RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
 

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 [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)

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Charis


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MessageSujet: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Jeu 2 Avr - 19:03

La Grèce, ma terre de naissance, celle de ma vie humaine, cela faisait quelques années que je l'avais quitté. Mon retour était glorieux, non pour moi, mais pour celui que je représentais. Une guerre avait eu lieu, une guerre secrète et millénaire, opposante des forces anciennes, des Dieux. Le camp de mon seigneur avait remporté la victoire, mais je n'avais pu participer au combat, je n'avais affronté aucun adversaire. Nous avions capturé le domaine de notre adversaire, la Déesse Athéna, ses chevaliers en avaient été chassés, nous devions maintenant assurer notre prise et la protéger, d'où ma présence en ces Terres sacrées. Je devais prendre le contrôle d'une demeure, anciennement propriété d'un des guerriers saints à l'armure dorée. Mon choix s'était porté sur celle du Chevalier du Cancer, la quatrième maison sur la route qui menait à l'ancien temple d'Athéna. Ces maisons avaient pour but de protéger le chemin y conduisant, mais elles avaient échoué.

Avant de parvenir au sanctuaire à proprement parlé, je décidais de traverser le village de Rodorio. Les ombres m'avaient permise de quitter le domaine sacré de mon seigneur et maitre, Hadés. Ma servante m'accompagnait, elle avait pour charge de s'occuper de mon confort. Une infime partie de mon cosmos parcourait son corps, lui permettant d'avoir un simulacre de vie. Malgré tout, elle était toujours l'ancienne prêtresse que j'avais connue et qui m'avait permis de trouver ma place dans ce monde. Je jetais un regard sur elle, ses yeux étaient emplis de curiosité et de fascinations. Elle qui avait servi les Dieux durant une grande partie de sa vie, se retrouvait sur une terre sainte.

Mes pas, résonnaient dans les rues désertées, mon ombre semblait pouvoir s'étendre sur chacune des maisons se trouvant sur ma route. Je dus rappeler Méthea à mes côtés, cette dernière ayant tendance à observer, vouloir, visiter ce village. Je n'étais pas là pour cela, si j'avais décidé de passer par Rodorio au lieu de me téléporter directement sur le palier de ma future demeure, c'était afin de prendre contact avec ce nouvel habitat. Des corbeaux vinrent se poser sur un toit, leur regard se posa sur moi. Je ne leur prêtai qu'une seconde d'intérêt, ils poussèrent un croassement, avant de s'envoler. Avaient-ils voulu attirer mon attention, me mettre en garde, ou m'accueillir, tout cela m'importait peu. Méthea se mit alors me parler, à m'expliquer ce que je savais ou devinais déjà, le regard que je portai sur elle la mise au silence. Ce fut alors qu'un mouvement attira mon attention, un déplacement, une ombre. D'un clin d'œil, je disparut avant de réapparaitre devant un jeune enfant émincé et apeuré. Il chuta, puis se mit à reculer, je pouvais lire ce qu'il ressentait à travers son regard et ce que j'y vis, fit apparaitre un sourire sur mon visage. Malgré son état, la peur qu'il ressentait, il me défiait, me poussait à le tuer. Un rayon de soleil vint alors le frapper, l'aveugler, le temps que ce dernier disparaisse, je ne me trouvais plus devant lui. Ce gamin m'avait rappelé ma propre enfance, mais cette rencontre n'avait généré aucune émotion concernant un passé mort et enterré. De plus, il ne représentait aucune menace, ou intérêt. Méthea m'interrogea du regard, mais n'obtint aucune réponse. Je repris mon cheminement, les falaises séparant le village du Sanctuaire apparurent rapidement. Quelques gardes avaient été placés à l'entrée de ce dernier, ils me saluèrent et s'écartèrent de mon chemin. Lorsque je mis le pied sur le sol même de ce dernier, je ne pus que marquer un temps d'arrêt, Méthea faillit se mettre à genoux, se prosterner, mais par chance, elle parvint à se retenir. En insufflant mon cosmos dans son corps sans vie, j'avais rappelé son âme, du moins une ombre de cette dernière, un autre simulacre, seul le Seigneur Hades aurait pu réaliser ce prodige. Même si elle n'était qu'un simulacre de celle qu'elle avait été, sa dévotion pour les Dieux était présente et ce lieu était pour elle des plus sacré.

Plusieurs soldats étaient présents, nos forces s'étaient emparées de ces Terres et tous œuvraient à les faire nôtres. Les traces du combat qui s'était déroulé ici étaient encore présentes. Un sentiment de frustration coulait dans mes veines, je n'avais pu participer à ces derniers, mesurer ma force face à des guerriers fiers et puissants. Chaque cicatrice laissait par ces derniers, ne me faisait que ressentir ce sentiment, inconsciemment, je laissai échapper mon cosmos. Chaque cicatrice laissait par ces derniers, ne me faisait que ressentir ce sentiment, inconsciemment, je laissai échapper mon cosmos. Les soldats les plus porches s'immobilisèrent de crainte d'attirer sur eux mon attention et cette colère dont ils ne connaissaient pas la cause. Ma surplis, semblait elle aussi nourrir les mêmes sentiments et une lueur mauvaise se dégageait d'elle, à moins que cela ne soit dut à la luminosité ambiante. Ce fut les mots de ma servante, qui me calmèrent lorsqu'elle offrit une prière à notre Maitre pour le remercier. J'avais toujours eu du mal à retenir les effluves de mon cosmos et la frustration, tout comme la colère n'aidaient pas en cela. Rassurés, les soldats se remirent à leurs taches, s'éloignant malgré tout de moi, de cette source de violence et de destruction que j'étais. Laissant tout cela derrière moi, je me dirigeai vers les escaliers qui allaient me conduire à ma nouvelle demeure.

Il y avait un certain empressement chez moi, afin de découvrir ma demeure. Même si je n'avais rien contre le fait de fréquenter mes frères et sœurs, je n'avais que peu d'envie d'aller me présenter à chacun d'entre eux. De plus, il y avait un certain empressement chez moi, afin de découvrir ma demeure. Me servant une nouvelle fois du passage des ombres, je me laissai engloutir par ces dernières. Je réapparut presque instantanément devant la quatrième maison, son architecture était encore visible malgré les affrontements qui semblaient avoir eu lieu en ses murs. Méthea ne perdit pas de temps et se mit à la visiter afin de savoir comment l'arranger pour me satisfaire. L'écho de mes pas, dans le vide de cette demeure, la solennité que je pouvais ressentir, tout cela me fit prendre conscience du lieu dans lequel je me trouvais. Je libérais totalement mon cosmos afin de me présenter à cette demeure, de le marquer de ma présence. Les murs semblèrent trembler, des morceaux s'effritèrent ayant trop souffert des affrontements passés pour résister à la pression que mon cosmos générait. Grace à ce dernier, j'annonçais aussi à tous ma présence en ces lieux et invitais qui le désirait à venir à ma rencontre.
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Aenor


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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Sam 4 Avr - 12:03



Gilles de Rais



Le Bourreau devenu Juge




La Guerre et son cortège





Presque deux mois étaient passés depuis, et la marque de la Guerre était toujours là, omniprésente, où que l'on porte le regard elle était là. Subsistaient bons nombres de séquelles, des plaies non pas de celles que les chaires portaient après une lutte acharnée : celles-ci défiguraient les pierres, les maisons sacrées du Zodiaque de la plus hideuse des manières. Ainsi était la Guerre et eux, Spectres, furent son cortège d'absurdité. Gilles de Rais fut le premier à avoir foulé ces terres lumineuses, radieuses malgré cette pluie noire qui l'avait, il s'en souvenait, accueillit. Il était arrivé en tant que Spectre de l'étoile Terrestre du Bourreau, son cœur gonflé de glorieux souvenirs de ses batailles passées en tant que Maréchal de France, compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, libérateur d'Orléans de ces anglais de malheurs ! Il avait opposé une vive résistance aux Saints qui, il l'avouait volontiers, ne ressemblaient en rien à ces chiens tout vêtus de rouge. C'était une autre vie, une autre époque. Mes ces images qu'il conservait en son âme y étaient encore bien encrées.

Il n'avait eut d'autre choix que de se dresser face à son ami et rival Aiakos, Juge du Garuda au plus fort de la bataille. Il avait écarté les sons du cor qui avait retentit comme un rappel à son devoir. Le seigneur de Rais avait dû faire un choix. Et il avait décidé de mettre fin à cette « non-vie » en croisant le fer contre son supérieur hiérarchique. Il s'était libéré de ses chaînes, insoumis comme il l'était … aucuns n'avaient sut le faire plier, pas même les caprices de son Destin. Car un Rais, jamais n'abandonnait. En éliminant cette menace que le Juge en fin de compte représentait pour les Enfers, il s'était octroyé en même temps ce glorieux titre. Devenant le Garuda, Vaillant et fort comme il le fut autrefois tout drapé des honneurs et des lauriers que le Roi accordaient à ses champions.

Pour la première fois de sa vie, il s'était quelque peu détourné – de son propre chef – de son statut de preux chevalier afin d'obtenir la place qui lui revenait de droit. N'avait-il pas prévenu feu Faust son ami qu'un jour, il le renverserait ?

Deux mois s'étaient écoulés et il endossait toujours son rôle, en attente de son jugement. Cette pensée était cocasse pour lui, chaque fois qu'il y songeait. Lui, Juge par la force des choses, volant le Surplis de son frère d'arme qui de toute façon se précipitait à sa propre perte, allait être jugé par ses compères. Arbhaal de la Wyvern, Himmel, Juge du Griffon … L'ancien Bourreau devenu Juge. Plus qu'aucuns autres, il méritait cette place et il se ferait une joie de le leur faire comprendre lors de son plaidoyer.

Ô mais détrompez-vous, sa motivation n'était pas le pouvoir ou de faire choir cet être instable d'Aiakos ! Cela n'était que la partie visible d'un projet bien plus grand … Et il se garderait bien de leur révéler ses desseins. Qui somme toute … concernaient les Enfers. Sa douce Perséphone à qui il avait donné son cœur et son épée. C'était à elle et à elle seule qu'irait toute sa ferveur.

Car il était son seul et unique Gardien. Un Saisonain.

« Il ne t'en manque plus que deux, mon vieil ami. » susurra une voix à son oreille. Le géant, dans son habit de velours noir, tourna son visage caché par la pénombre vers une silhouette toute encapuchonnée. « Ce n'est plus qu'une question de temps. »

Un éclat dans le lointain interrompit ses gestes. Un sourire naquit sur son faciès jusque là inexpressif. Il reposa ses outils tout souillé de sang, délaissant un corps grisâtre pour enfiler ses gants blancs. Il prit plus de temps pour sa main gauche qui brillait d'un drôle d'éclat … ses yeux gris trahissaient une certaine mélancolie quand il acheva de la recouvrir. Se couvrant une épaule d'une cape ténébreuse retenue sous l'aisselle par un fibule d'or, le Juge prit la direction d'où émanait ce nouvel appel voilé.

« Bien le bonjour, ma Dame. »

Il ne lui fallut qu'un pas pour se dévoiler dans la lumière laiteuse que laissait passer une fenêtre à peine obstruée par des pierres brisées. Il glissa vers la demoiselle un regard à la fois sévère et avenant avant de se signer légèrement vers elle, comme il était de coutume à son époque. Plus de trois cents ans avaient passé depuis … Un mince sourire ourla ses lippes et le Juge se redressa de toute son immense hauteur. Il mesurait presque trois mètres, ce qui le dotait d'une écrasante présence naturelle, ainsi que d'un charisme certain, mais la plupart du temps il inspirait le calme et le respect chez ses troupes. Ses traits bien que durs, laissaient tout le loisir à ses yeux d'argents, de briller d'une douceur presque paternelle qui inspirait la sympathie.

