RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [1754] La mélodie du bourreau [PV Gilles]

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Lily


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MessageSujet: [1754] La mélodie du bourreau [PV Gilles]   Lun 7 Juil - 12:56

Unreleased Cheza's Song (Lunar Flower Lullaby) by Arisa Ogasawara on Grooveshark


~ Je suis la voix des morts... Et le châtiment des criminels.

Arabie - Année 1754

Une voix s’élève, douce et troublante. Une mélopée poignante. Elle chante la mort et l'espérance. Elle parle de silence et de joie. Des émotions indistinctes et pourtant étonnement précises se déverse doucement de sa gorge. Un frisson ébranle la silhouette menue de la délicate chanteuse abandonnée là, au milieu d'une pièce vide de vie. Le rouge macule sa robe immaculée mais elle n'en a que faire, son regard crépusculaire rivé sur ce petit corps qui repose sur ses genoux. Lentement, alors que sa mélodie murmurante s'étire dans l'infini, les doigts de la belle glisse dans la chevelure noire et soyeuse de la fillette qui repose contre elle. Elle ressemble à un petit ange endormi malgré sa peau halé. Une larme s'égare au coin de ses yeux, dévalant la courbe délicate de sa joue de porcelaine mais rien n'arrête sa triste contine. Un liquide écarlate et poisseux entache ses doigts graciles alors qu'elle continue ses douces caresses inutiles.

Depuis combien de temps chante-t-elle ainsi, pour accompagner les derniers instant d'une enfant déjà morte ?

Ses prunelles s'éteignent, langoureusement et sa voix vacille un instant avant de reprendre son requiem. Elle veut l'accompagner jusqu'au bout, cette petite fille. Lily ne la connaît pas très bien. Elle l'a aperçu quelques fois depuis son arrivée récente et doucement, la belle avait laissé la petite profiter de sa présence. Elle lui rappelait elle à sa propre arrivée. Amenée dans cette cage de luxure, l'enfant était condamnée à suivre ses pas. Pitié. Empathie. C'est ce qui aurait dû se passer. Mais elle n'était pas aussi précieuse qu'elle, elle n'avait pas son don, elle n'avait pas sa rareté.

Elle avait été déclaré inutile. Alors, la garder en vie ne servait à rien. C’était ce qu’il avait signifié sans le dire, avec sa voix détestable et ses paroles doucereuses.

Les prunelles de l’adolescence observent les trainés rougeoyantes qui maculent le sol de cette pièce qui d’habitude, sert à accueillir les clients du luxueux bordel, se désintéressant bien vite des corps qui gisent là, grotesque et silencieux. Ils ressemblent à des marionnettes souillées de vermeilles à qui l’on aurait grossièrement coupées les fils. Laids et pitoyable. Détestable. Ses doigts glissent encore dans cette chevelure si douce, si agréable, entachant la petite fille de ce liquide poisseux qui s’écoule de son frêle corps tiédie.

Elle les a tués. Cette pulsion avait secoué son corps tout entier, quand la demoiselle avait aperçu les deux bourreaux récupérer la fillette effrayée. Tout s’était passé si vite. Trop vite si bien qu’à présent, seule des images éparses demeurent dans son esprit. Nulle tristesse ne vint couvrir son cœur face à son crime, nul pitié, ni commisération non plus pour ceux qu’elle avait jugé coupable d’atrocité. Elle n’était pas la seule fille de joie ici – quel délicat mot, pour une si cruelle condition – mais à présent, elle est seule. Seule à survivre, car tous était condamnable ici. Ses paupières se ferment alors que danse dans son esprit des images de violences et de sangs. Leurs crimes. Leurs folies. Ce lieu, il n’était que ça. Voile délicat et doucereux posé sur un parterre de cadavres putrides.

C’était ça, qu’il désirait, cet homme. Lui qui avait réchappé à sa tuerie par un stratagème habile ne souhaitait, au final, que s'entourer de monstre à son image pour mener sa propre guerre démente.

Sur son front scintille un pentacle violacé, mais aveugle à sa propre image, la belle l'ignore. Alors elle continue de chanter. Elle attend. Attend celle qui est une partie d'elle même patientant dans les ombres de cette sinistre scène. Attend le révélateur. Celui qui, comme elle, condamne et applique la sentence des crimes commis.
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Aenor


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MessageSujet: Re: [1754] La mélodie du bourreau [PV Gilles]   Mar 8 Juil - 0:04



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






Dans le Lointain




Quelque part, une Dame m'appelait à l'aide.

Arpentant les routes, le Spectre du Bourreau, accompagné de son ami éternellement encapuchonné sous une lourde capuche rouge-sang, rêvait. Il rêvait d'alchimie, de grandes idéologies pour tromper sa peine, son esprit en proie au doute et au châtiment du Destin. Ses pas l'avaient mené aux confins du monde, et, il se l'avouait, Gilles se plaisait beaucoup à vivre au rythme des jours, inlassablement, il regardait le soleil se lever chaque jour, pour se coucher chaque soir. Rien de mélancolique passait dans ses yeux gris mais ternis par les derniers événements qu'il avait vécut. Un poids sur la conscience, il se trompait tout seul, le Bourreau aux Cents Visages.

Chaque nuit, quelque part dans le lointain, une Dame l'appelait.

Ce sentiment ne le quittait pas, ses sens à chaque fois à l’affût. Or, l'étoile de Perséphone ne parvenait pas à saisir toute la portée de cet appel. Au fond de lui, dans les tréfonds de son âme, il avait l'impression qu'une nouvelle mission supplantait la sienne, celle de marcher dans les pas du premier Alchimiste : Hermès Trismégiste. Ce fut ainsi, qu'au bout de quelques temps à voyager dans toute l'Europe, que son pied foula les terres de l'Arabie. Son soleil y était plus chaud, plus fort, plus présent que nul part ailleurs. Bien sûr, lui qui était l'un de Quatre, il pouvait ressentir pleinement l'énergie de la terre, le feu qu'il y régnait.

