RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 Un vilain petit canard dans la basse-cour [Ouvert]

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Leïla


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MessageSujet: Re: Un vilain petit canard dans la basse-cour [Ouvert]   Jeu 28 Aoû - 1:39

    D'accord. De toute évidence, ces gars semblaient prendre Leïla pour une folle.
    Et bien qu'ils se rassurent, ce sentiment était tout à fait réciproque.

    Parce que bon. C'était bien joli de prétendre protéger un endroit et tout, mais ça voulait pas forcément dire d'envoyer bouler les simples visiteurs venus de loin pour chercher de l'aide. Sans compter le fait de renverser ses affaires et lui taxer son âne avec une explication bancale. A la décharge de Leïla, il fallait bien avouer qu'elle n'était pas la meilleure des diplomates. Loin s'en fallait... Mais sérieusement : d'un point de vue extérieur, la scène ressemblait purement et simplement à un racket dans les règles de l'art. Ces gars se fichaient-ils donc à ce point des apparences? Était-elle vraiment tombée dans un coin aussi mal famé?

    Mais reprenons depuis là où nous en étions restés. Le résultat des tentatives de la marchande improvisée pour détendre l'atmosphère était mitigé. Certains avaient à peu prêt compris qu'elle n'était pas tout à fait sérieuse dans sa tentative de séduction du grand cornu, alors que d'autres l'avaient pris au 1er degré en lui lançant de sales regards. Dans tous les cas, les gardes en armure en avaient rapidement eu marre. Pour la subtilité, on repassera. En levant son œil unique au ciel avec un sourire sarcastique, Leïla haussa les épaules.
    Le colosse la reposa néanmoins au sol après avoir repoussé ses avances de manière assez comique mais néanmoins ferme. Une déception à demi feinte s'installa alors sur le faciès de la jeune femme, pas qu'elle espérait réellement décrocher un rencart avec le géant, mais arriver deuxième dans le cœur de quelqu'un qui nous plait a toujours un certain gout d'amertume. Leïla ne poussa pas le bouchon plus loin. De toute manière, elle ne comprit pas vraiment la raison du regard du cornu vers les hauteurs du domaine. Elle était tout là-haut sa dulcinée? Meh. Sacré ascension pour aller lui dire coucou... Et en attendant, la voyageuse n'avait toujours pas de réponse à ses questions.

    Comme tout à l'heure, ce fut le chevelu qui lui répondit le premier. Calme malgré l'impression hostile qu'il dégageait, il commença par lui dire qu'on pouvait pas rencontrer le Grand Pope comme ça, puis parla de trucs bizarre de Chevaliers et de Déesse. Apparemment, c'était là leur titre et la personne qu'ils protégeaient. Et comme ce fameux Grand Pope, ils pouvaient eux aussi faire des miracles.
    Mouais. L'hypothèse de la secte bizarre se confirmait de plus en plus.
    Visiblement, cette pensée devait se lire sur le visage de Leïla, parce qu'à partir de cet instant tout partit en couille.

    Le chevelu commença par demander la "réelle" raison de sa venue ici. La jeune femme lui lança un regard perplexe. Autant elle comprenait qu'on ne lui fasse pas confiance vu son look, parfois souvent à raison, autant là pour une fois qu'elle était honnête elle ne comprenait pas ce que ces types lui reprochaient. Elle voulait juste savoir si les banquignols qui s'étaient paumés au sommet de cette montagne de merde pouvaient ou non l'aider avec son problème, et voilà qu'on l'accusait de cacher des trucs. C'était un monde ça, de soupçonner des honnêtes gens comme elle!

      « Bah, j'vous l'ai déjà dis! J'viens ici parce que j'ai un problème que seuls des gens capables de faire des miracles pourraient résoudre. Après, vos histoires de Cosmos, de Chevaliers ou autre, j'y connais rien et j'ai pas franchement envie ... Eh, qu'est-ce que tu fous? EH! EEEEEEEEH! »

    Le géant cornu s'était approché sans crier gare de son attelage et d'un coup sec avec un arme invisible avait tranché les lanières de cuir qui attachaient le chargement à Barda, en répandant une partie sur le sol avant que Leïla puisse se précipiter pour bloquer le reste avec ses bras chétifs. Sa vitesse de réaction ne fut pas suffisante pour sauver un vase qui alla éparpiller ses morceaux et son contenu d'épices par terre. Forte malgré son gabarit mais pas surhumaine pour autant, il fallut à la voyageuse se mettre dos au chariot et forcer sur ses jambes pour le renverser dans le sens inverse et tout caler au fond. Pendant ce temps, le balafré commença à la questionner à propos de son chargement, lui demandant des explications ainsi qu'un document qu'elle n'avait pas. Pour appuyer ses demandes, le colosse posa lourdement son pied sur le cercueil qui était tombé du chariot juste devant lui.

    Oh putain.
    Oh putain le con.

    Les questions qu'on lui posa ensuite, le fait qu'on embarque son âne sans lui demander son avis, qu'on l'a menace, qu'un loup lui grogne dessus... Tout cela n'eut strictement aucun impact sur Leïla. Son regard joueur et son sourire moqueur d'un peu plus tôt n'étaient plus qu'un lointain souvenir. À l'instant où son œil s'était fixé sur le cercueil piétiné par l'homme en armure, son sang s'était glacé dans ses veines et un éclat fou était venu se loger au fond de sa pupille écarlate. Le visage de la jeune femme devint emprunt d'une rage froide tout juste contenue et qui ne fit que se renforcer avec les secondes qui filèrent, faisant trembler ses traits de manière de plus en plus visible. Il s'agissait là de bien plus que de la simple colère envers quelqu'un qui l'emmerdait profondément : c'était purement et simplement une aura meurtrière qui se dégageait désormais d'elle... La détermination d'une personne qui avait déjà tué et était prête à recommencer. Finalement, interrompant à la fin la fille au loup, un cri puissant et rageur s'échappa de la gorge de Leïla.

      « DÉGAGE TON PIED DE LÀ, CONNARD! »

    Et elle fonça pour lui foutre son poing dans la face.
    Pure. Simple. Efficace. Suicidaire.
    La détente et la vitesse de la jeune femme n'avaient cependant rien de naturel. Comme le laissait deviner la cosmo-énergie qui se massait dans son poing, elle avait de toute évidence été, au moins sommairement, formée aux même techniques de combat qu'eux. Si sa technique et sa puissance semblaient à peine égaler celles d'un Chevalier de Bronze, il y avait indéniablement quelque chose d'inquiétant qui si dégageait alors de Leïla, sans qu'on puisse vraiment dire quoi. Les plus réceptifs pourraient s’apercevoir que cette impression venait de son Cosmos lui-même, qui semblait comme... flou. Impossible de le jauger ou de l'identifier clairement, comme s'il s'agissait d'un mirage se dérobant à chaque fois qu'on tentait de se concentrer dessus.

    Comme pour renforcer cette impression, la vision des Chevaliers présents sembla se brouiller à plusieurs reprises alors que le poing de la chétive jeune femme s'approchait de sa cible. Plus précisément, c'était l'air ou l'espace lui-même qui se troublait autour du grand cornu et de Leïla... Puis, en battement de cils, sans même que l'attaque ne porte ses fruits, tout fut terminé. La tension qui pesait sur l'assemblée se dissipa quelque peu, et tout revint à sa place. L'étrange voyageuse était de retour à la place qu'elle avait tenu un fragment de seconde plutôt, comme si elle ne l'avait jamais quitté. Bien plus étrange, elle tenait à présent levé à côté d'elle le même cercueil qui un instant plus tôt se trouvait sous le pied du colosse. Le bras posé sur celui-ci, elle jetait à l'homme qu'elle avait dragué juste avant un regard mauvais et rancunier. Le Cosmos qu'on avait senti en elle avait quasiment disparu, mais pas ses intentions meurtrières clairement palpables dans l'air qui les entourait.
    Ce qu'il s'était passé exactement? Rien. Rien de compréhensible. Rien de déterminant. Juste un petit tour que les petites voix dans sa tête lui jouaient de temps à autre.

      « Vous voulez savoir c'qui m'a fait venir ici? Très bien! J'vais donc vous l'montrer puisque vous y tenez tant! »

    Joignant le geste à la parole, Leïla posa son autre main sur le couvercle du cercueil qu'elle ouvrit en donnant un coup de pied bien placé dans la serrure. Ce qui se révéla à eux fut... Ben, ce qu'on s'attend habituellement à trouver dans un cercueil. Un corps. Mais pas tout à fait. Pas de la manière dont on s'attend à le voir.
    Dans cette boite en bois se trouvait ni plus ni moins que le portrait craché de Leïla. Elle semblait un peu plus jeune, les vêtements en lambeaux mais le corps étrangement bien conservé, sans autre trace de blessures que quelques cicatrices qu'elle porta à l’œil gauche, à la main et sur le buste. La jeune femme était piégée dans un étrange cristal aux teintes bleutées ancré dans le fonds du cercueil. La petite princesse était figée dans le temps comme une belle endormie n'attendant qu'à être réveillée. Sauf que le Prince charmant était mort depuis un moment et que du coup la fin du conte de fée était un peu foutue. Toujours passablement irritée, bien que légèrement calmée en voyant que sa jumelle n'avait pas subie le moindre dommage lors de la chute, Leïla se tourna à nouveaux vers l'assemblée pour continuer de leur jeter sa colère à la figure sans la moindre retenue.

      « Frozia, j'te présente les quatre trous d'balle. Les trous d'balle, j'vous présente Frozia, ma frangine... Ya 3 ans, j'ai perdu mon œil et elle, elle s'est retrouvé dans cet état. Et puisque j'ai pas l'intention de continuer à supporter vos conneries plus longtemps, j'vais vous le redemander une toute dernière fois. Vous pouvez m'aider avec ça oui ou merde?! »

    Après ce dernier cri, dominé par la colère mais également emprunt d'une dose de désespoir, la voyageuse s'affaissa légèrement en respirant bruyamment, comme soudainement prise par la fatigue. Ses intentions meurtrières étaient quasiment disparues, mais pas complètement. Posant l'une de ses mains sur le cristal qui la séparait de sa jumelle, Leïla se rapprocha du cercueil dans un élan qui se voulait protecteur.
    Des déconvenues, la jeune femme en avait déjà eu un tas. Entre les charlatans se faisant passer pour des magiciens et des peureux l'accusant de magie noire à la vision de cette personne prisonnière du cristal, elle en avait eu sa dose. Mais la plupart de ceux qui avaient osé de s'en prendre à Frozia n'étaient plus là pour témoigner des sévices que leur avait infligé sa sœur encore libre de ses mouvements. Et si les personnes présentes continuaient sur leur lancée, ce serait avec joie qu'elle ajouterait quatre noms à la liste de ces immondes connards.
    Ou pas. Parce qu'au final, elle avait toujours pas un seul de leurs blazes, à ces connards.
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Hector


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MessageSujet: Re: Un vilain petit canard dans la basse-cour [Ouvert]   Jeu 28 Aoû - 11:59

Le pied posé sur l'ornement en bois, le Taureau de feu était de loin de s'imaginer que son propriétaire se mettrait en rogne pour si peu. Certes, un bruit pour le moins creux s'était élevé dans les cieux suite à son geste, mais rien ne semblait s'être brisé! Il n'avait fait là que feindre un geste mal contrôlé, là où en réalité il s'était retenu pour ne pas le réduire en miette! Sa réaction et son impulsivité passagère ne laissèrent guère de doute sur son identité! Si elle s'était présentée sous les traits d'une voyageuse, désormais il était permis d'en douter! Quelque chose d'anormal se dégageait d'elle et plus que le cercueil qu'elle trimballait à ses côtés, ce qui la rendait singulière était sans doute le cosmos qui l'enveloppa alors! Dans un excès de rage à peine dissimulé, cette dernière se rua sur le colosse afin de lui décocher une droite!

