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 [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)

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Grenat


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MessageSujet: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Mar 14 Avr - 23:07

Un Rubis pour un Poète o°~

Ce père nourricier, ennemi des chloroses,
Eveille dans les champs les vers comme les roses ;
Il fait s’évaporer les soucis vers le ciel,
Et remplit les cerveaux et les ruches de miel.
C’est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles,
Et commande aux moissons de croître et de mûrir
Dans le coeur immortel qui toujours veut fleurir !
Baudelaire.

La brise était glaciale. Sous une lourde cape vénitienne, une personne s'avançait dans l'obscurité des Enfers. Insidieusement, le poison de ce froid l'engourdissait plus que de raisons et elle les comprenait parfaitement. Cela faisait quelques heures qu'elle était là à se demander si elle allait trouvé ce qu'elle cherchait. Au détour d'un pan de falaise, elle le vit, debout, les yeux fermés et prisonnier de la glace éternelle. Prenant un mouchoir, elle nettoyait les bris de glace pour observer ce visage angélique, au contraire des âmes damnées ici, il ne cherchait pas à pleurer sur son sort. Il semblait l'avoir accepter avec le sourire. Sa main retournait sous la chaleur de la cape et elle observa l'ensemble. Cet homme prisonnier dans la glace avait perdu toute envie de se battre, comme si la chose la plus importante de sa vie était en sécurité, le sentiment du devoir accompli en quelque sorte !

- Tu ne rêves plus de l'Elévation comme avant mon ami... Chuchota une voix féminine en dessous de la cape.

Cela devait faire plus de dix ans qu'ils ne s'étaient pas revus. Révolues les anciennes révérences, ils étaient tout deux des rêveurs de ce Monde. L'un voulait sauver le sien alors qu'elle voulait amener un nouvel Âge. Tout cela était bien pénible de le voir ainsi et si elle l'avait souhaité, elle l'aurait laissé dans son sommeil éternel mais... Une décennie auparavant, avant que la vie ne les sépare, ils avaient été des amis vivant dans la cour du Roi de France. Il était le jeune homme toujours bien habillé et allait souvent dans les salons parisiens pour discuter de philosophie comme c'était interdit à Versailles. Quand à elle, toujours galante et souriante, elle avait fait les plus belles heures des sœurs de Châteauroux que le Roi collectionnait comme des trophées. Epoque merveilleuse où la guerre n'était pas passée par là, où les peuples parlaient entre eux sans se soucier de la peur du lendemain. Mais il était parti à la demande de son Maître, l'Empereur des Océans, elle l'avait cru mort suite à un naufrage... Et elle avait entendu dire que Thanatos l'avait ramené de la mort dans ce monde pour combattre Athéna, étrange situation pour le philosophe qu'était Caeron de Fragrance. La guerre au Sanctuaire avait décidé la courtisane à venir ici le chercher ! Elle ne comptait pas le laisser dans les glaces éternelles alors que son Rêve était peut-être en danger.

- Mon ami, réveilles toi, il est temps ! Il va falloir que tes failles soient miennes... Je vais t'aider à accomplir ce rêve que tu croyais exaucé... Plaisantait à moitié la jeune femme.

Alors qu'elle terminait sa phrase, ses doigts tendirent une pierre écarlate et cristalline afin de la poser sur la glace. Un frisson de chaleur la fondit rapidement et laissait la pierre s'avancer vers la clavicule gauche du prisonnier du Cocyte. Touchant sa peau diaphane, une légère lueur enflammée s'embrasait dans la pierre. Un tatouage tribal partit alors d'elle pour se répandre dans l'épaule et tout le bras de Caeron. Une énergie pulsait dans chacune de ses veines, la glace se rompait par endroit avec la chaleur, elle repoussait l'être vivant qui n'avait plus de raison d'être ici. Un vent glacial se levait brusquement et la Dame comprit que le temps était venu de partir dans les plus brefs délais... Prenant entre ses bras le jeune homme, elle s'agenouillait dans la glace. Les meurtrissûres de la glace ne cessaient de brûler ses jambes mais elle serrait les dents et posait délicatement Caeron sur le sol. Ses doigts filèrent sur son front pour repousser une mèche blonde et ils vagabondèrent sur son visage avant de redescendre sur son cou et enfin son torse, cet homme était décidément de toute beauté. Comment le Sombre Monarque avait pu le laisser enfermer ici ? Les décisions des Enfers lui étaient assez étrangères après tout... Ses lèvres carmines libérèrent une légère brume quand Caeron ouvrit les yeux pour les planter dans ceux de sa libératrice.

- Vous ? Mais.... Bredouilla le jeune homme.

- Chut mon beau ! J'ai appris bien tard votre malheur et ai décidé de vous aider. Votre fils va bien, il est à Jamir mais le Sanctuaire d'Athéna est en danger... Bien des événements seront à relater mais je suis sûr que vous allez accepter de faire un bout de chemin avec moi.

- Cette pierre... J'ai encore la mémoire de l'Etoile Céleste de.... Je ne sais plus. Enfin, elle ne devrait pas être...
Répondit-il faiblement.

- Le Soleil de cette Ere vient de se coucher. Un autre Soleil va se lever. Et j'ai besoin de vous dans ce futur plein de mystères... Coupa la jeune femme avec un sourire maternel.

Soudain, comme si l'âme de Caeron entrait en résonance avec la pierre portée, une lueur s'en échappait pour former dans l'air glacé une armure noire semblable à une couronne de lauriers. Des reflets écarlates dansaient sur la couleur onyx de l'armure, les pupilles bleutées de Caeron l'observait et d'un geste de la tête répondit positivement aux idées de la Dame. Ils allaient donc faire un bout de chemin ensemble, il la protégerait le temps qu'il faudra ! Il se releva péniblement, sentant chaque douleur des brûlures de la glace, et il fit éclater un cosmos rougeoyant comme des flammes incandescentes. L'armure explosait alors pour se poser sur chaque partie de son corps ! D'un geste, il s'enveloppa à son tour d'une lourde cape noire et aidait sa nouvelle amie à se relever. Ils devaient partit quand un cosmos se fit sentir.... Quelqu'un était donc revenu du Sanctuaire plus vite que prévu ?
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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Mer 15 Avr - 13:39

Précédent : Cathédrale (après le départ de Shizuo et avant la première récupération d'énergie)

Sentir tout à coup une pointe de lumière et de vie au milieu des Enfers, en pleine Guerre sainte, produisit un sursaut chez l'enfant-dieu. Qui osait ? Avec ses forces largement diminuées par sa défaite contre Jack, Oneiros n'avait peut-être pas senti l'intrus à son passage de la Porte de la Mort. Mais là... Comme un phare dans la nuit, cette vie qui s'agitait là où aucune ne devrait était immanquable. Sans attendre, le fils d'Hypnos ouvrit les portes du monde des rêves. Il était peut-être épuisé mais cette dimension était son foyer, l'utiliser était dans sa nature.

Grâce à cela, il parvint à la source de son trouble sur les derniers mots d'une conversation.


"Un autre Soleil va se lever. Et j'ai besoin de vous dans ce futur plein de mystères... "

En plein Cocyte, qui pouvait donc tenir de tels propos ? L'Oneiroi n'eut que quelques pas à faire pour le découvrir : une femme, élégante, désirable, probablement une spectre ramenée à la vie par Hadès, faisait face à un homme qu'il se souvint avoir vu comme étant prisonnier de fleuve de glace. Sans peur, il s'approcha du couple. Son regard passa d'abord dans les iris de sang de la dame, puis s'arrêta dans ceux, glacés, de l'homme à ses côtés. Sans un mot, Oneiros leva le bras, posa la main sur l'emplacement du cœur de Caeron. Curieusement, il ne battait pas. Enfin pas seul. Quelque chose le ravivait et ce quelque chose appartenait à la spectre. L'enfant tourna la tête vers elle, la main toujours sur le torse de l'ancien prisonnier.

"Ceci est votre œuvre, n'est-ce pas ?"

Ce surplis... voilà bien longtemps qu'il ne l'avait pas vu. Véritable mythe parmi les Enfers, le seul qui permettait de ressusciter des morts en-dehors du pouvoir du Sombre Monarque. En bien moins grande quantité et en prenant bien plus de temps bien sûr, mais la résurrection était tout aussi effective.

Il consentit à se séparer enfin du "mort", qu'il dévisagea, puis de nouveau la spectre.


"J'imagine que vous avez d'excellentes raisons de faire revenir à la vie une personne enfermée dans le Cocyte, prison des traîtres et des déicides. J'aimerais les connaître."

Aussi enfant fut-il, il ne perdait pas ses bonnes manières. Il inclina la tête vers la dame, saisit sa main et y posa un baiser, avant de rajuster sa tunique dans laquelle venait de glisser Piep, toujours blotti au chaud. L'aiglon piailla un peu, jusqu'à ressortir la tête d'entre les tissus et regarder ce qu'il se passait.

