RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
Bienvenue sur Saints Of The Past !

Venez rejoindre la communauté des Chevaliers du XVIIIème siècle, à l'époque de Shion et Dohko, incarnez votre propre personnage, choisissez votre Armure et participez à l'histoire de l'ancienne Guerre Sainte !

Veuillez vous connecter ou vous inscrire


RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
 

Partagez | 
 

 [Mai 1747] Duel Invisible [Jason/Minato]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Minato


Général
Général
avatar

Messages : 82
Armure : Scale des Lyumnades

Feuille de Personnage :
HP:
150/150  (150/150)
CS:
170/170  (170/170)
Dieu Protecteur: Poséidon Poséidon

MessageSujet: [Mai 1747] Duel Invisible [Jason/Minato]   Lun 9 Mar - 20:53

    Il aurait dû s'agir d'un travail comme un autre. Un riche marchand londonien m'avait engagé pour être son garde du corps pour quelques mois, le temps que ses affaires se calment. Le bourgeois avait visiblement des relations dans le milieu mal famé de la capitale britannique, et lorsqu'une guerre des gangs avait éclaté il s'était retrouvé avec un contrat sur sa tête. L'homme avait déjà de nombreux hommes de main à disposition, mais ne s'était pas senti rassuré avant d'avoir engagé quelqu'un capable d'anticiper et de comprendre le mode opératoire des assassins jetés à ses trousses. Il avait eu la chance de me trouver avant qu'un gang rival ne m'engage pour leur ramener sa tête... Et moi, j'avais eu la malchance d'accepter.

    Tuer un homme était chose aisée. L'erreur était permise, et une première tentative échouée pouvait toujours amener à une réussite lors de la seconde. Protéger quelqu'un, par contre, était une chose bien plus compliquée. Le moindre relâchement, la moindre erreur de calcul pouvait conduire à un cinglant échec. Dans la peau du gardien, toutes les mauvaises habitudes du client devenaient des handicaps qu'il fallait compenser. Même avec l'habitude, ce genre de travail n'était jamais une partie de plaisir, car pour peu que l'assassin soit expérimenté, il finirait toujours, avec de la patience, à trouver une faille.
    Ce moment de faiblesse, cette fissure que le tueur pouvait exploiter, je sentais que c'était ce soir-là. Une tempête avait frappé la côté, plongeant Londres ainsi que la campagne environnante sous un déluge cauchemardesque. Le manoir quelque peu isolé de la ville qu'habitait mon client n'était pas épargné, et alors que les douze coups de minuit avaient sonné depuis à présent plusieurs dizaines de minutes, le moment le plus sombre de la nuit approchait.

    Le vent faisait craquer les murs de l'ancienne demeure sur laquelle la pluie s'abattait sans discontinuer depuis à présent plusieurs heures. Je n'aimais pas ça. Il y avait trop de bruit, trop d'interférences pour que mes sens pourtant aiguisés puissent guetter avec l'efficacité nécessaire l'arrivée d'un éventuel intrus. J'avais installé au cours des jours précédents des pièges dans les jardins entourant la demeure : un jeu de filins relié à des alarmes sonores en bois ou à des torches, quelques branches à demi sectionnées pour faire chuter quiconque chercherait à se réfugier dans les arbres... Mais les bourrasques de vent et la pluie rendaient toutes ces précautions inefficaces. Cette nuit était la nuit idéale pour s'introduire dans cette demeure. Tout devrait se régler à l'intérieur de ces murs.

    Fort heureusement, mes plans ne se limitaient pas à l'extérieur de la demeure. Les gardes qui patrouillaient dans les couloirs, toujours par deux, suivaient des rondes au schéma complexe que j'avais élaboré pour qu'il paraisse le moindre prévisible possible, et ne laissant que très peu d'ouvertures pour se faufiler dans les différents lieux de la demeure. Celle-ci était divisée en quatre sections.
    D'abord, dans la partie nord, se trouvait l'espace de réception, avec le hall d'entrée, les salles à manger, une salle de trophées que collectionnait le maître des lieux... Des espaces dégagés qui offraient de nombreuses cachettes, mais peu d'angles mort où il était possible de se faufiler. La partie sud donnait sur les jardins. Les chambres de la famille et des amis se trouvaient là, sur deux étages, ainsi que quelques petits salons. L'aile ouest était offerte à l'usage des gardes et domestiques : ils y avaient leurs quartiers, ainsi que quelques salles communes à côté des cuisines. J'en avais condamné l'accès pendant la nuit, rendant obligatoire la sortie par l'extérieur pour accéder au bâtiment principal. Enfin, à l'est se trouvaient les écuries, là encore sans accès direct depuis le bâtiment principal.

    J'avais délaissé la protection de l'aile ouest, aisément isolable du reste du manoir et trop compliqué à surveiller, pour me concentrer sur le manoir lui-même. Les lourdes portes ne risquaient pas d'être ouvertes sans attirer l'attention, aussi m'étais-je plutôt penché sur le cas des fenêtres. Bien que massives, il était possible d'en découper le verre pour ouvrir les loquets de l'intérieur. J'avais relié toutes les fenêtres à des fils métalliques tendus qui courraient jusqu'au plafond pour tous se réunir à l'endroit où j'étais caché. La moindre ouverture de fenêtre briserait le fil, me prévenant de l'arrivée d'un visiteur inopportun. Je sacrifiais beaucoup de temps à installer et désinstaller ce système chaque soir et matin, mais au moins pouvais-je alors m'assurer que rien dans la maison n'échappait à mon contrôle.
    J'avais trouvé refuge dans le grenier du manoir, d'où je pouvais observer les alentours tout en m'assurant que personne ne tentait de passer en ouvrant le toit. J'avais également aménagé un passage vers les combles entre le grenier et le plafond de l'étage inférieur, me permettant de me faufiler au second étage par ce biais. La trappe reliant le grenier à l'étage inférieur était quant à lui piégé par une petite bombe projetant des dards empoisonnés capables de faire sombrer un cheval dans l'inconscience en une fraction de seconde. J'aurais voulu piéger ainsi d'avantage de serrures dans l'aile sud, mais mon client me l'avait interdit. Un habile crocheteur pourrait s'y promener sans grandes difficultés... Ou un habile voleur qui serait parvenu à subtiliser le trousseau au chef des gardes, qui devait à cette heure-ci se trouver dans l'aile ouest, à joueur aux cartes avec ses hommes.

    Sachant cela, il m'avait fallu trouver une parade, un moyen de gagner du temps si jamais un intrus particulièrement véloce parvenait à s'introduire dans les lieux pour fondre directement sur l'homme que je devais protéger. La solution était apparue assez facilement : j'avais obligé mon commanditaire à ne pas dormir dans ses appartements, mais plutôt à changer de chambre chaque nuit. Moi seul savait où il dormait, et avec sa femme et ses enfants partis dans leur maison de campagne nous avions de nombreuses chambres à notre disposition. Dans deux d'entre elles, j'avais placé des leurres : des mannequins à forme humaine qui, si percés par un objet pointu, éclataient assez bruyamment en libérant un gaz qui brûlait la gorge et les yeux, faisant tousser et pleurer.