« Vous voici au sein du Temple du Cancer, gente demoiselle, et je vous souhaite la bienvenue. Ô pardonnez-moi, mes dames … » fit-il en observant l'autre présence dans le dos de la Spectre. « Je me nomme Gilles de Montmorency de Laval Rais, Juge du Garuda au service de sa Majesté et de son armée … » Mais à quelle Majesté ? Encore un sourire. « Et vous ? Je ne crois pas avoir le plaisir de vous connaître. Ou de vous avoir vue lors de l'assaut ... »

Glissa t-il sans que son sourire ne s'efface.

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Charis


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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Sam 4 Avr - 14:06

Mon invitation avait été lancée, en attendant une quelconque réponse, je parcourais la salle principale de ce temple sacré qui allait devenir ma nouvelle demeure. Je pouvais ressentir les effluves des combats qui y avaient eu lieu, m'imprégner de ces derniers afin d'entr'apercevoir au travers d'infimes résidus, que ni les mois ou mon cosmos, n'avaient encore réussit à faire disparaitre, les éclats de ces derniers. Même si je ne parvenais pas à les identifier, je pouvais différencier ceux appartenant à mes frères de ceux appartenant aux défenseurs de ce domaine volé. Mes doigts parcouraient les murs, les moindres fissures, avides d'y lire ce passé violent et récent. Au loin, je pouvais entendre la voix de ma servante, Méthea, cette dernière m'expliquait l'étendue des travaux qui allaient devoir être entrepris. Elle ferait construire un bain, afin que je puisse m'y détendre, ce dernier sera ouvert sur le ciel et possédera de nombreuses fontaines. Elle me parla de diverses pièces consacrées à mon repos, mais aussi à l'accueil d'invités. Ses paroles devinrent rapidement un bruit de fond auquel je ne prêtais plus attention. De temps en temps, un ton plus élevé, me signifiait qu'elle se plaignait du peu de considération qui avait fait à ce lieu, ou de celui que je lui prêtais. Tout cela fit apparaître un sourire et adoucit mon regard, avec l'éclairage du soleil, on pouvait me deviner féminine, malgré ma surplis.

C'est alors que je sentis sa présence, instinctivement, je me mis sur la défensive, mais devant l'être qui m'apparut, mon attitude redevint neutre. Mon visage et mon regard retrouvèrent leur expression. Malgré tout, je ne pouvais cacher l'effet qu'il me faisait, moi qui avais toujours regardé les autres du haut de ma stature, je me trouvais petite face à lui. Je compris tout de suite que je n'avais pas à faire à n'importe quel spectre. Il n'était pas un Dieu, cela, je pouvais le sentir, mais il n'était pas n'importe qui. Il se dégageait de lui, confiance, dignité et un charisme que seuls les princes et les nobles possédaient. Mais il y avait plus, quelque chose d'ancien et d'inconnu. Moi, la fille de la rue, des arènes glauques et lugubres dans lesquelles je me battais et tuais pour le plaisir de quelques aristocrates et riches marchands, je ne pouvais identifier ce quelque chose. Même son phrasé me semblait ancien, presque désuet, mais plus noble que celui de ces aristocrates que j'aurais eu plaisir à écraser de mes poings. Je ne savais pas comment me comporter, son visage dur me poussait à chercher un refuge dans les ombres, mais son regard doux et presque chaleureux me poussait à rester sous ce dernier. Aucun homme ne m'avait regardé de la sorte, du moins aucun dont je me souvenais, peut être mon père, mais son souvenir appartenait aux brumes du passé, il n'était plus qu'un spectre sans visage. Je me retiens de sourire à cette allusion, moi qui étais nommée comme tel par mes ennemis. Méthea était apparu derrière moi, percevant au travers notre lien mon émoi, je pouvais sentir le sien, ainsi que sa peur. Rien d'anormal à cela, après tout, elle était plus érudite que moi et savait reconnaître la nature des gens qu'elle croisait.

Il me souhaita la bienvenue en ce temple, alors que je le considérais comme mien, n'était-ce pas à moi de dire de tels mots ? Lorsqu'il se présenta, mon genou toucha le sol et je m'inclinais devant mon supérieur. S'il n'était pas un Dieu, il faisait partie de ceux qui en étaient les plus proches, au sein de notre armée. Un juge, l'un des plus puissants et fidèle serviteur de notre seigneur. Méthea devait se trouver ventre contre terre, suppliant Hades de ne pas attirer les foudres de ce dernier. Son nom ne me dit rien, tout comme mon apparence ne lui était point familier. Lorsqu'il me demanda mon nom, je levais ma tête, hésitant à plonger mon regard dans le sien ... « Je suis Charis du Béhémoth étoile céleste de la solitude » ... Sa remarque concernant l'assaut et mon absence durant ce dernier, réveilla ma frustration et il me fallut maints efforts pour parvenir à contrôler le ton de ma réponse ... « Il est vrai votre seigneurie que je n'étais pas présente lors de l'assaut, je porte ma surplis depuis peu et ai dût rester dans le domaine de notre maître. Ce n'est que suite à la prise de ces Terres et au besoin de gardiens que je fus autorisée à le quitter » ... Sur la fin de ma réponse, je ne pus retenir totalement mon ressentit et ma frustration put alors se faire entendre. Je restais ainsi, sous le poids de sa présence, jusqu'à ce qu'il me permette de me relever.
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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Dim 5 Avr - 11:01



Gilles de Rais



Le Bourreau devenu Juge




Un Juge bien étrange






Son masque de sympathie s'était légèrement fissuré quand la jeune femme ploya l'échine devant lui, allant jusqu'à poser un genoux contre terre. Sa suivante quant à elle s'était jetée à plat ventre, les bras en croix, front posé sur les pierres froides du Temple du Cancer. Cette attitude de soumission le choqua, si bien que ses sourcils s'étaient froncés, qu'une ombre s'était posée devant son regard tel un linceul. En d'autres temps, Gilles de Rais aurait accepté cette marque de respect, pas aujourd'hui, pas après ce qu'il avait vécut et subi lui-même. Certes, il était l'un des Trois Juges, crains et respecté, adulé même par certains. Mais ce statut, nouveau pour lui et bien que prestigieux, ne justifiait pas ce genre de comportement. Il n'était pas homme – ou Spectre – à imposer son autorité par la violence des mots ou des poings. La Spectre, prénommée Charis pourrait lire sans mal cette lutte qui se jouait dans son âme : ses yeux gris n'étaient pas faux et exprimaient encore tant de sentiments bien humain.

À l'instar de la femme, qui, à l’énonciation de la Guerre Sainte, dû faire un effort considérable pour ne pas montrer toute l'étendue de sa frustration. Ô non, ce fait n'avait pas échappé à Gilles de Rais qui reprit peu à peu contenance, brisant d'un pas la distance qui le séparait de ces dames afin de se pencher vers l'étoile Céleste allant jusqu'à – sacrilège ? - lui offrir l'une de ses mains gantées.

« Relevez-vous demoiselle, ce comportement ne vous sied guère, je vous en prie, pas tant de cérémonies avec moi. J'en ai une sainte horreur. »

Sans qu'elle s'en rende compte, Gilles l'avait redressé avec douceur, couvant sur elle un œil bienveillant. Il s'occupa ensuite de la vieille dame à qui il prodigua plus de soin, allant jusqu'à échanger quelques mots avec elle, susurré à son oreille. Il lui tapota l'épaule et celle qui s'était présentée d'elle-même sous le nom de Méthea, parut rajeunir quelque peu : son visage marqué par les affres de l'âge, s'estompèrent, ses cheveux reprirent leur teinte originelle et ce corps un rien voûté, se redressa. Amusé par la surprise de la servante, Gilles laissa éclater un rire chantant.

« Vous avez du talent, étoile de la Solitude. » annonça t-il en se tournant vers l'intéressée. « Mais vous savez, vous allez vous épuiser en maintenant ce processus. Il y a d'autres alternatives à la conservation d'un corps … ce reliquat finira par vous tuer. »

D'un geste de la main il l'invita à le suivre. S'enfonçant dans le cœur du Temple loin d'avoir été épargné par la main de la Guerre et de son cortège, Gilles parfois s'arrêtait pour ramasser quelques pierres qu'il soupesaient, en gardant quelques unes, en jetant d'autres. Ils finirent par déboucher dans une pièce plus petite, éclairée par un atrium d'une taille imposante de façon à ce que la lumière éclatait de partout, se reflétant dans un bassin où nageaient, innocents au cours du temps qui file, des carpes rouges et ors. Sans doute les appartements du Cancer. Gilles de Rais désigna de longs fauteuils à la mode grecque.

« Je vous en prie, prenez place mes dames. » sans autres préambules, le Seigneur de Rais alla leur servir dans des coupes en étain, un peu de ce nectars sucré dont il était si friand. D'une belle couleur d'un rouge profond, l'ancien Maréchal de France, tout en leur présentant le vin, semblait plongé dans la nostalgie. « Le vin français à son charme, mais celui des grecs ou encore des italiens possède vraiment … un je ne sais quoi, une douceur qui me ravit. Ne trouvez-vous pas ? »

Il prit place à son tour en face de Charis, dans un fauteuil à dossier droit. Il observa Méthea à la dérobée tandis qu'il prit une gorgée de ce liquide à la délicate fragrance.

« Vous savez, tout à l'heure quand je vous ai fait mention de la Guerre, ne le prenez pas comme un reproche gente demoiselle. Votre heure arrivera, soyez assurée qu'il y en aura d'autres. C'est une triste vérité, mais le sang coulera encore et je souhaite que le temps où vous souillerez vos mains sera le plus lointain possible. Même si j'en doute, et que je vois bien à quel point vous brûlez de nous prouver votre valeur. Triste Solitude, j'ai appris que les Étoiles du Pandémonium ne choisissaient pas par hasard leur porteur : vous avez été seule face à l'adversité, aujourd'hui le Béhémoth vous sublime. » Il marqua une courte pause en plongeant son regard dans le sien. « Mais aujourd'hui, vous n'êtes plus seule. Vous vous dresserez face à vos peurs, à ce qui autrefois vous faisait vibrer. Peut-être abandonnerez-vous votre humanité ? Le futur nous le dira ! »

Le Juge du Garuda vida sa coupe d'un trait.

« Vous devez-vous dire que je suis un homme étrange et un peu simple pour un Juge, hm ? » Gilles de Rais laissa son éternel sourire trôner de nouveau sur son visage.



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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Dim 5 Avr - 19:29

Cette permission vint rapidement, au travers d'une main tendue et des mots doux à mes oreilles. Moi, la fille des rues, des arènes, moi qui n'avais jamais connu tel comportement de la part d'un homme de pouvoir, j'éprouvais en cet instant une reconnaissance toute particulière. Même, si je n'étais pas innocente, nave, ce geste me remplit de respect pour cet homme. Je sentais que je pourrais facilement le servir, combattre pour lui. Il était réel, je pouvais percevoir ce désir ne pas soumettre ses subordonnés. Comme il se devait de nous tous, nous les Spectres, nous servions le Seigneur Hadès, mais ce dernier n'était qu'un nom, une présence indéfinie qui nous accompagnait et veillait sur nous. Le juge à l'armure du Garuda, son regard paternel, sa noblesse, n'était pas qu'un ressentit, qu'un rêve implanté par un besoin d'y croire. Cette humanité qui était présente dans ce regard, chose que je n'avais que peu vue chez les hommes que j'avais croisés, faisait vibrer chez moi un sentiment passé, oublié. Je me relevais acceptant cette main, comme une excuse pour mon comportement, pour la gêne que j'avais suscité chez lui. Durant le laps de temps nécessaire, je compris aussi, que nous étions différents, peut être que ma jeunesse en était la cause, ou cette violence qui pouvait me définir. Ce sentiment de nouveau présent, me faisait dire que je pourrais bien être sa violence, que je pourrais détruire pour lui, aussi bien les corps que les âmes. Je venais peut-être de trouver quelqu'un, autre que mon Seigneur et Maitre, que je pourrais servir avec fierté.