"Je suis le dieu des Rêves, des Cauchemars et des Songes prémonitoires, Oneiros. Et vous..."

Le dieu onirique se tourna vers Caeron de nouveau, médita sur la conduite à suivre. Avait-il prêté serment ou quoi que ce soit du même acabit ?

"Vous n'auriez pas dû revenir. J'espère que vous en êtes conscient."


Dernière édition par Oneiros le Mer 15 Avr - 13:44, édité 1 fois
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Grenat


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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Mer 15 Avr - 13:41

Echo lointain o°~

Gloire à toi sur les prés !
Gloire à toi dans les vignes ! 
Sois béni parmi l'herbe et contre les portails ! 
Dans les yeux des lézards et sur l'aile des cygnes !
Ô toi qui fais les grandes lignes 
Et qui fais les petits détails !
Rostand.

L'apparition du petit ange fit son petit effet. Grenat ne s'attendait pas à une telle visite et elle avait bien mal calculé les défenses divines du Sanctuaire souterrain. La première question avait elle même sa propre réponse et il était inutile de donner plus d'informations sur ce sujet. Regardant le petit oiseau dans sa lange, la courtisane se demandait bien ce qu'il voulait et il se présentait enfin. Le cosmos ténébreux et étoilé de cet enfant était donc celui du Dieu des Rêves en personne, de l'un des quatre fils du Dieu du Sommeil. Un léger sourire, elle tendit la main pour accepter la délicatesse de son obligé mais elle se demandait pourquoi le Dieu avait pris apparence dans un corps si jeune... Pourquoi "corrompre" la pureté de l'enfant ? Elle aurait aimé poser la question mais s'y refusait pour l'instant, simple volonté de sa part de ne pas aller trop loin. Posant la main sur l'escarboucle à sa poitrine, elle se protégeait l'esprit des pouvoirs de ce Dieu, non pas qu'elle le craignait mais elle aimait sa part de mystères dans ce monde où tout se savait trop.

Par contre, les sous-entendus assez lourds d'Oneiros avaient été parfaitement compris par la Spectre. Elle allait répondre quand une main se posa sur la sienne pour s'avancer vers le Dieu. Surprise, elle vit Caeron s'avancer. Ce dernier sentait en lui, entre sa clavicule gauche et son épaule, le pouvoir du Rubis qui lui donnait vie. Le tatouage qui en était né inondait une grande partie de son corps de son pouvoir. Et son armure, née de la volonté de la pierre et de sa Maîtresse, transparaissait par moment en dessous de sa cape. D'une longue révérence, il posa ensuite genou à terre devant celui qui était ici même la voix de ceux qui gouvernaient Elysion. Son coeur n'avait jamais eut d'affection particulière pour Hadès, mais, il avait servi fidèlement quand le domaine du Sombre Monarque avait été la proie de l'attaque des Chevaliers de la Déesse de la Sagesse.

- Monseigneur. Je n'ai jamais été un traître, n'est jamais porté la main sur les serviteurs, guerriers ou même un Dieu. Je ne suis ici que par ma volonté de ne plus me battre, je l'ai décidé en conscience alors que la Déesse des Saisons, la noble Perséphone, m'avait offert le pouvoir de l'Automne. Cependant, sachez que mon retour coïncide avec une crainte qui perturbe mon âme. Je ne puis donc regarder le Monde tourner sans lui donner une chance de connaître une nouvelle Ere. Signifiait le nouveau joyau de Grenat avec déférence.

Elle l'avait écouté sans l'interrompre. Que dire d'autres ? Il était le plus à même de défendre son honneur et il savait que les questions du Dieu étaient légitimes, sinon souhaitées. Evidemment, il allait se poser la question de savoir quelle était cette crainte si étrange qui avait permis à la Spectre de négocier son retour. Pensive, elle écoutait les mots de son ancien compagnon versaillais et savait comment répondre à tout cela. Elle s'approchait à son tour et s'agenouillait à côté de son ami.

- Monseigneur. Sachez que Caeron n'a en effet jamais porter ombrage au seigneur des Enfers, si ce n'est par son pacifisme aussi surprenant qu'apaisé. Mais comme il vient de le dire, une menace risque de mettre en danger cela, c'est pourquoi en mon âme et conscience j'ai pris la décision de le ramener à la vie. Il est un ancien Juge et dépositaire de savoirs qui peuvent nous servir. Quelle est cette menace est la question qui suivra ! Je pense que Pséma était responsable du retour des Titans un temps sur cette Terre, je préfère avoir à mes côtés un guerrier qui les a déjà affronter et qui pourra nous permettre de les contenir en cas de conflit ouvert. Je ne sais si les Chevaliers de la Déesse de la Sagesse et de la Guerre seront vaincus mais je pense que mon rôle, aussi séculaire que l'est mon surplis, est de veiller à réunir les forces nécessaires à la défense des Enfers. Veuillez en tout cas excuser toute offense de ne pas vous en avoir aviser, je croyais nos forces en Grèce... Expliqua calmement la jeune femme.

L'explication était simple mais pourtant, elle était liée à la croyance que cette guerre était un jeu d'échec entre des forces dont elle n'avait pas tous les tenants et les aboutissants. Elle avait donc préféré s'en prémunir en quelque sorte. Elle espérait que le Dieu comprenne sa logique dans ces temps fort troublés. Il était vrai que la situation de la guerre échappait complètement à la Spectre et pour ainsi dire, elle pensait qu'avec Caeron à ses côtés, elle avait une carte entre les mains pour faire poids dans la balance au dernier moment. Mais ce n'était pas le moment de parler de chose si terre à terre, si mesquine dirons nous, elle attendait la réponse de la divinité avec une certaine quiétude.
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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Mer 15 Avr - 13:45

L'enfant-dieu les observa tour à s'agenouiller et s'expliquer. Son regard se teinta de curiosité à la seconde où le Rubis mentionna le pouvoir de l'Automne. Il avait déjà entendu cela quelque part... N'était-ce pas le chevalier d'Orléans qui lui en avait parlé ? Les plus fidèles serviteurs de la reine Perséphone, les guerriers des saisons, recevaient chacun un pouvoir qui y était lié, afin d'assurer le cycle de ces mêmes saisons sur Terre et la sécurité de leur Dame où qu'elle aille. Une sorte de garde d'élite qu'elle sélectionnait soigneusement. Et qui plus est celui-ci avait également le rôle de Juge des Enfers ? Un élément à ne pas négliger donc, même si son cosmos ne dégageait plus cette formidable puissance qui était celle des juges. C'était un des effets du Cocyte, racontait-on.

Oneiros resta silencieux, bien après qu'ils en aient terminé avec leurs explications, puis finit par ressentir un frisson qui le décida.


"Je comprends votre démarche madame, et si Hadès vous a envoyée, il doit naturellement cautionner votre dessein. Cependant nous avertir était plus qu'une politesse, c'était votre devoir. En ce moment nos forces se trouvent effectivement en Grèce, et je vous aurais promptement enjoint de les y retrouver si je n'étais pas sûr de notre victoire. A présent que les derniers spectres y ont posé le pied, il ne fait nul doute que la fin de la nuit verra couleurs triompher."

Un vent glacé fouetta leurs membres et l'Oneiroi se surprit à observer la présence régulière d'un nuage de souffle visible grâce à la différence de température. Désormais il ne faisait plus de doute que le spectre était bel et bien vivant et respirait comme n'importe quel mortel.

"Cela n'est pas bien important pour l'heure. Vous vous présenterez au Régent Minos du Griffon lorsque celui-ci reviendra ou vous appellera et lui conterez la même chose que ce dont vous m'avez fait part. En attendant, commencez par vous relever, et vous madame par me donner votre nom. Si j'ai bien entendu celui de Caeron ici présent, en revanche le vôtre demeure inconnu de ma personne."

Le ton badin qu'avait adopté l'enfant était destiné à les mettre un peu plus en confiance. Peut-être qu'avec une mise en bouche dans les formes, les deux spectres se détendraient et perdraient cette impression de menace qu'il exerçait sur eux. Après tout, recevoir des renforts, même tardifs, n'était jamais une mauvaise chose tant qu'ils étaient loyaux.
Oneiros attendit de croiser de nouveau le regard du juge déchu pour continuer à son attention :


"Ne me faites pas tenir des propos que je me garderais bien de prononcer. Toute chose en ce monde n'est pas figée. Cette prison est celle des traîtres et des déicides en effet, mais je n'ai jamais mentionné pour autant que vous en étiez un. Si vous étiez un traître hier, peut-être serez-vous un héros demain. Je ne suis pas l'un des trois Juges, aussi je préfère me faire ma propre opinion de vous avant d'émettre un avis si tranché. Les rêves et les cauchemars appartiennent à tout le monde, Saints comme spectre, enfants comme vieillards, hommes ou femmes."

