RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Mai 1755] Mélopée oubliée

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Lily


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MessageSujet: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Jeu 10 Juil - 10:33


Depuis combien de temps n'était elle pas revenu dans cette majestueuse cathédrale d'ombre et de lumière ? Un sourire s'attarda sur ses lèvres alors que la demoiselle s’avançait dans la semi-pénombre qui entravait la bâtisse, sans peur aucune. Qu'aurait elle put craindre après tout ? Ici, c'était leur domaine. Ses doigts glissèrent sur les bancs qui faisaient face à l'autel derrière lequel le prêtre devait faire ses sermons. Dans une vie lointaine et à présent inaccessible, la belle avait bien été contrainte de s'asseoir sur des bancs de bois et d'écouter religieusement les paroles d'un homme croyant en une instance supérieur qui n'existait pas. Ce Dieu n'existait pas. Pas plus que celui qui était sensé protégé les mosquées dans ce pays dans lequel elle avait vécu un nombre certain d'années. Comme une insulte même envers ces dieux inexistants, Hadès regroupait ses troupes dans ce lieu symbole de la toute puissance de cet être sensé être tout puissant dans le cœur de nombreux fidèle. Une douce ironie. Ses pieds glissèrent sur le sol sans un bruit, telle une danseuse habile, elle s'avança jusqu'à l'autel qu'elle contempla d'un œil distrait. Elle se souvenait de son premier pas ici, de cette impression de force et de majesté qui se dégageait des lieux mais également de cette part d'ombre inhérente à la divinité des Enfers. Ici, son aura était omniprésente.

D'un geste habitué, la belle se hissa sur l'autel qui faisait face à la grande porte, s'asseyant sur ce dernier dans un soupir amusé. Ses jambes battirent l'air, telle une enfant impatiente qui s'amusait d'un rien. Comme toujours, la demoiselle n'avait pas revêtu son armure, se contentant cette fois encore d'une robe simple à la teinte immaculée atteignant ses genoux et aux bretelles fines qui laissaient entrevoir ses formes délicates. Rien de vulgaire cependant, quand bien même des hommes d'un autre rang pourraient trouver cette tenue des plus malvenues pour une dame. Mais elle n'en était pas une après tout. Elle, elle n'était qu'une spectre, une Furie. Ses doigts vinrent réajuster l'écharpe écarlate qui entourait son cou, permettant sans qu'elle n'en prenne conscience, de voiler aux regards étrangers sa peau délicate. Son sourire s'attardait, comme de coutume dès lors que son regard crépusculaire contemplait le tissu vermeil.

Sa voix douce se mêla au silence, créant dans la sombre cathédrale, un écho murmurant. Les paupières fermées, elle se laissait aller dans cette douce mélopée, angoissante, oubliée. Une parmi tant d'autres qui s'élevait fière et assurée. Peut être sa chanson attirerait elle de nouveau condamné, mais pour cela, il aurait fallut qu'elle mêle son cosmos à sa mélodie doucereuse. Chose qu'elle ne fit pas, s'occupant seulement de son murmure, de son timbre, jeune femme délicate et innocente chantonnant dans son monde. Qu'était elle ici, mise à part ce que les apparences laissaient entrapercevoir ?

Assise, ses jambes battaient l'air au rythme de sa mélodie, son corps tout entier semblant accompagner son chant. Elle aimait chanter. Rien n'était plus agréable pour elle que de se laisser aller à un instant d'oubli, laissant cette voix masquer le manque, faire disparaitre le silence qu'elle n'aimait pas. Le silence n'était il pas trop triste ?

Alors, mieux valait le combler d'autre chose. De bruit et de vie. Quelle ironie pour un spectre. Pour une furie. Pour celle qui condamnait au silence éternel les criminels de sang. Peut être l'était ce, en effet. Mais ça ne l'empêcherait pas de chanter.

Elle attendait. Un signe. Un geste. Un éclat de vie. Pauvre enfant oubliée...
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Oneiros


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Mar 15 Juil - 10:41

Précédent : Sanctuaire d'Athéna

La délivrance tant attendue arriva sous la forme d'un bruit de pas lent et régulier, répercuté par la multitude de petites alcôves enchâssées ça et là dans la grande nef de la cathédrale. Telle une apparition venue d'un autre monde, le Marchande de sable avait été précédé par la rumeur de son approche. Les deux grands battants de la porte principale s'ouvrirent dans un éclat de lumière sublimant la pâleur de ses cheveux clairs. A cet instant, le surplis renvoyé en Enfer réagit et se matérialisa là où les rayons solaires finissaient leur course, baignant lui aussi dans la clarté la plus totale de mille reflets azuréens et violets. Sans s'arrêter, sans hésiter, Oneiros avança vers l'autel où la frêle silhouette se balançait. Il arriva bientôt près du surplis des rêves, et celui-ci n'eut pas besoin d'ordre pour revêtir son digne porteur. Ainsi paré, de métal et de lumière, de son aura mystique et de l'écho désormais silencieux, le fils d'Hypnos ressemblait à un ange tout droit déchu de son nuage. Il était magnificence et humilité, bienveillance et distance, dieu et messager à la fois.

Il posa ses yeux de nuit sur l'enfant et se remit à avancer jusqu'à elle, jusqu'à trois pas d'elle. Bien qu'elle n'ait pas fait montre de cosmos, sa présence en ces lieux, le fait que personne ne l'ait interceptée et qu'Hadès ne l'ait pas punie, malgré son éloignement, de s'être assise sur son autel, prouvaient que ce n'était pas une fillette ordinaire. Il la dévisagea un moment sans rien dire, savourant le calme religieux qui les enveloppait de son manteau d'hermine.


Dernière édition par Oneiros le Sam 1 Nov - 16:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Mar 15 Juil - 16:08

La belle laissa les pas du nouveau venu accompagner son chant, comme si doucement, sa voix s’adaptait à ce rythme régulier, ce claquement sec et assuré. Ses prunelles crépusculaires se posèrent sur la silhouette de l’homme qui s’avançait, conquérant victorieux de ce sombre lieu sans cesser sa mélopée doucereuse. Elle attendait, contemplant le spectacle qui s’offrait à son regard amusé. Elle ne connaissait pas cette impressionnante armure qui venait d’apparaitre, attiré par la présence de l’homme qui s’approchait d’elle, rejoignant son corps dès lors que ce dernier fut suffisamment près de lui. Pourtant, un air de déjà vu s’insinuait en elle, sans qu’elle n’en cherche davantage. La belle ferma les yeux un instant et lorsqu’elle les rouvrit, se fut pour les poser sur ce spectre tout proche d’elle, arrêté à trois pas seulement de son siège de fortune. Sa voix se tût. Il se dégageait de son vis-à-vis une prestance certaine qui auréolait sa silhouette et qui aurait pu rassurer ou au contraire mettre mal à l’aise.

Elle sourit, sa tête s’inclinant sur le côté avant que sa voix ne s’élève de nouveau après ces minutes silencieuses.

Bonjour.

Simple et pour le moins concis, la belle n’était probablement pas la plus même pour déclamer de long et ennuyeux discours. Au contraire, Lily aimait les choses simples, l’étant elle-même et cela lui convenait parfaitement. N’était-ce pas tout ce que l’on demandait d’une demoiselle comme elle ? Bien sûr, elle n’était pas que cela.

Vous êtes seul vous aussi.


Une évidence. Un soupir passa la barrière de ses lèvres alors qu’elle s’allongea en parti sur l’autel, les jambes pendant dans le vide, semblant quelque peu ennuyée par cette situation. Son regard se perdit dans le vague, détaillant sans réellement les voir les diverses décorations qui ornaient la majestueuse cathédrale. Un travail d’orfèvre. La bâtisse d’un dieu.

Moi qui pensais que les autres seraient ici…


Mais il fallait croire que non.

Tant pis.