C'était là qu'avait fleurit les légendes autour de la table d'émeraude … ô comme l'ancien Maréchal de France trépignait à cette idée ! L'idée de pouvoir assembler plus de connaissance. Son œil glissa sur la silhouette de son ami. Gilles de Rais stoppa net ses pas. Un chant, retentissait, quelque part.

« Quelque part, dans le lointain, une Dame à besoin de moi. » se surprit-il a dire en dévoilant son visage à l'astre diurne. « J'arrive gente Dame, j'arrive. »

Une scène d'épouvante s'offrait aux regards des deux amis. Immobiles dans l'embrasure de la porte – si tenté on pouvait qualifier ce morceau d'étoffe ballotté par le vent, de porte – ils ne reculèrent pas pour autant. L'un d'eux repoussa le tissu d'une main sans se montrer hésitant à pénétrer dans ce domaine sanglant. Ses bottes foulèrent tout ce sang, ces bouts de chairs éparpillés. Parfois, il apercevait une tête, ou un autre membre qu'il reconnaissait non sans mal tant violente avait été l’exécution. L'homme qui s'approcha de la demoiselle portait un masque de nacre sur son faciès. Un masque aussi blanc que la neige et surmonté, au milieu de ce front froid et lisse, d'un unique point rouge. Personne ne comprenait l'allusion. Personne ne savait qui il était. Normal, il était un Bourreau, un homme sans identité.

Avec déférence l'inconnu se signa devant la jeune dame qui gardait tout contre son sein, un petit corps inanimé. Celui d'un enfant. Un pincement au cœur plus tard, et Gilles de Rais se redressa de toute sa hauteur dans ses beaux habits de velours pourpre.

« Je réponds à votre appel ma Dame, je suis là pour vous aider. Je suis votre obligé. Je suis le Spectre du Bourreau, l'étoile terrestre de l'exécution. Désignez-moi ceux qui doivent laver leur affront dans le sang. Et je m'exécute. »



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Lily


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MessageSujet: Re: [1754] La mélodie du bourreau [PV Gilles]   Ven 11 Juil - 21:45

Les paupières de la belle papillonnent un instant alors que la haute silhouette toute vêtue de pourpre se penche vers elle, bourreau écarlate. Son chant s'est tût et elle contemple silencieuse cet être apparu tel un fantôme ensanglanté au visage figé derrière un masque de porcelaine.

Spectre ?

Ce mot roule sur sa langue avec une familiarité étrange, éveillant dans son esprit une sensation oubliée. Sa voix est douce, gracile, tout à son image d'oiseau délicat. Elle le contemple, à peine surprise par cette apparition subite alors que son visage s'incline doucement sur le côté, sa chevelure rosée glissant sur son épaule tel un voile soyeux. Un instant de plus avant que ses prunelles crépusculaires ne se posent sur la silhouette menue qui repose contre elle.

Ils l'ont tués. Sa main glisse une nouvelle fois dans la chevelure de la fillette semblant endormie avec une lenteur empreinte de douceur. De compassion. Ils étaient tous coupables, alors je les ai tué.

C'est normal. Logique. Comme cet homme le disait si bien, ils avaient payé leurs affronts dans le sang. Comment cette délicate demoiselle était elle parvenue à accomplir un tel exploit ? Cela, même elle n'en a pas encore pleinement conscience, elle l'a fait, c'est tout ce qui compte. Des rémiges anthracites reposent ça et là, souillées d'écarlates à côté de ces corps désarticulés. La belle relève la tête vers celui qui avait parlé, jetant un coup d’œil à son compagnon avec une curiosité évanescente avant de revenir à l'homme au masque blanc. Une étrange demoiselle qui ne semble guère effrayée par les deux hommes. Pourquoi aurait elle peur ? Elle sent qu'ils ne lui feraient pas de mal, qu'ils étaient liés.

Il reste une personne à exécuter.


Oui. Il restait lui. Cet homme, celui qui l'avait accueillit ici, qui avait posé ses mains sur elle et l'avait arraché à sa famille. Ou plutôt que sa famille avait repoussé entre ses bras répugnants. Quelque chose s'était brisé tout à l'heure. Il avait fuit. Il avait comprit que quelque chose allait changer lorsque l'adolescente s'était relevée, auréolée d'une énergie macabre et destructrice. Vengeresse. Mais elle avait disparu à présent, loin, très loin, dans les profondeurs de sa conscience endormie.

Il doit payer ses nombreux crimes. Il a trop longtemps fuit sa sentence...


Est ce la colère qui anime un instant les prunelles de la jeune fleur ? Un éclat incertain danse dans ses iris vermeilles, aussi l'heure est venue. Depuis combien de temps attend elle ce moment ? Une étrange exaltation anime son âme, une impatience presque qui accélère les battements de son cœur. Elle ne comprend pas mais ne s'en inquiète pas, persuadée que la lumière se ferait lorsque le temps serait venu.

Lentement, la belle se relève dans un mouvement fluide, presque aérien. Ses jambes courbaturées protestent face à ce traitement, la faisant vaciller un instant si bien qu'elle aurai chuté si le bourreau ne lui avait pas prêté main forte. Elle lui offre un sourire reconnaissant avant de se pencher vers la fillette, ayant bien l'intention de sortir cette petite silhouette de cette sinistre pièce. Elle est innocente aussi n'a t-elle pas à demeurer auprès de tels criminels. Son corps est faible, ses bras trop minces peinent à porter cette charge aussi frêle est elle, aussi se détourne t-elle vers le bourreau.

Elle ne doit pas rester ici. Elle mérite mieux.


Cette petite et frêle âme mérite meilleur dernière demeure que cet amas de chairs et de cadavres. La demoiselle se redresse, pointe du doigt une autre porte - un autre tissu volage - qui mène à l'extérieur, dans une petite cour à l'abri d'un olivier séculaire. Elle s'avance dans son ombre, observant le soleil protéger de sa lumière ardente par les branches de l'arbre massif avant de se détourner afin de chercher de quoi creuser un trou dans lequel elle pourrait l'enterrer.