Parvenu à ce stade de la conversation, le jeune dieu considéra qu'il était temps d'entrer dans le vif du sujet qui l'intéressait le plus. Balayant une fois de plus leur deux visages de ses prunelles, il les invita d'un geste à sortir du Cocyte.

"Ma réincarnation est encore récente et je n'ai pas connaissance de tout ce dont vous venez de me parler. Je vous propose de nous rendre un endroit plus accueillant où vous me compterez tout par le menu. Votre passé de Juge et Gardien de l'Automne, le vôtre de Vouivre. Qui est Pséma et ce qu'il a fait pour qu'on le craigne. Quand, comment et combien de Titans sont revenus à la vie pour envahir les Enfers. J'apprécie d'avoir une longueur d'avance sur d'éventuels adversaires."

Premier changement sur son visage, hormis ses pommettes qui avaient commencé à rougir sous l'effet du froid, Oneiros sourit. Le genre de sourire engageant qui invitait à parler en toute confiance. Son physique d'enfant renforçait fortement cette impression d'être inoffensif. Tout en gardant à l'esprit qu'il avait une Guerre Sainte à surveiller de près via ses chimères.
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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Mer 15 Avr - 13:47

Explication du passé o°~

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule 
Sur la face des mers, sur la face des monts, 
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule 
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.
Hugo.

- Veuillez excuser mon oubli, je suis Grenat de la Vouivre. Ce sera avec plaisir que je rencontrerai le seigneur Minos !

La réponse fut rapide à l'interrogation de l'Oneiroi. Dans la précipitation, elle en avait oublié de dire son nom. Dans un silence sacerdotale, les deux jeunes gens écoutèrent la suite en le suivant dans son sillage. Sentir peu à peu le froid engourdir leurs muscles rendaient une réponse assez difficile, c'était comme si la Prison transperçait leurs chaires dans des sifflements aveugles mais non dénués de sens. Cette dernière ne semblait pas encline à laisser l'une de ses proies s'en aller comme ça. Tel un supplice, le calice était bu jusqu'au bout mais la peine et la douleur valaient tout cela.

- Je vous remercie pour votre compréhension Monseigneur. Fut la seule réponse aux accents nobles de Caeron.

Les questions suivantes du Dieu étaient surprenantes, Caeron comme Grenat croyaient que la mémoire des Oneiroi se défiaient des lois des incarnations, a priori, ce n'était pas si simple à première vue. La jeune femme n'avait eut que des rapports succincts sur la situation des Enfers quelques années auparavant, qui mieux que l'ancien Juge pouvait donner des explications aussi claires que possible. Ce dernier se rappelait les événements, il aurait aimé ne pas en parler mais il semblait que la curiosité de leur nouvelle connaissance était des plus grande. Quelques années auparavant, venant des tréfonds des Enfers, deux Titans, Coeos et un autre Titan avaient pris possession au coeur même des Enfers. Ils avaient joué avec les nerfs de bien des Spectres et avait été la cause de combats épiques... Il avait été enfermé dans cette Prison à cette époque là et vu la situation générale des Enfers au premier coup d'oeil, la présence passée des Titans avait disparu de la mémoire des Enfers, sûrement une action du Sombre Monarque pour restaurer son autorité sur son domaine sacré.

- Deux Titans, Japet et Coeos selon mes souvenirs, ont envahi cette terre pour préparer le retour des leurs. Ils avaient même appelé des géants des profondeurs du Tartare pour les aider dans cette sombre mission mais, étonnamment, je ne vois plus de traces d'eux ici même. Notre Sombre Monarque avait pris l'apparence à l'époque d'un ancien Marina du nom de Kyro, je pense qu'il est parvenu à les repousser avec les Spectres encore présents et aussi avec l'aide des Seigneurs Thanatos et Hypnos. C'est tout ce dont je me souviens, Dame Perséphone m'avait alors permis de me reposer pour l'éternité dans le cocyte. Je ne la ressens plus, je suspecte donc qu'elle s'est retirée en Elysion actuellement... Je suis heureux pour elle. Terminait avec un souffle de sollicitude l'ancien Juge pour la dame de son coeur.
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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Mer 15 Avr - 14:15

Tout en écoutant avec attention le récit de l'ancien juge à ses côtés, l'enfant-dieu menait la marche sereinement. Sans concertation, ils empruntèrent la voie qui menait au plus profond des Enfers, passant par Caïna, Anténora et Toloméa, les demeures des trois grands Juges. Leur cadence ne ralentit que devant l'imposante bâtisse qui abritait ordinairement les quartiers d'Hadès lui-même et de Perséphone, Giudecca. Autrefois aux côtés de ses oncles et de ses frères, Oneiros avait déjà eu à loger dans cet endroit, dans une aile secondaire, en tant que conseillers, espions, assassins, émissaires, ou simplement pour le bon plaisir des trois déités majeures. Il en connaissait les recoins à travers ses multiples mémoires et se dirigea d'instinct vers une pièce reculée.

Le mobilier était celui du XVIIe siècle, tables et chaises richement décorées, rembourrées de velours et au pieds et accoudoirs sculptés. Hadès avait certainement donné l'ordre à quelques spectres serviteurs de renouveler ses intérieurs quand ceux-ci tombaient en ruines.

Au moment de s'installer le dieu sentit un oracle perturber ses mouvements. En temps normal cela n'aurait pas eu d'incidence quelconque sur sa gestuelle, mais dans son état d'affaiblissement actuel, il ne put empêcher sa main de vaciller. Cherchant la table pour s'y appuyer, sans la voir, son bras se perdit dans le vide, et il se laissa tomber plus qu'il ne s'assit vraiment. Quelques secondes plus tôt et il aurait pu réaliser la même chute mais au sol, ce qui aurait été du plus mauvais effets devant le couple qui le suivait. D'un signe, il invita les deux spectres à prendre place, tandis qu'il fermait les yeux un instant pour se concentrer sur sa vision, avant de revenir à eux. Son regard de nuit, perdant ses accents de blanc sitôt les images du Sanctuaire disparues, se posa sur Caeron. L'ancien prisonnier l'intriguait.

"Cela doit être hautement perturbant. D'être enfermé dans le Cocyte par des spectres et d'en ressortir sous la tutelle d'un autre spectre. Je comprendrais fort bien que vous n'ayez pas envie de me parler de votre passé de Juge, mais votre crainte, celle de Dame Grenat et peut-être une victoire future reposent sur cette partie de votre existence."

Le monarque onirique lui adressa un regard contrit, ainsi qu'à la dame dont il éprouvait le nouveau guerrier. Peut-être que changer de sujet un moment lui permettrait de retrouver son calme et sa confiance. Oneiros se tourna donc vers l'entrée et claqua des doigts. Si ce n'était un spectre, il y avait toujours des serviteurs fantômes à Giudecca et dans les demeures des juges. Une Ombre entra ainsi dans la pièce, silencieuse, noire, discrète.


"Qu'on nous apporte des boissons chaudes et de quoi nous sustenter."

D'ordinaire le dieu n'aimait pas se servir de son statut pour se faire servir ainsi, mais ses pouvoirs lui manquant, il se le permit pour une fois. De plus, ce n'était pas que du confort : étant vivants, cela redonnerait quelques forces au Rubis et à Léonard, et empêcherait par la même occasion la dame de mourir de faim, réflexe que n'avaient pas toujours les morts lorsqu'ils recevaient des envoyés d'autres Ordres.
Sa voix se fit plus solennelle lorsqu'il reprit la parole :

"Dame Perséphone, le Seigneur Hadès, ainsi que mes oncles se sont en effet retirés en Elysion. Seuls mes frères et moi-même demeurons à surveiller le territoire de Leurs Majestés. C'est pourquoi vous présenter au Régent est essentiel."

Laissant le silence s'installer pendant que l'Ombre revenait avec du thé, du café ou du vin chaud selon les préférences, l'Oneiroi détourna son attention de l'homme accablé au profit de sa maîtresse. Depuis qu'il l'avait rencontrée dans le Cocyte, comme une enfant prise en faute la main dans une boîte de bonbon, elle n'avait pas beaucoup desserré les lèvres. Timidité ? Non, elle était une espionne au service d'Hadès et s'était rendue attirante pour que tous les regards -et les informations- passent par elle.

