RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]

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MessageSujet: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Mar 24 Mar - 22:53


Une Ombre parmi les ombres

Aux alentours de Jamir ~ août 1755

Trois mois. Cela fait trois mois que cette foutue Guerre Sainte a pris fin, entraînant dans son sillage son lot de morts, de déceptions, de... changements. Quand elle avait quitté le Sanctuaire avec Pséma, Ahina n'avait finalement pas su comment cet affrontement s'était vraiment terminé. Bien sûr... il semble évident que les Saints avaient échoué et que leur terre leur avait été volée par les spectres d'Hadès.
Cependant l'issue finale lui était inconnue. Pas espionne pour deux sous, le Scorpion noir n'avait certes pas cherché à savoir ce qu'il s'était passé depuis le jour où elle s'était mise à dos le Sanctuaire tout entier, Kappa en tête de ligne.
Différentes rumeurs étaient néanmoins parvenues jusqu'à elle. Après... arriver à discerner la cancane de la vérité, c'est une toute autre paire de manches. Cependant une information, peut être la seule, semblait véridique. Pour protéger les habitants de Rodorio et les chevaliers encore en vie, Shion aurait ordonné le retrait des troupes vers Jamir.

Un sourire de dépit se dessine sur son visage alors qu'Ahina se fond parmi les ombres de la nuit. La destination avait été bien pensée à vrai dire. Comme, quelque part, c'était aussi leur seule alternative. La plus sécurisée, en tout cas. Car elle a beau avoir tourné le dos à tout ce en quoi elle croyait, à ses amis de toujours, à l'amour de sa vie, à tout... tout ce qu'elle avait construit depuis près de 30 ans, Ahina n'en reste pas moins grecque et, surtout, quelqu'un qui a vécu à Rodorio et au Sanctuaire Sacré toute sa vie.
Leurs moeurs, leur manière de pensée, leurs réflexes, elle les connait tous sur le bout des doigts. Une connaissance qui lui servira à de nombreuses reprises dans le futur et dès aujourd'hui.

Elle n'aurait jamais pris autant de risques si ce n'est pour s'assurer que ses parents vont bien. Car bien qu'elle les connaissent très bien et arrive pour l'heure à déjouer la surveillance des gardes qui bordent le village dans lequel les civils ont été parqués, l'exercice auquel elle s'adonne aujourd'hui est dès plus dangereux pour elle. Si elle venait à croiser la route d'un chevalier... d'un chevalier d'or, d'un ancien compagnon, de Shion ou de Kappa, histoire de noircir le tableau au paroxysme, nul doute que la situation deviendrait très vite compliquée.
Elle a rejeté le Sanctuaire, mais la réciprocité doit sans doute d'ores et déjà être de mise. Car en trois mois il parait invraisemblable que les chevaliers d'or et Shion, au minimum, ne soient pas au courant de sa trahison.

Elle se faufile entre les maisons, se figeant de temps à autres, bondissant sur un toit dans l'ombre pour traverser la toiture en une course légère et rapide.
Pour l'instant tout va bien. Mais là où la situation devient ardue, c'est de savoir dans quelle foutue maison se trouvent ses parents. Ils n'ont jamais été le genre à avoir une résidence secondaire, et encore moins à Jamir. Alors pour savoir exactement quelle est leur position, ça va être long...
Très long...

Plusieurs heures s'écoulent avant qu'elle ne réussisse à trouver la bonne. Et on ne peut mettre que sur le compte du saint esprit, qu'elle ne se soit pas faite griller par quelqu'un le temps improbable qu'auront duré ses recherches.
Une nuit sans lune est le meilleur des camouflages. Ainsi, perchée sur le toit de la maison d'en face, sa cape sombre ondulant légèrement sous l'emprise du vent, ses prunelles d'ébène fixent intensément la fenêtre qui se trouve à quelques dizaines de mètres d'elle.
Elle la voit... sa mère... Assise derrière une table, fixant la surface de bois d'un air morne, la tristesse de son visage provoque une cuisante douleur à la jeune femme. Une douleur psychique qui se mue en douleur physique alors que la lame de Kyro irradie dans sa tête. Plaquant sèchement sa main sur son crâne, la brune esquisse une grimace de douleur alors que ses paupières se ferment sous les assauts de ce mal qui la ronge.


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MessageSujet: Re: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Mar 24 Mar - 23:22



Il se faisait tard lorsque Kappa en eut terminé avec ses différents devoirs à la tour de Jamir. Las et fatigué, il descendit d’un pas lourd le sentier qui reliait la tour de Jamir au village. Il savait qu’il était en retard pour le dîner, mais il savait aussi qu’elle ne crierait pas. Elle n’avait jamais crié... Et si lui s’était permis quelques piques suite à ses retards récurrents, le Verseau savait parfaitement qu’il ne l’avait fait que dans le but de détendre l’atmosphère. Le fait qu’ils ne lui aient jamais rien reproché était d’autant plus douloureux pour Kappa : il se sentait responsable de ce qui était arrivé à leur fille, et pourtant, eux n’avait fait que le remercier et l’entourer depuis qu’il avait tout perdu ou presque, cette nuit là. Naios était moins présent, étant mis à contribution pour aider au ravitaillement en vivres et biens pour le village de Jamir qui s’était retrouvé en état de surpopulation. Le Mage des Glaces avait senti et compris la volonté d’Enya de le protéger, de le surveiller, mais l’air triste et absent qui passaient dans les yeux des parents d’Ahina étaient tout autant de coups de poignards muets que le jeune homme recevait en plein coeur.

Ils étaient également les seuls à qui Kappa avait dit la vérité sur Ahina. Personne d’autre qu’eux trois ne savait ce qu’elle avait subi, ni les conséquences fâcheuses que cela avait provoqué sur elle. La version officielle demeurait que Ahina était supposée morte suite à une apparition de Pséma. Kappa n’avait rien lâché de plus, et il demeurait indomptable sur le sujet. Il était conscient que c’était un pari des plus risqués, mais il s’accrochait à l’espoir de pouvoir la ramener du bon côté un jour. Il y avait toutes les chances du monde pour qu’elle se croie recherchée, elle ne risquait donc pas d’apparaître. Et l’eût elle fait, la seule raison pouvant l’attirer ici se trouvait être ses parents, avec qui il passait beaucoup de temps. Si la traque du Requin avait commencé, Kappa n’en oubliait pas ses autres objectifs...

Pensif, le chevalier d’Or entra dans le village désormais endormi et faiblement éclairé. C’est alors qu’il se raidit en voyant une ombre sauter d’un toit vers l’autre. Immédiatement, il grimpa à son tour sur un toit non loin de lui et fit de son mieux pour rester discret. Ce n’était pas sa spécialité, mais il devait avoir de la chance ce soir, car il ne fut pas découvert. Sa cible semblait occupée par quelque chose se trouvant dans l’une de ces maisons, et sa méfiance était distraite par sa recherche quelle qu’elle soit. Il suivit la silhouette pendant une dizaine de minutes jusqu’à ce que les battements de son coeur s’accélèrent : l’espion venait de s’arrêter face à la maison d’Aaron et Enya, et il semblait avoir trouvé ce qu’il cherchait. Le sang du Verseau ne fit qu’un tour : bondissant du toit voisin pour atterrir dans le dos de l’inconnu, il projeta un vent glacial violent qui fit perdre l’équilibre à celui ci, au point de le faire chuter du toit, dans une ruelle faiblement éclairée.

Sans attendre, Kappa sauta à son tour en contrebas. Mais quand il vit le visage faiblement éclairé de l’espionne, son corps tout entier s’immobilisa. Dissimulé dans l’ombre, il tenta de parler mais aucun son ne parvint à sortir de ses lèvres entrouvertes. Finalement, un seul mot franchit le seuil de sa bouche :
- Ahina... murmura t’il avant d’avancer d’un pas hésitant.
Aussitôt, son visage, puis son corps, furent éclairés par une torche éclairant faiblement la ruelle. Il la fixa alors que sa main se mettait à trembler sans même qu’il s’en rende compte. Les questions se bousculèrent mais aucune ne s’extirpa de sa gorge. Comme paralysé, il continua à la fixer avant de constater que sa main tremblait : il était complètement désarmé face à cette apparition inopinée...

