mon âme meurtrie. Une conséquence du bijou que je portais autour de mon cou, je pense. De cela je n'en étais pas tout à fait sûre non plus. La seule chose que je savais, c'était que la Stella Rubius, ou étoile rouge était une légende pour nous, les atlantes. Un artefact, un astre tombé du ciel, annonciateur d'une catastrophe à venir. J'avais le sentiment depuis l'obtention de la Stella, que j'avais un rôle à jouer au sein du Sanctuaire Sous-Marin. Mais lequel ?

« Différente dis-tu ? Sais-tu comment on me nomme chez moi ? « Celle qui annonce la Mort ». Plutôt flippant non ? » je riais à mes propres mots avant de me figer de stupéfaction. J'attrapais cette larme unique avant qu'elle n'achève sa course dans le cou du jeune homme. Du bout des doigts je cueillais celle-ci avec délicatesse, la couvant d'un regard maternel. « Arbhaal ... »

Laissais-je traîner avant de me taire pour l'écouter parler. Ses mots m’atteignirent avec force : plus que la manière dont il prononça cette tirade pleine d'émotion, d'une voix vibrante, c'était la teneur de cette dernière qui m'émeut au plus haut point. Il m'accorda un sourire, auquel je répondis par un des miens, se voulant enjôleur, rassurant. Quelque chose en cet instant s'imposa à moi. « Je ne sais pas pourquoi, mais je sais que tu dis vrai, toi tu ne me jugeras pas. »

Peu à peu le puzzle se reconstituait : à peine quelques heures s'étaient écoulées depuis notre première rencontre. Il avait été un parfait étranger, perdu, désœuvré dans les flammes faisant face au Destin qu'il s'était choisit et, maintenant, j'avais le sentiment de mieux le connaître, de pouvoir lui accorder un peu de ma confiance. Je restais Mary Red après tout, il me fallait pour me préserver un minimum, garder pour moi quelques secrets. À moins qu'au terme de ce voyage inattendu … cette pensée me fit sourire plus largement : oui, il se pourrait que je lui dise mon vrai prénom.

« T'as raison Arbhaal, il est temps pour moi de me relever. » Mon sourire se mua en une petite moue taquine. « Mais si tu m'aide, mes avis qu'autre chose pourrait se redresser. »

Un petite rire argentin passa outre la barrière de mes lèvres, un vrai cette fois. Les larmes me vinrent presque aux yeux tant l'hilarité me gagnait. Fichtre, ça fait du bien. Cela faisait du bien de pouvoir être soi-même sans avoir à se cacher. Enfin, façon de parler pour moi, bien entendu. Sans crier gare, je me redressais, attrapant dans ce geste inopiné, le bras du blondinet pour l'entraîner à ma suite. Là, faisant mine de me détourner, je revins à la charge pour me mettre sur la pointe des pieds et déposer un léger baiser sur son front.

« Bien, et si on allait grailler Arbhaal ? Je suppose que tu as faim ? Allez, enfile ça et suit moi. »

Vive comme l'éclair, j'avais ouvert en grand le placard – sans macchabées – pour chopper la première chose qui me vint : à savoir une longue tunique bleue-nuit qui appartenait autrefois à Astre et l'un de ses pantalons amples de la même couleur, au style si oriental que j'aimais tant. Je lui jetais le tout avant de boutonner la propre chemise du jeune homme dont il m'avait drapé il y a peu.

« C'était à Astre, « mon époux », il ne t'en voudras pas si tu l'as porte, après tout, les morts ne parlent pas. » j'avais inconsciemment appuyé sur les mots « mon époux », vieille rancœur tenace car notre amour avait été mal perçu et ont nous avait interdit de l'exposer au grand jour et de nous marier. « Ah et, je t'emmène dans l'antre d'Old John, mon plus vieux compagnon, fais pas attention à ses histoires, il va essayer de me mettre dans l'embarra et toi avec. Oh et j'espère que tu as VRAIMENT faim. »

Sans plus d'explications, j'ouvris la porte de ma cabine en grand pour m'engager dans le ventre du Black Pearl. Il y avait toujours une odeur qui restait accrochée à ses planches : moi qui connaissait son histoire, je pouvais la déterminer, pour les non-initiés, c'était un peu plus difficile. « Qu'est-ce que tu sens Arbhaal ? Que te dis ton cosmos sur ce bateau ? »

Mais avant qu'il ne puisse me donner une réponse complète, un brouhaha incroyable commençait à nous parvenir, crescendo. Je reconnu sans mal la voix de ce bon vieux bougre édenté qui devait gueuler contre son perroquet. Une vielle carne débile et malpolie en prime. Je me demandais encore qui lui avait apprit ces jurons. À merde, c'était moi !

« Salut espèce de vieille pute dégarnie ! » rugit l'oiseau au … plumage coloré. Enfin, ce qu'il en restait. « Ferme ta gueule Tristan. »

Un petit hommage à celui qui fut pour moi mon premier amour inavoué : Tristan. C'était lui qui nous avait laissé monter dans ce qui allait être plus tard notre premier navire : l'Esperanza. Celui qui nous avait fait découvrir le cosmos et qui nous étions réellement. Ce jour là, j'aurais mieux fait de me couper une jambe. Je me souviens encore de la tempête qui … arrêtée dans le fil de mes pensées, j'esquivais de peu une louche qui était initialement destinée au dit Tristan.

« Ohé du bateau, c'est moi John, comment ça va vieux timbré ? » l'interpellé leva les yeux de sa marmite, rajustant sa paire de binocle trop grande pour son nez. Il y avait une certaine bonhomie qui se dégageait de lui. Je l'aimais décidément beaucoup. Et j'étais soulagée qu'il soit encore là, auprès de moi après ce qu'il s'était passé avec Suoh. Une autre tempête... « Salut Ann ! Comment va la plus belle des Sirènes ? »

Je le reprenais avec bienveillance, encourageant Arbhaal à se présenter à lui. « Putain t'es pas chier de me confondre après tout ce temps avec ma jumelle ! Moi c'est Mary et je te présente le nouveau ! On comptais … » le vieux me toisa au travers de ces grands verres disproportionnés : « Manger après la baise ? »

Va chier vieux croulant. Ni une ni deux, je piquais des deux, pour, dans un bond souple, aller le chopper par le col et le serrer contre moi, le « malmenant » quelque peu en frottant un poing contre son crâne dégarnie. Il faisait aussitôt mine de crier au secours, entrant dans mon jeu. Je le relâchais, et le bougre alla nous servir deux belles assiettes de lards et d’œufs au plat. J'avalais le tout avec un bon appétit lorgnant dans l'assiette du jeune homme comme le ferait une enfant. Finalement restaurés, je m'étirais comme un chat prête à partir. Old John se racla immédiatement la gorge, quand je me retournais, un immense sourire narquois aux lèvres, il sut que je n'avais pas oublié.

