RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]

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Managarm


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MessageSujet: [???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]   Sam 12 Juil - 13:02

Le regard de l'adolescent se perdit sur les lignes noircies du vieux livre qu'il étudiait depuis ce qui aurait bien put être des heures. La théorie lui était accessible pourtant, dès qu'il venait l'heure pour lui de passer à la pratique, la difficulté se faisait soudainement ressentir. Un soupire effleura ses lèvres alors que le jeune guerrier divin repoussait une mèche de cheveux immaculé derrière son oreille d'un geste machinal, avant de les attacher en catogan avec un lien de cuir qui traînait par là. Pourquoi tout ce qui touchait, de près ou de loin, au soin lui était aussi inaccessible ? Ses prunelles s'attardèrent sur ses doigts, comme si était inscrit sur ses paumes la raison de ses échecs répétés. Il n'avait pourtant pas ménager ses efforts pour parvenir à un bon niveau en magie, ne délaissant nullement le don de sa mère au profit de la force hérité par son père qui lui permettait de soulever l'épée d'argent que ce dernier lui avait offert. Il se débrouillait bien par ailleurs, et y prenait même un certain plaisir pour tout avouer, pourtant, dès lors qu'il désirait soigner, ce don se refusait à lui. Son regard se voila un instant alors qu'il refermait ses poings.

Était ce là, sa nature profonde ?

Un nouveau soupir passa la barrière de ses lèvres alors que son regard s'attarda sur son poignet gauche autour duquel avait été enroulé un bandage de tissu. Il savait parfaitement que sous ce dernier, nul blessure ne subsistait et ce, depuis un certain temps. Ses capacités de régénération lui permettaient de récupérer à une allure que n'importe quel mortel normal jalouserait, et qui n'était pas donné à tous les éveillés non plus. Le sang de son père l'y aidait. Pourtant, il ne lui était pas venu à l'idée d'ôter cette bande inutile à présent, la gardant précieusement autour de son bras et lui rappelant constamment celle qui l'avait ainsi noué. L'adolescent enfouit sa tête entre ses bras pour dissimuler en partie les émotions qui l'étreignaient à cette pensée envers la fille de l'aube. Ses sentiments étaient des plus limpides. Des plus troublant également par instant. Non pas qu'il ne les acceptait pas, seulement, leurs intensités l'étonnaient parfois. Une vieille légende, un mythe oublié vint troubler ses pensées sur ce premier loup qui, seul de son espèce, avait fait un vœu unique jetant sur ses descendants cette malédiction tût.

Encore là dessus Mana ?


L'enfant faillit sursauter. Perdu dans ses pensées, la présence de sa mère n'avait qu'à peine effleuré sa conscience, tant et si bien qu'il se redressa maladroitement sur sa chaise après un coup d’œil à cette dernière. Nullement dupe, la dame blanche se pencha sur son fils avec un sourire amusé.

Si tu t’entraînes comme ça, tu n'es pas près d'y parvenir, tu sais.

Taquine, sa génitrice avait coutume de l'être, et ses treize années d'existences à ses côtés lui avait appris à composer avec. C'était sa manière à elle de faire, tout comme les façons de faire de son père se composaient bien souvent d'un apprentissage dans le feu de l'action. La théorie ne correspondait pas à Zéta. D'ailleurs, ce dernier devait sans nul doute donner l'une de ses fameuses leçons à Eren, le jeune mercenaire que Sköll avait ramené plusieurs mois auparavant – une année peut être à présent, songea-t-il brièvement.

Je sais.


Sa voix était calme, ni offensé ou même blessé par les paroles de sa mère. Il était têtu, aussi, n'abandonnait il pas à la première difficulté quand bien même cela allait à l'encontre de sa nature profonde. Cet apprentissage était aussi important que les autres, plus même que certain d'entre eux. Nécessaire, il y mettait une énergie intarissable pour des résultats plus que médiocre. Il n'en avait pas besoin après tout, de cette capacité, avec sa régénération naturelle, pourtant... Une pichenette sur son front le ramena à la réalité, et c'est davantage par habitude que par réelle douleur que le garçon porta ses mains à son front, là où le coup de Leene l'avait frappé.

Ça ne sert à rien de te torturer ainsi. Ça viendra, tu t'es déjà beaucoup amélioré, bien plus vite que moi d'ailleurs, alors essaye de te ménager. Tu n'es rentré de mission que depuis hier. Tu veux aller trop vite, laisse un peu de temps au temps.

Le jeune guerrier divin frotta son front du bout des doigts, contemplant sa mère avec un rien d’embarras. Quand bien même Managarm était un adolescent calme et serein, il était également un perfectionniste dans l'âme si bien que chaque échec le poussait davantage en avant, et ce, jusqu'à ce qu'il ne dépasse ses propres limites. Il les effleurait du bout des doigts mais avait encore du mal, parfois, à ne pas les outrepasser. Il n'était pas parfait, même si il faisait de son mieux pour l'être, muselant cette part sombre qui résonnait au diapason avec son armure.

J'arrête bientôt, promit-il devant l'air désabusé de sa tendre mère qui, les mains sur les hanches, le contemplait avec un rien de lassitude amusé. N'était elle pas aussi têtue quant elle le voulait - c'est à dire, souvent, et il le fallait bien avec tout ces hommes dans sa demeure !

Fils de ton père, va.


Un sourire vint ourler les lippes du garçon alors que la dame blanche s'éloignait, récupérant son manteau long à la teinte rougeoyante qui rappelait le chaperon d'une fillette d'un conte bien connu dans des contrées plus lointaine.

Je vais récupérer quelques plantes, lorsque je reviens, tu as intérêt d'avoir ranger tout ça, sinon, je ne donne pas cher de ta peau mon petit loup.


D'accord.


Cela lui laissait donc quelques heures. Le regard du jeune homme se tourna vers la petite cage dans laquelle reposait un oiseau blessé – son cobaye puisqu'il ne pouvait pas tenter sur lui même, il régénérait trop vite pour que cela soit d'une quelconque utilité. Il aurait préféré ne pas avoir cette capacité à cet instant mais il lui était encore difficile de la museler. Et puis l'important, c'était de parvenir à soigner d'autres personnes, il se moquait bien de ses propres blessures.

Une idée vint poindre dans son esprit. Une idée saugrenue à laquelle il n'avait pas pensé pour l'heure. L'adolescent se redressa, s'approchant de la cage et de l'oiseau blessé – son aile avait visiblement été salement amoché soit par une bête, soit par une chute – et laissa son cosmos d'argent venir à lui. Il se vida l'esprit et se concentra sur cette tâche, cette idée hasardeuse en tête. Il fallait essayer. Un grondement s'extirpa de sa bouche alors qu'il relâchait brutalement sa concentration, grimaçant en portant sa propre main à son bras gauche dans lequel avait explosé un court instant une violente douleur. Heureusement qu'il était déjà à genoux par terre, sinon, il aurait craint de choir de manière fort peu gracieuse. La respiration saccadée, il se sentait malmené par son propre corps qui paraissait tout à coup bien plus lourd, éreinté. Sa mission ne s'était pas passé aussi tranquillement qu'il l'avait laissé entendre, et il subissait le contre coup.