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MessageSujet: Re: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Mar 24 Mar - 23:43


Pas de retour en arrière



La douleur... cette douleur lancinante qui pulse dans ses tempes comme un cancer incurable, est parfaitement insupportable. Comme si des centaines de petites lames acérées pénétraient dans son cerveau en même temps, c'est sa seconde main qui rejoint l'autre pour enserrer son crâne avec autant de force qu'elle le peut. Comme si cela allait suffire à apaiser sa souffrance... Un espoir parfaitement vain.

Elle ne le ressent pas, ne l'entend pas arriver. C'est à peine si elle réalise le pouvoir décuplé quand un vent glacial la propulse hors du toit sur lequel elle était juchée. Tombant sur le sol poussiéreux dans un bruit mat, la jeune femme n'a pas relâché la tension qu'elle prodiguait à son crâne dans sa chute, atterrissant lourdement sur le sol sans tenter d'amortir un choc plutôt rude.

Elle ne ressent même pas le contact du sol tant la douleur fulmine dans son esprit. Et si un sourire de dépit se dessine sur ses lèvres, c'est uniquement lorsqu'elle reconnait la voix qui murmure son nom.

"Putain quel accueil. J'aurais du m'en douter je suppose." Lance-t-elle d'une voix rauque alors qu'elle se redresse en grimaçant, une paume toujours plaquée sur sa tempe.

Ses paupières restent obstinément closes. Que ce soit parce qu'elle a trop mal, ou plutôt parce qu'elle ne veut pas poser les yeux sur lui, cela resterait difficile à affirmer. Un mélange des deux, fort probablement...
A vrai dire, s'il y a un peu de cela, la raison principale est qu'elle se doute fortement de ce qui se produira si elle le regarde. Ou plutôt... redoute-t-elle d'avoir à subir cela encore une fois.

"Encore à traîner dans mes jupons... hein... Kappa."

D'un bond elle s'échappe de la ruelle sombre et se retrouve de nouveau sur le toit qui fait face à la maison où logent ses parents. Kappa va la suivre, sans le moindre doute. Elle le sait... tout comme elle sait que la douleur va se faire plus aiguë, mais tant pis. Elle a besoin de la voir... elle en a besoin.

Enya est toujours assise derrière la table de bois. Le menton juché dans le creux de sa main, elle regarde la noirceur environnante à travers les carreaux. Son regard est si... éteint, si vide...
Une nouvelle douleur électrise la brune dont la main tremblante se plaque sur son front.

"Tu leurs as dit la vérité..." Dit-elle d'un ton assez sombre alors qu'elle ne lui adresse toujours pas le plus petit regard.

La question sonne plus comme une affirmation qu'autre chose. Finalement elle n'en sait rien, strictement rien. Le regard perdu de sa mère pourrait tout aussi bien être parce qu'elle imagine sa fille morte. Allez savoir...
Et la vérité... quelle est t'elle au juste... Trahison ? Elle ne sait même pas elle même ce qu'il en est.


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MessageSujet: Re: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Mer 25 Mar - 0:08



Elle n’était pas dans de meilleures dispositions pour parler, et lui n’aimait pas du tout avoir à lui faire face ici et maintenant. Il était très mal à l’aise à de nombreux égards, un point sur lequel ils devaient tous deux s’aligner parfaitement une fois encore. Il ne répondit pas aux remarques cinglantes de la jeune femme, mais l’hésitation qui suivit suffit à la jeune femme pour prendre de l’avance sur Kappa qui ne s’attendait pas à ce qu’elle remonte sur les toits à toute vitesse. Dès qu’il eut compris, il se jeta à corps perdu à sa poursuite. Mais pourquoi retournait elle là bas ? Voulait elle quelque chose en particulier de ses parents ? Ou bien, était ce plus grave ? Le Verseau fut effrayé en se demandant jusqu’où sa chère et tendre serait capable d’aller dans son nouvel état. Irait elle jusqu’à tuer ses parents ?

Il ne lui donna pas l’occasion d’intervenir davantage : ignorant sa question, Kappa chargea dans son dos et la saisit en clé de bras et maintint solidement sa prise sur elle alors que la jeune femme était toujours obnubilée par la fenêtre de la maison d’en face. En regardant dans la même direction, le Verseau comprit aussitôt pourquoi : Enya était visible depuis la fenêtre. Elle était assise à table, et le couvert était mis. Elle l’attendait pour le regarder manger, et Aaron était sans doute déjà couché, éreinté par sa journée de travail. Mais pour le chevalier d’Or, il était impossible de connaitre les intentions réelles de l’ancien Scorpion d’Or. Aussi ne relâcha t’il pas son étreinte un seul instant. Il approcha lentement sa tête par dessus l’épaule de la jeune femme : ses sens le trahissaient ! Il l’aimait, il la désirait, mais elle était son ennemie, ce soir ! Parce qu’elle représentait un danger potentiel pour n’importe qui à commencer par sa famille, Kappa devait l’empêcher d’agir. Car le jour ou elle redeviendrait elle même, elle demanderait des comptes au Verseau si ses parents mourraient, et il ne voulait pas avoir à lui répondre qu’il n’avait pas pu les protéger en son absence.
- Oui... Ils connaissent la vérité... répondit il finalement après un long silence. Je la leur devais, et tu le sais très bien... Je ne mens pas à ma famille... ajouta t’il d’un ton lourd de significations.

C’était un mensonge. Naios ne savait pas. Kyros ne savait pas. Marcus ne savait pas. Personne d’autre que eux trois n’était au courant. Les yeux fixés sur la nuque de la jolie brune, il poursuivit doucement :
- Ce sont aussi les seuls à la connaître... Tu ne devrais pas être ici, Ahina ! Si quelqu’un te voit et comprend que tu n’es pas morte, tu seras bientôt menacée... Pourquoi es tu venue ce soir ? Ne me dis pas que ce que t’a fait Kyro te pousse même à t’en prendre à ton propre sang ?!
Il espérait se tromper, mais il savait aussi qu’elle n’était plus seulement influencée par Kyro, mais aussi par Pséma. Il s’attendait au pire de sa part, tout en gardant vivement à l’esprit qu’elle était son plus grand trésor, et qu’il ferait n’importe quoi pour la protéger. Si elle l’avait oublié, lui ne l’oublierait pas...

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MessageSujet: Re: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Mer 25 Mar - 17:34


Tête de bois


Ses prunelles sombres ne lâchent pas la fenêtre d'où s'extrait une faible lueur. Cela fait des mois qu'elle n'a pas vu le visage de sa mère et jusqu'à il y a peu, elle ne savait même pas si elle se portait bien. De la voir ainsi aura au moins le mérite de la rassurer sur ce point... Car si Enya ne respire pas vraiment la joie de vivre, au moins est-elle vivante...
Mais une inquiétude commence à se manifester dans la poitrine du Scorpion noir qui se serre. Où est Aaron... où est son père... Cela ne fait certes que peu de temps qu'elle a trouvé la maison qu'elle avait ardemment cherchée, et peut être est-il dans une autre pièce... Mais elle ne sera rassurée, pleinement rassurée, que lorsqu'elle verra de ses yeux qu'il va bien.

Un grognement étouffé s'extirpe de sa gorge lorsque son bras se retrouve aussi tordu qu'il peut le supporter, sèchement plaqué contre son propre dos.
Kappa... Il n'est décidément pas enclin à lui lâcher la grappe semble-t-il.
Outre la position relativement inconfortable, bien que sommes toutes assez indolore, le Verseau semblant encore prendre quelque gant avec elle, la proximité qu'il instaure entre eux la plonge dans une colère noire.
Il est trop près. Beaucoup trop près. L'espace d'un bref instant, un cosmos aux reflets d'un bleu sombre se disperse autour du corps de la jeune femme. Cela n'aura duré qu'une seconde.

"Ta famille... me fais pas rigoler Kappa. Maintenant lâches-moi !" Grogne-t-elle d'une voix sourde à l'adresse de celui qui est plaqué dans son dos.

La mâchoire d'Ahina se crispe. Non seulement il maintient la pression exercée sur son bras, mais en plus il confirme ses soupçons. Il leur aura vraiment tout raconté. Comment a-t-il osé...