Le cosmos qui entourait sa poigne de fer était conséquent, mais bien insuffisant si elle souhaitait ne serait-ce que le faire sourciller! Fermement ancré dans le sol, le Colosse d'or ne bougea pas d'un iota, si ce n'est pour adopter une posture qu'il affectionnait particulièrement! Les Bras croisés, son regard se riva sur la jeune fille gagnée par la rancoeur, prêt à répliquer sur-le-champ! L'air se raréfia, la pression se densifia, tandis que tous étaient sur le point de réagir! Pas question de lever le petit doigt avant elle, qu'elle le frappe en pleine figure n'y changerait rien, ce n'était certainement pas avec cette attaque qu'elle parviendrait à lui infliger une blessure! Il souhaitait voir jusqu'où elle pouvait aller, si cette légère sensation ressentie plus tôt se vérifier! Cependant, Le gardien de la quatrième maison fut pris de légers maux de tête tout à coup, sa vision se troublant, tandis qu'il commençait à tituber!

Il ne laissa rien transparaitre, il avait gardé son calme, malgré la surprise. Il tenta tant bien que mal de secouer la tête pour reprendre ses esprits, néanmoins, cela ne passait pas, comme si ces maux étaient l'oeuvre de quelqu'un! Il comprit bien assez vite d'où lui venait cette migraine, en apercevant la jeune femme en possession de sa relique mortuaire! Sourire aux lèvres, elle brandissait son trophée, visiblement satisfaite de lui avoir subtilisé malgré la différence de gabarit! Comme par enchantement, tout était redevenu comme auparavant, elle se tenait-là devant lui, son cosmos s'étant vaporisé, si ce n'est qu'elle détenait désormais son bien! Si de prime abord tout portait à croire que cette scène avait été le fruit de son imagination, le regard empli de haine et la boite noire à ses côtés permirent de certifier qu'il ne s'agissait pas d'une illusion! Elle n'était décidément pas ce qu'elle voulait prétendre, mais à vrai dire, qui était-elle réellement? Malgré l'étrange sensation se dégageant de son cosmos, il n'aurait su le dire!

Dès lors, une certaine méfiance à son égard s'installa dans la petite assemblée, d'ailleurs, les regards lancés à ses compagnons leurs intimèrent de rester sur leurs gardes! Et ce n'est certainement pas la découverte d'un corps dans ce cercueil qui les rendrait plus clément! En effet, comme pour justifier sa folie passagère, la jeune borgne lova l'ornement avant d'en ouvrir le socle afin de révéler à tous son contenu. Comme on aurait pu s'y attendre en apercevant un cercueil, un corps y était installé, mais contrairement à d'habitude, une deuxième cage emprisonnait une jeune fille endormie pour l'éternité! Faite d'une matière semblable au cristal sa prison l'avait étonnement bien conservée, tant et si bien qu'il était possible de s'apercevoir qu'elle ressemblait comme deux gouttes d'eaux à la jeune femme à ses côtés! Ses traits étaient plus durs, son corps plus musclé, pour autant il y avait fort à parier que des années plus tôt, elle devait lui ressembler!

Instinctivement, sa nature de "papa-ours" refaisant surface, le Taureau de feu baissa les armes! Une certaine empathie l'avait envahi suite au discours de la jeune fille. Une certaine nervosité, accompagnée d'une rancoeur tenace se dégageaient d'elle, pour autant, son regard se fit moins dur! Il ne s'était pas laissé attendrir au point de ne plus être sur le qui-vive, mais suffisamment pour tenter de lui apporter son aide et ce malgré l'étrange sensation ressentie suite à la libération de son cosmos! Seulement, de part sa carrure, l'aider était au-dessus de ses forces, en dépit de toute la force et des pouvoirs en possession, il n'avait jamais bâti quelque chose de stable, détruire étant son fer de lance! De ce fait, malgré la méfiance tenace qu'il pouvait lui vouer, il lui adressa quelques mots pour tenter d'en apprendre un peu plus:
    « C'est donc ta soeur... » Sans crier gare, il venait d'apparaitre devant le cercueil de cristal, comme un mirage, avant d'en caresser l'épiderme, le regard perdu sur la silhouette de la jeune fille... « Qu'est-il arrivé? » Lui dit-il d'un air protecteur, bien loin du ton employé jusqu'à présent! « Vous n'auriez pas une idée pour tenter de la sortir de cette prison? » Dit-il à l'adresse de ses compagnons d'un ton neutre!
Il avait fait exprès d'employer le mot "prison" afin de signifier son indignation, de la mettre à l'aise et de gagner sa confiance! Une facette de sa personnalité aux antipodes de la carrure dont il était dotée, mais derrière ce tas de muscles, il restait un homme! Toutefois, afin de palier à toute éventualité, ne sachant guère s'il devait croire à son histoire, il adressa un clin d'oeil furtif à ses frères d'armes, un signe que la borgne n'avait pu voir! Malgré l'étonnante sincérité qui pouvait se lire dans son regard suite à ces propos, avec elle, il valait mieux se préparer à tout!
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Eidolon


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MessageSujet: Re: Un vilain petit canard dans la basse-cour [Ouvert]   Mar 9 Sep - 21:52

Trop de questions demeuraient sans réponses... Qui était-elle ? Que voulait-elle ? Que leur cachait-elle ? Autant d'interrogations auxquelles aucun des Saints ici présents ne pouvait apporter ne serait-ce que les prémices d'une réponse. Une chose était sûre en revanche, celle-ci ne leur disait pas tout... Néanmoins, leur interlocutrice n'aurait pas le dernier mot avec eux ! Malgré toute la volonté du monde, peu importe qu'elle soit la meilleure des comédiennes, tout cela n'y changerait rien, ils finiraient par obtenir ce qu'ils voulaient obtenir d'elle, à savoir lui tirer les verres du nez. D'ailleurs, les grandes manœuvres pour tenter de la faire craquer avaient d'ores et déjà démarrées semblait-il ! Si la familiarité avec laquelle cette jeune idiote s'adressait à eux avait de quoi agacer n'importe qui, en revanche son comportement enfantin n'était rien en comparaison de ce qu'ils s'apprêtaient à lui faire subir...

Les Chevaliers étaient des soldats aguerris, passés maîtres dans l'art du combat, mais pas seulement... Ces soldats surentraînés étaient aussi très doués pour fragiliser psychologiquement n'importe qui, y compris le guerrier le plus féroce ! Une jeune fille comme elle ne saurait de ce fait en aucun cas constituer un tant soit peu de résistance. Cela n'était pas pour déplaire à Eidolon qui pensait que c'était bien mérité, et à juste titre. Le Chevalier d'Or du Cancer souriait déjà à la vue de ce spectacle, car plus que de participer lui-même à la fête, ce qu'il préférait encore davantage au fait de semer les graines du conflit et de la disharmonie, c'était de regarder la pièce qui s'offrait à lui de ses yeux avides d'espiègleries ! Le métisse était cependant loin d'être un sadique, car il aimait certes s'amuser des petites querelles, mais à partir du moment où cela restait enfantin ! Du moment que les rancoeurs ne dépassaient pas le stade de broutilles en somme. Mais cette fois, Eidolon trouvait que c'était bien fait ! Ce dernier adorait faire perdre leur temps aux autres, mais il avait en revanche une sainte horreur qu'on lui fasse perdre le sien ! Inutile de vous préciser que c'était justement ce qu'elle faisait depuis le début, ce qui avait profondément agacé notre bon ami.

Aldébaran le premier en réponse aux paroles de la jeune fille, la réprimanda tout d'abord sur ses goûts plus que douteux en matière d'homme. Puis, aussi vif que l'éclair, il en profita pour trancher le cuir qui reliait le pauvre animal famélique à l'instrument de son calvaire, cette immonde charrette remplie à ras bord de choses en tout genre ! Protestant contre ceci, elle protestait sur tout d'ailleurs, la dénommée Leïla ne put que se hâter tant bien que mal et ramasser les ustensiles et autres choses étant tombés de son bric-à-brac, pour peu qu'ils n'aient pas été cassés sur le coup... Ce fut ensuite au tour de Mattheus de lui subtiliser son pauvre bourriquet et ce, à son insu bien entendu, prétextant qu'elle n'en avait plus besoin à la vue de son état, ce que la jeune fille prit assez mal. C'est à ce moment-là que le Chevalier d'Or du Taureau, tentant de la mettre à bout, apposa lourdement son pied massif sur le cercueil que cette sombre gamine trimbalait avec elle et qui craqua dangereusement sous l'effet d'un tel poids... Vint ensuite le tour de Liana de mettre son grain de sel ! Elle en profita pour la menacer une énième fois, la conseillant de leur révéler toute la vérité au risque d'avoir de terribles ennuis, suite à quoi Shadow, son plus fidèle ami et acolyte, un loup esprit géant, en profita pour lui dévoiler ses terribles canines et émettre un léger grognement qui ne signifiait rien de bon... Personne ne pouvait rester insensible à cela, non personne !