Un haussement d’épaule accompagna sa phrase alors qu’elle se redressait. Sans vraiment faire montre de beaucoup de politesse, la belle remit pied à terre dans un mouvement gracieux, presque trop leste pour être simplement humain. Un éclat violine l'auréola l'espace d'un battement de paupière avant de disparaitre aussi tôt. D’un pas presque dansant, la demoiselle s’avança de nouveau entre les rangées de bancs sans guère jeter un coup d’œil au spectre si présent. Un saut, et la voilà sur le rebord d’une des assises, sa robe immaculée suivant son élégant mouvement telle une équilibriste délicate qui se détourna de nouveau sur son interlocuteur avec ce sourire réjoui, en équilibre parfait.

Vous savez où ils sont, vous ?


Un instant, la belle parut réfléchir avant de dire à voix haute ce à quoi elle songeait tout bas.

Je me demande où se trouve Gilles… J’espère qu’il va bien.

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Aenor


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Ven 22 Aoû - 18:38



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






Le retour du Bourreau




=> Asgard

« Comme promis, petite Dame, il vous suffit de murmurer mon nom pour que j'apparaisse. » une très haute silhouette se meut, hors des ombres, penchant son buste en avant pour présenter son faciès de porcelaine, son masque, dans la lumière, à la jeune fille. Son lys blanc et délicat : Lily. « Ne vous inquiétez pas pour moi, je vais bien. »

C'était faux, mais rien ne le trahissait, sa voix restait égale, gutturale et détachée. Il présenta une main gantée de blanc à la demoiselle perchée telle une colombe, lui intimant par ce geste de redescendre. Un lieu tel que celui-ci était sacré, il fallait bien se tenir, surtout en présence d'un Dieu. Les prunelles gris-bleues cachées sous le masque du Bourreau, se posèrent sur Oneiros et Gilles de Rais finit alors de sortir de l'ombre, se révélant au grand jour. Si les deux protagonistes présents le connaissaient un tant soi peu, ils remarqueraient à coup sûr que, dans son attitude, quelque chose avait changé. Un poids accablait ses épaules, et, très légèrement voûté, il pourrait aisément faire passer cela pour de la lassitude.

Avant de s'adresser à l'Oneiroi, le Seigneur de Montmorency se signa avec respect, une main sur le cœur, à la manière des gentilshommes français de son temps.

« Seigneur Oneiros, c'est un honneur de vous rencontrer de nouveau ici. Permettez moi de faire les présentations. » La main gauche de Gilles de Rais alla chercher celle de sa protégée qu'il couva de sa seconde main, comme cela se faisait de son temps. « Voici la jeune Spectre Lily, que j'ai eu le grand plaisir de rencontrer et de guider. Mademoiselle Lily, je vous présente le Dieu du Rêve, Oneiros, fils d'Hypnos, gardien des oracles, présentez vos hommages … »

Il prenait son rôle de « précepteur » très au sérieux, et, tant qu'à faire, s'il ne lui était pas permit d'être le gardien d'Eilaine, peut-être pourrait-il se permettre de l'être avec cette jeune fille ? Désespérément, et dans ses gestes, le Seigneur déchu tentait de se sauvegarder des paroles – pleines de sens – de Managarm, cet Asgardien qu'il avait quitté il y a quelques minutes à peine. Ou de se convaincre de quelque chose. Un peur grandissante le rattrapait.

« Nous revenons à peine de notre … mission en Asgard, nous sommes prêts. Et … » il s'interrompit, captant une énergie familière. Ses poings, imperceptiblement, se crispèrent, comme les traits de son visage caché dans les ombres de son carcan blanc. « Mais je suppose que le Seigneur Aiakos ici présent se fera une joie de vous faire un compte-rendu … détaillé de la situation. »

Une pointe de cynisme dans sa voix, son regard volant jusque lui. Son regard qui ne quittait plus, à présent, cette forme qui leur apparaissait peu à peu et qui éveillait en lui, haine, colère et cette ombre qu'il tentait éperdument de repousser.

Les deux autres purent noter sans mal, que cette fois-là, le chevalier-Bourreau ne s'inclina pas.

Spoiler:
 


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Aiakos


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Sam 23 Aoû - 16:25

[Mai 1755] Retour d'Asgard et préparatifs...
Tapis dans l'ombre, dans une démarche sereine, il avançait d'un pas lent, calculé, soignant son entrée au sein du groupuscule qui se tenait non de lui. Torse bombé, tel un paon arborant son plus beau plumage, le Garuda déambulait au centre de la cathédrale. Seul le son des cliquetis de son armure trahissait sa position, à l'instar d'un fantôme il semblait insaisissable! Par chance, il était là, celui qu'il souhaitait à tout prix revoir se tenait à quelques mètres, accompagné de deux autres cosmos qui lui étaient inconnus! Son allure ne s'accéléra pas le moins du monde et ne diminua pas pour autant, non, il continuait sur le même rythme, détaché et conscient que sa venue ne lui plairait guère! D'ailleurs, un sourire se dessina sur son visage à cette seule pensée, si sa présence ne l'enchantait guère, lui non plus, leur relation l'amusait au plus haut point!

Depuis leur combat, un lien s'était tissé entre eux deux, une osmose bien singulière, aux antipodes des relations habituelles, mais qui les rendaient indissociables l'un de l'autre! À plus forte raison que son hôte avait déjà noué quelque chose de fort bien avant sa prise de fonction! Une relation différente de celle d'aujourd'hui, mais qui déjà avait connu son lot de rebondissements! À présent qu'un nouveau chapitre s'était ouvert, plus rien n'était comme avant, tout n'était question que de haine, de vengeance et de provocation! Une évolution bien triste en y songeant, mais qui lui offrait l'occasion de s'amuser et de provoquer sans se soucier des retombées! Qui plus est, quand on sait qu'il était désormais sous ses ordres et que cela lui laissait carte blanche pour assouvir ses pulsions, aussi malsaines soient-elles! Cela devait être bien dur pour cet homme aussi droit et respectueux des usages, mais le principal concerné n'en avait cure!

Bientôt, un semblant de conversation parvint à ses oreilles, cette voix gutturale lui rappelant de bons vieux souvenirs! Il se stoppa quelques instants pour ne plus se faire remarquer, attendre le moment propice pour faire son apparition! Une fois franchi la pénombre qui le dissimulait aux yeux de tous, il ne lui serait plus possible de faire machine arrière, c'est pourquoi il goûta avec une certaine nostalgie ces derniers instants de silence! Malheureusement, ce fut de courte durée, sa présence ayant alarmé l'homme masqué et contraint à l'annoncer aux autres. D'une approche pour la moins altière, tout doucement les contours d'une silhouette apparue devant les protagonistes, avant que le porteur d'un magnifique surplis aux teintes violacées ne daigne montrer le bout de son nez. Ce n'était certainement pas quelques yeux rivés sur lui qui allaient changer quoi que ce soit sur sa manière d'être. À chaque regard porté sur lui, il en profita pour leur jeter un regard assassin, empli de défi!

