RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.

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Celsius


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MessageSujet: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Mar 7 Avr - 7:05

:: Rallumer les Étoiles :.


Le froid des chevaliers des glaces n'était rien à côté de celui de Cocyte. Même s'il ne l'avait jamais ressenti, Celsius aurait pu en jurer. Il n'était pas que physique : il était aussi immatériel et attaquait l'âme. Ces enveloppes fictives qu'on leur donnait à leur arrivée ici pour mieux les torturer l'indifférait. Il les pénétrait jusqu'à l'origine, les gelait à la racine. Tout Chevalier d'Or qu'il soit, ou ait été, il n'y échapperait pas... Ou n'y avait échappé. Son être en était déjà prisonnier, sans qu'il ne restât de lui même une pensée. À jamais prisonnier, comme tous ceux qui l'accompagneraient dans l'éternité.

Avait-il vraiment sa place parmi tous ces braves tombés au combat ? Lui l'égoïste, lui le traître à sa cause ? Les Spectres ne faisaient pas vraiment de distinction, imaginait-il. Pour eux, tous ceux qui servaient Athéna étaient coupables des mêmes crimes. Peut-être était-il juste un peu moins immonde que les autres. Cela n'avait plus d'importance, et il n'aurait su dire si ça en avait eu un jour. Il n'existait plus, ou à un degré si minime que ça ne méritait pas d'être pris en compte. Il était devenu partie intégrante de cette banquise, de ce champ de cadavre, et y demeurerait jusqu'à ce que la fin des temps vienne l'en délivrer... Piégé à jamais, comme il s'était pris au piège du coeur et des sentiments.

Alu moins pouvait-on parler de fin appropriée, tous n'auraient pas eu cette chance. Il aurait aimé pouvoir éviter de finir aux Enfers... Mais tout homme doit mourir un jour, et il ne faisait pas exception. Il aurait voulu pouvoir supprimer son âme, ne pas leur laisser le plaisir de la leur donner... Mais n'en avait pas eu la force. Ses derniers moments, il avait préféré les passer avec celle qu'il avait aimée. Qu'il aimerait sans doute toujours, si pour lui tout n'était pas déjà terminé. Ces moments volés valaient bien milles vies de captivité... Du moins, il le pensait. L'avait pensé jusqu'à ce que son esprit à son tour se couvre de givre, et qu'il ne reste plus de lui qu'une hivernale effigie.

La seule chose par laquelle on se souviendrait de lui.

Ainsi figé, il paraissait attendre, mais attendre quoi ? Lui-même n'en avait pas conscience, même quand la conscience signifiait encore quelque chose. On ne se relève pas de la mort, c'est l'une des premières choses qu'on apprend. Souvent, cela vient avec l'âge de raison. Pour lui, l'enfant-poison, c'était plus tôt encore. Au moins, ici, ne blesserait-il plus jamais personne. Au moins, ici, ne l'approcheraient que ceux qui étaient déjà morts. Y côtoierait-il l'une ou l'autre de ses propres victimes ? Il en doutait fort. Elles méritaient mieux que de se tenir aux côtés de leur bourreau pour toute l'éternité.

Elles méritaient mieux que la mort atroce qu'il leur avait donnée, de force ou de gré. Il n'était qu'un assassin, qu'un meurtrier ; il s'attendait à brûler en Enfers un jour ou l'autre, mais certainement pas à y être gelé. Ce n'était pas comme ça qu'il avait prévu que ça s'achèverait... Peut-être, au fond, parce que la partie n'était pas encore jouée. Mais aucune de ses prédictions s'était-elle jamais avérée juste ? N'était-ce pas justement en partie parce que Mary les faisait toutes mentir qu'il l'avait tant aimée ? Et, une fois encore, cette dernière y semblait décidée... Une étoile rouge traversa le champ de sa vision renaissante.
Je te manquais déjà, on dirait.
La statue de sel - ou de glace - qu'il semblait être devenu s'anima d'une vie nouvelle, aussi fragile que soudaine. Un peu comme une lumière à peine éteinte que l'on rallume à la hâte parce qu'on a oublié quelque chose... Ou quelqu'un. Même s'il était capable de se mouvoir, fût-ce avec difficulté, il ne tenta pas de la regarder. Il ne le voulait pas. Parce qu'il ne voulait pas qu'elle le voie comme ça... Mais aussi parce qu'il ne voulait pas la regarder. Précisément parce qu'il le voulait trop. Qu'il savait qu'il la laissait derrière lui sans plus jamais pouvoir se retourner. Il garda un instant le silence – le temps que ses cordes vocales achèvent de dégivrer.
Tu sens la mort.
Son regard s'assombrit mais il n'ajouta rien de plus. Il n'avait pas à la juger pour cela... Elle le ferait assez bien elle-même. Elle ne pourrait pas le voir, de toute façon. Ses longues mèches rouges lui retombaient sur les traits, cachant des yeux qui l'étaient tout autant. Ce n'était pas éphémère, ça lui resterait toujours – toute l'éternité. S'il n'avait été tué, il était même probable que son sang aurait fini par le ronger. Triste spectacle que ça aurait été... L'assassin du Sanctuaire, devenu son propre meurtrier. Nul doute que le Juge de la Wyvern s'en serait régalé... À moins qu'il ne tienne lui-même à exercer sa vengeance, bien qu'il n'y en ait plus guère à réclamer.
Ça me fait plaisir, tu sais. Mais... Tu ne devrais pas être là. Tu ne sais pas ce que tu fais...
Ses doigts encore engourdis et bleuis par le froid se penchèrent pour attraper la gemme. Bien que tombée à côté de lui, celle-ci appliquait son emprise, impérieuse, majestueuse. Il se souvenait de ce sentiment. C'était le jour où ils s'étaient rencontrés qu'il l'avait ressenti pour la première fois, juste avant qu'ils ne s'aperçoivent. Juste avant que tout ne commence. Savait-elle qu'il en avait été témoin ? Cela voulait-il dire qu'elle voulait recommencer ?
Mais recommencer quoi, quand tout était déjà consumé ? Oui... Bien qu'elle semble calme, la pirate avait dû agir sous le coup de l'impulsion, comme elle l'avait toujours fait. Un jour, cela la perdrait... Mais pour l'avoir précédée, n'était-il pas mal placé pour parler ? Transportant la pierre, sa main se leva vers celle qui l'avait apportée. Sans un son, sans un bruit. Juste le bruit d'un coeur qui bat, guettant un écho qui ne revient pas.
Reprends-la.
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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Sam 11 Avr - 11:09

Au bord du gouffre







Rien n'allait changer, pas vrai ? Tout resterait dans cette insupportable immuabilité, cette immobilité qui me rendait toujours un peu plus folle. Le temps suivait son cours, moi je m'efforçais de le remonter. Je n'aimais décidément pas ce qui était en train de se dérouler en contrebas. Ce que mes yeux contemplaient dans toute cette triste vérité : Celsius était mort, je l'avais tué.

Il régnait ici un froid qui me transperçait les os. Asgard en comparaison, pouvait aller se rhabiller – c'est le cas de le dire – et moi, au milieu de tout ça, du noir et du blanc immaculé, j'étais une étoile rouge toute parée de sa Scale d'or. La Sirène Maléfique m'avait retrouvé, était allée me chercher jusqu'aux Enfers pour me recouvrir. Je savais à présent qu'elle et moi, nous ne faisions qu'un, et ce, depuis notre première rencontre. Je m'étais laissée submergée par ce sentiment réconfortant tout du long de mes pérégrinations, au rythme assuré de mes pas qui s'enfonçaient dans cette « neige ». Pour que tout retombe et qu'on agrippe mon cœur dans un étau.

Le visage impassible, je m’asseyais au bord du gouffre, mes pieds se balançant sans que j'en ai conscience. La Stella illuminait ce royaume abyssal d'une lumière diffuse et rougeâtre qui faisait échos à cette chevelure que j'apercevais. L'enveloppe de Celsius s'animait au contact de l'artefact, sa voix me fit tressaillir : comment ferait-il la différence entre ce frisson-ci et le froid ambiant ? Il ne le saurait pas, car il évitait mon regard.

Sans doute était-ce mieux ainsi. Le vague sourire qui s'était esquissé à ses premières paroles s'évanouit.

« Je sens la mort ? La faute à qui, hein. » lâchais-je de mauvaise humeur. « Oh et je t'emmerde, au passage. »

J'haussais les épaules détournant la tête comme le ferait une enfant agacée par les propos des adultes. Je savais parfaitement ce que je faisais, comme je savais qu'en cette heure, ma place était ici et nul part ailleurs. Après un temps où le silence se fit maître, il leva sa main vers moi comme pour vouloir me rendre ce précieux bijou. Je posais sur lui un regard courroucé.

« Non. » fis-je d'un ton dur qui ne souffrait d'aucune contestation. « Tu peux te la carrer bien profond dans le cul. »

Une lueur mutine, malgré moi, illumina mes prunelles. Je tâchais de conserver un visage sérieux, lisse de toutes émotions. Si je laissais éclater ma colère, ou au contraire, ma tristesse – les deux se disputant la première place – je savais qu'il se braquerait et resterait sur ses positions. Il me fallait adopter une attitude à laquelle il ne s'attendait pas, même si pour le moment, mes propos le conforteraient à penser que j'étais « comme d'habitude ». Ce qui était rassurant non ?

« J'ai pas fait tout ce chemin pour rien, tu crois que ça me fait plaisir de me geler les miches, d'être allée si loin te chercher ? Putain les Enfers ça craint. Alors tu viens et tu fais pas chier. »

Je ne pouvais aller à l'encontre de ce que j'étais. Penchée vers ce gouffre, vers le jeune homme qui peu à peu, je le savais reprenait vie, je refermais sa main que je conservais dans les miennes. Allant jusqu'à lui offrir un petit sourire.

« Je t'offre une chance ou … je m'offre une chance, comme tu préfères, de te faire revenir Celsius. Pas parce que j'ai mauvaise conscience de t'avoir éclaté la gueule – je fis la moue – mais parce que tes enfants ont besoin de toi. Je ne veux pas qu'elles vivent comme moi, je ne veux pas qu'elles aient le même destin que moi. » Je me mordais la lèvre, en perspective de ce que je m'apprêtais à dire, à formuler tout haut, ce que je pensais au fond de moi. Et que je ne voulais pas y songer. « … j'ai besoin de toi, Celsius. »

Je me redressais alors de toute ma hauteur sans pour autant relâcher mon étreinte sur sa main tendue. Désormais je lui laissais le choix : se relever et me suivre, ou reposer à jamais ici au milieu de ce champ de morts.

Devais-je pourtant lui avouer que si il choisissait de me suivre … il nous appartiendrait ? « Nous », les Atlantes.

Il m'appartiendrait.





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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Sam 11 Avr - 11:58

:: Rallumer les Étoiles :.


Sa présence ici, ce qu'elle était en train de faire - d'essayer de faire -, il n'en dirait rien, pas plus qu'il n'essaierait de l'analyser. Mary était Mary, fougueuse et imprévisible. Il ne servait à rien de parler de ce à quoi il aurait pu s'attendre, car elle outrepassait allègrement toutes ses prévisions. Les siennes comme tant d'autres, supposait-il. Même si, compte tenu de leur proximité - passée ? -, qu'elle parvienne encore à le surprendre pouvait sembler d'autant plus étonnant... Aurait-elle par cela quelque chose à prouver ?
La faute à qui, oui.
Il n'alla pas plus loin, pas plus qu'il ne répondit. Cette seule remarque suffirait à lui faire comprendre, si elle ne savait pas déjà. Non, il n'était pas question de sa mort, ni de sa présence ici. C'était quelque chose de plus viscéral. Maître des parfums par nature, Celsius savait reconnaître les odeurs, comme elle avait maintes fois pu le constater par le passé... Et ce qu'il sentait n'était pas pour lui plaire. Il fit toutefois l'impasse sur le sujet. Encore une fois, c'était à la pirate de transiger avec ses états d'âme... Ou plutôt de coeur, fallait-il croire.
Je vois que les choses rentrent dans l'ordre. fit-il en la désignant, ou plutôt sa Scale, du bout de l'index.
Il ne la voyait pas, non, mais pouvait la sentir, et la sensation était radicalement différente de celle qu'elle dégageait en tant que prêtresse - ou quoi qu'ait pu être son ancienne nouvelle armure. Ce que cela signifiait, il ne tenait pas à le savoir ; ce qui comptait était que ce soit revenu à la normale. Sa présence ici en était-elle une prolongation ? Une volonté de ramener les choses à ce qu'elles furent autrefois, ce qu'elles étaient censées être ? Mais... Hélas, ça ne marchait pas comme ça.