    J'aurais voulu pouvoir utiliser les dons de Kuro pour m'assurer de la sécurité de mon client, mais mon familier n'en faisait décidément qu'à sa tête. La jeune Nekomata n'aimait pas particulièrement être utilisée comme un outil par les hommes. Si elle m'aidait volontiers dans mes missions liées au surnaturel, il m'était bien dur de la convaincre de m'aider à espionner ou assassiner quelqu'un sur demande d'une tierce personne. Ce soir-là, elle m'avait fait faux bond. Malgré mes demandes insistantes, elle ne m'avait pas rejoint ce soir-là, et avait préféré aller se perdre je ne sais où. Je ne m'en inquiétai pas sur l'instant, mais il allait s'avérer que cette défection me coûterait cher par la suite.

    Mes yeux me piquèrent quelque peu alors que je marchais sans un bruit sur le vieux plancher du grenier. C'était ma troisième nuit sans sommeil, et malgré mon entrainement la fatigue commençait à me gagner. Entre les nuit passées à assurer la protection de mon client et les journées où je l'accompagnais durant ses affaires, le marchand m'avait exploité jusqu'au bout. C'était de bonne guerre, après tout. Mes services n'étaient pas donnés. Il n'était pas étonnant de le voir chercher à rentabiliser au mieux son investissement.
    Je jetai un œil vers les divers fils reliés à des bouts de bois où étaient inscrits la salle et le numéro de la fenêtre qui lui était liée. Ma plus grande crainte était d'en voir un se relâcher pour n'être au final qu'une fausse alerte, une fenêtre ouverte brusquement par une bourrasque trop violente, me forçant à abandonner mon poste pour aller vérifier... Il me faudrait alors réagir vite malgré ma fatigue. La course contre la montre pouvait démarrer à tout instant, et la vie de mon client en dépendait.


Dernière édition par Minato le Sam 11 Avr - 18:49, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Eclair Noir


Ombre de la Foudre
avatar

Messages : 508
Armure : Ombre de la Foudre

Feuille de Personnage :
HP:
170/170  (170/170)
CS:
190/190  (190/190)
Dieu Protecteur: Aucun

MessageSujet: Re: [Mai 1747] Duel Invisible [Jason/Minato]   Mar 10 Mar - 0:36



Un contrat est un contrat. Il l’avait accepté, comme tous les autres avant celui là. Après tout, le dossier fourni par le client sur la cible était épais et détaillé. Les éléments étaient définis, l’objectif clair, net et précis. Exactement comme il les aimait. Il ne lui restait plus qu’à exécuter son travail de reconnaissance, définir une stratégie et finir le boulot. Du moins, le croyait il. Mais rapidement, il sut que quelque chose clochait...


Cela commença quand il rencontra un de ses contacts, qui avait pour lui effectué une reconnaissance préliminaire. Assis à une taverne glauque et mal éclairée, encapuchonné et vêtu de noir de pied en cape, Jason attendait Russel qui vint s’assoir à sa table. Il lui indiqua immédiatement que les habitudes du manoir étaient étranges, et que les mouvements de patrouille et de personnels étaient... bizarres. Trop aléatoires, trop irréguliers. Ainsi alerté, l’assassin avait lui même observé plusieurs jours durant la demeure, et ce qu’il avait vu ne lui avait pas plu. Le dossier sur sa cible avait appris au jeune homme que le contrat était récent. L’historique des derniers évènements de la pègre permettait aisément de recoller les morceaux : suite à certaines rixes intergangs, le marchand visé avait appris pour la prime sur sa tête, et avait engagé des hommes pour le protéger. Les patrouilles étaient plus nombreuses que par le passé, c’était un fait. Mais le nombre d’ennemis n’était pas un problème pour Jason. Le véritable souci venait des patrouilles aléatoires, et de pièges qu’il avait découvert pendant ses nombreuses reconnaissances. Le jeune assassin avait failli déclencher une alarme reliée par un filin lors d’une de ses visites. Il s’était immobilisé en voyant le fil briller devant lui. Suite à cela, il avait passé plusieurs jours à s’employer à repérer ces pièges et un chemin pour se faufiler jusqu’à la demeure le moment venu.

Cependant, la découverte de ces dispositifs confirmait les pires craintes de Jason : qui que soit la personne qu’avait engagée sa cible pour veiller sur elle, il ou elle était très forte, et s’y connaissait en assassinat. Le jeune homme fit jouer de ses relations dans les jours qui suivirent pour savoir si un mercenaire connu était arrivé en ville peu de temps auparavant. Mais rien, aucune trace, aucun nom. Si comme Jason le pensait, ce mercenaire existait bel et bien, il était aussi discret qu’un fantôme.
Muni des plans de la demeure, l’assassin avait étudié le meilleur moyen d’atteindre les chambres : il avait d’office éliminé les ailes ouest et est, trop isolées et faciles à contrôler. De plus, l’aile ouest constituant entre autres les barraquements, en cas d’alerte, l’infiltration pourrait rapidement se transformer en bain de sang. Il n’avait pas peur d’une telle situation, les mercenaires ne représentaient pas un réel danger pour lui. Mais il n’aimait pas être repéré. Et surtout, cette ombre planant sur le manoir avait éveillé les instincts de Jason. Quelque part, il se savait menacé, et il prenait cette sensation très au sérieux. Son intuition ne l’avait jamais trahi par le passé.

Il décida finalement que l’aile nord était une bonne solution, compte tenu de l’agencement des lieux. Les lieux pour se dissimuler semblaient, à première vue et d’après les plans fournis, suffisants pour faire profil bas.

Deux jours plus tard, une violente tempête s’amoncela à l’horizon de Londres, et le futur Démon sourit en l’observant : ce soir, il frapperait, car c’était le moment ou jamais ! Durant toute la journée, il prépara son matériel avec un soin tout particulier. Subitement, depuis la découverte de ces pièges, son contrat avait pris une dimension tout à fait différente. Si un cerveau se cachait dans l’ombre de sa cible, sa vie pourrait être réellement en danger. Non pas que les pièges soient une chose rare dans la profession. Mais ce genre de pièges, cette manière de faire, il ne l’avait vu qu’une seule fois dans sa vie, et c’était sa mère qui lui avait montré. L’invisible mercenaire était il originaire d’asie ? Jason se perdait en conjectures en revoyant ses lames et son katana. Et tandis que le crépuscule se levait sur la ville, son appréhension, elle, ne cessait de s’accentuer. Son calme pourtant infaillible en temps normal quelle que soit la cible était ici brisé par une simple intuition, une gêne qu’il ne pouvait s’expliquer mais qui était bel et bien là, présente quelque part au sein de ses tripes. Au dehors, le vent et la pluie faisaient rage, et bientôt le son lugubre du tonnerre se fit entendre. Son qui rassura Jason. Le temps était véritablement idéal pour s’infiltrer sans être repéré. Mais il n’était pas dupe : s’il le savait, alors son adversaire le savait aussi et serait sur le qui vive. Il faudrait donc être meilleur que lui...

Moins d’une heure plus tard, l’assassin tout de noir vêtu était positionné à quelques dizaines de mètres des murs de la demeure. Il hésitait toujours : devait il déclencher les pièges volontairement pour faire diversion ? Ou tenter de battre le mercenaire à son propre jeu et déjouer son système de sécurité ? Les deux solutions étaient risquées, et aucune des deux ne garantissait un résultat probant. Pourtant, il fallait trancher. Finalement, Jason choisit la seconde solution. S’il pouvait éviter d’attirer l’attention, c’était mieux ainsi.
Rampant le long de la voie qu’il avait repérée lors de ses diverses investigations pour repérer les pièges, il atteignit rapidement le pied du mur, et commença rapidement à grimper, avec une vitesse et une agilité toujours aussi étonnantes. Il se positionna sur le bord d’une fenêtre et tira une lame afin de couper le verre discrètement. C’est alors qu’un éclair déchira le ciel, éclairant l’intérieur de la demeure. Jason immobilisa son geste alors qu’il allait découper la vitre : un fil se balançait entre la fenêtre et le plafond. Les fenêtres aussi étaient piégées !

