RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Mai 1755] Prison de rêves

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Managarm


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MessageSujet: [Mai 1755] Prison de rêves   Sam 21 Juin - 19:01

Errer. Encore et toujours, il lui semblait que ses pas ne l’avait jamais porté en avant. Ici, le paysage demeurait semblable. Torture et douleur qui se faisait cycle répétitif et criant. La souffrance, il la connaissait assez et son cœur ne battait plus aussi bien qu’avant. Plus jeune, il aurait éprouvé pour ses âmes en peines une empathie prégnante et douloureuse. Ô il n’aurait pas été plus affecté que cela malgré tout, guerrier dans l’âme, il avait plusieurs fois parcouru ses sombres prisons infernales et l’habitude en faisait un monde presque normal aujourd’hui. Un sourire désabusé vint un instant étirer les lèvres du guerrier affaiblit alors que son regard se perdait dans ce paysage venteux dans lequel luttait des pauvres âmes prisonnières. Quelle différence avec lui mise à part sa conscience éveillée au contraire de ses êtres dénués de volonté propre ? La vallée des amoureux. Quelle douce ironie était-ce là pour lui. Silencieux, il s’arrêta un instant en contemplant ce ciel crépusculaire qui jamais ne connaitrait de renouveau. Le jour n’existait pas ici, pas plus que la lune, il n’y avait que ces cieux menteurs dans lequel le temps n’avait nulle prise. Il se sentait épuisé lui qui de coutume, faisait preuve d’une vigueur exceptionnelle se voyait affaibli dans ces lieux précis. Il jeta un œil aux ombres muettes qui l’entouraient, le protégeaient et l’avaient entrainé ici sans qu’il n’en comprenne la raison. Ses doigts glissèrent sur ses tempes et un agacement mêlé d’appréhension vinrent de nouveau poindre dans son âme.

Il devait partir. Il le fallait car il ressentait parfaitement la détresse de celle à qui il était lié, seule être qui parvenait en cet instant à guider ses pas dans ses sombres ténèbres. Ce lien avec elle et avec ses ombres étaient assez puissant pour transcender cette prison mais pas suffisante pour lui permettre de se libérer, lui. Peut-être Eren le pourrait-il. Seul un dieu – ou un spectre – le pouvait, mais il songeait bien que les habitants ne le souhaiteraient pas. Son frère était une option plus sûr, et Eilaine se dirigeait vers lui, il le sentait, la guidait. Auprès de lui, elle serait à l’abri et cela lui permettrait peut-être d’entrer en contact avec Zeta prime.

Les ombres s’agitèrent autour de lui, Managarm n’entendait plus leurs chuchotements doucereux mais il ressentait que quelque chose n’allait pas. Elles le prévenaient d’un danger. Le guerrier eut le temps d’esquiver une attaque avant que plusieurs masses sombres ne s’approchent de lui et ne se révèle. Spectre. Il en aurait ri. Lui qui jusque-là, avait fait son possible pour passer inaperçu, il fallait croire que cela ne durerait pas indéfiniment ! Les voix se mélangèrent, il capta seulement des menaces et des rires sardoniques qu’il ignora d’un haussement d’épaule, libérant la lame d’argent offerte par son père. Le guerrier retint un grondement sourd alors que le poids de l’épée pesait plus lourdement sur ses épaules. La barrière des enfers et son affaiblissement lui était particulièrement néfaste pourtant, il ne chercha pas à fuir. A quoi bon ? Ils l’auraient rattrapé bien assez tôt, après tout, ils connaissaient bien mieux les lieux que lui-même.

Qui t’es ? Qu’est-ce que tu fous là ? Qu’importe si tu réponds pas, on va te massacrer !

Des paroles vides qui ne firent que relever la commissure de ses lèvres en un sourire amusé. Qu’importait qu’il ne réponde pas en effet, ça ne changerait rien. Il ne mourrait pas ici, il n’en était pas question. La flamme vacillante de son cosmos de glace vint auréoler sa silhouette d’une aura d’argent avant qu’il ne passe à l’attaque. La lame s’ébranla, étincela dans les ténèbres comme un pâle rayon de lune perdu. Un combat difficile à mener qui bien vite, vint à bout du peu de force qu’il lui restait encore suite à sa dernière incursion dans le monde tangible – celui de Eilaine, sa Dame. Un tressaillement vint ébranler son corps alors que le sang maculait sa lame, entachait son propre corps meurtri. Il restait encore des adversaires et dans ce lieu, ils avaient toutes les armes en main pour le vaincre. Sur son faciès, la frustration et la rage s’insinuait sur ses traits durcit par la concentration. Il ne devait pas mourir. Ici ou ailleurs, il n’en avait pas le droit, il ne pouvait pas encore se libérer de ce fardeau. O, il aurait été si simple pourtant de se laisser aller, d’abandonner une bonne fois pour toutes cette vie de souffrance et d’amertume mais il n’était pas parvenu à son but. Il ne l’avait pas même effleuré. Managarm lutterait, toujours, car c’était ainsi qu’elle l’avait vu avancer. Le loup d’argent s’était toujours élancé vers un crépuscule sans fin dans les visions d’avenir de sa belle.

Le liquide vermeil vint gorger la terre morte à ses pieds et ses ombres demeuraient silencieuses bien que protectrices, menaçant ces adversaires sans pour autant parvenir à les tuer. Ici, ils étaient chez eux. Les spectres étaient déjà morts. C’était sans nul doute pour cela que l’enfant des terres du Nord les méprisait. Pas un seul mot ne s’était pour l’instant échappé de ses lèvres résolument closes, il ne faisait qu’attaquer, parer, survivre.

Jusqu'à ce que son corps se délite, ne tombe en morceau. L'assaut combiné le fit tomber à genoux, grondant de douleur et de rage, il sentait son cosmos vaciller de plus en plus, lorsque le loup du nord tomba, sa main n'abandonna pas son épée.

Pourtant, il n'était pas mort. Cette souffrance, tellement usuelle le lui prouvait une nouvelle fois. Un grondement sourd racla sa gorge asséchée alors que sa peau marquée avivait son mal. Où était il ? Son regard d'émeraude se perdit un instant dans son nouvel environnement, une pièce chichement éclairée de flambeaux vacillant, vide et désuète. Des barreaux. Ses paupières s’éteignirent un instant avant d'essayer de se redresser avec peine. Son corps hurla en protestation mais il le fit taire en s'appuyant contre le mur tout proche, s'adossant à ce dernier dans une position plus ou moins inconfortable. Finalement, il aurait dû resté allongé. Ses muscles se tendirent alors qu'il sentait son propre sang suinter de ses plaies avec langueur. Il sentait ses ombres, elles étaient là, toutes proches... Elles l'aidaient toujours. Un sourire perdu.

Au moins, il était vivant. Pour l'instant.

Eilaine...


Dernière édition par Managarm le Dim 6 Juil - 19:56, édité 1 fois
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Oneiros


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Sam 21 Juin - 21:41

Le temps s'écoule grain de sable par grain sable. Du moins est-ce la métaphore qu'utilise le Marchand de cette douce matière pour le regarder faire. Longue est l'attente depuis que le dieu est revenu d'Asgard, après la froide réception donnée par Magnus au pauvre vieillard qu'il était. Les âmes vont et viennent de par le fleuve, sous l'égide du patient Charon. N'est-ce pas le même supplice que celui de Sisyphe de devoir inlassablement passer et repasser le Styx ?

Observant le mouvement lent d'une rive à l'autre comme un spectateur de tennis devant une cassette vidéo passée au ralenti, Oneiros se fit raide tout à coup. Ses iris noirs confondus avec ses pupilles virent lentement à la nacre, tandis qu'une vision de futur s'impose à lui. Peut-être était-ce l'influence de sa récente sortie, mais l'histoire se passe en Asgard. Un homme immense paré de l'armure divine de Zeta Prime et du saphir correspondant, ainsi qu'un autre placé sous le signe du dragon Fafnir débattent. Autour d'eux le paysage est parsemé de flaques de sang frais. La carcasse imposante d'un loup aux dimensions purement hors normes gît non loin, sans souffle pour l'animer. Entre ses crocs les restes d'un repas qui fut sans doute festif, et de qualité puisque la lame d'une épée envoûtée dépasse quelque peu. Des mots fugitifs fusent dans l'air "Odin", "Fenrir", "recommencer", "Ragnarök", "Balmung", "Gleipnir", et d'autres encore que l'Oracle ne parvient pas à saisir. Les deux hommes murmurent, comme s'ils redoutaient d'être entendus. Plus loin dans la montagne un fracas laisse supposer qu'une avalanche se produit. A moins que ce ne soit le grondement du tonnerre ?

Brusque à la réalité sous le coup de langue d'un Dévoreur qui lui ramène un cauchemar fraîchement arraché aux âmes en bas, car le dieu se trouve toujours assis sur la porte des Enfers, celle-là même qui leur somme d'abandonner tout espoir. Finalement, le dieu est simplement en train d'appliquer cette règle à la lettre, annihilant les dernières volontés. D'un claquement de doigts, Oneiros fait disparaître ses messagers qui fondent comme une poignée de sable entre ses mains avant de réintégrer son cosmos.