Lorsque je le vis faire preuve de la même douceur à l'encontre de ma servante, je compris qu'il n'avait rien de commun avec tous les seigneurs que j'avais côtoyé. Son rire vint caresser mon oreille, lorsqu'il devina le subterfuge utilisait pour maintenir le simulacre de vie qu'était Méthea. Si cette dernière montra de la surprise devant le prodige que le Juge réalisa en renforçant mon office, mon visage se referma quelque peu. La colère n'était pas la cause de mon masque, du moins une colère non dirigée vers le Spectre de haut rang, ou son geste. C'était l'expression de ma servante, qui était la source de ma réaction. Elle hésitait entre se jeter aux pieds, reconnaissante, et un jugement qu'elle commença à porter entre mon œuvre et celle qui lui avait rendu une certaine jeunesse. Les mots du Juge finirent par m'arracher un sourire, alors que je mon regard alla se porter sur celle qui venait de m'insulter. Comment osait-elle, moi qui lui avais donné l'opportunité de vivre la vie dont elle rêvait, jamais elle ne sera plus près d'un Dieu. Percevant, mon ressentit, elle se figea, puis retrouva un comportement plus en adéquation avec ce qu'elle était. Ce fut d'une voix calme, que je répondis à la remarque faire ... « Ne vous inquiétez pas, l'étincelle de vie que j'ai artificiellement rallumée chez elle, ne me coûte rien et n'amoindrit aucunement ma force. Au pire, je mettrais fin à celle-ci, si la nécessité se faisait sentir » ... Il n'y avait aucune prétention derrière le ton de ma voix ou dans ma posture ... « Elle n'est pour moi que le repère de mon humanité, le souvenir de celle que j'étais et la preuve de celle que je suis devenue. Mais si vous pensez qu'il serait plus sage que j'utilise un autre procédé, vous me ferez honneur en me l'expliquant » ... Mes paroles suivaient mon pas, réponse muette si l'on veut à son invitation à le suivre. Il se comportait comme s'il était l'hôte et moi l'invité, mais sa présence sur ses Terres, ainsi que son titre, lui permettaient une telle prérogative. Je le suivis dans l'atrium, pièce profondément installée dans le cœur de l'ancien Temple du Cancer. Continuant à suivre son geste, je pris place, Méthea restant derrière, dans l'ombre. Elle aurait pu prendre place sur l'un des longs fauteuils, mais elle savait qu'elle était sa place à mes côtés. Cette fois-ci, je n'avais rien à voir avec son comportement, je l'aurais même accepté, mais elle n'était qu'une servante. Comprenant que celui qui portait l'armure du Garuda, ne semblait pas la percevoir comme telle, je lui fis signe de nous rejoindre et de prendre place à son tour. Le vin qui nous fut servi, était sans égal, comparé à ceux que j'avais pu boire. Il n'avait pas ce goût saumâtre du vin que l'on offrait au vainqueur d'un combat, dans une parodie des cérémonies anciennes.

Cet homme me faisait découvrir une partie d'un monde qui m'était inconnu et que j'avais tant désiré atteindre. Je ne sus que répondre, moi qui ne connaissais rien à ce breuvage ... « Je n'ai jamais rien but de pareil, il fait passer le vin que l'on offrait au vainqueur pour du mauvais vinaigre. Je pourrais me laisser porter par celle-ci, si je ne savais pas qu'elle finirait par venir à bout de ma volonté et me conduirait à la défaite » ... J'avais vu plus d'un combattant, se laissait enivrer par les promesses de ce que prenais pour un bon vin et finir par voir couler de leur corps un nectar tout aussi rouge et nettement plus vital. Lorsque son regard se posa avec plus de sérieux sur moi, j'osais plonger le mien dans cette mer de sollicitude. Ces mots, firent naitre un sourire et je dis retenir mon rire qui montait dans ma gorge suivant leur flot. Il n'y avait nul moquerie derrière ce dernier ou dans mon regard, juste la flamme d'une violence qui ne demandait qu'à exploser, se nourrir de combats ... « Acceptez mes excuses, nobles parmi les étoiles, mais nous n'avons pas la même conception de ce qui pourrait souiller mes mains. Elles ont tellement baigné dans ce liquide vital et sacré, que je suis encore étonnée qu'elles n'aient pas fini par se recouvrir de sa couleur. Ce n'est pas tant à vous, qu'à moi, que je cherche à prouver quoique ce soit » ... Je pris une pause afin de calmer l'ardeur qui commençait à parcourir mon corps ... « Comme vous le dites si bien, nos étoiles ne nous choisissent pas par hasard, j'ai toujours combattu seule, écrasé ceux qui se dressaient contre moi qu'en comptant sur mes poings et ma volonté. Quant à mon humanité, je l'exprime, la sublime par ma violence, dans la destruction de ce qui me barre la route vers mon objectif » ... Puis comme la vague venant s'écraser sur la falaise, les souvenirs de cette vie me revinrent et alourdir ma voix, la rendant plus grave ... « Il y a tant d'Hommes qui se croient humains, alors qu'ils n'apportent que malheurs et souffrances à leurs semblables, même la plus monstrueuse des créatures peut faire preuve d'un comportement plus humain que ces derniers. L'humanité est quelque chose de difficilement quantifiable, descriptible, nous la voyons sous la forme qui nous rassure, qui conforte ou flatte celle que l'on pense posséder » ... Puis regardant ma coupe vide, je laissai apparaître un sourire gêné, il fallait bien que je trouve une excuse à mes mots ... « Je crois que la douceur de ce breuvage était plus traite que je le pensais » ... Relevant mon visage et plongeant de nouveau mon regard dans celui du Juge ... « La simplicité permet peut-être de mieux percevoir et comprendre la complexité des choses. A dire vrai, je ne pense pas avoir déjà rencontré un homme tel que vous, de plus vous êtes le premier Juge auquel j'ai à faire, il me serait donc difficile de porter une comparaison. Tout ce que je peux dire, c'est que vous me semblez être quelqu'un de respectable et que mon poing sera honoré d'écraser à vos côtés nos ennemis » ... Un sourire franc et sincère vint éclairer mon visage et apporter plus de féminité à ce dernier.
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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Dim 5 Avr - 21:58



Gilles de Rais



Le Bourreau devenu Juge




Rouge et noir







Gilles de Rais avait remarqué cette curieuse relation entre les deux dames, l'une écrasant l'autre d'une autorité à peine voilé. Rien ne lui avait échappé, pas même cet échange silencieux entre elles qui ressemblaient à s'y méprendre à des reproches, à une sorte de bataille psychologique. Leur lien devait être étroit et singulier pour que même un regard supplante la puissance des mots. Il n'avait rien dit, et ne ferait aucuns commentaires là-dessus. Par contre, et comme il avait éveillé son intérêt tout à l'heure en laissant planer le doute sur un autre moyen – moins contraignant et ou dangereux – de maintenir animé ce reliquat de chair, Gilles de Rais se ferait une joie de lui en enseigner les rudiments. Seulement, pour cela, il devait en apprendre davantage sur elle, et établir une vague notion de confiance entre eux. Pendant que Charis s'exprimait, que sa coupe se vidait et qu'il la remplissait de nouveau habilement de sorte à ce qu'elle ne se rende compte de rien, lui, en apprenait beaucoup, même si c'était anodin. Les détails, il fallait se concentrer sur les détails.

Sa langue s'était déliée, et il fut heureux de voir à quel point la nouvelle Spectre était franche et directe sur ses intentions. Son franc-parler l'amusait un brin tandis que ses prunelles pétillaient de malice. Il y avait du vrai dans ses paroles, de l'authenticité qui finit par le murer dans un étrange mutisme. Il y eut quelques mots qui eurent raison de son amusement. Des vérités énoncées, des concepts souvent subjectif. Ô comme elle était vive et intelligente cette femme-là au port altier, de guerrière intraitable.

Vainqueur, défaite, humanité, monstres. Il y avait tant d'ardeur dans ce verbe que, à la fin de ce discours, Gilles laissa le silence enfler et prendre ses droits. Cela dura quelques minutes durant lesquelles il la jugea sans jamais détourner son regard. Elle y avait plongé et devrait à présent évoluer dans une abîme tempétueuse, une mer dont les vagues fouettaient le visage et les embruns alourdissaient chaque mouvement … C'était une lutte de tous les instants qui se déroulait dans ces prunelles grises. Une couleur qui le sied à merveille et dont sa précieuse petite Lily l'avait doté bien avant que commence la Guerre. À ce souvenir d'elle, sa main chercha dans les replis de sa cape pour en extirper un long morceau d'étoffe – qui semblait insignifiant dans sa main, quoique d'un rouge saisissant – qu'il porta à son nez pour en humer le parfum. Une lueur de tristesse para ses yeux.

« Vous êtes honnête, c'est une qualité appréciable, surtout chez une jeune fille. Faites cependant attention à vos mots, certains pourraient les utiliser contre vous. Même vos frères et sœurs. Vous délier la langue n'était pas à dessein, mais je suis heureux de percevoir en vous, des qualités comme celles-ci. » Il délaissa son vin pour attraper le gobelet de la Spectre. « Et ne vous excusez plus auprès de moi pour avoir faire preuve de tant de franchise. Je préfère cela aux paroles mielleuses des félons qui se prétendent être vos amis. Sans mentir, les Enfers sont un nid de vipères. »

Posant avec délicatesse le verre à côté du sien, le Juge se redressa de toute sa hauteur pour faire quelques pas vers la lumière de l'atrium, inondant sa gigantesque silhouette. Comme il semblait grave le Garuda. Se tournant à demi vers la jeune femme et sa suivante, il se permit, lui aussi, de s'exprimer avec honnêteté.

« En cela, cette violence qui nous anime parfois, nous nous ressemblons jeune Charis. Par le passé, l'ardeur de la jeunesse probablement et des feux qu'allument la ferveur en nous, hommes et femmes, ont animé ma main sous l'égide d'un ancien roi de France et d'une Pucelle aux allures d'un Ange. C'est cette détermination pleine de fougue qui m'a porté jusque ici. Alors ne perdez jamais de vue vos objectifs. Jamais. » Sur ces paroles, le Seigneur de Rais se retira de la lumière pour revenir dans l'ombre. C'était symbolique bien sûr, son histoire avait été marquée par l’oscillation incessante entre elles. Le Bien et le Mal. « Des hommes qui sont des monstres, des monstres qui sont des hommes, hm ? Comme c'est intéressant … »

C'était réducteur de reformuler ainsi les propos du Béhémoth, mais ainsi prononcé à voix haute, il énonçait une vérité qui lui appartenait. Car il n'était pas irréprochable. Respectable, sans doute, mais il n'était pas ce que l'on appelle un Saint non plus.

« Vous tirerez à n'en point douter vos propres conclusions. Je suis sûr que vous les rencontrerez très prochainement, comme d'autres Étoiles. Et à travers eux, vous apprendrez à me connaître. Pas forcément de la plus agréable des manières je le conçois. Vous entendrez maintes choses me concernant, car j'ai moi aussi les mains souillées, et qui devraient porter la couleur rouge. Tout comme vous. »

Il avait prit soin d'accrocher le bout de tissu autour de son poignet, comme les chevaliers le faisaient par le passé avant de jouter dans l'arène. Le rouge et le noir …

« Vous avez un magnifique sourire, gente dame, sachez-le. Il devrait trôner plus souvent sur votre visage. » Une pause. « Désirez-vous toujours apprendre auprès de moi cette leçon qui, je suis certain, vous intéresserait ? Sachez cependant que l'exercice exige un prix à payer. Le prix du sang. Mais en faisant cela vous pourriez obtenir plus de puissance, de force dans ce lien qui vous uni à elle ... »

Déclara t-il en désignant d'un geste de la main, cette servante qui peu à peu, reprenait son vrai visage. Celle d'une vieille dame fatiguée et usée par le temps.