Etouffant un juron, le jeune assassin prit quelques secondes pour réfléchir. Pourquoi relier les fenêtres au plafond ? Tout en réfléchissant à cette nouvelle énigme, il se faufila de fenêtre en fenêtre et constata que chaque fois, le dispositif était le même. Impossible d’entrer par là non plus. Et les patrouilles régulières rendaient toute tentative périlleuse. Et s’il ne pouvait pas entrer sans être repéré, s’il ne pouvait pas aller à sa cible. Alors sa cible devait aller à lui. Selon les plans, aucun chemin ne menait hors du manoir. Il était donc fait comme un rat, du moment qu’il restait dans la demeure. Jason aurait donné cher pour avoir de la poix, mettre le feu à la demeure et ainsi forcer sa cible à se montrer. Mais il n’en avait pas, il faudrait donc faire sans. Restait donc une seule solution...

Arrivé sur le toit, Jason attrapa son arc et ses flèches, et observa les gardes. Une bonne douzaine rien que dans les jardins. Le massacre serait long et douloureux, mais il ne voyait pas d’autre solution. Attentivement, il détailla le mouvement des gardes, et dès que deux d’entre eux furent isolés, il les visa. Il attendit qu’ils soient dos à dos, puis, tout en attendant après un éclair, banda son arc en visant la trachée d’une de ses victimes. De longues secondes s’écoulèrent, et enfin l’éclair providentiel éclaira les cieux. Aussitôt, l’assassin décocha sa flèche et le râle de la sentinelle fut étouffé par le tonnerre. Sans même attendre, Jason banda à nouveau son arc et tira sur le second garde qui s’écroula aux côtés de son frère d’armes. L’opération était délicate, et les munitions du Démon limitées. Il n’avait pris son arc que par précaution. Rapidement, il élimina les trois seuls gardes qui ne patrouillaient pas en binôme. Puis, il s’employa à éliminer deux par deux les sentinelles. A chaque fois, il attendit la foudre pour agir. Et à chaque fois, cela se soldait par un double meurtre. Le dernier essai se solda cependant par une frayeur car la première victime s’effondra sur son frère d’armes, qui s’apprêta à donner l’alarme. Heureusement, une flèche en travers de la gorge l’empêcha de s’exécuter.

En quelques enjambées rapides, Jason parcourut l’ensemble du toit pour avoir une vue d’ensemble de la cour. Ses yeux habitués à l’obscurité ne voyaient plus aucun garde debout, mais il ne lui restait plus que deux flèches. Selon ses calculs, la prochaine patrouille venant de l’intérieur ne serait pas là avant deux bonnes minutes. Il avait donc le temps de cacher les corps les plus en vue. Ou du moins, le pensait il... Mais à nouveau, l’effet étrange et aléatoire des patrouilles se manifesta et il aperçut un homme d’armes émerger d’une des terrasses avant même que Jason ne puisse descendre dans la cour. En catastrophe, il attrapa une flèche et banda son arc en visant la tête de l’homme, quand soudain :
- Alerte ! Un intrus dans la cour ! Vite ! Un intrus !
Ecarquillant les yeux sous l’effet de la surprise, Jason se tourna vers l’autre terrasse et aperçut un second homme qui avait surgi de la demeure simultanément pendant qu’il s’intéressait à son allié. Par vengeance, l’archer de l’ombre décocha sa flèche sur celui qui venait de trahir sa présence. Le projectile se ficha dans son crâne en perçant l’oeil gauche.

Mais il était trop tard : déjà, les pas précipités dans la demeure se multipliaient. Bientôt, la cavalerie se montrerait. L’assassin observa le garde qui le fixait, paralysé par la peur en voyant le nombre de victimes que son arc avait fait. Un sourire carnassier se dessina sur le visage de Jason tandis que la foudre illuminait les cieux. Puis, il souffla :
- Allez, entrons dans la danse ! C’est maintenant que ça commence...

Puis, Jason remit son arc en bandoulière, et s’écarta du bord du toit, disparaissant dans la pénombre. Quelques secondes plus tard, plus d’une dizaine d’hommes émergèrent du bâtiment, prêts à en découdre. Ils assaillirent le garde qui avait assisté à la mort de son frère d’armes de questions, mais il était déjà trop tard : peu importe qu’ils soient prêts à combattre, le tueur avait disparu, s’était fondu dans les ombres. Ce serait lui qui frapperait le premier, pas l’inverse...

Revenir en haut Aller en bas
Minato


Général
Général
avatar

Messages : 82
Armure : Scale des Lyumnades

Feuille de Personnage :
HP:
150/150  (150/150)
CS:
170/170  (170/170)
Dieu Protecteur: Poséidon Poséidon

MessageSujet: Re: [Mai 1747] Duel Invisible [Jason/Minato]   Jeu 26 Mar - 1:21

    J'avais finalement cessé de faire les cent pas pour m'asseoir en tailleur et me concentrer en fermant les yeux. Ma fatigue n'allait surement pas s'évanouir pas ce simple stratagème, mais cela me permettait au moins de chassez momentanément mes inquiétudes pour me focaliser uniquement sur mes sens. Je sentais le plancher de la vieille demeure craquer sous le pas des gardes dans les étages inférieures, les vibrations des tuiles sur le toit, mises à rudes épreuves par la pluie et le vent... La demeure avait son propre rythme, son propre souffle que je m'employais à saisir, à comprendre pour y repérer la moindre faille, le moindre élément perturbateur. Ce n'était pas un exercice facile, et je n'avais jamais été très doué pour mettre en pratique les technique de méditation de mon clan, mais cette nuit-là je parvins néanmoins à sentir quelque chose.

    Ce fut d'abord infime, des oscillations plus nombreuses que d'ordinaire sur le toit, que je mis tout d'abord sur le dos de la pluie. Cependant, plus je notais ces dissonances dans le rythme du manoir, plus mon anxiété croissait. Dans le vent, j'entendais comme des sifflement indistincts, discrets et mortels. Je finis par abandonner ma position pour me rendre à œil de bœuf du grenier et observer les ombres mouvantes du parc. Au bout de quelques minutes, un cri d'alerte retentit à l'extérieur. Je m'assurai que les alarmes des fenêtres étaient toujours en place, puis disparaissait par une trappe qui m'ouvrait l'accès au comble, cet espace réduit entre le grenier et le deuxième étage. En quelques secondes à peine, je me trouvais au-dessus de la chambre de mon client, à l'observer par des trous que j'avais aménagé. Le pauvre marchand avait été réveillé par les cris et s'apprêtait à se lever. Comprenant le danger qu'il encourrait à se déplacer ainsi, j'ouvris prestement la trappe de visite qui donnait sur sa chambre, et tombait en silence à côté de lui, posant une main ferme sur sa bouche pour bloquer son cri de surprise et le pousser à se recoucher.