Une énergie étrangère vient de retenir son attention. Ou bien il se découvre une obsession pour les guerriers des glaces, ou bien l'un d'eux est effectivement entré au sein du royaume des Enfers. Le plus surprenant est tout de même qu'il ait pu le faire en passant l'entrée sans qu'Oneiros le voie, peut-être tout simplement distrait par sa vision.

D'un bond leste dans une dimension dont la sortie débouchait droit sur la "vallée des amoureux", le dieu tomba sur une troupe de spectres inférieurs, ceux dont on ne percevait jamais la présence tant ils étaient faibles, en train de s'acharner sur la dépouille de...


"Qu'est-ce... ?"

Cet homme... Cet homme il venait de le voir dans son oracle, dans le futur ! Comment pouvait-il se trouver ici alors que la vision se déroulait en Asgard, longtemps après !

"Vous, cela suffit !
-Ce barbare est un intrus ! Il...
-Gardez-vous bien de me mettre en colère, pauvres misérables. Je suis Oneiros, fils d'Hypnos, et même si je n'ai pas l'autorité conférée par Hadès comme l'a le juge du Griffon, je vous reste supérieur. N'avez-vous pas honte de frapper à cinq contre un ? De plus, je vois que la moitié d'entre vous a été décimée... rien que pour cela il mérite que je l'interroge moi-même. Amenez-le dans la prison près du puits des âmes. Je l'y jetterai s'il devient trop insolent et il sera bien obligé d'y mourir."

Un simple vague de cosmos persuada les gardes d'obéir, sans quoi même eux n'étaient pas sûrs de ressusciter face à l'Oneiroi.

Quelques heures plus tard, le temps de laisser l'intrus reprendre des forces, l'Oracle revint à la prison et s'arrêta devant la cellule où il était enfermé. Coup de chance ou pressentiment exact, l'homme était en train de s'éveiller. Oneiros lui laissa quelques minutes pour retrouver ses esprits, dissimulé dans l'ombre d'un pilier. Puis, d'une voix très calme il lança :


"J'ignore comment vous vous y êtes pris, mais pénétrer dans la deuxième vallée des Enfers sans être repéré par personne relève du miracle pour un vivant. Qu'y cherchiez-vous ?"
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Dim 22 Juin - 11:11

Ces doigts effleurèrent les blessures marquant sa peau sans émettre le moindre gémissement de douleur. Il constatait froidement l'étendu des dégâts, les paupières closes et l'esprit aussi alerte que possible au vu de la situation dans laquelle il se trouvait. Une prison. Enfermé et impuissant, meurtri, ses chances du survies avaient bien drastiquement chuté. Est ce que d'ici, il pouvait se projeter auprès de sa Dame ? Son cosmos vacillant se refusa à lui, et il fut forcé de constater que ce dernier n'était plus aussi vivace qu'auparavant. Les Enfers avaient ce don maudit. Ici, seul les spectres pouvaient utiliser la pleine mesure de leur capacité – et probablement le chevalier d'or du Cancer, lié à l'étoile des morts. Ses ombres demeuraient muettes, mais il les sentit s'agiter de nouveau, ou peut être n'avait elle jamais cessé de le faire. Une voix profonde vint troubler ses pensées, et Managarm fut bien forcé de constater que la situation ne s'arrangerait pas dans l'immédiat. Malgré lui, le guerrier se laissa envahir par l'ironie de cette question qui vint faire courir sur ses lèvres un sourire désabusé. Le dos calé contre le mur de pierre de sa geôle, il ne prit pas même la peine de rechercher du regard l'ombre du spectre – qui d'autre ? Ses sens percevaient l'aura de puissance de cet ennemi sans le voir. Un raclement de gorge qui ressemblait à un rire presque douloureux vint accompagner sa phrase.

C'est sans doute parce que je ne suis pas vraiment vivant.


Ni vivant. Ni mort. Les Nokomis avaient coutume de vivre en équilibre précaire entre ces deux pans d'existences, lui plus que les autres, avait reçu cette malédiction. Après tout, il ne vivait aujourd'hui qu'avec un morceau d'âme meurtri se délitant dans les affres du temps. Et de sa propre souffrance. Le guerrier demeura silencieux après ces quelques mots, son regard plongé dans un ailleurs inaccessible et disparu pour toujours. Dans ce futur dans lequel il avait tout perdu. Son regard s'éteignit. Cette souffrance, elle, ne s'éteindrait jamais et ce, jusqu'à ce que son âme n'erre dans ces lieux.

La vallée des amoureux...


Un murmure pour lui seul. Cette situation était si ironique. Si il se devait d'être un pécheur, nul doute que ce serait celui d'amour. Pour sa Dame, il était prêt à tout. Pour sa survie, pour son bonheur, il s'était battu, avait lutté, continuait aujourd'hui et ce, jusqu'à perdre pied, jusqu'à disparaître totalement. Pour elle, il tuerait des dieux. Pour sa survie, il maudirait la Terre et se condamnerait au pire tourment. Sa main vint se poser sur cet organe qui ne battait plus que faiblement, douloureusement. Il ne pouvait pas mourir. Il devait sortir de là. Ses familiers l'aideraient. Le loup du nord chercha dans la semi-pénombre la silhouette de son geôlier et s'y accrocha. L'émeraude détailla son adversaire, non pas comme un prédateur acculé derrière une barrière infranchissable, mais davantage comme un guerrier concentré sur une bataille à venir. Une nouvelle. Toujours. Il l'examina, essayant d'extraire de ses souvenirs le nom de l'être qui portait ce surplis. Dans le futur, il était certain de l'avoir déjà croisé et cette puissance divine qu'il laissait échappé ne lui était pas inconnu non plus.

Je cherche un moyen de rentrer sur mes Terres Natales. Ici n'est pas ma place.


Il le cherchait toujours. Pourquoi mentir ? Managarm était un piètre menteur et il n'était, de plus, pas en position pour que cela lui apporte quoi que ce soit. Le guerrier se laissa aller à un soupir alors qu'il abandonnait son examen minutieux, se concentrant à présent sur le moyen de sortir d'ici et de récupérer des forces au plus vite. Il fit jouer ses phalanges avec une certaine langueur douloureuse. Il manquait de temps. Comme toujours.

Mais je n’appellerai pas ça un miracle au vu de ma situation actuelle, Dieu des Rêves.

C'était ça. C'était ce dieu, cet être.
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Dim 22 Juin - 14:59

Le fils d'Hypnos écouta sans l'interrompre les quelques difficiles phrases extirpées à une respiration trop faible et un cœur trop lent. Il ne cilla pas en entendant son rang énoncé le plus naturellement du monde. Il jaugeait cet être à la fois curieux et banal. Ni vivant, ni mort ? Voilà qui était on ne peut plus difficile à réaliser.

"Non pas un miracle en effet. De votre point de vue il s'agirait plutôt d'un cauchemar."

Un ton légèrement ironique. Faisant jouer la mécanique d'ouverture de la cellule, Oneiros ouvrit la porte, la referma derrière lui et vint se positionner face à l'homme debout tandis qu'il était assis, à trois pas à peine. Il passa une main sur le mur humide, en apprécia la fraîcheur alliée à la chaleur des flambeaux qui éclairaient l'endroit. D'un geste silencieux de la main, il matérialisa une natte sur laquelle pourrait se reposer l'étranger, au besoin.

"Si vous n'êtes pas mort, un peu de confort apaisera vos tourments, qu'en pensez-vous ? Je ne suis pas juge dans ce royaume, mais j'ai tout de même pensé qu'il valait mieux vous garder en vie quelques heures de plus pour vous interroger moi-même. Dans le cas contraire, vous seriez misérablement mort, abattu par la lie des Enfers. En conséquence vous me devez la vie. Alors, comme juste retour des choses, j'aimerais que vous satisfaisiez ma curiosité. Il se trouve que vous connaissez mon nom, mais je n'ai pas souvenir de m'être présenté à vous. En revanche, je vous ai déjà vu. Dans une vision du futur... Qui êtes-vous ? Comment avez-vous remonté le temps ? Pourquoi ? Qui vous envoie ? A quel point... me connaissez-vous ?"

Tout en examinant les différentes possibilités, plausibles et moins plausibles, le dieu ne lâchait pas Managarm du regard, espérant croiser ses prunelles pour y aller chercher directement l'information recherchée. Le simple fait de remonter le temps à lui seul était une énigme. Une manœuvre de Chronos ? Le retour des titans ? Un objet ancien, caché à la vue du monde et déterré par les mortels ? Des dieux nordiques s'alliant pour la sauvegarde de leur petit monde et l'empêchement de Ragnarök. Oneiros n'en connaissait que sommairement la légende, mais on prétendait que le Crépuscule des Dieux asgardiens surviendrait tôt ou tard, inévitable, quoi qu'on fasse pour l'éviter. De ce fait, il était inutile pour eux d'envoyer leur guerrier changer le cours du destin, ils devaient être résignés et attendre. Alors pourquoi ?
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Dim 22 Juin - 19:31

Un cauchemar ? Ce n'est pas tout à fait ça, mais si vous y tenez.