Elle mérite le meilleur. Après, elle partirait en chasse telle la divinité oubliée qu'elle est. Avec le bourreau. Ne se ressemblaient ils pas ?
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Aenor


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MessageSujet: Re: [1754] La mélodie du bourreau [PV Gilles]   Lun 14 Juil - 12:52



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






Un soutien infaillible




L'appel de cette Dame avait été fort dans le loinain. Le voici à présent face à elle, prêt à s'exécuter.

Son soutien serait infaillible, sans merci, il saurait mener à bien la mission qu'elle allait lui confier. Mais pour l'heure, le Bourreau serait une épaule sur laquelle cette fragile poupée, pourrait se reposer. Se préserver un tant soi peu. C'était son but, sa cause. Gilles de Rais avait encore un honneur, seule chose qu'il avait réussi à préserver en fin de compte. Et il s'y accrochait avec la force du désespoir. Pourvu qu'on ne lui retire pas ça. Sans quoi, à coup sûr, il sombrerait de nouveau dans la folie et le désespoir. Son cœur était fort, mais vacillant entre l'ombre et la lumière. Ses actes seraient incompris, son être tout entier serait rejeté. Seulement, cela n'avait pas une once d'importance à ses yeux, pas quand il revêtait le masque du Bourreau. Ainsi, il n'était … rien, un être dépourvu d'identité. Il n'était que le bras armé de la Justice des Trois, ou cette fois, de cette demoiselle en détresse qui l'avait appelé dans ses confins.

Protecteur, ses gestes ne connurent pas d'hésitations quand la jeune fille, en proie à un malaise, menaça de tomber. Il serait un soutien infaillible.

« S'ils étaient coupables de ce crime, alors oui, ils devaient être exécutés, ma mie. C'est dans l'ordre des choses, c'est notre devoir. »

Calme, assuré, Gilles de Rais n'en demeurait pas moins conscient de ses paroles. Sans un mot, il ouvrit la marche, solennel, une main sur le cœur tandis que la dame le suivait comme elle le pouvait, perdue. « Elle est comme moi, une ombre. » se surprit-il à penser en tournant à demi sa tête vers son compagnon de voyage, qui, tout aussi dissimulé que lui, n'avait pas dit mot. Jusqu'à ce qu'il finisse par approcher quand la dame alla déposer le corps frêle de l'enfant perdu à jamais.

« Gilles, s'il te plaît, ne te perds pas. »

La tête masquée de l'intéressé s'inclina légèrement. Il alla rejoindre les deux femmes pour s'agenouiller face au corps dénué de vie. À la manière des Hommes du Dieu Unique, il mima dans l'air le signe de croix avant de commencer à ouvrir le ventre de la terre. Sous cet olivier, elle reposerait. Sous cet olivier, elle pourrait renaître. Sous le regard de l'arbre solitaire, la petite serait veillée par lui, et toutes les étoiles du ciel. Ensemble. L'ancien Maréchal de France se redressa avec lenteur pour finalement tendre sa main vers la jeune fille.

« Quel est votre nom ? Et quel est le nom de celui qui doit mourir ? »

Soudain, un frisson affreux parcourut l'échine de son ami. Il avait ce mauvais pressentiment que Gilles n'allait pas faire qu'exécuter la sentence. Il allait faire bien pire que ça.



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Lily


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MessageSujet: Re: [1754] La mélodie du bourreau [PV Gilles]   Mer 16 Juil - 18:33

Elle observe silencieuse l'homme mettre en terre la fillette endormie, son regard crépusculaire happé par ce petit corps disparaissant dans les entrailles de la mère de toute chose. Les gestes du bourreau lui rappelle des souvenirs lointains, presque effacés de sa mémoire par les affres du temps destructeur. A cette époque, elle priait aussi cet être unique, sans vraiment y croire, sans volonté propre, petit mouton suivant son berger, craignant trop les coups de crocs du gardien canin pour s'éloigner de cette route toute tracée. Aujourd'hui... Elle n'y croit toujours pas. Du plus profond de son âme, elle sait que cet être unique n'existe pas mais étrangement, le geste de son vis à vis l'apaise. La belle contemple ce dernier et sa main tendue. Sur son visage se lit une curieuse expression teinté de chagrin et de cette curiosité innocente qui anime tout son corps. Une enfant dans un corps de jeune femme. Un sourire pourtant vint doucement étirer ses lèvres et s'est sans guère d'hésitation qu'elle offre sa main à l'homme qui vient la redresser.

Je m'appelle Lily.


Juste Lily. Son nom n'existe plus depuis longtemps. L'a t-elle oubliée ? Les choses sans importance ne sont pas nécessaire dans ce monde, tout comme dans son esprit.

Et vous, vous êtes Gilles, c'est ça ?


L'autre l'a ainsi nommé, d'ailleurs, la demoiselle à la chevelure rosée se détourne sur ce dernier, la mine interrogative. Curieuse.

Et vous ?

La jeune femme abandonne là son gardien, retournant dans la demeure sans même éprouver le moindre dégoût face au macabre spectacle. Elle doit récupérer quelque chose. Plusieurs même. Du sang macule sa robe mais de cela, elle n'en a que faire, nettoyant seulement ses mains graciles de la teinte vermeille qui s'échappe dans un filet évanescent. Une étole carmine vient s'enrouler autour de son cou, précieuse à son cœur, puis elle change de lieu pour s'attarder dans une pièce plus spacieuse, plus agréable. L'odeur d'encens et une autre plus forte vient lui faire plisser le nez. Elle déteste cette fragrance presque agressive qui semble toujours l'attaquer, la mettant mal à l'aise, embrumant presque sa conscience. Après une fouille hasardeuse, Lily sort victorieuse de la pièce, un carnet de cuir relié entre ses mains délicates. Rejoignant les deux hommes avec sa trouvaille, la belle l'expose à leurs regards avec un rien d'exaltation.