      « Quoi qu'il arrive, ne bougez pas de ce lit tant que je ne vous le demande pas. »

    Le regard de l'homme était terrifié alors qu'il se posait sur mon masque. Je maintins le contact ainsi pendant de longues, longues secondes durant lesquelles l'agitation augmentait à l'extérieur, puis ils hocha la tête. Me retirant à nouveau dans les comble, non sans m'être assuré qu'à l'extérieur personne n'épiait la fenêtre, je sautais dans les combles pour disparaître à nouveau, et ne reparaître cette fois-ci que dans le hall principale, où le capitaine des garde se tenait au milieu des portes grandes ouvertes du hall, entouré de plusieurs hommes qui s'agitaient en examinant des corps qu'ils avaient traîné jusqu'à l'entrée. Lorsque je m'approchai de lui pour lui demander des explications, je remarquai les flèches fichées dans les points vitaux des hommes à terre. Le capitaine me regarda approcher et répondit de manière assez énergique mes concise à mes questions. Visiblement, la tournure des événements lui déplaisait autant qu'à moi.

    La chose était compréhensible. Apparemment, tous les hommes présents dans les jardins, soit plus d'une douzaine, avaient été abattus en silence sans qu'aucun n'ait le temps de sonner l'alerte. Alors qu'il me décrivait l'homme qu'avait vu le seul survivant, je m'étais abaissé pour retirer un flèche d'un des cadavres. Un homme seul, rapide et silencieux... J'avais décidément bien fait de modifier le parcours des gardes. Sans cela, le carnage aurait pu continuer pendant encore longtemps.
    Les projectiles ne portaient nulle marque, ni signe distinctif. Peut-être le tueur les fabriquait-il lui-même, ou peut-être avait-il un artisan travaillant pour lui... Quoi qu'il en soit, ce n'était pas un modèle produit en grande quantité. Ce n'était pas ainsi que l'on armait une troupe. Avec un peu de chance, il ne s'agissait que d'un seul tueur. L'hypothèse que ce massacre ait été perpétré par plusieurs personne ne devait cependant pas être écartée si tôt, et je devais adapter ma tactique en conséquence.

    Le Capitaine voulait envoyer plus d'homme à l'extérieur pour traquer leur meurtrier, mais cela aurait été entrer dans son jeu. Dans ce parc, de nuit, par ce temps, aussi nombreux qu'ils soient, un assassin aussi doué n'allait en faire qu'une bouchée, ou alors profiter de cet éparpillement de nos hommes pour s'introduire à l'intérieur... Non. Au contraire, il fallait le prendre à contre-pied et le mettre dans une situation risquée pour lui. Si la situation n'était pas à notre avantage dans l'immédiat, nous pouvions lui rendre la tâche bien plus ardue et l'obliger à se révéler s'il souhaitait atteindre sa cible. En me redressant, que donnai mes instruction au capitaine qui, s'il n'aimait pas recevoir d'autres ordres que ceux de son client, savait la situation assez grave pour me laisser la gérer.

      « Faites revenir tout le monde à l'intérieur et vérifiez l'identité de ceux qui rentrent. Verrouillez les portes et rouvrez le passage vers l'aile ouest. Placez-y cinq hommes en garde, et disposez ceux qui restent dans les couloirs, à distance de vue les uns des autres... Si possible un à chaque porte de chambre. Tirez les rideaux de toutes les pièces et laissez les portes entrouvertes pour entendre le moindre bruit. Dites aux gardes de garder un œil sur les fenêtres. Vous irez récupérer les corps de vos autres hommes au matin... Le client est au deuxième étage, dans la chambre au fond à gauche. Postez-y votre meilleur homme. »

    Bien sur, c'était un mensonge. La chambre que je venais d'indiquer à voix basse au Capitaine était l'une de celles où se trouvait l'un de mes leurres. Je connaissais le mode opératoire des assassins. Je savais que l'arme la plus primordiale de toutes était l'information. Le tueur ne pouvait se risquer à explorer le manoir jusqu'à tomber sur sa cible. Il devait savoir où elle se trouvait, trouver comment l'atteindre le plus vite, puis prévoir une voie de sortie. La pire de toutes les situations auquel un assassin pouvait faire face, c'était l'inconnu. J'allais donc m'employer à l'aveugler, à le plonger dans l'incertitude pour le pousser à faire une faute...

    Une fois les rideaux tirés et les gardes enfermés à l'intérieur, notre ennemi n'aurait plus aucune information sur ce qu'il se passait dans le manoir. Rien que cela constituait une variable, une inconnue si dangereuse, dans l’équation. Avec un peu de chance, l'ennemi abandonnerait son assaut pour cette nuit, ce qui me laisserait le temps de revoir mes défenses le lendemain, de renforcer la sécurité... Mais cela aurait été trop facile. Il fallait s'attendre à ce que cette nuit ne s'achève pas de sitôt.
    S'il parvenait à s'introduire dans la demeure, nul doute qu'il tenterait de se rendre droit là où se trouvait la cible. Cependant, il ne pouvait le vérifier de l'extérieur avec les rideaux tiré. S'il allait à la chambre habituelle de mon client, il tomberait sur un leurre piégé. S'il interrogeait le capitaine ou se fiait à l'endroit où la sécurité était renforcée, il tomberait également sur un leurre. Au final, il aurait fallut qu'il vienne à moi pour apprendre le véritable emplacement de sa cible, et si jamais il prenait ce risque... La partie serait immédiatement terminée.

    Alors que je retournai dans la chambre de mon client pour l'informer qu'un homme viendrait fermer les rideaux, et qu'il devrait se dissimuler dans ses couvertures en bougeant le moins possible, je réfléchissais aux angles d'attaque qui restaient à mon adversaire. J'avais demandé à ce qu'on vérifie les identité des gardes revenant de l'extérieur pour éviter qu'il ne prenne l'armure de l'un de deux qu'il avait tué, et se faufile à l'intérieur grâce à son déguisement. Une telle infiltration le trahirait donc immédiatement. Une diversion? C'était encore possible, mais sans aucun garde à l'extérieur et toutes les fenêtres piégée, il n'avait que bien peu d'options de ce côté-la. Restait donc le toit, dont j'avais fait mon repère, et par où il pourrait tenter de se faufiler. Vu que c'était là que je me rendais, j'allais être sous peu avisé...

    En me faufilant dans les combles, je passais en revue les autres idées, plus saugrenues, qui me passaient à l'esprit. Faire un trou par le mur des écuries? Creuser un trou pour atteindre le sous-sol? Mettre le feu à la demeure? Attendre le lendemain, que la cible sorte de chez elle? Non. C'était peu vraisemblable et trop incertain pour qu'un professionnel s'y risque, sans compter le temps que cela prendrait. Au final ma plus grande crainte était de voir en revenant au grenier que l'une des alarmes soit tombée pendant mes quelques minutes d'absence, signalant une intrusion par l'une des fenêtres alors que je n'étais pas à l'autre bout du fil tendu. Si tel était le cas, le tueur était déjà dans nos murs, et la partie risquait d'être encore plus serrée que je ne l'imaginais...
Revenir en haut Aller en bas
Eclair Noir


Ombre de la Foudre
avatar

Messages : 508
Armure : Ombre de la Foudre

Feuille de Personnage :
HP:
170/170  (170/170)
CS:
190/190  (190/190)
Dieu Protecteur: Aucun

MessageSujet: Re: [Mai 1747] Duel Invisible [Jason/Minato]   Jeu 26 Mar - 16:08



Il avait aussitôt disparu dans la nuit. Il espérait avoir le temps de faire ce qu’il avait prévu ensuite. Non, c’était faux, en réalité, il espérait plutôt que l’ennemi se jeterait dans son piège. Mais compte tenu de la défense étrange à laquelle il faisait face, il s’attendait désormais à tout. Il longea le toit silencieusement, et attacha une corde en quelques gestes avant de descendre en rappel. Puis il brisa l’une des fenetres sans ménagement, et entra. Il avança de quelques pas, en marchant volontairement sur le tapis : immédiatement, ses pas trempés se démarquèrent sur la surface de velours. Puis, il fit demi tour, et remonta sur le toit. Il détacha la corde et la replia autour de lui, et revint vers la cour. Il entendit alors la voix qui donnait les ordres. Et une fois encore, il ne tombait pas dans le panneau. Il comptait utiliser le nombre, et l’exiguité des couloirs pour l’empêcher d’agir. Mais Jason ne comptait pas laisser son adversaire mener la danse. Il n’avait pas oublié la position d’une pièce qui lui serait d’une utilité extrême en de telles circonstances.