« Mon bisou ! » clama t-il en bougonnant il jeta un coup d’œil à mon compagnon. «  Non, non pas toi hein, je préfère les jolies filles, tu m'en veux pas ? »

Je lançais un regard désolé à Arbhaal. Je l'avais prévenu non ? Lui faisant signe de partir discrètement avant que le vieux ne se souvienne de l'existence de ces gâteaux immondes et dégueulasses dont il avait le secret, nous étions sur le point de partir quand Tristan beugla. « MES GÂTEAUX ! »

« MERDE ! COURS, VITE ! »

S'en suivit une course effrénée dans les couloirs de mon navire. Filant comme le vent, riant aux éclats, nous arrivions finalement à la surface, au grand air. Là, sans m'arrêter, je lui intimais de prendre de l’altitude et de grimper à ma suite, tout la haut. Postés comme des oiseaux de proie tout en haut du mât, nous avions lui et moi une vue imprenable sur l'horizon. Nous étions encore pas trop loin de la côte et du village d'Arbhaal. Je l'observais un temps avant de lui demander, à demis-mots : « Maintenant que tu es libre d'aller où tu veux, où aimerais-tu aller ? Tu sais, j'ai pas oublié ma proposition, je vais t'apprendre à utiliser et mieux appréhender la force qui est en toi, là. » je touchais du bout des doigts, sa poitrine, là où devait se trouver son cœur. « Où aimerais-tu aller ? »





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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Mer 16 Avr - 18:52

Horrifié. Je me sentis rougir des pieds à la tête. Je tentais vainement de bafouiller une justification ou une excuse vaine mais seuls quelques gargouillements inaudibles daignèrent jaillir de ma gorge. J’étais nu comme un ver, mouillé, et à proximité d’une femme ravissante qui se moqua de ma nudité. Ma pudeur naturelle reprit les rênes en un instant et je parvins à me ruer vers mes braies pour tenter de sauver le peu de dignité qu’il me restait. Le rire de Mary était communicatif, et je lui adressais un sourire à la fois niais et sincère. J’avais rarement été dans une situation aussi déstabilisante et légère. Lorsque ma « tortionnaire » m’entraina à sa suite pour prendre une bonne collation, je la suivis sans me faire prier. Je n’avais pas bénéficié d’un repas digne de ce nom depuis des lustres. Hors de question donc de faire la fine bouche ! Elle me mena dans une cabine où nous attendait un individu, que je jugeais d’un âge canonique. Mary me présenta sous un simple sobriquet, qui résumait en fait assez bien mon statut sur ce bateau, et indiqua la raison de notre venue. Je notais au passage que Mary semblait avoir une sœur jumelle. Un élément qu’elle n’avait pas encore évoqué devant moi. Lorsque le vieillard se mit à insinuer que la sirène et moi venions de copulé, mon visage retrouva instantanément sa teinte brique. Le pire n’était pas la gêne que ce type de propos provoquait chez moi, mais plutôt la bouffée d’envie que j’éprouvais à la seule mention de cette possibilité. La vision de la nudité de ma bienfaitrice me submergea bien malgré moi. Sans tenir compte de mon émoi, Mary se jeta sur le bougre pour lui râper le crâne. Je n’osais le souligner mais je craignis l’espace d’un moment qu’elle ne lui arrache sa peau parcheminée. Mais ce type de peur s’envola en un clin d’œil lorsque l’odeur délicieuse de la bonne chère me monta aux narines.

Bon sang, je n’avais pas mangé un aussi bon repas chaud depuis belle lurette !


Joignant le geste à la parole, je dévorais en un rien de temps le frugal mais délicieux repas qui se présentait à moi. Je fus surpris lorsque ma compagne me saisit pour quitter les lieux discrètement. Craignait-elle de devoir laver nos auges ? La raison semblait plutôt être la dégustation de gâteaux à priori infects. Je suivis donc Mary sans poser de questions, comme si le diable était lancé à nos trousses !

On est sur un bateau je te rappelle ! On ne pourra pas l’éviter éternellement !


Une fois sur le pont, j’observais l’immensité de l’étendue d’eau qui se profilait à l’horizon. La question de Mary s’insinua lentement en moi, me poussant à étreindre le plan que j’avais déjà relégué dans un recoin de ma mémoire. Lorsque sa main toucha ma poitrine, je la saisis par réflexe. Comme pour affermir, prouver, me prouver ma présence en ces lieux. Devais-je lui dire la vérité ? Non. Je n’y étais pas encore prêt. Je savais ne pouvoir refuser cet appel. Mais autant tenter de ne pas me focaliser sur ma destination finale. Je rendis à Mary un sourire rayonnant et sortit une carte d’une poche cousue à l’intérieur de ma chemise. Je me penchais sur le pont et désignais un point spécifique. Les côtes de la méditerranée se révélèrent à l’œil de la sirène.

Voici la direction que je dois prendre. Il y a un lieu que je dois visiter le plus rapidement possible.

Je relevais les yeux vers la jeune femme et lançait d’un ton anxieux, de peur de sa réaction.

Je pense devoir y rester un bon moment. Une fois que j’y serais, nos chemins devront se séparer. Mais ce ne sera qu’un au revoir bien sur ! J’ai une dette envers toi.

Pour éviter une réaction véhémente à mes paroles, je me redressais et m’étirais tout en faisant rouler mes muscles.

Bon ! Tu as dit avoir des choses à m’apprendre sur le cosmos ! On s’y met ou aurais-tu peur de mes flammes, Mary Red ?!

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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Jeu 17 Avr - 0:42

Le combat est une danse






« Arrêtes de dire que t'as une dette envers moi ! T'as pas écouté ce que j'ai dis ou quoi ? Faut arrêter la br... »

J'étais sur le point de lui mettre une quiche maison, soit une tape « amicale » derrière la tête, quand, peut-être par instinct de préservation, Arbhaal d'un bond souple, se remit sur ses deux jambes. J'en fis de même, ne pouvant m'empêcher de rire à ce substitut de provocation. Ah là, là, j'avais du travail à faire aussi à ce niveau là !? Je me relevais avec une lenteur calculée et, au lieu de me jeter sur lui pour le prendre par surprise – oui, nous étions hauts perchés, prêts du vide et alors ? Il fallait aussi que je lui apprenne à voler, non ? - je regardais la carte qu'il m'avait confié. Ma mine se fit plus sérieuse en reconnaissant le coin. Cependant, je ne fis aucuns commentaires, non, au contraire, je sifflais un gus en contre bas pour attirer son attention et, avec dextérité, entrepris de plier le papier pour en faire une sorte d'oiseau. Je jetais un œil à ma future proie en lui adressant un clin d’œil.

