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 [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée

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Satine


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MessageSujet: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Mer 27 Mai - 16:12

Retraite inespérée






=> Sanctuaire d'Athéna


Le voyage se fit sans encombre, dans un vague silence à peine rythmé par le battement de nos ailes qui combattaient les vents. De temps à autre, je me risquais quelques coups d’œils dans sa direction, m'essayant à sonder ses prunelles, y entrevoir les ombres du regret. Je ne vis rien de cela, ou bien, dissimulait-il ses émotions à la perfection. Je le savais capable de le faire pour ne pas m'inquiéter, comme je savais aussi que ce n'était pas une habitude chez lui, faute de patience, si doute il existait, je l'aurais percé à jour depuis longtemps. Il nous fallut à peine quelques heures pour être à destination. Destination que j'étais la seule à connaître. Si Arbhaal avait été l'instigateur de notre fuite, faisant tout voler en éclat, c'était désormais moi qu'il suivait. Mais, au contraire de Celsius, j'osais espéré qu'il ne soit pas dévoré par mon ombre. Ce souvenir-là me tiraillait : le lieu de notre retraite, était également l'endroit où j'avais emporté l'ancien chevalier des Poissons avec moi, après l'avoir arraché des Enfers.

Mon instinct de mère m'y poussait inexorablement, je m'étais donc résolue à m'y rendre. De plus, même si j'étais facile à trouver pour mes pairs, c'était on ne peut plus faux pour les Spectres d'Hadès qui, j'osais l'espérer, n'auraient jamais l'idée de venir le chercher jusque ici, sur nos terres. J'entamais notre descente, toujours muette, toujours songeuse, faisant un vague signe à mon aimé que nous étions sur le point d'arriver.

Mes pieds foulèrent le sable presque sans un bruit ainsi protégés dans mon armure. Écaille qui me quitta après une demande silencieuse pour rejoindre un temple d'une belle stature, dressée haut, dans le lointain. Ici régnait le calme et la tranquillité, et la chaleur y était plus supportable qu'une brise chargée d'embruns soufflait sur nous, se mêlant aux grains d'or du sable. Le soir venait, et je devinais, à ces deux silhouettes encore indécises qui approchaient, que deux de mes enfants n'étaient pas encore au lit. Je me tournais à demi vers Arbhaal, devinant son trouble.

« Vous allez pouvoir enfin faire connaissance. »

La première à arriver, bien avant son frère, était Callista, toute sauvage et la mine fière d'avoir ainsi battu à plate couture, Lune, blessé dans son ego, les cheveux en bataille. Tous les deux portaient leurs habits de nuits, et nus pieds, s'étaient précipités au dehors, profitant du manque de vigilance de leur nourrice, pour accourir en me sentant arriver. Nous étions liés, aussi je ne m'en étonnais plus. Je réceptionnais ma fille dans mes bras alors âgée de quatorze ans que je soulevais hors du sol pour la faire tournoyer et la couvrir de baisers. Elle riait aux éclats, et c'était là le chant le plus beau que je puisse entendre. J'ouvris mes bras à Lune qui venait de stopper ses pas, hésitant, la mine renfrognée en avisant de la présence de cet inconnu. Je l'attirais à moi sans ménagement, faisant fi de ses protestations étouffées par mes bras aimants. Je jetais un regard attendri au Juge avant de relâcher ma prise.

« Les enfants, je vous présente Arbhaal. Arbhaal, voici Callista qui porte le nom de ma sœur jumelle. Ne te fis pas à cette jolie petite frimousse, c'est mon portrait craché ! » Et pour autant, je ne l'avais pas enfanté, mais c'était tout comme. Je poussais un garçon à la longue chevelure de feu, tirant sur le orangé, âgé de quelques années de plus que Callista, les yeux vacillants entre le vert émeraude et l'azuré des océans. « Et Lune, celui du frère jumeau d'Astre. Allez, soyez pas timides. »

Toujours plus démonstrative que son frère, Callista alla embrasser avec effusion et sous mes yeux brillants de malice, le vaillant Juge de la Wyvern. Voyons comment allait-il mener ce combat là. Callista était une forte demoiselle fine et élancé, le corps sculpté par ces nombreuses cavalcades, la peau cuivré, l’œil noisette et les cheveux ébène retenu à peine par une natte. Au contraire de Lune qui était, très grand, même pour son âge, mais était mince, voire maigre, la mine plus austère ou sage (?), l'épiderme très pâle. Des tâches de rousseurs constellaient le contour d'un nez étroit, fin, et il était plutôt bel homme, mais de prime abord inaccessible et froid, il n'aimait pas se fondre dans la masse et dans les aventures de sa sœur adorée. Plus contenu dans ses manières, qui aurait pu croire qu'il était le fruit de mon union entre moi et Astre ?

Je le poussais à son tour, l'encourageant. Mais lui s'obstinait à regarder cet intrus, glacial, avant qu'enfin, il ne tende une main se voulant ferme pour tout salut.

« Mère » commença Lune en se tournant vers moi mais qu'un coup de coude dans les côtes comme rappel, le fit marquer une pause. Il lança un regard courroucé à sa sœur. « Maman » reprit-il avant d'être coupé une fois encore. « Maman adorée chérie que j'aime. » Un soupir. « Ce que Lune veut dire, c'est qu'il a enfin put tenir ses sœurs entre ses bras sans les faire pleurer ! Et c'était peine perdue, putain ! »

J'intervenais, les sourcils froncés. « Bordel, Callista, ton langage jeune fille. Mais ne devriez-vous pas être au lit à cette heure ? Lune ? N'oublie pas tes leçons, Callista, notre rendez-vous demain, aux premières lueurs de l'aube. »

Ils opinèrent du chef avant de faire demi tour et nous laisser de nouveau seuls. « Respires, on dirait que tu vas tourner de l’œil. Tu vas bien ? »

Je m'approchais de lui afin de me mettre à sa hauteur, le contempler, chasser quelques mèches de cheveux de devant son regard mordoré. « Sois le bienvenue chez moi. » Je l'enlaçais alors avec tendresse, me demandant quelle folie nous avait prit.





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Mer 27 Mai - 20:25

https://www.youtube.com/watch?v=5hDEHK_EJV4

C'était une situation totalement inédite et bien plus effrayant que n'importe quel combat que j'aurais pu mener. Satine avait elle même choisie le lieu de notre villégiature, et lorsque je vis ces enfants courir dans notre direction, je compris qu'elle venait de m'ouvrir les portes de son monde. Mal à l'aise de prime abord, j'adoptais une attitude neutre, qui put passer pour de la distance. Mais lorsque la jeune fille vint m'embrasser avec cette même spontanéité que sa mère, mes défenses fondirent et un sourire gêné et maladroit perla sur mes lippes. Le dénommé Lune demeura bien plus réservé que sa jeune sœur, mais son attitude me sembla plus... naturelle. Je me contentais donc de croiser le regard inquisiteur de cet adolescent, pour lui renvoyer un air franc et dénué de mauvaise intention. Lorsqu'il se décida enfin à me tendre la main, j'allais au delà pour lui saisir le poignet et lui offrir un salut de guerrier. Le langage de Mary me fit hausser un sourcil de stupeur, vite remplacé par un vulgaire mouvement d'épaules. Ma douce Satine restait naturelle, même dans l'éducation de ses enfants... Pauvres d'eux ! Bien malgré moi, je ne pus m'empêcher de rétorquer à sa diatribe.

Ne sont-ils pas un peu trop âgés pour se coucher à heure fixe ? Comment peuvent-ils apprendre leurs limites si...

Je me mordis la langue en réalisant que je venais d’empiéter sur une relation qui ne me regardait en rien. J'avais parler spontanément, en prenant la "défense" de ces jeunes pousses, ce qui risquait de me faire passer pour un homme conciliant à leurs yeux, mais pour un ignoble empêcheur d'éduquer en rond par ma douce. Comment allait-elle réagir ?! En m’explosant le crâne contre le sol ?! Sa remarque sur ma respiration saccadée me ramena bien vite à la réalité.

Je suis désolé ! Je ne voulais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas.

La main derrière la tête, rouge comme une pivoine j’acquiesçais en l'entendant me souhaiter la bienvenue en son royaume de paix et d'amour. Elle se blottit dans mes bras et je réalisais alors que cette seconde apaisée demeurait ce que j'avais toujours voulu depuis l'instant où j'avais posé les yeux sur elle. Je baissais alors le visage pour déposer un doux baiser sur ses lèvres, avant de l'entrainer vers le rivage.

Ces quelques jours nous feront le plus grand bien. Tu sais Satine...

Machinalement je serrais sa main plus fort dans la mienne, en posant un regard lointain vers la mer magnifique.

Tu as vraiment eu une excellente idée. Je peux enfin voir de mes yeux ce qu'est le monde de ton bonheur, connaitre ces êtres si chers à ton cœur. Je suis si las des mensonges, de nos colères futiles. Nous sommes ce que nous sommes par le fait du destin, mais j'espère que ces courts moments resteront gravés dans nos mémoires.

Et je pensais chaque mot prononcé. Pour une fois, je souhaitais que ni le passé de Satine, ni mon allégeance ne viennent ériger un mur de douleur entre nous. Cette bulle serait certes temporaire, mais je la voulais la plus belle possible. Lentement, je me baissais pour saisir une poignée de sable qui s'écoula bien vite entre mes doigts.

Je pense que je n'oublierais jamais l'image que j'ai eu de toi en compagnie de tes enfants. Tu es si apaisée, si terriblement magnifique... Émouvante même. Si je dois un jour avoir un enfant de mon sang, j'espère qu'il sera de toi. Tu as tant d'amour à donner et tu sais si bien le faire...

Un vague sourire de nostalgie et de plaisir anticipé flotta sur mon visage aux traits étrangement sereins. Dieu que la mer était belle !

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Celsius


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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Jeu 28 Mai - 0:29

Je t'ai tout donné. Il faut croire que ce n'était pas encore assez...

Le sol vibra quand il vint à sa rencontre. Porté par la rage, il n'avait pas maîtrisé sa chute, creusant sous ses pieds un profond cratère. Les émotions qu'il avait tues toutes ces années ne s'étaient-elles libérées que dans l'attente de ce moment ? Que pour mieux le faire souffrir quand seraient fourbies et plantées entre ses côtes les lances de la trahison ? La terre mit quelques instants à retomber, transportant avec elle son fin nuage de poussière. Lorsqu'il se redressa, solennel dans l'éclat du crépuscule, Celsius aurait pu passer pour une ombre - non pas celle de Mary, mais bien l'ombre de la mort. Sa crinière plus rouge que le sang ne faisait que parfaire cette idée.

Depuis qu'il était revenu à la vie, son aura avait perdu de sa couleur. Le doré qui était autrefois le sien s'était terni jusqu'à n'être plus, devenant transparent. Comme dans l'expectative de savoir ce qu'il allait devenir... En ce jour, elle semblait avoir trouvé : elle resplendissait d'une palette sanglante. Ses volutes tournoyaient autour de lui, si denses qu'on aurait pu le croire nimbé de son sang maudit. Celui-ci battait à ses tempes, bouillait dans ses veines - et, ô horreur d'entre toutes, il en était d'accord ; l'envie le prenait aux tripes de répandre la mort. Sans restriction, sans distinction. Mary elle-même en serait-elle à l'abri ? Il n'était pas suffisamment maître de lui-même pour se poser la question.

Elle qui avait passé une éternité à tenter de le rendre plus expressif pouvait être fière d'elle : elle y avait réussi. Il n'était plus maître de ses sentiments. Il avait cru pouvoir la laisser, cru pouvoir lui faire confiance. Quelle erreur ç'avait été ! En tournant le dos pour la laisser agir, le poignarder en plein coeur était ce qu'elle avait trouvé de mieux à faire. Ne l'avait-elle remis en marche que pour le déchirer de ses mains une fois encore ? Il commençait à le croire. Dire que six mois plus tôt, en ce tenant à ce même endroit, il avait cru tout ça derrière eux... Il n'aurait pu davantage se fourvoyer. Plus jamais. Il fusilla du regard l'intrus dans ce qui avait été son paradis, le serpent obscur de son jardin d'éden. Quelle serait la pomme ?

Il ne tenait pas à le savoir.

Ne t'approche pas de mes filles.

À son poignet, la Stella Rubius brillait d'un rouge irréel. Le sable se mit à graviter autour de lui, s'élevant dans les airs sans pouvoir retomber jamais. Même les lois de ce monde semblaient avoir le plus grand mal à résister à l'emprise du joyau offert par Poséidon. Des craquelures se formèrent à la surface du sol, l'île ayant bien du mal à ne pas voler en éclats. Ce n'était que la moitié de son pouvoir, mais quelle force déployée ! Celsius aurait pu en être effrayé lui-même si seulement il en avait encore conscience... Mais cela n'avait plus d'importance. Plus rien n'en avait...

Ce qui n'était au départ qu'un léger tremblement devint séisme. L'univers entier semblait sur le point de se fendre. Et soudain tout s'arrêta, ne laissant dans son sillage que ces modestes ravages. Celsius avait disparu. La vitesse de la lumière était bien peu de choses comparé à ce qu'il pouvait faire avec ce pouvoir à disposition. Il ne s'en était plus servi depuis son voyage au Royaume des Morts... Comment prévoir qu'il aurait à le faire dans ces circonstances ? Il aurait préféré ne plus jamais le devoir. Hélas, on n'a pas toujours le choix. Lorsqu'il réapparut, il se trouvât à l'opposé, tenant dans ses bras une étoffe que Mary n'aurait aucun mal à reconnaître - pas plus qu'à deviner ce qu'elle contenait. Il n'entendait pas le lui cacher, bien au contraire.

Apparemment, je ne peux pas t'empêcher de te détruire, peu importe combien j'essaie. Mais tu ne les entraîneras pas avec toi.