Est ce que vous savez lire cette langue ?
Demande t-elle en pointant du doigt l'écriture fine qui s'étale sur les pages. Elle n'a jamais apprit à lire, tout du moins, elle sait lire un peu l'arabe, le parle parfaitement – avec une autre langue qui doit être de l'anglais – mais elle ne connaît pas cette langue là. C'est un carnet qu'il utilise souvent... Je ne sais pas vraiment ce qu'il a écrit dedans par contre, je reconnais juste certain nom... La belle plisse ses paupières, en proie à une intense réflexion avant que son regard ne se tourne vers le masque lisse du bourreau.

Ici, on l’appelait Simbad. Mais ce n'est pas son seul nom. Je l'ai connu sous le nom de Jean, l'immortel... Afrit...

La première fois, il s’appelait Jean. La demoiselle laisse ses prunelles se perdre sur les arabesques avant qu'elle ne confit l'objet au spectre.

Il sait beaucoup de chose. Il a commis beaucoup de crime, son âme est maculée de sang, je le sens à chaque fois mais quelque chose m'a toujours empêché d'agir en sa présence.


Magie. Était ce cela, comme le signifiait certaines rumeurs ? Son cœur se serre alors que danse devant ses prunelles crépusculaires des souvenirs lointains, douloureux. Lorsqu'il l'avait récupéré ce jour là, lorsqu'elle s'était enfuit de cette prison... Ses doigts viennent effleurer son crâne. Seul la douleur marque encore son âme, mais les images elles, ont comme disparue. Prisonnière, elle avait du se résigner une fois de plus à subir. L'oubli avait enveloppé sa conscience mais son corps lui, se souvenait de cette morsure.

C'est comme si il endormait une partie de moi
, songe la demoiselle à voix haute, visiblement surprise par sa propre déduction pourtant parfaitement logique. Cette sensation. La partie qui ressent tout ça.
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Aenor


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MessageSujet: Re: [1754] La mélodie du bourreau [PV Gilles]   Dim 20 Juil - 17:05



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






Petite fleur de Lys




Lily, comme la fleur de Lys. Lily, Lilium. Ce nom, échos douloureux pour le Spectre du Bourreau, lui évoquait sa précieuse Jeanne, celle qui avait la pureté et la délicatesse de cette plante aux notes capiteuses. Belle, vivante, non, flétrie et morte depuis des centaines d'années. Les années ne parviendraient pas à effacer ces souvenirs. Les larmes qu'il avait versé pour elle étaient taries désormais, il l'espérait. Seulement, Gilles était forcé de constater qu'elle existait toujours dans son cœur, qu'elle ne partirait jamais de ses pensées, qu'il ne guérirait jamais tout à fait. Il l'avait perdu il y a de cela tant d'années, il aurait put la sauver, il aurait put mais, il était arrivé trop tard. On ne l'y reprendrait plus, plus maintenant qu'il possédait un tel pouvoir, un Surplis, une nouvelle chance d'outrepasser la Mort.

Le Bourreau hocha d'une manière presque imperceptible, sa tête masquée, figée pour l'éternité dans une expression neutre, impartiale. Bourreau et Juge à la fois. Pourtant, naît sous celui-ci, un petit sourire ironique quand la jeune fille se tourna vers son ami pour lui demander son identité. Lui, plus que quiconque, n'en avait plus. Ou refusait ostensiblement de révéler qui il était en réalité.

« Je ne suis qu'une ombre belle enfant. Un ami de votre gardien Gilles de Rais. Mais si vous voulez me nommer, nommez-moi N.F. Ces deux petites lettres suffiront. Répétez les trois fois, et j’apparaîtrais. »

Gilles lui adressa un regard aigu, mais amusé sous l'ombre de sa protection : lui seul devinait avec une facilité déconcertante, les émotions que pouvaient bien ressentir l'ancien Maréchal de France. D'ailleurs, les deux alchimistes profitèrent de l'absence momentanée de la jeune femme-enfant pour se parler en toute franchise, comme ils l'avaient toujours fait. Un lien particulier les unissait, au delà de toute raison. Un lien matérialisé par le Livre de Sang.

« Es-tu sûr que c'est une bonne idée de demeurer ici ? En sa présence, tu … tu redeviens ce que tu était autrefois. » Gilles leva une main impérieuse pour l'interrompre. « Quelque chose fait son office, je le sens, elle éveille en moi le Bourreau, cette nécessité que j'ai d'exécuter les sentences. En acceptant de devenir un Spectre, j'ai accepté aussi d'assouvir les desseins des Autres. Crois-tu que cela me plaît ? »

N.F ne se rembrunit pas davantage, il savait qu'il avait raison, que ces paroles étaient lourdes de sens. Baissant à demie sa tête, il signifiait par là qu'il avait parfaitement comprit. Une nécessité, un besoin, un rôle à jouer. Tout ceci avait plus qu'un sens, c'était la raison d'être de Gilles de Rais, Spectre du Bourreau, placé sous l'étoile terrestre de l'exécution.

« Oh, vous revoici enfin, nous nous inquiétions mon ami et moi. » avisant de l'ouvrage, la tête du Bourreau s'incline sur le côté tandis que l'une de ses mains se place sous son menton, pensivement. « J'ai combattu les Anglais, mais ça, ça remonte à une époque très lointaine. J'arrive effectivement à lire des noms … ne serait-ce pas, une sorte de registre ? Cela y ressemble. - il tourna les pages avant de lever un index en l'air – Non, non, plutôt un journal de bord. Je vous apprendrais gente demoiselle à déchiffrer ces lignes. »

D'un coup, le Spectre se figea, revenant des années et des années en arrière, Jean. Ses mains se crispèrent sur la tranche du livre qu'il finit par remettre doucement à Lily. Jean. Un nom qui n'avait rien d'une fleur de Lys, mais plutôt d'un vil charognard. Son corps tout entier vibrait de frustration et d'une rage mal-contenue. Il écoute, attentif, les propos de sa protégée avant de siffler entre ses dents.