"De quel droit Kappa. De quel droit bordel ?! Tu leur as aussi dit que c'était de ta faute j'espère ?! Que c'est à cause de tes PUTAINS de relations que j'en suis là aujourd'hui ?! Que c'est de ton fait si je n'ai plus rien ?! HEIN TU LEUR AS DIT CA AUSSI ?!"

Elle parle bien trop fort. Comme à son habitude, car est-ce bien quelque chose qui n'a pas changé, il en faut bien une... Ahina reste bouillonnante et sanguine comme il l'avait toujours connue jusqu'alors. Elle n'a pas le temps de lui lancer une réponse acerbe de plus que les yeux d'Enya se tournent vers la fenêtre. D'un bond la mère se lève de sa chaise qui chute sur le sol. Sans doute a-t-elle cru entendre la voix de sa tempétueuse de fille. Elle se précipite vers la fenêtre.
Avant qu'elle ne l'ouvre en grand, Ahina pousse un juron qu'il serait fort mal approprié de répéter ici et d'un mouvement sec elle fait ce qu'elle aurait bien aimé éviter à tout prix. Se retournant abruptement en déviant la clé de bras fermement maintenue par Kappa, sa main libre se plaque sur son épaule alors qu'elle lui inculque un fort mouvement pour qu'il se baisse, rabattant sur eux l'ample cape de nuit qui la recouvre.
Durant plusieurs secondes c'est le calme absolu. Pas un bruit en dehors de leur souffle. Puis Ahina jette un bref coup d'oeil sous la cape et ce n'est que lorsque Enya a refermé la fenêtre, le visage empreint de déception, et qu'elle est retournée s'assoir à table, que le Scorpion lâche le Verseau.

"'Tain t'es vraiment trop con" Lance-t-elle d'un air sombre alors qu'elle s'assoit à même le toit.

Ses doigts se posent sur ses yeux qu'elle recouvre quelques longues secondes en extirpant une grimace. Comme si la seule vue de sa mère asséchait ses pupilles, comme si la seule présence de Kappa faisait brûler vif son pauvre cerveau.

"Tu leur as dit que j'étais morte... sans déconner... une version des faits bien plus facile pour toi hein. Et alors comment tu te trouves en veuve éplorée ? Sympa ? Je suppose que tout le monde passe son temps à te présenter ses condoléances. C'est pathétique." Lâche-t-elle d'un ton sec.

Kyro. Ce nom... ce type... elle n'en a quasiment plus aucun souvenir. Pourtant elle a tenté de ne pas oublier, oh que oui... Dès qu'elle s'est rendue compte de son image se floutant dans son esprit, elle a compris, compris qu'elle allait oublier jusqu'aux contours de son visage, jusqu'à son nom.
Aujourd'hui ne reste de lui qu'un vague nom qui ne signifie presque plus rien. La seule chose dont elle a encore conscience, c'est de s'être battue contre lui dans la maison de Corell, d'avoir lamentablement perdu et reste de vagues résidus laissant à penser que son état est sans doute de son fait. Voilà tout.

"Ne dis pas n'importe quoi. Jamais je ne ferai de mal à mes parents, t'es dingue ou quoi."

Des mots qui peuvent paraître totalement surréalistes si l'on en juge par son comportement avec lui et vis à vis du Sanctuaire. Pourtant... cela lui semble parfaitement évident, et la voix convaincue qui s'extirpe de sa gorge en est une preuve flagrante. Cela aussi... elle commence à l'oublier. L'illogisme de la chose, le surréalisme de sa situation.
Quelques semaines après que Pséma l'ait emmenée, tout était relativement limpide. Elle savait que ce qu'elle ressentait n'était pas normal, n'était pas naturel, que ses sentiments et ses souvenirs étaient bien trop opposés. Mais aujourd'hui... il lui parait normal de détester le Sanctuaire, et pas ses parents.

"Je voulais juste... savoir s'ils allaient bien."

Elle lâche ses mots à demi voix, alors que ses bras enserrent ses genoux et que son menton se posent sur eux. Son regard ne quitte pas la fenêtre qui lui permet encore d'apercevoir les contours du visage maternel. Et à cet instant, son regard semble se muer en une infinie tristesse, quant l'expression de son visage restera pourtant très dure.


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MessageSujet: Re: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Mer 25 Mar - 19:36



Cette rage sourde, cette hargne qu’elle lui vouait à présent, il avait toutes les peines du monde à cacher le mal que cela lui faisait. Mais il ne cèderait pas... Il voulait des réponses, et cette fois, Pséma ne viendrait pas la sauver !
- Je leur ai dit la pure vérité... répliqua t’il soudain avant de se crisper, et de contre attaquer sur un ton discret mais bien plus dur qu’à l’accoutumée :
- Ca suffit, Ahina ! Ce ne sont pas mes “putains de relations” qui t’ont forcée à me suivre, il me semble ! Tu savais tout de moi bien avant de te tourner vers l’armure du Scorpion ! Ne viens pas me reprocher tes propres choix après m’avoir accepté pour ce que j’étais, c’est trop facile ! Tu savais ce que je comptais devenir alors même que nous n’étions que des gosses ! Et tu m’as toujours encouragé sur cette voie ! Je t’ai ouvert mon coeur jusque dans les moindres détails, à l’exception de ce que je ressentais déjà pour toi à l’époque... ajouta t’il dans un murmure beaucoup plus faible. Alors je refuse d’encaisser tes reproches, aujourd’hui !
Tout son corps tremblait, il se rendait malade, elle avait raison et il avait tort. Mais il ne pouvait pas la laisser l’accabler sans réagir. Il devait provoquer en elle un choc, une réaction, n’importe quoi pour briser cette carapace invisible qui était apparue dans sa tête, la coupant de la réalité.

Il l’observa en silence d’un regard glacial alors qu’elle hurlait, puis répondit doucement:
- Tu devrais parler plus fort...
Sa réaction ne se fit pas attendre quand Enya sembla l’avoir entendue. Le Verseau n’opposa aucune résistance quand elle lui inculqua de se baisser, et tous deux se retrouvèrent face à face, dissimulés par la cape. D’ordinaire embarrassé, cette fois Kappa en profita plutôt pour l’observer de près : son visage, ses yeux, son regard. Quelque chose en elle semblait appeler au secours, mais c’était loin, si loin. Mais si c’était encore là, quelque part, alors il y avait encore une chance... Pourtant, sa réaction suivante déclencha une réponse violente de la part de Kappa : il attrapa son poignet avec force et la rapprocha de lui sans ménagement jusqu’à ce qu’ils soient nez à nez, et il répliqua avec force.
- Ne dis pas de conneries ! Personne n’a jamais su pour toi et moi, et tu le sais parfaitement ! La seule raison pour laquelle j’ai fait ça, c’est pour te protéger ! Et si tu es trop conne pour le comprendre ou t’en rendre compte à l’heure actuelle, ce n’est certainement pas ma faute.

Sans lui donner le temps de réagir, il relâcha son poignet, se redressa, et s’éloigna de quelques pas pour se calmer en expirant profondément. Il devait la bousculer, être aussi rude et sanguin qu’elle, il n’avait pas le choix car elle ne comprenait que ce langage à l’heure actuelle.
- Ne dis pas n'importe quoi. Jamais je ne ferai de mal à mes parents, t'es dingue ou quoi.
- Permets moi d’en douter compte tenu de la manière dont tu t’es comportée vis à vis de Lya et moi, rétorqua t’il aussitôt sans se retourner.
Trop concentré sur le fait de se calmer, Kappa ne remarqua pas immédiatement qu’Ahina était peu à peu en train de craquer.
- Je voulais juste... savoir s'ils allaient bien.
- S’ils allaient bien... répéta le chevalier d’Or d’une voix cynique en redressant la tête vers les étoiles.
Prêt à contre attaquer avec violence, il fit volte face mais ses mots mourrurent dans sa gorge en la voyant comme ça. Elle semblait soudain si vulnérable. La voir ainsi le désarmait à chaque fois, et celle ci ne fut pas différente des autres. Lentement il s’approcha d’elle, et s’agenouilla en face. Il ne la toucha pas, il ne voulait pas détruire ce moment de faiblesse qu’elle avait libéré malgré elle. Il lui fallait en tirer profit pour s’y engouffrer, pour comprendre, pour l’aider, pour la sauver. Et quand ses yeux croisèrent le regard d’Ahina, il y vit une telle tristesse. Il était perdu, mais sans doute pas autant qu’elle...
- Parles moi, Ahina... Je t’en supplie, expliques moi... Je ferai tout pour t’aider ! Mais je ne le pourrai pas si je ne sais rien... Tu ne le crois peut être pas, mais je serai toujours là pour toi, quoi qu’il arrive... Il faudra t’y faire...
Sa voix était empreinte d’une sincérité aussi limpide que le cristal, et son regard reflétait la même tristesse que celui de la jeune femme.