« Regarde bien. Le cosmos ne sert pas qu'à se foutre sur la gueule, il peut être aussi utilisé pour de belles choses. Ah ah, j'ai une âme d'artiste, je sais. » Malicieuse, j'approchais ma bouche de l'origami improvisé pour souffler dessus. Aussitôt paré d'un halo carmin, il prit « vie » par ce simple soupir. L'oiseau de papier s'envola, petite étoile filante qui se posa directement entre les mains du gus en bas. Il me regardait sans comprendre. Je poussais un soupir de lassitude, ma main se posa sur mes yeux. « T'ES CON OU QUOI ?! APPORTES CE TRUC AU SECOND, BARBOSSA, TU SAIS CELUI QUI CRIE AUSSI FORT QUE MOI ! »

Ma langue claqua contre mon palais, d'exaspération. « Qu'est-ce qui m'a foutu un cornichon pareil … Bon, allez Arbhaal, puisque je vois que tu peux pas résister à l'envie de me voir danser, dansons ! »

Là, sans crier gare ou le prévenir, je le poussais dans le vide. Penchée vers lui, je le regardais tomber lui adressant un petit sourire. Je fis durer le plaisir quelques secondes de plus avant d'appeler mon écaille. Celle-ci me recouvrit au même moment où je me laissais chuter à la suite du jeune homme, mes bras écartés comme pour embrasser le vide. Les ailes d'airain de mon carcan battirent furieusement l'air et, avec toujours autant de souplesse, je le rattrapais par la taille. Un clin d’œil.

« Leçon numéro une : ne jamais baisser sa garde, pas même devant une belle pair de … d'yeux. Tu pensais que j'allais dire quoi ? Coquin va ! »

Je le reposais délicatement au sol, mes pieds ne touchaient pas les planches, non, je me plaisais à rester suspendue dans les airs, appréciant la caresse du Zéphyr. « Le Cosmos est pleins de secrets, mais il est une puissance issue des étoiles et des Dieux. Une force que l'on peut façonner à notre guise. Mais chaque cosmos a sa particularité. Par exemple, le mien est lié fortement au sang, il s'en nourrit. Après, faut développer ça, s'en servir dans différentes façons de combattre. Je ne suis pas la meilleure maître d'arme qui soit, mais j'peux te dire une chose, faut pas délaisser l'exercice physique, savoir manier le plus d'armes possible est un atout. »

Je sortais des replis de mon armure, un petite flûte traversière et la fit pivoter entre mes doigts. « Leçon numéro deux : la surprise. Car oui, oui, ceci est une arme, et mon arme la plus efficace. Dois-je te rappeler que je suis la Sirène Maléfique ? Bon, on va arrêter là la théorie. J'ai l'impression que ton truc à toi, c'est le contact, alors on va travailler ça. Sans user du cosmos pour le moment. Touche moi, et on passera à la seconde étape. »

Bras croisés, j'attendais une réaction de sa part. Si il avait bien écouté ce que je lui disais – je l'espère pour lui – il ne foncerait pas tête baissée car totalement inutile. Non, il fallait qu'il essaye de me prendre par surprise. Ce qui était pas une mince affaire, croyez moi.

« Allez attaque moi, montres moi ce que t'as dans le bide ! Et comme je suis en armure, tu peux y aller. « Il » ne risque rien. » fis-je en mettant l'une de mes mains sur mon ventre protégé par les plaques dorées. « Oh et, toutes questions, même stupides, ne sont pas inutiles. J'y répondrais volontiers. Souviens toi – ajoutais-je sérieusement – le combat est une danse. Et nous sommes deux partenaires hésitants à évoluer ensemble. »





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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Ven 18 Avr - 21:00

Décidement, Mary ne faisait pas les choses à moitié ! A peine mon défi lancé que là voilà qui se met à me martyriser. Parfait ! Elle voulait de l’action ? Je ne pouvais que la satisfaire. Je restais muet d’étonnement et de ravissement en croisant l’éclat de sa magnifique écaille. Cet habit sacré faisait d’elle la servante du dieu Poséidon ! Comme j’aurais aimé en posséder un moi aussi. Mais quel dieu pourrait vouloir d’un pécheur tel que moi ? Pour l’heure, je n’avais pas vraiment le temps de me pencher sur ces considérations philosophiques. Je comptais bien tout faire pour montrer à la jeune femme l’étendue de mon potentiel encore brut. Lorsque le vide m’engloutit, je me contentais de gratifier Mary d’un sourire innocent. Une paire d’ailes enflammées se déploya dans mon dos par un craquement sec. Usant de mon cosmos, je parvins à rétablir mon équilibre avant que la jeune femme ne me saisisse par la taille pour me ramener sur le pont. Ainsi Mary me lançait un défi ? Parvenir à la frapper sans user de mon cosmos. Soit. Au vu de la protection dorée qui recouvrait sa chair, je ne pouvais pas lui faire grand mal de toute manière. Même si la vitesse avait toujours constitué l’un de mes atouts majeurs, ma morphologie tout comme mon esprit vif s’y prêtait, je me doutais que sans un brin de stratégie, je n’arriverais à rien contre une femme aussi expérimentée que mon adversaire.

Tu tiens à rendre les choses difficiles… Bien, alors allons-y ! Je vais même te faire une promesse pour répondre à ton défi. A la fin de cet entrainement, je parviendrais à t’arracher au moins l’un de tes cheveux !

Au vu de mon sourire presque enfantin, Mary aurait bien du mal à se vexer de mon offense. Je savais de longue date que toucher à la chevelure d’une femme était un crime que la belle ne pardonnait jamais. Mas en l’occurrence, je ne voyais pas de raison à être le seul à devoir pâtir dans ma fierté. Et puis si j’avais bien cerné ma nouvelle amie, le jeu n’était pas pour lui déplaire. D’un coup de pied sec, je renversais un seau d’eau douce posé à proximité et en répandit le contenu sur la partie du pont qui me séparait de mon adversaire. Usant de l’effet de surprise, je m’élançais pour glisser sur le bois humide. L’élan offert par ma course décuplée par l’eau me permit de saisir une corde dont je me servis pour parvenir à la hauteur de Mary. Ni une, ni deux, je la gratifiais d’un beau coup de pied visant la poitrine. A peine le pied de nouveau au sol, je me retournais pour l’assaillir par une série de coups de poings vifs dans une garde haute. Cette position était censée obliger Mary à suivre mon mouvement. J’en profitais donc pour me baisser sans prévenir et suivre d’un coup de pied circulaire. Je repris alors mes distances d’une poussée abdominale suivie d’une roulade. Etais-je parvenu à la toucher ? En tout cas, j’y avais mis tout mon talent et mon adresse.
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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Ven 18 Avr - 23:53

Fais-le







Un sourire immense ourla mes lèvres vermeilles. Ainsi donc, lui aussi pouvait voler ? Intéressant, vraiment très intéressant. Il se pourrait bien, en réalité, qu'il finisse par me surprendre complètement. Ma démarche n'était pas anodine. Je voulais voir à l’œuvre son esprit. Même si je ne doutais pas qu'il en avait un bien à sa place, sinon, je ne lui aurais jamais proposé de monter à bord de mon navire, je désirais l'éprouver. Sa remarque me fit apprécier d'autant plus le personnage qu'il était. À la fin de sa réplique, j'esquissais une élégante révérence, suivie d'un petit mouvement de la main, lui intimant qu'il était temps qu'il ouvre le bal. Voyons voir ce qu'il avait dans le pantalon. Seulement, je ne pus m'empêcher de lâcher sur un ton badin, faisant une petite moue, feinte, d'une demoiselle apeurée. Ne vous avais-je point parlé encore de mes talents de comédienne ? Des tours comme ça, j'en ai plein dans ma besace !