Dans ses bras, les jumelles ne bronchèrent pas cependant, comme étrangement apaisées par ce cosmos dévastateur qui émanait de lui. Tant mieux. Quand bien même elles n'en garderaient aucun souvenir, il ne voulait pas qu'elles voient ça. Quand il posa les yeux sur Mary pour la première fois - et peut-être la dernière -, il y flambait un éclat sauvage à en faire pâlir même le plus noir des dragons de l'Enfer. Cette rage contenue s'apaisa toutefois quand il remarqua la présence de ses enfants, revenus voir ce qui se passait après avoir été alertés par les secousses. Dans la flamboyance de son regard s'éveilla une lueur de compassion. De tristesse, peut-être également. Qu'importe...

Les enfants, méfiez-vous de lui. De votre mère, il ne veut que sa mort.

Après avoir vu ce spectacle, seraient-ils enclins à le croire ? C'était eux que ça regardait. Pour le reste... Il savait d'expérience que ses silences faisaient plus mal à leur mère qu'aucun mot. Et bien qu'il eût voulu ne jamais avoir à le penser, c'était ici tout ce qu'elle méritait. D'une flexion du genou, il prit son élan, plus que jamais ressemblant à un fauve sur le point de bondir sur sa proie. Il n'en fit rien cependant, préférant partir à la conquête des cieux d'un bond qu'aucun vol ne rattraperait. Où aller, maintenant qu'on lui avait pris jusqu'à ce qu'on lui avait fait croire qu'était un foyer ? Même au faite de la colère et de la déception, il avait sa petite idée. Car même quand plus rien ne reste, même quand tout semble désespéré, il y a toujours quelque part où aller.

~ Ailleurs.

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Satine


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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Jeu 28 Mai - 19:12

Récolter ce que l'on sème







«  Les règles sont faites pour être pourfendues, braver les interdis, c'est vivre. Un drôle d'enseignement pas vrai ? Mais aurais-tu à en redire sur mon rôle de mère, hm ? »

Je le taquinais dans une parfaite insouciance de ce qui ne tarderait pas à se produire et qui, assurément, remettrait tout en question. Jusqu'à ma prétendue qualité de mère qu'Arbhaal vantait. Sur l'instant je m'amusais de l'embarras du jeune homme tout en suivant des yeux la progression de mes enfants vers le temple niché en haut d'un promontoire. Je les vis se stopper et tourner la tête vers les nuages, sauf que, trop absorbée par la douce étreinte de la Wyvern, ce fut trop tard que je compris.

« Tu l'espère ? Pourquoi ? As-tu une autre candidate potentielle en vue ? Je … »

Soudain, une étoile rouge s'écrasa non loin de nous, fumante de colère. L'arrivée de Celsius n'était pas pour me surprendre, en revanche, sa rage, écrasante, éveilla ma crainte. Son ire alla jusqu'à faire trembler le sol, plus fortement encore que la Stella Rubius usait de son effroyable pouvoir. Les yeux écarquillés, mon visage devait avoir prit la couleur de la mort : car dans les bras du Roi des Ronces reposaient nos filles que je devinais endormies, nullement inquiétées par ce qui était en train de se jouer.

S'ouvrait la pire des tragédies. Un scénario que je ne saurais revivre.

« Celsius ne fait pas ça ! » supplications vaines, il voulait me porter le coup de grâce. Non, non, non ! Je ne pourrais pas le supporter encore. Ne me les enlève pas … « Je t'en supplie ... »

S'il voulait me punir il ne pouvait pas mieux s'y prendre ! Je le priais du regard d'abandonner cette idée insensée. Seulement, au travers de ce rideau de fureur, une émotion que j'avais très rarement aperçu chez l'ancien chevalier, il n'existait rien d'autre qu'une détermination farouche à les éloigner de moi. Quand il fit un mouvement pour s'enfuir mon corps répondit avant mon esprit et, s'il n'y avait pas eut Lune pour m'arrêter, je me serais lancée à sa poursuite.

« Lâches-moi Lune ! »

Il resserra son étreinte, me laissant impuissante à agir, me forçant de le même temps à lui faire face. Dans ses yeux flottaient une lueur de mépris qui me glaça les sangs. L'adolescent fut contraint par sa sœur à reculer. Il lâcha alors d'une voix lourde de sens.

« On ne récolte que ce que l'on sème, mère. » Je relevais la tête, je ne m'étais même pas rendue compte que j'étais tombée à genoux. Surprise de voir mon enfant penché vers moi, son ombre inquisitrice m'avalant toute entière, plein d'une haine qu'il avait dû couver depuis fort longtemps, je m'entendis répondre. Comme j'étais pathétique. « Tais-toi ! »

Le dos de ma main avait fait éclater sa lèvre inférieure, laissant s'écouler un filet de sang. La gifle était pareille au bruit du glas sonnant mon heure. Aussitôt je regrettais ce geste, aussitôt mon visage se décomposa, aussitôt j'allais me confondre en excuses, mais, Lune, violemment me repoussa. Sous le regard médusé de sa jeune sœur, il alla jusqu'à cracher à mes pieds et s'en fut, froidement, vite rejoint par Callista qui ne m'accorda plus un seul coup d’œil.

« On ne récolte que ce que l'on sème. » Je répétais cette phrase inlassablement, tant de fois, chaque fois m'écorchant le cœur et la bouche. Après un si long silence qu'une éternité paraissait avoir passé, des mots se bousculèrent encore. « Arbhaal tu devrais rentrer, le Sanctuaire-Sous-Marin vous a délivré un ultimatum : quittez les terres d'Athéna, Spectres, ou bien Poséidon vous y délogera par la force. Ô finalement, tu ne peux pas y échapper, tu vas devoir le faire, ce choix. »

D'un coup, perdant tout à fait pied, je partis dans un rire frisant la folie, les yeux vides, le regard fixé sur quelque chose que moi seule pouvait voir.

« Je voyais une occasion de te protéger de cette comédie, mais, putain, je ne peux me résoudre à te cacher des choses. Si je dois tout perdre aujourd'hui, alors autant aller jusqu'au bout de la chose ! Ahahahahaha ! »

La folie me prenait entre ses bras, je sentais la seule chose qui me restait en ce monde me filer entre les doigts, comme ce sable qui s'enfuyait tantôt entre ceux du Juge.

« Je t'ai trahi ! Je t'ai trahi ! » La douleur me faisait perdre toute raison.

Mes bras retombèrent mollement de chaque côté de mon corps. On venait de me tuer.

On ne récolte que ce que l'on sème.





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Arbhaal


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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Ven 29 Mai - 19:07

https://www.youtube.com/watch?v=QNkH1FXstFM&index=23&list=PLnTwDn3gFUk70yZ8jhXyPYcPJnQVFN5XE

Pouvait-il exister pire sort pour une mère que de se voir arracher ses enfants ? Non. Réponse ferme et définitive. Dès notre première rencontre, Celsius m'avait catalogué dans le camp des aberrations, des monstres sans coeur ni âme. A assister à cette scène surréaliste, je pris pleinement conscience de son hypocrisie. Comment pouvait-il rester insensible à tant de souffrance ? Aussi vite arrivé que parti, le poisson emporta avec lui le bonheur de Satine, et une partie de son esprit. Pire encore, le jeune Lune s'opposa à sa mère pour une raison que j'ignorais. Elle reste donc seule avec moi, le regard posé sur ses enfants, sa chair et son sang qui s'éloignaient d'elle de leur plein gré. Etais-je la cause de leur haine ? Pourquoi ? Mon existence même suffisait-elle à justifier un tel rejet ? Toute personne qui voyait sous mon masque autre chose qu'un démon devait-elle supporter cette opprobe, comme victime d'un mal contagieux et incurable ? J'en restais coi, les poings serrés à m'en faire saigner. Mais je ne devais pas réagir. Surtout pas, de peur d'aggraver cette situation atroce. Ce fut alors qu'elle me porta le coup de grâce. Son rire hystérique me terrifia davantage que ses paroles tant redoutées : "Je t'ai trahi". Nous y étions enfin. Elle désirait me protéger, mais avait choisi la pire des solutions, celle qui n'apporte que tristesse et peine. Le mensonge.
Je restais là, muet, aussi pâle d'un cadavre à l'observer. Cette femme que j'aimais et qui venait de me poignarder en plein coeur. Une foule de sentiments contradictoire embruma mon esprit et l'espace d'un court instant, je levais une main noire d'un feu alimenté par ma colère irrépressible.

Tu as tout gâché...

Je n'avais pas pu retenir ces mots. Cette vérité nue, crue, terrible et brutale. Moi qui venait de confier mon rêve à cette femme, d'ouvrir le livre de mon coeur... Voilà ce que j'en récoltais. Notre histoire était-elle également basée sur des chimères ? Minos avait-il raison ? Ombre de mort, sombre faucheuse, je m'avançais vers elle et la saisis par l'épaule, le feu crépitant dansant sur les méplats de son visage brisé.

Tu voudrais la mort, n'est ce pas ? Tu désires cette délivrance ?

Je laissais mes paroles montaient vers les cieux, résonnant dans le vide. Mon regard obscurcit par une déception sans bornes.

Mais tu n'a pas encore gagné ce droit au repos. "On ne récolte que ce que l'on sème"... C'est vrai. Rien n'est plus vrai. Alors écoutes moi...

Le bruit de la violente gifle que je lui infligeais retentit tel le craquement d'un cœur brisé par la peine. Mais avant qu'elle ne chute, je l'attirais entre mes bras protecteurs pour resserrer une douce mais puissante étreinte sur elle. Pour l'emprisonner dans une bulle qui n'appartenait qu'à nous.

Tant que tu seras en vie, tu pourras agir. Rectifier tes erreurs. Va rejoindre tes enfants, rattrape Lune et Callista. Ils ont besoin de leur mère plus que jamais. Entends leur haine, trouve cette force et une fois la blessure purgée de sa gangrène, tu pourras te racheter à leurs yeux, quoi que tu ais fait.

Je la laissais s’imprégner de mes paroles, avant de relâcher mon étreinte pour la rendre à la sinistre réalité, où pourtant tout espoir n'était pas encore mort. J'avais épuisé toutes mes réserves de compassion pour l'heure. Je me retournais donc, dos à elle, pour scruter la mer calme. Mes cheveux flottant au gré d'un vent paresseux.

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Satine


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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Sam 30 Mai - 10:14

Exil







« Tu as tout gâché ». Bien sûr, dans le cœur d'Arbhaal n'existait que la trahison. Comment expliquer autrement ce geste sinon ? L'orgueil blessé par le mensonge, cette toute petite chose insignifiante, l'unique, que je pensais qu'il l'aurait comprise, je contemplais sa colère, une autre que j'allais goûter. D'une autre manière. Car si Celsius n'avait assassiné avec des mots, la Wyvern lui, usa de la force. Ils me refusaient la Mort, pour autant, n'était-je pas arrivée aux portes de son royaume ? Comme Lune tout à l'heure, ma lèvre se fendit et le sang perla. S'il ne m'avait pas rattrapé, inexorablement, je serai à terre en cet instant, l’œil éteint. Au lieu de quoi, nichée au creux de ses bras, mon corps répondit par de légers tremblements saccadés que je ne contrôlais pas, pas plus qu'un esprit vagabond, le mien, s'envolant Dieu sait où.

« Tu as tout gâché ». Un sourire étira mes lippes sanglantes, en un rictus inquiétant. Du bout de la langue, je goûtais ce précieux liquide, pour mieux me souvenir de sa saveur, de ses sombres propriétés. Était-ce pour cette raison que le Juge finit par me repousser ? « Tu as tout gâché ». Non, ce n'était pas pour ça. C'était de ma faute. À braver les impossibles, les interdis, suivre son cœur, sa voix, voilà tout ce que l'on récolte.

« On ne récolte que ce que l'on sème. » Tandis qu'il me tournait le dos, moi, je me laissais aller de nouveau à une malsaine hilarité. Il n'y avait que moi qui riait de la situation. « Me racheter. »

Voilà tout ce qui comptait. « Oui … me racheter, oui me racheter ! Bien sûr. »

Je susurrais pour moi-même, semblant faire fi des autres conseils du jeune homme. Mais qu'avais-je fais de si terrible pour que tous, les uns après les autres, me crachent leur haine au visage ? Rien de mal, et pourtant, j'étais la criminelle, celle que l'on lapide. Que l'on écorcherait bien volontiers. Dans la nuit qui s'installait, étirant des ombres grandissantes sur la plage, un éclat, léger, vint perturber cette soi-disant retraite. Je fis volte face pour accueillir à bras ouverts, l'écaille qui avait répondu à mon silencieux appel. L'avais-je formulé ? Je n'en avais pas le souvenir. Quoiqu'il en soit, je riais de plus belle, étirant des ailes prêtes à claquer à tout moment. Une aura de sang ne tarda pas à m'auréoler, parant ma personne d'un voile vermillon. Ma peau trop blanche, les lèvres exsangues, mon corps se muait peu à peu pour revêtir les traits de la Sirène Maléfique. Jamais, depuis que je la portais, jamais encore je ne l'avais laissé prendre le pas. La Dame sombre effaça la flamboyance de ma chevelure, la laissant blanche comme neige, et je me pris à fredonner, un antique chant de la Mer.

Celui qu'Elizabeth, ma mère, m'avait enseigné.

Si l'envie de me toucher reprenait la Wyvern, celui-ci serait surprit de se voir violemment repoussé.

Mon faciès, caché sous l’écheveau de mèches immaculées, était déformé par la folie. Le vent révéla une iris rubis, des yeux injectés de sang. Ne restait de moi, cette sauvage beauté que l'on m'accordait volontiers. Que la frénésie seule ne saurait totalement occulter. Dans le lointain, d'autres voix me répondirent. Celles de mes sœurs, les sirènes.

J'étais une écorchée vive, qu'un cœur qui saigne. Sur ma peau, pâle comme un cadavre, glissaient et se succédaient des larmes de sang. À force de ronger l'âme …

« Vous m'avez déjà tué. »

Les plumes d'airain frémirent, presque d'une manière menaçante. « Trois fois. » Aujourd'hui était la fois de trop. « Jamais plus. »

La mer avait changé de visage, elle n'était plus calme, elle s'agitait, faisant échos à mes propres sentiments, ma nature, corrompue.

« Adieu »

Atone était ma voix, violente était l'éclat de mon cosmos. D'un coup je me propulsais dans des cieux qui revêtait un manteau noir, m'y glissant pour mieux côtoyer les nuages chargés d'électricité. Une étoile dorée filait, filait vers son exil.