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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Dim 12 Avr - 19:15

J'avais beaucoup parlé, bien plus qu'à mon habitude, moi qui usais plus de mes poings pour me faire comprendre, j'avais dut m'adapter à ma nouvelle situation. Je ne m'en plaignais nullement, surtout que celui qui m'écoutait, faisait preuve de respect et d'attention. Il n'y avait nul jugement, ou suffisance chez cet être venu d'une autre époque. J'étais profondément impressionnée par lui, peux être que sa stature en était la cause ou bien le rang qu'il occupait au sein de cette armée que j'avais rejoint. Il se pouvait aussi que tout cela ne fût dut qu'à ma jeunesse, mon inexpérience du jeu des mots et du vin. Il me félicita pour ma franchise tout en me conseillant de m'en méfier. Voilà un avertissement, utile, mais j'avais conscience de ce fait et l'avais déjà subi. Par le passé, celui ou ceux qui s'étaient essayés à ce jeu, avaient vu leur vie être écrasée par ma fureur. Je n'hésiterais pas à faire de même ici, mais j'avais conscience que parmi les Spectres, je n'étais pas la plus puissante et de ce fait devrait apprendre la patience et la retenue face à un tel comportement. Peut-être qu'auprès de lui, je pourrais développer des talents qui pourraient s'avérer nécessaires pour mon évolution dans ce monde. Lorsqu'il se plaça sous la lumière, se douchant des rayons de l'astre associé à Apollon, il me sembla encore plus impressionnant, son ombre semblait pouvoir s'étendre à l'infini. Sous l'effet de la lumière solaire, il me parut plus sombre, comme entouré d'un halo que certains pourraient définir de maléfique. Mais à mes yeux, ce dernier n'était que la preuve qu'il était bel et bien l'un de plus puissant serviteur de notre seigneur. J'avais encore du chemin à faire, si je voulais un jour pouvoir ainsi projeter mon ombre sur mes ennemis, même si ce ne fut pas dans cette optique qu'il le fit. Il me parla d'une époque ancienne et importante à ses yeux, de la source qui avait fait de lui celui qu'il était devenu. Perdre mes objectifs de vue, ma détermination, seule la mort pourrait mettre fin à ceux-ci et encore. Si je pouvais sentir de la force dans ses mots, je percevais autre chose, d'intime, comme une fragilité ou un regret. Et lorsqu'il quitta la lumière, que certains considéraient comme protectrice, pour retourner dans les ombres, un charme sembla se dissiper. Etait-ce dût à notre nature, nous qui semblions devoir vivre dans les ombres, dans les ténèbres. Je ne pouvais le dire, mais le voir, se tenir sous cette lumière et maintenant le voir retourner dans les ombres, presque tomber en elle, me fit ressentir une certaine tristesse. Les mots qu'il prononça, semblaient eux aussi chargés d'un sentiment profond. Il semblait que ces derniers l'ont touché, comme s'ils le concernaient. Avait-il commis des actes si abominables qu'il avait pensé être un monstre. Si ce qu'il disait était la vérité, il devait être une âme réincarnée, à qui le seigneur Hades avait donné un nouveau corps. Ce corps monstrueusement grand, représentait-il, l'image qu'il avait de lui-même et qu'il pensait devoir renvoyer au monde. Mon esprit commençait à s'égarer dans des territoires qu'il n'était pas habitué à parcourir, surement guidé par la douceur de cette liqueur venu des terres de ce géant qui m'apparut durant un instant fragile. Mais je chassai bien vite, cette pensée, j'avais en face de moi, un des trois Juges des enfers et ces derniers n'avaient rien de fragiles.

Les mots qui suivirent, me parlèrent de mes autres frères, de ce qu'ils pourraient me dire sur lui. Il me signifia que je devrais entendre bien des choses et pas toujours des plus agréables à son encontre. Que pouvais-je dire, que cela n'avait nulle importance, que je ne me souciais nullement des dires des autres. Que je ne faisais confiance qu'à mon jugement quitte à me tromper. Que tant qu'il ne me nuirait pas, ma vision le concernant ne changerait pas. Je me tus, il n'avait aucune raison pour que je lui réponde, d'ailleurs, je doutais qu'il s'attendît à la moindre réponse à ce sujet. Je préférais me concentrer sur son geste, anodin pour certains, mais qui possédait une signification. Je ne savais si celle-ci correspondait à celle que je lui rattachais. J'avais déjà vu des combattants attacher un morceau de tissu, un mouchoir la plupart du temps, quelque part sur eux ou leur tenue. Souvent, celui-ci voulait rendre hommage à quelqu'un, la personne pour qui il se battait, ou une personne disparut comme un hommage. Certains voyaient en ce geste, un moyen d'obtenir une protection, comme une prière ou en complément à celle-ci. Je ne pensais pas que l'homme qui se tenait face à moi, cherchait la protection de qui que ce soit, cela me semblait plus être un souvenir, à moins qu'il ne s'apprêtât à livrer un combat. Mon attention, mes pensées, furent ramenées vers lui, son compliment me déstabilisa ... « Peut-être ... en règle générale, il est accompagné par un désir de destruction, par la jubilation de l'expression de ma violence. Il est rare que je l'aborde en d'autres circonstances » ... Puis vint la proposition, ainsi que la mise en garde concernant le prix à payer. Étais-je prête à verser ce dernier, afin de renforcer le lien que j'avais créé avec Méthea. L'illusion qui était apparue sur son visage, dans son corps commença à disparaitre, pour ne laisser plus que celle que j'avais créé à l'aide de mon cosmos ... « Le sang a toujours été le prix que j'ai payé pour obtenir ce que je désirais, le mien ou celui des autres. Il a plus de valeur, de sens, que la plupart des choses auxquelles on en donne. Si ce que vous me proposez m'apporte ce que vous prétendez, c'est un prix que j'accepte de verser, sans crainte ou regret » ... Peut-être que je m'avançais trop, mais je n'étais pas du genre à reculer lorsque je décidais d'emprunter une voie, un chemin. La raison pour laquelle j'avais créé ce simulacre de vie, connaissait plusieurs raisons et l'une d'elles devait être intéressée par la promesse faite. J'observais le Garuda, sans crainte ou doute quant à mes décisions, ou mes paroles.
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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Mer 22 Avr - 11:02



Gilles de Rais



Le Bourreau devenu Juge




La Magie des Psaumes






Ce morceau d'étoffe symbolisait beaucoup de choses, mais il représentait surtout tout ce qu'il avait perdu jusque-là. S'il devait avoir des regrets, le Juge du Garuda les avaient écarté depuis longtemps. Son expérience passé lui avait apprit cette leçon : s'y accrocher, aux souvenirs lointains, ne faisaient, en définitive, que le conduire à plonger dans les affres d'une douleur viscérale. Le passé étant le passé, ses yeux se portaient vers un avenir qu'il espérait prometteur maintenant qu'il endossait ce rôle si prestigieux de Juge des Enfers. Nul ne saurait dire s'il en était réellement fier, certains murmureraient sans doute qu'il l'avait obtenu d'une sombre manière. Ô il en avait cure, pour lui, il ne l'avait pas usurpé. Quoique pouvait penser feu Aiakos qui sommeillait désormais en son sein et, à son grand damne, s'éveillait parfois pour le narguer. Il l'avait vaincu, il avait sacrifié son ami pour que lui disparaisse. C'était mieux ainsi, pourvu que l'autre consente à le laisser en paix.

Rien n'était moins sûr.

En réponse aux paroles de Charis, Gilles de Rais eut un sourire amusé. Puis, finalement, il l'invita à le suivre une fois encore dans les dédales du Temple du Cancer. Alors qu'ils évoluaient parmi les décombres, lui, sans vraiment lui demander son avis, s'empara de la main de la jeune femme qu'il plaça contre le dos de la sienne, la gauche. Si elle faisait attention, que ses doigts se crispaient ne serait-ce qu'un peu, la Spectre devrait sentir la dureté de cette senestre. Mécanique, qui aurait de quoi la surprendre. Il lui glissa un regard appuyé, jugeant de sa réaction avant d'annoncer, sans préambule.

« Je l'ai sacrifié, au nom de ma Reine. »

Sa Reine. De qui parlait-il ? Sans le vouloir, le Sombre Seigneur s'était parjuré d'une certaine manière : il avait parlé non pas d'Hadès, mais bel et bien de sa Majesté Perséphone à qui il avait juré allégeance. À elle, et à elle seule. Cette pensée, cette parole, suffirait à précipiter sa perte. Là encore, Gilles n'en avait que faire. Mais, les prononcer à haute voix face à cette nouvelle recrue, était-ce si anodin ? N'avait-il pas fait cela à dessein ? Probablement … De toute façon, qu'avait-il à craindre ? Beaucoup le savait très fidèle à sa Cause, et rien ni personne ne l'en avait empêché, ne l'avait sermonné pas plus qu'il avait reçu de châtiment pour cela. Sans doute était-ce parce que la belle et douce Corée était tant aimée par leur Seigneurie, que lui-même comprenait tout l'amour que le nouveau Garuda lui portait ?

Jamais il ne s'était attiré ses Foudres au temps où il fut le Bourreau. Mais maintenant ?

« J'ai pris mes quartiers au Temple du Verseau. Il y règne une froideur qui pourrait vous incommoder et j'en suis désolé. Ce ne sera pas long, ensuite, je vous reconduirais à vos appartements. » Il stoppa ses pas quand ils furent au seuil du Temple du Cancer. Au dehors, le soleil continuait sa course dans les cieux. « Si vous me le permettez … »

D'un coup une étoile noire fila dans le ciel pour s'écraser à quelques pas d'eux. Là, l'homme s'avança et ouvrit grand sa main droite pour commander à son armure de se déployer tout autour de lui. Celle-ci lui obéit et alors le recouvrir. Ses ailes d'ébène s'étirèrent pour occulter ainsi la lumière de l'astre du jour. Le Garuda, dans toute sa majesté, encouragea Charis et sa suivante à lui faire confiance. Son immense stature penché vers elles, il les enveloppa dans une étreinte à la fois forte et douce.

Et il prit son envol, ce géant noir aux yeux si gris. À son poignet, se balançait l'écharpe carmine d'un passé pas si éloigné. Durant ce voyage, comme il semblait songeur ce chevalier! Grave et inquiet. Mais il ne fit pas part de ses soupçons à ses dames. Une ombre pourtant, œuvrait dans le plus grand secret, menaçant ses projets.

Mais, alors qu'ils allaient fouler les premières marches du Temple du Verseau, un trait lumineux et sombre alla les frapper. En faisant un écart, le Garuda eut tout juste le temps de l'éviter, de détourner un second par la simple force de sa pensée et d'en renvoyer un autre qui se ficha dans l'une des colonnes qui menaça de s'écrouler. Le colosse mit pied à terre non sans relâcher son étreinte sur la Spectre et sa servante. D'un bref coup d’œil, il leur ordonna de ne pas bouger. Faisant bouclier de son corps, il les entoura de ses ailes qui subirent un autre assaut.

« Ne craignez rien mes dames. » fit-il alors qu'une épée de ténèbres se fichait dans son abdomen, une autre dans son épaule et enfin, pour finir, dans sa poitrine. Un peu de sang s'écoula de la commissure de ses lèvres, des lèvres qui étaient étirées par un sourire se voulant réconfortant. « In principio erat verbum … »

Au commencement était la Parole. La Parole de Dieu ! Des dessins étranges que l'on appelait Magie des Psaumes apparaissaient ça et là en crépitant d'une énergie rouge, singulière et ancestrale. Des éclairs se formèrent pour frapper des silhouettes ombrageuses qui se tordirent de douleur avant de disparaître dans des cris abominables.

« Gilles … »

Il n'en restait plus qu'un. Mais celui-là le prénommé Gilles le connaissait. En reconnaissant la silhouette encapuchonnée de son ami, son regard s'écarquilla de stupeur. Ses membres vibrèrent d'une colère mal-contenue. Il murmura à la jeune femme.

