RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]

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Minato


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MessageSujet: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Jeu 8 Jan - 23:36

    La pénombre de ce ciel orageux me permettait de me mouvoir parmi les ombres sans être vu, le vent couvrait mes bruits de pas et la pluie m'offrait en abondance mon élément de prédilection. Je n'aurais pas pu rêver temps plus propice pour m'infiltrer au cœur d'un Sanctuaire gardé par des gardiens dont la puissance avait traversé les millénaire, mais pourtant je me sentais tout sauf dans mon élément. Cette tempête n'était pas la mienne. Elle n'avait rien de naturel et abritait de sombre présage.
    Habité par ce pressentiment j'étais descendu du navire peu avant qu'il atteigne les côtes, préférant atteindre le rivage par mes propres moyens plutôt que de demander à l'équipage atlante qui m'avait amené jusqu'ici de prendre des risques en abordant dans un port qui devait surement être en proie aux affrontements entre les serviteurs d'Athéna et d'Hadès. Alors que je me rapprochais en glissant sur l'eau, l'impression étrange qui m'habitait prit peu à peu forme. Un insidieuse présence planait en ces lieux, par-delà les multiples Cosmos que je sentait brûler au sein du lieu sacré. Elle habitait l'eau, l'eau, les nuages sombres qui masquaient le ciel. Étrangement, j'avais en cet instant un sentiment de déjà-vu, une impression funeste qui instaura une certaine anxiété en mon cœur.

    Ce n'était pourtant pas dans mes habitudes de me montrer aussi troublé en pleine mission. A présent que j'avais posé mon masque sur la moitié supérieure de mon visage, seule aurait dû m'importer désormais ma mission... Mais ce sentiment étrange était trop fort pour que je puisse le réprimer. De nouveau, j'avais cette sensation dérangeante que quelque chose d'autre que mon sens du devoir me poussait, m'indiquait une direction sans que je puisse parfaitement saisir le sens de ce message. Peut-être était-ce aussi la faute aux ordre que j'avais reçu. Jack n'avait pas vraiment été dans les détails : le rejoindre au Sanctuaire, où des combats allaient éclater. Ce n'était pas avec ça que j'allais savoir quoi faire une fois sur place...

    Ma course vers les montagnes du Sanctuaire fut cependant stoppée dans son élan. J'avais déjà parcouru une assez grande distance en me déplaçant sans mon armure, mais après avoir dépassé le village de Rodorio complètement désert la révélation d'une aura Cosmique assez proche m'interpella.
    Je fus saisi par l'impression d'avoir à proximité la cristallisation de cette présence que je ressentais depuis mon arrivée. Elle était bien plus puissante, bien plus sombre que les autres Cosmos que j'avais pu ressentir durant mon trajet. A cette distance, il n'y avait aucun doute possible : ce Cosmos n'avait rien d'humain. Il s'agissait d'une créature surnaturelle, voir d'une entité démoniaque d'assez haut niveau, s'il en croyait son expérience... Mais quelque chose clochait. Ce monstre était bien loin du Sanctuaire et avait trouvé refuge dans une forêt. De plus, cet aura semblait... Trouble. Multiple. Confuse. Je ne parvenais pas très bien à saisir le détail à cette distance. Clairement, quelque chose ne tournait pas rond.

      « Kuro... Va trouver Jack et demande-lui quels sont ses ordres. Seule, tu devrais pouvoir te faufiler dans le Sanctuaire sans problèmes. »

      « ... Tu as l'intention de suivre cette présence? »

      « Ne t'en fais pas. Ça ne sera pas long. »

      « Oui, oui... Ce n'est jamais long, avec toi. »

    Surgissant de mon ombre, une grande panthère noire à deux queues s'avança en me lançant un regard emprunt d'insubordination. J'étais depuis le temps habitué aux sous-entendus de mon familier, mais sa nature taquine et féline se révélait parfois aux moments les plus inopportuns... La situation était sérieuse, elle le savait. Pour autant, je ne relevai pas sa remarque. C'était sa manière de me dire de faire attention. Elle savait que je lui demandais silencieusement la même chose, et nul mot de plus n'était nécessaire. Glissant entre les ombres et s'envolant comme un trait dans le ciel, la Nekomata partit rejoindre Jack là où il se trouvait, dans les hauteurs des Temples du Zodiaque d'Or. Pour ma part, une autre tâche m'attendait...

    L'extermination de créatures dangereuses telles que celle-ci était pour ainsi dire une vocation familiale. Même si mon clan n'existait désormais plus, ce devoir subsistait à travers moi. Je serais surement allé enquêter sur cette mystérieuse présence même si j'avais eu une mission précise à remplir. Je pouvais me permettre ce genre de détours. Quelque chose me disait cependant que celui-ci serait particulier.
    Mon intuition ne m'avait pas trompé. Les ombres de la forêt, celles permis lesquelles je disparaissais d'ordinaire si facilement, me repoussaient, m'observaient. Les silhouettes des arbres me paraissaient hostiles, distordues. Je n'osai pas sauter de branche en branche ni me glisser dans les fourrés, de crainte de m'enfoncer dans un piège tendu à mon intention. Au lieu de cela, je glissais sans le moindre bruit sur le sol trempé, effaçant ma présence et mon Cosmos comme je le faisais d'ordinaire. Alors que je m'approchais de cette présence, ma main vint se poser sur la poignée de mon katana. Entre deux arbres, un spectacle bien singulier s'offrit alors à moi.

      « Qu'est-ce que... »
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Mashia


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Sam 10 Jan - 15:58




Mashia Mokushi



Les chroniques d'une fleur de Lotus - Guerre



L'éveil de la Louve





Ainsi donc, même le Corbeau Rouge ne pouvait tout prévoir ? Un tourbillon de plumes écarlates plus tard, et les voici tout deux en plein cœur de la forêt d'Ahies. La silhouette toute encapuchonnée déposa son fardeau entre les bras d'un arbre, avant de se reculer et de l'observer. Cette fois là, déjà, elle aurait dû mourir, plutôt que d'être sauvée. Cela ne lui avait apporté que souffrances. Songeur, le visage dans l'ombre, la silhouette mi-humaine, mi-corvidé fit appel à de plus sombres ténèbres encore. Avalant toute lumière, enfin, le peu de lumière que leur offrait ce ciel gris et courroucé. Distillant dans le cœur de la Sainte, un poison qui chasserait toute clarté. Presque aussitôt, la jeune japonaise s'agita dans ses rêves troublés : c'était le corps de Dohko, étendu qu'elle voyait. C'était son trépas, qu'elle contemplait. Tout ce sang, « son » sang, l'éveilla dans un cri qui n'avait plus rien d'humain.

La douleur de cette perte était intolérable pour elle. Alors, enfin, comme « il » le voulait, Mashia se laissa corrompre par sa nature profonde. Pour se perdre.

Ses yeux exorbités se parèrent d'un voile rouge, sa bouche s'ouvrit en grand, se déforma pour que des crocs puissent jaillirent : en une gerbe de sang qu'elle répandit sur le sol, Mashia, prostrée, ne chercha pas un seul instant à lutter contre sa métamorphose. Ses doigts se crispèrent, arrachant plusieurs brins d'herbes, jusqu'à ce que ce soient des griffes qui, follement, labourèrent la terre meuble. Sa crinière sanguine ? L'immaculé désormais habillait la moindre parcelle de sa peau. Et la bête grandit, grandit encore et encore jusqu'à dépasser la cime des frênes.

Un loup gigantesque hurla à la face du ciel son désespoir et sa colère.

Ce manteau noir que « La Réponse » avait dressé tel un rideau sur une scène de théâtre se volatilisa, laissant tout le loisir au frère de contempler sans doute, le plus terrifiant et puissant démon auquel il avait dû faire face. En possession de sa toute puissance, la mère Louve ordonna à ses enfants d'attaquer le ninja qui n'avait même pas cherché à cacher sa présence. Autour de lui, se dessinaient des formes tordues, grimaçantes. Bientôt, se furent toute une meute de loups fantomatiques qui se ruèrent sur lui, tout crocs sortis.

« Tywyllwch? Maent yn dywyllach mewn oriau hynny, cuddio yr anweledig. » [Les Ténèbres ? Elles sont plus sombres en ces heures, camouflant l'invisible.] Un charognard au rouge plumage prit son envol, il avait à faire. « DOHKO ! »

L'Akuma gronda, hélant le nom du Saint de la Balance directement dans l'esprit du jeune chasseur de démons. Lui vrillant les tympans. Sa toison blanche fut brusquement piquetées par une myriade de plumes carmines, faisant retrousser ses babines à la bête. Un râle de douleur en sorti, suivit d'un hurlement. Sa tête massive chercha à mordre dans le corps du jeune homme, claquant dans le vide quand elle ne rencontra que de l'air. Gêné par son environnement, le monstre balaya tout sur son passage, arrachant tout, comme si cela n'avait pas la moindre importance de pourfendre la nature.

Une fois ce carnage passé, la Louve Blanche braqua son regard furieux vers l'homme de la Mer.

« QUI ES-TU ? NOUS SENTONS LE SANG DE NOTRE FAMILLE EN TOI. »








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Minato


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Jeu 15 Jan - 0:15

    Le Noir. Il n'y avait que le noir face à moi, là où aurait dû se trouver la source de la perturbation qui m'obsédait. J'avais déjà rencontré des créatures étranges capables des plus réalistes illusions, ou encore de manipuler les ombres et la lumière, mais il s'agissait là de quelque chose d'entièrement différent. Ce qui s'était abattu sur cette clairière, c'étaient les ténèbres à l'état pur, celles qui d'ordinaire ne se terraient qu'au plus profond du cœur des hommes et qui ne ressortaient qu'en de rares occasions pour corrompre ce qui les entouraient. Quel genre d'abomination pouvait ainsi les manipuler pour en faire un mur de cette puissance?