"Détrompez-moi tous les deux, mais il me semble que je vous... intimide ? Et si c'est effectivement le cas, la raison m'en échappe. N'hésitez pas à me poser votre propres questions. Je refuserai de vous parler de certaines choses quand je vous en dévoilerai d'autres. C'est aussi votre droit. Les seules conditions à cet échange étant que ce qui doit servir les Enfers demeure en Enfer et soit transmis aux juges et moi-même, pendant que ce qui nous concerne personnellement restera entre nous seuls."
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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Mer 15 Avr - 14:16

Etre ou ne pas être... o°~

Flambe, illumine, embrase ! 
[…]
Toi sans qui les choses ne seraient que ce qu'elles sont.
Rostand.

Le Giudecca, Grenat n'avait jamais foulé les marches de cette demeure ancienne et sacrée. Son regard ne put s'empêcher d'apprécier la qualité du bâtiment, de ses contours et bas-reliefs tout à la gloire du Dieu des Enfers. Le dallage de marbre donnait aussi un éclat que l'on ne pouvait deviner dans les profondeurs, un sentiment étrange enveloppait l'âme de la dame alors que son ami la suivait sans trop se soucier de tout cela. Ce dernier avait été aux premières loges dans cette demeure autrefois, cela semblait si loin et si proche en même temps pour lui... Devinant un peu ses pensées, la Vouivre lui prit la main pour le rassurer et ils entraient dans les appartements du Dieu. Un certain raffinement dans l'ameublement n'était pas pour lui déplaire, les Spectres avaient pris ça où ? C'était la question qu'elle se posait sur l'instant, en effet, elle ne savait pas le peuple souterrain friand de commerce de la sorte. Revenant à la situation, elle s'asseyait avec plaisir et remerciait son hôte pour son hospitalité avec un petit sourire. A l'écart, comme une ombre, Caeron resta debout et s'adossait au mur en croisant les bras. La réflexion du Dieu ne passa pas inaperçu quand même, Grenat ne savait pas quoi répondre, pas envie de prendre la place de son ami sur cela et c'est lui qui prit la parole en restant dans sa position.

- Je suis Caeron de Fragrance, ancien Général de Poséidon, je suis mort au cours d'un combat contre un Spectre. Avant de rejoindre l'armée des Mers, j'étais diplomate à Versailles et c'est là que Dame Grenat m'a rencontré. Suite à ma mort, je me suis retrouvé dans l'une des prisons des Enfers par la volonté du Dieu Thanatos en personne, il avait dû voir en moi certaines compétences... Quand les Enfers furent attaqués par les Chevaliers d'Athéna avec le concours des dieux Jumeaux, la Déesse Perséphone m'a redonné le souffle de vivre pour défendre son honneur. Ce que j'ai fait avec honneur et probité, je n'aime pas tuer mes ennemis, la vie est une fleur trop délicate pour la couper quand c'est inutile, j'ai donc vaincu successivement Kenshiro du Dragon, Dokho de la Balance et Celsius des Poissons ! Après.... Cela ne concerne que moi... J'ai pris la décision quelques mois plus tard, une fois une affaire réglée, de me retirer des affaires de ce temps... Mais a priori j'avais tort...

La fin de cette petite explication était lapidaire mais il n'avait pas envie de s'étendre plus loin sur ses motivations. Le Dieu des Rêves semblait être assez sage pour ne pas aller trop loin à priori. Grenat n'intervint pas et tourna la tête à nouveau vers son vis-à-vis quand la question de l'intimidation arriva sur le tapis. Il avait raison en quelque sorte, elle ne se sentait pas à l'aise dans la situation présente. Un sourire de façade, sa main droite levait un éventail de soie noire brodée de soleils dorés. Ses yeux perçait alors le Dieu et après un instant de silence, ses lèvres se mouvèrent derrière son paravent de broderies.

- Monseigneur. Il n'est point aisé de se tenir devant vous en se rendant compte que nous n'avons guère aidé dans la situation actuelle mais la mission que nous avait donné le Seigneur Hadès en personne était notre priorité et nous n'avons pas à expliquer plus loin ses motivations... Vous me permettez une question, je vous la pose donc, pourquoi nos armées affrontent actuellement le Sanctuaire terrestre ? Je sais qu'ils sont nos ennemis séculaires mais tout de même... Cela a été si soudain...

La jeune femme posait la question qui lui brûlait les lèvres depuis que l'Oneiroï avait parlé de cette information. Et selon lui, on était en passe de gagner cette bataille contre Athéna, toutefois, on ne devait pas sous-estimer le potentiel des Chevalier d'Athéna et elle se demandait si la suite des choses ne serait pas funeste pour chaque Spectre. Fermant les yeux, elle referma son éventail pour regarder vers la fenêtre qui permettait de voir au loin les Prisons des Enfers. Une certaine tristesse parcourait son visage sans le cacher, elle aimait l'Humanité à sa manière et la crainte de voir ce monde disparaître lui faisait peur. Elle n'avait connu que cette Ere et craignait la nouvelle plus que tout, des mots sortirent de nouveau de ses lipes.

- Mes questions seront les suivantes : Quelle sera la suite ? Les Saints voudront leur revanche dans le sang, et bien des nôtres risquent de périr... Le seigneur Hadès déteste que ses nobles Spectres meurent inutilement... Athéna est-elle morte ? Si ce n'est pas le cas, nous devons nous préparer à une contre-attaque....

Le verbe était dur mais c'était malheureusement la réalité des choses, tel un prophète à Delphes, elle donnait la vision qu'elle avait du futur.
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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Mer 15 Avr - 14:16

Un silence, interminable, suivit les prises de parole des deux complices. Oneiros méditait chacun de leurs mots, tout en buvant à petites gorgées le vin brûlant qu'on lui avait servi, accompagné de raisins frais. L'un des fruits creva entre ses dents avant qu'il ne l'ait croqué, laissant quelque gouttes couler le long de sa lèvre, jusqu'à son menton. Il s'essuya prestement à l'aide d'un petit mouchoir déposé avec le reste, puis les baigna tour à tour de l'encre de ses iris. A leur échelle, toutes ces histoires devaient paraître bien préoccupantes. L'avenir des spectres. L'avenir de la Terre. L'avenir d'Athéna. Leur propre avenir...

"Diplomate, général, Juge, gardien des Saisons, prisonnier, puis fidèle serviteur déchu... Voilà un parcours que certains pourraient envier."

L'enfant-dieu observait à présent le détail de la coupe de cristal et d'argent sertie de rubis qu'on lui avait servi. Un luxe augmentant encore le faste du lieu. Les Enfers n'étaient-ils pas après tout l'endroit qui regorgeait le plus de richesse ? A force de voir les morts passer et payer leur obole à Charon, ainsi que les envoyés des Enfers à différentes époques récolter biens et merveilles en guise de couverture, le royaume souterrain pouvait afficher une splendeur extraordinaire, gâchée par l'horreur et le désespoir que les mortels y vivaient, par ce décor sombre et... mort.

"Au cas où vous souhaiteriez le savoir, le Dragon a franchi la colline de Yomotsu Hirasaka, la Balance l'aura rejoint d'ici la fin de cette bataille et les Poissons..."

Il eut un ricanement mi-enfantin mi-ironique, qui donnait un résultat assez étrange à la combinaison de son apparence et de sa psyché.

"... Vous le découvrirez par vous-même."

Une gorgée plus tard le dieu se levait pour faire les cents pas, visage orienté droit devant lui, un bras croisé dans le dos, la coupe en main dans l'autre.

"Vous posez les bonnes questions Madame, j'apprécie les esprits vifs comme le vôtre. Voici ce qu'il est du présent : cette bataille trouve son origine dans des événements plus récents. Plusieurs hôtes potentiels de Sa Majesté ont mystérieusement disparu en Bavière, sur notre propre domaine terrestre donc. Je n'ai bien sûr pas besoin de souligner l'importance de ce fait, compte de tenu de la superficie extrêmement réduite de nos possessions et de la difficulté de réincarnation d'une divinité comme Hadès. Le Régent a aussitôt envoyé un petit groupe de spectres plus robustes que les malheureux qui y ont péri, et nous avons découvert que des Saints et un marina seraient à l'origine de ces événements. Je dis bien "seraient" car un autre suspect a récemment fait son apparition. Un certain chevalier noir du Bélier, du nom de Pséma. Ce nom vous est familier me semble-t-il. Je n'ai pas encore pu pousser mes recherches plus avant, Minos ayant déclaré la guerre aux protégés d'Athéna."

Pséma faisait partie des noms que les deux comparses avaient cités, aussi le dieu ne douta pas un seul instant que sa recherche sur ce mystérieux personnage allait quelque peu s'étoffer dans les minutes suivantes. Il fallait simplement laisser le temps à Grenat et Caeron de se remettre en situation et de faire le lien avec leurs souvenirs et leurs projets.