Là où elle ne pourrait plus tout gâcher.

=> ???




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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Mar 2 Juin - 7:13

Elle venait de me quitter, de se séparer d'elle même. Refusant de voir la main tendue que je lui adressais malgré ses mensonges. Par un terrible effort, j'étais parvenu à maitriser ma colère à son égard, mais la douleur demeurait trop vive pour lui pardonner si aisément. Je comprenais ses visées, mais ce qui me blessait le plus demeurait son habitude à se sentir sur la sellette, malgré mes gages de bonne foi et d'amour inconditionnel. A la moindre faute, elle savait tout remettre en question. Cette fois, c'était mon tour. Le dos tourné pour me permettre d'observer la mer déchainée, je la sentis autant que je l'entendis partir. Pourquoi ne trouvait-elle pas la force de rattraper ses enfants  ? D'affronter la colère de Lune  ? J'étais déçu. Peut être n'était-elle pas à la hauteur de l'image probablement idéalisée que j'avais d'elle. Je ne pouvais l'en blâmer tant elle restait humaine. Avec sa force terrible et ses faiblesses. Après sa révélation, je savais que mon devoir m'appelait de nouveau au Sanctuaire. Les marinas pouvaient frapper à tout instant pour nous reprendre par la ruse ce que nous avions tant eu de mal à nous accaparer. C'était hors de question. J'avais bien trop souffert pour rester passif devant une nouvelle guerre pour un tel butin. Je doutais que Mary soit en état, ou même émette le désir d'y prendre part. Si c'était le cas, je serais contraint de lui barrer la route d'une manière ou d'une autre. Bon sang, un tel scénario me serait paru totalement surréaliste quelques heures auparavant. Mais je connaissais la propension de ma bien-aimée à la rancune, et je pressentais au fond de moi qu'elle n'hésiterait pas à porter la main sur moi si la situation l'exiger. Que faire  ? Le vent froid me frappa durement le visage, comme le rappel d'une doctrine que je tachais d'adopter en toutes circonstances. Chaque chose en son temps. Il était inutile de s'effrayer devant un fait qui ne s'était pas encore transformer en autre chose qu'une sombre hypothèse. Lentement, je tournais le regard vers le temple qui semblait me railler vers les hauteurs de l'ile. Puis, dans un éclat de flammes aussi sombres que ma peine, je m'envolais à mon tour vers une nouvelle guerre éprouvante.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Dim 14 Juin - 12:42



~> Chroniques

J'émergeais lentement de mon sommeil, réveillée par la douceur des rayons du Soleil, combinée à la caresse de l’Éole joueur: Avec un sourire encore endormi, je tâtais le matelas à côté de moi, espérant y retrouver la chaleur du corps de ma moitié, mais ne rencontrais que le vide. Où s'en était-il allé? Je ne le savais. Très certainement parti traîner je ne sais où avec Tristan. Ces deux là étaient inséparables, même s'ils prétendaient se détester.

Je me redressais et m'étirais, avant de me décider à me lever. Passant devant un miroir, je m'examinais en souriant: des mèches vermeille en bataille ici et là, mes iris émeraudes pétillaient quant à elle de joie et de bonheur. Mon regard vint à se poser sur la cicatrice de la blessure qui avait failli m'ôter la vie en Asgard. Je m'étais bien remise, mais le souvenir de cette plaie, lui resterait à jamais. Comme si sa présence était là pour me rappeler que nous n'étions pas éternel, sauf mon paternel bien sûr. Le vieux avait vécu plus de vies qu'un chat. Cette pensée me fit sourire.

Un bon quart d'heure plus tard, fraîche et dispose, je sortais de notre petite maison, posant une main en visière pour observer le large et apercevoir, au large, le Hollandais Volant, navire qui lui avait été offert par Poséidon en personne. Mon programme pour cette journée était déjà tout vu: passer quelques heures avec les membres de l'équipage avant de rejoindre Mary et les enfants au Temple. J'avais promis à mes neveux et nièces de venir jouer avec eux l'après-midi, et ce, afin de soulager un peu ma jumelle.

Je m’inquiétais pour Satine. Elle ne m'avait jamais parue aussi perdue, épuisée, et seule. Je cherchais par tous les moyens de lui changer les idées, de la faire parler, mais rien n'y faisait. Je soupirais, avant de poser mon chapeau sur mon chef. J'étais presque parvenue à la barque qui me conduirait au Hollandais Volant, lorsque j'entendis les enfants crier mon nom. Nous devions nous voir l'après midi normalement. Normalement...

"- Tata!!! Tata!!!!!"

Lune et Callista venaient d'apparaître, essoufflés, leurs regards inquiets me cherchant.

"- Je suis là! Qu'est-ce qui se passe?"

Callista m'observait les yeux brillants de larmes, tandis que je m'accroupissais à leur hauteur.

"- C'est maman!Viens vite!" Dit-elle en me prenant par la main, tandis que je lançais un regard à Lune qui acquiesçait vivement de la tête. Mon neveu et ma nièce étaient on ne plus sérieux, c'est que c'était donc grave.

"- Allons-y dans ce cas."

A peine avions nous fait quelques pas, que les deux enfants se retournèrent vers moi avant de hurler de terreur, en désignant les cieux. Vivement je me retournais pour voir alors fondre droit sur nous un immense dragon noir. Immédiatement je songeais à mettre les enfants en sécurité. Immédiatement un portail apparut derrière eux:

"- Sauvez-vous vite! Ça va aller pour moi ne vous en faites pas. Zouh mes chéris. Prévenez grand père et Haiken."

Ils disparurent de ma vue. Tandis que je contrôlais l'ouverture d'un autre portail pour leur permettre de sortir à l'intérieur de notre petite maison. Toutefois, je ne pouvais pas combattre, car cela signifiait mettre les enfants en danger, et je ne le voulais pas. Déjà la bête mythique plongeait sur moi pour m'emprisonner dans une de ses pattes. Mon chapeau s'envola, virevoltant dans les airs au gré du zéphyr. Où est-ce que cela allait me conduire? Je ne le savais pas.

Et dire que la journée avait si bien commencée...
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Lun 24 Aoû - 2:09

J'ai récolté la Tempête






=> Invasion Spectres VS Marinas


De mes songes tu t'enfuis à l'aube, ne restait qu'un parfum de groseille et de lilas.

Satine O'Bannon revenait au point de départ, au commencement. Sans se retourner, elle sentait que le portail resterait en place pour quelques temps. Tout était pour le mieux. Ann était de retour chez elle, saine et sauve bien qu'harassée par l'expérience. Mais quelque chose étreignait son cœur de plus en plus, le serrant dans un étau très lourd à supporter. Ses blessures se rouvraient, le sang s'étalait sur sa robe bleue qu'elle dissimula du mieux qu'elle le put, allant jusqu'à offrir un sourire tendre à sa sœur qu'elle reconduisait chez elle. Un pressentiment la pressait d'agir au plus vite ainsi prit-elle rapidement congé de sa sœur, non s'en s'assurer que la Stella Rubius ornait toujours son joli cou. Complètement soulagée, elle reprit le chemin qu'elle avait emprunté des années plus tôt.

Débarrassée de ses chaussures, la jeune femme marcha pieds nus dans le sable fin et d'or, allant faire face à l'Océan. Aveugles, ses prunelles ne sauraient détailler ce ciel qui s'obscurcissait d'un lourd manteau chargé de colère. IL approchait. La fille du vieux forban pouvait ressentir sa venue, son châtiment.

Elle s'offrit à la morsure du vent, aux embruns s'échouant sur son visage parfaitement lisse, les bras en croix. Pourquoi fuir ? Le Dieu des Mers n'était pas connu pour sa clémence, mais plutôt pour sa rancune tenace. De plus, elle n'avait pas peur, elle avait fait un choix, elle portait la voix de son épouse, elle ne regrettait rien sauf peut-être d'avoir trahi celui qui se voulait son véritable maître.

Punissez-moi ébranleur de la Terre ! J'ai agis selon ma conscience et celle de votre épouse afin de préserver vos trésors ! Vous êtes le seul à pouvoir juger de mes actes, mais je ne regrette rien ! C'est Amphitrite qui m'a sorti des Eaux autrefois ! Quel rôle avez-vous donc jouez, Seigneur ? 

La réponse de l'Empereur ne se fit pas attendre. Le rugissement de l'orage se répercuta partout, faisant se parer d'un blanc pur, tout le temple dédié au couple marin. Frappée de plein fouet, Satine tomba à genoux, sentant SON cosmos l'écraser. Lui faire ployer l'échine. Elle s'était montrée effrontée, une fois de plus. La fois de trop. Ses doigts se crispèrent sur le sol, la jeune femme cracha un peu de sang alors que ses cheveux blancs s'agitèrent dans tous les sens pour reprendre leur teinte d'antan. À l'instar de ses yeux. Elle revoyait très nettement et pantoise la sorcière des eaux dû lutter contre une douleur comme elle n'en avait jamais ressentie.

Je ne me prosternerais pas devant votre tyrannie ! Son cosmos explosa. Une main invisible s'employa à la frapper de nouveau plus sévèrement, la faisant vaciller entre présent et passé. Des larmes perlèrent aux coins de ses yeux. Cette bataille était perdue d'avance pourquoi s'obstiner ? « VA TE FAIRE FOUTRE POSÉIDON ! »

Sa voix éclata tel un feu ardent. Puis, le noir l'accueillit dans son royaume. La dernière chose dont elle se souvint, c'était la vision de son écaille apparaissant devant elle pour mieux la délaisser, filant tout droit vers son Pilier. Ultime coup porté. Satine perdit connaissance, un goût métallique en bouche, le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. On lui martelait le cœur et l'âme.

Elle n'était qu'un jouet entre les mains des Dieux.

Je crois qu'on m'a transporté jusqu'ici. À mon réveil j'eus la mauvaise surprise de ne distinguer rien d'autre que les faibles échos de la mer. Tout au plus le lieu dans lequel je me trouvais était éclairé par une trouée dans la roche. Où suis-je ? Je voulais bouger, mais j'en étais incapable. Mes poignets étaient solidement attachés. J'avais été mise aux fers ?! Hors de moi, je tirais de toutes mes forces, sentant éclater une ire jusqu'ici refoulée, bridée. Je me faisais mal mais je n'en avais que faire, je n'arrivais pas à me calmer. Je jurais, je hurlais à qui voulait bien m'entendre. Faire appel à mon cosmos était impossible. J'étais blessée, fatiguée et abandonnée là. Mais pire encore, j'ai été aux yeux du Monarque des Mers, une traîtresse, une putain de traîtresse. Trahison et déshonneur étaient sur moi, j'étais salie, j'ai été châtiée. Pourquoi ?!

Je m'époumonais, m'égosillais en vain pour finalement sentir l'eau lécher mes pieds. Non, pas ici … Jack n'aurait pas ?

Rendue muette de surprise, je n'eus même pas conscience que mes cheveux se paraient de blanc, que sur mes yeux … une ombre se posait.

Punie, il ne me restait que son odeur d'iode et d'ambre, celui d'autrefois. Bientôt j'allais être avalée par l'eau et connaître sa morsure. Encore et encore, jusqu'à ce que l'on vienne me chercher.

Et cette rage ne quittait plus mes entrailles. J'appelais à l'aide …





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Dim 6 Sep - 5:40

Voici venu le temps des larmes amères. se répéta Rackham.

Dans la grisaille des pénombres terrestres il la trouva, drapée d'obscurité et de souvenirs. À son bras, la Stella Rubius pulsait comme un nuage d'orage, menaçant d'éclater à chaque pas. C'était son coeur qui avait bien failli connaître le même sort quand le pouvoir de l'Ébranleur de Sol avait transité à travers elle. Frappé par la foudre, et plus encore. Voilà l'impression qu'il avait eue. Mais cela lui avait permis de la localiser. De son bras s'échappaient encore des filaments de fumée noire, mais les plaies déjà avaient commencé à se refermer. Ne me laisseras-tu donc pas m'en aller ?

La guerre était finie pour elle. Pour lui, elle n'avait jamais débuté. Il s'était contenté de se tenir à l'écart, là où nul ne l'irait chercher. Non que qui que ce soit y aurait eu intérêt. La seule qui l'aurait pu n'est plus là. Personne n'avait questionné ses choix ; il était le seul maître à bord, alors et jusqu'à dieu(x) sait quand. Il n'avait pas même été chercher ses filles, préférant les laisser entre les mains de Mashia. Il avait trop de choses en tête que pour pouvoir correctement s'en occuper. La japonaise se substituerait à leur mère mieux que quiconque ne l'aurait fait. Mary en serait-elle jalouse, si elle le savait ?

La pluie avait rabattu ses cheveux sur son visage. Il voyait confusément son propre reflet à l'intérieur de chaque vague. Les derniers jours l'avaient vu s'amaigrir, mais pas se relâcher ; sa musculature n'en était que plus ostentatoire. Le glabre de sa peau avait cédé sa place à une barbe si rouge qu'on l'aurait crue de sang. Moins par envie de se la laisser pousser que pour ne plus se voir - plus autant en tout cas. La fatigue avait creusé ses orbites, mais les bris de glace de ses yeux n'en ressortaient que davantage. D'un bleu presque blanc, à ce qu'on aurait pu croire. Mais rien n'avait changé. Pour toi aussi, n'est-ce qu'une question de regard ?

Ainsi, c'était vrai : Poséidon l'avait déliée de son service. Pourrait-elle jamais se réconcilier avec sa férule ? Rien ne semblait vouloir le lui indiquer. Tout deux parias, tout deux rejetés. Son esprit le dissuada de trouver entre eux la moindre similitude. Elle n'était plus celle qu'il avait connue. Et pourquoi pas ? Non. Il avait vu ce qu'elle était devenue. Et pourtant la voilà. Jouet abandonné des dieux, rejetée brisée dans un coin de sa boite. De quel jeu pervers avait-elle fait l'objet, cette fois ? Allons-nous en, pensa-t-il ensuite - mais il n'avait pas le droit de l'emmener, pas plus que de la laisser là. Il n'y a que toi pour me mettre dans des états comme ça.