« Nous allons le trouver, et je vous libérerais de son joug. »

Elle pourra alors renaître, pour devenir ce qu'elle devait être.Petite fleur de Lys.



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Lily


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MessageSujet: Re: [1754] La mélodie du bourreau [PV Gilles]   Mar 5 Aoû - 16:05

N.F. Bien sur, elle se doute bien que le compagnon du seigneur Gilles ne désir nullement révéler son identité. Mais qu'importe ? Elle se contentera de ces initiales, c'est bien suffisant pour pouvoir l’appeler, quoi qu'un peu étrange peut être. L'ouvrage entre ses doigts, la belle demeure un instant de plus à en contempler les lignes muettes. Que peuvent elles bien dire de plus ? Lily n'est pas idiote, elle n'en demeure pas moins une demoiselle peu instruise de par son statut actuel, vivant sous le joug d'un autre. La connaissance est une épée qu'elle ne peut tirer au clair. La libérer. La mort rampe dans chacun de ses pas, elle la sent, son odeur étreint sa silhouette délicate et gracile, son ombre marque sa chair, tout comme ce sang rougissant la terre qu'elle foule de ses pieds. Libéré. Elle attend cela depuis tellement longtemps et pour la première fois, elle en sent le spectre. Cette fois, elle serait libérée.

Vous semblez en colère, Gilles. Il ne faut pas. La colère est mauvaise conseillère.

Ses doigts glissent sur son écharpe écarlate qu'elle utilise afin de couvrir sa chevelure rosée. Ici, dans ce pays, les femmes n'ont pas le droit de montrer leur visage, ni leur corps. Elles sont prisonnières d'idées et de préceptes que la petite fleur ne comprend pas, mais qu'elle a déjà subit. Avec son apparence, son geste est bien dérisoire, sa peau de pèche n'étant guère couverte que par une robe légère qui laisse dévoiler son corps à la lumière de l'astre diurne. Son chaperon vermeil sur la tête, la belle se détourne d'un pas gracile vers son gardien. Elle ressemble à une enfant avec son sourire étonnement éclatant, pour une demoiselle qui, peu de temps auparavant, pleurait et chantait la mort d'une âme innocente. Peut être la folie marque t-elle son âme à elle aussi. Ou bien est ce autre chose.

Merci Gilles.


Juste pour être là. Pour l'accompagner, la guider quand bien même c'est elle qui ouvrira la marche. Pour les promesses qu'il lui fait. Pour l'avenir qu'elle entrevoit pour la première fois depuis longtemps. La dernière fois, c'était avec lui. La dernière fois... Son regard retombe sur la carnet qu'elle tient dans ses mains, une fois de plus. Comment retrouver cet homme ? Lily n'en a aucune idée à vrai dire, si ce n'est remonter sa trace en demandant aux badauds qui croisent leur route. Voilà une longue et ennuyeuse quête qui commencerait !

Hum... J'ai entendu des gens parler de chien qui pisterait l'odeur des hommes... Ce serait pratique d'en avoir un.

Elle sourit un instant, amusée par sa pensée révélée à voix haute. Son doigt vient rejoindre ses lèvres alors qu'elle songe à cette idée.

Peut être que je peux le pister, moi aussi.


Forte de cette idée, la belle s'échappe de la demeure pour se faire frapper par les rayons ardents du soleil africain. La lourdeur de l'atmosphère l'agresse, lui faisant presque regretter la fraîcheur des murs de pierre mais pas son odeur. Ses doigts glissent sur la couverture de cuir avant de laisser un murmure s'échapper de ses lèvres. Jusqu'à aujourd'hui, c'est toujours sa voix qui l'a guidé. Jusque là, elle semble eveiller en elle, un instinct qu'elle ne pensait pas posséder. A chaque fois, sa voix lui permet d'attirer des gens, des êtres qui la répugnent.

Toujours cette même image. Toujours cette même teinte.

Un éclat violine l'auréole, faible mais présent, visible pour les seuls éveillés à la puissance cosmique. Alors elle s'avance, aveugle à se phénomène et aux êtres qu'elle croiserait, elle suit la voix des Morts qui lui indique un chemin à suivre.
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MessageSujet: Re: [1754] La mélodie du bourreau [PV Gilles]   Dim 10 Aoû - 17:44



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






Laissez votre cœur vous guider



Le petit chaperon rouge. Ce constat qu'il fit, ce rapprochement, fit sourire légèrement le Spectre du Bourreau. Il se moque de lui-même, de cette pensée aussi dérisoire qu'elle est futile sur l'instant. Mais la fragilité apparente de sa protégée, son innocence face à son Destin trop cruel lui fait songer à ce conte. Une histoire pour éduquer les enfants et amuser les adultes de son caractère parfois obscène. Gilles aimait bien Perrault pour cette … subtilité qu'il arrivait à mettre en place dans ses œuvres. Peut-être serait-ce une bonne étude pour la demoiselle qui désirait apprendre la lecture auprès de lui. Jamais encore Gilles n'avait songé à être un précepteur, un mentor, mais en y réfléchissant bien, dans sa longue vie, il avait été souvent amené à guider les autres, à leur apprendre.

