RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]

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Saikhan


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MessageSujet: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Lun 2 Juin - 20:00

Une présence tapie dans les ombres d'une cage trop épaisse, infranchissable de par ses seules forces qui lui manquaient cruellement en cette sombre heure. Les prunelles de jade de la silhouette prostrée brillaient dans cette semi-pénombre angoissante et silencieuse. Vide. Ici, il n'y avait que cet écho invisible et muet. Sa présence était seule à offrir un tant soit peu de vie à cette prison de pierre et de magie. Mais quelle vie ? Son corps demeurait lourd, pesant durement contre le mur qui lui servait en cet instant de soutien dans cette tourmente voilée de ténèbres. Depuis combien de temps demeurait il ici à ressentir cette souffrance tapie entre ses chairs, hanté par des cauchemars teintés de vermeilles ? Son regard détailla les paumes de ses mains abîmées, rendues rugueuses par cette condition presque déplorable. Prisonnier. L'espace d'un battement de paupières, ces dernières se couvrirent d'un voile écarlate qui révulsa son corps, blessant son cœur en aliénant cette mémoire qui était si défaillante. Un grondement rauque s'insinua en dehors de sa gorge comme le grognement dangereux d'un animal blessé.

L'homme ferma les yeux, éloignant les visions macabres qui martelaient son crâne, les remplaçants par des instants voilés, lointain et vague, presque étranger.

Il avait essayé de quitter les lieux mais ses barreaux n'étaient pas de ceux qu'il pouvait briser de ses mains ou de ses crocs. Ici, son cosmos était annihilé par le pouvoir de la déesse de la Guerre qui veillait sur ce Sanctuaire honnis. Il avait échoué. Échoué à accomplir son office, à ramener auprès du bélier noir l'enfant qui lui avait dit de retrouver. Tout comme il n'avait pu se résoudre à tuer cette créature qui n'en était pas une. Démone. Sa tête vint se poser sur son mur de soutien, levant les yeux vers ce qui aurait dût être le ciel mais n'était ici qu'un plafond froid et sombre. Nulles étoiles ne brillaient ici bas, et cette constatation l'emplie d'une vague de tristesse las. Son cœur se serra, se tordant douloureusement dans sa poitrine sans qu'il n'en comprenne le sens, perturbé, troublé, il demeurait captif de ce sentiment obscur qui s'insinuait dans ses chairs, attaquant cette âme meurtrie. L'inquiétude. L'angoisse.

Était elle en vie ?

Lorsqu'il s'était éveillé dans cette froide geôle, le corps perclus d'une insidieuse souffrance, le chevalier noir avait eu du mal à accepter sa captivité nouvelle. Il l'avait comprit ô combien rapidement, quand bien même cet endroit lui demeurait inconnu, il avait comprit. Le Sanctuaire, voilà le lieu dans lequel il se trouvait emprisonné, à la merci de ses ennemis. L'espace d'un éclat de vie, Dohko avait tenté de forcer les barreaux de sa cage en vain, comprenant bien rapidement que cela était inutile privé de son cosmos. Alors, il s'était assis et avait attendu, ressassant les événements, essayant en vain de comprendre ce qui avait ainsi altéré son jugement, malmené son âme.

Il avait mal.

Ses phalanges se crispèrent, ses poings se serrant dans un craquement sinistre. Il devait fuir, trouver un moyen de s'échapper de ces geôles pourtant... Il y avait cette lumière, discrète et vacillante qui éclairait vaillamment des ténèbres envahissantes, rampantes qui maculaient cette mémoire absente. Aucunes des quelques images qu'il possédait n'était teinté de cet éclat doucereux quand bien même était ce l'angoisse qui étreignait cette silhouette enfantine. Ce voile carmin qui à présent, hantait ses jours et ses nuits sans discontinuité. Comme un requiem, une inquiétude vive et perfide qui se faisait dague aiguisée, attaquant son âme sans interruption. Un soupir se perdit dans ce monde de silence. Il demeurait dans l'attente. Une attente agaçante, perturbante dans laquelle il ne pouvait rien faire d'autre que de ressasser ce sur quoi il n'avait plus prise. Il avait fait son mal. Il avait échoué. Et cette cage ne faisait que raviver ce sentiment d'échec et d'impuissance.

Où es tu Pséma ?

Un instant, il avait crû percevoir son aura, sa voix mais ce n'était sans nul doute que son imagination qui lui jouait des tours. Sur ses doigts, il sentait encore avec une acuité dérangeante le liquide vermeille qu'il avait fait s'écouler hors de ce corps fragile et délicat de la sainte de la vierge. Armure d'or haït. Alors pourquoi ? Pourquoi ressentait il cette douleur étreindre son cœur ?

Pourquoi est ce que j'ai voulu la sauver ?


Il n'était pas un homme de mal. Même si ici, il était appelé traître.
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Kappa


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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Mar 17 Juin - 17:53

L’atmosphère s’épaississait à mesure qu’il s’enfonçait au cœur de la montagne au flanc de laquelle était bâti le magnifique sanctuaire d’Athéna. Dans ses entrailles, se trouvait le donjon, les prisons, où étaient enfermés ceux qui avaient le malheur de s’attaquer aux chevaliers d’Athéna. Les lieux étaient sombres, et humides. Seules quelques torches, dont les flammes dansant sur les murs, éclairaient les lieux, et le visage du chevalier du Verseau. Le regard absent, perdu dans ses pensées, ce dernier descendait les escaliers taillés directement dans la roche qui menaient aux prisons dites de haute sécurité, fabriquées spécialement pour que les chevaliers à la puissance égale à celle des chevaliers d’Or ne puissent pas s’en évader. C’était là, que l’ancien chevalier de la Balance avait été enfermé directement sur Ordre du chevaliers des Glaces lorsqu’il l’avait ramené au Sanctuaire. Il espérait qu’un traitement de choc ferait réagir Dohko, et que peut être, il se souviendrait.

Il avait régulièrement pris de ses nouvelles durant ces deux dernières semaines où il avait été incarcéré, par l’intermédiaire des gardes, mais c’était la première fois qu’il lui rendait directement visite. Les nouvelles n’étaient pas bonnes : Dohko n’avait semblait il fait aucun progrès depuis son retour. C’était à peine s’il mangeait. Il était cloitré dans un mutisme qui ne présageait rien de bon. Kappa le savait : pour obtenir un résultat, il allait falloir passer à quelque chose de plus brutal. Et même si cela le peinait car il respectait Dohko avait qu’il n’ait sombré, Kappa savait qu’il était bien placé pour le brusquer. Si la manière douce de Mashia ne fonctionnait pas, peut être la sienne réussirait.

Enfin, après une longue descente, le Verseau posa le pied à l’étage des cellules de haute sécurité : Toujours taillés dans la roche, les lieux étaient malgré tout plus soignés et travaillés que le reste. Le sol était doté de pavés, et des sculptures ornaient certains murs. En revanche, l’éclairage était toujours aussi pauvre. Kappa demanda aux gardes de le laisser, et ceux-ci se retirèrent. Puis il se dirigea vers la cellule de son vieil ami. Le spectacle qui s’offrit à ses yeux ne le rassura pas. Physiquement, Dohko avait l’air plus faible et misérable que jamais. Mais une haine tenace et puissante animait ses yeux. Ils étaient encore en vie, et tels des yeux de fauve, attendaient la moindre de nos erreurs pour répliquer avec violence. Il avait oublié qu’il n’y a pas si longtemps encore, ils combattaient côte à côte face à l’ennemi. Pséma l’avait brisé avec une facilité déconcertante, et en avait fait un de ses pions.

Campant devant les barreaux, le mage des glaces l’observa longuement sans dire un mot d’un regard dur ne trahissant pas la moindre émotion. Un visage de marbre. Et au bout de quelques secondes, il se lassa, et brisa le silence :
- Debout Dohko, il faut qu’on parle !
Le ton n’était pas des plus amicaux, mais jusqu’à preuve du contraire, Kappa avait en face de lui un ennemi qui avait tout oublié de sa vie d’avant.
- Alors, est ce que tu es prêt à me raconter ce qui est arrivé ? Qu’est ce qui t’a mis dans un tel état, Dohko ?! Parles ! Tu n’as rien à gagner à rester pourrir dans ce trou ! Et tu ne sortiras pas tant que je ne saurai pas ce qui t’a... transformé ainsi.
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Saikhan


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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Mer 18 Juin - 16:17

Un écho. Un bruit de pas qui s'approchait, claquant durement sur la roche inégale de cette sinistre prison. Un cliquetis discret accompagnait cette démarche qui s'avançait, régulier, presque lancinant et qui se fit plus fort à mesure qu'il ne s'approchait de sa propre geôle. Celui là venait pour lui. Il le savait, le sentait. Que cela soit son instinct ou les bribes scellées de son cosmos qui le lui indiquait, il n'en avait que faire. Ses prunelles se braquèrent par delà les barreaux de sa prison d'airain, luisant d'un éclat irréel dans la semi-pénombre. Mise à part les gardes, peu étaient les hommes à venir s'aventurer dans les plus basses cages de ce lieu souterrain dépourvu de ciel et de soleil. Ici, les astres étaient inaccessibles, laissant les prisonniers seuls aux prises avec les ombres. N'était ce pas là tout ce que méritait les criminels qui croupissaient dans ses geôles ? Bien sur. La peine valait le crime.