Elle avait passé sa vie sur des îles et des navires ; le ressac sur une côte rocailleuse lui était plus familier que le bruit du sang dans ses veines. Pourtant, dans cette cage taillée à même la roche, elle semblait aussi démunie que n'importe qui. Tu as tout oublié, jusqu'à toi-même. Tu as oublié la mer, pour oublier l'amer... Par le bras qu'il avait en cette cellule, Poséidon espérait-il agacer une plaie vive ? Sur les fils opalins de sa chevelure dansaient des reflets d'automne. La voir ainsi lui donna l'impression d'avoir le coeur encerclé d'acier, qu'un battement trop brusque crèverait comme un ballon trop gonflé. On ne meurt qu'une fois, et tous du premier coup, avait-il dit autrefois ; qu'il avait pu se tromper.

Sa main droite prit appui contre les barreaux. Son regard les traversa de même que les rares rais de lumière. De trois-quart face, il resta ainsi un long moment à la toiser... Pouvait-elle encore le voir, de son côté ? Et si elle le pouvait, le reconnaîtrait-elle ? Il n'y avait qu'une seule question à poser.

« Tu peux parler ? »

À son poignet, la gemme étincela.
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Dim 6 Sep - 9:50

Pâles comme la Mort







Aussi pâle que la mort, je me décomposais, n'avais même plus la force de respirer normalement, de garder la tête hors de l'eau. Dans ma prison faite d'eau de sel et de roche, je me consumais. Flamme vacillante entre le rouge et le blanc. Le rouge et le noir. Je sombrais dans les bras de la mer, emportée par son châtiment, souffrant de sa morsure en même temps que je me laissais ballottée dans un flot ininterrompu de pensées que je passais au fil de ma mémoire. Tremblante aussi. Et il y avait toujours en moi, malgré ces heures passées dans ma geôle, ce sentiment de rage qui avait fait de moi ce que je fus autrefois.

J'étais en colère contre le monde entier. Il tremblerait si je n'étais pas solidement attachée, harnachée au pan d'un mur rocailleux où se reflétait une pluie de lumière. C'était le jour qui se levait ? Une nouvelle aube que je ne pourrais pas contempler ? Le niveau de l'eau dans ma cellule était trompeur, il continuait de m'étouffer à moitié, me laissant que très peu de marge de manœuvre pour ne serait-ce que respirer. De temps à autre, vaincue par la fatigue et la douleur qui vrillait mon corps esseulé, je me réveillais étouffée, la bouche remplie d'iode et d'amertume. Je pourrais me noyer si facilement si la colère qui m'animait ne me maintenait pas en vie.

Je voyais de nouveau, plus nettement que jamais auparavant. Une autre punition sadique pour me montrer à quel point j'avais été sotte ? Où était Amphitrite désormais ? Elle aussi était-elle en proie à l'ire de son époux ? La Sorcière Originelle avait détourné son regard, elle avait probablement, comme moi, son propre combat à mener. Et moi pauvre mortelle stupide, je luttais vainement contre cette nouvelle malédiction.

Seule, seule face à moi-même. Toute parée de points de lumière et de solitude. Ceux-là gravitaient comme autant de petites lucioles : elles m'agaçaient, si j'aurais pu, je les aurais chassé. J'aurais pu éconduire n'importe qui, mordre, écraser toutes les têtes si d'aventure, j'y trouvais un recours à ma violente détresse. Un instant je fus aveuglée : le soleil passait devant les rares interstices dans la roche, éclairant chichement du même coup, une silhouette qui approchait. Goguenarde.

Un mouvement dans l'onde, non-intentionnel me fit presque boire la tasse et, avec force d'éclaboussures je commençais à m'animer, les yeux pleins de sel. Je m'agitais à l'approche d'une énergie que je reconnaîtrais entre mille autres ! L’impératrice ne m'avait pas oubliée ?! Vainement, mon cœur se gonfla d'un espoir puéril, vite balayé par le soudain immobilisme du personnage qui venait de faire son apparition. Sans doute ne me libérerait-il pas, il se contentait de me regarder, moi, j'eus bien du mal à tenter de percer le voile de mystère qui l'entourait. La première chose que je vis de lui ne fut pas l'éclatant rouge qui le paraît tout entier, non, ce fut l'éclat ternit de ses yeux, pâles, reflets de la mort.

Quand il me demanda si je pouvais parler, j'essayais, mais seul un vague son déformé lui répondit. Je tempêtais, faisant cliqueter mes chaînes.

« Bien sûr que je peux parler du con, si tu t'approches un peu je pourrais même te botter l'cul ! »

L'effort demandé pour m'exprimer – ma voix n'était qu'un souffle difficile et douloureux – m'arracha une mimique de souffrance puis deux ou trois fois, je crachais mes poumons. Une respiration sifflante plus tard, suivie d'un étirement de cou exagéré – je ne voulais boire rien d'autre qu'un peu de rhum, son souvenir brûlant me manquait – je repris, d'un timbre blanc.

« Qu'est-ce que tu fous là ? Et c'est quoi cette barbe ? T'es devenu un homme entre temps avec des poils aux c... kof kof... »

J'en avais assez. Prise d'un soudain élan de colère, je tirais plus fort sur mes entraves, m’esquintant davantage la peau de mes poignets offerts à la langue des flots. On martelait ma tête de plus en plus fort, l'écho dans mon crâne m'arracha un gémissement plaintif en même temps que mon corps continuait de s'animer dans tous les sens. Prisonnière. Moi, Mary Red, la plus dangereuse des pirate !

« Enfoiré, si tu crois que ça m'impressionne, que je vais ployer l'échine devant toi, tu te mets le doigt dans … »

Sans pouvoir terminer ma phrase adressée au Dieu des mers – oui je blasphémais – ce dernier me fit taire sans autre forme de procès quand une vague alla s'écraser contre ma poitrine, le choc fut tel que je heurtais le mur derrière moi, libérant mes poumons d'air pour mieux être avalée ensuite dans l'océan. Quelques bulles filèrent à la surface de l'eau …





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Dim 6 Sep - 16:12

« Tu n'as qu'à vérifier. » répondit-il, esquissant dans cette même barbe l'ombre d'un sourire faux. « Ça ne te plait pas ? »

J'ai voulu lui montrer les étoiles, et je lui ai volé la lumière. Quelle sorte de monstre faut-il être ? Parlait-elle réellement, ou l'avait-il tant voulu qu'il l'entendait dans sa tête ? Le voyait-elle vraiment, ou imaginait-il cet éclat dans son regard ? Ce rouge dans sa crinière, l'avait-il seulement rêvé ? Était-elle celle qu'elle devait être, celle qu'il voulait qu'elle soit, ou le fantôme d'une ombre passée ? Celsius ne savait rien de tout cela. Moi aussi, j'aurais bien besoin d'oublier. Oublier Mary, oublier Athéna, les oublier tous - n'être que ce qu'il voulait être. Mais que voulait-il vraiment ? De cela même, il n'était pas certain.

Ce que je fais là ? Je ne le sais pas moi-même. Il n'avait fait que se laisser porter, avec la Stella Rubius pour le guider. L'appel du rouge, pourrait-on dire, qui la ramenait vers sa maîtresse véritable... Bien que celle-ci ne la puisse plus porter. En avait-il davantage le droit ?... En tout cas, le Dieu des Mers n'avait pas cru bon de l'arracher à sa garde. Pourtant, qu'il en soit conscient ne faisait plus aucun doute à présent. Les dieux sont ivres, se fit-il la réflexion. Mais pas assez pour me donner le droit de l'être à mon tour. Il en aurait bien eu l'usage : tout semblait plus facile aux hommes que la boisson entraîne sur ses rivages.

Elle semblait avoir repris le contrôle de toute sa vitalité, mais cela n'était que poudre aux yeux et il le savait. Combien de fois ne l'avait-il pas vue batailler contre des chimères, lutter pour rester elle-même quand tout avait l'air de s'y opposer ? Mary Red, si c'était bien elle, avait toujours été indomptable - mais cela pourrait-il longtemps durer ? Il prit un moment pour l'examiner plus en détail, à la lueur sanguine du joyau la faisant paraître plus vive qu'elle ne l'était en vérité. Depuis quand était-elle ici enchaînée ? Trop longtemps, jugea-t-il sans même y penser. Son âme aussitôt s'emplit de regrets.

Les barbelés qui étreignaient son coeur se resserrèrent en la voyant ainsi malmenée. Une partie de lui disant qu'elle n'avait que ce qu'elle mérite ; l'autre que cela n'aurait jamais dû arriver. Mais il était encore temps de la sauver. Un coup d'œil à son ventre le glaça d'horreur. Même dans le noir, le renflement qui s'y voyait était trop important pour qu'il puisse l'ignorer. Sous ses doigts, l'acier grinça. Elle ne présentait rien de cela quand il l'avait quittée. La main d'Amphitrite s'en était-elle encore mêlée ? Ça n'aurait pas dû arriver. Le poison ne l'aurait pas permis. Pour que cela survienne néanmoins, il n'avait qu'une explication à donner et pas la force de la formuler.

S'en était-elle rendue compte ? Il eût été difficile de ne pas le faire, et pourtant il n'en avait pas l'impression. Si brusque que soit Mary parfois, elle n'aurait pas négligé un enfant à charge. En voulait-elle seulement ? Après un silence si long qu'elle ne pourrait l'ignorer, il reprit son inspection. À hauteur de corsage - ou de ce qu'il en restait -, une lueur dorée attira son attention.

« Tu la portes encore. »

Son corps se rapprocha des barreaux ; son front s'appuya sur le fer gelé. Que contact il y ait, si elle le voulait.

« Mary. » appela-t-il, pour être sûr d'avoir son attention. « Tu sais qui je suis ? »

Le premier échange semblait indiquer que oui, mais il voulait en avoir le coeur net. N'en fut-elle qu'à ses balbutiements, il possédait déjà cette barbe à leur dernière rencontre ; néanmoins, il était vrai qu'elle n'avait pu la voir. Or, avant d'aller plus loin, il importait de savoir quelle était la dernière chose qu'elle gardât en mémoire - où finissait la mémoire et où l'oubli commençait. Sans plus révéler son bras gauche, il plissa les yeux pour mieux voir à travers l'obscurité - pour peut-être entrevoir la lumière qu'il avait tant cherché. Où fallait-il aller ?

« Te rappelles-tu de moi ? Te souviens-tu de nos filles ? »
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Dim 6 Sep - 18:05

Pars







Un long frisson parcouru mon échine, galopant à l'instar de mille chevaux lancés au triple galop à l'assaut de ma conscience. À la frontière de deux mondes, j'ouvris les yeux sous l'eau, percevant au dessus de ma tête, une myriade de petites étoiles dorées. Elles dansaient, et moi, hypnotisée par leur ballet frénétique, senti un poids se lever de ma poitrine. Quand je me redressais, crevant la surface de l'eau, ce fut pour me dresser de toute ma hauteur devant l'homme qui se tenait devant moi ; je n'aurais sut dire quels sentiments se bousculaient en moi tant la malédiction de Poséidon faisait son office. Mais lui, sur mon visage que j'avais pourvu d'un masque de stoïcisme absolu quelques heures plus tôt, voyait mes traits déformés par la douleur et une rage presque bestiale. Je répondis à sa première question – faussement innocente – d'un ton sans équivoque, d'un seul mot délivré puissamment contre lui.

« Non. »

Je n'aimais pas ce qu'elle représentait, ou le pourquoi il s'était laissé aller ainsi. Ce qu'elle symbolisait pour moi, je l'avais aussi appréhendé. Il s'essayait au même exercice, le tout était de savoir si il serait meilleur comédien que je ne l'étais. Un lourd silence s'instaura entre nous, j'avais détourné les yeux quand l'eau dans ma cellule, avec une rapidité déconcertante, se retira. La chiche lumière dévoila mon corps fatigué, éprouvé, brisé même par les remous des flots contre mon ventre qui s'arrondissait. Le sort qui camouflait ma nouvelle condition s'estompait, me laissant tout le loisir de contempler cette vérité. Encore enceinte, encore un lourd fardeau à porter. Je maudissais ma mauvaise étoile pour cela. Car ce petit miracle allait être une fois encore menacé, que ce soit par le poison qui coulait dans mes veines, ou par les autres.

Peut-être aurais-je dû m'en défaire, ne pas revivre ce que j'avais vécut avec elles … non, j'écartais ces pensées horribles en mordant ma lèvre inférieure jusqu'au sang. La colère me faisait perdre le peu de contrôle que je parvenais de temps à autre à me forger.

Un léger bruit attira mon attention. Brièvement je le vis me contempler, poser ses yeux pâles comme la mort sur moi, deviner ma grossesse : ô je pouvais comprendre son désarroi, quand je l'avais appris, je fus moi aussi plongée dans la perplexité la plus totale. Seulement, maintenant que j'y réfléchissais, des brumes paraient mon esprit, j'avais oublié beaucoup de choses, j'en avais le sentiment et ça plus que le reste, était incertain. Il y avait des ombres, des silhouettes et des sourires que je ne reconnaissais pas. Troublée, je me perdais dans les abysses. La panique m'enveloppait entre ses bras et je commençais à respirer de plus en plus vite. Je ne saurais l'expliquer, mais ces pertes de mémoires faisaient naître d'autres élans de haine, de colère, de ressentiment aussi.

Je me laissais glisser le long de la paroi, tombant dans un rai de lumière. Mon regard détailla l'objet qui ornait mon cou, caché d'ordinaire au creux de mes seins. Sa froideur contre ma peau me rappelait d'autres souvenirs à moitié effacés. Je m'étonnais donc de sa question quand il en fit mention. Sourcils froncés, ma voix trahissait cette fois ce désarroi que lui-même avait dû ressentir en voyant mon ventre.

« Je pensais que tu voulais que je la garde. Faudrait savoir. »

Quand il se rapprocha, je l'observais à mon tour, notant au passage toute la fatigue qui flottait dans ses prunelles. Le poids d'un nouveau rôle était lourd à porter.

