RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 .: La Cité des Cendres ~ xKappa :.

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Celsius


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MessageSujet: .: La Cité des Cendres ~ xKappa :.   Dim 20 Juil - 17:04

:: La Cité des Cendres :.


Le Sanctuaire ne lui avait jamais paru aussi sinistre. Cela ne faisait que quelques heures qu'il l'avait quitté et Celsius avait pourtant l'impression que son dernier passage remontait au moins à une éternité. De même, le poids de la boîte et de l'armure en or qu'elle contenait sur son dos ne lui avait en aucun temps paru aussi lourd et aussi peu à sa place qu'en ce moment-même. II s'était pourtant battu comme un lion – n'en déplaise à Corell. Il avait pourtant mis à mort un Juge des Enfers. Et qu'avait-il en récompense ? Était-ce ainsi que l'univers, l'ordre cosmique le récompensait pour service rendu à l'humanité ? Jetant aux orties sa vertu, oubliant son statut, le chevalier de lumière plus terne que jamais se sentait d'humeur à maudire la terre entière.

Seul le poids qui pesait contre sa poitrine l'en dissuadait. Tout à la fois seul lien le rattachant encore à ce monde et symbole de sa déchéance. Expression la plus pure de tout ce qu'il avait perdu. Une vie pour une vie, mais ce n'était pas comme cela que ça aurait dû se passer. Peut-être en avait-il eu deux en retour mais c'était la sienne qui aurait dû s'achever. Que pouvait-il faire à présent ? Où devait-il aller ? Ses pas l'avaient ramené ici depuis le Cap Sounion où on l'avait abandonné, charrié par les vagues, bercé par la marée. Il savait ce qu'il avait à y faire, mais ignorait tout ce qui l'attendait après. Il ne voulait pas savoir. Ce n'était plus pour lui qu'il vivait, si tant est que c'avait un jour été le cas. Sa fragile existence n'était maintenue que pour une seule raison et il en percevait la chaleur contre son coeur.

D'autant plus perceptible que ce dernier semblait avoir cessé de battre. Le Chevalier des Fleurs avait beau savoir que ce n'était qu'une exagération de sa part, il ne pouvait guère réfuter cette sensation de n'être plus qu'un cadavre animé. N'était-ce pas ironique que d'en arriver là, après avoir tant donné pour que l'armée des Enfers apprenne à le craindre ? Il ignorait ce que faisait l'honneur de recevoir le Misopethamenos, mais pour en connaître la théorie, aurait juré que ce ne devait pas en être si éloigné. À la différence près que sa vie n'en serait nullement prolongée – bien au contraire. Et cela lui convenait fort bien. Ces filles n'avaient nul besoin d'un meurtrier en guise de père, encore moins celui de leur propre mère. Qu'il ne l'ait pas voulu, qu'il ait tout fait pour l'empêcher, pour arrêter la marche du cauchemar éveillé ne faisait pas moins de lui l'instrument et l'artisan de sa mort...

Ses blessures avaient été pansées contre son gré mais Celsius n'avait en aucune manière cherché à cacher sa déshérence. Entre les pans d'une cape de voyage remise à la hâte, l'on ne pouvait que repérer les traces de poussière et de sang qui jalonnaient sa tenue déchiquetée de part en part. La fièvre se lisait encore dans son regard mais était tenue en laisse par une froide détermination, semblable à celle par laquelle ceux l'ayant déjà vu combattre avaient coutume de le voir animé. Il n'était venu ici que pour une seule raison et irait à son terme – quoi qu'il lui en coûte. S'il lui arrivait malheur, si c'était ainsi que cela devait finir, il ne doutait point que le Sanctuaire saurait quoi faire de son fardeau. De cet écrin de soie précieuse qui entre ses bras sommeillait, rappel permanent à tout le mal qu'il avait fait.

Celsius n'avait pas même essayé de dissimuler son cosmos.