    Mais alors que je me posais cette question, le voile obscur se déchira pour me dévoiler un animal aux proportions immenses, dépassant la cime des arbres pour se dresser et presque occulter à mes yeux le ciel orageux. Un loup blanc gigantesque se dressait face à moi, ou plutôt au dessus de moi, alors que je restai là, figé tant par la stature de la créature que par l'aura de puissance brute qui se dégageait d'elle. Je remarquai à peine l'éclair rougeâtre qui s'envola dans le ciel. Je ne parvins à retrouver mes sens qu'au moment où une multitude d'esprits-loups, surement contrôlés par l'Alpha, se jetèrent sur moi.

    Ils étaient nombreux, mais pas assez pour restreindre mes mouvements et m'acculer. Je parvins à esquiver leurs attaques en glissant de droite à gauche ou en sautant sur les troncs des arbres. Les rares qui parvenaient à m'atteindre rencontraient le fourreau de mon arme rengainée, se faisant repousser de la plus brutale des manières pour choir sur le sol trempé. Un cri inhumain résonna alors directement dans mon esprit, me vrillant les méninges et me forçant à baisser ma garde un bref instant pour me tenir la tête. La créature appelait quelqu'un...
    Et se mit ensuite elle-même à bouger. Du coin de l’œil, je vis la gigantesque mâchoire s'ouvrir pour me happer. Me propulsant en avant d'une impulsion de mon Cosmos à la plante de mes pieds, je pus prendre de la distance en me projetant une bonne vingtaine de mètres en avant, mais la meute était toujours sur mes talons. Pire, l'Alpha était en train d'enrager et de ravager les environs avec ses membres titanesques. Je fus forcé de répéter plusieurs fois mon déplacement instantané, jusqu'à me retrouver à bonne distance, au sommet d'un grand pin. Reprenant mon souffle légèrement perturbé, je fus surpris de voir la Bête se tourner vers moi et s'adresser à ma personne, maîtrisant à peine la rage qui débordait d'elle.

    Elle me demandait qui j'étais. Selon elle, je partageais le sang de sa famille... Qu'est-ce que cette créature voulait dire par là? Mes sourcils se froncèrent sous mon masque. Cette créature était-elle liée au clan Mokushi? Ou bien se méprenait-elle sur ma nature? Difficile à dire. D'ordinaire, je me basais sur mes vastes connaissances à propos des créatures surnaturelles pour les combattre, mais celle-ci m'était complètement inconnue. Il aurait pu s'agir d'un Inugami, mais ceux-ci ne pouvaient pas atteindre un tel degré de puissance. Elle n'en avait de toute manière pas les caractéristiques ni le comportement. Un démon loup d'Europe? Une créature Divine?
    Je l'ignorais. J'ignorais tout de ce loup blanc au plumage rouge, mais pourtant, encore une fois, mon instinct me disait le contraire. Je me sentais familier de cet être étrange. Sa rage trouvait écho en moi, et je sentais que quelque chose n'allait pas. Que quelque chose en elle n'aurait pas dû être, sans que je puisse mettre le doigt sur quoi. Je ne m'expliquais pas cette sensation qui m'envahissait, et je refusais pour l'heure à y prêter attention. Face aux Démons, je devais me faire sabre et ne jamais dévier mon coup sous le coup de l'émotion.

      « Mon identité n'a pas d'importance. Je ne suis venu que pour te libérer. »

    Ces paroles, je les avais déjà utilisé de nombreuses fois. Pourtant, en ce lieu et en ce jour, elles sonnaient si fausses dans ma bouche.
    Ma main droite se posa sur le manche de Totsuka-no-tsurugi. Les cordelettes pourpres se délièrent, et sans hésitation aucune je libérai la lame qui était devenue une partie de mon être. Le sabre rouge comme le sang se mit à luire d'un étrange éclat. Mon corps se pencha vers l'avant, et d'une nouvelle impulsion je fendis l'air pour fondre sur l'Alpha. Les petits esprits-loups se jetèrent en avant pour tenter d'intercepter ma course, mais celle-ci dévia en plein air. Je me glissais entre les gouttes de pluie comme une hirondelle véloce et agile, tranchant de ma lame chaque loup arrivant à ma hauteur. Mon arme était particulière : elle tranchait le Cosmos lui-même. Tranché dans le substance, à leur source-même, les esprits se dissipèrent à chaque coup porté, sans possibilité de se reformer avant un bon moment.

    Ma course ne dura que quelques secondes, mais déjà la moitié des serviteurs de l'Alpha avaient disparu en tendant de dévier ma route. Le projectile meurtrier que j'étais ne fit pas l'erreur de se diriger directement dans la gueule de la créature. Ma trajectoire me conduisit plutôt sur ses flancs, là où se multipliaient ses étranges plumes rouges qui m'intriguaient autant que m'inquiétaient. Il y eut comme un éclat lunaire parcourant la lame de Totsuka-no-Tsurugi avant qu'elle ne frappe, tranchant la chair du Loup autant que les énergies cosmiques qui le parcouraient. Mon élan me fit continuer ma chute sur une vingtaine de mètres encore avant que je ne me réceptionne sur le sol, glissant sur la terre boueuse de cette forêt noyée sous le déluge.
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Mashia


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Sam 17 Jan - 12:39




Mashia Mokushi



Les chroniques d'une fleur de Lotus - Guerre



Rage





« ME LIBERER DIS-TU ! QUELLE BÊTISE ! QUELLE PRETENTION ! »

La créature laissa échapper une sorte de rire guttural qui résonna dans les alentours. Elle se gaussait bien de cet insecte qui n'avait même pas eu la présence d'esprit de se présenter, de lui révéler son identité. Au lieu de ça, l'inconnu se targuait de pouvoir le libérer de ses chaînes ? Au nom de quoi au juste, et avec quoi ? Ces maigres compétences, ce sabre risible ? Rien ne pouvait percer son cuir, et surtout pas une lame si insignifiante. Qu'il tente si cela lui chantait, il ne rencontrerait que plus vive résistance. Sauf si.

Sauf si son katana trouvait son point faible parmi ses plumes écarlates sensées camoufler sa blessure au flanc gauche. Comment avait-il sut ?

Sa cabrant, le loup gigantesque hurla à la face des cieux, sa souffrance éclatant comme du cristal chutant sur le sol. Son plumage à cet endroit s'envola dans le vent, l'emportant vers le Sanctuaire d'Athéna. Et la démone s'insurgea contre son Bourreau, braquant ses prunelles sauvages et mordorées sur sa maigre silhouette. La Louve commença à lécher sa plaie d'où s'écoulait un flot de sang noirâtre, visqueux, nauséabond. Ses babines ne tardèrent pas à en être maculées.

Si ses enfants avaient presque tous disparut, la Mère ne semblait pas s'en inquiéter outre mesure. Non, sa rage toute concentrée sur sa blessure rouverte, elle s'écria plus fortement encore tandis que ses muscles se contractaient à l'extrême :

« COMMENT OSES-TU ?! COMMENT OSES-TU UTILISER UNE TELLE LAME CONTRE MOI ! SEULS LES PANTINS DE PSEMA PEUVENT TRANCHER MA CHAIR ! TU NE PEUX ÊTRE QUE L'UN D'ENTRE EUX ! »

Son grondement sourd prit de l'importance, jusqu'à faire trembler la terre elle même. Agitée celle-ci fit naître de larges brèches d'où s'extirpèrent d'autres formes et esprits. Plus uniquement des loups, mais aussi d'autres monstres issus du folklore nippon. Inugami sans maîtres, jusqu'aux Kâppa et autres créatures plus hideuses les unes que les autres. Tous s’amoncelaient autour de leur Mère, tels des nuages dans les cieux. Sombre nuée, elle ne tarda pas à se ruer sur le ninja, certains d'entre eux usant des mêmes déplacements que ce dernier pour tenter de le faucher de leurs crocs et de leurs griffes.

« C'EST DE VOTRE FAUTE SI J'AI PERDU DOHKO, SI JE SUIS AINSI ! »

Rien ni personne n'échapperait à sa colère. Profitant du fait que l'inconnu soit occupé avec ses enfants, le grand démon lupin concentra son cosmos à son paroxysme faisant naître ça et là, des lotus noirs qui perçaient la noirceur pour s'épanouir tout autour de son ennemi. Leur fragrance s'échappa bien vite pour alourdir les mouvements du pion de Pséma jusqu'à ce que ce dernier ait de plus en plus de mal à pourfendre les créatures invoquées. Pendant ce temps, la Louve s'efforçait d'arrêter l'écoulement trop important de son sang et qui éclaboussait cette forêt sacrée. Mais plus il s'échappait, plus elle perdait le contrôle, sa colère devenant de plus en plus importante, presque palpable.

Et la pluie redoublait d'intensité, plus bénéfique pour la créature que néfaste. Des petits êtres tout drapés d'eau se regroupaient déjà pour l'aider à se soigner.

Si toutefois cela était possible …

« DOHKO TU ES MORT PAR MA FAUTE. » s'attristait-elle, se promettant de se venger contre ce Pséma. À commencer par l'homme à la chevelure de feu. « JE VAIS TE BRISER ! »

Se fendant à une vitesse vertigineuse, le prédateur arriva sur sa proie ouvrant largement sa gueule pour le dévorer …








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Minato


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Mer 21 Jan - 1:38

    Presque à la seconde où ma lame vint mordre la chair de la créature viciée, je regrettai mon acte. Quelque chose dans mes entrailles se tordit, mais ma main portée à ma hanche ne put trouver nulle trace de blessure. Au fond de moi, quelque chose se compressait, comme en réponse à la blessure que je venais d'infliger à ma proie. Était-ce là une autre des capacités du monstre? Une illusion? Autre chose? Je ne pouvais le dire. Le hurlement de douleur du Loup titanesque trouva un écho lointain en moi. Par quel charme vicieux cette créature partageait-elle sa douleur avec moi? La peine que je ressentais en la contemplant lécher ses plaies ne me semblait pourtant pas être une illusion...