"Pour ce qui est du futur... La contre-attaque est évidente. Même sans leur déesse, les Saints répliqueraient, c'est un symbole fort qui est en jeu après tout. Lorsque l'on s'en prend à une meute de loups, il faut s'attendre à recevoir quelques morsures. Quant aux spectres, aussi louable soit l'attention que Sa Majesté leur porte, tant qu'il restera sur sa volonté d'anéantir la Terre pour en faire le royaume de la Mort, ils tomberont, reviendront, tomberont encore... Comme les dieux qui se réincarnent, ils sont voués à recommencer si personne ne change cette mécanique parfaite des guerres saints."

L'enfant avait prononcé ses derniers mots avec une intonation différente, le regard plus dur l'espace d'une fraction de seconde, avant que son visage ne redevienne lisse et impénétrable. Il cessa de marcher dans la pièce, arrêté face à un tableau de vanités. La guerre appelait le sang, la mort, la vengeance. Même si cela permettait aux étoiles de briller plus fort que jamais, Oneiros n'était pas de nature à guerroyer sans cesse. Hadès et Athéna ne pouvait s'entendre, trop opposés l'un à l'autre. Là où la Sagesse et Poséidon pouvaient aussi bien s'affronter que s'allier, comme le flux et le reflux de l'océan sur la terre, la mort et la vie se repoussaient sans cesse, l'un permettant l'autre sans jamais l'accepter pour autant.

"Vaut-il mieux qu'Eux en fin de compte ? Murmura-t-il pour lui seul."
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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Mer 15 Avr - 14:17

Un songe bien sombre o°~

Quand la voix du matin vient réveiller l’aurore,
L’Indien, prosterné, te bénit et t’adore !
Et moi, quand le midi de ses feux bienfaisants
Ranime par degrés mes membres languissants,
Il me semble qu’un Dieu, dans tes rayons de flamme,
En échauffant mon sein, pénètre dans mon âme !
Et je sens de ses fers mon esprit détaché,
Comme si du Très-Haut le bras m’avait touché !
Lamartine.

Les informations se succédaient à vive allure, on avait donc attenté à la vie des possibles hôtes du Seigneur Hadès. Si le Spectre de la Vouivre connaissait ce nom, c'était qu'elle avait fait des recherches sur ses activités ces dernières années et elle n'avait rien trouvé de bien pertinent malheureusement. La seule chose qu'elle pouvait mesurer était la puissance de cet ennemi invisible pour les Saints et les Marinas, était-il aussi un adversaire des Enfers ? Dans un voile dans son regard, elle se perdait en différentes conjectures et semblait être perdue dans cet affrontement venu de nulle part.

- Oui, j'ai entendu parler de lui.... Il était selon mes sources derrière l'attaque des Chevaliers noirs contre le Sanctuaire d'Athéna alors que, nous faisions face au réveil inopportun de deux Titans. De plus, certaines informations m'ont été confirmé qu'Atlantis a été la proie d'une guerre civile à cause de cet individu. Est ce que tout cela est lié ? J'avoue ne pas tout comprendre de ses objectifs, de sa volonté d'abattre les domaines sacrés les uns après les autres, je sais juste qu'Asgard n'a rien subi pour l'instant... Mes prochaines recherches les concernaient au plus près.

Les dernières paroles du Dieu allaient de soit, personne pouvait dire le contraire. Les Saints n'allaient pas laisser leur domaine sacré aux mains de leurs pires ennemis sans réagir. Athéna avait-elle survécu ? Personne n'avait encore la réponse à cet instant. Alors qu'un silence s'en suivit, Caeron se relevait de son mur pour décroiser les bras. Il fit quelques pas en direction du Dieu avec un regard assez curieux.

- Vous êtes contre ces guerres immuables ?

La voix était franche et limpide. L'ancien Général se demandait pourquoi un des Dieux au service d'Hadès disait cela... Non pas qu'il était contre cette vision des choses mais c'était la première fois qu'il l'entendait d'une personne de cette importance. Oneiros. Dieu des Rêves. Il était donc un Etre de paix dans un Monde aussi chaotique. C'était en cela une chose à laquelle il croyait et pour une fois, il laissait tomber son côté froid et placide par un sourire entendu. Ses pupilles azuréennes réclamaient une réponse de sa part. Pourquoi il voulait la paix ? Pourquoi n'était-il pas sur le champ de batailles ? Pourquoi, pourquoi , pourquoi... Des tas de questions se succédaient dans son esprit et la Vouivre émettaient un étrange sourire en voyant son ami enfin intéressé par cette conversation.

Le Spectre voyait de cela de loin à nouveau. Elle aimait rester en retrait lors de ce genre de conversations. Mais elle ne comprenait pas non plus les réelles volontés du Dieu dans les heures actuelles, son royaume allait vaincre la terre sacrée d'Athéna mais il ne semblait pas s'en enorgueillir comme les autres. Et selon elle, les ténèbres, la nuit la plus noire ne pouvait exister sans la puissance de la lumière. Pour cette raison, elle était restée en dehors des affaires de sa propre terre. Sans jamais remettre en cause les fondamentaux, elle attendait la réponse d'Oneiros avec intérêt.

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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Mer 15 Avr - 14:18

Perdu dans la contemplation de simples fruits figurés par le tableau, l'enfant-dieu resta silencieux un moment. Il finit par baisser la tête, les yeux clos pour mieux réfléchir.

"La mort est une pièce essentielle de la vie..."

De nouveau il se tourna vers eux, regardant tantôt l'un, tantôt l'autre. La question n'était pas anodine et il préférait prendre son temps pour y répondre de la manière la plus précise.

"Sans la mort, les mortels n'auraient pas conscience de la valeur de leur vie. Sans elle ils continueraient de se multiplier, encore et encore, jusqu'à saturer la Terre de leur nombre. Mais sans la vie, rien ne pourrait mourir. Tout comme sans lumière il n'y aurait pas d'ombre. Chacun de ses concepts cherche à écraser l'autre tout en ayant besoin de sa présence. Les spectres et les Saints fonctionnent un peu de la même façon. Hadès a pour ambition de mettre fin à toute vie pour devenir le seigneur incontesté de la Terre. Quel espoir reste-t-il quand il n'y a plus de vie ? L'arche qui marque l'entrée des Enfers le dit elle-même : "Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir". Que faire dans un monde où le tourment et la souffrance sont les seules issues possibles de l'âme ?"

Oneiros se tourna vers la table, reprit une gorgée de vin et quelques raisins avant de poursuivre, du même ton calme et clair que depuis le début de la conversation.


"Vous devez commencer à comprendre où je veux en venir. Les guerres sont en quelque sorte un instinct naturel de l'humain. S'approprier quelque chose appartenant à son voisin sans contrepartie. Le profit personnel. L'avarice. La jalousie. Or, les dieux provoquent eux-mêmes des guerres pour leurs propres intérêts. Oh, pas tous les dieux, mais ceux dont on entend le plus parler, ceux qui possèdent les plus grands pouvoirs. Lorsque Prométhée créa les Hommes, à l'image des titans et des dieux, il appliqua une règle devenue tacite : les divinités ne doivent jamais se mêler des conflits mortels. Ces derniers doivent les honorer pour recevoir leurs faveurs et leur protection. Les Olympiens sont en train de démanteler cette règle, de sorte que le monde n'a jamais été si près d'être anéanti que lorsque l'un des trois grands maîtres du monde -Hadès, Poséidon et Zeus- était impliqué. Non seulement ils aident les mortels, mais s'en servent comme d'alibis pour leurs propres manigances. Ces guerres-là, oui, je les désapprouve. Elles sont hors du cours naturel de l'existence. Elles sont beaucoup plus dangereuses."

Oneiros voyait bien que sa position avait allumé une sorte de flamme dans le regard des deux spectres, notamment celui de l'ancien prisonnier. C'était dans l'ordre logique des choses, puisque selon ses dires il avait préféré finir enfermé dans le Cocyte, étant Juge, plutôt que de continuer à verser le sang. Son pacifisme, en un sens, rejoignait les idées du monarque onirique, mais d'une autre manière.
Et si tout cela n'était qu'un piège de la part d'Hadès pour tester son allégeance ? Peu importait au final. Il n'avait jamais déclaré ouvertement qu'il trahirait Hadès, et tant que celui-ci resterait mesuré, cela continuerait à être vraiment le cas


"La notion même d'équilibre suggère une contrepartie. Je n'ai pas eu besoin d'être la Sagesse incarnée pour m'en rendre compte. Et vous ?"
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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Mer 15 Avr - 14:19

Un songe bien sombre o°~

La chute des grands hommes rend les médiocres et les petits importants. Quand le soleil décline à l'horizon, le moindre caillou fait une grande ombre et se croit quelque chose.
Victor Hugo.