Eidolon observant toute la scène, sentait que le point de non retour était sur le point d'être atteint ! Il ne savait pas quand précisément elle exploserait, mais tout ceci n'était qu'une question de secondes ! À en juger par sa mine déconfite, sa tétanie subite et inquiétante, il ne faisait aucun doute que tous autant qu'ils étaient avaient réussi là où ils voulaient : la faire sortir de ses gonds. À présent elle bouillait de haine... Ce qui l'avait le plus énervé ? Le coup du cercueil à n'en pas douter ! Cela n'avait pas échappé aux yeux avisés du métisse qui avait constaté que depuis lors qu'Aldébaran avait agit de la sorte, la gamine ne l'avait pas quitté des yeux... Une colère sourde, une rage incommensurable était d'ailleurs née dans son seul œil encore valide... Le Chevalier d'Or du Cancer pouvait y lire toutes les rancoeurs accumulées s'y dessiner et déverser leurs flammes... Finalement l'inévitable arriva, mais quelle surprise ce fut ! Dans un cri sourd, Leïla se rua sur Aldébaran ! Que risquait-il ? Pour être franc ? Pas grand-chose... Néanmoins quelque chose de surprenant se produisit ! L'espace d'un instant, Eidolon crut sentir émaner d'elle une aura presque imperceptible et pourtant bien connu des Chevaliers... Du cosmos ! La quantité amoncelée était bien trop faible pour causer un quelconque dégât à un Saint lambda et encore moins à quelqu'un de la trempe du Chevalier d'Or du Taureau. Cependant, profitant de l'effet de surprise, celle-ci en profita pour reprendre son bien, à savoir ce cercueil miteux auquel elle semblait tenir plus qu'à sa propre vie... Tous les Saints étaient bouches bées, cette gamine était donc capable de se servir du cosmos elle aussi... Qui était-elle vraiment ? Et par dessus tout, que pouvait bien contenir ce cercueil ?! Dans un excès de rage, elle le leur dévoila...

Stupeur générale parmi les troupes ! Un cercueil ne pouvait avoir qu'une seule et unique fonction, à savoir accueillir un mort... Pour autant et même s'il s'agissait d'un objet assez morbide et macabre, aucun d'entre eux ne se serait attendu à ce qu'il contienne réellement un corps ! Eidolon le premier avait pensé tout du long que ce dernier contenait des babioles étant donné qu'elle semblait être une commerçante ambulante et que ce dernier lui servait de boîte de rangement, une boîte d'un goût assez douteux certes, mais rien de bien surprenant compte tenu des goûts un peu spéciaux de la jeune femme... Au lieu de ça, en lieu et place du cercueil se tenait un corps inanimé, un cadavre étrangement ressemblant à la demoiselle en furie qui se tenait devant eux... Les similitudes étaient flagrantes à peu de choses près! Leïla ne garda pas bien longtemps le silence et leur beugla pleine de rage et de désespoir qu'il s'agissait de sa sœur et que le jour où celle-ci avait perdu son œil, sa jumelle s'était retrouvée figée dans cet état léthargique, plongée au cœur du cristal...

Dans un râle de désespoir qui ressemblait davantage à de la contrainte qu'à des supplications, la paysanne leur demanda une fois encore s'il leur était possible de faire quelque chose pour elle. Aldébaran, gaillard comme il était, n'en restait pas moins un sentimental ! À juste titre il demanda comment ceci était arrivé avant de se tourner vers ses compagnons et demander si l'un d'entre eux avait la solution pour lui venir en aide. Le cristal était épais, cela se voyait. Mieux, cela se sentait ! Il se dégageait de ce cristal quelque chose d'étrange... Eidolon le sut au moment même où il posa les yeux dessus, mais même avec la force du Chevalier d'Or du Taureau, briser le cristal sans manquer de tuer la jumelle de la pauvre malheureuse était impossible ! Il y avait autre chose à faire, Eidolon le sentait ! Un sentiment étrange le gagnait jusque dans les tripes, le même qui l'avait poussé à tenter de ressusciter Mashia, Chevalier d'Or de la Vierge et ancien réceptacle d'Athéna. S'avançant cape au vent, resplendissant dans son armure d'or, les autres le regardèrent faire et se turent tandis qu'il posait sa main droite face à lui, sur cette épaisse paroi.

Au premier abord il ne sentit rien. Pas un battement, ni même la perception d'une quelconque ébauche de vie... Il aurait été normal en ce sens de conclure à sa mort. Mais le sentiment qui habitait Eidolon, cet étrange sentiment qui le tiraillait parfois, lui dictait de tenter quelque chose, quelque chose de totalement fou que lui seul était à même d'accomplir ! Néanmoins, le méritait-elle ? Après tout elle n'avait pas été totalement franche avec eux depuis le départ... De plus ce cosmos qui l'habitait... Un cosmos si noir, empli de ténèbres et de ressentiment... Dans ces conditions devait-il l'aider ? Après tout il pouvait simplement passer son tour, faire mine qu'il ne pouvait rien comme la quasi-totalité des personnes en ce bas monde... Mais cela aurait été contraire à ses principes ! Et même si elle l'agaçait au plus haut point, Eidolon avait malgré tout un cœur lui aussi ! Il était le mieux placé pour comprendre sa douleur, lui qui avait connu tant de souffrances à en crever ! Lui jetant un regard, il se retourna finalement face à sa jumelle figée dans le cristal et entreprit son manège.

Faisant exploser son cosmos des quatre coins de son organisme, une vaporeuse aura dorée se mit à jaillir de son corps pour l'envelopper telle une gangue et l'illuminer de toute sa force ! La vapeur énergétique après avoir enveloppée Eidolon, se mit à recouvrir le cercueil tout entier et par la même occasion le cristal dans lequel était confiné cette pauvre enfant... Le Cancer semblait à présent connecté à elle ou du moins ce qu'il en restait... Et encore c'était peu dire ! En se servant de son cosmos et alors qu'auparavant et sans celui-ci, ce dernier n'avait même pas senti une ébauche de vie là-dedans, à présent il lui était possible de percevoir un battement de cœur... Au départ cela était tellement imperceptible qu'il crut rêver ! Mais faisant exploser et jaillir toujours plus de cosmos, ce bruit de battement ne fit que se renforcer encore ! Elle était en vie ! Sa sœur était en vie ! Mais il y avait quelque chose d'étrange là-dedans... En réalité les battements étaient quasi-imperceptibles, quasi-inexistants... Un humain normalement constitué et en de telles circonstances n'aurait pu survivre avec un rythme cardiaque aussi bas... Eidolon une nouvelle fois guidé par son instinct concentra toute son énergie en un point unique : son index. L'halo de lumière qui l'enveloppait jusqu'alors se volatilisa, laissant place à une boule de cosmos se situant sur le bout de son index. Rouvrant les yeux, Eidolon regarda tout d'abord la demoiselle endormie avant de se tourner tour à tour vers chacune des personnes ici présentes. La scène qui s'offrait à lui était des plus singulières, car il les voyait tous à présent d'une manière différente : une enveloppe brumeuse était à présent superposée sur leurs corps physiques, ce qui donnait l'impression à ce dernier de les voir en double... Par delà leurs enveloppes charnelles, Eidolon était à présent capable de voir pour chacun d'entre eux leur âme, à deux exceptions près... La première concernait Shadow qui n'étant qu'un esprit, sa forme était restée inchangée, aucun dédoublement n'était donc à noter. La seconde concernait la jeune fille endormie sur son lit de cristal... Là aussi aucun dédoublement notable... Cela ne pouvait signifier qu'une chose...
    « Je suis désolé, mais je ne peux rien faire... » Dit-il tandis que la fureur de la jeune fille borgne devait avoir repris de plus belle... « J'ai fait tout ce que j'ai pu... » Quoi ?! Comment ?! En quoi avait-il fait tout ce qu'il pouvait ?! Telles devaient être les questions qui tiraillaient l'esprit de cette pauvre petite si bien sûr sa haine n'avait pas englouti le semblant de réflexion qu'il lui restait... « Son cœur bat encore même si c'est presque imperceptible ! Ses organes vitaux fonctionnent sans doute encore eux aussi, mais à minima. C'est ce qui explique d'ailleurs que son corps soit aussi bien conservé... Mais il lui manque l'essentiel... » Leur dit-il, reprenant son souffle tandis que tous retenaient le leur, Leïla la première, avant de finalement conclure... « Une âme... Elle n'a plus d'âme... La sienne a disparu... » Lui expliqua-t-il péniblement avant de lui demander une énième fois ce que tous avaient sur les lèvres : « Comment est-ce arrivé ? »
À défaut de pouvoir résoudre son problème, au moins avait-il pu lui permettre d'entrevoir le début d'une réponse...
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Mattheus


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MessageSujet: Re: Un vilain petit canard dans la basse-cour [Ouvert]   Sam 13 Sep - 11:05

Décidément y a des fois, je me demande où je suis tombé. Il faut avouer aussi que c'est pas à mon époque que j'aurais connu ça et que je ne serais pas prêt de l'oublier!! Je ne sais pas exactement depuis combien de temps nous sommes avec Leïla puisque c'est ainsi qu'elle se nomme selon ses dires mais une certitude ressort. Elle tient plus que tout au cercueil!! Entre temps certains esprits s'échauffent à tel point que le loup de Liana ne se gênerait pas de réduire en charpie la voyageuse. Tout cela sous le regard d'Eidolon. Aldébaran, quant à lui, reste calme quoi qu'il arrive. Et ce même quand Leïla s'énerve un bon coup.

Car oui, elle s'est énervée. Et ça on peut dire que le point déclencheur a été quand le Taureau a mis son pied massif sur le cercueil. En l'espace d'une seconde, elle s'est métamorphosée en une furie enragée qui ne voulait qu'une chose: qu'il retire son pied de là. Demande qu'elle a faite en hurlant et fonçant. Sauf que là il y a eut un détail intriguant. A mesure qu'elle se rapproche, du cosmos se forme en son poing. Et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la voilà revenue à sa place et tenant le cercueil à ses côtés. Impressionnant!! Elle est rapide, connait les bases et est maline!!

A présent tout semble redevenu normal sauf qu'elle hait toujours autant notre cher Taureau mais bon on ne peut pas plaire à tout le monde!! Malgré tout, elle nous révèle enfin ce qui l'a amené ici. A ce moment-là je prie intérieurement pour que ce ne soit pas ce que je pense. Je suis certes un Saint mais bon sang... Et si!!

L'ouvrant d'un coup de pied dans dans la serrure, se dévoile dans le cercueil un corps. Plutôt le corps d'une jeune fille piégée dans une sorte de cristal. En la voyant, j'avoue que j'ai eut un haut-le coeur et envie de respirer un peu d'air frais. Mais ce qui m'a le plus surpris en dépit du cristal et de la ressemblance avec Leïla, c'est l’absence d'odeur. Le cristal la conserve bien et pour un peu on croirait voir une princesse de conte de fée.

C'est alors qu'arrive la question fatidique posée par Aldébaran. Je ne parle pas de ce qu'il s'est passé mais de ce qu'on peut faire. Le cristal est assez fragile et tout ce qu'il contient se brise en même temps généralement.