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MessageSujet: Re: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Jeu 26 Mar - 21:48


Abandonnes !



Le seul avantage de la pression qu'il maintient fermement sur son bras, c'est qu'au moins elle ne peut pas le regarder en face. La proximité est déjà assez gênante comme ça, il ne manquerait plus qu'elle ait à s'imposer son visage lui crachant toute sa verve à la figure. Car dans ce cas, il serait fort probable qu'il se prendrait la 78ème baffe de son existence.

"Bah tiens... elle est bien bonne celle la. Comme si ça n'était pas à cause de toi que j'ai failli crever deux fois, de la main de ton frère dont je ne connaissais même pas l'existence et ensuite de celle de cet enfoiré de Kyro."

Son ton baisse au fur et à mesure qu'elle parle, ce qui n'est guère dans ses habitudes. Un sourire mauvais se dessine sur ses lèvres alors qu'elle achève de prononcer les paroles qui lui brûlent les lèvres.

"Alors... c'est comment Kappa ? Tu sais, vivre dans le déni... Mon pauvre garçon."

Lorsque Enya l'oblige à les cacher tous deux à sa vue, le Scorpion noir s'obstine à garder les yeux sur un pan de sa cape sans sourciller, évitant soigneusement de croiser le regard qui la fixe dans la pénombre en face d'elle.
Elle a bien toutes les peines du monde à y parvenir tant elle sent les prunelles du Verseau qui ne la quittent pas. Quand est-ce qu'il va se décider à lâcher bordel...
Un sourire cynique répond à sa propre interrogation. Kappa ? Lâcher ? Elle n'est pas encore assez crédule pour l'imaginer une seule seconde. Il est entré en guerre tout seul, comme un grand qu'il est par moment. Il s'est fixé un objectif et il n'en démordra pas. Elle va l'avoir sur les basques encore longtemps, cela est fort à parier. Oui... mais jusqu'à quand ? Car l'issue actuelle ne peut être que sa mort à lui, ou la sienne. Ne voit-elle aucune autre conclusion possible en cet instant.

"Ah bah pardon ! Vu que tu l'as presque écrit en majuscule et en rouge sur une pancarte quand nous étions avec le vieux marina, permets moi d'en douter ! Et puis la conne elle t'emmerde !" Lâche-t-elle d'une voix sèche en commençant à se redresser.

Elle le regarde pour la première alors qu'il s'éloigne. De dos cela lui semblait plus facile. Et finalement... non. Ses poings se crispent à l'unisson avec ses mâchoires. La courbe de ses épaules, les contours de sa nuque, la longue chevelure qui dégouline le long de son dos... tout cela la met dans une rage qu'elle a grand mal à contenir.

Pourtant son visage se fige sans que rien n'ait pu le laisser présager. Interdite, ses sourcils se froncent légèrement alors qu'elle le fixe toujours, Kappa pestant sans lui adresser le moindre regard.
Et le couperet s'abat une fois encore.

"Lya ? C'est qui ?"

Pour le coup la sincérité a évacué la rage naissante. Son visage rond fixe Kappa comme s'il tombait de la lune. Il lui parle de cette Lya comme si elle était parfaitement censée savoir de quoi il lui parle, ou plutôt de qui. Pourtant... elle a beau retourner ses souvenirs, ne reste qu'un profond vide sans fin, là où Lya résidait auparavant.
Et alors qu'elle cherche dans sa mémoire le plus petit indice, une violente décharge électrique lui traverse le crâne, l'obligeant à poser un genoux sur les tuiles d'ardoise du toit sur lequel ils sont perchés.
Encore... encore cette lancinante douleur qui ne la laisse jamais en paix. Si elle ne meurt pas de la main de Kappa, finira-t-elle complètement folle. Elle en a la certitude depuis bien des semaines.

Quelques minutes s'écoulent avant qu'elle ne puisse s'assoir et que la douleur consente à s'apaiser un peu. Pour cela... elle commence à comprendre comment il convient d'agir. Ne penser à rien, faire le vide dans sa tête... est la seule méthode efficace qu'elle ait trouvée pour faire taire sa souffrance. Evidemment, avec Kappa à côté c'est nettement moins facile... Alors s'y emploie-t-elle avec zèle avant d'enfin pouvoir se poser un peu et que ses prunelles d'ombre ne retrouvent le visage tant chéri, le seul qu'il lui reste en ce monde. Sa mère.

Elle ne répond rien au cynisme qui s'échappe des lèvres du Verseau. Assise, les bras entourant ses genoux, elle ne lâche pas Enya d'un regard qui semble se faire plus vitreux au gré des secondes qui s'écoulent.
Lorsqu'il s'approche et s'agenouille non loin, face à elle, Ahina ne lui accorde pas un seul regard. Pas la plus petite attention, car elle est totalement focalisée sur sa mère. Ce sera sans doute l'unique et dernière fois qu'elle la verra vivante. Alors profite-t-elle de chaque seconde offerte en ces temps qui ne lui procurent pas le plus petit repos.

"Qu'est-ce que tu veux que je te dise Kappa. J'ai tenté de t'expliquer il y a quelques mois, ce fameux jour où tout a basculé, mais tu n'as rien entendu, rien écouté. Maintenant je ne sais plus, je ne me souviens plus. Il est trop tard. Lâches l'affaire, tu vas te casser les dents."

Ses prunelles noires ne quittent pas Enya alors qu'elle s'adresse à lui d'une voix monocorde qu'on ne lui connait que peu souvent.
Elle lui avait dit pourtant... qu'elle n'y pouvait rien, qu'elle sentait ses sentiments affluer sans qu'elle ne puisse rien faire pour les endiguer. Mais il n'a rien entendu. Et aujourd'hui... elle ne se rappelle plus ce qu'elle lui dit, ce jour là.


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MessageSujet: Re: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Ven 27 Mar - 14:20



Les unes après les autres, ses tentatives pour communiquer avec elle échouaient lamentablement. Pourquoi en étaient ils arrivés là ? Pourquoi ne pouvait il pas simplement la prendre dans ses bras et oublier tout ce qui était arrivé ? Si proches, et pourtant si loin. La frustration du Verseau en devenait si violente qu’elle le bouffait de l’intérieur. A chaque fois qu’elle le repoussait verbalement, il tentait un autre angle d’attaque, mais cela ne changeait jamais rien. Il bloqua toutefois sur une chose qu’elle dit, et que ce n’était pas la première fois qu’elle abordait. Il était temps de creuser la question :
- Encore une fois je ne vois pas ce que mon frère vient faire là dedans ! Il est mort voila presque vingts ans, et ne viens pas me dire que tu ne t’en souviens pas, je te l’ai raconté alors que nous n’étions que des enfants, répliqua t’il avec une pointe d’agacement dans la voix.

Il ne comprenait pas ce qu’elle voulait dire. Son cerveau était il si perturbé qu’elle déformait la réalité ? Non. Impossible car elle l’avait déja mentionné avant d’être blessée par Kyro ! Ses yeux la fixèrent plus intensément alors qu’il réfléchissait très vite, mais c’est le fait qu’elle ne se souvienne pas de Lya qui scella l’avis de Kappa : s’il n’avait pas été à genoux, il se serait affessé sur le sol tant sa surprise était grande. De toute évidence, sa blessure jouait sur sa mémoire : elle ne se souvenait pas de Lya qu’elle considérait comme une soeur, et elle n’avait aucun souvenir de leurs nombreuses conversations concernant Katha. Pas même du fait que parfois elle le prenait dans ses bras étant enfants quand il s’était réveillé en sursaut en hurlant son prénom. Bien sûr qu’elle connaissait la vérité sur lui, comment pouvait il en être autrement après qu’ils aient été si proches ?!
- Alors... Tu ne te souviens pas... murmura t’il, la main devant sa bouche.

