RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Juin 1755] Là où je t'amènerais...

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Arbhaal


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MessageSujet: [Juin 1755] Là où je t'amènerais...    Mer 25 Mar - 17:56

Arrow Cathédrale des enfers

Les enfers n’étaient pas véritablement le lieu le plus adéquat pour une ballade romantique. Toutefois, le privilège que j’offrais à Satine en la guidant à travers chaque prison demeurait une expérience unique pour un mortel. Quelques spectres firent mine de s’interposer sur notre passage, mais un seul regard de ma part suffit à les faire reculer. Je n’évitais aucune zone, aucune prison pour que la prêtresse puisse être amené à réfléchir plus avant sur sa folle envie de sacrifier sa vie pour ce maudit Celsius. Etait-elle donc si pressée de finir congelé dans le Cocyte, ou prisonnière des tourments d’une prison choisie selon ses crimes ? Ce n’est qu’une fois parvenu en vue de mon somptueux palais que je me tournais vers elle pour lui adresser un sourire complice. Ma poigne se fit plus forte sur sa main, comme pour la rassurer. Pour la guider vers cette ultime destination, bien plus encourageante que les précédentes. Ce n’est qu’à quelques pas de la première marche qui menait à ma demeure que je saisis ma pirate avec douceur pour la soulevait au-dessus du sol. Le geste était symbolique et spontané, mais j’avais besoin de cet élan d’affection après tant d’horreurs et de mésententes. Un grand sourire sur les lèvres, j’avançais par grandes enjambées jusqu’à pouvoir déposer mon fardeau volontaire dans la salle d’audience où nous attendait une large table garnie de mets raffinés et de liqueurs.

Si tu veux bien te donner la peine…

Dans un élan de galanterie, digne de l’époque où Mary m’avait hébergé sur son bateau pirate, je reculais sa chaise pour l’inviter à s’y assoir. Je pris alors place face à elle avant de nous remplir deux coupes d’un vin capiteux.

Nous avons bien des choses à nous dire. Je n’aurais jamais cru te voir débarquer dans la cathédrale des enfers aussi vite, et surtout pour un tel motif. L’espace d’un instant, j’aurais pu penser que tu me chercher… Mais qu’importe. Je ne doute pas que cette visite des Enfers t’a fait réfléchir à ton envie de te sacrifier. Surtout pour redonner la vie à un homme qui t’a abandonné, et qui a eu l’audace de souiller ton sang. Que s’est-il passé entre vous ? Durant mon bref combat contre Eren, j’ai senti ton cosmos s’opposer à celui de Celsius.

Mon ton ne reflétait ni animosité, ni ironie. Juste une sincère curiosité pour mieux appréhender une situation dont je ne comprenais ni les causes, ni les conséquences. Certes, je devais bien admettre la naissance d’une pointe de jalousie, mais je tachais de l’écarter au mieux, pour laisser à Satine le bénéfice du doute. Pour l’instant…
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Satine


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Là où je t'amènerais...    Mer 25 Mar - 19:44

Je veux des réponses








=> Cathédrale d'Hadès

Mon regard errait sans but précis, passant d'un domaine à un autre, d'une prison à une autre sans que je fasse le moindre commentaire. Clairement, je ne viendrais pas y passer mes vacances, c'était triste à en pleurer. Les geôles n'étaient pas un lieu des plus reluisant de base, mais là, je devais bien avouer que ça dépassait l'entendement. Je pensais qu'il y régnait une sorte de silence pesant, mortuaire, au lieu de ça, mes pas qui claquaient étaient couverts par les hurlements ininterrompus des prisonniers, ces pauvres captifs damnés à une punition perpétuelle. J'en avais des frissons. Clairement, si le but d'Arbhaal était de me faire peur, il n'aurait pas pu mieux s'y prendre. Ma détermination vacillait : quelle prison m'était destinée ? J'étais curieuse de savoir où devait reposer l'âme des Poissons. Mais tremblais à l'idée de connaître son châtiment, les tourments qu'il devrait à jamais subir.