Etant un maître dans l'art de la perception des âmes, Eidolon se dévoue et après quelques minutes, nous apprends que Frozia est bien vivante mais n'a plus d'âme.

On avance déjà un peu. Au moins ta sœur est vivante donc on peut la sauver. Le gros problème est de savoir comment la sortir de ce cristal sans qu'elle se brise en même temps. Dommage qu'on soit pas à mon époque parce que j'ai l'impression d'être au milieu d'un conte de fée. C'est la première fois que je vois ça. Et calmes-toi, seulement on fait tout ce qu'on peut pour t'aider!!

La moindre des choses pour résoudre un aussi gros problème c'est de ne pas céder à ses émotions même si je sais que je risque de m'en prendre une.
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Liana


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MessageSujet: Re: Un vilain petit canard dans la basse-cour [Ouvert]   Sam 13 Sep - 13:24

Il était affligeant d'être parfois amené à pousser les géants dans leurs derniers retranchements pour qu'ils daignent enfin s'ouvrir et révéler leurs intentions. Concernant le facteur déclencheur, se fut l'Aldébaran qui mit le doigt dessus. Poser le pied avec autant de force sur le cercueil avait poussé la nouvelle venue à sortir de ses gonds.

Ainsi donc, elle maîtrisait le cosmos. Certes son niveau n'égalait pas le niveau du Taureau vers lequel elle s'était jetée tête baissée. C'était pour cette raison que la Louve n'avait pas levé le petit doigt, se contentant d'être une simple observatrice, qui savait que le secret serait bientôt dévoilé. Les iris azurées scrutait la scène avec la plus grande attention.

Lorsque le verrou maintenant le couvercle du cercueil sauta, se fut pour révéler un corps. Jusque là, nulle surprise, si ce n'est que la demoiselle était parfaitement bien conservée et se trouvait prisonnière d'un écrin de cristal. Il semblait à Liana qu'elle sortait tout droit d'un conte de fée, mais hélas pour elle, il n'y avait nul prince charmant.

Instantanément la tension qui régnait dans l'air et qui était parfaitement palpable jusque là chuta d'un seul coup. Après tout, n'était-il pas humain d'être peiné pour autrui? Toutefois, le "trous d'balle" fut de trop pour la Louve. Avant que quiconque ne puisse l'intercepter, elle se précipita avec une rapidité peu commune vers la donzelle, attrapant celle-ci au passage par le col pour aller l’accoler contre une colonne qui se trouvait non loin de là. La voix se fit grondante, semblable à celle d'un animal sauvage, ses prunelles devenant plus étincelantes.

"- Il me semblait pourtant avoir été assez claire en ce qui concerne ta familiarité à notre égard. Nous allons faire de notre mieux pour te venir en aide et voir ce qui est possible de faire, mais, s'il te plaît, ne t'avises plus de nous traiter de façon aussi vulgaire. Me suis-je bien faite comprendre?"


Avec douceur, elle relâcha sa proie, avant de lui prendre la main, qu'elle serra doucement, comme pour lui conférer force, soutien, et compassion, avant de l'entraîner auprès d'Eidolon. Ne tenant pas à ce que la jeune femme s'oppose à l'intervention du quatrième gardien, la Sainte intervint:

"- Laisse le faire. S'il y a deux personnes qui peuvent t'aider ici, c'est lui et moi. Fais nous confiance." lui dit-elle en lui adressant un sourire bienveillant, suite à quoi elle reporta son attention sur le Saint du Cancer.

Le Chevalier du Loup savait pertinemment ce que l'amérindien tentait de faire. Il avait fait la même chose pour Athéna, à l'époque où il était encore apprenti. Elle observait avec une certaine fascination le halo doré qui l'enveloppait. Chacun pouvait ressentir la chaleur de ce cosmos. La Chasseresse ne put s'empêcher de le regarder avec une certaine admiration, il lui semblait loin le temps où il était apprenti.

Lorsqu'Eidolon se redressa pour évoquer l'absence d'âme, Liana posa la main sur l'épaule de la jeune femme avant de jeter un regard entendu en direction de Shadow qui hocha la tête. Inspirant profondément avança en direction du cercueil, affichant un sourire bienveillant, qui semblait vouloir dire "tu as fais ce que tu as pu", à l'attention d'Eidolon.

Sans rien dire, la Louve s'assit en tailleur, posa une main sur le cristal, l'autre venant prendre place sur la tête de Shadow qui s'était installé à ces côtés, laissant sa tête reposer sur les cuisses de son Elue. Inspirant profondément, la Sainte laissa son cosmos à la teinte bleutée, remplit de chaleur et de bienveillance l'envelopper.

Des lèvres de la jeune femme s'échappa alors un chant aux intonations gutturales et sauvages, tandis qu'au plus profond d'elle-même, elle ouvrait son cœur au pouvoir qui sommeillait en elle. Dans ce monde qui n'était ouvert qu'aux initiés, elle ne craignait rien, car telle était la force du Monde des Esprits. En y faisant appel, elle espérait, trouver les réponses nécessaires pour venir en aide à la jeune fille, même si pour cela, elle devait s'épuiser.
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MessageSujet: Re: Un vilain petit canard dans la basse-cour [Ouvert]   Mar 30 Sep - 0:02

    Honnêtement, malgré son état émotionnel assez instable, Leïla s'attendait tout de même à produire son petit effet sur l'assemblée en ouvrant devant eux le cercueil qui voyageait avec elle depuis près de trois ans. L'effet en question dépassa cependant toutes ses attentes, car après la surprise et l'interrogation, ce fut la compassion qui fut au rendez-vous sur les faciès de cette bande de branquignols. Cela aurait presque pu paraître naturel si la minute précédente ils ne l'avaient pas accueillis le plus froidement et suspicieusement du monde. Pour le coup, c'était limite un virage à 18° degrés que la troupe de chevaliers lui faisaient, passant de l'hostilité et du foutage de gueule le plus complet à la générosité et la douceur des gens qui te veulent tout le bien du monde. Loin d'apaiser la borgne, ce changement d'attitude un peu trop hypocrite ne fit que renforcer sa méfiance à leur égard. Lorsque le colosse qui avait allègrement piétiné le "corps" de sa sœur s'approcha brusquement, Leïla recula d'un pas en tirant le cercueil avec elle, l'empêchant de la toucher d'avantage. La jumelle émit un sifflement entre ses dents, signe que malgré tous leurs beaux discours, elle ne risquait pas de leur pardonner leurs petits coups de pute de toute à l'heure.

    Fort heureusement -ou malheureusement-, au moins une personne avait décidé de ne pas se montrer tout à fait charitable avec elle. Avant que Leïla puisse faire quoi que ce soit, l'autre sauvageonne au loup venait de se jeter sur elle. Encore une fois prise par le col, mais pas soulevée de terre, la marchande se retrouva plaqué contre une colonne par l'autre furie qui lui reprochait de ne pas les avoir traité avec suffisamment de respect à son gout.
    La pauvre voyageuse cru qu'elle allait s'étouffer de rage devant une telle ineptie. Depuis tout à l'heure, ils la traitaient comme une bouseuse en cherchant à l'envoyer se faire chier, ils faisaient tomber ses marchandises, lui chourraient son âne et lui reprochaient tous les maux du monde, et c'était ELLE qui se montrait TROP FAMILIÈRE?!

    Loin d'être surprise ou un peu paniquée comme ça avait été le cas avec le grand cornu, Leïla saisit le poignet de la sauvageonne, exerçant dessus une pression d'une force qu'on ne lui aurait au premier abord pas soupçonné. Lui grognant en retour elle aussi, la borgne ne se retint de lui cracher au visage et de lui expliquer ses quatre vérités que parce que pendant ce temps, le chevelu au teint de cuivre s'était approché du cercueil de Frozia pour toucher sa prison de cristal en émettant une lumière bizarre.
    Puis, à nouveau un changement imprévisible. La nana qui la brutalisait la relâcha et lui pris la main d'un air calme et compatissant. Cette montagne était peuplée de bipolaires ou coin?! Juste après une tentative d'intimidation dans les règles de l'art, voilà qu'elle tentait de lui transmettre une sorte de vague d'apaisement et de compassion. La seule réaction de Leïla alors que la dingue l’entraînait vers ses potes fut une demi-grimace de dégoût devant toute cette gentillesse mielleuse. Avec un ton sarcastique à peine dissimulé, elle siffla à l'attention de sa vis-à-vis avant de dégager sa main de la sienne d'un coup sec.

      « D'accord. J'tâcherai de ménager ta sensibilité, princesse. »

    Leïla se désintéressa ensuite de l'amazone pour se concentrer sur ce que son petit copain faisait à sa jumelle. A première vue, il donnait simplement l'impression de poser sa main dessus, mais l'aura de lumière qui se dégageait de lui indiquait que c'était bien plus que cela. La borgne avait rarement vu des personnes capables d'utiliser la même puissance qu'elle, sa sœur et leur père utilisaient, et même si elle était profane en la matière elle pouvait clairement sentir que les pouvoirs de Mr.Tatoo étaient d'une nature semblable aux leurs.
    Surprise, elle le fut donc. Mais pas incapable d'appréhender ce qui venait de se passer. Loin de s'énerver lorsque le chevelu se redressa pour lui dire qu'il ne pouvait rien faire de plus, elle l'écouta avec un certain calme, malgré l'anxiété qu'elle sentait lui nouer les entrailles.
    Il ne lui apprit tout d'abord rien en lui annonçant que sa sœur était en vie. Cela, Leïla l'avait toujours sentis au fond d'elle, et c'était pour cette raison qu'elle avait toujours envoyé bouler tous ces soi-disant guérisseurs qui lui avaient annoncé que Frozia était en réalité morte. Mais c'était déjà un point de plus pour la crédibilité de ce type! Ce qui lui manquait, et que le basané prit de toute évidence un malin plaisir à ne le lui communiquer qu'après une longue pause dramatique, c'était selon lui une "âme". Si Leïla était bien consciente de ce que à quoi correspondait la notion d'âme, elle était en revanche bien moins au parfum de ce que cela impliquait dans la réalité pure et dure. Comment cela était-il possible qu'une âme et son corps soient séparés en premier lieu? Leïla avait déjà la réponse à cette question, mais elle n'était pas sure que la réponse conviendrait à cette joyeuse bande d'hurluberlus. Aussi, elle se contenta tout d'abord de se gratter la tête en marmonnant pour elle-même quelques mots.

