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 [Egypte - Mai 1755 - Entraînement] - Tabula Smaragdina

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Aenor


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MessageSujet: [Egypte - Mai 1755 - Entraînement] - Tabula Smaragdina   Sam 20 Sep - 3:34



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






Tabula Smaragdina





=> Cathédrale d'Hadès

Son pas était lourd sur les dalles en pierres polies. Pas emprunt de brutalité non, mais d'une lassitude si grande, qu'elle transparaissait dans tout son être. Sa très haute silhouette de géant était voûtée d'une manière grotesque, presque comique et exagérée, mais, plus encore, c'était l'expression de son visage qui le trahissait le plus : ses yeux gris – cette couleur qui selon sa chère Lily lui seyait si bien – voilés, étaient mi-clos, fixes. Il était absent et errait comme une âme en peine dans les grands couloirs de sa demeure. Son château si vide. À moins que cela soit son cœur ? Non, non, pensée malheureuse ! Il n'en avait plus. On l'en avait dépossédé. On lui avait affirmé qu'il ne pouvait plus en avoir. Ils ne pouvaient qu'avoir raison, pourquoi en serait-il autrement ? S'il en avait été pourvu, Gilles ne serait pas là aujourd'hui, de retour en France. Chez lui. Ce vide. Quelque part, ce silence l'avait manqué.

Quelque par ce chant l'attirait, et lui faisait peur. Car cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : le Bourreau retombait dans les méandres de sa folie. Ô pernicieuse Chimère. Lui qui pensait s'être débarrassé de ses vieux démons. Une fois encore, le Seigneur de Rais s'était trompé.

Longtemps, il marcha, longtemps, il regardait d'une manière morne et absente, les tableaux de sa famille, des rares portraits qu'il disposait encore d'eux. De son père et de sa mère. De son grand-père aussi. Étrangement, bien qu'à chaque fois qu'il se souvenait de lui un sentiment de haine indescriptible le prenait aux tripes, l'homme n'avait su se résoudre à décrocher la peinture et de la brûler. Faire cela ne ferait qu'éveiller des souvenirs plus douloureux encore. Ses prunelles s'attardaient sur le visage de sa génitrice : il lui ressemblait beaucoup, il avait ses yeux et la pâleur de sa peau, la finesse de ses traits au temps où il pouvait encore se prétendre beau. On disait qu'il possédait aussi sa vivacité d'esprit, sa gentillesse alors que son honneur, sa droiture et sa force, il les détonnait de son père. Sa taille impressionnante également. Une grande fierté des Montmorency des Laval-Rais.

« Quel regard porteriez-vous sur moi Mère ? Je doute hélas, que j'aurais pu vous plaire, vous rendre fière. Vous non plus, vous ne m'auriez pas aimé. Je ne veux pas lever la tête vers les cieux, de peur de voir votre regard désapprobateur sur moi. »

Annonça t-il doucement en se mettant en position de prière, la tête basse, les mains jointes dans une attitude mi-pieuse, mi-soumise. « Y a t-il quelqu'un quelque part pour moi, que je pourrais rendre fier, que je ne décevrais pas ? Je pensais que Jeanne serait cette personne, mais elle est partie. Je pensais que ce serait Callan, mais elle aussi … elle n'est plus là. »

Ses poings se resserrèrent, faisant crisser le cuir de ses gants. « Quel grand pêcher ai-je commis pour mériter votre colère Seigneur ? » Derrière lui, une voix, gutturale, retentit. « Celui d'être un homme. »

Une ombre se faufila derrière Gilles de Rais qui se redressa vivement, en alerte, prêt à dégainer. Quand il reconnu le visage de Nicolas de Flamel, il poussa un long soupir et lui lança un regard appuyé.