Ce n'était eut être pas une si bonne idée que ça finalement...
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]   Lun 14 Juil - 12:28




Eilaine



Une enfant perdue


Visite impromptue




Une ombre déjà, se penchait sur la silhouette immobile de l'adolescent. La présence jusque là dissimulée, se révélait peu à peu au grand jour sous des traits juvéniles, et vieux à la fois. Un sourire cocasse brisait la commissure de ces lèvres et, d'une main goguenarde, alla ébouriffer cette chevelure. Deux grands yeux où gravitaient cette dualité qui habitait l'enchanteur, se posèrent avec une bienveillance renouvelée sur le petit de Maeleene et Sköll. Ces cheveux roux, si semblables à une oriflamme ne laissaient pas de doute possible sur l'identité de l'importun. Il s'agissait de Merlin, celui qui possédait nombre de noms, quantité affolantes d'histoires et de songes. Fils de démon et d'une pucelle.

« C'est vrai, petit Managarm, il faut écouter ta mère. Et plus encore, il faut écouter ton cœur. » sur ces paroles énigmatiques, le druide fit un pas de côté pour révéler une seconde présence jusque là tapie dans l'ombre. « Eilaine et moi, on vient vous rendre une petite visite ! On pensait faire une petite farce à ta maman, mais … on s'est ravisé au dernier moment et c'est tombé sur toi. J'espère que tu nous en veux pas trop ? »

Cet air taquin qu'il affichait ne voulait pas s'effaçait de son petit minois d'ange : signe qu'il fallait se méfier de lui, quand il adoptait pareil comportement. Ceux qui le côtoyait assez savait que Emrys Myrddin était un éternel enfant, un elfe dépourvue du sens moral, parfois capricieux comme le vent, tempétueux comme l'eau, imprévisible comme la terre, et destructeur tel le feu. Tel était cet homme aux multiples facettes. Un druide, le premier enfant du Dagda. À ce qui se disait.

« Bonjour, Mana. » déclara la voix fluette de l'adolescente en sortant de l'ombre, se révélant à la lumière du jour, plus belle que jamais avec ces yeux bleus pareils à un ciel d'été, cette peau plus blanche que la neige et ces cheveux blonds comme l'or ou les blés. Un petit soleil. « Grand-père, au lieu de taquiner ce pauvre garçon, va plutôt nous annoncer, tu ne voudrais quand même pas te prendre une chasse par la mère de mon futur époux ? »

L'intéressé fila ni une ni deux, ne laissant de lui qu'un courant d'air qui s'engouffra dans toute la pièce. Un léger rire finit de briser le silence, celui de la petite fille de l'aube, celle en qui Avalon croyait. Fille d'Aalanna, petite-fille de Morgane la fée. Elle brisa de quelques pas, la distance qui les séparait encore pour se pencher vers lui et l'aider à le relever, profitant de cette proximité pour lui sourire et le serrer dans ses bras.

« Tu as bien grandit Mana, tu m'as manqué, tu sais. »






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Managarm


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MessageSujet: Re: [???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]   Mer 16 Juil - 22:11

Une mauvaise idée. Ses doigts se crispèrent sur son bras douloureux dans l'espoir dérisoire d'effacer la douleur. Son corps déjà réagissait, il sentait une partie de son pouvoir courir sous sa peau afin d'étioler ce qu'il avait stupidement éveillé. Un éclat vint perturber sa rémission. Un frisson parcouru son corps alors qu'il se détournait, l'ombre d'une sentence voilant ses prunelles avant qu'il ne détaille l'homme à la chevelure écarlate qui s'était ainsi penché sur lui, ébouriffant davantage encore sa tignasse argenté. Un sursaut surpris. Tressaillement. L'étonnement laissa place à un vague sentiment de honte avant que ce dernier ne s'étiole. Un soupir passa la barrière de ses lèvres. D'un geste habitué, l'adolescent vint remettre de l'ordre dans sa chevelure désordonnée avant de les rattacher simplement. Ils étaient trop long et avaient la fâcheuse tendance de n'en faire qu'à leur tête. Sans nul doute aurait-il été plus simple de les couper une bonne fois pour toute, comme Eren ou son père, pourtant, il n'était pas parvenu à franchir le pas, se contentant de les attacher lorsque ses derniers le gênaient. Le jeune guerrier contempla son mentor avec un rien de dépit amusé, habitué qu'il l'était à certaine de ses frasques et à ses habitudes pour le moins énigmatique. Insaisissable, l'enchanteur à la crinière de feu l'était parfaitement, et Mana n'avait jamais essayé de réellement le percer à jour. Il était ainsi, et il était préférable de s'y adapter.

J'ai l'habitude, commenta-t-il sobrement avec un sourire presque amusé. La douleur s'était étiolée, si bien que son esprit concentré sur l'instant l'avait presque oublié. Presque. Il savait qu'il malmenait trop son corps ces derniers temps, sa tâche de guerrier divin était lourde à porter.

Il l'avait sentit, bien avant que cette dernière ne sorte de l'ombre de son aïeul, par ailleurs, c'était sans nul doute possible sa présence qui avait calmé ses élans. Y penser assombrit l'éclat de ses prunelles avant que la lumière émanant de l'adolescente ne vint la faire disparaître. Sa voix était douce à son cœur, tout comme sa simple présence éclairait un paysage terni par l'hiver. Elle était la fille de l'aube, apportant sur la terre, l'éclat ardent d'un soleil jusqu'alors absent. Elle était sa précieuse moitié. Les battements de son cœur se faisaient plus anarchique alors que la dame de ses pensées se penchait sur lui pour l'aider à se relever, l'étreignant entre ses bras. Un frémissement ébranla son corps maladroit alors qu'il lui retournait son étreinte dans un soupir bienheureux. Bien qu'il ait grandit, il ne la dépassait pas tout à fait encore, même si pour la première fois, il s'en approchait fortement. Une douce odeur de lys se dégageait d'elle, enivrante à ses sens et à son âme. Auprès d'elle, il se sentait entier. Vivant. Cette exaltation était complexe à appréhender, difficile à vivre parfois, elle n'en restait pas moins unique et toute puissante. Lui dire qu'elle lui avait manqué était un euphémisme pourtant...

Tu es toujours dans mes pensées. Je suis heureux de te revoir, ma dame.


Il n'y avait nulle gêne dans sa voix, juste une certitude, une vérité universelle. La fille de l'aube et l'enfant du crépuscule. Le jeune epsilon s'écarta de sa belle à contrecœur, contemplant son visage dans un sourire tendre.

J'ai beau avoir grandit, tu me dépasses toujours. Mais l'écart s'amenuise, s'amusa-t-il à signifier en comparant leur taille respective. Eilaine avait une année de plus que lui, cela ne jouait pas en sa faveur, mais il ne doutait pas de parvenir à la dépasser dans un futur proche.

Cette fois, son sourire fut plus franc alors qu'il venait ranger les livres qu'il avait emprunté à sa mère afin de dégager l'espace. Lorsque Antiokus reviendrait avec sa mère, il valait mieux pour lui qu'il ait fait place net. Malgré lui pourtant, il ne put s'empêcher de détailler certaine ligne du manuscrit en songeant aux paroles de l'éternel enfant. Son regard dériva sur la cage dans laquelle était enfermé l'oiseau qui ne semblait guère aller mieux malgré sa dernière tentative. Un soupir. D'un mouvement presque maladroit l'adolescent récupéra cette dernière pour la placer au coin de la table.