Après avoir observé les hommes s’affairer à refermer les rideaux sur l’autre aile, il disparut en se dirigeant vers les écuries : le seul endroit laissé vulnérable, et ce pour deux raisons évidentes. Tout d’abord, les accès menant au manoir étaient condamnés, et ensuite, leur nombre ayant fortement décru, le leader dirigeant la défense devait forcément faire des choix. Après avoir entendu les instructions qu’il avait données, et compte tenu du fait qu’il en avait abattu treize mais que la sécurité avait été fortement augmentée, il estimait encore à vingt cinq voire trente le nombre de gardes face à lui. Même pour lui, une confrontation directe était dangereuse. Il n’y avait quasiment aucune chance pour qu’ils soient de meilleurs bretteurs que lui, mais l’homme opérant depuis les ombres, lui, le pourrait. L’assassin choisit donc d’en appeler à une autre arme qu’il savait parfaitement contrôler : le moral ! ils étaient suffisamment nombreux pour que ça fonctionne ! Il allait les effrayer, les terrifier, jusqu’à ce qu’ils paniquent comme des gosses devant le croque mitaine et il n’aurait alors plus qu’à les massacrer. Tout leader qu’il puisse être, il ne pourrait pas tenir leur moral au beau fixe partout dans le manoir. Soit il abandonnerait d’autres parties du manoir pour regrouper les hommes, réduisant ainsi le champ de recherche de Jason, soit il perdrait ses hommes les uns après les autres.

Tout en naviguant de mémoire dans les couloirs, Jason s’arrêta devant la porte qu’il recherchait. Comme prévu, elle n’était pas gardée, mais elle était fermée. Aucune importance. Il sortit d’une poche annexe ses crochets, et força doucement la serrure avec agilité. La serrure céda, et il ouvrit la porte de l’armurerie avant de refermer derrière lui. Il examina les pistolets, et en prit deux avec lui, ainsi que de quoi les recharger, ainsi que quelques « souvenirs ». Toutefois, il déposa son arc et son carquois, désormais inutiles par manque de munitions. Il s’intéressa alors à la réserve de poudre, et bricola un moyen de la faire sauter au bout de plusieurs minutes. Puis il ressortit, en prenant soin d’avoir piégé la porte : le premier qui tenterait d’entrer exploserait prématurément avec tout ce pan du manoir. Satisfait, il disparut en reprenant le même chemin qu’il avait emprunté. En repassant au dessus du couloir dont il avait brisé la fenêtre, il entendit des gardes chuchoter et se mobiliser. Ils le pensaient désormais à l’intérieur. Mais le cauchemar ne faisait que commencer...

Il fit le tour complet en passant par les toits et chercha une fenêtre derrière laquelle il semblait y avoir du mouvement. Tous sens aiguisés, il filtrait la pluie, le vent et l’orage pour ne garder que les conversations de gardes. Sa recherche se focalisa sur deux portes fenêtres grandes, qui devaient mener à une large pièce. Là dedans ils seraient au moins deux ou trois. Le tueur attacha la corde et descendit en rappel entre les deux portes fenêtres. Puis il attendit patiemment son heure. Un éclair déchira le ciel, et une terrible explosion secoua l’est du manoir, semant le trouble parmi les gardes. Tout près de lui, dans la maison, il entendit trois, non quatre voix. Parfaitement ce qu’il cherchait. Il attrapa une grenade à fragmentation dans sa poche, brisa la vitre avec le pied, et lança énergiquement la grenade au beau milieu de la pièce. Sans même attendre le résultat, il remonta à toute vitesse sur le toit et entendit la grenade exploser et le shrapnel se répandre de toutes parts, suivi de cris de douleurs. Deux blessés, d’après les voix. Probablement deux morts, donc. Parfait !

Il enroula à nouveau la corde autour de lui et se volatilisa dans la nuit. Deux éclairs, deux explosions, et toujours aucune trace de l’agresseur ! Ils voulaient rester terrés comme des rats ? Aucun problème ! Jason se ferait un plaisir de répandre la terreur parmi eux. Il les tourmenterait jusqu’à ce qu’ils craquent, tous autant qu’ils étaient, et s'il le fallait, il les tuerait tous sans la moindre once d'hésitation...


Revenir en haut Aller en bas
Minato


Général
Général
avatar

Messages : 82
Armure : Scale des Lyumnades

Feuille de Personnage :
HP:
150/150  (150/150)
CS:
170/170  (170/170)
Dieu Protecteur: Poséidon Poséidon

MessageSujet: Re: [Mai 1747] Duel Invisible [Jason/Minato]   Sam 11 Avr - 18:47

    Alors que je rentrais à nouveau dans le grenier, mon sang ce figea. L'une des alarmes était tombée au sol. Le filin brisé indiquait qu'une fenêtre avait été ouverte au deuxième étage. A moins qu'un garde ait désobéit aux ordres, il devait s'agir de l'assassin... Même s'il s'agissait d'une fausse alerte, je ne pouvais me permettre de me reposer sur les gardes pour aller inspecter les lieux. Ils n'auraient pas su quoi chercher. Ils n'avaient pas les mêmes habitudes, les mêmes réflexes que moi, que lui. A peine étais-je rentré dans ce grenier que je disparaissais à nouveau, filant à travers les combles vers la salle de la fenêtre qui avait été ouverte.

    A mon arrivée sur les lieux, je pu sans mal apprécier la situation. La grande fenêtre était ouverte, un verre brisé afin d'ouvrir le loquet à l'intérieur. L'effraction était évidente et tout laissait penser que l'ennemi était à présent dans le manoir. Les gardes dans le couloir, à l'extérieur, étaient cependant toujours là. L'homme avait donc trouvé le moyen de les éviter... Ou était toujours caché dans la pièce. Cela me poussa à redoubler de prudence. j'évoluais lentement, me fondant dans les ombres en masquant les quelques bruits que je faisais grâce aux sons du vent qui se déchaînait à l'extérieur. Il me fallut plusieurs longues minutes pour examiner tous les angles morts et les cachettes pour me rendre compte qu'à l'évidence, l'assassin n'était plus ici.

