RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]

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Satine


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MessageSujet: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Lun 12 Mai - 20:30

Le jeu des Alliances






=> Entrée du SSM


Enfin ! Bordel ! Je quittais la pièce, certes, le cœur lourd, mes pensées focalisées sur ce qu'il venait de se produire, mais je ressentais également un soulagement immense à me barrer de là ! Je n'avais pas peur de la confrontation d'ordinaire, mais là, c'était un peu trop pour moi. Mon père, puis Haiken, et maintenant quoi ? J'espérais que désormais, les choses seraient un peu plus simples. Je n'étais pas d'humeur. Plus pour hurler en tout cas. Adoptant une attitude plus « noble », en tout cas autant que faire se peut, je déambulais un long moment dans les couloirs. Je m'assurais de temps à autre qu'Arbhaal me suivait. Bien sûr qu'il marchait dans mes pas, il n'allait pas me laisser tomber lui, si ? Oh … j'allais presque oublier la raison pour laquelle il était ici. Ma mine s'assombrit, je me rembrunis davantage, m'enfermant dans un mutisme inquiétant. Il était là pour une alliance. Étais-je en état de jouer à un tel jeu ?

Mes pas se stoppèrent net. Progressivement le silence s'installa car aux alentours, il n'y avait personne à part nous. Je … où devions nous aller ? Cette constatation me fit du mal plus qu'elle m'embêta. Enfin, si je me sentais bête.

« Je suis stupide … » ma voix n'était certes qu'un murmure, et je ne m'étais pas rendue compte que je venais de penser à haute voix. « Haiken a peut-être raison après tout, à quoi je joue ? »

Le bruit de mes pieds nus sur le marbre blanc reprit. J'évoluais parmi les colonnes sans me soucier du chemin que j'empruntais : à quoi je songeais ? Face à une porte à double battant richement décorées, j'eus un léger moment d'hésitation avant de l'ouvrir. Mon cœur manqua un battement. Pourquoi ? Pourquoi mon instinct venait-il de me guider ici ? Où je savais, il n'y aurait pour moi que fantômes et regrets. Il faisait si sombre … D'un claquement de doigt, je fis s'allumer quelques flammèches bleues qui brûlaient en suspension dans les airs. Illuminée, la pièce avait un côté moins lugubre, bien que l'atmosphère n'était pas chaleureuse non plus. Au milieu de cette dernière reposait un cercueil de glace. Ce n'était pas de la glace, mais la froideur sous mes doigts étaient la même.

Je me mordais les lèvres en m'approchant de cette silhouette qui était allongée à l'intérieur. Je m'agenouillais avec lenteur – due aussi à mon gros ventre douloureux – pour joindre les mains, en prière avant de briser cette posture et étreindre cet étrange couvercle d'orichalque. Mon front brûlant rencontra la froideur de cette étrange matière.

« Astre … Alors ils t-ont gardé là pendant tout ce temps ? Dans tout ce noir, loin de mes yeux, de mon cœur qui repose à tes côtés ? » Je relevais la tête pour chercher à lui prendre la main, mais il était prisonnier. « Arbhaal, je te présente Astre, il sera le témoin silencieux de notre échange. Il n'est pas … vraiment mort, son âme est perdue quelque part, ou gardé jalousement Poséidon seul sait où. »

Je me redressais en m'aidant du cercueil pour faire face au Spectre. « Ainsi donc, c'était ça ta quête ? Devenir l'un des Trois ? J'avoue que ma propre aventure à côté paraît bien fade et dérisoire … Mais je vais la fermer et écouter ce que t'as à me suggérer. Mais attention, j'te promets rien que l'on soit bien clair là dessus. » Une pause. « Hm … Mais avant de commencer à jacasser, tu voudrais pas m'aider à aller m’asseoir là bas ? »

Malgré moi, mes yeux restaient accrochés à celui que j'aimais autrefois par dessus tout. Le perdre fut si dur ... le voir après toutes ces années, immobile, les bras en croix contre sa poitrine était une nouvelle épreuve que je n'étais pas certaine de pouvoir endurer. Son visage d'ange m'ébranlais, j'espérais tant voir s'ouvrir ses yeux verts, le voir s'éveiller et me regarder, candidement, me sourire béatement, bêtement même. Probablement qu'en essayant de se relever il se vautrerait dans toute sa prestance. Ma tornade rousse.

Non, je ne devais pas pleurer, je devais être forte.





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Arbhaal


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Mar 13 Mai - 18:30


Laissant le général des mers inconnu sur place, je suivis d’un pas vif Mary Red à travers une série de longs couloirs. Mon amie marchait vite et les traits tirés de son visage n’auguraient rien de bon. Elle semblait indubitablement tourmentée par la scène qui venait de se dérouler et je décidais de lui laisser le calme et le silence nécessaire à ce qu’elle reprenne le dessus sur son émoi. Après des tours et détours, elle m’entraina dans une pièce lugubre, au sein de laquelle reposait un cercueil. D’un œil étonné, j’observais Mary se mettre à enlacer le sarcophage d’orichalque. Profitant de mon silence, la générale de la sirène maléfique me révéla alors l’identité de l’homme qui dormait d’un sommeil éternel en ce lieu. Je compris aussitôt la raison de sa détresse. Avant même qu’elle ne me le demande, je me dirigeais vers Mary pour la soulever délicatement dans mes bras. Avec la même tendresse que j’aurais eue pour mon plus grand trésor, je portais mon amie vers un siège confortable sur lequel je l’installais aussitôt. Mes yeux plongèrent dans les siens en un lien muet mais tangible. Une complicité emplie de sincérité, de franchise.

Ne te surmène pas. Il n’y a pas d’ennemi dans cette pièce alors profites en pour te reposer. Et je ne parle pas que de tes courbatures…

Entre la pénible apparition dans la salle où elle avait assassiné ces vieillards, l’arrivée du bruyant marina et la découverte de celui qui dormait à quelques pas de nous, Mary devait être épuisée psychologiquement. Pour une femme enceinte, notamment d’un enfant qui l’empoisonnait lentement mais surement, c’était bien trop d’émotions. Malheureusement, ma mission n’allait pas contribuer à son apaisement. J’avais grand besoin qu’elle joue pleinement son rôle de représentante de Poséidon et ce malgré ma bienveillance à son égard. Avec douceur, j’approchais mes lèvres de son front pour y déposer un tendre baiser. Je pris alors mon recul pour symboliser la distance que j’étais obligé d’instaurer le temps de cette pénible discussion. Mon regard se fit distant, froid et je redevins le juge Rhadamanthe de la Wyvern.

Plus qu’une quête, il s’agissait de mon destin. Je ne pouvais m’y soustraire. Mais qu’importe.

Machinalement, je promenais mon attention sur la pièce et ses détails. Pour mieux m’imprégner de l’ambiance austère et de l’importance des paroles que je m’apprêtais à prononcer.

Le seigneur Hadès souhaite établir une alliance concrète avec le royaume sous-marin. Une union mutuellement profitable, basée sur la confiance et un objectif commun. Outre un pacte de non-agression, la base de tout engagement entre nos deux factions, nous vous proposons de joindre nos forces pour faire barrage à un adversaire qui prend chaque jour plus d’importance.

Je venais de me lancer dans le vif du sujet et je savais que mon ton, pour le moins énigmatique, risquait de piquer la curiosité de mon amie. C’était d’ailleurs mon objectif. Indulgent, je repris la parole pour abréger son attente.

Il va de soit que tout ce que nous dirons dans cette pièce restera totalement confidentiel, Sirène. Le Sanctuaire d’Athéna est notre cible. Depuis trop longtemps, les chevaliers d’or règnent sans opposition sur la Terre. Poséidon, tout comme le seigneur Hadès, ne peuvent laisser cette situation perdurer. Il est grand temps de reprendre la main et de prouver la valeur des armées de nos divinités respectives.
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Satine


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Mar 13 Mai - 22:36

Début des négociations






« Je ne euh … t'étais pas obligé de me porter comme une princesse … » fis-je un rien déconcertée quand il me souleva de terre. « Je suis enceinte, pas en sucre ! » maugréais-je en me laissant tout de même faire.

Je l'avoue, cette attention, en plus de faire du bien à mes petits pieds endoloris, m'alla droit au cœur. Si j'avais pas vraiment eu l'habitude d'être bichonnée, surtout ces derniers mois pour le moins … mouvementés, je devais bien avouer que ce n'était pas désagréable. Tout comme ça m'agaçait prodigieusement. Pourquoi ? Parce que j'aimais pas paraître faible. J'avais combattu ce fait toute mon existence et ce n'était pas prêt de changer. Cependant, je préférais éviter de me montrer trop agressive : il avait raison après tout : ici, pas d'ennemis, seulement nous. Et Astre. Mes yeux turquoises focalisés sur le cercueil j'eus un mouvement de surprise quand il déposa un léger baiser sur mon front. Oh hey fallait pas pousser là ! Je fus sur le point de l'engueuler pour dissimuler ma gêne, ma surprise et mon embarras sauf que … rien ne vint. Marmonnant dans ma barbe des propos incompréhensibles, je relevais les yeux pour rencontrer les siens.

Le rouge de mes joues s'effaçait peu à peu, mon visage prenant ainsi un sérieux de circonstance. Je savais déjà ce qu'il allait me proposer, je m'en doutais fortement en tout cas. Mais je crus que sa dernière phrase était une blague et je me pris à rire à gorge déployée, de bonne humeur.

« Ah ! Ah ! Te fous pas de moi Arbhaal, c'est pas le moment de plaisanter … oh putain … tu plaisantes pas. » Je devenais livide, sentant mon sang quitter mon visage. Je crus bien me sentir mal à un moment. « Non mais sérieusement, t'as vu la gueule de « mon » armée ?! Tu penses vraiment que, dans l'éventualité d'une alliance concrète comme tu dis, que euh … je sois en disposition de faire quelque chose ?! Je viens – au cas où tu l'aurais pas remarqué – d'achever une guerre civile, exploser la gueule à tout un Conseil en plus de leur force armée, notre principale ressource. Et je te parle même pas de la gueule de notre flotte … Mon ami Ase m'a bien aidé à les défoncer d'ailleurs. Si vous devez former une alliance, allez plutôt vous geler le cul là bas. Par contre, bonne chance pour l'hospitalité. Ils sont aussi cons que coincé du … bref. »

Je conservais le silence pour le laisser réfléchir à tout ceci. « Tu voulais de la franchise … en voilà. Je ne peux en l'état rien faire pour vous. Je sais aussi qu'au temps où Astre était aux commandes du Sanctuaire Sous-Marin, celui-ci avait établit une alliance secrète avec les Enfers. Je crois que c'est toujours d'actualité mais … qu'est-ce que j'en ai a branler moi ? J'y gagne quoi et surtout VOUS, vous y gagnez quoi à vous allier à des estropiés ? »

Je me redressais, impériale, déployant un sérieux qui, jusque là, je n'avais pas fait montre devant n'importe qui. Peu savait à quel point je pouvais me montrer magnanime et … pragmatique.

« De plus tu dois apprendre que l'ancien hôte de Poséidon avait forgé une alliance de Fer et de Sang avec les Saints. Et ils nous ont beaucoup aidé quand nous avons perdu l'Atlantide. Une histoire à la con de divinité … c'est à ce moment là d'ailleurs qu'Athéna est morte, ils nous en veulent j'pense, comme ils doivent m'en vouloir d'avoir butté par inadvertance leur Grand Pope … Hm bordel, mais c'est vrai ça, ça pue un peu pour nos miches. »

Je riais jaune à cette idée. Oublieuse de ces derniers événements bien qu'ils m'aient touché quelque peu, il ne fallait pas que j'oublie le fait que j'étais l'une des témoins de l'évolution de cette dite entente.

« Tu comprends que je suis un peu bloquée là … Et je pense qu'un statu-quo serait la situation la moins risquée pour les atlantes, enfin … ce qu'il en reste. »

Les deux mains sur mon ventre lourd et douloureux, j'ajoutais gravement : « Je n'ai rien à t'offrir Arbhaal, rien de sérieux en tout cas. » J'hésitais à lui révéler autre chose. « Puis … Celsius est le Saint des Poissons, dernier rempart du Sanctuaire, et je doute qu'il … le prendrait bien. »

J'étais sincère. Qu'aurait-il à répondre à cela ? La mine basse, j'évitais à tout prix de croiser son regard.

« Fais chier, je hais la politique. »





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Arbhaal


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Mer 14 Mai - 18:02

Un grand froid m’envahit peu à peu. Chaque mot, chaque explication, chaque justification de la part de Mary Red me plongeait lentement dans un état d’esprit détaché. Plus par instinct que par volonté, je notais tous les précieux détails qui transparaissaient dans ses propos. Les forces de Poséidon étaient donc à l’agonie. Ce simple constat aurait dû me contrarier mais je restais sous le coup d’une autre vérité bien plus blessante.
Je dévisageais cette femme qui m’avait abusé. Comme tant d’autres avant elle, Mary avait joué avec mes espoirs en me proposant une confiance mutuelle et une complicité qui n’étaient rien d’autres que des chimères, qui aujourd’hui se riaient de ma naïveté. Quoi qu’elle en dise, je ne retenais qu’une chose, qu’un unique mot : Celsius. La sirène maléfique me refusait son aide pour ne pas « contrarier » son amant… Cette franchise me fit sourire. Entre son empoisonneur en armure dorée et moi, le choix était donc vite fait. Parfait, j’en prenais acte. En mon for intérieur, je riais de ma bêtise. J’avais crû en cette amitié mais je venais d’en heurter les limites. Au final, je n’étais rien d’autre qu’un homme stupide qui avait eut la folie de prêter foi au charme d’une sirène. Je ne pouvais que m’en blâmer. Pour l’heure, je repoussais mes sentiments, ce qui au final ne fut pas bien ardu tant je m’étais habitué à ressentir la morsure de l’abandon, de la trahison. Une de plus. Tout était dit.
Rhadamanthe prit promptement le pas sur mon identité de faible et sensible mortel pour poursuivre cette négociation.