« Un cheveu ? Grand Dieu, ce serait une catastrophe ! » je replaçais sciemment, une mèche de cheveux derrière mon oreille. « Il te faudra le garder précieusement alors, car jusque là, personne n'y est parvenu, pas même Barbossa à qui je met des tatanes maison, assez régulièrement. Un amant par contre … aurait nettement plus ses chances. Allez, viens là, viens donc te faire câliner ! »

Sur cette dernière phrase narquoise, je me mis en position de défense : ailes dressées vers les cieux, elles paraissaient être plus menaçantes que faire office de bouclier. Penser cela serait votre première erreur. Si vous aviez écouté ce que j'ai dis avant … Le sceau d'eau ainsi renversé, mon sourire ne s'effaça pas de mon faciès : une bonne idée, un peu simple, mais qui pourrait aisément marcher sur un connard de base. Et non, je n'étais pas un adversaire facile. Et je ne lui laisserait pas le loisir de me toucher si aisément.

« En tout cas tu es plein de fougue et d’ingéniosités c'est bien pour les pucelles, pas pour les femmes comme moi. » J'esquivais chacun de ses mouvements, je les voyais arriver avec une certaine aisance, Suoh avait procédé de la même manière avec moi, quoique pas avec tant de finesses. Lui je l'avoue avait foncé dans le tas, préférant la force brute à l'intelligence. Arbhaal avait un style différent, plus sophistiqué. La vélocité pouvait être un atout majeur lors d'un combat. L'une de mes ailes fit barrage au dernier coup porté : le son produit attira l'attention de quelques badauds avinés qui commencèrent à se rassembler autour de nous. Quelques railleries déjà, naissaient ci et là.

« VOS GUEULES. » clama ma voix puissante et clair. Après cela on aurait pu entendre une mouche loufer. Je riais à ma pensée. Putain, les hommes, suffit de gueuler plus fort qu'eux … Ahem. Je me raclais la gorge avant de reprendre. « Ta précision et ta vitesse t'honores et pour un « débutant », sans cosmos je dirai à vue de pif que tu es capable d'exploser n'importe quel pécore sur ce rafiot. En garde, maintenant, utilise le cosmos, et tu me diras ce que tu as ressenti, ce que tu as vu. Ah et le truc de la corde, c'pas mal.»

Ce fut l'instant que choisit un homme pour faire son apparition. Jusqu'ici il était dans les ombres, immobiles, ses yeux, je le savais, braqués sur moi. Grand et costaud, reconnaissable entre tous avec sa belle barbe rousse. Barbossa. D'une vive allure, il nous rejoignit, jetant un regard mauvais à mon élève. Oh je vois. Un petit rire s'échappa de ma gorge.

« Barbossa est apparemment intéressé mon mignon. Avec lui, pas de fourberies, il veut tester ta force. Alors fait comme je t'ai dis, frappe. Frappe comme si ta vie en dépendait. »

Et c'est là que je vis mon second peu à peu se muer, sa chair remuant comme si les vers l'habitaient. Peu à peu sa trogne se changea en une autre qu'Arbhaal pourrait reconnaître : le fameux prêtre dont il m'avait parlé se dressait devant lui. Ah, putain, j'aimais décidément pas quand Barbossa utilisait cette technique. J'avais toujours l'impression d'être nue en face de lui. Mouais, enfin, vous m'aurez comprit.

« C'pas très malin Barbossa. » l'intéressé m'accorda un regard de connivence. « Mary, personne d'autre que moi le remarque, mais tu es enceinte. Enceinte de cet empoisonneur de malheur, ce Celsius – il cracha au sol – je connais les rumeurs, et si tu te reposes pas, que tu ne te ménages pas. Tu mou ... »

Je l'arrêtais d'un geste de la main. Ma mine était grave et sévère. D'une froideur si vive, que l'on aurait eu du mal à soupçonner chez moi de prime abord. Mais il avait raison, ce trou d'balle. Sauf que j'en avais rien à foutre. Je croisais les bras, le défiant de mes prunelles.

« Arbhaal, fais pas attention à ce qu'il dit. Fais-le. »







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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Sam 19 Avr - 11:06

Je restais interloqué quelques secondes en entendant les paroles du second du navire. Ainsi Mary connaissait le père de son enfant... Mais pourquoi un empoisonneur ? Un nom s'imprima dans ma mémoire : Celsius. Un patronyme peu commun et dont je saurais me souvenir le moment venu.
Toutefois, je n'eus pas vraiment le loisir de m'interroger davantage sur l'amant de Mary. A ma grande stupeur, je vis les traits du dénommé Barbosa se muait en un faciès bien trop familier. Il était mort... Je l'avais tuer voilà encore quelques heures... Mais cet individu maudit entre les maudits se tenait désormais devant moi, me narguant de son regard abject. Je devais sembler une statue de cire pour les spectateurs tant mon corps demeurait tendu. A travers ma fureur, cette colère primitive qui gagnait lentement mais surement ma conscience, je sentis une veine se mettre à palpiter sur mon front lisse. Ma vue se voilà de flammes sombres pour se focaliser sur ma cible. Rien d'autre ne comptait. Que le bateau brûle, que les marins trépassent, plus rien n'avait d'importance. Toute mon essence, mon âme, mes forces se tournaient désormais sur un unique objectif : faire disparaitre cet homme. Certaines blessures ne devaient pas être rouvertes. Mary aurait dû me comprendre sur ce point. J'eus la sensation se sentir les flammes de mon cosmos se muer en un halo qui vint nimber ma silhouette, telle une armure sombre, et mes ailes ardentes prendre de l'envergure, en écho à ma furie. Je ne pouvais le voir mais durant un bref instant, une ombre se dessina au dessus de ma tête pour braquer de son regard avide ma cible.