Ce ne fut que lorsque qu'Arbhaal se permit un sourire pour moi, uniquement moi, que je me détendis. Ce voyage avait mit mes nerfs à vifs, et, déjà éreintée, il ne me faudrait pas grand chose pour m'endormir. Seule mes convictions me maintenaient éveillées, comme la perspective de m'expliquer avec la Wyvern. Il agissait d'ailleurs le plus naturellement du monde, comme si la guerre n'avait jamais eu lieu. Comme si … il balayait négligemment ce qu'il avait fait. J'allais commencer à parler, sortie tout à fait de mon mutisme, mais, me devançant, Arbhaal se retourna pour me porter entre ses bras. Nous étions sur le point de franchir les portes du palais que je lui glissais, m'animant au creux de son étreinte douce et rassurante.

« Vive les mariés ? »

Le sourire qui se dessinait sur mes lippes s'envola très vite, laissant place à une expression bien plus grave. Mes propres paroles m'avaient donné l'impression d'une grande claque. Ô la réalité était bien cruelle. Aussi je me pliais à construire notre propre silence. Cependant ce sourire qui ne le quittait plus était une preuve indéniable. Il n'avait rien oublié, lui aussi désirait juste se fabriquer un cocon rien que pour nous. Je fus surprise de voir qu'un banquet nous attendait.

« Si j'aurais su, je serais venue plus habillée. » Je lui glissais un regard narquois. « Ou moins. Oh ça va ! »

Je pris place, faisant mine de bien me comporter telle une petite lady anglaise. Éducation que j'avais reçue dans mon bordel à Londres, mais dont je ne me souvenais que mal. Remerciant mon hôte d'un signe de tête courtois, je glissais mes doigts autour du verre dont j'humais le contenu non sans une moue amusée. Cette couleur et cette fragrance promettaient un nectar digne des dieux.

Sans jamais quitté le Juge du regard.

Oui j'appréhendais ses prochaines paroles, oui il me faudrait lui fournir des explications. Mais, je ne savais pas par où commencer.

« Détrompes-toi, je suis bien heureuse de te trouver sur mon chemin. Voilà une autre preuve que le Destin essaye de nous voir réunit. Je pense comprendre son message. Tu devrais le comprendre aussi. »

Soudain je me sentis prise d'un léger vertige que je tentais tant bien que mal de dissimuler aux yeux de mon aimé. Une gorgée de vin plus tard et me revoici d'aplomb, ou presque.

« J'ai tué Celsius. »

Je lui lançais un regard à la dérobée, histoire de voir un peu sa réaction. Quelque part, je ne doutais pas que cette information allait le réjouir. Mais d'un autre côté, j'étais curieuse de voir à quel point il pouvait le détester. À travers ce prisme du mépris, il me serait si difficile de lui faire comprendre à quel point j'avais été loin du compte.

« Il reste le père de mes enfants Arbhaal, et j'ai besoin de lui, rien que pour comprendre le mystère de son sang empoisonné qui coule en moi comme dans celui de nos deux filles. Ce combat … c'était … horrible. Mais il m'a aussi démontré à quel point j'ai été trompé. Par lui, par toi, par le Griffon ... » Je délaissais mon vin dans un geste brutal, me levant à demi pour me pencher vers lui, le regard plein de colère. « Tu savais que je n'étais pas vraiment morte ?! Qu'on m'a fait croire le contraire ? As-tu participé à cette mascarade, comme tu as su habilement m'utiliser pour arriver à tes fins ? Dis moi que c'est faux ! »




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Arbhaal


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Là où je t'amènerais...    Jeu 26 Mar - 17:52

Je laissais planer un long silence entre nous. Volontairement. Pas une seule seconde, mon regard d’acier ne dévia de ses yeux magnifiques. De ses prunelles où j’aurais pu sombrer avec délice. Trois fois, je portais la coupe en cristal à mes lèvres pour en déguster le contenu. Ce qui me laissa le temps de digérer les paroles de Satine et ses accusations. Avant de périr de la plus ironique des façons, Celsius avait déployé son venin le plus terrible : le doute. L’annonce de sa mort m’avait laissé pour le moins indifférent. Certes, j’en étais heureux au final et j’espérais de tout mon cœur qu’il était mort dans l’humiliation la plus totale. Mais le fait de savoir que ma douce Satine avait dû se salir les mains pour mener à bien une telle tâche… Cela suffisait à ternir ma joie initiale. Mon premier réflexe fut de chercher à rassembler les morceaux de ce puzzle. Qu’avait donc manigancé Minos ?! Au final, ce n’était pas important. Tout ce qui comptait désormais se trouvait devant moi. Elle doutait de moi ? C’était devenu une habitude… Mais je ne comptais pas me perdre en justifications biaisés. Après ce laps de temps qui devait s’apparenter à une torture pour mon aimée, je finis par reposer délicatement mon verre avant de relâcher un soupir de dépit.