Je ne te demande pas une armée mais l’aide de tes meilleurs guerriers. Ne me dit pas que le général des mers qui s’en est pris à toi sera paralysé de remords en frappant l’un de ces pantins en armure plaqué or. J’ai bien conscience que vous traversez une période trouble. Mais le temps poursuit sa course.

Machinalement, je me dirigeais vers le sarcophage pour en toucher la surface du plat de la main, le regard posé sur le visage de malheureux.

Quelles valeurs ont les accords passés par les défunts et disparus ? De ton propre aveu, les marinas sont responsables de la mort de l’incarnation d’Athéna et du Grand Pope. Penses-tu que les Saints oublieront un tel affront ? Ne seriez-vous pas heureux de pouvoir compter sur un allié fiable et puissant ? Je suis persuadé que le seigneur Hadès ne verra pas d’un bon œil le royaume de son frère s’enfoncer dans le chaos. Or, tu peux représenter une certaine… stabilité en attendant l’éveil d’un réceptacle de ton souverain.

Du peu que j’en avais vu, la prise de pouvoir de Mary restait un évènement contesté. Si la jeune femme trouvait la sagesse d’accepter notre offre, le fait de pouvoir s’appuyer sur nos armées pourrait stabiliser et légitimer son autorité. Je pris le temps de rassembler mes pensées et d’enfouir mes derniers sentiments avant de croiser de nouveau le regard de la générale des mers.

Celsius… Voilà donc le fond du problème. Tu me refuses ton aide uniquement pour protéger cet homme. C’est donc Mary Red qui parle et non la représentante du dieu Poséidon. Tes sentiments mettent en péril l’opportunité que je t’offre. Soit, je n’ai pas à te dicter ta conduite. Mais je n’ai pas encore dévoilé toutes mes cartes pour te convaincre.

Mes yeux devaient parler avec plus de clarté que mes mots. Mais cette femme me connaissait-elle vraiment ? Ce lien entre nous était-il une illusion de plus ? Que m’importe au final. Je ne tenais pas à explorer cette blessure pour l’instant. Je me rapprochais à quelques pas de Mary et croisait les bras dans une posture ferme.

Voici les termes de l’accord que je te propose. Les forces de Poséidon s’engagent à ne pas nuire aux armées du seigneur Hadès, et inversement. En outre, vous devrez mettre à disposition vos généraux des mers les plus aguerris dans l’attaque que nous comptons mener contre le Sanctuaire d’Athéna.

J’avais pesé mes mots avec soin. La clarté et la transparence devaient demeurer la règle dans une telle négociation. Il était désormais temps de dévoiler ma carte majeure. Celle que je pensais susceptible de faire pencher l’accord vers une issue satisfaisante.

En échange de votre collaboration, aussi modeste soit-elle au vu de vos forces amoindries, je m’engage à rester l’émissaire entre nos deux factions. A titre personnel, je te promets également de veiller à ce que ton Celsius ne paye pas notre invasion de sa vie. Quelque soit l’issue des affrontements, il restera sauf, contrairement à certains de ses homologues. Ta crainte le concernant n’a donc pas lieu d’être… Surtout s’il ignore que tu as donné ton accord en tant que dirigeante des marinas. A toi de faire en sorte que ton nouveau rôle reste confidentiel. Mais ce n'est pas tout...

Alors que je m’apprêtais à dévoiler mon ultime proposition, mon cosmos satura la pièce pour amoindrir, sans que je m’en rende compte, les flammes allumées par Mary. La salle fut alors plongée dans une semi-obscurité propice à l’intensité des paroles que j’allais prononcer.

Une résurrection. Le seigneur Hadès t’offre le retour à la vie de la personne de ton choix. C’est une chance unique, Mary. Depuis Eurydice et Lazare, tu n’es pas sans savoir que de tels cas ne sont pas légions…Tu as l’opportunité de retrouver un être cher, de réparer des erreurs du passé.
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Satine


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Mer 14 Mai - 22:33

Serment Brisé







Sous mes yeux, je fus témoin de sa métamorphose. Il aura beau le nier, le revendiquer, user de colère ou d'insurrection, mais en se refermant ainsi, Arbhaal venait de me faire mal. Je comprenais, à mesure des secondes qui s'écoulaient, inlassablement dans ce grand sablier qu'est le Temps, que quelque chose venait de se briser. Je ne comprenais pas pourquoi. Quelle était la cause de ce brutal changement ? Ma gorge se serrait : il avait au moins raison sur une chose ! C'était Mary Red qui s'était exprimé. Non, c'était faux.

« Satine, mon nom est Satine, Arbhaal. » déclarais-je dans un souffle en lui faisant face, mes yeux rivés dans les siens. « Tu me regardes comme si j'étais une menteuse, comme si je venais de te trahir. »

Effrontément je brisais la distance qui pouvait bien nous séparer encore pour lever les mains vers son visage. Ainsi capturé, je ne lui laissais pas d'échappatoire, à moins qu'il ne me repousse. Or, j'avais encore de la force. « Je croyais qu'il n'y avait pas d'ennemis en ces lieux ! Et que fais-tu ? Tu me poses un ultimatum ?! Arbhaal ! »

Sur le point d'exploser, toute tempétueuse que j'étais, je me reculais comme si on venait de me donner un coup de poing en pleine poitrine. Le souffle court, je tournais les talons pour être dos à lui, de cette façon, je pus voir à quel point son cosmos était à l’œuvre, troublant, ténébreux. Devrais-je le craindre ? Mon cœur espérait ardemment que non. Le fait est que je ne me sentais pas en sûreté non plus. Que se passait-il donc ?

« Je croyais … je croyais mais bon sang qu'est-ce que je pouvais attendre et espérer ?! Pas de jugement hein … »

Bien malgré moi je me pris à rire, d'un rire sans joie, désabusé. « ET TOI ! » Mon cosmos, vif et assassin se déploya pour faire face à celui du Juge des Enfers. « Qu'espérait-tu d'une femme qui est sur le point de mourir ? »

Il fallait bien qu'un jour ou l'autre, que le voile ne se déchire. Trop longtemps j'avais lutté contre mon état précaire, m'accrochant vainement à quelque chose qui, de toute évidence, n'existait plus. En me retournant il put me contempler tel que j'étais vraiment depuis ces derniers mois ou j'avais jusque là fait semblant de rien : dans ce clair-obscur inquiétant, je fis peut-être l'erreur de pousser la vérité un peu trop loin. Rageusement, des larmes de frustration coulant sur mes joues fiévreuses, j'arrachais le haut de ma toge, la lacérant de mes doigts devenues griffes. Peu à peu la peau de mon visage se fissura, de large pan de celui-si s'effritèrent pour laisser entrevoir des sortes d'écailles noirâtres qui brillaient d'un éclat morbide. De mes yeux clairs ne subsistaient rien d'autres que des pupilles fendues, des prunelles rouges sang. Il en était de même pour mon corps et … ça et là des plumes parsemaient mes cheveux écarlates.

« Je te croyais mon ami. Mais toi aussi, tu vas m'abandonner hein ? ET BIEN PARS ! PARS et dis à ton Dieu que j'irai moi-même casser la gueule à tous ces connards. Gardes ta résurrection … pour quelqu'un qui le mérite. »

La tête haute, j'étais trop fière pour admettre que c'était là le dernier coup de poignard que l'on pouvait me porter. Sur le point de le dépasser pour quitter la pièce, je sentis mes jambes se dérober sous moi et la dernière chose que je vis avant de sombrer dans l'inconscience, ce fut le visage de cet ami perdu.

Et il y avait tout ce sang …






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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Jeu 15 Mai - 18:00


Je restais interdit, saisi par le déferlement de colère de Mary, puis de la révélation visuelle de son état réel. Elle m’accusait d’avoir rompu un accord tacite vital entre nous : l’aurais-je donc juger ? Oui. Peut être. Mais ne m’avait-elle pas promis franchise et honnêteté ? En me cachant sa lente dégénérescence, elle prouvait sa part de responsabilité dans notre conflit. Ma gorge se serra à la vue de cette métamorphose. Son mensonge m’apparaissait dans toute son horreur. Je la vis défaillir, vaincue par la douleur et la peine. Mon instinct parla pour moi. Usant de ma vitesse surhumaine, je parvins à saisir Mary dans mes bras avant qu’elle n’heurte le sol. Le regard fixe, les mains tremblantes, je posais un genou à terre, mon précieux bien protégé au sein de mon étreinte.

Idiote… Tu ne vaux pas mieux que moi. Tu ne comprends donc rien ? Je ne te juge pas. Je suis jaloux. Je crève de jalousie et de colère contre cet homme. Pendant qu’il interfère dans la vie des veuves et des orphelins comme le bon chevalier d’or qu’il est, tu dépéris chaque jour par sa faute. Et tu voudrais que je garde le sourire ? Que j’accepte l’indulgence que tu lui accordes ?

Le sol se mit à trembler à mesure que ma fureur et mon cosmos augmentaient avec brutalité. Un hurlement guttural jaillit de ma gorge, tel le grondement d’un dragon ivre de rage.

Ta fierté de merde ! Pourquoi m’as-tu caché ton état ?! Ça te plait tant que ça de crever seule et abandonnée ?!

Quelle ironie que l'un des terribles juges des enfers se mette dans un état pareil à cause de la mortalité d’une fidèle de Poséidon. Si Himmel, Aiakos ou même le seigneur Hadès venaient à apprendre ma faiblesse, mon sort serait scellé. Mais je m’en moquais. Cette part d’humanité n’était réservée qu’à cette femme qui agonisait dans mes bras. Lorsqu’elle serait morte, j’aurais tout pouvoir sur elle. Je pouvais m’emparer du spectre qu’elle deviendrait pour lui offrir la protection de ma demeure au lieu des affres de l’un des neuf enfers. Mais Mary ne serait plus qu’une coquille vide. Plus de rire, de cris, de danses ou de combats. Juste un spectre parmi tant d’autres et je l’aurais perdue pour toujours. Pourquoi je me rattachais tant à cette jeune femme ? Peut être car elle m’avait tendu la main dans un moment où je n’attendais plus rien de l’humanité. Peut être car sa détresse faisait si bien écho à la mienne. Qu’importe. J’approchais mes lèvres de son front pour qu’elle puisse entendre ma voix, devenue murmure.

Je te le redis, il n’y a aucun ennemi en ce lieu, Satine. Alors cesse de lutter pour préserver ce masque que tu portes. Rien ne t’oblige à être forte en toutes circonstances. Ne meurs pas, c’est tout. Ne m’inflige pas la douleur de te perdre…

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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Dim 1 Juin - 21:28

:: Le Jeu des Alliances :.

Aucun ennemi ? J'aimerais bien voir ça. À moi, mon armure.
Une succession d'éclairs de lumière frappèrent son corps de part et d'autre. S'ils ne lui valurent aucune brûlure, chacun d'eux abandonna dans son sillage un fragment étincelant sur son corps élancé, menaçant de le recouvrir de ses lueurs enchanteresses. Sa silhouette se confondit avec la carapace dorée jusqu'à ce qu'elle l'ait complètement dévoré. Son contact contre sa peau n'était pas aussi réconfortant qu'à l'accoutumée et lui mit même en bouche un goût amer, mais il s'adapterait. Il avait passé les portes de ce Sanctuaire avec l'intention d'y mourir s'il le fallait, et il en vint à se dire que ce qu'il déglutissait n'était rien d'autre que le goût des larmes de sa constellation.

La boite richement ouvragée, évidée de son contenu, échoua au sol dans un fracas de tonnerre que les dimensions de la salle leur renvoyèrent à l'infini. Du schéma de créature marine aux multiples carats qu'on lui avait fait héberger tout au long du trajet, il ne restait rien, rien sinon une cuirasse vibrant d'une force illimitée. Si majestueuse, soit son allure, le Saint des Poissons n'était pas aussi à l'aise qu'il l'aurait voulu. Il pesait une tonne. Moyen de sa protection pour lui signifier qu'il aurait mieux fait de rester alité, lien morcelé ou répercussion de la fièvre ardente qui le consumait, peut-être tout cela à la fois, mais il n'en avait que faire.

Son cosmos explosa avec l'énergie d'un million de soleils à l'agonie et s'éleva vers les hauteurs éloignées de ce ciel trompeur comme si tout l'éclat de l'univers était braqué sur lui. Ses plaies se rouvrirent une par une comme pour permettre à ce débordement de puissance de sortir du manteau de chair qui les étouffait à travers elles. Si cette débauche de pouvoir n'avait été que lumière aveuglante, son expression était plus sombre que jamais et ses pupilles étaient aussi coupantes qu'un poignard taillé à même les glaces éternelles de Sibérie. Se tenant au coeur de ce jeu surnaturel d'ombre et d'éclats auquel il avait lui-même donné le jour, le bleu pâle de ses yeux prenait une pâleur opalescente.

C'est sur la noirceur personnifiée de l'invité non-désiré que pesait ce regard sélénite.

L'écarlate de sa chevelure ondoyait autour de son crâne, auréole macabre. La pression de son aura était telle que les dalles de marbre qu'il foulait de chacun de ses pas donnait l'impression de fondre à son contact. La chaleur de l'astre des jours qu'avait longuement emmagasinée son ange gardien – celle-là même qui encore maintenant irradiait d'une couleur d'or si pur que l'on y retrouvait toutes les nuances du spectre chromatique – semblait ne pas convenir à ces terres qu'elle avait autrefois servi à ravager. Jusque là crispées tant par une concentration dépassant le sens humain du terme que par la douleur qui rugissait au fond de son âme, ses mâchoires se débloquèrent.
Mary, éloigne-toi de lui.
Le bras tendu dans leur direction comme pour corroborer ses paroles vit ses doigts se courber pour agripper une prise invisible. L'instant d'après, il tirait du néant une roses aux pétales d'un rouge éclatant qui, l'instant d'après, traçait dans les airs une ligne sanglante. Fort de la vitesse qui faisait se tenir les Chevaliers d'Or à la frontière de la divinité, il la projeta d'un geste alliant en parfait équilibre force et vélocité. D'une précision chirurgicale, le trait végétal siffla à l'oreille du Roi Noir, laissant un ou deux des filins décolorés de sa chevelure voltiger librement dans les airs.