Le loup du nord se contenta de cette phrase pour clore le sujet, haussant malgré lui un sourcil quand le dieu vint ouvrir la porte de sa geôle. La tension dans son corps s'éveilla, reléguant au loin la douleur de ses membres pour détailler son adversaire à présent si proche. Ne disait on pas qu'il valait mieux éviter d'entrer dans la cage aux fauves ? Fauve ou loup, la différence était négligeable pour l'heure et un loup blessé était bien plus dangereux qu'une créature saine. Néanmoins, il attendit, patient. Managarm n'était pas le genre d'homme à agir précipitamment. Il écouta, patient, attentif envers ces paroles et face à ces questions que le dieu des rêves lui posaient. Bien sur, il connaissait ce dernier. Dans le futur, les spectres et les ases s'étaient affrontés plus d'une fois et parfois, la présence des dieux des rêves avaient changé le cours de la bataille.

Ils s'étaient affrontés.

C'est très aimable de votre part.


Il allait un peu jouer le jeu, c'était ainsi qu'il faisait les choses, c'était la stratégie la moins risquée et surtout la seule qui lui était disponible pour l'heure. Un sourire vint un instant s'égarer sur ses lèvres : il avait toujours dut s’acclimater de choix restreint. Cependant, le fait que ce dernier ne parle de futur ne fit que durcir les traits de son visage. Il n'aimait pas le pouvoir des oracles, pire, il l'exécrait. Eilaine aussi possédait ce pouvoir mais il ne lui apportait que chagrin et désolation, et lui ne pouvait rien faire pour l'en protéger. Une véritable malédiction.

Vous pouvez m'appelez Loup si cela vous apporte quoi que ce soit.


Ses croyances ne le poussaient pas à en dire davantage. Depuis des années, sa mère et son père lui avait inculqué des règles strictes en matière de magie. Donner son nom à un autre était dangereux car il signifiait se dévoiler et lui offrir de quoi l'atteindre. Quand bien même ce spectre lui avait sauvé la vie, il ne reviendrait pas sur cet enseignement bien trop précieux. Et a présent, comment répondre à ces autres questions ? Clairement, il ne le pouvait pas, n'en avait ni le droit, ni même l'intention. Cela serait contrecarré les plans même de son dieu que son frère et lui essayaient de respecter. En révéler plus que nécessaire était bien trop dangereux également pour elle. Pour l'avenir. Il éluda purement et simplement ces questions.

Vous êtes Oneiros, le dieu des rêves, fils d'Hypnos. Vous êtes connu parmi les spectres, quoi de plus normal pour un dieu après tout. Et puis nous avons tous à faire à vous à un moment où à un autre puisque vous vous plongez dans nos rêves.


Il ne répondait absolument pas à ses questions et il ne l'ignorait pas, mais il ne pouvait tout simplement pas se dévoiler au risque de mettre son frère en danger. Et tout le reste.

Et moi je suis un guerrier du nord, un Asgardien né dans ces froides contrées enneigées qui sont ma patrie et servant mon propre panthéon comme vous servez votre Dieu.


Il avait toujours trouvé la coexistence de leurs panthéons particulièrement paradoxale. Chacun avait son dieu de la mort, son ennemi séculaire, son Père et ces dieux plus mineurs mais indispensable au bon déroulement du monde. Il ne doutait pas que les frictions entres les deux camps devaient sans doute tirer leur origine de ces histoires communes mais différentes. Les Dieux n'étaient pas bien plus tolérants que les humains.

Lire l'avenir est un fardeau bien lourd à porter. Surtout si ce n'est que pour contempler la mort et les cendres.


C'était ce qu'ils avaient vu, eux, vécu même. C'était de ce futur qu'ils venaient, son aîné et lui et qu'ils avaient supporter, dans lequel ils avaient combattu...Et dans lequel il avait tout perdu. La main gauche du guerrier vint un instant se perdre au niveau de son cœur, là où il pouvait sentir la chaîne sur laquelle se tenait un unique anneau d'argent, reflet inversé de celle qu'il gardait au doigt. Le dernier souvenir matériel qu'il possédait d'elle, ce qui lui donnait la force d'avancer et de continuer son sinistre office.
Les ombres s'agitèrent en silence autour de sa silhouette alanguit mais tendue par cette promiscuité avec cet être, ployant face à la demande implicite de leur lié. Il n'aurait qu'une chance, une seule alors il ne devrait pas la rater. Il n'avait clairement pas la force de lutter à arme égale face à la divinité des songes, mais il devait faire en sorte de...

Je ne vous envie pas. Ce doit être assez désagréable à vivre.
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Dim 22 Juin - 20:45


C'était bien singulier de penser cela, mais Oneiros se reconnaissait bien là. Attentif à chaque mot, chaque tournure de phrase, il en déduisit que le guerrier divin ne disait pas tout, et surtout pas ce qu'il voulait savoir. Au moins il n'était pas stupide, ce qui le rendait encore plus intéressant, mais le dieu ne l'était pas non plus et ne le serait pas dans le futur.

"Vous devez être conscient que je peux vous arracher tout ce que je demande par la force si je plonge dans votre esprit. Il est inutile de faire l'impasse sur vos réponses, je ne suis pas votre ennemi, bien que toutes les apparences me désignent comme tel. Cependant, je ne suis pas votre allié, ni maintenant ni dans le futur d'ailleurs, il suffit de vous entendre dire que je sers "mon dieu" avec un ton si catégorique... En définitive vous ne savez rien de moi à part ce que tout le monde sait, c'est-à-dire mon nom et mon rang, rien de plus."

D'un geste nonchalant il désigna la natte au loup afin qu'il en profite. Il claqua même des doigts pour faire apparaître une coupe dorée remplie d'eau fraîche qu'il déposa tout près sans pour autant se mettre en danger.

"L'avenir est un destin fragile, malléable et rempli d'horreur parce que les humains l'ont fait ainsi. Je réfrène mon pouvoir afin de conserver la raison du temps présent, mais je sais ce qu'il se passera dans vingt, quarante ans, un siècle, même deux, trois et plus encore. Vous, mortels, ne cesserez de bafouer l'harmonie originelle voulue par Zeus entre les dieux et les Hommes. Et finalement, quand les dieux seront tombés dans votre oubli égoïste, quand vous ne croirez plus en rien, vous ne pourrez plus que vous entre-déchirer pour rejeter la faute encore et encore. La paix amènera la misère et l'ennui. Les divinités n'auront aucune responsabilité dans tout cela. De plus, je parle du futur, mais qui croit encore aux anciens dieux, les Grecs, les Egyptiens, les Asgardiens, hormis les chevaliers ? Nous sommes au XVIIIe siècle selon le calendrier chrétien. Les mortels pensent presque tous qu'un Dieu unique a tout créé seul, qu'il oriente leur destin, voire parfois qu'il aurait commis l'imprudence de leur sacrifier son propre et unique fils. On le nomme Jésus, Allah, Bouddha... Est-ce cette erreur que tu veux protéger, Loup ? Pourquoi souffrir un retour dans le temps alors que tu pouvais simplement te laisser mourir, pendant que l'espoir te permet encore de sourire ?"

Le dieu laissa échapper un peu de son cosmos pour nimber la cellule d'images représentant la vie à l'Âge d'or, puis la dégradation des conditions de vie de l'Homme, continue, inexorable. Le sang avait coulé tant de fois, pour des terres, pour des valeurs, pour la liberté, pour la Foi, par méchanceté gratuite, pour une lignée, pour le pouvoir. Comment, pourquoi les humains protégeaient-ils cet avenir teinté de rouge et de noir désespoir ? L'amour, le bonheur, l'amitié méritaient-ils vraiment tout cela ? Il avait suffi d'une étreinte pour déclencher la guerre de Troie, d'une croyance pour déclencher plusieurs siècles de Croisades, et bientôt d'une pensée pour enflammer les peuples. La Grande-Bretagne avait donné l'exemple, dans quarante années de plus la Couronne de France tomberait et dans leur sillage l'Europe entière. A quoi bon écrire l'Histoire si elle se répétait toujours pour les mêmes motifs ?

Oneiros posa son doux regard d'ébène sur ce pauvre mortel blessé dans son âme et dans sa chair.


"Les animaux blessés sont les plus farouches et les plus dangereux. N'est-ce pas la preuve que l'Homme est le plus meurtri de tous ? Il s'inflige lui-même sa sentence pour avoir pêché et perdu la confiance des dieux. Au point de ne plus savoir pourquoi il se bat."

En définitive, le dieu des rêves n'avait pas plus répondu à la question implicite de Managarm que l'inverse. Ils étaient engagés dans un duel muet et sous-entendu d'opinions. Qui avait raison ? Qui avait tort ? Ce n'était pas l'objet du débat, mais plutôt l'éternel déroulement analyse des mécanismes. Pourquoi, comment ? Une conséquence avait créé une cause, qui avait elle-même des conséquences et ainsi de suite, de sorte qu'on ne sache plus de qui venait la première faute.