« Il va falloir vous battre, Charis. »


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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Jeu 30 Avr - 11:15

Lorsqu’il prit l’initiative de me prendre dans ses bras, mon premier réflexe fut de résister. Ne croyez pas que je suis étrangère aux étreintes des hommes, mais je n’autorisais personne à tant de familiarité avec moi, sans mon consentement. Bien sûr, le geste du Garuda ne pouvait pas être rangé dans ces derniers, il avait seulement décidé de nous conduire, moi et ma servante en sa demeure. Ce n’était pas la première fois qu’il se montrait si cavalier, ne s’était-il pas conduit comme le maitre de l’ancienne demeure du Cancer , alors qu’il n’y était qu’un invité. Son rang pouvait expliquer certaines choses, excuser ou du moins faire que son comportement soit toléré. Mais il me semblait qu’il n’agissait pas de la sorte, du fait de ce dernier, mais que c’était dans sa nature. Etait-ce dû au fait que j’étais une femme, voyait-il en moi une quelconque faiblesse, fragilité, ces définitions que l’on prêtait à celle de mon genre. Si j’étais une femme, je n’étais ni faible, ou fragile, j’étais bien plus puissante que bon nombres d’Hommes. Si j’avais pu sentir de la courtoisie chez ce juge, du respect, il semblait considérer que tout ce que son ombre recouvrait, était sien. Mais peut être que je me trompais, que ma réaction et mon sentiment, me venait de ma crainte de ne pas être considérée à ma juste valeur. Il se pouvait aussi, que devant l’âge de son âme, je ne parvienne à la sonder et comprendre. Il m’avait prévenue, il n’avait pas bonne réputation auprès des autres spectres. Le voyage fut rapide, bien plus que si nous avions dut traverser les maisons qui séparaient les nôtres. De plus ce nous évitait de croiser quiconque, était-ce, la raison de ce mode de transport.

Lorsque nous parvînmes sur les premières marches du Temple dont il avait fait sa demeure, nous fûmes victimes d’une attaque. Qui était assez fou pour s’en prendre à l’un des trois Juges, mais surtout comment cela pouvait être possible. Quel ennemi aurait pu se cacher en notre domaine pour porter une telle attaque. Suite à la conquête de ce domaine, que nos armées avaient arraché aux mains des serviteurs de la déesse Athéna, nous l’avions sécurisé. Nul ennemi n’aurait dut pouvoir se trouver en ce lieu. Si les premiers agresseurs furent rapidement détruits par la puissance du Garuda, il n’en fut pas de même pour le dernier, qui se présenta devant nous. Il cachait son identité sous une capuche. Il avait nommé le Garuda et ce de manière très familière, signifiant qu’il le connaissait. Je pouvais ressentir sa puissance, elle était l’égale de celle d’un Juge. Un regard me permit de voir la colère gagner le corps de l’interpellé. Lorsqu’il prononça ces quelques mots, un sourire apparut sur mon visage, cet adversaire devait être redoutable, pour qu’un Juge me demande de l’aide.

M’écartant de quelques pas du Garuda, alors que Méthea allait se mettre à l’abri, je fis exploser mon cosmos, libérant toute sa puissance, son potentiel. Il était imposant, massif, destructeur, l’incarnation du Béhémoth. Le sol se fissura sous mes pieds, sous la pression de ce dernier, mais aussi sous celle de mes muscles. Un sourire des plus enthousiaste apparut alors sur mon visage … « Je me moque de savoir qui tu es, mais tu vas regretter d’être apparut en ce lieu » … Moi qui n’avait pu participer à la conquête de ce sanctuaire, je n’allais pas reculer devant la défense de ce dernier. La défense, la sacralité de ce lieu, ne signifiait pas grand-chose à mes yeux, seule l’occasion de pouvoir me battre, de pouvoir faire preuve de ma puissance, était la raison du plaisir qui me gagnait. Je n’attendis pas de signal, si ce n’est celui de mon désir de destruction, pour me propulser vers ma cible. Les fissures s’élargirent et la pierre se brisa lorsque je m’élançai, avec toute la célérité dont j’étais possible. Mon ennemi parut surpris, sa concentration était dirigée vers le Garuda, vers celui qu’il était venu affronter. Je ma lança dans une succession de frappes rapides et puissantes, toutes touchèrent dévoilant peu à peu ce qui se cachait sous ce long manteau et cette capuche. Je pouvais sentir les impacts de tous mes coups, puis dans un dernier coup porté à l’aide de ma jambe, je m’éloignais afin de permettre au Garuda d’agir. Je savais que mon attaque, aussi puissante soit elle, n’avait dut que peu affecter mon adversaire, ce n’est pas quelques coups qui allaient affaiblir un être dont la puissance égalait celle d’un Juge. Mais tout ceci n’était qu’une mise en bouche, un échauffement et un moyen pour moi de découvrir l’identité de celui qui nous faisait face. Maintenant que ce linge qui le recouvrait avait été lacéré, il me hâtait de découvrir la nature de dernier.
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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Ven 1 Mai - 11:50



Gilles de Rais



Le Bourreau devenu Juge




Le prix du sang versé




« Virtus sanguinis libri tester. » dans la main de l'ancien Bourreau apparu un très ancien ouvrage à la couverture tachetée de sang, qui, de sa propre volonté fit tournoyer ses pages. Le regard de Gilles de Rais parut se perdre tandis que Charis s'élançait, seule, dans une lutte incertaine. « Elle ne manque pas de courage, cette nouvelle fleur tout juste éclose … »

À la fin de cet assaut, le silence reprit ses droits. Celui-ci, tout juste contrarié par le froissement du papier dansant entre les mains du Juge, s’amplifia pour devenir assourdissant. Celui qui semblait connaître le Garuda n'avait pratiquement pas bougé, seules ses lèvres remuaient, comme celles du géant. Ils se combattaient à leur manière, psalmodiant de très vieilles prières en latin l'un repoussant l'autre, l'autre ne cillant pas plus face à ces attaques invisibles. Mais l'impensable se produisit sans que Charis ne puisse en avoir conscience. Victime d'une incantation, le sort faillit bien l'atteindre quand l'être fourbe leva une main gantée devant lui. C'était sans compter l'intervention du Juge qui, en détournant ce pouvoir, se vit en être la proie. H:O. Ces lettres se gravèrent peu à peu dans la peau de son front, comme si on les lui apposaient au fer rouge. Sans un hurlement, le colosse s'affaissa légèrement tout en se gardant bien de relâcher son étreinte sur ce curieux livre. Liber Sanguinis.

Cet adversaire ricana face aux efforts vains du chevalier noir, fit un pas dans la lumière afin de se dévoiler. L'homme – car il s'agissait d'un homme – avait un visage fin et galbe, un nez étroit et des pommettes hautes et saillantes. Ses yeux, d'un bleu si pur, vous transperçait l'âme en même temps qu'ils fascinaient. Il était bel homme, d'une certaine façon, tout élégant dans son costume carmin qu'il, par coquetterie, lissa un temps avant de continuer son chemin, passant à côté de la jeune femme sans qu'elle puisse le saisir … qu'elle s'y essaye et ses doigts ne rencontreraient que le vide. Comme si il était le vent lui-même. Le gentilhomme stoppa ses pas devant Gilles.

« J'aurais dû te tuer des siècles auparavant mon ami, j'en suis désolé. Je n'envie même pas ta puissance, ni ta Vie, car tu n'en as pas, tu n'en as jamais eu. Tout au plus une Vie de servitude, une Vie de misérable. » Sa main se referma en un poing, Gilles de Rais lui, dû courber l'échine. « Et toi, tout aveuglé dans ta quête pour la ramener d'entre les morts, ta précieuse Jeanne d'Arc – il cracha aux pieds du Juge. - saches que je la verrais brûler encore et encore avec ce même plaisir intact. Ô mais … de sa chute, j'en suis l'instigateur, le savais-tu ? »

Tel un Lion prenant plaisir à faire souffrir sa proie, il lui tourna autour, savourant chaque seconde passée qui, pour Gilles, était un véritable supplice. Si seulement il pouvait bouger … Son visage se crispait de plus en plus à chaque parole.

« Quel être méprisable je fais. Pardonnez-moi gente dame. » Ses yeux se braquèrent vers Charis. « Appelez moi N.F c'est ainsi que l'on me nomme. Mes ennemis tout du moins le faisaient … Je suis … j'étais … le confrère de Gilles, un alchimiste tout comme lui. Un alchimiste de talent ! Seulement … voyez-vous … depuis que mon très cher ami est revenu sur « la bonne voie », il ne me sert plus à rien. C'est pour cette raison que je me dois de le refaçonner, comme autrefois. Barbe-Bleue. Le monstre égorgeur d'enfants, condamné pour bien des motifs. Sorcellerie, Sataniste, assassin, violeur … dois-je énoncer tous les chefs d'inculpation ? Il y en a tant … » Il parti dans un rire machiavélique tandis que des petites formes indécises se dessinaient derrière lui. « Il est bien regrettable que vous, mademoiselle, vous vous trouvez justement au mauvais endroit au mauvais moment … Un sacrifice de plus pour le Seigneur Pséma … »

Un râle de colère s'échappa de la gorge de Gilles de Rais. Tout vibrant, ses muscles se crispaient à l'extrême jusqu'à se déchirer dans un bruit écœurant. Il luttait, mais il était trop tard. N.F leva la main vers Charis et remua rapidement des lèvres. Tout autour d'eux, le vent se leva pour emporter poussière et morceaux d'étoffes épars. Des pleurs d'enfants se firent entendre, prélude à un spectacle plus monstrueux encore : des dizaines de petits corps désarticulés se traînaient vers eux, yeux pleins de larmes de sang, bouches tordues dans d'affreux rictus, peau grise et décomposée …

« Charis … le prix du sang, le prix du sang versé … » murmura le gigantesque Juge avant de fermer les yeux. Quant au Béhémoth, peu à peu, son corps ne lui répondait plus. Il lui fallait agir vite !


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Grenat


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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Dim 3 Mai - 1:49

Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu o°~

" Au nom de cette vérité et de cette allégeance, je vais abattre ma vengeance sur toi! "
Bible.



" Belle inconnue, quelle serait pour vous la signification des lettres H.O se gravant de sang sur ce front ? Car si vous ne le comprenez pas, vous ne pourrez jamais éviter la sanction des Parques. Alors je vais vous le rappeler distinctement pour que vous vous en rappeliez : Hommes Optares ! "

La voix sortait de nulle part. Comme un rappel venu de la nuit des temps, un homme sortait de l'ombre pour parler à celle qui était aux côtés du Juge des Enfers. Le Garuda ? Celui qui venait d'arriver était surpris de voir le surplis sur le dos de l'ancien Bourreau, mais, qui mieux que lui pouvait comprendre le sens de la magie des Poètes. Présent quelques instants auparavant sur le parvis du Temple de la Vierge pour ne pas importuner son amie, il avait senti un pouvoir se réveiller ici. Quelque chose de sombre qui se répercutait dans les mots sacrés qui formaient l'existence même de ce Monde. Laissant la Vouivre à ses occupations avec le Vampire, il s'était décidé à descendre jusqu'ici.

Debout, regardant ces enfants, ces horreurs d'un passé pas si lointain. Ses lèvres bougèrent légèrement pour briser l'incantation du Poète noir qui croyait la victoire trop rapidement acquise. Il n'en serait rien. Sur le sol, il avait posé la main pour laisser des lettres dorées balayées les peurs les plus anciennes de l'actuel Juge. Pendant quelques instants, les psaumes se battirent les uns contre les autres. Mais la surprise était du côté de l'Inconnu, il avait déconcentré N.F pour repousser son attaque pour quelques temps, il savait que cela ne faisait que commencer. Son regard se portait sur Gilles à ce moment là et après s'être avisé que le Béhémoth récupérait, il sortit enfin à la lumière pour apparaître devant les personnes du Temple du Cancer.

Le visage toujours sévère, son cosmos laissait toujours pointer une sacralité mélangée à une chaleur incandescente. On dénotait dans son aura violacée des liserés solaires par intermittences. Sous la lumière des torches vacillantes, on pouvait voir un surplis sur son corps ressemblant étrangement à celui du Juge du Garuda. Son regard azuréen regardait l'assistance comme si chaque membre présent n'était rien pour lui. Il avait en cela une expression qui était proche de Gilles de Rais, une Noblesse à l'état brut sans aucune once de vilenies. En un clignement de paupières, il fût devant le géant en train de se tordre de douleurs. Sa main droite dansa dans les airs pour tisser un trait doré sur le front de ce dernier. Les lettres de sang s'affaiblirent brusquement pour ne plus jamais revenir. Puis, il se retourna enfin vers le responsable de tout ceci.