Sa cape fouetta l'air comme si elle n'était que le prolongement de sa rage alors qu'il avalait les derniers mètres qui les séparaient d'une marche martiale au rythme du tambour de guerre qui vibrait dans sa poitrine. Malgré la frénésie qui s'était emparée de lui, le Roi des Ronces brillait plus qu'en toute autre occasion par son calme souverain. Aucune émotion ne transparaissant dans son regard dont la faculté à prendre les vies n'avait à cet instant rien à envier à celle du poison dont son corps, son être tout entier était pétri jusqu'à la moelle. Pas un semblant d'expression ne venait s'échouer à la surface de l'invincible masque de glace dont il s'était une fois de plus paré.

Il n'émanait de lui que toute la colère et la haine dont ce Spectre s'était bien malgré lui fait le prisme, cristallisant dans les pans obscurs de son habit plus noir que les ténèbres tout ce qu'il y avait de néfaste en lui. Il tombait à point nommé, car le faire disparaître de la surface tant de ce monde que de l'autre serait cathartique. Il était sa planche de salut, sa parfaite salvation.
N'essaie même pas de t'approcher d'elle. J'ignore quels sombres desseins et quel vent de mort t'ont fait venir jusqu'ici, mais si je sais une chose, c'est comment tu en repartiras. Car je vais te détruire ici et maintenant.
La douleur elle-même s'était tue, ne restait que le silence.

Celui qui annonce l'orage.

Citation :
Celsius défie Arbhaal.
J'ai fait une intro trop classe, t'as pas le droit de refuser !
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Lun 2 Juin - 10:19

Le visage de la Mort







« Où suis-je ? » balbutiais-je en ouvrant les yeux avec difficulté. Sur mon visage se peignait une véritable surprise en comprenant quel faciès était penché vers le mien. Un sourire naquit en même temps que je levais une main pour caresser du bout des doigts, cette joue offerte. « Ô, c'est toi … je savais bien que le visage de la Mort me serait familier. Un ami. »

J'avais si froid, tellement froid que je ne sentais plus mes membres. Plus aucune chaleur, comme si, celle-ci m'avait quitté pour me tourner définitivement le dos. Sort injuste. N'y aurait-il donc plus aucunes couleurs pour moi ? Mon regard pers ne reflétait plus qu'un vide de plus en plus imposant : la vie elle même m'échappait tandis que le Spectre m’étreignait me quémandant de ne pas mourir. De ne pas lui faire subir cette épreuve. J'en avais que trop vécut, j'étais si fatiguée, si fatiguée … alors pourquoi devrais-je encore me battre ? Pourquoi m'accrocher si c'était pour souffrir mille maux encore et encore ? Inlassablement. Cette supplique dans les prunelles de mon ami me fit monter les larmes aux yeux. Je ferais cet effort, pour lui. Ou au moins, essayer … Mais un soupir douloureux s'échappa de mes lippes quand je m'essayais à me redresser, seule.

Faire bonne figure ne rimerait à rien dans le cas présent. J'avais déchiré mon voile de mensonge, me présentant telle que j'étais depuis quelques mois. Faible, mourante. J'avais besoin d'une épaule sur laquelle m'accrocher, un ami.

« Arbhaal … » un frisson secoua mon corps meurtri. La douleur dans mon ventre ne me facilitait pas la tâche. « Je serai bien venue te chercher jusqu'aux Enfers s'il l'aurait fallut, mais, le Destin en a décidé autrement. C'est dommage, j'aurais été curieuse de visiter me prochaine demeure avec toi. »

Je me forçais à rire, mais je doutais que cette plaisanterie était de très mauvais goût. Le Juge ne l'apprécierait pas à sa juste valeur. Ceci dit, si l'occasion m'avait été donné … je me serais permise une petite visite tonitruante, histoire de réveiller les Enfers.

« Il paraît que c'est assez mort, là bas. » fis-je tout haut, alors que je pensais cette phrase tout bas. Ma mine s'assombrit quand une énième vague de souffrance me submergea déformant mes traits déjà bien méconnaissables. « Mais avant ça, il va falloir que tu m'aide. Je … »

Un véritable déferlement de lumière m'aveugla, si bien que, hébétée, je me réfugiais d'instinct dans les bras du Spectre. Cependant, mon cœur, en reconnaissant la présence qui arrivait se serra. Pire, je le sentis manquer un battement avant de reprendre sa course erratique. Il y avait quelque chose de changé chez le Saint d'or. Une chose qui me fit étrangement … peur. Je ne saurais expliquer ce tumulte dans mon âme.

Pitié, à quoi devais-je me raccrocher ? Pitié, ne me laissez pas sombrer dans les ténèbres, pas maintenant. Surtout pas maintenant. Donnez moi je vous en supplie, un peu de force, juste encore un peu pour me dresser entre eux.

Non, ne m'abandonnez pas voulais-je leur crier ! Mais je restais muette face à cette scène qui m'échappait. Je sentais que le cours des choses me glissait entre les doigts, que je n'étais plus maîtresse de moi-même. Je suis si fatiguée.

« Celsius, non … ne fait pas … ça. »

Oui, je savais bien que la Mort aurait un visage familier. Ce que je ne savais pas, c'était que ma Mort serait bercée par une lutte aussi vaine, qu'elle me ferait quitter ce monde de la pire des façons.






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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Lun 2 Juin - 18:31

Son état m’enserrait le cœur. A ce rythme, les heures de Mary étaient irrémédiablement comptées. Que pouvais-je faire hormis lui apporter toute l’affection possible ? Rien. J’étais un ange de la mort, un impitoyable juge des enfers. Mon pouvoir était hors normes pour les morts mais vain pour les vivants. Ce constat d’impuissance me sonna et amplifia ma colère envers ce destin qui semblait bien décidé à m’ôter toutes les personnes qui comptaient dans ma vie. Le contact de sa main sur ma joue me fit sourire malgré moi. Un moment d’intimité et de bonheur qui me laissa sans défense lorsqu’une rose passa à quelques centimètres de mon visage, emportant dans sa course quelques mèches de ma chevelure. Aussitôt sur mes gardes, mais sans lâcher mon amie, je levais le regard et croisait celui d’un individu à la beauté certaine revêtu d’une armure d’or étincelante. L’intensité de son cosmos et de sa colère ne laissa que peu de place à la suite des évènements. Toutefois, son corps de chair portait les stigmates d’une agonie longue et probablement atroce. Un moribond comptait donc se repaitre de ma personne pour célébrer son chant du cygne. Pathétique. Instinctivement, je connaissais l’identité de cet homme. Les suppliques de Mary ne firent que me le confirmer. Le responsable de la souffrance de mon amie se tenait devant moi. Un homme sensé représenté la justice et qui avait volé la vie d’une femme qui je chérissais. Tout m’écœurait chez lui. Son visage, son regard, sa maladie, le peu de respect qu’il témoignait en désirant combattre en ce lieu. Nul doute que Poséidon ne gouterait point au ravage de l’une des pièces de son propre palais. Mais soit.
D’un bond majestueux, je m’envolais vers le sarcophage, en tenant toujours Mary contre mon cœur. Avec délicatesse, je déposais la jeune femme sur le cercueil où dormait cet homme si important à ses yeux et l’embrassait sur la joue avant de glisser à son oreille.

N’oublie pas que je suis un homme d’honneur. Je tiendrais ma promesse. Repose-toi…

Je fis alors volte-face pour me retrouver face à cet homme : Celsius des Poissons. Je m’étais engagé à ne pas faucher sa vie. Au vu de son état, il serait difficile de m’y tenir mais le chevalier d’or semblait peu enclin à me laisser le choix. Sa haine des spectres était-elle à ce point exacerbée ? M’attaquer à vue de la sorte… Et les Saints d’Athéna étaient réputés pour représenter la notion désuète de « bien » ? Le fin vernis d’un mensonge porté par une réputation usurpée venait de voler en éclat par les affres d’une réalité factuelle. Un fin sourire flotta sur mes lèvres en dévisageant ce faciès maladif. En réponse à la démonstration de force de l’homme aux roses, mon propre cosmos ardent grimpa jusqu’à faire fondre les dalles, déjà mises à mal, qui entouraient ma sombre silhouette.


Celsius des Poissons, je présume ? Mary m’a longuement parlé de toi. Du moins quand la souffrance qui la dévore par ta faute lui laisse assez de répit pour pouvoir s’exprimer.

La température augmenta d’un coup, rendant l’atmosphère presque irrespirable. De fines flammes pourpres commencèrent à jaillir du sol pour former un tapis ardent au centre duquel nous nous tenions. Je sentais le pouvoir dévorer ma chair pour suinter de mon surplis. Je n’avais pas voulu ce dénouement en présence de Mary. Mais une force implacable semblait s’évertuer à encourager ce duel, dont je savais la nature inéluctable.

Sais-tu comment tout ceci va finir, Pisces ? La maladie finira par t’emporter. Combien de temps te reste t-il à vivre ? Quelques jours ? Mary n’est pas en meilleur état. Arrivera t-elle à mettre au monde ton enfant ou périront-ils ensemble avant le terme ? Qu’importe, car tu ne seras plus là pour le voir. Moi, par contre…

Citation :
Bien sur que j'accepte le défi !
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Mer 4 Juin - 23:46

Abandonnée







Impuissante. Impuissante face à l'absurde. À l'absurdité la plus blessante. J'errai dans le noir le plus total, sans alliés, sans mains pour me retenir. Le cœur serré, je constatais que l'on venait de m'abandonner à mon sort. Pourquoi se battaient-ils ? Pourquoi ?! Alors que j'avais tellement besoin d'eux. De quelqu'un pour m'aider. La fierté des hommes, pensais-je avec un certain dégoût et mépris. Non, pas de cela, j'avais déjà bien assez de poison en moi pour user de la langue de vipère. Mais tout de même, je leur en voulais de me délaisser de la sorte. Ma déception fut plus grande encore à l'encontre de mon Chevalier aux Fleurs. Lui, l'instigateur de cette folie. Aide moi crétin avais-je envie de lui hurler, bordel ! Ton enfant était sur le point de voir le jour et moi … et moi …

Arbhaal aussi m'avait quitté, s'était envolé, attiré par l'appel aux armes, le son du cor qui pour moi, avait résonné comme le glas. Je trépasserais seule ? Ses lèvres effleurèrent la peau de ma joue exsangue. Sa froideur n'avait-elle pas interpellé mon ami ? Mes yeux, implorants, suivirent sa silhouette noire un moment avant de se refermer. Qu'ai je fais pour mériter ça ? Qu'ai-je fais ?

***

J'évoluais sur un chemin ténébreux, sinueux, mais calme. Ombre immaculée, j'errais, sans but dans un Royaume de silence. Où suis-je ? J'appelais en vain ma voix se brisant à chaque appel, à chaque non-réponse. La douleur dans ma poitrine s'intensifia, pour s'étioler au fur et à mesure de mes pas. Je m'arrêtais sous le coup d'une intense souffrance. Les mains plaquées contre mon ventre endoloris, je constatais, en relevant mes mains vers mon visage, qu'elles étaient souillées par cette couleur rouge. Les yeux agrandis par l'effroi, je tremblais. J'avais peur. L'écarlate s'étendit sur tout mon corps, dessinant arabesques et dessins que je ne comprenais pas. D'innombrables blessures que je tentais d'effacer frénétiquement.

La peur.

« Aidez-moi. » tout à coup, je tombais dans le néant, happée par des mains griffues qui emprisonnaient ma taille. « AIDEZ-MOI ! »

On m'avait abandonné.

***

Un cri déchirant éclata au moment où les premières manifestations de la puissance des deux adversaires se manifestèrent. Un hurlement qui se perdait en un échos lointain, mourant. Un goût ferreux, amer, emplit ma bouche. Je crachais un peu de sang et de bile, à même le sol. La main d'un homme se posa en travers mon épaule.

« Je ? Papa ? »

Jack O'Bannon se tenait là, m'attrapant dans ses bras immenses pour me soulever hors de terre. Il poussa quelques mèches carmines qui cachaient mes yeux. Je fus surprise de voir quelques larmes sillonner ses joues. Je me laissais aller contre sa poitrine, bien trop fatiguée pour lutter.

« Oh Satine … non, tu n'es pas seule mon enfant. Je ne vais pas t'abandonner, ta mère me tuerais si elle était encore de ce monde. »

Avec délicatesse, le père transporta sa fille un peu plus loin de ce tumulte, n'y prêtant aucune attention. Il baisa mon front avant de me déposer dans un tas de coussins. De là où j'étais, je voyais encore le cercueil, et les ombres de ce combat. Un éclat m'interpella, me faisant oublier mes maux.

« Oh putain de merde, par Poséidon c'est quoi ce bordel ? »






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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Jeu 3 Juil - 20:14

Pas son Cœur






Spoiler:
 


Pas son cœur.

La vie m'abandonnait, je la sentais s'en aller, quitter mon corps au fil des minutes qui s'écoulaient. Ces précieuses petites minutes qui me restaient, je les passerais seule, non, pas tout à fait. Mon père, après s'être inquiété de la soudaine aura ayant éclatée non loin, avait reporté son attention sur moi. Sa mine grave et accablée me fit mal et ce malgré tout le ressentiment que je pouvais avoir pour lui : tout cela était emporté dans le vent. Grâce à l'intervention d'Astre – oui, j'étais intimement convaincue que c'était lui – je me sentais suffisamment forte pour faire face à la suite. Seulement, les entendre se battre non loin de moi … était la pire des souffrances que je pouvais bien éprouver. J'évoluerais tant bien que mal dans cet océan lugubre, familier désormais mais dont je n'étais pas la maîtresse.