« Oui ? » fis-je pour lui répondre. C'était mon nom d'emprunt après tout. Sa prochaine interrogation me fis écarquiller les yeux. Je le dévisageais comme si il avait dit une énormité. C'était le cas ! « Bien sûr que je sais qui tu es ! T'es con ou quoi ? T'es tombé sur la tête ?! Je dois t'appeler comment ? Celsius ou tu préfère garder le prénom de mon enfoiré de paternel ? C'est au choix hein … mais je préfère m'en tenir à celui d'origine si ça ne te fais rien. »

D'un geste, je chassais quelques mèches de mes yeux. Rouges. Je préférais nettement cette couleur je dois dire. Avec lourdeur, tirant sur mes chaînes, je me rapprochais à mon tour des barreaux, m'y traînant comme je le pouvais. Le cliquetis du fer m'agaçait, je finis par tirer dessus assez fort pour me faire mal. Vaincue et résignée, je calais mon dos contre les barreaux de ma cage et me ramassais sur moi-même. Il n'avait qu'à baisser la tête pour me voir distinctement. Voir à quel point je faisais pitié, toute tremblante comme une feuille dans ma robe qui n'était plus qu'un vague souvenir, mélange de lambeaux de soie bleue et d'or. Elle faisait bien grise mine, la sorcière des Eaux.

Encore des questions étranges. Mon faciès éreinté se leva vers le sien, je le voyais moi aussi très bien, à l'envers, certes, mais son sérieux … il ne pouvait le feindre. Comme ce vague espoir, là, niché et présent dans ses iris.

« Qu'est-ce que tu veux Celsius ? À quel jeu tu joue au juste j'aimerai comprendre … me torturer ainsi alors que je ne peux rien faire pour me défendre … c'est vraiment pute. Je me souviens oui … Oui je me souviens que tu m'as arraché une partie de moi-même en les emportant. Tu n'avais pas le droit de faire ça … tu savais à quel point ça m'affecterait, à cause de toi j'ai sombré, à cause de toi je suis morte. Tu as agis exactement comme mon père et pour ça je te hais. Pourquoi as-tu fais cela ? Pourquoi ? Je n'ai rien fais. Rien qui puisse justifier ça … Mais le mal est fait et on ne peut plus rien y faire. »

Une pause, un soupir qui en disait long. Quelques larmes qui se prirent à glisser malgré moi sur mes joues brûlantes.

« Tu es venu t'assurer que je n'étais plus rien ? Je suis maudite Celsius, ne te l'ai-je pas dit ? Je t'avais assez prévenu non ?! Tout est si flou dans ma tête … »

Avec rage je poussais un grand cri perçant projetant mon poing contre la roche à côté de moi, me brisant net – oubliant que j'étais dénuée de cosmos – les os de la main. La douleur me calma … pour le moment.

« S'il te plaît, laisse moi ... »





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Lun 7 Sep - 16:56

« C'est toi qui m'a tué la première. »

La phrase claqua dans l'air comme un coup de fouet. Il n'avait pas retenu ses mots, pas plus qu'il n'y avait de rancœur dans sa voix. Il se contentait d'exposer les faits comme on lui avait appris à le faire, à n'y mettre rien de lui sinon la vérité. Ce n'était pas la question, pas plus qu'il n'entendait avoir le dernier mot - mais il aurait été sot de l'oublier. Sans ôter le front de son support d'acier, il se laissa glisser le long de la grille, s'y accroupit. Mary n'avait sans doute plus la force de se lever ; que ce calvaire-là, au moins, lui soit épargné. Un et rien qu'un. Il reprit de ce même air posé :

« Tu m'as tué, puis tu es allée me chercher. Et tout ça pour quoi ? Tu m'as trahi, trompé, laissé tomber. Et pourtant je suis encore là. Traite-moi d'idiot. » Un idiot amoureux. Si elle avait été en meilleure forme, Mary aurait probablement eu un vocabulaire plus fleuri. « Pourquoi la garder ? Elle ne signifie rien pour toi, pas plus que moi. Tu l'as dit toi-même : tu n'en veux pas. »

Et quel public tu avais pour cela. Une nuance sombre s'insinua dans son regard. Sans perdre de sa pâleur, le bleu de ses yeux s'orienta plus vers le gris cette fois, un gris de neige sale. Son visage n'exprimait aucun ressenti, mais si elle était ne serait-ce que moitié de la femme qu'elle avait un jour été, elle saurait lire en lui. Comme elle l'avait toujours fait. Quoi qu'elle puisse en penser, il n'y avait pas de reproche dans cela. Il n'était pas venu ici pour présider à son procès, toute prisonnière qu'elle soit. De quoi qu'on l'accusât, ça ne le regardait pas. D'ombre, son visage se para quand elle demanda pourquoi.

« C'est le devoir d'un père de protéger ses enfants du croque-mitaine. »

Tu as invité le mal dans notre demeure. Tu as souillé notre paradis. À bien y réfléchir, c'était peut-être pour cela qu'il l'avait attaqué dès la première fois. Parce qu'il savait ce que cet homme - cette chose - représentait, tout le mal qu'il ferait... Et par là-même en avait été la cause. J'aurais dû mourir bien avant ça. Tomber au champ d'honneur, comme un Chevalier d'Athéna. Au lieu de ça, l'étincelles dans cette caverne, à rassembler les morceaux de ce qui avait volé en éclats. Mary elle-même, sa vie, sa joie. Que reste-t-il de tout ça ? Il ne le savait pas. Sans quoi peut-être ne se serait-il pas aventuré jusque là.

« Elles sont en sécurité. Tu n'as pas à t'en faire. »

La rassurer ne servirait à rien et il le savait ; pourtant, il éprouvait le besoin de le faire. De lui laisser au moins ça. Après lui avoir tout arraché, il pouvait bien lui donner au moins ce presque rien. Les reverrait-elle jamais ? Sur cela, il ne s'avancerait pas : bien des réponses étaient encore à donner. À présent, au moins avait-elle une voix pour les prononcer. En retour, la Stella Rubius sombra dans le silence, se mit en veille pour les laisser à leur intimité. Ils avaient tant de retard à rattraper. Tête basse, il observa son rougeoiement se dissiper, comme une braise mourante dans l'obscurité.

« Que dois-je faire pour que tu m'aimes encore ? » prononça-t-il tout bas.

Il n'était pas sûr qu'elle l'ait entendu - ne le voulait pas, mais le mal était fait. Peut-être les vagues emporteraient-elles ses paroles, comme elles avaient déjà tant emporté. Elles avaient été clémentes avec lui jusque là : le seraient-elles aussi pour cela ? Qu'importe. Il s'égarait et ne le devait pas. Sortir de la trame prévue par les dieux était bien beau sur le papier, mais après ça, comment savoir où aller ? Il se redressa, s'efforçant de ne pas la regarder en face. Mais pourquoi tant de gêne, au fond ? Dans cette prison conquise par la mer, ses larmes n'étaient qu'un peu plus d'eau salée. Sa voix ricocha contre la pierre.

« Est-ce que tu veux vivre ? »
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Mer 9 Sep - 22:29

Vivre








Mes sourcils se rejoignirent au milieu de mon front, creusant une petite ride contrariée. Je ne saisissais pas le sens des paroles de Celsius, mais le poids des mots, bien présent, me fit ouvrir la bouche ; je me ravisais au dernier moment, ne sachant quoi lui répondre. Il y avait, dans cette neutralité, dans cette voix toujours égale et mesurée, un rien de détresse et de mélancolie. Un regret, une ombre que j'avais su déjà desceller dans le fond de ses prunelles. Et Celsius était toujours là, malgré tout, malgré le mal que j'avais bien pu lui faire. Qu'avais-je donc bien pu commettre de si odieux, de si terrible, de si impensable pour qu'il m'enlève mes filles ? Je n'obtins aucunes réponses, tout au plus une vague donnée. Protection. Sans me l'expliquer, le mot frappa comme un couperet, assombrissant davantage ma mine déjà sombre. Je repliais mes jambes sous moi, m'essayant à m'installer d'une façon plus confortable avant de pousser un si long soupir que tout l'air stocké dans mes poumons s'envola en volutes vacillantes.

Ma main brisée tremblait, comme le reste de mon corps. J'avais bien du mal à lutter contre ce nouveau poison qui s'ajoutait à l'autre, contraignant mes membres à des assauts tempétueux que je ne pouvais contrôler. Si je n'étais pas si harassée, sans doute me serais-je muée en une créature assoiffée de sang, clamant vengeance et réparation contre cette terrible erreur. Car oui, pour moi Poséidon s'était lourdement trompé en m'infligeant une telle correction.

« Putain mais de quoi est-ce que tu parles Celsius ? Je comprends rien à ce que tu me chantes. C'est quoi cette histoire de croque-mitaine ? T'as bu ? »

Il y eu un terrible silence qui nous enveloppa tous les deux. Nous étions lui et moi seuls au monde en cet instant. Encore, une image s'insinua dans mon esprit : le visage du Saint d'Athéna m'apparaissait très clairement, presque figé sous la glace, prisonnier. Comme moi maintenant. Les rôles s'inversaient. Pendant ce moment d'absence, un vague murmure me parvint, me laissant toute pantoise. Avec douceur, j'inclinais la tête sur le côté, de manière à ce que je puisse l'entrevoir. Sa mine, affreuse, me fendit le cœur.

« En respectant ta promesse, Celsius. » déclarais-je tout aussi bas, cherchant dans son regard, quelque chose, une réponse, un signe. Que sais-je. Si embourbée dans mon ignorance, je souffrais de plus en plus de ne pouvoir le comprendre. « Si je veux vivre ? »

Autrefois je lui aurais répondu que non. Autrefois je lui aurais rit au nez, me gaussant bien de tout ça, prétextant vouloir rejoindre la mort, me libérer totalement. Au fond de moi je savais que ce n'était plus vrai. Que je ne voulais plus de ça. Mes mains, dans un effort presque inhumain – je luttais de plus en plus contre cette insidieuse douleur qui m'enserrait – parvinrent à s'accrocher à mon ventre qui s'arrondissait. Un pâle sourire éclaira mon faciès.

« Plus que jamais. »

L'avenir était plein d'une promesse nouvelle, salutaire, bien qu'indistincte. Cela aussi je le sentais. Malgré tout, je me prenais à espérer un avenir meilleur. Une vie normale. Seulement, pouvais-je y prétendre ? Surtout maintenant que le Dieu des Mers avait clamé haut et fort que Satine O'Bannon était une traîtresse ?

« Tu vas me libérer, Celsius ? Tu veux me laisser vivre ? Si c'est le cas saches que ce sera pour me retirer du Monde. Vous n'aurez plus aucunes nouvelles de moi, je disparaîtrais, c'est aussi simple que ça. J'aspire à une vie tranquille, loin de toutes ces conneries. J'en ai ras le bol d'être ce que je suis. Tu comprends ? Ça ne m'amuse pas d'être Mary Red, ça ne m'amuse plus. »

D'un seul coup, comme une réponse, surgit un éclat d'or qui fila dans les ténèbres jusqu'à nous. Sa lumière m'aveugla et je détournais ma tête. Quand le noir revint prendre ses droits dans la prison, je constatais avec stupeur qu'une Scale venait de se poser derrière Celsius. Et pas n'importe laquelle ! Celle de Tristan ! L’Hippocampe … Qu'est-ce que cela signifiait ? Où était parti mon ancien maître ? Disparu, lui aussi ? Ahaha ! C'était cocasse en y repensant. J'aurais dû faire comme lui. De cette boîte ne tarda pas à surgir un grand cheval aqueux qui poussa un hennissement plaintif. Je sus qu'il s'adressait à Celsius. Interdite, j'observais la scène sans mot dire.

Quel était ce nouveau tour des Dieux ?






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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Lun 14 Sep - 18:46


Maybe you're better off with her
I think she's better for you
I forgot how great it felt to be us
Guess I got carried away...


Celsius resta un moment circonspect. Sa mémoire n'était pas revenue, pas tout à fait. Il était arrivé que la Sirène - pouvait-il encore dire « sa » ? - se pare d'un voile d'innocence par jeu, mais ce n'avait jamais été aussi sincère qu'à ce moment-là. On ne pouvait pas oublier tout ça, et il osait croire qu'elle aurait au moins la décence d'assumer si elle s'en rappelait. Devait-il s'en réjouir ? L'aurait-il voulu qu'il n'y parviendrait pas. Toute rivalité était caduque de fait, mais quelle gloire tirer d'une victoire par forfait ?

« Rien d'important. mentit-il ouvertement.

Pourquoi était-il le seul à prévaloir, d'ailleurs ? Il n'osait s'accorder l'espoir que ce soit parce qu'elle était plus attachée à lui, qu'il était mieux ancré dans son coeur. Il crispa les mâchoires. À quoi aurait servi de la stigmatiser ? Lui crier dessus, fondre en larmes... Qu'est-ce que cela aurait changé ? Elle n'avait pas conscience de ce qu'elle faisait. Poséidon l'avait reniée, frappée d'anathème : c'était déjà bien assez. Quant à lui, il l'avait pardonnée... Mais pourrait-il faire fi du mal causé ? Tirer un trait sur les blessures du passé ?

« Si ça ne t'amuse plus d'être la femme que j'aime, alors je suppose qu'il n'y a rien à faire. »

Il la regarda se caresser le ventre, ravalant sa douleur. Il avait beau s'asséner jusqu'à plus soif qu'elle ne pouvait pas savoir, cela ne ferait que mettre du sel sur les plaies - comme cette eau de mer menaçant de tout emporter. Le métal gronda sous sa poigne qui se fit de plus en plus ferme. À défaut d'avoir autre chose pour épancher son mal-être, à défaut de pouvoir le partager avec elle au risque de la réveiller, s'en prendre à sa cellule semblait un choix adapté. Le grincement, toutefois, fut par le bruit dans son dos tout entier avalé. La lumière le réchauffa. Et pourtant, c'est à peine s'il daigna la regarder.