Le père de tes enfants… Alors qu’il t’a abandonné sans remords à une mort certaine. Pardonne-moi d’être aussi abrupt mais ferais-tu de même pour un violeur ? Ne serait-il pas au sens biologique également le géniteur de tes nourrissons ? Pour moi, c’est du pareil au même.

Le problème était ailleurs, je le savais. Elle voulait la vérité ? Bien. Mais cela devait aller dans les deux sens.

Tu as aimé cet homme. Et tu l’aimes encore. Voilà ce que tu refuses d’admettre. Cela n’a rien à voir avec tes enfants, Satine. Mais uniquement avec toi et tes sentiments.

Le constat était abrupt mais je le jugeais sincère. Aurait-elle fait pour moi ce qu’elle avait proposé pour faire renaitre le poisson ? J’étais prêt à jurer que non. Ses paroles et ses actes venaient de me révéler que je ne resterais dans son cœur que le second. Peut-être à jamais.

Je ne vais pas chercher à te perdre en paroles creuses et en langue de bois. Parlons des faits et de rien de plus. Lorsque Celsius m’a vaincu, en te laissant lentement te vider de ton sang pour mettre vos enfants au monde, ton âme s’est détachée de ton corps. C’est un fait. Tu t’es alors retrouvée dans la dimension qui sert de passage entre le monde des vivants et celui des morts : la colline du Yomotsu hirasaka. Si tu ne me crois pas, demande plus de détails au chevalier d’or du Cancer, qui demeure le seul mortel à être familier avec ce lieu. Une âme qui chute dans le précipice situé au centre de la colline ne peut renaitre, hormis si le seigneur Hadès en personne l’y autorise. Voilà pourquoi, avant de me rendre vers ma nouvelle réincarnation, j’ai intercepté ton âme avant qu’il ne soit trop tard pour la renvoyer vers ton corps de chair.

Les mots étaient clairs, limpides. Impossible de chercher une interprétation ou un sens caché. Au final, cela restait le meilleur moyen de convaincre Satine de ma bonne foi. User de la corde sentimentale ou jouer la colère ne servirait à rien dans cette situation.

Donc techniquement, tu n’étais effectivement pas morte. Mais en chemin pour l’être. Toutefois, une fois ma tâche accomplie, je ne sais pas ce qu’il s’est produit entre le juge du Griffon et toi. Mon nouveau corps m’attendait ici même.

La vérité, uniquement la vérité nue. La balle était désormais dans son camp. Je ne pouvais faire mieux. Toutes ces épreuves récentes avaient creusées un profond fossé entre nous. Peut-être Satine se souviendrait-elle de qui nous étions l’un pour l’autre, et de la confiance qui régnait entre nous. Mais je craignais que son passé ne finisse toujours par la rattraper. La malheureuse avait vécue tant de déceptions et de trahisons, dont celle de son cher Celsius, que son premier réflexe était de croire que je finirais à mon tour par abuser d’elle. Tant qu’elle garderait cette conviction, consciente ou non, dans son cœur, l’espoir ne me serait pas rendu.
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Satine


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Là où je t'amènerais...    Jeu 26 Mar - 18:54

Tu ne comprends pas







Je repris place avec une lenteur calculée, ne le quittant pas des yeux. Mais je ne captais rien de ses pensées en contemplant ce que beaucoup comparaient « aux fenêtres de l'âme ». Rien, pas même la plus petite des étincelles. Son calme et son silence étaient étranges pour moi, prélude à la tempête ? Je le savais semblable à moi et cela n'augurait rien de bon. Mais les secondes enflaient sans que sa voix ne brise le silence. Ce malaise ressenti tantôt commençait à revenir peu à peu, mais, le balayant, je le mis sur le compte de l'appréhension. Car je savais qu'une nouvelle page de ma vie allait se tourner. Son soupir me fit relever vivement la tête, telle un animal aux abois.