Pas son cœur.

Combien de temps avais-je fermé les yeux ? Battue par ce mal ? Trop harassée pour m'en soucier, ma conscience se tourna vers Arbhaal et Celsius toujours en train d'exécuter un ballet macabre et violent aussi vain que pathétique. Mais je le voyais. Je voyais mon ami tourner son regard vers moi, lutter contre la colère noire de mon Chevalier. Ô Celsius, qu'est-ce qui te prends ? Pourquoi ton âme déborde t-elle de rancœur ? Au plus fort de la bataille, je m'étais redressée sur un coude, une main tendue vers ces silhouettes désormais indistinctes pour mes yeux voilés.

« NON ! »

Pas son cœur.

Mon cri se répercuta partout, ma voix se brisait. Il était déjà trop tard. La poigne de mon père se fit plus forte sur mon épaule. Je n'entendis pas ce qu'il venait de me dire. Je l'ignorais, réunissant mes maigres forces.

« SATINE ! » là encore il était trop tard. J'étais perdue de toute façon, à quoi rimerait ma lutte si je ne pouvais même pas le secourir ? Les secourir. « The seas's embrace ! »

Mon cosmos éclata d'un seul coup pour atteindre sa pleine puissance. Le septième sens. Mon armure, répondant à ma détresse m'avait recouverte pour une toute dernière fois. Des liens de sang, par centaines, surgirent du néant pour frapper brutalement le corps de mon bien-aimé.

« QU'EST CE QUE TU FOUS BORDEL ! TU ES DEVENU FOU ?! » hurlais-je en lui faisant face, les ailes de mon armure érigées vers le ciel, menaçantes. « Pourquoi ? »

Pas son cœur.

Pâle comme la mort, mon visage se fissurait peu à peu. Plus de sourire pour moi, enterré. Mon carcan d'airain chantait une chanson pareille à un requiem. Mon écaille sentait que j'allais m'éteindre, et déjà, elle pleurait ma disparition. Donnez moi juste encore un peu de temps. Juste encore un peu de temps pour dire au revoir, et donner naissance. Juste encore un peu de temps … D'un pas maladroit, je me dirigeais vers le corps inanimé d'Arbhaal.

« Non … pas son cœur » me lamentais-je en me laissant tomber à genoux près de lui. « Non … son cœur … »

Il était transpercé d'une rose blanche, son cœur. Mais je ne pouvais pas le voir, son armure se faisant barrière imprenable. Sort injuste. Se resserre sur lui l'étreinte griffue de ce funeste projet ! Et qu'étais-je pour braver la Mort face à l'un des trois Juges des Enfers ? Je n'avais plus rien à perdre, aussi, sans aucun signe d'hésitation, je posais mes deux mains sur son Surplis. C'était si froid … Et je ressentais autre chose encore, une chaleur … si intense. Je suppliais intérieurement l'obscure armure de me laisser le voir. Je savais celles-ci vivantes, douées d'une conscience propre. Et je crois qu'elle reconnaissait mon contact.

« Arbhaal ... » L'une de mes mains, tremblotante, frôla la fleur avant de me recroqueviller sur moi-même, pour déverser des larmes amères sur sa silhouette noire. « Retire cette rose, Celsius ! »

Lutte inutile. Déraisonné. Je hais les hommes pour ça. Je les déteste tant. Essuyant mes larmes qui maculaient mon visage en de multiples sillons, j'ordonnais à mon écaille de me quitter. Celle-ci, sous cet ordre, alla parer mon père, son ancien porteur. Les yeux arrondis par la surprise, il s'abstint tout commentaire et fit silence.

« Finalement, tu es bien comme les autres, Celsius des Poissons. » Ma voix n'était qu'un murmure faible et douloureux. « Il ne t'a rien fait … Libère-le, par égard pour moi. Fais-le pour moi. Si tu m'aimes, fais-le, au lieu d'être … d'être … aveuglé … par … par … »

Mon corps s'affaissa brusquement sur celui d'Arbhaal, vaincue, je l'étais. Après tout, n'étais-je pas une simple mortelle ? Mon souffle se faisait irrégulier. Les battements de mon cœur, erratiques.

« J'peux vraiment pas vous blairer, vous, connards de Saints. » cracha avec colère, Jack O'Bannon qui s'approchait. « Au lieu de garder des forces pour l'arrivée de ton rejeton, elle vient de se condamner toute seule par ta faute. Mais j'vais tenter l'impossible, pour elle, pas pour toi. Mais … je te conseille pas de rester pendant l'opération. J'vais devoir … - on voyait à quel point cela lui coûtait d'arriver à cette constations – faire comme avec sa défunte mère et l'ouvrir moi-même … »

Mon Cœur …






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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Ven 4 Juil - 3:11

:: Le Jeu des Alliances :.

C'en était terminé de la Wyvern. Celsius n'avait pas ménagé sa peine mais le résultat était à la hauteur de son acharnement. Ces ailes noires ne voleraient plus jamais, pas sous sa garde. Le Roi des Ronces en faisait le serment. Avoir senti ce Surplis se briser sous ses coups causait en lui une vague d'indicible soulagement, comme s'il venait de corriger d'un coup de pinceau une imperfection à la surface d'une toile de maître. Était-ce sa nature d'esthète qui voulait cela ? Il n'en savait rien, mais toujours était-il que chacun de ces êtres contre-natures lui apparaissait à la manière d'un d'une cicatrice sur la face du monde. Un défaut qu'il lui appartenait de réussir à faire oublier. Cela faisait aussi partie de sa mission, de son oeuvre sacrée.

Arbhaal refusait de tomber, mais c'était sans importance. Sa tâche était accomplie : bientôt, la vie putride qui était la sienne quitterait sa carcasse pervertie pour ne plus laisser derrière elle qu'un banquet pour vers. Il retournerait à sa place parmi les souvenirs. Le Chevalier des Fleurs ne jugea pas utile de s'acharner sur un homme – une chose – que la vie avait déjà quitté et plutôt deux fois qu'une. Ses bras retombèrent le long de son corps alors qu'il évacuait toute la tension qu'avait fait naître en lui cette commotion inopinée. N'avoir pu la voir venir n'était en rien une mauvaise chose : elle avait fait renaître en lui des sensations qu'il avait cru perdues à jamais. Elle l'avait rappelé à son vrai rôle, sa vraie place. Celle d'un Chevalier.
Au moins aurais-je rempli mon rôle jusqu'au bout. répondit-il sans hésiter.
Peu lui importait de périr. La mort ne lui faisait pas peur. Ni maintenant ni jamais, et encore moins depuis qu'il avait marché à ses côtés dans ses sinistres vallées. Tant qu'il donnait tout ce qu'il avait, tout ce qu'il pouvait espérer avoir un jour au nom de la cause à laquelle il se vouait, s'abandonnait corps et âme. Quoi qu'en dise le Juge, ses jours – minutes, même, à ce stade – n'en étaient pas moins comptés. Le Chevalier des Poissons pouvait le voir décliner à vue d'oeil et ne ferait rien pour l'en empêcher. Ni ne précipiterait cependant une fin déjà inéluctable – s'il avait envie de continuer à parler jusqu'à ce que sa voix s'étrangle dans sa gorge dans un dernier silence, une fatale souffrance, qui était-il pour l'en priver ? Ce n'était autre que l'ultime parole du condamné.

Ses paupières frémirent avec légèreté quand son adversaire parut rendre son dernier soupir, redonnant à son visage un peu de cette humanité qu'il avait pour quelques instants laissée de côté. Pour redevenir l'homme et non plus la sordide créature qu'il incarnait dans ces moments-là, engeance végétale, délétère de ce morbide jardin du bien et du mal. Non, à la différence de bien des guerriers de son ordre, Celsius n'avait pas la prétention d'être né et de baigner dans la lumière. Si on dit des plantes qu'elles doivent se gorger de soleil pour croître et s'épanouir, il en est qui ne sont nulle part mieux qu'à l'ombre et il en faisait partie. Un indicible soupir passa la barrière de ses lèvres et il n'eut pas le temps de se retourner que déjà une nouvelle attaque s'écrasait à même son corps. Il en eut le souffle coupé.

Ayant commis l'erreur de baisser sa garde, il en fut presque jeté à terre mais son corps encore raidi par la tension du combat tint bon face à la vague déchaînée. On ne put en dire autant de ses organes internes qui, tiraillés par la pression malgré l'armure, rendirent leurs tabliers et lui firent cracher une gerbe de sang qui se perdu dans leur étendue vermeille. L'empoisonneur se disait bien que c'était trop beau pour être vrai. Un malheur ne venant jamais seul, il n'était que logique que les Spectres en fassent de même. Du moins était-ce le raisonnement qu'il se tenait à lui-même en se rendant compte que celle qui l'avait assailli n'était autre que Mary. Ses doigts se figèrent sur les roses piranhas qu'il était sur le point de lui jeter en retour en constatant son erreur ; elles se fanèrent en un instant.
Ce que j'ai à faire. répondit-il plus sèchement que désiré.
C'était son devoir. Sa responsabilité. Sa raison d'être.
Mary devait pouvoir comprendre cela : n'était-elle pas tenue par les mêmes engagements à l'égard de Poséidon ? Bien qu'ils aient l'un et l'autre bafoué plus d'une fois ces sacro-saintes lois – leur relation en elle-même n'était-elle pas le pire des blasphèmes ? - il en était qui ne pouvaient être altérées ou ignorées, et celle-ci était y figurait en bonne place. N'avait-il pas été suffisamment clair ? Ne le savait-elle pas depuis toujours ? Il avait oscillé plus d'une fois entre amour et pensum, c'est vrai, mais même s'il vouait un culte à Satine à sa manière, elle n'était pas Athéna – ni ne pouvait la supplanter. Le Saint des Poissons n'avait pas le droit de laisser cela se produire. Peu importe combien il tenait à elle, il n'irait pas à l'encontre de ses principes les plus fondamentaux. Même si elle devait le haïr pour cela...
Quant à accéder à sa demande...
Je ne peux pas. Le silence se fit, implacable. Désolé.
Oh, il l'aurait bien sûr pu s'il l'avait voulu, mais ses préceptes le défendaient strictement de ne pas le laisser mourir, comme cela devait être. Tant qu'il y aurait un Spectre en vie en face de lui, Celsius ne serait pas tranquille. C'était quelque chose sur quoi il n'avait aucun contrôle, aucune emprise. Ça faisait partie de lui ; c'était écrit dans ses tripes. L'idée même de laisser la vie sauve – si l'on peut dire – à l'une de ces créatures dégénérées lui était profondément insupportable. Comme s'il avait été créé dans le seul but de les mettre à mort, ou plutôt de les y ramener, berger macabre d'un troupeau faisandé. Rien n'aurait été plus facile que de retirer cette rose déjà plus rouge que blanche, mais c'aurait été un affront indélébile envers tout ce à quoi il croyait – envers tous ceux qui avaient péri pour que ces abominations puissent exister.

L'adrénaline courait toujours dans ses veines à vive allure, démultipliant sa vitesse de pensée et de réaction sans pour autant que lui vienne une solution miracle à cette situation critique. Il ne manifesta pour autant aucun regret – c'aurait été perdre en vain le temps qu'il lui restait et il n'était pas sûr que s'y prendre plus tôt aurait changé quoi que ce soit. La voir réduite à ce si triste état lui était douloureux, pénible, mais pas autant qu'il aurait pu le croire. Parce que quoi qu'elle ait pu dire ou faire pour s'efforcer de le rassurer, au fond de lui, il avait toujours su que ça finirait comme ça. Il n'y avait pas d'autre issue, le Saint des Poissons le savait mieux que personne et n'avait fait que se laisser bercer par l'illusion que lui proposait sa sirène au gré de son chant – un magnifique et cruel rêve éveillé.

Remarquant à retardement la présence de Jack O'Bannon – brûlé à vif comme il l'avait été, sa conscience de son environnement n'était pas au beau fixe - il constata que même le drame qui se déroulait sous leurs yeux ne disposait pas d'un pouvoir de dissuasion assez fort que pour le retenir de l'empoigner par le col. Volant sa place à la douleur, une fureur sans nom transcenda son regard alors qu'il en assassinait le père de sa bien-aimée. La seule idée d'avoir pu naguère éprouver un semblant de sympathie pour cet homme le rendait malade. Si l'envie de meurtre avait suffi à blesser un homme, le vieillard n'aurait pas été en meilleur étaut que le Spectre qui gisait pour toujours et à jamais à quelques mètres de là. À la différence d'Arbhaal contre qui il s'était battu par obligation, froid et méthodique, c'était une rancoeur vivace qu'il nourrissait au profit de ce vieux salopard.
Je n'ai pas de leçon à recevoir de vous. déclara-t-il froidement. Je sais ce que vous avez fait et je vous promets que vous allez le payer. Je ne serai peut-être plus là pour le voir mais vous en répondrez devant qui de droit, je peux vous l'assurer.
Jack comprendrait le message. Il ne pourrait pas faire autrement. Secoué d'une quinte de toux aussi soudaine que violente, le Chevalier d'Or fut bien obligé de le lâcher, mais il en avait de toute façon l'intention. Même s'il l'avait souhaité, il était trop pragmatique que pour ne pas se rendre compte qu'il n'était pas en état de lui faire regretter quoi que ce soit. Tant qu'il y aurait quelque chose à tenter, la hache de guerre attendrait, même si elle était si peu profondément enfouie qu'il ne lui faudrait guère longtemps pour la déterrer. Quels que soient les griefs qu'il avait à son égard le Chevalier des Poissons devait admettre que s'il y avait bien une chose dont l'ancien général ne lui avait pas donné des raisons de douter, c'était l'amour qu'il portait à ses filles, même s'il l'exprimait à sa manière. Collaborer avec un homme qui ne lui inspirait que du mépris n'étant toutefois que difficilement possible, Celsius préféra suivre sa propre idée.
Je ne bougerai pas d'ici.
Tombé à genoux dans un instant de faiblesse, il vit de plus près qu'il ne l'avait jamais vu toute la souffrance que portait son aimée pour seul maquillage. Son teint était non plus d'opale mais de porcelaine, prêt à se briser au premier contact, tandis que des ombres dansaient déjà dans son regard – capturant sa lumière de leurs mains obscures. Lui-même ne devait pas être très beau à voir, plus proche de la fin qu'il ne l'était déjà en arrivant ici, et ce n'était pas peu dire, mais il était presque sûr de paraître en pleine santé à côté d'elle. La voir si faible, réduite à si peu de choses – si humaine, au fond, et donc éphémère – lui brisa le coeur. Il savait quoi faire. Ça aussi, il l'avait toujours su aussi sûrement que l'on sait que l'on mourra un jour. Tout ce qu'il espérait était de n'avoir pas à en arriver là. De ne pas devoir prendre cette décision – celle qui ferait que quoi qu'il advienne à partir de maintenant, rien ne serait plus jamais pareil.