J'ai vraiment du mal en magie de soin...


La magie blanche n'était pas son fort et cela l'angoissait presque. Était il condamné à détruire ? Cette perspective l'effrayait. Comment protéger ce qui lui était précieux si il ne parvenait qu'à anéantir ce qui l'entourait ? Il se détourna du triste moineau pour offrir à la demoiselle un sourire qui se voulait assuré.

Installe toi, je reviens.

Rapidement et dans des gestes habitués, le jeune guerrier divin alla préparer une infusion de plante que sa mère gardait toujours à porté. Il savait que la demoiselle appréciait ce mélange pour le lui avoir déjà fait goûter. Il apporta deux tasses sur la table, s'installant en face de l'adolescente en laissant le reste du mélange de côté pour le reste de la famille. Ce calme était agréable. La présence de sa promise avait le don d'apaiser son âme quand bien même perturbait elle ses pensées par moment. Elle avait l'air d'aller bien. Pas de blessure apparente. Rassurant. Par moment, il avait du mal à accepter l'éloignement même si leur tâche respective les y obligeait. Il devait se contrôler, il ne pouvait pas passer sa vie dans son ombre, il était un guerrier divin au service d'Odin et elle était la fille de l'aube, prêtresse d'Avalon.

Tout va bien pour toi à Avalon ?

Il s'inquiétait un peu, quand bien même était ce un lieu particulièrement protégé. Avec Antiokus, tout était possible après tout.
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]   Dim 20 Juil - 17:36




Eilaine



Une enfant perdue


Montre-moi




Un petit rire argentin ponctua la constatation de son ami : c'était vrai, ils grandissaient tout deux à une vitesse folle, plus vive encore que ceux des enfants normaux. Normaux, ils ne le seraient jamais, même si ils le désiraient ardemment tout les deux. Les deux adolescents avaient un rôle à jouer, respectivement. Le Destin, même si ils le fuyait, ne pourrait que les rattraper. Hélas. Managarm n'achèverait pas sa croissance avant un long moment, quant à Eilaine, grâce à la magie d'Avalon, ne tarderait plus à évoluer tout à fait comme l'avait fait sa grand mère, à défaut de sa mère qu'on avait – par dépit – délaissée dans le monde véritable, celui des hommes. Les choses avaient changé depuis, et le tertre des âmes restait pour elle, un lieu sûr, éloigné des guerres, des conflits absurdes des hommes. Mais en tant que Prêtresse, elle se devait de veiller sur son peuple, et, certains demeuraient ici. Comme Managarm.

Eilaine aimait s'échapper des brumes de l'île aux Pommes. Merlin l'avait tant de fois surprit à vouloir regagner ces terres que, à force, on lui avait coupé les chemins qui la mèneraient ici bas, à ses côtés à lui. Son entêtement avait conduit le druide à cette visite impromptue. Car la jeune femme ne se contentait plus désormais de pouvoir voir Mana par le prisme des visions. Son orbe lui semblait si pâle, si froide chaque fois que ses doigts glissaient sur la surface.

« La magie blanche est la plus complexe qui soit Mana, il ne faut pas te décourager. » lui assura t-elle en contemplant l'oiseau en cage avec une pointe de douleur dans la poitrine. « Crois-moi, il est plus facile de faire appel aux ténèbres qu'à la lumière. Le cœur des hommes est fort mais vacillant, ils ont tendance à aller vers les ombres, par dépit, par crainte, parce qu'ils abandonnent. Mais toi, je refuse que tu abandonnes. »

Fit-elle en s'installant comme il le lui avait demandé. Le garçon ne devait pas perdre la foi. Alors, elle réfléchit à un moyen de l'aider dans ses leçons. Leene devait être un professeur attentif, mais sans doute peu patiente, enfin, c'était ce qu'elle imaginait, la connaissant un tant soi peu. La sorcière blanche avait une place toute particulière dans le cœur de la Prêtresse, amie de sa mère, elle lui vouait surtout une admiration sans borne. Elle était puissante, très puissante. C'était pour cette raison qu'Eilaine avait toujours prit grand soin à adopter une attitude distante et froide mais respectueuse vis à vis d'elle. Eilaine ne savait pas si elle comprenait ce geste, mais … son don lui interdisait de la toucher, et jouer la carte d'une certaine … indifférence à son endroit l'aidait quelque peu à ne pas s'attacher.

Elle avait peur de l'effleurer et de voir. De voir …

« De ? Oh pardon, j'étais dans mes pensées. Oui, je suppose. Je suit mes propres leçons, comme toi, sous l’œil sévère de mon grand-père. Je reste enfermée dans le tertre des âmes, le reste d'Avalon est … inaccessible. » déclara t-elle le plus simplement du monde, comme si ce fait n'était pas surprenant. En réalité, ça l'était, mais Eilaine préférait éviter ce sujet. « J'apprends beaucoup de choses moi aussi. »

Ses yeux azurs retombèrent sur le moineau qui restait immobile dans sa cage. Automatiquement, sa main se porta à la tasse fumante et elle respira le parfum subtil de l'infusion qu'elle aimait tant. Il s'était souvenu. Le geste plu beaucoup à Eilaine qui eut à son adresse un immense sourire charmant.

« Montre-moi Mana, montre-moi comment tu t'y prends avec l'oiseau. »






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Managarm


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MessageSujet: Re: [???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]   Sam 26 Juil - 14:40

Il sourit. Un sourire un peu triste, doucereux, presque douloureux qui avait tendance à s'installer trop souvent sur son faciès ces derniers temps. Cette émotion qui enflait en lui ne ferait que s'affirmer avec le temps, quand bien même son visage, lui, finirait par en être hermétique. Il ne le savait pas encore, mais cette amertume s'installerait durablement en lui. Un jour, elle le tuerait probablement.

Tu parles à un connaisseur.


Managarm était un enfant des ombres. Son père était le destructeur de soleil, sa mère, une fille de la lune lié aux âmes des morts. Son héritage était parfois lourd à porter, non pas qu'il le reniait, loin s'en fallait, il l'avait accepté depuis longtemps et celui-ci lui était particulièrement précieux : grâce à lui, il avait une force suffisante pour protéger ce qui lui était cher, même si cela signifiait bien trop souvent détruire. Mais cela n'était pas toujours aisé à enchaîner. Il n'en dit rien cependant à la belle d'Avalon. Pour une fois qu'ils parvenaient à ce voir, il n'était pas question qu'il l'embarrasse de ce genre de pensée trop sombre, même lui fit en sorte de les étioler en offrant à la demoiselle un sourire rassurant – quoi que fatigué.

Mais je suis têtu.


Nul doute là dessus. Sa propre mère n'en pensait pas moins, mais il avait de qui tenir. Il porta la tasse fumante à ses lèvres sans plus de précision. Un froncement de sourcil singulier vint pourtant troubler son visage redevenu plus calme. Enfermée. Si ce n'était pas le cas, elle n'aurait rien dit. Alors le simple fait qu'elle le lui dise voulait déjà dire beaucoup plus. Il reviendrait dessus, peut être pas avec l'adolescente dans ce cas mais avec son grand père plus probablement. Quand Eilaine ne voulait pas parler de quelque chose, elle ne lâchait rien. Mais elle n'ignorait pas qu'il était pareil, et qu'en cela, il la comprenait. Un soupir vint troubler le liquide fumant.