Face à son refus, il avait gardé la gemme en main, mais n'en démordait pas pour autant. Il n'avait rien à en faire. Il y a un temps et une place pour toute chose - le sien était venu, et sa place était ici désormais. On ne peut aller contre les lois naturelles sans en payer le prix un jour ou l'autre, et la Sirène Maléfique avait déjà eu son content en matière de malédiction... Quand bien même il l'aurait voulu, qu'il lui inflige ça, qu'elle se l'inflige à nouveau était hors de question. Pour lui encore moins.
Cette enveloppe n'est pas faite pour résister au cosmos. Si je laissais éclater mon septième sens, ici et maintenant, elle partirait en fumée...
Ce n'était pas une menace, tout au plus une mise en garde. Elle avait commis l'erreur de lui rendre sa conscience, de lui demander son avis. Cela aurait sans doute été beaucoup plus simple pour elle d'agir sans son consentement... Mais n'était-ce pas la preuve de son respect envers lui ? Un geste qui en l'occurrence ne serait pas pour l'aider. La faisant rouler entre ses doigts, le Gold Saint observa son reflet dans le rougeoiement de la pierre. Un miroir de sang, car quel autre lui serait plus adapté ?
Ça craint, oui, je ne te le fais pas dire. Il laissa éclater un petit rire, fade. Mais... C'est à cela que j'appartiens. Comme tous ceux qui sont ici et que tu vois autour de toi. Je ne suis pas plus spécial qu'un autre... Je n'ai pas le droit de partir. C'est déjà un miracle que tu sois arrivé jusqu'ici... N'espère pas en ressortir si tu essaies de le faire avec un prisonnier sous le bras.
Même s'il devinait une partie du pouvoir du rubis - lui avoir rendu ses esprits, pour commencer - il n'avait pas tous les détails pour autant. Et s'il devinait assez bien ses intentions, de plus en plus à mesure que se déroulait cette improbable conversation, il n'en était pas plus avancé. Tout témoin qu'il ait été du pouvoir de cette pierre, comment imaginer qu'elle puisse ressusciter les morts ? Restée au contact des maillons de la chaîne, la peau de ses mains retrouvait peu à peu ses sensations.
Je sais ça... Ou plutôt je m'en doute. expira-t-il d'un ton las. Malgré l'énergie procurée par cette étrange magie, bien qu'il ne fût point un grand bavard, parler le fatiguait plus que jamais. Il se para d'un sourire nébuleux. Mais... Et toi ? Besoin de moi... Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire, dis-moi ? Je ne sais pas, en tout cas... Et je ne pense pas que tu le saches toi-même. En mourrant, je t'ai donné une chance de te libérer de tes chaînes... De te libérer de moi. Es-tu sûre de vouloir la refuser ?
Pensait-elle pouvoir réparer ce qui fut brisé ? Le voulait-elle ? Voilà le sujet qu'il convenait d'aborder. Ces filles étaient peut-être les siennes... Mais aussi symbolique, aussi important que ce soit, il ne les connaissait pas. Pas encore. Elle, en revanche... C'était une autre paire de manches. Pourquoi le voulait-elle auprès d'elle ? Oui, c'était cela question. Il n'entendait pas revenir si ce n'était que pour jouer les gardes d'enfant pendant qu'elle se laisserait aller à ses humeurs vagabondes... Pas comme ça, en tout cas.
Et puis... Il y a autre chose que tu dois savoir. fit-il sombrement. Si tu me fais revenir... Je le traquerai et je le tuerai autant de fois qu'il le faudra pour qu'il disparaisse de ce monde.
Inutile de préciser à qui il faisait allusion, elle le comprendrait assez bien toute seule. Déjà parce que sa guérilla contre les Spectres n'était pas qu'une affaire de mission sacrée. Athéna ou pas, ses sentiments envers eux resteraient pour toujours et à jamais inchangés, intimement liés à sa condition d'éveillé. Parce qu'ils sentaient la mort, ils n'avaient rien à faire sur cette terre... Celui-là encore moins que les autres. D'autant plus maintenant que les raisons personnelles venaient s'en mêler...
Et tu ne m'as battu que parce que je l'ai bien voulu. ajouta-t-il, faussement indigné, pour alléger le débat, si peu que ce soit.
Décider de son avenir là où tous s'achèvent...
Encore un de ces paradoxes dont Mary Red avait le secret.
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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Sam 11 Avr - 13:30

Océan d'incertitudes







Il avait vraiment un don pour jeter un froid et c'était une prouesse quand on savait où avait prit place cet étrange échange. Bordel, il devait faire dans les – 50 degrés et il parvenait à plomber l'ambiance en moins de deux. Après tout, je m'attendais à quoi et surtout de sa part ? Pragmatique, il énonçait des vérités, des vérités qui me mettaient dans l'embarras parce que oui, il avait raison : au final je ne savais pas pourquoi je faisais ça. Et toutes les paroles du monde ne suffiraient pas à expliquer mon geste. Les prononcer maintenant ne les feraient sonner que comme des excuses. Or s'en étaient pas, des excuses. Je n'avais rien à me reprocher, si ce n'était ma prédisposition à courir au devant du danger, à toujours me foutre dans une merde noire.

Ce qui se passait maintenant ne faisait pas figure d'exception.

Alors que faire ? Je n'étais pas disposée à tourner les talons, encore moins à lui hurler dessus, qu'il n'avait de toute façon pas le choix, que je l'avais décidé et que maintenant, il pouvait juste fermer sa gueule. Mais ce n'était pas cela que je voulais, l'obliger à renaître. De ça, j'en étais sûre. Je jouerais franc-jeu avec l'ancien Chevalier des Poissons, comme je l'avais toujours fait. Ce serait donc à mon tour d'énoncer des vérités. Enfin … des faits. Des excuses.

« Que veux-tu que je te dise Celsius ? Je n'ai pas à te convaincre de revenir. » Je pris une profonde inspiration, accusant les coups – par les mots – qu'il me portât. « Dans l'ordre, hein ? Je ne sais pas ce que c'est, visiblement. »

Je naviguais dans un océan d'incertitudes.

« Je vais te poser une simple question, que veux-tu ? » Je le regardais avec intensité, désireuse de le sonder. La Stella Rubius se prit à luire plus fortement aussi, comme si elle répondait à un désir silencieux. « … Le traquer ? Est-ce cela tout ce que tu désires ? Continuer à faire ce que je te reproche depuis le début ? Dans quel but, hein ? À que cela te serviras t-il bon sang ? À part apaiser ton orgueil ? Tsss, vous êtes pareils tous les deux. C'en est affligeant. »

Je savais que ce fait là ne lui plairait guère, à lui, le Saint tout drapé dans sa prétendue foi envers une Déesse aussi inutile qu'elle avait bien faillit être aux mains des Spectres qu'il haïssait tant.

« Toi et moi sommes tout autant des erreurs de la nature qu'eux, que je sache. »

Je n'allais pas m'arrêter en si bon chemin. S'il voulait me faire sortir de mes gonds, il allait réussir. Moi aussi j'étais forte à ce petit jeu-là. Seulement je ne désirais pas jouer. Pas maintenant, pas ainsi. Mon visage se ferma tout à fait, mes mains resserrèrent leur étreinte sur celle des Poissons. Je fis naître tout autour de nous un champ de roses rouges.

Océan d'incertitudes, mer vermeille …

« Tu m'as prouvé quelque chose tout à l'heure alors que tu te laissais porter le coup fatal. » Je laissais ma phrase en suspend pour qu'elle prenne plus d'ampleur. « Que tu m'avais supplanté à Athéna, ta Déesse. C'est à présent à mon tour, crois-tu que je ne sacrifie rien en agissant ainsi ? Réfléchis. Je ne veux pas me libérer de toi, pas plus que tu désires t'abandonner à la Mort. Quoi qui t'animes, ça te donneras la volonté de revenir. Je m'en fous que tu t'en prennes à « lui », sois juste certain que chaque coup porté à son encontre, sera un pas pour moi qui m'éloignera de toi. »

Contre toute attente, je le pris entre mes bras, nos deux chevelures – si semblables – se mêlant l'une à l'autre. J'approchais alors mes lèvres de son oreille pour lui susurrer.

« Tu fais parti de ma Vie Celsius, que tu le veuilles ou non, que je le veuille ou non … C'est comme ça. Serais-tu à ce point égoïste de laisser grandir tes filles sans leur père ? »

Ce que je n'avouais pas encore, c'était qu'il me serait impossible de les élever seule. J'avais tant de questions à lui poser. Alors qu'il vienne, ou qu'il m'abandonne tout à fait. Il fallait que je sois fixée, c'était de cela dont j'avais besoin.

Pour envoyer promener mon océan d'incertitudes.





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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Sam 11 Avr - 15:29

:: Rallumer les Étoiles :.


Sa mâchoire se crispa à cette comparaison. Pas parce qu'elle blessait son honneur mais parce qu'elle n'était pas la première à la faire... Lui-même avait commencé. Pas vis-à-vis de lui mais des Spectres en général. Oh, ce n'était pas la première fois... Le qualificatif de monstre ne lui était pas inconnu, de même que l'on continuerait sans doute à l'en taxer s'il choisissait de revenir. Ce qui n'était pas encore gagné, encore moins si elle jouait ainsi avec ce point sensible - lui rappelait quelle erreur il était et à coup sûr redeviendrait. Malgré tout, c'est d'un ton mesuré qu'il lui répondit sitôt qu'il eût les yeux fermés.
Je sais très bien ce que je suis... Pas la peine de me le rappeler.
Mieux qu'elle, sans doute. Là encore, ce n'était pas une question d'égo, mais il vivait avec ce poison depuis maintenant plus d'une vingtaine d'années... Et elle depuis à peine plus d'une vingtaine d'heures. Ce fardeau, elle l'avait certes vécu à travers lui, mais tout de même. S'il n'avait pas été tant en paix avec lui-même, s'il ne s'était tant reproché de lui avoir partagé, il aurait pu mal prendre qu'elle en parle en croyant tout savoir. Mais s'en offusquer n'aiderait en rien à démêler le sac de nœud relationnel par lequel ils étaient ici réunis, envers et contre tout - jusqu'aux lois qui gouvernent l'univers.
Je ne te demande pas de me convaincre. fit-il paisiblement. Juste de me dire à quoi m'attendre. Que sommes-nous encore l'un pour l'autre ? Voilà ma question, et si tu n'en as pas la réponse, alors tu es venue trop tôt.
Enfin, comme en réponse à son appel, ses yeux se levèrent pour aller se river dans les siens. Sans artifices ni détours, rien d'autre que leur éclat trompeur. Ce contact n'avait été rompu que quelques heures, mais il avait l'impression de l'attendre depuis toujours. Cette pierre exerçait sur lui un étrange effet, mais il se refusait à la lâcher. Pas avant d'avoir décidé, que son sort soit scellé. Dans un sens ou dans l'autre... Ses doigts en caressèrent la surface, à laquelle il jeta un oeil, sans plus s'y attarder.
Je ne fais pas ça pour Athéna.
Cela devait être dit, et cela l'avait été. De comment elle réagirait, il n'avait pas idée - mais il en fut libéré. L'admettre était une délivrance, comme s'il rompait le sceau d'une malédiction dont il s'était lui-même affublé. Dommage que ce ne soit si simple de se défaire de ce sang empoisonné... Mais là n'était pas le sujet. Quant à savoir pourquoi il le faisait en cas... N'en avait-elle pas sa petite idée ? Lui ne s'étendrait guère plus, en tout cas. Ils avaient bien d'autres choses à discuter et, contrairement aux apparences, pas toute l'éternité...