J'accusais le coup comme je le pus, ma main se crispant pourtant légèrement sur le pied de mon verre. Comment osait-il ? Le comparer à un … Mon visage s'assombrit, le tournant vers le sol afin de tenter, peut-être, d'échapper à ses prochaines paroles. Sans le vouloir, Arbhaal m'avait replongé des années en arrière, le jour où ma sœur avait bien faillit être la victime d'une telle agression. J'avais envie de vomir.

Seulement il continua de me parler d'une manière pondérée, parfaitement maîtrisée : c'était cela dont été capable un Juge ? Démontrer avec froideur, à quel point les mortels pouvaient se tromper ? Moi je n'étais pas capable d'un tel prodige. Par intermittence mes épaules se prirent à se soulever et s'affaisser. D'un coup, comme lui l'avait fait à la Cathédrale, je laissais mon rire résonner dans le Palais. Un rire creux et désabusé, frisant la folie. Ô je la côtoyais souvent, cette mégère aussi. Quand ma brutale hilarité cessa enfin et que je redevenais maîtresse de moi-même, ce fut pour poser sur lui un regard plein de mépris. Assassin.

« Un violeur hein ? »

Dans un geste vif, je m'emparais de mon verre pour lui jeter son contenu au visage. Mais je ne m'arrêtais pas là, oh non, j'étais loin d'en avoir fini avec lui. Je criais ma rage avant de déployer mon cosmos, agripper la table de toutes mes forces et la renverser aussi. Je détestais le silence, et je n'aimais pas non plus que l'on me balance ce genre de pseudo vérité. Face à l'incrédulité du Juge – à moins que celui-ci ne s'attende à ce genre de réaction de ma part – je ne lui laissais pas le temps de réagir que je me jetais sur lui, toutes griffes dehors. Bien déterminée à lui refaire le portrait. Seulement, sur le point de le heurter et de l'emporter avec moi dans une nouvelle danse dont j'avais le secret, mon énergie m'abandonna presque instantanément, me faisant m'écrouler sur le marbre blanc.

Je l'arrêtais d'un geste.

« Comment peux-tu dire des choses pareilles Arbhaal … » je tentais de reprendre mon souffle. « Alors que tu ignores tout de mes pensées, tu te permets des conclusions hâtives. Les faits, putain, et bien parlons-en. »

Vacillante, je me remettais sur mes pieds, constatant dans ce mouvement que mes cheveux reprenaient une étrange teinte blanche. Je sentais que la Stella Rubius me donnait un peu de sa puissance. Je n'avais pas conscience qu'elle m'aidait à lutter contre un fait qui régissait les Enfers : les vivants n'avaient pas le droit de se trouver ici.

« Figures-toi qu'il a sauvé mon corps en me faisant boire l'ichor d'Athéna, comme toi tu t'es sacrifié en me sauvant du mont ché-pu-quoi. Alors le comparer à un ... » Mes poings se serrèrent. « … non, je ne peux pas te laisser dire une chose pareille ! » Il y eut une pause plus longue que les autres. « Vous avez tout les deux décidés pour moi, alors que je suis résolue à rejoindre la Mort. Pourquoi à ton avis ? Réfléchis juste deux petites secondes ... »

J'avais si froid … Je me sentais si démunie ici. Et seule, incroyablement seule. Je serrais mes bras autour de moi comme pour tenter de me protéger d'un mal invisible.

« C'est si simple pour toi, tu peux renaître et recommencer comme tu l'entends. Toi tu n'as pas peur de la Mort, mais moi … je suis terrifiée. Terrifiée de tout perdre. Mais je me rends compte que c'est déjà le cas. Je suis perdue Arbhaal … je veux simplement être libre. Libre de pouvoir aimer sans retenue, sans crainte de voir son Ombre me voler les êtres auxquels je tiens. Astre … puis Celsius … est-ce si difficile à comprendre ? Je voudrais pouvoir tenir mes enfants dans mes bras, les voir grandir. Mais le fait est que je ne sais même pas si les jumelles sont atteintes du même mal que leur père et … leur mère. Et si je les tuais sans le vouloir ? Je suis un véritable fléau. »

Je rompais la distance qui existait entre le Juge et moi pour le regarder droit dans les yeux, plonger dans ses prunelles.