    Cette douleur ne tarda cependant pas à attiser les brasiers de la colère du monstre Alpha, le faisant hurler à mon encontre toute son indignation, et au milieu de toute cette hargne, le nom qui capta toute mon attention. Pséma. Pséma était impliqué. Mes yeux se plissèrent sous mon masque. Cette créature avoir de la rancune envers le Bélier Noir, et me prenait à présent pour l'un de ses sbires. Son Cosmos était pourtant bien plus proche de celui des Chevaliers Noirs au service de l'être chaotique que le mien! Ne s'en rendait-elle pas compte? Qui l'avait ainsi abusé?
    Je n'eu pas le temps de m'interroger d'avantage. Sous l'appel du Démon majeur, une faille s'était ouverte sous ses pieds, déversant sur le monde matériel une multitude d'esprits et de monstres tirés d'un autre plan. Ces créatures n'étaient pourtant pas du folklore local, mais provenaient plutôt de celui de ma terre natale. Tengu, Inugami, Kappa, Oni, Jirougumo... Autant d'êtres que je ne pensais pas rencontrer en Grèce, et que cette créature avait pourtant invoqué en masse. L'avantage durement acquis venait à nouveau de m'échapper.

    La nuée de créatures volantes et terrestres se rua sur moi avec vélocité et brutalité. Je fus obligé de me déplacer de manière constante et à rivaliser de vitesse avec les Tengus maitres des vents pour ne pas me laisser encercler et submergé par la masse des adversaires. Totsuka-no-Tsurugi tranchait tout ce qui passait à sa portée, sans pour autant faire diminuer la marée de Yokais qui me semblait toujours plus importante. Je fus forcé d'user de ma seconde main en m'armant le fourreau de mon katana afin de repousser ceux qui échappaient au tranchant de l'arme légendaire. Quelque chose, au milieu de cette mêlée prolongée, me sauta cependant à l'esprit. J'avais déjà combattu bon nombre de ces créatures. Elles pouvaient user de puissantes arcanes, déclencher des tempêtes et jouer d'illusion. Pourtant, ici, elle se contentaient de m'assaillir physiquement pour me déchiqueter. Maîtres de leurs pouvoirs, ils m'auraient déjà balayé depuis longtemps. Quelque chose les en empêchait, les envoyait après moi. L'Alpha. Son influence ne se limitait donc pas aux esprits-loups? Il possédait la capacité d'établir un esprit de ruche avec toute la race des Ayakashi? Mais quel genre de monstre avais-je donc en face de moi?!


    Mon pas manqua une branche, je chutai. Les griffes d'un Kappa me lacérèrent l'épaule avant que je puisse lui mettre un coup de pommeau dans le bec. Ce n'était pas la fatigue. Je connaissais mes limites, et j'étais encore loin de les atteindre. Pourtant mes membres se faisaient lourds, ma visions trouble. Petit à petit, mes membres devenaient trop lents pour tenir à distance la marée fantasmagorique. Je ne remarquai que trop tard les lotus noirs qui avaient poussés tout autour de la clairière dévastée, et dont le parfum parvenait à mes narines en dépit de la pluie battante qui tombait sur nous. Mon souffle se faisait lourd. Lorsque mes jambes lâchèrent, je ne pus que planter mon arme dans le sol et contempler la nuée se jeter sur moi.
    Un souffle brûlant passa alors sur ma peau et m'entoura sans pour autant me blesser. Tombant du ciel, plusieurs boules de flammes bleus s'écrasaient au milieu des rangs des créatures, consumant leur forme spirituelle ainsi que le champs de lotus noir qui paralysaient mes mouvements. Mes forces me revenaient déjà lorsqu'une immense panthère d'au moins deux mètres au garrot sembla tomber doucement des airs pour se poser à mes côtés m'entourant de sa silhouette en feulant à l'adresse du Loup et de ses pantins. Ses deux queues ne laissaient aucun doute quant à sa nature, et ses yeux jaunes portèrent sur moins un regard où se mêlait inquiétude et colère. Ce fut pourtant empruntes de calme que sa voix humaine parvint à mes oreilles.

      « J'ai les instructions de Jack. »

      « Elles attendront. Nous devons d'abord nous occuper de ça. »

      « Tu as un don pour attirer les problèmes, Maître. »

    Le Loup titanesque avait terminé de ruminer auprès de ces esprits des eaux qui tentaient de le soigner. Il tentait à présent de refermer ses immenses mâchoires sur nous pour nous broyer. Une simple morsure de cette créature serait suffisante pour nous tailler en lambeaux, aussi nous n'eûmes aucune hésitation à bondir pour éviter de nous faire happer. Kuro se déplaça prestement dans les airs en volant et il me suffit d'un bond pour me retrouver sur son dos, à prendre de la hauteur pour avoir une meilleure vue d'ensemble. Les créatures volantes invoquées par l'Alpha tentèrent de nous intercepter, mais entre les crocs d'un Nekomata et le tranchant d'un sabre tueur de démons, il ne nous fallut pas plus d'une minute ou deux d'acrobatie pour en réduire le nombre et creuser la distance. En contrebas, le Loup continuait à gronder, dégager de plus en plus de cette puissance à l'état brut qui me semblait si familière. Mon familier s'adressa alors de nouveau à moi.

      « Minato... Cette Ayakashi... Elle m'appelle, comme tous les autres. Mais il y a également autre chose... Notre pacte réagit à elle. A son sang. Il y a quelque chose de toi en elle. Ou l'inverse. Je ne sais pas. »

    Je n'étais donc pas fou. Il y avait bien un lien entre moi et cette créature. Avions-nous réellement le même sang, comme le Loup l'avait prétendu au début de l'affrontement? Puis, comme les différents pièces d'un puzzle, les différents éléments commencèrent à s'assembler dans mon esprit. Cette force à l'état brut qui se dégageait de la créature était proche de ma propre technique, le Tekketsu Tenkan, à la différence que ma technique catalysait et dirigeait cette force pour la dompter là où celle de la créature se déchaînait de manière incontrôlable. Cette technique était lié au sang de ma famille. Cette créature n'était pas dans son état normale. Cette forme n'était surement même pas celle qu'elle avait à l'origine. Ce que j'avais sous les yeux, c'était un Mokushi. Un membre de mon clan. Peut-être même...
    Une sinistre pensée vint effleurer mon esprit. Ce doute me fit agir par pulsion, sans que je réfléchisse aux conséquences de mes actes. C'était indigne de mon rôle, de la fonction d'arme vide de sentiment que je devais remplir face aux démons que j'affrontais, mais à cet instant je n'en avais cure. Posant une main qui se voulait rassurante sur la tête de Kuro, je basculai dans le vide sans prévenir, chutant vers le sol avec la pluie sans cette fois m'en servir pour dévier ma course. Comme une flèche fonçant droit vers le Loup géant cloué au sol, je récitais la clé d'activation de ma technique à voix basse avant de crier son nom haut et fort.

    « Tekketsu Tenkan! »

    Mon sang se mit à bouillir alors qu'une aura rouge se mit à entourer mon corps. Durant les quelques secondes de ma chutes, mes blessures se refermèrent, mes sens s'étendirent à tous les environs, et une force nouvelle s'écoula à travers mon corps entré en combustion. L'aura faisant luire avec une intensité renouvelée l'écarlate de mes cheveux comme de mon arme tirée au clair, l'étoile teinte rubis que j'étais devenu alla s’abîmer dans la gueule du Loup géant qui avait réagit en conséquence pour essayer de me broyer à nouveau avec sa gueule.
    Cette fois, nulle esquive ou dérobade. Le choc fut terrible, mais je parvins à tenir en opposant au déchaînement de la force de mon comparse toute la maîtrise de la mienne. Mon katana vint bloquer une mâchoire, le fourreau de celui-ci intercepta la seconde en se calant entre ses dents. Mes bras manquèrent de se briser à l'impact, mais ils plièrent sans pour autant céder. Je savais cependant que je ne parviendrais pas à durer guère plus d'une dizaine de secondes lorsque la créature massive déciderait de m'écraser, et je profitait donc du temps qui m'était imparti pour, au travers des fentes de mon masque, planter mon regard dans les immenses yeux dorés du Loup et le forcer à m'écouter.

      « Je ne suis pas l'un des leurs. Que t'est-il arrivé? Quels supplices Pséma t'a-t-il infligé? »
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Mashia


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Ven 23 Jan - 16:37




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Mokushi





From Shadows

Au travers ce rideau brumeux de pluie et de sang, la créature s’était immobilisée, aveugle. Son œil semblait éteint et le peu qu’il restait de sa meute en avait fait autant. Accablée par cette soudaine puissance dont le ninja avait fait preuve, la Louve Blanche s’était muée en une statue de marbre. Son sang s’était mis à bouillir face à cette clameur, éveillant un pan de sa conscience jusque-là endormi. Mais, probablement par réflexe, celle-ci referma ses mâchoires sur l’homme aux cheveux carmins, prête à le broyer. Si elle rencontra encore une fois une certaine résistance, la Démone savait qu’il serait très aisé de le broyer, de l’anéantir. Quelque chose l’arrêta.