« On dirait que Poséidon veut encore jouer avec moi. » dit-il avec un sourire amer. « Pas cette fois. »

Le sentiment d'unicité lié à une armure lui manquait, c'est vrai... Mais cela voulait dire accepter de recevoir un nouveau collier. Devenir une fois de plus le chien de guerre d'un dieu en colère. Qu'espérait donc accomplir ici l'Empereur des Mers ? Pensait-il que sa rancœur envers la Sirène suffirait à le gagner à sa cause ? C'était bien mal le connaître. Jamais il ne s'était retourné contre elle, quoi qu'elle puisse en penser ; ce n'était pas maintenant que cela allait commencer. Pas cette fois, se répéta-t-il encore alors qu'il se tournait vers la Scale - il ne pouvait lui nier une certaine majesté.

« Je ne suis pas ton maître. » dit-il d'un ton calme mais froid. « Retourne d'où tu viens. »

Lui obéirait-elle ? N'était-elle pas venue pour ça ? Pourtant, un doute demeurait, enfoui quelque part. Guettant sa réaction, il se tourna vers Mary, paraissant chercher des réponses moins sur ses lèvres que dans son regard. Dans son coeur, bien que le sien ne joue plus le même opéra. Alors même que Poséidon l'avait punie de son divin pouvoir, que pensait-elle de tout cela ? Il s'approcha des barreaux, les toucha encore une fois. Presque instantanément, ils chauffèrent au rouge, puis à blanc. À mesure que l'acier se liquéfiait, il se retransforma en eau de mer. Bientôt, il n'en resta plus rien.

« Va où tu veux. » dit-il en touchant ses chaînes. Elles connaîtraient bientôt le même sort, sans qu'aucun mal ne lui soit fait. La Stella Rubius y veillerait. Il commença à se redresser quand un poignard bien connu de Mary glissa d'entre ses doigts, ricochant sur le sol de grès. « Meurs où tu dois. »


I had to use you to make me feel strong
But I don't care about that now
I see a tower built out of my mistakes
And it all comes crashing down...
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Mar 15 Sep - 19:32

Doux amer








« Non, ça ne m'amuses plus de jouer le rôle de la pirate fanfaronne et délurée, figures-toi. Rester telle que je suis, d'accord, mais je préfère prendre le large. C'est pas qu'ici je m'sens peu désirée, mais quand même. » L'armure ne cessait de projeter un halo de lumière diffus qui me blessait les yeux : le grand Poséidon s'en amusait-il ? D'instinct je levais la main pour dresser effrontément mon majeur face à la Scale mais une force invisible me fit serrer les dents. Je lâchais un juron, puis un rire mi-moqueur, mi-attristé : « C'est qu'il a de l'humour l'Empereur des Eaux ! Tss, mais tu sais Celsius, t'es un atlante maintenant, ça ne m'étonne pas plus que ça. »

Je m'intéressais finalement à l'équidé aqueux, délaissé jusqu'ici et qui renâclait d'impatience. Nous, Marinas, n'étions pas connus pour cette qualité-ci et cette étrangeté le faisait savoir, piaffant sa colère face à la réponse de Celsius. C'était bien dit, pourquoi aurait-il accepté d'être sous le joug des Dieux ? Ceux-là même qui n'avaient de cesse de faire jouer les fils invisibles qui retenaient nos membres ? J'étais quand même songeuse. Mais lui se désintéressait de l'Hippocampe pour s'approcher de nouveau vers moi, me sonder de ses yeux clairs. Ô ils paraissaient comme morts.

« Ne me regarde pas comme ça, pas comme la première fois. Avec ces yeux-là. Je ne le supporterai pas. » soufflais-je en me redressant non sans mal, faisant cliqueter mes chaînes, hurler tous les muscles de mon corps. Il ployait sous le poids de la fatigue et de la colère, cette malédiction autrefois bénédiction : et bien oui ! La rage n'avait-elle pas été mon moteur ? La main qui m'avait fait me redresser, chaque fois que je tombais. Je regardais Celsius. Lui aussi. Cette constatation fit que mon cœur se serra dans ma poitrine. « Hm ... »

Grommelais-je tout en jouant des poignets pour faire s'envoler cette pression, la morsure du fer sur ma peau. Libre. J'étais libre. J'avais l'impression de rejouer une scène s'étant déjà déroulée. Cette impression de déjà vu se renforça en voyant une lame glisser sur le sol, à mes pieds. L'éclat qui s'accrocha à la lame me fit plisser des yeux, autant que je ne sus retenir un long frisson. Interdite, je pris mon temps pour aller le ramasser, l'observer tranquillement, me regarder au travers de ce reflet. L'image renvoyée ne me plaisait guère : je ressemblais à une revenante. J'étais d'une pâleur inquiétante, les yeux éteints et cernés de noir, morts eux aussi d'une certaine façon. Je passais une main dans mes cheveux épars, pleins de sel. L'idée d'un bain se dessina dans mon esprit, mais le hennissement de la créature ne me permit pas plus de vagabondage.

« Va où tu veux ? Meurs où tu dois ? Eh bien ! Tu parles d'un adieu, je t'ai connu plus inventif, Celsius. »

Sa mine sombre m'empêcha d'accompagner mon verbe pas un sourire narquois. Je n'étais pas vraiment d'humeur non plus. Il faut dire qu'il n'était pas mieux loti que moi, lui aussi avait une tronche à faire peur. Il pourrait coller les miquettes aux connards qui tenteraient de nous arrêter. Enfin … « nous ». L'expression de mon visage se fit plus incertaine, plus ombrageuse aussi.

« Tu sais, je ne compte pas laisser les jumelles sans mère, tu sais bien que c'est exclu. Je ne sais pas où elles sont, mais je vais finir par les retrouver. Tu pourrais me faciliter la tâche, ou non, mais c'est un fait. Je vous retrouverai. Une fois que j'aurais trouvé ce que je cherche. Un endroit pour vivre, par exemple … »

Je réfléchissais tout en jouant avec le poignard, faisant fi de sa lame acérée. D'ailleurs, je suspendis mon geste, sur le point de le lancer en l'air. Au lieu de quoi, donnant un dernier coup d’œil à mon visage lisse de toute blessure, mais affreusement sale, je la portais vers mon œil. D'un geste sûr, le cœur entamant une furieuse course contre ma poitrine, j'entaillais suffisamment la chair pour y laisser une belle balafre. Le vermeil alla souiller mes mains et le sol, quelques gouttes glissaient le long de ma joue, mon cou, ma chevelure … Je levais triomphante mon arme vers l'ancien Saint.

« Là, c'est mieux. » Payer un tribut.

J'approchais alors en titubant, frôlant la silhouette du Roi des Ronces, je m'arrêtais, levais mon visage vers lui. L'une de mes mains se posa sur l'une de ses joues mangée par cette barbe rousse et drue, peu douce au toucher. Ses épines ? Un sourire.

« Merci Celsius. »

Un remerciement sincère, plus que légitime. Je guettais dans ses iris, une lueur d'autrefois. Je poussais un soupir en comprenant qu'il était vain d'espérer. Puis, sous le regard du tempétueux cheval des eaux, j'attrapais « Jack » par le col pour écraser mes lèvres contre les siennes. Je me sentis aussitôt investie d'une vague de chaleur telle qu'elle me fit m'accrocher à cet homme comme si il avait été la dernière prise à laquelle je pouvais me raccrocher. Ce baiser avait le goût du passé, un goût doux amer, de miel et de sang. Et un soupçon d'iode …

Je mis fin à cet échange le cœur battant, légèrement à bout de souffle, un peu perdue, l’œil hagard. Je le regardais comme si je ne comprenais pas … Je me détournais alors en levant les bras, menaçantes, pour chasser la scale. Qu'elle fiche le camp celle-là ! J'hurlais contre elle, soudainement prise d'un élan de colère. J'avais mal et j'en avais après le monde entier.

Restais sur mes lèvres, cette brûlure qui ne désirait pas s'en aller … me laissant pour un long moment un souvenir impérissable. Le dernier ?






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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Ven 18 Sep - 8:04

Pourquoi maintenant ? Pourquoi moi ? faillit-il demander, mais la réponse s'imposa d'elle-même. Car il n'y avait pas de meilleur moment, pas de meilleur endroit. Poséidon l'avait déjà partiellement en son pouvoir par cette gemme qu'il avait à la main. Une relation à sens unique dont Poséidon venait à présent réclamer les dettes, il n'en doutait point. Et quoi, si je refuse ? Le Seigneur des Flots le tuerait-il de ses mains ? Il n'en avait pas l'impression, mais on ne sait jamais quand on fraie avec le divin...

La Scale avait été polie jusqu'à avoir l'éclat du miroir. Sur le moment, il se figura l'Empereur des Mers en revendeur de chars. Pas chère mon Écaille, seulement quelques millénaires au compteur. S'il n'avait eu le moral dans les talons et les lèvres abimées par le vent, il aurait pu rire de cette comparaison. Il approcha de la cavale des mers, sans jamais la toucher. Malgré son rejet puis celui de Mary, elle semblait motivée à rester. Les rares trouées dans la roche laissaient passer une lumière qui intensifiait son éclat doré.

Ce n'est pas si différent d'une Armure d'Or, se dit-il, mais il chassa cette pensée d'un revers de la main. N'y pense même pas. Si Athéna l'entendait, elle s'en retournerait dans son couffin. Satine était encore en train de se libérer de ses fers, mais serait bientôt à ses côtés. Que penserait-elle en le voyant hésiter ? Cette simple pensée lui fit faire un pas en arrière. Ses prévisions s'avérèrent exactes quand il vit son ombre se redresser dans un dernier tintement d'acier. La Sirène a finalement brisé ses chaînes.

« Ce n'est pas de moi. » justifia--il avec un pâle sourire. « J'ai lu ça quelque part. Et tu sais, au bout du troisième, je commence à être à court d'idées. »

Sans se retourner, il laissa Mary renouer avec la liberté - la seule amante qu'elle ait de tout temps garder. De quoi en être jaloux, aurait-il presque pu songer, s'il n'avait surveillé l'entrée de crainte de voir des gardes arriver. L'évasion lui semblait trop aisée. Avec la Stella Rubius, il possédait certes un fragment du pouvoir d'un dieu ; Poséidon lui avait le reste. Pourquoi un artefact qu'il avait lui-même créé serait-il libre d'aller contre sa volonté ? À moins que ce ne soit son exact souhait...

« Elles sont à Jamir. » dit-il d'un ton d'évidence. « Où d'autre aurais-je pu aller ? »

Cela aussi, c'était à elle qu'il le devait - au moins en partie. Pour leur simple proximité, il aurait dû devenir l'ennemi de tous ceux qui avaient un jour été ses alliés. Même comme ça, Kappa avait choisi de lui faire confiance pour mettre la Stella Rubius en sûreté. Pourtant cette arme, ce bijou homicide, il l'avait encore au poignet. À chaque fois qu'il menaçait de s'en débarrasser, quelque chose lui rappelait combien il le regrettait.
Et ces choses étaient invariablement liées à Mary. Était-ce pour cela qu'elle lui avait confié en premier ? Avait-elle la moindre idée des tempêtes à venir ? C'était peu probable, mais en même temps n'en serait-il pas surpris. Bloody Mary était ce qu'elle était : pleine de surprises. Et même si celle qu'il avait en face de lui n'en voulait plus porter l'épithète, elle dormirait au fond d'elle pour l'éternité.

Nulle part, la réponse était connue d'eux deux et de quiconque l'avait fréquenté. Il n'avait aucun endroit à lui, nulle part où se réfugier - si ce n'est au creux de ses bras. Bien avant tout cela, quand le monde marchait encore droit - quel dommage que ce fut pour en arriver là. Ce n'est que quand il entendit le raclement de l'acier contre la chair qu'il se tourna vers elle - ses roses piranhas émettaient le même bruit quand elles passaient à travers. La vue de son visage maculé d'écarlate le troubla un instant, dont elle s'empara pour se jeter dans ses bras.

Ses lèvres se plaquèrent contre les siennes, sans qu'il ne fit rien pour y résister. Pire encore, il accompagna le mouvement, transporté par cette saveur d'antan. Le temps qui précède les pleurs et le sang. L'espace d'un instant, il lui sembla que leurs cœurs battaient de nouveau à l'unisson. Bien qu'ils le poursuivirent à perdre haleine, c'est quand il cessa qu'il eut l'impression de manquer d'air. L'espace d'un instant, ses yeux brillèrent d'un éclat renaissant. Le goût du cuivre s'imposa quand il fit la bise à sa plaie.

« Tu n'aurais pas dû faire ça. » désapprouva-t-il sans qu'aucun sermon n'émane de sa voix.

Si cette cicatrice pouvait l'aider à se rappeler qui elle était... Après tout, pourquoi pas. À sa surprise, il constata que l'entaille avait déjà presque cicatrisé. Avait-il quoi que ce soit à y voir ? Sans qu'il puisse s'y attarder, son regard tomba sur l'alliance qu'elle portait autour du cou. Sa robe autrefois si somptueuse n'étant plus qu'une défroque de mendiante, et l'anneau n'en brillait que davantage. La dernière chose qu'il lui restait après que son armure l'eût quittée. Un dernier souvenir de moi. À moins que...

« Fais de moi ta demeure. » dit-il lentement, calmement, comme s'il craignait que chaque syllabe dérobât à sa bouche la chaleur qui y flottait encore. Mais jamais ne s'éteindrait le brasier dans son coeur. « Reste auprès de moi et je serai cet endroit. »

Mary n'avait plus nulle part où aller. En l'enfermant sur l'île de Circé, Poséidon avait rappelé pouvoir la lui reprendre à tout moment... Si elle tournait le dos à l'Empereur, elle pourrait bien perdre plus qu'elle n'avait possédé - jusqu'à ses enfants qui y vivaient. Et toute femme forte qu'elle soit, où irait-elle dans cet état ? Jamais elle n'atteindrait le bout du monde, moins encore au-delà. Laisse-moi le créer pour toi. Il s'approcha de la monture qu'elle s'évertuait à chasser sans grand résultat.

Tu es bien bruyante, dis-moi. La Scale brillait comme un phare dans l'obscurité. Il se demanda si les Marinas ressentaient la même chose quand Poséidon s'adressait à eux. Il entendait presque la voix du dieu monter des abysses de la mer. Tu me serviras bien, capitaine, semblaient dire les vagues. C'est à cette fin que je t'ai créé. Ses doigts se tendirent vers la plate polie, sans qu'il osât encore la toucher. Sa main n'avança plus, semblant attendre qu'une autre vienne l'y forcer. Son regard obliqua vers sa promise, son aimée.