      « Son âme... Mouais. Ça expliquerait... Un bon nombre de choses. »

    En pendant ce temps, c'était l'amazone qui venait de s'approcher du cercueil, s'asseyant par terre pour poser la main sur le cristal qui enfermait Frozia. Son gros loup vint la coller et elle entonna une sorte de chant bizarre. La borgne haussa un sourcil, passa sa main devant les paupières clauses de la nana qui n'eut aucune réaction. Une transe? De la méditation? Voilà des concepts qui étaient bien plus étrangers à Leïla que celui d'âme. Haussant les épaules, elle se tourna vers les autres mecs toujours présents pour finalement répondre à la question qu'ils se posaient tous en commun : comment était-ce arrivé? Sans s'éloigner sur cercueil et en y jetant fréquemment un coup d’œil pour s'assurer que l'envie d'être violente avec sa jumelle ne prenait pas Miss Soupe-au-Lait, la borgne poussa un soupir et commença son récit... Qui au final fit plus office de résumé.

      « Bon. Hmm... Comment raconter ça en restant soft... On peut dire que ça s'est passé ya trois ans, même si en fait les racines du problème remontent à bien plus longtemps qu'ça... J'vivais dans une montagne loin à l'Est, dans l'Empire Ottoman officiellement mais en fait on a jamais été vraiment conquis... Bref, c'est pas important. Ce qui importe, c'est que mon paternel était un grand malade qui se faisait passer pour un type modèle alors qu'en fait il tuait des gens dans son sous-sol. Ma frangine et moi on l'a juste découvert lorsqu'on a à notre tour subit les frais de ses expériences. Frozia ça lui a coûté la vie et ça allait aussi me coûter la mienne lorsqu'il s'est passé un truc bizarre que j'ai pas compris avec mon œil, un scorpion et une prison de glace. Mon père a clamsé et Frozia était de nouveau vivante, mais elle restait inanimée, comme endormie. Quelques jours plus tard, ce cristal a commencé à se former sur elle et je la trimbale dans cet état depuis pour trouver comment la réveiller. »

    Leïla s'arrêta un instant pour regarder la tête de faisait ses trois auditeurs, avant de pousser un nouveau soupir en se pliant à moitié. De toute évidence, une explication aussi courte et simplifiée n'allait pas les aider à comprendre ce qu'il s'était vraiment passer. En même temps, la borgne elle-même n'avait strictement rien compris à ce qu'il s'était passé cette nuit-là. Son père lui avait sorti un charabia incompréhensible dont elle peinait à se souvenir à présent. Et que dire de leur histoire? Comment espérer leur expliquer toute une vie de tensions, de joies et de douleurs en quelques mots? Tout ce bordel incompréhensible risquait plus de les perdre qu'autre chose. C'était à s'arracher les cheveux! Sans compter que ces types étaient loin de lui inspirer la plus pure des confiances. Certains détails plus que délicats allaient avoir du mal à sortir de sa bouche.
    En particulier sur la mort de Frozia.
    Par sa main.
    Bordel.

      « Ecoutez, j'pourrais passer des heures à vous raconter ma vie et vous donner tous les détails, mais mais on est là, à dorer au soleil alors que j'ai fais un long voyage, et je connais pas le moindre de vos noms ni même comment vous faites pour capter en une seconde ce que je cherche à savoir depuis trois ans. Donc quand la princesse aura terminé son récital, on pourrait pas aller boire quelque chose et discuter normalement de tout ça sans que vous sentiez le besoin de me prendre mon âne ou de piétiner mes affaires? »

    Elle en avait fait un long chemin, la petite marchande improvisée. Mais pour la première fois depuis qu'elle avait quitté sa terre natale, elle avait le sentiment de toucher quelque chose du bout du doigt. Un semblant de solution peut-être. Ou alors le début de grosses, grosses emmerdes.
    L’œil rubis de Leïla dévia pour à nouveau observer le visage de la bonne femme toujours en train de faire un câlin à son loup et à sa sœur. Fallait espérer qu'elle allait pas mettre trop de temps à revenir de son petit trip, parce qu'il était pas question qu'elle laisse sa jumelle poireauter ici toute la journée. D'autant plus qu'elle avait un âne à retrouver. Parce que ouais, elle allait pas repartir de cette montagne de fous sans son fidèle Barda.
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MessageSujet: Re: Un vilain petit canard dans la basse-cour [Ouvert]   Mer 1 Oct - 22:00


"Princesse". Avant de plonger dans sa transe, Liana n'avait pu s'empêcher de penser que s'il y avait bien un terme qui lui convenait le moins bien, c'était bel et bien celui-là. Elle n'avait jamais rien eu d'une princesse, et n'en serait jamais une. Sa vie était loin de ressembler à un conte de fée. Au final, en y repensant elle n'avait été faite que d'un perpétuel abandon: ses parents qui les avaient abandonné Caedus et elle, son maître qui les avait quitté en mourant de la main même de Corell afin d'en faire l'héritier de l'armure du Lion, Corell qui était parti rejoindre les Saints sans prendre la peine de lui demander de le suivre, puis Caedus, qui lui, était parti gonfler les rangs des asgardiens...Oui en y réfléchissant ceux qui avaient été chers à son coeur l'avaient tous abandonné.

* Pas moi en tout cas. Tu sais que tu pourras compter sur moi mon Elue.* ne put s'empêcher d'intervenir Shadow.

Sur quoi se basait Leila pour penser une telle chose? Parce que la Louve n'appréciait pas sa vulgarité? Cela s'appelait simplement de la politesse, et si elle en avait usé plus tôt, peut-être n'auraient-ils pas eu besoin, tous, d'en venir à de telles extrémités, pour qu'elle daigne enfin leur faire part de la raison de sa venue au Sanctuaire. Mais pour l'heure, il était primordial qu'elle se concentre sur ce qu'elle devait faire. Elle savait par expérience que certaines transes étaient particulièrement éprouvantes, et à en juger par la personnalité de la jeune fille, il était fort à parier que celle-ci le serait.

* Je serai à tes côtés tout ira bien.*

La Chasseresse laissa ses doigts se perdre dans la fourrure de son compagnon à quatre pattes afin d'y rechercher la chaleur et la douceur qui lui manquerait très certainement dans les minutes qui suivraient. Inspirant profondément, la Sainte laissa l'aura azurée de son cosmos se déployer tout autour d'elle, ainsi qu'autour du cercueil de cristal.

La première chose qui frappa la jeune femme fut la difficulté avec laquelle elle eut du mal à pénétrer dans ce monde qui lui était pourtant si familier. Tout était brouillé, mélangé, comme si on cherchait à l'empêcher de fouiller plus avant. Le chevalier du Loup aurait très bien put en rester là, mais elle n'était pas du genre à renoncer. Pour les protagonistes présents, cela se caractérisa par un accroissement de cosmos, qui démontrait à tous que le pouvoir de la Louve du Sanctuaire était bien plus conséquent que le rang de son armure, tandis que son faciès se crispait légèrement.

Brisant ce rempart, Liana atterrit alors dans une salle faiblement éclairée, dans laquelle pouvait sentir l'odeur du sang et de la mort lui monter au nez. Son regard erra sur la pièce, lui laissant alors apercevoir divers instruments de torture, avec ici, dans un coin une Vierge de Fer et bien d'autres choses plus atroces les unes que les autres.

C'est alors qu' elle la vit: la soeur de Leila était là, plongeant sa main dans un récipient. Au même instant une douleur vive saisit la Louve, et une odeur de chair brûlée lui prit le nez. Puis vint la douleur, vivace et bien présente, qui arracha un long cri à la Sainte...un cri qu'elle poussa même en réalité, causant très certainement la stupeur de ses compagnons. La main qui reposait sur Shadow vint se refermer sur celle reposant sur le cercueil comme pour apaiser une douleur invisible. Son corps se tordait pour échapper à la souffrance qui la consumait, avant que tout ne redevienne calme.

Loin de sortir de sa transe, Liana poursuivit cette dernière. Des rires lui parvinrent. Ceux-ci n'avaient rien d'humains, ils étaient démentiels. Du sang, beaucoup de sang ornait les murs. Voulant porter les mains à ses lèvres pour réprimer un haut le cœur, elle put constater qu'elle même en était recouverte. Un frisson parcourut son dos, tandis qu'elle fermait les yeux pour s'apaiser. La Belle vit alors Frozia se battre contre son propre reflet, avant de les voir tomber dans un gouffre. Il lui sembla participer à la chute, puis plus rien: le noir complet et absolu.

Et tandis qu'elle continuait à avancer dans cette obscurité, la Louve finit par voir deux scorpions entrain de se battre. A chaque fois que l'un transperçait l'autre, deux nouveaux scorpions apparaissaient et le combat reprenait de plus belle. Sans plus continuer à faire attention au nombre d'arthropodes qui ne cessaient de croître, Liana poursuivait sa recherche de l'âme égarée. Finalement, tout en ne cessant d'accroître son cosmos, elle parvint à gagner un endroit qu'elle reconnut sans le moindre mal: l'entrée des Enfers, bientôt suivie par le défilé des images des différentes prisons, avant de s'arrêter à la Cascade de Sang. Elle touchait le but, elle le sentait. Frozia était là, à portée de main.

C'est alors qu'elle apparut: l'étoile noire à cinq branches. Comme pour répondre à son appel, les scorpions se ruèrent sur la Louve, lui grimpant dessus. Elle put alors sentir deux piqûres lui traverser la peau et une multitude de pinces la meurtrir. Un cosmos qu'elle connaissait vint alors se joindre au sien, repoussant de toutes ses forces les animaux.

* Réveilles toi mon Elue!*

Instinctivement la jeune femme se débattit, causant ainsi la fin de la transe. Si elle avait cru en faisant cela, mettre un terme à un mauvais rêve, elle avait eu tort, car les scorpions étaient bels et bien réels, et c'est après elle qu'ils en avaient. Immédiatement, et bien qu'assise, la jeune femme tendit ses mains, laissant son cosmos exploser, et ceux-ci se mirent à léviter dans les airs. Inconsciemment, elle ne put s'empêcher de remercier Shion de l'avoir aidé à renforcer sa télékinésie, car comparé aux pierres qu'elle avait dû soulever lors de la reconstruction du temple du Bélier, l'ensemble des scorpions eux, ne pesaient pas bien lourd. Et que craignaient ces sales bestioles?

"- Il faut du feu ou une source de chaleur intense pour les tuer!" lança-t-elle à l'intention des deux Chevaliers d'or, car s'il y avait bien quelqu'un pour l'aider, c'était bien eux. Après tout les armures d'or n'avaient-elles pas étaient baignées dans la lumière du soleil? Elle était certaine qu'ils pourraient faire quelque chose pour la tirer de ce mauvais pas. " Mais faites vite, je sens que le venin commence à faire effet, je ne pourrai pas tenir longtemps."