Ainsi, pour toute réponse aux questions de son agresseur, un gémissement plaintif éclata.

« Dohko … il a tué Dohko … non j’ai tué Dohko … »

Des larmes roulèrent sur ses joues de Louve alors qu’elle continuait de chanter ses supplices à travers des plaintes, des grondements à vous déchirer le cœur. Ses enfants, en voyant leur mère dans cet état, laissèrent éclater leur tristesse. Car ils étaient tous intimement liés. Cette peine-là atteignant même le cœur des deux intrus. Son sang recommençait à couler à flot de sa blessure au flanc. La langue de la créature chercha à évincer l’étranger toujours coincé dans sa gueule. Elle lui exhortait à partir, lui hurlant dans son esprit qu’il lui faisait du mal, comme Pséma.

« J’ai tué Dohko, j’ai tué Dohko … » répétait-elle avant de finalement se laisser choir de tout son poids sur le sol, faisant jusqu’à faire trembler la terre et les frondaisons des arbres. « Cette blessure qu’il m’a infligé, c’est en prenant le contrôle de Dohko. Sa Mort à lui … c’est de ma faute. En prenant le contrôle sur moi, je l’ai tué … »

Depuis quelques instants, sa voix n’était plus flot colérique et tempétueux : non, c’était la voix d’une jeune femme douce qui exprimait son affliction. Son regard chercha celui du ninja.

« Puis quelqu’un, la « Réponse » m’a emmené ici, il m’a susurré des mots à mon oreille et je n’ai pas pu contrôler ma rage. »

Sa tête massive roula sur le côté, invitant le duo à quitter ses mâchoires. Quand cela fut fait, la Louve Blanche referma ses prunelles, comme sur le point de s’endormir. Au lieu de cela son corps s’agita d’abord de légers soubresauts avant de se parer d’une aura de sang, identique à celle que l’inconnu s’était drapé. Elle commença alors à perdre sa taille gargantuesque pour avoisiner celle d’un loup commun. Exceptées les plumes qui recouvraient une bonne partie de son pelage, l’Ayakashi paraissait tout à fait banale. Bientôt Kappa, Tengu, Inugami, Oni … rejoignirent leur maîtresse pour s’amasser à ses côtés, lui tenir chaud, frotter leurs museaux contre elle. Cette scène pouvait être particulièrement singulière, surtout pour un chasseur de démons. Il y avait tant de créatures sur elle qu’ils formaient une sorte de mur pour la préserver des intrus. Et de cette muraille, sortie l’Ayakashi.

« Si tu n’es pas avec Pséma … alors … je te le redemande, qui es-tu ? »

Se tenant sur ses deux jambes, la Louve avait adopté une autre forme, plus proche de la silhouette humaine que de l’animal de tantôt. Deux yeux jaunes étudiaient le jeune homme, cherchant peut-être à percer les ombres qui l’entouraient. Quelque chose en lui l’intriguait. Elle ressemblait nettement plus à une kitsune avec ses oreilles plaquées contre son crâne, sa queue fouettant l’air dans une attitude à la fois méfiante et irritée. Son visage était celui d’une jeune japonaise, ressemblant beaucoup à celui de ses deux parents : elle avait les yeux de son père, le teint et les traits doux de sa mère, ainsi que sa chevelure d’un rouge éclatant.

« Qui es-tu ? »

Soudain, elle se fendit à la vitesse de la lumière, brisant la distance qui existait entre eux. Sans qu’il ne puisse réagir, elle l’avait attrapé par le col et, pendant ce mouvement, en avait profité pour faire apparaître dans sa main libre son katana. La lame brillait sous la faible lumière, d’une lueur bleutée. Nettement, sur toute la longueur de celle-ci, était gravé le mot : « Mokushi ».









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Minato


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Mer 28 Jan - 23:18

    La pression exercée sur mes membres par les immenses mâchoires de la créature manqua de les briser. Surement ces terribles dents auraient-elles fait leur office si je n'avais pas activé ma technique un peu plus tôt. Pourtant, malgré cette force qui courrait dans mes veines, je ne pouvais rivaliser avec la puissance brute de la créature. Les secondes s'écoulaient, et alors que mes dents se serraient et que je me sentais faiblir, aucune réponse ne m'avait été retournée par le Loup. La pensée de me dérober à nouveau pour éviter de finir broyé commençait à poindre dans mon esprit lorsque, sans que je comprenne pourquoi, la pression cessa sur mes bras.
    Les yeux grands ouverts sous mon masque, je contemplai, interloqué, l'étrange vision de l'immense créature, débordante de rage et de violence un moment plus tôt, se faire déborder par la tristesse. Les pleurs de l'Alpha se répercutèrent aux entités qu'elle avait sous son contrôle, dans une requiem désespéré pour cet être cher, ce "Dohko" qui avait été tué par Pséma, au moins indirectement. Conscient que je n'avais plus de raison de m'exposer aux crocs du Loup, et poussé quelque peu par sa langue, je sautai en arrière pour me retrouver au bout opposé à la clairière, alors que l'immense corps du monstre s'écroulait à terre, comme vidé de ses forces.

    Je demeurai sur mes gardes, mais, sans que je le veuille, ma lame s'abaissa petit à petit. Le désespoir de cette créature ne pouvait pas me laisser indifférent. J'en connaissais à présent la raison, et cet être prisonnier de chaines invisibles faisait émerger en moi une réminiscence d'une situation semblable que j'avais traversé, lors de ma rencontre avec Kuro. Petit à petit, mon aura meurtrière diminuait. Le combat n'était désormais plus une option, ni pour elle, ni pour lui.
    La voix de la créature avait abandonné ses intonations meurtrières et bestiales pour devenir plus douce, plus féminine. Ses paroles étaient décousues et je ne parvenais pas à en saisir tout le sens, mais je parvins néanmoins à en saisir les grandes lignes. Pséma les avait manipulé, elle et ce Dohko, afin qu'ils se combattent l'un et l'autre. Cette énergie corrompue qu'il sentait en elle, massée autour de sa plaie et de ces plumes rouges, c'était à travers cela qu'il l'avait atteinte? Cette "Réponse"... Ce mot revenait sans cesse parmi les sbires de Pséma. Il ne s'agissait donc pas que d'une formule, mais d'une personne?

    Les révélations que m'offraient la Louve, je dus les écarter pour l'instant afin de me concentrer sur son état. Le plus dangereux était à présent passé et la taille de la créature diminuait dans une aura sanguine si semblable à la sienne, mais la masse de Yokaïs était toujours présente, se massant autour d'elle tel un mur de chair et d'esprit uni contre un unique agresseur. J'avais pourtant abandonné tout positionnement agressif à ce stade, et mon sabre était pointé vers le sol, libéré de son funeste usage. Dans un souffle, je prononçais la formule pour mettre fin à ma technique de Tekketsu Tenkan, et rengainait par la même mon sabre dans son fourreau.


    Du mur formé par les esprits orientaux émergea une forme humaine. Ses attributs de loup avaient presque disparu : seules restaient quelques traces d'un pelage blancs, ces oreilles lupines sur son crâne et la queue qui fouettait l'air dans son dos. Ce ne furent cependant pas ces traits bestiaux qui me coupèrent le souffle, mais le visage de la jeune femme. Un frisson d'émotion me traversa, brisant mon masque d'indifférence alors que j'entrouvrais la bouche sans pour autant pouvoir prononcer le moindre mot.
    Celle qui se tenait devant moi à cet instant, avec ces cheveux écarlates et ce visage fin et doux, mais emprunt d'une fermeté insoupçonné... Il me fut impossible de ne pas reconnaître en elle le fantôme de ma mère, dont le visage avait pourtant presque disparu de ma mémoire au cours des 26 dernières années. Pendant de longues secondes, je fus incapable de réagir ou de respirer, même lorsqu'elle m'empoigna et me menaça en pointant un sabre gravé au nom de notre famille droit sur ma gorge. J'étais trop secoué pour esquisser le moindre geste, même pour ma survie. Les images de mon enfance, que je croyais perdues à jamais, jaillissaient du puits de ma mémoire où jes les y avait perdu, me noyant dans un torrent de joie, de douleur et de mélancolie.

    Dans mon dos, un grondement hostile se fit entendre. Kuro venait de se poser derrière moi et s'apprêtait surement à bondir pour me défendre. La situation avait pourtant changé. Même elle devait l'avoir senti, et c'était surement ce qui la retenait. Orientant ma paume libre dans sa direction, je lui fis comprendre qu'elle n'avait pas à intervenir. Prenant une grande inspiration, je ne répondis pas tout de suite à sa question, me contentant de lever ma main à ma tête pour défaire l'un des nœud qui retenaient mon masque. Je n'en avais plus besoin, à présent. En cet instant, je n'étais plus une lame destinée à combattre les démons et créatures de la nuit. Je n'étais plus qu'un homme, esclave de ses émotions et libre de ses choix.
    Le masque blanc glissa sur mon visage et tomba au sol, s’abîmant dans la boue retournée par notre affrontement. Sa chute révéla mes yeux bridés, qui trahissaient indéniablement mon origine asiatique, ainsi que leur teinte assez inhabituelle, à la frontière de l'or et de l'ambre. En vérité, ils devaient ressembler énormément à ceux que je fixais moi-même. Nous partagions décidément bien plus que ce que l'un et l'autre avait imaginé... Mes lèvres se délièrent enfin, prononçant dans ma langue maternelle des mots qui, je n'en doutais pas, lui seraient parfaitement compréhensibles.