D'un ordre muet, les gardes se retirèrent pour laisser place à son visiteur. L'éclat d'or de son armure ne fit qu'étrécir son regard, le rendant d'autant plus menaçant, si différent de ce regard pétillant qui d'habitude, étincelait dans le regard de la balance ! Ici, il n'y avait plus que cette dangerosité sauvage, menaçante et hostile qui semblait se faire rage dans ce cœur en proie à ses propres tourments. Sur son visage, nul sympathie, nul éclat rieur ou familier, il n'y avait que cet être presque méconnaissable qui dardait sur le Verseau, un regard agressif. Si son cosmos n'avait pas été scellé au fin fond de son corps, nul doute que ce dernier aurait été à son image. Dohko se redressa bien avant que ce dernier ne lui en donne l'ordre – et ne lui aurait sans nul doute pas obéit si il le lui avait donné plus tôt. Il demeura tapi dans les ombres, le dos presque calé contre le mur qui pouvait le supporter dans le cas où son corps le trahissait. Il était faible. Il savait que s'affamer ne changerait pas grand chose à sa situation, que cela était même plus dangereux et ne lui permettrait pas de profiter pleinement d'une faille pour sortir de là pourtant... La nourriture avait dans sa bouche un goût de cendre et de sang qui l'empêchait de profiter d'un simple repas. Peut être était ce également une certaine fierté, si ce n'était de la simple obstination – ou un fort esprit de contradiction – qui le poussait à ainsi réagir. Probablement était ce un peu toutes ses raisons mais, par fierté également, il ne chuterait pas face à cette homme. Surtout pas lui. Si sa mémoire était défaillante, il se souvenait parfaitement de ce moment qui les avait rassemblé sur une sinistre scène. Comment oublier alors que ses rêves et ses pensées étaient toutes tournées vers cet éclat de mort ?

Un frémissement. Ses prunelles s'étrécirent davantage sous l'injonction du saint alors que lui demeurait tout aussi muet. Ce jeu aurait pu durer longtemps. La patience était une vertu qu'il possédait à un certain degré, mais la rage qui consumait son cœur ne lui laissait pas sa place.

Combien de fois devrais je te dire que je ne te connais pas ?!


Sa voix rauque de n'être que rarement utilisée, résonna dans la geôle comme le grondement d'un animal féroce mais acculé. Blessé. Ô comme il était meurtri ce fauve ! Dans son âme, nul écho. Dans son cœur, seul cette rage perdurait et son esprit annihilé ne faisait que répercuter un vide insidieux dans lequel il s'écroulait sans cesse. Il se souvenait. De ses mots, de ses gestes, de ses émotions troublantes qui avaient animé son corps et son cœur.

Dans ses prunelles de jade, la rage se disputait à ce vide picté d'étoile scintillante, d'un univers entier qui happait sa conscience malmenée. Mais son attitude demeurait hostile bien que trahissant un trouble profond à peine dissimulé par la faiblesse de son corps. Que savait il de lui ? Ce que Dohko savait, c'était que cet homme, il ne le connaissait pas. Au contraire de cette femme à la chevelure écarlate qui lui avait offert...Un éclat aussi salvateur que cruel qui dévorait son cœur. Le doute s'insinuait en lui. Néfaste. Fatal. Il l'obligeait à renier les quelques réminiscences éparses qu'il possédait encore, les seules et cela, son esprit le refusait.

Ils étaient des ennemis.

Si tu cherches à me faire avouer quoi que ce soit, tu ferai mieux de partir. Tu ne tireras rien de moi, Saint.


La colère grondait dans cette silhouette éreintée, lui donnant assez de force pour se maintenir debout tout en troublant sa conscience endormie.

Que savait il de lui ?
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Kappa


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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Jeu 19 Juin - 15:38

Les lumières des torches dansaient sur mon visage de marbre. Il était exactement comme je m’y attendais : tel un fauve dos au mur et blessé, il était dangereux et prêt à mordre si l’on tendait la main pour essayer de le toucher. Il n’était plus celui qu’il avait été. Il avait oublié. Oublié qui il était, et ce que nous avions vécu. Ce qu’il représentait en tant que chevalier d’Or, en tant que Saint d’Athéna. A présent, il crachait ce mot avec une haine non dissimulée, une haine qui me fit plisser les yeux et serrer les poings et les mâchoires. La colère montait en moi. Tout doucement, mais sûrement.
- Oh si, tu me connais, Dohko. Il n’y a pas si longtemps, tu portais toi aussi l’une de ces armures et tu représentais l’espoir se dressant face aux hommes comme Pséma !
- Si tu cherches à me faire avouer quoi que ce soit, tu ferai mieux de partir. Tu ne tireras rien de moi, Saint.
La haine qui transparut lorsqu’il lâcha le mot « saint » m’agaça encore davantage, et ma réaction fut immédiate :
- Ca suffit, Dohko !
Ma main se leva et une vague de cosmos plaqua violemment l’ancien chevalier d’Or de la Balance contre le mur.
- Ne crois pas que je vais te pardonner tes actes uniquement parce que nous étions amis et que tu es amnésique. Je ne suis pas Mashia, moi ! Elle ne viendra pas te défendre aujourd’hui, il n’y a que toi et moi !
La main toujours levée maintenait Dohko bloqué contre la paroi de sa prison d’une main de fer. Et puis subitement, je relâchai mon étreinte, mon cosmos disparut et Dohko retomba contre le mur, plus épuisé que jamais. Mais comment faire pour toucher l’ami qui se dissimulait sous cette épaisse carcasse de haine à l’état brut ? La colère céda la place à l’impuissance alors que mon regard de saphir le fixait toujours.
- Je n’arrive pas à croire que Pséma soit parvenu à te faire lever la main sur une amie qui t’était si chère, lançai-je soudain, soucieux de changer d’angle d’attaque, à la recherche d’une réaction de sa part. Pourquoi protéger quelqu’un qui t’a poussé à frapper quelqu’un qui t’était si précieux avant de perdre la mémoire. Es tu devenu si faible qu’il soit si facile de te contrôler, Dohko ?

Mon ton était dur et sans pitié. Il fallait le bousculer, le déstabiliser, et le forcer à se souvenir. C’était la seule solution et je ne pensais pas que la manière douce puisse réussir, dans ce cas précis.
- A moins que… tu ne préfères être amnésique, par peur de te souvenir…
Je fis quelques pas jusqu’à me trouver à quelques centimètres des barreaux, puis :
- Aucune importance… Je ne suis pas là pour te tirer les vers du nez mais pour te forcer à te souvenir, Dohko. Te souvenir de qui tu étais, et ce que tu représentais. Nous allons extirper ce résidu de Pséma qui vit en toi, que tu le veuilles, ou non…
Cette fois, ma voix n’avait plus rien d’amical, et elle ne présageait rien de bon pour la suite…
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Saikhan


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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Jeu 19 Juin - 22:49

Le connaître. Encore une fois, ces mots ne firent que raviver sa colère, cette rage et cette douleur qui ployait son âme. Le doute parvenait il à s'insinuer dans son esprit ? Pour l'heure, il semblait bien que non. Cette hargne qui embrasait son esprit semblait bien trop épaisse encore pour ne serait ce faire fléchir cette résolution absolue. Évidement, l'absence de souvenir aurait dû le convaincre, lui faire comprendre une logique qu'il ne parvenait à appréhender en cet instant. Aveugle et sourd, voilà ce qu'était Dohko aujourd'hui, bien loin de l'image de cet homme à l'écoute des autres et à leur service. Les arguments du saint ne recevaient nul écho, nul souvenir, mais toujours ce vide qui s'emplissait de ce pernicieux sentiment qu'il ne parvenait à contrôler.

Le regard de l'ancienne balance s'assombrit dès lors que son ennemi osa prononcer le nom de Pséma, mais sa diatribe n'eut guère le temps de s'échapper de ses lèvres. Rien, si ce n'était un grondement de douleur dès lors que son dos entra violemment en contact avec le mur de sa geôle. Le guerrier noir sentit ses muscles hurler de douleur mais nul autre cri ne vint s'échapper de ses lèvres serrées. Rien hormis ce regard de défi qui se délita quand ce dernier abandonna sa prise pour le laisser choir sans grâce sur le sol froid de la prison. Ses jambes ne parvinrent pas à le maintenir debout, vacillantes, il se retrouva bien vite à genoux, frissonnant mais aussi fier qu'il ne l'avait toujours été. Il ne courba pas l'échine quand bien même la saveur du sang se répandait sur son palais et que son corps affaibli se meurtrissait davantage. Qu'importe ! Qu'il continuait si cela lui chantait, si cela l'amusait de le voir ainsi lutter ou même de le briser. Qu'importait la douleur de son corps, ce n'était rien et cela, il le savait bien. Il n'était pas son ami, il ne le connaissait pas.

Ses paroles par contre, enfoncèrent plus profondément encore la dague qui déjà, perçait son cœur sanguinolent de son tranchant affûté. Son poing sur le sol inégale se crispa alors que l'expression de son visage tourné vers cet homme se fit plus trouble. Une douleur pernicieuse et une colère qui s'animait de nouveau, véhémente.

Je ne voulais pas ça !