Son étreinte le prit par surprise, mais il ne déprécia pas. Se sentir à nouveau reprendre consistance après avoir été réduit à l'état d'esprit avait quelque chose de franchement déroutant. Leurs fronts se rapprochèrent jusqu'à se heurter sans un bruit. Et ainsi, les yeux plongés dans les siens, dans leur abysse d'espoir et de doute, il resta un long moment de marbre avant de prendre parole... Parole qui serait peut-être sa dernière selon ce qu'elle lui inspirerait en retour. Selon ce que demain pouvait encore donner à qui avait tout sacrifié.
Comme tu l'as si bien dit toi-même... Je n'ai plus rien. Plus rien à part toi. Et elles, mais cela va de pair, n'est-ce pas ? Si je dois vivre, je vivrai par et pour toi. Peux-tu être sûre que c'est ce que tu veux, que tu ne le regretteras pas ?
Ses mains se posèrent sur ses joues pour à son tour l'empêcher de détourner le regard, mais elle ne le ferait pas et il le savait. Sa pirate n'avait pas froid aux yeux, sinon ce n'était pas celle qu'il connaissait - et alors tout était perdu. Et s'il avait bien cru ne pas la reconnaître quelques heures auparavant, en partie de son fait, ce n'était plus le cas à présent. Que sa Scale soit venue la revêtir à nouveau en apportait la preuve formelle. Oui, les choses retournaient à la normale... Mais à quel point ?
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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Sam 11 Avr - 16:13

Passé, futur, reste le présent







Le Saint des Poissons n'appartenait plus à Athéna, je sentais qu'il se détournait de sa cause, et ce, depuis plus longtemps qu'il l'imaginait. Il ne se l'était pas avoué à l'époque, mais je le savais de plus en plus fragile, cette Guerre que l'on avait essuyé avait finit de le briser tout à fait. Je n'y voyais pas le mal, ou ne désirait pas le voir. Car c'était un petit peu de ma faute si aujourd'hui, il se retrouvait ici. Si je n'avais pas existé, jamais le jeune homme aurait eut à tant souffrir. Et comme il reposait contre moi, front contre front, je lui en fis la confidence, non sans perdre un peu de ma superbe. Moi aussi j'étais éreintée d'être ainsi malmenée. De plus mon séjour aux Enfers ne saurait durer indéfiniment : à l'instar de ce vaste champ de roses que j'avais érigé, je commençais à décliner. À me flétrir. L'éclat de mes prunelles de jade sauraient lui donner la puce à l'oreille rien de plus. Je n'étais pas de ses femmes à se plaindre.

Soutenant donc son regard, je soufflais à demi-mot :

« Je n'aurais jamais dû exister, te rencontrer ou encore t'entraîner dans mon sillage. » Je poussais un soupir. « Ce qui est fait est fait, je ne regretterais plus rien. J'ai un avenir tout tracé devant moi, un passé avec toi ou Astre … un présent encore à écrire. Avec ses incertitudes. »

Je sentais une vague chaleur sur mes joues quand Celsius les emprisonna entre ses mains. Là encore je ne détournais pas les yeux, contemplant mon œuvre. J'avais le sentiment que pour une fois dans ma vie, je ne faisais pas le mauvais choix. Mes filles n'en auraient pas conscience, ni moi, ni lui, mais je sauvais notre famille.

« Nous sommes une famille, voilà ce que nous sommes, Celsius. Une sacrée famille de dégénérés, mais une famille quand même. J'entends déjà mon paternel gueuler, mais tu sais quoi? » Un petit sourire ourla mes lèvres carmines que j'humectais rapidement, les sentant de plus en plus sèches. Les forces commençaient-elles à me manquer ? Ô foutu temps. « J'en ai rien à foutre. Ça restera notre petit secret. »

J'eus cette fois un véritable sourire qui bien souvent, illuminait mon visage lorsque le Saint et moi discutions dans ma cabine. Énoncer des vérités n'étaient pas si désagréable : elles permettaient à l'âme de s'alléger, au cœur de battre plus tranquillement dans notre poitrine. Ma tête me tournait légèrement, comme après avoir bu un verre de trop. Cette sensation n'était pas si désagréable, vraiment.

« Non, je ne vais pas regretter mon choix. Mais toi tu n'as pas répondu à ma question. »

Mon regard s'égara dans le sien. Je susurrais, encore. Des mots qui devaient continuer à m'appartenir mais que j'échangeais avec lui par mégarde …

« Il existe encore, ce lien entre nous. Il est si ténu et pourtant, il est là. Oui … oui … je le sens je crois. » Les yeux vides, ma tête se posa contre sa poitrine. « Un cœur qui bat. Le cœur d'un homme, pas d'un monstre. »

Une soudaine brise issue d'outre-tombe fit s'envoler les pétales de mes roses, en même temps que je fermais les yeux. J'entendais presque le courroux d'Hadès, à moins que cela ne soit autre chose ? Je défiais ses Lois divines, pourquoi ne serais-je pas foudroyée en retour ? Peu importe qu'Arbhaal se soit élevé glorieusement sur le champ de bataille ! Les Dieux n'aimaient pas être défiés, je le sais d'expérience. L'énergie de la Stella Rubius nous entoura tous les deux comme pour nous protéger de cette grisaille qui nous entourait.

« Si je reste davantage, Celsius, alors fait moi une petite place, d'accord ? J'ai tellement sommeil ... »

Ma voix s'éteignait doucement, j'étais si fatiguée en cet instant que plus rien n'avait d'importance.Tous les écueils que j'avais essuyé jusqu'alors, j'avais bien le droit à un peu de répit, non ?





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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Sam 11 Avr - 16:58

:: Rallumer les Étoiles :.


Avoir à la retenir ne lui plaisait guère. Avec qui y pénétrait sans leur accord, les Enfers n'étaient guère clément. Néanmoins, puisqu'elle avait pris la peine de le ranimer, autant aborder ce qui devait l'être. Qu'elle qu'en soit la finalité, ils en sortiraient tous les deux apaisés. Non que Celsius ait besoin de l'être : il avait déjà fait ses adieux. Raison de plus de ne pas recommencer. De ne pas retourner collecter des regrets dont il s'était enfin défait. Car cette terre ingrate en offrait, plus souvent qu'à son tour. Le jeu en valait-il la chandelle ? De cela, il n'était pas persuadé. Mais que le monde soit beau ou laid n'était pas ce qui influerait - car le sien se résumait, en ce jour plus qu'en tout autre, à cette main qu'on lui tendait.

Les siennes, au contact de ses joues, se surprirent à les caresser. À aimer n'y avoir cette fois pas de larmes à essuyer. Ses sensations lui revenaient. Sans étonnement, il aurait pu ainsi poursuivre sans s'en laisser, comme il l'avait tant de fois fait - parfois quand elle dormait et parfois non. Il prenait plaisir à la sentir contre son corps, encore, si dérisoire que ce soit comparé à ce qu'avaient pu être leurs élans les plus ardents. À la fois pour elle, pour tout ce qu'elle était, mais aussi pour le grain de sa peau, pour la chaleur qu'elle lui réapprenait. Ses sens lui revenaient, et avec eux le goût de vivre - quoi qu'il lui fasse affronter cette fois.
Et c'est à moi que tu dis ça ? fit-il avec humour.
Dans le registre des calamités ambulantes, le Roi des Ronces avait lui aussi plus d'une corde à son arc - nul besoin d'être Sagittaire pour cela. Même s'il se sentait un certain lien avec ce signe récemment, sans savoir pourquoi. Mais rien de comparable avec celui des Poissons, même si celui-ci allait en s'atténuant. Il changeait. Ça avait commencé il y a longtemps, sans qu'il puisse forcément s'en rendre compte... Mais il ne pouvait l'ignorer plus longtemps. Où que soit sa place, elle n'était plus auprès d'Athéna. Même s'il chérissait les préceptes de la déesse, ils l'entravaient aujourd'hui autant qu'ils avaient pu le guider autrefois. Il n'avait plus besoin de cette lumière, car il en avait trouvé une autre - une qui était venue le chercher jusqu'au plus noir de l'obscurité. Il sourit timidement.
Une famille, hein ?... Je ne sais vraiment si je suis fait pour ça.
La réponse était toute trouvée : il n'y avait pas d'autre moyen pour le savoir que d'essayer. Cela pouvait-il être pire que de la laisser seule ? Il le croyait ; cependant, il l'entendait protester d'ici s'il avait eu le malheur de le lui dire. Il garderait cela pour lui - mais c'était bien tout ce qu'il garderait, car tout était déjà dit. Plus de mystères, plus de secrets. Ils en avaient trop fait. N'était-ce pas par leur faute qu'ils s'étaient fait tant de mal ? Ses mains se perdirent dans la chevelure rousse. Si semblable soit leur teinte, la distinguer de la sienne n'avait jamais été un problème. Ce qu'il n'avait pas en verve, en initiative, le Chevalier des Poissons le passait en observation. Son protecteur silencieux il était, avait été... Et qu'il redeviendrait.
Oh si, tu le regretteras. Mais je suppose que nous sommes habitués... Pas vrai ?
Leurs lèvres se joignirent, encore. La fois de plus. La fois de trop ? L'avenir le leur dirait. Car avenir il y avait, oui, c'était certain à présent. Un avenir qui ne serait ni tout noir ni tout blanc - rouge plutôt, mais pas couleur de sang. Ils en avaient assez versé, et même s'il coulerait encore, ce n'était pas à son aide qu'ils écriraient leur histoire. Car c'était ensemble qu'ils le feraient, quoi qu'en dise Hadès, quoi qu'en dise le destin. Ce n'était pas le premier fil qu'il briserait, Minos en savait quelque chose... Blotti contre elle, il sentait sa chaleur s'affaiblir, comme si elle la lui transmettait... Mais il était hors de question qu'elle s'éteigne ici. Il le lui interdisait.
Je te le déconseille, je n'ai pas vraiment aimé l'hébergement. Et la literie, n'en parlons pas. lui souffla-t-il au creux de l'oreille.
Ses doigts se refermèrent sur la Stella Rubius. Un intense rougeoiement s'empara de son corps au complet. Il parut gagner en densité, en présence ; s'il n'était encore qu'un fantôme l'instant d'avant, il était désormais paré de sa plus belle humanité. Celle qu'on l'avait tant accusé de ne pas avoir - ces voix qu'il ignorerait désormais. Ce n'était pas ça le plus important - il le savait, car il l'avait entre ses bras. La laissant se perdre dans les limbes du sommeil, il la cueillit délicatement, la fit de ses bras prisonnière, fort de sa puissance recouvrée. Lentement, il se relevait, pour ne plus jamais tomber.
Sortons d'ici. L'avenir nous attend.
Ce n'en était pas fini de leur fuite en avant.
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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Sam 11 Avr - 18:21

Ce qui vient après







« Hm ? » Je relevais la tête distraitement, perdue dans le vague. Les yeux tout ensommeillés. « Mais si, mais si … arrêtes de raconter des conneries … »

Par le passé, en apprenant que j'allais devenir mère, le doute m'avait gagné. C'était la même chose pour Celsius qui pensait ne pas être fait pour ça. Je saurais le rassurer sur ce sujet : si moi j'y étais parvenue, alors pourquoi pas lui ? Quelques questions me taraudaient sans que je puisse correctement les formuler. Cette impression de flou dans ma tête s'intensifiait, si bien, qu'elle me laissait une empreinte saisissante dans mon esprit. Quelque chose était à l’œuvre dont j'étais la seule responsable. Comme je m'y attendais, Celsius l'avait comprit que trop vite. Il me connaissait bien. Trop bien.

Je sentais de vagues caresses sur mes joues et je me serais tout à fait laissée emportée dans les bras de Morphée s'il s'y avait pas le son de sa voix qui me faisait m'accrocher au moment présent. Je souriais encore quand le jeune homme affirma que nous le regretterons un jour ou l'autre. Ce jour là n'était pas venu, et comme il le disait si bien : nous avions prit cette habitude. Une bien fâcheuse habitude.

N'étions-nous pas si semblables ? Si, bien sûr.