      « Watashi no namae ga Minato. Mokushi Minato. »

    Ma voix avait flanché sur les dernières syllabes. Ce n'était pourtant pas dans mes habitudes, mais je n'en étais plus à ça prêt. Cette rencontre n'avait, de toute évidence, jamais été destinée à être banale. Au contraire, c'était presque pour moi l'accomplissement de toute une partie de mon existence.
    Lentement, tout en gardant mon regard plongé dans celui de la Louve, je levai un doigt jusqu'à la hauteur de son sabre pour l'écarter doucement de ma gorge. Lorsque la lame fut suffisamment abaissé, j'eu une hésitation, puis fis un pas en avant, réduisant à néant la distance qui nous séparait. Mes bras vinrent entourer sa silhouette d'un geste protecteur, presque paternel, alors que je l'attirais contre moi pour la serrer contre mon corps. Ma tête se baissa jusqu'à ses tempes, où je pu murmurer ces quelques mots à son oreille, sur un ton que j'espérais suffisamment rassurant pour l'atteindre et dissiper les doutes qu'elle pouvait encore avoir.

      « Ne t'en fais pas, Mashia. Tu n'es plus seule, à présent. Tu ne le seras plus jamais. »
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Ciarán


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Jeu 29 Jan - 14:26

Ciarán s’était, selon ses dires, « touché la bite bien assez longtemps ». Voyant que le brave aveugle n’avait pas la moindre envie d’aller rejoindre la mêlée générale que pouvait représenter le Sanctuaire, le rouquin soupira. Déjà que l’autre ne pipait mot, si en plus il ne bougeait pas on allait vite le confondre avec une statue. Son attention se détourna donc de sa peau d’ébène, il se tourna dans la direction prise par les derniers marinas.

« Et puis merde. J’vais m’en jeter un dans l’gosier. Les meilleurs bars sont à Rodorio a c’qui parait. »

Encore un voyage à toute vitesse sous l’eau, sans protection cependant, pour changer. Son corps, aérodynamique, fendait l’eau comme une lame. Son cosmos le protégeait de la pression marine, et des autres conséquences fâcheuses qui pouvaient perturber une personne qui voulait faire trempette au beau milieu de l’Océan.

Il n’avait pas pris sa bouteille. Il n’avait pris aucune bouteille, pour être précis. A peine avait-il posé le pied sur le port qu’il discerna quelques hommes qu’il avait croisé quelques heures auparavant. Les yeux au beurre noir et les regards éplorés étaient témoin de son dernier passage. Ces gardes n’avaient aucune envie de croiser la route du Général du Kraken de nouveau. Tant mieux, il avait un planning chargé :

« Trouver un bar, allumer une serveuse, s’envoyer un tonneau de rhum. Pas forcément dans cet ordre. » murmura-t-il avec un sourire fou, qui disparut aussitôt. Ce cosmos… Il ne le connaissait que trop bien. Et il allait lui gâcher sa fête. Il ne lui en laisserait pas l’occasion. Passant entre les étals de marché qui juxtaposaient le port, il piqua une bouteille, qu’il commença à siffler. Il devait se dépêcher de boire, bientôt l’autre saurait qu’il était là, et tenterait de le tuer. Ou pire … il lui ferait la morale. Il n’allait pas attendre sans rien faire. Pire, il se dirigea vers la zone où il avait cru identifier cette présence. Il allait surement se faire éclater, mais ça, Ciarán s’en foutait. Surement les effets de l’alcool. A bonne distance de l’étrange trio, il hurla, de toutes ses forces.

« J’vais éclater ta gueule de con, … ninja nudiste ! »

Comment prendre au sérieux cet homme. Il était torse nu, ressemblait plus à un clochard qu'à un guerrier, et tenait à la main une demi-bouteille d'alcool frelaté. Pourtant, au profond de leurs êtres, les autres personnes éveillées au cosmos ressentaient qu'il bouillonnait.

[Hrp : Chacun son tour d'interrompre les sujets de l'autre, mon p'tit Minatocard !]
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Mashia


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Dim 8 Fév - 14:19




Mashia Mokushi



Les chroniques d'une fleur de Lotus - Guerre



Les heures de solitude





« Minato … Mokushi ? »

Les masques étaient tombés. Ici et maintenant, il n’existait plus aucune place pour l’indifférence et sa froideur. Les traits de la jeune femme s’étaient brisés pour traduire une intense surprise. Ses yeux reprirent leur couleur originelle, un bleu plus éclatant encore que celui de la mer turquoise et ces derniers étaient fixés sur un visage à la fois étranger et familier. Là, au creux de sa poitrine, son cœur rata un battement pour reprendre sa course effrénée. Elle se voyait en lui, elle voyait l’image lointaine d’une femme au sourire chaleureux ainsi que celle de son père Hiro. Bien que son esprit de prime abord ait hurlé à l’imposture, Mashia ne pouvait écarter cette certitude-là : elle avait un frère.

Un frère.

Le Destin s’amusait-il donc à ce point avec elle ? Qu’avait-il de si risible à la voir tomber si bas, côtoyant jusqu’aux plus sombres ténèbres pour finalement lui faire entrevoir une chiche lumière si proche, qu’il lui suffirait d’étendre le bras pour la toucher ? Quand elle pensait pouvoir l’atteindre, c’était pour mieux la lui retirer. Être torturé ainsi, était-ce le lot de tout homme ? Comme les Dieux étaient cruels. En cet instant plus encore qu’aucun autre. Face à lui, la jeune femme semblait si frêle et si démunie qu’elle ne tenta rien quand l’homme écarta sa lame de sa gorge : qu’aurait-elle pu faire ? Interdite, cette même lame, elle la laissa chuter dans la terre boueuse, à côté du masque du ninja.

De l’ombre à la lumière, on lui promettait que ses heures de solitude étaient désormais révolues.

Quelques larmes s’égarèrent sur ses joues pâles creusant des sillons dans la poussière qui les maculaient. En silence dans un premier temps, pour finalement redoubler d’intensité quand son frère la serra contre lui. Ce geste-là réveilla en elle sa véritable nature et, à l’instar d’une petite fille égarée, épancha ses pleurs sur l’épaule de son grand frère. Durant cette étreinte, ses derniers traits lupins s’envolèrent, ne laissant qu’une jeune femme dans son plus simple appareil dans une position d’extrême faiblesse. Son corps blanc était recouvert d’ecchymoses et de blessures à guérir, toutes profondes et suintantes d’un sang noirâtre. Ces blessures pourraient être soignées, d’autres probablement jamais. Les plaies de l’âme ne guérissaient jamais.

Elle ne serait plus jamais seule.

« Onii-chan … » souffla-t-elle en posant son front contre le torse de Minato. « Wata… »

Prête à lui répondre, sa voix se brisa net, couverte par une voix plus que tonitruante. Un autre homme venait de faire son apparition en houspillant son frère. Jetant un bref coup d’œil en penchant la tête sur le côté – petite comme elle l’était, le braillard ne devait sans doute pas l’avoir remarqué – Mashia, froissant de ses deux mains le haut de Minato, lui murmura :

« Ne … ne bouges pas … je n’ai … »

Elle n’eut pas le temps d’achever sa phrase que, agissant de concert, les quelques démons qui restaient dans les alentours se ruèrent sur le gêneur. Mais leur mère les arrêta d’un geste de la main : Inugami et autres démons s’évaporèrent dans les airs.

« Trop de sang a coulé … Minato … qui est cet homme et … que te veux-t-il ? »









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Minato


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Jeu 12 Fév - 1:18

    La transformation qui s'opérait sous mes yeux, j'étais bien incapable de l'expliquer. Mashia était-elle possédée par un Inugami? La malédiction qu'on lui avait infligé lui avait-elle imposé cette forme bestiale? Ou bien s'agissait-il la de son propre pouvoir? Quelle que soit la réponse, il y avait pour moi matière à inquiétudes. Alors que ses derniers traits lupins disparaissaient et que ses yeux prenaient une teinte si bleue que j'aurais pu m'y perdre comme dans l'immensité de la mer, Mashia se mit à pleurer à chaudes larmes contre moi.
    Je ne pouvais qu'imaginer la déferlante d'émotions qui se déversaient en elle, à apprendre en un jour si funeste qu'elle avait un frère. Cette situation nouvelle n'était pas aisée à appréhender pour moi, qui m'y étais pourtant préparé durant mes longues années de recherche. Alors pour elle qui ne l'avait sans doute jamais envisagé? Qui pensait être la dernière de notre clan? Et le découvrir après avoir perdu une vie qui lui était chère? Ma sœur ne devait plus savoir que croire ou que penser. Tout ce que je pouvais faire pour l'aider en cet instant, c'était lui offrir cette promesse de ne jamais l'abandonner et cacher ses larmes au monde en l'entourant de mes bras.

    Une fois les derniers souvenirs de sa bestialité dissipés, Mashia se retrouvait à présent dans sa tenue la plus épurée. Seules demeuraient pour l'habiller ses plaies et autres blessures qui parcouraient son corps, ainsi que les étranges plumes rouges qui se trouvaient toujours sur son flanc, prêt de la blessure que je lui avais moi-même infligé. Plus que jamais, je regrettais à présent son geste. Sa peine et sa douleur se répercutaient en moi, réveillant de vieilles blessures que j'aurais préféré laisser au repos. Je ne pouvais plus me permettre de laisser ainsi souffrir ceux qui partageaient mon sang. Plus jamais.
    Mon rythme cardiaque s'accéléra alors que sa prise sur ma veste de resserrait et qu'elle s'adressait à moi, la voix tremblante. "Onii-chan". Un mot en total décalage avec notre âge, que seuls les enfants utilisaient d'ordinaire, mais qui pourtant traduisait parfaitement l'affection surnaturelle qui grandissait inexplicablement entre nous. Et pourquoi pas redevenir enfants pour un temps, après tout? Nous avions beaucoup de temps à rattraper. Levant une main jusqu'à sa tête, je voulu lui caresser les cheveux, mais un cri, ou plutôt un beuglement, m'arrêta dans mon geste.