Une manière à lui de montrer qu'il n'était pas du tout intimidé par cette petite assemblée et encore moins par la présence d'un Dieu mineur. Une entrée remarquée, qui ne ferait qu'attiser encore plus la rancoeur de ses homologues, mais qui lui importait peu! D'ailleurs, sous son masque de porcelaine, il ne faisait aucun doute que Gilles venait de perdre la face, le ton qu'il venait d'employer trahissant sa veine tentative d'indifférence! Son sourire ne l'avait plus quitté depuis son apparition, une énième provocation à l'égard du bourreau, qu'il espérait voir réagir au quart de tour, montrant aux yeux de tous, qu'il n'était pas ce qu'il prétendait être! Dès lors, il s'arrêta auprès de la jeune fille se trouvant aux côtés du bourreau aux cents visages afin de lui saisir la main qu'il avait soigneusement et jalousement gardé auprès de lui! Tout en y apposant un baiser sur le dos de la main, le juge se signa et se présenta:
    « Allons, allons Gilles, ne soyons pas pressés, les présentations tout d'abord! » Lui balança-t-il d'un ton mielleux, avant de reprendre là où il en était resté: « Aiakos, Juge du Garuda de l'étoile céleste de la Vaillance! »
Bien qu'il s'était présenté avant tout à la jeune femme, snobant ouvertement l'autre spectre et se moquant par voie de conséquence du rang qui pouvait être le sien, il venait de le faire à haute voix pour qu'ils l'aient tous entendu! Une présentation on ne peut plus banale, mais qui pourtant fit sourire de plus belle le juge, au point de déformer son faciès jusqu'alors normal! Cette attitude pour la moins suspecte ne disant rien qui vaille, Gilles connaissant le personnage, il était déjà sur le qui-vive! Pour cause, bizarrement, la main de la jeune fille commença à scintiller, un pentacle se formant et lui provoquant d'horribles douleurs dans tout le corps! Faisant comme si de rien n'était, Aiakos donna quelques explications au petit groupe, bien que certains étaient occupés avec autre chose:
    « Malgré quelques accrocs... » Dit-il en premier lieu, sans oublier de ricaner en y repensant: « Nous sommes désormais alliés aux guerriers du Nord! Minos a réussi à convaincre leur chef de nous accompagner au Sanctuaire, afin de les décimer et régner sur le monde! »
Il parlait sans se soucier du piteux état dans lequel il venait de jeter la jeune fille, cette dernière luttant avec difficulté contre la douleur qui l'assaillait de part en part! Des spasmes tenaces la tiraillaient, faisant de l'auteur de ses maux, un être vil et cruel! Pourtant, aussi amusant que cela pouvait l'être, le juge mis fin à son supplice en apposant son index sur son front, la laissant désormais livrée à elle-même, à genoux et dans un état lamentable! Conscient de l'importance qu'elle semblait avoir aux yeux du Bourreau, le phénix s'était interrompu, afin de reprendre son calme et de lui proposer un marché!
    « Trêves de plaisanterie, Gilles j'aimerais que tu m'accompagnes à Larissa d'ici deux semaines, où nous rencontrerons des émissaires d'Asgard! »
À vrai dire, il ne lui laissait guère le choix, il le lui avait d'ailleurs montré à l'instant avec la jeune fille! S'il souhaitait la protéger et éviter que cela ne recommence, il était obligé d'accepter, même si au fond de lui il voulait refuser. Après tout, il était quand même son supérieur hiérarchique, faire preuve d'indiscipline devant les autres spectres n'était sans doute pas la meilleure solution à adopter! Néanmoins, un être doué d'intelligence, capable de discernement et faisant passer le salut des autres avant le sien, saurait prendre la bonne décision, à lui de ne pas se tromper!
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Oneiros


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Sam 23 Aoû - 22:04

Le dieu n'eut pas le temps de répondre à la jeune fille assise sur l'autel qu'il sentit deux cosmos puissants arriver. Le premier, familier pour avoir cheminé à ses côtés en Bavière, n'était autre que celui du chevalier Gilles de Rais. Fidèle à la bienséance de son temps, il s'était avancé, agenouillé, avait rendu les égards qu'il devait à la damoiselle puis effectué les présentations. Oneiros l'en remercia d'un signe de tête avant de tourner celle-ci vers la seconde présence.

L'inconnu dégageait une puissance similaire à celle de Minos -quand celui-ci n'usait pas de l'étoile des Enfers- et se pavanait de la plus orgueilleuse des façons. Seul un chef ou un fou pouvait tenir pareille conduite, et la première possibilité fut vite confirmée par l'individu en question, qui à son tour s'approcha de l'autel pour faire subir un tourment injustifié à l'enfant qui s'y trouvait. Oneiros était resté imperturbable, ne comprenant pas l'absurdité de cette démarche. Les humains étaient des êtres tellement étranges par moments.

Tandis que le juge l'ignorait royalement et se concentrait sur Gilles, le dieu des rêves décida d'intervenir, en premier lieu pour calmer la rage qu'il sentait grandir chez le Bourreau.
Il posa une main ferme et amicale sur l'épaule de Gilles pour lui intimer le calme et la patience, ne pas jouer le jeu du Garuda, puis il avança sciemment entre les deux hommes pour empêcher un éventuel affrontement, stupide et incongru. Sans un mot toujours, il saisit à son tour la main de Lily et y déversa un cosmos doux qui annula toutes les souffrances précédentes. Ainsi les comptes revenaient à zéro. Ensuite, il dirigea ses prunelles vers l'humain méprisant qu'il avait en face de lui.


"Permettez."

Pas plus qu'Aiakos n'avait laissé le choix à Lily, Oneiros en priva le juge et reproduisit exactement le même geste de poser l'index sur son front, une façon symbolique de prouver que, lui aussi, avait droit au respect et à l'obéissance. Car si Minos possédait le pouvoir d'Hadès par régence et était devenu son supérieur, ce n'était pas le cas du juge. Même mineur, Oneiros était un dieu, et par conséquent de rang supérieur à son vis-à-vis.
Le bref contact de son doigt ne servait toutefois pas simplement de réponse à sa provocation. Le temps de quelques secondes, les yeux de l'Oracle virèrent au blanc nacré, traduisant une vision. Il plongea dans les souvenirs du Garuda et y revit la totalité de l'entretien l'opposant aux guerriers divins, l’œil divin d'Eren, les loups, l'homme à l'épée de glace, Magnus qu'il avait déjà rencontré, Sören qu'il avait aperçu...
Une fois le souvenir consommé, le dieu s'adressa au juge d'une voix calme mais ne souffrant pas l'interruption.


"Vous parlez trop pour ne rien dire, Aiakos du Garuda. Comme une femme, ou une poule, suivant que vous préfériez dévaloriser votre personne ou votre surplis. Et cet excès de verbe a failli réduire en charpies les trésors de diplomatie de votre binôme devant plus de la moitié des guerriers divins. Que cherchez-vous à prouver ?"

Il se tourna vers Gilles de Rais toujours dans son dos, approcha lentement la main de son visage et, avec sa permission implicite, lui ôta tout aussi lentement son masque. On pouvait y lire sans peine la rancune. Tenant toujours l'objet en main, le dieu des rêves le brandit alors devant Aiakos.

"Le silence, la douleur et l'anonymat. Par ces trois blessures et sa noblesse d'âme, j'estime que la vie du chevalier Gilles de Montmorency-Laval Rais ici présent, serviteur de feu Jeanne la Pucelle d'Orléans, vaut bien plus que la vôtre, juge du Garuda. Vous, qu'avez-vous apporté aux spectres sinon votre tyrannie et vos caprices ? Votre jalousie, votre cupidité, votre colère ? A quoi bon emmener cet homme avec vous à Larissa alors que la haine se voit sur vos visages comme une balafre ?"

Il rendit le masque à Gilles, assuré qu'il était de son côté par le simple fait que le dieu lui ai présenté son dos. Pour un personnage médiéval comme le chevalier, cela n'était pas un détail anodin : montrer son dos signifiait la mort. Le montrer à un ami était une grande marque de confiance, et pour être toujours en vie Oneiros était certain que le Bourreau ne portait pas son nom pour lui.

Aiakos pouvait prendre ombrage de ses propos, il n'en avait cure. Par la haine naturelle que lui vouait Gilles de Rais, par le tourment qu'il venait d'infliger à la petite Lily et s'il persistait dans son comportement d'âne obstiné envers le dieu des rêves, il avait trois potentiels adversaires, dont la force n'était pas des moindres. Dans son intérêt, il avait plutôt intérêt à faire profil bas. Se faire trop d'ennemis ruinerait plus sûrement sa tentative de paraître maître du jeu qu'il était déjà ridicule à crier victoire à la place de Minos.


"Ce que vous prétendez alliance avec les guerriers divins n'est qu'une farce, et vous le savez. Les premiers d'eux ou nous qui feront un faux pas seront abattus aussitôt. Faites preuve d'intelligence et évitez de vous faire abattre par vos propres compagnons d'armes."
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Dim 24 Aoû - 12:52

Gilles ! Je suis heureuse de vous revoir ! Vous allez bien ? Vous n'avez rien ?