Lentement, il se redressa en s’appuyant sur une cheminée, et fit quelques pas avec un équilibre des plus précaires. Il commençait à comprendre. Mais cela impliquait trop de choses, son esprit était dépassé !
- Ta mémoire a été affectée par la blessure de Kyro, et elle... elle continue à l’être... poursuivit il d’un ton lent trahissant que son esprit était en pleine réflexion. Ce qui signifie que tu disais vrai pour Katha... Mon frère est en vie... acheva t’il.
Il aurait dû s’en réjouir, mais comment le pourrait il alors que de toute évidence, cela ne signifiait qu’un adversaire de plus ? Un adversaire de son propre sang, qui plus est. Le destin ne cesserait donc jamais de jouer avec lui. Cela faisait une bonne minute qu’il réfléchissait à tout cela lorsque son regard dériva à nouveau sur la jolie brune : elle fixait toujours sa mère d’un air absent.

Réagissant aussitôt, il vint à nouveau s’agenouiller en face d’elle et posa sans hésitation ses mains sur ses épaules, avant de repartir à l’attaque :
- Ahina, écoutes moi ! Nous commençons à peine à comprendre ce qui t’est arrivé ! Si tu coopérais avec moi, je suis sûr qu’on trouverait un moyen de te sauver, un moyen de te rendre ta mémoire et tes sentiments. De toute façon, tu sais que je n’abandonnerai pas ! Même si je dois le faire seul, je chercherai jour et nuit s’il le faut jusqu’à ce que je trouve comment te ramener parmi nous !
Durant tout ce temps, il avait cherché le contact visuel avec elle. Il fit une légère pause, et ajouta :
- Tu crois que je vis dans le déni, mais regardes toi, Ahina ! Tu ne te souviens même pas de celle que tu considérais comme ta petite protégée ! Les bains, le Kimono qu’elle voulait te faire porter, ça te rappelle rien tout ça ?! Comment peux tu juger mes actes alors que ta mémoire est altérée et que tes sentiments sont contradictoires ! Comment peux tu seulement accepter cela sans combattre ?! Nous savons tous les deux que tu es perdue en toi ! Tout ce que je veux c’est te sauver ! Sauver la femme que j’aime, je ne vois pas en quoi c’est vivre dans le déni !

Il cherchait à l’atteindre, mais plus il parlait, et plus ses mains tremblaient. Il avait grand peine à ne pas craquer devant elle. Il se renfrogna pour achever son discours :
- Tu crois que je vais me casser les dents, hein ? Très bien, je relève le défi ! Mais jamais je ne t’abandonnerai ! Aucune altération de mémoire ou de sentiments chez toi ne changeront ça !


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MessageSujet: Re: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Dim 29 Mar - 0:34


Les souvenirs s'effacent



"Et mais t'es vraiment con ou tu le fais exprès ?!"

Le toisant d'un air malveillant, la brune ne prend pas la peine de se relever mais, par contre, elle soulève largement la tunique d'ébène qui la recouvre, dévoilant une balafre de peut être trois centimètres de large courant de son aisselle à son bassin.

"C'est ton putain de frère qui m'a fait ça ! A croire que tous ceux qui sont amenés à t'être liés finissent en chevalier noir mon pauvre Kappa ! Et non je m'en rappelle absolument pas, lâches-moi avec ça maintenant. T'y crois tant mieux, t'y crois pas j'en ai rien à foutre."

Les mots se déchaînent avec violence comme le venin suintant de la piqûre du Scorpion que, malgré tout, elle incarne toujours. D'ailleurs vient-elle de lui balancer en deux phrases l'appartenance de Katha aux chevaliers noirs, mais en plus du reste la sienne. Mais elle ne capte pas une seconde l'information plutôt importante qu'elle vient de lui donner tant sa simple vue la met en rage.

Enfin il semble avoir percuté, c'est pas trop tôt ! La remarque cinglante ne se fera guère attendre.

"T'as compris ? Sans déconner ! Putain ça aura mis le temps ma parole !" Raille-t-elle entre ses dents en rabattant sèchement le pan de tissu sur son ventre.

Ses paupières se plissent quand il reprend la parole. Le dévisageant avec attention, une étrange lueur dorée passe brièvement dans son regard. Comme un sursaut venu du plus profond de son âme, Ahina entrouvre légèrement les lèvres alors que la voix qui s'en extirpe est presque inaudible.

"Kyro... Kyro... oui, oui... c'est ça, c'est lui... forcément..."

De nouveau une douleur aigüe paralyse son esprit. D'un mouvement vif et qui pourrait la faire passer pour une folle furieuse, la mâchoire de la brune se referme sur son propre poignet alors que sa main libre se plaque contre sa tempe. C'est de justesse et par cette méthode plutôt masochiste sur les bords, qu'elle retient un hurlement strident. La seule preuve tangible de la force de sa souffrance, sera le filet de sang qui s'écoule de son poignet.

Ce sont ses mains sur ses épaules qui la ramènent un tant soit peu à la réalité. Soufflant comme si elle venait de faire un effort physique surhumain, elle le dévisage d'un air hagard alors que ses dents sont encore fermement plantées dans sa propre chair.
Les mots qu'il lui adressent lui vrillent littéralement le crâne. Sans combattre... sans combattre... sans combattre...
Sa mâchoire relâche son poignet et c'est sans ménagement aucune qu'elle plaque ses mains sur ses oreilles.

"La ferme Kappa ! Tu vas la fermer putain !!!" Crache-t-elle en levant la main et en lui administrant une gifle plus sèche que vraiment puissante.

Le kimono... ce putain de kimono... qui lui résonne dans la tête comme si les trompettes d'une fanfare entière lui gueulaient dans les oreilles.
Les paupières de la grecque s'écarquillent. Tout son corps se met à trembler alors que sa main se repose sur sa tempe. Fébrile.

"Tu ne comprends rien, tu ne comprends pas. Je ne peux pas faire autrement Kappa ! Je te déteste du plus profond de mon âme. Toi et les autres, ce putain de Sanctuaire. Je vous hais de tout mon être et je ne peux rien faire contre ça !"

Ses prunelles d'ébène ont beau le fixer droit dans les yeux, elle donne l'impression de ne pas le voir tant elles sont figées par ce qui ressemble fortement à une angoisse.
Ses mains se détachent de son visage et agrippent les épaules de Kappa qu'elles secouent avec plus de force.

"Je ne peux pas vivre comme ça Kappa ! Je ne peux pas ! Bientôt je ne me souviendrai plus de rien, bientôt je n'aurai que haine et mépris pour ce monde ! Tu dois faire quelque chose : Tu le DOIS ! Tu dois me tuer Kappa ! Fais le merde ! Tant que je n'ai pas mon armure, tant que je peux encore un peu me contrôler, FAIS LE !"


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MessageSujet: Re: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Dim 29 Mar - 4:37



Une nouvelle fois, il encaissait les railleries et les violentes attaques verbales de la jolie brune. Et il avait toutes les peines du monde à se contenir : il avait beau l’aimer du plus profond de son âme, il était touché minute après minute dans sa fierté et cela commençait à le fatiguer. Et quand elle tenta de le gifler pour la énième fois, ce coup ci il attrapa fermement son poignet et l’en empêcha.
- Non, tu ne VEUX rien faire ! Ca n’a rien à voir ! Tu sais parfaitement que tu ne nous détestes pas réellement, et que tout ce que tu ressens envers le sanctuaire ne sont qu’un ramassis de conneries ! S’il y a une chose que je sais sur toi, Ahina, c’est que tu es une femme forte ! Mais ici, tu ne veux pas réagir ! Peut être que fuir la réalité est plus simple pour toi !