    Cet appel eu bien plus l'effet d'une douche froide que cette pluie qui continuait à tomber sur mes épaules. De tous les moments possibles et imaginables de cette existence, il avait fallut que ce garçon décide de me tomber dessus aujourd'hui? Ce soir-là? A cet endroit précis? Après deux ans sans donner de nouvelles? Les Dieux décidant du Destin des hommes avaient décidément un humour bien particulier.
    Mes muscles se raidirent quelque peu alors que je tournais la tête pour poser mes yeux ambrés sur Ciaran. D'apparence impassible, j'étais pourtant assez confus. L'envie de m'emporter contre lui et de lui faire regretter cette intervention plus qu’inopportune était bien présente... Et pourtant, je me sentais incapable de lui en vouloir. Le savoir vivant et en bonne santé après sa disparition inexpliquée du Sanctuaire Sous-marin m'apaisait quelque peu. Ce jeune homme était beaucoup de choses pour moi : un ami, un élève, une assurance pour le futur, aussi... Ainsi que le dépositaire de certaines anecdotes dont j'aurais préféré qu'elles demeurent oubliées. En particulier pour les oreilles de ma sœur tout juste retrouvée.

    Avant que je puisse réagir, les démons avaient déjà commencé à se ruer dans sa direction. Surement une réaction de défense naturelle face au nouvel intrus qui menaçait leur Alpha. Dans un grand effort, Mashia les désinvoqua juste à temps, avant qu'ils ne l'atteignent, m'arrachant alors un soupir de soulagement... Sauf qu'au milieu des êtres de folklore japonais, l'un avait continué sa course sans ralentir. Un énorme chat noir à deux queues se jetait sur Ciaran comme un prédateur sur sa proie. Ses énormes membres entourèrent son corps et le plaquèrent au sol dans une lutte féroce, rendue difficile pour la créature qui avait décidé de ne pas sortir ses griffes. Jouait-elle avec lui? Peut-être. Ce fut pourtant avec une voix passablement irritée que Kuro s'adressa au jeune homme qui avait déjà été son partenaire d'entrainement quelques années plus tôt.

      « Crétin d'alcoolique! Après deux ans d'absence, il fallait que tu te pointes maintenant? Tu ne vois pas que mon Maître est au milieu d'un instant important?! Ce n'est pas le moment de tout gâcher avec tes pitreries! »

    Poussant un profond soupir, je regardai Kuro ouvrir grande sa gueule et la refermer sur la tête de Ciaran avant de la secouer dans tous les sens, comme le font les chatons qui jouent entre eux. Le spectacle aurait presque pu être drôle si l'état de Mashia ne m'avait pas autant inquiété. Me désintéressant un instant du jeune rouquin qui semblait entre de bonne mains -pattes?-, je me tournais vers Mashia et détachai ma veste noire pour la déposer sur ses épaules. C'était là une bien maigre protection face à l'assaut de la pluie qui tombait toujours drue, mais cela suffirait au moins à l'habiller et la réchauffer pour les temps à venir. Penchant mon visage vers elle, je restai calme afin de pouvoir la rassurer avec assurance.

      « Ce n'est rien. Juste un ami. Il... veut simplement parler. Je crois. Ne t'en préoccupe pas pour l'instant. Assieds-toi et préserve tes forces. Je vais tenter de purifier ta blessure. »

    Les mains sur ses épaules, je l'accompagnai dans son mouvement alors qu'elle posait genoux au sol. L'incitant à se reposer sur mon bras gauche, je levai le droit vers le ciel, déployant soudainement mon Cosmos. Un bref instant, rien ne se passa, puis progressivement les gouttes de pluies se mirent à tomber de plus en plus lentement, jusqu'à finalement s'immobiliser autour de nous. J'avais réussi à en prendre directement le contrôle. Attirant à moi toutes les gouttes, je parvins à former une assez large sphère d'eau qui se mit à léviter prêt de moi. Cette quantité devrait suffire...

    Le sang noir qui s'écoulait de ses plaies était une évidente marque de corruption interne. Quelqu'un avait placé quelque chose dans le corps de Mashia. Si je voulais la sauver, il fallait expulser petit à petit l'infection. Fort heureusement, ce genre de purification était parfaitement dans mes cordes. Je commençai par attirer à moi une petite quantité d'eau qui vint entourer la blessure la plus profonde, celle entourée de plumes rouges. Lentement, en effectuant des vas et viens avec ma main pour entraîner un mouvement de vague, je concentrai mon Cosmos dans l'eau pour stimuler la régénération de Mashia tout en expulsant le liquide noir gorgé d'énergie néfaste que son corps semblait contenir. L'eau se mit à briller d'un doux éclat doré, peu à peu atténué par la souillure qui envahissait l'onde, et lorsqu'elle fut trop teintée pour demeurer saine, je l'envoyais se perdre dans l'herbe plus loin. L'opération se répéta plusieurs fois, durant de longues minutes de silence tout juste troublée par les bruits étouffés du combat entre Kuro et Ciaran dans mon dos. Lorsque finalement toutes les plumes rouges furent tombées et que je cessai de ressentir cette énergie maléfique dans le corps de Mashia, je commençai à me concentrer sur ses blessures physiques. Derrière moi, des bruits de pas se rapprochaient.

      « Tu tombes bien, Ciaràn. Je risque d'avoir besoin d'un coup de main... Mais dis-moi tout d'abord ce que tu es venu faire au Sanctuaire d'Athéna. Ne me dis pas que tu as été enrôlé dans cette Guerre Sainte... »

    Alors que je m'adressais à lui, de dos, j'avais commencé à déboutonner ma chemise rouge. Loin de moi l'idée de coller à la légende que me prêtait Ciaràn, mais Mashia avait présentement bien plus besoin d'être couverte que moi. Déposant la chemise sur son buste, je la regardai encore un instant en lui tenant la main pour la rassurer, puis me redressai pour me tourner vers mon ancien élève. Plus loin à l'arrière, je notais que Kuro gisait contre un arbre, assommée. Le choc avait été tel qu'elle avait repris sa forme humaine. Le garçon à qui j'avais inculqué à la dure les subtilités du maniement des armes n'était décidément plus tout à fait le même qu'autrefois...
    Ciaràn avait changé, en deux ans. Ses traits étaient plus affirmés, son corps plus musclé. Il puait toujours l'alcool bon marché, mais ses yeux était également aussi vifs qu'autrefois, bien que rendu mou par sa consommation immodérée de liqueur. Quelque chose dans on Cosmos avait également changé : le souffle impétueux qu'il dégageait autrefois était devenu une véritable tempête prête à se déchaîner. Qu'avait-il donc vécu au cours de ces deux dernières années pour devenir ainsi? Un léger sourire se glissa sur mes lèvres, en imaginant le genre d'aventures qu'il avait pu vivre. Il me les raconterait surement sous peu autour d'un verre lorsque nous en aurions l'occasion. Pour l'heure, je ne pouvais lui témoigner ma satisfaction de le revoir qu'à travers cette simple phrase :

      « On dirait que tu t'es un peu amélioré. »
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Ciarán


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Jeu 12 Fév - 16:24

Il souriait.

Un sourire fou, malade et vicieux, mais un sourire tout de même. Il attendait depuis si longtemps de pouvoir briser des choses qu’il en avait presque oublié le plaisir. Et pourtant, on lui avait retiré encore une fois ce doux nectar alors qu’il touchait à peine ses lèvres. Oh, évidemment, il ne s’agissait que d’une maigre flopée de démons, aussi dangereux qu’intangibles, mais sa colère monta encore d’un cran. On lui refusait la boisson. On lui refusait l’agression. Que restait-il à ce bagarreur ? Les femmes ? On les lui refuserait aussi. Son sourire se mua en grimace, donc, au moment où la rouquine dissipa les êtres invoqués. Il serra son poing si fort qu’il manqua d’en briser les os. Heureusement pour lui, une apparition du passé le sortit de son étant de transe, plus proche d’un berserker que d’un Général de Poséidon.

Kuro le mordit, et le secoua de toutes ses forces. Il se laissa aller quelques secondes et voltigea tel un pantin désarticulé, allant frapper le sol à une vitesse fulgurante. L’irlandais repris ses esprits, alors que le sang coulait le long de sa tempe. « Alors comme ça il faut mater le matou ? » dit-il en penchant la tête sur un côté. Son regard, calme, presque dur, contrastait avec celui qu’il avait pu avoir par le passé. Lorsqu’il se battait, désormais, il ne le faisait plus à moitié. C’était là la principale différence avec le garçon qu’il avait été. Alors que la créature mythique se jetait sur lui, il sourit enfin. Le combat. Enfin.

Ciarán frappa le sol, de toutes ses forces, et créa un geyser de terre qui arrêta son adversaire, la déstabilisant presque. Traversant le rideau de terre sèche qui retombait entre eux, il assena un violent coup de poing en plein torse de la femme-chat. Elle avait paré, mettant ses deux bras en opposition, et semblée plus étonnée que blessée. Sans même faire appel à son cosmos, il avait déjà pris un avantage considérable dans cette rixe inutile. Alors qu’elle s’élançait pour contre-attaquer, le rouquin esquiva d’un pas de côté. Cette esquive était simple, mais effectuée à une telle célérité que Kuro ne put que frapper dans le vide. Elle tenta de se rattraper en initiant un coup latéral, mais fut cueillie par … une projection de liquide. Le Général du Kraken avait sacrifié le fond de sa bouteille de bibine pour aveugler l’animal, puis s’était positionné derrière elle, pour la coucher d’un seul coup sec.