"Votre tentative regorge d'amour. Pour l'humanité ou pour une personne seule ? Vous seul avez la réponse. Mais cette réponse vaut-elle de modifier le cours du temps ? Avez-vous songé que vous pourriez l'aggraver u lieu de l'arranger ?"
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Mar 24 Juin - 17:21

Faire face à un dieu était une épreuve en soi. Ce fut la réflexion qui vint un instant éclairer les pensées du guerrier qui demeurait méfiant et somme toute, assez peu convaincu par l’espèce de sollicitude qui se dégageait des actions de ce dernier. Dans ses souvenirs, le Rêveur n’était pas foncièrement mauvais mais il avait été un ennemi à abattre, un allié également et à dire vrai, il n’aurait pu dénombrer le nombre d’alliance qui s’étaient faites puis déchirées. L’avenir était un canevas complexe. Un haussement d’épaule douloureux vint traduire son avis sur cette première diatribe. Qu’il le lui arrache si cela lui faisait plaisir, mais il lutterait pour garder ses secrets. Managarm était un homme fier et très attaché à certaine croyance aujourd’hui tombée en désuétude.

Je fais partie de ses êtres presque disparus qui croient au pouvoir des mots. Cette croyance est gravée dans mon âme, et tout dieu omniscient que vous soyez, je ne renierai pas ce que je suis et ce qu’on m’a enseigné.

Ne possédait il pas des pouvoirs magiques au même titre que sa sorcière de mère ? Les incantations, les runes, les mots de pouvoirs, tout cela, on les lui avait enseignés, il avait eu deux professeurs appliqués. Il n’insista pas davantage, trouvant qu’il s’était déjà bien assez dévoilé même si cela ne lui portait pas encore préjudice. Il parlait avec application, pesant les mots et les connaissances pour en dire à peine assez mais surtout jamais de trop. Cela devenait presque un jeu avec le temps. Presque parce qu’il ne le faisait pas toujours consciemment, même si c’était bien le cas aujourd’hui, dans cette sinistre prison. Il observa sans faire un geste vers lui, la coupe rempli d’eau – un met rare et inestimable dans ce genre de lieu – tout autant que la natte qu’il n’approcha pas. Etait-ce par fierté qu’il agissait ainsi ? Cette question demeurerait sans réponse mais le loup se contenta d’écouter le monologue de la divinité sans mot dire, supportant les visions sans réellement les voir. Que lui importait cet avenir ? Sur ses traits ne se lisaient nulles émotions, pas d’empathie ni de dégoût, pas de chagrin ou de colère, juste un vide presque inquiétant, menaçant. Un éclat de rire vint toutefois s’extraire de ses lèvres jusqu’alors close. Un rire grinçant et douloureux qui lui arracha une grimace qui malmena son corps. L’espoir. Quel sentiment dérisoire était ce pour le loup du nord !

Pardonnez-moi, déclara l’homme en passant sa main sur son visage comme pour en essuyer sa brève hilarité. Ce n’était pas par moquerie envers vous. C’est juste que je trouve vos paroles doucement ironiques.

Tant, que cela le faisait souffrir. L’espoir. Voilà un sentiment pour lequel et grâce auquel il avançait. L’espoir et l’amour, à peu de chose près, le guerrier aurait pu rendre son armure et combattre pour la déesse de la guerre et de la sagesse…Sauf qu’il n’en était rien. Son espoir et son amour étaient égoïste. Athéna n’aurait guère tolérer un tel blasphémateur dans ses rangs – même si Odin n’était pas plus clément, il savait seulement que le fils du dévoreur de soleil agirait pour le bien du royaume tant que cela coïncidait avec la protection de sa dame. Jusqu’à aujourd’hui, il n’y avait eu que des conflits mineurs entre eux et dont Managarm avait pris garde. Il respectait sa divinité sans doute bien davantage que son frère de cœur - ce qui ne voulait pas forcément dire grand chose.

Ne vous inquiétez pas autant pour nous, commença-t-il d’une voix bercée d’ironie devant cette fausse condescendance qui n’en était surement pas une – sans doute un simple constat las du dieu désabusé par une humanité fourmillante. Les hommes se battent pour des raisons qui leurs sont propres, peut-être est-ce que vous ne les comprenez pas, tout simplement.

L’amour. La colère. La haine. La rage. Le Désespoir. Il y avait autant de raisons que d’hommes et englobé l’humanité toute entière dans un seul groupe était bien réducteur à ses yeux. Encore un peu de temps. Un tout petit peu. Il ne pouvait pas se permettre le luxe d’un échec. Le loup du nord ferma les yeux, se laissa envahir par une sensation familière avant de laisser sa voix briser de nouveau le silence. Ce dieu était curieux. Lors de leur bataille, il ne se souvenait pas avoir échangé autant…ou peut être sa mémoire était-elle défaillante.

Il existe des désespoirs tels qu’ils font sombrer dans la folie. Un soupir éteint avant qu’il ne reprenne d’une voix moins profonde. Moins égarée. Nous n’avons pas vu le même avenir, Oneiros. J’ai vu un monde de sang et de cendre, j’ai ressenti la Mort et la fin, cette dernière a marqué mon âme. Il n’y avait pas d’espoir dans la mort, il n’y avait que la folie dans ce monde et le chaos, rien de plus.

Soit, puisque ce dernier désirait tant en savoir davantage sur ce qu’il avait vu, qu’il en soit ainsi. Après tout, n’était-il pas un Oracle lui aussi ?

Oui. Elle le mérite. Les hommes sont fous, Dieu des Rêves. Ils sont capables du plus beau des sacrifices et du pire des carnages pour leur raison d’être : sans logique, sans raison, juste par passion ou idéologie.

De l’égoïsme. Managarm n’ignorait pas que son propre but était loin de la grandiloquence de tous les saints, protéger l’humanité ne lui était pas aussi important qu’elle – quand bien même il savait que ce n’était pas son cas à elle. Peut-être même le détesterait-elle pour ce qu’il était devenu : un être calculateur au cœur asséché dans lequel ne brillait qu’une flamme vacillante, celle de sa résolution. La sauver, par tous les moyens, c’était ce qui importait, et si il devait choisir entre elle et l’humanité… Il craignait de donner la réponse qui d’instinct, s’imposait à son esprit. Avant, il n’était pas ainsi pourtant. Avant de la perdre, il désirait les protéger, il les aimait avec leur imperfection et leur beauté, aujourd’hui, son regard s’était assombri. Son âme brisée aussi. Cynique.

Ne vous méprenez pas, ce monde dans lequel j’ai vécu, il n’a rien à voir avec ce que vous m’avez montré. Il n’était plus rien. Il n’y avait plus rien à aggraver.


Ce n’était pas le Ragnarok, non. Sans cela, Odin ne serait jamais apparu, n’aurait jamais pu leur fournir le moyen de revenir en arrière.
Encore un peu. Un tout petit peu.
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Mar 24 Juin - 21:31

"Supposons que je l'admette. Je ne suis pas un dieu dogmatique, mais votre histoire ne me convainc pas, alors supposons simplement. Vous avez encore quelque chose à sauver avant que l'avenir dans lequel vous évoluiez ne remplace ce présent. Comment allez-vous vous y prendre ? Je suis le seul actuellement à avoir le pouvoir nécessaire, et surtout le bon-vouloir, pour vous faire sortir d'ici. Vous n'êtes pas vivant, mais pas mort non plus, donc il m'est possible de ramener votre âme dans le monde des vivants. Et c'est là-bas jusqu'à preuve du contraire que se trouve ce que vous souhaitez protéger. Nous pouvons alors peut-être nous entendre."

Oneiros attendit une quelconque réaction de la part de l'homme blessé. Son ton sous-entendait sans se cacher qu'il demanderait une compensation en échange, mais de toute façon Managarm n'avait pas le choix. S'il espérait écarter, voire tuer le dieu comme le suggérait son attitude plus que fermée, pour pouvoir ensuite sortir par la porte laissée entrouverte, il n'avait aucune chance de s'en sortir. Ses blessures l'empêcheraient d'aller bien loin, son cosmos le ferait repérer et même Cerbère se lancerait à sa poursuite en reniflant l'odeur de vie qui émanait légèrement de lui. Le plus ridicule des soldats pouvait l'abattre en lui plantant sa lance dans le cœur, ou dans le dos.

Dans cette optique, le Marchand de sable pouvait se permettre de poser des conditions à la libération du prisonnier. S'il refusait, Oneiros pouvait aussi bien le laisser croupir ici pour l'éternité, après tout il l'avait également devant lui. Il pouvait également lui faire la grâce de mettre fin à ses souffrances en lui ôtant la vie et en l'envoyant dans un endroit où son âme serait broyée d'un seul coup et s'éteindrait sur le néant, mais il avait comme dans l'idée que ce n'était pas ce qui était prévu au programme. A quoi bon revenir dans le passé si c'était pour mourir aussi bêtement ?