Incompréhensible. La surprise s'égara un instant sur son faciès devant ses propres mots avant qu'il ne se détourne du chevalier d'or hâtivement. La confusion était seule à régner dans son âme esseulée, mais ces mots étaient sincères. Une sincérité aussi troublante que dérangeante pour le traître qui voyait danser devant ses paupières closes la frêle silhouette de celle qu'il avait dit être une chère amie. Était ce vrai ? Était ce la raison pour laquelle il avait cru éprouver quelque chose quand Pséma avait prononcé son nom et enfin, quant il l'avait vu ? Non. Ça ne pouvait pas...Sa main se crispa malgré lui sur son front, essayant vainement de lutter contre l'étau de douleur qui enserrait son crâne. Il avait ressenti un mal semblable cette fois là, une vive souffrance qui avait annihiler son esprit l'espace d'un instant. Plus encore quand elle était tombée. Son cœur cognait violemment dans sa poitrine.
Le fauve pourtant parvint à se détourner sur le Verseau quand ce dernier rajouta autre chose, une nouvelle attaque qui cette fois, raviva sa colère. Il se redressa, étonnement vif en vu de son état semblant de plus en plus précaire.

Ne parles pas de lui ainsi ! Cracha presque l'homme qui semblait trembler de rage – ou d'épuisement, lui même l'ignorait. Mais il était debout, tapi comme un tigre prêt à bondir sur une proie alors que sa voix se fit plus féroce à chaque mot. Que savait il de lui ? Que comprenait il de la douleur de n'être rien de plus qu'un être vide d'expérience et devoir composer avec ?

Tu ne sais rien de lui ! Pas plus que tu n'en sais sur moi, malgré tes beaux discours ! Tu crois que je n'ai pas essayé ? Tu crois que c'est facile de s'éveiller sans mémoire avec seulement quelques souvenirs épars et incompréhensibles ?! Tu crois que je l'ai choisis ? Pséma est la seule personne dont je me souviens encore par bribe, la seule qui m'ait tendu la main alors que je n'avais plus rien ! Alors je t'interdis de dire du mal de lui !


Il avait été là pour lui. Dans les pires moments, quand le vide menaçait de le happer, Pséma l'avait aidé, l'avait accepté. Pour elle, cela devait être une erreur. Il l'avait appelé Mashia mais sans doute ne savait il pas que derrière cette démone se dissimulait une faible jeune femme. Ses doigts se crispèrent de nouveau sur sa tempe alors qu'une vague de souffrance léchait sa conscience rudement mise à mal.

Pséma ne voulait pas ça.


Il ne pouvait en être autrement.

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Kappa


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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Ven 20 Juin - 17:43

Mes attaques précises et répétaient avaient fini par l’atteindre, et loin d’en rester là, je choisis de saisir l’occasion pour pousser Dohko encore plus loin et le forcer à regarder la vérité en face. Mémoire ou pas, il devait comprendre ce qui s’était réellement passé, et non pas la version que ce bon vieux Pséma avait bien voulu lui faire avaler.
- Je ne voulais pas ça !
- Mais C’EST arrivé ! rétorquai-je aussitôt d’une voix forte en saisissant les barreaux avec virulence. Il s’est servi de toi en tirant profit de ta perte de mémoire ! Peut être même l’a-t-il provoquée !
- Ne parles pas de lui ainsi ! Répliqua Dohko d’une voix de fauve.Tu ne sais rien de lui ! Pas plus que tu n'en sais sur moi, malgré tes beaux discours ! Tu crois que je n'ai pas essayé ? Tu crois que c'est facile de s'éveiller sans mémoire avec seulement quelques souvenirs épars et incompréhensibles ?! Tu crois que je l'ai choisis ? Pséma est la seule personne dont je me souviens encore par bribe, la seule qui m'ait tendu la main alors que je n'avais plus rien ! Alors je t'interdis de dire du mal de lui ! Pséma ne voulait pas ça.
- Réveilles toi un peu, Dohko ! Comment peux-tu savoir qui est réellement Pséma alors que les seules informations que tu possèdes sont celles qu’il a bien voulu te fournir ! Tu l’as dit toi-même à l’instant ! C’est difficile de s’éveiller sans souvenir, mais comment peux-tu savoir que ton esprit critique n’a pas été corrompu par le Bélier Noir ?! Seulement, il est tellement plus facile de ne pas avoir à se poser toutes ces questions que tu as préféré agir comme si tu étais sûr de connaître la vérité !

Je m’interrompis, le souffle court, je fis volte face, puis je fis quelques pas avant de m’immobiliser soudainement, et :
- Jusqu’à ce que tu frappes Mashia… lançai-je avant de me retourner et de plonger mon regard de saphir dans ses yeux de jade. Pour la première fois depuis ta perte de mémoire, tu as connu une hésitation et un doute en la blessant. C’est pour ça que tu as hésité à ce moment précis, au Japon. Tu n’as pas compris ce sentiment de malaise, tu n’as pas pu y attacher un nom. Mais ce doute était bien là, et j’imagine qu’il est toujours présent quelque part en toi.
Plus mon analyse avançait, et plus l’étau se resserrait autour du jeune chinois. Il devait savoir que je n’avais pas totalement tort, à défaut d’avoir raison. Et cela devait insinuer un doute dans son esprit qui ne le quitterait plus.
- Exempt de mémoire et privé de ta puissance d’antan, tu penses pouvoir affirmer ce que veut un personnage aussi puissant et mystérieux que Pséma. Fais-toi violence, Dohko ! Pséma ne souhaite qu’une chose, c’est la ruine du Sanctuaire ! Et il fera tout ce qui est nécessaire pour y parvenir ! Tu crois vraiment que tu as la moindre importance à ses yeux ?! Tu n’es qu’un pion de plus qu’il utilisera pour arriver à ses fins. Ni plus, ni moins. Il est vrai que je ne sais pas grand-chose sur lui… Mais à l’heure actuelle, il est fort probable que j’en sache plus long que toi sur toi-même !
Mon regard perçant brilla l’espace d’un instant dans la pénombre, faiblement éclairé par les torches vacillantes, puis :
- Et je sais au moins une chose ! Le Dohko que je connais ne se laisserait jamais duper par un chevalier Noir ! Aussi puissant qu’il soit ! Et surtout pas pour blesser Mashia ! JAMAIS Mashia !
Encore une fois, le ton était dur et exempt de toute faiblesse. Mais si je voulais faire réagir mon vieil ami, il fallait le bousculer…
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Saikhan


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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Sam 21 Juin - 17:02

Ce que disait cet homme n'avait pas de sens. Dans son esprit mis à mal, le traître ne parvenait à tolérer ces paroles qui n'étaient pourtant pas dénuées de vérité. Intolérable. Comment pouvait il ne serait ce accepter une seule partie de ce raisonnement ? Cela signifierait purement et simplement que tout n'était que mensonge jusque là, que ce qu'il avait vécu – le peu dont il se rappelait – et ce qu'il avait fait également n'était rien de plus qu'une illusion, et alors, à quoi se raccrocher ? A ses paroles ? Comment pouvait il être certain que ces dernières n'étaient pas tout aussi trompeuses, ne cherchant seulement qu'à davantage encore l'affaiblir pour qu'il trahisse le bélier noir ? Dans cette geôle, il était à la merci de cet homme, de ce chevalier d'or qui débitait avec force et dureté son monologue, essayant de le convaincre du bien fondé de ses paroles. Confus, le chinois peinait à se retrouver parmi toutes ces possibilités que lui assénaient sans ménagement le chevalier du verseau.

J'en sais plus que toi, gronda t-il de nouveau à son adresse. J'en ai des souvenirs, quelques uns, et vous n'êtes dans aucun de ceux là. Lui par contre, oui.

Dans ces réminiscences lointaines et vagues, la silhouette du bélier noir était la seule à s'élever, sans nul doute parce qu'il était une personne importante pour lui...N'est ce pas ? C'était tout du moins ainsi qu'il l'avait perçu et après tout, pourquoi le démentir puisque tout concordait jusque là ? Jusqu'à aujourd'hui tout du moins. Son monde s'effondrait. Ce monde fragmenté et enténébré dans lequel il errait à présent sans but. Est ce que ça l'amusait d'ainsi le torturer ? Colère. Trouble. Douleur. Sur le visage de la balance, ses émotions se faisaient limpides – n'avait il pas toujours été un piètre menteur ?

Doute. Il n'aimait pas ce mot. Il n'aimait pas ce qu'il signifiait pour lui et les ravages qu'il intronisait dans son âme. Il regrettait, ô combien il regrettait son geste envers la jeune femme et ce, pour une raison si obscur que cela ne faisait qu'aviver encore ses maux tapis, incompréhensible. Et lui disait tout savoir, tout comprendre et cela l'insupportait malgré lui. Il demeura silencieux, accablé par ces paroles et ces reproches à demi-voilé, le chinois supportait sans mot dire. Pour quoi faire après tout ? Ne jouait il pas le jeu de son ennemi à ainsi s'énerver ? La vérité. Les mensonges. Les illusions. La réalité. Tout se mélangeait, se joignant en une ronde indéfinie, douloureuse. Il n'arrivait pas à réfléchir. Il voulait le faire taire.

Alors c'est que je ne suis pas cette personne.