« Perte de temps. » dit-il en crachant au sol. Il prit le corps inanimé de son ancienne compagne d’entrainement et le posa contre un arbre. Elle lui en voudrait. De l’avoir battu et d’être devenu plus fort qu’elle. C’était une évidence. Et il savait qu’il en pâtirait, elle avait une manière très personnelle de se venger, Machine. Calmé, il se dirigea lentement vers son ancien maître, qui, pour changeait, se dénudait.

« C’est qui c’te gonzesse ? Et pourquoi tu t’fous à poil ? Tu veux profiter de la situation, hein, gros dégueu. Si tu veux de l’aide pour que je la tienne ou un truc dans l’genre, compte pas sur moi ! » Lança-t-il en baillant et en se grattant la tête.

Il répondit à la question du ninja, alors qu’il s’en approchait. « T’es un malade. On m’a dit d’me pointer, d’défendre un temple à la con d’Athéna. Mais quand j’suis arrivé, t’as l’autre rouquine là, la Prêtresse d’Poséidon, qui m’a dit d’laisser passer des spectres. Bref, j’leur ai dit à tous d’aller se faire enculer, et j’me suis cassé boire des canons. »

Une fois la situation clarifiée, il écouta la dernière phrase de l’homme masqué.
« Deux ans à poursuivre un monstre mythologique à la con, ça te forge un caractère, ouais. Bref, si tu me faisais un topo. C’est qui l’infirme ? »
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Mashia


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Sam 14 Fév - 10:27




Mashia Mokushi



Les chroniques d'une fleur de Lotus - Guerre



Se relever




Dans le lointain, elle crut entendre le cri d'un corbeau et, instinctivement, eut un frisson. D'autres tumultes parvenaient à ses oreilles, le combat qui s'était engagé entre le nouvel inconnu et la gardienne de son frère, couvrait en majeur partie le son de la voix de Minato, le bruit de leurs respirations : elle ferma alors les yeux pour se fermer au Monde, touchant une conscience qu'elle avait déjà frôlé. En pensée, elle appela celui qui l'avait remplacé, celui qui avait remplacé son maître avant elle. La voix de son esprit était désormais plus douce et paisible malgré ce faible écho de chagrin qu'il pourrait percevoir. Il était blessé, Gabriel, c'était à son tour de projeter son âme vers lui pour l'aider à se redresser. Et pendant ce temps, le ninja œuvrait à la guérir de ce mal qu'aucun ne saurait totalement effacer. Dohko s'y était employé pendant qu'ils étaient sur le champ de bataille à s'opposer l'un à l'autre. Cruelle tragédie.

L'eau était la réponse, n'était-ce pas ce qu'elle avait-elle même affirmé au Porteur d'Excalibur ? De cela aussi, l'ancienne Vierge s'en souvenait.

Un soupir d'aise s'extirpa de ses lippes au moment où la dernière plume rouge qui recouvrait son corps s'envola, emportée par la brise. Mashia ne bougea pas, interdite, la tête penchée en avant, semblant observer ses mains tournées vers le ciel. La pluie ne l'incommodait pas plus que cela, à force, elle l'avait oublié. Ce n'est que lorsque que Minato lui prit la main, que Mashia réalisa qu'elle devait se réveiller. Revenir dans la réalité qui était la sienne : à la fois douloureuse et réconfortante. Ses yeux pers observèrent la chemise rouge dont son frère s'était débarrassé et eut une nouvelle pensée pour Jara.

« Le voile rouge … » murmura t-elle sans s'en rendre compte.

Toujours agenouillée, la jeune femme laissa les deux hommes parler entre eux pour couvrir sa nudité. Une fois le dernier bouton attaché, « l'infirme » comme aimait à l'appeler l'inconnu ivre d'alcool et de colère – c'était ce qu'elle ressentait, elle – Mashia se redressa pour se poster aux côtés de son frère. Par politesse, elle s'inclina devant lui laissant écheveaux de sa chevelure carmine – en tout point pareille à celle de Minato – cacher son visage. Elle dissimula une moue douloureuse en se redressant.

« Ajimemashite, je suis Mashia Mokushi et vous, vous êtres … Ciaràn, c'est bien cela ? Que voulez-vous à mon frère ? » lui demanda t-elle tout en se dressant entre lui et le ninja. « Ne vous avisez pas à lever la main sur lui ou … »

Tout à coup, dans un son de clochette apparut une silhouette fantomatique aux pourtours lupins : un Inugami qui revêtait les traits d'un akita orange et blanc surprit Mashia qui eut un mouvement de recul. Un voile de tristesse para son regard. Il était revenu, finalement.

« Otōsan … » le démon tourna son museau vers le trio, inclinant lui aussi sa tête. « Minato ? C'est toi ? »

Mais déjà l'apparition s'effaçait. « Je suis désolée Minato, mon lien avec lui est trop ténu encore … »

S'excusa t-elle avant de menacer de tomber en arrière. Elle se rétablie au dernier moment, mais ses jambes étaient fébriles.

« Nous devons retourner au Sanctuaire, ils sont tous en danger … » et doucement, mal assurée, la jeune femme se porta auprès de Kuro pour user de ses quelques forces pour l'aider à recouvrer ses esprits.








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Minato


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Mer 18 Fév - 17:13

    Depuis le temps, je m'étais habitué au langage très imagé de Ciaràn. Il avait grandis dans un port après tout, entouré de marin et de tout le parlé familier que cela comprenait... Même si je désapprouvais, sachant pertinemment que, comme pour tout le reste, il pourrait parfaitement s'améliorer avec un peu d'effort, je ne parvenais pas à lui en vouloir...
    Sauf, comme ici, lorsque cela impliquait quelque chose d'à la fois immoral et insultant.

    De manière imperceptible, mon regard se durcit lorsqu'il énonçait avec un insouciance bien caractéristique la possibilité que je puisse avoir des pensées malsaine envers ma propre. Bien entendu, il ne pouvait pas le savoir... Mais l'idée seule était suffisante pour me mettre dans de mauvaises dispositions. A son explication sur la raison de sa présence ici, je ne répondis que par un grognement renfrogné. Ce que j'entendais ne me plaisait pas. Des ordres contradictoires? Dans quel pétrin Jack était-il allé se fourré en joignant cette guerre si la Prêtresse de Poséidon s'en chargeait déjà? Et qui était-elle, d'ailleurs? De ce que j'en savais, le dernier grand prêtre de Poséidon avait péri...
    Décidant d'ignorer le fait qu'il ait désobéi à un ordre de la Grande Prêtresse, j'avais dans l'intention de l'interroger d'avantage lorsqu'il mentionna le fait d'avoir pourchassé une créature mythologique. J'étais intrigué, mais le temps nous était trop précieux pour que je me permette de me disperser. Il me demanda le nom de "l'infirme". Poussant un soupir, je répondis sur un ton sec et aussi tranchant qu'un couperet, porteur de la hargne qu'il avait par ses précédentes paroles éveillé en moi.

      « C'est ma sœur. »

    Clair et net. J'espérais lui faire comprendre que je ne supporterais pas d'avantage de provocations la concernant. Il me connaissais assez pour savoir qu'il y avait certaines choses avec lesquelles je ne pouvais pas rire avec lui...
    Mais de toute évidence, mes inquiétudes étaient superflues. Mashia était encore faible, mais ma jeune sœur s'était malgré tout relevée pour se présenter, puis s'interposer entre moi et mon ami en le considérant comme hostile. Sa réaction m'arracha un sourire. Elle était fière et forte, malgré sa fragilité. Je n'étais pas celui qui avait besoin d'être protégé et elle ne me connaissait qu'à peine depuis quelques minutes, mais déjà elle se comportait comme ma protectrice. C'était un comble...

    Un son de clochette. Faiblement, je sentis la présence d'une créature toute proche, mais cette sensation était diffuse, presque imperceptible. La silhouette longue et distinctive d'un Inugami se matérialisa à quelque mètres, et lorsque la voix de la créature s'éleva mon cœur manqua un battement. Cette voix remontée des profondeurs de mes souvenirs était celle de mon père. Comment une telle chose était-elle possible?

      « Otō-san...? »

    Pendant plusieurs secondes après la brusque disparition de la projection, je restai interdit, les yeux écarquillés, à fixer le point où la créature était apparue. Lentement, je me tournai vers Mashia pour la contempler sans savoir trop quoi dire. Elle avait l'air d'être au courant et les questions se bousculaient dans ma tête, mais je ne savais par où commencer. Notre père était donc vivant également? Elle pouvait communiquer avec lui? Où se trouvait-il, à présent?
    Chancelante, ma sœur se dirigea alors vers Kuro pour voir comment la Nekomata se portait. Elle était donc de ceux qui s'inquiétaient tellement pour les autres qu'ils en oubliaient leur propre personne... J'avais décidément besoin d'apprendre beaucoup à propos de Mashia si je voulais tenir ma promesse envers elle...

    Je repris progressivement mon calme. Elle avait raison. Le Sanctuaire était en danger. Même si Mashia était désormais libérée, je ressentais toujours vaguement une présence mauvaise planer au-dessus de la région. Je m'éloignait de quelques pas pour récupérer mon masque ainsi que le sabre de ma sœur tombés à terre un peu plus tôt, puis je me rendis à ses côtés pour lui tendre son arme. Kuro était à présent en train de se réveiller. Grommelant quelque chose d'inintelligible, le démon-chat nous considéra avec un regard quelque peu perdu. Elle était encore groggy du coup porté par Ciaràn mais je n'avais pas le temps d'attendre qu'elle reprenne d'avantage ses esprits. J'avais besoin de savoir ce qu'elle avait appris.