Non seulement parce qu'il ne le voulait pas mais aussi parce qu'il ne s'en sentait plus la force. À quoi bon ? Toutes ces années passées à porter un masque, à se tenir en retrait ne lui avaient pas épargné d'être touché en plein coeur. Continuer comme il l'avait toujours fait n'avait plus ni sens ni intérêt. Tout ce qu'il en subsistait était une vieille habitude dont il était pétri tout entier. La froideur dont il se parait pour défendre chacun de la douleur qu'il pouvait causer n'était plus faite d'abnégation mais de désespoir – il ne voulait plus voir personne. Pas une fois qu'il en aurait terminé en ces lieux en tout cas. Avec la lenteur impartie au maintien du sommeil de ce que recelait ce carcan d'étoffe ne laissant rien entrevoir, comme pour protéger ce qu'il contenait de la réalité, il se déchargea de son bagage, la boite dorée percutant le sol dans un bruit étouffé. Il lança d'une voix épuisée :
Kappa du Verseau, je sais que tu es là... Montre-toi.
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MessageSujet: Re: .: La Cité des Cendres ~ xKappa :.   Mar 22 Juil - 13:41

Arrow Rodorio (PV Hallelujah)

Etre un chevalier d’Athéna n’avait rien de facile. Chaque jour ou presque apportait son lot de nouveaux problèmes, de nouveaux défis. Les moments de paix étaient rares, et ceux de paix intérieure, l’étaient encore davantage. Depuis plus de dix ans que je portais une armure, il m’avait été donné d’en voir de toutes les couleurs, et j’avais touché le fond plusieurs fois. J’étais donc bien placé pour savoir que lorsque le cosmos était ainsi touché, lorsqu’il exprimait une souffrance intérieure de son propriétaire, c’est que quelque chose de grave s’était produit. Et venant de Celsius, d’ordinaire si peu communicatif, si renfermé, le pire était à craindre. Je me rendis rapidement au bas de l’escalier du temple du Bélier et me dissimulai derrière l’une des très nombreuses colonnes qui longeaient l’escalier de l’entrée du Sanctuaire de part et d’autre de celui-ci, tout comme je l’avais fait longtemps auparavant lorsqu’un Marina qui s’était avéré être un vieil ami avait foulé ces marches.

Mais bien que dissimulé, je ne pus berner bien longtemps le chevalier aux Roses. Un vent glacial se dressa devant lui au moment où il prononçait mon nom, et je surgis de l’ombre d’une colonne, un léger sourire de bon perdant affiché sur les lèvres. Mon regard se posa sur l’armure lorsqu’il la lâcha lourdement sur le sol, et mon sourire s’effaça brusquement. Mes yeux se plissèrent encore davantage en se posant sur les êtres qu’il portait au creux de son bras. Cette fois, l’histoire semblait beaucoup plus complexe que ce que j’avais pensé…
Que dire, que faire ? Poser les questions dont les réponses étaient tant redoutées ? Non, je ne le voulais même pas. Un silence lourd de sens s’installa entre nous, simplement dérangé par le souffle du vent qui mugissait entre nos deux silhouettes. Mon regard azur le fixait, le détaillait, le jaugeait. Mais c’était de Celsius qu’il s’agissait : non seulement je n’avais jamais été très proche de lui, mais en plus, il avait une fâcheuse tendance à être insaisissable.

Ce qui nous ramenait à une seule possibilité : poser les questions qui fâchaient. Inspirant longuement, je fermai les yeux un instant avant de les rouvrir et de me lancer, brisant ainsi le silence :
- Très bien, Celsius… Je t’écoute : qu’est ce qui se passe ? Tu sembles épuisé, tu as jeté ton armure au sol comme pour t’en débarrasser et pour couronner le tout, tu tiens deux bébés dans tes bras. D’où est ce que tu viens, comme ça ? Achevai-je en détaillant les signes d’épuisement présents sur son visage.

Ces signes de lassitude et d’épuisement, je ne les connaissais que trop bien, car les mêmes pouvaient plus ou moins se lire dans mon propre regard suite à la disparition d’Ahina, que je venais d’apprendre, mais quelque chose de plus profond avait secoué les fondations mêmes de la foi de Celsius. Je le sentais : le chevalier des poissons vivait peut être ses derniers instants en tant que tel. Mais je ne parvenais pas à comprendre pourquoi. Du moins… pas encore…




Dernière édition par Kappa le Mar 9 Sep - 14:53, édité 1 fois
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Celsius


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MessageSujet: Re: .: La Cité des Cendres ~ xKappa :.   Ven 1 Aoû - 2:44

:: La Cité des Cendres :.