La belle offrit au spectre du bourreau, un sourire éclatant alors que ce dernier lui présentait sa main qu'elle attrapa avec joie. Heureuse de constater de sa présence, elle ne put s'empêcher cependant d'être quelque peu décontenancé par l'aura qui flottait autour de lui. Lily était une demoiselle instinctive. Elle n'aurait su donner la raison, mais elle sentait que son précepteur n'allait pas aussi bien qu'il ne le faisait croire, bien dissimulé qu'il était derrière ce masque lisse. Elle le sentait dans son cœur et un instant, cette légère inquiétude vint recouvrir ses prunelles crépusculaire. L'oiseau descendit pourtant de son perchoir avec élégance en laissant son gardien faire les présentation avec celui qui s'était avancé au sein de la cathédrale après elle. Un dieu ! La jeune femme se moquait bien de paraître irrespectueuse envers l'être divin, tout du moins, n'avait elle pas été élevé pour faire face à ce genre de personnage de légende. Cela ne faisait déjà pas si longtemps qu'elle était spectre à part entière et comprenait le rôle qu'on lui avait attribué, s'exécutant à sa manière, avec son instinct... Présenter ses hommages... La belle rosée réfléchie un instant, franchement perplexe vis à vis de cette demande, avant qu'elle n'offre finalement à la divinité un sourire éclatant.

Enchanté Seigneur des Rêves.


Elle tenta une maladroite révérence comme Gilles avait essayé de lui apprendre – un peu vainement, il fallait bien l'avouer. Faisant la moue, elle préféra cesser là en laissant les deux hommes discuter entre eux, s'intéressant de plus près à cette divinité des rêves qui leur faisait face. Alors c'était ça, un dieu ? Il se dégageait de lui une certaine prestance, il était vrai, mais ce fut surtout des questions diverses qui vinrent occupé ses pensées. Est ce qu'il connaissait tout leurs rêves ? Même les siens ? Cela lui paraissait titanesque, presque écrasant, mais bien vite, ses pensées furent quelque peu déroutées par l'apparition de ce dernier homme. Le seigneur de Rais à ses côtés, semblait bien peu amène face à ce spectre qui se pavanait comme un paon devant sa cours. La belle n'appreçia pas la manière dont ce dernier s'empara de sa main, comme un prédateur, comme cet Homme à qui tout appartenait.

Ne me touche pas.


Sa voix ne fut probablement pas assez forte et sa poigne l'était davantage, discrète mais habilement posée comme un piège dont on ne peut se défaire sans couper son bras. Un frisson l'ébranla et un cri de surprise s'échappa de ses lèvres alors que la douleur explosait dans son corps telle une explosion. Pantin de chair, la demoiselle s'écroula sous le choc comme si on avait coupé les fils la maintenant debout. Frissonnante, elle resserra sa poigne, crispant ses poings sur un morceau de l'étole écarlate qui entourait son cou. Elle ne gémit pas. Ce genre de douleur lui était presque habituelle. Avant. Il l'avait ainsi maintenu sous sa coupe. Mais elle avait changé. Une ombre noir vint l'enlacer, étreignant son corps, le surplis de la Furie étendit ses ailes dans la sombre cathédrale en prenant sa place sur la silhouette de son élue. L'éclat ombragé de ses prunelles riva à l'écarlate avant que la douleur ne disparaisse, emporté par un flot de cosmos aussi doux qu'incongru. Stupéfaite, la jeune spectre redressa la tête pour contempler la présence de la divinité des rêves qui effaçait la souffrance d'un éclat de cosmos salvateur. Elle devait le remercier mais sa voix se refusa à elle, et ce dernier se détourna sur l'autre. Vengeance. Les doigts de la belle vinrent enserrer le poignée de Gilles dans un geste presque désespéré. Pour l'empêcher de faire quelque chose. Pour dire, je vais bien. Vacillante, elle se redressa grâce à son aide en lui offrant la pâleur de son sourire.

Ça va, Gilles. Je vais bien. J'ai connu pire, ne vous inquiétez pas.


C'était vrai. Pourquoi mentirait elle ? Et puis après tout, il l'avait vu, lui aussi. Elle ne se laisserait plus emprisonner dans la peur ou dans la souffrance. Elle avait des ailes aujourd'hui et elle ne laisserait personne ne les lui arraché, pas même ce spectre de l'étoile de la vaillance. Vaillance ? Non, ce n'était que de la lâcheté au mieux.

Si vous devez aller avec lui, Gilles, je viendrai avec vous.


Même si elle tremblait encore du contre coup de ce que cet être méprisable lui avait fait, la belle ne laisserait pas le bourreau seul auprès de ce faux juge. Elle n'était peut être pas aussi forte que lui sur certain point, mais ce serait la sous estimer de penser qu'elle n'était qu'une faible femme sans défense. Il l'avait eu par surprise, cela ne recommencerai plus. Elle aussi, pouvait était une créature monstrueuse. N'était elle pas une furie ? Mais avant cela... L'adolescente dans son surplis anthracite déposa sa main sur le bras du dieu des rêves après sa dernière tirade, ce moquant quelque peu de paraître discourtoise ou trop familière envers la divinité.

Merci Seigneur des Rêves pour ce que vous avez fait. Quelque part, il l'avait vengé, ce qui le faisait monter dans son estime, prenant en plus la défense de son précieux précepteur. Il n'était pas désagréable de voir un autre subir ce qu'on avait subit soi même. Même si elle ne pensait pas que ça servirait à grand chose.Quant à toi... La belle se détourna sur le juge, se moquant bien de sa prétendue supériorité. Elle suivait ceux qu'elle voulait suivre, sinon, elle préférait rester libre de ce genre d'allégeance trompeuse. Le dernier homme qui m'a traité comme toi, je l'ai tué. On s'habitue à la douleur, non ? Elle sourit simplement à ses paroles on ne peut plus véridique. Il ne savait rien d'elle, ni de son histoire mais à vrai dire, elle se moquait bien de la sienne aussi. Il faisait du mal à Gilles, et cela lui suffisait pour éprouver à son encontre, une rancune tenace, bien plus que ce qu'il lui avait fait subir. Ton étoile ne te va vraiment pas.

Elle ajoutait probablement de l'huile sur le feu mais Lily n'y prenait pas garde, n'en ayant probablement pas même conscience. Inconsciente et inconstante. Imprévisible dans ses gestes et ses paroles. Elle disait juste ce qu'elle pensait, que cela plaise ou pas ne lui importait que peu. Pour le reste, elle était patiente.
Qu'il l'attaque. Elle était prête cette fois, il ne la prendrait pas par surprise.


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Dim 24 Aoû - 17:25



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






Parole et Honneur




Pourquoi, chaque fois que le Spectre-Juge apparaissait à ses yeux, lui, le Bourreau se sentait si enclin à se laisser aller à une colère à peine voilée, à des mots qui le trahissait plus encore ? La relation entre les deux hommes n'avaient jamais été en bons termes, et ce, depuis que son hôte, Faust, son ancien ami et collègue, l'avait trahit au dépend du pouvoir et de l'attirante possibilité de le surpasser ! Gilles de Rais n'avait jamais songé à ce que la jalousie soit en cause dans cette affaire, lui, n'ayant jamais cherché pareille chose. Était-ce seulement dans le tempérament de ce dernier ? L'homme pourvut de son masque de nacre n'en était pas moins touché : Aiakos ayant voulut par la suite, le briser, l'asservir. Rivaux depuis le jour où ils s'étaient affrontés, ils l'étaient encore plus aujourd'hui qu'il le malmenait sans vergogne, trouvant toujours le moyen de le faire sortir de ses gongs. Il n'était pas sans failles, le chevalier déchu, loin s'en faut, et, exploitant ses faiblesses, il ne pouvait que s'en vouloir.