« Tues-moi. »



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Arbhaal


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Là où je t'amènerais...    Jeu 26 Mar - 19:59


Elle avait besoin de cet éclat. D'exploser, de hurler, de détruire. Ce n'était pas sa nature profonde, mais la résultante de ses expériences passées. Pour tout dire je préférais une telle réaction plutôt que la mélancolie qui perlait sans cesse dans les profondeurs de son âme. Je me reculais juste à temps pour ne pas être emporter en même temps que la table. Mais je ne réagis pas lorsqu'elle se rua vers moi. Pour me tuer. Je me contentais de la dévisager, avec calme, presque impassibilité. Je ne voulais pas, plus la combattre. Cette peine qui la rongeait depuis tant d'années devait sortir, quitte à ce qu'il ne reste qu'un champ de mort autour d'elle. Je la laissais parler jusqu'à annoncer cette terrible conclusion. La note finale de notre tragédie. La lueur des chandelles qui ornaient les murs de ma demeure faiblirent pour laisser s'épanouir une ombre grandissante entre nous. Paré de mon surplis, au summum de ma puissance, j'étais devant elle le juge Rhadamanthe de la Wyvern. Mon rôle était clair. Si cette femme désirait tant la mort, je me devais de lui apporter cette délivrance. Car elle venait de comprendre toute la grandeur du seigneur Hadès et de sa promesse de paix éternelle. Je m'avançais donc, toujours silencieux, vers cette femme tant aimée. Parvenu à sa hauteur, je posais mes deux mains autour de ses épaules pour la relever à ma hauteur. Mon regard dans le sien, mes lèvres à un doigt des siennes.

Tu veux être libre... C'est une volonté que je connais depuis notre première conversation, Prêtresse. Ce rêve qui s'évapore dès que tu t'approches trop de lui. Tu es ainsi faite. Tu n'y aura jamais droit de ton vivant. Comme chaque mortel. Vous êtes tous victimes de la même malédiction. La peur de l'inéluctable. De cette mort que vous craigniez mais dont vous savez qu'elle sera, au final, votre dernière cavalière de danse.

S'était-elle aperçue de mes mouvements ? De cette valse dans laquelle je l’entrainais, en tournoyant au beau milieu de cette immense pièce vide et froide ? Mon devoir de juge était limpide. Mais faire preuve d'une ultime douceur serait un luxe qu'elle seule méritait. Cette femme pour qui je me consumais.

Je devrais te tuer... D'un geste, sans un mot. Une victime parmi tant d'autres. Quelle importance ? Je te posséderais alors pour l'éternité. A moi... Rien qu'à moi à jamais...

Oui. J'aurais enfin ce dont je rêvais. Son bonheur, notre bonheur. Pour toujours au sein d'un paradis confectionné à son attention. Par la faveur du seigneur Hadès, j'aurais le privilège de rendre Satine heureuse et épanouie en quittant les affres de sa vie mortelle. C'était si simple... Mais je l'aimais, et c'était là mon tort. Je respectais bien trop cette femme pour m'abaisser à une si basse facilité. J'étais un monstre, certes. Mais pas un égoïste. Alors que je relâchais sa main si douce, mon surplis quitta mon corps pour adopter sa forme originelle à quelques pas de notre duo. Mais Satine n'eut pas le temps d'y prêter grande attention. La gifle brutale et sans douceur résonna par l'écho pour monter vers les hauteurs de ma demeure. La paume de ma main me fit brièvement souffrir, mais ce n'était rien comparé à ce que devait ressentir Satine. Non à cause de mon geste, mais par la brulure et la fureur de mon regard.

Lâche...

Je crachais ce mot avec tout le dégout profond qu'il m'inspirait.

Tu te contredis toi même ! Tu es tellement paralysée par ta peur de tout perdre que tu repousses toute chance de vivre ! Quoi qu'il arrive, tu finiras par mourir. Pas seulement toi d'ailleurs. Tes filles également. Dans un an, dix ans, ou même cent, le résultat sera le même ! Alors pourquoi perdre du temps à te poser ces questions sur des conséquences incertaines ? Et si... Et si... Et si... L'incertitude est la base même de la vie ! Fais avec !