« Depuis quand es-tu là mon vieil ami ? » l'intéressé eut un sourire énigmatique. « Mais depuis toujours Gilles, tu le sais bien. Je suis ton ombre. L'épaule à laquelle te raccrocher. »

C'était vrai, il avait toujours été là pour lui. Toujours. Déjà, il sentit ses épaules allégées d'un poids. « J'ai trouvé la Table, Gilles. »

La Table d'émeraude, cette relique qu'il cherchait depuis tant d'années … « Et où se trouve t-elle depuis tout ce temps ? »

Le sourire de Nicolas s'élargit. « En Égypte. »


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Aenor


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MessageSujet: Re: [Egypte - Mai 1755 - Entraînement] - Tabula Smaragdina   Dim 21 Sep - 0:15



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






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Pourquoi n'avait-il pas songé à l’Égypte ? À cette civilisation aussi ancienne qu'elle fut sage autrefois ? On la disait même plus sage que les autres. Gilles croyait cette folle hypothèse que leurs illustres ancêtres étaient en réalité affiliés aux Atlantes et aux vieux peuples Celtes. Pure supposition, bien sûr, mais une théorie qu'il désirait démontrer. Suivre les fantômes du passé n'avait rien d'une balade réjouissante et sans dangers. S'il en connaissait les risques, le Seigneur de Rais ne pouvait encore déterminer toute la teneur et la portée de sa quête. Les deux alchimistes n'avaient pas perdu une minute pour se mettre en route, forts de leurs nouvelles convictions. Surtout celle de Nicolas de Flamel qui affirmait avoir trouvé ni plus ni moins que le Graal. Se pourrait-il que l'homme de science se soit emporté ? Qu'il ait en fait mal interprété ses conclusions ?

Son comparse marchait d'un pas vif. Gilles de Rais ne l'avait jamais vu si enjoué, si sûr de lui, lui, qui d'ordinaire se montrait si réservé en toutes circonstances. Tapis dans les ombres à le veiller, à écouter et observer. Le voir ainsi rendait le Spectre un peu nerveux, excité aussi. Lui, ne pouvait se tromper. Lui, ne pouvait le tromper.

Un mince sourire étira ses lippes grisâtres : il était confiant, confiant et léger sous ce soleil de plomb. Cette région était particulièrement chaude, peuplée de petits animaux en tout genre que l'ancien Maréchal de France n'avait jamais vu. Il ne savait pas où son collègue l'emmenait, seulement, ce dernier lui affirma que ce n'était plus très loin. Tant mieux, il ne saurait supporter davantage cette accablante température qui frisait celle d'un volcan sur le point d'entrer en éruption.

« Imagines-tu Gilles ? Sait-tu quels pas nous sommes en train de suivre ? » l'intéressé jeta un regard curieux tout autour de lui sans pouvoir distinguer quoi que ce soit en particulier. Il finit par hausser les épaules, contrarié par son manque de savoir sur la question. Et quelle question ? « Alexandre le Grand ! »

Depuis de nombreuses années, son ami avait creusé la question du conquérant qui aurait été lié au tout premier Alchimiste de tout les temps : un certain Hermès Trismégiste. Le fondateur même de leur passion commune. Gilles n'en croyait rien, cette figure l'avait toujours interpellé et, chaque fois qu'il s'y intéressait, ce n'était que pour saisir du vide. Cela l'avait beaucoup frustré à l'époque.

« C'est donc de nouveau cela. Tu t'égares mon ami. Ce n'est qu'un mythe, une légende pour susciter l'intérêt des mortels. » Nicolas arrêta sa marche pour se tourner vers son homologue qu'il toisa d'un œil sévère. « Les légendes sont des leçons. Tu as encore beaucoup de choses à apprendre mon ami. Nous ne sommes pas là par hasard. »

Les énigmes, toujours des énigmes. Le créateur de la pierre philosophale n'était pas homme si aisé à saisir. Comme le vent, il évoluait à sa guise, disparaissait et réapparaissait au moment où l'on ne l'attendais pas. Le Bourreau avait tout de même une confiance absolue en lui, malgré les questions qui restaient en suspens dans son esprit. Ah, cette pensée le fit rire, certaines d'entre elles dataient de plusieurs siècles !

« Que vais-je apprendre, mon ami ? » l'autre le toisa avec plus d'insistance : « La question est, que vas-tu devenir ? »

Cette fois, Gilles de Rais eut un mouvement de recul, un doute lorsqu'il lui désigna un temple qui commençait à apparaître sous leurs yeux …



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MessageSujet: Re: [Egypte - Mai 1755 - Entraînement] - Tabula Smaragdina   Dim 21 Sep - 1:03



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






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Le Bourreau regrettait presque de l'avoir suivit sans autre forme de procès, sans avoir, au préalable, demandé à son comparse de plus amples explications. Cependant, devant le fait accomplit, Gilles ne pouvait plus reculer, ni faire machine arrière. Sa curiosité prenait le pas sur tout le reste. Car, non loin, une voix semblait l'appeler. Un chant lointain, familier, qu'il avait déjà entendu il y a peu de temps, la fois où il était tombée sur Lily. À cette époque, tout les deux étaient déjà à la recherche de la Table d'émeraude. Ils l'a cherchait même depuis des siècles, sans succès. Les données étaient trop éparses, trop contradictoires. Comme si … quelqu'un s'était arrangé pour y décimer le chaos, non, des énigmes – toujours des énigmes – au sein du peu d'informations qu'ils parvenaient à recueillir.