Tremblant de tous ses membres, en proie à une fièvre qu'aucun remède ne pouvait guérir, Celsius s'accroupit à son côté. Il avait voulu caresser son visage une dernière fois avant de se mettre à l'oeuvre mais s'était ravisé à la dernière minute. Il n'en était plus digne. Au lieu de quoi il la couva du regard avec plus de tendresse qu'il n'en avait jamais exprimé à qui que ce soit – elle y compris. On dit ne jamais tant réaliser la vraie valeur des choses que quand on les perd, et s'il croyait connaître celle que Satine avait pour lui, il s'était lourdement trompé. Ses lèvres articulèrent des mots qu'il serait seul à comprendre et il leva le bras bien en vue – là où même son regard troublé ne saurait le manquer. Les pièces d'armure qui le recouvraient s'en détachèrent une à une, s'écrasant parmi les gravats en une série de tintements mélodieux que ses oreilles n'entendaient déjà plus.
Je vais te donner le choix que je n'ai jamais eu.
De la main opposée, et avec plus de vivacité qu'on ne l'en aurait cru capable dans son état de fatigue extrême – lequel semblait s'aggraver de seconde en seconde, la couleur délaissant son visage comme aspirée vers un lointain passé -, il traça un large trait sanglant à même la chair. À la hâte, en diagonale. Son sang tant de fois maudit se mit à couler à flots, trempant le sol de sa chaleur vermeille. Le produit de ses artères ne lui avait jamais paru aussi splendide qu'à cet instant où toute chose allait dépendre de lui, de son intime malveillance. Plaquant sa paume sur la plaie ouverte pour en faire taire les lèvres au pourpre dialecte, il attendit de les avoir apposé à celles de Mary en un affreux baiser avant de leur rendre la parole. La vie et la mort se disputaient chaque goutte de cet odieux nectar.

Qu'elle boive. Qu'elle boive jusqu'à la lie. Qu'elle se repaisse de son sang à même la veine, à la source de ce mal qui la dévorait depuis ses propres entrailles. Qu'elle prenne en lui la vie qu'il lui manquait pour passer au travers de cette épouvantable agonie, se relever comme elle l'avait toujours fait. Qu'elle réplique à la fin par un nouveau commencement. Même s'il n'était plus là pour le voir.
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Sam 5 Juil - 11:43

Les ténèbres.
Compactes, infinies, magnifiques. Le royaume du seigneur Hadès. Le chemin vers la délivrance, la douce mort, source universelle de paix et d’aboutissement. Une voie que nul mortel ne pouvait éviter. Je m’y réfugiais avec délice, sachant par avance que mon dieu m’attendait au bout de la route pour me ranimer. La rose blanche absorbait peu à peu mon sang, stoppant mes fonctions vitales mais je ressentais à peine sa morsure. Mes sensations physiques n’étaient plus qu’un vague fond au sein d’une conscience tournée vers l’obscurité. Pourtant, un soudain contact vint perturber mon état de stase. Une main venait de se poser sur mon surplis, dont je sentais l’émoi. L’aile de la Wyvern d’ébène se déplia pour laisser libre accès à mon corps semi-mort. Même les yeux clos, je percevais sans mal cette aura familière. Et les mots déchirants qu’elle lançait pour tenter de me sauver. J’avais envie de la rassurer, de lui dire que ma mort n’avait nulle importance. J’étais un spectre, un juge, l’un des trois. Mon trépas ne signifiait qu’un vague retard dans les plans de mon souverain. Je reviendrais vite à la vie, plus puissant que jamais. Implacable, j’entendis ce maudit Celsius lui intimer un refus cinglant, dur. Cet homme possédait-il un cœur ? J’en doutais sincèrement. Et c’est à cause du poisson d’or que Mary avait refusé de me soutenir contre les troupes d’Athéna ? Ironiquement, elle ne pouvait que mesurer l’ampleur de son erreur à vouloir défendre un individu aussi vil. Elle faiblissait, peu à peu mais sans doute possible. Elle se fanait. J’avais envie de lui offrir l’énergie qui permettrait à la flamme de sa bougie vacillante de se raviver. Mon feu pouvait cautériser toute plaie, mais j’étais bien trop proche des limbes pour lui être d’un quelconque secours, même moral. La rose plantée dans mon cœur absorbait mon sang à un rythme soutenu, me privant de la possibilité d’offrir un dernier élan de compassion et d’amitié à Satine. En cela, je maudis une fois encore Celsius. J’entendis alors une autre voix évoquer une hypothèse que je n’avais pas voulu envisager. Pour donner naissance, Mary allait devoir subir une intervention terrible. Elle ne pourrait pas y survivre. A moins que… Un gémissement d’impuissance sortir malgré moi de ma gorge. Je pouvais encore sauver mon amie. Mon feu pouvait l’empêcher de perdre son sang si l’homme se décidait à agir. Mais j’étais réduit à l’impuissance et en me tuant Celsius condamnait également la femme qu’il prétendait aimer.
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Dim 6 Juil - 19:46

Oui, mais avec le sourire








« Jack, tu penses qu’elles seront heureuses ? » demanda-t-elle dans un souffle en me couvant d’un regard tendre. Je lui pris aussitôt la main, un sourire radieux aux lèvres. « J’en suis sûr mon Amour, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour ... »

Je ne pus terminer ma phrase car la jeune femme eut un gémissement de douleur qui me déchira le cœur. Mais je ne pouvais pas me permettre de perdre mon sourire, quoiqu’il arrive, je devais faire bonne figure, comme elle le voulait. « Comment désires-tu les appeler ? »

Il y eut un moment de flottement. Je ne supportais pas ces moments de silences, alors, je les meublais avec des blagues qui sonnaient … étrangement. Même en cet instant, ma femme trouvait le moyen d’en rire. Après une bonne minute à reprendre son souffle, je le vis s’animer de nouveau entre mes bras, rouvrir ses paupières et me regarder. Non, elle paraissait regarder bien au-delà des choses. Elle s’en allait déjà. Si loin de moi. Et si proche en même temps.

« La première née, le premier sang versé comme on dit chez les O’Bannon, celle-là je veux qu’on l’appelle Satine. » Je la vis découvrir la petite frimousse de l’une de nos deux filles. Déjà vigoureuse, elle braillait si fort que mon cœur de nouveau père ne put en être que fier. « Ah bordel, aussi grande gueule que son père, j’y crois pas. » Un nouveau rire chez ma douce me fit taire. Chaque parole d’elle était un dernier présent. « Elle brillera comme mille soleils par sa présence, elle sera le feu qui aujourd’hui me fait défaut. Et la seconde … oui notre second trésor elle s’appellera Calista, comme moi. Notre Graal, notre Calice, celle qui va recueillir le premier sang. »

Sur ces paroles sonnant comme une prophétie, elle m’encouragea à prendre nos deux étoiles rouges. Gauche, j’obtempérais non sans grogner des gros mots. Ma mine renfrognée se lissa aussitôt quand je les vis me regarder avec attention. Putain de bordel de merde. Je suis papa.

Je suis papa, et …

« Prends soin d’elles Jack, veilles sur elles ici, sur Terre. Moi je saurais les veiller du haut du Ciel. Maintenant, s’il te plaît, laisse-moi m’en aller. Tu sais que je suis condamnée. Il est inutile que tu t’épuises ainsi. Souviens-toi que tu m’as promis de les protéger… »

Le silence. Ô ce silence. Je ne l’aimais décidément pas. Ce silence total, ce silence glacial. Oui, je savais qu’il précédait le dernier soupir. Une dernière note, avant que les choses ne reprennent leur cours. Le silence, le souffle, et la grande Roue pouvait continuer à décrire son cercle infini. Je luttais contre sa Mort, à la maintenir en vie avec mes maigres moyens mais … ce n’était que me leurrer. Je devais la laisser partir, mais je ne pouvais pas m’y résoudre. La gorge serrée en voyant son joli minois se froisser dans un rictus, je laissais mon cosmos s’évanouir. Je la regardais avec tendresse. Je la regardais s’éloigner de moi. Mais avec le sourire.

Elle mourrait. Elle mourrait oui, mais avec le sourire.

Le silence.

***



Jack O’Bannon ne broncha pas quand le chevalier d’Or le prit par le col. Il paraissait ailleurs, comme perdu dans un monde que tous avait oublié, sauf lui. La colère qui passa dans ses prunelles fut si palpable qu’elle m’éveilla à moitié. Je ne voyais de cette scène que de vagues silhouettes indécises, mais je les entendais assez clairement pour comprendre. Il le laissa approcher de moi, je le suivis des yeux, impuissante, incapable de bouger, de m’exprimer. La crainte qui entravait mon cœur dans un étau douloureux se fit plus poignante que jamais quand j’entendis certaines des pièces de son armure choir sur le sol en marbre. Que faisait-il ? Non, il n’avait pas le droit de faire ça ! Mon esprit s’insurgeait de la décision des Poissons, mais mon corps, lui, ne sut exprimer cette colère qui couvait, qui était tapie dans l’ombre. Au lieu de cela, je me laissais happer dans les ténèbres les plus sombres.

Quel était cet endroit ?

Pâle silhouette se détachant de toute cette noirceur, mes pieds foulaient un sol bien curieux, des terres que je ne pensais pas voir aussi tôt. Ma conscience s’était envolée et observait ce corps immaculé et brillant marcher d’un pas lent mais décidé vers ce qui semblait être une pente assez raide. J’étais sur le point de la suivre, quand, tout à coup, une voix m’obligea a de nouveau tourner la tête vers les cieux.

« Va te faire foutre Celsius. » Son poing énorme s’abattit et je senti un corps s’affaisser sur le mien. « Même si c’est vous qui m’avez arraché ma Calista, je ne souhaite à personne de voir celle qu’il aime subir ce que j’ai dû faire subir par votre faute à ma femme ! J’en ai rien à foutre si tu m’en veux. »

Un goût ferreux emplissait ma bouche, je crachais un peu de ce sang qui n’aurait pas dû quitter ces veines. Jack libéra une partie de sa puissance pour soigner les plaies de Celsius avant de se pencher sur moi, la mine sombre, grave. Quand il comprit que j’étais plus ou moins consciente, je le vis me sourire. Pas l’un de ses sourires pauvres, un véritable, un beau sourire.

« Je suis tellement désolé Satine … » sa main se posa sur mon ventre arrondit. « Je ferai tout mon possible pour vous sauver … je ne saurais … vous … regarder … mourir … encore. »

Une agréable chaleur m’envahi pendant tout le processus. Je vagabondais d’ailleurs toujours entre deux mondes, ballottée entre deux eaux. Puis un cri me fit réintégrer mon corps. Il n’y avait pas de mot pour décrire la souffrance qui m’enserra la gorge. La douleur ne s’arrêta pas là.

« Oh non … Satine … je … » il éclata en sanglot, les mains toutes ensanglantées, tenant une chose entre ses doigts. Contre moi, je m’en rendis compte quelques secondes après, reposait déjà un premier petit être, chaud, doux, fort. Mes propres mains s’animèrent pour se tendre vers mon père. « Non, elle est … des jumelles … elle, elle est … non … »

Il céda à mon regard éploré. Une mort-née.

Posées contre mon sein je les berçais tout doucement contre moi. Je caressais leurs petites têtes rousses du bout des doigts avec une affection toute particulière. J’approchais mes lèvres de la première-née, le premier sang versé.
« Linnea. » Un baiser sur le sommet de son crâne et je me penchais vers ce petit corps inerte, tiède. Malgré moi, plusieurs larmes glissèrent sur mes joues pour finir leur course dans la chevelure de mon second soleil. « Eleanor. »

Je crois que c’était la pire des souffrances. Jamais, auparavant, je n’avais eus aussi mal si ce n’est … quand on m’avait arraché mes enfants loin de moi. Je me sentais de nouveau glisser.

***

« Arbhaal ? » une voix spectrale interpella un jeune homme perdu dans le noir. « Arbhaal ! »

La silhouette de Mary se dessinait peu à peu, dans ses bras, un petit être gigotait, ses petites mains attrapant une des mèche de cheveux de sa mère. « Où suis-je ? C’est … merde, me dit pas que c’est … le Yomotsu … machin truc ? »

Elle n’eut pas le temps de se questionner davantage qu’une force incongrue la fit disparaître comme par magie.

Puis il y eut ce silence.