Ça ne pouvait être que ça alors, ce qui finirait par tout faire concorder. Peut être fuyait il la vérité. Ou alors était ce autre chose, quelque chose de plus pernicieux. Une manipulation. Même si il avait ressenti un malaise à ce moment et que son geste le répugnait, il l'avait quand même fait, il avait raison. Ne venait il pas de le lui asséner sans scrupule ?

C'est ce que j'ai fais, je l'ai blessé, tu l'as dis toi même.


Avec ces mains qu'il observait sans vraiment les voir. Il ne l'avait pas voulu, pourtant...Ses doigts vinrent s'attarder de nouveau sur son crâne douloureux. Encore cette même sensation écrasante et impitoyable qui n'arrangeait nullement son raisonnement face à cet homme. Au contraire, il lui semblait que tout cela ne faisait qu'empirer, annihilant ses pensées. Cette rage tempêtant dans son âme l'épuisait et c'est en silence qu'il laissa son dos se reposer sur le mur au plus loin de son adversaire.

J'aurai dû la tuer. Si Hù n'avait pas été là, c'est sans nul doute ce qui se serait passer.

Aussi douloureux était ce pour son âme et son cœur. Mortifié. Que ce serait il passé si le tigre n'avait pas contraint son geste ? Sincèrement, il préférait ne pas répondre à cette question qui lui tordait les entrailles. Affaiblit, Dohko se laissa glisser contre le mur pour reprendre une position assise, moins hostile, presque plus douloureuse, las. Une vive douleur vrillait son crâne et il ne parvenait plus à l'ignorer, pas plus qu'à le dissimuler, ses mâchoires crispées. Un rire amer vint un instant ébranler sa silhouette - douloureux - alors que sa main passait devant son visage comme pour en essuyer le trouble lancinant.

J'en sais encore moins à ton sujet, Verseau, et tu veux que je te crois sur parole ? Tu es bien présomptueux.

Mais la graine était plantée.
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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Lun 23 Juin - 17:16

Son esprit était troublé, ses gestes fébriles. Il hésitait de plus en plus, je l’avais ébranlé, j’en avais la conviction. Dans un ultime effort, il tenta de rejeter la vérité, se raccrochant aux seuls souvenirs qu’il possédait et qui ne tarderaient pas à s’avérer n’être qu’un ramassis de mensonges.
- Alors c'est que je ne suis pas cette personne.
- Je suis sûr que tu aimerais bien que ce soit le cas, en ce moment… Mais ce n’est pas aussi simple, et ça tu le sais parfaitement ! Rétorquai-je aussitôt d’un ton acide.
- C'est ce que j'ai fait, je l'ai blessée, tu l'as dis toi-même, répliqua t’il à la recherche d’un brin de vérité.
- Je sais, oui… Parce que les seuls souvenirs qu’il a laissés en toi sont ceux qui faisaient d’elle ton ennemie et de lui ton allié.
- J'aurai dû la tuer. Si Hù n'avait pas été là, c'est sans nul doute ce qui se serait passer.
- Et ça ne t’a pas mis la puce à l’oreille ?! Je veux bien croire que tu ne veuilles pas croire la parole de gens dont tu ne te souviens pas. Mais ne viens pas me raconter à MOI que tu ne fais pas confiance au jugement de Hù ! A d’autres ! Je te connais trop bien pour ça !
Cette dernière attaque sembla ébranler à nouveau le jeune chinois l’espace d’un instant avant qu’il ne contre attaque subitement :
- J'en sais encore moins à ton sujet, Verseau, et tu veux que je te croie sur parole ? Tu es bien présomptueux.
- Ce n’est pas tout à fait exact, rétorquai-je alors. Tu me connaissais assez bien auparavant, mais l’on a reprogrammé ta mémoire pour effacer toutes ces informations. Et si tu veux savoir une chose sur moi, la voici : je n’aime pas parler de moi ! Et ce n’est pas de moi qu’il s’agit ici, mais bien de toi !

La gestuelle de l’ancien chevalier d’Or m’indiqua qu’il était à terre, cette fois. Les questions se multipliaient malgré qu’il ne veuille pas l’admettre, et le doute se répandait en lui. Quelque part, l’objectif que je m’étais fixé en lui rendant visite ce jour là était rempli. Le reste n’était que du bonus.
- Regardes un peu où la bonté et la générosité de Pséma t’ont conduit : au fin fond d’une prison, rejeté par tes pairs et considéré comme un traître.
Mes yeux étincelèrent d’une lueur dangereuse, avant que je ne poursuive :
- Mais ne t’en fais pas. Je vais m’occuper personnellement de Pséma. Je vais le traquer, et le détruire, venger Mashia, et te venger, toi ! Tu me remercieras plus tard, lorsque ta mémoire ira mieux ! Ajoutai-je en faisant demi tour et en m’éloignant de la cellule. En attendant, rumines bien sagement nos paroles. Je suis sûr que quelque part, au fond de toi, tu sais que j’ai raison, et que tu as tort. Lorsque tu seras prêt à l’admettre et à en rediscuter, fais moi mander par la garde. Je serai là pour t’écouter, mon ami !

Et sur ces mots, Dohko entendit mes bottes de métal fouler les dalles menant à l’escalier, ma silhouette faiblement éclairée par les torches disparaissant dans le dédale de couloirs des cachots du Sanctuaire.
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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Mer 25 Juin - 20:52

Que pouvait il rétorquer de plus au chevalier du Verseau qui, de sa langue acérée, parvenait à faire trembler les fondations branlantes de son âme ? Parler davantage risquait simplement de lui porter davantage encore préjudice aussi, le traître finit par simplement se taire, las et fatigué de devoir endurer cette souffrance persistante qui matraquait son corps. Chaque mot, chaque phrase était parfaitement contré, tant et si bien que Dohko en était ébranlé. Il ne l'aurait sans nul doute pas avoué de vive voix, mais il n'en avait nul besoin après tout. De nouveau seul, il dû se rendre à l'évidence : le doute s'était insinué en lui. Il fallut plusieurs jours à ressasser cette échange – qui n'en avait guère que la forme – pour que ce dernier le comprenne ainsi. Du temps également fut nécessaire et une patience certaine de certain de ceux qui se disait être ses pairs.

Comment pouvait il savoir qui mentait ? Pséma ou eux, quelle différence percevait il dans leurs discours si différents ? Le saint noir s'était abîmé l'esprit des jours durant dans cette vaine réflexion, essayant de rassembler des indices épars mais seul la douleur semblait persister dans cet esprit aliéné. La douleur et ces quelques souvenirs qu'il possédait encore, lointains et évanescents. Le Verseau n'était pas revenu, il ne l'avait pas fait demander comme ce dernier le lui avait demandé. A quoi bon ? Rien n'avait réellement changé hormis ce doute insidieux.

Et il y avait eu Celsius, le chevalier d'or des poissons.

Les jours, les semaines puis les mois...Finalement, il n'aurait su les dénombrer de lui même tant sa notion du temps était devenu particulièrement faussée, dans ce lieu où le soleil n'existait plus. Il n'y avait que ses gardes, lointain, et ses repas donnés à heure fixe qui lui permettait d'en avoir une idée incertaine. Aujourd'hui, il mangeait. Certes, sans vraiment d'entrain, davantage par besoin et commodité que par plaisir, mais au moins avait il comprit son erreur. Dohko ressemblait toujours à un prisonnier mais il ne dégageait plus cette hostilité prégnante, juste une lassitude
fatiguée. Car nul doute que ces semaines supplémentaires n'avaient pas été sans préserver son apparence de guerrier, mais que lui importait pour l'heure ? Il faisait son possible pour ne pas se retrouver démuni mais les lieux n'étaient guère adéquate pour un entraînement, quel qu'il soit. Et il attendait. La patience n'était pas sa qualité première pourtant, ici, il était bien contraint de la développer – ce qui n'était pas une mauvaise chose en soi. Cependant, il ne pouvait nier qu'il attendait chaque nouvelle visite avec une certaine impatience – notamment et surtout, celle de Mashia qui se faisait la plus présente dans ses sinistres geôles. Aussi paradoxale que cela puisse paraître au vu de ce qu'il avait fait, elle venait avec une régularité de métronome si bien qu'à présent, elle aussi devenait une mesure du temps qui passait. Un soutien également, à n'en pas douter.

Mais aujourd'hui, ce n'était pas elle qu'il attendait. Le chevalier noir avait pris son temps avant de, finalement, faire mander celui qui avait été l'instigateur de son changement – son renouveau peut être. Il avait ruminé ses paroles, longuement, et il se doutait à présent que c'était en parti grâce à lui si il avait compris et accepté. Sans le Verseau, il serait probablement resté le pion de Pséma. Les lieux étaient les mêmes, mais l'ambiance elle, se faisait plus sereine à défaut d'être accueillante. Un changement majeur à n'en pas douter, par rapport à la dernière confrontation entre les deux hommes.

Lorsque les bruits de pas annonçant la venue d'un nouvel invité résonna dans les sombres geôles, Dohko se permit un simple coup d’œil à ce dernier, demeurant assit sur le sol froid sans faire un geste pour se redresser. Le prisonnier se sentait quelque peu mal à l'aise, ou tout du moins, appréhendant cette situation. C'était ce qu'il ressentait pourtant, il ne prit guère le temps de tergiverser avant que sa voix ne s'élève.