Le voyant faire, avec ses manières qui ne lui plaisait pas du tout, Gilles eut un mouvement de la main, dans le seul et unique but de s'interposer entre sa petite fleur et le Juge. Il n'en n'eut pas l'occasion, le Dieu des Rêves s'interposant bien vite avant que la situation ne dégénère. Sauvé par la déité, le Seigneur de Rais inspira profondément en contemplant sa protégée se tordre de douleur pour bien vite reprendre contenance. Gilles de Rais manquait de mot, alors il resta bien droit, tandis que son sauveur, retirait son masque pour le brandir à la face d'Aiakos. Le geste était fort, mais il ne cilla pas, qu'était-il pour protester face à un Dieu ? En ôtant son carcan immaculé, il n'était plus le Bourreau mais lui-même, et, intérieurement, il en fut ébranlé. Quelques larmes même lui échappèrent tandis qu'il s'agenouillait à même le sol, son masque en main. Son masque qu'il lâcha et qui alla choir sur les pierres dans un tintement caractéristique.

Les paroles, les gestes d'Oneiros balayaient ses angoisses, ses doutes, ses douleurs aussi simplement que si l'on soufflait sur une fleur de pissenlit pour en faire se disperser les graines. Des sentiments nouveaux germèrent dans son cœur, et, étrangement, toute colère face à son vis-à-vis, s'envola.

« C'est me porter trop de crédit Seigneur Oneiros, je ne mérite pas votre bienveillance. » dans un souffle, ces mots, s'éparpillèrent aux quatre vents. « Merci. »

Le géant aux cheveux noirs se redressa de toute sa hauteur pour s'avancer vers la demoiselle qu'il prit entre ses bras. Sentir la froidure de son surplis tandis qu'il l'étreignait – à la manière d'un père – lui arracha un léger frisson. Il avait eut si peur de la perdre, comme il avait perdu Callan et Jeanne avant elle. Par égard pour la petite dame rose, il mit fin à son étreinte pour lever son menton vers son visage. Ses yeux gris qui la sondaient lui disaient : « Regarde-moi ». Car oui, c'était la première fois que Lily le voyait sans son masque.

Et il n'aurait jamais pensé que cela puisse arriver si vite.

« Je suis fier de vous, petite Dame. Mais … ne vous laissez pas aller à votre colère, il ne mérite pas vos châtiments, n'oubliez pas qu'il est Juge, comme il est Juge de ses propres agissements. Il se condamnera tout seul … »

Sur ces mots, le Bourreau fit volte face afin de récupérer son masque qu'il remit religieusement sur son faciès. Le calme reprenait peu à peu ses droits, comme Gilles ne perdit pas un instant pour reprendre sa place aux côtés de la demoiselle qu'il protégeait.

« J'ai donné ma Parole de Chevalier au Seigneur Aiakos quand il m'a battu, ici bas, non loin de cette Cathédrale. Balafrés, nous le sommes, nous portons tout deux les stigmates de nos haines respectives. Sur mon Honneur, je lui ai juré obéissance, et ce ne sera pas moi qui briserait ce serment. Même si cela me coûte, il est désormais mon Seigneur et je ne suis pour lui qu'un pantin. Quand mon Maître comprendra son erreur, nous pourrons œuvrer ensemble pour les Enfers. » Il ponctua sa tirade d'une inclinaison de tête vers Aiakos. Au travers de son masque, un regard incisif. « Et si il s'entête dans son auto-destruction, je n'aurais d'autre choix que de revêtir mon Masque contre lui. »

Et de prendre sa place. Son regard croisa celui d'Oneiros ...

Finalement, ne serait-ce pas Aiakos, le Bourreau de soi-même ?


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Mar 26 Aoû - 12:34

Les sévices infligées à la jeune femme étaient tout bonnement injustifiées, il en avait conscience et c'est justement pour cette raison qu'il s'était permis de les réaliser! Son rang lui octroyait bon nombre d'avantages, mais ce n'était pas en tant que tel qu'il avait agi ainsi, non, c'était en tant que rival du spectre du Bourreau! L'irriter, lui causer du tort était un jeu qui l'amusait au plus haut point, alors il ne se privait pas à chacune de leurs rencontres de le lui rappeler! En présence d'autres d'individus, ce jeu était quelque peu risqué, mais à vrai dire, il n'en avait cure, tout était planifié pour interpeller le Bourreau et le pousser à réagir! Néanmoins, si cette petite manœuvre visait principalement à le pousser à bout, ce fut les autres protagonistes à leurs côtés qui s'interposèrent et à commencer par ce Dieu de seconde zone, qui n'avait semble-t-il guère apprécié d'être ainsi traité!

Il n'avait pas esquissé le moindre geste quand ce dernier lui apposa l'index sur le front, il n'avait pas sourcillé le moins du monde, il était resté de marbre, lui laissant tout le loisir d'agir à sa guise! Il lui avait donné l'espace d'un instant l'impression d'avoir la main mise sur la situation, l'illusion qu'en sa qualité de Dieu, rien ne pouvait lui résister! Ce n'était que parce qu'il s'était laissé approcher que ce dernier pouvait se pavaner, non en raison du fossé qui les séparait! Qu'il se dise supérieur à lui n'y changerait rien, il était peut-être un Dieu, mais un Dieu oublié, contraint de devoir subsister aux côtés d'hommes l'ayant surpassé! D'ailleurs, qu'il en vienne à épiloguer d'une telle manière, ne lui donna pas plus de crédit aux yeux du juge, il lui reprochait de trop l'ouvrir, mais il se prêta tout de même au jeu! Qui des deux était le plus à blâmer en cet instant? Un juge prenant du plaisir à s'amuser avec les autres, ou un Dieu se rabaissant à ces enfantillages?

Cela faisait longtemps qu'il s'était érigé une carapace solide, infranchissable, vouée à le protéger de ses probables détracteurs. Plus que quiconque, il avait conscience que sa présence au sein de l'armée infernale ne faisait guère l'unanimité, que sa place était convoitée, mais n'était-ce pas ce qu'il désirait? Que l'on parle de lui en bien ou mal ne lui faisait guère d'effet, aucune émotion ne l'ayant trahi durant le discours vindicatif de son homologue, on ne faisait que lui attacher de l'importance et c'est tout ce qui lui importait! Que son nom soit le sujet de toutes les discussions, raisonne dans toutes les bouches! Un être à part à n'en pas douter, préférant se mettre à dos l'ensemble du monde afin d'être le "nombril du monde"! De la vaillance, il en avait plus à revendre que quiconque en ce monde, mais à quoi bon débattre avec une jeune éveillée, trop peu informée à son sujet, cela serait une perte de temps, d'autant plus qu'il se devait de répondre aux interrogations de son homologue!
    « Tu tentes de condamner des actions sur lesquelles tu n'as pas ton mot à dire Dieu! » Lui dit-il le plus sérieusement du monde avant de renchérir: « Qu'est-ce que ça fait de ne pas avoir le contrôle sur la situation? »
Ces quelques mots furent accompagnés d'un hochement de tête en direction de Gilles et de sa protégée, afin de lui signifier qu'il n'avait aucun pouvoir sur eux, contrairement à lui! Le ton employé était toujours aussi neutre, mais pourtant il venait bel et bien d'essayer de le faire sortir de ses gonds! Il venait de trouver en la personne de l'étoile terrestre un appui de poids, un soutien lui donnant une légitimité pour agir comme bon lui semble! Si l'intervention de son rival l'avait surpris, il ne laissa pour autant rien transparaitre, il n'était pas question de montrer qu'il avait apprécié son initiative, il avait une réputation à tenir! Il se contenta simplement de lui adresser un franc sourire, qui se transforma bien vite en éclat de rire!
    « Pour répondre à ta dernière question... » Lui dit-il tout en marquant une pause afin d'être écouté par tous: « Parce que je fais ce qui me chante! » Un regard meurtrier se riva sur la déité, un regard d'autant plus sérieux, qu'il l'accompagna d'une nouvelle tirade: « Minos m'a laissé carte blanche pour choisir les spectres qui m'accompagneront, aurais-tu quelque chose à y redire? » Il se stoppa quelques instants, se grattant le menton l'air songeur, avant de poursuivre: « Ah mais j'ai compris, tu n'arrives pas à concevoir qu'il m'ait choisi moi pour mener ces opérations et pas toi! »
Il venait d'appuyer sur ces quelques mots pour lui montrer qu'il se moquait de lui! l'ambiance était de plus en plus pesante, la pression s'intensifiant, devenant limite palpable! Néanmoins, fort de l'intervention du Bourreau et de la décision du régent des enfers, il en profitait pour jouer une fois de plus! Conscient que Gilles n'aurait jamais l'audace de briser son serment, il pouvait se permettre ces petites railleries! Dans un silence de cathédrale, le phénix noir en profita pour jeter une dernière fois de l'huile sur le feu:
    « Contente-toi de rester à ta place désormais! »
Une place qu'il aurait bien du mal à accepter, en raison de son rang qui d'ordinaire le plaçait au-dessus des hommes! Aujourd'hui, il devrait faire avec et mettre de côté son égo, au risque de porter préjudice aux enfers et donc au Seigneur Hadès en personne! Car, s'il l'avait oublié, les décisions d'Himmel ne lui appartenaient pas, même absent, c'était le Seigneur Noir qui dirigeait les enfers! Réagir de manière impulsive, irréfléchie ne ferait que démontrer que sa condition de Dieu n'était qu'une illusion et que derrière, il n'en restait pas moins un homme s'étant érigé au rang de déité et donc qu'il ne valait pas mieux qu'eux!
    « Donc qu'il en soit ainsi, Gilles et toi jeune fille, vous m'accompagnerez à Larissa dans deux semaines, des objections? »
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Mar 26 Aoû - 13:32