La mise en garde de la jeune femme le rappela à l'ordre. Circonspect, le Spectre l'observa un moment, surprenant un geste peut-être familier qu'elle semble avoir l'habitude de faire avec cette écharpe carmine. Il osa lui demander, du bout des lèvres :

« Vous semblez tenir à ce châle ma Dame, un présent que l'on vous fit ? Votre mère ? Peut-être ? » il comprends trop tard sa bravade : sous son masque, une moue désapprobatrice se dessina. Il s'en veut déjà d'avoir été trop bavard. « Pardonnez-moi cette question ma Mie, je suis trop indélicat. »

S'il se renfrogne, le Seigneur de Rais n'en montra rien dans son attitude. Même s'il semblait plus austère, l'homme se montrait toujours prévenant. Alors, quand Lily le remercia, lui, fut totalement décontenancé. Ces simples mots avaient le don de toucher son cœur : autrefois une dame toute aussi douce et fragile qu'elle, lui avait dit merci. Merci d'être simplement là, présent à ces côtés. Peut-être était-ce son Destin en fin de compte : aider, et exécuter la sentence d'autrui, ce qui lui paraissait être une injustice. Le Bourreau, son armure, ne lui avait jamais parut aussi légère qu'à cet instant. Il se sentait entier en agissant de la sorte. En ayant répondu à cet appel dans le lointain, il avait suivit son cœur et ce qu'il était, au fond.

Lui-même.

« Ne me remerciez pas gente Dame, c'est mon devoir en tant que chevalier. » et en tout bon chevalier, son devoir était de protéger les autres, ceux qui avaient besoin de son aide. « Je pense que vous êtes tout à fait capable d'un tel prodigue Dame Lily, laissez tout simplement votre instinct vous guider. C'est ce que j'ai fais moi aussi pour vous trouver. Laissez votre cœur vous guider. »

Au dehors, la chaleur était accablante, mais n'avait que peu d'emprise sur celui qui préférait être nommé N.F. En revanche Gilles lui en était affecté d'une certaine manière. Quelque chose dans l'air était pour lui déplaisant : contre nature. Songeur, l'ancien Maréchal de France arrêta son pas pour regarder le cosmos de la jeune fille à la chevelure rosée entrer en action. Un fin sourire ourla ses lèvres et le gardien du Printemps croisa les bras, son ami l'imitant.

« Fermez les yeux Dame Lily, ressentez-vous cet appel dans le lointain ? Il semble que votre tortionnaire n'est pas loin ... »



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Lily


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MessageSujet: Re: [1754] La mélodie du bourreau [PV Gilles]   Mer 20 Aoû - 15:55

Ce châle. Il parle sans nul doute de cette écharpe carmine que la belle à placée sur sa tête pour en dissimuler vaguement la couleur. Le rouge et le rose se marient étrangement bien, songe-t-elle un instant avant qu'elle ne s'étonne des excuses du bourreau qui l'accompagne. Elle qui est d'une nature particulièrement franche, ne comprend pas véritablement le problème qu'il soulève et cette indiscrétion dont il fait preuve. Évidement, elle connaît ce mot et ses répercussions et on lui a toujours dit qu'elle devait l'être pourtant...Il lui arrivait souvent de commettre des bourdes à ce sujet, sans vraiment s'y arrêter. Soit on lui répondait et tout allait pour le mieux, soit on ne lui répondait pas et elle n'insistait pas, point final.

Je n'ai rien qui appartient à ma génitrice, elle m'a abandonné sans regret entre les mains de cet homme alors pourquoi je posséderais quelque chose d'elle ?


Sa voix est égale. Nulle trace d'affliction ou de colère, juste un constat simple qui ne l'affecte pas. Lily a eut tous le temps pour se défaire de l'incompréhension et de la colère, de la douleur et de la souffrance causés par l'abandon en les enfermant dans une petite cage solide et inaccessible dont elle avait jeté la clé. Ressasser le passée n'est pas son genre. Un sourire pourtant vient illuminer ses traits quant elle se détourne sur Gilles pour lui répondre, sans gêne aucune, seulement avec cette innocence presque touchante, étrange.

Mais oui, cette écharpe est précieuse. C'est un chevalier qui me l'a donné, dit elle dans un éclat de rire. Enjouée, elle continue : Je croyais que ça n'existait que dans les contes, les hommes qui viennent aider les faibles, mais ça existe aussi en vrai, c'est lui qui me l'a fait comprendre. Il m'a donné ce châle en même temps qu'une lueur d'espoir. C'est la seule chose que je possède vraiment, alors il est très précieux à mes yeux.

Son corps, son âme, tous le reste ne lui appartenait pas après tout. Peut être que les choses changerons aujourd'hui ? Aujourd'hui, elle serait libérée et alors... Elle le chercherait, ce chevalier au regard doré.

Et avec vous, ça fait deux chevaliers. Je suis chanceuse.


Le pense t-elle vraiment ? Qui peut bien le dire, après tout, elle demeure une jeune femme mystérieuse, insaisissable. Plus elle parle et plus il est difficile de comprendre les rouages de son esprit. Peut être est elle folle finalement.

Fermer les yeux...


Elle obéit sans vraiment se poser plus de question. Par expérience, la demoiselle sait bien que le regard peut être une gêne, elle même avait l'habitude de fermer les yeux pour se concentrer sur sa voix quand elle chantait. Percevoir. Sentir. La chaleur du soleil. Le regard des autres. Le chuchotement du vent. Une odeur agressive. Une présence venimeuse. Un fil tordu. Ses prunelles crépusculaires s'illuminent, sa silhouette se remettant en branle, elle s'avance à vive allure, comme si elle craignait de perdre ce chemin, ce fil d'Ariane qui l’entraîne dans les ruelles de cette ville. Elle sent les regards outrés sur elle de certain passant, se posant sur la catin sans honneur qui cours entre eux. Elle les ignore. Elle n'en a pas conscience. Finalement, bien obligée de ralentir la faute à un corps peu endurant, la demoiselle se retrouve devant un établissement inconnu. Le souffle court, elle observe ce dernier avant qu'un homme ne la pousse sans ménagement du chemin, la faisant choir sur le sol sablonneux.

Une femme n'a rien à faire là.

Elle lui rend un regard surpris alors que ce dernier la détaille avec dégoût. Cette expression, loin de la gêner, l'intrigue presque. D'autres émotions se disputent sur son visage alors qu'il se penche finalement sur elle, l'attrapant par le bras d'une poigne de fer. Il écarte d'un geste l'écharpe écarlate enroulée autour de son cou. Le vide s'insinue sur le visage de la belle, dangereux.