La colère et la foi en mes paroles me faisaient trembler tant voir cette femme si forte dans cet état me plongeait en rage. Mais je tenais à la relever, quoi qu'il m'en coute.

Et tes filles ?! Quel choix leur laisses-tu ? Qui les protègera si tu n'es plus là ? Qui veillera sur elles ? Que penseront-elles de toi, une fois adultes ? Veux-tu qu'elles connaissent les mêmes épreuves que toi ?! Bien sur que non !

Je m'avançais alors pour poser un genou à terre, et me mettre ainsi à sa hauteur. Mon expression changea alors pour s'adoucir, pour laisser apercevoir l'homme qu'elle avait côtoyé sur ce bateau pirate.

Tu veux les voir grandir ? Qui t'en empêche à part toi même ? Ne te cherche pas d'excuses. Ne fuis pas, ne te dérobes pas. Crache au visage du destin comme tu sais si bien le faire et défend tes filles et leur avenir le sabre à la main. Et lorsque ton heure sera venue... Je serais le premier à t'accueillir dans une étreinte que tu sais douce et aimante... Car Satine... Je suis la mort.

Avait-elle donc oublier une fois encore qui j'étais ? Ce que j'étais ?

As-tu donc peur de moi ?

J'accompagnais ces mots d'un sourire unique. Celui presque enfantin qu'il savait l'attendrir et la rassurer. Ce trépas qu'elle voulait fuir, ou embrasser pour s'épargner l'angoisse de sa présence perpétuelle, je n'étais rien d'autre que l'un de ses plus éminents représentants. Avoir peur de la mort, c'était me craindre.
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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Là où je t'amènerais...    Jeu 26 Mar - 21:14

Puisque je t'aime







Oui je veux être libre, oui je voudrais bien danser avec la Mort, à jamais, car elle me rapprocherait de ce que je désire le plus au monde. Une place auprès de toi. J'étais prête à toutes les extrémités pour y parvenir, y comprit celle de perdre mon humanité. Dans mon aveuglement je m'obstinais à ne pas la voir comme le plus précieux des présents : je pensais sincèrement qu'en la perdant, je pourrais prétendre à un Destin moins funeste. Mais je me fourvoyais, je le comprenais enfin. Il m'avait fallu bien du temps pour réaliser à quel point j'avais eu tord. Astre, Celsius, Arbhaal, Jack, Ann et tant d'autres avaient essayé de me faire redresser la tête, or, perdue et noyée comme je l'étais dans un océan de tourments perpétuels, je m'étais retirée dans un royaume noir et hostile. La tête pleine de colère et de tristesse, accablée par tant de maux, j'avais choisi de fuir la réalité plutôt que de l'affronter. Oh ça me ressemblait si peu. D'être égoïste à ce point, ne pas voir la déception dans les regards, ces mains que l'on me tendait.

Je ne fis rien pour l'arrêter. Ainsi, nous commencions tout les deux à évoluer à l'instar de cette fois-là, dans la Cathédrale. J'évitais soigneusement son regard, me concentrant sur cette douce chaleur qui émanait de ses mains. Je frissonnais légèrement, avant de lever mon visage vers lui. Je sentais son souffle chaud contre ma joue, l'emprise qu'il avait sur moi et mon âme.

Je désirais tant que le temps suspende son cours. Je l'aurais voulut, mais je n'avais pas non plus ce pouvoir. Prête à lui répondre tandis que nous nous arrêtions de valser, je restais coi de stupeur en sentant toute la force de cette claque retentissante. Je levais la main pour me recouvrir la joue le regardant mi-surprise, mi-médusée par ce geste. Le souffle court, mes iris vibrèrent d'émotions contradictoires. Lâche, je l'étais, incontestablement et ce constat me fit mal. Bien plus mal que je le laissais paraître. Mes bras retombèrent mollement de chaque côté de mon corps. Je vis son Surplis de Juge le quitter.