Le dieu-oracle posa un regard éteint sur le Bourreau lorsque celui-ci s'agenouilla. Il lui fit bien vite de se relever, écoutant d'une oreille distraite les derniers propos du Garuda. Celui-ci n'avait donc rien compris aux desseins des dieux. Pire encore ! Il s'imaginait pouvoir les comprendre et se mettre à leur place, blasphème parmi les blasphèmes.

"Ai-je jamais prétendu vouloir contrôler quiconque ? Les humains n'ont pas besoin de moi pour s'entre-détruire. Vous en êtes la preuve vivante, votre ruine est proche. Et si cela vous intéresse réellement, Minos va venir me confier une mission également, sous peu. Lorsqu'il sera apaisé de votre impulsivité."

Il se retira de la petite assemblée, contourna l'autel occupé précédemment par Lily pour se diriger vers la grande harpe abandonnée là. Il effleura des doigts l'instrument dont les cordes se mirent à vibrer. Un vent cosmique l'entoura, balaya la poussière et le restaura en quelques secondes.

Tandis que les notes se jouaient d'elles-mêmes pour entonner ce qui était à mi-chemin entre un requiem et un hymne, le dieu étendit les longues plumes de son surplis comme prolongement de lui-même. La cathédrale entière sembla réagir, comme si les âmes qui l'habitaient se mettaient à chanter dans une dimension proche, inaudible mais perceptible. Oneiros se tourna en direction du chevalier et de sa protégée, ferma les yeux.


"Si tel est votre désir, allez.
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Dim 31 Aoû - 11:34

Peut être est elle énervée contre cet homme qui se croyait si supérieur à tous. Peut être tout simplement que sa façon d'être, ce qu'il était, lui rappelait avec trop de force l'homme qui l'avait trop longtemps emprisonné dans cette cage qui avait été tout son univers pendant plus de 8 années. Ce qu'il disait d'ailleurs, ne l'intéressait pas. Elle avait parlé, dit ce qu'elle avait à dire, qu'on l'accepte ou non ne la concernait plus. La belle se détourna sur Gilles qui l'avait surprise en l'étreignant entre ses bras. C'était... Une étrange sensation. Une sensation perdue et oubliée, à laquelle elle n'avait guère était habituée tout au long de sa vie. C'était...Doux bien que surprenant. Tout comme ses paroles qui méritaient réponses.

Je ne suis pas en colère. Enfin, pas vraiment.


Peut être l'était elle un peu, même elle l'ignorait vraiment, elle qui avait si longtemps verrouillé ses sentiments parvenait difficilement aujourd'hui encore, à en analyser certain.La colère était mauvaise conseillère, elle se souvenait par contre d'avoir dit cela à Gilles lors de leur rencontre. Elle devait appliquer ce qu'elle disait aussi.

La furie redressa la tête vers son protecteur, cet homme qui l'avait accompagné jusqu'ici, qui la guidait. C'est vrai, c'était la première fois qu'elle voyait son visage. La demoiselle avait connu Gilles de Rais comme le bourreau, l'homme masqué sans visage et anonyme qui avait veillé sur elle, qui lui avait prit la main et guidé jusque dans ce ciel qui lui avait été si longtemps inaccessible. Sans doute aurait elle dû avoir peur. Son protecteur n'était pas beau à proprement parlé, pourtant, elle ne fit pas un geste, pas un mouvement de recul face à ce faciès qu'elle découvrait pour la première fois, franchement curieuse. Il n'eut qu'un sourire amusé, ravissant. Qu'était la beauté au juste ? Des hommes laids, elle en avait vu beaucoup, trop probablement. Des hommes aux cœurs noirs comme la suie, aux regards sombre comme les enfers... Que lui avait apporté la beauté physique, à elle ? Rien. Rien hormis une vie de recluse, de petite chose, de marionnette bien mignonne, bien utile. La beauté, elle ne lui avait rien apporté alors elle n'y accordait pas spécialement de l'importance. Elle, elle pouvait entendre la mélodie des cœurs et cela était ce qui lui permettait de juger. Cela suffisait. Et le cœur de Gilles, bien que blessé et meurtri, possédait une mélodie discrète, feutrée et oubliée, mélancolique qui était pourtant plaisante à son oreille malgré quelques maladresses.

Alors vous avez les yeux gris !


A travers le masque, il lui était difficile de contempler ses prunelles et elle se souvenait d'une vieille expression qui disait que les yeux étaient le miroir de l'âme. Le gris lui faisait alors penser à des nuages qui se faisaient plus tempétueux, plus trouble. Cette couleur lui correspondait bien. La belle laissa ses mots calmer les choses, entre Oneiros et Aiakos d'abord et peut être un peu par rapport à elle. C'était triste. L'honneur du Seigneur de Rais était fort et assuré pourtant, elle n'aimait pas l'idée de ce serment d'allégeance qui le liait au juge.

Vous êtes un homme plein d'espoir Gilles.


Ce n'était pas une mauvaise chose et la voix de la belle ne laissait rien présager de mauvais, au contraire. Un constat, simplement. L'espoir faisait vivre, elle aussi, elle avait fini par l'apprendre... Enfin, on le lui avait appris, pour être vraiment honnête. Oneiros s'échappa de ce nid d'épine, accompagnant un chant lointain qui résonna dans la cathédrale et probablement un peu dans son propre cœur. Un chant oublié qu'elle prit la peine d'écouter quelques instants. Lily aimait la musique. Là où les hommes pouvaient être des monstres, ils réussissaient parfois à créer des choses magnifiques malgré leurs natures tordus.
Finalement, elle se détourna sur Aiakos, haussant un sourcil face à ses mots. Pourquoi aurait elle une objection ? N'était ce pas elle qui avait demandé à les accompagner ? Enfin, pour la forme, elle prit la peine de lui répondre de vive voix.

Aucune.


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Lun 1 Sep - 1:23



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






Plein d'espoir




Cette scène de théâtre était des plus pathétique, palabres et bagatelles. Gilles était bien las de tout ceci, comme devait l'être le Dieu du Rêve. Quelle pâle et triste figure, ces acteurs là lui offraient : le Seigneur de Rais se sentit presque coupable des agissements d'Aiakos. Peu digne de se prévaloir d'un si grand rôle qu'était le sien : Juge. Juge et condamné lui-même à une chute certaine. L'homme au regard gris ne comprenait pas, oui il ne saisissait plus cet homologue qui fut autrefois un ami. Gilles en était arrivé à une conclusion, une conclusion qui aurait dû le satisfaire, le remplir de joie et d'orgueil à le voir tomber, ce rival odieux. Ce n'était pas le cas, plus maintenant, il l'avait comprit quand cette divinité – mineure, comme osait le prétendre le Garuda – se désintéressa d'eux. Le geste était fort, là encore. Rien avec Oneiros n'était laissé au hasard. Cela aussi, le chevalier l'avait bien comprit. Il écouta cérémonieusement la mélopée oubliée et tourna un instant ses prunelles vers sa protégée, sa petite Lily, fleur de Lys. Bien sûr, il ne désirait pas la voir sur un champ de bataille, bien sûr qu'il avait des objections à fournir. Seulement elle avait parlé, avait décidé de son Destin, celui d'être à ses côtés dans cette guerre qui se profilait.