Les paroles de l'Oneiroi étaient comme de la soie sur une peau douce et raffinée. Grenat et Caeron ne souhaitaient l'interrompre pendant son explication sur sa vision de l'univers et surtout de celle de l'Homme. Bien des noms avait été cité autour de ce verre de vin et, reculant d'un pas, l'ancien Juge s'adossait à nouveau en se croisant les bras. La Spectre buvait son verre et s'étonnait de la positon pour le moins iconoclaste de son interlocuteur, aussi divin soit-il. Selon lui, la Vie comme la Mort était infiniment liée par une force étroite et sacrée. Et les anciens Dieux, qu'ils furent Grecs ou autres, avaient le tort de vouloir les influencer ou de les impliquer dans leurs propres querelles. Certainement qu'il avait raison quelque part, mais, de là à ouvrir son coeur aussi ouvertement était une chose qui surprenait celle qui avait été pendant des années à survivre aux complots de la Cour de Versailles. Tout cela était tout d'un coup bien futile.

Les Dieux jouaient donc aux petits alchimistes en manipulant les Humains ? Vaste question, selon elle, la vérité se trouvait peut-être au milieu de différentes réponses aussi subjectives qu'objectives. Ou était cette vérité ? Le Destin, le fait de voir ce qui doit arrivé, ne permettait pas de juger de l'action des Dieux aussi simplement. La première question à tout cela était le lien que le Dieu avait avec l'Homme ? Dans la mythologie grecque, il était une facette de l'Homme dans toute sa splendeur : créatif, arrogant, amoureux, combatif, courageux, apeuré, craintif... Oui, tout cela constituait l'Homme Un Dieu était une facette de sa propre façon de penser mais aussi sur l'environnement dans lequel il vivait ! Poséidon régnait sur les Mers mais pour qui ? Pour les poissons ou les Hommes ? Zeus dans le ciel, Hadès aux Enfers... L'environnement et la psyché humaine étaient étroitement liés aux volontés des Dieux eux mêmes.

- Démanteler dites vous ? Avec tout mon respect, je pense que l'on ne peut pas parler ainsi, l'Homme a été créé avec cette liberté d’œuvrer pour son propre futur. Cependant, de cette liberté, de l'esprit de ses différents idéaux selon ses Peuples, son Histoire... Les Dieux en sont fiers ou en ont peur, ils interviennent alors pour que leurs idéaux deviennent l'aune de l'Humanité. Dans la mythologie chrétienne, on dit aussi que les Hommes ont été fait à l'image de leur Dieu. Si l'homme est tout et rien en même temps, le Dieu le sera tout autant... La question est de savoir vers ou on veut amener les Hommes ! C'est de cette question que dépends bien des réponses mais il y en a tout autant que de Dieux.

Alors que la réponse de Grenat se terminait, la dernière réflexion du Dieu esquissait sur ses lèvres un étrange sourire. Il avait raison. Non pas que la Spectre se moquait, oh que non, mais sa réflexion sur cette idée de sacrifice pour permettre le Bien commun était un discours assez rare dans les propos des Hommes, a fortiori des Dieux. Pour eux, le sacrifice était bien souvent celui de faire tomber son adversaire d'une manière ou d'une autre pour asseoir pour toujours sa "vision" du Monde. Là, on parlait d'une autre forme de sacrifice, celui de perdre une partie de soi-même pour avancer. Cela faisait mal. Cela faisait hurler de douleurs les coeurs les plus sensibles. Cela serait une peine lourde pour ceux qui survivraient. Mais il permettait aux prochaines générations de vivre mieux. Grenat croyait à cette façon de voir les choses mais elle n'osa pas le dire ouvertement. Ce sourire aussi improbable qu'étrange suffisait à répondre par la positive à cette remarque inattendue.

La douceur de ce vin, doux et enivrant, redonnait du courage à la Dame de Versailles. De cette rencontre, elle n'avait pas espéré entendre de tels mots au vu des circonstances. Qu'Athéna tombasse ou que les armées infernales reviennent bredouilles, qu'importe, elle venait de trouver une lumière dans un monde où l'ombre était plus forte que le soleil. Sa lumière était bien loin actuellement, elle aimait sa chaleur car elle avait la sensation de vivre et d'exister par elle même. Et voilà que l'Oneiroi lui redonnait cet espoir dans un Monde où l'on devait abandonner tout espoir... Tout cela devenait tellement extravagant qu'elle se laissait choir dans le fauteuil et voyait que Caeron semblait aussi surpris qu'elle. Ce dernier se décidait enfin à prendre la parole pour répondre à Oneiros sur sa vision des choses.

- Monseigneur, je suis d'accord avec vous. Moi même j'avais décidé de sacrifier ma propre existence pour permettre à celle de mon fils de vivre dans un monde baigné de lumière et de chaleur humaine. Sacrifice bien vain car on m'a appris depuis quelques minutes sa disparition... Je ne sais si je le retrouverai mais, quittant mon repos, je me sacrifie à nouveau pour Hadès. Je ne suis pas un Homme qui croit les paroles des Dieux, mais... pour la seconde fois de ma vie, je suis surpris par le verbe divin.

Le climat de suspicion des deux jeunes gens s'éteignait lentement. Oneiros pouvait sentir dans le regard ambré de la belle un écrin solaire et heureux. Elle se sentait un peu moins mal à l'aise et son ami suivit de peu le même chemin dans son coeur. Un dieu aimant ces principes n'avait pu abandonner l'espoir en venant dans le coeur des Enfers, même la pire des âmes espérait revenir du Monde des morts. "Abandonner tout espoir" n'était pas entre ces trois personnes la maxime d'une vie !

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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Mer 15 Avr - 14:19

Qui pouvait se targuer de savoir où était le bon équilibre ? Même l'un des plus anciens dieux de ce monde n'avait pas cette prétention. Il y avait bien longtemps qu'Oneiros avait fait don de son orgueil sur l'autel d'un cycle sans cesse renouvelé, celui de la vie et du cheminement spirituel. Les deux jeunes gens en face de lui, malgré les apparences trompeuses, le pensaient peut-être égal aux autres dieux mais il n'en était rien. Les Oneirii, depuis si longtemps, depuis toujours diraient-ils, étaient des serviteurs de l'ombre et du secret. On buvait leurs paroles sans suspecter même leur présence. Et personne ne s'en rendait compte.

La dame et son serviteur paraissaient surpris, agréablement, par le discours qu'il venait de tenir. Ils n'étaient certainement pas comme les autres. Minos se serait-il insurgé ? Arbhaal aurait-il crié au blasphème ? Inferno s'en serait moqué, concentré sur la vengeance qu'il accomplissait en ce moment même. Gilles... était encore assez énigmatique. Trop pour qu'Oneiros se risque à deviner sa réaction face à de tels propos. Mais Grenat et Caeron, même s'ils tentaient de le cacher, étaient réceptifs à ses mots. Comme pour clore la discussion théologique, l'enfant-dieu leur adressa ces quelques mots :


"Savez-vous que le Jour, Héméra, est née de Nyx et Erèbe ?"

Cela résumait à peu près toute la conversation en un provocant mélange d'insolence et de vérité. La lumière était née de rien tout d'abord, venue de l'obscurité primordiale la plus profonde de toutes. Et Oneiros était, lorsqu'on s'y penchait de plus près, plus proche de ces divinités-là que ne le seraient jamais les trois maîtres et leurs descendants.

Un mouvement entre les plis de sa tunique rappela à la divinité la présence de Piep blotti contre lui. Il sortit l'aiglon pour le laisser respirer un peu d'air frais et le déposa sur la table, l'abreuvant de caresses douces. Le dieu se souvint avoir déclaré il y avait peu de temps avant que les Rêves n'étaient jamais en apparence ce qu'ils prétendaient être. La scène l'illustrait à la perfection : un enfant protégeant un oiseau, buvait du vin et mangeait à la même table que deux adultes pétris de doutes et d'incertitudes quant au futur. Il leur offrait matière à débatte à loisir de l'existence des Hommes et des dieux, ensemble, en rivalité ou en dualité. Alors qu'en vérité il était le premier-né d'une fratrie de mille Songes, ayant vécu des millénaires déjà et perdu un combat serré en pleine guerre futile contre le Sanctuaire d'Athéna.
Il était le Rêve et les Cauchemars dans toutes leurs significations : fantasmes, espoirs, terreurs, chimères nocturnes ou pensées profondes... Il voyait en chaque être le fond des cœurs inavoués et s'en faisait le gardien sacré.

Même privé de la majeure partie de ses pouvoirs, il vit les étincelles d'espoir naître chez chacun de ses interlocuteurs. N'était-il pas la personnification même de ces concepts ? Vivant au milieu du désespoir permanent et de la souffrance, n'était-ce pas son rôle de guider les humains vers leurs vœux cachés pour que la lumière naisse de l'ombre, comme l'avaient fait ses aïeux ?