Comme toujours, tu en dis trop et pas assez en même temps.


Un vrai travail de maître. Les brumes de sa patrie l'avaient rendu aussi mystérieuse que cette dernière, oubliée du monde. Il n'en était pas attristé, pas vraiment. Lui aussi gardait ses secrets, ils ne se disaient pas tout, comment cela aurait il pu être possible de toute façon ? Ils ne se voyaient pas assez souvent pour. Sans doute était-ce cela qui le chagrinait le plus. Ses doigts relâchèrent sa tasse alors que son regard vint contempler l'oiseau enfermé dans cette cage de fer forgée. Son cœur accéléra sa cadence bien malgré lui. Lui montrer. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il aurait refuser de s'y essayer de nouveau, mais puisqu'elle le lui demandait, il le ferait. Cette fois, cette unique fois.

Si tu y tiens.


Évidement il doutait profondément de sa réussite. Sous le regard de sa dame, le jeune guerrier divin récupéra l'oiseau entre ses mains qui, effrayé et blessé, ne bougea pas d'une plume. Une proie faible entre les crocs d'un prédateur perfide. Il inspira profondément afin de se vider l'esprit de toutes ses pensées parasites – fort nombreuses – avant de se lancer dans sa tâche. Le cosmos d'argent auréola sa main s'approchant de cette aile abîmée avec une certaine hésitation – crainte. Il était si facile de prendre la vie. Des images dansaient au rythme des battements de son cœur. L'adolescent se mordit la lèvre à cette pensée, face à ses réminiscences peu lointaine, sentant sans même le voir l'altération dans son aura qu'il brida d'un seul coup, cette dernière disparaissant brutalement au fin fond de son être. Des cristaux d'argents s'attardèrent sur le bois sombre de la table sur laquelle l'oiseau reposait dans un linceul scintillant.

Trop tard. Les paroles de Antiokus mirent trop de temps à se faire comprendre. Écouter son cœur... Managarm baissa la tête pour s’esquiver à son regard azur, ses doigts vinrent se crisper sur le rebord de la table qui les séparait. Ils ne se voyaient pas souvent, tout du moins, bien moins que ce qu'il l'aurait désiré, lui. Il ne savait pas si sa promise ressentait ce même sentiment, cette frustration abyssale qui semblait par moment le submerger. Son absence lui coûtait. Sans elle, il n'était pas...entier. Et cette impression ne faisait que s'affirmer avec le temps. Une absurdité qu'il se devait de contrer par n'importe quel moyen. Il ne pouvait pas se permettre d'être une arme sauvage et indomptable, il devait contrôler tout ça, toute cette part d'ombre qui tempêtait en lui. Habillement, il le dissimulait à son entourage, autant que possible, il refrénait les pulsions que son aîné et son propre père laissaient au clair. Alors, il n'en parlait pas. Refusait à ce frère adoptif un duel que ce dernier lui demandait à corps et à cris pour ne pas se laisser envahir et se perdre. Il ne devait pas.

Sa voix s'éleva sans qu'il ne redresse la tête, étrangement froide et pourtant vibrante d'une vérité tue. Il ne devait pas lui en parler. Il devait être fort, suffisamment pour la protéger. Mais à qui d'autre pourrait il en parler, hormis elle ?

Eilaine, est ce que tu as peur de moi ?


Il ne pourrait pas lui faire de mal à elle. Jamais. Sa nature même l'aurait refuser si ce n'était pas son cœur, pourtant... Lui, il avait peur.
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]   Lun 28 Juil - 0:29




Eilaine



Une enfant perdue


Sauve-moi




Lutter contre sa nature, en voilà un défi de taille, surtout pour un homme victime d'une telle malédiction. Une malédiction qui le tuerait, assurément, mais avant, il détruirait. Oui, il allait détruire un à un les êtres qu'il estimait, dont celle qu'il aimait à en mourir. Eilaine le savait, Eilaine le connaissait, Eilaine était elle aussi maudite, tout comme lui. Mais Eilaine l'aimait, et était destinée à être sienne, pour le sauver. Elle, l'enfant de l'Aube, promesse du Soleil. Avait-elle peur de lui ? C'était ce que lui demandait Managarm, à demi-mot. En réalité, lui avait peur, peur d'être l'instrument de sa Mort. Cependant, la Prêtresse d'Avalon n'éprouvait aucunes craintes, tout juste celle de le quitter. Mais, elle ne le quitterait jamais. La Mort n'était pas quelque chose de définitif, surtout pour la druidesse.

Les Mondes des Morts et des Vivants ? Ils étaient liés, liés parce qu'il existait un pont qu'elle régissait. Avalon. Un royaume dont elle était la régente, sans le désirer, prisonnière des traditions et des menaces qui ne cessaient de peser sur les Mondes. Celle qui désigne le Porteur de la Lumière, c'était elle. Eilaine.

Témoin de l'échec du guerrier, de son émoi, de son trouble, la demoiselle ne fit aucuns gestes, aucuns mouvements. Ses yeux bleus détaillaient ce spectacle macabre avec une froideur qu'on ne lui connaissait pas. D'ordinaire la Prêtresse se serait montrée rassurante, pas cette fois. Sérieuse, elle leva une main vers son aimé, le désignant d'un index qui eut tôt fait de se parer d'une lumière blafarde. Un éclat sauvage brilla dans ses prunelles et la belle adolescente remua les lèvres. Elle priait. Elle psalmodiait des propos en ancien druidique qui éveilla la nature tout autour d'elle. Tout, tout sembla se réveiller. Au dehors la neige commença à fondre, les oiseaux chantaient dans les frondaisons des arbres jusque là parés d'une épaisse couche de givre. Le vert, partout, s'imposait avec force.

« Managarm ... » sa voix sonnait comme un avertissement. « Ici et maintenant, tu vas m'infliger une blessure mortelle et je vais en mourir. Sauf … sauf si tu utilises la magie blanche. »

Un pâle sourire orna son visage de porcelaine. D'un seul coup, le fantôme d'un loup géant se matérialisa devant le jeune homme et alla fondre sur sa proie. Sa gueule béante s'écrasa sur le flanc d'Eilaine qui ne poussa aucuns cris. Elle s'effondra au même moment où Antiokus, dans un cri rageur, défonça la porte de la chaumière, lui-même sous les traits d'un immense loup au pelage automnal.

« Qu'as-tu fais ?! » gronda l'éternel enfant en montrant les crocs. Un murmure l'interpella et, à contrecœur, le druide reprit sa forme originelle : sur son visage angélique, une lassitude immense pouvait se lire, de même qu'une peine presque palpable tant elle était présente. Cette scène lui rappelait quelque chose. « Managarm, souviens toi : écoute ton cœur. Tu n'auras qu'une seule chance. Si tu échoues … elle mourra. »

Lentement, l'homme à la longue chevelure rousse s'approcha de la table sur laquelle reposait l'oiseau. Sans un mot, sans utiliser en apparence son pouvoir, le druide par la seule force de sa volonté, de son cœur, fit s'agiter l'oiseau qui, peu à peu, reprit vie pour s'envoler à tire d'aile. Loin du froid, loin des peurs.