Il tendit une main en direction de l'homme, à la manière humaine, pour lui signifier qu'il était prêt à négocier.
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Jeu 26 Juin - 14:14

Un marché. C'était ce que le dieu lui proposait à demi-mot, Managarm n'était pas dupe. Qu'il ne croit pas en ses paroles ne lui importaient que peu, à dire vrai, il préférait même cela. Il était bien plus facile de tromper les autres avec la vérité qu'avec les mensonges songea-t-il avec ce qui aurait pu s'apparenter à de l'ironie. Or à cet instant, il se moquait de ses émotions indistinctes, seul ses paroles restaient. Piégé. Cette sensation était bien la seule à présent qui étreignait son âme. Sa douleur, il la niait, l'effaçait de sa conscience d'un revers de mains désabusé. Sa vie entre les mains d'un dieu qui, aussi trouble demeurait son allégeance, était tout de même affilié à Hadès ? Voilà une situation bien plus ironique que n'importe quelle vérité qui se transformait en mensonge dans des oreilles étrangères !

Avait il le choix ? Prendre cette main en acceptant les conditions de son adversaire - ni aillé pas plus qu'ennemi – ou bien... Laisser de côté cette possible alliance – qui sans nul doute, lui serait préjudiciable, il devait avouer avoir un mauvais souvenir de l'honneur spectrale – et trouver une autre solution plus farfelue encore. Un instant, il pensa à son frère. Un sourire vint s'égarer sur ses lèvres à ce songe éveillé. Il n'avait même pas besoin de répondre à cette question. Il n'avait qu'une chance. Une seule. Son regard s'étrécit.

Il ne mourrait pas ici.

Un éclat de cosmos glacial s'éleva en réponse, frêle mais intense, son sang irradia un court instant comme cette cicatrice laissée par sa mère qui mangeait son torse et sa joue. Le sang et les ombres s'unirent en une vague forme effilée pointée sur son adversaire, qui s'élança sous une dernière impulsion. Pas d'éclat seulement l'ombre de la mort et de la dernière chance. Le loup du nord fit taire la douleur qui se répercuta dans son corps à l'utilisation de la magie héritée de sa mère. Le sang était son tribut. Il n'y avait nul effet de grandiloquence, juste une seule et simple arme, unique. Il n'en avait guère les moyens. Il voulait survivre. Sous l'assaut, il était parvenu à se redresser mais une vague de puissance l'ébranla dans tout son être.

Le sang coula.

La douleur le transperça. Sa voix se refusa à lui alors qu'il s'écroulait de nouveau, le corps crispé, l'âme déchirée. Nulle réflexion ne parvint à s'extraire de cet esprit annihilé. Des émotions indistinctes luttaient alors que son cosmos pourtant affaibli s'éveilla en réponse à ce phénomène. Sauvage. Puissant. Enivrant. Hostile. L'éclat divin et dilué d'une bête apocalyptique. Les ombres rampantes vinrent recouvrir la silhouette du guerrier, silencieuses mais possessives envers leur lié se adoptant sa forme enfouie au plus profond de lui, éveillé par le sang divin. Un grondement racla la gorge de la créature à la fourrure d'argent maculée d'ombre d'encre écroulée sur le sol. Ses plaies le lançaient affreusement, embrasant son âme d'un feu inextinguible, l'éclat soudain de son cosmos s'était retiré, le laissant plus démuni encore qu'il ne l'avait été quelque instant plus tôt. Ses pensées peinaient à reprendre leurs flots, l'animal se débattant vainement.

Que c'était il passé ?

Managarm sentait presque sous son palais la saveur du sang, puissante et entêtante, annihilant le peu de conscience qu'il possédait encore sous les flammes de sa souffrance. Une patte vacillante tenta en vain de le faire se redresser sans grande réussite. Un tressaillement alors que son esprit commençait à comprendre, langoureusement.

Sa conscience s’évanouit alors qu'une ombre l'enveloppait. Un éclat protecteur mais vague et incertain, une voix lointaine mais puissante.

~ Nous ne pouvons vous le laisser, Dieu des Rêves. Malgré l'affront fait. Je payerai le prix en mon nom en tant que Fafnir, le dragon noir des terres du nord si il le faut. Cet enfant d'Asgard est sous notre protection. Nous comprenons que cela vous importe peu, mais nous, nous acceptons votre marché si celui-ci tien toujours. Une faveur contre la libération de ce fils du Nord. ~

Et une présence plus indiscernable demeurait dans l'ombre du dragon. Un lien. Un être unique et silencieux, simple observateur d'un monde en déclin. Un croassement.
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Jeu 26 Juin - 21:04

Oneiros avait à peine bougé tandis que les dents, puis les crocs de l'homme-loup s'étaient refermés sur sa main. Malgré sa hargne, il savait bien que l'individu était bien trop faible pour lui causer de réels dommages. Cependant, la transformation qui suivit était plus qu'inattendue, de même que l'apparition subite d'un cosmos bien plus ancien, reconnaissable pour le dieu ayant vécu à l'aube de l'ère des Hommes.

Il ramena sa main vers lui avec lenteur, l'ichôr glissant paresseusement vers son poignet. Il arracha un bout de la manche qui couvrait son bras et s'en servit pour confectionner un bandage sommaire mais suffisant, puis il toisa le loup affaibli et l'ombre autour de son corps.


"Ainsi le sang divin éveilla le sang mythique dont avait hérité la bête. Un descendant de Fenrir si je ne m'abuse ? Intéressant... J'ignore pourquoi vous protégez un tel être, noble Fafnir, et je dois dire que cela ne m'intéresse plus dorénavant. Votre destin est entre mes mains, voilà qui est bien plus amusant."

Oneiros attendit de voir la mine du dragon se décomposer pour le détromper sur ses intentions d'un simple regard, sérieux et solennel à la fois. Contrairement à ce que l'on pouvait supposer de lui en suivant les apparences, il n'était pas homme à dispenser gratuitement la violence et l'humiliation. Mieux encore, il mesurait assez la décadence des dieux en cette ère pour tenter de se montrer solidaire avec les entités intelligentes telles que Fafnir, s'il y trouvait contrepartie bien sûr. La générosité n'existait plus en ce monde pour beaucoup d'êtres, l'Oracle ne faisait qu'appliquer la règle commune. Tout d'abord, il changea la coupe qu'il avait précédemment tendue à Managarm en bol, afin qu'il puisse laper plus convenablement lors de son réveil. Ensuite, il s'assit en tailleur, les mains posées sur les cuisses, prêt à négocier.

"Voyons voir... Votre part du marché vient de s'alourdir. Vous me devez réparation pour avoir versé mon ichôr sacré, je suis le seul à pouvoir vous sortir de là, je n'aurais de toute façon pas fait cela gracieusement malgré une certaine bonté d'âme par rapport à d'autres dieux... Et enfin, notons que votre protégé vient de changer le futur. Dans ma vision, il portait vos couleurs sous la forme d'une armure divine. Désormais c'est un loup et c'est en tant que tel qu'il errera dans son passé pour changer les choses. Ce simple fait peut être lourd de conséquence s'il fait un faux pas. Pour tout cela, il me semble juste et modéré de vous demander son plus grand rêve en échange de sa liberté. Qu'il me laisse me nourrir de cette cause si précieuse qu'il cherche à défendre."
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Sam 28 Juin - 11:46

L'animal effondré sur le sol de la geôle prenait une place conséquente, davantage que sa forme humaine, il ne fallait en douter. Bien plus qu'un loup ordinaire, dans tous les cas. Les ombres formèrent une vague et incertaine forme, sans parvenir à réellement la définir pour l'heure. Elles ne le connaissait pas, ce Fafnir. Le lien n'existait pas encore et seul un autre permettait de les rapprocher faussement pour l'heure. Celui qui se tenait toujours dans l'ombre des armures du nord, de ces Godrobes qui faisait la force d'Asgard.

~ Le fils du dévoreur de soleil et d'une fille de la lune. ~


La créature consentait à en dire plus, à peine de quoi éclairer et préciser la nature même de cet être qui gisait, épuisé par cette transformation soudaine. A vrai dire, Fafnir lui même n'aurait songé que le fils du nord à présent sous sa protection pouvait adopter la même silhouette que son aïeul. Il comprenait à peine la raison qui poussait le Père à protéger telle créature, un être dangereux à n'en pas douté, son père n'avait il pas affronté et défait des divinités ? Quand bien même le dragon n'y avait il pas assisté, il le savait par le lien qui l'unissait à Asgard. Il ne daigna pas répondre à cette question qui n'en était pas une et à laquelle il n'avait pas réellement de réponse à donner. Il l'ignorait. Mais il préférait garder cela pour lui pour l'heure.

~ Qu'il ait pris cette forme aujourd'hui ne signifie pas qu'il demeurera à tout jamais sous cette dernière. Votre vision n'est peut être pas si faussé que cela. ~

Oracle. Tout comme le Père qui avait parfois, cette mauvaise habitude d'ordonner sans éclaircir ses paroles sibyllines. Au moins, la divinité des rêves n'avait pas cette mauvaise habitude. Au contraire, il était parfaitement clair dans ce qu'il voulait en échange de la vie et de la libération de son nouveau protégé. L'ombre formait vaguement la silhouette d'un dragon, si vague qu'on pourrait l'avoir rêvé. Il était difficile pour lui de se maintenir en l'état : elles ne l'accepteraient pas tant que le loup du nord ne le clamerait pas.