Cela avait rendu Nicolas ivre de colère et de frustration. Un tel homme n'était pas enclin à s'emporter de la sorte – cette fois là fut d'ailleurs la première, jusqu'à maintenant – et, face à un tel échec, avait tout bonnement renoncé. Gilles n'y avait jamais crut. Ils se connaissaient maintenant assez pour savoir que, l'un comme l'autre, n'étaient pas du genre à se laisser abattre si facilement. Dans le cadre des recherches, cela va de soi.

Hommes de savoir, érudits dans l'âme, aventuriers, cette opportunité là ne pouvait être ignorée. Bien que sa surprise fut grande et ses interrogations nombreuses, le Seigneur de Rais se reprit très vite, plissant les yeux tout en portant une main au dessus de ces derniers afin de mieux discerner ce qui semblait être un temple. Visiblement abandonné par l'homme, il ne discerna aucunes âmes qui vives dans les alentours. Pas une énergie, rien. Si, cette voix, cette impression d'être appelé. Son orbe de Gardien résonnait elle aussi, comme cette autre fois. Pour d'obscures raisons, le Spectre commençait à se sentir … bien.

« C'est le Temple d'Amon, l'Oracle t'y attends. » annonça l'homme aux prunelles sombres avant de reprendre. « Lui, te diras qui tu es, lui, t’apportera … « La Réponse. »

Gilles de Rais ne sut réprimer un cri de surprise en entendant ces mots. Mais, en tentant d'ouvrir la bouche, les mots se heurtèrent et moururent dans sa gorge. La silhouette de son ami fut emportée dans un brusque coup de vent, le laissant pantois, sonné. Devant les portes du bâtiment, le géant leva les yeux pour observer les cieux. Toujours cette mélodie. Ce rythme apaisant, ce prémisse à sa réponse. Il finit par franchir l'entrée, immédiatement happé par les ténèbres.

Il évolua dans la noirceur la plus totale, traversant parfois des trouées de lumière au plafond, le rendant aveugle l'espace de quelques secondes. Secondes qui avaient suffit à lui faire voir des choses étranges, des … hallucinations.

« Par trois fois tu traverseras la lumière. Par trois fois tu passeras sous mon regard. Par trois fois tu seras jugé, Bourreau de toi-même. »

Le chevalier déchu s'arrêta au moment où il fut sur le point de quitter le troisième abri lumineux. Ses épaules touchées par un halo iridescent, Gilles ressentit un présence au dessus de lui, proche et distante à la fois. Par instinct il s'était arrêté, par instinct il avait levé les yeux. Son masque du Bourreau s'était lové sur son visage et il bascula en arrière.



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MessageSujet: Re: [Egypte - Mai 1755 - Entraînement] - Tabula Smaragdina   Dim 21 Sep - 14:06



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






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L'heure du jugement avait sonné. On l'avait apprêté pour l’événement, ou plutôt, elle avait exigée qu'elle porte la robe qu'il lui avait offert, la toute première, après leur première rencontre. Assise sur son lit de fortune qu'on lui avait aménagé à la Tour, la jeune femme caressait distraitement le col en fourrure de sa robe en soie gris-perle. Le gouverneur de la tour de Londres frottait nerveusement ses mains l'une contre l'autre, faisant mine de vouloir se réchauffer. Mais, en ce matin du 19 mai 1536, un vendredi, il ne faisait pas froid. Même si une brume épaisse recouvrait tout le domaine et dissimulait l'agitation qui régnait en son sein. Tower Green était aussi perdue dans tout ce brouillard. Le regard de la Dame ne se détachait plus du dehors. Elle savait que ce serait là-bas qu'elle serait exécutée. Le soir précédent et ce, pendant un longue partie de la nuit, elle avait remit entre les mains de l'aumônier, son âme et son cœur. Son histoire avait bouleversé le vieil homme au point de lui tirer une petite larme discrète. Midi sonna subitement. Douze coups bien distincts qui se perdirent dans un échos terrible. Le glas sonnait à leurs oreilles. Le gouverneur eut un frisson qu'il retint à grande peine.