    En m'approchant de la fenêtre, je me baissai au sol pour tenter de suivre les traces que l'intrus aurait pu laisser. De l'eau s'éloignait de la fenêtre, traversait le tapis où pouvaient s'identifier sans mal des traces de pas, puis disparaissaient... Cette étrangeté me fit froncer les sourcils sous mon masque. Ce n'était pas normal. Quelque chose clochait. Cet homme était resté plusieurs heures à l'extérieur, sous une pluie battante. Même en abandonnant sa cape ou son manteau à l'extérieur (chose que j'aurais remarqué à la fenêtre), il aurait dû laisser plus de traces s'il avait continué son chemin vers la porte et le couloir. Même en escaladant les murs, de l'eau aurait été visible. Passant ma main sur le sol, les meubles, je n'en retrouvais cependant pas la moindre goutte. Avait-il pris le soin de se sécher avant de poursuivre? C'était une possibilité... Mais dans ce cas, pourquoi l'avoir fait après avoir laissé des traces sur le tapis? Pourquoi pas avant, juste après avoir ouvert la fenêtre? Lorsqu'on l'on ne voulait pas laisser de traces il ne fallait jamais faire les choses à moitié. C'était une règle de base. Sans ces traces de pas, il aurait pu maquiller le bris du verre en accident, avec cette tempête à l'extérieur... Non. Décidément, trop d'éléments ne collaient pas. Le doute subsistait, mais mon instinct me criait qu'il s'agissait d'une ruse. Il voulait me faire croire qu'il s'était introduit à l'intérieur, alors qu'en vérité il était toujours dehors, à attendre et observer

    Alors que cette pensée s'imposait à mon esprit, une violente déflagration secoua le manoir, me faisant bondir dans le couloir. Une seconde explosion, plus réduite que la première mais également plus proche, ne tarda pas à se faire entendre à peine quelques salles plus loin. Alors que les gardes commençaient à s'affoler à et courir vers les lieux des deux incidents, je renvoyais ceux que je croisais à leurs postes afin de ne pas donner une trop grande liberté au tueur si jamais ils comptait utiliser ces explosions comme diversion pour s'introduire à l'intérieur du manoir.
    Dans une chambre adjacente, une sorte de salon, les meubles avaient été déchiquetés par l'explosion d'une grenade, ainsi que les corps de quatre gardes. Deux ne bougeaient plus, l'un saignait au ventre et la jambe de dernier était presque tranchée, tout juste retenue au reste du corps par un lambeau de muscle. Ce qu'ils faisaient à quatre dans cette pièce, je n'en savais rien, mais le tueur n'avait pas manqué de profiter de leur manque de vigilance. Après avoir traîné les deux blessés dans le couloir et appelé des gardes chargés des soins, je me détournais pour me rendre sur les lieux de la première explosion, celle qui avait fait vibrer tout le manoir de son intensité et qui m'inquiétait beaucoup plus.

    Il s'agissait de l'aile est. Le mur qui séparait cette annexe du reste du manoir avait été pulvérisé. Les gardes placés dans ce secteur se battaient désormais avec le feu qui se répandait dans les salles aux alentours. Sous peu, il atteindrait les écuries. Il était allé jusqu'à faire sauter la réserve de poudre? J'avais veillé à en disperser la majeure partie aux quatre coins du manoir, pour que les gardes aient de quoi charger leurs armes où qu'ils soient et pour éviter de tout garder au même endroit, mais la destruction de ce qu'il restait avait tout de même causé de gros dégâts. Je les avais pourtant prévenu qu'un simple cadenas ne serait pas suffisant pour condamner l'armurerie...
    Ainsi, c'était donc là la réponse de mon adversaire au problème que je lui avais posé? En lui imposant une inconnue dans l'équation de cet assassinat, j'avais pensé lui mettre assez de bâtons dans les roues pour au moins le pousser à l'erreur, mais celui-ci était de toute évidence doué. Plutôt que de se risquer à prendre en compte l'inconnu, il avait décidé de l'ignorer pour résoudre le problème avec une autre méthode. Il allait continuer son harcèlement, peut-être jusqu'au matin, en éliminant les gardes un à un, en jouant sur leurs nerfs jusqu'à ce que tout mon système s'effondre.

    Je l'avais sous-estimé. Cet assassin avais plus de moyens et de sang-froid que ce que j'avais initialement envisagé. Si nous devions continuer sur cette voie, les gardes risquaient de tous y passer. Je ne pouvais pas les laisser mettre d'avantage leur vie en danger inutilement face à un adversaire contre lequel ils ne pouvaient pas grand chose... Attendre qu'il fasse une erreur n'était pas une meilleure option. Malgré tous les pièges placés dans le manoir, la possibilité qu'il parvienne à passer outre existait bel et bien. Or, se reposer sur la chance dans ce genre de situation ne me convenait pas le moins du monde. Je devais passer à l'offensive pour le prendre de vitesse et le forcer à faire une erreur. Je devais agir vite, car son harcèlement allait se poursuivre. Peut-être était-il déjà en train d'ourdir son prochain coup.

    En donnant quelques instructions pour qu'on éteigne au plus vite les flammes allumée par l'explosion de l'aile est, je retournai au grenier en quatrième vitesse pour vérifier si de nouvelles fenêtres avaient été ouvertes, ainsi que pour récupérer quelques équipements que j'avais préparer au préalable. Me rendant ensuite dans la chambre de mon client, que je retrouvais tremblant, recroquevillé dans son lit, je l'informais des derniers événements tout en l'invitant à se lever. Ouvrant une porte menant à la salle de bain de ces appartements, une salle d'eau dénuée de fenêtre et ne possédant qu'une entrée, je lui demandais de s'y réfugier le temps que je mène à bien ma petite "opération".

      « N'ouvrez cette porte que si je vous donne ce code. »

    Lui murmurant à l'oreille le message secret, je fermais la porte à clé et piégeais la serrure avec l'un des dispositifs empoissonné que j'avais placé à certains autres endroits du manoir. Une fois seul dans la chambre, je sortais d'un de mes sac un déguisement que j'avais préparé quelques jours plus tôt. A l'aide d'une barbe, d'une perruque et de quelques éléments de maquillage, je devins le sosie de mon employeur. J'étais certes un peu plus grand que lui, mais en enfilant un de ses manteaux et en me voûtant quelque peu, l'illusion était presque parfaite. Pour me percer à jour, il faudrait s'approcher suffisamment prêt pour remarquer mes yeux bridés. Et si l'assassin s'approchait autant, il serait alors à la portée de ma lame...

    Sortant dans la pièce en imitant la démarche de mon commanditaire, je courrai dans les couloirs en prenant un air affolé, regardant de droite à gauche sous l'effet de la terreur. L'assassin devait déjà être en train de bouger. Je devais le prendre par surprise pour l'obliger à réagir au plus vite, sans lui laisser le temps de réfléchir. Me dirigeant droit vers l'aile est, désormais accessible grâce à l'explosion qu'il avait lui-même causé, j'interpellai en imitant la voix enrouée de mon clien les gardes qui avaient terminé d'éteindre la majorité des flammes.

      « Vite! Faites-moi sortir d'ici! Aux chevaux! Je doublerai vos primes si vous me faites sortir vivant d'ici! »

    Les hommes se regardèrent un instant, indécis. Ils avaient des ordres, mais ces explosions les avaient ébranlé, et l'idée de voir leur prime doublée suffit à les faire obéir. Traversant les pièces éventrées par l'explosion de la poudre, nous traversâmes un plancher dévoré par les braises pour déboucher sur les écuries. Les cheveux hennissant de peur depuis la déflagration, et cela allait en empirant au fur et à mesure que les flammes se rapprochaient de leurs boxes. Je dirigeai les gardes vers ceux qui étaient encore les plus calmes, vers l'entrée des écuries. Il nous fallut quelques longues minutes pour les maintenir en place et les sceller, puis monter dessus.