« C'est Arbhaal qui parle, ou bien le Juge des Enfers ? » je souris, ironiquement. « Non, vous ne faites qu'un. »

Je l'écoutais sans l'interrompre, hochant de temps en temps la tête, ce sourire ne disparaissant plus. Je portais sur lui un regard adoucit, le laissant s'agenouiller devant moi. Il avait raison. Il était la Mort. Avec calme, je me penchais légèrement vers lui pour cueillir son visage entre mes paumes et le relever vers moi, qu'il observe ma transformation.

« Je vivrais. » une intense lumière perça les ténèbres, on pouvait entendre un chant dans le lointain. L'armure de la Sirène Maléfique me recouvrit alors et ma flamboyante chevelure reprit sa teinte originelle. Je fermais les yeux pour entendre le message de mon père, de mes sœurs à qui j'avais manqué. « Pour toi, pour ceux qui tiennent à moi. »

Mon Écaille vibrait, je ressentais l'apaisement de Poséidon, sa présence paternelle. Il veillait sur moi, comme Arbhaal n'avait cessé de le faire. Qu'importe les faits.

« Je me tiens devant toi comme Orphée l'a fait, je veux amadouer la Mort puisque je l'aime. Celsius doit revenir, j'étais prête à payer le prix fort. Je sais que tu ne comprends pas ce choix, que tu penses que je fais ça parce que je continue de l'aimer. Ce n'est plus vrai, mais il fait parti de ma vie. »

J'approchais mes lèvres des siennes. « Et tu es mon futur. »




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Arbhaal


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Là où je t'amènerais...    Mer 1 Avr - 18:01


Elle venait enfin d'ouvrir les yeux. Sur sa destinée, sur les vastes choix qui s'offraient à elle. Sur cette liberté qu'elle désirait tant qu'elle n'avait eu de cesse de la rejeter. A ma grande surprise, l'écaille de la sirène vint de nouveau revêtir son corps. Son aura, son cosmos, la lueur de ses pupilles... Satine se retrouvait elle même peu à peu, tel une chenille sortant de sa chrysalide pour adopter les couleurs de l’arc-en-ciel avant de prendre son envol. Je ne comprenais pas ce désir de vouloir ressusciter Celsius. Je ne voulais pas comprendre. Tout ce qui importait demeurait ces quelques mots, cette promesse d'un avenir commun de sa propre volonté. Je lui répondis d'un sourire empli de fierté, d'adoration, puis vite de passion. Je saisis cette femme dans mes bras pour la faire tournoyer au centre de ce lieu de mort, où l'espace d'un bref instant qui n'appartenait qu'à nous, nous étions vie et lumière. Je l'embrassais avec fougue, avec cette énergie qui ne laissait aucun doute sur la puissance de mes sentiments. Satine possédait ce pouvoir susceptible de faire de l'impitoyable juge de la Wyvern, un tout autre homme.

Je t'attendrais... Où que tu sois, sur les flots, les airs ou la terre, ta route finira par te mener à moi... Ni dieu, ni homme ne m'empêchera de me tenir prêt de toi le moment venu.

Que la guerre semblait lointaine ! La douce chaleur des mains de Satine se répandit en mon corps pour l'animer d'une flamme bien supérieure à celle de la soif de sang. D'un pas, j'atteins la table renversée pour la rétablir sur ses appuis. J'y posais alors Satine, avec cette brutalité douce qui sonnait comme un appel. Auquel elle ne pouvait que répondre. Durant de si longues et exquises minutes, heures peut-être, le monde n'exista plus. Ce n'est qu'une fois repu et épuisé de ce corps ardent que j'embrassais de nouveau cette femme dans le cou pour monter jusqu'à son oreille. Comment pouvait-elle dégager une senteur si délicieuse ?

Reprends ta route, ma douce... Ce lieu n'est pas fait pour les mortels. Mais mon coeur t'accompagne.

Je me redressais alors de toute ma hauteur, nu comme un ver et les bras croisés. Un sourire provocant sur les lèvres, et les yeux brillants de malice.