"Les chrétiens disent ceci : "Au commencement était le Verbe." Je me fais fort de triompher d'abord par ce Verbe avant de le faire par les armes. Cela n'est pas la voie la plus facile, mais elle a le mérite de ne pas perturber l'équilibre naturel des choses dont je vous parlais tout à l'heure."

Quelques pas ramenèrent l'enfant à son siège, où un nouvel oracle entreprit de le ramener aux préoccupations présentes des armées spectrales. S'imaginer qu'une telle conversation intervenait dans un tel moment avait de quoi surprendre.

"Votre fils, sieur Caeron ? De qui s'agit-il ?"
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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Jeu 16 Avr - 14:55

Au commencement était le Verbe... o°~

Je peux escalader
Ce qui me séparait.
Je peux montrer aux gens
Comment c'est, la lumière.
Eugène Guillevic.

Au commencement était le Verbe. Que le Dieu choisisse cette phrase fit sourire les deux invités. Caeron s'était retourné vers lui à la fois surpris et amusé, lui le Poète, l'un des tenants de l'ancienne magie des mots. Il avait toujours pensé que le Verbe était plus puissant que le Glaive, de par cette philosophie, ce monde né du Glaive allait forcément à sa ruine. Grenat n'en pensait pas moins mais c'était pour elle un art qui lui était totalement inconnu, elle en avait évidemment entendu parler. En effet, à Versailles, il existait un homme qui manipulait avec adresse ce pouvoir... Comment s'appelait-il déjà ? Ah oui, le Chevalier d'Eon. Que de souvenirs ! Un certain Dashwood avait bien tenté après de recopier cet art dans le Liber Sanguinis mais elle n'avait pas vraiment d'informations fiables sur tout cela.

Caeron, au contraire de son amie, en savait bien plus. Il avait été l'élève d'Eon de Beaumont et était devenu un Poète au prix d'énormes apprentissages. Peu de gens le savait. Suite à cela, il avait quitté Versailles pour rejoindre la terre des Marinas et l'Histoire avait fait son office... Sans s'en rendre compte, il avait décroisé les bras mais ces derniers reprenaient leur position initiale dans un silence bien convenu. Il n'avait pas assez confiance envers ce Dieu pour lui confier déjà ses petits secrets. Ce fût à ce moment là qu'il posa la question sur son fils, Grenat ferma son éventail d'un geste assez brusque pour attirer l'attention vers elle.

- Monseigneur, je connais parfaitement Héméré, tout comme Eos et Hélios... Ces créatures nées du chaos primordiale ont aujourd'hui quitté ce Monde en laissant une oeuvre que je salue chaque jour. Personnellement, ils ont donné à ce monde un velours chatoyant et protecteur. Nos Etoiles ne sont-elles pas nées des épousailles de la belle Eos et d'Eole le Dieu des Vents ? L'organisation de ce monde est une chose qui m'émerveille plus que vous ne pourriez le penser Monseigneur... Après tout, enfin je crois, les Dieux Jumeaux sont leurs successeurs, leurs héritiers dans ce domaine pour être exact. Apollon gouverne sur le jour comme Artémis gouverne sur la nuit. Prenant une pause. Et pour votre dernière question. Le fils de Caeron est le disciple de Shion du Bélier, actuel Grand Pope du Sanctuaire. Vu ce que vous me dites, comprenez son inquiétude... S'il venait à avoir été enfermé dans nos geôles, nous aimerions votre doux soutien pour le ramener à la lumière d'Eos...

Lancien Juge des Enfers fronçait les sourcils en regardant sa Dame. Non mais de quoi elle se mêlait ? Grenat lui fit signe de ne pas s'inquiéter sur cela, elle savait que le Dieu n'était pas un suivant idiot de la politique d'Hadès. Elle était une femme assez libre, sans la vocation de devoir tuer pour tuer, guerrière elle ne l'était pas et ne le serait jamais de toute façon. Sa Cour avait cette vocation de toute façon et Caeron avait été rappelé dans ce dessein. S'éventant de nouveau, ses yeux ambrées fixaient ceux du Dieu avec cet air amusé et coquin qu'elle dégageait bien souvent.

- Et vous Monseigneur... Pouvez vous me dire pourquoi vous avez pris corps dans celui d'un enfant ? Et cet aiglon ? Voilà des choses peu communes, même pour une créature née dans la nuit éternelle.

Amusée, elle tournait l'éventail autour de ses lèvres avec un sourire des plus charmant.
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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Jeu 16 Avr - 16:01

"Veuillez je vous prie adopter un autre qualificatif que "créature" lorsque vous vous reportez à ma personne ou celles de mes aïeux, jeune humaine."

Les mots avaient claqué, vifs, animés d'une froide distance qui rappelait aux deux spectres qu'il y avait des limites à sa tolérance et sa patience en termes d'offenses à l'encontre des dieux. Ils avaient des réticences à lui parler, cela ne signifiait pas qu'il n'en avait aucune lui non plus. L'échange devait se faire à double sens, et Oneiros espérait que ce bref rappel serait suffisant pour qu'ils le comprennent. Son calme revint aussitôt lisser son visage d'impassibilité et de cette presque complicité qu'ils avaient établi -si fragile, hélas !- pendant cette conversation.

La Dame se permettait de petits excès parce que le dieu avait bien voulu briser l'atmosphère formelle, et si son éventail avait joué une fois son rôle de diversion, la moue désapprobatrice de Caeron à son encontre ne lui échappa aucunement. Ainsi donc elle agissait sans concertation avec son... valet ? Garde ? Soldat ? Pion ? Joyau... Peu importe quel était le rang du Juge déchu à ses yeux, cela ne comptait plus visiblement.


"Pour une Dame de compagnie de la Cour de France, je trouve que vous vous avancez là où n'est pas votre place, chère Grenat. Vous n'êtes pas une reine, tenez votre rang et laissez parler ceux à qui l'on pose les questions. Que savez-vous exactement du devenir d'Héméra, Eos ou Helios ? Qui vous dit qu'ils sont morts en définitive ? Les humains pensaient les titans morts parce qu'ils étaient enfermés dans le Tartare. D'après ce que vous m'avez dit, vous avez été détrompés de la plus franche des façons."

Détournant le regard vers Caeron, l'enfant-dieu lui adressa un visage un peu plus compatissant. Sa peine devait être lourde et sa fierté en lambeaux pour qu'il accepte de se faire ainsi écarter de la discussion sans protester.

"Les fils de Juge sont suffisamment rares pour que leur passage soit consigné dans des registres infernaux particuliers. Je ne peux vous laisser les consulter, mais je puis le faire pour vous. Si vous le souhaitez, je vérifierai où se trouve l'âme de votre fils en ce moment et, suivant son châtiment, je vous pourrais peut-être vous aider à le ramener à la lumière."

Toutefois, ressusciter le fils d'un mortel envoyé au Cocyte tiendrait du miracle, à moins qu'il n'ait été d'une pureté irréprochable de son vivant. Cela ne coûtait rien de regarder, agir en revanche serait bien plus compliqué à n'en pas douter.

La Vouivre, cédant alors à sa curiosité, posa une question qui devait lui brûler les lèvres depuis le début, étant donné son sourire presque enjôleur. Si elle pensait l'amadouer par le charme, elle se trompait lourdement. On ne conquérait pas un dieu comme on conquérait les prétendants d'une Cour. Néanmoins, ne souhaitant jeter sur leur premiers échanges une ombre de méfiance, il se prêta au jeu et répondit :


"L'aiglon est une facétie de mon frère Phantasos. Il m'a demandé de le garder pendant qu'il se rendait au Sanctuaire pour joindre ses forces à celles de Minos. Quant à cette enveloppe charnelle, elle n'est pas celle d'un enfant."

Comme pour illustrer ce fait qu'il ne comptait nullement développer, le dieu reprit un peu de vin chaud et leva sa coupe comme pour porter un toast, en silence. Léonard sommeillait toujours. Il ne le réveillerait pas. Pas dans ces conditions, pas en Enfer. C'était une règle aussi immuable que le diamant.
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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Mer 22 Avr - 19:23

Au delà de la Guerre, il faut avancer... o°~

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t'aime.
La vérité c'est ce qu'on croit
En la nature c'est toi-même.
Georg Sand.

Alors que la voix du Dieu montait en gamme, la belle effrontée se tut dans un silence avisé. Elle n'était pas du style à se fâcher avec les puissances de ce Monde ci et ne comptait pas avoir Oneiros dans les pages noires de ses souvenirs. Toutefois, l'Oneirei s'avançait sur ses propos, elle avait beau se rappeler ses propres mots, elle ne voyait pas en quoi elle avait annoncé leurs morts. Grenat avait parlé de "quitter ce Monde", que les Dieux primordiaux avaient laissé la place à des successeurs après leur travail accompli. Un peu étonné du raccourci de l'Etre divin devant elle, elle ne montra pas cependant un seul trait de négation sur son visage. Au contraire, le visage contrit, elle laissait le Dieu faire son cours de moral sans le dédire. Elle notait dans un coin de sa tête qu'il était après tout comme les ombres de ce Monde ténébreux, on regardait les Ombres et pas les Astres qui l'avaient créé.