Ne me touche pas.


Un éclat violine l'auréole. Des plumes sombres comme la nuit se matérialisent dans un chuchotement angoissant avant de fondre sur la chair offerte, se repaissant du sang du criminel. La poigne s'efface, les cris se meurent et la demoiselle observe le cadavre à ses pieds sans émotion. Pas d'extase. Pas de dégoût. Son regard retombe sur l'entrée de l'établissement dissimulé dans l'ombre, sinueux et tordu, dans lequel elle perçoit sa présence. Si proche et si oppressante, elle sent presque son regard sur elle, et le froid s'insinue sur sa peau. Ses doigts viennent récupérer son écharpe carmine avec un rien de maniaquerie, s’emmitouflant dans le tissu dans l'espoir que sa chaleur n'efface la glace qui gèle ses entrailles.

Il est là, je sens sa présence. Son regard,
souffle-t-elle d'une voix presque tremblante.

Elle se sent comme dépossédée.
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MessageSujet: Re: [1754] La mélodie du bourreau [PV Gilles]   Lun 22 Sep - 23:07



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






Un mot



La jeune femme ne possédait rien de sa mère, et, probablement rien de son enfance. L'abandon était quelque chose que Gilles ne cautionnait pas. Pire, cela faisait naître en lui, un sentiment de haine à la limite d'une rage qui pourrait l'égarer. Comment arriver à de telles extrémités ? Le malheur, la pauvreté, selon lui, n'avaient jamais été des excuses. L'amour pour sa progéniture devait être plus fort que ça. Que tout. Lui qui n'avait jamais connu sa mère … Ou si peu. Morte en couche en donnant naissance à son petit frère. S'il en avait voulut à ce petit être gigotant dans les bras de son père, il éprouva très vite pour lui une vive affection. Et lui même ressemblait tellement à Marie de Craon. Lui ne possédait rien d'elle, si ce n'est la couleur de ses yeux. Gris. Son caractère, doux, conciliant. On disait d'elle qu'elle était une femme remarquable et droite en toute circonstance. Son ombre planait sur lui, mais ne l'étouffait pas comme les autres. Égaré un temps, le Seigneur de Rais regardait Lily se perdre elle aussi dans ses souvenirs. À quoi pouvait-elle bien songer ?

Oui, pourquoi posséderait-elle quelque chose de cette femme qui avait eu l'outrecuidance de l'abandonner aux mains d'un monstre ?

Des réponses lui furent apportées : il s'agissait d'un chevalier. Un chevalier … un homme possédant une armure, au moins, et assez de droiture pour lui venir en aide. Il n'ose la questionner plus avant de peur de se montrer trop curieux. Son éclat de rire le surprends : mais oui, ils n'existaient que dans les contes de fées … de cela aussi, il n'avait pas le cœur de le lui dire. Seulement, il était forcé de constater que cette intervention l'avait grandement aidé par le passé. Ce « chevalier » là lui avait offert l'espoir. L'espoir de se battre.

« Mais pourquoi ne pas avoir fuit avec lui, douce dame ? » fit-il, ne pouvant s'empêcher de poser cette question ci. « Deux dites-vous … oh non, hélas, je n'ai plus rien d'un preux chevalier. »

Leur marche sous ce soleil de plomb reprit. En silence les deux hommes encapuchonnés suivirent de près la demoiselle au châle écarlate qui semblait mue d'une force nouvelle. Guidée par ses sens, il ne faisait aucuns doutes que cette petite fleur soit dotée d'un grand pouvoir cosmique qu'on avait jusque là trop bridé. Gilles ressentait en cet instant une bouffée de fierté : il se pourrait que finalement, il soit un héros, pas si mauvais au fond. Cette pensée le ragaillardie de plus belle. Puis, ils courent. S'élancent dans les ruelles. Eux ne font que la suivre, toujours en silence, sur ses talons, comme deux ombres … deux gardiens. Le Maréchal de France remarquait les regards que l'on posaient sur elle, non sur eux car ils ne pouvaient les voir évoluer … et ses poings se resserrèrent. Il n'aimait pas ce pays, ni leur manière de traiter les femmes.

Alors, quand un homme poussa la belle sans ménagement, le Bourreau fit apparaître son épée qu'il prit fermement entre ses mains, prêt à sévir. Nicolas de Flamel l'arrêta d'une main sur son épaule.

« Elle n'a pas besoin de ton aide. » déclara t-il dans un murmure en regardant la silhouette de Lily changer. Son cosmos se manifester. Une expression stupéfaite para le visage masqué de Gilles. Il planta la lame dans le sable d'or. « N'ayez pas peur, Lily. »

Il brisa la distance qui pouvait bien exister encore entre eux et alla se planter en face d'elle. Sa taille immense l'obligea à s'agenouiller. Son masque blanc et lisse brilla d'un éclat irréel, captivant. Chaleureux. Elle pourrait deviner un sourire encourageant sous ce dernier. Ses mains gantées se posèrent sur ses épaules.