Mais je ne m'attendais pas à ce qu'il se penche sur moi pour m'embrasser. Des images me revenaient en mémoire au même instant où ses lèvres effleurèrent les miennes pour mieux les capturer. Des souvenirs pénibles que je ne saurais revivre pour tout l'or du monde. Le voir mourir entre mes bras avait été une épreuve épouvantable, notre ultime baiser m'avait à jamais marqué dans l'âme si bien qu'à présent que cela se répétait, j'avais l'impression d'être une suppliciée que l'on torturait avant d'être envoyé à l’échafaud. Cependant je ne fis pas un geste pour l'arrêter tant mon corps ne paraissait plus répondre. Plongée dans un état de semi-conscience, je dû bien admettre qu'à défaut d'être portée par le Dieu du Sommeil, être transportée par lui ne me déplaisait pas.

« J'avais inversé les rôles, tu sais, Orphée et l'autre nunuche … je te laisse deviner quel rôle tu jouais pour moi … » Ma tête vacillait, je luttais pour que mes paupières restent ouvertes. « Mais c'est mieux comme ça, pas vrai ? J'espère juste qu'on sera moins cons que ces deux-là … »

Tandis qu'il me transportait au loin, visiblement pas inquiété par la probable présence de menaces directes, moi je sombrais dans le sommeil du Juste, sans qu'aucuns rêves ne viennent me perturber. Un pas après l'autre, il m'entraînait au dehors. Comme Corée le faisait chaque printemps.

Fuyons oui, l'avenir est tout proche. Je peux le frôler, sentir sous mes doigts sa chaleur réconfortante.

~°~~°~~°~


Un grand soleil nous accueillit, nous aveuglant même de ses rayons quand, enfin, nous regagnâmes la surface. J'eus la surprise, en me réveillant, de constater que nous étions proche de la mer. Mais ce ne fut pas la première chose que j'aperçus.

« Celsius ? » soufflais-je en tentant de mieux le discerner. Pas de doute possible, il avait changé. « C'était donc vrai, la Stella Rubius … elle t'a fait Atlante. »

Je m'échappais de son étreinte, lui demandant d'un regard de me laisser gagner la terre ferme pour mieux l'observer. Si je semblais inquiète, je ne laissais rien paraître. Celsius semblait plus robuste, plus jeune, plus fort, plus beau qu'il le fut autrefois. Et nu comme un ver, de surcroît. Ce qui me fit lever un sourcil. Je toussotais.

« En même temps c'est pas étonnant. Attends. »

Je fouillais dans mon sac pour finalement le vider de son contenu. M'acharnant à lui trouver un petit quelque chose à se mettre sur le cul. Je fulminais, m'agaçais de ne rien trouver quand, enfin, je trouvais l'objet de ma recherche frénétique. Une cape. Je la lui lançais non sans sourire malicieusement.

« Désolée. » fis-je, sans l'être réellement. « Je n'ai que ça sous la main, tu m'excuseras. »

Je me tournais alors vers cette si vaste étendue d'eau. Je supposais qu'à cette heure, mon père et les autres avaient rejoint le Sanctuaire-sous-Marin, et que mes filles, nos filles, étaient en sécurité sur l'île de Circé. Très bien, nous allions devoir nous débrouiller par nos propres moyens. Quand j'eus une illumination.

« On va gagner du temps, suit-moi ! »

~°~~°~~°~


Mes pouvoirs de Grande Prêtresse ne m'avaient pas abandonné, me laissant l'opportunité d'emprunter les chevaux fougueux de Poséidon qui, par un simple appel, se matérialisèrent devant nous. Deux superbes spécimens surgirent des flots pour renâcler le sable sous leurs sabots, nous invitant à les monter. J'eus un coup d’œil encourageant pour le Roi des Ronces. Ils l'accepteraient vu qu'à présent, il faisait parti de la Famille.

Une vaste et grande famille qui se déchirait depuis des temps immémoriaux … et dont j'avais bien cassé la mouille.

« Direction, l'île de Circé ! »

~°~~°~~°~


Je me laissais tomber dans le sable chaud, non sans avoir laissé mon Écaille me quitter. C'était un véritable ravissement après ces quelques heures de chevauchée. J'avais les muscles tout endoloris, mais je me sentais vivante. J'avais l'impression que la boucle était désormais bouclée. Je pouvais de nouveau narguer le soleil sans craindre sa brûlure, je pouvais être libre de mes mouvements sans que l'on me dise quoi faire ou dire. J'étais libre et fichtre, que c'était bon.

« Poses tes fesses un peu par-là. » je n'attendis pas de réaction que j'enchaînais, un bras placé contre mes yeux. Les lacets de ma chemise largement ouvert me découvrait plus que de raison sans que cela me préoccupe. « Tu dois avoir des questions, j'en ai aussi, mais s'il te plaît, profitons un peu du soleil. Maintenant que tu es un Atlante, il va te falloir apprécier ces moments-là. »





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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Lun 13 Avr - 10:23

:: Rallumer les Étoiles :.


Des conneries, qu'elle disait. Il n'en était pas si sûr.

Il ne les avait pas touchées de tout le temps qu'il avait passé avec elles, si ce n'est pour les porter. Les emmener dans cet orphelinat où il se terrait comme un rat. Ce n'était pas l'envie qui lui en manquait, mais il ne le pouvait pas. Les circonstances étaient spéciales, certes, mais... Cela aurait-il vraiment été une si bonne idée ? Même si Mary pensait avoir dû s'y faire, il y avait en elle une fibre maternelle indéniable. Une envie de bien faire, probablement due à tout ce qu'elle-même n'avait pas eu. Une volonté de ne pas laisser le sort se répéter. Et si la vie ne lui avait pas donné grand chose à lui non plus, il doutait fort que cela fonctionne de la même manière. Mais elle n'avait pas à le convaincre, quoi qu'il en soit.

Il essaierait, il s'y était déjà résigné – non pas qu'il ait vraiment le choix. Maintenant qu'elles étaient nées, nul moyen de se dérober. Et quand bien même il s'y serait essayé, il aurait pu compter sur Mary Red... Non, sur Satine pour venir le chercher. Ne venait-elle pas de le faire ? N'était-ce pas tout juste ce qui venait de se passer ? Même si ce n'était pas pour elles qu'elle le faisait en vérité – pas que, mais c'était déjà bien assez. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait plus ainsi portée, et elle était bien plus légère que dans son souvenir. À moins que ce ne soit lui qui soit plus fort ? Cela n'aurait eu que peu de sens alors qu'elle venait de le ramener... Mais tout était possible, la Sirène l'avait prouvé.
Oui, je crois deviner. fit-il, sourcil levé. N'aie pas peur, je ne compte pas me retourner.
Il ne laissait rien aux Enfers, car il n'avait plus rien à laisser. Il repartait en homme nouveau – et avant même de mourir, tout l'avait déjà quitté. La mort était une solution de facilité ; sans elle, quantité de choses restaient à régler... Des choses que Mary ne comprendrait pas forcément, mais qu'il prendrait le temps de lui expliquer. D'eux deux, il avait toujours été le plus patient ; sans doute aurait plus de mal à lui inculquer la parenté. C'était étrange de n'avoir que de telles pensées alors que l'heure était si grave, le monde sur le point de tomber... Mais pas désagréable, pas tant qu'ils n'en étaient pas affectés. Ce répit qui ne serait que trop bref, ne l'avaient-ils pas mérité ?

À un moment inconnu, il s'enfonça dans l'obscurité. La lumière disparut, et il n'y eût plus que l'écho de ses pas dans les noirs – que des marches à ne pas rater. Mais Celsius avait le pas assuré, d'autant plus qu'il portait la femme qu'il aimait – la seule qu'il aimerait. S'il pouvait négliger sa chute, point question de l'y entraîner. Elle en avait déjà suffisamment fait, s'était bien assez écorchée. À elle d'être un peu portée plutôt que de devoir marcher. La soutenant aussi fermement que si ce sol n'était pas digne de l'effleurer, il continua d'avancer, pendant des minutes, des heures, l'éternité. Puis, enfin, la mort fut derrière eux et la vie devant plutôt que l'opposé. Enfin ils renaissaient à la lumière, enfin tout était terminé. Et tout recommençait.
On y est. souffla-t-il tant pour s'en convaincre que pour la réveiller. J'espère que tu auras apprécié le trajet.
Le parfum de l'iode emplit ses bronches, et ce fut bon. L'air marin cinglait son visage, et il doutait de l'avoir jamais autant apprécié. Parce qu'à travers cette première inspiration, il renaissait pour de vrai – oui, mais pas seulement. Cette brise matinale courait sur la nudité de sa peau ; les vagues vinrent lui lécher les orteils. C'était comme si le monde l'accueillait, se manifestait à lui pour lui souhaiter un bon retour dans ses contrées. Il se sentait accepté. Était-ce de s'être délesté du poids de l'or qui le lui permettait ? La question importait peu : il ne souhaitait que respirer. Au froid des Enfers se substituait la chaleur insulaire, et jusque dans ses veines, il la sentait vibrer. Il était de retour, encore. La vie n'était pas décidée à le laisser s'en aller... Celle à qui il vouait la sienne encore moins.
Quoi ?
Qu'est-ce qu'elle lui chantait là ? Lui, atlante ? Le Roi des Ronces se toucha le visage, cherchant les signes de cette transformation. Mais il n'y avait rien à trouver, puisqu'il n'y en avait pas – pas pour lui, en tout cas. Si bref qu'ait été son séjour là en bas, il lui avait suffi à oublier la texture de sa peau au toucher. Avait-elle toujours été ainsi ? Il n'en aurait pu jurer. La palpation n'offrant que peu de résultats, il se dirigea vers l'eau pour mieux voir les réponses qu'elle avait à lui donner. Son visage n'avait que peu changé, pour autant qu'il puisse en juger. Il avait toujours été joli garçon, bien qu'il n'en tirât aucune fierté. Ses prunelles, en revanche, avaient changé. Ce n'était pas que l'écarlate s'en soit retiré. C'était que le bleu de l'océan l'avait recouvert une fois encore.
Tu aurais pu prévenir. Enfin, tant que les branchies me sont épargnées... Ça fera une chose de moins sur laquelle ton père pourra râler.
Sa moue se dissipa pour faire place à un léger sourire. Il n'y avait pas de quoi se réjouir, non, mais pas de quoi s'en plaindre également. Qu'est-ce que ça changeait au fond ? Quelle importance est-ce que ça pouvait avoir maintenant ? Ce n'était que la dernière pierre d'un monument qu'il avait commencé à construire bien avant. L'emblème d'une scission, de ce qu'il avait dû abandonner pour regagner quelque chose d'autre. Avec le temps, peut-être même qu'il apprendrait à le porter avec fierté...
Mais il n'était pas pressé. Pas pressé de redevenir un guerrier. La bataille s'était terminée, et il avait du temps devant lui avant toutes celles qu'il lui restait à mener. Un temps qu'il comptait bien mettre à profit pour se reconstruire une vie. La leur, avec tout ce qu'elle avait à leur offrir. Il se détourna de l'eau, nullement gêné par sa tenue, mais intercepta au vol le peu de vêtements qu'elle avait à lui lancer. Tandis qu'il s'en drapait prestement, il la toisa d'un oeil malicieux.
Depuis quand est-ce que ça te gêne ?
Ce n'était pas la première fois qu'il la voyait nue – un détail qui n'aurait pas échappé à toute personne un tant soit peu instruite sur la procréation. S'il n'était pas spécialement timide sur le sujet, il l'était d'autant moins qu'il n'y avait âme qui vive sinon eux sur des lieues à la ronde. Même s'il était vrai qu'elle était bien souvent la première volontaire quand l'outrage à la pudeur était de rigueur... Pendant qu'il achevait de s'en vêtir, il la captura entre ses pans pour la réchauffer, s'il en était encore besoin. S'ils n'avaient eu à affronter les flammes de l'Enfer, ils en avaient connu le froid, et il ne désirait pas la voir en faire les frais. Elle en avait déjà payé le prix – celui de devoir le supporter jusqu'à ce que l'univers soit las de tourner.