Comme il l'avait nettement perçu, Kappa était dans les parages. Il était étrange de constater que ses sens avaient rarement été aussi aiguisés à l'égard du peu de liens qu'il avait pu tisser qu'au moment où il était sur le point de les rompre. Malgré ses efforts pour les dissimuler, son homologue avait remarqué les enfants qu'il portait dans ses bras. Le Roi des Épines referma un peu plus sur elles le carcan d'étoffes, tant pour les protéger des regards et du monde que pour ne pas revoir à travers elles la tragédie dont elles étaient issues. Le regard abattu qu'il posait sur leurs corps frêles se releva pour affronter celui du Verseau, sans qu'y paraisse l'étincelle de la vie dont les couleurs l'avaient déjà quitté.

Même le rouge éclatant de sa chevelure paraissait s'être terni tant plus aucun espoir ne brillait en lui, tant plus aucune flamme ne l'animait. Malgré tout, il était toujours possible de lire dans ses yeux une volonté d'aller jusqu'au bout des choses, de finir ce qu'il avait entrepris. Boucler la boucle. Il aurait au final failli à tout le monde, mais ce n'était, hélas, rien à quoi il ne puisse s'attendre. Il terminerait ce qu'il avait commencé, aussi sinistre que ce soit cette fois. Il devait en être ainsi - au moins n'aurait-il pas en plus à se reprocher cela. Ses doigts se crispèrent sur le morceau d'étoffes, trop faiblement pour que le onzième gardien puisse s'en apercevoir mais assez pour renvoyer au visage du Seigneur des Épines sa propre faiblesse.
Cette armure refuse de me quitter. J'ai donc décidé de venir la rendre au seul endroit auquel elle appartienne. C'est sans doute la meilleure chose à faire en attendant le jour où elle trouvera quelqu'un qui lui conviendra bien mieux que je ne l'ai fait.
La paume qu'il avait plaqué sur le sommet de la Pandora Box durant son discours en parcourut la surface pour la dernière fois avec une tendresse relative avant de s'en séparer. Ils avaient vécu tant de choses ensemble... Mais leur route commune s'arrêtait là. À tout le moins aurait-il vaincu non pas un mais deux Juges des Enfers à son aide, et c'était bien la seule chose dont il puisse être fier – cela, et de la rendre en parfait état. Elle avait certes souffert de son combat contre la Wyvern mais s'était déjà remise de ses blessures là où celles de son maître – ancien maître – n'en finissaient plus d'empirer. Plus pâle encore que de coutume, son teint pouvait en témoigner. Il se fit violence et lâcha finalement :
Le reste ne regarde que moi.
Ce n'était pas entièrement faux. Ne pas s'en ouvrir était un choix délicat mais c'était pour lui le seul qu'il puisse faire à cet instant. Le Chevalier des Fleurs avait toujours été un être secret par la force des choses et finirait ses jours en tant que tel. Il n'y avait rien d'étonnant à ce que ce soit en ces termes qu'il choisisse de quitter le Sanctuaire au lieu d'ouvrir une fenêtre sur plaies – sur cette déchirure béante en son coeur à travers laquelle soufflait le vent du désespoir. Ses doigts se crispèrent subrepticement, sachant d'avance que se serrer en poing serait impossible dans l'immédiat. Il n'en avait plus la force. Être arrivé à destination tenait déjà du miracle. Il fit un pas de côté, commença à se détourner.
J'ai tué le Juge de la Wyvern. Vous ne devriez pas le revoir avant un moment. Pour les autres, je ne peux rien garantir. Mais méfie-toi de ce qu'ils préparent. Sur ce... Nous ne nous reverrons plus. Au revoir, Kappa.
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MessageSujet: Re: .: La Cité des Cendres ~ xKappa :.   Mar 9 Sep - 14:50




Mon regard s’écarquilla sous l’effet de la surprise. Bien sûr, ce n’était pas un secret pour moi que Celsius était sur une pente glissante ces temps ci. Je l’avais constaté suite à l’opération de Tenochtitlan. Mais de là à penser qu’il abandonnerait son armure ?! Le silence s’installa tandis que mes yeux perplexes le suivirent attentivement faire volte face et commencer à s’éloigner. Les idées se bousculèrent dans ma tête, tout comme les nombreuses attitudes que j’aurais pu adopter en une pareille situation. Mais je n’étais ni son père, ni son maître, ni son supérieur. Je n’avais pas à lui dicter sa conduite. Et comment jouer les moralisateurs alors que moi même j’avais failli tout quitter en 1748 ?
- Attends ! Lâchai-je soudain pour gagner du temps.