    L'assassin nous avait peut-être déjà repéré. Si ce n'était pas le cas et qu'il agissait toujours à l'extérieur, il ne tarderait pas à nous voir. C'était ce que je voulais. Je voulais lui faire croire que son plan avait fonctionné, et que le marchand avait perdu sans sang-froid en cherchant à s'enfuir. Bien entendu, il allait se douter du piège... Mais alors que nous galoperions vers la limite du domaine, dans le noir et sous la pluie, il ne pourrait pas prendre le risque de laisser quelqu'un ressemblant comme deux gouttes d'eau à sa cible lui échapper. Il devrait agir vite et sans préparation pour nous en empêcher. Il devrait se montrer imprudent. C'était là tout ce dont j'avais besoin. Je devais le forcer à se dévoiler afin de pouvoir l'attaquer à mon tour.
    Montant sur le meilleur cheval de l'écurie en forçant quelque peu la maladresse pour donner une illusion de panique, je n'attendis pas que tous les gardes se soient trouvés une monture pour flanquer la mienne et m'élancer au dehors, suivis de quatre gardes. Les quatre cavaliers m'entourèrent pour former un cercle protecteur autour de ma personne alors que nous galopions au plus vite sous cette pluie battante vers le portail du domaine qu'il nous faudrait ouvrir, nous forçant à nous arrêter quelques instants. Si l'assassin voulait agir, ce serait là qu'il le ferait.
Revenir en haut Aller en bas
Eclair Noir


Ombre de la Foudre
avatar

Messages : 508
Armure : Ombre de la Foudre

Feuille de Personnage :
HP:
170/170  (170/170)
CS:
190/190  (190/190)
Dieu Protecteur: Aucun

MessageSujet: Re: [Mai 1747] Duel Invisible [Jason/Minato]   Sam 18 Avr - 14:11



La panique gagnait déjà les lieux, et Jason ne mit pas longtemps à constater que les gardes avaient laissé plein de trous par lesquels il pouvait se faufiler sans difficulté. Entre ceux qui étaient partis éteindre les incendies et ceux qui le cherchaient un peu partout, Jason était libre de ses mouvements, et tous comprendraient bientôt à quel point c’était là un fait dangereux. Il profita d’une pièce désormais vide pour s’introduire sans bruit dans le manoir par une fenêtre, puis entama sa progression. Souple et silencieux, il s’approcha d’un homme isolé, et sa lame s’abattit sur sa nuque sans la moindre hésitation alors que son autre main avait couvert la bouche du pauvre bougre. Dans la foulée, il traîna le corps hors de vue, et poursuivit son avancée mortelle. Un à un, il éliminait les hommes isolés, et constata rapidement que cette aile du manoir était devenue trop calme : quelque chose ne collait pas. Il sortit aussitôt pour voir si quelque chose se tramait dehors, et entendit de nombreuses voix provenant des écuries. Allaient ils tenter une sortie ? Possible, mais quoi qu’il en soit ils devraient poser pied à terre pour ouvrir le portail, et il possédait toujours trois grenades à fragmentation. L’avantage était toujours de son côté, peu importe combien d’entre eux sortiraient à cheval.

Suivant son instinct, Jason s’approcha des buissons épais qui bordaient le chemin menant au portail, et s’agenouilla pour patienter. Il disposerait ainsi de quelques secondes pour observer le cortège. Il n’eut pas longtemps à attendre, et vit bientôt émerger cinq cavaliers, avec sa cible en tête ? Jason plissa les yeux : pourquoi son adversaire n’avait il pas pris la tête lui même ? Envoyer son client à sa tête était suicidaire pour lui, à moins qu’il ne cherche finalement à sauver sa propre peau en abandonnant le contrat ? Ce ne serait pas la première fois que l’assassin verrait ça. Mais il remarqua soudain un détail qui changea totalement son avis sur la question : les bottes de l’homme ne ressemblaient pas du tout au style de bottes que porterait sa cible en temps normal. Ce n’était certes pas une situation normale, mais ce genre de bottes était porté par les hommes d’armes souhaitant profiter d’une souplesse et d’une agilité hors du commun, le genre de bottes hors de prix que Jason portait précisément au même instant. Il regarda passer le cortège devant lui sans bouger, et vit les gardes mettre pied à terre afin d’ouvrir le portail.

Jason prit alors sa décision : cible ou pas cible, le moment était venu d’en finir. Trois grenades à fragmentation atterrirent au milieu du groupe avant d’exploser en dizaines de morceaux de shrapnel. Les quatre gardes furent tués sur le coup et le supposé client ne s’en sortit que grâce à une série d’actions qui ne laissèrent plus le moindre doute sur sa véritable identité.


Aveuglé un bref instant par la fumée des grenades, Minato finit par voir surgir de la nuit une silhouette qui marchait d’un pas calculé dans sa direction. L’inconnu franchit encore quelques mètres et redressa la tête. Il retira le petit masque qui dissimulait jusqu’alors son visage, et le jeta au sol. Un éclair illumina alors les lieux, dévoilant un bref instant le visage encapuchonné de Jason, qui observait attentivement son adversaire. D’un geste ample et toujours aussi lent, il leva le bras et dégaina son katana, au fourreau dans son dos depuis tout ce temps. Il dirigea la superbe lame vers le sol, et traça un arc de cercle sur le sol devant lui avant de prendre finalement la parole :
- Je ne sais pas qui tu es, mais tu es très fort... J’ai réalisé des centaines de contrats en huit ans, et tu es sans aucun doute l’un des meilleurs que j’ai croisés. Tu es également le deuxième qui me pousse à dégainer mon katana... Mais nous avons perdu assez de temps ! Tes hommes sont morts, et il ne me reste plus qu’à trouver et abattre ton patron.

Il fit un légère pause, avant d’ajouter :
- Mais je t’aime bien ! Alors, je vais te laisser le choix. Un choix simple : soit tu me dis où il est, et tu sauves ta vie, soit tu refuses, et tu rends ta nuit infiniment plus déplaisante... A toi de voir !

Revenir en haut Aller en bas
Minato


Général
Général
avatar

Messages : 82
Armure : Scale des Lyumnades

Feuille de Personnage :
HP:
150/150  (150/150)
CS:
170/170  (170/170)
Dieu Protecteur: Poséidon Poséidon

MessageSujet: Re: [Mai 1747] Duel Invisible [Jason/Minato]   Lun 11 Mai - 9:59

    Nous allions atteindre le portail. L'instant de vérité était tout proche. L'un des hommes avait mis pied à terre et avait fait un pas vers le passage en fer forgé pour l'ouvrir. Je commençai à craindre que l'assassin ne nous ait pas vu partir et que tout ce manège n'ait servit à rien, lorsque j'entendis un faible sifflement : celui d'une mèche qui se consume. J'eu à peine le temps de bondir sur ma selle pour me projeter en avant qu'une série d'explosion broyait la chair de mes hommes et de nos montures. Je sentis un fragment de métal s'enfoncer dans ma cuisse droite et émit en grognement en retombant au sol, dos au portail, en relevant la tête vers le lieu de la déflagration. J'étais le seul à en avoir réchappé.