S'il en profita pour l'étreindre, cela ne devait pas durer. Déjà ils repartaient pour un nouveau voyage, une chevauchée qui les éloignerait pour de bon de l'obscurité. Bien s'installer dans cet accoutrement ne serait pas chose aisée. Il y parvint néanmoins, et s'il n'avait que peu pratiqué l'équitation dans sa jeunesse, les notions lui revinrent rapidement. On ne pouvait parler de leçons puisque ceux qu'il monta le furent dans la plus pure illégalité, aléas d'un lointain passé. S'acclimatant à son mystique destrier, il la suivit docilement, où qu'elle souhaitât le mener. Où il irait n'importait plus réellement, tant qu'il y aurait ses pas devant elle pour le guider.

Quand enfin il put descendre de selle, il s'étonna de n'être pas endolori. Tout surhumain qu'il soit, une telle activité n'allait pas sans contrepartie... Non qu'il en fût lésé. Point de hâte à tester la sensation de douleur de ce corps régénéré. Resserrant sur ses épaules son manteau de fortune, il orchestra sa chute à ses côtés. L'écrin de sable qui les accueillait, lui aussi, eût l'air on ne peut plus familier. Lové contre elle, celui qui fut Chevalier se laissa glisser jusqu'à poser la tête à même son nombril. Sur ce ventre exempt de cicatrice, de blessure trop récente qu'il viendrait raviver. Qu'on le pardonne pour son crime, mais il ne regrettait pas de l'avoir fait – d'avoir guéri cette chair par sa faute mutilée.
C'est plutôt de toi que j'ai envie de profiter.
Ni sous-entendu ni sens caché. La vérité et rien que la vérité. Rester ainsi peau contre peau – même si sa chevelure s'en mêlait – était tout ce qu'il pouvait demander... Ne fut-ce que le temps de réaliser. De prendre conscience de ce par quoi ils étaient passés. Histoire d'amour avait-elle jamais tant été malmenée ? Roméo et Juliette pouvaient, plus que lui il n'y avait qu'un instant, aller se rhabiller. Sa main trouva la sienne, pour n'en plus bouger. Tout en elle, jusqu'à la douceur de ses doigts, lui avait tant manqué... Mary n'était pas une femme délicate ; elle s'était battue, de ses mains comme à l'épée.

Elle ne rechignait pas aux épreuves de force, au travail physique, et sa peau aurait dû en être d'autant usée, d'autant tannée. Pourtant, il y avait dans chaque caresse, dans chaque frôlement cette infinie délicatesse qui la faisait plus femme que quiconque. Il lui semblait être revenu des mois en arrière. Avant le danger, avant la guerre. Que n'avaient-ils pu plus souvent profiter de ce genre de moment ; peut-être leur sort en aurait-il était bien différent. Si la chaleur du soleil lui était en effet agréable, celle de Mary était une bénédiction.
Je ne sais même pas par où commencer... Si on reste ici pour toujours, tu crois qu'on viendra nous chercher ?
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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Mar 14 Avr - 20:19

Celsius ?







Nous nous retrouvions sous le même ciel, caressés par le soleil qui trônait en majesté. Tout était à sa place, tout était pour le mieux. Loin des conflits, je savourais le temps qui passe sans m'en angoisser. Ce dernier, là, tout de suite alors que nous étions étendus dans le sable chaud et blanc, paraissait avoir suspendu son cours. Ce n'était pas pour me déplaire, ainsi, les yeux clos, je ne pensais à rien d'autre qu'au moment présent. Le bruit de la mer, lancinante musique à mes oreilles, me faisait peu à peu oublier ma fatigue et ma douleur. En paix, je me parais de mon plus beau sourire. Celsius, lui, devait ressentir mon bien-être, ma respiration douce, apaisée de celles et ceux qui reviennent d'un très long voyage.

Après les ténèbres, la lumière nous offrait le plus éclatant des réconforts.

L'eau commençait à lécher mes pieds, j'enlevais donc mes bottes de cuir, les envoyant valser Dieu seul sait où pour m'offrir ce petit plaisir trop longtemps écarté. Je tressaillis à son contact, ouvrant grands les yeux comme pour être tout à fait certaine que je n'avais pas rêvé. J'étais vivante, l'Océan tout entier me le clamait haut et fort. En laissant ma tête rouler sur le côté, je crus apercevoir une silhouette plonger dans les récifs. L'une de mes sœurs me saluait, j'étais de retour, la Sirène était de retour.

Mon sourire s'élargit.

« Ma compagnie t'est-elle si agréable ? Ahaha, c'est plutôt toi qui ne peux pas te passer de moi. Non ? » le taquinais-je en me relevant, appuyée sur un coude. Je l'observais avec une certaine tendresse. Comme je le faisais autrefois. Une époque révolue ? « Sans doute, mais comptes sur moi pour les renvoyer chier. »

Et en parlant de probable emmerdeurs, en voilà justement un qui accourait, clopin-clopant d'une manière assez grotesque. Je ne fis aucuns commentaires, car cet homme qui approchait, je le connaissais et le respectait. Ce bon vieux John nous salua tous les deux, s'enquit de ma santé avant de nous annoncer que les filles avaient été mise en sûreté dans mes appartements. Je le remerciais chaleureusement et il se retira, nous laissant de nouveau seuls.

« Tu vois ? On peut pas être tranquille cinq minutes. Puis, merde, comment ils ont fait pour nous retrouver si vite ? Ah … » soufflais-je en m’asseyant tout à fait pour m'étirer comme un chat au soleil. « Tu viens ? Elles nous attendent, elles doivent avoir faim. Et Dieu ce que mes seins me font mal. J'avais presque oublié les joies de la grossesse … »

Je lui offris ma main pour qu'il se redresse, non sans le jeter un regard plein de malice. « Quand même, tu es si indécent ! »

Pouffant de rire, je me laissais aller franchement à mon hilarité tout en l'entraînant dans mon sillage.

***


« Elles te ressembles. » fis-je émue en m'approchant de leur berceau. « Approches ! »

La pièce était plongée dans une semie-obscurité, seules quelques bougies éclairaient celle-ci d'une douce lumière. Des coussins jonchaient le sol, nous invitant à nous y allonger, mais moi, je n'avais d'yeux que pour mes filles. Nos filles. Elles s'agitaient doucement à mon approche, comme si elles reconnaissaient ma présence. Avec mille précaution, je les pris entre mes bras afin de les bercer, les contempler, les aimer. Toutes emmaillotées, je n'avais pas fait attention qu'un petit objet s'était glissé entre les replis de la couverture. Seul le bruit métallique, m'interpella, me faisant arquer un sourcil en voyant une chose briller dans la lumière tamisée.

« Celsius ? » soufflais-je en le questionnant du regard. « Qu'est-ce que c'est ? »

Je crois que je connaissais la réponse, et à cette pensée, mon cœur rata un battement.





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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Jeu 16 Avr - 9:52

:: Rallumer les Étoiles :.


Même s'il n'en avait plus conscience, plus conscience de rien, il était convaincu que ce qui lui aurait le plus manqué en Enfers était le ciel. Ils en avaient un, mais sa couleur n'était synonyme que de désespoir. Son opacité dissuadait de jamais essayer de le traverser, de le parcourir à la force d'ailes imaginaires. Là où celui de la surface paraissait sans limites, lui n'avait l'air que d'un plafond coloré, une frontière où on ne pourrait que s'écraser. Quoi d'étonnant ? L'enfer était une prison, dont les règles interdisaient de rêver ou de croire. Non qu'il ait jamais été très fort à ce jeu-là... Mais c'était bon d'en avoir le pouvoir. De savoir qu'on peut recommencer, même sans en avoir la capacité.

Plus que jamais, le ciel lui semblait proche ; ce n'était pourtant pas de là qu'il revenait. Remonté du ventre de la terre plutôt que tombé du plus haut des cieux, voilà qui lui ressemblait bien – lui, la plante qui pousse dans l'obscurité. Mais n'avait-il pas droit lui aussi à sa part de lumière, son fragment de l'aube ? Encore qu'il n'eût pas besoin du soleil pour ça, puisqu'elle était à ses côtés. Ses doigts se crispèrent imperceptiblement sur les siens, sans violence, comme pour s'assurer de sa présence. Que ce ne soit pas un rêve cruel inspiré par la froideur du Cocyte... Mais non, c'était sa réalité retrouvée. Fragile, mais de toute beauté. Enfin, le cauchemar était terminé... Ou était-ce déjà trop s'avancer ?
Ce n'est pas moi qui suis venu te chercher jusqu'en Enfers...
Encore que ce soit discutable après ce qu'il avait fait pour elle, mais là n'était pas le sujet. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi léger... Le moment de sa mort excepté, et que son corps s'évapore avait dû jouer. C'était étrange d'en parler, d'y penser au passé, comme si ça s'était simplement... Terminé. Qu'il laissait ça derrière lui, le rangeait dans les cartons pour ne plus y regarder. Le décès avait habituellement quelque chose de définitif... Quelque chose dont il devrait faire abstraction. Détourner les yeux du sujet. Déroutante sensation. Il leva la main pour effleurer son visage, en quête de preuve supplémentaire – celle que tout ça ne se déroberait pas sous ses doigts.

Il se retrouva à parcourir sa peau, là où une cicatrice se tenait autrefois. Avait-il eu tort de faire ce qu'il avait fait ? Probablement, mais il n'en avait aucun regret – dès avant sa mort et encore moins maintenant. Celui qui n'est pas près à se damner pour l'amour d'une femme a-t-il jamais aimé ? Fut-ce au détriment de son devoir sacré... Les dieux eux-mêmes étaient faillibles, et que l'ère mythologique soit finie selon les livres d'histoire n'y pourraient rien changer. S'ils ne pouvaient admettre que ceux qu'ils avaient créés possèdent la même tare, ils n'étaient pas dignes de régner. Il pensait Athéna au-dessus de tout ça, mais qu'en savait-il désormais ? En outre, ce n'était pas qu'à son jugement qu'il se soumettrait – si toujours vivait l'enfant.
Le rouge n'est pas la plus discrète des couleurs... Je m'y connais un peu sur le sujet.
Une légère roseur colora son visage quand il fit mention de l'état de ses seins, mais il n'y trouva pas à redire. Ce genre de tirade, c'était Mary tout craché. Il la voyait redevenir elle-même. Ce qu'elle devait être, ce qu'elle devait rester. Ce qu'elle avait été, et toujours serait. Il affecta de se relever pour ne pas la gêner dans ses mouvements, laissant sa senestre retomber. Un contact qu'il ne brisait qu'à regrets, mais n'était-ce pas pour mieux le renouveler ? D'autant qu'il ne lâcha pas sa main, il s'y refusait. Peut-être pas avant demain, avant de s'assurer que tout ne serait pas que cendres quand minuit sonnerait. Remis sur des pieds plus solides qu'il n'en avait le souvenir, il se laissa entraîner.

La route pour demain était encore longue.

* * *
J'aurais plutôt dit le contraire...
Cette tignasse flamboyante était plus caractéristique de Mary que de lui, dont ce n'était pas la couleur naturelle – à moins que le poison ne l'ait corrompu au point d'en changer sa nature-même. Et si l'une d'elle avait bien les yeux bleus, l'autre les avait de sang. Il s'efforça de ne pas y voir de mauvais présage. Un coup d'oeil à Mary le rasséréna. Le rouge était également la couleur des ardeurs et des passions. Si ces enfants tenaient autant de leur mère que cela le laissait présumer, ils n'avaient pas fini d'en baver. L'ambiance tamisée de la pièce ressuscitait des souvenirs aussi nombreux qu'ils lui étaient doux, à ceci près qu'ils n'y étaient plus seuls désormais. Le seraient-ils jamais à nouveau ? Parent était un travail à plein temps, à ce qu'on disait.

Il ne put s'empêcher de ceindre sa taille de ses bras en la voyant se tenir ainsi, l'émotion dans le regard. S'il avait oublié jamais oublié ce qu'elle lui inspirait, cette vision aurait eu tôt fait de lui rappeler. Une famille, avait-elle dit... Y avait-il vraiment droit ? Il avait envie d'y croire – elle la lui donnait. L'envie de penser qu'ils pouvaient prendre un nouveau départ. Ce qui s'était passé avait laissé des blessures... Mais n'était-ce pas le propre de chaque guerre ? Qu'elle intègre ou non la mémoire de la terre, eux s'en souviendraient. Apprendraient de leurs erreurs, apprendraient à ne plus les refaire. Eux aussi, n'avaient-ils pas droit à leur part de ciel clair ?