D'une manière imperceptible, ses poings se resserrèrent, comme sa mâchoire. Il garda le silence aussi longtemps qu'il le put. Un homme plein d'espoir ? Non, il venait d'abandonner sans se l'avouer encore tout à fait. Managarm n'avait que mettre en exergue cette blessure qu'il avait tenté de camoufler habilement. S'être fourvoyé ainsi avait voûté ses épaules et finit de blesser son cœur. Sa main gauche alla se poser contre celui-ci. Il n'entendit que le silence, encore.

Venait-il de mourir en fin de compte ?

Le Bourreau releva la tête pour contempler les vitraux de la Sainte Cathédrale : tout était devenu gris.

« Oui, je suis gris. » souffla t-il sans s'en rendre compte.

Quel visage avait-il put offrir aux autres ? Le regard de la jeune fille n'avait pas changé, pourtant, il y avait sondé une pointe de pitié, de compréhension aussi. Elle ne l'avait pas rejeté ou monter quelques signes de dégoût mais, sous son regard à elle, si pur, Gilles s'était senti … jugé, mais non coupable. Comme Jeanne, la toute première fois qu'il la vit. Sous le couvert de son masque opalin, l'homme-gris grimaça. Il n'avait plus sa place en ce lieu sacré, il lui fallait donc partir. Mais où ? Son esprit s'échauffait, il sentait le Livre de Sang l'appeler faiblement.

Finalement, il se redressa pour s'incliner devant Oneiros.

« Je n'oublierais pas votre geste, Seigneur des Oracles. »

Une douleur lancinante le menaçait, une souffrance qu'il connaissait que trop bien. Un prélude qu'il devait à tout prix faire cesser. Alors, d'un pas pressé, il se retourna offrant ainsi son dos aux autres acteurs de cette scène pathétique. Humanité décadente ! Quelle honte de vouloir se placer au même niveau qu'un Dieu. Blessé dans son âme et dans son cœur, Gilles quitta les lieux sans un autre mot.

Au Diable les objections, il n'était que le Bourreau.

Ou un pantin.

=> ?


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Mer 10 Sep - 19:48

Tout s'était déroulé sans encombre, du moins selon son plan initial. Il avait obtenu ce qu'il désirait: une coopération en bonne et due forme, malgré le déshonneur que cela pouvait causer chez son compagnon! Un allié qui n'en était pas vraiment un, mais plutôt un pion parmi tant d'autres au sein de l'échiquier qu'il menait d'une main de fer! De frère d'arme, il n'en avait que le nom, il ne l'avait jamais considéré comme tel, pas depuis le pacte qu'ils avaient scellé lors de leur combat au sein même de cet édifice! Désormais, son sort était entre ses mains et il l'avait parfaitement compris! Bien qu'une profonde aversion l'animait à son sujet, force est de constater que personne n'était en mesure de l'accompagner en mission si ce n'est lui! Il ne le connaissait que trop bien, il l'avait façonné à sa manière, bâti du début à la fin, alors pourquoi s'encombrer d'un autre pion?

Non, son talent ne lui était pas inconnu, bien au contraire, il l'avait fait sien, le jour même où leur duel l'avait conduit à l'assujettir. Qu'un individu tel que cette jeune fille ait décidé de les accompagner dans cette quête ne le dérangeait guère! D'une part, car son "supérieur" lui avait expressément demandé de s'allier de deux combattants et d'autre part en raison de leur relation qui laissait sous-entendre une complicité qui leur serait utile. Ayant visiblement un vécu commun, élaborer un stratagème ne serait guère un supplice, l'un pouvant palier aux défaillances de l'autre. En somme, un trio dépêché à la va-vite, mais qui en s'y penchant d'un peu plus près serait à même de semer une belle zizanie! Seul, leurs tempéraments pouvaient constituer un obstacle à la réussite de cette future mission, mais là encore ce serait au juge, alors intronisé chef, de faire preuve de clairvoyance et de leadership!

C'est donc ainsi que ce fabuleux trio, capable du meilleur comme du pire, venait de se composer! D'ailleurs, la douce mélodie qui s'éleva au sein des murs de la cathédrale sonna au fond de son coeur, si tant est qu'il ait un, comme le symbole de cette union, un hymne à la victoire, à leur réussite quant à cette mission qui s'annonçait bien plus périlleuse qu'elle ne le laissait présager! Entonnée par ce Dieu de seconde zone, cette mélopée avait quelque chose d'apaisant, de symptomatique par moment, mais pour autant, pour la première fois Aiakos resta de marbre, semble-t-il envouté! Il était ailleurs, loin d'être aussi impétueux que d'ordinaire, non il profitait de cet instant, de ces rares moments d'accalmies pour faire le vide! Seulement, cela avait trop duré, maintenant qu'il avait oeuvré pour le Royaume infernal, il n'avait plus rien à faire en ces lieux!

Si la compagnie de cette jeune fille ne l'importunait guère, il en était tout autre de celle du Dieu, désormais que Gilles avait quitté les lieux. Si sa musique l'avait calmé quelques instants, elle n'avait pas réussi à faire disparaitre sa rancoeur à son égard. Qu'il se permette en raison de son statut de le défier ouvertement, lui était resté en travers de la gorge, mais plutôt que de réagir de manière impulsive comme il avait pu le faire jusqu'à présent, il se démarqua de ce dernier par sa remarque à l'égard de ses goûts musicaux, avant de dévier sur un tout autre sujet:
    « Je dois reconnaitre, que tu as un certain goût en matière musicale! » Il se stoppa quelques instants, avant de reprendre un large sourire aux lèvres: « Quel dommage que ce soit ta seule qualité! N'oublie pas grâce à qui tu peux jouir de cette renommée... » Un léger soupir pour marquer une légère pause et laisser le temps à son interlocuteur de trouver la réponse, puis il reprit son monologue: « Tu nous dois, à nous autre humain, bien plus que tu ne puisses imaginer! Si nous sommes le fruit de notre destruction, nous pourrions être le votre! »
Un dernier regard lancé dans sa direction, un regard empli de ressentiment, qu'il détourna bien vite pour le porter sur la jeune fille. Il se contenta de lui adresser un simple clin d'oeil, un geste familier qui ne la laisserait pas de marbre, d'autant plus après les récents évènements! Sans crier gare, il leur tourna le dos, s'en alla sans rien leur dire, toujours le sourire aux lèvres, visiblement content d'avoir semé une fois de plus la graine du chaos au sein des troupes! Une gigantesque colonne de flammes l'entoura alors, un brasier d'un noir de jais plus sombre encore que les armures dont ils étaient vêtus. Bientôt ce mur de flammes se mua rapidement en tourbillon, une tornade qui n'avait de cesse de déverser sa fournaise malgré l'espace cloisonné! Dans un bruit caractéristique, le halo lumineux disparu en un claquement de doigt, laissant les deux protagonistes seuls dans cette pièce, le juge ayant disparu! Pour soigner son départ, un rire carnassier s'était élevé au moment où le feu s'était éteint, tandis que d'innombrables plumes ébènes tombaient délicatement au sol, à l'instar des flocons de neiges!

???


Dernière édition par Aiakos le Jeu 11 Sep - 23:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Jeu 11 Sep - 13:35

Perdu dans les méandres des échos lyriques et d'une lointaine tristesse, résultat de multiples existences plus ou moins fructueuses, le dieu des rêves fixait Aiakos sans le voir. L'espace d'un instant le Garuda s'était tu, laissant à la cathédrale sa splendeur et sa dignité baigner dans les accords d'une mélopée oubliée.