Je voulais commencer par m'excuser pour ce que je t'ai dis lors de notre dernière rencontre, et mes manières...hostiles. Mais en réalité, je ne le peux pas vraiment, tout ce que j'ai dis, je le pensais vraiment à ce moment, ce n'est que maintenant à la lumière de ce que j'ai découvert que je peux le dire.

Le fauve demeurait honnête, non pas qu'il n'avait pas assez d'humilité pour s'excuser d'actes et de paroles, mais en l'état, il ne le pouvait pas vraiment. Le guerrier avait passé de longues heures à songer quoi dire, quoi faire, mais face aux chevalier d'or, il improvisait totalement. Se préparer à une confrontation ne servait à rien, songea-t-il avec un sourire discret.

Par contre, je tenais à te remercier.


Sa voix était plus ferme, plus douce et en même temps, marqué par un autre sentiment plus amer. Il ferma les yeux, se coupant un instant de ce monde sinistre avant de reprendre, doucement.

Si tu ne m'avais pas brusqué, je serais resté...sous son emprise. Ces doigts vinrent se perdre dans sa chevelure brune désordonnée, s'arrêtant un instant là où, auparavant, la douleur emplissait son être tout entier dès lors qu'il ne faisait que songer à ce qu'il avait perdu. Tu avais raison. C'est assez dur de l'admettre, mais il m'a trompé et probablement utilisé à ses propres fins, en utilisant ma perte de mémoire.

Pourtant, même si il avait été délivré de cette emprise, cela n'avait pas tout arranger pour autant. Indiscutablement, Pséma l'avait manipulé. Il croyait en Hù, il croyait en ce frêle éclat de lumière, en ce sentiment maladroit qui l'étreignait quand la belle à la chevelure de feu se penchait vers lui, cette familiarité improbable. Ce genre de sentiment ne s'inventait pas, ne se créait pas non plus...

Mais je ne suis pas Dohko. Pas vraiment.


Une constatation froide, presque dégagé mais derrière laquelle se taisait de nombreux sentiments. Peut être le savait il déjà si ce dernier parlait régulièrement avec Celsius ou Mashia, peut être avec ce jeune Jara.

Je n'ai pas retrouvé la mémoire.
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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Ven 27 Juin - 16:54

Il lui avait fallu beaucoup de temps pour répondre à ma main tendue. Mais je n’étais jamais intervenu avant qu’il le fasse. Je m’étais contenté de prendre de ses nouvelles sans que lui ne le sache au travers des gardes. Il avait recommencé à manger, faiblement certes, mais c’était un début. Un signe évident qu’il commençait à comprendre ? A se souvenir, peut être même ? Trop tôt pour le dire. Il traversait une période difficile emplie de doutes et de remises en question, de quête de rédemption, peut être même. Il fallait à présent attendre qu’il fasse le premier pas, car la démarche devait venir de lui, et non de moi. Il mit le temps, mais un matin, un garde me rendit visite au temple du Verseau : Dohko le chevalier Noir souhaitait me voir. Vêtu d’une tunique en lin blanche et bleu pâle, je me rendis aux geôles dans le but de rencontrer à nouveau mon ancien ami.

Aussitôt, l’atmosphère se fit plus lourde et l’air plus rare. C’était vraiment un endroit d’où l’on était content de sortir lorsque l’on venait d’y passer une heure. Alors plusieurs semaines, je plaignais Dohko. Mes bottes foulèrent le sol avec une discrétion bien supérieure à celles de l’armure dorée. Parvenu devant la cage, je l’observai un moment. Il avait encore maigri et n’avait pas bonne mine. Cependant, l’hostilité qu’il dégageait la fois précédente était absente : un très bon signe pour la suite, assurément. L’ancien chevalier d’Or n’attendit pas que j’ouvre le bal et prit la parole. J’écoutai en silence et sans l’interrompre, tout en le fixant pour le jauger. Il était honnête, ce qui ressemblait davantage à l’ami que je connaissais. Il avait toujours été honnête. Trop, en fait. Mais sûrement était-ce ce qui le rendait si sympathique. Il poursuivit son discours, son mea culpa, tandis que je demeurais toujours aussi silencieux. Intérieurement, j’étais content : j’étais parvenu à le toucher, à ébranler la palissade de mensonges érigée par Pséma et Dohko avait fait le reste.

Toutefois, cette joie fut de courte durée :
- Mais je ne suis pas Dohko. Pas vraiment. Je n'ai pas retrouvé la mémoire.
- Ca viendra, répondis-je d’un ton assuré. Je sais que c’est dur, mais tu as fait le plus gros. A présent, il te faut t’entourer de tes proches et retrouver tes marques. Petit à petit et en temps voulu, j’ai bon espoir que ta mémoire revienne. Le plus important était de te tirer du mensonge dans lequel tu baignais. Maintenant que c’est chose faite, tu vas pouvoir reprendre les choses là où tu les as laissées… et peut être même récupérer ton armure, je ne sais pas si tu as réfléchi à ton avenir.

Je m’interrompis quelques secondes en imaginant le jeune chinois quitter la chevalerie après une telle tragédie. Ce ne serait pas étonnant : Dohko avait toujours eu un cœur pur et les cœurs purs sont les premiers touchés par les pertes et la guerre, et les plus fragiles aussi. Peut être était ce trop pour lui ? Après tout, n’avais-je pas moi-même failli abandonner l’armure du Verseau six ans plus tôt ? N’avais-je pas sombré dans l’alcool et perdu foi en tout suite à la perte d’Aurora et de Mashia ? Je ne comprenais que trop bien les difficultés que pouvait éprouver l’ancienne Balance en ces temps troublés. Durant quelques secondes, j’envisageai de lui parler de tout ça, mais je me ravisai. C’était un sujet bien trop personnel et douloureux…
- Enfin, j’imagine qu’il est encore un peu tôt pour parler de tout ça. Tu reviens de loin, après tout, n’est ce pas ? Ajoutai-je avec un sourire faible.
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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Sam 28 Juin - 14:21

L'ancienne balance déballait ce qu'il avait sur le cœur sans vraiment chercher à garder une cohérence à ses paroles. Il disait ce qui avait besoin d'être dit, ce qui se devait d'être dit et cela, sans guère se préoccuper du reste. Comment son interlocuteur le prendrait-il ? Cela faisait parti de l'inconnu de l'équation. Qu'ils soient ou non amis, le traître n'en avait pas plus de preuve aujourd'hui qu'il n'en avait la dernière fois, si ce n'était ce que ce dernier lui avait dit. N'était ce pas les amis qui réagissaient ainsi, essayant de convaincre, de soutenir, d'aider, même si cela devait signifier faire du mal et brusquer ? Après tout, il ne l'avait pas tué ce jour là. Il aurait pu. Peut être l'aurait il même mérité au fond quand bien même il ne songea guère à cela à cet instant. La culpabilité resterait, il ne fallait pas se faire d'illusion à ce sujet quand bien même Mashia lui répétait régulièrement qu'il n'avait pas à l'être. On ne pouvait dompter aisément les élans de son propre cœur.

Un sourire léger s'égara sur ses lèvres aux paroles du Verseau sans qu'il ne parvienne à commenter immédiatement. L'avenir ? Il n'y avait pas vraiment songé jusque là. Pour quoi dont l'aurait il fait ? Il parut surpris l'espace d'un instant avant que son regard ne s'éteigne finalement, ne laissant derrière lui qu'une expression troublée. Désabusée peut être.

Peut être...


Un souffle contraint. Ce qu'il avait laissé...
Peut être retrouverait il la mémoire. Peut être sortirait il d'ici. Peut être... Non, il ne songeait pas à cette armure d'or qui, dans les souvenirs collectifs, devaient recouvrir son corps. La seule armure dont il se souvenait était sombre quand bien même avait-elle les mêmes caractéristiques que celle de la balance. Qui plus est... Le fait qu'il possède cette armure aujourd'hui ne signifiait elle pas que l'armure d'or ne lui convenait plus ? Il n'en avait parlé à personne pour le moment, ou alors à demi-mot simplement, comme si en parler rendrait cette réalité plus amère, vraie, pour une obscure raison. Il avait l'impression aujourd'hui d'avoir perdu plus que de simple souvenirs.

Lorsqu'il rouvrit les paupières, se fut pour poser son regard sur la silhouette du chevalier d'or et son sourire faible auquel il répondit de la même manière. Il revenait de loin... Il ne savait même pas d'où il venait, songea-t-il avec un rien d'ironie qu'il n'exprima nullement cependant. A quoi bon ? Cela ne changerait rien d'en parler.

La route a été difficile, mais finalement, ça n'a pas été en vain. Celsius des poissons m'a aidé également, je crois que c'est votre Grand Pope qui l'avait envoyé pour trouver un moyen de contrer la manipulation.


Il fit exprès de ne pas ajouter le nom de l'homme dont il était question ici. Il lui semblait que ce n'était pas encore le moment d'en parler ouvertement avec Kappa. Un non dit. Étrange, il n'avait pas eu la même réserve avec le capricorne lorsque ce dernier était venu la première fois – quelques jours ou semaines auparavant, il ne le savait pas à vrai dire.

Mais non, je n'ai pas trop réfléchi à l'avenir. Pour l'instant, je me contente de vivre au jour le jour en attendant.