Mais le passé est tenace, et il n'aime guère être changé.

À peine avait-il fini de l'enlacer que d'entre les couvertures chutait un objet – un objet qu'il ne savait que trop bien reconnaître. Avant qu'il ne puisse toucher le sol, sa main se tendit comme frappe la foudre. Il aurait pu le laisser dégringoler, pourquoi pas rouler et disparaître entre les lattes du plancher. C'eût peut-être été préférable, mais il lui devait la vérité – par leurs mots, par leurs actes, ils se l'étaient assez juré. Coincé entre le pouce et l'index, à la lueur de chandelles dont l'éclat lui paraissait moins chaleureux désormais, l'anneau luisait de milles feux. C'était bien le sien, pas de doute à avoir. La dernière chose qu'elle aurait eu de lui si tout s'était arrêté.
Un souvenir... Une relique du passé. fit-il avec un rien d'amertume. Il le fit rouler entre ses doigts. Comment le voir autrement après tout ce qui était arrivé ?Enfin... Je crois. Je t'avais promis, tu te souviens ?
Oui, elle s'en souvenait, il le savait déjà. Comment ne le pourrait-elle pas ? L'importance que cela avait pour elle, il n'en était que trop certain. Les blessures qu'il avait effacé du corps de Mary Red n'était pas les seules qu'elle portait, et celles-là était de celles qui ne cicatrisent jamais. C'était peut-être stupide d'espérer la suturer d'or et de rubis, mais comment aurait-il pu le savoir sans l'avoir essayé ? Cela remontait au jour-même où ils s'étaient rencontrés. Cela, elle pouvait l'avoir oublié, mais pas lui. Peut-être ne l'avait-elle pas pris au sérieux, mais il l'était déjà - ça n'avait plus changé depuis. Ce n'était pas exagéré de dire que c'était la seule femme qui lui conviendrait jamais, la seule à s'être frayé un passage dans son coeur esseulé. C'était la deuxième fois qu'elle le remettait en marche, à bien y penser.
J'aurais aimé pouvoir te dire que c'était l'anneau de ma mère, et de sa mère avant elle, mais malheureusement... On fait avec ce qu'on a. Baissant les yeux dessus, il se fendit d'un pâle sourire. Il soupira et haussa les épaules. Bien sûr, tu peux quand même l'avoir. Je ne vois pas ce que j'en ferais d'autre. Après tout, c'est pour toi qu'il est là.
Et que toujours je le serai.
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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Mer 22 Avr - 12:21

Empoisonneur







Je regardais cet anneau avec un mélange de tristesse et d'espoir. Ce simple objet représentait à lui seul, tout ce que j'avais jamais voulut désirer. Que je désirais encore. Une vie « simple », une vie « normale » mais qu'est-ce que cela pouvait-il bien dire ? Et en avais-je seulement le droit ? Je pouvais me prévaloir d'être une femme forte qui voulait et savait ce qu'elle désirait. C'était l'image que je renvoyais à tous. Une O'Bannon. Mais en vérité, je ne savais rien, je doutais de tout. Je me demandais surtout si un jour on m'accorderait cette vie tant désirée. À bien y songer, me faire redevenir la Sirène Maléfique comme je le fus autrefois n'était-ce pas un signe qui allait en ce sens ? Je ne voyais pas le geste de mon Monarque comme une punition, bien au contraire. Maintenant que je me tenais là, loin des Enfers que j'avais voulu rejoindre, mes doutes et mes craintes refaisaient surface. Le tout concentré en un seul être : Celsius.

Je l'avais sauvé, extirpé du Royaume des Morts non sans avoir été honnête avec les deux hommes qui trôneraient à jamais dans mon cœur. Aux cotés d'un troisième qui n'existait plus, que l'on m'avait arraché. Arraché, peut-être était-ce pour cela que j'avais prit tant de risque à faire revenir le Chevalier des Poissons. Par égoïsme, parce que je ne voulais pas revivre cette injustice.

Cette pensée éclaira mon cœur autant que mon esprit. Mais j'étais si sombre en cet instant que l'éclat de mes yeux s'était ternit.

« Oui je me souviens … » Je baissais les yeux, incapable d'affronter son regard. « Pour moi ? »

Je poussais un si long soupir que j'aurais pu en un seul souffle, éteindre toutes les chandelles. Je songeais à notre passé, marqué par les pleurs, les rires et le sang. Pour moi, il me l'offrait. Ou plutôt me l'avait offert en toute connaissance de cause : celle que je le trouverais, cet anneau, après sa Mort. J'aurais dû éclater me mettre en colère et lui hurler dessus comme je l'aurais fais volontiers jadis. Mais pas là. J'étais trop las, trop éprouvée pour faire quoique ce soit. Alors j'annonçais, dans un souffle, qu'il était temps que je boive un petit coup. Un grand coup. Je reposais mes filles dans leur berceau avant de m'emparer d'une bouteille qui trônait là, solitaire pour la dé-bouchonner avec mes dents, le recracher quelque part et boire directement au goulot. Je sifflais presque la moitié de la bouteille avant que les lèvres ne s'en séparent pour mieux y revenir et la vider tout à fait.

Mais en la reposant, je fus surprise de constater que la douce étreinte de l'alcool ne m'avait pas prise. Désappointée, je lançais un regard au jeune homme et je compris. Mes bras retombèrent mollement de chaque côté de mon corps.

« Je ne pourrais jamais plus être saoule ? » Cette question n'attendant pas de réponse, je pris ma tête entre mes mains pour rire d'un rire sans joie. « Bordel. Y'en a d'autres des comme ça ? Moi aussi je dois vivre en solitaire, vivre comme une pestiférée de peur de contaminer les autres ?! Et mes filles ? Ma sœur ? Comment… je vais faire ? » En cet instant je le méprisais, Celsius. « Que m'as tu fais ? Tu m'as privé … de la vie Celsius. »

La vérité je l'avais trop longtemps repoussée. Mais maintenant qu'elle m'éclatait au visage, j'étais bien forcée de m'y soumettre. Je n'en avais nulle envie. Je considérais les jumelles avec une tristesse infinie.

« Je leur ai fais du mal en les touchant ? Est-ce que je les empoisonne elles aussi ? Nous ... » Je me recroquevillais de plus en plus, comme un papillon, aveuglé par la clarté de la lumière qui regagnerait son cocon, préférant les ténèbres à la vie. « Tu m'as maudite Celsius, et moi je suis allée te chercher, pourquoi ? Et toi, tu restes planté là avec … tout ce que j'ai jamais désiré et tu le sais. Tu m'as fais du mal et tu me fais encore si mal … qu'est ce que je peux en faire, hein ? À t-il au moins un sens pour toi, Empoisonneur ? »

Je plongeais des yeux emplis de colère, de frustration et de haine dans l'océan calme des siens. En cet instant, sous le joug de la douleur et de l'incompréhension, je le détestais tant. Or, j'étais mon propre Bourreau dans cette sordide histoire.






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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Mer 22 Avr - 16:20

:: Rallumer les Étoiles :.

Pour toi.
C'était pour elle qu'il l'avait précieusement gardée, il n'avait aucune raison de lui cacher. Plus de mensonge, plus de demi-vérité, si dur que ce soit à accepter. Oui, en effet, il la lui avait laissée, alors même qu'il savait ce qui allait arriver... Ou du moins en avait une vague idée. Ce n'était pas la meilleure chose qu'il ait pu faire, la mieux pensée... Mais il l'avait fait, c'était une réalité. Et ? Était-elle si éprouvée qu'elle ne pouvait y voir une dernière volonté ? C'était un souvenir bien cruel à lui laisser, mais il n'avait déjà plus rien d'autre à lui donner. C'était ça ou la jeter. Et si dérisoire soit-elle comparée à la femme à qui il la destinait, elle la méritait plus que la mer qui dansait au-dehors - dut son avis compter.
Si tu n'en veux pas, je comprendrais, tu sais.
Il n'y avait dans sa voix ni amertume ni regret. Cela ne voulait pas dire qu'il n'en ressente pas : il avait assez appris à les dissimuler. Mais c'était là toute la vérité, rien que la vérité. Il n'avait personne d'autre à qui la donner, n'en aurait jamais. Il ne voulait pas qu'il y en ait. Satine avait été une exception dans la trame de sa vie, la note de joie dans la tragédie. C'était arrivé par hasard... Mais lui eût-on donné le monde qu'il n'y aurait rien changé. Seulement, son sombre récital n'était pas fait pour en compter davantage. Si elle en disparaissait, il retournerait à sa gamme ordinaire... La manière dont il était allé à la mort l'avait démontré. Un être solitaire, sans famille, sans foyer. Ce pourquoi on l'avait programmé.

Il se raidit en l'entendant se servir à boire. Ce menu détail, il l'avait oublié. Lui-même n'était guère friand des bars, y eût-il longtemps traîné. C'était plus la compagnie que les breuvages qui l'y attiraient. Dans le cas de Mary, la consommation était autrement plus élevée... Voilà qui serait un problème, et il ne tarda pas à pointer le bout de son nez. Il resta là, auprès de celles qu'il avait engendré. Il ne servait à rien de la prévenir : elle verrait par elle-même, en prendrait toute la portée. Ce qui ne lui était pas concevable l'instant d'avant deviendrait sa triste réalité. Ses doigts se crispèrent sur le bois du couffin quand le silence se fit roi. En était-ce déjà fini de leur paix retrouvée ?
J'ai fait ce que je pouvais. Je ne suis pas un dieu, excuse-moi du peu.
Des mots qui pouvaient paraître tranchants, mais n'avaient pourtant pas l'intention de blesser. Comment pourrait-il jamais l'envisager ? Les siens, en revanche, avaient été autant de coups de poignards... Autant de sordides vérités. Tout cela était vrai, et plus encore... Mais avait-il d'autre choix ? Il avait tout mis en oeuvre pour la sauver mais tout Chevalier d'Or qu'il soit, ses moyens étaient ceux d'un humain. Ce qu'elle avait fait pour lui allait bien au-delà, il est vrai... Mais d'où lui venait cet objet ? Que le pouvoir de Poséidon ait à y voir ne l'aurait pas étonné.
Une vie pour une vie, je suppose que tu connais l'idée. Hélas, je n'avais que la mienne à donner... Qui est, comme tu le sais, empoisonnée. Je l'aurais donnée toute entière sans hésiter si ça avait pu t'éviter ça... Mais tu sais comme moi que ça n'aurait rien changé. Il leva les yeux au plafond, comme s'il interrogeait les cieux. On ne peut donner ce que l'on n'a pas...
Sa main traînait au fond du berceau, perdue au milieu des draps, quand l'une des deux petites s'y agrippa. Il ne fit rien pour l'en empêcher, ni ne la repoussa quand elle se cramponna à l'un de ses doigts. Probablement Mary devait-elle en être horrifiée, s'imaginer milles issues fatales... Mais Celsius se contenta de libérer son index après avoir son front effleuré. Il se redressa, sans encore la regarder. Non qu'il lui en voulut, mais il ne voulait pas qu'elle croie qu'il usât de son regard pour l'amadouer.
Elles sont immunisées. déclara-t-il. Peut-être l'ont-elles elles-mêmes, je ne peux pas encore vérifier. Mais tu n'as pas à avoir peur pour elles. Ou pour moi, pour ce que ça peut faire.
Il se constitua un sourire, si ardu que ce soit en cet instant. Il n'insinuait pas qu'elle se fichait de son sort - l'aurait-elle sorti même de la mort si cela avait été le cas ? C'était pourtant ce que semblait exprimer sa fureur à cet instant - une rancoeur sur laquelle il comptait bien mettre des mots. Tout cela... N'avait eu lieu que parce qu'ils n'avaient pas su s'expliquer, que parce qu'ils avaient gardé pour eux leurs sombres pensées. Il ne laisserait pas cela recommencer... Le coût en était déjà trop élevé. Il s'approcha d'elle, le regard défiant, mais pourtant délicat dans ses mouvements.
Es-tu vraiment en colère contre moi ou cherches-tu seulement une excuse pour me fuir ? Il lui laissa le temps de la réflexion. C'est toi qui m'a ramené, Mary. Je t'ai prévenue qu'il te faudrait l'assumer.
Qu'il l'appelle par ce nom mettait une distance entre eux, leur permettait de discuter avec moins d'enjeux. C'était sa manière à lui de signifier que ce qu'ils diraient n'entacherait en rien leur rapport, que c'était un sujet à part - si l'on peut dire. Elle était déjà assez bouleversée sans qu'il mette en plus les doigts dans son coeur. Il savait ce qu'il traversait, il l'avait vécu avant elle. Mais était-elle en colère contre lui, ou contre le monde qui l'avait punie ? Les avait punis tout deux. Elle après lui... Cruelle ironie. Sa main parut se lever vers son visage... Mais c'est finalement la sienne qu'elle attrapa pour y faire glisser le cercle doré.
Cet anneau... Veut dire ce qu'il veut dire, dut le monde s'effondrer que cela n'y pourrait rien changer. Ce que tu es pour moi n'a pas changé non plus, et je pense que tu le sais. Ses doigts s'immiscèrent entre les siens, coinçant entre leurs paumes le métal glacé. Le retiendrait-elle, ou le laisserait-elle tomber ? Quant à savoir si c'est ce que tu veux... À toi seule d'en décider.