~ Nous comprenons votre offense Dieu des Rêves, mais c'est une demande à laquelle nous ne pouvons accéder. Le Nord a besoin de ses crocs, pas d'une carcasse sans cause à défendre. Or, comme vous le dites si bien, c'est dans cette cause si précieuse qu'il trouve la force de se battre, sans elle, il n'est rien de plus qu'une ombre errante. ~

Et ils n'avaient pas besoin d'un tel être, trop vivant pour demeurer ici, trop mort pour trouver sa place dans le royaume blanc. Trop dangereux pour que ce ne soit tolérer ainsi. Car le Dragon Noir ne doutait pas de cela. Sans, il n'était d'aucune utilité. Le sous entendu n'était pas difficile à percevoir. Le Père ne serait pas d'accord, mais que pouvait il faire, lui ?

~ Nous possédons de nombreux rêves. Des rêves d'êtres que nous avons protégé et que nous avons accompagné jusqu'aux portes de ce sombre royaume. Si c'est cela qui vous intéresse, Dieu des Rêves, nous n'en manquons pas même si la saveur des morts ne doit pas être aussi forte que celle des vivants. ~


C'était une carte à jouer. Combien de guerriers et de guerrières avaient endossé ses couleurs au cours des années ? Tellement, qu'il n'aurait pu les dénombrer. Certain l'avait plus marqué que d'autres. Il possédait un lien avec le Loup. Plusieurs en réalité que ce dernier avait hérité de sa mère. Avec son père également.

Ce jour où, lié avec le porteur de Zeta, ils avaient défait la déesse des enfers. Lorsque, des centaines d'années avant cette ère, il avait assisté à la naissance de la malédiction des Nokomis – celle qui barrait son être aujourd'hui encore... Des rêves de guerriers, il n'en manquait pas.
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Lun 30 Juin - 11:42

L'Oracle observa d'un œil scrutateur le jeu des ombres au sol, qui le renseigna sur la force actuelle de son interlocuteur et son lien avec l'homme-loup. Elles ne parvenaient déjà pas à dessiner la forme légendaire du dragon maudit au sang immortel, preuve s'il en était besoin que ce dernier était encore bien faible et pas du tout synchronisé avec son protégé. Savait-il seulement, cet héritier du meurtrier d'Odin, qu'une étoile singulièrement différente de celle de sa famille avait décidé de s'allier à lui ? Au vu des circonstances, ce simple fait pouvait se montrer très discutable, mais Oneiros ne prétendait pas être un entremetteur d'Homme et de créature mythique. Ils règleraient leurs affaires entre eux le moment venu. Pour l'heure, il fallait se concentrer sur le prix convenable pour leur libération.

"Ce n'est pas une question de vie ou de mort, contrairement à ce que l'on pourrait croire. Un rêve en lequel personne ne croit plus, un rêve consommé même de son vivant, n'a aucun goût. Si un enfant rêve de monter à cheval et qu'il le fait un jour, alors c'est la foi qu'il mettra dans ce rêve avant ce jour qui sera délectable. Plus simplement, je ne dévore pas le rêve lui-même mais l'espoir. L'espoir que quelque chose survienne un jour et illumine ne serait-ce que quelques minutes ou quelques heures d'une journée."

Oneiros s'arrêta là, pensant qu'il en dévoilait déjà beaucoup trop même si Fafnir ne tirerait rien d'autre de ces faits que de l'impuissance. Il ne pouvait pas ramener la foi des morts en leurs rêves, même Hadès était incapable de cela. Sentant son vis-à-vis sceptique, l'Oneiroi ajouta :

"Énoncé comme cela on pourrait me prendre pour ce croque-mitaine dont on contait les horreurs au Moyen-âge pour inciter tout un chacun à se comporter dignement, mais qu'on ne s'y trompe pas : je préfère aspirer les rêves au moment précis où ils se réalisent. L'humain peut ainsi profiter pleinement de son rêve sans se rendre compte que celui-ci lui est retiré en même temps, tant il est absorbé par sa joie. En cela, noble dragon, vous n'avez aucune monnaie d'échange acceptable pour moi. Je vous propose donc ceci : le nord a besoin de crocs, c'est ce que vous venez de dire. Donnez-moi l'immunité et je vous offre la liberté."

Joignant le geste à la parole, le Rêve fit apparaître une stèle de marbre qui se grava de trois écritures différentes à mesure qu'il énonçait les termes de leur "contrat", en grec ancien, en langue divine et en langue mythique que les créatures telles que Fafnir pouvaient encore déchiffrer :

"En échange de votre liberté et votre retour dans le monde des vivants, votre protégé ne pourra jamais porter la main sur ma personne. Que je sois déguisé ou non, venu en tant qu'envahisseur ou en paix, un sceau éternel l'empêchera de me porter la plus petite blessure et il ne devra pas révéler mon identité à d'autres. Si le hasard veut que nous nous retrouvions opposés dans un combat qui mêle plusieurs de nos frères d'armes, il ne m'attaquera jamais. Moi en revanche, je le pourrai, mais ne le ferai pas en guise de bonne foi. Ainsi, si à l'issue d'un affrontement nous nous retrouvons face à face, le combat cessera aussitôt. Si un Asgardien tente de me barrer la route, il ne devra pas l'y encourager et ne pourra pas en dire la raison."

Sûr de son effet, Oneiros se tut un moment, laissant Fafnir réfléchir et relire autant qu'il lui plaisait les mots inscrits sur la stèle. Il fit apparaître une minuscule dague qu'il déposa devant lui.

"Si cela vous convient, il ne manque que deux choses pour sceller le pacte : une goutte de nos sang et nos noms d'hôtes véritables, qu'il sera bien sûr impossible de mentionner à quiconque, le sien comme le mien, ni d'utiliser dans un autre pacte avec une tierce personne."
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Lun 30 Juin - 21:22

Le dragon écouta les paroles du dieu avec une attention frustrée. Cela ne lui convenait pas. Evidemment, le contraire l’aurait étonné car tout aurait ainsi été trop facile. Il n’était pas en position de force, cela, il ne l’ignorait nullement. Comment aurait-il pu l’être alors que le simple fait de prendre une forme tangible lui était pour l’instant impossible ? Le fait que le loup du nord ait perdu pied avec cette réalité ne l’y aidait aucunement, et il savait que ce qu’il faisait ne serait pas au goût de ce dernier. Il avait beau ne le connaitre que de loin, si cet enfant avait ne serait-ce qu’un tiers de la fierté de son père, il n’aurait guère toléré qu’un être, aussi mythologique soit-il, n’influence le cours de son destin. Les guerriers étaient bien souvent trop têtus pour accepter les concessions. La preuve en était pour cet état pitoyable qu’il revêtait à présent par sa seule faute. La créature s’intéressa de nouveau à son interlocuteur quand ce dernier lui fit une nouvelle proposition pour le moins… Dérangeante.

Le dragon noir retint un grondement irrité. Devait-il réellement sauver le fils du dévoreur de Soleil si cela signifiait qu’il laisserait, en toute impunité, le dieu des rêves marcher sur les Terres du Nord sans qu’il ne puisse le défendre de ses intentions ? Cela lui paraissait trop lourd de conséquence pour se permettre tel permission. Fafnir était le dernier rempart. Un protecteur zélé. Comment accepter qu’un être aussi puissant que pouvait l’être la divinité des rêves puisse aller à sa guise dans son royaume ? La bonne foi de l’Oracle lui paraissait bien terne comparativement à tout ce que cela signifiait pour lui. Il se permit de lire et relire plusieurs fois le contrat gravé que son protégé devrait signer de son sang – car c’était lui qui choisirait au final.

~ Dans cette vie. Et uniquement dans cette vie. ~ Contra la créature après un instant de silence. ~ Nous sommes immortels, vous en votre qualité de divinité et nous, en tant que créature mythologique. Cette clause ne devra donc porter que sur nos hôtes actuels, si nous en changeons, par la Mort ou le Destin, ce contrat n’aurait plus lieu d’être. ~

Le dragon invincible ne pouvait se permettre de contracter une dette aussi éternelle. Qui plus est, il ne faisait là, que préciser un point qu’il pensait clair au vu des mots employés par son interlocuteur. Il voulait simplement ne pas tomber dans une entourloupe divine qu’il aurait été bien en peine de tolérer aussi longtemps. La créature observa le loup un instant. Remord ? Pas le moins du monde, il évaluait seulement la situation, froidement, méthodiquement : Fafnir n’avait que la protection de son blanc royaume en tête. Le Père accepterait le sacrifice. Il l’avait toujours fait ainsi, ce dernier en ayant fait de nombreux pour arriver là où il était à présent. Quoi de plus étonnant qu'il tolère ce genre d'écart ?