Et surtout fais attention, pirate d'eau douce ! Ne t'avises pas de partir à la recherche d'une quelconque babiole, ou d'un coffre enterré sur une ile perdue ! Je compte bien rester pour toujours ton seul trésor !
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Satine


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Là où je t'amènerais...    Mer 1 Avr - 19:25

Une étoile rouge







Comme les Enfers paraissaient soudain si beaux ! La tristesse des lieux, son austérité, ses pâles couleurs furent occultés au moment même où le Maître de ce palais me souleva pour me faire valser entre ses bras. Je retrouvais avec allégresse cette complicité qui n'avait cessé de croître depuis notre première rencontre. Laquelle ? Cette pensée m'arracha un sourire. Si j'avais sut que ce petit garçon au regard de braise que j'avais torturé des années auparavant était destiné à recroiser ma route … Finalement, le Destin était capricieux, il pouvait aussi nous faire de belles surprises. Le passé était le passé, loin derrière moi, le futur lui était assuré, autant profiter du présent. Mes paupières se refermèrent pour apprécier les notes suaves de ce baiser qui sembla durer toute une éternité. Éveillée à d'autres promesses, semblables à celles – ô blasphématrices – auxquelles nous nous étions adonnées dans la Cathédrale d'Hadès, je me laissais porter non sans commander à mon écaille de me quitter. Bien que ma place ne soit pas encore acquise, que je me savais une intruse, je m'en moquais bien, me laissant emporter dans cette déraisonnable étreinte.

J'étais dans la demeure de mon bien-aimé, sous sa protection. Je me sentais invincible, investie d'un pouvoir immense. Si tu étais bel et bien la mort, mon adoré, me laisserais-tu donc te le prouver ?

Haletante j'avais mené une bien belle bataille : quelques mèches de mes cheveux rouges sang étaient collées à mon front. J'en chassais une ou deux, celles qui tombaient devant mes yeux enfiévrés avant de dévisager celui qui se tenait encore au dessus de moi, allant jusqu'à cueillir un autre baiser au creux de mon cou galbe. Je me pris à rire doucement, non sans chercher à lui mordiller encore un peu le lobe de l'oreille.

« Ainsi donc tu me chasses ? » minaudais-je en feignant une petite moue attristée. « Quelle triste femme éplorée je fais ! »

Je me relevais à mon tour, prenant soin de m'étirer de la manière la plus provocante qui soit. Sans toutefois le quitter du regard.

« Non mais dis donc ! Quelles sont ces allusions mon cher Juge ? » J'arrivais dans son dos pour l'enlacer, calant ma tête dans le creux de son cou. « Je ne doute pas que l'appel de la mer se fera pressant, mais je tâcherais de me montrer prudente, si c'est ça qui t'inquiète. Tu sauras me retrouver, sur l'île de Circé où je compte m'établir avec mes enfants … »

Sur cette invitation à peine voilée, j'entrepris de partir à la chasse de mes vêtements que j'enfilais sans hâte. Me balader nue sur le chemin du retour m'avait effleuré l'esprit, je l'avoue, mais je craignais – étrangement – que ça aurait pu être la bravade de trop. Ma Scale me rappela à l'ordre, allant d'elle-même me recouvrir le corps. Je la sentais vibrer, pressée de rejoindre la surface. Mais j'avais autre chose à accomplir avant.

« Je t'aime, Arbhaal. »

Un dernier sourire fendit mon visage avant que je m'en aille. Je sentais déjà le poids de notre séparation et ce fut avec cette boule au ventre que je m'éloignais … dans le noir le plus total.

Une étoile rouge évolue et cherche sa sœur perdue, elle se lamente de son absence, n'est pas résignée à la tirer des ténèbres. L'étoile à soif, alors elle sort la bouteille de vin qu'elle avait substitué à son Juge … Bah … quoi ?

M'enfilant une bonne rasade pour me donner du courage, je posais le pied dans le Cocyte. Bon sang mais c'était encore pire qu'Asgard !

J'observais l'épaisse couche de glace où voyageaient les âmes des défunts. Je voyais leurs visages, leurs yeux vides m'observer dans un silence morbide. Et je le voyais parmi eux, plus silencieux que les autres. Alors je fis exploser mon cosmos, concentrant mon énergie dans mon coup de pied. Cela avait suffit pour faire une trouée, une large fissure qui filait, filait jusqu'à perte de vue. Mais ils ne sortaient pas, comme piégés encore. Je me penchais en avant, l'air grave mais décidé.

Je lâchais la Stella Rubius. Une étoile rouge …



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[Juin 1755] Là où je t'amènerais...

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