D'un battement qui sonna tel le claquement d'une voile dans le vent, je m'élançais vers ma proie. Une part de ma conscience savait que c'était impossible, que le prêtre était bel et bien mort. Mais la douleur, la souffrance intime me dépassaient. Poussé par mon élan, je levais le poing en arrière pour décocher un coup monstrueux contre cette face de pourceau ! J'y mis toute ma colère, ma rage, ma soif de meurtre. Mais ce n'était là que le premier d'une longue série. Un râle semblable à celui d'un gigantesque saurien s'échappa de ma gorge, et je priais du fond de mon esprit pour que nul ne puisse détecter le sanglot que je tentais de masquer. Mes poings frappèrent, frappèrent, encore et encore jusqu''à ce que je sentis le sang se mettre à couler de ma chair. Mais la douleur n'était rien. Seul comptait le résultat : faire disparaitre cet être de ma vue pour de bon.
Après un temps indéfini, je me reculais d'un bond, comme si je venais de me brûler et me retrouvais un genou à terre, le souffle court. J'avais envie de m'excuser, de justifier mon geste mais j'en étais incapable. Revoir mon pire cauchemar était de trop. La gorge nouée, le souffle entrecoupé de soubresauts, je parvins toutefois à balbutier quelques mots envers la sirène.

Je ne... voulais pas...
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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Sam 19 Avr - 12:30

Maudits






Qu'est-ce que vous croyiez que je cherchais à faire ? Le pousser à bout bien évidemment et lui prouver qu'il était dangereux. Tout aussi dangereux que son peigne cul dont elle s'était amouraché. Le regard porté vers mon adversaire se fit plus vif, plus cinglant. Moi, Barbossa, était un véritable cauchemars vivant. Même Mary le savait. J'enserrai une chose à mon cou qui brièvement, s'illumina au contact du cosmos du blondinet. Ce fut à cet instant que mes doutes se confirmèrent : c'était un Spectre. Un pion d'Hadès, ou sur le point de le devenir. Sacré nom d'un chien, putain, Mary, tu as un sacré don pour attirer les emmerdes. Dans le genre, j'étais pas mal moi aussi. Mais maintenant que je connaissais cette vérité, il me fallait la laisser éclater en plein jour pour que la belle pirate sache à quoi s'en tenir. Je l'entendais presque m'insulter par pensées. Hm, ça devait être le cas. Puis enfin, la tempête surgit. Rugit plus exactement. Et moi, comme lui tantôt, je restais immobile. Impassible.

« Barbossa ! » un sourire ourla ce qu'il restait de mes lèvres. Des claques j'en avaient pris, mais des comme ça encore jamais. Quand j'ouvris les yeux, un feu noir s'imposa à moi. Le bateau cramait, j'entendais les marins hurler de désespoir. « Arrêtes de gueuler, je vais bien. »

C'était le cas. Me redressant de tout ma hauteur pour toiser Arbhaal, je passais une main sur mon … visage. Je me penchais pour contempler mon reflet dans l'eau. Mais la capitaine du Black Pearl m'en empêcha en m'octroyant une raclée maison. Et la bougresse connaissait mes points faibles.

« Pas dans les joyeuses Mary, j'ai beau être déjà mort, ça fait mal là, dans la tête ! »

Le regard de Mary Red avait changé. Ma vision des choses venait de changer. Mais je ne pensais pas que mon second irait si loin dans la provocation. Je le savais con, mais pas à ce point. « Enfoiré, tu cherchais à faire quoi ? À me montrer ce que je savais déjà ? Qu'est-ce que ça peut te foutre ? »

Je fulminais intérieurement, les poings serrés, prête à sévir encore une fois avec une hargne exacerbée. Le cri d'agonie de ceux qui n'étaient pas frappés par la malédiction du Black Pearl me fit mal. Les autres, je les contemplais aussi avec une certaine tristesse. J'ouvris les bras en grand vers les nues. Ciel, pourrait-tu m'enlacer ?

« La malédiction du Black Pearl ! » clamais-je tandis que les corps des mortels touchèrent les planches du navire de guerre et que d'autres se relevaient, en feu, la peau parcheminée, arrachée, brûlée, carbonisée. Il y en avait quelques uns dont on voyait le squelette. Une vision d'horreur à laquelle j'étais habituée. Je connaissais la suite. Sans accorder un regard ni même à mon second ou Arbhaal, je commençais à partir vers ma cabine. « Allez dormir, demain est un autre jour et le voyage ne sera plus très long. »

Sans plus de cérémonies, les yeux voilés d'indifférence je laissais les ténèbres me happer. Seul le bruit de mes pas résonnèrent de concert avec le crépitement des flammes. Presque arrivée à mes appartements, je vacillais, chancelante, mes jambes ne pouvant apparemment plus supporter mon poids. Pas maintenant. Je réprimais l'envie de vomir, le mal insidieux dans mon ventre. Je sentais l'armure me soutenir, mais …

… j'avais moi-même ma propre malédiction à combattre. Seule. Les yeux fermés, appuyée contre la porte de ma cabine, je tentais de calmer le chaos dans ma tête, cette acidité dans ma bouche. Mon écaille me quitta et je me retrouvais en chemise, celle d'Arbhaal, recroquevillée au pas de la porte de ma chambre. Je crois bien qu'à un moment, je finis par m'endormir.






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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Mar 22 Avr - 18:18

Les apparences n’étaient plus. Ce maudit marin venait de me pousser à révéler ma nature véritable. Scellant ainsi l’estima que me vouait Mary mais me montrant également le vrai visage de son équipage maudit. Nous étions tous bernés par les masques des autres. Lorsque je repris enfin mes esprits, je vis la sirène s’éloignait de moi, et je perçus cette course comme un coup de poignard. Je n’étais pas responsable de ce que j’étais. Je ne pouvais le changer. En s’enfuyant de la sorte, Mary venait de me juger. La riante solitude m’emplit de nouveau le cœur de son écho moqueur. J’avais cru lui échappé mais cette brève bouffée d’oxygène, d’espoir, venait de m’être ôté. Je me trouvais donc face au faciès grimaçant de ce pirate méprisant. Je n’avais qu’une envie : raser ce navire de la poupe à la proue, le réduire en cendres. Renvoyer ces damnées aux enfers. Pourtant, je parvins non sans mal à me contenir. Je devais bien ça à celle qui venait de me tourner le dos. Faisant fi des cris et des avertissements du squelette pathétique à qui je devais mon malheur, je me dirigeais vers la cabine de mon amie. La vue des voiles en feu, ou des marins morts-vivants en prise avec les conséquences de mon cosmos me laissèrent de marbre. J’avais assez de ma détresse pour prêter attention à celle de cadavres qui n’avaient rien à faire en ce monde. Mon instinct me poussait à remettre de l’ordre dans cette anomalie mais je le repoussais une fois encore. Mary ne me pardonnerait jamais un autre écart. M’approchant sans bruit, je restais devant sa porte, fixant le bois d’un air absent. Devais-je m’enfuir sans demandé mon reste ? Honteux. Mais de quoi ?! D’être tel que la vie m’avait fait ? Non. Je devais lui parler, une dernière fois. Je me décidais enfin à toquer à la porte. Une fois. Puis deux. Pas de réponse. Mon espoir commença à s’effilocher mais avant qu’il ne quitte totalement mon cœur douloureux, je me décidais à tenter un dernier coup de folie. J’ouvris la porte. Elle était là. Immobile, endormie, ma chemise sur le dos. La peur me pétrifia. La crainte de troubler son repos, son exil au sein d’un univers éthéré où elle pouvait oubliée ma présence décevante. Ma tête m’ordonnait de partir définitivement et sans me retourner. Mon cœur me maintint sur place. Combien de temps restais-je debout à la couver du regard ? Je l’ignore et cela n’avait strictement aucune importance. J’étais bien décidé à savourer chaque seconde car je savais que cette occasion serait unique. Une envie, une folle pulsion me submergea. Mary et moi avions partagé des moments intenses et, j’osais encore croire qu’un lien de reconnaissance mutuelle nous unissait encore. Sous le clair de lune qui baignait la pièce, la scène me paraissait onirique. Mon esprit cessa de réfléchir pour se focalisé sur les affres de mon cœur jeune. Ma peau nue encore baignée de sueur, je me rapprochais de mon amie pour stopper mon pas à quelques centimètres de sa silhouette prostrée. Je posais alors un genou à terre, tel un preux chevalier face à sa dame.