Lutter contre sa nature. Quelle était cette folie ?

« Ne te laisses pas envahir par la peur, ne te laisses pas envahir par les ténèbres. Tu es un homme, oui, mais tu as le pouvoir de changer ton Destin, comme le sien. »

Lutter contre sa nature, lutter contre son Destin, pourvu qu'il y parvienne, sinon, tout serait perdu à jamais.






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Managarm


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MessageSujet: Re: [???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]   Mar 5 Aoû - 17:14

Peur. C'était un sentiment qu'il commençait à connaître. La peur de mourir en soi ne l'emprisonnait nullement. Peut être était ce de l'arrogance de sa part, mais il se savait suffisamment fort pour ne pas craindre cette dernière. Lorsque ses crocs se délecteraient de son sang, il sera l'heure d'en être effrayé, mais avant cela, elle ne serait que le moteur de sa survie. Non, aujourd'hui ce dont il avait peur, c'est de se montrer trop faible pour éloigner la mort des autres. Ce spectre sinistre qui suivait sa passe, ombre macabre se détachant de sa propre silhouette, l'effrayait. Sa propre image, reflet inversé de ce qu'il dévoilait à la face du monde. Si trompeur. Peut être ne la craignait il pas simplement parce qu'il était l'un de ses vassaux incarnés sur terre pour y poser son obscur voile...

Son regard trouble se détourna sur sa fiancée, muette, elle ne l'était nullement, psalmodiant tout bas des paroles qu'il ne parvenait à saisir. Il n'y eut qu'un instant après son avertissement. Un éclat de cosmos et le grondement puissant d'un loup d'argent déchirant la chair offerte en sacrifice. Cet avertissement résonnait dans sa conscience avec une précision macabre alors que le corps de sa belle chutait sur le sol, emportée par les crocs d'airains. Le sang déjà, maculait sa mise de sa teinte carmine. Son cœur cessa de battre. Son univers s'écroula. Était ce lui qui avait fait cela ? Son pire cauchemar prenait vie sous ses yeux, effarés, effrayés, l'adolescent sentait son âme se briser, la douleur l'aliéner.

EILAINE !

Un cri déchirant, brisé, blessé. Son corps se mit en branle aussi vif qu'il était possible de l'être dans pareil état, ignorant totalement la présence du loup automnale redevenu homme. La gorge serrée, le cœur broyé par les crocs de la mort, il lui fallut plusieurs secondes pour qu'il ne comprenne les paroles de son maître. A peine. Si lointaine qu'il lui semblait que ce n'était qu'un spectre éthéré qui chuchotait faiblement. Les ombres étaient seules à l'entourer. Ses ombres. Son pouvoir. Macabre, elles dansaient, inconsistantes mais dangereuses. Son esprit se délitait.

Managarm ! Elle n'est pas encore morte ! Alors soigne là !


Un sursaut. L'adolescent se détourna du sinistre spectacle de sa dame maculée d'écarlate pour contempler le visage de sa mère perdu entre les ombres. Au côté d'Antiokus, cette dernière avait repoussé l'homme à l'abri des ombres folles, atteintes par le désespoir de son fils. Soigne là. Il ne savait pas soigner. Il ne pouvait que tuer. Non. Il n'y avait que lui. Son cosmos d'argent s'embrasa, illuminant la pièce de son éclat immaculé, repoussant les ombres qui l'entouraient, protectrices et destructrices. Ses doigts vinrent se poser sur la blessure à vif alors que son cosmos les auréolait. Tant de sang s'écoulait de la plaie... L'odeur entêtante qui s'en dégageait avivait la peur et la colère, le désespoir et la folie. Sa respiration n'était qu'un souffle concentré, perdu. Il avait mal. Il avait froid. Pour la première fois, il ressentit ce lien qui unissait les loups à leurs compagnes. Pour la première fois, il comprit dans sa chair et dans son âme que le jour où elle ne serait plus, il mourrait avec elle. Des larmes glissèrent sur ses joues alors que son cœur refusait cette échéance. Pas aujourd'hui. Jamais.

Je refuse, souffla t-il entre deux inspirations.

Il ne la perdrait pas. Les ombres muettes disparurent alors que l'éclat de la vie reprenait place dans le corps alanguit de sa promise. Doucement, difficilement, le cosmos d'argent s'auréola de cette puissance pour la lui transmettre, tant et si bien que ce fut à bout de force et de souffle que le jeune homme termina son office. Il frémit en sentant l'éclat de la vie reprendre sa place dans ce corps aimé. Son cœur s'éveilla de sa torpeur, de sa propre mort. La douleur n'avait pas disparu. Elle demeurait dans chaque recoin de son être, comme transporté par son propre sang. Doucement, l'adolescent vint étreindre la belle, enfouissant son visage contre son cou, cachant à son regard les larmes qui s'étaient écoulées au grès de son désespoir.

Ne refais plus jamais ça Eilaine, gronda l'adolescent d'une voix rauque et brisée, teinté par la colère. Le silence s'étira avant que son murmure ne le brise. Un murmure pour elle seule. Toi aussi tu vas finir par me tuer...

Une réalité. Un constat. Une prophétie. Mais ce jour là, nul soin ne serait suffisant pour ramener à la vie son cœur mort.
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]   Dim 10 Aoû - 18:14




Eilaine



Une enfant perdue


Es-tu en colère ?




Qu'est-ce qui nous pousse à faire de telles choses si ce n'est l'amour ? Eilaine avait agi sous une impulsion, désireuse de suivre son cœur plutôt que sa tête. Cela aurait put lui coûter très cher, la Prêtresse le savait mieux que quiconque seulement, elle croyait plus encore en Managarm en qui elle vouait une confiance sans limite. Elle avait eut raison de le faire, mais en faisant cela, l'adolescente savait aussi qu'à son réveil, elle s'attirerait les foudres de son entourage. Qu'importe, c'était là son rôle. Le guider lui vers la lumière. En tant que future épouse, il lui incombait de lui montrer la voie : la Sorcière Maeleene, elle le soupçonnait tandis qu'elle sombrait dans la noirceur la plus totale, la comprendrait. Comprendrait ce geste fou. Mana, n'ait aucune crainte, écoute ton cœur qui bat dans ta poitrine.

Eilaine reprenait vie, peu à peu dans les bras de son aimé : ses prunelles saphir se posèrent sur le visage tordu de douleur du jeune homme et elle fut aussitôt prise de remords. L'une de ses mains se leva pour replacer une mèche d'argent derrière l'oreille du guerrier. Un pâle sourire plus tard et, dans un murmure, la dame de l'Aube s'excusa.

« Désolée mon Loup, mes manières sont bien trop brutales parfois. » une voix de stentor retenti alors, mécontente pour briser ce moment. « Extrêmes tu veux dire jeune fille ! Ne te souviens-tu pas de tes enseignements ? »

Un petit sourire accroché sur ses lèvres légèrement bleuies, la demoiselle ignora l'intervention de son grand-père pour se redresser avec lenteur. Une douceur calculée durant laquelle, profitant de sa proximité avec le jeune homme, Eilaine souffla à l'oreille de Managarm avant de déposer un baiser sur sa joue.