« Ensemble ? »
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Dim 20 Sep - 13:07

Non !








« Du troisième ? Hm ... » Je calculais rapidement, me perdant dans ma réflexion, délaissant ainsi le cheval des eaux qui n'avait pas cillé devant ma démonstration de colère. « Trois ? »

Répétais-je finalement en fronçant des sourcils, je n'étais pas certaine du résultat et pourtant, qu'est-ce que ça changeait au final ? Pas grand chose. Puis, ne disait-on pas « jamais deux sans trois ? ». J'haussais des épaules, agacée, notant au passage l'endroit où étaient mes filles. Jamir hein ? Avec les Saints, ces lopettes, ce n'était pas très étonnant. Pas foutus de récupérer leurs terres, de gagner une guerre, ils feraient sans doute de meilleurs nourrices. En tout cas je l'espérais. Il n'avait nulle part d'autre où aller ? Il se moquait de moi ? Il pouvait aller où bon lui semble, se construire un lendemain, tout recommencer. C'était ce dont à quoi j'aspirai, lui que je pensais mon semblable, était-il si différent de moi pour ne pas fricoter avec dame liberté ? Avait-il peur ? Besoin de se raccrocher à quelque chose de connu ?

C'était pas mon cas, mes yeux voulaient observer l'inconnu.

« Je fais bien ce que je veux, occupes toi de tes fesses. » avais-je répondu du tac au tac par jeu autant que par habitude. « Pourquoi, ça ne te plaît pas ? »

Mon visage se fendit d'un sourire mutin quand je repris les mots qu'il avait prononcé tout l'heure, au sujet d'une barbe que je n'appréciais guère. Ça pique ... pensais-je en portant inconsciemment la cime de mes doigts vers sa mâchoire pour en éprouver le piquant. Non pas que ça ne lui allait pas, mais ainsi entretenue – ce qui veut dire pas du tout dans son cas – elle lui cachait le visage plus qu'autre chose. Il ressemblait à un ours grincheux. Je pouffais de rire et, en voyant sa mine, je lui fis par du sujet de mon hilarité.

« Je pensais que … euh … tu ressemblais à un ours grognon comme ça. Mais bon … je dois pas avoir meilleur mine. »

Les signes d'impatience de l'autre bestiaux firent repartir ceux de mon irritation. Je repartais à l'assaut pour me planter devant la scale, mais Celsius me rejoignit bien vite et mes gesticulations cessèrent. Je me tenais coi, j'évitais de le regarder : il lirait assurément dans mes yeux un trouble grandissant. Un lourd silence s'instaura durant lequel il esquissa des gestes qui me firent pâlirent, reculer d'instinct. Mon cœur hurlait au scandale, mon âme ne voulait plus être liée à celle de l'Empereur des Mers.

Sans comprendre je jetai un coup d’œil à cette paume prête à frôler l'impensable. Je secouais la tête de droite à gauche, signifiant inconsciemment mon désaccord. Je continuais de reculer.

« Non … non, non, non, non. Certainement pas … » Les ombres m'enveloppaient désormais. Je restais à bonne distance, comme apeurée. En fait mon corps vibrait de consternation et de rage. « S'il te plaît, dis-moi que c'est une plaisanterie ! Tu veux vraiment ? … Non Celsius, non, je ne peux pas te suivre sur ce coup là. Je veux … »

Je serrais des poings, mes doigts n'étaient plus que des nœuds de phalanges blanchies. Sans prendre garde je levais un index accusateur sur lui – ou sur l'armure ? - et me mis à lui hurler dessus.

« Mais t'es con ou quoi ?! Tu veux vraiment te jeter dans cette merde ?! Sans moi ! J'veux pas servir un connard de Dieu qui foudroie ses fidèles par caprice sans même chercher à comprendre sa propre femme ! T'es pas bien ou quoi ?! Non, moi je me barre, je vais leur botter le cul à tous ces cons. Mais grand bien te fasse si tu veux en faire partie. Moi, j'me tire ! »

L'irruption de mon cosmos me faisait de plus en plus mal. Or, me calmer était présentement impossible, la malédiction pesait sur moi, me poussait à frapper dans la paroi rocheuse au risque de malmener autre chose ! Ma main déjà brisée hurlait sa protestation et, ce ne fut qu'au prix d'un grand effort que je me stoppais enfin, harassée, laissant mon corps reposer contre la roche. De là je me laissais glisser, me recroqueviller dans les ténèbres où j'avais trouvé refuge. J'haletais, je frissonnais, j'avais soif et, sans force, je me retrouvais vaincue, l'iris seule flamme déterminée, s'était posée impétueusement sur l'Hippocampe. Il semblait dire : « Va te faire foutre. »





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Mer 23 Sep - 1:15

Sanctuaire d'Athéna Arrow

Le voyage, à travers le Triangle des Bermudes, s'était fait sans encombres. Après tout, Haiken était devenu Maître de cet endroit. Jack ne pourrait rien tenter contre lui ici, en ces lieux obscurs, appartenant pourtant à Poséidon. Mais, resté enfermé dans ce sinistre endroit pendant tant d'années lui avait permis bien des choses! Bien plus que l'Empereur des 7 Mers ne l'aurait un jour pensé.

Mais, Poséidon, alias Jack O'Bannon, étant donné que ce dernier commençait réellement à se prendre pour le Dieu des Océans, l'attendait au tournant. À peine avait-il posé le pied sur le sol de l'île de Circé, une pression spirituelle le frappait comme un coup de marteau, tandis qu'une lumière dorée l'aveuglait, puis vint l'obscurité!

Haiken se réveillait, lentement, avec une douleur au crâne comme il n'en avait plus ressenti depuis des années. Il tentait de poser sa main sur sa tête, dans une tentative désespérée d'amoindrir la douleur, mais il ne parvint pas à s’exécuter. Il était enchaîné, ne pouvant bouger ses bras. Son Écaille lui avait été retiré également. Il ne savait pas depuis combien de temps il était prisonnier. S'étaient-ils écoulés des heures, des jours, des semaines? Enfermé dans une cellule laissant à peine la lumière du jour y pénétrer, il ne pouvait même pas savoir où il était exactement! Le Dragon des Mers avait toujours pensé que le vieux aboyait beaucoup mais ne mordait pas, visiblement, il s'était trompé, ou bien le Prêtre de Poséidon avait décidé de changer de politique. Quoiqu'il en soit, il avait lui-même décidé l'avenir du Marina. Si Haiken devait laisser mourir sa bien-aimée pour être Général de Poséidon, alors cette décision lui allait comme un gant. Se retrouver emprisonné, par contre, n'était pas vraiment au programme!

Il récupérait peu à peu la faculté de ses sens, s'habituant à l'obscurité et reprenant peu à peu pleinement connaissance. C'est alors qu'il entendit des voix, puis une explosion de Cosmos-énergie. De sa position actuelle, il ne pouvait pas voir grand chose, et il ne pouvait encore comprendre l'origine de ces voix. Il ne pouvait exclure la possibilité que cela ne soit rien d'autre qu'une illusion! Mais, une des voix lui semblait terriblement familière, même s'il ne l'avait pas entendu depuis longtemps. Mais son lien avec cette personne était devenu suffisamment fort pour qu'il puisse la reconnaitre!

"Satine!?"

- T'es pas bien ou quoi ?! Non, moi je me barre, je vais leur botter le cul à tous ces cons. Mais grand bien te fasse si tu veux en faire partie. Moi, j'me tire !

Il s'agissait définitivement de la voie de la Sirène Maléfique. Ainsi, Jack les avait enfermé tous les deux dans la même prison, pour le même crime, avoir accepté la condition des Spectres pour libérer Ann saine et sauve! Il pouvait alors sentir la jeune femme venir dans sa direction. Elle passerait devant sa cellule, visiblement, quelqu'un l'avait libéré de son cachot, et Haiken n'avait aucune difficulté à deviner de qu'il s'agissait. Mais, encore une fois, il semblerait que ces deux là n'allaient pas rester ensemble bien longtemps! Alors que Satine passait devant sa cellule, Haiken l'interpella:

- Surtout oublie pas de me tirer d'ici Satine! Ça je risque de pas te le pardonner si jamais tu t'en vas sans moi!

Un léger sourire se dessinait sur son visage, tandis que la jeune femme pouvait voir sa silhouette à travers les barreaux. Il était ici pour les mêmes raisons qu'elle, c'était tout simplement impossible qu'elle le laisse moisir dans ce lieu tout seul, n'est-ce pas?
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Mar 29 Sep - 11:55

« Croire que j'en ai envie, c'est bien mal me connaître. » dit-il en s'efforçant d'y mettre un brin d'humour. « Je ne te demande pas de me suivre. Je te demande de me laisser venir avec toi. Tu m'as demandé de laisser ma déesse pour toi : je l'ai fait. Et maintenant ? Je ne veux pas me battre pour Poséidon. Je veux me battre pour toi. »

Ne le fais-je pas assez déjà ? Il mit fin au suspens en ôtant sa main de là où elle était. Les filaments dorés qui émanaient de l'armure se retirèrent, sans tout à fait l'abandonner. La partie n'était pas encore jouée. Laissant son bras retomber le long de son corps, il laissa la Scale là où elle était. Se rapprocha d'elle pour poser la main sur sa joue mutilée. À croire qu'il ne guérissait ses blessures que pour qu'elle s'en fasse de nouvelles... Sa voix s'emplit d'une tristesse, d'une profondeur abyssale. L'heure était grave, et toutes les colères du monde n'y pourraient rien changer. Remonter à la surface ne lui ferait pas voir la lumière, qu'importe combien elle avait pu l'espérer. Si elle s'évertuait à fuir, elle ne pourrait que sombrer...

« Tu ne vois pas ce qu'il essaie de faire ? » dit-il d'un ton plat. « Il t'accule pour que ce soit toi qui prenne ta propre décision. Pour que tu creuses ta propre tombe. Laisse-le et il te prendra tout ce que tu as jamais eu et même plus. Les enfants, le navire... Tout. Regarde : même cette île n'est au final qu'un lopin de terre au bout de ses doigts. Tu n'es plus seule, tu l'oublies parfois. Tu as des choses à perdre. Si tu pars maintenant, tu ne seras jamais libre. »

Sa sénestre s'en alla rejoindre sa dextre, meurtrie par la roche où elle l'avait tant frappée. À nouveau, une brillance rouge émana de son poignet, effaçant les ecchymoses, refermant les plaies. Ses doigts trouvèrent un chemin entre les siens comme ils l'avaient fait tant de fois, renouant un lien trop souvent malmené. Elle pourrait bien nier : il n'en restait pas moins qu'il disait vrai et qu'elle le savait. C'était bien cela qui la ramenait sans cesse au combat. Qui la faisait lutter contre le monde entier. Un combat qu'il mènerait avec elle s'il le fallait, mais c'était à elle d'en décider. Silencieux, il laissa son cosmos se mêler aux siens, l'apaiser, le bercer de ses embruns. Ne faire plus qu'un. Son regard captura le sien. Ces yeux verts qui portaient si loin... Pourrait-elle rien qu'un instant les garder au creux des siens ?

« Pour une raison que j'ignore, il ne peut se débarrasser de toi, mais si tu t'en vas... Je ne dis pas que tu ne dois pas partir. Je ne dis pas que je ne comprends pas. Mais ce n'est pas le moment pour cela. » Il lui parut que son souffle se mêlait au hurlement des vagues. « Je ne peux pas te protéger si tu es loin de moi. Tu vas me dire que tu n'en as pas besoin mais ce n'est pas vrai, pas dans cet état. Si tu pars comme ça tu perdras tout. » Il soupira. « Tu me perdras moi. »

Son regard se tourna vers la roche d'où des éclats de voix s'élevaient, sans encore s'y attarder. Ce moment leur appartenait, même s'il allait à présent falloir en terminer. Sa main priva son visage de sa chaleur, rapide comme l'éclair. Son genou tomba à terre, dans la caillasse et la poussière. Quand ses doigts se rouvrirent, ce fut pour dévoiler l'anneau doré, avant qu'elle ait pu sentir qu'il lui manquait. L'aurait-elle seulement fait ? À travers lui il observa son visage, comme un prisme de lumière en cet âge ténébreux. Enfin il l'éleva vers elle, tapi au creux de sa paume, lui laissant le choix de s'en emparer ou de n'en plus vouloir jamais. Car nul autre ne restait, car la troisième voie qu'elle préférait avait cessé existé. Car il n'en pouvait plus de traquer les toujours dans les jamais.

« Je suis las de toutes ces histoires, fatigué de ne pas savoir. Une fois pour toute, prends-moi avec toi ou dis-moi au revoir. Oui ou non, pas de peut-être ou de je ne sais. » Sa voix resta parfaitement égale, sans que n'en émane la moindre animosité. Pourtant, la douceur envahit ses intonations au moment d'en terminer. « Peux-tu faire ça pour moi ? C'est tout ce que je veux savoir. » Car sans ça rien d'autre ne peut compter.
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Mar 29 Sep - 17:49

Obstiné ou con






Je suis fatiguée de tout. De ces discours qui n'aboutissaient à rien, que je ne voulais pas écouter. Je me rendais compte à quel point j'avais pu être sotte toutes ces années. Ces illusions de libertés, ces brusques changements dans le cours de mon Destin je les devais qu'à une seule personne : Poséidon. Ce qu'il me donnait, il pouvait me le reprendre d'un simple claquement de doigt. Je sentais encore sa vindicte au plus profond de mes entrailles. Frappée d'anathème, le Dieu des Mers m'avait tout reprit. Mon propre père n'avait pas comprit la voix des déités atlantes, de leur volonté de faire de moi et de ma sœur des gardiennes de leurs trésors. À travers moi, il punissait sa propre femme. Merde à la fin ! Je n'étais pas là pour ça ! Je n'allais quand même pas leur tenir la chandelle, si ?! J'en voulais profondément à Poséidon, plus encore à mon père, à la vie entière ! Je n'aspirais qu'à une seule chose et Celsius l'avait bien comprit.