~ Quel sera son sort si les termes du contrat ne sont pas respectés ? ~


Accepter sans davantage de précision ne lui plaisait nullement. Trop de chose était en jeu dont l’intégrité de son propre domaine qu’il protégeait avec zèle depuis des temps immémoriaux. Et puis, ce Loup du nord était malgré tout son nouveau porteur, quand bien même cela ne lui plaisait pas plus que cela. Comme il regrettait la guerrière à la chevelure de feu avec laquelle il avait été en osmose à l'instant même où cette dernière l'avait revêtu !

~ Comprenez nous, nous sommes avant tout Gardien de notre domaine, son intégrité est notre priorité. Sa protection également. Or autant ce pacte de non agression nous parait envisageable, autant l'impossibilité de défendre notre domaine face à vous l'es moins. ~

En ce qui concernait le Loup, il n'en avait que faire. Si Il ne lui avait pas signifié de le sauver, si Il n'avait pas fait le lien précaire qui lui permettait à présent de parler avec la divinité des rêves, il serait en train d'attendre bien sagement dans sa grotte un porteur plus légitime.

Mais n'avait-il pas un but commun ?
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Mer 2 Juil - 9:23

Le dieu des rêves soupira et caressa la stèle polie d'une main distraite. Plus il regardait l'ombre, plus elle prenait la forme du dragon, mais avec beaucoup d'efforts. Pourquoi protégeait-il un mortel avec qui il était si lié ? Ce mystère qui au début l'intriguait commençait à l'agacer. Fafnir était prudent, et il avait bien raison de l'être, car se faire extorquer un tel pacte par le premier venu le réduirait non seulement au plus grand ridicule, mais rendrait aussi son rôle de gardien obsolète.

"Une vie. Cela me paraissait évident. Je me doute bien que votre magnificence aura du mal à se retenir de sortir les crocs plus longtemps, et c'est bien pour cela que j'ai posé des conditions précises à cet échange. De plus je vous fais confiance pour ne pas l'envoyer volontairement à la mort, vous semblez trop vouloir sauver sa vie. Et je perdrais trop à faire de même."

Prouvant une fois de plus sa bonne volonté, Oneiros relut les textes, trouva le passage mentionnant la durée du pacte et rajouta l'indication de façon à ce qu'elle devienne univoque pour tout le monde. Il se tourna ensuite de nouveau vers le loup et son ombre, pour froncer les sourcils en entendant la question. Il croisa la bras avec autorité et toisa l'impertinente créature. Aussi mythologique soit-elle, elle restait inférieure aux dieux créateurs et régisseurs de toutes choses. Elle n'était que le résultat de la cupidité d'un mortel couplée au trop grand laxisme d'Odin et à une malédiction plutôt risible. Si personne n'avait jamais convoité l'anneau des Nibelungen, Fafnir n'existerait même pas. Oneiros avait pris le temps de se renseigner en revenant du royaume des glaces, et connaissait dans les grandes lignes les histoires des protecteurs des sept guerriers divins. Même s'il venait d'un autre panthéon, il lui restait théoriquement supérieur. Mais enfin, il décida de laisser cette histoire de lignée de côté, sinon les choses allaient s'envenimer et l'accord ne pourrait pas être conclus.

"Cela ne pourra être. Une barrière se lèvera entre nous s'il essaie, quitte à le blesser lui-même. Par exemple, un coup de poing porté à la vitesse de la lumière s'arrêterait invariablement, lui briserait les os du bras devant moi, et ce même si je suis inconscient. S'il essaie de révéler ce pacte ou mon nom d'hôte, ses lèvres bougeront mais sa gorge ne produira aucun son. Sur ce point je ne pourrais pas le faire davantage."

Le dénouement approchait. Oneiros sentait à travers ses questions que le dragon se résignait peu à peu, quitte à gagner seulement quelques minutes d'indépendance. L'ironie du sort songea le dieu des rêves : acoquiner un dragon et un loup devait être bien pénible, alors les soumettre tous les deux en même temps devait mettre à bas l'orgueil de Fafnir plus sûrement qu'aucune lame plantée dans sa chair ne l'aurait pu. Prenant un air vexé, mi-vrai mi-feint, le Marchand de sable répliqua en dernier recours :

"Bien que je sois plus diplomate que d'autres dieux, ma patience a également des limites. Non content de venir votre proposer une aide que personne en Enfers n'est actuellement en mesure de vous fournir, de me faire blesser et indirectement insulter par votre personne alors que vous êtes incapable de vous incarner correctement pour l'heure, vous vous permettez d'émettre des doutes que j'aurais facilement pu rejeter en bloc. Je ne souhaite pas détruire Asgard, et si j'y retourne dans ce but, cela sera uniquement par respect pour Hadès. Cet homme à terre avait pourtant prétendu me connaître, mais je vois qu'il n'en est rien, rien du tout. Asgard est-elle juste une terre pour vous ? Quelle ironie pour un peuple autrefois nomade. Ma parole d'honneur est mon unique garantie, et si vous ne prêtez pas plus d'importance à l'honneur d'un dieu qu'à celui d'une larve, je ne puis rien pour vous et me retire céans."
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Mer 2 Juil - 17:48

Le but de Fafnir n'était aucunement de vexer le Dieu des rêves. Évidement, il n'aurait pas été jusqu'à dire qu'il lui faisait confiance, cela aurait sans nul doute été trop demandé pour la créature née de la méfiance même. Cette vie n'avait plus cours depuis trop longtemps. Aujourd'hui, il était un protecteur, un artefact divin et plus encore. Peut être était il, parmi les sept, celui qui éprouvait le plus de reconnaissance envers le Père. Mais là n'était pas l'histoire. Non. La créature demeura silencieuse, accepta la sentence et l'impatience de son interlocuteur qui, il parvenait à le comprendre, commençait à s'agacer de ce qu'il nomma de l'impertinence. Ce n'était pas le cas, mais soit. Cet échange n'avait que trop duré. Son hésitation également.

~ Nous vous remercions pour ces précisions. Et nous nous excusons si nos paroles vous ont froissés, ce n'était pas notre but. ~

Commencer par des excuses lui semblaient le plus pertinent pour l'heure afin de limiter le mal qu'il avait fait. Peut être avait il exagéré. Ou peut être que non, mais en l'occurrence, c'était cet être qui avait le pouvoir de faire sortir le loup d'ici. Au moins ce dernier ne mourrait il pas immédiatement si il n'écoutait pas ses mises en gardes, car au final, c'était Fafnir qui accepterait le contrat, pas son futur porteur – car pour l'heure, l'accord n'était pas donné même si le lien commençait à se nouer malgré lui. Il ne parut pas important de nuancer les affirmations de la divinité sur certain point qui lui semblait pas primordial pour l'heure.

~ Et votre parole d'honneur nous conviendra. ~

Que dire de plus ? Il savait depuis le début, depuis lors qu'on lui avait signifié le besoin de survivre de ce loup, qu'il devrait l'accepter. Il aurait pu le sauver. Mais Il avait préféré cette alternative, c'était qu'il devait y avoir une raison à cela. Ses voix étaient impénétrable, même pour l'un de ses plus fidèles servant. Le Père ne lui avait il pas redonné la vie ?

La créature d'ombre observa de son regard vague, la dague qui avait été déposé devant le corps alanguit du guerrier avant de s'en désintéresser pour employer une méthode moins complexe au vu de sa forme intangible pour l'heure. Ce n'était qu'une question de temps, déjà, il parvenait davantage à consolider cette forme. Peut être est qu'Il l'aidait à cet instant à retrouver une partie de ses forces. Oneiros ne devait pas oublier que les Enfers n'étaient pas le lieu le plus propice pour faire étalage de puissance, au vu des limites apposées aux êtres ici bas.

L'animal ne manquait pas de blessure mais il se doutait que ce sang ne conviendrait pas aussi s'attacha t-il a rendre ces ombres muettes aussi tranchante que possible avant de faire couler le sang de la créature endormie. Un tressaillement vint parcourir la fourrure d'argent du loup sans pour autant qu'il ne s'éveille. C'était sans nul doute mieux ainsi. Ce sang avait une saveur unique, mélange absurde entre un être mythique et une humaine maudite. Cela, il l'ignorait en partie, mais Fafnir reconnaissait là un descendant d'une créature dévoreuse de vie. La raison pour laquelle Il s'acharnait à vouloir le garder en vie tenait sûrement de là – entre autre chose. Ne s'était il pas entouré des créatures les plus dangereuses de leur Panthéon afin d'assurer sa protection ? Ou peut être était ce pour les garder à l’œil en attendant le jour du Crépuscule...
Le liquide vitale du loup fut en parti absorbé par l'ombre qui vint déposer sur la stèle de marbre une marque de griffe qui ferait office de signature pour les deux liés. Cela devrait convenir, le sang et la formule étaient plus importante que cette marque.