« Il faudra que tu me racontes ce que tu as vu. Le premier contact avec la magie blanche créer un lien puissant, un esprit à certainement dû t’apparaître, je serais curieuse de savoir lequel. Moi c'était … »

Coupée dans son explication, le timbre autoritaire d'Antiokus la renfrogna et, baissant la tête, Eilaine décida de faire profile bas pour le moment. Sous le regard courroucé de son maître, la jeune fille n'en menait pas large. Il fallait bien avouer que le druide était assez impressionnant lorsqu'il était en colère ! Sous ses airs d'enfant lutin, Merlin l'enchanteur n'en demeurait pas moins un personnage craint et respecté.

Avalon avait une dette éternelle envers le premier druide du Dagda.

« Veuillez m'excuser, je pensais que c'était le bon moyen pour l'éveiller et lui prouver qu'il était capable de « souffler la vie ». Lui plus que les autres doit savoir côtoyer les esprits blancs. C'est son Destin. Vous l'y avez poussé en choisissant de le lier à moi. Mana, regrettes tu leur choix ? Es-tu en colère contre moi ? »

Dans ses yeux brillaient une détermination sans borne qui fit capituler l'éternel enfant. Soupirant, pestant, le druide se prit la tête entre ses mains et alla s’asseoir sur une chaise, implorant une tasse de thé à Leene.






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Managarm


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MessageSujet: Re: [???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]   Mer 20 Aoû - 18:25

Vivante. Son cœur encore, peinait à assimiler cette information qui se frayait un difficile chemin jusqu'à lui. Il pouvait encore sentir le parfum de la mort et cette odeur de sang couvrait presque celle de la fleur de lys que la demoiselle dans ses bras dégageait. Trop subtile pour son odorat agressé par les effluves de fer acre qui l'empêchait de totalement se rendre compte de sa réussite. Par ailleurs, le fait qu'il soit parvenu à utiliser la magie blanche était pour l'heure, loin de ses préoccupations. Avant, il devait calmer les élans douloureux de ce cœur à l'agonie qui avait cru perdre la moitié de sa vie. Les gestes faibles mais assuré de sa promise étaient seul à l'accrocher à cette réalité, la pâleur de sa peau faisant écho à celle de la demoiselle qu'il serrait contre lui presque désespérément. Pour se rendre compte qu'elle vivait et que sa chaleur n'avait pas disparu, revenait doucement. Les paroles d'Antiokus vinrent ébranler sa conscience trop déchirée qui peina à s'en intéressé. La part sauvage et blessée de son être voulait éloigner le druide qui l'agressait de ses paroles criantes quoi que vraie, il n'en fit cependant rien, probablement parce que sa colère faisait écho à la sienne. Avec ou sans excuse, il trouvait son comportement imprudent et dangereux, trop risqué pour quelque chose comme cet apprentissage. Rien ne justifiait la mort d'Eilaine à ses yeux.

Il frissonna sous son baiser, laissant sa chaleur réchauffer son propre corps glacé. Elle était vivante. Il l'avait sauvé. Ce pouvoir qui dormait, il pourrait le faire réapparaître, il en était persuadé même si il aurait préféré que cela se fasse dans d'autre circonstance.

Un esprit ?


Il avait vu quelque chose du genre ? Pendant que le grand père de sa promise la fustigeait proprement, Managarm se prit à songer à ce qu'elle lui avait dit, sans pour autant laisser la belle s'échapper de sa prise. Il avait besoin de ce contact, qu'il soit ou non incommodant ne l'effleurait même pas. Et ce jusqu'à ce qu'on le prenne à parti.

Tu n'aurais pas dû faire ça. C'était dangereux et inconscient, tu aurais pu mourir Eilaine. Sa voix était grave et ses prunelles émeraudes ombragés, pourtant, bien vite, le masque se fendilla et il continua après un soupir, raffermissant sa prise sur elle. Tu es ma liée, mon âme sœur. Il n'y aura jamais de regret... Mais je préférerai que tu ne recommences pas, je risquerai de ne pas le supporter une seconde fois.

Un sourire pâle vint s'insinuer sur les lèvres de l'adolescent alors que de son côté, Leene, restée à l'écart jusque là, accueillait la mine fatiguée du druide avec un sourire presque amusé. Elle offrit à ce dernier le thé réclamé, en profitant pour verser le reste du breuvage dans d'autres tasses avant qu'elle ne se dirige vers les deux jeunes gens. Elle leur offrit un sourire doux alors qu'elle s'agenouillait à leur niveau, glissant sa main sur l'épaule de son fils qui tremblait encore par intermittence. Elle ne pouvait qu'imaginer son fardeau, sa douleur face à ce qu'il venait de se passer pour lui. C'était le prix à payer pour les loups et ses prunelles s'assombrirent face à ce triste constat. Ils avaient légué à leur fils, le pire des héritages.

Mana, tu devrais la lâcher maintenant, elle va bien. Et puis je pense qu'il serait préférable qu'elle se change, tu n'aimerais pas que ta promise se balade souillée de sang, n'est ce pas ? Euh...Oui.

Et puis cette odeur allait finir par le rendre fou. Sköll ne supportait pas de sentir l'odeur de son sang. Les loups avaient un odorat sensible. Un peu gêné, il acquiesça à contre cœur, s'y prenant à deux fois avant de parvenir à se redresser en aidant sa belle à faire de même. Il la retenait aussi fermement que possible, craignant probablement que cette dernière ne se brise une fois debout. Leene, elle, ne put s'empêcher de sourire.

Viens par ici Eilaine.


La dame blanche entraîna l'adolescente vers sa propre chambre à couché, laissant les deux hommes entre eux. Une fois à destination, elle commença à fouiller dans le meuble qui servait de commode après avoir fournie à sa future belle fille de quoi se débarbouiller – un sceau d'eau, une éponge et de quoi se sécher.

N'hésite pas à t’asseoir surtout, frôler la mort laisse des traces et il vaut mieux que je ne te rattrapes pas si tu tombes, n'est ce pas ?


Après tout, elle en savait quelque chose pour l'avoir expérimenté à la naissance de Managarm. Elle lui offrit un sourire avant de se remettre à sa quête, ressortant du tréfonds du meuble un pantalon et une tunique chaude aux couleurs pâles qui auraient le mérite de la couvrir.

Tien, ça devrait t'aller. Peut être un peu trop grand mais ce sera bien chaud au moins.

Elle s'arrêta un instant après avoir déposé les vêtements aux côtés de la demoiselle. Elles se ressemblaient toutes les deux, dans leurs inconsciences, dans leurs imprévisibilités et peut être même dans leurs manières d'aimer. Pourtant, Maeleene était aussi une mère, et c'était une différence fondamentale entre elles.

Si tu tiens vraiment à Mana, ne recommences plus. Je comprend la raison de ton geste, j'aurai probablement fait de même à ta place, mais tu dois comprendre que ce qui l'uni à toi est au delà des mots qu'il pourrait utiliser pour le qualifier. Sa voix avait quelque chose de dure, claire et assurée. Les paroles d'une mère protectrice craignant pour la vie de son enfant unique – même si avec Eren, cela en ajoutait un second à la maisonnée. Alors fait plus attention à toi, petite Eilaine.
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Eilaine


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MessageSujet: Re: [???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]   Lun 22 Sep - 23:55




Eilaine



Une enfant perdue


Regrets ?