Sentant le cosmos de Shadow se joindre à elle pour lui prêter main forte, lorsque sa propre force se mit à flancher, elle se tourna alors vers Leila pour lui dire:

"- L'âme de ta sœur est en Enfer, à la Cascade de Sang. Je n'ai malheureusement pas pu aller plus loin, on m'en a empêché."
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MessageSujet: Re: Un vilain petit canard dans la basse-cour [Ouvert]   Sam 4 Oct - 17:21

Ses compagnons étaient décidément remarquables, à défaut de pouvoir se montrer utile dans un tel cas de figure, deux de ses frères d'armes s'en étaient chargés. Bien que sa force et sa sagesse faisaient de lui un homme respecté de tous, en l'espèce, il était dépassé par la situation. La notion d'âme ne lui était pas inconnue, bien au contraire, mais jouer avec la mort n'avait jamais été son fort. Une certaine fascination l'envahi dès lors, à l'instar d'un nouveau né chérissant la peluche que l'on venait de lui offrir, il observa avec minutie l'oeuvre des passeurs d'âmes! Avec de tels éléments au sein de l'armée, la protection de la citée et de ses habitants n'en serait que plus facile. Une nouvelle fois l'âge n'avait pas d'emprise sur les capacités de ces chevaliers, bien qu'ils étaient encore dans la fleur de l'âge, leurs potentiels suffisaient à plaider en leur faveur, ils étaient dignes de porter leurs armures tout autant que lui.

La génération actuelle n'avait rien à envier à celle qui l'avait précédé, chacun disposant de ressources suffisantes pour remplir la tâche qui lui avait été confiée! Ainsi, bien que la déception chez son pair était compréhensible, il n'avait pas à rougir de son "échec". Qu'il n'ait pas réussi à ramener cette jeune fille d'entre les morts ne faisait pas de lui un imposteur, non bien au contraire, à sa façon il venait d'apporter sa pierre à l'édifice, l'indice qui permettrait de résoudre ce mystère, là où pour sa part il n'avait été qu'un simple spectateur. Amicalement, d'une poigne ferme qui le caractérisait si bien, le Taureau de feu posa sa main sur l'épaule de son jeun ami, avant de lui adresser quelques mots qui se voulaient réconfortant:
    « Athéna serait fière de toi gamin! » Lui dit-il, un petit sourire au coin des lèvres.
Douter ne le mènerait à rien si ce n'est à semer la graine du chaos dans son esprit. La balafre qui ornait son visage le lui rappelait sans cesse, elle était la preuve qu'il ne fallait jamais flancher! S'il ne semblait pas plus affecté que ça par cet échec, le Bovin doré avait cru bon de le lui rappeler, en sa qualité de compagnon et avant tout d'ami! L'homme à la chevelure d'encre avait été le premier à l'accepter au sein de l'ordre des chevaliers, c'est à sa manière qu'il tentait de lui rendre l'appareil! Dès lors, son regard se posa machinalement sur la jeune sainte qui venait de pousser un gémissement. Deux scorpions s'étaient lovés sur le corps de la jeune femme, laquelle venait tout juste de s'éveiller suite à son rituel! Piquée à deux reprises par ces arachnides, elle intima à ses compagnons parés d'or de venir à son secours! Alarmé, il se rua aussitôt à son chevet pour l'en débarrasser au plus vite. Nullement inquiété par la probable piqure qu'ils pourraient lui engendrer, Hector les empoigna fermement, avant d'en jeter un à l'adresse de son collègue le crustacé:
    « Tiens celui-là c'est pour toi! » Balança-t-il à l'encontre du jeune gold, sans s'être soucié qu'il ait saisi effectivement l'insecte!
Sa poigne se crispa sur le corps du scorpion, tandis que son armure semblait rentrer en résonance avec son cosmos. Paré peu à peu d'un voile doré similaire à son armure, Hector fit exploser sa cosmos-énergie de plus belle, laquelle vira vers un rouge intense. La couleur de son cosmos était singulière, mais ce qu'il comptait faire l'était tout autant! À l'aide de son armure que l'on disait baignée dans la lumière du soleil, il imposa à l'insecte une chaleur si intense, qu'il commença à se désintégrer. Bientôt son poing s'ouvrit pour délaisser les cendres du scorpion s'échapper au gré du vent. Il venait de faire preuve d'une minutie qu'on ne lui aurait jamais soupçonné, faute aux préjugés liés à son imposante ossature. Il prit alors la parole à l'encontre du dernier membre de la troupe, l'homme aux cheveux violacés:
    « Peux-tu aller quérir l'aide d'un soigneur pour notre amie, je t'en serais reconnaissant! » Dit-il d'un ton pour le moins neutre, mais qui se voulait pour autant ferme, avant de s'adresser à la sainte! « Quant à toi, tu en as assez fait pour aujourd'hui! » Tout naturellement, il venait de la saisir le plus délicatement du monde pour la porter!
La scène était assez cocasse pour être soulignée, dans ses bras musclés elle ne semblait pas plus grande qu'un nourrisson. Le poison ayant sans doute commencé à zapper ses forces, il s'était permis de la porter, faisant fi de la familiarité à laquelle il s'était livrée pour y parvenir. La louve dans ses bras, il n'oublia pas pour autant la jeune voyageuse et sa soeur! Quelque chose chez elle ne tournait pas rond, après l'émanation de cosmos, le cercueil de cristal, voilà maintenant qu'elle parlait de son oeil! Autant d'éléments qui ne faisaient qu'attiser sa méfiance à son égard! Une certaine empathie l'avait envahi à l'écoute de son histoire, mais il n'était pas dupe, quelque chose se tramait derrière tout ça!
    « Malheureusement, nous ne pouvons pas rester ici plus longtemps en raison de son état de santé, il est donc temps de nous dire aurevoir! »
Cette réponse ne lui plairait sans doute guère, voir pas du tout! Elle qui voulait à tout prix trouver les réponses à ses questions, était une fois de plus invitée à quitter les lieux. Ce n'était pas par guetté de coeur qu'il lui refaisait le droit de gravir les marches du Sanctuaire, mais en ces temps troublés, il ne pouvait en être autrement! Sans aucune autre forme de procès, il se détourna pour rejoindre son entre et ce toujours accompagné de Liana.

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Dernière édition par Hector le Sam 18 Oct - 15:50, édité 3 fois
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Mattheus


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MessageSujet: Re: Un vilain petit canard dans la basse-cour [Ouvert]   Ven 10 Oct - 16:04

Il est vrai que cela m'arrive souvent. Après tout comment le contraire pourrait-il arriver? J'ai vu de nombreuses choses que je ne croyais pas possible et apparemment ce n'est pas près de prendre fin!! Actuellement je l'avoue, je suis aussi perdu que eux sont à l'aise dans cette situation. Je n'en avais jamais entendu parlé ou alors dans des films mais dans ce cas-là, c'est de la pure invention. Mais ce qu'il se passe devant mes yeux est bien réel et j'ai encore du mal à y croire.

Cette inconnue, Leïla, est venue dans l'espoir de rencontrer le Grand Pope. Ne pouvant accéder à sa requête et après une discussion bien longue tournant toujours autour du représentant d'Athéna, nous avons appris que cela concerne sa sœur. Entre temps, nous l'avons débarrassée de son chargement et de l'âne qui doit avoir repris quelques kilos depuis le temps. Restait un cercueil, chargement bien intriguant mais pourtant d'une importance capitale pour elle. Et pour cause à l'intérieur, repose le corps de sa sœur. Je ne dis pas cadavre car il se trouve que sa sœur est bien en vie mais dans une sorte de coma. De plus, selon Eidolon, elle n'aurait plus son âme. Reste à savoir comment elle l'a perdue à moins qu'elle l'ait vendu au diable mais elle aurait plutôt du finir dans un bûcher et non enfermée dans du cristal.

Ne disant rien, je me contente d'observer. C'est d'ailleurs tout ce que je peux faire. Et ce que je vois confirme que je suis bien dans un monde bien différent de celui que je ne connais et dont je ne sais absolument rien. Posant ses mains sur le cercueil et son loup, Liana se concentre et un son des plus lugubres que j'ai entendu sors de sa bouche. Je n'en montre rien mais... Je ne suis pas rassuré par ce que je vois. Tandis que Liana est dans sa transe, Leïla nous raconte son histoire et hormis le fait que je ne sais pas où se trouve l'empire Ottoman, j'ai compris que son père était une sorte de savant fou qui s'amusait à faire des expériences chez lui. Sauf que ça a raté quand il a été découvert par ses filles. Il en est mort, Frozia est plongée dans le coma et elle allait y passer quand il s'est passé quelque chose avec son oeil. Ce qui lui a sauvé la vie sans oublier un scorpion et le cristal qui s'est formé quelques jours plus tard. Elle se demande comment on fait pour comprendre? J'aimerais le savoir moi aussi!!

Mon regard reviens sur Liana quand son cosmos s'intensifie soudainement et quelques instants plus tard un cri comme si elle était torturée. J'ignore ce qu'il se passe mais ça doit être horrible pour qu'elle réagisse ainsi. Surgissent alors deux scorpions qui s'en prenne à elle et la voilà de retour parmi nous, se débattant. Seulement les insectes sont toujours là. Faisant exploser son cosmos, elle les fait léviter et après un appel à l'aide, les voici entre les mains du Taureau. En lançant un à Eidolon, il réduit le seconde en poussières puis me demande d'aller chercher de l'aide. En voyant l'état dans lequel se trouve Liana, je ne peux refuser. De plus c'est tout ce que je peux faire.

J'y vais de suite.

J'ai juste le temps d'entendre que l'âme de sa soeur se trouve à la Cascade de Sang en Enfer avant de partir. Courant le plus vite possible sur le sentier, sautant au-dessus des rochers, j'arrive enfin au village. Je demande à un habitant où je peux trouver le médecin et il m'indique une maison non loin. Le remerciant, j'y court et trouve un homme d'un âge assez mûr soignant un enfant. Lui expliquant la situation, il me dit qu'il en a fini avec le petit et accepte de me suivre. C'est donc en marchant et accompagné du médecin que je rejoins les autres.


Arrivant enfin, je laisse le médecin faire son office et observe en silence. Je ne peux vraiment rien faire de plus. Aldébarran et Eidolon prennent la parole avant de quitter les lieux avec Liana.

Eh bien il semblerait que tout ait été dit. Elle qui voulait de l'aide pour sa soeur, n'a plus d'autres choix que de partir. A moins qu'elle patiente ici mais l'attente risque d'être longue. Des nuages s’amoncèlent au loin et ce qu'ils annoncent n'est nullement rassurant. Je n'ai plus rien à faire ici et prends le chemin des temples quand une présence se fait sentir non loin de là. Je n'ai plus d'autres choix que de la laisser pour voir de qui il s'agit.

Désolé de ne pas faire plus. Rester ici ne servira à rien. Je dois y aller!!