- Décidément, tu continues à suivre la voie de Medmenham, de Sir Ashwood. J'ai raison ?

La question ne demandait pas de réponse. Sa tête se retournait alors vers la demoiselle qu'il avait apostrophé en entrant dans la pièce.

- Veuillez pardonner mon indélicatesse. Je suis Caeron de Fragrance, pour vous servir ! Le temps que le Seigneur de Rais retrouve sa puissance... Je vais vous ouvrir une opportunité, voyons si tu es encore capable de te défendre Alchimiste !

Caeron reculait de quelques pas. Il n'était pas Homme à retirer une proie entre les mains d'une si belle Dame. Relevant sa cape, il laissait entrevoir une magnifique rapière mais il ne la sortit pas de son fourreau. Une étrange bande de soie orangée recouvrait la garde avec soin, comme si le gardien de la lame ne pouvait l'utiliser sans autorisation. En fait, ce n'était pas là qu'il fallait regarder mais au niveau d'une petite dague qu'il prenait avec soin. Il se coupait légèrement le pouce pour laisser couler une goutte de sang sur le sol. Une explosion s'en suivit et chaque personne présente pouvait se sentir affaiblie quelques instants.

" Au commencement était la parole ! Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, Qui ne s'arrête pas sur la voie des pécheurs, Et qui ne s'assied pas en compagnie des moqueurs, car l'Éternel connaît la voie des justes, Et la voie des pécheurs mène à la ruine. "

Des centaines de mots naquirent du sang et, les uns après les autres, formèrent des tentacules de lettres dorées comme le soleil. Les piliers et les murs, les péristyles, toit et plafond étaient recouverts de ces fils de lettres qui commencèrent à se lover pour écrire deux lettres dans des endroits particuliers. En quelques millièmes de secondes, des énormes H.O apparaissaient sur les murs, ils brillaient d'une lumière solaire et dérangeante pour toute personne née dans les Ténèbres. Caeron n'avait pas usé de la "cage" du Verbe depuis fort longtemps, devenu Juge, il s'interdisait même d'user de cette technique mais là son successeur était en danger. Soudain, une fatigue énorme venait de le frapper à la poitrine et il sentait qu'il avait dépassé les limites de sa propre situation, il n'était plus qu'un joyau de dame Grenat après tout... Un filet de sang quittait son corps à la commissure de ses lèvres quand il se releva pour protéger Gilles de toute nouvelle attaque poétique. L'école de Versailles, la première, avait toujours eut une puissance bien supérieure aux enseignements de Dashwood mais il était prudent.

- Allez-y... Mon corps est trop faible, je ne pourrai maintenir les Psaumes bien longtemps...

Dans un moment de fatigue, il posait le pied à terre mais restait à protéger le Juge. Charis avait le champ libre, enfin il l'espérait. Si seulement il avait pu... Non, il avait promis de ne jamais plus sortir sa rapière. Un serment était un serment.
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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Ven 8 Mai - 12:58

La situation me dépassait quelque peu, moi qui étais accompagnée par l’étoile céleste de la solitude. Mes attaques même si elles n’avaient pas été portées pour détruire ma cible, ne semblaient avoir eu aucune prise sur celui qui se tenait devant nous. De plus, ce dernier ne semblait pas même se soucier de ma présence, me considérant presque comme quantité négligeable, tout à son attention au géant se tenant à mes côtés. Voir un être tel que ce dernier, l’un des serviteurs les plus puissant de notre maitre, ployer sous la force de son ennemi, me fit perdre notion du danger que représentait l’homme. J’étais suffisamment lucide pour savoir que j’étais le témoin d’un combat ayant débuté il y a longtemps de cela. Que l’ennemi qui s’était dressé face au Juge, venait du passé de ce dernier. Les mots qui furent prononcés, les souvenirs dont ils étaient chargés, ainsi que cette haine pleinement perceptible, tout cela exprimait le côté intime de cet affrontement. Puis il s’adressa directement à moi, m’expliquant son histoire commune avec le Garuda. Je ne prêtai que peu d’attention au contenu des paroles prononcées, d’ailleurs le nom et les crimes reprochés n’avaient que peu d’intérêt. Il semblait vouloir me dépeindre un tableau bien sombre de celui que j’accompagnais, comme s’il cherchait en moi une sorte de reconnaissance, d’acceptation de son attaque. Il était bien mal tombé avec moi, le Juge m’avait prévenu que certains pourraient me raconter des faits pouvant modifier cette vision que je m’étais faite de lui. Mais lui, comme cet être semblait oublier une chose, je n’étais pas une innocente jeune femme, pure, noble, au caractère doux ou fragile. Je n’étais pas cette Jeanne d’Arc qui semblait avoir compté énormément pour les deux, même si la nature des sentiments était différente. J’avais broyé, arraché, écraser plus d’une vie et ce par moment avec plaisir. Mais le plus important, j’étais une des élues du Sombre Monarque, je portais l’une de ses armures sacrées. J’étais une âme sombre et ténébreuse et surement pas une gente dame ou une demoiselle. Lorsqu’il parla de sacrifice, je ne pus que laisser un sourire moqueur apparaitre sur mon soit disant beau visage. Je n’étais le sacrifice de personne, il n’existait qu’un seul pouvoir devant lequel j’acceptais de me plier, de me soumettre.

Les paroles du Juge, ne firent qu’agrandir mon sourire. Le prix du sang versé, voulait-il dire que tout ceci était dû à un jugement, une condamnation pour ses fautes. Je me sentis outrée, outragée, comment un juge des Enfers, pouvait accepter ceci. Je ne reconnaissais qu’à un seul, le droit de me juger, de me condamner. Ce n’était pas au fantôme d’une vie venant du passé, le serviteur d’un quelconque seigneur que je reconnaissais ce dernier. Bien sûr je sentais son pouvoir agir sur mon corps, preuve de sa puissance. Tout ceci, ne fit qu’enfler ma colère, ma rage, mon désir, d’écraser cet être. Pensait-il réellement, que j’étais aussi faible, à la différence du Juge qui se tenait à mes côtés et qui me semblait pitoyable à cet instant, je ne laissais nul regrets, nul hontes, nul culpabilité peser sur moi, m’entraver. Je ne regrettais aucun de mes choix, de mes actions, c’était elles qui m’avaient permis de porter ma surplis. Quant aux fantômes, esprits et spectres, ils n’étaient rien pour ceux qui avaient accepté le Sombre Seigneur dans leur cœur et dans leur âme.

Alors que je m’apprêtais à bouger, à lutter contre la contrainte que l’on voulait m’imposer, une nouvelle silhouette apparut. Mais avant elle, des mots, ces derniers s’adressaient à moi et m’éclairaient sur la signification des lettes de sang qui étaient apparues. Il me mit en garde contre les Parques et leur sanction, ce qui ne fit que renforcer mon sourire, le rendant presque moqueur. Étais-je stupide de me moquer de la possible sanction des Parques. Methéa dont la présence s’était faite discrète aurait adressé une prière ses dernières pour leur demander de m’excuser si elle avait vu mon sourire. Dans les mots, le comportement de ceux présents, une chose m’échappait, avaient ils oublié ce que signifiait le fait de porter les Surplis. Les parques pouvaient bien couper le fils de ma vie, cet alchimiste revenu du passé du Garuda pouvait bien penser pouvoir me sacrifier. Ils n’étaient rien comparé mon Seigneur, lui qui régnait sur la Mort. Mais je devais malgré tout remercier le nouveau venu, lui qui semblait portait une surplis similaire à celle du Garuda. Lui qui semblait partager un passé avec le serviteur de ce Pséma et ce dernier. Par son pouvoir, il m’offrait une opportunité, me soulageant des entraves. Si tous trois semblaient pratiquer un art reposant sur le pouvoir des mots, comme ce Hommes Optares. Ce dernier aurait pu avoir un effet néfaste, mortel. En y repensant, tous ici présent, ces trois hommes n’avaient cessé de me sous-estimer, de sous-estimer ma force. Quel que soit la nature d’un pouvoir, d’une attaque, elle peut être brisé, repousser avec suffisamment de force. Et de la force je n’en manquais pas, même si je portais le surplis d’une étoile céleste, mon cosmos était d’une puissance pouvant égaler celui d’étoiles plus puissante, tout comme ma force physique. Les mots n’étaient pas les seuls à posséder le pouvoir d’ignorer toutes défenses et cet ennemi tout comme mes alliés allaient découvrir que je ne portais la Surplis du Béhémoth pour rien. Rien ne pouvait stopper la charge de ce dernier et il en était de même de mes attaques. Concentrant la puissance de mon cosmos, j’écartai les bras vers les arrières, les yeux de la créature dont la tête ornait mon épaule semblèrent prendre vie. Puis les ramenant avec puissance vers l’avant, je libérais la charge du Béhémoth l’accompagnant de deux mots … « Violente Réaité » … A cet instant, tout mos cosmos prit la force du Monstre, sa charge atteignit une vitesse que seule quelques rares pouvaient atteindre. Si les ténèbres n’avaient pas été la couleur de mon cosmos, on aurait pu croire que cette attaque était de lumière au vue de celle-ci. Cette attaque l’une des plus puissante de mon arsenal, ne pouvait être stoppé et ce quel que soit la défense utilisait. Mais, je n’allais pas m’arrêter là, je devais me présenter dans les formes à mes alliés, ainsi que nos ennemis, leur montrer la force qui était la mienne. Suivant l’élan donné, ce fut mes poings qui suivirent. Si lors de ma première attaque, ils n’avaient pas affecté celui que j’avais pris pour cible, ils se trouvaient maintenant bien plus lourds et puissants. Ces derniers avaient broyés, écraser, détruit, un nombre important de corps. Le poids de ma rage, de mon désir de détruire, de ma puissance physique les rendaient plus dangereux et efficaces de bien des armes. Personnes ne pouvaient échapper à leurs coups, aux douleurs et dégâts qu’ils occasionnaient, ils étaient eux aussi la manifestation de la puissance du Béhémoth. Par mes attaques, je rappelais ou signifiais à tous qui j’étais, la signification du Surplis que je portais. Puis des mots sortirent de ma bouche, après tout j’étais en compagnie d’hommes de lettres, de savants, je pouvais faire preuve d’autre chose que d’une brutalité sauvage et décomplexée … « Nul volonté, nul paroles, nul pouvoir autre que ceux de mon seigneur n’ont de réalité, de force en ces lieux. Seul lui, peut réclamer le prix de nos fautes passées, lui seul tient notre destin entre ses mains. J’écraserais tous ceux qui osent se dresser contre lui et menacer son autorité » … Chacun de mes mots étaient accompagnés par des coups et leurs donnaient de plus en plus de poids et de puissance. Même si j’avais foi en mes paroles, je savais que sans l’aide du Garuda, je ne pourrais mettre à Terre cet ennemi. J’avais beau être puissante, parmi les étoiles célestes, je ne pouvais espérer égaler un Juge. Mais cette réalité, ne pesait rien face à mon désir de faire preuve de ma puissance, de ma force, devant mon désir et ma volonté de broyer celui qui avait eu l’affront de nous attaquer.
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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Sam 23 Mai - 12:26



Gilles de Rais



Le Bourreau devenu Juge


Jeanne





« Quelle surprise, mais ne serait-ce pas ce bon Seigneur Caeron de Fragrance ? Eh bien eh bien, où va ta prétendue loyauté aujourd'hui ? » Un sourire sardonique aux lèvres, le Poète Noir, N.F, se laissa un moment submerger par cette puissance ancestrale, bien supérieure à la sienne, en temps normal. « Je vois, comme mon « ami » te voilà devenu pantin. »

L'alchimiste se voyait très déçu de voir son ennemi sous la Coupe d'un autre que ceux des Mots et de la Magie du Verbe. Qu'importe le cynisme, le sien comme celui du suivant de Dame Grenat : il avait une mission qu'il comptait mener à bien. Son œil s'attarda sur le géant en proie aux pires des tourments ! Combien de fois l'avait-il mit en garde ? Il n'avait rien voulut voir, écartant cette odieuse hypothèse : celle d'être trahi par son seul et unique ami. Rien ne contrariait ses plans, cette cage dorée, ces vaines bravades d'une étoile solitaire, il pourrait d'un simple geste, les réduire au silence.