Elle semblait avoir de plus en plus mal, mais il espéra pendant un instant que peut être, ses paroles l’atteignaient enfin. Espoir qui s’éteignit vite fait comme la flamme d’une bougie soufflée beaucoup trop vite lorsqu’elle poursuivit. Il recula alors d’un pas, et son regard se fit glacial, presque hostile. Il restait toujours une chose qu’il pouvait faire, mais comment s’y résoudre ? Il leva doucement la paume de sa main devant ses yeux, et serra son poing en signe de frustration. C’était un appel au secours qu’elle lançait, il le savait. Quelque part, ses paroles l’avaient atteinte. Mais il ne pouvait se résoudre à la tuer. C’était impossible, il en était incapable. Alors, il ne restait qu’une solution...
- D’accord... lança t’il simplement d’un ton détaché.
Son regard azuré croisa celui de celle qu’il aimait, et il disparut en un instant pour réapparaitre dans son dos. Il frappa au niveau de sa nuque, et elle s’effondra dans ses bras. Il la prit délicatement dans ses bras, et en quelques minutes, s’éloigna suffisamment du village pour que leurs cosmos ne soient pas perceptibles. Il chercha un vaste lieu capable d’accueillir leurs pouvoirs, et trouva une grande clairière entourée de bois, pleine de neige. Il s’arrêta au milieu de la clairière, et déposa Ahina, sans ménagement cette fois.

Il fit quelques pas jusqu’à ce que quelques mètres les séparent, et fit demi tour pour lui faire face. Une lueur hostile flottait dans le regard du Verseau, et déjà son cosmos se déployait autour de lui.
- Très bien, Ahina. Tu veux te battre contre moi ?! Tu veux exprimer ta haine contre ton ami d’enfance ? Contre moi ?! Le responsable de tous tes malheurs ?!
L’intensité de son cosmos s’intensifia violemment et son aura azurée irradia Kappa, bien qu’il soit dépourvu de son armur d’Or. Les bras écartés, la garde ouverte, comme pour accueillir ses coups, il poursuivit d’une voix puissante et déterminée :
- Allez, du cran Ahina, DEBOUT ! Je te donne une occasion unique de te venger de celui qui pour toi est le seul responsable de tout ce qui t’est arrivé de mal dans ta vie ! APPROCHES !! BATS TOI CONTRE MOI !

Sa voix tremblait de colère, et son cosmos transformait rapidement autour d’eux la poudreuse en glace. Jamais la jeune femme n’avait vu Kappa ainsi ! Elle découvrait le véritable Verseau, le chevalier des Glaces ! Un des combattants les plus redoutés du Sanctuaire...
- Tu dis me haïr du plus profond de ton âme ! Très bien, je veux le voir de mes propres yeux ! FRAPPES ! Je t’offre une opportunité que tu n’auras peut être plus jamais !
Sa voix se tut durant un instant, et son regard se fit encore plus dangereux qu’il ne l’était jusqu’alors, puis il ajouta sur un ton toujours aussi agressif :
- Mais ne t’y trompes pas : JE NE ME LAISSERAI PAS ABATTRE SANS REAGIR !!!

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MessageSujet: Re: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Mar 16 Juin - 0:23


Quand ça veut pas...



Bouche bée.
Bien qu'elle ne soit plus d'or et que sa couleur originelle se soit désormais muée en un bleu aussi profond que la nuit, le Scorpion reste et restera à jamais le Scorpion. Ce n'est donc pas parce qu'elle n'a plus rien à dire ou qu'aucune répartie acerbe ne lui vient qu'elle reste bouche bée. Non...
En fait c'est surtout que...

"Je lâche l'affaire, tu pipes vraiment quedal mon pauvre Kappa. Alors si ça te détend les chakras ou te déculpabilises de penser que j'y peux quelque chose et que si je ne lutte pas c'est parce que je ne veux pas, grand bien te fasse. J'en ai rien à foutre ! Si tu me connaissais aussi bien que tu le dis, tu devrais plutôt te dire que la putain de force qui a envahi mon cerveau est d'un niveau tel que je ne peux surtout RIEN Y FAIRE MERDE !"

Puis vint le noir.

Qu'il aurait été doux que cette obscurité soit paisible, totalement hermétique. Qu'elle aurait aimé sombrer dans l'inconscience pour toujours, sans porte de sortie possible. Mais elle ne le connait que trop bien. Et quant, aux portes de la conscience, quelques brèves poignées de secondes avant que ses paupières ne se ferment, elle sait déjà que ça ne sera que provisoire.
Il n'a pas confiance, il veut l'éloigner de sa mère. Il la prive de son dernier adieux... et ça...

"...tu vas me le payer très cher..." Murmure-t-elle alors que ses paupières se ferment.

Lorsque elle rouvre les yeux, ils sont bien loin de Jamir, comme elle s'y attendait. C'est à peine si elle entrevoit encore les pâles lumières de la cité dans laquelle les grecs se sont réfugiés.
Son regard de jais se pose sur Kappa qui beugle comme un putois à qui on aurait piqué ses petits. Ses prunelles le dévisagent alors qu'un mépris palpable s'affiche sur ses traits. Disparue celle dont la faiblesse arrivait encore à se manifester quelques minutes auparavant. Il a raté le coche, dommage.

"Tu veux pas arrêter de piailler, tu me casses les oreilles avec des beuglements de veau"

Elle se relève lentement, semblant se ficher complètement du dégagement impressionnant de cosmos qui déferle autour du Verseau.
D'un geste distrait elle détache le noeud de sa cape. Cape qui n'avait de toutes façons de raison d'être que pour être plus discrète à l'orée du village. Maintenant elle devenait plus encombrante qu'autre chose.

Un sourire narquois étire la commissure de ses lèvres alors que ses bras se croisent sur sa poitrine. Visiblement elle n'a aucune intention de se battre.

"u veux jouer à qui à la plus grosse c'est ça ? Oh mais tu peux flatter ton égo Kappa, c'est toi t'inquiètes." Lance-t-elle d'une voix cynique avant de poursuivre. "Comme d'hab, tu as compris ce qui t'arrangeait. Je n'ai pas dit que je voulais me battre. Je t'ai demandé de me tuer. Tu saisis pas la nuance ? Bien sûr que non que tu ne saisis pas, suis-je conne..."

Sa main s'élève doucement vers le ciel alors que ses paupières se ferment. C'est la première fois qu'elle l'appelle depuis que Psema la lui a fabriquée. Elle pourrait craindre qu'elle ne réponde à son appel, et pourtant ce n'est pas le sentiment qui s'insinue dans sa poitrine à cet instant. Car elle sait... oui, elle sait qu'elle viendra.

"Tu ne veux pas comprendre. Bien alors peut être que ceci sera plus parlant que mes mots, vu qu'a priori ils ne parviennent pas jusqu'à ton cerveau"

A peine a-t-elle achevé sa phrase qu'un trait de lumière s'extirpe des ombres pour frapper la paume de sa main ouverte. En général, le cosmos du chevalier s'échappe de sa paume pour filer vers le ciel, ou un filet de cosmos s'échappe des étoiles, ou de la terre, pour envelopper le chevalier. Là est-ce un tout autre phénomène qui survient. Car la lumière nimbée de bleu semble naître des ombres qui les entourent. En une fraction de secondes, une armure en tout point identique à celle du Scorpion pare le corps d'Ahina. Identique... si ce n'est cette couleur de jais aux dominantes d'un bleu de voile actée sans étoiles.

"Chouette non ? T'enflammes pas la torche, je t'ai dit que je ne me battrais pas contre toi. T'as encore raté le seul moment où la malédiction aurait peut être pu flancher. Dommage. Maintenant tu vois, tu ne peux pas invoquer 78 raisons pour justifier ce qu'il nous arrive aujourd'hui. Car aujourd'hui est un adieu définitif Kappa. Je vais continuer de me faire bouffer par cette saloperie, je vais oublier, qui tu es, qui vous êtes tous, ceux que j'ai eus pour amis, sans doute mes parents aussi. Bravo, tes relations m'ont été bien profitable, je te remercie. Maintenant dégages de ma vue, toi et ton cosmos puant de mâle qui se la joue gros bras. Je ne veux plus jamais te voir, ni te parler. Tu n'existes plus."