Nulles traces de regrets dans ses prunelles. L'adolescente était convaincue d'avoir fait le bon choix, et ce malgré les remontrances de son grand-père qui n'avait de cesse de pester dans sa barbe. Elle s'amuserait presque de le voir si courroucé : ce n'était que de bonne guerre après ce qu'il lui avait fait « subir » lors de ses séances de méditations et d'entraînements plus rigoureuses les unes que les autres. Nuls regrets … même si. Même si voir les yeux de Mana se parer d'un voile de douleur et de tristesse l'accabla plus qu'elle ne l'aurait soupçonné. Eilaine le pensait plus fort que ça. C'était le cas, mais pas quand il s'agissait d'elle. Son comportement, en plus d'avoir été déraisonnable, était égoïste. Son Loup en était un réellement. Et pour connaître l'animal en question, la belle se promit de ne plus se laisser à ce genre d'idiotie. Promesse qu'elle scella en lui offrant un petit sourire se voulant réconfortant. Un baiser n'avait suffit à apaiser son cœur.

Même si elle n'en avait pas besoin, ce regard là, ces mots, ces gestes lui prouvaient à quel point il l'aimait et tenait à elle. Lui aussi était sa raison de vivre, son oxygène. Son échappatoire. Elle lui susurra quelques excuses destinées à lui et à lui seul. La Prêtresse d'Avalon serra alors son promis entre ses bras tremblotants.

Elle n'avait pas mal, le froid ambiant devait l'y aider, comme le lien qui la reliait à son esprit. D'où sa question. Il devait avoir vu un animal … Un esprit gardien. Se pourrait-il qu'il se soit tapi au fond de lui et qu'il ne désirait pas se manifester à moins d'un grand danger comme celui-ci ? Il faudrait qu'elle creuse la question. Mais pour cela, elle devrait alors sonder son esprit et son âme. Et cela serait dangereux dans son état, cela ne faisait aucuns doutes. Non, pas maintenant, plus tard, bien plus tard, quand le jeune homme sera plus confiant.

Qu'il aura réalisé à quel point il détenait un pouvoir grandiose. Il pourrait guérir n'importe quoi, qu'importe la plaie. Peut-être serait-il même plus douée qu'elle.

« Merci Maeleene. » déclara un Antiokus grincheux, les lèvres pincées, visiblement fort contrarié. Bien assit dans sa chaise, il ne relevait pas le nez de sa tasse fumante. « Merci Mana. »

Sous la demande de sa mère, le guerrier du nord relâcha sa poigne sur ses épaules : il l'aida à se redresser non sans lui-même être mal assuré sur ses appuis. Eilaine réprima une petite moue de douleur quand il la lâcha tout à fait. C'était le prix à payer pour sa bêtise. Quand la sorcière lui demanda de la suivre, la jeune Eilaine obtempéra et la rejoignit dans sa chambre sans un mot. Son sentiment de malaise s'installa de nouveau : à ses côtés, la blonde se sentait écrasée par un poids étrange, étouffant. Elle avait toujours eut cette sensation que … au dessus d'elle, planait le spectre de la Mort. Et cela ne lui plaisait pas. Évitant soigneusement de jeter des regards curieux tout autour d'elle, elle ne se fit pas prier. Elle s'assit sur un tabouret, l'unique de la pièce d'ailleurs et entreprit de se laver. Sans aucunes gênes, la demoiselle se dévêtit entièrement, laissant son vêtement s'étaler comme une corolle sur le sol.

« Si vous me touchez, je pourrais … Enfin … » elle hésita et se rembrunit, détachant ses longs cheveux qui tombèrent en cascade dans son dos. Eilaine les ramena sur l'une de ses épaules pour les brosser avec ses doigts d'un air songeur. « Ma mère à déjà dû vous prévenir ... »

Avec lenteur, la petite dame de l'Aube, enfant du Dagda se rhabilla avec les habits qu'on lui offrait : effectivement trop grands pour elle, elle en avait pourtant cure, rajustant son haut. Flotter dans ses vêtements ne lui avait jamais posé de problème. À dire vrai, en Avalon, elle avait l'habitude de ne porter rien d'autre que sa couronne de fleur. Signe de son apprentissage au sein des druidesse.

Elle écouta la dame blanche avec une attention toute particulière, notant le timbre de sa voix. Elle répondit d'une manière tout à fait similaire : « Je comprends, Maeleene. Mais, vous savez aussi bien que moi que je ne pourrais tenir cette promesse. »

Sur ces paroles lourdes de sens, la jeune femme reprit sa robe souillée d'écarlate et alla rejoindre les deux hommes dans la pièce voisine. En entendant la voix de Merlin, Eilaine s'arrêta, les épiant.

« Sa mère était pareille, sa grand-mère aussi. C'est ainsi, les druidesses élues par la Main du Dagda sont des irresponsables, des êtres au dessus des Lois qui gouvernent ce monde. Ah … petit, tu es dans la même galère que moi. Enfin, sans offenses, j'y suis depuis bien plus longtemps que toi. Et j'en ai vu, crois moi. » Une pause, le silence. Un léger bruit d'une tasse vide que l'on pose sur la table en bois. « Quelle idée d'avoir accepté sa requête. J'étais bien sur l'Île aux Pommes. Dis, petit, tu veux pas me refaire un peu de ce thé ? Je n'en ai jamais goûté de si bons. D'ailleurs, ça me rappelle une histoire … »

Oh là, là ! Il était temps qu'Eilaine vienne à la rescousse de son Loup. Lancer le druide dans ses péripéties était la pire des idées : le laisser déblatérer sur son passé était dangereux pour la santé mentale de son interlocuteur. Il narrait merveilleusement bien. Trop bien. Eilaine surgit alors, tout sourire et apostropha l'éternel enfant.

« Tes histoires sont ennuyeuses, en plus, tu radotes papy ! » le visage angélique de l'intéressé prit une belle couleur pivoine. « Comment ... »

Ni une, ni deux, la prêtresse d'Avalon s'empara du bras de son ami et l'entraîna à sa suite, au dehors, attrapant une cape de fourrure à la dérobée. Leur course souleva la neige. « Et mon thé ... »






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Managarm


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MessageSujet: Re: [???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]   Sam 18 Oct - 11:02

Elle savait. Elle savait ce qu'il adviendrait si elle touchait la demoiselle, n'ayant que trop conscience du spectre qui n'avait eu de cesse que de suivre ses pas depuis un nombre conséquent d'année. Depuis toujours. Depuis ce jour. Leene allait mourir. L'étau se resserrait, petit à petit, jour après jour, elle le sentait errer autour d'elle et Sköll devait commencer à le sentir malgré ses efforts pour le dissimuler à sa vue. Ses ombres, messagères et échos d'âmes oubliées l'aidaient à tromper son entourage mais pour combien de temps encore ? Elle allait mourir. Mais elle, elle avait eu un sursis. Son compagnon lui avait offert cette chance, l'encrant dans cette réalité et la belle n'avait eu de cesse que de lutter face à l'inévitable. Elle allait s'affaiblir. Son âme se déliterait un peu plus chaque jour et il viendra un moment où elle cesserait de se mouvoir, comme une petite poupée brisée. Elle le savait. Le sentait. Elle était fille de la lune et en cela, sa mort ne lui était inconnue.