~ En tant que Fafnir, le dragon invincible, nous acceptons ce contrat présent. Managarm Donah Nokomis ne pourra porter la main sur vous, ni dévoiler le présent contrat ou votre identité à un tiers, quel qu'en soit la raison à compter d'aujourd'hui et jusqu'à sa mort, et ce, en échange de son retour sur la Terre d'Asgard. Nous en serons les garants. ~

Puisque l'enfant du nord ne le pouvait guère dans son état.
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Dim 6 Juil - 10:24

Oneiros ne prononça plus un mot dès lors que le dragon fut disposé à sceller le pacte. Redevenu aussi immobile et silencieux qu'une statue, il l'observa dédaigner sa dague pour une méthode un peu moins orthodoxe mais tout aussi efficace. L'arme fondit alors pour devenir sable et se mêler à la terre de la cellule. Il entendit le nom véritable du loup comme un aveu qu'il se promit de graver à tout jamais dans sa mémoire. Puis, laissant le silence s'installer, il traça par magie un cercle autour d'eux, avec pour centre la stèle, et le changea en pentagramme par divers symboles liés entre eux, jusqu'à ce que le tout devienne un sceau aux écritures divines qu'aucun d'entre eux ne pourrait briser. Cela fait, il dénoua le bandage léger autour de sa main et appuya autour de la blessure infligée par le loup pour que quelques gouttes de sang bleu affluent et se répandent à leur tour sur la stèle.

"En tant que dieu des Rêves, des Cauchemars et des Oracles, moi, Oneiros, fils d'Hypnos, petit-fils de Nyx et aîné des Oneirii accepte ce contrat. Au nom de mon hôte Léonard Chevalier, je fais serment de rendre sa liberté au loup Managarm Donah Nokomis et de le renvoyer dans le monde des vivants, de ne jamais divulguer son nom véritable, et m'engage sur l'honneur à ne pas lui porter les coups que je ne pourrais recevoir de lui. Sur le sang et sur le nom, ce pacte nous lie jusqu'à la mort du premier de nos hôtes."

Ce sceau se mit à briller d'une lueur bleu violacée, distinctive du cosmos d'Oneiros, et celui-ci conclut le pacte en traçant quelques signes runiques sur la stèle en guise de signature. La pierre sembla comme marquée par un fer incandescent et laissa voir des lettres d'or. Elle se brisa alors en une multitude de morceaux de plus en plus petits jusqu'à disparaître, tandis que l'âme des deux hôtes était marquée à jamais. Le silence retomba un moment, puis le dieu se tourna vers l'ombre du dragon.

"Voilà qui est fait. Désirez-vous repartir maintenant ou attendre que votre protégé reprenne quelques forces ? Je puis même vous laisser vagabonder dans notre royaume un peu plus longtemps mais ne pourrai dans ce cas assurer votre protection."
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Jeu 10 Juil - 17:02

Fafnir demeura aussi droit et fier que lui permettait cette forme intangible qu'il était bien obligé d'accepter pour l'heure. C'était déjà en soi, une rareté parmi ses hôtes que d'avoir l'occasion de pouvoir faire face à un autre sans passer par l'humain. Peut être que par la suite, il apprécierait cette possibilité à sa juste valeur. Pour l'heure, ce n'était pas tout à fait le cas. Le dragon noir observait son interlocuteur, l'écoutait religieusement afin de graver dans son âme les mots du dieu déclamant ce pacte qui les lierait jusqu'à la mort de l'un de leurs hôtes. Il ressentit avec force la puissance se dégageant de ce contrat passé entre eux, invisible et pourtant, inébranlable. Un frisson fit frémir la toison d'argent du loup qui, des deux, étaient bien celui qui serait le plus ébranlé par ce contrat et ces clauses. Il le voulait sauf, même avec une telle épée de Damoclès au dessus de sa tête – de la leur, presque – et cela lui faisait accepter le reste. De plus, la divinité était honnête et sincère puisque fut rajouter la clause signifiant qu'il n'attaquerait pas non plus le loup du nord.

Une fois le processus terminé, la question de son interlocuteur coulait de source pour le dragon invincible. Il ne souhaitait s'attarder ici, il ne le pouvait par ailleurs et ce fils d'Asgard n'était pas à sa place ici non plus. Il lui fallait rejoindre sa patrie. Son domaine. Et le plus rapidement possible, aussi, la question ne se posait même pas. Fafnir observa un instant le guerrier qui reposait toujours au sol, visiblement dans un état pitoyable. Sa toison d'argent était maculée de vermeille et son esprit semblait peiner à retrouver la réalité... Son protégé...

~ Nous partons maintenant. Ici, il ne pourra pas reprendre ses forces aussi vite que dans notre patrie, avec notre soutien. Dès lors qu'il acceptera notre présence à ses côtés, nous pourrons davantage l'aider dans sa récupération. Ceci est en notre pouvoir. ~


Il devait attendre cela. Attendre que le lien unissant Epsilon au loup ne s'effrite pour réussir à prendre sa place et pour le soutenir. C'était là, le pouvoir des armures divines. A l'heure actuelle, quand bien même ce lien était présent, il n'était que trop faible pour qu'il ne puisse faire quoi que ce soit pour lui. La distance qui plus est, n'aidait nullement à le renforcer. En Enfer ça n'arrangeait rien, dans ce lieu de mort, la vie ne pouvait s'épanouir et reprendre ses droits.

~ Nous nous sommes sans doute trompé sur vous... Dans tous les cas, nous vous remercions pour ce que vous avez fait. ~

Après tout, même si un pacte avait été tissé entre eux, ce dernier n'avait nullement eu l'obligation de le faire. Le loup avait eu de la chance de tomber sur un tel spectre, et non pas sur un autre qui l'aurait tué sans réfléchir. Ce qu'il faisait ici d'ailleurs, restait un réel mystère, même pour lui. Encore une information qu'il devrait récupérer, il ne savait où, si ce dernier le savait lui même.

~ La prochaine fois que nous nous verrons, j'espère que ce sera dans des circonstances moins … particulière. ~

C'était la seule chose qu'il pouvait souhaiter. Bien sur, une part de lui n'attendait pas cette prochaine rencontre avec une folle impatience étant donné que Managarm n'avait aucunement conscience de ce dernier...Mieux valait attendre et espéré que ça n'arrive pas de si tôt.
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Prison de rêves   Dim 13 Juil - 9:47

Pour la première fois de l'entretien, Oneiros eut un léger sourire, un peu moqueur. Non pas qu'il se réjouissait d'une quelconque victoire sur Fafnir, bien que ce soit le cas, mais ses propos avaient tout à coup tourné aux compliments, à la docilité. S'en rendait-il compte ou avait-il parlé sans s'en apercevoir comme un partisan pour sauver sa fierté ? Peu importait au fond, mais cette créature avait une âme amusante.

"La prochaine fois, si je ne rencontre pas vos pairs avant, pourrait bien être celle d'une invasion en terre d'Asgard, suivant ce que le possesseur actuel de la puissance d'Hadès aura décidé. Ou alors un simple hasard au détour d'un pays de ce vaste monde."

Il laissa au dragon un moment pour qu'il se remette bien en tête que, si maintenant lui et le dieu des rêves étaient plus ou moins "alliés" par les termes du pacte, il n'en était rien pour le reste des guerriers du nord et ceux des enfers. Même s'il n'en avait pas envie, Oneiros serait forcé d'obéir à un moment ou l'autre à Minos, car celui-ci était le régent, et son éthique lui commandait de le servir... en temps voulu. Aux yeux du marchand de sable, le "jeune" juge n'avait pas encore fait ses preuves, pire, il envoyait ses hommes droit dans des embuscades. Il n'était pas encore prêt à ordonner à un dieu au nom d'un autre, mais ce moment viendrait sans doute, les Hommes étaient capables après tout du pire comme du meilleur, de petites comme d'immenses prouesses.

Tout à coup, on entendit des pas provenant d'un couloir adjacent. Le fils d'Hypnos tendit l'oreille, puis dessina des formes dans l'air en silence, qui se matérialisèrent sous forme d'une lumière bleu violacé sous le corps du loup évanoui. Un passage s'ouvrit à ce même endroit, pour le moment inaccessible et qui donnait à voir une sorte de néant d'énergie désordonnée. Fermant les yeux, le dieu recommença la même gestuelle sans que rien ne paraisse se produire, puis il murmura dans une langue que seuls les dieux connaissaient encore. L'énergie visible dans le cas prit forme peu à peu, révélant un paysage de neige, de vent et de roche, ainsi que d'arbres morts.


"Je vous envoie à Ivadoll. Au plaisir."

Il tendit la main paume ouverte vers le passage et, comme si un sol de verre venait soudain de se briser sans bruit, le loup tomba de l'autre côté, atterrissant sur un lit blanc et frais qui amortit le choc. Il jetait un dernier regard au-dessus de lui, il pouvait voir les lignes de magie refermer l'entrée, puis le processus se répéter en sens inverse, jusqu'à ce que tout ne soit plus qu'un souvenir. Managarm avait réintégré le monde des vivants.

"Seigneur Oneiros, où est le prisonnier ?!
-Je l'ai expédié dans l'autre monde."
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[Mai 1755] Prison de rêves

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