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MessageSujet: Re: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Mar 16 Juin - 0:57



Ses mots étaient durs, tellement durs, qu’il avait du mal à encaisser sans broncher. Depuis des semaines, il travaillait sans relâche pour tenter de la retrouver, et pour la sécurité des Rodoriens. Son visage était cerné, mal rasé, et ses traits tirés par la fatigue. Pourtant, en cet instant, l’épuisement se lisait plus que jamais sur son visage blâfard, et il avait du mal à trouver ses mots. Depuis la disparition d’Ahina, il ne portait plus que des vêtements noirs. Son sommeil était extrêmement perturbé, alors il passait ses nuits penché à son bureau, à lire des rapports d'espions recherchant activement Ahina, et il n’était pas rare qu’il s’endorme là dessus, épuisé. Son comportement étrange commençait à attirer l’attention de certains, à commencer par Kyros qui avait déjà tenté de lui tirer les vers du nez. Il ne lachait cependant rien dès qu’il s’agissait d’elle.

Depuis qu’il était en poste en tant que général, il donnait un coup de main à Shion pour tout ce qui concernait la logistique et le ravitaillement du village. La surpopulation causée par l’arrivée des réfugiés de Rodorio donnait lieu à beaucoup de problèmes. Les personnes avaient été réparties dans les logements qui étaient un peu surchargés, mais au moins personne ne dormait dehors. Kappa vivait avec son père, Enya et Aaron. Ils auraient pu le mettre au supplice à longueur de journées, et lui reprocher ce qui arrivait à leur fille. Mais ce n’était pas le cas. Au contraire, Enya surveillait le Verseau, et prenait soin de lui comme une mère avec son fils. Elle le voyait petit à petit dépérir avec une lueur inquiète dans le regard, ce qui faisait d’autant plus mal à Kappa, dont la culpabilité le rongeait au plus haut point. Il avait passé des semaines entières à redéployer les espions du Sanctuaire pour tenter de retrouver son amour, et maintenant qu’elle était en face de lui, il était en train de foirer, il était en train de la perdre totalement. Peut être la fatigue accumulée et les émotions qui le débordaient jouaient beaucoup trop dans la balance pour lui. Ou peut être que sa peur de la perdre lui faisait commettre des erreurs. Il ne savait pas. Il ne savait plus.

Il était persuadé que la pousser à l’attaquer et encaisser ses attaques sans se défendre la ferait réagir. Mais il n’avait pas envisagé la possibilité qu’elle refuse le combat. Il était désormais pris au dépourvu et ne savait plus quoi faire pour la forcer à rester face à lui, et à l’écouter. Son cosmos se volatilisa dans la nuit aussi vite qu’il était venu tandis que ses bras retombaient mollement le long de son corps, et que son visage se tournait vers le sol, caché sous une cascade de cheveux. Le piège avait échoué, il fallait changer de tactique, ou bien elle disparaitrait comme elle était venue...
- Je n’ai jamais eu l’intention de me battre contre toi... murmura t’il d’une voix aussi fatiguée que son visage.
Il soupira profondément avant de rassembler ses idées :
- D'accord... d'accord... Restons calmes. Je me suis emporté, je suis désolé.
Il redressa soudain les yeux, et reprit d’un ton plus ferme :
- Mais si tu dis la vérité, dis moi comment t’aider à éradiquer ce mal que tu dis combattre ! Comment pourrais-je t’aider si je ne sais même pas ce que nous affrontons ?!

Il fit quelques pas vers la jolie brune, mais s'immobilisa dès qu'il sentit qu'elle ne voulait pas qu'il approche davantage :
- S’il y a bien une chose que je refuserai toujours, c’est un adieu définitif entre nous ! Ca n’arrivera pas, ça n’arrivera plus ! Je ferai tout pour te guérir de ce mal, même si je dois tout donner pour y arriver ! Je te le jure sur ma vie ! Peu importe que la véritable Ahina me réponde ou non en ce moment, je sais que tu es quelque part, et que tu m’entends... Même si tu ne veux plus me voir ou me parler, je trouverai un moyen...

Il avala sa salive avec difficulté, et observa l'armure noire dont elle était parée. Nul doute que c'était un présent de Pséma. Ce salopard avait entrevu là une opportunité unique de se faire une nouvelle alliée. Le chevalier des Glaces avait mal rien que de voir Ahina porter une telle armure, mais il ne commenta pas. Il se contenta d’ajouter :
- Ecoutes, je... Je sais que j'ai commis certaines erreurs, et je comprends que tu puisses m'en vouloir. J'écouterai volontiers la vraie Ahina m'engueuler et me gifler si tu en ressens le besoin, seulement pour cela tu dois guérir de ce mal. Tout ce que je demande, c'est de pouvoir aider la femme que j'aime. Je me moque de ce qui a pu se passer entre toi et Pséma, et je ne veux pas savoir pourquoi tu portes une armure noire pour l'instant. Tout ce qui m'intéresse, c'est toi ! Toi et rien d'autre !
Une lueur triste flotta dans ses yeux azurs, et il ajouta d'une voix faible :
- Mais tu as raison, j'ai eu tort... Je n'aurais pas dû tenter de te pousser à m'attaquer pour te faire réagir, je l'admets... Laisses moi te prouver ce que je dis, laisses moi t'aider ! Je peux te mener jusqu'à tes parents, toute suite, en signe de bonne foi ! Je suis sûr qu'ils seront ravis de te voir, même si ce n'est que pendant peu de temps...

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MessageSujet: Re: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Dim 21 Juin - 23:52


Le temps des adieux



Ses paupières se froissent alors qu'elle dévisage Kappa qui se tient à quelques mètres d'elle. Il baisse les bras. Est-ce uniquement physique ? Ou bien va-t-il enfin comprendre que tous ses espoirs sont vains, qu'aucune tentative ne changera plus rien maintenant ? Si elle se fie à ce qu'elle connait de lui, il est peu probable qu'il lâche quoi que ce soit et même si à cet instant il parait plus abattu qu'il ne l'a jamais été.
Dès qu'il reprend la parole, elle comprend que c'est bien cette dernière alternative qui restera ancrée dans le coeur du Verseau. Quels que soient ses moments de relâche, ses états d'amertume ou de tristesse, Kappa restera toujours Kappa.

Étonnamment, elle l'écoute sans formuler la moindre objection, sans y opposer le plus petit argument. Aucune verve, grossièreté ou malveillance ne passe la barrière de ses lèvres. Et à bien y regarder... on la dirait presque éteinte. Comme si quelqu'un, ou quelque chose, venait de presser sur le petit bouton faisant d'elle un être vivant, pour la désactiver telle une marionnette au repos.
Pourtant est-ce bien lui qu'elle fixe de ses prunelles sombres alors qu'il parle.

Je sais que tu es quelque part, et que tu m’entends...

A ces mots une petite lueur se dessine sur le front de la grecque. Sous la forme d'une bille de cosmos, la perle semble s'extraire de l'esprit d'Ahina qui fixe le Verseau d'un air absent. Elle est si petite, sa lumière est si pâle. Pourtant il n'y aura pas à s'y tromper. Car est-ce bien là le cosmos d'or qu'il connait depuis si longtemps.

"Je n'y arrive plus Kappa"

La petite perle d'or flotte dans les airs, se détachant du corps silencieux en voguant vers le Verseau. Elle se maintient quelques brèves secondes à hauteur de regard, puis la Ahina qu'il connait apparait. Son image est translucide, presque floue. Comme si... comme si elle était en train de disparaitre de ce monde.

Délicatement elle lève sa paume vers le ciel, accueillant le petit flocon d'or qui repose au creux de sa main. Sa lumière vacille de plus en plus, comme si, lui aussi, était prêt à s'éteindre d'une seconde à l'autre.
Un pâle sourire se dessine sur ses lèvres, sa main libre s'élevant vers le visage de Kappa pour se poser sur sa joue. Sans doute ne ressentira-t-il rien...

"Tu ne peux pas me sauver Kappa. Il faut que tu arrêtes maintenant." Murmure-t-elle.

Difficile de comprendre, de savoir comment ce qui arrive à cette minute est possible. Sans doute reste-t-il encore un tout petit peu de cette Ahina qu'il connait, cachée quelque part dans cet océan de noirceur.
Mais aucun des deux ne pourra le réfuter. Cette apparition, sera sans doute la dernière et la seule.