Mary… Je suis si désolé, si tu savais… Mais sache que je ne t’ai pas menti. Tout ce que tu as vu de moi était authentique. Je ne peux pas changer ce que je suis, qui je suis. Pour être franc, je l’ignore encore. Je vais partir pour ne pas souiller les moments que nous venons de partager. Je n’ai pas oublié que tu ne respectes que les hommes d’honneur.

Je murmurais cette dernière phrase avec une infinie tendresse et une pointe de cet humour léger et simple que j’avais tant apprécié chez elle. Toutefois, avant de quitter sa vie, j’avais une dernière chose à faire. Un ultime présent à lui céder, si elle y consentait.

Si… Si tu le souhaites… J’aimerais vivre cette nuit à tes cotés…

Comment lui prouver autrement mon affection, mon estime et mon respect ? L’espace de quelques heures, elle avait su m’apaiser, me prouver que je n’étais pas aussi seul que je l’avais pensé de prime abord. Longtemps laissé pour mort et rejeté de toutes parts, je n’avais renoué avec l’espoir qu’à bord de ce maudit rafiot. Mary avait autant besoin d’amour que moi. Quel meilleur cadeau pour nous deux que d’en partager le reste de la nuit ?
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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Mar 22 Avr - 23:51

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Tears in my eyes …

J'avais si mal. Si mal là au creux de ma poitrine. La douleur était telle que j'avais l'impression d'être piétinée, malmenée par un étalon sauvage. J'avais l'impression que mon sang était glacé, que sa circulation se faisait hésitante, lente. Se pourrait-il que ce soit … ça ? Pourquoi n'y avait-je pas songé plus tôt ? Mon corps luttait contre le poison de Celsius. Je ne parvenais plus à me souvenir comment j'avais réussi à me hisser sur mon vaste lit, mais sous mes doigts, c'était bien la douceur de mes draps en coton que je sentais. Ma tête … Eh bien, c'était pire qu'une gueule de bois et croyez moi que j'aurais nettement préféré me saouler la gueule plutôt que d'être si … faible. Encore. Je me retournais sur le dos pour contempler un plafond vacillant. Une main se porta à mon front. Fait chier, j'ai de la fièvre. Ça semblait être encore pire qu'avant. Car oui, c'était pas la première fois que ça m'arrivait. Chaque fois je me réfugiais dans ma cabine pour ne plus voir personne. Et d'ordinaire, personne n'osait venir s'aventurer en mes « terres ».

Pas cette fois.

La porte de ma cabine grinça légèrement, moi j'avais fermé les yeux dans l'espoir de m'extirper de ce monde. Et enfin goûter à la paix du Royaume des Songes. Pas cette fois. Quelques pas hésitants sur le planchers. Qui que ce soit, s'en irait-il comme bien souvent, c'était le cas ? Pas cette fois. Une voix brisa le silence qui s'était installé. Arbhaal. Pourquoi revenir me voir ? Il aurait mal interprété mon départ précipité ? Assurément ? L'enverrais-je chier comme je le faisais une fois sur deux avec les autres ? Pas cette fois. Je faisais mine de dormir, allongée de tout mon long sur le satin de quelques coussins, une main cachant mon visage tandis que l'autre, inconsciemment, touchait mon ventre arrondi. Je le sentais hésiter, me regarder. Combien de temps s'était-il écoulé ? Je n'aurais sut le dire.

Mon cœur manqua un battement avant de se serrer. Il était venu pour me faire ses adieux ? Vraiment ? Il croyait que je le détestais ? J'étais sur le point de lui hurler dessus, mais une intuition ou peut-être ce malaise m'en empêcha. Le reste de ses mots … trop abasourdie peut-être, je conservais les yeux clos. J'eus un léger frisson qui parcouru mon corps. Je m'éveillais en douceur pour me tourner vers lui, toujours allongée, pour le regarder.

« Restes. » c'était tout ce qui était parvenu à sortir de ma bouche parmi ce chaos dans ma tête. Une multitude de pensées m'assaillait à ne plus savoir qu'en foutre. Je luttais contre des sentiments contradictoires. Alors, comme je ne savais pas quoi dire, je l'invitais au creux de mes bras. Et je ne bougeais plus pendant de longues secondes. « Tu n'as pas à t'excuser. Je ne t'en veux pas, comment le pourrais-je ? Comment oserais-je omettre, moi un jugement ? J'ai eu la vague sensation de savoir qui tu étais dès que je t'ai vu. Et penses-y. Où te trouves tu maintenant ? Ne changes pas, ne changes jamais. » Je resserrais mon emprise sur lui, à lui faire mal, presque. Je lui susurrai à l'oreille.