La voix de la captive s'éleva, douce et calme. « Midi sonne pour Londres, et moi, je pensais que je serai déjà morte. Je suis déçue. Ma souffrance est toujours là. » Monsieur Kingston eut un léger mouvement de la tête afin de pouvoir la regarder à la dérobée. Parfaitement stoïque, il remarqua quand même ses yeux rougis. « Il paraît que le Bourreau est très habile … et j'ai un petit cou. »

Ses mains allèrent enserrer sa gorge, rendant l'homme assit en face d'elle, très mal à l'aise. Elle semblait si douce qu'il était impensable qu'on la punisse pour des crimes aussi … monstrueux ! Pourtant on l'avait jugé coupable. Coupable d'adultère et pire, d'inceste. Ses présumés amants avaient été exécuté deux jours plus tôt. Son mariage annulé. C'était une pauvre hère dépossédée. Il se disait que c'était un prix bien trop fort à payer pour avoir aimé la Grandeur. On frappa trois coups à la porte de sa cellule. Ce fut la demoiselle, d'apparence fragile qui se leva la première pour saluer les gardes, les deux mains poliment croisées devant elle. L'une de ses suivantes qui pleurait à chaudes larmes approcha pour revêtir ses épaules d'une capeline rouge, finement ouvragée. Soyeuse au toucher. Pourvu que le Bourreau soit doux songea t-elle en quittant ses geôles.

Beaucoup de monde s'était rassemblé dans le plus grand silence autour de l'échafaud. Seuls les pas de la condamnée brisaient graduellement celui-ci. Les yeux de la populace n'osaient se lever vers elle, elle qui fut autrefois si haute et si belle dans leur cœur.

Comme cela était de coutume, le Bourreau se tenait déjà devant le public, à observer d'une manière détachée, celui ou celle qui allait passer sous le fil de sa lame. Son visage était caché sous le couvert d'un masque de nacre surmonté d'un unique point rouge trônant sur son front lisse. "Observes" lui susurrait une voix. Le discours de la jeune femme fut un moment émouvant, éprouvant même : tous n'avaient d'yeux que pour elle, tous, comme lui.

« Ressent-tu la peine de celui qui doit donner la Mort ? Regardes, observes et apprends. » à ces mots, la dame s'agenouille et lève son regard sombre vers lui. « Je te pardonne, Bourreau ... »

L'homme ne s'était même pas rendu compte de sa supplication. Touché dans son âme, ce dernier ne fit pas un geste quand ses suivantes ôtèrent sa coiffe et bandèrent ses yeux. Il prit dans la plus grande discrétion son épée, cette immense lame qu'il leva lentement pour ne pas interpeller la dame qui répétait inlassablement ses prières.

« Où est mon épée ? »

Presque à contre cœur, le Bourreau fit tomber sa lame sur ce cou si mince si menu, ne faiblissant pas dans son mouvement. Il voulait lui faire ce présent, un rien de miséricorde. La Mort serait plus douce.

Ainsi, la tête d'Anne Boleyn roula. Au loin, il put entendre des coups de feu.

Puis le noir s'imposa de nouveau à Gilles de Rais.



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MessageSujet: Re: [Egypte - Mai 1755 - Entraînement] - Tabula Smaragdina   Dim 21 Sep - 15:07



Gilles de Rais



Le Bourreau aux Cents Masques






Tabula Smaragdina




Le Spectre du Bourreau vivait une expérience unique, particulière : il avait l'impression que son âme remontait le cours du Temps, faisant halte parfois pour lui en montrer des pans. Des bribes d'images, des scènes qui se bousculaient et se ressemblaient tant. À chaque fois, l'homme glissait dans la peau d'un être masqué de blanc, vivait les exécutions des Autres. Le Bourreau aux cents visages, un sans-identité. Il en était un aussi. Gilles commençait à comprendre, à entrevoir sa Réponse. Il ne posait aucunes questions car au fur et à mesure qu'on le soumettait à l'Histoire, l'ancien Maréchal en ressortait grandit. Seulement, une interrogation restait en suspend dans son esprit : où était la Table d'émeraude ? Celle qui avait le pouvoir de forger des armes et des armures ? L'origine.