Je sais. Elle répondait aux deux questions. Mais je suis une mère, personne ne peut m'empêcher de m'inquiéter pour mon enfant. Tu comprendras peut être un jour, Eilaine. Elle l'espérait sincèrement, quand bien même n'avait elle pas désiré son propre enfant, elle ne regrettait pas aujourd'hui cette épreuve. Cette mort. Une mort pour une vie. Jusqu'où allait il aller tous les deux ? Maeleene n'avait aucun don pour appréhender le futur, elle ne connaissait que son propre sort déjà peu enviable mais craignait l'avenir pour son fils. Elle n'avait jamais été aussi angoissée dans le passé, lorsqu'il n'y avait que sa vie à préserver. Managarm était fort et pourtant, il y avait cette fragilité dissimulée des regards, cette faiblesse qu'elle contemplait à présent sur le visage gracile de la demoiselle de l'aube. Elle était sa force et sa faiblesse.

La jeune fille s'échappa des lieux, habillées de nouveau proprement et la dame de la lune demeura quelques instants supplémentaires dans cette chambre, glissant un regard sur ce lieu qu'elle connaissait par cœur. Un sourire étira ses lèvres presque mélancolique avant qu'elle ne suive la petite demoiselle.

Antiokus était un homme particulier. Sur de nombreux point, Leene éprouvait pour le druide une certaine affection aujourd'hui, bien loin de ses premières impressions. Mana apprenait auprès de lui, il était un professeur sévère mais juste, un peu à l'image de son père, en réalité. Son regard aussi, lui paraissait d'une justesse criante, comme si, de par sa grande expérience ou par un don quelconque, il parvenait à comprendre l'essence des êtres et des choses. C'était aussi dérangeant qu'intriguant pour l'adolescent assis à côté de lui. Ses mains tremblaient encore par intermittence, contre coup de ce qu'il avait fait, de ce qu'il s'était passé. Il avait vraiment eu l'impression de mourir et ce n'était vraiment pas une expérience qu'il désirait réitérer de si tôt. Jamais. Une galère. Il ne l'avait pas choisi, cette femme. C'était elle. C'était tout. Pourtant...

Cette irresponsabilité... C'est ce que j'aime aussi chez Eilaine, avoua t-il sans arrière pensée, simplement, naïvement. Même si c'était douloureux, même si elle n'en faisait qu'à sa tête et qu'elle lui faisait du mal par la même... Et bien, il l'aimait aussi pour ça. Et puis j'ai aussi mes travers familiaux, souffla t'il avec un sourire. Il était têtu comme ses parents. Il avait hérité des pouvoirs et des malédictions de ses deux ancêtres alors, il avait probablement de la chance de pouvoir côtoyer la druidesse. Il se redressa, ignorant le chancellement de ses jambes pour aller préparer de nouveau un peu de cette boisson que son professeur appréciait tant, mais il n'en eu guère le temps. Tout comme Antiokus ne put raconter au jeune homme son histoire puisque Eilaine vint à sa rescousse, l’entraînant à sa suite à l'extérieur et laissant les deux adultes ensemble. Leene ria de bon cœur face à la moue déconfite du druide. Je vais vous en préparez va. Elle lui offrit un sourire amusé avant de contempler la silhouette des deux adolescents disparaître dans l'immaculé. Il vaut mieux les laisser un peu seuls.

L'air glacial de sa contrée natale lui offrit un réconfort salutaire. Managarm n'était pas de ceux qui craignait la morsure de l'hiver, comme son père, il n'en éprouvait aucune gêne et la préférait même à des températures plus clémente. Surpris au premier abord par le geste de la demoiselle, il s'était vite laisser prendre au jeu, sans pour autant s'empêcher de s'inquiéter un peu. Ralentissant l'allure en obligeant sa dame à faire de même, le jeune homme savoura l'odeur de la neige et son calme rassurant dont il se gorgea avant de se détourner sur sa belle. La pâleur de sa peau était suffisante à l'inquiéter. N'en fait pas trop, Eilaine. Même si il l'avait soigné et qu'il avait de lui même perçu la magie faire son office, une part de lui ne se faisait pas entièrement confiance pour cette exercice de haute volée. Ce fut avec une légère hésitation que le garçon s'empara de la main de sa promise en l’entraînant il ne savait où. Ce ne fut que quand il aperçu les arbres de sa forêt qu'il se rendit compte qu'il l'emmenait jusqu'à son domaine. Epsilon.

Tu connais l'histoire du premier loup, Eilaine? commença t-il doucement avec un rien d'hésitation. Cela faisait longtemps qu'il voulait lui conter cette histoire inscrite dans ses chairs, mais il n'avait jamais trouvé le bon moment pour le faire. Peut être qu'il était temps aujourd'hui. On disait qu'il était sage et puissant, sauvage, il parcourait la terre comme un roi, craint mais respecté par les autres créatures. Mais il était seul, horriblement seul et cette solitude lui pesait. Alors il pria. Pria pour qu'on lui offre un être avec qui partager sa vie, son trône. Il s'arrêta un instant dans son récit, s'avançant toujours à faible allure dans les amas neigeux, habitué qu'il était à éviter les pièges de l'hiver éternel. Lorsqu'il reprit, sa voix était égale. Un dieu se pencha sur lui, et accepta de lui accorder son vœu tout en le prévenant que ce ne serait pas sans conséquence. Il accepta malgré tout et on lui offrit un être à aimer en scindant son âme en deux. Ils vécurent heureux. Ils eurent des enfants et puis... Elle mourut. Cette fois ci, il s'arrêta tout court, contemplant le ciel cotonneux qui, selon son humble avis, allait bientôt relâcher des flocons d'argent. Sa gorge se serra. Le premier loup devint fou. Puisqu'elle n'était plus, à quoi bon vivre ? Puisqu'elle n'existait plus, pourquoi ce monde devait il exister ? Alors il détruisit tout. Tout ce qui avait le malheur de se trouver devant lui périssait sous sa folie, jusqu'au moment où ses enfants vinrent l'affronter. Tous ensemble, ils le tuèrent, et le loup unique comprit à cet instant la porté de son vœu. Son cœur battait la chamade. C'était étrange de parler de cette vieille légende oubliée à haute voix. Ainsi. A elle. Il dévoilait une part de lui par ce récit, une part tût. Il relâcha sa main, contemplant le visage de la demoiselle. Son vœu a jeté une malédiction sur sa famille. Les loups naissent avec une âme scindée et ne peuvent qu'être complet auprès de leur complémentaire. Il hésita sur ce dernier mot. Leur... âme sœur.

Mais... Elle était sa faiblesse et sa force. N'en témoigne ce qu'il avait faillit faire, il était comme lui, comme cet ancêtre qui avait détruit une partie du monde à son époque. Certain disait que les grandes landes de Sibérie vierge de vie était le résultat de sa folie.
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MessageSujet: Re: [???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]   

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[???] Lutter contre sa nature [PV Eilaine]

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