***

Un second cri perturba le premier. Je compris bien vite qui m’avait aidé, qui m’avait soutenu pour tenter l’impossible. « Celsius ? Elle est vivante ? » Un sourire naquit sur mes lippes. « C’est bien … Celsius, approches. N’oublies pas … oui n’oublies pas ta promesse, veilles sur elles, veilles sur mes enfants. S’il te plaît, pardonnes-moi. »

Je serrais l’une de ses mains entre les miennes. « Laisses-moi partir, Cel’, et vit. Si je te vois – une quinte de toux m’empêcha de parler un moment. - … aux Enfers, je te botte le cul. Allez viens, embrasses moi idiot. »

***
Aux portes des Enfers, Satine O’Bannon reprenait son chemin avec calme. Elle ne disait rien durant un long moment, ne sachant trop quoi dire. Finalement, elle prit la main du Juge et lui lança un petit regard complice. « Désolée de te faire chier avec ça, de t’obliger à m’accompagner mais … j’ai un peu peur. »

Cet aveu fait, son regard se voila légèrement, ses pas se firent moins assurés. « Je suis désolée Arbhaal. Je suis tellement désolée, je ne voulais pas … »

Prenant une profonde inspiration, la belle pirate s’efforça de se constituer un joli sourire. « Ce sont des jumelles, je les ai appelé Linnea et Eleanor. C’est joli non ? Oh … je crois que je suis arrivée. Déjà … »

Un peu déçue ses yeux pers étudièrent le promontoire d’où se jetaient les âmes défuntes. Il y en avait tant … Et c’était si calme et si sinistre à la fois. La porte menant au Monde des Morts. Elle se demanda dans quelle prison elle allait errer mais s’abstint de le demander au Spectre. Elle resserra son emprise sur ses doigts. Avant de le lâcher et de faire quelques pas sans lui. Elle se retourna une unique fois, un sourire éclatant aux lèvres.

« Tu te souviens de ce que j’avais promis ? Mourir, oui, mais avec le sourire. Voir ton visage une dernière fois m’aura permis de la tenir, cette putain de promesse. »

Lui tournant le dos, elle camoufla ainsi sa peine. Ses pas reprirent, lents, solennels. Sa procession ne dura plus très longtemps. Le regard rivé dans l’abime, elle s’esquinta à contempler le néant, avant de se laisser basculer dans le vide.

« Adieu. »

=> ??? [Sauf si dernière intervention]





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Celsius


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Sam 12 Juil - 5:51

:: Le Jeu des Alliances :.

Que pèse l'honneur, contre l'amour d'une femme ? Que pèse le devoir, contre un nouveau-né qu'on étreint…, ou contre le souvenir d'un frère qui sourit ? Du vent, des mots. Des mots, du vent. Nous ne sommes que des créatures humaines, et les dieux nous ont créées en vue de l'amour. C'est là notre auguste gloire, là notre auguste tragédie.

Les Liens Écarlates... Le rituel secret des Chevaliers des Poissons. Celsius avait longuement lu sur le sujet mais n'en connaissait que la théorie. D'ordinaire transmis de maître à élève, il avait sauté une génération. Le Chevalier des Fleurs possédait son propre poison. Il n'y avait aucune raison que cela ne fonctionne pas de même. Mary était certes mourante mais avait résisté neuf longs mois durant à ses effets, elle devrait pouvoir se l'accaparer. Le Gold Saint savait comment cela finirait. Le processus ne pouvait s'achever qu'en créant un venin plus toxique encore que le sien, de la même manière que se créent les anticorps pour combattre l'infection. C'était de ce poison qu'il mourrait lorsque le sien ne serait plus assez fort pour en atténuer les effets.

Avoir à en imaginer un qui soit plus nocif encore que celui de la sève qui coulait dans ses veines lui faisait froid dans le dos mais il ne s'arrêterait pas pour si peu. Il savait que c'était comme ça que cela finirait et y était préparé. Ce n'était pas comme s'il avait encore quoi que ce soit d'autre à tirer de ce corps déchiqueté. Sa vie irait nourrir la sienne, deviendrait la terre et l'engrais qu'il lui faudrait pour fleurir et s'épanouir à nouveau. Oui, c'était ainsi que ça devait finir et Celsius y était préparé. Il n'avait de toute façon plus beaucoup de temps devant lui, son corps n'était plus qu'une plaie. Plutôt que de la suivre dans la mort, même si cela aurait eu le mérite d'enfin les réunir, il préférait sacrifier le peu qu'il lui restait pour assurer sa survie.

Ce n'étaient pas que leurs âmes solitaires qui les avaient rapprochés. La Sirène Maléfique, elle aussi, dominait le sang. Ce n'était pas par le sang qu'elle périrait. Ce que Celsius était en train d'accomplir avait un prix, mais ne pouvait échouer. Ce n'était finalement pas pour Athéna qu'il aurait donné sa vie, mais c'était en cet instant le cadet de ses soucis. S'il avait toutefois eu le temps d'y penser, le Roi des Épines n'aurait pu que se dire que la déesse le comprendrait. Car si dévolue qu'elle soit à la guerre de par son rôle, elle n'était pas dénuée d'amour, comme elle le leur avait maintes fois prouvé. La doctrine d'Athéna était d'être prête à s'offrir elle-même en sacrifice si cela pouvait épargner des souffrances à ses Chevaliers.

Être prêt à tout au nom des autres, voilà ce qu'on lui avait appris.
N'en était-ce pas la plus stricte mise en pratique qui soit ?

Du moins était-ce ce que ça aurait dû être. Alors que la vue du Chevalier d'Or se troublait, que le liquide vital commençait à manquer dans le calice de sa plaie profonde, un solide coup sur la nuque le prit au dépourvu. Sa conscience vacilla et les étoiles, qu'il vit n'avait rien à voir avec celles de sa constellation. Une détresse profonde inonda son esprit qu'embrouillait la fatigue et la douleur dont l'anémie n'était que le point culminant. Rampant dans la poussière, le Seigneur des Épines fit tout son possible pour se relever sans que cela ne suffise, le choc qu'il avait subi l'ayant cloué au sol comme s'il n'avait été qu'un insecte ignorant du danger. Il roula sur le flanc juste à temps pour ne pas infliger son poids à une Satine déjà bien mal en point.
Qu'est-ce que vous faites ?... Laissez-moi !...
Non, ce n'était pas terminé ! On devait le laisser aller jusqu'au bout ! S'il savait que Jack n'avait que peu de réticence à porter un coup en traître, il ne l'en aurait pas cru capable en un pareil instant. Gisant à moins d'un mètre de lui, son aimée était toujours condamnée et on voulait l'empêcher de faire la seule chose qui puisse encore la sauver. Ses doigts se tendirent dans sa direction, le panache flamboyant de son regard étant la seule chose qui permette encore à ses yeux presque aveugles de s'orienter. Tout son corps tremblait, sans qu'il sache si c'était de peur ou de son extrême faiblesse. Ses ongles s'enfoncèrent dans le sol et le creusèrent, la frustration qui l'accablait lui dispensant plus de force que l'agonie ne lui en faisait perdre. Sa poigne se referma sur le poignet du vieux forban alors qu'il faisait mine de le soigner, gagnant en fermeté à mesure que les forces lui revenaient.
Vous croyez vraiment que c'est le moment ? Aidez-la. Maintenant !
Pourquoi diable perdait-il du temps à s'occuper de lui alors que celui de Mary était compté ? Ça n'avait aucun sens. La coordination de ses mouvements n'étant pas suffisamment rétablie pour lui permettre de se relever, il ne put qu'assister, impuissant, à la tragédie dont il était l'auteur mais pour laquelle Jack était le seul à blâmer. Le monde tournait autour de lui et le sang qui lui battait les tempes lui emplissait les oreilles. Sa perception du temps se dérégla : les secondes devinrent des heures et vice-versa. Lorsque ses oreilles se décidèrent à accepter à nouveau la mélodie du monde, ce fut pour entendre le premier cri de vie d'un enfant - son enfant. Sa fille. Non, ses filles. Les noms donnés par Satine l'auraient volontiers ému s'il n'avait pas déjà été à fleur de peau.

C'est ce chant discordant qui le tira de son inertie, lui donna la force de se traîner jusqu'à elles. Le sentiment d'urgence et de nécessité qui en émanait avait fait taire les dernières souffrances qui le tiraillaient encore. Hélas, milles fois hélas, c'était autant valable pour les nouveaux-nés que pour Mary. Car maintenant qu'elle leur avait donné le jour, maintenant qu'elle les savait en bonne santé, en sécurité avec lui à leurs côtés... Il craignait que plus rien pas même lui ne soit en mesure de la retenir sur cette Terre. Que son âme s'envole, affranchie des lois de la gravité. Les nuages de peine qui encombraient son regard crachaient des éclairs de douleur, vomissant une pluie glaciale sur tout ce qui l'avait un jour habité. Même son coeur donnait l'impression de pouvoir se décrocher, emporté par le courant.
Ne me laisse pas.
Ce fut le seul filet de voix qui sortit de sa gorge nouée. Ses doigts se faufilèrent entre les siens après avoir effleuré sa joue, et il ne refoula qu'à grande peine le frisson d'effroi qui l'envahit au contact de sa peau raide et glacée. Cette mauvaise surprise faillit lui faire rompre le lien mais il ne l'en maintint que de plus belle, s'abstenant de serrer trop fort – ne lui avait-il point déjà fait assez de mal ? À se demande, il se pencha sur elle, la contemplant une dernière fois – non que sa pâleur ne l'ébranle pas encore davantage. Le baiser qu'ils échangèrent était froid et avait le goût du sang ; un sursaut désespéré lui fit s'entailler la lèvre pour lui en faire boire une goutte finale. À quoi bon ? entendit-il retentir dans un coin de sa tête alors qu'il lui soutenait la nuque d'une main fébrile.

Mais il était déjà trop tard. Lorsque la pression faible mais caractéristique de ses lèvres contre les siennes cessa, il sut que c'était terminé. Il la reposa avec délicatesse, serrant les mâchoires à s'en esquinter les gencives. Pour la dernière fois, il observa ses yeux se fermer alors que les siens tombaient sur ces corps frêles, si frêles qu'il lui faudrait garder du monde et de ses périls – seul. Ses paupières frémirent mais pas une larme ne réussit à s'en évader ; peu importe combien il le voulait, il ne pouvait pas. Il n'avait jamais pu, mais cela n'empêchait pas l'averse de tomber sur son âme, la lavant de tout bonheur, de cette joie qui, brutalement arrachée, lui semblait déjà n'avoir été qu'un rêve. Transpercé par le chagrin, son corps lui parut se vider de toute substance et le monde de ses couleurs.

Il bascula, tombant dans les ténèbres et l'oubli.
Il sombra dans l'inconscience et se perdit comme une larme dans la pluie.

Tout finissait ici, car son monde mourait avec elle.
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Mar 15 Juil - 18:59

Alors qu’elle commençait déjà à chuter, une main ferme la saisit. Brutale, presque douloureuse. Mais forte avant tout. Ce fut alors un véritable étau de fer qui la happa pour l’éloigner du trou béant qui menait vers l’entrée à sens unique des enfers. On la jeta au sol avec brutalité et ce fut un regard de braise, outré et furieux qui croisa le sien.

Tu abandonnes déjà ?! Je viens de me faire rosser par ton Celsius pour te sauver ! Et ce serait en vain ?!


Je me tenais devant elle, lui barrant la route vers sa mort, qu’elle pensait inéluctable. Les bras croisés, vêtu de mon surplis intact, je laissais percevoir sans doute possible ma colère et ma révolte. Devant ce trépas injuste, devant sa lassitude, devant le destin. Mon corps venait de s’évaporer en poussière au sein du temple de Poséidon et mon âme immortelle allait s’éveiller dans un nouveau réceptacle, d’ici quelques jours au plus profond des enfers. Mais, j’avais une dernière tâche à accomplir avant de recouvrer la vie que m’offrait généreusement le seigneur Hadès.

Que croyais-tu ? Je suis l’un des trois juges d’Hadès ! Je refuse ton trépas, Satine ! Ton heure n’est pas encore venue. Tu as encore trop d’actions à mener pour éviter que je ne sois forcé de t’expulser dans l’un des neuf enfers.


Je doutais que sa majesté soit ravie que j’en sois réduit à intervenir pour extirper une mortelle de son trépas, mais je saurais défendre ma position, quoi qu’il m’en coute. La voir périr sous mes yeux s'avérait impossible. Cette femme demeurait ma faiblesse, l’une des seules personnes qui me rattachait encore à ma vie d’antan. Je n’étais pas encore disposé à me séparer de ce mince fil d’humanité. L’emprise de la fontaine jaune sur Satine devait s’être brisée lorsque je l’avais empêchée d’avancer. Libre à elle de faire demi-tour et de ramener par sa simple volonté son âme vers son corps mortel. Empli de souffrances présentes, passées et à venir. Mais vivant. Atrocement, douloureusement vivant. L'espace d'un instant mon regard se fit plus tendre, plus implorant.

Quitte cet endroit... c'est tout...

N'importe quel spectre pouvait m'observer en ce moment. Voir la moindre faiblesse me couterait la vie car bon nombre de fidèles de sa majesté désirait probablement ma chute. Sans attendre davantage, je me détournais de cette femme, de mon amie, et je sautais dans le vide béant, promesse d'une renaissance, là où des milliards d'humains n'avaient vu que mort définitive.

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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Mar 9 Sep - 22:56

Himmel arrivait au Sanctuaire Sous-Marin, attendant alors sagement que l'on vienne à sa rencontre. Cependant, aucun signe de vie n'était perceptible, ni-même celui de Rhadamanthe! Était-ce là un signe que les choses avaient mal tourné? Après de longues minutes d'attentes, le Juge du Griffon se décida finalement à avancer. Et ses pas le menèrent jusqu'au Pilier de Poséidon!

"Étrange! Personne pour me barrer la route?"