De sortir d'ici, c'était un sous entendu suffisamment clair mais qu'il ne parvenait pas vraiment à révéler à voix haute. Pourquoi ? Sans doute parce qu'ici au moins, il n'était un danger pour personne. Probablement aussi parce que c'était son châtiment pour le crime qu'il avait commis et qu'il n'avait pas à aller contre. Au contraire. Il ne le voulait pas davantage. Une bien faible rédemption.

Je ne sais pas trop à quoi m'attendre...
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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Mar 8 Juil - 18:39

Il était encore fragile, mais l’ancien chevalier de la Balance reprenait doucement pied. Il savait qu’il n’avait franchi que le premier pas, et il savait que ce ne serait pas facile. Ce qu’il avait fait serait dur à comprendre et à pardonner pour ses frères d’armes. Lui ayant à présent pardonné son geste sans réellement le lui avoir signifié, j’imaginais ce qu’il devait ressentir. Anxieux à l’idée d’affronter ses anciens frères d’armes, de faire face à ses actions passées. Ou peut être n’en était il pas encore à ce stade. Le tigre de Jade était difficile à jauger dans cette pénombre. Il avait mal, cela filtrait à travers son regard et sa gestuelle. Mal de ses actions, mal de son passé pourtant si incomplet dans sa mémoire. Il tentait de le cacher, mais je le connaissais trop bien…
Il évitait soigneusement certaines phrases, certains mots, certains noms. Shion. Je compris en un instant pourquoi il se montrait si distant à l’égard de notre Grand Pope. La psychologie n’était pas mon point fort, et je ne pouvais pas vraiment l’aider. Tout au plus le pousser dans la bonne direction. Le reste n’était pas de mon ressort. En ce qui le concernait, mon rôle n’était que secondaire.

- Ce ne sera pas facile, c’est évident… Pséma est parvenu à te faire faire certaines choses qui ont marqué les esprits. Il ne sera pas facile de te racheter, si tant est que tu le veuilles seulement. Après une telle expérience, personne ne te jetterait la pierre si tu ne souhaitais pas revenir parmi nous, ajoutai-je calmement en songeant à la fois où j’avais failli tout plaquer.
Mon regard perçant s’attarda plus que de raison sur le regard émeraude de Dohko, et je lâchai subitement, d’un ton plein de confiance :
- Mais tu ne le feras pas… Tu n’es pas comme ça. Il te faudra peut être du temps pour mettre ce qui s’est passé derrière toi. Et il n’y a pas de quoi avoir honte, c’est parfaitement normal ! Mais quand tu auras dépassé tout ça, la route qui s’ouvrira à toi sera des plus évidentes, et tu n’auras pas le loisir de te poser la question de savoir quoi faire. Tu sauras, un point c’est tout. Pour moi, la question n'est pas de savoir si tu reviendras mais "quand" tu reviendras.
Je fis un pas vers les barreaux, et une fois à quelques centimètres de ces derniers :
- Tu es né pour être le Chevalier de la Balance, Dohko. Tu n’es pas comme moi ! Peu importe ce qui est arrivé ces derniers mois ! Ta place est au temple de la Balance, et nulle part ailleurs. C’est sans doute trop tôt, mais tu viendras à le réaliser, fais moi confiance. Je sais de quoi je parle, en la matière !

Je fis une pause, conscient que c’était beaucoup à assimiler d’un coup pour le jeune chinois. Il ne se souvenait que très peu de moi, après tout, il ne fallait pas le brusquer…
- Je sais que tu ne te souviens pas de moi. Mais je te connais, Dohko. Nous avons versé le même sang sur les mêmes champs de bataille.
Finalement, je fis un pas en arrière avec un léger sourire, et :
- Ne t’en fais pas… Avec le temps et la mémoire, tu comprendras. Tu comprendras.
Mes pas résonnaient déjà, s’éloignant de la cage du jeune chinois. Toutefois, avant que je ne disparaisse au détour d’un couloir, il entendit une dernière fois ma voix :
- Nous ne nous reverrons plus avant que tu ne sois libre, si tout se passe bien. A bientôt, mon ami !
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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Mer 16 Juil - 14:01

La voie qui s'ouvrait à lui...

Les paroles du Verseau avaient longuement occupées son esprit, et ce, bien après sa seconde visite dans les sinistres geôles du Sanctuaire. Demeurant dans un coin de son être, elles l'avaient accompagné chaque jour durant dans ce lieu, dans l'attente d'un changement, de quelque chose de nouveau qui viendrait troubler son quotidien. Il avait la foi, peut être même que Kappa l'avait davantage que lui même pourtant, quelque part au fond de son cœur, il y trouvait un certain réconfort. Il avait confiance en lui, malgré tout ce qu'il avait fait, malgré l'être sans mémoire qu'il était aujourd'hui, malgré qu'il n'était plus Dohko, la personne qu'il avait connu. Tout comme la Vierge, lui aussi se faisait un soutien, plus discret que cette dernière mais néanmoins présent dans son cœur. Comme d'autre qui, petit à petit, se faisaient une place dans cette âme meurtrie.

Se racheter, hein...


Le regard de l'ancienne balance vint détailler ce ciel d'aurore sans nuage qu'il pouvait enfin contempler librement. Après tant de semaines enfermé dans cette prison, il en avait presque oublié ces sensations doucereuses qui lui avait tant manquer. Les rayons ardents du soleil. La brise légère charriant d'agréables senteurs. Aujourd'hui, il était libre. Et grâce à Mashia et à sa famille, il avait un lieu vers lequel se tourner qui lui permettait d'éloigner la solitude qui avait tant peser sur ses épaules durant son emprisonnement. Dohko n'était pas un solitaire, loin s'en fallait et peut être était ce finalement ce qui avait été le plus dur à supporter. Cet isolement. La solitude s'étiolait doucement, et les enfants de cet orphelinat n'étaient pas étranger à cela. Bien au contraire.

L'aube étirait son voile de lumière sur le monde endormi, l'éveillant avec douceur. Quelques jours auparavant, il avait observé ce même spectacle avec fascination et exaltation, aujourd'hui, ces sentiments étaient toujours aussi présent dans son âme. Il avait contemplé avec la sainte qui l'avait libéré le levé puis le couché du soleil, avant de passé cette première nuit sous les étoiles de ce monde oublié. L'homme songea un instant aux paroles énigmatiques de la demoiselle écarlate. Ce souvenir de ce qui lui était précieux. Était ce si facile ? Ses prunelles de jade vinrent détailler ses paumes, comme si les réponses à toutes ses questions étaient inscrites dans les lignes de sa main. Peut être le savait-il déjà. Peut être comprenait-il en partie. L'homme ne put s'empêcher de grimacer lorsqu'il étira ses bras, ses muscles se révoltant contre cette sollicitation excessive. Ignorant ces protestations, l'ancienne balance se releva sous le regard amusé du tigre à la robe automnale qui l'avait accueillit contre lui lors de cette nuit à la belle étoile – et les autres. Son emprisonnement avait été des plus délétère sur sa forme physique, et il allait avoir besoin de temps avant de récupérer ses pleines capacités, mais il ne tarderait pas, ne ménageait pas ses efforts non plus. Il avait un but. Une promesse qu'il se devait de tenir et se devait de retrouver sa force pour se faire.

Tu es né pour être le Chevalier de la Balance, Dohko. Troubler par cette réminiscence, le chinois se laissa aller à un soupir avant de laisser cette pensée s'étioler dans son esprit. Peut être... Son regard se perdit sur les temples zodiacaux qu'il entrapercevait à peine d'ici, mais qu'il ressentait parfaitement. Son cosmos n'était pas encore à sa pleine mesure, il ressentait avec trop d'acuité les limites de son propre corps mais doucement, il reprenait le dessus.

Hù se releva, annonçant le début de l’entraînement auquel il s'astreignait chaque jour depuis sa libération. Ses muscles protesteraient aujourd'hui encore mais déjà, la douleur des courbatures lui étaient moins fortes. Dohko avait une assez bonne conscience de ses limites et s'abstenaient de trop les outrepasser. Il fallait écouter son corps, c'était un enseignement qui avait été fait sien, visiblement.

Et cette fois, lorsqu'il vint rendre visite aux enfants de l'orphelinat après sa séance d’entraînement une fois débarbouillé, il se sentait parfaitement bien. Souriant, il accueillit une Lin sautillante et joyeuse qui vint offrir une caresse au tigre qui en profita un instant avant de se mettre de côté. Il demeurait plus solitaire que son compagnon, et les enfants avaient un peu trop tendance à le prendre pour un poney.

Bonjour Lin. Enfin, tous le monde.


L'absence de Mashia ne l'inquiéta pas. Avec un peu de chance, cette dernière se reposait, ce qu'il espérait du fond du cœur. La belle avait un peu trop tendance à en faire de trop, si il pouvait un peu la décharger en s'occupant des enfants, il le faisait avec grand plaisir. Son regard s'était éclaircit, son attitude même semblait plus apaisé alors qu'il occupait les orphelins comme il le pouvait – parfois avec des histoires, d'autres fois en leur faisant faire des exercices « amusant » qui n'était qu'une déformation de ses propres entraînements. Un rire vint s'extraire de sa gorge alors qu'il contemplait la masse d'enfant qui s'était écroulé sur le sol à côté du jardin comme un seul homme suite à un petit jeu d'équilibre.

Allez, je crois qu'on en a assez fait aujourd'hui.