Qu’avait il bien pu arriver à Celsius ?! Et qui étaient ces gosses qu’il tenait tout contre lui ?! Sa mise en garde passa complètement inaperçue. Qu’il se passait quelque chose, je l’avais déjà compris depuis longtemps, il ne restait plus qu’à attendre la prise de décision du Grand Pope pour y réagir le moment venu. Mais pourquoi le chevalier d’Or des Poissons abandonnait il si soudainement ?! Marcus, Ahina, et maintenant lui ?!! Que se passait il donc au Sanctuaire ?! Un puissant sentiment d’agacement m’envahit, mais je fis un effort pour le contenir : braquer Celsius n’était pas la chose à faire :
- Et c’est tout ?! Tu t’en vas comme ça ? Tu crois que le Sanctuaire est un moulin qu’on abandonne du jour au lendemain pour aller faire une promenade en forêt et où l’on retourne quand on en a envie ?
Au final, l’agacement s’exprimait quand même... Trois chevaliers d’Or en si peu de temps, c’était un peu trop.
- J’espère pour toi que tu as bien réfléchi à la question, Celsius. Je ne serai pas faux cul jusqu’à tenter de te ramener à la raison, compte tenu du fait que je ne connais que trop bien le sentiment de volonté d’abandonner l’armure dorée. Mais si jamais tu t’en vas, tu dois bien comprendre que ce sera définitif... J’espère que tu sais ce que tu fais et où tu vas, mon ami...

Mon regard azur le détailla tout particulièrement, avant que je n’ajoute:
- Que tu ne veuilles rien dire, cela te regarde. Mais si tu te rends compte plus tard que tu as commis une erreur, je ne serai pas là pour te soutenir... J’espère que tu comprends qu’il s’agit d’un voyage sans retour !

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Celsius


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MessageSujet: Re: .: La Cité des Cendres ~ xKappa :.   Dim 12 Oct - 16:32

:: La Cité des Cendres :.

Pour tout autre que lui, la décision pouvait sembler brutale. Mais Celsius avait eu tout le temps de son trajet de retour pour y réfléchir. Les vies nouvelles qu'il tenait entre ses bras n'avaient fait qu'entériner son choix. Ce qu'il avait perdu, celle qu'il avait perdu ne reviendrait pas, mais il lui fallait protéger ce qu'il lui restait. C'était le seul sens qu'il puisse encore donner à cette vie qui n'en était déjà plus qu'une ombre. L'unique rôle qu'il lui restait à jouer. Oubliée, Athéna. La fonction d'un Saint l'engage à vie, seule la mort l'en relève. Mais celle qu'il avait dans l'âme n'y suffisait-elle pas ? Des trivialités qui lui importaient bien peu désormais. Comment aurait-il pu encore être des leurs, encore se targuer de défendre l'humanité après avoir perdu la sienne ?

Connaître l'amour l'avait éveillé à la vie. Connaître la mort de l'amour la lui avait brisée. Voilà tout ce qu'il y avait à en retenir. Voilà le dernier souvenir qu'il en garderait. Par quel moyen ses jambes continuaient de se mouvoir – de mener toujours plus loin ce corps, vaisseau anesthésié d'un coeur vidé. Sa force de vie, bougie dans les ténèbres, s'était éteinte après avoir brillé d'un dernier éclat. La seule volonté qui l'animait encore était celle de mettre à l'abri ces filles qui ne connaîtraient pas leur mère. N'eût-ce été pour elles, il ne savait ce qu'il serait devenu. Il ne se voyait pas les élever, maintenant moins que jamais. Mais quelle option lui restait-il ? Aucune, si ce n'est de les garder de ce monde sinistre.

La faute n'était pas leur. C'était lui qui les avait engendrées. Il savait que cela pourrait un jour arriver, était conscient du risque et n'en a tenu nul compte. Pouvait-on sincèrement blâmer des enfants à naître plutôt que celui qui leur avait donné le jour ? C'était lui, l'empoisonneur, lui au sang damné qui était l'auteur de cette tragédie. L'architecte de sa propre fin... Certes, il n'avait pas imaginé que cela puisse arriver, mais était-ce une excuse pour autant ? Nullement. Tout ce qu'il avait fait n'était que le fruit de son propre forfait. La faute de son inconséquence. Il savait pourtant qu'il n'était pas fait pour aimer. Que le bonheur lui était proscrit. Et voilà tout ce qu'il avait gagné à transgresser les interdits. Oh, triste vie...