Dernière édition par Celsius le Mer 22 Avr - 17:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Mer 22 Avr - 17:45

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« Je sais que tu étais plein de bonne intention. » clamais-je en brisant le silence instauré, comme maintes fois je l'avais fait. Mon regard se porta vers le berceau où, inconsciemment peut-être, il avait laissé traîné une main. Il était le père des jumelles, je ne pouvais lui enlever cela. Pour le reste, je n'en étais pas certaine. Indécise, face à mes incertitudes, il me faudrait du courage pour me résoudre à lui avouer que j'étais perdue. Désœuvrée. Le fait que nos filles puissent porter notre poison, notre malédiction, nos déboires et que, de ce fait soient immunisées, ne fit que me rembrunir davantage. Là encore, il n'y avait aucune certitude. « Bien sûr que je m'en fais pour vous. »

« Vous », pas « elles ». Qu'il le veuille ou non, Celsius, nos enfants et moi formions une famille. Une bien singulière famille, mais une famille quand même. Je me calmais peu à peu : il avait ce don d'apaiser la plus terrible de mes ire d'une simple parole, sans rien faire en particulier. Un autre y parvenait, sans doute pour une raison toute évidente. Par amour. Je poussais un autre soupir, le laissant s'approcher de moi. Moi, je daignais à lever les yeux vers lui pour le regarder, voir son regard qui me fuyait aussi. J'en avais assez de jouer à ce petit jeu. Il était temps de mettre nos cœurs à nus, quitte à ce qu'ils soient mit à mort.

Celsius avait raison, je ne faisais que chercher des excuses. De tenter non pas de le fuir lui, mais moi-même.

Il semblait bien plus grand, suite à sa renaissance, cet homme à la chevelure de sang. Il stoppa ses pas en face de moi, de sorte à ce qu'il occulte la lumière vibrante des chandelles. Je crus entendre l'une des jumelles s'agiter dans son sommeil, mais j'étais trop absorbée par ma contemplation du chevalier aux roses que je ne m'en préoccupa pas pour l'instant. Mon instinct de mère, loin d'être relégué au second plan, était à l'affût, seulement, persuadée que rien ne saurait contrarier leur sommeil à part nous, j'allais me décider à lui demander de sortir, quand, sans crier gare – je devrais en avoir l'habitude – il me surprit en allant cueillir ma main et y glisser l'anneau. Paume contre paume, me voilà piégée, en quelque sorte.

J'avais le choix de relâcher ma main, de desserrer ne serait-ce qu'un peu mes doigts pour que l'anneau chute. Ou bien, la serrer plus fortement. Chose que je fis, non sans le faire sans douceur aucune. Je plongeais mes yeux de jade dans les siens, le défiant aussi, s'il désirait jouer à ce jeu-là.

« Cessons donc de jouer, Celsius. Je ne saurais te mentir de toute façon. Soyons honnêtes l'un envers l'autre. Et arrêtons de nous cacher. Suis-moi. »

Contre toute attente, je pris l'anneau entre mes doigts pour le glisser dans mon décolleté. Un geste qui pourrait être surprenant, comme il était signé Mary Red. L'était-il donc, dans ce cas ? Conservant mes doigts noués autour des siens, je l'entraînais dans mon sillage pour refermer la porte derrière nous. Nous nous retrouvions alors sur le seuil de mes appartements, hésitants. Enfin, je l'étais encore une fois.

« Allons dans les jardins. » fis-je après un moment. « Viens. »

C'était plus une serre qu'un jardin à proprement parler bien qu'il y ait un nombre improbable de fleurs et de plantes, des animaux en liberté aussi qui évoluaient sans peur. Ainsi, je ne fus pas effrayée lorsqu'une panthère aussi noire que la nuit, me frôla pour quémander une caresse. Divers cris et senteurs se mêlaient dans une atmosphère reposante, et exotique à la fois. J'en appréciait les moindres recoins, la lumière, les ombres mouvantes. J'indiquais un banc sur lequel je pris place la première. Qu'il fasse ce qu'il veut, après, pour ce que ça me regarde. Pourtant, avant de relâcher mon étreinte sur sa main, je sentis très clairement son cœur battre. Son pouls que quelques heures auparavant je n'étais plus capable de trouver.

« Ton cœur, j'ai l'impression qu'il bat à l'unisson avec le mien. C'est possible que cela soit dû au fait que … » Je laissais ma phrase en suspend. « Celsius, cet anneau. Je ne peux pas l'accepter. Pour la simple et bonne raison que j'en aime un autre. »

Nul besoin de prononcer son nom, l'ancien Saint des Poissons ne m'avait-il pas mit en garde contre une probable vendetta contre lui ? Il savait ce que j'en pensais, et à quoi il devait s'en tenir. Maintenant, qu'allait-il bien pouvoir en faire, de ce fait là ? C'était assez simple à deviner, surtout pour un fin observateur comme l'était Celsius. « Tu sens la Mort ». Ces mots prenaient sens dans mon esprit. Les mains jointes, mes doigts n'étaient plus qu'un nœud de phalanges blanchies.

« Mais tu dois déjà le savoir, n'est-ce pas ? » J'osais croiser son regard. Je n'en éprouvais nulle honte, comment le pourrais-je seulement ? Était-ce un tord de tomber amoureux ? « Tu dois donc te demander pourquoi je t'ai sauvé malgré ça ? Hein ? »

Je riais toute seule de ma bêtise.

« J'aurais très bien pu te laisser là où tu pourrissais. Mais j'ai choisi de te libérer de ta prison des glaces. Par pitié ? Par culpabilité ? Sans aucun doute ! Tout comme je sais que je ne pourrais pas avancer dans cette vie sans toi. Cette vie que tu te targues de m'avoir offert Celsius, en m'empoisonnant. Nous sommes liés. C'est tout, nous n'y pouvons rien, je n'y peux rien. C'est toi qui en est l'instigateur. Mais est-ce à toi d'en payer le prix ? Je ne crois pas. Alors oui je suis en colère contre toi, en colère que tu ais pu choisir à ma place ! En colère encore de devoir devenir quelqu'un d'autre. Mais je ne prendrais plus la fuite Celsius. J'assumerais. »

Je me relevais vivement tout en enserrant la garde de mon poignard dissimulé tout contre ma cuisse. Prestement et sans hésitation, je tranchais sa chevelure que j'avais prise à pleine main. Autant de filaments sanguinolents qui tombaient, s'envolaient un peu partout. Un renouveau, pour sa renaissance. C'était symbolique, je coupais un lien. Celui qui faisait de lui le Saint des Poissons. Le Lien de Sang.

« Pas mal, j'espère que la coupe te plaît. »

Je me reculais de quelques pas pour l'observer, un mince sourire aux lèvres.





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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Mer 22 Avr - 20:54

:: Rallumer les Étoiles :.

Ça fait longtemps que j'ai arrêté.
Avait-il jamais vraiment joué, d'ailleurs ? Ce n'était pas ce que lui disait son enfance volée. Si prendre des coups pour ce que l'on est plus que pour ce que l'on a fait était un jeu, un jeu cruel, alors il l'emportait haut-la-main. Il y avait bien sûr eu les jeux entre eux, les jeux dangereux. Le simple fait de s'être liés, de s'être aimés malgré leurs allégeances contraires n'en était-il pas déjà un ? Il la regarda faire, suivit son manège – puis la suivit tout court. Où qu'elle souhaite l'emmener, il avait promis de la suivre jusqu'au bout. Il n'avait aucune envie d'aller où que ce soit, mais le serment régnait.

La serre où elle l'emmena eût sur lui un effet revigorant. Que ce soit la faune ou la flore, tout le gorgeait d'une incroyable énergie. Si étrange que ce soit, bien qu'il représentât la mort dans ce qu'elle avait de plus noir, la vie l'avait toujours inspiré. N'avait-il pas lui-même été capable de la donner ? À travers ses fleurs, et maintenant... Il frôla à son tour le fauve quand il passa à leurs côtés, prenant bien garde à ne pas s'écorcher. Nombreuses étaient les ronces en ces lieux, et la moindre épine libérerait un fléau qu'il ne pourrait dominer. Il la laissa rompre le contact, sans broncher. Ce qu'elle lui assénait, il l'avait déjà deviné.
Je l'ai su dès que je t'ai vue.
Pas aux Enfers, bien avant cela. La froide opposition de Rodorio n'était plus là. À quoi bon tout cela ? Ce qui était fait était fait, il n'y pourrait plus rien changer. À présent, seul le futur comptait. Avec ou sans elle, à elle d'en décider... Comme il le lui avait platement souligné. Et si le coeur a ses raisons que la raison ignore, celui d'une femme est plus complexe encore. Celui de Mary était le seul qu'il connaissait en profondeur, mais cela lui avait suffi à s'en aviser. C'était de toute façon le seul à avoir son intérêt – le seul qu'il veuille dérober. Le faire battre, et au son de ses battements se guider...
Ce qui ne veut pas dire que tu ne m'aimes plus... N'est-ce pas ? Inutile de répondre, ta formulation parle pour toi. Ça, et l'ensemble de son comportement jusque là. Je ne dis pas ça pour me donner de l'espoir... Même s'il est vrai que j'aimerais y croire.
Elle était tombée dans ses bras au moment où elle s'était crue trahie, abandonnée. Pour le faire souffrir, certainement, même s'il n'y avait pas que cela – il aurait aimé le penser, mais était trop sagace pour cela. Que faire alors ?... Rien. L'acte n'était pas sien. C'était à elle d'agir, dans un sens ou dans l'autre – car à rester sur place, elle ne pourrait que souffrir. Encore, pensa-t-il. Car si elle le blâmait de ses souffrances l'instant d'avant, n'était-elle pas son seul ennemi au fond ? Prenant place à ses côtés, il la laissa agir à son gré, sans ciller jamais. Pourquoi se méfier ? Si elle voulait sa vie, il la donnerait sans discuter.
Je ne tâcherai pas de te convaincre. Je n'ai pas à le faire. Je ne pense pas, en tout cas. Je t'ai déjà donné plus que je n'avais. Je n'ai plus rien à mettre entre tes mains. Même ma vie t'appartient, à présent. Ce que tu veux en faire... Ne regarde que toi.
Pour elle, il avait donné même ce qui n'était pas à lui. Des torts dont il répondrait. Quand Mary lui trancha les cheveux – coupa le lien –, il lui retint le poignet pour y poser un baiser. Il passa la main dans sa chevelure écourtée, chassant les mèches qui n'étaient pas encore retombées. Bien longtemps que sa nuque n'avait été caressée par le vent... Le seul souffle qu'il se souvienne y avoir ressenti était celui de Mary, en ses bras endormie. Le sentirait-il encore jamais ? Le temps le lui dirait, et elle serait sa messagère... Un sourire éclaira ses traits, si éphémère que ce soit.
Tu te permets bien des choses, pour quelqu'un qui prétend n'avoir plus de droit sur moi...
Il laissa cette phrase en suspens, épée de Damoclès des sentiments. Une lame qui vibrait au rythme du temps – combien encore avant qu'elle ne choie vraiment ? Puis, il affecta de l'embrasser. Par habitude, sûrement, mais il se retint au dernier moment. Pas par gêne, mais parce que c'était à elle d'en décider. À le faire encore sans son accord, il eût l'impression de la forcer, et c'était bien la dernière chose qu'il voulait. Si amer que ce lui soit, il accepterait son choix... Pour cela comme pour le reste, quand le moment viendrait. Quand elle-même saurait, et c'était loin d'être le cas.
Tu as besoin de temps pour réfléchir, je devrais peut-être te le laisser. J'ose croire que tu n'as pas envie de te sentir surveillée. Je compte revenir, ne t'inquiète pas... Si toutefois tu as encore une place pour moi.
Dans son coeur ou ailleurs...
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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Dim 26 Avr - 18:33