Était-ce vraiment bénéfique de compter autant sur la possibilité des Marinas assurer leurs arrières? Himmel commençait sincèrement à penser que non et que sa venue ici-bas ne serait qu'une perte de temps. Et pourtant, quelque chose le poussait à aller de l'avant. Après tout, ne serait-ce qu'un combattant de plus, ce serait une bonne chose, même si cela contre-carrait quelque peu les plans qu'il avait établi.

Il avançait alors en direction d'une grande fontaine sur laquelle se tenait orgueilleusement une statue du Dieu des Mers et des Océans, Poséidon! Non loin de là, Himmel remarque le corps d'une femme, baignant dans une mare de sang. Elle avait des cheveux d'un carmin éclatant et son visage n'affichait pas cette expression de peur et de souffrance, si fidèle aux humains. Elle avait embrassé la mort!

Mais ce ne serait pas pour bien longtemps. Alors que Himmel commençait à peine à inspecter les environs, afin de retrouver, qui sait, le corps inerte ou sans vie du Juge de la Wyvern, il ressentit un Cosmos s'intensifier autour de lui. L'eau de la fontaine s'arrêta soudainement de jaillir. Le Griffon se mit instantanément en garde. Il n'avait pas prévu de se battre, mais un Cosmos mystérieux faisant son apparition, alors qu'il n'avait vu ni ressenti la présence de quiconque était fort étrange.

Une forte lueur rougeâtre capta alors son attention. Il se précipitait auprès du corps de la Marina, à qui il n'avait donné que très peu d'importance jusqu'à maintenant, afin de voir ce qui se passait. Elle portait une étrange pierre au coup, et cette dernière brillait intensément. Il ne pouvait pas être catégorique, mais il semblerait que le Cosmos qu'il avait ressenti venait de cette pierre. Simple illusion? Quoiqu'il en soit, la chaleur se faisait de plus en plus sentir autour du corps de la jeune femme. Son corps commençait à léviter, tandis que ses longs cheveux carmins commençaient une danse folle.

"Mais qu'est-ce que c'est que ce..."

Une intense lueur, l'obligeant à fermer les yeux, suivit d'un long cri de douleur. Ce cri venait de la Marina, comment était-ce possible si elle était belle et bien morte il n'y avait pas encore deux minutes!? Frappé par la stupeur, ressentant comme un léger malaise pour voir quelqu'un ressusciter sans son intervention, Himmel s'approcha silencieusement de la jeune femme.

Elle ouvrit alors lentement les yeux, ayant l'air confuse et déboussolée. Elle ne comprenait visiblement pas ce qui venait de lui arriver. Elle serait capable de croire à n'importe quel mensonge que le Griffon lui dirait. Un léger sourire se dessina sur son visage. Voilà une chance qu'il ne pouvait pas laisser échapper!

"Si je peux lui faire croire que c'est moi qui l'ai ramené à la vie, je n'aurais aucune difficulté à faire des Marinas mes alliés! Je dois tenter le coup!"

Il allait jouer à quitte ou double! Soit cela fonctionnait à la perfection et il parvenait à ses fins, soit la Marina se rendait compte de la supercherie, et il compterait, probablement, un ennemi de plus! Il prenait un gros risque, mais cela en valait le coup.

- Re-bienvenue dans le Monde des Vivants! M'entends-tu Marina? Parviens-tu à te souvenir de ton nom?
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Satine


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Ven 12 Sep - 22:04

Le jeu des Alliances






« Tu vas fermer ta grande gueule oui ? » fis-je de mauvaise humeur alors que j'arrivais tant bien que mal, à reprendre le contrôle de mon corps. Faute de pouvoir mieux faire, je restais assise, les yeux rivés sur la noire silhouette que je ne distinguais qu'à peine. C'est alors que tout me revins en mémoire, comme une grosse vague s'échouant lourdement contre les récifs. Je plaquais alors mes mains contre mon crâne, lutta un long moment contre une envie de vomir. Les sensations me revenaient progressivement, comme mes douleurs. Ma mémoire. Le cosmos qui m'entourait s'évanouissait peu à peu, laissant place à une détresse de plus en plus importante. « Bordel, t'es qui toi ? »

Ce n'était pas Arbhaal. Ce n'était pas Celsius ni même mon père. Soudain mes yeux s'agrandirent : où étaient-ils passés ? Où étaient mes enfants ? Confuse, j'inspectais les environs en tournant la tête à droite à gauche, à gauche à droite dans le but inutile d'en savoir davantage. Au fait, qu'est-ce qu'il avait dit gueule d'amour ?

Car maintenant que je le voyais mieux, je comprenais que j'avais en face de moi un Spectre et pas des moindres. Pas un pecnots de base non. Encore un Juge, le deuxième en l'espace de … combien de temps ? Putain, combien de TEMPS ?! Je luttais contre la panique, contre mes brusques angoisses : je compris alors la teneur de ses propos. Il venait de me faire revenir. Lui, pas la Wyvern. Je captais plus rien.

« C'est toi qui … enfin, bref, enchantée, moi c'est Mary. Mary Red. Et toi ? J'sais pas quoi dire, c'est un honneur de rencontrer un second Juge en l'espace d'une journée. Tu es ici pour la Wyvern, c'est bien ça ? »

J'étais capable d'un brin d'ironie, ce n'était pas si mal. Malgré les multiples questions qui me taraudaient, je pris sur moi et mes souffrances, me focalisant sur cette présence aussi étrange qu'inopinée ? Je devrais peut-être le remercier ? Songeuse, je balayais cette idée. Les remerciements plus tard. Ça se dit, j'allais devoir lui exploser ses petites ailes.

« Je crains que tu n'arrives trop tard. Ton homologue s'est fait exploser la gueule par le Chevalier des Poissons. Et moi je suis morte comme une merde en donnant la vie. C'pas ironique ça ? Mauvais timing, je parlais justement avec lui d'un futur accord avec nos deux Royaumes de bras cassés. Le souci, c'est que le mien l'est vraiment. J'sais pas si tu l'as noté. C'est moi qui suis responsable de ce beau merdier. On a voulut me la faire à l'envers, j'ai répliqué. Me voici donc Chef des Marinas par la force des choses. Et maintenant que je suis de nouveau là … je suppose que je n'ai pas d'autres choix que de me refourrer dans les emmerdes. Bref joli môme. Je veux parler à l'ambassadeur des Spectres. Emmènes moi aux Enfers. On a plus rien à foutre ici, je, pardon, n'ai plus rien à foutre ici. »

Sur ces mots, je rassemblaient mes maigres forces afin de me redresser de toute ma hauteur. Sans que je ne m'en rendre compte, l'armure de la Sirène Maléfique – qui jusque là avait échu à mon père adoré, il allait être étonné tient … - alla se poser sur mon corps meurtri. Ma tête se tourna vers la fontaine de Poséidon. Je baissais la tête d'une manière imperceptible. Mais je remerciais mon Dieu de sa clémence, de sa bienveillance alors que j'avais été une vraie furie avec son peuple. Par ce geste, il me faisait comprendre son accord et son soutient. Il était temps pour moi de me relever. De vivre, comme Arbhaal me l'avait ordonné. M'arracher aux Enfers … se risquer à la colère divine, à la colère de ses pairs. Il avait prit de gros risques pour moi. J'avais beaucoup de choses à lui dire. Et je pense qu'il n'allait pas aimer ma venue.

« Je ne parlerais qu'à lui Juge, il s'est porté garant de votre cause. Je ne négocierais la suite qu'avec lui. Ok ? Mais soit sûr d'une chose : j'ai quelques comptes à régler avec le Sanctuaire. »

Comme avec l'un de ses Juges, mais ça, je m'abstenais de le lui dire.

=> Entrée des Enfers






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Himmel


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Mer 24 Sep - 23:54

On pouvait être catégorique sur une chose, la Marina ne manquait clairement pas de culot! Himmel eût l'envie soudaine de renvoyer la rouquine au Royaume des Morts, mais il se retenu de le faire. S'il avait commencé cette comédie, il ne pouvait l'interrompre ainsi. De plus, il avait été capable de se contrôler face aux Guerriers Divins, même si les circonstances étaient un tant soit peu différentes.

Cependant, l'air déboussolé de la Marina laissait comprendre qu'elle était encore sous le choc de sa résurrection. Elle semblait perdue, tandis qu'elle tentait, probablement, de se souvenir de ce qui s'était passé avant sa mort. Himmel ne répondit pas à sa question, il préféra la laisser se reprendre et ensuite commencer à parler avec elle calmement. Après tout, il était venu avant tout pour savoir à quel point en était les négociations et surtout savoir où était passé le Juge de la Wyvern.

Mary Red, ainsi se prénommait-elle reprit finalement ses esprits et commença alors, dans un ton bien plus amical, à raconter les événements qui s'étaient produits en ces lieux. Rhadamanthe avait donc combattu le Saint des Poissons!? Que diable venait-il faire au Sanctuaire Sous-Marin? Les Saints se doutaient-ils de quelque chose et étaient venus proposer une alliance aux Marinas tout comme eux? Mais quoiqu'il en soit, il était évident qu'une quelconque alliance avec les Saints n'avait pas été conclu. Malheureusement, avec les Spectres non plus, mais les Marinas, dans leur état actuel, en valaient-ils le coup? Qu'importe! Mieux les avoir de leur côté, plutôt que de voir débarque deux ou trois d'entre eux, susceptibles de venir les gêner. Mary voulait négocier avec Rhadamanthe! Himmel allait lui dire qu'il était en charge des Enfers, mais la demoiselle semblait si décidée qu'il jugea bon de ne rien dire pour l'instant. Une fois en Enfers, l'obliger à se joindre à eux ne serait pas tâche bien difficile.

- Très bien Mary Red! Partons pour les Enfers et allons terminer ce que mon compagnon a commencé!

Retrouverait-il Rhadamanthe en Enfers? Il avait déjà pu voir un Saint à l'oeuvre, toutes les informations qu'il aurait pu collecter était vitales.
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Haiken


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Sam 18 Oct - 0:45

Haiken avait ouvert le Triangle des Bermudes où, Ann et lui, avaient pu se téléporter jusqu'au Temple de Poséidon, en plein cœur du Royaume Sous-Marin. Ann était encore bien mal en point. Le Général du Dragon des Mers l'aida alors à s'asseoir, afin qu'elle puisse économiser ses forces.

L'atlante savait à quel point pénétrer dans son antre pouvait être pénible pour quelqu'un blessé ou dont le Cosmos était faible. Même s'il contrôlait les âmes qui y erraient, la pression électromagnétique qui se faisait sentir dans ce lieu lugubre était difficile à supporter.

- Est-ce que ça va? Tu tiens le coup?

Haiken lui offrit alors un sourire. Il était heureux de voir que la Sirène était vivante et en bonne santé, si l'on tenait compte des circonstances. Ici-bas, elle était en sécurité, bien plus encore après que sa sœur ait anéanti le sénat. Cependant, et à son grand étonnement, il n'y avait aucune trace de la Générale de la Sirène Maléfique.

- Ta sœur était là quand je suis parti, en compagnie d'un Spectre! - la grimace, largement visible sur le visage du Dragon des Mers, ne laissait aucun doute quant au malaise qu'il ressentait à cette idée. Il est vrai qu'il avait combattu lors de la dernière Guerre Sainte, allié aux Spectres, mais il ne les aimait pas et ne voulait d'eux que le plus de distance possible.

- J'espère qu'elle n'a pas fait de conneries!

Haiken avait un mauvais pressentiment. L'absence de Mary, quelques heures après son carnage ne laissait augurer rien de bon. Elle venait de conquérir le Sanctuaire Sous-Marin, elle était à la tête de l'armée de Poséidon, alors pourquoi aurait-elle disparu aussi vite?

Une présence se fit alors sentir. Il était évident qu'ils n'étaient pas seuls. Haiken se mit en garde. La disparition de Mary pouvait cacher quelque chose de plus grave qu'il ne l'aurait imaginé. Cependant, l'homme qui apparut devant eux n'était pas un ennemi, même si Ann pourrait probablement penser le contraire. Jack O'Bannon se tenait devant eux, son regard fixé sur sa fille. Que désirait-il? Savait-il au moins où était parti Mary?
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Ann


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Sam 18 Oct - 19:13

Autant le dire, j'étais on ne peut plus ravie de rentrer au bercail: Non pas qu'Asgard me déplaisait, mais tout de même le froid glacial qui y régnait n'aidait en rien à la convalescence de la grande blessée que je suis. Je le sentais, j'étais encore bien trop faible, et cette petite escapade par le Triangle des Bermudes avait fini par m'épuiser. J'avais usé du peu de cosmos dont je disposais, heureusement que ma moitié était à mes côtés pour me soutenir et me fournir la force nécessaire.

"- Putain de merde. Je déteste être dans cet état." Ne pus-je m'empêcher de lâcher en grommelant et en laissant Haiken m'aider à m'asseoir. "J'ai l'impression d'être une petite chose fragile, alors que je suis loin d'être cela."

Un instant je fermais les yeux, oui il me fallait seulement un instant pour me reposer. Je sentais au plus profond de mon être que quelque chose clochait.

"- C'est beaucoup trop calme. Que s'est-il passé ici? Où sont donc passés tous les autres?"

Rouvrant les yeux, je portais mon attention sur le Dragon des Mers. Il avait beau me fixer en souriant, j'étais certaine que lui aussi éprouvait la même sensation. La révélation qu'il me fit me laissa perplexe.

"- Que pouvait-elle bien faire avec un macchabée? Bordel je m'absente quelques semaines et à mon retour c'est le chaos complet. J'exige de comprendre!"

Certes cela faisait limite gamine capricieuse, mais merde, j'en avais strictement rien à foutre. Toutefois, au "j'espère qu'elle n'a pas fait de connerie" de mon amant, je ne pus m'empêcher de répondre.

"- Je l'ai vu quand j'étais dans le coma. Elle était morte Haiken. Elle est morte en mettant les enfants aux monde. C'est elle qui m'a ramené. Penses-tu que ce spectre ait pu la ramener à la vie? Il faut que je me rétablisse au plus vite et que l'on parte à sa recherche."