Face à ces mots, je restais silencieuse, interdite. Une moue contrariée s'épanouissant sur mon visage poussiéreux plus que tuméfié maintenant que l'artefact d'essence divine faisait son office. Je poussais un long soupir, contrariée, acculée, emprisonnée dans l'éclat de ses yeux qui semblaient vaguement m'implorer de rester.

« Mais ma place n'est plus ici, Celsius, ici ou ailleurs, qu'est-ce que ça peut faire ? Je suis une traîtresse pour eux, quand bien même je reste ici pour leur faire face, qu'est-ce que j'y gagnerais ? On ne veut plus de moi ici. Seulement … il semblerait qu'ils veulent faire de toi l'un des leur pour me chaperonner. Je pourrais rester ici ! On aura jamais de cesse de me pointer du doigt, de m'écarter de mes enfants ! Tu vas voir, ça va se passer ainsi, je connais la chanson à force ! Ahaha ! »

Je me pris à rire, d'un rire nerveux et sans joie. Ce que l'on m'offrait, on me le retirait.

« Que ?! Qu'est-ce que tu fous ?! » je portais la main vers ma gorge, notant ainsi l'absence de l'alliance. « On t'a jamais dis que c'était dangereux de voler un pirate ? »

Soufflais-je sur un ton faussement outré. « T'es du genre obstiné, ou con. Un con obstiné. »

De longues minutes s'écoulèrent ainsi dans un lourd silence qui enflait, enflait et enflait jusqu'à éclater. Cette voix … C'était Haiken ! Je me penchais légèrement pour le voir enchaîné dans une cellule. Oh putain … Mes yeux de jades se braquèrent sur la silhouette agenouillée de l'ancien Saint d'Athéna.

« C'est hors de question ! »

Je détournais légèrement la tête sur le côté, semblant bouder. « Pas tant que tu garderas cette affreuse barbe. »

Et, sans autre forme de procès, je m'emparais de l'anneau pour le faire glisser à mon doigt, après quoi, je me dirigeais vers le Général du Dragon des Mers afin de m'appuyer aux barreaux, lasse, prise d'un vertige.

« J'ai peur de pas pouvoir faire grand chose dans mon état, mais pour sûr, je te laisserais pas croupir ici. Bon sang … toi aussi … »

Lui comme moi étions dans la même galère. Soudain, des bruits de pas approchèrent, une silhouette se dessina à nos côtés. Un bref instant, je crus voir double …

« PUTAIN ! T'es qui toi ?! »

L'inconnu posa un regard bleu océan sur moi, avant de toiser son jumeau terré au fin fond de sa cellule miteuse. Quant à moi, je me sentis glisser dans l'inconscience avec cette sensation affreuse d'avoir oublié quelque chose d'important.





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Sam 17 Oct - 0:33

Les paroles de Satine le rassuraient un peu. Au moins, il pouvait compter sur sa belle-soeur, dans l'immédiat tout du moins. Et dire que ces deux là ne pouvaient se voir l'un à l'autre! Une seule personne les liait et ce lien était bien plus fort et résistant que les deux Marinas semblaient le croire!

Mais pouvions-nous les appeler de Marinas encore? Ils avaient été banni et fait prisonniers. Le lien avec Poséidon était, semble-t-il, rompu, mais il n'avait jamais été très fort! Ne serait-ce qu'en voyant les raisons qui les avaient poussé à mettre leur force au service du Dieu des Mers.

Alors que Satine pestait face à son état, l’empêchant de libérer le Dragon des Mers, une silhouette apparaissait dans la pénombre, se présentant à elle. La surprise prenait place sur son visage, tandis que Haiken ne pouvait apercevoir le visage du nouveau venu. Puis, la Sirène s'évanouit soudainement, rattrapée par Celsius, qui se montrait enfin aux yeux du Dragon des Mers. Mais le regard de ce dernier se figeait sur le nouveau venu et sur son incroyable ressemblance avec lui! Devant ses yeux ébahis, se tenait un homme lui ressemblant comme deux gouttes d'eau. Il le pensait mort, mais non, son frère était bel et bien devant lui, le fixant avec un certain dédain!

- Ce n'est pas comme ça que je pensais te rencontrer! Quelle déception!

Le premier contact entre les deux frères n'étaient pas des plus agréables. Manifestement, la position dans laquelle se trouvait Haiken, et les raisons qui avaient entraîné cette situation, n'avaient pas permis au Dragon des Mers d'être vu d'un bon œil par son frère cadet!

Pour la première fois, Haiken restait muet. Le choc de retrouver son frère et de se faire juger de la sorte par ce dernier l'avait quelque peu perturbé. Et il restait encore un peu plus lorsque que le Marina ouvrit sa cellule et lui enleva ses chaînes! Puis sans un regard, lui tourna le dos et commença à se diriger vers la sortie! Ahuri face à cette situation, le Dragon des Mers se décidait finalement à ouvrir sa grande gueule!

- Qu'est-ce que ça veut dire? Tu te fous de moi ou quoi? Qu'est-ce que tu me veux?

S'arrêtant, sans pour autant prendre la peine de se retourner, il lui répondit.

- Je ne fais qu'obéir aux ordres! Pour moi tu aurais pu rester à moisir ici!

- Espèce de ...

La colère l'envahissait. Se faire traiter de la sorte par son frère n'était pas pour lui plaire, et le cadet mériterait une bonne correction. Mais il y avait fort à parier que Jack connaissait déjà son existence, et il l'avait envoyé intentionnellement pour l'énerver. Il pouvait se réjouir, c'était réussi! Le Marina quittait alors la prison, sans même révéler son nom! Haiken haussait les épaules, sans y prêter trop d'importance. Ils seraient amenés à se revoir, c'était certain!

Il préférait s'occuper, dans un premier temps, de la Sirène Maléfique. S'approchant alors de son corps inanimé, auprès duquel se trouvait déjà Celsius, il se baissa tout en lui demandant ce qui avait bien pu lui arriver.

- Que lui est-il arrivé? Elle n'a pas l'air très bien, sortons-là d'ici pour qu'elle se repose! L'Écaille de l'Hippocampe? C'est à toi?

Il avait entrevu l'Écaille, appartenant auparavant à son ami Tristan, le seul qui aurait assez d'influence sur lui pour le maintenir au sein des Marinas. Depuis son départ, celui du Dragon des Mers semblait inévitable!

- Es-tu ici en tant que Marina ou bien en tant qu'amant de Satine? Tu dois bien te douter que je ne crois pas un seul instant que Jack t'ai donné cette Écaille sans aucune raison, et je pense que cela doit être l'une des raisons pour laquelle Mary semblait aussi furieuse! Alors je vais te poser cette question une seule fois, que fais-tu réellement ici et quelles sont tes intentions?

Était-il ici pour les espionner, afin de maintenir Jack informer de leur faits et gestes? Haiken n'était pas en état de se battre si jamais Celsius lui barrait la route ou l'empêchait d'emmener Satine avec lui, mais il ne fuirait pas l'affrontement si cela devait arriver! Certes, mieux valait éviter, mais il lui était impossible, devant les faits, de lui faire aveuglement confiance. Son amour pour Satine était-il aussi grand que le sien envers Callista? Si oui, alors Haiken pourrait lui porter une confiance absolue, tant que cela serve les intérêts de la Sirène Maléfique, qui, dernièrement, coïncidaient avec les siens!
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Dim 25 Oct - 13:16

« S'il n'y a que ça pour te plaire... »

Sa main gagna la sienne, et un sourire discret s'épingla à ses lèvres. C'est aussi simple que ça. Après tout ce temps... N'auraient-ils pas pu faire ça auparavant ? À n'en pas douter, le cours des choses aurait été bien différent. Rackham en resta interdit un instant, stupéfait par la simplicité du moment. Au cours de ces derniers mois, tout avait été si compliqué qu'il n'aurait jamais cru que ça puisse se régler en un instant. Assez de ces intrigues, de ces farces, de ces manœuvres sans fin. À présent, ils prenaient leur destin en main.
Hélas, ils n'avaient pas fini de se battre - en finiraient-ils jamais seulement ? - mais maintenant au moins le feraient main dans la main. À cette pensée, ses doigts se resserrèrent sur les siens. En serait-il seulement capable ? Ses pouvoirs étaient déjà mal en point. Depuis son retour à la vie, ils déclinaient sans qu'il puisse rien y changer. Quelque chose s'était-il mal passé ? Était-ce la Stella Rubius qui le rongeait ? Il ne pouvait pas savoir ; sa seule certitude était que viendrait un jour où tout finirait.

Qu'importe. Ses dernières roses, c'était à elle qu'il les devait. Qui plus qu'elle les mériterait ? Elle était la mère de ses enfants, la seule à avoir enflammé son coeur fané. Si ce n'était pour elle, rien n'avait de sens. Encore abasourdi, il ne vit pas tout de suite arriver un énième visiteur. Décidément, pour une zone carcérale, cet endroit était bien peuplé - trop, à dire vrai. Presque plus que le Temple du Bélier, songea-t-il en repensant aux présences qui s'y bousculaient autrefois. Mais ça, c'était avant que les Spectres s'en emparent... Cela ne l'empêcha pas de se mettre sur ses gardes.

Accotée à la cellule où résidait le Dragon des Mers, Mary n'eut pas le temps d'entendre la réponse qu'elle attendait. Le peu de force qu'elle avait maintenu jusque là était en train de la déserter. Sans réfléchir, Celsius l'accueillit au creux de ses bras d'un geste sans efforts. Comme à son habitude, elle en avait trop fait : un peu de repos ne lui ferait pas de mal. Ainsi vulnérable, elle aurait presque paru inoffensive... Mais il savait mieux que quiconque que derrière le chant des sirènes se cachaient des griffes redoutables. Ses lèvres effleurèrent les siennes, pour aller sur son front finalement se poser.

« Repose-toi. » susurra-t-il à une oreille qui ne l'entendait pas. « Tout ira bien maintenant. Je ferai ce qu'il faut pour ça. »

L'accueillant sur son torse, il observa du coin de l'œil la discussion entre les deux Marinas. Il n'avait jamais connu Haiken autrement qu'engoncé dans sa Scale. En le voyant sortir de l'obscurité, il ne put s'empêcher de ressentir une certaine faiblesse de sa part, malgré une fierté indéniable. Qu'elle soit physique ou morale, en revanche, il n'était pas assez à l'aise avec la psyché humaine pour le savoir. À part Satine, cela va de soi, il n'avait jamais eu de relation profonde avec les Marinas.
Même les mois passés à Atlantis s'étaient faits sous le sceau du secret. La plus ample discussion qu'il ait eue avec Haiken devait être celle qu'ils s'étaient livré pendant leur bataille, l'un prenant l'autre pour ce qu'il n'était pas. Chacun s'étant rendu compte de son erreur à la fin du combat, de l'autre et de sa valeur, comment bien prendre les sous-entendus du Marina ? La situation prêtait à confusion, il devait l'admettre, mais sa fierté, elle, ne le tolérait pas. Son regard tomba sur celle qu'il tenait, sa belle endormie. Il se dit qu'il détruirait des mondes pour elle, s'il le fallait.

« Je protège la femme que j'aime. C'est tout ce que tu dois savoir. Tu diras à Jack que s'il essaie de lui faire du mal, il me trouvera sur son passage. »

Bien que l'Hippocampe porte les couleurs du Pacifique, c'était la pâleur glacée de l'Arctique qu'il avait dans le regard. La Scale quant à elle ne broncha pas, se contentant de briller dans l'obscurité. À croire que les œuvres de Poséidon se réjouissaient de la discorde ainsi semée... Redressant le corps inanimé de Mary, de sa fiancée, il tourna le dos avec elle et s'en retourna vers l'entrée. Ils avaient assez perdu de temps ici, et l'air chargé de sel commençait à lui peser. Loin d'abandonner, le Cheval de Mer se propulsa à sa suite dans un éclat doré.

Inévitablement, la roue du destin continuait de tourner.
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   Lun 7 Déc - 13:00

La réponse avait eu le mérite de lui plaire. Changer un peu de l'hypocrisie et la manipulation n'était vraiment pas une mauvaise chose. Haiken ne savait pas jusqu'à quel point Celsius disait vrai, mais il pensait que ses sentiments pour Mary étaient suffisamment puissants pour qu'il la protège, et ceux contre qui que ce soit. Si cet amour était toujours réciproque, c'était une autre histoire. Mais, pour le moment, il ne restait aucun autre choix au Marina que de faire confiance à celui qu'il avait connu comme Chevalier d'Or des Poissons. Après tout, il connaissait Jack assez bien pour savoir qu'il tenterait de semer le doute dans leurs esprits, et ce par n'importe quel moyen!

- Je ne lui dirai rien car je n'ai pas l'intention de lui parler quand je le reverrai! Il aura une petite discussion avec mes poings avant tout! Mais si ton seul objectif est de protéger Mary, alors je pense que l'on s'entendra dans l'immédiat! Je ne peux rien laisser de mal arriver à cette femme non plus, du moins tant que je n'aurais pas retrouver sa sœur!

Haiken avait en effet encore une importante mission, qui allait probablement l'emmener à revoir Jack plus tôt que prévu. Retrouver Callista était tout ce qui comptait pour lui maintenant qu'il avait retrouvé sa liberté. Le vieillard l'avait sûrement "caché" en lieu sûr, ce qui obligerait Haiken à retourner ciel et terre pour la retrouver. Mais cette tâche ne l'effrayait pas!

- Allons-y Celsius, tu me laisses au moins partir sur ton bateau non? Mary t'en voudrais si tu refusais. T'en fais pas, j'ai pas l'intention de vous gêner bien longtemps, j'ai des trucs à faire de mon côté!

Il entamait le pas, tandis que Celius portait le corps endormie de la Marina dans ses bras. Sortir de cet endroit dans un premier temps, panser ses blessures puis partir à la recherche de Callista. Malgré tous ses efforts, Jack ne parviendrait pas à les séparer!


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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée   

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[Septembre 1755] Une retraite sur l'île de Circée

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