Déconcertante






Si le lien avait été rompu, le fil coupé, comme les Moires, les Faiseuses de Destin le faisait, cela ne voulait rien dire. Rien dire de plus que la volonté de le relever d'entre les Morts. Ne lui en déplaise, j'aurais pu lui couper autre chose … Or je n'étais pas une Moire. Pas même l'ombre de celle que je fus autrefois. Ma vie n'avait eu de cesse d'être chamboulée, maintenant que j'en avais pleinement conscience, tout serait-il différent ? Ce n'était pas sûr, pour autant, j'aimais à penser que j'étais maîtresse de mes actions : libre de faire, d'agir comme bon me semble, sous l'égide de ce père clément qu'était Poséidon. Lui plus que quiconque devait comprendre les élans de mon cœur. Un autre père aujourd'hui était à mes côtés, et je ne parlais pas du mien qui, loin d'avoir reçu un accueil chaleureux de la part de sa progéniture, était relativement accepté aujourd'hui. Non, je parlais de Celsius.

Celsius et sa manie qu'il avait de me désarçonner rien qu'avec des mots. Je ne le montrais pas, seulement ses paroles avaient encore une fois fait mouche.

Quand il déposa un baiser au creux de mon poignet, je ne fis rien, ne dis rien non plus pour l'en empêcher. À quoi bon ? Le mal était déjà fait. Je sentais encore sa douce chaleur qui mettrait un temps infini à s'en aller. Il m'accompagnerait toujours. Je n'en doutais pas un seul instant. Pas parce qu'il avait quelques regrets, non, c'était par choix. Je le respecterais. Comme je respecterais ce qu'il était. Pour moi, pour les autres. Je songeais d'abord à lui, avant de penser à moi. Ou peut-être pas.

« Tu es l'un des nôtres désormais, Celsius. » Ce fait là, il devait l'avoir déjà assimilé, mais qu'importe. Il fallait qu'il en est pleinement conscience. « Alors d'accord, tu m'appartiens. Et je ferais de toi ce que bon me semble. »

Je plongeais mes prunelles dans les siennes, soutenant son regard sans faillir. Je ne le devais pas. Je ne le devais plus. Certaines choses étaient en jeu, j'avais un rôle à tenir, un rôle qui m'apparaissait de plus en plus clairement. Il avait toujours été évident, je suis une O'Bannon. Son visage s'approcha de moi, si proche que je pouvais sentir son souffle sur ma joue. Par réflexe, sans doute, mon Chevalier aux Roses avait voulu cueillir un baiser. Il s'en abstint, ma respiration reprit. Ne faiblit pas Mary.

« Ma décision est toute prise, Celsius, ancien Saint des Poissons. Alors je te le demande : » Je marquais une courte pause, laissant traîner de longues secondes, suppliciées. « Si tu veux demeurer à mes côtés, tu n'as qu'à endosser l'une de nos Écailles ! Rejoindre notre cause, œuvrer pour le fier peuple de Poséidon. Ce n'est qu'à cette condition, et à cette seule condition que j'accepterais de tenir ta Vie entre mes mains. Auquel cas … »

Un éclat d'argent s'accrocha à ma lame quand, d'un mouvement vif, je la plaçait sous la gorge de mon amant. « … Hm … » Je jetais mon poignard au loin. « J'en sais rien. Tu pourras faire ce que bon te sembles. Mais restes avec moi et soit assuré que tu seras enchaîné à moi pour une éternité. Es-tu certain de vouloir une vie de servitude ? Loin de ta vie passée ? JE te laisse le temps de réfléchir. Mais maintenant tu sais vraiment à quoi t'en tenir. »

Un sourire charmeur se dessina sur mes lèvres.

« Maintenant pars si tu le souhaite. Je ne voudrais pas te retenir … »

Encore l'un de nos jeux dangereux. Finalement, une fois encore, je faisais voler tout en éclat. J'étais ainsi, Mary Red. Déconcertante ou d'un bêtise déconcertante.

Ô comme ces paroles auraient eu du sens si je n'avais pas cette amertume en bouche. Car elles auraient pu être destinées à un autre. Un autre qui, contrairement à l'Empoisonneur, ne rejetterait jamais sa Sombre Patrie.





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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Dim 3 Mai - 3:59

:: Rallumer les Étoiles :.

Celsius rattrapa les mèches carmines avant qu'elles ne touchent le sol. Si quelques-unes y finirent bel et bien, la plupart échouèrent au creux de sa main. S'il ne regrettait pas leur chute, il ne pouvait les laisser s'éparpiller aux quatre vents. Pas encore, pas maintenant. Elles avaient encore un rôle à jouer, même si ce n'était plus à lui d'en décider... Refermant le poing sur leurs rouges filaments, il releva sur Mary un regard plus que jamais dégagé - clair comme un ciel d'été.
Tu fais ça souvent ? demanda-t-il avec facétie.
Il savait que non. Ceux de qui aurait-elle pu couper, de toute façon ? Les siens propres étaient toujours aussi longs. À la rigueur ceux de ses enfants, mais il doutait qu'elle l'aurait fait aussi ardemment. À croire qu'elle était pressée de rompre ce lien - de le séparer des siens. Par jalousie, peut-être... À son grand étonnement, il n'en ressentit rien. Ce geste n'était que symbolique. Tout cela était déjà terminé... Il l'avait laissé derrière lui avec son autre vie. Même si tous ne verraient pas ça de cette manière ; c'eût été trop aisé.

Qu'elle ne s'y méprenne pas : il savait quelle importance cela avait pour elle. La bague elle-même n'était qu'un détail à côté. Mais pouvait-elle vraiment jouer son avenir, leur avenir, sur une seule décision – de sa part qui plus est ? Si impétueuse qu'elle soit, à ce point-là Il ne pouvait pas le croire, qu'importe combien il l'aurait aimé... La mécanique du coeur était autrement plus compliquée. À moins que ce ne soit une excuse pour recoller ce qu'ils avaient brisé ? Sans plus pouvoir s'en aviser, il s'en tint à baisser
Je suis reconnaissant envers Poséidon de m'avoir ramené. Néanmoins... Je n'ai cure de le servir. Si j'acceptais, ce serait pour toi et toi seule. Pour être ton épée et ton bouclier. Que tu sois prêtresse, Sirène Maléfique ou juste la femme que j'aime... Ça, je peux l'imaginer. Mais, là encore... C'est à toi seule que je serais.
Il ne savait pas ce que Satine mijotait, mais préférait être clair sur le sujet. Il ne s'était pas détourné d'Athéna pour se ranger ailleurs... Et s'il pouvait l'éventualiser à certaines conditions, il n'était pas dit qu'une déité l'entende de cette oreille. Celles-ci étaient rarement disposées à négocier avec les mortels... Leurs regards s'affrontèrent en une joute joyeuse, d'autant plus clairs qu'ils étaient passés par toutes les teintes de l'obscur. Il n'avait plus de mal à le soutenir ; ils n'avaient plus rien à se cacher. Les cartes étaient tombées : restait à voir comment la partie tournerait.
Et cela... Penses-tu que lui, il l'accepterait ? Il se pencha pour ramasser la lame égarée. Mais... Je suis curieux de connaître celle que tu me destinerais.
D'un geste souple du poignet, il lui restitua son poignard, convaincu que ce n'était ni contre elle ni contre lui qu'elle le retournerait. Plutôt contre ce destin qui les avait tant malmenés. Il s'arma d'un sourire, de ceux qui l'avaient autrefois conquise. Il ne savait quel jeu elle jouait, à discuter d'un ton si badin leurs demains possibles, mais s'en amusait. Pouvoir prendre avec recul et légèreté ce qui l'aurait déchiré hier encore le dotait d'une profonde sérénité.
Je dois quand même partir. Me laisseras-tu y aller ? fit-il, un brin d'amertume dans la voix. Pense bien qu'il me coûte de te quitter. Mais là où je vais, tu ne peux pas venir avec moi. Tu le sais, n'est-ce pas ? Je te promets de revenir... Si tu n'as pas filé d'ici là.
Puis, d'un air matois :
En m'attendant, tu n'auras qu'à préparer la baignoire...
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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   Dim 3 Mai - 12:07

Dans mon ombre






« Hm ? De quoi ? » Fis-je en avisant finalement des quelques mèches de cheveux que Celsius tenait dans sa main. « Oh, ça. Je pourrais en faire une nouvelle habitude … » Un vague sourire en coin. « Sans indiscrétion, tu comptes en faire quoi ? »

Je me pris à jouer avec le poignard rendu, le lançant le rattrapant dans un jeu de dextérité que l'on pourrait aisément qualifier de dangereux et ridicule. On ne jouait pas avec des couteaux, pour la simple et bonne raison que l'on pourrait se couper : dans mon cas cela représenterait une véritable catastrophe. Or je continuais, consciente que ce fait était le plus irresponsable qui soit. Je m'amusais un temps, écoutant d'une oreille distraite, les propos de Celsius. La seule hein ? Combien d'hommes faisaient ce genre de promesse avant de décamper quatrième vitesse ? Beaucoup trop, si ce n'est tous. Non pas que je doutais de la loyauté des hommes hein … mais pour une belle paire d'yeux, ils seraient assurément capable de tout. Cela faisait tourner le monde depuis des siècles.

Pour le cœur d'une dame, des royaumes sombraient. Mais moi, je régnais sur les Mers et les Océans, les écumant sans qu'ils ne m'appartiennent.

J'avais donc un pantin entre mes mains, un être qui m'obéirait aveuglément. D'autres s'étaient octroyés ce … rôle sans que j'y consente. Cette fois ce serait différent puisque JE l'aurais décidé et choisi. Je n'avais que faire d'inconnus tout obnubilé par ma personne. Je ne voulais pas de leur allégeance. Je voulais que ce soit MOI qui les domine. Avoir le choix, ne plus en souffrir. JE déciderais moi et moi seule. On ne me retirerait plus ce que j'avais de plus cher parce que le Destin le décidait. J'anticipais. On ne m'y reprendrait plus. Capitaine de ma propre vie, j’œuvrerais à présent selon ce que mon cœur me dictait de faire.

Je ne voulais plus revivre ces pénibles moments. En apprenant la disparition de mon aimé, le vivant une seconde fois avec celui qui se tenait à présent devant moi. J'avais bravé la Mort elle-même, je dansais avec elle, et danserait encore et encore pour la détourner des personnes que j'aimais.

Auprès de moi ils seraient toujours en sécurité. Je les couverais de mon ombre. Celsius, malgré toutes les paroles que j'avais prononcé, que je prononcerais encore, faisait parti de ceux-là.

« Tu le découvriras bien assez tôt. » répondis-je mystérieusement. « Je t'ai dis que je ne te retiendrais pas. Cette fois. »

Je m'étirais comme un chat au milieu de toute cette jungle. Quelque part, un rugissement de félin retentit.

« Je sais je sais … par contre, je te promet pas d'être là à ton retour. » Ses dernières paroles me firent rire de bon cœur. « Elle sera prête. »

Prête et moi aussi.





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MessageSujet: Re: .: Rallumer les Étoiles ~ CelsiusxMary :.   

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