Ce fût le moment opportun où le regard de l'hôte se porta sur son Joyau. Sa proposition avait au moins eut le mérite de dérider Caeron de sa mine marbrée d'une blancheur laiteuse. D'un geste de la tête, il remerciait Oneiros de sa bonté, il n'était pas du style à faire de grands discours. Si en plus, le Divin rêveur se mettait à regarder les archives des Enfers, il verrait bien que l'ancien Juge n'était pas hommes à oublier ce genre d'aide. Sans le vouloir, il venait de gagner un allié de poids dans le futur et un léger vent aérien passait entre les alcôves de la fenêtre pour l'ouvrir en grand. La brutalité de la chose poussa Caeron à prendre le manche de sa rapière quand il se rendit compte que c'était un jeune homme au teint baroque. Sa petite frimousse amusé par sa petite visite surprise fit sourire Grenat mais Caeron trouvait cela des plus insultant pour leur hôte si aimable.


- Bien le bonjour à toutes et à tous ! Dame Grenat, je reviens de là où vous savez ! Nous sommes vainqueurs, enfin je crois, mais, Athéna nous a échappé... Ce serait le Juge de la Wyvern qui aurait échoué selon les Squelettes ! J'attends le rapport de Flint sur le grand final ! Terminait le jeune garçon.

Tourmaline. Autre trésor de Grenat de la Vouivre, elle ne cessait de s'étonner des joyaux qui le composaient mais après bien des efforts, elle savait maintenant totalement les contrôler. Cela n'avait pas été sans mal pour ainsi dire... Le ton plaisantin du Jewel ne devait pas occulter l'information en elle même et si Grenat pouvait convenir que le Dieu ne supportasse pas la bienséance, elle le ferait fouetter mais la révélation de tout cela la faisait réfléchir plus que de raison. Caeron ne disait pas un mot non plus, lui aussi perdu dans un mutisme encore plus sévère qu'avant. Il ne savait pas quoi dire et que faire, quand Tourlamine bondit devant le Dieu avec une rapidité que lui seul possédait parmi les "premiers" Joyaux de la Vouivre.


- Monseigneur ! Veuillez m'excuser, je ne pensais pas que Dame Grenat était accompagnée. Je me présente à vous, je suis Tourmaline de la Foudre, gardien du Septentrion pour ma noble Dame. S'adressa le jeune blondinet à Oneiros, avec un respect sans le moindre calcul.

Alors la messe était dite, le temps allait venir où les choses avanceraient plus rapidement que prévu. Grenat buvait de son nectar divin avec un sourire aussi énigmatique que le dieu d'Asgard que l'on appelait Loki. La danse continuerait à la gloire de...
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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Jeu 23 Avr - 12:50

L'enfant-dieu s'attendait à une nouvelle question, toujours plus de curiosité de la part des uns et des autres, dans un tourbillon semblable à cette pluie noire du Sanctuaire qui ne voulait cesser. A la place, l'apparition d'un nouvel interlocuteur, vif et espiègle comme un lutin, à première vue. Son entrée en matière ne laissait aucun doute quant à son appartenance à Grenat, tout comme le cosmos particulier qui se dégageait de lui, à l'instar de celui de Caeron. Il mentionna encore un autre nom, sans doute un autre joyau de la dame, avant de remarquer sa présence et de se présenter dans les formes. Peut-être ces hommes étaient-ils reliés entre eux, car le Monseigneur de rigueur apparut aussitôt, à moins que le jeune homme aux cheveux d'or ne soit assez fin pour associer Giudecca, un entretien s'y déroulant et une personne d'importance. Quelle que soit sa source, elle l'avait bien informé.

Oneiros répondit par un simple salut de la tête, distrait autant que diverti par cet invité inattendu. Il termina sa coupe de vin sans se resservir avant d'aller reprendre l'aiglon entre ses mains.


"Je suis Oneiros, dieu des Rêves et des Cauchemars. Je devine que vous appartenez à cette charmante courtisane qu'est Dame Grenat."

Il se retourna vers l'intéressé, curieux à son tour.
"
Combien de guerriers possédez-vous exactement ? Hadès vous aurait-il autorisée à vous constituer une garde qui concurrencerait celle de Minos ? Je constate que vous n'avez pas perdu de temps à vous entourer.


S'éloignant des sujets sensibles pour en approcher un autre plus concret, celui qu'il suivait de près depuis le début, l'enfant-dieu songea qu'il tardait suffisamment. Les armées spectrales s'impatientaient et personne ne gardait l'entrée des Enfers. Le Sanctuaire était à bout de souffle, malgré les marinas rebelles, malgré l'absence des guerriers divins, malgré leur farouche et formidable résistance. Montrer qu'une présence subsistait dans le royaume infernal était une précaution à prendre, et c'était à la cathédrale que le dieu serait le mieux placé pour recevoir les espoirs chantants de tous ces mortels pour s'en nourrir.

"Bien, madame, je pense que suffisamment de confidences ont eu lieu aujourd'hui. Il me faut m'en retourner. Qu'allez-vous faire à présent ? Compléter votre joaillerie ? Je vous avoue que je serais curieux de rencontrer tous vos gens, plus tard. Pour l'heure, je vous rappelle notre accord : ce qui doit servir les Enfers sera dit, ce qui nous concerne restera entre nous."

Il appuya ses mots d'un regard en direction de Rubis, puis de Tourmaline, avant de repasser à leur maîtresse. Il s'approcha pour saisir sa main, y déposer de nouveau un baiser.
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MessageSujet: Re: [Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)   Jeu 23 Avr - 17:01

Vers l'horizon... o°~

Le crépuscule est triste et doux comme un adieu.
A l'orient déjà, dans le ciel sombre et bleu
Où lentement la nuit qui monte étend ses voiles,
De timides clartés, vagues espoirs d'étoiles,
Contemplent l'occident clair encore, y cherchant
Le rose souvenir d'un beau soleil couchant.
Inconnu.

Tourmaline se relevait avec le respect des enfants pour un Père. Les yeux toujours baissés, il allait s'agenouiller auprès de sa Dame comme un enfant ayant fait une faute, la main de Grenat lui caressait chaleureusement les cheveux pour le rassurer. L'enfant la regardait entre respect et peur, il n'avait pas d'amour dans ses yeux, juste ce mélange subtil des choses. Caeron regardait cela avec circonspection mais il en comprenait peu à peu la nature, par instinct peut-être. Seuls ces trois êtres étaient à même de comprendre ce que les regards échangeaient à ce moment là.

Alors que le Dieu se relevait pour faire le baise-main à la Dame, elle lui souriait avec une légère réserve. Elle avait cette drôle de sensation au contact des lèvres de cet enfant divin, qui était-il pour l'Oneiroi ? Elle ne le savait pas finalement mais aucune question n'avait traversé son esprit. D'un geste, elle remerciait le Dieu de sa courtoisie.

- Monseigneur ! Laissez à une Dame une partie de ses mystères, on regarde bien trop souvent le crépuscule au lieu de regarder la beauté du soleil couchant. Mais quand il vous plaira, sachez Monseigneur que ce sera une grâce que de vous présenter ma Cour !

Qu'allait-elle faire à présent ? Elle devait bien avouer qu'elle n'avait pas de réponses sur le coup. D'un signe de la tête, elle répondit par la négative, son coffre à bijoux était désormais plein et il était inutile d'en chercher d'autres. Regardant le Monarque des rêves s'en aller, ses pensées allaient pour autre chose. Enigmatique, elle prit son chemin par devers lui pour retourner vers la lumière du jour. Les Enfers n'étaient pas des plus agréable pour elle. Au gré du chemin des prisons, elle était horrifiée qu'on enlève tout espoir aux âmes défuntes, la Mort ne devait pas être cela. Alors qu'une d'entre elles s'accrochait à sa robe, elle s'agenouilla et lui parla quelques instants.

L'âme écarquillait les yeux et reprit espoir avant de repartir vers le cycle de la vie. Ses yeux ambrés regardait alors le ciel infernal comme un air de défi, oui, les choses sérieuses allaient pouvoir commencer si les informations obtenues par Tourmaline se confirmaient ! Un sourire fugace apparaissait sur ses traits avant qu'elle ne disparaisse de ce Monde.

FIN
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[Fin Juin 1755] Glaces et rêves éternels (Oneiros)

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