    S'avança alors au milieu du nuage de poussière un homme aux vêtements amples mais souples. Du genre de ceux qui pouvaient cacher une multitude de petites armes sans pour autant perdre en agilité. Son visage, caché par une capuche et un masque, demeuraient inaccessibles. A ma plus grande surprise cependant, celui-ci retira son masque pour le laisser tomber à terre, dévoilant un visage fin et des yeux aux traits asiatiques. La surprise fut un bref instant visible sur mon visage lorsqu'il dégaina un katana au clair qu'il pointa vers le sol dans un mouvement ample.
    Il parla ensuite avec une assurance débordante -voir une certaine crânerie-, qui soudain me fit sourire. Il était jeune et plein d'audace. Il se pavanait en pensant m'avoir acculé et se permettait de vanter mon mérite, comme un chasseur se vante de la taille des bois de sa proie. Ah! La jeunesse. Il avait du talent, certes, mais il vendait ici la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Et me proposer la vie sauve en échange d'informations? Cela en devenait risible. Il savait aussi bien que moi que des hommes de notre calibre ne donnaient pas ce genre d'informations aussi facilement... Non. Il voulait me provoquer. Je le voyais dans son regard. Il voulait m'affronter en éveillant mon indignation. Si facile à lire...

    Alors que je me redressai, en ignorant purement et simplement la douleur dans ma jambe droite, j'arrachai la barbe factice de mon déguisement qui n'avait plus lieu d'être, lui dévoilant à mon tour mon visage. Mes yeux ambrés se plongèrent dans les siens, et quelques secondes qui parurent une éternité passèrent ainsi. Je le jaugeais, me posant des questions sur ses origines, son appartenance, les informations qu'il pouvait connaitre et les techniques qui pouvaient être les siennes... Je ne sentais pourtant pas un entrainement de shinobi en lui. Nous nous ressemblions, mais n'avions de toute évidence pas été à la même école. Il était plus occidental dans son style. Plein de panache... Et d'indiscipline.

      « Je ne m'attendais pas non plus à trouver quelqu'un avec des compétences comme les tiennes dans ce pays. Encore moins un compatriote. Tu m'auras obligé à changer mes plans à plusieurs reprises... »

    Portant une main de mon manteau, je le sentis se raidir, mais ce fut mon masque blanc et non une arme que j'en sortis. Alors que je le posais sur mon visage, effaçant mon sourire pour redevenir l'arme froide et insensible que tout ninja était supposé être. Un nouveau silence s'installa, à peine troublé par la pluie et l'orage, dont le bruit semblait s'effacer petit à petit sous l'effet de la pression qui montait dans l'air entre nous. Nous savions tous les deux qu'il n'y avait qu'une seule manière dont cette situation pourrait se résoudre.

      « Mais cela s'arrête ici et maintenant. »

    Trois secondes. Ce fut le court laps de temps que je laissais s'écouler pour créer un décalage dans les réflexes de l'assassin alors que mes mots s'imprimaient dans son esprit. D'un geste du bras droit, je projetait une faucille tirée de sous ma veste en la faisant tournoyer directement vers la gorge de mon adversaire. J'espérai qu'il n'aurait pas le temps de lever la lame de son katana pour la parer, bien qu'il lui soit aussi possible de l'esquiver... Mais dans un cas comme dans l'autre, il ne s'en sortirait pas aussi facilement.
    A la poignée de cette cette faucille, un de mes filament était accroché. Quasiment invisible, il reliait l'arme à moi et me permit, alors que ma main droite s'en saisissait, de rediriger la course de l'arme alors que mon adversaire s'en pensait débarrassé. De ma main gauche, je projetait au même moment trois kunaïs tirés de ma manche vers lui, l'attaquant par deux angle différents après une première attaque qui n'avait été, au final, qu'une feinte.
    L'acte final de cette triste nuit allait commencer. Nous allions pouvoir nous départager.
Revenir en haut Aller en bas
Eclair Noir


Ombre de la Foudre
avatar

Messages : 508
Armure : Ombre de la Foudre

Feuille de Personnage :
HP:
170/170  (170/170)
CS:
190/190  (190/190)
Dieu Protecteur: Aucun

MessageSujet: Re: [Mai 1747] Duel Invisible [Jason/Minato]   Sam 1 Aoû - 21:36



L’un enlevait son masque, l’autre le mettait. Le ying et le yang. Deux écoles différentes, opposées même, s’affrontant dans un même but : survivre, et surtout, imposer à l’autre la supériorité de sa technique et de son expérience. Les doigts de Jason se ressérrèrent autour du manche de son katana lorsque son mystérieux adversaire mit la main dans sa poche, et il plissa les yeux en constatant qu’il ne s’agissait en fait que de son masque. Sans doute en avait il besoin afin d’atteindre sa concentration maximum.

Le jeune Londonien se souvenait que sa mère, étant jeune, lui racontait régulièrement l’histoire de ces ninja qui effaçaient derrière un masque leur personnalité, ainsi que leurs sentiments, et il comprit aussitôt à quel point son adversaire et lui étaient opposés : Jason comptait sur ses sentiments pour le pousser à se surpasser. Il pensait à la situation de manière froide et professionnelle, mais en plein duel, il aimait ressentir les choses, voir la mort en face incarnée dans une lame, et l’esquiver au dernier moment, lui filer entre les doigts alors qu’elle était sûre de s’emparer de lui, de son corps et de son âme. Il était passionné. L’assassin mystère, lui, était au contraire d’un calme olympien, et était parvenu à étouffer toute forme de sentiment, faire taire toute voix de conscience ou d’hésitation en lui. Deux visions, deux écoles, et un seul vainqueur.

Secouant la tête de gauche à droite en comprenant que cet étrange ninja refusait son offre généreuse, Jason ajouta :
- Tu aurais dû accepter mon offre...

Le ninja brisa finalement la distance entre les deux hommes en projetant une faucille, à l’instant même où un orage zébrait le ciel dans son dos. Une nouvelle fois, la lumière trahit un de ses stratagèmes élaborés : le filin jusque la invisible renvoya un bref instant un fragment de lumière dans l’oeil observateur qui comprit le piège. Levant son Katana au niveau de son visage, il bascula sur le côté afin d’éviter la faucille et trancha d’un geste net le filin avant de tourner le regard vers son agresseur qui se préparait déjà son attaque suivante. Cette fois, il anticipa rapidement le prochain geste de son adversaire et de sa main gauche leva devant son visage sa cape qui forma une sorte de bouclier : les lames fendirent l’étoffe, mais perdirent leur direction et le danger fut étouffé immédiatement.

Une fois la seconde attaque désamorcée, il fit volontairement traîner sa lame dans la boue en approchant d’un pas rapide vers Minato, dont le champ de vision était toujours gêné par la cape levée. Brusquement, Jason baissa le bras gauche, dévoilant ainsi son corps et son visage et leva la lame emprunte de boue vers le ninja qui reçut celle ci en plein visage. Puis, profitant de l’aveuglement provoqué, Jason dégaina une lame dissimulée au niveau de son poignet gauche et fendit l’air dans le but de trancher la gorge de son adversaire. Tous deux étaient des professionnels, et ils savaient que la moindre erreur pourrait mettre fin au combat... Mais Jason souriait en cet instant précis : le visage trempé par la pluie, il se sentait vivant, plus vivant qu'il ne l'avait jamais été !

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: [Mai 1747] Duel Invisible [Jason/Minato]   

Revenir en haut Aller en bas
 

[Mai 1747] Duel Invisible [Jason/Minato]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
RPG Saint Seiya : Saints Of The Past :: Histoires Parallèles :: Chroniques des Anciens Temps-