Après un dernier regard, je la quitte et me dirige vers l'origine de cette présence.

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Eidolon


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MessageSujet: Re: Un vilain petit canard dans la basse-cour [Ouvert]   Lun 13 Oct - 22:33

Le Crabe avait depuis sa plus tendre enfance, toujours eu le chic pour se fourrer dans les merdiers les plus innommables! Là encore, la situation à laquelle il devait faire face dans le cas présent n'échappait pas à la règle ! Après la divinité mégalomane à l’ego démesuré, voilà qu'il se farcissait à présent une paysanne des plus étranges... Pour dire la vérité, le terme « étrange » était un mot bien doux en comparaison de la réalité... Eidolon avait toujours été très doué pour s'attirer les pires ennuis et nul doute qu'il venait d'y mettre les deux pieds dedans ! Au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient, en principe, Eidolon aurait dû peu à peu se détendre, mais maintenant comme au début, la méfiance à l'égard de la jeune femme balafrée était de mise. Dès l'élocution de ses premiers mots, il n'avait pas réussi à avoir pour elle une quelconque once de sympathie, Dès la prononciation de ses premiers mots il n'avait tout simplement pas eu confiance en elle...

Malgré leurs recommandations, leurs tentatives pour la mettre à bout de nerf, la dissuader d'aller plus loin, celle-ci s'était montrée têtue et effrontée envers et contre tous et même si cela lui rappelait étrangement quelqu'un, -lui- tout en elle ne lui disait rien qui aille... Se confier n'avait jamais été le fort d'Eidolon, il comprenait donc aisément que ça ne puisse pas être le sien, cependant au plus celle-ci consentait à leur révéler des brimades de sa vie au plus ce dernier la trouvait étrange, pour ne pas dire anormale, renforçant encore et toujours la méfiance à son égard. Sa jumelle emprisonnée dans une prison de cristal... Le cosmos libérée lors de sa crise de nerfs... L'histoire sordide de son œil... Il n'y avait rien de normal là-dedans ! Bien que son sort ne lui soit pas indifférent, cette jeune fille ayant vraisemblablement souffert par le passé et continue à souffrir aujourd'hui encore de tout ceci, en revanche, le portrait qu'il se faisait d'elle n'avait en aucun changé d'un chouïa.

C'est Aldébaran, le Chevalier d'Or du Taureau qui le premier eut un geste pour son camarade, lui tapant dans le dos à l'aide de sa grosse main, mais d'une façon qui se voulait néanmoins chaleureuse, pensant sans doute que son « impuissance » à pouvoir faire quoi que ce soit pour cette paysanne devait le mettre dans tous ses états. Certes, il est vrai, Eidolon n'était pas mieux... Mais cela n'avait aucun rapport avec ce qu'il venait de tenter de réaliser. En effet, contrairement à la fois où il avait voulu tenter de ressusciter Mashia, l'ancien réceptacle de leur Déesse, il n'avait pas échoué en raison de son manque de puissance ou de connaissance. Il avait échoué tout simplement parce qu'il n'y avait tout bonnement rien à faire ! Un corps sans âme c'était un peu comme une montre sans aiguille, sans elle il n'y avait aucun moyen pour qu'Eidolon puisse exercer son art... Or c'était justement cette absence d'âme chez le corps inanimé de sa jumelle qui le mettait dans tous ses états ! Comment deux gamines de leur âge avaient-elles pu vivre de tels tourments ?! Il n'arrivait pas à s'imaginer le pourquoi du comment sans envisager le pire... Eidolon était plus que convaincu que celle-ci ne leur disait pas tout... Il était même persuadé qu'elle avait menti sur bien des points...

Son amie, sa protectrice à son arrivée chez les Chevaliers d'Athéna, la guerrière émérite du camp, Liana, possédant des prédispositions assez similaires à celles du Crabe qu'il était, mais usant de ses dons dans un registre différent, celle-ci s'était empressée de faire un petit quelque chose pour elle à son tour. Cette dernière s'assit en tailleur, psalmodia quelques paroles incompréhensibles pour les non initiés, c'est-à-dire tous ici présents hormis Eidolon, et entra dans une sorte de transe... Dans cet état, même la vaine et stupide tentative de la gamine borgne pour tenter de comprendre ce qu'elle était en train de faire, ne parvint pas à la faire dévier de sa concentration... Durant ce laps de temps où Liana était « inconsciente », la « rustre » ne pouvant plus échapper à quelques révélations, celle-ci se mit à leur en dire un peu plus sur comment tout ceci avait pu arriver... Elle leur parla brièvement de leur père, un monstre sous ses airs angéliques, un sadique de première qui loin de se contenter de satisfaire ses pulsions morbides sur des inconnus, était allé jusqu'à faire du mal à ses propres filles...

Quiconque se serait ému en temps normal à l'écoute d'une histoire aussi tragique et sordide... Mais pas Eidolon. Son récit était beaucoup trop vague, beaucoup trop saccadé pour qu'elle n'ait pas omis de leur dire toute la vérité, rien que la vérité... Rien n'y faisait, il ne la sentait pas, son instinct le poussant même parfois à se comporter de manière détestable avec elle, mais son intuition le trahissait rarement sur la nature profonde des gens... Peut-être était-il doué dans ce domaine compte de ses prédispositions naturelles pour interagir avec l'immatériel, peut-être pas, en tout cas ses intuitions concernant les gens s'étaient toujours avérées vraies... Malheureusement, ou plutôt heureusement pour la gamine qui de ce fait n'eut pas trop à leur en révéler, soudainement, mettant un terme aux élucubrations de la jeune fille, Liana sortit de sa transe et ne put leur divulguer que peu d'informations, l'essentiel étant dit néanmoins, avant de s'écrouler, sujette au poison que deux vigoureux et gaillards scorpions venaient de lui injecter en la piquant de toute part dans le dos !

Réagissant au quart de tour, se déplaçant à une vitesse telle que cela en étant choquant compte tenu de son gabarit, c'est Aldébaran le premier qui parvint aux côtés de Liana et qui d'un réflexe étonnant empoigna fermement les deux insectes afin qu'ils ne commettent plus leurs méfaits sur la pauvre Liana, sans se soucier d'être à son tour victime de leurs piqûres ! Impressionnant comme il l'était, ces vivaces créatures ne semblaient pas en mener bien large entre les poignes de ce mastodonte ! Sans sourciller et avant qu'ils ne fassent plus de victimes, le Taureau à la chevelure flamboyante en projeta un en direction d'Eidolon, désireux visiblement qu'il se débarrasse de celui-ci tandis qu'il s'occupait de l'autre. Le Taureau n'en fit qu'une bouchée ! Usant de son cosmos et tandis que son armure s'illuminait de toute part, irradiant le cosmos, il empoigna plus fermement encore le scorpion qui sous l'effet de la chaleur produite par ce dernier, se mua en cendres... Eidolon quant à lui stoppa la créature en la piégeant dans une bulle de phosphore, puis la fit graviter jusqu'à lui avant de l'embrasser à l'aide de ses flammes bleues dans sa paume, laissant au vent le soin de répandre les cendres de ces monstruosités...

L'adrénaline redescendue, Eidolon se retrouva quelque peu désemparé par la situation... Elle comme lui avaient l'habitude d'encaisser les coups, d'endurer milles souffrances sans rechigner, mais là semblait-il, Liana souffrait atrocement... Eidolon pour le coup et contrairement à tout à l'heure, se sentait réellement impuissant... Il aurait mille fois préféré avoir été victime de ces terribles piqûres à sa place plutôt que de la voir endurer mille morts... Aldébaran comme jusqu'alors et en protecteur digne de ce nom, fut le premier à réagir à la gravité de la situation : il souleva Liana comme un rien, celle-ci ne rechignant pas compte tenu de son état et la prit dans ses bras, demandant finalement à Mattheus d'aller quérir de l'aide, chose qu'il fit au pas de course. Extrêmement efficace, comme à l'accoutumé, le Chevalier de Bronze d'Adamantine ne mit guère longtemps à revenir de Rodorio, accompagné d'un médecin. Malgré ce, pendant tout ce laps de temps et alors même que le guérisseur était enfin là, en train de lui apporter les premiers soins, Eidolon ne décolérait pas.

Une rage sourde était née en lui à l'encontre de la jeune fille borgne depuis la blessure de Liana et elle ne demandait qu'à exploser... Depuis qu'il avait retrouvé un semblant d'esprit, Eidolon n'avait eu de cesse de la dévisager du regard... Qui était-elle pour arriver au Sanctuaire et vouloir tout mettre sans dessus dessous ? Qui était-elle pour trimbaler dans ses bagages sa jumelle à demi-morte? Qui était-elle pour apporter et traîner avec elle son lot de malheur ? Le Chevalier d'Or du Cancer avait beau savoir que le spiritisme n'était pas sans danger, la mésaventure ayant touché Liana faisant partie des « risques du métier », il n'en voulait qu'à l'handicapé qu'il tenait pour responsable de l'apparition des scorpions et de leurs récents maux... Aldébaran parvint à lui faire mettre de côté la colère noire qui le faisait bouillir, en disant à qui voulait bien l'entendre que l'état de santé de la Louve nécessitait de l'emmener ailleurs, afin qu'elle puisse recevoir des soins plus convenables.