« Mais va falloir que tu m'expliques une chose, car je ne sais pas si j'dois me mettre en colère ou être flattée par ta proposition … Sérieusement ! Tu dis que t'es pas un homme d'honneur et tu … rah, je te comprends pas là. »

Je lui octroyais une petite tape derrière la tête, le jugeant d'un regard se voulant mi taquin, mi sévère. Mes prunelles océans se firent plus douces. Je me sentais un peu bizarre. « Si j'suis partie c'est pas parce que je voyais d'un mauvais œil tes actions Arbhaal. Je … je suis très malade et je ne voulais pas paraître faible aux yeux de mes hommes. Pourquoi continueraient-ils de suivre une femme mourante ? »

Je poussais un profond soupir. Je ne le quittais pas des yeux, lui adressant un petit sourire. Une larme roula sur ma joue pâle, fiévreuse. « Moi aussi je me cache ... »

Songeuse, quelques secondes passèrent sans que je n'ajoute quoique ce soit à ce discours. Je finis par me laisser aller, bercée par le mouvement des flots. Puis, je me pris à songer à mes enfants et sans m'en rendre compte, je fredonnais tout d'abord cette vieille berceuse que je ne cessais de chanter, penchée sur leurs berceaux. Ma voix était douce et harmonieuse et, submergée par la mélancolie, celle-ci se fit plus franche pour mourir finalement dans un murmure :

« Satine … mon vrai nom c'est Satine …  »






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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Jeu 24 Avr - 19:01

Elle ne m’en voulait donc pas… Cette simple constatation me soulagea d’un poids en mon cœur. Certes, je doutais que Mary soit du genre à me juger mais j’avais eu une belle peur. Lorsque je me concentrais sur mon amie, je la vis souffrir, ce qui me fit vite oublier mes doutes et mon malaise. Lorsqu’elle me tendit les bras, je vins m’y blottir sans un mot, pour ne pas gâcher cet instant. Elle semblait ne pas vouloir faire suite à ma proposition, pourtant si importante pour moi, mais je n’en conçus nulle rancœur. Peut être le moment ne s’y prêtait pas. Ainsi donc, Mary avait fui pour masquer son état. On disait que les oiseaux se cachaient pour mourir. Il en était donc de même pour les sirènes.

Ne sois pas ridicule. De ce que j’ai vu, aucun des squelettes qui peuplent ton navire n’est dupe de ton état. Tu cherches uniquement à préserver ton égo, jeune fille.

Dans l’obscurité, je souris d’un air volontairement badin. Le message était sérieux mais mieux valait l’adoucir pour ne pas braquer mon amie, au caractère bouillant. Je restais donc à savourer la tendresse de ses bras. Lorsque je sentis les tremblements qui l’agitaient, je m’interrogeais sur ses causes : douleur, froid, épuisement ? Par réflexe, mon cosmos gagna légèrement en intensité. La température de mon corps grimpa pour en faire une source de chaleur agréable au contact de la peau froide de Mary. Je ne savais comment l’aider. Quel mal la rongeait-elle ? Sa fatigue venait-elle de sa grossesse ? J’en doutais sérieusement. Alors que je m’apprêtais à lui poser directement la question, elle me coupa le souffle. Son prénom. Son véritable prénom venait de m’être dévoilé. Mary abandonnait sa plus dense protection, me prouvant ainsi sa confiance. Un tel aveu me toucha par son importance. Je regrettais d’autant moins de lui avoir proposé ma vertu. Après un long moment de silence, je ne pus retenir la question qui me brulait les lèvres.

Comment puis-je t’aider ? De quel mal souffres-tu ? Il doit bien y avoir un moyen de te guérir ou d’apaiser ta douleur…


Depuis longtemps, je savais que la mort n’était pas à craindre. Elle était aussi naturelle que tout autre élément lié à notre existence mortelle. La plupart du temps, le sommeil éternel pouvait même constituer une solution souhaitable, généreuse. Vivre pour souffrir n’était que vacuité et masochisme. Accepter la mort pouvait même s’apparenter à une forme ultime du courage, d’un réalisme exemplaire. De sagesse et d’humilité même. Mais Mary avait encore bien trop de choses à vivre et de regrets pour que j’accepte de la laisser partir dans les limbes.
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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Ven 25 Avr - 19:16

Partir







Sa remarque à propos de mon ego me fit sourire plus que de raison. En temps normal, je me serais vigoureusement offusquée de cette remarque, même formulée sur le ton de la plaisanterie, mais je n'en fis rien, bercée soudainement par la chaleur d'Arbhaal, son corps, si près du mien. Que je maintenais d'ailleurs fermement comme si, inconsciemment, j'essayais de me raccrocher à quelque chose de tangible avant de ne perdre définitivement pied. Je soupirais d'aise avant de reprendre une grande inspiration : un autre sourire ourla mes lèvres.

« Tu sens bon. » lâchais-je sur le même ton badin que lui. S'il voulait jouer à ça, je le pouvais aussi et il était fort probable que des deux, je ne sois pas la plus gênée. « Je … ? »

Sa soudaine question me coupa littéralement le souffle. Les yeux arrondis par la surprise, je ne m'étais pas attendu à ce qu'il prenne ma « révélation » aussi sérieusement. Pourquoi faire preuve de tant de zèle ? Pourquoi voulait-il m'aider à ce point ? D'accord, cela faisait désormais quelques heures – intenses – partagées sans que l'on se rende compte tout deux du temps qui file mais … je ne sais pas, quelque chose me chiffonnait. Sans pour autant dire quoi. Si. Je sais. Interdite, je l'observais dans les yeux sans ciller, mon souffle se faisant plus régulier. Au contact de son cosmos brûlant … je me sentais plus sereine. Plus confiante. Mon sourire ne s'effaça pas quand, après avoir posé un doigt sur sa bouche, je lui susurrais :

« Chut … Arbhaal, ce n'est rien. Vraiment. Je n'ai pas peur de partir, mais je ne partirais pas maintenant. Pas avant d'avoir accomplit ce que je pense être juste. Comme récupérer mes enfants que l'on m'a arraché par exemple … Et grand Dieu, ça ne sera pas de tout repos ! » fis-je en éclatant d'un rire sans joie. « C'est vrai, je l'avoue, j'ai quand même un peu peur de la suite, et … l'ego est tout ce qu'il me reste pour faire bonne figure devant les autres. Je ne veux pas que mes enfants me voient triste. Je vais mourir oui, mais avec le sourire. C'est une promesse que je me suis faite. »

Je le regardais avec le plus grand sérieux du monde. Un contraste saisissant, même pour lui qui commençait à me connaître. Je restais surprise du fait que je lui parle si librement : tellement peu de personnes connaissent mon prénom. Satine. « Ne t'en préoccupes pas, je ne sais pas moi-même avec exactitude ce qu'il m'arrive. J'ai juste l'intuition que c'est un effet du … -j'hésitais de longues secondes avant de lui dire cette vérité, ce fait établit- poison de Celsius. Je crois que sans le vouloir, en m'unissant à lui et en concevant un enfant avec, j'ai … nous … hm … que le fruit de notre union ne me tue à petit feu. C'est compliqué … Mais bon, il va bien falloir que j'aille le voir pour le lui dire ! Il va faire une sacrée gueule, crois-moi, mais je sais qu'il ne me laissera pas tomber. Il aura peut-être une solution. »

Je fis une petite moue involontaire en imaginant sa réaction quand je lui annoncerai qu'il allait être papa. Ce serait assez cocasse je pense, il serait peut-être heureux, non ? Inquiet aussi. Perdue dans mes songes, je finis par continuer sur ma lancée.