Comme suspendus dans le temps, les trois spectres écoutaient simplement la harpe animée. En cela Oneiros fut persuadé que le juge avait un cœur humain plus vulnérable qu'il ne voulait le laisser croire, et qu'il avait effleuré ce cœur avec la légèreté de la caresse d'une aile de papillon sur une main tendue. Aussi puissant et orgueilleux était-il, Aiakos avait une faiblesse aussi grande que son ego : besoin de reconnaissance ou ambition, peu importait son nom mais elle crevait le regard plus sûrement que sa tentative de faire passer le dieu pour un sous-fifre.

Le marchand de sable avait l'habitude des menaces d'imprudents mortels, tous plus prétentieux les uns que les autres, mais qui pourtant le priaient et lui faisaient offrandes lorsqu'ils étaient dans la détresse. Ainsi étaient les Hommes : sûrs d'eux lors de leurs victoires, plus fragiles qu'un nouveau-né alors que survenait une défaite. Et la constance des dieux, leur aptitude à résister au temps et à accomplir des miracles étaient alors le seul réconfort possible.
Ainsi, Oneiros se fichait bien de savoir si on ne lui reconnaissait qu'une qualité ou non, si sa prétendue destruction viendrait des Hommes ou des dieux. Son esprit n'avait retenu qu'une chose, pour le moins étrange.


"Grâce à qui... ?"

Les flammes disparaissaient déjà, emportant avec elles le paon déguisé en lion, quand le dieu prit conscience que la fin de la musique avait sonné le retour à la réalité de son interlocuteur. Par réflexe il posa son regard sans couleur sur la dernière personne à ses côtés, l'air intrigué par ces paroles incongrues. Si renommée il avait, il ne la devait pas aux humains mais plutôt à Hypnos, Hadès, voire Nyx dont le manteau de ténèbres lui offrait les meilleurs rêves à dérober. Et quand bien même, que faire d'une renommée ?

Se tournant vers la nef vide et les portes ouvertes à demi, il ferma les yeux gravement.


"Si je vous ôtais vos rêves, Garuda, vous seriez plus vide et inutile que moi en ce monde. Vous ne seriez qu'un pantin. J'en ai le pouvoir, mais avez-vous celui de me détruire ?"
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Lily


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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Dim 28 Sep - 14:00

Gris. La belle ne put empêcher ses prunelles de perdre de leur éclat. Gris. Elle aimait bien cette teinte. A ses yeux, elle représentait le monde tel qu'elle l'avait vu jusqu'alors, derrière les barreaux de sa prison, comme voilé par un rideau opaque. Elle s'y était acclimaté. Accoutumé. Que pouvait elle faire d'autre à l'époque ? Rien. Rien du tout. Aujourd'hui, elle préférait les teintes moins ternes, plus vives. Vivantes. C'est vrai. Le gris, c'était un peu la couleur de la non vie. Pas comme le noir qui demeurait sans équivoque mais d'une manière plus subtile. Moins tranchée. Ses doigts vinrent frôler la main de son gardien. S'il te plaît, semblait elle dire sans mot. S'il te plaît, ne tombe pas, je suis là, juste là. Il l'avait sauvé. Il l'avait guidé. Si il en avait besoin, elle serait son guide aujourd'hui. N'abandonnez pas, Gilles. Vous n'êtes pas tout seul. C'était la raison pour laquelle elle avait voulu venir avec lui. Pour l'aider et ne pas le laisser seul face à cet individu méprisable qu'elle ignorait à présent. Gilles, s'était Gilles. Il était un homme précieux à son cœur.

Il s'échappa pourtant et elle ne l'en empêcha pas. A quoi bon ? Elle comprenait le besoin de s'échapper d'un carcan apposé sur soi même. Elle espérait juste que le seigneur de Rais n'en reviendrait pas plus terni. Blessé. Elle ne fit nul geste d'au revoir quand le garuda disparu à sa suite, quand bien même Lily craignit un instant que ce dernier ne mette encore plus à mal son ami. Son gardien. Cet homme est vraiment méprisable, marmonna t-elle un peu grognon en contemplant les portes de la cathédrale. Elle secoua la tête, comme pour en ôter la colère qu'elle sentait croître dans son cœur. Alors c'était ça, la colère songea t-elle en plaçant sa main au niveau de son cœur. Elle l'avait déjà ressentie auparavant, bien évidemment pourtant... Il lui semblait que cette colère était un peu différente. La belle laissa son armure reprendre sa forme totémique avant de disparaître comme elle le faisait de coutume, dans les ombres de ce monde. De nouveau vêtu de cette simple robe blanche, la belle se détourna sur le dieu en lui adressant un salut maladroit, une courbette pour le moins peu protocolaire. Mais elle avait vraiment du mal à s'astreindre à ce genre de comportement, quand bien même Gilles trouvait cela important. C'était d'ailleurs la seule raison pour laquelle Lily continuait cet apprentissage sans trop se plaindre.

Seigneur des rêves. Merci encore de votre soutien. Son sourire s'était de nouveau insinué sur ses lèvres, comme si ce dernier ne s'était jamais échappé. Ses lèvres étaient faites pour le sourire. Pour embrasser lui avait on dit par le passé également. Je me demande quel genre de rêve peut avoir un homme pareil. C'était une vraie question qui pourtant, ne méritait pas la moindre réponse. S'en intéressait elle vraiment en fin de compte ? Bon courage à vous Seigneur des rêves. Je pense que c'est le genre d'individu qui, de toute façon, n'écoutes pas les autres. Il n'a pas besoin de vous pour perdre sa vie de vu.

Il se détourna vers la sortie, glissant ses bras derrière son dos comme une enfant insouciante qu'elle n'était clairement pas. Pas tant que cela en tout cas. Il est déjà vide.

Peut être un peu comme elle ?
Non, elle avait un rêve. Elle en avait un, unique et scintillant qu'elle espérait pouvoir réaliser un jour prochain. Bientôt, lui susurrait l'armure de la furie. Bientôt. Tu le reverras bientôt, soi en sur ma petite fleur. Elle adressa au dieu, un petit signe de main comme adieu avant de s'échapper elle aussi des lieux.

~> Ailleurs
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MessageSujet: Re: [Mai 1755] Mélopée oubliée   Dim 5 Oct - 10:59

L'Oracle resta immobile, comme figé dans la même pierre que celles qui constituaient la cathédrale, comme part intégrante du décor. On aurait pu le prendre pour une statue, voire un vitrail en trois dimensions avec lequel les reflets lumineux jouaient dans des éclats violets, bleus foncés ou noirs.

Il écouta les mots de la jeune fille qui n'attendaient pas de réponse, songeant avec un sourire intérieur qu'elle était bien sage pour son âge, et que Gilles saurait préserver à merveille cette qualité souvent négligée. En état de sympathie à l'égard du chevalier, l'idée lui prit soudainement de corriger en silence les maladresses de l'éducation qu'il avait inculquée à la demoiselle. Aussi, alors qu'il n'avait en principe à s'incliner que devant Hadès - ou son représentant terrestre capable d'utiliser ses pouvoirs, à savoir Himmel du Griffon -, il lui rendit sa révérence avec la grâce des dieux, beaucoup de souplesse et une certaine humilité.


"Je sais tout cela mon enfant. Maintenant va, ton gardien a besoin de ton soutien."

Il la regarda s'en aller d'un simple geste de la main. Cette petite méritait sa place au sein des spectres, pas à cause de sa force, pas par trahison. Oneiros pouvait voir son rêve briller autour d'elle. Donner la chance à un humain de revivre pour réaliser un rêve avec la conviction qu'elle manifestait lui suffisait amplement.

Se détournant alors de la nef, il avança vers une porte dérobée, dissimulée derrière les entrailles de l'orgue, laquelle menait au célèbre et mystérieux passage vers les Enfers. La cathédrale redevint silencieuse et morte, pour le plus grand plaisir des âmes errantes qui y logeaient.


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[Mai 1755] Mélopée oubliée

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