Péniblement, je me redressais, tandis que me parvenais le bruit de pas venant à notre rencontre. Lentement je me tournais en direction du son, pour voir apparaître l'homme que je désirais le moins voir pour le moment.

"- Tiens donc, qui voilà. Dois-je me sentir honorée que tu viennes à notre rencontre...père?"

Ne pus-je m'empêcher de lâcher avec une pointe d'ironie dans la voix, avant de soupirer.

"- Ce qu'il y a de bien quand tu flirtes avec la mort, c'est que tu apprends à relativiser. Donc, disons que je vais faire table rase du passé, ok? Maintenant, dis nous tout ce que tu sais, et une fois que se sera chose faite, je veux reprendre directement l'entrainement."

M'attendant déjà à de la protestation de la part du Général de mon cœur, je posais mon index sur ses lèvres pour l'empêcher de parler, tout en secouant doucement la tête en signe de dénégation.

"- Je sais que tu es inquiet. Mais nous n'avons pas le choix. Mon instinct me dit que nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous, et je veux être prête lorsque la tempête se déchaînera. Mon côté marin tu comprends." Lui dis-je dans un sourire avant de lancer au paternel. "Nous t'écoutons."
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Dim 19 Oct - 16:49

    De sombres heures s'annonçaient. Le vieux Jack l'avait senti venir à des kilomètres, bien avant que sa chère fille Satine ne ramène son cul au Sanctuaire Sous-Marin pour le détruire sans autre forme de procès. Il fut sans doute le premier des Toges Blanches à avoir comprit que quelque chose de grave se tramait ; le ciel bien qu'éclatant, promettait de devenir plus chaotique que les Eaux capricieuses dirigées par leur Maître. Poséidon lui avait chuchoté que la Stella Rubius ferait de nouveau trembler le Monde et que, la présence de la Sirène Maléfique annonçait bien plus que la Mort. Il avait donc finalement comprit, en quittant les lieux après avoir dit adieu à cette même fille, qu'il venait de se tromper, que la manifestation de l'ancien Prêtre n'était pas qu'un signe, un présage. Astre avait voulut le prévenir. Mais en revenant sur ses pas, il était trop tard. Trop tard pour agir et se dresser face au Juge du Griffon, à Mary. Le choc de la voir se redresser passé, il s'était retrouvé seul, comme un con, les bras ballants encore couverts du sang de la Sirène. S'il avait prié, rien ni personne ne répondit à ses supplications silencieuses. Comme un lion en cage, il avait tourné, tourné et tourné encore fulminant, pestant contre les nymphes qu'il coursait parfois comme un dément, prit d'un soudain désespoir.

    L'envie d'aller aux Enfers chercher sa gourdasse de fille était très forte. Comme celle d'aller étriper le Saints des Poissons qui s'était barré comme un connard avec ses petites-filles.

    Bordel il était grand père ! ENCORE. Cette pensée l'avait arraché à sa folie, cette sombre chimère qui aurait put le déchirer tout à fait, alors, il avait rit. Rit à ne plus pouvoir s'arrêter, rit à en pleurer. Son rire s'était répercuté dans les environs effrayant le vide. Car, où qu'il porte son regard , le pirate et ancien Général ne voyait rien d'autre que la désolation. Il ne savait pas si ce Royaume se relèverait. Et puis, il eut sa réponse. Il avait entendu dans la pièce voisine, des échos, des voix qu'il ne pouvait que reconnaître. Son cœur, il crut un instant qu'il bondissait hors de sa poitrine. Au pas de course il s'élança, avant de stopper net celle-ci, en voyant Haiken et Ann …

    « Putain. » lâcha t-il en passant une main de géant sur son visage sale et fatigué. Du sang, il laissa dans ce mouvement, le sang de Mary, maculé son front, ses pommettes, son menton … « Callista, il y a aucun honneur, il n'existe plus aujourd'hui. Les Marinas sont morts. »

    Son timbre était grave, sans aucunes onces d'ironie, de sarcasme ou de cette grossièreté chaleureuse dont les O'Bannon étaient capables en toutes circonstances. Pas dans celle-ci. Des yeux du vieil homme harassé, surgirent des larmes qu'il ne sut contrôler. Il pleurait silencieusement et continua, sans s'en préoccuper. L'honneur était mort.

    « Regardes un peu autour de toi, contemples l’œuvre de ta sœur ! Le Sanctuaire Sous-Marin n'existe plus, mais si tu es là, c'est qu'il reste un petit espoir … Oublions nos rancunes, c'est très bien. Car aujourd'hui, ta rancœur doit être dirigée vers un autre. Celsius des Poissons a trahi ta sœur, et elle est morte. Enfin … non. Elle n'est pas morte. »

    Soudain, les cheveux blancs de Jack virèrent à l'écarlate, ses sourcils se froncèrent et il serra les dents d'une rage mal-contenue. « Le Juge du Griffon l'a ramené à la vie. Après la mort du premier Juge, je suppose que l'autre a débarqué ici pour savoir ce qu'il s'était passé ! Et il est tombé sur Mary … Ta sœur n'a pas perdu un instant pour le suivre aux Enfers. Oh Ann … il faut faire quelque chose. Elle va sans doute vouloir récupérer ses filles. »

    Son visage dépeignait une telle tristesse en cet instant ! « Qui sait ce qu'elle peut faire sous la coupe des Spectres … Ramenez-la … Ramenez-la moi. PUTAIN pourquoi a t-elle fallut qu'elle s'entiche d'un SAINT PUTAIN DE BORDEL DE MERDE DE J'EN FOUTRE. Sérieux. Merde. »

    Il s'approcha d'Ann et d'Haiken en fulminant, leur adressant un regard insondable. Le cœur du vieux pirate s'assombrissait. « Du Royaume Sous-Marin, il ne reste que vous. À l'heure d'aujourd'hui je peux vous affirmer une chose : les Saints n'ont pas le droit à notre soutien, ils ne l'ont jamais obtenu, je l'avoue, j’œuvrais dans l'ombre, seul, pour les détruire. Si je ne vois pas les Spectres d'un mauvais œil, voir l'une de mes filles dans le Pandémonium ne me réjouit pas non plus. Vous n'êtes peut-être pas sans savoir qu'une Alliance secrète subsiste entre eux et nous, nous leur en devons une, mais ça veut pas dire pour autant qu'ils peuvent se permettre de faire de la merde. J'sais pas ce qu'ils trament, mais ça pue. Ne faites confiance à personne, c'est comprit ? Les enfants, je vous laisse vous charger de la suite, ramenez Satine à la maison. »

    Sans plus attendre, comme si il avait la Mort aux trousses, il parti d'un pas vif, quittant les lieux sous le regard inquiet des nymphes.

    => Lieu inconnu
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Jeu 23 Oct - 12:32

La Sirène Maléfique était morte, puis ressuscitée, puis elle était partie en compagnie d'un Spectre? Mais quel histoire! Et dire que Haiken pensait que le pire était passé, que maintenant qu'il avait retrouvé Ann ils pourraient se reposer et repartir sur d'autres bases. Mais il semblerait que le destin continue de leur jouer des tours, en y prenant, sans aucun doute possible, un malin plaisir à les faire tourner en bourrique.

Le vieux Jacky était hors de lui, exigeant à sa fille et à son "gendre" de lui ramener Mary, en vie de préférence! Une petite grimace envahit alors le visage du Dragon des Mers. Depuis quand acceptait-il des ordres provenant de lui!? Mais, alors qu'il allait lui répondre sèchement, le ramenant illico presto à sa place, Ann prit la parole, posant son doigt sur sa bouche. Elle semblait vouloir écouter ce que son père avait à dire.

Malgré tout, il n'y avait rien de bien intéressant, se ce n'est que lui et le vieux O'Bannon n'était clairement pas du même avis concernant les Saints. Cependant, il avait raison sur un point, il fallait ramener Mary parmi eux. Haiken ignorait encore pourquoi les Spectres avaient fait le déplacement jusqu'ici, même s'il s'en doutait un peu, mais il était évident qu'ils étaient venus chercher l'aide des Marinas. Cependant, Haiken n'avait pas l'intention de s'allier à quiconque ou de combattre pour qui que ce soit. Le Sanctuaire Sous-Marin avait besoin d'être reconstruit. Maintenant que les bons à rien du Sénat avaient été mis hors d'état de nuire, ils pourraient reconstruire le royaume à leur image, comme ils le voulaient. Ils n'avaient pas de temps à perdre dans des batailles qui ne les concernaient pas.

Jack O'Bannon quitta les lieux. Ann et Haiken restaient seuls et silencieux pendant un moment. Le Dragon des Mers rompit finalement le silence.

- Je te préviens je n'obéis pas à ta soeur et encore moins à ton père! Néanmoins, il a raison sur un point, nous ne devons pas nous allier aux Spectres, quoiqu'ils en disent. Je ne sais pas ce qu'ils trament, ni même pourquoi ta soeur les a suivi, mais j'ai bien l'intention de la ramener, de force s'il le faut! Que ce soit bien clair, ce n'est pas pour faire plaisir à ton père, mais si réellement elle veut faire renaitre notre Royaume, ce n'est clairement pas le pas le plus judicieux à prendre.

Il se tourna vers Ann, la fixa longuement dans les yeux, puis passa sa main sur sa joue.

- Je vais ramener ta sœur, lui faire comprendre l'erreur qu'elle est entrain de commettre, je te le promets! Peut-être que sa résurrection lui à plomber le cerveaux! Reste ici et repose-toi!

D'abord aller à la Cathédrale d'Hadès, afin de savoir si Mary y était. Ensuite, il aviserait selon les informations qu'il aurait réussi à obtenir. Le Dragon des Mers était bien décidé à faire revenir Mary Red à la raison, et il n'hésiterait pas à utiliser la force pour ce faire. Il semblerait que Ann ne soit plus une excuse valable pour empêcher un combat qui, depuis longtemps, était voué à se réaliser!
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]   Dim 26 Oct - 12:13

Non mais je nageais en plein délire là ou quoi? C'était quoi ce boxon? Le paternel qui en allai de sa petite larme...Non mais sérieux, il était réellement entrain de chialer là? Et puis tout ce sang...Quelqu'un avait refait la décoration? Si c'était le cas, autant dire que le décorateur avait des goûts de chiotte. Et puis c'était quoi cette connerie comme quoi il n'y avait plus d'honneur, et que les Marinas étaient morts! Non mais allô quoi! On parlait des marinas là. Des fouteurs de merde. Je sentais déjà le mal de crâne poindre avec force. C'est donc non sans surprise que mon père et mon amant purent me voir porter mes mains à la tête et me masser les tempes.

"- Comment ça les marinas sont morts? Mais putain c'est quoi ce ramassis de conneries? Où est Tristan?" Je regardais tout autour de moi, à la recherche de l'homme qui m'avait tout appris. " OU EST TRISTAN?" Ne pus-je m'empêcher d'hurler. Imaginer mon mentor mort était pour moi chose impossible.

Au fur et à mesure que le paternel parlait, mon sang se glaçait. Sérieux, la frangine avait carrément pété un boulon. Bon qu'elle liquide le Sénat, soit, cela en soi, n'avait rien d'ne grosse perte. Bon débarras même. Mais de là à s'enticher d'un Spectre et à s'allier à eux, sérieux, y avait des kilomètres. Néanmoins, je ne pus m'empêcher de tiquer aux révélations du père et à sa position bien campée vis à vis des Saints. Au moment où il partit, nous laissant seuls Haiken et moi, j'lui lançais:

"- Hé l'vieux, j´te signale que si je suis encore en vie, c'est grâce à un Saint. Faudrait pas que tu l'oublies."

Après son départ, je restais un long moment silencieuse. Effectivement, il allait vraiment falloir que je me retape au plus vite. J'avais avoir du pain sur la planche. Moi qui aurais tant voulu retourner sur l'île de Circée en compagnie du Général du Dragon des Mers pour profiter de nos retrouvailles, et me rétablir au soleil... Tous mes plans tombaient à l'eau. Je lâchais un soupir.

Le long silence qui commençait à s'installer entre nous fut interrompu par la prise de parole d'Haiken. Je demeurais silencieuse, l'écoutant, avant de froncer les sourcils. Je comprenais parfaitement le sens caché de sa phrase. Si Mary ne voulait pas entendre raison, ils en viendraient tous les deux aux mains, elle en était certaine. Elle comprenait l'avis d'Haiken, elle le partageait. Mais lorsque ce dernier me suggéra de rester ici et d'attendre bien sagement, je me demandais si il ne se foutait pas de ma gueule. Non mais sérieux il ne me connaissait encore pas?

Mon visage n'exprima toutefois aucune trace de colère et de rébellion. Au contraire ce dernier se fendit d'un léger sourire, tandis que j’acquiesçais. Je tendis une main sur sa joue pour caresser tendrement celle-ci avant de venir embrasser mon amant avec passion.

"- Tu as raison. Je serai plus un boulet qu'autre chose pour toi, vu mon état. Je vais donc rester ici et t'attendre. Va chercher Mary, mais s'il te plait, évites de la tuer. Dis lui que sa sœur a besoin d'elle."

Je savais pertinemment qu'il ne le ferait pas, car si il devait en arriver là, jamais je ne le lui pardonnerais. Je l'embrassais une dernière fois avant d'ajouter.

"- Aller va, ne t'inquiètes pas pour moi. Ah et Haiken, quand tout ça sera fini, je veux vraiment que l'on rentre chez nous."

Ouais en attendant, j'étais surtout entrain de me dire qu'il allait avoir du soucis à se faire me concernant, parce que lorsqu'il reviendrai, il y avait fort à parier que je ne serai pas là, à l'attendre bien sagement comme il l'aurait souhaité.





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[Mai 1755] Le Jeu des Alliances [PV Arbhaal et ???]

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