D'un geste distrait, comme elle l'eut tant fait par le passé, elle tente de remettre en place l'une des longues mèches qui tombent sur ses yeux. Sans succès, son index ne faisant que la traverser sans parvenir à la saisir.

"Tu ne dois pas culpabiliser. Ce n'est pas de ta faute si la terre est peuplée de connards mauvais et malveillants. Prends soin de mes parents et des nôtres. Fais ce que tu dois faire pour que ma disparition ne te retombe pas dessus. Je sais que cela va être déjà assez dur pour toi... c'est pas la peine de t'en coller une couche supplémentaire comme tu sais si bien le faire hein... ça te va pas le rôle de martyre. Alors pour une fois écoutes moi tu veux bien..."

Son regard opalescent dérive lentement vers son corps éteint au regard aussi sombre que la nuit qui les recouvre. Un voile de colère pare son visage alors qu'elle fixe brièvement l'armure de nuit qui orne son propre corps.
Lorsque ses prunelles reviennent sur le Verseau, une peine immense se dessine sur ses traits.

"Elle va reprendre le contrôle... et je ne pourrai rien faire contre ça. Je vais disparaitre très bientôt Kappa, je ne tiens plus, c'est trop dur, mon âme souffre en permanence et bientôt il n'en restera rien. Je deviendrai ce que j'ai le plus haï dans toute mon existence."

C'est le seul moment où sa lucidité lui permet de réaliser toute l'ampleur de ce qui l'attend. Elle va devenir le pion de ce connard de Pséma qu'elle a passé les dernières années à traquer pour lui faire sa fête. Quelle ironie... quelle déchéance.

"Je t'ai toujours aimé, tu le sais, enfin tu dois le savoir... je te le dis quoi... Mais cette fois promets le moi Kappa... promets de me tuer si tu me recroises un jour... Promets le je t'en prie... tu ne peux pas me laisser sous l'égide de ce barge de Pséma. Imagines les dégâts que je pourrais faire... j'ai pas ta force ni ton expérience, mais j'en ai assez pour foutre la merde là où je passe, tu le sais aussi bien que moi... tu ne peux pas me laisser faire ça... tu dois..."

L'image d'Ahina vibre doucement alors que le petit flocon de cosmos semble s'amoindrir encore. Un dernier regard, une ébauche de sourire et l'apparition d'Ahina s'efface. La seule chose qu'il pourra peut être déceler, c'est la petite bulle de cosmos réintégrant le front de sa légitime propriétaire.
Propriétaire qui papillonne des cils quelques secondes comme si on venait de la réveiller en sursaut. D'un mouvement sec elle plaque sa main sur son front, frottant ses temps d'un ample geste du doigt en esquissant une grimace.

"Tu disais ? Euh... en fait je m'en fous. Bon bah c'est pas tout ça mais j'ai autre chose à foutre que d'écouter tes jérémiades, donc sur ce salut Kappa !"

Ahina tourne les talons en agitant la main dans un acte qui est plus de provocation qu'autre chose, et disparait dans la forêt.


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Dieu Protecteur: Athéna Athéna

MessageSujet: Re: Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]   Lun 22 Juin - 0:21



Cette fois, il crut vraiment qu’il était parvenu à conjurer cette... chose qui emprisonnait l’âme de sa bien aimée dans son propre corps. Il vit son regard s’éteindre sous ses yeux, et ses mâchoires se serrèrent sous l’effet de l’adrénaline : il voulut se précipiter vers elle pour la prendre dans ses bras mais se retint, n’ayant aucune idée de son état d’esprit à cet instant précis. Il ne voulait plus prendre de risques, il avait commis assez d’erreurs comme ça. C’est alors qu’il la vit : une petite sphère lumineuse, emplie du cosmos d’Ahina, son vrai cosmos, celui qu’il affectionnait tant et recherchait avec tant de passion. Timidement, avec une infinie délicatesse, il tendit la main devant lui et la sphère vint se poser au creux de sa paume. Il entendit alors la voix du Scorpion d’Or. La voix qu’elle lui réservait à lui seul, dans l’intimité. Les battements de son coeur se firent plus lourds. Son objectif était là, au creux de sa main, et pourtant, elle semblait si loin. Trop loin, beaucoup trop loin.

Il l’écouta sans mot dire, il l’écouta parler et la regarda apparaître devant lui, tandis que des larmes se mettaient à couler le long de ses joues. Il ne pouvait pas l’empêcher, ses émotions le débordaient, sa fatigue accumulée l’avait fragilisé.
- Si je le peux ! Et je le ferai ! Répliqua t’il avec force. Je suis désolé, Ahina, mais si tu attends de moi que je renonce à toi... C’est hors de question... Ca n’arrivera pas... Je te l’ai déjà dit ! Je te retrouverai au fin fond de l’Enfer si je le dois !
Il vit sa main fantomatique s’approcher mais ne ressentit rien. Elle était proche, toute proche, et pourtant tellement inaccessible...

Elle souffrait terriblement, sous la coupe de Pséma. Elle le lui répéta plusieurs fois, et il sut aussitôt ce qu’il devait faire. Il lui murmura à son tour :
- Tu dois tenir encore un peu, je t’en supplie... Pour moi ! Je vais trouver Pséma, et l’abattre ! Lorsqu’il sera mort, tu seras délivrée de son joug. Sois forte, Ahina, je t’en prie ! Je ne... Je n’aurai pas la force ni l’envie de continuer sans toi. J’ai besoin de toi !
Il l’écouta parler à nouveau, et une lueur triste envahit son regard azuré. Il comprenait sa position, et il savait que c’était dur. Mais il ne pouvait se résoudre à la perdre.
- Laisses la reprendre le contrôle ! Ne luttes pas ! Je te délivrerai ! Aies foi en moi ! Sommeilles en elle et fais toi oublier. Survis, le temps que je trouve Pséma ! Tu sais que je t’aime, et que je t’aimerai toujours ! Je te sauverai, quel qu’en soit le prix !

Elle répondit à sa déclaration d’amour en poursuivant sa demande. Mais le Verseau ne voulut pas écouter ce qu’elle avait à dire. Ce qu’elle attendait de lui était impossible, ce n’était pas une option pour lui ! Pas après tout ce qu’ils avaient vécu !
- Non... non, c’est hors de question, je refuse de te tuer ! Ca n’arrivera pas ! Je te sauverai, Ahina ! Mais jamais je ne renoncerai à toi !
Sa voix tremblait, à présent, et de grosses larmes continuaient à couler le long de ses joues. Il vit aussitôt la sphère lumineuse vaciller, et il sut que c’était les derniers mots qu’il échangeait avec elle. Ave celle qu’il aimait. Pour l’instant, du moins. Mais ces quelques instants avaient fourni à Kappa bien plus qu’une simple lueur d’espoir ! Il savait désormais qu’elle était encore en vie, quelque part, et que Pséma était la clé du problème. Kyro n’avait été qu’un élément externe qui avait incité le Bélier Noir à s’emparer d’elle. Ce dernier était donc à présent la cible prioritaire de Kappa. Il allait le traquer, jour et nuit, le trouver, et le tuer. Parce que c’était la seule solution pour sauver Ahina, et qu’il ne la laisserait pas souffrir un instant de plus qu’il n’était nécessaire !

Le corps jusque là inanimé d’Ahina reprit vie, et la jeune femme le tacla violemment, avant de faire volte face. Mais cette fois ci, Kappa n’en fut pas peiné. Il sourit légèrement, soulagé. Il savait qu’elle vivait encore, quelque part. Et que celle qu’il voyait et entendait n’était qu’une Ahina de substitution, une copie. Elle n’aurait plus aucune prise sur lui, parce qu’elle n’était rien pour lui. Rien de plus qu’un obstacle entre lui et celle qu’il aimait.
- A bientôt, Ahina ! On se reverra... Je te le garantis... lui rétorqua t’il simplement en plissant les yeux, tout en l’observant disparaître dans la nuit.
Une dernière larme coula sur ses joues humides, et quand elle eut totalement disparu de son champ de vision, il se tourna vers Jamir. Il devait poursuivre sa quête, jusqu'à leur prochaine rencontre...
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Août 1755 Jamir ~ Incognito [PV Kappa]

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