Des rires vinrent répondre à ses paroles, parfois des petites réflexions ou des grognements déçus qu'il désamorça d'un sourire. Ce n'était qu'un jeu. Même si certain était plus doué que d'autre dans ce domaine... Il gardait un œil sur ce dernier, il lui faudrait lui parler mais plus tard. Le tigre s'était redressé sur son promontoire, descendant de ce dernier avec félinité pour accueillir un nouveau venu.

Je pensais te revoir plus tôt Kappa.
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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Mer 16 Juil - 18:40

Le mois d’Octobre avait rapidement défilé, et finalement, c’était un mois de novembre assez froid qui s’était montré cette année là. Pour moi, loin d’être un fervent admirateur des températures chaudes, c’était une véritable libération, mais pour d’autres, c’était le moment de ressortir des placards les gros manteaux de fourrures. Ce fut toutefois en tenue de lin classique et légère que j’avais décidé de rendre visite à l’ancien chevalier d’Or. Mashia m’avait dit qu’il était sorti depuis plusieurs jours, et où il se trouvait. Elle me connaissait suffisamment pour savoir que je ne me servirais pas mal des informations qu’elle pourrait m’avoir transmises, même si, il était vrai que sa mémoire à elle aussi était défaillante. Je ne m’étais pas montré tout de suite, laissant le loisir à Dohko de se réhabituer à sa liberté retrouvée. Les jours suivant sa sortie de prison seraient selon moi capitaux pour la suite : durant ce court laps de temps, l’ancienne Balance déciderait de son avenir dans la chevalerie d’Athéna, de sa volonté de récupérer l’armure, ou de l’abandonner définitivement, afin de passer à autre chose. Même si je n’étais pas très inquiet quant au résultat final, je ne pouvais pas m’empêcher de ressentir un léger doute en pensant à Pséma : s’il était capable de briser un chevalier tel que Dohko, il y avait du souci à se faire pour le futur. Dans le cas contraire, si le jeune chinois se relevait et prouvait du même coup qu’il n’avait pas été brisé, tout ceci n’était qu’un coup d’épée dans l’eau pour Pséma. Psychologiquement, les enjeux pouvaient être énormes, bien que visiblement personne ne le conçoive ainsi, ou, à tout le moins, n’ose le concevoir ainsi à voix haute.

L’orphelinat était un projet auquel s’adonnait Mashia avec cœur depuis son « retour d’entre les morts ». Je ne savais pas vraiment quoi en penser, mais je m’étais abstenu de la juger sur cette décision. Ca lui ressemblait tout à fait, après tout, et si elle avait besoin de ça pour reprendre pied après ce qui lui était arrivé, ce n’était pas moi qui l’en blâmerait. Décontracté, les mains dans les poches, je pénétrai en silence dans la cour de l’orphelinat d’où une grande ambiance parvenait. A l’ombre d’un olivier, j’observai Dohko quelques secondes jouer avec les enfants, tout en détaillant son état physique : il était encore faible, mais de toute évidence, il commençait déjà à remédier à ce problème. Devait-on y voir un signe positif quant à la décision que j’attendais de sa part ? Trop tôt pour le dire. Finalement, Hù fut le premier à me remarquer, et c’est avec le sourire aux lèvres et les mains toujours dans les poches que je sortis de l’ombre de l’olivier pour me diriger vers Dohko :
- Je ne voulais pas gâcher ta première semaine de liberté en soulevant des sujets trop… sensibles… lâchai-je sans détours en m’immobilisant à quelques mètres de lui.

Les enfants me reconnurent aussitôt, et je leur rendis leur bonjour enthousiaste d’un signe de tête accompagné d’un sourire avant de les encourager à aller jouer. Ils avaient l’habitude de mes visites puisque je rendais régulièrement visite à Mashia, mais aujourd’hui, ce n’était pas pour elle que j’étais là. Si J’étais venu, c’était pour discuter de choses importantes avec Dohko. Et je n’avais pas l’intention de le cacher au premier intéressé. Mon regard était des plus sérieux, même si un ton amical l’accompagnait.
- Alors, tu as réfléchi ?
La question était abrupte, mais je n’étais pas connu pour mes manières enrobées. Franc, marqué, et direct. En tout cas la plupart du temps.
- Je n’ai pas voulu venir plus tôt pour ne pas te mettre la pression. Et pour le moment, la paix règne, il n’y a pas urgence. Mais je m’avoue curieux : tu entrevois un retour parmi nous pour ton avenir ? Ou bien cette vie à l’orphelinat te suffit elle… ?Cette dernière phrase était une accusation à demi dissimulée de fuite en avant. Je ne savais pas s’il y réagirait, mais peu importait, la perche était tendue…
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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Jeu 17 Juil - 22:08

Alors tu viens gâcher la seconde, du coup, s'amusa l'ancien saint avec un sourire presque taquin. Pourtant, il n'en voulait nullement à ce dernier, bien au contraire. Cela aurait même été des plus malvenu de sa part après tout ce que le Verseau avait fait pour lui.

Bien vite pourtant, le temps n'était plus à l'amusement et cela, Dohko le remarqua bien vite. Le regard franc de son interlocuteur le lui signifiait mieux que n'importe quelle phrase convenue. Le sourire du traître s'effaça doucement. Ses prunelles de jades vinrent contempler les enfants qui de nouveau, retournaient à d'autres activités, un peu à l'écart des deux adultes. Son regard affronta celui azur d'un adolescent adossé à la maison faisant office d'orphelinat avant qu'il ne se détourne de lui. Il ne releva pas, se contentant de s'éloigner de quelques pas de l'édifice afin d'être plus tranquille. Il y avait réfléchit à vrai dire. Comment aurait il put ignorer cette question sous-jacente qui auréolait le discours du Verseau ? Il écarta la pique d'un revers de main, laissant Hù ouvrir la marche en prenant le temps de trouver ses mots. Le silence s'étira avant qu'il n'ouvre de nouveau la bouche.

Pour le moment, je ne peux rien entrevoir de tel, Kappa.


Clair et concis, Dohko avait coutume d'être sincère et tout du moins, tout aussi franc que le chevalier d'or lorsque cela s'avérait nécessaire. Quelle autre réponse donner pour l'heure ? Il y avait bien trop de variables aléatoires sur lesquels il n'avait aucune prise.

Sais tu où se trouve l'armure d'or de la Balance aujourd'hui ? Une courte pause avant de reprendre, le regard trouble. Si j'étais son porteur, son élu, j'ai la conviction que je devrais le savoir, la sentir. Mais ce n'est pas le cas. Je ne ressens rien.

Juste ce vide. Encore. Toujours. Pour la première fois, le traître parvenait à nommer ce qui pesait sur son âme, voilait son cœur. Il avouait son trouble à la seule personne qui l'avait entrainé sur ce chemin, le ramenant là où devait être sa place. Dans un monde parfait dans lequel il serait toujours le même. Mais ce n'était plus le cas. Le Dohko qui se tenait devant lui n'était plus celui qu'il avait connu, même si il n'avait visiblement pas tant changé que cela, peut être cela suffisait il à l'armure d'or. Peut être est ce qu'elle ne le reconnaissait pas. Ou alors cette dernière était contrainte par un obscur pouvoir suffisamment puissant pour faire taire son rayonnement. Le regard de l'ancienne balance vint détailler les cieux azurs. Sa voix se fit plus évanescente alors qu'il enchainait simplement, doucement, ses prunelles tournées vers ce ciel inaccessible.

As tu remarqué l'absence de la constellation de la balance ? J'ai l'impression qu'elle a juste disparu, comme si elle n'avait jamais existé. Peut être que je fais fausse route...

Son absence l'inquiétait, le tenaillait depuis lors qu'il avait remarqué son absence. Peut être faisait il erreur mais il avait la sourde impression que cette dernière s'était effacée en silence. Le silence s'étira, laissant le temps au saint d'or d'assimiler ses paroles. Ce n'était que des questions et des observations personnelles. Nul avis à proprement parlé tant la voix du saint noir demeurait étonnement égale. Il constatait des faits. Interprétait les maigres indices qu'il possédait. Sa mémoire lui faisait toujours défaut. Son regard se tourna vers le Verseau.

J'y ai réfléchit mais pour l'instant, je ne peux pas répondre à ta question, Kappa. Pas comme tu l'aimerais tout du moins. Il s'arrêta de nouveau avant de reprendre avec plus de conviction. Ce que je peux te dire par contre, c'est que je me battrai. Qu'importe l'armure que je porte, qu'elle soit noire ou dorée, ça m'importe peu. Je ne peux pas laisser Pséma agir impunément.

Encore moins avec ce qu'il avait apprit depuis. Sans reculer, le traître affronta le regard azur de son interlocuteur. Peut être n'était ce pas la réponse que le saint désirait entendre, mais il n'en avait pas d'autre à lui offrir aujourd'hui. C'était sa décision. Un instant, il hésita pourtant. Un court moment qui s'effaça bien vite. Il le devait.

Peux tu me conduire au temple de la balance ? J'ai conscience qu'au vu de ma position actuelle, j'en demande beaucoup, mais j'aimerai m'y rendre.


Un besoin. Malgré tout. Même si il n'était plus son élu, il l'avait été d'après leur dire alors, il devait le voir... Et peut être que cela aviverait ses souvenirs ...?
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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Mer 13 Aoû - 18:20



- Alors tu viens gâcher la seconde, du coup.
- Tu me connais, rétorquai-je en lui rendant son sourire.