« Vous devez briser vos chaînes. Vous le devez. Mais vous n'êtes pas seule. Je suis à vos côtés, vous n'avez qu'un mot à dire et je m'exécuterais. Je suis le Bourreau, ordonnez et je ferais rouler sa tête sur le sol. »


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Lily


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MessageSujet: Re: [1754] La mélodie du bourreau [PV Gilles]   Sam 18 Oct - 18:21

Pourquoi ne pas être parti avec lui ? Pourquoi ne pas être resté auprès de lui... ? Cette question, elle a bien du mal à y répondre. Cette question, elle lui fait mal car au fond, c'est ce qu'elle aurait voulu, probablement, pourtant... La belle contemple le bâtiment dans lequel elle doit s'engager, dans lequel elle sent sa présence pénétrer sa chair, annihiler son esprit. Elle se sent presque étouffer, presque s'effacer, dépossédée d'une part de son essence, de son désir ardent de vivre loin de cet être qui l'a méprise, l'utilise. Si elle avait été assez forte. Si elle avait compris. Si... Son regard crépusculaire se porte sur le visage masqué de son gardien, du bourreau qui le prête sa force et sa présence. Elle n'est pas seul. Elle n'est plus seul aujourd'hui et cette certitude étiole l'étau qui sévit dans son âme, qui ébranle son cœur. Alors, elle offre à l'homme un sourire, un autre, un peu moins rayonnant mais bel et bien présent, presque rassurant. Elle veut être forte. Elle veut être libre. Et pour cela, elle doit agir, elle. Juste elle. Merci. Vous avez raison, je dois le faire. Ne pas avoir peur de lui et de son aura, ne pas avoir peur de ce qu'elle sent là, si proche, caressant sa peau, étreignant son corps. Elle inspire profondément. C'est à cause de lui. Si je n'ai pas pu partir. J'ai toujours été sa prisonnière, j'ai toujours été sa propriété alors je n'avais pas le droit de m'échapper. Je n'étais pas assez forte. Et même si lui l'était, il m'avait déjà sauvé... Ses doigts glissent sur l'écharpe carmine avec un rien de tristesse et c'est probablement la première fois qu'elle montre un tel visage au bourreau et à son accompagnateur. Jara... Mais à présent, elle ne peut plus reculer, elle ne le veut pas non plus alors elle s'avance en offrant un sourire déterminé à son gardien. Je vais y arriver, avec vous, c'est possible. Vous êtes comme un chevalier, vous aussi, même si vous n'y croyez pas.

Elle est rassurée et assurée. Sans s'en préoccuper davantage, la belle enjambe celui qu'elle venait à peine de tuer – celui qu'elle avait tué sans le vouloir, sans vraiment le comprendre. Quelque chose la protégeait. C'était comme plus tôt, quand ceux autour d'elle était tombée sans qu'elle n'en comprenne la raison. Ils étaient mort, terrassé par cette créature qui hantait son ombre, rassurante et liée. Sa main tremble mais elle entre dans l'établissement et frémit en contemplant tout ces êtres, certain tournent la tête vers elle – eux – d'autres l'ignorent, demeurant dans leur monde. C'est un bar, probablement, la demoiselle n'en a jamais visité. Il n'est pas là. Elle ne le voit pas. Et alors, sa voix s'élève. Douce, éthérée, elle se laisse entraîner par la mélodie qu'elle chantonne et qui perturbe les sens des mortels présent. Elle sent courir sur sa peau ce pouvoir invisible qui, à cet instant, prend la forme d'une aura douce violine. Une mélopée triste. Une chanson sinistre. Elle chante et les êtres autour se fige, paralysés. Il n'est pas là, susurre t-elle en contemplant tout ces êtres. Certain parviennent à bouger malgré le sort apposé sur eux par la voix de la demoiselle. Ils sont coupables. Ceux qui sont figés sont coupables. Sa voix a quelque chose d'étrange, elle n'est pas aussi amusée ni même aussi guillerette qu'elle ne l'est de coutume mais se fait plus grave en déclamant ces quelques mots. Elle le sait, c'est important. Ce sont des criminels. Des assassins. Son regard crépusculaire se tourne vers les escaliers qui montent probablement vers des chambres aménagés. C'est là qu'elle doit aller, on l'y pousse.

Qu'est ce qui se passe ? Vous êtes qui vous ? L'homme se redresse, accompagné d'autres qui ne sont pas prisonnier de ses mots, de sa mélopée. Elle cesse son fredonnement pour se tourner vers eux qui semble près à en découdre. Si vous nous attaquez, nous serrons vos bourreaux. Elle ne dit rien de plus et se laisse guider par son instinct, par cette présence, ce regard qui l'ébranle et la fait trembler. Elle a peur pourtant, elle avance et plus elle avance, plus les entraves pesant sur son âme semble se déliter. C'est étrange. J'ai l'impression d'être plus légère... Elle fredonne encore un peu cette mélopée étrange qui berce les âmes et lui donne plus de courage, plus de force à mesure qu'elle monte les marches. Elle a cruellement besoin de force et craint de ne pas y parvenir sans cette aide salutaire.

Elle tremble mais elle s'avance encore. Les chaines disparaissent mais la peur est là, au creux de son ventre, embrumant son esprit. Elle doit le faire. Elle doit lutter. Elle doit l'affronter. Gilles... Elle inspire et la présence du spectre l'aide. Elle s'avance et ouvre cette porte devant laquelle elle s'était arrêté. Il est là. Il est là, lui hurle son esprit qui s'aliène. Elle tombe à genoux sur le sol auréolé de pentacle qui l'entrave et brille d'une lueur malsaine. Et lui, il est là, assit sur son fauteuil en observant le spectacle qui se déroule sous ses yeux. Cette pitoyable enfant qui se tord de douleur sans parvenir à hurler sa souffrance. Son âme hurle. Son corps tremble.

Et lui, il la regarde en souriant.

Tu pensais vraiment pouvoir faire quelque chose contre moi, faible femme ? Tu es vraiment pitoyable. Je ne suis pas aussi faible qu'eux. Ton pouvoir ne peut rien contre moi. Il s'avance et sa silhouette lui paraît si gigantesque, si écrasante pourtant, elle essaye de lutter. Pourtant, elle redresse la tête pour observer son visage semblant si jeune et pourtant, ne parvenant à dissimuler à son regard la laideur de son âme, de son être. Elle le connaît depuis des années. Il est son geôlier, son propriétaire, son maître et elle, petit oiseau en cage, n'est guère rien de plus que son jouet. Elle le connaît. Pourtant, elle n'est peut être pas la seule à le connaître, cet homme...Une vieille. Très vieille connaissance...
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[1754] La mélodie du bourreau [PV Gilles]

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