Son regard erra sur les aspérités du décor sans trouver un point où se fixer. Il n'avait plus nulle part où aller, plus de voie toute tracée. Tout ce qu'il pouvait faire, tout ce qu'il lui restait, c'était d'avancer en espérant qu'il y aurait quelque chose au bout du chemin. Un havre où se reposer, enfin. Il était si fatigué... Et il n'était pas le seul, songea-t-il alors que ses yeux d'un bleu passé retombaient sur le berceau textile qu'il tenait en un subtil mélange de douceur et de fermeté – avec ce savoir-faire qui vient d'instinct lorsque l'on enlace son premier-né. S'il n'avait pu sentir leur chaleur, leur souffle fragile entre ses bras empoussiérés, l'inquiétude aurait eu tout lieu de s'imposer. Mais elle ne faisait que respecter par leur silence, par leur sommeil paisible son deuil et le second qui venait de s'y ajouter – celui du Chevalier des Poissons qui ici périssait.
Je ne compte pas revenir.
Celsius avait stoppé sa marche, sans pour autant se retourner. Son ton était froid, monocorde, comme au premier jour. Par ce biais, il rétablissait des distances qu'il n'aurait jamais dû laisser s'effriter. Ce n'était pas comme s'ils allaient se revoir après cela. Ce n'était pas comme si quoi que ce soit les rassemblait en dehors de l'armure dorée. De s'attacher, il n'avait pas le droit. Il avait eu le malheur de l'oublier une fois mais ne ferait pas deux fois la même erreur. Aussi, les efforts de Kappa pour le raisonner se heurtèrent à la muraille de son coeur renfermé – à l'orée de son esprit hanté par ce qu'il avait sacrifié. Redevenir celui qu'il avait été prendrait du temps mais c'était ainsi qu'il resterait jusqu'à ce que ses jours soient écoulés. C'était le mieux qu'il ait à faire. C'était ce qu'il avait décidé. Il affrontait sa fin seul, comme c'était prévu – comme cela aurait dû être. Mais pas avant de les avoir sauvées. Y compris de lui. Il secoua la tête, autant que ses maigres forces le lui permettaient.
Non. Je ne sais pas.
Non, il ne savait pas ce qu'il faisait et encore moins où il allait. À vrai dire, à cet instant, même de savoir qui il était aurait été sujet à controverse. Mais il devait le faire, il devait s'y rendre. Et c'était un choix sur lequel il ne reviendrait pas. Sa place n'était plus ici, pas plus qu'elle n'était auprès de qui que ce soit. Les seules personnes qu'il lui restait à protéger se tenaient dans ses bras et c'était encore une trop lourde charge pour lui qui n'était plus que l'ombre d'une ombre. Son pied pivota, son corps paraissant envisager de se retourner avant qu'il ne se replace dans son axe initial – celui qui l'emmènerait loin. Loin du feu, de la rage et de la guerre. Surtout loin de son lot de misères. De cette demeure qui n'était pas la sienne. Pourfendant le silence, des pleurs d'enfants l'incitèrent à en faire de même.
Mais ce que je sais, c'est que je ne me battrai plus.
Le doute qui paraissait s'être emparé de lui se dissipa. La marche qu'il avait arrêtée reprit sans plus de délai. C'était cette fois sans solerets dorés qu'il partait au combat. Un combat qu'il ne pourrait pas gagner, pas plus que celui mené contre le Juge de la Wyvern n'avait été victorieux à proprement parler. Car il y serait confronté à lui-même et à ses démons intérieurs. Car il n'y avait rien qu'il puisse faire contre cela, hormis se débattre pour rester en vie, et qu'il était tout sauf sûr de le vouloir. Le sanglot isolé s'était tu aussi vite qu'il avait débuté, résonnant sous ce ciel couvert comme le fracas de l'orage. Pour autant, il ne put cesser de bercer ces corps frêles – ces derniers fragments d'un rêve brisé. Un rêve tragique que tout l'Or du monde n'aurait pu lui faire oublier.
Plus jamais.
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