Toutefois, mon sourire s’effaça bien vite et rapidement la conversation entra dans le vif du sujet. Comme je le craignais, Dohko était en pleine remise en question et en réalité, ma visite était peut être encore trop prématurée, bien que j’aie attendu avant d’aller le voir. Malgré tout, il s’interrogeait : sur sa constellation, sur son armure, et enfin, sur son temple.
- Je n’ai malheureusement pas beaucoup d’informations sur ton armure, commençai-je en réfléchissant lentement. Toutefois, ajoutai-je en me remémorant la scène de Pséma offrant l’épée de la Balance à Haiken, Je sais qu’elle est aux mains de Pséma. Et je sais qu’il a offert l’une des épées de l’armure à un général marina. Je ne connais pas les raisons exactes, même si je pense que le marina en question a trahi et pactisé avec le Bélier Noir. Je n'en ai cependant aucune preuve.

Nous entamâmes la montée des marches tandis que je lui racontais tout cela. Une petite brise venant directement du large nous caressait agréablement le visage. Sur notre passage, les gardes regardaient Dohko bizarrement mais évitaient tout commentaire dès lors que je leur faisais signe de nous laisser passer.
- Il faudra sûrement leur reprendre l’armure de la Balance de force. Mais ne t’en fais pas, nous l’arracherons du corps encore chaud de Pséma. Il me tarde de tuer ce misérable, nous sommes en compte, lui et moi ! Achevai-je d’une voix soudain plus dure en repensant au fiasco de Tenochtitlan. Nous échangeâmes encore tout en traversant les premières maisons zodiacales. C’était bon de pouvoir discuter avec le jeune chinois, comme au bon vieux temps. Il se posait toujours beaucoup de questions, mais au moins, il avait pris conscience que Pséma l’avait trahi et utilisé comme un pion. C’était un progrès immense.
- Quant à la disparition de la constellation de la Balance, je ne suis pas un expert en la matière, mais je soupçonne que le cosmos sombre et puissant de Pséma n’agisse sur l’armure et en perturbe l’essence, ce qui pourrait influer sur la constellation. Ce n’est qu’une supposition, encore une fois, mais je ne pense pas qu’il faille que tu y voies un signe que l’armure dorée ne t’accepte plus comme son porteur.

Enfin, au prix d’une longue ascension, et au détour d’une montée décorée de colonnes, le temple de la Balance se dressait fièrement. Un léger sourire passa sur mes lèvres tandis que nous approchions de l’ancienne demeure de Dohko, et je lui dis en tendant les bras vers le temple :
- Bienvenue chez toi, mon ami ! Je t’en prie, après toi, lui dis-je en l’encourageant à entrer le premier dans son temple.

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MessageSujet: Re: [Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]   Jeu 21 Aoû - 11:33

Pséma. Qu'importe les questions qu'il posait, les réponses qu'on lui donnaient faisait apparaître ce nom honnis, détesté aujourd'hui par les saints d'Athéna. La vindicte de Kappa à son encontre était claire et quelque part, l'amnésique trouvait son propre sentiment vis à vis du bélier noir plus trouble, presque incongru au vu de sa situation. C'était pas sa faute si il n'était plus... Lui. Si il avait blessé un être cher, si il avait fait du mal à son entourage, si il avait perdu une part de son essence pourtant... Il n'arrivait pas à le haïr, et il s'en voulait presque pour cela. N'aurait il pas le droit pourtant, de le détester au vu de toute les ignominies qu'il avait commis sous son joug ? Il aurait dût. Mais rien n'y faisait, à chaque fois, ces faux souvenirs se mélangeaient aux vraies, à ces instants volés qu'il avait partagé avec lui. Inscrit dans sa mémoire marquée par cette présence sans âge et insaisissable. Il lui en voulait profondément mais ne parvenait pas à le haïr. Dohko suivit le mouvement qu'entamait le Verseau d'or, appréhendant malgré lui cette nouvelle confrontation avec une part de son passé. Ce temple qui, depuis sa libération, ne cessait de l'attirer. Était ce parce qu'on n'avait eu de cesse de lui en parler ou bien parce qu'il avait un lien réel avec ce dernier ? Le traître n'aurait su le dire et c'est en espérant répondre à cette question qu'il avait demandé de s'y rendre.

Même si ici, il n'avait pas sa place.

Les gardes les laissèrent passer grâces aux ordres muets de son accompagnateur, mais il lisait parfaitement dans les regards, la méfiance et le trouble. Les sourires cyniques ne lui ressemblaient pas alors il se contenta de grimper ses marches en ignorant les regards lourds de sous entendus. Il était un traître après tout, il ne l'oubliait pas.

J'aimerai savoir ce qu'il trame, commenta t-il simplement, sans revenir sur la vindicte de son compagnon. Si il a vraiment l'armure de la balance, comme tu le dis, ce n'est pas vraiment une bonne chose, surtout si il distribue sans logique les armes d'ors. Elles existent pour protéger la justice d'Athéna, pas pour la combattre.

Était ce de la colère qui teintait le ton de sa voix ? Le chinois s'arrêta un instant dans son ascension, comme troublé par cette émotion indistincte qui faisait vaciller ses pensées. Les armes de la balance étaient précieuses, non pas à cause du métal dont elles étaient constituées mais pour leurs symboles et leurs puissances. Elles étaient capables de détruire les étoiles. Ses doigts vinrent un instant se perdre sur ses tempes comme pour aviver ce flot de réponses mais sa mémoire de nouveau, s'éteignit en silence. Encore. Il rattrapa son compagnon en espérant que sa petite incartade n'ait pas trop été remarqué, attrapant ses paroles au vol. Ne plus être son porteur. Cette pensée se répandait en lui comme un poison aussi cruel que nécessaire. Il appréhendait cette possibilité, craignant par cela même, décevoir tout ceux qui espérait un retour de Dohko, le chevalier d'or de la balance.

Peut être bien, oui. On ne le saura pas avant de l'avoir retrouver de toute façon, autant ne pas trop s'en faire d'ici là... ! présuma t-il en essayant de donner autant de conviction que possible à sa voix – ce qu'il trouva un peu raté pour tout avouer.

C'est un peu essoufflé – sa condition physique méritait clairement d'être amélioré – qu'il parvint au neuvième temple. Chez lui. Un frisson d’appréhension dégringola le long de son échine alors qu'il se redressait, contemplant la vaste structure et les colonnes antiques. Muet, il s'approcha avec hésitation de l'entrée, comme si il craignait que la foudre d'une quelconque divinité – Athéna en somme – ne l'empêche d'aller plus loin, le foudroyant sur place. Nul châtiment divin ne vint pourtant l'en dissuadé, pas un bruit, pas un avertissement, juste un silence presque dérangeant. Glacial. Lorsqu'il atteignit l'entrée et que sa paume rentra en contact avec la pierre antique, le traître sentit un malaise le saisir brutalement, le faisant vaciller sur ses appuis. Était ce sa mémoire condamnée qui lui faisait ressentir ce dérangeant sentiment ? Ou l'aura pernicieuse de Pséma qui entravait son esprit ?

Son regard dévia sur le paysage qui s'étendait devant cette dernière volée d'escaliers qui les avaient conduit jusqu'à ce temple. Cette fois, il parvint à maîtriser ce dérangeant malaise pour se laisser aller à une émotion reconnue.

Ce paysage m'est... familier.

Il en doutait encore un peu mais ce sentiment parvenait à étioler cette impression vivace qui l'avait tenaillé quelques instants plus tôt. Les toits des temples plus bas, les falaises, ces marches qu'ils venaient de grimper... Son corps connaissait les lieux, évitant les pièges de lui même, d'instinct. Cette fois, il n'hésita plus quand il passa l'entrée mais la sensation envahissante revint le hanter. Cette froideur. Ce vide.

J'ai l'impression de ressentir la mort...


Sa voix n'était qu'un souffle alors qu'il dépassait l'entrée pour se diriger vers il ne savait où, à vrai dire. Il observait, essayant de forcer sa mémoire pour que cette dernière se rappelle, pour qu'elle lui évoque quelque chose de plus, n'importe quoi qui lui permettrait de la débloquer, d'obtenir une nouvelle lueur. Il marchait d'un pas incertain sur les dalles aussi vieille que ne l'était le Sanctuaire. C'était solennelle et étrange, entre souvenirs perdus et impressions fugaces, absence et vide. Où aller ? Où trouverait il un morceau de ce qu'il avait été ? Un indice... Quelque chose l'intrigua alors qu'il parcourait le temple, des formes biscornues sur un mur qui s'étendaient. Il lui fallut plusieurs minutes pour constater que ce qu'il avait prit pour de simple dégradation était en réalité des noms gravés dans la roche, des noms inconnus qui n'éveillait rien en lui, jusqu'à ce qu'il arrive au dernier. Ses doigts glissèrent sur l'aspérité avec une drôle de sensation.

Tu connais un Tsurugi ?


Ce n'était pas facile de dire avec exactitude qui avait gravé la roche, ce n'était pas aussi simple que ne l'était la calligraphie à l'encre pourtant... Il avait l'impression de reconnaître sa façon d'écrire. La façon dont il formait les T, bien droit, la courbe du s et du u... C'était absurde... non ?
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[Septembre à Novembre 1754] Les ombres de la traîtrise [Pv Kappa]

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