« Mais aujourd'hui ce n'est pas vers lui que je m'élance. Non, j'étais en chemin pour retrouver ma sœur. Elle et moi allons faire un sacré remue-ménage ah ah ! C'est dommage que tu … ne viennes pas. »

Lui avouai-je avant de reprendre, ne désirant pas que le silence s'installe trop longtemps entre nous. Je ne voulais pas d'embarras. « Mais tu as tes propres affaires à régler et je ne te jettes pas la pierre. Fais juste attention à toi. Oh, et si un jour tu veux me retrouver, me retrouver dans un endroit sûr, va sur l'île de Circé. Toi aussi tu y seras en sécurité, j'ai veillé à ce que ce soit mon refuge. »

Distraitement, du bout des doigts, je me pris à jouer avec quelques mèches de ses cheveux blonds. Je suspendis mon geste en me rendant compte de ma mimique. Une autre moue. L'habitude, sans doute.






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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Lun 12 Mai - 18:24

Je me laissais aller à savourer ce doux contact de longs instants durant. Les doigts fins de Mary s’amusaient avec mes mèches et cette proximité mi-innocente, mi-sensuelle me plongea dans des méandres de quiétude et de bonheur simple. Le moment présent, uniquement lui, sans passé lourd, ni futur inquiétant. J’étais là, avec elle, dans une bulle qui n’appartenait qu’à nous. Je sentais du regret dans ses paroles et mon cœur se serra. Que faire ? Devais-je l’accompagner à la recherche de sa sœur ? En quoi avait-elle besoin de moi ? Au vu de son état préoccupant, la réponse me sauta aux yeux. Pourtant, mon destin m’appelait et je savais où trouvait les réponses à mes questions. Les mots jaillirent sans que je n’eus le temps d’en peser la portée.

Quel homme d’honneur serais-je si je devais t’abandonner dans une telle situation ? Trouver ta sœur ne nous prendra pas des années. Je peux bien repousser ma quête pour toi…

Plus j’observais les yeux de biche de Mary, plus la nécessité de taire ma véritable motivation m’apparaissait nécessaire. Si son état continuait à se dégrader tout le long de sa grossesse, la sirène aurait peut être besoin d’un ami pour la soutenir et ainsi mieux masquer son malaise. Peut être même pour l’aider à mettre au monde l’enfant qui attentait par sa seule existence à sa vie. Volontairement ou non, Mary venait de me dévoiler l’identité du père : Celsius. Un total inconnu pour l’instant.

Qui est-il ? Celsius… L’aimes-tu ? Pourquoi n’est-il pas avec toi alors que tu te meurs par sa faute ? Tu dis être certaine de son soutien alors pourquoi attendre pour aller le quérir ?!

Je n’avais pas voulu paraitre agressif mais au vu de la situation, je ne pouvais porter cet homme dans mon cœur. Mary ne l’avait pas encore informé de sa paternité mais il n’en demeurait pas moins que ce Celsius était en train de mettre la vie de mon amie en péril par sa coupable légèreté. Instinctivement, ma main se posa sur le ventre légèrement arrondie de la sirène. Ce refuge de mère nature où la cause de sa lente agonie se développait chaque jour. Peut-être était-il possible d’agir ? Cette « chose » n’était pas encore un enfant. Il n’avait ni conscience, ni identité. Une potion ou quelques herbes et le mal de Mary s’en irait pour de bon. Devais-je lui soumettre cette idée ? Comprendrait-elle que seule sa survie et son bien-être comptait à mes yeux ?
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MessageSujet: Re: [Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]   Lun 12 Mai - 19:38

Quête






« Non, non, ne fais pas ça. » fis-je en me redressant sur un coude pour le regarder gravement. « Ce n'est pas ce qui est convenu, en plus, je n'aurais pas besoin de toi pour ça. Tu as plus important à faire que de me chaperonner. Ann ne me raterait pas en plus. Tu vois, c'est censé être secret. Dangereux et secret. J'peux pas vraiment prendre de risques. »

Je lui souriais pour lui signifier que sur cette blague, il fallait mieux pour lui qu'il se tranquillise : mais le simple fait qu'il puisse se soucier de mon sort avait quelque chose de touchant. De vraiment touchant. Ses yeux me détaillèrent alors et je ne détournais pas le regard, quelque chose dans les yeux de mon amis m'avait interpellé. Il semblait si sérieux en cet instant et mon cœur se serra. Je me doutais que ses prochaines paroles n'allaient pas me plaire, qu'il allait toucher à un point aussi sensible que … privé, en quelque sorte. Devrais-je lui autoriser l'accès à mes pensées les plus secrètes ? Après tout je ne le connaissais que très peu. Mais ce feu dans ces deux prunelles claires … Puis les questions tombèrent.

Je le contemplais sans mot dire. En vérité je ne savais pas quoi lui répondre. Si, bien sûr ! Que cela ne le concernait pas ! Voilà, parfait, je n'avais plus qu'à lui dire cela, et choisir la voie de la facilité. Me taire, pour une fois. Garder mes véritables maux pour moi, comme toujours. En voilà une solution bien pratique. Je me laissais retomber parmi les coussins, poussant un long soupir. Je fermais les yeux, ma bouche s’entrouvrit.

« Il ne sait rien de tout ça. » L'une de mes mains se posa en travers de mon front. « Et j'ai trop peur de le lui dire. Il s'en voudrait, et se blâmerait alors que ce n'est pas de sa faute. Il … il est ainsi et j'étais consciente de sa nature. »

Soudain, je sentis les doigts d'Arbhaal effleurer mon ventre. J'eus malgré moi un petit sourire. « Tu sens ça ? Tu sens son petit cœur battre ? » Mon visage se tourna vers le sien. Je ne souriais plus. « Je ne peux pas le lui dire. Je veux le protéger. Je veux le protéger de lui-même. Alors pour le moment je vais me taire et aller de l'avant. Aller chercher Lune et Callista. Et quand je serais prête, j'irai le voir. »

Cet éclat dans ses yeux … je ne pouvais pas l'ignorer. Avec douceur, je me rapprochais davantage pour lui murmurer : « Je sais ce que tu penses. Et non, ma réponse est non, je ne peux pas me résoudre à abandonner une vie, aussi petite fusse t-elle. Même si elle me tue. »

Même si à la fin, je devrais en mourir.

« J'ai ma propre quête, comme tu as la tienne. Ne l'abandonne pas, pas pour moi. C'est un ordre de ton capitaine. »






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[Janvier 1755] ~° Feu et Sang une rencontre fortuite [Mary/Arbhaal]

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