Sachant son amie entre des mains expertes et impuissant comme il l'était pour venir en aide de quelque manière que ce soit à sa chère et tendre Liana, Eidolon fit la seule chose qu'il lui était possible de faire. Tandis que le Taureau s'apprêtait à partir, suivi de près par le cortège que constituait le médecin, Liana entre ses bras et Mattheus, le Crabe quant à lui fit quelques pas en direction de la jeune fille borgne, un air toujours aussi dément dans le regard... Il se stoppa seulement une fois arrivé non loin d'elle et lui tint alors quelques propos qui se voulaient des plus explicites...
    « Je... » Commença-t-il, le pire étant sans doute à venir, car il ne manquerait pas de lui dire tout ce qu'il avait à lui dire, que cela déplaise ou non... « Je suis conscient de tous les malheurs que tu as enduré. » Dit-il, choquant tout son monde. Bien qu'il ne la porte pas dans son cœur, Eidolon dans sa jeunesse avait lui aussi été accusé d'être la source du malheur de bien des gens et il savait que le lui dire ne l'aiderait en rien, elle en était parfaitement consciente... Il était inutile de renchérir et de la blesser davantage avec ça... Elle avait déjà bien assez souffert... « Ton cas ne nous est pas indifférent, c'est pourquoi nous allons aller en parler au Grand Pope. » Poursuit-il avant de reprendre la parole de nouveau afin de clarifier la situation. « Cependant, ta route vers la vérité s'arrête devant cet escalier car en dépit de tout ceci, je ne te permettrai pas d'aller plus loin. » Dit-il tout à coup bien plus froidement... « Je ne te fais pas confiance. » Dit-il en tout et pour tout avant de renchérir. « Il y a encore trop de zones d'ombre autour de ta personne pour que je puisse te permettre de rencontrer notre chef... De plus, nos lois ne nous permettent pas à nous autres protecteurs de Maisons, de nous absenter comme bon nous semble. Il nous faut une quête pour cela. » Poursuit-il, faisant une pause avant de reprendre et de conclure. « Malgré ce et je t'en fais la promesse, je parlerai de ton cas au Pope pour qu'il missionne des Saints afin qu'ils se rendent à la Cascade de sang, là où est supposée se trouver ta sœur... Mais c'est tout ce que je puis faire pour toi dans l'immédiat. » Il n'allait quand même pas lui dire que les Saints avaient d'autre chats à fouetter et que tous devaient se préparer à des heures bien sombres non ? Même si cela n'était que pure vérité, Eidolon estimait qu'une profane comme elle n'avait pas à le savoir. « Sois sans crainte un rapport lui sera transmis et qui sait peut-être ne tarderons-nous pas à nous revoir. » Dit-il, froid comme le marbre, son regard se faisant de plus en plus insistant et dissuadant. « Libre à toi de rester là nuit et jour si tu le souhaites, néanmoins je pense qu'il serait préférable dans ton intérêt de t'en aller. »
Les méthodes employées par Eidolon ne lui ressemblaient pas du tout, mais cette fille ne lui inspirait décidément pas confiance... Elle lui ressemblait énormément et en même temps elle était si différente... Quelque chose de dérangeant se dégageait d'elle... Et puis après tout n'était-il pas de son devoir, comme celui de n'importe quel autre Saint, que de veiller à la protection du plus grand nombre ? Cette fille avait tout d'une menace ! Celui qui ne l'avait pas encore remarqué était sans nul doute plus aveugle encore qu'elle...


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MessageSujet: Re: Un vilain petit canard dans la basse-cour [Ouvert]   Lun 20 Oct - 2:58

    Tout ce beau monde attendait avec impatience la fin de la transe de la jeune femme au teint halé. Celle-ci était à présent plongé dans sa sorte de méditation depuis quelques minutes, et rien ne semblait avoir évolué. Pas de changement dans la posture de la nana, ni la moindre parole. Leïla commençait à se demander si elle ne s'était pas tout connement endormie, lorsque soudainement, dans un petit flash qui fit sursauter la voyageuse, l'attente prit fin de la manière la plus inattendue qui soit : deux scorpions venaient d’apparaître sur le corps de la jeune femme. Pas le plus plaisant des réveil, à n'en pas douter. Mais d'où ces sales bestioles sortaient-elles? De son cul?!
    Avant que quiconque puisse réagir, la victime, loin de paniquer, envoya voler les sales bêtes dans les airs, vers le colosse balafré. Celui-ci en envoya un à son copain le chevelu, et désintégra l'autre en refermant sa main dessus comme si de rien n'était. Le second connu un sort similaire, se retrouvant enfermé dans un orbe de feu bleu avant d'y être consumé. Étrangement, la plus surprise et secouée dans cette histoire fut Leïla qui, la bouche grande ouverte, ne cessait de faire aller et venir son regard entre les trois protagoniste, à moitié courbée vers la fille au loup comme pour l'aidée mais sans savoir comment. Le marchande n'avait strictement aucune idée de ce qui venait de se passer.
    L'histoire de sa vie en fait...

    Ce fut le cornu doré qui prit les choses en main en envoyant le dernier gars -le clampin de service?- chercher au plus vite un docteur alors qu'il soulevait le corps de la jeune femme, visiblement piquée par deux fois par les scorpions. Cette dernière se tourna vers Leïla alors que ses forces l'abandonnaient pour lui dire que l'âme de sa soeur se trouvait aux Enfers, à un endroit qui se nommait visiblement "La cascade de sang". Pendant quelques secondes, la vagabonde se demanda si elle avait bien comprit, si les deux dames parlaient bien la même langue, puis décida de ne plus chercher à comprendre pour se contenter d'agir à l'instinct. Leïla ne captait de toute manière que la moitié de ce que ces exaltés lui racontaient, alors autant remettre les explications à plus tard. Sans compter que sa tête commençait à lui faire mal. C'était bien le moment de choper une migraine! S'approchant un peu de la jeune femme, Leïla tendit une main vers elle avant de se raviser et de baisser la tête.

      « Je ne sais pas ce que tu viens de faire, mais si c'était vraiment pour retrouver Frozia... J'suis désolée. Je savais pas... »

    Mais déjà le clampin revenait avec le médecin demandé par le géant. Leïla s'écarta pour le laisser à son office, la tête commençant à lui tourner devant toute l'ampleur de ces révélations. Trois années à vagabonder dans le noir, pour finalement tout ce prendre dans la gueule en quelques minutes? C'était beaucoup à digérer. Les Enfers? En voilà un endroit qui allait être difficile à trouver. Et la Cascade de Sang? Putain de nom. C'était soit un club de vacance vachement glauque, soit une image faisant référence aux indispositions féminines mensuelles. Dans tous les cas, la jumelle se retrouvait de nouveau devant une impasse dans sa quête.
    Et... Voilà que les seuls qui pouvaient lui en dire plus étaient en train de se barrer. Sans plus de cérémonie, le colosse amenait à présent la jeune femme vers les Temples plus en hauteur en raison, selon ses propres dire, "de son état de santé". Quoi? Parce que le médecin allait mieux la soigner au sommet de leur forteresse que ici là tout de suite maintenant? Surprise et commençant à suer à grosse goutte, Leïla tenta de les suivre en tendant la main comme pour le retenir.

      « Eh mais euh... Attends! Ca veut dire quoi tout ça? En Enfer? Comme dans la Bible? On... On peut faire quelque chose pour ça? Et... Euh... Bon bah... Merci... »

    Bizarrement, la marchande itinérante s'arrêta au bout de quelques pas, comme fatiguée. Elle ne pouvait de toute manière pas se permettre de trop s'éloigner de Frozia : elle l'avait par le passé appris à ses dépends. Retournant sur ses pas, et constatant que le clampin avait lui aussi pris la poudre d'escampette, Leïla poussa un profond soupir parfaitement audible par le dernier bonhomme qui voulait bien supporter sa présence, et retourna vers sa charrette.
    Il y avait du progrès, certes, mais sa visite dans ce lieu reculé avait au final plus rajouté de nouvelles questions à sa liste qu'elle n'y avait apporté de réponses. Pensive, elle effleura du bout du doigt la surface du cristal qui emprisonnait sa jumelle. Ce n'était pas son genre d'être sentimentale ou de regretter le passé, mais pour le coup, elle aurait bien voulu que Frozia soit là pour lui donner une bonne gifle sur les fesses. Son objectif lui semblait à présent si lointain, si diffus... Et son crâne commençait à lui faire si mal...

    Sans qu'elle s'en aperçoive, le dernier gardien présent la dévisageait depuis un moment, un air énervé se lisant sans peine tant sur son visage que sur son aura. Leïla ne le remarqua que lorsqu'il lui adressa la parole. Au cours de son petit speech, la vagabonde secoua légèrement la tête et referma le cercueil, le scellant à nouveau pour le remettre dans sa charrette. Le chevelu lui servit tout un ramassis de conneries comme quoi il compatissait, mais ils savaient toujours pas assez de choses sur elle pour la laisser passer. Ils allaient en parler au Gros Pape, mais elle il l'a renvoyaient? Bien sur. Super crédible. Ils allaient envoyer des mecs là-bas pour sauver l'âme de sa sœur, et? Ils allaient la retrouver elle pour lui annoncer la bonne nouvelle? S'il cherchait un mensonge pour la rassurer et la virer gentiment, fallait rester logique dans le mensonge...
    Adossée à son chariot, Leïla se mit à rire jaune, comme pour se moquer de la pitié à demi sincère que lui servait le gars en armure dorée comme on sert un plat à demi-cuisiné.

      « Bien sur... Et j'pars comment? En poussant la charrette seule? ... Vous m'avez piqué mon âne j'vous rappelle... Et puis toutes ces conneries... Sur des enfers et tout ça... Vous m'en avez pas assez dit pour... Pour... »

    Son mal de crâne devenait insoutenable. Leïla avait l'impression que quelqu'un était en train d'enfoncer un clou dans son orbite gauche, comme il y a trois ans. Sa main se sera sur son bandeau alors que son visage se crispait de douleur. Sa vue commença à se brouiller et sans qu'elle ne le veuille, sa main glissa, faisant tomber le bandeau à terre.

    ~¤°---------------------------------------------°¤~

    L’œil gauche de Leïla qui se dévoila Eidolon était noir. Complètement noir, sans la moindre trace de pupille. Comme s'il avait été complètement nécrosé par quelque poison ou infection. Lorsque cet œil se posa sur lui cependant, une intense impression de malaise put saisir le chevalier. C'était comme contempler un vide, une négation. Et lorsque ses yeux se perdirent dans l'abîme, celle-ci s'insinua en lui à son tour. Une petite partie de son Cosmos lui fut arrachée, aspirée par les ténèbres que recelaient cet œil. Dans le même temps, toute la colère qu'il éprouvait un peu plus tôt à l'égard de la vagabonde avait disparue, absorbée elle aussi hors de son corps par cette créature logée dans le crâne de Leïla.
    Celle-ci se mit alors à hurler de douleur alors que la peau autour de son œil perdait sa teinte bronzée pour pâlir encore et encore, jusqu'à devenir d'un gris si clair qu'on aurait put y voir de la neige. L'orbite sombre lui aussi s'était métamorphosé, prenant de la couleur pour devenir jaune et laisser apparaître une pupille d'un bleu profond... Une pupille? Non. Sept pupilles. Six plu petites gravitaient autour de celle au centre, se plongeant dans le regard d'Eidolon comme un prédateur observant sa proie.

    Spoiler:
     

    Mais l’œil se ferma, et le corps de la jeune femme s'écroula au sol. Inconsciente de ce qui venait de se passer, Leïla respirait sur un rythme affolé, comme un malade en souffrance. La trace grise autour de son œil semblait se résorber, mais sans disparaître complètement. Le corps de la jeune femme brûlait, pris par une violente fièvre. L'air lui-même se réchauffait, mais peut-être était-ce là en raison des nuages noirs qui se massaient au loin? Voilà que le Saint était coincé avec ce corps inanimé et cette charrette sur les bras qu'il devait gérer avant que l'orage ne s'abatte.
    Pour l'un comme pour l'autre, les emmerdes ne faisaient que commencer.

Spoiler:
 
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