      « Kuro, quels étaient les ordres de Jack? »

      « Ugh... C'était... Euh... Aller à la Maison du Bélier, et abattre tous les Spectres qui tentaient d'entrer ou de sortir du Sanctuaire... Oui, c'était à peu prêt ça. Ouille... Où est-ce qu'il a appris à taper comme ça, le gamin? »

      « Et quelle est la situation dans le Sanctuaire? »

      « Des Spectres et des Saints en train de se battre... Quelques nordiques il me semble... Et deux Chevaliers noirs. Ou en tous cas ils y ressemblaient...»

    Jack et la Prêtresse avaient donc donnés des ordres différents... Je savais que le vieux bougre avait l'intention de parier sur l'alliance formée quelques mois plus tôt entre Poséidon et Athéna, mais de toute évidence la nouvelle Prêtresse ne partageait pas cette politique. En temps normal, je me serais contenté d'obéir aux ordres du vieux briscard, mais à présent que j'étais le gardien d'un des sept piliers, il m'était bien plus ardu d'ignorer la position de la messagère de Poséidon... Que faire, donc? Devant un tel dilemme, je comprenais que Ciaràn ait décidé de tourner les talons.

    Il y eu une secousse en provenance du Sanctuaire. C'était diffus, mais clairement quelque chose d'importance venait de se produire. Ma prise se resserra sur Totsuka-no-Tsurugi alors qu'un intense sentiment de malaise m'envahissait. Nous n'avions plus le temps. C'était ce que mon être profond me soufflait. M'avançant de quelques pas vers la sortie de la clairière, je tournai la tête pour m'adresser à Mashia et Ciaràn.

      « J'ai une mission à accomplir au Sanctuaire, et je compte m'en acquitter. Cependant la situation semble s'aggraver de seconde en seconde. Nous ne pouvons pas rester là plus longtemps... Suis-nous, Ciaràn. Nous aviserons nous-même quoi faire une fois sur place, mais quoi qu'il arrive il risque... d'y avoir de la bagarre. »

    J'eu un sourire en coin. Je savais que ce simple mot suffirait à éveiller son intérêt...
    Glissant le masque blanc que je portais d'ordinaire au visage dans une poche de mon pantalon, je pris une profonde inspiration et tendit mes bras devant moi. Faisait brusquement s'élever mon Cosmos, j'interrompis brièvement la pluie qui tombait sur nous. Quelque chose s'agita dan l'ombre de mon dos, et jaillissant du sol comme si les ténèbres l'avaient caché tout ce temps, la Scale des Lyumnades vola pour se fixer sur mon corps en une fraction de secondes. Ce n'était que la deuxième fois que je la portais, et pourtant je me sentais déjà incroyablement à l'aise à l'intérieur. Malgré ses formes, elle n'entravait nullement mes mouvements, défiants toutes les lois de la physique que je connaissais. Pliant mes membres dans un dernier test, je jetai un regard vers mes compagnons pour leur indiquer de me suivre, puis me projetai en avant dans le début d'une course qui me conduirait en quelques minutes à peine sur les premières marches menant à l’ascension du Sanctuaire.

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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Jeu 19 Fév - 10:08

Son sourcil s’était relevé, comme une preuve du peu d’intérêt qu’il portait au mal être de son collègue. Il avait déjà fait face à son ancien maître, maussade, crispé, de mauvaise humeur. Là, il était très clairement dans cet état d’esprit, et il n’avait pas tout de suite percuté pourquoi. Oh. Sa sœur ? L’idée mit quelques secondes à trouver son cerveau. Hmm. Les japonais n’aimaient-ils pas les trucs scabreux en général ? Quelle petite nature. Se braquer pour si peu … Bon, il faut avouer que l’irlandais avait l’habitude, leurs caractères étant aussi proches que le feu de la glace. Il avait plus ou moins réussi à s’y faire. Ce n’était pas comme pour le reste des gens qu’il côtoyait. Même s’il n’attelait pas une grande importance à son avis, cette importance avait le mérite d’exister. Là, il savait qu’il était de mauvaise humeur parce qu’il avait titillé le ninja/samourai/ronin – il ne savait jamais ce qu’il était – sur un sujet qui lui tenait particulièrement à cœur : son clan. Le ninja nudiste parlait rarement de sa famille. Une fois il avait dit qu’il était le dernier survivant. Un truc comme ça. Ca ne lui semblait pas si terrible à l’irlandais. Après tout, son clan à lui n’était formé que par lui et sa mère…

« C’est vrai qu’vous avez la même couleur de tifs louche. » lança-t-il pour désamorcer la bombe, avant de regarder la nouvelle sœurette sortie de nulle part. « Tu d’vrais éviter de menacer les gens quand tu tiens à peine d’bout, ma vieille. » répondit-il du tac au tac, avec une moue étrange. Il n’aimait vraiment pas être menacé, même si, en l’état, elle n’avait pas grand-chose de dangereux. En apparence. Un peu comme lui, en quelque sorte.

Quelque chose d’étrange se passa alors. Une sorte de truc bizarre apparut face aux yeux du jeune irlandais. C’était une sorte d’esprit improbable qui tentait de se manifester. What the fuck ? Bon, passait encore qu’il croise des mecs avec des armures sur le dos et qui maitrisaient une énergie improbable. Qu’ils représentent des dieux supposés exister depuis la nuit des temps, c’était hautement discutable. Mais que des démons et des esprits commencent à se mêler à tout ça … L’irlandais soupira. Où était passée sa bouteille, bon sang ! Il aurait eu besoin d’un truc à boire pour se remettre de cette nouveauté. Sauf que ce n’était pas fini. Apparemment maintenant, il devait se pointer au sanctuaire pour reprendre la défense qu’on lui avait demandé de cesser. Minato retrouva la femme chat et lui posa quelques questions.

« Les ordres de Jack ? Mais j’en ai rien à fout’ de ce J… » Commença-t-il à répondre avant de tiquer sur un mot. Il avait dit qu’il allait y avoir de la baston. Des gnons à distribuer. Des coups à donner. Le feu intérieur qui s’était réduit à l’état de braises reprit de plus belle. Le soulard leva les poings et cria un bon coup « LA BAGARRE ! OUAIS ! » Alors qu’il allait se tourner vers son ancien maître pour lui poser une ou deux questions, il le vit extraire quelque chose de l’ombre. Une scale ? Lui qui s’était pourtant promis à ne jamais en porter était donc possesseur de celle … des Lyumnades ? Ca n’avait aucun sens, et Ciarán en resta bouche bée.

« P’tit cachotier. » arriva-t-il à articuler, le voyant disparaître à toute vitesse vers le temple du Bélier. L’irlandais, lui, n’avait aucune envie de se presser. Il mit les mains dans les poches de la serpillère qui lui servait de pantalon, puis commença à marcher en direction du sanctuaire. En sifflotant. Il se tourna vers la sœur du ninja et sa collègue démon chat. « A la r’voyure mesdames ».

Direction : Temple du bélier.
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MessageSujet: Re: [Juin 1755] From Shadows [PV Mashia]   Ven 20 Fév - 14:27




Mashia Mokushi



Les chroniques d'une fleur de Lotus - Guerre



Affronter ses peurs




Comme elle le craignait, la situation au Sanctuaire était des plus alarmante ! Un voile obscurcissait le ciel à mesure que le temps filait, inéluctablement. Mashia l'avait pressenti, tout au fond d'elle elle avait senti que les fondations du Sanctuaire étaient sur le point d'être mise à mal. Mais pas avec tant d'ampleur. Les paroles de la gardienne de son frère eurent raison, pendant un court instant, d'elle. Impuissante, Mashia s'en voulait d'avoir été une proie si facile pour Pséma. Et commençait à penser sincèrement qu'elle était la cause de leur chute à tous. En s'abandonnant à sa nature la plus primaire, n'était-ce pas capituler ? Oui, et désormais la jeune japonaise en avait honte. Tout en écoutant son frère et son « ami », la jeune femme quant à elle rassemblait ses maigres forces. Il était temps. Temps pour elle de redresser la tête et faire face à ses erreurs. La mort à coup sûr, l'étreindrait, mais … elle s'en fichait pas mal.

C'était son devoir.

Alors, quand les deux hommes quittèrent les lieux, elle demeura, avisant d'une masse grouillante qui, perfidement, surgissait d'entre les ténèbres. Son instinct lui dictait de les combattre, de tenter le tout pour le tout, d'arrêter ce flot ininterrompu de Spectres. Mais quelque part, on lui criait que ce n'était pas la marche à suivre. Subitement, Mashia eut mal. Si mal qu'elle lâcha un gémissement plaintif devant Kuro. D'un coup d’œil elle lui intima de continuer son chemin, de ne pas l'aider.

Elle n'avait besoin d'aucunes aides. Elle devrait évoluer seule. Non, elle ne serait plus jamais seule …

… et, forte de cette constatation, l'ancienne Sainte de la Vierge prit son courage à deux mains et s'élança à toute vitesse – quitte à ce que son corps en souffre – vers le Sanctuaire, lieu qui recelait en son sein … tant d'effroyables souvenirs. Si puissants, qu'elle pensait amèrement qu'elle n'y avait plus sa place.

Elle … avait trahie Athéna.

« J'ai tué Dohko. »

Se lamenta t-elle tout en évitant les arbres et les ombres griffues qui déjà, essayaient de la capturer. Ce qu'elle oubliait, c'était que ce n'était pas le seul mal qu'elle avait commis. Et quand elle s'en souviendrait, seul les Moires pouvaient prédire sa réaction.

Le Sanctuaire était perdu.

=> Temple du Bélier







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