Le prix du sang versé. Gilles de Rais recracha un peu de bile noire à ses pieds, offrant un pâle sourire au nouveau venu. Il devait être bien surprit de le voir revêtir son ancien Surplis. Comme lui le fut en retour en discernant bien que vaguement, une silhouette familière. Un simulacre de son ancienne vie ? Serrant la garde de son épée gigantesque, le chevalier noir fit exploser son cosmos en un millier d'étoiles scintillantes qui prirent leur envol dans les cieux. Celles-ci se mêlèrent à l'aura violacée de Caeron, en un message lourd de sens. Peu à peu, celui qui avait servit à la Cour de Versailles se vit privé de son énergie. Pas assez pour qu'il s'effondre sur le sol, mais assez pour qu'il ne puisse intervenir plus avant dans leurs affaires.

Une main gantée de noire alla se poser avec douceur sur l'une des épaules de l'homme à la Rapière. « Je ne saurais vous laissez vous sacrifier pour cette cause, Monsieur de Fragrance. Chevalier du Soleil. »

Un sceau de sang apparaissait par intermittence sur le front du compagnon de la Vouivre. Un regard entendu plus tard, et il dégrafa sa cape sombre qui s'étala sur le sol, à l'instar d'une corolle. Une seconde plus tard, le voilà parti au contact de N.F. Ce prétendu ami. Son poing se ficha dans la tempe de l'Alchimiste au même moment où l'Arcane du Béhémoth faisait son office. Leurs gestes alliés eurent raison du Poète qui, dans un hurlement, clama sa défaite.

N.F regardait le colosse approcher de lui, étendu dans une mare de sang, le sien. Il s'écoulait, s'écoulait encore, ce précieux liquide, alimentant ses espoirs. Dans sa main, quelque chose palpitait, caché dans les replis de chairs carbonisés. Un mince sourire sadique étira ses lippes. D'un geste vif, il lança une pierre rouge vermeille vers le Garuda. Ou plutôt, vers Charis.

« NICOLAS ! » hurla un Gilles de Rais furieux en comprenant, trop tard, ce qui était sur le point de se passer. Faisant volte-face l'ancien Bourreau projeta toute sa puissance vers la jeune femme, libérant ainsi son armure de nuit qui, en prenant sa forme totémique, se dressa contre l'énergie titanesque libérée par l'Alchimiste. La déflagration souffla le Temple tout entier, le faisant trembler sur ses fondations. L'eau des bassins s'étaient vidée, les colonnes s'étaient brisées, ne restait plus que des silhouettes incertaines, points minuscules happés par la Lumière.

Puis ce fut au tour des Ténèbres d'être Maîtresse incontestée en ces lieux. L'ombre du Garuda s'étendait à l'infini, avalant celles de Caeron et Charis. Debout, droit, les bras écartés, tel un Christ en souffrance, Gilles de Rais demeurait parfaitement immobile. À la commissure de ses lèvres, un peu de carmin s'écoula, quelques gouttes s'écrasèrent en un tintement du cristal qui se brise.

« La pierre … Philosophale … » articula t-il avant de pousser un soupir. « Tu as réussi ? … »

Les yeux gris et tristes du compagnon d'armes de Jeanne d'Arc se refermèrent sur le Monde. Un instant il crut voir la Pucelle lui sourire, lui tendre la main. Sa propre main s'était levée en réponse à cette demande silencieuse.

« Jeanne ? »

Des lettres d'or se formèrent devant le corps inanimé de N.F, une silhouette en émergea, scintillante, si belle était cette dame que l'on aurait dit un Ange. Jeanne d'Arc alla enlacer entre ses bras son ami, celui qui ne l'avait jamais abandonné. Elle posa, la merveilleuse élue de Dieu, son regard pers si pur, si sage sur Charis et Caeron et, mimant un geste, effaça toutes traces de lutte sur leurs visages. Lui s'était agenouillé, ou plutôt était tombé à genoux devant sa Belle, éreinté mais heureux. Il dansait au bord du gouffre de la Mort, mais, pour la première fois de sa vie, Gilles était parfaitement heureux.

« Je pourrais mourir maintenant, ô Jeanne. Je pourrais mourir heureux. Mais … je ne peux pas demander un tel sacrifice de la part de mon ami, même s'il a eut tord d'aller à l'encontre de … » Gilles sentit sa gorge se serrer à présent qu'il comprenait. Il se tourna à demi vers les spectateurs et acteurs malgré eux, de centaines d'années de recherches. « Je n'ai jamais abandonné » expliqua t-il en dardant ses prunelles dans celles de Caeron puis, celles de Charis. « Nicolas de Flamel et moi-même avons bravé, transgressé même bien des préceptes alchimiques pour en arriver là … il a utilisé à tord les enseignements de Dashwood et moi, aveugle, les pouvoirs de Dame Perséphone. Je lui avais pourtant interdit de mener à son terme ce projet, pas de cette façon … Mais la nouvelle puissance d'Aiakos du Garuda ... »

Quelle honte il ressentait en cet instant. Une caresse dans ses cheveux le fit revenir à lui. Le fantôme de sa Jeanne l'intimait à se redresser. En contemplant ses traits, il eut la surprise de reconnaître ceux de Dame Aalanna. Son enveloppe aussi éclatante que le soleil lui réchauffait l'âme et le cœur. « Nous nous étions donc pas trompés. Merci … »

Le Juge du Garuda ne pourrait supporter d'être séparé une nouvelle fois d'elle. Il en perdrait la raison.

« M'aiderez-vous, Caeron de Fragrance ? Vous plus que quiconque, comprenez … n'est-ce pas ? » Il paraissait le supplier. « Charis, je suis navré de vous avoir entraîné là-dedans. Il … Il a utilisé votre force brute pour éveiller … ô ce serait si long à vous expliquer. Pardonnez-moi. »

Puis une aura malsaine, mauvaise, crépita, sua de tous les pores de sa peau. Un rire satanique outrepassa la barrière de ses lèvres, faisant naître une expression de pure terreur sur le beau visage de l'ancienne Porteuse de Lumière-Dieu. le Garuda se laissait submerger par la puissance insidieuse d'Aiakos, cet être vil et fourbe qui s'était déjà emparé de l'esprit de Faust - celui qu'il avait évincé de son titre - il luttait, le preuve étant ces deux forces qui se manifestaient de temps à autres en des vagues d'énergies destructrices ... Mais Gilles, éprouvé, ne saurait lutter davantage contre un énième ennemi. Pas sans aide.


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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Mer 27 Mai - 18:24

Assistée du Garuda qui était parvenu à retrouver ses forces, nous parvînmes à terrasser notre ennemi. Nous devions tous deux, reconnaissance envers cet ancien Juge, qui était permis que je puisse me libérer de l’emprise de cet ombre du passé du géant, qui siégeait sur l’un des trois sièges de l’autorité militaire de notre armée. Puis les choses s’accélérèrent et prirent un tournant assez étrange, même pour moi qui avait juré allégeance au Sombre Seigneur des Enfers.

Dans un premier temps, notre ennemi, terrassé, lança une pierre au pouvoir de destruction redoutable. Sans l’intervention du Garuda, il n’était pas certain que je m’en serais sortie aussi bien que ce dernier. Il prononça les mots, Pierre Philosophale, avec une certaine incrédulité, avant de perdre conscience quelques courts instant. Je lui prêtai mon épaule, afin de le soutenir et ne put qu’entendre ce Prénom. Le ton employé donnait à ce dernier une charge émotionnelle importante, mais aussi comme une sorte de pouvoir. Etait-ce, ce nom murmuré, qui fut la raison de la manifestation d’un pouvoir dérangeant, car trop lumineux. Ceci ne pouvait être qu’une manifestation céleste, similaire à l’image que j’avais pu me faire suite aux descriptions de ces gardiens de la religion chrétienne. Cet ange, seul mot qui me vint à l’esprit pour le décrire, chasse toute trace de la corruption que l’ombre avait pu nous apposer. Je fus surprise, presque énervée par le comportement de celui qui devait représenter l’une des plus hautes autorités de mon Seigneur. Le Garuda tomba à genoux, son visage irradia d’une joie infinie. Je compris alors qu’il devait s’agir de celle dont il avait porté l’étoffe au poignet. Il se mit à nous parler, à m’expliquer son histoire avec cette ombre. Ainsi, celui qui nous avait attaqués portait un nom, Nicolas de Flamel, et avait été un compagnon d’étude du Juge qui m’avait invité à le suivre. Etait-ce de ce prix ou d’un prix de cette nature, dont il m’avait prévenue lorsque j’avais accepté son offre. Il parla aussi d’un ancien Juge ayant porté le Surplis qui était sien à l’heure actuelle, Aiakos, mais aussi de la puissance de ce dernier. Je ne compris pas de quoi il parlait, à quelle nouvelle puissance il faisait allusion. Ce Juge avait-il utilisé l’alchimie pour obtenir plus de pouvoirs que ceux conférés par notre Seigneur. Je me perdais dans tout cela et cela ne me plaisait guère. Je n’ai jamais été du genre à aimer les situations qui m’échappaient, dans lesquelles je me trouvais perdues.

Le Garuda se perdit un instant dans l’ange qui lui faisait face, à moins que ce dernier ne le ramène au temps présent et à la situation actuelle. Il demanda de l’aide à celui qui nous avait assistés, mais qui me semblait en avoir payé le prix. Seul le Seigneur Hades avait le pouvoir de rendre la vie, tout mort ressuscité par une autre volonté, le devait à un pouvoir autre. Et Caeron semblait avoir énormément puisé dans le sien. Puis se tournant vers moi, il me demanda pardon, avant de vouloir me prévenir d’un éveil. Qui s’éveillait, qui avait utilisé ma force brute pour. Ce ne fut pas le Garuda qui m’offrit la réponse, mais l’aura malsaine, mauvaise qui crépita autours de son corps. Cet éveil, fit apparaitre une grimace de terreur sur le visage de l’ange, comprenait-elle mieux que moi ce qui arrivait au porteur du titre de Juge des Enfers. Même si tout cela me dépassait, je savais reconnaitre un affrontement quand j’en voyais un. Il était clair que le cosmos qui se dégageait du corps du Garuda n’était pas celui de Gilles, même si ce dernier tentait de le combattre. Une enveloppe pour deux âmes, Gilles de Rais était une âme ancienne, celle d’un Chevalier ayant vécu bien avant cette ère. Ce pouvait-il que cette force qui tentait de prendre pied, que ma force brute avait éveillé soit celle de Aiakos l’ancien Garuda. Peut-être que d’autres auraient pris le temps de réfléchir, de chercher à comprendre, mais je n’étais pas de ceux-là. L’instant était à l’action et non à la réflexion, je n’avais que faire de la nature de celui qui s’était éveillé, la seule vérité, la seule réalité était celle du Seigneur Hades et jusqu’à preuve du contraire, celui qui devait porter le titre et la Surplis du Garuda était Gilles de Rais. Si c’était ma force brute qui avait éveillé, le pouvoir qui se manifestait c’était elle aussi qui allait l’envoyer se coucher. Concentrant mon cosmos, renforçant ma puissance physique, je plaquai ma main sur le torse du Garuda avant de l’écraser à même le sol et ceux sans la moindre retenue. Sous l’impact un petit cratère se forma et la pierre se fissura, puis je libérais toute l’intensité et la densité de tout ce qui faisait de moi une des étoiles célestes au service du Seigneur Hades au travers du corps du Juge. Peu d’Hommes pourraient survivre à une telle déferlante de force brute, puis alors que mon cosmos explosait, je psalmodiais une prière, des temps anciens, dédiée au Seigneur des Enfers et à sa Femme. Une de ses prières que Méthea m’avait fait apprendre et récitées dès que j’avais décidé de suivre mon étoile. Le grec ancien, le langage des prêtresses de l’antiquité se mélangea afin d’en appeler à une force supérieure à la mienne, de soutenir celle de Gilles. Cette prière était entrecoupé par des mots que je destinais aussi bien à ce pouvoir qui tentait de prendre le contrôle qu’au Spectre qui m’avait accueilli … « Qui que tu sois, n’oublie pas que seule la volonté du Seigneur Hades règne en ce domaine. Seul lui possède tout pouvoir sur ceux qui suivent ses étoiles. Si tu abandonnes maintenant, tu trahiras toutes tes promesses, tes devoirs et tes espoirs. Tu perdras tout ce que tu possèdes et possédais, ainsi que ceux que tu aimais, n’hésite pas à utiliser ma force, ma violence, si nécessaire car tu m’as fait une promesse et je ne tolère pas ceux qui me mentent et me trahissent. Prouve-moi, que j’ai eu raison de te faire confiance et de rattacher mon étoile à la tienne » … Sur ces derniers mots, j’utilisais toute la force, la violence et la brutalité de mon être, pour repousser ce pouvoir étranger et malsain. J’étais prête à broyer ce corps qui se trouvait sous ma main, si nécessaire, si l’actuel Garuda ne parvenait pas à vaincre, alors je le détruirais totalement et ne permettrais à aucun pouvoir de prendre place en ce dernier, bafouant et offensant le pouvoir qui avait donner une nouvelle vie à celui-ci.
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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Sam 6 Juin - 14:53

Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu o°~

" Au nom de cette vérité et de cette allégeance, je vais abattre ma vengeance sur toi! "
Bible.