Une présence effaça les derniers doutes et questionnements, le gronda gentiment. Gilles de Rais, conciliant, leva de nouveau son regard gris vers la lumière. Cette fois, il fut définitivement aveuglé par cette dernière. Il ne pouvait qu'entendre.

Des cris, des lamentations, le crépitement des flammes. Une fragrance qu'il reconnu aussitôt, comme si elle ne l'avait jamais quitté. Le parfum de la Mort, celui de sa bien-aimée Jeanne. Non ! C'était bien trop difficile de revivre son exécution à elle. Elle qui fut tout pour lui, son oxygène pour respirer, l'épaule à laquelle se raccrocher, cette main qu'elle lui offrait volontiers. Par le passé. Ô, Gilles avait maudit les tyrans de sa précieuse fleur de Lys, dont son Bourreau. Qu'il avait traqué et tué. Ce souvenir le percuta de plein fouet, tel un coup dans l'estomac ! Sa Réponse.

« Tu viens de comprendre Seigneur Gilles de Rais. Ou devrais-je dire, mon frère … » la voix caverneuse de l'Oracle ne le rassurait en rien. « Il est temps pour toi de posséder ton héritage. Celui de Spectre du Bourreau, de l'étoile terrestre de l'Exécution. Tu es prêt pour cela, depuis des années mais tu m'ignorais. »

On le tira de ses songes avec une brutalité rare : le souffle court, le Gardien du Printemps se rendit compte qu'il foulait de nouveau les dalles froides de ce temple étrange. « Qui es-tu ? »

« Je suis le Bourreau aux Cents Visages, je suis un frère de la nuit, trois fois miséricordieux, j'accompagne les Morts aux berges de l'ancien continent. » s'entendit-il dire en se redressant de toute sa hauteur. Une forme imprécise se mouva dans les ténèbres, le frôlant presque. « Je suis l'Oracle d'Amon-Thot, d'Amon-Râ, du Père trois fois appelé. Amon aux noms multiples, celui qui se cache et susurre aux mortels. Tu es le Bourreau, ouvres ton livre. »

Le Livre de Sang. Obtempérant non sans froncer des sourcils, l'homme masqué fit appel à son cosmos. Une gerbe d'énergie pure accompagna l'apparition de l'ouvrage que nul autre que lui avait le droit de lire. Pourtant, pour la seconde fois, il allait être parcourus par un autre que lui. Cela était déplaisant pour le géant mais préféra taire ses protestations.

« Le Livre des Psaumes et le Livre de Sang ne doivent faire qu'un. » un visage blême apparut à la vue du Spectre. Ce dernier le regardait sans le voir, de ses yeux opalins, étranges. « Ils appartiennent à ton passé, au nôtre aussi. Nous te le léguons, nous t'ouvrons les portes de notre savoir. Fait en bon usage. La Table d'émeraude t'appartiendra … en temps voulut et si nous t'en jugeons digne. Nicolas de Flamel continuera d'y veiller. »

La stupéfaction déforma les traits de son faciès. Il retira son masque et s'agenouilla devant l'être évanescent. En signe d'abandon de soi, il écarta les bras en croix et s'abandonna au Jugement du premier Bourreau. Sa haute silhouette ne fit naître aucuns émois, tout juste de la reconnaissance. Il leur appartenait, il n'était plus seul.

« Tu avais juste besoin d'être guidé. Maintenant, accepte ce nouveau pouvoir, accepte la présence de tes pairs. »

Une intense énergie rougeâtre para tout son être. Investi d'une nouvelle puissance, le Seigneur de Rais se levait de nouveau pour marcher dans la lumière. Son visage était redevenu celui d'autrefois, beau et jeune, mais cela, personne ne pourrait en attester. Car son masque ne le quitterait plus jamais.

Il venait de renaître tel un phénix, fort de ses nouvelles convictions. L'ombre de son ami plana autour de lui, reconnaissant, bienveillant. Si le changement n'était pas notable, il le serait bientôt pour ses pairs.

Cet Aiakos qu'il ferait choir de son piédestal. Il prendrait alors sa place, c'était ce que l'Oracle lui avait prédit. Tel Alexandre le Grand à qui l'on avait tant prédit. Apollon l'avait fait Pharaon et Maître du Monde.

Un Conquérant. Il serait un Conquérant valeureux, un chevalier.

Le Bourreau.

FIN


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