" Monseigneur, nous sommes hommes d'honneur. Evidemment que je vais vous aider ! "

La réponse avait été sûre, sans ambages de quelconques manières. Quelques secondes auparavant, dans le frisson du combat, Flamel avait frappé l'ancien Garuda dans son coeur. Il savait bien qu'il avait bien souvent changé d'allégeance, bien souvent perdu dans ses propres pensées. Il travaillait maintenant pour un "Graal" que personne ne pourrait comprendre, il avait trouvé une certaine conscience de lui même et de ses erreurs de jeunesse. Un sourire en coin, il se relevait lentement avec l'appui paternel de Gilles de Rais. Un sourire assez doux s'esquissait sur ses lèvres à ce moment là. Il n'avait pas le temps de répondre que le Béhémoth prit les choses en main, chaque coup porté contre l'alchimiste le ramenait le plus rapidement possible de la mort finale que tout être attends !

Lentement, Caeron s'était mis debout mais il écarquillait les yeux en voyant une pierre rouge frappée le sol. Quelques secondes avant, quelques secondes avant... Tout devait être fini, tout n'était plus que ténèbres ! Le souffle coupé, l'ancien Garuda ne parvenait pas à sentir ses membres, ses sens étaient brisés par une force venue de la profondeur de la Terre elle même. Ses lèvres bougèrent alors dans le silence, personne ne pouvait l'entendre, mais dans l'obscurité, tout cela explosait quand un rayon de soleil traversait les décombres pour tomber sur les membres présents. Une aura lumineuse s'emparait du cosmos violacé de Caeron et l'explosion de lumière brisait les obscurités de Garuda. Mais tout cela était loin d'être terminé... Dans le coeur de son vieil ami, il sentait que la puissance d'Aiakos s'était réveillée. Combien de fois il l'avait combattu lui même ? Ce déferlement de haine et de déshonneur le plus vile ? Il n'avait pas de chiffres à donner, simplement qu'il comprenait ce qu'il devait connaître. Il se retournait pour le voir en sale état. Flamel était mort mais il avait fait une horreur, il avait libéré une force redoutable dans le coeur de l'ancien Bourreau.

Les mots de la jeune femme le sortirent de sa torpeur. Elle avait une Foi inébranlable pour son Dieu, pour le Juge qu'était devenu Gilles et cela était une chose assez rare avec l'esprit de ce temps. Ce Monde était à la fin de son Age, l'âge de la féodalité était à l'article de la mort et personne ne le voyait. Si personne ne faisait rien, il sombrerait dans le chaos et la guerre la plus totale. Caeron s'en doutait plus que quiconque mais l'heure n'était pas à la philosophie, il devait déjà aider Gilles de Montmorency à lutter contre l'âme damnée de Aiakos. On en revenait donc aux premiers mots cités dans cette page. Oui, il allait l'aider pour lui permettre de se dépasser une nouvelle fois. Alors que le Béhémoth le mettait à terre en usant d'une puissance digne des plus grands démons de la terre, Caeron levait sa rapière en concentrant tout son cosmos dans sa lame, tout le sang aux alentours devenait brume qui se condensait sur la lame pour laisser apparaître des mots qui résonnaient en même temps que l'ancien Juge.

- Au commencement était la parole... Et il me dit : C'est fait! Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement.

Les lettres de sang se formèrent sur la lame et observant la position des deux personnes devant lui, il marcha en se retrouvant devant la tête de Gilles. Il s'agenouillait. Sa rapière se levait au-dessus pour laisser la pointe se poser sur le front du Juge. Soudain, tout le cosmos accumulé se déversait dans la petite plaie au rythme des psaumes incantés. Une lueur en sortait et de l'argent liquide sortait de la blessure pour extirper le malin. Mais chancelant, l'énergie trop encore fragile, on pouvait entendre une fêlure sur le rubis sur son poitrail. La Rapière tombait sur le sol, Caeron était dans le coma le plus profond. Il espérait juste que tout cela réussissent !
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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Mer 10 Juin - 18:00



Gilles de Rais



Le Bourreau devenu Juge


Le Seigneur ...




« Le Seigneur est mon Berger … » sifflait un Gilles de Rais torturé au creux de son âme. Loin d'être vaincu, et aidé par Charis et Caeron, il psalmodiait un vieux psaume, un Poème majeur, en échos avec celui de l'ancien Garuda. « … je ne manque de rien … »

Qu'il lui était pénible de lutter ! Il n'avait jamais cessé de le faire depuis le jour triste de sa naissance. Ce mal, nouveau pour lui, le taraudait de plus en plus. Ô Aiakos avait attendu son heure pour s'essayer à prendre la place qu'il estimait ! Mue par une volonté inébranlable, le Seigneur de Rais, plaqué au sol par la puissance de cette tout jeune étoile, poussa un cri rageur. Il continua son Verbe, en s'essayant à ne pas faillir.

« Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours. »


Quand la pointe de la rapière toucha son front, une insidieuse douleur le transperça tout entier. L'autre en son sein vrombit de colère, laissant éclater un cosmos impur et destructeur. Le visage de Gilles de Rais se fendit dans un large sourire moqueur, avant d'être fissuré par une grimace horrible. Adieu sa jeunesse feinte, sa peau craquelait désormais avant de prendre une teinte cadavérique, quant à ses yeux, affreusement exorbités, lui donnaient des airs de fous sanguinaire. Ne le surnommait-on pas Barbe-Bleue ?! Prêt à s'en prendre à Charis qui avait pourtant fait preuve d'un courage et d'une force sans pareille, il fut interrompu par une main blanche et lumineuse qui se plaqua contre son front. La dame de l'aube entamait un chant très ancien, magnifique, qui prit racine dans le cœur de l'ancien Bourreau. De même nature que la puissance dégagée par Caeron de Fragrance, Aalanna utilisa ses dernières ressources pour le faire revenir.

« Vous ne pourrez pas me sceller éternellement … car je suis éternel et un jour ou l'autre, comme celui-là, vous serez faibles. Et alors je pourrais reconquérir ce qui m'appartient de droit ! »

Dans un dernier soubresaut, le corps de Gilles se souleva avant de retomber durement contre le sol. Peu à peu, et sous les bons soins de la jeune femme aux aspects fantomatiques, le Juge du Garuda reprit son apparence, de même qu'elle promulgua soins à l'autre Seigneur. Tout en faisant cela et tandis que les deux hommes étaient plongés dans le coma, elle échangea quelques mots avec le Béhémoth.

« N'ai crainte jeune Charis, ils vont se relever, les Poètes le font toujours. À jamais ils demeurent. Et je vois en toi des talents similaires … comme le Destin est drôle, parfois. » Une pause. « Comme il l'a fait pour moi, il te portera, jamais il ne t'abandonnera. Comme moi il doit voir quelque chose de grand en toi. Grandit, petite étoile, et continuons de veiller sur eux. Je vais le porter dans ses appartements et prendre soin de lui, après tout, il m'a appelé, et je suis désormais revenue dans votre monde. Me voilà affublée d'une mission nouvelle. Peux-tu te charger de Sieur Caeron ? »

N'attendant pas de réponse, la fée disparue et avec elle, le corps gigantesque du Garuda reposant entre ses bras. Serein.

[Gilles disparaît, fin de chronique pour moi, donc ^^]

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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   Sam 25 Juil - 13:17

Le calme était enfin revenu, pour la seconde fois le temple du verseau avait vu un combat épique se livrer sur son sol. Lui qui semblait avoir résisté à l’assaut des spectres lors de leur prise de contrôle des Terres du Sanctuaire, avait souffert de ce conflit. Ce dernier avait opposé deux frères, peut-être pas de sang, mais de formation.

Lorsque l’âme enfermée dans le corps du Garuda fut finalement vaincu, je pus sentir la puissance qui était renfermé dans ce corps. Quelle force d’âme fallait-il pour parvenir à retenir une telle entité. Mais regardant vers l’ancien Juge, je ne pus craindre pour le Garuda. Ce dernier était une âme ancienne qui devait cette vie à la volonté de notre seigneur et à sa propre puissance. Mais que se passera-t-il le jour où il faiblirait. Pour l’instant la question ne se posait pas. J’avais pu voir le véritable visage qui se cachait derrière le masque que ce grand juge affichait aux yeux de tous. Je mentirais, si ne disais pas que cela m’avais surpris et qu’un soulagement m’avait gagné lorsqu’il retrouva son aspect habituel. Ce sentiment venait aussi des mots que prononça l’ange qui avait aidé le Garuda. Cette dernière m’assura que ce dernier s’en tirerait et qu’il n’était plus en danger. Ce fut avec aisance qu’elle souleva ce corps géant, pour le prendre dans ses bras. Elle me demanda de m’assurer de la sécurité de Caeron. Ce dernier avait épuisé une grande quantité de son énergie afin de chasser l’âme parasitaire. L’ange disparut me laissant seule, avec le serviteur de la Vouivre. Alors que je me dirigeai vers lui, ce dernier sembla retrouver un peu de sa force et commença à se relever. Je pouvais voir, qu’il n’était pas au mieux de sa forme, ses jambes risquaient à tout moment de flancher sous lui … « Prenez appui sur moi, je vais vous aider à retourner auprès de votre maitresse » … Un sourire apparut sur son visage, un peu plus livide qu’à l’accoutumé … « Je vous remercie, mais je ne vais pas abuser de votre temps » … Caeron me sourit puis se mis en marche, retournant vers la demeure de sa maitresse. Je finis par rester seule, le décor était des plus chaotique, seul un olivier semblait avoir résisté à la fureur qui s’était abattu ici. N’ayant plus rien à faire en ce lieu, je me décidai de le quitter afin de retourner en ma propre demeure. Ce ne fut qu’à ce moment, que je ressentis l’effet des techniques que j’avais subis, un bon bain et un massage me ferait le plus grand bien. Me fondant dans les ombres, je rejoignis ma demeure. Ce ne fut qu’une fois arrivée en cette dernière que je laissais ma fatigue me gagner. Rapidement Methéa apparut venant me soutenir, je la repoussai, refusant cette aide. La seule aide que j’acceptai, fut pour retirer mon armure et me glisser dans le bain. En cette journée, j’avais découvert une partie de l’histoire de l’un des plus puissants serviteurs de notre seigneur et maitre.

[Fin de la chronique pour ma part … encore merci pour ceux qui ont participé.]
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MessageSujet: Re: [Début Aout 1755] Du crabe au mastodonte (Libre)   

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